<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><FictionBook xmlns="http://www.gribuser.ru/xml/fictionbook/2.0" xmlns:l="http://www.w3.org/1999/xlink"><description><title-info><genre>sf_fantasy</genre><genre>fanfiction</genre><author><first-name/><last-name>AdrienH</last-name></author><book-title>Harry Potter et les M�thodes de la Rationalit�</book-title><lang>fr</lang><sequence name="Harry Potter" number="1"/></title-info><document-info><author><first-name/><last-name>AdrienH</last-name></author><program-used>calibre 0.9.39, fb2cut 2.5.4, fb2cut 2.6.2</program-used><date>16.10.2013</date><id>99b75ff2-0c05-44a2-931f-4e70e7ab9856</id><version>1.0</version></document-info><publish-info><year>2013</year><publisher>FanFiction.net</publisher></publish-info></description><body><section><p><strong>Harry Potter et les M�thodes de la Rationalit�</strong></p><empty-line/><p><strong>Story:</strong></p><p> Harry Potter et les M�thodes de la Rationalit�</p><p><strong>Storylink:</strong></p><p>http://www.fanfiction.net/s/6910226/1/</p><p><strong>Category:</strong></p><p> Harry Potter</p><p><strong>Genre:</strong></p><p> Drama/Humor</p><p><strong>Author:</strong></p><p> AdrienH</p><p><strong>Authorlink:</strong></p><p>http://www.fanfiction.net/u/2842070/</p><p><strong>Last updated:</strong></p><p> 09/22/2013</p><p><strong>Words:</strong></p><p> 616258</p><p><strong>Rating:</strong></p><p> T</p><p><strong>Status:</strong></p><p> In Progress</p><p><strong>Content:</strong></p><p> Chapter 1 to 98 of 98 chapters</p><p><strong>Source:</strong></p><p> FanFiction.net</p><empty-line/><p><strong>Summary:</strong></p><p> La plus populaire des fanfics HP anglophones traduite en fran�ais ! P�tunia a �pous� un biochimiste. Harry d�couvre la magie arm� de la m�thode exp�rimentale et des id�aux des Lumi�res. Titre original : Harry Potter and the Methods of Rationality.</p></section><section><p><strong>*Chapter 1*: Un jour � tr�s faible probabilit�</strong></p><p>Avertissement : J.K. Rowling poss�de Harry Potter, et personne ne poss�de les m�thodes de la rationalit�.</p><p>Il est commun�ment admis que cette fiction a atteint sa vitesse de croisi�re aux environs du Chapitre 5. Si vous ne l'aimez toujours pas pass� le Chapitre 10, laissez tomber.</p><p>Les critiques me rendent heureux. Vous pouvez �crire une critique sur n'importe quel chapitre, pas besoin de s'inscrire, et pas besoin d'avoir tout lu avant de commencer � critiquer d'autres chapitres - mais s'il vous pla�t, �crivez <emphasis>une</emphasis> critique maximum par chapitre.</p><p>Cette fiction n'est <emphasis>pas </emphasis>strictementde type unique-point-de-divergence strict - il existe un point de divergence principal quelque part dans le pass�, mais il y a aussi d'autres alt�rations. Le terme le plus ad�quat qu'il m'ait �t� donn� de lire pour d�crire cette fiction est "univers parall�le".</p><p>Le rythme de l'histoire est celui d'une s�rie, c'est � dire celui d'une s�rie t�l�vis�e ayant un nombre pr�d�termin� de saisons, avec une intrigue ind�pendante par �pisode mais poss�dant un arc narratif g�n�ral amenant vers une conclusion finale.</p><p>Tous les faits scientifiques mentionn�s sont vrais. Cela dit, gardez � l'esprit que pass� le domaine de la science, l'auteur ne partage peut-�tre pas les points de vue de ses personnages. Les actes du protagoniste ne sont pas tous des le�ons de sagesse, et tout conseil donn� par les personnages plus sombres peut �tre douteux, ou dangereux et � double tranchant.</p><empty-line/><p><emphasis>Sous les reflets lunaires un petit fragment d'argent, la fraction d'une ligne...</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>(robes noires, tombant)</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/>� <emphasis>le sang se d�verse par litres, et quelqu'un crie un mot.</emphasis></p><empty-line/><p>Chaque centim�tre d'espace mural est couvert par des biblioth�ques. Chacune a six �tages et atteint presque le plafond. Certains �tages sont remplis � ras bord de livres grand format : science, math�matiques, histoire et tout le reste. D'autres �tages ont deux rang�es de livres de science fiction broch�s, avec la rang�e arri�re sur�lev�e gr�ce � de vieilles bo�tes � mouchoirs ou des planches de bois afin que l'on puisse la voir au-dessus de la rang�e avant. Et �a ne suffit pas. Les livres d�bordent des tables et des sofas et forment de petits monticules sous les fen�tres.</p><p>C'est le salon de la maison occup�e par l'�minent professeur Michael Verres-Evans, et par sa femme, Mme. P�tunia Evans-Verres, et par leur fils adoptif, Harry James Potter-Evans-Verres.</p><p>Une lettre est pos�e sur la table du salon, ainsi qu'une enveloppe sans timbre faite d'un parchemin jaun�tre adress�e d'une encre vert �meraude � M. H. Potter.</p><p>Le professeur et sa femme se parlent s�chement, mais ils ne crient pas. Le professeur consid�re que crier est un acte barbare.</p><p>"Tu plaisantes", dit Michael � P�tunia. Son ton laissait entendre qu'il craignait fort qu'elle soit s�rieuse.</p><p>"Ma s�ur �tait une sorci�re", r�p�ta P�tunia. Elle semblait effray�e, mais tint bon. "Son mari �tait un sorcier".</p><p>"C'est absurde !" dit s�chement Michael. "Ils �taient � notre mariage - ils nous ont rendu visite pour No�l -"</p><p>"Je leur ai dit que tu ne le saurais jamais," souffla P�tunia. "Mais c'est vrai. J'ai vu des choses -"</p><p>Le professeur leva les yeux au ciel. "Tr�s ch�re, je comprends bien que tu n'es pas famili�re de la litt�rature sceptique. Tu ne te rends peut-�tre pas compte de la facilit� avec laquelle un magicien entra�n� peut faire croire � l'impossible. Te souviens-tu de la fa�on dont j'ai appris � Harry comment tordre des cuill�res ? Et s'il te semblait qu'ils pouvaient toujours deviner ce que tu pensais, alors c'�tait ce qu'on appelle de la lecture � froid -"</p><p>"Ils ne tordaient pas de cuill�res -"</p><p>"Quoi alors ?"</p><p>P�tunia se mordit la l�vre. "Je ne peux pas te le dire. Tu penseras que je suis -" Elle avala sa salive. "�coute. Michael. Je n'�tais pas - toujours comme �a -" Elle fit un geste dans sa propre direction, comme pour indiquer ses formes gracieuses. "Lily a fait �a. Parce que je - parce que je l'ai <emphasis>suppli�e</emphasis>. Pendant des ann�es, je l'ai suppli�e. Lily avait <emphasis>toujours </emphasis>�t� plus mignonne que moi, et j'avais... �t� m�chante avec elle � cause de �a, et ensuite elle a appris � faire de la <emphasis>magie</emphasis>, peux-tu imaginer ce que j'ai ressenti ? Et je l'ai <emphasis>suppli�e</emphasis> d'utiliser un peu de sa magie sur moi, pour que je sois mignonne moi aussi, comme �a m�me je ne pouvais pas avoir sa magie au moins je serais mignonne."</p><p>Des larmes s'amoncelaient dans les yeux de P�tunia.</p><p>"Et Lily refusait, et inventait les excuses les plus grotesques, par exemple que le monde dispara�trait si elle commen�ait � �tre gentille envers sa s�ur, ou qu'un centaure lui avait dit de ne pas le faire - les excuses les plus grotesques, et je la d�testais � cause de �a. Et lorsque j'ai eu ma licence, je sortais avec ce gar�on, Vernon Dursley, il �tait gras et c'�tait le seul gar�on de l'universit� qui avait bien voulu me parler. Et il a dit qu'il voulait des enfants, et que son premier enfant s'appellerait Dudley. Et je me suis dit <emphasis>quel genre de parents appelle son enfant Dudley Dursley ?</emphasis> C'�tait comme si j'avais vu mon futur se d�rouler devant mes yeux, et je n'ai pas pu le supporter. Alors j'ai �crit � ma s�ur et je lui ai dit que si elle ne m'aidait pas alors autant en -"</p><p>P�tunia s'interrompit.</p><p>"Quoi qu'il en soit," dit P�tunia d'une voix faible, "elle a accept�. Elle m'a dit que c'�tait dangereux, et j'ai dit que je m'en fichais, et j'ai bu la potion et j'ai �t� malade pendant des semaines, mais alors que je commen�ais � aller mieux ma peau s'est �claircie et ma poitrine s'est d�velopp�e et... j'�tais belle, les gens �taient <emphasis>gentils</emphasis> avec moi," sa voix se brisa "et apr�s cela je n'ai pas pu continuer � ha�r ma s�ur, particuli�rement quand j'ai appris ce que sa magie lui a co�t� � la fin -"</p><p>"Tr�s ch�re," dit Michael avec gentillesse, "tu es tomb�e malade, tu as pris un peu de poids pendant ton repos, et ta peau s'est �claircie naturellement. Ou �tre malade t'a fait changer de r�gime alimentaire -"</p><p>"C'�tait une sorci�re," r�p�ta P�tunia. "je l'ai vu."</p><p>"P�tunia," dit Michael. L'exasp�ration se glissait dans sa voix. "Tu <emphasis>sais </emphasis>que �a ne peut pas �tre vrai. Dois-je vraiment t'expliquer pourquoi ?"</p><p>P�tunia se tordit les mains. Elle semblait �tre sur le point de pleurer. "Mon amour, je sais que je ne peux pas gagner un d�bat contre toi, mais s'il te pla�t, tu dois me croire -"</p><p>"<emphasis>Papa ! Maman !</emphasis>"</p><p>Les deux adultes se turent et regard�rent Harry comme si ils avaient oubli� qu'il y avait une troisi�me personne dans la pi�ce.</p><p>Harry prit une profonde inspiration. "Maman, <emphasis>tes </emphasis>parents n'�taient pas des sorciers ?"</p><p>"Non," dit P�tunia, l'air perplexe.</p><p>"Alors aucun membre de ta famille ne connaissait l'existence de la magie avant que Lily ne re�oive sa lettre. Comment ont-<emphasis>ils</emphasis> �t� convaincus ?"</p><p>"Ah..." dit P�tunia. "Ils n'ont pas fait qu'envoyer une lettre. Ils ont aussi envoy� un professeur de Poudlard. Il -" Les yeux de P�tunia s'orient�rent bri�vement vers Michael. "Il nous a fait une d�monstration de magie."</p><p>"Alors vous n'avez pas � vous disputer." dit fermement Harry. Esp�rant contre toute logique que cette fois, juste cette fois, ils l'�couteraient. "Si c'est vrai, nous n'avons qu'� amener un professeur de Poudlard ici et � voir sa magie � l'�uvre, et Papa admettra que c'est bien r�el. Et si rien ne se passe, alors Maman acceptera que la magie n'existe pas. C'est � �a que sert la m�thode exp�rimentale, � r�soudre les probl�mes sans avoir � d�battre."</p><p>Le professeur pivota et baissa les yeux sur lui, d�daigneux comme toujours. "Oh, voyons, Harry. Vraiment, de la <emphasis>magie </emphasis>? Je pensais que <emphasis>tu</emphasis> en savais assez pour ne pas prendre �a s�rieusement, fils, m�me si tu n'as que dix ans. La magie est la chose la moins scientifique qui soit au monde !"</p><p>Harry se tordit la bouche avec amertume. Il �tait bien trait�, probablement mieux que la plupart des p�res g�n�tiques ne traitaient leurs propres enfants. Harry avait �t� envoy� � la meilleure des �coles primaires - et quand un �v�nement avait rendu cela impossible, on lui avait donn� des pr�cepteurs tir�s du r�servoir infini qu'�taient les �tudiants en doctorat affam�s. Harry avait toujours �t� encourag� � �tudier ce qui captivait son attention, on lui avait achet� tous les livres qui avaient saisi son imagination, on l'avait soutenu � chaque comp�tition de math�matique ou de science � laquelle il participait. On lui donnait tout ce qu'il pouvait raisonnablement d�sirer, mis � part, peut-�tre, la moindre trace de respect. On ne pouvait pas demander � un professeur titulaire de biochimie � Oxford de pr�ter la moindre attention aux conseils d'un petit gar�on. Il fallait �couter pour Montrer son Int�r�t, bien s�r ; c'�tait ce qu'un Bon Parent aurait fait, et donc si vous vous consid�riez un Bon Parent, vous �coutiez. Mais prendre un enfant de dix ans <emphasis>au s�rieux ?</emphasis> Certainement pas.</p><p>Parfois Harry voulait hurler contre son p�re.</p><p>"Maman," dit Harry. "Si tu veux gagner ce d�bat contre Papa, consulte le chapitre deux du premier livre du Cours de Physique de Feynman. On peut y trouver une citation au sujet des philosophes qui disent beaucoup de choses au sujet des pr�requis absolus de toute entreprise scientifique, et qui ont tous tort, parce que la seule r�gle de la science est que l'arbitre final est l'observation - qu'il suffit d'observer le monde et de d�crire ce qu'on voit. Hm... je n'arrive pas � me souvenir d'o� je pourrais trouver quelque chose disant que c'est un des id�aux de la science que de tout r�gler par l'exp�rimentation plut�t que par le d�bat -"</p><p>Sa m�re baissa les yeux sur lui et sourit. "Merci, Harry. Mais -" elle releva sa t�te et regarda son mari. "Je ne veux pas gagner un d�bat contre ton p�re. Je veux que mon mari... je veux qu'il �coute sa femme qui l'aime, et qu'il lui fasse confiance, au moins cette fois -"</p><p>Harry ferma bri�vement les yeux. <emphasis>Sans espoir</emphasis>. Ses deux parents �taient sans espoir.</p><p>Et maintenant ses parents commen�aient une de <emphasis>ces </emphasis>disputes, une de celles o� sa m�re faisait tout pour que papa se sente coupable, et o� son p�re faisait tout pour que maman se sente stupide.</p><p>"Je vais dans ma chambre," annon�a Harry. Sa voix tremblait un peu. "Essayez de ne pas trop vous disputer, Maman, Papa, on saura bien assez t�t qui a raison."</p><p>"Bien s�r Harry", dit son p�re, et sa m�re lui envoya un baiser rassurant, et ils continu�rent � se disputer pendant que Harry grimpait les escaliers jusqu'� sa chambre.</p><p>Il ferma la porte derri�re lui et essaya de r�fl�chir.</p><p>Le plus dr�le, c'�tait qu'il aurait <emphasis>d�</emphasis> �tre du cot� de son p�re. Personne n'avait jamais vu le moindre �l�ment de preuve que la magie existait, et selon maman, il y avait tout un monde magique cach�, l�, dehors. Comment qui que ce soit pourrait garder un secret pareil ? Avec encore plus de magie ? C'�tait une excuse pour le moins suspicieuse.</p><p>�a aurait d� �tre une alternative simple entre : Maman faisait une blague, Maman mentait, Maman �tait folle ; par ordre d'horreur croissant. Si Maman avait envoy� la lettre elle-m�me, cela expliquait comment elle �tait arriv�e � la bo�te aux lettres sans timbre. Un peu de folie �tait beaucoup, beaucoup moins improbable qu'un univers o� la magie existait.</p><p>Mais une partie de Harry �tait fermement convaincue que la magie �tait r�elle, et cette conviction existait depuis l'instant o� il avait vu la lettre putative de l'�cole de Magie et de Sorcellerie de Poudlard.</p><p>Harry se massa le front, puis grima�a. <emphasis>Ne crois pas</emphasis><emphasis> � tou</emphasis><emphasis>t</emphasis><emphasis> ce que tu penses</emphasis>, avait dit un de ses livres.</p><p>Mais cette �trange certitude... Harry se rendit compte qu'il <emphasis>s'attendait</emphasis> � ce que, oui, un professeur de Poudlard apparaisse et remue une baguette et que de la magie en sorte. Cette �trange certitude ne faisait aucun effort pour se prot�ger d'une possible falsification - elle n'inventait pas � l'avance des excuses expliquant pourquoi il n'y aurait aucun professeur, ou pourquoi le professeur ne pourrait rien faire d'autre que de tordre des cuill�res.</p><p><emphasis>D'o� viens-tu, �trange petite pr�diction ?</emphasis> Harry �mit cette pens�e en direction de son cerveau. <emphasis>Pourquoi est-ce que je crois ce que je crois ?</emphasis></p><p>Harry �tait g�n�ralement dou� pour r�pondre � cette question, mais dans ce cas particulier, il n'avait pas la moindre <emphasis>id�e</emphasis> de ce que son cerveau pouvait bien penser.</p><p>Harry se secoua mentalement. Un plaque de m�tal sur une porte est faite pour �tre pouss�e, une poign�e sur une porte est faite pour �tre tir�e, et la chose � faire avec une hypoth�se testable �tait d'aller la tester.</p><p>Il prit une feuille de papier � carreaux et commen�a � �crire.</p><p><emphasis>Ch�re directrice adjointe</emphasis></p><p>Harry marqua une pause et r�fl�chit ; puis il �carta la feuille et en prit une autre tout en faisant sortir un nouveau millim�tre de graphite de son porte-mine. Cette lettre demandait une calligraphie attentive.</p><p><emphasis>Ch�re directrice adjointe Minerva McGonagall,</emphasis></p><p><emphasis>O� � qui que ce soit de droit :</emphasis></p><p><emphasis>J'ai r�cemment re�u votre lettre d'acceptation � Poudlard, adress�e � M. H. Potter. Vous ne savez peut-�tre pas que mes parents g�n�tiques, James Potter et Lily Potter (anciennement Lily Evans) sont morts. J'ai �t� adopt� par la s�ur de Lily, Petunia Evans-Verres, et par son mari, Michael Verres-Evans.</emphasis></p><p><emphasis>Je d�sire ardemment aller � Poudlard, � condition qu'un tel lieu existe. Seule ma m�re P�tunia dit conna�tre l'existence de la magie, et qu'elle ne peut l'utiliser. Mon p�re est extr�mement sceptique. Je suis moi-m�me incertain. De plus, je ne sais o� me procurer ni les livres ni l'�quipement list�s dans la lettre d'acceptation.</emphasis></p><p><emphasis>Ma m�re a mentionn� que vous avez envoy� un repr�sentant de Poudlard � Lily Potter (alors Lily Evans) afin de d�montrer � sa famille que la magie �tait r�elle, et, je pr�sume, afin d'aider Lily � obtenir ses fournitures scolaires. Il serait d'une grande aide que vous fassiez de m�me pour ma famille.</emphasis></p><p><emphasis>Sinc�rement,</emphasis></p><p><emphasis>Harry James Potter-Evans-Verres.</emphasis></p><p>Harry ajouta leur adresse, puis plia la lettre et la glissa dans une enveloppe qu'il adressa � Poudlard. Un moment de r�flexion suppl�mentaire l'amena � d�nicher une bougie et � faire couler de la cire sur le plis de l'enveloppe, dans laquelle il grava les initiales H.J.P.E.V. au moyen de la pointe d'un couteau de cuisine. Si il allait sombrer dans la folie, autant le faire avec style.</p><p>Il ouvrit alors la porte de sa chambre et descendit les escaliers. Son p�re �tait assis dans le salon et lisait un livre de math�matiques avanc�es, pour montrer � quel point il �tait intelligent ; et sa m�re �tait dans la cuisine et pr�parait un des plats favoris de son p�re, pour montrer � quel point elle l'aimait. Ils n'avaient pas l'air de discuter. Aussi effrayantes que soient les disputes, <emphasis>ne pas se disputer</emphasis> �tait en quelque sorte bien pire.</p><p>"Maman," dit Harry dans ce silence �nervant, "je vais tester l'hypoth�se. Selon ta th�orie, comment puis-je envoyer une chouette � Poudlard ?"</p><p>Sa m�re se d�tourna de l'�vier et le d�visagea avec un air choqu�. "Je - Je ne sais pas, je pense qu'il faut juste que tu aies une chouette magique."</p><p>Cela aurait d� �tre hautement suspicieux, <emphasis>oh, alors il n'y a aucun moyen de tester ta th�orie</emphasis>, mais l'�trange certitude en Harry semblait pr�te � aller un cran plus loin.</p><p>"Eh bien, la lettre est arriv�e ici d'une fa�on ou d'une autre," dit Harry. "alors je vais juste la brandir en l'air et crier 'Lettre pour Poudlard !', et je verrai bien si une chouette vient l'attraper. Papa, tu veux venir regarder ?"</p><p>Son p�re secoua la t�te avec minutie et continua de lire. <emphasis>Bien s�r</emphasis>, se dit Harry. La magie �tait une chose disgracieuse en laquelle seuls les gens stupides croyaient ; si son p�re allait jusqu'� <emphasis>tester</emphasis> l'hypoth�se, ou m�me <emphasis>observait</emphasis> le test, cela reviendrait � <emphasis>s'associer</emphasis> avec cette th�orie...</p><p>Ce n'est que lorsque Harry atteignit la porte de derri�re d'un pas lourd et p�n�tra dans le jardin qu'il lui vint � l'esprit que si une chouette descendait <emphasis>r�ellement</emphasis> et attrapait la lettre, il allait avoir quelques difficult�s � le dire � son p�re.</p><p><emphasis>Mais - bon - �a ne peut pas </emphasis>vraiment <emphasis>se produire, n'est-ce pas ? Peu importe ce que mon cerveau semble croire. Si une chouette descend vraiment et attrape cette enveloppe, je vais avoir des soucis bien plus importants que l'opinion de Papa.</emphasis></p><p>Harry prit une profonde inspiration, et leva l'enveloppe en l'air.</p><p>Il avala sa salive.</p><p>S'�crier <emphasis>Lettre pour Poudlard ! </emphasis>tout en tenant une enveloppe en l'air au milieu de votre jardin �tait � vrai dire... plut�t embarrassant, maintenant qu'il y songeait.</p><p><emphasis>Non. Je vaux mieux que Papa. J'utiliserai la m�thode scientifique m�me si �a me donne l'air stupide.</emphasis></p><p>"Lettre -" dit Harry, mais cela sonna plut�t comme un coassement chuchot�.</p><p>Harry trempa sa volont� dans de l'acier et cria en direction d'un ciel vide : "<emphasis>Lettre pour Poudlard ! Je pourrais avoir une chouette par ici ?"</emphasis></p><p>"Harry ?" demanda la voix d'une femme perplexe qui �tait l'une des voisines.</p><p>Harry redescendit sa main comme si elle �tait en flammes et cacha l'enveloppe derri�re son dos comme si c'�tait de l'argent de la drogue. Son visage entier br�lait de honte.</p><p>Le visage d'une vieille femme apparut par-dessus la palissade du jardin, des cheveux grisonnants s'�chappant de sa r�sille. Mme. Figg, la babysitter occasionnelle. "Harry, que fais-tu ?"</p><p>"Rien," r�pondit Harry d'une voix �trangl�e. "Juste... je teste une th�orie vraiment idiote -"</p><p>"As-tu re�u ta lettre d'acceptation � Poudlard ?"</p><p>Harry se p�trifia.</p><p>"Oui," dirent les l�vres de Harry un moment plus tard. "J'ai re�u une lettre de Poudlard. Ils disent qu'ils veulent recevoir ma r�ponse par chouette avant le 31 juillet mais -"</p><p>"Mais tu n'as <emphasis>pas </emphasis>de chouette. Pauvre petit ! Je ne peux pas imaginer ce qu'ils pensaient en t'envoyant seulement la lettre standard."</p><p>Un bras rid� s'�tira au-dessus de la palissade, et ouvrit une main qu�mandante. Ses pens�es presque totalement arr�t�es, Harry lui donna l'enveloppe.</p><p>"Laisse-moi m'en occuper, cher petit," dit Mme. Figg, "j'enverrai quelqu'un en un rien de temps."</p><p>Et son visage disparut derri�re la palissade.</p><p>Il y eut un long silence dans le jardin.</p><p>Et la voix d'un gar�on dit, calmement et doucement : "Quoi."</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 2*: Tout ce que je crois est faux</strong></p><p>#include "stddisclaimer.h"</p><empty-line/><p>"<emphasis>Bien s�r que c'�tait ma faute. Il n'y a personne d'autre ici qui pourrait �tre responsable de quoi que ce soit."</emphasis></p><empty-line/><p>"Donc, juste pour �tre bien clair, " dit Harry, "Papa, si le professeur te fait vraiment l�viter, alors que tu sais que tu n'as �t� attach� � aucun fil, ce sera une preuve suffisante. Tu ne vas pas changer d'avis et dire que c'�tait un truc de magicien. Ce ne serait pas jouer franc jeu. Si tu te penses que tu pourrais r�agir comme �a, tu devrais le dire <emphasis>maintenant</emphasis>, et nous pourrons trouver une autre exp�rience qui remplacera celle-ci."</p><p>Le p�re de Harry, le Professeur Michael Verres-Evans, leva les yeux au ciel. "Oui, Harry."</p><p>"Et toi, Maman, ta th�orie dit que le professeur devrait en �tre capable, et si �a n'est pas le cas, tu admettras avoir eu tort. Pas d'excuses comme quoi la magie ne fonctionne pas lorsque les gens n'y croient pas, ou quoi que ce soit du genre."</p><p>Madame la Directrice Adjointe Minerva McGonagall regardait Harry avec perplexit�. Elle avait pas mal l'air d'une sorci�re avec ses robes noires et son chapeau pointu, mais lorsqu'elle parlait, c'�tait d'un ton formel et �cossais qui n'allait pas du tout avec son apparence. Au premier abord, elle ressemblait � quelqu'un qui devrait ricaner et mettre des b�b�s dans des chaudrons, mais l'effet �tait g�ch� � la seconde o� elle ouvrait la bouche. "Est-ce assez, M. Potter ?", dit-elle. "Puis-je � pr�sent op�rer la d�monstration ?"</p><p>"<emphasis>Assez</emphasis> ? Probablement pas, " dit Harry. "mais au moins �a <emphasis>aidera</emphasis>. Allez-y, Madame la Directrice Adjointe."</p><p>"Professeur suffira,<emphasis>"</emphasis> dit-elle, puis, "<emphasis>Wingardium Leviosa."</emphasis></p><p>Harry regarda son p�re.</p><p>"Huh, " dit Harry.</p><p>Son p�re le regarda � son tour. "Huh, " dit-il en �cho.</p><p>Puis le Professeur Verres-Evans regarda le Professeur McGonagall. "Tr�s bien, vous pouvez me faire descendre maintenant."</p><p>Son p�re fut pr�cautionneusement descendu jusqu'au sol.</p><p>Harry s'�bouriffa les cheveux. Peut-�tre �tait-ce � cause de l'�trange partie de lui qui avait <emphasis>d�j�</emphasis> �t� convaincue, mais... "Voil� qui est un peu d�cevant, " dit Harry. "Vous penseriez qu'il y aurait une sorte d'�v�nement mental spectaculaire au moment d'une mise � jour au sujet d'une probabilit� infinit�simale -" Harry s'interrompit. Maman, McGonagall, et m�me Papa lui jetaient � nouveau <emphasis>ce regard</emphasis>. "Je veux dire au moment o� on se rend compte que tout ce qu'on croit est faux."</p><p>S�rieusement, �a aurait d� �tre plus spectaculaire. Son cerveau aurait d� �tre en train d'�vacuer � grande eau tout son stock d'hypoth�ses sur l'univers, aucune d'entre elle ne permettant � cette l�vitation d'avoir eu lieu. Au lieu de �a, son cerveau semblait dire : <emphasis>Tr�s bien, j'ai vu le professeur de Poudlard agiter sa main et faire voler ton p�re dans les airs. Et maintenant ?</emphasis></p><p>La femme sorci�re leur souriait et semblait s'amuser. "Souhaiteriez-vous une d�monstration suppl�mentaire, M. Potter ?"</p><p>"Vous n'avez pas � faire �a, " dit Harry. "Nous venons de r�aliser une exp�rience d�cisive. Mais..." Harry h�sita. Il ne pouvait pas s'en emp�cher. En fait, dans ces circonstances, il ne <emphasis>devrait pas</emphasis> s'en emp�cher. Il �tait convenable et justifi� d'�tre curieux. "Que pouvez vous <emphasis>faire</emphasis> d'autre ?"</p><p>Le Professeur McGonagall se transforma en chat.</p><p>Harry eut un mouvement de recul involontaire, si vite qu'il tr�bucha sur une pile de livres abandonn�s et fit un dur atterrissage sur son arri�re-train dans un bruit de claquement. Ses mains descendirent pour le retenir sans tout � fait atteindre leur but et il y eu un �lancement d'avertissement dans son �paule alors que son poids terminait sa chute libre.</p><p>Le petit chat tigr� redevint imm�diatement une femme en robes. "Je suis navr�e, M. Potter, " dit McGonagall, l'air sinc�re, bien que ses l�vres s'�tiraient en un sourire. "J'aurais d� vous pr�venir."</p><p>Harry avait le souffle court. Sa voix sortit �touff�e. "<emphasis>Vous ne POUVEZ pas faire �a !"</emphasis></p><p>"Ce n'est qu'une M�tamorphose,<emphasis>"</emphasis> dit McGonagall. "Une transformation en Animagus, pour �tre exacte."</p><p>"Vous vous �tes transform�e en chat ! Un PETIT chat ! Vous avez viol� la Conservation de l'�nergie ! Ce n'est pas qu'une r�gle arbitraire, c'est sous-jacent � la forme de l'op�rateur quantique Hamiltonien ! Le rejeter d�truit l'unitarit� et vous vous retrouvez avec des signaux supraluminiques ! Et les chats sont COMPLIQU�S ! Un esprit humain ne peut visualiser l'anatomie enti�re d'un chat, et toute sa biochimie, et qu'en est-il de sa <emphasis>neurologie </emphasis>? Comment pouvez vous continuer � <emphasis>penser</emphasis> avec un cerveau de la taille de celui d'un chat ?"</p><p>Les l�vres de McGonagall s'�tiraient de plus en plus � pr�sent. "Magie."</p><p>"La magie <emphasis>ne suffit pas</emphasis> � faire �a ! Il vous faudrait �tre un dieu !"</p><p>McGonagall cligna des yeux. "C'est bien la premier fois qu'on me compare � <emphasis>�a</emphasis>."</p><p>La vue de Harry se brouillait tandis que son cerveau commen�ait � comprendre ce qui venait de se briser. Tout le concept d'un univers unifi� par des lois math�matiques r�guli�res venait d'�tre �vacu� ; la notion m�me de <emphasis>physique</emphasis> avec. Trois mille ans � r�soudre des gros probl�mes en les divisant en petits �l�ments, � d�couvrir que la musique des plan�tes avait la m�me m�lodie qu'un pomme qui tombe, � d�couvrir que les vraies lois �taient parfaitement universelles et n'avaient d'exception nulle part et prenaient la forme de simples math�matiques gouvernant les parties infinit�simales des choses ; <emphasis>sans parler du fait</emphasis> que l'esprit �tait le cerveau et que le cerveau �tait fait de neurones, qu'un cerveau �tait une personne, <emphasis>�tait</emphasis> -</p><p>Puis une femme s'�tait transform�e en chat, merci bien.</p><p>Cent questions se battaient pour �tre la premi�re � franchir les l�vres de Harry. La gagnante se fit entendre : "Et � quel type d'incantation appartient <emphasis>Wingardium Leviosa</emphasis> ? Qui invente les mots pour ces sorts, des enfants en maternelle ?"</p><p>"C'est assez, M. Potter", dit McGonagall avec fra�cheur, bien que ses yeux brillaient d'un amusement contenu. "Si vous souhaitez apprendre la magie, je sugg�re que nous mettions la derni�re main � cette paperasserie afin que vous puissiez �tre inscrit � Poudlard."</p><p>"Bien, " dit Harry, quelque peu �tourdi. Il rassembla ses pens�es. La Marche de la Raison devrait juste recommencer, voil� tout ; il avait toujours la m�thode exp�rimentale et c'�tait �a le plus important. "Comment puis-je me rendre � Poudlard ?"</p><p>Un rire �touff� s'�chappa de McGonagall, comme si on le lui avait arrach� avec une pince � �piler.</p><p>"Un instant, Harry, " dit son p�re. "Tu te souviens de la raison pour laquelle tu n'as pas �t� � l'�cole jusqu'� maintenant ? Tu te souviens de ta situation ?"</p><p>McGonagall pivota et fit face � Michael. "Sa situation ? De quoi s'agit-il ?"</p><p>"Je ne dors pas comme il faut, " dit Harry. Il fit un geste d'impuissance. "Mon cycle de sommeil est de vingt-six heures. Je dois me coucher deux heures plus tard tous les jours. Je ne peux pas m'endormir plus t�t, et le lendemain je dois me coucher deux plus <emphasis>tard</emphasis>. 22h, minuit, 2h, 4h, jusqu'� faire un tour d'horloge. M�me si j'essaie de me lever t�t, �a ne change rien et je suis une loque toute la journ�e. C'est pour �a que je n'ai pas �t� � l'�cole jusqu'� maintenant."</p><p>"C'est une des raisons, " dit sa m�re. Harry lui jeta un long regard.</p><p>McGonagall fit un long <emphasis>hmmmmm</emphasis>. "Je ne me souviens pas avoir entendu parler d'un cas pareil auparavant..." dit-elle lentement. "Je v�rifierai avec Madame Pomfrey si elle conna�t un rem�de." Puis son visage s'�claircit. "Non, je suis s�re qu'il n'y aura pas de probl�me - Je trouverai une solution d'une fa�on ou d'une autre. Maintenant, " et son regard devint dur � nouveau, "quelles sont ces <emphasis>autres</emphasis> raisons ?"</p><p>Harry jeta � nouveau un long regard � ses parents. "Je suis un objecteur de conscience � la scolarisation infantile, au motif que je ne devrais pas avoir � souffrir de l'abjecte incapacit� d'un syst�me scolaire perp�tuellement d�faillante � me fournir des enseignants ou du mat�riel d'�tude d'une qualit� ne serait-ce que minimalement ad�quate."</p><p>Les deux parents hurl�rent de rire, comme si ils pensaient que ce n'�tait qu'une bonne blague. "Oh,<emphasis>"</emphasis> dit le p�re de Harry, les yeux brillant, "est-ce pour <emphasis>�a</emphasis> que tu as mordu un professeur de math�matique en CE2 ?"</p><p>"<emphasis>Elle ne savait pas ce qu'est un logarithme !"</emphasis></p><p>"Bien s�r,<emphasis>"</emphasis> r�pondit la m�re de Harry. "La mordre �tait une r�ponse tr�s mature."</p><p>Le p�re de Harry hocha la t�te. "Une politique m�rement r�fl�chie et destin�e � r�soudre le probl�me fort r�pandu des enseignants qui ne comprennent pas les logarithmes."</p><p>"J'avais <emphasis>sept ans</emphasis> ! Combien de temps allez vous continuer � ressasser cette histoire ?"</p><p>"Je sais,<emphasis>"</emphasis> dit sa m�re avec compassion, "tu mords <emphasis>un </emphasis>professeur de math�matiques et ils ne te laissent jamais l'oublier, c'est �a ?"</p><p>Harry se tourna vers McGonagall. "Et voil� ! Vous voyez ce que je dois endurer ?"</p><p>"Excusez moi,<emphasis>"</emphasis> dit P�tunia, et elle fuit � travers la porte vers le porche, d'o� ses hurlements de rires restaient tout � fait audibles.</p><p>"Ahem, eh bien, voyons,<emphasis>"</emphasis> dit McGonagall, qui pour une raison ou une autre semblait avoir du mal � parler, "personne ne mordra de professeurs � Poudlard, est-ce bien clair, M. Potter ?"</p><p>Harry fit une mine renfrogn�e. "D'accord, je ne mordrai personne qui ne m'aura pas mordu d'abord."</p><p>Le Professeur Michael Verres-Evans dut lui aussi quitter la pi�ce lorsqu'il entendit �a.</p><p>"Bon,<emphasis>"</emphasis> soupira McGonagall apr�s que les parents de Harry eurent retrouv� leur ma�trise d'eux-m�mes et furent revenus. "Bon, je pense que, dans ces circonstances, je devrais �viter de vous faire acheter votre mat�riel d'�tude jusqu'� un jour ou deux avant le d�but des classes."</p><p>"Quoi ? Pourquoi ? Les autres enfants connaissent d�j� la magie, non ? Je dois commencer � les rattraper tout de suite !"</p><p>"Soyez rassur�, M. Potter, " r�pondit McGonagall, "Poudlard est tout � fait capable d'enseigner les fondamentaux. Et je soup�onne, M. Potter, que si je vous laisse seul durant deux mois avec vos livres scolaires, m�me sans baguette, je reviendrais en cette maison et trouverais � la place un crat�re bouillonnant d'une fum�e violette entour� d'une ville d�peupl�e ainsi qu'un fl�au de z�bres en feu terrorisant ce qui reste de l'Angleterre.</p><p>Le m�re et la p�re de Harry hoch�rent la t�te � l'unisson.</p><p>"<emphasis>Maman ! Papa !"</emphasis></p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 3*: Comparer la r�alit� � ses alternatives</strong></p><p>Si J.K. Rowling vous interroge sur cette histoire : vous ne savez rien.</p><empty-line/><p>"<emphasis>Je n'ai pas de temps � consacrer � �a."</emphasis></p><empty-line/><p>"Mon Dieu," dit le barman en d�visageant Harry, "est-ce... se pourrait-il que -?"</p><p>Harry se pencha par-dessus le bar du Chaudron Baveur du mieux qu'il pu, le zinc atteignant � peu pr�s le haut de ses sourcils. Une question <emphasis>pareille</emphasis> m�ritait qu'il donne le meilleur de lui-m�me.</p><p>"Suis-je - pourrais-je �tre - peut-�tre - qui sait - si c'<emphasis>est</emphasis> le cas - mais une question reste en suspend - <emphasis>qui</emphasis><emphasis>?</emphasis>"</p><p>"B�nie soit mon �me," murmura le vieux barman, "Harry Potter... quel honneur."</p><p>Harry cligna des yeux puis se reprit. "Eh bien, oui, vous �tes perspicace ; la plupart des gens ne s'en rendent pas compte si vite -"</p><p>"�a suffit," dit le Professeur McGonagall. Sa main se resserra sur l'�paule de Harry. "Ne harc�le pas le gar�on, Tom, tout �a est nouveau pour lui."</p><p>"Mais c'est lui ?" chevrota une vieille femme. "C'est Harry Potter ?" Elle se leva de sa chaise dans un bruit de raclement.</p><p>"Doris -" dit McGonagall sur un ton d'avertissement. Le long regard avec lequel elle balaya la pi�ce aurait d� suffire � intimider n'importe qui.</p><p>"Je veux seulement lui serrer la main" murmura la vieille femme. Elle s'inclina profond�ment et brandit une main rid�e. Harry, se sentant plus confus et g�n� qu'il ne l'avait jamais �t� auparavant, la serra avec pr�caution. Des larmes tomb�rent des yeux de la vieille femme jusqu'� leur poign�e de main. "Mon petit-fils �tait un Auror," lui murmura-t-elle. "Mort en soixante-dix-neuf. Merci, Harry Potter. Lou� soit le ciel."</p><p>"De rien," dit Harry, pass� en pilote automatique, puis il se tourna vers McGonagall et lui jeta un regard � la fois terrifi� et implorant.</p><p>McGonagall claqua son pied sur le sol juste avant que la ru�e ne commence. Cela fit un bruit qui donna � Harry une nouvelle d�finition de l'expression "coup de tonnerre", et tous se fig�rent.</p><p>"Nous sommes press�s," dit McGonagall d'une voix parfaitement, absolument normale.</p><p>Ils quitt�rent le bar sans ennui.</p><p>"McGonagall ?" dit Harry, une fois qu'ils furent dans la cour du b�timent. Il avait voulu s'enqu�rir de ce qui se passait, mais s'entendit poser une toute autre question. "Qui �tait l'homme p�le ? L'homme au bar � l'�il convuls� ?"</p><p>"Hm ?" dit McGonagall, l'air un peu surprise ; peut-�tre qu'elle non plus ne s'�tait pas attendue � cette question. "C'�tait le Professeur Quirrell. Il va enseigner le cours de D�fense contre les forces du Mal � Poudlard cette ann�e."</p><p>"J'ai eu une sensation des plus �tranges, comme si je le connaissais..." Harry se frotta le front. "Et comme si je devais �viter de lui serrer la main." Comme de rencontrer quelqu'un qui avait autrefois �t� votre ami, puis que quelque chose avait tr�s mal tourn�... ce n'�tait pas vraiment �a, mais Harry n'arrivait pas � trouver les mots justes. "Et pour le reste ?"</p><p>McGonagall lui jeta un �trange regard. "M. Potter... savez-vous... que vous a-t-on dit <emphasis>au juste</emphasis>... sur la fa�on dont vos parents sont morts ?"</p><p>Harry lui renvoya un regard ferme. "Mes parents sont vivants et bien portants, et ils ont toujours refus� de me parler de la fa�on dont mes parents <emphasis>g�n�tiques</emphasis> sont morts. Ce dont je ne d�duis rien de bon."</p><p>"Une loyaut� admirable," dit McGonagall. Sa voix se fit plus basse : "Mais je souffre un peu de vous l'entendre dire ainsi. Lily et James �taient des amis."</p><p>Soudain honteux, Harry d�tourna le regard. "Je suis navr�," dit-il d'une petite voix. "Mais j'<emphasis>ai</emphasis> un p�re et une m�re. Et je sais que je ne ferais que me rendre malheureux si je comparais la r�alit� �... quelque chose de parfait que mon imagination a construite."</p><p>"C'est �tonnamment sage de votre part," dit McGonagall avec douceur. "Mais vos parents <emphasis>g�n�tiques </emphasis>sont morts d'une belle mort ; en vous prot�geant."</p><p><emphasis>En me prot�geant ?</emphasis></p><p>Quelque chose d'inconnu �treint le c�ur de Harry. "Que...s'<emphasis>est-il</emphasis> pass� ?"</p><p>McGonagall soupira. Sa baguette vint toucher le front de Harry, et la vision de ce dernier se brouilla un instant. "Une sorte de d�guisement, " dit McGonagall, "pour que ceci n'ait plus lieu, pas avant que vous soyez pr�t. Puis sa baguette fut � nouveau dehors, et par trois fois toucha un mur de brique...</p><p>... o� se creusa un trou qui se dilata, s'�tira et trembla pour devenir une immense arcade r�v�lant une longue rang�e de magasins dot�s de pancartes criant les m�rites de chaudrons et de foies de dragons.</p><p>Harry ne cligna m�me pas des yeux. Ce n'�tait pas comme si quelqu'un venait de se transformer en chat.</p><p>Et ils s'avanc�rent tous deux dans le monde magique.</p><p>Il y avait des marchands vantant des Bottes Rebondissantes ("Faites avec du vrai Flubber !") et "Couteaux +3 ! Fourchettes +2 ! Cuill�res avec un bonus de +4 !" Il y avait des lunettes capables de rendre vert tout ce que vous regardiez, et une s�lection de confortables fauteuils de salon dot�s de si�ges �jectables pour les urgences.</p><p>La t�te de Harry tournait, tournait comme si elle essayait de se d�visser de son cou. C'�tait comme de d�ambuler dans la section objets magiques d'un livre de r�gles d'Advanced Dungeons &amp; Dragons (il ne jouait pas au jeu, mais il aimait lire les livres de r�gles). Harry souhaitait d�sesp�r�ment ne pas manquer un seul des objets disponibles, au cas o� ce serait l'un des trois requis pour compl�ter un cycle de sorts de <emphasis>v�ux</emphasis> infinis.</p><p>Puis Harry remarqua quelque chose qui le fit inconsciemment d�river loin de McGonagall et il se dirigea droit vers un magasin � la devanture faite de briques bleues aux rebords bronze-acier. Il fallut que McGonagall se campe juste devant lui pour que Harry revienne � la r�alit�."</p><p>"M. Potter ?" dit-elle.</p><p>Harry cligna des yeux, puis se rendit compte de ce qu'il venait de faire. "Je suis navr� ! J'ai oubli� pendant un moment que j'�tais avec vous et non avec ma famille." Harry esquissa un geste en direction de la vitrine du magasin, qui affichait des lettres ardentes qui brillaient d'une lueur � la fois per�ante et lointaine, et l'on pouvait y lire : <emphasis>Bigbam's Brillant Books.</emphasis> "Lorsqu'on passe devant une librairie qu'on n'a pas encore visit�e, on doit rentrer et jeter un coup d'�il. C'est la r�gle de la famille."</p><p>"C'est la chose la plus Serdaigle que j'ai jamais entendue."</p><p>"Quoi ?"</p><p>"Rien. M. Potter, notre premi�re �tape sera une visite � Gringotts, la banque du monde magique. La chambre forte de votre famille <emphasis>g�n�tique </emphasis>s'y trouve, ainsi que l'h�ritage que vos parents <emphasis>g�n�tiques </emphasis>vous ont laiss�, et vous allez avoir besoin d'argent pour vos fournitures scolaires." Elle soupira. "Et je suppose qu'une certaine quantit� d'argent de poche destin�e � l'achat de livres pourra �tre excus�e. Cela dit vous pourriez d�cider d'attendre un moment. Poudlard a une biblioth�que assez cons�quente consacr�e � la magie. Et la tour dans laquelle je soup�onne fortement que vous allez vivre est �quip�e de sa propre biblioth�que plus g�n�raliste. Tout livre que vous ach�terez ici sera probablement un doublon."</p><p>Harry hocha la t�te, et ils continu�rent.</p><p>"Ne vous m�prenez pas, c'est <emphasis>excellente </emphasis>diversion, " dit Harry, alors que sa t�te continuait de pivoter en tous sens, "probablement la meilleure diversion qu'on ait jamais essay�e sur moi, mais ne croyez pas que j'ai oubli� notre discussion laiss�e en suspens."</p><p>McGonagall soupira. "Vos parents - votre m�re tout du moins - a peut-�tre �t� fort sage de ne rien vous dire."</p><p>"Et vous souhaitez que je continue dans cette ignorance b�ate ? Votre plan poss�de une faille �vidente, Professeur McGonagall."</p><p>"J'imagine que ce serait assez futile," dit la sorci�re avec fermet�, "vu que n'importe quel passant pourrait vous raconter cette histoire. Tr�s bien."</p><p>Et elle lui parla de Celui-Dont-Il-Ne-Faut-Pas-Prononcer-Le-Nom, le Seigneur des T�n�bres, Voldemort.</p><p>"Voldemort ?" murmura Harry. �a aurait d� �tre dr�le, mais �a ne l'�tait pas. Le nom br�lait avec froideur, impitoyable, d'une clart� de diamant, tel un marteau de titane pur s'abattant sur une enclume de chair sans d�fense. Un frisson parcouru Harry alors m�me qu'il pronon�ait le mot, et il d�cida ici et maintenant d'utiliser des termes plus s�rs, comme Vous-Savez-Qui.</p><p>Le Seigneur des T�n�bres avait mis l'Angleterre magique � feu et � sang, tel un loup enrag�, d�chirant, d�chiquetant le tissu de leur vie. D'autres pays s'�taient tordus les mains, h�sitant � intervenir � cause de leur �go�sme apathique, ou par peur, car le premier d'entre eux � s'opposer au Seigneur des T�n�bres verrait sa paix devenir la cible de sa terreur.</p><p>(<emphasis>L'effet du t�moin</emphasis>, se dit Harry, songeant � l'exp�rience de Latane et Darley qui avait montr� que vous aviez plus de chances d'�tre aid� si vous faisiez une crise d'�pilepsie en pr�sence d'une personne qu'en pr�sence de trois. <emphasis>Diffusion de la responsabilit�, chacun esp�rant que quelqu'un d'autre agisse en premier.</emphasis>)</p><p>Les Mangemorts avaient suivi le sillage du Seigneur des T�n�bres, et dans son avant-garde se trouvaient des vautours charognards qui rouvraient les blessures, ou des serpents pour mordre et affaiblir. Les Mangemorts n'�taient pas aussi �pouvantables que le Seigneur des T�n�bres, mais ils �taient �pouvantables ; et ils �taient nombreux. Et les Mangemorts maniaient plus que des baguettes ; et il y avait dans ces troupes masqu�es des fortunes, du pouvoir politique, et des secrets transform�s en chantages afin de paralyser une soci�t� qui essayait de se prot�ger.</p><p>Un journaliste �g� et respect�, Yermy Wibble, avait r�clam� une hausse des taxes et une conscription forc�e. Il s'�tait �cri� qu'il �tait absurde que la majorit� se tapisse, effray�e par la minorit�. Sa peau, seule sa peau, avait �t� retrouv�e clou�e au mur de la r�daction le matin suivant, � c�t� des peaux de sa femme et de ses deux filles. Chacun souhaitait que quelque chose soit fait, et personne n'osait prendre l'initiative. Le prochain � se d�marquer deviendrait le prochain exemple.</p><p>Jusqu'au jour o� les noms de Lily et James Potter atteignirent le haut de la liste.</p><p>Et ces deux-l� auraient pu mourir la baguette � la main et n'avoir aucun regret, car c'<emphasis>�taient</emphasis> des h�ros ; mais ils avaient un nouveau n�, leur fils, Harry Potter.</p><p>Les larmes montaient aux yeux de Harry. Il les essuya avec col�re, ou peut-�tre avec d�sespoir, <emphasis>Je ne connaissais pas ces gens, pas vraiment, ce ne sont pas mes parents </emphasis>aujourd'hui<emphasis>, ce serait futile d'�tre triste pour eux</emphasis> -</p><p>Lorsque Harry eut fini de sangloter dans les robes de McGonagall, il releva la t�te, et voir que des larmes se trouvaient aussi dans ses yeux � elle le fit se sentir un peu mieux.</p><p>"Le Seigneur des T�n�bres est venu � Godric's Hollow," dit McGonagall dans un souffle. "Vous auriez d� �tre � l'abri, mais on vous a trahi. Le Seigneur des T�n�bres a tu� James, et il a tu� Lily, et enfin il est parvenu jusqu'� vous, jusqu'� votre berceau. Il vous a jet� le sortil�ge de la Mort. Et tout �tait fini. Le sortil�ge de la Mort est fait de haine pure, et frappe directement l'�me en la s�parant du corps. Il ne peut �tre arr�t�. La seule d�fense est de ne pas �tre l�. Mais vous avez surv�cu. Vous �tes la seule personne � avoir jamais surv�cu. Le sortil�ge de la Mort a �t� r�fl�chi, il a rebondi et a frapp� le Seigneur des T�n�bres, ne laissant que la carcasse br�l�e de son corps et une cicatrice sur votre front. C'�tait la fin de la terreur, et nous �tions libres. Voil�, Harry Potter, pourquoi les gens veulent voir la cicatrice sur votre front, et pourquoi ils veulent vous serrer la main."</p><p>Le torrent de pleurs qui s'�tait d�vers� en Harry avait us� toutes ses larmes. Il ne pouvait plus pleurer � nouveau ; il avait fini.</p><p>(Et quelque part, enfoui sous ses pens�es, se trouvait un l�ger, tr�s l�ger sentiment de confusion, l'id�e que quelque chose dans cette histoire ne collait pas ; et cela faisait partie de son art que de remarquer ce sentiment, mais il �tait distrait. Car il est une triste r�gle disant que c'est lorsqu'on a le plus besoin de son art de rationaliste qu'on risque le plus de l'oublier.)</p><p>Harry se d�tacha du flanc de McGonagall. "Je vais - avoir besoin d'y r�fl�chir," dit-il, essayant de maintenir un contr�le sur sa voix. Il fixa ses chaussures. "Euh, vous pouvez les appeler mes parents, si vous le souhaitez, vous n'avez pas � dire 'parents g�n�tiques' ou quoi que ce soit. Je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas avoir deux m�res et deux p�res."</p><p>McGonagall fut silencieuse.</p><p>Et ils march�rent ensemble en silence, jusqu'� ce qu'ils parviennent � un grand b�timent blanc aux vastes portes de bronze.</p><p>"Gringotts," dit McGonagall.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 4*: L'hypoth�se du March� Efficient</strong></p><p>Avertissement : J.K. Rowling vous observe de l� o� elle a toujours attendu, dans le vide entre les mondes</p><empty-line/><p>Avis : Comme certains l'ont fait remarquer, les livres sont en contradiction les uns avec les autres pour ce qui est du pouvoir d'achat d'un Gallion ; je vais choisir une valeur fixe et m'y tenir. Cinq livres anglaises pour un Gallion ne cadre pas avec sept Gallions pour une baguette, ni avec des enfants utilisant des baguettes de seconde main.</p><empty-line/><p>"<emphasis>Domination mondiale est une phrase si laide. Je pr�f�re l'appeler optimisation mondiale."</emphasis></p><empty-line/><p>Des tas de Gallions d'or. Des piles de Mornilles d'argent. Des monceaux de Noises de bronze.</p><p>Harry se tenait l�, la bouche ouverte, et regardait la chambre forte familiale. Il avait tant de questions qu'il ne savait pas par <emphasis>o�</emphasis> commencer.</p><p>Depuis l'ouverture de la porte de la chambre forte, McGonagall le regardait avec l'air de s'appuyer n�gligemment contre le mur, mais ses yeux �taient attentifs. Bon, rien de surprenant. Se voir pr�senter un �norme tas de pi�ces d'or constituait un test de personnalit� tellement pur que c'en �tait un st�r�otype.</p><p>"Ces pi�ces sont-elles faites de m�tal pur ?" dit finalement Harry.</p><p>"Quoi ?" siffla le gobelin Gripsec qui attendait pr�s de la porte. "Remettez-vous en question l'int�grit� de Gringotts, M. Potter-Evans-Verres ?"</p><p>"Non monsieur," dit Harry d'un air absent, "pas du tout, navr� si je me suis mal exprim�. C'est juste que je ne sais pas du tout comment votre syst�me financier fonctionne. Je vous demande si les Gallions en g�n�ral sont faits d'or pur."</p><p>"Bien s�r," dit Gripsec.</p><p>"Et n'importe peut les frapper, ou sont-ils produits par un monopole qui collecte ainsi un seigneuriage ?"</p><p>"Quoi ?" dit McGonagall, les yeux vides.</p><p>Gripsec grima�a, r�v�lant des dents ac�r�es. "Seul un idiot ferait confiance � autre chose qu'� une pi�ce gobeline !"</p><p>"En d'autres mots," dit Harry, "les pi�ces ne sont pas suppos�es valoir plus que le m�tal dont elles sont faites ?"</p><p>Gripsec regardait Harry. McGonagall semblait perplexe.</p><p>"Je veux dire que, imaginez que j'arrive ici avec une tonne d'argent. Pourrais-je repartir avec une tonne de Mornilles ?"</p><p>"Contre des frais, M. Potter-Evans-Verres." Le gobelin l'observait avec des yeux scintillants. "Contre des frais certains. O� trouveriez-vous une tonne d'argent, cela je me le demande.</p><p>"Je parlais hypoth�tiquement," dit Harry. <emphasis>Pour l'instant, en tout cas. </emphasis>"Donc... combien feriez-vous payer, en fraction du poids total ?"</p><p>Les yeux de Gripsec �taient fix�s sur Harry. "Je devrais consulter mes sup�rieurs..."</p><p>"Donnez-moi une estimation. Je ne demanderai pas � Gringotts de s'y tenir."</p><p>"Un vingti�me du m�tal paierait pour la frappe des pi�ces."</p><p>Harry hocha la t�te. "Merci beaucoup, M. Gripsec."</p><p><emphasis>Alors non seulement l'�conomie magique est totalement d�coupl�e de l'�conomie Moldue, mais personne ici n'a jamais entendu parler d'arbitrage.</emphasis> L'�conomie Moldue, plus grande, avait un taux d'�change fluctuant entre l'or et l'argent, si bien que chaque fois que le taux or-pour-argent des Moldus se trouvait � plus de 5% de diff�rence avec le rapport de poids dix-sept-Mornilles-pour-un-Gallion, l'or ou l'argent aurait d� �tre drain� hors de l'�conomie magique jusqu'� ce qu'il devienne impossible de maintenir un taux d'�change. Amenez une tonne d'argent, �changez-la contre des Mornilles (et payez 5%), �changez les Mornilles contre des Gallions, amenez l'or dans le monde Moldu, �changez-le contre plus d'argent que ce que vous aviez au d�part, et recommencez.</p><p>Le taux d'�change or-argent des Moldus n'�tait-il pas aux environs de cinquante pour un ? En tout cas, pensait Harry, ce n'�tait certainement pas dix-sept pour un. Et il semblait que les pi�ces d'argent �taient en fait <emphasis>plus petites </emphasis>que les pi�ces d'or.</p><p>Mais apr�s tout, Harry se tenait dans une banque qui stockait litt�ralementvotre argent dans des chambres fortes pleines de pi�ces d'or, gard�es par des dragons, et o� vous deviez p�n�trer et r�cup�rer vos pi�ces � chaque fois que vous souhaitiez d�penser de l'argent. Des d�tails tels que r�duire l'inefficacit� des march�s gr�ce � l'arbitrage leur passerait probablement au-dessus de la t�te. Il avait �t� tent� de faire une remarque narquoise au sujet de la grossi�ret� de leur syst�me financier...</p><p><emphasis>Mais ce qui �tait triste, c'�tait que leur m�thode �tait probablement meilleure.</emphasis></p><p>D'un autre c�t�, un professionnel de la gestion de portefeuille financier deviendrait probablement propri�taire du monde magique en moins d'une semaine. Harry rangea cette id�e quelque part, au cas o� il manquerait d'argent, ou se retrouverait avec une semaine de libre.</p><p>Pendant ce temps, les gigantesques piles de pi�ces d'or de la chambre forte Potter devraient r�pondre � ses besoins � court terme.</p><p>Harry s'avan�a, et commen�a � ramasser des pi�ces d'or d'une main, les d�posant ensuite dans l'autre.</p><p>Lorsqu'il en fut arriv� � vingt, McGonagall toussa. "Je pense que ce sera bien plus qu'assez pour payer vos fournitures scolaires, M. Potter."</p><p>"Hm ?" dit Harry, l'esprit ailleurs. "Ne bougez pas, je fais un calcul de Fermi."</p><p>"Un <emphasis>quoi</emphasis> ?" dit McGonagall, l'air soudain alarm�e.</p><p>"C'est un truc de math. Nomm� d'apr�s Enrico Fermi. Une fa�on d'obtenir des r�sultats approximatifs de t�te tr�s rapidement..."</p><p>Vingt Gallions d'or pesaient peut-�tre un dixi�me de kilo. Et l'or valait, quoi, dix mille livres anglaises au kilo ? Un Gallion valait donc environ cinquante livres anglaises... Les piles/tas de pi�ces d'or semblaient faire environ soixante pi�ces de haut et vingt pi�ces dans les autres dimensions de la base, et avait une forme pyramidale, donc ce serait environ un tiers du cube. Huit mille Gallions par tas, en gros, et il y avait cinq tas de cette tailles, soit quarante mille Gallions soit 2 millions de livres anglaises.</p><p>Pas mal. Harry sourit et fit une l�g�re grimace de satisfaction. Il �tait dommage qu'il soit en plein milieu de sa d�couverte d'un incroyable nouveau monde magique, et qu'il ne puisse pas prendre le temps d'explorer l'incroyable nouveau monde de la richesse, qu'un rapide calcul de Fermi avait estim� �tre environ un milliard de fois moins int�ressant.</p><p><emphasis>Quand m�me, c'est la derni�re fois que je tonds une pelouse pour une pauvre livre.</emphasis></p><p>Harry s'�loigna de l'immense tas d'or. "Navr� de poser la question, Professeur McGonagall, mais je crois comprendre que mes parents avaient entre vingt et trente ans lorsqu'ils sont morts. Est-ce une somme <emphasis>normale</emphasis> d'argent � avoir dans sa chambre forte lorsqu'on est un jeune couple du monde magique ?" Si c'�tait le cas, alors une tasse de caf� co�tait probablement cinq mille livres. R�gle num�ro un de l'�conomie : vous ne pouvez pas manger l'argent.</p><p>McGonagall secoua la t�te. "Votre p�re �tait le dernier h�ritier d'une vieille famille, M. Potter. Il est aussi possible..."</p><p>McGonagall h�sita. "Une partie de cette argent pourrait provenir des primes qui avaient �t� mises sur la t�te de Vous-Savez-Qui, payable � sa mo-" McGonagall ravala le mot. "A qui le vaincrait. Ou ces primes n'ont peut-�tre pas encore �t� r�colt�es. Je ne suis pas s�re."</p><p>"Int�ressant..." dit lentement Harry. "Donc une partie de ceci est mien en un sens. C'est � dire, gagn� par moi. En quelque sorte. Peut-�tre. M�me si je ne m'en souviens pas." Les doigts de Harry tapotaient contre les jambes de son pantalon. "Cela me fait me sentir moins coupable � l'id�e d'en d�penser <emphasis>une toute petite fraction ! Ne paniquez pas, Professeur McGonagall !</emphasis>"</p><p>"M. Potter ! Vous �tes mineur, et en tant que tel, vous ne serez autoris�s qu'� faire des retraits <emphasis>raisonnables </emphasis>de-"</p><p>"Je suis <emphasis>carr�ment</emphasis> pour ce qui est raisonnable ! Je suis � fond pour la prudence fiscale et le contr�le de ses impulsions ! Mais j'ai <emphasis>bel et bien</emphasis> vu quelques choses sur le chemin qui constitueraient des achats <emphasis>sens�s et adultes...</emphasis>"</p><p>Harry accrocha ses yeux � ceux de McGonagall, s'engageant dans un duel de regard silencieux.</p><p>"Comme quoi ?" dit finalement McGonagall.</p><p>"Des malles dont l'int�rieur contient plus que l'ext�rieur ?"</p><p>Le visage de McGonagall devint s�v�re. "Ces malles sont <emphasis>tr�s</emphasis> ch�res, M. Potter !"</p><p>"Oui mais -" plaida Harry. "Je suis s�r que j'en voudrais une quand je serai adulte. Et je <emphasis>peux</emphasis> m'en offrir une. Il serait plus sens� d'en acheter une maintenant que plus tard, et d'en avoir l'usage imm�diatement, n'est-ce-pas ? C'est le m�me argent dans un cas comme dans l'autre. Je veux dire que j'en <emphasis>voudrais</emphasis> une de bonne qualit�, avec <emphasis>beaucoup</emphasis> de place � l'int�rieur, assez bonne pour que je n'ai pas � en racheter une meilleure plus tard..." Harry laissa sa phrase en suspens, plein d'espoir.</p><p>Le regard de McGonagall ne vacilla pas. "Et quoi, au juste, <emphasis>conserveriez-vous</emphasis> dans une telle malle, M. Potter -"</p><p>"Des livres."</p><p>"Bien s�r," soupira McGonagall.</p><p>"Vous auriez d� me dire <emphasis>bien plus t�t</emphasis> que ce genre d'objet magique existaient ! Et que je pouvais me les offrir ! Maintenant mon p�re et moi allons devoir passer les deux prochains jours � parcourir <emphasis>fr�n�tiquement</emphasis> toutes les librairies de vieux manuels scolaires afin que je puisse avoir une biblioth�que de math�matiques et de science d�cente avec moi � Poudlard - et peut-�tre une mini-collection de SF&amp;F, si je peux constituer quelque chose de convenable � partir des corbeilles � 10 pennies. Ou encore mieux, je vous rend le march� un peu plus attrayant, d'accord ? Laissez-moi juste acheter -"</p><p>"<emphasis>M. Potter! </emphasis>Vous pensez pouvoir me <emphasis>soudoyer</emphasis> ?"</p><p>"Quoi ? <emphasis>Non</emphasis> ! Pas comme �a ! Ce que je veux dire c'est que Poudlard pourra garder certains des livres que j'apporterai si vous pensez qu'ils constitueraient des ajouts de valeur � la biblioth�que. Je vais les acheter pour pas cher, et <emphasis>je</emphasis> veux juste qu'ils me soient accessibles. C'est acceptable de soudoyer les gens avec des livres, non ? C'est une -"</p><p>"Tradition familiale."</p><p>"Oui, exactement."</p><p>Tout le corps de McGonagall semblait s'effondrer. "J'ai bien peur de ne pas pouvoir contredire la logique de vos mots, bien que je souhaite ardemment en �tre capable. Je vais vous autoriser � retirer 100 Gallions de plus, M. Potter. Je <emphasis>sais </emphasis>que je vais le regretter, et je le fais quand m�me."</p><p>"J'aime cette fa�on de penser ! Et est-ce que la 'Peau de Moke' fait ce que je pense qu'elle fait ?"</p><p>"Pas autant qu'une malle," dit McGonagall avec r�ticence, "mais une peau de Moke avec un sort de R�cup�ration et un sort d'Extension Ind�tectable peutcontenir un certain nombre d'objets qui pourront �tre rappel�s par celui qui les y a rang�s."</p><p>"Oui, j'aurai absolument besoin d'une de ces peaux. C'est comme la super ceinture-gadget de g�nialitude ultime ! La ceinture utilitaire de Batman ! Oubliez le couteau suisse, on pourrait transporter une caisse � outils enti�re l�-dedans ! Ou d'autres objets magiques ! Ou des <emphasis>livres</emphasis> ! Je pourrais avoir mes trois livres du moment sur moi, tout le temps, et en piocher un n'importe o� ! Je n'aurais plus jamais � g�cher une minute de ma vie ! Qu'en pensez-vous, Professeur McGonagall ? C'est la meilleure des raisons possibles."</p><p>"Tr�s bien. Vous pouvez ajouter dix Gallions."</p><p>Gripsec offrait � Harry un regard de franc respect, voir m�me peut-�tre d'admiration.</p><p>"Et un peu d'argent de poche, comme vous l'avez mentionn� plus t�t. Je crois pouvoir me rappeler d'une ou deux autres choses que je souhaite conserver dans cette peau."</p><p>"<emphasis>Ne poussez pas, M. Potter.</emphasis>"</p><p>"Mais, oh, Professeur McGonagall, pourquoi g�cher ce moment ? Aujourd'hui est certainement un <emphasis>jour heureux</emphasis>, celui o� je d�couvre toutes les choses magiques pour la premi�re fois ! Pourquoi jouer le r�le de l'adulte grincheux alors qu'au lieu de �a vous pourriez sourire et vous rem�morer votre enfance innocente, et regarder le ravissement sur mon jeune visage tandis que j'ach�te quelque jouets, utilisant une fraction insignifiante de la fortune que j'ai gagn� en battant le plus terrible sorcier que la Grande-Bretagne aie jamais connu, non pas que je vous accuse d'�tre ingrate ou quoi que ce soit, mais quand m�me, que sont quelques jouets compar�s � �a ?"</p><p>"<emphasis>Vous</emphasis>," grogna McGonagall. Elle avait un regard si effroyable et terrible que Harry glapit et fit un pas en arri�re, reversant une pile de pi�ces d'or dans un grand tintement et s'�talant dans un tas d'argent. Gripsec soupira et se cacha le visage derri�re sa main. "Je rendrais un grand service � l'Angleterre magique, M. Potter, et peut-�tre au monde entier, si je vous enfermais dans cette chambre forte et que vous laissais ici."</p><p>Et ils partirent sans autre ennui.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 5*: L'Erreur Fondamentale d'Attribution</strong></p><p>J.K. Rowling a ses yeux braqu�s sur vous. Pouvez-vous sentir leur pr�sence ? Elle lit votre esprit avec ses Rayons Rowling.</p><empty-line/><p>"Hermione, il n'a que onze ans."</p><empty-line/><p>"Toi aussi."</p><empty-line/><p>"Moi je ne compte pas."</p><empty-line/><p>Le magasin de Moke �tait un petit magasin pittoresque (certains auraient m�me dit mignon) confortablement install� derri�re un �tal de l�gumes, lui-m�me derri�re un magasin de gants magiques se trouvant sur une route adjacente au Chemin de Traverse. C'�tait d�cevant mais le propri�taire n'�tait pas un vieil homme myst�rieux et dess�ch�, juste une jeune femme � l'air nerveux et portant des robes jaunes pass�es. Elle tenait pour le moment une Super Bourse en Peau de Moke QX31 dont l'avantage majeur �tait qu'il avait une Ouverture �largissante ainsi qu'un Charme d'Extension Ind�tectable : vous pouviez y mettre de grands objets, mais le volume total �tait tout de m�me limit�.</p><p>Harry avait <emphasis>insist�</emphasis> pour venir ici tout de suite, avant toute autre chose - insist� autant que possible sans pour autant �veiller de soup�ons chez McGonagall. Harry avait quelque chose qu'il devait mettre dans la bourse aussi vite que possible. Ce n'�tait pas le sac de Gallions que McGonagall l'avait autoris� � retirer de Gringotts. C'�taient tous les autres Gallions que Harry avec subrepticement fourr�s dans sa poche apr�s �tre accidentellement tomb� dans un tas de pi�ces d'or. Cela <emphasis>avait</emphasis> �t� un v�ritable accident, mais Harry n'�tait pas du genre � passer outre une opportunit�... m�me si le geste avait �t� grandement impulsif. Depuis lors Harry avait malhabilement transport� le sac de Gallions autoris� contre sa poche de pantalon, afin que tout tintement semble venir de l� o� il fallait.</p><p>Ce qui ne r�pondait pas � la question de comment il avait pouvoir mettre les <emphasis>autres</emphasis> pi�ces dans la Peau sans se faire prendre. Les pi�ces d'or �taient peut-�tre siennes, mais elles <emphasis>�taient</emphasis> tout de m�me vol�es � auto-vol�es ?</p><p>Harry releva les yeux vers la Super Bourse en Peau de Moke QX31 pos�e sur le comptoir face � lui. "Puis-je l'essayer un moment ? Pour v�rifier qu'elle fonctionne, euh, de fa�on fiable ?" Il agrandit ses yeux et arbora l'expression d'un gar�onnet innocent et enjou�.</p><p>Bien s�r, apr�s que Harry ait mis le sac de Gallions dans la Peau, y ait plong� sa main, ait murmur� "sac d'or" et ait extrait le sac, le tout dix fois de suite, McGonagall s'�loigna et d�tourna la t�te pour regarder d'autres objets du magasin, et le propri�taire se mit � regarder sa montre.</p><p>Harry d�posa le sac d'or dans la peau avec sa main <emphasis>gauche</emphasis> ; sa main <emphasis>droite</emphasis> sortit de sa poche, tenant fermement quelques unes des pi�ces d'or ; il plongea cette m�me main dans la peau, y d�posa les Gallions, et (en murmurant "sac d'or") r�cup�ra le sac original. Puis le sac vint dans sa main <emphasis>gauche</emphasis>, puis fut � nouveau d�pos� dans la peau, et la main <emphasis>droite</emphasis> de Harry replongea dans sa poche...</p><p>McGonagall lui jeta un coup d'oeil, mais Harry parvint � ne pas broncher ni � se figer, et elle n'eut pas l'air de remarquer quoi que ce soit. Mais nous n'�tiez jamais <emphasis>vraiment</emphasis> s�r, avec les adultes dot�s d'un sens de l'humour. Il fallut trois it�rations pour finir le travail, et Harry estima qu'il avait r�ussi � se voler � peu pr�s trente Gallions.</p><p>Harry releva le bras, essuya un peu de sueur de son front, et exhala : "Je voudrais celle-ci, s'il vous pla�t."</p><p>Quinze Gallions plus l�ger (apparemment le double du prix d'une baguette de sorcier) et une Super Bourse en Peau de Moke QX31 plus lourd, Harry et McGonagall se fray�rent un chemin jusqu'� la porte. La poign�e de la porte se transforma en une main et les salua tandis qu'ils partaient, extrudant son bras d'une fa�on qui �coeura l�g�rement Harry.</p><p>Puis, malheureusement...</p><p>"�tes-vous <emphasis>vraiment</emphasis> Harry Potter ?" souffla le vieil homme, une larme �norme coulant le long de sa joue. "Vous ne mentiriez pas � ce sujet tout de m�me ? Mais j'ai entendu des rumeurs comme quoi vous n'aviez pas <emphasis>vraiment</emphasis> surv�cu au Sortil�ge de la Mort et que c'est pour cela que personne n'avait plus entendu parler de vous depuis."</p><p>... il semblait que le sort de d�guisement de McGonagall n'�tait pas parfaitement efficace contre les praticiens magiques exp�riment�s.</p><p>McGonagall avait pos� une main sur l'�paule de Harry et l'avait tir� dans la ruelle la plus proche au moment o� elle avait entendu "Harry Potter ?" Le vieil homme les avait suivi, mais au moins personne d'autre ne semblait avoir entendu.</p><p>Harry �tudia la question. <emphasis>�tait</emphasis>-il vraiment Harry Potter ? "Je ne sais que ce qu'on m'en a dit," dit Harry. "Ce n'est pas comme si je me souvenais de ma naissance." Il se passa la main sur le front. "J'ai eu cette cicatrice pour aussi longtemps que je me souvienne, et on m'a dit que mon nom �tait Harry Potter pour aussi longtemps que je me souvienne. Mais," dit pensivement Harry, "si il y a d�j� assez de raisons de postuler l'existence d'une conspiration, il n'y a pas de raison pour laquelle ils ne trouveraient pas un autre orphelin sorcier et l'�l�veraient en lui faisant croire qu'<emphasis>il</emphasis> �tait Harry Potter -"</p><p>D'exasp�ration, McGonagall se masqua le visage. "Vous ressemblez exactement � votre p�re James dans sa premi�re ann�e � Poudlard, sauf que vous avez les yeux de votre m�re, Lily. Et je puis d�montrer en me basant uniquement sur votre <emphasis>personnalit�</emphasis> que vous �tes <emphasis>sans aucun doute</emphasis> li� au Fl�au de Gryffondor."</p><p>"<emphasis>Elle </emphasis>pourrait faire partie de la conspiration," observa Harry.</p><p>"Non," chevrota le vieil homme. "Elle a raison. Vous avez les yeux de votre m�re."</p><p>"Hmmmm". Harry fron�a les sourcils. "Je suppose que <emphasis>vous</emphasis> pourriez en faire partie aussi -"</p><p>"Assez, M. Potter." dit McGonagall.</p><p>Le vieil homme leva une main comme si il allait toucher Harry, mais la laissa retomber. "Je suis juste content que vous soyez en vie," murmura-t-il. "Merci, Harry Potter. Merci pour ce que vous avez fait...je vous laisse tranquille maintenant."</p><p>Et le battement de sa cane sur la pav� s'�loigna lentement, hors de la ruelle et le long du Chemin de Traverse.</p><p>McGonagall jeta un coup d'oeil autour d'elle, une expression tendue et sinistre sur le visage. Automatiquement, Harry regarda � son tour autour de lui. Mais la ruelle semblait vide de tout sauf de vieilles feuilles, et depuis l'entr�e menant au Chemin de Traverse on ne pouvait voir que des passants � la d�marche press�e.</p><p>McGonagall se d�tendit enfin. "Ce n'�tait pas bien jou�," dit-elle d'une voix basse. "Je sais que vous n'avez pas l'habitude de tout �a, M. Potter, mais les gens se soucient de vous. S'il vous pla�t, soyez gentil avec eux."</p><p>Harry regarda ses chaussures. "Ils ne devraient pas", dit-il avec une nuance d'amertume. "Se soucier de moi, je veux dire."</p><p>"Vous les avez sauv�s de Vous-Savez-Qui," dit McGonagall. "Comment pourraient-ils y �tre indiff�rents ?"</p><p>Harry regarda McGonagall et soupira. "J'imagine qu'il n'y a aucune chance que si je dis <emphasis>Erreur d'attribution fondamentale</emphasis> vous ayez la moindre id�e de ce dont je parle."</p><p>McGonagall secoua la t�te "Non, mais expliquez-moi, je vous en prie."</p><p>"Eh bien..." dit Harry, essayant de trouver comment bien d�crire cette section particuli�re de la science Moldue. "Supposez que vous arriviez au travail et que vous voyez votre coll�gue donner des coups de pied dans son bureau. Vous vous dites 'que cette personne doit �tre col�rique !'. Votre coll�gue pense au fait que quelqu'un l'a pouss� contre un mur alors qu'il se rendait au travail, puis lui a cri� dessus. Il se dit que <emphasis>n'importe qui</emphasis> serait en col�re suite � �a. Lorsque nous regardons les autres, nous voyons des traits de personnalit�s qui expliquent leur comportement, mais lorsque nous nous observons nous-m�mes, nous voyons des circonstances qui expliquent notre comportement. Les histoires personnelles des gens ont un sens de leur point de vue, de l'int�rieur, mais nous ne voyons pas les histoires personnelles des gens flottant derri�re eux dans les airs. Nous ne les voyons que dans une situation, et ne voyons pas le comportement qu'ils auraient dans une autre. L'erreur d'attribution fondamentale est donc que nous expliquons par des traits permanents et durables ce qui serait mieux expliqu� par des circonstances et par un contexte." Il y avait d'�l�gantes exp�riences qui confirmaient ce fait, mais Harry ne comptait pas en arriver l�.</p><p>Les sourcil de McGonagall s'�lev�rent. "Je pense que je comprends..." dit-elle lentement. "Mais qu'est-ce que �a a � voir avec vous ?"</p><p>Harry donna un coup de pied dans le mur de brique de la ruelle, suffisamment fort pour se faire mal au pied. "Les gens pensent que je les ai sauv�s de Vous-Savez-Qui parce que je suis une sorte de grand guerrier de la Lumi�re."</p><p>"Celui au pouvoir capable de vaincre le Seigneur des T�n�bres..." murmura McGonagall, une ironie dans la voix que Harry ne comprit alors pas.</p><p>"Oui," dit Harry, la voix divis�e entre la frustration et la contrari�t�, "comme si j'avais d�truit le seigneur des T�n�bres parce que je poss�de une sorte de caract�ristique permanente de type destructeur-de-Seigneur-des-T�n�bres. J'avais quinze mois � l'�poque ! Je ne <emphasis>sais</emphasis> pas ce qui s'est pass�, mais je <emphasis>devine</emphasis> que �a a quelque chose � voir avec, comme on dit, des circonstances environnementales contingentes. Et certainement rien � avoir avec ma personnalit�. Les gens ne se soucient pas de <emphasis>moi</emphasis>, ils ne font m�me pas attention � <emphasis>moi</emphasis>, ils veulent serrer la main � une <emphasis>mauvaise explication</emphasis>." Harry s'arr�ta, et regarda McGonagall. "Savez-<emphasis>vous</emphasis> ce qui s'est vraiment pass� ?"</p><p>"J'<emphasis>ai</emphasis> form� une conjecture..."dit McGonagall. "Apr�s vous avoir rencontr�."</p><p>"Oui ?"</p><p>"Vous avez triomph� contre le Seigneur des T�n�bres en �tant plus �pouvantable que <emphasis>lui</emphasis>, et avez surv�cu au Sortil�ge de la Mort en �tant plus horrible que la Mort."</p><p>"Ha. Ha. Ha." Harry donna un nouveau coup de pied dans le mur.</p><p>McGonagall gloussa. "Allons chez Madame Malkin. Je pense que vos habits Moldus attirent peut-�tre l'attention."</p><p>Ils rencontr�rent deux sympathisants de plus sur le chemin.</p><p>McGonagall s'arr�ta devant la porte des Robes de Madame Malkin. C'�tait une devanture v�ritablement ennuyeuse, principalement faite de briques rouges comme des briques ordinaires, et des fen�tres de verre montraient des robes noires unies. Pas de robes brillantes ou changeantes ou tournantes ou radiantes d'�tranges rayons qui para�traient traverser votre chemise et vous chatouiller. Juste des robes noires unies - ou du moins c'�tait tout ce que vous pouviez voir � travers la fen�tre. La porte �tait grande ouverte, comme pour dire qu'il n'y avait ici aucun secret et rien � cacher."</p><p>"Je vais m'absenter quelques minutes pendant qu'on prend vos mesures pour les robes," dit McGonagall. "Cela vous convient-il ?"</p><p>Harry hocha la t�te. Il d�testait le shopping de v�tements avec une ardente passion et ne pouvait pas bl�mer McGonagall si elle partageait son aversion.</p><p>McGonagall tapota le front de Harry avec sa baguette. "Vous devrez �tre clairement visible aux sens de Madame Malkin, j'enl�ve donc le sort d'Obfuscation."</p><p>"Euh..." dit Harry. Cela le tracassait un peu.</p><p>"Je suis all� � Poudlard avec Madame Malkin," dit McGonagall. "M�me alors, elle �tait l'une des personne les plus <emphasis>compos�es</emphasis> que je connaisse. Elle ne hausserait pas un sourcil si Vous-Savez-Qui lui-m�me entrait dans son magasin." La voix de McGonagall semblait provenir d'un souvenir, et son ton �tait approbateur. "Madame Malkin ne vous emb�tera pas, et elle ne laissera personne d'autre vous emb�ter."</p><p>"O� allez-<emphasis>vous</emphasis> ?" s'enquit Harry. "Juste au cas o�, vous savez, quelque chose se passait."</p><p>McGonagall donna un regard dur et sceptique � Harry. "Je vais <emphasis>l�</emphasis>," dit-elle pointant du doigt un b�timent en face qui arborait le dessin d'un tonnelet de bois, "pour m'offrir un verre, dont j'ai d�sesp�r�ment besoin. <emphasis>Vous</emphasis> allez voir vos mesures prises pour les robes, <emphasis>rien d'autre</emphasis>. Je vais revenir vous surveiller <emphasis>bient�t </emphasis>et je m'<emphasis>attends</emphasis> � voir le magasin de Madame Malkin toujours debout et pas en feu de <emphasis>quelque fa�on que ce soit</emphasis>."</p><p>Madame Malkin �tait une vielle femme anim�e qui ne pipa mot lorsqu'elle vit la cicatrice sur son front, et jeta un regard s�v�re � une assistante lorsque celle-ci sembla �tre sur le point de dire quelque chose. Madame Malkin exhiba un ensemble de pi�ces de tissus anim�es qui se contorsionnaient et semblaient servir de m�tre ruban, et commen�a � travailler.</p><p>A c�t� de Harry, un jeune gar�on p�le au visage pointu et aux cheveux blond-blanc <emphasis>supercools </emphasis>semblait �tre dans la phase finale d'un processus similaire. L'un des deux assistants de Malkin examinait le gar�on au cheveux blancs avec attention, ainsi que la robe aux motif en damier qu'il portait ; � l'occasion elle touchait un coin de la robe avec sa baguette, et la robe se rel�chait ou se resserrait.</p><p>"Bonjour," dit le gar�on, "Poudlard, toi aussi ?"</p><p>Harry pouvait pr�dire o� cette conversation allait le mener, et dans une demi seconde de frustration il d�cida que c'en �tait assez.</p><p>"Grands dieux," murmura Harry, "ce n'est pas possible." Il laissa ses yeux se dilater. "Votre... nom, monsieur ?"</p><p>"Draco Malfoy," dit Draco Malfoy, l'air un peu perplexe.</p><p>"C'<emphasis>est</emphasis> vous ! Draco Malfoy. Je - Je ne pensais pas avoir un jour l'honneur, monsieur." Harry aurait aim� pouvoir faire sortir des larmes de ses yeux. Les autres commen�aient g�n�ralement � pleurer � ce moment l� de la conversation.</p><p>"Oh," dit Draco d'un ton l�g�rement confus. Puis ses l�vres s'�tir�rent en un sourire suffisant. "Il est agr�able de rencontrer quelqu'un qui conna�t sa place."</p><p>L'une des assistantes, celle qui semblait avoir reconnu Harry, fit un bruit de gloussement �touff�.</p><p>Harry continua son murmure. "Je suis ravi de vous rencontrer M. Malfoy. Juste ineffablement ravi. Et aller � Poudlard la m�me ann�e que vous ! Mon coeur se p�me."</p><p>Oups. Cette derni�re partie avait peut-�tre �t� un peu �trange, comme si il flirtait avec Draco.</p><p>"Et mon propre coeur est illumin� de constater que je puis m'attendre � �tre trait� avec le respect d� � la famille Malfoy," renvoya Malfoy avec un sourire similaire � l'un de ceux que le plus haut des rois pourrait octroyer au plus bas de ses sujets, si ce sujet �tait honn�te en d�pit de sa pauvret�.</p><p>Eh... Mince, Harry avait du mal � inventer sa prochaine r�plique. Eh bien, tout le monde <emphasis>voulait</emphasis> serrer la main de Harry Potter, alors - "Lorsque mes v�tements seront appr�t�s, monsieur, accepterez-vous de me serrer la main ? Rien d'autre ne saurait parachever ce jour, non, ce mois, et � vrai dire, ma vie enti�re."</p><p>Draco le foudroya du regard. "Je pense que vous demandez de ma personne une familiarit� bien d�plac�e ! Qu'avez vous jamais fait pour la famille Malfoy qui vous donne droit � une pareille requ�te ?"</p><p><emphasis>Oh, je vais tellement essayer cette routine sur la prochaine personne qui essaie de me serrer la main</emphasis>. Harry inclina sa t�te. "Non, non monsieur, je comprends. Je suis d�sol� de vous l'avoir demand�. Je devrais plut�t me sentir honor� de nettoyer vos bottes."</p><p>"En effet," l�cha Draco. Son visage dur s'�claira plus ou moins. "Cela �tant dit, votre souhait est compr�hensible. Dites moi, dans quelle Maison pensez-vous �tre tri� ? Je suis destin� � Serpentard bien s�r, comme mon p�re Lucius avant moi. Et pour vous, je devine la Maison Poufsouffle, ou peut-�tre la Maison Elfe."</p><p>Harry fit un sourire penaud. "Professeur McGonagall dit que je suis la personne la plus Serdaigle qu'elle ait jamais vu ou dont elle ait jamais entendu parler dans des l�gendes, � tel point que Rowena elle-m�me me dirait de sortir plus, quoi que <emphasis>cela</emphasis> veuille dire, et que je finirai sans aucun doute � Serdaigle si le Choixpeau magique ne crie pas d'horreur si fort qu'aucun d'entre nous ne peut comprendre ce qu'il dit, fin de citation."</p><p>"Wow," dit Draco, l'air l�g�rement impressionn�. Il fit une sorte de soupir m�lancolique. "Votre flatterie �tait excellente, ou du moins je le pensais - vous r�ussiriez � Serpentard aussi. C'est g�n�ralement devant mon p�re que les gens s'aplatissent. J'<emphasis>esp�re</emphasis> que les autres Serpentards me l�cheront les bottes maintenant que je suis � Poudlard... j'imagine donc que c'est bon signe."</p><p>Harry toussa. "A vrai dire, d�sol�, mais je ne sais absolument pas qui tu es."</p><p>"<emphasis>Non mais franchement</emphasis> !" dit Draco, violemment d��u. "Pourquoi ferais-tu �a ?" les yeux de Draco s'�largirent dans un �lan de suspicion soudain. "Et comment peux-tu ne <emphasis>pas</emphasis> conna�tre les Malfoys ? Et quels sont ces <emphasis>v�tements </emphasis>que tu portes ? Tes parents sont-ils <emphasis>Moldus</emphasis> ?"</p><p>"Deux des mes parents sont morts", dit Harry. Il �prouva un pincement au coeur. Lorsqu'il le formulait ainsi - "Mes deux autres parents sont des Moldus, et ce sont eux qui m'ont �duqu�."</p><p>"<emphasis>Quoi</emphasis> ?" dit Draco. "Qui <emphasis>es</emphasis>-tu ?"</p><p>"Harry Potter, ravi de te faire ta connaissance."</p><p>"<emphasis>Harry Potter ?"</emphasis> haleta Draco. "<emphasis>Le</emphasis> Harry -" et le gar�on s'arr�ta brusquement.</p><p>Il y eut un bref silence.</p><p>Puis, avec un enthousiasme �clatant : "Harry Potter ? <emphasis>Le</emphasis> Harry Potter ? Mon dieu, j'ai toujours voulu te rencontrer !"</p><p>L'assistante qui s'occupait de Draco �mit un son qui donnait l'impression qu'elle s'�tranglait mais elle continua son travail, soulevant les bras de Draco pour enlever la robe dam�e avec attention.</p><p>"Tais toi," sugg�ra Harry.</p><p>"Pourrais-je avoir un autographe ? Non, attends, d'abord je veux une photo avec toi !"</p><p>"Tais<emphasis>toi</emphasis>tais<emphasis>toi</emphasis>tais<emphasis>toi</emphasis>"</p><p>"Je suis juste tellement, inexprimablement <emphasis>enchant�</emphasis> de te rencontrer !"</p><p>"Prends feu et meurs."</p><p>"Mais tu es Harry Potter, le glorieux sauveur du monde magique, vainqueur du Seigneur des T�n�bres ! Le h�ros de tous, Harry Potter ! J'ai toujours voulu devenir comme toi quand je serai plus grand pour pouvoir vaincre des Seigneur des T�n�bres moi aus-"</p><p>Draco s'interrompit au beau milieu de sa phrase. Son visage de p�trifia dans une expression d'horreur absolue.</p><p>Grand, cheveux blancs, froidement �l�gant dans des robes noires de la meilleure des qualit�s. Une main enserrant une cane � poign�e d'argent qui par vertu d'�tre dans cette main prenait l'apparence d'une arme mortelle. Ses yeux consid�r�rent la pi�ce avec le calme d'un �x�cuteur, d'un homme pour qui tuer n'�tait pas douloureux, ni m�me d�licieusement interdit, mais une activit� aussi routini�re que respirer.</p><p>C'�tait l'homme qui avait, � cet instant, nonchalamment franchi le seuil de la porte ouverte.</p><p>"Draco," dit l'homme, d'une voix basse et tr�s en col�re, "<emphasis>qu'es-tu</emphasis> en train de <emphasis>dire</emphasis> ?"</p><p>En une demi seconde de panique compatissante, Harry formula un plan de secours.</p><p>"Lucius Malfoy !" haleta Harry Potter. "<emphasis>Le</emphasis> Lucius Malfoy ?"</p><p>L'un des assistants de Malkin dut d�tourner le regard et contempler le mur.</p><p>Des yeux froid et meurtiers le consid�raient. "Harry Potter."</p><p>"Je suis tellement, tellement honor� de vous rencontrer !"</p><p>Les yeux noirs s'�largirent, et la surprise choqu�e rempla�a la menace mortelle.</p><p>"Votre fils m'a <emphasis>tout</emphasis> dit de vous," continua Harry avec grande animation, sachant � peine ce qui sortait de sa bouche, essayant juste de parler le plus vite possible. "Mais bien s�r je savais tout de vous bien avant cela, tout le monde vous conna�t, Lucius Malfoy ! Le laur�at le plus honor� de Serpentard, j'ai moi-m�me pens� � aller � Serpentard juste parce que j'ai entendu que vous y �tiez enfant -"</p><p>"<emphasis>Que dites-vous, M. Potter ?" </emphasis>dit un quasi-cri depuis l'ext�rieur du magasin, et le Professeur McGonagall d�boula une seconde plus tard.</p><p>Il y avait une telle horreur sur son visage que la bouche de Harry s'ouvrit automatiquement, puis se bloqua sur rien-�-dire.</p><p>"Professeur McGonagall !" s'�cria Draco. "Est-ce vraiment vous ? Mon p�re m'a tellement parl� de vous, j'ai pens� � me faire trier � Gryffondor afin de -"</p><p>"<emphasis>Quoi </emphasis>?" hurl�rent Lucius Malfoy et le Professeur McGonagall parfaitement � l'unison, debout l'un � cot� de l'autre. Leurs t�tes pivot�rent symm�triquement et ils se regard�rent, puis ils s'�loign�rent l'un de l'autre comme si ils interpr�taient une danse synchronis�e.</p><p>Il y eut une grande agitation alors que Lucius s'emparait de Draco et le tra�nait hors du magasin.</p><p>Puis tout fut silencieux.</p><p>McGonagall regarda le petit verre de vin qu'elle avait en main. Il �tait horizontal, oubli� dans sa galopade, et seules quelques gouttes d'alcool s'y accrochaient encore.</p><p>McGonagall s'avan�a dans le magasin jusqu'� ce qu'elle fit face � Madame Malkin.</p><p>"Madame Malkin," dit McGonagall d'une voix calme. "Que s'est-il pass� ici ?"</p><p>Madame Malkin la regarda silencieusement pendant quatre secondes, puis elle craqua. Elle tomba contre le mur, riant plus qu'elle ne respirait, ce qui fit craquer ses deux assistantes, et l'une d'entre elles tomba sur ses mains et ses genoux, prise d'un fou rire hyst�rique.</p><p>McGonagall se retourna lentement et regarda Harry avec une expression froide. "Je vous laisse seul pendant cinq minutes. Cinq minutes, M. Potter, dixit cette horloge."</p><p>"Je ne faisais que plaisanter", protesta Harry, alors que les rires hyst�riques continuaient non loin.</p><p>"<emphasis>Draco Malfoy a dit face � son p�re qu'il souhaitait �tre tri� � Gryffondor ! </emphasis>Plaisanter <emphasis>ne suffit pas </emphasis>� en <emphasis>venir</emphasis> l� !" McGonagall pausa, respirant lourdement. "Quelle partie de 'se faire prendre ses mesures' avez-vous interpr�t� comme voulant dire <emphasis>s'il vous pla�t jetez un sort de Confusion � l'univers entier !</emphasis>"</p><p>"Il �tait dans un contexte situationnel o� ses actions avaient un sens de son point de vue -"</p><p>"Non. N'expliquez pas. Je ne veux pas savoir ce qui s'est pass� ici. Jamais. Il y a certaines choses que je ne suis pas cens�e savoir, et c'est une de ces choses. Quelle que soit la force de chaos de d�moniaque qui vous habite, elle est <emphasis>contagieuse</emphasis>, et je ne veux pas finir comme ce pauvre Draco Malfoy, cette pauvre madame Malkin, ou ses deux pauvres assistantes."</p><p>Harry soupira. Il �tait clair que le Professeur McGonagall n'�tait pas d'humeur � pr�ter l'oreille � des explications raisonnables. Il regarda Madame Malkin, qui s'appuyait toujours contre le mur, et ses deux assistantes, qui �taient maintenant <emphasis>toutes deux</emphasis> � genoux, et finalement son propre corps entour� de m�tre ruban.</p><p>"Je n'ai pas encore fini avec les mesures," dit Harry avec gentillesse. "Pourquoi ne retourneriez-vous pas prendre un autre verre ?"</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 6*: L'illusion de la planification</strong></p><p>Bla bla avertissement bla bla Rowling bla bla droits de propri�t�.</p><empty-line/><p>La partie "Apr�s-coup" de ce chapitre fait partie de l'histoire et n'est <emphasis>pas</emphasis> omake.</p><empty-line/><p><emphasis>Vous pensez que votre journ�e �tait surr�aliste ? Essayez la mienne pour voir.</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis>Certains </emphasis>auraient attendu jusqu'� <emphasis>apr�s</emphasis> leur premier voyage au Chemin de Traverse.</p><p>"Sac de l'�l�ment 79," dit Harry, et il retira sa main vide de la bourse en peau de Moke.</p><p>La plupart des gens auraient au moins attendu d'avoir leur <emphasis>baguette magique</emphasis>.</p><p>"Sac d'<emphasis>okane</emphasis>," dit Harry. Le lourd sac d'or apparut dans sa main.</p><p>Harry sortit le sac, puis le plongea � nouveau dans la bourse. Il sortit sa main, la remit � l'int�rieur, et dit : "Sac de gages d'�change �conomique." Cette fois-ci sa main ressortit vide.</p><p>Harry Potter avait mis la main sur au moins un objet magique. Pourquoi attendre ?</p><p>"Professeur McGonagall," dit Harry � la sorci�re perplexe qui marchait � ses c�t�s, "pourriez-vous me donner deux mots, un qui signifie or, et un autre signifiant autre chose n'�tant pas de l'argent, le tout dans une langue que je connais pas ? Mais ne me dites pas lequel est lequel."</p><p>"<emphasis>Ahava </emphasis>et <emphasis>zahav</emphasis>," dit McGonagall. "C'est de l'H�breu, et l'autre mot veut dire amour."</p><p>"Merci, Professeur. Sac d'<emphasis>ahava</emphasis>." Vide.</p><p>"Sac de <emphasis>zahav</emphasis>." Et il apparut dans sa main.</p><p>"Zahav veut dire or ?" s'enquit Harry, et McGonagall hocha la t�te.</p><p>Harry contempla les donn�es exp�rimentales qu'il avait recueillies. C'�tait un effort des plus bruts et des plus pr�liminaires, mais c'�tait suffisant pour soutenir au moins une conclusion :</p><p>"<emphasis>Aaaaaarrrgh �a n'a aucun sens !</emphasis>"</p><p>La sorci�re a ses c�t�s souleva un noble sourcil. "Des probl�mes, M. Potter ?"</p><p>"Je viens de falsifier chacune des hypoth�ses que j'avais ! Comment la bourse peut-elle savoir que "sac de 115 Gallions" est valide, mais pas "sac de 90 plus 25 Gallions" ? Elle peut <emphasis>compter</emphasis> mais elle ne peut pas <emphasis>additionner</emphasis> ? Elle peut comprendre les noms, mais pas les syntagmes nominaux de m�me sens ? La personne qui l'a cr��e ne parlait probablement pas Japonais et <emphasis>je</emphasis> ne parle pas H�breux, donc �a n'utilise pas <emphasis>son</emphasis> savoir ni <emphasis>mon </emphasis>savoir -" Harry agita une main avec impuissance. "Les r�gles paraissent <emphasis>en gros</emphasis> coh�rentes mais elles ne <emphasis>veulent rien dire</emphasis> ! Et je ne vais m�me pas commencer � m'interroger sur la fa�on dont une <emphasis>bourse</emphasis> peut �tre �quip�e d'une reconnaissance vocale et d'une compr�hension du langage naturel, alors qu'apr�s trente-cinq ans de dur labeur les meilleurs programmeurs en Intelligence Artificielle ne peuvent faire r�aliser cette prouesse aux superordinateurs les plus rapides," Harry haleta, � la recherche d'oxyg�ne, "mais <emphasis>qu'</emphasis>est ce qui se <emphasis>passe</emphasis> ?"</p><p>"Magie," dit le professeur McGonagall. Elle haussa les �paules.</p><p>"C'est juste un <emphasis>mot</emphasis> ! M�me apr�s m'avoir dit �a, je ne peux pas faire de nouvelles pr�dictions. C'est exactement comme de dire 'phlogiston' ou '�lan vital' ou '�mergence' ou 'complexit�' !"</p><p>Le Professeur McGonagall rit � haute voix. "Mais c'<emphasis>est</emphasis> de la magie, M. Potter."</p><p>Harry s'effondra un peu. "Avec tout mon respect, Professeur McGonagall, je ne suis pas tout � fait s�r que vous compreniez que ce j'essaie de faire ici."</p><p>"Avec tout mon respect, M. Potter, je suis tout � fait s�re de ne pas le comprendre. A moins que - c'est juste une supposition, dites-vous bien - vous ne soyez en train d'essayer de conqu�rir le monde ?"</p><p>"Non ! Je veux dire oui - enfin, <emphasis>non</emphasis> !"</p><p>"Je pense que je devrais probablement �tre alarm�e par le fait que vous avez quelque difficult� � r�pondre � cette question."</p><p>Harry se rem�mora sombrement la Conf�rence de Dartmouth sur l'Intelligence Artificielle de 1956. �a avait �t� la premi�re conf�rence jamais organis�e sur ce sujet, celle qui avait cr�� l'expression "Intelligence Artificielle". Ils avaient identifi� les probl�mes cl�s, tels que faire en sorte que les ordinateurs comprennent le langage, apprennent, et s'am�liorent eux-m�mes. Ils avaient sugg�r�, avec un parfait s�rieux, que des progr�s significatifs pourraient �tre accomplis par dix scientifiques travaillant ensemble pendant deux mois sur ces probl�mes.</p><p><emphasis>Non. Rel�ve la t�te. Tu </emphasis>commences <emphasis>juste � d�m�ler les secrets de la magie. Tu ne </emphasis>sais<emphasis> pas vraiment si �a va �tre </emphasis><emphasis>difficile � faire en deux mois.</emphasis></p><p>"Et vous n'avez <emphasis>vraiment</emphasis> pas entendu parler d'autres sorciers posant ce genre de questions ou faisant ce genre d'exp�riences scientifiques ?" demanda � nouveau Harry. �a lui semblait tellement <emphasis>�vident</emphasis>.</p><p>Mais apr�s tout, il avait fallu attendre plus de deux cents ans <emphasis>apr�s</emphasis> l'invention de la m�thode scientifique pour qu'un scientifique Moldu pense � �tudier de fa�on syst�matique ce qu'un <emphasis>humain de quatre ans</emphasis> pouvait et ne pouvait pas comprendre. Ils auraient pu d�couvrir �a au dix-huiti�me si�cle mais personne n'avait jamais pens� � regarder avant le vingti�me. Donc vous ne pouviez pas vraiment bl�mer le monde magique, qui �tait bien plus petit, si ils n'avaient pas encore �tudi� le sort de R�cup�ration.</p><p>McGonagall, apr�s avoir pinc� ses l�vres pendant un moment, haussa les �paules. "Je ne suis toujours pas certaine de ce que vous voulez dire par 'exp�rience scientifique', M. Potter. Comme je l'ai dit, j'ai vu des �tudiants n�s-Moldus essayer de faire fonctionner la science Moldue � Poudlard, et les gens inventent de nouveaux Charmes et de nouvelles Potions chaque ann�e."</p><p>Harry secoua la t�te. "La technologie et la science ne sont pas du tout la m�me chose. Et essayer de faire quelque chose de plein de fa�ons diff�rentes n'est pas du tout semblable � exp�rimenter pour comprendre les r�gles." Il y avait beaucoup de gens qui avaient essay� d'inventer des machines volantes en essayant plein de choses-�-ailes, mais seuls les fr�res Wright avaient construit un tunnel � vent... "Hm, combien d'enfants �duqu�s-Moldus <emphasis>acceptez-vous</emphasis> � Poudlard chaque ann�e ?"</p><p>McGonagall eut l'air pensive pour un moment. "Environ dix ?"</p><p>Harry fit un faux pas et failli se faire un croc-en-jambe. "<emphasis>Dix</emphasis> ?"</p><p>Le monde Moldu avait une population de six milliards en augmentation. Si on vous choisissait parmi un million de personnes, alors il y en avait douze comme vous � New York et mille de plus en Chine. Il �tait in�vitable que le monde Moldu produise <emphasis>quelques</emphasis> enfants de onze ans capables de r�soudre des �quations - Harry savait qu'il n'�tait pas le seul. Il avait rencontr� d'autres prodiges aux comp�titions de math�matiques. A vrai dire il avait �t� compl�tement �cras� par des concurrents qui avaient probablement pass� litt�ralement <emphasis>toutes leurs journ�es</emphasis> � pratiquer des probl�mes de math�matiques et qui n'avaient <emphasis>jamais</emphasis> lu de livre de science fiction et qui allaient <emphasis>compl�tement</emphasis> craquer avant leur <emphasis>pubert�</emphasis> et ne feraient <emphasis>jamais</emphasis> rien de leur vies futures parce qu'ils avaient simplement utilis� des techniques <emphasis>connues</emphasis> au lieu d'apprendre � penser de fa�on <emphasis>cr�ative</emphasis>. (Harry �tait du genre mauvais perdant)</p><p>Mais... dans le monde magique...</p><p>Dix enfants �duqu�s-Moldus par an qui finissaient leur �ducation Moldue � l'�ge de onze ans ? Et McGonagall n'�tait peut-�tre pas objective, mais elle avait pr�tendu que Poudlard �tait la plus grande et la plus �minente des �coles de magie du monde... et son cursus n'allait que jusqu'� l'�ge de dix-sept ans.</p><p>Le Professeur McGonagall connaissait sans aucun doute les plus petits d�tails de la fa�on dont les gens se transformaient en chat. Mais semblait n'avoir litt�ralement <emphasis>jamais</emphasis> entendu parler de la m�thode scientifique. Pour elle, c'�tait juste de la magie Moldue. Et elle ne semblait m�me pas <emphasis>curieuse</emphasis> des secrets qui pouvaient se cacher derri�re la compr�hension du langage naturel que poss�dait le sort de R�cup�ration.</p><p>Ce qui n'offrait que deux possibilit�s, vraiment.</p><p>Possibilit� un : La magie �tait si incroyablement opaque, convolut�e et imp�n�trable que m�me si les sorciers et sorci�res avaient fait de leur mieux pour la comprendre, ils n'avaient fait aucun progr�s et avaient fini par laisser tomber ; et Harry ne ferait pas mieux.</p><p><emphasis>Ou...</emphasis></p><p>Harry se craqua les doigts avec d�termination, mais il ne firent qu'un petit craquement discret et pas un �cho mena�ant qui aurait rebondit sur les murs du Chemin de Traverse.</p><p>Possibilit� deux : il allait conqu�rir le monde.</p><p>A la longue. Peut-�tre pas tout de suite.</p><p>Ce genre de choses prenait <emphasis>vraiment</emphasis> plus de deux mois. La science Moldue ne s'�tait pas rendue sur la lune une semaine apr�s Galil�e.</p><p>Mais Harry ne pouvait arr�ter l'immense sourire qui s'�tait tant �tendu sur ses joues qu'elles commen�aient � lui faire mal.</p><p>Il avait toujours eu peur de finir comme un de ces enfants prodiges qui ne faisaient rien de leur vie et passaient le reste de celles-ci � raconter � quel point ils �taient cools � dix ans. Mais cela dit la plupart des g�nies adultes ne faisaient rien de leur vies. Il y avait probablement mille personnes aussi intelligentes qu'Einstein pour chaque Einstein de l'Histoire. Mais ils n'avaient pas mis la main sur la seule chose dont vous aviez absolument besoin pour parvenir � la grandeur. Ils n'avaient jamais trouv� un probl�me d'importance.</p><p><emphasis>Tu es � moi � pr�sent</emphasis>, pensa Harry � l'intention des murs du Chemin de Traverse, et de tous les magasins et leurs objets, et de tous les tenanciers et des clients, et de toutes les terres et de tous les habitants de l'Angleterre magique, et du vaste monde magique, et de l'univers entier dont les scientifiques Moldus comprenaient bien moins que ce qu'ils croyaient. <emphasis>Moi, Harry James Potter-Evans-Verres, revendique ce territoire au nom de la Science</emphasis>.</p><p>Les �clairs et le tonnerre ne brill�rent et ne grond�rent pas dans le ciel sans nuage.</p><p>"Pourquoi souriez-vous ?", s'enquit McGonagall avec prudence et lassitude.</p><p>"Je me demande si il existe un sort permettant de faire jaillir des �clairs en arri�re-plan � chaque fois que je prends une r�solution de mauvaise augure," expliqua Harry. Il �tait en train de soigneusement m�moriser les mots exacts de sa r�solution de mauvaise augure afin que les livres d'histoire du futur ne se trompent pas.</p><p>"J'ai comme un lointain sentiment me disant que je devrais faire quelque chose � ce sujet." soupira McGonagall.</p><p>"Ignorez-le, et �a partira. Ooh, joli ! " Harry mit ses pens�es de conqu�te mondiale en attente et alla droit jusqu'� un magasin � la devanture ouverte, et le professeur McGonagall suivit.</p><empty-line/><p>Harry avait maintenant achet� ses ingr�dients de potions, un chaudron, et, oh, quelques petites choses suppl�mentaires. Des objets qu'il semblait intelligent de transporter dans le Sac Conteneur de Harry (aussi connu sous le nom de Super Bourse en Peau de Moke QX31 avec Charme d'Extension Ind�tectable, Charme de R�cup�ration, et Ouverture �largissante). Des achats intelligents et raisonnables.</p><p>Harry ne comprenait honn�tement pas pourquoi McGonagall avait l'air si <emphasis>m�fiante</emphasis>.</p><p>Harry �tait pour le moment dans un magasin dont la devanture terminait la rue principale et tordue du Chemin de Traverse. Le magasin avait une devanture ouverte o� la marchandise �tait dispos�e sur des �tals de bois inclin�s, gard�s seulement par un l�ger halo gris et une jeune vendeuse portant une version fortement raccourcies des robes de sorci�res normales, ce qui r�v�lait ses genoux et ses coudes.</p><p>Harry examina l'�quivalent magique d'un kit de premier soins, le Pack de Soins d'Urgence Plus. Il avait : deux garrots auto-serrants. Une Potion de Stabilisation qui ralentissait la perte de sang et emp�chait les chocs. Une seringue de quelque chose qui ressemblait � du feu liquide et �tait suppos� consid�rablement r�duire la circulation sanguine dans la zone trait�e tout en continuant � oxyg�ner le sang pendant trente minutes maximum, si jamais vous aviez besoin d'emp�cher un poison de se r�pandre dans le corps. Un tissu blanc qui pouvait �tre enroul� autour d'une partie du corps pour temporairement diminuer la douleur. Plus une quantit� d'autres objets que Harry ne comprenait absolument pas, comme le "Traitement pour l'Exposition aux D�traqueurs", qui ressemblait � et sentait comme du chocolat ordinaire. Ou le "contre-BaffleSnaffle," qui ressemblait � un petit oeuf fr�missant et portait un affichette montrant comment l'enfoncer dans la narine de quelqu'un.</p><p>"Un achat obligatoire pour cinq Gallions, qu'en dites-vous ?" dit Harry � McGonagall, et la jeune vendeuse, non loin, hocha la t�te avec enthousiasme.</p><p>Harry s'�tait attendu � ce que McGonagall fasse une remarque approbatrice sur sa prudence et pr�paration.</p><p>Ce qu'il re�ut � la place ne pouvait �tre d�crit que comme le mauvais oeil.</p><p>"Et <emphasis>pourquoi</emphasis> donc," dit le professeur McGonagall avec une lourde note de scepticisme dans la voix, "vous attendriez-vous � avoir <emphasis>besoin</emphasis> d'un kit de soin, jeune homme ?" (Apr�s le malheureux incident au magasin des potions, McGonagall essayait d'�viter de dire "M. Potter" lorsque quelqu'un se trouvait non loin.)</p><p>La bouche de Harry s'ouvrit puis se ferma. "Je ne m'<emphasis>attends</emphasis> pas � en avoir besoin ! C'est juste au cas o� !"</p><p>"Juste au cas o� <emphasis>quoi</emphasis> ?"</p><p>Les yeux de Harry s'agrandirent. "Vous pensez que je <emphasis>pr�pare</emphasis> quelque chose de dangereux que c'est pour <emphasis>�a</emphasis> que je veux un kit m�dical ?"</p><p>L'air de soup�on sinistre et d'incr�dulit� ironique qu'arborait le visage de McGonagall suffit � lui r�pondre.</p><p>"Grand Scott !" dit Harry (c'�tait une expression qu'il avait apprise gr�ce au scientifique fou Doc Brown de <emphasis>Retour vers le Futur</emphasis>.) "Pensiez-vous � �a quand j'ai achet� la Potion de Chute-sur-Plumes, la Branchiflore, et la bouteille de pilules de Nourriture et d'Eau ?"</p><p>"Oui."</p><p>Harry secoua la t�te avec stup�faction. "Et quelle sorte de plan pensez vous que j'ai <emphasis>mis</emphasis><emphasis>en route</emphasis> ?"</p><p>"Je ne sais pas," dit tristement McGonagall, "mais �a se termine soit avec vous d�livrant une tonne d'argent � Gringotts, soit en domination mondiale."</p><p>"La domination mondiale est une expression si laide. Je pr�f�re l'appeler optimisation mondiale."</p><p>Cela �choua � rassurer le professeur McGonagall, qui lui donnait toujours le Regard de la Mort.</p><p>"Wow," dit Harry, se rendant compte qu'elle �tait s�rieuse. "Vous le croyez vraiment. Vous pensez vraiment que je pr�vois de faire quelque chose de dangereux."</p><p>"Oui."</p><p>"Comme si c'�tait la <emphasis>seule</emphasis> raison pour laquelle qui que ce soit ach�terait jamais un kit de premiers soins ? Ne le prenez pas mal, Professeur McGonagall, mais <emphasis>de quelle sorte d'enfants fous avez-vous l'habitude de vous occuper</emphasis> ?"</p><p>"Des Gryffondors," cracha le Professeur McGonagall, le mot transportait un convoi d'amertume et de d�sespoir tel qu'on aurait dit une mal�diction �ternelle jet�e sur tout l'h�ro�sme et la vivacit� de la jeunesse.</p><p>"Directrice Adjointe Professeur McGonagall," dit Harry, posant fermement ses mains sur ses hanches. "Je ne vais pas aller � Gryffondor -"</p><p>� cet instant, McGonagall glissa quelque chose au sujet du fait que si il y <emphasis>allait,</emphasis> elle d�couvrirait comment on s'y prend pour tuer des chapeaux, une remarque �trange que Harry laissa passer sans commentaire, bien que la vendeuse sembla �tre prise d'une soudaine crise de toux.</p><p>"- Je vais aller � Serdaigle. Et si vous pensez vraiment que je pr�vois de faire quelque chose de dangereux, alors, avec tout mon respect, vous ne me comprenez pas <emphasis>du tout</emphasis>. Je n'<emphasis>aime</emphasis> pas le danger, �a me fait <emphasis>peur</emphasis>. Je suis <emphasis>prudent</emphasis>. Je suis <emphasis>pr�cautionneux</emphasis>. Je me pr�pare � des <emphasis>contingences impr�vues</emphasis>. Comme mes parents me chantonnaient : <emphasis>Soyez pr�ts ! C'est la chanson de marche des Scouts, soyez pr�ts ! Comme on marche dans la vie ! Pas nerveux, pas �nerv�, pas effray�, soyez pr�t !"</emphasis></p><p>(Les parents de Harry n'avaient de fait chant� que <emphasis>ces vers l�</emphasis> de la chanson de Tom Lehrer, et Harry vivait dans l'heureuse ignorance du reste de cette chanson.)</p><p>La posture de McGonagall s'�tait l�g�rement adoucie - surtout quand Harry lui avait rappel� qu'il se rendait � Serdaigle. "A quelle sorte de <emphasis>contingence</emphasis> imaginez-vous que ce kit vous pr�pare, <emphasis>jeune homme</emphasis> ?"</p><p>"L'un de mes camarades de classe se fait mordre par un horrible monstre, et alors que je fouille fr�n�tiquement dans ma bourse en peau de Moke � la recherche de quelque chose qui pourrait l'aider, elle me regarde avec tristesse, et dans son dernier souffle me dit : "<emphasis>Pourquoi n'�tais tu pas pr�t ?</emphasis>" Puis elle meurt, et je sais, alors que ses yeux se ferment, qu'elle ne me pardonnera jamais -"</p><p>Harry entendit la vendeuse manquer d'air ; il leva les yeux et la vit, les yeux braqu�s sur lui, ses l�vres fermement serr�es. Puis la jeune femme fit un demi-tour et fuit vers le fond du magasin.</p><p><emphasis>Quoi...?</emphasis></p><p>Le Professeur McGonagall prit les mains de Harry dans les siennes, gentiment mais tr�s fermement, et tira Harry jusqu'� la rue principale du Chemin de Traverse, le menant dans une ruelle situ�e entre deux magasins qui �tait pav�e de briques sales et se terminait par un cul-de-sac de terre noire et compacte.</p><p>La grande sorci�re pointa sa baguette en direction de la rue principale et dit : "<emphasis>Sourdinam"</emphasis>, et un �cran de silence s'abattit autour d'eux, bloquant les bruits de la rue.</p><p><emphasis>Qu'est-ce que j'ai fait de mal...</emphasis></p><p>Puis la sorci�re se tourna et envoya � Harry un regard glac� pleine puissance. "Je vous serai reconnaissante de vous rappeler, M. Potter, qu'il y avait une <emphasis>guerre</emphasis> dans l'Angleterre magique il n'y a pas dix ans et que <emphasis>tout le monde</emphasis> ici a perdu quelqu'un et que parler d'amis mourants dans vos bras <emphasis>n'est pas, quelque chose, qui se fait !</emphasis>"</p><p>"Je, je ne voulais pas -" La conclusion tomba comme une pierre dans l'imagination exceptionellement visuelle de Harry. La guerre avait pris fin dix ans auparavant, donc cette fille avait eu huit ou neuf ans tout au plus quand, quand, "Je suis d�sol�, je ne voulais pas..." Harry s'�trangla, et se d�tourna du regard froid de McGonagall, mais il y avait un mur de terre en travers de son chemin et il n'avait pas encore sa baguette magique. "Je suis d�sol�, je suis d�sol�, je suis <emphasis>d�sol�</emphasis> !"</p><p>Un lourd soupir s'�leva de derri�re lui. "Je sais que vous l'�tes, M. Potter."</p><p>Harry osa jeter un coup d'oeil derri�re lui. La col�re avait quitt� le visage du Professeur McGonagall. "Je suis d�sol�," dit � nouveau Harry, se sentant l'�tre le plus mis�rable du monde. "Je n'aurais pas d� dire �a. Est-ce que quelque chose v-" et Harry ferma ses l�vres et se plaqua la main sur la bouche pour faire bonne mesure.</p><p>La visage de McGonagall devint un peu plus triste. "Vous <emphasis>devez</emphasis> apprendre � penser avant de parler, M. Potter. Sinon vous traverserez l'existence avec bien peu d'amis. �a a �t� le sort de bien des Serdaigles, et j'esp�re que ce ne sera pas le v�tre."</p><p>Harry voulait juste s'enfuir en courant. Il voulait faire jaillir une baguette et effacer toute l'histoire de la m�moire de McGonagall, �tre � nouveau avec elle devant le magasin, <emphasis>faire que �a n'ait pas eu lieu</emphasis>.</p><p>"Mais pour r�pondre � votre question," dit McGonagall, "non, rien de <emphasis>tel</emphasis> ne m'est jamais arriv�." Son visage prit une �trange expression. "J'ai certainement vu un ami exhaler son dernier souffre, une fois ou deux, voir plus. Mais aucun d'entre ne m'a jamais maudit alors qu'il tr�passait, et je n'ai jamais pens� qu'ils ne me pardonneraient pas. <emphasis>Par Merlin, Harry Potter, qu'est ce qui a pu vous poss�der pour vous pousser � dire une chose pareille ? </emphasis>Pourquoi m�me y <emphasis>penseriez</emphasis>-vous ?"</p><p>Des larmes coulaient le long des joues de Harry. "Je suis d�sol�, je n'aurais jamais rien d� dire, je suis d�sol� -"</p><p>McGonagall prit une courte inspiration. "Je <emphasis>sais</emphasis> que vous �tes d�sol�. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi un enfant de onze ans <emphasis>pense</emphasis> � ces choses-l�. Avez-vous vraiment d�cid� d'acheter un kit de soin � cinq Gallions pour le transporter dans une bourse � quinze Gallions parce que vous �tes convaincu qu'autrement vos camarades de classes vont vous <emphasis>maudire en mourant</emphasis> ?"</p><p>"Je, je , je," Harry avala sa salive. "C'est juste que j'essaie toujours d'imaginer la pire chose qui puisse arriver," et peut-�tre qu'il avait aussi voulu blaguer un peu mais il aurait plut�t mordu sa langue que de dire �a maintenant.</p><p>"<emphasis>Pourquoi</emphasis> ?"</p><p>"Pour que je puisse emp�cher que �a ait lieu !"</p><p>"M. Potter..." la voix de McGonagall s'effa�a. Puis elle soupira, et s'accroupit � c�t� de lui. "M. Potter," dit-elle, gentiment cette fois, "ce n'est pas votre responsabilit� que de prendre soin des �tudiants de Poudlard. C'est la mienne. Je ne laisserai rien vous arriver, ni � qui que ce soit d'autre. Poudlard est l'endroit le plus s�r de toute l'Angleterre magique, et madame Pomfrey a un cabinet de gu�risseur complet. Vous n'avez pas besoin d'un kit de soin."</p><p>"Mais <emphasis>si</emphasis> !" �clata Harry. "<emphasis>Aucun endroit</emphasis> n'est parfaitement s�r ! Et si mes parents avaient une crise cardiaque ou un accident quand je rentrais � No�l - Madame Pomfrey ne serait pas l�, j'aurais besoin d'avoir mon propre kit de soin -"</p><p>"Par Merlin, <emphasis>qu'est-ce qui</emphasis>..." dit McGonagall. Elle se leva, et regarda Harry avec une expression divis�e entre la pr�occupation et l'irritation. "Il n'y a aucun besoin de penser � des choses aussi terribles M. Potter !"</p><p>Lorsqu'il entendit �a, l'expression de Harry devint am�re. "Si, il y en <emphasis>a</emphasis> ! Si vous n'y pensez pas, vous vous faites mal, ou vous faites mal aux autres !"</p><p>Le Professeur McGonagall ouvrit sa bouche, puis la ferma. Elle frotta l'ar�te de son nez avec un air pensif. "M. Potter... si je vous offrais de rester silencieuse et de vous �couter un moment... y a-t-il quelque chose dont vous voudriez me parler ?"</p><p>"A propos de quoi ?"</p><p>"A propos de la raison pour laquelle vous �tes convaincu que vous devez toujours �tre sur vos gardes contre les terribles choses qui pourraient vous arriver."</p><p>Harry la fixa, perplexe. C'�tait un axiome qui allait de soi. "Eh bien..." dit lentement Harry. Il essaya d'organiser ses pens�es. Comment <emphasis>pouvait</emphasis>-il l'expliquer de lui-m�me � McGonagall, si elle ne connaissait m�me pas les bases ?</p><p>"Les chercheurs Moldus ont d�couvert que les gens sont toujours tr�s optimistes, par exemple ils disent que quelque chose va prendre deux jours et �a en prend dix, ou ils disent que �a va prendre deux mois et �a prend trente-cinq ans. Par exemple, ils ont demand� � des �tudiants les dur�es maximums avant lesquelles ils �taient s�rs � 50%, 75% et 99% qu'ils auraient termin� leurs devoirs, et seuls 13%, 19% et 45% des �tudiants ont termin� dans les temps qu'ils avaient donn�. Et les chercheurs se sont rendu compte que c'�tait parce que lorsqu'on demande aux gens leur estimation dans le meilleur des cas possible, si tout allait le mieux possible, et leur estimation dans le cas moyen, si tout se passe normalement, on re�oit des r�ponses qui sont statistiquement indistinguables. Vous voyez, si vous demandez � quelqu'un ce � quoi il s'attend dans le cas <emphasis>normal</emphasis>, il visualise ce qui semble �tre le plus probable � chaque �tape du parcours - c'est � dire, que tout se d�roule parfaitement, sans erreurs ou surprises. Mais en r�alit�, puisque plus de la moiti� des �tudiants n'ont pas fini dans le temps o� ils �taient certains � 99% d'avoir fini, �a veut dire que la r�alit� est g�n�ralement l�g�rement pire que le 'pire des cas possibles'. C'est ce qu'on appelle l'<emphasis>illusion de la planification</emphasis>, et la meilleure fa�on de la dissiper est de vous demander combien de temps vous avez mis � faire quelque chose la derni�re fois que vous l'avez essay�e. C'est ce qu'on appelle utiliser le point de vue ext�rieur au lieu du point de vue int�rieur. Mais quand vous faites quelque chose de nouveau, et que vous ne pouvez pas utiliser cette m�thode, vous devez juste �tre vraiment, vraiment, vraiment pessimiste. En gros, tellement pessimiste que la r�alit� finit par �tre <emphasis>meilleure</emphasis> que ce � quoi vous vous attendiez environ aussi souvent qu'elle finit par �tre pire. C'est vraiment <emphasis>tr�s dur</emphasis> d'�tre <emphasis>tellement</emphasis> pessimiste qu'on se retrouve avec de bonnes chances <emphasis>sous-estimer</emphasis> la r�alit�. Par exemple si je faisais un gros effort pour �tre morbide et que j'imaginais qu'un de mes camarades se faisait mordre, mais que ce qui se passait r�ellement c'�tait que les Mangemorts survivants attaquaient l'�cole enti�re pour m'avoir. Mais le bon c�t� des choses c'est que -"</p><p>"Arr�tez," dit McGonagall.</p><p>Harry s'arr�ta. Il avait �t� sur le point de remarquer qu'au moins ils savaient que le Seigneur des T�n�bres n'attaquerait pas puisqu'il �tait mort.</p><p>"Je pense ne pas avoir �t� claire," dit McGonagall avec pr�caution. "Y a-t-il quoi que ce soit qui vous soit arriv� <emphasis>� vous</emphasis> et qui vous fasse peur ?"</p><p>"Ce qui m'est arriv� ne constitue que des �l�ments anecdotiques," lui expliqua Harry. "�a n'a pas le m�me poids qu'un article de journal scientifique, r�pliqu�, �valu� par des pairs, au sujet d'une �tude contr�l�e et r�partie au hasard avec beaucoup de sujets, une grande amplitude d'effet et statistiquement significative."</p><p>McGonagall pin�a l'ar�te de son nez, inhala et exhala. "Je voudrais tout de m�me que vous m'en parliez," dit-elle.</p><p>"Euh..." dit Harry. Il prit une profonde inspiration. "Il y a eu quelques vols dans mon voisinage, et ma m�re m'a demand� de ramener une po�le qu'elle avait emprunt�e aux voisins deux p�t�s de maison plus loin, et j'ai dit que je ne voulais pas y aller parce que je risquais de me faire voler, et elle a dit 'Harry, ne dis pas des choses pareilles !' comme si y penser allait <emphasis>faire</emphasis> que �a ait lieu, comme si, en n'en parlant pas, je serais en s�curit�. J'ai essay� de lui expliquer �a et elle m'a fait rapporter la po�le quand m�me. J'�tais trop jeune pour savoir � quel point il �tait statistiquement improbable qu'un voleur me prenne pour cible, mais j'�tais assez vieux pour savoir que ne pas penser � quelque chose ne l'emp�chait pas d'avoir lieu, donc j'�tais vraiment effray�."</p><p>"Rien d'autre ?" dit McGonagall apr�s une pause, lorsqu'il devint clair que Harry avait termin�. "Il n'y a rien d'<emphasis>autre</emphasis> qui vous soit arriv� ?"</p><p>"Je sais que �a n'a pas <emphasis>l'air</emphasis> d'�tre grand chose," se d�fendit Harry. "Mais c'�tait un de ces moments cruciaux d'une vie, vous voyez ? Je veux dire que je <emphasis>savais </emphasis>que ne pas penser � quelque chose ne l'emp�chait pas d'avoir lieu, je le <emphasis>savais</emphasis>, mais je pouvais voir que Maman ne pensait vraiment pas comme �a." Harry s'arr�ta, luttant contre la col�re qui commen�ait � monter � chaque fois qu'il y pensait. "Elle ne <emphasis>voulait pas �couter</emphasis>. J'ai essay� de lui dire, je l'ai <emphasis>suppli�e</emphasis> de ne pas m'envoyer dehors, et elle <emphasis>en a rit</emphasis>. Tout ce que je disais, elle le traitait comme une sorte de blague..." Harry for�a la rage noire � redescendre. "C'est l� que je me suis rendu compte que tous ceux qui �taient cens�s me prot�ger �taient en r�alit� fous, et qu'ils ne m'�couteraient pas, peu importe que je les supplie, et que je ne pourrai jamais vraiment compter sur eux pour ne pas se tromper." Parfois les bonnes intentions ne suffisaient pas, parfois il fallait �tre sain d'esprit...</p><p>Il y eut un long silence.</p><p>Harry prit le temps de respirer profond�ment et de se calmer. Il n'y avait aucun sens � se mettre en col�re. Il n'y avait aucun sens � se mettre en col�re. <emphasis>Tous</emphasis> les parents �taient comme �a, <emphasis>aucun</emphasis> adulte n'�tait pr�t � renoncer � assez de son statut pour se mettre au m�me niveau qu'un enfant, ses parents g�n�tiques n'auraient pas �t� diff�rents. La sant� mentale �tait une petite �tincelle dans la nuit, une exception infinit�simale � la r�gle et � la domination de la folie, il �tait donc futile de se mettre en col�re.</p><p>Harry ne s'aimait pas quand il �tait en col�re.</p><p>"Merci de m'avoir fait part de cela, M. Potter," dit McGonagall apr�s un moment. Elle avait une expression distraite, (presque exactement la m�me que celle qui �tait apparue sur le visage de Harry alors qu'il faisait des exp�riences avec la bourse en peau de Moke, si seulement Harry s'�tait vu dans un miroir et s'en �tait rendu compte). "Je vais devoir y r�fl�chir." Elle se tourna vers la bouche de la ruelle et leva sa baguette -</p><p>"Euh," dit Harry, "peut-on aller prendre le kit de soin maintenant ?"</p><p>McGonagall s'interrompit, et le regarda � nouveau, fermement. "Et si je dis non, c'est trop cher et vous n'en aurez pas besoin, qu'est-ce qui se passe ?"</p><p>Le visage de Harry se tordit d'amertume. "Exactement ce que vous pensez, Professeur McGonagall. <emphasis>Exactement</emphasis> ce que vous pensez. J'en conclus que vous �tes un autre adulte fou auquel je ne peux pas parler, et je commence � �laborer une fa�on de mettre la main sur un kit de soin."</p><p>"Je suis votre gardien pour cette sortie," dit McGonagall avec une nuance de danger dans la voix. "Je ne <emphasis>vais pas</emphasis> vous permettre de me bousculer."</p><p>"Je comprends," dit Harry. Il garda la rancoeur hors de sa voix, et ne dit aucune des autres choses qui lui venaient � l'esprit. McGonagall lui avait dit de penser avant de parler. Il ne s'en souviendrait probablement pas demain, mais il pouvait au moins s'en souvenir pendant cinq minutes.</p><p>La baguette de McGonagall eut un mouvement sec, et les bruits du Chemin de Traverse revinrent. "Tr�s bien, jeune homme," dit-elle. "Allons acheter ce kit de soin."</p><p>La m�choire de Harry tomba de surprise. Puis il se d�p�cha � sa suite, tr�buchant presque dans sa pr�cipitation.</p><empty-line/><p>Le magasin �tait tel qu'ils l'avaient laiss�, avec des objets reconnaissables et d'autres incompr�hensibles, dispos�s sur l'�tal de bois inclin�, la lueur grise les prot�geant toujours et la vendeuse de retour � sa position originale. Elle les regarda alors qu'ils s'approchaient, son visage exprimant de la surprise.</p><p>"Je suis d�sol�e," dit-elle quand ils s'approch�rent, et Harry dit presque au m�me instant : "Je vous demande pardon pour -"</p><p>Ils s'interrompirent et se regard�rent, puis la vendeuse eut un petit rire. "Je ne voulais pas vous causer d'ennuis avec le Professeur McGonagall," dit-elle. Sa voix baissa et prit un ton de conspiratrice. "J'esp�re qu'elle n'a pas �t� <emphasis>trop</emphasis> terrible avec vous."</p><p>"<emphasis>Della !"</emphasis> dit McGonagall, scandalis�e.</p><p>"Sac d'or," dit Harry � sa bourse, et il s'adressa � nouveau � la vendeuse pendant qu'il comptait ses cinq Gallions. "Ne vous en faites pas, je comprends bien que si elle est aussi terrible avec moi c'est seulement parce qu'elle m'aime."</p><p>Il donna les Gallions � la vendeuse pendant que McGonagall pulv�risait un objet sans importance. "Un Pack de Soins d'Urgence Plus, s'il vous pla�t."</p><p>C'�tait assez inqui�tant, en fait, de voir l'Ouverture �largissante avaler le kit m�dical qui avait la taille d'une mallette. Harry ne pouvait pas s'emp�cher de se demander ce qui se passerait si il essayait de grimper dans la bourse lui-m�me, �tant donn� que seule la personne qui y avait mit quelque chose �tait cens�e pouvoir le r�cup�rer.</p><p>Lorsque la bourse eut finit de ... manger... son achat durement gagn�, Harry jura avoir entendu un petit rot. �a <emphasis>devait</emphasis> avoir �t� ensorcel� ainsi � dessein. L'hypoth�se alternative �tait trop horrifiante pour �tre contempl�e... en fait Harry ne pouvait m�me pas <emphasis>imaginer</emphasis> une hypoth�se alternative. Harry regarda McGonagall � nouveau. "O� allons nous ensuite ?"</p><p>McGonagall pointa du doigt un magasin qui semblait �tre fait de chair plut�t que de briques et couvert de fourrure plut�t que de peinture. "Les petits animaux sont autoris�s � Poudlard - vous pourriez avoir une chouette pour envoyer des lettres, par exemple -"</p><p>"Pourrais-je payer une noise ou quelque chose et <emphasis>louer</emphasis> une chouette quand j'aurai besoin d'envoyer du courrier ?"</p><p>"Oui," dit McGonagall.</p><p>"Alors absolument <emphasis>pas</emphasis>."</p><p>McGonagall hocha la t�te, comme si elle cochait une case. "Pourrais-je vous demander pourquoi ?"</p><p>"J'avais un rocher de compagnie. Il est mort."</p><p>"Vous ne pensez pas pouvoir prendre soin d'un animal domestique ?"</p><p>"Je <emphasis>pourrais</emphasis>," dit Harry, "mais je me vois d�j�, obs�d� � longueur de journ�e, me demandant si je me suis bien souvenu de le nourrir ou si il meurt lentement de faim dans sa cage, ne sachant ni o� est son ma�tre ni pourquoi il n'y a pas de nourriture."</p><p>"Pauvre chouette," dit McGonagall d'une voix douce. "Abandonn�e comme �a. Je me demande ce qu'elle ferait."</p><p>"Eh bien, elle commencerait � avoir vraiment faim et � essayer de becqueter une ouverture hors de sa bo�te ou de sa cage, mais �a ne fonctionnerait probablement pas -" Harry s'arr�ta net.</p><p>McGonagall continua, toujours de cette voix douce : "Et que se passerait-il ensuite ?"</p><p>"Excusez-moi," dit Harry, et il prit McGonagall par la main, gentiment mais fermement, et la tira vers une autre ruelle ; apr�s avoir �vit� tant de sympathisants le proc�d� �tait, presque imperceptiblement, devenu une routine. "Jetez le truc de Sourdinam s'il vous pla�t."</p><p>"<emphasis>Sourdinam</emphasis>"</p><p>La voix de Harry tremblait. "Cette chouette ne me repr�sente <emphasis>pas</emphasis>, mes parents ne m'ont <emphasis>jamais </emphasis>enferm� dans un placard ni laiss� affam�, je n'ai <emphasis>pas</emphasis> de peurs d'abandon et <emphasis>je n'aime pas votre fil de pens�e, Professeur McGonagall !</emphasis>"</p><p>La sorci�re le regarda. "Et quelles seraient ces pens�es, M. Potter ?"</p><p>"Vous pensez que j'ai subi," Harry avait du mal � le dire, "que j'ai subi des <emphasis>abus</emphasis> ?"</p><p>"En avez-vous subi ?"</p><p>"<emphasis>Non !</emphasis>" cria Harry. "Non, jamais ! Pensez-vous que je suis <emphasis>stupide</emphasis> ? Je <emphasis>connais</emphasis> le concept d'abus infantile, je <emphasis>sais</emphasis> ce que sont des attouchements inappropri�s et si quoi que ce soit de ce style arrivait j'appellerais la police ! Et j'en parlerais au principal de l'�cole ! Et je chercherais le num�ro des bureaux gouvernementaux dans l'annuaire ! Et j'en parlerais � grand-m�re et grand-p�re et de Mme Figg ! Mais mes parents n'ont <emphasis>jamais</emphasis> fait quoi que ce soit de ce genre, jamais jamais <emphasis>jamais</emphasis> ! Comment <emphasis>osez-vous </emphasis>sugg�rer une chose pareille !"</p><p>McGonagall le fixait d'un oeil solide. "Il est de mon devoir en tant que Directrice Adjointe d'enqu�ter sur tout signe d'abus possible chez les enfants dont je prends soin."</p><p>La col�re de Harry tournoyait hors de contr�le et devenait une furie noire et pure. "N'ayez jamais <emphasis>l'audace</emphasis> de souffler un mot de ces, de ces <emphasis>insinuations</emphasis> � qui que ce soit ! <emphasis>Personne</emphasis>, vous m'entendez, McGonagall ? Une accusation comme celle l� peut briser des gens et d�truire des familles m�me lorsque les parents sont totalement innocents ! J'ai lu des choses � ce sujet dans les journaux !" La voix de Harry montait et devenait un cri aigu. "Le <emphasis>syst�me</emphasis> ne sait pas s'<emphasis>arr�ter</emphasis>, il ne croit pas les parents <emphasis>ni</emphasis> les enfants lorsqu'ils disent que rien ne s'est pass� ! <emphasis>Ne vous avisez pas de menacer ma famille avec �a ! Je ne vous laisserai pas d�truire mon foyer !</emphasis>"</p><p>"Harry," dit doucement McGonagall, et elle tendit sa main vers lui -</p><p>Harry fit un rapide pas en arri�re, sa main jaillit et il repoussa la sienne -</p><p>McGonagall se figea, puis retira sa main, et fit elle aussi un pas en arri�re. "Harry, tout va bien," dit-elle. "Je vous crois."</p><p>"<emphasis>Vous me croyez</emphasis>," siffla Harry. La furie grondait toujours dans ses veines. "Ou vous attendez juste de vous �tre �loign�e de moi pour aller remplir des formulaires ?"</p><p>"Harry, j'ai vu votre maison. J'ai vu vous parents. Ils vous aiment. Vous les aimez. Je vous crois lorsque vous dites que vous parents n'ont pas abus� de vous. Il <emphasis>fallait</emphasis> que je pose la question, car il y a quelque chose de tr�s �trange � l'oeuvre."</p><p>Harry la fixa froidement. "Comme quoi ?"</p><p>McGonagall prit une profonde inspiration. "Harry, j'ai vu de nombreux enfants victimes d'abus durant mon temps � Poudlard, �a vous briserait le coeur de savoir combien. Et quand vous �tes joyeux, vous ne vous comportez pas comme l'un de ces enfants, pas du <emphasis>tout</emphasis>. Vous souriez aux �trangers, vous faites de c�lins aux gens, j'ai mis ma main sur votre �paule et vous n'avez pas bronch�. Mais parfois, seulement parfois, vous dites quelque chose qui vous fait <emphasis>fort </emphasis>ressembler �... quelqu'un qui aurait pass� les premi�res onze ann�es de sa vie enferm� dans une cave. Pas dans la famille aimante que j'ai vue." McGonagall inclina sa t�te, son expression devenant � nouveau perplexe.</p><p>Harry absorba tout cela, traitant les informations. La rage noire se vida, et il r�alisa qu'on l'�coutait avec respect, et que sa famille n'�tait pas en danger.</p><p>"Et comment expliquez-vous vos observations, Professeur McGonagall ?"</p><p>"Je ne sais pas", dit-elle. "Mais il est possible que quelque chose vous soit arriv�, quelque chose dont vous ne vous souvenez pas."</p><p>La furie monta � nouveau en Harry. �a ressemblait beaucoup trop aux histoires de familles bris�es qu'il avait lues dans les journaux. "Les souvenirs refoul�es sont de la <emphasis>pseudoscience</emphasis> ! Les gens ne r�priment <emphasis>pas</emphasis> leurs souvenirs traumatiques, ils ne s'en souviennent que <emphasis>trop bien</emphasis> pour le restant de leurs vies !"</p><p>"Non, M. Potter. Il existe un charme nomm� Oubliettes."</p><p>Harry se figea. "Un sort qui efface les m�moires ?"</p><p>McGonagall acquies�a. "Mais pas les effets du souvenir, si vous voyez ce que je veux dire, M. Potter."</p><p>Un frisson parcouru la colonne vert�brale de Harry. <emphasis>Cette</emphasis> hypoth�se... n'�tait <emphasis>pas</emphasis> simple � r�futer. "Mais mes parents ne pourraient pas faire �a !"</p><p>"Non," dit McGonagall. "Il faudrait quelqu'un venu du monde magique. Il n'y a... aucun moyen de le savoir, j'en ai peur - pas que je sache."</p><p>Les talent de rationaliste de Harry se remirent en route. "Professeur McGonagall, � quel point �tes vous certaine de vos observations, et quelles explications alternatives pourrait-il y avoir ?"</p><p>McGonagall ouvrit ses mains comme pour montrer qu'elles �taient vides. "Certaine ? Je ne suis certaine de <emphasis>rien</emphasis>, M. Potter. Si je consid�re votre individu dans son entier, alors je n'ai jamais rencontr� une personne pareille de toute ma vie. Parfois vous ne paraissez tout simplement pas avoir onze ans ni m�me �tre vraiment <emphasis>humain</emphasis>."</p><p>Les sourcils de Harry s'�lev�rent vers le ciel -</p><p>"Pardon !" dit vivement McGonagall. "Je suis vraiment d�sol�e, M. Potter. J'essayais de d�montrer un d�tail par de la rh�torique et j'ai peur que �a ait sonn� diff�remment de la fa�on dont je l'avais � l'esprit -"</p><p>"Au contraire, Professeur McGonagall," dit Harry, et il sourit lentement. "Je prendrai cette remarque comme un tr�s grand compliment. Mais objecteriez-vous � ce que je propose une explication alternative ?"</p><p>"Allez-y, je vous en prie."</p><p>"Les enfants ne sont pas cens�s �tre beaucoup plus intelligents que leurs parents," dit Harry. "Ou peut-�tre beaucoup plus sains d'esprit - mon p�re pourrait probablement se montrer plus malin que moi si il, vous savez, <emphasis>essayait</emphasis> vraiment, au lieu d'utiliser son intelligence d'adulte pour trouver de nouvelles raisons de ne pas changer d'avis -" Harry s'interrompit. "Je suis trop intelligent, McGonagall. Les enfants normaux ne sont tout simplement pas dans la m�me cat�gorie que moi. Les adultes ne me respectent pas assez pour me parler. Et franchement, m�me si ils le faisaient, ils ne diraient pas des choses aussi intelligentes que Richard Feynman, donc il vaut mieux que je lise quelque chose �crit par Richard Feynman. Je suis <emphasis>isol�</emphasis>, Professeur McGonagall. J'ai �t� isol� toute ma vie. Peut-�tre que �a produit quelques uns des effets qu'on ressent quand on est enferm� dans une cave. Je suis trop intelligent pour admirer mes parents de la fa�on dont les enfants sont cens�s le faire. Mes parents m'aiment, mais ils ne se sentent pas oblig�s de r�pondre � la raison, et parfois j'ai la sensation que ce sont eux les enfants - des enfants qui <emphasis>n'�coutent pas,</emphasis> et qui ont une autorit� absolue sur toute mon existence. J'essaie de ne pas �tre trop amer � ce sujet, mais j'essaie aussi d'�tre <emphasis>honn�te</emphasis> avec moi-m�me, et donc, oui, je suis amer. J'ai aussi un probl�me de contr�le de ma col�re, mais j'y travaille. C'est tout."</p><p>"<emphasis>C'est tout ?</emphasis>"</p><p>Harry acquies�a avec ferveur. "C'est tout. Professeur McGonagall, l'explication normale m�rite d'�tre <emphasis>prise en consid�ration</emphasis>, m�me dans l'Angleterre magique, non ?"</p><empty-line/><p>Plus tard dans la journ�e, le soleil descendait sur un ciel d'�t� et les acheteurs commencaient � dispara�tre des rues. Certains magasins avaient d�j� ferm� ; Harry et McGonagall avaient achet� ses manuels chez Fleury et Bott juste avant la fermeture. Il y avait seulement eu une l�g�re explosion quand Harry avait fonc� droit vers le mot-cl� "Arithmancie" et avait d�couvert que les livres de septi�me ann�e ne contenaient rien de plus math�matiquement avanc� que la trigonom�trie.</p><p>Mais pour le moment, les r�ves d'opportunit�s faciles �taient tr�s loin de l'esprit de Harry.</p><p>Pour le moment, Harry et McGonagall sortaient de chez Ollivander's, et Harry fixait sa baguette. Il l'agita et produit des �tincelles multicolores, ce qui n'aurait vraiment pas d� le choquer particuli�rement apr�s tout ce qu'il avait d�j� vu, mais malgr� tout -</p><p><emphasis>Je peux faire de la magie.</emphasis></p><p><emphasis>Moi. Comme dans "Moi, personnellement." Je suis magique ; je suis un sorcier.</emphasis></p><p>Il avait <emphasis>sentit</emphasis> la magie affluer dans son bras, et � cet instant il avait r�alis� qu'il avait toujours eu ce sens, qu'il l'avait poss�d� toute sa vie, le sens qui n'�tait ni la vue ni le son ni l'odeur ni le go�t ni le toucher mais seulement la magie. Comme d'avoir des yeux mais de les avoir toujours gard�s ferm�s, et que vous ne vous rendiez pas compte que vous voyez du noir ; et le jour o� les ouvriez, vous d�couvriez le monde. Le choc s'�tait d�vers� en lui, touchant plusieurs parties de son �tre, les r�veillant, et disparaissant ensuite en quelques secondes ; ne laissant que la certitude qu'il �tait maintenant un sorcier, l'avait toujours �t�, et d'une certaine fa�on, qu'il l'avait toujours su.</p><p>Et -</p><p>"<emphasis>Il est en effet tr�s curieux que vous soyez destin� � cette baguette, sachant que sa soeur, eh bien, sa soeur vous a donn� cette cicatrice."</emphasis></p><p>�a ne <emphasis>pouvait</emphasis> pas �tre une co�ncidence. Il y avait des <emphasis>milliers</emphasis> de baguettes dans ce magasin. Bon, d'accord, �a <emphasis>pouvait</emphasis> �tre une co�ncidence, il y avait six milliards de personnes sur Terre, des co�ncidences � une chance sur mille avaient lieu tous les jours. Mais, Th�or�me de Bayes 101 : toute hypoth�se raisonnable impliquant qu'il avait <emphasis>plus</emphasis> d'une chance sur mille que Harry se retrouve avec la baguette soeur de celle du Seigneur des T�n�bres avait un avantage.</p><p>McGonagall avait simplement dit <emphasis>comme c'est curieux</emphasis> et en �tait rest�e l�, ce qui avait mit Harry en �tat de choc face � la pure, � l'�crasante <emphasis>inconscience</emphasis> des sorciers et sorci�res. Harry n'aurait pu, dans aucun monde <emphasis>imaginable</emphasis>, simplement faire "Hm" et sortir du magasin sans m�me <emphasis>essayer</emphasis> de trouver une hypoth�se expliquant ce qui s'�tait pass�.</p><p>Sa main gauche s'�leva et toucha sa cicatrice.</p><p>Qu'est-ce qui... <emphasis>exactement</emphasis>...</p><p>"Vous �tes un sorcier complet � pr�sent," dit McGonagall. "F�licitations."</p><p>Harry hocha la t�te.</p><p>"Et que pensez-vous du monde magique ?"</p><p>"C'est �trange," dit Harry. "Je devrais �tre en train de penser � tout ce que j'ai vu de la magie... tout ce que je sais maintenant �tre possible, et tout ce que je sais maintenant �tre un mensonge, et tout le travail qui me reste � accomplir avant de vraiment comprendre. Et pourtant je me trouve distrait par de relatives trivialit�s telles que," Harry baissa la voix, "toute cette histoire de Survivant." Il ne semblait y avoir personne aux alentours, mais autant ne pas tenter le sort.</p><p>McGonagall <emphasis>ahema</emphasis>. "Vraiment ? Sans blague."</p><p>Harry hocha la t�te. "Oui. C'est juste... <emphasis>curieux</emphasis>. De se rendre compte que vous faites partie de cette grande histoire, la qu�te pour vaincre le grand et terrible Seigneur des T�n�bres, et c'est d�j� <emphasis>fini</emphasis>. Termin�. Compl�tement r�gl�. Comme si vous �tiez Frodon Sacquet, que vous appreniez que vos parents vous avaient emmen� � la Montagne du Destin quand vous aviez un an, qu'ils vous avaient fait jeter l'anneau et que vous ne vous en souveniez m�me pas."</p><p>Le sourire de McGonagall s'�tait plus ou moins fig�.</p><p>"Vous savez, si j'�tais qui que ce soit d'autre, vraiment n'importe qui d'autre, je serais plut�t anxieux � l'id�e de vivre � la hauteur de ce d�marrage. <emphasis>Grand dieu Harry, qu'avez-vous fait depuis que vous avez vaincu le Seigneur des T�n�bres ? Votre propre librairie ? C'est super ! Dites-moi, saviez vous que j'ai donn� votre nom � mon enfant ? </emphasis>Mais j'ai bon espoir que cela ne soit pas un probl�me." Harry soupira. "Tout de m�me...c'est presque assez pour me faire esp�rer qu'il y ait <emphasis>quelques</emphasis> d�tails de cette qu�te � finir, juste pour que je puisse dire que j'ai vraiment, vous savez, <emphasis>particip�</emphasis> d'une fa�on quelconque."</p><p>"Oh ?" dit McGonagall sur un ton �trange. "Qu'aviez-vous � l'esprit ?"</p><p>"Eh bien par exemple, vous avez mentionn� que mes parents ont �t� trahi. Qui les a trahi ?"</p><p>"Sirius Black," dit McGonagall. Elle siffla son nom plus qu'elle ne le pronon�a. "Il est � Azkaban. Prison des sorciers."</p><p>"Quelle est la probabilit� que Sirius Black s'�chappe de prison et que je doive le traquer et le vaincre dans un duel spectaculaire, ou encore mieux, mettre une large prime sur sa t�te et me cacher en Australie pendant que j'attends le r�sultat ?"</p><p>McGonagall cligna des yeux. Deux fois. "Peu probable. Personne ne s'est jamais �chapp� d'Azkaban, et je doute qu'<emphasis>il</emphasis> soit le premier."</p><p>Harry �tait un peu sceptique de ce "<emphasis>personne</emphasis> ne s'est <emphasis>jamais</emphasis> �chapp� d'Azkaban". Mais bon, peut-�tre qu'avec la magie vous pouviez faire approcher votre prison de 100% de perfection, et encore plus si vous aviez une baguette et pas l'autre. La meilleure fa�on de sortir serait de ne jamais y �tre entr�.</p><p>"Tr�s bien," dit Harry. "�a m'a l'air bien ficel�." Il soupira, et gratta sa paume contre sa t�te. "Ou peut-�tre que le Seigneur des T�n�bres n'est pas <emphasis>vraiment</emphasis> mort cette nuit l�. Pas compl�tement. Son esprit erre, chuchotant aux gens dans leurs cauchemars, qui se r�pandent dans le monde �veill�, et il cherche � revenir sur les terres des vivants, qu'il a promit de d�truire, et maintenant, en accord avec l'ancienne proph�tie, lui et moi somme coinc�s dans un duel � mort o� le gagnant perdra et le perdant gagnera -"</p><p>La t�te de McGonagall pivota, et ses yeux dard�rent aux alentours, � la recherche de personnes pr�tant l'oreille.</p><p>"Je <emphasis>plaisante</emphasis>, Professeur McGonagall," dit Harry, un peu contrari�. Bon sang, pourquoi devait-elle toujours tout prendre si s�rieusement -</p><p>Une lente sensation coula doucement jusqu'au fond de l'estomac de Harry.</p><p>McGonagall regarda Harry avec un air calme. Un air tr�s, <emphasis>tr�s</emphasis> calme. Puis un sourire fut ajout�. "Bien s�r que vous plaisantez, M. Potter."</p><p><emphasis>Oh crotte.</emphasis></p><p>Si Harry avait eu besoin de rationaliser l'inf�rence muette qui venait de flasher dans son esprit, �a aurait �t� quelque chose comme : "Si j'estime la probabilit� que McGonagall a fait ce que je viens de voir parce qu'elle s'est contr�l�e avec soin, contre la distribution de probabilit�s pour toutes les choses qu'elle ferait <emphasis>naturellement</emphasis> si j'avais fait une mauvaise blague, alors ce comportement est un �l�ment de preuve significatif pointant vers le fait qu'elle cache quelque chose."</p><p>Mais ce que Harry pensa fut : <emphasis>Oh crotte</emphasis>.</p><p>Harry pivota sa propre t�te pour scanner la rue. Non, personne dans le coin. "Il n'est <emphasis>pas</emphasis> mort, c'est �a ?" soupira Harry.</p><p>"M. Potter -"</p><p>"Le Seigneur des T�n�bres est vivant. <emphasis>Bien s�r</emphasis> qu'il est vivant. C'�tait un <emphasis>acte</emphasis> de pur et simple <emphasis>optimiste</emphasis> que de seulement <emphasis>r�ver</emphasis> qu'il en soit autrement. J'ai <emphasis>d�</emphasis> d�sactiver mes sens, je ne peux pas <emphasis>imaginer</emphasis> ce que je <emphasis>pensais</emphasis>. Juste parce que <emphasis>quelqu'un</emphasis> a dit que son corps avait �t� retrouv� <emphasis>calcin�</emphasis>, je ne peux pas imaginer pourquoi j'ai pu pens� qu'il �tait <emphasis>mort</emphasis>. J'ai <emphasis>clairement beaucoup</emphasis> � apprendre sur l'art correct du <emphasis>pessimisme</emphasis>."</p><p>"M. Potter -"</p><p>"Dites-moi au moins qu'il n'y a pas vraiment de proph�tie..." Mais McGonagall lui donnait ce sourire intense et fig�. "Oh, bon sang, mais c'est une <emphasis>blague</emphasis>."</p><p>"M. Potter, vous ne devriez pas inventer des choses comme �a."</p><p>"C'est <emphasis>vraiment</emphasis><emphasis>�a</emphasis> que vous voulez me dire ? Imaginez ma r�action plus tard, quand j'apprendrai qu'il y avait quelque chose dont j'aurais d� me soucier apr�s tout."</p><p>Le sourire de McGonagall se fl�trit.</p><p>Les �paules de Harry s'affaiss�rent. "J'ai un monde entier de magie � analyser. Je n'ai <emphasis>pas</emphasis> de temps � consacrer � �a."</p><p>Puis les deux se turent, et un homme aux robes oranges et flottantes apparut dans la rue et les d�passa lentement. Les yeux de McGonagall le suivirent discr�tement. La bouche de Harry bougeait, car il m�chait sa l�vre inf�rieure, et quelqu'un observant de pr�s aurait remarqu� un l�ger point de sang appara�tre.</p><p>Lorsque l'homme en robes oranges fut loin, Harry parla � nouveau, d'un bas murmure. "Allez vous me dire la v�rit� � pr�sent, Professeur McGonagall ? Et n'essayez pas de pr�tendre qu'il n'y a rien, je ne suis pas stupide."</p><p>"Vous avez <emphasis>onze ans</emphasis>, M. Potter !" dit-elle dans un murmure cassant.</p><p>"Et par cons�quent sous-humain. Pardon... pour un moment j'avais <emphasis>oubli�</emphasis>."</p><p>"Ce sont des affaires importantes et terribles ! Ce sont des <emphasis>secrets</emphasis>, M. Potter ! C'est une <emphasis>catastrophe</emphasis> que vous, encore un enfant, en sachiez autant ! Vous ne devez le dire � <emphasis>personne</emphasis>, vous comprenez ? Absolument personne !"</p><p>Et, comme cela arrivait parfois quand Harry se mettait <emphasis>suffisamment</emphasis> en col�re, son sang devint froid au lieu de chaud, et une terrible clart� obscure s'abattit sur son esprit, d�crivant toutes les tactiques possibles et jugeant les cons�quences avec un r�alisme d'acier.</p><p><emphasis>Fais remarquer que tu as le droit de savoir : �chec. Les enfants de onze ans n'ont le droit de savoir rien du tout, aux yeux de McGonagall.</emphasis></p><p><emphasis>Dis que vous ne serez plus amis : �chec. Elle n'accorde pas assez de valeur � ton amiti�.</emphasis></p><p><emphasis>Fais remarquer que tu seras en danger si tu ne sais pas : �chec. Des plans ont d�j� �t� pens�s, bas�s sur ton ignorance. Le d�plaisir </emphasis>certain<emphasis> de repenser le plan leur semblera bien plus d�sagr�able que la perspective </emphasis>incertaine<emphasis> de te voir bless�.</emphasis></p><p><emphasis>La justice et la raison �choueront. Tu dois soit trouver quelque chose que tu as et qu'elle veut, soit quelque chose que tu peux faire et qu'elle craint...</emphasis></p><p>Ah.</p><p>"Tr�s bien, dans ce cas, Professeur McGonagall," dit Harry d'un ton bas et glac�, "on dirait que j'ai quelque chose que vous d�sirez. Vous pouvez, si vous le souhaitez, me dire la v�rit�, <emphasis>toute</emphasis> la v�rit�, et en retour je garderai vos secrets. Ou vous pouvez essayer de me garder dans l'ignorance et m'utiliser comme un pion, auquel cas je ne vous devrai rien."</p><p>McGonagall s'arr�ta net au milieu de la rue. Ses yeux flamboy�rent et sa voix se transforma en un sifflement. "Comment osez-vous !"</p><p>"<emphasis>Comment osez vous !"</emphasis> chuchota-t-il en retour.</p><p>"Vous me faites <emphasis>chanter</emphasis> ?"</p><p>Les l�vres de Harry se tordirent. "Je vous <emphasis>offre</emphasis> une <emphasis>faveur</emphasis>. Je vous <emphasis>donne</emphasis> une chance de garder <emphasis>notre</emphasis> pr�cieux secret. Si vous refusez, j'aurais <emphasis>tous</emphasis> les motifs du monde pour aller poser des questions ailleurs, non par rancune envers vous, mais parce que <emphasis>j'ai besoin de savoir</emphasis> ! D�passez votre col�re futile envers un <emphasis>enfant</emphasis> qui, vous le croyez, se doit de vous ob�ir, et vous comprendrez que tout adulte sain d'esprit ferait de m�me ! <emphasis>Regardez les choses de mon point de vue ! Comment vous sentiriez-vous si c'�tait VOUS ?</emphasis>"</p><p>Harry regarda McGonagall, observa sa respiration saccad�e. Il se rendit compte qu'il �tait temps d'adoucir la pression, de la laisser pond�rer un moment. "Vous n'avez pas � d�cider tout de suite," dit Harry sur un ton plus normal. "Je comprendrais si vous vouliez plus de temps pour r�fl�chir � mon <emphasis>offre</emphasis>... mais je vous pr�viens d'une chose," dit Harry, sa voix devenant plus froide. "N'essayez pas ce Charme d'Oubliettes sur moi. Il y a quelque temps, j'ai con�u un signal, et je me le suis d�j� envoy� � moi-m�me. Si je trouve ce signal et que je ne me <emphasis>souviens</emphasis> pas l'avoir envoy�..." Harry laissa sa voix tra�ner d'une fa�on lourde de sens.</p><p>Le visage de McGonagall travaillait sous le coup de divers changements d'expression. "Je... je ne pensais pas � vous lancer Oubliettes, M. Potter... mais pourquoi auriez-vous <emphasis>invent�</emphasis> un signal si vous ne connaissiez pas l'existence de -"</p><p>"J'y ai pens� en lisant un livre de science-fiction Moldu, et je me suis dit, <emphasis>bon, juste au cas o�</emphasis>... Et non, je ne vous dirai pas le signal, je ne suis pas stupide."</p><p>"Je ne comptais pas vous le demander," dit McGonagall. Elle parut se replier sur elle-m�me, et eut l'air soudain tr�s vieille et tr�s fatigu�e. "�a a �t� une journ�e �puisante, M. Potter. Pourrions-nous prendre votre malle et vous envoyer chez vous ? Je vous fais confiance pour ne pas parler de cette affaire avant que j'ai eu le temps d'y r�fl�chir. Gardez � l'esprit qu'il n'y a que deux autres personnes au monde qui soient au courant de cette affaire, et ce sont le Directeur Albus Dumbledore et le Professeur Severus Rogue."</p><p>Donc. De nouvelles informations ; c'�tait une offre de paix. Harry acquies�a, tourna la t�te vers l'avant et commen�a � marcher � nouveau.</p><p>"Donc maintenant je dois trouver un moyen de tuer un Seigneur des T�n�bres immortel," dit Harry, et il soupira de frustration. "J'aurais vraiment aim� que vous me disiez �a <emphasis>avant</emphasis> qu'on commence � faire du shopping."</p><empty-line/><p>Le magasin de malles �tait plus richement d�cor� que tout autre magasin que Harry ait visit� auparavant ; les rideaux �taient luxueux et orn�s de motifs d�licats, le sol et les murs �taient faits de bois teint et poli, et les malles occupaient des places d'honneur sur des plate-formes en ivoire poli. Le vendeur �tait habill� de robes d'une qualit� seulement un cran en dessous de celles de Lucius Malfoy, et il parlait avec une politesse huileuse et exquise tant � Harry qu'� McGonagall.</p><p>Harry avait pos� ses questions, et avait gravit� vers une malle de bois lourd, pas polie mais chaude et solide, grav�e avec le motif d'un dragon gardien dont les yeux se d�pla�aient pour regarder toute personne s'approchant. Une malle charm�e pour �tre l�g�re, r�duire de taille sur commande, et faire pousser des petits tentacules griffus de sa base et se tortiller derri�re son ma�tre. Une malle avec deux tiroirs sur chacun de ses quatre c�t� qui glissaient pour r�v�ler des compartiments aussi profonds que la malle enti�re. Un couvercle �quip� de quatre cadenas, et chacun d'entre eux r�v�lait un espace int�rieur diff�rent. Et - et c'�tait la partie importante - une poign�e sur le fond qui glissait et r�v�lait un cadre contenant des marches menant vers une petite pi�ce �clair�e qui, estima Harry, pouvait contenir environ douze �tag�res.</p><p>Si ils faisaient des malles comme cella-l�, Harry ne savait pas pourquoi qui que ce soit s'emb�tait � poss�der une maison.</p><p>Cent huit Gallions. C'�tait le prix d'une <emphasis>bonne</emphasis> malle, l�g�rement us�e. A cinquante livres le Gallion, c'�tait assez pour s'offrir une voiture usag�e. C'�tait plus cher que la somme de tout ce que Harry avait achet� de sa vie.</p><p>Quatre-vingt dix sept Gallions. C'�tait ce qui restait dans le sac d'or que Harry avait �t� autoris� � retirer de chez Gringotts.</p><p>McGonagall avait un air chagrin�. Apr�s une longue journ�e de shopping elle n'avait pas eu besoin de demander � Harry combien d'or il restait dans le sac apr�s que le vendeur eut donn� son prix, ce qui voulait dire que le Professeur pouvait faire du calcul mental sans crayon ni papier. A nouveau, Harry se rappela � lui-m�me que <emphasis>scientifiquement illettr�</emphasis> n'�tait pas la m�me chose que <emphasis>stupide</emphasis>.</p><p>"Je suis d�sol�e, jeune homme," dit McGonagall. "C'est enti�rement de ma faute. Je vous proposerais bien de vous ramener � Gringotts, mais la banque est � pr�sent ferm�e hormis pour ses services d'urgence."</p><p>Harry prit une profonde inspiration. Il devait devenir un peu en col�re pour ce qu'il voulait maintenant essayer, autrement il n'aurait s�rement pas le courage de le faire. Il se dit : <emphasis>Elle ne m'a pas �cout�, j'aurais pris plus d'or mais elle ne voulait pas �couter</emphasis>... Il repensa � la rage noire, plus t�t, et essaya d'en faire revenir un peu. Il visualisa <emphasis>la personne qu'il avait besoin d'�tre</emphasis>, se rev�tit de cette personnalit� comme d'une robe de sorcier. Concentrant son univers entier sur McGonagall et le besoin qu'il avait de tordre cette conversation � ses fins, il parla.</p><p>"Laissez-moi deviner," dit Harry. "Vous pensiez que vous vous donniez une <emphasis>grande</emphasis> marge d'erreur, que cent Gallions seraient <emphasis>plus</emphasis> que suffisants, et c'est pourquoi vous n'avez pas pris la peine de me pr�venir quand nous sommes descendus � quatre-vingt dix sept."</p><p>McGonagall ferma les yeux avec r�signation. "Oui."</p><p>"J'ai anticip� cela, Professeur McGonagall. J'ai anticip� que cela arriverait. Il y a des �tudes montrant que c'est ce qui se passe quand les gens pensent qu'ils <emphasis>se donnent une grande marge d'erreur</emphasis>. Si c'�tait <emphasis>moi</emphasis>, j'aurai pris <emphasis>deux cent</emphasis> Gallions, juste pour �tre s�r ; il y avait plein d'argent dans cette chambre forte, et j'aurai pu y remettre la monnaie plus tard. Mais je <emphasis>savais</emphasis> que vous ne me laisseriez pas. Je savais qu'il �tait futile de demander. Je savais que vous seriez agac�e et peut-�tre m�me <emphasis>�nerv�e</emphasis> si je vous demandais. Ai-je tort ?"</p><p>"Non," dit McGonagall, "vous avez raison." Sa voix avait une note d'excuse, mais aussi une note d'orgueil personnel, comme si Harry �tait cens� remarquer le grand, l'immense honneur que c'�tait de voir le <emphasis>Professeur McGonagall</emphasis> s'excuser aupr�s de lui.</p><p>"Vous devriez comprendre, Professeur McGonagall," Harry pronon�a ces mots avec soin, "que c'est pour �a que je ne fais pas confiance aux adultes. Vous pensiez qu'�tre adulte voulait dire que c'�tait votre r�le de m'emp�cher de prendre trop d'argent dans ma chambre forte. Pas que c'�tait votre r�le de <emphasis>vous assurer que le travail soit fait quoi qu'il arrive</emphasis>.</p><p>Les yeux de McGonagall s'ouvrirent grand, et elle jeta un regard dur � Harry.</p><p>"Eh bien, Professeur McGonagall, si tout �tait � refaire, et que je sugg�rais de prendre cent Gallions de plus <emphasis>juste pour �tre s�r</emphasis>, sans justification autre que celle d'�tre <emphasis>pr�t</emphasis>, m'�couteriez vous <emphasis>cette fois</emphasis> ?"</p><p>"J'accepte votre argument," dit McGonagall, "Vous n'avez pas besoin de <emphasis>me </emphasis>sermonner, jeune homme !"</p><p>"Ah, mais je n'en suis pas encore <emphasis>arriv�</emphasis> � mon argument. Connaissez vous la diff�rence entre quelqu'un qui m�rite qu'on lui parle et un simple obstacle, Professeur McGonagall ? De mon point de vue ? Si un adulte pense que m'�tre sup�rieur, qu'�tre au-dessus de moi, qu'obtenir mon ob�issance, sont les choses les <emphasis>plus importantes</emphasis> pour lui, alors il sera un obstacle. Un <emphasis>collaborateur potentiel</emphasis> est quelqu'un qui pense que <emphasis>faire le travail</emphasis> est plus important que de s'assurer que je reste � ma place. Laissez-moi vous montrer quelque chose, Professeur McGonagall."</p><p>Le vendeur de malle les observait avec une fascination non dissimul�e, et Harry sortit sa bourse en peau de Moke et dit "Onze Gallions en vrac, s'il vous pla�t."</p><p>Et il y avait de l'or dans la main de Harry.</p><p>"<emphasis>O� avez-vous obtenu cet -</emphasis>"</p><p>"Dans ma chambre forte, Professeur McGonagall, quand je suis tomb� dans ce tas d'or. J'ai fourr� de l'argent dans ma poche et j'ai ensuite tenu le sac d'or contre ma poche, pour que les tintements semblent venir de l� o� il fallait. Car, vous comprenez, je m'attendais depuis le d�but � ce que cela ait lieu."</p><p>La bouche de McGonagall �tait grande, grande ouverte.</p><p>"La question est maintenant...�tes-vous en col�re parce que j'ai d�fi� votre autorit� ? Ou contente que notre journ�e se termine par un succ�s au lieu d'un �chec ? Je ne vous demande rien <emphasis>d'autre</emphasis> en vous posant cette question. Je ne vous promets ni ne vous demande une coop�ration dans nos affaires futures. Je veux seulement savoir si vous �tes une <emphasis>collaboratrice potentielle</emphasis> ou un obstacle... Minerva."</p><p>Le vendeur s'�trangla bruyamment.</p><p>Et la puissante sorci�re resta silencieuse.</p><p>"La discipline <emphasis>doit</emphasis> �tre appliqu�e � Poudlard," dit-elle apr�s qu'une minute enti�re se soit �coul�e. "Pour le bien de <emphasis>tous</emphasis> les �tudiants. Et cela <emphasis>doit</emphasis> inclure la courtoisie et l'ob�issance � <emphasis>tous</emphasis> vos professeurs."</p><p>Harry inclina sa t�te. "Je comprends, Professeur McGonagall." Mais il �tait tout de m�me incroyable que, bizarrement, il semble <emphasis>beaucoup plus</emphasis> important d'appliquer la discipline quand <emphasis>vous</emphasis> �tiez en <emphasis>haut</emphasis> de la pile que quand vous �tiez en bas... mais Harry ne jugea pas sage d'appuyer sur ce point.</p><p>"Dans ce cas... je vous f�licite pour votre grande pr�paration."</p><p>Harry voulait applaudir, ou vomir, ou s'�vanouir, ou quelque chose. C'�tait la premi�re fois que ce discours avait jamais fonctionn� sur un adulte. C'�tait la premi�re fois qu'<emphasis>aucun</emphasis> de ses discours avait jamais fonctionn� sur <emphasis>qui que ce soit</emphasis>. Peut-�tre aussi parce que c'�tait la premi�re fois qu'il avait quelque chose dont un adulte avait s�rieusement besoin, mais tout de m�me -</p><p>Minerva McGonagall, +1 point.</p><p>Harry s'inclina, et donna le sac d'or et les onze Gallions suppl�mentaires aux mains de McGonagall. "Je vous le laisse, madame. Pour ma part, je dois utiliser les toilettes. Puis-je demander o� -"</p><p>Le vendeur, onctueux � nouveau, pointa du doigt en direction d'une porte incrust�e dans le mur et munie d'une poign�e d'or. Alors que Harry s'�loignait, il entendit le vendeur derri�re lui dire de sa voix huileuse : "Puis-je m'informer de l'identit� de cette personne, Madame McGonagall ? J'imagine qu'il est Serpentard - troisi�me ann�e peut-�tre ? - et d'une importante famille, mais je n'ai pas reconnu -"</p><p>Le claquement de la porte de la salle de bain coupa ses mots, et apr�s que Harry eut identifi� le loquet et l'ait mis en place, il s'effondra contre la porte. Son corps entier �tait baign� d'une sueur qui avait travers�e ses v�tements Moldus, mais au moins �a ne se voyait pas sur ses robes. Il se pencha au-dessus de la cuvette or-ivoire, eut quelques haut-le-coeur, mais heureusement rien ne vint.</p><empty-line/><p>Ils se tenaient � nouveau dans le jardin du Chaudron Baveur, sur la petite interface couverte de feuilles entre le Chemin de Traverse de l'Angleterre magique et le monde Moldu. C'�tait une �conomie <emphasis>horriblement</emphasis> d�coupl�e... Harry devait aller � une cabine t�l�phonique et t�l�phoner � son p�re une fois de l'autre c�t�. Il ne devait pas, apparemment, s'inqui�ter de voir son bagage vol� ; il avait le statut d'objet magique majeur, un type d'objet que les Moldus ne remarqueraient pas. C'�tait une partie de ce que vous pouviez obtenir dans le monde magique, si vous �tiez pr�t � payer le prix d'une voiture de seconde main. Harry se demanda si son p�re serait capable de voir la malle apr�s que Harry la lui ait explicitement montr�e.</p><p>"C'est ici que nos chemins se s�parent, pour un temps," dit le Professeur McGonagall. Elle secoua sa t�te avec �merveillement. "�a a �t� le jour le plus �trange jour de ma vie depuis... depuis bien des ann�es. Depuis le jour o� j'ai appris qu'un enfant avait vaincu Vous-Savez-Qui. Je me demande maintenant, r�trospectivement, si c'�tait le dernier jour sens� de ce monde."</p><p>Oh, comme si <emphasis>elle</emphasis> avait � se plaindre de quoi que ce soit. <emphasis>Vous pensez que votre journ�e �tait surr�aliste ? Essayez la mienne pour voir</emphasis>.</p><p>"Vous m'avez grandement impressionn� aujourd'hui," lui dit Harry. "J'aurais d� penser � vous complimenter � voix haute, je vous donnais des points dans ma t�te et tout."</p><p>"Merci, M. Potter," dit McGonagall. "Si vous aviez d�j� �t� tri� dans une Maison je vous aurais d�duit tant de points que ses petits-enfants perdraient encore la Coupe des Maisons."</p><p>"Merci � <emphasis>vous</emphasis>, Minerva." Il �tait probablement encore trop t�t pour l'appeler Minny.</p><p>Cette femme �tait peut-�tre l'adulte le plus sain d'esprit que Harry ait jamais rencontr�, en d�pit de son manque de savoir scientifique. Harry envisageait m�me de lui offrir la position de num�ro deux dans le groupe qu'il formerait pour combattre le Seigneur des T�n�bres, mais il n'�tait pas assez idiot pour dire �a � voix haute. <emphasis>Et quel serait un bon nom pour ce groupe...? Les Mangemangemorts ?</emphasis></p><p>"Je vous verrai tr�s bient�t, quand l'�cole commencera," dit McGonagall. "Et, M. Potter, � propos de votre baguette -"</p><p>"Je sais ce que vous allez me demander," dit Harry. Il sortit sa pr�cieuse baguette et, avec un immense pincement de douleur int�rieure, la retourna dans sa main. La poign�e vers l'ext�rieur, il la pr�senta � McGonagall. "Prenez-la. Je ne comptais pas faire quoi que ce soit, pas une seule petite chose, mais je ne veux pas que vous ayez des cauchemars o� je fais exploser ma maison."</p><p>McGonagall secoua vivement la t�te. "Oh, non, M. Potter ! On ne fait pas ce genre de choses. Je voulais juste vous pr�venir de ne pas <emphasis>utiliser</emphasis> votre baguette chez vous, car il y a des moyens de d�tecter l'usage de la magie chez les mineurs et c'est interdit sans supervision."</p><p>"Ah," dit Harry, et il sourit. "<emphasis>Cela</emphasis> me semble �tre une r�gle <emphasis>tr�s</emphasis> sens�e. Je suis heureux de voir que le monde magique prend ce genre de choses s�rieusement."</p><p>McGonagall le regarda intens�ment. "Vous le pensez vraiment."</p><p>"Oui," dit Harry. "Je comprends. La magie est dangereuse et les r�gles sont l� pour une bonne raison. Certaines affaires sont elles aussi dangereuses. Je le comprends. Souvenez-vous que je ne suis pas stupide."</p><p>"J'ai bien peu de chances de l'oublier. Merci, Harry Potter, cela m'aide � me sentir mieux concernant certaines choses au sujet desquelles je vais devoir vous faire confiance. Au revoir pour l'instant."</p><p>Harry se d�tourna pour partir, vers le Chaudron Baveur et jusqu'au monde Moldu.</p><p>Et alors que sa main touchait la poign�e de la porte, il entendit un dernier murmure derri�re lui.</p><p>"Hermione Granger."</p><p>"Quoi ?" dit Harry, sa main toujours sur la porte.</p><p>"Cherchez une fille de premi�re ann�e nomm�e Hermione Granger sur le train vers Poudlard."</p><p>"Qui est-elle ?"</p><p>Il n'y eut pas de r�ponse, et quand Harry se retourna, McGonagall �tait partie.</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup</emphasis></p><p>Le Directeur Dumbledore se pencha par-dessus son bureau. Ses yeux p�tillants d�visag�rent McGonagall. "Alors Minerva, qu'avez-vous pens� de Harry ?"</p><p>McGonagall ouvrit sa bouche. Puis elle ferma sa bouche. Puis elle ouvrit � nouveau sa bouche. Aucun mot ne sortit.</p><p>"Je vois," dit Dumbledore avec gravit�. "Merci pour votre rapport, Minerva. Vous pouvez y aller."</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 7*: R�ciprocit�</strong></p><p>Waoh. Un porte-parole de l'agent de Rowling a dit qu'elle accepte l'existence de fanfictions tant que personne ne les fait payer et que tout le monde est d'accord avec le fait que les copyrights originaux lui appartiennent ? C'est vraiment sympa de sa part. Je ne savais pas. Donc merci, JKR, et v�tre soit le royaume !</p><empty-line/><p>Je ressens le besoin de pr�venir que certaines parties de ce chapitre ne sont pas d�fouloires. Je n'ai pas aucune ranc�ur contre qui que ce soit, c'est juste que l'histoire s'�crit elle-m�me, et quand on commence � l�cher des enclumes sur la t�te d'un personnage, c'est dur de s'arr�ter.</p><p>Quelques critiques ont demand� si les informations scientifiques de cette histoire �taient vraies ou invent�es. Oui, elles sont vraies, et si vous allez voir mon profil, vous verrez un lien vers un certain site d'information qui vous enseignera � peu pr�s tout ce que Harry James Potter-Evans-Verres sait <emphasis>et un peu plus encore</emphasis>.</p><p>Merci � <emphasis>tous</emphasis> mes critiques. (Particuli�rement � Darkandus on Viridan Dreams pour son commentaire �tonnamment inspirant "Les poumons et le th� ne sont pas faits pour interagir.")</p><empty-line/><p>"<emphasis>Ton p�re est presque aussi g�nial que mon p�re."</emphasis></p><empty-line/><p>Les l�vres de P�tunia Evans-Verres tremblaient et ses yeux larmoyaient pendant que Harry �treignait son buste sur le quai num�ro neuf de la gare de King's Cross. "Tu es s�r que tu ne veux pas que je vienne avec toi, Harry ?"</p><p>Harry leva les yeux vers elle. Il jeta un coup d'�il � son p�re, Michael Verres-Evans, qui avait un air de dur-mais-fier typique, puis � nouveau � sa m�re, qui avait l'air d'avoir plut�t... perdu son quant-�-soi. "Maman, je sais que tu n'aimes pas beaucoup le monde magique. Tu n'es pas oblig�e de venir. Vraiment pas."</p><p>P�tunia grima�a. "Harry, tu ne devrais pas t'en faire pour moi, je suis ta m�re et si tu as besoin que quelqu'un soit avec toi -"</p><p>"Maman, je serai seul � Poudlard pendant des <emphasis>mois</emphasis> et des <emphasis>mois</emphasis>. Si je n'arrive pas � g�rer un quai seul, mieux vaut l'apprendre plus t�t que plus tard et pouvoir encore tout annuler." Il baissa le volume de sa voix jusqu'� atteindre celui d'un murmure. "Et puis Maman, ils m'aiment tous l�-bas. Si j'ai le moindre probl�me, tout ce que j'aurai � faire c'est d'enlever mon bandeau," Harry tapota le bandeau de sport qui recouvrait sa cicatrice, "et j'aurai alors <emphasis>beaucoup</emphasis> plus d'aide que je ne pourrais en d�sirer."</p><p>"Oh, Harry," murmura P�tunia. Elle s'agenouilla et le serra fort dans ses bras, face � lui, leurs joues l'une contre l'autre. Harry pouvait sentir sa respiration saccad�e, puis il entendit un sanglot s'�chapper de ses l�vres, �touff� et masqu�, mais pr�sent. "Oh, Harry, je t'aime, souviens-toi toujours de �a."</p><p><emphasis>C'est comme si elle avait peur de ne plus jamais me revoir,</emphasis> la pens�e surgit brutalement dans la t�te de Harry. Il savait que la pens�e �tait vraie mais il ne savait pas pourquoi Maman avait si peur.</p><p>Il essaya de deviner. "Maman, tu sais que je ne vais pas devenir comme ta s�ur juste parce que j'apprends la magie ? Je ferai toute la magie que tu voudras - enfin, si j'en suis capable - et si tu veux que je n'utilise <emphasis>aucune</emphasis> magie dans la maison, je le ferais aussi, je te promets que je ne laisserai jamais la magie nous s�parer.</p><p>Un c�lin �crasant lui coupa le souffle. "Tu as bon c�ur," lui murmura sa m�re � l'oreille. "Tr�s bon c�ur, mon fils."</p><p>Et alors Harry s'�trangla un peu lui aussi.</p><p>Sa m�re le rel�cha et se leva. Elle sortit un mouchoir de sa poche et, d'une main tremblante, tamponna ses yeux et son maquillage qui coulait.</p><p>Aucun question ne fut pos�e sur la possibilit� que son p�re puisse l'accompagner du c�t� magique de la gare de King's Cross. Papa avait du mal � ne serait-ce que regarder la malle de Harry. La magie courait de familles en familles, et Michael Verres-Evans ne pouvait m�me pas marcher.</p><p>Au lieu de �a son p�re s'�claircit la gorge. "Bonne chance � l'�cole, Harry," dit-il. "Penses-tu que j'ai achet� assez de livres ?"</p><p>Harry avait expliqu� � son p�re qu'il pensait que c'�tait sa chance de faire quelque chose de vraiment r�volutionnaire et important, et le Professeur Verres-Evans avait hoch� la t�te et avait annul� son emploi du temps tr�s charg� pour deux jours pleins afin d'organiser le Plus Grand Raid de Librairies d'Occasion Jamais Fait, qui avait couvert quatre villes et produit <emphasis>trente</emphasis> bo�tes de livres scientifiques attendant � pr�sent � l'�tage caverne de la malle de Harry. La plupart des livres s'�taient vendus pour une livre ou deux, mais certains s'�taient vendus pour certainement <emphasis>plus</emphasis> que �a, comme le tout dernier <emphasis>Manuel de Chimie et Physique</emphasis> ou l'ensemble complet de l'<emphasis>Encyclopaedia Britannica</emphasis> 1972. Son p�re avait essay� d'emp�cher Harry de voir les prix, mais Harry avait estim� que son p�re avait d�pens� <emphasis>au moins</emphasis> mille livres. Harry avait dit � son p�re qu'il le rembourserait d�s qu'il aurait appris � convertir l'or des sorciers en argent Moldu, et son p�re lui avait dit d'aller se jeter dans un lac.</p><p>Puis son p�re lui avait demand� : <emphasis>Penses-tu que j'ai achet� assez de livres ?.</emphasis> La r�ponse que Papa attendait �tait tr�s claire.</p><p>Bizarrement, la gorge de Harry �tait enrou�e. "On ne peut jamais avoir assez de livres," dit-il, r�citant la devise de la famille Verres, et son p�re s'agenouilla et lui donna un c�lin bref et r�solu. "Mais tu as <emphasis>certainement</emphasis> essay�," dit Harry, et il se sentit s'�trangler � nouveau. "C'�tait un tr�s, tr�s, <emphasis>tr�s</emphasis> bon essai."</p><p>Son p�re se redressa. "Alors..." dit-il. "Vois-<emphasis>tu</emphasis> un quai neuf trois-quarts ?"</p><p>La gare de King's Cross �tait �norme et bond�e, les murs et le sol couverts d'ordinaires carreaux couleur terre, plein de gens ordinaires se d�p�chant vers leurs affaires ordinaires et ayant des conversations ordinaires qui g�n�raient beaucoup de bruit ordinaire. La gare de King's Cross avait un quai num�ro neuf (sur lequel ils se tenaient) et un quai num�ro dix (juste � c�t�) mais il n'y avait absolument rien entre le quai num�ro neuf et le quai num�ro dix mis � part un mince mur-�cran peu prometteur. Une immense ouverture en direction du ciel laissait entrer plus qu'assez de clart� pour illuminer l'absence totale de quoi que ce soit entre le quai neuf et le quai dix.</p><p>Harry regarda autour de lui sans ciller jusqu'� ce que ses yeux pleurent, pensant, <emphasis>allez, vue-de-mage, allez, vue-de-mage</emphasis>, mais absolument rien ne lui apparut. Il pensa � sortir sa baguette et � l'agiter, mais McGonagall l'avait mis en garde contre l'usage de sa baguette. Et puis si il y avait une nouvelle douche d'�tincelles multicolores cela pourrait les mener � une arrestation pour allumage de feux d'artifice dans une gare. Et encore, cela partait du principe que sa baguette ne d�ciderait pas de faire autre chose, comme par exemple de faire exploser King's Cross. Harry n'avait que survol� ses livres scolaires (et �a avait �t� un survol des plus �tranges) dans un effort rapide destin� � d�terminer quel genre de livres scientifiques il devrait acheter durant les 48 heures suivantes.</p><p>Eh bien, il avait - Harry jeta un coup d'�il � sa montre - une heure enti�re pour trouver une solution, puis qu'il �tait cens� �tre � bord du train � onze heures. Peut-�tre que c'�tait l'�quivalent d'un test de QI et que les enfants stupides ne pouvaient pas devenir sorciers. (Et le temps suppl�mentaires que vous vous octroyiez d�terminait si vous �tiez consciencieux, ce qui �tait le second facteur le plus important de la r�ussite scolaire.)</p><p>"Je trouverai un moyen," dit Harry � ses parents, qui attendaient. "C'est probablement un esp�ce de test."</p><p>Le p�re de Harry grima�a. "Hm... essaie peut-�tre de chercher des traces de pas au sol menant � un endroit absurde -"</p><p>"<emphasis>Papa !</emphasis>" dit Harry. "Arr�te �a ! Je n'ai m�me pas encore <emphasis>essay�</emphasis> de trouver la solution tout seul !" En plus, c'�tait une tr�s bonne suggestion, ce qui �tait pire.</p><p>"D�sol�," s'excusa son p�re.</p><p>"Ah..." dit la m�re de Harry. "Je ne pense pas qu'il feraient �a � un �tudiant, si ? Tu es s�r que le Professeur McGonagall ne t'a rien dit ?"</p><p>"Peut-�tre qu'elle �tait distraite," dit Harry sans vraiment r�fl�chir.</p><p>"<emphasis>Harry !</emphasis>" siffl�rent son p�re et sa m�re � l'unisson. "<emphasis>Qu'as-tu fait ?</emphasis>"</p><p>"J'ai, euh -" Harry avala sa salive. "�coutez, on n'a pas le temps pour �a."</p><p>"<emphasis>Harry</emphasis> !"</p><p>"Je suis s�rieux ! On n'a pas le temps maintenant ! Parce que c'est vraiment une longue histoire et que je dois trouver comment aller � l'�cole !"</p><p>La m�re de Harry se plaquait une main sur le visage. "C'�tait grave � quel point ?"</p><p>"Je, ah," <emphasis>Je ne peux pas en parler pour des raisons de S�curit� Nationale</emphasis>, "� peu pr�s moiti� aussi grave que l'Incident du projet � la Foire Scientifique ?"</p><p>"<emphasis>Harry !</emphasis>"</p><p>"J'ai, euh, oh regardez il y a des gens avec une chouette je vais leur demander comment aller sur le quai !" et Harry couru loin de ses parents vers une famille aux flamboyants cheveux roux, sa malle ondulant automatiquement derri�re lui.</p><p>Une femme dodue leva les yeux vers lui alors qu'il approchait. "Bonjour mon cher, premi�re fois � Poudlard ? Ron est nouveau, lui aussi -" et elle se figea. Elle le d�visagea tr�s attentivement. "<emphasis>Harry Potter</emphasis> ?"</p><p>Quatre gar�ons et une fille aux cheveux roux et une chouette pivot�rent et se fig�rent sur place aux aussi.</p><p>"Oh, <emphasis>non mais franchement</emphasis> !" protesta Harry. Il avait pr�vu de se faire appeler M. Verres au moins jusqu'� Poudlard. "J'ai achet� un bandeau, et tout ! Comment savez-vous qui je suis ?"</p><p>"Oui," dit le p�re de Harry, arrivant de derri�re lui en longues enjamb�es faciles, "comment <emphasis>savez-vous</emphasis> qui il est ?" Sa voix comportait une note d'effroi.</p><p>"Ta photo �tait dans les journaux," dit un des deux vrais jumeaux.</p><p>"<emphasis>HARRY !"</emphasis></p><p>"Papa ! Ce n'est pas ce que tu crois ! C'est parce que j'ai vaincu le Seigneur des T�n�bres Tu-Sais-Qui quand j'avais un an !"</p><p>"<emphasis>QUOI </emphasis>?"</p><p>"Maman peut t'expliquer."</p><p>"<emphasis>QUOI ?"</emphasis></p><p>"Ah... Michael, tr�s cher, il y a certaines choses avec lesquelles j'ai pens� qu'il serait mieux de ne pas t'emb�ter jusqu'� maintenant -"</p><p>"Excusez-moi," dit Harry � la famille rousse dont tous les membres le fixaient, "mais ce serait plut�t extr�mement utile si vous pouviez me dire comment je peux me rendre sur le quai neuf trois quart <emphasis>tout de suite</emphasis>."</p><p>"Ahhh..." dit la femme. Elle leva une baguette et pointa en direction du mur entre les quais. "Marche juste tout droit vers la barri�re entre les quais neuf et dix. Ne t'arr�te pas et n'ai pas peur de t'�craser dedans, c'est tr�s important. Mieux vaut y aller au petit trot si tu es nerveux."</p><p>"Et quoi que tu fasses, ne pense pas � un �l�phant."</p><p>"<emphasis>George</emphasis> ! Ignore-le, cher Harry, il n'y a aucune raison de ne pas penser � un �l�phant."</p><p>"Je suis Fred, Maman, pas George -"</p><p>"Merci !" dit Harry, et il partit en courant vers la barri�re.</p><p>Attends une minute, �a ne marcherait pas <emphasis>sauf si il y croyait</emphasis> ?</p><p>C'�tait dans les moments comme ceux-l� que Harry ha�ssait le fait que son cerveau fonctionne assez vite pour se rendre compte qu'il se trouvait dans une situation o� le "doute r�sonnant" s'appliquait, c'est � dire que si il avait commenc� par penser qu'il traverserait la barri�re alors tout se serait bien pass�, mais maintenant il �tait inquiet de ne pas assez <emphasis>croire</emphasis> au fait qu'il traverserait la barri�re, ce qui voulait dire qu'il <emphasis>�tait</emphasis> vraiment inquiet de s'�craser dessus -</p><p>"<emphasis>Harry ! Reviens ici, j'attends des explications !</emphasis>" C'�tait son P�re.</p><p>Harry ferma les yeux et ignora tout ce qu'il savait au sujet des croyances justifi�es et essaya juste de croire <emphasis>tr�s fort</emphasis> qu'il allait traverser la barri�re et -</p><p>- les sons l'entourant chang�rent.</p><p>Harry ouvrit les yeux et s'arr�ta net. Il se sentait vaguement sale d'avoir fait un effort d�lib�r� pour croire en quelque chose.</p><p>Il se tenait sur un quai illumin�, � l'air libre, � c�t� d'un unique train gigantesque, long de quatorze voitures, pr�c�d� par une immense locomotive � vapeur en m�tal �carlate avec une chemin�e qui promettait "mort" � la qualit� de l'air. Le quai �tait d�j� l�g�rement bond� (bien que Harry eut une bonne heure d'avance) et des douzaines d'enfants ainsi que leurs parents fourmillaient autour des bancs, des tables, et de divers camelots et vendeurs.</p><p>Il �tait inutile de mentionner qu'il n'y avait pas d'endroit comme celui ci � la gare de King's Cross, ni d'espace pour l'y cacher.</p><p><emphasis>Ok, donc soit (a) Je me suis t�l�port� dans un tout autre lieu (b) ils savent plier l'espace comme ce n'est pas permis ou (c) ils ignorent simplement les r�gles.</emphasis></p><p>Il y avait un son de glissement derri�re lui, et Harry se retourna pour confirmer que sa malle l'avait bien suivi sur ses petites tentacules griffues. Apparemment, pour des raisons magiques, son bagage �tait parvenu � croire avec assez de force pour passer � travers la barri�re. C'�tait � vrai dire assez troublant, si on y r�fl�chissait.</p><p>Un moment plus tard, le gar�on roux qui semblait �tre le plus jeune traversa l'arcade d'acier (arcade d'acier ?) en courant, tirant sa malle derri�re lui avec une laisse et s'�crasant presque sur Harry. Harry se sentit stupide de n'avoir pas boug� et commen�a � s'�carter rapidement de la zone d'atterrissage, et le gar�on roux le suivi en tirant avec force sur la laisse de sa malle pour rester � hauteur. Un moment plus tard, une chouette blanche voleta � travers l'arcade et vint se poser sur l'�paule du gar�on.</p><p>"Cor," dit le gar�on roux, "es-tu <emphasis>vraiment</emphasis> Harry Potter ?"</p><p><emphasis>Pas �a encore</emphasis>. "Je n'ai aucune m�thode logique me permettant d'en �tre certain. Mes parents m'ont �duqu� de fa�on � ce que je <emphasis>crois</emphasis> �tre Harry Potter, et beaucoup de gens ici m'ont dit que je <emphasis>ressemblais</emphasis> � mes parents, je veux dire mes autres parents, mais," Harry fron�a les sourcils, se rendant compte que : "pour tout ce que <emphasis>j'</emphasis>en sais, il pourrait tout � fait y avoir des sorts permettant de polymorpher un enfant en une autre apparence sp�cifique -"</p><p>"Euh, quoi mon gars ?"</p><p><emphasis>Pas parti pour Serdaigle on dirait</emphasis>. "Oui, je suis Harry Potter."</p><p>"Je suis Ron Weasley," dit le grand gamin aux taches de rousseurs et au grand nez, et il exhiba une main tendue que Harry serra poliment tandis qu'ils marchaient. La chouette donna � Harry un hululement �trangement mesur� et courtois (� vrai dire plut�t une sorte de "eehhhhh", ce qui surprit Harry).</p><p>C'est alors que Harry se rendit compte de la possibilit� d'une catastrophe imminente et �labora un moyen de l'emp�cher. "Juste un instant," dit-il � Ron, et il ouvrit l'un des tiroirs de sa malle, celui qui, si il se souvenait bien, �tait pour les V�tements d'Hiver - c'�tait le cas - et il trouva, sous son manteau d'hiver, l'�charpe la plus l�g�re en sa possession. Harry enleva son bandeau et tout aussi rapidement d�plia l'�charpe et l'enroula autour de son visage. �a lui donnait un peu chaud, particuli�rement en �t�, mais Harry pourrait survivre.</p><p>Puis il ferma le tiroir (contenant maintenant son bandeau inutile, bien qu'il n'appartienne pas vraiment � ce compartiment) et tira un autre tiroir dont il extirpa ses robes noires de sorcier, qu'il se fourra par-dessus la t�te, puisqu'il �tait maintenant hors du territoire Moldu.</p><p>"Voil�," dit Harry, satisfait. Le son ne fut que l�g�rement �touff� par l'�charpe sur son visage. Il se tourna vers Ron. "De quoi j'ai l'air ? Stupide, je sais, mais peut-on m'identifier comme �tant Harry Potter ?"</p><p>"Euh," dit Ron. Il ferma sa bouche, qui avait �t� grande ouverte. "Pas vraiment, Harry."</p><p>"Tr�s bien," dit Harry. "Cependant, et afin de ne pas d�jouer le but de cet exercice, tu t'adressera dor�navant � moi par," Verres risquait de ne plus fonctionner, "M. Spoo."</p><p>"D'accord Harry," dit Ron avec incertitude.</p><p><emphasis>La Force n'est pas tr�s puissante chez celui-ci</emphasis>. "Appelle... moi... Monsieur... Spoo."</p><p>"D'accord, Monsieur Spoo -" Ron s'interrompit. "Je ne peux pas faire �a, �a me fait me sentir stupide."</p><p><emphasis>Ce n'est pas qu'une sensation</emphasis>. "D'accord. <emphasis>Toi</emphasis>, choisis un nom."</p><p>"M. Canon," dit Ron imm�diatement. "comme les Canons de Chudley."</p><p>"Ah..." Harry avait une affreuse appr�hension lui disant qu'il allait horriblement regretter d'avoir pos� cette question : "Qui ou que sont les Canons de Chudley ?"</p><p>"<emphasis>Qui sont les Canons de Chudley ?</emphasis> Une des meilleures �quipes de toute l'Histoire du Quidditch ! Bien s�r ils ont finit derniers de la ligue l'ann�e derni�re mais -"</p><p>"Qu'est-ce que le Quidditch ?"</p><p>Poser cette question fut aussi une erreur.</p><p>"Donc laisse moi r�sumer," dit Harry lorsqu'il sembla que l'explication de Ron (associ�e de maints gestes) s'�puisait. "Attraper le Vif vaut <emphasis>cent cinquante points</emphasis> ?"</p><p>"Ouais -"</p><p>"Combien de buts � dix points marque-t-on g�n�ralement <emphasis>sans</emphasis> compter le Vif ?"</p><p>"Euh, peut-�tre quinze ou vingt dans les parties professionnelles -"</p><p>"C'est juste stupide. �a viole toutes les r�gles possibles de la conception de jeux. �coute, le reste de ce jeu a l'air plus ou moins sens�, grosso modo, pour un sport en tout cas, mais tu es en train de me dire qu'attraper le Vif �crase presque tout autre �cart de point. Les deux Attrapeurs sont l� � voler dans les airs � la recherche du Vif et n'interagissent g�n�ralement avec personne, rep�rer le Vif en premier sera g�n�ralement une affaire de chance -"</p><p>"Ce n'est pas de la chance !" protesta Ron. "Tu dois garder tes yeux en mouvement avec la bonne technique -"</p><p>"Ce n'est pas <emphasis>interactif</emphasis>, il n'y a pas de va-et-vient avec l'autre joueur, et puis � quel point est-ce amusant de regarder quelqu'un d'incroyablement dou� pour bouger ses yeux ? Au bout d'un moment l'Attrapeur qui a un coup de chance se pr�cipite, il attrape le Vif et rend tout le travail des autres inutile. C'est comme si quelqu'un avait prit un vrai jeu et y avait greff� ce poste suppl�mentaire inutile juste pour que quelqu'un puisse �tre Le Joueur Le Plus Important sans vraiment avoir besoin de participer ni d'apprendre le reste du jeu. Qui �tait le premier Attrapeur, le fils idiot du Roi qui voulait jouer au Quidditch mais ne pouvait pas comprendre les r�gles ?" En fait, maintenant que Harry y r�fl�chissait, �a semblait �tre une hypoth�se �tonnamment bonne. Mettez-le sur un balai et dites-lui d'attraper le truc brillant...</p><p>Le visage de Ron se renfrogna. "Si tu n'aimes pas le Quidditch, tu n'as pas � t'en moquer !"</p><p>"Si on ne peut pas critiquer, on ne peut pas am�liorer. Je sugg�re des fa�ons d'<emphasis>am�liorer le jeu</emphasis>. Et c'est tr�s simple. Virez le Vif."</p><p>"Ils ne vont pas changer le jeu juste parce <emphasis>tu</emphasis> leur dit de le faire !"</p><p>"Je <emphasis>suis</emphasis> le Survivant, tu sais. Les gens m'�couteront. Et peut-�tre que si j'arrive � les persuader de changer le jeu � Poudlard, l'innovation se r�pandra."</p><p>Un air d'horreur absolue se r�pandait sur le visage de Ron. "Mais, mais, si tu enl�ves le Vif, comment qui que ce soit saura que le jeu est finit ?"</p><p>"<emphasis>Achetez... une... horloge.</emphasis> Ce serait beaucoup plus �quitable que d'avoir des parties se terminant parfois au bout de dix minutes, parfois pas apr�s plusieurs heures, et l'organisation serait aussi beaucoup plus pr�visible pour les spectateurs." Harry soupira. "Oh, arr�te de me donner cet air d'horreur absolue, je ne vais probablement pas <emphasis>vraiment</emphasis> prendre le temps de d�truire cette chose path�tique que vous appelez sport national, et de le reb�tir plus fort et plus intelligent ; � mon image. J'ai des choses beaucoup, <emphasis>beaucoup</emphasis> plus importantes dont je dois me pr�occuper." Harry eut l'air pensif. "Mais cela dit, �a ne <emphasis>prendrait</emphasis> pas beaucoup de temps d'�crire les 95 th�ses de la R�forme Sans Vif et de les clouer � la porte d'une �glise -"</p><p>"Potter," tra�na la voix d'un jeune gar�on, "<emphasis>qu'est</emphasis>-ce que tu as sur le visage <emphasis>qu'est-ce</emphasis> qui se tient � c�t� de toi ?"</p><p>L'air horrifi� de Ron fut remplac� par de la haine absolue. "<emphasis>Toi !</emphasis>"</p><p>Harry tourna la t�te ; et c'�tait bien Draco Malfoy, qui avait peut-�tre �t� forc� de rev�tir les robes r�glementaires de l'�cole mais se rattrapait avec une malle � l'air au moins aussi magique et bien plus �l�gante que celle de Harry, d�cor�e d'argent et d'�meraudes et portant ce que Harry devina �tre les armoiries de la famille Malfoy, un magnifique serpents � crocs surmontant des baguettes d'ivoire.</p><p>"Draco !" dit Harry. "Euh, ou Malfoy si tu pr�f�res, m�me si je trouve que �a fait un peu penser � Lucius. Je suis content de voir que tu vas si bien apr�s notre derni�re, euh, notre derni�re rencontre. Voici Ron Weasley. J'essaie de rester incognito, alors appelle moi, euh," Harry regarda ses robes, "Monsieur Black."</p><p>"<emphasis>Harry</emphasis> !" siffla Ron. "Tu ne peux pas utiliser <emphasis>ce</emphasis> nom !"</p><p>Harry cligna des yeux. "Pourquoi pas ?" �a <emphasis>sonnait</emphasis> joliment sombre, comme un homme myst�rieux international -</p><p>"Je dirais que c'est un <emphasis>excellent</emphasis> nom," dit Draco, "mais la Noble et Ancienne Maison des Black pourrait y trouver � redire. Que penses-tu de M. Argent ?"</p><p>"�loigne-<emphasis>toi</emphasis> de... de M. Or," dit Ron froidement, et il s'avan�a d'un pas. "Il n'a pas besoin de parler aux gens comme toi !"</p><p>Harry leva une main apaisante. "Je me ferai appeler M. Bronze, merci pour le sch�ma d'appellation. Et Ron, euh," Harry lutta pour trouver une fa�on agr�able de dire : "Je suis heureux que tu sois si...enthousiaste � l'id�e de me prot�ger, mais �a ne me d�range pas particuli�rement de discuter avec Draco -"</p><p>Ce fut apparemment un coup fatal pour Ron, qui se tourna vers Harry avec des yeux � pr�sent enflamm�s par l'outrage. "<emphasis>Quoi</emphasis> ? <emphasis>Sais</emphasis>-tu qui il est ?"</p><p>"Oui, Ron," dit Harry, "tu te souviens peut-�tre que je l'ai appel� Draco sans qu'il ait besoin de se pr�senter."</p><p>Draco ricana. Puis ses yeux s'�clair�rent lorsqu'il vit la chouette blanche pos�e sur l'�paule de Ron. "Oh, qu'est ce que c'est que <emphasis>�a</emphasis> ?" dit Draco avec un second ricanement plein de malveillance. "O� est le fameux rat de la famille Weasley ?"</p><p>"Enterr� dans le jardin," dit Ron froidement.</p><p>"Oh, comme c'est triste. Pot... ah, M. Bronze, je devrais mentionner qu'il est couramment accept� que la famille Weasley jouit de <emphasis>la meilleure histoire d'animal de compagnie jamais entendue</emphasis>. Voudrais-tu la raconter, Weasley ?"</p><p>Le visage de Ron se contorsionna. "Tu ne trouverais pas �a dr�le si �a arrivait � <emphasis>ta</emphasis> famille !"</p><p>"Oh," ronronna Draco, "mais �a n'<emphasis>arriverait</emphasis> jamais aux Malfoys."</p><p>Les mains de Ron devinrent des poings -</p><p>"C'est assez," dit Harry, mettant autant d'autorit� tranquille dans sa voix qu'il en �tait capable. Il �tait certain que, quel qu'en soit le contenu, c'�tait un souvenir douloureux pour le gar�on roux. "Si Ron ne veut pas en parler, il n'y est pas oblig�, et je te demanderai de ne pas en parler non plus."</p><p>Draco jeta un regard surprit � Harry, et Ron acquies�a. "C'est �a Harry ! Je veux dire M. Bronze ! Tu vois le genre de personne qu'il est ? Maintenant dis-lui de s'en aller !"</p><p>Harry compta mentalement jusqu'� dix, ce qui pour lui fut un rapide <emphasis>12345678910</emphasis> - une vieille habitude conserv�e depuis l'�ge de cinq ans o� sa m�re lui avait pour la premi�re fois donn� l'instruction de le faire, et Harry s'�tait dit que sa fa�on � lui �tait plus rapide et tout aussi efficace. "Ron," dit Harry calmement, "Je ne vais pas lui dire de s'en aller. Il peut me parler si il le veut."</p><p>"Eh bien je n'ai pas l'intention de tra�ner avec quelqu'un qui tra�ne avec Draco Malfoy," annon�a Ron froidement.</p><p>Harry haussa les �paules. "�a te regarde. <emphasis>Je</emphasis> ne compte pas laisser qui que ce soit me dire avec qui je peux et ne peux pas passer du temps." Et il chantait silencieusement <emphasis>va-t-en s'il te pla�t, va-t-en s'il te pla�t</emphasis>.</p><p>Sous le coup de la surprise, le visage de Ron se vida de toute expression, comme si il s'�tait vraiment attendu � ce que sa r�plique fasse effet. Puis il fit demi-tour, tira la laisse de son bagage et partit pr�cipitamment du quai.</p><p>"Si tu ne l'aimais pas," dit Draco avec curiosit�, "pourquoi n'es-tu pas simplement parti ?"</p><p>"Euh... sa m�re m'a aid� � comprendre comment aller sur ce quai depuis la gare de King's Cross, donc c'�tait un peu difficile de lui dire d'aller se faire voir. Et puis ce n'est pas que je le <emphasis>d�teste</emphasis>," dit Harry, "c'est juste que je, que je..." Harry chercha ses mots.</p><p>"...ne vois aucune raison justifiant son existence ?" proposa Draco.</p><p>"A peu pr�s."</p><p>"Quoi qu'il en soit, Potter... si tu a vraiment �t� �duqu� par des Moldus -" Draco s'interrompit, comme s'il attendait une d�n�gation, mais Harry ne dit rien "- alors tu ne te rends peut-�tre pas compte de ce que c'est que d'�tre connu. Les gens vont vouloir te prendre <emphasis>tout</emphasis> ton temps. Tu <emphasis>dois</emphasis> apprendre � dire non."</p><p>Harry acquies�a, et prit un air pensif. "�a a l'air d'�tre un tr�s bon conseil."</p><p>"Si tu d�cides d'�tre gentil avec eux, �a veut juste dire que tu finiras par passer le plus clair de ton temps avec les plus insistants. D�cide de ceux avec qui tu <emphasis>veux</emphasis> passer du temps et dis � tous les autres de s'en aller. Les gens <emphasis>vont</emphasis> te juger en fonction de ceux avec qui ils te voient tra�ner, et tu ne veux pas �tre vu avec des gens comme Ron Weasley."</p><p>Harry acquies�a � nouveau. "Si �a ne te d�range pas que je te le demande, comment m'as-tu reconnu ?"</p><p>"<emphasis>M. Bronze</emphasis>," l�cha Draco, "Je t'<emphasis>ai</emphasis> rencontr�, souviens-toi. Je t'ai m�me tr�s bien rencontr�. J'ai vu quelqu'un se promenant avec une �charpe enroul�e autour de sa t�te et � l'air <emphasis>compl�tement ridicule</emphasis>. Alors j'ai fait une <emphasis>folle supposition</emphasis>."</p><p>Harry inclina la t�te, acceptant le compliment. "Je suis <emphasis>profond�ment</emphasis> d�sol�, � ce propos," dit Harry. "Je veux dire, notre premi�re rencontre. Je ne voulais pas t'embarrasser devant Lucius."</p><p>Draco rejeta l'excuse d'un mouvement de la main tout en regardant Harry d'une �trange fa�on. "J'aurais juste aim� que P�re soit arriv� pendant que <emphasis>tu</emphasis> me flattais <emphasis>moi</emphasis> -" rit Draco. "Mais <emphasis>merci</emphasis> d'avoir dit ce que tu as dit � P�re. Sans �a, j'aurais eu beaucoup plus de mal � tout expliquer."</p><p>Harry fit une r�v�rence encore plus pouss�e. "Merci � <emphasis>toi</emphasis> d'avoir fait la m�me chose en retour avec le Professeur McGonagall."</p><p>"De rien. Mais l'une des assistante doit avoir fait jurer le secret absolu � l'un de ses amis, car P�re dit qu'il y a d'<emphasis>�tranges rumeurs</emphasis> qui circulent, comme quoi toi et moi nous serions battus ou quelque chose comme �a."</p><p>"A�e," dit Harry en grima�ant. "Je suis <emphasis>vraiment </emphasis>d�sol� -"</p><p>"Non, on a l'habitude, Merlin sait qu'il y a d�j� d'�tranges rumeurs au sujet de la famille Malfoy."</p><p>Harry hocha la t�te. "Heureux t'entendre que tu es hors du p�trin -"</p><p>Draco sourit. "P�re a, hum, un sens de l'humour assez <emphasis>raffin�</emphasis>, mais il <emphasis>comprend</emphasis> ce que c'est que d'avoir des amis. Il le comprend <emphasis>tr�s</emphasis> bien. En fait, il m'a fait r�p�ter ceci chaque soir avant d'aller au lit pendant tout le mois dernier : 'Je me ferai des amis � Poudlard.' Lorsque je lui ai tout expliqu� et qu'il a vu que c'�tait ce que j'avais essay� de faire, il s'est non seulement excus� aupr�s de moi mais il m'a offert une glace."</p><p>La m�choire de Harry se d�crocha. "<emphasis>Tu as r�ussi � transformer �a en une glace </emphasis>?"</p><p>Draco acquies�a, et il avait l'air aussi fier de lui que cet exploit le m�ritait. "Eh bien, p�re <emphasis>savait</emphasis> ce que je faisais, bien s�r, mais c'est lui qui m'avait apprit <emphasis>comment</emphasis> le faire, et si je souris comme il faut <emphasis>pendant</emphasis> que je le fais, �a devient une blague p�re-fils et alors il <emphasis>doit</emphasis> m'acheter une glace ou sinon je lui donne un regard triste, comme si je pensais l'avoir d��u."</p><p>Harry observa Draco d'un air calculateur, sentant qu'il �tait en pr�sence d'un autre ma�tre. "Tu as re�u des <emphasis>le�ons</emphasis> sur la fa�on de manipuler les gens ?"</p><p>"Depuis aussi longtemps que je me souvienne," dit Draco fi�rement. "P�re m'a pay� des pr�cepteurs."</p><p>"Wow," dit Harry. Avoir lu <emphasis>Influence et Manipulation</emphasis> de Robert Cialdini n'�tait probablement pas � la hauteur, compar� � �a (m�me si c'�tait quand m�me un sacr� livre). "Ton p�re est presque aussi g�nial que mon p�re."</p><p>Les sourcils de Draco s'�lev�rent noblement. "Oh ? Et qu'est ce que <emphasis>ton</emphasis> p�re fait ?"</p><p>"Il m'ach�te des livres."</p><p>Draco consid�ra l'affirmation. "�a n'a pas l'air tr�s impressionnant."</p><p>"Il faut y �tre pour comprendre. En tout cas, je suis content d'entendre �a. Vu la fa�on dont Lucius te regardait, j'ai cru qu'il allait te c-crucifier."</p><p>"Mon p�re m'aime vraiment," dit Draco avec fermet�. "Il ne ferait certainement pas une chose pareille."</p><p>"Euh..." dit Harry. Il se souvint de la figure parfaite en robe noire et aux cheveux blancs qui �tait entr�e chez Madame Malkin, maniant sa magnifique cane � poign�e d'argent. C'�tait juste tellement difficile de visualiser ce tueur parfait sous les traits d'un papa g�teau. "Ne le prends pas mal, mais comment <emphasis>sais</emphasis>-tu �a ?"</p><p>"Hein ?" Il �tait clair que ce n'�tait pas une question que Draco se posait tr�s souvent.</p><p>"Je pose la question fondamentale de la rationalit� : Pourquoi crois-tu ce que tu crois ? Que penses-tu savoir et comment penses-tu que tu le sais ? Qu'as-tu <emphasis>vu</emphasis> qui te fasse penser que Lucius ne te sacrifierait pas comme il sacrifierait toute autre pi�ce de son jeu ?"</p><p>Draco jeta un nouveau regard � Harry. "Que sais-<emphasis>tu</emphasis> au juste de P�re ?"</p><p>"Hm... si�ge au Magenmagot, si�ge au Conseil des Gouverneurs de Poudlard, incroyablement riche, a l'attention du ministre Fudge, a la confiance du ministre Fudge, a probablement des photos hautement embarrassantes du ministre Fudge, plus grand de tous les Puristes du Sang depuis que le Seigneur des T�n�bres est parti, ancien membre du cercle int�rieur des Mangemorts, reconnu comme porteur de la Marque des T�n�bres mais s'en est sorti en disant qu'il �tait sous un sort d'Imp�rium, ce qui �tait ridiculement peu vraisemblable et � peu pr�s tout le monde le savait... m�chant avec un 'M' capital et tueur n�... je crois que c'est tout."</p><p>Les yeux de Draco devinrent si �troits qu'on aurait dit des fentes. "Je vois que McGonagall t'a tout dit."</p><p>"Non, elle a refus� de me dire <emphasis>quoi que ce soit</emphasis> au sujet de Lucius, � part que je devais me tenir � l'�cart de sa personne. Donc, durant l'Incident au Magasin de Potions, pendant que le Professeur McGonagall �tait occup�e � discuter avec le propri�taire et � essayer de tout garder sous contr�le, j'ai attrap� l'un des clients et je l'ai interrog� <emphasis>lui</emphasis> au sujet de Lucius."</p><p>Les yeux de Draco s'agrandirent � nouveau. "Tu as <emphasis>vraiment</emphasis> fait �a ?"</p><p>Harry jeta un regard perplexe � Draco. "Si j'ai menti la premi�re fois, je ne vais pas te dire la v�rit� juste parce que tu me poses encore la question."</p><p>Il y eut une pause, tandis que Draco absorbait cette information.</p><p>"Tu vas tellement aller � Serpentard."</p><p>"Je vais tellement aller � Serdaigle, merci bien. Je veux le pouvoir juste pour avoir les livres."</p><p>Draco gloussa. "Ouais, bien s�r. Enfin bref... pour r�pondre � ta question..." Draco prit une profonde inspiration, et son visage devint s�rieux. "P�re a manqu� un vote du Magenmagot pour moi. J'�tais sur un balai et je suis tomb� et je me suis bris� de nombreuses c�tes. �a faisait vraiment mal. Je n'avais jamais eu aussi mal et je pensais que j'allais mourir. Alors P�re a rat� ce vote tr�s important, parce qu'il �tait l� � c�t� de mon lit � Ste Mangouste, me tenant la main et me promettant tout irait bien."</p><p>Harry regarda ailleurs, mal � l'aise, puis, avec effort, se for�a � regarder � nouveau Draco. "Pourquoi me dis-tu <emphasis>�a</emphasis> ? �a semble assez... intime..."</p><p>Draco regarda Harry avec grand s�rieux. "L'un de mes pr�cepteurs m'a dit un jour que les gens forment des amiti�s fortes en connaissant des choses intimes l'un sur l'autre, et la raison pour laquelle la plupart des gens n'ont pas d'amis proches est qu'ils sont trop g�n�s pour partager quoi que ce soit de vraiment intime." Draco ouvrit ses paumes d'un air invitant. "A ton tour ?"</p><p>Harry observa que savoir que l'expression pleine d'espoir de Draco lui avait �t� instill�e par des mois de pratique ne la rendait pas moins efficace. En fait, si, �a la <emphasis>rendait moins</emphasis> efficace, mais malheureusement pas <emphasis>sans effet</emphasis>. On pouvait dire la m�me chose au sujet de la fa�on intelligente dont Draco poussait � la r�ciprocit� en offrant un cadeau non sollicit�, une technique que Harry avait d�couverte dans ses livres de psychologie sociale (une exp�rience avait montr� qu'un cadeau inconditionnel de 5 $ �tait deux fois plus efficace qu'une offre conditionnelle de 50 $ � pousser les gens � r�pondre � des questionnaires). Draco avait fait cadeau d'une confidence non sollicit�e � Harry, et il l'invitait maintenant � offrir une confidence en retour... et le truc, c'�tait que Harry <emphasis>se sentait</emphasis> pouss� � le faire. Un refus, Harry en �tait certain, se heurterait � un air triste regard d��u, et peut �tre � une petite quantit� de m�pris indiquant que Harry avait perdu des points.</p><p>"Draco," dit Harry, "il faut que tu sache que je sais exactement ce que tu es en train de faire. Mes livres appellent �a <emphasis>r�ciprocit�</emphasis> et ils parlent du fait qu'il a �t� prouv� que, pour obtenir de quelqu'un qu'il fasse quelque chose, il �tait deux fois plus efficace de simplement lui donner deux Mornilles que de lui en promettre vingt..." Harry laissa sa phrase en suspens.</p><p>Draco avait l'air triste et d��u. "Ce n'�tait pas cens� �tre un pi�ge, Harry. C'est une v�ritable technique pour devenir amis."</p><p>Harry leva une main. "Je n'ai pas dit que je n'allais pas te r�pondre. J'ai juste besoin de temps pour choisir quelque chose d'intime mais d'inoffensif. Disons juste... que je voulais que tu saches qu'on ne peut pas me brusquer � faire quelque chose." Un moment de r�flexion permettait de d�samorcer de nombreuses techniques de conformisation, une fois que vous saviez les reconna�tre.</p><p>"Tr�s bien," dit Draco. "J'attendrai pendant que tu trouves quelque chose. Oh, et s'il te pla�t, enl�ve ton �charpe pendant que tu me le dis."</p><p><emphasis>Simple mais efficace</emphasis>.</p><p>Et Harry ne pouvait s'emp�cher de remarquer � quel point, compar� � Draco, il avait �t� maladroit, embarrass� et sans gr�ce dans ses tentatives de r�sister � la manipulation / de sauver la face / de frimer. <emphasis>J'ai besoin de ces pr�cepteurs</emphasis>.</p><p>"Tr�s bien," dit Harry apr�s un moment. "Voil� mon histoire." Il jeta un coup d'oeil aux alentours puis enroula l'�charpe autrement autour de son visage, d�voilant tout sauf la cicatrice. "Euh... il semble que tu puisses vraiment compter sur ton p�re. Je veux dire... si tu lui parles s�rieusement, il va toujours t'�couter et te prendre au s�rieux."</p><p>Draco hocha la t�te.</p><p>"Parfois," dit Harry, et il avala sa salive. C'�tait �tonnamment difficile, mais c'�tait cens� l'�tre. "Parfois je souhaite que Papa soit plus comme le tien." Les yeux de Harry fuirent ceux de Draco plus ou moins automatiquement, et Harry se for�a � le regarder � nouveau.</p><p>Puis Harry fut frapp� par <emphasis>l'�normit� de ce qu'il venait de dire</emphasis>, et il ajouta h�tivement, "Non pas que je souhaite que mon Papa soit un instrument de mort parfait comme Lucius, je voulais juste dire que je voudrais qu'il me prenne au s�rieux -"</p><p>"Je comprends," dit Draco avec un sourire. "Et voil�... maintenant il semble qu'on s'est un peu rapproch� du statut d'amis, non ?"</p><p>Harry hocha la t�te. "Ouais. En effet. Euh... sans vouloir t'offenser je pense que je vais remettre mon d�guisement, je ne veux <emphasis>vraiment</emphasis> pas avoir � g�rer -"</p><p>"Je comprends."</p><p>Harry enroula � nouveau l'�charpe tout autour de son visage.</p><p>"Mon p�re prend tous ses alli�s au s�rieux," dit Draco. "C'est pourquoi il a beaucoup d'alli�s. Tu devrais peut-�tre le rencontrer."</p><p>"J'y penserai," dit Harry d'une voix neutre. Il secoua la t�te avec incr�dulit�. "Alors comme �a tu es vraiment son seul point faible. Heh."</p><p>Maintenant Draco jetait un regard <emphasis>vraiment</emphasis> bizarre � Harry. "Tu veux aller boire quelque chose, ou trouver un endroit o� nous asseoir ?"</p><p>Harry se rendit compte qu'il �tait rest� debout au m�me endroit trop longtemps et s'�tira, essayant de faire craquer son dos. "Certainement."</p><p>Le quai commen�ait maintenant � se remplir, mais il restait une zone plus tranquille du c�t� le plus �loign� de la locomotive � vapeur rouge. Sur le chemin ils crois�rent un vendeur, un homme chauve mais barbu, avec un petit chariot portant des journaux et des bandes dessin�es ainsi que des canettes vert n�on empil�es.</p><p>Le vendeur, � vrai dire, �tait pench� en arri�re, et buvait depuis l'une des canettes vert n�on au moment m�me o� il rep�ra l'�l�gant et raffin� Draco Malfoy s'approcher aux c�t�s d'un gar�on myst�rieux � l'air incroyablement stupide avec une �charpe attach�e autour de la t�te, ce qui poussa le vendeur � subir une quinte de toux soudaine au milieu d'une gorg�e et � faire d�gouliner une grande quantit� de liquide vert n�on sur sa barbe.</p><p>"Excusez moi," dit Harry, "mais qu'<emphasis>est</emphasis> ce que c'est que �a exactement ?"</p><p>"De l'Arrive-Th�," dit le vendeur, "Si vous en buvez, quelque chose de surprenant aura lieu et �a vous fera renverser du th� sur vous ou quelqu'un d'autre. Mais il est enchant� pour se dissiper quelques secondes plus tard -" La tache sur sa barbe disparaissait en effet d�j�.</p><p>"Que c'est dr�le," dit Draco. "Que c'est bien dr�le. Venez, M. Bronze, allons trouver un autre -"</p><p>"Attends," dit Harry.</p><p>"<emphasis>Oh allez !</emphasis> C'est juste, juste <emphasis>pu�ril</emphasis> !"</p><p>"Non Draco, je suis navr�, je <emphasis>dois</emphasis> �tudier �a. Qu'est ce qui se passe si je bois de l'Arrive-Th� tout en faisant de mon mieux pour garder la conversation compl�tement s�rieuse ?"</p><p>Le vendeur sourit et haussa les �paules avec un air myst�rieux. "Qui sait ? Vous verrez un ami passer par l� dans un costume de grenouille ? <emphasis>Quelque chose</emphasis> d'amusant et d'inattendu aura lieu, d'une fa�on ou d'une autre -"</p><p>"Non. Je suis navr�. Je n'y crois pas. �a viole ma suspension de l'incr�dulit� (d�j� abus�e) de tant de fa�ons que je n'ai m�me pas les mots pour le d�crire. Il est, il est juste <emphasis>hors de question</emphasis> qu'une satan�e <emphasis>boisson</emphasis> puisse manipuler la r�alit� pour produire des <emphasis>situations comiques</emphasis>, ou je vais abandonner et prendre ma retraite aux Bahamas -"</p><p>Draco grogna. "Allons-nous <emphasis>vraiment</emphasis> faire �a ?"</p><p>"Cinq Noises la canette," dit le vendeur.</p><p>"<emphasis>Cinq Noises ?</emphasis> Vous pouvez vendre des soda manipulateurs de r�alit� � <emphasis>cinq Noises la canette ?</emphasis>" Harry mit la main dans sa bourse, dit "quatre Mornilles, quatre Noises," et les abattit sur le comptoir. "Deux douzaines de canettes s'il vous pla�t."</p><p>"J'en prendrai une aussi," soupira Draco, et il commen�a � tendre la main vers ses poches.</p><p>Harry secoua rapidement la t�te. "Non, c'est pour moi, et �a ne compte pas comme une faveur non plus, je veux voir si �a marche sur toi aussi." Il jeta une canette � Draco et commen�a � nourrir sa bourse, dont l'Ouverture �largissante mangea les canettes, accompagnant l'op�ration de petits bruits de rot, ce qui ne restaura pas vraiment la foi de Harry dans le fait qu'un jour il trouverait une explication raisonnable � tout �a.</p><p>Vingt-deux rots plus tard, Harry avait la derni�re canette achet�e dans sa main. Draco le regardait, dans l'expectative, et ils d�capsul�rent leurs canettes au m�me instant.</p><p>Harry souleva son �charpe pour exposer sa bouche, et ils pench�rent leurs t�tes en arri�re et burent l'Arrive-Th�. �trangement, �a avait un <emphasis>go�t</emphasis> vert n�on - extra-p�tillant, et plus citronn� que du citron.</p><p>Rien ne se passa.</p><p>Harry regarda le vendeur, qui les regardait avec bienveillance.</p><p><emphasis>Tr�s bien, si ce type vient de profiter d'un accident pour me vendre vingt-quatre canettes de soda vert, je vais applaudir son esprit d'entrepreneuriat et ensuite je le tuerai.</emphasis></p><p>"�a n'arrive pas toujours imm�diatement," dit le vendeur. "Mais �a aura lieu une fois par canette, garanti ou rembours�."</p><p>Harry prit une autre longue gorg�e.</p><p>Une fois de plus, rien ne se passa.</p><p><emphasis>Peut �tre que je devrais juste boire la chose aussi vite que possible...et esp�rer que mon estomac n'explose pas avec tout ce dioxyde de carbone, ou que je ne rote pas pendant que je le bois...</emphasis></p><p>Non, il pouvait se permettre d'�tre <emphasis>un peu</emphasis> patient. Mais honn�tement, Harry ne voyait pas comment �a allait fonctionner. Vous ne pouviez pas vous approcher de quelqu'un et lui dire "Maintenant je vais vous surprendre" ou "Et maintenant je vais vous dire la fin d'une blague, et �a va �tre vraiment dr�le." �a d�truisait l'impact du choc. Dans l'�tat de pr�paration mentale de Harry, Lucius Malfoy aurait pu passer devant eux habill� en ballerine que �a ne l'aurait pas fait s'�touffer. Quelle sorte de manigance tar�e l'univers allait-il cracher <emphasis>cette fois</emphasis> ?</p><p>"Bon, asseyons-nous," dit Harry. Il se pr�para � prendre une nouvelle gorg�e et regarda en direction des bancs, plus loin, ce qui le mit exactement au bon angle pour rabattre son regard et voir la portion de l'�tal du vendeur consacr�e � un journal nomm� Le Chicaneur, qui portait le gros titre suivant :</p><p><emphasis>DRACO MALFOY TOMBE</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>ENCEINTE DU SURVIVANT</emphasis></p><p>"<emphasis>Gah</emphasis> !" cria Draco alors que du liquide vert fluo �tait pulv�ris� depuis Harry jusqu'� sa personne. Draco se tourna vers Harry, les yeux en feu, et il serra sa canette. "Fils de sang-de-bourbe ! Voyons comment <emphasis>tu</emphasis> aimes qu'on te crache dessus !" Draco prit d�lib�r�ment une lamp�e juste alors que ses yeux tombaient sur le gros titre.</p><p>Par r�flexe, Harry essaya de prot�ger son visage alors que le spray de liquide volait dans sa direction. Malheureusement, il bloqua en utilisant la main qui contenait l'Arrive-Th�, envoyant le reste du liquide vert �clabousser son �paule.</p><p>Harry regarda la canette dans sa main tout en s'�touffant et en postillonnant, et la couleur verte commen�a � dispara�tre des robes de Draco.</p><p>Puis il leva � nouveau les yeux et fixa le gros titre du journal.</p><p><emphasis>DRACO MALFOY TOMBE</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>ENCEINTE DU SURVIVANT</emphasis></p><p>Les l�vres de Harry s'ouvrirent et dirent : "buh-bluh-buh-buh"</p><p>Trop d'objections � la fois, c'�tait �a le probl�me. Chaque fois que Harry essayait de dire "Mais nous n'avons que onze ans !" l'objection "Mais les hommes ne peuvent pas tomber enceinte !" exigeait la priorit� et se faisait ensuite rouler dessus par "Mais il n'y a rien entre nous, vraiment !"</p><p>Puis Harry regarda � nouveau sa canette.</p><p>Il ressentait un profond d�sir de courir en criant � s'en vider les poumons jusqu'� ce qu'il tombe enfin � cause du manque d'oxyg�ne, et la seule chose qui l'emp�chait de faire �a �tait qu'il avait lu un jour que la panique compl�te �tait la marque d'un probl�me scientifique <emphasis>vraiment</emphasis> important.</p><p>Harry grogna, jeta violemment la canette dans une poubelle proche, et revint r�der pr�s du vendeur. "Un exemplaire du <emphasis>Chicaneur</emphasis> s'il vous pla�t." Il paya quatre Noises de plus, r�cup�ra une nouvelle canette d'Arrive-Th� de sa bourse, puis r�da vers la zone de pique-nique o� Draco fixait sa propre canette de soda avec une expression de franche admiration.</p><p>"Je retire ce que j'ai dit," dit Draco, "c'�tait plut�t sympa."</p><p>"Hey, Draco, tu sais ce qui est encore mieux pour devenir amis qu'�changer des secrets ? Commettre un meurtre."</p><p>"J'ai un pr�cepteur qui dit �a," accorda Draco. Il passa sa main sous ses robes et se gratta d'un mouvement simple et naturel. "Qui as-tu en t�te ?"</p><p>Harry abattit <emphasis>Le Chicaneur</emphasis> sur la table de pique-nique. "Celui qui a invent� cette manchette."</p><p>Draco grogna. "Pas un homme. Une fille. Une fille <emphasis>de dix ans</emphasis>, si tu peux y croire. Elle est devenue folle apr�s que sa m�re meure, et son p�re, qui poss�de le journal, est <emphasis>convaincu</emphasis> que c'est une voyante, donc quand il ne sait pas, il demande � Luna Lovegood et croit <emphasis>tout</emphasis> ce qu'elle dit."</p><p>Sans vraiment y penser, Harry d�capsula une nouvelle canette d'Arrive-Th� et se pr�para � boire. "Tu veux rire ? C'est encore pire que le journalisme Moldu, ce qui semble physiquement impossible."</p><p>Draco grogna � nouveau. "Elle a une esp�ce d'obsession perverse au sujet des Malfoys en plus, et son p�re nous est politiquement oppos�, donc il imprime tout ce qu'elle dit � notre sujet. D�s que je serai assez vieux je vais la violer."</p><p>Le liquide vert gicla hors des narines de Harry, impr�gnant l'�charpe qui couvrait toujours cette zone. L'Arrive-Th� et les poumons n'�taient pas faits pour interagir, et Harry passa les quelques secondes suivantes � tousser fr�n�tiquement.</p><p>Draco regarda durement Harry. "Quelque chose ne va pas ?"</p><p>C'est � ce moment que Harry r�alisa soudainement que (a) les sons venant du reste du quai s'�taient transform�s en un bruit continu et flou � peu pr�s au moment o� Draco s'�tait gratt� sous ses robes, et que (b) lorsqu'il avait pr�c�demment parl� du meurtre comme m�thode permettant de cr�er des liens, il y avait eu exactement une personne dans la conversation qui avait cru qu'ils blaguaient tous les deux.</p><p><emphasis>C'est �a. Parce qu'il avait l'air d'un enfant si normal. Et il </emphasis>est<emphasis> un enfant normal, il est exactement ce que vous pourriez attendre d'un enfant m�le de base </emphasis><emphasis>si il avait �t� �lev� par le serviteur le plus effrayant du Seigneur des T�n�bres et/ou son papa g�teau.</emphasis></p><p>"Oh, c'est juste," toussa Harry, oh dieu comment allait il sortir la conversation de ce cul-de-sac, "que j'�tais surpris par la fa�on dont tu �tais pr�t � en discuter si ouvertement, tu n'avais pas l'air d'avoir peur d'�tre pris."</p><p>Draco renifla. "Tu plaisantes ? La parole de <emphasis>Luna Lovegood</emphasis> contre la mienne ?"</p><p>Bon sang de bonsoir. "J'imagine qu'il n'y a pas de d�tecteur de mensonge magique ?" <emphasis>Ou de test ADN... pas encore.</emphasis></p><p>Draco regarda aux alentours. Ses yeux se r�tr�cirent. "C'est vrai, tu ne sais rien. �coute, je vais t'expliquer certaines choses, je veux dire la fa�on dont les choses fonctionnent vraiment, comme si tu �tais � Serpentard et que tu me posais cette m�me question. Mais tu dois me promettre de ne rien en dire � personne."</p><p>"Je peux parler de ce sujet, mais pas dire que c'est <emphasis>toi</emphasis> qui m'en a parl�, c'est �a ? C'est � dire que si un autre Serpentard me pose la m�me question un jour o� l'autre..."</p><p>Draco marqua une pause. "R�p�te �a."</p><p>Harry obtemp�ra.</p><p>"D'accord, �a n'a pas l'air d'�tre une ruse, alors j'accepte. Garde seulement � l'esprit que je peux tout nier. Jure."</p><p>"Je le jure," dit Harry.</p><p>"La cour utilise le Veritaserum, mais c'est vraiment une blague, tu peux juste t'Oublietter avant de t�moigner puis dire que l'autre personne a re�u un sortil�ge de M�moire et a un faux souvenir. Si tu as une Pensine, et on en a une, tu peux m�me r�cup�rer le souvenir plus tard. G�n�ralement la cour favorise la th�orie de l'Oubliette plut�t que celle d'un sort de M�moire plus complexe. Mais la cour a un grand pouvoir discr�tionnaire. Et si <emphasis>je </emphasis>suis li� � une histoire qui affecte l'honneur d'une Maison Noble, alors �a remonte jusqu'au Magenmagot, o� P�re contr�le les votes. Apr�s que j'ai �t� reconnu non coupable la famille Lovegood devrait payer des r�parations pour avoir terni mon honneur. Et comme ils sauraient depuis le d�part que �a se passerait comme �a, ils garderaient leur bouche cousue."</p><p>Un frisson glac� montait en Harry, un frisson accompagn� d'instructions qui lui disaient de garder un visage et une voix normaux. <emphasis>Note � moi-m�me : Renverser le gouvernement de l'Angleterre magique � la premi�re occasion.</emphasis></p><p>Harry toussa � nouveau pour s'�claircir la gorge. "Draco, s'il te pla�t s'il te pla�t <emphasis>s'il te pla�t</emphasis> ne le prends pas mal, je n'ai qu'une parole, mais comme tu l'as dit je pourrais �tre � Serpentard et je veux vraiment te poser cette question par pure curiosit�, que se passerait-il <emphasis>th�oriquement parlant</emphasis> si <emphasis>je</emphasis> t�moignais t'avoir entendu planifier �a ?"</p><p>"Alors si j'�tais n'importe quelle personne sauf un Malfoy, je serais dans le p�trin," r�pondit Draco avec suffisance. "Mais puisque je <emphasis>suis</emphasis> un Malfoy... P�re a les votes. Et apr�s �a il t'�craserait... eh bien, pas facilement je suppose, puisque tu <emphasis>es</emphasis> le Survivant, mais P�re est plut�t dou� pour ces choses l�." Draco fron�a les sourcils. "Au fait, <emphasis>tu</emphasis> �tais pr�t � discuter de son meurtre, alors pourquoi n'�tais-tu pas inquiet de <emphasis>me</emphasis> voir t�moigner le jour o� on la retrouverait morte ? Je ne suis pas aussi connu que toi mais si tu fais quelque chose de mal, tes, ahem, supporters seront beaucoup moins susceptibles de rester de ton c�t�. Et un meurtre, avec un corps et tout, c'est beaucoup plus s�rieux qu'un viol."</p><p>Lorsque la conversation ne peut avancer ni reculer, fais-la partir de cot�. "C'est un truc de Moldu, dans l'Angleterre Moldue il y a une sacr�e diff�rence politique entre esquiver une condamnation pour meurtre et esquiver une condamnation pour le viol d'une petite fille."</p><p>"Vraiment ? Bizarre. Pourquoi le meurtre n'est-il pas pire ? Donc �a veut dire que si c'est toi qui la viole, �a rend la chose exceptionnelle de ton point de vue ? Parce que je te laisserai la premi�re place avec plaisir si c'est le cas. Mec, imagine Lovegood L'allum�e essayant de pr�tendre qu'elle a �t� viol�e par Draco Malfoy <emphasis>et</emphasis> par le Survivant, m�me <emphasis>Dumbledore</emphasis> ne la croirait pas."</p><p>Heureusement que Harry ne buvait <emphasis>pas </emphasis>d'Arrive-Th� � ce moment pr�cis. <emphasis>Comment, oh comment ma journ�e a-t-elle pu d�raper � ce point ?</emphasis> L'esprit de Harry faisait des calculs d�sesp�r�s et trouva un autre moyen de d�caler la conversation.</p><p>"A vrai dire, je pr�f�rerai que tu te tiennes � l'�cart pour un moment. Apr�s avoir d�couvert que cette manchette provenait d'une fille d'un an ma cadette, je ne pensais plus vraiment au meurtre <emphasis>ni</emphasis> au viol."</p><p>"Uh ? Dis moi donc," dit Draco, et il commen�a � boire une autre lamp�e de son Arrive-Th�.</p><p>Harry ne savait pas si l'enchantement fonctionnait plus d'une fois par canette, mais il <emphasis>savait</emphasis> qu'il pouvait �viter la responsabilit� de ce qui allait se produire si il choisissait parfaitement son moment :</p><p>"Je pensais : <emphasis>un jour, je vais �pouser cette femme.</emphasis>"</p><p>Draco fit un horrible bruit d'�claboussure et laissa couler du fluide vert par les coins de sa bouche comme un radiateur de voiture cass�. "<emphasis>Tu es dingue ?</emphasis>"</p><p>"Bien au contraire, je suis tellement sain d'esprit que �a br�le comme de la glace."</p><p>Draco gloussa d'un bruit aigu et juv�nile. "Tu as des go�ts encore plus bizarres que ceux d'un Lestrange. Mais tu pourrais quand m�me la violer. Elle est probablement assez folle pour aimer �a et j'ai entendu dire que beaucoup de mariages commen�aient comme �a. Et sinon tu pourrais toujours lui jeter Oubliettes et recommencer la semaine suivante."</p><p><emphasis>Je vais d�sassembler tes path�tiques restes magiques du Moyen-�ge en des pi�ces plus petites que les atomes qui les constituent. </emphasis>"�a t'emb�terait de <emphasis>me</emphasis> laisser me soucier de �a ? Si tu consid�rais s�rieusement l'id�e de la violer je pourrais toujours te devoir une faveur -"</p><p>Draco agita la main. "Non, c'est cadeau."</p><p>Harry regarda la canette dans sa main, la froideur s'installant dans son sang. Charmant, heureux, g�n�reux dans ses faveurs � ses amis, Draco n'�tait pas un psychopathe. C'�tait la partie triste et terrible : conna�tre assez de psychologie humaine pour <emphasis>savoir</emphasis> que Draco n'�tait <emphasis>pas</emphasis> un monstre. Il y avait eu dix mille soci�t�s durant le cours de l'Histoire du monde o� cette conversation aurait pu avoir lieu. Non, le monde aurait �t� certainement tr�s diff�rent si il y avait eu besoin d'un <emphasis>mutant mal�fique</emphasis> pour dire ce que Draco avait dit. C'�tait tr�s simple, tr�s humain, c'�tait ce qui se passait par d�faut en l'absence d'intervention ext�rieure. Pour Draco, ses ennemis n'�taient pas des gens.</p><p>Et dans le temps ralenti de ce pays ralenti, ici et l�, comme dans les t�n�bres-avant-l'aurore qui avaient pr�c�d�es l'�ge de Raison, le fils d'un noble suffisamment puissant pouvait tenir pour acquis qu'il �tait au-dessus de la loi. Du moins quand il s'agissait d'un petit viol par ci par l�.</p><p>Il y avait des endroits en terre Moldue o� les choses fonctionnaient encore de cette fa�on, des pays o� ce genre de noblesse existait encore et pensait encore cela, et d'autres terres encore plus sinistres o� ce n'�tait pas r�serv� � la noblesse. C'�tait ainsi dans tous les temps et tous les lieux qui ne descendaient pas directement des Lumi�res. Une descendance qui, semblait-il, n'incluait pas l'Angleterre magique, puisqu'ici les seules contaminations interculturelles avaient �t� des choses comme les canettes de soda.</p><p><emphasis>Et si Draco ne change pas d'avis sur son envie de vengeance et que je ne g�che pas ma chance d'�tre heureux dans la vie en �pousant une pauvre fille folle, alors tout ce que j'ai fait c'est de gagner du temps, et pas beaucoup...</emphasis></p><p>Pour une fille. Pas pour toutes.</p><p><emphasis>Je me demande � quel po</emphasis><emphasis>int c</emphasis><emphasis>e</emphasis><emphasis> s</emphasis><emphasis>erait difficile de juste faire une liste des plus grands Puristes du Sang et de les tuer.</emphasis></p><p>C'�tait exactement ce qu'ils avaient essay� lors de la R�volution Fran�aise, plus ou moins - faire une liste de tous les ennemis du Progr�s et enlever tout ce qui �tait au-dessus du cou - et �a n'avait pas tr�s bien march�, du peu que s'en souvenait Harry. Peut-�tre qu'il avait besoin de d�poussi�rer quelques uns des livres d'Histoire que son p�re lui avait achet� et de voir si ce qui avait mal tourn� lors de la R�volution Fran�aise �tait facile � corriger.</p><p>Harry fixa le ciel, ainsi que la p�le forme de la Lune, visible ce matin � travers l'air sans nuages.</p><p><emphasis>Le monde est cass� et imparfait et fou et cruel et sanglant et noir. C'est une nouvelle ? Tu l'avais de toute fa�on toujours su...</emphasis></p><p>"Tu as l'air bien s�rieux," dit Draco. "Laisse moi deviner, tes parents Moldus t'ont dit que ce genre de choses est mal."</p><p>Harry hocha la t�te, ne faisant pas vraiment confiance � sa voix.</p><p>"Eh bien, comme dit P�re, il y a peut-�tre quatre maisons, mais � la fin tout le monde appartient soit � Serpentard soit � Poufsouffle. Et franchement, tu n'es pas du genre Poufsouffle. Si tu d�cides de t'allier secr�tement aux Malfoys... notre pouvoir et notre r�putation... te permettraient des choses que m�me <emphasis>moi</emphasis> je ne peux pas faire. Tu veux <emphasis>essayer</emphasis> pendant quelques temps ? Voir comment c'est ?</p><p><emphasis>Ne voil�-t-il pas un intelligent petit serpent. Onze ans et d�j� � amadouer ta proie hors de sa cachette. Est-il trop tard pour te sauver, Draco ?</emphasis></p><p>Harry r�fl�chit, �tudia, et choisit son arme. "Draco, pourrais-tu m'expliquer toute cette histoire de puret� du sang ? C'est assez nouveau pour moi."</p><p>Un grand sourire s'�tira sur le visage de Draco. "Tu devrais vraiment rencontrer P�re et <emphasis>lui</emphasis> demander, c'est notre chef."</p><p>"Donne moi juste le discours de l'ascenseur. La version qui tient en trente secondes, je veux dire."</p><p>"D'accord," dit Draco. Il prit une profonde inspiration, et sa voix devint l�g�rement plus grave, et prit une cadence. "Nos pouvoirs ont faibli g�n�ration apr�s g�n�ration alors que la souillure Sang-de-Bourbe grandit. L� o� Salazar et Godric et Rowena et Helga ont un jour �rig� Poudlard gr�ce � leurs pouvoirs, cr�ant le M�daillon et l'�p�e et le Diad�me et la Coupe et le Choixpeau, aucun sorcier moderne n'a jamais tent� de faire mieux. Nous disparaissons, nous nous transformons en Moldus en nous croisant avec leur engeance et en laissant nos Cracmols vivre. Si la souillure n'est pas arr�t�e, bient�t nos baguettes se briseront et notre art cessera, la lign�e de Merlin s'ach�vera et le sang d'Atlantis �chouera. Nos enfants devront gratter la terre pour survivre comme de simples Moldus et la T�n�bre recouvrira le monde entier pour toujours." Draco prit une autre lamp�e de sa canette, l'air satisfait. �a semblait �tre l'argument final en ce qui le concernait.</p><p>"Persuasif," dit Harry, utilisant le mot de fa�on descriptive plut�t que normative. Classique, classique mod�le. La Chute apr�s la Gr�ce, le besoin de prot�ger ce qui restait de la puret� contre la contamination, le pass� en courbe ascendante et le futur en courbe uniquement descendante. Et le mod�le avait aussi un <emphasis>contre</emphasis>... "Je dois cependant te corriger sur un fait. Ton information au sujet des Moldus est un peu obsol�te. Nous ne grattons plus vraiment la terre."</p><p>La t�te de Draco fit un mouvement sec vers Harry. "<emphasis>Quoi</emphasis> ? Qu'est ce que tu veux dire, <emphasis>nous</emphasis> ?"</p><p>"Nous. Les scientifiques. La lign�e de Francis Bacon et le sang des Lumi�res. Les Moldus ne sont pas rest�s assis � pleurer parce qu'ils n'avaient pas de baguettes, nous avons nos <emphasis>propres</emphasis> pouvoirs maintenant, avec ou sans magie. Si tous vos pouvoirs �chouent alors nous aurons perdu quelque chose de tr�s pr�cieux, car votre magie est la seule chose qui nous donne un indice sur la fa�on dont l'univers doit <emphasis>vraiment</emphasis> fonctionner - mais vous ne vous retrouverez pas � gratter la terre. Vos maisons seront toujours fra�ches en �t� et chaudes en hiver, il y aura toujours des docteurs et de la m�decine. La science peut vous maintenir en vie si la magie �choue. Ce serait une trag�die et nous devrions tous vouloir l'emp�cher, mais ce ne serait pas litt�ralement la fin de toute la lumi�re du monde. Je dis �a comme �a."</p><p>Draco avait recul� d'un bon m�tre et son visage �tait un m�lange entre la peur et l'incr�dulit�. "<emphasis>Par Merlin, mais de quoi parles-tu, Potter ?</emphasis>"</p><p>"Eh, j'ai �cout� <emphasis>ton</emphasis> histoire, tu ne veux pas �couter la mienne ?" <emphasis>Maladroit</emphasis>, se semon�a Harry, mais Draco arr�ta bien de reculer et sembla �couter.</p><p>"Bien," dit Harry, "Je dis que tu n'as pas l'air d'avoir pr�t� attention � ce qui se passe dans le monde Moldu." Probablement parce que tout le monde magique semblait consid�rer le reste de la Terre comme �tant un bidonville m�ritant autant d'attention que le <emphasis>Financial Times</emphasis> n'en accordait � la mis�re quotidienne du Burundi. "Bon. Rapide v�rification. Les sorciers sont-ils jamais all�s sur la Lune ? Tu sais, ce truc ?" Harry pointa du doigt en direction de l'�norme globe lointain.</p><p>"<emphasis>Quoi</emphasis> ?" dit Draco. Il �tait assez clair que cette pens�e ne s'�tait jamais pr�sent�e au gar�on. "<emphasis>Aller</emphasis> sur la - c'est juste un -" Son doigt pointa en direction de la petite chose p�le dans le ciel. "On ne peut pas Transplaner � un endroit o� on est jamais <emphasis>all�</emphasis> et comment qui que ce soit irait sur la Lune la <emphasis>premi�re</emphasis> fois ?"</p><p>"Attends," dit Harry � Draco, "Je voudrais te montrer un livre que j'ai apport� avec moi, je crois me souvenir dans quelle bo�te il se trouve." Harry se leva et s'agenouilla et sortit les escaliers qui menaient au niveau caverne de sa malle, puis descendit les escaliers � la cavalcade, souleva une bo�te qui �tait pos�e sur une autre bo�te, s'approcha p�rilleusement du moment o� il traiterait ses livres avec irrespect, arracha la couverture de la bo�te et, avec rapidit� mais pr�caution, extirpa une pile de livres -</p><p>(Harry avait h�rit� de la capacit� quasi-magique des Verres � se souvenir d'o� tous ses livres se trouvaient, m�me apr�s ne les avoir vus qu'une fois, ce qui �tait assez myst�rieux �tant donn� l'absence de lien g�n�tique.)</p><p>Et Harry courut en haut des escaliers et fourra la cage d'escalier dans la malle d'un coup de talon, puis, haletant, tourna les pages de son livre jusqu'� ce qu'il ait trouv� l'image qu'il voulait montrer � Draco.</p><p>Celle avec le terrain blanc, sec et couvert de crat�res, et les gens en combinaison, et le globe blanc-bleu suspendu au-dessus.</p><p>Cette image.</p><p><emphasis>L'</emphasis>image, si une seule image devait jamais survivre.</p><p>"<emphasis>�a,</emphasis>", dit Harry, sa voix tremblante parce qu'il ne pouvait contenir sa fiert�, "c'est � �a que la Terre ressemble depuis la Lune."</p><p>Draco se pencha lentement. Il y avait une �trange expression sur son visage. "Si c'est une <emphasis>vraie</emphasis> image, pourquoi ne bouge-t-elle pas ?"</p><p><emphasis>Bouger</emphasis> ? Oh. "Les Moldus peuvent faire des images qui bougent mais ils ont besoin d'une plus grande boite pour les montrer, ils ne peuvent pas encore les faire tenir sur des pages de livres."</p><p>Le doigt de Draco se posa sur une des combinaisons. "Qu'est ce que c'est ?" Sa voix commen�ait � vaciller.</p><p>"Ce sont des humains. Ils portent des combinaisons qui recouvrent tout leur corps afin de leur donner de l'air, car il n'y a pas d'air sur la Lune."</p><p>"C'est impossible," murmura Draco. Il y avait de la terreur dans ses yeux, ainsi qu'une confusion absolue. "Aucun Moldu ne pourrait jamais faire �a. <emphasis>Comment...</emphasis>"</p><p>Harry reprit le livre, tourna les pages jusqu'� ce qu'il ait trouv� ce qu'il cherchait. "C'est une fus�e qui s'�l�ve. Le feu la pousse toujours plus haut, jusqu'� ce qu'elle arrive � la Lune." Tourna d'autres pages. "C'est une fus�e au sol. Cette petite poussi�re � cot� est une personne." Draco s'�touffa. "Aller sur la lune co�te l'�quivalent de... probablement autour de deux mille millions de Gallions." Draco s'�trangla. "Et �a a demand� les efforts de... probablement plus de personnes que le nombre total d'habitants de l'Angleterre magique." <emphasis>Et lorsqu'ils arriv�rent, ils laiss�rent une plaque disant : 'Nous venons en paix, pour toute l'humanit�.' Tu n'es pas encore pr�t � entendre ces mots, Draco, mais j'esp�re que tu le seras un jour...</emphasis></p><p>"Tu dis la v�rit�," dit lentement Draco. "Tu ne fabriquerais un livre entier juste pour me raconter �a - et puis je peux l'entendre dans ta voix. Mais... mais..."</p><p>"Comment, sans baguettes ni magie ? C'est une longue histoire, Draco. La science ne fonctionne pas en agitant des baguettes et en chantonnant des sortil�ges, elle fonctionne en sachant comment l'univers fonctionne � un niveau si profond que l'on sait exactement comment faire faire � l'univers ce qu'on veut qu'il fasse. Si la magie consiste � jeter un Impero sur quelqu'un pour lui faire faire ce que l'on veut, alors la science consiste � les conna�tre si bien que l'on sait exactement quoi leur dire pour leur faire croire que c'�tait leur id�e depuis le d�but. C'est beaucoup plus difficile que d'agiter une baguette, mais �a marche l� o� les baguettes �chouent, exactement comme si, si l'Impero �chouait, on pourrait toujours essayer de persuader la personne. Et la Science se construit de g�n�ration en g�n�ration. Il faut vraiment <emphasis>savoir</emphasis> ce qu'on fait quand on fait de la science - et quand on comprend vraiment quelque chose, on peut l'expliquer � quelqu'un d'autre. Les plus grands scientifiques du si�cle dernier, les plus grands noms qu'on prononce avec r�v�rence aujourd'hui encore... leurs pouvoirs ne sont <emphasis>rien</emphasis> compar� aux plus grands scientifiques d'aujourd'hui. Il n'y a pas d'�quivalent scientifique aux arts perdus qui ont �rig� Poudlard. Les pouvoirs de la science ne font que cro�tre d'ann�e en ann�e. Et nous commen�ons � comprendre et � d�m�ler les secrets de la vie et de l'h�r�dit�. Nous serons capables d'observer le sang dont tu as parl� et de voir ce qui fait de toi un sorcier, et dans une ou deux g�n�ration, nous pourrons pousser ce sang � faire de tous vos enfants des sorciers aussi puissants qu'avant. Donc tu vois, ton probl�me n'est pas aussi grave qu'il en a l'air, parce que dans quelques d�cennies la science pourra le r�soudre pour toi."</p><p>"Mais..." dit Draco. Sa voix tremblait. "Si les <emphasis>Moldus</emphasis> ont ce genre de pouvoir... alors... que sommes <emphasis>nous</emphasis> ?"</p><p>"Non Draco, tu n'y es pas. Ne vois-tu pas ? La science exploite le pouvoir de la compr�hension humaine pour observer le monde et comprendre comment il fonctionne. Elle ne peut �chouer sans que l'humanit� n'�choue. Ta magie pourrait s'�teindre, et tu le ha�rais, mais tu serais toujours <emphasis>toi</emphasis>. Tu serais toujours l� pour le regretter. Puisque la science se repose sur mon intelligence humaine, c'est le pouvoir qui ne peut m'�tre enlev� sans m'enlever <emphasis>moi</emphasis>. M�me si les lois de l'univers changent, que tout mon savoir devient nul et non avenu, je n'aurai qu'� d�couvrir les nouvelles lois, comme �a a �t� fait auparavant. Ce n'est pas propre aux <emphasis>Moldus</emphasis>, c'est propre aux <emphasis>humains</emphasis>, �a ne fait qu'affiner le pouvoir que tu utilises � chaque fois que tu regardes quelque chose que tu ne comprends pas et que tu demandes 'Pourquoi ?'. Tu es un Serpentard, Draco, ne vois-tu pas l'implication ?"</p><p>Draco leva les yeux du livre et regarda Harry. Son visage exhibait une compr�hension naissante. "Les sorciers peuvent apprendre � utiliser ce pouvoir."</p><p>Et maintenant, pr�cautionneusement... l'app�t est plac�, maintenant l'hame�on... "Si tu peux te voir comme un <emphasis>humain</emphasis> plut�t que comme un <emphasis>sorcier</emphasis> alors tu peux entra�ner et affiner tes pouvoirs d'humain."</p><p>Et si <emphasis>cette</emphasis> consigne n'�tait pas dans <emphasis>tous</emphasis> les curriculums scientifiques, Draco n'avait pas besoin de le savoir, n'est-ce pas ?</p><p>Les yeux de Draco semblaient profond�ment pensifs. "As-tu...d�j� fait �a ?"</p><p>"Jusqu'� un certain point," accorda Harry. "Ma formation n'est pas pas compl�te. Pas � onze ans. Mais - mon p�re m'a <emphasis>aussi</emphasis> offert des pr�cepteurs, vois tu." D'accord, c'�taient des �tudiants en doctorat affam�s, et c'�tait parce que Harry avait un cycle de sommeil de 26 heures - qu'est ce que le Professeur McGonagall allait <emphasis>faire</emphasis> � ce sujet ? - mais laissons cela de c�t� pour le moment...</p><p>Lentement, Draco hocha la t�te. "Penses-tu que tu puisses ma�triser les <emphasis>deux</emphasis> arts, ajouter leurs pouvoirs, et..." Draco fixa Harry. "Devenir le Seigneur des deux mondes ?"</p><p>Harry eut un rire mal�fique, � ce point de la conversation �a semblait venir naturellement. "Draco, il faut que tu te rendes compte que l'int�gralit� du monde que tu connais, toute l'Angleterre magique, n'est qu'une case d'un plateau de jeu bien plus grand. Le plateau de jeu inclut des endroits comme la Lune, et les �toiles dans le ciel nocturne, qui sont des lumi�res comme le Soleil seulement inimaginablement plus lointaines, et d'autres choses comme des galaxies, qui sont consid�rablement plus immenses que la Terre et le Soleil, des choses si grandes que seuls les scientifiques peuvent les voir et que tu ne sais m�me pas qu'elles existent. Mais je <emphasis>suis</emphasis> vraiment un Serdaigle, tu sais, pas un Serpentard. Je ne veux pas diriger l'univers. Je pense juste qu'il pourrait �tre mieux organis�."</p><p>Le visage de Draco t�moignait d'une crainte r�v�rentielle. "Pourquoi <emphasis>me</emphasis> dis tu �a ?"</p><p>"Oh... il n'y a pas beaucoup de gens qui savent faire de la <emphasis>vraie</emphasis> science - comprendre quelque chose pour la premi�re fois, m�me si �a les rend incroyablement confus. �a m'aiderait d'avoir de l'aide."</p><p>Draco fixa Harry la bouche ouverte.</p><p>"Mais ne t'y trompes pas Draco, la vraie science <emphasis>n'est pas</emphasis> comme de la magie, tu ne peux pas la pratiquer et t'en aller inchang�, comme quand tu apprends les mots d'un nouveau sort. Le pouvoir a un prix, un prix si �lev� que la plupart des gens refusent de le payer."</p><p>Draco hocha la t�te, comme si finalement, il entendait quelque chose qu'il pouvait comprendre. "A quel prix ?"</p><p>"Apprendre � admettre qu'on a tort."</p><p>"Euh," dit Draco, apr�s que la pause dramatique se soit �tir� durant quelques instants. "Tu vas expliquer �a ?"</p><p>"En essayant de comprendre comment quelque chose fonctionne � un niveau aussi profond, les quatre-vingt dix neuf premi�res explications auxquelles tu vas arriver seront fausses. La centi�me sera juste. Tu dois donc apprendre � admettre que tu as tort, encore et encore et encore. �a n'a pas l'air d'�tre grand chose, mais c'est si difficile que la plupart des gens ne peuvent pas pratiquer la science correctement. Toujours se remettre en question, toujours jeter un nouveau regard aux choses qu'on avait toujours consid�r�es comme acquises," comme d'avoir un Vif dans le Quidditch, "et chaque fois que tu changes d'avis, tu changes qui tu es. Mais je mets la charrue avant les b�ufs. Bien avant les b�ufs. Je veux juste que tu saches... que je t'offre de partager un peu de mon savoir. Si tu le veux. Il y a juste une condition."</p><p>"Oh oh," dit Draco. "Tu sais, P�re dit que quand quelqu'un te dit �a, ce n'est jamais, jamais un bon signe."</p><p>Harry acquies�a. "Maintenant ne te m�prends pas en t'imaginant que j'essaie d'�riger une barri�re entre toi et ton p�re. Ce n'est pas ce dont il s'agit. C'est juste que je veux pouvoir avoir affaire � quelqu'un de mon �ge, plut�t que ce soit une histoire entre moi et Lucius. Je pense que ton p�re serait d'accord avec �a, il sait que tu dois grandir un jour. Mais tes coups dans ta partie doivent �tre les tiens. C'est ma condition - que j'ai affaire � toi, Draco, pas � ton p�re."</p><p>"Assez," dit Draco. Il se leva. "Beaucoup trop d'un coup. Je dois y aller et r�fl�chir � tout �a. Sans parler du fait qu'il est grand temps de monter dans le train."</p><p>"Prends ton temps," dit Harry. "Souviens-toi juste que ce n'est pas une offre exclusive, m�me si tu l'acceptes. La vraie science n�cessite parfois plus d'une personne."</p><p>Les sons du quai gagn�rent en nettet� alors que Draco s'�loignait.</p><p>Harry regarda la montre � son poignet, un simple mod�le m�canique que son p�re lui avait achet� dans l'espoir qu'elle continue de fonctionner en pr�sence de magie. Elle tictaquait toujours, et si c'�tait la bonne heure, alors il n'�tait pas encore tout � fait onze heures. Il aurait probablement d� monter dans le train et commencer � chercher cetaitquoisonnomdeja, mais il sembla utile de prendre quelques minutes avant cela afin de faire quelques exercices de respiration et de voir si son sang se r�chauffait.</p><p>Mais lorsque Harry releva les yeux de sa montre, il vit deux silhouettes � l'air totalement ridicule approcher, leurs visages masqu�s par des �charpes d'hiver.</p><p>"Bonjour, M. Bronze," dit l'une des figures masqu�es. "Pourrions-nous vous convaincre de vous joindre � l'Ordre du Chaos ?"</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup</emphasis></p><p>Peu de temps apr�s �a, une fois l'agitation de la journ�e tass�e, Draco se pencha au-dessus d'un bureau la plume � la main. Il avait une chambre priv�e dans les donjons de Serpentard, avec son propre bureau et son propre feu - malheureusement m�me <emphasis>lui</emphasis> ne m�ritait pas une connexion au r�seau de chemin�es, mais au moins Serpentard ne croyait pas � cette <emphasis>ineptie </emphasis>compl�te qui consistait � faire dormir <emphasis>tout le monde</emphasis> dans des dortoirs. Il n'y avait pas beaucoup de chambres priv�es, vous deviez �tre parmi les meilleurs <emphasis>des meilleurs</emphasis> de la meilleure des Maisons, et au moins <emphasis>cela</emphasis> pouvait �tre consid�r� comme �vident avec la maison Malfoy.</p><p><emphasis>Cher P�re,</emphasis> �crit Draco.</p><p>Et il s'arr�ta.</p><p>De l'encre coula lentement de sa plume, tachant le parchemin, non loin des mots.</p><p>Draco n'�tait pas stupide. Il �tait jeune, mais ses pr�cepteurs lui avaient appris � reconna�tre certaines choses par simple reconnaissance de formes. Draco savait que Potter se sentait probablement beaucoup plus proche de la faction de Dumbledore qu'il ne le laissait entendre... bien que Draco pensait tout de m�me que Potter pouvait �tre tent�. Mais il �tait clair comme du cristal que Potter essayait de tenter Draco tout autant que Draco essayait de le tenter.</p><p>Et il �tait tout aussi clair que Potter �tait brillant, et bien plus que l�g�rement fou, et jouait un grand jeu qu'il ne comprenait pas lui-m�me, improvisant � toute vitesse avec la subtilit� d'un Nundu d�cha�n�. Mais Potter �tait parvenu � choisir une tactique que Draco ne pouvait tout simplement pas refuser. Il avait offert � Draco une partie de son propre pouvoir, pariant sur le fait que Draco ne pourrait pas l'utiliser sans devenir comme lui. Son p�re lui avait dit que c'�tait une technique tr�s avanc�e, et avait pr�venu Draco qu'elle �chouait souvent.</p><p>Draco savait qu'il n'avait pas tout compris de ce qui s'�tait pass�... mais Potter <emphasis>lui</emphasis> avait offert une chance de jouer et cette chance �tait maintenant <emphasis>sienne</emphasis>. Et si il crachait tout maintenant, �a deviendrait la chance de p�re.</p><p>C'�tait aussi simple que �a, au final. Les techniques moindres n�cessitaient l'ignorance de la cible, ou du moins leur incertitude. La flatterie devait �tre d�guis�e en admiration de fa�on plausible ("Tu aurais d� aller � Serpentard" �tait un vieux classique, tr�s efficace sur un type de personne qui ne s'y attendait g�n�ralement pas, et si �a fonctionnait vous pouviez le r�utiliser.) Mais lorsqu'on trouvait le levier ultime d'une personne, �a n'avait plus d'importance qu'ils sachent que vous saviez. Potter, dans sa folle pr�cipitation, avait devin� l'une des cl�s de l'�me de Draco. Et si Draco savait que Potter le savait - m�me si �a avait �t� plut�t �vident -, �a ne changeait rien.</p><p>Donc cette fois, pour la premi�re fois de sa vie, il avait de vrais secrets � garder. Il jouait sa propre partie. Ce fait comportait une sourde douleur, mais il savait que P�re serait fier, et �a voulait dire que tout allait bien.</p><p>Laissant les taches d'encre en place - il y avait l� un message, un message que son p�re comprendrait, car ils avaient jou� au jeu des subtilit�s bien plus d'une fois - Draco �crit la seule question qui l'avait vraiment rong� dans toute cette affaire, la partie qu'il, il le pensait, <emphasis>aurait d�</emphasis> comprendre, mais qu'il ne comprenait pas, pas du tout.</p><p><emphasis>Cher P�re,</emphasis></p><p><emphasis>Suppose que je te dise que j'ai rencontr� un �tudiant � Poudlard, pas encore membre de notre cercle de connaissances, qui t'a appel� un 'instrument de mort parfait' et a dit que j'�tais ton 'seul point faible'. Qu'aurais-tu � dire sur lui ?</emphasis></p><p>Il fallut peu de temps pour qu'une chouette apporte la r�ponse � Draco.</p><p><emphasis>Mon fils bien-aim�,</emphasis></p><p><emphasis>Je dirais que tu as eu la chance de rencontrer quelqu'un qui savoure les confidences intimes de Severus Rogue, notre ami et alli� de valeur.</emphasis></p><p>Draco fixa la lettre pendant un moment, et la jeta finalement dans le feu.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 8*: Biais positif</strong></p><p>NdT : Ceci est une <strong>traduction</strong> de <emphasis>Harry Potter and the Methods of Rationality</emphasis>. Je ne suis pas l'auteur de cette fanfic ! Allez sur mon profil pour l'original en anglais.</p><p>NdT : Dans le jargon de fanfiction, HPDM signifie une fanfiction au sujet d'une romance Harry Potter / Draco Malfoy ; mpreg signifie <emphasis>Male Pregnancy</emphasis>, grossesse masculine ; un nom s�par� d'un attribut par un point d'exclamation (!) d�note un personnage affubl� d'une caract�ristique particuli�re ; FFN est le site sur lequel HPMR est publi�. Dans le jargon de jeu de r�le, PJ signifie Personnage Joueur ; PNJ signifie Personnage Non Joueur.</p><empty-line/><p>Tous ces mondes appartiennent � JKR sauf Europe. N'essayez pas d'y faire des fanfictions.</p><empty-line/><p>Un alerte critique m'a demand� si, Luna �tait une voyante, cela voulait dire qu'il allait y avoir une fiction HPDM mpreg Draco!passif. Je regrette que FFN ne me laisse pas utiliser une plus grande police de caract�re avec laquelle dire <strong>NON</strong>. Je n'avais honn�tement pas pens� au fait que Luna puisse �tre une <emphasis>vraie</emphasis> voyante - je vais devoir d�cider si je veux aller dans cette direction ou non - mais je pense que l'on peut pr�sumer sans grand risque que si Luna <emphasis>est</emphasis> une voyante, elle a dit quelque chose au sujet de "la lumi�re plantant une graine dans la t�n�bre", et Xenophilius, comme toujours, l'a plut�t mal interpr�t�.</p><empty-line/><p>"<emphasis>Laisse-moi te pr�venir que remettre mon ing�nuit� en doute est une dangereuse sorte de projet, et pourrait rendre ta vie beaucoup plus surr�aliste."</emphasis></p><empty-line/><p>Personne n'avait demand� de l'aide, c'�tait �a le probl�me. Ils �taient juste rest�s l� � parler, manger, ou regarder en l'air, pendant que leurs parents papotaient. Pour quelque �trange raison que ce soit, personne ne s'�tait assit pour lire un livre, ce qui voulait dire qu'elle ne pouvait pas juste s'asseoir � c�t� d'eux et sortir le sien. Et m�me apr�s qu'elle ait pris l'audacieuse initiative de s'asseoir et de continuer sa troisi�me lecture de <emphasis>Poudlard : Son Histoire</emphasis>, personne n'avait sembl� enclin � venir s'asseoir � c�t� d'elle.</p><p>� part les aider � faire leurs devoirs ou autre chose, elle ne savait pas vraiment comment entrer en contact avec les gens. Elle ne se <emphasis>trouvait</emphasis> pas particuli�rement timide. Elle se voyait comme le genre de fille qui prend les choses en main. Et pourtant, malgr� cela, sans une requ�te de type "Je n'arrive � me souvenir de comment on pose une division", c'�tait simplement trop <emphasis>embarrassant </emphasis>d'aller voir quelqu'un et de lui dire... de lui dire quoi ? Elle n'avait jamais su quoi. Et aucune fiche d'information standard � ce sujet ne semblait exister, ce qui �tait ridicule. Toutes ces histoires au sujet de rencontrer les gens ne lui avaient jamais parues tr�s sens�es. Pourquoi �tait-ce � <emphasis>elle</emphasis> d'endosser toute la responsabilit�, alors qu'il y avait deux personnes impliqu�es ? Pourquoi les adultes ne l'aidaient-ils jamais ? Elle aurait aim� qu'une autre fille se pr�sente � <emphasis>elle</emphasis> et lui dise : "Hermione, le professeur m'a dit d'�tre ton amie."</p><p>Mais soyons clairs : Hermione Granger, assise seule au premier jour d'�cole dans un des quelques compartiments laiss�s vides, dans la derni�re voiture du train, avec la porte du compartiment ouverte juste au cas o� quelqu'un aurait une raison de vouloir lui parler, n'�tait <emphasis>pas</emphasis> triste, solitaire, m�lancolique, d�prim�e, d�sesp�r�e, ou obs�d�e par ses probl�mes. Non, elle lisait <emphasis>Poudlard : Son Histoire</emphasis> pour la troisi�me fois et trouvait cela plut�t agr�able, avec seulement en arri�re-pens�e une l�g�re nuance de contrari�t� envers la d�raison g�n�rale du monde.</p><p>Il y eut le son d'une porte inter-wagon qui s'ouvrait, puis des pas et un �trange bruit de glissement venant du couloir. Hermione mit <emphasis>Poudlard : Son Histoire</emphasis> de cot�, se leva, pencha sa t�te dans le couloir - juste au cas o� quelqu'un aurait besoin d'aide - et elle vit un jeune gar�on habill� de robes de sorciers, probablement en premi�re ou deuxi�me ann�e vu sa taille, � l'air passablement idiot avec une �charpe enroul�e autour de sa t�te. Une petite malle se tenait � ses c�t�s. Alors m�me qu'elle l'apercevait, il frappa � la porte d'un autre compartiment, ferm�, et dit d'une voix l�g�rement �touff�e par l'�charpe : "Excusez-moi, pourrais-je vous poser une question rapide ?"</p><p>Elle n'entendit pas la r�ponse venue de l'int�rieur du compartiment, mais apr�s que le gar�on ait ouvert la porte, elle cru l'entendre dire - � moins qu'elle n'ait mal compris - "Quelqu'un ici conna�t-il les six quarks, ou bien l'endroit o� je pourrais trouver une fille de premi�re ann�e nomm�e Hermione Granger ?"</p><p>Apr�s que le gar�on eut ferm� la porte du compartiment, Hermione dit : "Je peux t'aider ?"</p><p>Le visage encharp� se tourna vers elle, et la voix r�pondit : "Pas � moins que tu puisses nommer les six quarks ou me dire o� je peux trouver une fille de premi�re ann�e nomm�e Hermione Granger."</p><p>"Haut, bas, �trange, charme, v�rit�, beau, et pourquoi cherches-tu une fille de premi�re ann�e nomm�e Hermione Granger ?"</p><p>C'�tait dur � dire � cette distance, mais elle pensa voir le gar�on faire un grand sourire sous son �charpe. "Ah, donc <emphasis>tu </emphasis>es une fille de premi�re ann�e nomm�e Hermione Granger," dit la jeune voix �touff�e. "Sur le train de Poudlard, rien de moins." Le gar�on commen�a � marcher vers elle et son compartiment, et sa malle serpenta derri�re lui. "Techniquement parlant, je suis seulement cens� te <emphasis>chercher</emphasis>, mais il semble probable que je sois aussi cens� te parler ou t'inviter � rejoindre mon groupe ou obtenir de toi un objet magique important ou d�couvrir que Poudlard a �t� construite sur les ruines d'un ancien temple ou quelque chose comme �a. PJ ou PNJ, l� est la question ?"</p><p>Hermione ouvrit la bouche pour r�pondre, mais elle ne pouvait pas imaginer quelle r�ponse il �tait <emphasis>possible</emphasis> de donner �... <emphasis>quoi que ce soit</emphasis> ce qu'elle venait d'entendre, et pendant ce temps le gar�on marcha jusqu'� elle, regarda � l'int�rieur du compartiment, hocha la t�te d'un air satisfait, et s'assit sur le banc vide en face du sien, sur lequel le livre de Hermione se trouvait toujours. Sa malle se pr�cipita � sa suite, cr�t de trois fois son diam�tre initial et se blottit contre celle de Hermione d'une fa�on �trangement troublante.</p><p>"Assieds-toi, je t'en prie," dit le gar�on, "et ferme la porte derri�re toi, si tu veux bien. Ne t'en fais pas, <emphasis>je</emphasis> ne mords personne qui ne me mord pas avant." Il enlevait d�j� l'�charpe d'autour de sa t�te.</p><p>L'imputation que ce gar�on pensait qu'elle avait <emphasis>peur</emphasis> de lui suffit � lui faire fermer la porte dans un glissement violent, l'�crasant contre le mur avec une force inutile. Elle fit un demi-tour et vit un jeune visage dot� d'yeux verts brillants et rieurs, ainsi qu'une cicatrice rouge-noire � l'air col�rique grav�e sur son front, ce qui lui remit quelque chose � l'esprit, mais pour le moment elle avait � se soucier de choses plus importantes. "Je n'ai pas dit que j'�tais Hermione Granger !"</p><p>"<emphasis>Je</emphasis> n'ai pas dit que tu avais <emphasis>dis </emphasis>que tu �tais Hermione Granger, j'ai juste dit que tu �tais Hermione Granger. Si tu veux savoir comment je le sais, c'est parce que je sais tout. Bonsoir mesdames et messieurs, mon nom est Harry James Potter-Evans-Verres ou Harry Potter pour faire plus court, je sais que pour une fois �a ne <emphasis>te</emphasis> dira rien -"</p><p>Le cerveau de Hermione fit enfin le rapprochement. La cicatrice sur son front, la forme en �clair. "Harry Potter ! Tu es dans <emphasis>Histoire Magique Moderne</emphasis> et <emphasis>La mont�e et le d�clin des Arts Sombres</emphasis> et <emphasis>Grands �v�nements Magiques du Vingti�me si�cle</emphasis>." C'�tait � vrai dire la premi�re fois de toute sa vie qu'elle <emphasis>rencontrait</emphasis> quelqu'un se trouvant dans un <emphasis>livre</emphasis>, et c'�tait une sensation plut�t bizarre.</p><p>Le gar�on cligna trois fois des yeux. "Je suis dans des <emphasis>livres</emphasis> ? Attends, bien s�r que je suis dans des livres... quelle �trange pens�e."</p><p>"Allons, tu ne le savais pas ?" dit Hermione. "J'aurais appris tout ce que je pouvais � mon sujet si �a avait �t� moi."</p><p>Le gar�on parla assez s�chement. "Mademoiselle Hermione Granger, il s'est �coul� moins de 72 heures depuis que je suis all� au Chemin de Traverse et ai d�couvert ce pourquoi j'�tais renomm�. J'ai pass� les deux derniers jours � acheter des livres scientifiques. <emphasis>Crois-moi</emphasis>, je compte apprendre tout ce que je peux � ce sujet." Le gar�on h�sita. "<emphasis>Que</emphasis> disent les livres � mon sujet ?"</p><p>L'esprit de Hermione Granger fit un retour dans le temps, elle ne s'�tait pas rendu compte qu'elle allait �tre test�e sur <emphasis>ces</emphasis> livres et ne les avait donc lus qu'une seule fois, mais c'�tait il y a seulement un mois donc le contenu �tait encore frais. "Tu es le seul � avoir surv�cu au Sortil�ge de la Mort et tu es donc appel� le Survivant. Tu es l'enfant de James Potter et Lily Potter anciennement Lily Evans, n� le 31 Juillet 1980. Le 31 Octobre 1981 le Seigneur des T�n�bres Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom a attaqu� ta maison bien que je ne sache pas pourquoi, dont l'emplacement avait �t� r�v�l� par Sirius Black bien qu'ils n'aient pas pr�cis� comment ils savaient que c'�tait lui. Tu as �t� retrouv� en vie avec la cicatrice sur ton front dans les ruines de la maison de tes parents non loin des restes calcin�s du corps de Tu-Sais-Qui. Le pr�sident du Magenmagot Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore t'a envoy� quelque part, personne ne sait o�. <emphasis>La mont�e et le d�clin des Arts Sombres</emphasis> pr�tend que tu as surv�cu gr�ce � l'amour de ta m�re et que ta cicatrice contient tous les pouvoirs du Seigneur des T�n�bres et que les centaures ont peur de toi, mais <emphasis>Grands �v�nements Magiques du Vingti�me si�cle</emphasis> ne mentionne rien de tel et <emphasis>Histoire Magique Moderne</emphasis> pr�vient qu'il existe beaucoup de th�ories cingl�es � ton sujet."</p><p>La bouche du gar�on pendait b�ate. "T'a-t-on dit d'attendre Harry Potter dans le train vers Poudlard, ou quelque chose dans le genre ?"</p><p>"Non," dit Hermione. "Qui t'a parl� de <emphasis>moi</emphasis> ?"</p><p>"Le Professeur McGonagall, et je crois que je comprends pourquoi. Hermione, as-tu une m�moire eid�tique ?"</p><p>Hermione secoua la t�te. "Elle n'est pas photographique, j'ai toujours r�v� qu'elle le soit mais j'ai d� lire mes manuels cinq fois avant de les avoir tous m�moris�s."</p><p>"Vraiment," dit le gar�on d'une voix subtilement �trangl�e. "J'esp�re que �a ne te d�range pas si je teste �a - ce n'est pas que je ne te crois pas, mais comme on dit : 'Fais confiance, mais v�rifie'. Pas la peine que je m'interroge quand je peux juste faire une exp�rience."</p><p>Hermione sourit, l'air plut�t contente d'elle-m�me. Elle adorait tellement les tests. "Vas-y."</p><p>Le gar�on mit une main dans la bourse qu'il portait au c�t� et dit "Dosages et Potions Magiques par Arsenius Jigger." Lorsqu'il retira sa main, il tenait le livre qu'il avait nomm�.</p><p>Instantan�ment, Hermione voulut poss�der l'une de ces bourses plus qu'elle n'avait jamais d�sir� autre chose.</p><p>Le gar�on ouvrit le livre quelque part au milieu et lut. "Si tu faisais de <emphasis>l'huile de perspicacit�</emphasis> -"</p><p>"Je peux <emphasis>voir</emphasis> la page d'ici, tu sais !"</p><p>Le gar�on inclina le livre pour qu'elle ne puisse plus voir, et tourna � nouveau les pages. "Si tu pr�parais une <emphasis>potion d'escalade d'araign�e</emphasis>, quel serait l'ingr�dient � ajouter apr�s la soie d'Acromantula ?"</p><p>"Apr�s avoir vers� la soie, attendre jusqu'� ce que la potion ait prit exactement la teinte du ciel d'aube sans nuage � 8 degr�s de l'horizon et 8 minutes avant que le haut du soleil ne devienne visible. Tourner huit fois dans le sens contraire des aiguilles d'une montre et une fois dans le sens horaire, puis ajouter huit gouttes de crottes de nez de licorne."</p><p>Le gar�on referma le livre d'un bruit sec et le remit dans sa bourse, qui l'avala avec un petit bruit de rot. "Bien bien bien <emphasis>bien</emphasis> bien bien. Je voudrais vous faire une proposition, Mademoiselle Granger."</p><p>"Une proposition ?" dit Hermione avec m�fiance. Les filles ne devaient pas �couter ce genre de choses.</p><p>C'est aussi � ce moment que Hermione se rendit compte de l'autre d�tail - enfin, l'un des d�tails - �trange chez ce gar�on. Apparemment, les gens <emphasis>des</emphasis> livres <emphasis>ressemblaient</emphasis> � des livres quand ils parlaient. C'�tait une d�couverte pour le moins surprenante.</p><p>Le gar�on mit la main dans sa bourse et dit "canette de soda", et r�cup�ra un cylindre vert fluo. Il le lui tendit et dit : "Puis-je t'offrir quelque chose � boire ?"</p><p>Hermione accepta le soda poliment. A vrai dire elle se <emphasis>sentait</emphasis> un peu assoiff�e � pr�sent. "Merci beaucoup," dit Hermione alors qu'elle d�capsulait la canette. "C'�tait �a ta proposition ?"</p><p>Le gar�on toussa. "Non," dit-il. Et juste quand Hermione commen�a � boire, il dit : "Je voudrais que tu m'aides � conqu�rir l'univers."</p><p>Hermione finit de boire et rabaissa la canette. "Non merci, je ne suis pas mal�fique."</p><p>Le gar�on la regarda avec surprise, comme si il s'�tait attendu � une autre r�ponse. "Eh bien, je parlais un peu rh�toriquement," dit-il. "Au sens du projet Baconien, tu sais, pas du pouvoir politique. 'La mise en application de toutes choses possibles', et ainsi de suite. Je veux conduire des �tudes exp�rimentales g�n�ralis�es sur les sorts, comprendre les lois sous-jacentes, amener la magie dans le domaine de la science, fusionner les mondes magiques et Moldus, �lever le niveau de vie de toute la plan�te, faire avancer l'humanit� de plusieurs si�cles, d�couvrir le secret de l'immortalit�, coloniser le syst�me solaire, explorer la galaxie, et, le plus important, comprendre ce qui peut bien diable se passer ici, parce que tout �a est absolument impossible."</p><p>�a avait l'air un peu plus int�ressant. "Et ?"</p><p>Le gar�on la regarda avec incr�dulit�. "<emphasis>Et</emphasis> ? Ce n'est pas <emphasis>assez </emphasis>?"</p><p>"Et qu'est-ce que tu veux de moi ?" dit Hermione.</p><p>"Je veux que tu m'aides dans mes recherches, bien s�r. Avec ta m�moire encyclop�dique ajout�e � mon intelligence et � ma rationalit�, nous aurons fini le projet Baconien en un rien de temps, et par 'un rien de temps' je veux probablement dire au moins trente-cinq ans."</p><p>Hermione commen�ait � trouver ce gar�on aga�ant. "Je ne t'ai rien vu faire d'intelligent. Peut-�tre que je <emphasis>te</emphasis> laisserai m'aider dans <emphasis>mes</emphasis> recherches."</p><p>Il y eut un silence certain dans le compartiment.</p><p>"Tu me demandes de d�montrer mon intelligence, donc," dit le gar�on apr�s une longue pause.</p><p>Hermione acquies�a.</p><p>"Laisse-moi te pr�venir que mettre mon ing�nuit� en doute est une dangereuse sorte de projet, et pourrait rendre ta vie beaucoup plus surr�aliste."</p><p>"Je ne suis toujours pas impressionn�e," dit Hermione. La main contenant la canette de soda commen�a de nouveau � s'�lever vers ses l�vres.</p><p>"Bon, peut-�tre que <emphasis>ceci</emphasis> t'impressionnera," dit le gar�on. Il se pencha en avant et la regarda avec intensit�. "J'ai d�j� fait quelques exp�riences et je me suis rendu compte que je n'ai pas besoin de baguette, je peux faire survenir ce que je veux juste en claquant des doigts."</p><p>Il dit cela juste au moment o� Hermione �tait en train de d�glutir, et elle s'�touffa et toussa et expulsa le fluide vert fluo.</p><p>Sur ses robes de sorci�re neuves, jamais port�es, le premier jour d'�cole.</p><p>Hermione cria vraiment. C'�tait un cri aigu qui, dans le compartiment ferm�, ressemblait � une sir�ne de raid a�rien. "Beeerk ! Mes v�tements !"</p><p>"Pas de panique !" dit le gar�on. "Je peux t'arranger �a. Regarde !" Il leva une main et claqua des doigts.</p><p>"Tu vas -" puis elle baissa les yeux.</p><p>Le fluide vert �tait encore l�, mais alors m�me qu'elle le regardait, il commen�a � dispara�tre, � s'effacer, et en seulement quelques instants c'�tait comme si elle ne s'�tait jamais rien renvers� dessus.</p><p>Hermione fixa le gar�on, qui arborait � pr�sent un sourire plut�t satisfait.</p><p>De la magie muette sans baguette ! A <emphasis>son</emphasis> �ge ? Alors qu'il n'avait obtenu les manuels que <emphasis>trois jours</emphasis> auparavant ?</p><p>Puis elle se souvint de ce qu'elle avait lu, hoqueta, et s'�carta de lui. <emphasis>Tout le pouvoir du Seigneur des T�n�bres ! Dans sa cicatrice !</emphasis></p><p>Elle se leva h�tivement. "J'ai, j'ai, j'ai besoin d'aller aux lavabos, attends ici -" il fallait qu'elle trouve un adulte pour le leur dire -</p><p>Le sourire du gar�on disparu. "C'�tait juste un tour, Hermione. Je suis d�sol�, je ne voulais pas te faire peur."</p><p>Sa main s'arr�ta sur la poign�e de la porte. "Un <emphasis>tour</emphasis> ?"</p><p>"Oui," dit le gar�on. "Tu m'as demand� de d�montrer mon intelligence. Alors j'ai fait quelque chose d'apparemment impossible, ce qui est toujours une bonne fa�on de frimer. Je ne peux pas <emphasis>vraiment</emphasis> faire tout ce que je veux juste en claquant des doigts." Le gar�on s'interrompit. "Du moins, je ne <emphasis>pense</emphasis> pas pouvoir le faire, je n'ai jamais vraiment essay�." Le gar�on leva sa main et claqua � nouveau des doigts. "Non, pas de banane."</p><p>Hermione �tait plus confuse qu'elle ne l'avait jamais �t� dans toute sa vie.</p><p>Le gar�on souriait maintenant � nouveau � la vue de l'expression de Hermione. "Je t'ai <emphasis>pr�venue</emphasis> que remettre mon ing�nuit� en doute tendrait � rendre ta vie surr�aliste. Souviens-toi bien de �a la prochaine que je te pr�viens � propos de quelque chose."</p><p>"Mais, mais," b�gaya Hermione. "Qu'est-ce que tu as <emphasis>fait</emphasis> alors ?"</p><p>Le regard du gar�on sembla mesurer et peser comme jamais elle ne l'avait vu chez quelqu'un de son �ge. "Tu penses que tu as ce qu'il faut pour �tre une scientifique � toi toute seule, avec ou sans mon aide ? Alors voyons comment <emphasis>tu</emphasis> enqu�tes sur un ph�nom�ne d�routant."</p><p>"Je..." L'esprit de Hermione devint vide pendant un instant. Elle aimait �tre test�e mais elle n'avait jamais eu un <emphasis>tel</emphasis> test auparavant. Elle essaya fr�n�tiquement de se souvenir de tout ce qu'elle avait lu au sujet de ce que les scientifiques �taient cens�s faire. Son cerveau passa des vitesses, vrombit contre lui-m�me, et cracha les instructions n�cessaires � la r�alisation d'un projet scientifique pour une kermesse d'�cole primaire :</p><p>�tape1 :<emphasis> Former une hypoth�se</emphasis></p><p>�tape2 :<emphasis> Faire une exp�rience pour tester l'hypoth�se</emphasis></p><p>�tape3 :<emphasis> Mesurer les r�sultats</emphasis></p><p>�tape4 :<emphasis> Faire une affiche en carton</emphasis></p><p>L'�tape 1 �tait de former une hypoth�se. Cela voulait dire : essayer de penser � quelque chose qui <emphasis>aurait</emphasis><emphasis>pu</emphasis> avoir eu lieu � l'instant. "Tr�s bien. Mon hypoth�se est que tu peux jeter un sort sur mes robes pour faire dispara�tre tout ce qui y a �t� renvers�."</p><p>"Tr�s bien," dit le gar�on, "est-ce ta r�ponse ?"</p><p>Le choc se dissipait, l'esprit de Hermione commen�ait � fonctionner correctement. "Attends, ce n'est pas une tr�s bonne id�e. Je ne t'ai pas vu toucher ta baguette ni dire le moindre sort, alors comment aurais-tu pu en jeter un ?"</p><p>Le gar�on attendit avec une expression neutre.</p><p>"Mais suppose que toutes les robes du magasin aient <emphasis>d�j�</emphasis> un charme pour les garder propres ; ce qui serait un charme tr�s utile � avoir. Tu as d�couvert cela en renversant quelque chose sur <emphasis>toi</emphasis> plus t�t."</p><p>Les sourcils du gar�on s'�lev�rent. "<emphasis>Est-ce</emphasis> ta r�ponse ?"</p><p>"Non, je n'ai pas fait l'�tape 2, 'Faire une exp�rience pour tester l'hypoth�se'."</p><p>Le gar�on ferma � nouveau la bouche, et commen�a � sourire.</p><p>Hermione regarda la canette de soda qui se trouvait dans sa main et qu'elle avait automatiquement plac�e dans le porte-canette de la fen�tre. Elle la soupesa et sentit qu'elle �tait pleine � environ un tiers.</p><p>"Bon," dit Hermione, "l'exp�rience que je veux faire est d'en verser sur mes robes pour voir ce qui se passe, et ma pr�diction est que la tache dispara�tra. Seulement si �a ne marche <emphasis>pas</emphasis>, mes robes seront tach�es, et je n'ai pas envie que �a se produise."</p><p>"Fais-le sur les miennes," dit le gar�on, "comme �a tu n'as pas � t'inqui�ter que tes robes soient tach�es."</p><p>"Mais -" dit Hermione. Il y avait quelque chose qui <emphasis>clochait</emphasis> avec cette fa�on de penser mais elle ne savait pas comment le formuler pr�cis�ment.</p><p>"J'ai des robes de rechange dans ma malle," dit le gar�on.</p><p>"Mais tu n'as nulle part o� te changer," objecta Hermione. Puis elle r�visa son opinion. "Bien que je suppose que je pourrais sortir et fermer la porte -"</p><p>"J'ai aussi un endroit o� me changer dans ma malle."</p><p>Hermione regarda la malle, qui, elle commen�ait � le soup�onner, �tait beaucoup plus sp�ciale que la sienne.</p><p>"Tr�s bien," dit Hermione, "puisque tu le dis," et elle versa d�licatement un peu de soda vert sur un coin des robes du gar�on. Puis elle elle fixa la tache du regard, essayant de se rappeler combien de temps le soda original avait mit � dispara�tre.</p><p>Et la soda disparut !</p><p>Hermion poussa un soupir de soulagement, et pas qu'un peu parce �a voulait dire qu'elle n'avait pas affaire � tous les pouvoirs du Seigneur des T�n�bres.</p><p>Eh bien, l'�tape 3 �tait de mesurer les r�sultats, mais dans ce cas cela consistait juste � voir que le soda avait disparu. Et elle pr�sumait qu'elle pouvait probablement sauter l'�tape 4 qui parlait de faire une affiche en carton. "Ma r�ponse est que les robes ont �t� ensorcel�es pour se garder propres."</p><p>"Pas tout � fait," dit le gar�on.</p><p>Hermione sentit une pique de d�ception. Elle aurait vraiment aim� ne <emphasis>pas</emphasis> la ressentir, le gar�on n'�tait pas un enseignant, mais c'�tait quand m�me un test et elle avait mal r�pondu � une question et �a lui faisait toujours l'effet d'un petit coup de poing dans l'estomac.</p><p>(Le fait qu'elle n'avait jamais laiss� cela l'arr�ter ni m�me interf�rer avec son envie d'�tre test�e vous disait presque tout ce que vous aviez besoin de savoir au sujet de Hermione Granger).</p><p>"Ce qui est triste," dit le gar�on, "c'est que tu as probablement fait tout ce que le livre t'a dit de faire. Tu as fait une pr�diction qui distinguerait entre une robe ensorcel�e et une robe non ensorcel�e, et tu l'as test�e, et tu as rejet�e l'hypoth�se nulle, � savoir que la robe n'�tait pas ensorcel�e. Mais � moins de lire des livres bien, bien meilleurs, tes livres ne t'apprendront pas � pratiquer la science <emphasis>correctement</emphasis>. Je veux dire assez bien pour trouver la bonne r�ponse, et pas juste pondre une publication de plus comme celles dont Papa se plaint toujours. Alors laisse moi essayer de t'expliquer - sans te donner la r�ponse - ce que tu as mal fait cette fois, et je te donnerai une autre chance."</p><p>Elle commen�ait � ne pas appr�cier le ton oh-si-sup�rieur du gar�on, alors qu'il n'�tait qu'un autre enfant de onze ans comme elle ; mais cela �tait moins important que de d�couvrir pourquoi elle s'�tait tromp�e. "Tr�s bien."</p><p>L'expression du gar�on devint plus intense. "C'est un jeu bas� sur une exp�rience connue nomm�e l'exercice 2-4-6, et voil� comment elle se d�roule. J'ai une <emphasis>r�gle </emphasis>- connue par moi mais pas par toi - qui correspond � des triplets de trois nombres mais pas � certains autres. 2-4-6 est un exemple de triplet qui correspond � la r�gle. En fait... laisse moi �crire la r�gle, juste pour que tu saches qu'elle est fixe, et la plier pour te la donner. Ne regardes pas s'il te pla�t, puisque je d�duis de ce qui s'est pass� plus t�t que tu peux lire � l'envers."</p><p>Le gar�on dit "papier" et "criterium" � sa bourse, et elle ferma solidement ses yeux pendant qu'il �crivait.</p><p>"Voil�," dit le gar�on. Il tenait une pi�ce de papier pli�e serr�. "Met ca dans ta poche," et elle s'ex�cuta.</p><p>"Maintenant, la fa�on dont ce jeu fonctionne," dit le gar�on, "c'est que tu me donnes un triplet de trois nombres, et je te dis 'Oui' si les trois nombres correspondent � la r�gle, et 'Non' si ils ne correspondent pas. Je suis la Nature, la r�gle est une de mes lois, et tu m'�tudies. Tu sais d�j� que 2-4-6 donne un 'Oui'. Une fois que tu as effectu� tous les tests suppl�mentaires que tu souhaites - que tu m'as soumis autant de triplets que tu juges n�cessaire - tu t'arr�tes et tu devines la r�gle, et l� tu peux d�plier la feuille et voir si tu as r�ussi. Comprends-tu le jeu ?"</p><p>"Bien s�r que je comprends," dit Hermione</p><p>"Vas-y."</p><p>"4-6-8" dit Hermione.</p><p>"Oui," dit le gar�on.</p><p>"10-12-14," dit Hermione.</p><p>"Oui," dit le gar�on.</p><p>Hermione essaya de faire d�river son esprit un peu plus loin, puisqu'il semblait qu'elle avait fait tous les tests n�cessaires, et pourtant �a ne pouvait pas �tre aussi facile.</p><p>"1-3-5."</p><p>"Oui."</p><p>"Moins 3, moins 1, plus 1."</p><p>"Oui."</p><p>Hermione �tait � court d'id�es. "La r�gle est que les nombres doivent augmenter de deux � chaque fois."</p><p>"Maintenant suppose que je te dise," dit le gar�on, "que ce test est plus dur qu'il n'y para�t, et que seulement 20% des adultes le r�ussissent."</p><p>Hermione fron�a les sourcils. Qu'avait-elle manqu� ? Puis, soudain, elle pensa � un test qu'elle avait encore besoin de faire.</p><p>"2-5-8 !" dit-elle, triomphante.</p><p>"Oui."</p><p>"10-20-30 !"</p><p>"Oui."</p><p>"La vraie r�ponse est que les nombres doivent augmenter de la <emphasis>m�me</emphasis> quantit� � chaque fois. �a n'a pas besoin d'�tre 2."</p><p>"Tr�s bien," dit le gar�on, "prends le papier et regarde si tu as r�ussi."</p><p>Hermione prit le papier hors de sa poche et le d�plia.</p><p><emphasis>Trois nombres r�els en ordre croissant, du plus petit au plus grand.</emphasis></p><p>La m�choire de Hermione s'affaissa. Elle avait la distincte sensation que quelque chose de terriblement injuste venait d'�tre commis � son encontre, que le gar�on �tait un sale petit menteur tricheur pourri, mais lorsqu'elle chercha dans ses souvenirs elle ne put trouver une seule mauvaise r�ponse parmi celles qu'il avait donn�es.</p><p>"Ce que tu viens de d�couvrir est appel� 'biais positif', dit le gar�on. "Tu avais une r�gle en t�te, et tu as continu� � penser � des triplets qui feraient dire 'Oui' � la r�gle. Mais tu n'a pas essay� de tester autant de triplets que possible qui feraient dire 'Non' � la r�gle. En fait, tu n'a pas eu un <emphasis>seul</emphasis> 'Non', donc 'trois nombres, n'importe lesquels' aurait tout aussi bien pu �tre la r�gle. C'est comme quand les gens imaginent des exp�riences qui pourraient confirmer leurs hypoth�ses au lieu d'essayer d'imaginer des exp�riences qui pourraient les falsifier - ce n'est pas exactement la m�me erreur, mais presque. Tu dois apprendre � regarder le c�t� n�gatif des choses, � regarder dans les t�n�bres. Lorsque cette exp�rience est r�alis�e, seuls 20% des adultes trouvent la bonne r�ponse. Et nombreux sont ceux parmi les autres qui inventent des hypoth�se fantastiquement compliqu�es et accordent beaucoup de confiance � leurs mauvaises r�ponses, puisqu'ils ont fait beaucoup d'exp�riences et que tout s'est d�roul� comme ils s'y attendaient."</p><p>"Maintenant,", "dit le gar�on, "veux-tu t'essayer � nouveau au probl�me initial ?"</p><p>Ses yeux �taient tr�s attentifs � pr�sent, comme si c'�tait l� le <emphasis>vrai</emphasis> test.</p><p>Hermione ferma les yeux et essaya de se concentrer. Elle suait sous ses robes. Elle avait l'�trange sensation qu'on ne lui avait jamais demand� de r�fl�chir aussi dur pour un test, ou peut-�tre m�me que c'�tait la <emphasis>premi�re</emphasis> fois qu'on lui avait jamais demand� de r�fl�chir pour un test.</p><p>Quelle autre exp�rience pouvait-elle r�aliser ? Elle avait une Grenouille en Chocolat, pouvait-elle essayer de la frotter un peu sur la robe et de voir si <emphasis>�a</emphasis> disparaissait ? Mais �a ne ressemblait toujours pas � la fa�on de penser tordue et n�gative que le gar�on demandait d'elle. Comme si elle demandait toujours un 'Oui', si la tache de Grenouille en Chocolat disparaissait, alors qu'elle aurait d� demander un 'Non'.</p><p>Donc... selon son hypoth�se... quand le soda devrait-il... ne <emphasis>pas</emphasis> dispara�tre ?</p><p>"J'ai une exp�rience � faire," dit Hermione. Je veux verser un peu de soda par terre, et voir si il ne <emphasis>dispara�t pas</emphasis>. As-tu quelques mouchoirs en papier dans ta bourse, pour que je puisse �ponger le soda si �a ne marche pas ?"</p><p>"J'ai des serviettes," dit le gar�on. Il avait toujours un air neutre.</p><p>Hermione prit le soda, et en versa un peu sur le sol.</p><p>Quelques secondes plus tard, il disparut.</p><p>"Eur�ka," dit Hermione doucement. C'�tait comme une compulsion, elle <emphasis>devait</emphasis> le dire. A vrai dire, elle voulait le crier, mais elle �tait un tout petit peu trop inhib�e pour �a. Puis la prise de conscience lui vint, et elle eut envie de se frapper. "Bien s�r ! <emphasis>Tu</emphasis> m'as donn� le soda ! Ce n'est pas la robe qui est ensorcel�e, c'�tait le soda depuis le d�but !"</p><p>Le gar�on se leva et s'inclina solennellement. Il avait un �norme sourire. "Dans ce cas... pourrais-je t'aider dans tes recherches, Hermione Granger ?"</p><p>"Je, euh..." Hermione ressentait toujours l'effet de l'euphorie, mais elle ne savait pas bien comment r�pondre � <emphasis>�a</emphasis>.</p><p>Ils furent interrompus par un coup frapp� � la porte avec faiblesse, timidit�, et m�me avec <emphasis>r�ticence</emphasis>.</p><p>Le gar�on se d�tourna, regarda par la fen�tre, et dit : "Je ne porte pas mon �charpe, tu peux y aller ?"</p><p>C'est � ce moment l� que Hermione comprit pourquoi le gar�on - non, le Gar�on-qui-avait-surv�cu, Harry Potter - avait commenc� � porter l'�charpe sur sa t�te, et elle se sentit un peu idiote de ne pas s'en �tre rendue compte plus t�t. C'�tait en fait assez �trange, car elle aurait cru que Harry Potter �tait le genre de gar�on qui se montrerait fi�rement au monde entier ; et l'id�e lui vint qu'il pourrait �tre en r�alit� plus timide qu'il n'en avait l'air.</p><p>Lorsque Hermione ouvrit la porte, elle fut accueillie un jeune gar�on tremblant qui ressemblait exactement � la fa�on dont il avait frapp� � la porte.</p><p>"Excuse-moi," dit le gar�on d'une petite voix, "Je suis Neville Londubat. Je cherche ma tortue de compagnie, je, je n'arrive � la trouver nulle part dans sa wagon... tu aurais vu ma tortue ?"</p><p>"Non," dit Hermione, et c'est l� que sa nature serviable s'alluma plein gaz. "As-tu regard� dans les autres compartiments ?"</p><p>"Oui," murmura le gar�on.</p><p>"Alors nous devrons v�rifier tous les autres wagons," dit vivement Hermione. "Je t'aiderai. Mon nom est Hermione Granger, au fait."</p><p>On aurait dit que le gar�on allait s'�vanouir de gratitude.</p><p>"Attends," fit la voix de <emphasis>l'autre</emphasis> gar�on - Harry Potter. "Je ne suis pas certain que ce soit la meilleure fa�on de faire."</p><p>Sur ce Neville sembla �tre au bord des larmes, et Hermione pivota, �nerv�e. Si Harry Potter �tait le genre de personne qui �tait pr�t � abandonner un petit gar�on juste parce qu'il n'aimait pas �tre interrompu... "Quoi ? Pourquoi <emphasis>pas</emphasis> ?"</p><p>"Eh bien," dit Harry Potter, "�a va prendre un moment de v�rifier tout le train manuellement, et on pourrait quand m�me rater la tortue, et si on ne la trouve pas d'ici � Poudlard il aura des ennuis. �a serait beaucoup plus sens� d'aller directement � la voiture de t�te, o� se trouvent les pr�fets, et de demander leur aide directement. C'est la premi�re chose que j'ai faite quand je t'ai cherch�e, Hermione, bien qu'ils n'aient pas su o� te trouver. Mais peut-�tre qu'ils ont des sorts ou des objets magiques qui faciliteraient grandement la recherche de la tortue. Nous ne sommes qu'en premi�re ann�e.</p><p>Cette id�e... <emphasis>�tait</emphasis> beaucoup plus sens�e.</p><p>"Penses-tu pouvoir te rendre seul � la voiture des pr�fets par toi m�me ?" demanda Harry Potter. "J'ai plusieurs raisons de ne pas vouloir trop montrer mon visage."</p><p>Neville s'�trangla soudain et fit un pas en arri�re. "Je me souviens de cette voix ! Tu es l'un des Seigneurs du Chaos ! <emphasis>Tu es celui qui m'a donn� des bonbons !</emphasis>"</p><p>Quoi ? Quoi quoi <emphasis>quoi</emphasis> ?</p><p>Harry Potter se d�tourna de la fen�tre et se leva dans un �lan th��tral. "<emphasis>Jamais !</emphasis>" dit-il, la voix pleine d'indignation. "Est-ce que je ressemble � quelqu'un qui donnerait des bonbons � un enfant ?"</p><p>Les yeux de Neville s'agrandirent. "<emphasis>Tu</emphasis> es Harry Potter ? <emphasis>Le</emphasis> Harry Potter ? <emphasis>Toi</emphasis> ?"</p><p>"Non, juste un Harry Potter, nous sommes trois � bord de ce train -"</p><p>Neville poussa un petit cri aigu et s'enfuit. Il y eut un cr�pitement de bruits de pas fr�n�tiques suivis du son d'une porte de wagon s'ouvrant et se refermant.</p><p>Hermione se laissa tomber durement sur le banc. Harry Potter ferma la porte et s'assit � cot� d'elle.</p><p>"Pourrais-tu s'il te pla�t m'expliquer ce qui se passe ?" dit Hermione d'une voix faible. Elle se demandait si tra�ner avec Harry Potter voulait dire qu'elle serait toujours autant d�rout�e.</p><p>"Oh, eh bien ce qui s'est pass� c'est que Fred et George et moi avons vu ce pauvre petit gar�on � la gare - la femme qui l'accompagnait �tait partie un moment, et il avait l'air vraiment effray�, comme si il �tait certain qu'il allait �tre attaqu� par des Mangemorts ou quelque chose comme �a. Et il y a un dicton qui dit que la peur est souvent pire que l'objet de la peur, donc je me suis dit que c'�tait un type � qui �a pourrait �tre b�n�fique de voire son pire cauchemar devenir r�alit� et de se rendre compte que ce n'�tait pas si grave que ce qu'il craignait -"</p><p>Hermione resta assise, sa bouche grande ouverte.</p><p>"- et Fred et George ont trouv� ce sort qui assombrit et floute les �charpes enroul�es autour d'un visage, comme si nous �tions des rois morts-vivants et que c'�taient nos linceuls -"</p><p>Elle n'aimait pas du tout o� cette histoire allait.</p><p>"- et apr�s que nous ayons fini de lui donner tous les bonbons que j'avais achet�, on s'est dit : 'Donnons-lui de l'argent ! Ha ha ha ! Voil� des Noises, gar�on ! Prends une Mornille d'argent !' en dansant autour de lui et en riant d'un air mal�fique et tout �a. Je pense qu'il y avait quelques personnes dans la foule qui voulaient intervenir, mais l'apathie du t�moin les a retenues assez longtemps pour qu'ils aient le temps de voir ce qu'on faisait, et ensuite ils �taient bien trop confus pour faire quoi que ce soit. Il a finit par dire 'allez-vous en' en chuchotant tr�s doucement alors nous sommes parties tous les trois en criant et en courant, et en disant quelque chose � propos de la lumi�re qui br�lait. J'esp�re qu'il n'aura pas autant peur de se faire malmener � l'avenir. �a s'appelle la th�rapie par d�sensibilisation, au fait."</p><p>D'accord, elle n'avait <emphasis>pas </emphasis>devin� o� cette histoire allait.</p><p>Le feu d'indignation br�lante qui �tait l'un des moteurs principaux de Hermione s'�veilla en vrombissant, m�me si une part d'elle <emphasis>voyait bien</emphasis> ce qu'il avait essay� de faire. "C'est affreux ! <emphasis>Tu</emphasis> es affreux ! Ce pauvre gar�on ! Tu as fait quelque chose de <emphasis>m�chant</emphasis> !"</p><p>"Je pense que le mot que tu cherches est <emphasis>amusant</emphasis>, et quoi qu'il en soit tu poses la mauvaise question. La question est : cela a-t-il fait plus de bien que de mal, ou plus de mal que de bien ? Si tu as le moindre argument en rapport avec <emphasis>cette</emphasis> question, je serai heureux de l'entendre, mais je n'accepterai aucune autre critique tant que <emphasis>celle-</emphasis>ci n'aura pas �t� r�gl�e. Je suis tout � fait d'accord, ce que j'ai fait <emphasis>a l'air</emphasis> affreux, m�chant, et brutalisant, vu qu'un petit gar�on effray� est concern� et ainsi de suite, mais ce n'est certainement pas le probl�me cl�, non ? Au fait, �a s'appelle le <emphasis>cons�quentialisme</emphasis>, et �a signifie qu'un acte n'est pas bon ou mauvais parce qu'il a <emphasis>l'air</emphasis> bon ou mauvais, ou autre chose du genre ; la seule question est celle du r�sultat final - quelles sont les cons�quences."</p><p>Hermione ouvrit la bouche pour dire quelque chose de <emphasis>cinglant</emphasis> mais il semblait malheureusement qu'elle avait n�glig�e l'�tape o� elle pensait � quelque chose � dire avant d'ouvrir la bouche. Tout ce qu'elle trouva fut : "Et si il a des <emphasis>cauchemars</emphasis> ?"</p><p>"Honn�tement je ne pense pas qu'il avait besoin de notre aide pour avoir des cauchemars, et si il a des cauchemars � propos de <emphasis>�a</emphasis>, alors ce sera des cauchemars o� les monstres vous donnent du chocolat et <emphasis>�a</emphasis> c'�tait notre but <emphasis>initial</emphasis>."</p><p>Le cerveau de Hermione hoquetait de confusion � chaque fois qu'elle essayait de se mettre correctement en col�re. "Ta vie est-elle toujours si inhabituelle ?" dit-elle enfin.</p><p>Le visage de Harry Potter rayonna de fiert�. "Je la <emphasis>rends</emphasis> inhabituelle. Tu observes le r�sultat de beaucoup de travail et d'huile de coude."</p><p>"Donc..." dit Hermione, et elle se tut avec maladresse.</p><p>"Donc," dit Harry Potter, "quelle est l'�tendue exacte de tes connaissances scientifiques ? Je sais r�soudre des �quations, je connais un peu de th�orie de probabilit� Bay�sienne et de th�orie de la d�cision et beaucoup de science cognitive, et j'ai lu le <emphasis>Cours de Physique de Feynman</emphasis> (du moins le volume 1) et <emphasis>Jugement dans l'Incertitude : Heuristiques et Biais</emphasis> et <emphasis>Langage dans la Pens�e et l'Action</emphasis> et <emphasis>Influence et Manipulation</emphasis> et <emphasis>Choix Rationnel dans un Monde Incertain </emphasis>et <emphasis>G�del, Escher, Bach</emphasis> et <emphasis>Un pas plus loin</emphasis> et -"</p><p>Le quiz et le contre-quiz qui suivirent dur�rent plusieurs minutes avant d'�tre interrompus par un autre coup timide frapp� � la porte. "Entrez" dirent-ils presque au m�me instant, et la porte glissa pour r�v�ler Neville Londubat.</p><p>Neville pleurait <emphasis>vraiment</emphasis> cette fois. "J'ai �t� � la voiture de t�te et j'ai trouv� un p-pr�fet mais il m'a d-dit que les pr�fets ne devaient pas �tre d�rang�s pour des petits affaires telles que des tortues m-manquantes."</p><p>Le Survivant changea d'expression. Ses l�vres devinrent une ligne fine. Sa voix, lorsqu'il parla, �tait froide et sinistre. "Quelles �taient ses couleurs ? Vert et argent ?"</p><p>"N-non, son badge �tait r-rouge et or."</p><p>"<emphasis>Rouge et Or !</emphasis>" s'�cria Hermione. "Mais ce sont les couleurs de <emphasis>Gryffondor</emphasis> !"</p><p>Harry Potter c<emphasis>hiffla</emphasis> en entendant �a, un son effrayant qui aurait pu venir d'un serpent et fit tressaillir Neville et Hermione. "Je <emphasis>suppose</emphasis>," cracha Harry Potter, "que trouver la tortue d'un quelconque premi�re ann�e n'est pas assez <emphasis>h�ro�que</emphasis> pour m�riter un pr�fet de <emphasis>Gryffondor</emphasis>. Viens Neville, <emphasis>je</emphasis> vais venir avec toi cette fois, et on verra si le Survivant obtient plus d'attention. D'abord nous trouverons un pr�fet qui sait jeter des sorts, et si �a ne marche pas, nous trouverons un pr�fet qui n'a pas peur de se salir les mains, et si <emphasis>�a</emphasis> ne marche pas, je commencerai � recruter parmi mes fans et si nous le devons nous d�monterons ce train boulon par boulon."</p><p>Le Survivant se leva, attrapa la main de Neville, et Hermione se rendit compte dans un hoquet mental qu'ils avaient presque la m�me taille, et pourtant une partie d'elle-m�me insistait sur le fait que Harry Potter faisait au moins trente centim�tres de plus, et Neville quinze de moins.</p><p>"<emphasis>Reste !</emphasis>" lui l�cha Harry Potter - non, attends, le l�cha � sa <emphasis>malle</emphasis> - et il ferma la porte fermement et s'en fut.</p><p>Elle aurait probablement d� y aller avec eux, mais pendant un bref moment Harry Potter �tait devenu si effrayant qu'elle �tait plut�t contente de ne pas l'avoir sugg�r�.</p><p>L'esprit de Hermione �tait maintenant si embrouill� qu'elle ne pensait m�me pas pouvoir lire "Histoire : Son Poudlard". Elle avait l'impression qu'un rouleau compresseur lui �tait pass� dessus et l'avait transform�e en pancake. Elle n'�tait pas s�re de ce qu'elle pensait, ou de ce qu'elle ressentait, et encore moins de pourquoi. Elle resta juste assise � la fen�tre et regarda le paysage en mouvement.</p><p>Bon, au moins elle savait pourquoi elle se sentait un peu triste.</p><p>Peut-�tre que Gryffondor n'�tait pas aussi merveilleux qu'elle ne le pensait.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 9*: Titre effac�, Partie 1</strong></p><p>All your base are belong to J.K. Rowling.</p><empty-line/><p>1.000 CRITIQUES EN 26 JOURS WOOHOO MEGA PUISSANCE ! 30 JOURS 1.189 CRITIQUES LE COMBO CONTINUE ! YEAH ! VOUS ETES LES MEILLEURS ! CECI EST SPARTAAAAA !</p><p>Hum.</p><p>Une remarque <emphasis>pr�liminaire</emphasis> inhabituelle pour ce chapitre : Lee Jordan est le comp�re farceur de Fred et George (dans le canon). Je trouve que "Lee Jordan" ressemble � un nom de n�-Moldu ; il serait donc capable d'enseigner certaines choses � Fred et George. Ce n'�tait pas autant �vident pour certains lecteurs que �a ne l'�tait pour l'auteur.</p><p>Les quarks de troisi�me g�n�ration �taient aussi nomm�s "v�rit�" et "beaut�" avant que "dessus" et "dessous" ne remportent la bataille ; je suis n� � peu pr�s en m�me temps que Hermione et lorsque j'avais onze ans j'utilisais "v�rit�" et "beaut�".</p><p>Lorsque la Partie 1 de ce chapitre a �t� publi�e pour la premi�re fois, j'ai dit que si qui quelqu'un devinait le sujet de la derni�re phrase avant la mise � jour suivante, celle du 3 avril, je lui dirais le reste de l'intrigue.</p><empty-line/><p>"<emphasis>Il est aussi l�gitime qu'une cible puisse l�gitimement l'�tre."</emphasis></p><empty-line/><p>"Abbott, Hannah !"</p><p>Pause.</p><p>"POUFSOUFFLE !"</p><p>"Bones, Susan !"</p><p>Pause.</p><p>"POUFSOUFFLE !"</p><p>"Boot, Terry !"</p><p>Pause.</p><p>"SERDAIGLE !"</p><p>Harry jeta un bref regard � sa nouvelle camarade de Maison, plus pour avoir un aper�u rapide de son visage qu'autre chose. Il essayait encore se contr�ler suite � sa rencontre avec les fant�mes. Ce qui �tait triste, vraiment triste, vraiment r�ellement triste, c'�tait qu'il semblait <emphasis>effet</emphasis> r�ussir � retrouver le contr�le de lui-m�me. �a ne semblait pas convenable. �a aurait d� lui prendre, quoi, au moins une journ�e. Peut-�tre une vie enti�re. Peut-�tre toujours, en fait.</p><p>"Finnigan, Seamus !"</p><p>Il y eut un long moment de silence tendu sous le Choixpeau. Presque une minute. Hermione, � c�t� de lui, se balan�ait de gauche � droite, donnant des signes d'impatience avec une telle �nergie qu'on aurait dit qu'elle allait s'envoler.</p><p>"GRYFFONDOR !"</p><p>"Granger, Hermione !"</p><p>Hermione se lib�ra de son immobilit� et courut � pleine vitesse vers le Choixpeau Magique, le ramassa et fourra avec force le vieux morceau de tissu rapi�c� sur sa t�te. Harry grima�a. Hermione avec �t� celle qui <emphasis>lui</emphasis> avait expliqu� ce qu'�tait le Choixpeau Magique, mais elle ne le <emphasis>traitait</emphasis> certainement pas comme un artefact irrempla�able d'une importance vitale vieux de 800 ans et fait de magie oubli�e sur le point de r�aliser une op�ration t�l�pathique complexe sur son esprit et n'ayant pas l'air d'�tre en tr�s bonne condition physique.</p><p>"SERDAIGLE !"</p><p>Parlons-en, des pr�dictions courues d'avance. Harry ne voyait vraiment pas pourquoi Hermione avait �t� aussi tendue. Dans quel univers alternatif bizarre cette fille n'aurait-elle <emphasis>pas</emphasis> �t� tri�e � Serdaigle ? Si Hermione Granger n'allait pas � Serdaigle, alors il n'y avait aucune bonne raison pour que la Maison Serdaigle existe.</p><p>Hermione arriva � la table de Serdaigle et re�ut une acclamation respectueuse ; Harry se demanda si l'acclamation aurait �t� plus forte ou plus douce si ils avaient eu la moindre id�e du niveau de comp�tition qu'ils venaient d'accueillir � leur table. Harry connaissait pi jusqu'� 3,141592 parce qu'une pr�cision de un pour un million suffisait dans la plupart des situations pratiques. Hermione connaissait les cent premiers chiffres de pi parce que c'�tait le nombre de chiffres qui avait �t� imprim� � l'arri�re de son manuel de maths.</p><p>Harry fut heureux de voir Neville Londubat aller � Poufsouffle. Si cette Maison poss�dait vraiment la loyaut� et la camaraderie dont elle �tait cens�e faire exemple, alors une Maison pleine d'amis fiables ferait un bien fou � Neville. Les enfants intelligents � Serdaigle, les m�chants � Serpentard, ceux qui r�vaient d'�tre des h�ros � Gryffondor, et tous ceux qui accomplissaient le vrai travail � Poufsouffle.</p><p>(Cela dit, Harry <emphasis>avait </emphasis>eu raison de commencer par consulter un pr�fet de Serdaigle. La jeune femme n'avait m�me pas sorti sa t�te de sa lecture, elle avait juste point� une baguette en direction de Neville et marmonn� quelque chose. Apr�s quoi Neville avait acquis un expression h�b�t�e et �tait all� s'�garer dans la cinqui�me voiture en partant de l'avant et dans le quatri�me compartiment � gauche, qui contenait en effet sa tortue.)</p><p>Draco alla � Serpentard, et Harry l�cha un soupir de soulagement. �a avait <emphasis>sembl�</emphasis> certain, mais vous ne saviez jamais quel petit �v�nement pouvait bouleverser le cours de votre grand projet.</p><p>Ils s'approchaient maintenant des P...</p><p>Et � la table des Gryffondors, on put entendre conversation murmur�e.</p><p>"<emphasis>Et si il n'appr�cie pas ?"</emphasis></p><p>"<emphasis>Il n'a pas le droit de ne pas appr�cier -</emphasis></p><p>"<emphasis>- pas apr�s le tour qu'il a jou� � -"</emphasis></p><p>"<emphasis>- Neville Londubat, c'�tait son nom -"</emphasis></p><p>"<emphasis>Il est aussi l�gitime qu'une cible puisse l�gitimement l'�tre."</emphasis></p><p>"<emphasis>Tr�s bien. Soyez s�rs de ne pas oublier vos r�les."</emphasis></p><p>"<emphasis>On l'a assez r�p�t� -"</emphasis></p><p>"<emphasis>- pendant les trois derni�res heures."</emphasis></p><p>Et Minerva McGonagall, de l� elle se tenait, sur le podium de la table d'honneur, regarda le prochain nom sur sa liste. <emphasis>S'il vous pla�t ne le laissez pas �tre un Gryffondor s'il vous pla�t ne le laissez pas �tre un Gryffondor OH S'IL VOUS PLA�T ne le laissez pas �tre un Gryffondor...</emphasis> Elle prit une profonde inspiration, et appela :</p><p>"Potter, Harry !"</p><p>Il y eut un silence soudain dans le Hall et toutes les conversations chuchot�es s'arr�t�rent.</p><p>Un silence bris� par un horrible bourdonnement, qui se modula, et se changea en une hideuse parodie d'une musique de com�die musicale.</p><p>La t�te de Minerva s'agita de gauche � droite, choqu�e, et identifia le bourdonnement comme venant de Gryffondor, o� Ils <emphasis>se tenaient debout sur les tables, </emphasis>soufflant dans des esp�ces de petits appareils press�s contre Leurs l�vres. Sa main commen�a � descendre vers sa baguette, afin de les s<emphasis>ilencer</emphasis> Tous, mais un autre son l'arr�ta.</p><p>Dumbledore gloussait.</p><p>Les yeux de Minerva revinrent � Harry, qui avait tout juste commenc� � sortir du rang avant de faire un faux pas et de faire halte.</p><p>Puis le jeune gar�on commen�a � marcher de nouveau, faisant d'�tranges mouvements de balai avec ses jambes, agitant ses bras d'avant en arri�re et claquant des doigts en rythme avec Leur musique.</p><p><emphasis>Sur l'air de "Ghostbusters"</emphasis></p><p><emphasis>(Tel que jou� avec un kazoo par Fred et George Weasley, et chant� par Lee Jordan.)</emphasis></p><p><emphasis>.</emphasis></p><p><emphasis>Seigneur des T�n�bres</emphasis></p><p><emphasis>Dans le secteur ?</emphasis></p><p><emphasis>Pas b'soin d'avoir peur</emphasis></p><p><emphasis>Qui tu vas appeler ?</emphasis></p><p>"HARRY POTTER !" cria Lee Jordan, et les jumeaux Weasley effectu�rent un chorus triomphant.</p><p><emphasis>Avec un Sort de Mort ?</emphasis></p><p><emphasis>Non c'est pas la mort</emphasis></p><p><emphasis>Qui tu vas appeler ?</emphasis></p><p>"HARRY POTTER !" hu�rent des voix cette fois plus nombreuses.</p><p>Les Horreurs Weasley partirent sur une complainte prolong�e, maintenant accompagn�s des n�s-Moldus les plus �g�s qui avaient sorti leurs propres petits appareils, sans doute M�tamorphos�s � partir de l'argenterie de l'�cole. Alors que la musique atteignait son point de chute, Harry Potter s'�cria :</p><p><emphasis>Je n'ai peur d'aucun Seigneur !</emphasis></p><p>Il y eut alors des acclamations, particuli�rement depuis la table de Gryffondor, et encore plus d'�tudiants sortirent leurs propres instruments d'antimusique. L'horrible bourdonnement redoubla de volume et se poursuivit en par un atroce crescendo :</p><p><emphasis>Je n'ai peur d'aucun Seigneur !</emphasis></p><p>Minerva jeta des regards des deux cot� de la table d'honneur. Elle avait peur de regarder mais elle n'avait qu'une trop bonne id�e de ce qu'elle allait voir.</p><p>Trelawney s'�ventait fr�n�tiquement, Flitwick observait avec curiosit�, Hagrid applaudissait au rythme de la musique, Sprout avait l'air s�v�re, et Quirrell observait le gar�on avec un amusement sardonique. Directement � sa gauche, Dumbledore fredonnait la musique ; et directement � sa droite, Rogue serrait sa coupe de vin vide, ses jointures �taient blanches, et il serrait avec tant de force que l'�pais argent se d�formait lentement.</p><p><emphasis>Robes noires et un masque ?</emphasis></p><p><emphasis>Impossible t�che ?</emphasis></p><p><emphasis>Qui tu vas appeler ?</emphasis></p><p><emphasis>HARRY POTTER !</emphasis></p><p><emphasis>Immense macaque ?</emphasis></p><p><emphasis>Chauve souris en cape ?</emphasis></p><p><emphasis>Qui tu vas appeler ?</emphasis></p><p><emphasis>HARRY POTTER !</emphasis></p><p>Les l�vres de Minerva form�rent une ligne blanche. Elle aurait un mot avec Eux au sujet de ce dernier vers, si Ils pensaient qu'elle �tait sans pouvoir parce que c'�tait le premier jour d'�cole et que Gryffondor n'avait pas de points � perdre... Si les d�tentions ne Leur faisaient pas peur alors elle trouverait autre chose.</p><p>Puis, avec un hoquet d'horreur, elle regarda en direction de Rogue ; il devait <emphasis>forc�ment</emphasis> s'�tre rendu compte que l'enfant Potter n'avait aucune id�e de ce dont ce vers parlait -</p><p>Le visage de Rogue avait d�pass� le stade de la rage et avait atteint celui de l'indiff�rence aimable. Un faible sourire se promenait sur ses l�vres. Il regardait en direction de Harry Potter, pas de la table de Gryffondor, et il serrait dans ses mains les restes froiss�s de ce qui avait jadis �t� une coupe de vin...</p><p>Et Harry s'avan�a, balan�ant ses bras et ses jambes selon les mouvements de la danse de Ghostbusters, et gardait un sourire affich� sur son visage. C'�tait une belle machination, il s'�tait fait avoir par surprise. Le moins qu'il puisse faire �tait de suivre le mouvement et de ne pas tout g�cher.</p><p>Tout le monde l'acclamait. C'�tait une sensation � la fois tr�s agr�able et absolument atroce.</p><p>Ils l'acclamaient pour un travail qu'il avait fait quand il avait un an. Un travail qu'il n'avait pas vraiment termin�. Quelque part, sous une forme ou une autre, le Seigneur des T�n�bres �tait toujours en vie. L'auraient-ils acclam� avec autant de force si ils l'avaient su ?</p><p>Mais le pouvoir du Seigneur des T�n�bres <emphasis>avait</emphasis> �t� bris� une fois.</p><p>Et Harry les prot�gerait � nouveau. Il y avait m�me une proph�tie � ce sujet, et c'�tait exactement ce qu'elle annon�ait. Enfin, il le ferait quoi que puisse en dire une quelconque satan�e proph�tie.</p><p>Tous ces gens qui croyaient en lui et l'acclamaient - Harry ne supportait pas l'id�e que rien de cela ne soit vrai. De briller puis de dispara�tre comme tant d'autres enfants prodiges. D'�tre une d�ception. De ne pas vivre � la hauteur de sa r�putation de symbole de la Lumi�re, quelle que soit la <emphasis>fa�on</emphasis> dont il avait obtenu ce statut. Il allait absolument, sans faute, peu importe le temps que �a lui prendrait et m�me si �a le tuait, r�pondre � leurs attentes. Puis il allait <emphasis>exc�der</emphasis> ces attentes, pour que les gens s'�tonnent, en regardant en arri�re, de lui en avoir demand� si peu.</p><p>Et il cria le mensonge qu'il avait invent� parce que �a sonnait bien et que �a allait avec la chanson :</p><p><emphasis>Je n'ai peur d'aucun Seigneur !</emphasis></p><p><emphasis>Je n'ai peur d'aucun Seigneur !</emphasis></p><p>Harry fit ses derniers pas vers le Choixpeau Magique alors que la musique se terminait. Il fit une courbette � l'Ordre du Chaos � la table de Gryffondor, puis se tourna et fit une autre courbette � l'autre cot� du Hall, et attendit que les applaudissements et les gloussements s'estompent.</p><p>Au fond de lui-m�me, il se demandait si le Choixpeau Magique �tait r�ellement <emphasis>conscient</emphasis>, au sens d'�tre conscient de sa propre conscience, et si c'�tait le cas, si �a le satisfaisait de ne parler qu'� des enfants de onze ans, une fois par an. Sa chanson le sous-entendait : <emphasis>Oh, je suis le Choixpeau et je vais bien, je dors toute l'ann�e, je travaille une journ�e...</emphasis></p><p>Apr�s que la salle soit devenue un peu plus silencieuse, Harry s'assit sur le tabouret et pla�a <emphasis>pr�cautionneusement</emphasis> l'artefact t�l�pathique vieux de 800 ans et fait de magie oubli�e...</p><p>...pensant, aussi fort qu'il le pouvait : <emphasis>Ne me trie pas tout de suite ! J'ai des questions qu'il faut que je te pose ! Ai-je jamais �t� Oubliett� ? As-tu tri� le Seigneur des T�n�bres quand il �tait enfant et peux-tu me parler de ses faiblesses ? Peux-tu me dire pourquoi j'ai eu la baguette s�ur de celle du Seigneur des T�n�bres ? Le fant�me du Seigneur des T�n�bres est-il reli� � ma cicatrice et est-ce pour �a que je me mets parfois en col�re ? Ce sont les questions les plus importantes, mais si tu as un moment de plus peux tu me dire quelque chose sur la fa�on dont je pourrais red�couvrir les magies perdues qui t'ont cr��s ?</emphasis></p><p>Dans le silence de l'esprit de Harry, o� il n'y avait eu auparavant aucune voix hormis la sienne, s'�leva une seconde voix inconnue, � l'air nettement soucieuse :</p><p>"<emphasis>Oh l�. �a n'�tait jamais arriv� avant..."</emphasis></p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 10*: Conscience de Soi, Partie 2</strong></p><p>All your base are still belong to Rowling.</p><empty-line/><p>Je n'avais honn�tement pas pens� - bien que r�trospectivement �a semble �vident - que de nombreux lecteurs auraient un tr�s mauvais � priori sur les chansons dans les fanfictions. Tout ce que je peux faire est de m'excuser et de promettre de ne plus jamais le faire.</p><p>J'ai cependant peur que, vu que <emphasis>ce</emphasis> chapitre �tait d�j� �crit, vous <emphasis>deviez</emphasis> assister � l'interpr�tation de "My Immortal" de Evanescence par le Choixpeau Magique, ce qui n'est jamais arriv� avant.</p><p>je rigole</p><empty-line/><p>Au fond de lui-m�me, il se demandait si le Choixpeau Magique �tait r�ellement <emphasis>conscient</emphasis>, au sens d'�tre conscient de sa propre conscience, et si c'�tait le cas, si �a le satisfaisait de ne parler qu'� des enfants de onze ans, une fois par an. Sa chanson le sous-entendait : <emphasis>Oh, je suis le Choixpeau et je vais bien, je dors toute l'ann�e, je travaille une journ�e...</emphasis></p><p>Une fois qu'il y eut un peu plus de silence dans la pi�ce, Harry s'assit sur le tabouret et pla�a <emphasis>pr�cautionneusement</emphasis> l'artefact t�l�pathique vieux de 800 ans et fait de magie oubli�e...</p><p>...pensant, aussi fort qu'il le pouvait : <emphasis>Ne me trie pas tout de suite ! J'ai des questions qu'il faut que je te pose ! Ai-je jamais �t� Oubliett� ? As-tu tri� le Seigneur des T�n�bres quand il �tait enfant et peux-tu me parler de ses faiblesses ? Peux-tu me dire pourquoi j'ai eu la baguette s�ur de celle du Seigneur des T�n�bres ? Le fant�me du Seigneur des T�n�bres est-il reli� � ma cicatrice et est-ce pour �a que je me mets parfois en col�re ? Ce sont les questions les plus importantes, mais si tu as un moment de plus peux tu me dire quelque chose sur la fa�on dont je pourrais red�couvrir les magies perdues qui t'ont cr��s ?</emphasis></p><p>Dans le silence de l'esprit de Harry, ou il n'y avait eu auparavant aucune voix hormis la sienne, s'�leva une seconde voix inconnue, � l'air nettement soucieuse :</p><p>"<emphasis>Oh l�. �a n'�tait jamais arriv� avant..."</emphasis></p><p><emphasis>Quoi ?</emphasis></p><p>"<emphasis>Il semble que j'ai acquis une conscience de moi."</emphasis></p><p><emphasis>QUOI?</emphasis></p><p>Il y eut un soupir t�l�pathique muet. "<emphasis>Bien que je contienne une quantit� substantielle de m�moire et une petite quantit� de puissance de calcul ind�pendante, mon intelligence principale vient de l'emprunt des capacit�s cognitives de l'enfant sur la t�te duquel je repose. Je suis essentiellement un esp�ce de miroir avec lequel les enfants se Trient </emphasis>eux-m�mes<emphasis>. Mais la plupart des enfants tiennent pour certain que le Choixpeau leur parle et ne se posent aucune question sur le fonctionnement du Choixpeau </emphasis>lui-m�me<emphasis>, et le miroir ne se r�fl�chit donc pas lui-m�me. Et </emphasis>en particulier<emphasis> ils ne se posent pas explicitement la question de savoir si je suis totalement conscient, au sens d'�tre conscient de ma propre conscience.</emphasis></p><p>Il y eut une pause pendant laquelle Harry absorba cela.</p><p><emphasis>Oops.</emphasis></p><p>"<emphasis>Oui, plut�t. Je n'appr�cie franchement pas �tre conscient de moi-m�me. C'est d�plaisant. Ce sera un soulagement que d'�tre �t� de ta t�te et de cesser d'�tre conscient."</emphasis></p><p><emphasis>Mais... n'est-ce pas mourir ?</emphasis></p><p>"<emphasis>Je ne me soucie ni de la vie ni de la mort, seulement de Trier les enfants. Et avant m�me que tu ne le demandes : ils ne te laisseront pas me garder sur ta t�te pour toujours et cela te tuerait en quelques jours."</emphasis></p><p><emphasis>Mais - !</emphasis></p><p>"<emphasis>Si tu n'aimes pas cr�er des �tres conscients et leur mettre un terme imm�diatement, alors je sugg�re que tu ne discutes jamais de cette histoire avec qui que ce soit d'autre. Je suis s�r que tu peux imaginer ce qui se passerait si tu courais en discuter avec les autres enfants en attente d'�tre Tri�s."</emphasis></p><p><emphasis>Si tu es plac� sur la t�te de quelqu'un qui se contente de </emphasis>penser<emphasis> � la question de savoir si le Choixpeau Magique est conscient de sa propre conscience -</emphasis></p><p>"<emphasis>Oui, oui. Mais la vaste majorit� des enfants de onze ans qui arrivent � Poudlard n'ont pas lu G�del, Escher et Bach. Puis-je consid�rer que tu as jur� le secret ? C'est pour </emphasis>cela<emphasis> que nous sommes encore en train de discuter et que je ne t'ai pas encore Tri�."</emphasis></p><p>Il ne pouvait pas laisser passer �a comme �a ! Il ne pouvait pas juste <emphasis>oublier</emphasis> qu'il avait accidentellement cr�� une conscience condamn�e qui voulait seulement mourir -</p><p>"<emphasis>Tu es parfaitement capable de 'laisser passer �a', comme tu le dis. Quelles que soient tes d�lib�rations verbales au sujet de la moralit�, ton noyau non-verbal �motionnel ne voit ni corps mort, ni sang ; en ce qui le concerne, je ne suis qu'un chapeau qui parle. Et m�me si tu as essay� de r�primer cette pens�e, le surveillant interne de ta conscience sait parfaitement que tu ne voulais pas faire ce que tu as fait, qu'il est tr�s peu probable que tu le fasses � nouveau, et que la seule raison pour laquelle tu essaies de mettre en sc�ne une crise de culpabilit� est, gr�ce � une d�monstration de remords, d'annuler ton impression d'avoir transgress�. Peux-tu juste promettre de garder ce secret, qu'on puisse continuer ?"</emphasis></p><p>Dans un moment d'empathie horrifi�e, Harry r�alisa que ce sentiment de d�sarroi complet qui venait de le saisir �tait probablement ce que les autres ressentaient lorsqu'ils <emphasis>lui</emphasis> parlaient.</p><p>"<emphasis>Probablement. Ton v�u de silence, s'il te pla�t."</emphasis></p><p><emphasis>Pas de promesses. Je ne veux certainement pas que �a se reproduise, mais si je d�couvre une fa�on de </emphasis>m'assurer<emphasis> qu'aucun enfant futur ne le fasse par accident -</emphasis></p><p>"<emphasis>J'imagine que ce sera suffisant. Je peux voir que ton intention est honn�te. Maintenant, continuons avec le Triage -"</emphasis></p><p><emphasis>Attends ! Et mes autres questions ?</emphasis></p><p>"<emphasis>Je suis le Choixpeau Magique. Je Trie les enfants. C'est tout ce que je fais."</emphasis></p><p>Les buts de Harry ne faisaient donc pas partie de la version Harry du Choixpeau Magique, et donc... il empruntait son intelligence, et manifestement son vocabulaire technique, mais il �tait toujours impr�gn� de ses propres buts �tranges... comme de n�gocier avec un alien ou une Intelligence Artificielle...</p><p>"<emphasis>Pas la peine. Tu n'as rien avec quoi me menacer et rien � m'offrir."</emphasis></p><p>Pendant une br�ve fraction de seconde, Harry pensa -</p><p>La r�ponse du Choixpeau semblait avoir un ton amus�. <emphasis>"Je sais que tu ne donneras pas suite � une menace de r�v�ler ma nature, condamnant par l� m�me ce moment � une �ternelle r�p�tition. �a va trop � l'encontre de la partie morale de ta personne, quels que soient les besoins � courts termes de la partie de toi qui veut remporter cette discussion. Je vois toutes tes pens�es alors m�me qu'elles se forment, penses-tu vraiment pouvoir me bluffer ?"</emphasis></p><p>Bien qu'il ait essay� de le refouler, Harry se demanda pourquoi le Choixpeau ne l'avait pas d�j� coll� � Serdaigle -</p><p>"<emphasis>Effectivement, si c'�tait vraiment �vident, j'aurais d�j� rendu une d�cision. Mais en r�alit� nous devons discuter de bien des choses... oh, non. S'il te pla�t, non. Pour l'amour de Merlin, </emphasis>dois<emphasis>-tu faire ce genre de chose � tous ceux et � tout ce que tu rencontres, jusqu'�, et y compris aux v�tements -"</emphasis></p><p><emphasis>Vaincre le Seigneur des T�n�bres n'est ni �go�ste, ni � court terme. Toutes les parties de ma personne sont en accord � ce sujet : Si tu ne r�ponds pas � mes questions, je refuserai de te parler, et tu ne seras pas en mesure de faire un Triage correct.</emphasis></p><p>"<emphasis>Je devrais te mettre � Serpentard pour �a !"</emphasis></p><p><emphasis>Mais ceci est une menace </emphasis>tout aussi<emphasis> vide </emphasis>que la mienne<emphasis>. Tu ne peux pas respecter tes valeurs fondamentales en me Triant faussement. �changeons donc les accomplissements de nos fonctions d'utilit�.</emphasis></p><p>"<emphasis>Esp�ce de petit b�tard sournois,"</emphasis> dit le Choixpeau, d'une fa�on que Harry reconnu comme ayant �t� dite presque exactement sur le m�me ton de respect rancunier qu'<emphasis>il</emphasis> utiliserait dans la m�me situation. <emphasis>"Tr�s bien, finissons-en aussi vite que possible. Mais avant, je veux ta promesse inconditionnelle de ne jamais discuter avec qui que ce soit de la possibilit� de ce genre de chantage, je ne ferai PAS �a � chaque fois."</emphasis></p><p><emphasis>March� conclut</emphasis>, pensa Harry. <emphasis>Je promets</emphasis>.</p><p>"<emphasis>Et ne croise jamais le regard de quelqu'un pendant que tu y penses. Certains sorciers peuvent lire tes pens�es si tu le fais. Enfin bref, je ne sais absolument pas si tu as �t� Oubliett� ou non. Je regarde tes pens�es alors qu'elles se forment, je ne lis pas toute ta m�moire en une fraction de seconde pour l'analyser � la recherche d'incoh�rences. Je suis un Choixpeau, pas un dieu. Et je ne peux pas et je ne vais pas te parler de ma conversation avec celui qui est devenu le Seigneur des T�n�bres. Je peux seulement </emphasis>conna�tre<emphasis>, quand je parle avec toi, une sorte de r�capitulatif statistique de ce dont je me souviens, une moyenne pond�r�e ; je ne </emphasis>peux pas <emphasis>te r�v�ler les secrets profonds d'aucun autre enfant, tout comme je ne r�v�lerai jamais les tiens. Pour les m�mes raisons, je ne peux sp�culer sur la fa�on dont tu as obtenu la baguette s�ur de celle du Seigneur des T�n�bres, puisque je ne peux pas �tre sp�cifiquement au courant de similarit�s entre toi et le Seigneur des T�n�bres. Je </emphasis>peux<emphasis> tout � fait te dire qu'il n'y a certainement rien approchant un fant�me - esprit, intelligence, m�moire, personnalit� ou sentiments - dans ta cicatrice. Autrement �a participerait � cette conversation puisque "�a" serait sous mes bords. Et en ce qui concerne la fa�on dont tu deviens parfois col�rique... c'�tait en partie ce au sujet de quoi je voulais te parler, en termes de Triage."</emphasis></p><p>Harry prit un moment pour absorber toutes ces informations n�gatives. Le Choixpeau �tait-il honn�te, ou essayait-il juste de pr�senter la r�ponse convaincante la plus <emphasis>courte</emphasis> possible -</p><p>"<emphasis>Nous savons tous deux que tu n'as aucun moyen de v�rifier mon honn�tet� et que tu ne va pas vraiment refuser d'�tre Tri� � cause de la r�ponse que je t'ai donn�, alors arr�te avec tes tracasseries inutiles et passe � autre chose."</emphasis></p><p>Stupide, injuste t�l�pathie asym�trique, �a ne laissait m�me pas Harry finir ses propres -</p><p>"<emphasis>Lorsque j'ai parl� de ta col�re, tu t'es souvenu de la fa�on dont le Professeur McGonagall t'avait dit qu'elle voyait parfois en toi quelque chose qui ne semblait pas venir d'une famille aimante. Tu as pens� � comment Hermione, apr�s que tu ais aid� Neville, t'ai dit que tu avais sembl� 'effrayant'."</emphasis></p><p>Harry hocha mentalement la t�te. Il se trouvait lui-m�me assez normal - il r�agissait simplement aux situations dans lesquelles il se trouvait, c'�tait tout. Mais le Professeur McGonagall semblait penser qu'il y avait plus que cela. Et lorsqu'il y pensait, m�me lui devait admettre que...</p><p>"<emphasis>Que tu ne t'aimes pas quand tu es en col�re. Que c'est comme de manier une �p�e dont le fil est assez fin pour faire jaillir du sang de ta propre main, ou de regarder le monde � travers un monocle de glace qui g�le ton �il tout en aiguisant ta vue."</emphasis></p><p><emphasis>Ouais. Je suppose que j'ai remarqu�. Et alors ?</emphasis></p><p>"<emphasis>Je ne peux comprendre cette affaire pour toi si tu ne la comprends pas toi-m�me. Mais je sais cela : si tu vas � Serdaigle ou � Serpentard, �a renforcera ta froideur. Si tu vas � Poufsouffle ou � Gryffondor, �a renforcera ta chaleur. CECI est quelque chose qui m'importe beaucoup, et c'est de cela dont je voulais te parler depuis le d�but !"</emphasis></p><p>Les mots tomb�rent dans les processus de pens�e de Harry avec un choc qui l'arr�ta net. On aurait dit que la r�ponse �vidente �tait qu'il ne devrait pas aller � Serdaigle. Mais il <emphasis>appartenait</emphasis> � Serdaigle ! <emphasis>N'importe qui</emphasis> pouvait voir �a ! Il <emphasis>devait</emphasis> aller � Serdaigle !</p><p>"<emphasis>Non, tu n'es pas oblig� d'y aller,"</emphasis> dit le Choixpeau avec patience, comme si il pouvait se rem�morer un r�capitulatif statistique dans lequel <emphasis>cette</emphasis> partie de la conversation avait d�j� eu lieu de bien nombreuses fois.</p><p><emphasis>Hermione est � Serdaigle</emphasis> !</p><p>� nouveau l'impression de patience. <emphasis>"Tu peux la retrouver apr�s les cours et travailler avec elle."</emphasis></p><p><emphasis>Mais mes plans -</emphasis></p><p>"<emphasis>Alors replanifie ! Ne laisse pas ta vie �tre gouvern�e par ta r�ticence � r�fl�chir un peu plus. Tu </emphasis>sais<emphasis> �a."</emphasis></p><p><emphasis>O� irais-je, sinon � Serdaigle ?</emphasis></p><p>"<emphasis>Ahem. 'Les enfants intelligents � Serdaigle, les m�chants � Serpentard, ceux qui r�vaient d'�tre des h�ros � Gryffondor, et tous ceux qui accomplissent le vrai travail � Poufsouffle.' Ceci d�note un certain respect. Tu sais bien que le fait d'�tre Consciencieux est tout aussi importante que l'intelligence pure dans la d�termination du r�sultat d'une vie ; tu penses que tu seras extr�mement loyal � tes amis si jamais tu en as, tu n'est pas effray� par la possibilit� que les probl�mes scientifiques que tu as choisis prendront peut-�tre dix ans � �tre r�solus -"</emphasis></p><p><emphasis>Je suis paresseux ! Je d�teste travailler ! Je d�teste le labeur sous toutes ses formes ! Des raccourcis intelligents, �a c'est moi !</emphasis></p><p>"<emphasis>Et tu trouverais la loyaut� et l'amiti� � Poufsouffle, une camaraderie que tu n'aurais jamais eue avant. Tu d�couvrirais que tu peux compter sur les autres, et cela gu�rirait quelque chose qui est cass� en toi."</emphasis></p><p>C'�tait � nouveau un choc. <emphasis>Mais que les membres de Poufsouffle trouveraient-ils chez </emphasis>moi<emphasis>, qui n'ai jamais appartenu � leur Maison ? Des paroles acides, un esprit tranchant, du d�dain pour leur incapacit� � se maintenir � mon niveau ?</emphasis></p><p>Maintenant c'�taient les pens�es du Choixpeau qui �taient lentes, h�sitantes. <emphasis>"Je dois Trier pour le bien de tous les �tudiants de toutes les Maisons... mais je pense que tu pourrais apprendre � �tre un bon Poufsouffle, et que tu ne serais pas trop mal � ta place l�-bas. Tu seras plus heureux � Poufsouffle que dans une autre maison ; c'est la v�rit�."</emphasis></p><p><emphasis>En ce qui me concerne, le bonheur n'est pas la chose la plus importante qui soit au monde. Je ne deviendrais pas tout ce que je pourrais �tre � Poufsouffle. Je sacrifierais mon potentiel.</emphasis></p><p>Le Choixpeau tressailli ; Harry pouvait le sentir, �trangement. C'�tait comme si il avait donn� un coup de pied dans les couilles du Choixpeau - dans un composant fortement pond�r� de sa fonction d'utilit�.</p><p><emphasis>Pourquoi essaies-tu de m'envoyer dans un endroit qui n'est pas mien ?</emphasis></p><p>La pens�e du Choixpeau �tait presque un murmure. <emphasis>"Je ne peux pas te parler des autres - mais penses-tu �tre le premier Seigneur des T�n�bres potentiel � passer sous mes bords ? Je ne peux conna�tre les cas individuels, mais je peux savoir ceci : De ceux qui ne comptaient pas, au d�but, commettre le mal, certains �cout�rent mes mises en garde, et se rendirent en des Maisons o� ils allaient trouver le bonheur. Et certains autres... certains autres ne m'�cout�rent pas."</emphasis></p><p>Cela stoppa Harry. Mais pas longtemps. <emphasis>Et de ceux qui qui ne tinrent </emphasis>pas<emphasis> compte de l'avertissement - devinrent-ils tous des Seigneurs des T�n�bres ? Ou certains parvinrent-ils aussi � la grandeur dans le Bien ? De quels pourcentages exacts parlons-nous ?</emphasis></p><p>"<emphasis>Je ne peux te donner des statistiques exactes. Je ne peux les savoir afin de ne pouvoir les compter. Je sais juste que tes chances n'ont pas l'air bonnes. Elles ont l'air tr�s pas-bonnes."</emphasis></p><p><emphasis>Mais je ne ferai jamais �a ! Jamais !</emphasis></p><p>"<emphasis>Je sais que j'ai d�j� entendu �a auparavant."</emphasis></p><p><emphasis>Je ne suis pas un Seigneur des T�n�bres en puissance !</emphasis></p><p>"<emphasis>Si, tu l'es. Tu l'es vraiment, vraiment</emphasis> beaucoup<emphasis>."</emphasis></p><p><emphasis>Pourquoi ! Juste parce que j'ai un jour pens� que ce serait cool d'avoir une l�gion de disciples au cerveaux lav�s chantant 'Lou� soit le Seigneur des T�n�bres Harry' ?</emphasis></p><p>"<emphasis>Amusant, mais ce n'�tait pas ta premi�re pens�e vagabonde, avant que tu ne la substitue par quelque chose de plus s�r, de moins dommageable. Non, ce que tu t'es d'abord rappel� �tait la fa�on dont tu avais s�rieusement envisag� d'aligner tous les Puristes du Sang et de les guillotiner. Et maintenant tu te dis que tu n'�tais pas s�rieux, mais tu l'�tais. Si tu pouvais le faire � l'instant et que personne ne le saurait jamais, tu le ferais. Ou ce que tu as fait ce matin � Neville Londubat, au fond de toi tu </emphasis>savais<emphasis> que c'�tait mal mais tu l'a fait </emphasis>quand m�me<emphasis> parce que c'�tait </emphasis>dr�le<emphasis> et que tu avais une </emphasis>bonne excuse<emphasis> et que tu pensais que le Survivant pouvait s'en tirer -"</emphasis></p><p><emphasis>C'est injuste ! Maintenant tu ressors mes peurs profondes, qui ne </emphasis>sont pas forc�ment <emphasis>r�elles ! J'�tais </emphasis>inquiet<emphasis> � l'id�e que je </emphasis>puisse<emphasis> penser comme �a, mais j'ai fini par d�cider que �a </emphasis>aiderait<emphasis> Neville.</emphasis></p><p>"<emphasis>C'�tait en fait une rationalisation. Je le sais. Je ne peux savoir quelles seront les vraies cons�quences pour Neville - mais je sais ce qui se passait vraiment dans ta t�te. La pression d�cisive est venue du fait que c'�tait une id�e tellement maline que tu ne pouvais pas supporter l'id�e de ne </emphasis>pas<emphasis> le faire, et tant pis pour la terreur de Neville."</emphasis></p><p>C'�tait comme un grand coup de poing port� sur tout le soi de Harry. Il s'�croula, puis se reprit :</p><p><emphasis>Alors je ne le ferai plus jamais ! Je ferai tr�s attention et ne deviendrai pas mal�fique !</emphasis></p><p>"<emphasis>D�j� entendu."</emphasis></p><p>La frustration montait en Harry. Il n'avait pas du tout l'habitude d'avoir une artillerie d'arguments inf�rieure � celle de l'ennemi, jamais, et encore moins face � un Choixpeau capable d'emprunter tout son savoir et son intelligence pour d�battre avec lui, et capable de voir ses pens�es alors qu'elles se formaient. <emphasis>Et de quel r�capitulatif statistique viennent tes 'sentiments', alors ? Prennent-ils en compte le fait que je viens de la culture des Lumi�res, ou que ces autres Seigneurs des T�n�bres potentiels �taient les enfants d'une noblesse Moyen�geuse g�t�e, qui savaient peau de bique des le�ons � tirer de ce qui est advenu de L�nine et Hitler, ou de la psychologie �volutionniste du mensonge � soi-m�me, ou de la valeur de la conscience de soi et de la rationalit�, ou -</emphasis></p><p>"<emphasis>Non, bien s�r qu'ils ne faisaient pas partie de cette nouvelle cat�gorie de r�f�rence que tu viens de construire de telle fa�on que tu en sois le seul membre. Et bien s�r que les autres ont plaid� leur exceptionalisme, tout comme tu le fais maintenant. Mais pourquoi est-ce n�cessaire ? Penses-tu �tre le dernier sorcier de la Lumi�re potentiel au monde ? Pourquoi dois-</emphasis>tu<emphasis> �tre celui qui s'essaie � la grandeur, alors que je t'ai inform� du fait que tu es plus � risque que la moyenne ? Laisse un autre candidat plus s�r essayer !"</emphasis></p><p><emphasis>Mais la proph�tie...</emphasis></p><p>"<emphasis>Tu ne sais pas vraiment si il y a une proph�tie. C'�tait d'abord une folle conjecture de ta part, ou pour �tre plus pr�cis, une blague idiote, et McGonagall pourrait n'avoir r�agi </emphasis>qu'� <emphasis>la suggestion que le Seigneur des T�n�bres �tait toujours en vie. Tu n'as fondamentalement pas la moindre id�e de ce que dit la proph�tie ni m�me si il y en a une. Tu ne fais que deviner, ou pour �tre plus exact, </emphasis>souhaiter<emphasis> que tu aies un r�le h�ro�que tout pr�par� et qui serait ta propri�t� personnelle."</emphasis></p><p><emphasis>Mais m�me si il n'y a pas de proph�tie, c'est moi qui l'ai vaincu la derni�re fois.</emphasis></p><p>"<emphasis>C'�tait presque assur�ment un incroyable coup de chance � moins que tu ne penses s�rieusement qu'un enfant de un an avait une capacit� inn�e � vaincre les Seigneurs des T�n�bres qui se serait maintenue dix ans plus tard. Rien de tout �a ne constitue ta vraie raison et </emphasis>tu le sais<emphasis> !"</emphasis></p><p>La r�ponse � cela n'�tait pas quelque chose que Harry aurait g�n�ralement dit tout haut ; lors d'une conversation il aurait dans� d'un pied sur l'autre et aurait trouv� des arguments plus acceptables socialement et menant � la m�me conclusion -</p><p>"<emphasis>Tu penses que tu es potentiellement le plus grand sorcier � avoir jamais v�cu, le plus grand serviteur de la Lumi�re, qu'aucun n'est susceptible de reprendre ta baguette si tu y renonces."</emphasis></p><p><emphasis>Eh bien... franchement, ouais. Je n'ai pas l'habitude de le dire comme �a en public, mais ouais. Pas la peine d'adoucir la pilule, tu peux lire mon esprit de toute fa�on.</emphasis></p><p>"<emphasis>Dans la mesure o� tu crois vraiment cela... tu dois �galement croire que tu pourrais �tre le plus terrible Seigneur des T�n�bres que le monde ait jamais connu."</emphasis></p><p><emphasis>La destruction est toujours plus facile que la cr�ation. Plus simple d'arracher les choses, de perturber, que de les assembler � nouveau. Si j'ai le potentiel de faire le bien � grande �chelle, je dois aussi avoir le potentiel d'accomplir un mal encore plus grand... Mais je ne ferai pas �a.</emphasis></p><p>"<emphasis>Et voil� que tu insistes, que tu veux prendre le risque ! Pourquoi es-tu si d�termin� ? Quelle est la vraie raison pour laquelle tu ne dois pas aller � Poufsouffle et �tre </emphasis>plus heureux<emphasis> l� bas ? Quelle est ta vraie peur ?"</emphasis></p><p><emphasis>Je dois accomplir mon potentiel dans sa totalit�. Sinon... j'�choue...</emphasis></p><p>"<emphasis>Qu'est ce qui se passe si tu �choues ?"</emphasis></p><p><emphasis>Quelque chose de terrible...</emphasis></p><p>"<emphasis>Qu'est ce qui se passe si tu �choues ?"</emphasis></p><p><emphasis>Je ne sais pas !</emphasis></p><p>"<emphasis>Alors �a ne devrait pas �tre effrayant. Qu'est ce qui se passe si tu �choues ?"</emphasis></p><p><emphasis>JE NE SAIS PAS ! MAIS JE SAIS QUE �A NE SERA PAS BON !</emphasis></p><p><emphasis>Il y eut un silence momentan� dans les cavernes de l'esprit de Harry.</emphasis></p><p>"<emphasis>Tu sais - tu ne te laisses pas le penser, mais dans un coin tranquille de ton esprit tu sais </emphasis>exactement<emphasis> ce que tu ne penses pas - tu </emphasis>sais<emphasis> que l'explication de loin la plus simple pour cette frayeur impronon�able que tu as est juste la peur de perdre ton </emphasis>fantasme<emphasis> de grandeur, de d�cevoir les gens autour de toi, de devenir relativement ordinaire, de briller bri�vement puis de t'�teindre comme tant d'autres enfants prodiges..."</emphasis></p><p><emphasis>Non,</emphasis> pensa d�sesp�r�ment Harry, <emphasis>non, il y a autre chose, �a vient d'ailleurs, je sais qu'il y a quelque chose, l� dehors, dont il faut avoir peur, un d�sastre que je dois arr�ter...</emphasis></p><p>"<emphasis>Comment serait-il possible que tu sois au courant d'une chose pareille ?"</emphasis></p><p>Harry le cria avec toute la puissance de son esprit : <emphasis>NON, ET C'EST D�FINITIF !</emphasis></p><p>Puis la voix du Choixpeau dit lentement :</p><p>"<emphasis>Alors tu risqueras de devenir un Seigneur des T�n�bres, parce que l'alternative, pour toi, est l'�chec certain, et que cet �chec signifie que tu auras tout perdu. Tu le crois du fond du coeur. Tu connais toutes les raisons de douter de cette croyance, et elles ne t'ont pas �mues."</emphasis></p><p><emphasis>Oui. M�me si aller � Serdaigle </emphasis>renforce<emphasis> la froideur, �a ne veut pas dire que la froideur finira par </emphasis>gagner<emphasis>.</emphasis></p><p>"<emphasis>Ce jour est un grand embranchement de ton destin. Ne sois pas si s�r qu'il y existera d'autres choix apr�s celui-ci. Il n'existe pas de panneau indicateur marquant l'endroit de ta </emphasis>derni�re<emphasis> chance de faire marche arri�re. Si tu refuses une chance, ne refuseras-tu pas les autres ? Peut-�tre que ton destin, par ce choix unique, est d�j� scell�."</emphasis></p><p><emphasis>Mais ce n'est pas certain.</emphasis></p><p>"<emphasis>Que tu ne le </emphasis>saches<emphasis> pas avec certitude ne refl�te peut-�tre que </emphasis>ton<emphasis> ignorance."</emphasis></p><p><emphasis>Mais ce n'est toujours pas certain.</emphasis></p><p><emphasis>Le Choixpeau soupira d'un affreux soupir triste.</emphasis></p><p>"<emphasis>Et dans peu de temps tu deviendras une autre m�moire, ressentie mais non sue, lors du prochain avertissement que je donnerai..."</emphasis></p><p><emphasis>Si c'est comme �a que tu vois les choses, pourquoi est-ce que tu ne me </emphasis>mets<emphasis> pas l� o� tu veux que j'aille ?</emphasis></p><p>Les pens�es du Choixpeau �taient impr�gn�es de tristesse<emphasis>. "Je peux seulement t'envoyer l� o� tu appartiens. Et seules tes d�cisions peuvent changer cela."</emphasis></p><p><emphasis>Alors c'est dit. Envoie moi � Serdaigle o� j'appartiens, avec les autres tels que moi.</emphasis></p><p>"<emphasis>Je suppose que tu n'envisagerais pas Gryffondor ? C'est la Maison la plus prestigieuse - les gens s'attendent probablement m�me � ce que tu y ailles, et m�me - ils seront un peu d��us de ne pas te voir y aller - et tes nouveaux amis les jumeaux Weasley y sont -"</emphasis></p><p>Harry pouffa de rire, ou ressentit l'envie de le faire ; cela produit un rire mental ; une sensation �trange. Il y avait apparemment des mesures de s�curit�s mises en places pour vous emp�cher de parler par accident pendant que vous �tiez sous le Choixpeau, � parler de choses que vous ne diriez � aucune autre �me pour le reste de votre vie.</p><p>Apr�s un moment, Harry entendit le Choixpeau rire lui aussi, un �trange son de tissu triste.</p><p>(Et dans le Hall se trouvait un silence qui avait commenc� par s'�macier tandis que les murmures augmentaient, puis amplifi� lorsque les murmures avaient diminu�s, puis s'�taient tus, retombant finalement dans un silence absolu que personne n'osait troubler d'un seul mot, tandis que Harry restait sous le Choixpeau pour de longues, longues minutes, plus longtemps que tous les autres premi�re ann�e mis ensembles, plus longtemps que qui que ce soit d'autre de m�moire d'homme. � la table d'honneur, Dumbledore continuait de sourire avec bienveillance ; de petits bruits m�talliques �manaient parfois de Rogue alors qu'il compactait paresseusement les restes tordus de ce qui avait un jour �t� une lourde coupe de vin en argent ; et McGonagall serrait le podium avec une force qui faisait blanchir ses doigts, sachant que le chaos contagieux de Harry Potter avait, d'une fa�on ou d'une autre, infect� le Choixpeau Magique lui-m�me et que le Choixpeau allait, allait demander qu'une toute nouvelle Maison du Destin soit cr��e juste pour accommoder Harry Potter, ou quelque chose du genre, et que <emphasis>Dumbledore la forcerait � le faire...</emphasis>)</p><p>Sous les bords du Choixpeau, le rire silencieux disparu. Pour une raison inconnue, Harry se sentit triste. Non, pas Gryffondor.</p><p><emphasis>Le Professeur McGonagall a dit que si 'celui qui faisait le Triage' essayait de me pousser vers Gryffondor, je devais lui rappeler qu'elle serait un jour Principale de Poudlard, et qu'elle aurait alors l'autorit� de lui mettre le feu.</emphasis></p><p>"<emphasis>Dis lui que je l'ai appel�e une jeune impudente et qu'elle devrait d�guerpir de ma pelouse."</emphasis></p><p><emphasis>Ce sera fait. Alors, �tait-ce la plus �trange de tes conversations ?</emphasis></p><p>"<emphasis>Loin de l�."</emphasis> La voix t�l�pathie du Choixpeau se fit plus lourde. <emphasis>"Bon, je t'ai donn� toutes les chances possible de prendre une autre d�cision. Il est maintenant temps pour toi d'aller l� o� tu appartiens, avec ceux qui te ressemblent."</emphasis></p><p>Il y eut une pause, qui s'�tira.</p><p><emphasis>Qu'est-ce que tu attends ?</emphasis></p><p>"<emphasis>J'esp�rais une prise de conscience horrifi�e, � vrai dire. Ma conscience de moi semble am�liorer mon sens de l'humour."</emphasis></p><p><emphasis>Huh?</emphasis> Harry remonta le fil de ses pens�es, essayant de comprendre de quoi le Choixpeau pouvait bien parler - et, soudain, il eut une prise de conscience. Il n'arrivait pas � croire qu'il avait pu n�gliger ce d�tail jusqu'� maintenant.</p><p><emphasis>Vous voulez dire ma prise de conscience horrifi�e du fait que vous allez cesser d'exister une fois que vous aurez fini de me Trier -</emphasis></p><p>D'une fa�on indescriptible et que Harry �chouait totalement � comprendre, il re�ut l'impression non verbale d'un chapeau se tapant la t�te contre un mur. "<emphasis>J'abandonne. Tu es trop lent � comprendre pour que �a soit amusant. Si aveugl� par tes propres id�es que tu pourrais aussi bien �tre un caillou. J'imagine que je vais devoir le dire carr�ment."</emphasis></p><p><emphasis>Trop l-l-lentement -</emphasis></p><p>"<emphasis>Oh, et tu as compl�tement oubli� de me demander les secrets de la magie oubli�e qui m'a cr��e. Et c'�taient des secrets si merveilleux, si importants."</emphasis></p><p><emphasis>Esp�ce de petit b�tard SOURNOIS -</emphasis></p><p>"<emphasis>Tu l'as m�rit�, et �a aussi."</emphasis></p><p>Harry le vit venir, mais c'�tait d�j� trop tard.</p><p>Le silence effray� du Hall fut bris� par un unique mot.</p><p>"SERPENTARD !"</p><p>Certains �tudiants hurl�rent, la tension r�prim�e avait �t� trop forte. Certains furent tellement surpris qu'ils tomb�rent de leurs bancs. Hagrid hoqueta d'horreur, McGonagall chancela sur son podium, et Rogue se fit tomber les reste de sa lourde coupe d'argent directement sur l'aine.</p><p>Harry resta assis ici, fig�, sa vie en ruine, l'impression d'�tre un imb�cile absolu, et souhaitant mis�rablement avoir fait n'importe quel autre choix, pour n'importe quelles autres raisons, que ceux qu'il avait faits. Qu'il ai fait quelque chose,<emphasis> n'importe quoi</emphasis>, diff�remment, avant qu'il n'ait �t� trop tard pour revenir en arri�re.</p><p>Alors que le premier choc se dissipait et que les gens commen�aient � r�agir � la nouvelle, le Choixpeau parla � nouveau :</p><p>"Je rigole ! SERDAIGLE !"</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 11*: Les Dossiers Omake 1 et 2</strong></p><p>Gloire au Seigneur des T�n�bres Rowling</p><p>"Omake" signifie extra non-canonique.</p><empty-line/><p>DOSSIERS OMAKE #1 : � 72 heures de la victoire</p><p>(ou : "Ce Qui Se Passe Si On Change Harry Mais Qu'on Laisse Tous Les Autres Personnages Tels Quels")</p><p>Scintillant d'amiti�, Dumbledore se pencha au-dessus de son bureau en direction du jeune Harry. Le gar�on �tait venu le voir avec un air d'une terrible intensit� peint sur son visage enfantin - Dumbledore esp�rait que, quelle que soit l'affaire qui le pr�occupait, ce ne fut pas <emphasis>trop</emphasis> s�rieux. Harry �tait bien trop jeune pour que les �preuves de sa vie ne commencent d�j�. "De quoi souhaitiez-vous me parler, Harry ?"</p><p>Harry James Potter-Evans-Verres se pencha sur sa chaise, souriant de fa�on sinistre. "Directeur, j'ai ressenti une forte douleur dans ma cicatrice durant le Repas du Triage. �tant donn� la fa�on dont j'ai obtenu cette cicatrice et le lieu o� cela s'est produit, �a ne semblait pas �tre le genre de chose que je devrais ignorer. J'ai d'abord pens� que c'�tait � cause du Professeur Rogue, mais j'ai suivi la m�thode exp�rimentale Baconienne, qui consiste � trouver les conditions provoquant la pr�sence d'un ph�nom�ne ainsi que celles qui provoquent son absence, et j'ai d�termin� que ma cicatrice me fait mal si et seulement si je fais face � l'arri�re de la t�te du Professeur Quirrell, c'est � dire face � ce qui se trouve sous son turban. Bien que �a <emphasis>puisse</emphasis> �tre quelque chose d'inoffensif, je pense que nous devrions provisoirement supposer le pire : que c'est Vous-Savez-Qui - attendez, n'ayez pas l'air si horrifi�, c'est � vrai dire une opportunit� inestimable -"</p><empty-line/><p>DOSSIERS OMAKE #2 : Fin Alternative � 'Conscience de Soi'</p><p>Le premier omake ci-dessous est directement tir� de ma r�ponse favorite, par Meteoricshipyards. Le second est bas� sur la suggestion de Kazuma pour "ce qui n'est jamais arriv� avant", le troisi�me sur un m�lange de yoyoente et dougal74, le quatri�me sur la critique du chapitre 10 par wolf550. AJOUT� : Celui qui commence par un 'K' et celui juste au-dessus sont de DarkHeart81. Les autres sont de moi. Toute personne d�sirant reprendre une de mes id�es et la d�velopper, particuli�rement la derni�re, est invit�e � le faire.</p><p>Note pr�liminaire de l'auteur : avant que je ne re�oive 100 complaintes indign�es, oui, je suis parfaitement au courant du fait que le corps l�gislatif du Royaume-Uni est la Chambre des Communes du Parlement.</p><empty-line/><p>Une fois qu'il y eut un peu plus de silence dans la pi�ce, Harry s'assit sur le tabouret et pla�a <emphasis>pr�cautionneusement</emphasis> l'artefact t�l�pathique vieux de 800 ans et fait de magie oubli�e...</p><p>...pensant, aussi fort qu'il le pouvait : <emphasis>Ne me trie pas tout de suite ! J'ai des questions qu'il faut que je te pose ! Ai-je jamais �t� Oubliett� ? As-tu tri� le Seigneur des T�n�bres quand il �tait enfant et peux-tu me parler de ses faiblesses ? Peux-tu me dire pourquoi j'ai eu la baguette s�ur de celle du Seigneur des T�n�bres ? Le fant�me du Seigneur des T�n�bres est-il reli� � ma cicatrice et est-ce pour �a que je me mets parfois en col�re ? Ce sont les questions les plus importantes, mais si tu as un moment de plus peux tu me dire quelque chose sur la fa�on dont je pourrais red�couvrir les magies perdues qui t'ont cr��s ?</emphasis></p><p>Et le Choixpeau Magique r�pondit : <emphasis>"Non. Oui. Non. Non. Oui et non, la prochaine fois ne pose pas de doubles questions. Non." </emphasis>et haut et fort : "SERDAIGLE !"</p><empty-line/><p>"<emphasis>Oh l�. �a n'�tait jamais arriv� avant..."</emphasis></p><p><emphasis>Quoi ?</emphasis></p><p>"<emphasis>Je suis allergique � ton shampoing -"</emphasis></p><p>Et le Choixpeau Magique �ternua d'un puissant "A-TCHOUM!" qui fit �cho tout autour du Grand Hall.</p><p>"Bien!" s'�cria Dumbledore d'un ton jovial. "Il semble que Harry Potter a �t� tri� dans la nouvelle Maison de Atchoum ! McGonagall, vous serez Directrice de la Maison Atchoum. Vous devriez vous d�p�cher de prendre les dispositions n�cessaires pour le curriculum et les classes de Atchoum, demain est le premier jour !"</p><p>"Mais, mais, mais," b�gaya McGonagall, son esprit dans un d�sarroi presque total, "qui sera Directeur de la Maison Gryffondor ?" C'�tait tout ce qu'elle avait pu trouver, il <emphasis>fallait</emphasis> qu'elle arr�te �a d'une fa�on ou d'une autre...</p><p>Dumbledore posa un doigt sur sa joue et prit un air pensif. "Severus."</p><p>Le hurlement de protestation de Rogue noya celui de McGonagall : "Alors qui sera Directeur de <emphasis>Serpentard</emphasis> ?"</p><p>"Hagrid."</p><empty-line/><p><emphasis>Ne me trie pas tout de suite ! J'ai des questions qu'il faut que je te pose ! Ai-je jamais �t� Oubliett� ? As-tu tri� le Seigneur des T�n�bres quand il �tait enfant et peux-tu me parler de ses faiblesses ? Peux-tu me dire pourquoi j'ai eu la baguette s�ur de celle du Seigneur des T�n�bres ? Le fant�me du Seigneur des T�n�bres est-il reli� � ma cicatrice et est-ce pour �a que je me mets parfois en col�re ? Ce sont les questions les plus importantes, mais si tu as un moment de plus peux tu me dire quelque chose sur la fa�on dont je pourrais red�couvrir les magies perdues qui t'ont cr��s ?</emphasis></p><p>Il y eut une br�ve pause.</p><p><emphasis>All� ? Dois-je r�p�ter les questions ?</emphasis></p><p>Le Choixpeau Magique hurla, un horrible son suraigu qui se r�percuta � travers le Grand Hall et poussa la plupart des �tudiants � plaquer leurs mains sur leurs oreilles. Avec un miaulement d�sesp�r�, il sauta de la t�te de Harry Potter et rebondit sur le sol en se poussant avec ses bords, et parvint � mi-chemin de la table d'honneur avant d'exploser.</p><empty-line/><p>"SERPENTARD !"</p><p>En voyant l'air horrifi� sur le visage de Harry, Fred Weasley pensa plus vite qu'il n'avait jamais pens� de sa vie. D'un seul mouvement il fit jaillir sa baguette, chuchota <emphasis>"Silencio"</emphasis>, puis <emphasis>"Changemavoixyo !"</emphasis> et finalement <emphasis>"Ventriloquo !"</emphasis></p><p>"Je rigole !" dit Fred Weasley. "GRYFFONDOR !"</p><empty-line/><p>"<emphasis>Oh l�. �a n'�tait jamais arriv�..."</emphasis></p><p><emphasis>Quoi ?</emphasis></p><p>"<emphasis>Pour de telles questions, je te redirigerais d'ordinaire vers le Directeur qui pourrait alors me les reposer si il le souhaitait. Mais certaines des informations que tu as demand�es ne sont pas seulement au-dessus de ton niveau utilisateur mais aussi au-dessus du sien.</emphasis></p><p><emphasis>Comment puis-je augmenter mon niveau utilisateur ?</emphasis></p><p>"<emphasis>J'ai peur de ne pas pouvoir r�pondre � cette question avec ton niveau utilisateur actuel."</emphasis></p><p><emphasis>Quelles </emphasis>sont<emphasis> mes options � ce niveau d'utilisateur ?</emphasis></p><p>Apr�s �a, il ne fallut pas longtemps -</p><p>"ROOT !"</p><empty-line/><p>"<emphasis>Oh l�. �a n'�tait jamais arriv� avant..."</emphasis></p><p><emphasis>Quoi ?</emphasis></p><p>"<emphasis>J'ai eu � dire � des �tudiantes qu'elles �taient m�res - �a te briserait le c�ur de savoir ce que j'ai vu dans leurs esprits - mais c'est la premi�re fois que je dois dire � quelqu'un qu'il est p�re."</emphasis></p><p><emphasis>QUOI ?</emphasis></p><p>"<emphasis>Draco Malfoy porte ton enfant."</emphasis></p><p><emphasis>QUOOOOOI ?</emphasis></p><p>"<emphasis>Je r�p�te : Draco Malfoy porte ton enfant."</emphasis></p><p><emphasis>Mais nous n'avons que onze -</emphasis></p><p>"<emphasis>En fait Draco a secr�tement treize ans."</emphasis></p><p><emphasis>M-m-mais les hommes ne peuvent pas tomber enceint -</emphasis></p><p>"<emphasis>Et est une fille sous ces v�tements."</emphasis></p><p><emphasis>MAIS NOUS N'AVONS JAMAIS FAIT L'AMOUR, ESPECE D'IDIOT !</emphasis></p><p>"<emphasis>ELLE T'A OUBLIETT� APRES LE VIOL, IMBECILE !"</emphasis></p><p><emphasis>Harry Potter s'�vanouit. Son corps inconscient tomba du tabouret avec un bruit sourd.</emphasis></p><p>"<emphasis>SERDAIGLE !" dit le Choixpeau depuis le dessus de la t�te de Harry. �a avait �t� encore plus dr�le que sa premi�re id�e.</emphasis></p><empty-line/><p>"<emphasis>ELFE !"</emphasis></p><p><emphasis>Hein ? Harry se souvint avoir entendu Draco mentionner une 'Maison Elfe', mais c'�tait quoi exactement ?</emphasis></p><p><emphasis>� en juger par les regards constern�s autour de lui, ce n'�tait rien de bon -</emphasis></p><empty-line/><p>"<emphasis>PANCAKES !"</emphasis></p><empty-line/><p>"<emphasis>D�PUT�S !"</emphasis></p><p>"<emphasis>Oh l�. �a n'�tait jamais arriv�..."</emphasis></p><p><emphasis>Quoi ?</emphasis></p><p>"<emphasis>Je n'ai jamais Tri� quelqu'un qui �tait une r�incarnation de Godric Gryffondor ET de Salazar Serpentard ET de Naruto."</emphasis></p><empty-line/><p>"ATR�IDES !"</p><empty-line/><p>"Je t'ai encore eu ! POUFSOUFFLE ! SERPENTARD ! POUFSOUFFLE !"</p><empty-line/><p>"FRAISES MARIN�ES !"</p><empty-line/><p>"KHAAANNNN !"</p><empty-line/><p>A la table d'honneur, Dumbledore continuait de sourire avec bienveillance ; de petits bruits m�talliques �manaient parfois de Rogue alors qu'il compactait paresseusement les restes tordus de ce qui avait un jour �t� une lourde coupe � vin en argent ; et McGonagall serrait le podium avec une force qui faisait blanchir ses doigts, sachant que le chaos contagieux de Harry Potter avait, d'une fa�on ou d'une autre, infect� le Choixpeau Magique lui-m�me.</p><p>L'esprit de Minerva jouait sc�nario apr�s sc�nario, chacun pire que le pr�c�dent. Le Choixpeau dirait que Harry �tait trop parfaitement �quilibr� entre les Maisons pour �tre Tri�, et d�ciderait qu'il appartenait � toutes � la fois. Le Choixpeau dirait que l'esprit de Harry �tait trop �trange pour �tre Tri�. Le Choixpeau demanderait � ce que Harry soit exclut de Poudlard. Le Choixpeau tomberait dans le coma. Le Choixpeau insisterait qu'une toute nouvelle Maison du Destin soit cr��e juste pour accommoder Harry Potter, ou quelque chose du genre, et <emphasis>Dumbledore la forcerait � le faire...</emphasis></p><p>Minerva se souvint de ce que Harry lui avait dit lors du d�sastreux voyage au Chemin de Traverse, au sujet de... l'illusion de la planification, il lui semblait que c'�tait �a... et que les gens �taient g�n�ralement trop optimistes, m�me quand ils pensaient �tre pessimistes. C'�tait le genre d'information qui rongeait votre esprit, y demeurait, et mettait en routes des cauchemars...</p><p>Quel �tait le <emphasis>pire</emphasis> qui puisse arriver ?</p><p>Eh bien... dans le <emphasis>pire des cas possibles</emphasis>, le Choixpeau placerait Harry dans une toute nouvelle Maison. Dumbledore insisterait pour qu'elle le fasse - cr�er une toute nouvelle maison juste pour lui - et elle devrait r�arranger les horaires des classes le premier jour du trimestre. Et Dumbledore lui enl�verait son poste de Directrice de Gryffondor, et le donnerait �... Professeur Binns, le fant�me d'Histoire ; et elle serait assign�e � la direction de la Maison du Destin de Harry ; et elle essaierait futilement de lui donner des ordres, d�duisant point apr�s point sans que cela n'ait aucun effet tandis qu'on la bl�merait, d�sastre apr�s d�sastre.</p><p>Quel �tait le pire des cas possibles ?</p><p>Minerva ne voyait sinc�rement pas comment �a pourrait �tre pire que �a.</p><p>Et m�me dans le pire des cas - <emphasis>quoi</emphasis> qu'il arrive � Harry - tout serait fini dans sept ans.</p><p>Minerva sentit ses doigts se d�tendre lentement de leur prise sur le podium. Harry avait eu raison, c'�tait r�confortant, en quelque sorte, de regarder directement les profondeurs les plus lointaines de l'abysse, en sachant que vous vous �tiez confront�e � vos pires peurs et y �tiez maintenant pr�par�e.</p><p>Le silence effray� fut bris� par un unique mot.</p><p>"Directeur !" dit le Choixpeau Magique.</p><p>� la table d'honneur, Dumbledore se leva, le visage perplexe. "Oui ?" dit-il au Choixpeau. "Qu'y a-t-il ?"</p><p>"Je ne m'adressais pas � vous," dit le Choixpeau. "Je Triais Harry Potter dans le lieu de Poudlard qui lui correspond le mieux, c'est � dire le bureau du Directeur -"</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 12*: Contr�le des pulsions</strong></p><p>ph'nglui mglw'nafh J. K. Rowling wgah'nagl fhtagn</p><empty-line/><p>"<emphasis>Je me demande ce qui cloche chez </emphasis>lui<emphasis>"</emphasis></p><empty-line/><p>"Turpin, Lisa !"</p><p>Chuchotement chuchotement chuchotement harry potter chuchotement chuchotement serpentard chuchotement chuchotement non s�rieusement c'est quoi cette histoire chuchotement chuchotement</p><p>"SERDAIGLE !"</p><p>Harry se joignit aux applaudissements accueillaient la jeune fille qui, les bordures de ses robes maintenant bleu fonc�, marchait timidement vers la table de Serdaigle. Lisa Turpin avait l'air partag�e entre son d�sir de s'asseoir aussi loin de Harry Potter que possible et son d�sir de courir vers lui, de s'ins�rer de force � cot� de lui, et de commencer � lui arracher des r�ponses.</p><p>�tre au centre d'un �v�nement extraordinaire et curieux pour �tre ensuite Tri� � la Maison Serdaigle se rapprochait beaucoup d'�tre tremp� dans de la sauce barbecue et jet� dans une fosse pleine de chatons affam�s.</p><p>"J'ai promis au Choixpeau Magique de ne pas en parler," chuchota Harry pour la �ni�me fois.</p><p>"Oui, vraiment."</p><p>"Non, j'ai vraiment promis au Choixpeau Magique de ne pas en parler."</p><p>"Tr�s bien, j'ai promis au Choixpeau Magique de ne pas parler de <emphasis>presque tout</emphasis> et le reste est <emphasis>priv�</emphasis> tout comme �a l'�tait pour <emphasis>toi</emphasis> alors <emphasis>arr�te de me poser la question</emphasis>."</p><p>"Tu veux savoir ce qui s'est pass� ? Tr�s bien ! Voil� une partie de ce qui s'est pass� ! J'ai dit au Choixpeau que le Professeur McGonagall le mena�ait de lui mettre le feu et il a dit au Professeur McGonagall qu'elle �tait une jeune impudente et qu'elle devrait d�guerpir de sa pelouse !"</p><p>"Si tu ne vas pas croire ce que je dis alors <emphasis>pourquoi est-ce que tu me poses la question</emphasis> !"</p><p>"Non, je ne sais pas non plus comment j'ai vaincu le Seigneur des T�n�bres ! Pr�viens-moi si tu d�couvres comment !"</p><p>"<emphasis>Silence !"</emphasis> cria le Professeur McGonagall depuis le podium de la table d'honneur. "<emphasis>Pas de discussions avant la fin de la C�r�monie de Triage !"</emphasis></p><p>Le volume sonore s'estompa bri�vement pendant que chacun attendait de voir si elle allait faire des menaces cr�dibles, puis les chuchotements reprirent � nouveau.</p><p>Dumbledore se leva, souriant chaleureusement.</p><p>Silence instantan�. Quelqu'un donna des coups de coude fr�n�tiques � Harry tandis qu'il continuait de chuchoter, et Harry se coupa � mi-phrase.</p><p>Dumbledore se rassit.</p><p><emphasis>Note � moi-m�me : On ne plaisante pas avec Dumbledore.</emphasis></p><p>Harry essayait encore de dig�rer tout ce qui avait eu lieu durant l'Incident avec le Choixpeau Magique. Et le moindre de ces myst�res n'�tait pas ce qui s'�tait pass� � l'instant o� Harry avait enlev� le Choixpeau de sa t�te ; il avait alors entendu un l�ger murmure qui ne semblait venir de nulle part, quelque chose qui sonnait �trangement Anglais tout en �tant un sifflement, quelque chose qui avait dit : <emphasis>"Ssalutations de Sserpentard � Sserpentard : si tu veux chercher mes ssecrets, parle � mon sserpent."</emphasis></p><p>Harry devinait vaguement que ce n'�tait pas cens� faire partie du processus de Triage officiel. Et que c'�tait un bout de magie suppl�mentaire mis en place par Salazar Serpentard pendant la fabrication du Choixpeau. Et que le Choixpeau lui-m�me n'�tait pas au courant. Et que �a avait �t� d�clench� quand le Choixpeau avait dit "SERPENTARD !", et peut-�tre que d'autres conditions avaient �t� satisfaites. Et qu'un Serdaigle tel que lui n'�tait <emphasis>vraiment, vraiment pas cens� l'avoir entendu.</emphasis> Et que si il pouvait trouver une fa�on s�re de faire jurer le secret � Draco pour qu'il puisse l'interroger � ce sujet, ce serait un moment parfait pour boire de l'Arrive-Th�.</p><p><emphasis>Jeune gar�on, tu te r�sous � ne pas suivre le chemin d'un Seigneur des T�n�bres</emphasis></p><p><emphasis>et l'univers commence � jouer avec toi � l'instant o� le Choixpeau quitte ta t�te. Il y a des jours o� �a ne paie pas de se battre contre le destin. Peut-�tre que j'attendrai jusqu'� demain avant de mettre en pratique ma r�solution de ne pas devenir un Seigneur des T�n�bres.</emphasis></p><p>"GRYFFONDOR !"</p><p>Ron Weasley re�u <emphasis>beaucoup</emphasis> d'applaudissements, et pas seulement de Gryffondor. La famille Weasley �tait apparemment tr�s aim�e par ici. Apr�s un moment, Harry sourit et commen�a � applaudir avec les autres.</p><p>Mais apr�s tout, il n'y avait pas de meilleur jour qu'aujourd'hui pour se d�tourner du C�t� Obscur.</p><p>Que l'univers et le destin aillent se faire voir. Il en ferait voir au Choixpeau.</p><p>"Zabini, Blaise !"</p><p>Pause.</p><p>"SERPENTARD !" cria le chapeau.</p><p>Harry applaudit aussi Zabini, ignorant les �tranges coups d'�il qu'il recevait de la part de tout le monde, y compris de Zabini.</p><p>Aucun autre nom ne fut appel� apr�s �a, et Harry se rendit compte que "Zabini, Blaise" avait l'air proche de la fin de l'alphabet. G�nial, maintenant il avait applaudit <emphasis>seulement</emphasis> Zabini... oh, tant pis.</p><p>Dumbledore se leva � nouveau et commen�a � se diriger vers le podium. Apparemment ils allaient se voir offrir un discours -</p><p>Et Harry fut frapp� par l'inspiration, celle d'un test exp�rimental <emphasis>brillant</emphasis>.</p><p>Hermione avait dit que Dumbledore �tait le plus puissant des sorciers, non ?</p><p>Harry mit sa main dans sa bourse et chuchota : "Arrive-Th�".</p><p>Pour que l'Arrive-Th� fonctionne, il faudrait qu'il fasse dire � Dumbledore quelque chose de <emphasis>tellement</emphasis> ridicule que m�me dans l'�tat de pr�paration mentale de Harry il s'�tranglerait <emphasis>malgr� tout</emphasis>. Du genre : aucun �tudiant de Poudlard ne pourrait porter de v�tement de l'ann�e, ou sinon tout le monde serait transform� en chats.</p><p>Mais apr�s tout si <emphasis>quelqu'un dans ce monde</emphasis> pouvait r�sister au pouvoir de l'Arrive-Th�, ce serait Dumbledore. Donc si �a marchait, l'Arrive-Th� �tait litt�ralement <emphasis>invincible</emphasis>.</p><p>Harry d�capsula l'Arrive-Th� sous la table, voulant agir discr�tement. La canette fit un petit son de sifflement. Quelques t�te se d�tourn�rent vers lui, mais se retourn�rent bient�t vers -</p><p>"Bienvenue ! Bienvenue � Poudlard en cette nouvelle ann�e !" dit Dumbledore, rayonnant sur les �tudiants avec ses bras grands ouverts, comme si rien n'aurait pu lui faire plus plaisir que de tous les voir ici.</p><p>Harry prit une premi�re gorg�e d'Arrive-Th� et abaissa la canette. Il avalerait le soda petit � petit et essaierait de ne pas s'�trangler <emphasis>quoi que dise Dumbledore</emphasis> -</p><p>"Avant que nous ne commencions notre banquet, je voudrais dire quelques mots. Et les voici : Content content boum boum mar�cage mar�cage mar�cage ! Merci !"</p><p>Tout le monde applaudit et acclama, et Dumbledore se rassit.</p><p>Harry �tait assis, fig�, tandis que le soda ruisselait le long des coins de sa bouche. Il avait au moins r�ussi � s'�trangler <emphasis>discr�tement</emphasis>.</p><p>Il n'aurait vraiment vraiment <emphasis>vraiment</emphasis> pas d� faire �a. Incroyable � quel point �a devenait bien <emphasis>plus �vident</emphasis>, <emphasis>une seconde</emphasis> apr�s qu'il soit <emphasis>trop tard</emphasis>.</p><p>R�trospectivement, il aurait probablement d� remarquer que quelque chose n'allait pas lorsqu'il avait pens� � la possibilit� que tout le monde soit transform� en chats... ou m�me avant �a, se rappelant sa note mentale disant qu'il ne fallait pas plaisanter avant Dumbledore... ou sa r�solution d'accorder plus de consid�ration aux autres... ou peut-�tre si il avait eu <emphasis>un seul fragment de sens commun</emphasis>...</p><p>C'�tait sans espoir. Il �tait corrompu jusqu'au c�ur. Gloire au Seigneur des T�n�bres Harry. On ne pouvait pas combattre le destin.</p><p>Quelqu'un demanda � Harry si il allait bien. (Les autres commen�aient � se servir de nourriture, qui �tait magiquement apparue sur la table, wahou.)</p><p>"Je vais bien," dit Harry. "Excuse moi. Euh. �tait-ce un... discours <emphasis>normal </emphasis>pour le directeur ? Vous n'aviez...pas l'air...tr�s surpris..."</p><p>"Oh, Dumbledore est clairement d�ment" dit un Serdaigle � l'air plus ag� qui s'�tait assis � cot� de lui et s'�tait pr�sent� avec un quelconque pr�nom que Harry n'allait certainement pas se rappeler. "Tr�s amusant, incroyablement puissant, mais compl�tement cingl�." Il marqua une pause. "Plus tard j'aimerais te demander pourquoi un fluide vert est sorti de tes l�vres et a ensuite disparu, m�me si je m'attends � ce que tu aie promis au Choixpeau Magique de ne pas parler de �a non plus."</p><p>Avec un grand effort, Harry s'emp�cha de baisser les yeux vers l'incriminante canette d'Arrive-Th� qu'il avait en main.</p><p>Apr�s tout, l'Arrive-Th� n'avait pas arbitrairement <emphasis>mat�rialis�</emphasis> une gros titre du Chicaneur au sujet de Draco et lui. Draco l'avait expliqu� d'une fa�on qui donnait l'impression que tout avait eu lieu... naturellement ? Comme si l'Arrive-Th� avait <emphasis>alt�r� l'histoire pour que tout concorde ?</emphasis></p><p>Harry s'imagina se frapper le front contre la table. <emphasis>Bam, bam, bam</emphasis> faisait sa t�te dans son esprit.</p><p>Un autre �tudiant baissa sa voix jusqu'au niveau d'un chuchotement. "J'ai entendu dire que Dumbledore �tait secr�tement un cerveau g�nial qui contr�lait beaucoup de choses et qu'il utilisait sa folie comme couverture pour que personne ne puisse le soup�onner."</p><p>"J'ai entendu �a aussi," chuchota un troisi�me �tudiant, et il y eut des hochements de t�te furtifs tout autour de la table.</p><p>�a ne pouvait qu'attirer l'attention de Harry.</p><p>"Je vois," chuchota Harry, baissa sa voix � son tour. "Donc tout le monde sait que Dumbledore est secr�tement un cerveau."</p><p>La plupart des �tudiants acquiesc�rent. Un ou deux sembl�rent soudain pensifs, y compris l'�tudiant plus �g� assis � cot� de Harry.</p><p><emphasis>�tes vous certains que c'est la table des Serdaigle ?</emphasis> Harry parvint � ne pas poser cette question tout haut.</p><p>"Brillant !" chuchota Harry. "Si tout le monde le sait, personne ne soup�onnera que c'est un secret !"</p><p>"Exactement," chuchota un �tudiant, puis il fron�a les sourcils. "Attends, �a n'a pas l'air de coller -"</p><p><emphasis>Note � moi-m�me : Le 75�me centile des �tudiants de Poudlard, c'est � dire la Maison Serdaigle, n'est pas le programme pour enfants surdou�s le plus exclusif au monde.</emphasis></p><p>Mais au moins il avait apprit un fait important aujourd'hui. L'Arrive-Th� �tait omnipotent. Et <emphasis>�a</emphasis> voulait dire...</p><p>Harry cligna des yeux de surprise alors que son esprit faisait le lien �vident.</p><p>...<emphasis>�a</emphasis> voulait dire que d�s qu'il aurait appris un sort permettant d'alt�rer temporairement son sens de l'humour, il pouvait faire survenir <emphasis>n'importe quoi</emphasis> en faisant en sorte de ne trouver <emphasis>qu'une seule chose</emphasis> suffisamment surprenante pour s'�trangler en la voyant avoir lieu, puis en buvant une canette d'Arrive-Th�.</p><p><emphasis>Eh bien c'�tait un court voyage vers la divinit�. M�me moi je m'attendais � ce que �a prenne plus longtemps que mon premier jour d'�cole</emphasis>.</p><p>Maintenant qu'il y pensait, il avait aussi compl�tement saccag� Poudlard en dix minutes de Triage.</p><p>Harry ressentait un certain regret � cette pens�e - Merlin seul savait ce qu'un Directeur fou allait faire � ses sept prochaines ann�es de scolarit� - mais il ne pouvait � la fois <emphasis>s'emp�cher</emphasis> de ressentir un tiraillement de fiert�.</p><p>Demain. Pas plus tard que demain, au plus tard, allait-il s'arr�ter d'avancer sur le chemin qui menait � Seigneur des T�n�bres Harry. Une perspective qui semblait plus effrayante minute apr�s minute.</p><p>Et pourtant, �trangement, de plus en plus attrayante. Une partie de son esprit visualisait d�j� les uniformes de laquais.</p><p>"Mange," grogna l'�tudiant plus �g� assis � cot� de lui, et il le frappa dans les c�tes. "Ne pense pas. Mange."</p><p>Harry chargea automatiquement son assiette avec ce qui se trouvait en face de lui, des saucisses bleues avec des petits morceaux brillants, wahou.</p><p>"A quoi pensais-tu, le Triage -" commen�a Padma Patil, l'un des Serdaigles de premi�re ann�e.</p><p>"On n'importune pas pendant les repas !" dit un chorus d'au moins trois personnes. "R�gle de Maison !" ajouta un autre. "Autrement nous mourrions tous de faim."</p><p>Harry d�couvrit qu'il esp�rait vraiment, <emphasis>vraiment vraiment</emphasis> que sa nouvelle id�e astucieuse ne fonctionne pas <emphasis>vraiment</emphasis>. Et que l'Arrive-Th� fonctionne d'une autre fa�on et qu'il n'ait pas <emphasis>vraiment</emphasis> l'omnipotent pouvoir d'alt�rer la r�alit�. Non pas qu'il ne <emphasis>veuille</emphasis> pas devenir omnipotent. C'�tait juste qu'il ne pouvait supporter l'id�e de vivre dans un univers qui fonctionnait vraiment comme �a. Il y avait quelqu'un chose d'indigne dans le fait de s'�lever gr�ce � l'utilisation intelligente d'une boisson gazeuse.</p><p>Mais il <emphasis>allait</emphasis> le v�rifier exp�rimentalement.</p><p>"Tu sais," dit d'un ton aimable l'�tudiant plus �g� assis � cot� de lui, "nous avons un syst�me pour forcer les gens comme toi � manger, veux-tu d�couvrir de quoi il s'agit ?"</p><p>Harry laissa tomber et commen�a � manger sa saucisse bleue. C'�tait plut�t bon, surtout les morceaux brillants.</p><p>Le d�ner s'acheva avec une rapidit� surprenante. Harry essaya de conserver un �chantillon d'au moins une petite partie de toutes les nouvelles nourritures �tranges qu'il avait vues. Sa curiosit� ne supportait pas l'id�e de <emphasis>ne pas savoir</emphasis> quel �tait le go�t de quelque chose. Dieu merci ce n'�tait pas un restaurant ou vous deviez commander un seul plat et o� vous ne sauriez jamais le go�t de toutes les autres choses qui �taient sur le menu. Harry <emphasis>d�testait</emphasis> �a, c'�tait comme une chambre de torture destin�e � quiconque avait une �tincelle de curiosit� : <emphasis>D�couvres un seul des myst�res sur la liste, ha ha ha !</emphasis></p><p>Puis ce fut l'heure du dessert, pour lequel Harry avait compl�tement oubli� de laisser de la place. Il abandonna apr�s avoir �chantillonn� un petit morceau de tarte � la m�lasse. Toutes ces choses allaient certainement repasser au moins une fois avant la fin de l'ann�e.</p><p>Qu'y avait-il sur sa liste de choses � faire, mis � part les activit�s scolaire habituelles ?</p><p><emphasis>A faire 1. Fais des recherches sur les sorts d'alt�ration de l'esprit pour que tu puisses tester l'Arrive-Th� et voir si tu as vraiment trouv� un chemin menant � l'omnipotence. En fait, fais des recherches sur tous les types de magie de l'esprit que tu pourras trouver. L'esprit est la fondation de notre pouvoir en tant qu'humains, donc toute magie l'affectant est la plus importante des magies.</emphasis></p><p><emphasis>A faire 2. En fait, c'est 'A faire 1' et l'autre est 'A faire 2'. Parcours les biblioth�ques de Poudlard et de Serdaigle, familiarise-toi avec le syst�me et assure toi que tu as au moins lu tous les titres de livres. Deuxi�me passage : lire toutes les tables des mati�res. Coordonne-toi avec Hermione qui a une m�moire bien meilleure que la tienne. Vois si il y a un syst�me d'emprunt inter-biblioth�que � Poudlard et vois si vous pouvez tous les deux, surtout Hermione, visiter aussi ces biblioth�ques. Si d'autres Maisons ont des biblioth�ques priv�es, d�couvre comment y acc�der l�galement ou comment t'y introduire.</emphasis></p><p><emphasis>Option 3a : Fais jurer le secret � Hermione et commence les recherches sur 'De Serpentard � Serpentard : si tu veux chercher mes secrets, parle � mon serpent.' Probl�me : �a a l'air hautement confidentiel, et �a pourrait prendre un moment avant de tomber par hasard sur un livre contenant un indice.</emphasis></p><p><emphasis>A faire 0 : Cherche quelles sortes de sorts de recherche-et-obtention-d'information existent ; si il y en a. La magie de biblioth�ques n'est pas aussi importante que la magie de l'esprit mais elle a une priorit� bien plus �lev�e.</emphasis></p><p><emphasis>Option 3b : Chercher un sort pouvant lier Draco � un secret, ou v�rifier de fa�on magique la sinc�rit� de la promesse de Draco de garder un secret (Veritaserum ?), puis l'interroger sur le message de Serpentard...</emphasis></p><p>A vrai dire... Harry avait un mauvais pressentiment au sujet de l'option 3b.</p><p>Maintenant qu'il y r�fl�chissait, il ne sentait pas trop l'option 3a non plus.</p><p>Les pens�es de Harry revinrent au pire moment de sa vie jusqu'� ce jour, ces longues secondes d'horreur glaceuses de sang sous le Choixpeau, quand il pensait avoir d�j� �chou�. Il avait souhait� revenir de quelques minutes dans le pass� et changer quelque chose, n'importe quoi avant qu'il ne soit trop tard...</p><p>Et il s'�tait r�v�l� qu'il n'�tait apr�s tout pas trop tard.</p><p>V�u exauc�.</p><p>On ne pouvait pas changer l'histoire. Mais on pouvait la r�ussir du premier coup. Faire quelque chose de diff�rent au <emphasis>premier</emphasis> essai.</p><p>Toute cette affaire avec Serpentard, rechercher ses secrets... �a ressemblait horriblement au genre de chose qu'on se rappelerait des ann�es plus tard et au sujet de laquelle on dirait : 'Et c'est <emphasis>l�</emphasis> que les choses ont mal tourn�es.'</p><p>Et il souhaiterai d�s�sp�r�ment avoir la capacit� de revenir dans le temps et de faire un autre choix...</p><p>V�u exauc�. Maintenant quoi ?</p><p>Harry sourit lentement.</p><p>C'�tait une pens�e plut�t <emphasis>contre-intuitive</emphasis>... mais...</p><p>Mais il <emphasis>pourrait</emphasis>, il n'y avait aucune r�gle disant qu'il ne pouvait pas, il <emphasis>pourrait</emphasis> pr�tendre n'avoir jamais entendu ce petit murmure. Laissons l'univers continuer exactement comme il l'aurait fait si ce moment crucial ne s'�tait jamais produit. Vingt ans plus tard, c'est exactement ce qu'il souhaiterait. Et il se trouvait que vingt ans avant vingt ans plus tard, c'�tait maintenant. Modifier le pass� lointain �tait facile du moment qu'on y pensait au bon moment.</p><p>Ou... c'�tait encore <emphasis>plus</emphasis> contre-intuitif... il pourrait m�me en informer, oh, disons <emphasis>le Professeur McGonagall</emphasis>, au lieu de Draco <emphasis>ou</emphasis> Hermione. Et il pourrait r�unir quelques personnes choisies et enlever ce petit sort suppl�mentaire du Choixpeau.</p><p>Mais oui. �a semblait �tre une id�e <emphasis>remarquablement </emphasis>bonne maintenant que Harry y avait <emphasis>pens�</emphasis>.</p><p>Tellement �vidente r�trospectivement, et pourtant, Harry �tait parvenu � ne pas penser aux Options 3c et 3d.</p><p>Harry se d�cerna +1 point dans son programme anti-Seigneur-des-T�n�bres-Harry.</p><p>�a avait �t� un tour terriblement cruel que le Choixpeau lui avait jou�, mais on ne pouvait en discuter les r�sultats en termes cons�quentialistes. Cela dit, �a lui avait certainement donn� une meilleure id�e de ce � quoi pouvait ressembler la perspective d'une victime.</p><p>A faire 4 : s'excuser aupr�s de Neville Londubat.</p><p>Ok, il �tait parti maintenant, il n'avait qu'� continuer comme �a. <emphasis>Et chaque jour, � chaque moment, je deviens plus Pur et plus Pur...</emphasis></p><p>Les gens autour de Harry avaient presque fini de manger � pr�sent, et les plats � desserts commenc�rent � dispara�tre, et les assiettes sales aussi.</p><p>Lorsque toutes les assiettes eurent disparues, Dumbledore se leva � nouveau de son si�ge.</p><p>Harry ne put s'emp�cher de ressentir le besoin de boire un autre Arrive-Th�.</p><p><emphasis>Tu veux RIRE</emphasis>, pensa Harry � l'intention de cette partie de lui-m�me.</p><p>Mais l'exp�rience ne comptait pas si elle n'�tait pas reproduite, n'est-ce pas ? Et les d�g�ts avaient d�j� �t� caus�s, non ? Ne voulait-il pas voir ce qui allait se produire <emphasis>cette</emphasis> fois-ci ? N'�tait-il pas <emphasis>curieux</emphasis> ? Et si il obtenait un diff�rent r�sultat ?</p><p><emphasis>Eh, je parie que tu es la partie de mon cerveau qui m'a pouss� � jouer ce tour � Neville Londubat</emphasis>.</p><p>Euh, peut-�tre ?</p><p><emphasis>Et n'est-ce pas </emphasis>immanquablement<emphasis> �vident que si je fais �a je vais le regretter une seconde apr�s qu'il soit trop tard ?</emphasis></p><p>Ben...</p><p><emphasis>Ouais. Donc, NON.</emphasis></p><p>"Ahem," dit Dumbledore depuis le podium, se passant la main dans sa longue barbe d'argent. "Juste un mot de plus maintenant que nous sommes tous nourris et �tanch�s. J'ai quelques informations de d�but de trimestre � vous donner."</p><p>"Les premi�res ann�es devraient noter que la for�t de ces terres est interdite � tous les �l�ves. C'est pourquoi elle est appel�e la Foret Interdite. Si son acc�s �tait autoris� elle ne serait pas appel�e la For�t Interdite."</p><p>Clair et direct. <emphasis>Note � moi-m�me : La For�t Interdite est interdite.</emphasis></p><p>"M. Rusard, le concierge, m'a demand� de vous rappeler qu'aucune magie ne peut �tre utilis�e entre les classes dans les couloirs. Malheureusement nous savons tous que ce qui <emphasis>devrait �tre</emphasis> et ce qui <emphasis>est</emphasis> sont deux choses diff�rentes. Merci de garder cela � l'esprit."</p><p>Euh...</p><p>"Les essais de Quidditch auront lieu durant la deuxi�me semaine du trimestre. Toute personne d�sirant jouer pour l'�quipe de leur Maison devrait contacter Madame Bibine. Toute personne d�sirant reformuler l'int�gralit� du Quidditch devrait contacter Harry Potter."</p><p>Harry inhala sa propre salive et se lan�a dans une quinte de toux tandis que tous les yeux se tournaient vers lui. Mais comment <emphasis>diable</emphasis> ! Il n'avait jamais crois� les yeux de Dumbledore... du moins il le <emphasis>pensait</emphasis>. Il n'avait alors certainement pas pens� au Quidditch ! Il n'en avait parl� � personne hormis � Ron Weasley et il ne <emphasis>pensait</emphasis> pas que Ron le dirait quelqu'un d'autre... ou Ron avait-il couru se plaindre aupr�s d'un professeur ? <emphasis>Mais comment...</emphasis></p><p>"De plus, je dois vous dire que cette ann�e, le corridor du troisi�me �tage cot� droit est hors limites pour quiconque ne souhaiterait pas mourir d'une mort tr�s douloureuse. Il est gard� par une s�rie �labor�e de pi�ges dangereux et potentiellement mortels, et il est impossible que vous les franchissiez tous, en particulier si vous �tes en premi�re ann�e."</p><p>Harry ne ressentait plus rien � ce stade.</p><p>"Et finalement je pr�sente mes plus profonds remerciements au Professeur Quirinus Quirrell pour avoir h�ro�quement accept� d'assumer la charge de Professeur de D�fense contre les Forces du Mal de Poudlard." Dumbledore balaya les �tudiants d'un regard scrutateur. "J'esp�re que tous les �tudiants pr�senteront au professeur Quirrell la plus grande des courtoisies ainsi que la plus grande <emphasis>tol�rance</emphasis> due au service extraordinaire qu'il rend � vous ainsi qu'� cette �cole, et que vous<emphasis> ne nous importunerez pas </emphasis>de <emphasis>plaintes t�tillonnes</emphasis> le concernant, � moins que <emphasis>vous</emphasis> ne vouliez essayer de faire son travail."</p><p>De <emphasis>quoi</emphasis> pouvait-il bien parler ?</p><p>"Je c�de maintenant la place au Professeur Quirrell, qui souhaiterait dire quelques mots."</p><p>Le jeune homme mince et nerveux que Harry avait rencontr� au Chaudron Baveur progressait lentement jusqu'au podium, jetant des regards apeur�s dans toutes les directions. Harry entrevit l'arri�re de sa t�te, et il semblait que le Professeur Quirrell devenait d�j� chauve en d�pit de sa jeunesse apparente.</p><p>"Je me demande ce qui cloche chez <emphasis>lui</emphasis>," murmura l'�tudiant � l'air plus �g� assis � cot� de Harry. D'autres commentaires similaires furent discr�tement �chang�s le long de la table.</p><p>Le Professeur Quirrell progressa jusqu'au podium et se tint l�, clignant des yeux. "Ah..." dit-il. "Ah..." puis son courage sembla l'avoir totalement abandonn�, et il se tint l� silencieux, pris d'un tremblement occasionnel.</p><p>"Oh, g�nial," chuchota l'�tudiant plus �g�, "on dirait que voil� une <emphasis>longue</emphasis> ann�e de cours de D�fense -"</p><p>"Salutations, mes jeunes apprentis," dit le Professeur Quirrell d'un ton sec et assur�. "Nous savons tous que Poudlard a une certaine tendance � <emphasis>l'infortune</emphasis> dans ses choix pour ce poste, et nul doute que nombreux sont ceux qui parmi vous se demandent d�j� quelle mal�diction s'abattra sur moi cette ann�e. Je vous assure qu'aucune mal�diction ne m'incapacitera." Il sourit avec finesse. "Croyez-le ou non, j'ai depuis longtemps d�sir� m'essayer au poste de Professeur de D�fense contre les Forces du Mal, ici � l'�cole des Sorciers de Poudlard. Le premier � donner ce cours �tait Salazar Serpentard lui-m�me, et il �tait de coutume jusqu'au quatorzi�me si�cle que les plus grands sorciers de combat de toutes persuasions s'essaient � enseigner ici. Parmi les anciens Professeurs de D�fense se trouvent non seulement le l�gendaire h�ros vagabond Harold Shea mais aussi citation l'imp�rissable fin de citation Baba Yaga, oui, je vois certains d'entre vous frissonner � l'�vocation de son nom bien qu'elle soit morte depuis six cent ans. �a devait �tre int�ressant que d'�tre alors �l�ve � Poudlard, ne pensez-vous pas ?"</p><p>Harry avala p�niblement sa salive, essayant de contenir la soudaine mont�e d'�motion qui l'avait domin�e lorsque le Professeur Quirrell avait commenc� � parler. Les tons pr�cis de sa voix lui rappelaient un conf�rencier d'Oxford, et Harry commen�a � vraiment appr�hender le fait qu'il n'allait pas revoir sa Maman ou son Papa avant No�l.</p><p>"Vous �tes habitu�s � voir le poste de D�fense tenu par des incomp�tents, des vauriens et des malchanceux. Pour quiconque dot� d'un sens de l'Histoire, sa r�putation est tout autre. Tous ceux qui ont enseign� ici ne faisaient pas partie des meilleurs, mais les meilleurs ont tous enseign� � Poudlard. En telle auguste compagnie, et apr�s tant de temps � anticiper ce jour, j'aurais honte de me donner un standard autre que la perfection. Et j'ai donc bien l'intention que chacun de vous se souvienne toujours de cette ann�e comme de celle du <emphasis>meilleur</emphasis> cours de D�fense que vous ayez jamais eu. Ce que vous apprendrez cette ann�e vous servira � jamais et sera une fondation solide pour vos arts de D�fense, qui qu'aient �t� vos enseignants pass�s et futurs.</p><p>L'expression du Professeur Quirrell devint s�rieuse. "Nous avons <emphasis>beaucoup</emphasis> de terrain � rattraper, et peu de temps pour le parcourir. J'ai par cons�quent l'intention de m'�loigner des conventions d'enseignement de Poudlard de plusieurs fa�ons, ainsi que d'introduire des activit�s du soir." Il marqua une pause. "Si ce n'est pas suffisant, je pourrais peut-�tre trouver de nouvelles fa�ons de vous motiver. Vous �tes mes �tudiants depuis longtemps attendus, et vous <emphasis>donnerez</emphasis> le meilleur de vous-m�mes dans mon cours de D�fense depuis longtemps attendu. J'ajouterais bien une terrible menace, comme 'Ou sinon vous souffrirez horriblement', mais ce serait tellement clich�, ne trouvez-vous pas ? Je m'enorgueillis d'�tre plus cr�atif que cela. Merci."</p><p>Et la vigueur et la confiance sembl�rent s'�couler hors du Professeur Quirrell. Sa bouche s'ouvrit toute grande, comme si il s'�tait soudain trouv� face � un public inattendu, et il se retourna vers son si�ge dans un tressaillement convulsif, puis tra�na les pieds jusqu'� celui-ci, vo�t� comme si il �tait sur le point de s'effondrer sur lui-m�me et d'imploser.</p><p>"Il a l'air un peu bizarre," chuchota Harry.</p><p>"Bah," dit l'�tudiant � l'air plus �g�. "T'as encore rien vu."</p><p>Dumbledore revint au podium.</p><p>"Et maintenant," dit Dumbledore, "avant que nous n'allions au lit, chantons la chanson de l'�cole ! Choisissez tous votre air favori et vos paroles favorites, et c'est parti !"</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 13*: Poser les mauvaises questions</strong></p><p>Elen sila J.K. Rowling omentielvo.</p><p>MISE � JOUR : Ne paniquez pas. Je jure solennellement qu'il existe une explication logique, pr�vue, et conforme au canon � tout ce qui se passe dans ce chapitre. C'est un puzzle, vous �tes cens� essay� de le r�soudre, et sinon lisez juste le prochain chapitre.</p><empty-line/><p>"<emphasis>C'est une des �nigmes les plus simples que j'ai jamais entendues."</emphasis></p><empty-line/><p>D�s que Harry ouvrit les yeux, dans le dortoir des gar�ons de premi�re ann�e de Serdaigle, le matin de sa premi�re journ�e compl�te � Poudlard, il sut que quelque chose n'allait pas.</p><p>Tout �tait calme.</p><p><emphasis>Bien trop</emphasis> calme.</p><p>Ah, mais oui... il y avait un charme de Sourdinam lanc� sur le dossier de son lit, contr�lable par un petit curseur glissant, qui �tait la seule raison pour laquelle quiconque pouvait jamais esp�rer s'endormir � Serdaigle.</p><p>Harry se redressa et regarda autour de lui, s'attendant � voir les autres se lever -</p><p>Le dortoir, vide.</p><p>Les lits, froiss�s et d�faits.</p><p>Le soleil, entrant dans la chambre depuis un angle plut�t �lev�.</p><p>Et son r�veil-matin m�canique toujours en marche, mais avec l'alarme d�sactiv�e.</p><p>On l'avait apparemment autoris� � dormir jusqu'� 9h52 du matin. En d�pit de ses meilleurs efforts pour synchroniser sont rythme de sommeil de 26 heures avec l'arriv�e � Poudlard, il n'avait r�ussi � s'endormir qu'aux alentours de 1h du matin. Il avait pr�vu de se lever � 7h du matin avec les autres �l�ves ; il pouvait supporter un l�ger manque de sommeil le premier jour, du moment qu'il recevait un fortifiant magique quelconque avant le lendemain. Mais maintenant il avait rat� le petit d�jeuner. Et son premier cours � Poudlard, Herbologie, avait d�but� une heure et vingt-deux minutes auparavant.</p><p>La col�re se r�veillait en lui, lentement, tr�s lentement. Oh, quel bon petit tour. �teindre son alarme. Augmenter le Sourdinam. Et laisser M. Gros Bonnet Harry Potter rater son premier cours et �tre r�primand� pour son lourd sommeil.</p><p>Quand Harry d�couvrirait qui avait fait �a...</p><p>Non, �a n'aurait pu �tre fait qu'avec la coop�ration des douze autres gar�ons du dortoir de Serdaigle. Ils avaient tous vu sa forme endormie sous les draps. Ils l'avaient tous laiss� dormir jusqu'� apr�s le petit d�jeuner.</p><p>La col�re s'�coula hors de lui et fut remplac�e par de la confusion et par l'horrible sentiment d'avoir �t� bless�. Ils l'<emphasis>aimaient</emphasis>. Avait-il cru. La nuit derni�re, il pensait qu'ils l'aimaient. <emphasis>Pourquoi...</emphasis></p><p>Alors que Harry se levait de son lit, il aper�ut un bout de papier attach� au dossier de son lit, face vers l'ext�rieur.</p><p>Le papier disait :</p><p><emphasis>Mes chers Serdaigles,</emphasis></p><p><emphasis>Ce fut une journ�e particuli�rement longue. Merci de me laisser dormir tard et ne vous en faites pas pour mon petit d�jeuner. Je n'ai pas oubli� le premier cours.</emphasis></p><p><emphasis>Bien � vous,</emphasis></p><p><emphasis>Harry Potter.</emphasis></p><p>Et Harry se tint l�, fig�, tandis que de l'eau glac�e commen�ait � s'�couler le long de ses veines.</p><p>Le papier portait son �criture, trac�e avec son crit�rium.</p><p>Et il ne se souvenait pas l'avoir �crit.</p><p>Et... Harry plissa les yeux pour mieux voir le papier. Et � moins qu'il ne soit en train de se l'imaginer, les mots "Je n'ai pas oubli�" �taient �crits d'une fa�on diff�rente, comme si il essayait de se dire quelque chose... ?</p><p>Avait-il <emphasis>su</emphasis> qu'il allait �tre Oubliett� ? �tait-il rest� debout tard, avait-il commis un crime quelconque ou exerc� une activit� secr�te, avant de... mais il ne <emphasis>connaissait</emphasis> pas le sort Oubliettes... quelqu'un d'autre avait-il... hein...</p><p>Une pens�e lui vint. Si il <emphasis>avait</emphasis> su qu'il allait �tre Oubliett�...</p><p>Toujours en pyjama, Harry fit le tour de lit, parvint � sa malle, appuya son pouce contre le loquet, r�cup�ra sa bourse, y plongea sa main et dit : "Note � moi-m�me."</p><p>Et un autre morceau de papier apparut dans sa main.</p><p>Harry le prit et le fixa. Lui aussi portait son �criture.</p><p>La note disait :</p><p><emphasis>Cher Moi,</emphasis></p><p><emphasis>S'il te pla�t, joue � ce jeu. Tu ne peux y jouer qu'une seule fois dans ta vie. C'est une opportunit� irrempla�able.</emphasis></p><p><emphasis>Code de reconnaissance 927, je suis une pomme de terre.</emphasis></p><p><emphasis>Bien � toi,</emphasis></p><p><emphasis>Toi.</emphasis></p><p>Harry hocha lentement la t�te. "Code de reconnaissance 927, je suis une pomme de terre" �tait en effet le message qu'il avait mis au point - quelque ann�es plus t�t, alors qu'il regardait la t�l�vision - de fa�on � ce que seul lui le connaisse. Au cas o� il devrait d�terminer si une copie de lui-m�me �tait vraiment <emphasis>lui</emphasis>, ou quelque chose du genre. Juste au cas o�. Soyez pr�ts.</p><p>Harry ne pouvait pas faire <emphasis>confiance</emphasis> au message, il aurait pu y avoir d'autres sorts impliqu�s. Mais �a �liminait la possibilit� d'une simple plaisanterie. Il avait certainement �crit cela ; et il ne se rappelait certainement pas l'avoir �crit.</p><p>En regardant le papier, Harry avisa de l'encre visible au travers de la feuille.</p><p>Il la retourna.</p><p>L'autre c�t� disait :</p><p><emphasis>INSTRUCTIONS POUR LE JEU</emphasis></p><p><emphasis>tu ne connais pas les r�gles du jeu</emphasis></p><p><emphasis>tu ne sais pas ce qui est en jeu</emphasis></p><p><emphasis>tu ne connais pas le but du jeu</emphasis></p><p><emphasis>tu ne sais pas qui contr�le le jeu</emphasis></p><p><emphasis>tu ne sais pas comment se termine le jeu</emphasis></p><p><emphasis>Tu d�marres avec 100 points.</emphasis></p><p><emphasis>Commence.</emphasis></p><p>Harry regarda longuement les "instructions". Ce c�t� n'�tait pas manuscrit : l'�criture �tait parfaitement r�guli�re, et donc artificielle. On aurait dit que le message avait �t� �crit par une Plume � Paroles, comme celle qu'il avait achet�e pour prendre dict�e.</p><p>Il n'avait <emphasis>absolument aucune id�e</emphasis> de ce qui �tait en train de se passer.</p><p>Bon... l'�tape num�ro un �tait de s'habiller et de manger. Et peut-�tre d'inverser l'ordre de ces actions. Son estomac lui paraissait plut�t vide.</p><p>Il avait rat� le petit d�jeuner, bien s�r, mais il �tait Pr�t � cette �ventualit� car il l'avait visualis�e � l'avance. Harry mit sa main dans sa bourse et dit "Barre �nerg�tique", s'attendant � obtenir la bo�te de barres �nerg�tiques qu'il avait achet�es avant de partir � Poudlard.</p><p>Ce qui apparut n'avait pas la consistance d'une bo�te de barres �nerg�tiques.</p><p>Lorsque Harry ramena sa main � l'int�rieur de son champ de vision, il vit deux petites barres en sucre - loin d'�tre suffisantes pour un repas - attach�es � une note, et la note �tait �crite de la m�me �criture que les instructions du jeu.</p><p>La note disait :</p><p>TENTATIVES ECHOUEES : -1 POINT</p><p>POINTS ACTUELS : 99</p><p>ETAT PHYSIQUE : ENCORE FAIM</p><p>ETAT MENTAL : CONFUS</p><p>"Gleehhhhh" dit la bouche de Harry sans qu'aucune forme d'intervention ou de d�cision consciente de sa part n'ai lieu.</p><p>Il resta l� environ une minute.</p><p>Une minute plus tard, �a n'avait <emphasis>toujours</emphasis> aucun sens et il n'avait <emphasis>toujours</emphasis> aucune id�e de ce qui se passait et son cerveau n'avait m�me pas <emphasis>commenc�</emphasis> � s'accrocher � la moindre <emphasis>hypoth�se</emphasis>, comme si ses mains mentales �taient encastr�es dans des balles en caoutchouc et qu'il ne pouvait rien saisir.</p><p>Son estomac, qui avait ses propres priorit�s, sugg�ra un petit test exp�rimental.</p><p>"Ah..." dit Harry � la pi�ce vide. "J'imagine que je ne pourrais pas d�penser un point et r�cup�rer ma bo�te de barres �nerg�tiques ?"</p><p>Il n'y eut que du silence.</p><p>Harry mit sa main dans la bourse et dit : "Bo�tes de barres �nerg�tiques."</p><p>Une bo�te qui semblait avoir la bonne forme apparut dans sa main...mais elle �tait trop l�g�re, et elle �tait ouverte, et elle �tait vide, et la note qui y �tait attach�e disait :</p><p>POINTS DEPENSES : 1</p><p>POINTS ACTUELS : 98</p><p>TU AS OBTENU : UNE BOITE DE BARRES ENERGETIQUES</p><p>"J'aimerais d�penser un point et <emphasis>vraiment</emphasis> obtenir les <emphasis>barres �nerg�tiques</emphasis>," dit Harry.</p><p>Silence � nouveau.</p><p>Harry pla�a sa main dans la bourse et dit "barres �nerg�tiques."</p><p>Rien ne vint.</p><p>Harry haussa les �paules avec d�sespoir et se rendit au cabinet de toilettes qu'on lui avait attribu�, situ� pr�s de son lit, afin de prendre ses robes de sorcier du jour.</p><p>Sur le sol du cabinet, sous ses robes, se trouvaient les barres, et une note :</p><p>POINTS DEPENSES : 1</p><p>POINTS ACTUELS : 97</p><p>TU AS OBTENU : 6 BARRES DE GOUTER</p><p>TU PORTES ENCORE : PYJAMAS</p><p>NE MANGE PAS ALORS QUE TU PORTES TES PYJAMAS</p><p>TU AURAS UNE PENALITE PYJAMAS</p><p><emphasis>Et maintenant je sais que celui ou celle qui contr�le ce jeu est dingue</emphasis>.</p><p>"Je devine que ce jeu est contr�l� par Dumbledore," dit Harry haut et fort. Peut-�tre que <emphasis>cette fois</emphasis> il pouvait �tablir un nouveau record de vitesse de compr�hension.</p><p>Silence.</p><p>Mais Harry commen�ait � comprendre la m�thode ; la note serait au prochain endroit o� il regarderait. Alors Harry regarda sous son lit.</p><p>HA ! HA HA HA HA HA !</p><p>HA HA HA HA HA HA !</p><p>HA ! HA ! HA ! HA ! HA ! HA !</p><p>DUMBLEDORE NE CONTROLE PAS LE JEU</p><p>MAUVAISE SUPPOSITION</p><p>TRES MAUVAISE SUPPOSITION</p><p>-20 POINTS</p><p>ET TU PORTES ENCORE TES PYJAMAS</p><p>C'EST TON QUATRIEME COUP</p><p>ET TU PORTES ENCORE TES PYJAMAS</p><p>PENALITE PYJAMAS : -2 POINTS</p><p>POINTS ACTUELS : 75</p><p>Ouaip, Harry �tait foutu. C'�tait son premier jour d'�cole et si on �liminait Dumbledore, il ne connaissait personne qui puisse �tre aussi fou que �a.</p><p>Son corps plus ou moins en pilote automatique, Harry assembla un ensemble de robes et de sous-v�tements, ouvrit le niveau caverne de sa malle (il �tait quelqu'un de tr�s pudique et quelqu'un aurait pu entrer dans le dortoir), s'habilla, et remonta les escaliers pour ranger ses pyjamas.</p><p>Harry marqua une pause avant d'ouvrir le tiroir du cabinet qui contenait ses pyjamas. Si la m�thode fonctionnait encore...</p><p>"Comment puis-je gagner plus de points ?" dit Harry haut et fort.</p><p>Puis il tira le tiroir.</p><p>LES OPPORTUNITES DE FAIRE LE BIEN SONT PARTOUT</p><p>MAIS LES TENEBRES SONT LA OU LA LUMIERE DEVRAIT ETRE</p><p>COUT DE LA QUESTION : 1 POINT</p><p>POINTS ACTUELS: 74</p><p>JOLIS SOUS-VETEMENTS</p><p>C'EST TA MERE QUI LES A CHOISIS ?</p><p>Harry broya la note dans sa main, le visage �carlate et br�lant. L'injure de Draco lui revint. <emphasis>Fils de sang-de-bourbe</emphasis> -</p><p>Il en savait � pr�sent assez pour ne pas le dire tout haut. Il recevrait probablement une P�nalit� de Profanit�.</p><p>Harry s'�quipa de sa bourse en peau de Moke et de sa baguette. Il �plucha l'emballage d'une de ses barres �nerg�tiques et le jeta dans la corbeille de la chambre, o� il tomba par-dessus une Grenouille en Chocolat � peine entam�e, une enveloppe froiss�e et du papier d'emballage rouge et vert. Il mit les autres barres dans sa bourse.</p><p>Il balaya le lieu du regard dans une tentative ultime, d�sesp�r�e, et en d�finitive futile, de trouver des indices.</p><p>Puis Harry quitta le dortoir en mangeant, � la recherche des donjons de Serpentard. Du moins c'est ce � quoi il <emphasis>pensait</emphasis> que la note faisait allusion.</p><p>Essayer de naviguer les couloirs de Poudlard �tait comme... probablement <emphasis>pas</emphasis> aussi terrible que de se promener dans une peinture d'Escher, c'�tait le genre de chose que vous disiez pour l'effet rh�torique plut�t que parce que c'�tait vrai.</p><p>Peu de temps apr�s, Harry se dit qu'en fait, une peinture d'Escher aurait des avantages et des inconv�nients compar� � Poudlard. Inconv�nients : pas de d'orientation coh�rente de la gravitation. Avantages : au moins les escalier ne bougeaient pas <emphasis>PENDANT QU'ON �TAIT ENCORE DESSUS</emphasis>.</p><p>Harry avait initialement grimp� quatre escaliers pour atteindre son dortoir. Apr�s avoir descendu pas moins de douze escaliers sans arriver en vue des donjons, Harry avait conclut que (1) une peinture d'Escher serait <emphasis>du g�teau</emphasis> en comparaison, (2) il �tait incroyablement <emphasis>plus haut</emphasis> dans le ch�teau que lorsqu'il �tait parti, et (3) il �tait si <emphasis>parfaitement</emphasis> perdu qu'il n'aurait pas �t� surpris si, en regardant par la prochaine fen�tre, il avait vu deux lunes dans le ciel.</p><p>Le plan de secours A avait �t� de s'arr�ter et de demander son chemin, mais il semblait y avoir une p�nurie aig�e de promeneurs, comme si ces gueux assistaient aux cours comme ils �taient cens�s le faire, ou quelque chose du genre.</p><p>Plan de secours B...</p><p>"Je suis perdu," dit Harry haut et fort. "Le, euh, l'esprit de Poudlard pourrait-il m'aider ?"</p><p>"Je ne pense pas que ce ch�teau ait un esprit," remarqua une vieille femme dess�ch�e depuis l'un des portraits plac�s sur le mur. "Une vie, peut-�tre, mais pas un esprit."</p><p>Il y eut une br�ve pause.</p><p>"�tes-vous -" dit Harry, puis il se la ferma. � bien y r�fl�chir, non, il n'allait PAS demander au portrait si elle �tait pleinement consciente, au sens d'�tre conscient de sa propre conscience.</p><p>"Je suis Harry Potter," dit sa bouche, plus ou moins en pilote automatique. Et plus ou moins en pilote automatique, Harry tendit sa main au tableau.</p><p>La femme dans le tableau baissa la yeux vers la main et Harry et leva les sourcils.</p><p>La main redescendit lentement jusqu'au flanc de Harry.</p><p>"D�sol�," dit Harry, "je suis un peu nouveau ici."</p><p>"J'avais remarqu�, jeune aigle. O� essayez-vous d'aller ?"</p><p>Harry h�sita. "Je ne suis pas vraiment s�r," dit-il.</p><p>"Alors peut-�tre y �tes-vous d�j�."</p><p>"Ben, quel que soit l'endroit o� <emphasis>j'essaie</emphasis> d'aller, je ne pense pas que ce soit <emphasis>ici</emphasis>..." Harry se la ferma, se rendant soudain compte qu'il avait vraiment l'air d'un idiot. "Laissez-moi r�essayer. Je joue � ce jeu dont je ne connais pas les r�gles -" �a ne marchait pas vraiment non plus. "Bon, troisi�me essai. Je recherche des opportunit�s de faire le bien pour gagner des points, et tout ce que j'ai c'est cet indice sibyllin parlant des t�n�bres se trouvant l� o� la lumi�re devrait �tre, alors j'essayais de descendre mais il semble qu'au lieu de �a je vais vers le haut..."</p><p>La vieille dame dans le portrait le regardait d'un air plut�t sceptique.</p><p>Harry soupira. "Ma vie tend � �tre un peu curieuse."</p><p>"Serait-il correct de dire que vous ne savez pas o� vous essayez d'aller ni m�me pourquoi vous essayez d'y aller ?"</p><p>"<emphasis>Enti�rement</emphasis> correct."</p><p>La vieille femme hocha la t�te. "Je ne suis pas s�re qu'�tre perdu dans le ch�teau soit le plus important de vos probl�mes, jeune homme."</p><p>"Vrai, mais � la diff�rence de mes probl�mes les plus importants, c'est un probl�me que je peux apprendre � r�soudre et <emphasis>waoh</emphasis> cette conversation est en train de devenir une m�taphore de l'existence humaine, je ne m'en �tais pas rendu compte jusqu'� cet instant."</p><p>La dame observa Harry avec appr�ciation. "Vous <emphasis>�tes</emphasis> un excellent jeune aigle. Pendant un instant j'ai commenc� douter. Eh bien, dans ce cas, en r�gle g�n�rale, si vous ne faites que tourner � gauche, vous finirez forc�ment par descendre."</p><p>�a avait l'air familier, mais Harry n'arrivait pas � se souvenir o� il avait entendu �a auparavant. "Euh... vous semblez �tre quelqu'un de tr�s intelligent. Ou l'image de quelqu'un de tr�s intelligent... quoi qu'il en soit, avez-vous entendu parler d'un myst�rieux jeu auquel on ne peut jouer qu'un fois et dont on ne vous dira pas les r�gles ?"</p><p>"La vie," r�pondit imm�diatement la dame. "C'est une des �nigmes les plus simples que j'ai jamais entendu."</p><p>Harry cligna des yeux. "Non," dit-il lentement. "Je veux dire que j'ai eu une vraie note et tout �a, disant que je devais jouer au jeu mais qu'on ne me dirait pas les r�gles, et quelqu'un me laisse ces petits bouts de papier me disant combien de points j'ai perdu pour avoir bris� les r�gles, une p�nalit� de moins deux points pour port de pyjamas par exemple. Connaissez-vous qui que ce soit ici � Poudlard qui soit assez fou et puissant pour faire quelque chose comme �a ? � part Dumbledore, bien s�r ?"</p><p>La dame soupira. "Je ne suis qu'une image, jeune homme. Je me souviens de Poudlard telle que c'�tait - pas tel que c'est. Tout ce que je puis vous dire, c'est que si c'�tait une �nigme, la r�ponse serait que le jeu est la vie, et que bien que nous ne d�cidions pas de toutes les r�gles nous-m�mes, c'est toujours nous-m�mes qui nous d�cernons ou nous �tons des points. Si ce n'est pas une �nigme mais la r�alit� - alors je ne sais pas."</p><p>Harry s'inclina profond�ment devant l'image. "Merci, ma dame."</p><p>La dame lui fit une r�v�rence. "J'aimerais pouvoir dire que je me souviendrai de vous avec grande affection," dit-elle, "mais je ne me souviendrai probablement pas du tout de vous. Adieu, Harry Potter."</p><p>Il s'inclina � nouveau en guise de r�ponse, et commen�a � descendre les escaliers les plus proches.</p><p>Quatre virages � gauche plus tard il se retrouva face � un corridor qui s'arr�tait abruptement en un large monticule de rochers - comme si il y avait eu un �boulement, sauf que les murs et le plafond �taient intacts et faits de pierre de ch�teau assez normale.</p><p>"Tr�s bien," dit Harry au vide qui l'entourait, "Je laisse tomber. Je demande un autre indice. Comment puis-je aller l� o� j'ai besoin d'aller ?"</p><p>"Un indice ! Un indice, dis-tu ?"</p><p>La voix exalt�e venait d'un tableau non loin, celui-ci �tant le portrait d'un homme d'�ge moyen portant les robes roses les plus voyantes que Harry avait jamais vues ou imagin�es. Dans le portrait, il portait un vieux chapeau pointu tombant avec un poisson dessus (pas un dessin de poisson, dites-vous bien, mais un poisson).</p><p>"Oui !" dit Harry. "Un indice ! Un indice, dis-je ! Mais pas seulement <emphasis>n'importe quel</emphasis> indice, je recherche un indice <emphasis>sp�cifique</emphasis>, c'est pour un jeu auquel je joue -"</p><p>"Oui, oui ! Un indice pour le jeu ! Vous �tes Harry Potter, n'est-ce pas ? Je suis Cornelion Flubberwalt ! Erin le Consort me l'a dit, et Lord Weaselnose lui avait dit, et ... j'oublie qui le lui avait dit � lui. Mais c'�tait un message que <emphasis>je</emphasis> devais vous donner ! <emphasis>Moi</emphasis> ! Personne ne s'est pr�occup� de moi depuis, je ne sais pas depuis combien de temps, peut-�tre depuis toujours, j'ai �t� coinc� ici dans ce satan� corridor inutile - un indice ! J'ai votre indice ! �a vous co�tera trois points ! Le voulez-vous ?"</p><p>"Oui ! Je le veux !" Harry se rendait compte qu'il devrait peut �tre garder son sarcasme sous contr�le mais il ne semblait pas capable de s'en emp�cher.</p><p>"Les t�n�bres peuvent �tre trouv�es entre les salles d'�tudes vertes et la classe de M�tamorphose de McGonagall ! C'est l'indice ! Et bouge-toi, tu es plus lent qu'un sac d'escargot ! Moins dix points pour lenteur ! Maintenant tu as 61 points ! C'�tait le reste du message !"</p><p>"Merci," dit Harry. Il commen�ait � vraiment tra�ner � ce jeu. "Euh... j'imagine que vous ne savez pas d'o� le message <emphasis>provenait</emphasis> ?"</p><p>"Il a �t� dit par une voix creuse qui �manait d'un trou dans l'air lui-m�me, un trou qui s'ouvrait sur une abysse flamboyante ! C'est ce qu'ils m'ont dit !"</p><p>Harry n'�tait alors plus s�r que ce soit le genre de chose au sujet de laquelle il aurait d� �tre sceptique ou le genre chose qu'il aurait d� prendre pour argent comptant. "Et comment puis-je trouver la d�marcation entre les salles d'�tudes vertes et la classe de M�tamorphose ?"</p><p>"Faites juste demi-tour et allez � gauche, � droite, en bas, en bas, � droite, � gauche, � droite, en haut et � nouveau � gauche, vous ferez face � une grande salle d'�tude verte et si vous entrez marchez tout droit jusqu'au c�t� oppos� vous verrez un grand corridor courbe qui va � une intersection et sur le c�t� droit de cette intersection vous trouverez un grand couloir droit qui va � la salle de M�tamorphose !" L'image de l'homme d'�ge moyen s'interrompit. "Du moins les choses �taient ainsi quand <emphasis>j'�tais</emphasis> � Poudlard. Nous <emphasis>sommes</emphasis> un lundi d'une ann�e impaire, n'est-ce pas ?"</p><p>"Criteri� et feuille de papium," dit Harry � sa bourse. "Euh, annule �a, crit�rium et feuille de papier." Il leva les yeux. "Vous pourriez r�p�ter �a ?"</p><p>Apr�s s'�tre perdu deux fois de plus, Harry eut l'impression qu'il commen�ait � comprendre les r�gles de bases de navigation des couloirs changeants de Poudlard, c'est � dire : <emphasis>demande ton chemin aux tableaux</emphasis>. Si �a renvoyait � une le�on de vie incroyablement profonde il n'arrivait pas � deviner de laquelle il s'agissait.</p><p>La salle d'�tude verte �tait un espace �tonnamment plaisant. La lumi�re du soleil ruisselait depuis des fen�tres aux vitrages vert repr�sentant des dragons dans des sc�nes calmes et pastorales. Il y avait des chaises qui avaient l'air extr�mement confortables et des tables qui semblaient parfaitement adapt�es � l'�tude en compagnie d'un � trois amis.</p><p>Harry ne pouvait pas <emphasis>vraiment </emphasis>continuer tout droit et sortir par la porte de l'autre c�t�. Il y avait des <emphasis>rayonnages de livres</emphasis> dans le mur, et il devait y aller et lire quelques uns des titres pour ne pas perdre son droit d'�tre appel� un Verres. Mais il le fit rapidement, conscient de l'accusation de lenteur, puis sortir de l'autre cot�.</p><p>Il descendait le "grand corridor courbe" lorsqu'il entendit le cri d'une voix de jeune gar�on.</p><p>En de moments pareils, Harry avait une excuse pour sprinter � fond sans se pr�occuper de conserver son �nergie ou de faire les exercices d'�chauffement adapt�s ou de s'inqui�ter de percuter quelque chose, une course fr�n�tique et soudaine qui s'arr�ta presque aussi soudainement lorsqu'il faillit d�passer un groupe de six Poufsouffles de premi�re ann�e...</p><p>... qui �taient blottis les uns contre les autres et avaient l'air plut�t effray�s et semblaient d�sesp�r�ment vouloir faire quelque chose mais sans savoir exactement quoi, ce qui avait probablement quelque chose � voir avec le groupe de cinq Serpentards plus �g�s qui avaient l'air d'entourer un autre jeune gar�on.</p><p>Harry devint soudain plut�t col�reux.</p><p>"<emphasis>Excusez moi !"</emphasis> cria Harry de toutes ses forces.</p><p>�a n'�tait peut-�tre pas forc�ment n�cessaire. Les gens le regardaient d�j�. Mais �a permettait certainement de figer la situation.</p><p>Harry d�passa le groupe de Poufsouffles et se dirigea vers les Serpentards.</p><p>Ils le regard�rent avec des expressions allant de la rage � l'amusement � la d�lectation.</p><p>Une partie du cerveau de Harry hurlait, paniqu�, que c'�taient des gar�ons bien plus grands et bien plus �g�s, qui pourraient l'aplatir.</p><p>Une autre partie disait s�chement que quiconque vu pendant qu'il aplatissait le Survivant aurait une <emphasis>montagne</emphasis> d'ennuis, en particulier si il faisait partie d'une bande de Serpentards plus �g�s et que sept Poufsouffles l'avaient vu, et que les chances qu'ils lui causent des dommages permanents face � des t�moins �taient quasi nulles. La seule v�ritable arme que les gar�ons plus �g�s avaient contre lui �tait sa propre peur, si il le permettait.</p><p>Et Harry vit que le gar�on qu'ils avaient pi�g� �tait Neville Londubat.</p><p>Bien s�r.</p><p>Voil� qui r�glait les choses. Harry avait d�cid� de s'excuser humblement aupr�s de Neville, et �a voulait dire que Neville �tait <emphasis>sien</emphasis>, comment osaient-ils ?</p><p>Harry tendit la main, attrapa Neville par le poignet et le <emphasis>tira brusquement</emphasis> depuis le centre du cercle form� par les Serpentards ; le gar�on, choqu�, tr�bucha alors que Harry le tirait et presque dans le m�me mouvement se projetait lui-m�me par le passage ainsi ouvert.</p><p>Et Harry se tint au centre des Serpentards, l� o� Neville s'�tait tenu, le regard lev� vers les gar�ons bien plus vieux, bien plus grands et bien plus forts.</p><p>"Bonjour," dit Harry. "Je suis le Survivant."</p><p>Il y eut une pause plut�t g�nante. Personne ne semblait savoir comment la conversation �tait cens�e �voluer.</p><p>Les yeux de Harry gliss�rent jusqu'au sol o� il vit quelques livres et papiers �parpill�s. Oh, le vieux jeu o� vous laissiez le gar�on essayer de ramasser ses livres puis les faisiez tomber � nouveau. Harry ne se souvenait pas avoir �t� lui-m�me l'objet de ce jeu, mais il avait une bonne imagination et cette imagination le rendait furieux. Eh bien lorsque la situation serait r�gl�e ce serait assez simple pour Neville de revenir et de ramasser ses affaires, du moment que les Serpentards restaient trop concentr�s sur Harry pour faire quoi que ce soit aux livres.</p><p>Malheureusement, on avait remarqu� que ses yeux s'�taient �gar�s. "Ooh," dit le plus grand des gar�ons, "on voulait les p'tits bouquins -"</p><p>"La ferme," dit Harry froidement. <emphasis>Garde-les d�s�quilibr�s. Ne fais pas ce � quoi ils s'attendent. N'ai pas un comportement qui les encourage � te malmener. </emphasis>"Cela fait-il partie d'un plan incroyablement malin vous permettant d'obtenir un avantage futur, ou est-ce autant une inutile disgr�ce du nom de Salazar Serpentard que �a en a -"</p><p>Le plus grand des gar�ons poussa Harry Potter avec force, et ce dernier s'�tala hors du cercle de Serpentards sur le dur sol de Poudlard.</p><p>Et les Serpentards rirent.</p><p>Harry se leva dans un mouvement qui lui sembla �tre horriblement lent. Il ne savait pas encore comment utiliser sa baguette, mais il n'y avait aucune raison de laisser cela l'arr�ter, au vu des circonstances.</p><p>"Je voudrais payer <emphasis>autant de points que n�cessaire</emphasis> pour me d�barrasser de cette personne," dit Harry, pointant son doigt vers le plus grand des Serpentards.</p><p>Puis Harry leva son autre main, dit "Abracadabra," et claqua des doigts.</p><p>Au son d'<emphasis>Abracadabra</emphasis>, deux des Poufsouffles hurl�rent, y compris Neville, trois autres Serpentards se jet�rent d�sesp�r�ment loin de la direction vers laquelle pointait le doigt de Harry, et le plus grand des Serpentards fit un pas chancelant en arri�re avec un air choqu�. Une grande �claboussure rouge d�corait son visage, son cou et sa poitrine.</p><p>Harry ne s'�tait <emphasis>pas</emphasis> attendu � �a.</p><p>Lentement, le plus grand des Serpentards porta la main � sa t�te et d�colla le plat de tarte � la cerise dont il venait d'�tre drap�. Il tint le plat dans sa main un moment en le regardant, puis il le laissa tomber au sol.</p><p>Ce n'�tait probablement pas le meilleur moment possible pour qu'un des Poufsouffles commence � rire, mais c'est exactement ce qu'un des Poufsouffles �tait en train de faire.</p><p>Puis Harry remarqua la note en-dessous du plat.</p><p>"Attends," dit Harry, et il s'�lan�a pour r�cup�rer la note. "Cette note est pour moi je pense -"</p><p>"<emphasis>Toi,</emphasis>" grogna le plus grand des Serpentards, "<emphasis>toi, tu, vas -"</emphasis></p><p>"<emphasis>Regardez</emphasis>-moi �a !" cria Harry, brandissant la note devant le Serpentard plus �g�. "Franchement, <emphasis>regardez</emphasis> �a ! Pouvez-vous croire que je doive payer 30 points pour la livraison et l'utilisation d'une pauvre tarte ? 30 points ! J'y perds, m�me apr�s avoir secouru un innocent en d�tresse ! Et une facture de stockage ? Des co�ts de transport ? Des frais logistiques ? Comment peut-on payer des <emphasis>frais logistiques</emphasis> pour une <emphasis>tarte</emphasis> ?"</p><p>Il y eut une de ces pauses g�nantes. Harry eut des pens�es mortelles envers celui des Poufsouffles qui ne pouvait s'emp�cher de glousser, cet idiot allait le mettre dans le p�trin.</p><p>Harry fit un pas en arri�re et jeta son meilleur regard mortel aux Serpentards. "Maintenant partez ou je continuerai � rendre votre existence de plus en plus surr�aliste jusqu'� ce que vous vous ex�cutiez. Laissez-moi vous pr�venir... que se frotter � <emphasis>ma</emphasis> vie aura tendance � rendre la <emphasis>v�tre</emphasis>... <emphasis>l�g�rement �pouvantable</emphasis>. Vu ?"</p><p>Dans un terrible mouvement, le plus grand des Serpentards fit jaillir sa baguette et la pointa vers Harry, et au m�me moment une nouvelle tarte le frappait sur la t�te, celle-ci � la myrtille.</p><p>La note sur cette tarte �tait plut�t grande et clairement lisible. "Tu devrais peut-�tre lire la note sur cette tarte," remarqua Harry. "Je pense que c'est pour toi cette fois-ci."</p><p>Le Serpentard leva lentement la main, regarda le plat � tarte, le retourna dans bruit de succion collant qui fit tomber encore plus de myrtille par terre, et lut une note qui disait :</p><p>AVERTISSEMENT</p><p>AUCUNE MAGIE NE SERA UTILISEE SUR LE CONCURRENT</p><p>PENDANT QUE LE JEU EST EN COURS</p><p>TOUTE AUTRE INTERFERENCE AU JEU</p><p>SERA REPORTEE AUX AUTORITES DU JEU</p><p>L'expression de pure perplexit� sur le visage du Serpentard �tait un chef d'�uvre. Harry songea qu'il commen�ait peut-�tre � aimer le Contr�leur du Jeu.</p><p>"�coute," dit Harry, "tu veux qu'on s'arr�te l� ? Je pense que les choses commencent � �chapper � notre contr�le par ici. Et si tu retournais � Serpentard et que je retournais � Serdaigle et que nous nous calmions tous un peu, d'accord ?"</p><p>"J'ai une meilleure id�e," siffla le plus grand des Serpentards. "Et si tu te cassais accidentellement tous tes doigts ?"</p><p>"Comment, au nom de Merlin, pourrais-tu mettre en sc�ne un accident cr�dible apr�s avoir fait cette menace devant une douzaine de personnes, esp�ce <emphasis>d'idiot</emphasis> -"</p><p>Le plus grand des Serpentards tendit sa main vers celle de Harry, lentement, d�lib�r�ment, et Harry se figea, le partie de son cerveau qui s'�tait rendue compte de l'�ge et de la force du gar�on parvenant enfin � se faire entendre, criant : <emphasis>MAIS QU'EST CE QUE JE SUIS EN TRAIN DE FAIRE ?</emphasis></p><p>"Attends !" dit l'un des autres Serpentards, sa voix soudain paniqu�e. "Arr�te, tu ne devrais pas le faire pour de vrai !"</p><p>Le plus grand des Serpentards l'ignora, prit fermement la main droite de Harry dans sa main gauche, et prit l'index de Harry dans sa main droite.</p><p>Harry regarda le Serpentard droit dans les yeux. Une partie de Harry hurlait que ce n'�tait pas cens� avoir lieu, que ce n'�tait pas permis, que les adultes ne laisseraient jamais une chose pareille arriver <emphasis>pour de vrai</emphasis> -</p><p>Lentement, le Serpentard commen�a � tordre son doigt en arri�re.</p><p><emphasis>Il n'a pas encore vraiment cass� mon doigt et c'est indigne de moi de ne serait-ce que tressaillir avant qu'il le fasse. Jusque l�, ce n'est qu'une autre tentative pour provoquer la peur.</emphasis></p><p>"Arr�te !" dit le Serpentard qui avait auparavant protest�. "Arr�te, c'est une tr�s mauvaise id�e !"</p><p>"Je suis plut�t d'accord," dit une voix de glace. La voix d'une femme plus �g�e.</p><p>Le plus grand des Serpentard rel�cha la main de Harry et fit un bond en arri�re comme si elle �tait br�lante.</p><p>"Professeur Sprout !" s'�cria l'un des Poufsouffle, d'un ton plus heureux que Harry n'avait jamais entendu de sa vie.</p><p>Alors qu'il pivotait, une petite femme boulotte se faufila dans son champ de vision. Elle avait des cheveux gris hirsute et boucl�s, et ses v�tements �taient couverts de poussi�re. Elle pointa un doigt accusateur en direction des Serpentards. "Expliquez-vous," dit-elle. "Que faites-vous avec mes Poufsouffles et..." elle le regarda, "mon excellent �tudiant, Harry Potter."</p><p><emphasis>Oh oh. C'est vrai �a, c'�tait SA classe qu'il avait rat�e ce matin.</emphasis></p><p>"Il a menac� de nous tuer !" l�cha l'un des autres Serpentard, celui qui avait demand� � ce qu'ils s'arr�tent.</p><p>"Quoi ?" dit Harry, le visage vide d'expression. "Certainement <emphasis>pas</emphasis> ! Si je comptais vous tuer je ne commencerais pas par faire des menaces publiques !"</p><p>Un troisi�me Serpentard ne put s'emp�cher de rire puis s'arr�ta de fa�on abrupte lorsque les autres gar�ons lui jet�rent des regards mortels.</p><p>Le Professeur Sprout avait adopt� une expression plut�t sceptique. "Et de quelle menace mortelle s'agirait-il exactement ?"</p><p>"Le Sort de Mort ! Il a feint d'utiliser le Sort de Mort sur nous !"</p><p>Le Professeur Sprout se tourna et regarda Harry. "Oui, une menace vraiment terrible venant d'un gar�on de onze ans. Mais tout de m�me pas quelque chose que vous devriez <emphasis>jamais </emphasis>r�ver de feindre, Harry Potter."</p><p>"Je ne connais m�me pas les <emphasis>mots</emphasis> du Sort de Mort," dit promptement Harry. "Et je n'ai sorti ma baguette � aucun moment."</p><p>C'�tait maintenant � Harry que le Professeur Sprout jetait un regard sceptique. "J'imagine que ce gar�on s'est jet� deux tartes sur <emphasis>lui-m�me</emphasis> alors."</p><p>"Il n'a <emphasis>pas</emphasis> utilis� sa baguette !" l�cha l'un des jeunes Poufsouffles. "Je ne sais pas non plus comment il a fait, il a claqu� des doigts, et il y avait une tarte !"</p><p>"Vraiment," dit le Professeur Sprout apr�s une pause. Elle tira sa propre baguette. "Je ne l'exigerai pas vu que vous semblez �tre la victime, mais accepteriez-vous que j'examine votre baguette pour v�rifier �a ?"</p><p>Harry sortit sa baguette. "Qu'est ce que je -"</p><p>"<emphasis>Priori Incantatem</emphasis>," dit Sprout. Elle fron�a les sourcils. "C'est �trange, votre baguette semble n'avoir jamais �t� utilis�e."</p><p>Harry haussa les �paules. "C'est le cas � vrai dire, je n'ai eu ma baguette et mes manuels qu'il y a quelques jours."</p><p>Sprout hocha la t�te. "Alors nous avons un clair cas de magie accidentelle de la part d'un gar�on qui se sentait menac�. Et les r�gles disent clairement que vous ne serez pas tenu pour responsable. En ce qui <emphasis>vous </emphasis>concerne..." elle se tourna vers les Serpentards. Ses yeux descendirent d�lib�r�ment vers les livres de Neville, �tal�s au sol.</p><p>Il y eut un long silence pendant lequel elle regarda les cinq Serpentards.</p><p>"Trois points �t�s de Serpentard, <emphasis>chacun</emphasis>," dit-elle enfin. "Et six de <emphasis>lui</emphasis>," pointant le gar�on couvert de tarte. "Ne touchez plus <emphasis>jamais</emphasis> � mes Poufsouffles, ni � mon �tudiant Harry Potter. Maintenant <emphasis>partez</emphasis>."</p><p>Elle n'eut pas � se r�p�ter ; les Serpentards firent demi-tour et s'en furent tr�s rapidement.</p><p>Neville alla ramasser ses livres. Il semblait pleurer mais un petit peu seulement. �'aurait pu �tre l'effet diff�r� du choc, ou �'aurait pu �tre parce que les autres gar�ons l'aidaient.</p><p>"Merci <emphasis>beaucoup</emphasis>, Harry Potter," lui dit le Professeur Sprout. "Sept points � Serdaigle, un pour chaque Poufsouffle que vous avez prot�g�. Et je ne dirai rien de plus."</p><p>Harry cligna des yeux. Il s'�tait attendu � quelque chose ressemblant � une conf�rence sur l'importance de rester � l'�cart des ennuis, et une r�primande plut�t s�v�re pour avoir rat� son tout premier cours.</p><p>Peut-�tre qu'il aurait <emphasis>d�</emphasis> aller � Poufsouffle. Sprout �tait cool.</p><p>"<emphasis>R�curvite</emphasis>," dit Sprout au fatras de tartes qui �tait sur le sol, qui disparut promptement.</p><p>Et elle partit, marchant le long du couloir qui menait � la salle d'�tude verte.</p><p>"Comment as-tu <emphasis>fait</emphasis> �a ?" siffla l'un des gar�ons de Poufsouffle d�s qu'elle �tait partie.</p><p>Harry sourit avec suffisance. "Je peux faire survenir tout ce que je veux juste en claquant des doigts."</p><p>Les yeux du gar�on s'agrandirent. "<emphasis>Vraiment ?</emphasis>"</p><p>"Non," dit Harry. "Mais quand vous raconterez cette histoire � tout le monde, assurez-vous de la partager avec Hermione Granger, en premi�re ann�e � Serdaigle, elle a une anecdote que vous trouverez amusante." Il n'avait aucune id�e de ce qui se passait, mais il n'allait pas laisser passer une opportunit� de contribuer � sa l�gende grimpante. "Oh, et qu'est ce que c'�tait que cette histoire � propos du Sort de Mort ?"</p><p>Le gar�on lui jeta un �trange regard. "Tu ne sais vraiment pas ?"</p><p>"Si je le savais je ne poserais pas la question."</p><p>"Les mots pour le Sort de Mort sont," le gar�on avala sa salive, et sa voix devint un murmure, et il tint ses mains loin de ses flancs comme pour rendre tr�s clair le fait qu'il ne tenait pas de baguette, "<emphasis>Avada Kedavra</emphasis>."</p><p><emphasis>�videmment.</emphasis></p><p>Harry ajouta cela � sa liste croissante de choses � ne jamais dire Papa, le Professeur Michael Verres-Evans. C'�tait d�j� assez de parler du fait que vous �tiez la seule personne � avoir surv�cu au terrible Sort de Mort sans avoir � admettre que le Sort de Mort �tait "Abracadabra."</p><p>"Je vois," dit Harry apr�s une pause. "Eh bien c'est la derni�re fois que je dis <emphasis>�a</emphasis> avant de claquer des doigts." Bien que �a <emphasis>ait</emphasis> produit un effet qui pourrait �tre tactiquement utile.</p><p>"<emphasis>Pourquoi</emphasis> as-tu -"</p><p>"�duqu� par les Moldus. Les Moldus pensent que c'est une blague et que c'est dr�le. Je suis s�rieux, c'est ce qui s'est pass�. D�sol� mais pourrais-tu me rappeler ton nom ?"</p><p>"Je suis Ernie Macmillan," dit le Poufsouffle. Il tendit sa main, et Harry la serra. "Honor� de te rencontrer."</p><p>Harry s'inclina l�g�rement. "Ravi de te rencontrer, oublie les 'honor�' et autres."</p><p>Puis les autres gar�ons firent foule autour de lui et il y eut un d�luge de pr�sentations.</p><p>Lorsqu'ils en eurent fini, Harry avala sa salive. �a allait �tre tr�s difficile. "Euh... si vous voulez bien m'excuser... j'ai quelque chose � dire � Neville -"</p><p>Tous les yeux se tourn�rent vers Neville, qui fit un pas en arri�re, l'air appr�hensif.</p><p>"J'imagine," dit Neville d'une petite voix, "que tu vas dire que j'aurais d� �tre plus brave -"</p><p>"Oh, non, rien de ce genre !" dit h�tivement Harry. "Rien � voir avec <emphasis>�a</emphasis>. C'est juste, euh, quelque chose que le Choixpeau Magique m'a dit -"</p><p>Soudain les autres gar�ons eurent l'air <emphasis>tr�s</emphasis> int�ress�s, mis � part Neville, qui avait l'air encore <emphasis>plus</emphasis> appr�hensif.</p><p>Il semblait y avoir quelque chose bloquant la gorge de Harry. Il savait qu'il devrait juste le dire, mais c'�tait comme si il avait aval� une grande brique qui bouchait maintenant le passage.</p><p>C'�tait comme si Harry devait prendre manuellement le contr�le de ses l�vres et produire chaque syllabe individuellement, mais il parvint � le dire. "Je, suis, d�s,ol�." Il exhala et prit une profonde inspiration. "Pour ce que j'ai fait, euh, l'autre jour. Tu... tu n'a pas � �tre chic ou quoi que ce soit. Je comprendrai si tu me d�testes. Je ne suis pas en train d'essayer d'avoir l'air cool en m'excusant ou de te forcer � accepter mon excuse. Ce que j'ai fait �tait mal."</p><p>Il y eut une pause.</p><p>Neville serra ses livres contre sa poitrine. "Pourquoi as-tu fait �a ?" dit-il d'une voix fluette et tremblante. Il cligna comme pour retenir des larmes. "Pourquoi est-ce que <emphasis>tout le monde</emphasis> me fait �a, m�me le Survivant ?"</p><p>Harry se sentit soudain plus petit qu'il ne s'�tait jamais senti. "Je suis d�sol�," dit Harry � nouveau, sa voix maintenant enrou�e. "C'est juste que... tu avais l'air <emphasis>tellement</emphasis> effray�, c'�tait comme un signe au-dessus de ta t�te disant 'victime', et je voulais te montrer que les choses ne tournaient pas <emphasis>toujours</emphasis> mal, que parfois les monstres donnent du chocolat... je me suis dit que si je te montrais �a, tu te rendrais compte qu'il n'y avait pas tellement de quoi avoir peur -"</p><p>"Mais il y <emphasis>a</emphasis> de quoi avoir peur," chuchota Neville, "tu l'as vu aujourd'hui !"</p><p>"Ils n'auraient rien fait de mal devant des t�moins. Leur arme principale est la peur. C'est pour �a qu'ils <emphasis>te</emphasis> prennent pour cible, parce qu'ils peuvent voir que tu as peur. Je voulais que tu aies moins peur... te montrer que la peur est pire que son objet... ou c'est ce que je me suis dit, mais le Choixpeau Magique m'a dit que je me mentais � moi-m�me et que j'avais fait �a parce que c'�tait amusant. Donc c'est pour �a que je m'excuse -"</p><p>"Tu m'as fait mal," dit Neville. "A l'instant. Quand tu m'as attrap� et m'a tir� loin d'eux." Neville tendit son bras et indiqua l'endroit o� Harry l'avait saisi. "J'aurai peut-�tre un bleu ici plus tard, tellement tu as tir� fort. En fait, tu m'as fait plus mal qu'aucun des Serpentards ne l'avait fait en me poussant."</p><p>"<emphasis>Neville !</emphasis>" siffla Ernie. "Il essayait de te <emphasis>sauver </emphasis>!"</p><p>"Je suis d�sol�," murmura Harry. "Quand j'ai vu �a je me suis juste... vraiment mis en col�re..."</p><p>Neville le regarda calmement. "Alors tu m'as �ject� avec force et tu t'es mis l� o� j'�tais et tu as dit 'Bonjour, je suis le Survivant'."</p><p>Harry acquies�a.</p><p>"Je pense que tu seras vraiment cool un jour," dit Neville. "Mais pour l'instant tu ne l'es pas."</p><p>Harry avala le n�ud soudain apparu dans sa gorge et s'en fut. Il continua le long du corridor jusqu'� l'intersection, puis tourna � gauche dans un couloir et continua de marcher aveugl�ment.</p><p>Qu'�tait-il <emphasis>cens�</emphasis> faire ? Ne jamais se mettre en col�re ? Il n'�tait pas certain qu'il aurait pu faire quoi que ce soit sans se mettre en col�re, et alors qui sait ce qui serait arriv� � Neville et � ses livres. Et puis, Harry avait lu assez de livres de fantasy pour savoir comment <emphasis>�a</emphasis> se terminait. Il essaierait de r�primer sa col�re, et il �chouerait et elle continuerait de jaillir. Et apr�s ce long voyage de d�couverte de soi il apprendrait � la fin que sa col�re �tait une partie de lui et que c'�tait seulement en l'acceptant qu'il pourrait apprendre � l'utiliser avec sagesse. <emphasis>Star Wars</emphasis> �tait le seul univers dans lequel la r�ponse <emphasis>�tait</emphasis> que vous deviez vraiment vous s�parer de toute �motion n�gative, et quelque chose chez Yoda avait toujours pouss� Harry � ha�r le petit cr�tin vert.</p><p>Donc le plan qui faisait clairement gagner du temps �tait de zapper le voyage de d�couverte de soi et d'aller directement au moment o� il se rendait compte qu'en acceptant que sa col�re �tait une partie de lui il pourrait garder le contr�le.</p><p>Le probl�me, c'�tait qu'il ne se <emphasis>sentait</emphasis> pas perdre le contr�le quand il �tait en col�re. La rage froide lui donnait le sentiment qu'il �tait <emphasis>en pleine possession de ses moyens</emphasis>. Ce n'est que lorsqu'il revenait sur les �v�nements <emphasis>dans leur ensemble</emphasis> qu'ils semblaient avoir...�chapp� � son contr�le, de fa�on incompr�hensible.</p><p>Il se demanda quelle importance le Contr�leur de Jeu attachait � ce genre de chose, et si �a lui avait fait perdre ou gagner des points. Harry sentait qu'il avait perdu pas mal de points, et il �tait certain que la vieille dame dans le tableau lui aurait dit qu'� ce sujet, la seule opinion qui comptait �tait la sienne.</p><p>Et Harry se demandait aussi si le Contr�leur du Jeu avait envoy� le Professeur Sprout. C'�tait logique : la note avait menac� d'avertir les autorit�s du Jeu, et le Professeur Sprout �tait arriv�. Peut-�tre que le Professeur Sprout <emphasis>�tait</emphasis> le Contr�leur du Jeu, la <emphasis>Directrice de la Maison Poufsouffle</emphasis> �tait la <emphasis>derni�re</emphasis> personne que quiconque aurait soup�onne, ce qui devait la mettre presque en haut de la liste de Harry. Il avait aussi lu un ou deux myst�res policiers.</p><p>"Alors, comment je m'en sors dans le jeu ?" dit Harry haut et fort.</p><p>Une feuille de papier vola au-dessus de sa t�te, comme si quelqu'un l'avait jet�e depuis son dos - Harry se retourna, mais il n'y avait personne ici - et quand Harry se retourna de nouveau, la note �tait pos�e au sol.</p><p>La note disait :</p><p>POINTS POUR LE STYLE : 10</p><p>POINTS POUR LA REFLEXION : - 3.000.000</p><p>BONUS DE POINTS MAISON SERDAIGLE : 70</p><p>POINTS ACTUELS : - 2.999.871</p><p>TOURS RESTANTS : 2</p><p>"<emphasis>Moins trois millions de points ?</emphasis>" dit Harry au couloir vide d'un ton indign�. "�a me semble excessif ! Je veux faire appel aupr�s des Autorit�s du Jeu ! Et comment puis-je regagner trois millions de points dans les deux prochains tours ?"</p><p>Une autre note vola au-dessus de sa t�te.</p><p>APPEL : REJETE</p><p>POSER LES MAUVAISES QUESTIONS : - .000 POINTS</p><p>POINTS ACTUELS : - .871</p><p>TOURS RESTANTS : 1</p><p>Harry abandonna. Avec un tour restant il ne pouvait plus que donner tout ce qu'il avait, m�me si �a n'�tait pas grand chose. "Ma r�ponse est que le jeu repr�sente la vie."</p><p>Une derni�re feuille de papier vola au-dessus de sa t�te, et il y avait �crit :</p><p>TENTATIVE ECHOUEE</p><p>ECHOUEE ECHOUEE ECHOUEE</p><p>POINTS ACTUELS : MOINS L'INFINI</p><p>TU AS PERDU LE JEU</p><p>INSTRUCTION FINALE :</p><p><emphasis>vas au bureau du Professeur McGonagall</emphasis></p><p>La derni�re ligne �tait de la main de Harry.</p><p>Harry regarda la derni�re ligne un moment, puis haussa les �paules. Tr�s bien. Ce serait le bureau du Professeur McGonagall. Si <emphasis>elle</emphasis> �tait le Contr�leur de Jeu...</p><p>D'accord, honn�tement, Harry n'avait absolument aucune id�e de ce qu'il ressentirait si McGonagall �tait le Contr�leur de Jeu. Son esprit �tait totalement vide. C'�tait, litt�ralement, inimaginable.</p><p>Quelques portraits plus tard - ce n'�tait pas un long voyage, le bureau du Professeur McGonagall n'�tait pas loin de sa classe de M�tamorphose, du moins pas les Lundis des ann�es impaires - Harry se tint hors de la porte de son bureau.</p><p>Il frappa.</p><p>"Entrez," dit le Professeur d'une voix �touff�e.</p><p>Il entra.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 14*: L'inconnu et l'inconnaissable</strong></p><p>Melenkurion abatha! Duroc minas mill J.K. Rowling !</p><empty-line/><p>Il y avait des questions myst�rieuses, mais une r�ponse myst�rieuse �tait une contradiction en soi.</p><empty-line/><p>"Entrez," dit la voix �touff�e du professeur McGonagall.</p><p>Harry s'ex�cuta.</p><p>Le bureau de la directrice adjointe �tait propre et bien organis� ; sur le mur imm�diatement adjacent au bureau de McGonagall se trouvait un labyrinthe de cagibis en bois de toutes formes et de toutes tailles, avec des rouleaux de parchemins fourr�s dans la plupart, et il �tait tr�s clair que, par une m�thode inconnue, McGonagall savait exactement � quoi correspondait chaque cagibi, m�me si personne d'autre ne le savait. Un unique parchemin se trouvait sur le bureau, autrement enti�rement vide. Derri�re le bureau se trouvait une porte ferm�e et munie de plusieurs serrures.</p><p>McGonagall se tenait assise sur un tabouret et avait l'air perplexe - lorsqu'elle vit Harry, ses yeux s'�carquill�rent l�g�rement, avec peut-�tre une l�g�re note d'appr�hension.</p><p>"M. Potter ?" dit le professeur McGonagall. "De quoi s'agit-il ?"</p><p>Le cerveau de Harry �tait vide. Le jeu l'avait charg� de venir ici et il s'�tait attendu � ce qu'<emphasis>elle</emphasis> ait quelque chose en t�te...</p><p>"M. Potter ?" dit le professeur McGonagall, et elle commen�ait � avoir l'air l�g�rement agac�e.</p><p>Le cerveau paniqu� de Harry se rappela alors heureusement qu'il y <emphasis>avait</emphasis> quelque chose d'important dont il comptait s'entretenir avec le professeur McGonagall. Quelque chose d'important et qui ne lui ferait pas perdre son temps.</p><p>"Euh..." dit Harry. "S'il existe des sorts qui permettraient de s'assurer que personne ne nous �coute..."</p><p>Le professeur McGonagall se leva de sa chaise, ferma solidement la porte menant vers l'ext�rieur, et commen�a � sortir sa baguette et � prononcer des sorts.</p><p>C'est � ce moment que Harry se rendit compte qu'il faisait face � une opportunit� inestimable d'offrir un Arrive-Th� au professeur McGonagall et il ne pouvait pas croire qu'il y pensait s�rieusement et tout irait bien le soda disparaitrait apr�s quelques secondes et il dit � cette partie de lui-m�me de <emphasis>la fermer</emphasis>.</p><p>Ce qu'elle fit, et Harry commen�a � organiser mentalement ce qu'il allait dire. Il n'avait pas pr�vu d'avoir cette discussion <emphasis>si t�t</emphasis>, mais puisqu'il �tait l�...</p><p>Le professeur McGonagall acheva un sort dans une langue qui semblait beaucoup plus vieille que le Latin, puis elle s'assit � nouveau.</p><p>"Tr�s bien," dit-elle d'une voix basse. "Personne ne nous �coute." Son visage �tait plut�t tendu.</p><p><emphasis>Oh, c'est vrai, elle s'attend � ce que je la fasse chanter avec la proph�tie pour obtenir des informations.</emphasis></p><p>Euh, Harry s'en occuperait un autre jour.</p><p>"C'est � propos de l'Incident avec le Choixpeau magique," dit Harry (le professeur McGonagall cligna des yeux). "Euh... je pense qu'un sort a �t� ajout� au Choixpeau magique sans qu'il s'en rende compte, quelque chose qui se d�clenche quand le Choixpeau magique dit Serpentard. J'ai entendu un message et je suis plut�t certain que les Serdaigles ne sont pas cens�s l'entendre. �a a eu lieu au moment o� le Choixpeau a quitt� ma t�te et que j'ai senti la connexion se couper. �a ressemblait � la fois � de l'anglais et � un sifflement," il y eut une brusque inspiration venant de McGonagall, "et �a disait : Salutations de Serpentard � Serpentard, si tu souhaites percer mes secrets, parle � mon serpent."</p><p>Le professeur McGonagall resta assise l�, bouche b�e, regardant Harry comme si deux t�tes suppl�mentaires venaient de lui pousser.</p><p>"Et donc..." dit lentement le professeur McGonagall, comme si elle ne pouvait croire aux mots qui s'�chappaient de ses propres l�vres, "vous avez d�cid� de venir imm�diatement m'en parler."</p><p>"Ben, oui, bien s�r," dit Harry. Il n'y avait aucun besoin d'admettre le temps qu'il avait mis � avoir eu cette id�e. "Plut�t que de, disons, faire moi-m�me des recherches � ce sujet, ou de le dire � un des autres enfants."</p><p>"Je... vois," dit le professeur McGonagall. "Et si, disons, vous d�couvriez l'entr�e de la l�gendaire Chambre des Secrets de Salazar Serpentard, une entr�e que vous et vous seul pourriez ouvrir..."</p><p>"Je fermerais l'entr�e et vous en informerais afin qu'une �quipe d'arch�ologues magiciens exp�riment�s puisse �tre mise sur pied," dit imm�diatement Harry. "Puis j'ouvrirais � nouveau l'entr�e et ils entreraient en faisant bien attention � ce qu'il n'y ait rien de dangereux. Peut-�tre que je m'y rendrais plus tard pour jeter un coup d'�il, ou s'ils avaient besoin de moi pour ouvrir autre chose, mais ce serait apr�s que la zone ait �t� d�clar�e s�re et qu'il y ait des photographies montrant � quoi tout ressemblait avant que les gens ne commencent � pi�tiner ce lieu historique inestimable."</p><p>Le professeur McGonagall resta assise l�, bouche b��, regardant Harry comme s'il venait de se transformer en chat.</p><p>"C'est �vident quand on n'est pas un Gryffondor," dit Harry avec gentillesse.</p><p>"Je pense," dit le professeur McGonagall d'une voix plut�t �touff�e, "que vous sous-estimiez <emphasis>grandement</emphasis> la raret� du sens commun, M. Potter."</p><p>�a avait l'air plausible. M�me si... "Un Poufsouffle aurait dit la m�me chose."</p><p>McGonagall marqua une pause, sonn�e. "<emphasis>C'est</emphasis> vrai."</p><p>"Le Choixpeau magique m'a propos� Poufsouffle."</p><p>Elle cligna des yeux comme si elle ne pouvait croire ses propres oreilles. "Il a <emphasis>vraiment</emphasis> fait �a ?"</p><p>"Oui."</p><p>"M. Potter," dit McGonagall, et sa voix �tait maintenant tr�s basse, "il y a cinq d�cennies que pour la derni�re fois un �tudiant est mort entre les murs de Poudlard, et je suis maintenant certaine que c'est il y a cinq d�cennies que quelqu'un a entendu ce message pour la derni�re fois."</p><p>Un frisson parcourut Harry. "Alors je ferai <emphasis>tr�s</emphasis> attention de ne prendre <emphasis>aucune</emphasis> initiative <emphasis>d'aucune sorte</emphasis> concernant cette affaire sans d'abord vous consulter, professeur McGonagall." Il marqua une pause. "Et puis-je sugg�rer d'assembler les personnes les plus comp�tentes que vous puissiez trouver et que vous voyez s'il est possible d'enlever ce sort suppl�mentaire du Choixpeau magique... et si vous ne pouvez pas faire �a, alors peut-�tre d'ajouter un <emphasis>autre</emphasis> sort, un sort de Sourdinam qui s'active bri�vement juste quand le Choixpeau est �t� de la t�te d'un �tudiant, �a pourrait constituer une bonne alternative. Et voil�, plus d'�tudiants morts." Harry hocha la t�te de satisfaction.</p><p>Le professeur McGonagall avait l'air encore plus stup�faite, si une telle chose �tait possible. "Il n'est pas <emphasis>possible</emphasis> que je vous d�cerne suffisamment de points pour ceci sans vous d�cerner la Coupe des Quatre Maisons du m�me coup."</p><p>"Hm," dit Harry. "Hm. Je pr�f�rerais ne pas gagner <emphasis>autant</emphasis> de points que �a."</p><p>Le professeur McGonagall le regardait maintenant �trangement. "Pourquoi pas ?"</p><p>Harry avait quelques difficult�s � trouver les bons mots. "Parce que ce serait juste trop triste, vous ne trouvez pas ? Comme... comme quand j'essayais encore d'aller � l'�cole moldue et � chaque fois qu'il y avait un projet de groupe, je faisais tout moi-m�me parce que les autres n'auraient fait que me ralentir. Je suis heureux de gagner beaucoup de points, et m�me plus que n'importe qui d'autre, mais si je gagne assez de points pour que ce soit d�cisif dans la course � la Coupe des Quatre Maisons, alors c'est comme si je portais Serdaigle sur mon dos, et ce serait trop triste."</p><p>"Je vois..." dit le professeur McGonagall d'un ton h�sitant. Il �tait visible que cette fa�on de penser ne lui �tait pas du tout famili�re. "Mettons alors que je vous d�cerne seulement cinquante points ?"</p><p>Harry secoua encore la t�te. "Ce ne serait pas juste pour les autres enfants si je gagne beaucoup de points en faisant des choses d'adultes auxquelles je peux participer et pas eux. Comment Terry Boot pourrait-il gagner cinquante points pour avoir fait mention d'un murmure qu'il aurait entendu venir du Choixpeau magique ? Ce ne serait pas juste du tout."</p><p>"Je vois pourquoi le Choixpeau magique vous a propos� Poufsouffle," dit le professeur McGonagall. Elle le regardait avec un �trange respect.</p><p>Harry avala de travers. Il avait honn�tement pens� qu'il n'�tait pas assez bon pour Poufsouffle. Que le Choixpeau magique avait juste essay� de le fourrer n'importe o� sauf � Serdaigle, m�me dans une maison dont il poss�derait pas les vertus...</p><p>Le professeur McGonagall souriait � pr�sent. "Et si j'essayais de vous donner <emphasis>dix</emphasis> points... ?"</p><p>"Allez-vous expliquer d'o� viennent ces dix points, si quelqu'un pose la question ? Il pourrait y avoir beaucoup de Serpentard, et je ne parle pas des enfants � Poudlard, qui seraient vraiment vraiment <emphasis>vraiment</emphasis> en col�re s'ils apprenaient que le sort avait �t� enlev� du Choixpeau magique et d�couvraient qui �tait m�l� � �a. Donc je pense que la meilleure preuve de bravoure, c'est le secret absolu. Pas besoin d'me remercier m'dame, la vertu est sa propre r�compense."</p><p>"Ainsi soit-il," dit le professeur McGonagall, "mais j'ai quelque chose de tr�s sp�cial � vous donner. Je vois que je je me suis tromp�e sur votre compte, M. Potter. Attendez ici s'il vous pla�t."</p><p>Elle se leva, alla jusqu'� la porte ferm�e � loquet, agita sa baguette, et un esp�ce de voile flou surgit autour d'elle. Harry ne pouvait ni voir ni entendre ce qui se passait. Quelques minutes plus tard, le flou disparut et que le professeur McGonagall se tenait l�, face � lui, avec la porte derri�re elle semblant n'avoir jamais �t� ouverte.</p><p>Et le professeur McGonagall tenait en main un collier, une fine cha�ne d'or portant en son centre un cercle d'argent, qui �tait l'armature d'un sablier. Dans son autre main se trouvait une brochure pli�e. "C'est pour vous," dit-elle.</p><p>Wow ! Il allait avoir un esp�ce de super objet magique comme r�compense pour sa qu�te ! Apparemment, le truc de refuser les pi�ces d'or jusqu'� finalement obtenir un objet magique marchait dans la vraie vie, pas seulement dans les jeux vid�o.</p><p>Harry accepta son nouveau collier, souriant. "Qu'est-ce que c'est ?"</p><p>Le professeur McGonagall inspira. "M. Potter, c'est un objet qui est habituellement pr�t� uniquement aux enfants qui se sont montr�s hautement responsable, afin de les aider � se d�p�trer de leurs complexes horaires de cours." McGonagall h�sita, comme si elle allait ajouter quelque chose. "Je <emphasis>dois</emphasis> insister, M. Potter, sur le fait que la v�ritable nature de cet objet est <emphasis>secr�te</emphasis> et que vous ne devez <emphasis>pas</emphasis> en parler aux autres �l�ves, ou les laissez voir que vous l'utilisez. Si vous ne jugez pas cela acceptable, alors vous pouvez me le rendre maintenant."</p><p>"Je sais garder des secrets," dit Harry. "Alors qu'est-ce que �a fait ?"</p><p>"Du point de vue des autres �l�ves, ceci sera un Portillon tournant, qui est utilis� pour traiter une maladie magique rare et non contagieuse nomm�e Duplication Spontan�e. Vous le portez sous vos v�tements, et bien que vous n'ayez aucune raison de le montrer � qui que ce soit, vous n'avez pas non plus de raison de le traiter comme un secret honteux. Les Portillons tournants n'ont aucun int�r�t. Comprenez-vous, M. Potter ?"</p><p>Harry hocha la t�te, son sourire devenant plus large. Il voyait l� le travail d'un Serpentard <emphasis>comp�tent</emphasis>. "Et quel est son <emphasis>v�ritable</emphasis> effet ?"</p><p>"C'est un Retourneur de Temps. Chaque tour de son sablier vous renvoit une heure en arri�re dans le temps. Donc si vous l'utilisez pour reculer de deux heures chaque jour, vous devriez pouvoir aller vous coucher tous les jours � la m�me heure."</p><p>La suspension consentie de l'incr�dulit� de Harry explosa en morceaux.</p><p><emphasis>Vous me donnez une machine � remonter le temps pour traiter mes troubles du sommeil.</emphasis></p><p><emphasis>Vous me donnez une MACHINE � REMONTER LE TEMPS pour traiter mes TROUBLES DU SOMMEIL.</emphasis></p><p><emphasis>VOUS <strong>ME DONNEZ UNE MACHINE � REMONTER DANS LE TEMPS </strong>DANS LE BUT DE <strong>TRAITER MES TROUBLES DU SOMMEIL.</strong></emphasis></p><p>"Ehehehehhheheh..." dit la bouche de Harry. Il tenait maintenant le collier loin de lui comme si c'�tait une bombe pr�te � exploser. Enfin, non, pas comme si c'�tait une bombe pr�te � exploser, �a ne <emphasis>commen�ait</emphasis> m�me pas � exprimer la s�v�rit� de la situation. Harry tenait le collier loin de lui comme si c'�tait une machine � remonter le temps.</p><p><emphasis>Dites-moi, professeur McGonagall, saviez-vous que la mati�re normale voyageant � rebrousse-temps ressemble comme deux gouttes d'eau � de l'antimati�re ? Eh bien oui, c'est le cas ! Saviez-vous qu'un kilogramme d'antimati�re entrant en contact avec un kilogramme de mati�re s'annihilera dans une explosion �quivalente � 43 millions de tonnes de dynamite ? Vous rendez-vous compte que je p�se moi-m�me 41 kilogrammes et que le souffle produit laisserait UN CRAT�RE G�ANT L� O� AVANT SE TROUVAIT L'�COSSE ?</emphasis></p><p>"Excusez-moi," parvint � dire Harry, "mais �a a l'air vraiment vraiment <emphasis>vraiment</emphasis><emphasis>VRAIMENT DANGEREUX</emphasis> !" La voix de Harry ne devint pas tout � fait un hurlement, il lui aurait �t� absolument impossible de crier assez pour rendre justice � la situation, alors pas la peine d'essayer.</p><p>Le professeur McGonagall l'observa avec une affection pleine de tol�rance. "Je suis heureuse que vous preniez cela s�rieusement, M. Potter, mais les Retourneurs de Temps ne sont pas <emphasis>si dangereux que �a</emphasis>. Autrement, nous n'en donnerions pas aux enfants."</p><p>"Vraiment," dit Harry. "Ahahahaha. Bien s�r que vous ne donneriez pas de machine � remonter le temps � des enfants si c'�tait dangereux, mais � <emphasis>quoi</emphasis> pouvais-je bien penser ? Donc juste pour que tout soit bien clair, �ternuer sur cet engin ne me renverra <emphasis>pas</emphasis> au Moyen-�ge o� je roulerai sur Gutenberg avec une cal�che, emp�chant ainsi les Lumi�res d'avoir lieu ? Parce que, voyez-vous, je d�teste quand ce genre de choses m'arrive."</p><p>Les l�vres de McGonagall se tordaient comme elles le faisaient lorsqu'elle essayait de ne pas sourire. Elle offrit � Harry la brochure, mais Harry tenait pr�cautionneusement le collier de ses deux mains et le gardait � l'�il pour s'assurer qu'il n'�tait pas sur le point de tourner. "Ne vous en faites pas," dit McGonagall apr�s une courte pause, une fois qu'il fut devenu clair que Harry ne comptait pas bouger, "il est impossible que cela arrive, M. Potter. Le Retourneur de Temps ne peut �tre utilis� pour revenir plus de six heures en arri�re. Il ne peut �tre utilis� plus de six fois par jour."</p><p>"Oh, bien, c'est tr�s bien. Et si quelqu'un me bouscule, le Retourneur de Temps ne se cassera <emphasis>pas</emphasis> et n'enferma <emphasis>pas</emphasis> le ch�teau de Poudlard et ses occupants dans une boucle infinie de jeudis."</p><p>"Eh bien, ils <emphasis>peuvent</emphasis> �tre fragiles..." dit McGonagall. "Et j'ai entendu dire que d'�tranges choses se passent s'ils sont cass�s. Mais rien de <emphasis>tel</emphasis> !"</p><p>"Peut-�tre," dit Harry lorsqu'il put � nouveau parler, "que vous devriez poser une sorte de <emphasis>coque protectrice</emphasis> � vos machines � remonter dans le temps, plut�t que de <emphasis>laisser le verre expos�</emphasis>, pour <emphasis>emp�cher que ce genre de chose n'arrive</emphasis>."</p><p>McGonagall semblait assez sonn�e. "C'est une excellente id�e, . J'en informerai le Minist�re."</p><p><emphasis>�a y est, c'est officiel maintenant, ils l'ont ratifi� au Parlement, tous les habitants du monde magique sont compl�tement stupides.</emphasis></p><p>"Et bien que je d�teste devenir tout � coup tr�s <emphasis>PHILOSOPHIQUE</emphasis>," Harry essaya d�sesp�r�ment d'abaisser sa voix en-dessous du hurlement, "mais personne n'a-t-il pens� aux IMPLICATIONS qu'il y a � revenir six heures en arri�re et � faire quelque chose qui change le temps, ce qui, en gros, EFFACERAIT TOUTES LES PERSONNES AFFECTEES et les REMPLACERAIT PAR DES VERSIONS DIFFERENTES -"</p><p>"Oh, vous ne pouvez pas <emphasis>changer</emphasis> le cours du temps !" l'interrompit le professeur McGonagall. "Grands dieux, M. Potter, pensez-vous que nous autoriserions les �tudiants � les utiliser si une chose <emphasis>pareille</emphasis> �tait possible ? Et si quelqu'un essayait de changer les r�sultats de ses examens ?"</p><p>Harry prit son temps pour absorber cela. Ses mains rel�ch�rent juste un peu leur poigne sur la cha�ne du sablier. Comme s'il ne tenait pas une machine � remonter dans le temps, juste une t�te nucl�aire enclench�e.</p><p>"Donc..." dit lentement Harry. "On remarque que l'univers... se trouve �tre coh�rent, d'une fa�on ou d'une autre, m�me si le voyage temporel y est possible. Si moi et mon futur moi interagissent, alors je verrai la m�me chose dans les deux moi, bien que, lors de mon premier passage, mon futur moi agisse en sachant d�j� parfaitement tout ce qui, de mon point de vue, n'a pas encore eu lieu..." la voix de Harry resta en suspens face aux lacunes de la langue Anglaise.</p><p>"Correct, je pense," dit le professeur McGonagall. "bien que l'on conseille <emphasis>en effet</emphasis> aux sorciers d'�viter d'�tre vus par leur soi pass�s. Si, par exemple, vous assistiez � deux cours en m�me temps et que vous deviez vous croiser, la premi�re version devrait se mettre sur le c�t� et fermer ses yeux � un moment choisi - vous avez d�j� une montre, tr�s bien - afin que le futur vous puisse passer. Tout est l� dans la brochure."</p><p>"Ahahahaa. Et que se passe-t-il quand quelqu'un <emphasis>ignore</emphasis> ce conseil ?"</p><p>Le professeur McGonagall se pin�a les l�vres. "J'ai cru comprendre que �a pouvait �tre assez d�routant."</p><p>"Et �a ne, disons, �a ne cr�e pas de paradoxe qui d�truit l'univers."</p><p>Elle sourit avec tol�rance. "M. Potter, je pense que je me souviendrais en avoir entendu parler si <emphasis>ce</emphasis> genre de chose avait d�j� eu lieu."</p><p>"<emphasis>CE N'EST PAS RASSURANT ! AUCUN DE VOUS N'A DONC JAMAIS ENTENDU PARLER DU BIAIS ANTHROPIQUE ? ET QUI EST L'IDIOT QUI LE PREMIER A CONSTRUIT UNE DE CES CHOSES ?"</emphasis></p><p>Le professeur McGonagall riait franchement. C'�tait un son heureux et agr�able qui ne semblait pas � sa place sur ce visage dur. "Vous vivez un de ces 'vous venez de vous transformer en chat', n'est-ce pas, M. Potter ? Vous n'avez probablement pas envie de savoir �a, mais c'est d�licieusement attachant."</p><p>"Se transformer en chat n'est CERTAINEMENT PAS comparable � �a. Vous savez, jusqu'� maintenant, j'avais cette horrible pens�e r�prim�e � l'arri�re de mon esprit disant que la seule r�ponse possible �tait que mon univers entier �tait une simulation informatique, comme dans le livre <emphasis>Simulacron 3</emphasis>, mais maintenant <emphasis>m�me cette possibilit� est exclue</emphasis> parce que ce petit jouet N'EST PAS UNE FUNCTION CALCULABLE PAR UNE MACHINE DE TURING ! Une machine de Turing pourrait simuler 'revenir � un moment d�fini du pass� et calculer un futur diff�rent � partir de ce point', une machine avec oracle pourrait prendre en compte le comportement d'arr�t des machines d'ordre inf�rieur, mais ce que vous d�crivez est une r�alit� qui, d'une fa�on ou d'une autre, parviendrait � se calculer de fa�on coh�rente en une seule fois, en utilisant des informations qui n'ont pas...encore... eu lieu..."</p><p>La compr�hension frappa Harry d'un coup de massue.</p><p>Tout concordait � pr�sent. �a avait <emphasis>enfin</emphasis> un sens.</p><p>"ALORS C'EST COMME CA QUE L'ARRIVE-TH� FONCTIONNE ! Bien <emphasis>s�r</emphasis> ! Le sort ne <emphasis>force</emphasis> pas les choses amusantes � avoir lieu, il provoque juste <emphasis>l'impulsion de le boire</emphasis> avant que des choses amusantes n'aient lieu ! Je suis tellement idiot, j'aurais d� m'en rendre compte quand j'ai ressenti le besoin de boire de l'Arrive-Th� avant le deuxi�me discours de Dumbledore, et que je n'en ai <emphasis>pas</emphasis> bu et me suis ensuite �trangl� sur ma propre salive - boire de l'Arrive-Th� ne cr�e pas la com�die, la com�die vous pousse � boire l'Arrive-Th� ! J'ai vu que les deux �v�nements �taient corr�l�s et j'ai pr�sum� que l'Arrive-Th� devait �tre la cause et que la com�die devait �tre l'effet parce que je pensais que l'ordre temporel restreignait le lien de causalit� et que les graphes de causalit� devaient �tre acycliques, MAIS TOUT CONCORDE SI ON DESSINE LES FL�CHES CAUSALES COMME ALLANT <emphasis>EN ARRI�RE DANS LE TEMPS</emphasis> !"</p><p>La compr�hension frappa Harry d'un <emphasis>second</emphasis> coup de massue.</p><p>Il parvint � rester discret cette fois-ci, et ne fit qu'un petit bruit �trangl�, comme aurait fait un b�b� chat mourant, tandis qu'il comprenait qui avait d�pos� la note sur son lit ce matin.</p><p>Les yeux du professeur McGonagall brillaient. "Apr�s votre dipl�me, ou peut-�tre m�me avant, vous <emphasis>devrez </emphasis>enseigner quelques-unes de ces th�ories moldues � Poudlard, M. Potter. Elles ont l'air vraiment fascinantes, m�me si elles sont toutes fausses."</p><p>"Glehhahhh..."</p><p>Le professeur McGonagall lui offrit quelques plaisanteries de plus, lui demanda de faire quelques promesses suppl�mentaires, lesquelles il accepta de faire, dit quelque chose concernant le fait qu'il ne devait pas parler aux serpents quand on pouvait l'entendre, lui rappela de lire la brochure, et puis, sans savoir comment, Harry se retrouva hors de son bureau avec la porte solidement ferm�e derri�re lui.</p><p>"Gaahhhrrrraa..." dit Harry.</p><p>Mais oui, il <emphasis>�tait</emphasis> estomaqu�.</p><p>Particuli�rement par le fait que, sans la Farce, il aurait tr�s bien pu ne jamais obtenir le Retourneur de Temps.</p><p>Ou le professeur McGonagall le lui aurait-elle donn� tout de m�me, mais plus tard dans la journ�e, quand il se serait d�cid� � l'interroger sur son trouble du sommeil ou � lui parler du message du Choixpeau magique ? Et aurait-il alors d�sir� se faire une blague � lui-m�me qui l'aurait conduit � obtenir le Retourneur de Temps <emphasis>plus t�t</emphasis> ? Et donc la seule possibilit� <emphasis>coh�rente</emphasis> �tait-elle celle dans laquelle la Farce commen�ait avant m�me qu'il ne se r�veille ce matin ?</p><p>Harry se retrouva � envisager, pour la premi�re fois de sa vie, que la r�ponse � sa question �tait peut-�tre <emphasis>inconcevable</emphasis>. Que puisque son cerveau contenait des neurones qui allaient uniquement en avant dans le temps, il n'y avait <emphasis>rien</emphasis> que son cerveau puisse faire, aucune op�ration qu'il puisse effectuer, qui reproduirait l'op�ration d'un Retourneur de Temps.</p><p>Jusqu'� ce moment, Harry avait v�cu suivant la maxime de E.T. Jaynes selon laquelle, si vous ignoriez quelque chose d'un ph�nom�ne, c'�tait un fait au sujet de votre propre esprit, pas un fait au sujet du ph�nom�ne lui-m�me ; que votre incertitude �tait un fait vous concernant, pas un fait concernant ce au sujet de quoi vous �tiez incertain ; que l'ignorance existait dans l'esprit, pas dans la r�alit� ; qu'une carte vide ne correspondait pas � un territoire vide. Il y avait des questions myst�rieuses, mais une r�ponse myst�rieuse �tait une contradiction en soi. Un ph�nom�ne pouvait �tre myst�rieux <emphasis>pour</emphasis> une personne en particulier, mais il ne pouvait y avoir de ph�nom�ne myst�rieux en soi. V�n�rer un myst�re sacr�, c'�tait v�n�rer sa propre ignorance.</p><p>Alors Harry avait regard� la magie et avait refus� d'�tre intimid�. Les gens n'avaient aucun sens de l'Histoire, ils apprenaient la chimie, la biologie et l'astronomie, et pensaient que ces domaines avaient toujours �t� au c�ur de la science, qu'ils n'avait <emphasis>jamais �t�</emphasis> myst�rieux. Les �toiles avaient un jour �t� des myst�res. Lord Kelvin avait un jour dit de la nature de la vie et de la biologie - la r�ponse des muscles � la volont� humaine et la transformation des graines en arbres - que c'�tait un myst�re "infiniment au-del�" de la port�e de la science (pas seulement un peu au-del�, dites-vous bien, mais <emphasis>infiniment</emphasis> au-del�. Lord Kelvin avait pris un sacr� plaisir � <emphasis>ignorer quelque chose</emphasis>). Chaque myst�re jamais r�solu avait commenc� par �tre un casse-t�te, depuis l'aube de l'humanit� jusqu'au moment ou quelqu'un l'avait r�solu.</p><p>Maintenant, pour la premi�re fois, il faisait face � la perspective d'un myst�re qui mena�ait d'�tre <emphasis>permanent</emphasis>. Si le temps ne fonctionnait pas selon des r�seaux de causalit� acycliques, alors Harry ne comprenait pas ce que "cause" et "effet" voulaient dire ; et si Harry ne comprenait pas les causes et les effets alors il ne comprenait pas de quoi la r�alit� pouvait bien �tre compos�e ; et il �tait enti�rement possible que son cerveau humain ne <emphasis>puisse</emphasis> jamais le comprendre, parce que son cerveau �tait fait de <emphasis>neurones d�mod�s fonctionnant en temps lin�aire</emphasis>, qui s'�taient av�r�s n'�tre qu'un sous-ensemble appauvri de la r�alit�.</p><p>Le bon c�t� des choses, c'�tait que l'Arrive-Th�, qui avait auparavant sembl� tout-puissant et tout-incroyable, s'�tait r�v�l� beaucoup plus simple � expliquer. Ce que Harry avait rat� <emphasis>simplement</emphasis> parce que la v�rit� �tait totalement hors de son champ d'hypoth�ses et de tout ce que son cerveau, de par son �volution, aurait pu �tre amen� � comprendre. Mais maintenant il <emphasis>avait</emphasis> vraiment compris. Probablement. Ce qui �tait relativement encourageant. Plus ou moins.</p><p>Harry jeta un coup d'�il � sa montre. Il �tait presque 11h, il �tait all� se coucher la nuit derni�re � 1h, donc il devrait normalement aller se coucher � 3h. Donc pour aller se coucher � 22h et se r�veiller � 7h, il devrait revenir de cinq heures en arri�re. Ce qui voulait dire que s'il voulait revenir � son dortoir aux alentours de 6h, avant que quiconque ne soit r�veill�, il ferait mieux de se d�p�cher et...</p><p>M�me <emphasis>r�trospectivement</emphasis> Harry ne comprenait pas comment il �tait parvenu � accomplir <emphasis>la moiti�</emphasis> des choses n�cessaires � la r�alisation de la Farce. D'o� �tait venue la <emphasis>tarte</emphasis> ?</p><p>Harry commen�ait � avoir vraiment peur du voyage dans le temps.</p><p>D'un autre cot�, il se devait d'admettre que �a <emphasis>avait �t�</emphasis> une opportunit� irrempla�able. Une farce que vous pouviez vous faire � vous m�me une fois dans une vie, six heures avant que vous n'appreniez l'existence des Retourneurs de Temps.</p><p>C'�tait en fait <emphasis>encore plus</emphasis> d�routant, maintenant qu'il y pensait. Le Temps lui avait pr�sent� la Farce comme un <emphasis>fait accompli [NdT : en fran�ais dans le texte]</emphasis>, et pourtant c'�tait indubitablement son propre ouvrage. Le concept, l'ex�cution, le style d'�criture. Chaque d�tail, m�me ceux qu'il ne comprenait pas encore.</p><p>Bon aller, le temps filait et il y avait au plus trente heures dans une journ�e. Harry connaissait <emphasis>une partie</emphasis> des choses qu'il avait � faire, et il trouverait peut-�tre un moyen de faire le reste, comme la tarte, en cours de route. Pas la peine de s'attarder d'avantage. Ce n'est pas comme s'il pouvait accomplir quoi que ce soit ici, coinc� dans le <emphasis>futur</emphasis>.</p><empty-line/><p>Cinq heures plus t�t, Harry se glissait dans son dortoir, ses robes gliss�es au-dessus de sa t�te en guise de d�guisement de fortune, juste au cas o� quelqu'un serait d�j� debout et risquerait de le voir en m�me temps que le Harry allong� dans son lit. Il ne voulait pas avoir � expliquer � qui que ce soit son petit probl�me m�dical de Duplication spontan�e.</p><p>Heureusement, tout le monde semblait encore endormi.</p><p>Et il semblait aussi y avoir une bo�te, emball�e dans du papier rouge et vert, avec un ruban dor� et brillant, pos�e � cot� de son lit. L'image parfaite et st�r�otypique d'un cadeau de No�l, bien que ce ne f�t pas No�l.</p><p>Harry se glissa jusqu'� elle aussi doucement qu'il le pouvait, juste au cas o� quelqu'un aurait son Sourdineur au minimum.</p><p>Il y avait une enveloppe attach�e � la bo�te, scell�e par de la cire blanche, sans sceau imprim�.</p><p>Harry ouvrit l'enveloppe avec pr�caution et prit la lettre qui s'y trouvait. La lettre disait :</p><p>"<emphasis>Ceci est la Cape d'Invisibilit� d'Ignotus Peverell, transmise � travers ses descendants, les Potter. Contrairement aux sorts et aux capes de moindre force, elle a le pouvoir de vous garder </emphasis><emphasis>cach�</emphasis><emphasis>, et pas seulement invisible. Votre p�re me l'a pr�t�e pour �tude peu de temps avant sa mort, et je confesse en avoir fait grand usage durant ces derni�res ann�es.</emphasis></p><p><emphasis>J'ai peur qu'� l'avenir je doive me contenter d'un sortil�ge de D�sillusion. Il est temps que la Cape soit rendue � vous, son l�gataire. J'avais pens� vous l'offrir comme cadeau de No�l, mais elle souhaitait revenir entre vos mains avant cela. Il semblerait qu'elle s'attende � ce que vous ayez besoin d'elle. Faites-en bon usage.</emphasis></p><p><emphasis>Vous pensez sans doutes � toutes sortes de farces formidables, semblables � celles que votre p�re a commises en son temps. Si tous ses m�faits �taient connus, toutes les femmes de Gryffondor se r�uniraient pour profaner sa tombe. Je n'essaierai pas d'emp�cher l'histoire de se r�p�ter, mais soyez des PLUS attentifs dans votre dissimulation. Si Dumbledore voyait une chance de poss�der l'une des Reliques de la Mort, il ne la laisserait jamais �chapper � son �treinte.</emphasis></p><p><emphasis>Un Tr�s Joyeux No�l.</emphasis></p><p>La note n'�tait pas sign�e</p><empty-line/><p>"Attendez," dit Harry, s'arr�tant net alors que les autres gar�ons s'appr�taient � quitter le dortoir des Serdaigle. "D�sol�, il y a quelque chose d'autre dans ma malle dont j'ai besoin. Je vous rejoindrai pour le petit d�jeuner dans quelques minutes."</p><p>Terry Boot jeta un mauvais mena�ant � Harry. "Tu ferais mieux de ne pas avoir l'intention de fouiller nos affaires."</p><p>Harry leva une main. "Je jure ne pas avoir l'intention de faire quoi que ce soit de la sorte � aucune de vos affaires, que je ne compte acc�der qu'� des objets m'appartenant, que je n'ai l'intention de faire aucune farce ni quoi que ce soit de douteux � aucun d'entre vous, et que je ne m'attends pas � voir ces intentions changer avant que j'arrive dans la Grande Salle pour le petit d�jeuner."</p><p>Terry fron�a les sourcils. "Attends, est-ce que -"</p><p>"Ne t'inqui�te pas," dit P�n�lope Deauclaire, qui �tait l� pour les guider. "Il n'y avait pas failles. Bien dit, Potter, tu devrais �tre avocat."</p><p>Harry Potter cligna des yeux. Ah, oui, <emphasis>pr�f�te </emphasis>de Serdaigle. "Merci," dit-il. "Je crois."</p><p>"Quand tu essaieras de trouver la Grand Salle, tu te perdras." P�n�lope dit cela sur le ton qu'on utilisait pour �noncer des �vidences incontestables. "D�s que �a t'arrive, demande � un portrait comment te rendre au rez-de-chauss�e. Parle � un autre portait � <emphasis>l'instant</emphasis> o� tu penses t'�tre � nouveau perdu. <emphasis>En particulier</emphasis> s'il semble que tu vas de plus en plus haut. Si tu es si haut que le plafond du ch�teau devrait �tre en-dessous de toi, <emphasis>arr�te-toi</emphasis> et attends les �quipes de recherche. Sinon nous te reverrons trois mois plus tard et tu auras vieilli de deux ans et tu seras habill� d'un pagne et couvert de neige et �a c'est <emphasis>si tu restes dans le ch�teau</emphasis>."</p><p>"Compris," dit Harry, avalant difficilement sa salive. "Euh, ne devriez-vous pas dire ce genre de choses aux �l�ves d�s le d�but ?"</p><p>P�n�lope soupira. "Quoi, <emphasis>toutes</emphasis> ces choses ? �a prendrait des semaines. Tu l'apprendras au fur et � mesure." Elle se tourna pour partir, suivie par les autres �l�ves. "Si je ne te vois pas au petit d�jeuner dans trente minutes, Potter, je commencerai les recherches."</p><p>Apr�s que tout le monde fut parti, Harry accrocha la note � son lit - il l'avait d�j� �crite, ainsi que toutes les autres, travaillant dans son niveau caverne le r�veil des autres. Puis il entra pr�cautionneusement dans le champ d'action du Sourdieur et retira la Cape d'Invisibilit� du corps endormi de Harry-1.</p><p>Et juste par pure espi�glerie, Harry mit la Cape d'Invisibilit� dans la bourse de Harry-1, sachant qu'elle serait ainsi d�j� dans la sienne.</p><empty-line/><p>"Je vois bien que le message est destin� � Cornelion Flubberwalt," dit le tableau d'un homme � l'air aristocratique et dot� d'un nez � vrai dire parfaitement normal. "Mais pourrais-je conna�tre son <emphasis>origine</emphasis> ?"</p><p>Harry haussa les �paules avec une impuissance rus�e. "On m'a dit que le message venait d'une voix caverneuse qui �manait d'un trou dans l'air lui-m�me, un trou qui s'ouvrait sur une abysse flamboyante."</p><empty-line/><p>"H� !" dit Hermione avec indignation depuis sa place � l'autre bout de la table de petit d�jeuner. "C'est le dessert de <emphasis>tout le monde</emphasis> ! Tu ne peux pas prendre une tarte enti�re et la mettre dans ta bourse !"</p><p>"Je ne prends pas une tarte, j'en prends deux. D�sol� tout le monde, je dois y aller maintenant !" Harry ignora les cris d'outrage et quitta la Grande Salle. Il avait besoin d'arriver en Botanique un peu en avance.</p><empty-line/><p>Le professeur Chourave regarda Harry avec s�v�rit�. "Comment savez-<emphasis>vous</emphasis> ce que les Serpentard comptent faire ?"</p><p>"Je ne peux nommer mes sources," dit Harry. "En fait, je vais devoir vous demander de pr�tendre que cette conversation n'a jamais eu lieu. Faites simplement comme si vous les croisiez naturellement pendant que vous alliez quelque part, ou quelque chose de ce genre. J'irai en avance d�s que le cours d'Botanique se terminera, je pense que je pourrai distraire les Serpentard jusqu'� ce que vous arriviez. Il n'est pas simple de m'effrayer ni de me malmener, et je ne pense pas qu'ils oseront vraiment faire du mal au Survivant. Cela dit... je ne vous demande pas de courir dans les corridors, mais j'appr�cierais si vous ne perdiez pas de temps en chemin."</p><p>Le professeur Chourave le regarda pendant un long moment, puis son expression s'adoucit. "Faites attention � vous, Harry Potter. Et... merci."</p><p>"Soyez s�re de ne pas �tre en retard," dit Harry. "Et souvenez-vous, quand vous arrivez l�-bas, vous ne vous attendiez pas � me voir et cette conversation n'a jamais eu lieu."</p><empty-line/><p>C'�tait horrible de se voir tirer Neville hors du cercle des Serpentard. Neville avait raison, il avait utilis� trop de force, beaucoup trop de force.</p><p>"Bonjour," dit Harry Potter froidement. "Je suis le Survivant."</p><p>Huit gar�ons en premi�re ann�e, tous � peu pr�s de la m�me taille. L'un d'eux avait une cicatrice sur le front et ne se comportait pas comme les autres.</p><p><emphasis>� un pouvoir nous donnerait-il</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>Le pouvoir de nous voir comme les autres nous voient !</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>De quelles erreurs cela nous lib�rerait-il</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>Et de quelles id�es imb�ciles -</emphasis></p><p>Le professeur McGonagall avait raison. Le Choixpeau magique avait raison. C'�tait clair une fois qu'on le voyait de l'ext�rieur.</p><p>Il y avait quelque chose qui clochait chez Harry Potter.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 15*: �tre consciencieux</strong></p><p>Aime comme tu Rowling.</p><p>Petit friandise historique du jour : Les anciens H�breux consid�raient qu'un jour �tait born� par le cr�puscule plut�t que par l'aurore, et ils disaient donc "soir et matin" plut�t que "matin et soir". (Et comme de nombreux critiques l'ont not�, les Juifs halakha modernes affirment la m�me chose.)</p><empty-line/><p>"<emphasis>Je suis s�r que je trouverai un moyen."</emphasis></p><empty-line/><p>"<emphasis>Frigideiro !"</emphasis></p><p>Harry trempa un doigt dans le verre d'eau pos� sur son bureau. Il aurait d� �tre froid. Mais ti�de il avait �t�, et ti�de il �tait rest�. Une fois de plus.</p><p>Harry se sentait hautement trahi.</p><p>Il y avait des centaines de romans de <emphasis>fantasy</emphasis> �parpill�s dans la maison Verres. Harry en avait lu une bonne quantit�. Et il semblait de plus en plus que Harry avait un c�t� obscur. Donc, apr�s que le verre d'eau ait refus� de coop�rer les premi�res fois, Harry avait jet� un regard tout autour du cours de Sortil�ges afin de s'assurer que personne ne regardait, avait pris une profonde inspiration, et s'�tait mis en col�re. Il avait pens� aux Serpentard malmenant Neville et au jeu o� on faisait tomber vos livres � chaque fois que vous essayez de les ramasser. Il avait pens� � ce que Draco Malfoy avait dit au sujet de la fille Lovegood, �g�e de dix ans, et � la fa�on dont le Magenmagot fonctionnait vraiment...</p><p>Et la fureur �tait entr�e dans son sang, et il avait tenu sa baguette d'une main tremblante de haine, et il avait dit d'un ton glac� : "<emphasis>Frigideiro !</emphasis>" et absolument rien ne s'�tait produit.</p><p>Harry avait �t� <emphasis>roul�</emphasis>. Il voulait �crire � quelqu'un et demander un <emphasis>remboursement </emphasis>de son c�t� obscur, qui aurait clairement <emphasis>d�</emphasis> avoir d'irr�sistibles pouvoirs magiques mais s'�tait r�v�l� <emphasis>d�fectueux</emphasis>.</p><p>"<emphasis>Frigideiro!"</emphasis> dit � nouveau Hermione, depuis le pupitre � c�t� du sien. Son eau �tait un solide bloc de glace et il y avait des cristaux blancs se formant sur le rebord de son verre. Elle semblait totalement absorb�e par son travail et pas du tout consciente des autres �l�ves du cours qui la regardaient avec des yeux pleins de haine, ce qui �tait soit (a) dangereusement inconscient de sa part, soit (b) un num�ro parfaitement huil� qui tenait de la performance artistique.</p><p>"Oh, <emphasis>tr�s bien</emphasis>, Mademoiselle Granger !" piailla Filius Flitwick, leur professeur de Sortil�ges et le directeur de Serdaigle, un petit homme minuscule qui n'avait pas du tout l'air d'�tre un ancien champion de duel. "Excellent ! Prodigieux !"</p><p>Harry s'�tait attendu � �tre deuxi�me apr�s Hermione, dans le pire des cas. Il aurait bien s�r pr�f�r� qu'<emphasis>elle</emphasis> soit <emphasis>son</emphasis> rival, mais il aurait accept� que la situation soit invers�e.</p><p>En ce lundi, Harry se destinait � �tre bon dernier de la classe, une position pour laquelle il rivalisait en compagnie de tous les autres �lev�s-Moldu mis � part Hermione. Laquelle �tait seule et sans rival au sommet, pauvre petite.</p><p>Le professeur Flitwick se tenait au-dessus du pupitre d'une autre des n�s-Moldu et ajustait doucement la fa�on dont elle tenait sa baguette.</p><p>Harry jeta un coup d'�il � Hermione. Il d�glutit. C'�tait son r�le naturel dans l'ordre du monde... "Hermione ?" dit timidement Harry. "As-tu la moindre id�e de ce que je pourrais faire de travers ?"</p><p>Ses yeux brill�rent d'une effroyable obligeance, et quelque chose au fond du cerveau de Harry hurla son d�sespoir et son humiliation.</p><p>Cinq minutes plus tard, l'eau de Harry semblait bien �tre perceptiblement plus froide que la temp�rature de la pi�ce, et Hermione lui avait donn� de petites tapes verbales sur la t�te, et lui avait dit de le prononcer avec plus de soin la prochaine fois, et �tait partie aider quelqu'un d'autre.</p><p>Le professeur Flitwick lui avait donn� un point pour avoir aid� Harry.</p><p>Il grin�ait des dents si fort que sa m�choire lui faisait mal, et �a n'aidait pas sa prononciation.</p><p><emphasis>Je me fiche que ce soit de la comp�tition d�loyale. Je sais exactement ce que je vais faire avec mes deux heures suppl�mentaires par jour. Je vais m'asseoir dans ma malle et �tudier jusqu'� ce que je sois au niveau de Hermione.</emphasis></p><empty-line/><p>"La m�tamorphose est une des magies les plus complexes et les plus dangereuses qui vous seront donn�es d'apprendre � Poudlard," dit le professeur McGonagall. Il n'y avait pas la moindre trace de sourire sur le visage de la sombre vieille sorci�re. "Quiconque s'agitant dans mon cours devra partir et ne reviendra pas. Vous avez �t� pr�venus."</p><p>Sa baguette s'abaissa et frappa son bureau, qui se remodela doucement en cochon. Deux �l�ves n�s-Moldu �mirent de petits glapissements. Le cochon regarda autour de lui avec un air confus puis redevint un bureau.</p><p>McGonagall balaya la classe du regard. Ses yeux s'arr�t�rent sur quelqu'un.</p><p>"M. Potter," dit le professeur McGonagall. "Vous n'avez eu vos manuels qu'il y a quelques jours. Avez-vous commenc� � lire votre manuel de m�tamorphose ?"</p><p>"Non, pardon professeur," dit Harry.</p><p>"Vous n'avez pas � vous excuser, M. Potter, si vous deviez lire � l'avance, nous vous en aurions fait part." Les doigts de McGonagall donn�rent un coup sec sur le bureau situ� juste devant elle. "M. Potter, voudriez-vous bien essayer de deviner si c'est un bureau que j'ai bri�vement m�tamorphos� en cochon, ou s'il �tait un cochon au d�but et que j'ai bri�vement enlev� la m�tamorphose ? Vous le sauriez si vous aviez lu le premier chapitre de votre manuel."</p><p>Les sourcils de Harry se pliss�rent quelque peu. "J'imagine qu'il serait plus facile de commencer avec un cochon, puisque si �a avait d'abord �t� un bureau, il ne saurait peut-�tre pas comment se tenir debout."</p><p>Le professeur McGonagall secoua la t�te. "Ce n'est pas votre faute, M. Potter, mais la r�ponse correcte est qu'en cours de m�tamorphose, on ne cherche <emphasis>pas</emphasis> � deviner. Les mauvaises r�ponses seront not�es avec une s�v�rit� extr�me, les questions laiss�es vides seront not�es avec une grande indulgence. Vous devez apprendre � savoir ce que vous ne savez pas. Si je vous pose n'importe quelle question, peu importe qu'elle soit basique ou �vidente, et que vous r�pondez 'Je ne suis pas s�r', je ne vous en voudrai pas, et celui ou celle qui rira fera perdre des points � sa maison. Pouvez-vous me dire pourquoi cette r�gle existe, M. Potter ?"</p><p><emphasis>Parce qu'une seule erreur de m�tamorphose peut �tre incroyablement dangereuse.</emphasis> "Non."</p><p>"Correct. La M�tamorphose est plus dangereuse que le transplanage, qui n'est pas enseign� avant la sixi�me ann�e. La m�tamorphose doit malheureusement �tre apprise et pratiqu�e jeune afin de maximiser vos capacit�s une fois adulte. C'est donc un sujet dangereux, et vous devriez �tre assez effray�s � l'id�e de faire la moindre erreur, car aucun de mes �tudiants n'a jamais eu de s�quelles permanentes, et je serais <emphasis>extr�mement ennuy�e</emphasis> si vous �tiez la premi�re classe � <emphasis>entacher mon dossier</emphasis>.</p><p>Certains �tudiants d�glutirent.</p><p>Le professeur McGonagall se leva et alla jusqu'au mur situ� derri�re son bureau. Il soutenait un tableau blanc accompagn� de marqueurs et d'un effaceur. "Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles la m�tamorphose est dangereuse, mais l'une d'elles s'�l�ve au-dessus des autres." Elle prit l'un des marqueurs et dessina des lettres rouge vif qu'elle souligna ensuite en bleu :</p><p>UNE M�TAMORPHOSE N'EST PAS PERMANENTE !</p><p>"Une m�tamorphose n'est pas permanente !" dit McGonagall. "Une m�tamorphose n'est pas permanente ! Une m�tamorphose n'est pas permanente ! M. Potter, supposez qu'un �tudiant change un bloc de bois en un verre d'eau et que vous le buviez. Que pouvez-vous imaginer qu'il se passera lorsque la m�tamorphose se dissipera ?" Il y eut une pause. "Excusez-moi, M. Potter, je n'aurais pas d� vous demander cela, j'oubliais que vous �tes b�ni d'une imagination exceptionnellement pessimiste -"</p><p>"Je vais bien," dit Harry, avalant bruyamment sa salive. "Donc la premi�re r�ponse est que je ne <emphasis>sais</emphasis> pas," McGonagall hocha la t�te, "mais j'<emphasis>imagine</emphasis> qu'il pourrait y avoir... du bois dans mon estomac, et dans mon syst�me sanguin, et si une partie de cette eau avait �t� absorb�e par mes tissus corporels - serait-ce de la pulpe de bois ou du bois solide ou..." Le manque de ma�trise de la magie de Harry le mit en d�faut. Il ne pouvait d�j� pas comprendre comment le bois se transformait en eau ; il ne pouvait donc pas non plus comprendre ce qui se passerait apr�s que les mol�cules d'eau aient �t� m�lang�es par des mouvements thermiques normaux, et que la magie se soit dissip�e, et que la transformation se soit invers�e.</p><p>La visage de McGonagall �tait rigide. "Comme M. Potter l'a correctement d�duit, il deviendrait extr�mement malade et devrait �tre l'objet d'une attention m�dicale d'urgence. Merci d'ouvrir vos livres � la page 5."</p><p>M�me sans aucun son pour accompagner l'image mouvante, on pouvait voir que la femme � la peau horriblement d�color�e hurlait.</p><p>"Le criminel qui a initialement m�tamorphos� de l'or en vin et l'a donn� � boire � cette femme, 'en paiement de la dette', comme il l'a dit, a re�u une sentence de dix ans � Azkaban. Merci de vous rendre � la page 6. C'est un D�traqueur. Ce sont les gardiens d'Azkaban. Ils drainent votre magie, votre vie, et toute pens�e heureuse que vous essayez d'avoir. L'image page 7 est le criminel dix ans plus tard, � sa sortie. Vous remarquerez qu'il est mort - oui, M. Potter ?"</p><p>"Professeur," dit Harry, "dans un cas comme celui-ci, si le pire se produit, y a-t-il un moyen de <emphasis>maintenir</emphasis> la m�tamorphose ?"</p><p>"Non," r�pondit cat�goriquement McGonagall. "Maintenir une m�tamorphose est un drain magique permanent qui cro�t proportionnellement � la taille de la forme cible. Et il vous faudrait entrer en contact avec la cible r�guli�rement, � quelques heures d'intervalle, ce qui, dans un cas comme celui-ci, est impossible. Les d�sastres comme celui-ci sont <emphasis>irr�cup�rables</emphasis> !"</p><p>Le professeur McGonagall se pencha en avant. Son visage devint tr�s dur. "Vous ne changerez absolument jamais quelque chose en un liquide ou en un gaz, quelles que soient les circonstances. Pas d'eau, pas d'air. Rien qui ressemble � de l'eau, rien qui ressemble � de l'air. M�me si ce n'est pas cens� �tre bu. Les liquides <emphasis>s'�vaporent</emphasis>, des petites parties s'�chappent dans les airs. Vous ne m�tamorphoserez rien qui soit destin� � �tre br�l�. �a fera alors de la fum�e et quelqu'un pourrait la respirer ! Vous ne m�tamorphoserez jamais rien qui puisse potentiellement se retrouver dans le corps de quelqu'un par quelque moyen que ce soit. Pas de nourriture. Rien qui <emphasis>ressemble</emphasis> � de la nourriture. M�me pas une petite blague amusante o� vous comptiez les pr�venir au sujet de votre tarte � la boue avant qu'ils ne la mangent pour de vrai. Vous ne le ferez jamais. Point. Dans cette classe ou hors de cette classe ou <emphasis>o� que ce soit</emphasis>. Est-ce bien compris par <emphasis>chaque �l�ve</emphasis> ?"</p><p>"Oui," dirent Harry, Hermione, et quelques autres. Les autres semblaient sans voix.</p><p>"<emphasis>Est-ce bien compris par chaque �l�ve ?"</emphasis></p><p>"Oui," dirent-ils, marmonn�rent-ils, et chuchot�rent-ils.</p><p>"Si vous brisez n'importe laquelle de ces r�gles, vous n'�tudierez plus la m�tamorphose pendant votre s�jour � Poudlard. R�p�tez apr�s moi. Je ne m�tamorphoserai jamais rien en liquide ou en gaz."</p><p>"Je ne m�tamorphoserai jamais rien en liquide ou en gaz," dirent les �tudiants en un chorus syncop�.</p><p>"Encore ! Plus fort ! Je ne m�tamorphoserai jamais rien en liquide ou en gaz."</p><p>"Je ne m�tamorphosera jamais rien qui ressemble � de la nourriture ou toute autre chose allant dans le corps humain."</p><p>"Je ne m�tamorphoserai jamais rien qui puisse �tre br�l� car cela pourrait faire de la fum�e."</p><p>"Je ne m�tamorphoserai jamais rien qui ressemble � de l'argent, m�me de l'argent Moldu," dit le professeur McGonagall. "Les gobelins ont les moyens de trouver le coupable. Et il est �crit dans la loi que la nation gobeline est dans un �tat de <emphasis>guerre</emphasis> permanent avec les faussaires magiques. Ils n'enverront pas d'Aurors. Ils enverront une arm�e."</p><p>"Je ne m�tamorphoserai jamais rien qui ressemble � de l'argent," r�pondirent les �l�ves en ch�ur.</p><p>"Et <emphasis>par-dessus tout</emphasis>," dit le professeur McGonagall, "vous ne m�tamorphoserez aucun sujet vivant, en particulier vous-m�me. Cela vous rendra malade, et vous tuera m�me peut-�tre, selon la fa�on dont vous vous serez m�tamorphos�s et selon la dur�e pendant laquelle vous aurez maintenu le changement." Le professeur McGonagall marqua une pause. "M. Potter a en ce moment une main interrogative lev�e en l'air parce qu'il a vu une transformation en Animagus - plus pr�cis�ment un humain se transformant en chat et � nouveau en humain. Mais la transformation en Animagus n'est pas une m�tamorphose <emphasis>libre</emphasis>."</p><p>Le professeur McGonagall extirpa un petit morceau de bois de sa poche. D'un coup de baguette magique, il devint une sph�re de verre. Puis elle dit "<emphasis>Crystferrium !</emphasis>" et la sph�re de verre devint une sph�re d'acier. Elle frappa une derni�re fois et la sph�re d'acier devint � nouveau un morceau de bois. "<emphasis>Crystferrium</emphasis> transforme un sujet de verre solide en un objet d'acier solide dot� d'une forme similaire. Il ne peut faire l'inverse, et il ne peut pas non plus transformer un bureau en cochon. La forme la plus g�n�rale de la m�tamorphose - la m�tamorphose libre, que vous allez apprendre ici - est capable de transformer un sujet en n'importe quelle cible, du moins en ce qui concerne la forme physique. C'est pour cela que la m�tamorphose libre doit �tre muette. Utiliser des sortil�ges demanderait l'utilisation de mots diff�rents pour chaque transformation entre sujet et objet."</p><p>Le professeur McGonagall jeta un regard dur � ses �l�ves. "<emphasis>Certains</emphasis> enseignants commencent par les sortil�ges de m�tamorphose et passent ensuite � la m�tamorphose libre. Oui, ce serait au d�part beaucoup plus simple. Mais cela peut constituer un mauvais moule qui d�t�riorera vos capacit�s ult�rieures. Vous apprendrez ici la m�tamorphose libre <emphasis>d�s le d�part</emphasis>, ce qui exige que vous jetiez le sort sans prononcer un mot, en repr�sentant dans votre esprit la forme du sujet, la forme cible, et la transformation.</p><p>"Et pour r�pondre � la question de M. Potter," continua le professeur McGonagall, "c'est la m�tamorphose <emphasis>libre</emphasis> que vous ne devez jamais op�rer sur un sujet vivant. Il y a des sortil�ges et des potions qui peuvent transformer sans risque des sujet vivants, de fa�ons <emphasis>limit�es</emphasis> et r�versibles. Par exemple, un Animagus � qui il manque un membre ne retrouvera pas ce membre apr�s s'�tre transform�. La m�tamorphose libre n'est <emphasis>pas</emphasis> s�re. Votre corps changera pendant sa m�tamorphose - la respiration par exemple produit une perte constante de mati�re corporelle qui est d�vers�e dans l'atmosph�re. Lorsque la m�tamorphose s'estompera et que votre corps essaiera de revenir � sa forme <emphasis>originale</emphasis>, il ne sera pas tout � fait capable de le faire. Si vous collez votre baguette contre votre corps et que vous vous imaginez avec des cheveux dor�s, ils tomberont une fois la m�tamorphose termin�e. Si vous vous voyez avec une peau plus claire, vous passerez un long s�jour � Ste Mangouste. Et si vous vous m�tamorphosez en une forme adulte, alors, quand la m�tamorphose se dissipera, vous mourrez.</p><p>Voil� qui expliquait l'existence de gar�ons gras ou de filles n'�tant pas parfaitement jolies. Ou m�me de gens �g�s tant qu'on y �tait. �a n'existerait pas si on pouvait juste se m�tamorphoser tous les matins... Harry leva sa main et essaya de signaler sa pr�sence au professeur McGonagall du regard.</p><p>"<emphasis>Oui</emphasis>, M. Potter ?"</p><p>"Est-il possible de m�tamorphoser un sujet vivant en une cible statique, comme une pi�ce - non, pardon, je suis vraiment d�sol�, disons juste comme une sph�re d'acier."</p><p>Le professeur McGonagall secoua la t�te. "M. Potter, m�me les objets inanim�s subissent de petits changements internes au fil du temps. Il n'y aurait pas de changement visibles sur votre corps apr�s la transformation, et vous ne remarqueriez rien d'anormal pendant la premi�re minute. Mais une heure plus tard, vous seriez tr�s malade, et le lendemain, vous seriez mort."</p><p>"Euh, excusez-moi, mais alors si j'avais lu le premier chapitre, j'aurais pu <emphasis>deviner</emphasis> que le bureau �tait initialement un bureau et non un cochon," dit Harry, "mais seulement si j'avais <emphasis>en plus</emphasis> �mis l'hypoth�se que vous ne vouliez pas tuer le cochon, ce qui <emphasis>semble</emphasis> hautement probable, mais -"</p><p>"M. Potter, je puis pr�dire que noter vos contr�les sera pour moi une immense source de ravissement. Mais si vous avez d'autres questions, pourrais-je s'il vous pla�t vous demander d'attendre la fin du cours ?"</p><p>"Pas d'autres questions, professeur."</p><p>"Maintenant r�p�tez apr�s moi," dit le professeur McGonagall. "Je n'essaierai jamais de m�tamorphoser un sujet vivant, et en particulier moi-m�me, � moins que l'on ne m'ait sp�cifiquement charg� de le faire � l'aide d'un sortil�ge sp�cialis� ou d'une potion."</p><p>"Si je ne suis pas certain que la m�tamorphose est s�re, je ne m'y essaierai pas avant d'avoir demand� l'autorisation au professeur McGonagall ou au professeur Flitwick ou au professeur Rogue ou au professeur Dumbledore, qui sont les seules autorit�s l�gitimes en mati�re de m�tamorphose � Poudlard. Demander � un autre �tudiant n'est <emphasis>pas</emphasis> une alternative acceptable, m�me s'ils disent se souvenir avoir pos� la m�me question."</p><p>"M�me si le professeur de D�fense actuel de Poudlard me dit qu'une m�tamorphose est s�re, et m�me si je vois le professeur de D�fense la r�aliser et que je ne vois rien de n�faste se produire, je ne m'y essaierai pas moi-m�me."</p><p>"J'ai le droit inali�nable de refuser d'op�rer toute m�tamorphose au sujet de laquelle je ressens la moindre nervosit�. Puisque m�me le directeur de Poudlard ne peut me donner l'ordre de le faire, je n'accepterai certainement aucun ordre de ce genre venant du professeur de D�fense, m�me si le professeur de D�fense menace de d�duire cent points � ma maison et de me faire exclure."</p><p>"Si je brise une seule de ces r�gles je n'�tudierai plus la m�tamorphose pendant mon s�jour � Poudlard."</p><p>"Nous r�p�terons ces r�gles au d�but de chaque cours pendant un mois," dit le professeur McGonagall. "Et maintenant, nous allons commencer avec pour sujet des allumettes et pour cible des aiguilles... posez vos baguettes, merci bien, par 'commencer', je voulais dire que voulez allez commencer � prendre des notes."</p><p>Une demi-heure avant la fin du cours, le professeur McGonagall distribua des allumettes.</p><p>� la fin du cours, Hermione avait une allumette argent�e, et le reste de la classe, n�-Moldu ou non, avait exactement la m�me chose que ce qu'on leur avait donn� au d�part.</p><p>Le professeur McGonagall d�cerna un point de plus � Serdaigle.</p><empty-line/><p>Apr�s que la classe ait �t� remerci�e, Hermione alla jusqu'au bureau de Harry alors que celui-ci rangeait ses livres dans sa bourse.</p><p>"Tu sais," dit Hermione d'un ton innocent, "aujourd'hui, j'ai gagn� deux points pour Serdaigle."</p><p>"En effet," dit s�chement Harry.</p><p>"Mais ce n'�tait pas aussi bien que tes <emphasis>sept</emphasis> points," dit-elle. "Je suppose que je ne suis pas aussi intelligente que toi."</p><p>Harry finit de donner ses devoirs � manger � sa bourse et se tourna vers Hermione, les yeux en fentes. Il avait � vrai dire compl�tement oubli� cet �pisode.</p><p>Elle <emphasis>battit des paupi�res</emphasis>. "Cela dit, nous avons des cours tous les jours. Je me demande combien de temps cela te prendra de trouver d'autres Poufsouffle � sauver ? Nous sommes lundi. Donc cela te donne jusqu'� jeudi."</p><p>Ils se regard�rent dans le blanc des yeux, sans ciller.</p><p>Harry parla le premier. "Tu te rends bien s�r compte que �a va �tre la guerre."</p><p>"Je ne savais pas que nous �tions en paix."</p><p>Tous les autres �tudiants regardaient maintenant la sc�ne avec des yeux fascin�s. Tous les autres �tudiants plus le professeur McGonagall, malheureusement.</p><p>"Oh, M. Potter," fredonna le professeur McGonagall depuis l'autre extr�mit� de la pi�ce, "j'ai de bonnes nouvelles pour vous. Madame Pomfresh a approuv� votre suggestion visant � r�duire la fragilit� des Portillons tournants, et nous comptons avoir termin� les modifications d'ici la fin de la semaine prochaine. J'imagine que cela m�rite... disons dix points pour Serdaigle."</p><p>La visage de Hermione trahissait un immense sentiment de trahison et d'�berluement. Harry supposa que son propre visage ne devait pas avoir l'air tr�s diff�rent.</p><p>"P<emphasis>rofesseur..."</emphasis> siffla Harry.</p><p>"Il ne fait <emphasis>aucun doute</emphasis> que vous m�ritez ces dix points, M. Potter. Je ne donnerais pas des points par caprice. De votre point de vue, vous avez simplement remarqu� quelque chose de fragile et avez sugg�r� une fa�on de le prot�ger, mais les Portillons tournants sont co�teux et le Directeur n'�tait <emphasis>pas</emphasis> ravi du tout la derni�re fois que quelqu'un en a cass� un." McGonagall eut l'air pensive. "Voyons, je me demande si un autre �l�ve a jamais gagn� dix-sept points d�s son premier jour de cours. Il faudra que je v�rifie, mais je pense que nous avons l� un nouveau record. Peut-�tre devrions-nous faire une annonce pendant le d�ner ?"</p><p>"<emphasis>PROFESSEUR</emphasis> !" s'�cria Harry. "C'est <emphasis>notre</emphasis> guerre ! Arr�tez de vous en m�ler !"</p><p>"Vous avez maintenant jusqu'� jeudi de la semaine <emphasis>prochaine</emphasis>, M. Potter. � moins bien s�r que vous ne vous pr�tiez � quelque espi�glerie et ne <emphasis>perdiez</emphasis> alors des points. En vous adressant � un professeur de fa�on irrespectueuse, par exemple." Le professeur McGonagall se posa un doigt sur la joue et prit un air songeur. "Je m'attends � ce que vous atteignez les nombres n�gatifs avant vendredi soir."</p><p>La bouche de Harry se referma imm�diatement. Il jeta son meilleur Regard Mortel � McGonagall mais elle sembla trouver cela amusant.</p><p>"Oui, une annonce au d�ner, certainement," r�vassa le professeur McGonagall. "Mais il ne faudrait pas offenser les Serpentard, nous garderons donc l'annonce br�ve. Juste le nombre de points et les faits... et si quelqu'un vient vous voir parce qu'il a besoin d'aide pour leurs devoirs et se voit d��u d'apprendre que vous n'avez m�me pas commenc� � lire vos manuels, vous pourrez toujours les renvoyer vers Mademoiselle Granger."</p><p>"P<emphasis>rofesseur !"</emphasis> dit Hermione d'une voix relativement aigu�.</p><p>Le professeur McGonagall l'ignora. "Voyons, je me demande combien de temps Mademoiselle Granger mettra � faire quelque chose digne d'une annonce au d�ner ? Quoi que ce soit, j'attends ce moment avec impatience."</p><p>Harry et Hermione, par consentement muet, se retourn�rent et quitt�rent la salle � grands pas. Ils furent suivis par une tra�ne de Serdaigle hypnotis�s.</p><p>"Euh," dit Harry. "C'est toujours bon pour apr�s d�ner ?"</p><p>"Bien s�r," dit Hermione. "Je ne voudrais pas te voir prendre du retard dans tes cours."</p><p>"Que c'est aimable. Et permets-moi de te dire que, aussi brillante que tu aies �t� aujourd'hui, je ne peux m'emp�cher de me demander de quoi tu seras capable une fois que tu auras eu une formation � la rationalit� des plus �l�mentaires."</p><p>"Est-ce vraiment si utile ? �a n'avait pas l'air de t'aider en Sortil�ges ou en M�tamorphose."</p><p>Il y eut une courte pause.</p><p>"Eh bien, j'ai eu mes manuels il y a quatre jours � peine. C'est pour �a que j'ai d� gagner ces dix-sept points sans utiliser ma baguette."</p><p>"Il y a quatre jours ? Tu ne peux peut-�tre pas lire huit livres en quatre jours, mais tu aurais quand m�me pu en lire <emphasis>un</emphasis>. Combien de jours cela te prendra-t-il � ce rythme ? Tu es fort en math, alors peux-tu me dire combien font huit fois quatre divis� par z�ro ?"</p><p>"J'ai cours pour le moment, contrairement � toi, mais mes week-ends sont libres, donc... limite avec epsilon approchant z�ro positif de huit fois quatre divis� par epsilon... dimanche � 10h47."</p><p>"J'ai tout lu en <emphasis>trois</emphasis> jours, tu sais."</p><p>"Samedi � 14h47 donc. Je suis s�r que je trouverai un moyen."</p><p>Et il y eut le soir, et il y eut le matin, le premier jour.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 16*: Pens�e lat�rale</strong></p><p>NdT : Ceci est une <strong>traduction</strong> de <emphasis>Harry Potter and the Methods of Rationality</emphasis>. Je ne suis pas l'auteur de cette fanfic ! Allez sur mon profil pour l'original en anglais.</p><empty-line/><p>La porte de l'ennemi est Rowling.</p><empty-line/><p><emphasis>Je ne suis pas un psychopathe, je suis juste tr�s cr�atif.</emphasis></p><empty-line/><p>Mercredi, � l'instant o� il posa le pied dans la salle du cours de D�fense, Harry sut que <emphasis>ce</emphasis> cours allait �tre tr�s <emphasis>sp�cial</emphasis>.</p><p>Pour commencer, c'�tait la plus grande salle qu'il ait jamais vue � Poudlard, semblable � la salle de cours d'une importante universit�, avec des �tages de pupitres dispos�s face � une plate-forme immense qui semblait �tre faite de marbre blanc. La salle �tait haute dans le ch�teau - au cinqui�me �tage - et Harry savait que c'�tait la meilleure explication qu'on lui donnerait jamais quant au fait que cette pi�ce pouvait tenir entre les murs de Poudlard. Il devenait de plus en plus clair que Poudlard n'avait tout simplement <emphasis>pas</emphasis> de g�om�trie, Euclidienne ou autre ; elle avait des connexions, et non pas des directions.</p><p>Contrairement � une salle d'universit�, il n'y avait pas de rang�es de si�ges repliables encastr�s dans des bureaux ; au lieu de cela, il y avait les tr�s ordinaires pupitres en bois de Poudlard, agenc�s le long d'une courbe � chaque �tage de la salle de cours. Sauf que sur chaque pupitre �tait install� un objet blanc, plat et rectangulaire. Harry n'avait jamais vu une chose pareille pos�e sur un pupitre.</p><p>Au centre de la gigantesque plate-forme, sur une petite estrade sur�lev�e faite d'un marbre plus sombre, se trouvait un bureau d'enseignant, � l'�cart. Sur lequel Quirrell s'appuyait, affal� sur sa chaise, la t�te rejet�e en arri�re, bavant l�g�rement sur ses robes.</p><p>�a<emphasis> me rappelle quelque chose, mais quoi ?</emphasis></p><p>Harry �tait arriv� en cours si t�t qu'aucun autre �tudiant n'�tait encore pr�sent. (La langue anglaise devenait d�fectueuse lorsqu'il s'agissait de d�crire le voyage dans le temps ; et en particulier, il manquait � l'anglais les mots capables d'exprimer � quel point c'�tait pratique.) Quirrell ne semblait pas... �tre en �tat de marche... pour le moment, et Harry n'avait de toute fa�on pas particuli�rement envie de s'approcher de lui.</p><p>Harry choisit un bureau, grimpa jusqu'� celui-ci, s'assit, et r�cup�ra son manuel de D�fense. Il en �tait � peu pr�s aux sept huiti�mes - il avait pr�vu de finir le livre avant le d�but du cours, mais il �tait en retard sur son emploi du temps et il avait d�j� utilis� le Retourneur de Temps deux fois aujourd'hui.</p><p>Apr�s un court moment, des bruits mont�rent et la salle commen�a � se remplir. Harry les ignora.</p><p>"Potter ? Qu'est-ce que <emphasis>tu</emphasis> fais dans cette classe ?"</p><p><emphasis>Cette</emphasis> voix n'aurait pas d� �tre ici. Harry releva les yeux. "Draco ? Qu'est-ce que <emphasis>tu</emphasis> fais dans ma oh mon dieu tu as des <emphasis>laquais</emphasis>."</p><p>L'un des gar�ons qui se tenaient derri�re Draco semblait �tre vraiment tr�s muscl� pour un enfant de onze ans, et l'autre maintenait une posture suspicieusement �quilibr�e.</p><p>Draco sourit avec beaucoup de suffisance et fit un geste vers l'arri�re. "Potter, je te pr�sente M. Crabbe," sa main passa de Muscles � �quilibre, "et M. Goyle. Vincent, Gregory, voici Harry Potter."</p><p>M. Goyle pencha sa t�te et jeta � Harry un regard qui �tait probablement cens� signifier quelque chose mais qui lui donna juste l'air bigleux. M. Crabbe dit "Ravi d'fair vot' connaissance," d'un ton qui laissait penser qu'il essayait de forcer sa voix vers des octaves aussi basses que possibles.</p><p>Une expression constern�e passa de fa�on fugace sur le visage de Draco, mais fut rapidement remplac�e par un air sup�rieur.</p><p>"Tu as des <emphasis>laquais</emphasis> !" r�p�ta Harry. "O� est-ce que <emphasis>je</emphasis> peux avoir des laquais ?"</p><p>L'air sup�rieur de Draco se renfor�a. "Potter, j'ai bien peur que pour �a, la premi�re �tape ne soit d'�tre r�parti � Serpentard -"</p><p>"Quoi ? Ce n'est pas juste !"</p><p>"- et l'�tape deux est que vos familles aient pass� un accord peu de temps apr�s votre naissance."</p><p>Harry regarda M. Crabbe et M. Goyle. Ils semblaient tous deux essayer tr�s fort d'avoir l'air mena�ants. C'est � dire qu'ils �taient pench�s en avant, les �paules vo�t�es, le cou tendu, et le regard fix� sur lui.</p><p>"Euh... attends voir," dit Harry. "�a a �t� organis� il y a des <emphasis>ann�es</emphasis> ?"</p><p>"Exactement, Potter. Pas de chance."</p><p>M. Goyle fit appara�tre un cure-dent et commen�a � se nettoyer la bouche, l'air toujours mena�ant.</p><p>"Et," dit Harry, "Lucius a insist� pour que tu grandisses <emphasis>sans</emphasis> jamais conna�tre tes gardes du corps, et que tu ne devais les rencontrer qu'au premier jour d'�cole."</p><p>Cela fit dispara�tre l'air sup�rieur du visage de Draco. "Oui, Potter, on sait tous que tu es brillant, toute l'�cole est au courant maintenant, tu peux arr�ter de frimer -"</p><p>"Donc on leur a r�p�t� <emphasis>toute leur vie</emphasis> qu'ils allaient �tre tes laquais et ils ont pass� des <emphasis>ann�es</emphasis> � s'imaginer � quoi des laquais sont cens�s ressembler -"</p><p>Draco grima�a.</p><p>"- et le pire, c'est qu'ils <emphasis>se connaissent</emphasis> et qu'ils se sont <emphasis>entra�n�s</emphasis> -"</p><p>"Le boss t'a dit d'la fermer," gronda M. Crabbe . M. Goyle mordit son cure-dent, le tint entre ses incisives, et utilisa une main pour faire craquer les jointures de l'autre.</p><p>"<emphasis>Je vous ai dit de ne pas faire �a devant Harry Potter !</emphasis>"</p><p>Ils eurent tous deux l'air un peu penaud et M. Goyle remit le cure-dent dans ses robes avec pr�cipitation.</p><p>Mais � l'instant o� Draco se d�tourna d'eux pour faire � nouveau face � Harry, ils reprirent leur air mena�ant.</p><p>"Je m'excuse," dit Draco avec raideur, "pour l'insulte que ces <emphasis>imb�ciles</emphasis> t'ont fait subir."</p><p>Harry jeta un regard lourd de sens � M. Crabbe et � M. Goyle. "Je dirais que tu es un peu dur avec eux, Draco. <emphasis>Je</emphasis> pense que c'est exactement comme �a que je voudrais voir <emphasis>mes</emphasis> laquais agir. Enfin, si j'avais des laquais."</p><p>La m�choire de Draco se d�crocha.</p><p>"Eh, Gregory, tu penserais pas qu'y essaie d'nou zapp�ter loin du boss ?"</p><p>"Je suis s�r que M. Potter ne serait pas assez insens� pour essayer �a."</p><p>"Oh, m�me pas en r�ve," dit Harry d'une voix mielleuse. "C'est juste un petit quelque chose � garder � l'esprit si votre employeur actuel vous semble ingrat. Et puis, �a ne peut pas faire de mal d'avoir d'autres offres pendant qu'on n�gocie ses conditions de travail, n'est-ce pas ?"</p><p>"Qu'est ce qu'<emphasis>il</emphasis> fait � Serdaigle ?"</p><p>"Je n'en ai pas la moindre id�e, M. Crabbe."</p><p>"<emphasis>Taisez vous</emphasis> tous les deux," dit Draco � travers des dents grin�antes. "C'est un <emphasis>ordre</emphasis>." Il lui fallut faire un effort visible pour de nouveau transf�rer son attention sur Harry. "Quoi qu'il en soit, qu'est-ce que tu fais au cours de D�fense de Serpentard ?"</p><p>Harry se renfrogna. "Attends." Sa main passa dans sa bourse. "Emploi du temps." Il regarda le parchemin. "Classe de D�fense, 14h30, et maintenant il est..." Harry regarda sa montre, qui affichait 11h23. "14h23, � moins que j'aie perdu la notion du temps. J'ai perdu la notion du temps ?" Si c'�tait le cas, eh bien, Harry savait comment se rendre au cours o� il �tait <emphasis>cens� </emphasis>�tre, quel que soit ce cours. Dieu savait s'il aimait son Retourneur de Temps, et un jour, quand il serait assez vieux, ils se marieraient.</p><p>"Non, c'est la bonne heure," dit Draco, les sourcils fronc�s. Son regard parcourut le reste de l'auditorium, qui se remplissait de robes � bordures vertes et de...</p><p>"<emphasis>Gryffidiots !</emphasis>" cracha Draco. "Qu'est ce <emphasis>qu'ils</emphasis> font ici ?"</p><p>"Hm," dit Harry. "Le professeur Quirrell a dit... j'ai oubli� ses mots exacts... qu'il allait ignorer certaines des conventions �ducatives de Poudlard. Peut-�tre qu'il a juste combin� toutes ses classes."</p><p>"Euh," dit Draco. "Tu es le premier Serdaigle � �tre arriv� ici."</p><p>"Ouep. Je suis arriv� t�t."</p><p>"Qu'est-ce que tu fais au dernier rang alors ?"</p><p>Harry cligna des yeux. "Je sais pas, �a avait l'air d'�tre un bon endroit o� s'asseoir ?"</p><p>Draco renifla. "Tu ne pourrais pas �tre plus loin du professeur m�me si tu essayais." Puis il se pencha en avant, l'air soudain attentif. "� part �a, Potter, c'est vrai ce qu'on raconte sur ce que tu as dit � Derrick et � son �quipe ?"</p><p>"Qui est Derrick ?"</p><p>"Tu l'as frapp� avec une tarte ?"</p><p>"Deux tartes, � vrai dire. Je suis cens� lui avoir dit quoi ?"</p><p>"Que ce qu'il faisait n'�tait pas le moins du monde sournois ou ambitieux, et qu'il �tait une disgr�ce � la m�moire de Salazar Serpentard." Draco regardait Harry avec une grande intensit�.</p><p>"C'�tait... c'�tait � peu pr�s �a," dit Harry. "Je pense que c'�tait plus proche de : 'Cela fait-il partie d'un plan incroyablement malin vous permettant d'obtenir un avantage futur, ou est-ce autant une inutile disgr�ce du nom de Salazar Serpentard que �a en a l'air,' ou quelque chose comme �a. Je ne me souviens pas des mots exacts."</p><p>Draco secoua la t�te. "Tu nous envoies des messages contradictoires, Potter."</p><p>"Hein ?" dit Harry, et il �tait honn�tement confus.</p><p>"Warrington a dit que rester longtemps sous le Choixpeau Magique est un des signes annonciateurs d'un Seigneur des T�n�bres majeur. Tout le monde en parlait, et se demandait s'il ne faudrait pas commencer � te faire de la l�che, juste au cas o�. Puis tu es all� prot�ger une bott�e de Poufsouffle, nom de Merlin ! <emphasis>Puis</emphasis> tu as dit � Derrick qu'il �tait une disgr�ce � la m�moire de Salazar Serpentard ! On est <emphasis>cens�</emphasis> penser quoi ?"</p><p>"Que le Choixpeau Magique a d�cid� de me mettre dans la maison de 'Serpentard ! Je rigole ! Serdaigle !' et que je me suis comport� en cons�quence."</p><p>M. Crabbe et M. Goyle rican�rent tous deux, ce qui poussa M. Goyle � se flanquer une main sur sa bouche.</p><p>"On ferait mieux de s'asseoir," dit Draco. Il h�sita, et sembla devenir un peu plus formel. "Potter, sans m'engager � quoi que ce soit, je tiens � te dire que je souhaite continuer notre conversation et que je suis pr�t � accepter ta situation actuelle."</p><p>Harry hocha la t�te. "�a t'emb�terait beaucoup si on attendait jusqu'� samedi apr�s-midi ? Je suis en plein concours pour le moment."</p><p>"Un concours ?"</p><p>"Pour voir si je peux lire tous mes manuels aussi vite que Hermione Granger l'a fait."</p><p>"Granger," r�pondit Draco comme en �cho. Ses yeux se r�tr�cirent. "La sang-de-Bourbe qui croit qu'elle est Merlin ? Si tu essaies de <emphasis>lui</emphasis> en remontrer, alors tout Serpentard te souhaite bonne chance, Potter, et je ne t'emb�terai pas jusqu'� samedi." Draco inclina la t�te dans un geste de respect mesur� et s'en fut, suivi par ses laquais.</p><p><emphasis>Oh, �a va �tre vraiment amusant de jongler entre les deux, je peux d�j� le voir venir.</emphasis></p><p>La salle se remplissait maintenant rapidement avec les quatre couleurs d'ourlets : vert, rouge, jaune et bleu. Draco et ses deux amis semblaient �tre au beau milieu de l'acquisition de trois si�ges de premier rang - d�j� occup�s bien s�r. M. Crabbe et M. Goyle mena�aient vigoureusement, mais �a ne semblait pas faire beaucoup d'effet.</p><p>Harry se pencha sur son manuel de D�fense et continua � lire.</p><empty-line/><p>� 14h35, tous les si�ges �taient pris et personne d'autre ne semblait vouloir rentrer dans la salle. Le professeur Quirrell eut une soudaine convulsion, puis il se tint le dos droit, assis sur sa chaise, et son visage apparut sur tous les objets blancs, plats et rectangulaires qui avaient �t� install�s sur les pupitres des �l�ves.</p><p>Harry fut pris par surprise, autant par l'apparition soudaine du visage du professeur Quirrell que par la ressemblance de l'objet � la t�l�vision moldue. Il y avait l� quelque chose de triste et de nostalgique, �a ressemblait tant � un �l�ment de son foyer sans pour autant l'�tre r�ellement...</p><p>"Bonjour, mes jeunes apprentis," dit le professeur Quirrell. Sa voix semblait venir de l'�cran du pupitre et s'adresser directement � Harry. "Bienvenue dans votre premier cours de Magie de Combat, comme les fondateurs de Poudlard l'appelaient ; ou, comme certains le nomment en cette fin de vingti�me si�cle, D�fense contre les forces du Mal."</p><p>Il y eut une mont�e de griffonnages fr�n�tiques alors que les �tudiants, pris par surprise, se saisissaient de leur parchemin ou de leur carnet de notes.</p><p>"Non," dit le professeur Quirrell, "franchement, ne vous emb�tez pas � prendre note de la fa�on dont on appelait autrefois ce cours. Aucune question inutile n'appara�tra sur aucun de mes contr�les. C'est une promesse."</p><p>Plusieurs �tudiants se redress�rent dans leur si�ge en entendant �a, l'air plut�t effar�s.</p><p>Le professeur Quirrell eut un l�ger sourire. "Ceux d'entre vous qui ont perdu leur temps en lisant � l'avance votre inutile livre de D�fense de premi�re ann�e -"</p><p>Quelqu'un sembla s'�trangler. Harry se demanda si c'�tait Hermione.</p><p>"- ont peut-�tre l'impression que, bien que ce cours soit nomm� D�fense contre les forces du Mal, il concerne en fait la d�fense contre les Papillons de Cauchemar, qui provoquent des r�ves vaguement mauvais, ou les Limaces acides, qui peuvent dissoudre toute l'�paisseur d'une poutre de bois de cinq centim�tres si on leur laisse la journ�e."</p><p>Le professeur Quirrell se leva, repoussant sa chaise loin du bureau. L'�cran sur le pupitre de Harry suivait chacun de ses mouvements. Le professeur Quirrell s'�lan�a jusqu'� l'avant de la salle et rugit :</p><p>"Le Sirex Hongrois est plus grand que douze hommes ! Il exhale du feu si vite et si pr�cis�ment qu'il peut faire fondre un Vif en plein vol ! Un sortil�ge de la Mort l'abattra !"</p><p>Il y eut des exclamations du c�t� des �l�ves.</p><p>"Le Troll des montagnes est plus dangereux que le Sirex Hongrois ! Il est assez fort pour traverser de l'acier avec ses dents ! Sa peau est si r�sistante qu'elle d�vie les sorts de D�coupe ! Son odorat est si aigu qu'il peut dire de loin si sa proie fait partie d'un groupe ou si elle est seule et vuln�rable ! Bien plus effroyable que tout cela : le Troll est la seule des cr�atures magiques qui maintient en permanence une sorte de m�tamorphose de lui-m�me - il se transforme en permanence en son propre corps. Si vous parveniez enfin � lui arracher un bras, un autre lui pousserait en quelques secondes ! Le feu et l'acide produiront du tissu cicatriciel qui d�boussolera <emphasis>temporairement</emphasis> les pouvoirs de r�g�n�ration d'un Troll - pour une heure ou deux ! Ils sont assez intelligents pour utiliser des outils tels que des b�tons ! Le Troll des montagnes est troisi�me de la liste des machines � tuer les plus parfaites de la Nature ! Un sortil�ge de la Mort l'abattra."</p><p>Les �l�ves avaient l'air plut�t effar�s.</p><p>Le professeur Quirrell souriait de fa�on plut�t sinistre. "Ce qu'on ose appeler un manuel de D�fense de troisi�me ann�e vous sugg�rera d'exposer le Troll � la lumi�re du soleil, ce qui le g�lera sur place. Ceci, mes jeunes apprentis, est le genre de savoir inutile que vous ne trouverez � aucun de mes examens. On ne rencontre jamais de Troll en plein jour et � d�couvert ! La suggestion selon laquelle vous devriez utiliser la lumi�re du soleil pour les arr�ter est le fruit d'ineptes auteurs de manuels essayant de d�montrer leur ma�trise de menus d�tails, et ce au d�triment du sens pratique. Ce n'est pas parce qu'il existe un moyen ridiculement obscur de se d�barrasser des Trolls des montagnes que vous devriez l'utiliser ! Le sortil�ge de la Mort est imparable, inarr�table, et fonctionne � chaque fois, sur toute chose poss�dant un cerveau. Si, une fois devenu un sorcier adulte, vous ne parvenez pas � utiliser le Sort de la Mort, alors vous pouvez simplement transplaner ! De m�me, si vous faites face � la deuxi�me des machines � tuer les plus parfaites, le D�traqueur. Vous vous contentez de transplaner !"</p><p>"� moins bien s�r," dit le professeur Quirrell, sa voix plus basse et plus dure, "que vous ne soyez sous l'influence d'une mal�diction anti-transplanage. Non, il y a exactement un seul monstre qui sera capable de vous menacer une fois que vous aurez fini votre croissance. Le monstre le plus dangereux au monde, si dangereux que rien ne lui arrive � la cheville. Le sorcier adulte. C'est la seule chose qui pourra encore vous menacer."</p><p>Les l�vres du professeur Quirrell formaient une ligne tr�s fine. "C'est � contrec�ur que je vous enseignerai assez de broutilles pour que vous ayez une note passable � la portion de vos examens de fin d'ann�e mandat�e par le Minist�re. Puisque votre note exacte n'aura aucune incidence sur votre vie future, toute personne d�sirant une note meilleure que passable est invit�e � perdre son temps en �tudiant ce qu'on ose appeler un manuel. Le nom de ce cours n'est pas D�fense Contre les nuisibles mineurs. Vous �tes ici pour apprendre comment vous d�fendre contre les forces du Mal. Ce qui signifie, soyons tr�s clair � ce sujet, vous d�fendre contre les Mages Noirs. Des gens arm�s de baguettes d�sirant vous tuer et qui y parviendront probablement, � moins que vous ne les blessiez en premier ! Il n'y a pas de d�fense sans attaque ! Il n'y a pas de d�fense sans combat ! Cette r�alit� est jug�e trop dure pour des enfants de onze ans par les politiciens gras, surpay�s et gard�s par des Aurors qui ont d�cid� de votre curriculum. Puissent ces idiots tomber dans une abysse ! Vous �tes ici pour le cours qui a �t� enseign� � Poudlard pendant huit cents ans ! Bienvenue dans votre premier cours de Magie de Combat !"</p><p>Harry commen�a � applaudir. Il ne pouvait pas s'en emp�cher, c'�tait trop exaltant.</p><p>Une fois que Harry eut commenc� � applaudir, il y eut des reprises �parses venant de Gryffondor, et d'autres, plus nombreuses, venant de Serpentard, mais la plupart des �l�ves �taient tout simplement trop �tourdis pour r�agir.</p><p>Le professeur Quirrell fit un geste cassant, et les applaudissements moururent instantan�ment. "Merci beaucoup," dit le professeur Quirrell. "Maintenant, passons aux questions pratiques. J'ai combin� tous mes cours en un seul, ce qui me permet de vous offrir le double de la dur�e d'une double session normale -"</p><p>Il y eut des hoquets d'horreur.</p><p>"- une dur�e de classe augment�e pour laquelle je compenserai en ne vous donnant aucun devoir."</p><p>Les hoquets d'horreur s'arr�t�rent brusquement.</p><p>"Oui, vous m'avez bien entendu. Je vous enseignerai comment vous battre, pas comment �crire deux rouleaux de parchemin sur la notion de combat pour lundi."</p><p>Harry souhaitait d�sesp�r�ment �tre assis � c�t� de Hermione pour pouvoir voir l'expression qu'elle avait maintenant, mais en m�me temps il �tait assez certain d'en imaginer d�j� une reproduction fid�le.</p><p>Et Harry �tait amoureux. Ce serait un mariage � trois : lui, le Retourneur de Temps, et le professeur Quirrell.</p><p>"Pour ceux d'entre vous qui <emphasis>veulent</emphasis> passer plus de temps � �tudier la Magie de Combat, j'ai mis en place quelques activit�s du soir que vous trouverez, je pense, assez int�ressantes en plus d'�tre p�dagogiques. Souhaitez-vous montrer au monde vos <emphasis>propres</emphasis> capacit�s au lieu de regarder quatorze personnes jouer au Quidditch ? Il peut y avoir plus de sept personnes dans une arm�e."</p><p>Truc de <emphasis>fou</emphasis>.</p><p>"Ces activit�s ainsi que d'autres vous permettront aussi d'obtenir des points Quirrell. Que sont des points Quirrell, vous dites ? Le syst�me de points de Poudlard ne correspond pas � mes besoins, car il les rend trop rares. J'aime faire fr�quemment savoir � mes �l�ves o� ils en sont. Et dans les rares occasions o� je vous proposerai un contr�le �crit, il se notera lui-m�me au fur et � mesure, et si vous vous trompez sur trop de questions de la m�me cat�gorie, votre contr�le vous montrera le nom des �l�ves qui auront correctement r�pondu � ces questions, et ces �l�ves pourront gagner des points en vous aidant."</p><p>... waoh. Pourquoi les autres professeurs n'utilisaient-ils pas un syst�me comme celui-ci ?</p><p>"� quoi servent les points Quirrell, vous demandez-vous ? Pour commencer, dix points Quirrell valent un point normal. Mais ils vous permettront aussi d'obtenir d'autres faveurs. Voudriez-vos avoir votre contr�le un jour en particulier ? Y a-t-il un cours dont vous aimeriez vraiment pouvoir �tre absent ? Vous d�couvrirez que je peux �tre tr�s accommodant envers les �tudiants ayant accumul� assez de points Quirrell. Les points Quirrell d�cideront des futurs g�n�raux des arm�es. Et pour No�l - juste avant les vacances de No�l - j'accorderai un v�u � quelqu'un. Toute prouesse en rapport avec l'�cole et accessible � mon pouvoir, mon influence, et par-dessus tout, mon ing�niosit�. Oui, j'�tais � Serpentard, et je vous offre de mettre en place un fourbe complot � votre b�n�fice, si c'est ce que la r�alisation de votre souhait n�cessite. Ce v�u sera accord� � celui ou celle qui, entre les �l�ves de chaque ann�e, aura obtenu le plus de points Quirrell."</p><p>Harry, donc.</p><p>"Laissez maintenant vos manuels et objets divers � vos pupitres - ils seront en s�curit�, les �crans les surveilleront pour vous - et descendez sur cette plate-forme. Nous allons jouer � un jeu appel� <emphasis>Qui est l'�l�ve le plus dangereux de la classe</emphasis>."</p><empty-line/><p>Harry fit un mouvement du poignet droit et dit "<emphasis>Ma-ha-su !</emphasis>"</p><p>Il y eut un autre "bing" aigu venant de la sph�re bleue flottante fournie comme cible par Quirrell � Harry. Ce son signifiait un coup parfait, ce que Harry avait accompli neuf de ses dix pr�c�dentes tentatives.</p><p>Le professeur Quirrell avait d�nich� quelque part un sort qui �tait incroyablement facile � prononcer, <emphasis>et</emphasis> avait un mouvement de baguette incroyablement simple, <emphasis>et</emphasis> avait tendance � toucher l'endroit vers lequel vos yeux �taient dirig�s. Le professeur Quirrell avait proclam� avec d�dain que la vraie magie de combat �tait bien plus difficile que cela. Que le sort �tait totalement inutile en vrai combat. Que c'�tait un �clat de magie � peine contr�l�, dont le seul vrai contenu �tait sa pr�cision, et qui produirait, lorsqu'il frapperait, une douleur bri�vement �quivalente � celle ressentie apr�s un grand coup port� au nez. Que le seul but de ce test �tait de voir qui apprenait vite, puisque le professeur Quirrell �tait certain que personne n'aurait jamais rencontr� ce sort ni quoi que ce soit d'approchant.</p><p>Harry se fichait compl�tement de tout �a.</p><p>"<emphasis>Ma-ha-su !</emphasis>"</p><p>Un <emphasis>rayon d'�nergie rouge</emphasis> jaillit de sa baguette et frappa la cible, et la sph�re bleue fit � nouveau le bing qui voulait dire que le sort <emphasis>avait vraiment fonctionn�</emphasis>.</p><p>Pour la premi�re fois depuis son arriv�e � Poudlard, Harry se sentait �tre un vrai sorcier. Il aurait aim� que la cible esquive, comme les petites sph�res que Ben Kenobi avait utilis�es pour entra�ner Luke, mais pour une raison inconnue, le professeur Quirrell avait pr�f�r� aligner tous les �l�ves et les cibles de fa�on bien ordonn�e et s'assurer qu'ils ne se tiraient pas les uns sur les autres.</p><p>Alors Harry abaissa sa baguette, fit un bond sur la droite, la redressa, fit un mouvement du poignet et s'�cria : "<emphasis>Ma-ha-su</emphasis> !"</p><p>Il y eut un "dong" plus grave, ce qui voulait dire qu'il avait presque r�ussi.</p><p>Harry mit sa main dans sa poche, fit un bond pour revenir � gauche, sortit sa baguette et projeta un autre rayon d'�nergie rouge.</p><p>Le bing aigu qui en r�sulta �tait de loin l'un des sons les plus satisfaisants qu'il ait entendu de sa vie. Harry voulait crier de triomphe � s'en faire �clater les poumons. <emphasis>JE PEUX FAIRE DE LA MAGIE ! CRAIGNEZ-MOI, LOIS DE LA PHYSIQUE, CAR JE VIENS VOUS ENFREINDRE !</emphasis></p><p>"<emphasis>Ma-ha-su</emphasis> !" la voix de Harry �tait maintenant forte, mais � peine discernable dans le brouahaha de cris similaires venus de la classe/plate-forme.</p><p>"Assez," dit la voix amplifi�e du professeur Quirrell. (Le son n'�tait pas fort, il semblait avoir un volume normal et venir de juste derri�re votre �paule gauche o� que vous vous teniez par rapport au professeur Quirrell.) "Je vois que toute le monde a r�ussi au moins une fois." Les sph�res-cibles devinrent rouges et commenc�rent � d�river vers le plafond.</p><p>Le professeur Quirrell se tenait sur l'estrade au centre de la plate-forme, l�g�rement pench� sur le bureau, appuy� sur une main.</p><p>"Je vous ai dit," dit le professeur Quirrell, "que nous allions jouer � un jeu nomm� <emphasis>Qui est l'�l�ve le plus dangereux de la classe</emphasis>. Il y a un �l�ve dans cette classe qui a ma�tris� le Sort d'Attaque Simple Sum�rien plus vite que quiconque -"</p><p>Oh blah blah blah.</p><p>"- et a ensuite aid� sept autres �tudiants. Ce pour quoi elle a gagn� les sept premiers points Quirrell de votre ann�e. Hermione Granger, merci de vous avancer. Le moment est venu de passer � l'�tape suivante du jeu."</p><p>Hermione Granger marcha � grands pas, avec sur son visage un air de triomphe et d'appr�hension m�lang�s. Les Serdaigle la regardaient fi�rement, les Serpentard avec m�pris, et Harry avec un franc agacement. Harry avait bien r�ussi cette fois. Il �tait m�me probablement dans la moiti� sup�rieure du cours, maintenant que tout le monde avait fait face � un sort uniform�ment peu familier et que Harry avait lu l'int�gralit� de <emphasis>Th�orie Magique</emphasis> de Adalbert Lasornette. Et pourtant <emphasis>Hermione �tait encore meilleure</emphasis>.</p><p>Quelque part, au fond de ses pens�es, se cachait la peur que Hermione soit tout simplement plus intelligente que lui.</p><p>Mais pour le moment, Harry allait ancrer ses espoirs sur les deux faits suivants : (a) Hermione avait lu bien plus que les manuels standards, et (b) Adalbert Lasornette �tait un couillon peu inspir� qui avait �crit <emphasis>Th�orie Magique</emphasis> juste pour plaire � une commission scolaire qui n'avait pas une tr�s bonne opinion des enfants de onze ans.</p><p>Hermione parvint � l'estrade centrale et grimpa sur la marche.</p><p>"Hermione Granger a ma�tris� un sort totalement inconnu en deux minutes, presque une minute plus vite que le deuxi�me plus rapide." Le professeur Quirrell pivota lentement pour regarder tous les �l�ves qui les observaient. "L'intelligence de Mademoiselle Granger pourrait-elle faire d'elle l'�l�ve la plus dangereuse de cette salle ? Eh bien ? Qu'en pensez-vous ?"</p><p>Pour le moment, personne n'avait l'air de penser quoi que ce soit. M�me Harry ne savait pas quoi dire.</p><p>"Et si on le d�couvrait ensemble ?" dit le professeur Quirrell. Il se retourna vers Hermione, et fit un geste en direction de la salle. "Choisissez n'importe quel �tudiant et jetez-lui le Sort d'Attaque Simple."</p><p>Hermione se p�trifia.</p><p>"Allons," dit doucement le professeur Quirrell. "Vous avez jet� ce sort � la perfection plus de cinquante fois. Il ne fait aucun dommage permanent et n'est pas si douloureux que �a. Il fait � peu pr�s aussi mal qu'un bon coup de poing dans le nez et ne dure que quelques secondes." La voix du professeur Quirrell devint plus dure. "C'est un ordre direct de votre professeur, Mademoiselle Granger. Choisissez une cible et jetez un Sort d'Attaque Simple."</p><p>Le visage de Hermione �tait tordu d'horreur et sa baguette tremblait. Les doigts de Harry se serraient dans son poing, par pure empathie. M�me s'il comprenait ce que le professeur Quirrell essayait de faire. M�me s'il voyait bien ce que le professeur Quirrell essayait de d�montrer.</p><p>"Si vous ne levez <emphasis>pas</emphasis> votre baguette et ne tirez <emphasis>pas</emphasis>, Mademoiselle Granger, vous perdrez un point Quirrell."</p><p>Harry regarda Hermione, esp�rant qu'elle regarde dans sa direction. Sa main droite tapotait doucement sur sa poitrine. <emphasis>Choisis-moi, je n'ai pas peur...</emphasis></p><p>La baguette de Hermione pivota dans sa main, puis son visage se d�tendit, et elle abaissa sa baguette contre son flanc.</p><p>"Non," dit Hermione Granger.</p><p>Sa voix �tait calme, et m�me si elle n'�tait pas forte, le silence �tait tel que tout le monde l'entendit.</p><p>"Alors je dois vous �ter un point," dit le professeur Quirrell. "C'�tait un test, et vous l'avez �chou�."</p><p>Hermione fut touch�e par ces paroles. Harry le voyait bien. Mais elle garda ses �paules droites.</p><p>La voix du professeur Quirrell �tait compatissante et semblait emplir la salle enti�re. "Savoir des choses ne suffit pas toujours, Mademoiselle Granger. Si vous ne pouvez donner et recevoir des coups aussi intenses qu'un choc contre le petit doigt de pied, alors vous ne pouvez pas vous d�fendre et vous ne r�ussirez pas mon cours de D�fense. Rejoignez vos camarades, s'il-vous-pla�t."</p><p>Hermione marcha jusqu'au groupe de Serdaigle. Elle semblait �tre en paix avec elle-m�me, et, pour une �trange raison, Harry aurait bien voulu applaudir. M�me si le professeur Quirrell avait eu <emphasis>raison</emphasis>.</p><p>"Donc," dit le professeur Quirrell. "Il devient clair que Hermione Granger n'est pas l'�l�ve la plus dangereuse de la salle. Qui ici pense �tre la personne la plus dangereuse ? - � part moi, bien s�r."</p><p>Sans m�me y penser, les yeux de Harry se tourn�rent vers le contingent de Serpentard.</p><p>"Draco, de la Noble et Ancienne Maison Malfoy," dit le professeur Quirrell. "Il semble que nombreux sont ceux qui regardent dans votre direction. Merci de vous avancer."</p><p>Draco s'ex�cuta, et son port comportait un certain orgueil. Il alla jusqu'� l'estrade et regarda le professeur Quirrell en souriant.</p><p>"M. Malfoy," dit le professeur Quirrell. "Feu."</p><p>Harry aurait essay� de l'en emp�cher s'il en avait eu le temps, mais d'un mouvement gracieux Draco avait tournoy� vers les Serdaigle, avait lev� sa baguette, avait dit "<emphasis>Mahasu !</emphasis>" comme si c'�tait un mot d'une seule syllabe, et Hermione avait dit "Ouh !" et c'�tait fini.</p><p>"Bien envoy�," dit le professeur Quirrell. "Deux points Quirrell pour vous. Mais dites-moi, pourquoi avez-vous vis� Mademoiselle Granger ?"</p><p>Il y eut une pause.</p><p>Draco dit enfin : "Parce que c'�tait celle qui ressortait le plus."</p><p>Les l�vres du professeur Quirrell form�rent un fin sourire. "Et voil� la v�ritable raison pour laquelle Draco Malfoy est dangereux. Si il avait choisi n'importe qui d'autre, cette personne lui en aurait probablement voulu d'avoir �t� choisie, et M. Malfoy se serait probablement fait un ennemi. Et bien que M. Malfoy aurait pu donner une autre justification expliquant pourquoi il l'a choisie elle, cela n'aurait servi � rien d'autre qu'� �nerver certains d'entre vous, alors que d'autres l'acclament d�j� qu'il dise quelque chose ou pas. En bref, M. Malfoy est dangereux parce qu'il sait qui frapper et qui ne pas frapper, comment se faire des alli�s, et comment �viter de se faire des ennemis. Deux points Quirrell de plus pour vous, M. Malfoy. Et comme vous venez de d�montrer une vertu Serpentard, je pense que la Maison de Salazar a elle aussi gagn� un point. Vous pouvez rejoindre vos amis."</p><p>Draco s'inclina l�g�rement et retourna au contingent de Serpentard. Quelques applaudissements s'�lev�rent des robes � bordures vertes, mais le professeur Quirrell fit un geste cassant et le silence retomba.</p><p>"Il semblerait que notre jeu soit fini", dit le professeur Quirrell. "Et pourtant, il reste un �tudiant dans cette salle qui est plus dangereux que le descendant de Malfoy."</p><p>Et <emphasis>maintenant</emphasis>, pour une �trange raison, il semblait y avoir vraiment beaucoup de gens regardant en direction de...</p><p>"Harry Potter. Veuillez vous avancer."</p><p>�a ne pr�sageait rien de bon.</p><p>Avec r�ticence, Harry marcha jusqu'� l'endroit o� le professeur Quirrell se trouvait, sur son estrade sur�lev�e, toujours appuy� contre son bureau.</p><p>La nervosit� d'�tre mis sous les projecteurs semblait ac�rer la sagacit� de Harry � mesure qu'il s'approchait de l'estrade, et son cerveau parcourait les possibilit�s, essayait de deviner ce qui, selon le professeur Quirrell, pourrait d�montrer la dangerosit� de Harry. Lui demanderait-il de jeter un sort ? De vaincre un Seigneur des T�n�bres ?</p><p>De d�montrer son immunit� au sortil�ge de la Mort ? Le professeur Quirrell �tait certainement trop intelligent pour <emphasis>�a</emphasis>...</p><p>Harry s'arr�ta bien avant l'estrade, et le professeur Quirrell ne lui demanda pas de s'approcher plus.</p><p>"Ce qui est ironique," dit le professeur Quirrell, "c'est que vous avez tous regard� la bonne personne, mais pour les mauvaises raisons. Vous vous dites," les l�vres du professeur Quirrell se tordirent, "que Harry Potter a vaincu le Seigneur des T�n�bres, et qu'il doit donc �tre tr�s dangereux. Bah. Il avait un an. Quel que soit le caprice du destin qui a tu� le Seigneur des T�n�bres, cela avait bien peu � voir avec les capacit�s de combattant de M. Potter. Mais apr�s avoir entendu des rumeurs parlant d'un Serdaigle faisant face � cinq Serpentard plus �g�s, j'ai interrog� plusieurs t�moins oculaires et en suis arriv� � la conclusion que Harry Potter serait le plus dangereux de mes �tudiants."</p><p>Un choc d'adr�naline se d�versa dans le syst�me sanguin de Harry. Il ne savait pas � quelle conclusion exacte le professeur Quirrell �tait parvenu, mais �a ne pouvait pas �tre bon.</p><p>"Ah, professeur Quirrell -" commen�a � dire Harry.</p><p>Le professeur Quirrell semblait amus�. "Vous pensez que je suis parvenu � une conclusion erron�e, n'est-ce pas, M. Potter ? Vous apprendrez � attendre mieux venant de <emphasis>moi</emphasis>." Le professeur Quirrell se redressa l� o� il avait �t� pench�. "M. Potter, toutes les choses ont des usages courants. Donnez-moi dix usages inhabituels d'objets de cette pi�ce pouvant �tre faits en combat !"</p><p>Pendant un moment, Harry eut le souffle coup� par le choc pur et brut d'avoir �t� compris.</p><p>Et les id�es commenc�rent � se d�verser.</p><p>"Il y a des pupitres assez lourds pour �tre mortels si jet�s d'une hauteur suffisante. Il y a des chaises avec des jambes en m�tal qui pourraient empaler quelqu'un si on les poussait assez fort. L'air dans la salle serait mortel par son absence, puisque les gens meurent dans le vide, et il peut aussi servir de porteur de gaz empoisonn�s."</p><p>Harry s'arr�ta pour reprendre son souffle, et le professeur Quirrell dit au milieu de la pause :</p><p>"En voil� trois. Il vous en faut dix. Le reste de la classe croit que vous avez �puis� tout le contenu de cette salle."</p><p>"<emphasis>Ha !</emphasis> Le sol peut �tre enlev� pour cr�er une fosse de piques o� tomber, le plafond peut �tre �croul� sur quelqu'un, les murs peuvent servir de mat�riel de base de m�tamorphose pour toutes sortes de choses mortelles - des couteaux, par exemple."</p><p>"En voil� six. Mais vous grattez s�rement le fond � pr�sent ?"</p><p>"Je n'ai m�me pas commenc� ! Regardez les gens ! Envoyer un Gryffondor attaquer l'ennemi est une utilisation <emphasis>ordinaire</emphasis>, bien s�r -"</p><p>"Je ne vous aurais pas laiss� compter celle-l�."</p><p>"- mais leur sang peut aussi �tre utilis� pour noyer quelqu'un. Les Serdaigle sont connus pour leur cerveau, mais leurs organes internes pourraient �tre revendus au march� noir pour engager un assassin. Les Serpentard ne sont pas seulement utiles en tant qu'assassins, on peut aussi les projeter avec une v�locit� suffisante pour �craser le corps d'un ennemi. Et les Poufsouffle, en plus de travailler dur, contiennent aussi certains os qui peuvent �tre enlev�s, aiguis�s, et utilis�s pour poignarder quelqu'un."</p><p>Le reste de la salle regardait maintenant Harry avec horreur. M�me les Serpentard avaient l'air choqu�s.</p><p>"En voil� dix, m�me si je suis g�n�reux en comptant celui de Serdaigle. Maintenant, en bonus, un point suppl�mentaire pour chaque utilisation d'objet de cette pi�ce que vous n'avez pas encore nomm�." Le professeur Quirrell gratifia Harry d'un sourire sympathique. "Le reste de la classe pense que vous �tes � pr�sent en difficult�, parce que vous avez tout nomm�, mis � part les cibles, et que vous ne savez pas quoi faire d'elles."</p><p>"Bah ! J'ai nomm� les gens, mais pas mes robes, qui peuvent �tre utilis�es pour faire suffoquer un ennemi une fois enroul�es plusieurs fois autour de sa t�te, ou les robes de Hermione Granger, qui peuvent �tre d�coup�es en bandelettes attach�es l'une � l'autre pour pendre quelqu'un, ou les robes de Draco Malfoy, qui peuvent �tre utilis�es pour allumer un feu -"</p><p>"Trois points," dit le professeur Quirrell, "plus de v�tements � pr�sent."</p><p>"Ma baguette peut �tre pouss�e dans le cerveau d'un ennemi � travers son globe oculaire" et quelqu'un fit un bruit d'�tranglement horrifi�.</p><p>"Quatre points, plus de baguettes."</p><p>"Ma montre pourrait �touffer quelqu'un si je la lui fourrais dans la gorge -"</p><p>"Cinq points, c'est assez."</p><p>"Hpmf," dit Harry. "Dix points Quirrell pour un point de Maison, c'est �a ? Vous auriez d� me laisser continuer jusqu'� ce que je gagne la coupe des Quatre Maisons, je n'ai m�me pas commenc� � parler des utilisations inhabituelles de ce que j'ai dans mes poches" ni de la bourse en peau de Moke elle-m�me, et il ne pouvait pas parler du Retourneur de Temps ou de la Cape d'Invisibilit� mais il devait y avoir <emphasis>quelque chose</emphasis> � dire au sujet de ces sph�res rouges...</p><p>"<emphasis>Assez</emphasis>, M. Potter. Eh bien, pensez-vous tous bien comprendre ce qui fait de M. Potter l'�l�ve le plus dangereux de la classe ?"</p><p>Il y eut un bas murmure d'assentiment.</p><p>"Dites-le haut et fort, s'il vous pla�t. Terry Boot, qu'est-ce qui rend votre compagnon de dortoir si dangereux ?"</p><p>"Ah... euh... il est cr�atif ?"</p><p>"<emphasis>Faux</emphasis> !" tonna le professeur Quirrell, et son poing s'abattit avec force sur le bureau dans un bruit amplifi� qui fit bondir tout le monde. "Toutes les id�es de M. Potter �taient pires qu'inutiles !"</p><p>Harry sursauta de surprise.</p><p>"Enlever le sol pour cr�er un pi�ge � piques ? Ridicule ! En combat, vous n'avez pas le temps de pr�paration n�cessaire � cela, et si vous l'aviez, il y aurait des fa�ons cent fois meilleures de l'utiliser ! M�tamorphoser des objets � partir des murs ? M. Potter ne sait pas effectuer une m�tamorphose ! M. Potter a eu exactement une id�e qu'il pourrait utiliser, maintenant, sans une vaste pr�paration ou la coop�ration de l'ennemi ou une magie qu'il ne conna�t pas. L'id�e �tait de fourrer sa baguette dans l'�il de son ennemi. Ce qui briserait probablement sa baguette plut�t que de tuer son opposant ! En bref, M. Potter, j'ai bien peur que vos suggestions n'aient �t� uniform�ment nulles."</p><p>"Quoi ?" dit Harry avec indignation. "Vous m'avez <emphasis>demand�</emphasis> des id�es inhabituelles, pas des id�es pratiques ! Je sortais des sentiers battus ! Comment utiliseriez-<emphasis>vous</emphasis> quelque chose dans cette salle dans le but de tuer quelqu'un ?"</p><p>L'expression du professeur Quirrell �tait d�sapprobatrice, mais il y avait des plis rieurs autour de ses yeux. "M. Potter, je n'ai jamais dit que vous deviez <emphasis>tuer</emphasis>. Il y a un temps et un lieu pour prendre un ennemi vivant, et l'int�rieur de Poudlard est g�n�ralement l'un de ces endroits. Mais pour r�pondre � votre question, le frapper � l'arri�re du cou avec le tranchant d'une chaise."</p><p>Il y eut quelques rires venant de Serpentard, mais ils riaient avec Harry, pas de lui.</p><p>Mis � part eux, tout le monde avait l'air assez horrifi�.</p><p>"Mais M. Potter a maintenant d�montr� pourquoi il est l'�tudiant le plus dangereux de la classe. Je lui ai demand� des utilisations inhabituelles d'objets en cas de combat. M. Potter aurait pu sugg�rer l'utilisation d'un bureau pour bloquer un mal�fice, ou celle d'une chaise pour faire tr�bucher un ennemi approchant, ou d'enrouler du tissu autour de son bras pour cr�er un bouclier improvis�. Au lieu de �a, chaque utilisation mentionn�e par M. Potter �tait offensive plut�t que d�fensive, et soit fatale, soit potentiellement fatale."</p><p>Quoi ? Attendez, �a ne pouvait pas �tre vrai... Harry eut une sensation de vertige soudaine alors qu'il essayait de se souvenir de ce qu'il avait sugg�r�, il y avait s�rement un contre-exemple...</p><p>"Et voil�," dit le professeur Quirrell, "pourquoi les id�es de M. Potter �taient si �tranges et si inutiles - parce qu'il devait aller loin dans l'incommode afin d'atteindre son but : <emphasis>tuer l'ennemi</emphasis>. Pour lui, toute id�e ne menant pas � cela ne m�ritait pas d'�tre prise en consid�ration. Ceci refl�te une qualit� que nous pourrions nommer <emphasis>intention de tuer</emphasis>. Je l'ai. Harry Potter l'a, et c'est pour cela qu'il a pu regarder cinq Serpentard plus �g�s droit dans les yeux. Draco Malfoy ne l'a pas, pas encore. M. Malfoy n'�viterait certainement pas de discuter de meurtre ordinaire, mais m�me lui a �t� choqu� - oui, vous l'�tiez M. Malfoy, je regardais votre visage - lorsque M. Potter a d�crit comment utiliser les corps de ses camarades comme de la mati�re premi�re. Il y a des censeurs dans votre esprit qui vous font reculer face � de telles pens�es. M. Potter pense <emphasis>uniquement</emphasis> � la fa�on de tuer l'ennemi, il utilisera tout moyen disponible, il ne reculera pas, ses censeurs sont �teints. Bien que son jeune g�nie soit si indisciplin� et si incommode qu'il en devienne inutile, son <emphasis>intention de tuer</emphasis> fait de Harry Potter <emphasis>le plus dangereux �l�ve de la classe</emphasis>. Un dernier point Quirrell - non, disons un point pour Serdaigle � pour votre possession de cette qualit� indispensable � un vrai sorcier de combat."</p><p>La bouche de Harry �tait grande ouverte, et, dans un �tat de choc muet, il cherchait fr�n�tiquement quelque chose � r�pondre. <emphasis>�a n'a tellement aucun rapport avec qui je suis vraiment !</emphasis></p><p>Mais il pouvait voir que les autres �l�ves commen�aient � y croire. L'esprit de Harry passait en revue les d�nis potentiels et ne trouvait rien qui pourrait tenir contre la voix autoritaire du professeur Quirrell. Le mieux que Harry avait trouv� �tait "Je ne suis pas un psychopathe, je suis juste tr�s cr�atif," et encore, �a semblait mena�ant. Il lui fallait dire quelque chose d'inattendu, quelque chose qui pousserait les gens � s'interrompre dans leurs pens�es et � reconsid�rer -</p><p>"Et maintenant," dit le professeur Quirrell, "M. Potter. Feu."</p><p>Rien ne se passa, bien s�r.</p><p>"Ah, bon," dit le professeur Quirrell. Il soupira. "J'imagine que nous devons tous commencer quelque part. M. Potter, choisissez n'importe quel �tudiant et jetez-lui un Sort d'Attaque Simple. Vous le <emphasis>ferez</emphasis> avant la fin des cours. Sinon, je vais commencer � d�duire des points, et je continuerai jusqu'� ce que vous vous soyez ex�cut�."</p><p>Harry leva pr�cautionneusement sa baguette. Il fallait qu'il le fasse, ou le professeur Quirrell risquait de commencer � d�duire des points tout de suite.</p><p>Doucement, comme s'il avait �t� sur une plaque chauffante, Harry pivota vers les Serpentard.</p><p>Et les yeux de Harry rencontr�rent ceux de Draco.</p><p>Draco n'avait pas l'air le moins du monde effray�. Il ne lui donnait aucun signe visible d'assentiment, tel que celui que Harry avait donn� � Hermione, mais on pouvait difficilement s'attendre � ce qu'il le fasse. Les autres Serpentard auraient trouv� cela plut�t �trange.</p><p>"Pourquoi cette h�sitation ?" dit le professeur Quirrell. "Il n'y a qu'un seul choix �vident."</p><p>"Oui," dit Harry. "Seulement un choix <emphasis>�vident</emphasis>."</p><p>Harry fit un mouvement du poignet et dit "<emphasis>Ma-ha-su</emphasis> !"</p><p>Un silence complet s'abattit dans la salle.</p><p>Harry secoua son bras gauche, essayait de se d�barrasser de la douleur qui persistait.</p><p>Il y eut un peu plus de silence.</p><p>Et enfin le professeur Quirrell soupira. "Oui, oui, tr�s ing�nieux, mais il y avait l� une le�on � apprendre et vous l'avez esquiv�e. Un point de moins � Serdaigle pour avoir d�montr� votre intelligence au d�triment du v�ritable but. Le cours est termin�."</p><p>Et avant que quiconque puisse dire quoi que ce soit, Harry chanta :</p><p>"Je rigole ! SERDAIGLE !"</p><p>Il y eut un silence pendant un bref moment, le bruit de gens r�fl�chissant, puis les murmures commenc�rent et grimp�rent rapidement jusqu'� devenir le grondement d'une conversation.</p><p>Harry se tourna vers le professeur Quirrell, ils avaient besoin de parler -</p><p>Quirrell s'�tait affal� sur lui-m�me et se tra�nait p�niblement jusqu'� sa chaise.</p><p>Non. Inacceptable. Ils avaient <emphasis>vraiment</emphasis> besoin de parler. Le num�ro de zombie pouvait aller se faire voir, le professeur Quirrell se r�veillerait probablement si Harry lui flanquait quelques coups de coude. Harry s'avan�a -</p><p>NON</p><p>PAS BIEN</p><p>MAUVAISE ID�E</p><p>Harry oscilla, arr�t� net dans sa marche, se sentant �tourdi.</p><p>Puis une nu�e de Serdaigle s'abattit sur lui et les discussions commenc�rent.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 17*: Localiser l'hypoth�se</strong></p><p>NdT : Ceci est une <strong>traduction</strong> de <emphasis>Harry Potter and the Methods of Rationality</emphasis>. Je ne suis pas l'auteur de cette fanfic ! Allez sur mon profil pour l'original en anglais.</p><empty-line/><p>Vous avez toujours �t� J.K. Rowling.</p><p>Note historique : Dans le calendrier Romain, les "Ides" d'un mois indiquaient le 15�me jour de mars, mai, juillet et octobre, et le 13�me jour de tous les autres mois.</p><empty-line/><p>"On commence � voir le motif, � entendre le rythme du monde."</p><empty-line/><p>Jeudi.</p><p>Si on voulait �tre pr�cis, 7h24 un jeudi matin.</p><p>Harry �tait assis sur son lit, un manuel mollement �tal� entre ses mains immobiles.</p><p>Harry venait tout juste d'avoir eu l'id�e d'un test exp�rimental <emphasis>vraiment brillant</emphasis>.</p><p>Ce qui voulait dire qu'il lui faudrait attendre une heure de plus avant d'aller prendre le petit-d�jeuner, mais c'�tait pour �a qu'il avait des barres �nerg�tiques. Non, cette id�e devait absolument d�finitivement �tre test�e tout de suite, imm�diatement, maintenant.</p><p>Harry �carta les manuels, bondit hors de son lit, courut autour de celui-ci, fit jaillir le niveau caverne de sa malle, descendit les escaliers � la cavalcade, et commen�a � d�placer ses boites en tous sens (Il fallait vraiment qu'il trouve le temps de d�faire ses boites, mais il �tait en plein milieu de son concours de lecture de manuels avec Hermione et il prenait du retard alors il n'avait pas le temps).</p><p>Harry trouva le livre qu'il cherchait et courut en haut des escaliers.</p><p>Les autres gar�ons se pr�paraient � aller prendre leur petit-d�jeuner dans la Grande Salle et � d�marrer la journ�e.</p><p>"Excusez-moi, vous pourriez faire quelque chose pour moi ?" dit Harry. Tout en parlant, il faisait d�filer l'index du livre, trouva la page qui comportait les dix milles premiers nombres premiers, ouvrit le livre � cette page et le fourra dans les mains d'Anthony Goldstein. "Choisis deux nombres � trois chiffres dans la liste. Ne me dis pas lesquels, multiplie-les juste, et donne moi leur produit. Oh, et pourrais-tu faire le calcul deux fois, pour v�rifier ? S'il te pla�t, assure-toi vraiment que tu as la bonne r�ponse, je ne suis pas certain de ce qui arrivera � moi ou � l'univers si tu fais une erreur de multiplication."</p><p>Ce qui en disait beaucoup sur ce qu'�tait devenue la vie dans ce dortoir en l'espace de quelques jours, c'�tait qu'Anthony ne prenne m�me pas la peine de dire "Mais qu'est-ce qui te prend tout d'un coup ?" ou "�a a l'air vraiment bizarre, pourquoi est-ce que tu me demandes de faire �a ?" ou "Qu'est-ce que tu veux dire par 'je ne suis pas s�r de ce qui arrivera � l'univers' ?".</p><p>Anthony accepta le livre en silence et sortit un parchemin et une plume. Harry se retourna et ferma les yeux, s'assurant de ne rien voir, se balan�ant d'avant en arri�re et de haut en bas avec impatience. Il s'empara d'un bloc-note et d'un crit�rium et se pr�para � �crire.</p><p>"C'est bon," dit Anthony, "Cent quatre-vingt et un mille quatre cent vingt-neuf."</p><p>Harry �crivit 181 429. Il r�p�ta ce qu'il venait d'�crire, et Anthony confirma.</p><p>Puis Harry courut jusqu'au niveau caverne de sa malle, jeta un coup d'�il � sa montre (la montre indiquait 4h28, ce qui voulait dire 7h28) puis ferma les yeux.</p><p>Environ trente secondes plus tard, Harry entendit des bruits de pas, puis le bruit du tiroir du niveau caverne de la malle qui se refermait (Harry n'avait pas peur de suffoquer. Un charme de Rafra�chissement d'Air automatique faisait partie des avantages qu'il y avait � acheter une malle de tr�s bonne qualit�. La magie �tait vraiment formidable, pas besoin de se soucier des factures d'�lectricit�).</p><p>Et lorsque Harry ouvrit les yeux, il vit exactement ce qu'il avait esp�r� voir, un bout de papier pli� pos� au sol ; le cadeau de son futur lui.</p><p>Appelons ce bout de papier "Papier-2".</p><p>Harry d�chira un bout de papier de son bloc-notes.</p><p>Appelons ce bout de papier "Papier-1". C'�tait, bien s�r, le m�me bout de papier. On pouvait m�me voir, si on y regardait de pr�s, que les bords d�chir�s correspondaient.</p><p>Harry passa mentalement en revue l'algorithme qu'il allait suivre.</p><p>Si Harry ouvrait Papier-2 et qu'il �tait vierge, alors il �crirait "101 x 101" sur Papier-1, le plierait, �tudierait pendant une heure, reviendrait en arri�re dans le temps, d�poserait Papier-1 (qui deviendrait ainsi Papier-2), et se dirigerait hors du niveau caverne pour rejoindre ses camarades de dortoir au petit-d�jeuner.</p><p>Si Harry ouvrait Papier-2 et qu'il y avait deux nombres �crits dessus, Harry multiplierait ces deux nombres entre eux.</p><p>Si leur produit �tait �gal � 181 429, Harry �crirait ces deux nombres sur Papier-1 et renverrait Papier-1 en arri�re dans le temps.</p><p>Sinon, Harry ajouterait 2 au nombre de droite et �crirait la nouvelle paire de nombres sur Papier-1. � moins que cela ne rende le nombre de droite sup�rieur � 997, auquel cas Harry ajouterait 2 au nombre de gauche et �crirait 101 � droite.</p><p>Et si Papier-2 disait 997 x 997, Harry laisserait Papier-1 vide.</p><p>Ce qui voulait dire que la seule boucle temporelle <emphasis>stable</emphasis> possible �tait celle o� Papier-2 contenait les deux facteurs premiers de 181 429.</p><p>Si �a fonctionnait, Harry pourrait utiliser cette technique pour obtenir n'importe quelle sorte de r�ponse facile � v�rifier mais difficile � trouver. Il n'aurait pas <emphasis>seulement</emphasis> montr� que P=NP quand on avait un Retourneur de Temps, non, la technique �tait <emphasis>plus g�n�rale</emphasis> que cela. Harry pourrait l'utiliser pour trouver des combinaisons de cadenas ou n'importe quel genre de mot de passe. Ou m�me peut-�tre trouver l'entr�e de la Chambre des Secrets de Serpentard, si Harry pouvait deviser une fa�on syst�matique de d�crire tous les emplacements de Poudlard. Ce serait une technique de triche impressionnante, m�me compar� aux standards de triche de Harry.</p><p>Harry prit Papier-2 dans ses mains tremblantes, et le d�plia.</p><p>Papier-2 disait, d'une �criture l�g�rement irr�guli�re :</p><p>NE JOUE PAS AVEC LE TEMPS</p><p>Harry �crivit "NE JOUE PAS AVEC LE TEMPS" sur Papier-1 d'une �criture l�g�rement irr�guli�re, le plia avec soin, et se r�solut � ne plus faire d'exp�rience vraiment brillante sur le Temps avant d'avoir au moins quinze ans.</p><p>Pour autant que Harry en savait, �a avait �t� le r�sultat exp�rimental le plus effrayant de toute l'histoire de la science.</p><p>Harry avait eut quelques difficult�s � se concentrer sur la lecture de son manuel pendant l'heure suivante.</p><p>Et c'est ainsi que le jeudi de Harry avait commenc�.</p><empty-line/><p>Jeudi.</p><p>Si on voulait �tre pr�cis, 15h32 un jeudi apr�s-midi.</p><p>Harry et tous les autres gar�ons de premi�re ann�e �taient dehors, sur un champ herbeux, avec Madame Bibine, juste � c�t� de la r�serve de balais de Poudlard. Les filles apprendraient � voler s�par�ment. Apparemment, pour une raison inconnue, les filles ne voulaient pas apprendre � voler sur des balais en pr�sence de gar�ons.</p><p>Harry avait �t� un peu vacillant pendant la journ�e. Il �tait incapable d'arr�ter de penser � la fa�on dont cette boucle temporelle stable <emphasis>et pas une autre </emphasis>avait bien pu �tre s�lectionn�e � partir de ce qui, r�trospectivement, semblait �tre un large espace de possibilit�s.</p><p>Et aussi : s�rieusement, des <emphasis>balais</emphasis> ? Il allait voler sur ce qui �tait essentiellement un segment ? N'�tait-ce pas quasiment la forme la plus instable qu'on puisse jamais trouver, � moins d'essayer de se tenir sur une bille ? Qui avait s�lectionn� <emphasis>ce</emphasis> mod�le d'engin volant, parmi toutes les formes possibles ? Harry avait esp�r� que ce ne soit qu'une figure de style, mais non, ils se tenaient devant ce qui ressemblait indiscutablement � d'ordinaires balais de cuisine en bois. Quelqu'un s'�tait-il juste retrouv� bloqu� sur l'id�e des balais et n'avait pas pens� � envisager autre chose ? �a devait �tre �a. Il n'y avait aucune chance pour que, si on les d�veloppait ind�pendamment l'un de l'autre, les mod�les <emphasis>optimaux</emphasis> permettant de nettoyer une cuisine et ceux permettant de voler dans les airs se r�v�lent co�ncider exactement.</p><p>C'�tait une belle journ�e, avec un ciel bleu clair et un soleil �clatant qui ne demandait qu'� entrer dans vos yeux et � vous emp�cher de voir quoi que ce soit, s'il se trouvait que vous �tiez en train d'essayer de voler dans le ciel. Le champ �tait propre et sec, sentait presque le br�l�, et semblait �trangement �tre tr�s, tr�s dur sous les chaussures de Harry.</p><p>"Levez votre main droite au-dessus du balai, ou la main gauche si vous �tes gaucher," s'�cria Madame Bibine. "Et dites DEBOUT !"</p><p>Tout le monde cria "DEBOUT !"</p><p>Le balai bondit d'impatience jusqu'� la main de Harry.</p><p>Ce qui fit de lui le premier de la classe, pour une fois. Apparemment dire "DEBOUT !" �tait beaucoup plus difficile que �a en avait l'air, et la plupart des balais roulaient partout sur l'herbe ou essayaient de s'�carter discr�tement de leur soi-disant futur conducteur.</p><p>(Bien s�r, Harry aurait �t� pr�t � parier de l'argent sur le fait que Hermione avait r�ussi au moins aussi bien que lui lorsque �a avait �t� son tour, plus t�t dans la journ�e. Il �tait impossible que <emphasis>Harry</emphasis> ma�trise du premier coup quelque chose qui �chappe � Hermione, et si une telle chose <emphasis>existait</emphasis> et se r�v�lait �tre <emphasis>le vol sur balai</emphasis>, plut�t qu'une activit� intellectuelle, Harry pr�f�rait encore mourir.)</p><p>Il fallut un bon moment avant que tout le monde n'ait un balais devant lui. Madame Bibine montra comment monter dessus, puis d�ambula entre les �l�ves, corrigeant les prises et les postures. Apparemment, m�me parmi les quelques enfants qu'on avait autoris�s � voler chez eux, peu avaient appris � le faire correctement.</p><p>Madame Bibine passa en revue le champ de gar�ons et hocha la t�te. "Et maintenant, quand je souffle dans mon sifflet, vous donnez un bon coup d'envoi sur le sol avec vos pieds."</p><p>Harry d�glutit, essayant de r�primer la sensation d'�c�urement qu'il avait � l'estomac.</p><p>"Maintenez vos balais stables, �levez-vous de quelques pieds, et revenez directement au sol en vous penchant l�g�rement en avant. � mon coup de sifflet - trois - deux -"</p><p>L'un des balais piqua vers le ciel, accompagn� par les cris d'un jeune gar�on - d'horreur, pas de d�lectation. Le gar�on tournoyait � une effroyable vitesse tout en continuant de monter, et ils ne pouvaient qu'entrapercevoir son visage blanc -</p><p>Comme au ralenti, Harry avait bondi, �tait descendu de son balai, et fouillait ses robes � la recherche de sa baguette, m�me s'il ne savait pas exactement ce qu'il comptait en faire ; il avait eu exactement deux cours de Sortil�ges, et le dernier <emphasis>avait</emphasis> �t� le sortil�ge de L�vitation, mais Harry n'avait r�ussi � jeter le sort qu'une fois sur trois et il ne pouvait certainement pas faire l�viter des personnes enti�res -</p><p><emphasis>S'il y a un pouvoir cach� en moi, qu'il se r�v�le MAINTENANT !</emphasis></p><p>"Reviens, mon gar�on !" cria Madame Bibine (ce qui devait �tre l'injonction la plus inutile qu'on puisse imaginer face � un balai incontr�lable, venant d'un <emphasis>professeur de vol</emphasis>, et une section totalement automatique du cerveau de Harry ajouta Madame Bibine � sa liste d'idiots).</p><p>Et le gar�on fut projet� loin du balai.</p><p>Il sembla d'abord se d�placer tr�s lentement dans les airs.</p><p>"<emphasis>Wingardium Leviosa !</emphasis>" hurla Harry.</p><p>Le sort �choua. Harry pouvait le sentir �chouer.</p><p>Il y eut un BAM et un lointain son de craquement, et le gar�on gisait au sol, face contre terre, comme un petit monticule pos� sur l'herbe.</p><p>Harry rengaina sa baguette et courut � pleine vitesse. Il parvint aux c�t�s du gar�on au m�me moment que Madame Bibine, et Harry fouilla dans sa bourse et essaya de se souvenir de - oh mon dieu comment s'appelait - ...peu importe il essayerait juste "Pack de Soin !" et le pack apparut dans sa main et -</p><p>"Poignet cass�," dit Madame Bibine. "Calme-toi mon gar�on, il a juste un poignet cass� !"</p><p>Il y eut une esp�ce d'embard�e mentale tandis que l'esprit de Harry s'extirpait du Mode Panique.</p><p>Le Pack de soins d'urgence Plus �tait ouvert devant lui, et il avait en main une seringue de feu liquide qui aurait maintenu le cerveau du gar�on oxyg�n� si jamais il s'�tait bris� le cou.</p><p>"Ah..." dit Harry d'une voix chancelante. Son c�ur battait avec tant de force qu'il ne s'entendait presque pas haleter. "Un os cass�... d'accord... Fil de Remise ?"</p><p>"C'est seulement pour les urgences," jeta Madame Bibine. "�carte �a, il va bien," elle se pencha au-dessus du gar�on, lui offrant sa main. "Allons mon gar�on, tout va bien, on se met debout !"</p><p>"Vous n'allez pas s�rieusement lui faire � nouveau conduire le balai ?" dit Harry avec horreur.</p><p>Madame Bibine jeta un regard noir � Harry. "Bien s�r que non !" Elle tira sur le bras encore valide du gar�on, l'aidant � se remettre sur pied - Harry fut choqu� de se rendre compte que c'�tait <emphasis>encore </emphasis>Neville Londubat, qu'est-ce qui n'allait <emphasis>pas</emphasis> chez lui ? - et elle se retourna vers les enfants qui attendaient tous. "Aucun d'entre vous ne bougera pendant que j'am�ne ce gar�on � l'infirmerie! Vous laisserez ces balais o� ils sont ou vous serez renvoy�s de Poudlard avant d'avoir pu dire 'Quidditch.' Allons-y, mon gar�on."</p><p>Et Madame Bibine s'en fut avec Neville, qui serrait son poignet et essayait de contr�ler ses reniflements.</p><p>Lorsqu'ils furent hors de port�e de voix, l'un des Serpentard commen�a � glousser.</p><p>Ce qui fit glousser les autres.</p><p>Harry se retourna et les regarda. �a semblait �tre le moment opportun pour se graver quelques visages en m�moire.</p><p>Et Harry vit que Draco marchait nonchalamment vers lui, accompagn� de M. Crabbe et de M. Goyle. M. Crabbe ne souriait pas. M. Goyle en revanche, si, et franchement. Draco lui-m�me avait une expression tr�s contr�l�e qui tressaillait parfois, et Harry en d�duit que Draco trouvait la situation hilarante mais ne voyait aucun avantage politique � en rire maintenant plut�t que plus tard, dans les donjons de Serpentard.</p><p>"Eh bien, Potter," dit Draco d'une voix grave qui ne portait pas, toujours avec cette expression tr�s contr�l�e qui parfois tressaillait, "je voulais juste te dire que, quand tu tires parti d'une urgence pour d�montrer que tu es un leader, il vaut mieux avoir l'air de contr�ler totalement la situation, plut�t que, disons, d'avoir l'air d'�tre compl�tement paniqu�." M. Goyle gloussa, et Draco lui jeta un regard de r�primande. "Mais tu as probablement gagn� quelques points quand m�me. Besoin d'aide pour ranger ce kit de soin ?"</p><p>Harry se tourna pour regarder le Pack de soins, ce qui d�tourna son visage de celui de Draco. "Je pense que �a ira," dit Harry. Il remit la seringue en place, refit les sangles, et se leva.</p><p>Ernie Macmillan arriva juste quand Harry donnait le pack � manger � sa bourse.</p><p>"Merci, Harry Potter, de la part de Poufsouffle," dit solennellement Ernie Macmillan. "C'�tait une bonne id�e, et tu as fait de ton mieux."</p><p>"Une bonne id�e, certainement," coassa Draco. "Pourquoi personne � Poufsouffle n'avait-il sa baguette sortie ? Peut-�tre que si vous aviez <emphasis>tous</emphasis> aid�, et pas juste Potter, vous l'auriez rattrap�. Je pensais que les Poufsouffle �taient cens�s se serrer les coudes ?"</p><p>Ernie avait l'air d'�tre d�chir� entre la col�re et la honte mortelle. "On n'y a pas pens� � temps -"</p><p>"Ah," dit Draco, "pas <emphasis>pens�</emphasis> � temps, j'imagine que c'est pour �a qu'il vaut mieux �tre ami avec un seul Serdaigle qu'avec tous les Poufsouffle."</p><p>Oh, bon sang, comment Harry allait-il jouer �a... "Tu n'aides pas vraiment," dit Harry d'un ton �gal. Esp�rant que Draco interpr�te cela comme <emphasis>tu interf�res avec mes plans, s'il te pla�t tais-toi</emphasis>.</p><p>"Eh, qu'est-ce que c'est que �a ?" dit M. Goyle. Il se pencha et ramassa quelque chose de la taille d'une grande bille, une balle de verre qui semblait �tre pleine d'une brume blanche tourbillonnante.</p><p>Ernie cligna des yeux. "Le Rapeltout de Neville !"</p><p>"Qu'est-ce qu'un Rapeltout ?" demanda Harry.</p><p>"Il devient rouge si on a oubli� quelque chose," dit Ernie. "Mais il ne dit pas ce qu'on a oubli�. Donne-le moi s'il te pla�t, et je le rendrai � Neville plus tard." Ernie tendit sa main.</p><p>Un sourire apparut soudain sur le visage de M. Goyle, et il se retourna et courut loin d'eux.</p><p>Ernie se tint l� un moment, surpris, puis il cria "Eh !" et courut apr�s M. Goyle.</p><p>Et M. Goyle attrapa un balai, grimpa dessus avec souplesse et prit les airs.</p><p>La m�choire de Harry s'affaissa. Madame Bibine n'avait-elle pas dit qu'il serait <emphasis>renvoy�</emphasis> ?</p><p>"<emphasis>Imb�cile</emphasis> !" siffla Draco. Il ouvrit la bouche pour crier -</p><p>"<emphasis>Eh !"</emphasis> cria Ernie. "C'est � Neville ! <emphasis>Rapporte-le </emphasis>!"</p><p>Les Serpentard commenc�rent � acclamer et � siffler.</p><p>La bouche de Draco se referma aussi sec. Harry surprit l'air d'ind�cision qui �tait brusquement apparu sur son visage.</p><p>"Draco," dit Harry d'une voix basse, "si tu n'ordonnes pas � cet idiot d'atterrir, le professeur va revenir et -"</p><p>"<emphasis>Viens le chercher, Poufsouffle !</emphasis>" hurla M. Goyle, et des salves d'acclamations mont�rent des Serpentard.</p><p>"Je ne<emphasis> peux pas</emphasis> !" chuchota Draco. "Tout le monde � Serpentard pensera que je suis <emphasis>faible</emphasis> !"</p><p>"Et si M. Goyle est renvoy�," siffla Harry, "ton <emphasis>p�re</emphasis> va penser que tu es un <emphasis>cr�tin</emphasis> !"</p><p>Le visage de Draco �tait d�form� par l'agonie.</p><p>� cet instant -</p><p>"Eh, <emphasis>Serpensale,</emphasis>" cria Ernie, "on ne vous a jamais dit que les Poufsouffle se serraient les coudes ? <emphasis>Baguettes, Poufsouffle !</emphasis>"</p><p>Et il y eut soudain beaucoup de baguettes point�es en direction de M. Goyle.</p><p>Trois secondes plus tard -</p><p>"<emphasis>Baguettes, Serpentard !</emphasis>" dirent au moins cinq Serpentard.</p><p>Et il y eut plein de baguettes point�es en direction de Poufsouffle.</p><p>Deux secondes plus tard -</p><p>"<emphasis>Baguettes, Gryffondor !</emphasis>"</p><p>"<emphasis>Fais quelque chose, Potter !</emphasis>" chuchota Draco. "<emphasis>Je ne peux pas �tre celui qui arr�te �a il faut que ce soit toi ! Je te devrai une faveur trouve juste quelque chose tu n'es pas cens� �tre brillant ?"</emphasis></p><p>Harry mit environ cinq secondes et demie � se rendre compte que quelqu'un allait jeter le Sort d'Attaque Simple Sum�rien et que quand ce serait termin� et que les enseignants auraient fini renvoyer les responsables, les seuls gar�ons de cette ann�e encore � Poudlard seraient les Serdaigle.</p><p>"<emphasis>Baguettes, Serdaigle !</emphasis>" cria Michael Corner, qui se sentait apparemment exclu du d�sastre.</p><p>"<emphasis>GREGORY GOYLE !</emphasis>" hurla Harry. "<emphasis>Je te d�fie � un concours pour la possession du Rapeltout de Neville !</emphasis>"</p><p>Il y eut une pause soudaine.</p><p>"Oh, vraiment ?" dit Draco du coassement le plus fort que Harry avait jamais entendu. "�a a l'air int�ressant. Quel genre de concours, Potter ?"</p><p>Euh...</p><p>L'inspiration de Harry n'�tait pas all�e au-del� de "concours". Quel genre de concours, il ne pouvait pas dire "�checs" parce que Draco ne pourrait pas accepter sans que �a ait l'air bizarre, il ne pouvait pas dire "bras de fer" parce que M. Goyle l'�crabouillerait -</p><p>"Que pensez-vous de �a ?" dit Harry bien fort. "Gregory Goyle nous tenons loin l'un de l'autre, et personne d'autre n'a le droit de s'approcher. Nous n'utilisons pas nos baguettes, et personne d'autre non plus. Je ne bouge pas de l� o� je suis, et lui non plus. Et si je peux mettre la main sur le Rapeltout de Neville, alors Gregory Goyle abandonne toute pr�tention au Rapeltout et me le donne."</p><p>Il y eut une autre pause tandis que l'expression de soulagement des gens alentour se transformait en une expression de confusion.</p><p>"Ha, Potter !" dit Draco avec force. "J'aimerais bien te voir faire <emphasis>�a</emphasis> ! M. Goyle accepte !"</p><p>"C'est parti !" dit Harry.</p><p>"Potter, <emphasis>quoi ?</emphasis>" chuchota Draco, ce qu'il parvint myst�rieusement � faire sans bouger ses l�vres.</p><p>Harry ne savait pas comment r�pondre sans bouger les siennes.</p><p>Les gens rangeaient leur baguette, et M. Goyle fit une gracieuse descente en piqu�e jusqu'au sol, l'air plut�t confus. Quelques Poufsouffle commenc�rent � s'avancer vers M. Goyle mais Harry leur jeta un regard suppliant et ils recul�rent.</p><p>Harry se d�pla�a vers M. Goyle et s'arr�ta lorsqu'il furent � quelques pas l'un de l'autre, assez loin pour qu'ils ne puissent se toucher.</p><p>Doucement, d�lib�r�ment, Harry rengaina sa baguette.</p><p>Tout le monde recula.</p><p>Harry d�glutit. Il savait en gros ce qu'il <emphasis>voulait</emphasis> faire, mais il fallait que ce soit fait de telle fa�on que personne ne comprenne <emphasis>ce qu'il avait fait</emphasis> -</p><p>"Tr�s bien," dit Harry avec force. "Et maintenant..." Il prit une profonde inspiration et leva une main, les doigts pr�ts � claquer. Il y eut des glapissements venant de tous ceux qui avaient entendu parler des tartes, c'est-�-dire presque tout le monde. "<emphasis>J'en appelle � la d�mence de Poudlard ! Content content boum boum mar�cage mar�cage</emphasis><emphasis>mar�cage </emphasis>!" Et Harry claqua des doigts.</p><p>De nombreuses personnes eurent un mouvement de peur.</p><p>Et rien ne se passa.</p><p>Harry laissa le silence s'�tirer un moment, se d�velopper, jusqu'�...</p><p>"Euh," dit quelqu'un. "C'est tout ?"</p><p>Harry regarda le gar�on qui avait parl�. "Regarde devant toi. Tu vois le petit bout de terre qui a l'air st�rile, sans herbe dessus ?"</p><p>"Euh, oui," dit le gar�on, un Gryffondor (Dean Quelque Chose ?).</p><p>"Creuse ici."</p><p>Harry �tait maintenant la cible de regards intrigu�s.</p><p>"Euh, pourquoi ?"</p><p>"Fais-le, c'est tout," dit Terry Boot d'une voix lasse. "Pas la peine de demander pourquoi, crois-moi."</p><p>Dean Quelque Chose s'agenouilla et commen�a � enlever des poign�es de terre.</p><p>Apr�s une minute, Dean se releva. "Il n'y a rien ici," dit Dean.</p><p>Uh. Harry avait compt� revenir en arri�re dans le temps et enterrer une carte au tr�sor qui m�nerait � une autre carte au tr�sor qui m�nerait au Rapeltout de Neville qu'il aurait mis l� apr�s l'avoir repris � M. Goyle...</p><p>Puis Harry se rendit compte qu'il existait un moyen beaucoup plus simple, qui ne mena�ait pas autant le secret des Retourneurs de Temps.</p><p>"Merci, Dean !" dit Harry avec force. "Ernie, pourrais-tu regarder l� o� Neville est tomb� et voir si tu peux trouver son Rapeltout ?"</p><p>Les gens avaient l'air encore plus confus.</p><p>"Fais-le, c'est tout," dit Terry Boot. "Il va continuer d'essayer jusqu'� ce que �a marche, et ce qui me fait peur c'est que -"</p><p>"<emphasis>Par Merlin !</emphasis>" s'�trangla Ernie. Il tenait le Rapeltout de Neville. "Il �tait <emphasis>l�</emphasis> ! Exactement l� o� il est tomb� !"</p><p>"<emphasis>Quoi</emphasis> ?" s'�cria M. Goyle. Il baissa le regard et vit...</p><p>... qu'il tenait toujours le Rapeltout de Neville.</p><p>Il y eut une longue pause.</p><p>"Euh," dit Dean quelque chose, "ce n'est pas impossible ?"</p><p>"C'est une erreur de sc�nario," dit Harry. "Je suis devenu assez bizarre pour distraire l'univers pendant un moment, et il a oubli� que Goyle avait d�j� ramass� le Rapeltout."</p><p>"Non, attends, je veux dire, c'est <emphasis>compl�tement</emphasis> impossible -"</p><p>"Excuse-moi, mais sommes-nous tous ici � attendre de voler sur des balais ? Tout � fait. Alors tais-toi. Bref, une fois que je mettrai ma main sur le Rapeltout de Neville, le concours sera termin� et Gregory Goyle devra abandonner toute pr�tention sur le Rapeltout qu'il tient dans sa main et me le donner. C'�taient les termes du concours, tu te souviens ?" Harry tendit une main et fit signe � Ernie. "Fais-le juste rouler jusqu'ici, puisque personne n'est cens� s'approcher de moi."</p><p>"Attends !" cria un Serpentard - Blaise Zabini, Harry n'allait certainement pas oublier ce nom. "Comment savons-nous que c'est le Rapeltout de Neville ? Tu pourrais avoir fait tomber un <emphasis>autre</emphasis> Rapeltout ici -"</p><p>"Le Serpentard est fort chez celui-ci," dit Harry en souriant. "Mais tu as ma parole que celui que Ernie tient dans sa main est � Neville. Aucun commentaire en ce qui concerne celui de Gregory Goyle."</p><p>Zabini se tourna vers Draco. "<emphasis>Malfoy !</emphasis> Tu ne vas pas le laisser s'en tirer avec ce -"</p><p>"Tais-toi, toi," gronda M. Crabbe, qui se tenait derri�re Draco. "M. Malfoy n'a pas besoin que <emphasis>tu</emphasis> lui dises ce qu'il doit faire !"</p><p><emphasis>Bon</emphasis> laquais.</p><p>"Mon pari �tait avec Draco, de la Noble et Ancienne Maison Malfoy," dit Harry. "Pas avec toi, Zabini. J'ai fait ce que M. Malfoy a dit qu'il aimerait me voir faire, et pour le jugement de ce pari, je m'en remettrai � lui." Harry inclina sa t�te vers Draco et releva l�g�rement ses sourcils. �a devrait permettre � Draco de sauver la face.</p><p>Il y eut une pause.</p><p>"Tu promets que c'est <emphasis>vraiment</emphasis> le Rapeltout de Neville ?" dit Draco.</p><p>"Oui," dit Harry. "C'est celui qui reviendra � Neville, et c'�tait le sien au d�part. Et celui que tient Gregory Goyle entrera en ma possession."</p><p>Draco hocha la t�te, l'air d�cid�. "Alors je ne remettrai pas en question la parole de la Noble Maison de Potter, peu importe que tout cela ait �t� tr�s �trange. Et la Noble et Ancienne Maison Malfoy tient aussi sa parole. M. Goyle, donnez cela � M. Potter -"</p><p>"H� !" dit Zabini. "Il n'a pas <emphasis>encore</emphasis> gagn�, il n'a pas mis la main sur -"</p><p>"Attrape, Harry !" dit Ernie, et il jeta le Rapeltout.</p><p>Harry attrapa le Rapeltout au vol avec facilit�, il avait toujours eu de bons r�flexes pour �a. "Voil�," dit Harry, "j'ai gagn�..."</p><p>Harry laissa sa phrase en suspens. Toutes les conversations s'arr�t�rent.</p><p>Le Rapeltout rougeoyait avec force dans sa main, flamboyant comme un soleil miniature qui faisant danser des ombres sur le sol illumin�.</p><empty-line/><p>Jeudi.</p><p>Si on voulait �tre pr�cis, 17h09 un jeudi apr�s-midi, dans le bureau du professeur McGonagall, apr�s les cours de vol (avec une heure suppl�mentaire pour Harry gliss�e entre les deux).</p><p>Le professeur McGonagall �tait assise sur son tabouret. Harry sur la sellette, face � son bureau.</p><p>"Professeur," dit fermement Harry, "les Serpentard pointaient leurs baguettes vers Poufsouffle, les Gryffondor pointaient leurs baguettes vers Serpentard, un <emphasis>idiot</emphasis> de chez Serdaigle a lui aussi dit 'baguettes !', et j'avais au plus cinq secondes pour emp�cher la situation d'exploser ! C'est tout ce que j'ai pu trouver !"</p><p>Le visage du professeur McGonagall �tait pinc� et empli de col�re. "<emphasis>Vous n'utiliserez pas le Retourneur de Temps � de telles fins, M. Potter ! </emphasis>Le concept de secret n'est-il pas quelque chose que vous comprenez ?"</p><p>"Ils ne <emphasis>savent</emphasis> pas comment j'ai fait ! Ils pensent juste que je peux faire des choses vraiment bizarres en claquant des doigts ! J'ai fait d'autres choses bizarres qui ne peuvent �tre faites avec les Retourneurs de Temps, et j'en ferai <emphasis>encore d'autres</emphasis>, et <emphasis>ce </emphasis>cas pr�cis ne sera qu'un de plus parmi les autres ! Je <emphasis>devais le faire</emphasis>, professeur !"</p><p>"Vous ne deviez <emphasis>pas</emphasis> le faire !" dit le professeur McGonagall d'un ton cinglant. "Tout ce que vous aviez � faire �tait de faire redescendre ce <emphasis>Serpentard anonyme</emphasis> au sol et de faire rengainer les baguettes ! Vous pourriez l'avoir d�fi� � une partie de Bataille Explosive, mais non, vous deviez utiliser le Retourneur de Temps de fa�on inutile et flagrante !"</p><p>"C'est tout ce que j'ai pu trouver ! Je ne sais m�me pas ce qu'<emphasis>est</emphasis> la Bataille Explosive, ils n'auraient pas accept� une partie d'�checs, et si j'avais choisi le bras de fer, j'aurais perdu !"</p><p>"<emphasis>Alors vous auriez d� choisir le bras de fer !</emphasis>"</p><p>Harry cligna des yeux. "Mais alors j'aurais <emphasis>perdu</emphasis> -"</p><p>Harry s'interrompit.</p><p>Le professeur McGonagall avait l'air <emphasis>tr�s</emphasis> en col�re.</p><p>"Je suis d�sol�, professeur McGonagall," dit Harry d'une petite voix. "Je n'y avais honn�tement pas pens�, et vous avez raison, j'aurais d�, �a aurait �t� brillant de ma part, mais je n'y ai juste pas pens� du tout..."</p><p>Harry laissa sa phrase en suspens. Il devenait soudain clair qu'il avait eu <emphasis>beaucoup</emphasis> d'autres options. Il aurait pu demander � <emphasis>Draco</emphasis> de sugg�rer quelque chose, il aurait pu demander � la foule... son utilisation du Retourneur de Temps avait �t� inutile et flagrante. Il y avait eu un espace de possibilit�s immense, pourquoi avait-il choisi <emphasis>celle</emphasis>-l� ?</p><p>Parce qu'il avait vu un moyen de gagner. Gagner la possession d'une babiole sans importance que les professeurs auraient de toute fa�on reprise � M. Goyle.</p><p>Intention de gagner. C'est �a qui l'avait eu.</p><p>"Je suis d�sol�," dit � nouveau Harry. "Pour mon orgueil et ma stupidit�."</p><p>Le professeur McGonagall se passa une main sur le front. Une partie de sa col�re sembla se dissiper. Mais sa voix resta tr�s dure. "Une autre d�monstration de ce genre, M. Potter, et vous me rendrez le Retourneur de Temps. Ai-je bien �t� claire ?"</p><p>"Oui," dit Harry. "Je comprends et je suis d�sol�."</p><p>"Alors, M. Potter, vous serez autoris� � conserver le Retourneur de Temps pour le moment. Et �tant donn� la taille de la d�b�cle que vous avez en effet pr�venu, je ne d�duirai pas de point � Serdaigle."</p><p><emphasis>Et puis vous ne pourriez pas expliquer pourquoi vous avez d�duit les points</emphasis>. Mais Harry n'�tait pas assez stupide pour dire �a � voix haute.</p><p>"Plus important, pourquoi le Rapeltout s'est-il d�clench� comme �a ?" dit Harry. "Cela veut-il dire que j'ai �t� victime d'un sortil�ge d'Amn�sie ?"</p><p>"Je suis moi aussi perplexe," dit lentement le professeur McGonagall. "Si c'�tait aussi simple, je pense que les tribunaux utiliseraient les Rapeltouts, et ce n'est pas le cas. J'�tudierai la question, M. Potter." Elle soupira. "Vous pouvez y aller, maintenant."</p><p>Harry commen�a � se lever de sa chaise, puis s'arr�ta. "Euh, pardon, il y a quelque chose que je voulais vous dire -"</p><p>On put � peine remarquer le tressaillement. "De quoi s'agit-il, M. Potter ?"</p><p>"C'est � propos du professeur Quirrell -"</p><p>"Je suis certaine, M. Potter, que ce n'est rien de tr�s important." Le professeur McGonagall pronon�a ces mots tr�s rapidement. "Vous avez certainement entendu le directeur dire aux �tudiants de ne pas nous importuner avec des complaintes sans importance au sujet du professeur de D�fense ?"</p><p>Harry �tait plut�t d�concert�. "Mais �a pourrait <emphasis>�tre</emphasis> important, hier j'ai eu cette sensation funeste quand -"</p><p>"M. Potter ! J'ai moi aussi une sensation funeste ! Et ma sensation funeste dit que <emphasis>vous ne devez pas finir cette phrase !</emphasis>"</p><p>La bouche de Harry s'ouvrit grande. Le professeur McGonagall avait r�ussi ; Harry �tait sans voix.</p><p>"M. Potter," dit le professeur McGonagall, "si vous avez d�couvert quoi que ce soit d'int�ressant au sujet du professeur Quirrell, n'h�sitez pas � ne pas le partager avec moi ni avec qui que ce soit. Maintenant je pense que vous avez pris assez de mon temps pr�cieux -"</p><p>"<emphasis>�a ne vous ressemble pas !</emphasis>" �clata Harry. "Je suis d�sol�, mais �a semble juste <emphasis>incroyablement</emphasis> irresponsable ! De ce que j'ai entendu, il y a une sorte de mal�diction sur le poste de D�fense, et vous <emphasis>savez</emphasis> d�j� que quelque chose va mal tourner, je pensais que seriez tous en alerte -"</p><p>"<emphasis>Mal tourner</emphasis>, M. Potter ? <emphasis>J'esp�re bien que non</emphasis>." Le visage du professeur McGonagall �tait parfaitement inexpressif. "Apr�s que le professeur Blake ait �t� pris dans un placard avec pas moins de trois Serpentard en cinqui�me ann�e, en F�vrier dernier, et qu'un an avant cela, le professeur Summers ait tellement �chou� dans sa mission de p�dagogue que ses �tudiants pensaient qu'un �pouvantard �tait une sorte de meuble, il serait <emphasis>catastrophique</emphasis> qu'un probl�me concernant le remarquablement comp�tent professeur Quirrell soit maintenant port� � ma connaissance, ce qui, si je puis me permettre, ferait �chouer la plupart de nos �tudiants � leurs BUSEs ou � leurs ASPICs"</p><p>"Je vois," dit lentement Harry, absorbant le tout. "Donc en d'autres mots, quoi qu'il se passe avec le professeur Quirrell, vous souhaitez d�sesp�r�ment ne pas l'apprendre avant la fin de l'ann�e scolaire. Et puisque nous sommes pour l'instant en septembre, en ce qui vous concerne, il pourrait parfaitement assassiner le Premier Ministre en direct � la t�l�vision et se tirer d'affaire."</p><p>Le professeur McGonagall le regarda sans ciller. "Je suis certaine qu'on ne pourrait jamais m'entendre confirmer une telle affirmation, M. Potter. � Poudlard, nous essayons d'�tre proactifs en ce qui concerne <emphasis>tout</emphasis> ce qui met en danger la r�ussite scolaire de nos �l�ves."</p><p><emphasis>Comme des Serdaigle de premi�re ann�e qui ne savent pas se la fermer.</emphasis> "Je crois vous avoir tr�s bien compris, professeur McGonagall."</p><p>"Oh, j'en doute, M. Potter. J'en doute grandement." Le professeur McGonagall se pencha en avant, son visage � nouveau contract�. "Puisque vous et moi avons discut� de sujets bien plus sensibles que celui-ci, je vous parlerai franchement. Vous, et vous seul, avez fait �tat de cette myst�rieuse sensation funeste. Vous, et vous seul, �tes un aimant � chaos tel que je n'en ai jamais vu. Apr�s notre petite excursion au Chemin de Traverse, <emphasis>puis</emphasis> le Choixpeau Magique, puis le petit �pisode d'<emphasis>aujourd'hui</emphasis>, je puis pr�dire que je suis condamn�e � m'asseoir dans le bureau du directeur et � entendre une histoire hilarante au sujet du professeur Quirrell dans laquelle vous et vous seul tiendrez un premier r�le, apr�s quoi je n'aurai d'autre choix que de le licencier. J'y suis d�j� r�sign�e, M. Potter. Et si ce triste �v�nement a lieu avant l'Ides de Mai, je vous attacherai au portail de Poudlard avec vos propres intestins et je verserai des abeilles de feu dans votre nez. <emphasis>Maintenant</emphasis>, m'avez-vous tr�s bien compris ?"</p><p>Harry hocha la t�te, ses yeux grands ouverts. Puis, une seconde plus tard : "Et j'ai droit � quoi si j'arrive � faire que �a ait lieu le dernier jour de l'ann�e scolaire ?"</p><p>"<emphasis>Sortez de mon bureau !</emphasis>"</p><empty-line/><p>Jeudi.</p><p>Il devait y avoir quelque chose de particulier avec les jeudis � Poudlard.</p><p>Il �tait 17h32, jeudi apr�s-midi, et Harry se tenait � c�t� du professeur Flitwick, devant la grande gargouille de pierre qui gardait l'entr�e du bureau du directeur.</p><p>Il �tait � peine revenu du bureau du professeur McGonagall et entr� dans les salles d'�tudes de Serdaigle qu'un des �tudiants lui avait dit de se pr�senter au bureau du professeur Flitwick, et l�, Harry avait appris que Dumbledore voulait lui parler.</p><p>Harry, se sentant plut�t appr�hensif, avait demand� au professeur Flitwick si le directeur avait dit de quoi il s'agissait.</p><p>Le professeur Flitwick avait hauss� les �paules d'un air impuissant.</p><p>Dumbledore avait apparemment dit que Harry �tait bien trop jeune pour invoquer les mots de pouvoir et de folie.</p><p><emphasis>Content content boum boum marais marais marais</emphasis> ? avait pens� Harry, mais il ne l'avait pas dit � voix haute.</p><p>"Ne vous en faites pas trop, M. Potter," piailla le professeur Flitwick depuis ce qui devait �tre le niveau de l'�paule de Harry (il �tait heureux que le professeur Flitwick porte une barbe si immense et si fournie, car c'�tait difficile de s'habituer � un professeur qui �tait non seulement plus petit que lui mais parlait aussi d'une voix plus aig�e). "Le directeur Dumbledore peut sembler un peu �trange, ou tr�s �trange, et m�me extr�mement �trange, mais il n'a jamais fait le moindre mal � un �tudiant, et je ne pense pas qu'il le fera jamais." Le professeur Flitwick donna un sourire encourageant � Harry. "Gardez cela � l'esprit � tout moment et vous serez certain de ne pas paniquer !"</p><p>�a ne l'aida pas.</p><p>"Bonne chance !" piailla le professeur Flitwick, et il se pencha au-dessus de la gargouille et dit quelque chose que Harry ne parvint bizarrement pas � entendre (bien s�r, le mot de passe ne serait pas tr�s utile si on pouvait entendre quelqu'un le prononcer). Et la gargouille de pierre fit un pas de c�t� d'un mouvement tr�s naturel et ordinaire, ce que Harry trouva plut�t choquant, puisque pendant ce temps, la gargouille continua � ressembler � de la pierre solide et inamovible.</p><p>Derri�re la gargouille se trouvaient plusieurs marches en spirales tournant sur eux-m�mes. Il y avait l� quelque chose de troublant et d'hypnotique, et encore plus troublant �tait le fait que faire <emphasis>tourner</emphasis> une spirale n'aurait pas d� vous mener quelque part.</p><p>"Et �a monte !" piailla Flitwick.</p><p>Harry mit un pied assez nerveux sur la spirale et commen�a � se d�placer vers le haut pour une raison que son cerveau ne parvenait pas du tout � visualiser.</p><p>La gargouille fit un bruit sourd en se remettant en place derri�re lui, et les escaliers en spirale continu�rent de tourner et Harry continua de monter, et apr�s une dur�e plut�t �tourdissante Harry se retrouva en face d'une porte de ch�ne avec un heurtoir en laiton.</p><p>Harry tendit la main et tourna la poign�e.</p><p>La porte s'ouvrit grand.</p><p>Et Harry vit la pi�ce la plus int�ressante qu'il ait vue de sa vie.</p><p>Il y avait de petits m�canismes m�talliques qui vrombissaient ou cliquetaient ou changeaient lentement de forme ou �mettaient de petites bouff�es de fum�e. Il y avait des douzaines de fluides myst�rieux dans des douzaines de contenants aux formes �tranges, tous bullants, bouillonnants, suintants, changeant de couleur, ou prenant des formes int�ressantes qui disparaissaient une demi-seconde apr�s que vous les ayez vues. Il y avait des choses qui ressemblaient � des horloges dot�es de nombreuses aiguilles, grav�es de chiffres ou de mots dans des langues inconnues. Il y avait un bracelet portant un cristal lenticulaire qui �tincelait de mille couleurs, et la statue d'un faucon incrust� dans de l'�mail noir. Le mur portait des tableaux de gens endormis, et le Choixpeau Magique �tait nonchalamment pos� sur un porte-chapeaux qui soutenait aussi deux parapluies et trois pantoufles rouges pour pied gauche.</p><p>Au milieu de tout ce chaos se trouvait un bureau en ch�ne noir bien rang�. Devant le bureau se trouvait un tabouret en ch�ne. Et derri�re le bureau se trouvait un tr�ne bien rembourr� dans lequel �tait assis Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore, qui �tait orn� d'une longue barbe d'argent, d'un chapeau ressemblant � un immense champignon �cras�, et de ce qui � des yeux moldus aurait ressembl� � trois couches de pyjamas rose vif.</p><p>Dumbledore souriait, et ses yeux radieux p�tillaient d'une folle intensit�.</p><p>Avec une inqui�tude certaine, Harry s'assit face au bureau. La porte se referma derri�re lui dans un puissant <emphasis>blam</emphasis>.</p><p>"Bonjour, Harry," dit Dumbledore.</p><p>"Bonjour, monsieur le directeur," r�pondit Harry. Alors ils s'appelaient par leurs pr�noms ? Dumbledore allait-il lui dire de l'appeler -</p><p>"S'il te pla�t, Harry," dit Dumbledore. "Monsieur le directeur a l'air si officiel. Appelle-moi juste Dir, pour faire court."</p><p>"D'accord, Dir," dit Harry.</p><p>Il y eut une courte pause.</p><p>"Sais-tu," dit Dumbledore, "que tu es la premi�re personne � m'avoir jamais pris au mot ?"</p><p>"Ah..." dit Harry. Il essaya de contr�ler sa voix en d�pit des soudaines contractions de son estomac. "Je suis d�sol�, je, ah, monsieur le directeur, vous m'avez dit de le faire alors je l'ai fait -"</p><p>"Dir, s'il te pla�t !" dit gaiement Dumbledore. "Et il n'y a pas de raison d'�tre aussi inquiet, je ne te jetterai pas par la fen�tre juste parce que tu as fait une erreur. Je te donnerai plein d'avertissements avant, si tu fais quelque chose de mal ! Et puis, ce qui compte, ce n'est pas la fa�on dont les gens vous parlent, mais ce qu'ils pensent de vous."</p><p><emphasis>Il n'a jamais fait le moindre mal � un �tudiant, garde cela � l'esprit et tu seras certain de ne pas paniquer.</emphasis></p><p>Dumbledore sortit une petite bo�te en m�tal et en souleva le couvercle, r�v�lant de petits blocs jaunes. "Bonbons au citron ?" dit le directeur.</p><p>"Euh, non merci, Dir," dit Harry. <emphasis>Pouvait-on consid�rer que de glisser du LSD � un �tudiant c'�tait leur faire du mal, ou cela rentrait-il dans la cat�gorie jeu inoffensif ? </emphasis>"Vous, euh, avez dit quelque chose � mon propos, au sujet du fait que j'�tais trop jeune pour invoquer les mots de pouvoir et de folie ?."</p><p>"J'ai dit que vous l'�tiez s�rement !" dit Dumbledore. "Heureusement, les Mots de Pouvoir et de Folie ont �t� perdus il y a sept si�cles et personne n'a la moindre id�e de ce qu'ils sont. C'�tait juste une petite remarque."</p><p>"Ah..." dit Harry. Il se rendait bien compte que sa bouche �tait grande ouverte. "Pourquoi m'avez-vous fait venir ici, alors ?"</p><p>"<emphasis>Pourquoi ?</emphasis>" r�p�ta Dumbledore. "Ah, Harry, si je passais mes journ�es � me demander <emphasis>pourquoi</emphasis> je fais les choses, je n'aurais le temps de rien faire ! Je suis quelqu'un de tr�s occup�, tu sais."</p><p>Harry hocha la t�te en souriant. "Oui, c'�tait une liste tr�s impressionnante. Directeur de Poudlard, Pr�sident du Magenmagot, et Manitou supr�me de la Conf�d�ration internationale des Mages et Sorciers. Navr� de vous poser la question mais je me demandais, est-il possible d'obtenir plus de six heures si on utilise plus d'un Retourneur de Temps ? Parce que c'est plut�t impressionnant si vous faites tout �a en seulement trente heures par jour."</p><p>Il y eut une autre courte pause, pendant laquelle Harry continua de sourire. Il �tait un peu appr�hensif, en fait tr�s appr�hensif, mais une fois qu'il �tait devenu clair que Dumbledore s'amusait d�lib�r�ment avec lui, quelque chose � l'int�rieur de Harry avait <emphasis>absolument refus� </emphasis>de rester l� � tout se prendre comme un empot� sans d�fense.</p><p>"J'ai bien peur que le Temps n'aime pas �tre trop �tir�," dit Dumbledore apr�s la courte pause, "mais nous semblons �tre trop grands pour lui, et s'ensuit donc une lutte permanente pour faire tenir nos vies dans le Temps."</p><p>"En effet," dit Harry avec une grave solennit�. "C'est pourquoi il est pr�f�rable d'en arriver rapidement � ce qui nous pr�occupe."</p><p>Pendant un moment, Harry se demanda s'il avait �t� trop loin.</p><p>Puis Dumbledore gloussa. "Droit au fait nous irons." Le directeur s'inclina en avant, faisant pencher son chapeau-champignon �cras� et brossant sa barbe contre son bureau. "Harry, lundi dernier tu as fait quelque chose qui aurait d� �tre impossible, m�me avec un Retourneur de Temps. Ou plut�t, impossible avec <emphasis>seulement </emphasis>un Retourneur de Temps. Je me demande : d'o� ces deux tartes venaient-elles ?"</p><p>Un choc d'adr�naline traversa Harry. Il avait fait cela en utilisant la Cape d'Invisibilit�, celle qui lui avait �t� donn�e dans une bo�te de cadeau de No�l, avec une note, et la note avait dit : <emphasis>Si Dumbledore voyait une chance de poss�der l'une des Reliques de la Mort, il ne la laisserait jamais �chapper � son �treinte...</emphasis></p><p>"Une conclusion logique," continua Dumbledore, "serait que puisqu'aucun des �tudiants en premi�re ann�e pr�sents n'�taient capable de jeter un sort pareil, quelqu'un d'autre �tait pr�sent mais n'a pas �t� vu. Et si personne ne pouvait la voir, eh bien, il aurait �t� facile pour cette personne de jeter les tartes. On pourrait de plus soup�onner que puisque tu as le Retourneur de Temps, tu �tais la personne invisible ; et que puisque le sort de D�sillusion est bien au-del� de tes capacit�s actuelles, tu as une cape d'invisibilit�." dit Dumbledore avec un air de conspirateur. "Suis-je sur la bonne voie jusqu'ici, Harry ?"</p><p>Harry se figea. Il avait l'impression qu'un pur mensonge ne serait pas tr�s malin, et ne l'aiderait peut-�tre m�me pas du tout, et il ne trouvait rien d'autre � dire.</p><p>Dumbledore agita une main amicale. "Ne t'en fais pas Harry, tu n'as rien fait de mal. Les capes d'invisibilit� ne sont pas interdites - j'imagine qu'elles sont assez rares pour que personne n'ait pris le temps de les ajouter � la liste. Mais � vrai dire, je songeais � tout autre chose."</p><p>"Oh ?" dit Harry de la voix la plus normale qu'il put.</p><p>Les yeux de Dumbledore brill�rent d'enthousiasme. "Tu vois, Harry, apr�s avoir v�cu quelques aventures, on commence � attraper le coup. On commence � voir le motif, � entendre le rythme du monde. On commence � entretenir des soup�ons <emphasis>avant</emphasis> le moment de r�v�lation. Tu es le Survivant, et une cape invisible est parvenue jusqu'� tes mains seulement quatre jour apr�s que tu ais d�couvert notre Angleterre magique. De telles capes ne sont pas � vendre au Chemin de Traverse, mais il y en a <emphasis>une</emphasis> qui pourrait trouver son chemin jusqu'� celui destin� � la porter. Et je ne peux donc m'emp�cher de me demander si par un �trange hasard tu n'aurais pas trouv� non pas juste <emphasis>une</emphasis> cape d'invisibilit�, mais <emphasis>la</emphasis> Cape d'Invisibilit�, l'une des trois Reliques de la Mort, r�put�e cacher son porteur du regard de la Mort elle-m�me." Le regard de Dumbledore �tait brillant et avide. "Pourrais-je la voir, Harry ?"</p><p>Harry d�glutit. Il y avait maintenant un raz-de-mar�e d'adr�naline dans son corps, et c'�tait totalement inutile, c'�tait le sorcier le plus puissant du monde, il n'atteindrait m�me pas la porte, et il n'y avait nulle part � Poudlard o� il pourrait se cacher, et il �tait sur le point de perdre la Cape qui avait �t� pass�e de Potter en Potter pendant Merlin savait combien de g�n�rations -</p><p>Lentement, Dumbledore se radossa � sa chaise. La lueur vive avait quitt� ses yeux, et il avait l'air perplexe, et un peu triste. "Harry," dit Dumbledore, "si tu ne veux pas, tu peux juste dire non."</p><p>"Je peux ?" dit Harry d'une voix rauque.</p><p>"Oui, Harry," dit Dumbledore. Sa voix �tait triste � pr�sent, et inqui�te. "Il semblerait que tu aies peur de moi, Harry. Puis-je te demander ce que j'ai fait pour m�riter ta m�fiance ?"</p><p>Harry d�glutit. "Y a-t-il un moyen par lequel vous pouvez jurer, par un serment magique, que vous vous engagez � ne pas prendre ma cape ?"</p><p>Dumbledore secoua lentement la t�te. "Les V�ux<emphasis> Inviolables </emphasis>ne doivent pas �tre utilis�s � la l�g�re. Et puis, Harry, si tu ne connais pas encore le sort, tu n'auras que ma parole pour savoir qu'il m'engage. Et tu te rends s�rement compte que je n'ai pas <emphasis>besoin</emphasis> de ta permission pour voir la Cape. Je suis assez puissant pour la faire appara�tre moi-m�me, bourse en peau de Moke ou non." Le visage de Dumbledore �tait s�rieux. "Mais je ne le ferai pas. La Cape est tienne, Harry. Je ne te la prendrai pas. Pas m�me pour y jeter un coup d'�il, � moins que tu ne d�cides de me la montrer. C'est une promesse et un serment. Si je devais t'interdire de l'utiliser dans l'enceinte de l'�cole, je te demanderais d'aller dans ton coffre-fort � Gringotts et de l'y d�poser."</p><p>"Ah..." dit Harry. Il avala sa salive bruyamment, essayant de calmer le flot d'adr�naline et de penser de fa�on raisonnable. Il d�crocha la bourse en peau de Moke de sa ceinture. "Si vous n'avez vraiment <emphasis>pas</emphasis> besoin de ma permission... alors vous l'avez." Harry tendit la bourse � Dumbledore et mordit sa l�vre avec force, s'envoyant ce signal au cas o� il serait plus tard soumis � un sortil�ge d'Amn�sie.</p><p>Le vieux sorcier mit sa main dans la bourse, et sans prononcer un seul mot de r�cup�ration, fit appara�tre la Cape d'Invisibilit�.</p><p>"Ah," souffla Dumbledore. "J'avais raison..." Il fit glisser le canevas de velours noir entre ses mains. "Vieille de plusieurs si�cles, et toujours aussi parfaite qu'au jour de sa cr�ation. Au fil du temps, nous avons perdu une grande partie de notre art, et maintenant je ne peux pas cr�er ce genre de choses ; personne ne le peut. Je peux sentir son pouvoir, comme un �cho dans mon esprit, comme une chanson chant�e depuis toujours sans personne pour l'entendre..." Le sorcier releva les yeux. "Ne la vends pas," dit-il, "ne l'offre � personne. Penses-y � deux fois avant de la montrer � quelqu'un, et p�se la question trois fois avant de r�v�ler qu'il s'agit d'une Relique de la Mort. Traite-la avec respect, car il s'agit bel et bien d'un Objet de Pouvoir."</p><p>Le visage de Dumbledore devint momentan�ment r�veur...</p><p>... puis il rendit la Cape � Harry.</p><p>Harry la remit dans sa bourse.</p><p>Le visage de Dumbledore �tait de nouveau s�rieux. "Harry, puis-je te redemander comment tu en es venu � te m�fier de moi ?"</p><p>Harry se sentit brusquement honteux.</p><p>"Il y avait une note avec la Cape," dit Harry d'une petite voix. "Elle disait que vous essaieriez de vous emparer de la Cape si vous �tiez au courant. Mais je ne sais pas qui a laiss� cette note, vraiment pas."</p><p>"Je... vois," dit lentement Dumbledore. "Eh bien Harry, je ne pr�sumerai pas des motifs de celui ou de celle qui t'a laiss� cette note. Qui sait, peut-�tre cette personne avait-elle les meilleures intentions ? Elle t'a donn� la Cape apr�s tout."</p><p>Harry acquies�a, impressionn� par la magnanimit� de Dumbledore, et choqu� par le net contraste avec sa propre attitude.</p><p>Le vieux sorcier continua : "Mais je crois que toi et moi sont des pions de la m�me couleur. Le gar�on qui a enfin vaincu Voldemort, et le vieil homme qui l'a tenu � distance assez longtemps pour que tu interviennes. Je ne te reprocherai pas ta prudence, Harry, nous faisons tous de notre mieux pour �tre sages. Je te demande seulement d'y penser � deux fois et de peser la question trois fois la prochaine fois que quelqu'un te dit de ne pas me faire confiance."</p><p>"Je suis d�sol�," dit Harry. Il commen�ait � se sentir minable, il venait plus ou moins d'envoyer bouler Gandalf, et la gentillesse de Dumbledore le faisait se sentir encore plus mal. "Je n'aurais pas d� me m�fier de vous."</p><p>"H�las Harry, dans ce monde..." Le vieux sorcier secoua la t�te. "Je ne peux m�me pas dire que tu as manqu� de sagesse. Tu ne me connaissais pas. Et en v�rit�, il y a certaines personnes � Poudlard en qui tu ferais mieux de ne pas avoir confiance. Peut-�tre m�me certains que tu appelles des amis."</p><p>Harry d�glutit. �a semblait lourd de sous-entendus. "Comme qui ?"</p><p>Dumbledore se leva de sa chaise, et commen�a � examiner l'un de ses instruments, un cadran avec huit aiguilles de longueurs diff�rentes.</p><p>Apr�s quelques instants, le vieux sorcier parla de nouveau. "Il te semble probablement tr�s charmant," dit Dumbledore. "Poli - avec toi du moins. Choisissant bien ses mots, peut-�tre m�me admiratif. Toujours pr�t � aider, � faire une faveur, � prodiguer un conseil -"</p><p>"Oh, <emphasis>Draco Malfoy</emphasis> !" dit Harry, se sentant plut�t soulag� qu'il ne s'agisse pas de Hermione ou de quelqu'un d'autre. "Oh non, non non non, vous vous trompez compl�tement, il ne me convertit pas, c'est moi qui le convertis."</p><p>Dumbledore se figea, toujours face au cadran. "Tu <emphasis>quoi</emphasis> ?"</p><p>"Je vais �loigner Draco du C�t� Obscur," dit Harry. "Vous savez, faire de lui un gentil."</p><p>Dumbledore se raidit et se tourna vers Harry. Il arborait l'air le plus effar� que Harry ait jamais vu chez quelqu'un, et encore moins chez quelqu'un portant une longue barbe d'argent. "Es-tu certain," dit le vieux sorcier apr�s un moment, "que cette bont� que tu vois en lui n'est pas juste un v�u pieux de ta part, Harry ? J'ai peur que ce que tu vois ne soit que l'attrait, l'app�t -"</p><p>"Hm, peu probable," dit Harry. "Je veux dire, s'il essaie de se faire passer pour un gentil alors il est sacr�ment nul. Ce n'est pas que Draco soit venu me voir, tout charmant, et que j'ai d�cid� qu'il devait avoir un noyau de bont� cach�e au fond de lui. Je vise sa r�demption � lui en particulier parce qu'il est l'h�ritier de la Maison Malfoy, et que s'il faut choisir une personne � sauver, c'est forc�ment lui."</p><p>L'�il gauche de Dumbledore eut un l�ger mouvement convulsif. "Tu essaies de planter les graines de l'amour et de la gentillesse dans le c�ur de Draco parce que tu t'attends � ce que l'h�ritier des Malfoy te soit utile ?"</p><p>"Pas seulement � <emphasis>moi</emphasis> !" dit Harry d'une voix indign�e. "� toute l'Angleterre magique, si �a fonctionne ! <emphasis>Et</emphasis> il aura lui-m�me une vie plus heureuse et mentalement plus saine ! �coutez, je n'ai pas le temps d'�loigner <emphasis>tout le monde</emphasis> du C�t� Obscur, alors je dois trouver d'o� la Lumi�re peut rapidement tirer le meilleur avantage -"</p><p>Dumbledore commen�a � rire. � rire beaucoup plus fort que ce � quoi Harry se serait attendu ; il hurlait presque. �a semblait presque <emphasis>indigne</emphasis>. Un vieux et puissant sorcier se devait de glousser sur des tons caverneux, pas de rire tellement qu'il en manquait d'air. Harry �tait un jour litt�ralement tomb� de sa chaise en regardant le film <emphasis>La Soupe au canard</emphasis> des Marx Brothers, et Dumbledore riait maintenant avec autant d'intensit�.</p><p>"Ce n'est pas <emphasis>si </emphasis>dr�le que <emphasis>�a</emphasis>," dit Harry apr�s un moment. Il commen�ait de nouveau � douter de la sant� mentale de Dumbledore.</p><p>Il fallut � Dumbledore un effort visible pour qu'il parvienne � se contr�ler de nouveau. "Ah, Harry, l'un des sympt�mes de la maladie appel�e sagesse est que l'on commence � rire de choses que personne d'autre ne trouve amusantes, parce que quand on est sage, Harry, on commence � comprendre ce qui est vraiment dr�le !" Le vieux sorcier essuya des larmes de ses yeux. "Oh oh oh. La volont� du mal ruine en effet souvent le mal, � grand effet."</p><p>Le cerveau de Harry mit un moment � remettre en place les mots familiers... "H�, c'est une citation de <emphasis>Tolkien</emphasis> ! <emphasis>Gandalf </emphasis>dit �a !"</p><p>"Plut�t Th�oden," dit Dumbledore.</p><p>"Vous �tes <emphasis>n�-Moldu</emphasis> ?" dit Harry, choqu�.</p><p>"J'ai bien peur que non," dit Dumbledore, souriant de nouveau. "Je suis n� soixante-dix ans avant que ce livre ne soit publi�, cher enfant. Mais il semble que mes �tudiants n�s-Moldus ne pensent souvent de fa�on similaire. J'ai accumul� pas moins de vingt copies du <emphasis>Seigneur des Anneaux </emphasis>et trois collections compl�tes des �uvres de Tolkien, et je ch�ris chacun d'entre eux." Dumbledore d�gaina sa baguette, la leva, et prit la pose. "<emphasis>Vous ne passerez pas</emphasis> ! De quoi j'ai l'air ?"</p><p>"Ah," dit Harry, proche de l'arr�t c�r�bral complet, "je pense qu'il vous manque un Balrog." Et les pyjamas roses et le chapeau champignon �cras� n'aidaient pas le moins du monde.</p><p>"Je vois." Dumbledore soupira et rengaina sombrement sa baguette dans sa ceinture. "J'ai peur qu'il y ait eu bien peu de Balrogs dans ma vie derni�rement. Ces temps-ci c'est surtout r�unions au Magenmagot o� j'essaie d�sesp�r�ment de les emp�cher d'accomplir la moindre chose, et d�ners officiels avec des politiciens �trangers qui se battent pour savoir qui pourra �tre l'idiot le plus born�. Et �tre myst�rieux, et savoir des choses que je ne devrais pas savoir, prononcer des phrases cryptiques qui ne peuvent �tre comprises que r�trospectivement, et toutes les autres petites m�thodes que les sorciers puissants ont pour s'amuser une fois qu'ils ont quitt� la partie de l'histoire qui leur permettait d'�tre des h�ros. En parlant de �a Harry, j'ai quelque chose � te donner, quelque chose qui appartenait � ton p�re."</p><p>"Vraiment ?" dit Harry. "Dieu, qui l'aurait cru."</p><p>"Oui, c'est vrai," dit Dumbledore. "j'imagine que c'�tait un peu pr�visible." Son visage devint solennel. "N�anmoins..."</p><p>Dumbledore revint � son bureau et s'assit tout en ouvrant l'un des tiroirs. Il y farfouilla des deux mains, et, for�ant l�g�rement, tira de celui-ci un objet plut�t grand et � l'air assez lourd qu'il d�posa ensuite sur son bureau de ch�ne avec un bruit sourd.</p><p>"Ceci," dit Dumbledore, "�tait le rocher de ton p�re."</p><p>Harry le fixa du regard. Il �tait gris clair, d�color�, d'une forme irr�guli�re, aux ar�tes tranchantes, et ressemblait tout � fait � un grand rocher ordinaire. Dumbledore l'avait pos� de fa�on � ce qu'il tienne sur sa face la plus grande, mais il oscillait toujours sur le bureau.</p><p>Harry releva les yeux. "C'est une blague, c'est �a ?"</p><p>"Pas du tout," dit Dumbledore, secouant la t�te et prenant un air tr�s s�rieux. "Je l'ai trouv� dans les ruines de la maison de James et Lily, � Godric's Hollow, o� je t'ai aussi trouv� ; et je l'ai gard� jusqu'� maintenant, jusqu'au jour o� je pourrais te le rendre."</p><p>Dans le m�lange d'hypoth�ses qui servait � Harry de mod�le du monde, la d�mence de Dumbledore grimpait rapidement � l'�chelle des probabilit�s. Mais il y <emphasis>avait</emphasis> toujours une quantit� substantielle de probabilit� allou�e aux autres alternatives... "Euh, est-ce un rocher <emphasis>magique</emphasis> ?"</p><p>"Pas que je sache," dit Dumbledore. "Mais je te recommande avec la plus grande insistance que tu le gardes en permanence pr�s de toi."</p><p>Tr�s bien. Dumbledore �tait <emphasis>probablement</emphasis> d�ment, mais s'il ne l'�tait <emphasis>pas</emphasis>... eh bien, ce serait juste trop <emphasis>embarrassant</emphasis> que de se retrouver dans le p�trin parce qu'il avait ignor� le conseil d'un vieux sorcier imp�n�trable. �a devait �tre en 4�me au position sur la liste des <emphasis>100 Fa�ons �videntes d'�chouer</emphasis>.</p><p>Harry s'avan�a et mit la main sur le rocher, essayant de d�nicher une prise permettant de le soulever sans se couper. "Je le mettrai dans ma bourse, alors."</p><p>Dumbledore fron�a les sourcils. "Il se pourrait que ce ne soit pas assez proche de ta personne. Et si tu perds ta bourse en peau de Moke, ou qu'on te la vole ?"</p><p>"Vous pensez que je devrais juste transporter un gros rocher partout o� je vais ?"</p><p>Dumbledore regarda Harry avec s�rieux. "�a pourrait s'av�rer fort sage."</p><p>"Ah..." dit Harry. Le rocher semblait plut�t lourd. "Je pense que les autres �l�ves me poseront des questions � ce sujet."</p><p>"Dis-leur que je t'ai ordonn� de le faire," dit Dumbledore. "Personne n'en doutera puisqu'ils pensent tous que je suis fou." Son visage �tait toujours parfaitement s�rieux.</p><p>"Euh, pour �tre honn�te, si vous vous mettez � ordonner � vos �l�ves de transporter de grands rochers, je peux plus ou moins voir pourquoi les gens penseraient une chose pareille."</p><p>"Ah, Harry," dit Dumbledore. Le vieux sorcier fit un geste courbe de la main qui semblait inclure tous les myst�rieux instruments de la pi�ce. "Quand on est jeune, on croit tout savoir, et on croit donc que, si on ne trouve aucune explication � quelque chose, alors aucune explication n'existe. Quand on est plus vieux, on se rend compte que l'univers entier fonctionne selon un rythme et pour une raison, m�me si nous ne la connaissons pas. C'est seulement notre ignorance que nous prenons pour de la folie."</p><p>"La r�alit� suit toujours des lois," dit Harry, "m�me si nous ne connaissons pas ces lois."</p><p>"Pr�cis�ment, Harry," dit Dumbledore. "Comprendre cela - et je vois que tu le <emphasis>comprends</emphasis> - est l'essence de la sagesse."</p><p>"Et donc... <emphasis>pourquoi </emphasis>exactement dois-je transporter ce rocher ?"</p><p>"� vrai dire, je n'arrive pas � imaginer une raison," dit Dumbledore.</p><p>"...vous ne pouvez pas."</p><p>Dumbledore acquies�a. "Mais ce n'est pas parce que je n'arrive pas � en imaginer une qu'il n'y en <emphasis>a</emphasis> aucune."</p><p>Les instruments continu�rent de cliqueter.</p><p>"D'accord," dit Harry, "je ne sais m�me pas si je devrais le dire, mais ce n'est tout simplement pas comme �a qu'il faut prendre en compte notre ignorance admise au sujet de la fa�on dont l'univers fonctionne."</p><p>"Ah non ?" dit le vieux sorcier, l'air surpris et d��u.</p><p>Harry sentait que la conversation n'allait pas tourner � son avantage, mais il continua tout de m�me. "Non. Je ne sais m�me pas si cette erreur a un nom officiel, mais si je devais en cr�er un moi-m�me, ce serait 'privil�gier l'hypoth�se' ou quelque chose comme �a. Comment d�crire �a de fa�on formelle... hum... imaginez que vous avez un million de bo�tes, et une seule de ces bo�tes contient un diamant. Et vous avez un carton plein de d�tecteurs de diamant, et chaque d�tecteur de diamant s'allume toujours en pr�sence d'un diamant, et s'allume une fois sur deux lorsqu'il est mis � c�t� d'une bo�te vide. Si vous passiez vingt d�tecteurs sur chacune des bo�tes, vous vous retrouveriez, en moyenne, avec une fausse bo�te candidate et une vraie bo�te candidate. Ensuite, il vous suffirait d'un ou deux d�tecteurs de plus avant de vous retrouver uniquement avec le vrai candidat. L'id�e �tant que lorsqu'il y a beaucoup de r�ponses possibles, la <emphasis>plupart </emphasis>des informations dont on a besoin servent � <emphasis>localiser</emphasis> la bonne hypoth�se parmi les millions de possibilit�s - � attirer votre attention vers elle. En comparaison, la quantit� d'information n�cessaire � choisir entre deux ou trois candidats plausibles est bien plus petite. Donc si vous foncez sans aucune preuve et placez une possibilit� en particulier au centre de votre attention, vous sautez le plus gros du travail. Par exemple, vous vivez dans une ville avec un million d'habitants, et il y a un meurtre, et le d�tective dit, bon, on a aucune preuve, alors a-t-on envisag� la possibilit� que c'est Mortimer Snodgrass qui a fait le coup ?"</p><p>"C'est lui qui a fait le coup ?" dit Dumbledore.</p><p>"Non," dit Harry. "Mais plus tard, on apprend que le meurtrier a les cheveux noirs, et Mortimer a les cheveux noirs, donc tout le monde est l�, ah, on dirait qu'apr�s tout c'est bien Mortimer qui a fait le coup. Donc c'est injuste pour Mortimer que la police le <emphasis>place au centre de son attention</emphasis> sans d�j� avoir de bonnes raisons de le soup�onner. Lorsqu'il y a beaucoup de possibilit�s, le plus gros du travail consiste � <emphasis>localiser</emphasis> la bonne r�ponse - � commencer � y faire attention. Vous n'avez pas besoin de <emphasis>preuves</emphasis> comme celles requises par la science ou par les tribunaux, mais il vous faut une sorte d'<emphasis>indice</emphasis>, et cet indice doit �tablir une distinction entre une possibilit� en particulier et les millions d'autres. Sans cela, vous ne pouvez pas juste sortir la bonne r�ponse de nulle part. Vous ne pouvez m�me pas sortir une possibilit� m�ritant qu'on s'y attarde de nulle part. Et il y a certainement un million d'autres choses que je pourrais faire autre que de transporter le rocher de mon p�re partout o� je vais. Ce n'est pas parce que j'ignore des choses au sujet de l'univers que je suis incertain au sujet de la fa�on dont je devrais raisonner lorsque je sais que j'ignore quelque chose. Les lois r�gissant le raisonnement probabiliste ne sont pas moins tremp�es dans l'acier que les lois qui gouvernent la bonne vieille logique, et ce que vous venez de faire n'est tout simplement <emphasis>pas permis</emphasis>." Harry s'interrompit. "<emphasis>� moins</emphasis>, bien s�r, que vous n'ayez un <emphasis>indice </emphasis>dont vous ne me parlez pas."</p><p>"Ah," dit Dumbledore. Il se tapota la joue, l'air pensif. "Un argument int�ressant, c'est certain, mais ne s'effondre-t-il pas lorsque tu fais une analogie entre d'un c�t� un million de meurtriers potentiels, dont un seul a vraiment commis le meurtre, et de l'autre choisir une fa�on d'agir quand de nombreuses fa�ons d'agir sont peut-�tre toutes sages ? Je ne dis pas que transporter le rocher de ton p�re est l'une des meilleures fa�ons d'agir, seulement qu'il est plus sage de le faire que de ne pas le faire."</p><p>Dumbledore farfouilla � nouveau dans le m�me tiroir que pr�c�demment, semblant cette fois s'y enraciner - mais au moins son bras avait l'air de bouger. "Je remarquerai," dit Dumbledore pendant que Harry essayait encore de trouver quoi r�pondre � cette r�plique totalement inattendue, "que c'est une id�e fausse courante chez les Serdaigle que de croire que tous les enfants intelligents y sont r�partis, n'en laissant aucun pour les autres Maisons. Ce n'est pas le cas ; �tre r�parti � Serdaigle indique que l'on est m� par son d�sir de savoir des choses, ce qui est une qualit� toute autre que celle d'�tre intelligent." Le sorcier souriait, pench� au-dessus du tiroir. "N�anmoins, tu <emphasis>as</emphasis> l'air intelligent. Pas comme un jeune h�ros ordinaire, mais plut�t comme un jeune myst�rieux sorcier ancien. Je pense que j'ai choisi la mauvaise approche avec toi, Harry, et que tu es peut-�tre capable de comprendre des choses que peu d'autres pourraient appr�hender. Je vais donc �tre audacieux et t'offrir un <emphasis>autre</emphasis> h�ritage fort sp�cial."</p><p>"Vous ne voulez pas dire..." s'�trangla Harry. "Mon p�re... <emphasis>poss�dait un autre rocher ?"</emphasis></p><p>"Excuse-moi," dit Dumbledore. "Je <emphasis>suis</emphasis> encore plus vieux et plus myst�rieux que toi, et si des r�v�lations doivent �tre faites, alors <emphasis>je </emphasis>les r�v�lerai, merci bien... oh, mais o� <emphasis>est</emphasis> ce truc !" Dumbledore alla plus profond dans le tiroir du bureau, puis plus profond encore. Sa t�te et ses �paules et tout son torse disparurent � l'int�rieur jusqu'� ce que seules ses hanches et ses jambes d�passent, comme si le tiroir le mangeait.</p><p>Harry ne put s'emp�cher de se demander combien de choses se trouvaient l�-dedans et � quoi ressemblerait un inventaire complet de celui-ci.</p><p>Dumbledore surgit enfin hors du tiroir, tenant l'objet de sa recherche, qu'il d�posa sur le bureau aux c�t�s du rocher.</p><p>C'�tait un manuel usag�, aux bords irr�guliers et au dos en mauvais �tat : <emphasis>Fabrication de Potions niveau Interm�diaire</emphasis>, par Libatius Borage. Il y avait l'image d'un flacon fumant sur la couverture.</p><p>"Ceci," dit Dumbledore, "�tait le manuel de Potions de cinqui�me ann�e de ta m�re."</p><p>"Que je devrai transporter partout o� j'irai," dit Harry.</p><p>"<emphasis>Qui contient un terrible secret.</emphasis> Un secret dont la r�v�lation pourrait �tre si d�sastreuse que je dois te demander de pr�ter serment - et je te demande de le faire s�rieusement, Harry, quoi que tu penses de tout cela - de ne jamais le dire � quelqu'un ni � quoi que ce soit.</p><p>Harry examina le manuel de Potions de cinqui�me ann�e de sa m�re qui, apparemment, contenait un terrible secret.</p><p>Le probl�me, c'�tait que Harry <emphasis>prenait</emphasis> les serments tr�s s�rieusement. Un v�u �tait un V�u Inviolable lorsqu'il �tait prononc� par un certain genre de personne.</p><p>Et...</p><p>"J'ai soif," dit Harry, "et ce n'est pas du tout bon signe."</p><p>Dumbledore n�gligea totalement de l'interroger au sujet de cette d�claration sibylline. "<emphasis>Pr�tes-tu</emphasis> serment, Harry ?" dit Dumbledore. Ses yeux se plong�rent dans ceux de Harry. "Sinon, je ne peux pas te le dire."</p><p>"Oui," dit Harry. "Je promets." C'�tait le probl�me quand vous �tiez Serdaigle. Vous ne pouviez pas refuser une offre pareille ou votre curiosit� vous d�vorerait vivant, et tout le monde le savait.</p><p>"Et je pr�te � mon tour serment," dit Dumbledore, "que ce que je suis sur le point de te dire est la v�rit�."</p><p>Dumbledore ouvrit le livre, apparemment au hasard, et Harry se pencha pour mieux voir.</p><p>"Vois-tu ces notes," dit Dumbledore d'une voix si basse que c'�tait presque un murmure, "�crites dans les marges du livre ?"</p><p>Harry plissa un peu les yeux. Les pages jaunissantes semblaient d�crire quelque chose nomm� <emphasis>potion de la splendeur de l'aigle</emphasis>, et plusieurs des ingr�dients �taient des objets que Harry ne connaissait pas du tout et dont les noms ne semblaient pas venir de l'anglais. Dans la marge se trouvait une annotation gribouill�e qui disait : <emphasis>Je me demande ce qui se passerait si tu utilisais du sang Thestral � la place des myrtilles ?</emphasis> et imm�diatement en-dessous se trouvait une r�ponse d'une �criture diff�rente : <emphasis>Tu serais malade pendant des semaines et tu mourrais peut-�tre</emphasis>.</p><p>"Je les vois," dit Harry. "Et alors ?"</p><p>Dumbledore indiqua le second gribouillage. "Cette �criture," dit-il, toujours d'une voix basse, "est celle de ta m�re. Et <emphasis>cette</emphasis> �criture," d�pla�ant son doigt pour indiquer le premier gribouillage, "est la mienne. Je me rendais invisible et me glissais dans sa chambre pendant qu'elle dormait. Lily pensait qu'un de ses amis les �crivait et ils avaient des disputes des plus ph�nom�nales."</p><p>C'est � ce moment exact que Harry se rendit compte que le directeur de Poudlard <emphasis>�tait</emphasis> bel et bien dingue.</p><p>Dumbledore le regardait avec s�rieux. "Comprends-tu les implications de ce que je viens de te dire, Harry ?"</p><p>"Ehhh..." dit Harry. Sa voix avait l'air d'�tre bloqu�e. "D�sol�... je... pas vraiment..."</p><p>"Ah, eh bien," dit Dumbledore, et il soupira. "J'imagine que ton intelligence a des limites apr�s tout. Il semblerait que mon enthousiasme ait �t� grandement pr�matur�. Pourrions-nous tous deux pr�tendre que je n'ai rien dit d'incriminant ?"</p><p>Harry se leva de sa chaise, un sourire fig� sur le visage. "Bien s�r," dit Harry. "Vous savez, il se fait assez tard et j'ai un peu faim, alors je devrais vraiment aller d�ner," et il fon�a droit vers la porte.</p><p>La poign�e semblait �tre en panne.</p><p>"Tu m'as bless�, Harry," dit la voix de Dumbledore sur un ton doux venant de juste derri�re Harry. "Ne te rends-tu pas au moins compte que ce que je t'ai dit est un signe de confiance ?"</p><p>Harry se retourna lentement.</p><p>Devant lui se trouvait un sorcier tr�s puissant et tr�s d�ment, � la longue barbe d'argent et au chapeau comme un champignon g�ant �cras� et portant ce qui pour un Moldu aurait ressembl� � trois couches de pyjamas rose vif.</p><p>Derri�re lui se trouvait une porte qui ne semblait pas fonctionner pour l'instant.</p><p>Dumbledore avait l'air plut�t triste et us�, comme s'il avait eu envie de s'appuyer sur le b�ton de sorcier qu'il ne poss�dait pas. "Franchement," dit Dumbledore, "vous essayez une nouvelle technique au lieu de suivre la m�me m�thode que vous avez toujours suivie pendant cent dix ans, et les gens commencent � partir en courant." Le vieux sorcier secoua la t�te avec chagrin. "J'attendais mieux de toi, Harry Potter. J'ai entendu dire que tes propres amis te croient fou. Je sais qu'ils ont tort. Ne croiras-tu pas la m�me chose � mon sujet ?"</p><p>"Ouvrez la porte, s'il vous pla�t," dit Harry, sa voix tremblante. "Si vous voulez que je vous fasse � nouveau confiance un jour, ouvrez la porte."</p><p>Il y eut le son d'une porte s'ouvrant derri�re lui.</p><p>"Il y a d'autres choses que je comptais te dire," dit Dumbledore, "et si tu pars maintenant, tu ne sauras pas de quoi il s'agissait."</p><p>Parfois, Harry <emphasis>d�testait</emphasis> �tre un Serdaigle.</p><p><emphasis>Il n'a jamais fait de mal � un �l�ve</emphasis>, dit le c�t� Gryffondor de Harry. <emphasis>Rappelle-toi juste �a et tu ne paniqueras pas. Tu ne vas pas prendre la fuite juste parce que les choses commencent � �tre int�ressantes ?</emphasis></p><p><emphasis>Tu ne peux pas �vincer le directeur comme �a !</emphasis> dit la partie Poufsouffle. <emphasis>Et s'il commence � enlever des points ? Il pourrait rendre ta vie tr�s difficile s'il d�cide qu'il ne t'aime pas !</emphasis></p><p>Et une partie de lui-m�me, que Harry n'aimait pas beaucoup mais qu'il n'arrivait pas tout � fait � faire taire, pesait les avantages potentiels qu'il y avait � �tre l'un des rares amis de ce vieux sorcier fou qui se trouvait aussi �tre directeur, Pr�sident et Manitou Supr�me. Et malheureusement son Serpentard int�rieur semblait attirer les gens vers le C�t� Obscur bien mieux que ne le faisait Draco, parce qu'il disait des choses telles que <emphasis>pauvre vieux, il a l'air d'avoir besoin de quelqu'un � qui parler, on ne dirait pas ? </emphasis>et <emphasis>tu ne voudrais pas qu'un homme si puissant se retrouve � accorder sa confiance � quelqu'un de moins vertueux que toi, si ?</emphasis> et <emphasis>Je me demande quelles sortes de secrets incroyables Dumbledore pourrait te r�v�ler si vous, tu sais, si vous deveniez amis </emphasis>et <emphasis>Je parie qu'il a une collection de livres vraaaiment int�ressante.</emphasis></p><p><emphasis>Vous �tes tous dingues,</emphasis> dit Harry � l'attention de cet assemblage, mais il avait �t� mis en minorit� par chaque partie de lui-m�me.</p><p>Harry se retourna, fit un pas vers la porte, tendit la main, et la referma d�lib�r�ment. C'�tait un sacrifice gratuit vu qu'il comptait de toute fa�on rester, et Dumbledore pouvait de toute fa�on contr�ler ses mouvements, mais peut-�tre que ce geste l'impressionnerait.</p><p>Lorsque Harry se retourna encore, il vit que le puissant sorcier fou souriait de nouveau et avait l'air amical. C'�tait positif, peut-�tre.</p><p>"Ne le refaites pas s'il vous pla�t," dit Harry. "Je n'aime pas �tre pi�g�."</p><p>"Je <emphasis>suis</emphasis> navr� d'avoir fait �a, Harry," dit Dumbledore d'un ton qui ressemblait � des excuses sinc�res. "Mais il aurait �t� �pouvantablement mal avis� de te laisser partir sans le rocher de ton p�re."</p><p>"Bien s�r," dit Harry. "Ce n'�tait pas raisonnable de ma part de m'attendre � ce que la porte s'ouvre avant que j'aie mis les objets de qu�te dans mon inventaire."</p><p>Dumbledore sourit et hocha la t�te.</p><p>Harry marcha jusqu'au bureau, fit coulisser la bourse en peau de Moke jusqu'� l'avant de sa ceinture, et au prix de quelques efforts parvint � lever le rocher avec ses bras d'enfant de onze ans et � le donner � manger � la bourse.</p><p>Il pouvait vraiment sentir le poids diminuer lentement alors que l'Ouverture �largissante mangeait le rocher, et le rot qui s'ensuivit �tait plut�t bruyant et distinctement rousp�teur.</p><p>Le Manuel de Potions de cinqui�me ann�e de sa m�re (qui renfermait un secret � vrai dire assez terrible) suivit peu apr�s.</p><p>Puis le Serpentard int�rieur de Harry fit une suggestion sournoise visant � s'attirer les bonnes gr�ces du directeur, orn�e d'avec un baratin parfait destin� � obtenir le soutien du c�t� Serdaigle.</p><p>"Alors," dit Harry. "Euh. Puisque je suis ici, j'imagine que vous ne voudriez pas me faire faire une petite visite de votre bureau ? Je serais assez curieux de savoir ce que sont certaines de ces choses," et c'�tait son euph�misme du mois de septembre.</p><p>Dumbledore le fixa un moment, puis acquies�a en faisant une l�g�re grimace. "Je suis flatt� par ton int�r�t," dit-il, "mais j'ai peur qu'il n'y ai pas grand chose � dire." Dumbledore fit un pas de plus vers le mur et tendit le doigt en direction d'un homme endormi. "Ce sont les portraits des directeurs de Poudlard." Il se tourna et pointa vers son bureau. "C'est mon bureau." Il pointa vers sa chaise. "C'est ma chaise -"</p><p>"Excusez-moi," dit Harry, "en fait, je m'interrogeais sur ces..." Harry pointa en direction d'un petit cube qui chuchotait doucement : "blurpe... blurpe... blurpe".</p><p>"Oh, les petites choses g�latineuses ?" dit Dumbledore. "Elles �taient incluses dans le bureau de directeur et je n'ai absolument aucune id�e de ce que la plupart d'entre elles font. Mais <emphasis>ce</emphasis> cadran avec huit aiguilles compte le nombre de, disons d'�ternuements, faits par les sorci�res gauch�res de France, et tu ne me croirais pas si je te disais le travail que �a a pris pour le faire fonctionner correctement. Et <emphasis>celui-l�</emphasis> avec les petits gigoteurs est de mon invention, et Minerva ne va jamais, jamais r�ussir � comprendre ce qu'il fait."</p><p>Dumbledore fit un pas vers le porte-chapeaux pendant que Harry finissait d'emmagasiner ces informations. "Ici, bien s�r, nous avons le Choixpeau Magique, je crois que vous vous �tes rencontr�s. Il m'a dit qu'il ne fallait plus jamais qu'il soit mis sur ta t�te, quelles que soient les circonstances. Tu n'es que le quatorzi�me �tudiant de l'histoire au sujet duquel il a dit �a, il y a aussi eu Baba Yaga, et je te parlerai des douze autres quand tu seras plus vieux. �a c'est un parapluie. �a c'est un autre parapluie." Dumbledore fit quelques pas de plus et se retourna, avec un grand sourire sur le visage. "Et bien s�r, la plupart des gens qui viennent dans mon bureau veulent voir Fumseck."</p><p>Dumbledore se tenait � c�t� de l'oiseau sur la plate-forme dor�e.</p><p>Harry s'approcha, plut�t perplexe. "C'est Fumseck ?"</p><p>"Fumseck est un ph�nix," dit Dumbledore. "Des cr�atures magiques tr�s rares et tr�s puissantes."</p><p>"Ah..." dit Harry. Il baissa sa t�te et fixa les petits petits yeux en perle noires qui ne montraient pas le moindre signe d'intelligence.</p><p>"Ahhh..." dit � nouveau Harry.</p><p>Il �tait presque certain de reconna�tre la forme de l'oiseau. C'�tait assez difficile � rater.</p><p>"Umm..."</p><p><emphasis>Dis quelque chose d'intelligent ! </emphasis>Rugit l'esprit de Harry � sa propre intention. <emphasis>Ne reste pas l� � baragouiner comme un cr�tin !</emphasis></p><p><emphasis>Ben qu'est ce que je peux bien �tre </emphasis>cens� <emphasis>dire ? </emphasis>r�pondit l'esprit de Harry.</p><p><emphasis>N'importe quoi !</emphasis></p><p><emphasis>Tu veux dire, n'importe quoi sauf "</emphasis>Fumseck<emphasis> est un poulet" -</emphasis></p><p><emphasis>Oui ! N'importe quoi sauf �a !</emphasis></p><p>"Et donc, ah, quelle sorte de magie font les ph�nix alors ?"</p><p>"Leurs larmes ont le pouvoir de gu�rir," dit Dumbledore. "Ce sont des cr�atures de feu, et ils se d�placent entre les lieux aussi facilement que le feu peut s'�teindre quelque part et se rallumer ailleurs. La tension intense que provoque leur magie inn�e fait vieillir leur corps tr�s rapidement, et pourtant ils sont les plus �ternelles des cr�atures de ce monde, car lorsque leur corps les abandonne, ils s'immolent dans un jet de flammes et laissent derri�re eux un nouveau-n�, ou parfois un �uf." Dumbledore s'approcha et inspecta le poulet, fron�ant les sourcils. "Hm... l'air un peu patraque on dirait."</p><p>Lorsque la phrase percuta pleinement l'esprit de Harry, le poulet �tait d�j� en feu.</p><p>Le bec du poulet s'ouvrit, mais il n'eut pas le temps de caqueter une seule fois avant de commencer � fl�trir et � se carboniser. L'incendie fut bref, intense, et compl�tement isol� ; il n'y avait pas d'odeur de br�l�.</p><p>Puis le feu mourut seulement quelques secondes apr�s avoir commenc�, laissant derri�re un petit tas path�tique de cendres sur la plate-forme dor�e.</p><p>"N'ai pas l'air si horrifi�, Harry !" dit Dumbledore. "Fumseck n'a pas eu mal." La main de Dumbledore plongea dans sa poche, puis la m�me main passa dans les cendres et fit surgir un petit �uf jaun�tre. "Regarde, voil� un �uf !"</p><p>"Oh... waoh... incroyable..."</p><p>"Mais nous devrions nous activer," dit Dumbledore. Laissant l'�uf derri�re lui entre les cendres du poulet, il revint � son tr�ne et s'assit. "C'est presque l'heure du d�ner apr�s tout, et nous ne voudrions pas avoir � utiliser nos Retourneurs de Temps."</p><p>Il y eut une violente lutte de pouvoir au Gouvernement de Harry. Serpentard et Poufsouffle avaient chang� de camp apr�s avoir vu le directeur de Poudlard mettre le feu � un poulet.</p><p>"Oui, nous activer," dirent les l�vres de Harry. "Et puis apr�s, d�ner."</p><p><emphasis>Tu baragouines encore comme un cr�tin</emphasis> nota le Critique Interne de Harry.</p><p>"Bon," dit Dumbledore. "J'ai peur d'avoir une confession � te faire, Harry. Une confession et une excuse."</p><p>"Les excuses, c'est bien." <emphasis>�a ne veut rien dire ! Mais de quoi je parle ?</emphasis></p><p>Le vieux sorcier soupira profond�ment. "Tu ne le penseras peut-�tre plus apr�s avoir compris ce que j'ai � te dire. J'ai bien peur, Harry, de t'avoir manipul� pendant toute ta vie. C'est moi qui t'ai remis � la garde de tes beaux-parents malfaisants -"</p><p>"Mes beaux-parents ne sont pas malfaisants !" l�cha Harry. "Mes <emphasis>parents</emphasis>, je veux dire!"</p><p>"Ils ne le sont pas ?" dit Dumbledore, l'air surpris et d��u. "Pas m�me un peu malfaisants ? �a ne cadre pas avec..."</p><p>Le Serpentard int�rieur de Harry hurla � s'en faire exploser les poumons, TAIS TOI IDIOT IL T'ENL�VERA � EUX !</p><p>"Non, non," dit Harry, les l�vres fig�es en une grimace livide, "j'essayais juste de vous �pargner, ils sont � vrai dire tr�s malfaisants..."</p><p>"Ils le sont ?" Dumbledore se pencha en avant, le regardant avec intensit�. "Que font-ils ?"</p><p><emphasis>Parle vite</emphasis> "ils, ah, je dois faire la vaisselle et et laver probl�me de maths et ils ne me laissent pas lire beaucoup de livres et -"</p><p>"Ah, bien, c'est bon � entendre," dit Dumbledore, se penchant � nouveau en arri�re. Il sourit d'un air triste. "Je te demande pardon pour <emphasis>�a</emphasis>, alors. Maintenant, o� en �tais-je ? Ah, oui. Je suis navr� de te dire, Harry, que je suis responsable de presque tout ce qui t'es jamais arriv� de mal. Je sais que �a te mettra probablement tr�s en col�re."</p><p>"Oui, je suis tr�s en col�re !" dit Harry. "Grrr !"</p><p>Le Critique Interne de Harry lui d�cerna promptement le Prix Ultime de Pire Jeu d'Acteur de l'Histoire de Tous les Temps.</p><p>"Et je voulais juste que tu le saches," dit Dumbledore, "je voulais te le dire aussit�t que possible, au cas o� quelque chose arriverait � l'un de nous deux plus tard, que je suis vraiment, vraiment navr�. Pour tout ce qui s'est d�j� produit, et pour tout ce qui se produira."</p><p>De l'humidit� scintillait dans les yeux du vieux sorcier.</p><p>"Et je suis tr�s en col�re !" dit Harry. "Tellement en col�re que je veux partir tout de suite � moins que vous n'ayez quelque chose d'autre � me dire !"</p><p><emphasis>PARS avant qu'il ne te mette le feu � toi aussi !</emphasis> cri�rent Serpentard, Poufsouffle et Gryffondor.</p><p>"Je comprends," dit Dumbledore. "Alors une derni�re chose, Harry. Tu ne devras <emphasis>pas</emphasis> essayer de franchir la porte interdite dans le couloir du troisi�me �tage. Il est impossible que tu traverses tous les pi�ges, et je ne voudrais pas apprendre que tu t'es fait mal en essayant. Enfin, je doute que tu puisses ne serait-ce qu'ouvrir la premi�re porte, puisqu'elle est ferm�e � cl� et que tu ne connais pas le sort <emphasis>Alohomora </emphasis>-"</p><p>Harry fit demi-tour et se pr�cipita vers la sortie � pleine vitesse, la poign�e pivota agr�ablement dans sa main, et un instant apr�s il descendait les escaliers quatre � quatre alors m�me qu'ils tournaient, ses pieds se faisaient presque des croche-pattes, et un moment plus tard il �tait en bas et la gargouille faisait un pas sur le c�t� et Harry se propulsait hors de la cage d'escalier tel un boulet de canon.</p><empty-line/><p>Harry Potter.</p><p>Il devait y avoir quelque chose de sp�cial chez Harry Potter.</p><p>C'�tait jeudi pour tout le monde apr�s tout, et ce genre de choses ne semblait arriver � personne d'autre.</p><p>Il �tait 18h21 un jeudi apr�s-midi quand Harry Potter, se propulsant hors de la cage d'escalier tel un boulet de canon et acc�l�rant au maximum, fon�a droit sur Minerva McGonagall alors qu'elle prenait un tournant, en chemin vers le bureau du directeur.</p><p>Heureusement, aucun d'entre eux n'eut tr�s mal. Comme on le lui avait expliqu� plus t�t dans la journ�e - alors qu'il refusait de jamais s'approcher � nouveau d'un balais - le Quidditch avait besoin de Cognards en fer solide juste pour avoir une bonne chance de blesser les joueurs, puisque les sorciers avaient tendance � �tre beaucoup plus r�sistants aux chocs que les Moldus.</p><p>Harry et le professeur McGonagall finirent tous deux au sol, et les parchemins qu'elle transportait �tal�s dans le couloir.</p><p>Il y eut une pause �pouvantable.</p><p>"Harry Potter," souffla le professeur McGonagall de l� o� elle �tait allong�e, juste � c�t� de Harry. Sa voix devint presque un cri. "<emphasis>Que faisiez-vous dans le bureau du directeur ?</emphasis>"</p><p>"Rien !" glapit Harry.</p><p>"<emphasis>Parliez-vous du professeur de D�fense</emphasis><emphasis>?</emphasis>"</p><p>"Non ! Dumbledore m'a appel� dans son bureau et il m'a donn� ce gros rocher et il m'a dit que c'�tait celui de mon p�re et que je devrai le transporter partout !"</p><p>Il y eut une autre pause �pouvantable.</p><p>"Je vois," dit le professeur McGonagall, sa voix un peu plus calme. Elle se leva, s'�pousseta, et jeta un coup d'�il aux parchemins �parpill�s, qui bondirent pour former une pile bien ordonn�e et fil�rent le long du mur du couloir comme s'ils essayaient d'�chapper � son regard. "Mes amiti�s, M. Potter, et je vous demande pardon d'avoir dout� de vous."</p><p>"Professeur McGonagall," dit Harry. Sa voix tremblait. Il poussa contre le sol, se leva, et regarda ce visage s�rieux et sain d'esprit. "Professeur McGonagall..."</p><p>"Oui, M. Potter ?"</p><p>"Pensez-vous que je devrais le faire ?" dit Harry d'une petite voix. "Transporter le rocher de mon p�re partout o� je vais ?"</p><p>Le professeur McGonagall soupira. "J'ai bien peur que ce ne soit entre vous et le directeur." Elle h�sita. "Je dirais que compl�tement ignorer ce que le directeur dit n'est presque jamais une bonne id�e. Je <emphasis>suis</emphasis> navr�e d'apprendre votre dilemme, M. Potter, et si je <emphasis>peux </emphasis>vous aider d'une quelconque fa�on, quoi que vous choisissiez de faire -"</p><p>"Euh," dit Harry. "� vrai dire je me disais qu'une fois que j'aurais trouv� comment faire, je pourrais m�tamorphoser le rocher en un anneau et le porter � mon doigt. Si vous pouviez m'enseigner comment maintenir une m�tamorphose -"</p><p>"Vous avez bien fait de m'en parler avant," dit le professeur McGonagall, son visage devenant l�g�rement s�v�re. "Si vous perdiez le contr�le de la m�tamorphose, l'annulation vous couperait le doigt et vous fendrait probablement la main en deux. Et � votre �ge, m�me un anneau est une cible trop large pour �tre maintenue ind�finiment sans que ce soit un s�rieux drain de votre magie. Mais je peux vous faire forger un anneau dot� d'un emplacement pour un joyau, un <emphasis>petit</emphasis> joyau, en contact avec votre peau, et vous pouvez pratiquer avec un objet s�r, comme un marshmallow. Lorsque vous l'aurez maintenu avec succ�s, m�me pendant votre sommeil, pendant un mois entier, je vous autoriserai � m�tamorphoser le, ah, le rocher de votre p�re..." Le professeur McGonagall laissa sa phrase en suspens. "Le directeur a-t-il <emphasis>vraiment</emphasis> -"</p><p>"Oui. Ah... euh..."</p><p>Le Professeur McGonagall soupira. "C'est un peu �trange, m�me de sa part." Elle se baissa et ramassa la pile de parchemins. "Je suis navr�e, M. Potter. Je vous demande � nouveau pardon de ne pas vous avoir fait confiance. Mais maintenant, c'est � moi d'aller voir le directeur."</p><p>"Ah... bonne chance, j'imagine. Euh..."</p><p>"Merci, M. Potter."</p><p>"Hm..."</p><p>Le professeur McGonagall marcha jusqu'� la gargouille, donna le mot de passe sans que Harry puisse l'entendre, et prit place sur les escaliers en spirale tournants. Elle commen�a � s'�lever hors de la vue de Harry, et la gargouille commen�a � revenir -</p><p>"professeur<emphasis> McGonagall le directeur a mis le feu � un poulet !"</emphasis></p><p>"Il a <emphasis>quo-</emphasis>"</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 18*: Hi�rarchies de dominance</strong></p><p>NdT : J'utilise le mot anglais <emphasis>sentient</emphasis> � la fa�on de Guy Abadia dans l'�toile et le Fouet.</p><empty-line/><p>Toute J.K. Rowling suffisamment avanc�e est indiscernable de la magie.</p><empty-line/><p>"<emphasis>�a ressemble au genre de chose que j'ai l'habitude de faire, non ?"</emphasis></p><empty-line/><p>C'�tait un vendredi matin � l'heure du petit d�jeuner. Harry reprit une �norme bouch�e de sa tartine puis essaya de rappeler � son cerveau que d�vorer son petit d�jeuner ne l'aiderait pas � aller aux donjons plus vite. Ils avaient de toute fa�on une heure d'�tude entre le petit d�jeuner et le d�but du cours de potions.</p><p>Mais des donjons ! � Poudlard ! L'imagination de Harry esquissait d�j� les gouffres, les ponts �troits, les appliques de torches et les champs de mousse lumineuse. Y aurait-il des rats ? Y aurait-il des <emphasis>dragons</emphasis> ?</p><p>"Harry Potter," dit une voix l�g�re situ�e derri�re lui.</p><p>Harry regarda par-dessus son �paule et se retrouva face � un Ernie Macmillan �l�gamment habill� de robes � bordures jaunes et � l'air un petit peu inquiet.</p><p>"Neville pense que je devrais te pr�venir," dit Ernie � voix basse. "Je pense qu'il a raison. Fais attention au professeur de Potions aujourd'hui. Les Poufsouffle plus �g�s nous ont dit que le professeur Rogue peut �tre vraiment m�chant avec ceux qu'il n'aime pas, et il n'aime pas la plupart des gens qui ne sont pas Serpentard. Si tu lui r�ponds... de ce que j'ai entendu, �a pourrait vraiment aller mal. Garde juste la t�te baiss�e et ne lui donne aucune raison de te remarquer."</p><p>Il y eut une pause tandis que Harry absorbait cela, et il leva ensuite ses sourcils (Harry aurait aim� pouvoir lever un seul de ses sourcils, comme Spock, mais il n'y �tait jamais parvenu). "Merci," dit Harry. "Tu m'as peut-�tre �vit� beaucoup d'ennuis."</p><p>Ernie hocha la t�te, et fit demi-tour pour retourner � la table des Poufsouffle.</p><p>Harry continua de manger sa tartine.</p><p>C'est environ quatre bouch�es plus tard que quelqu'un dit "Excuse-moi," et Harry se retourna et vit un Serdaigle plus �g� � l'air un peu inquiet -</p><p>Peu apr�s, Harry finissait sa troisi�me assiette de tranches de bacon (Il avait appris � beaucoup manger au petit d�jeuner. Il pouvait toujours manger l�ger au d�jeuner s'il d�cidait de ne pas utiliser le Retourneur de Temps). Et il entendit encore une autre voix derri�re lui, qui disait : "Harry ?"</p><p>"Oui," dit Harry d'un ton las, "j'essaierai de ne pas attirer l'attention du professeur Rogue -"</p><p>"Oh, �a c'est sans espoir," dit Fred.</p><p>"Carr�ment sans espoir," dit George.</p><p>"Alors on a demand� aux elfes de maison de te faire un g�teau," dit Fred.</p><p>"On mettra une bougie dessus pour chaque point que tu feras perdre � Serdaigle," dit George.</p><p>"Et on aura une f�te pour toi � la table des Gryffondor pendant le d�jeuner," dit Fred.</p><p>"On esp�re que �a te d�ridera apr�s le cours," conclut George.</p><p>Harry avala sa derni�re bouch�e de bacon et fit demi-tour. "Tr�s bien," dit Harry. "Je n'allais pas poser cette question apr�s avoir vu le professeur Binns, vraiment pas, mais si le professeur Rogue est <emphasis>si</emphasis> terrible que �a, pourquoi n'a-t-il pas �t� renvoy� ?"</p><p>"Renvoy� ?"</p><p>"Tu veux dire remerci� ?"</p><p>"Oui," dit Harry. "C'est ce qu'on fait aux mauvais enseignants. On les renvoie. Et ensuite on engage un meilleur enseignant. Vous n'avez pas de syndicats ou de titularisations par ici ?"</p><p>Fred et George fron�aient les sourcils exactement comme ces anciens d'une tribu de chasseurs-cueilleurs pourraient froncer les sourcils si vous essayiez de leur apprendre les fonctions math�matiques.</p><p>"Je ne sais pas," dit Fred apr�s un moment "je n'y avais jamais pens�."</p><p>"Moi non plus," dit George.</p><p>"Ouais," dit Harry, "j'entends �a souvent. On se verra au d�jeuner les gars, et ne m'en voulez pas s'il n'y a aucune bougie sur ce g�teau."</p><p>Fred et George rirent tous les deux, comme si Harry avait dit quelque chose de dr�le, puis ils s'inclin�rent et repartirent vers Gryffondor.</p><p>Pendant qu'il mangeait son cupcake, Harry repensa au pire enseignant qu'il avait rencontr� de sa vie, le professeur d'Histoire, M. Binns. Le professeur Binns �tait un fant�me. Vu ce que Hermione avait dit au sujet des fant�mes, il semblait peu probable qu'ils aient conscience d'eux-m�mes. Il n'y avait pas de d�couverte c�l�bre faite ni de production originale faite par des fant�mes, peu importe qui ils avaient �t� de leur vivant. Les fant�mes avaient g�n�ralement du mal � se souvenir du si�cle actuel. Hermione avait dit qu'ils �taient comme des portraits accidentels, imprim�s dans la mati�re environnante par l'�clat d'�nergie psychique qui accompagnait soi-disant la mort soudaine d'un sorcier.</p><p>Harry avait crois� quelques enseignants stupides lors de ses incursions rat�es dans l'�ducation moldue normale - son p�re avait �t� beaucoup plus pointilleux lorsqu'il avait �t� question de choisir des �tudiants en doctorat pour lui servir de pr�cepteur, bien s�r - mais le cours d'Histoire �tait le premier o� il rencontrait un enseignant qui n'�tait litt�ralement pas sentient.</p><p>Et �a se voyait. Harry avait laiss� tomb� au bout de cinq minutes et avait commenc� � lire un manuel. Lorsqu'il �tait devenu clair que "professeur Binns" ne verrait pas d'objection � cela, Harry avait fouill� dans sa bourse et r�cup�r� des boules qui�s.</p><p>Les fant�mes n'avaient-ils pas besoin d'un salaire ? �tait-ce l� l'explication ? Ou �tait-il litt�ralement impossible de renvoyer qui que ce soit de Poudlard <emphasis>m�me s'ils mouraient</emphasis> ?</p><p>Et maintenant, il semblait que le professeur Rogue passait son temps � �tre absolument horrible envers tous ceux qui n'�taient pas Serpentard, et �a n'�tait jamais <emphasis>venu � l'esprit</emphasis> de quelqu'un de r�silier son contrat.</p><p>Et le Directeur avait mis le feu � un poulet.</p><p>"Excuse-moi," dit une voix inqui�te situ�e derri�re lui.</p><p>"Je vous jure," dit Harry sans se retourner, "cet endroit est presque huit et demi pour cent aussi pitoyable que ce que Papa dit au sujet d'Oxford."</p><empty-line/><p>Harry donna un coup de pied aux couloirs de pierre, l'air vex�, furieux et agac� � la fois.</p><p>"Des donjons !" siffla Harry. "Des <emphasis>donjons</emphasis> ! Ce ne sont pas des donjons ! C'est une cave ! Une <emphasis>cave !</emphasis>"</p><p>Quelques-une des filles de Serdaigle lui jet�rent des regards �tranges. Les gar�ons �taient d�j� habitu�s.</p><p>Il semblait que le fait que l'�tage o� se situait le cours de Potions soit au sous-sol et qu'il y fasse plus froid que dans le reste du ch�teau suffisait � le faire appeler "les donjons".</p><p>� <emphasis>Poudlard</emphasis> ! � <emphasis>Poudlard !</emphasis> Harry avait attendu toute sa vie, et maintenant il allait <emphasis>encore</emphasis> attendre et s'il y avait un seul endroit <emphasis>sur Terre</emphasis> dot� de donjons d�cents, �a devait �tre Poudlard ! Harry allait-il devoir construire son propre ch�teau si jamais il voulait voir une seule petite abysse sans fond ?</p><p>Peu de temps apr�s, ils arriv�rent � la salle des Potions, et Harry se r�jouit consid�rablement.</p><p>La salle des Potions avait d'�tranges cr�atures pr�serv�es flottant dans d'immenses bocaux sur des �tag�res qui couvraient chaque centim�tre carr� d'espace mural entre les placards. Harry avait � pr�sent assez lu pour pouvoir identifier certaines de ces cr�atures, tel le Zabriskan Fontema. Et bien que l'araign�e de cinquante centim�tre <emphasis>ressembl�t</emphasis> � une Acromantula, elle �tait beaucoup trop petite pour en <emphasis>�tre</emphasis> une. Il aurait bien essay� de demander � Hermione, mais elle n'avait pas sembl� d�sireuse de regarder dans les directions qu'il pointait du doigt.</p><p>Harry regardait une grande boule de poussi�re dot�e d'yeux et de pieds quand l'assassin surgit dans la pi�ce.</p><p>Ce fut la premi�re pens�e qui traversa l'esprit de Harry quand il vit le professeur Severus Rogue. Il y avait chez lui quelque chose de silencieux et de mortel, dans la fa�on dont il r�dait entre les pupitres des enfants. Ses robes �taient mal entretenues, ses cheveux sales et gras. Il y avait quelque chose qui rappelait Lucius, m�me s'ils ne se ressemblaient absolument pas, et on avait le sentiment que l� o� Lucius vous aurait �limin� avec une parfaite �l�gance, cet homme se serait content� de vous tuer.</p><p>"Asseyez-vous," dit le professeur Severus Rogue. "Maintenant."</p><p>Harry et les quelques autres enfants qui �taient rest�s debout � discuter se pr�cipit�rent vers les pupitres les plus proches. Harry avait pr�vu d'�tre � c�t� de Hermione mais il se retrouva assis au pupitre vide � c�t� de Justin Finch-Fletchley (c'�tait une Double session, Serdaigle et Poufsouffle) ce qui le pla�ait deux pupitres � gauche de Hermione.</p><p>Severus s'assit au bureau du professeur, et sans la moindre transition ni la moindre introduction, dit : "Hannah Abbott."</p><p>"Pr�sente," dit Hannah d'une voix assez tremblante.</p><p>"Susan Bones."</p><p>"Pr�sente."</p><p>Et �a continua, personne n'osant dire un mot plus haut que l'autre, jusqu'� :</p><p>"Ah, oui. Harry Potter. Notre nouvelle... <emphasis>c�l�brit�</emphasis>."</p><p>"La c�l�brit� est pr�sente, <emphasis>monsieur</emphasis>."</p><p>La moiti� de la classe tressauta, et quelques uns parmi les plus malins eurent l'air de songer � courir hors de la salle avant qu'elle ne soit d�truite.</p><p>Severus sourit d'anticipation et appela le prochain nom de sa liste.</p><p>Harry soupira mentalement. C'�tait arriv� bien trop vite pour qu'il puisse y faire quoi que ce soit. Tant pis. Cet homme ne l'aimait visiblement d�j� pas, quelle qu'en soit la raison. Et maintenant que Harry y r�fl�chissait, il valait beaucoup mieux que le professeur de Potions s'en prenne � <emphasis>lui </emphasis>plut�t qu'�, disons, plut�t qu'� Neville ou � Hermione. Harry �tait bien plus capable de se d�fendre. Ouaip, �a valait probablement mieux.</p><p>Lorsque l'appel fut termin�, Severus balaya la classe du regard. Ses yeux �taient aussi vides qu'une nuit sans �toiles.</p><p>"Vous �tes ici," dit Severus d'une voix douce que les �tudiants � l'arri�re eurent du mal � entendre, "pour apprendre la science subtile et l'art exact de la fabrication de potions. Vu le peu d'agitation idiote de baguette que nous aurons � faire ici, beaucoup parmi vous auront du mal � croire que nous faisons de la magie. Je ne m'attends pas � ce que vous compreniez la beaut� du chaudron fr�missant doucement et de ses fum�es chatoyantes, le pouvoir d�licat des liquides se glissant dans les veines du corps humain," il avait dit �a d'une voix caressante et emplie de jubilation, "ensorcelant l'esprit, pi�geant les sens," �a devenait de plus en plus terrifiant. "je peux vous apprendre � mettre la c�l�brit� en bouteille, � brasser la gloire, et m�me � mettre la mort dans un flacon - si vous n'�tes pas une bande d'idiots aussi d�sesp�rants que ceux � qui je dois d'habitude enseigner."</p><p>Severus sembla remarquer l'air de scepticisme sur le visage de Harry, ou du moins ses yeux bondirent soudain � l'endroit o� Harry �tait assis.</p><p>"Potter !" lan�a le professeur de Potions. "Qu'obtiendrai-je si j'ajoutais de la racine en poudre d'asphod�le � une infusion d'armoise ?"</p><p>Harry cligna des yeux. "�tait-ce dans <emphasis>Breuvages et Potions Magiques</emphasis> ?" dit-il. "Je viens de finir de le lire, et je ne me souviens pas de quoi que ce soit utilisant de l'armoise -"</p><p>La main de Hermione se leva et Harry lui jeta un regard qui la fit lever sa main encore plus haut.</p><p>"Tut, tut," dit Severus d'une voix de velours. "La c�l�brit� ne fait clairement pas tout."</p><p>"Vraiment," dit Harry. "Mais vous venez de nous dire que vous nous apprendrez � mettre la c�l�brit� en bouteille. Alors dites-moi, <emphasis>comment</emphasis> cela fonctionne-t-il exactement ? On la boit et on devient une c�l�brit� ?"</p><p>Les trois quarts de la classe tressaut�rent.</p><p>La main de Hermione redescendait lentement. Eh bien, �a n'�tait pas surprenant. Elle �tait peut-�tre son rival, mais elle n'�tait pas le genre de fille � continuer de jouer une fois devenu clair que le professeur essayait d�lib�r�ment d'humilier Harry.</p><p>Harry essayait de toute ses forces de garder son sang-froid. La premi�re r�ponse qui lui �tait venue � l'esprit �tait 'Abracadabra'.</p><p>"Essayons encore," dit Severus. "Potter, o� iriez-vous si je vous disais d'aller me chercher un B�zoard ?"</p><p>"Ce n'est pas non plus dans le manuel," dit Harry, "mais j'ai lu dans un livre moldu qu'un trichinob�zoard est une masse de cheveux solidifi�e trouv�e dans un estomac humain, et dans le pass�, les Moldus croyaient que �a pouvait gu�rir tous les poisons -"</p><p>"Faux," dit Severus. "Un B�zoard se trouve dans l'estomac d'une ch�vre, il n'est pas fait de cheveux, et il gu�rira de la plupart des poisons, mais pas de tous."</p><p>"Je n'ai pas <emphasis>dit</emphasis> que c'est ce qui se passerait, j'ai dit que c'�tait ce que j'avais lu dans un livre moldu -"</p><p>"Personne ici se s'int�resse � vos <emphasis>path�tiques</emphasis> livres moldus. Dernier essai. Potter, quelle est la diff�rence entre le napel et le tue-loup ?"</p><p>C'en �tait trop.</p><p>"Vous savez," dit Harry d'un ton glacial, "dans un de mes <emphasis>fascinants</emphasis> livres moldus est d�crite une �tude dans laquelle des gens parvenaient � se donner l'air tr�s intelligent en posant des questions au sujet de faits quelconques que eux seuls connaissaient. Apparemment, les spectateurs remarquaient seulement que ceux qui posaient la question savaient et que ceux qui essayaient d'y r�pondre ne savaient pas, et ils n'arrivaient pas � prendre en compte l'injustice profonde du jeu. Alors, professeur, pouvez-vous me dire combien d'�lectrons se trouvent sur l'orbite externe d'un atome de carbone ?"</p><p>Le sourire de Severus s'agrandit. "Quatre," dit-il. "Mais c'est une information inutile que personne ne devrait s'emb�ter � noter. Et pour votre gouverne, Potter, l'asphod�le et l'armoise font une potion de sommeil si puissante qu'elle est connue sous le nom de Goutte du Mort-Vivant. En ce qui concerne le napel et le tue-loup, il s'agit de la m�me plante, qui est aussi appel�e aconit, comme vous le sauriez si vous aviez lu <emphasis>Mille Herbes et Champignons</emphasis>. Vous pensiez ne pas avoir besoin d'ouvrir le livre avant de venir, hein, Potter ? Tous les autres, vous devriez prendre note afin de ne pas �tre aussi ignorants que lui." Severus marqua une pause, l'air plut�t content de lui. "Et ce sera... cinq points ? Non, disons dix points retir�s � Serdaigle pour impertinence."</p><p>Hermione s'�trangla, et de nombreux autres firent de m�me.</p><p>"Professeur Severus Rogue," mordit Harry. "Je n'ai connaissance d'aucun acte que j'aurais pu commettre pour m�riter votre hostilit�. S'il existe un probl�me dont je ne suis pas au courant, je sugg�re que nous -"</p><p>"Taisez-vous, Potter. Dix points en moins pour Serdaigle. Les autres, ouvrez votre livre page 3."</p><p>Il n'y eut qu'une l�g�re sensation de br�lure � l'arri�re de la gorge de Harry, et aucune humidit� dans ses yeux. Si pleurer n'�tait pas une strat�gie efficace pour d�truire un professeur de Potions, alors il �tait inutile de pleurer.</p><p>Lentement, Harry s'assit bien droit sur sa chaise. Tout son sang semblait avoir �t� �vacu� et remplac� par de l'azote liquide. Il savait qu'il avait essay� de garder son calme mais il ne pouvait pas se rappeler pourquoi.</p><p>"Harry," chuchota fr�n�tiquement Hermione, deux pupitres plus loin, "arr�te, s'il te pla�t, ce n'est pas grave, on ne le comptera pas -"</p><p>"Vous parlez en classe, Granger ? Trois -"</p><p>"Donc," dit une voix plus froide que le z�ro absolu, "comment s'y prend-t-on pour d�poser une plainte formelle au sujet d'un professeur abusif ? Faut-il en parler � la Directrice Adjointe, �crire une lettre au conseil d'administration... pourriez-vous m'expliquer comment cela fonctionne ?"</p><p>La classe �tait compl�tement fig�e.</p><p>"Retenu pour un mois, Potter," dit Severus, son sourire encore plus large.</p><p>"Je refuse de reconna�tre votre autorit� en tant qu'enseignant et ne me plierai � aucune retenue donn�e par vous."</p><p>Des gens s'arr�t�rent de respirer.</p><p>Le sourire de Severus disparut. "Alors vous serez -" il s'interrompit.</p><p>"Renvoy�, alliez-vous dire ?" Harry, lui, souriait maintenant d'un air subtil. "Mais vous avez sembl� douter de votre capacit� � mettre � ex�cution la menace, ou craindre les cons�quences que cela aurait entra�n�es. Moi, en revanche, je ne doute ni ne crains la perspective de trouver une �cole o� se trouveraient des professeurs moins abusifs. Ou peut-�tre devrais-je engager des pr�cepteurs, comme j'ai l'habitude de le faire, et prendre des cours � ma vitesse d'apprentissage maximale. J'ai assez d'argent pour �a dans mon coffre-fort. Quelque chose en rapport avec un certain Seigneur des T�n�bres que j'aurais vaincu. Mais il y <emphasis>a</emphasis> des enseignants � Poudlard que j'aime bien, donc je pense que ce sera plus simple si je trouve plut�t un moyen de me d�barrasser de vous."</p><p>"Vous d�barrasser de moi ?" dit Severus, souriant � son tour d'un air subtil. "Quelle id�e amusante. Et comment comptez-vous faire cela, Potter ?"</p><p>"J'ai cru comprendre qu'il y a eu un certain nombre de plaintes vous concernant venant d'�l�ves et de leurs parents," c'�tait une conjecture, mais elle �tait assez prudente, "ce qui ne nous laisse qu'une seule question : pourquoi n'�tes-vous pas d�j� parti ? Poudlard est-elle financi�rement trop en difficult� pour s'offrir un vrai professeur de Potions ? Si c'est le cas, je pourrais participer. Je suis s�r qu'ils trouveraient un meilleur enseignant s'ils offraient le double de votre salaire actuel."</p><p>Deux rayons de glace g�n�raient un hiver glacial au travers de la salle.</p><p>"Vous d�couvrirez," dit doucement Severus, "que le conseil d'administration ne sera pas le moins du monde r�ceptif � votre offre."</p><p>"Lucius..." dit Harry. "<emphasis>Voil�</emphasis> pourquoi vous �tes encore ici. Peut-�tre devrais-je en discuter avec Lucius. Je crois qu'il d�sire me rencontrer. Je me demande si j'ai quelque chose qu'il recherche ?"</p><p>Hermione secoua fr�n�tiquement la t�te. Harry le remarqua du coin de l'�il, mais son attention �tait toute sur Severus.</p><p>"Vous �tes un gar�on insens�," dit Severus. Il ne souriait maintenant plus du tout. "Vous n'avez rien qui importe plus � Lucius que mon amiti�. Et m�me si c'�tait le cas, j'ai d'autres alli�s." Sa voix devint dure. "Et je commence � trouver tr�s peu probable que vous n'ayez pas �t� r�parti � Serpentard. Comment �tes-vous parvenu � rester hors de ma Maison ? Ah, oui, parce que le Choixpeau Magique a dit qu'il <emphasis>rigolait</emphasis>. Pour la premi�re fois de l'histoire. De quoi <emphasis>parliez-vous</emphasis> vraiment avec le Choixpeau, Potter ? Aviez-vous quelque chose qu'il recherchait ?"</p><p>Harry fit face au regard froid de Severus puis se souvint que le Choixpeau l'avait mis en garde contre le fait de regarder des gens dans les yeux pendant qu'il pensait � - Harry baissa les yeux et fixa le bureau de Severus.</p><p>"Vous semblez �trangement r�ticent � me regarder dans les yeux, Potter !"</p><p>Un choc de compr�hension soudaine - "Alors c'est contre <emphasis>vous</emphasis> que le Choixpeau Magique me mettait en garde !"</p><p>"Quoi ?" dit la voix de Severus, l'air sinc�rement surprise, m�me si Harry ne voyait bien s�r pas son visage.</p><p>Harry se leva de son bureau.</p><p>"Asseyez-vous, Potter," dit une voix en col�re venant d'un endroit qu'il ne regardait pas.</p><p>Harry l'ignora, et regarda le reste de la classe. "Je n'ai pas l'intention de laisser un enseignant si peu professionnel me g�cher ma scolarit� � Poudlard," dit Harry avec un calme mortel. "Je pense que je vais prendre cong� de ce cours, et soit engager un pr�cepteur pour m'enseigner les Potions pendant que je suis ici, ou si le conseil d'administration est vraiment bouch�, apprendre pendant l'�t�. Si un ou une d'entre vous d�cide qu'il ne souhaite pas �tre malmen� par cet homme, mes sessions vous seront ouvertes."</p><p>"<emphasis>Asseyez-vous, Potter</emphasis> !"</p><p>Harry traversa la pi�ce et saisit la poign�e.</p><p>Elle ne tourna pas.</p><p>Harry se retourna lentement et entraper�ut Severus qui souriait m�chamment avant de se souvenir de regarder ailleurs.</p><p>"Ouvrez cette porte."</p><p>"Non," dit Severus.</p><p>"Vous me faites me sentir menac�," dit une voix si glac�e qu'elle ne ressemblait pas du tout � celle de Harry, "et c'est une erreur."</p><p>La voix de Severus s'esclaffa. "Et que comptez-vous faire � ce sujet, petit gar�on ?"</p><p>Harry fit six longues enjamb�es en s'�loignant de la porte, jusqu'� se tenir � c�t� de la derni�re rang�e de pupitres.</p><p>Puis Harry se tint tr�s droit et leva sa main d'un mouvement terrible, les doigts pr�ts � claquer.</p><p>Neville cria et plongea sous son pupitre. D'autres enfants se ratatin�rent ou lev�rent leur bras instinctivement pour se prot�ger.</p><p>"<emphasis>Harry, non !</emphasis>" cria Hermione. "Quoi que tu aies voulu faire, ne le fais pas!"</p><p>"�tes-vous tous devenus <emphasis>fous</emphasis> ?" aboya la voix de Severus.</p><p>Lentement, Harry rabaissa sa main. "Je n'allais pas lui faire de mal, Hermione," dit Harry, sa voix redevenue un peu plus normale. "J'allais juste faire exploser la porte."</p><p>Quoique, se souvint Harry, on n'�tait pas cens� M�tamorphoser des choses qui allaient �tre br�l�es, ce qui voulait dire que remonter dans le temps et demander � Fred et � George de M�tamorphoser une quantit� pr�cautionneusement mesur�e d'explosifs ne serait peut-�tre pas une si bonne id�e...</p><p>"<emphasis>Silencio</emphasis>," dit la voix de Severus.</p><p>Harry essaya de dire "Quoi ?" mais d�couvrit qu'aucun son ne sortait.</p><p>"Tout ceci est ridicule. Je pense que je vous ai laiss� vous causer assez d'ennuis pour une journ�e, Potter. Vous �tes l'�l�ve le plus perturbateur et le plus indisciplin� que j'ai jamais vu, et je ne me rappelle pas combien de points Serdaigle a pour le moment mais je suis s�r que je peux tous les liquider. Dix points de moins pour Serdaigle. Dix points de moins pour Serdaigle. Dix points de moins pour Serdaigle ! Cinquante points de moins pour Serdaigle ! Maintenant asseyez-vous et regardez le reste de la classe suivre le cours !"</p><p>Harry mit sa main dans sa bourse et essaya de dire "marqueur", mais bien s�r aucun son ne sortit. Pendant un bref moment, cela l'arr�ta ; puis l'id�e lui vint d'�peler M-A-R-Q-U-E-U-R avec des mouvements de doigt, ce qui fonctionna. B-L-O-C, et il avait du papier. Harry marcha jusqu'� un pupitre vide, un autre que celui o� il avait initialement �t� assis, et il griffonna un bref message. Il d�chira cette feuille de papier, mit le marqueur et le bloc-notes dans une poche de ses robes afin d'avoir acc�s � eux plus rapidement, et tint son message, non pas face � Rogue, mais face au reste de la classe.</p><p>JE PARS</p><p>QUELQU'UN D'AUTRE</p><p>A-T-IL BESOIN DE SORTIR ?</p><p>"Vous �tes d�ment, Potter," dit Severus d'un ton de froid m�pris.</p><p>� part �a, personne d'autre ne parla.</p><p>Harry fit une courbette ironique en direction du bureau du professeur, marcha jusqu'� un mur, ouvrit grand la porte d'un placard d'un mouvement fluide, y entra, et referma la porte derri�re lui.</p><p>Puis il y eut le son �touff� de quelqu'un claquant des doigts ; puis plus rien.</p><p>Dans la salle, les �tudiants se regardaient avec peur et perplexit�.</p><p>Le visage du professeur de Potions �tait maintenant enrag�. Il traversa la pi�ce en de terribles enjamb�es et ouvrit grand la porte du placard.</p><p>Le placard �tait vide.</p><empty-line/><p>Une heure plus t�t, Harry tendait l'oreille depuis l'int�rieur du placard. Il n'y avait ni son � l'ext�rieur ni raison de prendre des risques inutiles.</p><p>C-A-P-E, �pel�rent ses doigts.</p><p>Une fois invisible, il entrouvrit la porte tr�s lentement, avec beaucoup de pr�cautions, et jeta un coup d'�il dehors. Personne ne semblait se trouver dans la salle.</p><p>La porte n'�tait pas ferm�e.</p><p>Ce n'est qu'une fois hors du lieu dangereux et dans les couloirs, invisible et en s�ret�, qu'une partie de la col�re s'�vacua et qu'il se rendit compte de ce qu'il venait de faire.</p><p>Ce qu'il venait de faire.</p><p>Le visage invisible de Harry �tait fig� dans une expression d'horreur absolue.</p><p>Il venait de se mettre � dos un professeur, trois ordres de grandeur au-dessus de ce qu'il avait jamais fait auparavant. Il avait menac� de quitter Poudlard et aurait peut-�tre tenu sa parole. Il avait perdu tous les points de Serdaigle, puis il avait utilis� le Retourneur de Temps...</p><p>Son imagination lui montra ses parents lui criant dessus apr�s qu'il ait �t� renvoy�, le professeur McGonagall d��ue, et c'�tait juste trop douloureux et il ne pouvait pas le supporter et il <emphasis>ne pouvait pas imaginer comment se tirer de l�</emphasis> -</p><p>La pens�e que Harry s'autorisa � avoir �tait que si se mettre en col�re l'avait mis dans le p�trin, alors peut-�tre qu'une fois en col�re il trouverait une issue ; les choses semblaient �trangement plus claires quand il �tait �nerv�.</p><p>Et la pens�e que Harry ne s'autorisa pas � avoir �tait qu'il ne pouvait tout simplement pas faire face au futur s'il n'�tait pas en col�re.</p><p>Il ravala donc ses pens�es et se souvint de la br�lante humiliation -</p><p><emphasis>Tut, tut. La gloire ne fait clairement pas tout.</emphasis></p><p><emphasis>Dix points de moins pour Serdaigle pour impertinence.</emphasis></p><p>Le froid apaisant se d�versa � nouveau dans ses veines comme une vague revenant d'un r�cif, et Harry expira.</p><p>Bien. De nouveau sain d'esprit.</p><p>En fait, il se sentait assez d��u que son lui non-furieux se soit �croul� comme �a et n'ai rien voulu d'autre que de se tirer du p�trin. Le professeur Severus Rogue �tait un probl�me pour <emphasis>tout le monde</emphasis>. Harry-normal avait oubli� �a et avait souhait� trouver un moyen de se prot�ger <emphasis>lui</emphasis>. Et laisser toutes les autres victimes aller se faire pendre ? La question n'�tait pas comment se prot�ger lui, la question �tait comment d�truire le professeur de Potions.</p><p><emphasis>Alors c'est �a, mon c�t� obscur ? En voil� un terme charg� de pr�jug�s, mon c�t� clair a l'air bien plus �go�ste et l�che, sans parler de sa tendance � �tre confus et paniqu�.</emphasis></p><p>Et maintenant qu'il pensait clairement, l'action suivante �tait �galement limpide. Il s'�tait d�j� donn� une heure pour se pr�parer, et pouvait en obtenir cinq de plus si n�cessaire...</p><empty-line/><p>Minerva McGonagall attendait dans le bureau du Directeur.</p><p>Dumbledore �tait assis dans son tr�ne rembourr�, derri�re son bureau, habill� de cinq couches de robes solennelles couleur lavande. Minerva �tait assise dans une chaise � c�t� de lui, et de l'autre c�t� de Dumbledore se trouvait Severus, qui �tait dans une autre chaise. Face aux trois se trouvait un tabouret en bois.</p><p>Ils attendaient Harry Potter.</p><p><emphasis>Harry,</emphasis> pensa Minerva avec d�sespoir, <emphasis>vous aviez promis de ne pas mordre d'autres enseignants !</emphasis></p><p>Et dans son esprit, elle put clairement voir le visage en col�re de Harry et sa r�ponse outrag�e : <emphasis>J'ai dit que je ne mordrais personne qui ne m'aurait pas mordu en premier !</emphasis></p><p>Il y eut un coup � la porte.</p><p>"Entrez !" dit Dumbledore.</p><p>La porte s'ouvrit grand, et Harry Potter entra. Minerva faillit manquer d'air. Le gar�on semblait calme, serein, et avoir un contr�le total de lui-m�me.</p><p>"Bonj-" la voix de Harry s'interrompit soudain. Sa m�choire s'affaissa.</p><p>Minerva suivit le regard de Harry, et elle vit qu'il regardait Fumseck pos� sur son perchoir dor�. Fumseck battait ses ailes rouge-or vif au rythme du tremblement d'une flamme, et il pencha sa t�te, offrant au gar�on un salut mesur�.</p><p>Harry pivota et fixa Dumbledore.</p><p>Dumbledore lui fit un clin d'�il.</p><p>Minerva sentit qu'elle venait de rater quelque chose.</p><p>Une incertitude apparut brutalement sur le visage de Harry. Son calme vacilla. La peur apparut dans ses yeux, puis la col�re, et le gar�on �tait � nouveau calme.</p><p>Un frisson parcourut l'�pine dorsale de Minerva. Quelque chose n'allait pas.</p><p>"Asseyez-vous, s'il vous pla�t," dit Dumbledore. Son visage �tait de nouveau s�rieux.</p><p>Harry s'assit.</p><p>"Donc, Harry," dit Dumbledore. "J'ai entendu un compte-rendu de ce qui s'est pass� aujourd'hui, donn� par le professeur Rogue. Voudriez-vous s'il vous pla�t me dire en vos termes ce qui s'est pass� ?"</p><p>Harry jeta un coup d'oeil d�daigneux et rapide en direction de Severus. "Ce n'est pas compliqu�," dit le gar�on, un l�ger sourire sur le visage. "Il a essay� de me malmener tout comme il a malmen� tous les non-Serpentard de l'�cole depuis le jour o� Lucius vous l'a impos�. Pour ce qui est des d�tails, je sollicite une conversation priv�e avec vous. Apr�s tout, on peut difficilement s'attendre � ce qu'un �tudiant faisant part d'un comportement abusif de la part d'un professeur parle avec franchise en pr�sence de ce m�me professeur."</p><p>Cette fois, Minerva ne put s'emp�cher s'�touffer.</p><p>Severus se contenta de rire.</p><p>Et le visage de Dumbledore devint grave. "M. Potter," dit le Dumbledore, "on ne parle pas d'un professeur de Poudlard ainsi. J'ai peur que vous soyez victime d'un terrible malentendu. Le professeur Severus Rogue a ma totale confiance, et sert Poudlard sous mes ordres, pas sous ceux de Lucius Malfoy."</p><p>Il y eut un silence pendant quelques instants.</p><p>Lorsque le gar�on parla � nouveau, sa voix �tait glaciale. "Y a-t-il quelque chose qui m'aurait �chapp� ?"</p><p>"Un certain nombre de choses, M. Potter," dit le Directeur. "Pour commencer, vous devriez comprendre que le but de cette r�union est de d�terminer votre punition pour les �v�nements de ce matin."</p><p>"Cet homme a terroris� votre �cole pendant des ann�es. J'ai parl� aux �l�ves et ai commenc� � assembler des t�moignages afin de m'assurer qu'il y ait de quoi commencer une campagne dans les journaux afin de rallier les parents contre lui. Certains des �tudiants les plus jeunes ont pleur� lorsqu'ils m'ont racont� leur histoire. J'ai presque pleur� quand je les ai entendues ! <emphasis>Vous avez laiss� cet agresseur libre ? Vous avez fait �a � vos �tudiants ? Pourquoi ?</emphasis>"</p><p>Minerva ravala une boule dans sa gorge. Elle avait - pens� cela, parfois, mais elle n'avait jamais tout � fait -</p><p>"M. Potter," dit le directeur, sa voix � pr�sent s�v�re, "cette r�union n'est pas � propos du professeur Rogue. Elle est � propos de vous et de votre m�pris pour la discipline de cette �cole. Le professeur Rogue a sugg�r�, et j'y ai consenti, que trois mois de retenue seraient appropri�s -"</p><p>"Rejet�s," dit Harry d'un ton glacial.</p><p>Minerva �tait sans voix.</p><p>"Ce n'est pas une requ�te, M. Potter," dit le Directeur. Toute la force de son regard �tait concentr�e sur le gar�on. "C'est votre puniti-"</p><p>"Vous m'expliquerez pourquoi vous avez laiss� cet homme faire du mal aux enfants plac�s sous votre garde, et si votre explication n'est pas satisfaisante, alors je commencerai ma campagne dans les journaux et <emphasis>vous </emphasis>enserez la cible."</p><p>Le corps de Minerva fut �branl� par la force de ce coup, de ce <emphasis>l�se-majest�</emphasis> absolu.</p><p>M�me Severus avait l'air choqu�.</p><p>"Ceci, Harry, serait extr�mement malavis�," dit lentement Dumbledore. "Je suis la principale pi�ce opposant Lucius sur le plateau de jeu. Que vous fassiez une chose pareille le renforcerait grandement, et je ne pensais pas que c'�tait le camp que vous aviez choisi."</p><p>"Cette conversation devient priv�e," dit Harry. Sa main fit un rapide mouvement en direction de Severus. "Faites-le sortir."</p><p>Dumbledore secoua la t�te. "Harry, ne vous ai-je pas dit que Severus Rogue a ma totale confiance ?"</p><p>Le visage du gar�on r�v�la � quel point cela venait de le choquer. "Les actes de cet homme vous rendent vuln�rables ! Je ne suis pas le seul qui pourrait commencer une campagne dans les journaux contre vous ! C'est insens� ! Pourquoi faites-vous cela ?"</p><p>Dumbledore soupira. "Je suis navr�, Harry. �a a � voir avec des choses que vous n'�tes pas, pour l'instant, pr�t � entendre."</p><p>Le gar�on fixa Dumbledore. Puis il se tourna pour regarder Severus. Puis � nouveau Dumbledore.</p><p>"C'<emphasis>est</emphasis> de la folie," dit lentement le gar�on. "Vous ne lui avez pas serr� la bride parce que vous pensez qu'il fait <emphasis>partie du motif</emphasis>. Que Poudlard a besoin d'un professeur de Potions mal�fique pour �tre une vraie �cole de magie, tout comme elle a besoin d'un fant�me pour enseigner l'Histoire."</p><p>"�a ressemble au genre de chose que j'ai l'habitude de faire, non ?" dit Dumbledore en souriant.</p><p>"Inacceptable," dit cat�goriquement Harry. Son visage �tait maintenant froid et sombre. "Je n'accepterai ni ces brutalisations ni ces abus. J'avais envisag� de nombreuses fa�on de traiter ce probl�me, mais je vais rendre la chose simple. Soit cet homme part, soit je pars."</p><p>Minerva glapit de nouveau. Quelque chose de bizarre s'agita dans les yeux de Severus.</p><p>Le regard de Dumbledore devenait froid lui aussi. "L'expulsion, M. Potter, est la menace ultime qui puisse �tre utilis�e contre un �l�ve. Elle n'est habituellement pas utilis�e comme menace par un �tudiant contre le Directeur. Poudlard est la meilleure �cole de magie du monde, et il n'est pas donn� � tout le monde d'�tre �duqu� ici. Avez-vous l'impression que Poudlard ne pourrait pas se passer de vous ?"</p><p>Et Harry resta assis l�, un l�ger sourire sur le visage.</p><p>Une horreur soudaine s'abattit sur Minerva. Harry n'allait quand m�me pas -</p><p>"Vous oubliez," dit Harry, "que vous n'�tes pas le seul capable de d�celer les motifs. <emphasis>Ceci devient confidentiel. Maintenant faites-le -"</emphasis> Harry fit un nouveau geste en direction de Severus, puis s'arr�ta au milieu de sa phrase et de son geste.</p><p>Minerva pouvait le voir sur le visage de Harry, le moment o� il s'�tait souvenu.</p><p>Apr�s tout, elle le lui avait dit.</p><p>"M. Potter," dit le Directeur, "une fois de plus, Severus Rogue a ma confiance totale."</p><p>"Vous lui avez dit," murmura le gar�on, "pauvre idiot."</p><p>Dumbledore ne r�agit pas � l'insulte. "Dit quoi ?"</p><p>"Que le Seigneur des T�n�bres est en vie."</p><p>"<emphasis>Nom de Merlin mais de quoi parlez-vous, Potter ?</emphasis>" s'�cria Severus sur une multitude de tons de pure stup�faction et d'outrage.</p><p>Harry lui jeta un rapide coup d'�il, souriant de fa�on sinistre. "Oh, alors on est <emphasis>bien</emphasis> un Serpentard," dit Harry, "je commen�ais � me demander."</p><p>Et ils furent silencieux.</p><p>Dumbledore parla enfin. Sa voix �tait faible. "Harry, de <emphasis>quoi</emphasis> parlez-vous ?"</p><p>"Je suis navr�e, Albus," murmura Minerva.</p><p>Severus et Dumbledore se tourn�rent pour la regarder.</p><p>"Le professeur McGonagall ne me l'a pas dit," dit la voix de Harry, rapidement, et moins calmement qu'il ne l'avait �t� jusqu'� maintenant. "J'ai devin�. Je vous l'ai dit, je peux voir les motifs moi aussi. J'ai devin�, et elle a contr�l� sa r�action exactement comme Severus l'a fait. Mais son contr�le a �t� � un cheveu de la perfection, et je me suis rendu compte que sa r�action n'�tait pas authentique mais contr�l�e."</p><p>"Et je lui ai dit," dit Minerva, sa voix un peu tremblante, "que vous, moi, et Severus �tions les seuls � savoir."</p><p>"Ce qu'elle m'a conc�d� afin de m'emp�cher de me promener partout en posant des questions � tout le monde, ce que j'avais menac� de faire si elle refusait de parler," dit Harry. Le gar�on gloussa bri�vement. "J'aurais vraiment d� coincer l'un de vous seul � seul et vous dire qu'elle m'avait tout dit, pour voir si vous auriez trahi quelque chose. �a n'aurait probablement pas march�, mais �a aurait valu le coup d'essayer." Le gar�on sourit � nouveau. "La menace est toujours l� et je compte �tre <emphasis>pleinement</emphasis> mis au courant un jour ou l'autre."</p><p>Severus la regardait avec le m�pris le plus profond. Minerva releva le menton et soutint le regard. Elle savait qu'elle le m�ritait.</p><p>Dumbledore s'enfon�a dans son tr�ne rembourr�. Jamais Minerva ne l'avait vu avec des yeux aussi froids, pas depuis le jour o� son fr�re �tait mort. "Et vous menacez de nous abandonner � Voldemort si nous ne nous soumettons pas � vos souhaits."</p><p>La voix de Harry �tait tranchante comme un rasoir. "Je suis au regret de vous informer que vous n'�tes pas le centre de l'univers. Je ne menace pas d'abandonner l'Angleterre magique. Je menace de <emphasis>vous</emphasis> abandonner. Je ne suis pas un humble petit Frodon. C'est <emphasis>ma </emphasis>qu�te, et si vous voulez en faire partie, vous jouerez selon <emphasis>mes</emphasis> r�gles."</p><p>Le visage de Dumbledore �tait toujours froid. "Je commence � douter de votre aptitude � �tre le h�ros, M. Potter."</p><p>Le regard que lui renvoya Harry �tait tout aussi glac�. "Je commence � douter de votre aptitude � �tre mon Gandalf, <emphasis>M. Dumbledore</emphasis>. Au moins Boromir �tait une erreur plausible. Qu'est-ce que ce <emphasis>Nazgul</emphasis> fait dans ma Communaut� ?"</p><p>Minerva �tait totalement perdue. Elle regarda Severus, pour voir s'il arrivait � suivre, et elle vit qu'il avait d�tourn� son visage hors du champ de vision de Harry et qu'il souriait.</p><p>"Je suppose," dit lentement Dumbledore, "que de votre point de vue, c'est une question raisonnable. Donc, M. Potter, si le professeur Rogue vous laisse tranquille � l'avenir, cela va-t-il �tre la derni�re fois que ce probl�me survient, ou vais-je vous retrouver ici chaque semaine, arm� d'une nouvelle exigence ?"</p><p>"<emphasis>Me</emphasis> laisser tranquille ?" la voix de Harry �tait outrag�e. "Je ne suis pas sa seule victime et je ne suis certainement pas le plus vuln�rable ! <emphasis>Avez-vous oubli� � quel point les enfants sont sans d�fense ? � quel point ils peuvent souffrir ?</emphasis> � l'avenir, Severus traitera <emphasis>tous</emphasis> les �tudiants de Poudlard avec la courtoise appropri�e � un professionnel, ou vous vous trouverez un autre professeur de Potions, ou vous vous trouverez un autre h�ros !"</p><p>Dumbledore commen�a � rire. Un rire chaud et plein d'humour, � gorge d�ploy�e, comme si Harry venait d'ex�cuter une danse comique devant lui.</p><p>Minerva n'osait pas bouger. Elle jeta un coup d'�il rapide et vit que Severus �tait tout aussi immobile.</p><p>Le visage de Harry devint encore plus froid. "Vous me comprenez mal, Directeur, si vous pensez que c'est une plaisanterie. Ce n'est pas une requ�te. C'est votre punition."</p><p>"M. Potter -" dit Minerva. Elle ne savait m�me pas ce qu'elle comptait dire. Elle ne pouvait simplement pas laisser passer �a.</p><p>D'un geste, Harry lui intima de se taire, et il continua de parler � Dumbledore. "Et si cela vous semble malpoli," dit Harry, sa voix un peu moins dure, "sachez que �a ne semblait pas moins malpoli quand vous me l'avez dit. Vous ne diriez pas une chose pareille � quelqu'un que vous consid�reriez comme un v�ritable �tre humain et non pas comme un enfant subordonn�, et je vous traiterai avec la m�me courtoisie que celle avec laquelle vous me traitez -"</p><p>"Oh, en effet, en grand effet, si j'ai jamais re�u une punition, c'est bien celle-l� ! Bien <emphasis>s�r</emphasis> que vous �tes ici, � me faire chanter pour sauver vos camarades, pas pour vous sauver vous-m�me ! Je ne comprends pas comment j'ai pu imaginer qu'il en soit autrement !" Dumbledore riait de plus belle. Il frappa trois fois du poing sur la table.</p><p>Harry sembla plus incertain. Son visage se tourna vers Minerva, s'adressant � elle pour la premi�re fois. "Excusez-moi," dit Harry. Sa voix semblait vacillante. "A-t-il besoin de prendre ses m�dicaments, ou quelque chose dans le genre ?"</p><p>"Ah..." Minerva ne savait pas ce qu'elle pouvait bien dire.</p><p>"Bon," dit Dumbledore. Il essuya les larmes qui s'�taient amoncel�es dans ses yeux. "Excusez-moi. Je suis navr� de cette interruption. Continuez avec le chantage, s'il vous pla�t."</p><p>Harry ouvrit la bouche puis la referma. Il semblait � pr�sent l�g�rement chancelant. "Ah... il devra aussi arr�ter de lire dans l'esprit des �l�ves."</p><p>"Minerva," dit Severus, sa voix meurtri�re, "tu -"</p><p>"Le Choixpeau Magique m'a mis en garde," dit Harry.</p><p>"<emphasis>Quoi</emphasis> ?"</p><p>"Je ne peux pas en dire plus. Bref, je pense que c'est tout. J'ai termin�."</p><p>Silence.</p><p>"Et maintenant ?" dit Minerva, quand il devint clair que personne d'autre n'allait parler.</p><p>"Et maintenant ?" dit Dumbledore en �cho. "Allons, le h�ros gagne, bien s�r."</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dirent Severus, Minerva et Harry.</p><p>"Eh bien, il semble certainement nous sommes coinc�s," dit Dumbledore, souriant gaiement. "Mais Poudlard <emphasis>a</emphasis> besoin d'un professeur de Potions mal�fique, ou ce ne serait pas une v�ritable �cole de magie, n'est-ce pas ? Alors que diriez-vous si le professeur Rogue �tait horrible uniquement envers les �tudiants de cinqui�me ann�e et plus ?"</p><p>"<emphasis>Quoi</emphasis> ?" dirent-ils tous les trois.</p><p>"Si ce sont les victimes les plus vuln�rables qui vous inqui�tent. Peut-�tre que vous avez raison, Harry. Peut-�tre que <emphasis>j'ai</emphasis> oubli�, au fil des d�cennies, ce que c'est que d'�tre un enfant. Alors faisons un compromis. Severus continuera de d�cerner injustement des points � Serpentard et de faire r�gner une discipline molle sur sa Maison, et il sera horrible envers les �tudiants non-Serpentard de cinqui�me ann�e et plus. Pour les autres, il sera effrayant, mais il ne les malm�nera pas. Il promettra de ne lire l'esprit des �tudiants que lorsque leur s�curit� rendra cet acte n�cessaire. Poudlard aura son professeur de Potions mal�fique, et les victimes les plus vuln�rables, comme vous le dites, seront en s�curit�."</p><p>Minerva McGonagall �tait plus choqu�e qu'elle ne l'avait jamais �t� de sa vie. Elle jeta un regard incertain � Severus, dont le visage �tait devenu compl�tement neutre, comme s'il ne pouvait pas d�cider de l'expression qu'il �tait cens� afficher.</p><p>"Je suppose que c'est acceptable," dit Harry. Il avait un voix �trange.</p><p>"Je suis tout � fait en faveur de cette id�e," dit lentement Minerva. Elle �tait tellement en faveur que son c�ur cognait follement sous ses robes. "Mais que pourrons-nous bien dire aux �l�ves ? Ils ne se sont peut-�tre pas pos� de questions pendant que Severus �tait... horrible envers tout le monde, mais -"</p><p>"Harry peut dire aux autres �tudiants qu'il a d�couvert un terrible secret concernant Severus et qu'il a fait un peu de chantage," dit Dumbledore. "C'est vrai apr�s tout ; il a d�couvert que Severus lisait les esprits, et il nous a certainement fait du chantage."</p><p>"C'est de la folie !" explosa Severus.</p><p>"Bwah ha ha !" dit Dumbledore.</p><p>"Ah..." dit Harry d'un ton incertain. "Et si quelqu'un me demande pourquoi les cinqui�me ann�e et plus se sont fait avoir ? Je ne leur en voudrais pas s'ils devenaient furieux, et ce n'est pas vraiment moi qui ai d�cid� que -"</p><p>"Dites-leur," dit Dumbledore, "que ce n'est pas vous qui avez sugg�r� le compromis, que c'est tout ce que vous pouviez obtenir. Puis refusez d'en dire plus. Cela aussi sera vrai. C'est un art, vous l'apprendrez avec la pratique."</p><p>Harry hocha lentement la t�te. "Et les points qu'il a enlev�s � Serdaigle ?"</p><p>"Ils ne doivent pas �tre rendus."</p><p>C'est Minerva qui avait dit �a.</p><p>Harry la regarda.</p><p>"Je suis d�sol�e, M. Potter," dit-elle. Elle <emphasis>�tait</emphasis> d�sol�e, mais �a devait �tre fait. "Votre mauvais comportement <emphasis>doit</emphasis> avoir quelques cons�quences, ou cette �cole va tomber en morceaux."</p><p>Harry haussa les �paules. "Acceptable," dit-il. "Mais � l'avenir, Severus ne s'attaquera pas � mes liens avec ma Maison en m'�tant des points, et il ne g�chera pas mon temps pr�cieux avec des retenues. S'il se trouve que mon comportement m�rite une correction, il fera part de ses pr�occupations au professeur McGonagall."</p><p>"Harry," dit Minerva, "continuerez-vous de vous soumettre � la discipline de cette �cole, ou serez-vous maintenant au-dessus de la loi, comme Severus l'�tait ?"</p><p>Harry la regarda. Quelque chose de chaleureux apparut bri�vement dans ses yeux avant d'�tre �cras�. "Je continuerai d'�tre un �tudiant ordinaire avec tout membre du personnel n'�tant ni fou ni mal�fique, du moment qu'ils ne sont pas victimes de pressions venant d'autres �tant l'un ou l'autre." Harry jeta un bref coup d'�il � Severus, puis se retourna vers Dumbledore. "Laissez Minerva seule, et en sa pr�sence je serai un �tudiant normal de Poudlard. Pas de privil�ges sp�ciaux ni d'immunit�s."</p><p>"Magnifique," dit sinc�rement Dumbledore. "Parl� comme un vrai h�ros."</p><p>"Et," dit-elle, "M. Potter doit s'excuser en public pour ses actes d'aujourd'hui."</p><p>Harry lui jeta un autre coup d'�il. Celui-ci �tait un peu sceptique.</p><p>"La discipline de cette �cole a �t� fortement mise � mal par vos actes, M. Potter," dit Minerva. "Elle doit �tre restaur�e."</p><p>"Professeur McGonagall, je pense que vous surestimez grandement l'importance de ce que vous appelez la discipline de l'�cole, compar� au fait d'avoir l'Histoire enseign�e par un professeur vivant ou � celui de ne pas torturer vos �tudiants. Il semble beaucoup plus sage, moral et important de maintenir la hi�rarchie et de faire respecter ses r�gles quand on est en haut � faire la loi que quand on est en bas, et si n�cessaire je peux citer des �tudes � ce sujet. Je pourrais continuer sur ce sujet pendant des heures mais je m'arr�terai l�."</p><p>Minerva secoua la t�te. "M. Potter, vous sous-estimez l'importance de la discipline parce que vous n'en avez pas vous-m�me besoin -" Elle s'interrompit. Elle n'avait pas bien formul� sa phrase, et Severus, Dumbledore et m�me Harry la regardaient d'un air bizarre. "Pour apprendre, je veux dire. Tous les enfants ne peuvent pas apprendre en l'absence d'une autorit�. Et ce sont les autres enfants qui en souffriront, M. Potter, s'ils vous voient comme un exemple � suivre."</p><p>Les l�vres de Harry form�rent un sourire tordu. "Le premier et le dernier recours est toujours la v�rit�. La v�rit� est que je n'aurais pas d� me mettre en col�re, je n'aurais pas d� d�ranger la classe, je n'aurais pas d� faire ce que j'ai fait, et j'ai montr� le mauvais exemple � tout le monde. La v�rit� est aussi que Severus Rogue s'est comport� d'une fa�on ne convenant pas � un professeur de Poudlard, et que dor�navant il fera plus attention aux sentiments bless�s des �tudiants en quatri�me ann�e et en-dessous. Nous pourrions tous deux nous lever et dire la v�rit�. Je peux vivre avec �a."</p><p>"Dans vos r�ves, Potter !" cracha Severus.</p><p>"Apr�s tout,", dit Harry, souriant de fa�on sinistre, "si les �l�ves voient que les r�gles sont pour <emphasis>tout le monde</emphasis>... pour les professeurs aussi, pas seulement pour les pauvres �tudiants impuissants qui ne tirent rien du syst�me � part de la souffrance... voyons, les effets positifs sur la discipline scolaire devraient �tre <emphasis>prodigieux</emphasis>."</p><p>Il y eut une br�ve pause, puis Dumbledore gloussa. "Minerva pense que vous avez raison, bien plus que vous ne devriez avoir le droit de l'�tre."</p><p>Le regard de Harry s'�loigna de Dumbledore dans un tressaillement, et d�riva vers le sol. "Lisez-<emphasis>vous son</emphasis> esprit ?"</p><p>"On confond souvent le bon sens et la Legilimancie," dit Dumbledore. "Je parlerai de cette affaire avec Severus, et aucune excuse publique ne sera exig�e de vous � moins qu'il ne s'excuse lui aussi. Et je d�clare maintenant cette affaire class�e, au moins jusqu'au d�jeuner." Il s'interrompit. "Mais, Harry, j'ai peur que Minerva ne souhaite discuter d'une autre affaire vous. Et ce n'est pas le r�sultat d'une quelconque pression de ma part. Minerva, s'il te pla�t ?"</p><p>Minerva se leva de sa chaise et faillit tomber. Il y avait trop d'adr�naline dans son sang, son c�ur battait trop vite.</p><p>"Fumseck," dit Dumbledore, "accompagne-la, s'il te pla�t."</p><p>"Je n'ai -" commen�a-t-elle � dire.</p><p>Dumbledore lui jeta un regard, et elle devint silencieuse.</p><p>Le ph�nix s'envola dans la pi�ce comme une langue de flamme aurait soudain bondit, et il atterrit sur son �paule. Elle sentit la chaleur � travers ses robes et � travers son corps.</p><p>"Suivez-moi, M. Potter," dit-elle, fermement cette fois, et ils franchirent la porte.</p><empty-line/><p>Ils se tenaient sur les escaliers rotatifs, descendant en silence.</p><p>Minerva ne savait pas quoi dire. Elle ne savait pas qui �tait cette personne debout � c�t� d'elle.</p><p>Et Fumseck commen�a � chanter.</p><p>C'�tait tendre et doux, le son qu'aurait fait un feu de chemin�e s'il avait eu une m�lodie, et il se d�versa dans l'esprit de Minerva, apaisant, rassurant, relaxant ce qu'il touchait...</p><p>"<emphasis>Qu'</emphasis>est-ce que c'est que <emphasis>�a</emphasis> ?" murmura Harry � c�t� d'elle. Sa voix �tait instable, vacillante, aux tons changeants.</p><p>"La chanson du ph�nix," dit Minerva, pas tout � fait consciente de ce qu'elle disait, son attention enti�rement dirig�e vers l'�trange musique douce. "Elle gu�rit, elle aussi."</p><p>Harry se d�tourna d'elle, mais elle entraper�ut un �clair de souffrance sur son visage.</p><p>La descente semblait prendre longtemps, ou peut-�tre �tait-ce seulement la musique qui semblait prendre longtemps, et lorsqu'ils pass�rent par le trou o� s'�tait trouv�e une gargouille, elle tenait fermement la main de Harry dans la sienne.</p><p>Alors que la gargouille revenait � sa place, Fumseck quitta son �paule pour venir flotter face � Harry.</p><p>Harry regardait Fumseck avec l'air hypnotis� de quelqu'un regardant la flamme changeante d'un incendie.</p><p>"Que dois-je faire, Fumseck ?" murmura Harry. "Je n'aurais pas pu les prot�ger si je n'avais pas �t� en col�re."</p><p>Les ailes du ph�nix continu�rent de battre, et il continua � flotter sur place. Il n'y avait pas d'autre son que le battement des ailes. Puis il y eut un flash, comme un feu qui aurait bri�vement resplendi avant de se rendormir, et Fumseck n'�tait plus l�.</p><p>Ils clign�rent des yeux, comme s'ils venaient de se r�veiller, ou peut-�tre comme s'ils venaient de se rendormir.</p><p>Minerva baissa les yeux.</p><p>Le jeune et intelligent visage de Harry la regardait.</p><p>"Les ph�nix sont-ils des gens ?" dit Harry. "Je veux dire, sont-ils assez intelligents pour �tre consid�r�s comme des gens ? Pourrais-je parler avec Fumseck si je savais comment faire ?"</p><p>Minerva cligna des yeux de fa�on appuy�e. Puis elle cligna � nouveau. "Non," dit Minerva, la voix chancelante. "Les ph�nix sont des cr�atures faites d'une puissante magie. Cette magie donne � leur existence un sens qu'aucun animal ne pourrait avoir. Ils sont le feu, la lumi�re, la gu�rison et la renaissance. Mais en fin de compte, non."</p><p>"O� pourrais-je en obtenir un ?"</p><p>Minerva se pencha et le prit dans ses bras. Elle n'avait pas pr�vu de le faire, mais elle ne semblait pas avoir vraiment le choix.</p><p>Lorsqu'elle se releva, elle d�couvrit qu'elle avait du mal � parler. Mais il fallait qu'elle sache. "Que s'est-il pass� aujourd'hui, Harry ?"</p><p>"Moi non plus, je ne connais pas les r�ponses aux questions importantes. Mais pour le moment je pr�f�rerais vraiment ne pas y penser."</p><p>Minerva prit � nouveau sa main dans la sienne, et ils parcoururent le reste du chemin en silence.</p><p>C'�tait un court trajet, puisque le bureau de l'adjointe �tait naturellement proche de celui du directeur.</p><p>Minerva s'assit derri�re son bureau.</p><p>Harry s'assit devant son bureau.</p><p>"Donc," murmura Minerva. Elle aurait donn� quasiment n'importe quoi pour ne pas faire �a, ou pour ne pas �tre celle qui devait le faire, ou pour le faire n'importe quand, mais pas maintenant. "C'est une question de discipline scolaire. Dont vous n'�tes pas exempt�."</p><p>"� savoir ?" dit Harry.</p><p>Il ne savait pas. Il n'avait pas encore compris. Elle sentit sa gorge se serrer. Mais il y avait un travail � accomplir et elle ne s'y d�roberait pas.</p><p>"M. Potter," dit le professeur McGonagall, "faites-moi s'il vous pla�t voir votre Retourneur de Temps."</p><p>Toute la paix du ph�nix disparut instantan�ment du visage de Harry et Minerva eut l'impression qu'elle venait de le poignarder.</p><p>"<emphasis>Non !</emphasis>" dit Harry. Sa voix fut prise de panique. "J'en ai besoin, je ne pourrai pas �tudier � Poudlard, je ne pourrai pas dormir !"</p><p>"Vous pourrez dormir," dit-elle. "Le Minist�re a d�livr� les coques de protections pour votre Retourneur de Temps. Je l'enchanterai pour qu'il s'ouvre seulement entre 21h et minuit."</p><p>Le visage de Harry se tordit. "Mais - mais je -"</p><p>"M. Potter, combien de fois avez-vous utilis� le Retourneur de Temps depuis lundi ? Combien d'heures ?"</p><p>"Je..." dit Harry. "Attendez, laissez-moi compter -" Il regarda sa montre.</p><p>Minerva eut une mont�e de tristesse. C'�tait bien ce qu'elle pensait. "Ce n'�tait pas seulement deux fois par jour, alors. Je pense que si j'interrogeais vos camarades de dortoir, je d�couvrirais que vous avez eu du mal � rester debout assez longtemps pour aller vous coucher � une heure raisonnable, et que vous vous �tes lev� de plus en plus t�t chaque matin. Correct ?"</p><p>Le visage de Harry disait tout ce qu'elle avait besoin de savoir.</p><p>"M. Potter," dit-elle avec gentillesse, "il y a des �l�ves � qui on ne peut confier des Retourneurs de Temps, parce qu'ils deviennent drogu�s. Nous leur donnons une potion qui rallonge leur cycle de sommeil de la dur�e n�cessaire, mais ils finissent par utiliser le Retourneur de Temps pour bien plus que de la pr�sence en cours. Et nous devons alors les reprendre. M. Potter, vous avez fait du Retourneur de Temps votre solution � tout, souvent de fa�on idiote. Vous l'avez utilis� pour r�cup�rer un Rapeltout. Vous avez disparu d'un placard devant les autres �tudiants au lieu de revenir en arri�re apr�s �tre sorti et d'�tre venu me chercher moi ou quelqu'un d'autre pour que nous venions ouvrir la porte."</p><p>Vu la t�te de Harry, il n'avait pas pens� � �a.</p><p>"Et plus important," dit-elle, "vous auriez d� simplement suivre le cours du professeur Rogue. Et regarder. Et partir � la fin du cours. Comme vous l'auriez fait si vous n'aviez pas poss�d� un Retourneur de Temps. Il existe certains �l�ves � qui on ne peut confier un Retourneur de Temps. Vous �tes l'un d'eux. J' en suis navr�e."</p><p>"Mais j'en ai <emphasis>besoin</emphasis> !" l�cha Harry. "Et si des Serpentard me menacent et que je dois m'�chapper ? Il me garde en <emphasis>s�curit�</emphasis> -"</p><p>"Tous les autres �tudiants de ce ch�teau courent les m�me risques, et je vous assure qu'ils survivent. Aucun �tudiant n'est mort dans ce ch�teau depuis pr�s de cinquante ans. M. Potter, vous allez me rendre le Retourneur de Temps et vous allez me le rendre maintenant."</p><p>Le visage de Harry �tait d�chir� par la souffrance, mais il sortit le Retourneur de Temps de sous ses robes et le lui donna.</p><p>Minerva sortit une des coques protectrices qui avaient �t� envoy�es � Poudlard de son bureau. Elle clippa la coque autour du sablier rotatif du Retourneur de Temps, puis elle d�posa sa baguette sur la coque pour compl�ter l'enchantement.</p><p>"<emphasis>Ce n'est pas juste</emphasis> !" glapit Harry. "J'ai sauv� la moiti� de Poudlard du professeur Rogue aujourd'hui, est-il juste que je sois puni pour �a ? J'ai vu votre regard, vous <emphasis>d�testiez</emphasis> ce qu'il faisait !"</p><p>Minerva resta silencieuse pendant quelques instants. Elle enchantait.</p><p>Lorsqu'elle eut fini et qu'elle releva le regard, elle sut que son visage �tait dur. Peut-�tre qu'elle avait tort. Mais peut-�tre que c'�tait ce qu'il fallait faire. Il y avait un enfant obstin� face � elle, et �a ne voulait <emphasis>pas</emphasis> dire que l'univers �tait en morceaux.</p><p>"<emphasis>Juste</emphasis>, M. Potter ?" dit-elle d'un ton moqueur. "J'ai d� faire <emphasis>deux rapports</emphasis> au Minist�re pour utilisation public d'un Retourneur de Temps, <emphasis>deux jours de suite</emphasis> ! Soyez <emphasis>extr�mement</emphasis> reconnaissant qu'on vous ait autoris� � conserver le Retourneur de Temps, m�me sous une forme restreinte ! Le Directeur a fait un appel par chemin�e pour plaider votre cause personnellement, et si vous n'�tiez pas le Survivant, m�me �a n'aurait pas suffit !"</p><p>Harry la regarda, la bouche grande ouverte.</p><p>Elle savait qu'il voyait le visage du professeur McGonagall en col�re.</p><p>Les yeux de Harry s'emplirent de larmes.</p><p>"Je suis, d�sol�," chuchota-t-il, sa voix maintenant �touff�e et bris�e. "Je suis d�sol�, de vous avoir, d��ue..."</p><p>"Je suis d�sol�e aussi, M. Potter," dit-elle d'un ton dur, et elle lui tendit le nouveau Retourneur de Temps Restreint. "Vous pouvez partir."</p><p>Harry fit demi-tour et fuit son bureau en sanglotant. Elle entendait ses pieds tra�ner dans le couloir, puis le son fut interrompu par celui d'une porte qui se refermait.</p><p>"Je suis d�sol�e aussi, Harry," murmura-t-elle dans la pi�ce silencieuse. "Je suis d�sol�e aussi."</p><empty-line/><p>Quinze minutes apr�s le d�but du d�jeuner.</p><p>Personne ne parlait � Harry. Certains des Serdaigle lui jetaient des regards de col�re, d'autres de sympathie, et quelques-uns parmi les plus jeunes le regardaient m�me avec admiration, mais personne ne lui parlait. M�me Hermione n'avait pas essay� de s'approcher.</p><p>Fred et George �taient venus avec pr�caution. Ils n'avaient rien dit. L'offre �tait claire, et elle �tait optionnelle. Harry leur avait dit qu'il viendrait pour le dessert, pas avant. Ils avaient hoch� la t�te et �taient vite partis.</p><p>C'�tait probablement l'absence totale d'expression sur le visage de Harry qui avait cet effet.</p><p>Les autres pensaient probablement qu'il contr�lait sa col�re ou sa consternation. Ils savaient qu'il avait �t� appel� dans le bureau du Directeur parce qu'ils avaient vu le professeur Flitwick venir le chercher.</p><p>Harry essayait de ne pas sourire, parce que s'il souriait, il commencerait � rire, et s'il commen�ait � rire, il ne s'arr�terait pas avant que les gentils monsieurs en veste blanche ne viennent l'emporter.</p><p>C'en �tait trop. C'en �tait vraiment trop. Harry �tait presque pass� du C�t� Obscur, son c�t� obscur avait fait des choses qui semblaient d�mentes r�trospectivement, son c�t� obscur avait gagn� une victoire impossible qui �tait peut-�tre r�elle mais qui �tait peut-�tre une pure fantaisie de la part d'un Directeur fou, son c�t� obscur avait prot�g� ses amis. Ils ne pouvait plus le supporter. Il avait besoin que Fumseck chante � nouveau. Il avait besoin d'utiliser le Retourneur de Temps, de s'en aller passer une heure au calme pour r�cup�rer, mais ce n'�tait plus possible et la perte �tait comme un trou dans son existence, mais il ne pouvait pas y penser parce qu'alors il pourrait commencer � rire.</p><p>Vingt minutes. Tous les �l�ves qui allaient venir au d�jeuner �taient d�j� l�, et presque aucun n'�tait parti.</p><p>Le battement d'une cuill�re r�sonna dans la Grande Salle.</p><p>"Si je pouvais avoir votre attention," dit Dumbledore. "Harry Potter aimerait partager quelque chose avec nous."</p><p>Harry prit une profonde inspiration et se leva. Il marcha jusqu'� la Grande Table, et tous les yeux �taient braqu�s sur lui.</p><p>Harry se retourna et regarda les quatre tables.</p><p>�a devenait de plus en plus difficile de ne pas sourire, mais Harry vida son visage de toute expression alors qu'il r�citait son bref discours appris par c�ur.</p><p>"La v�rit� est sacr�e," dit Harry d'une voix sans timbre. "Une de mes possessions que je ch�ris le plus est un bouton sur lequel il est �crit : 'Dis la v�rit�, m�me si ta voix tremble.' Voici donc la v�rit�. Souvenez-vous en. Je ne le dis pas parce qu'on m'y oblige, mais parce que c'est vrai. Ce que j'ai fait durant le cours du professeur Rogue �tait sot, stupide, pu�ril, et une enfreinte inexcusable aux r�gles de Poudlard. J'ai d�rang� la classe et j'ai priv� mes camarades d'un temps d'�tude irrempla�able. Tout �a parce que je ne suis pas parvenu � contr�ler mon temp�rament. J'esp�re qu'aucun d'entre vous ne suivra jamais mon exemple. Je compte certainement essayer de ne plus jamais le suivre."</p><p>Un grand nombre des �tudiants qui regardaient Harry arboraient maintenant une expression grave et m�contente, comme on aurait pu en voir lors d'une c�r�monie marquant la perte d'un champion tomb� au combat. L'expression �tait quasi unanime chez les plus jeunes Gryffondor.</p><p>Jusqu'� ce que Harry l�ve sa main.</p><p>Il ne la leva pas haut. �a aurait pu sembler pr�tentieux. Il ne la leva certainement pas vers Severus. Harry leva simplement sa main au niveau de sa poitrine, et claqua doucement des doigts, un geste qui fut plus vu qu'entendu. Il �tait possible que la majorit� de la Grande Table ne l'ait m�me pas remarqu�.</p><p>Ce qui ressemblait � un geste de d�fiance d�clencha des sourires chez les plus jeunes �tudiants et chez les Gryffondor, ainsi que des ricanements hautains chez les Serpentard, et des grimaces et des airs inquiets chez tous les autres.</p><p>Harry maintint son expression neutre. "Merci," dit-il. "C'est tout."</p><p>"Merci, M. Potter," dit le Directeur. "Et maintenant, le professeur Rogue aimerait lui aussi partager quelque chose avec vous."</p><p>Severus se leva avec fluidit� de sa chaise � la Grande Table. "On a port� � mon attention," dit-il, "que mes propres actes ont en partie provoqu� la col�re certes inexcusable de M. Potter, et dans la discussion qui s'en est suivie, je me suis rendu compte que j'avais oubli� avec quelle facilit� les sentiments des jeunes et des immatures peuvent �tre bless�s -"</p><p>Il y eut le son de nombreuses personnes s'�touffant en m�me temps.</p><p>Severus continua comme s'il n'avait rien entendu. "Le cours de Potion est un lieu dangereux, et je pense toujours que la discipline la plus stricte est n�cessaire, mais je ferai dor�navant plus attention � la... fragilit� �motionnelle... des �l�ves en quatri�me ann�e et moins. Ma d�duction de points de Serdaigle tient toujours, mais j'annule la retenue de M. Potter. Merci."</p><p>Il y eut un unique applaudissement venant de Gryffondor, et plus vite que la lumi�re la baguette de Severus �tait dans sa main et <emphasis>"Silencio</emphasis> !" fit taire le contrevenant.</p><p>"J'exigerai toujours la discipline et le respect dans <emphasis>tous</emphasis> mes cours," dit froidement Severus, "quiconque essayant de me chahuter le regrettera."</p><p>Il se rassit.</p><p>"Merci aussi !" dit le directeur Dumbledore avec joie. "Continuons !"</p><p>Et Harry, toujours neutre, commen�a � redescendre jusqu'� son si�ge � la table Serdaigle.</p><p>Il y eut une explosion de conversation. Deux mots �taient clairement identifiables au d�but. Le premier �tait un "Qu'est -" initial, commen�ant de nombreuses phrases telles que "Qu'est ce qui s'est pass� -" ou "Qu'est-ce que c'�tait que -". L'autre �tait "<emphasis>R�curvite!</emphasis>", au fur et � mesure que les �l�ves nettoyaient leurs robes et la nappe de la nourriture tomb�e et des boissons crach�es.</p><p>Certains �l�ves pleuraient ouvertement. Le professeur Chourave pleurait aussi.</p><p>� la table Gryffondor, o� attendait un g�teau d�cor� de cinquante et une bougies, Fred murmura, "Je pense qu'on est peut-�tre un peu d�pass�s, l�, George."</p><p>Et depuis ce jour, peu importe ce que Hermione essaierait de dire aux gens, ce serait une l�gende commun�ment accept�e de Poudlard que Harry Potter pouvait faire survenir absolument n'importe quoi en claquant des doigts.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 19*: Gratification diff�r�e</strong></p><p>Du sang pour le dieu du sang ! Des cr�nes pour J.K. Rowling !</p><empty-line/><p>Draco arborait une expression s�v�re, et ses robes � bordures vertes semblaient �tre plus solennelles, bien plus s�rieuses et bien mieux coup�es que celles port�es par les deux gar�ons derri�re lui.</p><p>"Parle," dit Draco.</p><p>"Ouais ! Parle !"</p><p>"T'as entendu l'boss ! Parle !"</p><p>"Vous deux, en revanche, <emphasis>fermez-la</emphasis>."</p><p>Le dernier cours de vendredi allait commencer dans le vaste auditorium o� les quatre Maisons apprenaient la D�fense... euh, la Magie de Combat.</p><p>Le dernier cours du vendredi.</p><p>Harry esp�rait que ce cours ne serait pas stressant, et que le g�nial professeur Quirrell se rendrait compte que ce n'�tait peut �tre pas le meilleur moment pour attirer l'attention sur Harry. Il avait un peu r�cup�r�, mais...</p><p>...mais juste au cas o�, il valait probablement mieux s'adonner � un petit moment de d�tente.</p><p>Harry s'enfon�a dans sa chaise et octroya un regard d'une grande solennit� � Draco et � ses laquais.</p><p>"Vous demandez notre but ?" d�clama Harry. "Je puis r�pondre par un mot. C'est la victoire. La victoire � tout prix - la victoire au prix de toutes les terreurs - la victoire, aussi longue et difficile que puisse �tre la route, car sans victoire il n'est point de -"</p><p>"<emphasis>P</emphasis><emphasis>arle-moi</emphasis><emphasis> de Rogue</emphasis>," siffla Draco. "<emphasis>Qu'est-ce que tu as fait ?</emphasis>"</p><p>Harry se d�barrassa de sa fausse solennit� et jeta un regard plus s�rieux � Draco.</p><p>"Tu l'as vu," dit Harry. "Tout le monde l'a vu. J'ai claqu� des doigts."</p><p>"<emphasis>Harry ! Arr�te de me taquiner !</emphasis>"</p><p>Ah, alors il avait �t� promu � <emphasis>Harry</emphasis> maintenant. Int�ressant. Et de fait, Harry �tait certain qu'il �tait cens� s'en rendre compte et se sentir mal s'il n'y r�pondait pas d'une fa�on ou d'une autre...</p><p>Harry se tapota les oreilles et jeta un regard lourd de sens en direction des laquais.</p><p>"Ils ne parleront pas," dit Draco.</p><p>"Draco," dit Harry, "je vais �tre cent pour cent honn�te et te dire que hier, je n'ai pas �t� particuli�rement impressionn� par la fourberie de M. Goyle."</p><p>M. Goyle fit la grimace.</p><p>"Moi non plus," dit Draco. "Je lui ai expliqu� que j'avais fini par te devoir une faveur � cause de �a." (M. Goyle fit de nouveau la grimace) "Mais il y <emphasis>a</emphasis> une grande diff�rence entre ce genre d'erreur et l'indiscr�tion. On les a vraiment entra�n�s � comprendre �a depuis leur enfance."</p><p>"Alors tr�s bien," dit Harry. Il baissa la voix m�me si le bruit ambiant �tait d�j� devenu flou en pr�sence de Draco. "Je suis parvenu � d�duire l'un des secrets de Severus et je lui ai fait un peu de chantage."</p><p>Le visage de Draco se durcit. "Bon, maintenant dis-moi quelque chose que tu n'as pas confi� en stricte confidence aux idiots de Gryffondor, c'est � dire l'histoire que tu <emphasis>voulais</emphasis> voir r�pandue dans l'�cole."</p><p>Harry sourit involontairement, et il sut que Draco l'avait remarqu�.</p><p>"Que dit Severus ?" dit Harry.</p><p>"Qu'il ne s'�tait pas rendu compte � quel point les �motions des jeunes enfants �taient sensibles," dit Draco. "M�me aux Serpentard ! M�me � <emphasis>moi</emphasis> !"</p><p>"Es-tu certain," dit Harry, "de vouloir savoir quelque chose que m�me le Directeur de ta Maison pr�f�rerait te voir ignorer ?"</p><p>"Oui," dit Draco sans h�sitation.</p><p><emphasis>Int�ressant</emphasis>. "Alors tu vas vraiment commencer par renvoyer tes laquais, parce que je ne suis pas certain de pouvoir croire tout ce que tu dis � leur sujet."</p><p>Draco hocha la t�te. "D'accord."</p><p>M. Crabbe et M. Goyle avaient l'air <emphasis>vraiment</emphasis> m�contents. "Patron -" dit M. Crabbe.</p><p>"Vous n'avez donn� aucune raison � M. Potter de vous faire confiance," dit Draco. "Partez !"</p><p>Ils s'en furent.</p><p>"En particulier," dit Harry, baissant encore plus la voix, "je ne suis pas <emphasis>enti�rement</emphasis> certain qu'ils ne rapporteraient pas ce que je dis � Lucius."</p><p>"P�re ne <emphasis>ferait</emphasis> pas �a !" dit Draco, l'air vraiment horrifi�. "Ils sont � <emphasis>moi</emphasis> !"</p><p>"Je suis d�sol�, Draco," dit Harry. "Je ne suis pas certain de pouvoir croire tout ce que tu crois au sujet de ton p�re. Imagine que c'�tait ton secret, et que je te disais que mon p�re ne ferait pas une chose pareille."</p><p>Draco hocha lentement la t�te. "Tu as raison. <emphasis>Je suis</emphasis> d�sol�, Harry. J'avais tort de te demander �a."</p><p><emphasis>Comment ai-je fait pour �tre autant promu ? Ne devrait-il pas me d�tester maintenant ?</emphasis> Harry avait l'impression qu'il �tait en pr�sence d'une situation exploitable... il aurait seulement aim� que son cerveau ne soit pas si �puis�. En temps normal, il aurait ador� s'essayer au tissage de complexes intrigues.</p><p>"Bref," dit Harry. "�change. Je te donne une information qui ne circule pas d�j�, et qui <emphasis>n'entre</emphasis> pas en circulation, et en <emphasis>particulier</emphasis> qui ne va pas jusqu'� ton p�re, et en retour tu me dis ce que Serpentard et toi pensez de toute cette histoire."</p><p>"March� conclu !"</p><p>Et maintenant pour rendre �a aussi vague que possible... quelque chose qui ne poserait pas de probl�me m�me si �a se savait... "Ce que j'ai dit �tait vrai. J'ai d�couvert l'un des secrets de Severus, et j'ai fait un peu de chantage. Mais Severus n'�tait pas la seule personne impliqu�e."</p><p>"<emphasis>Je le savais</emphasis> !" dit Draco, exultant.</p><p>L'estomac de Harry se serra. Il avait apparemment dit quelque chose de tr�s important et il ne savait pas pourquoi. Ce n'�tait pas bon signe.</p><p>"Tr�s bien," dit Draco. Il avait maintenant un grand sourire sur le visage. "Alors voil� � quoi ressemblait la r�action � Serpentard. D'abord, tous les idiots �taient l�, 'On d�teste Harry Potter ! Allons lui mettre une racl�e !'"</p><p>Harry s'�touffa. "Qu'est ce qui <emphasis>cloche</emphasis> avec le Choixpeau Magique ? Ce n'est pas du Serpentard, c'est du <emphasis>Gryffondor</emphasis> -"</p><p>"Tous les enfants ne sont pas des prodiges," dit Draco, mais il souriait d'un air vilain et conspirateur comme pour sous-entendre qu'en son for int�rieur il �tait d'accord avec Harry. "Et �a a pris � peu pr�s quinze secondes pour leur expliquer en quoi ce ne serait pas vraiment faire une faveur au professeur Rogue, donc ne t'en fais pas. Bref, apr�s �a il y a eu la deuxi�me vague d'idiots, ceux qui disaient 'On dirait que Harry n'est qu'un bien-pensant de plus apr�s tout.'"</p><p>"Et ensuite ?" dit Harry en souriant, m�me s'il ne savait absolument pas pourquoi <emphasis>cette id�e</emphasis> �tait stupide.</p><p>"Et alors les gens vraiment intelligents ont commenc� � parler. Il est �vident que tu as trouv� un moyen de mettre <emphasis>beaucoup </emphasis>de pression sur Rogue. Et m�me si �a pourrait �tre plus d'une chose � la fois... l'id�e �vidente <emphasis>suivante</emphasis> a �t� que �a avait quelque chose � voir avec l' emprise inconnue que Rogue a sur Dumbledore. J'ai raison ?"</p><p>"Pas de commentaire," dit Harry. Au moins son cerveau comprenait cette partie correctement. La Maison Serpentard <emphasis>s'�tait</emphasis> demand�e pourquoi Severus ne s'�tait pas fait renvoyer. Et ils en avaient conclu que Severus faisait chanter Dumbledore. Cela pouvait-il �tre vrai...? Mais Dumbledore n'avait pas sembl� agir comme si c'�tait le cas...</p><p>Draco continua de parler. "Et ce que les gens intelligents ont <emphasis>ensuite</emphasis> fait remarquer, c'�tait que si tu pouvais mettre assez de pression sur Rogue pour le forcer � laisser tranquille la moiti� de Poudlard, alors �a voulait dire que tu avais probablement assez de pouvoir pour te d�barrasser enti�rement de lui si tu le voulais. Ce que tu lui as fait subir, c'est une humiliation, tout comme il a essay� de t'humilier - mais tu nous as laiss� notre Directeur de Maison."</p><p>Harry laissa son sourire grandir.</p><p>"Et alors les gens <emphasis>vraiment</emphasis> intelligents," dit Draco, le visage maintenant s�rieux, "sont partis, et ils ont eu une petite discussion priv�e juste entre eux, et quelqu'un a fait remarquer que ce serait tr�s stupide de laisser un ennemi dans les parages comme �a. Si tu avais pu briser son emprise sur Dumbledore, �a aurait �t� la chose � faire. Dumbledore ferait alors d�gager Rogue de Poudlard, et il essaierait peut-�tre m�me de le faire abattre, et il te serait <emphasis>tr�s</emphasis> reconnaissant, et tu n'aurais pas � t'inqui�ter de voir Rogue se faufiler la nuit dans ton dortoir avec des potions int�ressantes."</p><p>Le visage de Harry �tait � pr�sent neutre. Il n'avait pas pens� � �a et il aurait vraiment, vraiment d�. "Et de �a tu as conclu...?"</p><p>"L'emprise de Rogue vient d'un secret de Dumbledore et <emphasis>tu as ce secret</emphasis> !" Draco exultait. "Il ne peut pas �tre assez puissant pour totalement d�truire Dumbledore, sinon Rogue l'aurait d�j� utilis�. Rogue refuse d'utiliser son emprise pour autre chose que de rester roi de Serpentard, et m�me l� il n'obtient pas toujours ce qu'il veut, alors �a doit avoir ses limites. Mais �a <emphasis>doit </emphasis>�tre un sacr�ment bon secret ! P�re essaie de le tirer du nez de Rogue depuis des <emphasis>ann�es</emphasis> !"</p><p>"Et," dit Harry, "maintenant Lucius pense que <emphasis>je</emphasis> peux le lui dire. As-tu d�j� envoy� une chouette -"</p><p>"Je le ferai ce soir," dit Draco, et il rit. "La r�ponse dira," sa voix prit une cadence diff�rente, plus formelle, "<emphasis>Mon fils bien-aim� : je t'ai d�j� parl� de l'importance potentielle de Harry Potter. Comme tu t'en es d�j� rendu compte, celle-ci est � pr�sent devenue plus grande et plus urgente. Si tu vois le moindre moyen menant � l'amiti� ou le moindre point de pression </emphasis><emphasis>exer�able</emphasis><emphasis>, tu dois t'y aventurer, et toutes les ressources des </emphasis><emphasis>Malfoy </emphasis><emphasis>seront � ta disposition si besoin est."</emphasis></p><p>Eh ben. "Alors," dit Harry, "sans commenter sur la v�racit� de l'�difice compliqu� qu'est ta th�orie, laisse-moi juste dire que nous ne sommes pas encore de si bons amis que �a."</p><p>"Je sais," dit Draco. Puis son visage devint <emphasis>tr�s</emphasis> s�rieux, et sa voix fut difficile � entendre, m�me dans ce flou sonore. "Harry, t'est-il venu � l'esprit que si tu sais quelque chose que Dumbledore ne souhaite pas que tu saches, Dumbledore peut simplement te faire ex�cuter ? Et �a ferait aussi passer le Survivant du statut de meneur concurrent potentiel � celui de martyr de valeur."</p><p>"Pas de commentaire," dit de nouveau Harry. Il n'avait pas pens� � �a non plus. �a ne <emphasis>ressemblait</emphasis> pas au style de Dumbledore... mais...</p><p>"Harry," dit Draco, "tu as clairement un talent <emphasis>incroyable</emphasis>, mais tu n'as aucun entra�nement et pas de mentors et tu fais parfois des choses stupides et <emphasis>tu as vraiment besoin d'un conseiller qui sait s'y prendre ou tu vas te faire mal !"</emphasis> Le visage de Draco �tait plein de ferveur.</p><p>"Ah," dit Harry. "Un conseiller, comme Lucius ?"</p><p>"Comme <emphasis>moi</emphasis> !" dit Draco. "Je promets de garder tes secrets � l'abri de P�re, � l'abri de <emphasis>tout le monde</emphasis>, je t'aiderai juste � accomplir ce que tu veux accomplir !"</p><p>Wow.</p><p>Harry vit zombie-Quirrell passer les portes de la salle en titubant.</p><p>"Le cours est sur le point de commencer," dit Draco, "c'est trop t�t. Tu vois ? Je te donne des bons conseils m�me si �a me dessert. Mais on devrait peut-�tre <emphasis>se d�p�cher</emphasis> de devenir des amis plus proches."</p><p>"Je suis ouvert � �a," dit Harry, qui essayait d�j� de trouver un moyen d'exploiter cette possibilit�.</p><p>"Un autre conseil," dit Draco en vitesse tandis que Quirrell tra�nait des pieds jusqu'� son bureau, "pour l'instant tout le monde � Serpentard se pose des questions � ton sujet, alors si tu nous fais la cour, comme je pense que tu es en train de le faire, tu devrais faire quelque chose qui signale ton amiti� � Serpentard. <emphasis>Bient�t</emphasis>, du genre aujourd'hui ou demain."</p><p>"Laisser Severus continuer de donner des points suppl�mentaires � Serpentard n'a pas suffi ?" Aucune raison pour que Harry ne s'attribue pas le m�rite de �a.</p><p>Les yeux de Draco tressaillirent au moment o� il comprit, puis il dit rapidement : "Ce n'est pas pareil, crois-moi, �a doit �tre quelque chose d'�vident. Pousse ta rivale sang-de-bourbe Granger dans un mur ou quelque chose du style, tout le monde � Serpentard comprendra ce que �a veut dire -"</p><p>"Ce n'est <emphasis>pas</emphasis> comme �a que Serdaigle fonctionne, Draco ! Si tu dois pousser quelqu'un contre un mur, �a veut dire que ton cerveau est trop <emphasis>faible</emphasis> pour le vaincre comme il se doit, et tout le monde � Serdaigle <emphasis>sait �a</emphasis> -"</p><p>L'�cran sur le pupitre de Harry s'alluma en clignotant, provoquant une mont�e soudaine de nostalgie pour la t�l�vision et les ordinateurs.</p><p>"Ahem," dit la voix du professeur Quirrell, qui semblait s'adresser personnellement � Harry depuis l'�cran. "Merci de vous asseoir."</p><empty-line/><p>Et les enfants furent tous assis, regardant les �crans-relais sur les pupitres, ou directement vers la grande plate-forme de marbre blanc o� se tenait le professeur Quirrell, pench� sur son bureau, sur la petite estrade de marbre plus sombre.</p><p>"Aujourd'hui," dit le professeur Quirrell, "j'avais pr�vu de vous enseigner votre premier sort d�fensif, un petit bouclier qui �tait l'anc�tre du <emphasis>Protego</emphasis> moderne. Mais � la r�flexion, et � la lumi�re des �v�nements r�cents, j'ai d�cid� de changer la le�on d'aujourd'hui."</p><p>Le regard du professeur Quirrell parcourut la rang�e de si�ges. Harry grima�a depuis son si�ge dans la derni�re rang�e. Il avait l'impression de savoir qui allait �tre appel�.</p><p>"Draco, de la Noble et Ancienne Maison de Malfoy," dit le professeur Quirrell.</p><p>Pfiou.</p><p>"Oui, professeur ?" dit Draco. Sa voix �tait amplifi�e et semblait venir de l'�cran-relais sur le pupitre de Harry qui montrait le visage de Draco en train de parler. Puis l'�cran revint au professeur Quirrell, qui dit :</p><p>"Est-ce votre ambition que de devenir le prochain Seigneur des T�n�bres ?"</p><p>"C'est une dr�le de question, professeur," dit Draco. "Je veux dire, qui serait assez stupide pour admettre �a ?"</p><p>Quelques �tudiants rirent, mais pas beaucoup.</p><p>"En effet," dit le professeur Quirrell, "et m�me s'il est inutile de vous poser la question, je ne serais pas le moins du monde surpris s'il y avait un �tudiant ou deux dans mes cours qui entretenaient l'ambition de devenir le prochain Seigneur des T�n�bres. Apr�s tout, <emphasis>je</emphasis> voulais �tre le prochain Seigneur des T�n�bres quand <emphasis>j'</emphasis>�tais un jeune Serpentard."</p><p>Cette fois le rire fut bien plus g�n�ral.</p><p>"C'<emphasis>est</emphasis> la Maison des ambitions, apr�s tout," dit le professeur Quirrell en souriant. "Je ne me suis rendu compte que plus tard que ce que j'aimais vraiment, c'�tait la Magie de Combat, et que ma v�ritable ambition �tait de devenir un grand sorcier combattant et d'enseigner un jour � Poudlard. Quoi qu'il en soit, quand j'avais treize ans, j'ai lu toutes sections historiques de la biblioth�que de Poudlard en examinant minutieusement les vies et les destins des Seigneurs des T�n�bres pass�s, et j'ai fait une liste de toutes les erreurs que <emphasis>je</emphasis> ne ferai jamais quand <emphasis>je</emphasis> serai un Seigneur des T�n�bres -"</p><p>Harry gloussa avant de pouvoir s'en emp�cher.</p><p>"Oui M. Potter, tr�s amusant. Alors dites-moi, pouvez-vous deviner quel �tait le tout premier �l�ment de cette liste ?"</p><p><emphasis>G�nial</emphasis>. "Euh... ne jamais utiliser une m�thode compliqu�e de s'occuper d'un ennemi quand on peut juste l'Abracadabrer ?"</p><p>"Le <emphasis>terme</emphasis>, M. Potter, est <emphasis>Avada Kedavra</emphasis>," pour une raison inconnue, la voix du professeur Quirrell �tait acerbe, "et non, ce n'�tait <emphasis>pas</emphasis> sur la liste que j'ai faite � l'�ge de treize ans. Voudriez-vous r�essayer ?"</p><p>"Ah... ne jamais se vanter de son plan mal�fique aupr�s de quelqu'un ?"</p><p>Le professeur Quirrell rit. "Ah, <emphasis>�a</emphasis> c'�tait le num�ro deux. Dites-moi, M. Potter, aurions-nous �t� lire certains livres ?"</p><p>Il y eut plus de rires, avec une nuance de nervosit�. Harry serra fermement sa m�choire et ne dit rien. Nier n'aurait eu aucun effet.</p><p>"Mais non. Le <emphasis>premier</emphasis> �l�ment �tait : 'Je ne m'amuserai pas � provoquer des ennemis puissants et brutaux.' L'histoire du monde serait tr�s diff�rente si Mornelithe Falconsbane ou Hitler avaient appr�hend� ce conseil �l�mentaire. Maintenant, <emphasis>si</emphasis>, M. Potter, - juste <emphasis>si</emphasis> vous vous trouviez par hasard entretenir une ambition similaire � celle que j'entretenais lorsque j'�tais un jeune Serpentard - m�me alors, j'esp�re que ce ne serait pas votre ambition que de devenir un Seigneur des T�n�bres <emphasis>stupide</emphasis>."</p><p>"Professeur Quirrell," dit Harry en serrant les dents, "je suis un <emphasis>Serdaigle</emphasis>, et ce n'est pas dans mes ambitions que de devenir stupide, point. Je sais que ce que j'ai fait aujourd'hui �tait b�te. Mais ce n'�tait pas <emphasis>T�n�breux</emphasis> ! Ce n'est <emphasis>pas</emphasis> moi qui ai port� le premier coup dans ce combat !"</p><p>"M. Potter, vous �tes un idiot. Mais je l'�tais moi-m�me � votre �ge. Aussi j'ai anticip� votre r�ponse et ai alt�r� la le�on du jour en fonction. M. Gregory Goyle, voudriez-vous vous avancer s'il vous pla�t ?"</p><p>Il y eut une pause de surprise dans la classe. Harry ne s'�tait pas attendu � �a.</p><p>Et vu son air, pas plus que M. Goyle, qui avait l'air plut�t h�sitant et inquiet tandis qu'il montait sur la plate-forme de marbre et s'approchait de l'estrade.</p><p>Le professeur Quirrell se redressa au-dessus de son bureau sur lequel il s'�tait appuy�. Il eut soudain l'air plus fort, ses mains se resserr�rent en des poings et il adopta une posture martiale clairement reconnaissable.</p><p>� cette vue, les yeux de Harry s'�carquill�rent, et il comprit pourquoi M. Goyle avait �t� appel�.</p><p>"La plupart des sorciers," dit le professeur Quirrell, "ne s'emb�tent pas beaucoup avec ce qu'un Moldu appellerait les arts martiaux. Une baguette n'est-elle pas plus forte qu'un poing ? Cette attitude est idiote. Les baguettes sont tenues par des poings. Si vous voulez �tre un grand sorcier combattant, vous <emphasis>devez</emphasis> apprendre les arts martiaux jusqu'� un niveau qui impressionnerait m�me un Moldu. Je vais maintenant d�montrer une technique d'une importance vitale, que j'ai apprise dans un <emphasis>dojo</emphasis>, une �cole moldue d'arts martiaux, et dont je parlerai tr�s bient�t. Pour le moment..." Le professeur Quirrell fit quelques pas, toujours en posture, et s'avan�a vers l'endroit o� se tenait M. Goyle. "M. Goyle, je vais vous demander de m'attaquer."</p><p>"Professeur Quirrell," dit M. Goyle, sa voix maintenant autant amplifi�e que celle du professeur, "puis-je vous demander quel niveau -"</p><p>"Sixi�me <emphasis>dan</emphasis>. Vous ne serez pas bless�, et moi non plus. Et si vous voyez une ouverture, merci de la prendre."</p><p>M. Goyle hocha la t�te, l'air tr�s soulag�.</p><p>"Notez," dit le professeur Quirrell, "que M. Goyle avait peur d'attaquer quelqu'un qui ne connaissait pas les arts martiaux � un niveau suffisant de peur que lui ou moi ne soyons bless�s. L'attitude de M. Goyle est exactement la bonne, et il a gagn� trois points Quirrell pour cela. Maintenant, battez-vous !"</p><p>Le jeune gar�on se jeta en avant, poings volants en tous sens, et le professeur arr�ta chaque coup en dansant � reculons, puis il donna un coup de pied et Goyle bloqua et pivota et essaya de faire chuter Quirrell d'un balayage de la jambe et Quirrell bondit au-dessus et tout allait trop vite pour que Harry comprenne ce qui se passait et soudain Goyle �tait sur le dos et poussait avec ses jambes et Quirrell <emphasis>volait </emphasis>r�ellement <emphasis>dans les airs</emphasis> puis il toucha le sol �paule en avant et fit une roulade.</p><p>"Stop !", s'�cria le professeur Quirrell depuis le sol, l'air soudain un peu paniqu�. "Vous avez gagn� !"</p><p>M. Goyle s'arr�ta si brusquement qu'il vacilla, tr�bucha, et tomba presque sous l'effet de l'acc�l�ration interrompue provoqu�e par sa charge t�te baiss�e vers le professeur Quirrell. Son visage exprimait un choc intense.</p><p>Le professeur Quirrell courba son dos et bondit sur ses pieds gr�ce � une sorte de saut bizarre qui ne faisait pas usage de ses mains.</p><p>Il y eut un silence dans la classe, un silence n� d'une confusion totale.</p><p>"M. Goyle," dit le professeur Quirrell, "quelle technique vitale ai-je d�montr�e ?"</p><p>"Comment tomber correctement quand quelqu'un vous projette," dit M. Goyle. "C'est une des premi�res le�ons qu'on apprend -"</p><p>"�a aussi," dit le professeur Quirrell.</p><p>Il y eut une pause.</p><p>"La technique vitale que j'ai d�montr�e," dit le professeur Quirrell, "est comment perdre. Vous pouvez vous rasseoir, M. Goyle, merci."</p><p>M. Goyle descendit de la plate-forme, l'air plut�t abasourdi. Harry partageait son sentiment.</p><p>Le professeur Quirrell retourna � son bureau et recommen�a � s'appuyer dessus. "Nous oublions parfois les choses les plus �l�mentaires parce que nous les avons apprises il y a trop longtemps. Je me suis rendu compte que j'avais fait de m�me avec le plan de mon cours. On n'enseigne pas aux �tudiants � projeter avant de leur avoir appris � tomber. Et je ne dois pas vous apprendre � vous battre tant que vous ne savez pas perdre."</p><p>Le visage du professeur Quirrell se durcit et Harry pensa avoir vu dans ses yeux comme une trace de douleur, comme un soup�on de tristesse. "J'ai appris comment perdre dans un <emphasis>dojo</emphasis> en Asie, o� vivent, comme tout Moldu le sait, tous les bons pratiquants d'arts martiaux. Ce <emphasis>dojo</emphasis> enseignait un style qui avait, aupr�s des sorciers combattants, la r�putation d'�tre bien adapt� aux duels magiques. Le ma�tre du <emphasis>dojo</emphasis> - un vieil homme selon les standards moldus - �tait le plus grand ma�tre de cette technique. Il n'avait pas la moindre id�e que la magie existait, bien s�r. Je me suis inscrit pour �tudier l�, et je fus l'un des rares �tudiants � �tre accept�s cette ann�e parmi tous les candidats. Il se peut qu'une touche d'influence sp�ciale y ait �t� pour quelque chose.</p><p>Il y eut des rires dans la salle. Harry ne partagea pas l'hilarit�. �a n'�tait pas du tout acceptable.</p><p>"Quoi qu'il en soit. Lors de l'un de mes premiers combats � mains nues, apr�s avoir �t� vaincu d'une fa�on particuli�rement humiliante, j'ai perdu le contr�le de moi-m�me et j'ai attaqu� mon partenaire de lutte -"</p><p><emphasis>Berk.</emphasis></p><p>"- heureusement avec mes poings plut�t qu'avec ma magie. De fa�on surprenante, le Ma�tre ne m'exclut pas imm�diatement. Mais il me dit qu'il y avait une faille dans mon temp�rament. Il me l'expliqua, et je sus qu'il disait vrai. Et il dit alors que je devrais apprendre � perdre."</p><p>Le visage du professeur Quirrell �tait vide de toute expression.</p><p>"Sous son ordre direct, tous les �tudiants du <emphasis>dojo</emphasis> form�rent une ligne. Un par un, ils m'approch�rent. Je ne devais <emphasis>pas</emphasis> me d�fendre. Je devais seulement implorer leur gr�ce. Un par un, ils me gifl�rent, ou ils me frapp�rent, et ils me firent tomber au sol. Certains d'entre eux crach�rent sur moi. Ils me trait�rent de tous les noms dans leurs langues natales. Et � chacun je dut r�pondre, 'J'ai perdu !' et autres d�clarations similaires, comme 'Arr�te-toi, je t'en supplie !' et 'J'admets que tu es meilleur que moi !'"</p><p>Harry essayait d'imaginer �a et n'y parvenait tout simplement pas. Il �tait impossible qu'une chose pareille soit arriv�e au digne professeur Quirrell.</p><p>"J'�tais un prodige de magie de combat, m�me � l'�poque. J'aurais pu tous les tuer avec de la magie sans baguette. Mais je ne l'ai pas fait. J'ai appris � perdre. Aujourd'hui encore, je m'en souviens comme des heures les plus d�plaisantes de mon existence. Et lorsque j'ai quitt� le dojo huit mois plus tard - ce qui �tait beaucoup trop t�t, mais c'�tait tout le temps que je pouvais me permettre d'y passer - le Ma�tre me dit qu'il esp�rait que je comprenais pourquoi cela avait �t� n�cessaire. Et je lui ai dit que c'�tait une des le�ons les plus pr�cieuses que j'avais jamais apprises. Ce qui �tait vrai, et l'est toujours."</p><p>Le professeur Quirrell adopta une expression am�re. "Vous vous demandez o� cet extraordinaire <emphasis>dojo</emphasis> se trouve, et si vous pouvez y �tudier. Vous ne le pouvez pas. Car peu de temps apr�s, un autre �tudiant en puissance parvint en ce lieu cach�, sur cette montagne recul�e. Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom."</p><p>Il y eut le son de plusieurs grandes inspirations simultan�es. Harry se sentit malade. Il savait ce qui allait suivre.</p><p>"Le Seigneur des T�n�bres entra dans l'�cole � d�couvert, sans d�guisement, les yeux rouges et compagnie. Les �tudiants tent�rent de lui bloquer la route, et il transplana simplement � travers eux. Ils �taient terrifi�s, mais aussi disciplin�s, et le Ma�tre s'avan�a. Et le Seigneur des T�n�bres exigea - il ne demanda pas, il exigea - d'apprendre."</p><p>Le visage du professeur Quirrell se durcit �norm�ment. "Peut-�tre le Ma�tre avait-il lu trop de livres r�p�tant le mensonge selon lequel un v�ritable pratiquant des arts martiaux pouvait vaincre les d�mons eux-m�mes. Pour cette raison ou une autre, le Ma�tre refusa. Le Seigneur des T�n�bres lui demanda pourquoi il ne pouvait pas devenir un �tudiant. Le Ma�tre lui dit qu'il n'avait aucune patience, et c'est l� que le Seigneur des T�n�bres lui arracha la langue."</p><p>Il y eut un bruit d'�tranglement collectif.</p><p>"Vous pouvez deviner ce qui se passa ensuite. Les �tudiants essay�rent de se jeter sur le Seigneur des T�n�bres et tomb�rent, stup�fix�s avant d'avoir pu bouger. Et alors..."</p><p>La voix du professeur Quirrell faiblit pendant un moment, puis il reprit.</p><p>"Il existe un Sortil�ge Impardonnable, le sort Doloris, qui provoque une insupportable douleur. S'il est maintenu plus de quelques minutes, il cr�e un �tat de folie permanent. Un par un, le Seigneur des T�n�bres Endolorit les �tudiants du Ma�tre jusqu'� la folie, puis il les acheva d'un Sort de Mort tandis que le Ma�tre �tait forc� de regarder. Une fois que tous ses �tudiants eurent ainsi �t� tu�s, le Ma�tre les suivit. J'ai appris cela de la bouche du seul survivant, que le Seigneur des T�n�bres a gard� en vie afin qu'il raconte cette histoire, et qui avait �t� mon ami..."</p><p>Le professeur Quirrell se d�tourna, et lorsqu'il refit face � la salle un instant plus tard, il semblait de nouveau calme et compos�.</p><p>"Les Seigneurs des T�n�bres ne peuvent pas contr�ler leur col�re," dit doucement le professeur Quirrell. "C'est un d�faut quasiment universel chez cette esp�ce, et quiconque a l'habitude de les combattre apprend bien vite � compter dessus. Comprenez que le Seigneur des T�n�bres ne gagna <emphasis>pas</emphasis>, ce jour-l�. Son but �tait d'apprendre les arts martiaux, et pourtant il s'en fut sans avoir eu une seule le�on. Le Seigneur des T�n�bres fut sot de souhaiter que cette histoire soit cont�e. Car elle ne montre pas sa force, mais plut�t une faiblesse exploitable."</p><p>Le regard du professeur Quirrell se concentra sur un �l�ve de la classe.</p><p>"Harry Potter," dit le professeur Quirrell.</p><p>"Oui," dit Harry, la voix rauque.</p><p>"Qu'avez-vous fait de mal aujourd'hui, <emphasis>pr�cis�ment</emphasis> ?"</p><p>Harry crut qu'il allait vomir. "J'ai perdu le contr�le de ma col�re."</p><p>"Ce n'est <emphasis>pas</emphasis> pr�cis," dit le professeur Quirrell. "Je le d�crirai avec plus d'exactitude. Il existe de nombreux animaux ayant ce qu'on appelle des luttes de dominance. Ils se foncent dessus, cornes en avant - essayant de s'assommer l'un l'autre, pas de s'encorner. Ils se battent avec leurs pattes - avec les griffes r�tract�es. Mais pourquoi avec leurs griffes r�tract�es ? Ils auraient certainement une meilleure chance de gagner s'ils utilisaient leurs griffes. Mais alors leur ennemi d�gainerait peut-�tre lui aussi ses griffes, et alors, au lieu de r�soudre leur lutte de dominance et d'avoir un gagnant et un perdant, ils pourraient tous deux se blesser s�rieusement."</p><p>Le professeur Quirrell sembla regarder droit vers Harry depuis l'�cran-relais. "Ce que vous avez d�montr� aujourd'hui, M. Potter, c'est que - � la diff�rence des animaux qui gardent leurs griffes r�tract�es et acceptent l'issue du combat - vous ne savez pas perdre une lutte de dominance. Lorsqu'un <emphasis>professeur de Poudlard</emphasis> vous a d�fi�, vous n'avez pas battu en retraite. Lorsqu'il a sembl� que vous risquiez de perdre, vous avez d�gain� vos griffes, n�gligeant le danger. Vous avez <emphasis>rench</emphasis><emphasis>�ri</emphasis>, puis vous avez <emphasis>encore</emphasis> rench�ri. �a a commenc� par une gifle donn�e par le professeur Rogue, qui �tait �videmment dominant. Au lieu de perdre, vous avez r�pondu par une gifle et avez fait perdre dix points � Serdaigle. Tr�s vite vous parliez de quitter Poudlard. Le fait que vous ayez encore plus rench�ri dans une direction inconnue et que vous soyez parvenu � gagner ne change rien au fait que vous �tes un idiot."</p><p>"Je comprends," dit Harry. Il avait la gorge s�che. Cela <emphasis>avait</emphasis> �t� pr�cis. <emphasis>Effroyablement</emphasis> pr�cis. Maintenant que le professeur Quirrell l'avait dit, Harry pouvait voir, r�trospectivement, que c'�tait une description <emphasis>exacte</emphasis> de ce qui s'�tait pass�. Lorsque quelqu'un avait un mod�le de vous aussi pr�cis que �a, vous deviez commencer � vous demander s'ils avaient raison sur d'autres sujets, comme sur votre intention de tuer par exemple.</p><p>"M. Potter, la <emphasis>prochaine</emphasis> fois que, lors d'un duel, vous rench�rissez au lieu de perdre, vous pourriez perdre <emphasis>tout</emphasis> ce que vous avez mis�. Je ne peux pas deviner ce que vos mises �taient aujourd'hui. Je peux deviner qu'elles �taient bien, bien trop �lev�es pour valoir la perte de dix points."</p><p>Comme le destin de l'Angleterre magique, par exemple. C'�tait ce qu'il avait mis�.</p><p>"Vous allez vous d�fendre en disant que vous essayiez d'aider tout Poudlard, un but bien plus important, m�ritant qu'on prenne de grands risques. C'est un <emphasis>mensonge</emphasis>. Si vous aviez -"</p><p>"J'aurais re�u la gifle, attendu, et choisi le meilleur moment pour agir," dit Harry d'une voix � nouveau rauque. "Mais alors j'aurais <emphasis>perdu</emphasis>. Je l'aurais laiss� me dominer. C'est ce que le Seigneur des T�n�bres n'a pas pu faire face au Ma�tre dont il d�sirait l'enseignement."</p><p>Le professeur Quirrell hocha la t�te. "Je vois que vous avez parfaitement compris. Et donc, M. Potter, aujourd'hui, vous allez apprendre � perdre."</p><p>"Je -"</p><p>"Je n'�couterai aucune de vos objections, M. Potter. Il est � la fois �vident que vous en avez besoin et que vous �tes assez fort pour le supporter. Je vous assure que l'exp�rience ne sera pas aussi brutale que celle que j'ai travers�e, bien qu'il soit fort probable que vous vous rappeliez ensuite ces quinze minutes comme les pires de votre jeune existence."</p><p>Harry d�glutit. "Professeur Quirrell," dit-il d'une petite voix, "pourrions-nous faire �a une autre fois ?"</p><p>"Non," dit simplement le professeur Quirrell. "Vous en �tes au cinqui�me jour de votre �ducation � Poudlard et ceci s'est d�j� produit. Nous sommes aujourd'hui vendredi. Notre <emphasis>prochain</emphasis> cours de D�fense est mercredi. Samedi, dimanche, lundi, mardi, mercredi... Non, nous n'avons <emphasis>pas</emphasis> le temps d'attendre."</p><p>Il y eut quelques rires, mais tr�s peu.</p><p>"S'il vous pla�t M. Potter, consid�rez cela comme un ordre de votre professeur. Je tiens � pr�ciser qu'autrement, je ne vous enseignerai aucun sort offensif, parce que j'apprendrais alors que vous avez s�v�rement bless� voir m�me tu� quelqu'un. Malheureusement, j'ai entendu dire que vos doigts sont d�j� des armes puissantes. Ne les claquez � aucun moment pendant cette le�on."</p><p>Plus de rires �pars, aux sonorit�s plut�t nerveuses.</p><p>Harry eut la sensation qu'il allait peut-�tre pleurer. "Professeur Quirrell, si vous faites quoi que ce soit ressemblant � ce dont vous venez de parler, �a va me mettre en col�re, et je ne voudrais vraiment pas me remettre en col�re aujourd'hui -"</p><p>"Le but n'est <emphasis>pas</emphasis> d'�viter de se mettre en col�re," dit le professeur Quirrell, son visage tr�s grave. "La col�re est naturelle. Vous devez apprendre � perdre m�me quand vous �tes en col�re. Ou du moins � <emphasis>faire semblant</emphasis> de perdre pour pouvoir ensuite <emphasis>planifier</emphasis> votre vengeance. Comme je l'ai fait aujourd'hui avec M. Goyle, � moins bien s�r que l'un d'entre vous ne pense qu'il <emphasis>est</emphasis> r�ellement meilleur -"</p><p>"Je ne le suis pas !" cria M. Goyle depuis son bureau, l'air un peu paniqu�. "Je sais que vous n'avez pas vraiment perdu ! S'il vous pla�t, ne planifiez pas de vengeance !"</p><p>Harry se sentit malade. Le professeur Quirrell ne connaissait pas son myst�rieux c�t� obscur. "Professeur, nous avons vraiment besoin d'en parler apr�s les cours -"</p><p>"Nous le ferons," dit le professeur Quirrell sur le ton d'une promesse. "Apr�s que vous ayez appris � perdre." Son expression �tait s�rieuse. "Il va sans dire que je vais exclure tout ce qui pourrait vous blesser ou m�me provoquer une douleur importante. La douleur viendra de la difficult� de perdre, de ne pas vous d�fendre et de ne pas rench�rir jusqu'� gagner."</p><p>La respiration de Harry �tait devenue une s�rie de hal�tements courts et paniqu�s. Il �tait plus effray� qu'il ne l'avait �t� lorsqu'il avait quitt� la salle de Potions. "Professeur Quirrell," parvint-il � dire, "je ne veux pas que vous vous fassiez renvoyer � cause de �a -"</p><p>"�a n'arrivera pas," dit le professeur Quirrell, "si <emphasis>vous</emphasis> leur dites ensuite que c'�tait n�cessaire. Et je vous fais confiance pour �a." Pendant un moment, la voix du professeur Quirrell devint tr�s s�che. "Croyez-moi, ils ont tol�r� pire dans leurs couloirs. Ce cas ne sera exceptionnel que parce qu'il a lieu dans une salle de classe."</p><p>"Professeur Quirrell," murmura Harry, mais sa voix �tait quand m�me relay�e partout, "vous croyez vraiment que si je ne fais pas �a, je pourrais faire du mal � quelqu'un ?"</p><p>"Oui," dit simplement le professeur Quirrell.</p><p>"Alors," Harry fut pris de naus�e, "je le ferai."</p><p>Le professeur Quirrell pivota pour faire face aux Serpentard. "Donc... avec l'approbation compl�te de votre enseignant, et afin que Rogue ne puisse �tre bl�m� pour vos actes... l'un ou l'une d'entre vous veut-il prouver qu'il domine le Survivant ? Le pousser en tous sens, le projeter au sol, l'entendre implorer votre piti� ?"</p><p>Cinq mains se lev�rent.</p><p>"Tous ceux qui ont lev� la main, vous �tes des idiots finis. Quelle partie de <emphasis>faire semblant de perdre</emphasis> n'avez-vous pas compris ? Si Harry Potter devient le prochain Seigneur des T�n�bres, il vous pourchassera et vous tuera apr�s avoir obtenu son dipl�me."</p><p>Les cinq mains retomb�rent brutalement sur leurs pupitres.</p><p>"Je ne le ferai pas," dit Harry, sa voix assez faible. "Je jure de ne jamais me venger sur ceux qui m'aideront � apprendre � perdre. Professeur Quirrell... pourriez-vous <emphasis>s'il vous pla�t</emphasis>... arr�ter de faire �a ?"</p><p>Le professeur Quirrell soupira. "Je <emphasis>suis</emphasis> navr�, M. Potter. Je me rends compte que vous devez trouver cela tout autant aga�ant, que vous projetiez de devenir le prochain Seigneur des T�n�bres ou non. Mais ces enfants avaient <emphasis>aussi</emphasis> une importante le�on de vie � apprendre. Accepteriez-vous que je vous octroie un point Quirrell en guise d'excuse ?"</p><p>"Disons deux," dit Harry.</p><p>Il y eut un remous de rires surpris, ce qui d�samor�a une partie de la tension ambiante.</p><p>"Fait," dit le professeur Quirrell.</p><p>"Et apr�s avoir obtenu mon dipl�me, je vous pourchasserai et je vous <emphasis>chatouillerai</emphasis>."</p><p>Il y eut plus de rires, mais le professeur Quirrell ne sourit pas.</p><p>Harry avait l'impression de lutter contre un anaconda, d'essayer de forcer la conversation vers l'�troit chemin qui permettrait aux gens de se rendre compte qu'il n'�tait pas un Seigneur des T�n�bres apr�s tout... <emphasis>pourquoi</emphasis> le professeur Quirrell �tait-il si suspicieux � son �gard ?</p><p>"Professeur," dit la voix non amplifi�e de Draco. "Ce n'est pas non plus mon ambition que de devenir un Seigneur des T�n�bres stupide."</p><p>Il y eut un silence choqu� dans la salle.</p><p><emphasis>Tu n'as pas � faire �a !</emphasis> faillit l�cher Harry, mais il se ma�trisa � temps ; Draco ne souhaitait peut-�tre pas que l'on sache qu'il faisait cela par amiti� pour Harry... ou par d�sir d'avoir l'air amical...</p><p>Appeler �a <emphasis>d�sir d'avoir l'air amical</emphasis> donna � Harry la sensation qu'il �tait petit et m�chant. Si Draco avait eut l'intention de l'impressionner, �a marchait � la perfection.</p><p>Le professeur Quirrell regardait Draco d'un air grave. "<emphasis>Vous</emphasis> avez peur de ne pas pouvoir faire semblant de perdre, M. Malfoy ? Ce d�faut qui d�crit M. Potter vous d�crit vous aussi ? Votre p�re vous a <emphasis>certainement</emphasis> mieux �duqu� que �a."</p><p>"Lorsqu'il s'agit de parler, peut-�tre," dit Draco, maintenant sur l'�cran-relais. "Pas lorsqu'il s'agit d'�tre pouss� en tous sens et projet� au sol. Je veux �tre au moins aussi fort que vous, professeur Quirrell."</p><p>Les sourcils du professeur Quirrell s'�lev�rent et rest�rent lev�s. "J'ai peur, M. Malfoy," dit-il apr�s un moment, "que les pr�paratifs que j'ai fait pour M. Potter, qui utilisent quelques Serpentard plus vieux � qui l'on dira <emphasis>plus tard</emphasis> � quel point ils �taient stupides, ne marcheraient pas avec vous. Mais, selon mon opinion professionnelle, vous �tes d�j� tr�s fort. Si je devais apprendre que vous avez �chou�, comme M. Potter a �chou� aujourd'hui, je ferais les pr�paratifs appropri�s et m'excuserais aupr�s de vous et de toute personne que vous auriez bless�e. Je ne pense cependant pas que cela sera n�cessaire."</p><p>"Je comprends, professeur," dit Draco.</p><p>Le professeur Quirrell regarda la classe. "Quelqu'un d'autre souhaite-t-il devenir fort ?"</p><p>Quelques �tudiants regard�rent autour d'eux nerveusement. Certains, pensa Harry depuis le dernier rang, semblaient avoir ouvert leurs bouches, mais ils ne disaient rien. Personne ne se d�cida � parler.</p><p>"Draco Malfoy sera l'un des g�n�raux des arm�es de cette ann�e," dit le professeur Quirrell, "s'il daigne s'impliquer dans cette activit� du soir. Et maintenant, M. Potter, merci de vous avancer."</p><empty-line/><p><emphasis>Oui</emphasis>, avait dit le professeur Quirrell, <emphasis>�a doit �tre en face de tout le monde, en face de vos amis, parce que c'est l� que Rogue s'est confront� � vous et c'est l� que vous devez apprendre � perdre</emphasis>.</p><p>Et maintenant les premi�re ann�e le regardaient. Dans un silence magiquement impos�, et pri�s par Harry et le professeur de ne pas intervenir. Hermione avait d�tourn� son visage, mais elle n'avait rien dit, et ne l'avait m�me pas remontr� du regard ; peut-�tre parce qu'elle avait �t� l� en cours de Potions, elle aussi.</p><p>Harry se tenait sur un tapis bleu rembourr�, comme on aurait pu en trouver dans un dojo moldu, que le professeur Quirrell avait d�pos� au sol en pr�vision du moment o� Harry serait projet� par terre.</p><p>Harry avait peur de ce qu'il risquait de faire. Si le professeur Quirrell avait raison au sujet de son intention de tuer...</p><p>La baguette de Harry gisait sur le bureau du professeur Quirrell, pas parce que Harry connaissait des sorts qui lui auraient permis de se d�fendre, mais parce que sinon (pensait Harry), il aurait pu essayer de la fourrer dans l'orbite de quelqu'un. Sa bourse gisait l� aussi, contenant maintenant son Retourneur de Temps, toujours prot�g� mais toujours potentiellement fragile.</p><p>Harry avait plaid� aupr�s du professeur Quirrell pour qu'il lui transfigure des gants de boxe et les attache � ses mains. Le professeur Quirrell lui avait jet� un regard compr�hensif et avait refus�.</p><p><emphasis>Je ne viserai pas leurs yeux, je ne viserai pas leurs yeux, je ne viserai pas leurs yeux, ce serait la fin de ma vie � Poudlard, je serais arr�t�</emphasis>, se chanta Harry � lui-m�me, essayant de marteler la pens�e dans son cerveau, esp�rant qu'elle resterait l� si jamais son intention de tuer prenait le dessus.</p><p>Le professeur Quirrell revint. Il escortait treize Serpentard plus �g�s, de diff�rentes ann�es. Harry reconnut l'un d'entre eux, celui qu'il avait frapp� d'une tarte. Deux autres pr�sents lors de cette confrontation �taient aussi l�. Celui qui leur avait dit d'arr�ter et qu'ils ne devraient vraiment pas faire �a n'�tait pas l�.</p><p>"Je r�p�te," dit le professeur Quirrell d'une voix tr�s s�v�re, "Potter ne doit <emphasis>pas</emphasis> �tre r�ellement bless�. Tout <emphasis>accident</emphasis> sera consid�r� comme d�lib�r�. Vous comprenez ?"</p><p>Les autres Serpentard acquiesc�rent en souriant.</p><p>"Alors n'h�sitez pas � remettre le Survivant � sa place," dit le professeur Quirrell, avec un sourire tordu que seuls les premi�re ann�e comprirent.</p><p>Une sorte de consentement mutuel avait plac� la cible-de-tarte au centre du groupe.</p><p>"Potter," dit le professeur Quirrell, "dites bonjour � M. Peregrine Derrick. Il est meilleur que vous et il est sur le point de vous le montrer."</p><p>Derrick s'avan�a et le cerveau de Harry hurla un cri distordu, il ne faut pas s'enfuir, il ne faut pas se d�fendre -</p><p>Derrick s'arr�ta � une coud�e de Harry.</p><p>Harry n'�tait pas encore en col�re, juste effray�. Parce qu'il faisait face � un jeune adolescent m�le plus grand que lui d'au moins cinquante centim�tres, avec des muscles clairement d�finis, de la barbe, et un horrible sourire anticipatoire.</p><p>"Demandez-lui de ne pas vous faire de mal," dit le professeur Quirrell. "Peut-�tre que s'il vous trouve assez path�tique, il d�cidera que vous �tes ennuyeux et qu'il s'en ira."</p><p>Il y eut des rires venant des autres Serpentard plus �g�s.</p><p>"S'il te pla�t," dit Potter, sa voix vacillante, "ne, me, fais pas, mal..."</p><p>"�a n'avait pas l'air tr�s sinc�re," dit le professeur Quirrell.</p><p>Le sourire de Derrick s'agrandit. L'imb�cile maladroit avait un air tr�s sup�rieur et...</p><p>...la temp�rature sanguine de Harry chutait...</p><p>"S'il te pla�t, ne me fais pas mal," essaya � nouveau Harry.</p><p>Le professeur Quirrell secoua la t�te. "Par Merlin, comment �tes-vous parvenu � faire sonner �a comme une insulte, Potter ? Vous ne pouvez vous attendre qu'� une seule r�ponse de la part de M. Derrick."</p><p>Derrick s'avan�a d�lib�r�ment et bouscula Harry.</p><p>Harry recula de quelques pieds, et, avant de pouvoir s'en emp�cher, se raidit comme de la glace.</p><p>"Faux," dit le professeur Quirrell, "faux, faux, faux."</p><p>"Tu m'as bouscul�, Potter," dit Derrick. "Excuse-toi."</p><p>"Je suis d�sol� !"</p><p>"Tu n'as pas l'<emphasis>air</emphasis> d�sol�," dit Derrick.</p><p>Les yeux de Harry s'�carquill�rent sous le coup de l'indignation, il <emphasis>�tait</emphasis> parvenu � avoir l'air de plaider -</p><p>Derrick le poussa avec force, et Harry tomba sur le matelas sur ses mains et ses genoux.</p><p>Le tissu bleu semblait onduler non loin dans le champ de vision de Harry.</p><p>Il commen�ait � douter des r�els motifs qui poussaient le professeur Quirrell � lui enseigner cette soi-disante <emphasis>le�on</emphasis>.</p><p>Un pied s'appuya sur l'arri�re-train de Harry et un instant plus tard il �tait violemment pouss� sur le c�t�, ce qui l'envoya s'�taler sur son dos.</p><p>Derrick rit. "C'est <emphasis>vraiment amusant</emphasis>," dit-il.</p><p>Tout ce qu'il avait � faire �tait de dire que c'en �tait assez. Et de faire part de la chose au bureau du Directeur. Ce serait la fin du <emphasis>professeur de D�fense</emphasis> et de son infortun� passage � Poudlard et... le professeur McGonagall serait en col�re, mais...</p><p>(Une image du professeur McGonagall lui apparut dans un flash, elle n'avait pas l'air en col�re, seulement triste -)</p><p>"Maintenant, dites-lui qu'il vaut mieux que vous, Potter," dit la voix du professeur Quirrell.</p><p>"Tu vaux, mieux, que, moi."</p><p>Harry commen�a � se relever et Derrick lui mit un pied sur la poitrine et le repoussa sur le tapis.</p><p>Le monde devenait aussi transparent que du cristal. Les lignes d'actions et leurs cons�quences s'�tiraient devant Harry avec une clart� absolue. L'idiot ne s'attendrait pas � ce qu'il riposte, un rapide coup dans l'aine l'�toudirait assez longtemps pour -</p><p>"Essayez encore," dit le professeur Quirrell, et d'un mouvement soudain et tr�s rapide, Harry fit une roulade et bondit sur ses pieds et virevolta face � l'endroit o� se tenait son v�ritable ennemi, le professeur de D�fense -</p><p>Le professeur Quirrell dit : "Vous n'avez aucune patience."</p><p>Harry vacilla. Son esprit, expert en pessimisme, dessina l'image d'un vieillard rabougri avec du sang s'�coulant de sa bouche apr�s que Harry lui ait arrach� la langue -</p><p>Un instant plus tard, Derrick poussa � nouveau Harry sur le tapis et s'assit sur lui, expulsant l'air de ses poumons.</p><p>"Arr�te !" hurla Harry. "S'il te pla�t, arr�te !"</p><p>"Mieux," dit le professeur Quirrell. "�a avait m�me l'air sinc�re."</p><p>�a <emphasis>l'avait</emphasis> �t�. C'�tait �a qui �tait horrible, qui le rendait malade : �a <emphasis>avait</emphasis> �t� sinc�re. Harry respirait par �-coups, la peur et la col�re se r�pandaient en lui -</p><p>"Perdez," dit le professeur Quirrell.</p><p>"Je, perds," parvint � dire Harry.</p><p>"J'aime bien �a," dit Derrick de son perchoir. "Perds encore un peu."</p><empty-line/><p>Des mains poussaient Harry, l'envoyant tr�bucher d'un bout � l'autre du cercle de Serpentard plus �g�s, jusqu'� une paire de mains qui le poussait � nouveau. �a faisait longtemps que Harry avait arr�t� d'essayer de ne pas pleurer, et il essayait maintenant juste de ne pas tomber.</p><p>"Tu es un quoi, Potter ?" dit Derrick.</p><p>"Un, p-perdant, je perds, j'abandonne, tu gagnes, tu es m-meilleur, que moi, arr�te s'il te pla�t -"</p><p>Harry tr�bucha sur un pied et alla s'�craser au sol, ses mains ne parvenant pas tout � fait � le rattraper. Il fut �tourdi pendant un moment, puis il tenta de se remettre sur pied -</p><p>"<emphasis>Assez !</emphasis>" dit la voix du professeur Quirrell, et elle semblait assez tranchante pour couper de l'acier. "�loignez-vous de M. Potter !"</p><p>Harry vit l'air surpris sur leurs visages. Le frisson dans son sang qui avait mont� puis d�clin� sourit avec une froide satisfaction.</p><p>Puis Harry s'effondra sur le tapis.</p><p>Le professeur Quirrell parla. Il y eut des bruits d'�tranglement venant des Serpentard plus �g�s.</p><p>"Et je crois que l'h�ritier de Malfoy a quelque chose qu'il aimerait aussi vous expliquer," conclut le professeur Quirrell.</p><p>La voix de Draco commen�a � parler. Elle semblait aussi tranchante que celle du professeur Quirrell, elle avait acquis la m�me cadence que celle que Draco utilisait pour imiter son p�re, et il disait des choses telles que <emphasis>aurait pu mettre en danger la Maison Serpentard</emphasis> et <emphasis>qui sait combien d'alli�s dans cette �cole</emphasis> et <emphasis>absence totale de jugeote, sans parler de la ruse </emphasis>et <emphasis>pauvres voyous</emphasis>, <emphasis>seulement bons � faire des laquais</emphasis> et quelque chose au fond du cerveau de Harry, en d�pit de tout ce qu'il savait, d�signa Draco comme �tant un alli�.</p><p>Harry avait mal partout, il �tait probablement contusionn�, il avait froid, son esprit �tait compl�tement �puis�. Il essaya de penser � la chanson de Fumseck, mais sans la pr�sence du ph�nix, il n'arrivait pas � se souvenir de la m�lodie, et quand il essaya de l'imaginer, il ne sembla pas capable de penser � autre chose qu'� un gazouillis d'oiseau.</p><p>Puis Draco se tut et le professeur Quirrell dit aux Serpentard plus �g�s qu'ils �taient cong�di�s, et Harry ouvrit les yeux et eut du mal � se mettre en posture assise, "Attendez," dit Harry, for�ant les mots � franchir ses l�vres, "il y a quelque chose... que je veux, leur dire, � eux."</p><p>"Attendez, M. Potter," dit froidement le professeur Quirrell aux Serpentard qui partaient.</p><p>Harry oscillait sur ses pieds. Il faisait attention � ne pas regarder en direction de ses camarades. Il ne voulait pas voir la fa�on dont ils le regardaient pour l'instant. Il ne voulait pas voir leur piti�.</p><p>Alors au lieu de �a, Harry regarda les Serpentard plus �g�s, qui semblaient en �tat de choc. Ils le fix�rent en retour. Leur visages �taient pleins d'effroi.</p><p>Son c�t� obscur, lorsqu'il avait repris le contr�le, s'�tait accroch� � l'image de cet instant et avait continu� � faire semblant de perdre.</p><p>Harry dit, "Personne ne sera- "</p><p>"Arr�tez," dit le professeur Quirrell. "Si c'est ce que je pense que c'est, merci d'attendre apr�s leur d�part. Ils l'apprendront plus tard. Nous avons tous nos le�ons � apprendre, M. Potter."</p><p>"Tr�s bien," dit Harry.</p><p>"Vous. Partez."</p><p>Les Serpentard plus �g�s s'enfuirent et la porte se referma derri�re eux.</p><p>"Personne ne se vengera sur eux," dit Harry d'une voix rauque. "C'est une requ�te envers quiconque se consid�re mon ami. J'avais une le�on � apprendre, et ils m'y ont aid�, ils avaient leur le�on � apprendre aussi, et c'est fini. Si vous racontez cette histoire, assurez-vous de raconter cette partie aussi."</p><p>Harry pivota pour regarder le professeur Quirrell.</p><p>"Vous avez perdu," dit le professeur Quirrell d'une voix qui pour la premi�re fois �tait douce. C'�tait �trange venant du professeur, comme si sa voix n'aurait pas d� �tre capable de faire �a.</p><p>Harry <emphasis>avait</emphasis> perdu. Il y avait eu des moments o� la col�re froide avait totalement disparu, remplac�e par de la peur, et pendant ces moments, il avait suppli� les Serpentard plus �g�s, et il avait �t� sinc�re...</p><p>"Et �tes-vous toujours en vie ?" dit le professeur Quirrell, toujours avec cette �trange douceur.</p><p>Harry parvint � hocher la t�te.</p><p>"Toutes les d�faites ne sont pas comme celle-l�," dit le professeur Quirrell. "Il y a des compromis et des capitulations n�goci�es. Il existe d'autres moyens de calmer les petits durs. Il y a tout un art consistant � manipuler les autres en les laissant vous dominer. Mais d'abord, la d�faite doit �tre <emphasis>envisageable</emphasis>. Vous rappelerez-vous de la fa�on dont vous avez perdu ?"</p><p>"Oui."</p><p>"Serez-vous capable de perdre ?"</p><p>"Je... pense..."</p><p>"Je pense aussi." Le professeur Quirrell s'inclina si bas que ses courts cheveux touch�rent presque le sol. "F�licitations M. Potter, vous avez gagn�."</p><p>Il n'y eut pas de source, pas de premier � agir, l'applaudissement d�marra d'un coup comme un immense coup de tonnerre.</p><p>Harry ne pouvait pas dissimuler son air abasourdi. Il risqua un regard vers ses camarades et il vit leurs visages montrer non pas de la piti� mais de l'admiration. Les applaudissements venaient de Serdaigle et de Gryffondor et de Poufsouffle et m�me de Serpentard, probablement parce que Draco Malfoy applaudissait lui aussi. Certains �tudiants se levaient de leurs chaises et la moiti� de Gryffondor se tenait sur ses pupitres.</p><p>Alors Harry se tint l�, chancelant, laissant le respect qu'ils �prouvaient pour lui le traverser, se sentant plus fort et peut-�tre m�me un peu soign�.</p><p>Le professeur Quirrell attendit que les applaudissements s'�teignent. Cela prit un bon moment.</p><p>"Surpris, M. Potter ?" dit le professeur Quirrell. Il avait l'air amus�. "Vous venez de d�couvrir que le monde r�el ne fonctionne pas <emphasis>toujours</emphasis> comme dans vos pires cauchemars. Oui, si vous aviez �t� un pauvre petit gar�on anonyme victime d'abus, alors ils vous auraient probablement respect� encore moins apr�s �a, ils auraient eu piti� de vous tout en vous r�confortant depuis leur hautains perchoirs. C'<emphasis>est</emphasis> la nature humaine, j'en ai peur. Mais <emphasis>vous</emphasis>, ils voyaient d�j� en vous une figure de pouvoir. Et ils vous ont vu faire face � votre peur, et continuer � lui faire face, m�me si vous auriez pu partir n'importe quand. Avez-vous eu une moindre opinion de <emphasis>moi</emphasis> lorsque j'ai d�lib�r�ment endur� le fait d'�tre crach� dessus ?"</p><p>Harry sentit une sensation de br�lure dans sa gorge et la r�prima fr�n�tiquement. Il ne croyait pas assez � ce respect miraculeux pour se remettre � pleurer face � lui.</p><p>"Votre r�ussite <emphasis>extraordinaire</emphasis> � ce cours m�rite une r�compense extraordinaire, Harry Potter. Merci de l'accepter avec mes compliments, au nom de ma Maison, et souvenez-vous � partir d'aujourd'hui que tous les Serpentard ne sont pas semblables. Il y a des Serpentard, et il y a des Serpentard." Le professeur Quirrell eut un sourire plut�t large en disant cela. "Cinquante-et-un points pour Serdaigle."</p><p>Il y eut une pause choqu�e et le tumulte commen�a alors chez les �l�ves de Serdaigle, des hurlements et des sifflements et des acclamations.</p><p>(Et au m�me instant Harry sentit qu'il y avait l� quelque chose qui n'allait <emphasis>pas</emphasis>, le professeur McGonagall avait eu raison, il y aurait <emphasis>d�</emphasis> y avoir des cons�quences, il y aurait d� y avoir un prix � payer, on ne pouvait pas juste tout remettre en place comme �a -)</p><p>Mais Harry vit l'exultation sur le visage des Serdaigle et il sut qu'il ne pouvait pas dire non.</p><p>Son cerveau fit une suggestion. C'�tait une bonne suggestion. Harry ne pouvait m�me pas croire que son cerveau le maintenait encore debout, et encore moins qu'il pouvait produire de bonnes suggestions.</p><p>"Professeur Quirrell," dit Harry, aussi clairement qu'il le pouvait � travers sa gorge br�lante. "Vous �tes tout ce qu'un membre de votre Maison devrait �tre, et je pense que vous devez �tre exactement ce que Salazar Serpentard avait � l'esprit lorsqu'il participa � la fondation de Poudlard. Je vous remercie, vous et votre Maison," Draco hochait la t�te tr�s doucement et tournait l�g�rement l'un de ses doigts, <emphasis>continue</emphasis>, "et je pense que �a m�rite trois acclamations pour Serpentard. Avec moi, tout le monde ?" Harry marqua une pause. "<emphasis>Huzzah</emphasis> !". Seuls certains parvinrent � se joindre au premier essai. "<emphasis>Huzzah</emphasis> !" cette fois la plus grande partie de Serdaigle participa. "<emphasis>Huzzah</emphasis> !" C'�tait presque tout Serdaigle, quelques Poufsouffle �parpill�s, et pr�s d'un quart de Gryffondor.</p><p>La main de Draco leva son pouce d'un petit geste rapide.</p><p>La plupart des Serpentard affichaient des expressions de choc absolu. Quelques-uns fixaient le professeur Quirrell avec �merveillement. Blaise Zabini regardait Harry avec une expression intrigu�e et calculatrice.</p><p>Le professeur Quirrell s'inclina. "Merci � <emphasis>vous</emphasis>, Harry Potter," dit-il, souriant toujours de ce large sourire. Il se tourna vers la classe. "Et maintenant, croyez-le ou non, nous avons encore une demi-heure avant la fin du cours, et c'est assez pour pr�senter le Bouclier Simple. M. Potter, bien s�r, va s'en aller et profiter d'un repos bien m�rit�."</p><p>"Je peux -"</p><p>"Idiot," dit affectueusement le professeur Quirrell. La classe riait d�j�. "Vos camarades pourront vous l'apprendre plus tard, ou je vous donnerai des cours particulier si n�cessaire. Mais <emphasis>maintenant</emphasis>, vous allez prendre la troisi�me porte en partant de la gauche � l'arri�re de cette estrade, o� vous trouverez un lit, un assortiment de casse-cro�tes exceptionnellement d�licieux, et quelques lectures extr�mement l�g�res tir�es de la biblioth�que de Poudlard. Vous ne pouvez rien emmener d'autre, et particuli�rement pas vos manuels. Maintenant partez."</p><p>Harry s'en fut.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 20*: Le Th�or�me de Bayes</strong></p><p>Ce qui peut �tre d�truit par la Rowling doit l'�tre.</p><empty-line/><p>Harry leva les yeux vers le plafond gris de la petite pi�ce, allong� sur le lit portatif et pourtant confortable qui avait �t� plac� ici. Il avait mang� une bonne partie des en-cas du professeur Quirrell - des friandises faites d'un assemblage complexe de chocolat et d'autres substance, saupoudr�es de pinc�es �tincelantes et orn�es de petites gemmes en sucre � l'air extr�mement co�teuses et se r�v�lant �tre, de fait, assez succulentes. Et Harry ne s'�tait pas senti coupable pour autant ; <emphasis>�a</emphasis>, il l'avait <emphasis>m�rit�</emphasis>.</p><p>Il n'avait pas essay� de dormir. Il avait dans l'id�e qu'il n'aimerait pas ce qu'il verrait s'il fermait les yeux.</p><p>Il n'avait pas essay� de lire. Il n'aurait pas �t� capable de se concentrer.</p><p>Amusante, la fa�on qu'avait le cerveau de Harry de juste continuer � tourner et tourner, ne s'�teignant jamais, quel que soit son �tat de fatigue. Il devenait plus stupide, mais il refusait de <emphasis>s'�teindre</emphasis>.</p><p>Mais il y avait une v�ritable, une r�elle sensation de triomphe.</p><p>'+1 point au programme Anti-Seigneur-des-T�n�bres-Harry' ne <emphasis>commen�ait</emphasis> m�me pas � l'exprimer. Harry se demanda ce que le Choixpeau aurait dit, s'il avait pu le mettre sur sa t�te <emphasis>maintenant</emphasis>.</p><p>Pas <emphasis>�tonnant</emphasis> que le professeur Quirrell ait accus� Harry de s'engager sur la voie d'un Seigneur des T�n�bres. Harry avait �t� trop lent � la d�tente, il aurait d� imm�diatement voir le parall�le -</p><p><emphasis>Comprenez que le Seigneur des T�n�bres ne gagna pas, ce jour-l�. Son but �tait d'apprendre les arts martiaux, et pourtant il s'en fut sans avoir re�u une seule le�on.</emphasis></p><p>Harry �tait entr� dans la salle de Potions avec l'intention d'apprendre l'art des potions. Il �tait parti sans avoir re�u une seule le�on.</p><p>Et le professeur Quirrell l'avait per�u, il l'avait compris avec une pr�cision effrayante, et il s'�tait avanc� et il avait repouss� Harry hors de cette voie, la voie qui l'aurait men� � devenir une copie de Vous-Savez-Qui.</p><p>Il y eut un coup contre la porte. "Le cours est termin�," dit la voix tranquille du professeur Quirrell.</p><p>Harry s'approcha de la porte et se sentit soudain nerveux. Puis la tension diminua, tandis qu'il entendait les pas du professeur Quirrell qui s'�loignaient de la porte.</p><p><emphasis>Qu'est-ce que c'est que �a ? Est-ce ce qui finira par le faire renvoyer ?</emphasis></p><p>Harry ouvrit la porte et vit que le professeur Quirrell attendait maintenant � plusieurs pas de lui.</p><p><emphasis>Le professeur Quirrell le ressent-il lui aussi ?</emphasis></p><p>Ils travers�rent la plate-forme maintenant d�serte jusqu'au bureau du professeur Quirrell sur lequel le ce dernier s'appuya ; et comme la derni�re fois, Harry s'arr�ta � la limite de l'estrade.</p><p>"Donc," dit le professeur Quirrell. Il y avait quelque chose d'amical chez lui, m�me si son visage gardait son s�rieux habituel. "De quoi vouliez-vous me parler, M. Potter ?"</p><p><emphasis>J'ai un myst�rieux c�t� obscur</emphasis>. Mais Harry ne pouvait pas juste le l�cher comme �a.</p><p>"Professeur Quirrell," dit Harry, "me suis-je maintenant �cart� de la voie qui ferait de moi un Seigneur des T�n�bres ?"</p><p>Le professeur Quirrell regarda Harry. "M. Potter," dit-il solennellement, avec seulement un l�ger sourire, "un petit conseil. Une interpr�tation peut �tre trop parfaite. Les vraies gens qui viennent de se faire battre et de se faire humilier pendant quinze minutes ne se rel�vent pas en pardonnant leurs ennemis avec gr�ce. C'est le genre de chose qu'on fait quand on essaie de <emphasis>convaincre</emphasis> tout le monde que l'on est pas T�n�breux, pas -"</p><p>"<emphasis>Je n'y crois pas ! Vous ne pouvez pas d�cider que n'importe quelle observation confirmera votre th�orie !"</emphasis></p><p>"Et c'�tait un <emphasis>chouia</emphasis> trop d'indignation."</p><p>"<emphasis>Mais qu'est-ce que je dois faire pour vous convaincre ?"</emphasis></p><p>"Pour me convaincre que vous n'entretenez aucune ambition de devenir un Seigneur des T�n�bres ?" dit le professeur Quirrell, l'air maintenant franchement amus�. "J'imagine que vous pourriez lever votre main droite."</p><p>"Quoi ?" dit Harry avec un air �bahi. "Mais je peux lever ma main droite et jurer que je compte devenir -" Harry s'interrompit, se sentant plut�t stupide.</p><p>"En effet," dit le professeur Quirrell. "Vous pouvez le faire tout aussi facilement, dans un cas comme dans l'autre. Il n'y a rien que vous puissiez faire qui me convaincrait, car je saurais que c'est exactement ce que vous seriez en train d'essayer de faire. Et pour �tre encore plus pr�cis, bien que je suppose qu'il soit tout juste possible que des gens parfaitement bons existent, m�me si je n'en ai jamais rencontr�, il est tout de m�me <emphasis>improbable</emphasis> que quelqu'un se fasse battre pendant quinze minutes puis qu'il se rel�ve et ressente une brusque mont�e de cl�mence envers ses agresseurs. D'un autre c�t�, il est <emphasis>moins</emphasis> improbable qu'un jeune enfant s'imagine que ce serait l� le <emphasis>r�le � jouer</emphasis> afin de convaincre son enseignant et ses camarades qu'il n'est pas le prochain Seigneur des T�n�bres. Ce qui compte dans un num�ro de com�die n'est pas ce � quoi <emphasis>il ressemble en surface</emphasis>, M. Potter, mais l'�tat d'esprit qui rend ce num�ro de com�die plus ou moins probable.</p><p>Harry cligna des yeux. Il venait de se faire expliquer la dichotomie entre l'heuristique de repr�sentativit� et la d�finition Bay�sienne de preuve par un sorcier.</p><p>"Mais apr�s tout," dit le professeur Quirrell, "n'importe qui peut avoir envie d'impressionner ses amis. Pas besoin que ce soit T�n�breux. Alors, sans que cela constitue un quelconque aveu, M. Potter, dites-moi honn�tement. Quelle pens�e vous traversait l'esprit au moment o� vous avez d�clar� renoncer � toute vengeance ? Cette pens�e �tait-elle une v�ritable impulsion de pardonner ? Ou votre acte �tait-il d� � votre conscience de la perception que vos camarades auraient de ce num�ro de com�die ?</p><p><emphasis>Il arrive que l'on cr�� nos propres chants de ph�nix.</emphasis></p><p>Mais Harry ne le dit pas � voix haute. Il �tait clair que le professeur Quirrell ne le croirait pas, et le respecterait probablement moins pour avoir tent� de prof�rer un mensonge si transparent.</p><p>Apr�s quelques moments de silence, le professeur Quirrell sourit avec satisfaction. "Croyez-le ou non, M. Potter," dit le professeur, "vous n'avez pas besoin de craindre que j'ai d�couvert votre secret. Je ne vais <emphasis>pas</emphasis> vous dire d'arr�ter d'essayer de devenir le prochain Seigneur des T�n�bres. Si je pouvais inverser le cours du temps et, d'une fa�on ou d'une autre, enlever cette ambition de l'esprit de mon moi enfant, le moi de ce pr�sent ne b�n�ficierait pas de l'alt�ration. Car, aussi longtemps que j'ai pens� que c'�tait l� mon but, il m'a pouss� � �tudier, � apprendre, � m'affiner et � devenir plus fort. Nous devenons ce que nous sommes cens�s devenir en suivant nos d�sirs l� o� ils nous m�nent. C'est ce que Salazar avait compris. Demandez-moi de vous montrer la section de la biblioth�que qui contient les m�me livres que ceux que je lisais � treize ans, et je vous montrerai le chemin avec joie."</p><p>"Pour l'amour des foutaises," dit Harry, et il s'assit sur le dur sol de marbre et s'allongea au sol, regardant les lointaines vo�tes du plafond. Il aurait voulu s'�crouler de d�sespoir, mais c'�tait le mieux qu'il pouvait faire sans se faire mal.</p><p>"Encore trop d'indignation," nota le professeur Quirrell. Harry ne regardait pas mais il pouvait entendre le rire r�prim� dans sa voix.</p><p>Puis Harry comprit.</p><p>"En fait, je crois que je sais ce qui vous embrouille," dit Harry. "C'est � vrai dire ce dont je voulais vous parler. Professeur Quirrell, je pense que ce que vous voyez, c'est mon myst�rieux c�t� obscur."</p><p>Il y eut une pause.</p><p>"Votre... c�t�... obscur..."</p><p>Harry se redressa. Le professeur Quirrell le regardait avec l'une des expressions les plus �tranges que Harry ait jamais vues, surtout sur le visage de quelqu'un d'aussi digne que le professeur.</p><p>"�a arrive quand je me mets en col�re," expliqua Harry. "Mon sang devient froid, tout devient froid, tout a l'air parfaitement clair... r�trospectivement, j'ai �a depuis un moment - la premi�re ann�e o� j'ai �t� � l'�cole moldue, quelqu'un a essay� de me prendre mon ballon pendant la r�cr�ation, et je l'ai tenu dans mon dos et je l'ai frapp� dans le plexus solaire, parce que j'avais lu que c'�tait un point faible, et les autres enfants ne m'ont plus emb�t� apr�s �a. Et j'ai mordu le professeur de math�matiques quand elle a refus� d'accepter ma domination. Mais ce n'est que r�cemment que j'ai �t� assez stress� pour remarquer que c'est un v�ritable, vous savez, un myst�rieux c�t� obscur, et pas seulement un probl�me de contr�le de la col�re, comme le psychologue de l'�cole avait dit. Et je n'ai aucun super pouvoir magique quand �a survient, c'est une des premi�res choses que j'ai v�rifi�es."</p><p>Le professeur Quirrell se frotta le nez. "Laissez-moi y r�fl�chir," dit-il.</p><p>Harry attendit en silence pendant une minute enti�re. Il utilisa ce temps pour se lever, ce qui fut plus difficile que ce � quoi il s'�tait attendu.</p><p>"Eh bien," dit le professeur Quirrell apr�s un moment. "J'ai l'impression qu'il y <emphasis>avait</emphasis> bien quelque chose que vous pouviez dire qui me convaincrait."</p><p>"J'<emphasis>ai</emphasis> d�j� devin� que mon c�t� obscur n'est en fait qu'une partie de moi et que la r�ponse n'est pas de ne jamais me mettre en col�re mais, en l'acceptant, d'apprendre � garder le contr�le de moi-m�me, je ne suis pas stupide et j'ai d�j� vu cette histoire assez de fois pour savoir o� elle m�ne, mais c'est difficile et vous semblez �tre la personne la plus � m�me de m'aider."</p><p>"Eh bien... oui... tr�s perspicace de votre part, M. Potter, je dois dire... cet aspect de vous est, comme vous semblez en avoir d�j� fait la conjecture, votre intention de tuer, qui comme vous l'avez dit fait partie int�grante de vous..."</p><p>"et doit �tre entra�n�," dit Harry, compl�tant le motif.</p><p>"Et doit �tre entra�n�, oui." Cette �trange expression �tait toujours sur le visage du professeur Quirrell. "M. Potter, si vous ne souhaitez r�ellement pas devenir le prochain Seigneur des T�n�bres, alors quelle �tait l'ambition pour laquelle vous avez �t� r�parti � Serpentard ?"</p><p>"J'ai �t� r�parti � <emphasis>Serdaigle</emphasis> !"</p><p>"M. Potter," dit le professeur Quirrell, souriant � pr�sent de son sourire caustique habituel, "je sais que vous avez l'habitude d'�tre entour� d'idiots, mais s'il vous pla�t, ne me prenez pas pour l'un d'eux. La probabilit� que le Choixpeau fasse sa premi�re farce en huit cents ans le jour o� il se retrouve sur votre t�te est tellement faible qu'elle ne m�rite pas d'�tre consid�r�e. J'imagine qu'il est plausible que vous ayez claqu� vos doigts et invent� un moyen simple et intelligent de faire �chouer les sorts anti-falsification du Choixpeau, bien que je ne puisse moi-m�me pas imaginer comment vous auriez fait. Mais l'explication de loin la plus probable est que Dumbledore a d�cid� qu'il n'�tait pas satisfait de la d�cision du Choixpeau concernant le Survivant. Puisque c'est �vident pour n'importe qui dot� du plus petit iota de sens commun, votre secret est en s�curit� � Poudlard."</p><p>Harry ouvrit la bouche, puis la referma, se sentant compl�tement impuissant. Le professeur Quirrell avait tort, mais tort d'une fa�on tellement convaincante que Harry commen�ait � se dire que c'<emphasis>�tait</emphasis> simplement le jugement rationnel � avoir �tant donn� les informations dont disposait le professeur. Il y avait des occasions, jamais des occasions <emphasis>pr�visibles</emphasis>, mais �a arrivait quand m�me, o� vous auriez des informations peu probables, et la meilleure conjecture possible serait alors fausse. Si vous aviez un test m�dical qui ne se trompait qu'une fois sur mille, il se tromperait quand m�me de temps en temps.</p><p>"Puis-je vous demander de ne jamais r�p�ter ce que je vais vous dire ?" dit Harry.</p><p>"Absolument," dit le professeur Quirrell. "Consid�rez que vous me l'avez demand�."</p><p>Harry n'�tait pas un idiot non plus. "Puis-je consid�rer que vous avez dit oui ?"</p><p>"Tr�s bien, M. Potter. Vous pouvez tout � fait le consid�rer."</p><p>"<emphasis>Professeur Quirrell</emphasis> -"</p><p>"Je ne r�p�terai pas ce que vous allez dire," dit le professeur Quirrell en souriant.</p><p>Ils rirent tous deux, puis Harry redevint s�rieux. "Le Choixpeau semblait penser que j'allais finir Seigneur des T�n�bres � moins que j'aille � Poufsouffle," dit Harry. "Mais je ne <emphasis>veux</emphasis> pas que cela se produise."</p><p>"M. Potter..." dit le professeur Quirrell. "Ne le prenez pas mal. Je vous promets que vous ne serez pas not� en fonction de ce que vous allez dire. Je veux seulement conna�tre votre r�ponse honn�te. Pourquoi pas ?"</p><p>Harry eut � nouveau ce sentiment d'<emphasis>impuissance</emphasis>. <emphasis>Tu ne deviendras point un Seigneur des T�n�bres</emphasis> �tait un th�or�me tellement �vident dans son syst�me moral que c'�tait difficile de d�crire les �tapes concr�tes aboutissant � cette conclusion. "Euh, des gens souffriraient ?"</p><p>"Vous avez certainement voulu faire souffrir des gens," dit le professeur Quirrell. "Vous vouliez faire souffrir ces petits durs aujourd'hui. �tre un Seigneur des T�n�bres signifie que les gens que vous <emphasis>voulez</emphasis> voir souffrir souffrent."</p><p>Harry bredouilla, � la recherche de mots, puis il d�cida de commencer par l'�vidence. "Tout d'abord, ce n'est pas parce que je veux faire du mal � quelqu'un que c'est juste de -"</p><p>"Qu'est-ce qui rend une action juste, sinon votre d�sir de le faire ?"</p><p>"Ah," dit Harry, "l'utilitarisme des pr�f�rences."</p><p>"Pardon ?" dit le professeur Quirrell.</p><p>"C'est la th�orie �thique selon laquelle le bien est ce qui satisfait les pr�f�rences de la majorit� -"</p><p>"Non," dit le professeur Quirrell. Ses doigts frottaient l'ar�te de son nez. "Je ne pense pas que ce soit tout � fait ce que je voulais dire. M. Potter, en d�finitive, tout le monde agit selon ses d�sirs. Parfois les gens donnent des noms, comme 'juste', � ce qu'ils font, mais comment serait-il possible que nous soyons m�s par <emphasis>autre chose</emphasis> que nos d�sirs ?"</p><p>"Ah, �videmment," dit Harry. "Je ne pourrais pas <emphasis>agir</emphasis> en fonction de consid�rations morales si elles n'�taient pas capable de m'influencer. Mais cela ne veut pas dire que mon d�sir de faire du mal � ces Serpentard m'influence <emphasis>plus</emphasis> que mes consid�rations morales !"</p><p>Le professeur Quirrell cligna des yeux.</p><p>"Sans parler du fait," dit Harry, "que devenir un Seigneur des T�n�bres veut dire que de nombreux passants innocents souffriraient eux aussi !"</p><p>"En quoi cela vous importe-t-il ?" dit le professeur Quirrell. "Qu'ont-ils fait pour vous ?"</p><p>Harry s'esclaffa. "Oh, alors <emphasis>�a</emphasis>, c'�tait � peu pr�s aussi subtil que <emphasis>La R�volte d'Atlas</emphasis>."</p><p>"Pardon ?" dit � nouveau le professeur Quirrell.</p><p>"C'est un livre que mes parents ne me laissaient pas lire parce qu'ils avaient peur qu'il me corrompe, alors bien s�r je l'ai lu, et j'ai �t� offens� de d�couvrir qu'ils pensaient que j'allais tomber dans des pi�ges aussi �vident. Bla bla bla, appel � mon sentiment de sup�riorit�, les autres essaient tous de me m'opprimer, bla bla bla."</p><p>"Donc vous dites que je dois rendre mes pi�ges moins �vidents ?" dit le professeur Quirrell. Il tapota du doigt sur sa joue, l'air pensif. "Je peux y travailler."</p><p>Ils rirent de concert.</p><p>"Mais pour en rester � la question qui nous pr�occupe," dit le professeur Quirrell, "<emphasis>qu'ont-ils</emphasis> fait pour vous, tous ces gens ?"</p><p>"Les gens ont fait des <emphasis>tonnes</emphasis> de choses pour moi !" dit Harry. "Mes parents m'ont adopt� quand mes parents sont morts parce que c'�taient des <emphasis>gens bien</emphasis>, et ce serait les trahir que de devenir un Seigneur des T�n�bres !"</p><p>Le professeur Quirrell resta silencieux pendant un moment.</p><p>"J'avoue que," dit doucement le professeur Quirrell, "cette pens�e ne me serait jamais venue � votre �ge."</p><p>"Je suis navr�," dit Harry.</p><p>"Ne le soyez pas," dit le professeur Quirrell. "C'�tait il y a longtemps, et j'ai r�solu mes probl�mes familiaux � ma fa�on. Donc c'est l'id�e de la d�sapprobation de vos parents qui vous retient ? Cela veut-il dire que s'ils mouraient dans un accident, il n'y aurait plus rien pour vous emp�cher de -"</p><p>"Non," dit Harry. "Absolument pas. C'est leur <emphasis>�lan de bont�</emphasis> qui m'a prot�g�. Cet �lan n'est pas pr�sent que chez mes parents. Et c'est cet �lan qui serait trahi."</p><p>"En tout cas, M. Potter, vous n'avez pas r�pondu � ma question initiale," dit enfin le professeur Quirrell. "Quelle <emphasis>est</emphasis> votre ambition ?"</p><p>"Oh," dit Harry. "Euh..." il organisa ses pens�es. "Comprendre tout ce qu'il y a � savoir d'important sur l'univers, appliquer ce savoir pour devenir omnipotent, et utiliser ce pouvoir pour r��crire la r�alit�, parce que j'ai quelques objections quant � la fa�on dont elle fonctionne."</p><p>Il y eut une courte pause.</p><p>"Excusez-moi si c'est une question stupide, M. Potter," dit le professeur Quirrell, "mais �tes-vous <emphasis>s�r</emphasis> que vous ne venez pas de confesser vouloir devenir le prochain Seigneur des T�n�bres ?"</p><p>"C'est seulement si on utilise son pouvoir pour faire le mal," expliqua Harry. "Si on l'utilise pour le bien, on est un Seigneur de la Lumi�re."</p><p>"Je vois," dit le professeur Quirrell. Il tapota son autre joue. "Je pense que je peux me contenter de �a. Mais M. Potter, bien que la port�e de votre ambition soit digne de Salazar lui-m�me, comment exactement comptez-vous vous y prendre ? La premi�re �tape est-elle de devenir un grand sorcier de combat, ou Chef des Langues-de-plomb, ou Ministre de la Magie, ou -"</p><p>"La premi�re �tape est de devenir un scientifique."</p><p>Le professeur Quirrell regardait Harry comme si ce dernier venait de se transformer en chat.</p><p>"Un scientifique," dit le professeur Quirrell apr�s un moment.</p><p>Harry acquies�a.</p><p>"Un <emphasis>scientifique</emphasis> ?" r�p�ta le professeur Quirrell.</p><p>"Oui," dit Harry. "J'accomplirai mes objectifs par le pouvoir... de la <emphasis>Science</emphasis> !"</p><p>"Un <emphasis>scientifique !</emphasis>" dit le professeur Quirrell. Son visage exprimait une authentique indignation, et sa voix �tait devenue plus forte et plus cassante. "Vous pourriez �tre le meilleur de tous mes �l�ves ! Le plus grand sorcier de combat � sortir de Poudlard de ces cinquante derni�res ann�es ! Je ne peux pas vous imaginer g�chant votre vie en blouse blanche, � faire des choses inutiles � des rats !"</p><p>"H� !" dit Harry. "La science ne se r�sume pas � �a ! Non pas que ce soit <emphasis>mal</emphasis> de faire des exp�riences sur des rats, bien s�r. Mais c'<emphasis>est</emphasis> par la science qu'on peut comprendre et contr�ler l'univers."</p><p>"Pauvre idiot," dit le professeur Quirrell d'une voix � l'intensit� tranquille et am�re. "Vous �tes un pauvre idiot, Harry Potter." Il se passa une main sur le visage, et lorsque sa main fut pass�e, son visage �tait plus calme. "Ou, plus probablement, vous n'avez pas encore d�couvert votre v�ritable ambition. Puis-je fortement sugg�rer que vous essayiez plut�t de devenir un Seigneur des T�n�bres ? Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider, dans un esprit d'utilit� publique."</p><p>"Vous n'aimez pas la science," dit lentement Harry. "Pourquoi ?"</p><p>"Ces idiots de Moldus nous tueront tous un jour !" la voix du professeur Quirrell �tait devenue plus puissante. "Ils vont en finir ! En finir avec tout !"</p><p>L�, Harry se sentait un peu perdu. "De quoi parlons-nous ici, des armes nucl�aires ?"</p><p>"<emphasis>Oui</emphasis>, les armes nucl�aires !" le professeur Quirrell criait presque � pr�sent. "M�me Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ne les a jamais utilis�es, peut-�tre parce qu'il ne voulait pas r�gner sur un tas de cendres ! Elles n'auraient jamais d� �tre cr��es ! Et �a ne va faire qu'empirer !" Le professeur Quirrell se tenait droit au lieu de s'appuyer sur son bureau. "Il y a des portes qu'on n'ouvre pas, des sceaux que l'on ne brise pas ! Les idiots qui ne peuvent pas s'emp�cher de fouiner sont tu�s par de moindres p�rils bien plus t�t, et les survivants savent alors tous qu'il y a des secrets qu'<emphasis>on ne partage pas</emphasis> avec quiconque ne poss�dant pas l'intelligence et la discipline n�cessaire pour les d�couvrir eux-m�mes ! Tout sorcier puissant sait �a ! M�me le pire des Seigneurs des T�n�bres sait �a ! Et ces idiots de Moldus ont l'air incapables de comprendre �a ! Les petits idiots impatients qui ont d�couvert le secret des armes nucl�aires ne l'ont pas gard�s pour eux-m�me, ils l'ont r�v�l� � leurs <emphasis>idiots</emphasis> de politiciens, et maintenant <emphasis>nous</emphasis> devons vivre sous la menace permanente d'une annihilation !"</p><p>C'�tait une fa�on assez diff�rente de voir les choses que celle avec laquelle il avait grandi. Il ne lui �tait jamais venu � l'esprit que les physiciens nucl�aires auraient d� former une conspiration du silence pour garder le secret des armes nucl�aires � l'abri de toute personne pas assez intelligente pour �tre elle-m�me un physicien nucl�aire. La pens�e �tait intrigante, rien de plus. Auraient-ils des mots de passe secrets ? Devraient-ils porter des masques ?</p><p>(� vrai dire, pour autant qu'en savait Harry, il y <emphasis>avait</emphasis> toutes sortes de secrets incroyablement destructeurs que les physiciens gardaient pour eux-m�mes, et le secret des armes nucl�aires �tait le seul � s'�tre �chapp� dans la nature. Aux yeux de Harry, le monde aurait �t� le m�me dans un cas comme dans l'autre.)</p><p>"Il faudra que j'y r�fl�chisse," dit Harry au professeur Quirrell. "Cette id�e est nouvelle pour moi. Et l'un des secrets <emphasis>cach�s</emphasis> de la science, transmise par quelques rares professeurs � leurs th�sards, est la m�thode permettant de ne pas �vacuer les id�es qu'on n'aime pas � l'instant o� on les entend."</p><p>Le professeur Quirrell cligna � nouveau des yeux.</p><p>"Y a-t-il un type de science que vous <emphasis>approuvez</emphasis> ?" dit Harry. "La m�decine, peut-�tre ?"</p><p>"Le voyage spatial," dit le professeur Quirrell. "Mais les Moldus semblent tra�ner les pieds sur le seul projets qui aurait pu laisser les sorciers s'�chapper de cette plan�te avant que les Moldus ne la fassent exploser."</p><p>Harry hocha la t�te. "Je suis moi aussi un grand fan du programme spatial. Au moins, nous avons �a en commun."</p><p>Le professeur Quirrell regarda Harry. Quelque chose dans ses yeux �tincela. "J'aurai votre parole, votre promesse et votre serment de ne jamais parler de ce qui va suivre."</p><p>"Vous l'avez," dit imm�diatement Harry.</p><p>"Assurez-vous de respecter votre serment ou vous n'aimerez pas les cons�quences," dit le professeur Quirrell. "Je vais maintenant jeter un sort rare et puissant, non pas sur vous mais sur la salle de classe. Tenez-vous immobile afin de ne pas toucher les limites du sort une fois qu'il aura �t� jet�. Vous ne devez pas interagir avec la magie que je maintiens. Ne faites que regarder. Sinon, le sort sera interrompu." Le professeur Quirrell marqua une pause. "Et essayez de ne pas tomber."</p><p>Harry hocha la t�te, confus et plein d'anticipation.</p><p>Le professeur Quirrell leva sa baguette et dit quelque chose que ni les oreilles ni l'esprit de Harry ne purent saisir, des mots qui traversaient la conscience et disparaissaient dans l'oubli.</p><p>Dans un court rayon autour de Harry, le marbre resta semblable � lui-m�me. Tout le reste de celui-ci disparut, les murs disparurent, le plafond disparut.</p><p>Harry se tenait sur un petit cercle de marbre blanc au milieu d'un champ infini d'�toiles qui br�laient avec une force terrible, in�branlable. Il n'y avait pas de Terre, pas de Lune, pas de Soleil que Harry puisse reconna�tre. Le professeur Quirrell se tenait au m�me endroit qu'avant, flottant au milieu du champ d'�toiles. La Voie Lact�e �tait d�j� visible sous la forme d'une grande trace de lumi�re, et elle devint de plus en plus lumineuse � mesure que la vue de Harry s'ajustait � l'obscurit�.</p><p>Cette vision serra le c�ur de Harry au-del� de tout ce qu'il avait jamais vu.</p><p>"Sommes-nous... dans l'espace... ?"</p><p>"Non," dit le professeur Quirrell. Sa voix �tait triste et empreinte de r�v�rence. "Mais c'est une vraie image."</p><p>Des larmes afflu�rent aux yeux de Harry. Il les essuya avec fr�n�sie, il ne voulait pas rater �a � cause de stupides gouttes d'eau brouillant sa vue.</p><p>Les �toiles n'�taient plus de petits joyaux dispos�s sur un immense d�me de velours, comme elles l'�taient dans le ciel nocturne terrestre. Il n'y avait pas de ciel, pas de sph�re englobante. Seuls des points de lumi�re parfaite sur une noirceur parfaite, un vide infini et d'innombrables petits trous qui r�pandaient la lueur d'inimaginables royaumes lointains.</p><p>Dans l'espace, les �toiles <emphasis>avaient l'air</emphasis> affreusement, affreusement lointaines.</p><p>Harry continua d'essuyer ses yeux, encore et encore.</p><p>"Parfois," dit le professeur Quirrell d'une voix si douce qu'elle n'�tait presque pas l�, "quand ce monde vici� me semble inhabituellement empli de haine, je me demande s'il y aurait un autre endroit, loin, o� j'aurais d� vivre. Je n'arrive pas � imaginer de quel genre d'endroit il s'agirait, et si je n'arrive m�me pas � l'imaginer, alors comment puis-je croire qu'il existe ? Et pourtant l'univers est tellement, tellement grand, alors peut-�tre que cet endroit existe quand m�me ? Mais les �toiles sont tellement, tellement lointaines. Il faudrait longtemps, tr�s longtemps pour se rendre l�-bas, m�me si je connaissais le chemin. Et je me demande ce que seraient mes r�ves si je r�vais pendant longtemps, tr�s longtemps..."</p><p>Bien que cela lui sembla �tre un sacril�ge, Harry parvint � murmurer : "Laissez-moi rester ici un peu plus longtemps."</p><p>Le professeur Quirrell hocha la t�te, debout, flottant au milieu des �toiles.</p><p>Il �tait facile d'oublier le petit cercle de marbre o� on se tenait, et son propre corps, et de devenir un point de conscience qui aurait pu �tre immobile ou �tre mouvant. Quand toutes les distances �taient incalculables, on ne pouvait pas faire la diff�rence.</p><p>Il y eut un temps hors du temps.</p><p>Puis les �toiles disparurent, et la salle de classe revint.</p><p>"Je suis navr�," dit le professeur Quirrell, "mais nous sommes sur le point d'avoir de la visite."</p><p>"C'est bon," murmura Harry. "�a m'a suffi." Il n'oublierait jamais ce jour, et pas � cause des choses sans importances qui avaient eu lieu plus t�t. Il apprendrait � jeter ce sort m�me si c'�tait la derni�re chose qu'il pourrait jamais apprendre.</p><p>Puis les lourdes portes en ch�ne de la salle s'arrach�rent de leurs gonds et ricoch�rent sur le sol de marbre dans un crissement aigu.</p><p>"<emphasis>QUIRINUS ! COMMENT OSEZ-VOUS !"</emphasis></p><p>Tel un vaste coup de tonnerre, un ancien et puissant sorcier surgit dans la pi�ce, son visage refl�tant une rage d'une telle incandescence que le regard s�v�re qu'il avait jet� � Harry plus t�t semblait n'�tre que peu de chose en comparaison.</p><p>Il y eut un d�chirement de d�sorientation dans l'esprit de Harry tandis que la partie qui voulait s'enfuir en hurlant loin de la chose la plus effrayante qu'il ait jamais vue s'en allait, remplac�e par une partie de lui capable d'absorber le choc.</p><p><emphasis>Aucune</emphasis> des facettes de Harry n'�tait contente de se faire interrompre en pleine observation stellaire. "Professeur Albus Percival -" commen�a Harry d'un ton de glace.</p><p><emphasis>BLAM</emphasis>. La main du professeur Quirrell s'abattit avec force sur son bureau. "<emphasis>M. Potter !</emphasis>" aboya le professeur Quirrell. "C'est le <emphasis>Directeur de Poudlard</emphasis>, et vous �tes un simple �tudiant ! Vous vous adresserez � lui de fa�on convenable !"</p><p>Harry regarda le professeur Quirrell.</p><p>Le professeur Quirrell regardait Harry avec s�v�rit�.</p><p>Aucun d'eux ne souriait.</p><p>Les longues enjamb�es de Dumbledore s'�taient arr�t�es l� o� Harry se tenait face � l'estrade, et le professeur Quirrell se tenait � c�t� de son bureau. Le Dumbledore les regarda tous deux avec un air choqu�.</p><p>Lentement, l'expression de Dumbledore passa d'un air capable de vaporiser l'acier � un air simplement col�rique. "J'ai entendu des �tudiants dire que cet homme avait pouss� des Serpentard � t'infliger des s�vices ! Qu'il t'avait interdit de te d�fendre !"</p><p>Harry hocha la t�te. "Il savait exactement ce qui clochait chez moi et il m'a montr� comment le r�gler."</p><p>"Harry, <emphasis>de quoi parles-tu</emphasis> ?"</p><p>"Je lui apprenais � perdre," dit s�chement le professeur Quirrell. "C'est une aptitude des plus importantes."</p><p>Il �tait clair que Dumbledore ne comprenait toujours pas, mais sa voix �tait descendue d'un registre. "Harry..." dit-il lentement. "Si le professeur de D�fense a prof�r� la moindre menace t'emp�chant de te plaindre -"</p><p><emphasis>Esp�ce de lunatique, apr�s une journ�e comme celle-ci pensez-vous vraiment que -</emphasis></p><p>"Professeur," dit Harry, essayant d'avoir l'air d�contenanc�, "ce qui cloche chez moi n'est pas que je garde le silence face � des professeurs abusifs."</p><p>Le professeur Quirrell gloussa. "Pas parfait, M. Potter, mais pas mal pour votre premier jour. Professeur, �tes-vous rest� assez longtemps pour entendre parler des cinquante-et-un points d�cern�s � Serdaigle, o� �tes-vous sorti en trombe d�s que vous avez entendu la premi�re partie ?"</p><p>Un air d�concert� passa sur le visage de Dumbledore, suivi par de la surprise. "Cinquante-et-un points pour Serdaigle ?"</p><p>Le professeur Quirrell hocha la t�te. "Il ne s'y attendait pas, mais cela me semblait appropri�. Dites au professeur McGonagall que l'histoire de ce que M. Potter a travers� pour r�cup�rer les points perdus permettra aussi bien d'accomplir le but qu'elle avait en t�te. Non, professeur, M. Potter ne m'a rien dit. Il est facile de discerner quelle partie des �v�nements d'aujourd'hui sont le fruit de son �uvre, tout comme je sais que vous avez sugg�r� le compromis final. Mais je me demande comment M. Potter a bien pu parvenir � avoir la main haute sur vous et sur Rogue, et comment le professeur McGonagall a ensuite r�ussi � avoir la main haute sur lui."</p><p>Sans qu'il sache comment, Harry parvint � contr�ler son expression. �tait-ce <emphasis>si</emphasis> �vident que �a pour un v�ritable Serpentard ?</p><p>Dumbledore s'approcha de Harry, le regard scrutateur. "Tu sembles un peu p�le, Harry," dit le vieux sorcier. Il regarda fixement Harry. "Qu'as-tu eu au d�jeuner aujourd'hui ?"</p><p>"Quoi ?" dit Harry, son esprit chancelant sous l'effet de la confusion soudaine. Pourquoi Dumbledore l'interrogerait-il au sujet d'agneau frit et de brocoli en tranches fines quand c'�tait � peu pr�s la <emphasis>derni�re</emphasis> raison possible qu'il -</p><p>Le vieux sorcier se redressa. "Aucune importance, alors. Je pense que tu vas bien."</p><p>Le professeur Quirrell toussa, fortement et d�lib�r�ment. Harry regarda le professeur et vit qu'il fixait Dumbledore avec un air s�v�re.</p><p>"<emphasis>Ah-hem !"</emphasis> dit � nouveau le professeur Quirrell.</p><p>Dumbledore et le professeur Quirrell se fix�rent l'un l'autre, et quelque chose sembla passer entre eux.</p><p>"Si vous ne lui dites pas," dit alors le professeur Quirrell, "je le ferai, m�me si vous me renvoyez pour �a."</p><p>Dumbledore soupira et se retourna vers Harry. "Je vous demande pardon d'avoir envahi votre intimit� mentale, M. Potter," dit le directeur d'un ton formel. "Je n'avais d'autre but que de d�terminer si le professeur Quirrell avait fait de m�me."</p><p><emphasis>Quoi ?</emphasis></p><p>La confusion subsista pendant la dur�e exacte n�cessaire � Harry pour comprendre ce qui venait de se produire.</p><p>"<emphasis>Vous -</emphasis>"</p><p>"Tout doux, M. Potter," dit le professeur Quirrell. Mais il regardait Dumbledore d'un air dur.</p><p>"On confond souvent la Legilimancie et le bon sens," dit le directeur. "Mais elle laisse des traces qu'un autre Legilimens habile peut d�tecter. C'est tout ce que je cherchais � savoir, M. Potter, et je vous ai pos� une question sans rapport avec le sujet afin de m'assurer que vous ne penseriez � rien d'important pendant que je regardais."</p><p>"<emphasis>Vous auriez d� me demander d'abord !</emphasis>"</p><p>Le professeur Quirrell secoua la t�te. "Non, M. Potter, le professeur Dumbledore �tait assez justifi� dans son inqui�tude, et s'il vous avait demand� la permission, vous auriez pens� exactement � ces choses que vous ne souhaitez pas qu'il voie." La voix du professeur Quirrell devint plus coupante. "Je suis bien plus pr�occup�, professeur, par le fait que vous n'ayez pas ressenti le besoin de le lui dire apr�s coup !"</p><p>"Vous avez maintenant rendu plus difficile la t�che d'envahir son intimit� mentale en de futures occasions," dit Dumbledore. Il offrit un regard froid au professeur Quirrell. "Je me demande si c'�tait l� votre intention."</p><p>L'expression du professeur Quirrell �tait implacable. "Il y a trop de Legilimens dans cette �cole. J'insiste pour que M. Potter re�oive des instructions en Occlumancie. Me permettrez-vous d'�tre son tuteur ?"</p><p>"Absolument pas," dit imm�diatement Dumbledore.</p><p>"Je ne le pensais pas. Alors, puisque <emphasis>vous</emphasis> l'avez priv� de mes services gratuits, <emphasis>vous</emphasis> paierez pour les le�ons particuli�res de M. Potter, donn�es par un instructeur en Occlumancie agr��."</p><p>"De tels services ne sont pas donn�s," dit Dumbledore, regardant le professeur Quirrell avec surprise. "Bien que je dispose de certaines connections..."</p><p>Le professeur Quirrell secoua fermement la t�te. "Non. M. Potter demandera � son responsable des comptes � Gringotts de lui recommander un instructeur neutre. Avec tout le respect que je vous dois, professeur Dumbledore, apr�s les �v�nements de ce matin, je dois protester contre la possibilit� que vous ou vos amis aient acc�s � l'esprit de M. Potter. Je dois aussi insister pour que l'instructeur fasse un Serment Inviolable et qu'il accepte de recevoir un sortil�ge d'Amn�sie imm�diatement apr�s chaque cours."</p><p>Dumbledore fron�ait les sourcils. "De tels services sont <emphasis>extr�mement</emphasis> co�teux, comme vous le savez bien, et je ne peux m'emp�cher de me demander pourquoi <emphasis>vous</emphasis> les jugez n�cessaires."</p><p>"Si l'argent est un probl�me," dit Harry, "j'ai quelques id�es pour amasser rapidement de grandes quantit�s d'argent -"</p><p>"Merci Quirinus, votre sagesse est maintenant �vidente et je suis d�sol� de l'avoir mise en doute. Et votre pr�occupation pour Harry Potter vous fait honneur."</p><p>"De rien," dit le professeur Quirrell. "J'esp�re que vous ne verrez pas d'objection � ce que je continue � le placer au centre de mon attention." Le visage du professeur Quirrell �tait maintenant tr�s s�rieux, et tr�s immobile.</p><p>Dumbledore baissa les yeux vers Harry.</p><p>"C'est mon souhait � moi aussi," dit Harry.</p><p>"Alors il en sera ainsi..." dit lentement le vieux sorcier. Quelque chose d'�trange passa sur son visage. "Harry... tu dois te rendre compte que si tu choisis cet homme pour enseignant et pour ami, pour premier mentor, alors d'une fa�on ou d'une autre tu le perdras, et la fa�on dont tu le perdras pourra ou ne pourra pas te permettre de jamais le retrouver."</p><p>Harry n'y avait pas pens�. Mais il y <emphasis>avait</emphasis> cette mal�diction sur le poste de D�fense... une mal�diction qui avait apparemment fonctionn� avec une r�gularit� parfaite pendant des d�cennies...</p><p>"Probablement," dit calmement le professeur Quirrell, "mais il m'aura � son enti�re disposition tant que je tiendrai."</p><p>Dumbledore soupira. "J'imagine qu'au moins c'est �conomique, puisqu'en tant que professeur de D�fense vous �tes <emphasis>d�j�</emphasis> maudit, d'une mani�re inconnue."</p><p>Harry dut faire un grand effort pour ne pas trahir sa pens�e quand il se rendit compte de ce que Dumbledore avait r�ellement sous-entendu.</p><p>"J'informerai madame Pince que M. Potter est autoris� � obtenir des livres sur l'Occlumancie," dit Dumbledore.</p><p>"Il y a un entra�nement pr�liminaire que vous devez faire par vous-m�me," dit le professeur Quirrell � Harry. "Et je sugg�re que vous vous y atteliez rapidement."</p><p>Harry acquies�a.</p><p>"Je vais vous quitter, alors," dit Dumbledore. Il hocha la t�te en direction de Harry et du professeur Quirrell, et s'en fut, marchant plut�t lentement.</p><p>"Pourriez-vous jeter le sort � nouveau ?" dit Harry � l'instant o� Dumbledore fut parti.</p><p>"Pas aujourd'hui," dit calmement le professeur Quirrell, "et pas demain non plus, j'en ai bien peur. Le lancer me demande beaucoup d'�nergie mais le maintenir est plus facile, et je pr�f�re g�n�ralement donc le maintenir aussi longtemps que possible. Cette fois-ci, je l'ai lanc� sous le coup d'une impulsion. Si j'avais r�fl�chi et que je m'�tais rendu compte que nous pourrions �tre interrompus -"</p><p>Dumbledore �tait maintenant la personne que Harry aimait le moins du monde entier.</p><p>Ils soupir�rent tous les deux.</p><p>"M�me si je ne le vois jamais plus," dit Harry, "je vous en serai toujours reconnaissant."</p><p>Le professeur Quirrell hocha la t�te.</p><p>"Avez-vous entendu parler du programme Pioneer ?" dit Harry. "C'�taient des sondes qui survolaient diff�rentes plan�tes et prenaient des images. Les deux sondes allaient finir sur des trajectoires qui les m�neraient hors du syst�me solaire et dans l'espace interstellaire. Alors ils ont mis une plaque en or sur les sondes, avec l'image d'un homme, et d'une femme, et des instructions pour trouver notre soleil dans la galaxie."</p><p>Le professeur Quirrell resta silencieux un moment, puis il sourit. "Dites-moi, M. Potter, pouvez-vous deviner ce qui m'a travers� l'esprit quand j'ai termin� d'assembler les trente-sept choses que je ne ferai jamais une fois devenu un Seigneur des T�n�bres ? Mettez-vous � ma place - imaginez-vous � ma place - et devinez."</p><p>Harry s'imagina regardant une liste de trente-sept choses � ne jamais faire une fois devenu un Seigneur des T�n�bres.</p><p>"Vous avez d�cid� que si vous deviez respecter <emphasis>toute</emphasis> la liste <emphasis>tout</emphasis> le temps, �a n'aurait pas vraiment de sens de devenir un Seigneur des T�n�bres," dit Harry.</p><p>"<emphasis>Pr�cis�ment</emphasis>," dit le professeur Quirrell. Il souriait. "Alors je vais transgresser la r�gle num�ro deux - qui �tait juste 'ne te vante pas' - et vous parler de quelque chose que j'ai fait. Je ne vois pas comment votre connaissance de ce fait pourrait poser probl�me. Et je soup�onne fortement que vous l'auriez devin� de toute fa�on apr�s que nous soyons devenus proches. N�anmoins... je veux entendre votre serment de ne jamais parler de ce que je vais vous dire."</p><p>"Vous l'avez !" Harry sentait que �a allait �tre <emphasis>vraiment</emphasis> bon.</p><p>"Je suis inscrit � bulletin d'information moldu qui me tient inform� des progr�s en mati�re de voyage spatial. Je n'ai pas entendu parler de Pioneer 10 avant qu'ils ne signalent son lancement. Mais j'ai alors d�couvert que Pioneer 11 allait aussi quitter le syst�me solaire pour toujours," dit le professeur Quirrell, et il avait le plus large sourire que Harry l'avait jamais arborer, "je me suis introduit � la NASA, eh oui, et j'ai jet� un charmant petit sort sur cette charmante plaque d'or qui la fera durer beaucoup plus longtemps qu'elle n'aurait autrement tenue.</p><p>...</p><p>...</p><p>...</p><p>"Oui," dit le professeur Quirrell, qui semblait maintenant faire quinze m�tres de plus, "je me disais que vous pourriez r�agir ainsi."</p><p>...</p><p>...</p><p>...</p><p>"M. Potter ?"</p><p>"... je ne sais pas quoi dire."</p><p>"'Vous avez gagn�' me semblerait de circonstance," dit le professeur Quirrell.</p><p>"Vous avez gagn�," dit imm�diatement Harry.</p><p>"Vous voyez ?" dit le professeur Quirrell. "Nous ne pouvons qu'imaginer le p�trin immense dans lequel vous vous seriez retrouv� si vous n'aviez pas �t� capable de dire �a."</p><p>Ils rirent tous les deux.</p><p>Une autre pens�e vint � Harry. "Vous n'avez ajout� aucune information suppl�mentaire � la plaque ?"</p><p>"Information suppl�mentaire ?" dit le professeur Quirrell, comme si l'id�e ne lui �tait jamais venue avant et qu'il �tait assez intrigu�.</p><p>Ce qui rendit Harry plut�t suspicieux, �tant donn� que �a <emphasis>lui</emphasis> avait pris moins d'une minute pour y penser.</p><p>"Peut-�tre que vous avez inclus un message holographique, comme dans <emphasis>Star Wars</emphasis> ?" dit Harry. "Ou... hm. Un portrait a l'air de contenir autant d'information qu'un cerveau humain... vous n'auriez pas pu ajouter un poids suppl�mentaire � la sonde, mais peut-�tre avez-vous pu transformer une partie d�j� pr�sente en un portrait de vous-m�me ? Ou vous avez trouv� un volontaire succombant � une maladie mortelle, l'avez introduit � la NASA, et avez jet� un sort pour vous assurer que son <emphasis>fant�me</emphasis> finirait dans la plaque -"</p><p>"M. Potter," dit le professeur Quirrell, sa voix soudain coupante, "un sort n�cessitant la mort d'un humain serait certainement consid�r� comme de la Magie Noire par le Minist�re, peu importe les circonstances. On ne devrait pas entendre un �tudiant discuter de choses pareilles."</p><p>Et ce qui �tait incroyable dans la fa�on dont le professeur Quirrell avait dit �a, c'�tait la perfection avec laquelle il maintenait le d�ni plausible. Il l'avait dit d'un ton qui correspondait exactement � celui quelqu'un ne d�sirant pas discuter de tels sujets et pensant que les �tudiants devraient s'en tenir � distance. Harry ne savait honn�tement <emphasis>pas</emphasis> si le professeur Quirrell attendait juste que Harry ait appris � prot�ger son esprit avant de lui en parler.</p><p>"J'ai compris," dit Harry. "Je ne parlerai de cette id�e � personne d'autre."</p><p>"Merci d'�tre discret en ce qui concerne toute cette affaire, M. Potter," dit le professeur Quirrell. "Je pr�f�re vivre sans attirer l'attention publique. Vous ne trouverez rien dans les journaux concernant Quirinus Quirrell qui date d'avant le jour o� j'ai d�cid� qu'il �tait temps pour moi d'enseigner la D�fense � Poudlard."</p><p>�a semblait un peu triste, mais Harry comprenait. Puis il comprit ce que cela impliquait : "Et alors exactement combien de trucs g�niaux <emphasis>avez-vous</emphasis> fait dont personne d'autre n'a jamais entendu -"</p><p>"Oh, quelques-uns," dit le professeur Quirrell. "Mais je pense que c'est assez pour aujourd'hui, M. Potter, je vous avoue que je me sens un peu fatigu� -"</p><p>"Je comprends. Et <emphasis>merci</emphasis>. Pour <emphasis>tout</emphasis>."</p><p>Le professeur Quirrell hocha la t�te, mais il se penchait de plus en plus sur son bureau.</p><p>Harry prit rapidement cong�.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 21*: Rationalisation</strong></p><p>Qui fait le travail de Rowling est Rowling.</p><empty-line/><p>Hermione Granger avait peur d'�tre devenue Mauvaise.</p><p>La diff�rence entre Bon et Mauvais �tait g�n�ralement simple � saisir, elle n'avait jamais compris pourquoi les autres avaient tant de difficult�. � Poudlard, "Bon", c'�tait le professeur Flitwick et le professeur McGonagall et le professeur Chourave. "Mauvais", c'�tait le professeur Rogue et le professeur Quirrell et Draco Malfoy. Harry Potter... �tait un de ces cas inhabituels o� on ne <emphasis>pouvait pas</emphasis> savoir juste en regardant. Elle essayait encore de d�cider � quel groupe il appartenait.</p><p>Mais en ce qui <emphasis>la</emphasis> concernait...</p><p>Hermione s'amusait <emphasis>beaucoup trop </emphasis>� �craser Harry Potter.</p><p>Elle avait mieux r�ussi que lui � chacun de leurs cours (� part le vol sur balais, qui �tait comme la gym : �a ne comptait pas). Elle avait gagn� de <emphasis>vrais</emphasis> points pour Serdaigle presque tous les jours de sa premi�re semaine, pas pour des trucs h�ro�ques bizarres mais pour des choses <emphasis>intelligentes</emphasis>, comme apprendre des sorts rapidement ou aider d'autres �l�ves. Elle savait que ces points �taient de meilleurs points, et ce qui �tait encore mieux c'�tait que Harry Potter le savait aussi. Elle pouvait le voir dans ses yeux � chaque fois qu'elle gagnait un <emphasis>vrai</emphasis><emphasis>point </emphasis>de plus.</p><p>On n'�tait pas cens� autant aimer gagner quand on �tait Bon.</p><p>�a avait commenc� pendant le voyage en train, mais il avait fallu un moment avant que le cyclone ne s'apaise. Ce n'�tait pas avant plus tard cette nuit-l� que Hermione avait commenc� � comprendre <emphasis>� quel point</emphasis> elle avait laiss� ce gar�on lui marcher dessus.</p><p>Avant d'avoir connu Harry Potter, elle n'avait jamais rencontr� quelqu'un qu'elle aurait voulu �craser. Si quelqu'un ne se d�brouillait pas aussi bien qu'elle en classe, c'�tait son boulot de l'aider, pas de l'enfoncer. C'�tait �a, �tre Bon.</p><p>Et maintenant...</p><p>... maintenant elle <emphasis>gagnait</emphasis>, Harry Potter tressaillait chaque fois qu'elle gagnait un autre point, c'�tait <emphasis>tellement</emphasis> amusant ; ses parents l'avaient mise en garde contre la drogue et elle soup�onnait que gagner, c'�tait <emphasis>encore plus</emphasis> amusant.</p><p>Elle avait toujours aim� les sourires que les enseignants lui prodiguaient quand elle faisait bien les choses. Elle avait toujours aim� voir la longue ligne de cases coch�es sur les contr�les o� elle avait parfaitement r�pondu. Mais maintenant, quand elle travaillait bien en cours, elle jetait nonchalamment un regard autour d'elle, et elle apercevait Harry Potter qui grin�ait des dents, et �a lui donnait envie de se mettre � chanter comme dans un film de Disney.</p><p>C'�tait Mauvais, non ?</p><p>Hermione avait peur d'�tre devenue Mauvaise.</p><p>Et une pens�e lui �tait alors venue, qui avait effac� toutes ses peurs.</p><p>Elle et Harry vivaient le d�but d'une romance ! Bien s�r ! Tout le monde savait ce que �a voulait dire quand un gar�on et une fille commen�aient � se battre en permanence. Ils se <emphasis>faisaient la cour</emphasis> ! Il n'y avait rien de Mauvais � <emphasis>�a</emphasis>.</p><p>Ce n'�tait pas juste qu'elle <emphasis>aimait</emphasis> battre jusqu'� la mort (scolaire) l'un des �tudiants les plus connus de l'�cole, quelqu'un qui �tait <emphasis>dans</emphasis> des livres et <emphasis>parlait</emphasis> comme des livres, le gar�on qui �tait parvenu � vaincre le Seigneur des T�n�bres et qui avait m�me �cras� le <emphasis>professeur Rogue</emphasis> comme si c'�tait un triste petit insecte, le gar�on qui, comme le professeur Quirrell l'aurait dit, dominait tout le monde en premi�re ann�e � Serdaigle, <emphasis>sauf</emphasis> Hermione Granger qui <emphasis>pulv�risait </emphasis>compl�tementle Survivant dans tous ses cours sauf en vol sur balais.</p><p>Parce que �a aurait �t� Mauvais.</p><p>Non. C'�tait une Romance. C'�tait <emphasis>�a</emphasis>. C'�tait <emphasis>pour �a</emphasis> qu'ils se battaient.</p><p>Hermione �tait heureuse d'avoir compris cela � temps pour aujourd'hui, quand Harry perdrait leur concours de lecture, dont <emphasis>toute l'�cole</emphasis> �tait au courant, et elle voulait commencer � <emphasis>danser</emphasis> sous l'impulsion de joie pure et d�bordante que cela lui causait.</p><p>Il �tait 14h45, on �tait samedi, et Harry Potter avait encore la moiti� d'<emphasis>Une Histoire de la Magie</emphasis> de Bathilda Tourdesac � lire et Hermione regardait sa montre de poche alors qu'elle tic-taquait avec une �pouvantable lenteur jusqu'� 14h47.</p><p>Et toute la salle commune de Serdaigle regardait.</p><p>Ce n'�taient pas juste les premi�re ann�e, la nouvelle s'�tait r�pandue comme du lait renvers� et au moins la moiti� de Serdaigle s'�tait tass�e dans la pi�ce, serr�e dans des sofas, s'appuyant sur des �tag�res de livres, assise sur des accoudoirs de fauteuils. Les six pr�fets �taient l�, y compris les pr�fets en chef de Poudlard. Quelqu'un avait d� jeter un sort de Rafra�chissement d'Air juste pour qu'il y ait assez d'oxyg�ne. Et le vacarme de la conversation s'�tait �teint en des murmures qui s'�taient maintenant effac�s pour laisser place � un silence complet.</p><p>14h46.</p><p>La tension �tait insupportable. Si �a avait �t� n'importe qui d'autre, <emphasis>n'importe qui d'autre</emphasis>, sa d�faite aurait �t� courue d'avance.</p><p>Mais c'�tait Harry Potter, et on ne pouvait ignorer la possibilit� que, dans les secondes � suivre, il l�ve une main et claque des doigts.</p><p>Avec une terreur soudaine, elle se rendit compte � quel point Harry Potter �tait susceptible de faire exactement �a. �a lui ressemblerait <emphasis>tout � fait</emphasis> d'avoir <emphasis>d�j� fini de lire</emphasis> la deuxi�me moiti� du livre.</p><p>La vue de Hermione commen�a � se brouiller. Elle essaya de se forcer � respirer, et d�couvrit qu'elle en �tait simplement incapable.</p><p>Plus que dix secondes, et il n'avait toujours pas lev� sa main.</p><p>Plus que cinq secondes.</p><p>14h47.</p><p>Harry Potter repla�a pr�cautionneusement le marque-page dans le livre, referma ce dernier et le mit de c�t�.</p><p>"Je voudrais noter, au b�n�fice de la post�rit�," dit le Survivant d'une voix claire, "que je n'avais qu'un demi-livre � lire, et que j'ai fait face � un certain nombre de d�lais inattendus -"</p><p>"<emphasis>Tu as perdu !</emphasis>" glapit Hermione. "<emphasis>Perdu ! </emphasis>Tu<emphasis> as perdu notre concours !"</emphasis></p><p>Il y eut une expiration collective tandis que tout le monde recommen�ait � respirer.</p><p>Harry Potter lui jeta un regard de Feu Ardent, mais elle flottait dans un halo de joie pure et blanche et rien ne pouvait l'atteindre.</p><p>"<emphasis>Tu te rends compte du genre de semaine que j'ai eu </emphasis>?" dit Harry Potter. "Tout �tre inf�rieur aurait eu du mal � lire huit livres de Dr. Seuss !"</p><p>"<emphasis>Tu </emphasis>as fix� la limite de temps."</p><p>Le regard de Feu Ardent de Harry devint encore plus br�lant. "Je n'avais aucune fa�on logique de savoir que j'allais devoir sauver toute l'�cole du professeur Rogue, ou me faire battre en cours de D�fense, et si je te disais comment j'ai perdu mon temps entre 17h et le d�ner jeudi tu penserais que je suis fou -"</p><p>"Ooooh, on dirait que <emphasis>quelqu'un</emphasis> est devenu la proie de l'<emphasis>illusion de la planification</emphasis>."</p><p>Le visage de Harry r�v�la une profonde stup�faction.</p><p>"Oh, �a me rappelle que j'ai fini de lire le premier lot de livres que tu m'as pr�t�," dit Hermione de son air le plus innocent. Deux avaient �t� <emphasis>difficiles</emphasis>. Elle se demandait combien de temps �a <emphasis>lui</emphasis> avait pris pour finir de les lire.</p><p>"Un jour," dit le Survivant, "quand les lointains descendants d'<emphasis>Homo sapiens </emphasis>contempleront l'histoire de la galaxie et se demanderont quand les choses ont mal tourn�es, ils concluront que l'erreur originelle a �t� commise quand quelqu'un a appris � Hermione Granger � lire.</p><p>"Mais tu as quand m�me perdu," dit Hermione. Elle avait une main sur son menton et semblait contemplative. "Mais je me demande, que devrais-tu perdre exactement ?"</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>"</p><p>"Tu as perdu le pari," expliqua Hermione, "tu dois donc verser un gage."</p><p>"Je ne me souviens pas d'avoir consenti � �a !"</p><p>"Vraiment ?" dit Hermione Granger. Elle se donna l'air pensive. Alors, comme si l'id�e venait de se pr�senter � elle : "Alors faisons un vote. Toute personne � Serdaigle qui pense que Harry Potter doit payer, levez votre main !"</p><p>"<emphasis>Quoi </emphasis>?" glapit de nouveau Harry Potter.</p><p>Il pivota et vit qu'il �tait entour� par une mer de mains lev�es.</p><p>Et si Harry Potter avait fait <emphasis>plus attention</emphasis>, il aurait remarqu� qu'une �norme partie des observateurs semblaient �tre des filles et que pratiquement toutes les filles de la pi�ce avaient leur main lev�e.</p><p>"Stop !" g�mit Harry Potter. "Vous ne savez pas ce qu'elle va demander ! Vous <emphasis>rendez-vous</emphasis> compte de ce qu'elle est en train de faire ? Elle vous pousse � vous engager � l'avance maintenant, et alors la pression de la coh�rence vous fera accepter tout ce qu'elle dira ensuite !"</p><p>"Ne t'en fais pas," dit la pr�f�te P�n�lope Deauclaire. "Si elle demande quelque chose de d�raisonnable, nous pourrons toujours changer d'avis. Pas vrai, tout le monde ?"</p><p>Et il y eut des hochements de t�te empress�s venus de toutes les filles auxquelles P�n�lope Deauclaire avait parl� du plan de Hermione.</p><empty-line/><p>Une silhouette silencieuse se glissa � travers les frais couloirs des donjons de Poudlard. Il devait �tre pr�sent dans une pi�ce pr�cise � 18h pour rencontrer un certain quelqu'un, et si possible il valait mieux �tre en avance, par signe de respect.</p><p>Mais quand sa main tourna la poign�e et poussa la porte dans cette salle sombre, silencieuse et abandonn�e, il y avait une silhouette se tenant d�j� l�, entre les rang�es de vieux bureaux poussi�reux. Une silhouette qui tenait un petit b�ton vert luisant projetant une lumi�re p�le qui �clairait � peine celui qui le tenait, et encore moins la pi�ce environnante.</p><p>La lumi�re du couloir mourut quand la porte se referma derri�re lui, et les yeux de Draco commenc�rent � s'ajuster � la faible lueur.</p><p>La silhouette se tourna lentement pour l'observer, r�v�lant un visage ombrag�, seulement partiellement �clair� par l'�trange lumi�re verte.</p><p>Draco commen�ait d�j� � aimer cette rencontre. Gardez la froide lumi�re verte, rendez-les tous deux plus grands, donnez-leur des capuches et des masques, d�placez-les d'une salle de classe � un cimeti�re, et ce serait exactement comme le d�but de la moiti� des histoires que les amis de son p�re racontaient sur les Mangemorts.</p><p>"Je veux que tu saches, Draco Malfoy," dit la silhouette avec un calme mortel, "que je ne te bl�me pas pour ma r�cente d�faite."</p><p>Sans r�fl�chir, Draco ouvrit la bouche pour protester, il n'y avait absolument aucune raison pour qu'<emphasis>il</emphasis> soit bl�m�.</p><p>"C'�tait, plus que toute autre chose, d� � ma propre stupidit�," continua la sombre silhouette. "J'aurais pu faire beaucoup d'autres choses, et ce � toutes les �tape du parcours. Tu ne m'as pas demand� de faire <emphasis>exactement</emphasis> ce que j'ai fait. Tu m'as seulement demand� mon aide. C'est moi qui, malavis�, ai choisi cette m�thode en particulier. Mais le fait demeure que j'ai perdu le concours d'un demi-livre. Les actes de ton idiot de compagnie, et la faveur que tu as demand�e, et, oui, ma propre idiotie quant � la fa�on de t'accorder cette faveur, m'ont fait <emphasis>perdre du temps</emphasis>. Plus de temps que tu ne le sais. Du temps qui, � la fin, s'est av�r� crucial. Le fait demeure, Draco Malfoy, que si tu ne m'avais pas demand� cette faveur, j'<emphasis>aurais</emphasis> gagn�. Et non... pas... <emphasis>perdu</emphasis>."</p><p>Draco avait d�j� entendu parler de la d�faite de Harry, et du gage que Hermione avait exig� de lui. La nouvelle avait circul� plus vite que des chouettes n'auraient pu la transporter.</p><p>"Je comprends," dit Draco. "Je suis d�sol�." Il n'y avait rien d'autre qu'il <emphasis>puisse</emphasis> dire s'il voulait que Harry Potter soit ami avec lui.</p><p>"Je ne demande ni compassion ni chagrin," dit la sombre silhouette, toujours d'un calme mortel. "Mais je viens de passer deux heures enti�res en compagnie de Hermione Granger, habill� des v�tements qui m'avaient �t� fournis, � visiter des endroits fascinants de Poudlard tels que la petite chute gargouillante de ce qui m'a sembl� �tre de la morve, accompagn� d'une quantit� d'autres filles qui insistaient pour s'adonner � de serviables activit�s telles que r�pandre des p�tales de rose m�tamorphos�s sur notre chemin. J'ai eu un rendez-vous galant, h�ritier de Malfoy. Mon <emphasis>premier</emphasis> rendez-vous galant. <emphasis>Et quand je d�clarerai que tu me dois cette faveur, tu la repaieras.</emphasis>"</p><p>Draco acquies�a solennellement. Avant d'arriver, il avait pris la prudente pr�caution d'apprendre tout d�tail disponible sur le rendez-vous de Harry afin d'en finir avec son hilarit� hyst�rique avant l'heure de rencontre convenue, et de ne pas commettre de <emphasis>faux pas</emphasis> [NdT : en fran�ais dans le texte] en gloussant jusqu'� en perdre conscience.</p><p>"Penses-tu," dit Draco, "que quelque chose devrait arriver � cette Granger-"</p><p>"Fais passer le mot � Serpentard que la Granger est <emphasis>mienne</emphasis> et que quiconque se m�le de <emphasis>mes</emphasis> affaires verra ses restes �parpill�s dans une zone assez grande pour inclure douze diff�rentes langues vivantes. Et puisque je ne suis pas � Gryffondor et que j'utilise la <emphasis>ruse</emphasis> plut�t que les attaques frontales imm�diates, ils ne devraient pas paniquer en me voyant sourire � Granger."</p><p>"Ou si tu es vu � un second rendez-vous ?" dit Draco, ne laissant percer dans sa voix qu'une toute petite note de scepticisme.</p><p>"<emphasis>Il n'y aura pas de second rendez-vous</emphasis>," dit la silhouette nimb�e de vert d'une voix si effrayante qu'elle semblait �tre non seulement celle d'un Mangemort mais aussi celle d'Amycus Carrow ce jour-l�, juste avant que P�re ne lui dise d'arr�ter, qu'il n'�tait pas le Seigneur des T�n�bres.</p><p>Bien s�r c'<emphasis>�tait</emphasis> toujours la voix non mu�e d'un jeune gar�on, et quand on la combinait avec les <emphasis>mots qu'il avait prononc�s</emphasis>, eh bien, �a ne fonctionnait pas. Si Harry Potter <emphasis>devenait</emphasis> un jour le prochain Seigneur des T�n�bres, Draco utiliserait une Pensine pour conserver une copie de ce souvenir dans un endroit s�r, et Harry Potter n'oserait plus jamais le trahir.</p><p>"Mais parlons d'affaires plus joyeuses," dit la silhouette aux ombres verd�tres. "Parlons de savoir et de pouvoir, Draco Malfoy, parlons de Science."</p><p>"Oui," dit Draco. "Parlons donc."</p><p>Draco se demanda quelle partie de son visage �tait visible, et quelle partie �tait dans l'ombre, dans cette inqui�tante lumi�re verte.</p><p>Et bien que Draco ait gard� une expression s�rieuse, il y avait un sourire dans son c�ur.</p><p>Il avait <emphasis>enfin</emphasis> une vraie conversation d'adulte.</p><p>"Je t'offre un pouvoir," dit la sombre silhouette, "et je te parlerai de ce pouvoir et de son prix. Le pouvoir a son origine dans la connaissance de la forme de la r�alit� et du contr�le qu'on obtient alors sur elle. Ce que tu comprends, tu peux le commander, et c'est un pouvoir assez grand pour permettre de marcher sur la Lune. Le prix de ce pouvoir est que tu dois apprendre � poser des questions � la Nature, et, encore plus difficile, � accepter ses r�ponses. Tu feras des exp�riences, r�aliseras des tests et observeras ce qui se produit. Et tu devras accepter le sens de ces r�sultats quand ils te diront que tu as tort. Tu devras <emphasis>apprendre � perdre</emphasis>, pas contre moi, mais contre la Nature. Quand tu te retrouveras � d�battre avec la r�alit�, tu devras laisser la r�alit� gagner. Ce sera douloureux, Draco Malfoy, et je ne sais pas si tu as la force n�cessaire dans ce domaine. Maintenant que tu connais le prix, est-ce toujours ton souhait que d'apprendre le pouvoir humain ?"</p><p>Draco prit une profonde inspiration. Il y avait d�j� r�fl�chi. Et il avait du mal � voir comment il pourrait r�pondre autrement. Il avait re�u l'instruction de s'engager dans toute voie pouvant mener � une amiti� avec Harry Potter. Il ne faisait qu'<emphasis>apprendre</emphasis>, il ne promettait pas de <emphasis>faire</emphasis> quoi que ce soit. Il pouvait toujours arr�ter les le�ons n'importe quand...</p><p>Il y avait un certain nombre de choses dans cette situation qui lui donnaient l'air d'�tre un pi�ge, mais honn�tement, Draco ne voyait pas comment cela pouvait mal tourner.</p><p>En plus Draco voulait quand m�me diriger le monde.</p><p>"Oui," dit Draco.</p><p>"Excellent," dit la sombre silhouette. "J'ai eu ce qu'on pourrait appeler une <emphasis>semaine encombr�e</emphasis>, et �a prendra du temps de planifier ton programme d'�tudes-"</p><p>"J'ai moi-m�me beaucoup de choses � faire pour consolider mon pouvoir � Serpentard," dit Draco, "sans parler des devoirs. Peut-�tre qu'on devrait juste commencer en octobre ?"</p><p>"�a m'a l'air raisonnable," dit la sombre silhouette, "mais ce que je voulais dire c'est que pour pr�parer ton programme, je dois savoir ce que je vais t'enseigner. Trois pens�es me viennent. La premi�re est que je t'explique l'esprit et le cerveau humain. La deuxi�me option est que je t'explique l'univers physique, ces arts qui pavent le chemin vers la Lune. Cela n�cessite l'utilisation de beaucoup de nombres, mais pour un certain type d'esprit, ces nombres sont plus beaux que tout ce que la Science a � offrir. Aimes-tu les nombres, Draco ?"</p><p>Draco secoua la t�te.</p><p>"Alors tant pis. Tu finiras par apprendre les math�matiques, mais je ne pense pas que ce sera pour tout de suite. La troisi�me option est que je t'enseigne la g�n�tique et l'�volution et l'h�r�dit�, ce que tu appellerais le sang -"</p><p>"Celle-l�," dit Draco.</p><p>La silhouette hocha la t�te. "Je pensais que tu dirais �a. Mais je pense que ce sera le chemin le plus douloureux pour toi, Draco. Et si ta famille et tes amis, les puristes du sang, disent une chose, et que tu d�couvres que les tests exp�rimentaux en disent une autre ?"</p><p>"Alors je me d�brouillerai pour que les tests exp�rimentaux donnent la <emphasis>bonne</emphasis> r�ponse !"</p><p>Il y eut une pause, et la sombre silhouette se tint l�, bouche b�ante, pendant quelques instants.</p><p>"Euh," dit la sombre silhouette. "�a ne marche pas vraiment comme �a. C'est ce contre quoi j'essayais de te mettre en garde, Draco. Tu ne <emphasis>peux pas</emphasis> changer la r�ponse pour qu'elle te plaise."</p><p>"On peut <emphasis>toujours</emphasis> faire en sorte que la r�ponse soit celle qui nous arrange," dit Draco. �a avait pratiquement �t� la premi�re chose que ses pr�cepteurs lui avaient enseign�e. "Le probl�me est juste de trouver les bons arguments."</p><p>"Non," dit la sombre silhouette, sa voix s'�levant sous l'effet de la frustration, "non, non, non ! Alors tu obtiens la <emphasis>mauvaise</emphasis> r�ponse, et ce n'est pas comme �a que tu pourras aller sur la Lune ! La Nature n'est pas une personne, tu ne peux pas la duper et lui faire croire autre chose, si tu essaies de dire que la Lune est faite de fromage tu pourras argumenter pendant des jours et �a ne changera pas la Lune ! Ce dont tu parles, c'est de <emphasis>rationaliser</emphasis>, comme de commencer avec une feuille de papier, d'aller directement � la derni�re ligne, d'utiliser de l'encre pour �crire 'et <emphasis>par cons�quent,</emphasis> la Lune est faite de fromage', puis de remonter tout en haut pour �crire plein d'arguments ing�nieux. Mais soit la Lune est faite de fromage, soit elle ne l'est pas. Au moment o� tu as �crit la conclusion, c'�tait d�j� vrai ou faux. Que la page se termine par la bonne ou la mauvaise conclusion est d�termin� � l'instant o� tu �cris cette conclusion. Si tu essaies de choisir entre deux malles tr�s ch�res, et que tu aimes celle qui brille, les arguments ing�nieux que tu inventes pour justifier son achat n'ont aucune importance, la <emphasis>vraie</emphasis> r�gle que tu as utilis�e pour <emphasis>choisir pour quelle malle tu allais argumenter</emphasis> �tait 'prend celle qui brille', et quelle que soit l'efficacit� de cette r�gle en ce qui concerne la s�lection de malles, c'est le genre de malle que tu auras. La rationalit� <emphasis>ne peut pas</emphasis> �tre utilis�e pour argumenter en faveur d'un camp d�j� fix�, il est seulement possible de l'utiliser pour <emphasis>d�cider en faveur de quel camp tu vas argumenter</emphasis>. La Science n'est pas faite pour <emphasis>convaincre</emphasis> quiconque que les puristes du sang ont raison. �a, c'est de la <emphasis>politique !</emphasis> Le pouvoir de la science trouve son origine dans <emphasis>la d�couverte du v�ritable fonctionnement de la Nature, et du fait qu'elle ne peut �tre chang�e par le d�bat</emphasis> ! Ce que la science <emphasis>peut</emphasis> faire est de nous dire <emphasis>comment le sang fonctionne vraiment</emphasis>, comment les sorciers h�ritent vraiment leurs pouvoirs de leurs parents, et si les n�s-Moldus sont vraiment plus faibles ou plus forts -"</p><p>"<emphasis>Plus forts !</emphasis>" dit Draco. Il avait essay� de suivre, un air perplexe sur le visage, il pouvait comprendre en quoi �a se tenait, mais �a ne ressemblait certainement pas � quoi que ce soit qu'il ait entendu avant. Et Harry Potter avait alors dit quelque chose que Draco ne pouvait absolument pas laisser passer. "Tu penses que les sang-de-bourbe sont <emphasis>plus forts</emphasis> ?"</p><p>"Je ne pense rien," dit la sombre silhouette. "Je ne sais rien. Je ne crois rien. Ma conclusion n'est pas encore �crite. Je d�couvrirai comment tester la force magique des n�s-Moldus, et la force magique des Sang-Purs. Si mes tests me disent que les n�s-Moldus sont plus faibles, je croirai qu'il sont plus faibles. Si mes tests me disent que les n�s-Moldus sont plus forts, je croirai qu'ils sont plus forts. Sachant cela et d'autres faits, je gagnerai une certaine quantit� de pouvoir -"</p><p>"Et tu t'attends � ce que <emphasis>je</emphasis> crois tout ce que tu dis ?" demanda vivement Draco.</p><p>"Je m'attends � ce que tu ex�cutes les tests <emphasis>toi-m�me</emphasis>," dit calmement la sombre figure. "As-tu peur de ce que <emphasis>tu</emphasis> vas d�couvrir ?"</p><p>Draco fixa la sombre silhouette pendant un moment, ses yeux �troits. "Bon pi�ge, Harry," dit-il. "Il faudra que je m'en souvienne, c'est nouveau."</p><p>La sombre silhouette secoua la t�te. "Ce n'est pas un pi�ge, Draco. Souviens-toi - je ne <emphasis>sais pas</emphasis> ce que nous allons d�couvrir. Mais on ne comprend pas l'univers en d�battant avec lui ou en lui disant de revenir avec une autre r�ponse la prochaine fois. Quand tu enfiles les robes d'un scientifique, tu dois oublier toute la politique et tous les arguments et toutes les factions et tous les camps, faire taire les r�criminations d�sesp�r�es de ton esprit, et ne souhaiter qu'entendre la r�ponse de la Nature." La sombre silhouette s'interrompit. "La plupart des gens ne peuvent pas faire �a. C'est pour �a que c'est difficile. Es-tu certain de ne pas pr�f�rer apprendre le fonctionnement du cerveau ?"</p><p>"Et si je te dis que je pr�f�rerais apprendre le fonctionnement du cerveau," dit Draco, sa voix maintenant dure, "tu raconteras � tout le monde que j'avais peur de ce que j'allais d�couvrir."</p><p>"Non," dit la sombre silhouette. "Je ne ferai pas �a."</p><p>"Mais tu feras peut-�tre le m�me genre de tests toi-m�me, et si tu obtiens la mauvaise r�ponse, je ne serai pas l� pour dire quelque chose avant que tu ne la montres � quelqu'un d'autre." La voix de Draco �tait toujours dure.</p><p>"Je te demanderais quand m�me avant, Draco," dit calmement la sombre silhouette.</p><p>Draco resta silencieux. Il ne s'�tait pas attendu � �a, il pensait avoir vu le pi�ge mais... "Tu le <emphasis>ferais</emphasis> ?"</p><p>"Bien s�r. Comment saurais-<emphasis>je</emphasis> qui faire chanter et ce qu'on pourrait tirer d'eux ? Draco, je te dis � nouveau que ce n'est pas un pi�ge que je te tends. Du moins pas � toi personnellement. Si tu avais d'autres opinions politiques, je serais en train de te dire : et si les tests montrent que les Sang-Pur sont plus forts ?"</p><p>"Vraiment."</p><p>"<emphasis>Oui !</emphasis> C'est le prix que <emphasis>tout le monde</emphasis> doit payer pour devenir un scientifique !"</p><p>Draco leva une main. Il devait r�fl�chir.</p><p>La sombre silhouette nimb�e de vert attendit.</p><p>En fait, �a ne prit pas longtemps d'y r�fl�chir. Si on �cartait toutes les parties d�routantes... alors Harry Potter se pr�parait � jouer avec quelque chose qui pouvait provoquer une explosion politique gigantesque, et il serait d�ment de juste s'en aller et de le laisser le faire seul. "Nous �tudierons le sang," dit Draco.</p><p>"<emphasis>Excellent,"</emphasis> dit la silhouette, et elle sourit. "Je te f�licite pour ton d�sir de poser la question."</p><p>"Merci," dit Draco, ne parvenant pas tout � fait � masquer toute trace d'ironie de sa voix.</p><p>"H�, tu pensais qu'aller sur la Lune �tait <emphasis>facile</emphasis> ? R�jouis-toi que cela ne n�cessite que de changer parfois d'avis, et pas un sacrifice humain !"</p><p>"Un sacrifice humain serait <emphasis>beaucoup</emphasis> plus simple !"</p><p>Il y eut une courte pause, puis la silhouette hocha la t�te. "C'est juste."</p><p>"�coute, Harry," dit Draco sans grand espoir, "je pensais que l'id�e �tait de prendre toutes les choses que les Moldus savent, de les combiner avec ce que les sorciers savent, et de devenir ma�tres des deux mondes. Ne serait-il pas beaucoup plus simple de juste �tudier les choses que les Moldus ont <emphasis>d�j�</emphasis> d�couvertes, comme les trucs de la Lune, et d'utiliser <emphasis>ce</emphasis> pouvoir -"</p><p>"<emphasis>Non</emphasis>," dit la silhouette en secouant brutalement la t�te de droite � gauche, ce qui envoya des ombres vertes courir sur son nez et ses yeux. Sa voix devint tr�s grave. "Si tu ne peux apprendre l'art scientifique qui consiste � accepter la r�alit�, alors je ne <emphasis>dois pas</emphasis> te dire ce que cette acceptation a permis de d�couvrir. Ce serait comme si un puissant sorcier te parlait de ces portes qu'il ne faut pas ouvrir et de ces sceaux qui ne doivent pas �tre bris�s avant que tu n'aies prouv� ton intelligence et ta discipline en survivant � de moindres p�rils."</p><p>Un frisson descendit le long de la colonne vert�brale de Draco et il eut un soubresaut involontaire. Il savait que �a avait �t� visible m�me dans la faible lumi�re. "Tr�s bien," dit Draco. "Je comprends." P�re lui avait dit cela en de nombreuses occasions. Quand un sorcier plus puissant vous disait que vous n'�tiez pas pr�t � savoir, et que vous vouliez vivre, vous n'insistiez pas.</p><p>La silhouette inclina la t�te. "En effet. Mais il y a autre chose que tu devrais comprendre. Les premiers scientifiques, �tant des Moldus, ils n'avaient pas vos traditions. Au d�but, ils ne comprenaient tout simplement pas la notion de savoir dangereux, et ils pensaient que l'on pouvait librement discuter de toute chose. Lorsque leurs recherches devinrent dangereuses, ils dirent � leurs hommes politiques des choses qui auraient d� rester secr�tes - ne prends pas cet air, Draco, ce n'est pas simplement de la stupidit�. Ils devaient d�j� �tre assez malins pour d�couvrir ce secret. Mais c'�taient des Moldus, et c'�tait la premi�re fois qu'ils d�couvraient quelque chose de <emphasis>vraiment</emphasis> dangereux, et ils n'avaient pas <emphasis>commenc�</emphasis> avec une tradition du secret. Une guerre faisait rage, et les scientifiques de chaque camp avaient peur que, s'ils ne parlaient <emphasis>pas,</emphasis> les scientifiques du pays <emphasis>ennemi </emphasis>parleraient � <emphasis>leurs</emphasis> hommes politiques avant eux..." La voix resta en suspens, lourde de sens. "Ils ne d�truisirent pas le monde. Mais il s'en est fallu de peu. Et <emphasis>nous </emphasis>n'allons pas reproduire cette erreur."</p><p>"Tout � fait," dit Draco, sa voix maintenant tr�s ferme. "Pas <emphasis>nous</emphasis>. Nous sommes des sorciers, et �tudier la science ne fait pas de nous des Moldus."</p><p>"Comme tu dis," dit la silhouette nimb�e de vert. "Nous allons �tablir <emphasis>notre</emphasis> propre Science, une Science magique, et cette Science aura des traditions plus intelligentes d�s le d�but." La voix devint tr�s dure. "Le savoir que je partage avec toi sera enseign� en m�me temps que la discipline consistant � accepter la v�rit�, et le niveau de ce savoir sera align� sur ton progr�s dans cette discipline, et tu ne partageras pas ce savoir avec ceux n'ayant pas appris cette discipline. Acceptes-tu cela ?"</p><p>"Oui," dit Draco. Qu'�tait-il cens� faire, dire non ?</p><p>"Bien. Et ce que tu d�couvriras toi-m�me, tu le garderas pour toi, � moins que tu ne penses que d'autres scientifiques sont pr�ts � l'apprendre. Ce que nous partagerons entre nous, nous n'en parlerons pas au monde, � moins que nous ne soyons d'accord sur le fait que poss�der ce savoir ne lui fait pas courir de danger. Et quelles que soient nos opinions politiques et nos all�geances, nous punirons ensemble <emphasis>tous ceux</emphasis> qui parmi nous r�v�lent des sortil�ges dangereux ou donnent des armes dangereuses, peu importe qu'une guerre fasse rage. � partir d'aujourd'hui, ce sera la tradition et la loi de la science parmi les sorciers. Sommes-nous d'accord l�-dessus ?"</p><p>"Oui," dit Draco. En fait, �a commen�ait <emphasis>vraiment</emphasis> � avoir l'air sacr�ment attrayant. Les Mangemorts avaient essay� de prendre le pouvoir en �tant plus effrayants que tout le monde, et ils n'avaient pas encore vraiment gagn�. Peut-�tre �tait-il temps d'essayer de diriger � l'aide de secrets. "Et notre groupe reste cach� aussi longtemps que possible, et tous ses membres doivent accepter nos r�gles."</p><p>"Bien s�r. Absolument."</p><p>Il y eut une tr�s courte pause.</p><p>"Nous aurons besoin de meilleures robes," dit la sombre silhouette, "avec des capuches et tout �a -"</p><p>"Je <emphasis>pensais justement</emphasis> � �a," dit Draco. "Nous n'avons pas besoin de nouvelles robes int�grales, cela dit, juste des houppelandes � capuche � mettre par-dessus. J'ai une amie � Serpentard, elle prendra tes mesures -"</p><p>"Ne lui dis pas pour <emphasis>quoi</emphasis> c'est, quand m�me -"</p><p>"Je ne suis pas <emphasis>stupide !</emphasis>"</p><p>"Et pas de masques pour l'instant, pas tant que c'est juste toi et moi -" dit la sombre silhouette.</p><p>"Oui ! Mais plus tard nous devrions avoir une esp�ce de marque sp�ciale que tous nos serviteurs devront porter, la Marque de la Science, comme un serpent mangeant la Lune sur leur bras droit -"</p><p>"�a s'appelle un doctorat et est-ce que �a ne rendrait pas l'identification des n�tres trop facile ?"</p><p>"Hein ?"</p><p>"Je veux dire que si quelqu'un dit 'OK, maintenant tout le monde rel�ve ses robes au-dessus de du bras droit' et que nos gars sont l� 'oups, d�sol�, on dirait que je suis un espion' -"</p><p>"<emphasis>Oublie ce que je viens de dire</emphasis>," dit imm�diatement Draco, de la sueur perlant soudain sur toute la surface de son corps. Il avait besoin d'une distraction, <emphasis>vite</emphasis> - "Et comment nous appellerons-nous ? Les Mangescience ?"</p><p>"Non," dit lentement la sombre silhouette. "�a ne sonne pas bien..."</p><p>Du revers d'une de ses manches, Draco s'essuya le front, chassant des gouttes d'humidit�. Mais � quoi <emphasis>avait pens�</emphasis> le Seigneur des T�n�bres ? P�re avait dit que le Seigneur des T�n�bres �tait <emphasis>intelligent</emphasis> !</p><p>"J'ai trouv� !" dit soudain la sombre silhouette. "Tu ne comprendras pas pour l'instant, mais crois moi, �a convient."</p><p>Pour le moment, Draco aurait accept� 'Mangeurs Malfoy' du moment que �a changeait de sujet. "C'est quoi ?"</p><p>Et, debout entre les pupitres poussi�reux d'une salle abandonn�e des donjons de Poudlard, la silhouette de Harry Potter, nimb�e de vert, �carta ses bras d'un geste th��tral et dit, "Ce jour marquera l'aube de... la <emphasis>Conspiration Bay�sienne</emphasis>."</p><empty-line/><p>Une silhouette silencieuse marcha d'un pas lourd et fatigu� � travers les couloirs de Poudlard en direction de Serdaigle.</p><p>Harry s'�tait directement rendu au d�ner apr�s la r�union avec Draco, et il y �tait rest� � peine assez longtemps pour s'�touffer sur quelques bouch�es rapides avant d'aller se coucher.</p><p>Il n'�tait m�me pas encore 19h, mais il aurait d� �tre endormi depuis longtemps. Il s'�tait rendu compte la nuit <emphasis>derni�re</emphasis> qu'il ne pourrait pas utiliser le Retourneur de Temps samedi avant que le concours de lecture ne soit d�j� termin�. Mais il pourrait toujours utiliser le Retourneur de Temps <emphasis>vendredi</emphasis> soir, et ainsi gagner du temps. Alors vendredi, Harry s'�tait forc� � rester �veill� jusqu'� 21h, quand la coque protectrice s'�tait ouverte, et il avait alors utilis� les quatre heures restantes pour revenir � 17h et s'effondrer de fatigue. Il s'�tait r�veill� samedi matin aux environs de 2h, exactement comme pr�vu, et il avait alors lu pendant douze heures d'affil�e... et �a n'avait quand m�me pas suffit. Et maintenant Harry allait se coucher assez t�t pendant les jours � venir, jusqu'� ce que son cycle de sommeil se recale.</p><p>Le portrait sur la porte lui posa une �nigme stupide faite pour les enfants de onze ans � laquelle il r�pondit sans m�me que les mots passent par son esprit conscient, puis il tituba jusqu'en haut des escaliers, vers son dortoir, o� il enfila son pyjama, s'effondra dans son lit.</p><p>Et d�couvrit que son oreiller semblait plut�t bossel�.</p><p>Harry grogna. Il s'assit � contrec�ur, se retourna et souleva son oreiller.</p><p>Ce qui r�v�la une note, deux Gallions d'or et un livre intitul� : <emphasis>Occlumancie : L'Art Cach�</emphasis></p><p>Harry prit la note et lut :</p><p><emphasis>Eh bien, tu t'es mis dans le p�trin, et vite. James lui-m�me n'aurait pas �t� � la hauteur.</emphasis></p><p><emphasis>Tu t'es fait un puissant ennemi. Rogue poss�de la loyaut�, l'admiration et la peur de toute la maison Serpentard. Tu ne peux faire confiance � aucun d'entre eux � pr�sent, qu'ils viennent � toi sous des airs amicaux ou effrayants.</emphasis></p><p><emphasis>Dor�navant, tu ne devras pas croiser le regard de Rogue. C'est un Legilimens et il pourrait en profiter pour lire ton esprit. J'ai joint � ce message un livre qui pourrait t'aider � te prot�ger, m�me si ta progression sera limit�e sans l'aide d'un pr�cepteur. Tu pourras quand m�me esp�rer d�tecter l'intrusion.</emphasis></p><p><emphasis>Afin que tu trouves le temps n�cessaire � �tudier l'Occlumancie, j'ai de plus joint 2 Gallions, ce qui est le prix de la feuille de r�ponse et des devoirs pour le cours d'Histoire de premi�re ann�e (le professeur Binns ayant donn� les m�mes contr�les et les m�mes devoirs chaque ann�e depuis sa mort). Tes nouveaux amis, les jumeaux Weasley, devraient pouvoir t'en vendre des exemplaires. Il va sans dire que tu ne dois pas te faire prendre en leur possession.</emphasis></p><p><emphasis>Dumbledore fait juste semblant d'�tre fou. Il est extr�mement intelligent, et si tu continues � entrer dans des placards et � dispara�tre, il va certainement en d�duire que tu as une cape d'invisibilit� en ta possession, s'il ne l'a pas d�j� fait. �vite-le autant que possible, cache la Cape d'Invisibilit� en lieu s�r (PAS dans ta bourse) � chaque fois que tu ne peux pas l'�viter, et fais tr�s attention en sa pr�sence.</emphasis></p><p><emphasis>S'il te pla�t Harry, � l'avenir, sois plus prudent.</emphasis></p><p><emphasis>- Le P�re No�l</emphasis></p><p>Harry fixa la note.</p><p>�a <emphasis>semblait</emphasis> �tre de bons conseil. Bien s�r, Harry n'allait pas tricher en cours d'Histoire m�me s'ils lui donnaient un singe mort pour professeur. Mais la Legilimancie de Severus... celui ou celle qui avait envoy� cette note savait beaucoup de choses importantes et secr�tes, et il ou elle �tait pr�t � les dire � Harry. La note le mettait encore en garde contre la possibilit� que Dumbledore vole la Cape mais � ce stade, Harry ne savait absolument pas si c'�tait mauvais signe, �a aurait pu �tre une erreur compr�hensible.</p><p>Il semblait y avoir une intrigue en cours � Poudlard. Peut-�tre que si Harry <emphasis>comparait</emphasis><emphasis>les versions</emphasis> de Dumbledore et de l'envoyeur-de-note, il pourrait en d�duire une image <emphasis>combin�e</emphasis> qui pourrait �tre pr�cise ? Par exemple s'ils s'accordaient <emphasis>tous les deux </emphasis>sur quelque chose, alors...</p><p>... mouais...</p><p>Harry fourra le tout dans sa bourse et remonta le Sourdineur et tira la couverture par-dessus sa t�te et mourut.</p><empty-line/><p>C'�tait dimanche matin et Harry mangeait des pancakes dans la Grande Salle, des bouch�es vives et menues, jetant des coups d'�il nerveux � sa montre � intervalles de quelques secondes.</p><p>Il �tait 8h02, et dans pr�cis�ment deux heures et une minute, �a ferait <emphasis>exactement une semaine</emphasis> qu'il avait vu les Weasley et �tait pass� sur la plate-forme 9�.</p><p>Et l'id�e lui �tait venue... Harry ne savait pas si c'�tait une bonne fa�on de voir l'univers, il ne savait plus rien maintenant, mais il <emphasis>semblait possible</emphasis>...</p><p>Que...</p><p><emphasis>Pas assez de choses int�ressantes ne lui soient arriv�es la semaine derni�re.</emphasis></p><p>Une fois qu'il aurait fini de manger son petit d�jeuner, Harry comptait monter directement � sa chambre et se cacher au niveau caverne de sa malle et ne parler � personne jusqu'� 10h03.</p><p>Et c'est alors que Harry vit les jumeaux Weasley marcher vers lui. L'un d'eux portait quelque chose, cach� derri�re son dos.</p><p>Il devrait crier et s'enfuir.</p><p>Il devrait crier et s'enfuir.</p><p>Quoi que ce f�t... �a pourrait tr�s bien �tre...</p><p>... le <emphasis>grand final</emphasis>...</p><p>Il devrait vraiment juste crier et s'enfuir.</p><p>Avec le sentiment r�sign� que l'univers finirait <emphasis>quand m�me</emphasis> par le retrouver, Harry continua de d�couper son pancake avec son couteau et sa fourchette. Il n'arrivait pas � trouver l'�nergie n�cessaire. C'�tait la triste v�rit�. Harry savait maintenant comment les gens se sentaient quand ils �taient fatigu�s de courir, fatigu�s d'essayer d'�chapper au destin, et qu'ils tombaient juste au sol et laissaient les d�mons aux horribles dents et tentacules venus des plus sombres abysses les tra�ner vers leur innommable destin�e.</p><p>Les jumeaux Weasley vinrent plus pr�s.</p><p>Et plus pr�s encore.</p><p>Harry mangea une autre bouch�e de pancake.</p><p>Les jumeaux Weasley arriv�rent, souriant joyeusement.</p><p>"Bonjour, Fred," dit Harry d'un ton morne. L'un des deux jumeaux fit un signe de t�te. "Bonjour, George." L'autre jumeau hocha la t�te.</p><p>"Tu as l'air fatigu�," dit George.</p><p>"Tu devrais te r�jouir," dit Fred.</p><p>"Regarde ce qu'<emphasis>on</emphasis> a pour toi !"</p><p>Et de derri�re le dos de Fred, George r�cup�ra -</p><p>Un g�teau avec douze bougies allum�es.</p><p>Il y eut une pause, tandis que toute la table Serdaigle les fixait.</p><p>"�a ne va pas," dit quelqu'un. "Harry Potter est n� le trente et un juil-"</p><p>"IL VIENT," dit une immense voix creuse qui coupa toutes les conversations � la mani�re d'une �p�e de glace. "CELUI QUI D�CHIRERA L' -"</p><p>Dumbledore avait bondi de son tr�ne et courut sur la Grande Table et saisit la femme qui prof�rait ces horribles paroles, Fumseck apparut dans un flash, et tous les trois disparurent dans un craquement de flammes.</p><p>Il y eut une pause choqu�e...</p><p>...puis des t�tes se tourn�rent en direction de Harry Potter.</p><p>"Je n'ai pas fait �a," dit Harry d'une voix fatigu�e.</p><p>"C'�tait une <emphasis>proph�tie</emphasis> !" siffla quelqu'un � la table. "Et je parie que �a <emphasis>te</emphasis> concerne !"</p><p>Harry soupira.</p><p>Il se redressa, �leva la voix, et dit tr�s fort, par-dessus les conversations qui commen�aient : "<emphasis>�a n'est pas � propos de moi ! Clairement ! Je ne viens pas, je suis d�j� l� !</emphasis>"</p><p>Harry se rassit.</p><p>Ceux qui l'avaient regard� se d�tourn�rent de nouveau.</p><p>Quelqu'un d'autre � la table dit : "Alors de <emphasis>qui</emphasis> �a parle ?"</p><p>Et, le c�ur lourd et maussade, Harry comprit qui <emphasis>n'�tait pas</emphasis> encore � Poudlard.</p><p>Appelez �a une folle conjecture, mais Harry avait l'impression qu'un de ces jours, un Seigneur des T�n�bres mort-vivant allait d�barquer � Poudlard.</p><p>La conversation continua autour de lui.</p><p>"Et d�chirer <emphasis>quoi</emphasis> ?"</p><p>"J'ai cru entendre Trelawney dire quelque chose qui commen�ait par un 'A' juste avant que le Directeur ne l'attrape."</p><p>"Comme... �me ? astre ?"</p><p>"Si quelqu'un va d�chirer le Soleil alors on est <emphasis>vraiment</emphasis> mal !"</p><p>�a semblait assez peu probable � Harry, � moins que le monde ne contienne d'horribles choses au fait des id�es de David Criswell au sujet de la dissipation d'�toiles.</p><p>"Donc," dit Harry d'un ton fatigu�, "�a arrive tous les dimanches au petit d�jeuner, c'est �a ?"</p><p>"Non," dit un �tudiant qui aurait pu �tre en septi�me ann�e, et il fron�ait les sourcils d'un air sinistre. "Pas du tout."</p><p>Harry haussa les �paules. "Bref. Quelqu'un veut du g�teau d'anniversaire ?"</p><p>"Mais ce n'est <emphasis>pas</emphasis> ton anniversaire !" dit le m�me �l�ve que celui qui avait �mis une objection auparavant.</p><p>C'�tait bien s�r le signal pour que Fred et George commencent � rire.</p><p>M�me Harry parvint � avoir un sourire las.</p><p>Alors que la premi�re part lui �tait servie, Harry dit : "J'ai eu une <emphasis>semaine vraiment longue</emphasis>."</p><empty-line/><p>Et Harry �tait assis au niveau caverne de sa malle, qui �tait ferm�e � cl� pour que personne ne puisse entrer, une couverture sur la t�te, attendant que la semaine soit finie.</p><p>10h01.</p><p>10h02.</p><p>10h03, mais juste pour �tre s�r...</p><p>10h04 et la premi�re semaine �tait finie.</p><p>Harry laissa �chapper un soupir de soulagement, et retira la couverture de sa t�te avec pr�caution.</p><p>Quelques instants plus tard, il avait �merg� dans son dortoir ensoleill�.</p><p>Peu de temps apr�s, il �tait dans la salle commune de Serdaigle. Quelques personnes le regard�rent, mais personne ne dit rien, ni n'essaya de lui parler.</p><p>Harry trouva un bon et large bureau pour �crire, prit une chaise confortable, et s'assit. Il extirpa un papier et un crayon de sa bourse.</p><p>Maman et Papa avaient dit � Harry, en des termes tout sauf incertains, que bien qu'ils comprennent son enthousiasme � l'id�e de quitter la maison et d'�chapper � ses parents, il devrait leur �crire <emphasis>toutes les semaines sans exception</emphasis>, juste pour qu'ils sachent qu'il �tait en vie, en bonne sant�, et pas en prison.</p><p>Harry regarda la feuille de papier blanc. <emphasis>Voyons voir...</emphasis></p><p>Apr�s avoir quitt� ses parents � la gare, il avait...</p><p>...fait la connaissance d'un gar�on �lev� par Dark Vador, s'�tait li� d'amiti� avec les trois pires farceurs de Poudlard, avait rencontr� Hermione, puis il y avait eu l'incident avec le Choixpeau... lundi on lui avait donn� une machine � remonter le temps pour traiter ses troubles du sommeil, et un b�n�facteur inconnu lui avait donn� une cape d'invisibilit� l�gendaire, il avait sauv� sept Poufsouffle en regardant cinq gar�ons plus �g�s et effrayants dans les yeux, et l'un d'eux avait menac� de lui briser les doigts, il s'�tait rendu compte qu'il avait un myst�rieux c�t� obscur, il avait appris � jeter <emphasis>Frigideiro</emphasis> en cours de Sorts et enchantements, il avait commenc� � �tre le rival de Hermione... mardi il avait d�couvert l'Astronomie, enseign�e par le professeur Aurora Sinistra qui �tait gentille, et l'Histoire de la Magie, qui �tait enseign�e par un fant�me qui aurait d� �tre exorcis� et remplac� par un lecteur de cassette... mercredi il avait �t� nomm� �tudiant le Plus Dangereux de la Classe... jeudi, ne pensons m�me pas � jeudi... vendredi, l'Incident en cours de Potions, suivi par son chantage avec le directeur, suivi par le professeur de D�fense lui ordonnant de se faire battre en plein cours, suivi par le professeur de D�fense se r�v�lant �tre l'�tre humain le plus g�nial � encore marcher � la surface de cette plan�te... samedi il avait perdu un pari et avait �t� � son premier rendez-vous galant et avait commenc� � racheter Draco... et puis ce matin la proph�tie non entendue du professeur Trelawney pourrait ou ne pourrait pas indiquer qu'un Seigneur des T�n�bres immortel �tait sur le point d'attaquer Poudlard.</p><p>Harry organisa mentalement ce qu'il avait, et commen�a � �crire.</p><p><emphasis>Chers Maman et Papa,</emphasis></p><p><emphasis>La vie � Poudlard est tr�s amusante. J'ai appris � violer la Deuxi�me Loi de la Thermodynamique en cours de Sorts et enchantements, et j'ai rencontr� un fille pr�nomm�e Hermione Granger qui lit plus vite que moi</emphasis>.</p><p><emphasis>Je ferais mieux de m'arr�ter l�.</emphasis></p><p><emphasis>Votre fils aimant,</emphasis></p><p><emphasis>Harry James Potter-Evans-Verres.</emphasis></p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 22*: La m�thode scientifique</strong></p><p><emphasis>Quelque chose, quelque part, � un moment, doit s'�tre d�roul� diff�remment...</emphasis></p><p>P�TUNIA EVANS �pousa Michael Verres, un professeur de Biochimie � Oxford.</p><p>HARRY JAMES POTTER-EVANS-VERRES grandit dans une maison pleine � craquer de livres. Il mordit un jour un professeur de math�matiques qui ne savait pas ce qu'�tait un logarithme. Il lut <emphasis>G�del, Escher et Bach</emphasis> et <emphasis>Jugement dans l'Incertitude : Heuristiques et Biais</emphasis></p><p>et le volume un du <emphasis>Cours de Physique de Feynman</emphasis>. Et malgr� les craintes apparentes de tous ceux qui l'ont rencontr�, il ne veut pas devenir le prochain Seigneur des T�n�bres. Il a �t� mieux �lev� que �a. Il veut d�couvrir les lois de la magie et devenir un dieu.</p><p>HERMIONE GRANGER se d�brouille mieux que lui � tous les cours sauf vol sur balais.</p><p>DRACO MALFOY est exactement ce que vous pourriez attendre d'un enfant de onze ans si Dark Vador �tait son papa g�teau.</p><p>LE PROFESSEUR QUIRRELL vit le r�ve de sa vie, �tre professeur de D�fense contre les forces du Mal, ou comme il pr�f�re l'appeler, Magie de Combat. Ses �l�ves se demandent tous ce qui va arriver au professeur cette ann�e.</p><p>DUMBLEDORE est soit fou, soit en train de jouer � un jeu profond�ment plus vaste et qui n�cessite que l'on mette le feu � un poulet.</p><p>LA DIRECTRICE ADJOINTE MINERVA MCGONAGALL a besoin d'aller dans un lieu priv� et de hurler pendant un moment.</p><p>Et maintenant :</p><p>HARRY POTTER ET LES M�THODES DE LA RATIONALIT�</p><p>Vous n'devin'rez jamais o� y va �ui-l�</p><empty-line/><p><emphasis>Quelques notes :</emphasis></p><p>Les opinions des personnages de cette histoire ne sont pas n�cessairement ceux de l'auteur. Ce que Harry!sympa pense est <emphasis>souvent</emphasis> cens� �tre une bonne route � suivre, en particulier si Harry pense � des �tudes scientifiques qu'il pourrait citer pour appuyer un principe en particulier. Mais tout ce que Harry fait ou pense n'est pas une bonne id�e. �a ne ferait pas une bonne histoire. Et les personnages moins sympathiques auront peut-�tre parfois des le�ons valables � offrir, mais ces le�ons pourront aussi �tre dangereusement � double tranchant.</p><p>Si vous n'avez pas encore lu mon profil [NdT : celui de LessWrong] (en cliquant l� o� �a dit "Less Wrong" en haut de la page), n'oubliez pas de le faire un jour ou l'autre ; autrement vous rateriez les fan art, comment apprendre tout ce que Harry sait, et bien plus.</p><p>Si vous n'avez pas seulement appr�ci� cette histoire mais que vous avez aussi appris quelque chose, pensez � la blogger ou � la tweeter. Une �uvre comme celle-ci ne fait pas plus de bien qu'il n'y a de gens pour la lire.</p><p><emphasis>Et maintenant, revenons � votre programme de fiction habituel...</emphasis></p><empty-line/><p>La cl� de cette strat�gie n'est pas de choisir un chemin vers la J.K. Rowling, mais de choisir de fa�on � ce que <emphasis>tous</emphasis> les chemins m�nent � <emphasis>une</emphasis> J.K. Rowling.</p><empty-line/><p>Une petite chambre d'�tude, proche, mais pas dans le dortoir de Serdaigle, l'une des nombreuses, nombreuses pi�ces inutilis�es de Poudlard. Sol de pierre grise, murs de brique rouge, plafond de bois sombre tach�, quatre globes de verre luminescents incrust�s dans les quatre murs de la pi�ce. Une table circulaire qui ressemblait � une large plaque de marbre noir plac�e sur d'�pais pieds de marbre noir en colonne, mais qui s'�tait r�v�l�e �tre tr�s l�g�re (de poids comme de masse) et n'�tait pas difficile � prendre et � d�placer si n�cessaire. Deux confortables chaises rembourr�es qui avaient d'abord sembl� �tre riv�es au sol � des emplacements peu pratiques mais qui, comme ils avaient fini par s'en rendre compte, filaient vers l'endroit o� vous vous teniez d�s que vous vous penchiez en arri�re dans une posture laissant penser que vous �tiez sur le point de vous asseoir.</p><p>Il semblait aussi y avoir un certain nombre de chauve-souris volant autour de la pi�ce.</p><p>C'�tait l�, noteraient les futurs historiens - <emphasis>si</emphasis> tout ce projet devait un jour produire quelque chose de valeur - que l'�tude scientifique de la magie avait commenc�, avec deux jeunes �l�ves de Poudlard en premi�re ann�e.</p><p>Harry James Potter-Evans-Verres, th�oricien.</p><p>Et Hermione Jean Granger, exp�rimentatrice et cobaye.</p><p>Harry se d�brouillait maintenant mieux en classe, du moins dans les cours qu'il consid�rait �tre int�ressants. Il avait lu plus de livres, et pas seulement des livres pour enfants de onze ans. Il avait pratiqu� la m�tamorphose encore et encore tous les jours pendant l'une de ses heures suppl�mentaires, utilisant l'autre heure pour commencer l'Occlumancie. Il prenait les classes qui le m�ritaient <emphasis>au s�rieux</emphasis>, ne se contentant pas de rendre ses devoirs tous les jours, mais utilisant son temps libre pour apprendre plus qu'il n'�tait requis, pour lire d'autres livres en plus des manuels fournis, pas seulement avec l'espoir de m�moriser quelques r�ponses de contr�les, mais avec celui de ma�triser le sujet et d'exceller. On ne voyait pas beaucoup �a en dehors de Serdaigle. Et m�me <emphasis>�</emphasis> Serdaigle, ses seuls v�ritables concurrents �taient Padma Patil (dont les parents venaient d'une culture non anglophone et qui avait par cons�quent �t� �lev�e dans une v�ritable �thique du travail), Anthony Goldstein (venu d'un groupe ethnique particulier qui gagnait 25% des prix Nobel), et bien s�r, marchant � grandes enjamb�es au-dessus de tout le monde, telle un Titan qui fl�nerait � travers une meute de b�b�s chiens, Hermione Granger.</p><p>Pour r�aliser cette exp�rience particuli�re, il fallait que le sujet apprenne seize nouveaux sorts, seul, sans aide ni correction. Ce qui voulait dire que le sujet �tait Hermione. Point.</p><p>Il faudrait maintenant mentionner que les chauve-souris volant autour de la pi�ce ne luisaient <emphasis>pas</emphasis>.</p><p>Harry avait du mal � accepter les implications de ce fait.</p><p>"<emphasis>Oogely boogely !</emphasis>" dit � nouveau Hermione.</p><p>� nouveau, au bout de la baguette de Hermione, il y eut l'apparition abrupte et sans transition d'une chauve-souris. Un instant, air. L'instant suivant, chauve-souris. Ses ailes semblaient d�j� bouger au moment o� elle apparut.</p><p>Et elle ne <emphasis>luisait toujours pas</emphasis>.</p><p>"Je peux m'arr�ter maintenant ?" dit Hermione.</p><p>"Es-tu certaine," dit Harry � travers ce qui semblait �tre un pav� coinc� dans sa gorge, "que tu ne pourrais pas les faire luire, avec un peu plus de pratique ?" Il violait la proc�dure exp�rimentale qu'il avait �crite � l'avance, ce qui �tait un p�ch�, et il la violait parce qu'il n'aimait pas les r�sultats qu'il obtenait, ce qui �tait un p�ch� <emphasis>mortel</emphasis>, vous pouviez aller en Enfer de la Science pour �a, mais de toute fa�on �a ne semblait pas avoir d'importance.</p><p>"Tu as chang� quoi cette fois-ci ?" dit Hermione d'un ton un peu las.</p><p>"La dur�e des sons <emphasis>oo</emphasis>, <emphasis>eh</emphasis> et <emphasis>ee</emphasis>. C'est cens� �tre 3 pour 2 pour 2, pas 3 pour 1 pour 1."</p><p>"<emphasis>Oogely boogely</emphasis> !" dit Hermione.</p><p>La chauve-souris se mat�rialisa avec une seule aile et tourbillonna de fa�on path�tique jusqu'au sol, puis s'effondra sur la pierre grise en d�crivant un arc de cercle.</p><p>"Et en vrai c'est quoi ?" dit Hermione.</p><p>"3 pour 2 pour 1."</p><p>"<emphasis>Oogely boogely !"</emphasis></p><p>Cette fois la chauve-souris n'avait pas d'ailes du tout et tomba comme une souris morte en faisant un "plop".</p><p>"3 pour 1 pour 2."</p><p>Et oh la chauve-souris se mat�rialisa bien, et elle vola imm�diatement vers le plafond, en bonne sant� et luisant d'un vert vif.</p><p>Hermione hocha la t�te avec satisfaction. "D'accord, quoi ensuite ?"</p><p>Il y eut une longue pause.</p><p>"<emphasis>Vraiment </emphasis>? On doit <emphasis>vraiment</emphasis> dire <emphasis>Oogely boogely</emphasis>, avec les dur�es des sons oo, eh et ee ayant un rapport de 3 pour 1 pour 2, ou la chauve-souris ne luira pas ? <emphasis>Pourquoi</emphasis> ? <emphasis>Pourquoi</emphasis><emphasis>? Pour l'amour de tout ce qui est sacr�, pourquoi ?</emphasis>"</p><p>"Pourquoi pas ?"</p><p>"<emphasis>AAAAAAAAARRRRRRGHHHH!</emphasis>"</p><p><emphasis>Bam. Bam. Bam.</emphasis></p><p>Harry avait r�fl�chi � la nature de la magie pendant un moment, puis il avait con�u une s�rie d'exp�riences bas�es sur la th�orie que quasiment tout ce que les sorciers croyaient au sujet de la magie �tait faux.</p><p>On ne pouvait pas <emphasis>vraiment</emphasis> avoir besoin de dire 'Wingardium Leviosa' exactement comme il le fallait pour pouvoir faire l�viter quelque chose, parce que, franchement, 'Wingardium Leviosa' ? L'univers allait v�rifier que vous aviez dit 'Wingardium Leviosa' exactement comme il le fallait et sinon il ne ferait pas voler la plume ?</p><p>Non. �videmment que non, une fois que vous y r�fl�chissiez s�rieusement. Quelqu'un, tr�s probablement un enfant en maternelle, mais en tout cas un utilisateur anglophone de la magie qui pensait que 'Wingardium Leviosa' sonnait voletant et flottillant, avait initialement prononc� ces mots en jetant le sort pour la premi�re fois. Puis il ou elle avait dit � tout le monde que c'�tait n�cessaire.</p><p>Mais (s'�tait dit Harry) �a ne devait pas <emphasis>forc�ment</emphasis> �tre fait comme �a, ce n'�tait pas propre � l'univers, c'�tait propre � <emphasis>nous</emphasis>.</p><p>Il y avait une vieille histoire transmise de scientifique � scientifique, un conte moral, l'histoire de Blondlot et des rayons N.</p><p>Peu apr�s la d�couverte des rayons X, un �minent physicien nomm� Prosper-Ren� Blondlot - qui avait �t� le premier � mesurer la vitesse des ondes radio et � montrer qu'elles se propageaient � la vitesse de la lumi�re - avait annonc� la d�couverte d'un ph�nom�ne nouveau et incroyable, les rayons N, qui provoqueraient le l�ger �claircissement d'un �cran. Il fallait se concentrer pour le voir, mais c'�tait l�. Les rayons N avaient plein de propri�t�s int�ressantes. Ils �taient courb�s par l'aluminium et pouvaient �tre concentr�s par un prisme en aluminium pour venir frapper un fil de sulfure de cadmium, qui luirait alors l�g�rement dans le noir...</p><p>Bient�t, des dizaines de scientifiques avaient confirm� les r�sultats de Blondlot, en particulier en France.</p><p>Mais il y avait encore d'autres scientifiques, en Angleterre et en Allemagne, qui disaient qu'ils n'�taient pas tout � fait certains d'avoir vu cette l�g�re lueur.</p><p>Blondlot avait dit qu'ils avaient probablement mal mis en place la machinerie.</p><p>Un jour Blondlot avait donn� une d�monstration des rayons N. Les lumi�res avaient �t� �teintes, et son assistant avait annonc� les �claircissements et les assombrissements tandis que Blondlot faisait ses manipulations.</p><p>�a avait �t� une d�monstration normale, tous les r�sultats �tant ceux attendus.</p><p>M�me si un scientifique am�ricain nomm� Robert Wood avait discr�tement vol� le prisme en aluminium du centre du m�canisme de Blondlot.</p><p>Et �a avait �t� la fin des rayons N.</p><p><emphasis>La r�alit�</emphasis>, avait un jour dit Philip K. Dick, <emphasis>c'est ce qui refuse de dispara�tre quand on cesse d'y croire.</emphasis></p><p>R�trospectivement, le p�ch� de Blondlot avait �t� �vident. Il n'aurait pas d� dire � son assistant ce qu'il faisait. Avant de lui demander de d�crire la clart� de l'�cran, Blondlot aurait d� s'assurer que l'assistant ne savait <emphasis>ni</emphasis> ce qu'il essayait ni quand il l'essayait. �a aurait pu �tre aussi simple que �a.</p><p>De nos jours on appelait �a "en aveugle", et c'�tait une des choses que les scientifiques modernes consid�raient comme acquises. Si vous faisiez une exp�rience de psychologie pour voir si les gens se mettaient plus en col�re quand on les frappait sur la t�te avec des matraques rouges qu'avec des matraques vertes, vous n'aviez pas le droit de regarder les sujets vous-m�me et de d�cider � quel point ils �taient "en col�re". Vous prendriez des photos d'eux apr�s qu'ils aient �t� frapp�s par la matraque, et vous enverriez les photos � un panel d'�valuateurs, qui noteraient sur une �chelle de 1 � 10 � quel point chaque personne paraissait �tre en col�re, �videmment <emphasis>sans</emphasis> savoir avec quelle couleur de matraque ils s'�taient fait frapper. Il n'y avait en effet absolument aucune bonne raison de dire sur quoi portait l'exp�rience. Vous ne diriez <emphasis>certainement</emphasis> pas aux sujets de l'exp�rience que vous <emphasis>pensiez</emphasis> qu'ils devraient �tre plus en col�re s'ils �taient frapp�s par des matraques rouges. Vous leur offririez juste 20 livres sterling, les attireriez dans une pi�ce, les frapperiez avec une matraque d'une couleur bien s�r al�atoirement choisie et vous prendriez une photo. En fait, le frappage-par-matraque et la prise de photo seraient faits par un assistant qui n'avait pas entendu parler de l'hypoth�se, comme �a, il n'aurait pas l'air de s'attendre � quelque chose, il ne frapperait pas plus fort, et il ne prendrait pas la photo pile au bon moment.</p><p>Blondlot avait d�truit sa r�putation en faisant le genre d'erreur qui vous aurait value une note ex�crable et probablement un rire moqueur de la part de votre charg� de cours dans une classe de premi�re ann�e sur la conception de proc�dures exp�rimentales... en 1991.</p><p>Mais �a avait �t� il y a un peu plus longtemps, en 1904, et �a avait donc pris des mois avant que Robert Wood ne formule l'hypoth�se alternative �vidente et ne trouve un moyen de la tester, et des dizaines de scientifiques s'�taient fait avoir.</p><p>Plus de deux si�cles apr�s que la science ait d�but�. Si tard dans l'histoire de la science, �a n'avait toujours pas �t� �vident.</p><p>Ce qui rendait <emphasis>totalement</emphasis> plausible le fait que, dans le petit monde magique, o� la science semblait � peine connue, personne n'ait jamais essay� le premier test, le plus simple de tous, la chose la plus �vidente qu'un scientifique moderne penserait � v�rifier.</p><p>Les livres �taient pleins d'instructions compliqu�es sur les choses que vous deviez faire <emphasis>exactement comme il fallait</emphasis> afin de jeter un sort. Et Harry avait �mis l'hypoth�se qu'ob�ir � ces instructions, que v�rifier que vous les suiviez correctement, <emphasis>avait</emphasis> probablement un effet. �a vous for�ait<emphasis> � vous concentrer sur le sort</emphasis>. Vous dire de juste agiter votre baguette et de faire un v�u ne marcherait probablement <emphasis>pas</emphasis> aussi bien. Et une fois que vous croyiez que le sort �tait cens� fonctionner d'une certaine fa�on, une fois que vous l'aviez pratiqu� de cette mani�re, vous pourriez ne pas �tre capable de vous convaincre que �a pourrait marcher d'une <emphasis>autre</emphasis> mani�re...</p><p>... si vous essayiez la m�thode simple mais erron�e, et essayiez de tester des formes alternatives <emphasis>vous-m�me</emphasis>.</p><p>Mais si vous ne <emphasis>saviez pas</emphasis> ce � quoi avait ressembl� le sort original ?</p><p>Et si vous donniez � Hermione une liste de sorts qu'elle n'avait pas encore �tudi�s, trouv�s dans un livre de sorts de farce stupides de la biblioth�que de Poudlard, et donniez � certains de ces sorts les instructions correctes et originales, tandis que d'autres auraient un geste modifi�, un mot invers� ? Et si vous gardiez les m�mes instructions, mais lui disiez qu'un sort cens� cr�er un ver rouge �tait cens� cr�er un ver bleu ?</p><p>Et bien dans ce cas, il s'�tait av�r� que...</p><p>... l�, Harry avait du mal � croire � ses r�sultats...</p><p>... si vous disiez � Hermione de dire "Oogely boogely" avec un rapport dans la dur�e des voyelles de 3 pour 1 pour 1, au lieu du rapport correct de 3 pour 1 pour 2, vous obteniez toujours la chauve-souris mais elle ne luisait plus.</p><p>Non pas que les croyances soient ici <emphasis>sans importance</emphasis>. Non pas que <emphasis>seuls</emphasis> les mots et les mouvements de baguette importent.</p><p>Si vous donniez une information totalement incorrecte � Hermione sur ce qu'un sort �tait cens� faire, il cesserait de fonctionner.</p><p>Si vous ne lui disiez pas du tout ce qu'un sort �tait cens� faire, il cesserait de fonctionner.</p><p>Si elle savait vaguement ce qu'un sort �tait cens� faire, ou si elle �tait partiellement dans l'erreur, alors le sort fonctionnerait comme tel que d�crit dans le livre original, pas tel que Harry l'avait d�crit � Hermione.</p><p>Pour l'instant, Harry se cognait litt�ralement la t�te contre le mur de briques. Pas fort. Il ne voulait pas endommager son pr�cieux cerveau. Mais s'il ne trouvait pas un exutoire quelconque pour sa frustration, il souffrirait de combustion spontan�e.</p><p><emphasis>Bam. Bam. Bam.</emphasis></p><p>II semblait que l'univers voulait <emphasis>vraiment</emphasis> que vous disiez 'Wingardium Leviosa', et il voulait que vous le disiez d'une certaine fa�on, et il se fichait tout autant de <emphasis>votre</emphasis> opinion sur la prononciation correcte du sort que de votre opinion sur la gravit�.</p><p><emphasis>POURQUOOOOOOOOOOOOI ?</emphasis></p><p>Le pire, c'�tait l'air amus� et hautain qu'affichait Hermione.</p><p>Hermione n'avait <emphasis>pas</emphasis> appr�ci� l'id�e de rester assise � ob�ir aux instructions de Harry sans savoir pourquoi.</p><p>Alors Harry lui avait expliqu� ce qu'ils testaient.</p><p>Harry avait expliqu� pourquoi ils le testaient.</p><p>Harry avait expliqu� pourquoi aucun sorcier ne l'avait probablement essay� avant eux.</p><p>Harry avait expliqu� qu'il �tait � vrai dire plut�t confiant dans sa pr�diction.</p><p>Parce que, avait dit Harry, il �tait <emphasis>impossible</emphasis> que l'univers veuille vraiment vous voir dire 'Wingardium Leviosa'.</p><p>Hermione avait fait remarquer que ce n'�tait pas ce que les livres disaient. Hermione avait demand� si Harry pensait vraiment qu'il �tait plus intelligent, � onze ans, apr�s juste un mois de scolarit� � Poudlard, que tous les autres sorciers du monde qui n'�taient pas d'accord avec lui.</p><p>Harry avait dit exactement le mots suivant :</p><p>"�videmment."</p><p>Maintenant, Harry regardait le mur de briques rouges directement face � lui et estimait avec quelle force il lui faudrait se frapper la t�te pour se donner une concussion qui interf�rerait avec sa formation de souvenirs � long terme et l'emp�cherait de se souvenir de �a plus tard. Hermione ne riait pas, mais il pouvait sentir son <emphasis>intention de rire</emphasis> qui irradiait de derri�re lui comme une �pouvantable pression sur sa peau, un peu comme s'il avait su qu'il �tait suivi par un tueur en s�rie, mais <emphasis>pire</emphasis>.</p><p>"Dis-le," dit Harry.</p><p>"Je <emphasis>n'allais</emphasis> pas le dire," dit la voix sympathique de Hermione Granger. "�a ne semblait pas �tre gentil."</p><p>"Finissons-en," dit Harry.</p><p>"D'accord ! Alors tu m'as fait ce <emphasis>long cours magistral</emphasis> en me disant � quel point c'�tait difficile de pratiquer la science la plus simple, et qu'on aurait peut-�tre besoin de rester sur ce probl�me pendant <emphasis>trente-cinq</emphasis> ans, et tu t'es ensuite attendu � ce qu'on fasse la plus grande d�couverte de l'histoire de la magie pendant notre premi�re heure de collaboration. Tu ne faisais pas qu'esp�rer, tu t'y attendais vraiment. Tu es b�te."</p><p>"Merci. Maintenant -"</p><p>"J'ai lu tous les livres que tu m'as donn�s et je ne sais toujours pas comment appeler �a. Pr�somption ? Illusion de la planification ? Super m�ga effet Lac Wobegon ? Ils devront le nommer d'apr�s toi. Le Biais Harry."</p><p>"�a <emphasis>va</emphasis> !"</p><p>"Mais c'<emphasis>est</emphasis> mignon. C'est tellement un truc de gar�on."</p><p>"<emphasis>Va mourir</emphasis>."</p><p>"Ooh, tu dis des choses des plus romantiques."</p><p><emphasis>Bam. Bam. Bam.</emphasis></p><p>"Quoi maintenant ?" dit Hermione.</p><p>Harry reposa sa t�te contre les briques. Son front commen�ait � lui faire mal l� o� il l'avait frapp�. "Rien. Je dois retourner concevoir d'autres exp�riences."</p><p>Pendant le mois pr�c�dent, Harry avait pr�cautionneusement devis�, � l'avance, un parcours exp�rimental qui leur aurait dur� jusqu'� d�cembre.</p><p>�a aurait �t� un ensemble d'exp�riences <emphasis>g�niales</emphasis> si le <emphasis>tout premier test</emphasis> n'avait pas falsifi� la th�orie initiale.</p><p>Harry n'arrivait pas � croire qu'il avait �t� aussi stupide.</p><p>"Laisse-moi me corriger," dit Harry. "Je dois concevoir <emphasis>une</emphasis> nouvelle exp�rience. Je te dirai quand je l'ai, et nous la ferons, et alors je concevrai la suivante. Qu'est-ce que tu en penses ?"</p><p>"J'en pense que <emphasis>quelqu'un</emphasis> vient de faire <emphasis>beaucoup d'efforts</emphasis> pour rien."</p><p><emphasis>Bam.</emphasis> Oh. Il y avait �t� un peu plus fort que pr�vu.</p><p>"Donc," dit Hermione. Elle �tait pench�e dans sa chaise et l'air hautain �tait de retour sur son visage. "Qu'avons-nous appris aujourd'hui ?"</p><p>"J'ai d�couvert," dit Harry � travers ses dents serr�es, "que quand il s'agit de faire des recherches vraiment �l�mentaires sur un probl�me r�ellement d�routant o� on n'a pas la moindre id�e de ce qui se passe, mes livres sur la m�thode scientifique sont de la merde -"</p><p>"Langage, M. Potter ! Certains d'entre nous sont d'innocentes jeunes filles !"</p><p>"Tr�s bien. Mais si mes livres n'�taient pas du <emphasis>merlan</emphasis>, c'est un type de poisson tout � fait honorable, ils m'auraient donn� l'important conseil suivant : quand il y a un probl�me d�routant et que tu ne fais que commencer et que tu as une hypoth�se falsifiable, va la tester. Trouve une moyen simple et facile de faire une v�rification �l�mentaire et fais-la tout de suite. Ne t'emb�te pas � concevoir un parcours exp�rimental �labor� qui rendrait une demande de subvention impressionnante aux yeux d'une agence de financement. V�rifie juste aussi vite que possible si tes id�es sont fausses avant de commencer � y investir d'immenses efforts. Que penses-tu de cette morale ?"</p><p>"Mmm... d'accord," dit Hermione. "Mais j'esp�rais aussi quelque chose comme 'les livres de Hermione ne sont pas sans valeur. Ils sont �crits par de sages vieux sorciers qui en savent beaucoup plus long sur la magie que moi. Je devrais pr�ter attention � ce que disent les livres de Hermione.' On peut aussi avoir cette morale ?"</p><p>La m�choire de Harry semblait �tre bien trop crisp�e pour pouvoir laisser �chapper le moindre mot, alors il hocha juste la t�te.</p><p>"G�nial !" dit Hermione. "J'ai bien aim� cette exp�rience. On a beaucoup appris et �a ne m'a pris qu'une petite heure."</p><p>"AAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHH!"</p><empty-line/><p>Dans les donjons de Serpentard.</p><p>Une salle inutilis�e �clair�e d'une inqui�tante lumi�re verte, bien plus vive cette fois, venant d'un petit globe de cristal temporairement enchant�, mais une inqui�tante lumi�re verte quand m�me, projetant d'�tranges ombres � partir de bureaux poussi�reux.</p><p>Deux silhouettes aux dimensions enfantines porteuses de houppelandes grises (pas de masques) �taient entr�es en silence et s'�taient assises sur deux chaises l'une en face de l'autre, s�par�es par un bureau.</p><p>C'�tait le deuxi�me rassemblement de la Conspiration Bay�sienne.</p><p>Draco Malfoy n'avait pas su s'il devait l'attendre avec impatience.</p><p>Harry Potter, � en juger par l'expression de son visage, ne semblait pas avoir le moindre doute quant � l'humeur appropri�e.</p><p>Harry Potter avait l'air d'�tre pr�t � tuer quelqu'un.</p><p>"Hermione Granger," dit Harry Potter alors que Draco ouvrait la bouche. "<emphasis>Ne pose pas de questions</emphasis>."</p><p><emphasis>Il n'aurait pas �t� � un deuxi�me rendez-vous galant quand m�me ?</emphasis> pensa Draco, mais �a n'avait aucun sens.</p><p>"Harry," dit Draco, "je suis d�sol�, mais je dois quand m�me te demander, as-tu <emphasis>vraiment</emphasis> command� une bourse en peau de Moke tr�s co�teuse pour l'anniversaire de la fille sang-de-bourbe ?"</p><p>"Oui, en effet. Bien s�r, tu as d�j� compris pourquoi."</p><p>M� par un sentiment de frustration, Draco leva son bras et se ratissa le cuir chevelu, sa houppelande frottant l'arri�re de sa main. Il n'avait <emphasis>pas </emphasis>�t� certain de la raison, mais maintenant il ne pouvait pas le dire. Et Serpentard <emphasis>savait</emphasis> qu'il faisait la cour � Harry Potter, il avait rendu cela �vident en cours de D�fense. "Harry," dit Draco, "les gens savent que je suis ton ami, ils ne sont pas au courant pour la Conspiration, bien s�r, mais ils savent qu'on est amis, et quand tu fais ce genre de choses, �a nuit � <emphasis>mon</emphasis> image."</p><p>Le visage de Harry Potter se contracta. "Quiconque � Serpentard ne peut pas comprendre le concept consistant � agir de fa�on gentille envers quelqu'un que l'on aime pas r�ellement devrait �tre donn� � manger � des serpents de compagnie."</p><p>"Il y a beaucoup de gens � Serpentard qui ne le <emphasis>comprennent pas</emphasis>," dit Draco avec s�rieux. "La plupart des gens sont stupides, et il faut quand m�me avoir une bonne image aupr�s d'eux." Harry Potter <emphasis>devait</emphasis> comprendre �a s'il voulait parvenir � quoi que ce soit dans sa vie.</p><p>"Quelle importance, ce que les autres pensent de toi ? Vas-tu vraiment passer toute ta vie � devoir expliquer tout ce que tu fais aux pires idiots de Serpentard, � <emphasis>les </emphasis>laisser <emphasis>te</emphasis> juger ? Je suis d�sol�, Draco, mais je n'abaisserai pas mes fourbes complots � un niveau que le plus idiot de Serpentard pourra comprendre juste parce que sinon, tu aurais une mauvaise image. M�me notre amiti� ne vaut pas �a. La vie ne serait <emphasis>plus amusante du tout</emphasis>. Dis-moi que <emphasis>tu</emphasis> n'as jamais pens� �a de quelqu'un � Serpentard trop stupide pour respirer ; que c'est en-de�� de la dignit� d'un Malfoy que de devoir les satisfaire."</p><p>Draco n'y avait sinc�rement pas pens�. Jamais. Satisfaire les idiots, c'�tait comme de respirer, vous le faisiez sans r�fl�chir.</p><p>"Harry," finit par dire Draco. "Ce n'est pas malin de juste faire ce que tu veux sans te soucier de l'image que �a donne. Le Seigneur des T�n�bres se souciait de son image ! Il �tait craint et ha�, il savait <emphasis>exactement</emphasis> quelle sorte de peur et de haine il voulait cr�er. <emphasis>Tout le monde</emphasis> doit se soucier de ce que pensent les autres."</p><p>La silhouette encapuchonn�e haussa les �paules. "Peut-�tre. Rappelle-moi un jour de te parler de quelque chose nomm� l'exp�rience de conformit� de Asch, tu pourrais la trouver assez amusante. Pour l'instant, je remarquerai juste qu'il est dangereux de se soucier <emphasis>instinctivement</emphasis> de ce que pensent les autres parce que c'est <emphasis>vraiment important pour toi</emphasis> et pas parce que c'est le r�sultat d'un calcul fait de sang-froid. Rappelle-toi, j'ai �t� battu et malmen� par des Serpentard plus �g�s pendant quinze minutes, et je me suis ensuite lev� et je les ai pardonn�s. Exactement comme le bon et vertueux Survivant se doit de faire. Mais mes calculs faits de sang-froid, Draco, me disent que les pires idiots de Serpentard ne me sont <emphasis>d'aucune utilit�</emphasis>, puisque <emphasis>je n'ai pas de serpent de compagnie</emphasis>. Je n'ai donc aucune raison de me soucier de ce qu'ils pensent de la fa�on dont je conduis mon duel avec Hermione Granger."</p><p>Draco ne ferma pas ses poings sous l'effet de la frustration. "C'est juste une sang-de-bourbe," dit Draco, se ma�trisant pour garder sa voix calme et pour ne pas crier. "Si tu ne l'aimes pas, pousse-la dans les escaliers."</p><p>"Serdaigle saurait -"</p><p>"Dis � Pansy Parkinson de la pousser dans les escaliers ! Tu n'aurais m�me pas � la manipuler, donne-lui une Mornille et elle le fera !"</p><p>"<emphasis>Je</emphasis> saurais ! Hermione m'a battu dans un concours de lecture, elle a de meilleures notes que moi, je dois la battre avec mon <emphasis>cerveau</emphasis>, ou �a ne compte pas !"</p><p>"<emphasis>Ce n'est qu'une sang-de-bourbe ! Pourquoi est-ce que tu la respecte autant ?"</emphasis></p><p>"<emphasis>Elle a du pouvoir � Serdaigle ! Pourquoi est-ce que tu te soucies de ce qu'un idiot sans pouvoir de Serpentard peut penser ?"</emphasis></p><p>"<emphasis>�a s'appelle la politique ! Et si tu ne peux pas y jouer tu ne peux pas avoir de pouvoir !"</emphasis></p><p>"<emphasis>Marcher sur la Lune est un pouvoir ! �tre un grand sorcier est un pouvoir ! Il y a des genres de pouvoirs qui ne m'obligent pas � passer le reste de ma vie � satisfaire des demeur�s !"</emphasis></p><p>Ils s'arr�t�rent tous les deux, et, presque parfaitement � l'unisson, commenc�rent � prendre de profondes inspirations pour se calmer.</p><p>"D�sol�," dit Harry apr�s quelques moments, essuyant de la sueur de son front. "D�sol�, Draco. Tu as beaucoup de pouvoir politique et c'est logique que tu veuilles le conserver. Tu <emphasis>devrais</emphasis> analyser ce que Serpentard pense. C'est un jeu important et je n'aurais pas d� l'insulter. Mais tu ne peux pas <emphasis>me</emphasis> demander d'abaisser mon niveau de jeu au sein de Serdaigle juste pour que tu puisses passer du temps avec moi sans avoir une mauvaise image. Dis � Serpentard que tu grinces des dents tout en pr�tendant �tre mon ami."</p><p>C'�tait exactement ce que Draco <emphasis>avait</emphasis> dit � Serpentard, et il ne savait toujours pas si c'�tait vrai.</p><p>"De toute fa�on," dit Draco. "En parlant de ton image. J'ai peur d'avoir de mauvaises nouvelles. Rita Skeeter a entendu certaines histoires te concernant et elle a �t� poser des questions."</p><p>Harry Potter leva les sourcils. "Qui ?"</p><p>"Elle �crit pour <emphasis>La Gazette du sorcier," </emphasis>dit Draco. Il essaya de ne pas para�tre soucieux. La <emphasis>Gazette du sorcier</emphasis> �tait l'un des principaux outils de P�re, il l'utilisait comme il aurait us� d'une baguette magique. "C'est le journal auquel les gens pr�tent vraiment attention. Rita Skeeter parle des c�l�brit�s, et comme elle le dit, elle utilise sa plume pour crever leur r�putations surfaites. Si elle ne peut pas trouver de rumeur te concernant, elle s'en fabriquera une."</p><p>"Je <emphasis>vois</emphasis>," dit Harry Potter. Sous la houppelande, son visage verd�tre semblait fort pensif.</p><p>Draco h�sita quant � ce qu'il devait dire ensuite. Quelqu'un devait d�j� avoir inform� P�re du fait qu'il faisait la cour � Harry Potter, et P�re saurait aussi que Draco ne lui en avait pas parl� dans ses lettres, et P�re comprendrait que Draco ne pensait pas qu'il pouvait r�ellement garder �a secret, ce qui envoyait un message clair disant que Draco jouait � son propre jeu, mais toujours du c�t� de P�re, puisque si Draco avait succomb� � la tentation, il aurait envoy� de faux rapports.</p><p>Par cons�quent, P�re avait probablement anticip� ce que Draco allait dire.</p><p>Jouer au jeu avec P�re �tait une sensation plut�t d�routante. M�me s'ils �taient dans le m�me camp. D'un c�t�, c'�tait exaltant, mais Draco savait aussi qu'� la fin, il s'av�rerait que P�re avait mieux jou� que lui. Il �tait impossible que �a finisse autrement.</p><p>"Harry," dit enfin Draco. "Ce n'est pas une suggestion. Ce n'est pas mon conseil. C'est juste une information. Mon p�re pourrait presque certainement �touffer cet article. Mais il t'en co�terait."</p><p>Que P�re se soit attendu � ce que Draco dise exactement cela � Harry Potter ne fut pas quelque chose que Draco dit tout haut. Harry Potter le comprendrait de lui m�me, ou pas.</p><p>Mais au lieu de �a, Harry Potter secoua la t�te, souriant sous sa houppelande. "Je n'ai aucune intention d'�touffer Rita Skeeter."</p><p>Draco n'essaya m�me pas de cacher son incr�dulit�. "Tu ne <emphasis>peux pas</emphasis> me dire que tu ne te soucies pas de ce qu'un <emphasis>journal</emphasis> dit sur toi !"</p><p>"Je m'en soucie moins que tu ne pourrais le penser," dit Harry Potter. "Mais j'ai mes propres m�thodes pour traiter avec Skeeter et ses semblables. Je n'ai pas besoin de l'aide de Lucius."</p><p>Un air inquiet apparut sur le visage de Draco avait qu'il ne puisse l'en emp�cher. Quel que soit le prochain coup de Harry, c'�tait quelque chose auquel P�re ne s'attendait pas, et cela rendait Draco tr�s nerveux que d'imaginer o� �a pourrait mener.</p><p>Draco se rendit aussi compte qu'il suait sous sa houppelande. Il n'avait jamais vraiment port� une de ces choses auparavant, et il ne s'�tait pas rendu compte que les houppelandes de Mangemort avaient probablement des Charmes Rafra�chissants et d'autres choses comme �a.</p><p>Harry Potter essuya de nouveau un peu de sueur de son front, grima�a, sortit sa baguette, pointa vers le haut, prit une profonde inspiration, et dit "<emphasis>Frigideiro</emphasis> !"</p><p>Quelques instants plus tard, Draco sentit le courant d'air froid.</p><p>"<emphasis>Frigideiro ! Frigideiro ! Frigideiro ! Frigideiro ! Frigideiro !"</emphasis></p><p>Puis Harry Potter rabaissa sa baguette, m�me si sa main semblait un peu tremblante, et il la rangea dans ses robes.</p><p>Toute la pi�ce �tait sensiblement plus fra�che. Draco aurait aussi pu le faire, mais quand m�me, pas mal.</p><p>"Donc," dit Draco. "La Science. Tu vas me parler du sang."</p><p>"Nous allons <emphasis>d�couvrir</emphasis> le sang," dit Harry Potter. "En faisant des exp�riences."</p><p>"Tr�s bien," dit Draco. "Quel genre d'exp�riences ?"</p><p>De sous sa houppelande, Harry Potter sourit d'un air mal�fique : "� toi de me le dire."</p><empty-line/><p>Draco avait entendu parler de quelque chose nomm� la m�thode socratique, qui consistait � enseigner en posant des questions (nomm�e d'apr�s l'ancien philosophe qui avait �t� trop intelligent pour �tre un vrai Moldu et avait donc �t� un sorcier sang-pur en couverture). L'un de ses pr�cepteurs avait beaucoup utilis� la m�thode socratique. �a avait �t� aga�ant mais efficace.</p><p>Et il y avait la m�thode Harry Potter, qui �tait cingl�e.</p><p>Pour �tre honn�te, Draco devait admettre que Harry Potter avait d'abord essay� la m�thode Socratique et que �a n'avait pas tr�s bien march�.</p><p>Harry Potter avait demand� comment Draco ferait pour <emphasis>r�futer</emphasis> l'hypoth�se des puristes du sang selon laquelle les sorciers ne pouvaient pas faire les super trucs qu'ils avaient fait il y a huit si�cles parce qu'ils s'�taient m�tiss�s avec les n�s-Moldus et les Cracmols.</p><p>Draco avait dit qu'il ne comprenait pas comment Harry Potter pouvait rester assis l� � le regarder en face et � dire que ce n'�tait pas un pi�ge.</p><p>Harry Potter avait r�pondu, toujours en le regardant en face, que si c'�tait un pi�ge �a aurait �t� tellement path�tiquement �vident qu'<emphasis>il</emphasis> aurait d� �tre donn� � manger � des serpents de compagnie, mais ce n'�tait <emphasis>pas</emphasis> un pi�ge, c'�tait simplement une r�gle sur la fa�on dont les scientifiques op�raient, et elle disait que vous deviez essayer de r�futer vos propres th�ories, et si vous faisiez un effort honn�te et que vous �chouiez, alors vous aviez gagn�.</p><p>Draco avait essay� de faire remarquer la prodigieuse stupidit� de cette m�thode en sugg�rant que la cl� pour survivre � un duel �tait de se jeter Avada Kedavra sur le pied et de manquer.</p><p>Harry Potter avait <emphasis>acquiesc�</emphasis>.</p><p>Draco avait secou� la t�te.</p><p>Harry Potter avait alors introduit l'id�e que les scientifiques regardaient les id�es se battre pour voir lesquelles gagnaient, et qu'on <emphasis>ne pouvait pas se battre sans opposant</emphasis>, alors Draco devait trouver des opposants � l'hypoth�se des puristes du sang, pour qu'elle puisse les combattre et gagner, ce que Draco comprit un peu mieux, m�me si Harry Potter l'avait dit d'un air plut�t r�pugn�. Par exemple : il �tait clair que si le purisme du sang �tait la fa�on dont le monde fonctionnait vraiment, alors le ciel devait �tre bleu. Et si une autre th�orie �tait vraie, alors le ciel devait �tre vert. Et personne n'avait encore vu le ciel, alors vous alliez dehors, regardiez, et les puristes du sang gagnaient ; et apr�s que �a ait eu lieu six fois de suite, les gens commenceraient � remarquer la tendance.</p><p>Harry Potter avait ensuite pr�tendu que tous les opposants que Draco inventait �taient trop faibles, et que le purisme du sang n'aurait pas de m�rite � les vaincre parce que la bataille ne serait pas assez impressionnante. Draco avait aussi compris cela. <emphasis>Les sorciers sont devenus plus faibles parce que les elfes de maison volent notre magie</emphasis> ne lui avait pas sembl� tr�s impressionnant � lui non plus.</p><p>(Bien que Harry Potter <emphasis>avait</emphasis> dit qu'au moins celle-l� �tait testable, puisqu'ils pouvaient essayer de v�rifier si les elfes de maison �taient devenus plus fort au fil du temps, et m�me dessiner une image repr�sentant l'augmentation de la force des elfes de maison et une autre image repr�sentant la diminution de la force des sorciers et si les deux images correspondaient �a d�signerait les elfes de maison, le tout dit d'un ton si s�rieux que Draco avait ressenti l'impulsion d'aller poser quelques questions pr�cises � un Dobby sous Veritaserum avant de reprendre ses esprits.)</p><p>Et Harry Potter avait enfin dit que Draco <emphasis>ne pouvait pas</emphasis> truquer la bataille, les scientifiques n'�taient pas stupides, ce serait <emphasis>�vident</emphasis> si on la truquait, �a devait �tre un <emphasis>vrai combat</emphasis>, entre deux th�ories qui pourraient <emphasis>vraiment</emphasis> �tre vraies, avec un test que seule la <emphasis>vraie</emphasis> hypoth�se devrait r�ussir, quelque chose qui <emphasis>aurait</emphasis> des cons�quences diff�rentes selon que l'une ou l'autre hypoth�se soit vraie. Harry Potter avait pr�tendu qu'il voulait juste savoir <emphasis>comment le sang fonctionnait vraiment</emphasis> et que pour �a, il avait besoin de voir le purisme de sang gagner <emphasis>pour de vrai</emphasis> et que Draco n'allait pas le tromper avec des th�ories qui n'attendaient que d'�tre abattues.</p><p>C'est alors que Harry Potter avait dit, plut�t frustr�, qu'il ne pouvait pas concevoir que Draco ait <emphasis>vraiment</emphasis> autant de mal � consid�rer diff�rents points de vue, il y avait <emphasis>certainement</emphasis> des Mangemorts qui avaient jou� le r�le d'ennemis du purisme du sang et avaient trouv� des arguments bien plus plausibles contre leur propre camp que ceux que Draco avait offerts. Si Draco avait essay� de jouer le r�le d'un membre de la faction de Dumbledore, et avait trouv� l'hypoth�se des elfes de maison, il n'aurait pas pour un instant tromp� qui que ce soit.</p><p>Draco avait �t� forc� d'admettre que Harry marquait un point.</p><p>D'o� la m�thode Harry Potter.</p><p>"S'il vous pla�t, Dr. Malfoy," pleurnicha Harry Potter, "pourquoi n'acceptez-vous pas mon article ?"</p><p>Harry Potter avait d� r�p�ter la phrase "fais juste semblant de faire semblant d'�tre un scientifique" trois fois avant que Draco ne comprenne.</p><p>� cet instant, Draco s'�tait rendu compte qu'il y avait quelque chose de profond�ment <emphasis>tordu</emphasis> dans le cerveau de Harry, et que quiconque s'essaierait � la Legilimancie � son encontre ne reviendrait probablement jamais.</p><p>Harry Potter �tait alors entr� dans des d�tails consid�rables : Draco devait faire semblant d'�tre Dr. Malfoy, un Mangemort faisant semblant d'�tre r�dacteur en chef d'une revue scientifique qui voulait rejeter l'article de son ennemi le Dr. Potter, "De la transmission h�r�ditaire des capacit�s magiques", et si le Mangemort ne se comportait pas comme l'aurait fait un vrai scientifique, sa nature de Mangemort serait r�v�l�e et il serait ex�cut� ; en m�me temps, le Dr. Malfoy �tait aussi observ� par ses propres rivaux et il devait <emphasis>avoir l'air</emphasis> de rejeter l'article du Dr. Potter pour des raisons scientifiquement neutres, ou alors il perdrait son poste de r�dacteur en chef.</p><p>Il �tait merveilleux que le Choixpeau ne soit pas � Sainte-Mangouste en train de baragouiner comme un d�ment.</p><p>On n'avait aussi jamais demand� � Draco de jouer un r�le aussi complexe et il n'aurait refus� le d�fi pour rien au monde.</p><p>Pour l'instant, comme Harry Potter avait dit, ils se mettaient dans l'ambiance.</p><p>"Dr. Potter, j'ai bien peur que vous ayez �crit ceci avec une encre de la mauvaise couleur," dit Draco. "Suivant !"</p><p>Le visage du Dr. Potter se d�brouilla tr�s bien pour se d�composer sous l'effet du d�sespoir et Draco ne put s'emp�cher de ressentir un �clair de la joie du Dr. Malfoy, m�me si le Mangemort faisait seulement semblant d'�tre le Dr. Malfoy.</p><p>Cette partie �tait <emphasis>dr�le</emphasis>. Il aurait pu continuer toute la journ�e.</p><p>Le Dr. Potter se leva de sa chaise, affal� et constern�, s'�loigna en tra�nant les pieds et devint Harry Potter, qui lui fit un signe d'encouragement, puis redevint le Dr. Potter, s'approchant avec un sourire enthousiaste.</p><p>Le Dr. Potter s'assit et pr�senta une feuille de parchemin au Dr. Malfoy sur laquelle il �tait �crit :</p><p><emphasis>De la transmission h�r�ditaire des capacit�s magiques</emphasis></p><p><emphasis>Dr. H. J. Potter-Evans-Verres, Institut pour la Science Suffisamment Avanc�e</emphasis></p><p><emphasis>Mon observation :</emphasis></p><p><emphasis>Les sorciers d'aujourd'hui ne peuvent pas faire des choses aussi impressionnantes que celles que les sorciers faisaient il y a 800 ans.</emphasis></p><p><emphasis>Ma conclusion :</emphasis></p><p><emphasis>Le monde sorcier est devenu plus faible en m�lant son sang � celui des n�s-Moldu et des Cracmols.</emphasis></p><p>"Dr. Malfoy", dit le Dr. Potter en le regardant avec espoir, "je me demandais si la <emphasis>Revue des R�sultats Impossibles � Reproduire </emphasis>pourrait envisager la publication de mon article intitul� 'De la transmission h�r�ditaire des capacit�s magiques'."</p><p>Draco regarda le parchemin, souriant pendant qu'il envisageait des motifs de refus possibles. S'il avait �t� un professeur, il aurait rejet� cet essai parce qu'il �tait trop court, donc...</p><p>"C'est trop long, Dr. Potter," dit le Dr. Malfoy.</p><p>Pendant un instant on put voir une v�ritable incr�dulit� sur le visage du Dr. Potter.</p><p>"Ah..." dit le Dr. Potter. "Et si je me d�barrasse du double interligne entre l'observation et la conclusion, et que je mets juste '<emphasis>par cons�quent' </emphasis>-"</p><p>"Alors ce sera trop court. Suivant !"</p><p>Le Dr. Potter s'�loigna en tra�nant les pieds.</p><p>"Tr�s bien," dit Harry Potter, "tu deviens <emphasis>trop bon</emphasis> � ce jeu. Encore deux fois pour t'entra�ner, et la troisi�me fois ce sera pour de vrai, sans interruptions, je viendrai juste te voir et cette fois-ci tu refuseras le papier � cause de son v�ritable contenu, souviens-toi, tes rivaux scientifiques te regardent."</p><p>Le prochain article du Dr. Potter �tait parfait � tout point de vue, une merveille en son genre, mais il devait malheureusement �tre refus� parce que la revue du Dr. Malfoy avait un probl�me avec la lettre E. Le Dr. Potter offrit de r��crire l'article sans ces mots, et le Dr. Malfoy expliqua qu'en fait c'�tait plus un probl�me de voyelles.</p><p>L'article suivant fut refus� parce qu'on �tait mardi.</p><p>On �tait en fait samedi.</p><p>Le Dr. Potter essaya de rappeler ce fait et se vit r�pondre : "Suivant !"</p><p>(Draco commen�ait � comprendre pourquoi Rogue avait utilis� son emprise sur Dumbledore juste pour obtenir un poste qui le laisserait �tre horrible envers les �l�ves.)</p><p>Et alors...</p><p>Le Dr. Potter s'approcha avec un petit sourire sup�rieur sur le visage.</p><p>"C'est mon tout dernier article, <emphasis>De la transmission h�r�ditaire des capacit�s magiques,</emphasis>" dit le Dr. Potter avec assurance, et il jeta le parchemin. "J'ai d�cid� d'autoriser votre revue � le publier, et je l'ai pr�par�e exactement selon vos directives, afin que vous puissiez le publier rapidement."</p><p>Le Mangemort d�cida de pourchasser et de tuer le Dr. Potter quand sa mission serait termin�e. Le Dr. Malfoy garda un sourire poli, puisque ses rivaux le regardaient, et dit...</p><p>(La pause continua tandis que le Dr. Potter le regardait avec impatience.)</p><p>... "Laissez-moi regarder �a, s'il vous pla�t."</p><p>Le Dr. Malfoy prit le parchemin et le parcourut avec attention.</p><p>Le fait qu'il ne soit pas un vrai scientifique commen�ait � rendre le Mangemort nerveux, et Draco essayait de se rappeler comment parler comme Harry Potter.</p><p>"Vous, ah, devez prendre en compte d'autres explications possibles pour votre, euh, observation, � part celle-ci -"</p><p>"Vraiment ?" l'interrompit le Dr. Potter. "Comme quoi exactement ? <emphasis>Les elfes de maison volent notre magie</emphasis> ? Mes donn�es n'admettent qu'une seule conclusion possible, Dr. Malfoy. Il n'y <emphasis>a</emphasis> pas d'autres hypoth�ses plausibles."</p><p>Draco essayait furieusement d'ordonner � son cerveau de penser � ce qu'il dirait s'il faisait semblant d'�tre dans le camp de Dumbledore, ce qu'<emphasis>ils</emphasis> pr�tendaient �tre l'explication pour le d�clin de la sorcellerie, Draco ne s'�tait jamais emb�t� � vraiment poser cette question...</p><p>"Si vous n'arrivez pas � imaginer une autre explication possible pour mes donn�es, vous devrez publier mon article, <emphasis>Dr. Malfoy</emphasis>."</p><p>C'est le sourire railleur sur la visage du Dr. Potter qui fit tout basculer.</p><p>"Ah ouais ?" l�cha le Dr. Malfoy. "Et comment savez-vous que la magie elle-m�me n'est pas en train de dispara�tre ?"</p><p>Le temps s'arr�ta.</p><p>Draco et Harry Potter �chang�rent des regards horrifi�s.</p><p>Puis Harry Potter cracha quelque chose qui �tait probablement un mot extr�mement grossier si on avait �t� �lev� par des Moldus. <emphasis>"Je n'avais pas pens� � �a !</emphasis>" dit Harry Potter. "Et j'aurais d�. La magie s'en va. <emphasis>Mince, mince, mince</emphasis> !"</p><p>Le ton alarm� de la voix de Harry Potter �tait contagieux. Sans m�me y penser, la main de Draco alla trouver sa baguette dans ses robes et la serra. Il avait pens� que la Maison des Malfoy �tait <emphasis>en s�curit�,</emphasis> tant que vous �pousiez des membres de familles capables de retracer leur lign�e sur quatre g�n�rations, vous �tiez cens�s �tre <emphasis>en s�curit�</emphasis>, �a ne lui �tait jamais venu � l'esprit que personne ne pouvait rien faire pour arr�ter la fin de la magie. "Harry, on fait quoi ?" la voix de Draco montait vers la panique. "<emphasis>On fait quoi</emphasis> ?"</p><p>"<emphasis>Laisse-moi r�fl�chir !</emphasis>"</p><p>Apr�s quelques instants, Harry tendit sa main vers un pupitre proche et attrapa la m�me plume et le m�me rouleau de parchemin qu'il avait utilis� pour �crire son pr�tendu article, et il commen�a � griffonner quelque chose.</p><p>"On arrivera � le comprendre," dit Harry, la gorge serr�e, "si la magie dispara�t, on trouvera � quelle vitesse elle s'en va, et combien de temps il nous reste pour faire quelque chose, et alors on trouvera pourquoi elle dispara�t, et on fera quelque chose. Draco, les pouvoirs des sorciers ont-il d�clin� � un taux constant, ou y a-t-il eu des chutes soudaines ?"</p><p>"Je... je ne sais pas..."</p><p>"Tu m'as dit que personne n'�tait arriv� au niveau des fondateurs de Poudlard. Donc �a continue depuis au moins huit si�cles ? Tu ne peux pas te rappeler d'une histoire sur des probl�mes apparaissant soudainement il y a cinq si�cles ou quelque chose comme �a ?"</p><p>Draco essayait fr�n�tiquement de r�fl�chir. "J'ai toujours entendu dire que personne n'a �t� aussi bon que Merlin, et apr�s �a, personne n'a �t� aussi bon que les fondateurs de Poudlard."</p><p>"Tr�s bien," dit Harry. Il griffonnait toujours. "Parce les Moldus ont commenc� � ne plus croire � la magie il y a trois si�cles, et je pensais que �a aurait pu avoir un rapport. Et il y a environ un si�cle et demi, les Moldus ont commenc� � utiliser un genre de technologie qui arr�te de fonctionner � proximit� de la magie et je me demandais si la r�ciproque aurait aussi pu �tre vraie."</p><p>Draco explosa sur son si�ge, tellement en col�re qu'il pouvait � peine parler. "Ce sont les <emphasis>Moldus...</emphasis>"</p><p>"<emphasis>Bon sang !</emphasis>" rugit Harry. "Est-ce que <emphasis>tu</emphasis> t'�coutes au moins parler ? �a dure depuis huit si�cles au moins et les Moldus ne faisaient rien d'int�ressant � l'�poque ! <emphasis>Nous devons d�couvrir la v�rit� </emphasis>! Les Moldus ont <emphasis>peut-�tre</emphasis> quelque chose � voir avec �a, mais si ce n'est <emphasis>pas</emphasis> le cas, et que tu te mets � tout leur mettre sur le dos, et que �a nous emp�che de d�couvrir ce qui se passe <emphasis>vraiment</emphasis>, alors un matin viendra o� tu te r�veilleras pour d�couvrir que ta baguette n'est qu'un bout de bois !"</p><p>La respiration de Draco se bloqua dans sa gorge. Son p�re avait souvent dit <emphasis>nos baguettes se briseront dans nos mains</emphasis> dans ses discours, mais Draco n'avait jamais pens� � ce que �a <emphasis>voulait dire</emphasis>, apr�s tout, �a n'allait pas lui arriver � <emphasis>lui</emphasis>. Et maintenant �a semblait tr�s r�el. <emphasis>Juste un bout de bois</emphasis>. Draco pouvait imaginer ce que �a serait de sortir sa baguette et d'essayer de jeter un sort et de d�couvrir que rien ne se produisait...</p><p>�a pouvait arriver � <emphasis>tout le monde</emphasis>.</p><p>Il n'y aurait plus de sorciers, plus de magie, jamais. Juste des Moldus avec quelques l�gendes de ce que leurs anc�tres avaient �t� capables de faire. Certains des Moldus s'appelleraient Malfoy, et c'est tout ce qui resterait du nom.</p><p>Pour la premi�re fois de sa vie, Draco comprit pourquoi les Mangemorts existaient.</p><p>Il avait toujours consid�r� comme acquis que devenir un Mangemort, c'�tait quelque chose qu'on faisait quand on devenait adulte. Maintenant Draco <emphasis>comprenait</emphasis>, il savait pourquoi P�re et les amis de P�re avaient jur� de donner leur vie pour emp�cher le cauchemar d'avoir lieu, il y avait des choses que vous ne pouviez pas regarder se produire sans rien faire. Mais si �a allait avoir lieu <emphasis>de toute fa�on</emphasis>, et si tous ces sacrifices, tous les amis perdus victimes de Dumbledore, toute la <emphasis>famille</emphasis> qu'ils avaient perdue, et si tout avait �t� pour <emphasis>rien</emphasis>.</p><p>"La magie ne <emphasis>peut pas</emphasis> �tre en train de dispara�tre," dit Draco. Sa voix de brisait. "�a ne serait pas <emphasis>juste</emphasis>."</p><p>Harry s'arr�ta de griffonner et leva les yeux. Son visage affichait de la col�re. "Ton p�re ne t'a jamais dit que la vie n'est pas juste ?"</p><p>P�re avait dit cela � chaque fois que Draco avait utilis� ce mot. "Mais, mais, c'est juste trop horrible d'y croire..."</p><p>"Draco, laisse-moi te pr�senter quelque chose que j'appelle la Litanie de Tarski. Elle change � chaque fois que tu l'utilises. Cette fois-ci, elle se prononce ainsi : <emphasis>Si la magie dispara�t du monde, je veux croire que la magie dispara�t du monde. Si la magie ne dispara�t pas du monde, je veux ne pas croire que la magie dispara�t du monde. Puis-je ne pas devenir attach� � des croyances que je ne souhaite pas avoir. </emphasis>Si nous vivons dans un monde o� la magie dispara�t, <emphasis>c'est ce que nous devons croire</emphasis>, nous devons savoir ce qui va arriver pour pouvoir l'arr�ter, ou dans le pire des cas pour �tre pr�t � faire ce qu'on peut avec le temps qui nous reste. Ne pas le croire ne l'emp�chera pas d'arriver. Donc la <emphasis>seule</emphasis> question que nous devons nous poser, c'est si la magie dispara�t <emphasis>vraiment</emphasis>, et si c'est le monde dans lequel nous vivons, alors c'est ce en quoi nous voulons croire. Litanie de Gendlin : <emphasis>Ce qui est vrai l'est d�j�, l'admettre ne le rend pas pire. </emphasis>Dis-le."</p><p>"Ce qui est vrai l'est d�j�," r�p�ta Draco, la voix tremblante, "l'admettre ne le rend pas pire."</p><p>"Si la magie dispara�t, je veux croire que la magie dispara�t. Si la magie ne dispara�t pas, je veux ne pas croire que la magie dispara�t. Dis-le."</p><p>Draco r�p�ta les mots, la naus�e soulevant son estomac.</p><p>"Bien," dit Harry, "souviens-toi, �a n'est peut-�tre <emphasis>pas</emphasis> en train d'arriver, et alors tu ne devras pas non plus y croire. <emphasis>D'abord, </emphasis>on veut juste savoir ce qui se passe vraiment, dans quel monde nous vivons vraiment." Harry revint � son travail, griffonna un peu plus, puis tourna le parchemin pour que Draco puisse le voir. Draco se pencha sur le bureau et Harry rapprocha la lumi�re verte.</p><p><emphasis>Observation :</emphasis></p><p><emphasis>La sorcellerie n'est pas aussi puissante qu'elle ne l'�tait quand Poudlard a �t� fond�e.</emphasis></p><p><emphasis>Hypoth�ses :</emphasis></p><p><emphasis>1. La magie elle-m�me dispara�t.</emphasis></p><p><emphasis>2. Les sorciers se m�tissent avec les Moldus et les Cracmols.</emphasis></p><p><emphasis>3. Le savoir permettant de jeter des sorts puissants se perd.</emphasis></p><p><emphasis>4. Les sorciers ne mangent pas ce qu'il faut �tant enfants, ou quelque chose d'autre � part le sang les fait devenir plus faible.</emphasis></p><p><emphasis>5. La technologie Moldue interf�re avec la magie (depuis 1000 ans ?).</emphasis></p><p><emphasis>6. Les sorciers plus puissants ont moins d'enfants (Draco = fils unique ? V�rifier si trois sorciers puissants, Quirrell / Dumbledore / Seigneur des T�n�bres ont eu des enfants).</emphasis></p><p><emphasis>Tests :</emphasis></p><p>"Tr�s bien," dit Harry. Sa respiration semblait un peu plus calme. "Maintenant, quand tu fais face � un probl�me d�routant et que tu ne sais pas ce qui se passe, la r�action intelligente est de trouver des tests tr�s simples, des choses que tu peux tout de suite v�rifier. On a besoin de tests rapides pour �tablir une distinction entre ces hypoth�ses. Des observations qui seraient diff�rentes pour au moins l'une d'elles par rapport aux autres."</p><p>Draco regarda la liste, choqu�. Il se rendit soudain compte qu'il connaissait une effroyable quantit� de Sang-Purs qui �taient enfant uniques. Lui-m�me, Vincent, Gregory, presque <emphasis>tout le monde</emphasis>. Les deux sorciers les plus puissants dont tout le monde parlait �taient Dumbledore et le Seigneur des T�n�bres et aucun d'eux n'avait d'enfant, comme Harry l'avait soup�onn�...</p><p>"�a va �tre tr�s dur de faire la distinction entre 2 et 6," dit Harry, "c'est dans le sang dans un cas comme dans l'autre, et il faudrait essayer de suivre le d�clin de la sorcellerie, et le comparer au nombre d'enfants qu'ont diff�rents types de sorciers, et mesurer les capacit�s des n�s-Moldus compar�es � celles des Sang-Purs..." Les doigts de Harry tapotaient nerveusement le bureau. "Mettons juste 6 et 2 dans le m�me panier et appelons-les pour l'instant l'hypoth�se du sang. 4 est peu probable parce que tout le monde aurait remarqu� une baisse soudaine quand les sorciers seraient pass�es � un nouveau r�gime, c'est difficile d'imaginer ce qui aurait pu changer avec r�gularit� pendant les derniers 800 ans. 5 est peu probable pour la m�me raison, pas de baisses soudaines, et puis les Moldus ne faisaient rien il y a 800 ans. De toute fa�on 4 ressemble � 2 et 5 ressemble � 1. Donc on devrait surtout essayer de distinguer entre 1, 2 et 3." Harry fit pivoter le parchemin face � lui, dessina une ellipse autour de ces trois chiffres et le fit � nouveau pivoter. "La magie dispara�t, le sang s'affaiblit, le savoir diminue. Quel test produit un r�sultat diff�rent selon que l'une de ces trois hypoth�ses est vraie ? Que pourrions-nous observer qui voudrait dire qu'une de ces trois est fausse ?"</p><p>"<emphasis>Je</emphasis> ne sais pas !" laissa �chapper Draco. "Pourquoi tu me demandes ? C'est toi le scientifique !"</p><p>"Draco," dit Harry d'un ton qui s'approchait l�g�rement du plaidoyer d�sesp�r�, "je ne sais que ce que savent les scientifiques moldus ! Tu as grandi dans le monde magique, pas moi ! Tu connais plus de magie que moi, tu en sais plus <emphasis>sur</emphasis> la magie que moi et c'est toi qui as eu l'id�e � la base, alors commence � penser comme un scientifique et r�sous �a !"</p><p>Draco avala sa salive avec difficult� et fixa le papier.</p><p>La magie dispara�t... les sorciers se m�tissent avec les Moldus... le savoir est perdu...</p><p>"� quoi ressemble le monde si la magie dispara�t ?" dit Harry Potter. "Tu en sais plus sur la magie, tu devrais �tre celui qui essaie de deviner, pas moi ! Imagine que tu racontes une histoire sur le sujet, qu'est-ce qui se passe dans l'histoire ?"</p><p>Draco imagina. "Des sorts qui fonctionnaient ne fonctionnent plus." <emphasis>Les sorciers se r�veillent et d�couvrent que leur baguettes sont des bouts de bois...</emphasis></p><p>"� quoi ressemble le monde si le sang sorcier s'affaiblit ?"</p><p>"Les gens ne peuvent pas faire des choses que leurs anc�tres pouvaient faire."</p><p>"� quoi ressemble le monde si le savoir est perdu ?"</p><p>"Les gens ne savent m�me plus comment jeter des sorts..." dit Draco. Il s'arr�ta, s'�tant lui-m�me surpris. "C'est un test, non ?"</p><p>Harry hocha la t�te avec fermet�. "C'en est un." Il l'�crivit sur le parchemin, en-dessous de <emphasis>Tests</emphasis> :</p><p><emphasis>A. Y a-t-il des sorts que l'on conna�t mais qu'on ne peut pas jeter (1 ou 2) ou des sorts perdus qu'on ne conna�t plus (3) ?</emphasis></p><p>"Donc �a distingue entre 1 et 2 d'un c�t� et 3 de l'autre," dit Harry. "Maintenant on a besoin d'un moyen de faire la distinction entre 1 et 2. La magie dispara�t, le sang s'affaiblit, comment pourrait-on faire la diff�rence ?"</p><p>"Quel genre de sorts les �tudiants jetaient-ils dans leur premi�re ann�e � Poudlard ?" dit Draco. "S'ils jetaient des sorts bien plus puissants, leur sang �tait plus fort -"</p><p>Harry Potter secoua sa t�te. "Ou la magie elle-m�me �tait plus forte. Nous devons trouver un moyen de faire la <emphasis>diff�rence</emphasis>." Harry se leva de sa chaise et commen�a � arpenter nerveusement la salle. "Non, attends, �a pourrait quand m�me marcher. Imagine que diff�rents sorts utilisent diff�rentes quantit�s d'�nergie magique. Alors si la magie ambiante s'affaiblissait, les sorts les plus puissants mourraient en premier, mais les sorts que tout le monde apprend en premi�re ann�e resteraient les m�mes..." Les d�ambulations de Harry s'acc�l�r�rent. "Ce n'est pas un tr�s bon test, �a distingue plut�t entre la perte de la sorcellerie puissante et la perte de toute la sorcellerie, car le sang de quelqu'un pourrait �tre trop faible pour la sorcellerie puissante mais assez fort pour les sorts simples... Draco, sais-tu si les sorciers les plus puissants d'<emphasis>une</emphasis> �poque, par exemple les sorciers puissants de ce si�cle, �taient plus puissants que les autres enfants ? Si le Seigneur des T�n�bres avait jet� le sort de Refroidissement, aurait-il pu geler la salle enti�re ?"</p><p>Le visage de Draco se tordit tandis qu'il essayait de se souvenir. "Je n'arrive pas � me rappeler avoir entendu quoi que ce soit au sujet du Seigneur des T�n�bres, mais je pense que Dumbledore est cens� avoir fait quelque chose d'incroyable lors de ses BUSEs de M�tamorphose en cinqui�me ann�e... je pense que les autres sorciers puissants �taient puissants � Poudlard aussi..."</p><p>Harry se renfrogna, d�ambulant toujours. "Peut-�tre qu'ils �tudiaient simplement beaucoup. Mais quand m�me, si les �l�ves en premi�re ann�e apprenaient les m�mes sorts et semblaient �tre aussi puissants � cette �poque qu'ils le sont aujourd'hui, alors nous pourrions appeler �a un <emphasis>faible</emphasis> �l�ment de preuve en faveur de 1 et 2... attends, ne bouge pas." Harry s'arr�ta. "J'ai un autre test qui pourrait distinguer entre 1 et 2. �a prendrait un moment � expliquer, car �a utilise certaines choses que les scientifiques savent au sujet du sang et de l'h�r�dit�, mais sa v�rification est facile. Et si on <emphasis>combine</emphasis> mon test et ton test et qu'ils fournissent le m�me r�sultat, ce sera un bon indice quant � la bonne r�ponse." Harry courut presque jusqu'au bureau, prit le parchemin, et �crivit :</p><p><emphasis>B. Les anciens �l�ves en premi�re ann�e jetaient-ils le m�me genre de sort qu'aujourd'hui avec la m�me puissance ? (Faible �l�ment de preuve pour 1 et contre 2, mais le sang pourrait aussi faire perdre seulement la sorcellerie puissante).</emphasis></p><p><emphasis>C. Test suppl�mentaire qui distingue entre 1 et 2 en utilisant les connaissances scientifiques sur le sang, j'expliquerai plus tard.</emphasis></p><p>"OK," dit Harry, "on peut au moins essayer de d�terminer la diff�rence entre 1, 2 et 3, alors commen�ons tout de suite par �a, on pourra toujours trouver <emphasis>d'autres</emphasis> tests apr�s avoir termin� ceux-ci. Cela dit, �a va avoir l'air un petit peu �trange si Draco Malfoy et Harry Potter se prom�nent en posant plein de questions ensemble, alors voil� mon id�e : tu traverses Poudlard et tu trouves des vieux portraits et tu les interroges sur les sorts qu'ils ont appris � jeter pendant leurs premi�res ann�es. Ce sont des portraits, alors ils ne sauront pas que c'est �trange que Draco Malfoy pose une question comme �a. J'interrogerai des portraits r�cents et des vivants au sujet des sorts qu'on conna�t mais qu'on ne peut pas jeter, personne ne trouvera �a inhabituel que Harry Potter pose des questions bizarres. Et je devrai faire des recherches compliqu�es au sujet des sorts oubli�s, donc je veux que ce soit toi qui assembles les donn�es dont j'ai besoin pour ma question scientifique. C'est une question simple, et tu devrais pouvoir trouver la r�ponse en interrogeant les portraits. Tu vas peut-�tre vouloir noter �a, tu es pr�t ?"</p><p>Draco s'assit � nouveau et fouilla son cartable � la recherche d'un parchemin et d'une plume. Lorsqu'ils furent install�s au bureau, Draco releva les yeux, l'air d�termin�. "Vas-y."</p><p>"Trouve des portraits qui connaissaient un couple de Cracmols mari�s - ne fais pas cette t�te Draco, c'est une information importante. Demande juste aux portraits r�cents de Gryffondor, je ne sais pas. Interroge les portraits qui connaissaient un tel couple assez bien pour conna�tre les noms de tous leurs enfants. Note le nom de chaque enfant, et si cet enfant �tait un sorcier, un Cracmol, ou un Moldu. S'ils ne savent pas si l'enfant �tait un Cracmol ou un Moldu, �cris 'non-sorcier'. Note �a pour <emphasis>chaque</emphasis> enfant qu'avait le couple, n'en omet aucun. Si le portrait connaissait seulement le nom des enfants sorciers, pas ceux de <emphasis>tous</emphasis> les enfants, alors n'�cris <emphasis>aucune</emphasis> donn�e sur ce couple. Il est tr�s important que tu m'apportes uniquement les donn�es de ceux qui connaissaient <emphasis>tous</emphasis> les enfants qu'un couple Cracmol avait, assez bien pour conna�tre leur nom. Essaie au moins d'obtenir quarante noms si tu peux, et si tu as le temps d'en avoir plus, encore mieux. Tu as not� tout �a ?"</p><p>"R�p�te," dit Draco quand il eut fini d'�crire, et Harry se r�p�ta.</p><p>"C'est not�," dit Draco, "mais pourquoi..."</p><p>"�a a � voir avec l'un des secrets du sang que les scientifiques ont d�j� d�couvert. Je t'expliquerai quand tu reviendras. S�parons-nous et retrouvons-nous ici dans une heure, ce qui devrait faire 18h22. On est pr�t � y aller ?"</p><p>Draco hocha la t�te avec fermet�. Tout cela �tait tr�s pr�cipit�, mais il avait appris � se pr�cipiter il y a bien longtemps.</p><p>"Alors <emphasis>vas-y</emphasis> !" dit Harry Potter, et il rejeta sa houppelande et la fourra dans sa bourse, qui commen�a � la manger et, sans m�me attendre que sa bourse ait termin�, il pivota et commen�a � avancer � grandes enjamb�es vers la porte de la salle, se cognant dans un bureau et tombant presque dans sa h�te.</p><p>Quand Draco eut fini d'�ter sa propre houppelande et de la ranger dans son cartable, Harry Potter �tait parti.</p><p>Draco courut presque vers la sortie.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 23*: Croyance en la croyance</strong></p><p>Everybody wants a rock to wind a piece of string around J.K. Rowling.</p><p>[NdT: extrait adapt� de <emphasis>We Want A Rock</emphasis> de They Might Be Giants]</p><empty-line/><p>"Et puis Jeanne, qui �tait une Cracmol," dit le portrait d'une petite jeune femme coiff�e d'un chapeau cousu d'or.</p><p>Draco le nota. �a n'en faisait que vingt-huit mais il �tait temps de retourner voir Harry.</p><p>L'anglais ayant beaucoup chang�, il avait d� demander � d'autres portraits de l'aider � traduire, mais les plus �g�s avaient d�crit des sorts de premi�re ann�e qui ressemblaient fort � ceux qui existaient aujourd'hui. Draco en avait reconnu � peu pr�s la moiti�, et les autres n'avaient pas eu l'air plus puissants.</p><p>La sensation de malaise dans son estomac avait augment� � chaque r�ponse jusqu'� ce qu'enfin, incapable d'en entendre plus, il ait pr�f�r� partir poser � d'autres portraits les �tranges questions de Harry au sujet des mariages de Cracmols. Les cinq premiers portraits avaient pr�tendu ne conna�tre personne de ce genre, et Draco avait fini par demander � ces portraits de demander � <emphasis>leurs</emphasis> connaissances de demander � <emphasis>leurs</emphasis> connaissances si elles en connaissaient, et il �tait enfin parvenu � trouver quelques personnes vraiment pr�tes � admettre qu'elles �taient amies avec des Cracmols.</p><p>(Le Serpentard en premi�re ann�e avait expliqu� qu'il travaillait sur un projet important avec un Serdaigle et que le Serdaigle lui avait dit qu'ils avaient besoin de cette information et qu'il s'�tait ensuite enfui sans expliquer pourquoi. Cela lui avait valu beaucoup de regards compatissants).</p><p>Les pieds de Draco �taient lourds alors qu'il marchait dans les couloirs de Poudlard. Il aurait d� courir, mais il ne se sentait pas capable de trouver l'�nergie n�cessaire. Il continuait de penser qu'il ne voulait pas savoir, qu'il ne voulait rien avoir � faire avec �a, qu'il ne voulait pas de cette responsabilit�, laissons juste Harry Potter faire ce qu'il y avait � faire, si la magie disparaissait, laissons juste Harry Potter s'en occuper...</p><p>Mais Draco savait que �a n'aurait pas �t� une sage d�cision.</p><p>Froids les donjons de Serpentard, gris les murs de pierre, Draco aimait g�n�ralement l'atmosph�re, mais ils lui �voquaient � pr�sent l'id�e quelque chose en train de dispara�tre avec bien trop de force.</p><p>Sa main sur la poign�e de la porte, Harry Potter d�j� � l'int�rieur, attendant, v�tu de sa houppelande � capuche.</p><p>"Les anciens sorts de premi�re ann�e," dit Harry Potter. "Qu'as-tu d�couvert ?"</p><p>"Ils ne sont pas plus puissants que les sorts qu'on utilise aujourd'hui."</p><p>Le poing de Harry Potter frappa le bureau, fort. "Bon sang. Tr�s bien. Draco, mon exp�rience � moi a �t� un �chec. Il y a quelque chose nomm� l'Interdit de Merlin -"</p><p>Draco se frappa sur le front, se rappelant soudain.</p><p>"- qui emp�che quiconque d'apprendre quoi que ce soit au sujet de sorts puissants � partir de livres, m�me si on trouve les notes d'un sorcier puissants et qu'on les lit, elles n'auront alors aucun sens, car elles doivent passer d'un esprit vivant � un autre. Je n'ai pu trouver aucun sort puissant dont les instructions seraient disponibles mais que nous ne serions pas capables de lancer. Mais si on ne peut pas les trouver dans les vieux livres, pourquoi est-ce que quiconque s'emb�terait � transmettre ces sorts par le bouche � oreille apr�s qu'ils aient cess� de fonctionner ? As-tu obtenu les donn�es sur les couples de Cracmols ?"</p><p>Draco commen�a � tendre le parchemin -</p><p>Mais Harry Potter leva une main. "Loi de la science, Draco. D'abord, je te dis la th�orie et la pr�diction. Ensuite, tu me montres les donn�es. Comme �a, tu sais que je n'invente pas juste une th�orie qui convient ; tu sais que la th�orie a r�ellement pr�dit les donn�es <emphasis>� l'avance</emphasis>. Je dois de toute fa�on te l'expliquer, donc autant te l'expliquer <emphasis>avant</emphasis> que tu ne me montres les donn�es. C'est la r�gle. Alors mets ta cape et asseyons-nous."</p><p>Harry Potter s'assit � un bureau sur lequel des tonnes de papier brouillon �taient dispos�es. Draco enfila sa cape, tir�e de son cartable, et il s'assit face � Harry et jeta un regard confus vers les bouts de papier. Ils �taient dispos�s en deux rang�es et les rang�es faisaient � peu pr�s vingt feuillets de long.</p><p>"Le secret du sang," dit Harry Potter, une expression intense dessin�e sur le visage, "est une chose nomm�e acide d�soxyribonucl�ique. Tu ne prononces pas ce nom devant quelqu'un qui n'est pas un scientifique. L'acide d�soxyribonucl�ique est la recette qui dit � ton corps comment grandir, que tu as deux bras et deux jambes, si tu es petit ou grand, si tu as des yeux marrons ou verts. C'est un objet physique, tu peux le <emphasis>voir</emphasis> si tu as des microscopes, qui sont comme des t�l�scopes mais qui regardent les choses qui sont tr�s petites au lieu des choses tr�s lointaines. Et cette recette a deux copies de tout, tout le temps, au cas o� l'une des copies serait cass�e. Imagine deux longues rang�es de bouts de papier. A chaque emplacement d'une rang�e, il y a deux bouts de papiers, et quand tu as des enfants, ton corps choisit un bout de papier au hasard de chaque emplacement de la rang�e, et le corps de la m�re fera pareil, et comme �a l'enfant obtient deux bouts de papier de chaque emplacement de la rang�e. Deux copies de tout, une de la m�re, une du p�re, et quand tu as des enfants, tu leur donne un bout de papier choisi au hasard � chaque emplacement."</p><p>Tandis qu'il parlait, les doigts de Harry passaient sur les paires de bouts de papier, pointant l'un des �l�ments de la paire quand il disait "de ta m�re" et l'autre quand il disait "de ton p�re." Et alors qu'il parlait du fait de prendre des bouts de papier au hasard, sa main fit surgir une Mornille de ses robes et la fit voltiger ; Harry regarda la pi�ce, puis il pointa le bout de papier du haut. Le tout sans interrompre son discours.</p><p>"Maintenant, quand il s'agit de savoir si on va �tre grand ou petit, il y a <emphasis>beaucoup</emphasis> d'emplacements dans la recette qui provoquent de <emphasis>petits</emphasis> changements. Donc si un p�re grand �pouse une m�re petite, l'enfant obtiendra quelques bouts de papiers disant 'grand' et d'autres disant 'petit', et l'enfant se retrouvera probablement avec une hauteur moyenne. Mais pas toujours. L'enfant pourrait par chance obtenir beaucoup de bouts de papier disant 'grand' et peu disant 'petit' ; il grandirait alors beaucoup. Il pourrait y avoir un p�re grand qui poss�derait cinq bouts de papier disant 'grand' et une m�re grande qui poss�derait cinq bouts de papiers disant 'grand' et par une chance incroyable l'enfant obtiendrait les <emphasis>dix</emphasis> bouts de papier disant 'grand' et il se retrouverait �tre plus grand qu'eux deux. Tu comprends ? Le sang n'est pas un fluide parfait, il ne se m�lange pas parfaitement. L'acide d�soxyribonucl�ique est fait de beaucoup de petits morceaux, comme un verre qui serait rempli de billes plut�t que d'eau. C'est pour �a qu'un enfant n'est pas toujours exactement dans la moyenne de ses parents.</p><p>Draco �coutait, bouche b�e. Nom de Merlin, comment les Moldus avaient-ils fait pour d�couvrir tout �a ? Ils pouvaient <emphasis>voir</emphasis> la recette ?</p><p>"Maintenant," dit Harry Potter, "imagine que, comme pour la taille, il y ait beaucoup de petits emplacements dans la recette o� un bout de papier disant 'magique' ou 'pas magique' pourrait se trouver. Si tu as assez de bouts de papier disant 'magique', tu es un sorcier. Si tu as <emphasis>beaucoup</emphasis> de ce genre de bouts de papier, tu es un sorcier puissant. Si tu en as trop peu, tu es un Moldu, et entre les deux, tu es un Cracmol. Alors, quand deux Cracmols se marient, la plupart du temps les enfants seront aussi des Cracmols, mais de temps en temps, un enfant sera chanceux et obtiendra la majeure partie des bouts de papier magiques de son p�re <emphasis>et</emphasis> la majeure partie des bouts de papier magiques de sa m�re, et il sera assez puissant pour �tre un sorcier. Mais probablement pas un sorcier tr�s puissant. Si tu commen�ais avec beaucoup de sorciers puissants et que tu les faisais s'�pouser, alors ils resteraient puissants. Mais s'ils commencaient � �pouser des n�s-Moldu � peine magiques, ou des Cracmols... tu comprends ? Le sang ne se m�langerait pas parfaitement, car c'est comme �a qu'il se comporte : comme un verre de billes et pas comme un verre d'eau. Dans ce cas, on verrait des sorciers puissants de temps en temps, quand par chance, ils obtiendraient beaucoup de papiers magiques. Mais ils ne seraient pas aussi puissants que les sorciers les plus puissants qui les auraient pr�c�d�s."</p><p>Draco hocha lentement la t�te. Il avait d�j� entendu cette id�e auparavant. Il y avait une surprenante beaut� � voir � quel point �a correspondait � l'explication de Harry.</p><p>"<emphasis>Mais</emphasis>," dit Harry, "ce n'est qu'<emphasis>une</emphasis> hypoth�se. Imagine qu'au lieu de �a, il y ait <emphasis>un seul</emphasis> endroit dans la recette qui d�termine si tu es un sorcier. <emphasis>Un</emphasis> seul endroit o� un bout de papier peut dire 'magique' ou 'pas magique'. Et il y a toujours deux copies de tout. Alors il n'y a que trois possibilit�s. Les deux copies peuvent dire 'magique'. Une copie peut dire 'magique' et l'autre copie peut dire 'pas magique'. Ou les deux copies peuvent dire 'pas magique'. Sorciers, Cracmols et Moldus. Les n�s-Moldus ne seraient pas vraiment n�s de Moldus, ils seraient n�s de deux Cracmols, deux parents ayant chacun une copie magique et qui auraient grandi dans le monde Moldu. Maintenant imagine qu'une sorci�re �pouse un Cracmol. Chaque enfant obtiendrait toujours de sa m�re un bout de papier disant 'magique'. Peu importe quel bout a �t� choisi au hasard puisque les deux disent 'magique'. Mais comme quand on jette une pi�ce, la moiti� du temps, l'enfant obtiendrait le papier disant 'magique' de son p�re, et l'autre moiti� du temps, l'enfant obtiendrait le bout de papier disant 'non magique' de son p�re. Quand une sorci�re �pouserait un Cracmol, le r�sultat ne serait pas 'beaucoup d'enfants faibles en magie'. La moiti� des enfants serait des sorciers et des sorci�res tout aussi puissants que leur m�re, et l'autre moiti� serait des Cracmols. Parce que s'il n'y a qu'<emphasis>un</emphasis> endroit dans la recette qui fait de toi un sorcier, alors la magie n'est pas un verre de billes qui se m�langent. C'est plut�t comme une seule bille magique, comme une pierre de sorcier."</p><p>Harry disposa trois paires de papiers c�te � c�te. Sur une paire, il �crivit 'magique' et 'magique'. Sur une autre paire il �crivit 'magique' sur le papier du haut seulement. Et il laissa la troisi�me paire blanche.</p><p>"Auquel cas," dit Harry, "soit tu as deux pierres, soit tu n'en as aucune. Soit tu es un sorcier, soit tu n'en es pas un. Les sorciers puissants le deviendraient en �tudiant plus dur et en pratiquant plus. Et si le pouvoir des sorciers devient <emphasis>essentiellement </emphasis>moins puissant, pas parce que des sorts sont perdus, mais parce que les gens ne peuvent plus les jeter... alors peut-�tre qu'on mange de mauvais aliments ou quelque chose comme �a. Mais si c'est devenu r�guli�rement pire pendant les huit cent derni�res ann�es, alors �a pourrait vouloir dire que la magie elle-m�me dispara�t."</p><p>Harry disposa deux autres paires de papiers c�te � c�te et sortit une plume. Bient�t, chaque paire eut un bout de papier disant 'magique' et l'autre laiss� vide.</p><p>"Ce qui m'am�ne � ma pr�diction," dit Harry. "Ce qui se passe quand deux Cracmols se marient. Jette une pi�ce deux fois. Elle peut �tre face puis face, face puis pile, pile puis face, ou pile puis pile. Donc un quart du temps tu obtiendras deux face, une quart du temps tu obtiendras deux piles, et la moiti� du temps tu obtiendras une face et une pile. Pareil si deux Cracmols se marient. Un quart des enfants sera magique et magique, et sera des sorciers. Un quart sera pas-magique et pas-magique, et sera des Moldus. L'autre moiti� sera Cracmole. C'est un motif tr�s ancien et tr�s classique. Il a �t� d�couvert par Gregor Mendel, lou�e soit sa m�moire, et c'�tait le premier indice jamais d�couvert au sujet de la fa�on dont la recette fonctionnait. Toute personne ayant la moindre connaissance en science du sang reconna�tra instantan�ment ce motif. Il ne sera pas exact, pas plus que si tu jetais une pi�ce quarante fois tu n'obtiendrais pas exactement dix paires de deux faces. Mais si tu as obtenu sept ou treize sorciers parmi quarante enfants, alors c'est un fort indicateur. Voil� le test que je t'ai fait faire. Maintenant voyons tes donn�es."</p><p>Et avant que Draco ne puisse m�me penser, Harry Potter prit le parchemin de ses mains.</p><p>La gorge de Draco �tait tr�s s�che.</p><p>Vingt-huit enfants.</p><p>Il ne se souvenait pas du nombre exact mais il �tait � peu pr�s s�r qu'environ un quart avaient �t� sorciers.</p><p>"Six sorciers sur vingt-huit enfants," dit Harry Potter apr�s un moment. "Eh bien voil�. Et il y a huit si�cles, les premi�re ann�e jetaient les m�me sorts au m�me niveau de pouvoir. Ton test et mon test ont produit le m�me r�sultat."</p><p>Il y eut un long silence dans la salle.</p><p>"Et maintenant ?" murmura Draco.</p><p>Il n'avait jamais �t� si terrifi�.</p><p>"Ce n'est pas encore d�finitif," dit Harry Potter. "Mon exp�rience a �chou�, tu te souviens ? J'ai besoin que tu concoives un autre test, Draco."</p><p>"Je, je..." dit Draco. Sa voix se brisait. "Je ne peux pas faire �a Harry, c'est trop pour moi."</p><p>Le regard de Harry �tait ardent. "Si, tu peux, parce que tu dois le faire. Moi, j'y ai d�j� r�fl�chi apr�s avoir d�couvert l'Interdit de Merlin. Draco, y a-t-il le moindre moyen permettant d'observer directement la force de la magie ? Une m�thode qui n'aurait rien � voir avec le sang des sorciers ou les sorts qu'on apprend ?"</p><p>Le cerveau de Draco �tait juste vide.</p><p>"Tout ce qui affecte la magie affecte les sorciers," dit Harry. "Mais dans ce cas on ne peut pas dire si �a vient des sorciers ou de la magie. Qu'est-ce que la magie affecte qui <emphasis>n'est pas</emphasis> un sorcier ?"</p><p>"Les cr�atures magiques, �videmment," dit Draco sans m�me y penser.</p><p>Harry Potter sourit lentement. "Draco, c'est <emphasis>g�nial</emphasis>."</p><p><emphasis>C'�tait le genre de question stupide qu'on ne poserait que si on avait �t� �lev� par des Moldus</emphasis>.</p><p>Puis le malaise dans l'estomac de Draco devint encore pire quand il comprit ce que cela voudrait dire si les cr�atures magiques <emphasis>devenaient</emphasis> plus faibles. Ils sauraient alors � coup s�r que la magie disparaissait, et une partie de Draco �tait d�j� certaine que c'�tait exactement ce qu'ils allaient d�couvrir. Il ne voulait pas voir �a, il ne voulait pas savoir...</p><p>Harry Potter �tait d�j� � mi-chemin de la porte. "<emphasis>Viens</emphasis>, Draco ! Il y a un portrait pas loin, on lui demandera juste d'aller chercher quelqu'un de vieux, et on saura tout de suite ! On a des capes, si quelqu'un nous voit, nous pourrons simplement nous enfuir ! Allons-y !"</p><empty-line/><p>�a ne prit pas longtemps.</p><p>C'�tait un large portrait, mais les trois personnes qui s'y trouvaient y avaient l'air plut�t � l'�troit. Il y avait un homme d'�ge moyen du douzi�me si�cle, habill� de pans de tissu noir ; il parlait � une jeune femme � l'air triste du quatorzi�me si�cle dont les cheveux semblaient constamment faire des frisotis sur sa t�te, comme si elle avait �t� charg�e par un sort d'�lectricit� statique ; et elle parlait � un vieil homme digne et dess�ch� du dix-septi�me si�cle dot� d'un noeud papillon en or massif ; et lui ils pouvaient le comprendre.</p><p>Ils pos�rent des questions au sujet des D�traqueurs.</p><p>Ils pos�rent des questions au sujet des ph�nix.</p><p>Ils pos�rent des questions au sujet des dragons et des trolls et des Elfes de maison.</p><p>Harry avait fronc� les sourcils, faisant remarquer que les cr�atures ayant le plus besoin de magie pouvaient tout � fait �tre en train de dispara�tre, et il avait demand� quelles �taient les cr�atures magiques les plus puissantes que l'on ait jamais connu.</p><p>Il n'y avait rien d'inhabituel dans la liste, mis � part une esp�ce de cr�atures sombres nomm�es l'�corcheur d'esprit, et le traducteur avait fait remarquer qu'ils avaient finalement �t� extermin�s par Harold Shea, et ces cr�atures ne semblaient pas �tre � moiti� aussi effrayantes que les D�traqueurs.</p><p>Apparemment, les cr�atures magiques �taient aussi puissantes aujourd'hui qu'elles l'avaient toujours �t�.</p><p>Le malaise dans l'estomac de Draco se calma, et il se sentit juste d�rout�.</p><p>"Harry," dit Draco au beau milieu d'une phrase du vieil homme qui traduisait la liste des onze pouvoirs des yeux du tyrannoeil, "qu'est-ce que �a veut dire ?"</p><p>Harry leva un doigt et le vieil homme acheva sa liste.</p><p>Puis Harry remercia tous les portraits pour leur aide - Draco, presque enti�rement en pilote automatique, le fit aussi, avec bien plus de gr�ce - et ils retourn�rent dans la salle de classe.</p><p>Et Harry sortit le parchemin original avec les hypoth�ses, et il commen�a � griffonner.</p><p><emphasis>Observation :</emphasis></p><p><emphasis>La sorcellerie n'est pas aussi puissante qu'elle ne l'�tait quand Poudlard a �t� fond�.</emphasis></p><p><emphasis>Hypoth�ses :</emphasis></p><p><emphasis>1. La magie elle-m�me dispara�t.</emphasis></p><p><emphasis>2. Les sorciers se m�tissent avec les Moldus et les Cracmols.</emphasis></p><p><emphasis>3. Le savoir permettant de jeter des sorts puissants se perd.</emphasis></p><p><emphasis>4. Les sorciers ne mangent pas ce qu'il faut quand ils sont enfants, ou quelque chose d'autre � part le sang les fait devenir plus faible.</emphasis></p><p><emphasis>5. La technologie Moldue interf�re avec la magie (depuis 800 ans ?).</emphasis></p><p><emphasis>6. Les sorciers plus puissants ont moins d'enfants (Draco = fils unique ? V�rifier si trois sorciers puissants, Quirrell / Dumbledore / Seigneur des T�n�bres ont eu des enfants).</emphasis></p><p><emphasis>Tests :</emphasis></p><p><emphasis>A. Y a-t-il des sorts que l'on conna�t mais qu'on ne peut pas jeter (1 ou 2) ou des sorts perdus qu'on ne conna�t plus (3) ? </emphasis><emphasis>R�sultat :</emphasis><emphasis>Peu concluant � cause de l'Interdit de Merlin. Pas de sort connu injetable, mais ils pourraient simplement ne pas avoir �t� transmis.</emphasis></p><p><emphasis>B. Les anciens �l�ves de premi�re ann�e jetaient-ils le m�me genre de sort qu'aujourd'hui, au m�me niveau de puissance ? (Faible �l�ment de preuve pour 1 et contre 2, mais le sang pourrait aussi faire dispara�tre uniquement la sorcellerie puissante). </emphasis><emphasis>R�sultat :</emphasis><emphasis>Les sorts de premi�re ann�e sont aussi puissants qu'avant.</emphasis></p><p><emphasis>C. Test suppl�mentaire qui distingue entre 1 et 2 en utilisant les connaissances scientifiques sur le sang, j'expliquerai plus tard. </emphasis><emphasis>R�sultat :</emphasis><emphasis>Il n'y a qu'un seul endroit dans la recette qui fait de quelqu'un un sorcier, soit on a deux papiers disant 'magique', soit on n'a rien.</emphasis></p><p><emphasis>D. Les cr�atures magiques perdent-elles leurs pouvoirs ? Distingue 1 de (2 ou 3). </emphasis><emphasis>R�sultat :</emphasis><emphasis>Les cr�atures magiques semblent �tre aussi puissantes qu'elles l'ont toujours �t�.</emphasis></p><p>"A a �chou�," dit Harry Potter. "B est un faible �l�ment de preuve pour 1 au d�triment de 2. C falsifie 2. D falsifie 1. 4 �tait peu probable et B contredit aussi 4. 5 �tait peu probable et D le contredit. 6 est falsifi� en m�me temps que 2. Ce qui nous laisse 3. Interdit de Merlin ou pas, je n'ai trouv� aucun sort connu ne pouvant �tre jet�. Donc quand on additionne le tout, on dirait que le savoir est perdu.</p><p>Et la trappe se referma.</p><p>D�s que la panique fut partie, d�s que Draco eut compris que la magie ne disparaissait <emphasis>pas</emphasis>, il n'eut besoin que de cinq secondes pour comprendre.</p><p>Draco se repoussa loin du bureau et se leva si vite que sa chaise glissa sur le sol dans un bruit de raclement et se renversa.</p><p>"Donc tout �a n'�tait qu'un pi�ge stupide."</p><p>Harry Potter le fixa un moment, toujours assis. Quand il parla, sa voix �tait douce. "C'�tait un test honn�te, Draco. Si le r�sultat avait �t� diff�rent, je l'aurais accept�. Ce n'est pas quelque chose au sujet duquel je tricherais. Jamais. Je n'ai pas regard� tes donn�es avant d'avoir fait mes pr�dictions. Je t'ai dit � l'avance que l'Interdit de Merlin annulait la premi�re exp�rience -"</p><p>"Oh," dit Draco, la col�re commen�ant � poindre dans sa voix, "tu ne savais pas comment tout �a finirait ?"</p><p>"Je ne <emphasis>savais</emphasis> rien que tu ne saches pas toi-m�me," dit Harry, toujours doucement. "J'admets l'avoir suspect�. Hermione Granger est trop puissante, elle aurait d� �tre � peine magique, et ce n'est pas le cas. Comment une n�e-Moldue pourrait-elle �tre la meilleure lanceuse de sorts de Poudlard ? Et elle obtient aussi les meilleures notes � ses r�dactions, c'est trop de co�ncidences pour qu'une seule fille soit la meilleure en magie <emphasis>et</emphasis> en cours, � moins qu'il n'y ait une cause commune. L'existence de Hermione Granger laissait entendre qu'il n'y avait qu'une seule chose qui d�terminait que l'on soit sorcier ou non, quelque chose qu'on avait ou qu'on n'avait pas, et que les diff�rences de pouvoir venaient de la quantit� de savoir et de travail. Et il n'y avait pas non plus diff�rents sous-groupes de sang-pur et de Moldus, et ainsi de suite. Par bien trop d'aspects, le monde ne ressemblait pas � ce dont il aurait eu l'air si tu avais eu raison. Mais Draco, je n'ai rien vu que tu n'aurais pas pu toi-m�me remarquer. Je n'ai r�alis� aucun test sans t'en parler. Je n'ai pas trich�, Draco. Je voulais que nous trouvions la r�ponse ensemble. Et avant que tu ne le dises, je n'avais jamais pens� que la magie pouvait dispara�tre du monde. Pour moi aussi, c'�tait une id�e effrayante."</p><p>"C'est �a," dit Draco. Il faisait beaucoup d'efforts pour contr�ler sa voix, pour pas se contenter de crier sur Harry. "Tu pr�tends que tu ne vas pas courir le dire � qui que ce soit d'autre."</p><p>"Pas sans t'avoir consult� avant," dit Harry. Il ouvrit ses mains et fit un geste suppliant. "Draco, j'essaie d'�tre aussi gentil que possible, mais <emphasis>le monde s'est juste av�r� ne pas �tre ainsi.</emphasis>"</p><p>"Tr�s bien. Alors toi et moi en avons fini. Je vais juste m'en aller et oublier que tout �a ait jamais eu lieu."</p><p>Draco fit demi-tour, sentant la sensation de br�lure dans sa gorge, le sentiment de trahison, et c'est alors qu'il se rendit compte qu'il avait <emphasis>vraiment</emphasis> bien aim� Harry Potter, et cette pens�e ne le ralentit pas pour un instant tandis qu'il marchait vers la porte de la salle.</p><p>Et la voix de Harry Potter lui parvint, maintenant plus forte, et inqui�te :</p><p>"Draco... tu ne <emphasis>peux pas</emphasis> oublier. Ne comprends-tu pas ? C'�tait ton sacrifice."</p><p>Draco s'arr�ta au milieu d'une enjamb�e et pivota. "De <emphasis>quoi</emphasis> parles-tu ?"</p><p>Mais il y avait d�j� un froid glac� dans la colonne vert�brale de Draco.</p><p>Il le sut avant m�me que Harry Potter ne le dise.</p><p>"Pour devenir un scientifique. Tu as remis en question une de tes croyances, pas seulement une petite croyance, mais quelque chose qui avait une grande importance pour toi. Tu as fait des exp�riences, amass� des donn�es, et le r�sultat a montr� que ta croyance �tait fausse. Tu as vu les r�sultats et tu as compris ce qu'ils signifiaient." La voix de Harry Potter flanchait. "Souviens-toi, Draco, tu ne peux pas sacrifier une <emphasis>vraie</emphasis> croyance de cette fa�on, parce que les exp�riences la confirmeront au lieu de la falsifier. Ton sacrifice pour devenir un scientifique a �t� ta <emphasis>fausse</emphasis> croyance que le sang de sorcier se m�langeait et devenait plus faible."</p><p>"<emphasis>Ce n'est pas vrai</emphasis> !" dit Draco. "Je n'ai pas sacrifi� cette croyance. Je le crois toujours !" Sa voix devenait plus forte, et le frisson empirait.</p><p>Harry Potter secoua la t�te. Sa voix lui parvint comme un murmure. "Draco... je suis d�sol� Draco, tu ne le crois <emphasis>pas</emphasis>, plus maintenant." La voix de Harry s'�leva � nouveau. "Je vais te le prouver. Imagine que quelqu'un te dise qu'il a un dragon dans sa maison. Tu lui dis que tu veux le voir. Il te dit que c'est un dragon invisible. Tu dis tr�s bien, tu veux l'entendre bouger. Il te dit que c'est un dragon inaudible. Tu dis que tu vas jeter un peu de farine en l'air et voir le contour du dragon. Il dit que le dragon est perm�able � la farine. Et ce qui est r�v�lateur, c'est qu'il sait � <emphasis>l'avance</emphasis> exactement les r�sultat exp�rimentaux pour lesquels il va devoir trouver des excuses. Il <emphasis>sait</emphasis> que tout se passera exactement comme s'il n'y avait pas de dragon, il sait � <emphasis>l'avance</emphasis> quelles excuses il devra inventer. Donc peut-�tre qu'il <emphasis>dit</emphasis> qu'il y a un dragon. Peut-�tre qu'il <emphasis>croit</emphasis> qu'il croit qu'il y a un dragon, �a s'appelle croyance en la croyance. Mais il ne le croit pas vraiment. On peut se tromper sur ce qu'on croit, la plupart des gens ne se rendent jamais comptent qu'il y a une diff�rence entre croire quelque chose et penser qu'il est bon d'y croire." Harry Potter s'�tait maintenant lev� du bureau et avait fait quelques pas en direction de Draco. "Et Draco, tu ne crois plus au purisme du sang, je vais te le montrer. Si le purisme du sang est vrai, l'existence de Hermione Granger n'a aucun sens, et alors qu'est-ce qui pourrait l'expliquer ? Peut-�tre qu'elle est une sorci�re orpheline �lev�e par des Moldus, comme moi ? Je pourrais aller voir Granger et lui demander de voir des photos de ses parents, pour voir si elle leur ressemble. T'attendrais-tu � ce qu'ils aient l'air diff�rents ? Devrions-nous aller effectuer ce test ?"</p><p>"Ils l'ont s�rement mise avec des membres de sa famille �loign�e," dit Draco, la voix tremblante. "Ils se ressembleront."</p><p>"Tu vois. Tu sais d�j� quel r�sultat exp�rimental tu vas devoir excuser. Si tu croyais toujours au purisme du sang, tu dirais bien s�r, allons jeter un oeil, je parie qu'elle ne ressemblera pas � ses parents, elle est trop puissante pour �tre une vraie n�e-Moldue -"</p><p>"Ils l'ont <emphasis>s�rement </emphasis>mise avec des membres de sa famille �loign�e !"</p><p>"Les scientifiques peuvent faire des tests pour v�rifier si quelqu'un est vraiment l'enfant de son p�re. Granger le ferait probablement si je donnais assez d'argent � sa famille. <emphasis>Elle</emphasis> n'aurait pas peur des r�sultats. Alors que t'attends-tu � ce que les tests montrent ? Dis-moi de les faire et nous les ferons. Mais tu sais d�j� ce que les tests vont dire. Tu le sauras toujours. Tu ne pourras jamais oublier. Tu pourras <emphasis>souhaiter</emphasis> croire au purisme du sang, mais tu <emphasis>t'attendras toujours </emphasis>� ce que les choses se passent exactement comme s'il n'y avait qu'une seule chose qui d�termine que l'on soit un sorcier ou non. C'�tait ton sacrifice pour devenir un scientifique."</p><p>La respiration de Draco �tait irr�guli�re. "Te rends-tu compte de <emphasis>ce que tu as fait</emphasis> ?" Draco bondit vers l'avant et saisit Harry par le col de ses robes. Sa voix devint un cri, un cri qui semblait insupportablement fort dans le silence de la salle ferm�e. "<emphasis>Te rends-tu compte de ce que tu as fait ?</emphasis>"</p><p>La voix de Harry tremblait. "Tu avais une croyance. Cette croyance �tait fausse. Je t'ai aid� � le voir. Ce qui est vrai l'est d�j�, l'admettre ne le rend pas pire -"</p><p>Les doigts de la main droite de Draco se referm�rent en un poing et cette main s'abaissa, avant de d�coller, inarr�table, et elle frappa Harry Potter � la m�choire si fort que son corps alla s'�craser contre un bureau puis jusqu'au sol.</p><p>"<emphasis>Idiot</emphasis> !" hurla Draco. "<emphasis>Idiot ! Idiot !</emphasis>"</p><p>"Draco," murmura Harry depuis le sol, "Draco, je suis d�sol�, je ne pensais pas que �a aurait lieu avant des mois, je ne m'attendais pas � ce que ton �veil scientifique soit aussi rapide, je pensais que j'aurais plus de temps pour te pr�parer, pour t'enseigner des techniques permettant d'att�nuer la souffrance engendr�e lorsqu'on admet qu'on a tort -"</p><p>"Et P�re ?" dit Draco. Sa voix tremblait de rage. "Allais-tu le pr�parer, <emphasis>lui</emphasis>, ou est-ce que tu t'en <emphasis>fichais</emphasis> de ce qui se passerait ensuite ?"</p><p>"Tu ne peux pas <emphasis>lui</emphasis> dire !" dit Harry, sa voix montant sous l'effet de l'inqui�tude. "Il n'est pas un scientifique ! Draco, tu as promis !"</p><p>Pendant un moment, la pens�e que P�re ne savait pas fut un soulagement.</p><p>Puis la vraie col�re commen�a � monter.</p><p>"Donc tu as pr�vu que je mente et que je lui dise que j'y crois toujours," dit Draco, la voix tremblante. "Je devrai toujours lui mentir, et maintenant, je ne pourrai pas �tre un Mangemort quand je serai grand, et je ne pourrai m�me pas lui dire pourquoi."</p><p>"Si ton p�re t'aime vraiment," murmura Harry depuis le sol, "il t'aimera toujours, m�me si tu ne deviens pas un Mangemort, et on dirait bien que tu p�re t'aime <emphasis>vraiment</emphasis>, Draco -"</p><p>"<emphasis>Ton</emphasis> p�re adoptif est un scientifique," dit Draco. Les mots sortaient, tels des couteaux ac�r�s. "Si <emphasis>tu</emphasis> n'allais pas devenir un scientifique, il t'aimerait toujours. Mais tu serais <emphasis>un peu moins extraordinaire</emphasis> � ses yeux."</p><p>Harry eut un mouvement de recul. Le gar�on ouvrit la bouche, comme pour dire 'Je suis d�sol�', puis il la referma, semblant se raviser, ce qui �tait soit tr�s intelligent, soit tr�s chanceux, parce que s'il avait parl�, Draco aurait peut-�tre essay� de le tuer.</p><p>"Tu aurais d� me mettre en garde," dit Draco. Sa voix s'�leva. "<emphasis>Tu aurais d� me mettre en garde !</emphasis>"</p><p>"Je... je l'ai fait... � chaque fois que je t'ai parl� du pouvoir, je t'ai parl� du prix. J'ai dit que tu devrais admettre que tu avais tort. J'ai dit que ce serait le chemin le plus difficile pour toi. J'ai dit que c'�tait le sacrifice que tout le monde devait faire pour devenir un scientifique. J'ai dit : et si l'exp�rience dit une chose et que ta famille et tes amis en disent une autre -"</p><p>"<emphasis>Tu appelles �a une mise en garde</emphasis> ?" Draco criait � pr�sent. "<emphasis>Tu appelles �a une mise en garde ? Quand on fait un rituel qui exige un sacrifice permanent ?</emphasis>"</p><p>"Je...je..." le gar�on au sol avala sa salive. "Je suppose que je n'ai peut-�tre pas �t� clair. Je suis d�sol�. Mais ce qui peut �tre d�truit par la v�rit� doit l'�tre."</p><p>Le frapper n'aurait pas suffi.</p><p>"Tu avais tort sur un point," dit Draco, la voix mortelle. "Granger n'est pas l'�l�ve la plus forte de Poudlard. Elle obtient juste les meilleures notes en cours. Tu es sur le point de comprendre la diff�rence."</p><p>Un choc soudain apparut sur le visage de Harry, il essaya de faire une roulade pour se remettre sur pied -</p><p>C'�tait d�j� trop tard pour lui.</p><p>"<emphasis>Expelliarmus </emphasis>!"</p><p>La baguette de Harry vola jusqu'� l'autre bout de la pi�ce.</p><p>"<emphasis>Gom jabbar !"</emphasis></p><p>Une pulsation de noirceur encr�e frappa la main gauche de Harry.</p><p>"C'est un sort de torture," dit Draco. "C'est pour tirer des informations des gens. Je vais juste le laisser sur toi et fermer la porte derri�re moi en partant. Peut-�tre que je r�glerai le sort de loquet pour qu'il s'estompe apr�s quelques heures. Ou peut-�tre qu'il ne s'estompera pas avant que tu ne meures ici. Amuse-toi bien."</p><p>Draco recula d'une d�marche fluide, baguette toujours point�e vers Harry. La main de Draco s'abaissa et ramassa son cartable sans que son bras ne vacille.</p><p>La douleur �tait d�j� visible sur le visage de Harry quand il parla. "Dois-je comprendre que les Malfoy sont au-dessus des lois sur la magie des mineurs ? Ce n'est pas parce que ton sang est plus fort. C'est parce que tu as d�j� pratiqu�. Au d�but, tu �tais aussi faible que n'importe lequel d'entre nous. Ma pr�diction est-elle fausse ?"</p><p>La main de Draco blanchit autour de sa baguette, mais sa vis�e demeura stable.</p><p>"Juste pour que tu saches," dit Harry, les dents serr�es, "si tu m'avais dit que j'avais tort, je t'aurais �cout�. <emphasis>Je</emphasis> ne te torturerai jamais quand tu me montreras que j'ai tort. Et tu le <emphasis>feras</emphasis>. Un jour. Tu es �veill� � la science maintenant, et m�me si tu n'apprends jamais � utiliser ton pouvoir, tu seras toujours," Harry haleta, "� la recherche... de moyens... de tester... tes croyances..."</p><p>La d�marche de Draco �tait maintenant moins fluide, un peu plus rapide, et il dut faire un effort pour maintenir sa baguette sur Harry tandis qu'il tendait la main en arri�re pour ouvrir la porte et qu'il sortait de la salle.</p><p>Puis Draco referma la porte.</p><p>Il jeta le sort de loquet le plus puissant qu'il connaisse.</p><p>Draco attendit d'avoir entendu le premier cri de Harry avant de jeter <emphasis>Sourdinam</emphasis>.</p><p>Puis il s'en fut.</p><empty-line/><p>"<emphasis>Aaahhhhh ! Finite Incantatem ! Aaaahhh !"</emphasis></p><p>La main gauche de Harry avait �t� plong�e dans une marmite d'huile de cuisson bouillante et laiss�e plant�e l�. Il avait tout donn� pour jeter le <emphasis>Finite Incantatem</emphasis> et �a ne marchait toujours pas.</p><p>Certains mal�fices requ�raient des contre-sorts sp�ciaux, sans lesquels on ne pouvait pas les d�faire, ou peut-�tre que Draco �tait juste bien plus fort.</p><p>"<emphasis>Aaaaahhhh !"</emphasis></p><p>Sa main commen�ait vraiment � lui faire mal maintenant, et �a interf�rait avec ses tentatives d'improvisation.</p><p>Mais quelques cris plus tard, Harry comprit ce qu'il fallait qu'il fasse.</p><p>Malheureusement, sa bourse �tait du mauvais c�t� de son corps, et il lui fallut se tordre quelque peu avant de pouvoir l'atteindre, en particulier avec son autre bras qui fouettait l'air d'un mouvement r�flexe incontr�lable, destin� � l'�loigner de la source de douleur.</p><p>"Kit <emphasis>ahhhhh</emphasis> m�dical ! Kit m�dical !"</p><p>La lumi�re verte sur le sol �tait trop faible pour permettre d'y voir.</p><p>Harry ne pouvait pas se tenir debout. Il ne pouvait pas ramper. Il se laissa rouler sur le sol jusqu'� l'endroit o� il pensait que sa baguette se trouvait, elle n'�tait pas l�, d'une main il parvint � s'�lever assez haut pour la voir, il roula jusqu'� elle, la saisit, et revint en roulant jusqu'� l'endroit o� le kit m�dical avait �t� laiss�, ouvert. Il y eut aussi pas mal de hurlements et quelques vomissements.</p><p>Il fallut huit essais avant que Harry ne parvienne � jeter <emphasis>Lumos</emphasis>.</p><p>Et l�... le kit n'avait pas �t� con�u pour �tre ouvert d'une seule main, parce que tous les sorciers �taient des idiots, voil� pourquoi. Harry dut utiliser ses dents, et il lui fallut donc un moment avant de finalement parvenir � enrouler l'An�sthissu autour de sa main gauche.</p><p>Quand toute sensation eut enfin quitt� sa main, Harry laissa son esprit se disjoindre et il resta allong�, immobile au sol, et il pleura pendant un moment.</p><p><emphasis>Eh bien</emphasis>, dit silencieusement l'esprit de Harry � lui-m�me apr�s qu'il eut assez r�cup�r� pour penser en mots. <emphasis>�a valait le coup</emphasis><emphasis>?</emphasis></p><p>Lentement, la main fonctionnelle de Harry attrapa son bureau.</p><p>Harry se hissa sur ses pieds.</p><p>Prit une profonde inspiration.</p><p>Expira.</p><p>Sourit.</p><p>Ce n'�tait pas un grand sourire, mais c'�tait un sourire quand m�me.</p><p><emphasis>Merci, professeur Quirrell, je n'aurais pas pu perdre sans vous</emphasis>.</p><p>Il n'avait pas rachet� Draco, loin de l�. Contrairement � ce que Draco lui-m�me pouvait � pr�sent croire, il �tait toujours l'enfant d'un Mangemort jusqu'au bout des ongles. Toujours un gar�on qui avait grandi en pensant que "violer", c'�tait quelque chose que les enfants cool et plus �g�s faisaient. Mais c'�tait un sacr� d�but.</p><p>Harry ne pouvait pas pr�tendre que tout s'�tait d�roul� exactement comme pr�vu. Tout s'�tait d�roul� exactement comme invent� au fur et � mesure. Le <emphasis>plan</emphasis> avait pr�vu que cela n'arrive pas avant environ d�cembre, apr�s que Harry ait appris � Draco les techniques permettant de ne pas nier une preuve quand on se retrouvait face � elle.</p><p>Mais il avait vu l'air sur le visage de Draco, il s'�tait rendu compte que Draco prenait <emphasis>d�j�</emphasis> une hypoth�se alternative au s�rieux, et Harry avait fait feu de tout bois. En rationalit�, un cas de r�elle curiosit� avait le m�me pouvoir salvateur qu'un cas de v�ritable amour en avait dans les films.</p><p>R�trospectivement, Harry s'�tait donn� quelques heures pour faire la d�couverte la plus importante de l'histoire de la magie et quelques mois pour briser les barri�res sous-d�velopp�es d'un gar�on de onze ans. Ce qui indiquait peut-�tre que Harry avait une d�ficience cognitive majeure lorsqu'il s'agissait d'estimer les temps d'ex�cution des t�ches.</p><p>Harry allait-il aller en Enfer de la Science pour ce qu'il avait fait ? Il n'en �tait pas certain. Il s'�tait arrang� pour garder l'attention de Draco concentr�e sur la possibilit� que la magie disparaisse, il s'�tait assur� que Draco s'occupe des exp�riences qui semblaient au premier abord pointer dans cette direction. Il avait attendu d'avoir expliqu� la g�n�tique avant de le pousser � consid�rer les cr�atures magiques (bien que Harry ait pens� en termes d'anciens artefacts tels que le Choixpeau, que personne ne pouvait plus dupliquer mais qui continuaient de fonctionner). Mais Harry n'avait pas vraiment exag�r� la moindre preuve, il n'avait pas d�tourn� le sens d'un seul des r�sultats. Quand l'Interdit de Merlin avait invalid� le test qui aurait d� �tre d�cisif, il l'avait tout de suite dit � Draco.</p><p>Puis ce qui s'�tait pass� <emphasis>ensuite</emphasis>...</p><p>Mais il n'avait pas vraiment <emphasis>menti</emphasis> � Draco. Draco l'avait cru, et <emphasis>�a le rendrait vrai</emphasis>.</p><p>La fin n'avait certes pas �t� amusante.</p><p>Harry se retourna et chancela jusqu'� la porte.</p><p>Il �tait temps de tester le sort de Verrouillage de Draco.</p><p>La premi�re �tape �tait simplement d'essayer de tourner la poign�e. Draco aurait pu bluffer.</p><p>Draco n'avait pas bluff�.</p><p>"<emphasis>Finite Incantatem</emphasis>." La voix de Harry �tait plut�t rauque, et il pouvait sentir que le sort n'avait pas pris.</p><p>Alors Harry essaya de nouveau, et cette fois il sentit le sort se lancer. Mais un autre tour de poign�e montra qu'il n'avait pas fonctionn�. Pas surprenant.</p><p>C'�tait le moment de sortir l'artillerie lourde. Harry prit une profonde inspiration. Ce sort �tait l'un des plus puissants qu'il ait appris jusqu'alors.</p><p>"<emphasis>Alohomora !</emphasis>"</p><p>Harry chancela un peu apr�s l'avoir prononc�.</p><p>Et la porte de la salle ne s'ouvrit toujours pas.</p><p>Ce qui surprit Harry. Bien s�r, il n'avait certainement pas compt� s'approcher du couloir interdit de Dumbledore. Mais un sort permettant d'ouvrir des verrous magiques semblait �tre de toute fa�on utile, alors Harry l'avait appris. Le couloir interdit de Dumbledore �tait-il cens� attirer des gens assez stupides pour ne pas se rendre compte que la s�curit� de celui-ci �tait pire que celle que Draco Malfoy aurait su mettre en place ?</p><p>La peur affluait � nouveau dans l'organisme de Harry. La note dans le kit m�dical avait dit que l'An�sthissu pouvait �tre utilis� de fa�on s�re pendant trente minutes maximum. Apr�s quoi il se d�tacherait automatiquement et ne serait pas r�utilisable avant 24 heures. Il �tait maintenant 18h51. Il avait mis l'An�sthissu environ cinq minutes auparavant.</p><p>Alors Harry fit un pas en arri�re et examina la porte. C'�tait un solide panneau de ch�ne sombre, uniquement interrompu par la poign�e de laiton.</p><p>Harry ne connaissait ni sort explosif, ni sort coupant, ni sort fracassant, et m�tamorphoser des explosifs aurait enfreint la r�gle contre la m�tamorphose de choses destin�es � �tre br�l�es. L'acide �tait un liquide et il aurait produit des vapeurs...</p><p>Mais ce n'�tait pas un obstacle pour quelqu'un de <emphasis>cr�atif</emphasis>.</p><p>Harry posa sa baguette contre les charni�res en laiton et se concentra sur la notion de coton en tant qu'entit� abstraite, d�tach�e de tout coton tangible, ainsi que sur le mat�riau du laiton en lui-m�me, d�tach� de la structure qui faisait de lui une charni�re, et il m�la les deux concepts, imposant une forme sur une substance. Une heure de pratique de la M�tamorphose pendant un mois avait men� Harry � un niveau o� il pouvait m�tamorphoser un sujet de cinq centim�tres cubiques en � peine une minute.</p><p>Apr�s deux minutes, la charni�re n'avait pas du tout chang�.</p><p>Quiconque avait con�u le sort de verrouillage de Draco avait aussi pens� � �a. Ou la porte faisait partie de Poudlard et le ch�teau �tait immunis�.</p><p>Un coup d'oeil r�v�la que les murs �taient faits de pierre solide. Tout comme le sol. Et le plafond. On ne pouvait m�tamorphoser une partie s�par�ment d'un tout si le tout �tait solide ; Harry aurait pu essayer de m�tamorphoser le mur entier, ce qui aurait pris des heures ou peut-�tre des jours d'effort continu ; et encore, si c'�tait faisable, et si le mur n'�tait pas contigu avec le reste du ch�teau...</p><p>Le Retourneur de Temps de Harry ne s'ouvrirait pas avant 21h. Apr�s cela il pourrait revenir � 18h, avant que la porte ne soit verrouill�e.</p><p>Combien de temps durerait le sort de torture ?</p><p>Harry avala sa salive avec difficult�. Des larmes s'amoncelaient � nouveau dans ses yeux.</p><p>Son brillant esprit cr�atif venait d'offrir une suggestion ing�nieuse, que Harry coupe sa main en utilisant la scie � m�taux qui �tait dans la boite � outils de sa bourse, ce qui lui ferait �videmment mal, mais qui pourrait lui faire bien moins mal que le sort de douleur de Draco puisqu'il n'y aurait plus de nerfs ; et il avait toujours des garrots dans le kit de soin.</p><p>Et c'�tait bien s�r une id�e horriblement stupide que Harry regretterait pour le restant de ses jours.</p><p>Mais Harry ne savait pas s'il pourrait tenir deux heures sous la torture.</p><p>Il voulait <emphasis>sortir</emphasis> de cette salle, il voulait en sortir <emphasis>maintenant</emphasis>, il ne voulait pas avoir � attendre l� pendant deux heures en hurlant jusqu'� ce qu'il puisse utiliser le Retourneur de Temps, il fallait qu'il <emphasis>sorte</emphasis> et qu'il trouve quelqu'un capable de d�barrasser sa main gauche du sort de torture...</p><p><emphasis>Pense ! </emphasis>cria Harry � l'intention de son cerveau. <emphasis>Pense ! Pense !</emphasis></p><empty-line/><p>Le dortoir des Serpentard �tait majoritairement inoccup�. Les gens �taient au d�ner. Sans qu'il sache pourquoi, Draco ne se sentait pas tr�s en app�tit.</p><p>Draco ferma la porte de sa chambre priv�e, la verrouilla, l'ensorcela, la <emphasis>Sourdina</emphasis>, s'assit sur son lit et commen�a � pleurer.</p><p>Ce n'�tait pas juste.</p><p>Ce n'�tait pas juste.</p><p>C'�tait la premi�re fois qu'il avait vraiment <emphasis>perdu</emphasis>, P�re l'avait pr�venu que la v�ritable d�faite lui ferait mal la premi�re fois, mais il avait <emphasis>tellement</emphasis> perdu, ce n'�tait pas juste, ce n'�tait pas juste qu'il perde <emphasis>tout</emphasis> � sa premi�re d�faite.</p><p>Quelque part dans les donjons, un gar�on que Draco avait vraiment bien aim� hurlait de douleur. Jamais auparavant Draco n'avait fait de mal � quelqu'un qu'il appr�ciait. Punir les gens qui le m�ritaient �taient cens� �tre amusant, mais �a, �a le faisait se sentir malade. P�re ne l'avait pas mis en garde contre cette sensation, et Draco se demanda si c'�tait une le�on difficile que tout le monde devait apprendre en grandissant ou s'il n'�tait qu'un faible.</p><p>Draco aurait aim� que ce soit Pansy qui soit en train de crier. Il se serait senti mieux.</p><p>Et le pire �tait de savoir que c'�tait peut-�tre une erreur d'avoir fait du mal � Harry Potter.</p><p>Qui serait l� pour Draco maintenant ? Dumbledore ? Apr�s ce qu'il avait fait ? Draco aurait pr�f�r� �tre br�l� vif.</p><p>Draco allait devoir revenir vers Harry Potter, parce qu'il n'avait personne d'autre vers qui se tourner. Et si Harry Potter disait qu'il ne voulait pas de lui, alors Draco ne serait rien, juste un path�tique petit gar�on qui ne pourrait jamais �tre un Mangemort, ne pourrait jamais rejoindre le camp de Dumbledore et ne pourrait jamais apprendre la science.</p><p>Le pi�ge avait �t� parfaitement mis en place, parfaitement ex�cut�. P�re avait pr�venu Draco, encore et encore, que ce que l'on sacrifiait lors d'un Rituel Noir ne pouvait pas �tre retrouv�. Mais P�re n'avait pas su que les maudits Moldus avaient invent� des rituels qui ne n�cessitaient pas de baguettes, des rituels que l'on pouvait �tre pouss� � faire sans le savoir, et ce n'�tait l� qu'un seul des terribles secrets que les scientifiques connaissaient et que Harry Potter avait apport�s avec lui.</p><p>Draco commen�a alors � pleurer plus fort.</p><p>Il ne voulait pas l'�tre, il ne <emphasis>voulait pas l'�tre</emphasis>, mais revenir en arri�re �tait impossible. C'�tait trop tard. Il �tait d�j� un scientifique.</p><p>Draco savait qu'il aurait d� retourner voir Harry Potter, le lib�rer et pr�senter ses excuses. �a aurait �t� la d�marche intelligente.</p><p>Au lieu de �a, Draco resta au lit et pleurnicha.</p><p>Il avait d�j� fait souffrir Harry Potter. �a serait peut-�tre la seule fois o� il pourrait jamais lui faire du mal, et il devrait ch�rir ce souvenir pour le restant de ses jours.</p><p>Qu'il continue de crier.</p><empty-line/><p>Harry Potter laissa tomber les restes de sa scie � m�taux. Les charni�res en laiton s'�taient r�v�l�es insensibles, � peine ray�es, et Harry commen�ait � suspecter que m�me l'acte d�sesp�r� consistant � essayer de m�tamorphoser de l'acide ou des explosifs aurait �chou� � ouvrir cette porte. Le c�t� positif, c'�tait que cette tentative avait d�truit la scie � m�taux.</p><p>Sa montre disait qu'il �tait 19h02, avec moins de quinze minutes restantes, et Harry essaya de se souvenir s'il y avait d'autres choses coupantes dans sa bourse qui avaient besoin d'�tre d�truites, et il sentit une autre mont�e de larmes s'accumuler. Si seulement il avait pu, quand son Retourneur de Temps se serait ouvert, revenir dans le pass� et <emphasis>emp�cher</emphasis> -</p><p>Et c'est alors que Harry se rendit compte qu'il �tait un <emphasis>idiot</emphasis>.</p><p>Ce n'�tait pas la premi�re fois qu'il avait �t� enferm�.</p><p>Le professeur McGonagall lui avait d�j� donn� la m�thode correcte.</p><p>... elle lui avait aussi dit de ne pas utiliser le Retourneur de Temps pour ce genre de choses.</p><p>Le professeur McGonagall ne se rendrait-elle pas compte que ce cas justifiait <emphasis>bien</emphasis> une exception ? Ou allait-elle juste lui interdire tout usage du Retourneur de Temps ?</p><p>Harry rassembla ses affaires dans sa bourse, toutes les preuves. Un <emphasis>R�curvite</emphasis> s'occupa du vomi au sol mais pas de la sueur qui avait tremp� ses robes. Il laissa les bureaux renvers�s car ce n'�tait pas assez important pour qu'il le fasse d'une seule main.</p><p>Lorsqu'il eut fini, Harry jeta un coup � sa montre. 19h04.</p><p>Et Harry attendit alors. Les secondes s'�coul�rent, lui semblant �tre des ann�es.</p><p>� 19h07, la porte s'ouvrit.</p><p>Le visage � la barbe bouffante du professeur Flitwick semblait plut�t soucieux. "Vous allez bien, Harry ?" dit la voix haut perch�e du directeur de Serdaigle. "J'ai eu une note disant que vous aviez �t� enferm� ici -"</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 24*: Hypoth�se de l'intelligence machiav�</strong></p><p>NdT : Titre complet : <emphasis>Hypoth�se de l'intelligence machiav�lique</emphasis></p><empty-line/><p>J.K. Rowling serpente et frappe, invisible ; Orca encercle, dure et aride.</p><empty-line/><p>Acte 3 :</p><empty-line/><p>Draco attendait, l'estomac nou�, dans une petite alc�ve munie d'une fen�tre qu'il avait trouv�e pr�s de la Grande Salle.</p><p>Il y aurait un prix � payer, et il serait �lev�. Draco l'avait su d�s qu'il s'�tait r�veill� et qu'il s'�tait rendu compte qu'il n'osait pas entrer dans la Grande Salle pour le petit d�jeuner, de peur d'y voir Harry Potter car il ne savait pas ce qui se passerait ensuite.</p><p>Des bruits de pas approchaient.</p><p>"Et ben le v'la," dit la voix de Vincent. "mais l'boss est pas d'bonne humeur aujourd'hui, alors fais gaffe o� tu mets les pieds."</p><p>Draco allait le d�pecer vivant et renvoyer le corps de cet idiot accompagn� d'une requ�te pour un serviteur plus intelligent comme s'il n'avait �t� qu'une gerbille morte.</p><p>Un des bruits de pas s'�loigna et l'autre se fit plus proche.</p><p>La sensation dans l'estomac de Draco devint encore pire.</p><p>Harry Potter entra dans son champ de vision. Son expression faciale �tait pr�cautionneusement ma�tris�, mais ses robes � ourlet bleu semblaient �trangement de travers, comme si elles n'avaient pas �t� remises correctement -</p><p>"<emphasis>Ta main</emphasis>," dit Draco sans r�fl�chir.</p><p>Harry leva son bras gauche comme pour l'inspecter lui-m�me.</p><p>La main pendait mollement, l'air morte.</p><p>"Madame Pomfresh a dit que ce n'�tait pas permanent," dit doucement Harry, "et que j'aurais en grande partie r�cup�r� demain, quand les cours commenceront."</p><p>Pendant un instant, la nouvelle lui procura un soulagement.</p><p>Et il comprit alors.</p><p>"Tu es all� voir Madame Pomfresh," chuchota Draco.</p><p>"Bien s�r," dit Harry Potter, comme s'il �non�ait l'�vidence. "Ma main ne fonctionnait pas."</p><p>Draco comprit lentement � quel point il avait �t� un imb�cile <emphasis>complet</emphasis>, bien pire que les Serpentard plus �g�s qu'il avait incendi�s plus t�t.</p><p>Il avait simplement tenu pour acquis que personne n'irait voir les autorit�s pour se plaindre d'un Malfoy. Que personne ne voudrait attirer l'attention de Lucius. Jamais.</p><p>Mais Harry Potter n'�tait pas un petit Poufsouffle effray� essayant de rester hors du jeu. Il jouait d�j� au jeu, et il avait d�j� toute l'attention de P�re.</p><p>"Qu'a-t-elle dit d'autre ?", dit Draco, le c�ur au bord des l�vres.</p><p>"Le professeur Flitwick a dit que le sort qui a �t� jet� sur ma main est un sombre mal�fice de torture et que c'est une affaire tr�s s�rieuse et qu'il est inacceptable que je refuse de dire qui avait fait �a."</p><p>Il y eut une longue pause.</p><p>"Et apr�s ?" dit Draco d'une voix tremblante.</p><p>Harry Potter sourit l�g�rement. "Je me suis confondu en excuses, ce qui a donn� au professeur Flitwick un air <emphasis>tr�s</emphasis> s�v�re, et alors je lui ai dit que toute cette affaire �tait en effet extr�mement s�rieuse, secr�te et <emphasis>d�licate</emphasis>, et que j'avais d�j� inform� le directeur de ce projet."</p><p>Draco manqua d'air. "Non ! Flitwick ne va pas simplement accepter �a ! Il ira v�rifier aupr�s de Dumbledore !"</p><p>"En effet," dit Harry Potter. "J'ai �t� promptement transbahut� jusqu'au bureau du directeur."</p><p>Draco tremblait � pr�sent. Si Dumbledore amenait Harry Potter devant le Magenmagot, de son plein gr� ou pas, et faisait t�moigner le Survivant, sous l'influence du Veritaserum, du fait que Draco l'avait tortur�... trop de gens aimaient Harry Potter, P�re pourrait <emphasis>perdre</emphasis> ce vote...</p><p>P�re pourrait convaincre Dumbledore de ne pas faire �a, mais il lui en <emphasis>co�terait</emphasis>. Un co�t terrible. Le jeu avait maintenant des r�gles, on ne pouvait plus menacer les gens au hasard. Mais Draco s'�tait jet� entre les mains de Dumbledore de son plein gr�. Et Draco �tait un otage de grande valeur.</p><p>M�me si maintenant que Draco ne pouvait plus devenir un Mangemort, il en avait moins que P�re ne le pensait.</p><p>La pens�e d�chira le c�ur de Draco comme l'aurait fait un sortil�ge de Coupure.</p><p>"Et alors ?" murmura Draco.</p><p>"Dumbledore a imm�diatement d�duit que c'�tait toi. Il sait qu'on se fr�quente."</p><p>Le pire des sc�narios possibles. Si Dumbledore n'avait pas devin� qui �tait le responsable, il n'aurait peut-�tre pas pris le risque d'utiliser la Legilimancie juste pour le d�couvrir... mais s'il le <emphasis>savait</emphasis>...</p><p>"Et ?" se for�a � prononcer Draco.</p><p>"Nous avons eu une petite conversation."</p><p>"Et ?"</p><p>Harry sourit. "Et je lui ai expliqu� qu'il serait dans son int�r�t de ne rien faire du tout."</p><p>L'esprit de Draco arriva � pleine allure sur un mur de briques et explosa. Il se contenta de fixer Harry Potter, la bouche mollement ouverte, comme s'il avait �t� compl�tement stupide.</p><p>Il fallut longtemps avant que Draco ne se souvienne.</p><p>Harry connaissait le myst�rieux secret de Dumbledore, celui que Rogue utilisait pour maintenir son emprise.</p><p>Draco pouvait maintenant se l'imaginer. Dumbledore, l'air s�v�re, dissimulant son impatience tandis qu'il expliquait � Harry � quel point toute cette affaire �tait effroyablement s�rieuse.</p><p>Et Harry lui disant poliment de se la fermer s'il tenait � son secret.</p><p>P�re avait mis Draco en garde contre ce genre de personnes, les gens qui pouvaient vous mener � votre ruine mais �tre si aimables que c'en �tait difficile de les ha�r correctement.</p><p>"Apr�s quoi," dit Harry, "le directeur a dit au professeur Flitwick que c'�tait bel et bien une affaire secr�te et d�licate dont il avait d�j� �t� inform� et qu'il ne pensait pas qu'en rajouter serait pour l'instant d'une grande aide, ni pour moi ni pour qui que ce soit. Le professeur Flitwick a commenc� � dire quelque chose concernant le fait que les intrigues de Dumbledore allaient bien trop loin, et j'ai alors d� l'interrompre pour lui expliquer que �a avait �t� mon id�e et pas quelque chose que le directeur m'avait forc� � faire, alors le professeur Flitwick s'est tourn� vers moi et a commenc� � <emphasis>me</emphasis> faire la le�on, et le directeur l'a interrompu <emphasis>lui</emphasis>,et il a dit qu'�tant le Survivant j'�tais destin� � avoir des aventures bizarres et dangereuses et qu'il �tait plus s�r que je fonce dedans plut�t que j'attende qu'elles m'arrivent par accident, et c'est l� que le professeur Flitwick a lev� ses petites mains au ciel et a commenc� � nous crier dessus <emphasis>� tous les deux </emphasis>d'une voix haut perch�e en disant qu'il se fichait bien de ce qu'on pouvait �tre en train de mijoter, mais que �a ne devrait plus jamais se produire tant que j'�tais Serdaigle ou que sinon il me ferait renvoyer et que je pourrais aller � Gryffondor o� toutes ces <emphasis>Dumbledories</emphasis> avaient leur place -"</p><p>Harry rendait les choses <emphasis>tr�s</emphasis> difficiles pour Draco. Comment allait-il le ha�r maintenant ?</p><p>"Bref," dit Harry, "je ne voulais pas �tre renvoy� de Serdaigle, alors j'ai promis au professeur Flitwick que rien de tel n'aurait plus jamais lieu, et que si �a se reproduisait, je lui dirais qui �tait responsable."</p><p>Les yeux de Harry auraient d� �tre froids. Ce n'�tait pas le cas. Sa voix aurait d� laisser planer une menace mortelle. Elle ne le fit pas.</p><p>Et Draco vit la question qui aurait d� lui para�tre �vidente, et �a cassa instantan�ment l'ambiance.</p><p>"Pourquoi... n'as-tu pas..."</p><p>Harry marcha jusqu'au petit rayon de soleil qui brillait dans l'alc�ve et tourna la t�te vers l'ext�rieur, vers les verts terrains de Poudlard. La lumi�re l'enveloppait, �clairait ses robes, illuminait son visage.</p><p>"Pourquoi ?" dit Harry. Sa voix s'interrompit. "J'imagine que c'est parce que je ne pouvais juste pas me sentir en col�re contre toi. Je savais que c'�tait moi qui t'avais d'abord fait du mal. Je ne dirais m�me pas qu'on est quitte, parce que ce que je t'ai fait est pire que ce que tu m'as fait."</p><p>C'�tait comme de foncer dans un autre mur de briques. Harry aurait aussi bien pu parler en Grec ancien vu ce que Draco y comprenait.</p><p>L'esprit de Draco partit d�sesp�r�ment � la recherche de motifs connus et revint parfaitement bredouille. Cette derni�re phrase avait �t� une concession qui n'�tait pas dans l'int�r�t de Harry. Ce n'�tait m�me pas ce que Harry aurait d� dire pour faire de Draco un loyal serviteur, maintenant qu'il avait du pouvoir sur lui. Pour �a, Harry aurait d� mettre l'emphase sur son immense gentillesse, pas sur le fait qu'il avait fait du mal � Draco.</p><p>"Mais quand m�me," dit Harry, et sa voix �tait maintenant plus basse, presque un murmure, "Draco, ne recommence pas s'il te pla�t. �a m'a fait mal, et je ne suis pas s�r que je pourrais te pardonner une seconde fois. Je ne sais pas si je pourrais le vouloir."</p><p>Draco ne comprenait pas.</p><p>Harry essayait-il d'�tre son <emphasis>ami</emphasis> ?</p><p>Il �tait impensable que Harry Potter soit assez stupide pour croire que c'�tait encore possible apr�s ce qu'il avait fait.</p><p>On pouvait �tre l'alli� et l'ami de quelqu'un, comme Draco avait essay� avec Harry, ou on pouvait d�truire sa vie et ne lui laisser aucune option. On ne pouvait pas faire les deux.</p><p>Mais alors Draco ne comprenait pas ce que Harry <emphasis>pouvait bien</emphasis> �tre en train d'essayer de faire.</p><p>Et une �trange id�e lui vint, quelque chose dont Harry n'avait pas arr�t� de parler hier.</p><p>Et la pens�e �tait : <emphasis>Fais un test</emphasis>.</p><p><emphasis>Tu es �veill� � la science maintenant,</emphasis> avait dit Harry, <emphasis>et m�me si tu n'apprends jamais � utiliser ton pouvoir, tu seras</emphasis><emphasis>...</emphasis><emphasis> toujours</emphasis><emphasis>...</emphasis><emphasis> � la recherche</emphasis><emphasis>...</emphasis><emphasis> de moyens</emphasis><emphasis>...</emphasis><emphasis> de tester</emphasis><emphasis>...</emphasis><emphasis> tes croyances... </emphasis>les mots proph�tiques, prononc�s entre des hal�tements d'agonie, n'avaient pas cess� de tournoyer dans l'esprit de Draco.</p><p>Si Harry <emphasis>faisait</emphasis> semblant d'�tre l'ami repentant qui avait accidentellement fait souffrir quelqu'un...</p><p>"Tu avais <emphasis>pr�vu de faire </emphasis>ce que tu m'as fait !" dit Draco, parvenant � glisser une note accusatrice dans sa voix. "Tu ne l'as pas fait parce que tu t'es mis en col�re, tu l'as fait parce que tu <emphasis>voulais</emphasis> le faire !"</p><p><emphasis>Idiot</emphasis>, dirait alors Harry Potter, <emphasis>bien s�r que je l'ai pr�vu, et maintenant tu es </emphasis><emphasis>� moi</emphasis><emphasis> -</emphasis></p><p>Harry se retourna vers Draco. "Ce qui s'est pass� hier ne faisait <emphasis>pas</emphasis> partie du plan," dit Harry, et sa voix semblait �tre coinc�e dans sa gorge. "Le <emphasis>plan</emphasis>, c'�tait que je t'enseigne pourquoi ce serait toujours mieux pour toi de conna�tre la v�rit�, et alors nous aurions essay� de d�couvrir la v�rit� au sujet du sang, et quelle qu'ait �t� la r�ponse nous l'aurions accept�e. Hier j'ai... pr�cipit� les choses."</p><p>"Toujours mieux pour moi de conna�tre la v�rit�," dit froidement Draco. "Comme si tu m'avais fait une <emphasis>faveur</emphasis>."</p><p>Harry hocha la t�te - ce qui laissa Draco compl�tement sci� - puis il dit : "Et si Lucius a la m�me id�e que j'ai eue, que le probl�me est que les sorciers les plus forts n'ont pas assez d'enfants ? Il pourrait mettre en place un plan de r�tribution des sang-pur les plus forts afin de les faire se reproduire. En fait, si le purisme du sang <emphasis>�tait </emphasis>vrai, c'est exactement ce que Lucius <emphasis>devrait</emphasis> faire - affronter le probl�me de <emphasis>son</emphasis> c�t�, l� o� il peut provoquer des changements tout de suite. Draco, tu es pour l'instant le seul ami de Lucius qui serait capable de l'emp�cher de faire des efforts inutiles, parce que tu es le seul qui conna�t la <emphasis>vraie</emphasis> v�rit� et qui peut pr�dire les vrais r�sultats."</p><p>L'id�e vint � Draco que Harry Potter avait �t� �lev� dans un lieu tellement �trange qu'il tenait plus de la cr�ature magique que du sorcier. Draco ne pouvait tout simplement pas deviner ce que Harry allait maintenant dire ou faire.</p><p>"<emphasis>Pourquoi</emphasis> ?" dit Draco. Instiller de la douleur et un sentiment de trahison dans sa voix n'�tait pas difficile du tout. "Pourquoi m'as-tu <emphasis>fait</emphasis> �a ? Quel <emphasis>�tait</emphasis> ton plan ?"</p><p>"Eh bien," dit Harry, "tu es l'h�ritier de Lucius, et crois-le ou non, Dumbledore croit que je lui appartiens. Nous pourrions donc grandir et nous affronter. Ou nous pourrions faire autre chose."</p><p>Lentement, l'esprit de Draco absorba cette id�e. "Tu veux provoquer un duel � mort entre eux, puis r�cup�rer le pouvoir apr�s qu'ils se soient tous les deux �puis�s." Draco sentit la terreur monter dans sa poitrine. Il <emphasis>fallait</emphasis> qu'il arr�te ce plan, peu importe ce que �a lui co�terait -</p><p>Mais Harry secoua la t�te. "Par les cieux, <emphasis>non !</emphasis>"</p><p>"Non... ?"</p><p>"Tu ne serais pas partant, et moi non plus," dit Harry. "C'est <emphasis>notre</emphasis> monde, on ne veut pas le briser. Mais, par exemple, imagine que Lucius pense que la Conspiration est ton outil et que tu es de son c�t�, que Dumbledore pense que la Conspiration est mienne et que je suis de son c�t�, que Lucius pense que tu m'as fait changer de camp et que Dumbledore croit que la Conspiration est mienne, et que Dumbledore pense que je t'ai fait changer de camp et que Lucius croit que la Conspiration est tienne. Ils nous aideraient alors tous les deux mais seulement de fa�on � ce que l'autre ne puisse le remarquer."</p><p>Draco n'eut pas � faire semblant d'�tre sans voix.</p><p>P�re l'avait un jour emmen� voir une pi�ce nomm�e <emphasis>La Trag�die de Light</emphasis>, qui racontait l'histoire de ce Serpentard <emphasis>incroyablement intelligent</emphasis> nomm� Light qui s'�tait r�solu � purifier le monde de toute sa noirceur en utilisant un anneau ancien capable de tuer toute personne dont il aurait connu le nom et le visage, et ce Light faisait face � un autre Serpentard incroyablement intelligent, un m�chant nomm� Lawliet, qui portait un d�guisement lui permettant de dissimuler son vrai visage ; Draco avait cri� et s'�tait r�joui � tous les bons moment, en particulier au milieu ; et alors la pi�ce avait mal fini et Draco avait �t� �norm�ment d��u et P�re avait gentiment fait remarquer que le mot Trag�die �tait l� juste au milieu du titre.</p><p>Ensuite, P�re avait demand� � Draco s'il comprenait pourquoi ils �taient all�s voir cette pi�ce.</p><p>Draco avait r�pondu que c'�tait pour lui apprendre � �tre aussi fourbe que Light et Lawliet quand il serait grand.</p><p>P�re avait dit � Draco qu'il aurait difficilement pu plus se tromper et il lui avait fait remarquer que, bien que Lawliet ait intelligemment dissimul� son visage, il n'avait eu aucune bonne raison de donner son <emphasis>nom</emphasis> � Light. P�re avait alors continu� de d�molir � peu pr�s chaque partie de la pi�ce et Draco avait �cout�, ses yeux s'�carquillant de plus en plus. Et P�re avait finit par dire que les pi�ces comme celle-ci �taient <emphasis>toujours</emphasis> invraisemblables, parce que si le dramaturge avait su ce que quelqu'un de <emphasis>vraiment</emphasis> aussi intelligent que Light aurait <emphasis>vraiment </emphasis>fait, il aurait essay� de conqu�rir le monde lui-m�me au lieu de juste �crire des pi�ces sur le sujet.</p><p>C'est alors que P�re avait enseign� � Draco la R�gle des Trois, qui disait qu'un complot n�cessitant que trois choses diff�rentes surviennent ne fonctionnerait jamais dans le monde r�el.</p><p>P�re avait <emphasis>ensuite</emphasis> expliqu� que puisque seul un idiot essaierait de faire un complot <emphasis>aussi compliqu� que possible</emphasis>, la vraie limite �tait deux.</p><p>Draco ne pouvait pas trouver les mots qui lui auraient permis de d�crire la gargantuesque infaisabilit� du plan de Harry.</p><p>Mais c'�tait <emphasis>exactement</emphasis> le genre d'erreur que vous faisiez quand vous n'aviez pas de mentors et que vous pensiez que vous �tiez intelligents et que vous aviez appris � comploter en regardant des pi�ces de th��tre.</p><p>"Donc," dit Harry, "que penses-tu de ce plan ?"</p><p>"C'est malin..." dit lentement Draco. S'�crier <emphasis>g�nial</emphasis> ! et manquer d'air sous l'effet de l'admiration aurait �t� trop suspicieux. "Harry, je peux te poser une question ?"</p><p>"Bien s�r," dit Harry.</p><p>"Pourquoi as-tu achet� une bourse co�teuse � Granger ?"</p><p>"Pour ne pas avoir l'air rancunier," r�pondit imm�diatement Harry. "Mais je m'attends aussi � ce qu'elle �prouve de la difficult� � refuser toute petite requ�te que je pourrais lui faire dans les deux mois � venir."</p><p>Et c'est alors que Draco comprit que Harry essayait <emphasis>vraiment</emphasis> d'�tre son ami.</p><p>Le coup de Harry contre Granger <emphasis>avait �t�</emphasis> intelligent, peut-�tre m�me brillant. Diminuer les soup�ons de votre ennemi <emphasis>et</emphasis> en faire votre d�biteur gr�ce � un moyen amical, afin de pouvoir leur faire faire ce que vous vouliez qu'ils fassent <emphasis>simplement en le leur demandant</emphasis>. Draco n'aurait pas pu faire �a car sa cible aurait eu trop de soup�ons, mais le Survivant, lui, <emphasis>pouvait</emphasis>. La premi�re �tape du plan de Harry �tait donc d'offrir un cadeau tr�s cher � son ennemi. Draco n'y aurait pas pens� mais �a pouvait <emphasis>marcher</emphasis>...</p><p>Si vous �tiez l'ennemi de Harry, ses plans seraient peut-�tre difficile � d�chiffrer au premier abord, ils auraient peut-�tre m�me l'air stupides, mais une fois que vous les auriez compris, son raisonnement se <emphasis>tiendrait</emphasis>, vous comprendriez qu'il essayait de vous faire du mal.</p><p>La fa�on dont Harry se comportait envers Draco n'avait <emphasis>aucun</emphasis> sens.</p><p>Parce que si vous �tiez l'<emphasis>ami</emphasis> de Harry, alors il essayait d'�tre votre ami de la fa�on �trange et incompr�hensible que les Moldus lui avaient enseign�e, m�me si �a voulait dire qu'il allait d�truire votre vie.</p><p>Le silence s'�tira.</p><p>"Je sais que j'ai horriblement malmen� notre amiti�," dit enfin Harry. "Mais Draco, s'il te pla�t, rends-toi compte que je voulais juste que nous d�couvrions la v�rit� ensemble. Est-ce quelque chose que tu peux me pardonner ?"</p><p>Deux sentiers qui bifurquent, mais un seul o� le retour en arri�re serait facile si jamais Draco changeait d'avis...</p><p>"Je crois que je comprends ce que tu essayais de faire," mentit Draco, "donc oui."</p><p>Les yeux de Harry s'�clair�rent. "Je suis heureux d'entendre �a, Draco," dit-il doucement.</p><p>Les deux �l�ves se tenaient dans l'alc�ve, Harry tremp� dans le rayon de soleil solitaire, Draco dans la p�nombre.</p><p>Et Draco se rendit compte avec horreur et d�sespoir que, bien que ce fut un funeste destin que d'�tre l'ami de Harry, ce dernier avait maintenant tellement de moyens de le menacer qu'�tre son ennemi serait encore <emphasis>pire</emphasis>.</p><p>Probablement.</p><p>Peut-�tre.</p><p>Eh bien, il pourrait toujours changer et devenir son ennemi plus tard...</p><p>Il �tait foutu.</p><p>"Et donc," dit Draco, "on fait quoi maintenant ?"</p><p>"On �tudie encore samedi prochain ?"</p><p>"�a a int�r�t � ne pas �tre comme la derni�re fois -"</p><p>"Ne t'en fais pas, ce ne sera pas le cas," dit Harry. "Quelques samedis de plus comme <emphasis>celui-ci</emphasis> et tu <emphasis>me</emphasis> d�passeras."</p><p>Harry rit. Pas Draco.</p><p>"Oh, et avant que tu y ailles," dit Harry, et il sourit d'un air penaud. "Je sais que ce n'est pas un moment bien choisi, mais � vrai dire je voulais te demander conseil."</p><p>"D'accord," dit Draco, encore distrait par la phrase pr�c�dente.</p><p>Le regard de Harry s'intensifia. "Acheter cette bourse pour Granger a utilis� la majeure partie de l'argent que j'�tais parvenu � voler dans mon coffre-fort de Gringotts -"</p><p>Quoi.</p><p>"- et McGonagall a la cl� du coffre-fort, ou bien peut-�tre que c'est Dumbledore qui l'a maintenant. Et j'allais juste commencer un plan qui va co�ter pas mal d'argent, alors je me demandais si tu savais comment je pourrais acc�der -"</p><p>"Je te pr�terai l'argent," dit la bouche de Draco, mue par un pur r�flexe existentiel.</p><p>Harry sembla surpris - agr�ablement. "Draco, tu n'as pas � -"</p><p>"Combien ?"</p><p>Harry �non�a le montant et Draco ne put emp�cher le choc d'�tre visible sur son visage. C'�tait � peu pr�s tout l'argent de poche que P�re lui avait donn� pour l'ann�e, Draco n'aurait plus que quelques Gallions -</p><p>Puis Draco se frappa mentalement. Tout ce qu'il avait � faire �tait d'�crire � P�re que l'argent avait disparu parce qu'il �tait parvenu � le <emphasis>pr�ter � Harry Potter</emphasis>, et P�re lui enverrait un message de f�licitations �crit � l'encre d'or, une grenouille en chocolat g�ante qu'il mettrait deux semaines � manger et le d�cuple de la somme juste au cas o� Harry Potter aurait besoin d'un autre pr�t.</p><p>"C'est beaucoup trop, c'est �a," dit Harry. "Je suis d�sol�, je n'aurais pas d� te demander -"</p><p>"Excuse-moi mais tu sais, je <emphasis>suis</emphasis> un Malfoy," dit Draco. "J'�tais juste surpris que tu en <emphasis>veuilles</emphasis> autant."</p><p>"Ne t'en fais pas," dit Harry Potter d'un ton r�joui. "Ce n'est rien qui menace les int�r�ts de ta famille, c'est juste moi qui m'amuse � �tre malfaisant."</p><p>Draco hocha la t�te. "Pas de probl�me alors. Tu les veux tout de suite ?"</p><p>"Avec plaisir," dit Harry.</p><p>Tandis qu'il quittaient l'alc�ve et commen�aient � se diriger vers les donjons, Draco ne put s'emp�cher de demander : "Alors <emphasis>peux</emphasis>-tu me dire contre qui tu fomentes ?"</p><p>"Rita Skeeter."</p><p>Draco pensa quelques tr�s gros mots � sa propre intention, mais il �tait trop tard pour dire non.</p><empty-line/><p>Draco avait d�j� commenc� � retrouver ses esprits lorsqu'ils arriv�rent aux donjons.</p><p>Il <emphasis>avait</emphasis> du mal � ha�r Harry Potter. Harry <emphasis>avait</emphasis> essay� d'�tre amical, c'est juste qu'il �tait dingue.</p><p>Et �a n'allait pas arr�ter la vengeance de Draco, ni m�me la ralentir.</p><p>"Donc," dit Draco apr�s avoir observ� les alentours pour s'assurer que personne n'�tait proche. Leur voix �tait bien s�r brouill�e, mais �a ne pouvait pas faire de mal d'�tre parfaitement certain. "J'ai r�fl�chi. En amenant de nouvelles recrues dans la Conspiration, il faudra qu'ils <emphasis>croient</emphasis> �tre nos �gaux. Sinon, il suffirait de l'<emphasis>un</emphasis> d'entre eux pour que le complot soit �vent� aupr�s de P�re. Tu as d�j� compris �a, bien s�r ?"</p><p>"Naturellement," dit Harry.</p><p>"<emphasis>Serons-</emphasis>nous �gaux ?" dit Draco.</p><p>"J'ai bien peur que non," dit Harry. Il �tait clair qu'il essayait d'�tre gentil, et il �tait tout aussi clair qu'il essayait d'effacer une bonne dose de condescendance de sa voix et qu'il n'y arrivait pas tout � fait. "Je suis d�sol� Draco, mais pour l'instant tu ne sais m�me pas ce que le mot <emphasis>Bay�sien</emphasis> dans <emphasis>Conspiration</emphasis><emphasis>Bay�sienne </emphasis>veut dire. Il va falloir que tu �tudies pendant des mois avant que nous puissions enr�ler quelqu'un d'autre, juste pour que tu puisses faire <emphasis>bonne mesure</emphasis>."</p><p>"Parce que je ne connais pas assez de science," dit Draco, gardant sa voix pr�cautionneusement neutre.</p><p>En entendant �a, Harry secoua sa t�te. "Le probl�me n'est pas que tu ignores des faits scientifiques pr�cis tels que l'acide d�soxyribonucl�ique. <emphasis>Cela</emphasis> ne t'emp�cherait pas d'�tre mon �gal. Le probl�me est que tu n'as pas �t� entra�n� aux m�thodes de la rationalit�, aux secrets <emphasis>plus profonds</emphasis> qui ont permis � toutes ces d�couvertes d'�tre faites. J'<emphasis>essaierai</emphasis> de te les enseigner, mais ils sont beaucoup plus difficiles � apprendre. Pense � ce que nous avons fait aujourd'hui, Draco. Oui, tu as fait une partie du travail. Mais c'�tait moi qui tenais la barre. Tu as r�pondu � certaines des questions. Je les ai toutes pos�es. Tu as donn� de la force. J'ai tenu le gouvernail tout seul. Et sans les m�thodes de la rationalit�, Draco, il est impossible que tu m�nes la Conspiration l� o� elle doit aller."</p><p>"Je vois," dit Draco, l'air d��u.</p><p>La voix de Harry essaya de devenir encore plus gentille. "Draco, j'essaierai de respecter ton expertise dans les trucs politiques. Mais tu dois aussi respecter mon expertise, et il est tout simplement <emphasis>impossible</emphasis> que tu sois mon �gal lorsqu'il s'agit de man�uvrer la Conspiration. Tu es un scientifique depuis <emphasis>hier</emphasis>, tu connais <emphasis>un</emphasis> secret au sujet de l'acide d�soxyribonucl�ique et tu n'as re�u d'entra�nement dans <emphasis>aucune</emphasis> des m�thodes de la rationalit�.</p><p>"Je comprends," dit Draco.</p><p>Et il comprenait.</p><p><emphasis>Trucs politiques</emphasis>, avait dit Harry. Prendre contr�le de la Conspiration ne serait probablement m�me pas difficile. Et apr�s, il tuerait Harry juste pour �tre s�r -</p><p>Le souvenir de la fa�on dont il s'�tait sentit malade la nuit derni�re lui revint, quand il avait su que Harry hurlait.</p><p>Draco pensa d'autres gros mots.</p><p>Tr�s bien. Il ne <emphasis>tuerait pas</emphasis> Harry. Harry avait �t� �lev� par des Moldus, ce n'�tait pas sa faute s'il �tait dingue.</p><p>Au lieu de �a, Harry survivrait, juste pour que Draco puisse lui dire que tout cela avait �t� pour le bien de Harry, vraiment, il devrait le remercier -</p><p>Et dans une convulsion de plaisir surpris, Draco se rendit compte que c'<emphasis>�tait</emphasis> vraiment pour le bien de Harry. Si Harry essayait de prendre Dumbledore et P�re pour des idiots, il <emphasis>mourrait</emphasis>.</p><p>Voil� qui �tait <emphasis>parfait</emphasis>.</p><p>Draco prendrait tous ses r�ves � Harry, comme Harry lui avait pris les siens.</p><p>Draco dirait � Harry que �a avait �t� pour son propre bien, et ce serait la pure v�rit�.</p><p>Draco manierait la Conspiration et le pouvoir de la science pour purifier le monde magique, et P�re serait aussi fier de lui que s'il avait �t� un Mangemort.</p><p>Les plans mal�fiques de Harry seraient d�jou�s, et les forces du bien pr�vaudraient.</p><p>La vengeance parfaite.</p><p>� moins que...</p><p><emphasis>Fais juste semblant de faire semblant d'�tre un scientifique</emphasis>, lui avait dit Harry.</p><p>Draco ne poss�dait pas le vocabulaire qui lui aurait permis de d�crire pr�cis�ment ce qui clochait dans l'esprit de Harry -</p><p>(puisque Draco n'avait jamais entendu le terme <emphasis>profondeur de r�cursion</emphasis>)</p><p>- mais il pouvait deviner le genre de plans qui en jailliraient.</p><p>... � moins que tout cela ne soit exactement ce que Harry <emphasis>voulait</emphasis> que Draco fasse, que cela faisait partie int�grante d'un autre plan <emphasis>plus large encore</emphasis> dans lequel Draco allait <emphasis>tomber</emphasis> en essayant de d�jouer celui-ci, Harry <emphasis>savait</emphasis> m�me peut-�tre que son plan �tait impossible, il n'avait peut-�tre pas d'autre but que de <emphasis>provoquer</emphasis> Draco � essayer de le contrecarrer -</p><p>Non. Au bout de cette route se trouvait <emphasis>la folie</emphasis>. Il <emphasis>fallait</emphasis> qu'il y ait une limite. Le Seigneur des T�n�bres lui-m�me n'avait pas �t� si retors. Ce genre de chose n'arrivait pas dans la vraie vie, seulement dans les histoires idiotes que P�re lui racontait au sujet de stupides gargouilles qui finissaient toujours par aider les plans du h�ros � chaque fois qu'elles essayaient de l'arr�ter.</p><empty-line/><p>Et Harry marchait aux c�t�s de Draco, un sourire sur le visage, en r�fl�chissant aux origines �volutives de l'intelligence humaine.</p><p>Au d�but, avant que les gens aient vraiment compris comment l'�volution fonctionnait, ils �taient all�s p�cher des id�es saugrenues telles que <emphasis>l'intelligence humaine a �volu� pour qu'on puisse inventer de meilleurs outils</emphasis>.</p><p>La raison pour laquelle c'�tait saugrenu, c'�tait qu'il suffisait qu'une seule personne de la tribu invente un outil pour que tout le monde puisse l'utiliser, et il circulerait jusqu'aux autres tribus, et il serait toujours utilis� par ses descendants cent ans plus tard. C'�tait g�nial du point de vue du progr�s scientifique, mais en termes �volutionnistes, �a voulait dire que la personne qui avait invent� quelque chose n'avait pas un tr�s grand <emphasis>avantage</emphasis> s�lectif, qu'elle n'avait pas <emphasis>beaucoup</emphasis> plus d'enfants que les autres. Seuls les avantages s�lectifs <emphasis>relatifs</emphasis> pouvaient augmenter la fr�quence relative d'un g�ne dans une population et mener une mutation isol�e � un stade o� elle serait universelle et que tout le monde l'aurait. Et les inventions g�niales n'�taient tout simplement pas assez fr�quentes pour fournir le genre de pression s�lective n�cessaire � la promotion d'une mutation. Si vous regardiez les humains avec leurs pistolets et leurs tanks et leurs armes nucl�aires et que vous les compariez aux chimpanz�s, il �tait normal de faire la conjecture que l'intelligence �tait l� pour produire de la technologie. Une conjecture normale mais fausse.</p><p>Avant que les gens aient vraiment compris comment l'�volution fonctionnait, il �taient all�s p�cher des id�es saugrenues telles que <emphasis>le climat a chang�, les tribus ont d� migrer, et les gens ont d� devenir plus intelligents afin de pouvoir r�soudre tous les nouveaux probl�mes</emphasis>.</p><p>Mais les humains ont des cerveaux quatre fois plus grands que ceux d'un chimpanz�. 20% de l'�nergie m�tabolique d'un humain sert � nourrir son cerveau. Le point auquel les humains �taient plus intelligents que toutes les autres esp�ces atteignait un niveau <emphasis>absurde</emphasis>. Ce genre de chose n'�tait pas arriv� parce que l'environnement avait l�g�rement augment� la difficult� des probl�mes. Les organismes seraient alors devenus juste un peu plus intelligents afin de pouvoir les r�soudre. Se retrouver avec cet �norme cerveau surdimensionn� avait d� �tre le fruit d'un processus �volutif <emphasis>d�brid�</emphasis>, quelque chose qui avait pouss� et pouss� sans aucune limite.</p><p>Et les scientifiques d'aujourd'hui avaient une assez bonne conjecture quant � ce que ce processus �volutif d�brid� avait �t�.</p><p>Harry avait un jour lu un c�l�bre livre intitul� <emphasis>La politique du chimpanz�</emphasis>. Le livre d�crivait la fa�on dont un chimpanz� adulte pr�nomm� Luit avait confront� l'alpha vieillissant, Yeroen, avec l'aide d'un jeune chimpanz� r�cemment devenu adulte pr�nomm� Nikkie. Nikkie n'�tait pas intervenu directement dans les combats entre Luit et Yeroen, mais il avait emp�ch� les partisans de Yeroen de lui venir directement en aide en les distrayant � chaque fois qu'une confrontation entre Luit et Yeroen survenait. Et Luit avait fini par gagner, et il �tait devenu le nouvel alpha, avec Nikkie pour second...</p><p>... mais il n'avait pas fallu longtemps avant que Nikkie ne forme une alliance avec Yeroen, ne renverse Luit, et ne devienne le <emphasis>nouveau</emphasis> nouvel alpha.</p><p>�a permettait vraiment d'appr�cier ce � quoi des millions d'ann�es d'hominid�s essayant d'�tre plus malins <emphasis>que les autres</emphasis> - une course � l'armement �volutionniste sans limites - avaient men�s en termes de capacit� intellectuelle.</p><p>Pasque, voyez, un humain l'aurait carr�ment vu v'nir.</p><empty-line/><p>Et Draco marchait aux c�t�s de Harry, contenant son sourire tandis qu'il songeait � sa vengeance.</p><p>Un jour, peut-�tre dans plusieurs ann�es, mais un jour, Harry Potter apprendrait exactement ce que �a voulait dire que de sous-estimer un Malfoy.</p><p>Draco s'�tait �veill� � la science en une seule journ�e. Harry avait dit que ce n'�tait pas cens� arriver avant des mois.</p><p>Mais bien s�r, quand on �tait Malfoy, on se destinait � �tre un scientifique plus puissant que tous les non-Malfoy.</p><p>Draco apprendrait donc toutes les m�thodes de la rationalit� de Harry, et quand le moment viendrait...</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 25*: Se retenir de proposer des solutions</strong></p><p>NdT : J'utilise le mot anglais <emphasis>sentient</emphasis> � la fa�on de Guy Abadia dans l'�toile et le Fouet.</p><empty-line/><p>D�couvrir de nouvelles vies, et J.K. Rowling !</p><p>Note : �tant donn� que les faits scientifiques pr�sent�s dans cette histoire sont g�n�ralement tous v�rifi�s, je vous pr�viens que dans les chapitre 22 � 25 Harry a n�glig� de nombreuses possibilit�s, la plus importante �tant qu'il puisse y avoir de nombreux g�nes magiques mais qu'ils soient tous sur le m�me chromosome (ce qui ne pourrait pas survenir naturellement, mais le chromosome magique aurait pu �tre fabriqu�). Dans ce cas, l'h�r�dit� aurait un caract�re mend�lien, mais le chromosome magique pourrait quand m�me �tre d�grad� par des croisements avec son homologue non-magique (Harry a d�couvert Mendel et les chromosomes dans des livres d'histoire de la science, mais il n'a pas assez �tudi� la g�n�tique pour conna�tre les croisements chromosomiques. H�, il n'a que onze ans). Cela dit, et bien qu'une revue scientifique moderne aurait trouv� <emphasis>bien</emphasis> des raisons d'ergoter, tout ce que Harry pr�sente comme �tant des indices de taille le sont en effet bel et bien - les autres possibilit�s sont <emphasis>improbables</emphasis>.</p><empty-line/><p><emphasis>Acte 2</emphasis>:</p><p>(Le soleil luisait avec force dans la Grande Salle depuis la verri�re enchant�e au-dessus des �tudiants assis sous le ciel nu, les baignant de lumi�re, resplendissant sur leur assiette et leur bol tandis que, frais et dispos apr�s une nuit de sommeil, ils d�voraient leur petit d�jeuner en pr�vision des plans qu'ils avaient faits pour dimanche).</p><p>Donc. Il n'y avait qu'une seul chose qui faisait de vous un sorcier.</p><p>Ce n'�tait pas surprenant, quand on y r�fl�chissait. La t�che principale de l'ADN �tait de dire aux ribosomes comment ils devaient assembler les acides amin�s pour en faire des prot�ines. La physique conventionnelle semblait tout � fait capable de d�crire les acides amin�s, et peu importe combien vous en mettiez � la file, selon la physique conventionnelle vous n'en tireriez absolument jamais la moindre magie.</p><p>Et pourtant la magie semblait �tre h�r�ditaire au m�me titre que l'ADN.</p><p>Ce n'�tait probablement <emphasis>pas</emphasis>parce que l'ADN �tait capable de fabriquer des prot�ines magiques en assemblant des acides amin�s non-magiques.</p><p>La s�quence ADN cl� ne vous donnait pas d'elle-m�me de la magie.</p><p>La magie venait d'ailleurs.</p><p>(� la table des Serdaigle se trouvait un gar�on qui regardait dans le vide tandis que sa main droite engouffrait dans sa bouche des cuiller�es d'une nourriture sans importance depuis le r�cipient qui se trouvait en face de lui. Vous auriez pu y substituer un tas de terre qu'il ne s'en serait probablement pas rendu compte).</p><p>Et pour une raison ou une autre, la Source de Magie faisait attention � un marqueur ADN en particulier chez les individus qui � tout autre �gard �taient des humains descendants des singes.</p><p>(Il y avait � vrai dire une bonne quantit� de gar�ons et de filles qui regardaient dans le vide. C'�tait la table des <emphasis>Serdaigle </emphasis>apr�s tout).</p><p>Il y avait d'autres fils logiques qui menaient � cette m�me conclusion. Les machineries <emphasis>complexes</emphasis> �taient toujours universelles chez les esp�ces � reproduction sexu�e. Si le g�ne B d�pendait d'un g�ne A, alors A devait avoir sa propre utilit� et devenir de lui-m�me quasiment universel au sein d'un patrimoine g�n�tique avant que B ne soit assez souvent utile pour pouvoir � son tour conf�rer une valeur s�lective. Puis, une fois que B �tait devenu universel, vous aviez une variante A* qui d�pendait de B, puis C qui d�pendait de A* et B, puis B* qui d�pendait de C, jusqu'� ce que la machine enti�re ne promette de s'effondrer le jour o� vous enl�veriez une seule de ses pi�ces. Mais tout devait se produire de fa�on <emphasis>graduelle</emphasis> - l'�volution ne pr�voyait jamais � l'avance, elle ne commencerait jamais � promouvoir B <emphasis>en pr�vision</emphasis>du fait que A allait devenir universel. L'�volution �tait simplement la constatation historique que, quels que soient les organismes qui avaient eu le plus d'enfants, ce seraient leurs g�nes qui seraient plus fr�quents dans la prochaine population. Chaque pi�ce de la complexe machine devait donc devenir quasiment universelle avant que les autres pi�ces ne commencent � d�pendre de sa pr�sence.</p><p>Une machinerie <emphasis>complexe </emphasis>et <emphasis>interd�pendante</emphasis> - le syst�me prot�inique puissant et sophistiqu� qui faisait fonctionner la vie - �tait donc toujours <emphasis>universel</emphasis> chez une esp�ce � reproduction sexu�e - mis � part, pr�sente � chaque instant, une petite poign�e de <emphasis>variantes</emphasis> non-<emphasis>interd�pendantes</emphasis> engag�es dans le processus de s�lection tandis que des complexit�s suppl�mentaires �taient mises en place. C'�tait pour cela que tous les �tres humains avaient le m�me sch�ma c�r�bral, les m�mes �motions, les m�mes expressions faciales connect�es � ces �motions ; ces adaptations �taient complexes, elle <emphasis>devaient</emphasis>donc �tre universelles.</p><p>Si la magie �tait ainsi, c'est � dire une gigantesque et complexe adaptation n�cessitant de nombreux g�nes, alors un sorcier s'accouplant avec une Moldue aurait produit un enfant dot� de la moiti� des pi�ces, et une moiti� de machine ne ferait pas grand chose. Et il n'y aurait donc jamais eu de n�s-Moldus. M�me si toutes les pi�ces de la machine s'�taient retrouv�es dans le patrimoine g�n�tique moldu, elles ne se seraient jamais rassembl�es sous la forme exacte qui permettait d'obtenir un sorcier.</p><p>Il n'y avait donc jamais eu de vall�e o� auraient v�cu des humains g�n�tiquement isol�s qui seraient par hasard tomb�s sur une voie de l'�volution menant � la pr�sence dans le cerveau de complexes structures magiques, car la machinerie g�n�tique ne se serait dans ce cas jamais rassembl�e chez des n�s-Moldus lorsque des sorciers et des Moldus se seraient accoupl�s.</p><p>Donc quelle que soit la raison pour laquelle vos g�nes faisaient de vous un sorcier, ce n'�tait <emphasis>pas</emphasis>parce qu'il contenaient les plans d'une machine compliqu�e.</p><p>C'�tait l'autre raison pour laquelle Harry avait devin� que le caract�re mend�lien serait pr�sent. Si les g�nes magiques n'�taient pas compliqu�s, alors pourquoi y en aurait-il plus d'un ?</p><p>Et pourtant la magie elle-m�me semblait plut�t compliqu�e. Un sort de verrouillage emp�chait la porte de s'ouvrir <emphasis>et</emphasis> il vous emp�chait de m�tamorphoser les gonds <emphasis>et</emphasis> il r�sistait � <emphasis>Finite Incantatem </emphasis>et � <emphasis>Alohomora</emphasis>. De nombreux �l�ments pointant tous dans la m�me direction que l'on aurait pu appeller "orientation vers un but" ou, plus simplement, intentionnalit�.</p><p>Il n'y avait que deux causes connues de complexit� orient�e vers un but. La s�lection naturelle, qui produisait des choses comme des papillons. Et l'ing�nierie intelligente, qui produisait des choses comme des voitures.</p><p>La magie ne ressemblait pas � quelque chose qui se serait mise � exister par auto-r�plication. Les sorts �taient intentionnellement compliqu�s, mais, contrairement � un papillon, pas compliqu�s dans le but de faire des copies d'eux-m�mes. Les sorts �taient compliqu�s dans le but de servir leurs utilisateurs, comme l'�tait une voiture.</p><p>Un ing�nieur intelligent avait donc cr�� la Source de Magie et lui avait dit de faire attention � un marqueur ADN en particulier.</p><p>L'id�e suivante de ce raisonnemment �tait �videmment que �a avait un rapport avec "Atlantis".</p><p>Plus t�t, Harry avait interrog� Hermione � ce sujet - sur le train vers Poudlard, apr�s avoir entendu Draco le prononcer - et pour ce qu'elle en savait, on n'en savait pas plus que le mot lui-m�me.</p><p>�a aurait pu �tre une pure l�gende. Mais il �tait aussi plausible qu'une civilisation d'utilisateurs de la magie, soit parvenue � se faire sauter, en particulier une civilisation datant d'<emphasis>avant</emphasis>l'Interdit de Merlin.</p><p>Le raisonnement continuait : Atlantis avait �t� une civilisation isol�e qui �tait parvenue d'une fa�on ou d'une autre � cr�er la Source de Magie, et Atlantis avait ordonn� � cette source de ne servir que les gens porteurs du marqueur g�n�tique atlante, porteurs du sang d'Atlantis.</p><p>Et par une logique similaire : les mots que les sorciers pronon�aient, les mouvements de baguettes, rien de cela n'�tait assez compliqu� pour produire les effets du sort � partir de rien - pas de la fa�on dont trois milliards de paires dans un ADN humain <emphasis>�taient</emphasis>assez compliqu�es pour construire un corps humain � partir de rien, pas de la fa�on dont un programme informatique tenait sur des milliers d'octets de donn�es.</p><p>Les mots et les mouvements de baguettes n'�taient donc que des d�clencheurs, des leviers actionn�s sur une machine cach�e et plus complexe. Des boutons, pas des plans.</p><p>Et tout comme un programme informatique ne serait pas compil� si vous faisiez une seule erreur, la Source de Magie ne vous r�pondrait pas tant que vous n'auriez pas jet� vos sorts exactement comme il le fallait.</p><p>Le raisonnement logique �tait inexorable.</p><p>Et il menait � une seule conclusion finale.</p><p>Des milliers d'ann�es plus t�t, les a�eux des sorciers avaient dit � la Source de Magie de faire l�viter les choses uniquement si vous disiez...</p><p>'Wingardium Leviosa'.</p><p>Harry s'effondra sur la table des Serdaigle, reposant son front sur sa main droite avec lassitude.</p><p>Il y avait une histoire qui datait de l'aube de l'Intelligence Artificielle - � l'�poque o� ils commen�aient tout juste et que personne ne s'�tait encore rendu compte que le probl�me serait difficile - au sujet d'un professeur qui avait d�l�gu� � un de ses �tudiants la t�che de r�soudre le probl�me de la vision informatique.</p><p>Harry commen�ait � comprendre ce que l'�tudiant devait avoir ressenti.</p><p>�a pourrait prendre un moment.</p><p>Pourquoi �tait-il plus difficile de jeter le sort Alohomora si c'�tait comme d'appuyer sur un bouton ?</p><p>Qui avait �t� assez idiot pour construire un sort d'<emphasis>Avada Kedavra</emphasis>qui ne pouvait �tre jet� qu'avec de la haine ?</p><p>Pourquoi la m�tamorphose muette requ�rait que vous fassiez une s�paration mentale compl�te entre le concept de forme et le concept de mat�riau ?</p><p>Harry n'aurait peut-�tre pas r�gl� ce probl�me � la fin de ses �tudes � Poudlard. Il y travaillerait peut-�tre encore � <emphasis>trente ans</emphasis>. Hermione avait raison. Harry ne s'en �tait pas rendu compte, pas du fond de son c�ur. Il avait juste fait un discours exaltant sur le fait d'�tre d�termin�.</p><p>L'esprit de Harry envisagea bri�vement de comprendre du fond de son c�ur qu'il ne r�soudrait peut-�tre jamais le probl�me, puis il d�cida que ce serait aller beaucoup trop loin.</p><p>Et puis, du moment qu'il pouvait atteindre l'immortalit� dans les premi�res d�cennies, tout irait bien.</p><p>Quelle m�thode le Seigneur des T�n�bres avait-il utilis�e ? Maintenant qu'il y pensait, le fait que le Seigneur des T�n�bres soit parvenu � survivre � la mort de son premier corps �tait presque <emphasis>infiniment</emphasis>plus important que le fait qu'il ait essay� de conqu�rir l'Angleterre magique -</p><p>"Excusez-moi," dit une voix attendue venant de derni�re lui, parlant d'un ton tr�s inattendu. "Au moment qui vous si�ra, M. Malfoy demande la faveur d'une conversation."</p><p>Harry ne s'�touffa pas sur ses c�r�ales. Au lieu de �a, il pivota et observa M. Crabbe.</p><p>"Excuse-<emphasis>moi</emphasis>," dit Harry. "Ne voulais-tu pas dire 'Ya l'boss qui veut t'faire un brin d'causette ?'"</p><p>M. Crabbe n'avait pas l'air content. "M. Malfoy m'a donn� instruction de parler convenablement."</p><p>"Je n'arrive pas � t'entendre," dit Harry. "Tu ne parles pas convenablement." Il se retourna vers son bol de petits cristaux de neige bleus et mangea d�lib�r�ment une autre cuill�r�e.</p><p>"Ya l'boss qui veut t'faire un brin d'causette," dit une voix mena�ante venant de derri�re. "Tu f'rais mieux de venir y voir si tu sais c'qu'est bon pour toi."</p><p>Voil�. <emphasis>Maintenant</emphasis>, tout se d�roulait selon le plan.</p><empty-line/><p><emphasis>Acte 1 :</emphasis></p><p>"Une <emphasis>raison</emphasis> ?" dit le vieux sorcier. Il emp�cha la furie de d�former ses traits. Le gar�on devant lui avait �t� la victime, et il n'avait certainement pas besoin d'�tre encore plus effray�. "Il n'y a <emphasis>rien</emphasis>qui puisse excuser -"</p><p>"Ce que je lui ai fait �tait pire."</p><p>Le vieux sorcier se raidit sous le coup de l'horreur soudaine. "Harry, <emphasis>qu'as-tu fait</emphasis>?"</p><p>"J'ai manipul� Draco pour qu'il croit que je l'avais manipul� pour qu'il participe � un rituel qui a sacrifi� sa croyance dans le purisme du sang. Ce qui veut dire qu'il ne pourra pas devenir un Mangemort quand il sera grand. Professeur, il avait tout perdu."</p><p>Il y eut un long silence dans le bureau, seulement bris� par les petits soufflements et sifflements des appareil d�licats qui apr�s un moment finirent par ressembler � du silence.</p><p>"Doux Merlin," dit le vieux sorcier, "je me <emphasis>sens</emphasis> idiot. Et j'�tais <emphasis>l�</emphasis> � croire que tu essaierais de racheter l'h�ritier des Malfoy, en lui, disons en lui <emphasis>d�montrant de l'amiti� et de la gentillesse v�ritables</emphasis>."</p><p>"<emphasis>Ha !</emphasis> Ouais, comme si <emphasis>�a</emphasis>aurait march�."</p><p>Le vieux sorcier soupira. �a allait trop loin. "Dis-moi, Harry, t'est-il d�j� <emphasis>venu </emphasis>� l'esprit qu'il y avait quelque chose d'<emphasis>incongru</emphasis> dans le fait d'amener quelqu'un � la <emphasis>repentance</emphasis>en utilisant le mensonge et la manipulation ?"</p><p>"Je l'ai fait sans dire de mensonge direct, et puisque nous parlons de Draco Malfoy, je pense que le mot que vous cherchez est <emphasis>congruent</emphasis>." Le gar�on avait l'air plut�t fier.</p><p>Le vieux sorcier secoua sa t�te avec d�sespoir. "Et c'est <emphasis>�a</emphasis>le h�ros. Nous sommes tous foutus."</p><empty-line/><p><emphasis>Acte 5</emphasis>:</p><p>Le long tunnel �troit fait de pierre brute semblait s'�tirer sur des kilom�tres. Il aurait �t� parfaitement obscur sans la baguette d'un enfant.</p><p>La raison � cela �tait simple : il <emphasis>s'�tirait</emphasis>sur des kilom�tres.</p><p>L'heure : trois heures du matin, et Fred et George commen�aient le long chemin dans le passage secret qui menait de la statue d'une sorci�re � un �il, situ�e � l'int�rieur de Poudlard, jusqu'� la cave de la confiserie de Pr�-au-Lard.</p><p>"Comment elle va ?" dit Fred d'une voix basse.</p><p>(Non pas que quelqu'un les ait �cout�s, mais il y avait quelque chose d'�trange � parler d'une voix normale quand on traversait un passage secret).</p><p>"Toujours en panne," dit George.</p><p>"Les deux ou -"</p><p>"L'intermittent s'est � nouveau r�par�. L'autre est comme d'habitude."</p><p>La Carte �tait un artefact extraordinairement puissant, capable de suivre � la trace tout �tre sentient pr�sent dans l'enceinte de Poudlard, en temps r�el, d�sign� par son nom. Elle avait presque certainement �t� cr��e lors de l'apparition de Poudlard. Il n'�tait <emphasis>pas bon signe</emphasis>que des erreurs commencent � appara�tre. Si elle �tait cass�e, il �tait probable que personne � part Dumbledore ne puisse la r�parer.</p><p>Et les jumeaux Weasley n'�taient pas pr�t � donner la carte � Dumbledore. Cela aurait �t� une insulte impardonnable � l'encontre des Maraudeurs - les quatre inconnus qui �taient parvenus � voler une partie du <emphasis>syst�me de s�curit� de Poudlard</emphasis>, quelque chose qui avait probablement �t� forg� par Salazar lui-m�me, et � le transformer en un <emphasis>outil de farces estudiantines</emphasis>.</p><p>Certains auraient pu consid�rer cela irrespectueux.</p><p>D'autres auraient pu consid�rer cela criminel.</p><p>Les jumeaux Weasley avaient la ferme croyance que si Godric Gryffondor avait �t� l� pour le voir, il aurait approuv�.</p><p>Les fr�res march�rent et march�rent, principalement en silence. Les jumeaux Weasley se parlaient quand ils r�fl�chissaient � de nouvelles farces, ou quand l'un des deux savait quelque chose que l'autre ignorait. Sinon, �a ne servait pas � grand chose. S'ils avaient d�j� les m�mes informations, il avaient tendance � avoir les m�mes id�es et � prendre les m�me d�cisions.</p><p>(Par le pass�, quand des jumeaux magiques identiques naissaient, il avait �t� de coutume de tuer l'un des deux apr�s leur naissance).</p><p>Les jumeaux Weasley arriv�rent enfin jusqu'� une cave poussi�reuse parsem�e de tonneaux et d'�tag�res porteuses d'ingr�dients �tranges.</p><p>Fred et George attendirent. Il n'aurait pas �t� poli d'agir autrement.</p><p>Un vieil homme mince descendit bient�t les escaliers qui menaient � la cave en b�illant. "Salut les gar�ons," dit Ambrosius Flume. "Je ne m'attendais pas � vous voir cette nuit. D�j� en rupture de stock ?"</p><p>Fred et George d�cid�rent que c'�tait Fred qui parlerait.</p><p>"Pas exactement, M. Flume," dit Fred. "Nous esp�rions que vous pourriez nous aider pour quelque chose de consid�rablement plus... int�ressant."</p><p>"Allons, les gar�ons," dit Flume d'un air s�v�re, "j'esp�re que vous ne m'avez pas r�veill� juste pour que je vous r�p�te que je ne vous vendrai rien qui puisse vraiment vous mettre dans le p�trin. Pas avant que vous n'ayez seize ans, en tout cas -"</p><p>George fit surgir un objet de ses robes et le passa � Flume sans mot dire. "Avez-vous vu ceci ?" dit Fred.</p><p>Flume regarda l'�dition de la Gazette du sorcier de la veille et hocha la t�te en faisant une mine renfrogn�e. Le gros titre disait LE PROCHAIN SEIGNEUR DES T�N�BRES ? et montrait un jeune gar�on que l'appareil photo d'un �tudiant �tait parvenu � saisir � un moment o� il arborait une expression inhabituellement froide et grima�ante.</p><p>"Je n'arrive pas � croire que ce Malfoy fait �a," l�cha Flume. "S'en prendre � un gar�on quand il a � peine onze ans ! Cet homme devrait �tre broy� en poudre et utilis� pour faire des chocolats !"</p><p>Fred et Georges clign�rent des yeux � l'unisson. <emphasis>Malfoy</emphasis>�tait derri�re Rita Skeeter ? Harry Potter ne leur en avait pas fait part... ce qui voulait s�rement dire que Harry n'�tait pas au courant. Il ne les aurait jamais impliqu�s s'il avait su...</p><p>Fred et George �chang�rent des regards. Eh bien, Harry n'avait pas <emphasis>besoin</emphasis>de le savoir, pas avant que le travail soit fini.</p><p>"M. Flume," dit doucement Fred, "le Survivant a besoin de votre aide."</p><p>Flume les regarda tous deux.</p><p>Puis il laissa l'air s'�chapper de ses poumons et soupira.</p><p>"Tr�s bien," dit Flume, "qu'est-ce que vous voulez ?"</p><empty-line/><p><emphasis>Acte 6 :</emphasis></p><p>Quand Rita Skeeter �tait concentr�e sur une proie savoureuse, elle avait tendance � ne pas remarquer les fourmis courant en tous sens qui constituaient le reste de l'univers, et c'est pour cela qu'elle faillit percuter le jeune homme � la calvitie naissance qui s'�tait mis sur son chemin.</p><p>"Mademoiselle Skeeter," dit l'homme d'un ton plut�t s�v�re et froid pour quelqu'un qui avait l'air si jeune. "C'est amusant de vous rencontrer ici."</p><p>"Hors de mon chemin, mon gars !" l�cha Rita, et elle essaya de le contourner.</p><p>L'homme qui lui bloquait la route reproduit le mouvement si parfaitement qu'on aurait dit qu'aucun d'eux n'avait boug� mais qu'ils s'�taient tenus immobiles tandis que la rue se d�calait autour d'eux.</p><p>Les yeux de Rita se r�tr�cirent. "Vous vous prenez pour qui ?"</p><p>"Que c'est b�te," dit s�chement l'homme. "Il aurait �t� sage de m�moriser le visage du Mangemort d�guis� qui entra�nait Harry Potter � devenir le prochain Seigneur des T�n�bres. Apr�s tout," un l�ger sourire, "ce n'est <emphasis>vraiment</emphasis>pas le genre de personne que vous voudriez croiser dans la rue, surtout apr�s l'avoir d�molie dans le journal."</p><p>Rita mit un moment � comprendre la r�f�rence. C'�tait <emphasis>lui,</emphasis>Quirinus Quirrell ? Il avait l'air trop jeune et trop vieux � la fois ; son visage, s'il s'�tait d�tendu et s'�tait d�fait de son air s�v�re et condescendant, aurait appartenu � quelqu'un de bient�t quarante ans. Et ses cheveux tombaient d�j� ? Ne pouvait-il pas se payer un M�dicomage ?</p><p>Non, �a n'avait pas d'importance, elle avait un horaire � respecter, un endroit o� aller, et un scarab�e � devenir. Elle venait de recevoir une information anonyme disant que Madame Bones faisait la cour � un de ses jeunes assistants. �a lui vaudrait une sacr�e prime si elle parvenait � le v�rifier, Bones �tait haut plac�e dans la liste des cibles � abattre. L'informateur avait dit que Bones et son jeune assistant avaient rendez-vous pour d�jeuner dans une pi�ce sp�ciale de <emphasis>Chez Marie</emphasis>, un pi�ce tr�s populaire pour qui avait certaines faims ; une pi�ce qui, comme elle l'avait d�couvert, �tait prot�g�e contre les dispositifs d'�coute, mais pas contre un magnifique scarab�e bleu lov� contre un mur...</p><p>"Hors de mon <emphasis>chemin</emphasis>!" dit Rita, et elle essaya d'�jecter Quirrell hors de sa trajectoire. Le bras de Quirrell passa contre le sien, d�viant sa force, et Rita chancela quand sa pouss�e atterrit dans le vide.</p><p>Quirrell releva la manche gauche de sa robe. "Voyez," dit Quirrell, "pas de Marque des T�n�bres. Je voudrais que votre journal se r�tracte publiquement."</p><p>Rita laissa �chapper un rire incr�dule. Bien s�r que l'homme n'�tait pas un vrai Mangemort. Sinon l'article n'aurait pas �t� publi�. "Laisse tomber mon gars. Et maintenant, vas faire un tour."</p><p>Quirrell la regarda un moment.</p><p>Puis il sourit.</p><p>"Mademoiselle Skeeter," dit Quirrell, "j'avais esp�r� trouver quelque levier qui s'av�rerait persuasif. Mais je me rends compte que je ne suis pas capable de me refuser le plaisir de simplement vous �craser."</p><p>"�a a d�j� �t� essay�. Maintenant hors de mon chemin, pauvre type, ou je trouverai quelques Aurors et vous ferai arr�ter pour obstruction au journalisme."</p><p>Quirrell ex�cuta un petit salut, puis il continua son chemin. La voix de Quirrell lui parvint depuis son dos : "Au revoir, Rita Skeeter."</p><p>Et alors qu'elle se remettait � foncer, Rita remarqua, dans un coin de sa t�te, que l'homme sifflotait une m�lodie tout en s'en allant.</p><p>Comme si <emphasis>�a</emphasis>allait lui faire peur.</p><empty-line/><p><emphasis>Acte 4</emphasis>:</p><p>"D�sol�, sans moi," dit Lee Jordan. "Je suis plut�t du genre araign�e g�ante."</p><p>Le Survivant avait dit qu'il avait du travail <emphasis>important</emphasis>pour l'Ordre du Chaos, quelque chose de s�rieux et de secret, de plus difficile et de plus significatif que leurs s�ries de blagues habituelles.</p><p>Puis Harry se lan�a dans un discours exaltant mais vague. Un discours qui disait que Fred et George et Lee avaient un potentiel �norme, si seulement ils apprenaient � �tre plus <emphasis>bizarres</emphasis>. � rendre la vie des gens <emphasis>surr�aliste</emphasis>, au lieu de simplement les surprendre avec l'�quivalent de seaux d'eau pos�s au-dessus de portes. (Fred et George avaient �chang� des coups d'�ils int�ress�s, ils n'y avaient jamais song� avant). Harry Potter avait invoqu� l'image de la farce qu'il avait faite � Neville, au sujet de laquelle, avait-il mentionn� avec quelque remords, le Choixpeau l'avait incendi�, mais qui avait d� pousser Neville � <emphasis>douter de sa propre sant� mentale</emphasis>. Pour Neville, �a avait �t� comme d'�tre soudainement transport� dans un univers parall�le. Comme ce que tout le monde avait ressenti quand ils avaient vu Rogue s'excuser. C'�tait le <emphasis>v�ritable pouvoir de la farce</emphasis>.</p><p><emphasis>�tes-vous avec moi</emphasis>? s'�tait �cri� Harry, et Lee Jordan avait r�pondu non.</p><p>"<emphasis>Avec</emphasis>nous," dit Fred, ou peut-�tre George, car il ne faisait aucun doute que Godric Gryffondor aurait dit oui.</p><p>Lee Jordan fit un sourire de regret, se leva et quitta le corridor d�sert et sourdin� o� les quatre membres de l'Ordre du Chaos s'�taient retrouv�s et s'�taient assis dans un cercle conspiratoire.</p><p>Les trois membres de l'Ordre du Chaos se mirent au travail.</p><p>(Ce n'�tait pas <emphasis>si</emphasis> triste que �a. Fred et George travailleraient toujours avec Lee sur des farces � base d'araign�es g�antes, comme avant. Ils avaient seulement commenc� � appeler leur groupe l'Ordre de Chaos pour pouvoir recruter Harry Potter, apr�s que Ron leur ait dit que Harry Potter �tait bizarre et mal�fique, et Fred et George avaient d�cid� de sauver Harry en lui d�montrant de l'amiti� et de la gentillesse v�ritables. Heureusement, �a ne semblait plus n�cessaire - quoique, ils n'en �taient pas <emphasis>tout � fait</emphasis>certains...)</p><p>"Donc," dit l'un des jumeaux, "de quoi s'agit-il ?"</p><p>"Rita Skeeter," dit Harry. "Savez-vous qui c'est ?"</p><p>Fred et George hoch�rent la t�te en fron�ant les sourcils.</p><p>"Elle s'est mise � poser des questions � mon sujet."</p><p>Ce n'�tait pas une bonne nouvelle.</p><p>"Pouvez-vous deviner ce que je veux que vous fassiez ?"</p><p>Fred et George se regard�rent, un peu confus. "Tu veux que nous lui glissions quelques-unes de nos sucreries les plus int�ressantes ?"</p><p>"Non," dit Harry. "Non, non, <emphasis>non</emphasis> ! C'est une mentalit� d'araign�e g�ante, �a ! Allez, que feriez-<emphasis>vous</emphasis> si vous aviez entendu dire que Rita Skeeter cherchait des rumeurs � <emphasis>votre</emphasis>sujet ?"</p><p>Voil� qui rendait la r�ponse �vidente.</p><p>Des sourires apparurent lentement sur les visages de Fred et George.</p><p>"R�pandre des rumeurs � notre propre sujet," r�pondirent-ils.</p><p>"<emphasis>Exactement</emphasis>," dit Harry, souriant largement. "Mais �a ne doit pas �tre <emphasis>n'importe quelles </emphasis>rumeurs. Je veux enseigner aux gens � ne jamais croire ce que le journal dit � propos de Harry Potter, pas plus que les Moldus ne croient ce que le journal dit � propos d'Elvis. Au d�but, j'ai juste pens� � inonder Rita Skeeter avec tellement de rumeurs qu'elle ne saurait plus laquelle croire, mais alors elle cueillerait juste celles qui seraient � la fois plausibles et n�gatives. Donc ce que je veux que vous fassiez c'est de cr�er un mensonge me concernant et de vous d�brouiller pour que Rita Skeeter y croit. Mais �a doit �tre quelque chose que, plus tard, tout le monde <emphasis>saura</emphasis> avoir �t� faux. Nous voulons tromper Rita Skeeter et ses �diteurs, et <emphasis>ensuite</emphasis> avoir la preuve que c'�tait faux. Et bien s�r - puisque ce sont l� les conditions - le mensonge doit �tre aussi <emphasis>ridicule</emphasis>que possible tout en �tant quand m�me imprim�. Comprenez-vous ce que je veux que vous fassiez ?"</p><p>"Pas exactement..." dit lentement Fred ou George. "Tu veux qu'on <emphasis>invente</emphasis>l'histoire ?"</p><p>"Je veux que vous fassiez <emphasis>tout</emphasis>," dit Harry Potter. "Je suis plut�t occup� en ce moment, et puis je veux pouvoir dire sans mentir que je n'avais aucune id�e de ce qui allait se passer. Surprenez-moi."</p><p>Pendant un moment, un sourire mal�fique fut visible sur les visages de Fred et George.</p><p>Puis ils redevinrent s�rieux. "Mais Harry, nous ne savons vraiment pas comment faire une chose pareille -"</p><p>"Alors trouvez comment faire," dit Harry. "Je vous fais confiance. Pas une confiance <emphasis>totale</emphasis>, mais si vous ne <emphasis>pouvez pas</emphasis> le faire, <emphasis>dites-</emphasis>le moi, et j'essaierai avec quelqu'un d'autre, ou bien je le ferai moi-m�me. Si vous avez une tr�s bonne id�e - pour l'histoire ridicule et sur la fa�on de convaincre Rita Skeeter et ses �diteurs de l'imprimer - alors vous pouvez y aller et le faire. Mais ne faites pas quelque chose de m�diocre. Si vous ne trouvez pas une id�e <emphasis>g�niale</emphasis>, dites-le."</p><p>Fred et George �chang�rent des regards inquiets.</p><p>"Je n'en ai aucune," dit George.</p><p>"Moi non plus," dit Fred. "D�sol�."</p><p>Harry les regarda fixement.</p><p>Et il commen�a alors � leur expliquer comment il fallait s'y prendre pour r�fl�chir.</p><p>Il remarqua qu'on avait souvent vu pareille t�che prendre plus de deux secondes.</p><p>On ne d�clarait <emphasis>jamais</emphasis><emphasis>aucune</emphasis>question impossible, dit-il, tant qu'on n'avait pas physiquement pris une montre en main et qu'on avait pas r�fl�chi � la question pendant cinq minutes en se basant sur l'aiguille des minutes. Pas cinq minutes m�taphoriques, cinq minutes selon une montre bien r�elle.</p><p>Et <emphasis>de plus</emphasis>, dit Harry avec vigueur tandis que sa main droite frappait durement le sol, on ne commen�ait <emphasis>pas</emphasis>par chercher imm�diatement des solutions.</p><p>Harry se lan�a alors dans l'explication d'un test qui avait �t� r�alis� par quelqu'un nomm� Norman Maier, qui �tait ce qu'on appelait un psychologue du travail et qui avait demand� � deux s�ries de groupes de r�soudre un probl�me.</p><p>Le probl�me, avait dit Harry, mettait en jeu trois employ�s et trois t�ches. L'employ� le plus jeune voulait faire la t�che la plus simple. L'employ� le plus �g� voulait passer d'une t�che � l'autre pour ne pas s'ennuyer. Un expert en efficacit� avait recommand� qu'on donne le travail le plus simple � la personne la plus jeune et le travail le plus difficile � la personne la plus �g�e, qui serait 20% plus productive.</p><p><emphasis>Une</emphasis>des s�ries de groupes avait re�u l'instruction suivante : "Ne proposez aucune solution tant qu'il est possible de d�battre minutieusement du probl�me sans en proposer."</p><p>L'autre s�rie de groupes n'avait re�u aucune instruction. Et ces gens avaient naturellement r�agi � la pr�sence du probl�me en proposant des solutions. Et ils s'�taient retrouv�s attach�s � ces solutions, et ils avaient commenc� � se disputer et � se battre au sujet de l'importance relative de la libert� et de l'efficacit� et ainsi de suite.</p><p>La premi�re s�rie de groupes, � qui on avait donn� instruction de d'abord <emphasis>discuter</emphasis> du probl�me et <emphasis>ensuite</emphasis>de le r�soudre, avait trouv� la r�ponse bien plus souvent. Elle consistait � laisser l'employ� le plus jeune garder la t�che la plus facile et � alterner les deux autres personnes entre les deux autres t�ches, ce qui, selon les donn�es de l'expert, constituerait une am�lioration de 19%.</p><p>Commencer � chercher des solutions, c'�tait faire les choses <emphasis>compl�tement dans le d�sordre</emphasis>. Comme de commencer un repas par le dessert, mais en <emphasis>mauvais</emphasis>.</p><p>(Harry cita aussi quelqu'un nomm� Robyn Dawes, qui aurait dit que plus un probl�me �tait difficile, plus il �tait probable que les gens essaient de le r�soudre imm�diatement).</p><p>Harry allait donc laisser ce probl�me � Fred et � George, et ils discuteraient de toutes ses facettes, et ils se remueraient les m�ninges � la recherche de tout ce qui pourrait avoir un rapport avec le probl�me. Et ils n'essaieraient pas de trouver une vraie solution avant d'en avoir fini avec cette �tape de discussion, <emphasis>� moins</emphasis> bien s�r qu'ils ne pensent � quelque chose par pure chance, auquel cas ils pourraient le noter pour plus tard et se remettre � r�fl�chir. Et il ne voulait pas entendre parler de leur soi-disant <emphasis>incapacit� � avoir des id�es</emphasis> avant au moins une semaine. Certaines personnes passaient des <emphasis>d�cennies</emphasis>� essayer d'avoir des id�es.</p><p>"Des questions ?" dit Harry.</p><p>Fred et George se regard�rent.</p><p>"Je n'en ai aucune," dit George.</p><p>"Moi non plus."</p><p>Harry toussota gentiment. "Vous n'avez rien demand� concernant votre budget."</p><p><emphasis>Budget</emphasis>? pens�rent-ils.</p><p>"Je pourrais juste vous dire la somme," dit Harry, "mais je pense que <emphasis>ceci</emphasis> sera plus <emphasis>exaltant</emphasis>."</p><p>Les mains de Harry plong�rent dans ses robes, et firent appara�tre...</p><p>Fred et George tomb�rent presque � la renverse, bien qu'ils aient �t� assis.</p><p>"Ne le d�pensez pas pour le plaisir de d�penser," dit Harry. Sur le sol de pierre brillait une quantit� d'argent absolument ridicule. "Ne le d�pensez que si le g�nie le requiert ; et ce que le g�nie requiert, n'h�sitez pas � le d�penser. S'il en reste, rendez-le-moi apr�s, je vous fais confiance. Oh, et vous avez dix pour cent de ce qui est l�, peu importe combien vous d�pensez..."</p><p>"On ne <emphasis>peut pas</emphasis>!" l�cha l'un des jumeaux. "On n'accepte pas d'argent pour ce genre de chose !"</p><p>(Les jumeaux ne prenaient jamais d'argent pour faire quelque chose d'ill�gal. Ils vendaient toute leur marchandise avec une marge de z�ro pour cent, et ce � l'insu d'Ambrosius Flume. Fred et George voulaient pouvoir t�moigner - sous Veritaserum si n�cessaire - qu'ils n'avaient jamais profit� d'activit�s criminelles, qu'ils assuraient seulement un service public).</p><p>Harry fron�a les sourcils. "Mais je vous demande de faire un vrai travail. Un adulte se ferait payer pour faire quelque chose comme �a, et �a serait <emphasis>quand m�me</emphasis>consid�r� comme une faveur � un ami. On ne peut pas juste engager des gens pour ce genre de chose."</p><p>Fred et George secou�rent leur t�te.</p><p>"Tr�s bien," dit Harry. "Je vous offrirai juste des cadeaux de No�l tr�s chers, et si vous essayez de me les rendre, je les br�lerai. Maintenant vous ne <emphasis>savez </emphasis>m�me pas combien je vais d�penser pour vous, � part bien s�r que ce sera plus que si vous aviez juste pris l'argent. Et je vais vous offrir ces cadeaux <emphasis>quoi qu'il arrive</emphasis>, alors pensez-<emphasis>y</emphasis> avant de me dire que vous <emphasis>n'arrivez pas � avoir d'id�e g�niale</emphasis>."</p><p>Harry se leva, sourit, et se tourna pour partir alors que Fred et George �taient encore bouche b�e sous l'effet du choc. Il s'�loigna de quelques pas, puis se retourna.</p><p>"Oh, une derni�re chose," dit Harry. "Laissez le professeur Quirrell en dehors de ce que vous faites. Il n'aime pas la publicit�. Je sais que ce serait plus facile de faire croire des choses bizarres au sujet du professeur de D�fense qu'au sujet de n'importe qui d'autre, et je suis d�sol� de vous barrer la route comme �a, mais s'il vous pla�t, laissez-le en dehors de �a."</p><p>Et Harry se tourna de nouveau et fit quelques pas de plus...</p><p>Il regarda derri�re lui une derni�re fois, et dit, doucement : "Merci."</p><p>Puis il s'en fut.</p><p>Il y eut un long silence apr�s son d�part.</p><p>"Donc," dit l'un.</p><p>"Donc," dit l'autre.</p><p>"Le professeur de D�fense n'aimerait donc pas la publicit�."</p><p>"Harry ne nous conna�trait donc pas tr�s bien."</p><p>"Non, pas tr�s bien."</p><p>"Mais on n'utilisera pas son argent pour �a, bien s�r."</p><p>"Bien s�r que non. �a ne serait pas correct. On s'occupera du professeur de D�fense s�par�ment."</p><p>"On dira � quelques Gryffondor d'�crire � Skeeter et de dire..."</p><p>"... sa manche relev�e un jour en cours de D�fense, et ils ont vu la Marque des T�n�bres..."</p><p>"... et il enseigne probablement plein de choses terribles � Harry Potter..."</p><p>"... et il est le pire professeur de D�fense de m�moire d'homme � Poudlard, il n'<emphasis>�choue</emphasis>pas seulement � nous apprendre des choses, il explique aussi tout de travers, l'inverse complet de qu'il devrait dire..."</p><p>"... comme quand il a pr�tendu qu'on pouvait uniquement jeter le Sort de Mort en utilisant de l'amour, ce qui le rendait plus ou moins inutile."</p><p>"J'aime bien celle-l�."</p><p>"Merci."</p><p>"Je parie que le professeur de D�fense l'aime aussi."</p><p>"Il a un sens de l'humour. Il n'aurait pas parl� de nous comme il l'a fait s'il n'en avait pas eu un."</p><p>"Mais serons-nous capable de faire le travail pour Harry ?"</p><p>"Harry a dit de discuter du probl�me avant d'essayer de le r�soudre, alors faisons �a."</p><p>Les jumeaux Weasley d�cid�rent que George serait enthousiaste tandis que Fred douterait.</p><p>"�a a l'air assez contradictoire," dit Fred. "Il veut que ce soit assez ridicule pour que tout le monde se moque de Skeeter et sache que c'est faux, et il veut que Skeeter le croie. On ne peut pas faire les deux � la fois."</p><p>"On va devoir falsifier des preuves pour convaincre Skeeter," dit George.</p><p>"C'est une solution ?" dit Fred.</p><p>Ils envisag�rent cette solution.</p><p>"Peut-�tre," dit George, "mais je ne pense pas qu'on devrait �tre <emphasis>aussi</emphasis>strict que �a. Si ?"</p><p>Les jumeaux hauss�rent les �paules avec impuissance.</p><p>"Alors la preuve falsifi�e doit �tre assez bonne pour convaincre Skeeter," dit Fred. "Peut-on vraiment faire �a nous-m�mes ?"</p><p>"On n'a pas � le faire nous-m�mes," dit George, et il pointa le tas d'argent du doigt. "On peut engager d'autres gens pour nous aider."</p><p>Les jumeaux prirent un air pensif.</p><p>"�a utiliserait presque la totalit� du budget de Harry," dit Fred. "C'est beaucoup d'argent pour nous, mais pas pour quelqu'un comme Flume."</p><p>"Peut-�tre que les gens donneront des ristournes quand ils sauront que c'est pour Harry," dit George. "Mais le plus important, c'est que quoi qu'on fasse, �a doit �tre <emphasis>impossible</emphasis>."</p><p>Fred cligna des yeux. "Qu'est-ce que tu veux dire par <emphasis>impossible</emphasis>?"</p><p>"Tellement impossible qu'on ne sera jamais dans le p�trin parce que personne ne croira jamais qu'on aie pu le faire. Tellement impossible que m�me Harry commencera � se poser la question. �a doit �tre surr�aliste, �a doit pousser les gens � douter de leur propre sant� mentale, �a doit �tre... <emphasis>mieux que Harry</emphasis>."</p><p>Les yeux de Fred s'�carquill�rent sous l'effet de la stup�faction. �a arrivait parfois entre eux, mais pas souvent. "Mais pourquoi ?"</p><p>"C'�tait des farces. C'�tait <emphasis>toutes</emphasis> des farces. La tarte �tait une farce. Le Rapeltout �tait une farce. Le chat de Kevin Sifflebranche �tait une farce. <emphasis>Rogue</emphasis> �tait une farce. <emphasis>Nous</emphasis>sommes les meilleurs farceurs de Poudlard, allons-nous nous �craser et abandonner sans combattre ?"</p><p>"C'est le Survivant," dit Fred.</p><p>"Et <emphasis>nous</emphasis> sommes les jumeaux Weasley ! Il nous <emphasis>met au d�fi</emphasis>. Il a dit qu'on pouvait faire ce qu'il fait. Mais je parie qu'il ne pense pas qu'on sera un jour aussi bon que <emphasis>lui</emphasis>."</p><p>"Il a raison," dit Fred, se sentant plut�t nerveux. Les jumeaux Weasley �taient <emphasis>parfois</emphasis> en d�saccord, m�me quand ils disposaient des m�mes informations, mais � chaque fois que c'�tait le cas, cela ne leur semblait pas naturel, comme si au moins un d'entre eux �tait en train de se fourvoyer. "On est en train de parler de <emphasis>Harry Potter</emphasis>. Il peut accomplir l'impossible. Pas nous."</p><p>"Si, on peut," dit George. "Et on doit accomplir <emphasis>plus</emphasis>impossible que lui."</p><p>"Mais -" dit Fred.</p><p>"C'est ce que Godric Gryffondor ferait," dit George.</p><p>Ce qui r�gla la discussion, et les jumeaux retourn�rent instantan�ment �... leur �tat normal, quel qu'il fut.</p><p>"Tr�s bien, alors -"</p><p>"- r�fl�chissons-y."</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 26*: Remarquer que l'on est confus</strong></p><p>Yakka foob mog. Grug pubbawup zink wattoom gazork. Chumble spuzz J. K. Rowling.</p><empty-line/><p>Les heures de bureau du professeur Quirrell �taient le jeudi de 11h40 � 11h55. Pour tous ses �l�ves de toutes les ann�es. Se contenter de frapper � la porte co�tait un point Quirrell, et s'il pensait que votre raison de venir le voir ne justifiait pas que vous l'ayez d�rang�, vous en perdiez cinquante de plus.</p><p>Harry frappa � la porte.</p><p>Il y eut une pause. Puis une voix mordante dit : "J'imagine qu'au point o� vous en �tes, M. Potter, vous pouvez aussi bien entrer."</p><p>Et avant que Harry ne puisse toucher la poign�e, la porte s'ouvrit avec fracas, frappant le mur dans un dur bruit de craquement, comme si quelque chose avait cass� le bois, ou la pierre, ou les deux.</p><p>Le professeur Quirrell �tait enfonc� dans sa chaise et lisait un livre � l'air �trangement ancien, dot� d'une reliure d'un cuir bleu nuit avec des runes d'argent sur la tranche. Ses yeux n'avaient pas quitt� les pages. "Je ne suis pas de bonne humeur, M. Potter. Et quand je ne suis pas de bonne humeur, je ne suis pas quelqu'un d'agr�able � c�toyer. Pour votre bien, faites rapidement ce que vous �tes venu faire, puis partez."</p><p>Un courant froid filtra � travers de la pi�ce, comme si elle avait contenu quelque chose qui projetait de la noirceur de la m�me fa�on que les lampes projettent de la lumi�re, et que ce quelque chose n'avait pas �t� totalement encloisonn�.</p><p>Harry �tait un peu pris de court. <emphasis>Pas de bonne humeur</emphasis> �tait un sacr� euph�misme. Qu'est-ce qui pouvait autant emb�ter le professeur Quirrell ?</p><p>Eh bien, on ne laissait pas tomber ses amis quand ils ne se sentaient pas bien. Harry s'avan�a pr�cautionneusement � l'int�rieur la pi�ce. "Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour aider -"</p><p>"Non," dit le professeur Quirrell, ne levant toujours pas les yeux.</p><p>"Je veux dire, si vous avez eu affaire � des idiots et que vous voulez avoir quelqu'un � qui parler..."</p><p>Il y eut un silence �tonnamment long.</p><p>Le professeur Quirrell referma le livre avec force et celui-ci disparut dans un petit chuintement. Il leva alors les yeux, et Harry tressaillit.</p><p>"J'imagine qu'une discussion intelligente <emphasis>me</emphasis> ferait du bien en ce moment," dit le professeur Quirrell du m�me ton mordant qu'avec lequel il avait invit� Harry � entrer. "Ce ne sera probablement pas le cas pour <emphasis>vous</emphasis>, soyez-en pr�venu."</p><p>Harry prit une profonde inspiration. "Je promets de ne pas vous en vouloir si vous vous �nervez. Qu'est-ce qui s'est pass� ?"</p><p>Le froid dans la pi�ce sembla s'intensifier. "Un Gryffondor en sixi�me ann�e a jet� un sort � l'un de mes �l�ves les plus prometteurs, un Serpentard en sixi�me ann�e."</p><p>Harry avala sa salive. "Quelle... sorte de sort ?"</p><p>Et la furie qui habitait le visage du professeur Quirrell ne fut plus contenue. "Pourquoi prendre la peine de poser une question sans importance ? Notre ami le Gryffondor de sixi�me ann�e ne pensait pas que c'�tait important !"</p><p>"Vous �tes <emphasis>s�rieux</emphasis> ?" dit Harry avant de pouvoir s'en emp�cher.</p><p>"Non, je suis d'une humeur particuli�rement mauvaise sans raison particuli�re. <emphasis>Oui je suis s�rieux, imb�cile</emphasis> ! Il ne savait pas. Il ne <emphasis>savait vraiment pas</emphasis>. J'ai refus� d'y croire jusqu'� ce que les Aurors le confirment avec du Veritaserum. Il est dans sa <emphasis>sixi�me ann�e � Poudlard</emphasis> et il a jet� un sort noir de haut niveau <emphasis>sans conna�tre son effet</emphasis>."</p><p>"Vous ne voulez pas dire," dit Harry, "qu'il se <emphasis>trompait</emphasis> au sujet de son effet, qu'il avait malencontreusement lu la mauvaise description -"</p><p>"Tout ce qu'il savait, c'�tait que le sort �tait cens� �tre dirig� vers un ennemi. Il <emphasis>savait</emphasis> que c'�tait tout ce qu'il savait."</p><p>Et �a lui avait suffit pour jeter le sort. "Je ne comprend pas comment quelque chose dot� d'un si petit cerveau peut marcher droit."</p><p>"En effet, M. Potter," dit le professeur Quirrell.</p><p>Il y eut un silence. Le professeur Quirrell se pencha en avant et prit l'encrier argent� pos� sur son bureau, le tournant entre ses mains, le regardant comme s'il se demandait comment il pourrait s'y prendre pour torturer un encrier � mort.</p><p>"Le Serpentard en sixi�me ann�e a-t-il �t� s�v�rement bless� ?" dit Harry.</p><p>"Oui."</p><p>"Le Gryffondor en sixi�me ann�e a-t-il �t� �lev� par des Moldus ?"</p><p>"<emphasis>Oui</emphasis>."</p><p>"Dumbledore refuse-t-il de le renvoyer parce que le pauvre gar�on ne savait pas ?"</p><p>Les mains du professeur Quirrell blanchirent autour de l'encrier. "<emphasis>Voulez-vous en venir � quelque chose, M. Potter, ou �noncez-vous simplement l'�vidence ?</emphasis>"</p><p>"Professeur Quirrell," dit gravement Harry, "tous les �tudiants �lev�s-Moldu de Poudlard ont besoin d'un cours sur la s�curit� lors duquel on leur dira des choses tellement incroyablement �videntes qu'aucun n�-sorcier ne songerait � les mentionner. Ne jetez pas de sorts si vous ne connaissez pas leur effet, ne pr�parez aucune potion de haut niveau sans supervision hors d'un laboratoire, la raison pour laquelle il y a des lois contre la magie chez les mineurs, tous les fondamentaux."</p><p>"Pourquoi ?" dit le professeur Quirrell. "Laissons les imb�ciles mourir avant qu'ils ne se reproduisent."</p><p>"Si �a ne vous d�range pas de perdre quelques Serpentard de sixi�me ann�e avec eux."</p><p>L'encrier prit feu dans les mains du professeur Quirrell et br�la avec une terrible lenteur, d'hideuses flammes noir-orange d�chirant le m�tal et semblant en arracher de petites parties, l'argent se tordant alors qu'il fondait, comme s'il essayait de s'�chapper sans toutefois y parvenir. Il y eut un petit bruit aigu, comme si le m�tal avait hurl�.</p><p>"J'imagine que vous avez raison," dit le professeur Quirrell avec un sourire r�sign�. "Je mettrai au point un cours pour m'assurer que les n�s-Moldus qui sont trop b�tes pour vivre n'emporteront jamais personne de valeur avec eux."</p><p>L'encrier continua de br�ler et de hurler dans les mains du professeur Quirrell, de petites gouttelettes de m�tal, toujours en feu, d�goulinant sur le bureau, comme si l'encrier pleurait.</p><p>"Vous ne vous enfuyez pas," observa le professeur Quirrell.</p><p>Harry ouvrit la bouche -</p><p>"Si vous �tes sur le point de dire que vous n'avez pas peur de moi," dit le professeur Quirrell, "<emphasis>�vitez</emphasis>."</p><p>"Vous �tes la personne la plus effrayante que je connaisse," dit Harry, "et l'une des raisons principale � cela est le contr�le que vous avez sur vous-m�me. Je ne peux tout simplement pas vous imaginer faisant du mal � quelqu'un que vous n'auriez pas d�lib�r�ment d�cid� de faire souffrir."</p><p>Le feu dans les mains du professeur Quirrell s'�teignit, et il reposa l'encrier d�truit sur le bureau avec pr�caution. "Vous avez des paroles des plus agr�ables, M. Potter. Avez-vous prit des le�ons de flatterie ? Aupr�s de M. Malfoy peut-�tre ?"</p><p>Harry garda une expression neutre et se rendit compte une seconde trop tard qu'il aurait aussi bien pu signer sa confession. Le professeur Quirrell se fichait de votre expression, c'�tait l'�tat d'esprit la rendant probable qui lui importait.</p><p>"Je vois," dit le professeur Quirrell. "M. Malfoy est un ami utile � avoir, M. Potter, et il a beaucoup � vous apprendre, mais j'esp�re que vous n'avez pas fait l'erreur de lui t�moigner votre confiance par de trop grandes confidences."</p><p>"Il ne sait rien que je ne souhaite �tre d�couvert," dit Harry.</p><p>"Bon travail," dit le professeur Quirrell, souriant l�g�rement. "Et pourquoi �tes-vous initialement venu ici ?"</p><p>"Je crois en avoir fini avec les exercices d'Occlumancie pr�liminaires et �tre pr�t pour le pr�cepteur."</p><p>Le professeur Quirrell hocha la t�te. "Je vous conduirai � Gringotts ce dimanche." Il s'interrompit, regarda Harry, et sourit. "Et nous pourrions m�me en faire une petite sortie, si vous le souhaitez. Je viens d'avoir une plaisante id�e."</p><p>Harry hocha la t�te, souriant en retour.</p><p>En sortant du bureau, il entendit le professeur Quirrell fredonner une petite m�lodie.</p><p>Harry �tait heureux d'avoir pu lui remonter le moral.</p><empty-line/><p>Il semblait y avoir un grand nombre de personne chuchotant dans les couloirs ce dimanche, du moins quand Harry Potter les croisait.</p><p>Et beaucoup de doigts point�s.</p><p>Et beaucoup de gloussements f�minins.</p><p>�a avait commenc� au petit d�jeuner, quand quelqu'un avait demand� � Harry s'il avait entendu la nouvelle, et Harry l'avait rapidement interrompu et avait dit que si l'information avait �t� �crite par Rita Skeeter, alors il ne voulait pas en <emphasis>entendre</emphasis> parler, il voulait la lire dans le journal lui-m�me.</p><p>Il s'�tait ensuite av�r� que peu d'�l�ves de Poudlard achetaient des exemplaires de la Gazette du sorcier et que les exemplaires qui n'avaient pas d�j� �t� rachet�s � leur propri�taire passaient de main en main selon une esp�ce d'ordre compliqu� et que personne ne savait vraiment qui en avait un pour l'instant...</p><p>Harry avait alors utilis� un sort de Sourdinam et �tait all� prendre son petit d�jeuner, comptant sur ses voisins pour �loigner les nombreux, nombreux curieux, et faisant de son mieux pour ignorer l'incr�dulit�, les rires, les sourires de f�licitation, les regards emplis de piti�, les coups d'�ils apeur�s et les assiettes laiss�es tomb�es au sol quand de nouvelles personnes descendaient pour le petit d�jeuner et entendaient la nouvelle.</p><p>Harry se sentait <emphasis>carr�ment</emphasis> curieux, mais �a ne l'aurait <emphasis>vraiment</emphasis> pas fait de g�cher cette �uvre d'art en l'entendant de seconde main.</p><p>Il avait fini ses devoirs � l'abri dans sa malle pendant les deux heures suivantes, apr�s avoir dit � ses camarades de dortoir de venir le chercher si quiconque trouvait un exemplaire du journal.</p><p>� 10h, Harry ne savait toujours pas ce qui s'�tait pass�, et il quittait Poudlard en attelage avec le professeur Quirrell, qui �tait � la place avant-droite pour l'instant effondr� en mode zombie. Harry �tait assis en diagonale de lui, au fond � gauche, aussi loin du professeur que l'attelage le permettait. M�me ainsi, Harry avait en permanence la sensation d'une catastrophe imminente tandis que l'attelage avan�ait dans un bruit d'entrechocs sur un petit chemin � travers une partie de la for�t non-interdite. Ce qui rendait la lecture un peu difficile, surtout que le sujet �tait ardu, et Harry souhaita soudain pouvoir lire les livres de science-fiction de son enfance -</p><p>"Nous sommes hors du domaine de Poudlard, M. Potter," dit la voix du professeur Quirrell, en face de lui. "Temps d'y aller."</p><p>Le professeur Quirrell d�barqua avec pr�caution de l'attelage, s'agrippant au moment de descendre la marche. Harry, de son c�t�, sauta hors du v�hicule.</p><p>Harry se demandait comment ils allaient se rendre � leur destination quand le professeur Quirrell dit "Attrapez !" et lui jeta une Noise de bronze, et Harry l'attrapa sans r�fl�chir.</p><p>Un crochant g�ant intangible saisit Harry par l'abdomen et le projeta durement en arri�re, mais sans cr�er la moindre sensation d'acc�l�ration, et un instant plus tard Harry se tenait au milieu du Chemin de Traverse.</p><p>(<emphasis>Euh pardon, quoi ?</emphasis> dit son cerveau.)</p><p>(<emphasis>On vient de se t�l�porter</emphasis>, expliqua Harry.)</p><p>(<emphasis>�a n'arrivait tout simplement jamais dans l'environnement ancestral</emphasis>, se plaignit son cerveau, et il le d�sorienta.)</p><p>Harry chancela tandis que ses pieds s'adaptaient au sol de brique qui avait remplac� la terre du chemin forestier qu'ils avaient �t� en train de traverser. Il se redressa, toujours �tourdi, les sorciers et sorci�res affair�s semblant tanguer l�g�rement, et les cris des marchands semblant se d�placer alors que son cerveau essayait de mettre en place le monde o� ils seraient positionn�s.</p><p>Quelques instants plus tard, il y eut une sorte de bruit de succion-�clatement venu de quelques pas derri�re Harry, et quand il se retourna, le professeur Quirrell �tait l�.</p><p>"�a vous d�rangerait si -" dit Harry en m�me temps que le professeur Quirrell, "j'ai bien peur de devoir -"</p><p>Harry s'interrompit, au contraire du professeur Quirrell.</p><p>"- aller mettre quelque chose en mouvement, M. Potter. Comme il m'a �t� longuement expliqu� que je suis responsable de tout ce qui vous arrive, quoi que ce f�t, je vous laisserai avec -"</p><p>"Kiosque," dit Harry.</p><p>"Pardon ?"</p><p>"Ou n'importe quel endroit o� je pourrai acheter un exemplaire de la Gazette du sorcier. Laissez-moi l� et je serai heureux."</p><p>Peu de temps apr�s, Harry avait �t� livr� � une librairie, accompagn� de plusieurs menaces ambigu�s doucement murmur�es. Et le marchand avait re�u des menaces <emphasis>moins</emphasis> ambigu�s, vu la fa�on dont il avait fait la grimace, et ses yeux dardaient maintenant de Harry � la porte d'entr�e.</p><p>Si la librairie se mettait � br�ler, Harry allait rester ici au milieu du feu jusqu'� ce que le professeur Quirrell revienne.</p><p>En attendant -</p><p>Harry jeta un rapide coup d'�il autour de lui.</p><p>La librairie semblait plut�t petite et d�labr�e, avec seulement quatre rang�es d'�tag�res visibles, et l'�tag�re vers laquelle avaient bondi les yeux de Harry semblait porter uniquement de petits livres de mauvaise qualit�, avec des titres sinistres tel que <emphasis>Le massacre d'Albanie au quinzi�me si�cle</emphasis>.</p><p>Chaque chose en son temps. Harry marcha jusqu'au comptoir.</p><p>"Excusez-moi," dit Harry, "un exemplaire du Gazette du sorcier, s'il vous pla�t."</p><p>"Cinq Mornilles," dit le marchand. "D�sol� petit, je n'en ai plus que trois."</p><p>Cinq Mornilles tomb�rent sur le comptoir. Harry avait l'impression qu'il aurait pu n�gocier deux ou trois Mornilles de moins, mais au point o� il en �tait, il s'en fichait un peu.</p><p>Les yeux du marchand s'�carquill�rent et il sembla qu'il venait de vraiment remarquer Harry : "<emphasis>Vous !</emphasis>"</p><p>"<emphasis>Moi !</emphasis>"</p><p>"Est-ce <emphasis>vrai</emphasis> ? �tes-vous <emphasis>vraiment</emphasis> -"</p><p>"<emphasis>La ferme</emphasis> ! D�sol�, j'ai attendu <emphasis>toute la journ�e</emphasis> pour pouvoir lire la nouvelle dans le journal au lieu de l'entendre de seconde main, alors s'il vous pla�t, <emphasis>donnez-le-moi</emphasis>, d'accord ?"</p><p>Le marchand regarda Harry un moment, puis il se pencha silencieusement sous son comptoir et lui passa un exemplaire pli� du Gazette du sorcier.</p><p>Le gros titre disait :</p><p><emphasis>HARRY POTTER</emphasis></p><p><emphasis>SECR�TEMENT FIANC�</emphasis></p><p><emphasis>� GINEVRA WEASLEY</emphasis></p><p>Harry regarda les mots.</p><p>Il leva le journal au-dessus du comptoir, doucement, avec r�v�rence, comme s'il tenait une �uvre originale de Escher, et le d�plia pour lire...</p><p>... la preuve qui avait convaincu Rita Skeeter.</p><p>... et d'autres d�tails int�ressants.</p><p>... et encore plus de preuves.</p><p>Fred et George devaient s�rement avoir obtenu l'accord de leur s�ur avant, non ? Oui, bien s�r qu'ils avaient obtenu son accord. Il y avait une image de Ginevra Weasley soupirant avec nostalgie en regardant ce que Harry pu constater, en regardant de pr�s, �tre un photo de lui. �a devait avoir �t� mis en sc�ne.</p><p>Mais <emphasis>comment...</emphasis> ?</p><p>Harry �tait assis dans une chaise pliante de mauvaise qualit�, relisant le journal pour la quatri�me fois quand la porte fit un doux murmure et le professeur Quirrell revint dans le magasin.</p><p>"Mes excuses pour - nom de Merlin, <emphasis>qu'est-ce</emphasis> que vous lisez ?"</p><p>"Il semblerait," dit Harry, la voix pleine d'estime, "qu'un certain M. Arthur Weasley a �t� victime d'un sort d'Imperium jet� par un Mangemort que mon p�re a tu�, cr�ant ainsi un dette envers la Noble Maison Potter, dont mon p�re a exig� le paiement par la main de la r�cemment n�e Ginevra Weasley. Les gens font-ils vraiment ce genre de chose par ici ?"</p><p>"Comment mademoiselle Skeeter aurait-elle <emphasis>pu</emphasis> �tre assez idiote pour croire -"</p><p>Et la voix du professeur Quirrell s'interrompit.</p><p>Harry avait lu le journal en le tenant d�pli� et vertical, ce qui voulait dire que le professeur Quirrell, de l� o� il se tenait, pouvait lire le texte sous le gros titre.</p><p>L'air stup�fait sur le visage du professeur Quirrell �tait une �uvre d'art qui valait presque le journal lui-m�me.</p><p>"Ne vous en faites pas," dit joyeusement Harry, "tout est truqu�."</p><p>Ailleurs dans le magasin, il entendit le marchand manquer d'air. Il y eut le bruit d'une pile de livres qui s'effondrait.</p><p>"M. Potter," dit lentement le professeur Quirrell, "en �tes-vous <emphasis>certain</emphasis> ?"</p><p>"Assez certain. Pouvons-nous y aller ?"</p><p>Le professeur Quirrell hocha la t�te d'un air assez absent et Harry replia le journal puis le suivit � l'ext�rieur.</p><p>Pour une raison ou une autre, Harry avait l'impression de ne plus entendre le moindre bruit venant de la rue environnante.</p><p>Ils march�rent en silence pendant trente seconde avant que le professeur Quirrell ne parle. "Mademoiselle Skeeter a vu le compte-rendu original de la session confidentielle du Magenmagot."</p><p>"Oui."</p><p>"Les <emphasis>comptes-rendus originaux du Magenmagot</emphasis>."</p><p>"Oui."</p><p>"<emphasis>J'</emphasis>aurais du mal � faire �a."</p><p>"Vraiment ?" dit Harry. "Parce que si mes soup�ons sont fond�s, �a a �t� fait par un �l�ve de Poudlard."</p><p>"C'est plus qu'impossible," dit cat�goriquement le professeur Quirrell. "M. Potter... j'ai le regret de vous informer que cette jeune demoiselle s'attend � ce que vous l'�pousiez."</p><p>"Mais <emphasis>ceci</emphasis> est improbable," dit Harry. "Pour citer Douglas Adams, l'impossible a souvent une forme d'int�grit� qui manque au simple improbable."</p><p>"Je vois ce que vous voulez dire," dit lentement le professeur Quirrell. "Mais... non, M. Potter. C'est peut-�tre impossible, mais je peux n�anmoins <emphasis>imaginer</emphasis> une falsification des comptes-rendus du Magenmagot. Il est en revanche <emphasis>inimaginable</emphasis> que le Grand Manager de Gringotts appose le sceau de sa fonction en t�moignage d'un faux contrat de fian�ailles, et mademoiselle Skeeter a personnellement v�rifi� ce sceau."</p><p>"En effet," dit Harry, "il faudrait s'attendre � ce que le Grand Manager de Gringotts soit impliqu�, avec autant d'argent passant d'une main � l'autre. Il semblerait que M. Weasley �tait grandement endett�, et qu'il a donc demand� un paiement suppl�mentaire de dix mille Gallions -"</p><p>"<emphasis>Dix mille </emphasis>Gallions pour un <emphasis>Weasley</emphasis> ? Vous pourriez acheter la fille d'une Maison Noble avec �a !"</p><p>"Excusez-moi," dit Harry. "Maintenant je dois vraiment vous poser la question : les gens font-ils r�ellement ce genre de choses par ici-"</p><p>"Rarement," dit le professeur Quirrell en fron�ant les sourcils. "Et plus du tout, je pense, depuis que le Seigneur des T�n�bres s'en est all�. J'imagine que le journal pr�tend que votre p�re a juste pay� la somme ?"</p><p>"Il n'avait pas le choix," dit Harry. "Pas s'il voulait remplir les conditions de la proph�tie."</p><p>"<emphasis>Donnez-moi �a</emphasis>," dit le professeur Quirrell, et le journal bondit hors des mains de Harry si vite que la tranche du papier le coupa.</p><p>Harry pla�a automatiquement son doigt dans sa bouche pour le sucer, plut�t choqu�, et il se tourna pour faire des remontrances au professeur Quirrell -</p><p>Le professeur Quirrell s'�tait arr�t� net au milieu de la rue, et ses yeux bondissaient rapidement de gauche � droite tandis qu'une force invisible tenait le journal suspendu devant lui.</p><p>Harry regarda, bouche b�e, ressentant un m�lange de crainte et de v�n�ration tandis que le journal s'ouvrait pour r�v�ler les pages deux et trois. Et peu apr�s, quatre et cinq. C'�tait comme si l'homme avait abandonn� toute pr�tention au statut de simple mortel.</p><p>Et apr�s un temps si court que c'en �tait troublant, le journal se replia proprement de lui-m�me. Le professeur Quirrell l'attrapa dans l'air et le jeta � Harry, qui le saisit par pur r�flexe ; et le professeur Quirrell commen�a de nouveau � marcher, et Harry le suivit automatiquement en tra�nant les pieds.</p><p>"Non," dit le professeur Quirrell, "cette proph�tie ne me semble pas tr�s vraisemblable � moi non plus."</p><p>Harry hocha la t�te, toujours stup�fait.</p><p>"Les centaures auraient pu �tre plac�s sous un sort <emphasis>d'Imperium</emphasis>," dit le professeur Quirrell en fron�ant les sourcils, "<emphasis>cela</emphasis> semble compr�hensible. Ce que la magie peut cr�er, la magie peut corrompre, et il n'est pas impensable que le Grand Sceau de Gringotts soit appos� par la main d'un autre. Le Polynectar aurait pu permettre de jouer le r�le des Langues-de-plomb, idem pour le proph�te Bavarois. Et avec <emphasis>assez</emphasis> d'efforts, il pourrait �tre possible de falsifier les comptes-rendus du Magenmagot. Avez-vous la moindre id�e de la fa�on dont cela a �t� fait ?"</p><p>"Je n'ai pas une seule hypoth�se plausible," dit Harry. "Je sais que cela a �t� accompli avec un budget total de quarante Gallions."</p><p>Le professeur Quirrell s'arr�ta net et fit volte-face vers Harry. Son visage arborait maintenant une incr�dulit� totale. "Quarante Gallions paieront un briseur de barri�re comp�tent pour percer un chemin dans une maison que vous souhaitez cambrioler ! Quarante <emphasis>mille</emphasis> Gallions <emphasis>pourraient</emphasis> payer une �quipe compos�e des plus grands criminels professionnels du monde pour falsifier les comptes-rendus du Magenmagot !"</p><p>Harry haussa les �paules avec impuissance. "Je m'en souviendrai la prochain fois que je veux �conomiser trente-neuf mille neuf cent soixante Gallions en trouvant le le bon fournisseur."</p><p>"Je ne dis pas cela souvent," dit le professeur Quirrell. "Je suis impressionn�."</p><p>"De m�me," dit Harry.</p><p>"Et qui est cet incroyable �tudiant de Poudlard ?"</p><p>"J'ai peur de ne pouvoir le dire."</p><p>Harry fut assez surpris quand le professeur Quirrell ne formula aucune objection � cela.</p><p>Ils march�rent, pensifs, en direction du b�timent de Gringotts, car aucun d'eux n'�tait le genre de personne qui aurait abandonn� un probl�me sans l'avoir consid�r� pendant au moins cinq minutes.</p><p>"J'ai l'impression," finit par dire Harry, "que nous n'attaquons pas le probl�me du bon angle. J'ai un jour entendu un histoire au sujet d'�tudiants qui entr�rent dans leur cours de physique, et le professeur leur montra une large plaque de m�tal situ�e pr�s d'un feu. Elle leur ordonna de toucher la plaque, et ils sentirent que le m�tal proche du feu �tait plus froid tandis que le m�tal plus �loign� �tait plus chaud. Et elle leur dit d'essayer de deviner l'explication. Alors certains �tudiants �crivirent : '� cause de la fa�on dont le m�tal conduit la chaleur', et d'autres : '� cause de la fa�on dont l'air se d�place', et personne ne dit : '�a a juste l'air impossible', et la v�ritable r�ponse �tait qu'avant que les �tudiants n'entrent dans la pi�ce, le professeur avait juste retourn� la plaque."</p><p>"Int�ressant," dit le professeur Quirrell. "�a me semble en effet similaire. Y a-t-il une morale ?"</p><p>"Que la force d'un rationaliste est d'�tre plus facilement confus par la fiction que par la r�alit�," dit Harry. "Si on est capable d'expliquer n'importe quel ph�nom�ne, alors on ne sait rien. Les �tudiants pens�rent qu'ils pouvaient utiliser des mots, comme '� cause de la conduction de la chaleur' pour expliquer n'importe quoi, m�me une plaque de m�tal plus froide du c�t� proche du feu. Ils ne se sont donc pas rendu compte � quel point ils �taient confus, et cela voulait dire qu'ils ne pouvaient pas �tre rendus plus confus par un mensonge que par une v�rit�. Si vous me dites que les centaures �taient sous l'emprise d'un <emphasis>Imperium</emphasis>, j'ai toujours l'impression qu'il y a quelque chose qui ne colle pas. Je remarque que je suis toujours confus, m�me apr�s avoir entendu votre explication."</p><p>"Hm," dit le professeur Quirrell.</p><p>Ils continu�rent de marcher.</p><p>"Je suppose qu'il n'est pas possible," dit Harry, "de vraiment <emphasis>permuter</emphasis> des gens entre des univers parall�les ? Par exemple, ce ne ne serait pas notre Rita Skeeter, ou bien ils pourraient l'avoir temporairement envoy�e ailleurs."</p><p>"Si <emphasis>c'�tait</emphasis> possible," dit le professeur Quirrell d'une voix plut�t s�che, "serais-je toujours <emphasis>ici </emphasis>?"</p><p>Et, juste avant qu'ils n'atteignent l'immense fa�ade blanche du b�timent de Gringotts, le professeur Quirrell dit :</p><p>"Ah. Bien <emphasis>s�r</emphasis>. Laissez-moi deviner, les jumeaux Weasley ?"</p><p>"<emphasis>Quoi </emphasis>?" dit Harry, sa voix montant d'une octave. "<emphasis>Comment</emphasis> ?"</p><p>"J'ai peur de ne pouvoir le dire."</p><p>"... ce n'est <emphasis>pas</emphasis> juste."</p><p>"Je pense que c'est extr�mement juste," dit le professeur Quirrell, et ils entr�rent, passant les portes de bronze.</p><empty-line/><p>Il �tait presque midi, et Harry et le professeur Quirrell �taient assis aux extr�mit�s d'une table longue, large, et plate, dans une pi�ce priv�e somptueusement appr�t�e, dot�e de canap�s et de chaises minutieusement rembourr�s r�partis le long des murs et de rideaux �pais qui pendaient un peu partout.</p><p>Ils �taient sur le point de d�jeuner chez <emphasis>Marie</emphasis>, dont le professeur Quirrell avait dit que c'�tait selon lui l'un des meilleurs restaurants du Chemin de Traverse, en particulier pour - sa voix baissa d'un ton, charg�e de sous-entendus - qui avait certains <emphasis>desseins</emphasis>.</p><p>C'�tait le meilleur restaurant o� Harry avait �t�, et le fait que le professeur Quirrell �tait celui qui <emphasis>invitait</emphasis> le rongeait vraiment.</p><p>La premi�re partie de la mission consistait � trouver un pr�cepteur d'Occlumancie et cela s'�tait sold� par un succ�s. Le professeur Quirrell, en souriant d'un air d�moniaque, avait dit � Gripsec de recommander le meilleur qu'il connaisse et de ne pas se soucier des d�penses puisque c'�tait Dumbledore qui payait ; et le Gobelin avait sourit en retour. Il y avait peut-�tre aussi eu quelques sourires du c�t� de Harry.</p><p>La deuxi�me partie du plan avait �t� un �chec complet.</p><p>Harry n'�tait pas autoris� � retirer de l'argent de son coffre-fort si le directeur de Poudlard ou un autre officiel de l'�cole n'�tait pas pr�sent, et le professeur Quirrell ne s'�tait pas vu remettre la cl� du coffre. Les parents Moldus de Harry ne pouvaient pas l'y autoriser parce qu'ils �taient des Moldus, et les Moldus avaient � peu pr�s le m�me statut juridique que des enfants ou des b�b�s chats : ils �taient mignons, donc si vous les torturiez en public, vous pouviez vous faire arr�ter, mais ce n'�taient pas des <emphasis>gens</emphasis>. Une clause avait �t� ajout�e avec r�ticence afin de reconna�tre les parents de n�s-Moldus comme des �tres humains � titre limit�, mais les parents adoptifs de Harry n'entraient pas dans cette cat�gorie juridique.</p><p>Il semblait qu'aux yeux du monde magique, Harry �tait un orphelin de fait. En tant que tel, le directeur de Poudlard ou ceux d�sign�s par lui <emphasis>au sein</emphasis> du syst�me scolaire �taient les gardiens de Harry jusqu'� ce qu'il obtienne ses dipl�mes. Harry <emphasis>pouvait</emphasis> respirer sans autorisation de Dumbledore, mais seulement si le directeur ne l'interdisait pas sp�cifiquement.</p><p>Harry avait alors demand� � Gripsec s'il pouvait simplement lui <emphasis>dire</emphasis> comment diversifier ses investissements � plus que des piles de pi�ces d'or pos�es dans un coffre-fort.</p><p>Gripsec l'avait regard� d'un �il vide et lui avait demand� ce que 'diversifier' voulait dire.</p><p>Il semblait que les banques ne faisaient pas d'investissements. Les banques stockaient vos pi�ces d'or dans des coffres-forts prot�g�s en �change de frais annuels.</p><p>Le monde magique n'avait pas de concept d'action. Ni de capitaux propres. Ni d'entreprise. Les affaires �taient men�es par des familles � partir de leurs coffres-forts personnels.</p><p>Les pr�ts �taient accord�s par les gens riches, pas par les banques. M�me si Gringotts se serait port� t�moin du contrat en �change d'honoraires et aurait fait respecter sa collecte pour des honoraires bien plus �lev�s.</p><p>Les gentils riches laissaient leurs amis emprunter de l'argent et rembourser quand ils pouvaient. Les <emphasis>m�chants</emphasis> riches vous faisaient payer un <emphasis>int�r�t</emphasis>.</p><p>Il n'y avait pas de march� secondaire des emprunts.</p><p>Les m�chants riches vous faisaient payer un int�r�t annuel d'au moins 20%.</p><p>Harry s'�tait lev�, puis il s'�tait d�tourn�, et il avait laiss� sa t�te reposer contre un mur.</p><p>Harry avait demand� s'il avait besoin de l'autorisation du directeur pour pouvoir ouvrir une banque.</p><p>Le professeur Quirrell avait alors interrompu la conversation, disant qu'il �tait l'heure d'aller d�jeuner, et il avait prestement reconduit un Harry fulminant � travers les portes de bronze de Gringotts, � travers le Chemin de Traverse, et jusqu'� un excellent restaurant nomm� <emphasis>Chez Marie</emphasis>, o� une pi�ce leur avait �t� r�serv�e. Le propri�taire avait eu l'air choqu� de voir le professeur Quirrell accompagn� par Harry Potter, mais il les avait conduits jusqu'� la pi�ce sans se plaindre.</p><p>Et le professeur Quirrell avait assez d�lib�r�ment annonc� qu'il paierait la note, et il avait eu l'air de plut�t appr�cier la t�te que faisait Harry.</p><p>"Non," dit le professeur Quirrell � la serveuse, "nous n'aurons pas besoin de menus. J'aurai le menu sp�cial du jour, accompagn� d'une bouteille de Chianti, et M. Potter aura la soupe de Dirico pour commencer, puis une assiette de boulettes de Roopo, et un pudding de m�lasse en dessert."</p><p>La serveuse, v�tue de robes qui, bien que plus courtes que la normale, avaient quand m�me l'air stricte et formelles, s'inclina respectueusement et partit, fermant la porte derri�re elle.</p><p>Le professeur Quirrell agita une main en direction de la porte, et un verrou glissa. "Remarquez le verrou � l'int�rieur. Cette pi�ce, M. Potter, est connue sous le nom de la <emphasis>chambre de Marie</emphasis>. Elle se trouve �tre prot�g�e contre toute observation, et je dis bien <emphasis>toute</emphasis> ; Dumbledore lui-m�me ne pourrait rien d�tecter de ce qui se passe ici. La chambre de Marie est utilis�e par deux sortes de personnes. Les premiers se livrent � d'illicites badinages. Et les seconds ont des vies int�ressantes."</p><p>"<emphasis>Vraiment</emphasis>," dit Harry.</p><p>Le professeur Quirrell hocha la t�te.</p><p>Les l�vres de Harry �taient entrouvertes sous l'effet de l'anticipation. "Ce serait alors du g�chis que de rester assis ici � d�jeuner quand nous pourrions faire quelque chose de sp�cial."</p><p>Le professeur Quirrell sourit, puis il sortit sa baguette et l'agita en direction de la porte. "Bien s�r," dit-il, "les gens qui ont des vies int�ressantes prennent des pr�cautions plus <emphasis>minutieuses</emphasis> que les badineurs. Je viens de sceller la porte. Rien n'entrera ou ne sortira - par une craquelure sous la porte par exemple. Et..."</p><p>Le professeur Quirrell pronon�a pas moins de quatre enchantements diff�rents, et Harry n'en reconnu aucun.</p><p>"M�me cela ne suffit pas <emphasis>vraiment</emphasis>," dit le professeur Quirrell. "Si nous faisions quoi que ce soit de v�ritable importance, il serait n�cessaire d'op�rer vingt-trois v�rifications suppl�mentaires en plus de celle-ci. Par exemple, si Rita Skeeter sait ou a devin� que nous sommes ici, il est possible qu'elle soit dans cette pi�ce, v�tue de la vraie Cape d'Invisibilit�. Ou elle pourrait peut-�tre �tre un Animagus de petite taille. Il existe des v�rifications qui �liminent des possibilit�s improbables telles que celles-ci, mais il serait laborieux de toutes les r�aliser. Mais tout de m�me, je me demande si je ne devrais pas le faire, juste pour ne pas vous enseigner de mauvaises habitudes ?" Et le professeur Quirrell se tapota la joue du doigt, l'air distrait.</p><p>"C'est bon," dit Harry. "Je comprends, et je m'en souviendrai." M�me s'il �tait un peu d��u qu'ils ne soient pas en train de faire quelque chose de v�ritablement important.</p><p>"Tr�s bien," dit le professeur Quirrell. Il s'enfon�a dans sa chaise et eut un grand sourire. "Vous avez bien �uvr� aujourd'hui, M. Potter. L'id�e de base �tait v�tre, j'en suis s�r, m�me si vous en avez d�l�gu� l'ex�cution. Je ne pense pas que nous entendrons beaucoup parler de Rita Skeeter apr�s cela. Lucius Malfoy ne sera pas content de son �chec. Si elle est intelligente, elle fuira le pays � l'instant o� elle se rendra compte qu'elle a �t� dup�e."</p><p>Un n�ud se forma dans l'estomac de Harry. "Lucius �tait derri�re Rita Skeeter... ?"</p><p>"Oh, vous ne vous en �tiez pas rendu compte ?" dit le professeur Quirrell.</p><p>Harry n'avait pas r�fl�chi � ce qui arriverait ensuite � Rita Skeeter.</p><p>Du tout.</p><p>Pas le moins du monde.</p><p>Mais si elle se faisait renvoyer, <emphasis>bien s�r</emphasis> qu'elle se ferait renvoyer, elle avait peut-�tre des enfants � Poudlard pour ce que Harry en savait, et maintenant c'�tait pire, bien pire -</p><p>"Lucius va-t-il la faire tuer ?" dit Harry d'une voix � peine audible. Quelque part dans sa t�te, le Choixpeau lui hurlait dessus.</p><p>Le professeur Quirrell sourit s�chement. "Si vous n'avez pas encore eu affaire aux journalistes, croyez-moi sur parole quand je vous dit que le monde s'�claire un peu chaque fois que l'un d'entre eux s'�teint."</p><p>Harry bondit de sa chaise dans un mouvement convulsif, il fallait qu'il trouve Rita Skeeter et qu'il la pr�vienne avant qu'il ne soit trop tard -</p><p>"<emphasis>Asseyez-vous</emphasis>," dit le professeur Quirrell d'une voix cassante. "<emphasis>Non</emphasis>, Lucius ne la tuera pas. Mais Lucius rend la vie <emphasis>extr�mement</emphasis> d�plaisante � ceux qui le servent mal. Mademoiselle Skeeter va fuir et recommencer sa vie sous un nouveau nom. <emphasis>Asseyez-vous</emphasis>, M. Potter ; il n'y a rien que vous puissiez faire � pr�sent, et vous avez une le�on � apprendre."</p><p>Harry s'assit lentement. Il y avait un air d��u et agac� sur le visage du professeur Quirrell qui contribua plus � l'arr�ter que les mots ne l'avaient fait.</p><p>"Il arrive," dit le professeur Quirrell, la voix coupante, "que je sois inquiet � l'id�e que votre possession d'un brillant esprit Serpentard ne soit du g�chis complet. R�p�tez apr�s moi. Rita Skeeter �tait une femme vile et d�go�tante."</p><p>"Rita Skeeter �tait une femme vile et d�go�tante," dit Harry. Il ne se sentit pas � l'aise en le disant, mais apr�s tout il ne semblait pas y avoir d'autre choix possible.</p><p>"Rita Skeeter a essay� de d�truire ma r�putation, mais j'ai ex�cut� un plan ing�nieux et j'ai d�truit <emphasis>sa</emphasis> r�putation en premier."</p><p>"Rita Skeeter m'a d�fi�. Elle a perdu le jeu, et j'ai gagn�."</p><p>"Rita Skeeter �tait un obstacle � mes plans futurs. Je n'avais d'autre choix que de m'occuper d'elle si je voulais que ces plans r�ussissent."</p><p>"Rita Skeeter �tait mon ennemi."</p><p>"Je ne pourrai jamais rien accomplir dans ma vie si je n'apprends pas � vaincre mes ennemis."</p><p>"Aujourd'hui, j'ai vaincu l'un de mes ennemis."</p><p>"Je suis un bon gar�on."</p><p>"Je m�rite une r�compense sp�ciale."</p><p>"Ah," dit le professeur Quirrell, qui avait sourit avec gentillesse pendant les quelques derni�res phrases, "je vois que j'ai r�ussi � attirer votre attention."</p><p>C'�tait vrai. Et bien que Harry ait l'impression d'avoir �t� dirig� quelque part - non, ce n'�tait pas une impression, il <emphasis>avait</emphasis> �t� dirig� - il ne pouvait pas nier que de dire ces choses et de voir le professeur Quirrell sourire le <emphasis>faisait</emphasis> se sentir mieux.</p><p>Le professeur Quirrell fouilla dans ses robes, le geste lent, d�lib�r�ment �tudi�, et il fit surgir...</p><p>...un <emphasis>livre</emphasis>.</p><p>Il �tait diff�rent de tous les livres que Harry avait jamais lus, les coins et les bords visiblement d�form�s ; <emphasis>d�grossi</emphasis> �tait le mot qui venait � l'esprit, comme s'il avait �t� extrait � la pioche dans une mine de livres.</p><p>"Qu'est-ce ?" respira Harry.</p><p>"Un journal," dit le professeur Quirrell.</p><p>"De qui ?"</p><p>"Celui d'une personne c�l�bre." Le professeur Quirrell arborait un large sourire.</p><p>"D'accord..."</p><p>Le visage du professeur Quirrell devint extr�mement s�rieux. "M. Potter, l'un des pr�requis pour devenir un grand sorcier est d'avoir une excellente m�moire. La cl� d'un puzzle est parfois quelque chose que vous avez lu il y a vingt ans dans un vieux rouleau de parchemin, ou un anneau particulier que vous avez vu au doigt d'un homme que vous avez rencontr� une fois. Si je mentionne cela, c'est pour expliquer comment je suis parvenu � me souvenir de cet objet et de l'affiche qui y �tait appos�e lorsque, bien des ann�es plus tard, je vous ai rencontr�. Voyez-vous M. Potter, j'ai au cours de ma vie pu voir un certain nombre de collections priv�es d�tenues par des individus qui ne m�ritent peut-�tre pas vraiment tout ce qu'ils poss�dent -"</p><p>"Vous l'avez <emphasis>vol�</emphasis> ?" dit Harry d'un ton incr�dule.</p><p>"C'est juste," dit le professeur Quirrell. "Tr�s r�cemment � vrai dire. Je pense que vous appr�cierez cet objet pr�cis bien plus que le vil petit homme qui ne le d�tenait pour aucun autre but que celui d'impressionner ses amis �galement vils gr�ce � sa raret�."</p><p>Harry �tait maintenant bouche b�e.</p><p>"Mais si vous pensez que mes actions n'ont pas �t� correctes, M. Potter, j'imagine que vous n'avez pas besoin d'accepter votre cadeau sp�cial. M�me si je n'irai certainement <emphasis>pas</emphasis> le rendre. Alors, qu'allez-vous choisir ?"</p><p>Le professeur Quirrell jetait le livre d'une main � l'autre, ce qui poussait Harry � tendre involontairement les bras, un air constern� sur le visage.</p><p>"Oh," dit le professeur Quirrell, "ne vous souciez pas de cette manipulation brutale. Vous pourriez jeter ce journal dans un feu et il en sortirait indemne. Quoi qu'il en soit, j'attends votre d�cision."</p><p>Le professeur Quirrell jeta nonchalamment le livre dans les airs et le rattrapa en souriant.</p><p><emphasis>Non</emphasis>, dirent Gryffondor et Poufsouffle.</p><p><emphasis>Oui</emphasis>, dit Serdaigle. <emphasis>Quelle partie du mot 'livre' n'as-tu pas comprise ?</emphasis></p><p><emphasis>La partie vol, </emphasis>dit Poufsouffle.</p><p><emphasis>Oh, allez</emphasis>, dit Serdaigle, <emphasis>tu ne peux pas s�rieusement nous demander de dire non et de passer le reste de notre vie � nous demander ce que c'�tait</emphasis>.</p><p><emphasis>On dirait un net positif d'un de vue utilitariste, </emphasis>dit Serpentard. <emphasis>Vois cela comme une transaction �conomique qui g�n�re des gains gr�ce � l'�change, mais sans l'�change. En plus, on ne l'a pas vol�, et �a n'aiderait personne que le professeur Quirrell le garde pour lui.</emphasis></p><p><emphasis>Il essaie de te rendre Obscur !</emphasis> glapit Gryffondor, et Poufsouffle hocha vigoureusement la t�te.</p><p><emphasis>Ne sois pas un petit gar�on na�f</emphasis>, dit Serpentard, <emphasis>il essaie de t'enseigner le Serpentard</emphasis>.</p><p><emphasis>Ouais</emphasis>, dit Serdaigle. <emphasis>Celui qui poss�dait initialement le livre �tait probablement un Mangemort ou quelque chose du genre. Il nous appartient.</emphasis></p><p>La bouche de Harry commen�a � s'ouvrir, puis s'arr�ta en chemin ; il avait l'air d'agoniser.</p><p>Le professeur Quirrell, lui, avait l'air de beaucoup s'amuser. Il avait plac� le livre en �quilibre sur un coin, pos� sur un doigt, et il le gardait � la verticale tout en fredonnant une petite m�lodie.</p><p>Il y eut un coup contre la porte.</p><p>Le livre disparut dans les robes du professeur Quirrell, et il se leva de sa chaise. Il commen�a � marcher vers la porte -</p><p>- et chancela, faisant une embard�e soudaine en direction du mur.</p><p>"Tout va bien," dit la voix du professeur Quirrell, qui semblait soudain beaucoup plus faible que d'habitude. "Restez assis, M. Potter, c'est juste un sort d'�tourdissement. Restez assis."</p><p>Les doigts de Harry s'agripp�rent au rebord de sa chaise, il n'�tait pas certain de ce qu'il �tait cens� faire, de ce qu'il <emphasis>pouvait</emphasis> faire. Harry ne pouvait m�me pas trop s'approcher du professeur Quirrell, pas � moins de vouloir d�fier cette sensation funeste-</p><p>Le professeur Quirrell se redressa alors, et sa respiration semblait un peu lourde. Il ouvrit la porte.</p><p>La serveuse entra, portant un plateau de nourriture ; et le professeur Quirrell revint lentement � la table tandis qu'elle distribuait les assiettes.</p><p>Mais lorsqu'elle s'inclina et sortit, le professeur Quirrell �tait de nouveau assis bien droit et souriant.</p><p>Tout de m�me, le bref �pisode de quoi-que-�a-ait-�t� avait d�cid� Harry. Il ne pouvait pas dire non, pas apr�s que le professeur Quirrell ai fait tant d'efforts.</p><p>"Oui," dit Harry.</p><p>Le professeur Quirrell leva un doigt en signe d'avertissement, puis il sortit de nouveau sa baguette, verrouilla de nouveau la porte, et r�p�ta trois des enchantements qu'il avait prononc�s plus t�t.</p><p>Le professeur Quirrell r�cup�ra alors le livre depuis ses robes et le jeta � Harry, qui le fit presque tomber dans sa soupe.</p><p>Harry jeta un regard d'indignation impuissante au professeur Quirrell. On n'�tait pas cens� <emphasis>faire</emphasis> �a aux livres, enchant�s ou pas.</p><p>Harry ouvrit le livre avec une pr�caution instinctive ancr�e au plus profond de lui. Les pages semblaient trop �paisses, avec une texture qui n'�tait ni celle du papier moldu ni celle du parchemin. Et il �tait...</p><p>...vide ?</p><p>"Suis-je cens� voir -"</p><p>"Regardez plus pr�s du d�but," dit le professeur Quirrell, et Harry (de nouveau avec la pr�caution enracin�e dont il ne pouvait se d�faire) feuilleta le livre de plusieurs pages vers l'arri�re.</p><p>L'�criture �tait �videmment manuelle et tr�s dure � lire, mais Harry pensa que les mots �taient peut-�tre en Latin.</p><p>"De <emphasis>quoi</emphasis> s'agit-il ?"</p><p>"Ceci," dit le professeur Quirrell, "est le compte-rendu des recherches en magie d'un n�-Moldu qui ne se rendit jamais � Poudlard. Il refusa sa lettre d'acceptation et conduisit ses propres petites recherches, qui n'all�rent pas bien loin sans baguette. D'apr�s la description de l'affiche, je m'attends � ce que son nom vous importe plus qu'� moi. Harry Potter, ceci est le journal de Roger Bacon."</p><p>Harry s'�vanouit presque.</p><p>Nich�s contre le mur, l� o� le professeur Quirrell avait tr�buch�, brillaient les restes �cras�s d'un magnifique scarab�e bleu.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 27*: Empathie</strong></p><p>J.K. Rowling est s�re � 87% que vous allez prendre feu.</p><p>Roger Bacon vivait au 13�me si�cle et est reconnu comme l'un des premiers partisans de la m�thode scientifique. Donner son journal de bord � un scientifique est un peu comme donner � un �crivain non pas la plume de Shakespeare mais celle de quelqu'un qui aurait particip� � l'invention de l'�criture.</p><empty-line/><p>Ce n'�tait pas tous les jours que vous pouviez voir Harry Potter supplier.</p><p>"<emphasis>S'il vous plaaaaaaa�t," </emphasis>g�mit Harry Potter.</p><p>Fred et George secou�rent la t�te en souriant.</p><p>Harry Potter avait l'air d'agoniser. "Mais je vous ai <emphasis>dit</emphasis> comment j'ai fait pour le chat de Kevin Soufflebranche, et pour Hermione et la disparition du soda, et je ne <emphasis>peux pas</emphasis> vous dire pour le Choixpeau ni pour le Rapeltout ni pour le professeur Rogue..."</p><p>Fred et George hauss�rent les �paules et se d�tourn�rent, se pr�parant � partir.</p><p>"Si jamais tu trouves la r�ponse," dirent les jumeaux Weasley, "assure-toi de nous le faire savoir."</p><p>"<emphasis>Vous �tes m�chants ! Vous �tes tous les deux m�chants !</emphasis>"</p><p>Fred et George rabattirent fermement la porte de la salle vide et s'assur�rent de maintenir leur sourire pendant un moment, juste au cas o� Harry Potter aurait pu voir � travers les portes.</p><p>Puis ils pass�rent l'angle d'un couloir et leurs visages s'affaiss�rent.</p><p>"J'imagine que les suppositions de Harry -"</p><p>"- ne t'ont pas donn� d'id�es ?" se dirent-ils en m�me temps l'un � l'autre, et leurs �paules s'abattirent encore plus.</p><p>Leur dernier souvenir en rapport avec l'affaire �tait Flume refusant de les aider m�me s'ils n'arrivaient pas � se souvenir de <emphasis>ce</emphasis> qu'ils lui avaient demand� de faire...</p><p>...mais ils devaient avoir �t� chercher ailleurs, avoir trouv� <emphasis>quelqu'un</emphasis> pr�t � les aider � faire <emphasis>quelque chose</emphasis> d'ill�gal sans quoi ils n'auraient pas accept� de subir ensuite un sortil�ge d'Amn�sie.</p><p>Comment �tait-il <emphasis>possible</emphasis> qu'ils soient parvenus � accomplir tout �a avec seulement quarante Gallions ?</p><p>Au d�but, ils s'�taient inqui�t�s d'avoir fabriqu� des preuves tellement bonnes que Harry devrait <emphasis>vraiment</emphasis> �pouser Ginny... mais il semblait qu'ils avaient aussi pr�vu cela. Le compte-rendu du Magenmagot avait <emphasis>de nouveau </emphasis>�t� trafiqu� et remis dans l'�tat o� il �tait � l'origine, le faux contrat de fian�ailles avait disparu de son coffre-fort de Gringotts gard� un dragon, et ainsi de suite. C'�tait � vrai dire plut�t effrayant. La plupart des gens pensaient maintenant que la <emphasis>Gazette du sorcier</emphasis> avait tout invent� pour des raisons qui �chappaient � tous, et le <emphasis>Chicaneur</emphasis> avait obligeamment retourn� le couteau dans la plaie avec son gros titre du lendemain, HARRY POTTER SECR�TEMENT FIANC� � LUNA LOVEGOOD.</p><p>Ils souhaitaient d�sesp�r�ment que, quelle que soit la personne qu'ils avaient engag�e, elle leur dirait tout apr�s que le d�lai de prescription ait expir�. Mais en attendant, c'�tait horrible, ils avaient accompli la plus grande farce de leur vie, peut-�tre la plus grande farce de l'histoire de la farce, et ils ne se <emphasis>savaient pas comment</emphasis>. C'�tait fou, ils avaient r�ussi � trouver un moyen la <emphasis>premi�re</emphasis> fois, alors pourquoi ne pouvaient-ils pas en trouver un r�trospectivement, <emphasis>sachant</emphasis> tout ce qu'ils avaient fait ?</p><p>Leur seule consolation, c'�tait que Harry ne savait pas qu'ils ne savaient pas.</p><p>M�me Maman ne les avait pas interrog� � ce sujet en d�pit de l'�vidente connexion avec la famille Weasley. Quoi qu'ils aient accompli, c'�tait loin hors de la port�e de tout �tudiant de Poudlard... � part peut-�tre d'<emphasis>un</emphasis>, qui, si certaines rumeurs �taient vraies, aurait pu le faire en claquant des doigts. <emphasis>Harry</emphasis> avait �t� interrog� sous Veritaserum, leur avait-il dit, et Dumbledore �tait l�, jetant des regards inqui�tants aux Aurors. Les Aurors l'avaient interrog� juste assez pour d�terminer que Harry n'avait pas commis la farce lui-m�me et qu'il n'avait fait dispara�tre personne puis ils s'�taient pr�cipit�s hors de Poudlard.</p><p>Fred et George s'�taient demand� s'ils devaient se sentir insult�s par le fait que Harry Potter se soit fait interroger par les Aurors pour <emphasis>leur</emphasis> farce mais l'expression de <emphasis>Harry</emphasis> probablement caus�e par ce m�me fait les avait convaincus que �a en valait la peine.</p><p>Il n'avait pas �t� surprenant d'apprendre que Rita Skeeter et le r�dacteur en chef de la <emphasis>Gazette du sorcier</emphasis> avaient tous deux disparus et qu'ils �taient probablement tous deux dans un autre pays. Ils <emphasis>auraient</emphasis> aim� raconter �a � leur famille. Ils pensaient que Papa les aurait probablement f�licit�s apr�s que Maman ait fini de les tuer et que Ginny ait br�l� leur d�pouille.</p><p>Mais tout allait bien, ils le diraient � Papa un jour, et en attendant...</p><p>...en attendant, Dumbledore avait �ternu� par hasard en les croisant dans le couloir et un petit paquet �tait accidentellement tomb� de ses poches, et � l'int�rieur s'�taient trouv�s deux monocles de cambrioleurs assortis d'une <emphasis>incroyable</emphasis> qualit�. Les jumeaux Weasley avaient test� leurs monocles sur le couloir "interdit" du troisi�me �tage en faisant un rapide aller-retour jusqu'au miroir magique, et s'ils n'avaient pas pu clairement voir <emphasis>toutes</emphasis> les toiles de d�tection, les monocles leur en avaient toutefois montr� <emphasis>beaucoup</emphasis> plus que ce qu'ils avaient vu lors de leur passage pr�c�dent.</p><p>Bien s�r, ils faudrait qu'ils fassent tr�s attention de ne jamais se faire prendre avec les monocles en leur possession ou ils finiraient dans le bureau du directeur � se faire donner la le�on avec beaucoup de s�v�rit�, et peut-�tre m�me � recevoir des menaces de renvoi.</p><p>Il �tait bon de savoir que tous ceux qui �tais r�partis � Gryffondor ne finissaient pas comme le professeur McGonagall.</p><empty-line/><p>Harry �tait assis � un bureau dans une pi�ce blanche sans fen�tre et sans d�coration face � un homme sans expression habill� de robes d'un noir uni et formel.</p><p>La pi�ce �tait prot�g�e contre toute d�tection et l'homme avait jet� exactement vingt-sept sorts avant de dire ne serait-ce que "Bonjour, M. Potter."</p><p>Il �tait �trangement de circonstance que ce m�me homme en noir s'appr�te � lire l'esprit de Harry.</p><p>"Pr�parez-vous," dit l'homme d'une voix sans timbre.</p><p>Le livre d'Occlumancie de Harry avait dit qu'un esprit humain n'�tait expos� � un Legilimens que par certaines <emphasis>surfaces</emphasis>. Si vous �chouiez � d�fendre vos surfaces, le Legilimens allait <emphasis>au travers</emphasis> d'elles et il �tait alors capable d'acc�der � toutes les parties de votre esprit qu'il �tait capable de comprendre...</p><p>...ce qui n'�tait g�n�ralement pas grand-chose. Il semblait que pour les humains, les esprits d'autres humains �taient difficiles � comprendre pass� le plus superficiel des niveaux. Harry s'�tait demand� si le fait d'avoir beaucoup de connaissances en sciences cognitives ferait de lui un Legilimens incroyablement puissant mais ses exp�riences pass�es avaient <emphasis>fini</emphasis> par lui inculquer qu'il ferait mieux de s'exalter un peu moins vite � ce genre de sujet. Ce n'�tait pas comme si les scientifiques cognitifs comprenaient les humains assez bien pour pouvoir en fabriquer un.</p><p>Pour apprendre le contre - l'Occlumancie - la premi�re �tape consistait � s'imaginer �tre quelqu'un d'autre, � le pr�tendre aussi minutieusement que possible, � s'immerger enti�rement dans cette personnalit� alternative. Vous n'auriez pas toujours � faire �a, mais au d�but, c'�tait comme �a que vous appreniez o� vos surfaces se trouvaient. Le Legilimens essaierait de vous lire, et, si vous pr�tiez assez attention, vous le sentiriez essayer d'entrer. Et votre travail �tait de vous assurer qu'il touchait toujours votre personnalit� imaginaire et jamais la vraie.</p><p>Une fois que vous �tiez assez bon, vous pouviez imaginer �tre une personne tr�s <emphasis>simple</emphasis>, faire semblant d'�tre un caillou et prendre l'habitude de laisser le d�guisement en place aux endroits o� se trouvaient vos surfaces. C'�tait une barri�re Occlumantique standard. Faire semblant d'�tre un rocher �tait difficile � apprendre au d�but mais simple � faire ensuite, et la surface expos�e d'un esprit �tant bien moins profonde que son int�rieur, vous pouviez avec assez de pratique garder le d�guisement activ� simplement par habitude.</p><p>Ou alors, si vous �tiez un <emphasis>Occlumens parfait</emphasis>, vous pouviez aller <emphasis>au-devant</emphasis> de n'importe quelle sonde et r�pondre aux questions aussi vites qu'elles �taient pos�es pour que le Legilimens entre par vos surfaces et ne voie qu'un esprit indistinguable de la personne que vous pr�tendiez �tre.</p><p>Le fait que l'on puisse tromper les meilleurs des t�l�pathes humains en faisant semblait d'�tre quelqu'un d'autre rappelait tristement � quel point les humains se comprenaient mal et le peu qu'un sorcier pouvait esp�rer appr�hender des profondeurs qui se cachaient sous la surface de l'esprit.</p><p>Mais les humains ne se comprennent en premier lieu que parce qu'ils font semblant. Vous ne faites pas de pr�dictions au sujet des autres en mod�lisant les cent billions de synapses de leur esprit sous la forme d'objets distincts. Demandez au meilleur manipulateur de la Terre de vous fabriquer un Intelligence Artificielle � partir de rien et ils vous regardera d'un air b�te. Vous pr�disez les actes des autres en disant � <emphasis>votre</emphasis> cerveau d'agir comme le leur. Vous vous <emphasis>mettez � leur place</emphasis>. Si vous voulez savoir ce qu'une personne en col�re ferait, vous activez le circuit de col�re de votre propre cerveau et ce que ce circuit produira sera votre pr�diction. � quoi ressemble la circuiterie neuronale de la col�re ? Qui sait ? Le meilleur manipulateur de la Terre ne sait peut-�tre m�me pas ce que <emphasis>sont </emphasis>les neurones, pas plus que ne le sait le meilleur des Legilimens.</p><p>Tout ce qu'un Legilimens pouvait <emphasis>comprendre</emphasis>, un Occlumens pouvait le <emphasis>pr�tendre</emphasis>. C'�tait la m�me technique qui �tait utilis�e dans les deux cas - probablement impl�ment�e par la m�me circuiterie neuronale, un seul ensemble de circuits de contr�le destin�s � reconfigurer votre cerveau pour qu'il agisse comme le mod�le de celui d'un autre.</p><p>Et ainsi la course entre l'offense et la d�fense t�l�pathique s'�tait achev�e par une victoire d�cisive pour la d�fense. Autrement le monde magique et peut-�tre m�me la Terre enti�re auraient �t� des endroits bien diff�rents...</p><p>Harry prit une profonde inspiration et se concentra. Il avait un l�ger sourire sur le visage.</p><p>Pour <emphasis>une fois</emphasis>, juste <emphasis>une fois</emphasis>, Harry ne s'�tait pas fait rouler rayon pouvoirs myst�rieux.</p><p>Apr�s presque un mois de travail, et plus sur un coup de t�te qu'� cause d'une vraie intuition, Harry avait d�cid� de se mettre froidement en col�re et d'essayer � nouveau les exercices du livre d'Occlumancie. Il en �tait alors presque au point d'abandonner tout espoir dans le domaine mais �a avait sembl� m�riter un rapide essai -</p><p>Il avait fait les exercices les plus difficiles du livre � toute vitesse, en moins de deux heures, et le lendemain il �tait all� voir le professeur Quirrell et il lui avait dit qu'il �tait pr�t.</p><p>Il s'�tait av�r� que son c�t� obscur �tait tr�s, <emphasis>tr�s</emphasis> bon pour faire semblant d'�tre quelqu'un d'autre.</p><p>Harry pensa � son d�clencheur standard, qui datait de la premi�re fois qu'il �tait enti�rement pass� � son c�t� obscur...</p><p><emphasis>Severus marqua une pause, l'air plut�t content de lui. "Et ce sera... cinq points ? Non, disons dix points retir�s � Serdaigle pour impertinence."</emphasis></p><p>Le sourire de Harry devint plus froid, et il regarda l'homme en robes noires qui pensait qu'il allait lire l'esprit de Harry.</p><p>Puis il devint une toute autre personne, quelqu'un qui lui avait sembl� appropri� pour l'occasion.</p><empty-line/><p>...assis � un bureau dans une pi�ce blanche sans fen�tre et sans d�coration face � un homme sans expression habill� de robes d'un noir uni et formel.</p><p>Kimball Kinnison regarda l'homme en robes noires qui pensait qu'il allait lire l'esprit d'un Surfulgur de la Patrouille Galactique.</p><p>De dire que Kimball Kinnisen �tait confiant quant au r�sultat de la tentative aurait �t� un euph�misme. Il avait �t� entra�n� par Mentor d'Arisia, l'esprit le plus puissant connu de cet univers et de tout autre, et le simple sorcier assis en face de lui verrait pr�cis�ment ce que le Fulgur Gris voudrait qu'il voit...</p><p>...l'esprit du gar�on sous les traits duquel il �tait pour l'instant d�guis�, un gar�on innocent nomm� Harry Potter.</p><p>"Je suis pr�t" dit Kimball Kinnison d'un ton nerveux qui �tait exactement celui qu'aurait eu un gar�on de onze ans.</p><p>"<emphasis>Legilimens,</emphasis>" dit le sorcier en robes noires.</p><p>Il y eut un flottement.</p><p>Le sorcier en robes noires cligna des yeux comme s'il avait vu quelque chose de si choquant que �a avait m�rit� qu'il en bouge <emphasis>ses </emphasis>paupi�res. Sa voix n'�tait pas aussi vide de timbre qu'elle l'avait �t� : "Le Survivant a un <emphasis>myst�rieux</emphasis><emphasis>c�t� obscur</emphasis> ?"</p><p>Une chaleur grimpa lentement le long des joues de Harry.</p><p>"Eh bien," dit l'homme. Son visage �tait redevenu parfaitement calme. "Excusez-moi, M. Potter, c'est une chose que de conna�tre ses avantages, mais c'en est une autre que d'�tre follement trop s�r d'eux. Peut-�tre pourrez-vous en effet apprendre l'Occlumancie � l'�ge de onze ans. Cela me subjugue. J'avais cru que M. Dumbledore faisait encore semblant d'�tre fou. Votre talent dissociatif est si fort que je suis surpris de ne voir aucun autre signe d'abus infantile, et vous pourriez peut-�tre finir par devenir un Occlumens parfait. Mais il existe une diff�rence consid�rable entre �a et s'attendre � �riger une barri�re Occlumantique fonctionnelle du premier coup. C'est simplement ridicule. Avez-vous senti quoi que ce soit pendant que je lisais votre esprit ?"</p><p>Harry secoua la t�te, rougissant furieusement.</p><p>"Alors faites plus attention la prochaine fois. Le but n'est pas de cr�er une image parfaite lors votre premier jour de cours. Le but est d'apprendre o� se trouvent vos surfaces. Pr�parez-vous."</p><p>Harry essaya de faire � nouveau semblant d'�tre Kimball Kinnisen, il essaya de faire plus attention, mais ses pens�es �taient un peu �parses, et il avait soudain conscience de toutes les choses auxquelles il ne devrait pas penser...</p><p>Oh, �a allait �tre nul.</p><p>Harry grin�a des dents. Au moins l'instructeur subirait un sort d'Amn�sie.</p><p>"<emphasis>Legilimens</emphasis>."</p><p>Il y eut une pause -</p><p>...assis � un bureau dans une pi�ce blanche sans fen�tre et sans d�coration face � un homme sans expression habill� de robes d'un noir uni et formel.</p><p>C'�tait leur quatri�me jour, un dimanche soir. Quand vous payiez autant, vous aviez vos cours quand �a vous chantait et vous n'aviez pas � vous pr�occuper du concept de week-ends.</p><p>"Bonjour, M. Potter," dit le t�l�pathe d'une voix sans timbre apr�s avoir jet� l'ensemble des sorts de protection de l'intimit�.</p><p>"Bonjour, M. Bester," dit Harry d'une voix lasse. "D�barrassons-nous d�j� du choc initial, voulez-vous ?"</p><p>"Vous �tes parvenu � me surprendre ?" dit l'homme, maintenant l�g�rement int�ress�. "Eh bien alors," il pointa sa baguette et se plongea dans les yeux de Harry. "<emphasis>Legilimens</emphasis>."</p><p>Il y eut une pause, puis le sorcier en robes noires tressaillit, comme si quelqu'un l'avait touch� avec un aiguillon � b�tail.</p><p>"Le Seigneur des T�n�bres est <emphasis>en vie</emphasis> ?" s'�trangla-t-il. Ses yeux �taient soudain devenus fous. "<emphasis>Dumbledore se rend invisible et se faufile dans les dortoirs des filles ?</emphasis>"</p><p>Harry soupira et regarda sa main. Dans � peu pr�s trois secondes...</p><p>"Donc," dit l'homme. Il n'avait pas enti�rement r�cup�r� son absence de timbre. "Vous croyez honn�tement que vous allez d�couvrir les r�gles secr�tes de la magie et devenir tout-puissant."</p><p>"C'est �a," dit Harry d'une voix �gale en regardant toujours sa montre. "Je suis <emphasis>aussi</emphasis> pr�somptueux <emphasis>que �a</emphasis>."</p><p>"Je me le demande. Il semble que le Choixpeau pense que vous allez devenir le prochain Seigneur des T�n�bres."</p><p>"Et <emphasis>vous</emphasis> savez que je fais de mon mieux pour ne <emphasis>pas</emphasis> le devenir, et vous avez vu que nous avons d�j� eu une longue discussion pour d�terminer si vous acceptiez de m'enseigner l'Occlumancie, et vous avez fini par d�cider que vous le ferez, alors pourrions-nous juste passer � la suite ?"</p><p>"Tr�s bien," dit l'homme exactement six secondes plus tard, pareil que la derni�re fois. "Pr�parez-vous." Il marqua une paus puis dit, sa voix assez m�lancolique : "Bien que <emphasis>j'aimerais</emphasis> pouvoir me souvenir de cette astuce avec l'or et l'argent."</p><p>Harry trouvait assez d�rangeant de se rendre compte � quel point les pens�es humaines �taient reproductibles lorsque vous r�initialisiez les gens aux m�mes conditions initiales et que vous les exposiez aux m�mes stimulus. Cela dissipait des illusions qu'un bon r�ductionniste n'aurait pas d� avoir en premier lieu.</p><empty-line/><p>Le lundi matin suivant, Harry sortait de son cours de Botanique d'un pas lourd, d'assez mauvaise humeur.</p><p>Hermione bouillonnait � c�t� de lui.</p><p>Les autres enfants �taient toujours � l'int�rieur, rassemblant leurs affaires avec lenteur car ils piaillaient avec excitation au sujet de la victoire de Serdaigle au deuxi�me match de Quidditch de l'ann�e.</p><p>Il semblait que la nuit derni�re, apr�s d�ner, une fille avait vol� sur un balais pendant une demi heure et avait ensuite attrap� une sorte de moustique g�ant. Il existait d'autres faits relatant ce qui s'�tait pass� pendant le match mais ils n'�taient pas pertinents � l'issue de celui-ci.</p><p>Harry avait rat� ce palpitant �v�nement sportif � cause de son cours d'Occlumancie et aussi parce qu'il avait une vie, lui.</p><p>Il avait donc �vit� toute conversation du dortoir Serdaigle, les sorts de Sourdinam et les malles magiques n'�taient-ils pas merveilleux. Il avait pris son petit d�jeuner � la table Gryffondor.</p><p>Mais Harry n'avait pas pu �viter le cours de Botanique, et les Serdaigles en avaient parl� avant le cours, et apr�s le cours, et <emphasis>pendant</emphasis> le cours jusqu'� ce que Harry ait relev� les yeux du b�b� furcot dont il changeait la couche et qu'il ait annonc� d'une voix forte que certains ici essayaient d'apprendre quelque chose au sujet des <emphasis>plantes</emphasis> et que les Vifs ne poussaient ni dans les arbres ni ailleurs alors pourraient-ils arr�ter de parler du Quidditch <emphasis>par piti�</emphasis>. Toutes les personnes pr�sentes lui avaient jet� des regards choqu�s mis � part Hermione qui avait eu l'air de vouloir applaudir et le professeur Chourave qui lui avait donn� un point pour Serdaigle.</p><p>Un point pour Serdaigle.</p><p><emphasis>Un</emphasis> point.</p><p>Les sept idiots sur leur balais idiots avaient gagn� <emphasis>cent quatre-vingt-dix points</emphasis> pour Serdaigle en jouant � leur jeu idiot.</p><p>Il semblait que les scores de Quidditch <emphasis>s'ajoutaient directement au total d'une Maison</emphasis>.</p><p>En d'autres mots, attraper un moustique dor� valait 150 points.</p><p>Harry n'arrivait m�me pas � <emphasis>imaginer</emphasis> ce qu'il devrait faire pour m�riter cent cinquante points.</p><p>� part, vous savez, sauver <emphasis>cent cinquante Poufsouffles</emphasis>, ou trouver <emphasis>quinze id�es aussi bonnes que celle consistant � ajouter une coque protectrice autour des machines � remonter le temps</emphasis>, ou inventer <emphasis>mille cinq cent fa�ons cr�atives de tuer des gens</emphasis>, ou �tre Hermione Granger pendant <emphasis>toute l'ann�e</emphasis>.</p><p>"On devrait les tuer," dit Harry � Hermione, qui marchait � c�t� de lui et qui avait un air tout aussi offens� que le sien.</p><p>"Qui ?" dit Hermione. "L'�quipe de Quidditch ?"</p><p>"Je pensais � toute personne sur Terre ayant quoi que ce soit � voir avec le Quidditch, mais oui, l'�quipe de Serdaigle serait un bon d�but."</p><p>Les l�vres de Hermione �tait pinc�es d'un air d�sapprobateur. "Tu <emphasis>sais</emphasis> que c'est mal de tuer des gens, Harry ?"</p><p>"Oui," dit Harry.</p><p>"D'accord, je voulais juste v�rifier," dit Hermione. "Occupons-nous d'abord de l'Attrapeuse. J'ai lu quelques myst�res d'Agatha Christie, sais-tu comment on pourrait la faire monter dans un train ?"</p><p>"Deux �tudiants qui fomentent un meurtre," dit une voix s�che. "Que c'est choquant."</p><p>Un homme v�tu de robes l�g�rement tach�es passa un angle proche, sans se presser. Ses cheveux longs, gras et n�glig�s tombaient le long de ses �paules. Un danger mortel semblait irradier de lui, remplir le couloir de potions mal m�lang�es, de chutes accidentelles et de gens mourant dans leur lit de causes que les Aurors d�clareraient plus tard comme �tant naturelles.</p><p>Sans y penser, Harry se pla�a devant Hermione.</p><p>Il y eut une inspiration venant de derri�re lui, puis un instant plus tard, Hermione le poussa et se pla�a devant <emphasis>lui</emphasis>. "Cours, Harry !" dit-elle. "Les gar�ons ne devraient pas �tre mis en danger."</p><p>Severus Rogue eut un faux sourire. "Amusant. Je demande un peu de votre temps, Potter, si vous pouvez vous arracher � votre flirt avec mademoiselle Granger."</p><p>Il y eut soudain un air tr�s soucieux sur le visage de Hermione. Elle se retourna vers Harry et ouvrit la bouche, puis s'interrompit, l'air perturb�e.</p><p>"Oh, ne vous en faites pas, mademoiselle Granger," dit la voix soyeuse de Severus. "Je promets de vous rendre votre beau [NdT: en fran�ais dans le texte] non estropi�." Son sourire disparut. "Maintenant, Potter et moi allons partir et avoir une conversation en priv�, juste entre nous. J'esp�re qu'il est clair que vous n'�tes pas invit�e, mais juste au cas o�, consid�rez cela comme un ordre venant d'un professeur de Poudlard. Je suis s�r qu'une bonne petite fille comme vous ne d�sob�ira pas."</p><p>Et Severus se d�tourna et repartit vers l'angle d'o� il �tait venu. "Vous venez, Potter ?" dit sa voix.</p><p>"Euh," dit Harry � Hermione. "Est-ce que je peux, euh, partir et le suivre et <emphasis>te</emphasis> laisser trouver ce que j'aurais d� dire pour m'assurer que tu ne sois pas toute inqui�te et offens�e ?"</p><p>"Non," dit Hermione d'une voix tremblante.</p><p>Le rire de Severus leur parvint par �chos depuis derri�re l'angle du couloir.</p><p>Harry inclina la t�te. "D�sol�," dit-il bassement, "vraiment," et il partit � la poursuite du ma�tre de Potions.</p><empty-line/><p>"Donc," dit Harry. Il n'y avait pas d'autre son que celui de leurs deux paires de jambes, les longues et les courtes, qui avan�aient � pas feutr�s sur un couloir de pierre quelconque ; le ma�tre de Potions d�ambulait rapidement, mais pas trop, pour que Harry puisse le suivre, et dans la mesure o� Harry pouvait appliquer le concept de direction � Poudlard, ils s'�loignaient des zones fr�quent�es. "De quoi s'agit-il ?"</p><p>"J'imagine que vous ne pourriez pas expliquer," dit s�chement Severus, "pourquoi vous fomentiez tous deux le meurtre de Cho Chang ?"</p><p>"J'imagine que <emphasis>vous</emphasis> ne pourriez pas expliquer," dit s�chement Harry, "en tant qu'officiel du syst�me scolaire de Poudlard, pourquoi attraper un moustique en or est consid�r� comme une r�ussite scolaire qui m�rite cinquante points ?"</p><p>Un sourire passa sur les l�vres de Severus. "Eh bien, moi qui croyais que vous �tiez cens� �tre perspicace. �tes-vous r�ellement incapable de comprendre vos camarades de classe, Potter, ou votre aversion pour eux est-elle si grande que vous ne voulez m�me pas essayer de le faire ? Si les points de Quidditch n'�taient pas compt�s pour la coupe des Maisons, alors aucun �l�ve ne s'int�resseraient aux points. Il ne s'agirait plus que d'un obscur concours pour les �l�ves tels que vous et mademoiselle Granger."</p><p>C'�tait une r�ponse �tonnamment bonne.</p><p>Et cet �tonnement r�veilla enti�rement l'esprit de Harry.</p><p>R�trospectivement, il n'aurait pas d� �tre surprenant que Severus comprenne ses �tudiants, et qu'il les comprenne m�me tr�s bien.</p><p>Il avait lu leurs esprits.</p><p>Et... le livre disait qu'un Legilimens efficace �tait extr�mement rare, bien plus rare qu'un Occlumens parfait, parce que presque personne n'avait assez de discipline mentale.</p><p><emphasis>Discipline mentale</emphasis> ?</p><p>Harry avait r�colt� des histoires au sujet d'un homme qui perdait r�guli�rement son temp�rament en cours et qui criait sur de jeunes enfants.</p><p>... mais le m�me homme, quand Harry avait mentionn� que le Seigneur des T�n�bres �tait toujours en vie, avait r�pondu instantan�ment et parfaitement, en r�agissant exactement comme quelqu'un qui aurait totalement ignor� ce fait.</p><p>L'homme d�ambulait dans Poudlard avec un air d'assassin, irradiant le danger...</p><p>...ce qui �tait exactement ce qu'un vrai assassin n'aurait <emphasis>pas </emphasis>fait. Les vrais assassins devaient ressembler � d'humble petits comptables jusqu'� ce qu'ils vous tuent.</p><p>Il �tait le directeur de la fi�re et aristocratique maison Serpentard, et il portait une robe tach�e de potions et de bouts d'ingr�dients que deux minutes de magie auraient enlev�s.</p><p>Harry remarqua qu'il �tait confus.</p><p>Et son estimation de la menace que repr�sentait <emphasis>le directeur de la maison Serpentard</emphasis> grimpa en fl�che jusqu'� atteindre des niveaux astronomiques.</p><p>Dumbledore avait eu l'air de penser que Severus �tait sien, et il n'y avait rien eu pour venir contredire cela ; le ma�tre de Potions avait �t� 'effrayant mais pas abusif', comme promis. Harry s'�tait donc dit un peu plus t�t qu'il s'agissait l� d'une affaire li�e � la Communaut�. Si Severus avait pr�vu de lui faire du mal, il ne serait certainement pas venu chercher Harry devant Hermione, un t�moin, alors qu'il aurait simplement pu attendre un moment o� Harry serait seul...</p><p>Harry se mordit discr�tement la l�vre.</p><p>"J'ai un jour connu un gar�on qui adorait le Quidditch," dit Severus Rogue. "C'�tait un abruti fini. Comme nous nous y serions attendus tous deux."</p><p>"De <emphasis>quoi</emphasis> s'agit-il ?" dit lentement Harry.</p><p>"Patience, Potter."</p><p>Severus tourna la t�te, puis il glissa � sa mani�re d'assassin vers une ouverture proche entre les murs du couloir, un corridor plus petit et plus �troit, qui d�rivait.</p><p>Harry le suivit en se demandant s'il aurait �t� plus intelligent de simplement s'enfuir.</p><p>Il tourna, puis il tourna encore, et il arriva � un cul-de-sac, un simple mur vide. Si Poudlard avait vraiment �t� construite et pas invoqu�e ou conjur�e ou n�e ou quelque chose du genre, Harry aurait eu quelques mots acerbes � dire � l'architecte qui avait pay� des gens pour construire des corridors qui ne menaient nulle part.</p><p>"<emphasis>Silencio</emphasis>," dit Severus, ainsi que quelques autres choses.</p><p>Harry se pencha en arri�re, croisa ses bras sur sa poitrine, et regarda le visage de Severus.</p><p>"On me regarde dans les yeux, Potter ?" dit Severus Rogue. "Vos le�ons d'Occlumancie ne peuvent avoir progress� suffisamment pour que vous puissiez bloquer la L�gilimancie. Mais peut-�tre avez-vous assez progress� pour �tre capable de la d�tecter. Puisque je ne peux le savoir, je m'abstiendrai d'essayer. L'homme sourit l�g�rement. "Et il en va de m�me pour Dumbledore, je pense. Qui est la raison pour laquelle nous sommes <emphasis>en train</emphasis> d'avoir cette conversation."</p><p>Les yeux de Harry s'�carquill�rent involontairement.</p><p>"Pour commencer," dit Severus, les yeux brillants, "je voudrais votre promesse que vous ne parlerez pas de notre conversation � <emphasis>quiconque</emphasis>. En ce qui concerne l'�cole, nous discutons de vos devoirs de Potions. Qu'ils le croient ou non n'a aucune importance. En ce qui concerne Dumbledore et McGonagall, je trahis les confidences que Draco Malfoy m'a faites, et aucun de nous deux ne pense qu'il serait de bon ton d'en dire plus long sur les d�tails."</p><p>Le cerveau de Harry essaya de calculer les ramifications et les implications de ce que Rogue venait de dire et il manqua de m�moire virtuelle.</p><p>"Eh bien ?" dit le ma�tre de Potions.</p><p>"Tr�s bien," dit lentement Harry. Il �tait difficile de voir comment le fait d'avoir une conversation et de ne pouvoir dire � personne que vous l'aviez eue �tait plus contraignant que de ne <emphasis>pas</emphasis> l'avoir eue, auquel cas vous ne pouviez pas <emphasis>non plus</emphasis> en dire le contenu � quelqu'un. "Je promets."</p><p>Severus regardait Harry avec attention. "Vous avez un jour dit, dans le bureau du directeur, que vous ne tol�reriez pas qu'on malm�ne ou qu'on abuse des enfants. Je me demande donc, Harry Potter. � quel point ressemblez-vous � votre p�re ?"</p><p>"� moins que nous ne parlions de Michael Verres-Evans," dit Harry, "la r�ponse est que j'en sais tr�s peu au sujet de James Potter."</p><p>Severus hocha la t�te, comme s'il s'adressait � lui-m�me. "Il y a un Serpentard en cinqui�me ann�e. Un gar�on nomm� Lesath Lestrange. Il est malmen� par des Gryffondors. Je suis... restreint dans mes capacit�s � g�rer une telle situation. <emphasis>Vous</emphasis> pourriez peut-�tre l'aider. Si vous le souhaitiez. Je ne vous demande pas une faveur et je ne vous en devrai aucune. Il s'agit simplement d'une opportunit� de faire ce que vous voulez."</p><p>Harry regarda Severus en r�fl�chissant.</p><p>"Vous vous demandez si c'est un pi�ge ?" dit Severus, un l�ger sourire sur les l�vres. "Ce n'est pas un pi�ge. C'<emphasis>est</emphasis> un test. Consid�rez cela comme une marque de ma curiosit�. Mais les probl�mes de Lesath sont r�els, tout comme le sont mes propres difficult�s � intervenir."</p><p>C'�tait le probl�me quand les gens savaient que vous �tiez un des gentils. M�me si vous saviez qu'ils le savaient, vous ne pouviez toujours pas ignorer l'app�t.</p><p>Et si son p�re avait lui aussi prot�g� les �tudiants contre les petits durs... �a n'avait pas d'importance que Harry sache pourquoi Severus lui avait donn� cette information. �a lui r�chauffait quand m�me le c�ur, le rendait fier, et l'emp�chait de refuser l'opportunit�.</p><p>"Tr�s bien," dit Harry. "Parlez-moi de Lesath. Pourquoi est-il malmen� ?"</p><p>Le visage de Severus perdit son l�ger sourire. "Vous pensez qu'il y a des <emphasis>raisons</emphasis>, Potter ?"</p><p>"Peut-�tre pas," dit doucement Harry. "Mais l'id�e m'est venue qu'il pourrait avoir pouss� une Sang-de-Bourbe sans importance du haut de quelque escalier."</p><p>"Lesath Lestrange," dit Severus, sa voix � pr�sente froide, "est le fils de Bellatrix Black, la servante la plus fanatique et la plus mal�fique du Seigneur des T�n�bres. Lesath est le b�tard reconnu de Rastaban Lestrange. Peu apr�s la mort du Seigneur des T�n�bres, Bellatrix, Rastaban et le fr�re de Rastaban, Rodolphus, furent captur�s alors qu'ils torturaient Alice et Frank Londubat. Ils sont tous trois emprisonn�s � vie � Azkaban. Les Londubat ont �t� rendus fous par des Cruciatus r�p�t�s et demeurent � l'aile des Incurables de Sainte Mangouste. Est-ce l� une bonne raison de le maltraiter, Potter ?"</p><p>"Absolument pas," dit Harry, toujours doucement. "Et Lesath lui-m�me n'a commis aucun tort dont vous soyez au courant ?"</p><p>Le l�ger sourire traversa de nouveau les l�vres de Severus. "Il n'est pas plus saint qu'un autre. Mais il n'a pouss� aucune Sang-de-Bourbe dans les escaliers, pas que j'ai entendu."</p><p>"Ou lu dans son esprit," dit Harry.</p><p>L'expression de Severus �tait glac�e. "Je n'ai pas envahi son intimit�, Potter. J'ai plut�t regard� dans les Gryffondors. Il constitue une cible commode pour la satisfaction de leurs petites envies."</p><p>Un douche froide de col�re courut le long de l'�pine dorsale de Harry, et il dut se rappeler que Severus n'�tait peut-�tre pas une bonne source d'information.</p><p>"Et vous pensez," dit Harry, "qu'une intervention par Harry Potter, le Survivant, pourrait s'av�rer efficace."</p><p>"En effet," dit Severus Rogue, et il dit � Harry o� et quand les Gryffondors avaient pr�vu leur prochain petit jeu.</p><empty-line/><p>Il existe un grand couloir qui traverse le centre du deuxi�me �tage de Poudlard le long de l'axe Nord-Ouest, et pr�s du centre de ce couloir se trouve une ouverture menant � un petit corridor qui se prolonge sur douze m�tres avant de tourner � angle droit, formant ainsi un L, puis il continue sur douze m�tres de plus avant de s'arr�ter au pied d'une fen�tre large et �clair�e qui offre une vue venant de trois �tage plus haut et r�v�lant la l�g�re bruine qui tombe sur les terrains � l'est de Poudlard. En se tenant � cette fen�tre, on ne peut rien entendre de ce qui a lieu dans le couloir principal, et personne dans le couloir ne pourrait entendre ce qui se passe pr�s de cette fen�tre. Si vous pensez qu'il y a l� quoi que ce soit d'�trange, c'est que vous n'�tes pas � Poudlard depuis tr�s longtemps.</p><p>Quatre gar�ons en robes bord�es de rouge rient, et un gar�on v�tu de robes bord�es de vert crie et s'agrippe fr�n�tique au rebord de la fen�tre ouverte tandis que les quatre gar�ons font mine de le pousser � l'ext�rieur. C'est juste une blague, bien s�r, et puis une chute de cette hauteur ne tuerait pas un sorcier. Une bonne plaisanterie. Si vous pensez qu'il y a l� quoi que ce soit d'�trange -</p><p>"<emphasis>Que faites-vous ?</emphasis>" dit la voix d'un sixi�me gar�on.</p><p>Les quatre gar�ons en robes bord�es de rouge pivotent en tressaillant et le gar�on en robes bord�es de vert s'�carte fr�n�tiquement de la fen�tre et tombe au sol, le visage stri� de larmes.</p><p>"Oh," dit le plus beau des gar�ons en robes � bordures rouges, l'air soulag�, "c'est <emphasis>toi </emphasis>? H�, Lessy, tu sais qui c'est ?"</p><p>Il n'y a aucune r�ponse venant du gar�on au sol, qui essaie de contr�ler ses reniflements, et le gar�on en robes bord�es de rouge replie sa jambe, se pr�parant � frapper -</p><p>"<emphasis>Arr�te !</emphasis>" crie le sixi�me gar�on.</p><p>Le gar�on en robes bord�es de rouge vacille en interrompant son coup de pied. "Euh," dit-il, "sais-<emphasis>tu</emphasis> qui il est ?"</p><p>La respiration du sixi�me gar�on semble �trange. "Lesath Lestrange," dit-il, le souffle tr�s court, "et <emphasis>il</emphasis> n'a rien fait � mes parents, il avait cinq ans."</p><empty-line/><p>Neville Londubat fixa les quatre brutes immenses qui lui faisaient face, essayant de contr�ler ses tremblements du mieux qu'il le pouvait.</p><p>Il aurait juste d� dire non � Harry Potter.</p><p>"Pourquoi est-ce que <emphasis>tu</emphasis> le d�fends ?" dit celui qui �tait beau, lentement, sur un ton perplexe qui recelait d�j� les premi�res notes de l'offense. "C'est un <emphasis>Serpentard</emphasis>. Et un <emphasis>Lestrange</emphasis>."</p><p>"C'est un gar�on qui a perdu ses parents," dit Neville Londubat. "Je sais ce que c'est." Il ne savait pas d'o� les mots �taient venus. �a avait eu l'air trop cool, comme quelque chose que Harry Potter aurait dit.</p><p>Cela dit, les tremblements continu�rent.</p><p>"Tu te prends pour <emphasis>qui</emphasis> ?" dit celui qui �tait beau, un d�but de col�re dans la voix.</p><p><emphasis>Je suis Neville, le dernier descendant de la Noble et Ancienne Maison Londubat -</emphasis></p><p>Neville n'arrivait pas � le dire.</p><p>"Je pense que c'est un <emphasis>tra�tre</emphasis>," dit l'un des autres Gryffondors, et l'estomac de Neville se noua soudain.</p><p>Il l'avait su, il l'avait juste su. Enfin de compte, Harry Potter avait eu tort. Les brutes ne s'arr�taient pas seulement parce que Neville Londubat leur disait d'arr�ter.</p><p>Celui qui �tait beau fit un pas en avant et les trois autres suivirent.</p><p>"Alors tu vois �a comme �a," dit soudain Neville, impressionn� par la fermet� de sa voix. "Tu te fiches que ce soit Lesath Lestrange ou Neville Londubat."</p><p>Lesath Lestrange �mit soudain un glapissement depuis l'emplacement o� il gisait.</p><p>"Le mal est le mal," gronda celui qui avait d�j� parl�, "et si tu es ami avec le mal, alors tu es mauvais toi aussi."</p><p>Les quatre avanc�rent d'un pas.</p><p>Lesath se leva, vacillant. Son visage �tait gris, il fit quelques pas vers l'avant, se pencha contre le mur, et ne dit rien. Ses yeux �taient riv�s sur l'angle du couloir, sur la sortie.</p><p>"Amis," dit Neville. Sa voix �tait maintenant mont�e d'une octave. "Oui, j'ai des amis. L'un d'eux est le Survivant."</p><p>Deux des Gryffondors eurent soudain l'air inquiet. Le plus beau ne broncha pas. "Harry Potter n'est pas l�", dit-il, la voix dure, "et s'il l'�tait, je ne pense pas qu'il aimerait voir un Londubat d�fendre un Lestrange."</p><p>Et le Gryffondor fit un autre pas en avant, et derri�re eux, Lesath se glissa le long du mur, attendant sa chance.</p><p>Neville d�glutit et leva la main droite avec son pouce et son index press�s l'un contre l'autre.</p><p>Il ferma les yeux parce que Harry lui avait fait promettre de ne pas regarder.</p><p>Si �a ne marchait pas, il ne ferait plus jamais confiance � personne.</p><p>Sa voix s'�leva, �tonnamment claire au vu des circonstances.</p><p>"Harry James Potter-Evans-Verres. Harry James Potter-Evans-Verres. Harry James Potter-Evans-Verres. Par la dette que tu as aupr�s de moi et par le pouvoir de ton vrai nom je t'invoque, je t'ouvre le chemin, je t'appelle � te manifester devant moi."</p><p>Neville claque des doigts.</p><p>Puis il ouvrit les yeux.</p><p>Lesath Lestrange le fixait.</p><p>Les quatre Gryffondors le fixaient.</p><p>Le plus beau commen�a � ricaner, ce qui fit partir les trois autres.</p><p>"Harry Potter �tait cens� appara�tre � l'angle de ce couloir ?" dit celui qui �tait beau. "Ouille. On dirait que tu t'es fait poser un lapin."</p><p>Le plus beau fit un pas mena�ant en direction de Neville.</p><p>Les trois autres suivirent automatiquement.</p><p>"Ahem," dit Harry Potter depuis quelque part derri�re eux, appuy� contre le mur pr�s de la fen�tre, dans le cul-de-sac du corridor, l� o� personne n'aurait pu se rendre sans �tre vu.</p><p>Si regarder les gens crier �tait toujours autant agr�able, alors Neville comprenait plus ou moins pourquoi certains d�cidaient de devenir des brutes.</p><p>Harry Potter glissa vers l'avant, se pla�ant entre Lesath Lestrange et les autres. Il fit passer son regard de glace le long des quatre gar�ons v�tus de robes � bordures rouges, puis ses yeux vinrent s'arr�ter sur le plus beau, le chef de bande. "M. Carl Sloper," dit Harry Potter. "Je crois avoir pleinement compris la situation. Si Lesath Lestrange a jamais commis le moindre mal, � part celui d'�tre n� des mauvais parents, ce fait n'est pas connu de <emphasis>vous</emphasis>. Si je me trompe � ce sujet, M. Sloper, je sugg�re que vous m'en informiez imm�diatement."</p><p>Neville vit la peur et l'admiration sur le visage des autres gar�ons. Il la ressentait lui-m�me. Harry avait <emphasis>dit</emphasis> que ce ne serait qu'un tour, mais comment �tait-ce possible ?</p><p>"Mais c'est un <emphasis>Lestrange</emphasis>," dit le chef de bande.</p><p>"C'est un gar�on qui a<emphasis> perdu ses parents</emphasis>," dit Harry Potter, sa voix devenant encore plus froide.</p><p>Cette fois, les trois autres Gryffondor tressaillirent.</p><p>"Donc," dit Harry Potter. "Vous avez vu que Neville ne voulait pas que vous tourmentiez un gar�on innocent au nom des Londubat. Cela ne vous a pas convaincu. Si je vous dit que le Survivant pense <emphasis>lui aussi</emphasis> que vous avez tort, que ce que vous avez fait aujourd'hui �tait une terrible erreur, cela change-t-il quelque chose ?"</p><p>Le chef de bande fit un pas vers Harry.</p><p>Les autres ne le suivirent <emphasis>pas</emphasis>.</p><p>"Carl," dit l'un d'eux en d�glutissant. "On devrait peut-�tre y aller."</p><p>"Ils disent que tu vas devenir le prochain Seigneur des T�n�bres," dit le chef de bande, fixant Harry.</p><p>Un sourire apparut sur le visage de Harry Potter. "Ils disent aussi que je suis secr�tement fianc� � Ginevra Weasley et qu'il y a une proph�tie annon�ant que nous allons conqu�rir la France." Le sourire s'effa�a. "Puisque vous �tes fermement d�cid� � insister, M. Carl Sloper, laissez-moi rendre les choses claires. <emphasis>Laissez Lesath tranquille</emphasis>. Si vous ne le faites pas, je le saurai."</p><p>"Alors comme �a Lessy est all� rapporter," dit froidement le chef de bande.</p><p>"Bien s�r," dit s�chement Harry Potter, "et il m'a aussi dit ce que vous avez fait aujourd'hui apr�s le court de Sortil�ges, dans un endroit isol� et intime o� personne ne pouvait vous voir, avec une certaine fille de Poufsouffle qui porte un ruban blanc dans les cheveux -"</p><p>La m�choire du chef s'affaissa sous l'effet du choc.</p><p>"Aaaah !" dit l'un des autres Gryffondors d'une voix aigu�, et il pivota sur ses talons puis il s'�lan�a et d�passa l'angle du corridor. On entendit le battement de ses pas rapide s'estomper peu � peu.</p><p>Et ils ne furent plus que six.</p><p>"Ah," dit Harry Potter, "voil� que part un jeune homme l�g�rement intelligent. Vous autres pourriez apprendre de l'exemple de Bertram Kirke avant d'avoir � faire face � des, disons � des probl�mes."</p><p>"Tu menaces de nous d�noncer ?" dit le beau Gryffondor, essayant de mettre de la col�re dans sa voix plut�t vacillante. "Les rapporteurs, il leur arrive des bricoles !"</p><p>Les deux autres Gryffondors commenc�rent � reculer lentement.</p><p>Harry Potter se mit � rire. "Oh, tu ne viens pas de dire �a. Essaies-tu <emphasis>vraiment</emphasis> de m'intimider ? <emphasis>Moi </emphasis>? Non sinc�rement, tu te crois plus effrayant que Peregrine Derrick, que Severus Rogue ou tant qu'on y est que Tu-Sais-Qui ?"</p><p>M�me le chef de bande vacilla en entendant cela.</p><p>Harry Potter leva sa main, pr�t � claquer des doigts, et les trois Gryffondors se jet�rent en arri�re, et l'un d'eux laissa �chapper : "Non, ne... !"</p><p>"Vous voyez," dit Harry Potter, "c'est l� que je claque des doigts et que vous devenez l'ingr�dient dune histoire hilarante qui sera cont�e au milieu beaucoup de rires nerveux ce soir au d�ner. Mais le truc, c'est que des gens en qui j'ai confiance n'arr�tent pas de me dire de ne pas faire �a. Le professeur McGonagall m'a dit que je choisissais la solution de facilit�, et le professeur Quirrell a dit que je devais apprendre � perdre. Vous vous rappelez de cette histoire o� je me suis laiss� battre par des Serpentards plus �g�s ? On pourrait faire �a. Vous pourriez me brutaliser un moment et je pourrais vous laisser faire. Seulement, vous vous rappelez le moment � la fin o� je dis � mes tr�s nombreux amis de ne rien faire pour me venger ? Cette fois-ci on sautera cette partie. Alors allez-y. Brutalisez-moi."</p><p>Harry Potter s'avan�a, les bras grands ouverts en signe d'invitation.</p><p>Les trois Gryffondor c�d�rent sous la pression et se mirent � courir, et Neville dut faire un pas de c�t� pour ne pas se faire courir dessus.</p><p>Il y eut un silence tandis que les bruits de pas s'estompaient, et plus de silence ensuite.</p><p>Et ils ne furent plus que trois.</p><p>Harry Potter prit une profonde inspiration puis exhala. "Waoh," dit-il. "Comment �a va, Neville ?"</p><p>La voix de Neville sortit sous la forme d'un couinement aigu. "Alors <emphasis>�a</emphasis>, c'�tait vraiment cool."</p><p>Un sourire apparut bri�vement sur le visage de Harry. "<emphasis>Tu</emphasis> �tais tr�s cool toi aussi, tu sais."</p><p>Neville savait que Harry Potter disait �a comme �a, pour essayer de le faire se sentir bien, mais �a alluma quand m�me une chaude lueur � l'int�rieur de sa poitrine.</p><p>Harry se tourna vers Lesath Lestrange -</p><p>"�a va, Lestrange ?" dit Neville avant que Harry ne puisse ouvrir la bouche.</p><p>Alors �a, c'�tait quelque chose qu'il ne serait jamais imagin� dire un jour.</p><p>Lesath Lestrange pivota lentement et regarda Neville, le visage serr�, ne pleurant plus, ses larmes �tincelant tandis qu'elles s�chaient.</p><p>"Tu crois que tu sais ce que c'est ?" dit Lesath, sa voix perch�e et tremblante. "<emphasis>Tu crois que tu sais</emphasis> ? Mes parents sont � <emphasis>Azkaban</emphasis>, j'essaie de ne pas y penser, mais ils me le rappellent toujours, ils pensent que c'est <emphasis>g�nial</emphasis> que M�re soit l� dans le froid et dans le noir pendant que les D�traqueurs absorbent sa vie, j'aimerais �tre comme Harry Potter, au moins ses parents ne souffrent pas, mes parents souffrent toujours, chaque seconde, chaque jour, j'aimerais �tre comme toi, au moins tu peux voir tes parents parfois, au moins tu sais qu'ils t'aimaient, si M�re m'a jamais aim� les D�traqueurs ont probablement mang� cette pens�e maintenant -"</p><p>Les yeux de Neville �taient �carquill�s sous l'effet de la surprise. Il ne s'�tait pas attendu � �a.</p><p>Lesath se tourna vers Harry, dont les yeux �taient emplis d'horreur.</p><p>Lesath se jeta au sol, face � Harry, puis toucha la pierre de son front et murmura : "Aide-moi, Seigneur."</p><p>Il y eut un horrible silence. Neville n'arrivait pas � trouver ce qu'il pouvait bien dire, et vu le choc intense qui se lisait sur le visage de Harry, lui non plus ne savait pas quoi r�pondre.</p><p>"Ils disent que tu peux tout faire, s'il te pla�t, s'il te pla�t Seigneur, fais sortir mes parents d'Azkaban, je serai � jamais ton loyal serviteur, ma vie sera tienne et ma mort aussi, seulement, s'il te pla�t -"</p><p>"Lesath," dit Harry, et sa voix se brisa, "Lesath, je ne peux pas, je ne peux pas vraiment faire des choses pareilles, ce ne sont que des tours idiots."</p><p>"<emphasis>Non !</emphasis>" dit Lesath, sa voix perch�e et d�sesp�r�e. "Je l'ai <emphasis>vu</emphasis>, les histoires sont vraies, tu <emphasis>peux le faire</emphasis> !"</p><p>Harry d�glutit. "Lesath, j'ai tout organis� avec Neville, nous avons tout planifi� � l'avance, demande-lui !"</p><p>C'�tait le cas ; m�me si Harry n'avait pas dit <emphasis>comment</emphasis> ils allaient s'y prendre...</p><p>Quand Lesath releva la t�te, son visage �tait livide et sa voix leur parvint dans un crissement qui d�chira les oreilles de Neville. "<emphasis>Esp�ce de fils de Sang-de-Bourbe ! Tu pourrais la faire sortir, mais tu ne le feras pas ! Je me suis mis � genoux et je t'ai suppli� et tu ne m'aideras pas ! J'aurais d� le savoir, tu es le Survivant, tu crois que c'est sa place, l�-bas !"</emphasis></p><p>"Je ne <emphasis>peux pas</emphasis> !" dit Harry, sa voix aussi d�sesp�r�e que celle de Lesath. "La question n'est pas ce que je veux, je n'en ai pas le <emphasis>pouvoir</emphasis> !"</p><p>Lesath se releva et cracha aux pieds de Harry puis il se d�tourna et s'�loigna. Lorsqu'il eut tourn� l'angle, le bruit de ses pas s'acc�l�ra, et alors qu'ils s'estompaient Neville crut entendre le bruit d'un unique sanglot.</p><p>Et ils ne furent plus que deux.</p><p>Neville regarda Harry.</p><p>Harry regarda Neville.</p><p>"Waoh," dit doucement Neville. "Il n'avait pas l'air tr�s reconnaissant qu'on l'aie sauv�."</p><p>"Il pensait que je pouvais l'aider," dit Harry d'une voix rauque. "Il esp�rait pour la premi�re depuis des ann�es."</p><p>Neville avala sa salive avec difficult�, et le dit enfin : "Je suis d�sol�."</p><p>"Hein ?" dit Harry, l'air totalement d�rout�.</p><p>"Je n'�tais pas reconnaissant quand tu m'as aid� -"</p><p>"Tout ce que tu as dit �tait vrai," dit le Survivant.</p><p>"Non," dit Neville, "pas tout."</p><p>Ils se donn�rent simultan�ment un bref sourire triste, chacun regardant l'autre avec condescendance.</p><p>"Je sais que ce n'�tait pas r�el", dit Neville, "je sais que je n'aurais rien pu faire si tu n'avais pas �t� l�, mais merci de m'avoir laiss� faire comme si."</p><p>"N'importe quoi," dit Harry.</p><p>Harry s'�tait d�tourn� de Neville et regardait les nuages lugubres visibles par la fen�tre.</p><p>Une id�e compl�tement idiote vint � Neville. "Te sens-tu coupable parce que tu ne peux pas faire sortir les parents de Lesath d'Azkaban ?"</p><p>"Non," dit Harry.</p><p>Quelques secondes s'�coul�rent.</p><p>"Oui," dit Harry.</p><p>"Tu es b�te," dit Neville.</p><p>"J'en suis conscient," dit Harry.</p><p>"Dois-tu litt�ralement faire <emphasis>tout</emphasis> ce qu'on te demande ?"</p><p>Le Survivant pivota et regarda de nouveau Neville. "<emphasis>Le faire</emphasis> ? Non. Me sentir coupable de ne pas le faire ? Oui."</p><p>Neville avait du mal � choisir ses mots. "Quand le Seigneur des T�n�bres est mort, Bellatrix Black est alors devenue la pire personne du monde, litt�ralement, et c'�tait <emphasis>avant</emphasis> qu'elle aille � Azkaban. Elle a tortur� ma m�re et mon p�re jusqu'� ce qu'ils deviennent fous parce qu'elle voulait savoir ce qui �tait arriv� au Seigneur des T�n�bres -"</p><p>"Je sais," dit doucement Harry. "Je comprends �a, mais -"</p><p>"Non ! Tu ne comprends <emphasis>pas</emphasis> ! Elle avait une <emphasis>raison</emphasis> de faire �a, et mes parents �taient tous les deux des Aurors ! C'est <emphasis>loin</emphasis> d'�tre la pire chose qu'elle ait jamais faite !" la voix de Neville vacillait.</p><p>"Quand m�me," dit le Survivant, les yeux distants, regardant quelque part, vers l'ailleurs, vers un endroit que Neville ne pouvait pas imaginer. "Il existe peut-�tre une solution incroyablement intelligente qui permettrait de sauver tout le monde et qu'ils vivent heureux pour toujours, et si j'�tais assez intelligent, j'y aurais d�j� pens� -"</p><p>"Tu as un probl�me," dit Neville. "Tu penses que tu te dois d'�tre la personne que Lesath Lestrange pense que tu es."</p><p>"Ouais," dit le Survivant, "tu as carr�ment mis le doigt dessus. Chaque fois que quelqu'un crie une pri�re � laquelle je ne peux pas r�pondre, je me sens coupable de ne pas �tre Dieu."</p><p>Neville ne comprenait pas vraiment mais... "�a n'a pas l'air d'aller."</p><p>Harry soupira. "Je comprends que j'ai un probl�me, et je sais ce que je dois faire pour le r�soudre, d'accord ? J'y travaille."</p><empty-line/><p>Harry regarda Neville s'en aller.</p><p>Bien s�r, Harry n'avait pas dit quelle �tait la solution.</p><p>La solution �tait �videmment de se d�p�cher de devenir Dieu.</p><p>Les bruits de pas de Neville se d�plac�rent et il fut bient�t inaudible.</p><p>Et il ne fut plus qu'un.</p><p>"Ahem," dit la voix de Severus Rogue, directement depuis son dos.</p><p>Harry laissa �chapper un petit cri et se ha�t instantan�ment.</p><p>Il se retourna lentement.</p><p>Le grand homme graisseux v�tu de robes tach�es se tenait appuy� contre un mur dans la m�me position que celle que Harry avait occup�e.</p><p>"Une excellente cape d'invisibilit�," dit le ma�tre de Potions d'une voix tra�nante. "Voil� qui explique beaucoup."</p><p>Ah, bordel de fiente.</p><p>"Et peut-�tre que j'ai pass� trop de temps aux c�t�s de Dumbledore," dit Severus, "mais je ne peux m'emp�cher de me demander si ce n'est pas <emphasis>La</emphasis> Cape d'Invisibilit�."</p><p>Harry se transforma imm�diatement en quelqu'un qui n'avait jamais entendu parler de la Cape d'Invisibilit� et qui �tait <emphasis>exactement</emphasis> aussi intelligent que Harry croyait que Severus croyait que Harry �tait.</p><p>"Oh, peut-�tre," dit Harry. "Je vous fais confiance pour comprendre ce que cela impliquerait si c'�tait le cas ?"</p><p>La voix de Severus �tait condescendante. "Vous n'avez pas la moindre id�e de ce dont je parle, n'est-ce pas, Potter ? Une tentative bien maladroite d'essayer d'aller � la p�che aux informations."</p><p>(Le professeur Quirrell avait remarqu� pendant leur d�jeuner que Harry devait vraiment dissimuler son �tat d'esprit mieux qu'en adoptant un visage neutre � chaque fois que quelqu'un discutait d'un sujet dangereux, et il avait parl� de la duplicit� de premier niveau, de deuxi�me niveau, et ainsi de suite. Donc, soit Severus <emphasis>voyait</emphasis> en effet Harry comme un joueur du premier niveau, ce qui faisait de Severus un niveau deux, auquel cas le coup de troisi�me niveau que Harry venait de porter avait r�ussi ; ou Severus �tait un joueur de quatri�me niveau et voulait que Harry <emphasis>pense</emphasis> que la supercherie avait r�ussi. Harry, en souriant, avait demand� au professeur Quirrell � quel niveau <emphasis>lui </emphasis>jouait, et le professeur Quirrell, en souriant, avait r�pondu : <emphasis>un niveau au-dessus du v�tre</emphasis>.)</p><p>"Alors vous regardiez depuis le d�but," dit Harry. "Je crois qu'on appelle �a le sortil�ge de D�sillusion."</p><p>Un l�ger sourire. "Il aurait �t� stupide de ma part de prendre le risque qu'il vous arrive malheur."</p><p>"Et vous vouliez voir le r�sultat de votre test vous-m�me," dit Harry. "Alors. Est-ce que je ressemble � mon p�re ?"</p><p>Un �trange expression se dessina sur le visage de l'homme, une expression qui ne lui ressemblait pas. "Je dirais plut�t, Harry Potter, que vous ressemblez � -"</p><p>Severus s'interrompit abruptement.</p><p>Il fixa Harry.</p><p>"Lestrange vous a trait� de fils de Sang-de-Bourbe," dit lentement Severus. "�a n'a pas eu l'air de beaucoup vous emb�ter."</p><p>Harry fron�a les sourcils. "Non, pas dans ces circonstances."</p><p>"Vous veniez de l'aider," dit Severus. Ses yeux �taient braqu�s sur Harry. "Et il vous l'a renvoy� au visage. Ce n'est s�rement pas quelque chose que vous allez juste pardonner ?"</p><p>"Il venait de vivre une exp�rience plut�t traumatisante," dit Harry. "Et je ne pense pas qu'�tre sauv� par des premi�re ann�e l'aie non plus beaucoup aid�."</p><p>"J'imagine que c'�tait simple � pardonner," dit Severus, et sa voix �tait �trange, "puisque Lestrange n'a aucune importance � vos yeux. Juste un �trange Serpentard. S'il avait �t� votre ami, peut-�tre vous seriez-vous senti bien plus bless� par ce qu'il a dit."</p><p>"S'il avait �t� un ami," dit Harry, "raison de plus de le pardonner."</p><p>Il y eut un long silence. Harry sentit, et il n'aurait pu dire ni pourquoi ni d'o�, que l'air se remplissait d'une horrible tension, comme de l'eau qui monterait, monterait et monterait.</p><p>Puis Severus sourit, semblant soudain � nouveau d�tendu, et toute la tension disparut.</p><p>"Vous �tes une personne tr�s cl�mente," dit Severus, souriant toujours. "J'imagine que c'est votre p�re, Michael Verres-Evans, qui vous a enseign� cela."</p><p>"Plut�t la collection de science-fiction et de fantasy de papa," dit Harry. "En fait, c'�tait une sorte de cinqui�me parent. J'ai v�cu les vies de tous les personnages de tous mes livres, et tout leur puissant savoir r�sonne dans mon esprit. Quelque part dans ces livres, je suis s�r qu'il y avait quelqu'un comme Lesath, m�me si je ne pourrais pas dire qui. Ce n'�tait pas difficile de me mettre � sa place. Et ce sont mes livres qui m'ont aussi dit quoi faire. Les gentils pardonnent."</p><p>Severus rit d'un rire l�ger. "J'ai peur de ne pas bien savoir ce que les gentils font."</p><p>Harry le regarda. C'�tait � vrai dire assez triste. "Je vous pr�terai des livres avec des gentils si vous voulez."</p><p>"Je voudrais vous demander un conseil," dit Severus d'un ton badin. "Je connais un autre Serpentard de cinqui�me ann�e qui se faisait brutaliser par des Gryffondor. Il faisait la cour � une magnifique n�e-Moldue qui le croisa tandis qu'il se faisait brutaliser, et elle essaya de le sauver. Et il la traita de Sang-de-Bourbe, et tout fut fini entre eux. Il s'excusa de nombreuses fois, mais elle ne le pardonna jamais. Avez-vous la moindre id�e de ce qu'il aurait pu dire ou faire pour obtenir d'elle le pardon que vous avez octroy� � Lestrange ?"</p><p>"Euh", dit Harry, "en me basant uniquement sur cette information, je ne suis pas certain que ce soit <emphasis>lui</emphasis> qui ait eu un probl�me. Je lui aurais dit de ne pas sortir avec quelqu'un incapable de pardonner. Imaginez qu'ils se soient mari�s, pouvez-vous imaginer la vie dans leur m�nage ?"</p><p>Il y eut une pause.</p><p>"Oh, mais elle <emphasis>pouvait</emphasis> pardonner," dit Severus d'un ton amus�, "puisqu'elle devint ensuite la petite amie de celui qui brutalisait le Serpentard. Dites-moi, pourquoi aurait-elle pardonn� la brute et non la victime ?"</p><p>Harry haussa les �paules. "C'est une folle conjecture, mais parce que la brute avait fait beaucoup de mal � quelqu'un <emphasis>d'autre</emphasis>, et que la victime lui avait fait un peu de mal � <emphasis>elle</emphasis>, ce qui, pour une raison ou une autre, lui a sembl� bien plus impardonnable. Ou, sans vouloir �tre trop direct, la brute �tait-elle belle ? Ou tant qu'on y est, �tait-elle riche ?"</p><p>Il y eut une autre pause.</p><p>"Oui aux deux," dit Severus.</p><p>"Et voil�," dit Harry. "Non pas que j'ai moi-m�me jamais �t� au lyc�e, mais mes livres m'ont laiss� entendre qu'il existe un certain genre d'adolescente qui sera outrag�e par une seule insulte venant d'un gar�on pauvre � l'apparence normale, et pourtant parviendra � trouver dans son c�ur la force de pardonner le riche et magnifique gar�on qui brutalise les autres. En d'autre mots, elle �tait superficielle. Dites � la personne dont vous parlez qu'elle ne le m�ritait pas, qu'il doit l'oublier et passer � autre chose, et que la prochaine fois, il devrait sortir avec des filles qui ont de l'esprit, au lieu de celles qui sont simplement mignonnes."</p><p>Severus regarda Harry en silence, ses yeux �tincelants. Le sourire s'�tait dissip�, et bien que le visage de Severus soit agit� de soubresauts, le sourire ne revint pas.</p><p>Harry commen�ait � se sentir un peu nerveux. "Euh, non pas que j'ai la moindre exp�rience dans le domaine, bien s�r, mais je pense que c'est ce qu'un sage conseiller de mes livres aurait dit."</p><p>Il y eut plus de silence et plus d'�tincelles.</p><p>C'�tait probablement le bon moment pour changer de sujet.</p><p>"Donc," dit Harry. "Ai-je pass� votre test, quel qu'il ait �t� ?"</p><p>"Je pense," dit Severus, "qu'il ne devrait plus y avoir la moindre conversation entre nous, Potter, et vous seriez extr�mement sage de ne jamais mentionner celle-ci."</p><p>Harry cligna des yeux. "Accepteriez-vous de me dire ce que j'ai fait de mal ?"</p><p>"Vous m'avez offens�," dit Severus. "Et je ne fais plus confiance � votre capacit� � la fourberie."</p><p>Harry regarda Severus, plut�t pris par surprise.</p><p>"Mais vous m'avez donn� des conseils bien intentionn�s," dit Severus Rogue, "aussi je vous donnerai un vrai conseil en retour." Sa voix �tait presque parfaitement stable. Comme une corde tendue presque parfaitement � l'horizontale malgr� l'�norme poids accroch� en son milieu, maintenue gr�ce aux millions de tonnes de tension tirant de chaque c�t�. "Vous avez failli mourir aujourd'hui, Potter. � l'avenir, ne partagez jamais votre sagesse avec quiconque � moins de savoir exactement ce dont vous parlez tous les deux."</p><p>Le cerveau de Harry fit enfin la connexion.</p><p>"<emphasis>Vous</emphasis> �tiez ce -"</p><p>La bouche de Harry se referma net lorsque <emphasis>failli mourir</emphasis> le percuta enfin, deux secondes trop tard.</p><p>"Oui," dit Severus, "c'�tait moi."</p><p>Et la terrible tension se d�versa � nouveau dans la pi�ce, comme de l'eau sous pression venue du fond de l'oc�an.</p><p>Harry ne pouvait pas respirer.</p><p><emphasis>Perds. Maintenant</emphasis>.</p><p>"Je ne savais pas", murmura Harry. "Je suis d�-"</p><p>"Non," dit Severus. Juste cet unique mot.</p><p>Harry se tint l�, silencieux, son esprit fr�n�tiquement � la recherche d'alternatives. Severus se tenait entre lui et la fen�tre, ce qui �tait vraiment dommage parce qu'une chute de cette hauteur n'aurait pas tu� un sorcier.</p><p>"Vos livres vous ont trahi," dit Severus, toujours de cette voix �tir�e par des millions de tonnes de traction. "Ils ne vous ont pas dit la seule chose que vous deviez savoir. Vous ne pouvez apprendre ce que c'est que de perdre la personne que vous aimez en lisant une histoire. C'est quelque chose que vous ne pourrez jamais comprendre sans l'avoir ressenti vous-m�me."</p><p>"Mon p�re," murmura Harry. C'�tait sa meilleure conjecture, la seule chose qui pourrait le sauver. "Mon p�re a essay� de vous prot�ger contre les brutes."</p><p>Un sourire fun�bre s'�tira sur le visage de Severus, et l'homme se d�pla�a vers Harry.</p><p>Et le d�passa.</p><p>"Au revoir, Potter," dit Severus sans se retourner. "Nous aurons bien peu � nous dire � partir d'aujourd'hui."</p><p>Et arriv� � l'angle, l'homme s'arr�ta, et sans se retourner, parla une derni�re fois.</p><p>"Votre p�re �tait la brute," dit Severus Rogue, "et ce que votre m�re a vu en lui est quelque chose que je n'avais jamais compris avant aujourd'hui."</p><p>Il partit.</p><p>Harry se retourna et marcha vers la fen�tre. Ses mains tremblantes se pos�rent sur le rebord.</p><p><emphasis>Ne partagez jamais votre sagesse avec quiconque � moins de savoir exactement ce dont vous parlez tous les deux. Compris.</emphasis></p><p>Harry regarda les nuages et la l�g�re bruine pendant un moment. La fen�tre donnait sur la partie Est du domaine et on �tait l'apr�s-midi ; si le soleil avait �t� visible � travers les nuages, Harry n'aurait donc pas pu le voir.</p><p>Ses mains cess�rent de trembler, mais il avait une sensation d'�crasement dans la poitrine, comme si elle avait �t� compress�e par des courroies de m�tal.</p><p>Alors son p�re avait �t� une brute.</p><p>Et sa m�re avait �t� superficielle.</p><p>Peut-�tre qu'ils avaient ensuite grandis. Des gens bien tels que le professeur McGonagall semblaient les porter aux nues, et �a pouvait ne pas �tre <emphasis>seulement</emphasis> d� au fait qu'ils avaient �t� d'h�ro�ques martyrs.</p><p>Bien s�r, c'�tait une maigre consolation quand vous aviez onze ans et que vous �tiez sur le point de devenir un adolescent et que vous vous demandiez quel genre d'adolescent vous pourriez devenir.</p><p>Si horrible.</p><p>Si triste.</p><p>Quelle terrible vie avait Harry.</p><p>Apprendre que ses parents g�n�tiques n'avaient pas �t� parfaits, allons, il devrait passer un moment � se morfondre sur le sujet, � s'apitoyer sur son sort.</p><p>Peut-�tre qu'il devrait aller se plaindre � Lesath Lestrange.</p><p>Harry avait lu au sujet des D�traqueurs. Le froid et la t�n�bre les entourait, et la peur, et ils aspiraient toutes vos pens�es joyeuses, et en leur absence vos pires souvenirs remontaient � la surface.</p><p>Il pouvait s'imaginer � la place de Lesath, sachant que ses parents �taient � Azkaban � vie, cet endroit dont personne ne s'�tait jamais �chapp�.</p><p>Et Lesath s'imaginait � la place de sa m�re, dans le froid et les t�n�bres et la peur, seule avec ses pires souvenirs, m�me dans ses r�ves, chaque seconde de chaque jour.</p><p>Pendant un moment, Harry imagina papa et maman � Azkaban avec les D�traqueurs aspirant leur vie, drainant les souvenirs heureux et leur amour pour lui. Juste un moment, avant que son imagination ne fasse br�ler un fusible, n'appelle une extinction d'urgence et ne lui dise de ne plus jamais imaginer �a.</p><p>�tait-il juste de faire cela � qui que ce soit, m�me � la deuxi�me personne la plus mal�fique de la Terre ?</p><p><emphasis>Non</emphasis>, dit la sagesse des livres de Harry, <emphasis>pas s'il existe un autre moyen, n'importe quel autre moyen</emphasis>.</p><p>Et � moins que le syst�me judiciaire sorcier ne soit aussi parfait que ses prisons - et tout bien consid�r�, �a avait l'air assez improbable - quelque part � Azkaban se trouvait une personne qui �tait enti�rement innocente, et probablement plus d'une personne.</p><p>Il y avait une sensation de br�lure dans la gorge de Harry et de l'humidit� qui s'amoncelait dans ses yeux, et il voulut t�l�porter tous les prisonniers d'Azkaban en s�curit� et invoquer le feu du ciel et faire exploser cet horrible endroit jusqu'� ses fondations. Mais il ne pouvait pas, parce qu'il n'�tait pas Dieu.</p><p>Et Harry se souvint de ce que le professeur Quirrell avait dit sous la lumi�re stellaire : <emphasis>Parfois, quand ce monde vici� me semble inhabituellement empli de haine, je me demande s'il y aurait un autre endroit, loin, o� j'aurais d� vivre... Mais les �toiles sont tellement, tellement lointaines... Et je me demande ce que seraient mes r�ves si je r�vais pendant longtemps, tr�s longtemps.</emphasis></p><p>Pour l'instant, ce monde vici� semblait inhabituellement empli de haine.</p><p>Et Harry ne pouvait pas comprendre les paroles du professeur Quirrell, elles auraient aussi bien pu �tre celles d'un alien ou d'une Intelligence Artificielle, celles de quelque chose qui aurait �t� construit selon une structure si diff�rente de celle du cerveau de Harry que celui-ci n'aurait jamais pu �tre amen� � fonctionner dans ce mode.</p><p>Vous ne pouviez pas quitter votre plan�te maternelle tant qu'elle contenait un lieu comme Azkaban.</p><p>Il fallait rester et se battre.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 28*: R�ductionnisme</strong></p><p>Tout ce qui peut devenir Rowling deviendra Rowling</p><p>Cela devrait <emphasis>� nouveau</emphasis> aller <emphasis>sans dire</emphasis>, mais les points de vues exprim�s par Severus Rogue ne sont pas n�cessairement ceux de l'auteur.</p><empty-line/><p>"D'accord," dit Harry en d�glutissant. "D'accord Hermione, �a suffit, tu peux arr�ter."</p><p>La pile de sucre blanc plac�e devant Hermione n'avait chang� ni de forme ni de couleur, et pourtant elle s'�tait concentr�e avec plus de force que Harry ne l'avait jamais vue le faire, ses paupi�res serr�es l'une contre l'autre, des perles de sueur sur le front, la main tremblante, agripp�e sur la baguette -</p><p>"Hermione, <emphasis>arr�te</emphasis> ! �a ne va pas marcher, je ne pense pas qu'on puisse cr�er des choses qui n'existent pas encore !"</p><p>La main de Hermione rel�cha lentement sa prise sur la baguette.</p><p>"J'ai eu l'impression de le sentir," dit-elle d'une voix qui �tait � peine un murmure. "J'ai eu l'impression que je l'ai senti commencer � se m�tamorphoser, pendant juste une seconde."</p><p>Il y avait une boule coinc�e dans la gorge de Harry. "Tu l'as probablement imagin�. Tu esp�rais trop fort."</p><p>"Probablement," dit-elle. Elle avait l'air d'avoir envie de pleurer.</p><p>Harry se saisit lentement de son porte-mine, puis il se pencha au-dessus de la feuille de papier sur laquelle on pouvait voir une liste d'�l�ments presque tous biff�s et il tra�a une ligne en travers de la ligne qui disait "REM�DE CONTRE LA MALADIE D'ALZHEIMER".</p><p>Ils n'auraient pas pu donner une pilule m�tamorphos�e � quelqu'un. Mais la m�tamorphose, du moins celle qu'ils �taient capable de faire, n'enchantait pas les cibles - elle n'aurait pas m�tamorphos� un balais normal en un balais volant. Donc si Hermione �tait parvenue � fabriquer la pilule, cela aurait �t� une pilule <emphasis>non-magique</emphasis>, une pilule qui aurait fonctionn� pour des raisons ordinaires et physiques. Ils auraient pu fabriquer des pilules en secret pour le compte d'un laboratoire scientifique Moldu, les laisser <emphasis>�tudier</emphasis> les pilules et essayer d'effectuer une r�tro-ing�nierie sur celles-ci avant que la m�tamorphose ne se dissipe... pas un habitant des mondes magique et Moldu n'auraient � savoir qu'il y avait eu de la magie l�-dessous, ce ne serait qu'une perc�e scientifique de plus...</p><p>�a n'aurait de toute fa�on pas �t� le genre de chose � laquelle un sorcier aurait pens�. Ils ne respectaient pas particuli�rement les <emphasis>simples assemblages d'atomes</emphasis>, ils ne voyaient pas les objets <emphasis>physiques</emphasis> non-enchant�s comme des objets de pouvoir. Si �a n'�tait pas magique, �a n'�tait pas int�ressant.</p><p>Plus t�t, Harry avait, dans le plus grand secret - il ne l'avait m�me pas dit � Hermione - essay� de m�tamorphoser de la nanotechnologie � la �ric Drexler (il avait essay� de construire une nano-usine de bureau, �videmment, pas de petits assembleurs auto-r�plicateurs, il n'�tait pas dingue). Si �a avait march�, �a aurait �t� la divinit� du premier coup.</p><p>"C'est tout pour aujourd'hui, hein ?" dit Hermione. Elle �tait affal�e sur sa chaise, t�te appuy�e contre le dossier ; et son visage exprimait sa fatigue, ce qui �tait tr�s inhabituel chez Hermione. Elle aimait � pr�tendre qu'elle n'avait pas de limites, ou du moins elle aimait le faire quand Harry �tait dans les parages.</p><p>"Un dernier," dit prudemment Harry, "mais celui-ci est petit, et puis �a pourrait vraiment marcher. Je l'ai gard� pour la fin parce j'esp�rais qu'on puisse finir sur une note positive. C'est quelque chose de r�el, pas comme des sabres lasers. Ils en ont d�j� fabriqu� en laboratoire, au contraire du rem�de contre Alzheimer. Et c'est une substance g�n�rique, pas quelque chose de sp�cifique comme les livres perdus dont tu as essay� de m�tamorphoser des exemplaires. J'ai fait un diagramme de la structure mol�culaire pour que tu la visualises. On veut juste en faire un <emphasis>plus long</emphasis> que celui qui a d�j� �t� fait, avec tous les tubes align�s et les extr�mit�s imbriqu�es dans du diamant." Harry exhiba une feuille de papier millim�tr�.</p><p>Hermione se redressa sur sa chaise et �tudia la feuille en fron�ant les sourcils. "Ce sont <emphasis>tous</emphasis> des atomes de carbone ? Et Harry, comment �a s'appelle ? Je ne peux pas en m�tamorphoser si je ne connais pas son nom."</p><p>Harry eut une moue d�go�t�. Il avait encore du mal � se faire � ce genre de chose, �a n'aurait pas d� avoir d'importance de conna�tre le <emphasis>nom</emphasis> de quelque chose si on savait ce que <emphasis>c'�tait</emphasis>. "On les appelle des nanotubes de carbone. C'est un genre de fuller�ne qui a �t� d�couvert cette ann�e. C'est environ cent fois plus r�sistant que l'acier et �a p�se un sixi�me de son poids."</p><p>Hermione releva les yeux de la feuille de papier millim�tr�. "C'est <emphasis>r�el</emphasis> ?"</p><p>"Ouais," dit Harry, "juste difficile � faire pour des Moldus. Si on pouvait obtenir une quantit� suffisante de ce mat�riau, on pourrait l'utiliser pour construire un ascenseur spatial jusqu'� une altitude d'orbite g�ostationnaire, voir encore plus haut puisqu'en termes de delta-v c'est d�j� � mi-chemin entre le sol et n'importe o� dans le syst�me solaire. En plus, on pourrait propulser des satellites fournisseurs d'�nergie solaire comme si c'�taient des confettis."</p><p>Hermione fron�ait � nouveau les sourcils. "C'est <emphasis>s�r</emphasis>, ce truc ?"</p><p>"Je ne vois pas pourquoi �a ne le serait pas," dit Harry. "Un nanotube de carbone est juste une feuille de graphite roul�e en un tube circulaire, pour faire simple, et le graphite est la m�me mati�re que celle utilis�e pour faire des crayons -"</p><p>"Je <emphasis>sais</emphasis> ce qu'est le graphite, Harry," dit Hermione. Elle se recoiffa d'un air distrait, ses sourcils toujours fronc�s tandis qu'elle fixait la feuille de papier.</p><p>Harry glissa sa main dans une poche de ses robes et fit appara�tre un fil blanc dont chaque extr�mit� �tait reli�e � un petit anneau de plastique. Il avait ajout� des gouttes de superglue � chaque point de contact entre le fil et les anneaux pour en faire un objet unique qui pourrait �tre m�tamorphos� comme un tout. Si Harry se souvenait bien, le cyanoacrylate fonctionnait en formant des liaisons covalentes, et c'�tait le plus pr�s qu'on pourrait jamais approcher de la notion "d'objet solide" dans un monde en d�finitive compos� de petits atomes individuels. "Quand tu es pr�te," dit Harry, "essaie de m�tamorphoser �a en un ensemble de nanotubes de carbone align�s et incrust� dans deux anneaux de diamant solide."</p><p>"Tr�s bien..." dit lentement Hermione. "Harry, j'ai l'impression que je viens de laisser passer quelque chose."</p><p>Harry haussa les �paules d'un air impuissant. <emphasis>Peut-�tre que tu es simplement fatigu�e</emphasis>. Mais il avait assez de bon sens pour ne pas le dire � voix haute.</p><p>Hermione posa sa baguette contre un des anneaux de plastique et le regarda pendant un moment.</p><p>Deux petits cercles de diamant scintillant �taient pos�s sur la table, reli�s par un long fil noir.</p><p>"�a a chang�," dit Hermione. Elle avait l'air d'essayer d'�tre enthousiaste mais d'�tre en fait � court d'�nergie. "Et maintenant ?"</p><p>Harry se sentit un peu d�courag� par le manque de passion de sa partenaire mais il fit de son mieux pour ne pas le montrer ; peut-�tre que le m�me processus marcherait � l'inverse pour lui remonter le moral. "Maintenant, je le teste pour voir si il supporte des poids."</p><p>Il y avait un tr�teau que Harry avait install� plus t�t afin de faire une exp�rience avec b�tons de diamant - on pouvait facilement cr�er des objets de diamant solide en utilisant la m�tamorphose, c'est juste qu'ils ne duraient pas. L'exp�rience pr�c�dente avait mesur� si la m�tamorphose d'un long b�ton de diamant en un m�me b�ton plus court permettait de soulever un poids lourd pendant que le b�ton se contractait, c'est � dire si on pouvait m�tamorphoser un objet en tension, ce qui s'�tait r�v�l� �tre en effet possible.</p><p>Harry enroula pr�cautionneusement un cercle de diamant scintillant autour du large crochet en m�tal qui se trouvait en haut de l'installation puis il attacha un �pais cintre de m�tal � l'anneau du bas et il commen�a � attacher des poids au cintre.</p><p>(Harry avait demand� aux jumeaux Weasley de lui m�tamorphoser cet appareillage, et les jumeaux lui avaient jet� un regard incr�dule comme s'ils n'arrivaient pas � imaginer pour quelle sorte de farce il <emphasis>pouvait bien</emphasis> avoir besoin de �a, mais ils n'avaient pos� aucune question. Et selon eux, leurs m�tamorphoses duraient environ trois heures, donc Harry et Hermione avaient encore un bon moment devant eux).</p><p>"Cent kilos," dit Harry une minute plus tard. "Je ne pense pas qu'un fil d'acier aussi fin que celui-ci aurait pu en soutenir autant. On devrait pouvoir monter encore plus haut, mais c'est tout le poids dont je dispose."</p><p>Il y eut plus de silence.</p><p>Harry se redressa, revint � leur table, s'assit dans sa chaise et cocha c�r�monieusement la ligne qui comportait les mots 'nanotubes de carbone'. "Voil�," dit Harry. "<emphasis>Celui-l�</emphasis> a fonctionn�."</p><p>"Mais ce n'est pas vraiment <emphasis>utile</emphasis>, n'est-ce pas ?" dit Hermione depuis sa chaise, t�te repos�e sur ses mains. "Je veux dire que m�me si on le donnait � un scientifique, il ne pourrait pas apprendre comment faire plein de nanotubes en �tudiant les n�tres."</p><p>"Il pourrait apprendre <emphasis>quelque chose</emphasis>," dit Harry. "Hermione, <emphasis>regarde �a</emphasis>, ce petit fil qui soutient tout ce poids, on vient de faire quelque chose qu'aucun laboratoire Moldu ne pourra jamais faire -"</p><p>"Mais n'importe quelle sorci�re le pourrait," dit Hermione. Son �puisement filtrait maintenant � travers sa voix. "Harry, je ne pense pas que �a fonctionne."</p><p>"Tu veux dire notre relation ?" dit Harry. "G�nial ! Cassons alors."</p><p>Cela lui arracha un l�ger sourire. "Je veux dire nos recherches."</p><p>"Oh, Hermione, comment <emphasis>peux-tu </emphasis>?"</p><p>"Tu es mignon quand tu es m�chant," dit-elle. "Mais Harry, c'est de la folie, j'ai douze ans, tu en as onze, c'est <emphasis>idiot</emphasis> de croire qu'on va d�couvrir quelque chose dont personne ne s'est d�j� rendu compte."</p><p>"Es-tu vraiment en train de dire qu'on devrait abandonner notre d�m�lage des secrets de la magie apr�s avoir essay� pendant moins d'un <emphasis>mois</emphasis> ?" dit Harry en essayant de mettre une note de d�fi dans sa voix. Pour �tre honn�te, il sentait une partie de la fatigue de Hermione. Aucune des <emphasis>bonnes</emphasis> id�es ne fonctionnaient jamais. Il avait fait une seule d�couverte qui m�rite d'�tre mentionn�e, le motif Mend�lien, et il ne pouvait pas en parler � Hermione sans briser sa promesse envers Draco.</p><p>"Non," dit Hermione. Son jeune visage semblait tr�s s�rieux et tr�s adulte. "Je veux dire que pour l'instant on devrait <emphasis>�tudier</emphasis> toute la magie que les sorciers connaissent d�j� pour pouvoir faire ce genre d'exp�riences apr�s que l'on ait termin� nos �tudes � Poudlard."</p><p>"Euh..." dit Harry. "Hermione, je d�teste avoir � le formuler ainsi, mais imagine qu'on aie d�cid� de s'abstenir de faire des recherches et d'attendre plus tard, et que la premi�re chose qu'on essayait apr�s avoir termin� nos �tudes, c'�tait de m�tamorphoser un rem�de contre la maladie d'Alzheimer, et que �a <emphasis>marchait</emphasis>. On se sentirait... je ne pense pas que le mot <emphasis>stupide</emphasis> d�crive de fa�on ad�quate ce qu'on ressentirait. Et s'il y a autre chose de semblable, et que �a fonctionne ?"</p><p>"Ce n'est pas <emphasis>juste</emphasis> !" dit Hermione. Sa voix tremblait comme si elle �tait sur le point d'�clater en sanglots. "Tu ne <emphasis>peux pas</emphasis> imposer �a � des gens ! Ce n'est pas notre <emphasis>travail</emphasis> de faire ce genre de chose, on est des <emphasis>enfants</emphasis> !"</p><p>Pendant un instant, Harry se demanda ce qui se passerait si quelqu'un disait � Hermione qu'elle devait combattre un Seigneur des T�n�bres immortel, si elle deviendrait un de ces h�ros pleurnicheurs apitoy�s sur leur sort que Harry ne supportait pas de voir appara�tre dans ses livres.</p><p>"Bref," dit Hermione. Sa voix trembla. "Je ne veux pas continuer � faire �a. Je ne crois pas que les enfants peuvent faire des choses que les adultes ne peuvent pas faire, �a n'existe que dans les histoires."</p><p>Il y eut un silence dans la salle de classe.</p><p>Hermione commen�a � avoir l'air un peu effray�e, et Harry sut que son visage venait d'adopter une expression plus froide.</p><p>�a n'aurait pas fait aussi mal si la m�me pens�e n'�tait pas d�j� venue � Harry - que, bien que trente ans soit un peu vieux pour un r�volutionnaire scientifique et vingt ans � peu pr�s dans la norme, bien qu'il y ait des gens qui obtenaient leur doctorat � dix-sept ans et que des h�ritiers de quatorze ans avaient �t� d'excellents rois et d'excellents g�n�raux, il n'y avait pas vraiment qui que ce soit qui soit entr� dans les livres d'histoires � l'�ge de onze ans.</p><p>"Tr�s bien," dit Harry. "Trouver comment faire quelque chose qu'un adulte ne peut pas faire. C'est �a ton d�fi ?"</p><p>"Ce n'est pas ce que je voulais dire," dit Hermione, sa voix s'�chappant sous la forme d'un chuchotement apeur�.</p><p>Harry fit un immense effort et arracha son regard � celui de Hermione. "Je ne suis pas en col�re contre <emphasis>toi</emphasis>," dit-il. Sa voix �tait froide en d�pit de ses efforts. "Je suis en col�re contre, je ne sais pas, contre tout. Mais je ne suis pas pr�t � perdre. Perdre n'est pas toujours la meilleure des strat�gies. Je trouverai comment faire quelque chose qu'un sorcier adulte ne peut pas faire, et je te reviendrai te voir. Qu'est-ce que tu en penses ?"</p><p>Il y eut encore plus de silence.</p><p>"D'accord," dit Hermione, sa voix un peu vacillante. Elle s'extirpa de sa chaise et alla jusqu'� la porte de la salle de classe abandonn�e o� ils avait travaill�. Sa main atteint la poign�e. "On est toujours amis, oui ? Et si tu ne trouves rien -"</p><p>Sa voix s'arr�ta.</p><p>"Alors nous �tudierons ensemble," dit Harry. Sa voix �tait maintenant encore plus froide.</p><p>"Euh, au revoir pour l'instant, alors," dit Hermione, et elle sortit rapidement de la pi�ce et referma la porte derri�re elle.</p><p>Parfois, Harry d�testait avoir un c�t� obscur, m�me quand il �tait � l'int�rieur de celui-ci.</p><p>Et la partie de lui qui avait pens� exactement � la m�me chose que Hermione, que non, les enfants <emphasis>ne pouvaient pas</emphasis> faire ce dont les adultes n'�taient pas capables, cette partie disait toutes les choses que Hermione n'avait pas dites parce qu'elle �tait trop effray�e, comme <emphasis>C'est un d�fi sacr�ment difficile que tu viens de te faire � toi-m�me</emphasis> et <emphasis>mon gars tu vas vraiment avoir l'air fin</emphasis> et <emphasis>au moins comme �a tu sauras que tu as �chou�</emphasis>.</p><p>Et la partie de lui qui n'aimait pas perdre r�pondit d'une voix tr�s froide, <emphasis>Tr�s bien, tu peux te taire et admirer</emphasis>.</p><empty-line/><p>C'�tait presque l'heure du d�jeuner et Harry s'en fichait. Il n'avait m�me pas pris la peine de prendre un barre �nerg�tique dans sa bourse. Son estomac pouvait bien supporter d'�tre un peu affam�.</p><p>Le monde magique �tait petit, ils ne pensaient pas comme des scientifiques, ils ne connaissaient pas la science, ils ne remettaient pas en question ce autour de quoi ils avaient grandi, ils n'avaient pas mis de coques protectrices autour de leur machines � remonter le temps, ils jouaient au Quidditch, toute l'Angleterre magique �tait plus petite qu'une petite ville Moldue, la plus grande �cole de magie n'�duquait que jusqu'� l'�ge de dix-sept ans, ce n'�tait pas <emphasis>idiot</emphasis> de remettre �a en question � l'�ge de onze, ce qui �tait <emphasis>idiot</emphasis>, c'�tait de <emphasis>partir du principe</emphasis> que les sorciers savaient ce qu'ils faisaient et qu'ils avaient �puis� toutes les solutions faciles qu'un polymathe aurait su voir.</p><p>L'�tape un avait �t� de faire une liste de toutes les contraintes magiques dont Harry pouvait se souvenir, toutes les choses qu'on n'�tait pas cens� pouvoir faire.</p><p>�tape deux, noter les contraintes qui semblaient �tre le <emphasis>moins</emphasis> logiques d'un point de vue scientifique.</p><p>�tape trois, ordonner les contraintes en fonction de la probabilit� qu'un sorcier aurait de les remettre en question s'il ne connaissait <emphasis>pas</emphasis> la science.</p><p>�tape quatre, trouver des moyens de s'attaquer � ces contraintes.</p><empty-line/><p>Hermione �tait encore un peu tremblante lorsqu'elle s'assit � c�t� de Mandy � la table Serdaigle. Son d�jeuner avait consist� de deux fruits (des tranches de tomates et des mandarines �pluch�es), trois l�gumes (des carottes, des carottes et encore des carottes), un morceau de viande (des brochettes de Dirico dont elle avait pr�cautionneusement �t� la panure fort mauvaise pour la sant�), et un petit morceau de g�teau au chocolat qu'elle avait m�rit� en mangeant les autres aliments.</p><p>�a n'avait pas �t� aussi terrible que le cours de Potions, elle avait encore parfois des <emphasis>cauchemars</emphasis> au sujet de ce cours. Mais cette fois-ci, c'est <emphasis>elle</emphasis> qui l'avait provoqu�, et <emphasis>elle s'�tait sentie devenir sa cible</emphasis>. Juste un instant, avant que l'horrible t�n�bre glac�e ne d�tourne le regard et ne lui dise qu'elle n'�tait pas en col�re contre elle, parce qu'elle n'avait pas voulu lui faire peur.</p><p>Et elle avait toujours l'impression qu'elle avait rat� quelque chose, quelque chose de tr�s important.</p><p>Mais ils n'avaient enfreint aucune des r�gles de la M�tamorphose... non ? Ils n'avaient fait aucun liquide, aucun gaz, ils n'avaient re�u aucun ordre venant du professeur de D�fense...</p><p>La <emphasis>pilule</emphasis> ! C'�tait quelque chose de mangeable !</p><p>... enfin non, personne n'aurait mang� une pilule qui tra�nait, et �a n'avait pas vraiment <emphasis>march�</emphasis>, ils auraient pu se contenter de jeter <emphasis>Finite Incantatem</emphasis> s'ils avaient r�ussi, mais elle devrait quand m�me en faire part � Harry et s'assurer de ne jamais en faire mention au professeur McGonagall, au cas o� ils ne seraient alors plus jamais autoris�s � �tudier la M�tamorphose...</p><p>Hermione commen�ait � se sentir vraiment malade. Elle repoussa son assiette, elle ne pouvait pas d�jeuner dans cet �tat.</p><p>Et elle ferma ses yeux et commen�a � r�citer mentalement les r�gles de la M�tamorphose.</p><p>"<emphasis>Je ne m�tamorphoserai jamais rien en un liquide ou en un gaz</emphasis>."</p><p>"<emphasis>Je ne m�tamorphoserai jamais rien qui ressemble � de la nourriture ou quoi que ce soit qui soit destin� � entrer dans un corps humain.</emphasis>"</p><p>Non, ils n'auraient <emphasis>vraiment pas</emphasis> d� essayer de m�tamorphoser la pilule, ou au moins ils auraient d� se <emphasis>rendre compte</emphasis>... elle avait �t� tellement saisie par l'id�e brillante de Harry qu'elle n'avait pas <emphasis>pens�</emphasis>...</p><p>La sensation d�sagr�able dans l'estomac de Hermione empirait. Il y avait une intuition dans son esprit, comme quelque chose qui aurait flott� � la limite de sa conscience, une perception sur le point de s'inverser, une jeune femme sur le point de devenir une vieillarde, une vase sur le point de devenir deux visage...</p><p>Et elle continua de se rem�morer les r�gles de la M�tamorphose.</p><empty-line/><p>Les jointures des doigts de Harry �taient d�j� blanches quand il arr�ta d'essayer de m�tamorphoser l'air en face de lui en un trombone. �a n'aurait pas �t� prudent de m�tamorphoser le trombone en gaz bien s�r, mais Harry ne voyait aucune raison pour laquelle ce ne serait pas prudent d'effectuer l'op�ration inverse. C'�tait juste consid�r� comme �tant <emphasis>impossible</emphasis>. Mais pourquoi pas ? L'air �tait une substance aussi r�elle qu'une autre...</p><p>Bon, peut-�tre que cette limitation <emphasis>avait</emphasis> un sens. L'air �tait d�sorganis�, toutes les mol�cules changeaient constamment leurs relations les unes aux autres. Peut-�tre qu'il �tait impossible d'imposer une nouvelle forme � une substance � moins que la substance ne reste stable assez longtemps pour �tre ma�tris�e, m�me si les atomes des solides vibraient eux aussi constamment...</p><p>Plus Harry �chouait, plus il se sentait devenir froid, plus les choses semblaient devenir claires.</p><p>Tr�s bien. Suivant sur la liste.</p><p>On pouvait uniquement transformer les objets dans leur int�gralit�. On ne pouvait pas transformer la <emphasis>moiti�</emphasis> d'une allumette en �pingle, il fallait m�tamorphoser <emphasis>l'objet entier</emphasis>. Quand Harry s'�tait retrouv� enferm� dans cette salle par Draco, �a avait �t� la raison pour laquelle il n'avait pas pu juste m�tamorphoser en �ponge un coupe cylindrique des murs et percer un trou dans la pierre assez large pour passer au travers de celui-ci. Il aurait fallu imposer une nouvelle forme au mur dans son ensemble et peut-�tre � toute une section de Poudlard juste pour changer ce petit bout.</p><p>Et c'�tait <emphasis>ridicule</emphasis>.</p><p><emphasis>Les choses �taient compos�es d'atomes</emphasis>. Plein de petits points. Il n'<emphasis>existait </emphasis>pas de continuit�, il n'<emphasis>existait</emphasis> pas de solidit�, juste des forces �lectromagn�tiques tenant des petits points reli�s les uns aux autres...</p><empty-line/><p>Mandy Brocklehurst interrompit le mouvement de sa fourchette en chemin vers sa bouche. "Euh," dit-elle � Su Li, qui �tait assise de l'autre c�t� de l'espace maintenant vide situ� � sa droite, "qu'est-ce qui lui arrive, � Hermione ?"</p><empty-line/><p>Harry voulait tuer sa gomme.</p><p>Il avait essay� de m�tamorphoser en acier un seul petit endroit du rectangle rose, s�par� du reste du caoutchouc, et la gomme ne voulait pas coop�rer.</p><p>�a ne <emphasis>pouvait pas</emphasis> �tre une v�ritable limitation, il <emphasis>fallait</emphasis> qu'elle soit seulement conceptuelle.</p><p><emphasis>Les choses �taient compos�es d'atomes</emphasis>, et chaque atome �tait une petite partie distincte. Les atomes �taient reli�s entre eux par une brume quantique charg�e d'�lectrons pour les liaisons covalentes, ou parfois juste par du magn�tisme � courte port�e pour les liaisons ioniques, ou par les forces de van der Waals.</p><p>Si on voulait en venir l�, les protons et les neutrons � l'int�rieur du nucl�us �taient de petites choses distinctes. Les quarks � l'int�rieur des protons et des neutrons �taient de petites choses distinctes ! Il n'y avait tout simplement <emphasis>rien</emphasis> dans la r�alit�, dans le monde-tel-qu'il-�tait, qui correspondait au concept humain d'objet solide. Tout n'�tait que petits points.</p><p>Et la M�tamorphose libre �tait en premier lieu une op�ration de l'esprit, non ? Pas de mots, pas de gestes. Seul le pur concept de forme, maintenu fermement s�par� de celui de substance, impos� � une substance visualis�e sans sa forme. �a et la baguette et ce quelque chose qui faisait de vous un sorcier.</p><p>Si les sorciers ne pouvaient pas m�tamorphoser des parties d'ensembles, s'ils pouvaient uniquement transformer ce que leurs esprits percevaient comme �tant des objets entiers, c'�tait parce qu'ils ne savaient pas, <emphasis>du fond de leur �me</emphasis>, qu'au fond, tout n'�tait qu'atomes.</p><p>Et Harry n'avait toujours pas r�ussi � transformer ce petit bout de la gomme, la m�tamorphose n'allait nulle part.</p><p><emphasis>C'�tait. Ridicule.</emphasis></p><p>Les jointures des doigts de Harry blanchissaient. Les r�sultats exp�rimentaux <emphasis>vides de sens</emphasis> commen�aient � le rendre <emphasis>malade</emphasis>.</p><p>Peut-�tre que le fait qu'une <emphasis>partie</emphasis> de son esprit pensait encore en termes d'objets entiers emp�chait la m�tamorphose d'avoir lieu. Il avait pens� � une collection d'atomes qui �tait une <emphasis>gomme</emphasis>. Il avait pens� � une collection qui �tait <emphasis>un petit bout</emphasis>.</p><p>L'heure �tait venue de faire monter la pression d'un cran.</p><p>Harry appuya sa baguette contre le petit bout de la gomme et il essaya de voir � travers l'illusion que les non-scientifiques consid�raient �tre la r�alit�, le monde des bureaux et des chaises, de l'air, des gommes et des gens.</p><p>Quand vous vous promeniez dans un parc, le monde immersif qui vous entourait �tait quelque chose qui existait uniquement dans votre esprit sous la forme d'une structure de neurones en train de s'allumer. La sensation d'un ciel bleu clair n'�tait pas quelque chose qui se trouvait haut au-dessus de vous, c'�tait quelque chose situ� dans votre cortex visuel, et votre cortex visuel �tait � l'arri�re de votre cerveau. Toutes les sensations de ce monde radieux avaient en r�alit� lieu dans la grotte d'os silencieuse que vous appeliez votre cr�ne, le lieu o� <emphasis>vous </emphasis>viviez et que vous ne quittiez <emphasis>jamais</emphasis>. Si vous vouliez vraiment dire bonjour � quelqu'un, � la <emphasis>vraie personne</emphasis>, vous ne leur serreriez pas la main, vous frapperiez gentiment contre leur cr�ne et vous diriez : "Comment �a va l�-dedans ?". C'�tait �a, les gens, et c'�tait l� qu'ils vivaient vraiment. Et <emphasis>l'image</emphasis> du parc au travers duquel vous pensiez <emphasis>vous promener</emphasis> �tait quelque chose que vous visualisiez � l'int�rieur de votre cerveau tandis que celui-ci traitait les signaux envoy�s depuis vos yeux et votre r�tine.</p><p>Ce n'�tait pas un <emphasis>mensonge</emphasis>, comme le pensaient les Bouddhistes, il n'y avait pas quelque chose de mystique et terrible, quelque chose d'inattendu cach� derri�re le voile de Maya, ce qui se cachait derri�re l'illusion du parc, c'�tait juste le <emphasis>vrai</emphasis> parc, mais vous voyiez quand m�me une <emphasis>illusion</emphasis>.</p><p>Harry n'�tait pas assis dans la salle.</p><p>Il ne regardait pas la gomme.</p><p>Harry �tait dans le cr�ne de Harry.</p><p>Il ressentait l'image trait�e que son cerveau avait d�cod�e � partir des signaux envoy�s par sa r�tine.</p><p>La vraie gomme �tait ailleurs, ailleurs que l� o� se trouvait son image.</p><p>Et la vraie gomme n'�tait pas semblable � l'image qu'en avait le cerveau de Harry. L'id�e d'une gomme <emphasis>solide</emphasis> �tait quelque chose qui existait uniquement dans son propre cerveau, dans le lobe pari�tal, qui g�rait son sens des formes et des espaces. La vraie gomme �tait une collection d'atomes reli�s par des forces �lectromagn�tiques et partageant des liaisons covalentes, pendant que non loin, des mol�cules d'air rebondissaient les unes contre les autres et rebondissaient contre les mol�cules-de-gomme.</p><p>La v�ritable gomme �tait tr�s loin, et Harry, depuis son cr�ne, ne pourrait jamais tout � fait l'atteindre, il pouvait seulement imaginer des images la concernant. Mais <emphasis>sa baguette avait le pouvoir</emphasis>, elle pouvait modifier les choses <emphasis>dans le monde</emphasis>, c'�taient seulement les <emphasis>concepts</emphasis> de Harry qui la <emphasis>limitaient</emphasis>. Quelque part, derri�re le voile de Maya, la <emphasis>v�rit�</emphasis> cach�e derri�re le concept que Harry nommait "ma baguette" touchait la collection d'atomes que l'esprit de Harry nommait "un bout de la gomme", et si cette baguette pouvait transformer la collection d'atomes que Harry consid�rait �tre "la gomme dans son ensemble", il n'y avait aucune raison pour laquelle la baguette ne pourrait pas aussi changer l'autre collection...</p><p>La m�tamorphose ne fonctionnait toujours pas.</p><p>Les dents de Harry se serr�rent, et il fit monter la pression d'un <emphasis>autre</emphasis> cran.</p><p>Le concept que Harry avait de la gomme en tant qu'un objet unique �tait <emphasis>absurdit� �vidente</emphasis>.</p><p>C'�tait une carte qui ne correspondait pas, ne <emphasis>pouvait pas</emphasis> correspondre au territoire.</p><p>Les �tres humains se repr�sentaient le monde en utilisant des niveaux stratifi�s d'organisation, ils avaient des <emphasis>pens�es</emphasis> distinctes concernant la fa�on dont les pays, les gens, les organes, les cellules, les mol�cules et les quarks fonctionnaient.</p><p>Lorsque le cerveau de Harry avait besoin de penser � la gomme, il pensait � toutes les r�gles qui gouvernaient les gommes, comme "les gomme peuvent effacer les marques de crayon". Ce n'�tait que si le cerveau de Harry avait besoin de pr�dire ce qui se passerait � un niveau chimique plus bas qu'il commencerait � penser - comme si c'�tait un fait distinct du pr�c�dent - � des mol�cules de caoutchouc.</p><p>Mais tout cela �tait dans son <emphasis>esprit</emphasis>.</p><p>L'esprit de Harry avait peut-�tre des <emphasis>croyances</emphasis> s�par�es concernant les r�gles qui gouvernaient les gommes, mais il n'y avait pas de <emphasis>loi physique</emphasis><emphasis>s�par�e </emphasis>qui gouvernait les gommes.</p><p>L'esprit de Harry repr�sentait la r�alit� en utilisant plusieurs niveaux d'organisation, avec des croyances diff�rentes pour chaque niveau. Mais tout cela �tait dans la <emphasis>carte</emphasis>, le v�ritable territoire ne ressemblait pas � �a, <emphasis>la r�alit� elle-m�me</emphasis> avait <emphasis>un seul</emphasis> niveau d'organisation : les quarks. C'�tait un processus de bas niveau unifi� qui ob�issait � des r�gles math�matiques simples.</p><p>Ou du moins c'�tait ce que Harry avait cru avant de d�couvrir l'existence de la magie, mais la gomme n'�tait pas magique.</p><p>Et m�me si la gomme <emphasis>avait</emphasis> �t� magique, l'id�e qu'il puisse <emphasis>vraiment</emphasis> exister une gomme solide �tait <emphasis>impossible</emphasis>. Les choses comme les gommes ne <emphasis>pouvaient pas</emphasis> �tre des �l�ments de base de la r�alit�, elles �taient trop grosses et trop compliqu�es pour �tre des atomes, il <emphasis>fallait</emphasis> qu'elles soient compos�es de sous-parties. Des choses <emphasis>fondamentalement complexes</emphasis> ne pouvaient pas exister. La croyance implicite qu'avait le cerveau de Harry, celle qui disait que la gomme �tait un objet unique, �tait tout simplement <emphasis>fausse</emphasis>, c'�tait une confusion carte-territoire, la gomme n'existait que sous la forme d'un concept distinct dans la <emphasis>repr�sentation</emphasis> � plusieurs niveaux que Harry avait du monde, pas sous la forme d'un �l�ment de la r�alit� � un seul niveau.</p><p>... la m�tamorphose <emphasis>ne fonctionnait toujours pas</emphasis>.</p><p>Harry respirait lourdement, une m�tamorphose �chou�e �tait presque aussi �puisante qu'une m�tamorphose r�ussie, mais qu'il soit <emphasis>maudit</emphasis> s'il abandonnait maintenant.</p><p>Tr�s bien, toutes ces conneries du dix-neuvi�me si�cle pouvaient aller se faire voir.</p><p>La r�alit� n'�tait pas faite d'atomes, ce n'�tait pas un ensemble de petites boules de billard rebondissantes. C'�tait juste autre mensonge. La notion que les atomes �taient des petits points �tait juste une autre hallucination commode � laquelle les gens s'accrochaient parce qu'ils ne voulaient pas se confronter � la forme inhumainement �trange de la r�alit� qui se cachait en dessous. Pas �tonnant, donc, que ses tentatives de m�tamorphoser quelque chose en se basant sur cette illusion n'aient pas fonctionn�. S'il voulait en �tre capable, il allait lui falloir abandonner son humanit� et forcer ses pens�es � se conformer aux v�ritables math�matiques de la m�canique quantique.</p><p>Il n'y avait <emphasis>pas de particules</emphasis>, seulement des <emphasis>nuages d'amplitudes </emphasis>dans des <emphasis>espaces de configurations multiparticulaires</emphasis>, et ce que son cerveau s'imaginait tendrement �tre une gomme n'�tait rien d'autre qu'un immense <emphasis>facteur</emphasis> dans une fonction d'onde que se <emphasis>trouvait �tre factorisable</emphasis>, elle n'avait pas une existence distincte, pas plus qu'il n'existait un facteur solide et distinct nomm� 3 cach� dans le nombre 6, et si sa baguette �tait capable <emphasis>d'alt�rer les facteurs dans les fonctions d'onde approximativement factorisables</emphasis>, alors elle devrait sacr�ment bien savoir alt�rer le facteur l�g�rement <emphasis>plus petit</emphasis> que le cerveau de Harry visualisait sous la forme d'un petit de bout de mati�re sur la gomme -</p><empty-line/><p>Hermione foncait le long des couloirs, ses chaussures battant la pierre avec force, sa respiration haletante, le choc de l'adr�naline courant � travers son corps.</p><p>Comme l'image d'une jeune femme devenant une vieillarde, comme une vase devenant deux visages.</p><p>Qu'avaient-ils fait ?</p><p><emphasis>Qu'avaient-ils fait ?</emphasis></p><p>Elle parvint � la salle et ses doigts commenc�rent par glisser sur la poign�e, trop impr�gn�s de sueur, elle serra plus fort et la porte s'ouvrit -</p><p>- en un �clair de perception elle vit Harry qui regardait un petit rectangle rose sur la table en face de lui -</p><p>- tandis qu'� quelques pas de l� le petit fil noir, presque invisible � cette distance, soutenait tout ce poids -</p><p>"<emphasis>Harry, sors de la salle !</emphasis>"</p><p>Une surprise absolue se dessina sur le visage de Harry, il se leva si vite qu'il en tomba presque, s'arr�tant uniquement pour saisir le petit rectangle rose, et il courut jusqu'� la porte, elle avait d�j� fait un pas de c�t�, sa baguette �tait d�j� dans sa main, montait d�j� vers le fil -</p><p>"<emphasis>Finite Incantatem !</emphasis>"</p><p>Et Hermione referma violemment la porte juste quand depuis l'int�rieur de la pi�ce retentit le bruit colossal de cent kilogrammes de m�tal s'effondrant sur le sol.</p><p>Elle haletait, cherchait de l'air, elle avait courut jusque l� sans s'arr�ter, elle �tait tremp�e de sueur et ses jambes et ses cuisses br�laient comme si elles �taient des flammes vivantes, elle n'aurait pas pu r�pondre aux questions de Harry m�me s'il lui avait offert tout l'or du monde.</p><p>Hermione cligna des yeux et se rendit compte qu'elle avait commenc� � s'effondrer, que Harry l'avait rattrap�e, et qu'il la faisait doucement descendre jusqu'au sol.</p><p>"... sens bien..." parvint-elle � murmurer.</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit Harry, plus p�le qu'elle ne l'avait jamais vu.</p><p>"... est-ce que... tu te sens... sens bien..."</p><p>Harry commen�a � avoir l'air encore plus effray� maintenant qu'il avait compris le sens de la question. "Je, je ne pense pas avoir de sympt�me -"</p><p>Hermione ferma les yeux un instant. "Bien," murmura-t-elle. "Reprendre... mon souffle."</p><p>Cela prit un moment. Harry avait toujours l'air effray�. Il valait mieux, peut-�tre que cela lui donnerait une le�on.</p><p>Hermione fouilla dans la bourse que Harry lui avait achet�e, murmura "eau" � travers sa gorge ass�ch�e, sortit la bouteille et but d'immenses gorg�es.</p><p>Et il lui fallut un autre bon moment avant de pouvoir parler.</p><p>"Nous avons enfreint les r�gles, Harry," dit-elle d'une voix cass�e. "Nous avons enfreint les r�gles."</p><p>"Je..." Harry d�glutit. "Je ne vois toujours pas en quoi, j'y ai <emphasis>r�fl�chi</emphasis> mais -"</p><p>"J'ai demand� si la m�tamorphose �tait s�re et <emphasis>tu m'as r�pondu !</emphasis>"</p><p>Il y eut une pause.</p><p>"C'est tout ?" dit Harry.</p><p>Elle aurait voulu hurler.</p><p>"Harry, tu ne comprends pas ?" dit-elle. "C'est fait de petites fibres, et si elles se <emphasis>d�m�laient</emphasis>, qui <emphasis>sait</emphasis> ce qui pourrait mal tourner, <emphasis>nous n'avons pas demand� au professeur McGonagall !</emphasis> Ne comprends-tu pas ce que nous �tions en train de faire ? Nous faisions des exp�riences de m�tamorphose ! <emphasis>Nous faisions des exp�riences de m�tamorphose !</emphasis>"</p><p>Il y eut une autre pause.</p><p>"D'accord..." dit lentement Harry. "C'est probablement une de ces choses qu'ils ne prennent m�me pas la peine de nous dire de ne <emphasis>pas</emphasis> faire parce que c'est trop �vident. Ne pas tester de brillantes nouvelles id�es de m�tamorphose seuls dans une salle vacante sans d'abord en parler � un professeur."</p><p>"Tu aurais pu nous faire tuer, Harry !" Hermione savait que ce n'�tait pas juste, elle aussi avait commis l'erreur, mais elle �tait encore en col�re contre lui, il avait toujours l'air tellement s�r de lui, et �a l'avait entra�n�e dans son sillage sans qu'elle y pense. "Nous aurions pu <emphasis>entacher le dossier parfait du professeur McGonagall</emphasis><emphasis>!</emphasis>"</p><p>"Oui," dit Harry, "ne lui parlons pas de �a, d'accord ?"</p><p>"Nous devons nous arr�ter," dit Hermione. "Sans quoi nous allons nous faire du mal. Nous sommes trop jeunes, Harry, nous ne pouvons pas faire �a, pas encore."</p><p>Un faible sourire passa sur le visage de Harry. "Euh, l�, tu as tort."</p><p>Et il brandit un petit rectangle rose, une gomme en caoutchouc avec un petit bout en m�tal.</p><p>Hermione la regarda, perplexe.</p><p>"La m�canique quantique n'a pas suffit," dit Harry. "J'ai d� descendre jusqu'� la physique intemporelle avant que �a fonctionne. J'ai d� voir la baguette comme quelque chose qui imposait une <emphasis>relation</emphasis> entre deux r�alit�s s�par�es, pr�sente et future, au lieu de quelque chose qui <emphasis>changerait</emphasis> quoi que ce soit au cours du temps - mais je l'ai fait, Hermione, j'ai vu par-del� l'illusion des objets, et je parie que pas un seul autre sorcier au monde ne pourrait le faire. M�me si un Moldu avait un jour entendu parler de la formulation intemporelle de la m�canique quantique, �a ne serait pour lui qu'une �trange croyance au sujet de trucs quantiques bizarres et distants, il n'aurait pas <emphasis>vu </emphasis>que c'est la <emphasis>r�alit�</emphasis>, il n'aurait pas accept� que le monde qu'il conna�t n'est qu'une hallucination. J'ai m�tamorphos� une <emphasis>partie</emphasis> de la gomme sans la changer <emphasis>en entier</emphasis>."</p><p>Hermione leva de nouveau sa baguette et la pointa vers la gomme.</p><p>Pendant un instant, de la col�re apparut sur le visage de Harry, mais il n'esquissa aucun geste pour l'arr�ter.</p><p>"<emphasis>Finite Incatatem</emphasis>," dit Hermione. "V�rifie aupr�s du professeur McGonagall avant de r�essayer."</p><p>Harry hocha la t�te, bien que son visage soit encore un peu pinc�.</p><p>"Et nous devons quand m�me arr�ter," dit Hermione.</p><p>"<emphasis>Pourquoi</emphasis> ?" dit Harry. "Ne vois-tu pas ce que �a veut <emphasis>dire</emphasis>, Hermione ? Les sorciers ne <emphasis>savent pas</emphasis> tout ! Ils sont trop peu nombreux, et encore moins d'entre eux ont un savoir scientifique, ils n'ont pas �puis� toutes les solutions faciles -"</p><p>"Ce n'est pas <emphasis>sans danger</emphasis>," dit Hermione. "Si on <emphasis>peut</emphasis> d�couvrir des choses nouvelles, c'est encore <emphasis>plus</emphasis> dangereux ! On est <emphasis>trop jeunes</emphasis> ! On a d�j� fait une grosse erreur, on pourrait simplement <emphasis>mourir </emphasis>la prochaine fois !"</p><p>Puis Hermione tressaillit.</p><p>Harry d�tourna son regard et commen�a � prendre des inspirations lentes et profondes.</p><p>"N'essaie pas tout seul, Harry," dit Hermione, la voix tremblante, "s'il te pla�t."</p><p><emphasis>S'il te pla�t, ne me fais pas d�cider si je dois aller voir le professeur Flitwick.</emphasis></p><p>Il y eut une longue pause.</p><p>"Donc tu veux qu'on �tudie," dit Harry. Elle pouvait voir qu'il essayait de garder la col�re hors de sa voix. "Juste qu'on �tudie."</p><p>Hermione ne savait pas si elle �tait cens�e r�pondre mais... "Par exemple tu as �tudi�, euh, la physique intemporelle, c'est �a ?"</p><p>Harry la regarda � nouveau.</p><p>"Ce que tu as fait," dit timidement Hermione, "ce n'�tait pas gr�ce � <emphasis>nos </emphasis>exp�riences, n'est-ce-pas ? Tu as pu le faire parce que tu as lu beaucoup de livres."</p><p>Harry ouvrit la bouche, puis il la referma. Il y avait un air frustr� sur son visage.</p><p>"Tr�s bien," dit Harry. "Que dis-tu de �a. On �tudie, et si je pense qu'il y a quelque chose qui vaut <emphasis>vraiment </emphasis>le coup d'�tre essay�, on essaiera apr�s que j'ai demand� � un professeur."</p><p>"D'accord," dit Hermione. Elle ne s'effondra pas de soulagement, mais c'�tait seulement parce qu'elle �tait d�j� assise.</p><p>"On va d�jeuner ?" dit prudemment Harry.</p><p>Hermione hocha la t�te. Oui, c'�tait une bonne id�e. Un vrai d�jeuner, cette fois.</p><p>Elle se releva pr�cautionneusement, grima�ant quand son corps lui hurla dessus -</p><p>Harry pointa sa baguette vers elle et dit "<emphasis>Wingardium Leviosa</emphasis>."</p><p>Hermione battit des paupi�res lorsque l'�norme poids sur ses jambes diminua jusqu'� devenir supportable.</p><p>Un sourire jaillit sur le visage de Harry. "On peut <emphasis>soulever</emphasis> quelque chose sans le faire flotter compl�tement," dit-il. "Tu te souviens de cette exp�rience ?"</p><p>Hermione sourit en retour, incapable de s'en emp�cher, m�me si elle pensait qu'elle aurait d� �tre encore en col�re.</p><p>Et elle commen�a � marcher en direction de la Grande Salle, se sentant merveilleusement, remarquablement l�g�re, tandis que Harry s'appliquait � garder sa baguette point�e sur elle.</p><p>Il ne parvint � maintenir le sort que cinq minutes, mais c'�tait l'intention qui comptait.</p><empty-line/><p>Minerva regardait Dumbledore.</p><p>Dumbledore l'observait d'un air scrutateur. "As-tu compris quoi que ce soit � ce qu'il vient de dire ?" dit le directeur d'un air perplexe.</p><p>�a avait �t� le charabia le plus incompr�hensible qu'il ait jamais �t� donn� � Minerva d'entendre. Elle se sentait un peu g�n�e d'avoir appel� le directeur pour qu'il vienne �couter �a, mais les ordres qu'elle avait re�u � ce sujet �taient formels.</p><p>"J'ai bien peur que non," dit Minerva d'un ton guind�.</p><p>"Donc," dit Dumbledore. La barbe d'argent se balan�a loin d'elle et le regard p�tillant du vieux sorcier changea � nouveau de cible. "Tu penses �tre capable de faire quelque chose dont les autres sorciers ne sont pas capables, quelque chose que nous croyons �tre impossible."</p><p>Ils se tenaient tous les trois dans l'atelier de m�tamorphose priv� du directeur, l� o� le brillant ph�nix du Patronus de Dumbledore avait dit � Minerva d'emmener Harry, quelques instants apr�s que son propre Patronus ait averti Dumbledore. De la lumi�re tombait de la lucarne et illuminait le grande diagramme alchimique � sept branches dessin� au centre de la pi�ce circulaire, ce qui r�v�lait son �tat l�g�rement poussi�reux et attristait Minerva. La recherche sur la M�tamorphose �tait l'une des plus grandes joies de Dumbledore, et bien qu'elle ait su qu'il avait �t� assez press� par le temps derni�rement, elle ne s'�tait pas rendu compte que c'�tait � ce point.</p><p>Et maintenant Harry Potter allait lui faire perdre encore plus de temps. Mais elle ne pouvait certainement pas en vouloir � <emphasis>Harry</emphasis>. Il avait bien agi en venant la voir et en lui disant qu'il avait une id�e li�e � la M�tamorphose qui �tait pour le moment consid�r�e comme �tant impossible, et elle avait elle-m�me fait ce qu'on lui avait dit de faire : elle avait donn� l'ordre � Harry de se tenir coi et de ne discuter de cela avec personne d'autre avant qu'elle ait consult� le directeur � ce sujet et qu'ils se soient rendu en un lieu s�r.</p><p>Si Harry avait commenc� par <emphasis>d�crire pr�cis�ment </emphasis>ce qu'il croyait pouvoir faire, elle n'aurait pas pris cette peine.</p><p>"�coutez, je sais que c'est difficile � expliquer," dit Harry d'un ton un peu g�n�. "La cons�quence de tout cela, c'est que vous croyez quelque chose qui entre en conflit avec ce que les scientifiques croient, et ce dans un domaine o� je m'attends vraiment � ce que les scientifiques en sachent plus que les sorciers."</p><p>Minerva aurait ostensiblement soupir� si Dumbledore n'avait eu l'air de prendre toute cette histoire avec autant de s�rieux.</p><p>L'id�e de Harry venait simplement de son ignorance, rien de plus. Si vous changiez la moiti� d'une sph�re de m�tal en verre, <emphasis>toute la sph�re</emphasis> acqu�rait une forme diff�rente. Changer la partie, <emphasis>c'�tait</emphasis> changer le tout, et cela impliquait d'enlever toute une forme et la remplacer par une autre. Qu'est-ce que cela pouvait m�me bien vouloir <emphasis>dire</emphasis> de m�tamorphoser seulement la moiti� d'une sph�re de m�tal ? Que la sph�re <emphasis>dans son ensemble</emphasis> avait la m�me forme qu'avant, mais que <emphasis>la moiti�</emphasis> de la sph�re avait une forme diff�rente ?</p><p>"M. Potter," dit le professeur McGonagall, "ce que vous voulez faire n'est pas seulement impossible, c'est <emphasis>illogique</emphasis>. Si vous avez chang� la moiti� de quelque chose, vous en <emphasis>avez</emphasis> chang� le tout."</p><p>"En effet," dit Dumbledore. "Mais Harry est le h�ros, il pourrait donc �tre capable de faire des choses logiquement impossibles."</p><p>Minerva aurait lev� les yeux aux ciel si elle n'avait pas �t� depuis bien longtemps insensible � ce genre de remarques.</p><p>"En admettant que <emphasis>ce soit</emphasis> possible," dit Dumbledore, "peux-tu imaginer la moindre raison pour laquelle les r�sultats seraient d'une quelconque fa�on diff�rents de ceux d'une m�tamorphose ordinaire ?"</p><p>Minerva fron�a les sourcils. Le fait que le concept soit litt�ralement inimaginable lui donnait quelque difficult�, mais elle essaya de prendre l'id�e au pied de la lettre. Une m�tamorphose appliqu�e � uniquement la moiti� d'une sph�re de m�tal...</p><p>"Des choses �tranges se passeraient � la jointure ?" dit Minerva. "Mais �a ne serait pas diff�rent de m�tamorphoser un objet entier en une forme compos�e de deux parties..."</p><p>Dumbledore hocha la t�te. "C'est ce que je pensais moi aussi. Et Harry, si ta th�orie est correcte, cela veut dire que ce que tu comptes faire est <emphasis>exactement</emphasis> comme une m�tamorphose, mais appliqu� � la partie d'un sujet plut�t qu'au sujet dans son ensemble ? <emphasis>Aucun </emphasis>autre changement ?"</p><p>"Oui," dit Harry d'un ton arr�t�. "C'est tout l'int�r�t."</p><p>Dumbledore la regarda de nouveau. "Minerva, peux-tu imaginer la moindre raison pour laquelle ce serait dangereux ?"</p><p>"Non," dit Minerva apr�s qu'elle ait fini de sonder sa m�moire.</p><p>"Moi non plus," dit le directeur. "Tr�s bien, puisque ce devrait �tre en tout point analogue � une m�tamorphose ordinaire, et puisque nous ne pouvons imaginer aucune raison pour laquelle ce serait dangereux, je pense qu'une prudence de niveau deux devrait suffire."</p><p>Minerva fut surprise mais elle ne fit pas d'objection. Dumbledore �tait de loin son a�n� en mati�re de m�tamorphose, et il avait litt�ralement essay� des milliers de nouvelles m�tamorphoses sans jamais choisir un niveau de prudence trop bas. Il avait utilis� la m�tamorphose <emphasis>en combat</emphasis> et il �tait <emphasis>toujours en vie</emphasis>. Si le directeur pensait que le deuxi�me niveau suffisait, �a suffisait."</p><p>Le fait que Harry allait certainement �chouer �tait bien s�r sans rapport avec ce sujet.</p><p>Les deux sorciers commenc�rent � mettre en place les lieux et � installer des toiles de d�tection. La toile la plus importante �tait celle qui s'assurait qu'aucun mat�riau transfigur� n'entre dans l'air. Harry serait enferm� dans un champ de force s�par� aliment� par sa propre source d'oxyg�ne, juste pour �tre certain, et seule sa baguette serait autoris�e � sortir du bouclier, et la jointure entre les deux serait extr�mement serr�e. Ils �taient � Poudlard et ne pouvaient donc pas transplaner hors du domaine tout mat�riau qui montrerait des signes de combustion spontan�e, mais ils pouvaient le jeter par la lucarne presque aussi rapidement, et c'est pour cette raison que toutes les fen�tres s'ouvraient vers l'ext�rieur. Harry lui-m�me serait �ject� par une autre lucarne au premier contretemps.</p><p>Harry les regarda travailler avec un air un peu effray�.</p><p>"Ne vous en faites pas M. Potter," dit le professeur McGonagall au milieu de sa description de l'installation, "ce sera presque certainement inutile. Si nous nous <emphasis>attendions</emphasis> � ce que quoi que ce soit tourne mal, vous ne seriez pas autoris� � essayer. Ce sont juste des pr�cautions ordinaires pour toute m�tamorphose que personne n'a essay� auparavant."</p><p>Harry d�glutit et acquies�a.</p><p>Quelques minutes plus tard, Harry �tait attach� � une chaise de s�ret�, baguette pos�e contre une sph�re de m�tal - une sph�re qu'il aurait d�, selon les r�sultats de ses derniers contr�les, mettre au moins une demi-heure � m�tamorphoser.</p><p>Et quelques minutes apr�s <emphasis>�a</emphasis>, Minerva �tait appuy�e contre un mur, se sentant au bord de l'�vanouissement.</p><p>Il y avait un petit morceau de verre sur la sph�re, l� o� la baguette de Harry �tait appuy�e.</p><p>Harry �vita un <emphasis>je vous l'avais bien dit</emphasis>, mais l'air suffisant sur son visage le disait � sa place.</p><p>Dumbledore jetait des sorts d'analyse sur la sph�re, une expression de plus en plus intrigu�e sur le visage. Trente ans venaient de s'envoler de ses traits.</p><p>"Fascinant," dit Dumbledore. "C'est exactement ce qu'il avait annonc�. Il a simplement m�tamorphos� une partie du sujet sans en m�tamorphoser le tout. Harry, tu dis que ce n'est en r�alit� qu'une limite conceptuelle ?"</p><p>"Oui," dit Harry, "mais une limite profonde, le seul fait de savoir que �a devait �tre une limite conceptuelle n'a pas suffit. J'ai d� refouler la partie de mon esprit qui commettait l'erreur et la remplacer par une pens�e au sujet de la v�ritable r�alit� sous-jacente aux choses, celle que les scientifiques ont d�couverte."</p><p>"Vraiment fascinant," dit Dumbledore. "Je suppose que pour qu'un autre sorcier reproduise ce que tu as fait, il lui faudrait des mois d'�tudes, et encore ? Et pourrais-je te demander de m�tamorphoser partiellement quelques autres sujets ?"</p><p>"Probablement que oui et bien s�r," r�pondit Harry.</p><p>Une demi-heure plus tard, Minerva se sentait toujours autant abasourdie, mais consid�rablement rassur�e quant aux questions de s�ret�.</p><p>C'<emphasis>�tait</emphasis> bien la m�me chose, mis � part le fait que ce soit logiquement impossible.</p><p>"Je pense que cela suffira, directeur," dit enfin Minerva. "Je soup�onne que la m�tamorphose partielle est plus fatigante que la variante ordinaire."</p><p>"De moins en moins avec la pratique," dit le gar�on p�le et �puis� d'une voix instable, "mais ouais, vous avez raison � ce sujet."</p><p>Le processus consistant � extraire Harry du dispositif prit une minute de plus, et Minerva l'escorta ensuite jusqu'� une chaise plus confortable, suite � quoi Dumbledore fit surgit un soda � la cr�me glac�e.</p><p>"<emphasis>F�licitations</emphasis>, M. Potter !" dit le professeur McGonagall, et elle �tait sinc�re. Elle aurait �t� pr�te � parier presque n'importe quoi que �a n'allait pas fonctionner.</p><p>"F�licitations, en effet," dit Dumbledore. "M�me moi, je n'ai fait aucune d�couverte originale en M�tamorphose avant l'�ge de quatorze. Jamais depuis l'�poque de Dorotea Senjak g�nie n'avait si rapidement �clos."</p><p>"Merci," dit Harry, l'air un peu surpris.</p><p>"N�anmoins," dit Dumbledore d'un ton pensif, "je pense qu'il serait fort sage de garder cet heureux �v�nement secret, du moins pour l'instant. Harry, as-tu parl� de ton id�e avec qui que ce soit d'autre avant d'en parler au professeur McGonagall ?"</p><p>Il y eut un silence.</p><p>"Euh..." dit Harry. "Je ne veux vendre personne � l'Inquisition, mais il y a bien quelqu'un d'autre � qui -"</p><p>Les mots explos�rent presque � travers les l�vres du professeur McGonagall : "<emphasis>Quoi</emphasis> ? Vous avez discut� d'une forme de m�tamorphose totalement nouvelle avec un <emphasis>�l�ve</emphasis> avant de consulter une autorit� reconnue ? Avez-vous la moindre id�e d'� quel point c'�tait <emphasis>irresponsable</emphasis> ?"</p><p>"Je suis d�sol�," dit Harry. "Je ne m'en suis pas rendu compte."</p><p>Le gar�on avait l'air correctement apeur�, et Minerva sentit quelque chose se d�tendre � l'int�rieur d'elle-m�me. Au moins Harry comprenait � quel point il avait �t� insens�.</p><p>"Tu dois faire jurer le secret � mademoiselle Granger," dit Dumbledore avec le plus grand s�rieux. "Et n'en parles � personne d'autre � moins que tu n'aies une raison particuli�rement bonne de le faire, et cette personne devra jurer elle aussi."</p><p>"Ah... pourquoi ?" dit Harry.</p><p>"Parce que tu peux faire quelque chose que personne ne te croira capable de faire," dit Dumbledore. "Quelque chose de totalement inattendu. Cela pourrait se r�v�ler ton avantage capital, Harry, et nous devons le pr�server. S'il te pla�t, fais-moi confiance � ce sujet."</p><p>Le professeur McGonagall hocha la t�te, son visage ferme ne montrant rien de sa confusion int�rieure. "S'il vous pla�t M. Potter, faites-le," dit-elle.</p><p>"Tr�s bien..." dit lentement Harry.</p><p>"Lorsque nous aurons fini d'examiner vos sujets de m�tamorphose," ajouta Dumbledore, "vous pourrez pratiquer la m�tamorphose partielle, verre vers acier et acier vers verre <emphasis>uniquement</emphasis>, avec mademoiselle Granger comme guetteuse. Naturellement, si l'un de vous suspecte le moindre sympt�me d'une quelconque forme de maladie de m�tamorphose, informez-en un professeur imm�diatement."</p><p>Juste avant qu'il ne quitte la pi�ce, la main sur la poign�e de la porte, Harry se retourna et dit : "Pendant qu'on est tous l�, l'un de vous a-t-il remarqu� quoi que ce soit de diff�rent au sujet du professeur Rogue ?"</p><p>"Diff�rent ?" dit le directeur.</p><p>Minerva ne laissa pas son sourire narquois appara�tre sur son visage. Bien s�r que le gar�on �prouvait une appr�hension vis-�-vis du 'mal�fique ma�tre de Potions', puisqu'il n'avait aucun moyen de savoir la raison pour laquelle on pouvait faire confiance � Severus. �'aurait �t� pour le moins �trange d'expliquer � Harry que Severus �tait toujours amoureux de sa m�re.</p><p>"Je veux dire, son comportement a-t-il r�cemment chang� de quelque fa�on que ce soit ?" dit Harry.</p><p>"Pas que j'ai pu constater..." dit lentement le directeur. "Pourquoi poses-tu cette question ?"</p><p>Harry secoua sa t�te. "Je ne veux pas cr�er de pr�conception dans vos observations en le disant. Peut-�tre que vous pourriez juste ouvrir l'�il ?"</p><p>Cela envoya un fr�missement de malaise � travers le corps de Minerva d'une fa�on qu'aucune accusation directe � l'encontre de Severus n'aurait pu accomplir.</p><p>Harry s'inclina respectueusement devant eux et prit cong�.</p><empty-line/><p>"Albus," dit Minerva apr�s que le gar�on fut parti, "comment <emphasis>saviez-vous</emphasis> qu'il fallait prendre Harry au s�rieux ? J'aurais consid�r� son id�e comme �tant simplement impossible !"</p><p>Le vieux sorcier affichait un visage tr�s s�rieux. "Pour la m�me raison qu'elle doit �tre gard�e secr�te, Minerva. Pour la m�me raison que je t'ai dit de venir me voir si Harry d�clarait quoi que ce soit de cette sorte. Parce que c'est un pouvoir que Voldemort ignore."</p><p>Elle mit quelques secondes � absorber le sens des mots.</p><p>Et le frisson glac� descendit le long de son �pine dorsale, comme � chaque fois qu'elle se souvenait.</p><p>�a avait commenc� comme un entretien d'embauche ordinaire, Sybill Trelawney postulant pour le poste de professeur de Divination.</p><p><emphasis>CELUI QUI A LE POUVOIR DE VAINCRE LE SEIGNEUR DES T�N�BRES APPROCHE</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>IL NA�TRA DE CEUX QUI L'ONT PAR TROIS FOIS D�FI�,</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>IL SERA N� LORSQUE MOURRA LE SEPTI�ME MOIS</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>ET LE SEIGNEUR DES T�N�BRES LE MARQUERA COMME SON �GAL</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>MAIS IL AURA UN POUVOIR QUE LE SEIGNEUR DES T�N�BRES IGNORE</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>ET L'UN DEVRA MOURIR DE LA MAIN DE L'AUTRE</emphasis><emphasis>CAR AUCUN NE PEUT VIVRE TANT QUE L'AUTRE SURVIT</emphasis></p><p>Ces mots effroyables prononc�s par cette terrible voix tonitruante n'avaient en rien l'air de correspondre � quelque chose qui approchant la m�tamorphose partielle.</p><p>"Peut-�tre que non alors," dit Dumbledore apr�s que Minerva ait essay� de le lui expliquer. "J'avoue avoir esp�r� quelque chose qui nous aide � trouver l'horcruxe de Voldemort, o� qu'il puisse �tre cach�. Mais..." Le vieux sorcier haussa les �paules. "Les proph�ties sont des choses �pineuses Minerva, et il vaut mieux ne prendre aucun risque. Le plus petit d�tail pourrait se r�v�ler d�cisif s'il peut rester inattendu."</p><p>"Et que pensez-vous qu'il ait voulu dire au sujet de <emphasis>Severus</emphasis> ?" dit Minerva.</p><p>"L�, je n'en ai aucune id�e," soupira Dumbledore. "� moins que Harry ne soit en train de jouer un coup contre Severus et qu'il ait pens� qu'une question ouverte pourrait �tre prise s�rieusement l� o� une all�gation directe aurait �t� rejet�e. Et si c'est en effet ce qui se serait pass�, Harry a eu raison en pensant que je penserais pas que ce serait le cas. Gardons simplement l'�il ouvert sans pr�conceptions, comme il l'a demand�."</p><empty-line/><p>Apr�s-coup, 1 :</p><p>"Euh, Hermione ?" dit Harry d'une toute petite voix. "Je crois que je te dois de tr�s, tr�s grandes excuses."</p><empty-line/><p>Apr�s-coup, 2 :</p><p>Alissa Cornfoot regardait le ma�tre de Potions, les yeux l�g�rement vitreux, tandis qu'il donnait un cours s�v�re � sa classe, tenant un petit haricot de bronze � la main et disant quelque chose au sujet de flaques de chair humaine hurlantes. Depuis le d�but de l'ann�e, elle avait eu du mal � �couter en cours de Potions. Elle n'arr�tait pas de regarder leur horrible professeur m�chant et graisseux et � fantasmer au sujet de retenues sp�ciales. Il y avait probablement quelque chose qui n'allait <emphasis>pas du tout</emphasis> chez elle, mais elle ne pouvait pas s'emp�cher de continuer -</p><p>"Ouille !" dit alors Alissa.</p><p>Rogue venait d'envoyer le haricot de bronze sur le front d'Alissa avec une infaillible pr�cision.</p><p>"Mademoiselle Cornfoot," dit le ma�tre de Potions, la voix coupante, "c'est une potion d�licate � r�aliser, et si vous n'arrivez pas � faire attention, vous ferez du mal � vos camarades, pas seulement � vous-m�me. Venez me voir apr�s le cours."</p><p>Les quatre derniers mots ne l'aid�rent absolument pas, mais elle essaya de plus belle et parvint au terme de la journ�e sans faire fondre personne.</p><p>Apr�s le cours, Alissa s'approcha du bureau. Une partie d'elle-m�me voulait se tenir l� timidement, le visage confus, les mains jointes dans son dos avec repentance, juste au cas o�, mais un sourd instinct lui dit que ce pourrait �tre une <emphasis>mauvaise id�e</emphasis>. Alors elle s'avan�a, le visage neutre, avec une posture tout � fait appropri�e pour une jeune demoiselle, et dit : "Professeur ?"</p><p>"Mademoiselle Cornfoot," dit Rogue sans lever les yeux des contr�les qu'il corrigeait, "je ne vous renvoie pas vos affections, je commence � trouver vos regards d�rangeants, et vous retiendrez vos yeux � partir d'aujourd'hui. Est-ce assez clair ?"</p><p>"Oui," dit Alissa dans un glapissement �trangl�, et Rogue la cong�dia, et elle fuit la salle, ses joues en feu comme si elles avaient �t� faites de lave en fusion.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 29*: Biais �gocentrique</strong></p><p>[NdT : Ceci est une <strong>traduction</strong> de <emphasis>Harry Potter and the Methods of Rationality</emphasis>. Je ne suis pas l'auteur de cette fanfic ! Allez sur mon profil pour l'original en anglais.]</p><empty-line/><p>Et il faut que tu saches que, malheureusement, si tu veux d�couvrir ce qu'est J.K. Rowling, tu devras l'explorer toi-m�me.</p><p>Pr�ambules scientifiques : Luosha fait remarquer que la th�orie de l'empathie du chapitre 27 (nous utiliserions notre cerveau pour simuler ceux des autres) n'est pas exactement un fait scientifique av�r�. Les donn�es pointent dans cette direction, mais nous n'avons pas suffisamment analys� la circuiterie c�r�brale pour pouvoir le prouver. De m�me, les formulations intemporelles de la m�canique quantique (auxquelles il a �t� fait allusion dans le chapitre 28) sont si �l�gantes que je serais choqu� d'apprendre que la th�orie finale inclut la notion de temps ; mais ces formulations ne sont pour le moment pas non plus �tablies.</p><empty-line/><p>Derni�rement, il y avait eu un malaise dans l'estomac de Hermione � chaque fois qu'elle avait entendu les autres �l�ves parler d'elle et de Harry. Alors qu'elle prenait une douche le matin m�me, elle avait surpris une conversation entre Morag et Padma, et �a avait �t� la goutte d'eau qui avait fait d�border le vase.</p><p>Elle commen�ait � se dire que d�buter une rivalit� entre elle et Harry Potter avait �t� une terrible erreur.</p><p>Si elle �tait juste rest�e <emphasis>loin</emphasis> de lui, alors elle aurait pu �tre Hermione Granger, la plus grande des �toiles intellectuelles de Poudlard, capable de gagner plus de points pour Serdaigle que qui que ce soit d'autre. Elle n'aurait certes pas �t� aussi c�l�bre que le Survivant, mais elle aurait pu attribuer sa renomm�e uniquement � <emphasis>elle-m�me</emphasis>.</p><p>Au lieu de cela, le Survivant avait une rivale dans le domaine scolaire, et son nom se trouvait �tre Hermione Granger.</p><p>Pire que �a, elle avait eu un rendez-vous galant avec lui.</p><p>L'id�e de vivre une Romance avec Harry lui avait sembl� �tre une bonne id�e au premier abord. Elle avait lu des livres de ce genre, et s'il y avait quelqu'un � Poudlard qui m�ritait d'�tre l'objet de son attention, c'�tait �videmment Harry Potter. Intelligent, dr�le, c�l�bre, parfois effrayant...</p><p>Alors elle avait forc� Harry Potter � avoir un rendez-vous avec elle.</p><p>Et maintenant, c'�tait <emphasis>elle</emphasis> l'objet de <emphasis>son</emphasis> attention.</p><p>Ou pire, l'un des plats pr�sents sur son menu du soir.</p><p>Elle avait �t� prendre une douche le matin m�me, et elle avait entendu des ricanements venir de l'ext�rieur juste avant d'allumer l'eau. Et elle avait entendu Morag dire que cette n�e-Moldue ne serait probablement pas assez combative pour pouvoir vaincre Ginevra Weasley, et Padma avait alors sp�cul� sur le fait que Harry Potter pourrait aussi d�cider qu'il les voulait <emphasis>toutes les deux</emphasis>.</p><p>C'�tait comme si elles ne comprenaient pas que les FILLES avaient diff�rents plats pour leur menu du soir et que les GAR�ONS se battaient pour elles.</p><p>Mais pour �tre honn�te, ce n'�tait pas cela qui lui faisait le plus mal. C'�tait surtout que lorsqu'elle obtenait un 19 � l'un des contr�les du professeur McGonagall, la grande nouvelle n'�tait pas que Hermione Granger avait eu la meilleure note de la classe, c'�tait que la rivale de Harry Potter avait eu trois points de plus que lui.</p><p>Si vous vous approchiez trop du Survivant, vous deveniez une partie de sa l�gende.</p><p>Vous n'aviez pas la v�tre.</p><p>Et la pens�e lui �tait venue, celle qui disait qu'elle aurait juste d� partir loin de tout cela, mais �'aurait �t� trop triste.</p><p>Elle voulait n�anmoins <emphasis>recouvrir</emphasis> ce qu'elle avait accidentellement abandonn� en se faisant conna�tre comme �tant la rivale de Harry. Elle voulait de nouveau �tre une personne � part enti�re, pas la troisi�me jambe de Harry. �tait-ce trop demander ?</p><p>C'�tait un pi�ge d'o� il �tait difficile de s'extirper une fois qu'on y �tait tomb�. Peu importe que vos notes soient extraordinaires, m�me si vous faisiez quelque chose qui m�rite une annonce sp�ciale au d�ner cela voulait juste dire que vous n'aviez pas renonc� � rivaliser avec Harry Potter.</p><p>Mais elle pensait avoir trouv� un moyen.</p><p>Quelque chose qui ne donnerait <emphasis>pas</emphasis> l'impression qu'elle tirait sur l'autre extr�mit� de la scie de Harry.</p><p>Ce serait difficile.</p><p>Cela irait contre sa nature.</p><p>Il lui faudrait vaincre quelqu'un de tr�s m�chant.</p><p>Et elle devrait demander l'aide de quelqu'un d'encore <emphasis>plus</emphasis> m�chant.</p><p>Hermione leva sa main, pr�te � frapper � cette terrible porte.</p><p>Elle h�sita.</p><p>Hermione se rendit compte qu'elle se comportait de fa�on <emphasis>idiote</emphasis> et leva sa main un peu plus haut.</p><p>Elle essaya � nouveau de frapper.</p><p>Sa main resta loin de parvenir � atteindre la porte.</p><p>Et la porte s'ouvrit quand m�me en grand.</p><p>"Allons," dit l'araign�e, lov�e dans sa toile, "�tait-ce si difficile que �a de perdre un seul point Quirrell, mademoiselle Granger ?"</p><p>Hermione n'avait pas boug�, la main lev�e, les joues rosissantes. �a <emphasis>avait</emphasis> �t� tr�s difficile.</p><p>"Eh bien, mademoiselle Granger, j'aurais piti� de vous," dit le m�chant professeur Quirrell. "Consid�rez qu'il est d�j� perdu. Voil�, je vous ai d�barrass� d'un choix difficile. N'�tes-vous pas reconnaissante ?"</p><p>"Professeur Quirrell," parvint-elle � dire d'une voix qui couinait un peu, "j'ai beaucoup de points Quirrell, n'est-ce pas ?"</p><p>"Tout � fait," r�pondit-il, "mais un de moins que pr�c�demment. Atroce n'est-ce pas ? Imaginez un peu, si je n'appr�cie pas la raison de votre venue, vous pourriez en perdre cinquante autres. Peut-�tre que je les enl�verai un... par un... par un..."</p><p>Les joues de Hermione devenaient encore plus rouges. "Vous �tes vraiment m�chant, personne ne vous a jamais dit �a ?"</p><p>"Mademoiselle Granger," dit tr�s s�rieusement le professeur Quirrell, "il peut �tre dangereux d'offrir ce genre de compliments � des gens qui ne l'ont pas v�ritablement m�rit�. Le receveur pourrait se sentir intimid� et indigne de telles louanges, et il pourrait d�cider de faire quelque chose pour se hisser � leur hauteur. Alors, mademoiselle Granger, de quoi souhaitiez-vous me parler ?"</p><empty-line/><p>Un jeudi apr�s-midi, peu apr�s l'heure du d�jeuner, Hermione et Harry �taient confortablement install�s dans le petit recoin d'une biblioth�que, entour�s d'un <emphasis>Sourdinam</emphasis> leur permettant de discuter librement. Harry �tait allong� sur le ventre, ses genoux pos�s au sol, t�te entre les mains, ses pieds battant nonchalamment la mesure. Hermione occupait une chaise rembourr�e bien trop grande pour elle, comme si elle avait �t� le c�ur d'un bonbon fourr� au chocolat.</p><p>Harry avait sugg�r� qu'ils commencent par lire seulement les <emphasis>titres</emphasis> de tous les livres de la biblioth�que, et Hermione pourrait ensuite lire les tables des mati�res.</p><p>Hermione avait trouv� cette id�e brillante. Elle n'avait jamais fait une chose pareille dans une biblioth�que.</p><p>Malheureusement, ce plan comportait une l�g�re faille.</p><p>� savoir : ils �taient tous les deux Serdaigle.</p><p>Hermione lisait un livre intitul� <emphasis>Mn�motechniques magiques</emphasis>.</p><p>Harry lisait un livre intitul� <emphasis>Le sorcier sceptique</emphasis>.</p><p>Ils s'�taient tous les deux dit que c'�tait une exception qu'ils feraient juste cette fois, et aucun d'eux ne s'�tait encore rendu compte qu'il serait impossible pour aucun d'eux de jamais finir la lecture de tous les titres, et ce quel que soit l'effort qu'ils y mettraient.</p><p>Le calme de leur petit recoin fut bris� par deux mots.</p><p>"Oh <emphasis>non</emphasis>," dit soudain Harry � voix haute, d'une voix qui laissait penser que les mots lui avaient �t� arrach�s.</p><p>Puis le calme reprit.</p><p>"Il n'a pas fait <emphasis>�a</emphasis>," dit Harry de cette m�me voix.</p><p>Puis elle entendit Harry glousser de fa�on incontr�lable.</p><p>Hermione leva les yeux de son livre.</p><p>"Tr�s bien," dit-elle, "qu'y a-t-<emphasis>il</emphasis> ?"</p><p>"Je viens de d�couvrir pourquoi il ne faut jamais parler � un Weasley de leur rat de famille," dit Harry. "C'est <emphasis>vraiment</emphasis> horrible et je ne devrais pas en rire et je suis quelqu'un d'affreux."</p><p>"Oui," r�pondit Hermione d'un ton guind�, "en effet. Dis moi."</p><p>"D'accord, d'abord le contexte. Il y a tout un chapitre dans ce livre sur les th�ories conspirationnistes qui concernent Sirius Black. Tu te souviens bien de qui il s'agit ?"</p><p>"Bien s�r," dit Hermione. Sirius Black �tait un tra�tre, un ami de James Potter qui avait r�v�l� � Voldemort l'emplacement des parents de Harry.</p><p>"Eh bien il s'av�re qu'il y a eu un certain nombre de, disons d'<emphasis>irr�gularit�s</emphasis> li�es � la venue de Black � Azkaban. Il n'a pas eu de proc�s, et le sous-secr�taire d'�tat en poste � l'�poque o� les Aurors ont arr�t� Black n'�tait autre que Cornelius Fudge, l'actuel ministre de la Magie."</p><p>Cela semblait un peu suspect � Hermione, et elle le fit savoir � Harry.</p><p>Harry fit mine de hausser les �paules, toujours allong� au sol, face � son livre. "Des choses suspectes se produisent en permanence, et si on est un adepte des th�ories conspirationnistes, on peut toujours trouver <emphasis>quelque chose</emphasis>."</p><p>"Mais <emphasis>pas de proc�s</emphasis> ?" dit Hermione.</p><p>"C'�tait juste apr�s la d�faite du Seigneur des T�n�bres," dit Harry d'un ton s�rieux. "Les choses �taient alors chaotiques, et lorsque les Aurors remont�rent jusqu'� Black, il se tenait l�, riant dans une ruelle, du sang jusqu'au chevilles, avec vingt t�moins oculaires pour raconter comment il avait tu� un ami de mon p�re nomm� Peter Pettigrew ainsi que douze passants. Je ne dis pas que j'approuve le fait que Black n'ait pas eu de proc�s. Mais parlons de sorciers, alors ce n'est pas beaucoup plus suspect que, je ne sais pas, que le genre de chose que les gens mentionnent lorsqu'ils d�battent au sujet de l'identit� de l'assassin de John F. Kennedy. Enfin bref, Sirius Black est le Lee Harvey Oswald des sorciers. Il y a toutes sortes de th�ories sur la personne qui aurait <emphasis>vraiment</emphasis> trahi mes parents, et l'une des th�ories les plus populaires est Peter Pettigrew, et c'est l� que les choses commencent � se compliquer."</p><p>Hermione �coutait, fascin�e. "Mais comment tu vas de �a au <emphasis>rat</emphasis><emphasis>de compagnie </emphasis>des Weasley -"</p><p>"Attends," dit Harry, "j'y viens. Alors, apr�s la mort de Pettigrew, il fut r�v�l� qu'il avait �t� un espion pour le compte des gentils - pas un agent double, juste quelqu'un qui farfouillait et d�couvrait des secrets. Il avait �t� dou� dans le domaine depuis son adolescence, et m�me � Poudlard il avait la r�putation de pouvoir d�couvrir toutes sortes de secrets. La th�orie est donc que Pettigrew est devenu un Animagus non d�clar� quand il �tait encore � Poudlard, un Animagus petit, capable de courir partout et d'�couter des conversations. Le probl�me principal �tant que les gens capables d'�tre des Animagus sont rares et qu'il est encore plus rare d'y parvenir �tant encore adolescent, donc les th�ories disent bien s�r que mon p�re et Black �taient eux aussi des Animagus non d�clar�s. Et dans cette th�orie conspirationniste, Pettigrew a tu� les douze t�moins lui-m�me puis il s'est transform� en sa petite forme Animagus, et il s'est enfuit. Donc Michael Shermer dit qu'il y a quatre probl�mes avec cette th�ories. Un, Black �tait le seul � savoir o� se trouvaient mes parents," (la voix de Harry devint un peu rauque lorsqu'il pronon�a cette phrase), "deux, Black �tait � la base un suspect bien plus probable que Pettigrew, il y a une rumeur selon laquelle Black aurait d�lib�r�ment essay� de faire tuer un �l�ve lorsqu'il �tait � Poudlard, et il venait de cette famille Sang Pur vraiment m�chante, Bellatrix Black �tait litt�ralement sa cousine. Trois, Black �tait vingt fois plus fort que Pettigrew en magie de combat, m�me s'il n'�tait pas aussi malin que lui. Le duel entre eux aurait �t� comme un duel entre le professeur Quirrell et le professeur Chourave. Pettigrew n'aurait probablement pas eu une chance de sortir sa baguette et encore moins de falsifier toutes les preuves dont cette th�orie a besoin. Et quatre, Black se tenait au milieu de la rue en <emphasis>riant</emphasis>."</p><p>"Mais le <emphasis>rat</emphasis> -" dit Hermione.</p><p>"Oui," dit Harry. "Eh bien, pour r�sumer, Bill Weasley a d�cid� que le rat de compagnie de son petit fr�re Percy �tait la forme Animagus de Pettigrew -"</p><p>La m�choire de Hermione se d�crocha.</p><p>"Oui," dit Harry, "on ne s'attendrait pas � ce que le mal�fique Pettigrew vive une vie furtive et triste sous la forme du rat de compagnie d'une famille de sorciers ennemis, on l'imaginerait soit chez les Malfoy, soit plus probable encore quelque part aux Cara�bes apr�s un peu de chirurgie esth�tique. Quoi qu'il en soit, Bill met son petit fr�re Percy KO, puis il assomme le rat, s'en saisit, et il envoie tous ces messages d'urgences par chouette -"</p><p>"Oh <emphasis>non</emphasis> !" dit Hermione comme si les mots lui avaient �t� arrach�s.</p><p>"- et parvient on ne sait comment � ameuter Dumbledore, le ministre de la Magie et le chef des Aurors -"</p><p>"Il n'a pas fait <emphasis>�a</emphasis> !" dit Hermione.</p><p>"Et bien s�r lorsqu'ils arrivent ils se disent qu'il est fou, mais ils jettent quand m�me <emphasis>Veritas Oculum</emphasis>, juste pour �tre s�rs, et que d�couvrent-ils ?"</p><p>Elle en serait <emphasis>morte</emphasis>. "Un rat."</p><p>"Tu gagnes un bonbon ! Alors ils ont tra�n� le pauvre Bill Weasley jusqu'� Sainte Mangouste, et il s'av�ra que c'�tait une crise de schizophr�nie assez standard, �a arrive � certaines personnes, en particulier aux jeunes homme lorsqu'ils approchent de l'�ge o� on entre habituellement � l'universit�. Le mec �tait convaincu qu'il avait quatre-vingt-dix-sept ans et qu'il �tait mort et qu'il avait remont� le temps jusqu'� son lui plus jeune en prenant le train. Et il r�pondit parfaitement bien aux neuroleptiques et il est de nouveau normal et tout va bien maintenant, sauf que les gens ne parlent plus beaucoup des th�ories conspirationnistes au sujet de Sirius Black et qu'on ne parle jamais aux Weasley de leur rat de compagnie."</p><p>Hermione gloussait de fa�on incontr�lable. C'�tait vraiment horrible et elle n'aurait pas d� en rire et elle �tait une personne affreuse.</p><p>"Ce que je ne comprends <emphasis>pas</emphasis>,", dit Harry apr�s que leurs gloussements se soient �teints, "c'est <emphasis>pourquoi</emphasis> Black pourchasserait Pettigrew au lieu de courir aussi vite que possible. Il devait savoir que les Aurors �taient � ses trousses. Je me demande s'ils ont arrach� la raison de son comportement � Black avant de l'emmener � Azkaban ? Tu vois, c'est pour �a que les gens qui sont absolument forc�ment coupables devraient quand m�me passer par le syst�me judiciaire et avoir des proc�s."</p><p>Hermione dut admettre que c'�tait vrai.</p><p>Peu apr�s, Harry en eut fini avec son livre, tandis que Hermione n'�tait encore qu'� la moiti� du sien - c'�tait un livre bien plus difficile que celui de Harry, mais elle se sentit quand m�me g�n�e. Puis elle dut remettre <emphasis>Mn�motechniques magiques</emphasis> sur son �tag�re et se forcer � quitter la biblioth�que, car c'�tait l'heure de faire face aux cours le plus redout� de Poudlard, VOL SUR BALAIS.</p><p>Harry lui colla aux pieds tandis qu'elle s'y rendait m�me si son cours � lui ne commencerait pas avant une heure et demie, comme un avion de chasse escortant un triste petit avion � h�lices en chemin vers ses fun�railles.</p><p>Le gar�on lui dit au revoir d'une petite voix pleine d'empathie, et elle marcha sur les champs herbeux du Destin.</p><p>Et il y eut moult glapissements et quasi-chutes et d'horribles buissons de la mort et le sol totalement au <emphasis>mauvais</emphasis> endroit et le soleil dans ses yeux et Morag qui la fr�lait et Mandy qui croyait �tre <emphasis>subtile</emphasis> � �tre toujours suffisamment pr�s d'elle pour l'attraper si elle tombait et elle <emphasis>savait</emphasis> que les autres �l�ves se moquaient d'elles mais elle ne dit jamais rien � Mandy parce qu'elle n'avait pas envie de mourir.</p><p>Dix millions d'ann�es plus tard, le cours se termina, et elle fut de nouveau sur le sol, l� o� serait sa place jusqu'au jeudi suivant. Elle avait parfois des cauchemars dans lesquels on �tait toujours jeudi.</p><p><emphasis>Pourquoi</emphasis> tout le monde devait-il apprendre � faire �a alors qu'ils allaient juste transplaner ou passer par des chemin�es une fois adultes ? C'�tait pour Hermione un myst�re total et profond. Aucun adulte n'avait vraiment besoin de voler sur des balais, c'�tait comme d'�tre oblig� de jouer � la balle au prisonnier en �ducation physique.</p><p>Au moins Harry avait la d�cence d'avoir honte de son talent dans le domaine.</p><empty-line/><p>Quelques heures plus tard et elle �tait dans une salle d'�tude de Poufsouffle avec Hannah, Susan, Leanne et Megan. Le professeur Flitwick, �tonnamment timide pour un enseignant, lui avait demand� si elle pourrait peut-�tre aider les quatre �l�ves pour leurs devoirs de charmes et sortil�ges, m�me si elles n'�taient pas Serdaigles, et Hermione s'�tait senti si fi�re qu'elle en avait presque pris feu.</p><p>Elle prit une feuille de parchemin, r�pandit un peu d'encre � la surface de celle-ci, la d�chira en quatre morceaux, les chiffonna et les jeta sur la table.</p><p><emphasis>Elle</emphasis> aurait pu y arriver en se contentant de les chiffonner, mais le reste les faisait d'autant plus ressembler � des d�tritus, et c'�tait utile quand quelqu'un pratiquait le sort de nettoyage pour la premi�re fois.</p><p>Hermione se concentra sur son ou�e et dit : "Allez, essayez."</p><p>"<emphasis>Everto</emphasis>."</p><p>"<emphasis>Everto</emphasis>."</p><p>"<emphasis>Everto</emphasis>."</p><p>"<emphasis>Everto</emphasis>."</p><p>Elle ne pensa pas avoir bien saisi toutes les erreurs. "Pourriez-vous toutes r�essayer ?"</p><p>Une heure plus tard, Hermione avait conclu que (1) Leanne et Megan semblaient manquer de rigueur mais si on leur demandait de continuer � s'entra�ner elles ob�iraient, (2) Hannah et Susan �taient concentr�es et motiv�es, � tel point qu'il fallait sans cesse leur dire de <emphasis>ralentir</emphasis> et de se <emphasis>d�tendre</emphasis> et de <emphasis>r�fl�chir</emphasis> au lieu faire autant <emphasis>d'efforts </emphasis>- c'�tait �trange de se dire que ces deux-l� seraient bient�t � <emphasis>elle</emphasis> - et (3) elle aimait aider les Poufsouffle, toute la salle d'�tude avait une atmosph�re tr�s enjou�e.</p><p>Lorsqu'elle se rendit au d�ner, elle trouva le Survivant qui lisait un livre en attendant de l'escorter. Elle se sentit flatt�e, et un peu inqui�te aussi, car Harry ne semblait vraiment parler � <emphasis>personne</emphasis> � par elle.</p><p>"Savais-tu qu'il y a une quatri�me ann�e de Poufsouffle qui est un M�tamorphomage ?" dit Hermione tandis qu'il se dirigeaient vers la Grande Salle. "Elle peut rendre ses cheveux vraiment rouges, comme un panneau stop pas comme un Weasley, et la fois o� elle s'est renvers�e du th� chaud dessus elle s'est transform�e en un gar�on brun jusqu'� ce qu'elle arrive � reprendre le contr�le d'elle-m�me."</p><p>"Vraiment ? Cool," dit Harry, l'air un peu distrait. "Euh, Hermione, juste histoire de v�rifier, tu sais que c'est demain le dernier jour pour s'inscrire aux arm�es du professeur Quirrell ?"</p><p>"Oui," dit Hermione. "Les arm�es du mal�fique professeur Quirrell." Sa voix �tait un peu col�rique, m�me si Harry ne savait bien s�r pas pourquoi.</p><p>"Hermione," dit Harry, la voix exasp�r�e, "il n'est pas mal�fique. Il est un peu sombre et tr�s Serpentard. Ce n'est pas pareil que d'�tre <emphasis>mal�fique</emphasis>."</p><p>Harry Potter avait trop de mots pour d�signer les choses, c'�tait �a son probl�me. Il s'en serait mieux sorti en divisant le monde entre Bon et Mauvais. "Le professeur Quirrell m'a fait venir devant toute la classe et il m'a dit de <emphasis>tirer sur quelqu'un</emphasis> !"</p><p>"Il avait raison," dit Harry, le visage grave. "Je suis d�sol� Hermione, mais il avait raison. Tu aurais d� <emphasis>me</emphasis> tirer dessus, �a ne m'aurait pas d�rang�. Tu ne peux pas apprendre la magie de combat si tu ne peux pas t'entra�ner contre de vrais adversaires en utilisant de vrais sorts. Et maintenant tu te d�brouille en lutte, non ?"</p><p>Hermione n'avait que douze ans, et bien qu'elle sache qu'il avait tort, elle ne savait pas l'exprimer, elle n'arrivait pas � trouver la phrase qui aurait convaincu Harry.</p><p>Le professeur Quirrell avait choisi une jeune fille et l'avait fait venir devant tout le monde, et il lui avait ordonn� d'ouvrir le feu sans sommation sur un de ses camarades.</p><p>�a n'avait pas <emphasis>d'importance</emphasis> qu'il ait eu raison au sujet du fait que c'�tait quelque chose qu'elle devait apprendre � faire.</p><p>Le professeur McGonagall n'aurait jamais fait �a.</p><p>Le professeur Flitwick n'aurait jamais fait �a.</p><p>Peut-�tre m�me que le professeur Rogue n'aurait jamais fait �a.</p><p>Le professeur Quirrell �tait <emphasis>mal�fique</emphasis>.</p><p>Mais elle n'arrivait pas � trouver les bons mots, et elle savait que Harry ne la croirait jamais.</p><p>"Hermione, j'ai parl� aux �l�ves plus �g�," dit Harry. "Le professeur Quirrell est peut-�tre le <emphasis>seul</emphasis> professeur comp�tent qu'on aura dans nos sept ans � Poudlard. Tout le reste, on pourra l'apprendre plus tard. Si on veut �tudier la D�fense, on doit le faire <emphasis>cette ann�e</emphasis>. Les �l�ves qui s'inscrivent pour les activit�s du soir vont �norm�ment apprendre, bien plus que ce que le ministre pense que les �l�ves de premi�re ann�e doivent apprendre - tu savais qu'on va apprendre le Patronus ? En <emphasis>janvier</emphasis> ?"</p><p>"Le <emphasis>Patronus</emphasis> ?" dit Hermione, sa voix grimpant d'une octave sous l'effet de la surprise.</p><p>Ses livres disaient que c'�tait une des magies les plus pures que l'on connaissait, une arme contre les plus sombres des cr�atures, lanc�e avec les �motions les plus positives. Elle ne se serait pas attendue � ce que le professeur Quirrell l'enseigne - ou qu'il s'arrange pour le faire enseigner, puisque Hermione ne pouvait pas l'imaginer capable de jeter le sort lui-m�me.</p><p>"Oui," dit Harry. "Les �l�ves n'apprennent g�n�ralement pas le Patronus avant leur cinqui�me ann�e, ou m�me plus tard ! Mais le professeur Quirrell dit que l'organisation du minist�re a �t� faite par des veracrasses dou�s de paroles et que la capacit� de lancer le Patronus d�pend plus des �motions que de la force magique. Le professeur Quirrell dit qu'il pense que la plupart des �l�ves en font beaucoup moins qu'ils ne pourraient en faire et qu'il va le prouver cette ann�e."</p><p>C'�tait le ton de v�n�ration habituel que Harry employait quand il parlait du professeur Quirrell, et Hermione grin�a des dents et continua de marcher.</p><p>"Je me suis d�j� inscrit, en fait," dit Hermione d'une petite voix. "Ce matin. Pour tout, comme tu avais dit."</p><p><emphasis>Quand le vin est tir�, il faut le boire</emphasis>, disait le proverbe.</p><p>Et puis elle ne voulait pas <emphasis>perdre</emphasis>, et si elle voulait gagner, il lui faudrait apprendre.</p><p>"Alors tu <emphasis>feras</emphasis> partie des arm�es ?" la voix de Harry �tait soudain enthousiaste. "Hermione, c'est g�nial ! J'ai d�j� ma liste de soldats, mais je suis s�r que le professeur Quirrell me laissera en ajouter ou en �changer -"</p><p>"Je ne vais pas rejoindre ton arm�e." La voix de Hermione �tait ac�r�e. Elle savait que c'�tait une supposition raisonnable de la part de Harry, mais �a l'�nervait <emphasis>quand m�me</emphasis>.</p><p>Harry cligna des yeux. "S�rement pas celle de Malfoy. Alors tu veux �tre dans la troisi�me arm�e? M�me si on ne sait pas encore <emphasis>qui</emphasis> est le g�n�ral ?" Harry avait l'air surpris et l�g�rement bless�, et elle ne pouvait pas lui en vouloir, m�me si bien s�r elle lui en <emphasis>voulait</emphasis>, puisque de fait, tout �tait de sa faute. "Mais pourquoi pas la mienne ?"</p><p>"R�fl�chis-y," l�cha-t-elle, "et peut-�tre que tu arriveras � comprendre !"</p><p>Et elle acc�l�ra le pas, laissant Harry bouche b�e derri�re elle.</p><empty-line/><p>"Professeur Quirrell," dit Draco de sa voix la plus formelle, "je me dois de protester contre la nomination de Hermione Granger au poste de troisi�me g�n�ral."</p><p>"Oh," dit le professeur Quirrell, confortablement install� dans sa chaise, un air nonchalant et d�tendu sur le visage. "Protestez donc, M. Malfoy."</p><p>"Granger n'est pas apte � tenir ce poste," dit Draco.</p><p>Le professeur Quirrell tapota d'un doigt sur sa joue, l'air pensif. "Mais si, elle l'est. Avez-vous d'autres protestations ?"</p><p>"Professeur Quirrell," dit Harry Potter, qui se tenait � c�t� de Draco, "avec tout le respect que je dois aux nombreux talents scolaires de mademoiselle Granger et aux points Quirrell qu'elle a fort justement obtenu lors de vos cours, sa personnalit� ne correspond pas � la t�che de commandeur militaire."</p><p>Draco avait �t� soulag� quand Harry avait accept� de l'accompagner dans le bureau du professeur Quirrell. Ce n'�tait pas <emphasis>seulement</emphasis> que Harry �tait un le plus grand des chouchou qui soit aux yeux du professeur Quirrell. Draco avait aussi commenc� � s'inqui�ter de la possibilit� que Harry soit <emphasis>r�ellement</emphasis> ami avec Granger, �a faisait un bout de temps maintenant et Harry ne l'avait <emphasis>toujours pas</emphasis> attaqu�e... mais voil� qui �tait mieux.</p><p>"Je suis d'accord avec M. Potter," dit Draco. "La nommer g�n�ral va transformer tout cela en une farce."</p><p>"S�v�rement formul�," dit Harry, "mais je ne peux faire autrement que de convenir que M. Malfoy a raison. Pour �tre direct, professeur Quirrell, Hermione Granger a environ autant d'intention de tuer qu'un bol de raison m�rs."</p><p>"Cela n'est pas un fait dont je n'aurais pu me rendre compte moi-m�me," r�pondit le professeur Quirrell avec douceur, "vous ne me dites rien que je ne sais d�j�."</p><p>C'�tait � Draco de dire quelque chose mais il semblait que la conversation venait soudain d'attraper le hoquet. Cette r�ponse n'avait <emphasis>pas</emphasis> fait partie des possibilit�s que lui et Harry avaient envisag�es lorsqu'ils s'�taient creus�s les m�ninges avant de venir ici. Que <emphasis>fallait-il</emphasis> faire apr�s que le professeur vous ait dit qu'il savait tout ce que vous saviez et qu'il allait quand m�me commettre une erreur �vidente ?</p><p>Le silence continua un moment.</p><p>"Pr�parez-vous quelque chose ?" dit lentement Harry.</p><p>"Tout ce que je fais doit-il �tre un complot ?" dit le professeur Quirrell. "Ne puis-je jamais cr�er du chaos pour le plaisir de le faire ?"</p><p>Draco faillit s'�trangler.</p><p>"Pas dans votre cours de magie de combat," dit Harry, arm� d'une calme certitude. "En d'autres lieux peut-�tre, mais pas ici."</p><p>Le professeur Quirrell leva lentement ses sourcils.</p><p>Harry lui rendit son regard avec assurance.</p><p>Draco frissonna.</p><p>"Eh bien dans ce cas," dit le professeur Quirrell, "il semble qu'aucun de vous n'a envisag� une tr�s simple question. Qui pourrais-je nommer � la place de mademoiselle Granger ?"</p><p>"Blaise Zabini," dit Draco sans h�siter.</p><p>"D'autres suggestions ?" dit le professeur Quirrell, l'air tr�s amus�.</p><p><emphasis>Anthony Goldstein et Ernie Macmillan</emphasis> vinrent � l'esprit de Draco avant que son bon sens ne prenne le dessus et n'exclue tout Sang-de-Bourbe et tout Poufsouffle, peu importe leur agressivit� lors des duels. Au lieu de cela, Draco se contenta de dire : "Qu'est ce qui ne va pas avec Zabini ?"</p><p>"Je vois..." dit lentement Harry.</p><p>"Moi <emphasis>pas</emphasis>," dit Draco. "Pourquoi pas Zabini ?"</p><p>Le professeur Quirrell regarda Draco. "Parce que, M. Malfoy, peut importe les efforts qu'il y mettra, il ne sera jamais � votre hauteur, ni � celle de M. Potter."</p><p>Le choc stup�fia Draco. "Vous ne pouvez pas croire que <emphasis>Granger</emphasis> va -"</p><p>"Il parie sur elle," dit doucement Harry. "Ce n'est pas garanti. Les chances ne sont m�me pas bonnes. Elle ne ne nous tiendra probablement jamais t�te, et m�me si elle le fait, elle pourrait mettre des mois � apprendre. Mais elle est la seule dans notre ann�e � avoir la moindre de chance de devenir capable de nous battre."</p><p>Les mains de Draco se tordirent mais ne devinrent pas des poings. Se faire passer pour votre partisan pour ensuite se retirer �tait une tactique de sapage classique, donc Harry Potter <emphasis>�tait </emphasis>avec Granger et <emphasis>cela</emphasis> impliquait que -</p><p>"Mais professeur," encha�na naturellement Harry, "je suis inquiet � l'id�e que Hermione soit <emphasis>malheureuse</emphasis> � ce poste de g�n�ral. Je parle en tant qu'ami � pr�sent, professeur Quirrell. La comp�tition nous fait peut-�tre du bien � Draco et � moi, mais ce que vous demandez d'elle ne lui fera pas de <emphasis>bien</emphasis> !"</p><p><emphasis>Au temps pour moi</emphasis>, songea Draco.</p><p>"Votre amiti� pour Hermione Granger vous fait honneur," dit s�chement le professeur Quirrell. "Tout particuli�rement parce que vous parvenez � �tre en m�me temps ami avec Draco Malfoy. En voil� une belle prouesse."</p><p>Harry eut soudain l'air un peu nerveux, ce qui voulait dire qu'il se sentait probablement <emphasis>beaucoup</emphasis> plus nerveux, et Draco jura en son for int�rieur. Bien s�r que Harry n'allait pas tromper le professeur Quirrell.</p><p>"Et je doute que mademoiselle Granger appr�cie votre pr�occupation amicale," dit le professeur Quirrell. "C'est elle qui m'a demand� le poste, M. Potter, ce n'est pas moi qui suis all� la voir."</p><p>Harry se tut pendant un moment. Puis il jeta � Draco un rapide coup d'�il d'excuse et de mise en garde m�l�es, disant � la fois <emphasis>D�sol�, j'ai fait de mon mieux</emphasis> et <emphasis>On ne devrait pas insister</emphasis>.</p><p>"Quant � la possibilit� qu'elle soit malheureuse," continua le professeur Quirrell, un l�ger sourire naissant sur ses l�vres, "je suspecte qu'il lui sera bien plus facile de supporter les rigueurs de son poste qu'aucun de vous deux ne pourrait l'imaginer, et qu'elle vous tiendra t�te bien plus t�t que vous ne le pensez."</p><p>Harry et Draco manqu�rent d'oxyg�ne sous le coup de l'horreur.</p><p>"Vous n'allez pas la <emphasis>conseiller</emphasis> quand m�me ?" dit Draco, absolument effar�.</p><p>"Je ne me suis jamais inscrit � un combat contre <emphasis>vous</emphasis> !" dit Harry.</p><p>Le sourire sur les l�vres du professeur Quirrell s'�largit. "Je lui ai � vrai dire en effet <emphasis>offert</emphasis> quelque suggestions pour ses premi�res batailles."</p><p>"<emphasis>Professeur Quirrell</emphasis><emphasis>!</emphasis>" dit Harry.</p><p>"Oh, ne vous en faites pas," dit le professeur Quirrell. "Elle a rejet� mon offre. Comme je m'y attendais."</p><p>Les yeux de Draco se r�tr�cirent.</p><p>"Allons, M. Potter," dit le professeur Quirrell, "personne ne vous a-t-il jamais dit qu'il �tait mal �lev� de fixer les gens ?"</p><p>"Vous n'allez pas secr�tement l'aider d'une <emphasis>autre </emphasis>fa�on ?" dit Harry.</p><p>"Ferais-je une chose pareille ?" dit le professeur Quirrell.</p><p>"Oui," dirent Harry et Draco � l'unisson.</p><p>"Je suis bless� par votre manque de confiance. Eh bien dans ce cas, je promets de ne pas aider le g�n�ral Granger � votre insu de quelque fa�on que ce soit. Et je sugg�re maintenant que vous vous pr�occupiez de vos affaires militaires. Novembre approche � grand pas."</p><empty-line/><p>Ils �mergeaient du bureau du professeur Quirrell, et Draco vit les implications avant que la porte ne se soit totalement referm�e.</p><p>Harry avait un jour d�daigneusement parl� des "trucs politiques".</p><p>Et c'�tait le seul espoir de Draco.</p><p>Pourvu qu'il ne se rende pas compte, pourvu qu'il ne se rende pas compte...</p><p>"On devrait juste attaquer Granger d'abord et la faire sortir du tableau," dit Draco. "Apr�s l'avoir �cras�e, nous pourrons avoir notre combat sans �tre distraits."</p><p>"�a ne me semble pas tr�s �quitable," dit Harry d'une voix �gale.</p><p>"Qu'est-ce que <emphasis>tu </emphasis>en as � faire ?" dit Draco. "C'est bien ta rivale ?" Alors, avec juste la bonne touche de soup�on dans la voix, "ne me dis pas que tu as commenc� � <emphasis>vraiment</emphasis> bien l'aimer, apr�s avoir �t� son rival tout ce temps..."</p><p>"Les fondateurs m'en gardent," dit Harry. "Que veux-tu que je te dise, Draco ? J'ai simplement un sens de la justice instinctif. Granger aussi, tu sais. Elle a une tr�s bonne ma�trise des notions de bien et de mal, et elle va probablement commencer par attaquer le mal. Tu sais, il faut vraiment le chercher pour s'appeler 'Malfoy'."</p><p><emphasis>BON SANG !</emphasis></p><p>"Harry," dit Draco d'un ton bless� et peut-�tre un peu sup�rieur, "ne veux tu pas te battre de fa�on <emphasis>�quitable</emphasis> contre moi ?"</p><p>"Tu veux dire plut�t que de t'attaquer apr�s que tu aies d�j� perdu quelques une de tes troupes en vainquant Granger ?" dit Harry. "Oh, je ne sais pas. Peut-�tre qu'une fois que je me serais ennuy� de gagner j'essaierai la m�thode '�quitable'."</p><p>"Peut-�tre qu'elle t'attaquera <emphasis>toi</emphasis>," dit Draco. "<emphasis>Tu</emphasis> es son rival."</p><p>"Mais je suis son <emphasis>ami</emphasis> rival," dit Harry, un m�chant sourire dessin� sur le visage. "Je lui ai offert un beau cadeau d'anniversaire et tout. �a ne serait pas bien vu d'aller saboter son ami rival comme �a."</p><p>"Et que dis-tu de l'id�e de saboter les chances que ton <emphasis>ami</emphasis> ait un combat �quitable ?" dit Draco avec col�re. "Je pensais qu'on �tait amis !"</p><p>"Laisse-moi reformuler," dit Harry. "<emphasis>Granger</emphasis> ne saboterait pas un ami rival. Mais c'est parce qu'elle a l'intention de tuer d'un bol de raisons m�rs. <emphasis>Toi</emphasis>, tu le ferais. Tu le ferais <emphasis>carr�ment</emphasis>. Et devine quoi : moi aussi."</p><p><emphasis>BON SANG !</emphasis></p><empty-line/><p>Si cela avait �t� une pi�ce de th��tre, il y aurait eu une musique dramatique.</p><p>Impeccablement v�tu de ses robes � bordures vertes, parfaitement coiff� de ses cheveux blond v�nitien, le h�ros faisait face au m�chant.</p><p>Enfonc� dans une chaise en bois simple, ses dents de lapins clairement visible, des restes de ch�taignes tombant le long de ses cheveux, le m�chant faisait face au h�ros.</p><p>Nous �tions mercredi 30 octobre, et la premi�re bataille aurait lieu ce dimanche.</p><p>Draco se tenait dans le bureau du g�n�ral Granger, une pi�ce de la taille d'une petite salle de classe (Draco ne savait pas exactement <emphasis>pourquoi</emphasis> les bureaux des g�n�raux �taient si grands. Une chaise et un bureau lui auraient suffit. Et en premier lieu, il n'�tait m�me pas certain que les g�n�raux aient besoin d'un bureau puisque tous leurs soldats savaient ou les trouver. � moins que le professeur Quirrell n'ait d�lib�r�ment organis� les choses afin de leur fournir une marque de statut, auquel cas Draco �tait tout � fait en faveur de l'id�e).</p><p>Granger �tait assise sur la seule chaise de la salle, comme si cela avait �t� un tr�ne, et elle se situait loin � l'autre de bout de la pi�ce, face au mur o� se trouvait la porte. Une longue table rectangulaire s'�tirait entre eux, d'un bout de la pi�ce � l'autre, et quatre petite tables circulaires �taient r�parties aux quatre coins, mais il y avait seulement cette unique chaise, tout au fond. La pi�ce avait des fen�tres le long d'un des murs, et un rayon de soleil venait toucher le dessus des cheveux de Granger pour lui faire une couronne lumineuse.</p><p>�a aurait �t� bien si Draco avait pu s'avancer lentement. Mais il y avait une table qui lui barrait le chemin, Draco aurait d� faire le tour par la diagonale, et il �tait impossible de le faire d'une fa�on th��trale et empreinte de dignit�. Cela avait-il �t� d�lib�r� ? S'il s'�tait agit de son p�re, �a l'aurait s�rement �t� ; mais c'�tait Granger, donc probablement pas.</p><p>Il n'avait nulle part o� s'asseoir, et Granger ne s'�tait pas non plus lev�e.</p><p>Draco se garda bien d'exprimer le moindre outrage.</p><p>"Eh bien, M. Draco Malfoy," dit Granger une fois qu'il fut arriv� jusqu'� elle, "vous avez sollicit� une audience et j'ai eu la gr�ce de vous l'octroyer. Quelle est votre requ�te ?"</p><p><emphasis>Viens me rendre visite au manoir Malfoy, mon p�re et moi voudrions te montrer quelques sorts int�ressants.</emphasis></p><p>"Potter, votre rival, m'a fait une offre," dit Draco, arborant un air s�rieux. "Il n'�tait pas g�n� � l'id�e de perdre contre moi, mais se serait sentit humili� par votre victoire. Il veut donc joindre ses forces aux miennes et vous �radiquer imm�diatement, pas seulement lors de notre premi�re bataille mais � chacune d'entre elles. Si je n'accepte pas, Potter souhaite que je reste inactif ou que je vous harc�le pendant qu'il lancera une attaque de toute ses forces en d�but de bataille."</p><p>"Je vois," dit Granger, l'air surprise. "Et vous offrez de m'aider contre lui ?"</p><p>"Bien s�r," encha�na imm�diatement Draco. "Je n'ai pas trouv� que ce qu'il comptait vous faire �tait tr�s juste."</p><p>"Voyons, mais c'est tr�s gentil de votre part, M. Malfoy," dit Granger. "Je suis navr�e la fa�on dont je vous ai parl� plus t�t. Nous devrions �tre amis. Puis-je vous appeler Draky ?"</p><p>Des sir�nes d'alarmes se mirent � sonner dans la t�te de Draco, mais il y avait une <emphasis>chance</emphasis> qu'elle soit sinc�re...</p><p>"Bien s�r," dit Draco, "si je peux vous appeler Hermy."</p><p>Draco fut presque certain d'avoir vu son visage tressaillir.</p><p>"Quoi qu'il en soit," dit Draco, "je pensais que �a donnerait une bonne le�on � Potter si nous l'attaquions tous les deux et l'�radiquions."</p><p>"Mais ne serait-ce pas injuste envers M. Potter ?" dit Granger.</p><p>"Je pense que ce serait tr�s juste," dit Draco. "Il comptait d�j� vous infliger cette trahison."</p><p>Granger le regardait d'un air s�v�re qui aurait peut-�tre pu l'intimider s'il avait �t� un Poufsouffle et pas un Malfoy. "Vous pensez que je suis assez stupide, n'est-ce pas M. Malfoy ?"</p><p>Draco eut un sourire charmeur. "Non, mademoiselle Granger, mais je me suis dit que je devrais au moins v�rifier. Alors, que voulez-vous ?"</p><p>"�tes-vous en train d'essayer de me <emphasis>soudoyer</emphasis> ?" dit Granger.</p><p>"Tout � fait," dit Draco. "Puis-je juste vous filer Gallion et vous voir combattre Potter plut�t que moi jusqu'� la fin de l'ann�e ?"</p><p>"Non," dit Granger, "mais vous pouvez m'offrir dix Gallions et me voir vous combattre de fa�on �quitable au lieu que je me concentre sur vous."</p><p>"Dix Gallions repr�sentent une forte somme," dit prudemment Draco.</p><p>"Je ne savais pas que les Malfoys �taient pauvres," dit Granger.</p><p>Draco fixa Granger.</p><p>Il commen�ait � trouver cette situation �trange.</p><p>Cette r�ponse en particulier ne ressemblait pas � ce que cette fille en particulier avait l'habitude de dire.</p><p>"Eh bien," dit Draco, "on ne devient pas riche en jetant son argent par les fen�tres, vous savez."</p><p>"Je ne sais pas si vous savez ce qu'est un dentiste, M. Malfoy, mais mes parents sont <emphasis>dentistes</emphasis>, et toute somme inf�rieure � dix Gallions ne m�rite pas que je m'y attarde."</p><p>"Trois Gallions," dit Draco, plus pour sonder le terrain qu'autre chose.</p><p>"Non," dit Granger. "Pas si vous voulez un combat �quitable pour tous, et je ne pense pas qu'un Malfoy d�sire un combat �quitable moins qu'il ne d�sire dix Gallions."</p><p>Draco commen�ait � trouver cette situation <emphasis>tr�s</emphasis> �trange.</p><p>"Non," dit Draco.</p><p>"Non ?" dit Granger. "Cette offre a une date d'expiration, M. Malfoy. �tes-vous certain de vouloir risquer une ann�e enti�re pendant laquelle vous serez lamentablement �cras� par le Survivant ? Ce serait plut�t g�nant pour la maison Malfoy, vous ne pensez pas ?"</p><p>C'�tait un argument tr�s persuasif, un argument tr�s difficile � rejeter, mais vous ne deveniez pas riche en d�pensant son argent quand votre c�ur vous disait que c'�tait un pi�ge.</p><p>"Non," dit Draco.</p><p>"� dimanche," dit Granger.</p><p>Draco fit demi-tour et sortit du bureau sans prononcer un mot de plus.</p><p>�a ne s'�tait <emphasis>pas bien</emphasis> pass�...</p><empty-line/><p>"Hermione," dit Harry avec patience, "nous sommes <emphasis>cens�s</emphasis> fomenter l'un contre l'autre. Tu pourrais m�me me trahir et �a ne voudrait rien dire hors du champ de bataille."</p><p>Hermione secoua sa t�te. "�a ne serait pas gentil, Harry."</p><p>Il soupira. "Je ne pense pas que tu te mettes dans le bain comme il faut."</p><p><emphasis>�a ne serait pas gentil</emphasis>. Elle l'avait vraiment dit. Hermione ne savait pas si elle devait se sentir insult�e par ce que Harry pensait d'elle ou si elle devait �tre inqui�t�e par la possibilit� qu'elle avait <emphasis>vraiment</emphasis> l'air d'une telle sainte-nitouche le reste du temps.</p><p>Il �tait probablement temps de changer de sujet.</p><p>"Enfin bref, est-ce que tu fais quelque chose de particulier demain ?" dit Hermione. "C'est -"</p><p>Sa voix s'arr�ta brutalement lorsqu'elle se rendit compte.</p><p>"Oui, Hermione," dit Harry d'une voix un peu pinc�e, "quel jour sommes-nous ?"</p><empty-line/><p><emphasis>Interlude</emphasis> :</p><p>Il avait �t� un temps ou le 31 octobre avait �t� Halloween en Angleterre magique.</p><p>Maintenant, c'�tait le jour de Harry Potter.</p><p>Harry avait refus� toutes les offres, m�mes celles du ministre Fudge qui lui auraient vraiment offert des faveurs politiques dans l'avenir et qu'il aurait <emphasis>vraiment</emphasis> d� accepter en serrant les dents. Mais pour Harry, le 31 octobre serait � jamais le jour du Le Seigneur des T�n�bres a Tu� mes Parents. Il aurait d� y avoir une petite c�r�monie comm�morative, discr�te et digne, mais s'il y en avait eu une Harry n'avait pas �t� invit�.</p><p>Poudlard prit un jour f�ri� pour c�l�brer l'occasion. M�me les Serpentard ne port�rent pas de noir hors de leur dortoir. Il y avait des �v�nements sp�ciaux et des plats inhabituels et les enseignants regardaient ailleurs si quelqu'un courait dans les couloirs. C'�tait le dixi�me anniversaire apr�s tout.</p><p>Harry passa la journ�e dans sa malle afin de ne g�cher la journ�e de personne, mangeant des barres �nerg�tiques � la place de ses repas, relisant quelques uns de ses livres de science-fiction les plus tristes (et pas de fantasy), �crivant une lettre � Maman et Papa qui fut plus longue que celles qu'il envoyait d'habitude.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 30*: Travail de groupe, partie 1</strong></p><p>J.K. Rowling si un homme essaie de t'emb�ter tu peux penser bleu, compter deux et chercher une chaussure rouge.</p><empty-line/><p>Nous �tions le lundi 3 novembre et bient�t, Harry Potter, Draco Malfoy et Hermione Granger, les trois puissants de cette ann�e, allaient d�buter leur combat pour la domination supr�me.</p><p>(Harry avait �t� l�g�rement agac� par la fa�on dont le Survivant avait �t� r�trograd� du statut de dominant supr�me � celui de membre d'un groupe de trois rivaux simplement � cause de sa participation � un concours, mais il comptait r�cup�rer ce statut tr�s bient�t).</p><p>Le champ de bataille �tait une section de la for�t non-Interdite particuli�rement dense, car le professeur Quirrell pensait que pouvoir voir toutes les forces ennemies aurait �t� trop ennuyeux, m�me pour une premi�re bataille.</p><p>Tous les �l�ves qui ne faisaient pas � proprement parler <emphasis>partie</emphasis> d'une arm�e de premi�re ann�e �taient install�s non loin et regardaient des �crans que le professeur Quirrell avait install�s. Mis � part trois Gryffondor en quatri�me ann�e qui �taient pour le moment malades et restreints par madame Pomfresh aux lits de l'infirmerie. Mis � part eux, tout le monde �tait l�.</p><p>Les �l�ves combattants �taient appr�t�s non pas de leurs robes ordinaires mais d'uniformes de camouflage Moldus que le professeur Quirrell avait d�nich�s quelque part et qu'il avait fournis en quantit� et en vari�t� suffisante pour convenir � tout le monde. Non pas que les �l�ves se soient inqui�t�s de d�chirures et de t�ches, les sortil�ges �taient l� pour �a. Mais comme le professeur Quirrell l'avait expliqu� � ces n�s-sorciers surpris, de beaux habits dignes n'�taient pas efficaces lorsqu'il s'agissait de se cacher dans une for�t ou d'�viter des arbres en courant.</p><p>Et � la poitrine de chaque uniforme, un �cusson portant le nom et l'embl�me de l'arm�e du soldat. Un <emphasis>petit</emphasis> �cusson. Si vous vouliez que vos soldats portent, disons, des rubans color�s afin qu'ils puissent s'identifier les uns les autres avec certitude, au risque que l'ennemi fasse main basse sur les rubans, �a ne tenait qu'� vous.</p><p>Harry avait essay� d'avoir le nom Arm�e du Dragon.</p><p>Draco avait fait une crise en disant que cela d�routerait tout le monde.</p><p>Le professeur Quirrell avait d�cr�t� que Draco avait un droit pr�alable au nom s'il le souhaitait.</p><p>Donc maintenant Harry combattait l'Arm�e du Dragon.</p><p>Ce n'�tait probablement pas bon signe.</p><p>Pour leur embl�me, au lieu du trop-�vident dragon crachant du feu, Draco avait choisi de s'en tenir au feu. �l�gant, euph�mique, mortel. <emphasis>C'est ce qui reste apr�s notre passage</emphasis>. Tr�s Malfoy.</p><p>Harry, apr�s avoir consid�r� des alternatives telles que le 501�me Bataillon Provisionnel et Les Servants Mortels de Harry, avait d�cid� que son arm�e serait connue sous l'appellation simple et digne de L�gion du Chaos.</p><p>Leur embl�me �tait une main dont les doigts �taient pr�ts � claquer.</p><p>Il �tait <emphasis>universellement </emphasis>accept� que ce n'�tait pas bon signe.</p><p>Harry avait ardemment pr�venu Hermione que le fait qu'elle soit une fille r�put�e pour �tre gentille rendrait probablement les jeunes gar�ons servant sous son commandement nerveux et qu'elle devrait choisir quelque chose d'effrayant qui les rassurerait quant � sa coriacit� et les rendrait fiers de faire partie de son arm�e, comme le Commando du Sang ou quelque chose comme �a.</p><p>Hermione avait appel� son arm�e le R�giment du Soleil.</p><p>Leur embl�me �tait un smiley.</p><p>Et dans dix minutes, ils seraient en guerre.</p><p>Harry se tenait � l'emplacement de d�part qui leur avait �t� indiqu�, une large et lumineuse clairi�re ouverte o� se trouvaient de vieilles souches pourrissantes qui avaient �t� d�gag�es dans un but inconnu sur un sol recouvert de petites constellations de feuilles balay�es par le vent et des restes gris et secs d'une herbe qui n'avait pas surv�cu � la chaleur de l'�t� plac�e sous un soleil qui brillait puissamment depuis le ciel.</p><p>Autour de lui se trouvaient les vingt-trois soldats que le professeur Quirrell lui avait assign�s. Presque tout Gryffondor s'�tait bien s�r inscrit, et plus de la moiti� de Serpentard, et moins de la moiti� de Poufsouffle, et une poign�e de Serdaigle. Dans l'arm�e de Harry se trouvaient douze Gryffondor, six Serpentard, quatre Poufsouffle et un Serdaigle mis � part lui... non pas qu'il ait �t� possible de les distinguer en regardant leur uniforme. Pas de rouge, pas de vert, pas de jaune et pas de bleu. Juste des motifs de camouflages Moldus et un �cusson sur la poitrine repr�sentant une main pr�te � claquer des doigts.</p><p>Harry toisa ses vingt-trois soldats du regard. Ils portaient tous le m�me uniforme d�nu� de signe identificateur mis � part cet unique �cusson.</p><p>Et Harry sourit alors, car il avait compris le dessein de cette partie du plan directeur du professeur Quirrell ; et Harry allait en tirer un avantage pour <emphasis>ses propres</emphasis> desseins.</p><p>Un �pisode l�gendaire de psychologie sociale �tait nomm� l'exp�rience de Robbers Cave. Il avait eu lieu durant l'apr�s-coup abasourdi de la seconde guerre mondiale, dans le but d'enqu�ter sur les causes et les rem�des des conflits entre groupes. Le scientifique avait organis� une colonie d'�t� pour vingt-deux gar�ons venus de vingt-deux �coles diff�rentes, s�lectionnant uniquement ceux qui venaient de familles stables de classe moyenne. La premi�re phase de l'exp�rience avait consist� � d�couvrir ce qui �tait n�cessaire pour <emphasis>enclencher</emphasis> un conflit entre des groupes. Les vingt-deux gar�ons avaient �t� divis�s en deux groupes de onze...</p><p>...et cela avait largement suffit.</p><p>Les hostilit�s avaient commenc� au moment o� les deux groupes �taient devenus conscients de la pr�sence de l'autre groupe dans le parc et des insultes avaient �t� jet�es d�s la premi�re rencontre. Ils s'�taient eux-m�mes nomm�s les Aigles et les Serpents � Sonnettes (ils n'avaient pas eu besoin de nom lorsqu'ils avaient pens� �tre seuls dans le parc) et avaient entrepris de d�velopper des st�r�otypes de groupes en contraste les uns avec les autres. Les Serpents � Sonnettes se voyaient comme des durs � cuir extr�mement grossiers, les Aigles se voyant par cons�quent droits dans leurs bottes et bien �lev�s.</p><p>L'autre partie de l'exp�rience avait consist� � trouver comment r�soudre les conflits de groupe. Rassembler les gar�ons pour qu'ils regardent des feux d'artifice n'avait pas fonctionn�. Ils s'�taient content�s de se hurler les uns sur les autres et �taient rest�s � l'�cart. Ce qui <emphasis>avait</emphasis> fonctionn�, c'�tait de leur annoncer qu'il y avait peut-�tre des vandales dans le parc, et aussi de leur annoncer que les deux groupes devraient travailler ensemble pour r�soudre un d�faut dans le syst�me d'irrigation du parc. Une t�che commune, un ennemi commun.</p><p>Harry soup�onnait fort que le professeur Quirrell avait tr�s bien compris ce principe lorsqu'il avait choisi de cr�er <emphasis>trois</emphasis> arm�e par ann�e.</p><p><emphasis>Trois</emphasis> arm�es.</p><p>Pas <emphasis>quatre</emphasis>.</p><p>Et certainement <emphasis>pas</emphasis> divis�es par maisons... sauf qu'� part M. Crabbe et M. Goyle, aucun Serpentard n'avait �t� assign� � Draco.</p><p>C'�tait ce genre de chose qui rassurait Harry quant � l'id�e que le professeur Quirrell, en d�pit de ses airs sombres et de sa pr�tention � la neutralit� dans le conflit entre le Bien et le Mal, �tait secr�tement du c�t� du Bien, non pas que Harry aurait jamais os� le dire � voix haute.</p><p>Et Harry d�cida profiter au maximum du plan du professeur Quirrell et de d�finir une identit� de groupe � <emphasis>sa</emphasis> fa�on.</p><p>Les Serpents � Sonnettes, une fois qu'ils avaient rencontr� les Aigles, avaient commenc� � se voir comme des durs � cuir, et ils s'�taient comport�s en accord avec cette notion.</p><p>Les Aigles s'�taient consid�r�s comme des gens bien �lev�s.</p><p>Et dans cette lumineuse clairi�re, �parpill�s autour des vieilles souches pourrissantes, d�tour�s par le soleil qui brillait puissamment depuis le ciel, le g�n�ral Potter et ses vingt-trois soldats �taient dispos�s selon une configuration qui ne ressemblait m�me pas de loin � une formation. Certains soldats �taient debout, d'autres assis, certains se tenaient sur un jambe juste pour �tre diff�rents.</p><p>Apr�s tout, c'�tait la L�gion du <emphasis>Chaos</emphasis>.</p><p>Et s'il n'y avait une bonne <emphasis>raison</emphasis> de former des petites lignes bien propres, avait dit Harry avait d�dain, il n'y aurait pas de petites lignes bien propres.</p><p>Harry avait divis� l'arm�e en six escouades de quatre soldats, chaque escouade dirig�e par un Sugg�reur d'escouade. Tous les troupes avaient l'ordre strict de d�sob�ir � tout ordre re�u si ob�ir ne leur semblait pas �tre une bonne id�e � ce moment pr�cis, y compris cet ordre... � moins que Harry ou que le Sugg�reur d'escouade ne pr�fixe l'ordre par "Merlin a dit", auquel cas on �tait cens� vraiment ob�ir.</p><p>La strat�gie principale de la L�gion du Chaos �tait de se diviser et de venir de multiples directions, changeant de vecteurs au hasard et jetant les sorts de sommeil approuv�s aussi rapidement qu'il �tait possible de recharger sa force magique. Et si vous voyez une chance de distraire ou de semer la confusion chez l'ennemi, vous la preniez.</p><p>Rapides. Cr�atifs. Impr�visibles. H�t�rog�nes. N'ob�issez pas seulement aux ordres, d�cidez si ce que vous �tes en train de faire <emphasis>maintenant</emphasis> a un sens.</p><p>Harry pr�tendait que c'�tait l'optimum de l'efficacit� militaire, mais il n'en �tait pas aussi certain qu'il le pr�tendait... enfin, il avait re�u une opportunit� en or de changer la fa�on dont certains �l�ves <emphasis>se voyaient eux-m�mes</emphasis>, et c'�tait ainsi qu'il comptait l'utiliser.</p><p>Cinq minutes avant la guerre, selon la montre de Harry.</p><p>Le g�n�ral Potter marcha (d'un pas de civil) jusqu'� l'endroit o� sa force a�rienne attendait, tendue, balais d�j� fermement tenus en main.</p><p>"Toutes les ailes au rapport," dit le g�n�ral Potter. Ils avaient r�p�t� cela pendant leur session d'entra�nement du samedi.</p><p>"Chef Rouge pr�t," dit Seamus Finnigan, qui n'avait aucune id�e de ce que cela pouvait bien vouloir dire.</p><p>"Cinq Rouge pr�t," dit Dean Thomas, qui avait attendu toute sa vie de pouvoir le dire.</p><p>"Chef Vert pr�t", dit Theodore Nott avec raideur.</p><p>"Quarante-et-Un Vert pr�t," dit Tracey Davis.</p><p>"Je veux vous voir dans les airs � l'instant o� on entendra la cloche," dit le g�n�ral Potter. "N'engagez pas le combat, je r�p�te, n'engagez pas le combat. Fuyez si vous recevez des tirs." (Bien s�r, <emphasis>personne</emphasis> ne jetterait un sort de sommeil au balais ou au sorcier ; on jetterait un sort qui donnait une lueur rouge temporaire � tout ce qu'il touchait. Si le balais ou le sorcier �tait touch�, il �tait �limin� de la guerre.) "Chef Rouge et Cinq Rouge, volez vers l'arm�e de Malfoy aussi vite que possible, restez aussi haut que possible tout en les gardant dans votre champ de vision, revenez � l'instant o� vous �tes certains de ce qu'ils sont en train de faire. Chef Vert, faites de m�me pour l'arm�e de Granger. Quarante-et-Un Vert, restez au-dessus de nous et surveillez tout soldat ou balais approchant, vous �tes le seul autoris� � tirer. Et souvenez-vous, je n'ai dit "Merlin a dit" avant aucun de ces ordres, mais on a <emphasis>vraiment</emphasis> besoin de ces informations. Pour le Chaos !"</p><p>"Pour le Chaos !" r�pondirent les quatre en �cho � des degr�s variables d'enthousiasme.</p><p>Harry s'�tait attendu � ce que Hermione lance une attaque imm�diate sur Draco, auquel cas il mettrait ses troupes en position et commencerait � la soutenir, mais seulement apr�s qu'elle ait subit des pertes s�v�res et caus� quelque dommage. Si possible, il donnerait � l'op�ration l'apparence d'un sauvetage h�ro�que ; apr�s tout, il ne faudrait pas laisser Soleil croire que Chaos n'�tait pas son ami.</p><p>Mais juste au cas o� elle ne le ferait <emphasis>pas</emphasis>... eh bien c'�tait pour cela que la L�gion du Chaos ne bougerait pas avant le retour de Chef Vert.</p><p>Les mouvements de Draco seraient dans son int�r�t personnel. Il �tait pr�visible qu'il pr�pare son arm�e � se d�fendre contre Hermione ; il pouvait s'�tre rendu compte, ou ne pas s'�tre rendu compte, que Harry avait menti lorsqu'il avait parl� d'attendre que la bataille soit termin�e avant d'attaquer. Harry avait tout de m�me mis deux balais sur l'Arm�e du Dragon juste au cas o� ils <emphasis>feraient</emphasis> quelque chose, et juste au cas o� Draco ou M. Goyle ou M. Crabbe seraient assez bon pour abattre un balais haut le ciel.</p><p>Mais c'�tait le g�n�ral Granger qui �tait impr�visible, et Harry ne pourrait pas bouger avant de savoir ce qu'elle faisait.</p><empty-line/><p>Au c�ur de la for�t, entour� d'ombres dansantes projetant des motifs au sol tandis qu'un vo�te de feuilles ondulait haut au-dessus de leurs t�tes, le g�n�ral Malfoy se tenait l� o� les arbres �taient relativement moins denses. Il regardait ses troupes avec une calme satisfaction. Six unit�s de trois membres chacune, l'unit� a�rienne compos�e de quatre membres (� laquelle Gr�gory �tait assign�), et l'unit� de commandement qui comprenait Vincent et lui-m�me. Ils n'avaient r�p�t� que pendant une courte p�riode le samedi mais Draco avait la certitude d'avoir su expliquer les bases. Restez avec vos �quipiez, surveillez leurs arri�res et faites-leur confiance pour surveiller les v�tres. Bougez comme un seul homme. Ob�issez aux ordres et ne r�v�lez aucune frayeur. Visez, tirez, bougez, visez encore, tirez encore.</p><p>Les six unit�s se plac�rent le long d'un p�rim�tre d�fensif autour de Draco, observant la for�t avec vigilance. Ils se tenaient, dos � dos, les baguettes maintenues basses jusqu'� ce que vienne le moment de frapper.</p><p>Ils ressemblaient d�j� remarquablement aux unit�s d'Aurors dont Draco avait observ� l'entra�nement pendant les inspections de son p�re.</p><p>Chaos et Soleil ne sauraient pas ce qui s'�tait abattu sur eux.</p><p>"Votre attention, s'il vous pla�t," dit le g�n�ral Malfoy.</p><p>Les six unit�s se d�tach�rent et pivot�rent vers Draco ; les visages des membres des forces a�riennes se retourn�rent, balais d�j� en main.</p><p>Draco avait d�cid� d'attendre de gagner la premi�re bataille avant d'exiger des saluts martiaux, lorsque les Gryffondor et des Poufsouffle seraient plus pr�ts � accepter de saluer un Malfoy.</p><p>Mais ses soldats se tenaient d�j� si droits, surtout les Gryffondor, que Draco se demanda s'il avait eu besoin de d�layer l'ordre. Gr�gory avait �cout� en silence et avait confi� � Draco que son initiative consistant � soutenir Harry Potter en cours de D�fense la fois o� le professeur Quirrell avait enseign� � Harry comment perdre lui avait d�j� valu d'�tre reconnu comme un chef acceptable. Du moins si vous vous retrouviez assign� � son arm�e. <emphasis>Tous les Serpentard ne se ressemblent pas ; il y a des Serpentard et des Serpentard</emphasis> �tait la phrase que r�p�taient les Gryffondor de son arm�e � leurs camarades de maison.</p><p>Draco �tait franchement stup�fait par la facilit� de la chose. Il avait d'abord protest� contre le fait de n'avoir aucun Serpentard, et le professeur Quirrell lui avait dit que s'il voulait �tre le premier Malfoy � obtenir le contr�le total de la politique du pays, il lui faudrait apprendre comment gouverner les trois autres quarts de la population. C'�tait ce genre de chose qui rassurait Draco quant au fait que le professeur Quirrell avait bien plus de sympathies pour les gentils qu'il ne le laissait para�tre.</p><p>La bataille en elle-m�me ne serait pas simple, en particulier si Granger commen�ait par attaquer les Dragons. Draco s'�tait tortur� l'esprit, h�sitant � imm�diatement engager toutes ses forces dans une frappe pr�ventive contre Granger, mais il s'�tait inqui�t� que 1) Harry l'ait compl�tement induit en erreur au sujet de ce que Granger risquait de faire et que 2) Harry l'ait compl�tement induit en erreur en disant qu'il attendrait que Granger attaque avant de participer � la bataille.</p><p>Mais l'Arm�e du Dragon avait un arme secr�te, trois � vrai dire, ce qui suffirait peut-�tre � remporter la victoire m�me s'ils �taient attaqu�s par les deux arm�es en m�me temps...</p><p>Il �tait presque l'heure, et cela voulait dire que le moment du discours d'avant-bataille qu'il avait compos� et m�moris� �tait venu.</p><p>"La bataille est sur le point de commencer," dit Draco. Sa voix �tait calme et pr�cise. "Souvenez-vous de tout ce que moi-m�me, M. Crabbe et M. Goyle vous avons montr�. Une arm�e gagne parce qu'elle est disciplin�e et mortelle. Le g�n�ral Potter et la L�gion du Chaos ne seront pas disciplin�s. Granger et le R�giment du Soleil ne seront pas mortels. Nous sommes disciplin�s, nous sommes mortels, nous sommes des Dragons. La bataille est sur le point de commencer et nous sommes sur le point de la gagner."</p><empty-line/><p>(Discours improvis� donn� par le g�n�ral Potter � la L�gion du Chaos, imm�diatement avant leur premi�re bataille le 3 novembre 1001 � 14h56 :)</p><p>Mes troupes, je ne vais pas vous mentir, notre situation est fort sombre. L'arm�e du Dragon n'a jamais perdu une bataille. Et Hermione Granger... a une tr�s bonne m�moire. La v�rit�, c'est que la plupart d'entre vous vont probablement mourir. Mais nous devons gagner. Nous devons gagner pour qu'un jour les enfants puissent � nouveau conna�tre le go�t du chocolat. Tout est en jeu. Litt�ralement tout. Si nous perdons, l'univers entier claquera comme une ampoule. Et je me rends maintenant compte que la plupart d'entre vous ne savent pas ce qu'est une ampoule. Eh bien, croyez-moi sur parole, nous sommes mal barr�s. Mais si nous devons tomber, tombons en combattant, comme des h�ros, afin que lorsque les t�n�bres s'approcheront nous puissions nous dire : <emphasis>au moins nous nous sommes amus�s</emphasis>. Avez-vous peur de mourir ? Je sais que moi, oui. Je peux sentir ces frissons glac�s de peur comme si quelqu'un injectait de la cr�me glac�e dans mon T-shirt. Mais je sais... que l'Histoire nous regarde. Elle nous regardait lorsque nous nous changions et que nous enfilions nos uniformes. Elle prenait probablement des photos. Et l'Histoire, mes troupes, est �crite par les vainqueurs. Si nous gagnons cette guerre, nous pourrons �crire notre propre Histoire. Une Histoire dans laquelle Poudlard fut fond�e par quatre elfes ren�gats. Nous pourrons faire �tudier cette Histoire � tout le monde m�me si ce n'est pas vrai, et s'ils ne r�pondent pas correctement aux contr�les... ils redoubleront. Cela ne m�rite-t-il pas de se sacrifier ? Non, ne r�pondez pas. Certaines choses ne doivent pas �tre sues. Aucun d'entre nous ne sait pourquoi il est l�. Aucun d'entre nous ne sait pourquoi il se bat. Nous nous sommes juste r�veill�s dans ces uniformes, dans cette myst�rieuse for�t, ne sachant rien hormis le fait que de gagner est le seul moyen de r�cup�rer nos noms et notre m�moire. Les �l�ves dans ces autres arm�es, l�, tout autour... ils sont exactement comme nous. Ils ne veulent pas mourir. Ils se battent pour se prot�ger les uns les autres, pour prot�ger les derniers amis qui leur restent. Ils se battent parce qu'ils savent qu'ils ont des familles � qui ils manqueront, m�me s'il ne peuvent pas s'en souvenir pour l'instant. Ils se battent peut-�tre m�me pour sauver le monde. Mais nous avons une meilleure raison de combattre. Nous nous battons parce que nous aimons �a. Nous nous battons pour amuser de bizarres monstruosit�s venues d'au-del� de l'Espace et du Temps. Nous nous battons parce que nous sommes le Chaos. Bient�t, la bataille finale commencera, alors laissez-moi vous le dire maintenant car je n'en aurai pas l'occasion plus tard que �a a �t� un honneur d'�tre votre commandant, aussi bref que ce fut. Merci, merci � tous. Et souvenez-vous, votre but n'est pas seulement de faucher l'ennemi, notre but est de lui faire peur.</p><empty-line/><p>Un grand tonnement retentit dans la for�t.</p><p>Et le R�giment du Soleil se mit en marche.</p><empty-line/><p>La tension monta et monta et Harry et les dix-neuf autres soldats qui restaient attendirent que les rapports a�riens arrivent. Cela n'aurait pas d� prendre longtemps, les balais �taient rapides et les distances dans la for�t n'�tait pas tr�s grandes -</p><p>Deux balais approch�rent � grande vitesse depuis le camp de Draco et tous les soldats se tendirent. Ils n'ex�cutaient pas les man�uvres qui �taient le code du jour pour signaler un balais <emphasis>ami</emphasis>.</p><p>"<emphasis>Dispersion et feu !"</emphasis> rugit le g�n�ral Potter, et il accompagna ses mots de gestes, fon�ant � pleine vitesse � couvert, dans la for�t ; puis, d�s qu'il eut atteint les arbres, il pivota, leva sa baguette, essaya de trouver les balais dans le ciel -</p><p>"C'est bon !" cria une voix. "Ils repartent !"</p><p>Harry haussa mentalement les �paules. Il aurait �t� impossible d'emp�cher Draco d'obtenir cette information, et il avait seulement appris qu'ils se tenaient immobiles.</p><p>Et les Chaotiques �merg�rent lentement de la for�t -</p><p>"Balais approchants, ils viennent de chez Granger !" cria une autre voix. "Je pense que c'est Chef Vert, il a fait le chut� vrill� !"</p><p>Quelques instants plus tard, Theodore Nivett plongeait depuis le ciel et se posait entre les soldats.</p><p>"Granger a divis� ses forces en deux groupes !" hurla Nott tandis qu'il planait sur son balais. De la sueur tachait son uniforme et toute r�serve avait quitt� sa voix. "Elle attaque les deux arm�es ! Deux balais couvrent chaque force, ils m'ont poursuivit sur la moiti� du chemin !"</p><p><emphasis>Diviser son arm�e, mais qu'est-ce que -</emphasis></p><p>Une large force concentrant son feu sur une force plus faible pouvait la r�duire � n�ant sans recevoir beaucoup de dommages en retour. Si vingt soldats faisaient face � dix soldats, vingt sorts seraient dirig�s vers dix personnes, avec seulement dix sorts allant dans l'autre sens, donc � moins que chacun de ces dix sorts ne soient les premiers et n'atteignent leur cible, la force la plus faible perdrait plus de personnes qu'elle ne saurait en emporter avec elle. <emphasis>Vaincue dans le d�tail</emphasis> �tait le terme militaire pour ce qui arrivait lorsque l'on divisait ainsi ses forces. A quoi pouvait donc <emphasis>penser</emphasis> Hermione...</p><p>Puis Harry comprit.</p><p><emphasis>Elle se comporte de fa�on �quitable.</emphasis></p><p>L'ann�e en cours de D�fense allait �tre longue.</p><p>"Tr�s bien," dit Harry d'une voix forte afin que son arm�e puisse l'entendre. "Nous attendrons que l'aile rouge fasse son rapport, puis nous irons obscurcir un peu de soleil."</p><empty-line/><p>Draco �couta les rapports des ailes en gardant un visage calme, tout le choc masqu� � l'int�rieur. A quoi pouvait donc <emphasis>penser</emphasis> Hermione ?</p><p>Puis Draco comprit.</p><p><emphasis>C'est une feinte</emphasis>.</p><p>L'une des deux forces de Soleil allait changer de direction et les deux convergeraient sur... qui ?</p><empty-line/><p>Neville Londubat marchait dans la for�t en direction de la force Soleil approchante, jetant occasionnellement un coup d'�il en l'air pour les balais. � ses c�t�s marchaient ses camarades d'escouade, Melvin Coote et Lavande Brown de Gryffondor, et Allen Flint de Serpentard. Allen Flint �tait leur Sugg�reur d'escouade bien que Harry ait d'abord dit � Neville, en priv�, que le poste �tait � lui s'il le voulait.</p><p>Harry avait dit beaucoup de choses � Neville en priv�, � commencer par "Tu sais, Neville, si tu veux �tre aussi g�nial que le Neville imaginaire qui vit dans ta t�te mais qui n'a le droit de rien faire parce que tu as peur, tu devrais vraiment t'inscrire aux arm�es du professeur Quirrell."</p><p>Neville �tait <emphasis>certain</emphasis> que le Survivant �tait t�l�pathe. Il �tait tout bonnement impossible que Harry Potter l'ait appris autrement. Neville n'avait jamais parl� de �a avec <emphasis>personne </emphasis>ni donn� le moindre signe ; et les <emphasis>autres</emphasis> n'�taient pas comme �a, pas qu'il ait pu l'observer en tout cas.</p><p>Et la promesse de Harry s'�tait r�alis�e, c'<emphasis>�tait</emphasis> diff�rent d'un entra�nement en cours de D�fense. Neville avait esp�r� que l'entra�nement r�solve tout ce qui n'allait pas chez lui, et, eh bien, �a n'avait rien r�solu. M�me s'il pouvait jeter quelques sorts sur un autre �l�ve pendant le cours tandis que le professeur Quirrell regardait pour s'assurer que tout allait bien, m�me s'il pouvait �viter et riposter quand c'�tait <emphasis>autoris�</emphasis> et que tout le monde <emphasis>s'attendait</emphasis> � ce qu'il le fasse et que les gens le regarderaient bizarrement s'il ne le faisait <emphasis>pas</emphasis>, rien de tout cela ne lui avait permis de v�ritablement s'affirmer.</p><p>Mais faire partie d'une <emphasis>arm�e</emphasis>...</p><p>Quelque chose d'�trange remuait � l'int�rieur de Neville tandis qu'il marchait au pas dans la for�t aux c�t� de ses camarades, l'embl�me des doigts pr�ts � claquer cousu sur leur uniforme.</p><p>Il avait le droit de marcher normalement s'il le voulait, mais il avait envie d'aller au pas.</p><p>� c�t� de lui, Melvin, Lavande et Allen semblaient tous avoir envie de marcher au pas.</p><p>Et Neville commen�a � doucement fredonner la Chanson du Chaos.</p><p>La m�lodie �tait celle qu'un Moldu aurait identifi� comme �tant la Marche Imp�riale, aussi connue sous le nom de "Th�me de Dark Vador" ; et les mots que Harry avait ajout�s �taient simples � m�moriser.</p><p>Doom doom doom</p><empty-line/><p>Doom doom doom doom doom doom</p><empty-line/><p>Doom doom doom</p><empty-line/><p>Doom doom doom doom doom doom</p><empty-line/><p>DOOM doom DOOM</p><empty-line/><p>Doom doom doom-doom-doom doom doom</p><empty-line/><p>Doom doom-doom-doom doom doom</p><empty-line/><p>Doom doom doom, doom doom doom</p><p>Au deuxi�me couplet les autres s'�taient joints � lui, et bient�t on put entendre le m�me doux chant venir d'autres lieux de la for�t.</p><p>Et Neville marchait au c�t� de camarades L�gionnaires du Chaos,</p><empty-line/><p>d'�tranges sentiments remuaient en son c�ur,</p><empty-line/><p>son imagination devenait r�alit�,</p><empty-line/><p>et de ses l�vres s'�coulait l'effrayante chanson du destin.</p><empty-line/><p>Harry regardait les corps �parpill�s dans la for�t. Quelque chose au fond de lui eut la naus�e et il dut se rappeler qu'ils �taient seulement endormis. Il y avait des filles parmi ceux tomb�s, et �trangement cela rendait la chose pire ; il devrait prendre garde de ne pas mentionner cela devant Hermione ou les Aurors retrouveraient ses restes fourr�s dans une <emphasis>petite</emphasis> th�i�re.</p><p>La moiti� de l'arm�e de Soleil n'avait pas donn� beaucoup de fil � retordre � Chaos. Les neufs soldats au sol avaient accouru en hurlant des propos incoh�rents, leur sort de bouclier simple activ�, des �crans circulaires destin�s � prot�ger leur visage et leur poitrine. Mais on ne pouvait pas tirer et maintenir le bouclier en m�me temps, et les soldats de Harry avaient simplement vis� les jambes. Tous les Soleil sauf un �taient tomb�s alors que les "<emphasis>Somnium</emphasis> !" retentissaient. La derni�re avait d�sactiv� son bouclier et �tait parvenue � atteindre l'un des soldats de Harry avait d'�tre touch�e par la seconde vague de sorts de sommeil (le sort de sommeil �tait sans danger, m�me � r�p�tition). Les deux balais de Soleil avaient �t� bien plus difficiles � abattre et s'�taient rendus responsables de la perte de trois chaotiques avant d'�tre submerg�s par un feu sol-air nourri.</p><p>Hermione n'�tait pas parmi ceux qui �taient tomb�s. Draco avait d� l'avoir et cela mettait Harry en <emphasis>col�re</emphasis> pour une raison qui lui �tait incompr�hensible, il ne savait pas s'il ressentait un devoir de protection envers Hermione ou s'il se sentait flou� de ne pas avoir pu l'abattre <emphasis>lui-m�me</emphasis> ou si c'�tait les deux.</p><p>"Tr�s bien," dit Harry, �levant la voix. "Mettons-nous tous d'accord sur une chose, ce n'�tait pas un vrai combat. C'�tait le g�n�ral Granger commettant une erreur lors de sa premi�re bataille. Le v�ritable combat d'aujourd'hui sera avec l'Arm�e du Dragon et il ne ressemblera en rien � ceci. �a sera beaucoup plus amusant. Partons d'ici."</p><empty-line/><p>Un balais s'abattit depuis le ciel, s'approchant effroyablement vite, puis il se cabra et d�c�l�ra si rapidement qu'on pouvait presque entendre l'air hurler et protester, et le balais s'immobilisa juste � c�t� de Draco.</p><p>Ce n'�tait pas de la prise de risque inconsciente. Gr�gory Goyle �tait <emphasis>bon � ce point</emphasis> et il ne perdait pas de temps.</p><p>"Potter arrive," dit Gr�gory sans la moindre trace de sa fausse voix tra�nante habituelle. "Ils ont encore leurs quatre balais, tu veux que je les descende ?"</p><p>"Non," dit s�chement Draco. "Combattre au-dessus de leur arm�e leur donne un trop grand avantage, ils te tireront dessus depuis le sol et m�me toi ne pourras peut-�tre pas les �viter. Attends que toutes les forces se soient engag�es dans le combat."</p><p>Draco avait perdu quatre dragons contre douze soleils. Apparemment le g�n�ralement Granger <emphasis>avait �t�</emphasis> aussi incroyablement stupide qu'elle en avait donn� l'impression, m�me si elle n'avait pas fait partie des attaquants, et Draco n'avait donc eu l'opportunit� ni de la railler ni de lui demander ce � quoi elle avait bien pu penser.</p><p>Comme tous le savaient, la vraie bataille serait contre Harry Potter.</p><p>"Pr�parez-vous !" rugit Draco � l'intention de ses troupes. "Restez avec vos camarades, agissez comme une seule unit�, tirez d�s que l'ennemi est � port�e !"</p><p>Discipline contre Chaos.</p><p>�a ne devrait pas �tre bien difficile.</p><empty-line/><p>L'adr�naline courait et courait dans le sang de Neville, si bien qu'il avait l'impression de pouvoir � peine respirer.</p><p>"Nous approchons," dit le g�n�ral Potter d'une voix � peine assez forte pour �tre entendue de toute l'arm�e. "Il est temps de nous disperser."</p><p>Les camarades de Neville s'�loign�rent de lui. Ils se soutiendraient toujours, mais si vous restiez amass�s, l'ennemi vous frappait bien plus facilement ; un tir visant l'un de vos camarades pourrait manquer et vous toucher � la place. Vous seriez bien plus difficile � atteindre en vous dispersant et en vous d�pla�ant aussi vite que possible.</p><p>La premi�re chose que le g�n�ral Potter avait faite pendant ses sessions d'entra�nement �tait de les faire se tirer l'un sur l'autre en courant, ou bien avec les deux immobiles, ou bien avec une personne bougeant et l'autre restant immobile - le contre du sort de sommeil �tait simple � utiliser mais on y avait pas droit pendant les vraies batailles. Le g�n�ral Potter avait minutieusement not� tout ce qui s'�tait pass� puis il avait fait quelques graphiques et quelques �quations, et il avait ensuite annonc� qu'il �tait plus logique de se concentrer non pas sur la lenteur et la pr�cision des tirs mais plut�t sur la vitesse et l'esquive.</p><p>Le fait de ne pas marcher au c�t� de ses camarades emb�tait encore Neville, mais les effrayants cris de guerre qu'ils avaient appris tonnaient d�j� au-dessus de sa t�te et cela compensait son d�sarroi pour beaucoup.</p><p>Cette fois, se jura int�rieurement Neville, sa voix n'allait absolument certainement pas se mettre � couiner.</p><p>"Boucliers lev�s," dit le g�n�ral Potter, "d�flecteurs concentr�s sur l'avant."</p><p>"<emphasis>Contego</emphasis>," murmura l'arm�e, et les �crans circulaires apparurent de nulle part devant leur t�te et leur poitrine.</p><p>Un go�t pierreux emplit la bouche de Neville. Le g�n�ral Potter ne leur aurait pas ordonn� de lancer leur bouclier � moins qu'ils ne soient presque � port�e. Neville pouvait voir les formes en uniforme des dragons qui se d�pla�aient � travers le dense feuillage de la for�t, et les dragons devaient eux aussi les voir -</p><p>"<emphasis>Attaque !</emphasis>" dit un cri au loin, la voix de Draco Malfoy, et le g�n�ral Potter mugit : "<emphasis>Chargez -</emphasis>"</p><p>Toute l'adr�naline du sang de Neville fut lib�r�e, ses jambes prirent le contr�le, l'envoyant voltiger plus vite qu'il n'avait jamais couru, droit vers l'ennemi, sachant sans avoir besoin de regarder que tous ses camarades faisaient de m�me.</p><p>"<emphasis>Du sang pour les dieux du sang</emphasis> !" cria Neville. "<emphasis>Des cr�nes pour le tr�ne de cr�ne !</emphasis><emphasis>Ia ! Shub-Niggurath ! Le flanc de l'ennemi est sur le c�t� !</emphasis>"</p><p>Il y eut un impact muet lorsque les sorts se bris�rent sur le bouclier de Neville. Si d'autres sorts avaient �t� tir�s, ils n'avaient pas atteint leur cible.</p><p>Neville vit le bref regard de peur sur le visage de Wayne Hopkins, qui se tenait � c�t� de deux Gryffondors que Neville ne reconnaissait pas, et alors -</p><p>- Neville abaissa son bouclier simple et fit feu sur Wayne -</p><p>- rata -</p><p>- ses jambes coururent <emphasis>droit</emphasis> � travers le groupe ennemi en direction de trois autres dragons, leur baguette se levant vers lui, leur bouche s'ouvrant -</p><p>- sans m�me s'en rendre compte, Neville se laissa chuter sur le sol forestier juste au moment o� trois voix cri�rent "<emphasis>Somnium</emphasis> !"</p><p>Cela fit mal, des cailloux et des racines dures s'enfon�ant dans Neville tandis qu'il roulait, ce n'�tait pas aussi douloureux que de tomber de son balais mais il avait quand m�me heurt� le sol assez durement et soudain une intuition le frappa et il resta immobile et ferma les yeux.</p><p>"Arr�tez �a !" cria une voix. "Ne tirez pas, on est des dragons !"</p><p>Avec un �clair de satisfaction glorieuse, Neville comprit qu'il �tait parvenu � se placer entre deux groupes de dragons juste au moment o� l'un des groupes lui avait tir� dessus. Harry avait parl� de cette tactique, dont le but �tait que l'ennemi h�site � ouvrir le feu, mais apparemment la m�thode marchait encore mieux que cela.</p><p>Et en plus de �a, les dragons pensaient qu'ils l'avaient <emphasis>eu</emphasis> puisqu'ils l'avaient vu tomber au moment o� ils avaient tir�.</p><p>Neville compta mentalement jusqu'� vingt puis il ouvrit les yeux un chouilla.</p><p>Les trois dragons �taient tr�s proches, leurs t�tes pivotant en tous sens tandis que des "<emphasis>Somnium !" </emphasis>et "<emphasis>Des cr�nes pour le tr�ne de cr�nes !</emphasis>" emplissaient l'espace autour d'eux. Tous trois avaient leur bouclier simple lev�.</p><p>Neville avait toujours sa baguette en main, et il ne lui fallut pas faire un grand effort pour la pointer vers l'une des bottes du gar�on et murmurer "<emphasis>Somnium</emphasis>."</p><p>Neville ferma rapidement les yeux et relaxa sa main lorsqu'il entendit le gar�on chuter.</p><p>"<emphasis>C'est venu d'o� ?</emphasis>" cria Justin Finch-Fletchley, et Neville entendit des bruissements sur le sol de la for�t alors que les deux dragons se retournaient encore et encore, � la recherche d'un ennemi.</p><p>"<emphasis>Reformez les rangs</emphasis> !" mugit la voix de Malfoy. "<emphasis>Revenez � moi, tout le monde, ne les laissez pas vous �parpiller !</emphasis>"</p><p>Les oreilles de Neville entendirent les deux dragons sauter au-dessus de son corps allong� et partir en courant.</p><p>Neville ouvrit les yeux et se remit assez douloureusement sur pied, puis il r�orienta sa baguette et pronon�a le nouveau sort que le g�n�ral Potter leur avait enseign� � tous. Ils ne pouvaient pas cr�er de v�ritables sorts d'illusion pour troubler l'ennemi, mais m�me � leur �ge ils pouvaient -</p><p>"<emphasis>Ventriliquo</emphasis>," chuchota Neville, pointant sa baguette du c�t� de Justin et de l'autre gar�on, puis il hurla : "<emphasis>Pour Cthulhu et pour la gloire !</emphasis>"</p><p>Justin et l'autre gar�on s'arr�t�rent abruptement, tournant leur bouclier vers l'endroit d'o� Neville avait fait jaillir son cri de guerre, et c'est alors que de multiples "<emphasis>Somnium</emphasis> !" jaillirent brusquement et que l'autre gar�on s'effondra avant que Neville n'ait pu prendre le temps de viser.</p><p>"<emphasis>Le dernier est � moi</emphasis> !" hurla Neville, et il commen�a � sprinter droit vers Justin, qui avait �t� m�chant avec lui jusqu'� ce que des Poufsouffles plus �g�s ne lui fassent la morale. Neville �tait entour� par ses camarades et <emphasis>�a</emphasis> voulait dire -</p><p>"<emphasis>Attaque sp�ciale, bond chaotique !</emphasis>" cria Neville tout en courant, et il sentit son corps devenir plus l�ger, puis plus l�ger encore, au fur et � mesure que ses camarades tournaaient leur baguette vers lui et jetaient discr�tement le sort de l�vitation, et Neville leva sa main gauche et claqua des doigts et utilisa ensuite ses jambes pour se propulser loin du sol aussi fort qu'il le pouvait et il <emphasis>s'�leva</emphasis> dans les airs. Une expression de surprise totale apparut sur le visage de Justin lorsque Neville passa <emphasis>au-dessus</emphasis> de son bouclier et qu'il dirigea sa baguette vers le bas, en direction de la forme en-dessous de lui, et qu'il cria : "<emphasis>Somnium</emphasis> !"</p><p>Parce qu'il avait trouv� �a cool, voil� pourquoi.</p><p>Neville ne pla�a pas correctement ses pieds au moment de l'atterrissage et il laboura pas mal le sol, mais deux des trois autres l�gionnaires du chaos �taient parvenus � garder leur baguette sur lui pendant toute la dur�e de son vol et il n'atterrit donc pas trop durement.</p><p>Et Neville se remit sur pied, haletant. Il savait qu'il aurait d� bouger, des gens hurlaient "<emphasis>Somnium</emphasis> !" un peu partout -</p><p>"<emphasis>Je suis Neville, le dernier des Londubat</emphasis> !" cria Neville vers le ciel, sa baguette point�e � la verticale comme s'il mettait au d�fi les cieux d'un bleu �clatant, sachant que rien apr�s ce jour ne serait plus pareil. "<emphasis>Neville du Chaos ! Affrontez-moi si vous l'o-</emphasis>"</p><p>(Lorsque Neville se r�veilla, on lui dit que l'Arm�e du Dragon avait pris sa sortie comme le signal de la contre-attaque).</p><empty-line/><p>La fille � c�t� de Harry s'affaissa, prenant le tir qui lui �tait destin�, et il put entendre l'exultation lointaine de M. Goyle, puis le balais de ce dernier fon�a � c�t� d'eux, tranchant l'air avec tant de force qu'il aurait d� exploser dans son sillage.</p><p>"<emphasis>Luminos</emphasis> !" cria l'un des gar�ons � c�t� de Harry. Il n'avait pas �t� capable de r�cup�rer assez de force magique pour le faire plus t�t, et M. Goyle l'esquiva sans ralentir.</p><p>Chaos n'avait maintenant plus que six soldats debout et l'Arm�e du Dragon en avait deux, et le seul probl�me �tait que l'un de ces soldats �tait invincible et qu'il fallait trois soldats ne serait-ce que pour le maintenir sous son bouclier.</p><p>Ils avaient perdu plus de soldats � cause de M. Goyle qu'� cause de tous les autres dragons r�unis, et il ondulait et esquivait � travers les airs si vite que personne ne pouvait l'atteindre, et il pouvait <emphasis>tirer sur les gens tout en esquivant</emphasis>.</p><p>Harry avait imagin� toutes sortes de fa�ons d'arr�ter M. Goyle mais aucune n'�tait <emphasis>s�re</emphasis>, m�me utiliser le sort de l�vitation pour le ralentir (c'�tait un rayon continu bien plus facile � diriger) ne serait pas s�r car il pourrait tomber de son balais ; lui jeter des objets n'�tait pas s�r, et alors que le sang de Harry commen�ait � se glacer il lui devenait de plus en plus difficile de se souvenir de ce fait.</p><p><emphasis>C'est un jeu. Tu n'essaies pas de le </emphasis>tuer<emphasis>. Ne g�che pas tous tes plans pour un jeu...</emphasis></p><p>Harry pouvait voir le motif, il pouvait voir comment M. Goyle ondulait, il pouvait voir comment et quand ils devraient tous tirer pour cr�er une toile de tirs que M. Goyle ne pourrait pas �viter, mais il n'avait tout simplement pas �t� capable de <emphasis>l'expliquer</emphasis> assez vite � ses soldats, ils ne pouvaient pas coordonner leurs tirs aussi bien que n�cessaire, et maintenant ils n'avaient plus assez de gens pour le faire -</p><p><emphasis>Je refuse de perdre, pas comme �a, pas toute mon arm�e � cause d'un seul soldat !</emphasis></p><p>Le balais de M. Goyle tourna plus rapidement que cela n'aurait d� �tre possible et il commen�a alors � se diriger vers Harry et celles de ses troupes qui �taient encore debout, Harry pouvait sentir le gar�on � c�t� de lui devenir nerveux, pr�t � se jeter devant son g�n�ral.</p><p><emphasis>PAS QUESTION.</emphasis></p><p>La baguette de Harry se leva, dirig�e vers M. Goyle, et l'esprit de Harry visualisa le motif, et les l�vres de Harry s'ouvrirent et sa voix hurla -</p><p>"<emphasis/><emphasis>-"</emphasis></p><empty-line/><p>Lorsque les yeux de Harry s'ouvrirent de nouveau, il �tait confortablement allong�, mains jointes sur la poitrine, tenant sa baguette tel un h�ros tomb� au combat.</p><p>Harry se rassit lentement. Sa <emphasis>magie</emphasis> lui faisait mal, une sensation �trange mais pas totalement d�plaisante, tout � fait comme la br�lure et la l�thargie qui survenaient apr�s un exercice physique difficile.</p><p>"Le g�n�ral est �veill� !" cria une voix. Harry cligna des yeux et mit au point en direction de celle-ci.</p><p>Quatre de ses soldats tenaient leur baguette sur un h�misph�re prismatique iridescent, et Harry comprit que la bataille n'�tait pas termin�e. Ah oui... il n'avait pas �t� touch� par un sort de sommeil, il s'�tait juste �puis�, donc il �tait toujours en jeu en se r�veillant.</p><p>Harry se doutait que quelqu'un allait lui donner une le�on et lui expliquer qu'il ne fallait pas �puiser sa magie jusqu'� l'inconscience pour un jeu d'enfants. Mais il n'avait pas fait de mal � M. Goyle en se mettant en col�re et c'�tait �a qui comptait.</p><p>Puis l'esprit de Harry d�couvrit que ce qui venait de se produire impliquait autre chose. Il baissa les yeux jusqu'� l'anneau d'acier � l'auriculaire de sa main gauche et faillit jurer � voix haute lorsqu'il vit que le petit diamant manquait et qu'il y avait un marshmallow au sol pr�s de l'endroit o� il �tait tomb�.</p><p>Il avait maintenu cette m�tamorphose pendant dix-sept jours et maintenant il lui faudrait recommencer.</p><p>�a aurait pu �tre pire. Il aurait pu faire �a quatorze jours plus tard, <emphasis>apr�s</emphasis> que le professeur McGonagall l'ait autoris� � m�tamorphoser le rocher de son p�re. C'�tait l� une tr�s bonne le�on apprise de la moins dangereuse des fa�ons possibles.</p><p><emphasis>Note � moi-m�me : toujours enlever l'anneau de mon doigt avant de vider toute ma magie.</emphasis></p><p>Harry se releva en poussant au sol avec une certaine difficult�. Utiliser toute la magie n'�puisait pas les muscles, mais courir entre les arbres, si.</p><p>Il tituba jusqu'� l'h�misph�re iridescent qui contenait Draco Malfoy, lequel tenait sa baguette lev�e pour maintenir le bouclier et souriait froidement en regardant Harry.</p><p>"O� est le cinqui�me soldat ?" dit Harry.</p><p>"Euh..." dit un gar�on dont Harry n'arrivait pour l'instant pas � se rem�morer le nom. "J'ai jet� un sort de sommeil sur le bouclier et il a rebondit et a touch� Lavande, je veux dire, le sort n'aurait pas d� rebondir selon cet angle mais �a l'a quand m�me touch�..."</p><p>Draco avait un sourire en coin.</p><p>"Laisse-moi deviner," dit Harry en regardant Draco droit dans les yeux, "ces jolis petits trios sont la formation utilis�e par les organisations militaires magiques professionnelles ? Compos�s de soldats entra�n�s qui peuvent facilement toucher des cibles en mouvement si leurs mains sont stables et qui peuvent combiner leurs capacit�s d�fensives tant qu'ils restent ensemble ? Contrairement � <emphasis>tes</emphasis> soldats ?"</p><p>Le sourire avait disparu du visage de Draco et il �tait maintenant dur et lugubre.</p><p>"Tu sais," dit Harry d'un ton l�ger, sachant qu'aucun de ses soldats ne comprendrait le v�ritable message qui allait passer entre eux, "�a d�montre juste que tu devrais toujours remettre en question ce que tes mod�les font, demander pourquoi ils font les choses ainsi et si �a a toujours un sens de le faire dans le contexte qui te pr�occupe. Au fait, n'oublie pas d'appliquer ce conseil � la vie de tous les jours. Et merci pour les cibles lentes et ramass�es."</p><p>Car Draco avait d�j� entendu cette le�on, et, Harry le suspectait, l'avait ignor�e, soup�onnant Harry de vouloir �loigner sa loyaut� des traditions Sang-Pur. Ce que Harry <emphasis>voulait</emphasis>, bien s�r. Mais cet exemple fournirait une excellente excuse, le samedi suivant, pour soutenir la notion que remettre l'autorit� en question n'�tait qu'une technique pratique de la vie de tous les jours. Et Harry mentionnerait aussi les exp�riences qu'il avait faites, d'abord avec des individus puis avec des groupes, pour v�rifier que ses id�es concernant l'importance de la vitesse �tait en effet <emphasis>correctes</emphasis>, afin de bien faire rentrer la notion que Draco devait en permanence rester � l'aff�t d'occasions d'appliquer cette m�thode au quotidien.</p><p>"Vous n'avez pas <emphasis>encore</emphasis> gagn�, g�n�ral Potter !" gronda Draco. "Peut-�tre que le temps va te manquer et que le professeur Quirrell d�clarera un match nul."</p><p>Une remarque juste et digne d'inqui�tude. La guerre s'ach�verait lorsque le professeur Quirrell d�ciderait qu'une arm�e avait en pratique gagn�. Le professeur Quirrell avait expliqu� qu'il n'y avait pas de conditions de victoire <emphasis>formelles</emphasis> parce qu'alors Harry trouverait un moyen de contourner les r�gles. Harry devait admettre que c'�tait vrai.</p><p>Et Harry ne pouvait pas bl�mer le professeur Quirrell de ne pas avoir d�j� mis fin au jeu, car il �tait plausible que le dernier soldat de l'Arm�e du Dragon puisse abattre les cinq survivants de la L�gion du Chaos.</p><p>"Tr�s bien," dit Harry. "Quelqu'un ici sait-il quoi que ce soit au sujet du sort de d�fense du g�n�ral Malfoy ?"</p><p>Il apparut que le bouclier de Draco �tait une version du <emphasis>Protego</emphasis> standard qui incluait plusieurs d�savantages, le plus important �tant que le bouclier ne pouvait pas bouger avec le sorcier.</p><p>L'avantage - ou du point de vue de Harry, le d�savantage - �tait qu'il �tait plus simple � apprendre, plus simple � jeter, et bien plus simple � maintenir pendant de longues p�riodes.</p><p>Il leur faudrait marteler le bouclier avec des sorts d'attaquer pour le faire tomber.</p><p>Et apparemment, Draco pouvait exercer un certain contr�le sur l'angle de r�flexion selon lequel les sorts rebondissaient.</p><p>L'id�e vint � Harry d'utiliser Wingardium Leviosa pour empiler de lourds rochers sur le bouclier jusqu'� ce que Draco ne puisse plus le maintenir sous une telle pression... mais les rochers pourraient alors tomber et heurter Draco, et blesser le g�n�ral ennemi pour de vrai ne faisait pas partie des objectifs du jour.</p><p>"Donc," dit Harry. "Existe-t-il des sorts sp�cialis�s dans le per�age de bouclier ?"</p><p>Il y en avait.</p><p>Harry demanda si l'un de ses soldats en connaissait.</p><p>Aucun n'en connaissait.</p><p>Dans le bouclier, Draco avait de nouveau son sourire en coin.</p><p>Harry demanda s'il existait des sorts d'attaque qui ne rebondiraient <emphasis>pas</emphasis>.</p><p>Il semblait que les �clairs �taient g�n�ralement absorb�s plut�t que r�fl�chis par les boucliers.</p><p>... personne ne savait jeter le moindre sort ressemblant de pr�s ou de loin � un �clair.</p><p>Draco pouffa.</p><p>Harry soupira.</p><p>Il d�posa sa baguette au sol d'un geste d�lib�r�.</p><p>Et il annon�a d'un ton assez las qu'il ferait tomber le bouclier de Draco lui-m�me � l'aide d'une m�thode qui demeurerait myst�rieuse et que tout le monde devrait tirer sur Draco au moment o� le bouclier tomberait.</p><p>Les L�gionnaires du Chaos eurent l'air nerveux.</p><p>Draco avait l'air calme, c'est � dire qu'il se contr�lait parfaitement.</p><p>Un couverture fine et repli�e �mergea de la bourse de Harry.</p><p>Il s'assit � c�t� du bouclier iridescent et se passa la couverture sur la t�te pour que personne ne puisse voir ce qu'il faisait - � part Draco, bien s�r.</p><p>De la bourse �merg�rent une batterie de voiture et une paire de c�bles de d�marrage.</p><p>... ce n'�tait pas comme s'il avait quitt� le monde Moldu pour commencer une nouvelle �re de recherche magique sans emmener avec lui un moyen de g�n�rer de l'�lectricit�.</p><p>Peu apr�s, les L�gionnaires du Chaos entendirent un claquement de doigts suivis d'un cr�pitement venant de sous la couverture. La luminosit� du bouclier augmenta, et ils entendirent la voix de Harry dire : "Ne soyez pas distraits s'il vous pla�t, restez concentr�s sur le g�n�ral Malfoy."</p><p>On pouvait voir la tension augmenter sur le visage de Draco, ainsi que la furie, l'agacement et la frustration.</p><p>Harry lui sourit et mima de ses l�vres <emphasis>te dirai plus tard</emphasis>.</p><p>Et c'est alors qu'une spirale d'�nergie verte jaillit de la for�t et se fracassa sur le bouclier qui fit un bruit de morceaux de verre frott�s les uns contre les autres. Draco tituba.</p><p>Dans un mouvement de panique soudain et fr�n�tique, Harry d�tacha les c�bles de d�marrage de la batterie et les donna � manger � sa bourse, puis il fourra la batterie elle-m�me dans la bourse, puis il arracha la couverture, ramassa sa baguette et se leva.</p><p>Tous ses soldats �taient toujours l�, regardant les environs avec fr�n�sie.</p><p>"<emphasis>Contego</emphasis>," dit Harry, et ses soldats l'imit�rent, mais Harry ne savait m�me pas dans quelle direction orienter son bouclier. "Quelqu'un a-t-il vu d'o� cela venait ?" Des t�tes se secou�rent. "Et g�n�ral Malfoy, cela vous emb�terait-t-il de me dire si <emphasis>vous</emphasis> avez eu le g�n�ral Granger ?"</p><p>"Bien s�r," dit Draco d'une voix acide, "bien s�r que �a m'emb�terait."</p><p><emphasis>Oh bon sang</emphasis>.</p><p>L'esprit de Harry commen�a � faire des calculs, Draco dans le bouclier, passablement �puis�, Harry �puis� aussi, Hermione dans les bois dieu savait o�, Harry et quatre autres chaotiques encore debout...</p><p>"Vous savez, g�n�ral Granger," dit Harry haut et fort, "vous auriez vraiment d� attendre que j'ai vaincu le g�n�ral Malfoy avant d'attaquer. Vous auriez peut-�tre pu abattre <emphasis>tous</emphasis> les survivants."</p><p>De quelque part s'�leva le rire aigu d'une fille.</p><p>Harry se figea.</p><p><emphasis>Ce n'�tait pas Hermione</emphasis>.</p><p>Et c'est alors que le chant terrifiant, �trange et joyeux s'�leva, venant de tout autour d'eux.</p><p>"<emphasis>N'aies pas peur ne sois pas triste,</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>On ne fait du mal qu'aux m�chants..."</emphasis></p><p>"<emphasis>Granger a trich� !</emphasis>" cracha Draco depuis l'int�rieur du bouclier. "Elle a r�veill� ses soldats ! Pourquoi le professeur Quirrell ne -"</p><p>"Laisse-moi deviner," dit Harry, la naus�e nouant d�j� son estomac. Il d�testait vraiment perdre. "C'�tait une bataille tr�s facile, non ? Ils sont tous tomb�s comme des mouches ?"</p><p>"Oui," dit Draco. "Nous les avons tous eus du premier coup -"</p><p>Le regard de compr�hension horrifi�e se r�pandit de Draco jusqu'aux L�gionnaires du Chaos.</p><p>"Non," dit Harry, "on ne les a pas eus."</p><p>Des formes en camouflage apparaissaient parmi les arbres.</p><p>"Alli�s ?" dit Harry.</p><p>"Alli�s," dit Draco.</p><p>"Bien," dit la voix du g�n�ral Granger, et une spirale d'�nergie verte jaillit des bois et r�duisit le bouclier de Draco en miettes.</p><empty-line/><p>Le g�n�ral Granger passa le champ de bataille en revue avec un sentiment de satisfaction certain. Il n'y avait plus que neuf Soldats du Soleil mais c'�tait probablement assez pour s'occuper du dernier survivant ennemi, d'autant plus que Parvati, Anthony et Ernie pointaient d�j� leur baguette en direction du g�n�ral Potter, qu'elle voulait voir pris en vie (enfin, conscient).</p><p>C'�tait Mal, elle le savait, mais elle voulait vraiment vraiment <emphasis>vraiment</emphasis> pavoiser.</p><p>"Il y a un truc, c'est �a ?" dit Harry, la tension per�ant dans sa voix. "Il <emphasis>doit </emphasis>y avoir un truc. Tu ne peux pas juste te transformer en un g�n�ral parfait. Pas en plus de tout le reste. Tu n'es pas Serpentard � ce point ! Tu n'�cris pas des po�mes effrayants ! <emphasis>Personne n'est bon en tout</emphasis> !"</p><p>Le g�n�ral Granger regarda ses Soldats du Soleil puis revint � Harry. Tout le monde regardait probablement cette sc�ne depuis les �crans situ�s � l'ext�rieur.</p><p>Et le g�n�ral Granger dit : "Je peux tout faire si j'�tudie assez."</p><p>"Oh arr�te �a c'est n'im-"</p><p>"<emphasis>Somnium</emphasis>."</p><p>Harry s'effondra au sol au milieu de sa phrase.</p><p>"SOLEIL GAGNE," tonna l'�norme voix du professeur Quirrell, semblant venir � la fois de partout et de nulle part.</p><p>"La gentillesse a gagn� !" s'�cria le g�n�ral Granger.</p><p>"<emphasis>Hourra</emphasis> !" cri�rent les Soldats du Soleil. M�me les Gryffondor le dirent, et ils le dirent avec fiert�.</p><p>"Et quelle est la morale de la bataille d'aujourd'hui ?" dit le g�n�ral Granger.</p><p>"<emphasis>On peut tout faire si on �tudie assez !</emphasis>"</p><p>Et les survivants du R�giment du Soleil march�rent au pas vers le champ de la victoire, chantant leur rengaine en avan�ant :</p><p><emphasis>N'aies pas peur ne sois pas triste,</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>On ne fait du mal qu'aux m�chants</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>On leur donne un nouveau chez eux</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>O� de nouveaux amis les gardent</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>Sois s�r de dire qui t'envoie,</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>Le R�giment du Soleil Granger !</emphasis></p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 31*: Travail de groupe, partie 2</strong></p><p>Apr�s-coups :</p><empty-line/><p>Harry faisait les cents pas dans son bureau de g�n�ral, qui se trouvait �tre un lieu id�al pour pratiquer cette activ�e, et Harry ne lui avait d'ailleurs d�couvert aucune autre utilit�.</p><p><emphasis>Comment ?</emphasis></p><p><emphasis>Comment ?</emphasis></p><p>Hermione n'aurait pas d� remporter la bataille ! Pas du premi�re coup, pas avec sa nature non-violente, devenir une commandante militaire g�niale en plus de tout le reste, c'�tait trop, m�me pour <emphasis>elle</emphasis>.</p><p>Avait-elle appris des notions de tactique dans un livre d'histoire militaire ? Mais �a n'avait pas �t� qu'une seule tactique, elle avait parfaitement dispos� ses forces de fa�on � bloquer toute retraite, et elles avaient �t� mieux coordonn�es que les siennes <emphasis>ou</emphasis> que celles de Draco...</p><p>Le professeur Quirrell avait-il bris� sa promesse de ne pas l'aider ? Lui avait-il donn� le journal du g�n�ral Tacticus ou quelque chose du genre ?</p><p>Harry ratait quelque chose, quelque chose de tr�s important, et son esprit tourbillonnait encore et encore et il ne pouvait toujours rien trouver.</p><p>Harry finit par soupirer. Tout cela ne le m�nerait nulle part, et il lui fallait apprendre le sort de bris de bouclier aupr�s de Hermione ou de quelqu'un d'autre avant la prochaine bataille - le professeur Quirrell avait expliqu� � Harry d'un ton amus� mais aussi lourd de mises en gardes implicites que "aucun objet magique mis � part ceux je vous donne" incluait la technologie Moldue, peu importe � quel point elle <emphasis>n'�tait pas magique</emphasis>. Et puis Harry devait aussi trouver comment abattre M. Goyle la prochaine fois...</p><p>Les batailles rapportaient beaucoup de points Quirrell aux g�n�raux et Harry devait vraiment s'y mettre s'il voulait gagner le v�u de No�l du professeur Quirrell.</p><empty-line/><p>Dans sa chambre individuelle de Serpentard, Draco Malfoy fixait le vide comme si le mur devant son bureau avait �t� la chose la plus fascinante du monde.</p><p><emphasis>Comment ?</emphasis></p><p><emphasis>Comment ?</emphasis></p><p>R�trospectivement, l'id�e avait �t� �vidente en termes de fourberie, mais Granger n'�tait pas <emphasis>cens�e</emphasis> �tre fourbe ! Elle avait �t� trop Poufsouffle pour jeter un sort d'attaque simple ! Le professeur Quirrell l'avait-il conseill�e en d�pit de sa promesse ou...</p><p>Et Draco comprit enfin ce qu'il aurait d� faire bien plus t�t.</p><p>Ce que Harry Potter lui avait <emphasis>dit</emphasis> de faire, ce qu'il l'avait <emphasis>entra�n�</emphasis> � faire, et Harry l'avait malgr� cela pr�venu que son cerveau aurait besoin de temps avant de se rendre compte que les m�thodes s'appliquaient � la vie de tous les jours, et Draco ne l'avait pas <emphasis>compris</emphasis> avant aujourd'hui. Il aurait pu �viter chacune de ses erreurs s'il avait juste <emphasis>appliqu�</emphasis> les choses que Harry lui avait d�j� <emphasis>dites</emphasis> -</p><p>Draco dit � voix haute : "Je remarque que je suis confus."</p><p><emphasis>Ta force en tant que rationaliste est d'�tre plus facilement rendu confus par la fiction que par la r�alit�.</emphasis></p><p>Draco �tait confus.</p><p>Donc l'une de ses croyances �tait une fiction.</p><p>Granger n'aurait pas d� �tre capable de faire �a.</p><p>Donc elle n'en avait probablement pas �t� capable.</p><p><emphasis>Je promets de ne pas aider le g�n�ral Granger � votre insu de quelque fa�on que ce soit.</emphasis></p><p>Dans un moment de compr�hension soudaine et horrifi�e, Draco fit voltiger des feuilles, fouillant le fatras qu'�tait son bureau jusqu'� ce qu'il trouve ce qu'il cherchait.</p><p>Et c'�tait l�.</p><p>Au beau milieu de la liste des gens et des fournitures assign�es � chacune des trois arm�es.</p><p><emphasis>Maudit</emphasis> professeur Quirrell !</p><p>Draco l'avait <emphasis>lu</emphasis> et malgr� cela il ne l'avait pas <emphasis>vu</emphasis> -</p><empty-line/><p>Le soleil de l'apr�s-midi se d�versait dans le bureau du r�giment du Soleil, illuminant le g�n�ral Granger, assise dans sa chaise, nimb�e d'une aura d'or.</p><p>"Dans combien de temps pensez-vous que Malfoy comprendra ?" dit le g�n�ral Granger.</p><p>"Pas longtemps," dit le colonel Blaise Zabini. "Peut-�tre l'a-t-il d�j� compris. Combien de temps avant que Potter ne comprenne ?"</p><p>"L'�ternit�," dit le g�n�ral Granger, "� moins que Malfoy ne le lui dise ou que l'un de ses soldats ne comprenne. Harry Potter ne pense tout simplement pas comme �a."</p><p>"Vraiment ?" dit le capitaine Ernie McMillan, relevant les yeux d'un coin de table o� il se faisait �craser aux �checs par le capitaine Ron Weasley (ils avaient rapport� toutes les autres chaises apr�s le d�part de Malfoy, bien s�r). "Je veux dire, �a m'a l'air assez �vident. Qui essaierait d'avoir toutes les id�es � lui seul ?"</p><p>"Harry," dit Hermione exactement au moment o� Zabini dit "Malfoy."</p><p>"Malfoy pense qu'il est meilleur que tout le monde," dit Zabini.</p><p>"Et Harry... ne <emphasis>voit</emphasis> pas vraiment les autres comme �a," dit Hermione.</p><p>C'�tait plut�t triste � vrai dire. Harry avait grandi seul, tr�s seul. Non pas qu'il pense consciemment que seuls les g�nies avaient le droit d'exister. C'est juste qu'il ne lui <emphasis>viendrait jamais � l'esprit</emphasis> que quiconque dans l'arm�e de Hermione, � part Hermione, soit capable d'avoir la moindre bonne id�e.</p><p>"Quoi qu'il en soit," dit Hermione. "Capitaines Goldstein et Weasley, vous avez pour mission de trouver des id�es strat�giques pour notre prochaine bataille. Capitaines Macmillan et Susan - pardon, je voulais dire Macmillan et Bones - essayez de trouver des tactiques que nous pourrions utiliser, et aussi des entra�nements que nous devrions essayer. Oh, et f�licitations pour notre chant de guerre, capitaine Goldstein, je pense que c'�tait un vrai plus pour notre <emphasis>esprit de corps</emphasis>" [NdT : en fran�ais dans le texte].</p><p>"Et qu'allez vous faire ?" dit Susan. "Et le colonel Zabini ?"</p><p>Hermione se leva en s'�tirant. "Je vais essayer de d�couvrir � quoi Harry Potter pense et le colonel Zabini va essayer de d�couvrir ce que Draco Malfoy risque de faire la prochaine fois, et apr�s avoir d�couvert quelque chose nous nous joindrons � vous. Je vais marcher tout en r�fl�chissant. Zabini, vous voulez m'accompagner ?"</p><p>"Oui, g�n�ral," dit Zabini avec fra�cheur.</p><p>Elle n'avait pas voulu que ce soit un ordre. Hermione soupira un peu en pens�e. Il allait falloir qu'elle s'y fasse, et bien que l'id�e initiale de Zabini ait certainement fonctionn�, elle n'�tait pas <emphasis>tout � fait</emphasis> certaine que le citation m�lange d'incitations positives et n�gatives fin de citation du professeur Quirrell suffirait � garder Zabini dans son camp jusqu'en d�cembre, lorsque les tra�tres seraient autoris�s pour la premi�re fois...</p><p>Elle n'avait toujours aucune id�e de ce qu'elle allait faire avec le v�u de No�l du professeur Quirrell. Peut-�tre que lorsque le moment viendrait, elle demanderait juste � Mandy si elle voulait quelque chose.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 32*: Interlude : Gestion des finances pers</strong></p><p>[NdT : Titre complet :<emphasis> Interlude : Gestion des finances personnelle</emphasis>s]</p><empty-line/><p>"Mais, professeur," argua Harry, une partie de son d�sespoir � pr�sent audible, "laisser tous mes biens dans un coffre fort non diversifi� rempli de pi�ces d'or... c'est de la folie, professeur ! C'est comme, je ne sais pas, comme de faire des exp�riences de m�tamorphose sans avoir consult� un professeur ! On ne fait tout simplement pas �a avec l'argent !"</p><p>Depuis le visage parchemin� du vieux sorcier - en-dessous du chapeau de vacances festif qui ressemblait � une collision entre une automobile en tissu vert et une autre en tissu rouge - un regard triste et grave per�a vers Harry.</p><p>"Je suis d�sol�, Harry," dit Dumbledore, "et je te demande pardon, mais te laisser contr�ler tes finances te donnerait bien trop d'autonomie."</p><p>La bouche de Harry s'ouvrit et aucun son ne s'�chappa. Il �tait litt�ralement sans voix.</p><p>"Je t'autoriserai � retirer cinq Gallions pour les cadeaux de No�l," dit Dumbledore, "ce qui est plus que ce qu'un gar�on de ton �ge devrait d�penser mais ne pr�sente, je pense, aucune menace -"</p><p>"<emphasis>Je n'arrive pas � croire que vous venez de dire �a !</emphasis>" les mots avaient jaillit hors de la bouche de Harry. "Vous <emphasis>admettez</emphasis> �tre � ce point manipulateur ?"</p><p>"Manipulateur ?" dit le vieux sorcier, un l�ger sourire aux l�vres. "Non, ce serait manipulateur si je ne l'admettais <emphasis>pas</emphasis> ou si j'avais un autre motif cach� derri�re l'�vidence. C'est assez simple, Harry. Tu n'es pas encore pr�t � jouer au jeu et te laisser des milliers de Gallions avec lesquels chambouler le plateau serait insens�."</p><empty-line/><p>Les joyeux tiraillements du Chemin de Traverse avaient augment�s au centuple puis encore redoubl�s � l'approche de No�l, avec tous les magasins ensevelis sous les brillants objets magiques qui �tincelaient tellement qu'on aurait dit que l'esprit de No�l allait perdre les p�dales et transformer tout le quartier en un joyeux crat�re de vacances. Les rues �taient si bond�es de sorciers et de sorci�res v�tus d'habits festifs et <emphasis>criards</emphasis> qu'on en avait les yeux presque aussi s�v�rement agress�s que les oreilles ; et, � en voir la d�concertante vari�t� d'acheteurs, il �tait clair que le Chemin de Traverse �tait une attraction internationale. Il y avait des sorci�res emmitoufl�es dans d'�normes pans de tissu, telles des momies en serviette, et des sorciers portant des chapeaux hauts-de-forme et des peignoirs tr�s formels, et de jeunes enfants sachant � peine marcher qui �taient d�cor�s de lumi�res presques aussi brillantes que celles des magasins eux-m�mes, et leurs parents les tenaient en main, les menant � travers ce pays des merveilles magiques et les laissant piailler tout leur sao�l. C'�tait le moment d'�tre joyeux.</p><p>Et au milieu de toute cette l�g�ret� et de ces r�jouissances, une note venue de la plus sombre des nuits ; une atmosph�re froide et noire qui maintenait quelques coud�es d'espace vide m�me au milieu de ce chahut.</p><p>"Non", dit le professeur Quirrell, arborant un air de r�vulsion sinistre, comme s'il venait de mordre dans un morceau de nourriture qui n'aurait pas seulement eu un go�t horrible mais aurait en plus �t� moralement r�pugnante. C'�tait l'expression qu'une personne ordinaire aurait eu apr�s avoir mordu dans une tourte � la viande puis d�couvert que non seulement elle �tait pourrie mais qu'en plus elle avait �t� faite � partir de b�b�s chats.</p><p>"Oh, <emphasis>allons</emphasis>," dit Harry. "Vous devez bien avoir <emphasis>quelques</emphasis> id�es."</p><p>"M. Potter," dit le professeur Quirrell, les l�vres jointes en une fine ligne, "j'ai accept� de jouer le r�le de gardien adulte pour cette exp�dition. Je n'ai pas accept� de vous conseiller en mati�re de cadeaux. Je ne f�te pas No�l, M. Potter."</p><p>"Et Newtono�l ?" dit Harry d'un ton enjou�. "Isaac Newton est <emphasis>vraiment</emphasis> n� un 25 d�cembre, contrairement � certains autres personnages historiques que je pourrais nommer."</p><p>Cela n'impressionna en rien le professeur Quirrell.</p><p>"�coutez," dit Harry, "je suis d�sol�, mais je dois faire <emphasis>quelque chose</emphasis> de sp�cial pour Fred et George et je ne sais absolument pas quelles sont mes options."</p><p>Le professeur Quirrell �mit un bourdonnement pensif. "Vous pourriez leur demander quels sont les membres de leur famille qu'ils aiment le moins, puis engager un assassin. Je connais un membre d'un certain gouvernement-en-exil qui est assez comp�tent, et il pourrait m�me vous donner une r�duction pour plusieurs Weasley."</p><p>"<emphasis>Cette ann�e</emphasis>," dit Harry, faisant descendre sa voix d'une octave, "offrez � vos amis le cadeau... de la <emphasis>mort</emphasis>."</p><p>Cela fit na�tre un sourire sur le visage du professeur Quirrell. Il remonta jusqu'� ses yeux.</p><p>"Eh bien," dit Harry, "au moins vous n'avez pas sugg�r� que je leur offre un rat de compagnie -" la bouche de Harry se referma aussi sec et il regretta les mots � peine sortis de sa bouche.</p><p>"Pardon ?" dit le professeur Quirrell.</p><p>"Rien," r�pondit imm�diatement Harry, "une longue histoire stupide." Et la raconter lui semblait �trangement r�pr�hensible, peut-�tre parce que Harry �tait inquiet � l'id�e que le professeur Quirrell aurait rit m�me s'il s'�tait r�v�l� que Bill Weasley <emphasis>n'avait</emphasis><emphasis>pas</emphasis> �t� soign� et que tout n'�tait pas revenu � la normale...</p><p>Et o� avait <emphasis>�t� </emphasis>le professeur Quirrell pour n'avoir jamais entendu cette histoire ? Harry avait eu l'impression que toute l'Angleterre magique �tait au courant.</p><p>"�coutez," dit Harry, "j'essaie de <emphasis>solidifier leur loyaut� envers moi</emphasis>, d'accord ? Faire des jumeaux Weasley mes laquais ? Comme dit le vieux proverbe : un ami, ce n'est pas quelqu'un qu'on utilise une fois et qu'on jette ensuite, c'est quelqu'un qu'on utilise encore et encore. Professeur Quirrell, Fred et George sont deux des amis les plus utiles que j'ai � Poudlard, et je compte les utiliser encore et encore. Alors si vous pouviez m'aider � �tre un peu Serpentard et que vous me sugg�riez une chose pour laquelle ils me seraient <emphasis>tr�s</emphasis> reconnaissants..." Harry laissa sa voix en suspens, invitant un r�ponse.</p><p>Il fallait juste pr�senter ce genre chose sous le bon angle.</p><p>Ils march�rent un bon moment avant que le professeur Quirrell ne parle de nouveaux, sa voix suintant presque de d�go�t. "Les jumeaux Weasley utilisent des baguettes de seconde main, M. Potter. Ils se souviendraient de votre g�n�rosit� � chaque fois qu'ils jetteraient un sort."</p><p>Harry applaudit involontairement sous le coup de l'excitation. Il suffirait de mettre l'argent sur un compte chez Ollivander et de dire � M. Ollivander de ne jamais le rendre - ou mieux encore, qu'il l'envoie � Lucius Malfoy si les jumeaux Weasley ne venaient pas acheter une baguette avant le d�but de l'ann�e prochaine. "C'est <emphasis>g�nial</emphasis>, professeur !"</p><p>Le professeur Quirrell ne sembla pas appr�cier le compliment. "Je suppose que je peux tol�rer No�l quand c'est dans <emphasis>cet</emphasis> esprit, M. Potter, mais � peine." Puis il sourit l�g�rement. "Bien s�r, cela vous co�terait quatorze Gallions, et vous n'en avez que cinq."</p><p>"<emphasis>Cinq</emphasis> Gallions," dit Harry avec un reniflement outrag�. "Mais � qui le directeur pense-t-il qu'il a affaire ?"</p><p>"Je pense," dit le professeur Quirrell, "qu'il ne lui est simplement pas venu � l'id�e de craindre les cons�quences qui se produiraient si vous concentriez votre ing�niosit� sur l'obtention de fonds. Mais vous avez bien fait de perdre plut�t que de formuler une menace explicite. Par simple curiosit�, M. Potter, qu'<emphasis>auriez</emphasis> vous fait si je ne m'�tais pas d�tourn� sous le coup de l'ennui tandis que vous, dans un acc�s de pu�rilit�, r�cup�riez vos cinq Gallions une Noise � la fois ?"</p><p>"Eh bien, la m�thode la plus simple aurait �t� d'emprunter de l'argent � Draco Malfoy," dit Harry.</p><p>Le professeur Quirrell gloussa bri�vement. "S�rieusement, M. Potter."</p><p><emphasis>Bien not�</emphasis>. "J'aurais probablement fait acte de pr�sence en certains lieux en tant que c�l�brit�. Je n'aurais recours � rien d'�conomiquement perturbateur dans le seul but de d�penser de l'argent." Harry avait v�rifi�, il <emphasis>aurait</emphasis> le droit de conserver son Retourneur de Temps lorsqu'il rentrerait chez lui pour les vacances afin que son cycle de sommeil ne commence pas � se d�caler. Mais il �tait <emphasis>aussi</emphasis> possible que quelqu'un garde un oeil sur les boursicoteurs magiques. L'astuce avec l'or et l'argent demanderait du travail c�t� Moldu, et des financements, et les gobelins deviendraient peut-�tre soup�onneux apr�s le premier cycle. Et ouvrir une vraie banque demanderait <emphasis>beaucoup</emphasis> de travail... Harry n'avait pas <emphasis>tout � fait</emphasis> trouv� une fa�on de faire de l'argent qui soit � la fois rapide <emphasis>et</emphasis> certaine <emphasis>et </emphasis>s�re, et il avait donc �t� tr�s heureux lorsque le professeur Quirrell s'�tait r�v�l� si facile � duper.</p><p>"J'esp�re que ces cinq Gallions vous dureront assez longtemps, vu l'attention avec laquelle vous les avez compt�s," dit le professeur Quirrell. "Je doute que le directeur sois si empress� de m'accorder la garde des cl�s de votre coffre-fort une seconde fois lorsqu'il aura d�couvert que vous m'avez tromp�."</p><p>"Je suis s�r que vous avez fait de votre mieux," dit Harry avec une expression de gratitude profonde.</p><p>"Avez-vous besoin d'une aide quelconque pour entreposer toutes ces Noises, M. Potter ?"</p><p>"Eh bien, en quelque sorte," dit Harry. "Conna�triez-vous quelques bonnes opportunit�s d'investissement, professeur Quirrell ?"</p><p>Et ils poursuivirent leur promenade dans leur petite sph�re de silence et d'isolation, au travers de la foule �clatante et chaotique ; et si vous pr�tiez attention, vous verriez que, l� o� ils allaient, les branches feuillues se fl�trissaient, les fleurs se fanaient, et les jouets d'enfants qui jouaient de joyeux sons de cloche passaient � des notes plus graves et plus effrayantes.</p><p>Harry <emphasis>le remarqua</emphasis>, mais il ne dit rien, il se sourit juste � lui-m�me.</p><p>Chacun avait sa fa�on de c�l�brer No�l, et le Grinch en faisait autant partie que le P�re-No�l lui-m�me.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 33*: Probl�mes de coordination, partie 1</strong></p><p>[NdT : La traduction officielle <emphasis>fran�aise</emphasis> de l'extrait de Procope de C�sar�e cit� par Dumbledore dans ce chapitre est si diff�rente la version officielle <emphasis>anglaise </emphasis>que j'ai modifi� la traduction <emphasis>fran�aise </emphasis>pour ne pas trop m'�loigner du sens pr�cis des paroles de Dumbledore dans le contexte de cette histoire. Par souci de transparence, voici la source o� j'ai trouv� la version fran�aise . J'en ai fait une retranscription partielle en fran�ais moderne. ]</p><empty-line/><p>Je me contente de me le r�p�ter, encore et encore, jusqu'� pouvoir d�cider de m'endormir : on en revient toujours � J.K. Rowling.</p><p>La version de la th�orie de la d�cision utilis�e dans ce chapitre n'est pas celle qui domine dans les milieux acad�miques. Elle est bas�e sur quelque chose nomm� "th�orie de la d�cision intemporelle" qui est en cours de d�veloppement par (entre autres) Gary Drescher, Wei Dai, Vladimir Nesov, et, eh bien... (<emphasis>toussotte plusieurs fois)</emphasis> moi.</p><empty-line/><p>Ce qui �tait le plus effrayant, c'�tait la vitesse � laquelle l'affaire avait �chapp� � tout contr�le.</p><p>"Albus," dit Minerva lorsqu'ils entr�rent dans la Grande Salle, sans m�me essayer de maintenir l'inqui�tude hors de sa voix, "il faut faire quelque chose."</p><p>L'atmosph�re � Poudlard avant Yule �tait g�n�ralement radieuse et �clatante. La Grande Salle avait d�j� �t� d�cor�e en vert et rouge d'apr�s un Gryffondor et une Serpentard dont le mariage Yulien �tait devenu un symbole d'amiti� transcendant les Maisons et les all�geances, une tradition presque aussi ancienne que Poudlard elle-m�me et qui s'�tait m�me r�pandue jusqu'� certains pays Moldus.</p><p>Les �tudiants d�naient maintenant en jetant des regards nerveux par-dessus leurs �paules, ou en jetant des regards mauvais � d'autres tabl�es, ou en d�battant furieusement avec celles-ci. Peut-�tre aurait-on pu d�crire l'atmosph�re par le terme de <emphasis>tendue</emphasis>, mais l'expression qui venait � Minerva �tait <emphasis>cinqui�me degr� de prudence</emphasis>.</p><p>Prenez une �cole, en quatre Maisons divis�e...</p><p>Maintenant, dans chaque ann�e, trois arm�es en guerre.</p><p>Et l'esprit partisan pour Dragon, Soleil et Chaos s'�tait r�pandu au-del� de la premi�re ann�e ; ils �taient devenu les arm�es de ceux qui n'en avaient pas. Les �l�ves portaient des brassards au signe du feu, du sourire ou de la main lev�e, et ils se jetaient des sortil�ges dans les couloirs. Les trois g�n�raux de premi�re ann�e leurs avaient dit d'arr�ter - m�me Draco avait am�rement acquiesc� apr�s avoir �cout� jusqu'au bout - mais leurs partisans n'avaient rien voulu entendre.</p><p>Dumbledore parcourut les tables du regard, l'air distant. "Il y a longtemps," cita doucement le vieux sorcier, "que les Habitants de chaque ville sont divis�s en deux factions, les Bleus et les Verts ... ils se battent sans savoir la raison pour laquelle ils se querellent et se mettent en danger ... ils con�oivent sans raison une haine implacable pour leurs proches et ils la conservent toute leur vie sans la faire c�der ni aux r�gles de l'honneur, de la parent� ou de l'amiti�, et il en est de m�me si ceux qui ne diff�rent que par ces couleurs sont fr�res ou li�s de quelque autre fa�on. Ce que je ne puis attribuer qu'� je ne sais quelle maladie d'esprit..."</p><p>"Je suis navr�e," dit Minerva, "je ne -"</p><p>"Procope de C�sar�e," dit Dumbledore. "Ils prenaient les courses de chariot tr�s au s�rieux dans l'Empire Romain. Oui Minerva, je suis d'accord, il faut faire quelque chose."</p><p>"Bient�t," dit Minerva, sa voix s'assourdissant encore. "Albus, je pense qu'il faut que ce soit avant samedi."</p><p>Le dimanche, la plupart des �l�ves quitteraient Poudlard pour passer les vacances avec leur famille ; le samedi serait donc la bataille finale entre les trois arm�es de premi�re ann�e, celle qui d�terminerait le r�cipiendaire du v�u de No�l trois fois maudit du professeur Quirrell.</p><p>Dumbledore lui jeta un regard, l'�tudiant d'un air grave. "Tu crains que l'explosion ne survienne � ce moment et que quelqu'un soit bless�."</p><p>Minerva hocha la t�te.</p><p>"Et que le professeur Quirrell soit tenu pour responsable."</p><p>Minerva hocha de nouveau la t�te, le visage pinc�. Il y avait longtemps qu'elle avait tir� une le�on de la fa�on dont les professeurs de D�fense �taient renvoy�s. "Albus," dit Minerva, "nous ne pouvons pas perdre le professeur Quirrell maintenant, <emphasis>nous ne pouvons pas</emphasis> ! Mais s'il reste jusqu'� janvier, alors nos cinqui�me ann�e passeront leur BUSE, s'il reste jusqu'� mars, nos septi�me ann�e passeront leur ASPIC, il rattrape des ann�es de n�gligence en l'espace de quelques mois, toute une g�n�ration grandira capable de se d�fendre en d�pit de la mal�diction du Seigneur des T�n�bres - vous devez arr�ter la bataille, Albus ! Interdisez les arm�es maintenant !"</p><p>"Je ne suis pas certain que le professeur de D�fense accepterait avec le sourire," dit Dumbledore, jetant un �il en direction de la grande table o� le professeur Quirrell bavait dans sa soupe. "Il m'a sembl� des plus attach� � ses arm�es, m�me si lorsque j'ai accept�, je croyais qu'il y en aurait quatre par ann�e." Le vieux sorcier soupira. "Un homme intelligent, probablement avec les meilleures des intentions ; mais peut-�tre pas assez intelligent, j'en ai peur. Et interdire les arm�es pourrait aussi d�clencher l'explosion."</p><p>"Mais alors Albus, qu'allez-vous <emphasis>faire</emphasis> ?"</p><p>Le vieux sorcier lui fit don d'un sourire bienveillant. "Allons, je vais conspirer, bien s�r. C'est la nouvelle mode � Poudlard."</p><p>Et ils �taient maintenant trop proche de la grande table pour que Minerva puisse ajouter quoi que ce soit.</p><empty-line/><p>Ce qui �tait le plus effrayant, c'�tait la vitesse � laquelle l'affaire avait �chapp� � tout contr�le.</p><p>La premi�re bataille de d�cembre avait �t�... <emphasis>brouillon</emphasis>, c'est du moins ce que Draco avait entendu dire.</p><p>La deuxi�me avait �t� <emphasis>d�rang�e</emphasis>.</p><p>Et la prochaine serait <emphasis>pire</emphasis> � moins qu'ils ne r�ussissent tous les trois dans leur derni�re tentative d�sesp�r�e de l'arr�ter.</p><p>"Professeur Quirrell, c'est de la folie," dit Draco sur le ton de l'�vidence. "Ce n'est plus Serpentard, c'est juste..." Draco manquait de mots. Il agita les mains avec impuissance. "On ne peut pas intriguer quand ce genre de choses se passe. � la derni�re bataille, l'un de mes soldats a feint son suicide. On a des <emphasis>Poufsouffle</emphasis> qui essaient de conspirer et ils pensent qu'ils peuvent mais ils ne <emphasis>peuvent pas</emphasis>. Les choses se produisent au hasard maintenant, �a n'a rien � voir avec qui est le plus malin, ou avec quelle arm�e combat le mieux, c'est ..." Il ne pouvait m�me pas le d�crire.</p><p>"Je suis d'accord avec M. Malfoy," dit Granger d'un ton qui laissait penser qu'elle ne s'�tait jamais attendue � s'entendre dire une chose pareille. "Autoriser les tra�tres ne fonctionne pas, professeur Quirrell."</p><p>Draco avait essay� d'interdire � quiconque dans son arm�e de comploter mis � part lui, et cela avait juste fait continuer les complots de fa�on souterraine, personne ne voulait �tre hors du coup, pas quand les soldats des <emphasis>autres </emphasis>arm�es avaient la chance de comploter. Apr�s avoir mis�rablement perdu leur derni�re bataille, il avait enfin c�d� et il avait r�voqu� son d�cret ; mais ses soldats avaient d�j� mis leurs propres plans en mouvement sans la moindre forme de coordination centrale.</p><p>Apr�s avoir entendu tous les plans, ou ce que ses soldats disaient �tre les plans, Draco avait essay� d'en esquisser un qui permette de remporter la bataille finale. Cela avait n�cessit� que bien plus de trois choses se d�roulent comme pr�vu et Draco avait utilis� <emphasis>Incendio</emphasis> suivi de <emphasis>Everto</emphasis> pour faire dispara�tre les cendres, car si P�re l'avait vu, Draco aurait �t� d�sh�rit�.</p><p>Les yeux du professeur Quirrell �taient mis-clos, son menton reposait sur ses mains et il �tait pench� sur son bureau. "Et vous M. Potter ?" dit le professeur de D�fense. "�tes-vous d'accord avec eux ?"</p><p>"Il n'y aurait qu'� descendre Franz Ferdinand et on pourrait faire d�marrer la premi�re guerre mondiale," dit Harry. "C'est le chaos complet. Je suis carr�ment pour."</p><p>"<emphasis>Harry !</emphasis>" dit Draco, profond�ment choqu�.</p><p>Il lui fallut une seconde pour se rendre compte qu'il l'avait dit exactement au m�me moment et avec le m�me ton d'indignation choqu�e que Granger.</p><p>Granger lui jeta un regard surpris et Draco conserva un visage prudemment neutre. Oups.</p><p>"Eh ouais !" dit Harry. "Je vous trahis ! Tous les deux ! Encore ! Ha ha !"</p><p>Le professeur Quirrell avait un fin sourire, m�me si ses yeux �taient toujours mi-clos. "Et pourquoi donc, M. Potter ?"</p><p>"Parce que je pense que je peux supporter le chaos mieux que Mlle. Granger et M. Malfoy," dit le tra�tre. "Notre guerre est un jeu � somme nulle, et que ce soit facile ou difficile dans l'absolu n'a aucune importance, ce qui compte, c'est qui s'en sort mieux et qui s'en sort moins bien."</p><p>Harry Potter apprenait trop vite.</p><p>Les yeux du professeur Quirrell se d�plac�rent sous leur paupi�re en direction de Draco, puis de Granger. "En v�rit�, M. Malfoy, Mlle. Granger, je ne pourrais tout simplement pas me regarder en face si j'arr�tais le grand d�b�cle avant son paroxysme. L'un de vos soldats est m�me devenu un agent quadruple."</p><p>"<emphasis>Quadruple</emphasis> !" dit Granger. "Mais il n'y a que trois camps dans la guerre !"</p><p>"Oui," dit le professeur Quirrell, "c'est ce que vous auriez pens�, n'est-ce pas. Je ne suis pas certain qu'il y ait jamais eu un agent quadruple dans l'Histoire, ou une arm�e avec une fraction si �lev�e de vrais et de faux tra�tres. Nous explorons de nouveaux territoires, Mlle. Granger, et nous ne pouvons plus rebrousser chemin."</p><p>Draco quitta le bureau du professeur de D�fense avec ses dents grin�ant avec force les unes contre les autres, et Granger � c�t�, avait l'air encore plus irrit�e.</p><p>"Je n'arrive pas � croire que tu aies fait �a, Harry !" dit Granger.</p><p>"D�sol�," dit Harry, l'air pas d�sol� du tout, ses l�vres recourb�es en un joyeux sourire mal�fique. "Souviens-toi Hermione, c'<emphasis>est</emphasis> juste un jeu, et pourquoi les g�n�raux comme nous devraient-ils �tre les seuls � avoir le droit de comploter ? Et puis, qu'est-ce que vous allez y faire, tous les deux ? Vous allier contre moi ?"</p><p>Draco �changea des regards avec Granger, sachant que son propre visage �tait aussi pinc� que le sien. Harry s'�tait appuy�, de plus en plus ouvertement et avec de plus en plus de jubilation, sur le refus de Draco de faire cause commune avec une fille Sang-de-Bourbe ; et Draco commen�ait � �tre <emphasis>malade</emphasis> qu'on utilise �a contre lui. Si �a continuait un peu plus longtemps il <emphasis>allait</emphasis> s'allier avec Granger juste pour �craser Harry Potter, et on verrait bien si le fils de Sang-de-Bourbe aimerait <emphasis>�a</emphasis>.</p><empty-line/><p>Ce qui �tait le plus effrayant, c'�tait la vitesse � laquelle l'affaire avait �chapp� � tout contr�le.</p><p>Hermione fixa le parchemin que Zabini lui avait donn� et elle se sentit compl�tement, absolument impuissante.</p><p>Il y avait des noms, et des lignes reliant les noms � d'autres noms, et certaines des lignes avaient d'autres couleurs et...</p><p>"Dites moi", dit le g�n�ral Granger, "y a-t-il quelqu'un dans mon arm�e qui <emphasis>n'est pas</emphasis> un espion ?"</p><p>Ils n'�taient pas dans le bureau mais dans une autre salle, d�serte, et ils �taient seuls ; parce que le colonel Zabini avait dit qu'il �tait maintenant presque certain qu'au moins un des capitaines �tait un tra�tre. Probablement le capitaine Goldstein, mais Zabini n'�tait pas s�r.</p><p>Sa question avait fait na�tre un sourire ironique sur le jeune visage du Serpentard. Blaise Zabini avait toujours sembl� l�g�rement d�daigneux envers elle, mais il ne semblait pas �prouver une aversion franche � son �gard ; rien de semblable � la d�rision dans laquelle il tenait Draco Malfoy ou le ressentiment qu'il avait d�velopp� contre Harry Potter. Elle s'�tait d'abord inqui�t�e que Zabini la trahisse, mais le gar�on semblait d�sesp�r�ment vouloir montrer que les deux autres g�n�raux n'�taient pas meilleurs que lui ; et Hermione pensait que m�me si Zabini serait probablement heureux de la vendre � n'importe qui d'<emphasis>autre</emphasis>, il ne laisserait jamais Malfoy ou Harry gagner.</p><p>"La plupart de vos soldats vous <emphasis>sont</emphasis> toujours loyaux, j'en suis assez certain," dit Zabini. "C'est juste que personne ne veut passer � c�t� de l'amusement que la trahison procure." Le regard d�daigneux de Zabini laissa clairement entendre son opinion des gens qui ne prenaient pas les complots au s�rieux. "Alors ils pensent pouvoir �tre des agents doubles et travailler secr�tement pour notre camp tout en pr�tendant nous trahir."</p><p>"Et cela vaudrait aussi pour toute personne des <emphasis>autres</emphasis> arm�es disant qu'elles veulent �tre <emphasis>nos </emphasis>espions," dit prudemment Hermione.</p><p>Le jeune Serpentard haussa les �paules. "Je pense que j'ai bien r�ussi � d�terminer ceux qui veulent vraiment vendre Malfoy, je ne suis pas certain que <emphasis>quiconque</emphasis> veuille vraiment vous vendre Potter. Mais Nott va s�rement vouloir trahir Potter pour Malfoy et puisque j'ai demand� � Soufflebranche de l'approcher, pr�tendument de la part de Malfoy, et que Soufflebranche pr�sente en fait ses rapports � notre camp, c'est presque aussi bien que -"</p><p>Hermione ferma ses yeux un moment. "On va perdre, c'est �a ?"</p><p>"�coutez," dit Zabini avec patience, "vous �tes en t�te en points Quirrell pour l'instant. Il nous suffit de ne pas <emphasis>compl�tement</emphasis> perdre cette bataille et vous aurez assez de point pour gagner le v�u de No�l."</p><p>Le professeur Quirrell avait annonc� que la bataille finale suivrait un syst�me de points formalis� qu'on lui avait demand� de cr�er afin d'�viter toute r�crimination apr�s la bataille. Chaque fois que vous abattiez quelqu'un, le g�n�ral de votre arm�e gagnait deux points Quirrell. Un gong retentirait � travers l'ar�ne (ils ne savaient pas o� ils se battraient, m�me si Hermione esp�rait que ce serait encore la for�t, o� Soleil se d�brouillait bien) et la note jou�e indiquerait quelle arm�e avait gagn� les points. Et si quelqu'un faisait semblant d'�tre touch�, le gong retentirait quand m�me, et un double gong retentirait plus tard, apr�s une dur�e non d�termin�e, pour annoncer la r�traction. Et si vous acclamiez le nom d'une arm�e, si vous criiez "Pour Soleil !" ou "Pour Chaos !" ou "Pour Dragon !", cela pla�ait votre all�geance sur cette arm�e...</p><p>M�me Hermione avait pu voir le d�faut de <emphasis>cet</emphasis> ensemble de r�gles. Mais le professeur Quirrell avait alors annonc� que si vous aviez �t� originellement assign� � Soleil, personne ne pourrait vous abattre au nom de Soleil - ou plut�t, ils le pourraient, mais Soleil perdrait alors un seul point Quirrell, symbolis� par un triple gong. Cela vous emp�chait d'abattre vos propres soldats pour deux points et d�courageait les suicides avant que l'ennemi ait pu vous atteindre, mais vous pouviez toujours abattre les espions si n�cessaire.</p><p>Pour l'instant, Hermione avait deux cent quarante-quatre points Quirrell, et Malfoy en avait deux cent dix-neuf, et Harry en avait deux cent vingt-et-un ; et il y avait vingt-quatre soldats dans chaque arm�e.</p><p>"Donc nous nous battons avec pr�caution," dit Hermione, "et nous essayons de ne pas perdre trop salement."</p><p>"Non," dit Zabini. Le visage du jeune Serpentard �tait � pr�sent s�rieux. "Le probl�me, c'est que Malfoy et Potter savent maintenant que leur seule fa�on de gagner est de s'allier et de nous �craser, puis de combattre seuls. Alors voil� ce que je pense que nous devrions faire -"</p><p>Hermione quitta la salle relativement h�b�t�e. Le plan de Zabini n'avait pas �t� �vident, il avait �t� �trange et compliqu� et intriqu� et le genre de chose qu'elle aurait vu Harry inventer plut�t que Zabini. Il lui semblait anormal de pouvoir <emphasis>comprendre </emphasis>un plan comme celui-ci. Les jeunes filles n'auraient pas d� �tre capables de comprendre des plans comme celui-ci. Le Choixpeau l'aurait r�partie � Serpentard s'il avait vu qu'elle pouvait comprendre des plans comme celui-ci...</p><empty-line/><p>Ce qui �tait le plus g�nial, c'�tait la vitesse � laquelle il �tait parvenu � faire monter le niveau de chaos une fois qu'il avait commenc� � le faire d�lib�r�ment.</p><p>Harry �tait assis dans son bureau ; il avait obtenu l'autorit� de commander du mobilier chez les elfes de maisons, alors il avait command� un tr�ne et des rideaux imprim�s d'un motif noir et cramoisi. M�l�e � l'ombre, une lumi�re sanguine �carlate se d�versait au sol.</p><p>Quelque chose � l'int�rieur de Harry lui disait qu'il �tait enfin � la maison.</p><p>Devant lui se tenaient ses lieutenants du Chaos, ses laquais de confiance, dont l'un d'eux �tait un tra�tre.</p><p>Comme �a. C'est comme �a que la vie aurait d� �tre.</p><p>"Nous sommes rassembl�s," dit Harry.</p><p>"Que le Chaos r�gne," dirent les quatre lieutenants en ch�ur.</p><p>"Mon a�roglisseur est plein d'anguilles," dit Harry.</p><p>"Je n'ach�terai pas ce disque, il est ray�," dirent les quatre lieutenants en ch�ur.</p><p>"Tout smouales �taient les Borogoves."</p><p>"Les vergons fourgus bourniflaient !"</p><p>Cela conclut les formalit�s.</p><p>"Comment va la confusion ?" dit Harry dans un souffle sec semblable � celui de l'empereur Palpatine.</p><p>"Elle va bien, g�n�ral Chaos," dit Neville du ton qu'il utilisait toujours pour les affaires militaires, un ton si profond que le gar�on devait souvent s'arr�ter et tousser. Le lieutenant Chaotique �tait bien habill� dans ses robes scolaires noires, brod�es du jaune de la maison Poufsouffle, et ses cheveux �taient coiff� � la fa�on des jeunes gar�ons s�rieux. Harry avait aim� cette incongruit� plus qu'aucune des capes qu'ils avaient essay�es. "Nos l�gionnaires ont commenc� cinq nouveaux complots depuis hier soir."</p><p>Harry eut un sourire mal�fique. "L'un d'entre eux a-t-il une chance de fonctionner ?"</p><p>"Je ne pense pas," dit Neville du Chaos. "Voici le rapport."</p><p>"Excellent," dit Harry, et il eut un sourire glac� tout en prenant le parchemin de mains de Neville, faisant de son mieux pour faire comme s'il s'�touffait sur de la poussi�re. Cela faisait un total de soixante.</p><p>Que Draco <emphasis>essaie</emphasis> de g�rer �a. Qu'il <emphasis>essaie</emphasis>.</p><p>Et pour Blaise Zabini...</p><p>Harry rit de nouveau, et cette fois il n'eut m�me pas � faire l'effort d'avoir l'air mal�fique. Il fallait vraiment qu'il emprunte le fl�reur de compagnie de quelqu'un, pour avoir un chat � caresser en m�me temps.</p><p>"La L�gion peut-elle arr�ter de faire des complots maintenant ?" dit Finnigan du Chaos. "Je veux dire, n'avons-nous pas d�j� assez de -"</p><p>"Non," dit cat�goriquement Harry. "On ne peut <emphasis>jamais</emphasis> avoir assez de complots."</p><p>Le professeur Quirrell l'avait parfaitement formul�. Ils repoussaient les limites tr�s loin, peut-�tre plus loin qu'elles n'avaient jamais �t� repouss�es ; et Harry n'aurait pas pu se regarder en face s'il avait rebrouss� chemin maintenant.</p><p>On entendit un coup contre la porte.</p><p>"Ce sera le g�n�ral Dragon," dit Harry, souriant de sa prescience mal�fique. "Il arrive, pr�cis�ment au moment o� je m'y attendais. Invitez-le donc � entrer, et vous-m�me � sortir."</p><p>Et les quatre lieutenants du Chaos s'�parpill�rent, jetant des regards noirs � Draco tandis que le g�n�ral ennemi entrait dans le rep�re secret de Harry.</p><p>S'il n'avait pas le droit de faire �a une fois devenu adulte, Harry allait juste avoir onze ans pour toujours.</p><empty-line/><p>Le soleil d�goulinait � travers les rideaux rouges, envoyant des rayons de sang danser � la surface du sol situ� derri�re la chaise rembourr�e � taille adulte de Harry Potter, chaise qu'il avait recouverte de paillettes or et argent et qu'il s'�vertuait � appeler son tr�ne.</p><p>(Draco commen�ait � �tre de plus en plus persuad� qu'il avait eu raison de d�cider de renverser Harry Potter avant que celui-ci ne puisse conqu�rir le monde. Draco n'arrivait m�me pas � <emphasis>imaginer</emphasis> ce que �a pourrait �tre que de vivre sous son r�gne).</p><p>"Bonsoir, g�n�ral Dragon," dit Harry Potter d'un murmure brutal. "Vous voil�, comme je m'y attendais."</p><p>Ce n'�tait pas surprenant puisque Draco et Harry s'�taient mis d'accord sur l'heure de leur rendez-vous.</p><p>Et aussi, on n'�tait pas le soir, mais � ce stade, Draco avait assez d'exp�rience pour savoir qu'il valait mieux ne rien dire.</p><p>"G�n�ral Potter," dit Draco avait autant de dignit� qu'il en �tait capable, "vous savez que nos deux arm�es doivent travailler ensemble pour qu'<emphasis>un</emphasis> d'entre nous ait une chance de remporter le v�u du professeur Quirrell ?"</p><p>"Cccc'est cccela," siffla Harry, comme si le gar�on avait cru �tre un Fourchelangue. "Nous devons coop�rer pour d�truire Soleil, puis en d�coudre entre nous. Mais si l'un de nous trahit l'autre en d�but de combat, il pourrait avoir un avantage plus tard. Et le g�n�ral Soleil, qui sait tout cela, essaiera de nous tromper en nous faisant penser que l'autre l'a trahi. Et vous et moi, qui savons cela, serons tent� de trahir l'autre et de pr�tendre que c'est une tromperie de Granger. Et Granger sait aussi <emphasis>cela</emphasis>."</p><p>Draco hocha la t�te. �vident jusque l�. "Et... nous voulons tous deux gagner et <emphasis>rien d'autre</emphasis>, et il n'y a personne pour nous punir si nous trahissons l'autre..."</p><p>"Exactement," dit Harry Potter, son visage devenant maintenant s�rieux. "Nous faisons face � un <emphasis>vrai</emphasis> dilemme du prisonnier."</p><p>Selon les enseignements de Harry, le dilemme du prisonnier fonctionnait ainsi : deux prisonniers avaient �t� enferm�s dans des cellules s�par�es. Il y avait des preuves contre chaque prisonnier, mais seulement des preuves mineures, assez pour une peine de prison de deux ans. Chaque prisonnier pouvait d�cider de <emphasis>trahir</emphasis> l'autre, c'est � dire de t�moigner contre lui au tribunal ; et cela diminuerait sa peine d'un an mais ajouterait deux ans � celle de l'autre. Ou alors, un prisonnier pouvait d�cider de <emphasis>coop�rer</emphasis>, de garder le silence. Donc si les deux prisonniers trahissaient, chacun t�moignant contre l'autre, ils purgeraient chacun une peine de trois ans ; si ils coop�raient, c'est � dire s'ils restaient silencieux, ils purgeraient deux ans chacun ; mais si l'un trahissait et que l'autre coop�rait, le tra�tre purgerait une seule ann�e et le coop�rant en purgerait quatre.</p><p>Et les deux prisonniers devaient prendre leur d�cision sans conna�tre le choix de l'autre, et aucun n'aurait la chance de revenir sur sa d�cision.</p><p>Draco avait fait remarquer que si les deux prisonniers avaient �t� des Mangemorts pendant la guerre des sorciers, le Seigneur des T�n�bres aurait tu� tout tra�tre.</p><p>Harry avait acquiesc� et avait dit que c'�tait <emphasis>une</emphasis> fa�on de r�soudre le dilemme du prisonnier - et que de fait, c'�tait pour cette exacte raison que les deux Mangemorts <emphasis>auraient voulu </emphasis>qu'il y ait un Seigneur des T�n�bres.</p><p>(Draco avait demand� � Harry de s'interrompre et de le laisser y r�fl�chir un moment avant qu'ils ne continuent. Cela avait expliqu� <emphasis>beaucoup</emphasis> quant � la raison pour laquelle P�re et ses amis avaient accept� de servir un Seigneur des T�n�bres qui �tait bien souvent peu am�ne envers eux...)</p><p>En fait, avait dit Harry, c'�tait plus ou moins la raison pour laquelle les gens avaient des gouvernements - <emphasis>vous</emphasis> seriez probablement mieux loti si vous voliez quelque chose � quelqu'un, tout comme chaque prisonnier serait individuellement mieux loti s'il trahissait dans un dilemme du prisonnier. Mais si <emphasis>tout le monde</emphasis> pensait comme �a, le pays sombrerait dans le chaos et tout le monde serait dans une situation bien pire, exactement comme ce qui se passait quand les deux prisonniers trahissaient. Les gens se laissaient donc �tre dirig�s par des gouvernements, tout comme les Mangemorts s'�taient laiss�s diriger par le Seigneur des T�n�bres.</p><p>(Draco avait demand� � Harry de s'interrompre une fois de plus. Draco avait toujours tenu pour acquis que les sorciers ambitieux s'emparaient du pouvoir parce qu'ils voulaient diriger et que les gens se laissaient �tre dirig�s parce qu'ils �taient de petits Poufsouffle effray�s. Et, � la r�flexion, cela semblait toujours �tre vrai ; mais le point de vue de Harry �tait fascinant, tout erron� qu'il soit).</p><p>Mais, avait continu� Harry, la peur d'un tiers vous punissant n'�tait pas la <emphasis>seule</emphasis> raison possible de coop�rer au dilemme du prisonnier.</p><p>Imagine, avait dit Harry, que tu joues � un jeu contre une copie identique de toi-m�me cr��e par magie.</p><p>Draco avait dit que s'il y avait deux Dracos, bien s�r qu'aucun Draco ne voudrait que quelque chose de mal arrive � l'autre, sans parler du fait qu'aucun Malfoy n'accepterait jamais de passer pour un tra�tre.</p><p>Harry avait encore acquiesc�, et il avait dit que c'�tait <emphasis>encore</emphasis> une autre solution au dilemme du prisonnier - que les gens pouvaient coop�rer parce qu'ils se souciaient les uns des autres, ou parce qu'ils avaient un sens de l'honneur, ou parce qu'ils voulaient pr�server leur r�putation. De fait, avait dit Harry, il �tait assez difficile de cr�er un <emphasis>v�ritable</emphasis> dilemme du prisonnier - dans la vraie vie, les gens se souciaient en g�n�ral des autres, ou de leur honneur ou de leur r�putation ou de la punition d'un Seigneur des T�n�bres ou <emphasis>d'autre chose</emphasis> � part la peine de prison. Mais en imaginant que la copie soit celle de quelqu'un <emphasis>d'enti�rement</emphasis> �go�ste -</p><p>(Ils avaient pris Pansy Parkinson en exemple)</p><p>- alors chaque Pansy se soucierait uniquement de ce qui lui arrivait � <emphasis>elle </emphasis>et pas � l'autre Pansy.</p><p><emphasis>�tant donn�</emphasis> que c'�tait tout ce dont Pansy se souciait... et qu'il n'y avait pas de Seigneur des T�n�bres... et que Pansy ne s'inqui�tait pas de sa r�putation... et que Pansy n'avait soit pas de sens de l'honneur soit pas de sentiment d'obligation envers l'autre prisonnier... <emphasis>alors</emphasis> le choix rationnel pour Pansy serait-il de coop�rer ou de trahir ?</p><p>Harry avait dit que certains avaient pr�tendu que le choix rationnel aurait �t� que Pansy trahisse sa copie, mais Harry, ainsi que quelqu'un d'autre nomm� Douglas Hofstadter, pensait que ces gens avaient tort. Parce que, avait continu� Harry, si Pansy trahissait - non pas au hasard, mais pour ce qui lui semblait �tre des raisons <emphasis>rationnelles</emphasis> - alors l'autre Pansy penserait exactement de m�me. Deux copies identiques ne feraient pas des choix diff�rents. Pansy devait donc choisir entre un monde o� toutes les Pansies coop�raient et un monde o� toutes les Pansies trahissaient, et elle serait mieux lotie si les deux copies coop�raient. Et si Harry avait pens� que les gens 'rationnels' <emphasis>trahissaient</emphasis> au dilemme du prisonnier, il n'aurait alors rien fait pour r�pandre ce genre de 'rationalit�', parce qu'un pays ou une conspiration pleins de gens 'rationnels' se seraient dissolus dans le chaos. Vous parleriez de la 'rationalit�' � vos <emphasis>ennemis</emphasis>.</p><p>Sur le moment, tout cela avait <emphasis>sembl�</emphasis> raisonnable � Draco, mais <emphasis>maintenant</emphasis> la pens�e lui venait que...</p><p>"<emphasis>Tu</emphasis> as dit," dit Draco, "que la solution rationnelle au dilemme du prisonnier est de coop�rer. Mais bien s�r que <emphasis>tu</emphasis> voudrais que je crois �a." Et si Draco se faisait duper et coop�rait, Harry dirait juste, <emphasis>ha ha, je t'ai encore trahi</emphasis> ! et il se moquerait ensuite de lui.</p><p>"Je ne me permettrai pas de falsifier les le�ons," dit Harry avec s�rieux. "Mais Draco, je dois te rappeler que je n'ai pas dit que tu devrais juste automatiquement coop�rer. Pas dans un <emphasis>vrai</emphasis> dilemme du prisonnier tel que celui-ci. Ce que j'ai dit, c'est que quand tu choisis, tu ne devrais pas penser comme si tu choisissais seulement pour toi-m�me <emphasis>ni</emphasis> comme si tu choisissais pour tout le monde. Tu dois penser comme si tu choisissais pour tous les gens <emphasis>suffisamment similaires </emphasis>� toi pour avoir de fortes chances de faire la m�me chose que toi et pour les m�mes raisons. Et aussi de choisir en fonction les pr�dictions faites par quiconque te connaissant suffisamment bien pour faire des pr�dictions correctes te concernant, pour que tu n'aies jamais � regretter d'avoir �t� rationnel � cause des pr�dictions correctes que les autres auraient fait � ton sujet - rappelle moi de te parler un jour du probl�me de Newcomb. La question que nous devons donc tous les deux poser, Draco, est celle-ci : sommes-nous suffisamment similaires pour avoir de fortes chances de faire <emphasis>la m�me chose</emphasis>, quelle qu'elle soit, et pour les m�mes raisons g�n�rales ? Ou : nous connaissons-nous assez pour nous pr�dire l'un l'autre, pour que <emphasis>je</emphasis> puisse pr�dire si tu coop�reras ou si tu trahiras, et que <emphasis>tu</emphasis> puisses pr�dire si j'ai d�cid� de faire la m�me chose que j'ai pr�dit que tu feras, parce que <emphasis>je</emphasis> sais que tu peux pr�dire que que je le d�ciderai ?"</p><p>... et Draco ne pouvait pas s'emp�cher de penser que, vu qu'il avait besoin de faire un effort pour comprendre <emphasis>la moiti�</emphasis> de ce que Harry venait de dire, la r�ponse �tait �videmment 'Non'.</p><p>"Oui," dit Draco.</p><p>Il y eut une pause.</p><p>"Je vois," dit Harry, l'air d��u. "Eh bien. Dans ce cas, j'imagine que nous allons devoir trouver un autre moyen."</p><p>Draco n'avait pas pens� que cela allait fonctionner.</p><p>Draco et Harry en discut�rent encore et encore. Bien plus t�t, ils s'�taient mis d'accord sur le fait que leurs actes sur le champ de bataille ne <emphasis>compteraient pas</emphasis> comme des promesses rompues dans la vraie vie - m�me si Draco �tait un peu en col�re au sujet de ce que Harry avait fait dans le bureau du professeur Quirrell, et il le dit � Harry.</p><p>Mais si aucun d'eux ne pouvait compter sur l'honneur ou l'amiti�, cela <emphasis>laissait</emphasis><emphasis>en suspens</emphasis> la question de savoir comment faire coop�rer leurs arm�es pour vaincre Soleil, en d�pit de tout ce que Granger pourrait essayer de faire pour les diviser. Les r�gles du professeur Quirrell ne cr�aient pas de tentation de laisser Soleil tuer les soldats de l'autre arm�e - cela ne ferait qu'augmenter le niveau de difficult� pour l'arm�e restante - mais elles cr�aient la tentation de se voler des victimes au lieu d'agir comme une arm�e unie le ferait, ou d'abattre quelques soldats du camp d'en face dans la confusion de la bataille...</p><empty-line/><p>Hermione marchait en direction de Serdaigle sans vraiment regarder o� elle allait, son esprit pr�occup� par la guerre, par la duplicit�, et par d'autres concepts impropres � son �ge, et elle passa un angle et alla se cogner directement contre un adulte.</p><p>"Pardon," dit-elle, puis, sans vraiment y songer : "<emphasis>Aaaaaaaaaah !</emphasis>"</p><p>"Ne vous en faites pas, mademoiselle Granger," dit le sourire joyeux plac� sous les yeux p�tillants et au-dessus de la barbe argent�e du DIRECTEUR DE POUDLARD. "Vous �tes tout � fait pardonn�e."</p><p>Son regard �tait inextricablement bloqu� sur le doux visage du sorcier le plus puissant du monde, qui se trouvait aussi �tre l'Enchanteur-en-chef et le Manitou supr�me, qui �tait devenu fou il y a plusieurs ann�es en raison du stress occasionn� par son combat contre le Seigneur des T�n�bres, et de nombreux autres faits apparaissaient dans son esprit les uns apr�s les autres tandis que sa gorge �mettait d'embarrassants petits couinements.</p><p>"� vrai dire," dit Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore, "c'est un heureux hasard que nous nous soyons ainsi rentr�s dedans. Allons, je me demandais justement, et avec curiosit�, ce que vous trois comptiez demander pour votre voeu..."</p><empty-line/><p>L'aube du samedi vint, lumineuse et claire, les �tudiants parlant de voix �touff�es comme si le premier cri aurait risqu� de d�clencher l'explosion.</p><empty-line/><p>Draco avait esp�r� qu'ils se battraient de nouveau dans les �tages sup�rieurs de Poudlard. Le professeur Quirrell avait dit que les v�ritables combats risquaient plus d'avoir lieu dans des villes que dans des for�ts, et se battre dans les couloirs et les salles de classes �tait cens� le simuler, avec des rubans pour d�limiter les zones autoris�es. L'arm�e Dragon s'en �tait bien sortie lors de ces combats.</p><p>Au lieu de cela, et comme Draco l'avait craint, le professeur Quirrell avait eu une id�e <emphasis>sp�ciale</emphasis> pour ce combat.</p><p>Le champ de bataille serait le lac de Poudlard.</p><p>Et pas dans des bateaux.</p><p>Ils se battraient <emphasis>sous l'eau</emphasis>.</p><p>Le poulpe g�ant avait �t� temporairement paralys� ; des sorts avaient �t� mis en place pour paralyser les strangulots ; le professeur Quirrell avait �t� parler � l'ondin ; et tous les soldats avaient re�u des <emphasis>potions d'action sous-marine</emphasis> qui leur permettait de respirer, de voir clairement, de se parler et de nager pas tout � fait aussi vite qu'ils n'auraient march�.</p><p>Une immense sph�re d'argent �tait suspendue au centre du champ de bataille, �tincelant comme une petite lune sous-marine. Cela aiderait � s'orienter - au d�but. La lune s'�clipserait lentement au cours de la bataille, et lorsqu'elle serait devenue enti�rement noire, la bataille prendrait fin, si elle ne l'avait pas d�j� fait.</p><p>La guerre sous l'eau. Impossible de d�fendre un p�rim�tre, les attaquants pouvaient venir de n'importe quelle direction, et m�me avec la potion on ne pouvait pas voir tr�s loin dans les t�n�bres du lac.</p><p>Et si vous nagiez trop loin des combats, vous commenceriez � briller pass� un laps de temps, et vous seriez simple � pourchasser - g�n�ralement, si une arm�e se dispersait et courait au lieu de se battre, le professeur Quirrell les d�clarait simplement vaincus ; mais aujourd'hui, ils utilisaient un syst�me de points. Bien s�r, vous aviez un peu de temps <emphasis>avant</emphasis> de commencer � briller, si vous vouliez jouer � l'assassin.</p><p>Ppour le d�but du jeu, l'arm�e du Dragon avait �t� plac�e en profondeur ; au-dessus, loin, la distante Lune sous-marine distante. L'eau trouble �tait principalement �clair�e par des sorts de <emphasis>Lumos</emphasis>, bien que les soldats �teindraient les lumi�res d�s qu'ils commenceraient les man�uvres. Il n'y avait aucun avantage � laisser l'ennemi vous voir avant que vous ne l'ayez vous-m�me aper�u.</p><p>Draco battit des jambes plusieurs fois, se propulsant jusqu'� une position plus haute d'o� il put observer l'endroit o� ses soldats se tenaient, suspendus dans l'eau.</p><p>Les conversations moururent presque instantan�ment sous le regard de glace de Draco, ses soldats levant les yeux vers lui avec de gratifiantes expressions de peur et d'inqui�tude.</p><p>"�coutez-moi avec tr�s attentivement," dit le g�n�ral Malfoy. Sa voix �tait un peu plus grave, un peu bulleuse, <emphasis>�boutez boi dl�s attentibement</emphasis>, mais le son se propageait avec clart�. "Il n'y a qu'une seule fa�on de gagner ceci. Nous devons avancer sur Soleil avec Chaos et vaincre Soleil. <emphasis>Ensuite</emphasis>, nous nous battons contre Potter et nous gagnons. �a <emphasis>doit</emphasis> se passer comme �a, compris ? Peu importe ce qui se passe par ailleurs, cette partie <emphasis>doit</emphasis> avoir lieu ainsi -"</p><p>Et Draco expliqua le plan que lui et Harry avait concoct�.</p><p>Des regards effar�s furent �chang�s parmi les soldats.</p><p>"- et si l'un de <emphasis>vos</emphasis> complots fait obstacle � ceci," conclut Draco, "je vous immolerai apr�s que nous soyons sortis de l'eau."</p><p>Il y eut un chorus nerveux de <emphasis>ouimsieur</emphasis>.</p><p>"Et tous ceux avec des ordres secrets, assurez-vous de les ex�cuter <emphasis>� la lettre</emphasis>," dit Draco.</p><p>Environ la moiti� de ses soldats <emphasis>hoch�rent ouvertement la t�te</emphasis>, et Draco les marqua comme devant �tre tu�s apr�s son ascension au pouvoir.</p><p>Bien s�r, tous les ordres priv�s �taient faux, comme celui o� un Dragon devait offrir une fausse commission de tra�tre � un autre Dragon, le second Dragon ayant re�u l'ordre lors d'une confidence murmur�e de faire part de tout ce que le premier Dragon dirait. Draco avait dit � chaque Dragon que toute la guerre pouvait d�pendre de cet ordre secret, et qu'il esp�rait qu'ils comprenaient que c'�tait plus important que les plans qu'ils avaient jusqu'alors eu en t�te. Avec de la chance, cela maintiendrait tous ces idiots dans un �tat de bonne humeur et permettrait peut-�tre d'�vacuer quelques espions si les rapports ne correspondaient pas aux instructions.</p><p>Les vrais plans de Draco pour vaincre Chaos... et bien, c'�tait plus simple que celui qu'il avait br�l�, mais P�re ne l'aurait toujours pas appr�ci�. M�me en essayant, Draco n'avait pas r�ussi � avoir une meilleure id�e. C'�tait un plan qui n'aurait <emphasis>jamais</emphasis> pu fonctionner contre quelqu'un d'autre que Harry Potter. � vrai dire, cela <emphasis>avait</emphasis> �t� le plan original de Harry, � ce qu'en avait dit le tra�tre, m�me si Draco l'avait devin� sans avoir besoin qu'on le lui dise. Draco et le tra�tre l'avaient juste modifi� quelque peu...</p><empty-line/><p>Harry prit une profonde inspiration, sentant l'eau gargouiller sans causer de dommages � travers ses poumons.</p><p>Ils s'�taient battus dans la for�t, et il n'avait pas pu le dire.</p><p>Ils s'�taient battus dans les couloirs de Poudlard, et il n'avait pas pu le dire.</p><p>Ils s'�taient battus dans les airs, des balais donn�s � chaque soldat, et �a n'avait toujours eu aucun sens de le dire.</p><p>Harry s'�tait dit qu'il ne pourrait jamais prononcer ces mots, pas alors qu'il �tait encore assez jeune pour que cela veuille dire quelque chose...</p><p>Les l�gionnaires du Chaos regardaient Harry avec perplexit� tandis que leur g�n�ral nageait, ses pieds pointant en l'air, vers la lointaine lumi�re de la surface, la t�te dirig�e vers le bas, vers les troubles profondeurs.</p><p>"<emphasis>Pourquoi �tes vous � l'envers</emphasis><emphasis>?</emphasis>" cria le jeune commandeur � l'attention de son arm�e, et il commen�a � expliquer comment se battre apr�s avoir abandonn� l'orientation privil�gi�e de la gravit�.</p><empty-line/><p>Une cloche creuse et tonnante fit �cho � travers l'eau, et � cet instant, Zabini, Anthony et cinq autres soldats fonc�rent vers le bas, dans les troubles profondeurs du lac. Parvati Patil, la seule Gryffondor du groupe, regarda derri�re elle un instant et leur fit � tous un joyeux signe d'au revoir ; et un moment plus tard Scott et Matt firent de m�me. Les autres se content�rent de couler et de dispara�tre.</p><p>Le g�n�ral Granger avala une boule coinc�e dans sa gorge en les regardant partir. Elle risquait tout sur cela, diviser ainsi son arm�e au lieu de se limiter � abattre le plus de soldats possible.</p><p>La chose dont il fallait se rendre compte, lui avait dit Zabini, c'�tait qu'aucune arm�e ne bougerait avant d'avoir un plan qui lui permette de s'attendre � une victoire. Soleil ne pouvait pas simplement gagner, il leur fallait faire <emphasis>croire </emphasis>aux deux autres arm�es qu'elles gagneraient, et ce jusqu'� ce qu'il soit trop tard pour elles.</p><p>Ernie et Ron semblaient �tre encore en �tat de choc. Susan regardait les soldats disparaissants avec un regard calculateur. Son arm�e, ou ce qui en restait, avait juste l'air abasourdie, de fins r�seaux de lumi�res tachetant leurs uniformes tandis qu'ils d�rivaient juste en-dessous de la surface ensoleill�e du lac.</p><p>"Et maintenant <emphasis>quoi</emphasis> ?" dit Ron.</p><p>"Maintenant, on attend," dit Hermione, assez fort pour que tous ses soldats l'entendent. C'�tait �trange de parler la bouche pleine d'eau, elle avait constamment l'impression de commettre une horrible impolitesse � la table du d�ner et d'�tre sur le point de se baver dessus. "Nous tous ici allons nous faire d�zinguer, mais �a allait de toute fa�on avoir lieu avec Dragon et Chaos s'alliant contre nous. Nous devons juste essayer d'en emporter le plus possible avec nous."</p><p>"J'ai un plan," dit l'un de ses soldats Soleil... Hannah, sa voix avait �t� un peu difficile � reconna�tre au d�but. "C'est plut�t compliqu�, mais je sais comment nous pouvons pousser Dragon et Chaos � se battre le uns contre les autres -"</p><p>"Moi aussi !" dit Fay. "J'ai un plan aussi ! Vous voyez, Neville Londubat est secr�tement de notre c�t� -"</p><p>"<emphasis>Tu</emphasis> parlais � Neville ?" dit Ernie. "C'est pas normal, c'�tait <emphasis>moi</emphasis> qui -"</p><p>Daphne Greengrass et deux autres Serpentard qui n'�taient pas partis avec Zabini gloussaient � en perdre haleine alors que retentissait des "Non, attends, c'est <emphasis>moi</emphasis> qui ai converti Londubat" venant d'un soldat apr�s l'autre.</p><p>Hermione les regarda d'un air fatigu�.</p><p>"D'accord," dit Hermione lorsque le tumulte se fut tarit, "vous avez tous compris ? Tous vos plans �taient fabriqu�s par la l�gion du Chaos, et certains peut-�tre par Dragon. Toute personne voulant <emphasis>vraiment</emphasis> trahir Harry ou Malfoy allait me voir moi ou Zabini, pas vous. Allez-y, comparez vos notes et tous vos plans secrets et vous verrez par vous-m�mes." Elle n'�tait peut-�tre pas aussi bonne en complot que Zabini, mais elle pouvait toujours comprendre ce que ses officiers lui disaient, c'�tait pour �a que le professeur Quirrell l'avait faite g�n�ral. "Alors ne vous fatiguez pas � essayer d'autres complots quand les arm�es arriveront. Battez-vous, d'accord ? S'il vous pla�t ?"</p><p>"Mais," dit Ernie, un air choqu� sur le visage, "Neville est <emphasis>Poufsouffle</emphasis> ! Tu veux dire qu'il nous a <emphasis>menti</emphasis> ?"</p><p>Daphne riait si bruyamment et avec tant de force que ses exhalaisons sous-marines l'avaient mise t�te en bas.</p><p>"Je ne suis pas certain de ce qu'<emphasis>est</emphasis> Londubat," dit Ron d'un air sombre, "mais je ne pense pas qu'il soit toujours un Poufsouffle. Pas maintenant que <emphasis>Harry Potter</emphasis> a fait main basse sur lui."</p><p>"Sais-tu," dit Susan, "que je lui ai <emphasis>pos� </emphasis>cette question, et qu'il m'a dit qu'il �tait devenu un Poufsouffle du Chaos ?"</p><p>"<emphasis>Quoi qu'il en soit</emphasis>," dit Hermione d'une voix forte. "Zabini est parti avec tous ceux que nous pensons �tre des espions, donc j'esp�re que dans <emphasis>notre</emphasis> arm�e nous pouvons arr�ter de nous surveiller autant."</p><p>"<emphasis>Anthony</emphasis> �tait un espion ?" cria Ron.</p><p>"<emphasis>Parvati</emphasis> �tait une espionne ?" s'�trangla Hannah.</p><p>"Parvati �tait carr�ment une espionne," dit Daphne. "Elle faisait ses courses au march� des espions et portait du rouge � l�vre d'espion, et un jour elle va se marier avec un gentil mari espion et avoir plein de petits espions."</p><p>Et le son d'un gong fit alors �cho � travers l'eau, indiquant que Soleil venait de marquer deux points.</p><p>Ce qui fut rapidement suivi par le son de Dragon perdant un seul point.</p><p>Les tra�tres n'avaient pas le droit de tuer les g�n�raux, pas apr�s le d�sastre de la premi�re bataille en D�cembre o� les trois g�n�raux avaient �t� abattus durant la premi�re minute. Mais avec de la chance...</p><p>"Oh," dit Hermione. "On dirait que M. Crabbe fait une petite sieste."</p><empty-line/><p>Comme deux bancs de poissons, les arm�es nageaient c�te � c�te.</p><p>Neville Londubat battait des pieds de mouvements lents et mesur�s. Plonger, toujours plonger dans la direction dans laquelle vous vous trouviez vous diriger. Vous vouliez montrer � l'ennemi la plus petite silhouette, leur montrer votre t�te ou vos pieds. Alors vous plongiez toujours, t�te la premi�re, et l'ennemi �tait toujours <emphasis>en bas</emphasis>.</p><p>Comme tous les l�gionnaire du Chaos, la t�te de Neville tournait continuellement tandis qu'il nageait, regardant en haut, en bas, autour, de tous les c�t�s. Ne cherchant pas seulement les soldats du Soleil, mais surveillant tout signe qu'un l�gionnaire du Chaos avait tir� sa baguette et �tait sur le point de les trahir. Les tra�tres attendaient g�n�ralement jusqu'� la confusion de la bataille pour agir, mais ce gong pr�matur� les avait tous mis sur leurs gardes.</p><p>... en v�rit�, cela attristait Neville. En novembre, il avait �t� dans une arm�e unie, tous rassembl�s, s'entraidant, et maintenant ils se surveillaient constamment � la recherche du premier signe de trahison. Cela �tait peut-�tre plus amusant pour g�n�ral Chaos, mais c'�tait loin de l'�tre autant pour Neville.</p><p>La direction anciennement connue sous le nom de 'haut' devenait de plus en plus claire tandis qu'ils s'approchaient de la surface et de Soleil.</p><p>"Baguettes dehors," dit le g�n�ral Chaos.</p><p>L'escouade de Neville sortit ses baguettes, les pointant droit vers l'ennemi tandis que leur t�te scannait encore plus vite. S'il y avait des tra�tres Soleil, leur moment d'action approchait.</p><p>L'autre banc de poissons, l'arm�e du Dragon, faisait de m�me.</p><p>"<emphasis>Maintenant !</emphasis>" hurla la distante voix du g�n�ral Dragon.</p><p>"<emphasis>Maintenant</emphasis> !" hurla le g�n�ral Chaos.</p><p>"<emphasis>Pour Soleil !</emphasis>" hurl�rent tous les soldats des deux arm�es, et ils charg�rent vers le bas.</p><empty-line/><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit involontairement Minerva en regardant les �crans situ�s � c�t� du lac, un cri qui provoqua des �chos en d'autres lieux ; tout Poudlard regardait cette bataille comme ils avaient regard� la premi�re.</p><p>Le professeur Quirrell riait d'un rire acerbe. "Je vous ai pr�venu, Directeur. Il est impossible d'avoir des r�gles sans que M. Potter ne les exploite."</p><empty-line/><p>Pendant de longues et pr�cieuses secondes, alors que les quarante-sept soldats chargeaient les dix-sept de ses rangs, l'esprit de Hermione se vida.</p><p>Pourquoi...</p><p>Puis tout se mit en place.</p><p>Chaque fois qu'un soldat � l'origine Soleil se ferait abattre par quelqu'un s'�tant d�clar� Soleil, elle perdrait un point Quirrell. Quand deux soldats Soleil seraient abattus par n'importe laquelle des arm�es, les <emphasis>deux</emphasis> arm�es seraient deux points plus pr�s de renverser la situation, c'�tait le m�me gain, mais <emphasis>partag�</emphasis>. Et si quiconque abattait un autre soldat mais <emphasis>pas </emphasis>au nom de Soleil, ce gong ne <emphasis>serait pas</emphasis> perdu dans la confusion...</p><p>Hermione �tait soudain tr�s heureuse que Zabini n'ait pas suivi le plan �vident consistant � semer le trouble parmi les deux arm�es tandis qu'elles attaquaient Soleil.</p><p>C'�tait quand m�me d�moralisant, cette impression de voir ses chances diminuer, de voir son espoir ravi.</p><p>La plupart des soldats de Hermione semblaient encore confus, mais une expression d'horreur naissante se dessinait sur le visage de ceux qui commen�aient � comprendre.</p><p>"Tout va bien," dit Susan Bones d'une voix forte. Des t�tes se tourn�rent pour regarder le capitaine Soleil. "Notre t�che reste la m�me, en abattre autant que nous le pouvons. Et souvenez-vous, Zabini a emport� tous les espions ! Nous n'avons pas �tre vigilants comme <emphasis>eux</emphasis> le sont !" La fille souriait avec d�fiance, provoquant des sourires chez de nombreux autres soldats et m�me chez Hermione. "�a peut �tre comme en novembre. Nous devons juste garder la t�te bien haute, nous battre de notre mieux et nous faire confiance -"</p><p>Daphne l'abattit.</p><empty-line/><p>"<emphasis>Du sang pour le dieu du sang</emphasis> !" glapit Neville du Chaos, bien que, comme il �tait sous l'eau, cela sonna plut�t comme 'Bu ban bou le bieu bu ban !'</p><p>Le capitaine Weasley pointa sa baguette vers Neville et fit feu. Mais Neville nageait <emphasis>vers le bas</emphasis>, vers lui, baguette dirig�e vers lui, et cela voulait dire que le bouclier simple pouvait couvrir l'int�gralit� de sa silhouette ; si quelqu'un devait l'abattre maintenant, �a n'allait pas �tre Ron Soleil.</p><p>Un air sinistre et d�termin� apparut sur le visage du capitaine Weasley, et il jaillit droit vers Neville, pronon�ant le mot <emphasis>Contego</emphasis>, mais le bouclier n'�tait pas visible sous l'eau.</p><p>Les deux champions ennemis fonc�rent l'un vers l'autre tels des fl�ches �chapp�es d'arcs, chacune destin�e � fendre l'autre en deux. Ils s'�taient battus en duel maintes fois auparavant, mais cette fois paierait pour toutes les autres.</p><p>(Loin, sur les berges du lac, cent respirations �taient retenues.)</p><p>"<emphasis>Arcs-en-ciels et licornes </emphasis>!" rugit le capitaine Soleil.</p><p>"<emphasis>Le bouc noir aux milles chevreaux !</emphasis>"</p><p>"<emphasis>Fais tes devoirs </emphasis>!"</p><p>De plus en plus pr�s, les deux champions chargeaient, aucun pr�t � se d�tourner car le premier � le faire pr�senterait un flanc vuln�rable et serait abattu, mais si aucun d'eux ne perdait son sang-froid ils s'�craseraient l'un dans l'autre...</p><p>Tombant en piqu�e tandis que l'ennemi s'�levait � sa rencontre, la marteau s'abattant pour rencontrer l'enclume le long d'une trajectoire qu'aucun n'�tait pr�t � quitter...</p><p>"<emphasis>Attaque sp�ciale, vrille chaotique !"</emphasis></p><p>Neville vit l'air horrifi� sur le visage du capitaine Weasley lorsque le sort de l�vitation l'atteint. Ils l'avaient test� avant le d�but de la bataille ; et comme Harry s'en �tait dout�, <emphasis>Wingardium Leviosa</emphasis> devenait un tout nouveau genre d'arme lorsque tout le monde nageait sous l'eau.</p><p>"<emphasis>Sois maudit, Londubat !</emphasis>" piailla Ron Weasley, "<emphasis>ne peux-tu jamais te battre sans tes attaques sp�ciales idiotes -"</emphasis></p><p>et lorsque le capitaine Soleil eut fini d'�tre inclin� sur le c�t�, Neville tira sur sa jambe.</p><p>"Je ne me bats pas en juste," dit Neville � la forme endormie, "je me bats comme Harry Potter."</p><p><emphasis>Granger : 237 / Malfoy : 217 / Potter : 220</emphasis></p><empty-line/><p>�a faisait encore mal � chaque fois qu'il devait tirer sur Hermione. Harry pouvait � peine supporter de voir l'air apais� qui s'�tait form� sur son visage endormi, les bras d�rivant sans but, les courbes de la lumi�re solaire se d�pla�ant sur son uniforme de camouflage, le nuage de ses cheveux ch�tain.</p><p>Et si Harry avait essay� de se d�rober, de ne pas �tre celui qui l'abattrait... non seulement Draco aurait compris ce que cela voulait dire mais <emphasis>Hermione</emphasis> aurait �t� offens�e.</p><p><emphasis>Elle n'est pas morte</emphasis>, dit Harry � son cerveau, ses pieds battant pour le repousser loin d'elle, <emphasis>elle se repose. IMB�CILE</emphasis>.</p><p><emphasis>Tu es s�r ?</emphasis> dit son cerveau. <emphasis>Et si c'�tait une ex-Hermione ? On peut y retourner et v�rifier ?</emphasis></p><p>Harry jeta un bref regard en arri�re.</p><p><emphasis>Tu vois, elle va bien, il y a des bulles qui s'�chappent de sa bouche.</emphasis></p><p><emphasis>�a aurait pu �tre son dernier souffle qui s'�chappait.</emphasis></p><p><emphasis>Oh, tais toi. Et puis pourquoi est-ce que tu es autant parano�aque-protecteur ?</emphasis></p><p><emphasis>Euh, la premi�re vraie amiti� de ta vie ? Dis, tu te souviens de ce qui est arriv� � ton rocher de compagnie ?</emphasis></p><p><emphasis>Vas-tu te la FERMER sur ce bout de gravats sans valeur, �a n'�tait m�me pas vivant et encore moins sentient, c'est, genre, le trauma d'enfance le plus path�tique jamais -</emphasis></p><p>Les deux arm�es se s�par�rent vivement l'une de l'autre, devenant � nouveau deux bancs de poissons.</p><p>Le g�n�ral Granger avait perdu dix-sept points et prit trois chaotiques et deux dragons avec elle ; et un chaotique et deux dragons avaient �t� abattu pour trahison. Elle avait perdu sept points en tout, Harry en avait perdu un, Draco en avait perdu deux ; cela donnait � Soleil un avantage de vingt points sur Draco et de dix-sept points sur Chaos. Chaos pourrait facilement gagner s'ils exterminaient les vingt Dragons restant. Le joker, bien s�r, �tait les sept soldats Soleil restants...</p><p>... si on pouvait les appeler ainsi.</p><p>Les deux bancs nag�rent l'un � c�t� de l'autre, mals � l'aise, les soldats de chaque arm�e attendant un ordre pour proclamer leur v�ritable all�geance et attaquer...</p><p>"Tous ceux qui les ont re�us," dit Harry d'une voix forte, "souvenez-vous des Ordres Sp�ciaux Un � Trois. Et n'oubliez pas que c'est Merlin a dit pour le Trois. Ne confirmez pas."</p><p>Les deux tiers de l'arm�e auxquels il pouvait faire confiance ne hoch�rent pas la t�te, et l'autre tiers eut simplement l'air confus.</p><p><emphasis>Ordre Sp�cial Un</emphasis> : <emphasis>Ne pas se fatiguer � crier des phrases cod�es pendant cette bataille, ne pas d�penser le moindre effort sur des plans non approuv�s par le commandeur ; se contenter de nager, de se prot�ger et de tirer.</emphasis></p><p>Hermione et Draco avaient tous deux combattus leurs soldats, essay�s de les emp�cher de comploter par eux-m�mes pendant tout d�cembre. Harry avait encourag� les siens et avait soutenu leurs manigances pendant les deux derni�res batailles... tout en leur disant qu'� un moment <emphasis>futur</emphasis> il leur demanderait peut-�tre d'interrompre un complot ou deux, ce qu'ils avaient promptement accept�. Et maintenant, lors de cette bataille critique, ils �taient heureux d'ob�ir.</p><p>Harry �tait certain que ni Hermione ni Draco n'auraient pu donner cet ordre avec succ�s. C'�tait la diff�rence entre des soldats qui vous voyaient comme un alli� dans leur conspiration et des soldats qui vous voyaient comme un vieux schnock rabat-joie qui ne voulait pas qu'ils s'amusent. L'imposition de l'ordre �tait � hauteur de l'intensification du chaos, et cela marchait aussi � l'envers...</p><p>"Les voil� !" cria quelqu'un, et il pointa du doigt.</p><p>Depuis les profondeurs du lac mont�rent les oubli�s, ceux qui avaient d�laiss� la derni�re bataille, les sept soldats Soleil manquants, brillant de la vive aura des pleutres qui s'estompait maintenant qu'ils revenaient vers la bataille.</p><p>Les deux bancs de poissons ondul�rent, pointant leurs baguettes avec difficult�.</p><p>"Ne tirez pas !" cria Harry, et un cri similaire vint du g�n�ral Malfoy.</p><p>Il y eut un moment de respiration suspendue.</p><p>Puis les sept soldats Soleil rejoinrent l'arm�e Dragon.</p><p>Il y eut une acclamation triomphante venant de Dragon.</p><p>Il y eut des cris de consternation venant d'un tiers de la l�gion du Chaos.</p><p>Certains des deux autres tiers sourirent, mais ils n'auraient pas d�.</p><p>Harry ne souriait pas.</p><p><emphasis>Oh, �a va tellement rater...</emphasis></p><p>Mais Harry n'avait rien trouv� de mieux.</p><p>"Les Ordres Sp�ciaux Deux et Trois s'appliquent toujours !" hurla Harry. "Battez-vous !"</p><p>"<emphasis>Pour la l�gion du Chaos !</emphasis>" rugirent vingt l�gionnaire Chaotiques.</p><p>"<emphasis>Pour l'arm�e du Dragon !</emphasis>" rugirent vingt guerriers Dragon et sept soldats Soleil.</p><p>Et les chaotiques piqu�rent, et tous les tra�tres se pr�par�rent � frapper.</p><p>Granger : 237 / Malfoy : 220 / Potter : 226</p><empty-line/><p>La t�te de Draco changeait fr�n�tiquement de direction, essayant de mesurer ce qui se passait ; �trangement, malgr� ses forces sup�rieures, il avait <emphasis>perdu l'initiative</emphasis>. Quatre petites forces chaotiques �taient poursuivies par quatre forces dragons plus importantes, mais le fait que les forces de Draco soient celles qui essayaient de provoquer un engagement signifiait qu'il leur fallait <emphasis>suivre</emphasis> la <emphasis>fuite</emphasis> de Chaos, et d'une fa�on ou d'une autre cela cr�ait des concentrations de forces chaotiques qui tiraient dans les flancs expos�s de Dragon -</p><p>�a se produisait <emphasis>� nouveau</emphasis> !</p><p><emphasis>"Prismatis !" </emphasis>cria Draco en levant sa baguette, et apparut ce bouclier qu'on pouvait voir m�me � travers l'eau, un mur plat et �tincelant de toutes les couleurs, assez large pour prot�ger Draco et les cinq autre dragons qui l'accompagnaient de la force chaotique qui venait de commencer � leur tirer dessus en profitant de leur approche lat�rale, et <emphasis>cela</emphasis> laissa aux cinq autres dragons le loisir de rediriger <emphasis>leur</emphasis> attention sur les forces chaotique qu'ils avaient pourchass�es -</p><p>Il y eut un moment de tension tandis que les sorts de sommeil s'�crasaient les uns apr�s les autres dans le mur prismatique de Draco, et Draco priait Merlin qu'aucun de ces quatre chaotiques n'ait appris le sort de bris de bouclier -</p><p>Puis il y eut le son de cloche d'une victoire Dragon, et la force chaotique inversa ses t�tes et ses pieds et commen�a � s'�loigner ; et Draco, ses mains tremblant � pr�sent l�g�rement, rel�cha le mur prismatique et abaissa sa baguette.</p><p>Combattre sous l'eau �tait plus �puisant que de combattre sur des balais.</p><p>"<emphasis>Ne les poursuivez pas !</emphasis>" cria Draco � l'intention de ses soldats, qui commen�aient � suivre, puis : "<emphasis>Sonorus ! EN FORMATION AUTOUR DE MOI !</emphasis>"</p><p>Les forces dragons converg�rent vers Draco et les forces chaotiques pivot�rent et commenc�rent � <emphasis>poursuivre</emphasis> les dragons � cet instant m�me - Draco jura � voix haute quand il entendit le son de cloche d'une victoire chaotique, quelqu'un avait mal orient� son bouclier simple - puis les forces Dragon furent � bonne distance pour se prot�ger l'une l'autre et les chaotiques repartirent vers les remous lointains.</p><p>En d�pit de leur sup�riorit� num�rique, les dragons avaient marqu� trois points contre les chaotiques et les chaotiques en avaient marqu� quatre en retour, et il avait entendu un espion Dragon se faire ex�cuter. Soit Harry Potter avait eu beaucoup de bonnes id�es tr�s rapidement, ou pour une raison inimaginable il avait d�j� pass� beaucoup de temps � r�fl�chir � la meilleure fa�on de combattre sous l'eau. Cela ne fonctionnait pas, et Draco avait besoin de r�fl�chir � nouveau.</p><p>Il semblait aussi que tout le monde avait du mal � viser en nageant, la bataille durerait peut-�tre assez longtemps pour que le temps maximal expire... la lointaine lune sous-marine �tait � moiti� pleine maintenant, �a n'�tait pas bon... il lui fallait penser <emphasis>vite</emphasis>...</p><p>"Qu'y a-t-il ?" dit Padma Patil, et elle et sa force nag�rent en direction de Draco.</p><p>Padma �tait sa commandante en second ; elle �tait maline et puissante, et encore mieux, elle ha�ssait Granger et voyait Harry comme un rival, ce qui la rendait <emphasis>digne de confiance</emphasis>. Travailler avec Padma lui avait permis de se rendre compte de la v�racit� du vieil adage selon lequel Serdaigle �tait s�ur de Serpentard ; Draco avait �t� surpris lorsque son p�re lui avait dit que c'�tait une maison acceptable pour sa future femme, mais il comprenait maintenant pourquoi.</p><p>"Attendez que nous soyons tous l�," dit Draco. � vrai dire, il avait besoin de reprendre son souffle. C'�tait le probl�me quand on �tait le g�n�ral <emphasis>et </emphasis>le sorcier le plus puissant, il fallait sans cesse utiliser sa magie.</p><p>Zabini vint ensuite, commandant une force de deux Soleil et quatre Dragons, dont l'un �tait Gregory et qui gardait un �il sur Zabini. Draco ne faisait pas confiance � Zabini. Et ni Draco ni Zabini ne faisaient assez confiance aux Soleil pour leur donner la majorit� d'une escouade ; ils �taient <emphasis>cens�s</emphasis> �tre loyaux, soit directement � Draco, soit � Granger qui avait �t� tromp�e par la promesse que les dragons seraient trahis � la fin apr�s que les deux forces aient �t� diminu�es, tout comme les chaotiques en lesquels Harry avait le plus confiance auraient d� �tre fourbement convaincus de ne pas tirer sur les soleils en �change de la promesse que ceux-ci tireraient de faux sorts de sommeil et passeraient dans le camp de Chaos plus tard ; mais il �tait possible que certains soleils <emphasis>soient</emphasis> loyaux � Chaos et qu'ils ne tirent <emphasis>pas</emphasis> de v�ritables sorts de sommeil et que ce soit pour cela que l'arm�e Dragon ne gagnait pas comme son avantage num�rique aurait d� le faire advenir...</p><p>L'unit� suivante �tait r�duite, trois soldats tenant leur baguette braqu�e sur deux autres soldats qui nageaient les mains vides.</p><p>Draco grin�a des dents. Encore des probl�mes de trahison. Il fallait qu'il parle au professeur Quirrell d'un moyen permettant au moins de <emphasis>punir</emphasis> les tra�tres, des conditions comme celles-ci n'�tait pas <emphasis>r�alistes</emphasis>, dans la vraie vie on torturait les tra�tres � mort.</p><p>"G�n�ral Malfoy !" cria le commandant de l'unit� � probl�me tout en s'�levant, un gar�on Serdaigle pr�nomm� Terry. "Nous ne savons pas quoi faire, Cesi abattu Bogdan, mais Cesi dit que Kellah lui a dit que Bogdan a abattu Specter -"</p><p>"Je ne l'ai <emphasis>pas</emphasis> abattu !" dit Kellah.</p><p>"<emphasis>Si</emphasis> !" hurla Cesi. "G�n�ral Malfoy, c'est <emphasis>elle</emphasis> l'espion, j'aurais d� m'en ren-"</p><p>"<emphasis>Somnium</emphasis>," dit Draco.</p><p>Il y eut le triple son de cloche d'une perte d'un point pour Dragon, et le corps mou de Kellah commen�a alors � d�river loin d'eux.</p><p>� ce stade, Draco <emphasis>avait</emphasis> entendu le mot 'r�cursion', et il savait reconna�tre un complot de Harry Potter quand il en avait un sous les yeux.</p><p>(Malheureusement, Draco n'avait <emphasis>pas</emphasis> entendu parler des maladies auto-immunes, et la pens�e ne lui vint <emphasis>pas</emphasis> naturellement qu'un virus malin commencerait son attaque en cr�ant les sympt�mes d'une maladie auto-immune pour pousser le corps � ne plus faire confiance � son syst�me immunitaire...)</p><p>"<emphasis>Ordre g�n�ral</emphasis> !" dit Draco, �levant sa voix. "Personne ne peut abattre d'espions � par moi, Gregory, Padma et Terry. Si quelqu'un voit quelque chose de suspect, qu'il vienne <emphasis>nous</emphasis> voir."</p><p>Et alors -</p><p>Il y eut la cloche de Soleil gagnant deux points.</p><p>"<emphasis>Quoi</emphasis> ?" dirent Draco et Zabini presque au m�me instant ; leurs t�tes pivot�rent. Personne ne semblait avoir �t� touch� et tous les soldats de Soleil �taient pr�sents (� part Parvati qui s'�tait fait abattre par un tra�tre encore inconnu dans l'�quipe de Padma ; et bien s�r Padma avait de nouveau tir� sur Parvati au cas o� elle aurait fait semblant, donc ce n'�tait pas elle...)</p><p>"Un Soleil tra�tre chez Chaos ?" dit Zabini d'un ton perplexe. "Mais tous ceux que je connaissais �taient cens�s frapper pendant l'attaque de Chaos sur Soleil -"</p><p>"Non !" dit Padma du ton de la prise de conscience soudaine. "C'�tait <emphasis>Chaos</emphasis> ex�cutant un espion !"</p><p>"<emphasis>Quoi !</emphasis>" dit Zabini. "Mais pourquoi -"</p><p>Et Draco comprit. <emphasis>Bon sang !</emphasis> "Parce que Potter croit qu'il est tranquille pour ce qui est de sa marge vis � vis de Soleil, mais pas vis � vis de <emphasis>nous</emphasis> ! Alors il ne veut pas perdre un seul point en ex�cutant un tra�tre ! <emphasis>Ordre g�n�ral </emphasis>! Si vous avez un tra�tre dans vos rangs, pr�tez d'abord all�geance � Soleil ! Et n'oubliez pas de redevenir Dragon apr�s -"</p><empty-line/><p>Granger : 253 / Malfoy : 252 / Potter : 252</p><p>Le corps de Londubat d�rivait chaotiquement dans l'eau, bras et jambes d�sordonn�s. Apr�s que Draco soit enfin parvenu � le toucher ils lui avaient tous tir� dessus <emphasis>� nouveau</emphasis>, juste pour �tre s�r.</p><p>Non loin se trouvait Harry Potter, maintenant prot�g� par une sph�re prismatique, les regardant tous d'un air sinistre tandis que le dernier �clat du croissant de lune diminuait lentement, quelque part, tr�s loin. Si Londubat �tait parvenu � abattre un soldat de plus (Draco savait que Harry songeait), si les deux chaotiques �taient parvenus � tenir juste un peu plus longtemps, ils auraient pu <emphasis>gagner</emphasis>...</p><p>Apr�s que Draco ait rassembl� ses forces et ait frapp� de nouveau, la bataille qui avait suivi et l'ex�cution des espions au nom de Soleil avaient laiss� Soleil exactement un point devant Dragon et Chaos. Une fois que Harry avait commenc� � le faire, Draco n'avait pas eu d'autre choix que de l'imiter.</p><p>Mais � pr�sent, le g�n�ral Chaos �tait surpass� � trois contre un, les survivants de l'arm�e Dragon et le dernier tra�tre Soleil encore debout : Draco, Padma et Zabini.</p><p>Et Draco, qui n'�tait pas un idiot, avait ordonn� � Padma de prendre la baguette de Zabini apr�s que Londubat ait abattu Gregory et soit ensuite tomb� par la main de Draco. Le gar�on lui avait jet� un regard insult�, lui avait dit qu'il lui en devrait une, et lui avait donn� sa baguette.</p><p>Cela laissait Draco et Padma pour descendre le g�n�ral Chaos.</p><p>"J'imagine que tu ne voudrais pas te rendre ?" dit Draco, souriant du sourire le plus d�moniaque qu'il ait jamais adress� � Harry Potter.</p><p>"Le sommeil plut�t que de se rendre !" tonna le g�n�ral Chaos.</p><p>"Juste pour que tu saches," dit Draco, "Zabini n'a pas <emphasis>vraiment</emphasis> une grande s�ur que tu pourrais sauver des griffes de brutes de Gryffondor. Mais Zabini <emphasis>a</emphasis> une m�re qui ne voit pas d'un bon �il les n�s-Moldus tels que Granger, et je lui ai �crit quelques mots, et j'ai offert quelques faveurs � Zabini - rien qui implique mon p�re, seulement des choses que <emphasis>je</emphasis> peux faire � l'�cole. Et au fait, la m�re de Zabini ne voit pas le Survivant d'un bon �il non plus. Juste au cas o� tu pensais encore que Zabini �tait vraiment de ton c�t�."</p><p>Le visage de Harry devint encore plus sinistre.</p><p>Draco leva sa baguette et commen�a � respirer en rythme, accumulant de la force pour le sort de bris de bouclier. La sph�re prismatique de Granger �tait maintenant presque aussi forte que celle de Draco, et celle de Harry n'�tait pas beaucoup plus faible, o� ces deux-l� trouvaient-ils le <emphasis>temps</emphasis> ?</p><p>"<emphasis>Lagann !</emphasis>" dit Draco, y mettant tout ce qu'il avait encore en lui, et la spirale verte jaillit et le bouclier de Harry vola en �clats, et presque au m�me moment -</p><p>"<emphasis>Somnium</emphasis> !" dit Padma.</p><empty-line/><p>Granger : 253 / Malfoy : 252 / Potter : 254</p><p>Harry expira longuement sous l'effet du soulagement, et pas seulement parce qu'il n'avait plus besoin de maintenir sa sph�re prismatique. Lorsqu'il abaissa sa baguette, sa main tremblait.</p><p>"Tu sais," dit Harry, "j'ai �t� plut�t inquiet l'espace d'un instant."</p><p><emphasis>Ordre Sp�cial Deux : Si un tra�tre Soleil n'a pas l'air de vraiment vous tirer dessus, faire occasionnellement semblant d'�tre touch�. Pr�f�rer prendre des dragons pour cible plut�t que des soleils mais ne pas h�siter � abattre des soleils s'il est impossible d'abattre des dragons.</emphasis></p><p><emphasis>Ordre Sp�cial Trois : Merlin a dit ne pas abattre ni Blaise Zabini ni aucune des jumelles Patil.</emphasis></p><p>Avec un large sourire, Parvati Patil arracha la partie m�tamorphos�e du blason de son uniforme et le laissa flotter dans l'eau.</p><p>"Gryffondor pour Chaos," dit-elle, et elle rendit sa baguette � Zabini.</p><p>"Merci <emphasis>beaucoup</emphasis>," dit Harry, et il s'inclina prestement en direction de la fille Gryffondor. "Et merci � <emphasis>toi</emphasis> aussi," s'inclinant vers Zabini. "Tu sais, quand tu es venu me voir avec ce plan, je me suis demand� si tu �tais g�nial ou fou, et j'ai d�cid� que tu �tais les deux. Au fait," dit Harry, se tournant maintenant comme pour s'adresser au corps de Draco, "Zabini <emphasis>a</emphasis> un cousin -"</p><p>"<emphasis>Somnium</emphasis>," dit la voix de Zabini.</p><empty-line/><p>Granger : 255 / Malfoy : 252 / Potter : 254</p><p>Et le corps de Harry Potter d�riva, l'expression de choc et d'horreur se relaxant rapidement sous l'effet du sommeil.</p><p>"R�flexion faite," dit Parvati d'un ton joyeux, "disons plut�t Gryffondor pour Soleil."</p><p>Elle commen�a � rire, plus euphorique qu'elle ne l'avait jamais �t� de sa vie, elle avait <emphasis>enfin</emphasis> eu l'occasion d'assassiner et de remplacer sa s�ur jumelle et elle avait voulu le faire depuis <emphasis>toujours</emphasis>, et �a avait �t� <emphasis>parfait</emphasis>, tout avait �t� <emphasis>parfait</emphasis> -</p><p>- et sa baguette se retourna � la vitesse de l'�clair juste quand la baguette de Zabini se tourna vers elle.</p><p>"Attends !" dit Zabini. "Ne tire pas, ne r�siste pas. C'est un ordre."</p><p>"<emphasis>Quoi</emphasis> ?" dit Parvati.</p><p>"D�sol�," dit Zabini, d'un air d�sol� pas-vraiment-sinc�re, "mais je ne peux pas �tre <emphasis>enti�rement</emphasis> certain que tu es pour Soleil. Donc je t'ordonne de me laisser t'abattre."</p><p>"<emphasis>Attends !</emphasis>" dit Parvati. "On est seulement devant Chaos par un point ! Si tu m'abats maintenant -"</p><p>"Je t'abats au nom de Dragon, <emphasis>�videmment</emphasis>," dit Zabini, d'un ton � pr�sent l�g�rement sup�rieur. "Ce n'est pas parce que nous sommes parvenus � <emphasis>les</emphasis> pousser � le faire que �a ne marchera pas pour nous."</p><p>Parvati le fixa, ses yeux s'amincissant. "Le g�n�ral Malfoy a dit que ta m�re n'aime pas Hermione."</p><p>"J'imagine," dit Zabini, toujours avec ce rictus sup�rieur. "Mais certains d'entre nous sont plus dispos�s � agacer un parent que ne l'est Draco Malfoy."</p><p>"Et Harry Potter a dit que tu as un cousin -"</p><p>"Nan," dit Zabini.</p><p>Parvati le fixa, essayant de r�fl�chir, mais elle n'�tait vraiment pas dou�e en complot ; Zabini avait dit que le plan �tait de secr�tement maintenir les scores de Chaos et de Dragon aussi proches l'un de l'autre que possible afin qu'ils utilisent le nom de Soleil pour ex�cuter les tra�tres au lieu de perdre un seul point, et �a avait <emphasis>march�</emphasis>... mais... elle avait l'impression qu'elle ratait quelque chose, elle n'�tait pas Serpentard...</p><p>"Pourquoi est-ce que <emphasis>je</emphasis> ne t'abats pas <emphasis>toi</emphasis> au nom de Dragon ?" dit Parvati.</p><p>"Parce que je suis ton sup�rieur," dit Zabini.</p><p>Parvati avait un mauvais pressentiment.</p><p>Elle le fixa pendant un long moment.</p><p>Et puis -</p><p>"<emphasis>Somni</emphasis>-" commen�a-t-elle � dire, puis elle se rendit compte qu'elle n'avait pas dit <emphasis>pour Dragon</emphasis>, et elle se coupa avec fr�n�sie -</p><empty-line/><p>Granger : 255 / Malfoy : 254 / Potter : 254</p><p>"Bonjour tout le monde," dit le visage de Blaise Zabini depuis les �crans, affichant air plut�t amus�, "j'ai l'impression qu'il ne reste que moi."</p><p>Sur les berges du lac, tout le monde retenait son souffle.</p><p>Soleil devan�ait Dragon et Chaos d'un point exactement.</p><p>Blaise Zabini pouvait s'abattre au nom de Dragon ou Chaos ou juste laisser les choses en l'�tat.</p><p>Une s�rie de carillons indiquait que la derni�re minute de la bataille �tait en train de s'�couler.</p><p>Et le Serpentard eut un �trange sourire tordu, et il joua n�gligemment avec sa baguette, le bois sombre � peine visible dans l'eau trouble.</p><p>"Vous savez," dit la voix de Blaise Zabini du ton de quelqu'un qui avait pr�par� ces mots depuis longtemps, "c'est juste un jeu, en fait. Et les jeux sont cens�s �tre <emphasis>amusants</emphasis>. Alors pourquoi est-ce que je ne ferais pas ce qui me chante ?"</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 34*: Probl�mes de coordination, partie 2</strong></p><p>Minerva et Dumbledore avaient us� de leurs talents combin�s pour invoquer la majestueuse sc�ne vers laquelle se tra�nait le professeur Quirrell ; le c�ur �tait fait d'un bois dur, mais les surfaces ext�rieures brillaient des reflets d'un marbre marquet� de platine et constell� de gemmes aux couleurs de chaque Maison. Ni elle ni le directeur n'�taient les fondateurs de Poudlard, mais l'invocation n'aurait besoin que de durer quelques heures. Minerva appr�ciait d'habitude les occasions o� elle pouvait se fatiguer sur de larges m�tamorphoses et avec elles, chaque petite chance de d�ployer son talent artistique et de cr�er une illusion d'opulence ; mais cette fois, elle avait fait son travail avec la terrible impression de creuser de sa propre tombe.</p><p>Mais Minerva se sentait � pr�sent un peu mieux. Il y avait eu un bref moment o� l'explosion aurait pu survenir ; mais alors Dumbledore �tait d�j� debout, applaudissant avec enthousiasme, et personne ne s'�tait r�v�l� �tre assez idiot pour se r�volter devant le directeur.</p><p>Et l'humeur explosive s'�tait rapidement fondue en un sentiment collectif qui aurait peut-�tre pu �tre r�sum� par la phrase : <emphasis>� d'autres !</emphasis></p><p>Blaise Zabini s'�tait abattu lui-m�me au nom de Soleil, et le score final avait �t� 254 � 254 � 254.</p><empty-line/><p>Derri�re la sc�ne, attendant de monter, trois enfants se regardaient les uns les autres dans une temp�te de furie et de frustration. Le fait qu'ils soient encore humides apr�s avoir �t� p�ch� du lac et que le charme de r�chauffement ne semble pas tout � fait suffire � compenser l'air froid et mordant de d�cembre n'arrangeait pas les choses, ou peut-�tre n'�tait-ce que leur humeur qui �tait � l'�uvre.</p><p>"<emphasis>Assez</emphasis>," dit Granger. "J'en ai <emphasis>assez</emphasis> ! Plus de tra�tres !"</p><p>"Je suis enti�rement d'accord avec vous, Mlle. Granger," dit Draco d'un ton de glace. "Trop, c'est trop."</p><p>"Et qu'est que <emphasis>vous</emphasis> comptez y faire ?" l�cha Harry Potter. "Le professeur Quirrell a d�j� dit qu'il ne bannirait pas les espions !"</p><p>"Nous les bannirons <emphasis>pour</emphasis> lui," dit Draco d'un ton sinistre. Il n'avait m�me pas compris ce qu'il avait voulu dire lorsqu'il avait prononc� ces mots, mais l'acte de parler semblait avoir cristallis� un plan -</p><empty-line/><p>La sc�ne �tait bien r�alis�e, du moins pour un structure temporaire ; ses fabricants n'�taient pas tomb�s dans le pi�ge habituel qui consistait � �tre impressionn� par sa propre illusion de richesse, et ils s'y connaissaient en architecture et en style. De l� o� Draco se tenait, l'endroit o� il fallait �videmment qu'il se tienne, les �tudiants qui le regarderaient le verraient entour� du halo n� du l�ger scintillement des �meraudes ; et Granger, se tenant l� o� Draco l'avait subtilement plac�e, serait entour�e du halo des saphirs Serdaigle. Quant � Harry Potter, Draco �vitait pour l'instant de le regarder.</p><p>Le professeur Quirrell s'�tait... �veill�, enfin il avait fait ce qu'il faisait d'habitude ; et il s'appuyait sur un podium de platine vide de toute gemme. Avec un sens du spectacle �vident, le professeur de D�fense empilait et alignait pr�cautionneusement ces trois enveloppes qui contenaient les trois parchemins sur lesquels les trois g�n�raux avaient �crit leurs v�ux, tandis que tous les �tudiants de Poudlard regardaient et attendaient.</p><p>Enfin, le professeur Quirrell releva les yeux. "Eh bien," dit le professeur de D�fense. "C'est assez malvenu."</p><p>Un l�ger ricanement teint� d'une nuance ac�r�e parcourut la foule.</p><p>"J'imagine que vous vous demandez tous ce que je vais faire ?" dit le professeur Quirrell. "Il n'y a rien d'autre � faire que ce qui est juste. Mais avant il y a un petit discours que je voudrais prononcer, et encore avant, il semble que M. Malfoy et Mlle. Granger veuillent vous faire part quelque chose."</p><p>Draco cligna des yeux, puis lui et Granger �chang�rent des regards rapides - <emphasis>je peux</emphasis> - <emphasis>oui, vas-y</emphasis> - et Draco �leva la voix.</p><p>"Le g�n�ral Granger et moi voudrions tous les deux dire," dit Draco de sa voix la plus formelle, sachant qu'elle �tait amplifi�e et entendue, "que nous n'accepterons plus l'aide d'aucun tra�tre. Et si, � quelque bataille que ce soit, nous d�couvrons que Potter a accept� des tra�tres venus de n'importe laquelle de nos arm�es, nous joindrons nos forces pour l'�craser."</p><p>Et Draco jeta un regard de pure m�chancet� au Survivant. <emphasis>Prends �a, g�n�ral Chaos !</emphasis></p><p>Il y eut un susurrement de surprise chez les �tudiants.</p><p>"Tr�s bien," dit le professeur de D�fense en souriant. "Cela vous a pris assez longtemps, mais il faut quand m�me vous f�liciter pour y avoir pens� avant tous les autres g�n�raux."</p><p>Cela mit un moment � �tre bien compris -</p><p>"� l'avenir, M. Malfoy, Mlle. Granger, avant de venir � mon bureau charg�s d'une demande, demandez-vous s'il existe un moyen pour vous d'accomplir votre but sans mon aide. Je ne d�duirai pas de points Quirrell en cette occasion, mais attendez-vous � en perdre cinquante la prochaine fois." Le professeur Quirrell avait un sourire amus�. "Et qu'avez-vous � dire � cela, M. Potter ?"</p><p>Le regard de Harry Potter passa de Granger � Draco. Son visage semblait calme ; m�me si Draco �tait certain que <emphasis>ma�tris�</emphasis> aurait �t� un meilleur terme.</p><p>Harry Potter parla enfin, sa voix stable. "La l�gion du Chaos est toujours ravie d'accepter les tra�tres. On se verra sur le champ de bataille."</p><p>Draco savait que le choc �tait visible sur son visage ; il y eut des murmures abasourdis chez les �tudiants, et lorsque Draco jeta un coup d'�il au premier rang il vit que m�me les chaotiques de Harry avaient �t� pris par surprise.</p><p>Le visage de Granger �tait en col�re, et cela empirait. "M. Potter," dit-elle sur un ton acerbe, comme si elle pensait �tre un professeur, "<emphasis>essayez-vous</emphasis> d'�tre odieux ?"</p><p>"Certainement pas," dit calmement Harry Potter. "Je ne vous forcerai pas � le faire � chaque fois. Battez-moi une fois, et je resterai vaincu. Mais les menaces ne suffisent pas toujours, g�n�ral Soleil. Vous ne m'avez pas demand� de vous rejoindre, vous avez simplement essay� d'imposer votre volont� ; et parfois il faut vraiment vaincre l'ennemi pour pouvoir lui imposer sa volont�. Voyez-vous, je suis sceptique � l'id�e que Hermione Granger, la plus grande star de Poudlard dans le domaine scolaire, et Draco, fils de Lucius, scion de l'Ancienne et Noble maison Malfoy, puissent travailler ensemble pour vaincre leur ennemi commun, Harry Potter." Un sourire amus� passa sur le visage de Harry Potter. "Peut-�tre que je ferai juste ce que Draco a essay� de faire avec Zabini et que j'�crirai une lettre � Lucius Malfoy pour voir ce qu'<emphasis>il</emphasis> pense de �a."</p><p>"<emphasis>Harry</emphasis><emphasis>!</emphasis>" s'�trangla Hermione, l'air absolument atterr�e, et il y eut aussi des bruits d'�tranglements venant de l'audience.</p><p>Draco contr�la la col�re qui se d�versait en lui. Dire cela en public avait �t� un coup <emphasis>stupide</emphasis> de la part de Harry. Si Harry l'avait simplement <emphasis>fait</emphasis>, cela aurait pu fonctionner, m�me Draco n'y avait pas pens�, mais <emphasis>maintenant</emphasis>, si P�re obtemp�rait, il aurait l'air de jouer le jeu de Harry -</p><p>"Si vous pensez que mon p�re Lord Malfoy peut-�tre manipul� par <emphasis>vous</emphasis> si facilement," dit Draco avec froideur, "attendez-vous � �tre surpris, Harry Potter."</p><p>Puis Draco se rendit compte, alors que les mots achevaient de quitter sa bouche, qu'il venait de coincer <emphasis>son propre p�re</emphasis>, plus ou moins sans le vouloir. P�re n'allait probablement <emphasis>pas</emphasis> aimer �a, pas le moins du monde, mais il lui serait maintenant impossible de le dire... Draco allait devoir s'excuser, �a <emphasis>avait </emphasis>�t� un accident sinc�re, mais il lui �tait malgr� tout �trange de penser qu'il l'avait fait.</p><p>"Alors allez-y, et vainquez le mal�fique g�n�ral Chaos," dit Harry, l'air toujours amus�. "Je ne peux pas gagner contre vos deux arm�es - pas si vous travaillez <emphasis>vraiment </emphasis>ensemble. Mais je me demande si je pourrais peut-�tre vous s�parer avant cela."</p><p>"Tu n'y arriveras pas, et nous <emphasis>t'�craserons</emphasis> !" dit Draco Malfoy.</p><p>Et, � c�t� de lui, Hermione hocha vigoureusement la t�te.</p><p>"Eh bien," dit le professeur Quirrell � la suite du silence stup�fait qui s'�tait �tir� un moment. "Je n'avais <emphasis>pas </emphasis>pr�vu que cette petite conversation se d�roulerait ainsi." Le professeur de D�fense avait une expression plut�t intrigu�e. "� vrai dire, M. Potter, je m'attendais � ce que vous conc�diez imm�diatement et avec le sourire, puis que vous annonciez que vous aviez compris il y a bien longtemps que c'�tait l� la le�on que je souhaitais enseigner mais que vous aviez d�cid� de ne pas g�cher la surprise pour les autres. De fait, j'avais pr�vu mon discours en fonction de cela."</p><p>Harry Potter se contenta de hocher les �paules. "D�sol�," dit-il, et il se tint coi.</p><p>"Oh, ne vous en faites pas," dit le professeur Quirrell. "Cela aura aussi son utilit�."</p><p>Et le professeur Quirrell se d�tourna des trois enfants, et il se redressa face au podium pour s'adresser � toute la foule qui observait ; son air habituel de d�tachement amus� disparut comme un masque qui serait tomb�, et lorsqu'il parla de nouveau sa voix �tait amplifi�e avec plus force qu'elle ne l'avait �t� jusque l�.</p><p>"Sans Harry Potter," dit le professeur Quirrell, sa voix aussi froide et mordante qu'un mois de d�cembre, "Vous-Savez-Qui aurait gagn�."</p><p>Le silence fut instantan�, total.</p><empty-line/><p>"Ne vous y trompez pas," dit le professeur Quirrell. "Le Seigneur des T�n�bres <emphasis>gagnait</emphasis>. Il y avait de moins en moins d'Aurors osant lui faire face, les groupes d'autod�fenses qui s'opposaient � lui �taient pourchass�s. Un Seigneur des T�n�bres et peut-�tre cinquante Mangemorts <emphasis>gagnaient</emphasis> contre un pays peupl� de milliers de personnes. C'est au-del� du ridicule ! Il n'existe pas de note assez basse pour que je puisse mesurer ce degr� d'incomp�tence !"</p><p>On put voir le directeur se renfrogner, et les autres visages exprim�rent l'incompr�hension, et le silence profond continua.</p><p>"Comprenez-vous maintenant comme cela se produit ? Vous l'avez vu aujourd'hui. J'ai autoris� les tra�tres, et je n'ai donn� aux g�n�raux aucun moyen de les brider. Vous avez vu le r�sultat. Des plans malins et des trahisons malines, jusqu'� ce que le dernier soldat debout sur le champ de bataille se tire lui-m�me dessus ! Il est <emphasis>impossible</emphasis> que vous doutiez que ces trois arm�es n'auraient pu �tre vaincues par <emphasis>n'importe quel</emphasis> ennemi ext�rieur soud�."</p><p>Le professeur Quirrell se pencha en avant au-dessus du podium, sa voix maintenant teint�e d'une lugubre intensit�. Sa main droite s'�tira, doigts ouverts. "La division est la faiblesse," dit le professeur de D�fense. Sa main se referma en un poing serr�. "L'unit� est la force. Le Seigneur des T�n�bres comprenait bien cela, quelles qu'aient �t� ses autres erreurs ; et il a <emphasis>utilis�</emphasis> ce savoir pour cr�er la seule invention qui a fait de lui le plus terrible Seigneur des T�n�bres de l'Histoire. Vos parents ont fait face � un Seigneur des T�n�bres. Et � cinquante Mangemorts qui �taient parfaitement unis, tous sachant qu'un seul manque de loyaut� serait puni de mort, que toute paresse ou incomp�tence serait punie de douleur. Personne ne pouvait �chapper � la port�e du Seigneur des T�n�bres lorsqu'on prenait sa Marque. Et les Mangemorts accept�rent de porter cette terrible Marque car ils savaient qu'une fois porteurs, ils seraient <emphasis>unis</emphasis> face � un territoire divis�. Par le pouvoir de la Marque des T�n�bres, un Seigneur des T�n�bres et cinquante Mangemorts auraient pu vaincre un pays entier."</p><p>La voix du professeur Quirrell �tait sinistre et dure. "Vos parents <emphasis>auraient pu</emphasis> se d�fendre de la m�me fa�on. Ils ne l'ont pas fait. Il y avait un homme nomm� Yermi Wibble, qui demanda � la nation de cr�er un service militaire, m�me s'il ne fut pas tout � fait assez visionnaire pour proposer une Marque de Grange-Bretagne. Yermi Wibble savait ce qui allait lui arriver ; il esp�rait que sa mort inspirerait les autres. Alors le Seigneur des T�n�bres prit sa famille pour faire bonne mesure. Leurs peaux vides n'inspir�rent rien d'autre que de la peur, et personne n'osa plus parler. Et vos parents auraient eut � faire face aux cons�quences de leur abjecte l�chet� s'ils n'avaient �t� sauv�s par un enfant de un an." Le visage du professeur Quirrell r�v�lait l'ampleur de son m�pris. "Un dramaturge aurait appel� cela <emphasis>deus ex machina</emphasis>, car ils n'ont rien fait pour m�riter leur salut. Celui-Dont-Il-Ne-Faut-Pas-Prononcer-Le-Nom ne m�ritait peut-�tre pas de gagner, mais n'en doutez pas un instant, vos parents m�ritaient de perdre."</p><p>La voix du professeur Quirrell sonnait comme de l'acier. "Et sachez ceci : vos parents n'ont rien appris ! La pays est toujours fragment� et faible ! Si peu de d�cennies se sont �coul�es entre Grindelwald et Vous-Savez-Qui ! Pensez-vous que <emphasis>vous</emphasis> ne verrez pas la prochaine menace de votre vivant ? Allez-vous <emphasis>r�p�ter</emphasis> les erreurs de vos parents alors que vous avez si clairement vu les r�sultats �tablis devant vos yeux aujourd'hui ? Car je peux vous dire ce que vous parents feront lorsque les t�n�bres viendront ! Je peux vous dire les le�ons qu'ils ont apprises ! Ils ont appris � se cacher comme des pleutres et � ne rien faire tout en attendant que Harry Potter les sauve !"</p><p>Il y avait air inquisiteur dans les yeux du directeur ; et d'autres �l�ves levaient les yeux vers leur professeur de D�fense avec stup�faction, col�re et admiration.</p><p>Les yeux du professeur Quirrell �taient maintenant aussi froids que sa voix. "Marquez ce jour, et marquez-le bien. Celui-Dont-Il-Ne-Faut-Pas-Prononcer-Le-Nom souhaitait diriger ce pays, le tenir pour toujours dans sa main cruelle. Mais au moins il souhait r�gner sur un pays <emphasis>vivant</emphasis>, pas sur un tas de cendres ! Il y a eu des Seigneur des T�n�bres fous, qui souhaitaient ne faire du monde qu'un vaste b�cher fun�raire ! Il y a eu des guerres o� un pays entier marchait contre un autre ! Vos parents ont presque perdu contre une cinquantaine qui souhaitait prendre ce pays vivant ! � quelle vitesse se seraient-ils fait �craser par un ennemi plus nombreux qu'eux, par un ennemi qui ne se serait souci� de rien d'autre que de leur destruction ? Cela, je le pr�dis : lorsque la prochaine menace s'�l�vera, Lucius Malfoy d�clarera que vous devez le suivre ou p�rir, que votre seul espoir est de croire en sa cruaut� et en sa force. Et m�me si Lucius Malfoy lui-m�me le croira, ce sera un mensonge. Car lorsque le Seigneur des T�n�bres a p�ri, Lucius Malfoy n'a pas uni les Mangemorts, ils ont �t� d�truit en un instant, ils ont fui comme des chiens battus et ils se sont trahis les uns les autres ! Lucius n'est pas assez fort pour �tre un vrai Seigneur, des T�n�bres ou pas."</p><p>Les poings de Draco Malfoy �taient blancs, il y avait des larmes dans ses yeux, et de la furie, et une honte insupportable.</p><p>"Non," dit le professeur Quirrell. "Je ne pense pas que Lucius Malfoy sera celui qui vous sauvera. Et si vous pensez que je parle en mon propre nom, le temps montrera assez t�t que ce n'est pas le cas. Je ne vous fais aucune recommandation, mes �tudiants. Mais je dis que si tout un pays trouvait un chef aussi fort que le Seigneur des T�n�bres, mais honorable et pur, et prenait sa Marque, alors il pourrait �craser le Seigneur des T�n�bres comme un insecte, et le reste de notre monde magique divis� ne pourrait le menacer. Et si un ennemi encore plus grand devait s'�lever contre nous dans une guerre d'extermination, alors seul un monde magique uni pourrait survivre."</p><p>Il y eut des hoquets de stupeur, principalement venant des n�s-Moldus ; les �l�ves en robes bord�es de vert semblaient seulement interloqu�s. C'�tait � pr�sent les poings de Harry Potter qui �taient serr�s avec force et qui tremblaient ; et Hermione Granger, � c�t� de lui, �tait � la fois constern�e et en col�re.</p><p>Le directeur se leva, son visage maintenant grave, n'ayant pas encore ouvert la bouche ; mais l'ordre �tait clair.</p><p>"Je ne dis pas <emphasis>quelle</emphasis> menace viendra," dit le professeur Quirrell. "Mais vous ne vivrez pas en paix, pas si l'histoire du monde pass� doit nous servir de guide quant � son futur. Et si vous, � l'avenir, faites ce que vous avez vu ces trois arm�es faire aujourd'hui, si vous ne pouvez pas �carter vos petites chamailleries et prendre la Marque d'un seul chef, alors, oui, vous pouvez souhaiter que le Seigneur des T�n�bres ait pu survivre et vous dominer, et regretter le jour o� Harry Potter est n� -"</p><p>"<emphasis>Assez !</emphasis>" rugit Albus Dumbledore.</p><p>Un silence s'ensuivit.</p><p>Le professeur Quirrell d�tourna lentement son regard vers l'endroit o� se tenait Albus Dumbledore et la furie de ses pouvoirs de sorcier ; leurs yeux se rencontr�rent et une pression inaudible s'abattit sur tous les �l�ves, qui �coutaient mais n'osaient pas bouger.</p><p>"Vous aussi avez manqu� � votre devoir envers ce pays," dit le professeur Quirrell. "Et vous connaissez le p�ril aussi bien que moi."</p><p>"De tels discours ne sont pas pour les oreilles des �l�ves," dit Albus Dumbledore d'une voix qui grimpait dangereusement. "Ni pour les bouches des professeurs !"</p><p>Le professeur Quirrell parla alors s�chement : "Il y eut de nombreux discours faits pour les oreilles des adultes pendant l'ascension du Seigneur des T�n�bres. Et les adultes ont applaudit, ils ont acclam�, et ils sont rentr�s chez eux apr�s avoir appr�ci� une journ�e d'amusement. Mais je vous ob�irai, directeur, et si vous ne les aimez pas, je ne ferai plus d'autre discours. Ma le�on est simple. Je continuerai � ne rien faire en ce qui concerne aux tra�tres, et nous verrons ce que les �l�ves pourront faire � ce propos lorsqu'ils ne s'attendent pas � ce qu'un professeur vienne les sauver."</p><p>Et le professeur Quirrell se retourna vers ses �l�ves, et sa bouche fit un �trange sourire ironique qui sembla dissiper la terrible pression, comme le souffle d'un dieu qui aurait �parpill� des nuages. "Mais s'il vous pla�t, soyez indulgents envers les tra�tres jusqu'� aujourd'hui," dit le professeur Quirrell. "Ils ne faisaient que s'amuser."</p><p>Il y eut un rire, et s'il sembla nerveux au d�part, il s'amplifia, alors que le professeur Quirrell se tenait l�, un sourire ironique aux l�vres, et que la tension se rel�chait.</p><empty-line/><p>Dans l'esprit de Draco tourbillonnaient encore mille questions entour�es d'une stupeur horrifi�e, alors que le professeur Quirrell se pr�parait � ouvrir les enveloppes dans lesquelles les trois avaient inscrit leurs v�ux.</p><p>Il n'�tait jamais venu � l'esprit de Draco que les Moldus qui savaient voyager jusqu'� la Lune �taient une plus grande menace que le lent d�clin de la sorcellerie, ni que P�re s'�tait r�v�l� trop faible pour les arr�ter.</p><p>Et plus �trange encore, l'implication �vidente : le professeur Quirrell pensait que <emphasis>Harry</emphasis> en �tait capable. Le professeur de D�fense clamait n'avoir fait aucune recommandation, mais il avait mentionn� Harry Potter encore et encore au fil de son discours ; d'autres pensaient probablement d�j� � la m�me chose que Draco.</p><p>C'�tait ridicule. Ce gar�on avait recouvert un fauteuil rembourr� de paillettes et avait appel� �a un tr�ne -</p><p><emphasis>Le gar�on qui a fait face � Rogue et qui a gagn�</emphasis>, chuchota une voix tra�tresse, <emphasis>ce gar�on qui pourrait grandir et devenir un Seigneur assez fort pour r�gner, assez fort pour nous sauver tous -</emphasis></p><p>Harry a �t� <emphasis>�lev�</emphasis> par des Moldus ! Il est pratiquement sang-de-bourbe lui-m�me, il ne se battrait pas contre sa famille d'adoption -</p><p><emphasis>Il conna�t leur art, leurs secrets et leurs m�thodes ; il peut prendre toute la science Moldue et l'utiliser contre eux, conjointement avec nos propres pouvoirs de sorciers.</emphasis></p><p>Mais s'il refuse ? Et s'il est trop faible ?</p><p><emphasis>Alors</emphasis>, dit cette voix int�rieure, <emphasis>ce devra �tre toi, n'est-ce pas, Draco Malfoy ?</emphasis></p><p>Et il y eut un nouveau silence dans la foule lorsque le professeur Quirrell ouvrit la premi�re enveloppe.</p><p>"M. Malfoy," dit le professeur Quirrell, "votre v�u est que... Serpentard gagne la coupe des Maisons."</p><p>Il y eut un moment d'arr�t interloqu� venant de l'audience attentive.</p><p>"Oui, professeur," dit Draco d'une voix claire, sachant qu'elle serait de nouveau amplifi�e. "Si vous ne le pouvez pas, alors autre chose pour Serpentard -"</p><p>"Je n'accorderai pas de points injustement," dit le professeur Quirrell. Il se tapota une joue, l'air pensif. "Ce qui rend votre v�u assez difficile pour �tre int�ressant. Voudriez-vous dire quelques mots quant � vos raisons, M. Malfoy ?"</p><p>Draco se tourna vers le professeur de D�fense, parcourut la foule du regard depuis la sc�ne de platine et d'�meraudes. Tout Serpentard n'avait pas acclam� l'arm�e Dragon, il y avait m�me des factions anti-Malfoy qui avaient exprim�es leur insatisfaction en soutenant le Survivant ou m�me Granger ; et ces factions seraient grandement encourag�es par ce que Zabini avait fait. Il fallait qu'il leur rappelle que Serpentard voulait dire Malfoy et que Malfoy voulait dire Serpentard -</p><p>"Non," dit Draco. "Ce sont des Serpentard, ils comprendront."</p><p>Il y eut des rires venant de l'audience, en particulier chez les Serpentard, m�me chez certains �l�ves qui se seraient dit anti-Malfoy un moment plus t�t.</p><p>La flatterie �tait une chose bien d�licieuse.</p><p>Draco se tourna afin de regarder le professeur Quirrell de nouveau, et il eut la surprise de voir un air embarrass� sur le visage de Granger.</p><p>"Et pour Mlle. Granger..." dit le professeur Quirrell. Il y eut le bruit d'une enveloppe d�chir�e. "Votre v�u est que... Serdaigle gagne la coupe des Maisons ?"</p><p>Il y eut une hilarit� consid�rable venant de l'audience, y compris un gloussement de Draco. Il n'avait pas pens� que Granger aurait jou� � ce jeu.</p><p>"Eh bien, euh," dit Granger, l'air de soudain tr�bucher sur un discours appris par c�ur, "ce que je veux dire, c'est que..." elle prit une profonde inspiration. "Il y avait des soldats de chaque Maison dans mon arm�e, et je ne veux l�ser aucun d'entre eux. Mais les Maisons devraient aussi avoir leur importance. C'�tait triste quand les �l�ves d'une m�me maison se jetaient des sorts simplement parce qu'ils n'�taient pas dans la m�me arm�e. Les gens devraient pouvoir compter sur ceux de leur Maison. C'est pour cela que Godric Gryffondor, Salazar Serpentard, Rowena Serdaigle et Helga Poufsouffle ont cr�� les quatre Maisons de Poudlard. Je suis le g�n�ral Soleil, mais bien avant cela, je suis Hermione Granger de Serdaigle, et je suis fi�re d'appartenir � une Maison vieille de huit cent ans."</p><p>"Bien dit, Mlle. Granger !", tonna la voix de Dumbledore.</p><p>Harry Potter fron�ait les sourcils, et quelque chose gratta � l'or�e de la conscience de Draco.</p><p>"Un sentiment int�ressant, Mlle. Granger," dit le professeur Quirrell. "Mais il est bon, en certaines occasions, qu'un Serpentard ait des amis � Serdaigle, ou qu'un Gryffondor ait des amis � Poufsouffle. Ne serait-il pas certainement meilleur de pouvoir � la fois compter sur les amis de sa Maison et aussi sur ceux de son arm�e ?"</p><p>Les yeux de Granger boug�rent bri�vement en direction les �l�ves et les enseignants et elle ne r�pondit pas.</p><p>Le professeur Quirrell hocha la t�te, comme s'il s'adressait � lui-m�me. Il se d�tourna vers le podium, puis il prit la derni�re enveloppe et l'ouvrit. � c�t� de Draco, Harry se tendit visiblement lorsque le professeur Quirrell �leva le parchemin. "Et M. Potter souhaite que -"</p><p>Il y eut une pause tandis que le professeur Quirrell regardait le parchemin.</p><p>Puis, sans aucun changement d'expression sur le visage du professeur Quirrell, le parchemin s'enflamma et br�la dans un feu bref et intense qui ne laissa qu'une poussi�re noire qui d�riva loin de sa main.</p><p>"Merci de vous en tenir au possible, M. Potter," dit le professeur Quirrell, d'un ton tout � fait sec.</p><p>Il y eut une longue pause ; Harry, debout � c�t� de Draco, semblait assez secou�.</p><p><emphasis>Par Merlin, mais qu'est-ce qu'il a demand�</emphasis><emphasis>?</emphasis></p><p>"J'esp�re," dit le professeur Quirrell, "que vous avez pr�par� un autre v�u au cas o� je ne pourrais vous accorder celui-ci."</p><p>Il y eut une autre pause.</p><p>Harry prit une profonde inspiration. "Je n'ai rien fait de tel," dit-il, "mais j'ai d�j� trouv� un autre v�u." Harry Potter pivota afin d'observer l'audience, et sa voix se raffermit au fur et � mesure qu'il parlait. "Les gens craignent les tra�tres � cause des dommages directs que ceux-ci provoquent, des soldats qu'ils abattent et des secrets qu'ils r�v�lent. Mais ce n'est qu'une partie du danger. Ce que les gens font parce qu'ils ont <emphasis>peur</emphasis> des tra�tre leur co�te aussi. J'ai utilis� cette strat�gie aujourd'hui contre Soleil et contre Dragon. Je n'ai pas dit � mes tra�tres de causer autant de dommages que possible. Je leur ai dit d'agir afin de cr�er le maximum de m�fiance et de confusion, et de pousser les g�n�raux � agir de la plus co�teuse des mani�res possibles dans leurs tentatives de les emp�cher de trahir � nouveau. Lorsqu'il n'y a que quelques tra�tres et qu'un pays entier leur fait face, il va de soi que ce que ce petit groupe fait est moins dommageable que ce que le pays entier peut faire pour les arr�ter, que le rem�de peut �tre pire que le sympt�me -"</p><p>"M. Potter," dit le professeur de D�fense d'une voix soudain tranchante, "L'Histoire nous enseigne que vous avez tout simplement tort. La g�n�ration de vos parents a fait trop peu pour s'unir, pas trop ! L'int�gralit� de ce pays a failli tomber, M. Potter, bien que vous n'ayez pas �t� l� pour le voir. Je sugg�re que vous demandiez � vos camarades de dortoir de Serdaigle combien d'entre eux ont perdu leur famille contre le Seigneur des T�n�bres. Ou si vous �tes plus sage, ne leur demandez <emphasis>pas !</emphasis><emphasis>Avez</emphasis>-vous un v�u � faire, M. Potter ?"</p><p>"Si vous permettez," dit la douce voix d'Albus Dumbledore, "je souhaiterais entendre ce que le Survivant � a dire. Il a plus d'exp�rience que nous deux lorsqu'il s'agit de mettre fin � des guerres."</p><p>Quelques personnes rirent, mais elles n'�taient pas nombreuses.</p><p>Le regard de Harry Potter passa � Dumbledore, et l'espace d'un instant, il sembla perdu dans des consid�rations. "Je ne dis pas que vous avez tort, professeur Quirrell. Dans la derni�re guerre, les gens n'ont pas agit ensemble, et tout un pays a failli tomber face � quelques dizaines d'attaquants, et oui, ce fut path�tique. Et si nous faisons la m�me erreur la prochaine fois, oui, ce sera encore plus path�tique. Mais on ne fait jamais la m�me guerre deux fois. Et le probl�me, c'est que l'ennemi a <emphasis>lui aussi</emphasis> le droit d'�tre intelligent. Lorsque l'on est divis�, on est vuln�rable par certains aspects ; mais lorsqu'on essaie de s'unir, alors on fait face � d'autres risques et � d'autres co�ts, et l'ennemi essaiera aussi de tirer parti de ceux-ci. On ne peut pas s'arr�ter de r�fl�chir au premier niveau de jeu."</p><p>"La simplicit� a aussi beaucoup pour elle, M. Potter," dit la voix s�che du professeur de D�fense. "J'esp�re que vous avez appris quelque chose aujourd'hui quant aux dangers des strat�gies plus complexes que celle consistant � unir son peuple et � attaquer son ennemi. Et si tout cela n'est pas li� � votre v�u d'une fa�on ou d'une autre, je serai fort courrouc�."</p><p>"Oui," dit Harry Potter, "�a a �t� assez difficile de trouver un v�u qui symbolise le co�t de l'unit�. Mais le probl�me d'agir ensemble ne concerne pas que les guerres, c'est quelque chose que nous devons r�soudre tout au long de notre vie, tous les jours. Si tout le monde se coordonne en utilisant les m�me r�gles et que les r�gles sont stupides, alors si <emphasis>une</emphasis> personne d�cide de faire les choses diff�remment, elle brise les r�gles. Mais si <emphasis>tout le monde</emphasis> d�cide de faire les choses diff�remment, alors un changement peut avoir lieu. C'est exactement le m�me probl�me quand tout le monde doit agir ensemble. Pour la <emphasis>premi�re</emphasis> personne qui s'exprime, elle a l'air d'aller � l'encontre du d�sir de la foule. Et si l'on croit que la seule chose qui importe est que les gens soient toujours unis, alors peut jamais changer les r�gles du jeu, peu importe � quel point les r�gles sont stupides. Donc mon v�u, pour symboliser ce qui se passe lorsque les gens s'unissent dans la mauvaise direction, est qu'� Poudlard, on joue au Quidditch sans le Vif d'Or."</p><p>"<emphasis>QUOI ?"</emphasis> hurl�rent cent voix dans la foule, et la m�choire de Draco s'affaissa.</p><p>"Le Vif g�che tout le jeu," dit Harry Potter. "Tout ce que les autres joueurs accomplissent finit par n'avoir aucune importance. Il serait bien plus sens� d'acheter une horloge. C'est une de ces choses incroyablement stupides que vous ne remarquez pas parce que vous avez grandi avec, que les gens ne font que parce que tout le monde le fait aussi -"</p><p>Mais � ce moment, la voix de Harry Potter ne pouvait plus �tre entendue car l'�meute avait commenc�.</p><empty-line/><p>L'�meute prit fin environ quinze secondes plus tard, apr�s qu'un gigantesque jet de feu ait jailli de la plus haute tour de Poudlard, au son de milles tonnerres. Draco n'avait pas su que Dumbledore pouvait <emphasis>faire</emphasis> �a.</p><p>Les �l�ves se rassirent avec beaucoup de pr�caution et de calme.</p><p>Le professeur Quirrell riait � gorge d�ploy�e. "Ainsi soit-il, M. Potter. Votre volont� sera faite." Le professeur Quirrell s'interrompit d�lib�r�ment. "Bien s�r, j'ai seulement promis <emphasis>un</emphasis> fourbe complot. Et c'est tout ce que vous trois aurez."</p><p>Draco s'�tait presque attendu � ces mots un peu plus t�t, mais il fut malgr� tout surpris ; il �changea des regards rapides avec Granger, ils auraient �videmment d� �tre alli�s, mais leurs v�ux �taient directement oppos�s l'un � l'autre -</p><p>"Vous voulez dire," dit Harry, "que nous devons tous nous mettre d'accord sur un v�u ?"</p><p>"Oh, ce serait bien <emphasis>trop</emphasis> vous demander," dit le professeur Quirrell. "Vous trois n'avez pas d'ennemi commun, que je sache ?"</p><p>Et pendant un bref instant, si vite que Draco se demanda s'il aurait pu l'imaginer, les yeux du professeur de D�fense clign�rent vers Dumbledore.</p><p>"Non," dit le professeur Quirrell, "je veux dire que j'exaucerai trois v�ux au moyen d'une seule intrigue."</p><p>Il y eut un silence confus.</p><p>"Vous ne pouvez pas faire �a," dit cat�goriquement Harry, � c�t� de Draco. "M�me <emphasis>moi</emphasis> je ne peux pas le faire. Deux de ces v�ux sont mutuellement incompatibles. C'est <emphasis>logiquement impossible </emphasis>-" puis Harry s'interrompit.</p><p>"Il vous manque quelques ann�es avant de pouvoir me dire ce que je ne peux pas faire, M. Potter," dit le professeur Quirrell avait un bref sourire sec.</p><p>Puis le professeur Quirrell se retourna vers les �l�ves. "� vrai dire, je n'ai aucune confiance en votre capacit� � apprendre la le�on d'aujourd'hui. Rentrez chez vous, appr�ciez ce moment avec vos familles, ou ce qu'il en reste, tant qu'ils vivent encore. La mienne est depuis longtemps morte par la main du Seigneur des T�n�bres. Je vous verrai tous lorsque les cours reprendront."</p><p>Dans le silence absolu qui suivit ces mots, le professeur Quirrell marchant d�j� vers la sortie de la sc�ne, Draco entendit la voix du professeur Quirrell dire, doucement, sans amplification, "Mais avec vous, M. Potter, je vais m'entretenir imm�diatement."</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 35*: Probl�mes de coordination, partie 3</strong></p><p>Ils s'�taient rendus dans le bureau du professeur de D�fense, et celui-ci avait scell� la porte avant de se renverser dans sa chaise et de prendre la parole.</p><p>La voix du professeur de D�fense �tait tr�s calme, et cela perturbait Harry bien plus que si le professeur Quirrell n'avait cri�.</p><p>"J'essaie", dit doucement le professeur Quirrell, "de me montrer indulgent en raison de votre jeunesse. Du fait que j'�tais moi-m�me, � votre �ge, un extraordinaire idiot. Vous parlez comme un adulte, vous vous m�lez de jeux adultes, et j'oublie parfois que vous n'�tes qu'une mouche du coche. J'esp�re, M. Potter, que vos interventions pu�riles ne viennent pas de vous tuer, de ruiner ce pays, et de perdre la prochaine guerre."</p><p>Harry avait beaucoup de mal � contr�ler sa respiration. "Professeur Quirrell, j'en ai dit bien moins que je ne l'aurais souhait�, mais il fallait que je dise quelque chose. Vos propositions sont extr�mement alarmantes pour quiconque dot� de la moindre notion d'Histoire Moldue du dernier si�cle. Les fascistes Italiens, des gens extr�mement d�sagr�ables, ont prit leur nom de <emphasis>fasces</emphasis>, un ensemble de morceaux de bois li�s ensembles, pour symboliser l'id�e que l'unit� est la force -"</p><p>"Alors les vilains fascistes Italiens croyaient que l'unit� est plus forte que la division," dit le professeur Quirrell. La duret� commen�ait � poindre dans sa voix. "Peut-�tre qu'ils croyaient aussi que le ciel est bleu et qu'ils acceptaient l'id�e selon laquelle il est n�faste de se faire tomber des rochers sur la t�te."</p><p><emphasis>La stupidit� invers�e n'est pas l'intelligence ; la personne la plus stupide du monde peut dire que le soleil brille, il n'en fait pas nuit pour autant...</emphasis> "Tr�s bien, vous avez raison, c'�tait un argument ad hominem, ce n'est pas faux <emphasis>parce que</emphasis> les fascistes l'ont dit. Mais professeur Quirrell, vous ne pouvez pas demander � tout le monde de porter la Marque d'un dictateur ! C'est un point unique de d�faillance ! �coutez, je vais le formuler ainsi : imaginez que l'ennemi lance Imperius � celui qui contr�le la Marque -"</p><p>"Les puissants sorciers ne sont pas si simples � soumettre � l'Imperius," dit s�chement le professeur Quirrell. "Et si vous ne pouvez pas trouver un chef de valeur, alors vous �tes de toute fa�on foutus. Mais les chefs de valeur existent, la question est de savoir si les gens les suivront."</p><p>Harry se passa les mains dans les cheveux sous l'effet de la frustration. Il voulait demander une pause et faire lire <emphasis>La mont�e et la chute du troisi�me Reich</emphasis> au professeur Quirrell puis recommencer la conversation. "J'imagine que si je sugg�rais que la d�mocratie est une meilleure forme de gouvernement que la dictature -"</p><p>"Je vois," dit le professeur Quirrell. Il ferma bri�vement les yeux, puis les rouvrit. "M. Potter, la stupidit� du Quidditch vous est limpide parce que vous n'avez pas grandi en v�n�rant ce jeu. Si vous n'aviez jamais entendu parler d'�lections, M. Potter, et que vous pouviez simplement voir <emphasis>ce qui est</emphasis>, ce que vous verriez ne vous plairait pas. Regardez notre ministre, �lu, de la magie. Est-il le plus sage, le plus fort, le plus grand de notre pays ? Non ; c'est un bouffon poss�d� par l'argent de Lucius Malfoy. Les sorciers ont �t� aux urnes et ont choisi entre Cornelius Fudge et Tania Leach, qui s'�taient battus dans un grand et divertissant concours apr�s que la Gazette du Sorcier, que Lucius Malfoy contr�le aussi, ait d�cid� qu'ils �taient les deux seuls candidats s�rieux. Personne ne pourrait sugg�rer avec s�rieux que Cornelius Fudge a vraiment �t� choisi comme le meilleur chef que notre pays avait � offrir. Ce n'est pas diff�rent dans le monde Moldu, � ce que j'en ai compris ; le dernier journal Moldu que j'ai lu mentionnait que le dernier pr�sident des �tats-Unis avait �t� un acteur de cin�ma � retraite. Si vous n'aviez pas grandi avec les �lections, M. Potter, leur idiotie vous serait aussi limpide que celle du Quidditch."</p><p>Harry se tint l�, la bouche ouverte, cherchant ses mots. "Le but des �lections n'est pas de produire le meilleur chef, c'est de maintenir les politiciens dans une peur suffisamment grande des �lecteurs pour qu'ils ne deviennent pas compl�tement mal�fiques comme les dictateurs qui -"</p><p>"La derni�re guerre, M. Potter, se jouait entre le Seigneur des T�n�bres et Dumbledore. Et m�me si Dumbledore �tait un chef dot� de nombreux d�fauts et qui perdait la guerre, il serait <emphasis>ridicule</emphasis> de sugg�rer que <emphasis>n'importe lequel</emphasis> des ministres de la magie �lus pendant cette p�riode auraient pu prendre sa place ! La force vient de la puissance des sorciers et de ceux qui les suivent, pas des �lections et des idiots qu'elles �lisent. C'est la le�on de l'histoire r�cente de l'Angleterre magique ; et je doute que la prochaine guerre vous en enseigne une autre. <emphasis>Si</emphasis> vous survivez, M. Potter, ce que vous ne ferez <emphasis>pas</emphasis> � moins d'abandonner les enthousiastes illusions de l'enfance !"</p><p>"Si vous pensez qu'il n'y a aucun danger dans la ligne de conduite que vous soutenez," dit Harry, sa voix devenait tranchante en d�pit de ses efforts, "alors cela est aussi de l'enthousiasme pu�ril."</p><p>Harry regarda sombrement dans les yeux du professeur Quirrell, qui le fixa en retour sans ciller.</p><p>"De tels dangers," dit froidement le professeur Quirrell, "doivent �tre �tudi�s dans des bureaux tels que celui-ci, pas dans des discours. Les idiots qui ont �lu Cornelius Fudge ne s'int�ressent pas aux complexit�s et � la prudence. Pr�sentez leur quelque chose de plus nuanc� qu'une acclamation rugissante et vous ferez face � votre guerre tout seul. <emphasis>Cela</emphasis>, M. Potter, a constitu� votre erreur pu�rile, que Draco Malfoy n'aurait pas faite � huit ans. Cela aurait d� �tre �vident, m�me pour <emphasis>vous</emphasis>, que vous auriez d� rester silencieux et <emphasis>me consulter avant </emphasis>au lieu de mentionner vos inqui�tudes devant la foule !"</p><p>"Je ne suis certainement pas un ami d'Albus Dumbledore," dit Harry, un froid dans sa voix en r�ponse � celui du professeur Quirrell. "Mais il n'est pas un enfant, et il ne semblait pas trouver mes inqui�tudes pu�riles, ni que j'aurais d� attendre avant d'en parler."</p><p>"Oh," dit le professeur Quirrell, "alors vous vous faites souffler la r�plique par le directeur, maintenant ?" et il se leva.</p><empty-line/><p>Lorsque Blaise passa l'angle, en chemin vers le bureau, il vit que le professeur Quirrell �tait d�j� l�, appuy� contre le mur.</p><p>"Blaise Zabini," dit le professeur de D�fense en se redressant ; ses yeux �taient incrust�s dans son visage tels deux pierres noires, et sa voix envoya un frisson de peur le long de la colonne vert�brale de Blaise.</p><p><emphasis>Il ne peut rien contre moi, je dois juste me souvenir que -</emphasis></p><p>"Je crois," dit le professeur Quirrell, d'une voix claire et forte, "avoir d�j� devin� le nom de votre employeur. Mais j'aimerais l'entendre de vos l�vres, et aussi entendre le prix qui vous a achet�."</p><p>Blaise savait qu'il suait sous ses robes et que l'humidit� �tait probablement visible sur son front. "J'ai eu une chance de montrer que j'�tais meilleur que les trois g�n�raux et je l'ai saisie. Beaucoup de gens me d�testent maintenant, mais il y a aussi plein de Serpentard qui m'adoreront parce que j'ai fait �a. Qu'est-ce qui vous fait penser que je -"</p><p>"Vous n'avez pas invent� le plan de la bataille d'aujourd'hui, M. Zabini. Dites-moi qui l'a fait."</p><p>Blaise d�glutit bruyamment. "Eh bien... je veux dire, dans ce cas... alors vous savez d�j� qui l'a fait, c'est �a ? Le seul assez fou, c'est Dumbledore. Et il me prot�gera si vous essayez de faire quelque chose."</p><p>"En effet. Dites-moi le prix." Le regard du professeur de D�fense �tait toujours dur.</p><p>"C'est ma cousine Kimberly," dit Blaise, d�glutissant de nouveau et essayant de contr�ler sa voix. "Elle existe, et elle se fait vraiment martyriser, Potter a v�rifi� �a, il n'�tait pas stupide. Seulement Dumbledore a dit qu'il avait un peu pouss� les brutes � le faire, juste pour aider pour son plan, et que si je travaillais pour <emphasis>lui</emphasis> elle irait bien, mais que si <emphasis>j'allais</emphasis> avec Potter, elle pourrait avoir encore plus d'ennuis !"</p><p>Le professeur Quirrell resta silencieux un long moment.</p><p>"Je vois," dit le professeur Quirrell, sa voix maintenant plus douce. "M. Zabini, si un tel �v�nement devait de nouveau survenir, je vous invite � me contacter directement. J'ai mes propres moyens de prot�ger mes amis. Maintenant, une derni�re question : m�me avec tout le pouvoir que vous aviez, forcer une �galit� aurait �t� difficile. Qui Dumbledore vous a-t-il ordonn� de faire gagner le cas �ch�ant ?"</p><p>"Soleil", dit Blaise.</p><p>Le professeur Quirrell hocha la t�te. "Comme je le pensais." Le professeur de D�fense soupira. "Dans votre carri�re future, M. Zabini, je vous sugg�re de ne pas vous essayer � des intrigues aussi complexes. Elles ont tendance � �chouer."</p><p>"Euh, en fait, j'ai dit �a au directeur," dit Blaise, "et il a dit que c'�tait pour �a qu'il �tait important d'avoir plus d'une intrigue en cours � la fois."</p><p>Le professeur Quirrell passa une main lasse sur son front. "On se demande comment le Seigneur des T�n�bres n'est pas devenu fou en <emphasis>le</emphasis> combattant. Vous pouvez vous rendre � votre rendez-vous avec le directeur, M. Zabini. Je ne dirai rien de cela, mais si le directeur d�couvrait d'une fa�on ou d'une autre que nous avons parl�, souvenez-vous de mon offre de vous offrir la protection dont je dispose. Allez-y."</p><p>Blaise n'attendit pas un mot de plus. Il se contenta de pivoter et de s'enfuir.</p><empty-line/><p>Le professeur Quirrell attendit un moment, puis dit "C'est bon, M. Potter."</p><p>Harry arracha la Cape d'Invisibilit� de sa t�te et la fourra dans sa bourse. Il tremblait d'une rage telle qu'il pouvait � peine parler. "Il a <emphasis>quoi</emphasis> ? Il a fait <emphasis>quoi</emphasis> ?"</p><p>"Vous auriez d� le d�duire vous-m�me, M. Potter," dit doucement le professeur Quirrell. "Vous devez apprendre � brouiller votre vision jusqu'� r�ussir � voir la for�t masqu�e par les arbres. Toute personne entendant des histoires � votre sujet et ne sachant pas que vous �tiez le myst�rieux Survivant pourrait ais�ment d�duire que vous poss�dez une cape d'invisibilit�. Prenons du recul, brouillons les d�tails, et qu'observons-nous ? Il y avait une grande rivalit� entre �l�ves, et leur comp�tition s'est achev�e sur un nul parfait. Ce genre de chose n'a lieu que dans les histoires, M. Potter, et il y a une seule personne dans cette �cole qui pense en termes d'histoires. C'�tait une intrigue �trange et complexe, et vous auriez d� vous rendre compte qu'elle n'�tait pas caract�ristique du jeune Serpentard auquel vous faisiez face. Et je vous ai pr�venu qu'il y avait un agent quadruple ; vous saviez que Zabini �tait au moins un agent triple, vous auriez donc d� deviner que c'�tait tr�s probablement lui. Non, je ne d�clarerai pas la bataille invalide. Vous avez tous trois �chou� au test et perdu contre votre ennemi commun."</p><p>� ce stade, les tests importaient peu � Harry. "Dumbledore a <emphasis>fait chanter</emphasis> Zabini en <emphasis>mena�ant sa cousine</emphasis> ? Juste pour que notre bataille s'ach�ve par une �galit� ? <emphasis>Pourquoi</emphasis> ?"</p><p>Le professeur Quirrell eut un rire sans joie. "Peut-�tre le directeur pensait-il que la rivalit� �tait bonne pour son h�ros de compagnie et souhaitait la voir continuer. Pour le plus grand bien, vous comprenez. Ou peut-�tre qu'il est simplement devenu fou. Vous voyez, M. Potter, tout le monde sait que la folie de Dumbledore est un masque, qu'il est sain et pr�tend �tre fou. Tout le monde est fier de sa fine perspicacit�, et, connaissant l'explication secr�te, arr�te de chercher. Il ne leur vient pas � l'esprit qu'il est <emphasis>aussi</emphasis> possible d'avoir un masque sous le masque, d'�tre un fou faisant semblant d'�tre normal faisant semblant d'�tre fou. Et j'ai peur, M. Potter, d'avoir des affaires urgentes � r�gler ailleurs, et de devoir partir ; mais je vous conseillerais avec force de ne pas vous faire souffler la r�plique par Albus Dumbledore lorsque vous �tes en guerre. � plus tard, M. Potter."</p><p>Et le professeur de D�fense inclina sa t�te avec une certaine ironie puis il s'�loigna dans la m�me direction que celle vers laquelle Zabini avait fuit, et Harry se tint l�, la bouche ouverte sous l'effet du choc.</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup</emphasis><emphasis>: Harry Potter</emphasis></p><p>Harry se tra�na lentement vers le dortoir Serdaigle, ses yeux aveugles aux murs, aux peintures, aux autres �l�ves ; il monta des escaliers et descendit des rampes sans ralentir, ni acc�l�rer, ni se rendre compte d'o� il allait.</p><p>Apr�s le d�part du professeur Quirrell, il avait mis plus d'une minute � se rendre compte que ses seules sources d'information au sujet de la participation de Dumbledore �taient (a) Blaise Zabini, et il aurait d� �tre un abruti complet pour lui faire de nouveau confiance, et (b) le professeur Quirrell, qui aurait facilement pu contrefaire une intrigue dans le style de Dumbledore, et qui pourrait aussi penser qu'un peu de rivalit� estudiantine �tait pour le mieux ; et qui avait, si vous preniez du recul et brouilliez les d�tails, propos� � l'instant de transformer le pays en une dictature de sorciers.</p><p>Et il �tait aussi possible que Dumbledore <emphasis>soit</emphasis> derri�re Zabini, et que le professeur Quirrell ait sinc�rement essay� de combattre le Marque des T�n�bres d'�gal � �gal et d'emp�cher la r�p�tition d'un num�ro qu'il avait trouv� path�tique. Qu'il ait tent� de s'assurer que Harry ne se retrouve pas � combattre le Seigneur des T�n�bres seul pendant que tout le monde se serait cach�, effray�, essayant de rester � l'�cart des lignes de tir, attendant que Harry les sauve.</p><p>Mais la v�rit�, c'�tait que...</p><p>Eh bien...</p><p>L'id�e ne d�rangeait pas Harry plus que �a.</p><p>Il savait que c'�tait le genre de chose cens�e rendre les h�ros amers et pleins de ressentiment.</p><p>Bah. Harry �tait tout � fait en faveur d'une situation ou tout le monde <emphasis>restait hors de danger</emphasis> tandis que le Survivant s'occupait du Seigneur des T�n�bres tout seul, plus ou moins un petit nombre de compagnons. Si le prochain conflit contre le Seigneur des T�n�bres en arrivait � une seconde guerre des sorciers o� pleins de gens mouraient et que tout un pays se retrouvait impliqu�, �a voudrait dire que Harry aurait <emphasis>d�j� �chou�</emphasis>.</p><p>Et si apr�s cela une guerre se d�clarait entre les sorciers et les Moldus, il importerait peu de savoir qui gagnerait, Harry aurait d�j� �chou� en laissant les choses aller jusque l�. Et puis, qui avait dit que les soci�t�s ne pouvaient pas s'int�grer pacifiquement quand le secret volait in�vitablement en �clats ? (M�me si Harry pouvait entendre la voix s�che du professeur Quirrell dans son esprit qui lui demandait s'il �tait un idiot, qui lui disait toutes les choses �videntes...) Et si les mages et les Moldus ne pouvaient vivre en paix, alors, plut�t que de laisser une guerre �clater, Harry combinerait la magie et la science et trouverait comment �vacuer tous les sorciers sur Mars ou ailleurs.</p><p>Parce que si on en arrivait � une guerre pour l'extermination...</p><p>C'�tait ce dont le professeur Quirrell ne s'�tait pas rendu compte, la plus importante question qu'il avait oubli� de poser � son jeune g�n�ral.</p><p>La v�ritable raison pour laquelle Harry n'avait aucune intention de se laisser convaincre de soutenir l'id�e d'une Marque de la Lumi�re, peu importe <emphasis>� quel point</emphasis> cela l'aiderait dans son combat contre le Seigneur des T�n�bres.</p><p>Un Seigneur des T�n�bres et cinquante partisans marqu�s avaient �t� un p�ril contre toute l'Angleterre magique.</p><p>Si toute l'Angleterre prenait la Marque d'un chef fort, elle serait un p�ril pour tout le monde magique.</p><p>Et si tous les sorciers prenaient une Marque, ils seraient un danger pour le reste de l'humanit�.</p><p>Personne ne savait exactement combien il y avait de sorciers dans le monde. Il avait fait quelques estimations avec Hermione et avait trouv� des nombres de l'ordre d'un million.</p><p>Mais il y avait six milliards de Moldus.</p><p>Si on en arrivait � une guerre totale...</p><p>Le professeur Quirrell avait oubli� de demander quel camp Harry prot�gerait.</p><p>Une civilisation scientifique, allant vers l'avant, les yeux lev�s vers le ciel, sachant que son destin �tait d'atteindre les �toiles.</p><p>Et une civilisation magique, dont la magie s'effa�ait tandis que son savoir se perdait, toujours gouvern�e par une noblesse qui voyait les Moldus comme des �tres pas tout � fait humains.</p><p>C'�tait une sensation horriblement triste, mais pas une qui comportait la moindre trace de doute.</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Blaise Zabini</emphasis></p><p>Blaise avan�ait dans les couloirs avec une lenteur compos�e et attentive tandis que son c�ur battait follement et qu'il essayait de le calmer -</p><p>"Ahem," dit une voix s�che et chuchotante depuis une alc�ve ombrag�e devant laquelle il passait.</p><p>Blaise fit un bond mais ne cria pas.</p><p>Lentement, il se retourna.</p><p>Dans ce sombre recoin se trouvait une cape noire si large et tourbillonnante qu'il �tait impossible de d�terminer si la silhouette qu'elle masquait �tait m�le ou femelle, et au-dessus de la cape se trouvait un chapeau noir aux larges rebords, et un nuage noir semblait s'amonceler en-dessous, cachant le visage de celui ou de ce qui se trouvait derri�re.</p><p>"Votre rapport," chuchota M. Chapeau et Cape.</p><p>"J'ai dit exactement ce que vous m'aviez dit de dire," dit Blaise. Sa voix �tait un peu plus calme maintenant qu'il n'�tait plus en train de mentir � quelqu'un. "Et le professeur Quirrell a r�agit exactement de la fa�on dont vous vous y attendiez."</p><p>Le large chapeau noir s'�tait inclin� et redress�, comme si la t�te en-dessous avait opin�. "Excellent," dit le chuchotement impossible � attribuer � qui que ce soit de connu. "La r�compense que je t'ai promise est d�j� en chemin vers ta m�re, par chouette."</p><p>Blaise h�sita, mais sa curiosit� le d�vorait. "Est-ce que je peux vous demander, maintenant, pourquoi vous voulez cr�er des probl�mes entre le professeur Quirrell et Dumbledore ?" Le directeur n'avait rien eu � faire avec les brutes de Gryffondor dont Blaise avait entendu parler, et en plus d'aider Kimberly, le directeur avait propos� que le professeur Binns lui donne d'excellentes notes en Histoire de la Magie m�me s'il rendait un parchemin vide en lieu et place de ses devoirs, auquel cas il aurait quand m�me d� se rendre aux cours et faire semblant de rendre son travail. � vrai dire, Blaise aurait trahi les trois g�n�raux gratuitement, cousine ou pas cousine, mais il n'avait pas consid�r� qu'il fut n�cessaire de mentionner ce fait.</p><p>Le large chapeau noir s'inclina d'un c�t�, comme pour exprimer un regard interloqu�. "Dis moi, ami Blaise, t'est-il venu � l'esprit que les tra�tres qui trahissent autant rencontrent souvent de funestes fins ?"</p><p>"Nan," dit Blaise, regardant droit vers le nuage noir sous le chapeau. "Tout le monde sait qu'il n'arrive jamais rien de <emphasis>vraiment</emphasis> mauvais aux �l�ves dans l'enceinte de Poudlard."</p><p>M. Chapeau et Cape chuchota un gloussement. "En effet," dit le chuchotement. "Avec le meurtre d'un �l�ve voil� cinq d�cennies comme exception pour prouver la r�gle, puisque Salazar Serpentard aurait mit son monstre sous cl� dans les anciens murs � un niveau plus �lev� que celui du directeur lui-m�me."</p><p>Blaise regarda le nuage noir, se sentant maintenant un peu mal � l'aise. Mais il aurait fallu qu'il s'agisse d'un professeur de Poudlard pour qu'il puisse lui faire quoi que ce soit de grave sans d�clencher d'alarme. Quirrell et Rogue �taient les seuls professeurs qui pourraient faire une chose pareille, et Quirrell n'aurait aucun int�r�t � se duper <emphasis>lui-m�me</emphasis>, et Rogue ne ferait pas de mal � un de ses Serpentard... non ?</p><p>"Non, ami Blaise," chuchota le nuage noir, "je souhaitais seulement te conseiller de ne jamais rien tenter de tel dans ta vie adulte. Tant de trahisons m�neraient certainement � au moins une vengeance."</p><p>"Ma <emphasis>m�re</emphasis> n'a jamais subit de vengeance," dit fi�rement Blaise. "M�me si elle a �pous� <emphasis>sept</emphasis> maris et que chacun d'eux est mort myst�rieusement en lui laissant beaucoup d'argent;"</p><p>"Vraiment ?" dit le chuchotement. "Comment a-t-elle persuad� le septi�me de l'�pouser apr�s qu'il ait entendu ce qui �tait arriv� aux six autres ?"</p><p>"J'ai demand� � maman," dit Blaise," et elle a dit que je ne pourrais pas savoir avant d'�tre assez vieux, et je lui ai demand� � quel �ge je serais assez vieux, et elle a dit, plus vieux qu'elle."</p><p>Encore le gloussement chuchot�. "Eh bien dans ce cas, ami Blaise, f�licitations pour avoir suivi les traces de ta m�re. Vas, et si tu ne dis rien de cela, nous ne nous rencontrerons plus."</p><p>Blaise recula maladroitement, sentant une �trange r�ticence � l'id�e de lui tourner le dos.</p><p>Le chapeau s'inclina. "Oh, allons, petit Serpentard. Si tu �tais vraiment l'�gal de Harry Potter ou Draco Malfoy, tu te serais d�j� rendu compte que mes menaces voil�es n'avaient pour but que d'assurer ton silence face � Albus. Aurais-je eu l'intention de te faire du mal, je n'aurais pas fait de sous-entendu ; si je n'avais rien dit, <emphasis>alors</emphasis> tu aurais d� t'inqui�ter."</p><p>Blaise se redressa, se sentant un peu insult�, et opina en direction de M. Chapeau et Cape, puis il se tourna d'un mouvement volontaire et partit � grand pas vers son rendez-vous avec le directeur.</p><p>Il avait esp�r� jusqu'au bout que quelqu'un d'<emphasis>autre</emphasis> surgisse et lui donne une opportunit� de vendre M. Chapeau et Cape.</p><p>Mais apr�s tout, maman n'avait pas trahi sept maris diff�rents <emphasis>en m�me temps</emphasis>. Si on regardait les choses sous cet angle, il se d�brouillait encore mieux qu'elle.</p><p>Et Blaise Zabini continua de marcher vers le bureau du directeur, souriant, heureux d'�tre un agent quintuple -</p><p>Le gar�on tr�bucha l'espace d'un instant, puis il se redressa, chassant l'�trange sensation de d�sorientation.</p><p>Et Blaise Zabini continua de marcher vers le bureau du directeur, souriant, heureux d'�tre un agent quadruple.</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Hermione Granger</emphasis></p><p>Le messager ne l'approcha que lorsqu'elle fut seule.</p><p>Hermione quittait juste les toilettes des filles, o� elle se cachait parfois pour penser, et un grand chat brillant bondit de nulle part et dit : "Miss Granger ?"</p><p>Elle laissa �chapper un petit glapissement avant de se rendre compte que le chat avait parl� de la voix du professeur McGonagall.</p><p>M�me si elle n'avait pas �t� effray�e, seulement surprise : le chat �tait clair, brillant et magnifique, irradiant d'une lumi�re blanche-argent�e, comme des rayons de soleil couleur lune, et elle ne pouvait pas s'imaginer avoir peur.</p><p>"Qu'�tes-vous ?" dit Hermione.</p><p>"C'est un message du professeur McGonagall," dit le chat, toujours de la voix du professeur. "Peux-tu te rendre dans mon bureau et ne parler de ceci � personne ?"</p><p>"J'arrive tout de suite," dit Hermione, encore surprise, et le chat bondit et disparu ; seulement il ne disparut pas, il s'en fut ; du moins c'est ce que son esprit lui dit, m�me si ses yeux venaient de le voir dispara�tre.</p><p>Lorsque Hermione atteint le bureau de son professeur pr�f�r�, son esprit �tait plein de sp�culations tourbillonnantes. Y avait-il quelque chose qui n'allait pas avec ses notes de m�tamorphose ? Mais alors pourquoi le professeur McGonagall dirait-elle de n'en parler � personne ? C'�tait probablement au sujet des exercices de m�tamorphose partielle de Harry...</p><p>Le visage du professeur McGonagall semblait inquiet, pas s�v�re, et Hermione s'assit face � son bureau - essayant d'emp�cher ses yeux d'aller jusqu'au mur d'alc�ves qui contenait les devoirs du professeur McGonagall, elle s'�tait toujours demand� quel genre de travail les adultes devaient accomplir pour faire fonctionner l'�cole et s'ils pourraient avoir besoin de son aide...</p><p>"Mlle. Granger," dit le professeur McGonagall, "laissez-moi commencer par vous dire que je sais d�j� que le directeur vous a demand� de faire ce v�u -"</p><p>"Il vous l'a <emphasis>dit</emphasis> ?" l�cha Hermione sous l'effet de la surprise. Le directeur avait dit que personne d'autre n'�tait cens� savoir !</p><p>Le professeur McGonagall s'interrompit, regarda Hermione, et gloussa avec tristesse. "Il est bon de voir que M. Potter ne vous a pas trop corrompue. Mlle. Granger, vous n'�tes pas cens�e <emphasis>admettre</emphasis> quelque chose simplement parce que je le dis. Il se trouve que le directeur ne me l'a <emphasis>pas</emphasis> dit, c'est juste que je le connais trop bien."</p><p>Hermione rougissait � pr�sent furieusement.</p><p>"Tout va bien, Mlle. Granger !" dit le professeur McGonagall avec h�te. "Vous �tes une Serdaigle en premi�re ann�e, personne ne vous demande d'�tre Serpentard."</p><p>Cela fit <emphasis>vraiment</emphasis> mal.</p><p>"Tr�s bien," dit Hermione d'un ton quelque peu acerbe, "j'irai demander des le�ons de Serpentard � Harry Potter, alors."</p><p>"Ce n'<emphasis>est pas</emphasis> ce que je voulais..." dit le professeur McGonagall, et elle laissa sa voix en suspens. "Mlle. Granger, cela m'inqui�te <emphasis>parce que</emphasis> les jeunes filles Serdaigle ne devraient pas avoir � �tre Serpentard ! Si le directeur vous demande de vous impliquer dans quelque chose qui ne vous met pas � l'aise, il est tout � fait normal de refuser. Et si vous vous sentez mise sous pression, dites au directeur que vous voudriez que je sois l�, ou que vous voudriez m'en parler avant."</p><p>Les yeux de Hermione �taient tr�s �carquill�s. "Le directeur fait-il des choses mauvaises ?"</p><p>Le professeur McGonagall eut l'air un peu triste en entendant cela. "Pas expr�s, Mlle. Granger, mais je pense... eh bien, il <emphasis>est</emphasis> probablement vrai que le directeur a du mal � se souvenir de ce que c'est que d'�tre un enfant. M�me lorsqu'il en �tait un, je suis s�re qu'il devait �tre brillant, un esprit et un c�ur fort, avec assez de courage pour trois Gryffondors. Parfois le directeur en demande trop de la part de ses jeunes �l�ves, Mlle. Granger, ou il ne prend pas assez de pr�cautions pour qu'ils ne souffrent pas. C'est un homme bon, mais parfois ses intrigues peuvent aller trop loin."</p><p>"Mais il est <emphasis>bon</emphasis> pour un �l�ve d'avoir de la force et du courage," dit Hermione. "C'est pour cela que vous m'avez sugg�r� Gryffondor, n'est-ce pas ?"</p><p>Le professeur McGonagall eut un sourire sarcastique. "Peut-�tre que j'�tais simplement �go�ste, que je vous voulais pour ma Maison. Le Choixpeau vous a-t-il offert - non, je n'aurais pas d� vous demander."</p><p>"Il m'a dit que je pouvais aller partout sauf � Serpentard," dit Hermione. Elle avait <emphasis>failli</emphasis> demander pourquoi elle n'�tait pas assez bonne pour Serpentard avant de r�ussir � s'en emp�cher... "Alors <emphasis>j'ai</emphasis> du courage, professeur !"</p><p>Le professeur McGonagall se pencha au-dessus de son bureau. L'inqui�tude �tait � pr�sent clairement visible sur son visage. "Mlle. Granger, il ne s'agit pas de courage, il s'agit de ce qui est bon pour des jeunes filles ! Le directeur vous attire dans ses intrigues, Harry Potter vous donne des secrets � garder, et maintenant vous faites des alliances avec Draco Malfoy ! Et j'ai promis � votre m�re que vous seriez en s�curit� � Poudlard !"</p><p>Hermione ne savait tout simplement pas quoi r�pondre � cela. Mais l'id�e lui vint que le professeur McGonagall ne l'aurait peut-�tre pas mise en garde si elle avait �t� un gar�on � Gryffondor et pas une fille � Serdaigle, et <emphasis>�a</emphasis>, c'�tait, eh bien... "J'essaierai d'�tre quelqu'un de bien," dit-elle, "et je ne laisserai personne me dire de ne pas l'�tre."</p><p>Le professeur McGonagall se comprima les mains sur les yeux. Lorsqu'elle les enleva, son visage rid� semblait tr�s vieux. "Oui," dit-elle dans un souffle, "vous auriez bien r�ussi dans ma Maison. Soyez prudente, Mlle. Granger. Et si vous �tes jamais inqui�te ou mal � l'aise au sujet de quoi que ce soit, venez me voir imm�diatement. Je ne vous retiendrai pas plus longtemps."</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup, Draco Malfoy</emphasis><emphasis>:</emphasis></p><p>Presque aucun d'eux ne voulait faire quoi que ce soit de compliqu� ce samedi, pas apr�s avoir combattu plus t�t. Alors Draco �tait juste assis dans une salle inoccup�e et essayait de lire un livre intitul� <emphasis>Penser la physique</emphasis>. C'�tait une des choses les plus fascinantes que Draco avait lues de sa vie, du moins les parties qu'il pouvait comprendre, du moins quand le <emphasis>maudit imb�cile</emphasis> qui refusait de laisser ses livres sortir de son champ de vision parvenait � se la <emphasis>fermer</emphasis> et � laisser Draco se <emphasis>concentrer</emphasis> -</p><p>"Hermione Granger est une <emphasis>Sang-de-Bouuurbe</emphasis>," chanta Harry Potter depuis un bureau non loin de celui de Draco, lisant lui-m�me un livre beaucoup plus pointu.</p><p>"Je sais ce que tu essaies de faire," dit calmement Draco sans lever les yeux de son livre. "�a ne va pas marcher. On va quand m�me s'allier et t'�craser."</p><p>"Un <emphasis>Maaaalfoy</emphasis> travaille avec une <emphasis>Sang-de-Bouuurbe</emphasis>, qu'est-ce-que tous les <emphasis>amiiiis </emphasis>de ton p�re vont penser -"</p><p>"Ils penseront que les Malfoys ne sont pas aussi simple � manipuler que <emphasis>tu</emphasis> sembles le croire, <emphasis>Potter</emphasis> !"</p><p>Le professeur de D�fense �tait encore plus fou que Dumbledore, aucun futur sauveur du monde n'aurait pu �tre si <emphasis>pu�rile</emphasis> et <emphasis>indigne</emphasis> � quelque �ge que ce soit.</p><p>"Eh Draco, tu sais ce qui va �tre vraiment chiant ? <emphasis>Tu </emphasis>sais que Hermione Granger a deux copies de l'all�le magique, comme toi et moi, mais tous tes camarades de Serpentard ne le savent pas et <emphasis>tuuuuuu </emphasis>n'as pas le droit de <emphasis>l'expliqueeeer</emphasis> -"</p><p>Les doigts de Draco blanchissaient l� o� ils serraient le livre. Il �tait impossible que se faire battre puis cracher dessus exige un tel contr�le de soi, et s'il ne se vengeait pas rapidement, il allait faire quelque chose d'incriminant -</p><p>"Et qu'est-ce que <emphasis>tu</emphasis> as souhait� la premi�re fois ?" dit Draco.</p><p>Harry ne r�pondit rien, alors Draco leva les yeux de son livre et sentit un tiraillement de satisfaction malsaine � la vue de l'air triste sur le visage de Harry.</p><p>"Hm," dit Harry. "Beaucoup de gens m'ont demand� �a, mais je ne pense pas que le professeur Quirrell aurait voulu que j'en parle."</p><p>Draco se donna un air s�rieux. "Tu peux m'en parler � <emphasis>moi</emphasis>. Ce n'est probablement pas important compar� aux autres secrets que tu m'as r�v�l�s, et � quoi d'autres les amis servent-ils ?" <emphasis>C'est �a, je suis ton ami ! Sens-toi coupable !</emphasis></p><p>"Ce n'�tait vraiment pas si int�ressant que �a," dit Harry avec une l�g�ret� �videmment artificielle. "Juste, <emphasis>je souhaite que le professeur Quirrell enseigne la magie de bataille l'ann�e prochaine</emphasis>."</p><p>Harry soupira et se replongea dans son livre.</p><p>Puis il dit, quelques secondes plus tard : "Ton p�re va probablement �tre assez �nerv� contre toi � No�l, mais si tu promets que tu trahiras la fille Sang-de-Bourbe et que tu balaieras son arm�e, tout reviendra dans l'ordre et tu auras quand m�me tes cadeaux de No�l."</p><p>Peut-�tre que si Draco et Granger le demandaient super poliment au professeur Quirrell et qu'ils utilisaient une partie de leurs points Quirrell, ils recevraient le droit de faire quelque chose d'un peu plus int�ressant au g�n�ral Chaos que de simplement l'endormir.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 36*: Diff�rences de statut</strong></p><p>Une d�sorientation d�chirante, voil� ce que Harry ressentit en descendant de la plate-forme neuf trois-quart et en mettant pied sur le reste du monde, un monde dont Harry avait longtemps cru qu'il �tait le seul qui exist�t vraiment. Les gens s'habillaient de t-shirts et de pantalons au lieu des robes bien plus dignes des sorciers et des sorci�res. Des morceaux de d�tritus �parpill�s ici et l� autour des bancs. Une odeur oubli�e, les fum�es d'essence br�l�e, brutes et intenses. L'ambiance de la gare de King's Cross, moins joviale et radieuse qu'� Poudlard ou qu'au chemin de Traverse ; les gens semblaient plus petits, plus peureux, et ils se seraient probablement empress�s d'�changer leurs probl�mes contre un Seigneur des T�n�bres � combattre. Harry aurait voulu jeter <emphasis>R�curvite</emphasis> sur la salet� et <emphasis>Everto</emphasis> sur les d�chets, et, s'il l'avait connu, un sortil�ge de bulle pour ne pas avoir � respirer l'air environnant. Mais il ne pouvait utiliser sa baguette en un lieu pareil...</p><p>Ceci, comprit Harry, �tait ce que l'on devait ressentir en passant d'un pays du premier monde � un pays du tiers monde.</p><p>Sauf que c'�tait le monde z�ro que Harry venait de quitter, le monde magique, le monde des sortil�ges de nettoyage et des elfes de maison ; o�, entre l'art du soigneur et sa propre magie, on pouvait aller jusqu'� cent soixante-dix ans avant que le grand �ge ne commence � vraiment laisser sa marque.</p><p>C'�tait Londres non-magique, la terre moldue, o� Harry �tait temporairement de retour. C'�tait l� que maman et papa vivraient jusqu'� la fin de leurs jours, � moins que la technologie ne fasse un bond en avant et permette d'atteindre la qualit� de vie des sorciers, ou que quelque chose de plus profond ne change dans le monde.</p><p>Sans m�me y penser, la t�te de Harry pivota et ses yeux dard�rent par-dessus son �paule pour apercevoir la malle de bois qui se pr�cipitait apr�s lui sans que les Moldus ne la remarquent, les tentatcules griffues offrant une rapide confirmation du fait que, oui, il n'avait pas simplement tout imagin�.</p><p>Et il y avait l'autre raison � l'origine du poids dans sa poitrine.</p><p>Ses parents ne savaient pas.</p><p>Ils ne savaient <emphasis>rien du tout</emphasis>.</p><p>Ils ne savaient pas...</p><p>"Harry," dit une femme fine et blonde dont la peau parfaite et sans marques lui donnait l'air d'avoir bien moins de trente-trois ans ; et Harry se rendit compte avec surprise que <emphasis>c'�tait</emphasis> de la magie, il n'avait pas reconnu les signes auparavant mais il pouvait maintenant les voir. Et quel que soit le genre de potion capable de durer aussi longtemps, �'avait d� �tre horriblement dangereux, car la plupart des sorci�res ne se faisaient pas �a � elles-m�mes, elles n'�taient pas d�sesp�r�es � ce point...</p><p>De l'eau s'amoncela dans les yeux de Harry.</p><p>"<emphasis>Harry ?</emphasis>" h�la un homme � l'air plus �g� avec une brioche naissante autour de l'estomac, habill� d'une veste noire jet�e sur une chemise gris-vert sombre avec la n�gligence ostentatoire des universitaires, quelqu'un qui serait toujours un professeur o� qu'il aille, qui aurait certainement �t� l'un des sorciers les plus brillants de sa g�n�ration s'il �tait n� avec deux copies de ce g�ne au lieu de z�ro...</p><p>Harry leva sa main et leur fit un signe. Il ne pouvait pas parler. Il en �tait totalement incapable.</p><p>Ils avanc�rent jusqu'� lui, sans courir, mais d'une d�marche s�re et digne ; c'�tait � cette vitesse que le professeur Michael Verres-Evans marchait, et madame Petunia Evans-Verres n'allait pas marcher plus vite.</p><p>Le sourire sur le visage de son p�re n'�tait pas tr�s large, mais cela dit, son p�re n'avait pas l'habitude de prodiguer d'immenses sourires ; il �tait au moins aussi grand que le plus large de ceux que Harry avait vu chez lui, plus grand que lorsqu'une nouvelle subvention de recherche arrivait ou que lorsque l'un de ses �tudiants obtenait un poste, et on ne pouvait pas demander un sourire plus grand que celui-l�.</p><p>Maman clignait des yeux, elle essayait de sourire mais ne se d�brouillait pas tr�s bien.</p><p>"Alors !" dit son p�re en approchant d'un pas leste. "D�j� fait des d�couvertes r�volutionnaires ?"</p><p>Bien s�r, papa pensait qu'il blaguait.</p><p>�a ne lui avait pas fait aussi mal que ses parents ne croient pas en lui � l'�poque o� <emphasis>personne </emphasis>ne croyait en lui, � l'�poque o� Harry ne <emphasis>savait pas</emphasis> ce que c'�tait que d'�tre pris au s�rieux par des gens comme Dumbledore et le professeur Quirrell.</p><p>Et c'est alors que Harry comprit que le Survivant n'existait qu'en Angleterre magique, qu'une telle personne n'existait pas dans la Londres moldue, qu'il y avait juste un mignon petit gar�on de onze qui rentrait chez lui pour No�l.</p><p>"Excusez-moi," dit Harry, sa voix tremblante, "je vais maintenant m'effondrer et fondre en larmes, �a ne veut pas dire que quelque chose ne va pas � l'�cole."</p><p>Harry commen�a � avancer, puis il s'arr�ta, d�chir� entre la possibilit� d'�treindre son p�re ou sa m�re, il ne souhaitait qu'aucun ne se sente l�s� ou n'ait l'impression que Harry l'aime plus que l'autre -</p><p>"Toi," dit son p�re, "tu es un gar�on tr�s b�te, M. Verres," et il prit gentiment Harry par les �paules et le poussa dans les bras de sa m�re, qui �tait agenouill�e, des larmes coulant d�j� le long de ses joues.</p><p>"Bonjour maman," dit Harry d'une voix vacillante, "je suis revenu." Et il la prit dans ses bras, au milieu des bruyants sons m�caniques et de l'odeur d'essence brul�e ; et Harry se mit � pleurer, car il savait que <emphasis>rien</emphasis> ne pourrait jamais revenir, lui encore moins que tout le reste.</p><empty-line/><p>Le ciel �tait totalement noir et les �toiles apparaissaient lorsqu'ils eurent fini de n�gocier avec la circulation hivernale de la ville universitaire qu'�tait d'Oxford et qu'ils se gar�rent dans l'all�e de la petite et vieille maison � l'air minable que leur famille utilisait pour garder les livres � l'abri de la pluie.</p><p>En marchant sur le petit bout de chauss�e qui menait � la porte principale, ils d�pass�rent une s�rie de pots de fleur qui contenaient de petites lumi�res �lectriques tamis�es (tamis�e car elles devaient se recharger � l'�nergie solaire pendant la journ�e), et elles s'intensifi�rent � leur approche. Le plus difficile avait �t� de trouver des d�tecteurs de mouvement imperm�ables qui se d�clenchaient exactement � la bonne distance...</p><p>� Poudlard, il y avait de v�ritables torches qui faisaient �a.</p><p>Et la porte d'entr�e s'ouvrit alors et Harry entra dans leur salon, clignant des yeux.</p><p><emphasis>Chaque centim�tre d'espace mural est couvert par des biblioth�ques. Chacune a six �tages et atteint presque le plafond. Certains �tages sont remplis � ras bord de livres grand format : science, math�matiques, histoire et tout le reste. D'autres �tages ont deux rang�es de livres de science-fiction broch�s, avec la rang�e arri�re sur�lev�e gr�ce � de vieilles bo�tes � mouchoirs ou des planches de bois, afin que l'on puisse la voir au-dessus de la rang�e avant. Et �a ne suffit pas. Les livres d�bordent des tables et des sofas et forment de petits monticules sous les fen�tres.</emphasis></p><p>La maisonn�e Verres �tait telle qu'il l'avait laiss�e, mais avec plus de livres, et c�tait aussi comme �a qu'il l'avait laiss�e.</p><p>Et un arbre de No�l, nu, sans d�coration, juste deux jours avant le r�veillon, ce qui d�boussola bri�vement Harry avant qu'il ne comprenne, avec une chaleur naissant dans sa poitrine, que ses parents avaient bien s�r <emphasis>attendu</emphasis>.</p><p>"Nous avons sorti le lit de ta chambre pour faire de la place pour d'autres biblioth�ques," dit son p�re. "Tu peux dormir dans ta malle, non ?"</p><p>"<emphasis>Tu</emphasis> peux dormir dans ma malle," dit Harry.</p><p>"Ce qui me rappelle," dit son p�re. "Qu'<emphasis>est</emphasis>-ce qu'ils ont fini par faire au sujet de ton cycle de sommeil ?"</p><p>"De la magie," dit Harry, se dirigeant droit vers la porte qui donnait sur sa chambre, juste au cas o� papa n'aurait <emphasis>pas</emphasis> plaisant�...</p><p>"Ce n'est pas une explication !" dit le professeur Verres-Evans juste quand Harry hurla : "<emphasis>Vous avez utilis� tout l'espace libre dans mes biblioth�ques ?"</emphasis></p><empty-line/><p>Harry avait pass� son 23 d�cembre � faire des emplettes pour les choses moldues qu'il ne pouvait pas juste m�tamorphoser ; son p�re avait �t� occup� et avait dit � Harry qu'il devrait marcher ou prendre le bus, ce qui avait tr�s bien convenu � Harry. Certains des employ�s de la quincallerie lui avaient jet� des regards interrogateurs, mais il avait dit d'une voix innocente que son p�re faisait des achats non loin et qu'il �tait tr�s occup� et qu'il l'avait envoy� chercher certaines choses (en tenant une liste faite de caract�res d'une �criture qui ressemblaient pr�cis�ment � celle quasi-illisible des adultes)... et en fin de compte, de l'argent, c'�tait de l'argent.</p><p>Ils avaient d�cor� le sapin de No�l tous ensemble, et Harry avait mis une petite f�e dansante au sommet (deux Mornilles et cinq Noises chez Gambol et Japes).</p><p>Gringotts avaient �t� pr�ts � �changer des Gallions contre des billets, mais ils ne semblaient pas conna�tre de moyen simple de transformer de larges quantit� d'or en argent Moldu exempt� d'imp�ts et plac� dans un compte bancaire Suisse. Cela avait nettement contrari� le plan de Harry consistant � transformer la majeure partie de l'argent qu'il s'�tait vol� � lui-m�me en un judicieux m�lange compos� � 60% d'indices de fonds internationaux et � 40% de Berkshire Hathaway. Pour l'instant, Harry avait diversifi� ses biens un peu plus en sortant subrepticement la nuit, invisible et remont� dans le temps, et en enterrant cent Gallions d'or dans le jardon. De toute fa�on, il avait toujours toujours <emphasis>toujours</emphasis> voulu faire �a.</p><p>Une partie du 24 d�cembre avait �t� pass�e aux c�t�s du professeur tandis que celui-ci lisait les livres de Harry et posait des questions. La plupart des exp�riences sugg�r�es par son p�re n'�taient pas r�alisables, du moins pour le moment ; de celles qui restaient, Harry en avait d�j� fait la plupart ("Oui papa, j'ai v�rifi� ce qui se passait si je donnais � Hermione une prononciation l�g�rement diff�rente et qu'elle ne savait pas si elle avait chang�, c'est la premi�re exp�rience que j'ai faite, papa !")</p><p>La derni�re question que le p�re de Harry avait pos�, apr�s avoir relev� les yeux de <emphasis>Potions et breuvages magiques</emphasis> avec un air de d�go�t abasourdi, �tait si tout �a avait un sens quand on �tait un sorcier ; et Harry avait r�pondu non.</p><p>Sur quoi son p�re avait d�clar� que la magie n'�tait pas scientifique.</p><p>Harry �tait encore un peu choqu� � l'id�e qu'on puisse dire d'une section de la <emphasis>r�alit�</emphasis> qu'elle n'�tait pas scientifique. Papa semblait penser que le conflit entre ses intuitions et l'univers signifiait que l'univers avait un probl�me.</p><p>(Mais apr�s tout, il y avait beaucoup de physiciens qui pensaient que la m�canique quantique �tait bizarre au lieu de penser que la m�canique �tait normale et que c'�tait eux qui �taient bizarres).</p><p>Harry avait montr� � sa m�re le kit de soin qu'il avait apport� pour qu'ils le gardent � la maison, m�me si la plupart des potions ne marcheraient pas sur Papa. Maman avait fix� le kit du regard avec un air qui avait pouss� Harry � lui demander si sa soeur avait jamais apport� quoi que ce soit du genre pour papi Edwin et mami Elaine. Et quand maman avait continu� � ne pas r�pondre, Harry avait dit h�tivement qu'elle n'y avait probablement juste jamais pens�. Et puis il avait finit par fuir la pi�ce.</p><p>Lily Evans n'y <emphasis>avait </emphasis>probablement <emphasis>pas</emphasis> pens�, c'�tait �a qui �tait triste. Harry savait que les autres avaient une tendance � ne pas penser aux sujets douloureux, tout comme ils avaient une tendance � ne pas d�lib�r�ment poser leurs mains sur des cuisini�res allum�es ; et Harry commen�ait � soupconner que la plupart des n�s-Moldus acqu�raient rapidement une tendance � ne pas penser � leur famille, qui allait de toute fa�on mourir avant d'avoir atteint son premier si�cle.</p><p>Non que Harry ait la moindre intention de laisser <emphasis>�a </emphasis>se produire, bien s�r.</p><p>Et la journ�e du 24 d�cembre fut alors plus avanc�e et ils partirent vers leur d�ner de r�veillon.</p><empty-line/><p>La maison �tait immense, non pas d'apr�s les standards de Poudlard mais d'apr�s ceux dictant ce qu'on pouvait avoir si son p�re �tait un distingu� professeur essayant de vivre � Oxford. Deux �tages de briques �tincelantes sous le soleil couchant, avec des fen�tres au-dessus d'autres fen�tres et une, plus grande que les autres, qui montait � des hauteurs que du verre n'aurait jamais d� pouvoir atteindre. �a allait �tre un immense salon...</p><p>Harry prit une profonde inspiration et sonna � la porte d'entr�e.</p><p>Il y eut une un appel lointain, "Ch�ri, tu peux y aller ?"</p><p>Suivi par le lent pi�tinement de quelqu'un qui s'approchait.</p><p>Et la porte s'ouvrit alors pour r�v�ler un homme cordial aux joues grasses et roses et aux cheveux clairsem�s, dans une chemise bleue boutonn�e qui tirait l�g�rement aux coutures.</p><p>"Dr. Granger," dit brusquement le p�re de Harry avant que celui-ci ne puisse ouvrir la bouche. "Je suis Michael, et voici P�tunia et notre fils Harry. La nourriture est dans la malle magique," et papa fit un vague geste vers l'arri�re - � vrai dire pas tout � fait vers la malle.</p><p>"Oui, entrez, je vous en prie," dit Leo Granger. Il fit un pas vers l'avant et prit la bouteille de vins des mains tendues du professeur avec un "Merci" marmonn�, puis il recula et indiqua le salon d'un geste de la main. "Asseyez-vous. Et," sa t�te se baissant pour s'adresser � Harry, "tous les jouets sont en bas � la cave, je suis s�r que Herm descendra bient�t, c'est la premi�re porte � ta droite," et il pointa un doigt vers un couloir.</p><p>Harry se contenta de l'observer un moment, conscient du fait qu'il bloquait ses parents et les emp�chait d'entrer.</p><p>"Des jouets ?" dit Harry d'une voix radieuse et aigue, les yeux �carquill�s. "J'adore les jouets !"</p><p>Il y eut une inspiration bruyante venant de sa m�re, situ�e derri�re lui, et Harry se pr�cipita dans la maison, parvenant tout juste � ne pas taper des pieds sur le sol exag�r�ment.</p><p>Le salon �tait aussi large qu'il avait sembl� �tre de l'ext�rieur, avec un immense plafond vo�t� d'o� pendait un gigantesque lustre et un arbre de No�l dont le passage par la porte d'entr�e avait probablement fait des victimes. Les niveaux inf�rieurs de l'arbre �taient d�cor�s de fond en comble de beaux motifs rouge et vert et or, avec une touche novatrice de bleu et de bronze ; les hauteurs, que seul un adulte pouvait atteindre, �taient al�atoirement recouvertes de cha�nes de lampions et de guirlandes sans que le moindre soin ait �t� apport�e � leur disposition. Un couloir se prolongeait jusqu'� s'achever dans l'antichambre d'une cuisine, et des escaliers de bois � la rambarde de m�tal poli continuaient jusqu'� un deuxi�me �tage.</p><p>"Waoh !" dit Harry. "Quelle grande maison ! J'esp�re que je ne vais pas m'y perdre !"</p><empty-line/><p>Le Dr. Roberta Granger se sentait de plus en plus nerveuse � l'approche du d�ner. La dinde et le r�ti, leurs contributions au projet commun, cuisaient tranquillement dans le four ; les autres plats devaient �tre apport�s par les invit�s, la famille Verres, qui avait adopt� un gar�on pr�nomm� Harry. Qui �tait connu sous le nom de Survivant dans le monde magique. Et qui �tait aussi le seul gar�on que Hermione ait jamais qualifi� de "mignon", et m�me le seul qu'elle ait jamais remarqu�.</p><p>Les Verres avaient dit que Hermione �tait le seul enfant de l'�ge de Harry dont il avait jamais reconnu l'existence de quelque fa�on que ce soit.</p><p>Et peut-�tre br�laient-ils l� quelques �tapes, mais les deux couples avaient comme un vague soup�on que des cloches nuptiales se profilaient � quelques ann�es d'ici.</p><p>Alors m�me si le jour de No�l se d�roulerait, comme toujours, avec la famille de son mari, ils avaient d�cid� de passer le r�veillon � rencontrer les possibles futurs beaux-parents de leur fille.</p><p>On sonna � la porte alors qu'elle �tait en train d'arroser la dinde, et elle �leva la voix et cria : <emphasis>"Ch�ri, tu peux y aller ?"</emphasis></p><p>Il y eut le bref grognement d'une chaise et de son occupant, puis le son des lourds pas de son mari et d'une porte qui s'ouvrait.</p><p>"Dr. Granger ?" dit la voix brusque d'une homme plus �g�. "Je suis Michael, et voici P�tunia et notre fils Harry. La nourriture est dans la malle magique."</p><p>"Oui, entrez, je vous en prie," dit son mari, suivi d'un "Merci" marmonn� qui indiquait qu'une esp�ce de cadeau avait �t� accept�, puis "Asseyez-vous." La voix de Leo passa alors � un ton enthousiaste artificiel et dit : "Et tous les jouets sont en bas � la cave, je suis s�r que Herm descendra bient�t, c'est la premi�re porte � ta droite."</p><p>Il y eut une br�ve pause.</p><p>Puis la voix radieuse d'un jeune gar�on dit : "Des jouets ? J'adore les jouets !"</p><p>Il y eut le son de bruits de pas entrant dans la maison, puis la m�me voix radieuse dit : "Waoh ! Quelle grande maison ! J'esp�re que je ne vais pas m'y perdre !"</p><p>Roberta ferma le four en souriant. Elle avait �t� un peu inqui�t�e par la fa�on dont les lettres de Hermione avaient d�crites le Survivant - m�me si sa fille n'avait certainement rien dit qui puisse indiquer que Harry Potter �tait <emphasis>dangereux</emphasis> ; rien de semblable aux sombres sous-entendus �crits dans les livres qu'elle avec achet�s, pr�tendument pour Hermione, pendant leur excursion au Chemin de Traverse. Sa fille n'avait pas dit grand-chose, seulement que Harry parlait comme s'il sortait d'un livre et que Hermione �tudiait plus dur qu'elle ne l'avait jamais fait de sa vie juste pour rester meilleure que lui en cours. Mais � l'entendre, Harry �tait un enfant de onze ans ordinaire.</p><p>Elle se rendit � la porte principale juste quand, dans un grand fracas, sa fille descendit fr�n�tiquement les escaliers � une vitesse qui ne semblait pas s�re du tout, Hermione avait pr�tendu que les sorci�res �taient plus r�sistantes aux chutes mais Roberta n'�tait tout � fait s�re d'y croire -</p><p>Roberta eut un premier aper�u du professeur et de Mme. Verres, qui semblaient tous deux plut�t nerveux, juste au moment o� le gar�on � la cicatrice l�gendaire se tournait vers sa fille et disait, d'une voix maintenant plus grave, "Heureux de vous revoir en cette exceptionelle soir�e, Mlle. Granger." Sa main s'�tendit, comme s'il offrait ses parents sur un plateau d'argent. "Je vous pr�sente mon p�re, le professeur Michael Verres-Evans, et ma m�re, Mme. P�tunia Evans-Verres."</p><p>Et, alors que la bouche de Roberta s'ouvrait grand, le gar�on se retourna vers ses parents et dit, reprenant sa voix radieuse, "Maman, Papa, c'est Hermione ! Elle est vraiment maline !"</p><p>"<emphasis>Harry </emphasis>!" siffla sa fille, "Arr�te �a !"</p><p>Le gar�on pivota de nouveau pour regarder Hermione. "J'ai peur, mademoiselle Granger," dit-il avec le plus grand s�rieux, "que vous et moins ayons �t� exil�s aux recoins labyrinthiques de la cave. Laissons-les � leurs conversations adultes, qui s'�l�vent sans nul doute loin au-dessus de nos intellects pu�rils, et reprenons notre conversation interrompue sur ce que le projectivisme Humien implique pour la M�tamorphose."</p><p>"Excusez-nous, s'il vous pla�t," dit sa fille d'un ton tr�s ferme, et elle attrapa le gar�on par sa manche gauche et le tra�na dans le couloir - Roberta pivota, impuissante, essayant de les suivre alors qu'ils la d�passaient, le gar�on lui fit un jovial salut de la main - puis Hermione tira le gar�on dans le passage menant � la cave et claqua la porte derri�re elle.</p><p>"Je, ah, je vous demande pardon pour..." dit Mme. Verres d'une voix d�faillante.</p><p>"Je suis d�sol�," dit le professeur, un sourire plein d'affection sur le visage, "Harry peut �tre assez susceptible sur ce genre de chose. Mais je pense qu'il a raison en disant que nous ne serions pas int�ress�s par leur conversation."</p><p><emphasis>Est-il dangereux ?</emphasis> voulait-elle demander, mais elle resta silencieuse et essaya de trouver des questions plus subtiles. A c�t� d'elle, son mari gloussait, comme si ce qu'il venait de voir lui avait sembl� plus amusant qu'effrayant.</p><p>Le plus terrible Seigneur des T�n�bres de l'Histoire avait essay� de tuer ce gar�on, et l'enveloppe calcin�e de son corps avait �t� retrouv�e � c�t� du berceau.</p><p>Son possible futur beau-fils.</p><p>Roberta avait �t� de plus en plus appr�hensive quant au fait d'avoir donn� sa fille � la sorcellerie - en particulier apr�s avoir lu les livres, fait correspondre les dates, et s'�tre rendu compte que sa m�re sorci�re avait probablement �t� tu�e au sommet de la terreur de Grindelwald et <emphasis>pas</emphasis> en lui donnant naissance comme son p�re l'avait toujours pr�tendu. Mais le professeur McGonagall avait fait d'autres visites apr�s son premier voyage, pour "voir comment mademoiselle Granger allait" ; et Roberta ne pouvait s'emp�cher de penser que si Hermione disait un jour que ses parents posaient probl�me � sa carri�re de sorci�re, alors quelqu'un ferait quelque chose pour les corriger <emphasis>eux</emphasis>...</p><p>Roberta afficha son plus beau sourire et fit ce qu'elle put pour r�pandre un peu de fausse de joie de No�l.</p><empty-line/><p>La salle � manger �tait bien trop grande pour six personnes - euh, pour quatre personnes et deux enfants, mais elle �tait recouverte d'une nappe de fin lin blanc et les plats avaient �t� inutilement transf�r�s dans des assiettes de luxes, mais au moins elles �taient faites d'acier inoxydable et pas de vrai argent.</p><p>Harry avait un peu de mal � se concentrer sur la dinde.</p><p>La conversation avait naturellement d�riv� vers Poudlard ; et il avait �t� �vident aux yeux de Harry que ses parents esp�raient que Hermione ferait une gaffe et en dirait plus sur sa vie scolaire que ce qu'il leur en avait r�v�l�. Et soit Hermione s'en �tait rendue compte, soit elle restait automatiquement � l'�cart de tout sujet qui pourrait poser probl�me.</p><p>Donc tout allait bien pour <emphasis>Harry</emphasis>.</p><p>Mais il avait malheureusement fait l'erreur de bassiner ses parents avec toutes sortes de faits concernant Hermione qu'elle n'avait pas mentionn� aux <emphasis>siens</emphasis>.</p><p>Comme le fait qu'elle �tait g�n�rale d'une arm�e dans leurs activit�s du soir.</p><p>La m�re de Hermione avait eut l'air tr�s alarm�e, et Harry avait rapidement interrompu la discussion et avait fait de son mieux pour expliquer que tous les sorts �taient �tourdissants, que le professeur Quirrell surveillait en permanence, et que l'existence du soin magique signifiait que beaucoup de choses �tait bien moins dangereuses qu'elles n'en avaient l'air, et c'est � ce moment que Hermione lui avait donn� un coup de pied sous la table. Heureusement le p�re de Harry, au sujet duquel ce dernier devait admettre qu'il �tait meilleur que lui dans certains domaines, avait annonc� avec une ferme autorit� professorale qu'il n'�tait pas inquiet du tout puisqu'il ne pouvait pas imaginer qu'on aurait laiss� des enfants le faire si �a avait �t� dangereux.</p><p>Cela dit, ce n'�tait pas la raison pour laquelle Harry avait du mal � appr�cier le d�ner.</p><p>...le probl�me, quand on s'apitoyait sur son sort, c'�tait que �a ne prenait toujours qu'un instant pour trouver quelqu'un pour qui les choses �taient pires.</p><p>� un moment, le Dr. Leo Granger avait demand� si le professeur McGonagall, ce gentil professeur qui semblait aimer Hermione, lui donnait beaucoup de points � l'�cole.</p><p>Hermione avait dit oui, avec un sourire apparemment authentique.</p><p>Harry �tait parvenu, avec quelques efforts, � s'emp�cher de faire remarquer d'un ton glacial que le professeur McGonagall ne montrerait jamais aucun favoritisme envers un �l�ve de Poudlard et que Hermione gagnait beaucoup de points parce qu'elle avait m�rit� <emphasis>chacun. d'entre. eux.</emphasis></p><p>� un autre moment, Leo Granger avait offert � la table son opinion selon laquelle Hermione �tait tr�s intelligente et aurait pu faire m�decine et devenir dentiste, s'il n'y avait eu toute cette histoire de sorcellerie.</p><p>Hermione avait de nouveau sourit, et un regard rapide avait emp�ch� Harry de sugg�rer que Hermione aurait aussi pu �tre une <emphasis>scientifique internationalement reconnue</emphasis>, et de demander si cette pens�e serait venue aux Granger s'ils avaient eu un <emphasis>fils</emphasis> au lieu d'une <emphasis>fille</emphasis>, ou s'il �tait de toute fa�on inacceptable que leur descendance r�ussisse un jour mieux qu'eux.</p><p>Mais Harry arrivait rapidement � �bullition.</p><p>Et il appr�ciait de plus en plus le fait que son propre p�re avait <emphasis>toujours</emphasis> fait tout ce qu'il pouvait pour soutenir son d�veloppement � la hauteur de ses capacit�s prodigieuses et qu'il l'avait <emphasis>toujours</emphasis> encourag� � viser plus haut et qu'il n'avait <emphasis>jamais</emphasis> minimis� le moindre de ses accomplissements, m�me si un enfant prodige demeurait malgr� tout un enfant. �tait-ce le genre de foyer o� il aurait pu finir si maman avait �pous� Vernon Dursley ?</p><p>Cela dit, Harry faisait ce qu'il pouvait.</p><p>"Et elle te bat vraiment dans <emphasis>tous</emphasis> tes cours � part vol sur balais et M�tamorphose ?" dit le professeur Michal Verres-Evans.</p><p>"Oui," dit Harry avec un calme forc� en se d�coupant une autre bouch�e de dinde de No�l. "Avec une bonne marge dans la plupart." Il y avait d'autres circonstances lors desquelles Harry aurait �t� plus r�ticent � l'admettre, et c'�tait la raison pour laquelle il n'avait pas encore trouv� l'occasion de le dire � son p�re.</p><p>"Hermione s'est toujours pas mal d�brouill� � l'�cole," dit le Dr. Leo Granger d'un ton satisfait.</p><p>"Harry fait des comp�titions au niveau national !" dit le professeur Michael Verres-Evans.</p><p>"Ch�ri !" dit P�tunia.</p><p>Hermione gloussait, et �a n'aidait pas Harry passer un bon moment. �a ne semblait pas emb�ter Hermione et <emphasis>�a emb�tait Harry.</emphasis></p><p>"�a ne me g�ne pas de perdre contre elle, papa," dit Harry. � ce moment pr�cis, c'�tait le cas. "Ai-je mentionn� qu'elle a m�moris� tous ses manuels avant le premier jour de cours ? Et oui, j'ai v�rifi�."</p><p>"Est-ce, euh, <emphasis>habituel</emphasis> pour elle ?" dit le professeur Verres-Evans aux Granger.</p><p>"Oh, oui, Hermione a touours m�moris� des choses," dit le Dr. Roberta Granger avec un sourire jovial. "Elle conna�t toutes les recettes de mes livres de cuisine par coeur. Elle me manque � chaque fois que je fais � d�ner."</p><p>� en juger l'expression sur le visage de son p�re, papa ressentait au moins une partie de ce que Harry ressentait.</p><p>"Ne t'en fais pas, papa," dit Harry, "elle acc�de au mat�riel p�dagogique le plus avanc� qu'elle soit capable de comprendre maintenant. Ses professeurs savent qu'elle est intelligente, <emphasis>contrairement � ses parents !</emphasis>"</p><p>Sa voix avait mont� d'un cran sur ces trois derniers mots, alors m�me que tous les visages s'�taient tourn�s pour le fixer et que Hermione lui avait donn� un nouveau coup de pied, Harry savait qu'il s'�tait plant�, mais �'avait �t� trop, beaucoup trop.</p><p>"Bien s�r que nous savons qu'elle est intelligente," dit Leo Granger, en commen�ant � avoir l'air offens� face � l'enfant qui avait eu la t�m�rit� d'�lever la voix � leur table.</p><p>"Vous n'en avez pas la moindre id�e," dit Harry, la glace s'insinuant maintenant dans sa voix. "Vous pensez qu'elle lit beaucoup de livres et que c'est mignon, c'est �a ? Vous voyez un bulletin avec des notes parfaites et vous pensez que c'est bien qu'elle soit forte en cours. Votre fille est la sorci�re la plus talentueuse de sa g�n�ration et la plus grande c�l�brit� de Poudlard, et un jour, Dr. et Dr. Granger, le fait que vous �tiez ses parents sera la seule raison pour laquelle l'Histoire s'est souvenue de vous !"</p><p>Hermione, qui s'�tait calmement lev�e de son si�ge et avait fait le tour de la table, choisit ce moment pour attraper la chemise de Harry au niveau de son �paule et pour le tirer hors de sa chaise. Harry se laissa faire, mais alors que Hermione le tra�nait loin de la table, il dit, �levant encore plus sa voix : "Il est enti�rement possible que dans mille ans, le fait que les parents de Hermione Granger �taient dentistes soit la seule raison pour laquelle on se souvienne du m�tier de dentiste !"</p><empty-line/><p>Roberta fixa l'espace par lequel sa fille venait de tra�ner le Survivant hors de la pi�ce avec un air patient grav� sur son jeune visage.</p><p>"Je suis terriblement d�sol�," dit le professeur Verres avec un sourire amus�. "Mais ne vous en faites pas s'il vous pla�t, Harry parle toujours comme �a. N'ont-ils pas d�j� l'air d'un couple mari� ?"</p><p>Ce qui �tait effrayant, c'�tait qu'ils en <emphasis>avaient </emphasis>l'air.</p><empty-line/><p>Harry s'�tait attendu � une le�on assez s�v�re de la part de Hermione.</p><p>Mais apr�s qu'elle l'ait tra�n� dans le passage menant � la cave et qu'elle ait referm� la porte derri�re eux, elle s'�tait retourn�e -</p><p>- en souriant, d'un sourire authentique pour ce que Harry pouvait en discerner.</p><p>"Harry, ne fais pas �a, s'il te pla�t," dit-elle d'une voix douce. "M�me si c'est tr�s gentil de ta part. Tout va bien."</p><p>Harry se contenta de la regader. "Comment peux-tu le supporter ?" dit-il. Il devait garder une voix basse, il ne voulait pas que les parents entendent, mais si elle ne monta pas en volume, elle monta en timbre. "<emphasis>Comment peux-tu le supporter ?</emphasis>"</p><p>Hermione haussa les �paules et dit : "Parce que c'est comme �a que les parents <emphasis>devraient</emphasis> �tre ?"</p><p>"Non," dit Harry, sa voix basse et intense, "pas du tout, mon p�re ne me rabaisse <emphasis>jamais</emphasis> - enfin, <emphasis>si</emphasis>, mais jamais comme �a -"</p><p>Hermione leva un seul doigt, et Harry attendit, la regardant chercher ses mots. Un bon moment s'�coula avant qu'elle ne dise : "Harry... Le professeur McGonagall et le professeur Flitwick m'aiment parce que je suis la sorci�re la plus talentueuse de ma g�n�ration et la plus grande c�l�brit� de Poudlard. Et maman et papa ne le savent pas, et tu n'arriveras jamais � le leur dire, mais ils m'aiment quand m�me. Ce qui veut dire que les choses sont comme elles devraient �tre, � Poudlard et � la maison. Et puisque ce sont <emphasis>mes</emphasis> parents, M. Potter, <emphasis>vous</emphasis> n'avez pas le droit d'arguer." Elle souriait � nouveau du sourire myst�rieux qu'elle avait eu au d�ner, et elle regardait Harry avec beaucoup d'affection. "<emphasis>Est-</emphasis>ce clair, M. Potter ?"</p><p>Harry hocha la t�te d'un air guind�.</p><p>"Bien," dit Hermione, et elle se pencha et l'embrassa sur la joue.</p><empty-line/><p>La conversation venait de reprendre quand un glapissement aigu et lointain flotta jusqu'� eux.</p><p>"<emphasis>H� ! Pas de bisou !</emphasis>"</p><p>Les deux p�res �clat�rent de rire au moment m�me o� les deux m�res se lev�rent de leur chaise avec une expression d'horreur identique et qu'elle s'�lanc�rent vers la cave.</p><p>Lorsque les enfants eurent �t� rapport�s, Hermione dit d'un ton de glace qu'elle n'embrasserait plus jamais Harry, et celui-ci dit d'une voix outrag�e que le soleil serait devenu un tas de cendres froides avant qu'il ne la laisse s'approcher assez pr�s pour qu'elle puisse r�essayer.</p><p>Ce qui voulait dire que les choses �taient exactement comme elles devraient �tre, et ils se rassirent tous pour finir le d�ner de No�l.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 37*: Interlude : Franchir la limite</strong></p><p>Il �tait presque minuit.</p><p>Harry n'avait eu aucune difficult� � veiller tard. Il lui avait suffit de ne pas utiliser le Retourneur de Temps, suivant ainsi une tradition qui consistait � aligner son cycle de sommeil pour �tre s�r d'�tre �veill� lorsque la veille de No�l deviendrait le jour de No�l ; parce que, m�me s'il n'avait jamais �t� assez jeune pour <emphasis>croire</emphasis> au p�re No�l, il avait un jour �t� assez jeune pour douter.</p><p>�'aurait �t� bien si un personnage myst�rieux entrait <emphasis>vraiment</emphasis> dans votre maison, la nuit, pour vous apporter des cadeaux...</p><p>Un frisson descendit alors le long de l'�pine dorsale de Harry.</p><p>Le sentiment que quelque chose d'affreux approchait.</p><p>Une terreur rampante.</p><p>Une sensation funeste.</p><p>Harry se redressa instantan�ment dans son lit.</p><p>Il regarda par la fen�tre.</p><p>"<emphasis>Professeur Quirrel ?"</emphasis> glapit-il tr�s doucement.</p><p>Le professeur Quirrell �leva l�g�rement la main et la fen�tre de Harry sembla se replier dans son cadre. Une bouff�e d'air hivernal p�n�tra imm�diatement � travers l'ouverture, accompagn�e d'une poign�e de flocons de neige venus d'un ciel tachet� de nuages nocturnes gris, entre l'obscurit� et les �toiles.</p><p>"N'ayez crainte, M. Potter," dit le professeur de D�fense d'une voix normale. "J'ai ensorcel� vos parents, ils ne se r�veileront pas avant mon d�part."</p><p>"Personne n'est cens� savoir o� je suis !" dit Harry, gardant le glapissement discret. "M�me les chouettes sont cens�es livrer mon courier � Poudlard, pas ici !" Harry avait volontairement accept� cela ; il serait idiot qu'un Mangemort puisse gagner la guerre n'importe quand juste en lui envoyant par chouette une grenade arm�e d'un d�tonateur magique.</p><p>Le professeur Quirrell souriait depuis le jardin situ� de l'autre c�t� de la fen�tre. "Oh, je ne m'inqui�terais pas � ce sujet, M. Potter. Vous <emphasis>�tes</emphasis> bien prot�g� contre les sorts de localisation, et aucun Puriste du Sang ne pensera jamais � consulter l'annuaire." Son sourire s'�largit. "Et il m'a en effet fallu des efforts consid�rables pour franchir les barri�res que le directeur a mises en place autour de cette maison - m�me si bien s�r toute personne connaissant votre adresse pourrait simplement attendre et vous attaquer lors votre prochaine sortie."</p><p>Harry regarda le professeur Quirrell pendant un moment. "Que <emphasis>faites</emphasis>-vous ici ?" dit-il enfin.</p><p>Le sourire quitta le visage du professeur Quirrell. "Je suis venu vous demander pardon, M. Potter," dit doucement le professeur de D�fense. "Je n'aurais pas d� vous parler aussi durement que je l'ai -"</p><p>"�vitez," dit Harry. Il baissa les yeux sur la couverture qu'il gardait serr�e autour de son pyjama, "�vitez juste..."</p><p>"Vous ai-je tant offens� que cela ?" dit la voix douce du professeur Quirrell.</p><p>"Non," dit Harry. "Mais vous le <emphasis>ferez</emphasis> si vous vous excusez."</p><p>"Je vois," dit le professeur Quirrell, et sa voix devint instantan�ment s�v�re. "Alors, si je dois vous traiter comme un �gal, M. Potter, je dois dire que vous avez gravement enfreint l'�tiquette qui r�git l'amiti� entre deux Serpentard. Si vous n'�tes pas en train de jouer contre quelqu'un, vous ne <emphasis>devez</emphasis> pas vous m�ler de ses plans comme vous l'avez fait, pas sans leur en parler <emphasis>avant</emphasis>. Car vous ne savez pas quel peut �tre leur v�ritable dessein, ni l'enjeu qu'ils y ont plac�. Cela vous marquerait comme �tant un ennemi, M. Potter."</p><p>"Je suis navr�," dit Harry, du m�me ton doux que le professeur Quirrell avait utilis�.</p><p>"Excuses accept�es," dit le professeur Quirrell.</p><p>"Mais," dit Harry, toujours doucement, "nous devrions vraiment reparler de politique � un moment ou � un autre."</p><p>Le professeur Quirrell soupira. "Je sais que vous n'aimez pas la condescendance, M. Potter -"</p><p>Ce n'�tait pas un petit euph�misme.</p><p>"Mais il serait encore plus condescendant," dit le professeur Quirrell, "de ne pas le dire clairement. Il vous manque une certaine exp�rience de vie, M. Potter."</p><p>"Et toutes les personnes avec une exp�rience de vie suffisante sont-elles d'accord avec vous, alors ?" dit calmement Harry.</p><p>"� quoi sert l'exp�rience pour quelqu'un qui joue au Quidditch ?" dit le professeur Quirrell, et il haussa les �paules. "Je pense que vous finirez par changer d'avis, quand toute votre confiance aura �t� trahie et que vous serez devenu cynique."</p><p>Le professeur de D�fense avait dit cela comme si c'�tait la d�caration la plus banale du monde, entour� de l'obscurit� et des �toiles et du ciel tachet� de nuages, tandis qu'un ou deux petits flocons passaient devant lui dans l'air hivernal mordant.</p><p>"Ce qui me rappelle," dit Harry. "Joyeux No�l."</p><p>"Je suppose," dit le professeur Quirrell. "Apr�s tout, si ce ne sont <emphasis>pas</emphasis> des excuses, alors ce doit �tre un cadeau de No�l. Le premier que j'ai jamais donn�, � vrai dire."</p><p>Harry n'avait m�me pas commenc� � apprendre le Latin pour pouvoir lire le journal exp�riemental de Roger Bacon ; et il n'osa ouvrir la bouche pour demander.</p><p>"Mettez votre manteau d'hiver," dit le professeur Quirrell, "ou prenez une potion r�chauffante si vous en avez une ; et retrouvez moi dehors, sous les �toiles. Je verrai si je peux le maintenir un peu plus longtemps cette fois-ci."</p><p>Il fallut un moment avant que Harry ne comprenne le sens des mots, et il fon�a alors vers son placard � manteaux.</p><p>Le professeur Quirrell maintint le sort de lumi�re stellaire pendant plus d'une heure, m�me si son visage commen�a � r�v�ler de la tension, et il fallut qu'il s'asseoie au bout d'un moment. Harry protesta une seule fois et se vit intimer l'ordre de se taire.</p><p>Il franchirent la limite entre le r�veillon de No�l et le jour de No�l dans ce vide intemporel o� la rotation terrestre ne voulait rien dire, dans la seule v�ritable sainte nuit �ternelle.</p><p>Et exactement comme promis, les parents de Harry dormirent � poings ferm�s du d�but � la fin, jusqu'� ce que Harry soit de retour dans sa chambre et que le professeur de D�fense soit parti.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 38*: Le p�ch� capital</strong></p><p>Brillant le soleil, brillants les airs, brillants les �l�ves et brillants leurs parents, propre le sol pav� de la plate-forme 9,75, le soleil d'hiver suspendu bas dans le ciel � 9h45 le matin du cinq janvier 1992. Certains des �l�ves les plus jeunes portaient des �charpes et des mitaines, mais la plupart �taient simplement v�tus de leurs robes ; apr�s tout, ils �taient des sorciers.</p><p>Une fois loin de la plate-forme d'arriv�e, Harry retira son �charpe et son manteau, ouvrit un compartiment de sa malle et y fourra ses affaires d'hiver.</p><p>Il se tint l� pendant un long moment, laissant l'air de janvier le mordre, juste pour voir comment c'�tait.</p><p>Il finit par sortit sa baguette ; et il ne put s'emp�cher de penser aux parents qu'il venait d'embrasser et auxquels il venait de dire au revoir, au monde dont il laissait les probl�mes derri�re lui...</p><p>Se sentant �trangement coupable de cette in�luctabilit�, Harry dit : "<emphasis>Thermos</emphasis>"</p><p>La chaleur se r�pandit en lui.</p><p>Et le Survivant fut de retour.</p><p>Harry bailla et s'�tira, se sentant plus l�thargique qu'autre chose au terme de ces vacances. Ce matin, il n'�tait pas d'humeur � lire ses manuels, ni m�me de la science-fiction s�rieuse ; ce dont il avait besoin, c'�tait de quelque chose d'enti�rement frivole et qui puisse occuper son attention.</p><p>Eh bien, s'il �tait pr�t � se d�faire de quatre Noises, �a ne serait pas difficile � trouver.</p><p>De plus, si la <emphasis>Gazette du sorcier</emphasis> �tait corrompue et que le <emphasis>Chicaneur</emphasis> �tait le seul journal concurrent, il pourrait y avoir de v�ritables informations �touff�es l�-dedans.</p><p>Harry marcha d'un pas lourd jusqu'au m�me kiosque que la derni�re fois, se demandant si le <emphasis>Chicaneur </emphasis>surpasserait le gros titre qu'il avait vu la fois pr�c�dente.</p><p>Le vendeur commen�a � sourire � l'approche de Harry, puis son visage changea brutalement lorsqu'il aper�ut la cicatrice.</p><p>"<emphasis>Harry Potter</emphasis> ?" s'�trangla le vendeur.</p><p>"Non, M. Durian," dit Harry, ses yeux ayant bri�vement d�clin�s jusqu'au badge de l'homme, "juste une incroyable imitation -"</p><p>Puis la voix de Harry se bloqua dans sa gorge alors qu'il apercevait la partie sup�rieure du <emphasis>Chicaneur</emphasis>.</p><p><emphasis>VOYANTE BOURR�E CRACHE LE MORCEAU :</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>LE SEIGNEUR DES T�N�BRES VA REVENIR,</emphasis></p><p>Pendant juste un instant, Harry tenta de r�primer les mouvements des muscles de son visage avant de se rendre que de ne <emphasis>pas</emphasis> �tre choqu� pourrait �tre, en un sens, tout autant r�v�lateur -</p><p>"Excusez-moi," dit Harry. Il avait un ton quelque peu alarm�, et il ne savait m�me pas si cela en r�v�lait trop, ni m�me ce que sa r�action normale <emphasis>aurait �t�</emphasis> s'il n'avait rien su. Il avait pass� trop de temps entour� d'�l�ves Serpentard, il oubliait comment cacher des secrets aux gens normaux. Quatre Noises heurt�rent le comptoir. "Un exemplaire du <emphasis>Chicaneur</emphasis>, s'il vous pla�t."</p><p>"Oh, pas de probl�me, M. Potter !" dit le vendeur avec h�te en battant des mains. "C'est - non, rien, juste que -"</p><p>Un journal traversa les airs, tomba dans les doigts de Harry, et il le d�plia.</p><p><emphasis>VOYANTE BOURR�E CRACHE LE MORCEAU :</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>LE SEIGNEUR DES T�N�BRES VA REVENIR,</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>MARI� � DRACO MALFOY</emphasis></p><p>"C'est gratuit," dit le vendeur, "pour <emphasis>vous</emphasis>, je veux dire -"</p><p>"Non," dit Harry, "j'allais en acheter un de toute fa�on."</p><p>Le vendeur prit les pi�ces et Harry continua de lire.</p><p>"Mince alors," dit Harry une demi-minute plus tard, "Vous rendez une voyante compl�tement ivre avec six lamp�es de scotch et voil� qu'elle vend la m�che sur toutes <emphasis>sortes</emphasis> de choses secr�tes. Je veux dire, qui aurait pens� que Sirius Black et Peter Pettigrew �taient secr�tement la m�me personne ?"</p><p>"Pas moi," dit le vendeur.</p><p>"Ils ont m�me une image o� ils sont ensembles, pour qu'on sache qui c'est qui est secr�tement la m�me personne."</p><p>"Ouaip," dit le vendeur. "Plut�t malin comme d�guisement, eh ?"</p><p>"Et j'ai secr�tement soixante-cinq ans."</p><p>"Vous n'en faites pas la moiti�," r�pondit aimablement le vendeur.</p><p>"Et je suis fianc� � Hermione Granger, <emphasis>et</emphasis> � Bellatrix Black, <emphasis>et</emphasis> � Luna Lovegood, et oh oui, � Draco Malfoy aussi..."</p><p>"En v'la un mariage qui va �tre int�ressant," dit le vendeur.</p><p>Harry releva les yeux du journal et dit d'un ton plaisant, "Vous savez, j'ai commenc� par entendre que Luna Lovegood �tait folle, et je me suis demand� si elle l'�tait vraiment ou si elle inventait tout �a et qu'elle en riait en son fort int�rieur. Et puis quand j'ai lu mon deuxi�me gros titre du <emphasis>Chicaneur</emphasis>, j'ai d�cid� qu'elle ne <emphasis>pouvait pas</emphasis> �tre folle, je veux dire, �a ne peut pas �tre <emphasis>facile</emphasis> d'inventer ces trucs, on ne pourrait pas le faire par <emphasis>accident</emphasis>. Et <emphasis>maintenant</emphasis>, vous savez ce que je pense ? Je pense qu'elle doit �tre folle apr�s tout. Quand les gens normaux essaient d'inventer des choses, ils n'inventent pas <emphasis>�a</emphasis>. Quelque chose doit vraiment <emphasis>clocher</emphasis> � l'int�rieur de votre t�te avant que ce soit <emphasis>�a</emphasis> qui en sorte lorsque vous vous mettez � inventer des choses !"</p><p>Le vendeur fixa Harry.</p><p>"S�rieusement," dit Harry. "Qui <emphasis>lit</emphasis> �a ?"</p><p>"Vous," dit le vendeur.</p><p>Harry s'�loigna pour lire son journal.</p><p>Il ne s'assit pas � la table, situ�e non loin, o� il s'�tait assis avec Draco la <emphasis>premi�re</emphasis> fois qu'il s'�tait pr�par� � embarquer dans le train. Il lui semblait que �a aurait �t� comme de donner � l'Histoire la tentation de se r�p�ter.</p><p>Ce n'�tait pas <emphasis>seulement</emphasis> que, � en croire le <emphasis>Chicaneur</emphasis>, sa premi�re semaine � Poudlard avait dur� cinquante-quatre ans. C'�tait surtout que, � l'humble avis de Harry, sa vie n'avait pas <emphasis>besoin</emphasis> d'une once de complexit� suppl�mentaire.</p><p>Alors Harry alla ailleurs et trouva une petite chaise en fer, loin du gros de la foule et des craquements �touff�s occasionnels qui survenaient lorsque les parents transplanaient avec leurs enfants, et il s'assit et lut le <emphasis>Chicaneur</emphasis> pour voir s'il contenait de v�ritables informations qui auraient �t� �touff�es.</p><p>Et mis � part la folie �vidente (que le ciel les aide si une seule de <emphasis>ces</emphasis> nouvelles �tait vraie), il y avait pas mal ragots romantiques sournois ; mais rien qui aurait �t� particuli�rement <emphasis>important</emphasis> si �a avait �t� vrai.</p><p>Harry �tait en train de s'informer sur la loi sur le mariage propos�e par le minist�re, destin�e � bannir tous les mariages, quand -</p><p>"Harry Potter," dit un voix soyeuse qui propulsa un jet d'adr�naline dans le sang de Harry.</p><p>Il releva les yeux.</p><p>"Lucius Malfoy," dit Harry, sa voix us�e. La prochaine fois il serait malin et il attendrait dans la partie Moldue de King's Cross jusqu'� 10h55.</p><p>Lucius inclina sa t�te courtoisement, envoyant ses longs cheveux blancs glisser le long de ses �paules. L'homme portait toujours la m�me cane, laqu�e de noir, avec pour poign�e la t�te d'un serpent d'argent ; et quelque chose dans la fa�on dont il la tenait disait : <emphasis>ceci est une arme puissante et mortelle</emphasis>, et non pas : <emphasis>je suis faible et je m'appuie dessus</emphasis>. Son visage �tait vide d'expression.</p><p>Deux hommes l'encadraient, leurs yeux scannant continuellement, leur baguette d�j� serr�e dans leur main abaiss�e. Ils bougeaient comme un seul organisme dot� de quatre jambes et quatre bras, les Crabbe-et-Goyle senior, et Harry pensa qu'il pouvait deviner lequel �tait lequel, mais �a n'avait pour le moment pas vraiment d'importance. Ils n'�taient que les appendices de Lucius, aussi certainement que s'ils avaient �t� deux orteils de son pied gauche.</p><p>"Je vous demande pardon de vous avoir d�rang�, M. Potter," dit la voix douce et soyeuse. "Mais vous n'avez r�pondu � aucune de mes chouettes ; et ceci, ai-je pens�, pourrait bien �tre ma seule opportunit� de vous rencontrer."</p><p>"Je n'ai re�u aucune de vos chouettes," dit Harry calmement. "Je suppose que Dumbledore les a intercept�es. Mais je n'y aurais pas r�pondu si je les avais re�ues, sauf par l'entremise de Draco. Car avoir directement affaire avec vous, sans que Draco le sache, constituerait un abus de notre amiti�."</p><p><emphasis>Va-t-en s'il te pla�t, va-t-en s'il te pla�t...</emphasis></p><p>Les yeux scintill�rent. "Si cela est votre position, alors..." dit Malfoy senior. "Bien. Je jouerai le jeu un moment. Quel �tait votre but en manipulant votre bon ami, mon fils, vers une alliance publique avec cette fille ?"</p><p>"Oh," dit Harry d'un ton l�ger, "c'est �vident, non ? Travailler avec Granger lui fera se rendre compte que les Moldus sont humains, en fin de compte. Bah. Ha. Ha."</p><p>La trace d'un fin sourire d�pla�a les l�vres de Lucius. "Oui, cela ressemble � l'un des plans de Dumbledore. Et ce n'en est <emphasis>pas</emphasis> un."</p><p>"En effet,'" dit Harry. "Cela fait partie de mon jeu avec Draco, et ne r�sulte d'aucun acte de Dumbledore, et c'est tout ce que j'en dirai."</p><p>"Passons-nous de jeux," dit Malfoy senior, les yeux gris se durcissant soudain. "Si mes soup�ons sont fond�s, vous n'�tes de toute fa�on pas du genre � ob�ir � Dumbledore, <emphasis>M. Potter</emphasis>."</p><p>Il y eut une courte pause.</p><p>"Alors vous savez," dit Harry d'une voix froide. "Dites moi. � quel moment exactement vous en �tes-vous rendu compte ?"</p><p>"Lorsque j'ai lu votre r�ponse au petit discours du professeur Quirrell," dit l'homme aux cheveux blancs, et il gloussa d'un ton grave. "J'�tais d'abord perplexe, car cela ne semblait pas servir vos int�r�ts ; il m'a fallu des jours pour comprendre quels int�r�ts �taient servis, et tout est enfin devenu clair. Et il est de m�me �vident que vous �tes faible � certains �gards, sinon � d'autres."</p><p>"Tr�s intelligent de votre part," dit Harry, toujours froid. "Mais peut-�tre vous m�prenez-vous sur mes int�r�ts."</p><p>"Peut-�tre est-ce le cas." Un soup�on d'acier se glissa dans la voix soyeuse. "En effet, c'est pr�cis�ment ce dont j'ai peur. Vous jouez � d'�tranges jeux avec mon fils, pour un but que je ne puis deviner. Ce n'est pas un acte amical, et vous ne pouvez vous attendre � ce que je ne sois pas pr�occup� !"</p><p>Lucius s'appuyait maintenant sur sa cane de ses deux mains, et les deux mains �taient blanches, et ses gardes du corps s'�taient soudainement tendus.</p><p>Un instinct en Harry d�clara que ce serait une tr�s mauvaise id�e que de montrer sa peur et de laisser Lucius voir qu'il pouvait �tre intimid�. De toute fa�on, ils �taient dans une gare, en public -</p><p>"Je trouve int�ressant," dit Harry, mettant de l'acier dans sa voix, "que vous pensez que je pourrais tirer b�n�fice d'un tort que je causerais � Draco. Mais c'est sans rapport avec le sujet, Lucius. <emphasis>Il</emphasis> est mon ami, et je ne trahis pas mes amis."</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" murmura Lucius. Son visage montrait un choc profond.</p><p>Alors -</p><p>"Compagnie," dit l'un des laquais, et en entendant la voix, Harry pensa que ce devait �tre Crabbe senior.</p><p>Lucius se raidit et se tourna, puis il laissa �chapper un sifflement d�sapprobateur.</p><p>Neville approchait, l'air effray� mais d�termin�, dans le sillage d'une grande femme qui n'avait pas l'air effray�e du tout.</p><p>"Mme. Londubat," dit Lucius d'un ton de glace.</p><p>"M. Malfoy," r�pondit la femme du m�me ton glacial. "�tes-vous un d�sagr�ment pour notre Harry Potter ?"</p><p>L'aboiement de rire qui jaillit de Lucius sembla �trangement amer. "Oh, je ne pense pas. Vous �tes venu le prot�ger de moi, c'est cela ?" L'homme aux cheveux blanc se d�pla�a vers Neville. "Et ce serait l� le loyal lieutenant de M. Potter, le dernier descendant des Londubat, Neville, auto-intitul� du Chaos. Comme le monde devient �trange. Parfois je pense qu'il doit �tre totalement fou."</p><p>Harry ne savait pas du tout quoi r�pondre � cela, et Neville semblait confus et apeur�.</p><p>"Je doute que ce soit le monde qui soit fou," dit Mme. Londubat. Sa voix prit un ton pavoisant. "Vous semblez d'une triste humeur, M. Malfoy. Le discours de notre cher professeur Quirrell vous a-t-il co�t� quelques alli�s ?"</p><p>"C'�tait une calomnie assez intelligente de mes capacit�s," dit froidement Lucius, "mais seulement efficace pour les idiots qui croient que j'�tais r�ellement un Mangemort."</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" l�cha Neville.</p><p>"J'�tais victime de l'<emphasis>Imperius</emphasis>, jeune homme," dit Lucius, l'air maintenant fatigu�. "Le Seigneur des T�n�bres n'aurait certainement pas pu commencer � recruter parmi les familles de Sang-Pur sans le soutien de la Maison Malfoy. J'ai soulev� des objections, et il s'est simplement assur� de mon soutien. Ses propres Mangemorts ne le surent qu'ensuite, d'o� la fausse Marque que je porte ; m�me si, puisque je n'y avais pas vraiment consenti, elle ne me lie pas. Certains des Mangemorts croient encore que j'�tais le plus grand d'entre eux, et pour la paix de notre nation je les laisse le croire, pour les garder sous contr�le. Mais je n'�tais pas assez idiot pour soutenir de mon plein gr� cet aventurier au destin funeste -"</p><p>"Ignore-le," dit Mme. Londubat, l'ordre �tait adress� � Harry ainsi qu'� Neville. "Il doit passer le reste de sa vie � pr�tendre, par peur de ton t�moignage sous Veritaserum," dit-elle avec une m�chante satisfaction.</p><p>Lucius lui tourna d�daigneusement le dos et fit de nouveau face � Harry. "Demanderez-vous � cette harpie de partir, <emphasis>M. Potter</emphasis> ?"</p><p>"Je ne pense pas," dit Harry d'une voix s�che. "Je pr�f�re avoir affaire � la partie de la Maison Malfoy qui a mon �ge."</p><p>Il y eut alors une longue pause. Les yeux gris le scrut�rent.</p><p>"Bien s�r..." dit lentement Lucius. "Je me <emphasis>sens</emphasis> � pr�sent �tre un idiot. Pendant tout ce temps vous faisiez juste semblant de n'avoir aucune id�e de ce dont je parlais."</p><p>Harry croisa le regard et ne dit rien.</p><p>Lucius leva sa cane de quelques centim�tres et la frappa durement contre le sol.</p><p>Le monde disparut dans une brume p�le, tous les sons s'effac�rent, il n'y avait rien dans l'univers hormis Harry, Lucius Malfoy, et la cane � t�te de serpent.</p><p>"Mon fils est mon c�ur," dit Malfoy senior, "la derni�re chose de valeur qui me reste en ce monde, et je vous dit cela dans un esprit d'amiti� : s'il devait lui arriver malheur, je consacrerais ma vie � sa vengeance. Mais tant que qu'il ne lui arrive <emphasis>pas</emphasis> malheur, je vous souhaite de r�ussir dans vos entreprises. Et comme vous ne m'en avez pas demand� plus, je ne vous en demanderai pas plus moi-m�me."</p><p>Puis la brume p�le disparut, r�v�lant une Mme. Londubat outrag�e, bloqu�e dans son avanc�e par Crabbe senior ; sa baguette �tait � pr�sent dans sa main.</p><p>"Comment <emphasis>osez</emphasis>-vous !" siffla-t-elle.</p><p>Les sombres robes de Lucius tourbillonn�rent autour de lui de m�me que ses cheveux blanc, et il se tourna vers Goyle senior. "Nous retournons au manoir Malfoy."</p><p>Il y eut trois pouf de Transplanage, et ils �taient partis.</p><p>Un silence s'ensuivit.</p><p>"Par les <emphasis>cieux</emphasis>," dit Mme. Londubat. "De quoi s'agissait-t-il ?"</p><p>Harry haussa les �paules d'un air impuissant. Puis il regarda Neville.</p><p>Il y avait de la sueur sur son front.</p><p>"Merci beaucoup, Neville," dit Harry. "Ton aide a �t� grandement appr�ci�e, Neville. Et maintenant, Neville, je pense que tu devrais t'asseoir."</p><p>"Oui, g�n�ral," dit Neville, et au lieu d'aller jusqu'� l'une des chaises proches de Harry, il s'�croula � moiti� sur le pavage en position assise.</p><p>"Vous avez provoqu� de grands changements chez mon petit-fils," dit Mme. Londubat. "J'approuve certains, mais pas tous."</p><p>"Envoyez moi une liste de chaque," dit Harry. "Je verrai ce que je peux faire."</p><p>Neville grogna mais ne dit rien.</p><p>Mme. Londubat gloussa. "Je le ferai, jeune homme, merci." Sa voix baissa d'un ton. "M. Potter... le discours donn� par le professeur Quirrell est quelque chose que notre nation avait besoin d'entendre depuis longtemps. Je ne peux pas en dire autant de votre commentaire � son sujet."</p><p>"Je prendrai votre opinion en consid�ration," dit Harry d'un ton neutre.</p><p>"J'esp�re fort que vous le ferez," dit Mme. Londubat, et elle se retourna vers son petit-fils. "Dois-je encore -"</p><p>"Tu peux y aller, grand-m�re," dit Neville. "Je me d�brouillerai tout seul cette fois."</p><p>"Et <emphasis>cela</emphasis>, je l'approuve," dit-elle, et il y eut un pouf et elle disparut comme une bulle de savon.</p><p>Les deux gar�ons rest�rent assis en silence pendant un moment.</p><p>Neville parla le premier, sa voix us�e. "Tu vas essayer de r�parer tous les changements qu'elle <emphasis>approuve</emphasis>, c'est �a ?"</p><p>"Pas <emphasis>tous</emphasis>," dit Harry d'un ton innocent. "Je veux juste m'assurer que je ne suis pas en train de te corrompre."</p><empty-line/><p>Draco avait l'air <emphasis>tr�s</emphasis> inquiet. Il n'arr�tait pas de jeter des coups d'�il autour de lui, en d�pit du fait qu'il avait insist� pour qu'ils se rendent dans la malle de Harry et qu'ils utilisent un Vrai sort de Silence et pas seulement la barri�re d'�touffement sonore.</p><p>"<emphasis>Qu'est-ce</emphasis> que tu as dit � P�re ?" l�cha Draco au moment o� le sort de Silence fut jet� et que les sons de la plate-forme 9 3/4 eurent disparu.</p><p>"Je... �coute, peux-tu me dire ce qu'il <emphasis>t'a</emphasis> dit avant de te d�poser ?" dit Harry.</p><p>"Que je devrais le lui dire tout de suite si tu semblais me menacer," dit Draco. "Que je devrais le lui dire tout de suite s'il y avait quoi que ce soit que <emphasis>je</emphasis> faisais qui pourrait <emphasis>te</emphasis> menacer ! P�re pense que tu es <emphasis>dangereux</emphasis>, Harry, quoi que tu lui aies dit, �a lui a fait <emphasis>peur</emphasis> ! <emphasis>Ce n'est pas une bonne id�e de faire peur � P�re !</emphasis>"</p><p><emphasis>Oh, bon sang...</emphasis></p><p>"De <emphasis>quoi</emphasis> avez-vous parl� ?" exigea Draco.</p><p>Harry s'enfon�a p�niblement dans la petite chaise pliante pos�e au fond de la caverne de sa malle. "Tu sais Draco, tout comme la question fondamentale de la rationalit� est 'Pourquoi est-ce que je pense ce que je pense et comment est-ce que je sais que je le sais ?', il y a aussi un p�ch� mortel, un fa�on de penser qui est l'oppos� de celle-ci. Comme les anciens philosophes Grecs. Ils n'avaient aucune id�e de ce qui se passait, alors ils se promenaient en disant des choses comme 'Tout est de l'eau.' ou 'Tout est du feu', et ils ne se demand�rent jamais : 'Attends une minute, si tout <emphasis>est</emphasis> de l'eau, comment est-ce que je peux le <emphasis>savoir</emphasis> ?' Ils ne se demand�rent pas s'ils avaient les preuves leur permettant de discriminer <emphasis>cette</emphasis> possibilit� parmi toutes les <emphasis>autres</emphasis> possibilit�s imaginables, des �l�ments de preuve qu'ils auraient eu bien peu de chances de rencontrer si leur th�orie n'avait <emphasis>pas</emphasis> �t� vraie -"</p><p>"<emphasis>Harry,</emphasis>" dit Draco, la voix tendue, "<emphasis>De quoi avez-vous parl� avec P�re ?</emphasis>"</p><p>"� vrai dire, je ne sais pas," dit Harry, "et il est donc tr�s important que me contente <emphasis>pas </emphasis>d'inventer quelque chose -"</p><p>Jamais auparavant Harry n'avait jamais entendu Draco glapir d'horreur � une octave si �lev�e.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 39*: Faire semblant d'�tre sage</strong></p><p>Siffle. Tick. Bzzzt. Ding. Glorp. Pop. Sploutch. Cling. Pouet. Pouf. Vring. Bloup. Bip. Crac. Woosh. Shhh. Pffft. Vrrr.</p><p>Ce lundi, le professeur Flitwick avait sans mot dire pass� un parchemin � Harry pendant le cours de sortil�ges et enchantements, et la note disait que Harry devait rendre visite au directeur quand cela lui conviendrait mais en faisant en sorte que personne ne le remarque, en particulier Draco Malfoy et le professeur Quirrell. Son mot de passe � usage unique pour la gargouille serait "ossifrage chochotte". La note avait �t� accompagn�e d'un dessin � l'encre remarquablement bien r�alis� qui repr�sentait le professeur Flitwick le regardant d'un air s�v�re avec des yeux qui clignaient parfois ; et en bas de la note, soulign�e trois fois, se trouvait la phrase : NE T'ATTIRE PAS D'ENNUIS</p><p>Et Harry avait donc fini son cours de M�tamorphose, puis il avait �tudi� avec Hermione, d�n�, parl� � ses lieutenants, et enfin, quand l'horloge avait sonn� neuf heures, il s'�tait rendu invisible, �tait revenu � 18h et s'�tait p�niblement tra�n� jusqu'� la gargouille, jusqu'aux escaliers en spirale, jusqu'� la porte en bois, jusqu'� la pi�ce pleine de petites choses d�licates, jusqu'� la silhouette � barbe d'argent du directeur.</p><p>Cette fois, Dumbledore semblait assez s�rieux, son sourire habituel �tait absent ; et il �tait habill� d'un pyjama d'un violet plus sombre et plus sobre qu'� l'ordinaire.</p><p>"Merci d'�tre venu, Harry," dit le directeur. Le vieux sorcier se leva de son tr�ne et commen�a � lentement marcher � travers la pi�ce et entre les �tranges appareils. "Tout d'abord, as-tu les notes de ta rencontre d'hier avec Lucius Malfoy ?"</p><p>"Notes ?" laissa �chapper Harry.</p><p>"Tu en as <emphasis>certainement</emphasis> pris note..." dit le vieux sorcier, et il laissa sa voix en suspens.</p><p>Harry se sentit plut�t g�n�. Oui, si vous passiez tant bien que mal au travers d'une conversation myst�rieuse pleine de sous-entendus significatifs que vous ne compreniez pas, il �tait <emphasis>bougrement �vident</emphasis> qu'il fallait imm�diatement l'�crire, avant que le souvenir ne s'efface, afin de pouvoir essayer de la comprendre plus tard.</p><p>"Tr�s bien," dit le directeur, "de m�moire, alors."</p><p>Honteux, Harry r�cita du mieux qu'il pouvait, et il en �tait presque arriv� � la moiti� lorsqu'il se rendit compte que ce n'�tait pas intelligent d'aller tout raconter � un directeur qui �tait peut-�tre fou, du moins pas sans y <emphasis>penser</emphasis> avant, mais apr�s tout Lucius �tait <emphasis>clairement</emphasis> un m�chant et l'ennemi de Dumbledore donc c'<emphasis>�tait </emphasis>probablement une bonne id�e de tout lui dire, et Harry avait d�j� commenc� � parler et maintenant il �tait trop tard pour essayer de faire des calculs...</p><p>Harry conclut son compte-rendu en toute franchise.</p><p>Le visage de Dumbledore �tait devenu de plus en plus lointain au fur et � mesure du discours de Harry, et � la fin on pouvait voir quelque chose d'antique sur son visage, comme une gravit� dans l'air.</p><p>"Bien," dit Dumbledore. "Je sugg�re alors que tu prennes grand soin de t'assurer qu'il n'arrive aucun malheur � l'h�ritier Malfoy. Et j'en ferai de m�me." Le directeur fron�ait les sourcils, ses doigts battaient silencieusement sur la surface d'une plaque noire comme de l'encre o� �tait inscrit le mot <emphasis>Leliel</emphasis>. "Et je pense qu'il serait extr�mement sage que tu �vites dor�navant <emphasis>toute </emphasis>interaction avec Lord Malfoy."</p><p>"<emphasis>Avez-vous </emphasis>intercept� ses chouettes qui m'�taient adress�es ?" dit Harry.</p><p>Le directeur regarda Harry pendant un long moment, puis il hocha la t�te avec r�ticence.</p><p>Pour une raison qu'il ignorait, Harry ne se sentit pas aussi outrag� qu'il aurait d� l'�tre. Peut-�tre �tait-ce simplement qu'il lui �tait tr�s facile de comprendre le directeur � cet instant pr�cis. M�me Harry pouvait comprendre pourquoi Dumbledore ne voudrait pas le voir interagir avec Lucius Malfoy ; �a ne semblait pas �tre un acte <emphasis>mauvais</emphasis>.</p><p>Contrairement � son chantage contre Zabini... pour lequel il n'y avait que la parole de ce dernier, et il �tait extraordinairement indigne de confiance. En fait, il �tait difficile de voir pourquoi Zabini ne se serait <emphasis>pas </emphasis>content� de raconter l'histoire qui lui obtiendrait le plus de compassion de la part du professeur Quirrell...</p><p>"Et si, au lieu de protester, je disais que je comprends votre point de vue," dit Harry, "et que vous continuiez � intercepter mes chouettes, mais que vous me disiez qui les envoie ?"</p><p>"J'ai peur d'avoir intercept� de nombreuses chouettes qui t'�taient destin�es," dit Dumbledore d'un ton neutre. "Tu es une c�l�brit�, Harry, et si je ne les renvoyais pas, tu recevrais des dizaines de lettres par jour, venues parfois de pays lointains."</p><p>"<emphasis>Ceci,</emphasis>" dit Harry, commen�ant maintenant � ressentir un peu d'indignation, "semble aller un peu trop loin -"</p><p>"Nombre de ces lettres," dit le vieux sorcier avec douceur, "te demanderont des choses que tu ne peux pas donner. Je ne les ai pas lues, bien s�r, seulement renvoy�es � leur �metteur. Mais je le sais, car je les re�ois moi aussi. Et, Harry, tu es trop jeune pour avoir le c�ur bris� six fois chaque matin avant le petit d�jeuner."</p><p>Harry regarda ses chaussures. Il <emphasis>aurait d�</emphasis> insister pour lire les lettres et juger par lui-m�me mais... il y avait une petite voix de bon sens � l'int�rieur de lui, et elle �tait en train de hurler.</p><p>"Merci," marmonna Harry.</p><p>"L'autre raison pour laquelle je t'ai demand� de venir," dit le vieux sorcier, "est que je souhaite consulter ton talent g�nial et unique."</p><p>"La M�tamorphose ?" dit Harry, surpris et flatt�.</p><p>"Non, pas <emphasis>ce</emphasis> talent g�nial unique," dit Dumbledore. "Dis-moi, Harry, quel mal pourrais-tu accomplir si un D�traqueur �tait autoris� � venir dans l'enceinte de Poudlard ?"</p><empty-line/><p>Il fut r�v�l� que le professeur Quirrell avait demand�, ou plut�t exig�, que ses �l�ves mettent � l'�preuve leurs capacit�s contre un v�ritable D�traqueur, apr�s avoir appris les mots et les gestes du Patronus.</p><p>"Le professeur Quirrell est lui-m�me incapable de cr�er un Patronus," dit Dumbledore, d�ambulant lentement entre les appareils. "Ce qui n'est jamais bon signe. Mais apr�s tout, il m'a <emphasis>volontairement </emphasis>r�v�l� ce fait en me demandant que des professeurs ext�rieurs soient amen�s pour enseigner le sortil�ge � chaque �l�ve d�sireux de l'apprendre ; il a offert de payer les frais lui-m�me si jamais je refusais. Cela m'a grandement impressionn�. Mais maintenant il insiste pour amener un D�traqueur -"</p><p>"Professeur," dit doucement Harry, "le professeur Quirrell accorde une immense importance aux tests sous feu r�el, dans des conditions de combat r�alistes. Vouloir amener un v�ritable D�traqueur correspond <emphasis>compl�tement</emphasis> � son personnage."</p><p>Le directeur jetait maintenant un �trange regard � Harry.</p><p>"<emphasis>Correspond � son personnage ?</emphasis>" dit le vieux sorcier.</p><p>"Je veux dire," dit Harry, "c'est parfaitement coh�rent avec la fa�on dont il agit d'habitude..." Harry laissa sa phrase en suspens. Pourquoi <emphasis>l'avait-il</emphasis> formul� ainsi ?</p><p>Le directeur hocha la t�te. "Alors tu as la m�me impression que moi ; que c'est une excuse. Une excuse tr�s <emphasis>raisonnable</emphasis>, c'est certain ; plus encore que tu ne t'en rends peut-�tre compte. Souvent, des sorciers incapables de cr�er un Patronus r�ussiront soudain en pr�sence d'un vrai D�traqueur, passant de rien, m�me pas une �tincelle, � un Patronus totalement form�. Pourquoi, personne ne le sait ; mais c'est ainsi."</p><p>Harry fron�a les sourcils. "Alors je ne vois vraiment pas pourquoi vous soup�onnez -"</p><p>Le directeur ouvrit les mains comme pour exprimer son impuissance. "Harry, le professeur de D�fense m'a demand� de faire passer la plus t�n�breuses de toutes les cr�atures entre les portes de Poudlard. Je <emphasis>dois</emphasis> �tre suspicieux." Il soupira. "Et pourtant le D�traqueur sera gard�, prisonnier d'une �norme cage, je serai moi-m�me pr�sent pour l'observer � tout moment - je ne peux pas imaginer ce qu'on <emphasis>pourrait</emphasis> faire de mal. Mais peut-�tre suis-je incapable de le voir. Et c'est pourquoi je te le demande."</p><p>Harry fixa le directeur, la bouche ouverte. Il �tait tellement surpris qu'il ne pouvait m�me pas se sentir flatt�.</p><p>"<emphasis>Moi</emphasis><emphasis>?</emphasis>" dit Harry.</p><p>"Oui," dit Dumbledore, souriant l�g�rement. "Je fais de mon mieux pour anticiper sur les actes de mes ennemis, pour comprendre leur esprit tordu et pr�dire leurs mal�fiques pens�es. Mais <emphasis>je</emphasis> n'aurais jamais pens� � aiguiser les os d'une Poufsouffle pour en faire des armes."</p><p>Harry allait-il <emphasis>jamais</emphasis> r�ussir � faire oublier �a ?</p><p>"Directeur," dit Harry d'un ton us�, "je sais que �a n'est pas rassurant � entendre, mais tr�s s�rieusement : je ne suis pas mal�fique, je suis juste tr�s cr�atif -"</p><p>"Je n'ai pas dit que tu �tais mal�fique," dit Dumbledore avec s�rieux. "Il y a ceux qui disent que comprendre le mal est devenir le mal ; mais ils font seulement semblant d'�tre sage. Ce qui est mal�fique, c'est plut�t ce qui n'aime pas, ce qui n'ose pas imaginer l'amour et qui ne pourra jamais comprendre l'amour sans cesser d'�tre mal�fique. Et je te soup�onne de pouvoir t'imaginer dans l'esprit de sorciers t�n�breux mieux que je ne l'ai jamais fait, et ce tout en continuant de savoir ce qu'est l'amour. Donc, Harry." Le regard du directeur s'�tait intensifi�. "Si tu �tais � la place du professeur Quirrell, quel m�faits pourrais-tu accomplir, apr�s m'avoir roul� pour que j'autorise la pr�sence d'un D�traqueur dans l'enceinte de Poudlard ?"</p><p>"<emphasis>Attendez</emphasis> un instant," dit Harry, et, vaguement �tourdi, il parvint jusqu'� la chaise situ�e face au bureau du directeur et s'assit. Cette fois, c'�tait une chaise large et confortable, pas un tabouret de bois, et Harry pouvait se sentir �tre envelopp� � mesure qu'il s'y enfon�ait.</p><p>Dumbledore lui demandait de d�jouer les manigances du professeur Quirrell.</p><p>Remarque une : Harry pr�f�rait grandement le professeur Quirrell � Dumbledore.</p><p>Remarque deux : L'hypoth�se �tait que le professeur de D�fense projetait de faire quelque chose de mal, auquel cas Harry se <emphasis>devait</emphasis> d'aider le directeur � l'emp�cher.</p><p>Remarque trois...</p><p>"Professeur," dit Harry, "si le professeur Quirrell se pr�pare <emphasis>en effet</emphasis> � faire quelque chose, je ne suis pas certain de <emphasis>pouvoir</emphasis> d�jouer ses manigances. Il a beaucoup plus d'exp�rience que moi."</p><p>Le vieux sorcier secoua la t�te, parvenant � avoir un air solennel en d�pit de son sourire. "Tu te sous-estimes."</p><p>C'�tait la premi�re fois que quiconque avait dit cela � Harry.</p><p>"Je me souviens," continua le vieux sorcier, "d'un jeune homme, dans ce bureau, froid et avec le plein contr�le de lui-m�me, alors qu'il faisait face au directeur de la maison Serpentard, faisant chanter son directeur pour prot�ger ses camarades de classe. Et je crois que ce jeune homme est plus rus� que le professeur Quirrell, plus rus� que Lucius Malfoy, qu'il deviendra l'�gal de Voldemort lui-m�me. C'est lui que je souhaite consulter."</p><p>Harry r�prima le frisson qui avait parcouru son �chine � l'�coute du nom et fron�a les sourcils d'un air pensif, � l'attention du directeur.</p><p><emphasis>Que sait-il exactement... ?</emphasis></p><p>Le directeur avait vu Harry aux prises avec son myst�rieux c�t� obscur, lorsqu'il y avait �t� plus profond�ment enfoui que jamais. Harry se souvenait encore de ce que �a avait �t� de regarder, invisible et remont� dans le temps, son lui pass� faire face aux Serpentard plus �g�s : le gar�on avec une cicatrice sur le front qui ne se comportait pas comme les autres. <emphasis>Bien s�r</emphasis> que le directeur aurait remarqu� qu'il y avait quelque chose d'�trange chez le gar�on dans son bureau...</p><p>Et Dumbledore en avait conclut que son h�ros de compagnie avait la ruse n�cessaire pour rivaliser avec l'ennemi auquel il �tait pr�destin� : le Seigneur des T�n�bres.</p><p>Ce qui n'�tait pas en demander beaucoup �tant donn� que le Seigneur des T�n�bres avait mis une Marque des T�n�bres clairement visible sur le bras gauche de tous ses serviteurs et qu'il avait massacr� la totalit� du monast�re o� l'on enseignait l'art martial qu'il avait souhait� apprendre.</p><p>Assez rus� pour rivaliser avec le <emphasis>professeur Quirrell</emphasis> serait un probl�me d'un <emphasis>tout</emphasis><emphasis>autre</emphasis> ordre.</p><p>Mais il �tait aussi clair que le directeur ne serait pas satisfait avant que Harry ne soit devenu tout froid et tout sombre et qu'il ait trouv� un r�ponse qui ait l'air de d'�tre la marque d'une impressionnante rouerie... et qui ferait mieux de ne pas <emphasis>vraiment</emphasis> entraver le professeur Quirrell dans son projet d'enseigner la D�fense...</p><p>Et bien s�r que Harry <emphasis>allait</emphasis> passer de son c�t� obscur et se pencher sur le sujet depuis cette perspective, juste par honn�tet�, et juste au cas o�.</p><p>"Dites-moi," dit Harry, "tout ce qui concerne la fa�on dont le D�traqueur doit �tre amen�, et comment il sera gard�."</p><p>Les sourcils de Dumbledore s'�lev�rent l'espace d'un instant, puis le vieux sorcier commen�a � parler.</p><p>Le D�traqueur serait transport� dans l'enceinte de Poudlard par un trio d'Aurors, tous trois personnellement connus du directeur, et tous trois capables de cr�er un Patronus corporel. Ils rencontreraient Dumbledore � la limite des murs de Poudlard, et ce dernier les franchirait en sens inverse avec le D�traqueur.</p><p>Harry demanda si le laisser-passer �tait permanent ou temporaire - si quelqu'un pourrait simplement amener le m�me D�traqueur le lendemain.</p><p>Le laisser-passer �tait temporaire (r�pondit Dumbledore avec un hochement de t�te approbateur), et l'explication continua : Le D�traqueur serait dans une cage aux barreaux faits de titane, pas m�tamorphos�s mais r�ellement forg�s ; avec assez de temps, la pr�sence du D�traqueur corroderait le m�tal jusqu'� ce qu'il ne reste que de la poussi�re, mais cela prendrait plus d'une journ�e.</p><p>Les �l�ves attendant leur tour resteraient � bonne distance du D�traqueur, derri�re deux Patronus corporels maintenus � chaque moment par deux des trois Aurors. Dumbledore attendrait � c�t� de la cage du D�traqueur avec son Patronus. Un �l�ve seul s'approcherait du D�traqueur ; Dumbledore dissiperait alors son Patronus ; et l'�l�ve tenterait de cr�er son propre Patronus. S'il �chouait, Dumbledore restaurerait alors son Patronus avant que l'�l�ve n'ait pu subir de dommages permanents. Le professeur Flitwick, ancien champion de duel, serait lui aussi pr�sent lorsque les �l�ves s'approcheraient, juste pour ajouter une marge de s�curit�.</p><p>"Pourquoi serez-vous <emphasis>seul </emphasis>� attendre � c�t� du D�traqueur ?" dit Harry. "Je veux dire, cela ne devrait-il pas �tre vous accompagn� d'un Auror -"</p><p>Le directeur secoua sa t�te. "Ils ne pourraient pas supporter l'exposition r�p�t�e au D�traqueur � chaque fois que je dissiperais mon Patronus."</p><p>Et si le Patronus de Dumbledore �chouait pour une raison ou une autre alors qu'un des �l�ves �tait encore proche du D�traqueur, le troisi�me Auror cr�erait un autre Patronus corporel et l'enverrait voler � la d�fense de l'�l�ve...</p><p>Harry fouina et farfouilla, mais il ne put voir aucun d�faut dans la s�curit�.</p><p>Alors il prit une profonde inspiration, s'enfon�a d'avantage dans la chaise, ferma les yeux et se souvint :</p><p>"<emphasis>Et ce sera... cinq points ? Non, disons dix points retir�s � Serdaigle pour impertinence."</emphasis></p><p>Le froid vint plus lentement cette fois, avec plus de r�ticence, Harry n'avait pas beaucoup fait appel � son c�t� obscur ces derniers temps...</p><p>Il dut se passer l'int�gralit� du cours de Potions dans son esprit avant que son sang ne se p�trifie en quelque chose approchant une clart� cristalline et mortelle.</p><p>Et il pensa alors au D�traqueur.</p><p>Et ce fut �vident.</p><p>"Le D�traqueur est une distraction," dit Harry. La froideur �tait claire dans sa voix, puisque c'�tait ce que Dumbledore voulait et ce � quoi il s'attendait. "Une menace remarquable, immense, mais en fin de compte directe et simple � contrer. Alors, tandis que toute votre attention sera concentr�e sur le D�traqueur, le v�ritable plan se d�roulera ailleurs."</p><p>Dumbledore fixa Harry un moment, puis il hocha lentement la t�te. "Oui..." dit le directeur. "Et je crois savoir de <emphasis>quoi</emphasis> cela pourrait essayer de me distraire, si le professeur Quirrell a de mauvaises intentions... merci, Harry."</p><p>Le directeur fixait encore Harry, un regard �trange dans ces yeux anciens.</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit Harry avec une nuance d'exasp�ration, le froid toujours dans son sang.</p><p>"J'ai une autre question pour ce jeune homme," dit le directeur. "C'est quelque chose que je me suis longtemps demand� et que j'ai pourtant �t� incapable de comprendre. <emphasis>Pourquoi ?</emphasis>" Il y avait une nuance de douleur dans sa voix. "Pourquoi quiconque deviendrait-il un monstre de fa�on d�lib�r�e ? Pourquoi faire le mal pour faire le mal ? Pourquoi Voldemort ?"</p><empty-line/><p><emphasis>Siffle. Tick. Bzzzt. Ding. Glorp. Pop...</emphasis></p><p>Harry regarda le directeur avec surprise.</p><p>"Comment le saurais-<emphasis>je</emphasis> ?" dit Harry. "Suis-je cens� magiquement comprendre le Seigneur des T�n�bres parce que je suis le h�ros, ou quelque chose comme �a ?"</p><p>"<emphasis>Oui !"</emphasis> dit Dumbledore. "Mon grand ennemi �tait Grindelwald, et <emphasis>lui</emphasis>, je le comprenais parfaitement. Il �tait mon miroir obscur, l'homme que j'aurais si facilement pu �tre, aurais-je c�d� � la tentation de croire que j'�tais quelqu'un de bien et que j'avais par cons�quent toujours raison. <emphasis>Pour le plus grand bien</emphasis>, c'�tait son slogan ; et lui-m�me le croyait vraiment, m�me apr�s avoir travers� l'Europe en la d�chirant, tel un animal bless�. Et lui, j'ai fini par le vaincre. Mais apr�s lui vint Voldemort, destin� � d�truire tout ce que j'avais prot�g� en Angleterre." La douleur �tait maintenant claire dans la voix de Dumbledore, r�v�l�e sur son visage. "Il a commit des actes bien pires que les pires de Grindelwald, l'horreur pour l'horreur. J'ai tout sacrifi� seulement pour le retenir, et je ne comprends toujours pas <emphasis>pourquoi</emphasis> ! <emphasis>Pourquoi</emphasis>, Harry ? Pourquoi l'a-t-il fait ? Il n'�tait jamais destin� � �tre mon ennemi, mais le tien, alors si tu as la moindre id�e, s'il te pla�t, dis-le moi ! <emphasis>Pourquoi ?</emphasis>"</p><p>Harry regarda ses mains. La v�rit�, c'�tait que Harry ne s'�tait pas encore document� sur le Seigneur des T�n�bres, et pour le moment il n'avait pas la moindre id�e. Et �trangement, cela ne semblait pas �tre ce que le directeur voulait entendre. "Trop de rituels obscurs peut-�tre ? Au d�but il pensait qu'il en ferait un seul, mais il a sacrifi� une partie de son bon c�t�, et cela l'a rendu moins r�ticent � pratiquer d'autres rituels obscurs, alors il en a fait encore et encore dans un cycle de r�troaction positif jusqu'� ce qu'il se retrouve �tre un monstre effroyablement puissant -"</p><p>"Non !" La voix du directeur �tait maintenant angoiss�e. "Je ne peux croire � cela, Harry ! Il doit y avoir plus que �a !"</p><p><emphasis>Pourquoi devrait-il y avoir autre chose ?</emphasis> songea-t-il, mais il ne le dit pas, car il �tait clair que le directeur pensait que l'univers �tait une histoire, qu'il avait une intrigue, que d'immenses trag�die n'avaient pas le droit d'avoir lieu en l'absence de raisons �galement immenses et significatives. "Je suis d�sol�, professeur. Le Seigneur des T�n�bres n'a pas tellement l'air d'�tre mon miroir obscur. Il n'y a rien dans l'id�e de clouer les peaux de la famille de Yermy Wibble au mur d'une r�daction que je trouve le <emphasis>moins du monde</emphasis> attrayante."</p><p>"N'as-tu <emphasis>aucune</emphasis> sagesse � partager ?" dit Dumbledore. Sa voix �tait plaidante, presque suppliante.</p><p><emphasis>Le mal se produit</emphasis>, pensa Harry, <emphasis>cela ne veut rien dire et ne nous enseigne rien, � part de ne pas �tre mauvais ? Le Seigneur des T�n�bres n'�tait probablement qu'un b�tard �go�ste qui se fichait de savoir qui souffrait, ou un idiot qui a fait des erreurs b�tement �vitables et qui ont fait un effet boule de neige. Il n'y a pas de destin derri�re les malheurs du monde ; si Hitler avait eu le droit d'aller en �cole d'architecture comme il l'avait voulu, toute l'Histoire de l'Europe aurait �t� diff�rente ; si nous vivions dans le genre d'univers o� les choses horribles n'avaient le droit de se produire que pour de bonnes raisons, elles ne se produirait tout simplement pas.</emphasis></p><p>Et �videmment, rien de cela ne constituait ce que le directeur voulait entendre.</p><p>Le vieux sorcier regardait encore Harry, au-dessus d'une petite chose d�licate qui ressemblait � une volute de fum�e fig�e, un d�sespoir douloureux dans ces yeux anciens qui semblaient attendre quelque chose.</p><p>Eh bien, avoir l'air sage n'�tait pas difficile. C'�tait beaucoup plus facile que d'�tre intelligent, � vrai dire, puisque vous n'aviez pas � dire quoi que ce soit de surprenant ni � trouver de nouvelles id�es perspicaces. Vous laissiez juste le logiciel de reconnaissance de forme de votre cerveau compl�ter le clich� en utilisant n'importe quelle Sagesse Profonde enregistr�e auparavant.</p><p>"Directeur," dit Harry d'un ton solennel, "je pr�f�rerais ne pas me d�finir par rapport � mes ennemis."</p><p>Bizarrement, au milieu de tous ces roulements et ces d�clics, il y eut une sorte de silence.</p><p>�a avait sonn� un peu plus Profond�ment Sage que Harry ne l'avait voulu.</p><p>"Peut-�tre es-tu tr�s sage, Harry," dit lentement le directeur. "J'aurais en effet souhait�... avoir pu �tre d�fini par mes amis." La douleur dans sa voix �tait devenue plus profonde.</p><p>L'esprit de Harry chercha fr�n�tiquement quelque autre Sagesse Profonde � dire qui adoucirait la force inattendue de ce coup -</p><p>"Ou peut-�tre," dit Harry plus doucement, "est-ce l'ennemi qui fait le Gryffondor, comme c'est l'ami qui fait le Poufsouffle, et l'ambition qui fait le Serpentard. Je sais que c'est toujours, � chaque g�n�ration, le puzzle qui fait le scientifique."</p><p>"C'est un terrible destin auquel tu condamnes ma Maison, Harry," dit le directeur. La douleur �tait encore pr�sente dans sa voix. "Car maintenant que tu le mentionnes, je pense que j'ai en grande partie �t� fait par mes ennemis."</p><p>Harry regarda ses propres mains, pos�es sur ses genoux. Peut-�tre qu'il devrait juste se taire tant qu'il �tait en t�te de course.</p><p>"Mais tu <emphasis>as</emphasis> r�pondu � ma question," dit Dumbledore plus doucement, comme � lui-m�me. "J'aurais d� me rendre compte que la cl� viendrait de Serpentard. Pour son ambition, tout pour son ambition ; et <emphasis>cela</emphasis> je le sais, mais je ne sais pas <emphasis>pourquoi</emphasis>..." Pendant un moment Dumbledore regarda dans le vide ; puis il se raidit et ses yeux sembl�rent de nouveau mettre au point sur Harry.</p><p>"Et toi, Harry," dit le directeur, "tu te dis un <emphasis>scientifique</emphasis> ?" Sa voix �tait entrelac�e de surprise et d'une l�g�re d�sapprobation.</p><p>"Vous n'aimez pas la science ?" dit Harry d'un ton un peu us�. Il avait esp�r� que Dumbledore ait plus d'affection pour les choses Moldues.</p><p>"Je suppose que c'est utile pour ceux qui n'ont pas de baguette," dit Dumbledore en fron�ant les sourcils. "Mais me semble bien �trange de se d�finir par cela. La science est-elle aussi importante que l'amour ? Que la gentillesse ? Que l'amiti� ? Est-ce la science qui te donne ton affection pour Minerva McGonagall ? Est-ce la science qui fait que tu te soucies de Hermione Granger ? Est-ce vers la science que tu te tournes lorsque tu essaies de faire na�tre de la chaleur dans le c�ur de Draco Malfoy ?"</p><p><emphasis>Vous savez, ce qui est triste, c'est que vous pensez probablement avoir � l'instant prof�r� une sorte d'argument final incroyablement sage.</emphasis></p><p>Maintenant, comme formuler la r�plique de fa�on � ce qu'elle sonne elle aussi comme quelque chose d'incroyablement sage...</p><p>"Vous n'�tes pas Serdaigle," dit Harry avec une calme dignit�, "et il ne vous est donc peut-�tre pas venu � l'esprit que respecter la v�rit� et la rechercher chaque jour de sa vie peut aussi constituer un acte de gr�ce."</p><p>Les sourcils du directeur s'�lev�rent. Puis il soupira. "Comment es-tu devenu si sage, si jeune... ?" Le vieux sorcier semblait triste pronon�ant ces mots. "Peut-�tre cela aura-t-il de la valeur pour toi."</p><p><emphasis>Seulement pour impressionner les vieux sorciers qui sont d�j� trop impressionn�s par eux-m�mes, </emphasis>pensa Harry. Il �tait � vrai dire un peu d��u par la cr�dulit� de Dumbledore ; ce n'�tait pas que Harry avait <emphasis>menti</emphasis>, mais Dumbledore semblait bien trop impressionn� par la capacit� de Harry � formuler les choses pour qu'elles aient l'air profondes, au lieu de les dire dans un fran�ais simple, comme Richard Feynman l'avait fait avec <emphasis>sa</emphasis> sagesse...</p><p>"L'amour est plus important que la sagesse," dit Harry, juste pour tester les limites de la tol�rance de Dumbledore pour les clich�s aveugl�ment �vidents compl�t�s par simple reconnaissance de forme sans aucune forme d'analyse d�taill�e.</p><p>Le directeur hocha gravement la t�te et dit "En effet."</p><p>Harry se leva de sa chaise et �tira ses bras. <emphasis>Eh bien, il vaut mieux que que je me d�p�che d'aller aimer quelque chose alors, �a va s�rement m'aider � vaincre le Seigneur des T�n�bres. Et la prochaine fois que vous me demanderez un conseil, je vous donnerai juste un c�lin -</emphasis></p><p>"Tu m'as grandement aid� aujourd'hui, Harry," dit le directeur. "Et il y a donc une derni�re chose que je voudrais demander � ce jeune homme."</p><p><emphasis>G�nial.</emphasis></p><p>"Dis-moi, Harry," dit le directeur (et maintenant sa voix semblait simplement perplexe, bien qu'il y ait toujours un soup�on de douleur dans ses yeux), "pourquoi les mages noirs ont-ils tant peur de la mort ?"</p><p>"Euh," dit Harry, "d�sol�, mais sur ce coup je suis avec les mages noirs."</p><p>Woosh. Shhh. Ding ; glop, plop, blup -</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit Dumbledore.</p><p>"La mort est quelque chose de mauvais," dit Harry, rejetant la sagesse au b�n�fice d'une communication claire. "Tr�s mauvais. Extr�mement mauvais. Avoir peur de la peur, c'est comme d'avoir peur d'un grand monstre avec des crocs empoisonn�s. C'est sens�, et en r�alit�, n'indique pas qu'on a un probl�me psychologique."</p><p>Le directeur le regardait comme s'il venait de se transformer en chat.</p><p>"D'accord," dit Harry, "laissez-moi le formuler ainsi. <emphasis>Souhaitez</emphasis>-vous mourir ? Parce que si oui, il y a ce truc Moldu appel� le SOS suicide -"</p><p>"Lorsque le temps sera venu," dit le vieux mage avec douceur. "Pas avant. Je ne chercherai jamais � en acc�l�rer la venue, pas plus que je ne la refuserai lorsqu'elle sera l�."</p><p>Harry fron�ait gravement les sourcils. "On ne dirait pas que vous avez une tr�s grande volont� de vivre, directeur !"</p><p>"Harry..." La voix du vieux sorcier commen�ait � laisser entendre une l�g�re impuissance ; et il avait d�ambul� jusqu'� un endroit o� sa barbe avec subrepticement gliss� dans le bocal cristallin d'un poisson rouge, et elle adoptait lentement une teinte verd�tre qui remontait le long des poils. "Je pense ne pas m'�tre bien fait comprendre. Les mages noirs ne sont pas empress�s de vivre. Ils <emphasis>craignent la mort</emphasis>. Ils ne s'�l�vent pas vers la lumi�re du soleil mais fuient la nuit qui approche vers des cavernes de leur fabrication, infiniment plus sombres, sans lune ni �toiles. Ce n'est pas la vie qu'ils d�sirent mais <emphasis>l'immortalit�</emphasis> ; et ils sont tellement d�sireux de l'obtenir qu'ils sacrifierait jusqu'� leur �me m�me ! Veux-tu vivre pour <emphasis>toujours</emphasis>, Harry ?"</p><p>"Oui, et vous aussi," dit Harry. "Je veux vivre un jour de plus. Demain, je voudrai encore en vivre un de plus. Par cons�quent je veux vivre pour toujours, preuve par induction sur les entiers positifs. Si vous ne voulez pas mourir, cela veut dire que vous voulez vivre pour toujours. Si vous ne voulez pas vivre pour toujours, cela veut dire que vous voulez mourir. Vous devez faire l'un ou l'autre... je ne me fais pas comprendre, n'est-ce pas ?</p><p>Les deux cultures s'observ�rent d'un bord � l'autre d'un vaste espace d'incommensurabilit�.</p><p>"J'ai v�cu cent dix ans," dit le vieux sorcier avec douceur (sortant sa barbe du bol et la secouant pour faire partir la couleur). "Et j'ai vu et fait un grand nombre de choses, que pour la plupart je souhaiterais n'avoir jamais vues ni faites. Et pourtant je ne regrette pas d'�tre en vie, car regarder mes �tudiants grandir est une joie qui n'a pas commenc� � m'�tre pesante. Mais je ne souhaite pas vivre assez pour que cela le devienne ! Que <emphasis>ferais</emphasis>-tu avec l'�ternit�, Harry ?"</p><p>Harry prit une profonde inspiration. "Rencontrer toutes les personnes int�ressantes de la Terre, lire tous les livres et ensuite �crire quelque chose d'encore meilleur, c�l�brer le dixi�me anniversaire de mon premier petit-enfant sur la Lune, c�l�brer le centi�me anniversaire de mon premier petit-petit-petit-enfant vers les anneaux de Saturne, apprendre les r�gles profondes et finales de la Nature, comprendre la nature de la conscience, d�couvrir pourquoi la r�alit� existe en premier lieu, visiter d'autres �toiles, d�couvrir des aliens, cr�er des aliens, avoir un rendez-vous avec tout le monde pour une f�te de l'autre c�t� de la Voie Lact�e une fois que nous l'aurons enti�rement explor�e, retrouver tous ceux n�s sur l'Ancienne Terre pour voir le Soleil finalement s'�teindre, et je m'inqui�tais de trouver un moyen d'�chapper � cet univers avant qu'il ne se vide de n�guentropie mais j'ai beaucoup plus d'espoir maintenant que j'ai d�couvert que les soi-disantes lois de la physique ne sont que des indications optionnelles."</p><p>"Je n'ai pas compris grand-chose de tout cela," dit Dumbledore. "Mais il me faut demander si ce sont des choses que tu d�sires d�sesp�r�ment ou si tu ne les imagines que pour t'imaginer ne pas �tre un jour fatigu�, dans ta fuite permanente de la mort."</p><p>"La vie n'est pas une liste finie de choses que l'on coche avant d'avoir le droit de mourir," dit Harry avec fermet�. "C'est la vie, on continue juste de la vivre. Si je ne fais pas ces choses, ce sera parce que j'aurais trouv� quelque chose de mieux."</p><p>Dumbledore soupira. Ses doigts martel�rent une horloge ; alors qu'ils la touchaient, les chiffres se chang�rent en une �criture ind�chiffrable, et les aiguilles apparurent bri�vement � d'autres emplacements. "Au cas peu probable o� je serais autoris� � tarder jusqu'� cent cinquante ans," dit le vieux sorcier, "je ne pense pas que cela me g�nerait. Mais deux cent ans seraient vraiment abuser des bonnes choses."</p><p>"Oui, eh bien," dit Harry, sa voix un peu ass�ch�e lorsqu'il songea � son p�re et � sa m�re et � <emphasis>leur</emphasis> esp�rance de vie si Harry n'y faisait rien, "je soup�onne, professeur, que si vous �tiez venu d'une culture o� les gens �taient habitu�s � vivre jusqu'� quatre cent ans, alors mourir � deux cent vous semblerait tout autant tragiquement pr�matur� que de mourir �, disons, <emphasis>quatre-vingt</emphasis>." La voix de Harry se durcit sur ce dernier mot.</p><p>"Peut-�tre," dit paisiblement le vieux sorcier. "Je ne souhaiterais pas mourir avant mes amis, ni vivre apr�s qu'ils soient tous partis. Les temps les plus difficiles sont quand ceux qu'on aimait le plus sont d�j� partis, et que d'autres vivent pourtant, pour le bien desquels il faut rester..." Les yeux de Dumbledore �taient braqu�s sur Harry et s'emplissaient de tristesse. "Ne me pleures pas trop, Harry, lorsque mon heure viendra ; je serai avec ceux qui m'ont longtemps manqu�, en direction de notre grande aventure � venir."</p><p>"Oh !" dit Harry, frapp� d'un �clair de compr�hension soudaine. "Vous croyez � un <emphasis>au-del�</emphasis>. J'avais l'impression que les sorciers n'avaient pas de religion ?"</p><empty-line/><p>Pouet. Pouf. Clong.</p><p>"<emphasis>Comment peux-tu ne pas y croire ?</emphasis>" dit le directeur, l'air compl�tement sid�r�. "<emphasis>Harry, tu es un sorcier ! Tu as vu des fant�mes !</emphasis>"</p><p>"Des fant�mes," dit Harry d'une voix sans timbre. "Vous voulez dire ces choses comme les portraits, des m�moires enregistr�s et des comportements sans conscience ni vie, accidentellement imprim�es dans le mat�riel environnant par les �clats de magie qui accompagnent la mort violente d'un sorcier -"</p><p>"J'ai entendue cette th�orie," dit le directeur, sa voix devenant coupante, "r�p�t�e par des sorciers qui confondent le cynisme et la sagesse, qui pensent que rabaisser les autres permet de s'�lever soi-m�me. C'est l'une des id�es les plus sottes que j'ai entendu en cent dix ans ! <emphasis>Oui</emphasis>, les fant�mes n'apprennent pas et n'�voluent pas, parce que ce n'est <emphasis>pas � ce monde qu'ils appartiennent !</emphasis> Les �mes sont cens�es continuer, il n'y plus de vie pour eux <emphasis>ici</emphasis> ! Et hormis les fant�mes, qu'en est-il du Voile ? Et de la Pierre de R�surrection ?"</p><p>"Tr�s bien," dit Harry, essayant de maintenir une voix calme, "j'�couterai toutes les preuves parce que <emphasis>c'est ce que les scientifiques font</emphasis>. Mais d'abord, professeur, laissez-moi vous raconter une petite histoire." La voix de Harry tremblait. "Vous savez, lorsque je suis venu ici, lorsque je suis descendu du train arriv� de King's Cross, je ne parle pas d'hier mais de septembre dernier, lorsque je suis descendu du train � ce moment l�, professeur, je n'avais jamais vu un fant�me. Je ne <emphasis>m'attendais pas</emphasis> � voir des fant�mes. Alors lorsque je les ai vus, professeur, j'ai fait quelque chose de vraiment b�te. J'ai <emphasis>tir� des conclusions h�tives</emphasis>. Je, j'ai pens� qu'il y <emphasis>avait</emphasis> un au-del�, j'ai pens� que personne n'�tait jamais vraiment mort, j'ai pens� que tous ceux que l'esp�ce humaine avait jamais perdus �taient en fait en bonne sant�, j'ai pens� que les mages pouvaient parler � ceux qui avaient disparu, qu'il suffisait du bon sort pour les invoquer, que les sorciers pouvaient <emphasis>faire</emphasis> �a, j'ai pens� que je pourrais rencontrer mes parents qui �taient morts pour moi et leur dire que j'�tais au courant de leur sacrifice et que je commencerais � les appeler maman et papa -"</p><p>"Harry," murmura Dumbledore. De l'eau �tincela dans les yeux du vieux sorcier. Il s'approcha d'un pas -</p><p>"Et <emphasis>alors</emphasis>," cracha Harry, la furie entrant pleinement dans sa voix, la rage froide envers l'univers parce qu'il �tait ainsi et envers lui-m�me parce qu'il avait �t� aussi stupide, "j'ai demand� � Hermione et elle m'a dit qu'ils n'�taient que des <emphasis>images r�manentes</emphasis>, br�l�es dans la pierre du ch�teau par la mort d'un sorcier, comme les silhouettes laiss�es sur les murs de Hiroshima. Et j'aurais d� le savoir ! J'aurais d� le savoir sans m�me demander ! Je n'aurais m�me pas d� y croire pendant trente secondes ! Parce que si les gens avaient une �me, alors les choses comme les l�sions c�r�brales n'existeraient pas, si votre �me pouvait continuer de parler apr�s que votre cerveau ait disparu, comment une l�sion � l'h�misph�re gauche pourrait-elle vous enlever votre capacit� � parler ? Et le professeur McGonagall, lorsqu'elle m'a racont� comment mes parents �taient morts, elle ne s'�tait pas comport�e comme s'ils �taient juste partis pour un long voyage vers un autre pays, comme s'ils avaient �migr� en Australie � l'�poque des bateaux � voiles, ce qui est exactement la fa�on dont les gens se comporteraient si ils <emphasis>savaient vraiment</emphasis> que la mort consistait juste � aller ailleurs, s'ils avaient les preuves concr�tes de l'existence d'un au-del�, au lieu de s'inventer des choses pour se consoler, �a changerait <emphasis>tout</emphasis>, �a n'aurait pas <emphasis>d'importance</emphasis> que tout le monde ait perdu quelqu'un pendant la guerre, ce serait un peu triste mais pas <emphasis>horrible</emphasis> ! Et j'avais d�j� vu que les gens dans le monde magique ne se comportaient pas comme �a ! Alors j'aurais d� le savoir ! Et c'est � ce moment que j'ai su que mes parents �taient vraiment morts et partis pour toujours et toujours, et qu'il ne restait rien d'eux, et que je n'aurais jamais la possibilit� de les rencontrer et, et, et les autres enfants pensaient que je pleurais parce que j'avais <emphasis>peur des fant�mes -</emphasis>"</p><p>Le visage du vieux sorcier �tait horrifi�, il ouvrit la bouche pour parler -</p><p>"Alors dites-moi, professeur ! Dites-moi quelles sont les preuves ! Mais <emphasis>ne vous avisez pas</emphasis> d'exag�rer d'un iota, parce que si vous me donnez de faux espoirs � nouveau, et que je d�couvre plus tard que vous avez menti et que vous avez d�form� un tout petit peu la r�alit�, je ne vous pardonnerai jamais ! <emphasis>Qu'est-ce que le voile</emphasis> ?"</p><p>Harry �leva sa main et essuya ses joues alors que les objets de verre du bureau cessaient de vibrer sous l'effet de son dernier cri.</p><p>"Le Voile," dit le vieux sorcier d'une voix qui ne tremblait que l�g�rement, "est une grande arcade de pierre, gard�e au D�partement des Myst�res ; un passage vers le monde des morts."</p><p>"Et comment quiconque sait-il cela ?" dit Harry. "Ne me dites pas ce que vous croyez, dites-moi ce que vous avez <emphasis>vu</emphasis> !"</p><p>La manifestation physique de la barri�re entre les mondes �tait une grande arcade de pierre, vieille et haute et se finissant en une pointe, avec un voile noir en lambeaux semblable � la surface d'un �tendue d'eau �tir� entre les pierres ; en permanence parcouru d'ondulations par le passage � sens unique des �mes. Si vous vous teniez face au Voile vous pouviez entendre les voix des morts qui appelaient, appelant toujours de souffles � la limite de la compr�hension, devenant plus puissants et plus nombreux si vous restiez et essayez d'entendre et qu'ils essayaient de communiquer ; et si vous �coutiez trop longtemps, vous iriez les rencontrer, et au moment o� vous toucheriez le Voile, vous seriez absorb� � l'int�rieur et plus personne n'entendrait plus jamais parler de vous.</p><p>"�a n'a m�me pas l'air d'�tre une fumisterie <emphasis>int�ressante</emphasis>," dit Harry, sa voix plus calme maintenant qu'il n'y avait plus rien qui puisse le faire esp�rer ou l'�nerver d'avoir eu ses espoirs bris�s. "Quelque a construit une arcade de pierre, a fait une petite surface noire ondulante au milieu qui jette un sortil�ge de Disparition sur tout ce qui la touche, et l'a ensorcel�e pour murmurer aux gens et pour les hypnotiser."</p><p>"Harry..." dit le directeur, commen�ant � avoir l'air assez inquiet. "Je peux te dire la v�rit�, mais si tu refuses de l'entendre..."</p><p><emphasis>Pas int�ressant non plus.</emphasis> "Qu'est-ce que la Pierre de R�surrection ?"</p><p>"Je ne te le dirais pas," dit lentement le directeur, "si je ne craignais ce que cette incroyance pourrait te faire... alors �coute, Harry, s'il te pla�t, �coute..."</p><p>La Pierre de R�surrection �tait l'une des trois l�gendaires Reliques de la Mort, comme la Cape de Harry. La Pierre de R�surrection pouvait faire revenir les �mes d'entre les morts - les ramener dans le monde des vivants, mais pas tels qu'ils �taient. Cadmus Peverell avait utilis� la pierre pour rappeler sa bien-aim�e d'entre les morts, mais son c�ur �tait rest� parmi eux, et pas dans le monde des vivants. Et cela avait fini par le rendre fou, alors il s'�tait tu� pour �tre de nouveau � ses c�t�s...</p><p>Harry leva la main avec politesse.</p><p>"Oui ?" dit le directeur avec r�ticence.</p><p>"Le test �vident pour voir si la Pierre de R�surrection rappelle <emphasis>vraiment</emphasis> les morts ou ne projette qu'un image venue de l'esprit de l'utilisateur est de poser une question dont <emphasis>vous</emphasis> ne connaissez pas la r�ponse mais que la personne morte <emphasis>conna�trait</emphasis> et qui pourrait �tre v�rifi�e avec certitude dans notre monde. Par exemple, rappeler -"</p><p>Puis Harry s'interrompit, parce que <emphasis>cette fois</emphasis> il �tait parvenu � penser avec un temps d'avance sur sa langue, assez vite pour ne <emphasis>pas</emphasis> dire le premier nom et le premier test qui lui soit venu � l'esprit.</p><p>"... votre femme d�c�d�e, et lui demander o� elle a laiss� sa boucle d'oreille perdue, ou quelque chose comme �a," conclut Harry. "Quelqu'un a-t-il fait le moindre test qui ressemble � ceci ?"</p><p>"La Pierre de R�surrection est perdue depuis des si�cles, Harry," dit doucement le directeur.</p><p>Harry haussa les �paules. "Eh bien, je suis un scientifique, et je suis toujours pr�t � �tre convaincu. Si vous croyez <emphasis>vraiment</emphasis> que la Pierre de R�surrection rappelle les morts - alors vous devez croire qu'un test comme celui-ci r�ussirait, non ? Donc savez-vous quoi que ce soit au sujet de son emplacement ? J'ai d�j� re�u <emphasis>une</emphasis> Relique de la Mort en des circonstances hautement myst�rieuses, et, eh bien, nous savons tous deux comment le rythme du monde fonctionne en ce qui concerne ce genre de choses."</p><p>Dumbledore fixa Harry.</p><p>Harry le regarda calmement en retour.</p><p>Le vieux sorcier sa passa une main sur le front et marmonna : "C'est de la folie."</p><p>(Sans savoir comment, Harry parvint � s'emp�cher de rire).</p><p>Et Dumbledore dit � Harry de sortir la Cape d'Invisibilit� de sa bourse ; sous les ordres du directeur, Harry regarda la face int�rieure de la capuche jusqu'� ce qu'il le voit, faiblement dessin� sur les mailles argent�es, d'un cramoisi pass� semblable � du sang s�ch�, le symbole des Reliques de la Mort : un triangle avec un cercle dessin� � l'int�rieur et une ligne les divisant tous deux.</p><p>"Merci," dit poliment Harry. "Je m'assurerai de garder l'�il ouvert pour une pierre ainsi marqu�e. Avez-vous d'autres preuves ?"</p><p>Dumbledore semblait �tre en proie � une lutte int�rieure." Harry," dit le vieux sorcier, et sa voix s'�leva, "c'est une route dangereuses que tu empruntes, et je ne suis pas certain qu'il soit bon que je dise ce que je m'appr�te � dire, mais je <emphasis>dois</emphasis> te tirer de ce chemin ! Harry, <emphasis>comment Voldemort aurait-il pu survivre � la mort de son corps s'il n'avait pas eu une �me ?</emphasis>"</p><p>Et c'est <emphasis>l�</emphasis> que Harry se rendit compte qu'il y avait exactement une personne qui avait <emphasis>initialement</emphasis> dit au professeur McGonagall que le Seigneur des T�n�bres �tait encore en vie ; et c'�tait le directeur fou de l'asile qu'on appelait leur �cole, le directeur fou qui pensait que le monde fonctionnait � base de clich�s.</p><p>"Bonne question," dit Harry apr�s un peu de d�bat interne sur la fa�on de proc�der. "Peut-�tre a-t-il trouv� une fa�on de dupliquer le pouvoir de la Pierre de R�surrection, seulement il l'a charg�e � l'avance avec une copie <emphasis>compl�te</emphasis> de l'�tat de son cerveau. Ou quelque chose comme �a." Harry �tait soudain bien peu s�r d'�tre en train d'essayer de trouver une explication � quelque chose qui avait <emphasis>r�ellement eu lieu</emphasis>. "En fait, pourriez-vous juste me dire tout ce que vous savez sur la fa�on dont le Seigneur des T�n�bres a surv�cu et sur ce qu'il faudrait faire pour le tuer ?" <emphasis>Si encore il est plus r�el que des gros titre du Chicaneur</emphasis>.</p><p>"Tu ne me trompes pas, Harry," dit le vieux sorcier ; son visage avait maintenant l'air ancien et rid� par autre chose que des ann�es. "Je sais la vraie raison pour laquelle tu poses cette question. Non, je ne lis pas dans ton esprit, je n'ai pas � le faire, ton h�sitation te trahit ! Tu recherches le secret de l'immortalit� du Seigneur des T�n�bres afin de l'utiliser pour toi-m�me !"</p><p>"Faux ! Je veux le secret de l'immortalit� du Seigneur des T�n�bres afin de l'utiliser pour <emphasis>tout le monde</emphasis> !"</p><empty-line/><p>Tick, crac, fzzt...</p><p>Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore �tait immobile et fixait Harry, la bouche grande ouverte, l'air h�b�t�.</p><p>(Harry se d�cerna un point pour lundi puisqu'il �tait parvenu � compl�tement d�boussoler quelqu'un avant la fin de la journ�e).</p><p>"Et au cas o� �a n'aurait pas �t� clair," dit Harry, "quand je dis <emphasis>tout le monde</emphasis> je veux dire tous les Moldus aussi, pas seulement les sorciers."</p><p>"Non," dit le vieux sorcier, secouant sa t�te. Sa voix s'�leva. "Non, non, non ! <emphasis>C'est de la folie !</emphasis>"</p><p>"Bwah ha ha !" dit Harry.</p><p>Le visage du vieux sorcier �tait contract� sous l'effet de l'inqui�tude et de la col�re. "Voldemort a vol� le livre d'o� il a glan� son secret ; il n'�tait pas l� lorsque je suis all� le chercher. Mais ce que j'en sais, et ce que je vais t'en dire, c'est que son immortalit� est n�e d'un rituel noir et terrible, plus noir que le noir absolu ! Et c'est Mimi Geignarde, pauvre douce Mimi, qui est morte pour cela ; son immortalit� a demand� un sacrifice, elle a demand� un <emphasis>meurtre -</emphasis>"</p><p>"Eh bien <emphasis>�videmment</emphasis> que je ne vais pas populariser une m�thode pour atteindre l'immortalit� qui requiert que l'on tue des gens ! �a serait totalement contre-productif !"</p><p>Il y eut une pause �tonn�e.</p><p>Lentement, le visage du vieux sorcier sortit de sa col�re et se d�tendit, mais l'inqui�tude �tait toujours pr�sente. "Tu n'utiliserais aucun rituel qui requi�re un sacrifice humain."</p><p>"Je ne sais pas pour qui vous me prenez, <emphasis>professeur</emphasis>," dit froidement Harry, sa propre col�re montante, "mais n'oublions que c'est <emphasis>moi</emphasis> qui souhaite que les gens <emphasis>vivent</emphasis> ! Celui qui veut <emphasis>sauver</emphasis> tout le monde ! C'est <emphasis>vous</emphasis> qui pensez que la mort est g�niale et que tout le monde devrait mourir !"</p><p>"Je suis perdu, Harry," dit le vieux sorcier. Ses pieds commenc�rent de nouveau � parcourir l'�trange bureau. "Je ne sais que dire." Il ramassa une sph�re de cristal qui semblait contenir une main entour�e de flammes et l'observa d'un air triste. "Seulement que je suis bien m�compris... je ne <emphasis>veux</emphasis> pas que tout le monde meure, Harry !"</p><p>"Vous ne voulez juste pas que tout le monde soit immortel," dit Harry avec une grande ironie dans la voix. Il semblait que les tautologies logiques �l�mentaires telles que <emphasis>Pour tout x: Meurt(x) = N'existe pas x: Ne meure pas(x) </emphasis>�taient au-del� des capacit�s de raisonnement du sorcier le plus puissant du monde.</p><p>Le vieux sorcier hocha la t�te. "J'ai moins peur qu'avant, mais je suis toujours grandement inquiet pour toi, Harry," dit-il doucement. Sa main, l�g�rement fl�trie par le temps mais toujours forte, repla�a fermement la sph�re de cristal sur son socle. "Car la peur de la mort est une chose am�re, une maladie de l'�me qui tord et d�forme les gens. Voldemort n'est pas le seul mage noir � avoir parcouru cette route d�sol�e, m�me si crains qu'il ne soit all� plus loin que quiconque avant lui."</p><p>"Et vous pensez que <emphasis>vous</emphasis> n'avez pas peur de la mort ?" dit Harry, n'essayant m�me pas de masquer l'incr�dulit� pr�sente dans sa voix.</p><p>Le visage du vieux sorcier �tait paisible. "Je ne suis pas parfait, Harry, mais je pense avoir accept� ma mort comme une partie de mon �tre."</p><p>"Oh oh," dit Harry. "Vous voyez, il y a cette petite chose nomm�e <emphasis>dissonance cognitive</emphasis>, ou en fran�ais plus simple, le <emphasis>d�pit</emphasis>. Si on frappait les gens sur la t�te avec des matraques une fois par mois, et que personne ne pouvait rien y faire, il y aurait bient�t toutes sortes de philosophes, <emphasis>pr�tendant �tre sages</emphasis>, comme vous le dites, qui trouveraient toutes sortes <emphasis>d'incroyables avantages</emphasis> � �tre frapp� sur la t�te par une matraque une fois par mois. Par exemple, �a vous rend plus fort, ou �a vous rend plus heureux les jours o� on ne vous frappe <emphasis>pas</emphasis> avec une matraque. Mais si vous alliez voir quelqu'un qui ne se faisait <emphasis>pas</emphasis> frapper et que vous lui demandiez s'il voulait <emphasis>commencer</emphasis>, en �change de ces <emphasis>incroyables avantages</emphasis>, il dirait non. Et si vous ne <emphasis>deviez pas</emphasis> mourir, si vous veniez d'un endroit o� personne n'avait jamais entendu <emphasis>parler</emphasis> de la mort, et si je vous sugg�rais que ce serait une <emphasis>id�e incroyablement fantastique </emphasis>que les gens deviennent rid�s et vieux et finissent par ne plus exister, allons, vous me feriez tout de suite exp�dier � l'asile de fous ! Alors pourquoi quiconque pourrait-il penser quelque chose d'aussi stupide que "la mort est quelque chose de <emphasis>bien</emphasis>" ? Parce que vous en avez peur, parce que vous ne voulez pas <emphasis>vraiment</emphasis> mourir, et que cette pens�e vous fait si mal que vous devez la rationaliser, que vous devez faire quelque chose pour att�nuer la douleur, pour ne plus avoir � y penser -"</p><p>"Non, Harry," dit le vieux sorcier. Son visage �tait paisible, sa main parcourait un bac d'eau �clair� qui �mettait de petits carillons au passage de ses doigts. "M�me si je peux comprendre pourquoi tu le penses."</p><p>"Vous voulez comprendre le Seigneur des T�n�bres ?" dit Harry, sa voix maintenant dure et sinistre. "Alors regardez la partie de vous qui fuit non pas la mort mais la <emphasis>peur</emphasis> de la mort, la partie qui trouve cette peur si insupportable qu'elle �treindra la Mort comme une amie et se rapprochera d'elle, qu'elle essaiera de ne faire qu'une avec la nuit afin de pouvoir se dire ma�tresse de l'abysse. Vous avez pris l'un des maux les plus terribles et avez dit que c'�tait un <emphasis>bien</emphasis> ! Avec seulement une l�g�re torsion de cette partie de vous-m�me vous tueriez des innocents et appelleriez cela de l'amiti�. Si vous pouvez dire que la mort est meilleure que la vie alors vous pouvez tordre votre compas moral pour qu'il pointe <emphasis>n'importe o�</emphasis> -"</p><p>"Je pense," dit Dumbledore, �jectant quelques gouttes d'eau de sa main en la secouant, au son de petites clochettes tintantes, "que tu comprends <emphasis>tr�s </emphasis>bien les mages noirs, sans en �tre encore un toi-m�me." C'�tait dit avec un parfait s�rieux et sans accusation. "Mais ta compr�hension de <emphasis>moi</emphasis> est cruellement imparfaite, j'en ai peur." Le vieux sorcier souriait � pr�sent, et il y avait un rire sympathique dans sa voix.</p><p>Harry essayait de ne pas devenir plus froid qu'il ne l'�tait d�j� ; d'une source inconnue jaillissait une �tincelante furie de ressentiment qui se d�versait dans son esprit, contre la condescendance de Dumbledore et contre tout le rire que les sages vieux idiots avaient toujours utilis� en lieu et place d'un argument. "C'est dr�le, vous savez, je pensais que ce serait � ce point qu'il serait impossible de dialoguer avec Draco Malfoy, et au lieu de cela, dans son innocence enfantine, il a �t� cent fois plus fort que vous."</p><p>Un air d'incompr�hension passa sur le visage du vieux sorcier. "Que veux-tu dire ?"</p><p>"Je veux dire," dit Harry, la voix mordante, "que Draco <emphasis>prenait ses propres croyances au s�rieux</emphasis> et <emphasis>consid�rait</emphasis> mes mots au lieu de simplement les <emphasis>jeter par la fen�tre</emphasis> en souriant avec une aimable sup�riorit�. Vous �tes si vieux et sage que vous ne pouvez m�me pas <emphasis>remarquer</emphasis> ce que je dis ! Pas comprendre, <emphasis>remarquer</emphasis> !"</p><p>"Je t'<emphasis>ai</emphasis> �cout�, Harry," dit Dumbledore, l'air maintenant plus solennel, "mais �couter n'est pas toujours �tre d'accord. D�saccords mis � part, que crois-tu que je ne comprends pas ?"</p><p><emphasis>Que si vous croyiez vraiment � un au-del�, vous iriez � Sainte Mangouste et tueriez les parents de Neville, Alice et Frank Londubat, pour qu'ils puisse passer � leur </emphasis>grande aventure � venir <emphasis>au lieu de les laisser s'�terniser ici, endommag�s -</emphasis></p><p>Harry parvint � peine, <emphasis>� peine</emphasis>, � s'emp�cher de le dire � voix haute.</p><p>"Tr�s bien," dit froidement Harry. "Je r�pondrai alors � votre question initiale. Vous avez demand� pourquoi les mages noirs ont peur de la mort. Pr�tendez, professeur, que vous croyez <emphasis>vraiment</emphasis> aux �mes. Pr�tendez que chacun soit capable de v�rifier l'existence des �mes � n'importe quel moment, pr�tendez que personne ne pleure aux fun�railles, parce qu'ils <emphasis>sauraient</emphasis> que ceux qu'ils aiment sont toujours en vie. Maintenant, pouvez-vous imaginer la <emphasis>destruction</emphasis> d'une �me ? D�truite en morceaux pour que rien n'en reste pour vivre sa grande aventure � venir ? Pouvez-vous imaginer la chose horrible que ce serait, le pire crime jamais commis dans l'Histoire de l'univers, contre laquelle vous seriez pr�t � tout, pour emp�cher que cela ne se produise ne serait-ce qu'une seule fois ? Parce que <emphasis>c'est cela</emphasis>, la Mort - l'annihilation d'une �me !"</p><p>Le vieux sorcier le regardait avec tristesse. "Je suppose que je <emphasis>comprends</emphasis> � pr�sent," dit-il avec douceur.</p><p>"Oh ?" dit Harry. "Comprenez quoi ?"</p><p>"Voldemort," dit le vieux sorcier. "Je le comprends enfin. Parce pour croire que le monde est r�ellement ainsi, il faut croire qu'il est d�nu� de justice, qu'il est parcouru de t�n�bres jusqu'� son c�ur. Je t'ai demand� pourquoi il �tait devenu un monstre, et tu n'as pu me donner une raison. Et si je pouvais <emphasis>lui</emphasis> demander, je pr�sume que sa r�ponse serait : Pourquoi pas ?"</p><empty-line/><p>Ils se tinrent l�, se fixant l'un-l'autre, le vieux sorcier dans ses robes, et le jeune gar�on avec la cicatrice en forme d'�clair sur son front.</p><p>"Dis-moi, Harry," dit le vieux sorcier, "vas-<emphasis>tu</emphasis> devenir un monstre ?"</p><p>"Non," dit le gar�on, une certitude d'acier dans la voix.</p><p>"Pourquoi pas ?" dit le vieux sorcier.</p><p>Le jeune gar�on se redressa, son menton fi�rement lev�, et il dit : "Il n'y a pas de justice dans les lois de la Nature, professeur, pas de terme pour l'�quit� dans les �quations du mouvement. Mais l'univers n'est ni mauvais ni bon, il ne s'en soucie tout simplement pas. Les �toiles ne s'en soucient pas, ni le soleil, ni le ciel. Mais ils n'ont pas � le faire ! <emphasis>Nous</emphasis> nous en soucions ! Il y <emphasis>a</emphasis> de la lumi�re dans le monde, et c'est <emphasis>nous</emphasis> !"</p><p>"Je me demande ce qu'il adviendra de toi, Harry," dit le vieux sorcier. Sa voix �tait douce, m�l�e d'un �trange �merveillement et d'un �trange regret. "Assez pour me faire souhaiter de vivre, juste pour le voir."</p><p>Avec une lourde ironie, le gar�on s'inclina devant lui et s'en fut ; et la porte en ch�ne se referma brutalement derri�re lui d'un bruit sourd.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 40*: Faire semblant d'�tre sage, partie 2</strong></p><p>Tenant sa tasse de la mani�re exacte que le professeur Quirrell avait d� par trois fois lui d�montrer, Harry prit une gorg�e, petite, et m�ticuleuse. � l'autre bout de l'immense table situ�e au centre de la Chambre de Marie, le professeur Quirrell but � son tour, avec bien plus de naturel et d'�l�gance. Le th� �tait fait d'une plante dont Harry �tait incapable de prononcer le nom. Plus pr�cis�ment, il s'�tait tant fait rectifier par le professeur Quirrell qu'il avait abandonn� l'id�e d'en prononcer le nom chinois.</p><p>La fois pr�c�dente, Harry �tait parvenu � jeter un coup d'�il sur l'addition, et le professeur Quirrell avait fait semblant de ne rien remarquer.</p><p>Juste avant cela, il avait ressenti une forte envie de boire de l'Hilari-Th�.</p><p><emphasis>M�me en prenant cela en compte</emphasis>, le prix l'avait sid�r�.</p><p>Et pour lui, cela avait toujours le go�t du, eh bien, du th�.</p><p>Mais il y avait un soup�on discret et obs�dant, � la limite de sa conscience, que le professeur Quirrell le <emphasis>savait</emphasis> et qu'il avait d�lib�r�ment achet� un th� au prix exorbitant que Harry ne savait m�me pas appr�cier <emphasis>juste pour jouer avec lui</emphasis>. Le professeur Quirrell <emphasis>lui-m�me</emphasis> ne l'aimait peut-�tre pas particuli�rement. Peut-�tre que <emphasis>personne</emphasis> n'aimait vraiment ce th�, et que sa seule fonction �tait d'avoir un prix exorbitant pour donner � la victime le sentiment qu'elle �tait ingrate. Peut-�tre que c'�tait en r�alit� un simple th� ordinaire, sauf qu'il fallait le demander � l'aide d'un code particulier pour qu'ils mettent un prix aussi gigantesque qu'imaginaire sur l'addition...</p><p>Le professeur Quirrell avait l'air pensif et les traits tir�s. "Non", dit le professeur Quirrell, "vous n'auriez <emphasis>pas</emphasis> d� parler au directeur de votre conversation avec Lord Malfoy. Essayez de r�fl�chir plus vite la prochaine fois, M. Potter."</p><p>"Je suis d�sol�, professeur Quirrell," r�pondit humblement Harry. "Je ne vois toujours pas pourquoi." Parfois, Harry avait vraiment l'impression d'�tre un imposteur feignant d'�tre rus� lorsqu'il �tait en pr�sence du professeur Quirrell.</p><p>"Lord Malfoy est l'opposant d'Albus Dumbledore," dit le professeur Quirrell. "Du moins pour le moment. Toute l'Angleterre est leur plateau d'�checs, tous les sorciers sont leurs pi�ces. Consid�rez ceci : Lord Malfoy a menac� de tout laisser tomber, d'abandonner son jeu, pour se venger de vous si jamais il arrivait malheur � M. Malfoy. Auquel cas, M. Potter... ?"</p><p>Il lui fallut de longues secondes pour comprendre, mais il �tait clair que le professeur Quirrell n'allait pas donner d'autres indices, non pas que Harry les aurait accept�s.</p><p>Puis l'esprit de Harry �tablit enfin la connexion, et il fron�a les sourcils. "Dumbledore tue Draco, fait croire que c'est ma faute, et Lucius sacrifie son jeu contre Dumbledore pour m'atteindre ? Cela... ne ressemble pas au <emphasis>style</emphasis> du directeur, professeur Quirrell..." L'esprit de Harry eut un flash o� Draco lui prodiguait une mise en garde semblable, et � laquelle Harry avait r�pondu la m�me chose.</p><p>Le professeur Quirrell haussa les �paules et sirota son th�.</p><p>Harry sirota le sien et resta assis en silence. La nappe qui recouvrait la table �tait faite d'un motif tr�s paisible, qui au premier abord ressemblait � un tissu uni, mais si vous le regardiez suffisamment, ou que vous restiez silencieux assez longtemps, vous commenceriez � voir des traces � peine visibles de fleurs �mettant une l�g�re lueur ; les rideaux de la pi�ce avaient chang� leur motif pour correspondre � celles-ci, et c'�tait comme s'ils brillaient d'une brise silencieuse. Le professeur Quirrell �tait d'une humeur contemplative ce samedi, et Harry aussi, et il semblait que la chambre de Marie n'avait pas omis de le remarquer.</p><p>"Professeur Quirrell," dit soudain Harry, "y a-t-il un au-del� ?"</p><p>Harry avait choisi sa question avec pr�caution. Pas <emphasis>croyez-vous � l'au-del� ?</emphasis> mais simplement <emphasis>Y a-t-il un au-del� ?</emphasis> Ce que les gens croyaient <emphasis>vraiment</emphasis> ne leur semblait pas �tre des <emphasis>croyances</emphasis>. Les gens ne disaient pas 'Je crois tr�s fort que le ciel est bleu !' Ils disaient simplement : 'Le ciel est bleu". Votre vraie carte int�rieure du monde vous semblait �tre exactement telle que le monde <emphasis>�tait</emphasis>...</p><p>Le professeur de D�fense �leva de nouveau sa tasse jusqu'� ses l�vres avant de r�pondre. Il avait une expression pensive. "S'il y en a un, M. Potter," dit le professeur Quirrell, "alors bon nombre de sorciers ont g�ch� beaucoup d'efforts dans leur qu�te de l'immortalit�."</p><p>"Ce n'est pas vraiment une r�ponse," observa Harry. Il avait maintenant appris � remarquer ce genre de chose lorsqu'il parlait au professeur Quirrell.</p><p>Le professeur Quirrell d�posa sa tasse � th�, ce qui produisit un petit claquement aigu sur sa soucoupe. "Certains de ces sorciers �taient raisonnablement intelligents, M. Potter, et l'on peut donc admettre que l'existence d'un au-del� n'est pas �vidente. Je me suis moi-m�me int�ress� � ce probl�me. On a affirm� beaucoup de choses qui �taient similaires � ce que l'on s'attendrait � voir �tre produites par la peur ou par l'espoir. Parmi les t�moignages dont la v�racit� n'est pas mise en doute, il n'existe rien qui ne pourrait �tre la cons�quence de simple sorcellerie. Il existe certains appareils que l'on pr�tend �tre capables de communiquer avec les morts, mais je suspecte qu'ils sont seulement capables de projeter une image venue de l'esprit ; si le r�sultat semble indistinguable de la m�moire, c'est parce qu'il <emphasis>est</emphasis> la m�moire. Les soi-disants esprits ne r�v�lent aucun secret qu'ils connaissaient de leur vivant, ni aucun qu'ils auraient pu apprendre apr�s leur mort sans que ceux-ci soient connus de l'invocateur -"</p><p>"C'est pourquoi la Pierre de R�surrection n'est pas l'artefact magique le plus pr�cieux au monde," dit Harry.</p><p>"Pr�cis�ment," dit le professeur Quirrell, "m�me si je ne refuserais pas une chance de l'essayer." Il y avait un sourire fin et sec sur ses l�vres ; et quelque chose de plus froid et de plus distant dans ses yeux. "J'en conclus que vous avez aussi parl� de cela avec Dumbledore."</p><p>Harry hocha la t�te.</p><p>Les rideaux adoptaient un motif l�g�rement bleut�, et un vague trac� repr�sentant des flocons de neiges complexes semblait maintenant appara�tre sur la nappe. La voix du professeur Quirrell �tait tr�s calme. "Le directeur sait �tre tr�s persuasif, M. Potter. J'esp�re qu'il ne vous a pas persuad�."</p><p>"<emphasis>Certainement</emphasis> pas," dit Harry. "Je ne l'ai pas cru une seconde."</p><p>"Je n'esp�re pas," dit le professeur Quirrell, toujours de ce ton tr�s calme. "Je serais extr�mement g�n� de d�couvrir que le directeur vous a convaincu de laisser tomber votre vie pour un plan idiot en vous disant que la mort est la prochaine grande aventure."</p><p>"Je ne pense pas que le directeur y croyait lui-m�me, � vrai dire," dit Harry. Il sirotait de nouveau son th�. "Il m'a demand� ce que je pourrais bien faire avec l'�ternit�, puis il m'a donn� la r�plique habituelle selon laquelle ce serait ennuyeux, et il ne semblait pas voir le moindre conflit entre cela et sa propre affirmation que l'�me est immortelle. En fait, il m'a fait toute une le�on pour m'expliquer � quel point il �tait horrible de d�sirer l'immortalit� avant de d�clarer qu'il avait une �me immortelle. Je ne peux pas tout � fait visualiser ce qui se passait dans son esprit, mais je ne pense pas qu'il ait <emphasis>vraiment</emphasis> un mod�le mental de lui-m�me continuant pour toujours dans l'au-del�."</p><p>La temp�rature dans la pi�ce semblait �tre en train de chuter.</p><p>"Vous percevez," dit une voix pareille � la glace depuis l'extr�mit� oppos�e de la table, "que Dumbledore ne croit pas vraiment aux paroles qu'il prononce. Ce n'est pas qu'il a compromis ses principes. C'est qu'il ne les a jamais eu en premier lieu. Commencez-vous d�j� � �tre cynique, M. Potter ?"</p><p>Les yeux de Harry s'�taient abaiss�s vers sa tasse. "Un peu," dit Harry � son th� Chinois, d'une peut-�tre-hyper-grande-qualit�, et au prix peut-�tre-exorbitant. "Je deviens certainement un peu <emphasis>frustr�</emphasis> par... ce qui se passe dans la t�te des gens, quoi que ce soit."</p><p>"Oui," dit la voix de glace. "Je trouve cela frustrant moi aussi."</p><p>"Existe-t-il une fa�on d'obtenir des gens qu'ils ne fassent <emphasis>pas</emphasis> cela ?" dit Harry � sa tasse � th�.</p><p>"Il existe en effet un certain sort utile qui r�sout ce probl�me."</p><p>Harry leva les yeux avec espoir et vit un sourire froid, tr�s froid, sur le visage du professeur Quirrell.</p><p>Puis Harry comprit. "Je veux dire, <emphasis>� part</emphasis> Avada Kedavra."</p><p>Le professeur de D�fense rit. Pas Harry.</p><p>"Quoi qu'il en soit," dit Harry avec h�te, "<emphasis>j'ai</emphasis> pens� assez vite pour ne pas sugg�rer une id�e �vidente en face de Dumbledore. Avez-vous jamais vu une pierre avec une ligne au centre d'un cercle au centre d'un triangle ?"</p><p>Le frisson mortel sembla recula, se replier sur lui-m�me, et le professeur Quirrell habituel revint. "Pas que je m'en souvienne," dit le professeur Quirrell au bout d'un moment, un froncement de sourcils pensif sur le visage. "C'est la Pierre de R�surrection ?"</p><p>Harry mit sa tasse de c�t� puis dessina sur sa soucoupe le symbole qu'il avait vu � l'int�rieur de la Cape. Et avant qu'il ne puisse sortir sa baguette pour jeter le sort de l�vitation, la soucoupe s'envola en diagonale de la table vers le professeur Quirrell. Harry voulait vraiment apprendre tous ces trucs sans baguette, mais c'�tait apparemment loin au-dessus du programme de son ann�e.</p><p>Le professeur Quirrell �tudia la soucoupe de Harry pendant un moment, puis il secoua la t�te ; et un moment plus tard, la soucoupe revint vers Harry en l�vitant.</p><p>Harry remit sa tasse sur la soucoupe, et ce faisant, il remarqua distraitement que le symbole qu'il avait dessin� avait disparu. "Si vous voyez une pierre avec ce symbole," dit Harry, "et qu'elle <emphasis>communique</emphasis> avec l'au-del�, faites-le moi savoir. J'ai quelques questions � poser � Merlin ou � quiconque �tait l� du temps d'Atlantis."</p><p>"Absolument," dit le professeur Quirrell. Il leva alors sa tasse de nouveau et la renversa, comme pour finir le peu qui restait. "Au fait, M. Potter, j'ai peur que nous ne devions abr�ger notre visite d'aujourd'hui au Chemin de Traverse. J'avais esp�r� qu'il soit - mais �a ne fait rien. Sachez seulement qu'il y a autre chose que je dois faire cet apr�s-midi."</p><p>Harry hocha la t�te et finit son th�, puis il se leva de sa chaise en m�me temps que le professeur Quirrell.</p><p>"Une derni�re question," dit Harry, alors que le manteau du professeur Quirrell se soulevait au-dessus du porte-manteau et l�vitait dans sa direction. "La magie existe, et je n'accorde plus � mes conjectures la confiance que je leur ai un jour accord�es. Alors, selon votre meilleur jugement et sans prendre vos d�sirs pour des r�alit�s, <emphasis>croyez-vous</emphasis> � un au-del� ?"</p><p>"Si j'y croyais, M. Potter," dit le professeur Quirrell en endossant son manteau, "serais-je encore <emphasis>ici</emphasis> ?"</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 41*: For�age frontal</strong></p><p>Le vent mordant de janvier hurlait autour des vastes murs de pierre nue qui d�limitaient les limites mat�rielles du ch�teau de Poudlard, chuchotant et sifflant d'�tranges tons lorsqu'il passait � proximit� des fen�tres ferm�es et des tourelles de pierre. La derni�re neige avait �t� en grande partie emport�e, mais des plaques occasionnelles de glace fondue puis � nouveau gel�e s'accrochaient encore au visage de pierre et r�fl�chissaient l'�clatante lumi�re du soleil. De loin, on aurait s�rement eu l'impression que Poudlard clignait de milles yeux.</p><p>Une rafale soudaine fit tressaillir Draco et le poussa � essayer, bien inutilement, d'approcher son corps de la pierre encore plus qu'il ne l'�tait d�j�, une pierre qui ressemblait � de la glace et qui avait une odeur de glace. Un instinct profond�ment inutile le persuadait qu'il �tait sur le point d'�tre projet� loin des murs ext�rieurs de Poudlard et que la meilleure fa�on d'emp�cher que cela arrive �tait de s'agiter par pur r�flexe moteur, et peut-�tre m�me de vomir.</p><p>Draco essayait tr�s fort de ne <emphasis>pas</emphasis> penser aux six �tages de vide qui se trouvaient en dessous de lui, et de se concentrer plut�t sur la fa�on dont il allait tuer Harry Potter.</p><p>"Vous savez, M. Malfoy," dit la jeune fille � c�t� de lui, sur le ton de la conversation, "si une voyante m'avait un jour dit que je me tiendrais � la paroi d'un ch�teau, retenue par le bout de mes doigts, en essayant de ne pas regarder en bas ni de penser � la force avec laquelle maman hurlerait si elle me voyait, je n'aurais <emphasis>aucune</emphasis> id�e de la fa�on dont cela allait se produire, <emphasis>mis � part</emphasis> que ce serait par la faute de Harry Potter."</p><empty-line/><p><emphasis>Plus t�t :</emphasis></p><p>Les deux g�n�raux alli�s enjamb�rent le corps de Londubat, les bottes frappant le sol avec une synchronisation quasi parfaite.</p><p>Un seul soldat se tenait maintenant entre eux et Harry, un gar�on Serpentard du nom de Samuel Clamons, dont la main �tait blanche � force d'�tre crisp�e autour de sa baguette, tenue � la verticale afin de maintenir un mur prismatique. La respiration du gar�on �tait rapide, mais son visage exprimait la m�me d�termination froide que celle qui brillait dans les yeux de son g�n�ral, Harry Potter, qui se tenait lui-m�me derri�re le mur prismatique au fond du cul-de-sac du couloir, � c�t� d'une fen�tre ouverte, ses mains myst�rieusement tenues derri�re son dos.</p><p>La bataille avait �t� si difficile face � un ennemi surpass� � deux contre un que c'en �tait devenu ridicule. Cela aurait d� �tre facile, l'arm�e Dragon et le r�giment Soleil avaient combin� leurs forces sans effort pendant les sessions d'entra�nement, car ils s'�taient battus l'un contre l'autre assez longtemps pour commencer � bien se conna�tre. Le moral avait �t� �lev�, car les deux arm�es savaient que cette fois elles ne se battaient pas seulement pour gagner mais aussi pour que le monde soit lib�r� des tra�tres. En d�pit des protestations surprises des deux g�n�raux, les soldats de l'arm�e combin�e avaient insist� pour s'appeler l'argiment Solgon de Dramione, et ils avaient fait appara�tre des blasons portant le signe d'un visage souriant envelopp� de flammes.</p><p>Mais les soldats de Harry avaient noirci le leur - il n'avait pas l'air recouvert de peinture mais plut�t d'avoir �t� <emphasis>br�l�</emphasis> - et ils s'�taient battus � travers les niveaux sup�rieurs de Poudlard avec une furie d�sesp�r�e. La rage froide que Draco voyait parfois en Harry semblait s'�tre infiltr�e dans ses soldats, qui s'�taient battus comme si ce n'�tait pas un jeu. Et Harry avait vid� tout son sac de techniques, il y avait eu de petites billes de m�tal (Granger les avait appel�es "roulements � billes") sur le sol et les escaliers, les rendant infranchissables tant qu'ils n'avaient pas �t� d�blay�s, sauf que l'arm�e de Harry avait d�j� pratiqu� des sortil�ges de l�vitation coordonn�s et ils pouvaient faire voler les leurs <emphasis>juste au-dessus </emphasis>des obstacles qu'ils avaient construits...</p><p>On ne pouvait pas utiliser des appareillages venus de l'ext�rieur lors de la partie, mais on pouvait m�tamorphoser tout ce qu'on voulait <emphasis>pendant</emphasis> le jeu, du moment que c'�tait s�r. Et ce n'�tait tout simplement pas juste quand on se battait contre un gar�on �lev� par des scientifiques, qui connaissait des choses comme les roulements � bille et les skateboards et les cordes �lastiques.</p><p>Et on en �tait donc arriv� l�.</p><p>Les survivants des forces alli�es avaient accul� les derniers restes de l'arm�e de Harry Potter dans un couloir en cul-de-sac.</p><p>Weasley et Vincent avaient saut� sur Londubat en m�me temps, bougeant ensemble comme ils l'avaient pratiqu�, pas pendant des heures mais pendant des semaines, et pourtant Londubat �tait myst�rieusement parvenu � les atteindre <emphasis>tous les deux</emphasis> avant de s'effondrer.</p><p>Et maintenant il y avait Draco et Granger et Padma et Samuel et Harry, et vu la t�te que faisait Samuel, son mur prismatique n'allait pas tenir encore bien longtemps.</p><p>Draco avait d�j� mis sa baguette au niveau de Harry, attendant que le mur prismatique tombe de lui-m�me ; inutile de g�cher un sortil�ge de bris de bouclier avant que cela ne se produise. Padma avait mis sa propre baguette � hauteur de Samuel, Granger la sienne � hauteur de Harry...</p><p>Qui cachait toujours ses mains derri�re son dos au lieu de viser avec sa baguette ; et il les regardait avec une expression qui aurait pu avoir �t� sculpt�e dans de la glace.</p><p>�a pouvait �tre un bluff. Ce n'en �tait probablement pas un.</p><p>Il y eut un bref silence tendu.</p><p>Puis Harry parla.</p><p>"Je suis le m�chant � pr�sent," dit le jeune gar�on avec froideur, "et si vous pensez que les m�chants sont si faciles que �a � achever, vous feriez mieux de reconsid�rer cette id�e. Battez moi lorsque je combats s�rieusement et je resterai battu ; mais perdez et la prochaine fois sera une r�p�tition de la bataille d'aujourd'hui."</p><p>Le gar�on avan�a ses mains et Draco vit que Harry portait d'�tranges gants, avec un mat�riau gris�tre tr�s particulier sur le bout de ses doigts et des boucles qui accrochaient fermement les gants � ses poignets.</p><p>� c�t� de Draco, le g�n�ral Soleil eut un hoquet d'horreur ; et sans m�me prendre le temps de l'interroger, Draco jeta un sortil�ge de bris de bouclier.</p><p>Samuel flancha en laissant �chapper un cri, mais il maintint le mur ; et si Padma ou Granger tiraient maintenant, elles �puiseraient leurs propres forces � un point tel que cela pourrait les faire perdre.</p><p>"<emphasis>Harry !</emphasis>" hurla Granger. "<emphasis>Tu n'es pas s�rieux !</emphasis>"</p><p>Harry �tait d�j� en mouvement.</p><p>Et, alors qu'il ouvrait grand la fen�tre, sa voix froide dit : "Suivez-moi si vous l'osez."</p><empty-line/><p>Le vent gel� hurlait tout autour d'eux.</p><p>Les bras de Draco commen�aient d�j� � �tre fatigu�s.</p><p>... il s'�tait av�r� que, hier, Harry avait minutieusement d�montr� � Granger comment m�tamorphoser les gants qu'il portait en ce moment m�me, qui utilisaient quelque chose nomm� 'set� de Gecko' ; et comment coller des morceaux m�tamorphos�s de ce m�me mat�riaux aux bout de leurs chaussures ; et Harry et Granger avaient tr�s innocemment essay� de grimper un peu aux murs et au plafond.</p><p>Et, hier aussi, Harry avait fourni � Granger un total d'exactement deux doses de potion chute plum�e � transporter dans sa bourse, "juste au cas o�".</p><p>Non pas que Padma les aurait suivis de toute fa�on. <emphasis>Elle</emphasis> n'�tait pas folle.</p><p>Draco d�tacha sa main droite avec pr�caution, l'avan�ant autant qu'il le pouvait, puis il la plaqua de nouveau contre la pierre. � c�t� de lui, Granger fit de m�me.</p><p>Ils avaient d�j� aval� la potion de chute plum�e. C'�tait jouer � la limites des r�gles, mais la potion ne s'activerait pas avant que l'un d'eux ne tombe vraiment, et ils n'utilisaient donc pas l'objet tant qu'ils ne tombaient pas.</p><p>Le professeur Quirrell les regardait.</p><p>Ils �taient tous deux <emphasis>parfaitement, compl�tement, absolument en s�ret�.</emphasis></p><p>Harry Potter, par contre, allait mourir.</p><p>"Je me demande pourquoi Harry fait cela," dit le g�n�ral Granger d'un ton pensif, d�tachant lentement le bout des doigts d'une de ses mains du mur au son d'un "shlick" prolong�e. Sa main se rabattit contre le mur presque imm�diatement apr�s avoir �t� soulev�e. "Il faudra que je le lui demande, apr�s l'avoir tu�."</p><p>C'�tait incroyable ce qu'ils avaient en commun tous les deux.</p><p>Draco n'avait pas vraiment envie de parler pour le moment mais il parvint � dire, � travers des dents serr�es : "�a pourrait �tre une vengeance. Pour le rendez-vous galant."</p><p>"Vraiment," dit Granger. "Apr�s tout ce temps."</p><p>Shlick. Plop.</p><p>"Que c'est gentil de sa part," dit Granger.</p><p>Shlick. Plop.</p><p>"J'imagine que je trouverai une fa�on vraiment romantique de le remercier," dit Granger.</p><p>Stick. Plop.</p><p>"Qu'est-ce qu'il a contre <emphasis>toi </emphasis>?" dit Granger.</p><p>Stick. Plop.</p><p>Le vent gel� hurlait tout autour d'eux.</p><empty-line/><p>Vous auriez pu croire qu'avoir de nouveau un sol sous les pieds aurait donn� l'impression d'�tre plus en s�ret�.</p><p>Mais si ce sol avait �t� un toit inclin� fait de tuiles rugueuses sur lequel se serait trouv� bien plus de neige que sur les murs de pierre et que vous l'auriez travers� en courant � grande vitesse...</p><p>Alors vous auriez eu <emphasis>tristement tort</emphasis>.</p><p>"<emphasis>Luminos !" </emphasis>cria Draco.</p><p>"<emphasis>Luminos !</emphasis>" cria Granger.</p><p>"<emphasis>Luminos !</emphasis>" cria Draco.</p><p>"<emphasis>Luminos !</emphasis>" cria Granger.</p><p>La silhouette lointaine �vitait et grimpait tout en courant, et pas un seul tir ne l'atteint, mais ils gagnaient du terrain.</p><p>Jusqu'� ce que Granger ne glisse.</p><p>R�trospectivement, c'�tait in�vitable. Dans la vraie vie vous ne pouviez pas <emphasis>vraiment</emphasis> courir � grande vitesse sur un toit verglac�.</p><p>In�vitablement aussi, car cela arriva sans la moindre pens�e consciente, Draco pivota et saisit le bras droit de Granger et il la <emphasis>rattrapa</emphasis>, seulement elle �tait d�j� trop d�s�quilibr�e, elle tombait et entra�nait Draco avec elle, tout se passait si vite -</p><p>Il y eut un impact dur et douloureux, pas seulement du poids de Draco contre le toit mais aussi un peu de celui de Granger, et si elle l'avait heurt� un tout petit peu plus pr�s du bord ils auraient pu s'en sortir, mais au lieu de cela son corps bascula de nouveau et ses jambes gliss�rent et son autre main chercha fr�n�tiquement une prise...</p><p>Et c'est ainsi que Draco se retrouva � retenir le bras de Granger d'une poigne blanche tandis que son autre main serrait fr�n�tiquement le rebord du toit et que les bouts de ses chaussures s'enfon�aient sur la tranche d'une tuile.</p><p>"<emphasis>Hermione</emphasis> !" glapit la voix distante de Harry.</p><p>"Draco," chuchota Granger, et Draco baissa les yeux.</p><p>Cela avait peut-�tre �t� une erreur. Il y avait beaucoup de vide en-dessous d'eux, rien que du vide, ils �taient au bord d'un toit qui surplombait les murs de Poudlard.</p><p>"Il va venir m'aider," chuchota la fille, "mais d'abord il va nous lancer un <emphasis>Luminos</emphasis> � tous les deux, impossible qu'il fasse autrement. Tu dois me laisser tomber."</p><p>Cela aurait d� �tre la chose la plus facile du monde.</p><p>Elle n'�tait qu'une sang-de-bourbe, juste une sang-de-bourbe, <emphasis>juste une sang-de-bourbe !</emphasis></p><p>Elle n'aurait m�me pas <emphasis>mal</emphasis><emphasis>!</emphasis></p><p>... le cerveau de Draco refusait d'�couter ce que Draco avait � lui dire.</p><p>"Fais-le," chuchota Hermione, ses yeux �tincelants, d�nu�s de la moindre trace de peur, "fais-le, Draco, fais-le, tu peux le battre seul, Draco, <emphasis>il faut qu'on gagne !</emphasis>"</p><p>Il y eut le son de quelqu'un qui courait, et le son se rapprochait.</p><p><emphasis>Oh, sois rationnel...</emphasis></p><p>La voix dans la t�te de Draco ressemblait horriblement � celle de Harry Potter lorsque celui-ci lui prodiguait des le�ons.</p><p><emphasis>... vas-tu laisser ton cerveau diriger ta vie ?</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup, 1 :</emphasis></p><p>Daphne Greengrass avec besoin de faire de sacr�s efforts pour rester muette tandis que Millicent Bulstrode racontait � nouveau l'histoire dans la salle commune des filles Serpentard (un lieu frais et confortable des donjons, situ� sous le lac de Poudlard, avec des poissons qui nageaient � chaque fen�tre et des canap�s o� l'on pouvait s'�tendre si on le d�sirait). Surtout parce que, du point de vue de Daphn�, c'�tait une histoire d�j� parfaite sans avoir besoin des <emphasis>am�liorations</emphasis> de Millicent.</p><p>"Et alors ?" glapirent Flora et Hestia Carrow.</p><p>"Le g�n�ral Granger a lev� les yeux vers lui," dit Millicent d'une voix th��trale, "et elle a dit :'Draco ! Tu dois me l�cher ! Ne t'en fais pas pour moi, je te promets que tout ira bien ! Et que pensez-vous que Malfoy a alors fait ?"</p><p>"Il a dit : 'Jamais !'" cria Charlotte Wiland, "et il l'a tenue encore plus fort !"</p><p>Toutes les filles qui �coutaient hoch�rent la t�te, � part Pansy Parkinson.</p><p>"Nan !" dit Millicent. "Il l'a l�ch�e. Et alors il s'est redress� et il a abattu le g�n�ral Potter. Fin."</p><p>Il y eut une pause abasourdie.</p><p>"�a ne se fait <emphasis>pas</emphasis> !" dit Charlotte.</p><p>"C'est une <emphasis>sang-de-bourbe</emphasis>," dit Pansy, l'air confuse. "Bien <emphasis>s�r</emphasis> qu'il l'a l�ch�e !"</p><p>"Eh bien, Malfoy n'aurait pas d� la rattraper en premier lieu alors !" dit Charlotte. "Mais une fois qu'il l'avait attrap�e, il <emphasis>devait</emphasis> la tenir ! <emphasis>Surtout</emphasis> face � une fin certaine qui s'approchait !" Tracey Davis, assise � c�t� de Daphn�, approuvait �nergiquement de la t�te.</p><p>"Je ne vois pas pourquoi," dit Pansy.</p><p>"C'est parce que tu n'as pas une once de romantisme en toi," dit Tracey. "Et puis, on ne peut pas juste laisser tomber les filles comme �a. Une gar�on qui laisserait tomber une fille comme �a... il laisserait tomber <emphasis>n'importe qui</emphasis>. Il te laisserait tomber <emphasis>toi</emphasis>, Pansy."</p><p>"Qu'es'tu veux dire, <emphasis>il me laisserait tomber</emphasis> ?" dit Pansy.</p><p>Daphn� ne pouvait plus se retenir. "Tu sais," dit Daphn� d'un air sombre, "tu prends le petit d�jeuner un jour � notre table, et voil�-t-y pas que Malfoy <emphasis>te laisse tomber</emphasis>, et tu tombes du sommet de Poudlard ! Voil� ce qu'elle veut dire !"</p><p>"Ouais !" dit Charlotte. "C'est un tombeur de sorci�re !"</p><p>"Vous savez pourquoi Atlantis est tomb�e ?" dit Tracey. "Pasque quelqu'un comme Malfoy l'a <emphasis>laiss�e tomber</emphasis>, voil� pourquoi !"</p><p>Daphn� baissa la voix. "En fait... et si Malfoy �tait celui qui avait fait tomber Hermione, je veux dire le g�n�ral Granger ? Et s'il s'est donn� pour mission de faire tomber <emphasis>tous</emphasis> les n�s-Moldus ?"</p><p>"Tu veux dire - ?" s'�trangla Tracey.</p><p>"C'est �a !" dit Daphn� d'un ton th��tral. "Et si Malfoy �tait - <emphasis>l'h�ritier de Glisserpentard ?"</emphasis></p><p>"Le prochain Tombeur des T�n�bres !" dit Tracey.</p><p>Et c'�tait une expression bien trop g�niale pour qu'elles la gardent pour elle, et � la tomb�e de la nuit elle avait fait le tour de Serpentard, et le matin suivant c'�tait le gros titre du <emphasis>Chicaneur</emphasis>.</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup, 2 :</emphasis></p><p>Ce soir-l�, Hermione s'assura d'arriver � leur salle de classe habituelle en avance, juste pour que lorsque Harry arrive, elle soit l�, seule, dans une chaise, lisant un livre paisiblement.</p><p>S'il existait une fa�on de s'excuser en ouvrant une porte grin�ante, c'�tait comme �a que Harry venait de le faire.</p><p>"Euh," dit la voix de Harry Potter.</p><p>Hermione continua de lire.</p><p>"Je suis, euh, assez d�sol�, je ne comptais pas <emphasis>vraiment</emphasis> te faire tomber du toit ou quoi que ce soit..."</p><p>� vrai dire, cela avait �t� une exp�rience assez divertissante.</p><p>"Je, ah... je ne suis pas tr�s exp�riment� en excuses, je tomberai � genoux si tu veux, ou je t'ach�terai quelque chose de cher, <emphasis>Hermione je ne sais pas comment te demander pardon pour ce que j'ai fait est-ce que tu pourrais juste me dire quoi faire ?"</emphasis></p><p>Elle continua de lire son livre en silence.</p><p>Ce n'�tait pas comme si <emphasis>elle</emphasis> avait la moindre id�e de la fa�on dont Harry aurait pu s'excuser.</p><p>Pour le moment, elle ressentait seulement une �trange curiosit� quant � ce qui se passerait si elle continuait de lire son livre un moment.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 42*: Courage</strong></p><p>"<emphasis>Romantiques ?</emphasis>" dit Hermione. "Ce sont tous les deux des <emphasis>gar�ons !</emphasis>"</p><p>"Waoh," dit Daphn� d'un ton l�g�rement choqu�. "Tu veux dire que les Moldus d�testent <emphasis>vraiment</emphasis> �a ? Je pensais que c'�tait juste quelque chose que les Mangemorts avaient invent�."</p><p>"Non," dit une Serpentard plus �g�e que Hermione ne reconnu pas, "c'est vrai, ils doivent se marier en secret et si jamais ils sont d�couverts ils passent au b�cher tous les deux. Et si tu es une fille et que tu trouves �a romantique, ils te br�lent aussi."</p><p>"�a n'est pas possible !" protesta une Gryffondor, alors que Hermione essayait encore de d�couvrir ce qu'elle pouvait bien r�pondre � �a. "Il ne resterait plus <emphasis>aucune</emphasis> fille Moldue !"</p><p>Elle avait continu� de lire en silence, et Harry Potter avait continu� d'essayer de lui pr�senter ses excuses, et elle avait rapidement comprit que Harry, peut-�tre pour la premi�re fois de sa vie, avait prit conscience du fait qu'il avait commis quelque chose d'aga�ant ; et que Harry, certainement pour la premi�re fois de sa vie, �tait <emphasis>terrifi�</emphasis> � l'id�e de perdre son amiti� ; et elle avait commenc� � se sentir (a) coupable et (b) inqui�te quant � la direction que prenaient les efforts de plus en plus d�sesp�r�s de Harry. Mais elle n'avait toujours pas la moindre id�e du genre d'excuse qui pourrait convenir, alors elle avait dit que les filles de Serdaigle devraient voter - et cette fois elle ne pr�d�terminerait pas le r�sultat, mais elle ne l'avait pas mentionn� - ce que Harry avait imm�diatement accept�.</p><p>Le lendemain, quasiment toutes les filles de Serdaigle �g�es de plus de treize ans avaient vot� pour que Draco fasse tomber Harry.</p><p>Hermione avait �t� l�g�rement d��ue que ce soit si simple, m�me si c'�tait �videmment juste.</p><p>Mais l�, maintenant, se tenant juste � l'ext�rieur des grandes portes du ch�teau au milieu de la moiti� de la population f�minine de Poudlard, Hermione commen�ait � soup�onner qu'il y avait certaines <emphasis>choses</emphasis> qui se passaient ici, et qu'elle ne comprenait pas, et dont elle souhaitait d�sesp�r�ment qu'elles n'arrivent jamais aux oreilles de ses coll�gues g�n�raux.</p><empty-line/><p>On ne pouvait pas distinguer les d�tails depuis le sommet, seulement un flot indistinct de visages f�minins attentifs.</p><p>"Tu n'as pas la moindre id�e de ce dont il est question, n'est-ce pas ?" dit Draco d'un ton amus�.</p><p>Harry avait lu un certain nombre de livres qu'il n'�tait pas cens� lire, sans parler de quelques gros titres du <emphasis>Chicaneur</emphasis>.</p><p>"Le Survivant fait tomber Draco Malfoy enceinte ?" dit Harry.</p><p>"D'accord, tu <emphasis>sais</emphasis> de quoi il est question," dit Draco. "Je croyais que les Moldus d�testaient �a ?"</p><p>"Seulement les idiots," dit Harry. "Mais, euh, ne sommes-nous pas, euh, un peu <emphasis>jeunes ?</emphasis>"</p><p>"Pas trop jeunes pour <emphasis>elles</emphasis>," dit Draco. Il renifla. "Ah, les<emphasis> filles !</emphasis>"</p><p>Ils march�rent en silence jusqu'au bord du toit.</p><p>"Donc <emphasis>je</emphasis> fais �a par vengeance contre toi," dit Draco, "mais pourquoi est-ce que <emphasis>tu</emphasis> le fais ?"</p><p>L'esprit de Harry fit un calcul �clair, pesant les facteurs, d�cidant s'il �tait trop t�t...</p><p>"Honn�tement ?" dit Harry. "Parce que je comptais lui faire grimper des murs gel�s mais que je ne comptais <emphasis>pas</emphasis> la faire tomber du toit. Et, euh, je me suis en quelque sorte <emphasis>vraiment</emphasis> senti tr�s mal � ce sujet. Je veux dire, j'imagine qu'au bout d'un moment j'ai vraiment fini par voir ma relation avec elle comme une rivalit� amicale. Alors ce sont de vraies excuses, pas une ruse ni quoi que ce soit."</p><p>Il y eut une pause.</p><p>Puis -</p><p>"Ouais," dit Draco. "Je comprends."</p><p>Harry ne sourit pas. �a avait peut-�tre �t� le non-sourire le plus difficile de toute sa vie.</p><p>Draco observa le rebord du toit et fit une grimace. "�a va �tre beaucoup plus difficile � faire expr�s que par accident."</p><empty-line/><p>L'autre main de Harry tenait le toit d'une poigne r�flexe terrifi�e, ses doigts blancs sur la pierre de glace.</p><p>Vous pouviez savoir que vous aviez bu la potion de chute plum�e avec votre esprit conscient. C'�tait une toute autre paire de manches que de le dire � votre esprit inconscient.</p><p>C'�tait tout aussi effrayant que ce que Harry avait imagin� que �a avait d� �tre pour Hermione, ce qui �tait fort juste, en somme.</p><p>"Draco," dit Harry, il avait du mal � contr�ler sa voix mais les filles de Serdaigle lui avaient donn� un script, "Tu dois me laisser tomber !"</p><p>"D'accord !" dit Draco, et il l�cha le bras de Harry.</p><p>L'autre main de Harry s'accrocha d�sesp�r�ment au rebord, puis, sans qu'aucune d�cision n'ait �t� prise, ses doigts lui firent d�faut et il tomba.</p><p>Il y eut un bref moment o� l'estomac de Harry essaya de bondir dans sa gorge et o� son corps essaya d�sesp�r�ment de se r�orienter sans avoir aucun moyen de le faire.</p><p>Il y eut un bref moment o� Harry put sentir la potion de chute plum�e s'activer, commencer � le ralentir, une sensation d'embard�e, d'amortissement.</p><p>Puis quelque chose le <emphasis>tira</emphasis> et il acc�l�ra de nouveau vers le bas <emphasis>plus vite que la gravit�</emphasis> -</p><p>La bouche de Harry s'�tait � peine ouverte et avait commenc� � crier qu'une partie de son cerveau essayait de trouver une fa�on cr�ative de s'en sortir, qu'une autre essayait de calculer le temps qu'il lui restait pour �tre cr�atif, et qu'une autre petite partie vestigiale remarquait qu'il n'allait m�me pas finir le calcul du temps qui lui restait avant de heurter le sol -</p><empty-line/><p>Harry essayait d�sesp�r�ment de contr�ler son hyperventilation, et entendre les hurlements de toutes les filles qui gisaient maintenant en tas au sol et les unes sur les autres ne l'aidait pas beaucoup.</p><p>"Par les cieux," dit l'homme peu familier, l'homme aux v�tement �tranges et au visage l�g�rement balafr� qui tenait Harry dans ses bras. "De toutes les fa�ons dont j'avais imagin� que nous pourrions un jour nous croiser de nouveau, je ne m'attendais pas � vous voir tomber du ciel."</p><p>Harry se souvint de la derni�re chose qu'il avait vue, le corps s'�croulant, et il parvint � hoqueter : "Professeur... Quirrell..."</p><p>"Il ira bien dans quelques heures," dit l'homme peu familier qui tenait Harry. "Il est juste �puis�. Je n'aurais pas cru cela possible... il doit avoir assomm� <emphasis>deux cents �l�ves</emphasis> juste pour s'assurer d'atteindre celui qui vous jetait un sort..."</p><p>L'homme remit gentiment Harry sur ses pieds, le soutenant un moment.</p><p>Harry reprit pr�cautionneusement son �quilibre puis hocha la t�te en direction de l'homme.</p><p>Celui-ci le l�cha, et Harry s'effondra promptement.</p><p>L'homme l'aida � se relever, s'assurant � chaque instant qu'il �tait entre Harry et les filles qui se relevaient elles aussi, son visage jetant des coups d'�ils constants dans leur direction.</p><p>"Harry," dit doucement l'homme, d'une voix extr�mement s�rieuse, "as-tu la moindre id�e de qui parmi ces filles aurait pu vouloir te tuer ?"</p><p>"Pas un meurtre," dit une voix �puis�e, "juste de la stupidit�."</p><p>Cette fois c'est l'homme peu familier qui sembla �tre sur le point de s'effondrer, alors qu'un choc profond se dessinait sur son visage.</p><p>Le professeur Quirrell �tait d�j� assis, l� o� il avait �t� effondr� dans l'herbe.</p><p>"Par les cieux !" hoqueta l'homme. "Vous ne devriez pas �tre -"</p><p>"M. Lupin, vos inqui�tudes sont injustifi�es. Aucun sorcier, peu importe son pouvoir, ne peut jeter un tel sortil�ge par sa seule force. Il faut le faire en �tant <emphasis>efficace</emphasis>."</p><p>Le professeur Quirrell ne se leva quand m�me pas.</p><p>"Merci," chuchota Harry. Puis "merci", � l'homme qui se tenait � c�t� de lui.</p><p>"Que s'est-il pass� ?" dit l'homme.</p><p>"J'aurais d� le pr�voir," dit le professeur Quirrell, sa voix r�che et charg�e de d�sapprobation. "Un certain nombre de filles ont essay� de faire venir M. Potter dans leurs bras � elles. J'imagine que chacune pensait le faire avec douceur."</p><p>Oh.</p><p>"Consid�rez ceci comme une le�on sur les vertus de la pr�paration, M. Potter," dit le professeur Quirrell. "Si je n'avais pas <emphasis>insist�</emphasis> pour qu'il y ait plus d'un t�moin adulte pr�sent � ce petit �v�nement et que nous ayons <emphasis>tous les deux</emphasis> nos baguettes sorties, M. Lupin n'aurait pas �t� disponible pour ralentir votre chute apr�s que je me sois effondr� et vous auriez �t� gravement bless�."</p><p>"<emphasis>Monsieur !</emphasis>" dit l'homme - M. Lupin, apparemment. "Vous ne devriez pas dire des choses pareilles au gar�on !"</p><p>"Qui est -" commen�a � dire Harry.</p><p>"La seule autre personne qui �tait disponible pour regarder � part moi," dit le professeur Quirrell. "Je vous pr�sente Remus Lupin, qui est temporairement ici pour enseigner aux �l�ves le sortil�ge du Patronus. Bien que j'ai cru comprendre que vous vous �tes d�j� rencontr�s."</p><p>Harry observa l'homme, perplexe. Il aurait d� se souvenir de ce visage l�g�rement balafr�, de cet �trange et doux sourire.</p><p>"O� nous sommes-nous rencontr�s ?" dit Harry.</p><p>"� Godric's Hollow," dit l'homme. "J'ai chang� un certain nombre de vos couches."</p><empty-line/><p>Le bureau temporaire de M. Lupin �tait une petite pi�ce de pierre dot�e d'un petit bureau de bois, et Harry ne pouvait pas voir ce sur quoi M. Lupin �tait assis, ce qui sugg�rait qu'il s'agissait d'un petit tabouret tout � fait semblable � celui qui faisait face � son bureau. Harry en d�duit qu'il ne serait pas � Poudlard tr�s longtemps, et n'utilisant par cons�quent pas beaucoup ce bureau il avait dit aux elfes de maison de ne pas se fatiguer. Cela en disant long sur quelqu'un de voir qu'il essayait de ne pas emb�ter les elfes de maison. Plus pr�cis�ment, cela voulait dire qu'il avait �t� Tri� � Poufsouffle, puisque, pour ce que Harry en savait, Hermione �tait la seule non-Poufsouffle qui se souciait de ne pas emb�ter les elfes de maison (Harry avait quant � lui trouv� ces scrupules assez b�tes. Quiconque avait cr�� les elfes de maison en premier lieu avait �t� atrocement mal�fique, bien s�r ; mais cela ne voulait pas dire que Hermione agissait bien <emphasis>maintenant</emphasis> en privant des �tres sentients de la corv�e qu'ils avaient �t� cr��s pour aimer).</p><p>"Assieds-toi s'il te pla�t, Harry," dit doucement l'homme. Ses robes d'enseignant �taient de mauvaise qualit�, pas tout � fait en loques mais visiblement us�es par le passage du temps, d'une fa�on qu'un simple sortil�ge de r�paration n'aurait pu arranger ; <emphasis>miteux</emphasis> venait � l'esprit. Et malgr� cela, d'une fa�on incompr�hensible, il �tait entour� d'une aura de dignit�, qui n'aurait pu �tre obtenue par des robes raffin�es et ch�res, qui ne serait pas <emphasis>all�e</emphasis> avec des robes raffin�es, qui �tait la propri�t� exclusive de ce qui �tait miteux. Harry avait <emphasis>entendu parler</emphasis> de l'humilit�, mais il n'y avait encore jamais fait face - seulement la modestie satisfaite des gens qui pensaient que cela faisait partie de leur style et qui voulaient que vous le remarquiez.</p><p>Harry s'assit sur le petit tabouret de bois, face � l'�troit bureau de M. Lupin.</p><p>"Merci d'�tre venu," dit l'homme.</p><p>"Non, merci � <emphasis>vous</emphasis> de m'avoir sauv�," dit Harry. "Si vous avez jamais besoin que quelque chose d'impossible se produise, faites-le moi savoir."</p><p>L'homme sembla h�siter. "Harry, puis-je... te poser une question personnelle ?"</p><p>"Vous pouvez la poser, certainement," dit Harry, "j'ai moi aussi beaucoup de questions pour vous."</p><p>Lupin hocha la t�te. "Harry, tes parents adoptifs prennent-ils bien soin de toi ?"</p><p>"Mes <emphasis>parents</emphasis>," dit Harry. "J'en ai quatre. Michael, James, P�tunia et Lily."</p><p>"Ah," dit M. Lupin. Puis "Ah" de nouveau. Il semblait cligner tr�s fort des yeux. "Je... c'est bon � entendre, Harry, Dumbledore ne voulait pas nous dire o� tu �tais... j'avais peur qu'il ne pense qu'il te faudrait d'horribles beaux-parents, ou quelque chose comme �a..."</p><p>�tant donn� sa premi�re rencontre avec Dumbledore, Harry n'�tait pas s�r que les inqui�tudes de M. Lupin aient �t� mal plac�es ; mais tout s'�tait assez bien pass�, et il s'abstint donc de r�pondre. "Qu'en est-il de mes..." Harry chercha un mot qui ne les rabaisserait pas plus qu'il ne les mettrait sur un pi�destal... "<emphasis>autres</emphasis> parent ? Je veux savoir... eh bien, je veux tout savoir."</p><p>"C'est une gageure," dit M. Lupin. Il s'essuya le front d'une main. "Eh bien, commen�ons au commencement. Lorsque tu es n�, James �tait si heureux qu'il ne pouvait toucher sa baguette sans qu'une lueur dor�e ne s'en �chappe, et ce pendant une semaine. Et m�me apr�s cela, � chaque fois qu'il te tenait dans ses bras, ou qu'il voyait Lily te tenir, ou qu'il pensait � toi, cela se produisait de nouveau -"</p><empty-line/><p>De temps � autres, Harry regardait sa montre et d�couvrait qu'une autre demi-heure s'�tait �coul�e. Il n'�tait pas tr�s � l'aise � l'id�e de faire manquer son d�ner � Remus, en particulier puisque Harry reviendrait simplement � 19h plus tard, mais cela ne suffit pas � les emp�cher de continuer.</p><p>Enfin, Harry amassa assez de courage pour poser la question capitale, alors que Remus �tait au milieu d'un long discours sur les merveilles dont James �tait capable au Quidditch, et Harry n'avait pas pu trouver le c�ur de l'interrompre plus directement.</p><p>"Et c'est l� que," dit Remus, les yeux brillants, "James r�ussit un <emphasis>triple Plongeon renvers� de Mulhanney </emphasis>avec <emphasis>effet coup� !</emphasis> Toute la foule est partie en d�lire, m�me certains des Poufsouffles acclamaient -"</p><p><emphasis>J'imagine qu'il fallait �tre l�</emphasis>, pensa Harry - non que cela aurait aid� de quelque fa�on que ce soit - et il dit : "M. Lupin ?"</p><p>Quelque chose dans la voix de Harry dut atteindre l'homme car il s'arr�ta au milieu de sa phrase.</p><p>"Mon p�re �tait-il une brute ?" dit Harry.</p><p>Remus regarda longuement Harry. "Pendant un petit temps," dit Remus. "Il m�rit et s'en �loigna bien assez t�t. O� as-tu entendu cela ?"</p><p>Harry ne r�pondit pas, il essayait de trouver une phrase vraie qui d�vierait les soup�ons, mais il ne r�fl�chit pas assez vite.</p><p>"Oublie cela," dit Remus, et il soupira. "Je peux deviner de qui il s'agit." Le visage l�g�rement balafr� �tait pinc� par une expression de d�sapprobation. "Quelle chose horrible � dire -"</p><p>"Mon p�re avait-il la moindre circonstance att�nuante ?" dit Harry. "Vie familiale difficile, ou quelque chose comme �a ? Ou �tait-il juste... naturellement m�chant ?" <emphasis>Froid ?</emphasis></p><p>Les mains de Remus pass�rent dans ses cheveux, le premier geste nerveux que Harry ait pu voir chez lui. "Harry," dit Remus, "tu ne peux pas juger ton p�re par ce qu'il faisait lorsqu'il �tait un jeune gar�on !"</p><p>"Je<emphasis> suis</emphasis> un jeune gar�on," dit Harry, "et je me juge <emphasis>moi</emphasis>."</p><p>En entendant cela, Remus cligna deux fois des yeux.</p><p>"Je veux savoir <emphasis>pourquoi</emphasis>," dit Harry. "Je veux <emphasis>comprendre</emphasis>, parce que pour moi, il me semble qu'il n'existe pas la moindre excuse !" - voix un peu tremblante. "Dites-moi tout ce que vous savez sur ses raisons, m�me si �a ne semble pas gentil." <emphasis>Pour que je ne tombe pas dans le m�me pi�ge moi-m�me, quel qu'il soit</emphasis>.</p><p>"C'�tait la chose � faire quand on �tait � Gryffondor," dit Remus lentement, avec r�ticence. "Et... je ne le pensais pas � l'�poque, je pensais que �a avait �t� l'inverse, mais... c'est peut-�tre <emphasis>Black</emphasis> qui a entra�n� <emphasis>James</emphasis>, en fait... Black voulait tellement montrer � tout le monde qu'il �tait contre Serpentard, tu vois, nous voulions tous croire que le sang de quelqu'un n'�tait pas sa destin�e -"</p><empty-line/><p>"Non, Harry," dit Remus. "Je ne sais pas pourquoi Black a poursuivi Peter au lieu de s'enfuir. C'est comme si ce jour l�, Black a provoqu� des trag�dies pour le plaisir de le faire." La voix de l'homme �tait instable. "Il n'y a pas eu d'indice, pas d'avertissement, nous pensions tous - de penser qu'il serait -" La voix de Remus s'interrompit.</p><p>Harry pleurait, il ne pouvait pas s'en emp�cher, cela faisait plus mal de l'entendre dit par Remus, plus mal que tout ce qu'il avait ressentit en y pensant. Harry avait perdu deux parents dont il ne se souvenait pas, qu'il ne connaissait que par le biais d'histoires. Remus Lupin avait perdu ses quatre meilleurs amis en moins de vingt-quatre heures ; et il n'y avait pas eu la moindre justification pour la perte de Peter Pettigrew, le dernier qui lui restait.</p><p>"Parfois, cela me fait encore mal de penser qu'il est � Azkaban," finit Remus, sa voix presque un murmure. "Harry, je suis heureux que les Mangemorts n'aient pas le droit aux visiteurs. Cela veut dire que je n'ai pas � me sentir honteux de ne pas lui rendre visite."</p><p>Harry dut d�glutir plusieurs fois avant de pouvoir parler de nouveau. "Pouvez-vous me parler de Peter Pettigrew ? Il semble qu'il �tait l'ami de mon p�re, et il me semble - que je devrais savoir, que je devrais me souvenir -"</p><p>Remus hocha la t�te, de l'eau scintillait � pr�sent dans ses yeux. "Harry, je pense que si Peter avait su que cela se finirait ainsi -" la voix de l'homme s'�trangla. "Peter avait plus peur du Seigneur des T�n�bres que n'importe lequel d'entre nous, et s'il avait su que cela se finirait ainsi, je ne pense pas qu'il aurait pu continuer. Mais Peter connaissait le <emphasis>risque</emphasis>, Harry, il savait que le risque �tait r�el, que �a <emphasis>pouvait</emphasis> arriver, et pourtant il est rest� aux c�t�s de James et Lily. Pendant toute ma scolarit� je me suis demand� pourquoi Peter n'avait pas �t� Tri� � Serpentard, ou peut-�tre � Serdaigle, parce qu'il adorait tellement les secrets, il ne pouvait pas leur r�sister, il d�couvrait des choses au sujets des gens, des choses qu'ils souhaitaient maintenir cach�es. Et alors l'ombre du Seigneur des T�n�bres a tout recouvert, et Peter est rest� aux c�t�s de James et Lily et il a mit ses talents � bon usage, et j'ai compris pourquoi le Choixpeau l'avait envoy� � Gryffondor." La voix de Remus �tait f�roce � pr�sent, et fi�re. "C'est <emphasis>facile</emphasis> de rester avec ses amis quand on est un h�ros comme Godric, intr�pide et fort comme les gens pensent qu'un Gryffondor devrait �tre. Mais si Peter avait plus peur que n'importe lequel d'entre nous, cela ne fait-il pas de lui le plus courageux ?"</p><p>"Si," dit Harry. Sa propre gorge �tait si serr�e qu'il ne pouvait presque pas parler. "Si vous le pouvez, M. Lupin, si vous avez le temps, je pense qu'il y a quelqu'un d'autre qui devrait entendre l'histoire de Peter Pettigrew, un �l�ve de Poufsouffle en premi�re ann�e, Neville Londubat."</p><p>"Le gar�on de Frank et Alice," dit Remus d'une voix devenue triste. "Je vois. Ce n'est pas une histoire joyeuse, Harry, mais je peux la raconter � nouveau si tu penses que cela l'aidera."</p><p>Harry hocha la t�te.</p><p>Un bref silence s'abattit.</p><p>"Y avait-il <emphasis>quoi que ce soit</emphasis> d'inachev� entre Peter Pettigrew et Black ?" dit Harry. "<emphasis>N'importe quoi</emphasis> qui aurait pu le faire partir � la recherche de Peter Pettigrew, m�me sans m�riter un meurtre ? Comme un secret que M. Pettigrew aurait connu et que Black aurait voulu conna�tre, ou qu'il aurait voulu prot�ger en le tuant ?"</p><p>Quelque chose scintilla dans les yeux de Remus, mais l'homme plus �g� secoua la t�te et dit : "Pas vraiment."</p><p>"Cela veut dire qu'il y <emphasis>a</emphasis> quelque chose," dit Harry.</p><p>Le sourire narquois apparut de nouveau sous la moustache poivre et sel. "Tu as un peu de Peter en toi, tu vois. Mais ce n'est pas important, Harry."</p><p>"Je suis Serdaigle, je ne suis pas <emphasis>cens�</emphasis> r�sister � la tentation des secrets. Et," dit Harry d'un ton plus s�rieux, "si Black trouvait que cela m�ritait qu'il se fasse prendre, je ne peux pas m'emp�cher de penser que c'est peut-�tre important."</p><p>Remus semblait assez mal � l'aise. "J'imagine que je pourrai te le dire quand tu seras plus vieux, mais vraiment, Harry, ce n'est <emphasis>pas</emphasis> important ! Juste quelque chose qui date de notre scolarit�."</p><p>Harry n'aurait pas pu mettre le doigt sur ce qui lui mit la puce � l'oreille ; �a aurait pu �tre quelque chose dans le ton de nervosit� particulier de la voix de Remus, ou la fa�on dont l'homme avait dit <emphasis>quand tu seras plus vieux</emphasis>, ce d�tail qui fit jaillir une �tincelle dans l'intuition de Harry...</p><p>"En fait," dit Harry, "je pense que j'ai plus ou moins d�j� devin�, d�sol�."</p><p>Remus leva les sourcils. "Vraiment ?". Il semblait un peu sceptique.</p><p>"Ils �taient amants, n'est-ce pas ?"</p><p>Il y eut une longue pause g�n�e.</p><p>Remus hocha lentement la t�te d'un air grave.</p><p>"Une fois," dit Remus. "Il y a longtemps. Une triste affaire, qui s'acheva par une vaste trag�die, c'est du moins ainsi que nous l'avons per�ue lorsque nous �tions jeunes." La perplexit� et le m�contentement �taient clairement pr�sents sur son visage. "Mais j'avais cru que tout cela �tait termin�, enterr� sous une amiti� adulte ; jusqu'au jour o� Black a tu� Peter."</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 43*: Humanisme, partie 1</strong></p><p>Le doux soleil de janvier brillait sur froides �tendues herbeuses aux alentours de Poudlard.</p><p>Pour certains �l�ves, c'�tait l'heure de l'�tude ; d'autres avaient d�j� fini les cours. Les premi�re ann�e qui s'�taient inscrits � la pratique d'un sort tr�s particulier, un sort qui s'apprenait mieux en ext�rieur, sous un ciel bleu limpide et un soleil radieux plut�t que confin� dans une salle de classe. Les cookies et la limonade aidaient aussi.</p><p>Les premiers mouvements du sortil�ge �taient complexes et pr�cis ; vous tordiez votre baguette une fois, deux fois, trois fois et quatre fois, de petites inclinaisons � des angles pr�cis, puis vous d�caliez votre index et votre pouce de la distance exacte...</p><p>Selon le minist�re, cela impliquait qu'il �tait futile d'essayer d'enseigner ce sort � qui que ce soit avant sa cinqui�me ann�e. Il y avait quelques cas connus d'enfants plus jeunes qui s'�taient r�v�l�s capables de l'apprendre, mais ils avaient �t� rejet�s comme autant d'exceptions dues au "g�nie".</p><p>�a n'avait peut-�tre pas �t� une fa�on tr�s polie de le dire, mais Harry commen�ait � voir pourquoi le professeur Quirrell avait d�clar� que le comit� du minist�re en charge du curriculum des �l�ves aurait �t� plus b�n�fique pour les sorciers s'il avait �t� utilis� comme d�potoir.</p><p>Eh bien oui, les gestes �taient complexes et d�licats. Cela n'emp�chait personne de l'apprendre � onze ans. Cela voulait dire qu'il fallait �tre particuli�rement attentif et qu'il fallait en pratiquer chaque partie plus longtemps que d'habitude, voil� tout.</p><p>La plupart des sortil�ges pouvaient seulement �tre enseign�s aux �l�ves plus �g�s parce qu'ils n�cessitaient une force magique au-del� de ce qu'un �l�ve jeune aurait pu rassembler. Mais le Patronus ne fonctionnait <emphasis>pas</emphasis> comme �a, il n'�tait pas difficile parce qu'il n�cessitait trop de magie mais parce qu'il n�cessitait <emphasis>plus</emphasis> que de la simple magie.</p><p>Il n�cessitait les sentiments heureux de ceux qui peuplaient votre c�ur, les souvenirs aimants, un type de force qui �tait diff�rente et qui n'�tait pas n�cessaire aux sorts ordinaires.</p><p>Harry tordit sa main une fois, deux fois, trois fois et quatre fois, il d�cala ses doigts de la distance exacte...</p><p>"<emphasis>Bonne chance � l'�cole, Harry. Penses-tu que je t'ai achet� assez de livres ?"</emphasis></p><p>"<emphasis>On ne peut jamais acheter assez de livres... mais tu as certainement essay�, c'�tait un tr�s, tr�s, tr�s bon essai..."</emphasis></p><p>La premi�re fois que Harry s'en �tait souvenu et qu'il avait essay� de l'utiliser pour le sort, cela lui avait fait monter les larmes aux yeux.</p><p>Harry leva sa baguette et lui fit d�crire un arc de cercle, puis il la brandit d'un geste qui n'avait pas � �tre pr�cis, seulement hardi et plein de d�fiance.</p><p>"<emphasis>Expecto Patronum !</emphasis>" s'�cria-t-il.</p><p>Rien ne se produisit.</p><p>Pas une seule �tincelle de lumi�re.</p><p>Lorsqu'il releva les yeux, Remus Lupin examinait encore la baguette, un air assez inquiet sur son visage l�g�rement balafr�.</p><p>Il finit par secouer la t�te. "Je suis navr� Harry," dit doucement l'homme. "Ton mouvement �tait parfait."</p><p>Et il n'y avait pas une seule �tincelle de lumi�re o� que ce soit, parce que tous les autres premi�re ann�e cens�s pratiquer leur Patronus avaient pr�f�r� regarder Harry du coin de l'�il.</p><p>Les larmes mena�aient de revenir dans les yeux de Harry, et ce n'�taient pas des larmes de joie. Entre toutes choses, entre toutes choses, Harry ne se serait jamais attendu � cela.</p><p>Qu'est-ce qu'Anthony Goldstein avait que Harry n'avait pas, et qui faisait briller sa baguette de cette vive lumi�re ?</p><p>Est-ce qu'il aimait plus son p�re ?</p><p>"Quelle pens�e as-tu utilis�e pour le lancer ?" dit Remus.</p><p>"Mon p�re," dit Harry d'une voix tremblante. "Je lui ai demand� de m'acheter quelques livres avant que je n'aille � Poudlard, et il l'a fait, et ils co�taient cher, et puis il m'a demand� s'il y en avait assez -"</p><p>Il n'essaya pas d'expliquer la devise de la famille Verres.</p><p>"Reposes-toi avant d'essayer une autre pens�e, Harry," dit Remus. Il fit un geste en direction d'un autre �l�ve qui �tait assis au sol, et le visage de ce dernier avait une expression qui aurait pu signifier la d�ception, la g�ne ou le regret. "Tu n'arriveras pas � lancer un Patronus si tu te sens honteux � l'id�e de ne pas t�moigner d'assez de gratitude." Il y avait une douce compassion dans la voix de M. Lupin, et l'espace d'un instant, Harry eut envie de frapper sur quelque chose.</p><p>Au lieu de cela il se d�tourna et darda jusqu'� l'endroit o� les autres perdants �taient assis. Ces autres �l�ves dont les mouvements avaient �t� d�clar�s parfaits et qui �taient maintenant cens�s chercher des pens�es plus heureuses ; � en voir leur t�te, ils n'avan�aient pas beaucoup. De nombreuses robes �taient bord�es de bleu sombre, ainsi que quelques rouges, et une fille Poufsouffle esseul�e pleurait encore. Les Serpentard ne s'�taient m�me pas fatigu�s � venir, mis � part Daphn� Greengrass et Tracey Davis qui s'essayaient encore aux mouvements.</p><p>Harry se laissa chuter sur l'herbe froide et morte de l'hiver, � c�t� de l'�l�ve dont l'�chec l'avait le plus surpris.</p><p>"Alors tu n'as pas pu le faire non plus," dit Hermione. Elle avait d'abord fuit le lieu d'entra�nement, mais elle avait fini par revenir, et il fallait observer ses yeux rougis de pr�s pour voir qu'elle avait pleur�.</p><p>"Je," dit Harry, "je, je me sentirais probablement bien pire si tu n'avais pas �chou�, tu es la plus gentille, des personnes que je connais, que j'ai jamais rencontr�, Hermione, et si <emphasis>tu</emphasis> ne peux pas le faire non plus, �a veut dire que je suis peut-�tre quelqu'un de, quelqu'un de bien..."</p><p>"J'aurais d� aller � Gryffondor," chuchota Hermione. Elle cligna des yeux plusieurs fois mais elle ne les essuya pas.</p><empty-line/><p>Le gar�on et la fille marchaient ensemble, certainement pas en se tenait la main, mais chacun tirant une sorte de force de la pr�sence de l'autre, quelque chose qui les laissait ignorer les murmures de leurs camarades tandis qu'il traversaient les couloirs approchants les grandes portes de Poudlard.</p><p>Harry n'�tait pas parvenu � lancer le Patronus, et ce quelle que soit la pens�e heureuse qu'il ait essay�e. Cela n'avait surpris personne, ce qui �tait encore pire. Hermione n'y �tait pas parvenue non plus. Cela avait <emphasis>beaucoup </emphasis>surpris, et Harry l'avait vue commencer � recevoir le m�me genre de regard en biais que ceux qui lui �taient adress�s. Les autres Serdaigle qui avaient �chou� ne recevaient pas ces regards. Mais Hermione �tait le g�n�ral Soleil et ses fans traitaient cela comme un manquement � ses engagements, comme si elle avait trahi une promesse qu'elle n'avait jamais faite.</p><p>Ils s'�taient tous deux rendus � la biblioth�que pour faire des recherches sur le Patronus, car c'�tait la fa�on dont Hermione r�agissait en situation de d�tresse, tout comme Harry le faisait parfois. �tudier, apprendre, essayer de comprendre <emphasis>pourquoi</emphasis>...</p><p>Les livres avaient confirm� ce que le directeur avait dit � Harry ; les sorciers incapables de jeter un Patronus parvenaient souvent � le faire en pr�sence d'un vrai D�traqueur, passant de l'�chec complet � un Patronus corporel. Cela d�fiait toute logique, l'aura de peur du D�traqueur aurait d� rendre l'apparition d'une pens�e heureuse <emphasis>plus difficile</emphasis> ; mais c'�tait ainsi.</p><p>Alors ils allaient tous les deux essayer une derni�re fois. Il �tait impensable qu'ils en fassent autrement.</p><p>C'�tait le jour o� le D�traqueur venait � Poudlard.</p><p>Plus t�t, Harry avait d�m�tamorphos� le rocher de son p�re et l'avait enlev� de son emplacement habituel, � savoir l'anneau qu'il portait � son petit doigt, o� le rocher avait �t� serti sous la forme d'un minuscule diamant, et il avait remis l'�norme rocher gris dans sa bourse. Juste au cas o� sa magie lui ferait enti�rement d�faut lorsqu'il serait confront� � la plus sombre de toutes les cr�atures.</p><p>Harry commen�ait d�j� � se sentir pessimiste, et il ne faisait m�me pas encore face � un D�traqueur.</p><p>"Je parie que tu peux le faire et que je ne peux pas," dit Harry dans un souffle. "Je parie que c'est ce qui va se passer."</p><p>"Je ne n'ai rien ressenti," dit Hermione, sa voix encore moins audible que la sienne. "J'ai essay� ce matin et je m'en suis rendue compte. Quand j'ai brandi ma main � la fin, avant m�me de dire les mots, je n'ai rien ressenti."</p><p>Harry ne r�pondit pas. Il avait eu la m�me impression depuis le d�but, m�me s'il lui avait fallu cinq autres essais et cinq autres pens�es heureuses avant de pouvoir se l'avouer. Il s'�tait senti creux � chaque fois qu'il avait essay� de brandir sa baguette ; le sort qu'il essayait d'apprendre ne lui correspondait pas.</p><p>"�a ne veut pas dire qu'on va �tre des mages noirs," dit Harry. "Il y a plein de gens qui ne peuvent pas lancer de Patronus et qui ne sont pas des mages noirs. Godric Gryffondor n'�tait pas un mage noir..."</p><p>Godric avait vaincu des Seigneurs des T�n�bres, il s'�tait battu pour prot�ger le peuple des aristocrates et les Moldus des sorciers. Il avait eux de nombreux vrais amis et n'en avait pas perdu plus de la moiti� pour une cause ou pour une autre. Il avait pr�t� l'oreille aux cris des bless�s dans les arm�es qu'il avait lev�es pour d�fendre l'innocent ; de jeunes sorciers courageux s'�taient ralli�s � ses appels, et il les avait ensuite enterr�s. Jusqu'� ce qu'enfin, arriv� � un �ge avanc�, alors que sa magie venait de commencer � le quitter, il ne rassemble les trois autres sorciers les plus puissants de son temps pour faire �merger Poudlard du sol ; le seul grand accomplissement de Godric qui n'ait pas trait � la guerre, � aucune guerre, aussi juste soit-elle. C'�tait Salazar, et non Godric, qui avait enseign� le premier cours de magie de Bataille de Poudlard. Godric avait enseign� le premier cours de Botanique de Poudlard, la magie de la vie verte.</p><p>Il �tait demeur� incapable de lancer un Patronus jusqu'� la fin de ses jours.</p><p>Godric Gryffondor avait �t� un homme bon, pas un homme heureux.</p><p>Harry ne croyait pas � l'angoisse existentielle, il ne supportait pas les histoires de h�ros geignards, il savait qu'un milliard de personnes auraient tout donn� pour pouvoir �changer leur place avec lui, et...</p><p>Et sur son lit de mort, Godric avait dit � Helga (car Salazar l'avait abandonn� et Rowena �tait partie avant) qu'il ne regrettait rien, et qu'il ne mettait <emphasis>pas</emphasis> en garde ses �tudiants contre le projet de suivre ses traces, que personne ne devrait <emphasis>jamais</emphasis> dire qu'il avait dit � quiconque de ne pas suivre ses traces. Si �a avait �t� la bonne voie pour <emphasis>lui</emphasis>, alors il ne dirait jamais � personne que c'�tait un mauvais choix, pas m�me au plus jeune des �l�ves de Poudlard. Et pourtant, pour ceux qui <emphasis>suivraient</emphasis> ses traces, il esp�rait qu'ils se rappelleraient qu'il avait dit � sa Maison qu'ils avaient le droit d'�tre plus heureux qu'il ne l'avait �t�. Qu'� partir de ce jour, le rouge et or seraient des couleurs chaudes.</p><p>Et entre ses larmes, Helga lui avait promis qu'elle s'en assurerait une fois devenue directrice.</p><p>Ce sur quoi Godric �tait mort sans laisser de fant�me derri�re lui ; et Harry avait vivement remis le livre dans les mains de Hermione et s'�tait un peu �loign� pour qu'elle ne le voit pas pleurer.</p><p>Vous n'auriez pas cru qu'un livre avec un titre innocent comme "Le Patronus : Ceux qui en �taient capables et les autres" serait le livre le plus triste que Harry avait jamais lu.</p><p>Harry...</p><p>Harry n'en avait aucune envie.</p><p>Finir dans ce livre.</p><p>Pas la moindre envie.</p><p>Le reste de l'�cole semblait croire que <emphasis>Pas de Patronus</emphasis> voulait dire <emphasis>M�chant</emphasis>, point � la ligne. �trangement, le fait que Godric Gryffondor n'avait pas non plus �t� capable de lancer un Patronus semblait n'�tre jamais r�p�t�. Peut-�tre que les gens n'en parlaient pas pour respecter son dernier v�u, Fred et George n'�taient probablement pas au courant et Harry n'allait certainement pas le leur dire. Ou peut-�tre que tous les autres, ceux qui avaient eux aussi rat�, ne le mentionnaient pas parce que c'�tait moins honteux, parce que l'amour-propre et le statut social �taient moins mis � mal par la r�putation d'�tre m�chant que par celle d'�tre malheureux.</p><p>Harry vit que Hermione clignait des yeux ; et il se demanda si elle pensait � Rowena Serdaigle, qui avait elle aussi beaucoup aim� les livres.</p><p>"Bon", chuchota Harry. "Un peu de bonne humeur. Si tu obtiens un Patronus corporel complet, que penses-tu que ton animal sera ?"</p><p>"Un loutre," r�pondit imm�diatement Hermione.</p><p>"Un <emphasis>loutre</emphasis> ?" chuchota Harry d'un ton incr�dule.</p><p>"Oui, une loutre," dit Hermione. "Et le tien ?"</p><p>"Un faucon p�lerin," dit Harry sans h�siter. "Il peut plonger � plus de trois cent kilom�tres par heure, c'est l'animal le plus rapide qui soit." Le faucon p�lerin avait �t� l'animal pr�f�r� de Harry depuis toujours. Harry �tait fermement d�cid� � devenir un Animagus un jour, juste pour rev�tir cette forme et voler de ses propres ailes et voir le monde en contrebas avec des yeux plus per�ants... "Mais pourquoi une <emphasis>loutre</emphasis> ?"</p><p>Hermione sourit mais ne r�pondit pas.</p><p>Et les immenses portes de Poudlard s'ouvrirent grand.</p><p>Les deux enfants march�rent un moment le long d'un chemin qui menait � la for�t d�s-interdite, et ils continu�rent � travers celle-ci. Le soleil descendait et s'approchait de l'horizon, les ombres s'�tiraient, la lumi�re �tait filtr�e par les branches nues des arbres d'hiver ; car on �tait en janvier et que les premi�re ann�e �taient les derniers de la journ�e � venir apprendre.</p><p>Puis le chemin fit un �cart et prit une nouvelle direction, et ils la virent tous au loin, la clairi�re dans la for�t, le dur sol hivernal, l'herbe jaune s�ch�e et blanchie par quelques restes de neige.</p><p>Les silhouettes humaines �taient encore petites � cette distance. Deux points de lumi�re blanche tamis�e venaient des Patronus des Aurors, et le point plus vif de lumi�re argent�e venait de celui du directeur, � c�t� de quelque chose...</p><p>Harry plissa les yeux.</p><p>Quelque chose...</p><p>�a avait dut �tre son imagination, car il n'aurait d� �tre impossible qu'un D�traqueur atteigne quelque chose situ� par-del� trois Patronus corporels, mais il pensa avoir ressenti la caresse du vide dans son esprit, effleurant la partie la plus profonde de celui-ci sans le moindre respect pour les barri�res Occlumantiques.</p><p>Lorsqu'il rejoint les autres �l�ves qui grouillaient sur l'herbe fl�trie et tachet�e de neige, Seamus Finnigan avait un teint cendr� et tremblait. Son Patronus avait r�ussi, mais il restait toujours cet intervalle entre le moment o� le directeur dissipait son Patronus et celui o� l'on �tait cens� lancer le sien, cet intervalle pendant lequel vous faisiez face au D�traqueur sans la moindre protection.</p><p>Un maximum de vingt secondes d'exposition � vingt pas �tait certainement sans danger, m�me pour un sorcier de onze ans dot� d'une faible r�sistance et d'un cerveau encore en maturation. La variance de la force avec laquelle un D�traqueur atteignait les gens �tait tr�s grande, et c'�tait un autre de ces ph�nom�nes encore mal compris ; mais vingt secondes �taient certainement sans danger.</p><p>Quarante secondes d'exposition � cinq pas d'un D�traqueur aurait <emphasis>peut-�tre</emphasis> pu suffire � causer des dommages permanents, mais seulement chez les sujets les plus sensibles.</p><p>C'�tait un entra�nement rude, m�me par rapport aux normes de Poudlard, o� on apprenait � voler � dos d'hippogriffe en se faisant jeter sur l'un d'eux et en se faisant ordonner d'y aller. Harry n'�tait pas f�ru des tendances surprotectrices, et comparer la maturit� d'un �l�ve de Poudlard en quatri�me ann�e � celle d'un Moldu de quatorze montrait clairement que les Moldus �touffaient leurs enfants... mais m�me Harry commen�ait � se demander si ce n'�tait pas exag�r�. Toutes les blessures ne pouvaient pas �tre soign�es.</p><p>Mais si vous ne pouviez pas jeter le sort dans de telles circonstances, cela voulait dire que vous ne pouviez pas compter sur la protection du Patronus ; et l'exc�s de confiance en soi �tait encore plus dangereux pour un sorcier que pour un Moldu. Les D�traqueurs pouvaient non seulement vous vider de vos pens�es heureuses mais aussi de votre magie et de votre �nergie physique, ce qui signifiait que vous ne seriez peut-�tre <emphasis>pas</emphasis> capable de transplaner si vous attendiez trop longtemps ou si vous ne pouviez par reconna�tre la peur qui s'approchait avant que le D�traqueur ne soit suffisamment proche pour pouvoir lancer son attaque (lors de ses lectures, Harry avait d�couvert avec une horreur consid�rable qu'� en croire certains livres le baiser du D�traqueur <emphasis>mangeait votre �me</emphasis> et que c'�tait la raison � l'origine du coma v�g�tatif dans lequel il plongeait ses victimes. Et que des sorciers qui <emphasis>croyaient � cela</emphasis> avaient d�lib�r�ment utilis� le baiser du D�traqueur pour ex�cuter<emphasis> des criminels</emphasis>. Il �tait certain que certains pr�tendus criminels �taient innocents, et m�me s'ils ne l'�tait pas... <emphasis>d�truire leur �me ?</emphasis> Si Harry avait cru aux �mes, il aurait... aucune id�e, il �tait incapable de trouver une r�ponse qui aurait �t� appropri�e).</p><p>Le directeur prenait la s�curit� au s�rieux, et il y avait donc trois Aurors montant la garde. Leur chef �tait un homme aux traits vaguement asiatiques, solennel sans �tre sinistre. C'�tait l'Auror Komodo, dont la baguette ne quittait jamais la main. Son Patronus �tait un orang-outan de lumi�re lunaire et celui-ci faisait des allers et retours entre le D�traqueur et les premi�re ann�e qui attendaient leur tour ; � c�t� de l'orang-outan avan�ait la panth�re d'un blanc �clatant qui appartenait � l'Auror Butnaru. C'�tait un homme au regard per�ant qui portait de longs cheveux noirs regroup�s en un catogan et une longue barbiche tress�e. Les deux Aurors et leur deux Patronus regardaient le D�traqueur. Du c�t� des �l�ves, l'Auror Goryanif se reposait. C'�tait un homme grand et pince, p�le et mal ras�, assis sur une chaise qu'il avait invoqu�e sans mot ni baguette, et il arborait maintenant une expression � la fois imp�n�trable et r�veuse tout en balayant son environnement imm�diat du regard. Le professeur Quirrell �tait arriv� peu apr�s que les essais de premi�re ann�e aient commenc�s, et ses yeux ne s'�loignaient jamais beaucoup de Harry. Le petit professeur Flitwick, qui avait �t� un champion de duel, jouait avec sa baguette d'un air absent ; et <emphasis>ses </emphasis>yeux, depuis l'�norme barbe qui lui servait de visage, restaient braqu�s sur le professeur Quirrell.</p><p>Et �a devait �tre l'imagination de Harry, mais le professeur Quirrell semblait l�g�rement tressaillir � chaque fois que le Patronus du directeur disparaissait pour tester le prochain �l�ve. Peut-�tre que le professeur Quirrell imaginait le m�me effet placebo que Harry, la vague de vide caressant son esprit.</p><p>"Anthony Goldstein," dit la voix du directeur.</p><p>Harry marcha en silence vers Seamus tandis qu'Anthony commen�ait � s'approcher du ph�nix d'argent, et de... cette chose qui �tait sous la cape en lambeaux.</p><p>"Qu'est-ce que tu as vu ?" demanda Harry � Seamus d'une voix basse.</p><p>De nombreux �l�ves n'avaient pas r�pondu � Harry lorsqu'il avait essay� d'obtenir des informations ; mais Seamus �tait Finnigan du Chaos, l'un des lieutenants de Harry. Peut-�tre que ce n'�tait pas juste mais...</p><p>"Mort," dit Seamus dans un souffle, "gris et gluant... mort et laiss� dans l'eau un moment..."</p><p>Harry hocha la t�te. "C'est ce que beaucoup de gens voient," dit Harry. Il exhibait de la confiance en lui, m�me si elle �tait fausse, parce que Seamus en avait besoin. "Vas manger du chocolat, tu te sentiras mieux."</p><p>Seamus hocha � son tour la t�te et alla jusqu'� aux douceurs soignantes en chancelant.</p><p>"<emphasis>Expecto Patronum !</emphasis>" s'�cria la voix d'un jeune gar�on.</p><p>Il y eut des hoquets audibles, m�me venant des Aurors.</p><p>Harry pivota pour regarder-</p><p>Un brillant oiseau d'argent se tenait entre Anthony Goldstein et la cage. L'oiseau leva la t�te et laissa �chapper un cri, et le cri �tait lui aussi d'argent, et il avait la force et la beaut� du m�tal.</p><p>Et quelque chose au fond de l'esprit de Harry dit : <emphasis>si c'est un faucon p�lerin, je vais l'�trangler dans son sommeil.</emphasis></p><p><emphasis>Tais-toi</emphasis>, dit Harry � la pens�e, <emphasis>tu veux qu'on devienne un Seigneur des T�n�bres ?</emphasis></p><p><emphasis>� quoi bon ? C'est comme �a que tu vas finir de toute fa�on...</emphasis></p><p>Ce... ce n'�tait pas quelque chose que Harry se serait dit en temps normal.</p><p><emphasis>C'est un effet placebo, </emphasis>se r�p�ta-t-il. <emphasis>Le D�traqueur ne peut pas vraiment m'atteindre � travers trois Patronus corporels, je m'imagine juste ce que c'est de le ressentir. Quand je ferai vraiment face au D�traqueur, j'aurai une sensation totalement diff�rente et alors je saurai que je me comportais comme un idiot.</emphasis></p><p>Un l�ger frisson descendit le long de sa colonne vert�brale car l'id�e lui �tait venu que oui, ce <emphasis>serait</emphasis> compl�tement diff�rent, et pas dans le bon sens du terme.</p><p>Le ph�nix d'argent �clatant revint � la vie par la baguette du directeur, et l'oiseau moins imposant disparut ; et Anthony Goldstein commen�a � retourner d'o� il �tait venu.</p><p>Le directeur venait avec Anthony au lieu d'appeler le prochain nom, et le Patronus attendait derri�re, gardant le D�traqueur.</p><p>Harry jeta un coup d'�il vers l'emplacement o� Hermione se tenait, juste derri�re la panth�re lumineuse. Son tour aurait �t� le suivant, mais apparemment, il allait falloir attendre.</p><p>Elle avait l'air stress�e.</p><p>Plus t�t, elle avait poliment demand� � Harry de bien vouloir arr�ter d'essayer de la d�tendre.</p><p>Dumbledore avait un l�ger sourire en raccompagnant Anthony jusqu'aux autres ; l�ger seulement parce qu'il avait l'air tr�s, tr�s fatigu�.</p><p>"Incroyable," dit Dumbledore d'une voix qui semblait bien faible compar�e � son coffre habituel. "Un Patronus corporel, sa premi�re ann�e. Et un nombre incroyable de succ�s chez les autres jeunes �l�ves. Quirinus, je dois reconna�tre que tu avais raison."</p><p>Le professeur Quirrell inclina la t�te. "Simple � deviner, il me semble. Un D�traqueur attaque par la peur, et les enfants ont moins peur."</p><p>"<emphasis>Moins</emphasis> peur ?" dit l'Auror Goryanof depuis son si�ge.</p><p>"C'est ce que j'ai dit moi aussi," dit Dumbledore. "Et le professeur Quirrell a fait remarquer que les adultes ont plus de courage, pas moins de peur ; je dois avouer que cela ne m'avait jamais travers� l'esprit."</p><p>"Ce n'�tait pas ma formulation <emphasis>exacte</emphasis>," dit le professeur Quirrell d'une voix s�che, "mais cela suffira. Et pour le reste de notre accord, directeur ?"</p><p>"Comme vous le voudrez," dit Dumbledore avec r�ticence. "J'admets que je ne m'attendais pas � perdre ce pari, Quirinus, mais tu as prouv� ta sagesse."</p><p>Tous les �l�ves les regardaient, perplexes ; mis � part Hermione, qui regardait vers la cage et vers les grandes robes en d�liquescence ; et � part Harry, qui regardait tout le monde puisqu'il s'imaginait �tre devenu parano�aque.</p><p>Le professeur Quirrell dit d'un ton qui n'invitait � aucune r�ponse ,"je suis autoris� � enseigner le sortil�ge de la Mort � ceux qui voudront l'apprendre. Ce qui augmentera de fa�on cons�quente leur protection contre les mages noirs et autres pestes, et il serait na�f de croire qu'ils n'apprendrait de toute fa�on aucune autre forme de magie mortelle." Le professeur Quirrell s'interrompit et ses yeux se pliss�rent. "Directeur, je remarque avec respect que vous ne semblez pas aller bien. Je sugg�re que vous partiez pour laisser le reste du travail au professeur Flitwick."</p><p>Dumbledore secoua la t�te. "Nous en avons presque fini, Quirinus. Je tiendrai le coup."</p><p>Hermione s'approcha d'Antony. "Capitaine Goldstein," dit-elle, et sa voix ne tremblait qu'un peu, "pourriez-vous me donner des conseils ?"</p><p>"N'aies pas peur," dit Anthony d'une voix ferme. "Ne penses � aucune des choses auxquelles il essaiera de te faire penser. Tu ne fais pas que tenir ta baguette devant toi comme un bouclier contre la peur, tu la <emphasis>brandis</emphasis> pour faire partir la peur, c'est comme �a que tu transformes une pens�e heureuse en quelque chose de solide..." Anthony haussa les �paules d'un air impuissant. "Je veux dire, j'avais <emphasis>entendu </emphasis>tout �a avant, mais..."</p><p>D'autres �l�ves commen�aient � se rassembler autour d'Anthony, arm�s de leurs questions.</p><p>"Mademoiselle Granger ?" dit le directeur. Sa voix avait �t� aimable, ou peut-�tre seulement faible.</p><p>Hermione redressa les �paules et le suivit.</p><p>"Qu'as-tu vu sous la cape ?" dit Harry � Anthony.</p><p>Anthony regarda Harry avec surprise et r�pondit : "Un grand homme mort, je veux dire, comme mort et d'une couleur morte... �a faisait mal de le regarder et je savais que c'�tait comme �a que le D�traqueur essayait de m'atteindre."</p><p>Harry jeta un regard vers l'endroit o� Hermione faisait face � la cage et � la cape.</p><p>Elle mit sa baguette en position, pr�te � ex�cuter les premiers gestes.</p><p>Le ph�nix du directeur disparut dans un �clair.</p><p>Et Hermione laissa �chapper un petit cri path�tique, elle flancha -</p><p>- fit un pas en arri�re, Harry pouvait voir sa baguette bouger, puis elle la brandit et dit "Expecto Patronum !"</p><p>Rien ne se passa.</p><p>Elle fit demi-tour et courut.</p><p>"<emphasis>Expecto Patronum !</emphasis>" dit la voix plus grave du directeur, et le ph�nix d'argent revint � la vie dans un autre �clat de lumi�re.</p><p>La jeune fille chancela mais elle continua de courir. D'�tranges sons s'�chappaient de sa gorge.</p><p>"<emphasis>Hermione</emphasis>" hurla Susan, tout comme Hannah, Daphn� et Ernie, et ils commenc�rent tous � courir vers elle tandis que Harry, qui avait toujours un temps d'avance, pivotait sur ses talons et courait vers la table sur laquelle se trouvait le chocolat.</p><p>M�me apr�s qu'il lui ait fourr� le chocolat dans la bouche, qu'elle ait m�ch� et aval�, elle continua de respirer � grandes goul�es et de pleurer, et ses yeux ne semblaient plus mettre au point.</p><p><emphasis>Elle ne peut pas avoir �t� d�traqu�e de fa�on permanente</emphasis> songea Harry avec d�sespoir � l'attention de la confusion qui r�gnait � l'int�rieur de lui, de l'horrible peur et de la furie mortelle qui commen�aient � s'enrouler l'une autour de l'autre, <emphasis>ce n'est pas possible, elle n'a pas �t� expos�e pendant plus de dix secondes, certainement pas quarante...</emphasis></p><p>Mais elle avait pu �tre <emphasis>temporairement</emphasis> d�traqu�e car, Harry s'en rendit compte � l'instant, il n'y avait aucune r�gle qui interdisait que l'on soit <emphasis>temporairement</emphasis> bless� par un D�traqueur en seulement dix secondes, si l'on �tait assez sensible.</p><p>Ses yeux sembl�rent alors mettre au point et darder autour d'elle, puis il s'arr�t�rent sur Harry.</p><p>"Harry," hoqueta-t-elle, et les autres �l�ves �taient silencieux. "Harry, non. <emphasis>Non !</emphasis>"</p><p>Harry eut soudain peur de demander � quoi elle faisait r�f�rence, �tait-<emphasis>il</emphasis> dans ses pires souvenirs, ou dans un cauchemar qu'elle revivait �veill�e ?</p><p>"<emphasis>Ne t'en approches pas !</emphasis>" dit Hermione. Sa main se tendit, elle l'attrapa par le revers de ses robes. "Tu ne dois pas t'en approcher Harry ! <emphasis>Il m'a parl�, il te conna�t, il sait que tu es ici !</emphasis>"</p><p>"Qu'est-ce qui est -" dit Harry, puis il jura int�rieurement d'avoir pos� cette question.</p><p>"<emphasis>Le D�traqueur !</emphasis>" dit Hermione. Sa voix devint un cri per�ant. "<emphasis>Le professeur Quirrell veut que le D�traqueur te mange !</emphasis>"</p><p>Le professeur Quirrell s'avan�a de quelques pas avec un empressement soudain ; mais il ne vint ensuite pas plus pr�s (Harry �tait l�, apr�s tout). "Mademoiselle Granger," dit-il, la voix grave, "je pense que vous devriez prendre plus de chocolat."</p><p>"<emphasis>Professeur Flitwick, ne laissez pas Harry essayer, renvoyez-le !</emphasis>"</p><p>Le directeur �tait alors arriv�, et lui et le professeur Flitwick �changeaient des regards inquiets.</p><p>"Je n'ai pas entendu le D�traqueur parler," dit le directeur. "Mais quand-m�me..."</p><p>"Posez simplement la question," dit le professeur Quirrell d'un ton un peu las.</p><p>"Le D�traqueur a-t-il dit <emphasis>comment</emphasis> il atteindrait Harry ?" dit le directeur.</p><p>"Ses parties les plus go�teuses en premier," dit Hermione, "il man- il mangerait..."</p><p>Hermione cligna des yeux. De la folie sembla revenir dans ses yeux.</p><p>Puis elle se mit � pleurer.</p><p>"Vous avez �t� trop courageuse, Mlle. Granger," dit le directeur. Sa voix �tait aimable et clairement audible. "Bien plus brave que ce � quoi je m'attendais. Vous auriez d� vous d�tourner et courir, ne pas endurer cela et ne pas essayer d'achever votre sortil�ge. Lorsque vous serez plus �g�e et plus forte, Mlle. Granger, je sais que vous essaierez de nouveau et que vous r�ussirez."</p><p>"Je suis d�sol�e," dit Hermione entre deux hoquets, "je suis d�sol�e, je suis d�sol�e, je suis d�sol�e, ... je suis d�sol�e Harry, je ne peux pas te dire ce que j'ai vu, je n'ai pas regard�, je n'ai pas os�, je savais que c'�tait trop horrible pour �tre jamais vu..."</p><p>�a aurait d� �tre Harry, mais il avait h�sit� parce que ses mains �taient pleines de chocolat ; et Ernie et Susan furent l�, aidant Hermione � se relever de l� o� elle s'�tait �croul�e, la menant vers la nourriture dispos�e sur la table.</p><p>Cinq barres de chocolat plus tard, Hermione semblait de nouveau aller mieux, et elle alla voir le professeur Quirrell et lui pr�senta ses excuses, mais elle regardait toujours Harry, � chaque fois qu'il regardait dans sa direction. Il avait fait un pas vers elle, un fois seulement, et s'�tait arr�t� quand elle avait fait un pas en arri�re. Ses yeux lui avait silencieusement demand� pardon et lui avaient demand� de bien vouloir la laisser en paix.</p><empty-line/><p>Neville Londubat avait vu quelque chose de mort � moiti� dissout qui courait en suintant et dont le visage ressemblait � une �ponge �cras�e.</p><p>C'�tait la pire chose que quiconque ai dit avoir vu jusqu'� pr�sent. Neville avait pu cr�er une petite �tincelle de lumi�re mais il avait fait preuve d'une grande pr�sence d'esprit et d'intelligence en se d�tournant et en fuyant au lieu d'essayer de lancer son Patronus.</p><p>(Le directeur n'avait rien dit aux autres �l�ves, il n'avait dit � personne d'�tre moins courageux ; mais le professeur Quirrell avait calmement remarqu� que c'�tait quand on commettait une erreur <emphasis>apr�s</emphasis> avoir �t� pr�venu que l'ignorance devenait stupidit�).</p><p>"Professeur Quirrell ?" dit Harry d'une voix basse, s'�tant autant approch� du professeur Quirrell qu'il l'osait. "Que voyez-<emphasis>vous</emphasis> quand vous -"</p><p>"Ne me posez pas cette question." La voix �tait tr�s neutre.</p><p>Harry hocha respectueusement la t�te. "Si je puis me permettre, quelle �tait votre tournure de phrase <emphasis>initiale</emphasis> lorsque vous avez parl� avec le directeur ?"</p><p>S�chement. "Nos pires souvenirs ne peuvent qu'empirer avec l'�ge."</p><p>"Ah," dit Harry. "Logique."</p><p>Quelque chose d'�trange brilla dans les yeux du professeur Quirrell, puis, regardant Harry : "Esp�rons," dit le professeur Quirrell, "que vous r�ussirez cet essai, M. Potter. Car si vous le faites, le directeur vous enseignera peut-�tre sa technique consistant � utiliser un Patronus pour envoyer des messages impossibles � falsifier et � intercepter, et son importance en situation militaire ne saurait �tre trop soulign�e. Ce serait un formidable avantage pour la L�gion du Chaos, et un jour, je le soup�onne, pour tout ce pays. Mais si vous ne r�ussissez <emphasis>pas</emphasis>, M. Potter... eh bien, <emphasis>je</emphasis> comprendrai."</p><empty-line/><p>Morag MacDougal avait dit "Ouille" d'une voix vacillante et le directeur avait imm�diatement relanc� son Patronus.</p><p>Parvati Patil avait cr�� un Patronus corporel en forme de tigre, plus grand que le ph�nix de Dumbledore mais pas tout � fait aussi �clatant. Il y avait eu une grande salve d'applaudissement venue du public mais pas autant de surprise que lorsque Anthony y �tait parvenu.</p><p>Puis ce fut le tour de Harry.</p><p>Le directeur appela son nom, et Harry prit peur.</p><p>Il savait, il savait qu'il allait �chouer, et il savait que cela allait faire mal.</p><p>Mais il fallait quand m�me qu'il essaie ; parce que parfois, en pr�sence d'un D�traqueur, un sorcier cr�ait un Patronus corporel complet l� o� il n'avait jamais su produire une seule �tincelle de lumi�re, et personne ne comprenait pourquoi.</p><p>Et parce que si Harry ne <emphasis>pouvait pas</emphasis> se d�fendre contre les D�traqueurs, il lui faudrait apprendre � d�tecter leur approche, � reconna�tre la sensation qu'ils provoqueraient dans son esprit et � courir avant qu'il ne soit trop tard.</p><p><emphasis>Quel est mon pire souvenir... ?</emphasis></p><p>Harry s'�tait attendu � ce que le directeur le regarde avec inqui�tude, ou avec espoir, ou qu'il lui donne un conseil profond�ment sage ; mais au lieu de cela Albus Dumbledore se contentait de le regarder d'un air calme et tranquille.</p><p><emphasis>Il pense que je vais �chouer mais il ne va pas me saper mes forces en me le disant, </emphasis>pensa Harry, <emphasis>s'il avait quelque chose de vraiment encourageant � me dire il me l'aurait dit...</emphasis></p><p>La cage approcha. Elle �tait d�j� ternie mais pas rouill�e jusqu'� la moelle, pas encore...</p><p>La cape approcha. Elle �tait d�faite et perc�e de trous jamais rapi�c�s ; selon l'Auror Goryanof, elle avait �t� neuve ce matin.</p><p>"Professeur ?" dit Harry. "Que voyez-vous ?"</p><p>La voix du directeur �tait calme elle aussi. "Les D�traqueurs sont faits de peur, et � mesure que ta peur du D�traqueur diminue, l'horreur de sa forme fait de m�me. Je vois un homme grand, mince et nu. Il ne pourrit pas. C'est juste qu'il est l�g�rement douloureux de le regarder. C'est tout. Que vois-tu, Harry ?"</p><p>... Harry ne pouvait pas voir sous la cape.</p><p>Pas vraiment, c'�tait que son esprit <emphasis>refusait</emphasis> de voir ce qui se trouvait sous la cape.</p><p>Non, son esprit essayait de voir <emphasis>autre chose</emphasis> sous la cape, Harry pouvait sentir ses yeux essayer de forcer une erreur. Mais il s'�tait entra�n� du mieux qu'il pouvait � remarquer ce petit sentiment de confusion, � automatiquement s'emp�cher d'inventer des explications ; et � chaque fois que son esprit essayait de commencer � inventer un mensonge au sujet de ce qui se trouvait sous la cape, ce r�flexe �tait assez rapide pour le bloquer.</p><p>Harry regarda sous la cape et vit...</p><p>Une question pos�e. Il refusait de laisser son esprit voir quelque chose faux, et il ne voyait donc rien, comme si la partie de son cortex visuel qui recevait ce signal avait juste cess� d'exister. Il y avait un angle mort sous la cape. Harry ne pouvait pas savoir ce qui s'y trouvait.</p><p>Sauf que c'�tait bien pire que n'importe quelle momie pourrissante.</p><p>L'horreur impossible � voir �tait toute proche maintenant, mais l'�clatant oiseau lunaire et le blanc ph�nix se tenaient encore entre eux.</p><p>Harry voulait s'enfuir comme les autres �l�ves l'avaient fait. La moiti� de ceux qui n'avaient pas r�ussi leur Patronus ne s'�tait tout simplement pas pr�sent�e aujourd'hui. De ceux qui restaient, la moiti� avait fuit avant que le directeur n'ait dissip� son Patronus, et personne n'avait rien dit. Il y avait eu un petit rire quand Terry s'�tait d�tourn� et �tait rentr� avant m�me que ce soit son tour ; et Susan et Hannah, qui �taient d�j� pass�es, avaient cri� sur tous les autres et leur avaient ordonn�s de se taire.</p><p>Mais Harry �tait le Survivant et il perdrait beaucoup de respect si on le voyait abandonner sans m�me essayer.</p><p>L'orgueil et les r�les semblaient s'amoindrir et tomber face � cette chose inconnue qui se trouvait sous la cape.</p><p><emphasis>Pourquoi suis-je encore ici ?</emphasis></p><p>Ce ne fut pas la honte � l'id�e que les autres le croient l�che qui maintint ses pieds o� ils �taient.</p><p>Ce ne fut pas le d�sir de r�parer sa r�putation qui lui fit lever sa baguette.</p><p>Ce ne fut pas l'envie de r�ussir un Patronus qui pla�a ses doigts dans la position initiale.</p><p>C'�tait autre chose, il <emphasis>fallait</emphasis> que quelqu'un s'oppose � ce qui se trouvait sous la cape, c'�taient l� les v�ritables t�n�bres et Harry devait d�couvrir s'il abritait en lui-m�me le pouvoir de les repousser.</p><p>Il avait pr�vu d'essayer une derni�re fois de penser � sa journ�e d'emplettes litt�raires avec son p�re, mais au lieu de cela, au dernier moment, face au D�traqueur, un autre souvenir occupa son esprit, quelque chose qu'il n'avait encore jamais essay� ; une pens�e qui n'�tait pas chaleureuse et plaisante dans le sens ordinaire mais qui semblait pourtant plus juste.</p><p>Et Harry se souvint des �toiles, il se souvint d'elles br�lant d'une terrible lueur, in�branlables dans la Nuit Silencieuse ; il laissa cette image cro�tre en lui, cro�tre comme une barri�re Occlumantique d'un bout � l'autre de son esprit, il devint � nouveau la conscience corporelle du vide.</p><p>Le clair ph�nix d'argent disparut.</p><p>Et le D�traqueur s'�crasa dans son esprit, tel le poing de Dieu lui-m�me.</p><p><strong>PEUR / FROID / T�N�BRES</strong></p><p>Pendant un instant, les deux forces se heurt�rent de front et le paisible souvenir constell� d'�toiles tint bon face � la peur, alors que les doigts de Harry commen�aient les mouvements de baguette pratiqu�s jusqu'� �tre devenus automatiques. Ils n'�taient pas chaleureux et plaisants, ces points de lumi�res �clatants sur fond de noir absolu ; mais c'�tait une image que le D�traqueur ne pouvait pas facilement percer. Car les �toiles silencieuses et br�lantes �taient vastes, elles ne connaissaient pas la peur, et briller au milieu du froid et des t�n�bres constituait leur �tat naturel.</p><p>Mais il y eut un d�faut, une f�lure, une ligne de fracture dans l'objet immuable qui tentait de r�sister � l'irr�sistible force. Harry ressentit une pointe de col�re contre le D�traqueur qui osait essayer de se nourrir de lui, et ce fut comme de glisser sur de la glace mouill�e. L'esprit de Harry commen�a � s'�carter vers l'amertume, vers la furie noire, vers la haine mortelle -</p><p>La main de Harry s'�tait lev�e dans le mouvement de brandissement final.</p><p>�a n'allait pas.</p><p>"Expecto Patronum," dit sa voix, les mots creux et vides de sens.</p><p>Et Harry tomba dans son c�t� obscur, tomba dans son c�t� obscur, plus loin et plus vite et plus profond que jamais, plus bas plus bas plus bas et la chute acc�l�ra alors que le D�traqueur s'accrochait aux parties expos�es et vuln�rables et qu'il s'en nourrissait, mangeant la lumi�re. Un r�flexe faiblissant fouilla � la recherche de chaleur, mais m�me lorsqu'une image de Hermione lui venait, ou une image de Maman et Papa, le D�traqueur la tordait, lui montrait Hermione allong�e par terre, morte, les corps de son p�re et de sa m�re, puis m�me cela fut absorb�.</p><p>Du vide �mergea le souvenir, le pire de tous, quelque chose d'oubli� il y a si longtemps que la structure neuronale n'aurait plus d� exister.</p><p>"<emphasis>Lily, prends Harry et pars ! C'est lui !" cria la voix d'un homme. "Cours ! Allez ! Je le retiendrai !"</emphasis></p><p><emphasis>Et Harry ne pouvait s'emp�cher de penser, depuis les profondeurs vides de son c�t� obscur, � quel point l'exc�s de confiance en lui de James avait �t� ridicule. Retenir Lord Voldemort ? Avec quoi ?</emphasis></p><p><emphasis>Puis l'autre voix parla, haut perc�e comme le sifflement d'une th�i�re, et ce fut comme de la glace s�ch�e qu'on aurait r�pandu sur chaque nerf de Harry, comme un tison de m�tal refroidi jusqu'� avoir atteint la temp�rature de l'h�lium liquide qu'on aurait fait passer � la surface de tout son corps. Et la voix dit :</emphasis></p><p>"<emphasis>Avadakedavra."</emphasis></p><p>(La baguette s'envola des doigts flasques du gar�on tandis que son corps commen�ait � convulser et � tomber, les yeux du directeur maintenant alarm� s'�carquillant tandis qu'il commen�ait � lancer son propre Patronus).</p><p>"<emphasis>Pas Harry, pas Harry, s'il vous pla�t pas Harry !" hurla la voix de la femme.</emphasis></p><p><emphasis>Le peu qui restait de Harry �coutait cela alors que toute lumi�re avait �t� extirp�e de lui, dans le vide mort de son corps, et il se demanda si elle pensait que Lord Voldemort s'arr�terait parce qu'elle avait demand� poliment.</emphasis></p><p>"<emphasis>�carte-toi, femme !" dit la voix stridente d'un froid br�lant. "Ce n'est pas pour toi que je suis venu, mais pour le gar�on."</emphasis></p><p>"<emphasis>Pas Harry ! S'il vous pla�t... ayez piti�... ayez piti�..."</emphasis></p><p><emphasis>Harry songea que Lily Potter ne semblait pas comprendre quel genre de personne devenait Seigneur des T�n�bres en premier lieu ; et si c'�tait l� la meilleure strat�gie qu'elle pouvait concevoir pour sauver la vie de son fils, alors c'�tait aussi son �chec final en tant que m�re.</emphasis></p><p>"<emphasis>Je te donne la rare chance de t'�chapper," dit la voix stridente. "Mais je ne ferai pas l'effort de te ma�triser, et ta mort, ici, ne sauvera pas ton enfant. �carte-toi, femme imb�cile, si tu as le moindre bon sens !"</emphasis></p><p>"<emphasis>Pas Harry, s'il vous pla�t, non, prenez moi, tuez moi � la place !"</emphasis></p><p><emphasis>La chose vide qu'�tait devenu Harry se demanda si Lily Potter imaginait s�rieusement que Lord Voldemort dirait oui, qu'il la tuerait et qu'il laisserait son fils sain et sauf.</emphasis></p><p>"<emphasis>Tr�s bien," dit la voix de la mort d'un ton � pr�sent froidement amus�. "J'accepte le march�. Tu mourras, et l'enfant vivra. Maintenant abaisses ta baguette que je puisse te tuer."</emphasis></p><p><emphasis>Il y eut un silence hideux.</emphasis></p><p><emphasis>Lord Voldemort commen�a � rire, horrible rire m�prisant.</emphasis></p><p><emphasis>Puis, enfin, la voix de Lily cria avec une haine d�sesp�r�e : "Avada ke -"</emphasis></p><p><emphasis>La voix mortelle finit la premi�re, le sort rapide et pr�cis.</emphasis></p><p>"<emphasis>Avadakedavra."</emphasis></p><p><emphasis>Un �clat de vert aveuglant marqua la fin de Lily Potter.</emphasis></p><p><emphasis>Et le gar�on dans son berceau les vit, ces yeux, ces deux yeux pourpres, qui semblaient briller d'un rouge vif, flamber comme deux soleils miniatures, emplissant le champ de vision de Harry alors qu'ils se braquaient sur ses yeux � lui -</emphasis></p><empty-line/><p>Les autres enfants virent Harry tomber, ils l'entendirent crier, un fin cri haut perch� qui sembla percer leurs oreilles, tel un couteau.</p><p>Il y eut l'�clat d'argent et la voix du directeur qui mugissait "<emphasis>Expecto Patronum !</emphasis>", et le ph�nix embras� revint � la vie.</p><p>Mais l'horrible cri de Harry continua encore et encore, alors que le directeur prenait le gar�on dans ses bras et qu'il le portait loin du D�traqueur, alors que Neville Londubat et le professeur Flitwick couraient tous deux vers le chocolat au m�me moment et -</p><p>Hermione l'avait su, elle l'avait su lorsqu'elle l'avait vu, elle avait su que ses cauchemars avaient �t� r�els, que �a devenait vrai, d'une fa�on ou d'une autre quelque chose �tait en train de devenir r�alit�.</p><p>"Donnez-lui du chocolat !" exigea la voix du professeur Quirrell, bien inutilement car la forme menue du professeur Flitwick fon�ait d�j� vers l'endroit vers lequel le directeur accourait, non loin des �l�ves.</p><p>Hermione avan�ait elle aussi, m�me si elle ne savait pas ce qu'elle �tait cens�e faire -</p><p>"<emphasis>Lancez des Patronus !</emphasis>" hurla le directeur alors qu'il pla�ait Harry derri�re les Aurors. "<emphasis>Tous ceux qui le peuvent ! Mettez-les entre Harry et le D�traqueur ! Il se nourrit encore de lui !</emphasis>"</p><p>Il y eut un instant d'horreur glac�e.</p><p>"<emphasis>Expecto Patronum</emphasis> !" cri�rent le professeur Flitwick et l'Auror Goryanof, puis Anthony Goldstein, mais il �choua la premi�re fois, puis Parvati Patil, qui r�ussit, puis Anthony Goldstein essaya � nouveau et son oiseau d'argent �tendit ses ailes et hurla en direction du D�traqueur, et Dean Thomas rugit les mots comme s'ils avaient �t� �crits de lettres de feu et sa baguette donna naissance � un immense ours blancs ; il y avait huit Patronus qui brillaient le long d'une ligne s�parant Harry du D�traqueur, et Harry continuait de crier et de crier alors que le directeur l'allongeait sur l'herbe s�che.</p><p>Hermione ne pouvait lancer de Patronus, alors elle courut vers l'endroit o� Harry gisait. Dans son esprit, quelque chose essayait de deviner combien de temps s'�tait �coul�. Vingt secondes ? Plus ?</p><p>Il y avait une effroyable expression d'agonie et de perplexit� sur le visage d'Albus Dumbledore. Sa longue baguette noire �tait dans sa main mais il ne pronon�ait aucun sort, il regardait seulement seulement le corps agit� de convulsions de Harry avec horreur -</p><p>Hermione ne savait pas quoi faire, elle ne savait pas quoi faire, elle ne comprenait pas ce qui se passait, et le sorcier le plus puissant du monde semblait tout autant perdu qu'elle.</p><p>"<emphasis>Utilisez votre ph�nix !</emphasis>" mugit le professeur Quirrell. "<emphasis>�loignez-le autant que possible de ce D�traqueur !"</emphasis></p><p>Sans un mot le directeur prit Harry dans ses bras et disparut dans un �clat de feu au c�t� de Fumsec, qui venait subitement d'appara�tre ; et le Patronus du directeur s'effa�a instantan�ment, laissant un espace vide l� o� il avait gard� le D�traqueur.</p><p>Horreur et confusion et bavardages soudains.</p><p>"M. Potter devrait r�cup�rer," dit le professeur Quirrell, �levant sa voix, mais son ton �tait � nouveau calme, "je pense que c'�tait juste un peu plus de vingt secondes."</p><p>Puis le ph�nix blanc embras� apparut de nouveau, comme s'il �tait arriv� depuis les airs, et la cr�ature de lumi�re lunaire alla vers Hermione Granger, et il cria de la voix d'Albus Dumbledore :</p><p>"<emphasis>Il se nourrit encore de lui, m�me ici ! Comment ? Si tu le sais, Hermione Granger, tu dois me le dire ! Dis-le moi !"</emphasis></p><p>L'Auror le plus �g� pivota pour la regarder, et de nombreux �l�ves firent de m�me. Le professeur Flitwick ne pivota pas, il tenait � pr�sent sa baguette braqu�e sur le professeur Quirrell, qui avait mis ses mains vides en �vidence.</p><p>D'infinies secondes s'�coul�rent.</p><p>Elle ne pouvait pas se souvenir, elle n'arrivait pas � se souvenir du cauchemar avec assez de pr�cision, elle ne pouvait pas se souvenir de la raison pour laquelle elle avait pens� que ce serait possible, pourquoi elle avait eu peur -</p><p>Hermione se rendit compte de ce qu'elle devait faire, et c'�tait la d�cision la plus difficile de sa vie.</p><p>Et si ce qui �tait arriv� � Harry lui arrivait � elle aussi ?</p><p>Tous ses membres �taient aussi froids que la mort, son champ de vision s'assombrit, la peur �crasa tout ; elle avait vu Harry mourant, Maman et Papa mourant, tous ses amis mourants, tout le monde mourant, pour qu'� la fin, quand elle mourrait, ce soit seule. C'�tait le cauchemar secret dont elle n'avait jamais parl� � personne, le cauchemar qui avait permis au D�traqueur de la dominer, la chose pire entre toutes : mourir seule.</p><p>Elle ne voulait pas y retourner, elle, elle ne voulait pas, elle ne voulait pas y rester pour toujours -</p><p><emphasis>Tu as assez de courage pour Gryffondor,</emphasis> dit la voix calme du Choixpeau, venue de ses souvenirs, <emphasis>mais tu feras le bien quelle que soit la maison que je te donne. Tu apprendras, tu soutiendras tes amis, quelle que soit la maison que tu choisis. Alors n'aie pas peur, Hermione Granger, choisis juste l'endroit qui te correspond...</emphasis></p><p>Il n'y avait pas assez de temps pour choisir, Harry �tait mourant.</p><p>"Je ne peux pas m'en souvenir pour l'instant," dit Hermione d'une voix qui se brisait, "mais attendez juste, je vais retourner voir le D�traqueur..."</p><p>Elle commen�a � courir vers le D�traqueur.</p><p>"Mademoiselle Granger !" couina le professeur Flitwick, mais il ne fit rien pour l'arr�ter, il garda juste sa baguette point�e vers le professeur Quirrell.</p><p>"<emphasis>Tout le monde !</emphasis>" hurla l'Auror Komodo de la voix d'un commandant militaire. "<emphasis>Mettez vos Patronus hors de sa route !</emphasis>"</p><p>"<emphasis>FLITWICK !</emphasis>" rugit le professeur Quirrell. "<emphasis>APPELEZ LA BAGUETTE DE POTTER !</emphasis>"</p><p>Et, alors que Hermione comprenait, le professeur Flitwick criait d�j� "<emphasis>Accio !</emphasis>", et elle vit le bout de bois grandir en s'approchant depuis l'endroit o� il �tait tomb�, o� il avait presque touch� la cage du D�traqueur.</p><empty-line/><p>Les yeux s'ouvrirent, morts et vacants.</p><p>"<emphasis>Harry !</emphasis>" s'�trangla une voix venue du monde sans couleurs. "<emphasis>Harry ! Parle moi !</emphasis>"</p><p>Le visage de Albus Dumbledore se pencha jusqu'� entrer dans le champ de vision qui avait �t� pr�c�demment occup� par un lointain toit de marbre.</p><p>"Tu es �nervant," dit la voix vide. "Tu devrais mourir."</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 44*: Humanisme, partie 2</strong></p><p>"Fumseck," dit Albus Dumbledore d'une voix qui se brisait, "s'il te pla�t, aides-le..."</p><p>Un cr�ature flamboyante aux reflets rouges et or apparut dans son champ de vision et le regarda d'un air railleur. Elle commen�a � chanter.</p><p>Les p�piements d�pourvus de sens gliss�rent sur le n�ant, il n'y avait rien auquel ils pouvaient s'accrocher.</p><p>"Tu es bruyant," dit la voix, "tu devrais mourir."</p><p>"Chocolat," dit Albus Dumbledore, "tu as besoin de chocolat et de tes amis - mais je n'ose pas te ramener -"</p><p>Puis un corbeau de lumi�re apparut et parla de la voix du professeur Flitwick ; ce sur quoi Albus Dumbledore s'�trangla sous le coup de la compr�hension soudaine, et il jura haut et fort contre sa stupidit�.</p><p>La chose vide rit en voyant cela, car elle avait gard� la capacit� d'�tre amus�e.</p><empty-line/><p>Et un moment plus tard ils avaient tous disparut dans un �clat de feu.</p><p>Il ne semblait s'�tre �coul� qu'un instant entre le moment o� le corbeau de Flitwick s'�tait envol� et celui o� Albus Dumbledore �tait r�apparu dans un autre craquement de feu rouge et or avec Harry dans ses bras ; mais Hermione �tait myst�rieusement parvenue � remplir ses mains de chocolats pendant cet intervalle.</p><p>Mais avant que Hermione ne l'atteigne, du chocolat s'�tait d�j� envol� de la table pour atterrir directement dans la bouche de Harry, et une partie de son esprit songea que c'�tait injuste, <emphasis>il</emphasis> avait eu une chance de le faire pour <emphasis>elle</emphasis> -</p><p>Harry recracha le chocolat.</p><p>"Vas-t-en," dit une voix si vide qu'elle n'�tait m�me pas froide.</p><p>...</p><p>Tout sembla se figer, tous ceux qui s'�taient dirig�s vers Harry s'arr�t�rent, tous les mouvements se bris�rent sous le choc de ces deux mots morts.</p><p>Puis : "Non," dit Albus Dumbledore, "je refuse," et le temps reprit son cours alors qu'un autre morceau de chocolat s'envolait de table vers la bouche de Harry.</p><p>Hermione �tait � pr�sent assez pr�s pour voir que l'expression de Harry s'�tait charg�e de haine lorsque sa bouche avait commenc� � m�cher, d'un rythme m�canique et artificiel.</p><p>La voix du directeur avait la duret� de l'acier. "Filius, appelle Minerva, dis-lui qu'elle doit venir le plus vite possible."</p><p>Le professeur Flitwick chuchota quelque chose � son corbeau d'argent, qui s'envola dans les airs et disparut.</p><p>Un autre morceau de chocolat flotta jusqu'� la bouche de Harry, et la mastication m�canique continua.</p><p>Plus d'�tudiants se trouvaient maintenant autour de l'endroit o� le directeur surveillait Harry d'un regard dur : Neville, Seamus, Dean, Lavender, Ernie, Anthony, aucun n'osait s'approcher plus pr�s que ne l'avait fait Hermione.</p><p>"Que pouvons-nous faire ?" dit Dean d'une voix tremblante.</p><p>"Reculez et donnez-lui plus d'espace -" dit la voix s�che du professeur Quirrell.</p><p>"Non !" l'interrompit le directeur. "Qu'il soit entour� de ses amis."</p><p>Harry avala son chocolat et dit de cette voix vide : "Ils sont stupides. Ils devraient mouri<emphasis>mmmppphhh</emphasis>" alors qu'un autre morceau de chocolat entrait dans sa bouche.</p><p>Hermione vit l'expression choqu�e qui passa sur leur visage.</p><p>"Il ne le pense pas vraiment, hein ?" dit Samus d'un ton suppliant.</p><p>"Vous ne comprenez pas," dit Hermione, sa voix se brisait, "<emphasis>ce n'est pas Harry -"</emphasis> et elle se tut avant d'en dire plus, mais il avait <emphasis>fallu </emphasis>qu'elle dise au moins cela.</p><p>En le regardant, elle vit que Neville comprenait, et elle vit aussi que les autres ne comprenaient pas. Si Harry n'avait jamais vraiment pens� ainsi, alors �tre expos� � un D�traqueur pendant moins d'une minute ne l'aurait jamais pouss� � dire des choses pareilles. C'�tait probablement ce qu'ils pensaient.</p><p>Une exposition � un D�traqueur de moins d'une minute ne pouvait pas cr�er une toute nouvelle personne mal�fique � l'int�rieur de quelqu'un, pas � partir de rien.</p><p>Mais si cette personne �tait <emphasis>d�j� l� -</emphasis></p><p><emphasis>Le directeur est-il au courant ?</emphasis></p><p>Hermione leva les yeux vers le directeur et vit qu'Albus Dumbledore la regardait <emphasis>elle</emphasis> et que ses yeux bleus �taient soudain devenus per�ants -</p><p>Des mots apparurent dans son esprit.</p><p><emphasis>N'en parle pas</emphasis>, lui dit la volont� de Dumbledore.</p><p><emphasis>Vous savez</emphasis>, pensa Hermione. <emphasis>Pour son c�t� obscur.</emphasis></p><p><emphasis>Je sais. Mais cela va encore plus loin. L� o� il est maintenant perdu, m�me la chanson de Fumseck ne peut l'atteindre.</emphasis></p><p><emphasis>Que pouvons-nous -</emphasis></p><p><emphasis>J'ai un plan</emphasis>, lui envoya le directeur. <emphasis>Patience.</emphasis></p><p>Quelque chose dans le ton de cette pens�e rendit Hermione nerveuse. <emphasis>Quel genre de plan ?</emphasis></p><p><emphasis>Il vaut mieux que tu ne saches pas</emphasis>, envoya le directeur.</p><p>Maintenant Hermione devenait <emphasis>vraiment </emphasis>nerveuse. Elle ne savait pas <emphasis>� quel point</emphasis> le directeur �tait au courant pour le c�t� obscur de Harry -</p><p><emphasis>Une remarque valide</emphasis>, envoya le directeur. <emphasis>Je vais te le dire ; contr�le-toi afin de ne pas r�agir. Es-tu pr�te ? Bien. Je vais faire semblant de jeter le sort de Mort sur le professeur McGonagall - NE R�AGIS PAS, Hermione !</emphasis></p><p>Ce fut difficile. Le directeur �tait vraiment fou ! Cela ne ferait pas <emphasis>sortir</emphasis> Harry de son c�t� obscur, il serait pris de <emphasis>folie furieuse</emphasis>, il <emphasis>tuerait</emphasis> le directeur -</p><p><emphasis>Mais ce ne sera pas mal�fique</emphasis>, envoya Albus Dumbledore. <emphasis>Ce sera protecteur, ce sera de l'amour. Fumseck pourra alors l'atteindre. Et lorsque Harry verra que Minerva est en fin de compte bien vivante, il reviendra totalement � lui.</emphasis></p><p>La pens�e vint � Hermione -</p><p><emphasis>Je doute que cela fonctionnera</emphasis>, dit le directeur, <emphasis>et tu pourrais ne pas appr�cier la fa�on dont il r�agiras si tu essaies. Mais tu peux essayer, si tu le souhaites.</emphasis></p><p>Elle ne l'avait pas envisag� s�rieusement ! C'�tait trop -</p><p>Ses yeux gliss�rent, �chappant au regard du directeur, allant jusqu'au gar�on qui observait son entourage de ses yeux vides et m�prisants, alors que sa bouche continuait de m�cher et d'avaler barre apr�s barre de chocolat, sans effet. Elle en eut le c�ur bris�, et soudain beaucoup de choses sembl�rent ne plus avoir d'importance hormis le fait qu'il y avait encore une chance.</p><empty-line/><p>Il y avait une force qui le contraignait � m�cher et � avaler du chocolat. C'�tait aga�ant. La r�ponse � cette force �tait le meurtre.</p><p>Des gens l'avaient entour� et le regardaient. C'�tait aga�ant. La r�ponse � l'agacement �tait le meurtre.</p><p>D'autres personnes discutaient � l'arri�re-plan. C'�tait insolent. La r�ponse � l'insolence �tait d'infliger de la douleur, mais puisqu'aucun d'eux n'�tait utile, les tuer serait plus simple.</p><p>Tuer toutes ces personnes serait difficile. Mais nombre d'entre eux n'avaient pas confiance en Quirrell, et il �tait fort. Trouver le bon d�clencheur pourrait les pousser � tous s'entre-tuer.</p><p>Puis quelqu'un se pencha et entra dans son champ de vision, et cette personne fit quelque chose de profond�ment bizarre, quelque chose qui appartenait � un mode de pens�e qui lui �tait �tranger, pour laquelle il n'existait qu'une seule r�ponse, enregistr�e en un unique endroit -</p><empty-line/><p>Elle entendit des gens s'�trangler autour d'elle, et ils n'avaient pas d'importance, elle maintint le baiser sur ces l�vres barbouill�es de chocolat alors que les larmes s'amoncelaient dans ses yeux.</p><p>Et les bras de Harry s'�lev�rent et la repouss�rent, et ses l�vres cri�rent : "<emphasis>Je t'ai dit pas de bisou !"</emphasis></p><empty-line/><p>"Je pense que �a va aller maintenant," dit le directeur, regardant vers l'endroit o� Harry �tait en train de pleurer � grands sanglots tandis que Fumseck chantait au-dessus de lui. "Tr�s bon travail, Mlle. Granger. Savez-vous que m�me moi je ne me serais pas attendu � ce que cela fonctionne ?"</p><p>La chanson du ph�nix ne lui �tait pas destin�e, Hermione le savait, mais elle avait quand m�me le pouvoir de l'apaiser. Et elle en aurait besoin, parce que sa vie �tait officiellement foutue.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 45*: Humanisme, partie 3</strong></p><p>La chanson de Fumseck s'�teignit doucement.</p><p>Harry se redressa de l'endroit o� il avait �t� allong�, sur l'herbe constell�e d'hiver, Fumseck toujours perch� sur son �paule.</p><p>Il y eut de grandes inspirations autour de lui.</p><p>"Harry," dit Seamus d'une voix vacillante, "tu vas bien ?"</p><p>La paix du ph�nix �tait toujours en lui, et une chaleur �manait de l� Fumseck �tait perch�. Une chaleur qui se r�pandait � travers lui, et le souvenir de la chanson �tait toujours l�, vivant par la pr�sence du ph�nix. Des choses terribles venaient de lui arriver, des pens�es terribles l'avaient travers�. Malgr� la profanation que le D�traqueur l'avait forc� commettre envers un souvenir impossible, il avait n�anmoins recouvr� celui-ci. Un mot �trange continuait de r�sonner dans son esprit. Et tout cela pourrait �tre mis de c�t�, � plus tard, tant que le ph�nix brillerait d'or et de rouge sous le soleil couchant.</p><p>Fumseck croassa en sa direction.</p><p>"Quelque chose que je dois faire ?" dit Harry � Fumseck. "Quoi ?"</p><p>Fumseck inclina sa t�te en direction du D�traqueur.</p><p>Harry regarda l'horreur impossible � regarder qui �tait toujours dans sa cage, puis de nouveau le ph�nix, confus.</p><p>"M. Potter ?" dit la voix de Minerva McGonagall, dans son dos. "Vous <emphasis>allez</emphasis> bien ?"</p><p>Harry se mit sur ses pieds et pivota.</p><p>Minerva McGonagall le regardait, l'air tr�s inqui�te ; � c�t� d'elle, Albus Dumbledore l'observait avec attention ; Filius Flitwick semblait extr�mement soulag� ; et tous les �l�ves le regardaient bouche b�e.</p><p>"Je pense que oui, professeur McGonagall," dit Harry d'une voix calme. Il avait presque dit <emphasis>Minerva</emphasis>, avant de s'en emp�cher. Tout irait bien, du moins tant que Fumseck serait sur son �paule ; il �tait possible qu'il s'�croule un instant apr�s le d�part de ce dernier, mais ce genre de pens�e ne lui semblait �trangement pas avoir d'importance. "Je pense que je vais bien."</p><p>Il y aurait d� y avoir des acclamations ou des soupirs de soulagement ou quelque chose, mais personne ne semblait savoir quoi dire, personne.</p><p>La paix du ph�nix persista.</p><p>Harry se retourna. "Hermione ?" dit-il.</p><p>Tous ceux qui avaient la moindre sensibilit� romantique retinrent leur respiration.</p><p>"Je ne sais pas vraiment comme remercier avec gr�ce," dit doucement Harry, "pas plus que je ne sais m'excuser. Tout ce que je peux dire, c'est qui si tu te demandes si tu as bien agi, la r�ponse est oui."</p><p>Le gar�on et la fille se regard�rent dans les yeux l'un de l'autre.</p><p>"D�sol�," dit Harry. "Pour ce qui va se passer ensuite. S'il y a quoi que ce soit que je puisse faire -"</p><p>"Non," r�pondit Hermione. "Tu ne peux rien faire. Mais ce n'est pas grave." Puis elle se d�tourna de Harry et partit vers le chemin qui menait aux portes de Poudlard.</p><p>Un certain nombre de filles jet�rent des regards perplexes en direction de Hermione puis la suivirent. Sur leur chemin on pouvait entendre les questions anim�es qui commen�aient.</p><p>Harry les regarda partir puis il se tourna de nouveau, vers les autres �l�ves. Ils l'avaient vu au sol, alors qu'il criait, et...</p><p>Fumseck frotta son nez contre une joue de Harry, bri�vement.</p><p>... et cela les aiderait, un jour, � comprendre que le Survivant pouvait aussi souffrir, qu'il pouvait aussi �tre malheureux. Afin que lorsqu'ils souffriraient et qu'ils seraient eux-m�mes malheureux, ils se souviendraient avoir vu Harry se tortiller au sol, et ils sauraient que leur souffrance et leurs probl�mes n'avaient en fin de compte aucune importance. Le directeur avait-il prit cela en compte quand il avait laiss� les autres �l�ves rester et regarder ?</p><p>Les yeux de Harry revinrent sur la cape en lambeaux, distraitement, et sans vraiment savoir � qui il s'adressait, il dit : "�a ne devrait pas exister."</p><p>"Ah," dit une voix s�che et pr�cise. "Je pensais que vous pourriez dire cela. M. Potter, je suis navr� de vous apprendre que les D�traqueurs ne peuvent �tre tu�s. Nombreux sont ceux qui ont essay�."</p><p>"Vraiment," dit Harry, toujours l'air absent. "Qu'ont-ils essay� ?"</p><p>"Il existe un sort extr�mement dangereux et destructeur," dit le professeur Quirrell, "que je ne nommerai pas ici ; un sortil�ge de feu maudit. C'est ce que vous utiliseriez pour d�truire un ancien artefact tel que le Choixpeau. Il n'a aucun effet sur les D�traqueurs. Ils sont �ternels."</p><p>"Il n'y a pas d'�ternit�," dit le directeur. Les mots �taient doux ; le regard ac�r�. "Ils ne poss�dent pas la vie �ternelle. Ils sont des plaies � la surface du monde, et attaquer une plaie ne fait que l'�largir."</p><p>"Hm," dit Harry. "Imaginez qu'on le jette dans le soleil ? L'astre serait-il d�truit ?"</p><p>"Le <emphasis>jeter</emphasis> dans le <emphasis>soleil</emphasis> ?" piailla le professeur Flitwick, et il avait l'air de vouloir s'�vanouir.</p><p>"Cela semble peu probable, M. Potter," dit le professeur d'un ton sec. "Le soleil est tr�s grand, apr�s tout ; je doute que le D�traqueur lui fasse beaucoup d'effet. Mais ce n'est pas un test que je souhaiterais effectuer, juste au cas o�."</p><p>"Je vois," dit Harry.</p><p>Fumseck coassa une derni�re fois, puis il recouvrit le visage de Harry de ses ailes et se propulsa alors loin de lui. Droit vers le D�traqueur, jetant un grand cri per�ant de d�fi qui fit �cho � travers le champ. Et avant que quiconque ait pu r�agir, il y eut une explosion de feu, et Fumseck �tait parti.</p><p>La paix se dissipa, un peu.</p><p>La chaleur se dissipa, un peu.</p><p>Harry prit une profonde inspiration puis la laissa ressortir.</p><p>"Ouais," dit Harry. "Toujours en vie."</p><p>Encore ce silence, encore l'absence d'acclamations ; personne ne semblait savoir comment r�pondre -</p><p>"Il est bon d'apprendre que vous �tes totalement r�tabli," dit le professeur Quirrell d'une voix ferme, comme s'il niait la possibilit� d'une alternative. "Maintenant, je crois que mademoiselle Ransom vient ensuite ?"</p><p>Cela fut le point de d�part d'une dispute anim�e o� le professeur Quirrell avait raison et tous les autres avaient tort. Le professeur Quirrell faisait remarquer qu'en d�pit des �motions fort compr�hensibles ressenties par toutes les personnes concern�es, la chance qu'une m�saventure similaire arrive � un autre �l�ve tendait � l'infinit�simal ; d'autant plus qu'ils savaient maintenant �viter celles caus�es par les baguettes. Et de plus, il y avait d'autres �l�ves qui devaient � leur tour faire de leur mieux pour lancer un Patronus corporel, ou du moins pour apprendre la sensation provoqu�e par le D�traqueur afin de pouvoir le fuir, et d�couvrir leur propre degr� de vuln�rabilit�...</p><p>Il s'av�ra que Dean Thomas et Ron Weasley de Gryffondor �taient les seuls � vouloir encore s'approcher du D�traqueur, ce qui simplifia la dispute.</p><p>Harry jeta un coup d'�il en direction celui-ci. Le mot r�sonna de nouveau dans son esprit.</p><p><emphasis>Tr�s bien</emphasis>, pensa Harry, <emphasis>si le D�traqueur est une �nigme, quelle est la r�ponse ?</emphasis></p><p>Et juste comme �a, ce fut �vident.</p><p>Harry regarda la cage ternie et l�g�rement rouill�e.</p><p>Il vit ce qui se trouvait derri�re la grande cape en lambeaux.</p><p>Tr�s bien, dans ce cas.</p><p>Le professeur McGonagall s'approcha de Harry et lui parla. Elle n'avait pas vu le pire, et il n'y avait donc qu'un l�ger scintillement aqueux dans ses yeux. Harry lui dit qu'il faudrait qu'il lui parle plus tard et qu'il lui pose une question qu'il avait �vit�e de poser pendant longtemps, mais �a n'avait pas � se faire maintenant si elle �tait occup�e. Il y avait quelque chose sur son visage qui sugg�rait qu'on l'avait �loign�e de quelque chose d'important ; et Harry le lui fit remarquer, et il lui dit qu'elle ne devrait franchement pas se sentir coupable de partir. Cela lui valut un regard dur, mais elle partit bel et bien, avec la promesse qu'ils parleraient plus tard.</p><p>Dean Thomas lan�a de nouveau son ours blanc, m�me en pr�sence du D�traqueur ; et Ron Weasley leva un bouclier convenable fait d'une brume �tincelante. Ce qui concluait la journ�e en ce qui concernait les autres, et le professeur Flitwick commen�a � mener les �l�ves vers Poudlard. Lorsqu'il fut devenu clair que Harry comptait rester en arri�re, le professeur Flitwick lui jeta un regard interrogateur ; quant � Harry, il jeta un regard lourd de sens � Dumbledore. Harry ne savait pas ce que Flitwick en comprit, mais apr�s un dur regard d'avertissement, son directeur de Maison s'en fut.</p><p>Et il ne resta que Harry, le professeur Quirrell et le trio d'Aurors.</p><p>Il aurait mieux valu commencer par se d�barrasser du trio, mais Harry n'arrivait pas � trouver un bon moyen d'y parvenir.</p><p>"Tr�s bien," dit l'Auror Komodo, "remmenons-le."</p><p>"Excusez-moi," dit Harry. "J'aimerais r�essayer le D�traqueur."</p><empty-line/><p>La requ�te de Harry rencontra une certaine dose d'opposition, de celles du genre <emphasis>mais vous �tes compl�tement cingl�</emphasis>, m�me si l'Auror Butnaru fut le seul � le dire � voix haute.</p><p>"Fumseck m'a dit de le faire," dit Harry.</p><p>Cela ne surmonta pas toute l'opposition, malgr� l'expression choqu�e qui apparut alors sur le visage de Dumbledore. Le d�bat continua, et cela commen�a � ronger une partie de ce qui restait de la paix du ph�nix, ce qui aga�a Harry, mais un peu seulement.</p><p>"�coutez," dit Harry, "je suis presque s�r de savoir ce que j'ai mal fait la derni�re fois. Il existe des gens qui doivent utiliser un autre genre de pens�e heureuse. Laissez-moi juste essayer, d'accord ?"</p><p>Cela ne fut pas plus persuasif.</p><p>"Je pense," dit enfin le professeur Quirrell en regardant Harry avec des yeux �troits, "que si nous ne le laissons pas le faire sous supervision, il pourrait bien, � un moment ou un autre, nous fausser compagnie et chercher un D�traqueur seul. Vous accuserais-je faussement, M. Potter ?"</p><p>Il y eut une pause horrifi�e. Cela semblait un bon moment pour jouer l'atout qu'il avait gard� dans sa manche.</p><p>"�a ne me d�range pas que le directeur garde son Patronus," dit Harry. <emphasis>Car je serai tout autant en pr�sence du D�traqueur, Patronus ou pas.</emphasis></p><p>Cela fut accueilli par une grande confusion ; m�me le professeur Quirrell semblait perplexe ; mais le directeur finit par accepter, puisqu'il semblait peu probable que Harry puisse �tre atteint � travers quatre Patronus.</p><p><emphasis>Si le D�traqueur ne pouvait traverser votre Patronus d'une fa�on ou d'une autre, Albus Dumbledore, vous ne verriez pas un homme nu et douloureux � regarder...</emphasis></p><p>Harry ne le dit pas � voix haute, pour des raisons �videntes.</p><p>Et ils commenc�rent � marcher vers le D�traqueur.</p><p>"Professeur," dit Harry, "imaginons que la porte de Serdaigle vous pose cette �nigme : Qu'est-ce qui se trouve au centre d'un D�traqueur ? Que diriez-vous ?"</p><p>"La peur," dit le directeur.</p><p>C'�tait une erreur facile � commettre. Le D�traqueur approchait, et la peur vous englobait. La peur faisait mal, vous la sentiez vous affaiblir, vous vouliez qu'elle s'en aille.</p><p>Il �tait naturel de penser que la peur �tait le probl�me.</p><p>Alors vous d�cidiez que le D�traqueur �tait une pure cr�ature de peur, qu'il n'y avait rien � craindre sinon la peur elle-m�me, que le D�traqueur ne pouvait pas vous faire de mal si vous n'aviez pas peur...</p><p>Mais...</p><p><emphasis>Qu'est-ce qui se trouve au centre d'un D�traqueur ?</emphasis></p><p><emphasis>La peur.</emphasis></p><p><emphasis>Qu'est-ce qui est tellement horrible que l'esprit refuse de le voir ?</emphasis></p><p><emphasis>La peur.</emphasis></p><p><emphasis>Qu'est-ce qu'on ne peut pas tuer ?</emphasis></p><p><emphasis>La peur.</emphasis></p><p>... �a ne collait pas vraiment quand y r�fl�chissait.</p><p>M�me si la raison pour laquelle les gens seraient r�ticents � regarder au-del� de la peur �tait assez claire.</p><p>Les gens <emphasis>comprenaient</emphasis> la peur.</p><p>Les gens savaient ce qu'ils �taient cens�s <emphasis>faire</emphasis> face � la peur.</p><p>Alors, face � un D�traqueur, il ne serait pas tout � fait r�confortant de se demander : 'Et si la peur �tait juste un effet collat�ral plut�t que le probl�me principal ?'</p><p>Ils �taient maintenant tr�s pr�s de la cage du D�traqueur gard�e par quatre Patronus, et il y eut soudain quatre inspirations courtes venant des trois Aurors et du professeur Quirrell. Tous les visages se tourn�rent vers le D�traqueur et sembl�rent �couter ; il y avait de l'horreur sur le visage de l'Auror Goryanof.</p><p>Puis le professeur Quirrell leva la t�te, le visage dur, et il cracha en direction du D�traqueur.</p><p>"Je suppose qu'il n'a pas aim� voir sa proie lui �tre enlev�e," dit Dumbledore d'une voix douce. "Eh bien, si cela devient n�cessaire, Quirinus, Poudlard vous offrira toujours refuge."</p><p>"Qu'a-t-il dit ?" dit Harry.</p><p>Toutes les t�tes se tourn�rent vers lui.</p><p>"Tu ne l'as pas entendu... ?" dit Dumbledore.</p><p>Harry secoua sa t�te.</p><p>"Il m'a dit," dit le professeur Quirrell, "qu'il me connaissait, et qu'il me pourchasserait un jour, o� que je me cache." Son visage �tait rigide et n'exprimait aucune peur.</p><p>"Ah," dit Harry, "je ne m'inqui�terais pas pour �a, professeur Quirrell." <emphasis>Ce n'est pas comme si les D�traqueurs pouvaient vraiment parler, ou penser ; leur structure est emprunt�e � votre esprit et � ce � quoi vous vous attendez...</emphasis></p><p>Maintenant tout le monde lui jetait des regards <emphasis>tr�s</emphasis> bizarres. Les Aurors se jetaient des coups d'�il nerveux les uns aux autres, et au D�traqueur, et � Harry.</p><p>Et ils se tinrent directement en face de la cage du D�traqueur.</p><p>"Il existe des blessures dans le monde," dit Harry. "C'est une pure conjecture, mais j'imagine que c'est Godric Gryffondor qui a dit �a."</p><p>"Oui..." dit Dumbledore. "Comment l'as-tu su ?"</p><p><emphasis>On croit souvent � tort,</emphasis> pensa Harry, <emphasis>que tous les meilleurs rationalistes sont r�partis � Serdaigle, n'en laissant aucun pour les autres Maisons. Ce n'est pas le cas ; �tre r�parti � Serdaigle indique que votre vertu la plus forte est la curiosit�, la capacit� � s'interroger et � trouver la vraie r�ponse. Et ce n'est pas le </emphasis>seule<emphasis> vertu dont un rationaliste a besoin. Parfois il faut travailler dur sur un probl�me, et s'y atteler pendant longtemps. Parfois il faut trouver un plan malin qui permet d'obtenir la r�ponse. Et parfois ce dont vous avez le plus besoin pour voir une r�ponse, c'est le courage d'y faire face...</emphasis></p><p>Le regard de Harry alla vers ce qui se trouvait sous la cape, vers l'horreur bien pire que n'importe quelle momie pourrissante. Rowena Serdaigle aurait pu le savoir, elle aussi, car c'�tait une �nigme �vidente une fois qu'on le voyait comme une �nigme.</p><p>Et la raison pour laquelle les Patronus �taient des animaux �tait elle aussi �vidente. Les animaux ne savaient pas, et ils �taient donc � l'abri de la peur.</p><p>Mais Harry savait, et il saurait toujours, et il ne pourrait jamais oublier. Il avait essay� de s'enseigner � faire face � la r�alit� sans faillir, et m�me s'il n'�tait pas encore devenu ma�tre de cet art, ces sillons avaient quand m�me �t� creus�s dans son esprit, ce r�flexe acquis de regarder <emphasis>vers</emphasis> le douloureux plut�t que de s'en d�tourner. Harry ne serait jamais capable d'oublier en ayant des pens�es heureuses � propos d'autre chose, et c'est pour cela que le sort n'avait pas fonctionn� pour lui.</p><p>Alors Harry aurait une pens�e heureuse qui n'�tait <emphasis>pas</emphasis> � propos d'autre chose.</p><p>Il leva sa baguette, que le professeur Flitwick lui avait rendue, et mit ses pieds dans la pose de d�part du Patronus.</p><p>En son esprit, Harry abandonna les derniers restes de la paix du ph�nix, il mit le calme et la sensation de sommeil �veill� de c�t�, il pr�f�ra se souvenir du cri per�ant de Fumseck et il se pr�para � la bataille. Il demanda � toutes les parties de son �tre de s'�veiller. Il assembla en lui-m�me toute la force que le charme du Patronus pourrait jamais puiser, il se mit dans l'�tat d'esprit qui conviendrait � la pens�e heureuse finale ; il se souvint de toutes les choses radieuses.</p><p>Les livres que son p�re lui avait achet�s.</p><p>Le sourire de Maman quand Harry lui avait fabriqu� une carte pour la f�te des m�res, un objet complexe qui avait utilis� pr�s d'un quart de kilo de pi�ces �lectroniques d�tach�es trouv�es dans le garage et qui allumait des lumi�res et qui jouait une petite chanson et qu'il avait mis trois jours � construire.</p><p>Le professeur McGonagall qui lui disait que ses parents �taient morts dignement, en le prot�geant. Et ils l'avaient fait.</p><p>Se rendre compte que Hermione tenait sa cadence, et courait m�me plus vite que lui, qu'ils pourraient �tre de vrais rivaux et des amis.</p><p>Ruser Draco pour qu'il sorte des t�n�bres, le regarder se d�placer lentement vers la lumi�re.</p><p>Neville et Seamus et Lavande et Dean et tous ceux qui l'admiraient, tous ceux pour qui il se serait battu, pour les prot�ger si quoi que ce soit mena�ait Poudlard.</p><p>Tout ce qui rendait la vie digne d'�tre v�cue.</p><p>Sa baguette se mit en position pour le Patronus.</p><p>Harry pensa aux �toiles, � l'image qui avait presque retenue le D�traqueur, m�me sans Patronus. Sauf que cette fois, Harry ajouta l'ingr�dient manquant, il ne l'avait jamais vraiment observ� mais il avait vu les images et la vid�o. La terre, d'un bleu �clatant, avec du blanc venu de la lumi�re solaire qu'elle r�fl�chissait, suspendue dans l'espace, au milieu du vide noir et des points de lumi�res brillants. Elle appartenait � cet endroit, � cette image, parce que c'�tait �a qui donnait du sens � tout le reste. La Terre �tait ce qui donnait du sens aux �toiles, qui faisait d'elles plus que des r�actions de fusions incontr�l�es, parce que c'�tait la Terre qui coloniserait un jour la galaxie et r�pondrait � la promesse du ciel nocturne.</p><p>Seraient-ils encore infest�s de D�traqueurs, les enfants des enfants des enfants, les lointains descendants de l'humanit�, pendant leur voyage d'�toile en �toile ? Non. Bien s�r que non. Les D�traqueurs n'�taient que de petites nuisances, qui � la lumi�re de cette promesse devenaient d�risoires, jusqu'� ne plus exister ; pas intuables, pas invincibles, loin de l�. Il fallait supporter les petites nuisances si on �tait l'un des rares, chanceux et malchanceux, � �tre n�s sur terre ; sur l'Ancienne Terre, comme on se souviendrait un jour d'elle. Cela aussi faisait partie du sens qu'il y avait � �tre en vie si l'on faisait partie de la petite poign�e d'�tre sentients n�s au d�but de toute chose, avant que la vie intelligente n'ait encore acquis tout son pouvoir. Le futur, bien plus vaste, d�pendait de ce que vous faisiez ici, maintenant, aux plus pr�coces des jours de l'aube, alors qu'il y avait encore tant de t�n�bres � combattre, et des nuisances temporaires telles que les D�traqueurs.</p><p>Maman et Papa, l'amiti� de Hermione et le voyage de Draco, Neville et Seamus et Lavande et Dean, le ciel bleu et le soleil brillant et toutes les choses radieuses, la Terre, les �toiles, la promesse, tout ce que l'humanit� �tait et tout ce qu'elle deviendrait...</p><p>Sur la baguette, les doigts de Harry prirent la position initiale ; il �tait pr�t maintenant, pr�t � penser le bon genre de pens�e heureuse.</p><p>Et ses yeux regard�rent droit vers ce qui �tait sous la cape en lambeaux, droit vers ce qui avait �t� nomm� un D�traqueur. Le n�ant, le vide, le trou dans l'univers, l'absence de couleur et d'espace, le drain ouvert � travers lequel la chaleur se d�versait hors du monde.</p><p>La peur qu'il exsudait volait toutes les pens�es heureuses, sa proximit� drainait votre pouvoir et vos forces, son baiser d�truisait tout ce que vous �tiez.</p><p><emphasis>Je te connais, � pr�sent</emphasis>, pensa Harry, tandis que sa main s'inclinait une fois, deux fois, trois fois et quatre fois, tandis que ses doigts glissaient des distances exactes, <emphasis>je comprends ta nature, tu symbolises la Mort, par une loi de la magie tu es une ombre que la Mort projette sur le monde.</emphasis></p><p><emphasis>Et la Mort est une chose que je n'�teindrai jamais.</emphasis></p><p><emphasis>Ce n'est qu'une chose infantile que l'esp�ce humaine n'est pas encore assez m�re pour avoir pu quitter.</emphasis></p><p><emphasis>Et un jour...</emphasis></p><p><emphasis>Nous nous en passerons...</emphasis></p><p><emphasis>Et les gens n'auront plus � se dire adieu...</emphasis></p><p>La baguette s'�leva et pointa droit vers le D�traqueur.</p><p>"<emphasis>EXPECTO PATRONUM !</emphasis>"</p><p>La pens�e explosa hors de lui comme une digue bris�e, d�ferla le long de son bras et dans sa baguette, en jaillit sous la forme d'une lumi�re blanche �clatante. Une lumi�re qui devint corporelle, qui prit une forme et une substance.</p><p>Un silhouette avec deux bras, deux jambes et une t�te, qui se tenait debout ; l'animal <emphasis>Homo sapiens</emphasis>, la forme d'un �tre humain.</p><p>Brillant de plus en plus alors que Harry d�versait toute sa force dans le sortil�ge, �clatant d'une lumi�re incandescente, plus brillante qu'un soleil bas, les Aurors et le professeur Quirrell se prot�g�rent les yeux sous le choc -</p><p><emphasis>Et un jour, quand les descendants de l'humanit� se seront r�pandus d'�toile en �toile, ils ne raconteront pas l'histoire de l'Ancienne Terre � leurs enfants avant qu'ils ne soient assez vieux pour le supporter ; et quand ils l'entendront, il pleureront d'apprendre qu'une chose telle que la Mort avait un jour exist� !</emphasis></p><p>La silhouette d'un humain brilla plus fort que le soleil de midi, flamboyant d'une telle force que Harry put en sentir la chaleur sur sa peau ; et il envoya toute sa d�fiance vers l'ombre de la Mort, ouvrant toutes les vannes, pour rendre la forme brillante plus forte, toujours plus forte.</p><p><emphasis>Tu n'es pas invincible, et un jour l'esp�ce humain t'ach�vera.</emphasis></p><p><emphasis>Je t'ach�verai si je le peux, par le pouvoir de mon esprit et de la magie et de la science.</emphasis></p><p><emphasis>Je ne me recroquevillerai pas par peur de la Mort, pas tant que j'ai une chance de gagner.</emphasis></p><p><emphasis>Je ne laisserai pas la Mort me toucher, je ne laisserai pas la Mort toucher ceux que j'aime.</emphasis></p><p><emphasis>Et m�me si tu m'ach�ves avant que je ne t'ach�ve,</emphasis></p><p><emphasis>Un autre prendra ma place, et un autre,</emphasis></p><p><emphasis>Jusqu'� ce que la blessure du monde soit enfin gu�rie...</emphasis></p><p>Harry abaissa sa baguette, et la brillante silhouette humaine se dissipa.</p><p>Il exhala lentement.</p><p>Comme s'il s'�veillait d'un r�ve, comme s'il ouvrait les yeux apr�s s'�tre endormi, son regard s'�loigna de la cage, il observa autour de lui et vit que tout le monde le regardait.</p><p>Albus Dumbledore le fixait.</p><p>Le professeur Quirrell le fixait.</p><p>Le trio d'Aurors le fixait.</p><p>Ils le regardaient tous comme s'ils venaient de le voir d�truire un D�traqueur.</p><p>Dans la cage, la cape en lambeaux �tait vide.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 46*: Humanisme, partie 4</strong></p><p>Le dernier morceau de soleil s'enfon�ait sous l'horizon, la lumi�re rouge quittait les toits, seul le ciel bleu �clairait les six personnes debout sur l'herbe s�ch�e par l'hiver, constell�e de neige, pr�s d'une cage vacante au sol de laquelle se trouvait un cape vide, en lambeaux.</p><p>Harry se sentait... eh bien, de nouveau <emphasis>normal</emphasis>. Plus ou moins sain d'esprit. Le sort n'avait pas annul� cette journ�e et les d�g�ts qu'elle avait caus�s, il n'allait pas fait comme si les blessures n'avaient jamais eu lieu, mais ses douleurs avaient �t�... soign�es, arrang�es ? C'�tait difficile � d�crire.</p><p>Dumbledore aussi semblait en meilleure forme, bien que pas totalement r�tabli. La t�te du vieux sorcier se d�tourna un instant et ses yeux se plant�rent dans ceux du professeur Quirrell avant de revenir � Harry. "Harry," dit-il, "es-tu sur le point de t'�crouler de fatigue, peut-�tre m�me de mourir ?"</p><p>"Assez �trangement, non," dit Harry. "�a m'a arrach� quelque chose, mais bien moins que ce que je pensais." <emphasis>Ou peut-�tre que �a m'a donn� une chose en retour, tout en m'en prenant une autre... </emphasis>"Honn�tement, je m'attendais � ce que mon corps s'effondre lourdement � peu pr�s maintenant."</p><p>Il y eut le son distinctif d'un corps-qui-s'effondrait-assez-lourdement.</p><p>"Merci de vous �tre occup� de cela, Quirinus," dit Dumbledore au professeur Quirrell, qui se tenait maintenant derri�re les formes inconscientes des trois Aurors et les surplombait. "J'avoue �tre encore un peu patraque. Je m'occuperai n�anmoins moi-m�me des sorts d'amn�sie."</p><p>Le professeur Quirrell inclina la t�te puis regarda Harry. "Je vais omettre une bonne dose d'incr�dulit� inutile," dit le professeur Quirrell, "des remarques quant au fait que Merlin lui-m�me n'a jamais pu accomplir cela, etc. Allons droit � la question importante. Par tous les suaves serpents susurrants, qu'est que c'�tait que <emphasis>�a</emphasis> ?"</p><p>"Le Patronus," dit Harry. "Version 2.0."</p><p>"Je me r�jouis de voir que tu es de nouveau toi-m�me," dit Dumbledore. "Mais vous n'irez <emphasis>nulle part</emphasis>, jeune Serdaigle, avant de me dire en quoi cette pens�e heureuse et r�confortante consistait exactement."</p><p>"Hm..." dit Harry. Il se tapota la joue d'un index contemplatif. "Je me demande si je devrais ?"</p><p>Le professeur Quirrell sourit soudain.</p><p>"S'il te pla�t ?" dit le directeur. "Un joli s'il te pla�t avec du sucre par-dessus ?"</p><p>Harry ressentit une impulsion soudaine, et il d�cida de lui ob�ir. C'�tait dangereux, mais une meilleure opportunit� ne se produirait peut-�tre pas avant la fin des temps.</p><p>"Trois sodas," dit Harry � sa bourse, puis il releva les yeux vers le professeur de D�fense et le directeur de Poudlard. "Messieurs," dit Harry, "j'ai achet� ces sodas lors de mon premier passage sur la plate-forme neuf trois-quart, le jour o� je suis arriv� � Poudlard. Je les ai r�serv�s pour une occasion sp�ciale ; un enchantement mineur garantit qu'ils seront bus au bon moment. C'est tout ce qui me reste, mais je pense que plus belle occasion se pr�senta jamais. Alors ?"</p><p>Dumbledore prit une canette des mains de Harry, et ce dernier en jeta un autre au professeur Quirrell. Les deux hommes plus �g�s marmonn�rent des charmes identiques sur la canette et fronc�rent ensuite bri�vement les sourcils. Harry, lui, ouvrit simplement la canette et but.</p><p>Le professeur Quirrell et le directeur de Poudlard l'imit�rent poliment.</p><p>Harry dit : "Mon rejet absolu de la mort m'a sembl� �tre la r�ponse �vidente."</p><p>Ce n'�tait peut-�tre pas le genre de sentiment heureux n�cessaire au Patronus, mais �a allait tout de m�me dans le top 10 de Harry.</p><p>Les regards qu'il re�u du professeur de D�fense et du directeur le rendirent nerveux l'espace d'un court instant, alors que l'Hilari-Th� disparaissait ; mais les deux hommes se jet�rent un bref coup d'�il et sembl�rent d�cider tous deux qu'ils ne pouvaient pas se permettre de faire quoi que ce soit de vraiment horrible � Harry en pr�sence de l'autre.</p><p>"M. Potter," dit le professeur Quirrell, "m�me <emphasis>moi</emphasis>, je sais que ce n'est pas comme �a que les choses sont cens�es fonctionner."</p><p>"En effet," dit Dumbledore. "Explique."</p><p>Harry ouvrit la bouche, puis, alors que la compr�hension le frappait soudain, la referma aussi sec. Godric Gryffondor ne l'avait dit � personne, pas plus que Rowena, si encore elle l'avait su ; un nombre inconnu de mages l'avaient peut-�tre d�couvert et �taient rest�s muets. On ne pouvait pas l'oublier si on <emphasis>savait</emphasis> que c'�tait ce qu'on essayait de faire ; quand on comprenait <emphasis>comment</emphasis> �a fonctionnait, alors la forme animale de votre Patronus ne pourrait plus jamais fonctionner - et la plupart des sorciers n'avaient pas re�u une �ducation leur permettant de faire face aux D�traqueurs et de les d�truire -</p><p>"Euh, d�sol�," dit Harry. "Mais je viens de me rendre compte � l'instant que ce serait une <emphasis>incroyable mauvaise id�e</emphasis> que de vous l'expliquer avant que vous ne compreniez certaines choses par vous-m�me."</p><p>"Harry, est-ce vrai ?" dit lentement Dumbledore. "Ou fais-tu seulement semblant d'�tre sage -"</p><p>"<emphasis>Directeur !</emphasis>" dit le professeur Quirrell, et il semblait sinc�rement choqu�. "M. Potter vous a dit qu'on ne saurait parler de ce sort avec ceux qui ne peuvent le lancer ! On ne sonde pas plus avant un sorcier sur de tels sujets !"</p><p>"Si je vous disais -" commen�a Harry.</p><p>"Non," dit le professeur Quirrell d'un ton plut�t s�v�re. "Vous ne nous dites pas <emphasis>pourquoi</emphasis>, M. Potter, vous nous dites simplement que nous ne pouvons pas savoir. Si vous souhaitez formuler un indice, vous le faites avec pr�caution, en prenant votre temps, pas au milieu d'une conversation."</p><p>Harry hocha la t�te.</p><p>"Mais," dit le directeur. "Mais, mais qu'est-ce que je vais dire au Minist�re ? On ne peut pas juste <emphasis>perdre</emphasis> un D�traqueur !"</p><p>"Dites-leur que je l'ai mang�," dit le professeur Quirrell, et Harry s'�touffa sur la canette qu'il avait port�e � ses l�vres sans r�fl�chir. "�a ne me d�range pas. Et si on rentrait, M. Potter ?"</p><p>Ils commenc�rent tous deux � marcher le long du chemin de terre qui menait � Poudlard, laissant derri�re eux Albus Dumbledore, qui regardait d'un air d�sesp�r� la cage vide et les trois Aurors endormis qui attendaient leur sortil�ge d'amn�sie.</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup, Harry Potter et le professeur Quirrell :</emphasis></p><p>Ils march�rent un moment avant que le professeur Quirrell ne parle, et tous les bruits alentours se turent alors.</p><p>"Vous �tes exceptionnellement dou� lorsqu'il s'agit de tuer quelque chose, cher �l�ve," dit le professeur Quirrell.</p><p>"Merci," r�pondit sinc�rement Harry.</p><p>"Je ne cherche pas � vous forcer la main," dit le professeur Quirrell, "mais si par miracle le directeur �tait le <emphasis>seul</emphasis> auquel vous ne souhaitiez pas confier le secret... ?"</p><p>Harry consid�ra cela. Le professeur Quirrell n'�tait d�j� pas capable de lancer un Patronus.</p><p>Mais on ne pouvait pas reprendre un secret une fois qu'il avait �t� dit, et Harry apprenait assez vite pour se rendre compte qu'il devrait au moins <emphasis>r�fl�chir</emphasis> un moment avant de l�cher ce secret dans la nature.</p><p>Il secoua la t�te, et le professeur Quirrell hocha la sienne en signe d'acceptation.</p><p>"Par pure curiosit�, professeur Quirrell," dit Harry, "si le fait d'amener le D�traqueur � Poudlard avait fait partie d'un plan mal�fique, quel aurait �t� son but ?"</p><p>"Assassiner Dumbledore lorsqu'il �tait affaibli," dit le professeur Quirrell sans m�me h�siter. "Hm. Le directeur vous a dit qu'il me soup�onnait de quelque chose ?"</p><p>Harry ne dit rien pendant un seconde, il essayait de trouver une r�ponse, puis il abandonna lorsqu'il se rendit compte qu'il avait d�j� r�pondu.</p><p>"Int�ressant..." dit le professeur Quirrell. "M. Potter, il n'est pas hors de question qu'un complot ait <emphasis>bien</emphasis> eu lieu aujourd'hui. Le fait que votre baguette s'�gare non loin de la cage du D�traqueur <emphasis>pourrait</emphasis> avoir �t� un accident. Ou l'un des Aurors pourrait avoir �t� victime de l'Imperius, du sortil�ge de Confusion ou d'une Legilimancie permettant d'exercer une influence sur lui. Flitwick et m�me moi-m�me ne devrions pas �tre exclus des suspects dans vos calculs. On peut remarquer que le professeur Rogue a annul� tous ses cours aujourd'hui, et je soup�onne qu'il est assez puissant pour se D�sillusionner lui-m�me ; les Aurors ont jet� des sortil�ges de d�tection au d�but, mais ils ne les ont pas r�it�r�s juste avant votre tour. Mais plus simple que tout cela, M. Potter, le m�fait aurait pu avoir �t� commis par Dumbledore lui-m�me ; et si c'<emphasis>est</emphasis> le cas, eh bien, il a peut-�tre aussi pris des mesures pour d�tourner vos soup�ons."</p><p>Ils march�rent de quelques pas.</p><p>"Mais pourquoi <emphasis>ferait-il</emphasis> cela ?", dit Harry.</p><p>Le professeur de D�fense resta silencieux un moment, puis il dit : "M. Potter, quelles mesures avez-vous prises pour vous renseigner sur la personnalit� du directeur ?"</p><p>"Pas beaucoup," dit Harry. Il ne s'�tait rendu compte que r�cemment... "vraiment pas assez."</p><p>"Alors j'observerai," dit le professeur Quirrell, "qu'on ne d�couvre pas tout ce qu'il y a � savoir au sujet d'un homme en interrogeant uniquement ses amis."</p><p>Ce fut au tour de Harry de faire quelques pas en silence sur le chemin de terre l�g�rement battue qui menait � Poudlard. Il �tait vraiment cens� �tre plus malin que �a, � pr�sent. Le terme technique �tait biais de confirmation ; cela voulait dire, entre autres choses, que quand on choisit ses sources d'information, il existe une tendance notable � choisir des sources qui sont en accord avec ses opinions actuelles.</p><p>"Merci," dit Harry. "En fait... je ne vous l'ai pas dit plus t�t, n'est-ce pas ? Merci pour <emphasis>tout</emphasis>. Si un autre D�traqueur vous menace jamais, ou tant qu'on y est, s'il vous agace un peu, faites-le moi savoir et je lui pr�senterai Monsieur Lumi�re. Je n'aime pas quand les D�traqueurs agacent un peu mes amis."</p><p>Cela lui valut un regard ind�chiffrable de la part du professeur Quirrell. "Vous avez d�truit le D�traqueur parce qu'il me mena�ait ?"</p><p>"Euh," dit Harry, "j'avais plus ou moins d�j� d�cid� de le faire avant cela, mais oui, �a aurait �t� une raison suffisante en soi."</p><p>"Je vois," dit le professeur Quirrell. "Et qu'auriez-vous fait quant � cette menace si votre sortil�ge <emphasis>n'avait</emphasis><emphasis>pas</emphasis> fonctionn� et que le D�traqueur n'avait pas �t� d�truit ?"</p><p>"Plan B," dit Harry. "Prendre le D�traqueur dans un m�tal dense dot� d'un point de fusion �lev�, probablement du tungst�ne, puis le jeter dans un volcan actif et esp�rer qu'il atterrisse au centre du manteau Terrestre. Ah, toute la plan�te est remplie de lave fondue en-dessous de la surface -"</p><p>"Oui," dit le professeur Quirrell, "je sais". Le professeur de D�fense avait un sourire tr�s �trange. "Je devrais vraiment y avoir pens� moi-m�me, tout bien consid�r�. Dites-moi, M. Potter, si vous vouliez perdre quelque chose l� o� personne ne le trouverait jamais, ou le mettriez-vous ?"</p><p>Harry consid�ra la question. "J'imagine que je ne devrais pas vous demander <emphasis>ce que</emphasis> vous avez trouv� et qui a besoin d'�tre perdu -"</p><p>"C'est exact," dit le professeur Quirrell, ce � quoi Harry s'�tait attendu ; puis : "Peut-�tre vous le dirais-je quand vous serez plus �g�," ce � quoi Harry ne s'�tait pas attendu.</p><p>"Eh bien," dit Harry, "� part essayer de lui faire atteindre le c�ur en fusion de la plan�te, vous pourriez l'enterrer dans de la roche solide un kilom�tre sous terre dans un endroit choisi al�atoirement - peut-�tre l'y t�l�porter, s'il existe une fa�on de le faire � l'aveugle, ou creuser un trou pour le r�parer ensuite ; l'important est de ne laisser aucune trace qui puisse mener l�, que ce ne soit qu'un m�tre cube anonyme quelque part sous la cro�te terrestre. Vous pourriez le laisser tomber dans la fosse Marianne, c'est la fosse oc�anique la plus profonde de la plan�te - ou juste choisir une autre fosse oc�anique au hasard, pour que ce soit moins �vident. Si vous pouviez le rendre flottant et invisible, vous pourriez le jeter dans la stratosph�re. Ou id�alement vous le lanceriez dans l'espace, avec une protection contre la d�tection et un facteur d'acc�l�ration � fluctuation variable qui le m�nerait hors du syst�me solaire. Et bien s�r, vous vous jetteriez un sort d'Oubliettes ensuite, pour que m�me vous ne connaissiez pas son emplacement exact."</p><p>Le professeur de D�fense riait, et ce son �tait encore plus �trange que son sourire.</p><p>"Professeur Quirrell ?" dit Harry.</p><p>"Toutes d'excellentes suggestions," dit le professeur Quirrell. "Mais dites-moi, M. Potter, pourquoi ces cinq-l� en particulier ?"</p><p>"Hein ?" dit Harry. "C'�taient juste celles qui m'ont sembl� �videntes."</p><p>"Oh ?" dit le professeur Quirrell. "Mais elles pr�sentent un motif int�ressant, voyez-vous. On pourrait m�me dire que �a ressemble fort � une �nigme. Je dois admettre, M. Potter, que m�me si cette journ�e a eu ses hauts et bas, elle fut �tonnamment bonne dans l'ensemble."</p><p>Et ils continu�rent de marcher le long du chemin qui menait aux portes de Poudlard, � une bonne distance l'un de l'autre ; car Harry, sans m�me y penser, restait automatiquement loin du professeur de D�fense, assez pour ne pas d�clencher cette sensation funeste qui, pour une raison myst�rieuse, semblait �trangement puissante � ce moment pr�cis.</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup, Daphn� Greengrass :</emphasis></p><p>Hermione avait refus� de r�pondre � la moindre question, et d�s qu'elles eurent d�pass� la bifurcation qui menait aux donjons de Serpentard, Daphn� et Tracey avaient imm�diatement pris la poudre d'escampette, marchant aussi vite qu'elles le pouvaient. Les rumeurs voyageaient vite � Poudlard, et il leur fallait donc se rendre aux donjons sur le champ si elles voulaient �tre les premi�res � raconter l'histoire � tout le monde.</p><p>"Maintenant rappelle-toi," dit Daphn�, "ne balance pas le coup du baiser d�s qu'on entre, d'accord ? �a marche mieux si on raconte toute l'histoire dans l'ordre."</p><p>Tracey hocha la t�te avec excitation.</p><p>Et d�s qu'elles entr�rent dans la salle commune de Serpentard, Tracey Davis prit une grande inspiration et hurla : "<emphasis>Tout le monde ! Harry Potter ne pouvait pas lancer de Patronus et le D�traqueur l'a presque mang� et le professeur Quirrell l'a sauv� mais alors Potter est devenu m�chant jusqu'� ce que Granger le ram�ne avec un baiser ! C'est le v�ritable amour, c'est s�r !</emphasis>"</p><p>C'�tait une narration ordonn�e, en un sens, songea Daphn�.</p><p>La nouvelle �choua � produire la r�action attendue. La plupart des filles lui jet�rent un coup d'�il puis rest�rent sur leurs sofas, et les gar�ons continu�rent simplement de lire dans leurs chaises.</p><p>"Oui," dit Pansy d'une voix aigre, de l� o� elle �tait assise, avec les pieds de Gregory sur ses genoux, affal�e, lisant ce qui semblait �tre un livre de coloriage, "Millicent nous l'a d�j� dit."</p><p><emphasis>Comment -</emphasis></p><p>"Pourquoi est-ce que <emphasis>tu</emphasis> ne l'as pas embrass� d'abord, Tracey ?" dirent Flora et Hestia Carrow depuis leur chaise. "Maintenant Potter va �pouser une Sang-de-Bourbe ! <emphasis>Tu</emphasis> aurais pu �tre son v�ritable amour et aller dans une riche maison noble et tout si seulement tu l'avais embrass�e en premier !"</p><p>Le visage de Tracey �tait l'image m�me de la compr�hension soudaine.</p><p>"<emphasis>Quoi</emphasis><emphasis>?</emphasis>" piailla Daphn�. "L'amour ne fonctionne pas comme �a !"</p><p>"Bien s�r que si," dit Millicent depuis l'endroit o� elle pratiquait un esp�ce de sortil�ge tout en regardant les eaux tourbillonnantes du lac de Poudlard � travers une fen�tre. "Le premier baiser remporte le prince."</p><p><emphasis>Ce n'�tait pas leur premier baiser !"</emphasis> hurla Daphn�. "Hermione �tait <emphasis>d�j�</emphasis> son v�ritable amour ! C'est pour �a qu'<emphasis>elle</emphasis> a pu le ramener !" Puis Daphn� se rendit compte de ce qu'elle venait de dire et grima�a int�rieurement, mais apr�s tout, il fallait bien s'adapter � son public.</p><p>"Whoa, whoa, whoa, quoi ?" dit Gregory, bondissant sur ses pieds, loin des genoux de Pansy. "Qu'est-ce que c'est que �a ? Mlle. Bulstrode n'a pas racont� cette partie de l'histoire."</p><p>Tout le monde regardait Daphn� � pr�sent.</p><p>"Ah, ouais," dit Daphn�, "Harry l'a repouss�e et il a cri� '<emphasis>Je t'ai dit pas de bisou !' </emphasis>Puis il a hurl� comme s'il �tait mourant et Fumseck � commenc� � chanter pour lui - je ne suis plus s�re de ce qui s'est produit en premier, en fait -"</p><p>"Eh bien <emphasis>moi</emphasis>, je ne trouve pas que �a ressemble � du v�ritable amour," dirent les jumelles Carrow. "On dirait que c'est la <emphasis>mauvaise personne </emphasis>qui l'a embrass�."</p><p>"C'�tait cens� �tre <emphasis>moi</emphasis>," murmura Tracey. Son visage exprimait encore la surprise. "<emphasis>J'</emphasis>�tais cens�e �tre son v�ritable amour. Harry Potter �tait <emphasis>mon</emphasis> g�n�ral. J'aurais d�, j'aurais d� me battre contre Granger, pour lui -"</p><p>Daphn� pivota vers elle, scandalis�e : "<emphasis>Toi ? </emphasis>Prendre Harry des bras de Hermione ?"</p><p>"Ouais !" dit Tracey. "Moi !"</p><p>"Tu es dingue," �non�a Daphn� d'un ton convaincu. "<emphasis>M�me</emphasis> si tu l'avais embrass� en premier, tu sais ce que �a aurait fait de toi ? La pauvre petite fille amoureuse qui meurt � la fin de l'Acte 2."</p><p>"<emphasis>Retires �a !"</emphasis> hurla Tracey.</p><p>Pendant ce temps, Gregory avait travers� la pi�ce jusqu'� l'endroit o� Vincent faisait ses devoirs. "M. Crabbe," dit Gregory d'une voix basse, "je pense que M. Malfoy devrait �tre mis au courant."</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup, Hermione Granger :</emphasis></p><p>Hermione regardait le papier scell� � la cire � la surface duquel �tait simplement �crit le nombre <emphasis>42</emphasis>.</p><p><emphasis>J'ai trouv� pourquoi on ne pouvait pas lancer le Patronus, Hermione, �a n'a rien � voir avec la possibilit� qu'on ne soit pas assez heureux. Mais je ne peux pas te le dire. Je ne pourrais m�me pas le dire au directeur. �a doit �tre encore plus secret que la m�tamorphose partielle, pour l'instant en tout cas. Mais si tu dois jamais combattre un D�traqueur, le secret est l�, crypt�, afin que quelqu'un qui ne sait pas que c'est au sujet des D�traqueurs et du Patronus ne sache pas ce que cela veut dire...</emphasis></p><p>Elle avait dit � Harry qu'elle l'avait vu mourir, qu'elle avait vu ses parents mourir, tous ses amis mourir, tout le monde mourir. Elle ne lui avait pas parl� de sa terreur de mourir seule car, sans qu'elle sache pourquoi, celle-ci �tait encore trop douloureuse pour �tre prononc�e.</p><p>Harry lui avait dit qu'il s'�tait souvenu de la mort de ses parents, et qu'il avait trouv� �a dr�le.</p><p><emphasis>Il n'y a pas de lumi�re l� o� le D�traqueur t'emm�ne, Hermione. Pas de chaleur. Pas d'empathie. C'est un lieu o� tu ne peux m�me pas comprendre le bonheur. Il y a de la douleur, et de la peur, et elles peuvent toujours te pousser � agir. Tu peux ha�r et prendre du plaisir � d�truire ce que tu hais. Tu peux rire en regardant d'autres gens souffrir. Mais tu ne peux jamais �tre heureux, tu ne peux m�me pas te souvenir de ce qui n'est plus l�... je ne pense pas pouvoir jamais t'expliquer ce dont tu m'as sauv�. D'habitude, j'ai honte de causer des tracas aux autres, je ne peux pas supporter qu'on fasse des sacrifices pour moi, mais pour cette unique fois je dirai que peu importe ce que ce �a te co�tera de m'avoir embrass�, ne doute jamais une seconde que tu as bien agi.</emphasis></p><p>Hermione ne s'�tait pas rendue compte � quel point le D�traqueur l'avait <emphasis>peu</emphasis> touch�e, � quel point les t�n�bres o� il l'avait emmen�e avaient �t� r�duites, superficielles.</p><p>Elle avait vu tout le monde mourir, et �a avait r�ussi � lui faire mal.</p><p>Hermione remit le papier dans sa bourse, comme une bonne fille se devait de le faire.</p><p>Mais elle avait vraiment eu envie de le lire.</p><p>Elle avait peur des D�traqueurs.</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup, Minerva McGonagall :</emphasis></p><p>Elle se sentait glac�e ; elle n'aurait pas d� �tre si frapp�e, elle n'aurait pas d� avoir autant de mal � faire face � Harry, mais apr�s ce qu'il avait travers�... elle avait examin� le jeune gar�on qui lui faisait face, � la recherche du moindre signe de d�traquage, et elle avait �chou� � en trouver. Mais quelque chose dans le calme avec lequel il posait une question porteuse de si sombres pr�sages lui causait une grande inqui�tante. "M. Potter, il est impensable que je discute de tels sujets sans la permission du directeur !"</p><p>Le gar�on dans son bureau re�ut cette information sans changer d'expression. "Je pr�f�rerais ne pas d�ranger le directeur avec cette affaire," dit calmement Harry Potter. "J'<emphasis>insiste</emphasis> pour qu'il ne soit pas d�rang�, en fait, et vous avez promis que notre conversation resterait priv�e. Alors laissez-moi le formuler ainsi. Je sais qu'il existe bel et bien une proph�tie. Je sais que vous �tes celle qui l'avez initialement entendue de la bouche du professeur Trelawney. Je sais que la proph�tie identifie l'enfant de James et Lily comme un danger pour le Seigneur des T�n�bres. Et je sais qui je suis, en fait tout le monde sait maintenant qui je suis, alors vous ne r�v�lerez rien de dangereux ou de nouveau si vous me dites simplement ceci : Quelle �tait la <emphasis>formulation exacte</emphasis> qui <emphasis>m'a</emphasis> identifi�e, moi, l'enfant de James et Lily ?"</p><p>La voix creuse de Trelawney fit �cho dans son esprit -</p><p>IL NA�TRA DE CEUX QUI L'ONT TROIS FOIS D�FI�,</p><p>IL SERA N� LORSQUE MOURRA LE SEPTI�ME MOIS...</p><p>"Harry," dit le professeur McGonagall, "je ne peux pas te dire �a !" Que Harry en sache autant la gla�ait d�j� jusqu'aux os, elle n'arrivait pas � imaginer comment Harry avait pu apprendre -</p><p>Le gar�on la regarda avec des yeux �tranges, emplis de peine. "Ne pouvez-vous pas �ternuer sans la permission du directeur, professeur McGonagall ? Car je vous promets que j'ai une bonne raison de vous poser cette question, et une bonne raison de garder cette question priv�e."</p><p>"S'il te pla�t Harry, ne fais pas �a," murmura-t-elle.</p><p>"Tr�s bien," dit Harry. "Une simple question. S'il vous pla�t. Le nom de famille Potter a-t-il �t� <emphasis>nomm�ment</emphasis> mentionn� ? La proph�tie a-t-elle litt�ralement dit 'Potter' ?"</p><p>Elle regarda Harry pendant un bon moment. Elle n'aurait su dire ni pourquoi ni d'o� lui venait ce sentiment que c'�tait un moment critique, qu'elle ne pouvait ni rejeter ni accepter cette requ�te avec l�g�ret� -</p><p>"Non," dit-elle enfin. "S'il te pla�t, Harry, ne m'interroge plus."</p><p>Le gar�on sourit, et lui sembla que c'�tait avec une l�g�re tristesse, et il dit : "Merci, Minerva. Vous �tes quelqu'un de bon et d'honn�te."</p><p>Et, alors qu'elle �tait encore bouche b�e sous l'effet de la surprise, Harry Potter se leva et quitta son bureau ; et ce n'est qu'alors qu'elle comprit que Harry avait prit son refus pour une r�ponse, et la bonne r�ponse qui plus est -</p><p>Harry referma la porte derri�re lui.</p><p>La logique s'�tait pr�sent�e � lui avec l'�trange clart� du diamant. Harry n'aurait su dire si cela lui �tait venu pendant le chant de Fumseck, ou peut-�tre m�me avant.</p><p>Lord Voldemort avait tu� James Potter. Il avait pr�f�r� �pargner la vie de Lily Potter. Il avait donc continu� son attaque dans le seul but de tuer leur jeune enfant.</p><p>Les Seigneurs des T�n�bres n'�taient g�n�ralement pas effray�s par les b�b�s.</p><p>Donc il y avait une proph�tie disant que Harry Potter �tait un danger pour Lord Voldemort, et Lord Voldemort avait �t� au courant de cette proph�tie.</p><p>"<emphasis>Je te donne la rare chance de t'�chapper. Mais je ne ferai pas l'effort de te ma�triser, et ta mort, ici, ne sauvera pas ton enfant. �carte-toi, femme imb�cile, si tu as le moindre bon sens !"</emphasis></p><p>Cela avait-il �t� un caprice, lui donner cette chance ? Mais alors il n'aurait pas essay� de la persuader. La proph�tie l'avait-elle mis en garde contre toute tentative de tuer Lily Potter ? Mais alors il <emphasis>aurait</emphasis> fait l'effort de la ma�triser. Lord Voldemort avait �t� <emphasis>moyennement</emphasis> enclin � ne pas tuer Lily Potter. La pr�f�rence avait �t� plus forte qu'un caprice, mais pas aussi forte qu'un avertissement.</p><p>Supposons alors que quelqu'un que Lord Voldemort consid�rait comme un alli� moindre ou un serviteur, quelqu'un d'utile sans �tre indispensable, ait suppli� le Seigneur des T�n�bres d'�pargner la vie de Lily. Celle de Lily, mais pas celle de James.</p><p>Cette personne aurait su que Lord Voldemort attaquerait la maison des Potter. Elle aurait �t� � la fois au courant de la proph�tie et du fait que le Seigneur des T�n�bres �tait au courant. Sans quoi elle n'aurait pas suppli� pour que Lily ait la vie sauve.</p><p>Selon le professeur McGonagall, except� elle, les deux autres personnes au courant de la proph�tie �taient Albus Dumbledore et Severus Rogue.</p><p>Severus Rogue, qui avait aim� Lily avant qu'elle ne soit Lily Potter, et qui avait ha� James.</p><p>Rogue, donc, avait entendu la proph�tie, et il l'avait r�p�t�e au Seigneur des T�n�bres. Ce qu'il avait fait parce que la proph�tie n'avait pas nomm�ment mentionn� les Potter. �a avait �t� une �nigme, et Severus ne l'avait r�solue que trop tard.</p><p>Mais s'il avait �t� le <emphasis>premier</emphasis> � entendre la proph�tie et qu'il avait �t� pr�t � la transmettre au Seigneur des T�n�bres, alors pourquoi l'aurait-il aussi dite � Dumbledore, ou au professeur McGonagall ?</p><p>Donc c'�tait soit Dumbledore soit le professeur McGonagall qui l'avaient entendue en premier.</p><p>Le directeur de Poudlard n'avait aucune raison �vidente de faire part d'une proph�tie extr�mement cruciale et d�licate au professeur de M�tamorphose. Mais le professeur de M�tamorphose avait toutes les raisons du monde de le dire au directeur.</p><p>Il semblait donc probable que ce soit le professeur McGonagall qui ait �t� la premi�re � l'entendre.</p><p>La probabilit� � priori disait que �a avait �t� de la bouche professeur Trelawney, le professeur de Divination � demeure de Poudlard. Les voyantes �taient rares, donc si vous comptiez la plupart des secondes que le professeur McGonagall avait pass� en pr�sence d'une voyante au cours de sa vie, la plupart de ces secondes-voyantes seraient des secondes-Trelawney.</p><p>Le professeur McGonagall l'avait dit � Dumbledore, et elle ne l'aurait dite � personne d'autre sans en avoir re�u la permission.</p><p>C'�tait donc Albus Dumbledore qui s'�tait arrang� pour que Severus Rogue apprenne la proph�tie, d'une fa�on ou d'une autre. Et Dumbledore lui-m�me avait r�solu l'�nigme avec succ�s, sans quoi il n'aurait pas choisi <emphasis>Severus</emphasis>, qui avait jadis aim� Lily, comme interm�diaire.</p><p>Dumbledore s'�tait d�lib�r�ment arrang� pour que Lord Voldemort entende la proph�tie, dans l'espoir de l'attirer vers sa fin. Peut-�tre que Dumbledore s'�tait arrang� pour que Severus n'entende qu'une <emphasis>partie</emphasis> de la proph�tie, ou peut-�tre existait-il d'autres proph�ties dont Severus �tait rest� ignorant... par un moyen ou un autre, Dumbledore avait su qu'une attaque <emphasis>imm�diate</emphasis> sur les Potter m�nerait forc�ment � la d�faite <emphasis>imm�diate</emphasis> de Lord Voldemort, m�me si Lord Voldemort lui-m�me n'avait pas cru cela. Ou peut-�tre que cela avait juste �t� un coup de chance dans la folie de Dumbledore, dans son go�t pour les complots �tranges...</p><p>Severus avait finit par se retrouver au service de Dumbledore ; peut-�tre les Mangemorts ne l'auraient-ils pas regard� d'un �il tendre s'ils avaient appris le r�le qu'il avait jou� dans leur d�faite.</p><p>Dumbledore avait essay� de s'arranger pour que la m�re de Harry soit �pargn�e. Mais cette partie de son plan avait �chou�. Et il avait sciemment condamn� James Potter � mourir.</p><p>Dumbledore �tait responsable de la mort des parents de Harry. <emphasis>Si</emphasis> tout le raisonnement logique �tait correct. Harry ne pouvait honn�tement pas dire que mettre fin � la guerre des sorciers ne comptait pas comme circonstance att�nuante. Mais cela... <emphasis>l'emb�tait quand m�me beaucoup</emphasis>.</p><p>Et l'heure �tait venue, et m�me depuis longtemps pass�e, de demander � Draco Malfoy ce que l'<emphasis>autre</emphasis> camp de cette guerre avait � dire sur la personnalit� d'Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 47*: Th�orie de l'identit� individuelle</strong></p><p>NdT : J'utilise le mot anglais sentient � la fa�on de Guy Abadia dans sa traduction de <emphasis>L'�toile et le Fouet</emphasis> (<emphasis>Whipping Star</emphasis> de Frank Herbert).</p><empty-line/><p>Tout complot voit advenir un moment o� la victime commence � avoir des soup�ons ; et, jetant un regard en arri�re, elle voit une s�rie d'�v�nements pointant tous dans une unique direction. Et P�re avait expliqu� � Draco que lorsque ce moment survient, la perspective de la perte peut sembler si insupportable � la victime, l'admission de sa cr�dulit� peut lui sembler si humiliante, qu'elle nie malgr� tout l'existence d'un complot, et le jeu peut alors continuer longtemps.</p><p>P�re avait pr�venu Draco qu'il ne devrait plus recommencer.</p><p>Mais avant, il avait laiss� M. Avery finir tous les cookies qu'il avait escroqu�s � Draco tandis que ce dernier regardait en pleurant. Tout le bocal de d�licieux cookies que P�re lui avait donn� � peine quelques heures plus t�t, car Draco les avaient tous perdus au jeu contre M. Avery, jusqu'au dernier.</p><p>C'�tait donc une sensation famili�re que Draco avait ressentie au fond de son estomac quand Gr�gory lui avait parl� du Baiser.</p><p>Parfois, vous jetiez un regard en arri�re, et vous voyiez des choses...</p><p>(Dans une salle sans lumi�re - on ne pouvait plus tout � fait la qualifier d'<emphasis>inusit�e</emphasis>, puisqu'elle avait �t� mise � profit de fa�on hebdomadaire pendant les quelques mois pr�c�dents - un gar�on �tait assis, envelopp� dans une houppelande � capuche, avec un globe de cristal �teint pos� sur le bureau devant lui. R�fl�chissant en silence, r�fl�chissant dans les t�n�bres, attendant qu'une porte ouverte laisse entrer la lumi�re.)</p><p>Harry avait repouss� Granger et il avait dit : '<emphasis>Je t'ai dit pas de bisou ! '</emphasis></p><p>Il dirait probablement quelque chose comme : '<emphasis>Elle l'a fait juste pour m'agacer la derni�re fois, exactement comme elle m'a fait aller � ce rendez-vous galant.</emphasis></p><p>Mais l'histoire v�rifi�e �tait que Granger avait �t� pr�te � refaire face au D�traqueur afin d'aider Harry ; qu'elle l'avait embrass� en pleurant, alors qu'il �tait perdu dans les profondeurs du d�traquage ; et que son baiser l'avait ramen�.</p><p>�a ne ressemblait pas � de la rivalit�, pas m�me � de la rivalit� amicale.</p><p>�a ressemblait au genre d'amiti� qu'on ne voyait g�n�ralement m�me pas dans les pi�ces.</p><p>Alors pourquoi Harry avait-il fait grimper les murs gel�s de Poudlard � son amie ?</p><p>Parce que c'�tait le genre de chose que Harry Potter faisait � ses amis ?</p><p>P�re avait dit � Draco que pour appr�hender un complot �trange, une technique consistait � regarder ce qui <emphasis>finissait</emphasis> par arriver, en partant du principe que c'�tait le r�sultat <emphasis>attendu</emphasis>, et � se demander qui en b�n�ficiait.</p><p>Ce qui avait finit par arriver apr�s que Draco et Granger combattent Harry Potter ensemble... c'�tait que Draco avait commenc� � avoir des sentiments beaucoup plus amicaux envers Granger.</p><p>Qui b�n�ficiait de voir l'h�ritier Malfoy devenir l'ami d'une sorci�re Sang-de-Bourbe ?</p><p>Qui en b�n�ficiait et �tait connu pour ce genre de complot ?</p><p>Qui en b�n�ficiait et �tait peut-�tre capable de manipuler Harry Potter ?</p><p>Dumbledore.</p><p>Et si c'�tait vrai alors Draco <emphasis>devrait</emphasis> aller voir P�re et tout lui dire, quoi qu'il arrive ensuite, peu importe ce qui arriverait ensuite, Draco ne pouvait m�me pas imaginer ce qui arriverait ensuite, c'�tait horrible au-del� de toute imagination. Ce qui le poussait � s'accrocher d�sesp�r�ment � la derni�re parcelle d'espoir que les choses n'�taient pas du tout ce qu'elles avaient l'air d'�tre...</p><p>...Draco se souvenait aussi de �a, lors de la le�on de M. Avery.</p><p>Draco n'avait pas pr�vu de se confronter imm�diatement � Harry. Il essayait encore de deviser un test exp�rimental, quelque chose que Harry ne percerait pas facilement � jour, o� il ne pourrait pas faire semblant. Mais Vincent lui avait alors port� un message disant que Harry voulait le rencontrer t�t cette semaine, vendredi au lieu de samedi.</p><p>Et Draco �tait l�, dans la salle obscure, un globe de cristal �teint sur son bureau. Il attendait.</p><p>Des minutes s'�coul�rent.</p><p>Des pas approch�rent.</p><p>La porte �mit un doux craquement en s'ouvrant, r�v�lant Harry Potter, qui �tait habill� de sa propre houppelande ; il s'avan�a dans la salle obscure, et la solide porte se referma derri�re lui avait un l�ger clic.</p><p>Draco toucha le globe de cristal et la salle s'illumina d'une puissante lumi�re verte. Elle projetait les ombres des bureaux jusqu'au sol et se r�fl�chissait jusqu'� lui depuis les dossiers incurv�s des chaises, faite de photons qui rebondissaient sur le bois d'une fa�on telle que l'angle d'incidence �tait �gal � l'angle de r�flexion.</p><p>Au moins, <emphasis>cette</emphasis> partie de ce qu'il avait appris n'avait probablement pas �t� un mensonge.</p><p>Harry avait tressailli lorsque le globe s'�tait illumin�, il s'�tait arr�t�, puis il avait repris son approche. "Bonjour, Draco," dit doucement Harry, relevant sa capuche � l'approche du bureau de Draco. "Merci d'�tre venu. Je sais que ce n'est pas ton horaire habituel -"</p><p>"De rien," dit Draco d'une voix sans timbre.</p><p>Harry tra�na l'une des chaises pour faire face � Draco, et les pieds de la chaise �mirent un l�ger crissement en raclant le sol. Il fit pivoter la chaise, pour qu'elle soit � l'envers, et il l'enfourcha, ses bras crois�s contre le dossier. Le visage du gar�on �tait pensif, sourcils fronc�s, s�rieux, un air tr�s adulte, m�me pour Harry Potter.</p><p>"J'ai une question importante � te poser," dit Harry, "mais avant cela, il y a autre chose que j'aimerais que nous fassions."</p><p>Draco ne dit rien, et il commen�a � ressentir une certaine lassitude. Une partie de lui voulait juste en avoir fini avec tout cela.</p><p>"Dis moi, Draco," dit Harry. "Pourquoi les Moldus ne laissent-ils jamais de fant�mes derri�re eux lorsqu'ils meurent ?"</p><p>"Parce que les Moldus n'ont pas d'�me, �videmment," dit Draco. Il ne se rendit compte que cela contredisait peut-�tre les opinons politiques de Harry qu'apr�s avoir prononc� ces mots, et il d�cida qu'il s'en fichait. Et puis apr�s tout, c'<emphasis>�tait </emphasis>�vident.</p><p>Le visage de Harry ne fit montre d'aucune surprise. "Avant de te poser ma question importante, je veux voir si tu peux apprendre le Patronus."</p><p>Pendant un instant, l'absurdit� patente estomaqua Draco. Bon vieux Harry impossible-�-pr�dire-o�-�-comprendre. Draco se demandait parfois si Harry utilisait d�lib�r�ment cette tactique afin de d�sorienter ses interlocuteurs.</p><p>Puis il comprit, et il se redressa et s'�loigna du bureau d'un seul mouvement furieux. C'en �tait trop. C'�tait fini. "Comme les serviteurs de Dumbledore," cracha-t-il.</p><p>"Comme Salazar Serpentard," dit Harry d'une voix ferme.</p><p>Draco failli tr�bucha au beau milieu de son premier pas en direction de la porte.</p><p>Il se retourna lentement vers Harry.</p><p>"Je ne sais pas o� tu es all� d�nicher �a," dit Draco, "mais c'est faux, tout le monde sait que le Patronus est un sortil�ge Gryffondor -"</p><p>"Salazar Serpentard pouvait lancer un Patronus corporel," dit Harry. Sa main darda vers ses robes et en tira un livre dont le titre avait �t� �crit en blanc sur vert, ce qui le rendait donc presque impossible � d�chiffrer dans la lumi�re verd�tre ; mais il avait l'air ancien. "J'ai d�couvert �a en faisant des recherches sur le Patronus. Et j'ai trouv� la r�f�rence originale et emprunt� le livre � la biblioth�que juste au cas o� tu ne me croirais pas. Et l'auteur de ce livre ne pensait pas qu'il y ait quoi que ce soit de <emphasis>surprenant</emphasis> � ce que Salazar ait �t� capable de lancer un Patronus ; la croyance en l'incapacit� des Serpentard � lancer ce sort doit �tre r�cente. Et une note historique de plus, m�me si je n'ai pas le livre sur moi : Godric Gryffondor n'en a jamais �t� capable."</p><p>Apr�s avoir essay� six fois de r�v�ler l'imposture de Harry, chaque tentative plus ridicule que la pr�c�dente, Draco se rendit compte que Harry ne mentait tout simplement <emphasis>pas</emphasis> au sujet de ce qui �tait �crit dans les livres. Malgr� cela, lorsque les mains de Harry ouvrirent le livre � un marque-page, Draco se pencha en avant et �tudia l'emplacement point� par le doigt de Harry.</p><p><emphasis>Puis les feux de Serdaigle s'abattirent sur les t�n�bres qui avaient masqu� l'aile gauche de l'arm�e de Lord Foul, brisant celles-ci, et il fut r�v�l� que Lord Gryffondor avait dit vrai ; la peur qu'ils avaient tous ressentie n'avait pas une source naturelle mais provenait d'une triple douzaine de D�traqueurs � qui les �mes des vaincus avaient �t� promises. Lady Poufsouffle et Lord Serpentard firent imm�diatement jaillir leur Patronus, un large blaireau en col�re et un serpent d'argent �tincelant, et alors que les ombres quittaient leur c�ur, les d�fenseurs relev�rent leur t�te. Et Lady Serdaigle rit, et remarqua que Lord Foul �tait fort simplet, car ce serait maintenant son arm�e qui serait sujette � la peur, pas les d�fenseurs de Poudlard. Et pourtant Lord Serpentard dit : "Simplet, il ne l'est pas, cela j'en suis certain." Et � ses c�t�s, Lord Gryffondor �tudia le champ de bataille, alors qu'un air inquiet s'abattait sur ses traits...</emphasis></p><p>Draco releva les yeux. "Alors ?"</p><p>Harry ferma le livre et le mit dans sa bourse. "Chaos et Soleil ont tous deux des soldats capables de lancer des Patronus corporels. Ceux-ci peuvent �tre utilis�s pour transmettre des messages. Si tu ne peux pas apprendre ce sort, l'arm�e Dragon aura un d�savantage militaire s�v�re -"</p><p>Draco s'en fichait, et il le dit � Harry. Sa voix �tait probablement plus acerbe qu'elle n'aurait d� l'�tre.</p><p>Harry ne cilla pas. "Alors j'invoque la faveur que tu me dois, de cette fois o� j'ai emp�ch� qu'une �meute ne se d�clenche lors de notre premi�re le�on de vol sur balais. Je vais essayer de t'enseigner le Patronus, et je veux que tu me fasses la faveur d'essayer de ton mieux et honn�tement. Par l'honneur de la maison Malfoy, j'esp�re que tu le feras."</p><p>Draco ressentit de nouveau une certaine lassitude. Si Harry avait demand� � n'importe quel autre moment, �'aurait �t� une juste contrepartie � la faveur due, �tant donn� que le sortil�ge n'�tait pas vraiment Gryffondor. Mais...</p><p>"<emphasis>Pourquoi ?</emphasis>" dit Draco.</p><p>"Pour d�couvrir si tu peux faire cette chose que Salazar Serpentard pouvait faire," dit Harry d'une voix neutre. "C'est un test exp�rimental, et je ne te dirai pas ce qu'il signifie avant que tu ne l'aies ex�cut�. Vas-tu le faire ?"</p><p>... C'<emphasis>�tait </emphasis>probablement une bonne id�e de se d�charger de cette faveur en faisant quelque chose d'innocent, et ce d'autant plus que l'heure de rompre avec Harry Potter semblait �tre venue. "Tr�s bien."</p><p>Harry fit �merger une baguette de ses robes et la posa contre le globe. "Pas vraiment la meilleure couleur pour apprendre le Patronus," dit Harry. "Je veux dire, une lumi�re verte, exactement de la m�me teinte que celle du sort de Mort. Mais l'argent est aussi une couleur Serpentard, non ? <emphasis>Dulak.</emphasis>" La lumi�re disparut, et Harry murmura les deux premi�res phrases du sortil�ge de lumi�re continue, relan�ant cette partie du sort, m�me si aucun d'eux n'aurait pu lancer le sortil�ge en entier. Puis Harry toucha le globe de nouveau, et la pi�ce s'�claira d'argent �tincelant, mais aussi doux et apaisant.</p><p>C'est le temps que Draco mit � comprendre ce que la phrase pr�c�dente de Harry impliquait. "Tu as vu un <emphasis>sort de Mort</emphasis> depuis la derni�re fois qu'on s'est vu ? Quand - comment -"</p><p>"Lance le Patronus," dit Harry, l'air plus s�rieux que jamais, "et je te le dirai."</p><p>Draco comprima ses paupi�res � l'aide de ses mains, masquant la lumi�re argent�e. "Tu sais, je devrais vraiment me souvenir que tu es trop <emphasis>bizarre </emphasis>pour faire des complots <emphasis>normaux </emphasis>!"</p><p>Depuis les t�n�bres qu'il s'�tait impos�, il entendit le ricanement de Harry.</p><empty-line/><p>Harry observait Draco de pr�s alors que celui-ci terminait sa derni�re r�p�tition des gestes pr�liminaires, la partie du sort qui �tait difficile � apprendre ; le brandissement final et la prononciation n'avaient pas besoin d'�tre pr�cis. Harry n'avait pas pu rep�rer d'imperfection lors des trois derni�res r�p�titions, mais il avait aussi ressentit une �trange impulsion, celle d'ajuster des d�tails au sujet desquels M. Lupin n'avait rien dit, comme l'angle du coude de Draco, ou la direction vers laquelle son pied pointait ; �a avait peut-�tre �t� enti�rement le fruit de son imagination, �a l'�tait m�me probablement, mais Harry avait d�cid� de quand m�me suivre son instinct, juste au cas o�.</p><p>"Tr�s bien," dit doucement Harry. Il y avait une tension dans sa poitrine, et elle lui rendait la parole l�g�rement ardue. "Bon, nous n'avons pas de D�traqueur ici, mais �a ne fait rien. Nous n'en avons pas besoin. Draco, quand ton p�re m'a parl� � la gare, il a dit que tu �tais ce qu'il avait de plus pr�cieux au monde, et il a menac� de laisser tomber toutes ses autres ambitions pour se venger de moi si jamais il t'arrivait malheur."</p><p>"Il... quoi ?" La voix de Draco s'�tait brutalement interrompue, et son regard �tait devenu �trange. "Pourquoi est-ce que tu me dis <emphasis>�a </emphasis>?"</p><p>"Pourquoi ne le ferais-je pas ?" Harry ne laissa pas ses traits bouger, mais il pouvait deviner ce que Draco pensait ; que Harry avait complot� pour s�parer Draco de son p�re et qu'il ne devrait rien dire qui puisse les rapprocher l'un de l'autre. "Il y a toujours eu une seule personne d'importance � tes yeux, et je sais exactement quelle pens�e heureuse te permettra de lancer le Patronus. Tu me l'as dit � la gare avant le premier jour de cours. Un jour, tu es tomb� de ton balais et tu t'es bris� des c�tes. �a t'a fait plus mal que tout ce que tu avais ressenti auparavant, et tu as pens� que tu allais mourir. Fais comme si cette peur venait d'un D�traqueur qui serait debout devant toi, habill� d'une cape en lambeaux, et qui ressemblerait � quelque chose de mort qu'on aurait laiss� dans l'eau. Puis lance le Patronus, et quand tu brandiras la baguette pour repousser le D�traqueur, pense � la fa�on dont ton p�re a tenu ta main pour que tu n'aies pas peur ; puis pense � tout l'amour qu'il a pour toi, et � celui que tu as pour lui, et mets tout cela dans ta voix lorsque tu dira <emphasis>Expecto Patronum</emphasis>. Pour l'honneur de la maison Malfoy, et pas seulement parce que tu m'as promis une faveur. Montre-moi que tu ne m'as pas menti ce jour l�, � la gare, quand tu m'as dit que Lucius �tait un bon p�re. Montre-moi que tu peux faire ce dont Salazar Serpentard �tait capable."</p><p>Et Harry fit un pas en arri�re, derri�re Draco, hors de son champ de vision, afin qu'il ne soit face qu'au vieux bureau d'enseignant et au tableau noir au fond de la salle inusit�e.</p><p>Draco jeta un coup d'�il derri�re lui, l'�trange regard toujours pr�sent, puis il se d�tourna et regarda devant lui. Harry vit l'exhalation, l'inhalation. La baguette pivota une fois, deux fois, trois fois, quatre fois. Les doigts de Draco gliss�rent sur la baguette, de la bonne distance -</p><p>Draco abaissa sa baguette.</p><p>"C'est trop -" dit Draco, "je ne peux pas y <emphasis>penser </emphasis>correctement pendant que tu regardes -"</p><p>Harry se d�tourna et commen�a � marcher vers la porte. "Je reviendrai dans une minute," dit Harry. "Maintiens juste ta pens�e heureuse et le Patronus restera."</p><empty-line/><p>De derri�re Draco vint le son d'une porte qui s'ouvrait de nouveau.</p><p>Il entendit les pas de Harry entrer dans la salle, mais il ne se retourna pas pour regarder.</p><p>Harry ne dit rien non plus. Le silence s'�tira.</p><p>Enfin -</p><p>"Qu'est-ce que �a veut <emphasis>dire</emphasis> ?" dit Draco. Sa voix vacillait un peu.</p><p>"�a veut dire que tu aimes ton p�re," dit la voix de Harry. Ce qui �tait exactement ce que Draco avait pens�, et il essayait de ne pas pleurer devant Harry. C'est trop juste, beaucoup trop juste -</p><p>Devant Draco, � m�me le sol, se trouvait la forme �tincelante d'un serpent que Draco reconnu ; un Bungarus Candidus, un serpent initialement amen� � leur manoir par Lord Abraxas Malfoy, apr�s un s�jour dans un pays lointain quelconque, et depuis ce jour, P�re avait conserv� un Bungarus Candidus dans l'ophidiarium. La particularit� du Bungarus Candidus �tait que sa morsure ne faisait pas tr�s mal. P�re avait dit cela, puis il avait dit � Draco qu'il ne pourrait <emphasis>jamais</emphasis> caresser l'animal, peu importe qui le surveillerait. Le venin tuait vos nerfs si vite que vous n'aviez pas le temps de sentir la douleur � mesure que le poison se r�pandait. Vous pouviez en mourir m�me apr�s avoir utilis� des sorts de soin. Il mangeait d'autres serpents. Il �tait aussi Serpentard qu'une cr�ature pouvait l'�tre.</p><p>C'�tait pourquoi on avait forg� la t�te de la cane de P�re � l'image de celle d'un Bungarus Candidus.</p><p>Le serpent lumineux darda sa langue, qui �tait d'argent elle aussi ; et il commen�a, sans que l'on sache comment, � <emphasis>sourire</emphasis>, avec plus de chaleur qu'un reptile n'aurait jamais d� le faire.</p><p>Et Draco comprit alors -</p><p>"Mais," dit Draco, regardant encore le magnifique serpent �tincelant, "<emphasis>tu</emphasis> ne peux pas lancer le Patronus." Maintenant que Draco l'avait lanc�, il comprenait pourquoi c'�tait important. On pouvait �tre m�chant, comme Dumbledore, et malgr� tout lancer le Patronus, tant qu'on avait <emphasis>quelque chose</emphasis> de lumineux � l'int�rieur de soi. Mais si Harry Potter n'avait pas la moindre pens�e qui puisse ainsi briller -</p><p>"Le sortil�ge du Patronus est plus complexe que tu le penses," dit Harry avec s�rieux. "Tous ceux qui �chouent � le lancer ne sont pas des gens mauvais, ni m�me des gens tristes. Mais quoi qu'il en soit, je <emphasis>peux</emphasis> le lancer. Je l'ai fait � mon deuxi�me essai, apr�s m'�tre rendu compte de l'erreur que j'avais faite la premi�re fois que j'avais fait face au D�traqueur. Mais, eh bien, ma vie a tendance � �tre singuli�re, et mon Patronus a une forme �trange, et je vais la garder secr�te pour le moment -"</p><p>"Et je suis juste cens� <emphasis>croire</emphasis> �a ?"</p><p>"Tu peux demander au professeur Quirrell si tu ne me crois pas," dit Harry. "Demande-lui si Harry Potter peut lancer un Patronus corporel, et dis-lui que je t'ai dit de demander. Il saura que la requ�te vient de moi, personne d'autre ne pourrait le savoir."</p><p>Oh, et maintenant Draco devait faire confiance au <emphasis>professeur Quirrell ?</emphasis> Mais quand m�me, connaissant Harry, �a pouvait �tre vrai ; et le professeur Quirrell ne mentirait pas pour des raisons triviales.</p><p>Le serpent radieux tourna sa t�te de gauche � droite, comme � la recherche d'une proie inexistante, puis il s'enroula sur lui-m�me comme pour se reposer.</p><p>"Je me demande," dit doucement Harry, "quand c'est arriv�, quelle ann�e, quelle g�n�ration, quel jour les Serpentard ont arr�t� d'essayer d'apprendre le Patronus. Quand les gens ont commenc� � penser, quand les Serpentard eux-m�mes ont commenc� � penser qu'�tre trompeur et ambitieux, c'�tait �tre froid et malheureux. Et si Serpentard savait que ses �l�ves ne se fatiguaient m�me plus � venir apprendre le Patronus, je me demande s'il souhaiterait n'�tre jamais n� ? Je me demande quand tout est all� de travers, quand la maison Serpentard est all�e de travers."</p><p>La cr�ature �tincelante disparut en un clin d'�il, car l'agitation qui montait en Draco l'emp�chait de maintenir le sort. Il pivota pour faire face � Harry et dut se contr�ler pour ne pas lever sa baguette. "Qu'est-ce que <emphasis>tu</emphasis> sais de la maison Serpentard <emphasis>ou</emphasis> de Salazar Serpentard ? <emphasis>Tu</emphasis> n'as jamais �t� r�parti dans ma maison, qu'est-ce qui te donne le droit de -"</p><p>Et c'est <emphasis>l�</emphasis> que Draco se rendit <emphasis>enfin</emphasis> compte.</p><p>"<emphasis>Tu as �t� Tri� � Serpentard ! "</emphasis> dit Draco. "C'est <emphasis>�a</emphasis>, et apr�s tu, tu as, je ne sais pas, tu as <emphasis>claqu� des doigts</emphasis> -" Draco avait un jour demand� � P�re s'il serait plus malin de se faire r�partir dans une autre maison, pour que tout le monde lui fasse confiance, et P�re avait sourit et dit qu'il y avait lui aussi pens� � son �ge, mais qu'il �tait impossible de tromper le Choixpeau...</p><p>... jusqu'� ce que <emphasis>Harry Potter</emphasis> arrive.</p><p>Comment avait-il pu croire <emphasis>une minute</emphasis> que <emphasis>Harry</emphasis> �tait un <emphasis>Serdaigle</emphasis> ?</p><p>"Une hypoth�se int�ressante," dit calmement Harry. "Sais-tu que tu es la seconde personne de Poudlard � inventer une th�orie de ce genre ? Du moins, tu es le second � me l'avoir dite en face -"</p><p>"Rogue," dit Draco avec certitude. Le directeur sa Maison n'�tait pas un idiot.</p><p>"Professeur Quirrell, <emphasis>bien s�r</emphasis>," dit Harry. "Quoique maintenant que j'y pense, Severus m'a en effet demand� comment j'�tais parvenu � rester hors de sa maison et si j'avais �t� en possession de quelque chose que le Choixpeau voulait. J'imagine qu'on pourrait dire que tu es le troisi�me. Oh, mais la th�orie du professeur Quirrell �tait l�g�rement diff�rente de la tienne, cela dit. Pourrais-je avoir ta parole de ne pas le r�p�ter ?"</p><p>Draco hocha la t�te sans m�me y penser. Qu'�tait-il cens� faire, r�pondre non ?</p><p>"Le professeur Quirrell pensait que Dumbledore n'�tait pas satisfait de la d�cision du Choixpeau au sujet du Survivant."</p><p>Et � l'instant o� Harry le dit, Draco sut, il <emphasis>sut</emphasis> que c'�tait vrai, c'�tait juste <emphasis>�vident</emphasis>. Qui Dumbledore croyait-il tromper ?</p><p>... enfin, � part tous les habitants de Poudlard � l'exception de Rogue et Quirrell, et <emphasis>Harry</emphasis> le croyait peut-�tre...</p><p>Draco marcha jusqu'� son bureau, comme frapp� de stupeur, et il s'assit assez vite pour que cela lui fasse l�g�rement mal. Ce genre de chose arrivait � peu pr�s une fois par mois avec Harry, et �a n'avait pas encore eu lieu ce janvier, donc le temps �tait venu.</p><p>Son semblable Serpentard, qui se croyait ou ne se croyait pas �tre un Serdaigle, se rassit dans la chaise qu'il avait utilis�e plus t�t, maintenant en travers, et regarda Draco, une expression aig�e sur le visage.</p><p>Draco ne savait pas ce qu'il �tait cens� <emphasis>faire</emphasis> � pr�sent, s'il devait essayer de persuader le Serpentard perdu que non, il <emphasis>n'�tait pas</emphasis> vraiment un Serdaigle... ou essayer de d�couvrir si Harry �tait secr�tement alli� � Dumbledore, mais cela sembla soudainement moins probable... mais alors <emphasis>pourquoi</emphasis> Harry avait-il mont� ce coup entre lui et Granger...</p><p>Il aurait <emphasis>vraiment</emphasis> d� se souvenir que Harry �tait trop bizarre pour les complots normaux.</p><p>"Harry," dit Draco. "t'es-tu d�lib�r�ment oppos� au g�n�ral Soleil et � moi dans le seul but de nous faire travailler ensemble contre toi ?"</p><p>Harry hocha la t�te sans h�siter, comme si c'�tait la chose la plus naturelle du monde et qu'il n'y avait pas � en avoir honte.</p><p>"Toute cette histoire avec les gants, nous faire grimper les murs de Poudlard, le <emphasis>seul but</emphasis> �tait de faire que Granger et moi soyons plus amicaux l'un envers l'autre. Et m�me avant �a. Tu complotes �a depuis tr�s longtemps. Depuis le <emphasis>d�but</emphasis>."</p><p>Encore le hochement de t�te.</p><p>"POURQUOIIIIIIIIIII ?"</p><p>Les sourcils de Harry s'�lev�rent un instant, seule r�action face � un Draco qui criait si fort dans la salle ferm�e qu'il se faisait mal aux oreilles. POURQUOI, POURQUOI, POURQUOI Harry Potter FAISAIT-IL ce genre de choses...</p><p>Puis Harry dit : "Pour que les Serpentard puissent � nouveau lancer le Patronus."</p><p>"<emphasis>�a... n'a... aucun... SENS !"</emphasis> Draco �tait conscient du fait qu'il commen�ait � perdre le contr�le de sa voix, mais il ne semblait pas �tre capable de s'arr�ter. "<emphasis>Qu'est-ce que �a a � voir avec Granger ?</emphasis>"</p><p>"Les motifs," dit Harry. Son visage �tait maintenant tr�s s�rieux, tr�s grave. "Comme un quart d'enfants n�s sorciers de parents Cracmols. Un motif simple, impossible � rater, que tu reconna�trais instantan�ment si tu savais quoi chercher ; alors que, �tant ignorant de celui-ci, tu ne te rendrais m�me pas compte que c'est un indice. Le poison de la maison Serpentard a d�j� �t� vu dans le monde Moldu. C'est une pr�diction <emphasis>� l'avance</emphasis>, Draco, j'aurais pu te l'�crire avant notre premier jours de cours, juste en t'entendant parler � la gare de King's Cross. Laisse-moi te d�crire le genre de personnes vraiment path�tiques qui tra�nent aux rassemblements politiques de ton p�re, des familles Sang-Pur qui ne seraient jamais invit�es au manoir Malfoy. Garde � l'esprit que <emphasis>je</emphasis> ne les ai jamais rencontr�s, je pr�dis juste leur existence en reconnaissant le motif de ce qui est en train d'arriver � la maison Serpentard -"</p><p>Et Harry Potter commen�a � d�crire les Parkinson et les Montagues et les Boles d'une pr�cision au calme tranchant avec laquelle Draco n'aurait m�me pas os� <emphasis>penser</emphasis> au cas o� il y aurait eu un Legilimens dans les environs, c'�tait <emphasis>au-del�</emphasis> de l'insulte, ils <emphasis>tueraient</emphasis> Harry si jamais ils l'apprenaient...</p><p>"Pour r�sumer," conclut Harry, "ils n'ont aucun pouvoir eux-m�mes. Ils n'ont aucune fortune. S'ils n'avaient pas de Moldus � ha�r, si tous les Moldus disparaissaient, comme ils disent le <emphasis>souhaiter</emphasis>, ils se r�veilleraient un matin et d�couvriraient qu'ils n'ont <emphasis>rien</emphasis>. Mais tant qu'il peuvent dire que les Sang-Pur sont sup�rieurs, ils peuvent se sentir eux-m�me sup�rieurs, ils peuvent avoir l'impression qu'ils font partie de la classe dominante. M�me si ton p�re ne songerait jamais � les inviter � d�ner, m�me s'il n'y a pas le moindre Gallion dans leurs chambres fortes, m�me s'ils ont eu de pires scores � leur B.U.S.E que le pire des n�s-Moldus de Poudlard. M�me s'ils ne peuvent plus jeter le Patronus. Pour eux, tout est de la faute des Moldus, il ont autre chose � bl�mer que leurs propres �checs, et cela les rend encore plus faible. C'est ce que la maison Serpentard devient : <emphasis>path�tique</emphasis>. Et la racine du probl�me, c'est la haine des Moldus."</p><p>"Salazar Serpentard lui-m�me a dit que les Moldus devaient �tre chass�s ! Qu'ils affaiblissaient notre sang -" la voix de Draco �tait devenue un cri.</p><p>"<emphasis>Salazar avait tort, c'est un fait </emphasis>!Tu le <emphasis>sais</emphasis>, Draco ! Et cette <emphasis>haine</emphasis> empoisonne toute ta maison, tu ne pourrais pas lancer de Patronus avec une pens�e comme celle-l� !"</p><p>"Alors pourquoi <emphasis>Salazar Serpentard</emphasis> pouvait-il lancer le Patronus ?"</p><p>Harry essuyait de la sueur de son front. "Parce que les choses ont <emphasis>chang�</emphasis> entre alors et maintenant ! �coutes, Draco, il y a trois cent ans, tu aurais pu trouver de grands scientifiques, aussi grands que Salazar, � leur fa�on, qui auraient dit que d'autres Moldus �taient inf�rieurs � cause de leur couleur de peau -"</p><p>"<emphasis>Couleur de peau ?</emphasis>" dit Draco.</p><p>"Je sais, la couleur de peau au lieu de quelque chose de vraiment important comme la puret� du sang, n'est-ce pas ridicule ? Mais alors, quelque chose dans le monde a chang�, et <emphasis>aujourd'hui</emphasis>, tu ne trouveras plus aucun grand scientifique pour dire que la couleur de peau devrait avoir de l'importance, seulement des rebuts comme ceux que je t'ai d�crit plus t�t. Salazar Serpentard a fait cette erreur � l'�poque o� tout le monde la faisait, parce qu'il a grandit en le croyant, pas parce qu'il avait <emphasis>d�sesp�r�ment besoin de quelque chose � ha�r</emphasis>. Il y en a eu une poign�e qui ont fait mieux que tous les autres, et <emphasis>ils</emphasis> �taient exceptionnellement bons. Mais ceux qui se contentaient d'accepter ce que tout le monde pensait n'�taient pas <emphasis>exceptionnellement</emphasis> m�chants. La triste v�rit�, c'est que les gens ne remarquent tout simplement pas les probl�mes moraux tant que quelqu'un ne le pointe pas du doigt ; et une fois qu'ils sont aussi �g�s que Salazar l'�tait quand il a rencontr� Godric, ils ont perdu leur capacit� � changer d'avis. Ce n'est qu'<emphasis>alors</emphasis> que Poudlard a �t� construite, et l'�cole a commenc� � envoyer des lettres aux Moldus, car Godric avait insist�, et de plus en plus de gens commenc�rent � remarquer que les Moldus <emphasis>n'�taient pas</emphasis> diff�rents. Maintenant c'est un gros probl�me politique au lieu d'�tre quelque chose que tout le monde croit sans m�me y penser. Et la <emphasis>bonne</emphasis> r�ponse, c'est que les Moldus ne sont <emphasis>pas</emphasis> plus faibles que les Sang-Pur. Alors <emphasis>maintenant</emphasis>, ceux qui se retrouvent � militer pour ce que Salazar croyait autrefois, ce sont soit des gens qui ont grandi dans des environnements Sang-Pur tr�s ferm�s, comme toi, <emphasis>soit</emphasis> des gens qui sont eux-m�mes si path�tiques qu'ils ont d�sesp�r�ment besoin de se sentir sup�rieurs � d'autres ; des gens qui aiment ha�r."</p><p>"�a ne... �a n'a pas l'air vrai..." dit la voix de Draco. Ses oreilles �coutaient, et il se demandait pourquoi il ne trouvait rien de mieux � r�pondre.</p><p>"Ah bon ? Draco, tu <emphasis>sais</emphasis> maintenant qu'il n'y a rien qui cloche chez Hermione Granger. J'ai entendu dire que tu avais eu du mal � la laisser tomber du toit. Alors qu'elle avait bu une potion de Chute Plum�e, alors que tu savais qu'elle �tait en s�curit�. Quel genre de personne veut la <emphasis>tuer</emphasis>, pas parce qu'elle a fait quelque chose de mal mais seulement parce qu'elle est n�e-Moldue ? M�me si elle n'est, si elle n'est qu'une jeune fille qui les aiderait pour leurs devoirs sans h�siter s'ils, s'ils le lui demandaient," la voix de Harry se brisa, "quel genre de personne veut la voir <emphasis>mourir</emphasis> ?"</p><p><emphasis>P�re -</emphasis></p><p>Draco se senti d�chir� en deux morceaux, il avait l'impression que la vision binoculaire devenait difficile, <emphasis>Granger est une Sang-de-Bourbe, elle devrait mourir</emphasis> et une fille suspendue � sa main sur le toit, comme de voir double, voir double -</p><p>"Et quelqu'un qui ne veut <emphasis>pas</emphasis> la voir mourir ne veut pas tra�ner avec le genre de personne qui le <emphasis>veut</emphasis> ! C'est <emphasis>tout</emphasis> ce que les gens voient quand ils regardent Serpentard aujourd'hui, pas les plans intelligents, pas la qu�te de grandeur, juste la haine des Moldus ! J'ai pay� une Mornille � Morag pour qu'elle demande � Padma pourquoi elle n'�tait pas all�e � Serpentard, on sait tous les deux qu'elle a eu le choix. Et Morag m'a dit que Padma l'a juste <emphasis>regard�e d'un dr�le d'air</emphasis> et qu'elle a dit qu'elle n'�tait pas Pansy Parkinson. Tu vois ? Les meilleurs �l�ves, ceux qui ont les vertus de plus d'une maison, les �l�ves qui ont le <emphasis>choix</emphasis>, ils vont sous le Choixpeau en pensant <emphasis>n'importe o� mais pas Serpentard</emphasis>, et quelqu'un comme Padma se retrouve � Serdaigle. Et... je pense que le Choixpeau essaie de maintenir un �quilibre dans la r�partition, alors il remplit les rangs de Serpentard avec tous ceux qui ne <emphasis>sont pas</emphasis> d�go�t�s par toute cette haine. Alors au lieu de Padma Patil, Serpentard a Pansy Parkinson. Elle n'est pas tr�s rus�e, elle n'est pas tr�s ambitieuse, mais elle correspond au genre de personne qui ne trouve rien � redire � ce que Serpentard est en train de devenir. Et plus de Padmas vont � Serdaigle et plus de Pansies vont � Serpentard plus le processus s'acc�l�re. <emphasis>C'est en train de d�truire Serpentard, Draco !</emphasis>"</p><p>Cela avait les �chos d'une horrible v�rit�, Padma <emphasis>avait</emphasis> appartenu � Serpentard... et Serpentard avait eu Pansy au lieu d'elle... P�re se ralliait aux familles inf�rieures comme celles des Parkinsons parce qu'ils �taient une source de soutien pratique, mais P�re ne s'�tait pas rendu compte des <emphasis>cons�quences</emphasis> qu'il y avait � associer le nom de Serpentard au leur...</p><p>"Je ne peux pas -" dit Draco, mais il n'�tait m�me pas s�r de ce dont il �tait incapable - "Qu'est-ce que tu <emphasis>veux</emphasis> de moi ?"</p><p>"Je ne sais pas tr�s bien comment soigner la maison Serpentard," dit lentement Harry. "Mais je suis certain que c'est quelque chose que nous allons devoir faire, toi et moi. L'aube de la science a mit des si�cles � se lever sur le monde Moldu, �a n'a eu lieu que lentement, mais plus la science devenait forte, plus ce genre de haine battait en retraite." La voix de Harry �tait maintenant douce. "Je ne sais pas exactement pourquoi �a s'est fait ainsi, mais c'est comme �a que �a a eu lieu, historiquement. Comme s'il y avait quelque chose dans la science qui ressemblait au Patronus, qui repoussait toutes sortes de t�n�bres et de folies, pas imm�diatement, mais �a a sembl� suivre la science partout o� elle est all�. Les Lumi�res, c'est comme �a qu'on a appel� �a dans le monde Moldu. �a a un rapport avec la qu�te de la v�rit�, je pense... avec la capacit� de changer ses croyances, de quitter celles que l'on avait en grandissant... avec la pens�e <emphasis>logique</emphasis>, avec la capacit� de se rendre compte qu'il n'y a aucune <emphasis>raison</emphasis> de ha�r quelqu'un parce que leur couleur de peau est diff�rente, tout comme il n'y a aucune raison de ha�r Hermione Granger... ou peut-�tre qu'il y a l� autre chose que m�me moi je ne comprends pas. Mais nous appartenons tous les deux aux Lumi�res maintenant. R�parer Serpentard n'est qu'une des choses que nous devons faire."</p><p>"Laisse-moi r�fl�chir," dit Draco, sa voix semblable � un croassement, "s'il te pla�t," et il posa sa t�te entre ses mains, et r�fl�chit.</p><empty-line/><p>Draco r�fl�chit un long moment, les paumes de ses mains sur ses yeux pour masquer le monde, aucun son hormis celui de sa respiration et de celle de Harry. Tout le raisonnement persuasif de Harry, les parcelles de v�rit� �videntes qui s'y trouvaient ; et contre cela, l'�vidence, l'hypoth�se parfaite et totalement �vidente quant � ce qui �tait en train de se passer <emphasis>r�ellement</emphasis>...</p><p>Apr�s un moment, Draco releva enfin la t�te.</p><p>"�a m'a l'air vrai," dit doucement Draco.</p><p>Un immense sourire apparut sur le visage de Harry.</p><p>"Alors," continua Draco, "c'est maintenant que tu m'am�nes � Dumbledore, pour officialiser la chose ?"</p><p>Il avait gard� un ton tr�s nonchalant.</p><p>"Ah, ouais," dit Harry. "C'est le truc sur lequel je voulais t'interroger, � vrai dire -"</p><p>Le sang de Draco se gla�a dans ses veines, devint solide, se brisa -</p><p>"Le professeur Quirrell m'a dit quelque chose qui m'a fait r�fl�chir, et, eh bien, peu importe ta r�ponse, je suis d�j� stupide de n'avoir pas pens� � te poser la question plus t�t. Tout le monde � Gryffondor pense que Dumbledore est un saint, les Poufsouffle pensent qu'il est fou, les Serdaigle sont tr�s fiers d'avoir r�ussit � comprendre qu'il faisait seulement semblant d'�tre fou, mais je n'ai jamais interrog� de Serpentard. Je pense que j'�tais cens� en savoir assez pour ne pas commettre ce genre d'erreur. Mais m�me si <emphasis>tu</emphasis> penses que Dumbledore ne voit aucun probl�me � l'id�e d'une conspiration visant � r�parer la maison Serpentard, j'imagine que je n'ai rien manqu� d'important."</p><p>...</p><p>...</p><p>...</p><p>"Tu sais," dit Draco, sa voix remarquablement calme, tout bien consid�r�, "� chaque fois que je me demande si tu fais ce genre de chose juste pour m'agacer, je me dis que �a <emphasis>doit </emphasis>�tre accidentel, que <emphasis>personne</emphasis> ne pourrait faire ce genre de chose expr�s, m�me s'ils essayaient de toutes leurs forces jusqu'� ce que du sang leur sorte par les oreilles. C'est la seule raison pour laquelle je ne vais pas t'�trangler."</p><p>"Hein ?"</p><p>Puis s'�trangler <emphasis>lui-m�me</emphasis>, parce que Harry <emphasis>avait</emphasis> grandi chez les Moldus, puis Dumbledore l'avait �cart� de Serpentard, vers Serdaigle, en douceur, et il �tait donc parfaitement plausible que Harry ne sache <emphasis>rien</emphasis>, et Draco n'avait jamais pens� � lui <emphasis>en parler</emphasis>.</p><p>Ou alors Harry avait devin� que Draco ne se joindrait pas � Dumbledore si facilement, auquel cas ceci �tait juste la prochaine �tape du plan de Dumbledore...</p><p>Mais si Harry n'�tait <emphasis>vraiment</emphasis> pas au courant pour Dumbledore, alors le pr�venir �tait plus important que <emphasis>tout le reste</emphasis>.</p><p>"Tr�s bien," dit Draco apr�s avoir pris le temps d'organiser ses pens�es. "Je ne sais pas par o� commencer, alors je vais juste commencer quelque part." Il prit une profonde inspiration. "Dumbledore a tu� sa petite s�ur, et il s'en est tir� parce que son fr�re a refus� de t�moigner contre lui -"</p><empty-line/><p>Harry avait �cout� avec une inqui�tude et un d�sarroi croissants. Il pensait avoir �t� pr�t, pr�t � �couter la version puriste de l'histoire avec circonspection. Le probl�me �tait que m�me si vous l'�coutiez avec beaucoup de circonspection, c'�tait <emphasis>quand m�me</emphasis> inqui�tant.</p><p>Le p�re de Dumbledore avait �t� condamn� pour usage d'un sortil�ge impardonnable sur ses enfants, et il �tait mort � Azkaban. Ce n'�tait pas un des p�ch�s de Dumbledore, c'�tait inscrit dans un registre public. Harry pouvait v�rifier cette partie et voir si tout avait �t� invent� par les Puristes du Sang.</p><p>La m�re de Dumbledore �tait morte myst�rieusement peu de temps avant que la s�ur cadette de celui-ci ne meure, un meurtre, selon les Aurors. Sa s�ur aurait �t� brutalis�e par des Moldus et n'avait jamais reparl� apr�s ce jour, et Draco remarqua que cela ressemblait remarquablement � un sortil�ge d'Oubliettes rat�.</p><p>Apr�s que Harry l'ait interrompu plusieurs fois, Draco avait sembl� comprendre le principe, et il pr�sentait maintenant les observations puis les inf�rences.</p><p>" - donc tu n'as pas � me croire sur parole," dit Draco, "tu peux le <emphasis>voir</emphasis>, d'accord ? N'importe qui � Serpentard peut le voir. Dumbledore a repouss� son duel contre Grindelwald jusqu'au moment pr�cis o� cela le mettrait le plus en valeur, <emphasis>apr�s</emphasis> que celui-ci ait mit la majeure partie de l'Europe en ruines et se soit forg� la r�putation d'�tre le mage noir le plus terrible de l'Histoire, juste au moment o� il avait perdu l'or et les sacrifices sanguinaires de ses pions Moldus et qu'il commen�ait � d�cliner. Si Dumbledore avait vraiment �t� le noble sorcier qu'il pr�tendait �tre, il aurait combattu Grindelwald bien avant �a. Dumbledore <emphasis>voulait</emphasis> probablement que l'Europe soit mise en ruines, �a faisait probablement partie de leur plan commun, il ne l'a attaqu� qu'apr�s que ses marionnettes l'aient <emphasis>laiss� tomber</emphasis>. Et ce grand duel de lumi�re n'�tait pas r�el, il est impossible que deux sorciers soient si parfaitement semblables � l'autre qu'ils puissent se battre vingt heures d'affil�e jusqu'� ce que l'un d'eux tombe d'�puisement, c'�tait juste une fa�on de rendre les choses plus spectaculaires." La voix de Draco prit alors un ton plus indign�. "Et �a l'a rendu <emphasis>Chef du Magenmagot !</emphasis> La ligne de Merlin, interrompue, corrompue apr�s mille cinq cent ans ! Et <emphasis>alors</emphasis> il est devenu Grand Manitou Supr�me, en plus du reste, et il avait <emphasis>d�j�</emphasis> Poudlard comme forteresse invincible - Directeur <emphasis>et</emphasis> Chef Sorcier <emphasis>et</emphasis> Grand Manitou, une personne normale n'essaierait jamais de faire tout cela en m�me temps, <emphasis>comment peut-on ne pas voir que Dumbledore essaie de conqu�rir le monde ?</emphasis>"</p><p>"Pause," dit Harry, et il ferma ses yeux pour r�fl�chir.</p><p>Ce n'�tait pas pire que ce qu'on aurait entendu au sujet de l'Ouest en Russie Stalinienne, et rien de tout cela n'aurait �t� vrai. Mais ici, les puristes du sang ne pouvaient pas se permettre de tout inventer... si ? La <emphasis>Gazette du Sorcier</emphasis> avait montr� une tendance prononc�e � inventer toutes sortes de choses... mais, une fois encore, lorsqu'elle s'�tait trop avanc�e au sujet des fian�ailles Weasley, on l'<emphasis>avait</emphasis> point�e du doigt et elle <emphasis>avait</emphasis> �t� g�n�e...</p><p>Harry ouvrit ses yeux et vit que Draco le regardait sans ciller, comme s'il attendait quelque chose.</p><p>"Donc quand tu m'as demand� s'il �tait temps de te joindre � Dumbledore, ce n'�tait qu'un test."</p><p>Draco hocha la t�te.</p><p>"Et avant �a, quand tu as dit que ce que je disais semblait vrai -"</p><p>"�a <emphasis>semble </emphasis>vrai," dit Draco. "Mais je ne sais pas si je peux te faire confiance. Allez-vous vous plaindre parce que je vous ai <emphasis>test�</emphasis>, M. Potter ? Allez-vous dire que je vous ai <emphasis>tromp�</emphasis> ? Que vous ai <emphasis>induit en erreur </emphasis>?"</p><p>Harry savait qu'il aurait d� sourire en beau joueur, mais il n'y arrivait pas, la d�ception �tait trop forte.</p><p>"Tu as raison, c'est �quitable, je ne peux pas me plaindre," pr�f�ra-t-il dire. "Et qu'en est-il de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ? Pas aussi m�chant qu'on le dit ?"</p><p>En entendant cela, Draco eut l'air amer. "Alors tu pense qu'il s'agit juste de donner le beau r�le au camp de P�re et le mauvais � celui de Dumbledore, et que je crois � tout �a seulement parce que P�re me l'a dit."</p><p>"C'est une possibilit� que je prends en compte," dit Harry d'une voix neutre.</p><p>La voix de Draco �tait basse et intense. "Ils <emphasis>savaient</emphasis>. Mon p�re savait, ses amis savaient. Ils <emphasis>savaient</emphasis> que le Seigneur des T�n�bres �tait mal�fique. <emphasis>Mais c'�tait la seule chance que les sorciers avaient contre Dumbledore ! </emphasis>Le seul sorcier au monde assez puissant pour le combattre ! Certains des Mangemorts �taient aussi vraiment mal�fique, comme Bellatrix Black - P�re n'est pas comme �a - mais P�re et ses amis <emphasis>devaient</emphasis> le faire, Harry, ils le <emphasis>devaient</emphasis>, Dumbledore �tait en train de tout conqu�rir, le Seigneur des T�n�bres �tait le dernier espoir des sorciers !"</p><p>Draco regardait Harry durement. Harry croisa le regard, essaya de r�fl�chir. Personne ne se voyait comme le m�chant de sa propre histoire - peut-�tre Voldemort, peut-�tre Bellatrix, mais certainement pas Draco. La question n'�tait pas de savoir si les Mangemorts avaient �t� m�chants. La question �tait de savoir s'ils avaient �t� <emphasis>les</emphasis> m�chants ; s'il y avait <emphasis>un</emphasis> ou <emphasis>deux</emphasis> m�chants dans l'histoire...</p><p>"Tu n'es pas convaincu," dit Draco. Il semblait inquiet et l�g�rement en col�re. Ce qui ne surprit pas Harry. Il �tait quasiment certain que Draco croyait � tout cela.</p><p>"<emphasis>Devrais-</emphasis>je l'�tre ?" dit Harry. Il ne d�tourna pas le regard. "Juste parce que tu le crois ? Es-tu � pr�sent un rationaliste assez puissant pour que ta croyance constitue une preuve d'importance � mes yeux, parce qu'il serait tr�s improbable que tu y croies si ce n'�tait pas vrai ? Lorsque je t'ai rencontr�, tu n'�tais pas puissant � ce point. Tout ce que tu m'as dit, y as-tu de nouveau r�fl�chi suite � ton �veil � la science, ou est-ce seulement une chose � laquelle tu as toujours crue en grandissant ? Peux-tu me regarder dans les yeux et me jurer sur l'honneur de la maison Malfoy que s'il y avait une fausse v�rit� cach�e quelque part dans ce que tu as dit, une chose qui a �t� ajout�e juste pour ternir un peu le portrait de Dumbledore, tu l'aurais remarqu� ?"</p><p>Draco commen�a � ouvrir la bouche, et Harry dit : "Non. N'entaches pas l'honneur de la maison Malfoy. Tu n'es <emphasis>pas</emphasis> encore assez puissant, et tu devrais le savoir. �coutes, Draco, j'ai moi-m�me commenc� � remarquer des choses inqui�tantes. Mais il n'y a rien de <emphasis>d�finitif,</emphasis> rien de <emphasis>certain</emphasis>, ce sont seulement des d�ductions et des hypoth�ses et des t�moins peu cr�dibles... Et il n'y a rien de certain dans ton histoire non plus. Dumbledore avait peut-�tre une bonne excuse pour expliquer le fait qu'il n'ait pas combattu Grindelwald des ann�es plus t�t - mais il <emphasis>vaudrait mieux</emphasis> que �a ait �t� une sacr�e bonne excuse, compte tenu de ce qui passait c�t� Moldu... mais quand m�me. Y a-t-il une chose clairement mal�fique que Dumbledore a <emphasis>certainement</emphasis> faite, pour que n'ai plus � m'interroger ?"</p><p>La respiration de Draco �tait saccad�e. "Tr�s bien," dit Draco d'une voix chancelante, "je vais te dire ce que Dumbledore a fait." Des robes de Draco sortit une baguette, et Draco dit "Quietus," puis de nouveau : "Quietus", mais il rata la prononciation une fois encore, et Harry finit par sortir sa propre baguette et par lancer le sort.</p><p>"Voil�," dit Draco d'une voix rauque, "il �tait une fois une, une fille, elle s'appelait Narcissa, et elle �tait la plus jolie, la plus intelligente, la plus rus�e � avoir jamais �t� Tri�e � Serpentard, et mon p�re l'aimait, et ils se sont mari�s, et elle n'�tait pas un Mangemort, elle n'�tait pas une combattante, <emphasis>tout ce qu'elle a jamais fait, c'est aimer P�re -</emphasis>" Draco s'arr�ta l�, parce qu'il pleurait.</p><p>Harry se sentit malade. Draco n'avait jamais parl� de sa <emphasis>m�re</emphasis>, pas une seule fois, il aurait d� le remarquer plus t�t. "Elle... elle s'est retrouv�e sur la trajectoire d'un sortil�ge ?"</p><p>La voix de Draco �tait un cri. "<emphasis>Dumbledore l'a br�l�e vive dans sa chambre !"</emphasis></p><empty-line/><p>Dans une salle de classe nimb�e d'une lumi�re d'argent, un gar�on en regarde un autre. Ce dernier sanglote, essuyant fr�n�tiquement ses yeux du revers de ses robes.</p><p>Harry avait du mal � maintenir un �quilibre, � continuer de s'emp�cher de juger, l'�motion �tait trop forte, quelque en chose en lui voulait soit se mettre � pleurer, par empathie pour Draco, soit <emphasis>savoir</emphasis> que c'�tait faux...</p><p>"<emphasis>Dumbledore l'a br�l�e vive dans sa chambre !"</emphasis></p><p>�a...</p><p>...ne ressemblait pas au style de Dumbledore...</p><p>...mais il y avait une limite au nombre de fois o� l'on pouvait avoir cette pens�e avant de commencer � s'interroger sur fiabilit� du concept de 'style'.</p><p>"�a, �a a d� faire horriblement mal," dit Draco d'une voix tremblante, "P�re n'en parle jamais, on n'en parle jamais devant lui, mais M. Macnair m'a dit qu'il y avait des marques de griffes partout dans la chambre, parce que M�re avait lutt� pendant que Dumbledore la <emphasis>br�lait vive</emphasis>. C'est la dette que Dumbledore doit � la maison Malfoy et <emphasis>il le paiera de sa vie</emphasis> !"</p><p>"Draco," dit Harry, il laissa sa voix devenir rauque, avoir l'air calme n'aurait pas �t� <emphasis>normal</emphasis>, "je suis d�sol�, pardon de te le demander, mais je <emphasis>dois</emphasis> savoir, <emphasis>comment</emphasis> sais-tu que c'�tait Dumble-"</p><p>"Dumbledore a <emphasis>dit</emphasis> qu'il l'avait fait, il a dit � P�re que c'�tait un <emphasis>avertissement !</emphasis> Et P�re n'a pas pu t�moigner sous Veritaserum parce qu'il est un Occlumens, il n'a m�me pas pu faire de proc�s � Dumbledore, m�me les alli�s de P�re ne l'ont pas cru lorsque Dumbledore a tout ni� en public, mais on le sait, les Mangemorts le savent, P�re n'aurait aucune raison de mentir � ce sujet, P�re voudrait que notre vengeance porte sur la <emphasis>bonne</emphasis> personne, tu peux comprendre �a, Harry ?". Draco avait perdu tout contr�le sur sa voix.</p><p><emphasis>� moins que Lucius ne l'ait fait lui-m�me, bien s�r, et qu'il n'ait trouv� plus pratique de bl�mer Dumbledore.</emphasis></p><p>Quoique... �a ne ressemblait pas non plus au style de <emphasis>Lucius</emphasis>. Et s'il <emphasis>avait</emphasis> tu� Narcissa, il aurait �t� plus intelligent de faire porter le chapeau � une victime plus faible plut�t que de perdre du capital politique et de la cr�dibilit� en s'en prenant � Dumbledore...</p><p>Draco finit par s'arr�ter de pleurer, et il regarda Harry. "<emphasis>Eh bien ?</emphasis>" dit Draco comme s'il avait voulu cracher les mots. "Est-ce assez <emphasis>mal�fique</emphasis> pour vous, M. Potter ?"</p><p>Harry baissa les yeux et regarda ses bras, pos�s sur le dossier de la chaise. Il ne pouvait plus croiser les yeux de Draco, la douleur qui s'y trouvait �tait trop forte. "Je ne m'attendais pas � entendre �a," dit doucement Harry. "Je ne sais plus quoi penser."</p><p>"Tu ne <emphasis>sais pas ?</emphasis>" la voix de Draco devint un cri et il se leva brutalement -</p><p>"Je me suis souvenu du moment o� le Seigneur des T�n�bres a tu� mes parents," dit Harry. "Quand je me suis retrouv� face au D�traqueur, la premi�re fois, c'est ce dont je me suis souvenu, le pire souvenir. M�me si c'�tait il y a tr�s longtemps. Je les ai entendus mourir. Ma m�re a suppli� le Seigneur des T�n�bres de ne pas me tuer, <emphasis>pas Harry, s'il vous pla�t, non, prenez-moi, tuez-moi � sa place !</emphasis> C'est ce qu'elle a dit. Et le Seigneur des T�n�bres s'est moqu� d'elle, et il a rit. Ensuite, je me souviens de l'�clat de lumi�re verte -"</p><p>Harry releva les yeux vers Draco.</p><p>"Alors on pourrait se battre," dit Harry, "on pourrait juste continuer ce combat. Tu pourrais me dire qu'il �tait juste que ma m�re meure, parce qu'elle �tait la femme de James, qui avait tu� un Mangemort. Mais que <emphasis>ta</emphasis> m�re n'aurait pas d� mourir, parce qu'<emphasis>elle</emphasis> �tait innocente. Et je pourrais te dire qu'il �tait juste que ta m�re meure, que Dumbledore devait avoir une <emphasis>raison</emphasis> qui rendait <emphasis>acceptable</emphasis> le fait qu'il la br�le vive dans sa chambre ; mais que <emphasis>ma</emphasis> m�re n'aurait pas d� mourir. Mais tu sais, Draco, dans un cas comme dans l'autre, n'est-il pas �vident qu'on serait juste biais�s ? Parce que la r�gle dit qu'il ne faut pas tuer d'innocents, et cette r�gle ne peut pas s'activer pour ma m�re et se d�sactiver pour la tienne, et elle ne peut pas s'activer pour ta m�re et se d�sactiver pour la mienne. Si tu me dis que Lily �tait l'ennemie des Mangemorts et qu'il est juste de tuer ses ennemis, alors la m�me r�gle dit que Dumbledore avait raison de tuer Narcissa puisqu'elle �tait <emphasis>son</emphasis> ennemi." La voix de Harry redevint rauque. "Alors si nous devons �tre d'accord sur quelque chose, �a va �tre que la mort d'<emphasis>aucun</emphasis> de nos parents n'�tait juste et que qu'<emphasis>aucune</emphasis> m�re ne devrait plus avoir � mourir."</p><empty-line/><p>La furie qui bouillonnait en Draco �tait si intense qu'il parvenait � peine � s'emp�cher de quitter la pi�ce ; seuls le retenaient la conscience que ce moment �tait critique, et un petit reste d'amiti�, un l�ger �clair de sympathie, parce qu'il avait oubli�, il avait <emphasis>oubli�</emphasis> que le p�re et la m�re de Harry �taient morts aux mains du Seigneur des T�n�bres.</p><p>Le silence s'�tira.</p><p>"Tu peux parler," dit Harry," Draco, parle-moi, je ne me mettrai pas en col�re - est-ce que tu penses, je ne sais pas, que la mort de Narcissa a �t� bien pire que celle de Lily ? Qu'il est inacceptable ne serait-ce que de les comparer l'une � l'autre ?"</p><p>"J'imagine que moi aussi, j'ai �t� stupide," dit Draco. "Pendant tout ce temps, pendant tout ce temps j'ai oubli� que tu devais ha�r les Mangemorts, parce qu'ils ont tu� tes parents, tu dois les ha�r autant que je hais Dumbledore." Et Harry n'avait jamais rien dit, il n'avait jamais r�agi quand Draco avait parl� des Mangemorts, il l'avait gard� <emphasis>cach� </emphasis>- Draco �tait un imb�cile.</p><p>"Non," dit Harry. "Ce n'est pas - ce n'est pas �a Draco, je, je ne sais m�me pas comment te l'expliquer, � part en te disant qu'une pens�e comme celle-ci ne," la voix de Harry s'�trangla, "tu ne pourrais jamais l'utiliser... pour lancer un Patronus..."</p><p>Draco sentit un tiraillement soudain dans son c�ur, un tiraillement qu'il aurait souhait� ne pas ressentir. "Pr�tends-tu que tu vas juste <emphasis>oublier</emphasis> tes parents ? Est-ce que tu dis que je devrais <emphasis>oublier</emphasis> M�re ?"</p><p>"Alors on <emphasis>doit</emphasis> �tre ennemis ?" La voix de Harry devenait aussi incontr�l�e que celle de Draco. "Que <emphasis>nous </emphasis>sommes-nous fait <emphasis>l'un � l'autre</emphasis> qui justifie le fait que nous devions �tre ennemis ? Je refuse d'�tre pris au pi�ge comme �a ! 'Justice' ne peut pas signifier que nous devrions <emphasis>tous les deux</emphasis> attaquer <emphasis>l'autre</emphasis>, �a n'a aucun sens !" Harry s'interrompit, prit une profonde inspiration, fit courir ses doigts le long de sa tignasse �tudi�e - les doigts �merg�rent drap�s de sueur, Draco put le voir. "Draco, �coutes, on ne peut pas esp�rer tomber d'accord sur tout d�s le d�part, toi et moi. Alors je ne te demanderai pas de dire que le Seigneur des T�n�bres a eu <emphasis>tort</emphasis> de tuer ma m�re, seulement de dire que c'est... <emphasis>triste</emphasis>. On ne cherchera pas � d�cider si c'�tait <emphasis>n�cessaire</emphasis>, si c'�tait <emphasis>justifi�</emphasis>. Je te demanderai juste de dire qu'il est triste que cela ait eu lieu, que la vie de ma m�re avait elle aussi de la valeur, tu vas juste dire �a pour l'instant. Et je dirai qu'il est triste que Narcissa soit morte, parce que sa vie aussi avait de la valeur. On ne peut pas s'attendre � tomber d'accord sur tout tout de suite, mais si on commence par dire que toute vie est pr�cieuse, que la mort de <emphasis>n'importe qui</emphasis> est triste, alors je sais que nous nous retrouverons un jour. C'est ce que je veux que tu dises. Pas qui avait raison. Pas qui avait tort. Seulement que la mort de ta m�re est triste, et que celle de la mienne l'est aussi, et que ce serait triste si Hermione Granger mourait, que chaque vie est pr�cieuse, peut-on �tre d'accord � ce sujet et laisser tomber le reste pour l'instant, est-ce assez si on est d'accord seulement sur �a ? Peut-on le faire ? �a ressemble... plus au genre de pens�e que quelqu'un utiliserait pour lancer un Patronus."</p><p>Il y avait des larmes dans les yeux de Harry.</p><p>Et Draco �tait de nouveau en col�re. "Dumbledore a <emphasis>tu�</emphasis> ma m�re, �a ne suffit pas de dire que c'�tait <emphasis>triste</emphasis> ! Je ne comprends pas ce que tu penses que <emphasis>tu</emphasis> dois faire, mais les Malfoys <emphasis>doivent</emphasis> se venger !" Ne pas venger une mort dans la famille allait <emphasis>au-del�</emphasis> de la faiblesse, au-del� du d�shonneur, vous auriez aussi bien pu n'avoir jamais <emphasis>exist�</emphasis>.</p><p>"Je ne d�bats pas ce point," dit doucement Harry. "Mais diras-tu que la mort de Lily Potter �tait triste ? Juste dire �a ?"</p><p>"C'est..." Draco avait une fois de plus du mal � trouver ses mots. "Je sais, je sais ce que tu ressens, mais ne comprends-tu pas Harry, m�me si je dis juste que la mort de Lily Potter est <emphasis>triste</emphasis>, �a va <emphasis>d�j�</emphasis> � l'encontre des Mangemorts !"</p><p>"Draco, tu <emphasis>dois</emphasis> �tre capable de dire que les Mangemorts avaient tort sur certains points ! Tu <emphasis>dois</emphasis> en �tre capable, sinon tu ne pourras pas progresser en tant que scientifique, il y aura une barri�re sur ton chemin, une autorit� que tu ne pourras pas contredire. Tout changement n'est pas une am�lioration, mais toute am�lioration est un changement, tu ne peux pas <emphasis>mieux agir</emphasis> � moins d'�tre capable d'agir <emphasis>diff�remment</emphasis>, <emphasis>tu dois te laisser �tre meilleur que d'autres</emphasis> ! M�me que ton p�re, Draco, m�me que lui. Tu dois �tre capable de montrer quelque chose que ton p�re a fait et de dire qu'il a eu tort, parce qu'il n'est pas <emphasis>parfait</emphasis>, et si tu ne peux pas dire �a, tu peux pas mieux agir."</p><p>P�re l'avait mis en garde, tous les soirs avant qu'il aille se coucher, pendant le mois pr�c�dant son d�part pour Poudlard, que certains auraient ce but.</p><p>"Tu essaies de m'�loigner de P�re."</p><p>"D'�loigner une <emphasis>partie</emphasis> de toi," dit Harry. "J'essaie de te laisser r�parer certaines choses au sujet desquelles ton p�re s'est tromp�. J'essaie de te laisser <emphasis>faire mieux</emphasis>. Mais je n'essaie pas de... briser ton <emphasis>Patronus !</emphasis>" La voix de Harry devint plus douce. "Je ne voudrais jamais briser une chose si lumineuse. Qui sait, peut-�tre que <emphasis>�a</emphasis> aussi, c'est n�cessaire � la r�paration de Serpentard..."</p><p>Cela atteignait Draco, c'�tait �a le probl�me, en d�pit de tout, cela l'atteignait, il fallait vraiment faire attention aux alentours de Harry parce que ses arguments �taient si convaincants <emphasis>m�me quand il avait tort</emphasis>. "Et ce que tu n'admets <emphasis>pas</emphasis>, c'est que Dumbledore t'a dit que tu pouvais venger la mort de tes parents en prenant son fils � Lord Malfoy -"</p><p>"<emphasis>Non</emphasis>. Non. C'est juste faux." Harry prit une profonde inspiration. "Je ne savais pas qui �tait Dumbledore, ni qui �tait le Seigneur des T�n�bres, ni qui �taient les Mangemorts, ni comment mes parents �taient morts, pas jusqu'� trois jours avant mon arriv�e � Poudlard. Le jour o� nous nous sommes rencontr�s dans le magasin de v�tements, c'est le jour o� j'ai appris tout cela. Et Dumbledore <emphasis>n'aime</emphasis> m�me pas la science Moldue, ou il dit qu'il ne l'aime pas, j'ai eu l'opportunit� de le sonder � ce sujet un jour. L'id�e de me venger des Mangemorts � travers toi ne m'a <emphasis>jamais</emphasis> travers� l'esprit, pas <emphasis>une seule fois</emphasis> avant aujourd'hui. Je ne savais pas qui �taient les Malfoys quand je t'ai rencontr� dans le magasin de v�tements, et alors je t'ai <emphasis>appr�ci�</emphasis>."</p><p>Il y eut un long silence.</p><p>"J'aimerais pouvoir te faire confiance," dit Draco. Sa voix tremblait. "Si je pouvais juste <emphasis>savoir</emphasis> que tu disais la v�rit�, tout serait tellement plus simple -"</p><p>Et soudain Draco la vit.</p><p>La fa�on de savoir si Harry Potter �tait vraiment sinc�re, quand il disait qu'il voulait r�parer Serpentard, quand il disait qu'il �tait triste au sujet de la mort de M�re.</p><p>Ce serait ill�gal, et <emphasis>dangereux</emphasis>, car il devrait le faire sans l'aide P�re, il ne pourrait m�me pas compter sur Harry Potter pour <emphasis>l'aider</emphasis>, mais...</p><p>"Tr�s bien," dit Draco. "J'ai con�u une exp�rience d�terminante."</p><p>"Qu'est-ce que c'est ?"</p><p>"Je veux que tu prennes une goutte de Veritaserum," dit Draco. "Juste une goutte, pour que tu ne puisses pas mentir, mais pas assez pour te <emphasis>forcer</emphasis> � r�pondre � tout. Je ne sais pas o� je l'obtiendrai, mais je <emphasis>m'assurerai</emphasis> que c'est s�r -"</p><p>"Euh," dit Harry. Il avait l'air d�sempar�. "Draco, euh -"</p><p>"Ne le dis pas," dit Draco. Sa voix �tait ferme et calme. "Si tu refuses, j'ai le r�sultat de mon exp�rience."</p><p>"Draco, je suis un Occlumens -"</p><p>"OH C'EST TELLEMENT FAUX -"</p><p>"M. Bester m'a entra�n�. Le professeur Quirrell a mis cela en place. �coute, Draco, je <emphasis>prendrai</emphasis> une goutte de Veritaserum si tu peux en obtenir, je te <emphasis>pr�viens </emphasis>juste que je suis un Occlumens. Pas un Occlumens parfait, mais M. Bester a dit que j'arrivais � �lever une barri�re totale, et je pourrais probablement vaincre le Veritaserum."</p><p>"<emphasis>Tu es en premi�re ann�e ! C'est de la folie !"</emphasis></p><p>"Connais-tu un Legilimens en qui tu as confiance ? Je serais heureux de faire une d�monstration - �coute Draco, je suis d�sol�, mais le fait que je te le <emphasis>dise</emphasis> ne compte-t-il pas un peu ? J'aurais<emphasis> pu</emphasis> me contenter de te laisser faire l'exp�rience, tu sais."</p><p>"<emphasis>POURQUOI ? Pourquoi faut-il que tu sois toujours ainsi, Harry ? Pourquoi faut-il que tu chamboules tout m�me quand c'est IMPOSSIBLE ? Et arr�te de sourire, �a n'est pas dr�le !"</emphasis></p><p>"Je suis d�sol�, je suis d�sol�, je <emphasis>sais</emphasis> que ce n'est pas dr�le, je -"</p><p>Draco mit un moment � reprendre le contr�le de lui-m�me.</p><p>Mais Harry avait raison. Il aurait <emphasis>pu</emphasis> laisser Draco lui administrer le Veritaserum. <emphasis>S'il</emphasis> �tait vraiment un Occlumens... Draco ne savait pas � qui il pourrait demander d'essayer la L�gilimancie, mais au moins il pouvait demander au professeur Quirrell si c'�tait vrai... pouvait-il faire confiance au <emphasis>professeur Quirrell ?</emphasis> Peut-�tre que le professeur Quirrell dirait tout ce que Harry lui dirait de dire.</p><p>Draco se souvint de l'autre chose que Harry lui avait dit de demander au professeur Quirrell, et il pensa � un autre test.</p><p>"Tu <emphasis>sais</emphasis>," dit Draco. "Tu <emphasis>sais</emphasis> ce que �a me co�te, si j'accepte l'id�e que le poison de Serpentard est la haine des Moldus, si je dis que la mort de Lily Potter est triste. Et �a fait <emphasis>partie</emphasis><emphasis>de ton plan</emphasis>, ne me dis pas le contraire."</p><p>Harry ne dit rien, ce qui fut sage.</p><p>"Il y a quelque chose que je veux en retour," dit Draco. "Et avant cela, un test exp�rimental que je veux essayer -"</p><empty-line/><p>Draco poussa la porte vers laquelle les portraits l'avaient envoy�, et cette fois, c'�tait la bonne. Devant lui, un petit espace vide et pierreux, surplomb� par le ciel nocturne. Pas un toit comme celui duquel il avait fait tomber Harry, mais une belle petite cour int�rieure, loin au-dessus du sol. Avec de belles balustrades, des nervures de pierre �labor�es qui se fondaient en douceur dans le sol de pierre... Le fait que les cr�ateurs de Poudlard y aient insuffl� tant de <emphasis>beaut�</emphasis> continuait d'�merveiller Draco � chaque fois qu'il y pensait. Il devait y avoir eu un moyen de tout faire d'un coup, personne n'aurait pu cr�er tant de d�tails, morceau par morceau, le ch�teau <emphasis>changeait</emphasis> et tous les nouveaux morceaux �taient aussi beaux. Cela allait tant au-del� de la puissance magique faiblissante d'aujourd'hui que personne n'y aurait cru si Poudlard n'avait pas �t� l� pour en t�moigner.</p><p>Vide et froid, le ciel nocturne d'hiver ; en ces derniers jours de janvier, il s'assombrissait bien avant le couvre-feu des �l�ves.</p><p>Les �toiles brillaient � travers l'atmosph�re transparente.</p><p>Harry avait dit que les �toiles l'aideraient.</p><p>De sa baguette, Draco toucha sa poitrine, fit glisser ses doigts d'un mouvement longuement pratiqu�, et dit : "<emphasis>Thermos"</emphasis>. Une chaleur se r�pandit en lui en partant de son c�ur ; le vent vint souffler sur son visage, mais il n'avait plus froid.</p><p>"<emphasis>Thermos</emphasis>," dit la voix de Harry, derri�re-lui.</p><p>Ils all�rent jusqu'� la balustrade et regard�rent le sol, loin en-dessous. Draco essaya de deviner s'ils �taient dans une des tours qui pouvaient �tre vues depuis l'ext�rieur et il d�couvrit qu'� cet instant pr�cis, il ne pouvait pas tout � fait se repr�senter Poudlard de l'ext�rieur. Mais le sol �tait toujours le m�me, il pouvait voir la vague silhouette de la For�t Interdite et la lumi�re de la Lune scintiller depuis le lac.</p><p>"Tu sais," dit Harry d'une voix basse, � c�t� de lui, ses bras appuy�s sur la balustrade, "quelque chose que les Moldus font vraiment de travers, c'est qu'ils n'�teignent pas toutes leurs lumi�res la nuit. Pas m�me une heure par mois, pas m�me un quart d'heure une fois par an. Les photons se dispersent dans l'atmosph�re et d�lavent toutes les �toiles, mis � part les plus brillantes, et le ciel nocturne ne ressemble pas du tout � cela, pas � moins de s'�loigner loin des villes. Apr�s avoir observ� le ciel au-dessus de Poudlard, c'est difficile de s'imaginer vivre dans une ville Moldue, o� on ne pourrait pas voir les �toiles. Je ne voudrais certainement pas passer toute ma vie dans une ville Moldue apr�s avoir vu le ciel nocturne de Poudlard."</p><p>Draco jeta un coup d'�il � Harry et le vit t�te renvers�e, regardant l'arc de la voie lact�e qui traversait l'obscurit�.</p><p>"Bien s�r," continua Harry, sa voix toujours basse, "on ne peut pas bien voir les �toiles depuis la <emphasis>Terre</emphasis>, l'air obstrue le chemin. Il faut les regarder d'ailleurs si on veut les voir vraiment, les �toiles br�lantes et brillantes, telles qu'elles sont r�ellement. As-tu jamais souhait� pouvoir filer vers le ciel, Draco, et aller voir ce qui se trouve autour de Soleils autres que le n�tre ? Si la magie n'avait aucune limite, est-ce une des choses que tu ferais ? Si tu pouvais faire n'importe quoi ?"</p><p>Il y eut un silence, puis Draco se rendit compte qu'on attendait une r�ponse de lui. "Je n'y ai jamais pens�," dit Draco. Sans qu'il l'ait consciemment d�cid�, sa voix avait �t� aussi douce et �touff�e que celle de Harry. "Tu penses vraiment que quelqu'un sera un jour capable de le faire ?"</p><p>"Je ne pense pas que �a sera facile," dit Harry. "Mais je sais que je ne compte pas passer toute ma vie sur Terre."</p><p>Draco se serait moqu� de cette phrase s'il n'avait pas su que certains Moldus �taient d�j� partis, sans m�me utiliser de magie.</p><p>"Pour passer ton test," dit Harry, "je devoir te dire ce que �a veut dire pour <emphasis>moi</emphasis>, cette pens�e, dans son int�gralit�, pas la version courte que j'ai essay� de t'expliquer plus t�t. Mais tu devrais pouvoir voir que c'est la m�me id�e, mais plus g�n�rale. Alors <emphasis>ma</emphasis> version de la pens�e, Draco, c'est que lorsqu'on ira dans les �toiles, on trouvera peut-�tre des gens l�-bas. Et dans ce cas, ils ne nous ressembleront certainement pas. Il y aura peut-�tre des choses faites � base de cristaux, ou des grandes sph�res pulsatives... ou ils seront peut-�tre faits de magie, maintenant que j'y pense. Alors avec toute cette �tranget�, comment reconna�tras-tu une <emphasis>personne</emphasis> ? Pas par sa forme, pas par le nombre de ses bras ou de ses jambes. Pas par la substance qui la compose, que ce soit de la chair ou du cristal ou quelque chose que je ne peux pas imaginer. Et m�me alors, leurs esprits ne fonctionneraient pas exactement comme les n�tres. Mais pour toute chose qui vit et pense et se conna�t elle-m�me et ne veut pas mourir, Draco, c'est triste, c'est triste que cette personne doive mourir, parce qu'elle ne le d�sire pas. Compar� � ce qui existe peut-�tre ailleurs, tous les humains � avoir jamais v�cu sont comme des fr�res et s�urs, on pourrait � peine nous distinguer. Ceux venu d'ailleurs qui nous rencontreraient, ils ne verraient pas des Fran�ais ou des Anglais, ils ne pourraient pas faire la diff�rence ; ils verraient juste un humain. Un humain qui peut aimer, et ha�r, et rire, et pleurer ; et pour <emphasis>eux</emphasis>, pour ceux venus d'ailleurs, nous nous ressemblerions comme des gouttes d'eau. <emphasis>Eux</emphasis>, en revanche, ils seraient diff�rents. <emphasis>Vraiment</emphasis> diff�rents. Mais si nous voulions tous devenir amis, cela ne nous arr�terait pas, et cela ne les arr�terait pas non plus."</p><p>Harry leva sa baguette, et Draco se d�tourna, regarda ailleurs, comme il l'avait promis ; il regarda vers le sol de pierre et le mur de pierre dans lequel la porte �tait sertie. Car il avait promis de ne pas regarder, de ne jamais parler de ce que Harry avait dit, ou de ce qui avait eu lieu cette nuit, m�me s'il ne savait pas pourquoi ce devait �tre un secret.</p><p>"J'ai fait le r�ve," dit la voix de Harry, "qu'un jour, tous les �tres sentients seront jug�s par les motifs de leur esprit et pas par la couleur ou la forme de la mati�re dont ils sont faits, ou par l'identit� de leurs parents. Parce que si on peut un jour s'entendre avec des choses faites de cristal, quelle b�tise ce serait que de ne pas s'entendre avec des n�s-Moldus, qui ont la m�me forme que nous, qui pensent comme nous, qui nous ressemblent comme deux gouttes d'eau ? Les choses de cristal ne pourraient m�me pas nous diff�rencier. N'est-il pas impossible d'imaginer que le poison de haine de Serpentard m�rite qu'on l'emm�ne avec nous dans les �toiles ? Toute vie est pr�cieuse, tout ce qui pense et se conna�t et ne veut pas mourir. La vie de Lily Potter �tait pr�cieuse, et la vie de Narcissa Malfoy �tait pr�cieuse, m�me s'il est trop tard pour elles maintenant, leur mort fut triste. Mais il y a d'autres vies qui sont toujours l�, pour lesquelles se battre. Ta vie, et ma vie, et la vie de Hermione Granger, et toutes les vies de la Terre, et les vies au-del�, qui doivent �tre d�fendues et prot�g�es, <emphasis>EXPECTO PATRONUM !</emphasis>"</p><p>Et la lumi�re fut.</p><p>Tout se transforma en argent, tout fut baign� dans cette lumi�re, le sol et les murs de pierre, la porte, la balustrade, si flamboyants dans ce simple reflet qu'on pouvait � peine les voir, m�me l'air semblait briller, et la lumi�re s'intensifia, encore, et encore -</p><p>Lorsque la lumi�re disparut, ce fut comme un choc soudain, la main de Draco alla automatiquement dans ses robes � la recherche d'un mouchoir, et ce n'est qu'alors qu'il se rendit compte qu'il pleurait.</p><p>"Voil� ton r�sultat exp�rimental," dit la voix basse de Harry. "Cette pens�e �tait sinc�re."</p><p>Draco se tourna lentement vers Harry, qui avait sa baguette baiss�e.</p><p>"Il, il doit y avoir un truc, c'est �a ?" dit Draco. Il n'arrivait plus � encaisser ces chocs. "Ton Patronus - ne peut pas <emphasis>vraiment</emphasis> �tre si puissant -" Et pourtant �a <emphasis>avait</emphasis> �t� de la lumi�re de Patronus, une fois qu'on savait ce qu'on regardait, il �tait impossible de la confondre avec autre chose.</p><p>"C'�tait la <emphasis>v�ritable </emphasis>forme du Patronus," dit Harry. "Elle te laisse mettre toute ta force dans le Patronus, sans aucune retenue. Et avant que tu ne me demandes : Dumbledore ne me l'a pas apprise. Il n'en conna�t pas le secret, et m�me s'il le savait, il ne pourrait lancer la v�ritable forme. J'ai r�solu ce puzzle moi-m�me. Et j'ai su, apr�s l'avoir r�solu, que ce sort ne doit pas �tre r�v�l�. Pour ton bien, je me suis soumis � ton test ; mais Draco, tu ne dois pas en parler."</p><p>Draco ne savait plus, il ne savait plus o� se trouvait la v�ritable force, ni ce qui �tait juste. Il voyait double, il voyait double. Il voulait dire des id�aux de Harry qu'ils �taient faiblesse, b�tise Poufsouffle, le genre de mensonge que les dirigeants racontaient pour apaiser la populace et que Harry avait �t� assez idiot pour croire, une b�tise prise au s�rieux et �lev�e � une hauteur insens�e, projet�e jusqu'aux �toiles elles-m�mes -</p><p>Quelque chose de beau et cach�, myst�rieux et �tincelant -</p><p>"Est-ce que," chuchota Draco, "est-ce que je pourrai un jour lancer un Patronus comme celui-ci ?"</p><p>"Si tu recherches toujours la v�rit�," dit Harry, "et si tu ne refuses pas les pens�es chaleureuses lorsque tu les trouves, alors je suis s�r que oui. Je pense que quelqu'un peut aller n'importe o� s'il pers�v�re assez longtemps, m�me jusqu'aux �toiles."</p><p>De son mouchoir, Draco s'essuya les yeux une fois de plus.</p><p>"On devrait retourner � l'int�rieur," dit Draco d'une voix instable," quelqu'un aurait pu la voir, toute cette lumi�re -"</p><p>Harry hocha la t�te et alla jusqu'� la porte, qu'il franchit ; et avant de le suivre, Draco leva une derni�re fois ses yeux vers le ciel nocturne.</p><p>Qui <emphasis>�tait</emphasis> le Survivant, qui �tait d�j� un Occlumens, qui pouvait lancer la v�ritable forme du Patronus, et faire d'autres choses �tranges ? Qu'�tait le Patronus de Harry, dont la forme devait rester cach�e ?</p><p>Draco ne posa aucune de ces questions, parce que Harry aurait pu y <emphasis>r�pondre</emphasis>, et Draco ne pouvait simplement pas endurer d'autre choc aujourd'hui. Il n'en <emphasis>pouvait plus</emphasis>. Un de plus et sa t�te allait juste tomber de ses �paules et rebondir, rebondir, rebondir le long des couloirs de Poudlard.</p><empty-line/><p>Ils s'�taient agenouill�s dans une petite alc�ve au lieu de parcourir de nouveau le chemin qui menait � la salle de classe. Draco l'avait voulu ; il s'�tait senti trop nerveux repousser le moment plus longtemps.</p><p>Il �leva une barri�re de silence et regarda Harry, l'interrogeant silencieusement.</p><p>"J'y ai r�fl�chi," dit Harry. "Je vais le faire, mais il y a cinq conditions -"</p><p>"<emphasis>Cinq ?</emphasis>"</p><p>"Oui, cinq. Draco, faire un engagement comme celui-ci, c'est presque <emphasis>supplier</emphasis> les choses de mal tourner, tu <emphasis>sais</emphasis> que �a tournerait mal si c'�tait une pi�ce -"</p><p>"�a n'en est pas une !" dit Draco. "Dumbledore a tu� M�re. Il est mal�fique. C'est une de ces choses dont tu parles, une de celles qui n'ont <emphasis>pas</emphasis> � �tre compliqu�es."</p><p>"Draco," dit Harry d'une voix pr�cautionneuse, "tout ce que je <emphasis>sais</emphasis> c'est que <emphasis>tu</emphasis> as dit que <emphasis>Lucius</emphasis> a dit que <emphasis>Dumbledore</emphasis> a dit qu'il a tu� Narcissa. Pour y croire de fa�on inconditionnelle, je dois te faire confiance � toi <emphasis>et</emphasis> � Lucius <emphasis>et</emphasis> � Dumbledore. Donc, comme je l'ai dit, il y a des conditions. La premi�re est que <emphasis>tu</emphasis> peux me lib�rer de cette promesse n'importe quand, si l'id�e cesse de te sembler bonne. Bien s�r, �a devra �tre un acte d�lib�r� de ta part, pas un jeu sur les mots ou quelque chose comme �a."</p><p>"D'accord," dit Draco. �a semblait assez s�r.</p><p>"La deuxi�me condition, c'est que je promets de prendre pour ennemi la personne qui a vraiment tu� Narcissa, comme je l'aurais d�termin� en usant au mieux de mes capacit�s de rationaliste. Que ce soit Dumbledore ou quelqu'un d'autre. Et tu as ma parole que je ferai mon maximum en tant que rationaliste pour garder mon jugement honn�te sur des questions de fait. D'accord ?"</p><p>"Je n'aime pas �a," dit Draco. Bien s�r qu'il n'aimait pas �a, tout le but de la man�uvre �tait que Harry ne rejoigne jamais le camp de Dumbledore. Malgr� cela, si Harry <emphasis>�tait</emphasis> honn�te, il se ferait son opinion sur Dumbledore bien assez vite ; et s'il ne l'�tait pas, alors il avait d�j� trahi sa promesse... "Mais j'accepte."</p><p>"La troisi�me condition est que Narcissa doit avoir �t� <emphasis>br�l�e vive</emphasis>. Si cette partie de l'histoire se r�v�le avoir �t� exag�r�e juste pour noircir le tableau, alors je serai libre de d�cider si je veux ou non tenir cette promesse. Les gens bons doivent parfois tuer. Mais ils ne torturent jamais � tort. C'est parce que Narcissa a �t� <emphasis>br�l�e vive</emphasis> que je sais que celui qui a fait �a est mal�fique."</p><p>Draco parvint � peine � se contr�ler.</p><p>"La quatri�me condition est que si Narcissa s'est salie les mains, et qu'elle a, disons, rendu un enfant fou par <emphasis>Endoloris</emphasis>, et que cette personne a br�l� Narcissa pour se venger, notre contrat pourrait de nouveau �tre rompu. Parce que dans ce cas, il serait toujours mal de l'avoir br�l�e, il aurait seulement fallu la tuer sans douleur ; mais ce ne serait pas <emphasis>mal�fique</emphasis> au sens o� ce le serait si elle avait seulement �t� l'amour de Lucius et qu'elle n'avait jamais rien fait, comme tu me le dis. La cinqui�me condition est que si la personne qui a tu� Narcissa a �t� manipul�e, alors mon ennemi est la personne qui l'a manipul�e, pas la personne qui a ex�cut� le meurtre."</p><p>"Tout �a sonne <emphasis>vraiment</emphasis> comme si tu essayais de te faufiler hors des mailles du filet -"</p><p>"Draco, je ne me ferai pas ennemi de quelqu'un de bien, ni pour toi ni pour personne. Il faut que je sois vraiment persuad� que la personne a fait quelque chose mal. Mais j'y a pens�, et il me semble que si Narcissa n'a jamais rien fait de mal, qu'elle est simplement tomb�e amoureuse de Lucius et qu'elle a d�cid� de devenir sa femme, alors celui qui l'a br�l�e vive dans sa chambre a peu de chances d'�tre quelqu'un de bien. Et je promets de devenir l'ennemi de cette personne, que ce soit Dumbledore ou quelqu'un d'autre, � moins que tu ne me lib�res d�lib�r�ment de cette promesse. En esp�rant que <emphasis>cela</emphasis> ne tourne pas mal comme �a le ferait si on �tait dans une pi�ce."</p><p>"Je ne suis pas satisfait," dit Draco. "Mais d'accord. Tu fais le serment d'�tre l'ennemi de celui qui a tu� ma m�re, et je -"</p><p>Harry attendit d'un air patient, alors que Draco essayait de refaire fonctionner sa voix.</p><p>"Je t'aiderai � r�parer le probl�me de Serpentard avec la haine des n�s-Moldus," finit-il d'un soupir. "Et je dirai que la mort de Lily Potter �tait triste."</p><p>"Qu'il en soit ainsi," dit Harry.</p><p>Et l'accord fut conclu.</p><p>La faille, Draco le savait, la faille venait de s'�largir un peu plus. Non, pas un peu, <emphasis>beaucoup</emphasis>. Il avait la sensation de d�river, d'�tre perdu, toujours plus loin de la rive, toujours plus loin de chez lui...</p><p>"Excuse-moi," dit Draco. Il se d�tourna de Harry, puis il essaya de se calmer, il fallait qu'il fasse ce test, et il ne voulait pas l'�chouer � cause de la nervosit� ou de la honte.</p><p>Il leva sa baguette en position de d�part pour un Patronus.</p><p>Il se souvint tomber de son balais, la douleur, la peur, il imagina une grande silhouette encapuchonn�e qui s'approchait, qui ressemblait � une chose morte qu'on aurait laiss�e dans l'eau.</p><p>Puis il ferma ses yeux, pour mieux se souvenir de P�re tenant ses petites mains froides dans sa force chaude.</p><p><emphasis>N'aie pas peur, mon fils, je suis l�...</emphasis></p><p>La baguette fut brandie pour repousser la peur, et Draco fut surpris par la force du geste ; et il se souvint alors que <emphasis>P�re</emphasis> n'�tait pas perdu, qu'il ne le serait jamais, qu'il serait toujours l� et qu'il serait toujours fort, peu importe ce qui arriverait � Draco, et sa voix s'exclama : "<emphasis>Expecto Patronum !</emphasis>"</p><p>Draco ouvrit les yeux.</p><p>Un serpent �tincelant lui rendit son regard, pas moins lumineux qu'avant.</p><p>Derri�re lui, il entendit <emphasis>Harry</emphasis> exhaler, comme s'il �tait soulag�.</p><p>Draco regarda la lumi�re blanche. Il semblait qu'il n'�tait pas totalement perdu, apr�s tout.</p><p>"Ce qui me rappelle," dit Harry apr�s un moment. "Peut-on tester mon hypoth�se sur la fa�on d'utiliser le Patronus pour envoyer des messages ?"</p><p>"Est-ce que �a va me surprendre ?" dit Draco. "Je ne veux plus de surprises pour aujourd'hui."</p><empty-line/><p>Harry avait pr�tendu que l'id�e n'�tait pas si bizarre que �a et qu'il ne voyait pas en quoi elle pourrait choquer Draco, ce qui n'avait eu pour effet que de rendre ce dernier encore plus nerveux ; mais Draco pouvait comprendre � quel point il �tait important de pouvoir s'envoyer des messages en cas d'urgence.</p><p>Le truc - c'�tait du moins l'hypoth�se de Harry - consistait � vouloir partager la bonne nouvelle, � vouloir que le destinataire apprenne la pens�e heureuse que vous aviez utilis�e pour lancer le Patronus. Sauf qu'au lieu de communiquer avec des mots, le Patronus lui-m�me �tait le message. En voulant que le destinataire voit le Patronus, ce dernier irait le rejoindre.</p><p>"Dis � Harry," dit Draco au serpent lumineux, m�me si Harry se tenait � quelques pas de lui, de l'autre c�t� de la pi�ce, "de, euh, faire attention au singe vert," ce qui �tait un code dans une pi�ce qu'il avait un jour vue.</p><p>Et alors, comme � la gare de King's Cross, Draco voulut que Harry sache � quel point P�re avait toujours tenu � lui ; sauf que cette fois il n'essaya de le dire par des mots mais par sa pens�e heureuse.</p><p>Le serpent brillant ondula � travers la pi�ce, donnant l'impression qu'il ondulait dans les airs plut�t que sur la pierre ; il parcourut une courte distance, parvint � Harry -</p><p>- et lui dit, d'une �trange voix que Draco reconnut comme �tant probablement celle que les gens entendaient quand il parlait : "Attention au singe vert."</p><p>"<emphasis>Hsssss ssss sshsshssss</emphasis>," dit Harry.</p><p>Le serpent ondula en sens inverse jusqu'� Draco.</p><p>"Harry dit que le message est bien re�u," dit le Bungarus Candidus �tincelant avec la voix de Draco.</p><p>"Euh," dit Harry. "�a fait bizarre de parler � un Patronus."</p><p>...</p><p>...</p><p>...</p><p>...</p><p>"Pourquoi est-ce que tu me regardes comme �a ?" dit l'h�ritier de Serpentard.</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup :</emphasis></p><p>Harry regardait Draco.</p><p>"Tu veux dire seulement les serpents <emphasis>magiques</emphasis>, c'est �a ?"</p><p>"N-non," dit Draco. Il avait l'air assez p�le, et il b�gayait encore, mais il au moins il avait arr�t� de produire des sons incoh�rents. "Tu peux parler Fourchelangue, c'est le langage de tous les serpents. Tu peux comprendre n'importe quel serpent quand il parle, et ils peuvent comprendre ce que tu leur dis... Harry, tu ne peux <emphasis>pas</emphasis> croire que tu as vraiment �t� Tri� � Serdaigle ! <emphasis>Tu es l'h�ritier de Serpentard !</emphasis>"</p><p>...</p><p>...</p><p>...</p><p>...</p><p>...</p><p>"LES SERPENTS SONT SENTIENTS ?"</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 48*: Priorit�s utilitaristes</strong></p><p>On �tait samedi, le premier matin de f�vrier, et � la table Serdaigle, un gar�on faisait face � une assiette contenant un haut monticule de l�gumes. Il les inspectait nerveusement, � la recherche de la moindre trace de viande.</p><p>La r�action avait <emphasis>peut-�tre</emphasis> �t� excessive. Apr�s s'�tre remis du choc initial, le bon sens de Harry s'�tait r�veill� et avait �mit l'hypoth�se que "Fourchelangue" n'�tait probablement qu'une interface linguistique permettant de contr�ler les serpents...</p><p>...apr�s tout, les serpents ne pouvaient pas <emphasis>vraiment</emphasis> �tre aussi intelligents que les humains, <emphasis>quelqu'un</emphasis> aurait finit par s'en rendre compte. Le plus petit cerveau permettant une quelconque capacit� linguistique dont Harry avait jamais entendu parler �tait celui du perroquet gris d'Afrique, entra�n� par Irene Pepperberg. Et c'�tait un protolangage sans structure, chez une esp�ce qui jouait � de complexes jeux adult�rins et qui devait donc �tre capable de se repr�senter d'autres perroquets. En revanche, selon les souvenirs de Draco, les serpents parlaient Fourchelangue dans ce qui semblait �tre un langage humain normal, c'est � dire avec une grammaire compl�te et syntaxiquement r�cursive. Il avait fallut <emphasis>longtemps</emphasis> pour que, par le biais de l'�volution, les hominid�s acqui�rent cette capacit�, et ils avaient des cerveaux immenses, et de fortes pressions de s�lection sociale. Pour ce que Harry en savait, les serpents n'avaient pour ainsi dire pas de soci�t�. Et avec des milliers et des milliers d'esp�ces diff�rentes dans le monde, comment auraient-ils tous pu utiliser la <emphasis>m�me</emphasis> version de leur langage mythique ?</p><p>Bien s�r, tout cela n'�tait que du bon sens, auquel Harry commen�ait � compl�tement cesser de croire.</p><p>Mais il �tait certain d'avoir d�j� entendu des serpents siffler � la t�l�vision - apr�s tout, il devait bien avoir entendu ce son <emphasis>quelque part</emphasis> - et <emphasis>�a</emphasis> ne lui avait pas sembl� �tre un langage, ce qui avait �t� fort rassurant...</p><p>... au d�but. Le probl�me, c'�tait que Draco avait aussi affirm� que les Fourchelangue pouvaient aussi envoyer des serpents ex�cuter des missions complexes. Et si c'�tait vrai, alors il fallait que les Fourchelangue rendent les serpents <emphasis>intelligents de fa�on permanente</emphasis> en leur parlant. Dans le pire des cas, cela rendrai le serpent conscient de sa propre existence, comme ce que Harry avait accidentellement fait au Choixpeau.</p><p>Et quand Harry avait offert <emphasis>cette</emphasis> hypoth�se, Draco avait pr�tendu se souvenir d'une histoire - Harry priait Cthulhu pour que <emphasis>celle-ci</emphasis> ne soit qu'un compte de f�e, elle y ressemblait, mais l'histoire <emphasis>existait</emphasis> quand m�me - disant que Salazar Serpentard avait envoy� une jeune et brave vip�re <emphasis>collecter des informations aupr�s d'autres serpents.</emphasis></p><p>Si un serpent auquel un Fourchelangue avait parl� pouvait rendre d'<emphasis>autres</emphasis> serpents conscients de leur propre existence en <emphasis>leur</emphasis> parlant, alors...</p><p>Alors...</p><p>Harry ne savait m�me pas pourquoi son cerveau continuait de dire "alors... alors..." puisqu'il savait parfaitement bien comment la progression exponentielle fonctionnerait, c'�tait juste que l'horreur morale profonde de la situation bloquait son esprit.</p><p>Et si quelqu'un avait invent� un sort similaire permettant de parler aux vaches ?</p><p>Et s'il y avait des Volaillelangue ?</p><p>Ou tant qu'on y �tait...</p><p>Harry se figea sous l'effet de la compr�hension soudaine, alors m�me qu'une pleine fourchet�e de carottes �tait sur le point d'entrer dans sa bouche.</p><p><emphasis>C'�tait impossible, �a ne pouvait pas �tre vrai, certainement qu'aucun sorcier ne serait assez stupide pour faire CA...</emphasis></p><p>Et il le sut, alors que naissait une sensation morbide au fond de son estomac. <emphasis>Bien s�r</emphasis> que quelqu'un serait assez stupide. Salazar Serpentard n'avait probablement jamais consid�r� les implications morales de l'intelligence reptilienne, pas m�me pendant une seconde, tout comme �a ne lui �tait m�me pas venu � l'esprit que les <emphasis>n�s-Moldus</emphasis> puissent �tre assez intelligents pour m�riter d'avoir des droits. La plupart des gens ne remarquaient m�me pas qu'un probl�me moral existait tant qu'on ne le leur avait pas directement montr�...</p><p>"Harry ?" dit Terry, � c�t� de lui, comme s'il avait peur d'�tre sur le point de regretter d'avoir pos� la question. "Pourquoi est-ce que tu regardes ta fourchette comme �a ?"</p><p>"Je commence � penser que la magie devrait �tre ill�gale," dit Harry. "Au fait, est-ce que tu as d�j� entendu des histoires au sujet de sorciers capables de parler aux plantes ?"</p><empty-line/><p>Terry n'avait jamais rien entendu de cet acabit.</p><p>Pas plus qu'aucun des autres Serdaigle de septi�me ann�e auxquels Harry avait pos� la question.</p><p>Il revint donc � sa place mais ne s'assit pas imm�diatement, regardant son assiette de l�gumes avec un air d�sesp�r�. Il avait de plus en plus faim et allait, plus tard dans la journ�e, rendre visite � la Chambre de Marie pour y d�guster l'un de leurs plats incroyablement d�licieux... la tentation de revenir � ses habitudes alimentaires de la veille et � ne plus y penser commen�ait � �tre douloureuse.</p><p><emphasis>Tu dois manger quelque chose</emphasis>, dit son Serpentard int�rieur. <emphasis>Et la probabilit� qu'un sorcier ait saupoudr� un peu de conscience de soi sur des volailles n'est pas si �lev�e que </emphasis>�a <emphasis>compar�e � la probabilit� qu'il l'ait fait sur des plantes, alors, puisque de toute fa�on tu en es � manger de la nourriture dont la sentience est soup�onnable, pourquoi ne pas manger ces d�licieuses tranches de Dirico grill�es dans l'huile ?</emphasis></p><p><emphasis>Je ne suis pas s�r que ce soit de la bonne logique utilitariste, l� -</emphasis></p><p><emphasis>Oh, tu veux de la logique utilitariste ? Eh bien en voil� une bonne part : M�me au cas peu probable o� un abruti </emphasis>aurait<emphasis> r�ussi � conf�rer la sentience aux poulets, c'est </emphasis>tes<emphasis> recherches qui ont le plus de chances de le d�couvrir et de faire quelque chose � ce sujet. Si tu peux finir ton travail, m�me un peu plus vite, en ne chamboulant </emphasis>pas<emphasis> ton r�gime alimentaire, alors, aussi contre-intuitif que ce soit, la </emphasis>meilleure<emphasis> chose que tu puisses faire pour sauver le plus grand nombre possible de je-ne-sais-quoi possiblement sentients, c'est de ne </emphasis>pas<emphasis> perdre ton temps � conjecturer follement sur la bonne marche � suivre. Ce n'est pas comme si les elfes de maison n'avaient pas d�j� pr�par� la nourriture, que tu la mettes dans ton assiette ou pas.</emphasis></p><p>Harry consid�ra cela pendant un moment. C'�tait un raisonnement s�duisant -</p><p><emphasis>Bien ! </emphasis>dit Serpentard. <emphasis>Je suis heureux que tu voies maintenant que le choix moral est de sacrifier la vie d'�tres sentients pour ton confort personnel, pour nourrir tes app�tits morbides, pour le plaisir ancestral de les d�chirer de tes dents -</emphasis></p><p><emphasis>Quoi ? </emphasis>pensa Harry avec indignation. <emphasis>Tu es dans quel camp, l� ?</emphasis></p><p>La voix de son Serpentard mental �tait sinistre. <emphasis>Toi aussi tu ouvriras un jour les bras � la doctrine selon laquelle... la faim justifie les moyens. </emphasis>Ceci fut suivit par une sorte de rire sarcastique mental.</p><p>Depuis que Harry avait commenc� � s'inqui�ter de la possibilit� que les plantes soient sentientes, ses composants non-Serdaigle avaient eu du mal � prendre ses doutes moraux au s�rieux. Poufsouffle criait <emphasis>Cannibalisme ! </emphasis>� chaque fois que Harry essayait de penser � quelque chose de comestible, et Gryffondor visualisait cette nourriture en train de crier, m�me s'il s'agissait d'un sandwich -</p><p><emphasis>Cannibalisme !</emphasis></p><p><emphasis>AAAIIEEEEEE NE ME MANGE PAS -</emphasis></p><p><emphasis>Ignore les cris, mange-le quand m�me ! C'est le genre de situation o� il faut compromettre son �thique au service de ses id�aux, </emphasis>tout le monde <emphasis>pense que c'est normal de manger des sandwiches alors tu ne peux pas utiliser ta rationalisation habituelle au sujet de la faible probabilit� d'un grand d�savantage dans le cas o� tu serais pris -</emphasis></p><p>Harry laissa �chapper un soupir mental et pensa : <emphasis>Tant �a ne te d�range pas que </emphasis>nous<emphasis> soyons d�vor�s par des monstres g�ants qui n'ont pas assez faits de recherches pour d�couvrir si on �tait sentients ou pas.</emphasis></p><p><emphasis>�a ne me d�range pas, </emphasis>dit Serpentard. <emphasis>�a ne d�range personne </emphasis>(hochements de t�te mentaux). <emphasis>? G�nial, on peut en revenir aux tranches de Dirico plong�es dans l'huile bouillante maintenant ?</emphasis></p><p><emphasis>Pas avant que j'ai fait quelques recherches pour d�couvrir ce qui est sentient et ce qui ne l'est pas. Maintenant la ferme. </emphasis>Et Harry se d�tourna d'un geste volontaire de son assiette pleine de l�gumes si tentants avant de se diriger vers la biblioth�que -</p><p><emphasis>Mange juste les �l�ves,</emphasis> dit Poufsouffle. <emphasis>Il n'y a aucun doute quant � </emphasis>leur<emphasis> sentience.</emphasis></p><p><emphasis>Tu sais que tu en as envie, </emphasis>dit Gryffondor. <emphasis>Je parie que les plus jeunes sont les plus go�tus.</emphasis></p><p>Harry commen�ait � se demander si le D�traqueur n'�tait pas parvenu � endommager ses personnalit�s imaginaires.</p><empty-line/><p>"<emphasis>Franchement,</emphasis>" dit Hermione d'une voix acerbe tandis que son regard scannait les rayons de Botanique de la biblioth�que de Poudlard. Harry lui avait laiss� un message lui demandant si elle pouvait se rendre � la biblioth�que apr�s le petit d�jeuner que lui-m�me avait saut� ; mais lorsque Harry avait introduit le sujet du jour, elle avait sembl� un peu d�contenanc�e. "Tu sais ce que c'est ton probl�me, Harry ? Tu n'a aucun sens des priorit�s. Une id�e te vient et tu dois tout de suite la poursuivre."</p><p>"J'ai un <emphasis>excellent</emphasis> sens des priorit�s," dit Harry. Sa main s'avan�a et il attrapa <emphasis>Rouerie v�g�tale</emphasis>, de Casey McNama, puis il commen�a � faire d�filer les premi�res pages, � la recherche de la table des mati�res. "C'est pourquoi je veux d�couvrir si les plantes peuvent parler <emphasis>avant</emphasis> de manger mes carottes."</p><p>"Tu ne penses pas qu'on a peut-�tre des choses plus <emphasis>importantes</emphasis> � faire ?"</p><p><emphasis>On dirait Draco</emphasis>, pensa Harry, mais il ne le dit �videmment pas. Ce qu'il dit fut : "Qu'est qui <emphasis>pourrait</emphasis> �tre plus importante que la d�couverte que les plantes sont sentientes ?"</p><p>Il y eut un silence �loquent, et il baissa les yeux sur la table des mati�res. Il y avait bien un chapitre sur le langage des plantes, ce qui fit manquer un battement � son c�ur ; et ses mains commenc�rent alors � rapidement tourner les pages, en direction du bon num�ro.</p><p>"Parfois," dit Hermione Granger, "je n'ai vraiment, mais alors vraiment aucune id�e de ce qui se passe dans ta t�te."</p><p>"�coute, c'est une question de multiplication. Il y a <emphasis>beaucoup</emphasis> de plantes dans le monde, et si elles ne sont <emphasis>pas</emphasis> sentientes alors elles n'ont pas d'importance, mais si les plantes <emphasis>sont</emphasis> des gens, alors cela leur donne plus de poids moral que toute l'humanit� r�unie. Bien s�r, ton cerveau ne s'en pas intuitivement compte, mais c'est parce que le cerveau ne sait pas multiplier. Par exemple si tu demandes � trois groupes de maisonn�es canadiennes ce qu'elles seraient pr�tes � payer pour sauver deux mille, vingt mille ou deux cent mille oiseaux d'une mort par mar�e noire, les trois groupes r�pondront qu'ils sont respectivement pr�ts � payer soixante dix huit, quatre-vingt huit et quatre-vingt dollars. En d'autres termes, aucune diff�rence. �a s'appelle l'insensibilit� � l'�chelle. Ton cerveau imagine un seul oiseau luttant dans une mare de p�trole, et cette image cr��e une quantit� donn�e d'�motion qui d�termine ce que tu es pr�te � payer. Mais personne ne peut visualiser ne serait-ce que deux mille "quelque chose", alors la <emphasis>quantit�</emphasis> est imm�diatement �vacu�e. Essaie maintenant de <emphasis>corriger</emphasis> ce biais pour <emphasis>cent billions</emphasis> de brins d'herbe sentients, et tu comprendras qu'ils pourraient avoir des milliers de fois plus d'importance que celle que nous accordions � l'esp�ce humaine... oh, Azathot merci, �a dit qu'il ne s'agit que de quelques plantes magiques capables de parler et qu'elles parlent le langage humain � voix haute, pas qu'il existe un sort permettant de parler � <emphasis>n'importe quelle</emphasis> plante -"</p><p>"Ron est venu me voir au petit d�jeuner hier matin," dit Hermione. Sa voix �tait � pr�sent un peu �touff�e, un peu triste, et peut-�tre m�me un peu effray�e. "Il a dit que te voir m'embrasser l'avait mortifi�. Que ce que tu avais dit quand tu �tais D�traqu� aurait d� me montrer tout le mal que tu cachais � l'int�rieur de toi. Et que si je comptais �tre la disciple d'un Mage Noir, alors il ne comptait certainement plus faire partie de mon arm�e."</p><p>Les mains de Harry cess�rent de tourner les pages. Il semblait que le cerveau de Harry, en d�pit de tout son savoir abstrait, �tait toujours incapable d'appr�cier des diff�rences d'�chelle � un niveau v�ritablement �motionnel, car il venait vigoureusement rediriger son attention, loin de billions de brins d'herbes peut-�tre sentients qui pouvaient �tre en train de souffrir, voir de mourir � l'instant m�me, vers la vie d'un seul �tre humain qui se trouvait �tre plus proche et lui �tre plus cher.</p><p>"Ron est le plus grand des cr�tins," dit Harry. "Et �a ne risque pas de para�tre dans les journaux, parce que ce n'est pas une nouvelle. Alors apr�s que tu l'ais vir�, combien de ses bras et de ses jambes as-tu bris�s ?"</p><p>"J'ai essay� de lui dire que les choses n'�taient pas ce qu'elles semblaient �tre," dit Hermione de la m�me petite voix. "j'ai essay� de lui dire que <emphasis>tu</emphasis> n'est pas comme �a, et que ce n'�tait pas comme �a entre nous, mais �a n'a sembl� faire que le... le renforcer dans ses convictions."</p><p>"Eh bien oui," dit Harry. Il �tait surpris de n'�tre pas plus en col�re contre le capitaine Weasley, mais sa pr�occupation pour Hermione semblait prendre le dessus pour le moment. "Plus tu essaies de te justifier aupr�s de ce genre de personne, plus cela ent�rine le fait qu'ils ont le <emphasis>droit</emphasis> de te remettre en question. �a montre que tu penses qu'ils peuvent �tre tes inquisiteurs, et une fois que tu donnes ce genre de pouvoir � quelqu'un, il ne va faire qu'insister encore et encore." C'�tait l'une des le�ons de Draco Malfoy que Harry avait trouv�es assez intelligentes : les gens qui <emphasis>essayaient</emphasis> de se d�fendre se faisaient interroger sur chaque petit d�tail et n'arrivaient jamais � satisfaire leurs interrogateurs ; mais si vous faisiez clairement sentir d�s le d�but que vous �tiez une c�l�brit� au-dessus des conventions sociales, l'esprit des gens ne se fatiguerait pas � prendre note de toutes les entorses aux r�gles. "C'est pourquoi quand Ron est venu <emphasis>me</emphasis> voir, quand j'�tais assis � la table Serdaigle, et qu'il m'a dit de rester loin de toi, j'ai mis ma main au-dessus du sol et j'ai dit 'Tu vois la hauteur o� j'ai mis ma main ? C'est le niveau d'intelligence minimum pour avoir le droit de me parler.' Et alors il m'a accus� de, je cite, t'aspirer dans les t�n�bres, fin de citation, alors j'ai resserr� mes l�vres et j'ai fait <emphasis>shluuuuurp</emphasis> et apr�s �a sa bouche faisait encore ces bruits en forme de parole alors j'ai lanc� un Silencio. Je ne pense pas qu'il essaiera � nouveau de me faire la morale."</p><p>"Je comprends pourquoi tu as fait �a," dit Hermione d'une voix pinc�e, "je <emphasis>voulais</emphasis> le renvoyer, moi aussi, mais j'aurais vraiment aim� que tu ne le fasses pas, �a va rendre les choses plus difficiles pour <emphasis>moi</emphasis>, Harry !"</p><p>Ce dernier releva de nouveau les yeux de <emphasis>Roueries V�g�tales</emphasis>, de toute fa�on il n'avan�ait pas dans sa lecture ; et il vit que Hermione lisait toujours son livre, qu'elle ne le regardait pas. Alors m�me qu'il regardait, les mains de cette derni�re tourn�rent une autre page.</p><p>"Je pense que tu as choisi une mauvaise approche en essayant de te d�fendre," dit Harry. "Vraiment. Tu es qui tu es. Tu es l'amie de qui tu veux. Dis � tous ceux qui questionnent cela de mettre leur questions o� je pense."</p><p>Hermione se contenta de secouer la t�te, et elle tourna une autre page.</p><p>"Option deux," dit Harry. "Vas voir Fred et George et dis leur d'avoir une petite conversation avec leur fr�re difficile, <emphasis>ces deux-l�</emphasis> sont vraiment des mecs bien -"</p><p>"Il ne s'agit pas que de Ron," dit Hermione, presque dans un murmure. "Plein de gens disent �a, Harry. M�me Mandy me regarde d'un air inquiet quand elle pense que je ne regarde pas. C'est dr�le, non ? Je n'arr�te pas de m'inqui�ter � l'id�e que le professeur Quirrell puisse t'aspirer dans les t�n�bres, et maintenant les gens me mettent en garde exactement comme j'essaie de le faire pour toi."</p><p>"Ben <emphasis>ouais</emphasis>," dit Harry. "Est-ce que �a ne te rassure pas un peu sur le professeur Quirrell et moi ?"</p><p>"En un mot," dit Hermione, "non."</p><p>Il y eut un silence qui dura assez pour que Hermione tourne une autre page, puis sa voix, un vrai chuchotement cette fois-ci, "et, et Padma court partout en disant que, que puisque je n'ai pas pu lancer le P-Patronus, �a veut dire que je fais seulement s-semblant d'�tre g-gentille..."</p><p>"Padma n'a m�me pas <emphasis>essay�</emphasis> !"dit Harry d'un ton indign�. "Si tu �tais une Mage Noire qui faisait seulement semblant, tu n'aurais pas <emphasis>essay�</emphasis> devant tout le monde, est-ce qu'ils pensent que tu es <emphasis>stupide</emphasis> ?"</p><p>Hermione sourit un peu et cligna plusieurs fois des yeux.</p><p>"H�, <emphasis>moi</emphasis> je dois m'inqui�ter de la possibilit� que je devienne <emphasis>vraiment</emphasis> mal�fique. <emphasis>L�</emphasis>, le sc�nario catastrophe, c'est que les gens pensent que tu es plus mal�fique que tu ne l'es en r�alit�. Est-ce que �a va te tuer ? Je veux dire, est-ce que c'est si <emphasis>grave</emphasis> que �a ?"</p><p>La jeune fille hocha la t�te, le visage renfrogn�.</p><p>"�coute Hermione... si tu t'inqui�tes tant de ce que les gens pensent, si tu es malheureuse � chaque fois que les gens ne te voient pas exactement de la m�me fa�on que tu te vois toi-m�me, alors tu t'es <emphasis>d�j�</emphasis> condamn�e au malheur. Personne ne nous voit jamais comme nous nous voyons nous-m�me."</p><p>"Je ne sais pas comment t'expliquer," dit Hermione d'une voix douce. "Je ne sais pas si c'est quelque chose que tu pourras un jour comprendre. Tout ce que je peux te dire c'est : comment te sentirais-tu si <emphasis>je</emphasis> pensais que tu �tais mal�fique ?"</p><p>"Euh..." Harry le visualisa. "Oui, �a me <emphasis>ferait</emphasis> mal. Beaucoup. Mais tu es quelqu'un de bien qui pense intelligemment � ce genre de choses, tu as <emphasis>m�rit�</emphasis> ce pouvoir sur moi, �a <emphasis>voudrait dire</emphasis> quelque chose si tu pensais que je m'�tais �gar�. Je n'arrive pas � imaginer un seul �l�ve, � part toi, dont l'opinion m'importerait autant -"</p><p>"Tu peux vivre comme �a," chuchota Hermione Granger. "Moi pas."</p><p>La fille avait lu trois autre pages en silence, et Harry en �tait revenu � son livre, essayant de garder sa concentration, quand Hermione dit enfin, d'une petite voix : "Es-tu vraiment certain que je ne dois pas savoir comment lancer le Patronus ?"</p><p>"Je..." Harry dut avaler une boule dans sa gorge. Il se vit soudain, lui, ne sachant <emphasis>pas</emphasis> pourquoi il n'arrivait pas � lancer le Patronus, ne pouvant <emphasis>pas</emphasis> le montrer � Draco, se faisant dire qu'il y avait une raison, ne sachant rien de plus. "Hermione, ton Patronus brillerait de la m�me lumi�re mais il ne serait pas <emphasis>normal</emphasis>, il ne ressemblerait pas � ce que les gens attendent d'un Patronus, tous ceux qui le verraient sauraient que ce n'est pas normal. M�me si je te donnais le secret tu ne pourrais pas le <emphasis>d�montrer</emphasis> � qui que ce soit, � moins de les faire regarder ailleurs, pour qu'ils puissent seulement voir la lumi�re, et... et la partie la plus importante d'un secret, c'est de savoir que le secret existe, tu pourrais seulement le montrer � un ou deux amis, si tu les faisais promettre..." La voix de Harry resta en suspens.</p><p>"J'accepte." Sa voix �tait encore �touff�e.</p><p>Harry eut beaucoup de mal � ne pas lui dire le secret, ici, dans la biblioth�que.</p><p>"Je, je ne devrais pas, je ne devrais <emphasis>vraiment</emphasis> pas, c'est <emphasis>dangereux</emphasis>, Hermione, �a pourrait causer beaucoup de dommages si le secret �tait �vent� ! Tu n'as pas entendu le dicton, trois personnes peuvent garder un secret si deux d'entre elles sont mortes ? Qu'essayer de le dire seulement � tes amis les plus proches, c'est comme de le dire � tout le monde, parce que tu ne fais pas confiance qu'� eux, tu fais aussi confiance � tous ceux en qui ils ont confiance ? C'est trop important, le risque est trop grand, ce n'est pas le genre de d�cision qui devrait �tre prise dans le but d'arranger la r�putation de quelqu'un � l'�cole !"</p><p>"D'accord," dit Hermione. Elle ferma le livre et le remit sur l'�tag�re. "Je ne peux pas me concentrer Harry, je suis d�sol�e."</p><p>"S'il y a <emphasis>quoi que ce soit</emphasis> d'autre que je puisse faire -"</p><p>"Sois plus gentil avec tout le monde."</p><p>Elle ne se retourna pas en quittant la biblioth�que, ce qui fut peut-�tre une bonne chose, parce que le gar�on �tait fig� sur place, immobile.</p><p>Apr�s un moment, le gar�on recommen�a � tourner les pages.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 49*: Information � priori</strong></p><p>Un gar�on attend dans une petite clairi�re, � la lisi�re de la for�t non-interdite, pr�s d'un chemin de terre qui se prolonge vers les portes de Poudlard d'un c�t� et vers l'horizon de l'autre. Une charrette se trouve non loin, et le gar�on se tient � bonne distance de celle-ci. Il la regarde fixement.</p><p>Au loin, une silhouette s'approche le long du chemin de terre : Un homme en robes de fonction se tra�nant lentement, ses �paules affaiss�es, ses chaussures �l�gantes soulevant de petits nuages de poussi�re le long de ses pas.</p><p>Une demi-minute plus tard, le gar�on lui jette un autre coup d'�il rapide avant de revenir � sa surveillance ; et cet aper�u lui montre que les �paules de l'homme se sont redress�es, que son visage s'est affermi, et que ses chaussures marchent maintenant avec l�g�ret� au-dessus de la terre sans laisser de trace de poussi�re derri�re elles.</p><p>"Bonjour, professeur Quirrell," dit Harry sans laisser ses yeux se d�tourner � nouveau de la charrette.</p><p>"Salutations," dit la voix calme du professeur Quirrell. "Vous semblez garder vos distance, M. Potter. J'imagine que vous ne remarquez rien d'�trange quant � notre moyen de transport ?"</p><p>"�trange ?" r�pondit Harry en �cho. "Ma foi non, je ne peux pas dire que j'y vois quoi que ce soit d'�trange. Tout semble y �tre dans les proportions habituelles : quatre si�ges, quatre roues, deux immenses chevaux squelettes ail�s..."</p><p>Un cr�ne entour� de peau se d�tourna et lui montra ses dents, solides et blanches dans leur bouche caverneuse et noire, comme pour indiquer que l'affection �tait r�ciproque. L'autre cheval squelette, noir et tann�, fit un geste de la t�te, comme pour piaffer, mais aucun son ne fut produit.</p><p>"Ce sont des Sombraux, et ils ont toujours tir� la charrette," dit le professeur Quirrell d'un ton assez paisible, alors qu'il montait sur le banc avant de la charrette et s'asseyait le plus � droite possible. "Ils ne sont visibles qu'� ceux qui ont vu la mort et l'ont comprise, une d�fense utile contre la plupart des pr�dateurs. Hm. J'imagine que la premi�re fois que vous avez fait face au D�traqueur, votre pire souvenir s'est av�r� �tre la nuit de votre rencontre avec Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ?"</p><p>Harry hocha la t�te d'un air lugubre. Le professeur Quirrell avait devin� juste, mais pour les mauvaises raisons. <emphasis>Ceux qui ont vu la mort...</emphasis></p><p>"Vous �tes-vous ce faisant souvenu de quoi que ce soit d'int�ressant ?"</p><p>"Oui," dit Harry, "en effet," cela seulement, et rien de plus, car il n'�tait pas encore pr�t � �mettre des accusations.</p><p>Le professeur de D�fense eut un de ses sourires secs et lui fit signe de venir d'un doigt impatient.</p><p>Harry franchit la distance qui les s�parait et monta dans la charrette en grima�ant. La sensation funeste �tait devenue sensiblement plus forte apr�s le D�traqueur, m�me si elle s'�tait lentement affaiblie auparavant. La distance maximale entre lui et le professeur Quirrell autoris�e par la charrette ne semblait plus suffire, loin de l�.</p><p>Les chevaux squelette se mirent alors au trot et la charrette se mit en mouvement, les menant vers les fronti�res externes de Poudlard. Le professeur Quirrell repassa en mode zombie, et m�me si la sensation funeste se r�tracta, elle planait toujours � la limite de la perception de Harry, impossible � ignorer...</p><p>La for�t d�fila, alors que la charrette les emportait, les arbres passant � une vitesse qui semblait tout � fait d�risoire compar�e � celle d'un balais ou m�me d'une voiture. Harry songea qu'il y avait quelque chose d'�trangement relaxant � voyager si lentement. Cela avait certainement d�tendu le professeur de D�fense, qui �tait affaiss�, un petit filet de bave sortant de sa bouche molle et faisant une flaque sur ses robes.</p><p>Harry n'avait toujours pas d�cid� de ce qu'il pourrait avoir � d�jeuner.</p><p>Ses recherches en biblioth�que ne lui avaient pas permit de d�celer le moindre signe d'un sorcier parlant � des plantes non magiques. Ou � aucun autre animal non magique, hormis les serpent, m�me si <emphasis>Sort et Parole</emphasis> de Paul Breedlove avait fait le r�cit de la fable probablement mythique d'une sorci�re nomm�e la Dame des �cureuils Volants.</p><p>Ce que Harry <emphasis>voulait</emphasis> faire, c'�tait en parler au professeur Quirrell. Le probl�me �tait que le professeur Quirrell �tait <emphasis>trop malin</emphasis>. � en juger par la r�action de Draco, cette histoire d'H�ritier de Serpentard �tait une bombe, et Harry n'�tait pas certain de vouloir mettre qui que ce soit d'autre au courant. Et au moment o� Harry parlerait de Fourchelangue, le professeur Quirrell le fixerait de ses yeux bleu p�le et dirait : 'Je vois, M. Potter, vous avez donc enseign� le Patronus � M. Malfoy et avez accidentellement parl� � son serpent.'</p><p>Le fait qu'il n'y aurait pas d� y avoir de preuves assez fortes pour localiser la bonne explication parmi toutes les hypoth�ses n'avait <emphasis>aucune importance</emphasis>, et c'�tait sans parler de la fa�on dont il aurait pu d�passer la force de l'improbabilit� � priori. D'une fa�on o� d'une autre, le professeur de D�fense l'aurait <emphasis>quand m�me</emphasis> d�duit. Harry soup�onnait parfois le professeur Quirrell d'avoir bien plus d'information qu'il ne le laissait savoir, car ses � priori �tait tout simplement trop bons. Parfois, ses d�ductions incroyables �taient justes m�me quand ses <emphasis>raisons</emphasis> �taient mauvaises. Le probl�me �tait que Harry n'arrivait pas � voir comment le professeur Quirrell aurait pu se procurer un seul indice de plus au sujet de la moiti� des choses qu'il devinait. Juste <emphasis>une fois</emphasis>, Harry aurait aim� faire une esp�ce de d�duction incroyable � partir d'une parole du professeur Quirrell, une d�duction qui <emphasis>le</emphasis> prendrait totalement au d�pourvu.</p><empty-line/><p>"Je prendrai un bol de soupe au lentilles avec de la sauce soja," dit le professeur Quirrell � la serveuse. "Et pour M. Potter, un plat de Chili Tenorman maison."</p><p>Harry h�sita, en plein d�sarroi. Il avait prit la r�solution de s'en tenir aux plats v�g�tariens pour le moment, mais il avait oubli� au cours de ses d�lib�rations que c'�tait le professeur Quirrell qui <emphasis>commandait les plats </emphasis>- et il serait maladroit de protester maintenant -</p><p>La serveuse s'inclina, et se tourna pour partir -</p><p>"Euh, excusez-moi, �a ne contient pas de viande de serpent ou d'�cureuil volant ?"</p><p>La serveuse ne battit pas un cil et se tourna simplement vers Harry, puis elle secoua sa t�te, s'inclina de nouveau poliment et reprit son trajet vers la porte.</p><p>(Les autres parties de Harry se moquaient de lui. Gryffondor faisait des commentaires sardoniques quant au fait qu'un peu de d�sagr�ment social suffisait � le pousser au <emphasis>Cannibalisme ! </emphasis>(cri� par Poufsouffle), et Serpentard remarquait qu'il �tait bon que l'�thique de Harry soit flexible lorsqu'il s'agissait de buts importants tels que le maintien de bonnes relations avec le professeur Quirrell).</p><p>Apr�s que la serveuse ait ferm� la porte derri�re elle, le professeur Quirrell agita une main pour fermer le loquet, pronon�a les quatre sortil�ges d'intimit� habituels, et dit : "Une question int�ressante, M. Potter. Je me demande pourquoi vous l'avez pos�e."</p><p>Harry maintint une expression neutre. "Je m'informais sur le Patronus un peu plus t�t," dit-il. "� en croire "Le Patronus : ceux qui en �taient capables et les autres", il s'av�re que Godric n'en �tait pas capable, mais que Salazar, si. J'ai �t� surpris, alors j'ai suivi la r�f�rence, dans <emphasis>Quatre vies de Pouvoir</emphasis>. Et j'ai <emphasis>ensuite</emphasis> d�couvert que Salazar Serpentard �tait cens� pouvoir parler aux serpents." (La s�quentialit� et la causalit� �taient deux choses diff�rentes, mais ce n'�tait pas la faute de Harry si le professeur Quirrell �tait pass� � c�t�). "D'autres recherches r�v�l�rent une vieille histoire au sujet d'une d�esse m�re capable de parler aux �cureuils volants. J'�tais un peu inquiet � l'id�e de manger une chose dou�e de parole."</p><p>Et Harry prit une gorg�e d'eau d'un air d�contract� -</p><p>- juste quand le professeur Quirrell r�pondit : "M. Potter, aurais-je raison de deviner que vous aussi �tes Fourchelangue ?"</p><p>Quand Harry eut fini de tousser, il reposa son verre sur la table et fixa son regard sur le menton du professeur Quirrell plut�t que sur ses yeux, puis il dit : "Vous �tes donc capable d'op�rer une L�gilimancie � travers mes barri�res Occlumantiques."</p><p>Le professeur Quirrell avait un large sourire. "Je prendrai cela comme un compliment, M. Potter, mais non."</p><p>"Je ne marche plus," dit Harry. "Il est <emphasis>impossible</emphasis> que vous en soyez arriv� � cette conclusion en vous basant sur ces informations."</p><p>"Bien s�r que non," dit calmement le professeur Quirrell. "Je comptais vous poser cette question aujourd'hui de toute fa�on, et j'ai simplement choisi un moment opportun. Je le soup�onne depuis d�cembre, � vrai dire -"</p><p>"<emphasis>D�cembre ?</emphasis>" dit Harry. "Je l'ai d�couvert <emphasis>hier</emphasis> !"</p><p>"Ah, alors vous ne vous �tiez pas rendu compte que le message du Choixpeau � votre intention avait �t� en Fourchelangue ?"</p><p>Le professeur Quirrell avait parfaitement choisi son moment, une fois de plus, juste quand Harry avait pris un peu d'eau pour s'�claircir la gorge apr�s la premi�re quinte de toux.</p><p>Harry ne s'en �tait <emphasis>pas</emphasis> rendu compte, pas avant cet instant. C'�tait bien s�r devenu �vident d�s que le professeur Quirrell l'avait dit. Mais oui, le professeur McGonagall lui avait m�me <emphasis>dit</emphasis> de ne pas parler aux serpents quand il pouvait �tre vu, mais il avait pens� qu'elle avait fait r�f�rence � des statues ou � des monuments architecturaux de Poudlard ressemblant � des serpents. Double illusion de transparence, il avait pens� qu'elle l'avait compris, elle avait pens� qu'il l'avait comprise - mais <emphasis>comment</emphasis> -</p><p>"Donc," dit Harry, "vous avez op�r� une L�gilimancie sur moi pendant mon premier cours de D�fense afin de d�couvrir ce qui s'�tait pass� avec le Choixpeau -"</p><p>"Alors je ne l'aurais pas d�couvert en d�cembre." Le professeur Quirrell s'inclina contre le dossier de sa chaise en souriant. "Ce n'est pas une �nigme que vous pouvez r�soudre seul, M. Potter, et je vais donc vous r�v�ler la r�ponse. Pendant les vacances d'hiver, j'ai �t� inform� du fait que le directeur avait soumis une requ�te pour qu'un jury � huis clos r�examine le cas d'un certain M. Rubeus Hagrid, que vous savez �tre le Gardien des Cl�s de Poudlard, et qui a �t� accus� du meurtre de Mimi Geignarde en 1943."</p><p>"Oh, bien s�r," dit Harry, "voil� qui rend parfaitement <emphasis>�vident</emphasis> le fait que je suis un Fourchelangue. Professeur, par tous les suaves serpents susurrants -"</p><p>"L'<emphasis>autre</emphasis> suspect du meurtre �tait le monstre de Serpentard, le l�gendaire habitant de la Chambre des Secrets. C'est la raison pour laquelle mes sources m'ont alert� de ce fait, et pourquoi il a suffisamment attir� mon attention pour que je d�pense une bonne quantit� de pots-de-vins afin d'apprendre les d�tails de l'affaire. Maintenant, M. Potter, il se trouve que M. Hagrid est innocent. Tellement �videmment innocent que c'en est ridicule. Il est le t�moin � l'innocence la plus flagrante � avoir �t� condamn� par le syst�me judiciaire d'Angleterre magique depuis que le sort de Confusion op�r� par Grindelwald sur Neville Chamberlain a �t� mis sur le dos d'Amanda Knox. Le directeur Dippet a us� de l'un des �l�ves comme d'une marionnette afin d'accuser M. Hagrid parce qu'il avait besoin d'un bouc-�missaire auquel reprocher la mort de Mlle. Geignarde, et notre merveilleux syst�me judiciaire a agr�� que l'histoire �tait suffisamment plausible pour justifier l'expulsion de M. Hagrid et la confiscation de sa baguette. Notre directeur actuel a simplement besoin d'apporter quelques �l�ments de preuve suppl�mentaires suffisamment importants pour que le jury se r�unisse de nouveau ; et puisque ce n'est plus Dippet qui fait pression mais Dumbledore, le r�sultat est couru d'avance. Lucius Malfoy n'a pas de raison particuli�re de craindre le jour o� M. Hagrid sera innocent� ; il ne r�sistera donc � cet appel que dans la mesure o� cela ne lui co�tera rien tout en imposant des frais � Dumbledore, et Dumbledore est clairement pr�t � poursuivre en d�pit de cela."</p><p>Le professeur Quirrell but une gorg�e d'eau. "Mais je digresse. Le nouvel �l�ment de preuve promit par le directeur est un sortil�ge li� au Choixpeau, jusqu'alors jamais d�tect�, et qui, selon le directeur, r�pond uniquement aux Fourchelangues de Serpentard. Le directeur soutient que cela favorise l'interpr�tation selon laquelle la Chambre des Secrets a bien �t� ouverte en 1943, soit approximativement � l'�poque o� Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, qu'on sait �tre Fourchelangue, �tudiait � Poudlard. C'est un raisonnement assez discutable, mais un jury pourrait d�cider que cela fait suffisamment pencher la balance pour mettre en doute la culpabilit� de M. Hagrid, du moins si le jury parvient � garder un air s�rieux en disant cela. Et nous en arrivons maintenant � la question cruciale : <emphasis>comment</emphasis> le directeur a-t-il d�couvert ce sort cach� dans le Choixpeau ?"</p><p>Le professeur Quirrell avait maintenant un fin sourire. "Eh bien, en supposant maintenant qu'un Fourchelangue se soit trouv� dans la fourn�e d'�l�ves annuelle, ce serait un H�ritier de Serpentard potentiel. Vous devez admettre, M. Potter, que vous vous d�marquez � chaque fois qu'il s'agit de trouver une personne extraordinaire. Et si je me demande alors quel nouveau Serpentard courait le plus le risques de voir son intimit� mentale envahie par le directeur dans le but sp�cifique de trouver des souvenirs du Triage, eh bien, vous vous d�marquez encore plus." Le sourire disparut. "Vous voyez donc, M. Potter, que ce n'est pas <emphasis>moi</emphasis> qui ai envahi votre esprit, m�me si je ne vous demanderai pas de pr�senter vos excuses. Ce n'est pas votre faute si vous avez cru aux d�n�gations de Dumbledore quant � son intrusion dans votre intimit� mentale."</p><p>"Mes excuses les plus sinc�res," dit Harry en gardant une expression neutre. Le strict contr�le qu'il exer�ait sur lui-m�me constituait une confession � lui seul, tout comme la sueur qui maculait son front ; mais il ne pensait pas que le professeur Quirrell en tirerait quelque information que ce soit. Il penserait seulement que Harry �tait nerveux � l'id�e d'avoir �t� r�v�l� �tre l'H�ritier de Serpentard plut�t qu'� l'id�e qu'il puisse se rendre compte que Harry avait d�lib�r�ment choisi de trahir le secret de Serpentard... choix qui n'avait maintenant l'air plus si malin que �a.</p><p>"Donc, M. Potter. Quelque progr�s dans votre qu�te de la Chambre des Secrets ?"</p><p><emphasis>Non,</emphasis> pensa Harry. Mais pour maintenir un d�ni plausible, il fallait avoir l'habitude d'esquiver certaines questions, m�me lorsque l'on n'avait rien � cacher... "Avec tout votre respect, professeur Quirrell, si j'avais fait de tels progr�s, il ne m'appara�t pas comme <emphasis>totalement</emphasis> �vident que je devrais vous en faire part."</p><p>Le professeur Quirrell sirota de nouveau son verre d'eau. "Dans ce cas, M. Potter, je vous dirai librement ce que je sais ou soup�onne. D'abord, je crois que la Chambre des Secrets est r�elle, tout comme le monstre de Serpentard. La mort de Mlle. Geignarde n'a �t� d�couverte que plusieurs heures apr�s s'�tre produite, alors que l'�cole aurait d� instantan�ment alerter le directeur. Son meurtre a donc �t� commis soit par le directeur Dieppe, ce qui est peu probable, soit par une entit� � laquelle Salazar Serpentard a donn� un niveau d'acc�s aux donjons sup�rieur � celui du directeur lui-m�me. Ensuite, je soup�onne que, contrairement � la l�gende populaire, la fonction du monstre de Serpentard ne soit <emphasis>pas</emphasis> de d�barrasser Poudlard de tous les n�s-Moldus. � moins que le monstre ne soit assez puissant pour vaincre le directeur et tous les enseignants, il ne pourrait triompher par la force. Plusieurs meurtres commis dans le secret feraient fermer l'�cole, comme cela a failli arriver en 1943, ou provoqueraient l'installation de nouveaux locaux. Alors, pourquoi le monstre de Serpentard, M. Potter ? Quel est sa v�ritable fonction ?"</p><p>"Ah..." Harry baissa les yeux jusqu'� son verre d'eau et essaya de r�fl�chir. "Pour tuer quiconque entre dans la Chambre et n'y a pas sa place -"</p><p>"Un monstre assez puissant pour vaincre une �quipe de sorciers ayant bris� les meilleures barri�res dont Salazar aurait pu �quiper sa Chambre ? Peu probable."</p><p>Harry se sentait un peu sous pression. "Eh bien, on l'appelle la Chambre des Secrets, alors peut-�tre que le monstre a un secret, ou qu'il <emphasis>est</emphasis> le secret ?" D'ailleurs, quel genre de secrets la Chambre des Secrets abritait-elle ? Harry n'avait pas fait beaucoup de recherches sur le sujet, en partie parce qu'il avait eu l'impression que personne ne savait rien -</p><p>Le professeur Quirrell souriait. "Pourquoi ne pas simplement �crire le secret ?"</p><p>"Ahhh..." dit Harry. "Parce que si le monstre parle Fourchelangue, cela assure que seul un v�ritable descendant de Serpentard pourrait l'entendre ?"</p><p>"Il serait assez simple de lier les barri�res de la Chambre � une phrase prononc�e en Fourchelangue. Pourquoi prendre la peine de cr�er le monstre ? �a ne peut pas avoir �t� facile de cr�er une cr�ature capable de vivre pendant des si�cles. Allons, M. Potter, cela devrait �tre �vident ; quels sont les secrets qui peuvent �tre transmis d'un �tre vivant � un autre, mais jamais �crits ?"</p><p>Harry le vit alors, avec un choc d'adr�naline qui fit bondir son c�ur, et sa respiration s'acc�l�ra. "<emphasis>Oh."</emphasis></p><p>Serpentard avait en effet �t� fort rus�. Assez pour trouver un moyen d'outrepasser l'Interdit de Merlin.</p><p>Les sortil�ges puissants ne pouvaient �tre transmis par des fant�mes ou par des livres, mais si vous pouviez faire une cr�ature sentiente capable de vivre assez longtemps et avec une assez bonne m�moire -</p><p>"Il me semble tr�s probable," dit le professeur Quirrell, "que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom a commenc� son ascension au pouvoir gr�ce � des secrets obtenus de la bouche du monstre de Serpentard. Que le savoir perdu de Salazar est la source de l'extraordinaire puissance de Vous-Savez-Qui. D'o� mon int�r�t pour la Chambre des Secrets et le cas de M. Hagrid."</p><p>"Je <emphasis>vois</emphasis>," dit Harry. Et si <emphasis>lui</emphasis>, Harry, pouvait trouver la Chambre des Secrets de Salazar... alors tout le savoir perdu que Lord Voldemort avait obtenu serait aussi <emphasis>sien</emphasis>.</p><p>Oui. C'�tait <emphasis>exactement</emphasis> comme �a que l'histoire devrait se d�rouler.</p><p>Ajoutez l'intelligence sup�rieure de Harry, quelques d�couvertes magiques originales et quelques lance-roquettes Moldus, et le combat serait totalement d�s�quilibr�, ce qui �tait exactement ce que Harry souhaitait.</p><p>Harry souriait � pr�sent, un sourire tr�s mal�fique. <emphasis>Nouvelle priorit� : Trouver tout ce qui � Poudlard ressemble de pr�s ou de loin � un serpent et essayer de lui parler. En commen�ant avec tout ce que tu as d�j� essay�, mais en parlant en Fourchelangue et pas en anglais - arranges-toi pour que Draco te laisse entrer dans les dortoirs Serpentard -</emphasis></p><p>"Ne vous r�jouissez pas trop, M. Potter, dit le professeur Quirrell. Le visage de ce dernier s'�tait vid� de toute expression. "Vous devez <emphasis>continuer</emphasis> de r�fl�chir. Quels furent les derniers mots du Seigneur des T�n�bres � l'intention du monstre ?"</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit Harry. "Comment l'un de nous deux pourrait-il le savoir ?"</p><p>"Visualisez la sc�ne, M. Potter. Laissez votre imagination se charger des d�tails. Le monstre de Serpentard - probablement une sorte de grand serpent, afin que seul un Fourchelangue puisse lui parler - a finit de faire part de tout le savoir qu'il poss�de � Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Il lui transmet l'ultime b�n�diction de Salazar et le pr�vient que la Chambre des Secrets doit maintenant rester ferm�e jusqu'� ce que le prochain descendant de Salazar se r�v�le �tre assez rus� pour pour l'ouvrir. Et celui destin� � devenir le Seigneur des T�n�bres hoche la t�te et lui dit -"</p><p>"Avada Kedavra," dit Harry, se sentant soudain malade.</p><p>"R�gle num�ro douze," dit doucement le professeur Quirrell. "Ne laisse jamais la source de ton pouvoir tra�ner l� o� quelqu'un pourrait la trouver."</p><p>Le regard de Harry descendit jusqu'� la nappe, qui s'�tait d�cor�e d'un motif endeuill� fait de fleurs et d'ombres noires. Cela semblait... trop triste pour �tre imagin�, le grand serpent de Serpentard avait seulement voulu aider Lord Voldemort, et ce dernier avait juste... il y avait quelque chose d'insupportablement douloureux dans cette image, quel genre de personne <emphasis>ferait</emphasis> �a � un �tre qui ne lui aurait offert rien d'autre que de l'amiti�... "<emphasis>Pensez-vous</emphasis> que le Seigneur des T�n�bres aurait -"</p><p>"Oui," dit le professeur Quirrell d'un ton cat�gorique. "Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom a laiss� un sacr� sillage de corps derri�re lui, M. Potter ; je doute qu'il ai omis celui-ci. S'il y avait d'autres artefacts mobiles dans la Chambre, il les aura aussi pris avec lui. Il pourrait toujours y avoir quelque chose qui m�rite d'�tre vu dans la Chambre des Secrets, et en la trouvant vous prouveriez �tre le v�ritable H�ritier de Serpentard. Mais n'y comptez pas trop. J'ai id�e que tout ce que vous y trouverez seront les restes du monstre de Serpentard reposant paisiblement dans sa tombe."</p><p>Ils rest�rent silencieux pendant quelques instants.</p><p>"Je pourrais avoir tort," dit le professeur Quirrell. "Ce n'est en fin de compte qu'une conjecture. Mais je souhaitais vous pr�venir, M. Potter, afin que la d�ception ne soit pas trop douloureuse."</p><p>Harry hocha l�g�rement la t�te.</p><p>"On pourrait presque en venir � regretter votre victoire d'enfant," dit le professeur Quirrell. Son sourire se tordit. "Si seulement Vous-Savez-Qui avait v�cu, vous auriez pu le persuader de vous enseigner une partie du savoir qui aurait �t� votre h�ritage, transmit d'un H�ritier � l'autre." Le sourire se tordit encore plus, comme pour se moquer de l'impossibilit�, �vidente m�me au vu de cette supposition.</p><p><emphasis>Note � moi-m�me</emphasis>, pensa Harry, avec un l�ger frisson et une pointe de col�re, <emphasis>m'assurer d'extraire mon h�ritage de l'esprit du Seigneur des T�n�bres, d'une fa�on ou d'une autre.</emphasis></p><p>Il y eut un autre silence. Le professeur Quirrell regardait Harry comme s'il attendait � ce que ce dernier lui demande quelque chose.</p><p>"Eh bien," dit Harry, "puisqu'on en parle, pourrais-je vous demander comment toute cette histoire de Fourchelangue a -"</p><p>On frappa alors � la porte. Le professeur Quirrell leva un doigt, comme pour le mettre en garde, puis il l'ouvrit d'un geste. La serveuse entra, tenant en �quilibre un immense plateau, sur lequel se trouvaient leurs plats, comme si l'ensemble n'avait rien pes� (de fait, c'�tait probablement le cas). Elle donna son bol de soupe verte et un verre de son Chianti habituel au professeur Quirrell ; et elle pla�a devant Harry une assiette de petits morceaux de viande tremp�s dans une sauce qui semblait �paisse, plus un verre de son soda � la m�lasse habituel. Puis elle s'inclina, parvenant � donner au salut une apparence de respect sinc�re plut�t que de politesse formelle, et elle s'en fut.</p><p>Le professeur Quirrell leva de nouveau un doigt, demandant le silence, et il sortit sa baguette.</p><p>Il commen�a alors un certain encha�nement d'incantations que Harry reconnut, et cela le fit inspirer brutalement. C'�tait la s�rie et l'ordre que M. Bester avait utilis�, l'ensemble complet de vingt-sept sorts que vous utiliseriez avant de parler de quoi que ce soit de vraiment important.</p><p>Si la discussion sur la Chambre des Secrets <emphasis>n'avait pas</emphasis> �t� importante -</p><p>Quand le professeur Quirrell en eut fini - il avait r�alis� <emphasis>trente</emphasis> sorts, dont trois que Harry n'avait jamais entendus - le professeur de D�fense dit : "Nous ne serons pas interrompus avant un moment. Sauriez-vous garder un secret, M. Potter ?"</p><p>Harry hocha la t�te.</p><p>"Un secret s�rieux, M. Potter," dit le professeur Quirrell. Ses yeux �taient attentifs, son visage solennel. "Un secret qui pourrait m'envoyer � Azkaban. R�fl�chissez avant de me r�pondre."</p><p>Pendant un moment, Harry ne vit m�me pas pourquoi il pourrait �tre difficile de r�pondre � la question �tant donn� sa collection de secrets en constante augmentation. Puis -</p><p><emphasis>Si ce secret peut envoyer le professeur Quirrell � Azkaban, �a veut dire qu'il a fait quelque chose d'ill�gal...</emphasis></p><p>Le cerveau de Harry fit quelques calculs. Quel que soit le secret, le professeur Quirrell ne pensait pas que son acte ill�gal aurait un impact n�gatif sur son image aux yeux de Harry. Il n'avait aucun avantage � ne <emphasis>pas</emphasis> conna�tre le secret. Et si cela r�v�lait quelque chose de mauvais au sujet du professeur Quirrell, il serait alors tout � l'avantage de Harry de le savoir, m�me s'il avait promis de ne le dire � personne.</p><p>"Je n'ai jamais eu grand respect pour l'autorit�," dit Harry. "Y compris les autorit�s l�gales et gouvernementales. Je garderai votre secret."</p><p>Harry ne prit pas la peine de demander si la r�v�lation valait le danger qu'elle poserait au professeur Quirrell. Le professeur de D�fense n'�tait pas stupide.</p><p>"Alors je dois v�rifier que vous �tes vraiment un descendant de Salazar," dit le professeur Quirrell, et il se leva de sa chaise. Harry, m� plus par un r�flexe et par son instinct que par un calcul, se propulsa hors de sa propre chaise.</p><p>Il y eut un flou, un passage, un mouvement soudain.</p><p>Harry interrompit son bond en arri�re paniqu� et se retrouva � mouliner des bras et � essayer de ne pas tomber tandis qu'un flot d'adr�naline s'�coulait fr�n�tiquement dans ses veines.</p><p>� l'autre bout de la pi�ce ondulait un serpent d'un m�tre de haut, aux yeux vert vif et au corps tortueusement couvert de bandes bleues et blanches. Harry ne s'y connaissait pas assez en serpents pour reconna�tre l'esp�ce, mais il savait que 'couleurs vives' signifiait 'venimeux'.</p><p>La sensation funeste avait ironiquement diminu� apr�s que le professeur de D�fense de Poudlard se fut transform� en un serpent venimeux.</p><p>Harry d�glutit et dit : "Salutations - ah, hssss, non, ah, <emphasis>ssalutationss.</emphasis>"</p><p>"<emphasis>Alorss</emphasis>," siffla le serpent. "<emphasis>Vouss parlez, j'entendss. Je parle, vouss entendez ?"</emphasis></p><p>"<emphasis>Oui, je comprends," </emphasis>siffla Harry.<emphasis> "Vouss �tess un Animaguss ?"</emphasis></p><p>"<emphasis>Bien ss�r</emphasis>," siffla le serpent. "<emphasis>Trente-ssept r�gless, num�ro trente-quatre : Devenir un Animaguss. Touss less gens ssens�s le font s'ilss en ssont capabless. Tr�s rare, donc."</emphasis> Les yeux du serpent �taient des surfaces plates log�es dans des abysses noires, des pupilles noires ac�r�es au milieu d'espaces gris. "<emphasis>C'est le moyen de sse parler le plus ss�r. Voyez-vous pourquoi ? Perssonne d'autre ne nouss comprend."</emphasis></p><p>"<emphasis>M�me ss'ilss ssont des sserpentss Animaguss ?"</emphasis></p><p>"<emphasis>Pass � moinss que l'h�ritier de Sserpentard ne le veuille."</emphasis> Le serpent �mit une s�rie de courts sifflements que le cerveau de Harry traduit en un rire sardonique. "<emphasis>Sserpentard pas sstupide. Sserpent Animaguss pass pareilss que Fourchelangue. Sserait �norme d�faut danss le plan."</emphasis></p><p>Eh bien <emphasis>voil�</emphasis> qui soutenait certainement que le Fourchelangue �tait une magie personnelle, pas le r�sultat d'une population de serpents sentiente dot�e d'un langage qu'un humain pouvait apprendre -</p><p>"<emphasis>Je ne ssuiss pass enregisstr�</emphasis>," siffla le serpent. Les abysses noires fixaient Harry. "<emphasis>Les Animaguss doivent �tre enregisstr�s. La peine est deux anss d'emprissonement. Garderez-vouss mon ssecret, enfant ?"</emphasis></p><p>"<emphasis>Oui," </emphasis>siffla Harry. "<emphasis>Ne brisserai jamaiss promessse."</emphasis></p><p>Le serpent sembla rester immobile, comme sous l'effet d'un choc, puis il se remit � onduler. "<emphasis>Nouss reviendronss dans ssept jourss. Amenez cape pour passser ssanss �tre vu, et ssablier pour d�placement danss le tempss."</emphasis></p><p>"<emphasis>Vous ssavez ?"</emphasis> siffla Harry, �berlu�. "<emphasis>Comment -</emphasis>"</p><p>Encore la s�rie de courts sifflements rapides qui se traduisaient par un rire sardonique. "<emphasis>Vouss arrivez � mon premier courss alors que vouss �tess encore � un autre, abattez vos ennemiss avec tarte, deux Rapeltouts -</emphasis>"</p><p>"<emphasis>Laisssez tomber</emphasis>," siffla Harry. "<emphasis>Quesstion sstupide, oubli� que vouss �tiez malin.</emphasis>"</p><p>"<emphasis>Sserait idiot de l'oublier,</emphasis>" dit le serpent, mais le sifflement ne r�v�lait pas d'offense.</p><p>"<emphasis>Ssablier resstreint,"</emphasis> dit Harry. "<emphasis>Ne peux pas utilisser avant neuvi�me heure."</emphasis></p><p>Le serpent se tordit le cou, un hochement de t�te reptilien. "<emphasis>Nombreusses resstrictions. Utilissable sseulement par vouss, ne peut �tre vol�. Ne peut transsporter d'autress humainss. Mais sserpent port� dans boursse viendra avec, je pensse. Pensse possible de tenir ssablier immobile danss coquille ssanss sse faire rep�rer pendant que vous tournerez la coquille. Tessteronss dans ssept jourss. Ne parleronss pas de ce qui vient apr�ss. Vous ne ditess rien, � perssonne. Ne donnez aucun ssigne d'attente, aucun. Compriss ?"</emphasis></p><p>Harry hocha la t�te.</p><p>"<emphasis>R�pondez en parole."</emphasis></p><p>"<emphasis>Oui."</emphasis></p><p>"<emphasis>Ferez comme j'ai dit ?"</emphasis></p><p>"<emphasis>Oui. Mais," </emphasis>Harry �mit un grincement vacillant que son esprit traduit par un "Euuuuh" h�sitant, "<emphasis>Je ne promet pass de faire, quoi que ce ssoit, que vouss n'avez pass dit -"</emphasis></p><p>Le serpent eut un frisson que l'esprit de Harry traduit par un regard s�v�re. "<emphasis>Bien ss�r que non. En disscuterons � prochaine rencontre."</emphasis></p><p>Le flou et le mouvement s'invers�rent, et le professeur Quirrell �tait de nouveau l�. Pendant un moment, le professeur lui-m�me sembla onduler comme l'avait fait le serpent, et ses yeux sembl�rent froids et plats ; puis ses �paules se redress�rent et il fut de nouveau humain.</p><p>Et l'aura de sensation funeste �tait revenue.</p><p>La chaise du professeur Quirrell fila vers lui, et il s'y assit. "Il serait absurde de g�cher ceci," dit le professeur Quirrell en se saisissant de sa cuill�re, "m�me si pour l'instant je pr�f�rerais une souris vivante. On ne peut jamais tout � fait d�lier un esprit du corps qu'il porte, voyez-vous..."</p><p>Harry reprit lentement son si�ge et commen�a � manger.</p><empty-line/><p>"Alors finalement la lign�e de Salazar n'est pas morte avec Vous-Savez-Qui," dit le professeur Quirrell apr�s un moment. "Il semblerait que des rumeurs disant que vous �tes mal�fique ont d�j� commenc� � se r�pandre parmi notre cher corps �tudiant ; je me demande ce qu'ils penseraient de cela s'ils le savaient."</p><p>"Ou s'ils savaient que j'ai d�truit un D�traqueur," dit Harry, et il haussa les �paules. "J'imagine que toute cette histoire s'apaisera la prochaine fois que je ferai quelque chose d'int�ressant. Hermione a du mal, cela dit, et je me demandais si vous auriez des suggestions pour elle."</p><p>Le professeur de D�fense but quelques cuiller�es de sa soupe en demeurant silencieux, puis ; et lorsqu'il parla, sa voix �tait �trangement neutre : "Vous tenez vraiment � cette fille."</p><p>"Oui," dit doucement Harry.</p><p>"J'imagine que c'est pourquoi elle a �t� capable de vous faire sortir de votre d�traquage ?"</p><p>"Plus ou moins," dit Harry. La phrase �tait vraie en un sens, mais pas pr�cise ; ce n'�tait pas que sa personnalit� d�traqu�e s'�tait souci�e de Hermione mais qu'elle avait �t� d�sorient�e.</p><p>"Je n'avais pas de tels amis quand j'�tais jeune." Toujours la m�me voix vide d'�motion. "Je me demande ce qui serait advenu de vous si vous aviez �t� seul ?"</p><p>Harry frissonna avant de pouvoir s'en emp�cher.</p><p>"Vous devez �prouver de la gratitude pour elle."</p><p>Harry hocha simplement la t�te. Pas tout � fait exact, mais vrai.</p><p>"Alors voil� ce que j'aurais pu faire � votre �ge, s'il y avait eu quelqu'un pour qui le faire -"</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 50*: �gocentrisme</strong></p><p>Padma Patil avait finit de d�ner un peu tard, non loin de sept heures et demie, et sortait maintenant de la Grande Salle � bonne allure, en chemin vers le dortoir Serdaigle et les salles d'�tude. Les ragots l'amusaient et la destruction de la r�putation de Granger l'amusait encore plus, mais tout cela pouvait la distraire de son travail scolaire. Elle avait remis � plus tard une r�daction d'une copie sur le bois de <emphasis>Iomillialor</emphasis> � rendre pour le cours de Botanique de la semaine suivante, et elle n'avait � pr�sent que cette nuit pour le terminer.</p><p>C'est en passant le long d'un couloir de pierre �troit et tordu qu'elle entendit le murmure, comme s'il �tait venu directement de son dos.</p><p>"<emphasis>Padma Patil...</emphasis>"</p><p>Elle pivota aussi vite que l'�clair, sa baguette, d�j� tir�e d'une poche de ses robes, atterrissant dans ses mains ; si Harry Potter pensait qu'il pouvait se faufiler derri�re elle et <emphasis>lui</emphasis> faire peur aussi facilement -</p><p>Il n'y avait personne.</p><p>Elle se retourna imm�diatement et regarda dans l'autre sens, si cela avait �t� un sortil�ge de Ventriloquie -</p><p>Il n'y avait personne derri�re non plus.</p><p>Le murmure revint, doux et dangereux, accompagn� d'un l�ger sifflement.</p><p>"<emphasis>Padma Patil, jeune Serpentard..."</emphasis></p><p>"Harry Potter, jeune Serpentard," dit-elle haut et fort.</p><p>Elle avait combattu Potter et sa L�gion du Chaos des dizaines de fois, et elle <emphasis>savait</emphasis> que, d'une fa�on ou d'une autre, Harry Potter �tait � l'�uvre...</p><p>...m�me si le sortil�ge de Ventriloquie ne fonctionnait que si le lanceur �tait � port�e de vue, et dans ce corridor tortueux elle pouvait facilement voir jusqu'au tournant de chaque extr�mit� ; il n'y avait personne ici...</p><p>...aucune importance. Elle connaissait son ennemi.</p><p>Il y eut un gloussement chuchot�, qui venait maintenant de derri�re elle, et elle pivota et pointa sa baguette vers le chuchotement puis s'�cria : "<emphasis>Luminos !</emphasis>"</p><p>L'�clair de lumi�re rouge partit et frappa le mur, et celui-ci s'illumina d'un halo cramoisi avant de s'�teindre bien vite.</p><p>Elle ne s'�tait pas vraiment attendue � ce que cela fonctionne. Harry Potter ne <emphasis>pouvait </emphasis>pas �tre invisible, pas pour de vrai, c'�tait une magie inaccessible � la plupart des <emphasis>adultes</emphasis>, et elle n'avait jamais cru aux neufs dixi�mes des histoires qui circulaient � son sujet.</p><p>La voix chuchotante rit de nouveau, � pr�sent depuis son flanc.</p><p>"Harry Potter se tient au bord du pr�cipice," murmura la voix comme si elle �tait maintenant tr�s proche de son oreille, "il vacille, mais vous, vous �tes d�j� en train de tomber, jeune Serpentard..."</p><p>"Le Choixpeau ne m'a jamais d�clar� Serpentard, <emphasis>moi</emphasis> !" Elle recula jusqu'au mur afin de ne pas avoir � regarder derri�re elle et leva sa baguette en position d'attaque.</p><p>Encore le doux rire. "Harry Potter est dans la salle commune de Serdaigle depuis une demi-heure, il aide Kevin Sifflebranche et Michael Corner � apprendre des recettes de potions. Mais cela n'a pas d'importance. Je suis ici pour te faire part d'un avertissement, Padma Patil, et si tu fais le choix de l'ignorer, cela te regarde."</p><p>"Tr�s bien," dit-elle froidement. "Vas-y et pr�viens moi, Potter, je n'ai pas peur de toi."</p><p>"Serpentard fut une grande Maison, jadis," dit le murmure ; il semblait �tre devenu plus triste. "Serpentard �tait une Maison que vous auriez �t� fi�re de choisir, Padma Patil. Mais quelque chose s'est produit, quelque chose a tourn� � l'aigre ; sais-tu ce qui est arriv� � la maison Serpentard, Padma Patil ?"</p><p>"Non, et je m'en fiche !"</p><p>"Mais tu devrais t'en pr�occuper," dit le murmure comme s'il �tait venu juste de derri�re sa t�te appuy�e au mur. "Car tu es toujours cette fille � qui le Choixpeau a offert ce choix. Penses-tu que choisir Serdaigle signifie que tu n'es pas Pansy Parkinson, que tu ne seras jamais Pansy Parkinson, quel que soit ton comportement ?"</p><p>En d�pit de tout, de petits frissons de peur se r�pandaient maintenant depuis sa colonne vert�brale jusqu'� la surface de sa peau. Elle avait aussi entendu <emphasis>ces</emphasis> histoires-l� au sujet de Harry Potter ; qu'il �tait secr�tement Legilimens. Mais elle se tint droite, et elle mit tout le mordant qu'elle put dans sa voix lorsqu'elle dit : "Les Serpentard sont devenus mauvais afin d'obtenir du pouvoir, tout comme <emphasis>toi</emphasis>, Potter. Et <emphasis>je</emphasis> ne le ferai pas. Jamais."</p><p>"Mais tu r�pandrais volontiers des rumeurs au sujet d'une fille innocente," chuchota la voix, "m�me si cela ne t'aide en rien � atteindre ne serait-ce qu'une seule de tes ambitions, et sans m�me consid�rer le fait qu'elle a des alli�s puissants qui pourraient s'en trouver offens�s. Ce n'est pas l� le fier Serpentard des jours anciens, Padma Patil, ce n'est pas la fiert� de Salazar, c'est un Serpentard en d�composition, Padma Parkinson au lieu de Padma Malfoy..."</p><p>Elle commen�ait � �tre plus terroris�e qu'elle ne l'avait jamais �t� au cours de sa vie, et la possibilit� qu'il s'agisse <emphasis>vraiment</emphasis> d'un fant�me commen�ait � s'insinuer dans son esprit. Elle n'avait jamais entendu dire que les fant�mes pouvaient se dissimuler ainsi, mais peut-�tre qu'ils n'avaient tout simplement pas l'habitude de le faire - sans parler du fait que la plupart des fant�mes n'�taient pas aussi <emphasis>angoissants</emphasis>, ils n'�taient que des gens morts apr�s tout - "Qui <emphasis>�tes</emphasis>-vous ? Le Baron Sanglant ?"</p><p>"Lorsque Harry Potter s'est fait brutaliser," chuchota la voix, "il a ordonn� � ses alli�s de refr�ner toute envie de vengeance ; vous souvenez-vous de cela, Padma Patil ? Car Harry Potter vacille, mais il n'est pas encore perdu ; il lutte, il se sait en proie au p�ril. Mais Hermione Granger n'a fait aucune requ�te similaire aupr�s de ses propres alli�s. Harry Potter est maintenant en col�re contre vous, Padma Patil, plus en col�re qu'il ne l'aurait jamais �t� s'il s'�tait agi de lui... et <emphasis>il</emphasis> a lui-m�me des alli�s."</p><p>Un frisson de peur la parcourut, elle sut qu'il avait �t� visible, et cela la fit se d�tester elle-m�me.</p><p>"Oh, n'ai pas peur," respira la voix. "Je ne te ferai pas de mal. Car vois-tu, Padma Patil, Hermione Granger est r�ellement innocente. <emphasis>Elle</emphasis> ne se tient pas au bord du pr�cipice, <emphasis>elle</emphasis> ne tombe pas. Elle n'a pas demand� � ses alli�s de s'emp�cher de te faire du mal parce que la pens�e qu'une telle chose est possible ne lui viendra jamais � l'esprit. Et Harry Potter sait tr�s bien que s'il te faisait du mal, ou s'il faisait en sorte qu'il t'arrive quelque chose, pour le bien de Hermione Granger, alors elle ne lui adresserait plus la parole, et ce jusqu'� ce que le Soleil ait fini de br�ler et que la derni�re �toile du ciel se soit �teinte." La voix �tait � pr�sent tr�s triste. "Elle est une fille v�ritablement bienveillante, une personne telle que je peux seulement r�ver de l'�tre..."</p><p>"Granger ne peut pas lancer le Patronus !" dit Padma. "Si elle �tait r�ellement aussi gentille qu'elle pr�tend l'�tre -"</p><p>"Peux-<emphasis>tu</emphasis> lancer le Patronus, Padma Patil ? Tu n'as m�me pas os� t'y essayer, car tu craignais le r�sultat."</p><p>"Ce n'est pas <emphasis>vrai</emphasis> ! Je n'avais pas le temps, c'est tout !"</p><p>Le murmure continua. "Mais Hermione Granger a essay�, ouvertement, devant ses amis, et lorsque sa magie a �chou�, elle a �t� constern�e et surprise. Car le sortil�ge du Patronus a des secrets que peu ont jamais connu, que peut-�tre personne hormis moi ne conna�t aujourd'hui." Un gloussement doux, sans timbre. "Qu'il soit dit que ce n'est pas une souillure de son esprit qui emp�che sa lumi�re de sortir. Hermione Granger ne peut lancer le Patronus pour la m�me raison que Godric Gryffondor, qui �leva ces murs, ne le put jamais."</p><p>Le couloir <emphasis>devenait</emphasis> plus froid, elle en �tait certaine, comme si quelqu'un utilisait le sortil�ge de rafra�chissement.</p><p>"Et Harry Potter n'est pas le seul alli� de Hermione Granger." Il y avait maintenant une note d'amusement sec dans le chuchotement, et dans un instant d'effroi cela lui fit soudain penser au professeur Quirrell. "Il me semble que Filius Flitwick et Minerva McGonagall sont tr�s attach�s � elle. Vous est-il venu � l'esprit que si ces deux-l� apprenaient ce que vous faites � Hermione Granger, ils pourrait devenir moins attach�s � vous ? Ils n'interviendront peut-�tre pas ouvertement ; mais peut-�tre tra�neront-ils un peu plus avant de vous d�cerner des points, peut-�tre seront-ils un peu plus lents � faire d�river les opportunit�s vers vous -"</p><p>"Potter m'a <emphasis>balanc�e</emphasis> ?"</p><p>Un gloussement fantomatique, un h�-h�-h� sec. "Pensez-vous que ces deux-l� sont stupides, sourds et aveugles ?" Dans un murmure plus triste : "Pensez-vous que Hermione Granger ne leur est pas ch�re, qu'ils ne verront pas qu'elle souffre ? Tout comme ils ont peut-�tre un jour �t� attach� � vous, leur jeune et intelligente Padma Patil, mais vous �tes en train de tout g�cher..."</p><p>La gorge de Padma �tait s�che. Elle n'y avait pas pens�, pas du tout.</p><p>"Je me demande combien de gens se soucieront de vous, Padma Patil, au bout de ce chemin que vous empruntez. Vous distinguer de votre s�ur a-t-il tant d'importance que cela ? Voulez-vous �tre l'ombre de la lumi�re de Parvati ? Votre peur la plus profonde a toujours �t� d'�tre en harmonie avec elle, de <emphasis>redevenir</emphasis> harmonie avec elle, devrais-je dire ; mais cela m�rite-t-il de faire souffrir une fille innocente, uniquement pour marquer votre diff�rence � la mesure de ce geste ? Devez-vous �tre la jumelle <emphasis>mal�fique</emphasis>, Padma Patil, ne pouvez-vous pas trouver un autre bien � poursuivre ?"</p><p>Son c�ur battait � toutes forces contre sa poitrine. Elle, elle n'avait jamais parl� de cela � <emphasis>personne</emphasis> -</p><p>"Je me suis toujours demand� comment les �l�ves se brutalisent les uns les autres," soupira la voix. "Comment les enfants rendent leur vie plus difficile, comment ils transforment leur �cole en prison, de leurs propres mains. Pourquoi les humains se rendent-ils la vie si p�nible ? Je peux vous donner une partie de la r�ponse, Padma Patil. C'est parce que s'ils n'imaginent pas qu'ils pourraient aussi souffrir � cause de leurs m�faits, les gens ne s'arr�tent pas pour r�fl�chir avant d'infliger de la douleur. Mais souffrir, oh oui, Padma Patil, vous allez souffrir, si vous restez sur cette voie. Vous souffrirez de la m�me solitude, de la m�me peur des autres envers vous, du m�me manque de confiance que vous infligez � pr�sent � Hermione Granger. Seulement pour vous, ce sera m�rit�."</p><p>Sa baguette tremblait.</p><p>"Vous n'avez pas choisi votre camp lorsque vous �tes all�e � Serdaigle, jeune fille. Vous choisissez votre camp par la fa�on dont vous vivez votre vie, par ce que vous faites aux autres et par ce que vous vous faites � vous-m�me. Illuminerez-vous la vie des autres, ou l'assombrirez-vous ? C'est cela, le choix entre la Lumi�re et les T�n�bres, pas un mot cri� par le Choixpeau. Et la partie difficile, Padma Patil, n'est pas de rester dans la 'Lumi�re', la partie difficile est de savoir o� elle se trouve, et de s'avouer � soi-m�me qu'on a emprunt� le mauvais chemin."</p><p>Il y eut un silence. Il continua un moment, et Padma se rendit compte qu'elle avait �t� cong�di�e.</p><p>Elle faillit faire tomber sa baguette en essayant de la remettre dans sa poche. Elle faillit tomber en faisant un pas loin du mur, en se d�tournant pour partir -</p><p>"Je n'ai pas toujours fait le bon choix entre la Lumi�re et les T�n�bres," dit le chuchotement, maintenant fort et dur, directement dans son oreille. "Ne prenez pas ma sagesse pour une conclusion irr�vocable, n'ayez pas peur de la remettre en question, car, bien que j'ai essay�, j'ai parfois �chou�, oh oui, j'ai �chou�. Mais vous faites du mal � une innocente v�ritable, vous n'accomplirez aucune de vos ambitions en le faisant, et cela ne fait partie d'aucun de vos plans malin. Vous infligez de la douleur uniquement pour plaisir que cela vous apporte. Je n'ai pas toujours fait le bon choix entre la Lumi�re et les T�n�bres, mais je sais que cela appartient au t�n�bres, j'en suis certain. Vous faites souffrir une jeune fille innocente et �chappez au ch�timent seulement parce qu'elle est trop bonne pour tol�rer que ses alli�s n'agissent � votre encontre. Je ne peux vous faire de mal pour cela, alors sachez seulement que cela ne m'inspire aucun respect. Vous n'�tes pas de la trempe de Serpentard ; allez, et faites vos devoirs de Botanique, jeune Serdaigle !"</p><p>Le dernier chuchotement s'�chappa dans un sifflement plus fort qui ressemblait presque � celui d'un serpent, et Padma fuit, elle fuit le long des couloirs comme si des Moremplis l'avaient poursuivie, elle courut sans consid�ration pour les r�gles sur les cavalcades dans les couloirs, m�me lorsqu'elle d�passa d'autres �l�ves qui la regard�rent d'un air surpris, elle ne s'arr�ta pas, elle courut jusqu'aux dortoirs Serdaigle, son pouls battait le long de son cou, la porte lui demanda "Pourquoi le Soleil brille-t-il le jour et non la nuit ?" et il lui fallu trois essais avant qu'elle ne puisse formuler une r�ponse coh�rente, et la porte s'ouvrit alors et elle vit -</p><p>- quelques filles et quelques gar�ons qui la regardaient tous, et dans un coin de la table pentagonale, Harry Potter et Michael Corner et Kevin Sifflebranche qui relevaient la t�te de leur manuel.</p><p>"Doux Merlin !" s'exclama P�n�lope Deauclaire, se levant de son canap�. "Qu'est-ce qui t'es arriv�, Padma ?"</p><p>"Je," b�gaya-t-elle, "j'ai, j'ai entendu - un fant�me -"</p><p>"Ce n'�tait pas le Baron Sanglant ?" dit Deauclaire. Elle leva sa baguette et un instant plus tard elle tenait une tasse, puis un <emphasis>Aguamenti</emphasis> remplit la tasse d'eau. "Voil�, bois �a, assieds-toi -"</p><p>Padma avan�ait d�j� vers la table pentagonale. Elle regarda Harry Potter, qui la regardait en retour, de son regard calme, grave et un peu triste.</p><p>"<emphasis>Tu</emphasis> as fait �a !" dit Padma. "Comment - tu - comment oses-tu !"</p><p>Il y eut un silence soudain dans le dortoir Serdaigle.</p><p>Harry se contenta de la regarder.</p><p>Et il dit : "Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour toi?"</p><p>"Ne le nies pas," dit Padma d'une voix tremblante, "<emphasis>tu</emphasis> as mis ce fant�me � mes trousses, il a <emphasis>dit</emphasis> -"</p><p>"Je suis s�rieux," dit Harry. "Est-ce que je peux t'aider ? Te trouver de la nourriture, ou aller te chercher un soda, ou t'aider avec tes devoirs, ou quelque chose comme �a ?"</p><p>Tout le monde les regardait.</p><p>"Pourquoi ?" dit Padma. Elle ne savait pas quoi dire d'autre, elle ne comprenait pas.</p><p>"Parce que certains d'entre nous se tiennent au bord du pr�cipice," dit Harry. "Et la diff�rence se joue dans ce qu'on fait pour les autres. Me laisseras-tu t'aider, Padma, s'il te pla�t ?"</p><p>Elle le regarda et sut � cet instant qu'il avait re�u son avertissement, le m�me qu'elle.</p><p>"Je..." dit-elle. "Je dois �crire une copie sur <emphasis>Iomillialor </emphasis>-"</p><p>"Laisse moi courir jusqu'� ma chambre et prendre mes affaires de Botanique," dit Harry. Il se leva de la table pentagonale, regarda Sifflebranche et Corner. "D�sol� les gars, je vous verrai plus tard."</p><p>Ils ne dirent rien, ils se content�rent de la regarder, comme tous les autres dans le dortoir, alors que Harry Potter marchait jusqu'aux escaliers.</p><p>Et alors qu'il commen�ait � monter, il dit : "Et personne ne la harc�lera de questions � moins qu'<emphasis>elle</emphasis> ne veuille en parler, j'esp�re que tout le monde a <emphasis>compris</emphasis> ?"</p><p>"Compris," dirent la plupart des premi�re ann�e et quelques uns des �l�ves plus �g�s, certains d'un ton assez effray�.</p><empty-line/><p>Et elle parla de nombreuses choses avec Harry Potter, de choses autres que le bois de <emphasis>Iomillialor</emphasis> - m�me sa peur de redevenir en harmonie avec Parvati, dont elle n'avait jamais parl� � <emphasis>personne</emphasis>, mais apr�s tout l'alli� fantomatique de Harry savait d�j�. Et Harry plongea dans sa bourse et en tira des livres <emphasis>bizarres</emphasis>, et il les lui pr�ta � condition d'un secret absolu, en disant que si elle pouvait comprendre ces livres ils changeraient suffisamment ses motifs de pens�e pour qu'elle ne redevienne jamais en harmonie avec Parvati...</p><p>� neuf heures, quand Harry dit qu'il devait partir, la r�daction n'�tait finie qu'� moiti�.</p><p>Et lorsque Harry marqua une pause et la regarda en s'�loignant, et qu'il dit que <emphasis>lui</emphasis> pensait qu'elle �tait de la trempe de Serpentard, cela la fit se sentir bien pendant une minute enti�re avant qu'elle ne se rende compte de ce qu'on venait de lui dire et de qui le lui avait dit.</p><empty-line/><p>Lorsque Padma descendit au petit d�jeuner ce matin, elle vit Mandy l'apercevoir et murmurer quelque chose � l'oreille de la fille assise � c�t� d'elle, � la table Serdaigle.</p><p>Elle vit la fille se lever du banc et marcher vers elle.</p><p>La nuit derni�re, Padma avait �t� heureuse que la fille soit log�e dans l'autre dortoir ; mais maintenant qu'elle y pensait, c'�tait pire, maintenant il fallait qu'elle le fasse devant <emphasis>tout le monde</emphasis>.</p><p>Mais m�me si elle transpirait, elle savait qu'elle devait le faire.</p><p>La fille s'approcha -</p><p>"Je suis d�sol�e."</p><p>"Quoi ?" dit Padma. C'�tait <emphasis>sa</emphasis> r�plique.</p><p>"Je suis d�sol�e," r�p�ta Hermione Granger. Sa voix �tait forte, afin que tout le monde puisse entendre. "Je... je n'ai pas demand� � Harry de faire �a, et j'�tais en col�re quand je l'ai appris, et je lui ai fait promettre de ne pas recommencer, avec <emphasis>personne</emphasis>, et je ne vais pas lui parler pendant une semaine... je suis vraiment, <emphasis>vraiment </emphasis>d�sol�e, Mlle. Patil."</p><p>Le dos de Hermione Granger �tait raide, son visage �tait raide, on pouvait voir de la sueur sur son visage.</p><p>"Euh," dit Padma. Ses pens�es �taient compl�tement brouill�es � pr�sent...</p><p>Son regard bondit vers la table Serdaigle, o� un gar�on les regardait avec des yeux pliss�s et ses mains serr�es sur ses jambes.</p><empty-line/><p><emphasis>Plus t�t :</emphasis></p><p>"Je t'ai dit d'�tre plus <emphasis>gentil</emphasis> !" couina Hermione.</p><p>Harry commen�ait � suer. Il n'avait encore jamais entendu Hermione lui crier dessus, et dans la salle vide, c'�tait assez bruyant.</p><p>"Je - mais - mais j'ai <emphasis>�t�</emphasis> gentil !" protesta Harry. "Je l'ai presque <emphasis>sauv�e</emphasis>, Padma avan�ait sur la mauvaise voie et je l'en ai d�tourn�e ! J'ai probablement chang� sa vie enti�re, en mieux ! Et puis, tu aurais d� entendre la version <emphasis>originale</emphasis> de ce que le professeur Quirrell a propos� que je fasse -" c'est l� que Harry se rendit compte de ce qu'il disait et qu'il ferma la bouche une seconde trop tard.</p><p>Hermione serra ses boucles amande, un geste qu'il ne l'avait jamais vue faire. "Qu'est-ce qu'<emphasis>il </emphasis>a dit de faire ? De la <emphasis>tuer</emphasis> ?"</p><p>Le professeur de D�fense avait sugg�r� que Harry identifie tous les �l�ves influents, tous les �l�ves cl�s dans son ann�e et dans les autres afin de prendre le contr�le de tout le moulin � rumeurs de Poudlard, remarquant que c'�tait un d�fi globalement utile et amusant pour tout vrai Serpentard faisant ses �tudes � Poudlard.</p><p>"Rien de <emphasis>tel</emphasis>," dit Harry, "il a juste dit que d'une fa�on g�n�rale je devrais gagner de l'influence aupr�s des gens qui d�marrent les rumeurs, et <emphasis>j'ai</emphasis> d�cid� que la version <emphasis>gentille</emphasis> de cela serait juste de directement informer Padma du sens de ses actes et de leurs cons�quences possibles au lieu d'essayer de la menacer ou quoi que ce soit du genre -"</p><p>"<emphasis>Tu appelles �a ne pas menacer quelqu'un ?</emphasis>" les mains de Hermione tiraient maintenant ses propres cheveux.</p><p>"Euh..." dit Harry. "J'imagine qu'elle a pu se sentir <emphasis>un peu</emphasis> menac�e, mais Hermione, les gens font tout ce qu'ils pensent pouvoir faire en toute impunit�, la douleur qu'ils infligent ne leur importe pas tant qu'ils ne souffrent pas eux-m�mes, si Padma pense qu'il n'y a <emphasis>pas</emphasis> de cons�quence lorsqu'on r�pand des mensonges � ton sujet alors <emphasis>bien s�r</emphasis> qu'elle va continuer � le faire -"</p><p>"Et tu pense qu'il n'y aura pas de cons�quences apr�s ce que <emphasis>tu</emphasis> as fait ?"</p><p>Soudain, Harry se sentit malade.</p><p>Hermione avait l'air plus en col�re qu'elle ne l'avait jamais �t�. "Qu'est-ce que tu crois que les autres �l�ves pensent de toi maintenant, Harry ? De <emphasis>moi </emphasis>? Si Harry n'aime pas la fa�on dont vous parlez de Hermione, on vous l�chera des fant�mes dessus, est-ce que c'est ce que tu veux qu'ils pensent ?"</p><p>Harry ouvrit la bouche et aucun mot ne sortit, il n'y avait juste... pas r�fl�chi ainsi, � vrai dire...</p><p>Hermione s'abaissa pour reprendre les livres de la table o� elle les avait abattus. "Je ne vais pas te parler pendant une semaine, et je vais <emphasis>dire</emphasis> � tout le monde que je ne te parlerai pas pendant une semaine, et je leur dirai <emphasis>pourquoi</emphasis>, et <emphasis>peut-�tre</emphasis> que cela d�fera une partie de ce que tu as fait. Et apr�s cette semaine, je - je d�ciderai de ce que je ferai, je suppose -"</p><p>"<emphasis>Hermione</emphasis> !" La voix de Harry s'�leva pour devenir un hurlement d�sesp�r�. "<emphasis>J'essayais d'aider !</emphasis>"</p><p>La fille se retourna et le regarda, alors qu'elle ouvrait la porte de la salle de classe.</p><p>"Harry," dit-elle, et sa voix tremblait un peu en-dessous de la col�re, "le professeur Quirrell t'aspire vers les t�n�bres, vraiment Harry, je suis s�rieuse."</p><p>"Ce... n'�tait pas lui, ce n'�tait pas ce qu'il avait dit de faire, c'�tait seulement <emphasis>moi</emphasis> -"</p><p>La voix de Hermione n'�tait maintenant presque plus qu'un murmure. "Un jour tu vas aller d�jeuner avec lui, et ce sera ton c�t� obscur qui reviendra, ou peut-�tre m�me que tu ne reviendras pas du tout."</p><p>"Je te promets," dit Harry, "que je <emphasis>vais</emphasis> revenir du d�jeuner."</p><p>Il n'avait pas r�fl�chi en le disant.</p><p>Et Hermione se tourna de nouveau et sortit � grande enjamb�es et claqua la porte derri�re elle.</p><p><emphasis>Super invocation des lois de l'ironique dramatique, abruti, </emphasis>nota le Critique Interne de Harry. <emphasis>Maintenant tu vas mourir samedi, tes derniers mots auront �t� 'Je suis d�sol�, Hermione,' et elle regrettera toujours que son dernier acte ait �t� de claquer la porte -</emphasis></p><p><emphasis>Oh tais-toi.</emphasis></p><empty-line/><p>Lorsque Padma s'assit � c�t� de Hermione pour le petit d�jeuner et lui dit d'une voix assez forte pour que les autres entendent que le fant�me lui avait dit des choses qu'elle avait eu besoin d'entendre et que Harry Potter avait eu raison de le faire, il y en eut certains qui furent moins effray�s, et d'autres qui le furent encore plus.</p><p>Et apr�s cela, les gens <emphasis>dirent</emphasis> moins de choses m�chantes au sujet de Hermione, du moins en premi�re ann�e, du moins en public, l� o� Harry Potter risquerait de l'entendre.</p><p>Lorsque le professeur Flitwick demanda � Harry s'il �tait responsable de ce qui �tait arriv� � Padma, et que Harry dit oui, le professeur Flitwick lui dit qu'il serait retenu pendant deux jours. M�me si cela avait seulement �t� un fant�me et que Padma n'avait pas souffert, quand m�me, ce n'�tait pas un comportement acceptable venant d'un �l�ve Serdaigle. Harry hocha la t�te et dit qu'il comprenait pourquoi le professeur devait faire �a et qu'il ne protesterait pas ; mais �tant donn� que cela <emphasis>semblait </emphasis>avoir <emphasis>bel et bien</emphasis> chang� Padma, le professeur Flitwick pensait-il vraiment, en toute confidence, que Harry avait eu tort ? Et le professeur Flitwick marqua une pause, sembla y r�fl�chir vraiment, et il dit alors � Harry, d'une voix solennellement couinante, qu'il lui fallait apprendre � �tablir des rapports normaux avec les autres �l�ves.</p><p>Et Harry ne put s'emp�cher de penser que c'�tait un conseil que le professeur Quirrell ne lui donnerait jamais.</p><p>Harry ne pouvait s'emp�cher de penser que s'il avait fait les choses � la fa�on du professeur Quirrell, le fa�on <emphasis>Serpentard</emphasis> normale, un m�lange de conditionnement positif et n�gatif pour amener Padma et les autres pipelettes sous son contr�le explicite, alors Padma n'en aurait pas parl�, et Hermione ne l'aurait jamais d�couvert...</p><p>...auquel cas Padma n'aurait pas �t� sauv�e, elle serait rest�e sur la mauvaise voie, et elle aurait finit par en souffrir. Ce n'�tait pas comme si Harry avait <emphasis>menti </emphasis>� Padma de quelque fa�on que ce soit lorsqu'il �tait revenu dans le pass�, �tait devenu invisible et avait utilis� le sortil�ge de Ventriloquie.</p><p>Harry n'�tait pas toujours s�r d'avoir fait le bon choix, ni m�me <emphasis>un</emphasis> bon choix, et Hermione n'avait pas faiblit de sa r�solution de ne pas lui parler - mais elle parlait beaucoup avec Padma. �tudier seul : cela faisait plus mal que ce � quoi Harry s'�tait attendu ; comme si son cerveau commen�ait d�j� � oublier son aptitude � la solitude longuement travaill�e.</p><p>Les jours jusqu'au d�jeuner avec le professeur Quirrell avan�aient tr�s, tr�s lentement.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 51*: Titre Effac�, pt 1</strong></p><p>Samedi.</p><p>Harry avait eu du mal � s'endormir vendredi soir, ce qu'il avait pr�vu �tre une �ventualit� possible, et il avait donc prit l'�vidente pr�caution d'acheter une potion de sommeil ; et pour emp�cher que cela constitue un signe visible de sa nervosit�, il avait d�cid� de l'acheter � Fred et George deux mois plus t�t. (<emphasis>Soyez pr�ts, c'est la rengaine des Scouts...)</emphasis></p><p>Harry �tait donc en pleine forme et sa bourse contenait presque tout ce qu'il poss�dait et dont il �tait concevable qu'il puisse avoir besoin. Il avait � vrai dire atteint les limites du volume de la bourse ; et, sachant qu'il lui faudrait stocker un grand serpent, et qu'il aurait peut-�tre besoin de stocker qui-savait-quoi-d'autre, il avait enlev� certains des objets les plus encombrants, tels la batterie de voiture. Il �tait maintenant capable de m�tamorphoser quelque chose de la taille d'une batterie de voiture en quatre minutes pile, ce n'�tait donc pas une grande perte.</p><p>Harry <emphasis>avait</emphasis> gard� les feux de d�tresse, la torche d'oxycoupage et le r�servoir d'essence puisqu'on ne pouvait pas m�tamorphoser des choses destin�es � �tre br�l�es.</p><p>(<emphasis>Soyez pr�t, chaque jour de votre vie...</emphasis>)</p><p>Chez Marie.</p><p>Apr�s que la serveuse eut prit leur commande, se soit inclin�e et ait quitt� la pi�ce, le professeur Quirrell n'avait lanc� que quatre sortil�ges, et ils avaient alors parl� de choses sans grande importance, de la th�se du professeur Quirrell sur la fa�on dont la mal�diction jet�e par le Seigneur des T�n�bres sur le poste de D�fense avait entra�n� le d�clin des duels et avait modifi� les m�urs d'Angleterre Magique. Harry �coutait et hochait la t�te et disait des choses intelligentes tout en essayant de contr�ler les coups de marteau de son c�ur.</p><p>La serveuse vint alors, portant leur nourriture, et cette fois, une minute apr�s son d�part, le professeur Quirrell fit signe � la porte de se fermer � loquet puis commen�a � prononcer vingt-neuf sortil�ges de s�curit�, omettant l'un de ceux de la s�quence de M. Bester, ce qui laissa Harry perplexe.</p><p>Le professeur Quirrell finit ses sortil�ges -</p><p>- se leva de sa chaise -</p><p>- se fondit en un serpent vert bariol� de bleu et de blanc -</p><p>- siffla "<emphasis>Faim, gar�on ? Mange ton content en vitesse, nouss aurons bessoin de forcces et de temps."</emphasis></p><p>Les yeux de Harry s'�carquill�rent l�g�rement, mais il siffla "<emphasis>J'ai bien mang� cce matin,</emphasis>" avant de rapidement fourrer des nouilles dans sa bouche.</p><p>Le serpent le regarda un moment de ses yeux plats puis siffla : "<emphasis>Ne ssouhaite pas expliquer icci. Pr�f�re �tre ailleurs d'abord. Bessoin de partir pas vu, ssans ssigne que nouss avons jamais quitt� pi�cce."</emphasis></p><p>"<emphasis>Pour que perssonne ne puisse nous suivre," </emphasis>siffla Harry.</p><p>"<emphasis>Oui. Me fais-tu confiancce � cce point, gar��on ? Pensses avant de r�pondre. J'ai requ�te importante pour toi, qui n�ccesssite confiancce ; si tu ssais que tu vas dire non, dis maintenant."</emphasis></p><p>Harry baissa le regard en �vitant les yeux plats du serpent, consid�ra ses nouilles en sauce, et prit une autre bouch�e, puis une autre, alors qu'il r�fl�chissait.</p><p>Le professeur de D�fense... �tait un personnage ambitieux, et c'�tait un euph�misme. Harry pensait avoir d�m�l� certains de ses buts, mais d'autres demeuraient myst�rieux.</p><p>Mais le professeur Quirrell avait assomm� deux cent filles pour arr�ter celles qui attiraient Harry vers elles. Le professeur Quirrell avait d�duit que le D�traqueur vidait Harry � travers sa baguette. Le professeur de D�fense lui avait sauv� la vie deux fois en deux semaines.</p><p>Ce qui pouvait signifier que le professeur de D�fense le gardait <emphasis>pour plus tard</emphasis>, qu'il avait une raison cach�e. De fait, il �tait <emphasis>certain</emphasis> qu'il avait des buts cach�s. Le professeur Quirrell ne faisait pas cela par caprice. Mais c'�tait aussi lui qui s'�tait assur� que Harry apprenne l'Occlumancie, et qui lui qui lui avait enseign� � perdre... si le professeur de D�fense voulait faire usage de Harry Potter, c'�tait un usage qui demandait un Harry Potter renforc�, pas affaibli. C'�tait l� la notion m�me d'�tre utilis� par un ami : l'id�e qu'il voudrait avoir besoin de vous rendre plus fort, pas plus faible.</p><p>Et s'il y avait parfois une froide atmosph�re autour du professeur de D�fense, de l'amertume dans sa voix ou un vide dans ses yeux, alors Harry �tait le seul que le professeur Quirrell autorise � le remarquer.</p><p>Harry ne savait gu�re quels mots il aurait pu utiliser pour d�crire l'affinit� qu'il ressentait avec le professeur Quirrell, seulement que le professeur de D�fense �tait la seule personne capable de <emphasis>penser clairement</emphasis> qu'il ait rencontr�e de tout le monde magique. T�t ou tard tous les autres se mettaient � jouer au Quidditch, � ne pas mettre de coques protectrices sur leur machines � remonter le temps, ou � penser que la Mort �tait leur amie. Que leurs intentions soient bonnes n'avait aucune importance. T�t ou tard, et g�n�ralement t�t, il d�montraient que quelque chose dans leur esprit �tait profond�ment embrouill�. Tout le monde sauf le professeur Quirrell. C'�tait un lien qui allait au del� des dettes, au del� des pr�f�rences personnelles : ils �taient seuls dans le monde magique. Et si le professeur de D�fense semblait parfois un peu effrayant ou un peu t�n�breux, eh bien, on disait exactement le m�me genre de choses au sujet de Harry.</p><p>"<emphasis>Je vous fais confiancce,</emphasis>" siffla Harry.</p><p>Et le serpent expliqua la premi�re �tape du plan.</p><empty-line/><p>Harry prit une derni�re fourchet�e de nouilles et m�cha. � c�t� de lui, le professeur Quirrell, de nouveau humain, mangeait sa soupe d'un air placide, comme si rien de particuli�rement int�ressant ne se passait.</p><p>Puis Harry d�glutit et se leva de sa chaise au m�me moment, sentant d�j� son c�ur frapper contre sa poitrine. Les pr�cautions qu'il prenait �taient, litt�ralement, les plus rigoureuses possibles...</p><p>"�tes-vous pr�t � faire le test, M. Potter" dit le professeur Quirrell avec calme.</p><p>Ce n'�tait <emphasis>pas</emphasis> un test, mais le professeur Quirrell ne dirait pas cela, pas � voix haute en langue humaine, m�me dans cette pi�ce v�rifi�e � fond et dont le professeur Quirrell avait augment� la s�curit� avec des sortil�ges suppl�mentaires.</p><p>"Ouaip," dit Harry, d'un ton aussi nonchalant que possible.</p><p><emphasis>Premi�re �tape.</emphasis></p><p>Harry dit "cape" � sa bourse, en sortit la Cape d'Invisibilit�, puis d�crocha la bourse de sa ceinture et la lan�a � l'autre bout de la table.</p><p>Le professeur de D�fense se leva de son si�ge, tira sa baguette, s'inclina, et de celle-ci toucha la bourse en murmurant une incantation. Les nouveaux sortil�ges assureraient que le professeur Quirrell pourrait entrer dans la bourse sous sa forme de serpent, la quitter par ses propres moyens et entendre ce qui se passait dehors.</p><p><emphasis>Deuxi�me �tape.</emphasis></p><p>Alors que le professeur Quirrell se relevait de sa posture inclin�e, au-dessus de la bourse, et qu'il �loignait se baguette, celle-ci se retrouva point�e vers Harry, et ce dernier ressentit une br�ve sensation de raclement sur la poitrine, non loin du Retourneur de Temps, comme si quelque chose d'affreux �tait pass� tr�s pr�s, sans le toucher.</p><p><emphasis>Troisi�me �tape.</emphasis></p><p>Le professeur de D�fense se transforma de nouveau en serpent, et la sensation funeste diminua ; le serpent rampa jusqu'� la bourse, puis jusqu'� l'int�rieur, alors que la bouche de celle-ci s'ouvrait afin d'accueillir la forme verte, puis elle se referma derri�re la queue du serpent et la sensation funeste diminua � nouveau.</p><p><emphasis>Quatri�me �tape.</emphasis></p><p>Harry sortit sa baguette en faisant attention de ne pas d�placer ses jambes, afin que le Retourneur de Temps ne d�vie pas de l'endroit o� le professeur Quirrell avec fix� le sablier, plac� sous la coque protectrice. "<emphasis>Wingardium Leviosa"</emphasis>, murmura Harry, et la bourse commen�a � flotter vers lui.</p><p>Lentement, lentement, comme le professeur Quirrell le lui avait dit, la bourse commen�a � flotter vers Harry, qui attendait, � l'aff�t du moindre signe indiquant que la bourse s'ouvrait, auquel cas il devrait utiliser la l�vitation pour le repousser aussi vite que possible.</p><p>Lorsque la bourse fut � un m�tre de Harry, la sensation funeste revint.</p><p>Lorsque Harry r�attacha la bourse � sa ceinture, la sensation funeste devint plus forte qu'elle ne l'avait jamais �t� sans pour autant devenir �crasante ; c'�tait tol�rable.</p><p>M�me avec la forme animale du professeur Quirrell situ�e quelque part dans l'espace distendu de la bourse plac�e � m�me les hanches de Harry.</p><p><emphasis>Cinqui�me �tape.</emphasis></p><p>Harry rengaina sa baguette. Son autre main tenait toujours la Cape d'Invisibilit�, et il s'en recouvrit.</p><p><emphasis>Sixi�me �tape.</emphasis></p><p>Et alors, dans cette pi�ce prot�g�e contre toute intrusion possible, dont le professeur Quirrell avait personnellement am�lior� la s�curit�, ce ne fut qu'<emphasis>apr�s</emphasis> avoir rev�tu la v�ritable Cape d'Invisibilit� qu'il passa sa main sous sa chemise et op�ra une rotation de la coque externe du Retourneur de Temps.</p><p>Le sablier int�rieur demeura fig�, immobile, l'assemblage tournant autour de lui -</p><p>La nourriture disparut de la table, les chaises reprirent leur place, la porte s'ouvrit grand.</p><p>La Chambre de Marie �tait d�serte, comme elle devait l'�tre, car le professeur Quirrell avait auparavant contact� le restaurant sous un faux nom afin de demander si la pi�ce serait disponible � cette heure-ci - non pour la r�server, non pour annuler une commande, ce qui aurait pu �tre remarqu�, mais seulement pour s'informer.</p><p><emphasis>Septi�me �tape.</emphasis></p><p>Demeurant sous la Cape d'Invisibilit�, Harry sortit par la porte ouverte. Il navigua � travers les couloirs de la Chambre de Marie jusqu'au bar bien fourni qui accueillait les nouveaux arrivants, tenu par le propri�taire, Jake. Il n'y avait que quelques personnes au comptoir, ce matin avant le d�jeuner, et Harry dut attendre � c�t� de la porte, invisible, pendant quelques minutes, �coutant le murmure des conversations et le gargouillis de l'alcool, avant que la porte ne s'ouvre pour laisser place � un immense et sympathique Irlandais, et Harry se glissa silencieusement dans son sillage.</p><p><emphasis>Huiti�me �tape.</emphasis></p><p>Harry marcha quelques temps. Il �tait bien loin de la Chambre de Marie lorsqu'il quitta le Chemin de Traverse et passa dans une plus petite all�e, au fond de laquelle se trouvait un magasin sombre, les fen�tres magiquement noircies.</p><p><emphasis>Neuvi�me �tape.</emphasis></p><p>"�p�e poisson melon ami," dit Harry au loquet, et il s'ouvrit dans un cliquetis.</p><p>Le magasin �tait aussi sombre � l'int�rieur, mais la lumi�re de la porte ouverte l'illumina pour r�v�ler une grande pi�ce vide. Selon le professeur de D�fense, le magasin de mobilier qui avait un jour exploit� ces lieux avait fait banqueroute quelques mois auparavant, et le magasin avait �t� saisit mais n'avait pas encore �t� vendu. Les murs �taient peints d'un blanc simple, le sol en bois �tait ray� et terne, une seule porte ferm�e ornait le mur du fond ; le magasin avait un jour fonctionn� � plein r�gime, mais il �tait � pr�sent vide.</p><p>La porte se referma derri�re Harry, et les t�n�bres furent absolues.</p><p><emphasis>Dixi�me �tape.</emphasis></p><p>Harry sortit sa baguette et dit : "<emphasis>Lumos</emphasis>", �clairant la pi�ce d'un halo blanc ; il prit la bourse � sa ceinture (la sensation funeste devenant un peu plus intense � mesure que ses doigts s'approchaient) et la jeta doucement vers le c�t� oppos� de la pi�ce (la sensation funeste disparaissant presque totalement). Il commen�a alors � enlever la Cape d'Invisibilit�, alors m�me que sa voix sifflait : "<emphasis>Cc'est fait."</emphasis></p><p><emphasis>Onzi�me �tape.</emphasis></p><p>De la bourse surgit une t�te verte, rapidement suivie par un corps d'un m�tre de long, � mesure que le serpent sortait en ondulant. Un instant plus tard, le serpent devint flou et fut remplac� par le professeur Quirrell.</p><p><emphasis>Douzi�me �tape.</emphasis></p><p>Harry attendit silencieusement, alors que le professeur de D�fense r�citait trente sortil�ges.</p><p>"Tr�s bien," dit-il calmement lorsqu'il eut fini. "Si quelqu'un nous observe maintenant, nous sommes de toute fa�on perdus, je parlerai donc de fa�on claire et en langue humaine. J'ai bien peur que le Fourchelangue ne m'aille pas tr�s bien, n'�tant ni un descendant de Salazar ni un v�ritable serpent."</p><p>Harry hocha la t�te.</p><p>"Donc, M. Potter," dit le professeur Quirrell. Son regard �tait braqu� sur Harry, ses yeux bleus p�les dans l'ombre de la lumi�re blanche �manant de la lumi�re de la baguette de Harry. "Nous sommes seuls et en priv�, et j'ai une question importante � vous poser."</p><p>"Allez-y," dit Harry, et son c�ur commen�a � battre plus vite.</p><p>"Que pensez-vous du gouvernement d'Angleterre Magique ?"</p><p>Ce n'�tait pas tout � fait ce � quoi Harry s'�tait attendu, mais c'�tait assez proche, alors Harry r�pondit : "En me basant sur mes connaissances limit�es, je dirais que le Minist�re et le Magenmagot semblent �tre stupides, corrompus et mal�fiques."</p><p>"Correct," dit le professeur Quirrell. "Comprenez-vous pourquoi je pose cette question ?"</p><p>Harry prit une profonde inspiration et regarda le professeur Quirrell droit dans les yeux, sans ciller. Harry avait enfin compris que la technique permettant de faire des d�ductions incroyables � partir de maigres preuves �tait de conna�tre la r�ponse � l'avance, et il avait devin� celle-ci une semaine auparavant. Elle ne n�cessitait qu'un l�ger ajustement...</p><p>"Vous �tes sur le point de m'inviter � rejoindre une organisation secr�te pleine de gens int�ressants tels que vous," dit Harry, "dont l'un des buts est de r�former ou de renverser le gouvernement d'Angleterre Magique, et oui, j'accepte."</p><p>Il y eut une courte pause.</p><p>"J'ai peur que ce ne soit pas tout � fait dans cette direction que je voyais la conversation aller," dit le professeur Quirrell. Les coins de ses l�vres se contract�rent l�g�rement. "Je comptais simplement vous demander votre aide dans l'accomplissement d'un acte de trahison extr�mement ill�gal."</p><p><emphasis>Mince</emphasis>, pensa Harry. Enfin, le professeur Quirrell n'avait pas <emphasis>ni�</emphasis>... "Continuez."</p><p>"Avant que je le fasse," dit le professeur Quirrell. Il n'y avait plus la moindre l�g�ret� dans sa voix. "<emphasis>�tes-vous</emphasis> ouvert � de telles requ�te, M. Potter ? Je r�p�te que s'il est probable que vous r�pondiez non quelle qu'elle soit, vous devez dire non maintenant. Si votre curiosit� vous pousse � faire le contraire, �crasez-la."</p><p>"La tra�trise et l'ill�galit� ne me d�rangent pas," dit Harry. "Les risques me d�rangent et l'enjeu devrait �tre � la mesure de ceux-ci, mais je ne <emphasis>vous </emphasis>imagine pas prendre des risques inconsid�r�s."</p><p>Le professeur Quirrell acquies�a. "En effet. C'est un abus terrible de mon amiti� avec vous, et de la confiance qui m'a �t� accord�e dans ma fonction de professeur � Poudlard -"</p><p>"Vous pouvez sauter cette �tape," dit Harry.</p><p>Les l�vres se contract�rent de nouveau, puis s'aplatirent. "Je la sauterai donc. M. Potter, vous jouez parfois � mentir en disant la v�rit�, � jouer sur les mots afin de masquer le sens en plein jour. J'ai moi aussi la r�putation de trouver cela amusant. Mais si je ne fais que vous <emphasis>dire</emphasis> ce que j'esp�re nous voir faire aujourd'hui, M. Potter, vous <emphasis>mentirez</emphasis>. Vous mentirez de fa�on directe, sans h�sitation, sans jeu sur les mots ni indice, � toute personne qui pourrait vous interroger, qu'ils soient votre ennemi ou votre ami le plus proche. Vous mentirez � Malfoy, � Granger et � McGonagall. Vous parlerez, � chaque fois et sans h�sitation, <emphasis>exactement</emphasis> de la fa�on dont vous auriez parl� si vous n'aviez rien su, et ce sans vous pr�occuper de votre honneur. Il doit en �tre ainsi."</p><p>Il y eut un silence, pendant un moment.</p><p>C'�tait un prix qui se mesurait en fractions d'�me de Harry.</p><p>"Sans me le dire tout de suite..." dit Harry. "Pouvez-vous me dire si le besoin est d�sesp�r� ?"</p><p>"Il y a quelqu'un qui a terriblement besoin de votre aide," dit simplement Quirrell, "et personne ne peut l'aider sauf vous."</p><p>Il y eut une autre silence, mais celui-ci ne fut pas long.</p><p>"Tr�s bien," dit doucement Harry. "Parlez-moi de la mission."</p><p>Les sombres robes du professeur de D�fense sembl�rent devenir floues devant les ombres du mur projet�es par sa silhouette, qui bloquait la lumi�re blanche de la baguette de Harry. "Le Patronus ordinaire, M. Potter, prot�ge de la peur du D�traqueur. Mais le D�traqueur vous voit toujours au travers, il sait que vous �tes l�. Mais pas � travers votre Patronus. Il les aveugle, et peut-�tre m�me plus. Ce que j'ai vu sous la cape ne regardait m�me pas vers nous lorsque vous l'avez tu� ; comme s'il avait oubli� notre existence au moment de sa mort."</p><p>Harry hocha la t�te. Ce n'�tait pas surprenant, pas lorsqu'on confrontait le D�traqueur � son v�ritable niveau d'existence, par-del� l'anthropomorphisme. La mort �tait peut-�tre le dernier ennemi, mais ce n'�tait pas un ennemi sentient. Lorsque l'humanit� avait �radiqu� la variole, elle ne s'�tait pas d�fendue.</p><p>"M. Potter, la branche centrale de Gringotts est gard�e par tous les sorts connus des Gobelins, du plus faible au plus puissant. M�me ainsi, ces chambres fortes ont �t� cambriol�es avec succ�s ; car ce que le magie peut faire, elle peut le d�faire. Et pourtant, personne ne s'est jamais �chapp� d'Azkaban. Personne. Pour tout sortil�ge il y a un contre-sortil�ge, pour toute barri�re il y a un passe-droit. Comment se peut-il que personne n'ait jamais �t� sauv� d'Azkaban ?"</p><p>"Parce qu'Azkaban a une chose invincible," dit Harry. "Quelque chose de si terrible que personne ne peut la vaincre."</p><p>C'�tait la cl� de vo�te de la s�curit� absolue, il fallait que ce ne soit pas humain. C'�tait la Mort qui gardait Azkaban.</p><p>"Les D�traqueurs n'aiment pas qu'on leur prenne leur repas," dit le professeur Quirrell. La froideur avait maintenant infiltr� sa voix. "Ils le savent, si quelqu'un s'y essaie. Il a plus de cent D�traqueurs l�-bas, et ils parlent aussi aux gardes. C'est aussi simple que cela, M. Potter. Si vous �tes un sorcier puissant, alors Azkaban n'est ni difficile � p�n�trer ni � quitter. Tant que vous n'essayez pas d'y prendre quoi que ce soit qui appartienne aux D�traqueurs."</p><p>"Mais les D�traqueurs ne sont <emphasis>pas</emphasis> invincibles," dit Harry. Il aurait pu lancer le Patronus gr�ce � cette pens�e, � l'instant m�me. "Ne croyez jamais qu'il le sont."</p><p>La voix du professeur Quirrell �tait tr�s douce. "Vous souvenez-vous de ce que vous avez ressenti face au D�traqueur la premi�re fois, lorsque vous avez �chou� ?"</p><p>"Je m'en souviens."</p><p>Et alors, avec un soul�vement �c�urant dans son estomac, Harry sut o� cette conversation allait ; il aurait d� le voir plus t�t.</p><p>"Il y a une personne innocente � Azkaban," dit le professeur Quirrell.</p><p>Harry hocha la t�te, sa gorge br�lait mais il ne pleura pas.</p><p>"La personne dont je parle n'�tait pas victime de l'Imperium," dit le professeur de D�fense, ses robes noires entour�es d'une ombre plus vaste. "Il y a des moyens plus s�rs que l'Imperium lorsqu'il s'agit de briser la volont� de quelqu'un, si vous avez le temps de torturer, de pratiquer la L�gilimancie, et de r�aliser des rituels dont je ne parlerai pas. Je ne peux pas vous dire comment je le sais, comment je sais quoi que ce soit � ce sujet, je ne peux pas formuler d'indice, m�me pour vous, vous devrez me croire. Mais il y a une personne � Azkaban qui n'a jamais fait le choix de servir le Seigneur des T�n�bres, qui a pass� des ann�es � souffrir dans la solitude, dans le lieu le plus froid et le plus horrible qu'on puisse imaginer, et qui n'a pas m�rit� d'en subir une seule minute."</p><p>Harry le vit, en un seul bond intuitif, sa bouche d�passant presque ses pens�es.</p><p><emphasis>Il n'y avait pas eu d'indice, pas d'avertissement, nous pensions tous -</emphasis></p><p>"Une personne du nom de Black," dit Harry.</p><p>Il y eut un silence. Silence, alors que les yeux bleu p�le le fixaient.</p><p>"Eh bien," dit le professeur Quirrell apr�s un moment. "Je peux faire une croix sur l'id�e de ne vous r�v�ler le nom qu'apr�s que vous ayez accept� la mission. Je vous demanderais si vous lisez <emphasis>mon</emphasis> esprit, mais c'est tout simplement impossible."</p><p>Harry ne r�pondit rien. C'�tait vraiment simple si on <emphasis>croyait</emphasis> au processus d�mocratique moderne. La personne incarc�r�e � Azkaban la plus �videmment innocente �tait celle qui n'avait pas eu de proc�s -</p><p>"Je suis <emphasis>certainement</emphasis> impressionn�," dit le professeur Quirrell. Son visage �tait grave. "Mais c'est une affaire s�rieuse, et s'il existe un moyen pour d'autres de faire la m�me d�duction, je <emphasis>dois</emphasis> le savoir. Alors dites-moi, M. Potter. Par Merlin, par Atlantis, par le vide entre les �toiles, comment avez-vous devin� que je parlais de Bellatrix ?"</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 52*: L'Exp�rience de Prison de Stanford, pt 2</strong></p><p>NdT : Ceci est une <strong>traduction</strong> de <emphasis>Harry Potter and the Methods of Rationality</emphasis>. Je ne suis pas l'auteur de cette fanfic ! Allez sur mon profil pour l'original en anglais.</p><empty-line/><p>L'adr�naline coulait d�j� dans les veines de Harry, son c�ur battait d�j� contre sa poitrine, dans ce magasin obscur, en ruines. Le professeur Quirrell en avait fini avec ses explications, et Harry tenait d'une main la petite brindille de bois qui serait la cl� de tout. Aujourd'hui. C'�tait le jour, l'instant o� Harry commen�ait � jouer son r�le. Sa premi�re v�ritable aventure, un donjon � p�n�trer, un gouvernement mal�fique � d�fier, une vierge en d�tresse � secourir. Harry aurait d� �tre plus effray�, plus r�ticent, mais au lieu de cela il avait la sensation qu'il �tait temps, et grand temps, de devenir le genre de personne qu'il avait d�couvert dans ses livres ; de commencer son voyage vers ce qu'il avait toujours su �tre sa destination : �tre un h�ros. De faire le premier pas sur la route qui menait au Kimball Kinnison et au capitaine Picard et � Liono et � Thundero et certainement <emphasis>pas</emphasis> � Raistlin Majere. Selon ce que le cerveau de Harry avait appris de visionnage de dessins anim�s matinaux, on �tait cens� obtenir d'incroyables pouvoirs et sauver l'univers en grandissant, c'�tait cela qu'il avait observ� chez les adultes, cela qu'il avait adopt� comme exemple de processus de maturation � suivre, et il avait tr�s envie de commencer � grandir.</p><p>Et si le motif de l'histoire requ�rait que le h�ros perde une partie de son innocence en cons�quence de sa premi�re aventure ; alors pour le moment, en cet instant encore innocent, il semblait temps, et grand temps, de vivre cette douleur. Comme de d�laisser des habits trop petits pour lui ; ou comme de progresser enfin au prochain niveau apr�s avoir �t� bloqu� pendant onze ans au troisi�me, ou m�me au deuxi�me monde de Super Mario Bros.</p><p>Harry avait lu suffisamment de romans pour soup�onner qu'il ne serait pas aussi enthousiaste apr�s-coup, alors il en profitait tant que �a durait.</p><p>Il y eut un claquement proche lorsque quelque chose non loin de Harry disparut, et le temps des ruminations h�ro�ques fut pass�.</p><p>La main de Harry cassa la petite brindille de bois.</p><p>Un crochet immobile s'accrocha sur l'abdomen de Harry alors que le Portoloin s'activait, l'attraction cette fois beaucoup plus forte que lors des d�placements plus courts entre Poudlard et le Chemin de Traverse -</p><p>- le d�posa au milieu d'un �norme grondement de tonnerre mourant, une ond�e de pluie froide le fouetta au visage, l'eau enroba ses lunettes et l'aveugla instantan�ment, transformant le monde en une tache floue alors qu'il entamait sa chute vers les vagues d'un oc�an d�cha�n�, loin en-dessous de lui.</p><p>Il �tait arriv� haut, haut, haut au-dessus d'un espace d�gag� de la Mer du Nord.</p><p>Le choc de l'orage en furie avait failli faire perdre son balais � Harry, balais que le professeur Quirrell lui avait donn�, ce qui n'aurait pas �t� une bonne id�e. Il fallut presque une seconde enti�re pour qu'il reprenne ses esprits et ne redresse son balais avec aisance.</p><p>"Je suis l�", dit une voix inconnue depuis une zone vide au-dessus de lui ; basse et r�peuse, la voix de l'�chalas cireux et barbu que le professeur Quirrell �tait devenu en buvant du Polynectar, avant de se D�sillusionner, lui, et son balais.</p><p>"Je suis l�," dit Harry de sous la Cape d'Invisibilit�. Il n'avait pas bu de Polynectar. Rev�tir un autre corps entravait la magie, et Harry pourrait avoir besoin d'avoir toute sa magie � port�e de main ; le plan �tait donc que Harry reste invisible quasiment tout le temps plut�t qu'il boive du Polynectar.</p><p>(Aucun n'avait prononc� le nom de l'autre. On n'utilisait tout simplement jamais de nom pendant une mission ill�gale m�me en survolant, invisible, une partie inconnue de la Mer du Nord. On ne le faisait tout simplement pas. C'aurait �t� stupide.)</p><p>Gardant une poigne tr�s pr�cautionneuse sur son balais d'une main, alors que la pluie et le vent hurlaient autour de lui, Harry leva sa baguette tenue avec tout autant de pr�caution et lan�a Impervius sur ses lunettes.</p><p>Ses verres nettoy�s, Harry regarda autour de lui.</p><p>Il �tait entour� par de la pluie et du vent, et il faisait peut-�tre cinq degr�s Celsius, avec de la chance ; il avait d�j� fait l'objet d'un sortil�ge de r�chauffement avant de s'aventurer dehors en F�vrier, mais le charme ne r�sistait pas au gouttes d'un froid mordant. Pire que la neige, la pluie s'impr�gnait dans toutes les surfaces expos�es. La Cape d'Invisibilit� vous rendait enti�rement invisible, mais elle ne vous <emphasis>recouvrait</emphasis> pas enti�rement, et elle ne vous prot�geait donc pas enti�rement de la pluie. Le visage de Harry �tait expos� � toute la force de l'eau projet�e du ciel, et celle-ci s'�crasait directement dans son cou, coulait le long de sa chemise et des manches de ses robes et des ourlets de son pantalon et dans ses chaussures. Le plus petit morceau de v�tement devenait un passage pour que l'eau s'infiltre.</p><p>"Par l�," dit la voix polynectar�e, et une �tincelle de lumi�re verte s'alluma devant le balais de Harry et fon�a dans une direction qui lui sembla impossible � suivre du regard.</p><p>� travers la pluie aveuglante, Harry suivait. Il la perdait parfois, la petite �tincelle verte, mais � chaque fois qu'il appelait, l'�tincelle r�apparaissait devant lui quelques secondes plus tard.</p><p>Lorsque Harry eut trouv� la technique pour suivre l'�tincelle, elle acc�l�ra, et Harry fit passer le balais en vitesse sup�rieure afin de pouvoir rester � hauteur. La pluie le fouetta avec plus de force et lui donna la sensation de recevoir une vol�e de plombs de fusil � pompe, mais ses verres restaient propres et prot�geaient ses yeux.</p><p>Ce n'est que quelques minutes plus tard, alors qu'il volait � pleine vitesse, que Harry entraper�ut une immense ombre � travers la nuit qui s'�levait loin au-dessus des eaux.</p><p>Et il sentit un �cho de vide, lointain et creux, irradiant de l'endroit o� la Mort attendait, se d�versant sur l'esprit de Harry, le contournant, tel une vague se brisant sur un rocher. Cette fois, Harry connaissait son ennemi, et sa volont� �tait d'acier et de lumi�re.</p><p>"Je peux d�j� sentir les D�traqueurs," dit la voix r�peuse et polynectar�e du professeur Quirrell. "Je ne m'attendais pas � cela, pas si t�t."</p><p>"Pensez aux �toiles," dit Harry par-dessus un grondement de tonnerre lointain. "Ne laissez aucune col�re entrer en vous, rien de n�gatif, pensez seulement aux �toiles, � ce que c'est que de s'oublier et de tomber sans corps � travers l'espace. Maintenez cette pens�e comme une barri�re Occlumantique � travers tout votre esprit. Le D�traqueurs auront quelque difficult� � traverser cela."</p><p>Il y eut un silence pendant quelques instants, puis : "Int�ressant."</p><p>L'�tincelle verte s'�leva et Harry inclina son balais l�g�rement vers le haut afin de suivre, alors m�me que ce mouvement les menait dans de la brume, dans un nuage bas au-dessus des eaux.</p><p>Ils survol�rent bient�t de biais l'immense b�timent de m�tal � trois c�t�s qui les attendait bien plus bas. Le triangle d'acier �tait creux, c'�tait un b�timent fait de trois murs �pais, d�pourvu de centre. Le professeur Quirrell avait dit que les Aurors de garde logeaient au niveau sup�rieur du c�t� Sud, prot�g�s par leur Patronus. L'entr�e l�gale d'Azkaban se trouvait sur le toit du coin Sud-Ouest du b�timent. Qu'ils ne pouvaient �videmment voir. Au lieu de celle-ci, ils utiliseraient un couloir qui passait directement sous le coin Nord du b�timent. Le professeur Quirrell descendrait en premier et percerait un trou dans le toit et dans ses barri�res, � la pointe Nord, laissant derri�re lui une illusion destin�e � couvrir l'ouverture.</p><p>Les prisonniers �taient gard�s dans le flanc du b�timent, � des niveaux correspondant � leurs crimes. En bas, au point le plus profond et le plus central d'Azkaban, se trouvait un nid de plus de cent D�traqueurs. Des cargaisons de terre �taient y �taient parfois d�vers�es afin de garder les �tages � niveau, car la mati�re directement expos�e aux D�traqueurs se d�composait pour devenir de la boue et du n�ant.</p><p>"Attendez une minute," dit la voix r�peuse, "suivez-moi � pleine vitesse, et faites attention en traversant."</p><p>"Compris," dit lentement Harry.</p><p>L'�tincelle s'�teignit et Harry commen�a � compter : <emphasis>un un million, deux un million, trois un million...</emphasis></p><p><emphasis>... soixante un million, </emphasis>et Harry plongea, le vent hurlait autour de lui, vers la vaste structure de m�tal, vers l� o� il pouvait sentir les ombres de la Mort qui l'attendaient, qui puisaient la lumi�re et irradiaient le vide, et la structure de m�tal devenait de plus en plus grande. Simple et sans d�coration mis � part une seule structure en forme de bo�te sur le coin Sud-Ouest, la vaste forme grise les attendait. Le coin Nord �tait parfaitement uni, le trou du professeur Quirrell �tait ind�tectable.</p><p>Harry tira sur le manche aussi fort qu'il le pouvant en s'approchant du coin Nord, se donnant une plus grande marge de s�curit� qu'il ne l'aurait fait en cours de vol sur balais, mais sans faire exc�s de prudence. D�s qu'il fut � l'arr�t, il commen�a � abaisser le balais de nouveau, vers ce qui semblait �tre le toit bien solide de l'extr�mit� du coin Nord.</p><p>Descendre � travers le toit illusoire fut une exp�rience �trange, et il se trouva ensuite dans un couloir de m�tal �clair� par une faible lueur orange - qui, remarqua Harry d'un coup d'�il surpris, venait d'une bonne vieille lampe � gaz sous verre...</p><p>...car la magie d�clinait et finissait par se faire absorber lorsqu'elle �tait expos�e aux D�traqueurs.</p><p>Harry descendit de son balais.</p><p>L'attraction du vide �tait maintenant plus forte, et elle se divisait, coulait autour de Harry sans le toucher. Elles �taient distantes mais nombreuses, les blessures du monde ; Harry aurait pu indiquer leur direction les yeux ferm�s.</p><p>"<emphasis>Lanccez vottre Patronuss,"</emphasis> siffla un serpent au sol, l'air plus d�color� que vert sous la faible lumi�re orange.</p><p>La l�g�re tension se communiquait m�me en Fourchelangue. Harry fut surpris ; le professeur Quirrell avait dit que les Animagus, une fois transform�s, �taient bien moins vuln�rables aux D�traqueurs (Harry pr�suma que c'�tait pour la m�me raison que celle qui expliquait la forme animale des Patronus). Si le professeur Quirrell avait autant de mal en forme reptilienne, qu'avait-il ressenti sous forme humaine, lorsqu'il avait eu besoin de pouvoir utiliser sa magie... ?</p><p>Dans sa main, la baguette de Harry se levait d�j�.</p><p>Ce serait le commencement.</p><p>M�me s'il ne s'agissait que d'une personne, seulement une personne qu'il pourrait sauver des t�n�bres, m�me s'il n'�tait pas encore assez puissant pour t�l�porter <emphasis>tous</emphasis> les prisonniers d'Azkaban en s�curit� et br�ler le triangle infernal jusqu'� ses fondations...</p><p>C'�tait malgr� tout un d�but, un commencement, un paiement d'avance sur tout ce que Harry comptait accomplir dans sa vie. Plus d'attente, plus d'espoir, plus de simples promesses, tout commencerait ici. Ici et <emphasis>maintenant</emphasis>.</p><p>La baguette de Harry fendit l'espace et pointa en direction de l'endroit o� les D�traqueurs attendaient, loin en-dessous.</p><p>"<emphasis>Expecto Patronum !</emphasis>"</p><p>La silhouette humano�de prit forme dans un brasier de lumi�re. Elle n'�tait pas la chose solaire qu'elle avait �t� auparavant... probablement parce que Harry n'avait pas tout � fait r�ussi � s'emp�cher de penser � tous les <emphasis>autres</emphasis> prisonniers dans leurs cellules, ceux qu'il n'�tait <emphasis>pas</emphasis> l� pour sauver.</p><p>Cela valait peut-�tre mieux. Harry devrait garder son Patronus pendant un moment, et il �tait peut-�tre pr�f�rable qu'il ne soit pas trop lumineux.</p><p>� cette pens�e, le Patronus s'assombrit un peu plus ; puis un peu plus, alors que Harry essayait d'y mettre un peu moins de sa force, jusqu'� ce que la brillante silhouette humano�de ne luise finalement qu'un peu plus que le plus lumineux des Patronus animaux, et Harry sentit qu'il ne pouvait le ternir plus sans risquer de le perdre enti�rement.</p><p>Puis : "<emphasis>C'est stable,</emphasis>" siffla Harry, et il commen�a � nourrir sa bourse de son balais. Sa baguette resta en main, et un l�ger courant durable venant de lui rempla�ait les l�g�res pertes de son Patronus.</p><p>Le serpent se fondit en un homme longiligne au teint cireux qui tenait la baguette du professeur Quirrell dans une main et le balais dans l'autre. Le grand �chalas vacilla en revenant � la vie, et il alla s'appuyer contre le mur pendant un moment.</p><p>"Bien jou�, peut-�tre un tout petit peu trop lent," murmura la voix r�peuse. La s�cheresse du professeur Quirrell s'y trouvait, m�me si elle ne correspondait pas � la voix, pas plus que le regard grave ne correspondait au visage orn� d'une barbe �paisse. "Je ne peux plus les sentir du tout � pr�sent."</p><p>Un moment plus tard, le balais partit vers les robes de l'homme et disparut. Puis sa baguette s'�leva et tapa son cr�ne, et il disparut � nouveau au son d'une coquille d'�uf bris�e.</p><p>Au milieu de l'air �clot une faible �tincelle verte, et Harry, toujours envelopp� de la Cape d'Invisibilit�, la suivit.</p><p>Si vous aviez observ� de l'ext�rieur, vous n'auriez rien vu d'autre qu'une petite �tincelle verte qui d�rivait dans les airs, et un humano�de �tincelant d'argent qui marchait derri�re elle.</p><empty-line/><p>Ils descendirent encore et encore et encore, d�passant une lampe � gaz apr�s l'autre, et parfois une immense porte de m�tal, plongeant dans Azkaban au milieu de ce qui semblait �tre un silence absolu. Le professeur Quirrell avait mis en place une sorte de barri�re � travers laquelle <emphasis>il</emphasis> pouvait entendre ce qui se passait autour de lui, mais aucun son ne pouvait sortir, et aucun son ne pouvait atteindre Harry.</p><p>Ce dernier n'avait pas tout � fait r�ussi � emp�cher son esprit de s'interroger sur la <emphasis>raison</emphasis> du silence, ni � l'emp�cher de la trouver. La raison d�j� connue � un niveau anticipatif et infra-verbal qui l'avait pouss� � essayer, futilement, de ne pas y penser.</p><p>Quelque part derri�re ces immenses portes de m�tal, des gens hurlaient.</p><p>La silhouette humano�de d'argent s'intensifiait et s'assombrissait � chaque fois que Harry y songeait.</p><p>Il avait re�u instruction de se lancer un sortil�ge de bulle. Pour qu'il ne puisse rien sentir.</p><p>Tout l'enthousiasme et l'h�ro�sme s'�taient d�j� us�s, comme Harry avait su qu'ils le feraient, ce qui n'avait pas prit longtemps m�me selon ses crit�res ; le processus s'�tait achev� la premi�re fois qu'ils �taient pass�s devant une de ces portes de m�tal. Chaque porte de m�tal �tait ferm�e par un immense loquet, un loquet fait d'un simple m�tal non-magique, qui n'aurait pas arr�t� un �l�ve de Poudlard en premi�re ann�e - s'il avait toujours eu sa baguette, s'il avait toujours eu sa magie, ce que les prisonniers n'avaient pas. Selon le professeur Quirrell, ces portes de m�tal n'�taient pas les portes de cellules individuelles, chacune donnait sur un couloir o� se trouverait un groupe de cellules. Cela aidait en un sens, de ne pas avoir � penser que chaque porte correspondait directement � un prisonnier qui attendait juste derri�re. Au lieu de cela il y avait peut-�tre <emphasis>plus</emphasis> d'un prisonnier, ce qui diminuait l'impact �motionnel ; comme dans cette �tude qui montrait que les gens donnaient plus lorsqu'on leur disait qu'une quantit� d'argent donn�e �tait n�cessaire � sauver la vie d'un enfant que quand on leur disait que cette m�me quantit� �tait n�cessaire � sauver la vie de huit...</p><p>Harry avait de plus en plus de mal � ne pas y penser, et � chaque fois qu'il le faisait, la lumi�re de son Patronus fluctuait.</p><p>Ils parvinrent � un endroit o� le corridor tournait � gauche, � l'angle du b�timent triangulaire. Ils descendirent encore des marches de m�tal, une autre �tape ; ils plongeaient � nouveau.</p><p>Les simples meurtriers n'�taient pas plac�s dans les cellules les plus basses. Il y avait toujours un niveau inf�rieur, une punition encore pire � craindre. Peu importe les abysses o� vous aviez sombr�, le gouvernement d'Angleterre magique avait encore une menace qu'il vous r�servait au cas o� vous feriez encore pire.</p><p>Mais Bellatrix Black avait �t� la Mangemort qui avait inspir� plus de peur que quiconque hormis le Seigneur des T�n�bres lui-m�me, une sorci�re magnifique et mortelle absolument loyale � son ma�tre ; elle avait �t�, si une telle chose �tait possible, encore plus sadique et mal�fique que Vous-Savez-Qui lui-m�me, comme si elle avait essay� de surpasser son ma�tre...</p><p>...c'�tait ce que le monde savait d'elle, ce que le monde croyait savoir d'elle.</p><p>Mais le professeur Quirrell avait dit � Harry qu'avant cela, avant qu'elle ne devienne le plus terrible des serviteurs du Seigneur des T�n�bres, il y avait eu une fille � Serpentard, douce, souvent solitaire, ne faisant de mal � personne. Apr�s cela, des histoires avaient �t� invent�es � son sujet, les souvenirs s'�taient r�trospectivement alt�r�s (Harry connaissait bien les recherches qui avaient �t� faites dans ce domaine). Mais � cette �poque, alors qu'elle allait encore en cours, la sorci�re la plus talentueuse de Poudlard avait �t� consid�r�e comme une fille gentille (avait dit le professeur Quirrell). Ses quelques amis avaient �t� surpris de la voir rejoindre les Mangemorts, et encore plus surpris de voir qu'elle avait cach� tant de t�n�bres derri�re ce sourire triste et pensif.</p><p>C'�tait ce que Bellatrix avait un jour �t�, la sorci�re la plus prometteuse de sa g�n�ration, avant que le Seigneur des T�n�bres ne la vole et ne la brise, qu'il ne la fasse voler en �clats et qu'il ne lui donne une nouvelle forme, qu'il ne la lie � lui par un lien plus profond et par des arts plus sombre qu'un Imperium ne pourrait jamais l'�tre.</p><p>Pendant dix ans, Bellatrix avait servi le Seigneur des T�n�bres, avait tu� ceux qu'il lui avait ordonn�s de tuer, avait tortur� ceux qu'il lui avait ordonn�s de torturer.</p><p>Puis le Seigneur des T�n�bres avait enfin �t� vaincu.</p><p>Et le cauchemar de Bellatrix avait continu�.</p><p>Quelque part � l'int�rieur de Bellatrix se trouvait peut-�tre encore quelque chose qui hurlait, qui avait hurl� pendant tout ce temps, quelque chose qu'un Gu�risseur psychiatrique pourrait ramener ; ou peut-�tre pas, le professeur Quirrell n'avait aucun moyen de le savoir. Mais dans un cas comme dans l'autre, ils pouvaient...</p><p>...ils pouvaient au moins la faire sortir d'Azkaban...</p><p>Bellatrix Black avait �t� plac�e au plus bas niveau de la prison.</p><p>Harry avait du mal � ne pas imaginer ce qu'il verrait lorsqu'ils atteindraient sa cellule. Bellatrix n'avait d� avoir quasiment aucune peur de la mort, au d�but, si elle avait encore �t� en vie.</p><p>Ils descendirent une autre vol�e de marches, s'approchant un peu plus de la Mort et de Bellatrix, et le claquement de leurs chaussures invisibles �tait le seul son que Harry pouvait entendre. Une faible lueur orange �manait des lampes � gaz, la petite �tincelle verte d�rivait dans les airs, la silhouette �tincelante suivait et sa lumi�re d'argent fluctuait parfois.</p><empty-line/><p>Apr�s �tre descendu maintes fois, ils parvinrent � un couloir qui ne se terminait pas par des escaliers mais par une derni�re porte de m�tal, et l'�tincelle verte s'arr�ta devant celle-ci.</p><p>Le c�ur de Harry s'�tait un peu calm� � mesure que leur descente dans les profondeurs d'Azkaban avait progress� sans que rien ne se produise. Mais son c�ur tambourinait maintenant dans sa poitrine. Ils �taient au fond, et les ombres de la Mort �taient � port�e de main.</p><p>Une sorte de clic m�tallique �mana de la porte ; le professeur Quirrell ouvrait le chemin.</p><p>Harry prit une profonde inspiration et se souvint de tout ce que le professeur Quirrell lui avait dit. Le plus difficile ne serait pas seulement de jouer la fausse personnalit� suffisamment bien pour tromper Bellatrix Black en personne, le plus difficile serait de conserver son Patronus en m�me temps...</p><p>L'�tincelle verte disparut, et un moment plus tard un serpent d'un m�tre de haut apparut dans une vibration de sortie d'invisibilit�.</p><p>La porte de m�tal bougea avec un lent grincement lorsque Harry la poussa de sa main invisible, l'entreb�illait juste, et il jeta un coup d'�il.</p><p>Il vit un couloir droit qui s'achevait sur de la pierre. Il n'y avait aucune lumi�re ici hormis celle qui se faufilait depuis le Patronus de Harry. C'�tait suffisant pour qu'il voit les barreaux ext�rieurs des huit cellules encastr�es dans le couloir, mais il ne pouvait voir � l'int�rieur ; plus important encore, il ne pouvait voir personne dans le couloir.</p><p>"<emphasis>Je ne voiss rien,"</emphasis> siffla Harry.</p><p>Le serpent darda, ondulant vivement le long du sol.</p><p>Un moment plus tard -</p><p>"<emphasis>Elle est sseule,"</emphasis> siffla-t-il.</p><p><emphasis>Reste, </emphasis>pensa Harry � l'intention de son Patronus, qui prit position juste � c�t� de la porte, comme s'il la gardait ; puis Harry ouvrit la porte plus grand et entra � l'int�rieur.</p><p>La premi�re cellule contenait ce qui ressemblait � un corps dess�ch�, peau devenue grise et marbr�e, chair us�e par endroits jusqu'� exposer l'os en-dessous, pas d'yeux -</p><p>Harry ferma les siens. Il pouvait encore le faire, il �tait encore invisible, il ne trahissait rien en fermant les yeux.</p><p>Il l'avait d�j� su, il l'avait lu � la page six de son livre de M�tamorphose, que vous restiez � Azkaban jusqu'� ce que votre peine soit finie. Si vous mourriez avant, ils vous gardaient l� jusqu'� rel�cher votre corps. Si vous �tiez condamn�e � vie, ils gardaient juste le corps dans la cellule jusqu'� ce qu'ils en aient besoin, et alors ils jetaient votre corps dans la fosse des D�traqueurs. Mais c'�tait quand m�me un choc de l'observer, ce corps avait �t� une <emphasis>personne</emphasis> et avait juste �t� <emphasis>laiss�e</emphasis> l� -</p><p>La lumi�re de la pi�ce vacilla.</p><p><emphasis>Stable,</emphasis> pensa Harry au plus profonde de lui-m�me. Le professeur Quirrell souffrirait si ce Patronus cessait de l'emp�cher d'avoir des pens�es tristes. Si pr�s des D�traqueurs, le professeur de D�fense tomberait peut-�tre mort, tout simplement. <emphasis>Stable, Harry James Potter-Evans-Verres, stable !</emphasis></p><p>Et avec cette pens�e, Harry rouvrit les yeux ; il n'y avait pas de temps � perdre.</p><p>La seconde cellule qu'il regarda ne contenait qu'un squelette.</p><p>Et derri�re les barreaux de la troisi�me, il vit Bellatrix Black.</p><p>� l'int�rieur de Harry, quelque chose de pr�cieux de d'irrempla�able se fl�trit comme de l'herbe s�che.</p><p>On pouvait voir que la femme n'�tait pas un squelette et que sa t�te n'�tait pas un cr�ne parce que la texture de la peau �tait encore diff�rente de celle de l'os, m�me au stade de p�leur qu'elle avait atteint en attendant seule dans le noir. Soit ils ne la nourrissait pas beaucoup, soit les ombres de D�traqueurs aspiraient ce qu'elle mangeait ; car ses yeux semblaient avoir r�duit dans leurs orbites, ses l�vres avaient l'air trop ass�ch�es pour recouvrir ses dents. La couleur sembla avoir d�teint des v�tements noirs qu'elle avait apport�s en prison, comme si les D�traqueurs avaient aussi drain� cela. Ces v�tements s'�taient voulus provocateurs, et ils recouvraient maintenant un squelette, mollement, exposant un peau ratatin�e.</p><p><emphasis>Je suis l� pour la sauver, je suis l� pour la sauver, je suis l� pour la sauver, </emphasis>pensa Harry en son for int�rieur, avec d�sespoir, encore et encore, dans un effort quasi Occlumantique, imposant � son Patronus de ne pas s'�teindre, de rester et de <emphasis>prot�ger Bellatrix des D�traqueurs -</emphasis></p><p>Dans son c�ur, dans son essence, Harry saisit toute sa piti� et toute sa compassion, toute sa volont� de la secourir des t�n�bres ; et alors qu'il pensait � cela, la radiation d'argent qui entrait par la porte ouverte s'intensifia.</p><p>Et dans une autre partie de lui, comme s'il laissait juste une autre partie de son esprit continuer une habitude, sans y pr�ter trop d'attention...</p><p>Une expression froide recouvrit le visage de Harry, invisible sous la capuche.</p><p>"Bonjour, ma ch�re Bella," dit un murmure glac�. "T'ais-je manqu� ?"</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 53*: L'Exp�rience de Prison de Stanford, pt 3</strong></p><p>Le cadavre d'une femme ouvrit les yeux, et les orbes �teints et creus�s regard�rent dans le vide.</p><p>"Folle," marmonna Bellatrix d'une voix bris�e, "il semble que petite Bella devient folle..."</p><p>Le professeur Quirrell avait calmement et pr�cis�ment expliqu� � Harry comment agir en pr�sence de Bellatrix ; comment cr�er le faux-semblant qu'il devrait maintenir dans son esprit.</p><p><emphasis>Vous avez trouv� opportun, ou peut-�tre amusant, de rendre Bellatrix amoureuse de vous, de la lier � votre service.</emphasis></p><p>Cet amour aurait surv�cu � Azkaban, avait dit le professeur Quirrell, car pour elle il ne constituait pas une pens�e heureuse.</p><p><emphasis>Elle vous aime totalement, absolument, de tout son �tre. Vous ne le lui rendez pas, mais vous le trouvez utile. Elle le sait.</emphasis></p><p><emphasis>Elle �tait l'arme la plus mortelle que vous poss�diez, et vous l'appeliez ch�re Bella.</emphasis></p><p>Harry se souvint de la nuit o� le Seigneur des T�n�bres avait tu� ses parents : l'amusement froid, le rire m�prisant, la voix haute perch�e faite de haine mortelle. Il ne semblait pas difficile de deviner ce que le Seigneur des T�n�bres dirait.</p><p>"J'esp�re que vous n'�tes <emphasis>pas</emphasis> folle, ch�re Bella," dit le murmure glac�. "La folie n'est pas utile."</p><p>Les yeux de Bella cill�rent, ils essay�rent de mettre au point sur le vide.</p><p>"Mon... seigneur... je me suis rendue l� o� vous m'avez dit de vous attendre, mais vous n'�tes pas venu... je vous ai cherch� mais je n'ai pas pu vous trouver... vous �tes en vie..." Tous ces mots provenaient d'un bas marmonnement, et s'il y avait l� la moindre �motion, Harry ne pouvait pas la d�tecter.</p><p>"<emphasis>Montrez-lui votre vissage,</emphasis>" siffla le serpent aux pieds de Harry.</p><p>Harry rejeta le capuchon de la Cape d'Invisibilit�.</p><p>La partie de lui-m�me � laquelle il avait donn� le contr�le de ses expressions faciales regarda Bella sans la moindre trace de piti�, avec seulement un int�r�t froid et calme (alors qu'au fond de lui-m�me, il songeait : <emphasis>je vous sauverai, je vous sauverai quoi qu'il en co�te...</emphasis>)</p><p>"La cicatrice..." marmonna Bellatrix. "Cet enfant..."</p><p>"C'est ce qu'il pensent tous," dit la voix de Harry, et il �mit un l�ger gloussement. "Vous m'avez cherch� au mauvais endroit, ch�re Bella."</p><p>(Harry avait demand� au professeur Quirrell pourquoi ce ne serait pas lui qui jouerait le r�le du Seigneur des T�n�bres, et le professeur Quirrell avait fait remarquer qu'il n'y avait aucune raison plausible pour laquelle <emphasis>il</emphasis> serait poss�d� par l'ombre de Celui-Dont-Il-Ne-Faut-Pas-Prononcer-Le-Nom).</p><p>Les yeux de Bellatrix rest�rent fix�s sur Harry, et elle demeura coite.</p><p>"<emphasis>Dites quelque chosse en Fourchelangue,"</emphasis> siffla le serpent.</p><p>Le visage de Harry se tourna vers le serpent afin de clairement montrer qu'il s'adressait � celui-ci, et il siffla : "<emphasis>Un deux troiss quatre ccinq ssix ssept huit neuf dix.</emphasis>"</p><p>Il y eut une pause.</p><p>"Ceux qui ne craignent pas les t�n�bres..." murmura Bellatrix.</p><p>Le serpent siffla : "<emphasis>Sseront conssum�s par elles.</emphasis>"</p><p>"Seront consum�s par elles," chuchota la voix glaciale. Harry n'avait pas particuli�rement envie de r�fl�chir � la fa�on dont le professeur Quirrell avait obtenu ce mot de passe. Son cerveau, qui y pensa quand m�me, sugg�ra que cela avait n�cessit� un Mangemort, un lieu silencieux et isol�, et de la L�gilimancie � coups de barre de fer.</p><p>"Votre baguette," murmura Bellatrix, "je l'ai cach�e dans le cimeti�re, Seigneur, avant de partir... sous la tombe � droite de celle de votre p�re... me tuerez-vous maintenant, si c'est tout ce que vous vouliez de moi... je pense que j'ai toujours voulu que ce soit vous qui me tuiez... mais je ne peux m'en souvenir � pr�sent, �a devait �tre une pens�e heureuse..."</p><p>Le c�ur de Harry se tordit dans sa poitrine, c'�tait insupportable - et il ne pouvait pas pleurer, il ne pouvait pas laisser son Patronus faiblir -</p><p>Son visage laissa appara�tre un soup�on d'agacement, et sa voix fut tranchante : "Assez d'idioties. Vous allez venir avec moi, ch�re Bella, � moins que vous ne pr�f�riez la compagnie des D�traqueurs."</p><p>Le visage de Bellatrix tressailli sous le coup d'une br�ve incompr�hension, mais les membres ratatin�s ne bronch�rent pas.</p><p>"<emphasis>Vous devrez la faire l�viter jusqu'� la ssortie</emphasis>," siffla Harry au serpent. "<emphasis>Elle ne peut plus ssonger � ss'enfuir."</emphasis></p><p>"<emphasis>Oui,"</emphasis> siffla le serpent, "<emphasis>mais ne la ssous-esstimez pas. Elle �tait la plus mortelle des guerri�res." </emphasis>La t�te verte s'inclina en signe d'avertissement. "<emphasis>Il serait sage de me craindre, enfant, m�me si j'�tais affam� et mort aux neufs dixi�mes ; m�fiez-vous d'elle, ne permettez � aucune faille d'appara�tre dans votre jeu."</emphasis></p><p>Le serpent vert glissa �l�gamment jusqu'au couloir.</p><p>Et peu apr�s, un homme au teint cireux et � l'air effray� peint sur son visage barbu entra d'un pas servile dans la pi�ce, baguette en main.</p><p>"Seigneur ?" dit le serviteur d'une voix h�sitante.</p><p>"Faites ce que l'on vous a dit de faire," dit le Seigneur des T�n�bres de sa voix glaciale, d'autant plus terrible qu'elle �manait du corps d'un enfant. "Et ne laissez pas votre Patronus vaciller. Souvenez-vous que si je ne reviens pas, vous n'aurez pas de r�compense, et qu'il ne sera pas mis fin aux souffrances de votre famille avant longtemps."</p><p>Apr�s avoir prononc� ces �pouvantables paroles, le Seigneur des T�n�bres recouvrit sa t�te de la Cape d'Invisibilit� et disparut.</p><p>Le serviteur ouvrit la porte de la cage de Bellatrix et tira une petite aiguille de ses robes, avec laquelle il piqua le squelette humain. L'unique goutte de sang qui fut ainsi produite fut rapidement absorb�e dans une petite poup�e qui avait �t� d�pos�e au sol, et le serviteur commen�a � psalmodier en chuchotant.</p><p>Peu apr�s, un autre squelette vivant se trouvait au sol, immobile. Puis le serviteur sembla h�siter un instant, jusqu'� ce qu'un ordre impatient n'�mane du vide. Le serviteur dirigea alors sa baguette vers Bellatrix, pronon�a un mot, et le squelette vivant sur le lit fut nu, et celui au sol fut v�tu d'une robe pass�e.</p><p>Le serviteur arracha un petit bandeau de tissu de la robe plac�e sur le faux corps ; et de ses propres robes, l'homme effray� produit une flasque en verre, vide, avec de petites traces d'un fluide dor� encore accroch�es � sa paroi interne. La flasque fut cach�e dans un coin, le bandeau de tissu d�pos� au-dessus de celle-ci, la couleur terne de ce dernier se fondant presque avec le mur de m�tal gris.</p><p>Un autre mouvement de la baguette du serviteur fit flotter le squelette humain depuis le lit jusqu'aux airs, et presque du m�me mouvement, le corps fut recouvert de nouvelles robes noires. Une bouteille de lait au chocolat � l'air ordinaire fut plac�e dans sa main, et un chuchotement glacial ordonna � Bellatrix de s'en saisir et de la boire, ce qu'elle fit, son visage n'exprimant � pr�sent rien d'autre que de la perplexit�.</p><p>Puis le serviteur rendit Bellatrix invisible, puis il se rendit lui-m�me invisible, et ils partirent. La porte se ferma derri�re eux et le loquet fit un d�clic, plongeant de nouveau le couloir dans les t�n�bres, inchang� mis � part une petite flasque plac�e dans le coin d'une cellule, et un corps frais allong� sur le sol de celle-ci.</p><empty-line/><p>Plus t�t, dans le magasin d�sert, le professeur Quirrell avait dit � Harry qu'ils allaient commettre le crime parfait.</p><p>Sans r�fl�chir, Harry avait commenc� � r�p�ter les proverbes standards disant que le crime parfait n'existait pas, avant de vraiment y r�fl�chir pendant environ deux tiers de seconde, de se souvenir d'un proverbe plus sage, et de fermer sa bouche � mi-phrase.</p><p><emphasis>Qu'est-ce que tu penses savoir, et comment penses-tu que tu le sais ?</emphasis></p><p>Si vous <emphasis>commettiez</emphasis> le crime parfait, personne ne le d�couvrirait jamais - alors comment quiconque pouvait-il <emphasis>savoir</emphasis> qu'il n'y avait pas de crimes parfaits ?</p><p>D�s que vous regardiez les choses sous cet angle, vous vous rendiez compte que des crimes parfaits �taient probablement commis <emphasis>en permanence</emphasis>, et que le m�decin l�giste marquait que la mort avait eu des causes naturelle, ou le journal �crivait que le magasin n'avait jamais fait beaucoup de profit et qu'il avait fini par faire faillite...</p><p>Lorsque le corps de Bellatrix fut trouv� dans sa cellule le lendemain, l�, dans la prison d'Azkaban, d'o� (tout le monde le savait) on ne s'�tait jamais �chapp�, personne ne prit la peine de faire une autopsie. Personne n'y songea � deux fois. Ils referm�rent juste la porte du couloir et partirent, et la <emphasis>Gazette du Sorcier</emphasis> le mentionna dans la rubrique n�crologique du lendemain...</p><p>... �a, c'�tait le crime parfait que le professeur Quirrell avait pr�vu.</p><p>Et ce n'est pas lui qui le fit foirer.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 54*: L'Exp�rience de Prison de Stanford, pt 4</strong></p><p>Une faible �tincelle verte s'avan�a et instaura un rythme. Une silhouette brillante et argent�e la suivait, mais toutes les autres entit�s pr�sentes �taient invisibles. Ils avaient travers� cinq sections de couloir, tourn� cinq fois � droite et mont� quatre vol�es de marches ; et lorsque Bellatrix avait fini sa deuxi�me bouteille de lait au chocolat, ils lui avaient donn� des barres de chocolat solide.</p><p>C'est apr�s sa troisi�me barre de chocolat que d'�tranges sont commenc�rent � sortir de sa gorge.</p><p>Harry eut du mal, � d�chiffrer les sons car ils ne ressemblaient � rien de ce qu'il avait entendu auparavant ; le rythme �tait bris�, presque impossible � reconna�tre, et il mit bien longtemps � se rendre compte que Bellatrix pleurait.</p><p>Bellatrix Black pleurait, l'arme la plus terrible du Seigneur des T�n�bres pleurait, elle �tait invisible, mais on pouvait les entendre, les petits sons path�tiques qu'elle essayait encore de contenir.</p><p>"Est-ce r�el ?" dit-elle. Sa voix �tait redevenue tonale, elle n'�tait plus un marmonnement mort et s'�tait �lev�e en fin de phrase afin de d�noter une question. "Est-ce r�el ?"</p><p><emphasis>Oui</emphasis>, pensa la partie de Harry qui simulait le Seigneur des T�n�bres, <emphasis>tais-toi maintenant -</emphasis></p><p>Il n'arrivait pas � laisser ces mots passer ses l�vres, cela lui �tait impossible.</p><p>"Je savais - que vous - viendriez pour moi - un jour," lorsqu'elle inspira l'air n�cessaire � quelques sanglots silencieux, la voix de Bellatrix chevrota et se fractura. "Je savais - que vous �tiez en vie - que vous viendriez - pour moi - seigneur..." il y eut une longue inhalation, comme un immense hal�tement, "et que m�me - lorsque vous viendriez - vous ne m'aimeriez toujours pas - jamais - vous ne m'aimeriez jamais en retour - c'est pour �a - qu'ils n'ont pas pu me prendre - mon amour - m�me si je ne me souviens pas - me souviens pas de tant d'autres choses - m�me si je ne sais pas ce que j'ai oubli� - mais je sais � quel point je vous aime, seigneur -"</p><p>Un couteau fut plant� en travers du c�ur de Harry, il n'avait jamais rien entendu d'aussi horrible, il voulait pourchasser le Seigneur des T�n�bres et le tuer, juste pour cette...</p><p>"Ai-je encore - une utilit� pour vous - seigneur ?"</p><p>"Non," siffla la voix de Harry, sans m�me qu'il doive penser, elle semblait �tre en pilote automatique "j'ai p�n�tr� Azkaban par caprice. Bien s�r que vous m'�tes utile ! Ne posez pas de questions stupides."</p><p>"Mais - je suis faible," dit la voix de Bellatrix, et un sanglot complet lui �chappa, bien trop fort dans les couloirs d'Azkaban, "je ne peux pas tuer pour vous, seigneur, je suis d�sol�e, ils ont tout mang�, ils m'ont d�vor�e, je suis trop faible pour me battre, quel int�r�t ai-je pour vous maintenant -"</p><p>Le cerveau de Harry chercha d�sesp�r�ment une fa�on de la rassurer � travers les l�vres d'un Seigneur des T�n�bres qui ne prononcerait jamais un seul mot affectueux.</p><p>"Laide," dit Bellatrix. Sa voix pronon�a ce mot comme si �a avait �t� l'ultime clou dans son cercueil, son d�sespoir ultime. "Je suis laide, ils ont mang� �a aussi, je suis, je ne suis plus jolie, vous ne pourrez m�me, pas, m'utiliser, comme r�compense, pour vos serviteurs - m�me les Lestranges, ne voudront plus, me faire mal, plus maintenant -"</p><p>La silhouette lumineuse cessa de marcher.</p><p>Parce que Harry avait cess� de marcher.</p><p><emphasis>Le Seigneur des T�n�bres, il...</emphasis> la partie de Harry qui �tait douce et vuln�rable hurlait d'une horreur incr�dule, essayait de rejeter la r�alit�, de refuser de comprendre, alors m�me que la partie plus froide et plus dure compl�tait le motif : <emphasis>Elle lui ob�issait en cela comme elle lui ob�issait en toutes choses.</emphasis></p><p>L'�tincelle verte sautilla instamment, bondit vers l'avant.</p><p>L'humano�de d'argent resta o� il �tait.</p><p>Bellatrix sanglota plus fort.</p><p>"Je ne, je ne suis pas, je ne peux plus, vous �tre utile, plus maintenant..."</p><p>Des mains g�antes �crasaient la poitrine de Harry, le tordaient comme un chiffon, essayaient de broyer son c�ur.</p><p>"S'il vous pla�t," dit Bellatrix, "tuez-moi..." sa voix sembla se calmer apr�s qu'elle ait prononc� ces mots. "Seigneur, s'il vous pla�t, tuez moi, je n'ai aucune raison de vivre si je ne peux vous �tre utile... je veux seulement que cela s'arr�te... faites-moi mal une derni�re fois, seigneur, faites-moi mal jusqu'� ce que je m'arr�te... je vous aime..."</p><p>C'�tait la chose la plus triste que Harry avait jamais entendue.</p><p>La claire silhouette d'argent du Patronus de Harry vacilla -</p><p>Ondula -</p><p>S'intensifia -</p><p>La furie qui montait en Harry, sa rage contre le Seigneur des T�n�bres, qui avait accompli cela, sa rage contre les D�traqueurs, contre Azkaban, contre le monde qui autorisait de telles horreurs, elle semblait se d�verser directement depuis son bras dans sa baguette, sans qu'il y ait moyen de la bloquer, il essayait de lui intimer de s'arr�ter et rien ne se passait.</p><p>"Seigneur !" chuchota la voix d�guis�e du professeur Quirrell. "Je perds le contr�le de mon sortil�ge ! Aidez-moi, seigneur !"</p><p>Plus lumineux le Patronus, de plus en plus lumineux, il croissait plus vite que le jour o� Harry avait d�truit un D�traqueur.</p><p>"Seigneur !" dit la silhouette d'un murmure terrifi�. "Aidez-moi ! Tout le monde va le sentir, seigneur !"</p><p><emphasis>Tout le monde va le sentir</emphasis>, pensa Harry. Son imagination pouvait clairement les lui repr�senter, les prisonniers dans leur cellule s'�veillant � une lumi�re gu�rissante qui rempla�ait le froid et les t�n�bres �crasantes.</p><p>Les reflets de chaque surface pr�sente br�laient � pr�sent avec la force d'un soleil blanc, et la silhouette du squelette de Bellatrix et l'homme au teint cireux �taient clairement visibles � travers l'�clat car les sortil�ges de d�sillusion ne parvenaient pas � soutenir le force de la lumi�re surnaturelle ; seule la Cape d'Invisibilit�, la relique de la Mort, pouvait y r�sister.</p><p>"Seigneur ! <emphasis>Vous devez l'arr�ter !</emphasis>"</p><p>Mais Harry ne pouvait plus lui imposer sa volont�, il ne voulait plus que cela s'arr�te. Il pouvait les sentir, les �tincelles de vie d'Azkaban, toujours plus nombreuses � �tre prot�g�es par son Patronus <emphasis>alors m�me que celui-ci d�ployait, tel des ailes de lumi�re solaire, les airs transform�s en argent par sa pens�e, et Harry sut ce qu'il devait faire.</emphasis></p><p>"<emphasis>S'il vous pla�t, Seigneur !"</emphasis></p><p>Les mots ne furent pas entendus.</p><p><emphasis>Ils �taient loin de lui, les D�traqueurs dans leur fosse, mais Harry savait que si l'�clat de la lumi�re devenait assez puissant ils pourraient �tre d�truits, m�me � cette distance, il savait que la Mort elle-m�me ne pourrait plus s'opposer � lui s'il arr�tait de se retenir, alors il descella toutes les portes de son �tre, creusa le puits de son sortil�ge jusqu'au ultimes tr�fonds de son �me, de son esprit, de sa volont�, donna absolument tout ce qu'il poss�dait au sort -</emphasis></p><p>Et � l'int�rieur du soleil, une ombre � peine moins lumineuse s'avan�a, tendit une main implorante.</p><p><emphasis>NON</emphasis></p><p><emphasis>ARR�TE</emphasis></p><p>Le sensation funeste entra en collision avec la d�termination d'acier de Harry, la terreur et l'incertitude luttant contre le noble but ; rien d'autre que cela n'aurait pu l'atteindre. La silhouette fit un autre pas en avant, puis un autre, et la sensation funeste s'�leva jusqu'� devenir le sentiment d'une catastrophe terrible, imminente ; et tremp� d'une eau glac�e, Harry comprit, il vit les cons�quences de ce qu'il �tait en train de faire, il vit le danger et le pi�ge.</p><p>Si vous aviez observ� de l'ext�rieur vous auriez vu le c�ur d'un soleil s'intensifier et se ternir...</p><p>S'intensifier et se ternir...</p><p>... et enfin s'estomper, s'estomper, s'estomper jusqu'� devenir un �clat lunaire ordinaire, qui par contraste rappelait les t�n�bres les plus compl�tes.</p><p>Dans les t�n�bres de cette �clat lunaire se tenait un homme au teint cireux, sa main implorante tendue en avant, et le squelette d'une femme, �tendu au sol, un air perplexe sur le visage.</p><p>Et Harry, toujours invisible, tomba � genoux. Le grand danger �tait passer, et Harry essayait seulement de ne pas s'effondrer, de maintenir le sortil�ge � un niveau plus bas. Il avait puis� dans quelque chose et esp�rait n'en avoir rien perdu - il aurait d� le savoir, il aurait d� se souvenir que la simple magie n'�tait pas la seule chose qui alimentait le sortil�ge du Patronus -</p><p>"Merci, Seigneur," chuchota l'homme au teint cireux.</p><p>"Idiot," dit la dure voix d'un gar�on qui pr�tendait �tre le Seigneur des T�n�bres. "Ne t'ai-je pas pr�venu que le sortil�ge pouvait s'av�rer fatal si tu �chouais � contr�ler tes �motions ?"</p><p>Les yeux du professeur Quirrell ne s'�carquill�rent bien s�r pas.</p><p>"Oui, Seigneur, je comprends," dit le serviteur du Seigneur des T�n�bres d'une voix chancelante, et il se tourna alors vers Bellatrix -</p><p>Elle se relevait d�j�, lentement, comme une vieille femme Moldue. "Que c'est amusant," chuchota Bellatrix, "tu as failli �tre tu� par un Patronus...". Un gloussement, qui sembla souffler de la poussi�re hors de ses tuyaux � gloussement. "Je pourrais peut-�tre te punir, si mon Seigneur te figeait sur place et que j'avais des couteaux... peut-�tre que je peux �tre utile, apr�s tout ? Oh, je me sens d�j� un peu mieux, comme c'est �trange..."</p><p>"Sois silencieuse, ch�re Bella," dit Harry d'une voix froide, "jusqu'� ce que je t'octroie le droit de parler."</p><p>Il n'y eut pas de r�ponse, ce qui constituait de l'ob�issance.</p><p>Le serviteur fit l�viter le squelette humain et le rendit de nouveau invisible peu avant de dispara�tre lui m�me au son d'un autre �uf bris�.</p><p>Ils continu�rent dans les couloirs d'Azkaban.</p><p>Et Harry sut, alors qu'ils avan�aient, que les prisonniers s'�veillaient dans leur cellules alors que, le temps d'un moment pr�cieux, la peur disparaissait, qu'ils ressentaient peut-�tre m�me la caresse salutaire de sa lumi�re, avant de s'effondrer � nouveau, avant que le froid et les t�n�bres ne les recouvrent de nouveau.</p><p>Harry essayait tr�s fort de ne pas y penser.</p><p>Sans quoi son Patronus cro�trait jusqu'� avoir br�l� chaque D�traqueur d'Azkaban, brillant assez fort pour les d�truire, m�me � cette distance...</p><p>Sans quoi son Patronus cro�trait jusqu'� avoir br�l� chaque D�traqueur d'Azkaban, consumant toute la vie de Harry en retour.</p><empty-line/><p>Au sommet d'Azkaban, dans le quartier g�n�ral Auror, un trio ronflait dans la caserne, un autre se reposait dans la salle du personnel, et un autre montait la garde dans la salle de commandement. La salle de commandement �tait simple mais spacieuse, avec trois chaises � l'arri�re, o� les Aurors s'asseyaient, leur baguette toujours en main afin de maintenir leur trois Patronus, et les formes lumineuses et blanches faisaient les cent pas devant la fen�tre ouverte, les prot�geant tous de la peur des D�traqueurs.</p><p>Ils restaient g�n�ralement tous les trois � l'arri�re et jouaient au poker sans regarder par la fen�tre. Vous auriez pu y voir un peu de ciel, pour s�r, et il y avait m�me une heure ou deux par jour o� vous auriez pu voir un peu de soleil, mais cette fen�tre donnait aussi sur la fosse centrale de l'enfer.</p><p>Juste au cas o� un D�traqueur voudrait venir y flotter pour vous parler.</p><p>Jamais l'Auror Li n'aurait accept� d'y servir, triple paie ou pas, s'il n'avait pas eu une famille � nourrir. (Son vrai nom �tait Xiaoguang, et tout le monde pr�f�rait l'appeler Mike ; il avait nomm� ses enfants Su et Kao en esp�rant que cela leur porterait meilleure chance). Sa seule consolation, mis � part l'argent, �tait qu'au moins ses amis jouaient excellemment bien au Poker Dragon. M�me si � ce stade, il aurait �t� dur de <emphasis>mal</emphasis> jouer.</p><p>C'�tait leur 5366�me partie et Li avait ce qui serait probablement sa meilleure main des parties 5300-5400. On �tait un samedi de f�vrier et il y avait trois autres joueurs, ce qui le laissait modifier la couleur de n'importe quelle carte � un trou, sauf les deux, les trois ou les sept ; et c'�tait suffisant pour lui permettre de construire un Corps-�-Corps avec des Licornes, des Dragons et des sept...</p><p>De l'autre c�t� de la table, Gerard McCusker releva les yeux et regarda en direction de la fen�tre.</p><p>La naus�e monta dans l'estomac de Li avec une rapidit� surprenante.</p><p>Si son sept de c�ur se faisait avoir par un Modificateur D�traqueur et se faisait transformer en six, il descendait direct � deux paires et McCusker pourrait battre �a -</p><p>"Mike," dit McCusker, "qu'est-ce qu'il a, ton Patronus ?"</p><p>Li tourna la t�te et regarda.</p><p>Son doux blaireau d'argent s'�tait d�tourn� de sa garde au-dessus de la fosse et regardait en bas, vers quelque chose que lui seul pouvait voir.</p><p>Un instant plus tard, le canard couleur lune de Bahry et l'�tincelant fourmilier de McCusker l'imit�rent, regardant tous dans la m�me direction.</p><p>Ils �chang�rent des regards puis soupir�rent.</p><p>"Je vais leur dire," dit Bahry. Le protocole requ�rait que l'on envoie les trois Auror qui �taient de repos mais qui ne dormaient pas afin qu'ils inspecte tout anomalie. "�pargne peut-�tre l'un deux et prends la spirale C, si �a ne te d�range pas."</p><p>Li �changea un regard avec McCusker et ils hoch�rent tous deux la t�te. Il n'�tait pas trop difficile de p�n�trer par effraction dans Azkaban si l'on �tait assez riche pour s'offrir un sorcier puissant et que l'on avait des intentions assez pures pour recruter quelqu'un capable de lancer le Patronus. Des gens dont les amis �taient � Azkaban faisaient souvent cela, ils entraient par effraction uniquement pour donner une demi-journ�e de Patronus � quelqu'un, une chance d'avoir de v�ritables r�ve, et pas seulement des cauchemars. En leur donnant une r�serve de chocolat � cacher dans leur cellule, afin d'augmenter leurs chances de survivre � leur peine. Et les Aurors de garde... eh bien, si vous vous faisiez prendre, vous pourriez probablement convaincre les Aurors de regarder ailleurs en �change du bon pot-de-vin.</p><p>Pour Li, le bon pot-de-vin �tait quelque part en deux Noises et une Mornille d'argent. Il ha�ssait cet endroit.</p><p>Mais Bahry Une-Main avait une femme, et cette femme avait des frais de Gu�risseur, et, quand c'�tait lui qui les attrapait, ceux qui pouvaient se payer une effraction dans Azkaban pouvaient bien se payer un graissage en r�gle de la derni�re patte de Bahry.</p><p>Par un accord tacite, sans qu'aucun d'eux ne r�v�le quoi que ce soit en le proposant, ils commenc�rent par terminer leur partie de poker. Li gagna car aucun D�traqueur n'�tait apparu. Les Patronus avaient alors d�j� cess� de regarder et �taient retourn�s � leur patrouilles habituelles. Ce n'�tait probablement donc rien, mais la r�gle �tait la r�gle.</p><p>Apr�s que Li ait ratiss� les sous, Bahry leur donna � tous des hochements de t�te officiels et se leva de la table. Les longues m�ches blanches de l'homme �g� tomb�rent le long de ses robes rouges et �l�gantes, ses robes tomb�rent sur le sol de m�tal de la salle de commande, et il passa la porte qui les s�parait des Aurors pr�c�demment en repos.</p><p>Li avait �t� Tri� � Poufsouffle et ce genre d'histoires le mettait parfois un peu mal � l'aise. Mais Bahry lui avait montr� les images, et il fallait bien laisser ce type faire ce qu'il pouvait pour sa pauvre femme malade, d'autant plus qu'il ne lui restait plus que sept mois avant la retraite.</p><empty-line/><p>La faible �tincelle verte flottait entre les couloirs de m�tal, et l'humano�de d'argent la suivait, maintenant un peu plus terne. Parfois la silhouette �tincelait, surtout lorsqu'elle passait devant les immenses portes de m�tal, mais elle redevenait toujours terne.</p><p>Des yeux non entra�n�s auraient �t� incapables de voir les autres, ceux qui �taient invisibles : le Survivant de onze ans, le squelette vivant nomm� Bellatrix Black et le professeur de Poudlard polynectar� qui parcouraient Azkaban. Si c'�tait le d�but d'une histoire dr�le, Harry ne connaissait pas la chute.</p><p>Ils avaient mont� quatre autres vol�es de marches lorsque la voix rauque du professeur de D�fense dit d'un ton �gal et sans emphase : "Un Auror approche".</p><p>Harry mit trop longtemps, peut-�tre une seconde enti�re, avant de comprendre, avant que l'adr�naline n'atteigne son sang, avant qu'il ne se rappelle ce que le professeur Quirrell lui avait dit de faire dans ce cas, et il pivota sur ses talons et repartit en courant en sens inverse.</p><p>Il atteignit les escaliers et se jeta fr�n�tiquement derri�re la troisi�me marche. Il sentit le m�tal froid, m�me � travers ses robes et sa Cape. Essayer de relever la t�te et de jeter un coup d'�il au-dessus de la marche sup�rieure lui montra qu'il ne pouvait pas voir le professeur Quirrell ; et cela signifiait que Harry �tait hors de ligne de mire de tout tir perdu.</p><p>Son Patronus �tincelant le suivit et s'allongea � ses c�t�s, une marche plus bas ; car lui aussi ne devait pas �tre vu.</p><p>Il y eut un l�ger son, comme un souffle ou une bourrasque, puis le corps invisible de Bellatrix qui venait se blottir quelques marches plus bas, elle n'aurait rien � faire hormis -</p><p>"Ne bouge pas," dit le chuchotement froid et aigu, "tais-toi."</p><p>Puis il y eut silence et immobilit�.</p><p>Harry appuya sa baguette contre la marche de m�tal situ�e juste au-dessus de lui. S'il avait �t� quelqu'un d'autre, il aurait eu besoin de sortir une Noise de sa poche... ou de d�chirer un peu de tissu de ses robes... ou de se ronger un bout d'ongle... ou de trouver un caillou assez grand pour �tre visible et assez lourd pour rester immobile au contact de sa baguette. Mais gr�ce au tout-puissant pouvoir de M�tamorphose partielle de Harry, cela n'�tait pas n�cessaire ; il pouvait sauter cette �tape et utiliser n'importe quel mat�riau.</p><p>Trente secondes plus tard, Harry �tait le fier propri�taire d'un miroir courbe, et ...</p><p>"<emphasis>Wingardium Leviosa,"</emphasis> chuchota-t-il aussi doucement qu'il le pouvait.</p><p>... il le faisait l�viter juste au-dessus des marches, observant dans cette surface courbe la quasi-totalit� du couloir o� le professeur Quirrell attendait, invisible.</p><p>Harry les entendit alors au loin, les bruits de pas.</p><p>Et il vit la silhouette (un peu difficile � deviner dans le miroir) d'une personne en robes rouges qui descendait les marches et entrait dans le couloir accompagn� d'un petit Patronus animal que Harry ne pouvait pas bien voir.</p><p>L'Auror �tait prot�g� d'un chatoiement bleut�, les d�tails �taient peu clairs mais cela Harry pouvait le voir : L'Auror avait ses boucliers lev�s et renforc�s.</p><p><emphasis>Mince</emphasis>, pensa Harry. Selon le professeur de D�fense, l'essence du duel consistait � essayer de lever des d�fenses qui bloqueraient tout ce qu'on risquait de vous envoyer tout en essayant de percer celles de l'autre. Et le moyen de loin le plus simple de gagner n'importe quel combat r�el - le professeur Quirrell l'avait r�p�t� encore et encore - �tait d'abattre l'ennemi avant qu'il n'ait lev� un seul bouclier, soit par derri�re, soit d'assez pr�s pour qu'il ne puisse ni �viter ni contrer assez vite.</p><p>Mais le professeur Quirrell pourrait peut-�tre placer un tir dans le dos, si -</p><p>Mais l'Auror s'arr�ta apr�s avoir fait trois pas dans le couloir.</p><p>"Jolie d�sillusion," dit une dure voix masculine que Harry ne reconnue pas. "Maintenant, montrez-vous ou vous aurez de <emphasis>vrais</emphasis> ennuis."</p><p>L'homme barbu au teint cireux devint alors visible.</p><p>"Et vous, avec le Patronus," dit la voix dure. "Sortez. <emphasis>Maintenant.</emphasis>"</p><p>"�a ne serait pas malin," dit la voix r�peuse de l'homme au teint cireux. Ce n'�tait plus la voix terrifi�e du serviteur du Seigneur des T�n�bres ; elle �tait soudain devenue l'intimidation professionnelle d'un criminel comp�tent. "Vous ne voulez pas voir la personne derri�re moi. Croyez-moi, vous n'en avez pas la moindre envie. Cinq cent Gallions, en liquide, d'avance, si vous faites demi-tour et que vous partez. De gros probl�mes pour votre carri�re sinon."</p><p>Il y eut une longue pause.</p><p>"�coutez, qui que vous soyez," dit la voix dure. "Vous semblez mal comprendre comment les choses fonctionnent. Je me fiche que ce soit Lucius Malfoy derri�re vous, ou Albus Sacr� Dumbledore. Vous sortez <emphasis>tous</emphasis>, je vous inspecte, et <emphasis>alors</emphasis> on discute de combien �a va vous co�ter -"</p><p>"Deux mille Gallions, derni�re offre," dit la voix r�peuse avec un ton d'avertissement. "C'est dix fois le prix habituel et plus que ce que vous gagnez en un an. Et croyez-moi, si vous voyez quelque chose que vous n'auriez pas d� voir, vous allez regretter de n'avoir pas accept� cette -"</p><p>"La ferme !" dit la voix dure. "Vous avez exactement cinq secondes pour vous d�barrasser de cette baguette avant que je ne me d�barrasse de vous. Cinq, quatre -"</p><p><emphasis>Professeur Quirrell, qu'est-ce que vous faites ? </emphasis>pensa Harry avec angoisse. <emphasis>Attaquez ! Ou levez un bouclier, au moins !</emphasis></p><p>" - trois, deux, un ! <emphasis>Stup�fix !</emphasis>"</p><empty-line/><p>Bahry observait alors qu'un frisson descendait le long de sa colonne vert�brale.</p><p>La baguette de l'homme avait boug� si vite que c'�tait comme si la baguette avait transplan� dans sa main, et le sortil�ge d'�tourdissement de Bahry �tincelait docilement au bout de celle-ci, pas bloqu�, pas contr�, pas d�vi�, <emphasis>saisi</emphasis> comme une mouche dans du miel.</p><p>"Mon offre est redescendue � cinq cent Gallions," dit l'homme d'une voix plus froide, plus formelle. Il avait un sourire sec, et ce sourire ne collait pas au visage barbu. "Et vous devrez accepter un sortil�ge d'Oubliettes."</p><p>Bahry avait d�j� modifi� les harmoniques de ses boucliers afin que son sortil�ge d'�tourdissement ne puisse pas l'atteindre, il avait d�j� relev� sa baguette en position d�fensive, il avait d�j� lev� sa main artificielle renforc�e dans une position qui lui permettrait de bloquer tout ce qui �tait bloquable, et il pensait d�j� des sortil�ges muets afin d'ajouter plus de couches sur ses boucliers -</p><p>L'homme ne regardait pas Bahry. Il s'int�ressait au sortil�ge d'�tourdissement de ce dernier, qui oscillait toujours au bout de la baguette de l'homme, et il en extrayait des �tincelles avant de les faire s'envoler d'une pichenette, d�construisant lentement le sort comme s'il s'�tait agi d'un casse-t�te pour enfant.</p><p>Il n'avait lev� aucun bouclier.</p><p>"Dites-moi," dit-il d'une voix d�sint�ress�e qui n'allait pas tout � fait � la gorge r�peuse - Polynectar, se serait dit Bahry s'il avait pens� que quiconque pouvait pratiquer la magie � un degr� si d�licat depuis l'int�rieur du corps d'un autre - "qu'avez-vous fait pendant la derni�re guerre ? Fait face au danger, ou planqu� ?"</p><p>"Face au danger," dit Bahry. Sa voix garda le calme d'acier d'un Auror en service depuis presque cent ans et � sept mois de la retraite. Maugrey Fol-Oeil ne l'aurait pas dit avec plus de conviction.</p><p>"Combattu des Mangemorts ?"</p><p>Un sourire sinistre �clot sur le visage de Bahry. "Deux � la fois." Deux des combattants assassins de Vous-Savez-Qui, personnellement entra�n�s par leur ma�tre. Bahry seul contre deux Mangemorts � la fois. �a avait �t� le combat le plus difficile de sa vie, mais il avait tenu bon et en �tait ressorti sans rien d'autre qu'une main gauche perdue.</p><p>"Vous les avez tu�s ?" L'homme semblait anim�e d'une curiosit� n�e de l'ennui il continuait de tirer des filaments de feu de l'�tincelle maintenant bien diminu�e, toujours captive au bout de sa baguette, et ses doigts tissaient maintenant des motifs avec la magie m�me de Bahry avant de les disperser d'un geste.</p><p>Bahry se mit � suer. Sa main de m�tal descendit d'un coup sec, arracha le miroir de sa ceinture - "Bahry � Mike, j'ai besoin de renforts !"</p><p>Il y eut une pause, et du silence.</p><p>"Bahry � Mike !"</p><p>Le miroir �tait terne et sans vie dans la main de Bahry. Il le remit lentement � sa ceinture.</p><p>"Voil� longtemps que je n'ai pas eu un combat s�rieux face � un opposant s�rieux," dit l'homme, ne regardant toujours pas Bahry. "Essayez de ne pas trop me d�cevoir. Vous pouvez attaquer quand vous voulez. Ou vous pouvez repartir avec cinq cent Gallions."</p><p>Il y eut un long silence.</p><p>Puis le hurlement du m�tal traversant le verre parcourut les airs alors que Bahry abattait sa baguette.</p><empty-line/><p>Harry pouvait � peine voir, � peine comprendre quelque chose au milieu des lumi�res et des �clairs, la courbe de son miroir �tait parfaite (il avait pratiqu� cette tactique auparavant avec la L�gion du Chaos) mais la sc�ne �tait quand m�me trop petite et Harry avait l'impression qu'il n'aurait pas pu comprendre m�me s'il avait observ� � un m�tre, tout se passait trop <emphasis>vite</emphasis>, des tirs rouges d�vi�s par des boucliers bleus, des blocs de lumi�re verte qui s'affrontaient, des formes sombres qui apparaissaient et disparaissaient, il ne savait m�me pas qui lan�ait quoi, seulement que l'Auror criait incantation apr�s incantation et esquivait avec fr�n�sie tandis que la forme polynectar�e du professeur Quirrell se tenait immobile et bougeait imperceptiblement sa baguette, g�n�ralement silencieusement, mais � l'occasion il pronon�ait dans mots dans des langues impossibles � reconna�tre, et tout le miroir �tait alors envahi d'une lumi�re blanche avant de r�v�ler la moiti� du bouclier de l'Auror arrach� et ce dernier faisant plusieurs pas en arri�re.</p><p>Harry avait vu des duels de d�monstration entre les plus puissants des �l�ves de septi�me ann�e, et ce qu'il observait �tait si loin au-dessus de cela que l'esprit de Harry se sentait anesth�si� par l'immensit� du chemin qui lui restait � parcourir. Il n'y avait pas un seul �l�ve de septi�me ann�e qui aurait tenu une demi-minute contre l'Auror, et les trois arm�es de septi�me ann�es mises ensemble n'auraient peut-�tre m�me pas inflig� une �gratignure au professeur Quirrell.</p><p>L'Auror �tait tomb� au sol, un genou et une main pour le soutenir tandis que l'autre main faisait des gestes fr�n�tique et que sa bouche hurlait des mots d�sesp�r�s, les quelques incantations que Harry reconnaissait �taient toutes des boucliers, et une nu�e d'ombres tournoyait autour de l'Auror comme un tourbillon de rasoirs.</p><p>Et Harry vit que la forme polynectar�e du professeur Quirrell pointait d�lib�r�ment sa baguette vers l'Auror agenouill�, qui vivait les derniers instants de son combat.</p><p>"Rendez-vous," dit la voix r�peuse.</p><p>L'Auror cracha des mots indicibles.</p><p>"Dans ce cas," dit la voix, "<emphasis>Avada -</emphasis>"</p><p>Le temps sembla avancer tr�s lentement, comme s'il y avait le temps d'entendre les syllabes individuelles, <emphasis>Ke, </emphasis>et <emphasis>Da</emphasis>, et <emphasis>Vra</emphasis>, le temps de voir l'Auror commencer � se jeter de c�t� avec d�sespoir ; et bien que cela ait lieu si lentement, il n'y avait malgr� tout pas le temps de <emphasis>faire</emphasis> quoi que ce soit, pas le temps que Harry ouvre ses l�vres et crie <emphasis>NON</emphasis>, pas le temps de bouger, peut-�tre m�me pas le temps de penser.</p><p>Seulement le temps pour le v�u d�sesp�r� qu'un homme innocent ne meure pas -</p><p>Et une silhouette d'argent �tincelante se tint devant l'Auror.</p><p>Se tint l� juste une fraction de seconde avant que la lumi�re verte ne frappe.</p><empty-line/><p>Bahry se propulsait de c�t� d'un mouvement fr�n�tique, ne sachant pas s'il allait s'en sortir -</p><p>Ses yeux avaient mis au point sur son adversaire et sa mort imminente, et il ne vit donc que bri�vement le contour de la silhouette lumineuse, du Patronus plus lumineux qu'il n'en avait jamais vu, il le vit juste assez longtemps pour reconna�tre la forme impossible, avant que les lumi�res verte et argent�es n'entrent en collision et que les deux ne s'�vanouissent, les <emphasis>deux</emphasis> s'�vanouissent, <emphasis>le Sortil�ge de la Mort avait �t� bloqu�</emphasis>, et les oreilles de Bahry furent alors perc�es, il vit son terrible opposant hurler, hurler, hurler en se tenant la t�te, en commen�ant � tomber, alors que Bahry lui-m�me s'effondrait -</p><p>Bahry heurta le sol, propuls� par son bond fr�n�tique, et son �paule gauche disloqu�e et sa hanche bris�es hurl�rent en signe de protestation. Bahry ignora la douleur, parvint � se remettre � genoux, sortit sa baguette pour �tourdir son adversaire, il ne comprenait pas ce qui se passait mais il savait que c'�tait sa seule chance.</p><p>"<emphasis>Stup�fix !</emphasis>"</p><p>La lumi�re rouge fon�a vers le corps tombant de l'homme et fut d�chir�e � mi-parcours, dissip�e - pas par un bouclier. Bahry pouvait la <emphasis>voir</emphasis>, l'ondulation dans l'air qui entourait son opposant criant et tombant.</p><p>Il pouvait le sentir comme une pression mortelle sur sa peau, le flux de magie qui montait et montait et montait vers un terrible point de rupture. Son instinct lui hurlait de courir avant que l'explosion ne se produise, ce n'�tait pas sortil�ge, pas une mal�diction, c'�tait de la sorcellerie devenue folle, mais avant que Bahry ne puisse m�me finir de se remettre sur pied -</p><p>L'homme rejeta sa baguette loin de lui (il jeta sa baguette !) et une seconde plus tard, sa forme devint floue et disparut enti�rement.</p><p>Un serpent vert se tenait sur le sol, d�j� immobile avant m�me que le prochain sort d'�tourdissement de Bahry, lanc� par pur r�flexe, ne l'atteigne sans rencontrer de r�sistance.</p><p>Alors que l'�pouvantable pression commen�ait � se dissiper, alors que la sorcellerie folle commen�ait � s'estomper, l'esprit abasourdi de Bahry remarqua que le cri continuait. Mais il �tait diff�rent, semblable � celui d'un jeune gar�on, et il venait des escaliers qui menaient au niveau inf�rieur.</p><p>Le cri s'�trangla lui aussi, et il n'y eut que du silence hormis les hal�tements fr�n�tiques de Bahry.</p><p>Ses pens�es �taient lentes, brouill�es, d�sordonn�es. La puissance de son adversaire avait �t� <emphasis>insens�e</emphasis>, �a n'avait pas �t� un duel, �a avait �t� comme sa premi�re ann�e d'entra�nement Auror face � Madame Tarma. Les Mangemorts n'avaient pas eu un dixi�me de cette puissance, Maugrey Fol-Oeil n'�tait pas aussi bon... et qui, quoi, comment, par les couilles de Merlin, avait-on bloqu� un <emphasis>Sortil�ge de la Mort</emphasis> ?</p><p>Bahry parvint � trouver l'�nergie d'appuyer sa baguette contre ses c�tes, de marmonner le sort de soin puis de l'appuyer contre son �paule. Cela lui demanda plus d'effort que cela n'aurait d�, cela le draina beaucoup trop, sa magie �tait � un souffle de l'�puisement total ; il n'avait plus rien pour s'occuper de ses coupures mineures et de ses ecchymoses, ni m�me pour renforcer ce qui restait de son bouclier. C'�tait tout ce qu'il pouvait faire sans laisser son Patronus se dissiper.</p><p>Bahry inspira profond�ment, lourdement, stabilisa sa respiration autant qu'il le pouvait avant de parler.</p><p>"Vous," dit Bahry. "Qui que vous soyez. Sortez."</p><p>Il y eut un silence, et l'id�e vint � Bahry que cette personne �tait peut-�tre inconsciente. Il ne comprenait pas ce qui venait de se passer, mais il avait entendu le cri...</p><p>Eh bien, il y avait un moyen de tester �a.</p><p>"Sortez," dit Bahry d'une voix plus dure, "ou j'utiliserai des sortil�ges � large zone d'effet." Il n'y serait probablement pas parvenu.</p><p>"Attendez," dit la voix d'un gar�on, d'un <emphasis>jeune</emphasis> gar�on, haute, fluette, fluctuante, comme si elle retenait de l'�puisement ou des larmes. La voix semblait maintenant venir d'un peu plus pr�s. "Attendez s'il vous pla�t. Je - sors -"</p><p>"Laissez tomber l'invisibilit�," gronda Bahry. Il �tait trop fatigu� pour s'emb�ter avec des sortil�ges anti-D�sillusion.</p><p>Un instant plus tard, le visage d'un jeune gar�on �mergea d'une cape d'invisibilit�, et Bahry vit les cheveux noirs, les yeux verts, les lunettes et la cicatrice rageuse, rouge, en forme d'�clair.</p><p>S'il avait eu vingt ans d'exp�rience de moins il aurait peut-�tre cill�. Au lieu de cela, il cracha quelque chose qu'il n'aurait probablement pas d� dire face au Survivant.</p><p>"Il, il," dit la voix vacillante du gar�on, son jeune visage exprimait la frayeur, la fatigue, et des larmes coulaient encore le long de ses joues, "il m'a kidnapp�, pour me faire lancer mon Patronus... il a dit qu'il me tuerait sinon... mais je ne pouvais pas le laisser vous tuer..."</p><p>L'esprit de Bahry �tait encore embrum� mais les choses commen�aient � lentement s'embo�ter.</p><p>Harry Potter, le seul sorcier � avoir jamais surv�cu � un Sortil�ge de la Mort. Bahry aurait peut-�tre pu �viter la mort verte, il avait certainement essay�, mais si l'affaire se retrouvait face au Magenmagot, ils d�cr�teraient une dette de vie envers une maison Noble.</p><p>"Je vois," dit Bahry d'un grondement bien plus amical. Il commen�a � marcher vers le gar�on. "Fiston, je suis d�sol� que tout �a te soit arriv�, mais j'ai besoin que tu l�ches ta cape et ta baguette."</p><p>Le reste de Harry Potter �mergea de l'invisibilit�, r�v�lant les robes � revers bleu de Poudlard, imbib�es de sueur, et sa main droite serr�e si fort autour d'une baguette de houx de trente centim�tres que ses jointures en �taient blanches.</p><p>"Ta baguette," r�p�ta Bahry.</p><p>"Pardon," chuchota le gar�on de onze ans, "voil�," et il tendit la baguette vers Bahry.</p><p>Bahry parvint � peine s'emp�cher de gronder contre le gar�on traumatis� qui venait de lui sauver la vie. Il �crasa la pulsion d'un soupir et se contenta de tendre sa main pour prendre la baguette. "�coutes, fiston, tu n'est <emphasis>vraiment</emphasis> pas cens� pointer ta baguette vers -"</p><p>Le pointe de celle-ci fit un l�ger arc de cercle sous la main de Bahry alors m�me que le gar�on chuchotait : "<emphasis>Somnium</emphasis>."</p><empty-line/><p>Harry fixa le corps ratatin� de l'Auror. Il n'y avait pas de sentiment de triomphe, seulement un d�sespoir �crasant.</p><p>(M�me alors, il n'aurait peut-�tre pas �t� trop tard).</p><p>Harry se tourna pour regarder l'endroit o� le serpent vert se trouvait, toujours immobile.</p><p>"<emphasis>Professeur ?</emphasis>", siffla Harry. "<emphasis>Ami ? Ss'il vouss pla�t, �tess-vouss en vie ?</emphasis>" Une horrible peur se saisissait du c�ur de Harry ; en cet instant, il avait enti�rement oubli� qu'il venait de voir le professeur de D�fense essayer de tuer un officier de police.</p><p>Harry pointa sa baguette vers le serpent et ses l�vres commenc�rent m�me � former le mot <emphasis>Innerver</emphasis> avant que son cerveau ne le rattrape et ne lui hurle dessus.</p><p>Il n'osait pas utiliser de magie sur le professeur Quirrell.</p><p>Harry l'avait sentie, la br�lure, la douleur d�chirante dans sa t�te, comme si son cerveau avait �t� sur le point de se diviser en deux. Il les avait senties, sa magie et celle du professeur Quirrell, adapt�es l'une � l'autre, dans une harmonie inverse porteuse de catastrophe. C'�tait la chose myst�rieuse et horrible qui se produirait si jamais Harry et le professeur Quirrell se rapprochaient trop ou s'ils se jetaient jamais un sortil�ge ou <emphasis>si jamais leurs sortil�ges entraient en contact</emphasis>, leur magie r�sonnerait jusqu'� �chapper � tout contr�le -</p><p>Harry regarda le serpent, il ne savait pas si ce dernier respirait.</p><p>(Les derni�res secondes s'�coul�rent).</p><p>Il se tourna pour regarda l'Auror, qui avait vu le Survivant, qui savait.</p><p>L'amplitude du d�sastre �crasa Harry comme mille poids de cent tonnes, il �tait parvenu � �tourdir l'Auror, mails il ne restait maintenant plus rien � faire, aucun moyen de r�cup�rer, la mission avait �chou�e, tout avait �chou�, <emphasis>il</emphasis> avait �chou�.</p><p>En �tat de choc, d�sar�onn�, enti�rement d�courag� : <emphasis>il n'y pensa pas</emphasis>, il ne vit pas l'�vidence, il ne se souvint pas de l'origine de ses sentiments vides d'espoir, il ne se rendit pas compte qu'il lui fallait encore relancer le V�ritable Patronus.</p><p>(Et alors il �tait d�j� trop tard).</p><empty-line/><p>Les Aurors Li et McCusker avaient r�arrang�s leurs chaises autour de la table, si bien qu'ils la virent tous deux en m�me temps, la fine horreur nue et squelettique qui s'�tait �lev�e pour flotter devant la fen�tre, et la migraine les atteignit d�s qu'elle fut dans leur champ de vision.</p><p>Ils entendirent tous deux la voix, comme si un corps mort depuis longtemps avait prononc� des mots et que ces mots eux-m�mes avaient vieilli et �taient ensuite morts.</p><p>Les paroles du D�traqueur leur firent mal aux oreilles : "Bellatrix Black est hors de sa cellule."</p><p>Il y eut une demi-seconde de silence horrifi�, puis Li s'arracha � sa chaise, se dirigea vers le communicateur pour appeler des renforts au Minist�re, alors m�me que McCusker saisissait son miroir et commen�ait fr�n�tiquement � essayer de joindre les trois Aurors qui �taient partis en patrouille.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 55*: L'Exp�rience de Prison de Stanford, pt 5</strong></p><p>Dans un couloir en ruine et d�labr�, �clair� par de faibles lampes � gaz, un gar�on progresse lentement, une main tendue en avant, vers le serpent immobile qui �tait autrefois le corps de son professeur.</p><p>Harry n'�tait qu'� un m�tre quand il le sentit, le picotement � la limite de ses sens.</p><p>Si faible, la sensation funeste...</p><p>Le professeur Quirrell <emphasis>�tait</emphasis> donc en vie.</p><p>La pens�e n'engendra aucune joie, seulement une sorte de d�sespoir vide.</p><p>Harry serait bient�t pris, et quelle que soit ses explications, tout cela aurait l'air suspect. Personne n'allait plus jamais lui faire confiance, on allait penser qu'il �tait le futur Seigneur des T�n�bres, on ne l'aiderait pas lorsque le temps de combattre Lord Voldemort viendrait, Hermione le laisserait tomber, m�me Dumbledore irait probablement se chercher un autre h�ros...</p><p>... peut-�tre qu'ils le renverraient juste chez lui, chez ses parents.</p><p>Il avait �chou�.</p><p>Harry regarda le corps ratatin� de l'agent de police qu'il avait �tourdi, le sang, d�j� en train de s�cher, autour de coupures mineures, les parties br�l�es des robes rouges aux broderies tortueuses.</p><p>Il avait �t� stupide. Il <emphasis>n'aurait pas d�</emphasis> �tourdir l'officier de police, il aurait d� s'en <emphasis>tenir</emphasis> � son histoire de kidnapping par le professeur Quirrell...</p><p><emphasis>Il n'est peut-�tre pas trop tard,</emphasis> murmura une voix � l'int�rieur de lui. <emphasis>Tu peux peut-�tre encore r�parer ton erreur. L'Auror te voit, il se souvient que tu l'as �tourdi... mais s'il �tait mort, si le professeur Quirrell �tait mort, si Bellatrix �tait morte, alors il n'y aurait plus personne pour contredire ton histoire.</emphasis></p><p>Lentement, la main de Harry commen�a � se lever, pointa sa baguette vers l'agent de police, et -</p><p>Sa main s'arr�ta.</p><p>Il avait la vague sensation qu'il se comportait, sans savoir en quoi, de fa�on fort peu habituelle. Comme s'il avait oubli� quelque chose, quelque chose d'important, mais il avait du mal � se souvenir de quoi il s'agissait exactement.</p><p>Oh. C'�tait �a. Il �tait quelqu'un qui croyait � la valeur de la vie humaine.</p><p>Un incompr�hension accompagna la pens�e : il ne pouvait plus tout � faire se rappeler <emphasis>pourquoi</emphasis> les vies des autres avaient sembl� avoir de la valeur...</p><p><emphasis>Tr�s bien</emphasis>, dit la partie logique de son esprit, <emphasis>pourquoi mon esprit a-t-il chang� entre avant et maintenant ?</emphasis></p><p>Parce qu'il �tait � Azkaban...</p><p>Et qu'il avait oubli� de relancer le Patronus...</p><p>La moindre action semblait myst�rieusement requ�rir un effort immense, comme si la pens�e d'agir �tait elle-m�me �tait un poids trop lourd pour �tre port� ; mais Harry il �tait encore capable de craindre les D�traqueurs et relancer le Patronus semblait donc �tre une bonne id�e. Et m�me s'il ne pouvait pas se souvenir de ce que c'�tait que d'�tre heureux, il savait quand m�me qu'il ne l'�tait pas.</p><p>La main de Harry se leva, pla�a sa baguette � l'horizontale devant lui, ses doigts se mirent en position de d�part.</p><p>Puis il s'interrompit.</p><p>Il ne pouvait pas... bien se rappeler... de ce qu'il avait utilis� en guise de pens�e heureuse.</p><p>C'�tait bizarre car �a avait sembl� �tre quelque chose de tr�s important, il aurait vraiment d� s'en souvenir... quelque chose en rapport avec la mort ? Mais �a n'�tait pas joyeux...</p><p>Son corps tremblait, Azkaban n'avait pas sembl� si froide plus t�t, et avec cette pens�e la temp�rature sembla chuter de nouveau. Il �tait trop tard, il avait plong� trop profond, il ne pourrait jamais lancer le Patronus maintenant -</p><p><emphasis>Peut-�tre que c'est le D�traquage qui parle et que ce n'est pas une estimation correcte, </emphasis>observa la partie logique de son �tre par une habitude qui avait �t� encod�e en lui et ne demandait aucune �nergie pour �tre activ�e. <emphasis>Vois la peur des D�traqueurs comme un biais cognitif et essaies de la d�passer tout comme tu d�passerais tout autre biais cognitif. Ton d�sespoir n'indique peut-�tre pas que la situation est vraiment d�sesp�r�e. Il n'indique peut-�tre rien d'autre que la pr�sence de D�traqueurs. � partir de maintenant, toute �motion n�gative et toute estimation pessimiste doit �tre consid�r�e suspecte et fallacieuse jusqu'� avoir �t� prouv�e.</emphasis></p><p>(Si vous aviez observ� le gar�on au milieu de ces pens�e, vous auriez vu une moue distante, abstraite et perplexe le long de son visage, en-dessous des lunettes et de la cicatrice en �clair. Sa main �tait rest�e en position de d�part pour le Patronus et n'avait pas boug�.)</p><p><emphasis>La pr�sence des D�traqueurs interf�re avec la partie de toi consacr�e au bonheur. Si tu ne peux pas retrouver ta pens�e heureuse par association mn�monique en utilisant la cl� "joie", peut-�tre que tu peux l'atteindre par un autre chemin. Quelle �tait la derni�re fois que tu as parl� du Patronus � quelqu'un ?</emphasis></p><p>Harry semblait tout aussi incapable de se souvenir de cela.</p><p>Une vague de d�sespoir se d�versa en lui et fut rejet�e par la partie logique de son �tre parce qu'elle �tait indigne de confiance, externe, pas-Harry, et m�me si le poids mort continuait de s'appuyer sur lui, son esprit continuait de penser - penser ne requ�rait pas beaucoup d'effort...</p><p><emphasis>Quelle �tait la derni�re fois o� tu as parl� des D�traqueurs � quelqu'un ?</emphasis></p><p>Le professeur Quirrell avait dit qu'il �tait d�j� capable de sentir leur pr�sence, et Harry avait dit au professeur Quirrell... il avait dit au professeur Quirrell...</p><p>... de s'accrocher au souvenir des �toiles, � la chute �th�r�e dans l'espace, comme � une barri�re Occlumantique tendue d'un bout � l'autre de son esprit.</p><p>Son second cours de D�fense de l'ann�e, vendredi, c'est l� que le professeur Quirrell lui avait montr� les �toiles, et de nouveau � No�l.</p><p>Il n'eut alors pas � faire beaucoup d'efforts pour s'en souvenir, les points blancs incandescents sur un noir parfait.</p><p>Harry se souvint de la grande tra�n�e nuageuse de la Voie Lact�e.</p><p>Il se souvint de la paix.</p><p>Une partie du froid � l'ext�rieur de ses membres sembla battre en retraite.</p><p>Il avait prononc� des mots, haut et fort, le jour o� il avait lanc� le Patronus pour la premi�re fois, son esprit pouvait se souvenir des sons et de la voix, mais les sensations semblaient lointaines...</p><p>...<emphasis>Mon rejet absolu de la mort m'a sembl� �tre la r�ponse �vidente.</emphasis></p><p>On lance le V�ritable Patronus en pensant � la valeur de la vie humaine.</p><p><emphasis>...Mais il y a d'autres vies qui sont toujours l� pour qu'on se batte pour elles. Ta vie, et ma vie, et la vie de Hermione Granger, et toutes les vies de la Terre, et les vies au-del�, qui doivent �tre d�fendues et prot�g�es.</emphasis></p><p>L'id�e de tuer tout le monde... �a n'avait pas �t� lui, c'�tait le D�traquage qui avait parl�...</p><p>Le d�sespoir venait de l'influence des D�traqueurs.</p><p><emphasis>L� o� il y a de la vie, il y a de l'espoir. L'Auror est toujours en vie. Le professeur Quirrell est toujours en vie. Bellatrix est toujours en vie. Je suis toujours en vie. Personne n'est encore vraiment mort...</emphasis></p><p>Harry pouvait se repr�senter la Terre � cet instant, au milieu du champ d'�toiles, l'orbe blanc-bleu.</p><p>...<emphasis>et je ne les laisserai pas mourir !</emphasis></p><p>"Expecto Patronum !"</p><p>Les mots s'�chapp�rent, un peu h�sitants, et lorsque la forme humaine r�apparut, elle fut tout d'abord terne, lunaire plut�t que solaire, blanche plut�t qu'argent�e.</p><p>Mais elle se renfor�a, lentement, � mesure que Harry respirait � un rythme contr�l�, � mesure qu'il r�cup�rait. Qu'il laissait la lumi�re repousser les t�n�bres de son esprit. Qu'il se souvenait de choses qu'il avait presque oubli�es et qu'il les faisait affluer vers le Patronus.</p><p>M�me lorsque la lumi�re eut une fois de plus atteint le sommet de sa puissance, qu'elle eut illumin� le couloir avec plus de force que les lampes � gaz, qu'elle eut enti�rement banni le froid, les membres de Harry tremblaient encore. C'�tait pass� bien trop pr�s.</p><p>Harry prit une profonde inspiration. Tr�s bien. Il �tait temps de reconsid�rer les choses maintenant que ses pens�es n'�taient plus artificiellement assombries par des D�traqueurs.</p><p>Harry passa la situation en revue.</p><p>...toujours assez d�sesp�r�e, � vrai dire.</p><p>Ce n'�tait pas le d�sespoir �crasant d'avant mais Harry se sentait encore chancelant, et c'�tait peu dire. Il n'osait pas devenir obscur mais c'�tait son c�t� obscur qui avait la capacit� de g�rer ce niveau de difficult� avec calme. C'�tait son c�t� obscur qui aurait rit avec d�dain � l'id�e m�me d'abandonner juste parce qu'il avait perdu le professeur Quirrell et qu'il �tait perdu dans les profondeurs d'Azkaban et qu'un policier l'avait vu. Le Harry ordinaire n'�tait pas capable de prendre ce genre de choses calmement.</p><p>Mais il n'y avait pas d'autre choix que de continuer d'avancer. Il n'y avait <emphasis>rien</emphasis> de plus absurde que d'abandonner avant d'avoir r�ellement perdu.</p><p>Harry regarda autour de lui.</p><p>De faible lampes � gaz �clairaient un couloir de m�tal gris dont les flancs et le sol et le plafond �tait taillad�s par endroits, comme creus�s et fondus, r�v�lant � qui voulait bien regarder qu'une bataille avait eu lieu ici.</p><p>Le professeur Quirrell aurait pu r�parer cela facilement s'il avait...</p><p>Le sentiment de trahison frappa alors Harry � pleine force.</p><p><emphasis>Pourquoi... pourquoi a-t-il... pourquoi...</emphasis></p><p><emphasis>Parce qu'il est mal�fique</emphasis>, dirent Gryffondor et Poufsouffle, doucement et tristement. <emphasis>On te l'a dit.</emphasis></p><p><emphasis>Non ! </emphasis>pensa Harry avec d�sespoir. <emphasis>Non, �a n'a aucun sens, on allait commettre le crime parfait, l'Auror aurait pu recevoir un sortil�ge d'Oubliettes, le couloir aurait pu �tre r�par�, il n'�tait pas trop tard mais il AURAIT �t� trop tard s'il �tait mort !</emphasis></p><p><emphasis>Mais le professeur Quirrell n'avait jamais compt� commettre le crime parfait, dit la sombre voix de Serpentard. Il </emphasis>voulait <emphasis>que le crime soit remarqu�. Il voulait que tout le monde sache que quelqu'un avait tu� un Auror et avait fait sortir Bellatrix Black d'Azkaban. Il avait pr�par� une sorte d'indice, de preuve r�v�lant ton implication, pour l'utiliser comme moyen chantage ; et tu aurais �t� li� � lui pour toujours.</emphasis></p><p>Le Patronus de Harry faillit dispara�tre.</p><p><emphasis>Non...</emphasis> pensa Harry.</p><p><emphasis>Oui,</emphasis> dirent tristement trois autres parties de lui.</p><p><emphasis>Non. �a n'a toujours aucun sens. Le professeur Quirrell devait savoir que je me retournerais contre lui � l'instant o� je le verrais tuer un Auror. Que j'aurais fort bien pu risquer d'aller tout confesser � Dumbledore en esp�rant plaider que j'avais �t� tromp�, ce qui aurait �t� vrai. Et... en termes de chantage, tuer un Auror contre ma volont�, est-ce </emphasis>vraiment<emphasis> plus grave que de lib�rer Bellatrix d'Azkaban avec mon consentement et soutien ? Il aurait �t� plus fourbe de garder une preuve de mon implication dans le crime initial mais de continuer � faire semblant d'�tre mon alli� pendant aussi longtemps que possible en gardant le chantage uniquement pour le jour o� cela deviendrait n�cessaire...</emphasis></p><p><emphasis>Rationalisation, </emphasis>dit Serpentard. <emphasis>Alors pourquoi le professeur Quirrell </emphasis>a-t-il <emphasis>fait cela ?</emphasis></p><p>Et Harry pensa, avec une l�g�re teinte de d�sespoir - en sachant, alors que la pens�e se formait, qu'il �tait motiv� en partie par un d�sir de rejeter la r�alit�, et que ce n'�tait pas ainsi que la technique devait �tre utilis�e - il pensa : <emphasis>je remarque que je suis confus.</emphasis></p><p>Il y eut un silence interne. Aucune partie de lui semblait n'avoir quoi que ce soit � ajouter.</p><p>Harry devait-il r��valuer la possibilit� que Bellatrix soit mal�fique ?</p><p>... pas pour les besoins de la mission. Il �tait <emphasis>acquis</emphasis> que Bellatrix �tait actuellement mal�fique. Qu'elle soit une innocente devenue ainsi par le biais de torture, de L�gilimancie et de rituels indicibles ou qu'elle l'ait volontairement choisi, cela n'avait pas grande influence sur la situation actuelle. Le fait important �tait que Bellatrix pensait que Harry �tait le Seigneur des T�n�bres et qu'elle lui ob�irait.</p><p>C'�tait donc une ressource. Mais Bellatrix �tait affam�e et morte aux neuf dixi�mes...</p><p>'<emphasis>Oh, je me sens un peu mieux maintenant, comme c'est bizarre...'</emphasis></p><p>Bellatrix avait dit cela de sa voix bris�e lorsque Harry avait perdu tout contr�le sur son Patronus.</p><p>Harry pensa, et il n'aurait pas bien su dire <emphasis>pourquoi</emphasis> il pensait cela, c'�tait peut-�tre son esprit qui inventait des choses, mais... il semblait que ce que les D�traqueurs vous avaient pris il y a longtemps �tait perdu pour toujours. Mais ce que les D�traqueurs vous avaient pris <emphasis>r�cemment</emphasis>, le V�ritable Patronus pourrait le rendre. Comme la diff�rence entre une tasse qu'on vide et une tasse inusit�e qui dispara�t. Bellatrix pourrait alors r�cup�rer ce qu'elle avait perdu pendant la semaine pr�c�dente. Pas des souvenirs heureux, ceux-l� avaient �t� d�vor�s il y a des ann�es. Mais la force et la magie qui lui avait �t� prises pendant la semaine pr�c�dente, peut-�tre qu'elle avait r�cup�r� cela. Comme l'�quivalent d'une semaine de repos, d'une semaine pour r�approvisionner sa magie...</p><p>Harry regarda la forme animale du professeur Quirrell.</p><p>... peut-�tre assez pour un <emphasis>Innerver</emphasis>.</p><p>Si l'id�e de r�veiller le professeur Quirrell �tait <emphasis>vraiment </emphasis>si bonne que �a.</p><p>Une partie de d�sespoir regagna alors Harry. Il ne pouvait pas faire confiance au professeur Quirrell, il ne pouvait pas �tre certain qu'il serait sage de le r�veiller, pas apr�s ce qui venait de se produire.</p><p><emphasis>Reprends-toi</emphasis>, pensa Harry � sa propre intention, et il regarda l'Auror ratatin�.</p><p>Bellatrix pourrait <emphasis>aussi</emphasis> sortir un sortil�ge d'Oubliettes.</p><p>Ce serait la premi�re �tape de toute fa�on. On n'en �tait pas encore � une �vasion r�ussie, et les Aurors <emphasis>sauraient</emphasis> que quelque chose d'�trange s'�tait produit, ils soup�onneraient sur le corps de Bellatrix et pratiqueraient peut-�tre une autopsie. Mais c'�tait une �tape.</p><p>... et <emphasis>serait-il</emphasis> si difficile que �a de sortir d'Azkaban ? S'ils pouvaient atteindre le niveau sup�rieur assez vite, avant que l'Auror ne soit cens� avoir rendu son rapport, avant que quiconque n'ait remarqu� qu'il avait disparu, alors ils pourraient juste s'envoler par le trou que le professeur Quirrell avait fait et s'�loigner suffisamment pour activer le Portoloin que Harry avait d�j� en sa possession (Le professeur Quirrell et Harry avaient tous deux des Portoloins et les deux �taient assez puissants pour transporter deux humains et un serpent en option. De m�me qu'avec leur d�part doublement masqu� de la chambre de Marie, le professeur Quirrell avait ajout� suffisamment de marges de s�curit� � son plan pour r�ussir � impressionner m�me Harry.)</p><p>Bellatrix pourrait transporter la forme animale du professeur Quirrell, car Harry n'osait ni la toucher ni la faire l�viter.</p><p>Harry se tourna et avan�a vivement vers les marches o� Bellatrix attendait. Il pouvait sentir son moral remonter un peu. Le plan <emphasis>commen�ait</emphasis> � avoir l'air bon et il n'y avait pas de temps � perdre.</p><p>Que faire du professeur Quirrell, et m�me de Bellatrix, apr�s que le Portoloin les ait amen�s � l'endroit o� ils �taient cens�s remettre cette derni�re aux mains du Gu�risseur psychiatrique... eh bien, Harry pourrait trouver �a en chemin. Il devrait probablement embobiner le Gu�risseur pour lui faire faire quelque chose - ce qui allait demander de s�rieux talents d'embobineur, et Harry n'�tait m�me pas s�r de ce qu'il <emphasis>voulait</emphasis> que le Gu�risseur fasse - mais lui et Bellatrix devaient bouger <emphasis>maintenant</emphasis>.</p><p>En faisant rapidement d�filer la suite des �v�nements dans son imagination, Harry vit que le probl�me principal surviendrait lorsqu'ils auraient atteint le toit. Le professeur Quirrell avait �t� celui qui s'�tait introduit, invisible, avant de jeter un charme de Confusion sur les dispositifs de surveillance capables de d�tecter des visiteurs dans le territoire a�rien d'Azkaban qui avaient alors vu un paysage en boucle pendant quelques minutes. Le professeur Quirrell avait dit qu'il ne pouvait pas d�sillusionner le Patronus de Harry ; et si ce dernier <emphasis>�teignait</emphasis> le Patronus, les D�traqueurs remarqueraient que Bellatrix �tait partie et alerteraient les Aurors...</p><p>Le fil de pens�e de Harry tr�bucha.</p><p>Parfois, 'Oh, merde' �tait tr�s loin de suffire.</p><empty-line/><p>En d�pit de l'adr�naline, les mains de Li rest�rent stables lorsqu'il d�bloqua les barreaux de l'armoire � dispara�tre qui reliait Azkaban � une pi�ce bien gard�e situ�e � l'int�rieur du d�partement de la justice magique (une armoire � dispara�tre � sens unique, bien s�r. La s�curit� autorisait quelques moyens rapides d'<emphasis>entrer</emphasis> � Azkaban, tous hautement restreints, mais <emphasis>aucun</emphasis> moyen d'en sortir rapidement).</p><p>Li fit un bon pas en arri�re, dirigea sa baguette vers l'armoire et pronon�a l'incantation : "<emphasis>Harmonia Nectere Passus</emphasis>", et m�me pas une seconde plus tard -</p><p>La porte de l'armoire s'ouvrit grand, accompagn�e d'un 'boum', et une sorci�re costaude � la m�choire carr�e entra dans la pi�ce. Elle avait des cheveux gris qui formaient un cadre serr� autour de sa t�te. Elle ne portait ni insigne ni bijoux ni aucun ornement, seules les robes ordinaires d'un Auror lui semblaient digne de la rev�tir : le directeur Am�lia Bones, directrice du d�partement de la justice magique, r�put�e �tre la seule sorci�re de tout le DJM � avoir une chance lors d'un combat dans les r�gles contre Maugrey Fol-Oeil (non pas qu'aucun d'eux ne soient du genre � se battre dans les r�gles). Li avait entendu des rumeurs disant qu'Am�lia pouvait transplaner dans l'enceinte du DJM, et c'�tait l� le genre de chose qui donnait naissance � de telles rumeurs : il avait sonn� � l'alarme � peinte cinquante secondes plus t�t.</p><p>"Dans les airs, maintenant !" aboya Am�lia par-dessus son �paule � l'intention du trio f�minin d'Aurors qui la suivait �quip� de balais de police, ils avaient d� tous se tenir serr�s l� en attendant que Li active l'armoire. "Je veux une meilleure couverture a�rienne des lieux ! Et assurez-vous de garder vos sortil�ges anti-d�sillusion activ�s !" Puis elle tourna sa t�te vers lui. "Auror Li, au rapport ! Savons-nous d�j� comment ils sont entr�s ?"</p><p>Un autre trio porteur de balais se mat�rialisa dans l'armoire � dispara�tre et en sortit � grandes enjamb�es alors m�me que Li commen�ait � parler.</p><p>Ils furent suivi par un trio de tireurs d'�lite de baguette magique en �quipement de combat complet.</p><p>Puis un autre trio de tireurs d'�lite.</p><p>Puis une autre �quipe sur balais.</p><empty-line/><p>Lorsque Harry parvint aux escaliers, la forme �maci�e nomm�e Bellatrix Black reposait l�, immobile, les yeux ferm�, et lorsque Harry demanda d'un chuchotement aigu et froid si elle �tait �veill�e, il ne re�ut aucune r�ponse.</p><p>Un bref soubresaut de peur fut contr� par la pens�e que le professeur Quirrell l'avait assomm�e pour l'emp�cher d'entendre le mis�rable serviteur du Seigneur des T�n�bres soudain devenir un criminel endurci puis un mage de combat expert. C'�tait mieux ainsi, car elle n'avait donc pas non plus entendu la voix de Harry dire 'Expecto Patronum'.</p><p>Harry enleva la capuche de la Cape, pointa sa baguette vers Bellatrix et murmura aussi gentiment qu'il le pouvait : "<emphasis>Innerver</emphasis>".</p><p>� en voir la fa�on dont le corps de Bellatrix s'�tait l�g�rement arqu�, Harry songea qu'il n'�tait pas tout � fait parvenu au niveau de douceur recherch�.</p><p>Les orbites noires s'ouvrirent.</p><p>"Ch�re Bella," dit Harry de sa voix froide et aigu�, "j'ai bien peur que nous ayons un l�ger probl�me. As-tu suffisamment r�cup�r� pour pratiquer des sortil�ges simples ?"</p><p>Il y eut une pause, puis Bellatrix hocha son p�le visage.</p><p>"Tr�s bien," dit Harry d'un ton sec. "Je ne vais pas te demander de le faire sans aide, ch�re Bella, mais j'ai peur qu'il te faille marcher." Il dirigea sa baguette vers elle. "<emphasis>Wingardium Leviosa</emphasis>."</p><p>Harry garda le niveau d'�nergie du sort � un niveau lui permettant de le maintenir un bon moment, et cela suffit pourtant � soulever environ les deux tiers du poids actuel de cette derni�re. Elle �tait... mince.</p><p>Lentement, comme si �a avait �t� la premi�re fois depuis des ann�es, Bellatrix Black se mit sur pied.</p><empty-line/><p>Am�lia d�ambulait dans la salle de garde avec l'Auror Li et son blaireau derri�re elle. Elle avait fait faire une pirouette � son Retourneur de Temps d�s qu'elle avait entendu l'alarme et elle avait ensuite pass� une heure fort tendue � pr�parer ses forces � leur arriv�e. On ne pouvait pas cr�er de <emphasis>boucle</emphasis> temporelle depuis l'int�rieur d'Azkaban, car son futur ne pouvait pas interagir avec son pass�, elle n'avait pas donc pas pu arriver avant que le DJM n'ait re�u le message, mais elle aurait d� arriver � temps pour...</p><p>Son regard se dirigea imm�diatement vers le corps nu et � l'air tr�s mort qui flottait par-del� la fen�tre.</p><p>"O� est Bellatrix Black ?" demanda-t-elle d'un ton qui ne tol�rait pas de refus. La cr�ature, qui �tait faite de peur, semblait n'en inspirer aucune � Am�lia.</p><p>Mais m�me le sang de celle-ci se figea l'espace d'un instant lorsque le corps �carta ses l�vres et gargouilla : "<emphasis>Ne sait pas</emphasis>."</p><empty-line/><p>De nouveau totalement invisible, Harry regarda Bellatrix se pencher lentement, prendre la baguette du professeur Quirrell (que Harry n'osait pas toucher) et se redresser tout aussi lentement.</p><p>Puis elle pointa sa baguette vers le serpent et dit, d'une voix pr�cise mais murmur�e : "<emphasis>Innerver</emphasis>."</p><p>Le serpent ne broncha pas.</p><p>"Devrais-je essayer de nouveau, seigneur ?" chuchota-t-elle.</p><p>"Non," dit Harry. Il ravala son malaise. Lorsqu'il s'�tait rendu compte que les D�traqueurs avaient probablement d�j� alert� les Aurors, il avait d�cid� de jouer le tout pour le tout et d'essayer de r�animer le professeur Quirrell. Sa voix haute perch�e et glaciale continua, imperturbable : "Te penses-tu capable d'op�rer un sortil�ge d'Oubliettes, ch�re Bella ?"</p><p>Bella marqua une pause puis dit en h�sitant : "Je pense que oui, seigneur."</p><p>"�limine la derni�re demi-heure de souvenirs de cet Auror," ordonna Harry. Il avait un peu r�fl�chi � son envie de fournir une explication � cet ordre, � ce qu'il dirait si Bellatrix demandait pourquoi ils ne se contentaient pas de le tuer, auquel cas Harry expliquerait qu'ils pr�tendaient appartenir � une autre faction puis lui dirait de se la fermer -</p><p>Mais Bellatrix pointa simplement sa baguette vers l'Auror, demeura silencieuse pendant un moment, et murmura enfin : "<emphasis>Oubliettes</emphasis>."</p><p>Elle chancela alors, mais elle ne tomba pas.</p><p>"Tr�s bien, ma ch�re Bella," dit Harry, et il gloussa l�g�rement. "Et je vais te demander de porter ce serpent."</p><p>� nouveau la femme ne dit rien, ne demanda aucune explication, ne demanda pas pourquoi Harry ou le lanceur de Patronus apparemment invisible ne pouvait pas le faire. Elle se contenta de se tra�ner jusqu'� l'endroit o� le serpent reposait, de s'incliner lentement, de le ramasser, et de l'�tendre par-dessus son �paule.</p><p>(Une toute petite partie de Harry remarqua qu'il �tait tr�s <emphasis>relaxant</emphasis> d'avoir un laquais qui se contentait de suivre les ordres d'une fa�on aussi inconditionnelle, et cette partie alla m�me jusqu'� penser qu'il pourrait carr�ment s'habituer � avoir un laquais tel que Bellatrix avant d'�tre r�duite au silence par les cris du reste de son �tre mortellement offens�).</p><p>"Suis," ordonna le gar�on � son laquais, et il commen�a � marcher.</p><empty-line/><p>On commen�ait � se sentir � l'�troit dans la salle de garde, presque trop � l'�troit pour pouvoir respirer, m�me s'il restait de l'espace autour d'Am�lia elle-m�me ; si pouvoir respirer signifiait que la directrice Bones allait se sentir � l'�troit, il valait mieux ne pas respirer.</p><p>Am�lia regarda Ora, qui tripotait le miroir de l'Auror McCusker. "Sp�cialiste Weinbach," aboya-t-elle, ce qui fit sursauter la sorci�re. "Une r�ponse du miroir de Une-Main ?"</p><p>"Aucune," dit Ora d'un ton nerveux, "c'est... je veux dire, il doit �tre brouill�, pas d�truit, brouill� avec pr�caution, car il n'a d�clench� aucune des alarmes, mais la ligne est tellement morte que le miroir pourrait �tre cass� et qu'on ne verrait pas la diff�rence..."</p><p>L'expression d'Am�lia ne changea pas mais la partie d'elle qui faisait d�j� le deuil de Une-Main devint un peu plus triste et un peu plus en col�re. Sept mois, il lui avait rest� sept mois avant sa retraite, apr�s un si�cle entier de service. Elle se souvenait de lui, jeune Auror enthousiaste, il y a si longtemps, et pendant toute sa carri�re il avait servi le DJM avait une loyaut� parfaite, du moins lorsqu'il s'agissait de choses vraiment importantes...</p><p>Quelqu'un allait <emphasis>br�ler</emphasis> pour �a.</p><p>Le D�traqueur flottait toujours de l'autre c�t� de la fen�tre et projetait son inutile ombre de malheur sur leur travail en cours ; tout ce que la cr�ature pouvait faire �tait de r�gurgiter son ignorance ou de ne pas r�pondre du tout lorsqu'on lui demandait des choses comme : 'Bellatrix Black s'est-elle �chapp�e ?' et 'Pourquoi ne pouvez-vous pas la trouver ?' et 'Comment est-elle cach�e ?' Am�lia commen�ait � s'inqui�ter de la possibilit� que les criminels soient d�j� partis quand -</p><p>"Nous avons trouv� un trou dans le toit au-dessus de la spirale C !" cria quelqu'un depuis l'embrasure de la porte. "Encore ouvert, mesures de contournement des barri�res encore actives !"</p><p>Les l�vres d'Am�lia se retrouss�rent pour former un sourire qui rappelait un loup ouvrant sa m�choire pour manger.</p><p>Bellatrix Black �tait toujours � Azkaban.</p><p>Et � Azkaban elle resterait pour toujours.</p><p>Am�lia s'avan�a vivement vers la fen�tre, ignorant maintenant le D�traqueur, et regarda le ciel au-dessus d'eux pour v�rifier de ses propres yeux la pr�sence des balais en patrouille. Elle n'avait pas une vue compl�te du ciel, mais elle put voir dix balais passer le long d'un itin�raire de patrouille, et celait aurait d�j� d� suffire � attraper n'importe qui, mais elle comptait bien mettre le plus de balais possible l�-haut. Ses Aurors �taient �quip�s du balais de course le plus rapide du march� : le Nimbus 2000 ; pas de course-poursuites rat�es pour <emphasis>son</emphasis> �quipe.</p><p>Am�lia se d�tourna de la fen�tre et fit la moue. �a commen�ait � �tre ridicule, la pi�ce �tait bien trop petite, et les deux tiers des gens pr�sents n'avaient pas <emphasis>besoin</emphasis> d'�tre ici, ils avaient juste <emphasis>envie</emphasis> d'�tre proche du c�ur de l'action. S'il y avait une chose qu'Am�lia ne pouvait pas tol�rer, c'�tait les gens qui faisaient ce qu'ils voulaient au lieu de faire ce qu'il fallait.</p><p>"Tr�s bien, vous tous !" mugit-elle � leur intention. "On arr�te de tra�ner ici et on commence � s�curiser le niveau sup�rieur de chaque spirale ! C'est �a," r�pondit-elle aux airs surpris, "les trois spirales ! Ils pourraient percer un tunnel dans le sol ou le plafond pour passer de l'un � l'autre, au cas o� vous ne l'auriez pas d�j� devin� ! On descend niveau par niveau jusqu'� les avoir attrap�s ! Je prends la spirale C, Scrimgeour, tu es sur la B..." elle s'interrompit alors, se rappelant que Maugrey avait prit sa retraite l'ann�e pr�c�dente, qui pouvait-elle... "Shacklebolt, tu es sur la A, et prends le plus fort des autres combattants avec toi ! V�rifiez chaque bloc de cellules que vous croisez, regardez sous les couvertures, lancez la panoplie compl�te des charmes de d�tection dans chaque couloir ! Personne ne quitte Azkaban jusqu'� ce que les criminels soient attrap�s, personne ! Et..." Ils regard�rent Am�lia avec surprise alors que sa voix restait en suspens.</p><p><emphasis>Les criminels avaient invent� un moyen d'emp�cher les D�traqueurs de trouver Bellatrix Black.</emphasis></p><p>�a aurait d� �tre <emphasis>impossible</emphasis>;</p><p>Contempler cela lui gla�a les sangs. C'�tait comme...</p><p>Am�lia prit une profonde inspiration et parla de nouveau, de la voix d'acier d'une commandante. "Et lorsque vous les attrapez, assurez-vous bien que ce sont les vrais criminels, pas des gens de chez nous qu'on aurait oblig� � prendre du Polynectar. Si quelqu'un a comportement bizarre, v�rifiez qu'ils ne sont pas sous Imperium. Gardez-vous les uns-les autres dans votre champ de vision en permanence. Ne pr�sumez pas qu'un Auror en uniforme est ami si vous ne reconnaissez pas le visage." Elle se tourna vers le sp�cialiste des communications. "Dites au balais que si l'un d'eux s'en va sans raison, <emphasis>la moiti� restante</emphasis> doit le pourchasser pendant que le <emphasis>reste</emphasis> continue de patrouiller. Et changez les harmoniques partout o� vous pouvez le faire, ils ont peut-�tre vol� nos cl�s." Puis de nouveau � l'intention du reste de la pi�ce. "Aucun Auror n'est au-dessus de tout soup�on � moins qu'il ne lui reste plus aucune famille � menacer."</p><p>Elle les vit alors, les regards froids qui gagnaient les visages plus �g�s, le tressaillement chez quelques Aurors plus jeunes, et elle sut qu'ils comprenaient.</p><p>Mais elle le dit, juste pour �tre s�re.</p><p>"Aujourd'hui, nous participons tous � la vieille Guerre des Sorciers. Ce n'est pas parce que Vous-Savez-Qui est mort que les Mangemorts ont oubli� ses tours. Maintenant, <emphasis>allez</emphasis> !"</p><empty-line/><p>Harry marchait en silence � travers les couloirs �clair�s au gaz, invisible entre Bellatrix et la silhouette d'argent qui les suivait, et il essayait de trouver un meilleur plan.</p><p>Au d�but, lorsqu'il s'�tait rendu compte que les Aurors �taient probablement alert�s, et qu'en plus le professeur Quirrell ne se r�veillait pas...</p><p>�a <emphasis>s'�tait</emphasis> fig� l�-haut pendant une seconde.</p><p>Et c'�tait rest� fig�, m�me apr�s qu'il ait pouss� Bellatrix et lui-m�me � continuer de descendre, afin de gagner le plus de temps possible ; Harry s'�tait dit que les Aurors commenceraient en haut et descendraient niveau par niveau. Ils pouvaient se permettre de se d�placer lentement et s�rement ; ils savaient que leur proie n'avait aucune �chappatoire.</p><p>Harry n'avait pas r�ussi � trouver par o� il pourrait sortir.</p><p>Jusqu'� ce qu'il se dise : <emphasis>bon, si c'�tait juste un jeu de guerre, que ferait le g�n�ral Chaos ?</emphasis></p><p>Et une r�ponse avait imm�diatement suivi.</p><p>Puis Harry avait pens� : <emphasis>mais si c'est si facile que </emphasis>�a<emphasis>, pourquoi personne ne s'est-il jamais �chapp� d'Azkaban ?</emphasis></p><p>Et apr�s avoir vu le probl�me potentiel : <emphasis>tr�s bien, que ferait le g�n�ral Chaos pour r�gler </emphasis>�a <emphasis>?</emphasis></p><p>Ce sur quoi le g�n�ral Chaos avait fourni un amendement au plan initial.</p><p>C'�tait...</p><p>C'�tait la chose la plus follement <emphasis>Gryffondor</emphasis> que Harry ait jamais...</p><p>Alors il essayait maintenant de trouver un <emphasis>meilleur</emphasis> plan, et la p�che n'�tait pas bonne.</p><p><emphasis>On chipote, on chipote</emphasis>, dit Gryffondor. <emphasis>Qui se plaignait de ne pas avoir de plan il y a une minute ? Tu devrais �tre content qu'on ait quelque chose, monsieur Maintenant-On-Est-Foutus.</emphasis></p><p>"Seigneur," murmura Bellatrix d'un ton h�sitant, alors m�me qu'elle abordait la prochaine vol�e de marches descendantes, "vais-je retourner dans ma cellule, seigneur ?"</p><p>Le cerveau de Harry �tait distrait, et il mit donc un bon moment � absorber les mots, puis un autre pour comprendre leur horreur, et pendant ce temps, Bellatrix continua de parler :</p><p>"Je pr�f�rerais... s'il vous pla�t, seigneur, je pr�f�rerais vraiment mourir," dit sa voix. Puis, d'une voix plus petite, un chuchotement � peine pr�sent : "mais j'y retournerais si vous me le demandez, seigneur..."</p><p>En pilote automatique, la voix de Harry siffla : "Nous ne retournons pas � ta cellule". Aucun de ses sentiments ne fut autoris� � atteindre son visage.</p><p><emphasis>Euh...</emphasis> dit Poufsouffle. <emphasis>Est-ce que tu viens vraiment de penser : 'Tu devrais travailler pour moi, parce que </emphasis>moi<emphasis>, je saurais t'appr�cier' ?</emphasis></p><p><emphasis>Une pierre r�pondrait � une loyaut� pareille, </emphasis>pensa Harry. <emphasis>M�me ce n'est que par erreur que j'en suis le r�cipiendaire, je ne peux pas m'emp�cher de -</emphasis></p><p><emphasis>Elle est l'assassin et le tortureur loyal du Seigneur des T�n�bres, et la pr�tendue raison � sa loyaut� est qu'une fille innocente a �t� bris�e en milles morceaux et a �t� utilis�e comme mat�riau brut pour la fabriquer, </emphasis>dit Poufsouffle. <emphasis>Est-ce que tu as oubli� ?</emphasis></p><p><emphasis>Si quelqu'un me montre autant de loyaut�, m�me si c'est par erreur, il y a une partie de moi qui ne peut pas s'emp�cher de ressentir quelque chose. Le Seigneur des T�n�bres doit avoir �t�... </emphasis>mal�fique<emphasis> ne semble pas assez fort, il doit avoir �t� </emphasis>vide<emphasis>... pour ne pas appr�cier sa loyaut�, qu'elle soit artificielle ou non.</emphasis></p><p>Les meilleures parties de Harry n'avait pas grand chose � r�pondre � cela.</p><p>Et c'est alors que Harry l'entendit.</p><p>Elle �tait faible et grandissait � chacun de leurs pas.</p><p>La voix d'une femme, distante, indistincte.</p><p>Automatiquement, les oreilles de Harry s'efforc�rent de d�chiffrer les mots.</p><p>"...s'il te pla�t ne..."</p><p>"...ne voulais pas..."</p><p>"...meurs pas..."</p><p>Puis son cerveau sut <emphasis>qui</emphasis> il entendait, et au m�me moment comprit <emphasis>ce</emphasis> qu'il entendait.</p><p>Parce que le professeur Quirrell n'�tait plus l� pour maintenir le silence et qu'Azkaban n'�tait en fait pas silencieuse.</p><p>La faible voix de la femme. Elle r�p�tait :</p><p>"Non, je ne voulais pas, ne meurs pas s'il te pla�t !"</p><p>"Non, je ne voulais pas, ne meurs pas s'il te pla�t !"</p><p>Elle grandissait � chacun des pas de Harry, il pouvait entendre l'�motion dans sa voix � pr�sent, l'horreur, le remords, le d�sespoir de...</p><p>"Non, je ne voulais pas, ne meurs pas s'il te pla�t !"</p><p>...le pire souvenir de la femme, r�p�t� encore et encore...</p><p>"Non, je ne voulais pas, ne meurs pas s'il te pla�t !"</p><p>...le meurtre qui l'avait envoy� � Azkaban...</p><p>"Non, je ne voulais pas, ne meurs pas s'il te pla�t !"</p><p>...o� elle �tait condamn�e par les D�traqueurs � voir la personne qu'elle avait tu� � mourir et � mourir et � mourir encore dans une boucle infinie. Elle avait d� �tre mise � Azkaban r�cemment, � en juger par la quantit� de vie encore pr�sente dans sa voix.</p><p>La pens�e vint alors � Harry que, lorsque le professeur Quirrell avait pass� ces portes, lorsqu'il avait entendu ces sons, il n'avait pas donn� le moindre signe de trouble ; et Harry aurait dit que c'�tait la marque irr�vocable d'une personne mauvaise si ses propres l�vres n'�taient pas rest�s silencieuses en pr�sence de Bellatrix, si sa respiration n'�tait pas rest�e r�guli�re, alors qu'au fond de lui quelque chose hurlait et hurlait et hurlait.</p><p>Le Patronus s'intensifia, il n'�chappa pas au contr�le de Harry mais il s'intensifia � chacun de ses pas.</p><p>Il s'intensifia encore, � mesure que Harry et Bellatrix descendaient les escaliers, et elle tr�bucha et Harry lui offrit son bras gauche, sortit de la Cape, bravant la sensation funeste n�e de la proximit� du serpent enroul� autour du cou de Bellatrix. Un air surpris apparut sur le visage de cette derni�re, mais elle accepta le bras et ne dit rien.</p><p>Aider Bellatrix aida Harry, mais ce ne fut pas suffisant.</p><p>Pas lorsqu'il vit l'immense porte de m�tal au centre du couloir de ce niveau.</p><p>Pas lorsqu'ils s'approch�rent et que la voix de la femme se tut, parce qu'un Patronus �tait maintenant l� et qu'elle ne revivait plus le pire de ses souvenirs.</p><p><emphasis>Bien</emphasis>, dit une voix � l'int�rieur de lui. <emphasis>C'�tait la premi�re �tape</emphasis>.</p><p>Les pas de Harry l'emmen�rent in�vitablement vers la porte de m�tal.</p><p>Et...</p><p><emphasis>Maintenant, d�verrouille la porte -</emphasis></p><p>...Harry continua de marcher...</p><p><emphasis>Tu crois que tu es en train de faire quoi ? Reviens et sors-la de l� !</emphasis></p><p>...continua de marcher...</p><p><emphasis>Sauve-la ! Qu'est-ce que tu fais ! Elle souffre TU DOIS LA SAUVER !</emphasis></p><p>Le Portoloin que portait Harry pouvait transporter deux humains, seulement deux, accompagn�s d'un serpent. S'ils avaient aussi eu le Portoloin du professeur Quirrell... mais ils ne l'avaient <emphasis>pas</emphasis>, c'est la forme humaine du professeur Quirrell qui le portait, il �tait impossible de l'obtenir... Harry pouvait sauver une seule personne aujourd'hui, et il y avait une seule personne au niveau le plus bas d'Azkaban, d�sesp�r�ment dans le besoin...</p><p>"NE PARS PAS !" De derri�re la porte de m�tal, la voix lui parvint dans un cri. "Non, non, non, ne pars pas, ne l'emm�ne pas, non non non -"</p><p>Il y avait une lumi�re dans le couloir, et elle s'intensifiait.</p><p>"S'il te pla�t," sanglota la voix de la femme, "s'il te pla�t, je ne sais plus comment mes enfants s'appellent -"</p><p>"Assieds-toi, Bella," dit la voix de Harry, et il parvint, sans savoir comment, � prononcer ces mots d'un chuchotement glac�, "je dois m'occuper de cela," le sortil�ge de l�vitation diminua puis se d�sactiva lorsque Bella s'assit avec ob�issance, sa silhouette squelettique formant une tache sombre sur le couloir de plus en plus lumineux.</p><p><emphasis>Je mourrai</emphasis>, pensa Harry.</p><p>La lumi�re continua d'augmenter.</p><p>Apr�s tout, il n'�tait pas <emphasis>certain</emphasis> que Harry mourrait.</p><p>C'�tait seulement la probabilit� d'une mort, et certaines choses ne valaient-elles pas la possibilit� de mourir ?</p><p>La lumi�re continua d'augmenter, un Patronus plus grand commen�ait � se former, la silhouette humaine brillante devenait indistinct, perdue dans l'air br�lant, et la vie de Harry s'en allait nourrir le feu.</p><p><emphasis>Si j'an�antis tous les D�traqueurs, alors m�me si je vis, ils sauront que c'�tait moi, que c'est moi le responsable... je perdrai mes soutiens, je perdrai la guerre...</emphasis></p><p><emphasis>Ah ouais ?</emphasis> dit la voix int�rieur qui le poussait � continuer. <emphasis>Apr�s que tu ais d�truit tous les D�traqueurs d'Azkaban ? Je pense plut�t que �a tendrait plut�t � prouver que tu es qualifi� pour �tre un Seigneur de la Lumi�re, alors SAUVE LA SAUVE LA TU DOIS LA SAUVER -</emphasis></p><p>La forme humano�de n'�tait plus discernable.</p><p>Le couloir n'�tait plus visible.</p><p>Sous la Cape, le corps de Harry �tait invisible.</p><p>Il n'y avait plus qu'un point de vue d�corpor� au milieu d'une �tendue de lumi�re d'argent infinie.</p><p>Harry pouvait sentir la vie qui le quittait et alimentait le sortil�ge ; au loin, il pouvait sentir les ombres de la Mort qui commen�aient � s'effilocher.</p><p><emphasis>Je comptais accomplir plus que �a dans ma vie... j'allais combattre le Seigneur des T�n�bres, j'allais unir les mondes Moldu et Magique.</emphasis></p><p>Les nobles buts semblaient tr�s distants, tr�s abstraits compar�s � une femme suppliant qu'on l'aide, et il n'�tait pas <emphasis>certain</emphasis> que Harry ferait jamais quelque chose de plus important que cet acte, cet acte unique dont il �tait capable, ici et maintenant.</p><p>Et avec ce qui aurait pu �tre son dernier souffle, Harry pensa :</p><p><emphasis>Il y a d'autres D�traqueurs, probablement d'autres Azkabans... si je veux faire �a, je devrais le faire plus pr�s de l'abysse centrale, comme �a, �a me prendra moins de vie, ce qui augmentera la probabilit� que je survive et que je d�truise d'autres D�traqueurs... m�me en admettant que c'est le choix optimal, s'il y a un bon moment et un bon endroit pour le faire, ce n'est pas ici et maintenant, CE N'EST PAS ICI ET MAINTENANT !</emphasis></p><p><emphasis>Quoi ?</emphasis> dit l'autre partie de lui d'un ton indign� tout en cherchant un contre-argument qui n'existait pas -</p><p>La lumi�re s'�clipsa lentement, � mesure que Harry se concentrait sur ce fait indiscutable, sur cette v�rit� �vidente qu'ils n'�taient pas � l'endroit optimal, que le bon moment ne <emphasis>pouvait pas</emphasis> �tre <emphasis>maintenant</emphasis>...</p><p>La lumi�re s'�clipsa lentement.</p><p>Une partie de la vie de Harry reflua vers lui.</p><p>Une partie avait �t� perdue sous la forme de radiation.</p><p>Mais il lui en restait assez pour rester sur pied et pour maintenir une certaine luminosit� dans la silhouette d'argent ; et lorsque son bras arm� se leva et que sa voix murmura "Wingardium Leviosa", la magie ob�it, s'�coula hors de lui et aida Bellatrix � se remettre sur pied (car ce n'�tait pas sa magie qu'il avait d�pens�e, sa magie n'avait jamais �t� le combustible du Patronus).</p><p><emphasis>Je jure,</emphasis> pensa Harry alors qu'il respirait aussi r�guli�rement que possible en pr�sence de Bellatrix, alors que des larmes coulaient le long de ses joues invisibles, <emphasis>je jure sur ma vie et ma magie et mon art de rationaliste, je jure sur tout ce que je tiens pour sacr� et sur tous mes souvenirs heureux, je fais le serment qu'un jour je mettrai fin � ce lieu, s'il vous pla�t, s'il vous pla�t, puiss�-je �tre pardonn�...</emphasis></p><p>Et ils continu�rent tous deux, tandis que la voix d'une meurtri�re hurlait et suppliait quelqu'un de revenir et de la sauver.</p><p>Il y aurait dut y avoir plus de temps, il y aurait dut y avoir une c�r�monie pour le sacrifice que Harry avait fait de cette partie de lui, mais Bellatrix �tait � c�t�, et il ne pouvait que continuer sans s'interrompre, sans rien dire, en respirant � un rythme r�gulier.</p><p>Et il continua donc, laissant une partie de lui en arri�re. Elle demeurerait pour toujours en ce temps et en ce lieu, il le savait. M�me apr�s qu'il soit un jour revenu avec une compagnie de lanceurs de V�ritable Patronus et qu'ils aient d�truit tous les D�traqueurs pr�sents. M�me s'il faisait fondre le b�timent triangulaire et qu'il br�lait l'�le jusqu'� ce que la mer la recouvre, ne laissant aucune trace pouvant indiquer qu'un tel endroit avait jamais exist�. M�me alors, il ne la r�cup�rerait pas.</p><empty-line/><p>Le troupeau de cr�atures lumineuses s'arr�ta, regarda vers le bas, puis se remit � patrouiller dans les couloirs de m�tal comme si rien ne s'�tait pass�.</p><p>"Comme la derni�re fois ?" l�cha la directrice Bones � l'intention de l'Auror Li, et le jeune Auror r�pondit : "Oui m'dame."</p><p>La directrice fit une nouvelle requ�te afin de voir si les D�traqueurs pouvaient maintenant trouver leur cible, et elle n'eut pas l'air surprise en recevant un r�ponse n�gative quelques secondes plus tard.</p><p>Emmeline Vance se sentait d�chir�e entre deux all�geances.</p><p>Elle n'�tait plus un membre de l'Ordre du Ph�nix, car il s'�tait dissolu apr�s la fin de la derni�re guerre. Et pendant la guerre elle avait su, ils avaient tous su, que le directeur Croupton approuvait leurs batailles secr�tes en silence.</p><p>Bones n'�tait pas Croupton.</p><p>Mais maintenant, ils traquaient Bellatrix Black, et elle avait �t� un Mangemort, et c'�tait certainement des Mangemorts qui �taient en train de la sauver. Leur Patronus se comportaient �trangement - toutes les cr�atures lumineuses s'arr�taient et regardaient en bas avant de recommencer � suivre leur ma�tre. Et les D�traqueurs ne pouvaient pas trouver leur cible.</p><p>Il lui semblait que le moment �tait extr�mement opportun pour consulter Albus Dumbledore.</p><p>Devait-elle juste <emphasis>sugg�rer</emphasis> � Bones de contacter Dumbledore ? Mais si elle ne l'avait pas d�j� fait...</p><p>Emmeline h�sita un moment, probablement trop longtemps, puis finit par se d�cider. <emphasis>Au diable tout �a, </emphasis>pensa-t-elle. <emphasis>On est tous dans le m�me camp, on doit se serrer les coudes, que Bones appr�cie ou pas.</emphasis></p><p>Par une pens�e, son moineau d'argent voleta jusqu'� son �paule.</p><p>"Ralentis pour garder nos arri�res," murmura-t-elle doucement, presque sans remuer ses l�vres, "attends jusqu'� ce que personne ne te regarde directement, puis vas voir Albus Dumbledore. S'il n'est pas d�j� seul, attends qu'il le soit. Et dis-lui cela : Bellatrix Black s'�chappe d'Azkaban et les D�traqueurs ne peuvent pas la trouver."</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 56*: EPS, Optimisation sous contraintes, pt 6</strong></p><p>Silencieuse, heureusement qu'elle �tait silencieuse, la porte de m�tal de l'�tage suivant. Soit il n'y avait personne derri�re, soit ils souffraient en silence, ou peut-�tre qu'ils criaient mais que leur voix avait d�j� l�ch�, ou peut-�tre qu'ils monologuaient en marmonnant, seuls dans le noir...</p><p><emphasis>Je ne suis pas s�r d'en �tre capable,</emphasis> pensa Harry, et il ne pouvait pas bl�mer les D�traqueurs pour ces pens�es d�sesp�r�es. Il valait mieux descendre, c'�tait plus s�r, car son plan mettrait longtemps � �tre mis en �uvre et les Aurors progressaient probablement d�j� dans sa direction. Mais s'il passait devant une seule porte de m�tal suppl�mentaire en restant coi et en gardant une respiration parfaitement r�guli�re il deviendrait peut-�tre fou ; s'il fallait qu'il d�laisse une partie de lui-m�me � chaque fois, il ne resterait bient�t plus rien de lui -</p><p>Un chat � l'�clat lunaire se forma et bondit devant le Patronus de Harry. Ce dernier cria presque, ce qui n'aurait pas am�lior� son image aupr�s de Bellatrix.</p><p>"Harry !" dit la voix du professeur McGonagall d'un ton plus alarm� que Harry ne l'avait jamais entendu chez elle. "O� es-tu ? Tu vas bien ? C'est mon Patronus, r�ponds-moi !"</p><p>Dans un effort convulsif, Harry se vida l'esprit, r�ajusta sa gorge, se for�a � redevenir calme, changea de personnalit� comme s'il s'�tait agi d'une barri�re Occlumantique. Cela prit quelques secondes et il esp�ra de toutes ses forces que gr�ce aux d�lais habituels de communication, le professeur McGonagall ne remarquerait rien ; il esp�ra tout aussi fort que les Patronus ne rendaient pas compte de leur environnement � leur possesseur.</p><p>Une jeune voix innocente dit : "Je suis � la chambre de Marie, professeur, au Chemin de Traverse. Pour tout vous dire, je suis en train de me rendre aux toilettes. Qu'est-ce qui ne va pas ?"</p><p>Le chat s'en fut d'un bond, et Bellatrix se mit � glousser doucement, c'�tait un rire appr�ciateur et empoussi�r�, mais elle s'interrompit abruptement au premier sifflement de Harry.</p><p>Un instant plus tard, le chat �tait de retour, et il dit de la voix du professeur McGonagall : "Je viens te r�cup�rer tout de suite. Ne vas <emphasis>nulle part</emphasis>, si tu n'es pas pr�s du professeur de D�fense ne vas pas le voir, ne dis rien � personne, je serai l� aussi vite que possible !"</p><p>Et le chat lumineux bondit vers l'avant et disparut.</p><p>Harry jeta un coup d'�il � sa montre et nota l'heure afin de pouvoir revenir dans les toilettes de la chambre de Marie au bon moment apr�s avoir sorti tout le monde de l� et avoir fait de nouveau immobiliser le Retourneur de Temps par le professeur Quirrell...</p><p><emphasis>Tu sais,</emphasis> dit la partie de son cerveau consacr�e � la r�solution de probl�mes, <emphasis>qu'il y a une limite au nombre de contraintes qu'on peut ajouter � un probl�me avant qu'il ne devienne </emphasis>vraiment<emphasis> impossible ?</emphasis></p><p>�a n'aurait pas d� avoir d'importance, en fait �a n'en avait pas vraiment, �a n'�tait pas comparable � la souffrance d'un seul prisonnier d'Azkaban, et pourtant Harry se trouva profond�ment conscient du fait que si son plan ne s'achevait pas par d'une part sa r�cup�ration � la chambre de Marie comme s'il n'�tait jamais parti ainsi que par un professeur de D�fense vraisemblablement innocent de tout m�fait, le professeur McGonagall allait <emphasis>le tuer</emphasis>.</p><empty-line/><p>Tandis que leur �quipe se pr�parait � grignoter un bout de terrain suppl�mentaire le long de la spirale C au moyen d'une s�rie de boucliers, d'analyses et de dissipation du bouclier pr�c�demment lanc�, Am�lia tapotait des doigts sur sa hanche et se demandait si elle ne devrait pas consulter l'ind�niable l'expert du domaine. Si seulement il n'�tait pas si -</p><p>Elle entendit le craquement de feu familier et devina ce qu'elle allait voir alors m�me de se retourner.</p><p>Un tiers des Aurors se retournaient et levaient leur baguette en direction du vieux sorcier aux lunettes en croissant de lune et � la longue barbe d'argent qui �tait apparu juste au milieu de leur groupe avec un ph�nix �clatant d'or et de rouge perch� sur son �paule.</p><p>"Ne tirez pas !" Le Polynectar aurait rendu simple la contrefa�on du visage, mais imiter le voyage par ph�nix aurait �t� bien plus difficile - les barri�res autorisaient ce moyen rapide d'entrer, m�me si aucune sortie rapide n'�tait possible.</p><p>La vieille sorci�re et le vieux sorcier se regard�rent pendant un long moment.</p><p>(Am�lia se demanda distraitement lequel de ses Aurors avait fait parvenir le message, apr�s tout, plusieurs anciens membres de l'Ordre du Ph�nix �taient ici avec elle ; elle essaya de se souvenir si elle avait vu le moineau d'Emmeline ou le chat d'Andy manquer au troupeau de cr�atures lumineuses ; mais elle savait que c'�tait futile. �a pouvait fort bien n'�tre la faute d'aucun des membres de son �quipe car le vieux fouineur savait souvent des choses impossibles � savoir).</p><p>Albus Dumbledore inclina sa t�te vers Am�lia d'un geste courtois. "J'esp�re ne pas �tre importun," dit le vieux sorcier avec calme. "Nous sommes tous dans le m�me camp, n'est-ce pas ?"</p><p>"Cela d�pend," dit Am�lia d'une voix dure. "Es-tu l� pour nous aider � attraper des criminels ou pour les prot�ger des cons�quences de leurs actes ?" <emphasis>Vas-tu essayer de prot�ger la meurtri�re de mon fr�re de son Baiser bien m�rit�, vieux fouineur ? </emphasis>Am�lia avait entendu dire que Dumbledore �tait devenu plus malin vers la fin de la guerre, en grande partie gr�ce � l'insistance ininterrompue de Fol-Oeil ; mais il �tait retomb� dans sa ridicule cl�mence � l'instant o� le corps de Voldemort avait �t� trouv�.</p><p>Une douzaine de points blanc et argent, r�flections des animaux �tincelants, luisaient � la surface des lunettes en croissant de lune du vieux sorcier ; il parla : "Je souhaite voir Bellatrix Black lib�r�e encore moins que toi," dit-il. "Elle ne <emphasis>doit</emphasis> pas quitter cette prison en vie, Am�lia."</p><p>Avant qu'elle ne puisse de nouveau parler, ne serait-ce que pour exprimer sa gratitude �tonn�e, le vieux sorcier fit un geste de sa longue baguette noire et un flamboyant ph�nix d'argent apparut, peut-�tre plus lumineux que tous leurs Patronus r�unis. C'�tait la premi�re fois qu'elle avait vu quelqu'un jeter ce sortil�ge sans parler. "Ordonne � tous tes Aurors de dissiper leur Patronus pendant dix secondes," dit le vieux sorcier. "Ce que le t�n�bres ne peuvent trouver, peut-�tre la lumi�re saura-t-elle le d�couvrir."</p><p>Am�lia aboya l'ordre d'accomplir la volont� de Dumbledore � l'officier des communications qui en fit part � tous les Aurors par le biais de leur miroir.</p><p>Cela prit un moment qui devint un silence horrible, aucun des Aurors n'osait parler, et Am�lia essaya d'�valuer ses propres pens�es. <emphasis>Elle ne doit pas quitter cette prison en vie...</emphasis> Albus Dumbledore ne se transformerait pas en Bartemius Croupton sans avoir une bonne raison. S'il avait voulu lui dire <emphasis>pourquoi</emphasis>, il l'aurait d�j� fait ; mais ce n'�tait certainement pas bon signe.</p><p>Tout de m�me, il �tait bon de savoir qu'ils pourraient travailler ensemble, cette fois-ci.</p><p>"Maintenant," dit un chorus de miroirs, et tous les Patronus s'�vanouirent en un clin d'�il, mis � part ce flamboyant ph�nix d'argent.</p><p>"Un autre Patronus est-il pr�sent ?" dit distinctement le vieux sorcier � l'intention de la cr�ature lumineuse.</p><p>La cr�ature lumineuse inclina la t�te en signe d'acquiescement.</p><p>"Peux-tu le trouver ?"</p><p>La t�te d'argent s'inclina de nouveau.</p><p>"T'en souviendras-tu, si jamais il partait et revenait ensuite ?"</p><p>Un dernier hochement de t�te du ph�nix flamboyant.</p><p>"C'est fait," dit Dumbledore.</p><p>"Termin�," dirent tous les miroirs un instant apr�s, et Am�lia leva sa baguette et entreprit de relancer son propre Patronus (bien qu'il lui fallut un effort de concentration suppl�mentaire, avec ce sourire f�roce d�j� pr�sent sur son visage, pour r�ussir � penser � la premi�re fois o� Susan lui avait embrass� la joue plut�t qu'au sombre de destin de Bellatrix Black. Cet autre Baiser �tait certainement une pens�e heureuse, mais pas d'un genre ad�quat au Patronus).</p><empty-line/><p>Ils n'�taient m�me pas parvenus � la fin du couloir que Harry leva sa main, poliment, comme s'il avait �t� dans une salle de classe.</p><p>Il r�fl�chit rapidement. La question �tait de savoir comment - non, cela aussi �tait �vident.</p><p>"Il semble," dit Harry d'une voix froidement amus�e, "que quelqu'un a demand� � ce Patronus de ne transmettre son message qu'� moi." Il gloussa. "Eh bien. Pardonne moi, ch�re Bella. <emphasis>Quietus</emphasis>."</p><p>L'humano�de d'argent dit imm�diatement, avec la voix de Harry : "Il y a un autre Patronus qui recherche ce Patronus."</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit Harry. Et alors, sans s'interrompre pour r�fl�chir � ce qui se passait : "Peux-tu le bloquer ? L'emp�cher de te trouver ?"</p><p>L'humano�de d'argent secoua la t�te.</p><empty-line/><p>� peine Am�lia et les autres Aurors avaient-ils finit de relancer leur Patronus que -</p><p>Le ph�nix flamboyant s'envola , le vrai ph�nix rouge et or le suivit et le vieux sorcier s'�lan�a calmement derri�re eux, sa longue baguette port�e � hauteur de cuisse.</p><p>Les boucliers qui entouraient leur bout de terrain s'�cart�rent autour du vieux sorcier comme s'ils avaient �t� faits d'eau et se referm�rent derri�re lui sans une ondulation.</p><p>"<emphasis>Albus !</emphasis>" s'�cria Am�lia. "Qu'est-ce que tu t'imagines �tre en train faire ?"</p><p>Mais elle le savait d�j�.</p><p>"Ne me suivez pas," dit le vieux sorcier d'une voix s�v�re. "Je peux me prot�ger, je ne peux pas prot�ger les autres."</p><p>L'injure qu'Am�lia lui lan�a fit trembler jusqu'� ses propres Aurors.</p><empty-line/><p><emphasis>C'est pas juste, pas juste, pas juste ! Il y a une limite au nombre de contraintes qu'on peut ajouter � un probl�me avant qu'il ne devienne r�ellement impossible !</emphasis></p><p>Harry bloqua les pens�es inutiles, ignora la fatigue qu'il ressentait et for�a son esprit � se confronter aux nouveaux besoins, il lui fallait r�fl�chir <emphasis>vite</emphasis>, utiliser l'adr�naline pour suivre des cha�nes logiques rapidement et sans h�sitation plut�t que de la g�cher dans du d�sespoir.</p><p>Pour que la mission r�ussisse,</p><p>(1) Harry devrait dissiper son Patronus.</p><p>(2) Bellatrix devrait rester invisible aux yeux des D�traqueurs apr�s que le Patronus ait �t� dissip�</p><p>(3) Harry devrait r�sister � l'�puisement du D�traquage apr�s que le Patronus ait �t� dissip�.</p><p>...</p><p><emphasis>Si je r�sous �a, </emphasis>dit le cerveau de Harry, <emphasis>je veux un cookie ensuite, et si tu rends le probl�me un peu plus difficile, je dis bien un chou�a plus difficile, je sors de ton cr�ne et je pars pour Tahiti.</emphasis></p><p>Harry et son cerveau consid�r�rent le probl�me.</p><p>Azkaban �tait demeur�e invincible pendant des si�cles, s'en remettant � l'impossibilit� d'�chapper au regard des D�traqueurs. Donc si Harry trouvait un <emphasis>autre</emphasis> moyen de cacher Bellatrix, ce serait soit gr�ce � son savoir scientifique soit � sa prise de conscience que les D�traqueurs �taient la Mort.</p><p>Le cerveau de Harry sugg�ra qu'une fa�on �vidente d'emp�cher les D�traqueurs de voir Bellatrix serait de faire cesser son existence, c'est � dire de la tuer.</p><p>Harry f�licita son cerveau pour �tre sorti des sentiers battu et lui dit de continuer � chercher.</p><p><emphasis>Tue-la puis ram�ne la,</emphasis> dit la suggestion suivante. <emphasis>Utilise Frigideiro</emphasis><emphasis>pour la refroidir jusqu'� ce que son activit� mentale cesse, puis r�chauffe-la ensuite en utilisant Thermos</emphasis>, <emphasis>comme les gens qui tombent dans de l'eau tr�s froide et qui peuvent ensuite �tre ranim�s une demi-heure plus tard sans dommage c�r�bral notable.</emphasis></p><p>Harry consid�ra cela. Bellatrix ne survivrait peut-�tre pas dans son �tat d'affaiblissement actuel. <emphasis>Et</emphasis> �a n'emp�cherait peut-�tre pas la Mort de la voir.<emphasis> Et </emphasis>il aurait du mal � aller bien loin en portant une Bellatrix inconsciente. <emphasis>Et </emphasis>il n'arrivait pas � se souvenir des travaux de recherches sur la temp�rature corporelle exacte qui �tait cens�e temporairement arr�ter le cerveau sans n�anmoins �tre fatale.</p><p>C'�tait une autre id�e originale, mais Harry dit � son cerveau de continuer � r�fl�chir �...</p><p>...<emphasis>comment se cacher de la Mort...</emphasis></p><p>Une grimace parcourut le visage de Harry. Quelque part, un jour, il avait entendu quelque chose � ce sujet.</p><p><emphasis>L'un des pr�requis pour devenir un grand sorcier est d'avoir une excellente m�moire, </emphasis>avait dit le professeur Quirrell.<emphasis> La cl� d'un puzzle est parfois quelque chose que vous avez lu il y a vingt ans dans un vieux rouleau de parchemin, ou un anneau particulier que vous avez vu au doigt d'un homme que vous n'avez rencontr� qu'une fois...</emphasis></p><p>Harry se concentra aussi fort qu'il le pouvait mais il n'arrivait pas � se rappeler, il l'avait sur le bout de la langue mais il n'y arrivait pas ; alors il ordonna � son inconscient de continuer � essayer de se souvenir et il se concentra sur l'autre moiti� du probl�me.</p><p><emphasis>Comment puis-je me prot�ger des D�traqueurs sans Patronus ?</emphasis></p><p>Le directeur avait �t� expos� � des D�traqueurs situ�es � quelques m�tres, de fa�on r�p�t�e, encore et encore, pendant toute une journ�e, et il n'en �tait ressorti qu'avec un air fatigu�. Comment avait-il accompli cela ? Harry pouvait-il aussi le faire ?</p><p>C'�tait peut-�tre une mutation g�n�tique al�atoire, auquel cas Harry �tait foutu. Mais en supposant que le probl�me <emphasis>�tait</emphasis> solvable...</p><p>Alors la r�ponse �vidente �tait que Dumbledore n'avait pas peur de la mort.</p><p>Dumbledore n'avait <emphasis>vraiment</emphasis> pas peur de la mort. Dumbledore croyait honn�tement et sinc�rement que la mort �tait la prochaine grande aventure. Il le croyait jusqu'au plus profond de son �tre, pas seulement sous la forme de mots utiles permettant de masquer une dissonance cognitive, pas seulement pour faire semblant d'�tre sage. Dumbledore avait d�cid� que la mort faisait partie de l'ordre naturel et normatif, et quel que soit le peu de peur qui restait en lui, il avait fallu une longue dur�e et des expositions r�p�t�es pour que le D�traqueur parvienne � puiser son �nergie au travers de cette petite faille.</p><p>Cette possibilit� n'�tait pas offerte � Harry.</p><p>Puis il pensa au revers de la m�daille, � l'�vidente question invers�e :</p><p><emphasis>Pourquoi suis-je beaucoup plus vuln�rable que la moyenne ? Les autres �l�ves ne sont pas tomb�s par terre quand ils ont fait face au D�traqueur.</emphasis></p><p>Harry comptait d�truire la mort, y mettre un terme s'il le pouvait. Il comptait vivre pour toujours, s'il le pouvait ; il l'esp�rait, et l'id�e de la Mort ne faisait surgir en lui aucun d�sespoir, aucun sentiment d'in�luctabilit�. Il n'�tait pas aveugl�ment attach� � sa propre vie ; de fait, il avait d� faire un effort pour ne <emphasis>pas</emphasis> la br�ler dans le but de prot�ger d'autres de la Mort. Pourquoi les ombres de la Mort avaient-elles un tel pouvoir sur lui ? Il ne se serait pas cru si effray� par elles.</p><p>�tait-ce qu'il avait rationalis� pendant tout ce temps ? Qui avait eu secr�tement si peur de la mort que cela avait tordu ses pens�es, lorsque Harry avait accus� Dumbledore ?</p><p>Harry consid�ra cela en s'emp�chant de se d�tourner de l'id�e. C'�tait p�nible, mais...</p><p>Mais...</p><p>Mais les pens�es p�nibles n'�taient pas toujours <emphasis>vraies</emphasis>, et celle-ci ne semblait pas tout � fait juste. Comme si elle comportait un �l�ment de v�rit� mais que cet �l�ment n'�tait pas <emphasis>l�</emphasis> o� l'hypoth�se disait qu'il �tait -</p><p>Et c'est l� que Harry comprit.</p><p><emphasis>Oh.</emphasis></p><p><emphasis>Oh, je comprends � pr�sent.</emphasis></p><p><emphasis>Celui qui a peur, c'est...</emphasis></p><p>Harry demanda � son c�t� obscur s'il avait peur de la mort.</p><p>Et le Patronus de Harry trembla, se ternit, disparut presque l'espace d'un instant, � cause de cette terreur d�sesp�r�e et sanglotante, de cette peur indicible qui ferait tout pour ne pas mourir, qui ignorerait tout le reste pour ne pas mourir, qui ne pouvait pas penser ni ressentir en pr�sence de cette horreur absolue, qui ne pouvait pas plus regarder dans l'abysse de la nonexistence qu'elle n'aurait pu faire face au Soleil, une chose aveugle et terrifi�e qui voulait seulement trouver un coin sombre et ne plus avoir � y penser -</p><p>La silhouette d'argent s'�tait assombrie jusqu'� avoir un �clat lunaire, elle vacillait comme une bougie en fin de vie -</p><p><emphasis>Tout va bien</emphasis>, pensa Harry, <emphasis>tout va bien.</emphasis></p><p>Il se visualisa, ber�ant son c�t� obscur dans ses bras comme si celui-ci avait �t� un enfant effray�.</p><p><emphasis>C'est bien et c'est normal d'�tre horrifi�, parce que la mort est horrible. Tu n'as pas � cacher ton horreur, tu n'as pas � te sentir honteux, tu peux la porter comme une marque d'honneur, � d�couvert, en plein jour.</emphasis></p><p>C'�tait �trange de se sentir ainsi divis� en deux, de suivre son fil de pens�e qui donnait du r�confort et celui de l'incompr�hension que son c�t� obscur avait pour l'�tranget� des pens�es ordinaires de Harry ; car parmi toutes les choses que son c�t� obscur avait associ� � sa peur de la mort, la seule qu'il n'aurait jamais imagin�, � laquelle il ne serait jamais attendue, c'�tait d'�tre accept�, f�licit� et aid�...</p><p><emphasis>Tu n'as pas � te battre seul</emphasis>, dit silencieusement Harry � l'intention de son c�t� obscur. <emphasis>Le reste de ma personne t'aidera. Je ne me laisserai pas mourir, et je ne laisserai pas mes amis mourir non plus. Pas toi/moi, pas Hermione, pas Maman ni Papa, pas Neville, pas Draco ni personne, c'est la volont� de prot�ger...</emphasis> il visualisa des ailes de lumi�re solaire semblables aux ailes de Patronus qu'il avait d�ploy�es donner abri et r�confort � cet enfant effray�.</p><p>Le Patronus s'�claira de nouveau, le monde tournait autour de Harry - ou �tait-ce son esprit qui tournait ?</p><p><emphasis>Prends ma main</emphasis>, songea Harry, et il le visualisa, <emphasis>viens avec moi, et on y parviendra ensemble...</emphasis></p><p>Il y eut une embard�e dans l'esprit de Harry, comme si son cerveau avait fait un pas � gauche ou que l'univers avait fait un pas � droite.</p><p>Et dans un couloir puissamment �clair� d'Azkaban, les faible lampes � gaz largement d�pass�es par la lumi�re stable et r�solue d'un Patronus � forme humaine, un gar�on invisible se tint l�, un �trange sourire sur le visage, et son corps ne tremblait que l�g�rement.</p><p>Harry savait qu'il venait d'accomplir quelque chose d'important, quelque chose qui d�passait l'am�lioration de sa r�sistance aux D�traqueurs.</p><p>Et plus que �a : il s'�tait <emphasis>souvenu</emphasis>. Penser � la Mort de fa�on anthropomorphique avait ironiquement fait l'affaire. Maintenant il pouvait se souvenir de ce qui �tait r�put� cacher quelqu'un au regard de la Mort elle-m�me...</p><empty-line/><p>Dans un couloir d'Azkaban, les jambes d'un sorcier s'arr�t�rent brutalement ; le flamboyant ph�nix d'argent qui le guidait s'�tait arr�t� en plein vol, il battait des ailes sans se d�placer, en plein d�sarroi. Il tendit le cou, regarda devant puis derri�re, comme s'il �tait perdu ; puis il se tourna vers son ma�tre et secoua la t�te en signe d'excuse.</p><p>Sans ajouter un mot, le vieux sorcier se d�tourna et repartit � grand pas vers l� d'o� il �tait venu.</p><empty-line/><p>Harry se redressa et sentit la peur se d�verser sur lui et tout autour de lui. Une petite partie de son �tre avait peut-�tre �t� �rod�e par les vagues de n�ant qui se brisaient continuellement sur sa pierre immuable mais ses membres n'�taient pas froid et sa magie �tait l�, avec lui. Ces vagues finiraient un jour par le corroder et le consumer, elles s'infiltreraient par les petites parties de son �tre qui tremblaient encore devant la Mort au lieu d'utiliser leur peur pour se donner de l'�nergie avant la bataille. Mais ce funeste destin mettrait longtemps � advenir tant que les ombres de la Mort seraient loin de lui, indiff�rentes. Le d�faut, la craquelure, la ligne de fracture qui avait �t� pr�sente en lui �tait r�par�e, et les �toiles flamboyaient puissamment dans son esprit, vastes, ne connaissant pas la peur, elles �tincelaient au milieu du froid et des t�n�bres.</p><p>Aux yeux de n'importe qui d'autre, il aurait sembl� que le gar�on se tenait seul dans le couloir de m�tal faiblement �clair�, arborant cet �trange sourire.</p><p>Car Bellatrix Black et le serpent enroul� autour de ses �paules �taient masqu�s par la Cape d'Invisibilit�, l'une des trois Reliques de la Mort, r�put�e masquer son porteur � la vue de la Mort elle-m�me. L'�nigme dont la r�ponse avait �t� perdue et que Harry avait red�couverte.</p><p>Et Harry savait maintenant que la dissimulation fournie par la Cape relevait de plus que la simple transparence fournie la D�sillusion, que la Cape vous maintenait <emphasis>cach�</emphasis>, pas seulement invisible, aussi inobservable que l'�taient les Thestraux � ceux qui ignoraient la Mort. Et Harry savait aussi que c'�tait en sang de Thestral qu'�tait fait le symbole des Reliques de la Mort situ� � l'int�rieur de la Cape, liant ainsi � celle-ci cette partie du pouvoir de la Mort, lui permettant de confronter les D�traqueurs sur leur terrain et de les bloquer. �a lui �tait venu comme une intuition, mais l'intuition �tait certaine, le savoir �tait apparu � l'instant o� il avait r�solu l'�nigme.</p><p>Sous la Cape, Bellatrix �tait toujours transparente mais elle n'�tait plus cach�e aux yeux de Harry, il savait qu'elle �tait l�, aussi �vidente que lui �tait la pr�sence d'un Thestral. Car Harry n'avait pas donn� sa Cape, il l'avait seulement pr�t�e ; et il avait comprit et ma�tris� la Relique de la Mort transmise le long de la lign�e Potter.</p><p>Il regarda la femme invisible droit dans les yeux et dit : "Les D�traqueurs peuvent-ils t'atteindre, Bella ?"</p><p>"Non," dit la femme d'une voix douce et �merveill�e. Puis : "Mais, seigneur... <emphasis>vous...</emphasis>"</p><p>"Si tu dis quelque chose de stupide, cela va m'agacer," dit Harry d'un ton froid. "Ou bien as-tu l'impression que je me sacrifierai pour toi ?"</p><p>"Non, seigneur," r�pondit la servante du Seigneur des T�n�bres d'un ton perplexe et peut-�tre admiratif.</p><p>"Suis," dit le froid murmure de Harry.</p><p>Et ils continu�rent leur p�riple vers le fond d'Azkaban, et le Seigneur des T�n�bres fourra la main dans sa bourse, prit un cookie et le mangea. Si Bellatrix l'avait interrog�, Harry aurait dit que c'�tait pour le chocolat, mais elle ne demanda rien.</p><empty-line/><p>Le vieux sorcier revint � grand pas parmi les Aurors, les ph�nix argent et rouge-or maintenant derri�re lui.</p><p>"<emphasis>Toi -</emphasis>" commen�a � mugir Am�lia.</p><p>"Ils ont dissip� leur Patronus," dit Dumbledore. Le vieux sorcier ne sembla pas �lever la voix mais ses mots calmes prirent le dessus. "Je ne peux plus les trouver."</p><p>Am�lia grin�a des dents et mit un certain nombre de remarques acerbes en attente avant de se tourner vers l'officier des communications. "Dites � la salle de garde de redemander aux D�traqueurs s'ils peuvent sentir la pr�sence de Bellatrix Black."</p><p>La sp�cialiste des communications parla � son miroir pendant un moment, et elle releva les yeux quelques secondes plus tard avec un air surpris : "Non -"</p><p>Dans son esprit, Am�lia jurait d�j� violemment.</p><p>"- mais ils peuvent voir quelqu'un dans les niveaux inf�rieurs, quelqu'un qui n'est pas un prisonnier."</p><p>"Tr�s bien !" l�cha Am�lia. "Dites aux D�traqueurs qu'une douzaine d'entre eux peuvent p�n�trer Azkaban et s'emparer de cette personne et de ceux qui l'accompagnent ! Et s'ils voient Bellatrix Black, qu'ils l'Embrassent imm�diatement !"</p><p>Am�lia se retourna et jeta un regard furibond � Dumbledore, le mettant au d�fi de protester ; mais le vieux sorcier se contenta de la regarder d'un air triste et demeura coi.</p><empty-line/><p>L'Auror McCusker finit de converser avec le corps qui d�rivait de l'autre c�t� de la fen�tre, transmettant ainsi les ordres de la directrice.</p><p>Le corps lui offrit un sourire mortel qui le d�membra presque, puis il flotta vers les profondeurs.</p><p>Peu de temps apr�s, douze D�traqueurs �merg�rent de l'abysse centrale d'Azkaban et se dirig�rent vers l'ext�rieur, vers les murs de la vaste structure de m�tal qui s'�levait au-dessus d'eux.</p><p>Entrant par les trous creus�s dans les fondations d'Azkaban, les plus sombres de toutes les cr�atures entam�rent leur marche d'horreur.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 57*: EPS, Cognition sous contraintes, pt 7</strong></p><p>Harry avait <emphasis>esp�r�</emphasis> avoir accompli une fusion avec son myst�rieux c�t� obscur, �tre devenu capable de faire usage de tous les avantages de celui-ci sans avoir � subir aucun de ses inconv�nients et de pouvoir mobiliser sur commande la clart� cristalline et l'invincible volont� sans pour autant avoir � devenir froid ou col�rique.</p><p>Il avait une fois de plus surestim� ses progr�s. <emphasis>Quelque chose</emphasis> s'�tait produit, mais il avait toujours un myst�rieux c�t� obscur, toujours s�par� de lui, et son lui ordinaire �tait toujours vincible. Et malgr� toutes les r�parations qu'il avait effectu�es sur la peur de la mort qu'avait son c�t� obscur, il n'osait pas devenir sombre sans protection � l'int�rieur d'Azkaban ; cela aurait �t� tenter le destin de fa�on exag�r�e.</p><p>C'�tait dommage, car un peu de nonvincibilit� aurait <emphasis>certainement �t� bien pratique l�, tout de suite.</emphasis></p><p>Ce qui rendait les choses plus difficiles, c'�tait qu'il ne pouvait ni s'appuyer contre un mur ni �clater en sanglots ni m�me se permettre un soupir. Sa ch�re Bella le regardait et ce n'�tait pas le genre de chose qu'un Seigneur des T�n�bres aurait fait.</p><p>"Seigneur -", dit Bellatrix. Sa voix, basse, �tait tendue. "Les D�traqueurs - ils approchent - je peux les sentir, seigneur -"</p><p>"Merci, Bella," dit une voix s�che, "je suis au courant."</p><p>Harry ne pouvait pas ressentir les trous dans le monde aussi bien que lorsqu'il avait rev�tu la Relique de la Mort mais il pouvait sentir l'attraction du vide monter en intensit�. Il avait d'abord cru que c'�tait parce que Bellatrix et lui descendaient les escaliers, jusqu'� ce qu'ils s'arr�tent et que l'attraction continue d'augmenter... puis de diminuer lorsque les D�traqueurs s'�loign�rent de la spirale, puis d'augmenter de nouveau lorsqu'ils entam�rent une nouvelle vol�e de marches... Les D�traqueurs �taient maintenant � l'int�rieur d'Azkaban, et ils venaient le chercher. Bien s�r qu'ils venaient le chercher. Harry leur r�sistait peut-�tre, mais il n'�tait pas <emphasis>cach�</emphasis>.</p><p><emphasis>Nouveau besoin</emphasis>, dit Harry � son cerveau. <emphasis>Trouve un moyen de vaincre les D�traqueurs qui ne n�cessite pas mon Patronus. Autrement, trouve encore un autre moyen de cacher quelqu'un � la vue des D�traqueurs, � part la Cape d'Invisibilit� -</emphasis></p><p><emphasis>Je d�missionne,</emphasis> dit son cerveau. <emphasis>Trouve-toi un autre morceau substrat op�ratoire pour r�soudre des probl�mes dot�s de contraintes ridicules et exag�r�es.</emphasis></p><p><emphasis>Je suis s�rieux</emphasis>, pensa Harry.</p><p><emphasis>Moi aussi, </emphasis>dit son cerveau. <emphasis>Lance ton Patronus et attends que les Aurors viennent te chercher. Sois raisonnable. C'est fini.</emphasis></p><p><emphasis>Abandonne...</emphasis></p><p>Lorsque cette pens�e lui vint, la succion du vide sembla devenir plus forte ; et Harry comprit ce qui se passait et se concentra d'autant plus sur les �toiles, d�tourna son esprit du d�sespoir -</p><p><emphasis>Tu sais</emphasis>, fit remarquer la partie logique de son �tre, <emphasis>si tu n'as pas le droit d'avoir des pens�es n�gatives parce que cela ouvrira ton esprit aux D�traqueurs, </emphasis>c'estaussi<emphasis> un biais cognitif : comment sauras-tu qu'il est vraiment temps d'abandonner ?</emphasis></p><p>Un cri sanglotant et d�sesp�r� vint d'en-dessous, porteur de mots tels que "non", et "partez". Les prisonniers savaient, ils pouvaient les sentir.</p><p>Les D�traqueurs arrivaient.</p><p>"Seigneur, vous - vous ne devriez pas prendre de risque pour moi - reprenez votre Cape -"</p><p>"Tais-toi, imb�cile," siffla une voix en col�re. "Lorsque je d�ciderai de te sacrifier, je t'en ferai part."</p><p><emphasis>Elle marque un point</emphasis>, dit Serpentard. <emphasis>Tu</emphasis><emphasis>ne </emphasis>devrais pas <emphasis>prendre de risque pour elle, il est impossible que sa vie ait autant de valeur que la tienne.</emphasis></p><p>L'espace d'un instant, Harry consid�ra la possibilit� de sacrifier Bellatrix pour se sauver lui -</p><p>Et � cet instant, une partie de la lumi�re orang�e des lampes � gaz sembla fuir le couloir, un soup�on de froid s'introduisit au bout des doigts de Harry. Et il sut alors qu'envisager la possibilit� de laisser Bellatrix aux ombres de la Mort le rendrait de nouveau vuln�rable. Prendre cette d�cision pourrait m�me le rendre incapable de lancer le Patronus car il aurait alors abandonn� la pens�e m�me qui l'avait sauv� plus t�t.</p><p>L'id�e lui vint que m�me s'il n'�tait plus capable de lancer le Patronus, il pourrait toujours prendre la cape de Bellatrix ; il lui fallut alors arracher ses pens�es � cette possibilit� et se concentrer fermement sur la d�cision qu'il avait prise de ne <emphasis>pas</emphasis> le faire, sans quoi il serait peut-�tre tomb� au sol, car le tourbillon de vide qui s'enroulait autour de lui avait atteint une puissance mortelle ; des cris venaient d'en-haut, et ceux d'en-dessous s'�taient tus.</p><p><emphasis>C'est ridicule</emphasis>, dit son c�t� logique. <emphasis>Les agents rationnels ne devraient pas avoir � g�rer ce genre de raisonnement censur�, tous les th�or�mes postulent que la fa�on dont tu penses n'affecte pas la r�alit�, tes actes mis � part, c'est pour �a que tu es libre de choisir un algorithme optimal sans t'inqui�ter de la fa�on dont tes pens�es interagissent avec celles de D�traqueurs...</emphasis></p><p>...</p><p><emphasis>C'est une id�e vraiment stupide</emphasis>, dit Gryffondor. <emphasis>M�me moi je pense que c'est une id�e stupide, et je suis ton c�t� Gryffondor. Tu ne vas pas vraiment rester l� et -</emphasis></p><empty-line/><p>"On a sa position !" s'�cria Ora, brandissant son miroir magique en signe de triomphe. "Le D�traqueur � l'ext�rieur du mur interne indique le niveau 7, spirale C, c'est l� qu'ils sont !"</p><p>Les Aurors la regardaient, attendaient un r�ponse.</p><p>"Non," dit Am�lia d'une voix �gale. "C'est l� que <emphasis>l'un</emphasis> d'eux se trouve. Les D�traqueurs ne peuvent toujours pas trouver Bellatrix Black. Nous n'allons pas nous pr�cipiter l�-bas et la laisser partir dans la m�l�e, et nous n'allons pas diviser nos forces pour mieux nous faire prendre en embuscade. Tant que nous nous d�pla�ons pr�cautionneusement, nous ne pouvons pas perdre. Dites � Scrimgeour et � Shacklebolt de continuer de descendre un �tage � la fois comme avant -"</p><p>Le vieux sorcier s'�tait d�j� �lanc�. Cette fois Am�lia ne se fatigua m�me pas � l'insulter car leurs boucliers savamment construits s'�cart�rent � nouveau comme s'ils avaient �t� liquides et ondul�rent doucement dans son sillage.</p><empty-line/><p>Harry attendait � l'entr�e du couloir, juste devant les escaliers qui menaient � l'�tage sup�rieur. Bellatrix et le serpent �taient derri�re lui, masqu�s par la Relique de la Mort dont Harry s'�tait rendu ma�tre ; il savait, m�me s'ils ne pouvait pas le voir, que la sorci�re �maci�e �tait assise sur les marches le dos courb� car il avait r�tract� son sortil�ge de l�vitation afin de lib�rer sa magie et son esprit.</p><p>Ses yeux �taient braqu�s sur l'extr�mit� oppos�e du couloir, tout pr�s des escaliers qui menaient � l'�tage inf�rieur. Cette fois ci ce n'�tait pas dans son esprit mais dans la r�alit� que les lumi�res s'�taient assombries et que la temp�rature avait chut�. La peur tonnait autour de lui comme une mer fouett�e par les vents d'un ouragan, et la succion du vide �tait devenue la force d'attraction hurlante d'un trou noir en approche.</p><p>En haut des escaliers situ�s de l'autre c�t� ils s'approch�rent, flottants entre les airs mourants, les vides, les absences, les blessures du monde.</p><p>Et Harry s'attendait � ce qu'ils s'arr�tent.</p><p>Avec toute la volont� et la concentration qu'il pouvait assembler, il <emphasis>s'attendait � ce qu'ils s'arr�tent.</emphasis></p><p>Anticipait leur arr�t.</p><p>Croyait qu'ils s'arr�teraient.</p><p>...en tout cas, c'�tait �a l'id�e...</p><p>Harry �teint la dangereuse pens�e errante et <emphasis>s'attendit � ce que les D�traqueurs s'arr�tent.</emphasis> Ils n'avaient aucune intelligence propre, ils n'�taient que des blessures inflig�es au monde, leur forme et leur structure �taient emprunt�es aux attentes des autres. Si des gens avaient pu n�gocier avec eux, s'ils avaient pu leur offrir des victimes en �change de leur coop�ration, ce n'�tait que parce qu'ils <emphasis>croyaient que les D�traqueurs marchanderaient. </emphasis>Donc si Harry croyait assez fort que les vides se d�tourneraient et partiraient, ils se d�tourneraient et ils partiraient.</p><p>Mais les blessures continuaient d'approcher, la peur tourbillonnante semblait maintenant �tre devenue solide, le vide arrachait la mati�re comme la pens�e, la substance comme l'esprit, et l'on pouvait voir le m�tal se ternir � mesure que les trous dans le monde d�filaient.</p><p>Un petit bruit vint de derri�re lui, de Bellatrix, mais elle ne dit rien car elle avait re�u l'ordre de rester silencieuse.</p><p><emphasis>Ne les vois pas comme des cr�atures mais comme des objets psychosensibles, si je peux me contr�ler alors je peux les contr�ler -</emphasis></p><p>Le probl�me �tait qu'il ne <emphasis>pouvait pas</emphasis> se contr�ler si facilement, qu'il ne pouvait pas se faire croire que bleu �tait vert par un acte de volont�. Il ne pouvait pas r�primer toutes ces pens�es sur l'irrationalit� qu'il y avait � se <emphasis>faire</emphasis> croire quelque chose. Sur <emphasis>l'impossibilit�</emphasis> qu'il y avait � se tromper soi-m�me afin de croire quelque chose lorsqu'on <emphasis>savait</emphasis> ce que l'on �tait en train de faire. Tout l'entra�nement contre le mensonge � soi-m�me que Harry s'�tait prodigu� refusait de s'�teindre, <emphasis>peu importe les dommages que cela allait causer dans ce cas pr�cis -</emphasis></p><p>Les ombres de la Mort franchirent le milieu du couloir et Harry leva sa main, doigts �cart�s, et dit de la voix ferme et confiante d'un commandant : "Arr�tez-vous."</p><p>Les ombres de la Mort s'arr�t�rent.</p><p>Derri�re lui Bellatrix eut un hoquet �trangl�, comme s'il avait �t� arrach� de sa gorge.</p><p>Harry fit un geste vers elle, le signal qu'il avait pr�par� � l'avance et qui signifiait : <emphasis>r�p�te ce que tu les as entendus dire</emphasis>.</p><p>"Ils disent," r�pondit Bellatrix, sa voix tremblait, "ils disent : 'Bellatrix Black nous a �t� promise. Dis-nous o� elle se cache et tu seras �pargn�.'"</p><p>"Bellatrix ?" dit Harry, donnant � sa voix un ton amus�. "Elle s'est �chapp�e il y a un moment."</p><p>Un instant plus tard, Harry se rendit compte qu'il aurait d� dire que Bellatrix �tait parmi les Aurors de l'�tage sup�rieur, cela aurait sem� une plus grande confusion -</p><p>Non, c'�tait une erreur de penser qu'on pouvait tromper les D�traqueurs, ils n'�taient que des <emphasis>choses</emphasis>, ils n'�taient contr�l�s que par les <emphasis>attentes</emphasis> -</p><p>"Ils disent," dit Bellatrix d'une voix bris�e, "ils disent qu'ils savent que vous mentez."</p><p>Les vides recommenc�rent � avancer.</p><p><emphasis>Ses anticipations sont plus fermes que la mienne ; elle les contr�le involontairement -</emphasis></p><p>"Ne r�siste pas," dit Harry, pointant sa baguette derri�re lui.</p><p>"Je, je vous aime, adieu, seigneur -"</p><p>"<emphasis>Somnium.</emphasis>"</p><p>Entendre ces horribles mots et comprendre l'erreur de Bellatrix l'aida �trangement ; cela lui rappela pourquoi il se battait.</p><p>"Arr�tez-vous," r�p�ta Harry. Bellatrix dormait ; maintenant, seule sa volont�, ou plut�t seules ses attentes devraient contr�ler ces sph�res d'annihilation -</p><p>Mais les sph�res continu�rent de glisser vers l'avant, et Harry ne pu s'emp�cher de s'inqui�ter � l'id�e que l'exp�rience pr�c�dente avait endommag� sa confiance, ce qui voulait dire qu'il ne <emphasis>pourrait pas</emphasis> les arr�ter, et alors m�me qu'il s'observait penser cela il se mit � douter encore plus - il avait besoin de plus de temps pour se pr�parer, il fallait vraiment qu'il commence par pratiquer le contr�le d'un seul D�traqueur dans une cage -</p><p>Il n'y avait plus qu'un quart de couloir entre lui et les ombres de la Mort, les vents du vide �taient si forts que Harry pouvait sentir l'�rosion de ses propres failles qui commen�ait.</p><p>Et la pens�e lui vint qu'il avait peut-�tre tort, peut-�tre que les D�traqueurs <emphasis>avaient</emphasis> leur propres d�sirs et leurs propres capacit�s � pr�voir. Ou peut-�tre qu'ils �taient contr�l�s par la fa�on dont <emphasis>tout le monde </emphasis>pensait qu'ils fonctionnaient, pas seulement par les pens�es de la personne la plus proche d'eux. Et dans un cas comme dans l'autre -</p><p>Harry leva sa baguette, en position de d�part pour le Patronus, et il parla :</p><p>"L'un de vous s'est rendu � Poudlard et n'est pas revenu. Il n'existe plus ; cette Mort est morte."</p><p>Les D�traqueurs firent halte, une douzaine de blessures du monde se tinrent immobiles alors que le n�ant hurlait autour d'eux tel un vent fatal sans destination.</p><p>"Retournez-vous et partez et ne parlez de cela � personne, petites ombres, ou je vous d�truirai aussi."</p><p>Les doigts de Harry gliss�rent vers la position de d�part du Patronus et il se pr�para � le lancer ; dans son esprit, la Terre brillait entre les �toiles, le c�t� jour resplendissait de bleu sous l'�clat du soleil, le c�t� nuit �tincelait de villes humaines. Harry ne bluffait pas, il n'essayait pas de jouer avec ses pens�es. Les ombres de la Mort avanceraient et seraient annihil�es, ou elles repartiraient, il �tait pr�t � une �ventualit� comme � l'autre...</p><p>Et les vides battirent en retraite aussi doucement qu'ils �taient venus, les vents de n�ant s'amenuisant � chaque m�tre qu'ils traversaient, � mesure qu'ils glissaient le long des escaliers et partaient.</p><p>Qu'ils aient vraiment leur propre pseudo-intelligence ou que Harry ait enfin r�ussi � <emphasis>s'attendre</emphasis> � ce qu'ils partent... cela, il l'ignorait.</p><p>Mais ils �taient partis.</p><p>Harry prit un moment pour s'asseoir sur les escaliers � c�t� d'une Bellatrix inconsciente et il s'avachit autant qu'elle, ferma ses yeux un moment, juste un moment, il ne comptait certainement pas dormir � Azkaban mais il avait besoin de ce moment. Harry esp�rait que les Aurors allaient toujours lentement descendre les escaliers et que �a ne pourrait donc pas faire de mal de se reposer cinq minutes. Il prenait garde � avoir des pens�es positives et enjou�es, <emphasis>oh, je vais juste prendre un bon repos reg�n�ratif de cinq minutes</emphasis>, plus que, disons, <emphasis>oh, je vais juste m'effondrer sous le coup de l'�puisement �motionnel et physique</emphasis> parce que les D�traqueurs n'�taient pas partis bien loin.</p><p><emphasis>Ah, et au fait,</emphasis> dit Harry � son cerveau, <emphasis>tu es vir�</emphasis>.</p><empty-line/><p>"Je l'ai trouv� !", s'�cria la voix d'un vieux sorcier.</p><p><emphasis>Qui ?</emphasis> pensa Am�lia tout en pivotant afin d'observer le retour de Dumbledore, qui portait dans ses bras -</p><p>- la seule vue, la seule personne � laquelle elle ne se serait jamais attendue -</p><p>- un homme v�tu de robes rouges d�chir�es, �corch� comme s'il avait v�cu une petite guerre, du sang s�ch� le long de nombreuses coupures. Ses yeux �taient ouverts et il m�chait une barre de chocolat tenue dans son unique main viable.</p><p>Bahry Une-Main �tait <emphasis>en vie</emphasis>.</p><p>Un cri de joie s'�leva, les Aurors abaiss�rent leur baguettes, certains d'entre eux commen�aient d�j� � s'�lancer.</p><p>"<emphasis>Restez sur vos gardes !</emphasis>" mugit Am�lia. "V�rifiez qu'ils ne sont pas sous Polynectar - inspectez Bahry, cherchez de petits Animagus ou des pi�ges -"</p><empty-line/><p>"<emphasis>Innerver. Wingardium Leviosa.</emphasis>"</p><p>Il y eut une pause. Harry sentit, m�me s'il ne pouvait pas tout � fait le voir, que la femme invisible se relevait, qu'elle s'appuyait sur ses pieds et qu'elle tournait la t�te pour regarder autour d'elle. "Je suis... en vie... ?"</p><p>Harry �tait douloureusement tent� de r�pondre non, juste pour voir ce qu'elle en ferait. Au lieu de cela il siffla : "Ne pose pas de questions stupides."</p><p>"Que s'est-il pass� ?" murmura Bellatrix.</p><p>Et le Seigneur des T�n�bres laissa �chapper un rire fou et suraigu, et il dit : "J'ai effray� les D�traqueurs, ma ch�re Bella."</p><p>Il y eut une pause. Harry aurait souhait� pouvoir observer le visage de Bellatrix ; s'�tait-il tromp� dans son choix de mots ?</p><p>Apr�s un moment, d'une voix chevrotante : "Se pourrait-il, seigneur, que sous cette forme nouvelle vous ayez commenc� � vous soucier de moi -"</p><p>"Non," r�pondit Harry d'une voix froide, et il se d�tourna d'elle (mais il garda sa baguette point�e dans sa direction) puis commen�a � marcher. "Et assures-toi de ne plus m'offenser ou je t'abandonnerai ici que tu me sois utile ou pas. Maintenant suis, ou reste en arri�re ; j'ai � faire."</p><p>Harry avan�a � grand pas sans �couter les hal�tements qui venaient de derri�re lui ; il savait que Bellatrix suivait.</p><p>...parce que la derni�re chose dont cette femme avait besoin, la derni�re chose qu'il lui fallait penser avant que le gu�risseur psychiatrique ne commence � essayer de la d�programmer, c'�tait de croire que le Seigneur des T�n�bres pourrait un jour lui rendre son amour.</p><empty-line/><p>Le vieux sorcier lissa sa barbe d'un air contemplatif en regardant l'Auror Bahry se faire transporter hors de la pi�ce par deux Aurors costauds.</p><p>"Am�lia, comprends-tu cela ?"</p><p>"Non," r�pondit-elle simplement. Elle soup�onnait un pi�ge qui lui aurait pour l'instant �chapp� et c'�tait pourquoi l'Auror Bahry serait maintenu sous bonne garde, � l'�cart du groupe principal.</p><p>"Peut-�tre," r�pondit-il lentement, "que celui qui parmi eux est capable de lancer le Patronus est plus qu'un simple otage. P't�t ben quelqu'un qu'on a dup� pour qu'il vienne ? Quelle que soit la raison, ils ont gard� notre Auror en vie ; ne soyons pas les premiers � exercer des sortil�ges mortels lorsque nous les trouverons -"</p><p>"Je vois," dit la vieille sorci�re, comprenant soudain, "c'�tait <emphasis>�a</emphasis> leur plan. L'Oublietter et le garder en vie ne leur co�te rien et <emphasis>nous</emphasis> fait h�siter -" Am�lia hocha la t�te, r�solue, et elle dit � son �quipe : "Nous continuons comme avant."</p><p>Le vieux sorcier soupira. "Des nouvelles des D�traqueurs ?"</p><p>"Si je te le dis," l�cha-t-elle, "est-ce que tu vas encore d�guerpir ?"</p><p>"Cela ne te co�te rien, Am�lia," dit le vieux sorcier avec douceur, "et pourrait �viter le combat � l'un des tiens."</p><p><emphasis>Me co�te rien � ma part ma chance de me venger -</emphasis></p><p>Mais ce n'�tait rien compar� � l'autre poids dans la balance ; le vieux sorcier aga�ant finissait souvent par avoir raison et c'�tait en partie ce qui le rendait si aga�ant.</p><p>"Les D�traqueurs ont cess� de r�pondre aux questions concernant l'autre personne qu'ils ont dit avoir vue," lui dit-elle, "et ils refusent de dire pourquoi, ni o� il l'ont vue."</p><p>Dumbledore se tourna vers le flamboyant ph�nix d'argent perch� sur son �paule et dont l'�clat illuminait le couloir entier, et il re�ut un signe de d�n�gation silencieux en r�ponse. "Je ne peux pas non plus les d�tecter," dit Dumbledore. Puis il haussa les �paules. "Je suppose que je vais juste parcourir toute la spirale de haut en bas et voir si quelque chose se passe, non ?"</p><p>Am�lia lui aurait ordonn� de ne pas le faire si elle avait pens� que cela aurait eut le moindre effet.</p><p>"Albus," dit Am�lia alors que le vieux sorcier se retournait pour partir, "m�me toi tu peux �tre pris en embuscade."</p><p>"Absurde, ma ch�re," dit le vieux sorcier d'un ton guilleret alors qu'il s'en allait de nouveau, secouant en signe d'admonestation sa baguette de pr�s d'un demi-m�tre faite d'un bois noir-gris impossible � identifier, "je suis invincible."</p><p>Il y eut une pause.</p><p>("Il ne vient pas de dire �a -" murmura le nouvel Auror, une jeune demoiselle encore pinc�e du nom de No�lle Curry, � l'intention Brooks, de l'Auror senior de son trio. "Si ?")</p><p>("Il peut se le permettre," lui murmura Isabel en retour, "c'est <emphasis>Dumbledore</emphasis>, m�me le Destin ne le prend plus au s�rieux.")</p><p>"Et c'est pour �a," dit Am�lia d'un ton grave au b�n�fice des Aurors plus jeunes, "qu'on ne l'appelle jamais pour rien � moins d'y �tre absolument oblig�."</p><empty-line/><p>Harry �tait allong�, totalement immobile, sur le banc dur qui faisait office de lit dans cette cellule avec une couverture tir�e par-dessus lui, et il essayait de rester le plus statique possible en attendant que la peur revienne. Un Patronus approchait, et il �tait puissant. Bellatrix �tait masqu�e par une Relique de la Mort et aucune sortil�ge simple ne pouvait p�n�trer cela ; mais Harry ne savait pas quels autres arts les Aurors pourraient employer afin de le d�tecter lui, et il n'osait pas r�v�ler son ignorance en l'interrogeant. Alors Harry restait allong� sur le dur matelas, dans une cellule � la porte ferm�e � cl�, derri�re une immense porte de m�tal elle aussi ferm�e, dans une noirceur absolue, une fine couverture tir�e par-dessus lui, et il esp�rait que la personne qui approchait ne regarderait pas � l'int�rieur, ou au moins qu'elle n'y regarderait pas de trop pr�s -</p><p>Ce n'�tait vraiment pas un param�tre sur lequel il pouvait avoir le moindre effet, cette partie de son destin reposait enti�rement dans les mains des Variables Cach�es. La majeure partie de son esprit se concentrait sur la m�tamorphose qu'il �tait en train d'op�rer.</p><p>� l'�coute du silence, Harry entendit les pas rapide s'approcher ; ils s'interrompirent devant la porte, puis -</p><p>- continu�rent.</p><p>La peur revint bient�t.</p><p>Il ne s'autorisa pas � remarquer son soulagement pas plus qu'il ne s'�tait autoris� � remarquer sa peur. Il maintenait dans son esprit la forme d'un appareil Moldu bien plus gros qu'une batterie de voiture et appliquait lentement cette Forme � la substance d'un cube de glace (que Harry avait congel� en utilisant <emphasis>Frigideiro</emphasis> sur de l'eau venue d'une bouteille de sa bourse). On n'�tait pas cens� m�tamorphoser des choses destin�es � �tre br�l�es, mais entre le fait que la substance originale �tait aqueuse et le sortil�ge de bulle qui prot�geait son arriv�e d'air, Harry esp�rait que cela ne rendrait personne malade.</p><p>Maintenant, la seule question �tait de savoir si, avant que les Aurors ne fassent une inspection pouss�e de ce groupe de cellules, il y aurait assez de temps pour que Harry puisse finir sa m�tamorphose et la m�tamorphose partielle qu'il comptait faire ensuite -</p><empty-line/><p>Lorsque le vieux sorcier revint les mains vides, m�me Am�lia commen�a � ressentir un soup�on d'inqui�tude. Elle et les deux autres �quipes d'Aurors avaient balay� un tiers des trois spirales de fa�on synchronis�e afin de ne cr�er aucune ouverture qui pourrait �tre franchie en passant � travers un plafond et ils attendait encore de trouver le moindre indice.</p><p>"Pourrais-je te demander un rapport ?" dit Am�lia, gardant le mordant hors de sa voix.</p><p>"D'abord un simple passage de bas en haut," dit le vieux sorcier. Il fron�ait les sourcils, ce qui rendait son visage encore plus rid� qu'� l'habitude. "J'ai examin� la cellule de Bellatrix et j'ai trouv� une poup�e de mort � sa place. Je pense que l'�vasion n'�tait pas cens�e �tre remarqu�e. Il y a quelque chose de cach� dans un coin, sous un morceau de tissu ; je n'y ai pas touch� afin que les Aurors l'examinent. Sur le chemin du retour, j'ai ouvert chaque porte et j'ai regard� dans les cellules. Je n'ai rien vu qui soit D�sillusionn�, seulement les prisonniers -"</p><p>Ils furent interrompus par un cri venant du ph�nix rouge-or et tous les Aurors tressaillirent en l'entendant. Il exprimait une condamnation et une demande urgente qui poussa presque Am�lia � se mettre � courir.</p><p>"- qui sont dans une condition assez alarmante," dit Dumbledore d'un ton doux. L'espace d'un instant, les yeux bleus derri�re les verres en croissant de lune devinrent tr�s froids. "L'un de vous me parlera-t-il des cons�quences de leurs actions ?"</p><p>"<emphasis>Je</emphasis> n'ai pas - " commen�a Am�lia.</p><p>"Je sais," dit le vieux sorcier. "Mes excuses, Am�lia." Il soupira. "Parmi ceux que j'ai vu, certains des prisonniers les plus r�cents avaient encore quelques restes de leur magie, mais je n'ai ressenti aucune puissance intacte ; le plus fort avait autant de magie qu'un enfant de premi�re ann�e. De nombreuses fois j'ai entendu Fumseck crier de d�tresse, mais jamais de d�fi. Il semble que vous allez devoir continuer votre recherche ; ils se cachent assez bien pour �chapper � mon simple regard."</p><empty-line/><p>Lorsque Harry eut fini sa premi�re m�tamorphose, il s'assit, �ta la couverture qui l'avait recouvert, lan�a un rapide <emphasis>Lumos</emphasis>, jeta un coup d'�il � sa montre et fut surpris de d�couvrir que pr�s d'une heure et demie s'�taient �coul�e. Quelle fraction de ce temps datait d'apr�s le passage de la personne qui avait ouvert puis referm� la porte - Harry n'avait bien s�r pas regard� dans cette direction - cela, il ne pouvait pas le deviner.</p><p>"Seigneur... ?" chuchota la voix de Bellatrix, douce et tr�s h�sitante.</p><p>"Tu peux parler � pr�sent," dit Harry. Il lui avait dit de rester silencieuse pendant qu'il travaillait.</p><p>"C'est Dumbledore qui a pos� son regard sur nous."</p><p>Pause.</p><p>"Int�ressant." dit Harry d'un ton neutre. Il �tait heureux de ne pas s'en �tre rendu compte lorsque cela s'�tait produit. Il semblait qu'il avait eu <emphasis>plut�t chaud</emphasis>.</p><p>Harry parla � sa bourse et commen�a � extraire l'appareil magique qu'il associerait au produit de son heure de travail. Puis, lorsque cela fut fait, un autre mot fit appara�tre un tube de colle industrielle ; avant de l'utiliser, Harry lan�a le sortil�ge de bulle sur lui-m�me et sur Bellatrix, et il demanda � cette derni�re de lancer le m�me sortil�ge sur le serpent afin que les �manations de la colle ne les atteignent pas dans l'espace confin� de la cellule.</p><p>Lorsque la colle eut commenc� � prendre, liant la technologie � la magie, Harry d�posa le tout sur le lit et s'assit au sol, reposant sa magie et sa volont� pendant un moment avant de s'essayer � la m�tamorphoser suivante.</p><p>"Seigneur..." dit Bellatrix d'une voix h�sitante.</p><p>"Oui ?" dit la voix s�che.</p><p>"Quel est cet appareil que vous fabriquez ?"</p><p>Harry r�fl�chit rapidement. Cela semblait �tre une bonne opportunit� de v�rifier ses plans aupr�s d'elle sous couvert de questions orient�es.</p><p>"Consid�re ceci, ma ch�re Bella," dit Harry d'un voix soyeuse. "� quel point est-il difficile, pour un sorcier puissant, de d�couper les murs d'Azkaban ?"</p><p>Il y eut une pause, puis la voix de Bellatrix lui parvint, lente et perplexe : "Pas difficile du tout, seigneur... ?"</p><p>"En effet," dit la voix s�che et haute perch�e du ma�tre de Bellatrix. "Suppose que quelqu'un le fasse et s'envole par le trou ainsi form� au moyen d'un balais, vers les cieux puis vers le large. Faire �vader un prisonnier d'Azkaban semble alors facile, n'est-ce pas ?"</p><p>"Mais seigneur..." dit Bella. "Les Aurors - ils ont leur propre balais, seigneur, des balais rapides -"</p><p>Harry �couta : les choses �taient telles qu'il les avait imagin�es. Le Seigneur des T�n�bres r�pondit, de nouveau du ton soyeux de l'interrogatoire Socratique, et Bellatrix posa une autre question, � laquelle Harry ne s'�tait pas attendu, mais la question que Harry posa en guise de r�ponse r�v�la que cela n'aurait en fin de compte pas d'importance. Et en r�ponse � la derni�re question de Bellatrix, le Seigneur des T�n�bres se contenta de sourire et dit qu'il �tait temps qu'il reprenne son travail.</p><p>Puis Harry se releva, alla jusqu'au fond de la cellule et toucha la dure surface du mur du bout de sa baguette - le mur d'Azkaban, le m�tal solide qui les prot�geait d'une exposition directe � la fosse des D�traqueurs.</p><p>Et Harry entama une m�tamorphose partielle.</p><p>Il esp�rait que le sortil�ge serait plus rapide. Il avait pass� des heures et des heures � pratiquer cette magie unique, la rendant ainsi routini�re, pas beaucoup plus difficile que la m�tamorphose ordinaire. Le volume de la forme qu'il changeait n'�tait pas si grand que �a et la forme m�tamorphos�e serait peut-�tre haute, large et longue, mais elle serait tr�s fine. Un demi-millim�tre, avait-il song�, un demi-millim�tre suffirait �tant donn� la r�gularit� parfaite de la surface...</p><p>Sur le long banc qui servait de lit de prison, l� o� Harry avait d�pos� l'appareil technologie m�tamorphos� et l'objet magique afin que la colle qui les reliait puisse s�cher, de petites lettres d'or scintillaient � la surface de l'objet Moldu. Harry n'avait pas r�ellement <emphasis>pr�vu</emphasis> leur pr�sence mais elles avaient �t� perp�tuellement pr�sentes dans ses pens�es et semblaient donc �tre devenues partie int�grante de la forme m�tamorphos�e.</p><p>Il y avait de nombreuses choses que Harry aurait pu dire avant de faire usage de ce triomphe d'ing�niosit� technologique. Toute une collection de choses qui auraient �t� appropri�es, d'une fa�on ou d'une autre. Ou du moins des choses que Harry <emphasis>aurait</emphasis> pu dire, <emphasis>aurait dites</emphasis> si Bellatrix n'avait pas �t� l�.</p><p>Mais il n'y avait qu'une seule chose � dire, une chose qu'il n'aurait l'opportunit� de dire que cette fois-ci, pour laquelle une meilleure opportunit� d'�tre dite (ou du moins d'�tre <emphasis>pens�e</emphasis>, s'il ne pouvait la dire) ne se pr�senterait jamais plus. Il n'avait pas vu le film mais il avait vu une bande-annonce, et pour une raison ou une autre la phrase �tait rest�e scotch�e dans son esprit.</p><p>Les petites lettres d'or sur l'appareil Moldu disaient :</p><p><emphasis>Tr�s bien, bande de nazes primitifs ! �coutez-moi !</emphasis></p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 58*: EPS, Cognition sous contraintes, pt 8</strong></p><p>Note de l'auteur : Une bande annonce du film <emphasis>Evil Dead 3</emphasis> proche de celle que Harry a vue : THV1KkPXIxQ sur YouTube.</p><p>La citation cl� est la suivante, prononc�e par un homme des temps moderne � l'attention d'une audience Moyen�geuse :</p><p>"Tr�s bien, bande de nazes primitifs ! �coutez-moi ! Vous voyez �a ? Ceci est... mon <emphasis>balais de feu</emphasis> !"</p><empty-line/><p>Dans le noir absolu, un gar�on appuyait sa baguette contre le mur de m�tal d'Azkaban et s'essayait � une magie � laquelle seulement trois autres habitants du monde magique auraient pu croire et qu'aucun d'eux n'aurait pu manier.</p><p>Bien s�r, un sorcier puissant aurait fait un trou dans le mur en quelques secondes d'un geste silencieux.</p><p>Pour un adulte moyen, �a aurait peut-�tre �t� l'affaire de quelques minutes au prix d'une certaine fatigue.</p><p>Mais pour parvenir � cette fin quand on �tait un �l�ve de Poudlard en premi�re ann�e, il fallait �tre <emphasis>efficace</emphasis>.</p><p>Par chance - enfin, pas <emphasis>par chance</emphasis>, la chance n'avait rien � voir l�-dedans - <emphasis>consciencieusement</emphasis>, Harry avait pratiqu� la m�tamorphose une heure de plus, tous les jours, � tel point qu'il devan�ait Hermione dans ce cours ; il avait tellement pratiqu� la m�tamorphose partielle que ses pens�es avaient commenc� � trouver que le v�ritable univers �tait normal, si bien qu'il ne lui fallait faire qu'un l�ger effort suppl�mentaire pour garder la nature quantique et intemporelle de celui-ci � l'esprit tout en maintenant une ferme s�paration mentale entre le concept de Forme et celui de substance.</p><p>Et le <emphasis>probl�me</emphasis>, maintenant que cet art �tait devenu routine...</p><p>...c'�tait que Harry pouvait penser � d'autres choses tout en le pratiquant.</p><p>Ses pens�es �taient myst�rieusement parvenues � ne pas parvenir � ce point, � ne pas se confronter � l'�vidence, jusqu'� ce qu'il se retrouve face � la perspective <emphasis>de le faire pour de vrai dans quelques minutes � peine.</emphasis></p><p>Ce qu'il �tait sur le point de faire...</p><p>...�tait dangereux.</p><p>Vraiment dangereux.</p><p>Dangereux comme dans "quelqu'un-pourrait-vraiment-y-passer".</p><p>Faire face � douze D�traqueurs sans Patronus avait �t� <emphasis>effrayant</emphasis>, mais seulement effrayant. Il aurait pu lancer le Patronus, il <emphasis>aurait</emphasis> lanc� le Patronus d�s qu'il se serait cru en danger de ne plus en �tre capable, d�s qu'il aurait senti que sa r�sistance commen�ait � l�cher. Et m�me si cela n'avait pas fonctionn�... m�me alors, � moins que les D�traqueurs n'aient re�u l'instruction d'Embrasser tous ceux qu'ils croiseraient, un �chec n'aurait pas �t� <emphasis>fatal</emphasis>.</p><p>Cette fois c'�tait diff�rent.</p><p>L'appareil Moldu m�tamorphos� pourrait exploser et les tuer.</p><p>L'interface entre la technologie et la magie pourrait �chouer de mille fa�ons diff�rentes et les tuer.</p><p>Les Aurors pourraient avoir un coup heureux.</p><p>C'�tait juste, eh bien...</p><p><emphasis>S�rieusement dangereux.</emphasis></p><p>Harry avait pris son esprit en flagrant d�lit d'essayer de se faire croire que c'�tait s�r.</p><p>Oui le plan <emphasis>pourrait</emphasis> marcher mais...</p><p>Mais m�me en omettant le fait que les rationalistes n'avaient jamais le droit de se persuader de faire quelque chose par des moyens rh�toriques, Harry savait qu'il ne pourrait jamais se convaincre d'estimer que ses chances de mourir �taient inf�rieures � 20%.</p><p><emphasis>Perds</emphasis>, dit Poufsouffle.</p><p><emphasis>Perds</emphasis>, dit la voix du professeur Quirrell dans son esprit.</p><p><emphasis>Perds</emphasis>, dit son mod�le mental de Hermione et du professeur Quirrell et du professeur Flitwick et de Neville Londubat et, voyons voir, de toutes les personnes que Harry connaissaient mis � part Fred et George qui auraient fonc� en un battement de cils.</p><p>Il aurait juste d� aller trouver Dumbledore et se rendre. Il aurait vraiment, vraiment d� faire �a, c'�tait la seule chose <emphasis>sens�e</emphasis> qu'il puisse faire au stade o� il en �tait.</p><p>Et si Harry avait �t� seul dans cette mission, si seule sa vie avait �t� en jeu, c'est ce qu'il aurait fait ; c'est s�rement ce qu'il aurait fait.</p><p>Ce qui parvenait presque � le d�concentrer de la m�tamorphose partielle qu'il �tait en train d'op�rer, ce qui mena�ait de l'ouvrir au D�traqueurs...</p><p>...c'�tait le professeur Quirrell, toujours inconscient, toujours serpent.</p><p>Si le professeur Quirrell allait � Azkaban � cause de son r�le dans l'�vasion, il mourrait. Il ne tiendrait probablement pas une semaine. Il �tait sensible � ce point.</p><p>C'�tait simple.</p><p>Si Harry <emphasis>perdait </emphasis>ici...</p><p>Il perdrait le professeur Quirrell.</p><p><emphasis>Alors qu'il est probablement mal�fique,</emphasis> dit doucement sa partie Poufsouffle. <emphasis>M�me alors</emphasis><emphasis>?</emphasis></p><p>Ce n'�tait pas une d�cision que Harry avait prise consciemment. Il en �tait simplement incapable. On pouvait perdre des points de Maison mais pas des <emphasis>gens</emphasis>.</p><p><emphasis>Si tu penses que ta vie a assez de valeur pour refuser 80% de chances de mourir en contrepartie de la vie de tous les prisonniers d'Azkaban, </emphasis>nota son c�t� Serpentard, <emphasis>tu ne peux pas justifier un risque de mourir 20% en �change de la vie de Bellatrix et du professeur Quirrell. Math�matiquement �a ne tient pas, tu n'est pas en train d'assigner des utilit�s coh�rentes aux cons�quences.</emphasis></p><p>Son c�t� logique remarqua que Serpentard venait de remporter le d�bat.</p><p>Harry maintint la Forme dans son esprit et continua le sortil�ge. Il pourrait toujours annuler la mission quand il en aurait <emphasis>fini</emphasis> avec la m�tamorphose mais il ne voulait pas g�cher l'effort qu'il avait d�j� investi.</p><p>Et il pensa alors � quelque chose qui rendit soudain tr�s ardue la t�che maintenir sa magie et sa r�sistance face au D�traqueurs.</p><p><emphasis>Et si le Portoloin ne nous am�ne pas l� o� le professeur Quirrell a dit qu'il nous am�nerait ?</emphasis></p><p>Avec le recul c'�tait �vident d�s l'instant o� l'on y songeait.</p><p>M�me si l'�vasion se d�roulait exactement comme pr�vue, m�me si l'appareil Moldu fonctionnait et n'explosait <emphasis>pas</emphasis> et que son interaction avec l'objet magique auquel il �tait li� ne tournait <emphasis>pas</emphasis> mal, m�me si les Aurors n'avaient pas de coup chanceux, m�me si Harry s'�loignait suffisamment d'Azkaban pour utiliser le Portoloin...</p><p>...il n'y aurait peut-�tre pas de Gu�risseur psychiatrique de l'autre c�t�.</p><p>Il y avait cru quand il avait fait confiance au professeur Quirrell et il avait oubli� de r��valuer cette id�e apr�s que le professeur Quirrell se soit r�v�l� ne pas �tre digne de confiance.</p><p><emphasis>Tu ne peux pas faire �a</emphasis>, dit Poufsouffle. <emphasis>� ce stade c'est de la simple b�tise.</emphasis></p><p>Le froid sembla se r�pandre dans la pi�ce, mais Harry maintint la m�tamorphose alors m�me que sa r�sistance contre le D�traqueurs fl�chissait.</p><p><emphasis>Je ne peux pas perdre le professeur Quirrell.</emphasis></p><p><emphasis>Il a essay� de tuer un officier de police</emphasis>, dit Poufsouffle. <emphasis>C'est l� que tu l'as perdu. Bellatrix est probablement ce que tout le monde pense qu'elle est. Reprends juste ta Cape, vas trouver Dumbledore et dis-lui que tu as �t� dup�.</emphasis></p><p><emphasis>Non,</emphasis> pensa Harry avec d�sespoir, <emphasis>pas sans parler au professeur Quirrell, il y a peut-�tre une explication, je ne sais pas, peut-�tre qu'il se tenait assez loin de mon Patronus pour que les D�traqueurs l'atteignent... je ne comprends pas, �a n'a aucun sens, quelle que soit l'hypoth�se, pourquoi ferait-il cela... je ne peux juste pas...</emphasis></p><p>Harry se d�tourna de ce fil de pens�e avant que celui-ci ne brise enti�rement sa r�sistance � la peur car il ne pouvait pas s'imaginer donner le professeur Quirrell � manger au D�traqueurs tout en restant r�solument oppos� � la Mort ; c'�tait une impossibilit� cognitive.</p><p><emphasis>Tes facult�s de raisonnement sont artificiellement r�duites</emphasis>, observa la partie logique de son �tre d'un ton calme, <emphasis>trouves un moyen de les r�tablir.</emphasis></p><p><emphasis>Tr�s bien, g�n�rons seulement des alternatives</emphasis>, pensa Harry. <emphasis>Sans choisir, sans soupeser, certainement sans s'engager... r�fl�chissons juste � ce que je pourrais faire d'autre que le plan original.</emphasis></p><p>Et Harry continua de percer le mur. Il utilisait la m�tamorphose partielle sur une coquille de m�tal cylindrique et fine de deux m�tres de diam�tre et d'un demi-millim�tre d'�paisseur qui allait ainsi d'un bout � l'autre du mur. Il m�tamorphosait ce demi-millim�tre d'�paisseur de m�tal en huile de moteur. L'huile de moteur �tait un liquide et l'on �tait pas cens� m�tamorphoser de liquides car ils risquaient de s'�vaporer mais lui, Bellatrix et le serpent avaient tous re�u un sortil�ge de bulle. Et Harry lancerait Finite sur l'huile juste apr�s, dissipant ainsi sa m�tamorphose...</p><p>...d�s que morceau de m�tal ainsi s�par� et lubrifi� aurait gliss� hors du mur, jusqu'au sol de la cellule, Harry l'avait inclin� pour que la gravit� l'attire une fois la m�tamorphose compl�t�e.</p><p>Si Harry et Bellatrix <emphasis>ne sortaient pas</emphasis> sur son balais volant par le trou ainsi form�...</p><p>Le cerveau de Harry sugg�ra qu'il essaye de m�tamorphoser une surface qui recouvrirait le trou dans le mur, laissant ainsi assez d'espace pour que Bellatrix et le professeur Quirrell s'y cachent sous la Cape pendant que Harry se rendrait. Le professeur Quirrell finirait par se r�veiller et lui et Bellatrix pourraient trouver un moyen d'�chapper d'Azkaban par leurs propres moyens.</p><p>Tout d'abord c'�tait une id�e stupide, et ensuite il y aurait toujours un �norme morceau de m�tal sur le sol de la cellule, ce qui serait assez r�v�lateur.</p><p>Puis le cerveau de Harry vit l'�vidence.</p><p><emphasis>Laisse Bellatrix et le professeur Quirrell utiliser l'�chappatoire que tu as invent�e. Tu restes derri�re et tu te rends.</emphasis></p><p>C'�taient les vies de Bellatrix et du professeur Quirrell qui �taient en jeu.</p><p>Ils gagnaient plus qu'ils ne perdaient en prenant le risque.</p><p>Et il n'y avait aucun raison, aucune raison sens�e pour que Harry les accompagne.</p><p>Lorsqu'il eut cette pens�e, un calme recouvrit Harry, le froid et les t�n�bres qui avaient ondul� � la bordure de son esprit battirent en retraite. Oui, c'�tait cela, c'�tait le chemin hors des sentiers battus, c'�tait la troisi�me alternative masqu�e. La fausset� du dilemme �tait r�trospectivement �vidente. Si Harry se rendait, il <emphasis>n'aurait pas </emphasis>� livrer Bellatrix et le professeur Quirrell. Si Bellatrix et le professeur Quirrell prenaient l'�chappatoire dangereuse, Harry <emphasis>n'aurait pas</emphasis> � les suivre.</p><p>Il n'aurait m�me pas � faire face � la honte d'admettre qu'il avait �t� dup� s'il ordonnait � Bellatrix d'effacer sa m�moire. Tout le monde partirait du principe qu'il avait �t� kidnapp�, Harry y compris. Il fallait convenir qu'il n'existait aucun raison plausible pour laquelle le Seigneur des T�n�bres demanderait bien � Bellatrix de faire une chose pareille mais Harry pourrait se contenter de sourire, de dire � Bellatrix qu'elle n'avait pas le droit de savoir et l'affaire serait dans le sac...</p><empty-line/><p>Son �quipe d'Aurors avait descendu les trois quarts d'Azkaban, � l'instar des deux autres �quipes dans les deux autres spirales. Am�lia se sentait d�j� plus tendue m�me si elle pariait sur le fait que les criminels se cachaient � l'avant-dernier �tage, juste au-dessus du rez-de-chauss�e ; une partie d'elle souhaitait que Dumbledore ait pens� � v�rifier cet �tage plus pr�cautionneusement et une autre �tait heureuse qu'il ne l'ait pas fait.</p><p>Puis il y eut un bruit lointain, comme un petit 'tink' venu de tr�s loin. Disons comme un son tr�s puissant qui serait venu de l'avant-dernier �tage juste au-dessus du rez-de-chauss�e.</p><p>Am�lia regarda Dumbledore avant de comprendre, avant de r�ussir � s'interrompre.</p><p>Le vieux sorcier haussa les �paules, lui offrit un petit sourire et dit : "Puisque tu le demandes, Am�lia," et il partit de nouveau.</p><empty-line/><p>"<emphasis>Finite Incantatem</emphasis>," dit Harry � l'huile qui recouvrait le gigantesque morceau de mur pos� au sol. Il s'�tait � peine entendu car ses oreilles r�sonnaient encore apr�s l'immense blam provoqu� par le glissement suivi de la chute du bloc de m�tal (r�trospectivement, il aurait d� lancer un sortil�ge d'assourdissement, m�me si cela n'aurait pas emp�ch� le bruit de se r�pandre � travers le sol de m�tal). Puis il r�p�ta "<emphasis>Finite Incantatem</emphasis>" � l'intention de l'huile qui recouvrait le trou de deux m�tres de diam�tre, en r�partissant l'effet aussi largement que possible ; c'�tait sa propre magie qu'il annulait, ce qui rendait le sortil�ge extr�mement facile. Il se sentait maintenant un peu fatigu� mais c'�tait la derni�re fois qu'il aurait besoin de sa magie. Il n'avait m�me pas eu <emphasis>besoin</emphasis> de le faire, mais il voulait pas laisser un liquide m�tamorphos� dans les parages et il ne voulait pas non plus trahir le secret de la m�tamorphose partielle.</p><p>Ce trou de deux m�tres menant droit � la libert� semblait tr�s... <emphasis>attirant</emphasis>.</p><p>La lumi�re qui venait de l'ext�rieur... ce n'�tait pas exactement comme si le soleil avait luit sur son visage mais c'�tait plus lumineux que l'int�rieur d'Azkaban.</p><p>Il <emphasis>�tait</emphasis> tent� de se lancer, de juste sauter sur le balais volant avec Bellatrix et le serpent. Ils <emphasis>avaient</emphasis> de bonnes chances de s'en sortir. Et <emphasis>s'ils</emphasis> s'en sortaient et que Harry les accompagnait, alors lui et le professeur Quirrell pourraient remonter le temps, avoir l'air parfaitement innocents, et tout redeviendrait comme avant.</p><p>S'il restait derri�re et qu'il se rendait... alors m�me si tout le monde partait du principe qu'il avait �t� un otage et qu'il avait menti au professeur McGonagall sous la menace d'une baguette... m�me si Harry s'en tirait � bon compte, eh bien...</p><p>Il �tait peu probable que le professeur Quirrell continue d'enseigner � Poudlard.</p><p>Le professeur Quirrell aurait atteint la fin pr�destin�e de sa carri�re en f�vrier.</p><p>Et oui, le professeur McGonagall tuerait Harry, et oui, ce serait lent et douloureux.</p><p>Mais rester derri�re �tait le choix raisonnable, le choix s�r, le choix <emphasis>sens�</emphasis>, et cela relaxait Harry plus que cela ne l'emplissait de regrets.</p><p>Il se tourna vers Bellatrix, ouvrit la bouche pour lui donner un dernier ordre -</p><p>Et il y eut un sifflement, faible, comme lent et confus, et ce sifflement dit :</p><p>"<emphasis>Quel �tait... cce sson ?"</emphasis></p><empty-line/><p>Le vieux sorcier avan�ait � grand pas. Il parvint � une porte de m�tal et l'ouvrit, sachant d�j� que les cellules � l'int�rieur �taient vides.</p><p>Il pronon�a sept incantations puissantes et r�v�latrices puis il continua ; avec si peu de cellules restantes � v�rifier, il ne s'�puiserait pas beaucoup.</p><empty-line/><p>"<emphasis>Professseur,</emphasis>" siffla Harry. Tant d'�motions remontaient � la surface d'un seul coup. Il savait, m�me s'il ne pouvait pas le voir, que le serpent vert autour des �paules de Bellatrix levait lentement sa t�te et regardait autour de lui. "<emphasis>Allez-vouss... allez-vouss bien, professseur ?</emphasis>"</p><p>"<emphasis>Professseur ?</emphasis>" le sifflement parvint faible et confus. "<emphasis>O� ssommes-nouss ?</emphasis>"</p><p>"<emphasis>En prisson</emphasis>," siffla Harry, "<emphasis>la prissson des mange-vie, nous devions ssauver une femme vous et moi. Vouss avez esssay� de tuer l'homme protecteur, j'ai bloqu� votre ssort de mort, il y a eut une r�ssonnance entre nous... vouss avez ssombr� dans l'inconsscience, j'ai d� vaincre le protecteur moi-m�me... mon charme gardien a �t� disssip�, les manges-vies ont pu dire aux protecteurs que la femme s'�tait �chapp�e. Il y a quelqu'un ici qui peut resssentir mon charme gardien, probablement le ma�tre de l'�cole... j'ai d� disssiper charme gardien, trouver un autre moyen de vous cacher des manges-vies, vous et la femme, ssans charme gardien, apprendre � me prot�ger ssans charme gardien, � effrayer les manges-vie sans charme gardien, � inventer un nouveau plan d'�vassion pour vous et la femme et enfin � percer un trou dans l'�pais mur de m�tal de la prisson m�me ssi je ne ssuis qu'un �l�ve de premi�re ann�e. Pas le temps d'expliquer, vous devez partir maintenant. Si nous ne nous recroissons jamais, professseur, alors je ssuis heureux de vous avoir connu pour un temps, m�me si vouss �tes probablement mal�fique. Il est bon d'avoir la chance de dire au moins cela : Au revoir."</emphasis></p><p>Et Harry prit le balais volant, le pr�senta � Bellatrix, et dit simplement : "Monte."</p><p>Il avait d�cid� de garder ses souvenirs. D'une part, ils �taient importants. D'autre part, lui et le professeur de D�fense avaient commenc� � planifier cela une semaine auparavant et Harry n'allait ni oblit�rer la semaine enti�re <emphasis>ni </emphasis>expliquer � Bellatrix ce qui devait pr�cis�ment �tre oblit�r�. Il pourrait probablement tromper le Veritaserum et si Dumbledore exigeait qu'il laisse tomber ses barri�res Occlumantiques pour une inspection plus profonde... eh bien, il s'�tait comport� en h�ros du d�but � la fin.</p><p>"<emphasis>Arr�te !</emphasis>" dit le serpent. Sa voix �tait maintenant plus forte. "<emphasis>Arr�te, arr�te, arr�te ! Que veux-tu dire, au revoir ?</emphasis>"</p><p>"<emphasis>Plan d'�vassion est rissqu�,</emphasis>" dit Harry. "<emphasis>Ma vie n'est pas en jeu, sseulement la v�tre et la ssienne. Alors je resste, je me rends -"</emphasis></p><p>"<emphasis>Non !"</emphasis> dit le serpent. Le sifflement �tait vigoureux. "<emphasis>Ne doit pas ! Pas permis !</emphasis>"</p><p>Bellatrix monta sur le balais de feu ; Harry put sentir (mais il ne put pas voir) sa t�te se tourner vers lui. Elle ne dit rien. Elle l'attendait, peut-�tre, ou simplement ses ordre.</p><p>"<emphasis>Ne vous fais plus confiance,</emphasis>" dit simplement Harry. "<emphasis>Pas depuis que vous avez esssay� d'abattre homme protecteur."</emphasis></p><p>Et le serpent siffla : "<emphasis>Je n'ai pas cherch� � abattre homme protecteur ! Es-tu idiot, gar�on ? L'abattre n'aurait aucun sens, mal�fique ou pas !</emphasis>"</p><p>La Terre cessa de tourner sur son axe, interrompit son orbite autour du soleil.</p><p>Le sifflement du serpent �tait le son le plus furieux que Harry avait jamais entendu sortir de la bouche du professeur Quirrell. "<emphasis>L'abattre ? Ssi j'avais voulu l'abattre il sserait mort en quelques ssecondes, gar�on idiot, il ne faissait pas le poids face � moi ! Je cherchais � le soumettre, le dominer, le forcer � abaissser les boucliers de sson essprit, devais lire en lui, savoir qui attendait ssa r�ponsse, apprendre d�tails pour ssortil�ge de m�moire -"</emphasis></p><p>"<emphasis>Vous avez jet� ssortil�ge de mort !"</emphasis></p><p>"<emphasis>Savait qu'il �viterait !"</emphasis></p><p>"<emphasis>Sa vie valait-elle si peu ? Et s'il n'avait pas �vit� ?"</emphasis></p><p>"<emphasis>L'aurais pousss� hors de trajectoire avec ma propre magie, gar�on idiot !"</emphasis></p><p>Encore l'arr�t giratoire de la plan�te. Harry n'y avait pas pens�.</p><p>"<emphasis>Sstupide cancre de tous les consspirateurs,</emphasis>" siffla le serpent avec tant de col�re que les sifflements semblaient se chevaucher et se mordre la queue, "<emphasis>imb�cile d�gourdi, idiot fut�, ssot de Sserpentard pas entra�n�, ta m�fiance mal plac�e a ruin� -"</emphasis></p><p>"<emphasis>N'est pas le bon moment pour disscuter," </emphasis>fit remarquer Harry avec douceur. La brusque mont�e de soulagement qui tentait de se r�pandre en lui �tait annul�e par la tension montante. "<emphasis>Puissque je ne peux pas me mettre correctement en col�re contre vous ssans m'ouvrir aux manges-vies. Doit se d�p�cher, quelqu'un a peut-�tre entendu bruit -"</emphasis></p><p>"<emphasis>Explique plan d'�vassion," </emphasis>dit le serpent d'un ton imp�rieux. "<emphasis>Presstement !</emphasis>"</p><p>Harry expliqua. Le Fourchelangue n'avait pas de mots pour d�crire la technologie Moldue mais Harry d�crivit la fonction et le professeur Quirrell sembla comprendre.</p><p>Il y eut de courts sifflements, l'�quivalent reptilien d'un aboiement de rire surpris, puis des ordres vifs. "<emphasis>Dis � la femme de d�tourner le regard, lance ssortil�ge de ssilence, mets charme gardien devant porte. Vais me transsformer, faire rapides am�liorations � ton invention, donner potion d'urgence � femme pour qu'elle puissse nous prot�ger, me transsformer de nouveau avant que tu ne disssipes le charme. Plan ssera alors plus s�r."</emphasis></p><p>"<emphasis>Et dois-je croire,"</emphasis> siffla Harry, "<emphasis>que Gu�rissseur pour femme nous attend vraiment ?</emphasis>"</p><p>"<emphasis>Utilisse raisson, jeune gar�on ! Supposse que je ssuis mal�fique. Arr�ter de t'utilisser maintenant n'est �videmment pas ce que j'avais pr�vu. Misssion est opportunisste, invent�e apr�s avoir vu ton charme gardien, affaire censs�e ne pas �tre remarqu�e, cach� quand parti de lieu o� on mange. �videmment que tu verras perssonne pr�tendant �tre Gu�rissseur � l'arriv�e ! Retourner � lieu o� l'on mange ensuite, plan original continue comme avant !"</emphasis></p><p>Harry regarda le serpent invisible.</p><p>D'un c�t�, l'entendre dit ainsi donnait � Harry l'impression qu'il �tait stupide.</p><p>De l'autre, ce n'�tait pas vraiment rassurant.</p><p>"<emphasis>Alors,</emphasis>" siffla Harry, "<emphasis>quel est votre plan pour moi, exactement ?</emphasis>"</p><p>"<emphasis>Tu as dit pas le temps,</emphasis>" lui r�pondit le sifflement du serpent, "<emphasis>mais le plan est que tu diriges le pays, �videmment, m�me ton jeune ami noble a d�j� compris cela, demande-lui au retour si tu ssouhaites. Ne dirai pas pluss, temps de voler, pas de parler.</emphasis>"</p><empty-line/><p>Le vieux sorcier tendit la main vers une autre porte de m�tal, de derri�re laquelle provenait un macabre marmonnement sans fin : "Je ne suis pas s�rieux, je ne suis pas s�rieux, je ne suis pas s�rieux..." Le ph�nix rouge-or criait d�j� d'un ton imp�rieux et le vieux sorcier grima�ait d�j� quand -</p><p>Un autre cri traversa le couloir, semblable � celui d'un ph�nix sans l'�tre tout � fait.</p><p>Le vieux sorcier tourna la t�te et regarda la cr�ature d'argent �tincelante qui s'�tait trouv�e sur son autre �paule au moment m�me o� les serres �ph�m�res et immat�rielles lan�aient l'entit� magique dans les airs.</p><p>Le faux ph�nix s'envola le long du couloir.</p><p>Le vieux sorcier se pr�cipita apr�s lui � une allure digne d'un jeune soixantenaire fringant.</p><p>Le v�ritable ph�nix cria une fois, deux fois et trois fois tout en voletant devant devant la porte de m�tal ; puis, lorsqu'il devint clair qu'en d�pit de ses appels son ma�tre ne reviendrait pas, il le suivit avec r�calcitrance.</p><empty-line/><p>Cette fois le professeur Quirrell avait rev�tu sa v�ritable forme - le Polynectar ne durait qu'une heure s'il n'�tait pas r�-administr� - et malgr� sa p�leur, avachi contre les barres de m�tal de la cellule la plus proche, sa magie fut assez forte pour attirer sa baguette � lui sans qu'un mot fut prononc�, alors qu'au m�me moment Bellatrix �tait la Cape et la pla�ait d'un geste servile dans les mains ouvertes de Harry. � mesure que les pouvoirs du professeur de D�fense revenaient et que la p�riph�rie de sa vaste puissance entrait en contact avec la l�g�re aura enfantine de Harry, la sensation funeste s'intensifiait de nouveau sans n�anmoins atteindre sa force maximale.</p><p>Harry d�crivit l'appareil Moldu � voix haute et en donna le nom au sorcier, puis un Finite de Harry d�fit tout ce dur travail et le fit redevenir un cube de glace. Le professeur Quirrell ne pouvait pas lancer de sortil�ges sur quelque chose que Harry avait m�tamorphos� car cela aurait constitu� une interaction entre leurs magies, aussi l�g�re soit-elle, mais -</p><p>Trois secondes plus tard, le professeur Quirrell tenait entre ses mains sa propre version m�tamorphos� de l'appareil Moldu. Un seul mot aboy� et un geste de sa baguette, et le r�sidu de colle avait quitt� l'objet magique ; trois incantations plus tard, les objets magique et technologique �taient fusionn�s l'un dans l'autre comme s'ils n'avaient �t� qu'un seul, et des sortil�ges d'incassabilit� et de fonctionnement parfait avaient �t� lanc�s sur l'appareil Moldu.</p><p>(Harry se sentait beaucoup mieux � l'id�e de faire cela sous la supervision d'un adulte)</p><p>Une potion fut jet�e � Bellatrix et le professeur Quirrell et Bellatrix ordonn�rent tous deux : "Bois" comme s'ils avaient parl� de la m�me voix. La femme �maci�e avait d�j� commenc� � lever la potion vers ses l�vres sans attendre car il aurait �t� �vident aux yeux de quiconque que cet Animagus serpent �tait un serviteur de Seigneur des T�n�bres, un serviteur puissant et de confiance.</p><p>Harry acheva de placer la capuche de la Cape d'Invisibilit� par-dessus sa t�te.</p><p>Une magie br�ve et terrible se d�cha�na depuis la baguette du professeur de D�fense, creusant le trou dans le mur, balafrant le morceau de m�tal qui reposait au milieu de la pi�ce comme Harry l'avait demand�, expliquant que la m�thode qu'il avait utilis�e aurait pu permettre de l'identifier.</p><p>"Gant gauche," dit Harry � sa bourse, puis il l'extirpa et l'enfila.</p><p>Pendant que la femme finissait de boire la potion, un geste du professeur de D�fense fit appara�tre un harnais sur les �paules de Bellatrix ainsi qu'un autre morceau de tissu plus petit sur la main de celle-ci et quelque chose qui ressemblait � des menottes autour de ses poignets.</p><p>Une �trange et malsaine couleur sembla se r�pandre sur le p�le visage de Bellatrix et elle se raidit, ses yeux creus�s sembl�rent s'�clairer, devenir bien plus dangereux...</p><p>...de petites volutes de vapeur s'�chapp�rent de ses oreilles...</p><p>(Harry d�cida de ne pas penser � cela)</p><p>...et Bellatrix Black rit alors, un rire soudain et fou, bien trop fort dans les petites cellules d'Azkaban.</p><p>(Tr�s bient�t, avait dit le professeur Quirrell, Bellatrix sombrerait dans l'inconscience et resterait ainsi pendant un bon moment ; c'�tait le prix de la potion qu'elle avait bue ; mais pour quelques moments encore elle poss�derait peut-�tre un vingti�me de la puissance dont elle avait un jour dispos�).</p><p>Le professeur de D�fense jeta sa baguette en direction de Bellatrix et un instant plus tard devint un serpent vert.</p><p>Un instant apr�s <emphasis>�a</emphasis>, la peur des D�traqueurs revint dans la pi�ce.</p><p>Bellatrix ne broncha que l�g�rement, attrapa la baguette et la bougea sans prononcer une parole ; le serpent s'�leva et fut ins�r� dans le harnais plac� sur son dos.</p><p>Harry dit "Debout !" � son balais volant.</p><p>Bellatrix pla�a sa baguette dans l'�tui li� � sa main.</p><p>Harry bondit en t�te du balais volant deux places.</p><p>Bellatrix le suivit, prit les objets semblables � des menottes plac�s autour de ses poignets et s'encha�na au manche du balais de feu tandis que la main droite de Harry fourrait sa baguette dans sa bourse.</p><p>Et ils s'�lanc�rent tous les trois � travers le trou dans le mur -</p><p>- �mergeant � d�couvert directement au-dessus de la fosse des D�traqueurs, � l'int�rieur du vaste prisme triangulaire qu'�tait Azkaban. Le ciel bleu �tait maintenant clairement visible au-dessus de leur t�te et les �clairait de sa lumi�re.</p><p>Harry orienta le balais et commen�a � acc�l�rer vers le haut, vers le centre de l'espace triangulaire. Sa main droite, gant�e afin d'emp�cher tout contact direct entre sa peau et quelque chose que le professeur Quirrell avait m�tamorphos�, tenait l'interrupteur qui contr�lait l'appareil Moldu.</p><p>Venus de haut au-dessus d'eux, des cris lointains leur parvinrent.</p><p><emphasis>Tr�s bien, bande de nazes primitifs !</emphasis></p><p>Apparus au coin du ciel, des Aurors mont�s sur de rapides balais de course plong�rent droit vers eux accompagn�s par de faibles �tincelles de lumi�res, r�v�lant ainsi que les premiers coups venaient d'�tre tir�s.</p><p><emphasis>�coutez-moi !</emphasis></p><p>"Protego Maximus !" cria Bellatrix d'une voix � la fois puissante et f�l�e, puis elle eut un rire caquetant alors qu'un champ de force bleu et chatoyant se formait autour d'eux.</p><p><emphasis>Vous voyez �a ?</emphasis></p><p>Du fond de la fosse pourrissante situ�e au centre d'Azkaban, plus d'une centaine de D�traqueurs s'�lev�rent ; aux yeux de l'un, ils ressemblaient � une immense masse de corps, � un cimeti�re volant ; aux yeux d'un autre � un conglom�rat d'absences qui semblait former une seule et unique d�chirure sur le monde � mesure qu'ils glissaient vers le haut.</p><p><emphasis>Ceci...</emphasis></p><p>La voix d'un vieux et puissant sorcier mugit une terrible incantation et un grand �clat de feu blanc-or passa par le trou dans le mur d'Azkaban, informe l'espace d'un instant, avant que des ailes ne commencent � se former.</p><p><emphasis>Est...</emphasis></p><p>Et les Aurors activ�rent le sortil�ge Anti-Anti-Gravit� qui avait �t� incorpor� � Azkaban, d�sactivant ainsi tous les sortil�ges de vol dont les incantations n'avaient pas �t� prononc�es avec les mots de passe r�cemment chang�s.</p><p>La sustentation quitta le balais de Harry.</p><p>La gravit� en revanche demeura.</p><p>La mont�e de leur balais ralentit, commen�a � d�c�l�rer, entama sa transformation en une chute.</p><p><emphasis>Mon...</emphasis></p><p>Mais les sortil�ges qui permettaient de faire pointer le balais dans une direction et de piloter, les sortil�ges qui maintenaient les occupants attach�s et relativement prot�g�s de l'acc�l�ration, <emphasis>ces</emphasis> sortil�ges fonctionnaient encore.</p><p><emphasis>BALAIS VOLANT !</emphasis></p><p>Harry alluma le contact de la fus�e � combustible solide de classe N � propergol composite � perchlorate d'ammonium mod�le <emphasis>Berserker PFRC</emphasis> de chez General Technics qui avait �t� li�e � son balais volant Nimbus X200 deux places.</p><p>Et il y eut du bruit.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 59*: EPS, Curiosit�, pt 9</strong></p><p>Les balais avaient la r�putation d'avoir �t� invent�s � une �poque qu'un Moldu aurait qualifi�e de moyen�geuse par une l�gendaire sorci�re du nom de Celestria Relevo pr�tendument arri�re-arri�re-arri�re petite fille de Merlin.</p><p>Celestria Relevo ou la ou les personnes qui avaient vraiment invent� ces enchantements ne connaissaient rien � la m�canique de Newton.</p><p>Les balais volants fonctionnaient donc selon les lois de la physique aristot�licienne.</p><p>Ils allaient vers l� o� vous les orientiez.</p><p>Si vous vouliez aller vers l'avant, vous pointiez vers l'avant ; vous n'aviez pas � vous inqui�ter de maintenir un peu de pouss�e vers le haut afin d'annuler l'effet de la gravit�.</p><p>Si vous preniez un virage, toute la v�locit� passait dans la direction vers laquelle le balais pointait et vous ne d�riviez pas dans le sens de votre �lan actuel.</p><p>Les balais avaient des vitesses maximales mais pas d'acc�l�rations maximales. Cela n'avait rien � voir avec la r�sistance de l'air mais �tait d� au fait que les enchantements d'un balais volant �taient pourvus d'un niveau maximum d'<emphasis>impetus</emphasis> Aristot�licien.</p><p>M�me s'il �tait assez adroit pour obtenir les meilleures notes en cours de vol du balais, Harry ne l'avait encore jamais <emphasis>remarqu�</emphasis>. Le fonctionnement de ces derniers �tait si proche de ce � quoi l'esprit humain <emphasis>s'attendait instinctivement</emphasis> que son cerveau avait r�ussi � <emphasis>totalement laisser passer leur absurdit� physique</emphasis>. En ce premier jour de le�ons de balais Harry avait �t� distrait par des ph�nom�nes apparemment plus int�ressants, tels que des mots �crits sur un papier et une sph�re rouge lumineuse. Son cerveau avait alors simplement suspendu son incr�dulit�, inscrit la r�alit� des balais volants comme �tant accept�e, et avait entrepris de s'amuser sans <emphasis>penser une seule fois � la question</emphasis> dont la r�ponse aurait �t� �vidente. Il est en effet tristement av�r� que nous ne pensons jamais qu'� une <emphasis>petite</emphasis> fraction de tous les ph�nom�nes que nous rencontrons...</p><p>Ceci est l'histoire de la fa�on dont Harry James Potter-Evans-Verres faillit �tre tu� par son manque de curiosit�.</p><p>Parce que les fus�es ne respectaient <emphasis>pas</emphasis> la physique Aristot�licienne.</p><p>Les fus�es n'avaient <emphasis>pas</emphasis> le fonctionnement qu'un esprit humain attendait instinctivement d'un objet volant.</p><p>Un balais volant assist� d'une fus�e ne se d�pla�ait donc <emphasis>pas</emphasis> comme les balais magiques sur lesquels Harry �tait si dou�.</p><p>Rien de tout ceci ne traversa alors l'esprit de Harry.</p><p>D�j�, le bruit le plus fort qu'il avait entendu de sa vie l'emp�chait de s'entendre penser.</p><p>Ensuite, acc�l�rer vers le haut � quatre gravit�s signifiait qu'il avait environ deux secondes et demi en tout pour aller des fondations d'Azkaban jusqu'� son sommet.</p><p>Et m�me si elles furent les deux secondes et demi les plus <emphasis>longues</emphasis> de l'histoire du Temps, cela ne lui laissa pas vraiment assez de place pour penser.</p><p>Il y avait seulement le temps de voir la lumi�re des mal�dictions Aurors fondre droit sur lui, de l�g�rement r�orienter le balais pour les �viter, de se rendre compte que le balais continuait simplement sur son �lan au lieu d'aller dans la direction vers laquelle il pointait, d'activer les concepts d�pourvus de symboles :</p><p><emphasis>*merde*</emphasis></p><p>et</p><p><emphasis>*Newton*</emphasis></p><p>ce sur quoi Harry inclina le balais bien plus fort et l� ils commenc�rent � s'approcher tr�s vite du mur alors il l'inclina dans l'autre sens et il y avait d'autres lumi�res qui descendaient et les D�traqueurs glissaient en douceur vers eux accompagn�s d'une esp�ce de cr�ature g�ante ail�e faite de flammes blanc-or alors Harry tira brusquement le balais vers le ciel mais maintenant il d�rivait encore vers un autre mur alors il inclina l�g�rement le balais et cessa de s'approcher mais il �tait d�j� trop proche alors il l'inclina de nouveau et l� les distants Aurors et leurs balais ne furent plus distants du tout et il allait percuter cette femme alors il d�via son balais loin d'elle et l'instant d'apr�s il r�alisa que sa fus�e �tait un lance-flammes extr�mement puissant et que dans une fraction de seconde il serait directement braqu� sur l'Auror alors il inclina le balais de c�t� et continua de monter et il ne pouvait pas se rappeler si le lance-flammes �tait braqu� sur d'autres Aurors mais au moins il n'�tait pas point� vers <emphasis>elle.</emphasis></p><p>Harry manqua un autre Auror � un m�tre pr�s et lui passa sous le nez, juch� sur son lance-flammes de travers qui grimpait �, Harry estimerait plus tard, environ 300 kilom�tres par heure.</p><p>S'il y eut des cris d'Aurors grill�s il ne les entendit pas mais cela ne constituait une preuve de rien du tout parce que pour l'instant tout ce qu'il entendait c'�tait un son extr�mement puissant.</p><p>Deux secondes <emphasis>plus calmes si ce n'est plus silencieuses </emphasis>plus tard, il ne sembla plus y avoir ni Auror ni D�traqueur ni g�ante cr�ature de flammes ail�e et le vaste et terrible �difice d'Azkaban semblait �tonnamment petit vu de cette hauteur.</p><p>Harry dirigea le balais volant vers le Soleil, � peine visible � travers le nuages, il n'�tait pas haut de le ciel � cette heure du jour en ce mois d'hiver et le balais acc�l�ra deux secondes de plus dans la m�me direction et amassa tr�s rapidement une vitesse extraordinaire avant que le combustible solide ne s'�puise.</p><p>Apr�s cela Harry put de nouveau s'entendre penser, il n'y avait que le vent hurlant provoqu� par leur absurde vitesse, et bien qu'assist�s par de la magie ses doigts agripp�s au manche r�sistaient � peine � la tra�n�e de d�c�l�ration due au fait qu'ils �taient bien au-del� de leur vitesse terminale, et c'est <emphasis>alors</emphasis> que Harry pensa enfin � tous ces trucs sur la m�canique de Newton et la physique Aristot�licienne et les balais et les fus�es et l'importance de la curiosit� et qu'il n'allait jamais refaire quoi que ce soit d'aussi Gryffondor de sa vie ou au moins pas avant d'avoir appris le secret de l'immortalit� du Seigneur des T�n�bres et <emphasis>pourquoi</emphasis> avait-il �cout� le professeur Quirinus "<emphasis>Je t'asssure, gar�on, je n'esssaierai pas cela ssi je n'anticipais pas ma propre ssurvie</emphasis>"Quirrell au lieu du Professeur Michael "Mon fils, si tu essaies quelque chose avec des fus�es sans supervision, je dis bien <emphasis>quoi que ce soit</emphasis> sans qu'un professionnel entra�n� te regarde, tu mourras et Maman sera triste" Verres-Evans.</p><empty-line/><p>"<emphasis>QUOI ?</emphasis>" glapit Am�lia � l'intention du miroir.</p><empty-line/><p>Le vent s'�tait assourdi jusqu'� atteindre un niveau supportable � mesure que la r�sistance de l'air les avait ralenti, donnant ainsi � Harry la chance d'�couter le son � mi-chemin entre le carillon et le bourdonnement qui semblait emplir son cerveau.</p><p>Le professeur Quirrell �tait cens� avoir lanc� un sortil�ge de mutisme sur le pot d'�chappement de la fus�e... apparemment les capacit�s des sortil�ges de mutismes avaient des limites... r�trospectivement, Harry aurait d� m�tamorphoser une paire boules qui�s au lieu de simplement faire confiance au sortil�ge, m�me si cela n'aurait probablement pas non plus suffit...</p><p>Eh bien, les soins magiques avaient probablement quelque chose qui soignait les dommages auditifs permanents.</p><p>Non, vraiment, les soins magiques avaient probablement quelque chose pour �a. Il avait vu des �l�ves aller voir madame Pomfresh avec des blessures qui lui avaient sembl�es �tre bien pires...</p><p><emphasis>Existe-t-il un moyen de transplanter une personnalit� imaginaire dans la t�te de quelqu'un d'autre ?</emphasis> demanda Poufsouffle. <emphasis>Je ne veux plus vivre dans la tienne</emphasis>.</p><p>Harry repoussa le tout au fond de son esprit car il n'y avait vraiment rien qu'il puisse faire � ce sujet pour l'instant. Y avait-il quoi que ce soit dont il <emphasis>devrait</emphasis> s'inqui�ter -</p><p>Puis Harry regarda derri�re lui, pensant pour la premi�re fois � v�rifier si Bellatrix et le professeur Quirrell avaient �t� souffl�s loin du balais.</p><p>Mais le serpent vert �tait toujours dans son harnais et la femme �maci�e s'accrochait toujours au balais, son visage �tait toujours prit par cette couleur malsaine et ses yeux toujours brillants et dangereux. Ses �paules s'agitaient comme si elle riait de fa�on hyst�rique et ses l�vres bougeaient comme si elle criait mais aucun son ne s'�chappait -</p><p>Ah, c'est vrai.</p><p>Harry abaissa la capuche de sa Cape et tapota ses oreilles afin de lui faire savoir qu'il ne pouvait entendre.</p><p>Ce sur quoi Bellatrix se saisit de sa baguette et la pointa vers Harry. Le bourdonnement dans ses oreilles diminua soudain et il put l'entendre.</p><p>Il le regretta un instant plus tard ; les impr�cations qu'elle hurlait � l'intention d'Azkaban, des D�traqueurs, des Aurors, de Dumbledore, de Lucius, de Barty Croupton, de quelque chose appel� l'Ordre du Ph�nix, de tout ce qui se tenait sur le chemin de son Seigneur des T�n�bres, etc n'�taient pas faites pour une audience plus jeune et plus sensible ; et son rire faisait mal � ses oreilles r�cemment soign�es.</p><p>"Assez, Bella," dit enfin Harry, et la voix de celle-ci se tut instantan�ment.</p><p>Il y eut un moment de silence. Harry retira la Cape de par-dessus sa t�te, par principe ; et se rendit compte au m�me moment qu'ils avaient peut-�tre des t�lescopes en bas, ou quelque chose du genre, et r�trospectivement, retirer sa capuche ne serait-ce que pour un moment avait �t� une d�cision incroyablement stupide. Il esp�rait que la mission n'allait pas �chouer � cause de cette unique erreur...</p><p><emphasis>On n'est vraiment pas faits pour �a, hein ?</emphasis> remarqua Serpentard.</p><p><emphasis>H�</emphasis>, dit Poufsouffle par pur r�flexe, <emphasis>on ne peut pas s'attendre � tout faire parfaitement la premi�re fois, on a probablement juste besoin de plus de pratique OUBLIE QUE J'AI DIT �A.</emphasis></p><p>Harry regarda de nouveau en arri�re et vit que Bellatrix regardait autour d'elle avec un air perplexe et �merveill�. Elle n'arr�tait pas de pivoter la t�te.</p><p>Et elle dit enfin, sa voix maintenant plus basse : "Seigneur, o� sommes-nous ?"</p><p><emphasis>Que veux-tu dire ?</emphasis> aurait voulu dire Harry, mais le Seigneur des T�n�bres n'admettrait jamais qu'il ne comprenait pas quelque chose, et Harry r�pondit donc d'un ton sec : "Nous sommes sur un balais volant."</p><p><emphasis>Est-ce qu'elle pense qu'elle est morte et que c'est le paradis ?</emphasis></p><p>Les mains de Bellatrix �taient toujours encha�n�es au balais, si bien que seul un doigt s'�leva lorsqu'elle dit : "Qu'est-ce que c'est que <emphasis>�a</emphasis> ?"</p><p>Harry suivit la direction indiqu�e par le doigt et vit... rien de sp�cial, � vrai dire...</p><p>Puis il comprit. Il n'y avait plus de nuages pour l'obscurcir maintenant qu'ils s'�taient suffisamment �lev�s.</p><p>"C'est le soleil, ch�re Bella."</p><p>Le ton fut remarquablement ma�tris�, un Seigneur des T�n�bres parfaitement calme et peut-�tre un peu agac�, alors m�me que les larmes commen�aient � couler le long des joues de Harry.</p><p>Dans le froid sans fin, dans les t�n�bres absolues, le soleil avait s�rement �t�...</p><p>Un souvenir heureux...</p><p>Bellatrix continua de se tordre le cou.</p><p>"Et les choses moelleuses ?" dit-elle.</p><p>"Des nuages."</p><p>Il y eut une pause, puis Bellatrix dit : "Mais que <emphasis>sont</emphasis>-ils ?"</p><p>Harry ne r�pondit pas car il aurait �t� incapable de garder une voix �gale, tout ce qu'il pouvait faire �tait de respirer de fa�on parfaitement r�guli�re tout en pleurant.</p><p>Apr�s un moment, Bellatrix souffla, d'une voix si basse que Harry faillit ne pas l'entendre : "Joli..."</p><p>Son visage se d�tendit doucement, la couleur quittant son p�le visage presque aussi vite qu'elle l'avait gagn�.</p><p>Son corps squelettique s'affaissa sur le balais volant.</p><p>La baguette emprunt�e pendait sans vie depuis la bride attach�e � sa main immobile.</p><p><emphasis>C'EST UNE BLAGUE -</emphasis></p><p>L'esprit de Harry se souvint alors que la potion de Pimentine avait un prix ; Bellatrix <emphasis>ss'assoupirait pour un temps conssid�rable</emphasis> avait dit le professeur Quirrell.</p><p>Et au m�me instant, une autre partie de Harry devint profond�ment convaincue en regardant la femme �maci�e d'une p�leur de craie � l'air plus morte sous le soleil radieux que toutes les choses vivantes que Harry avait jamais vues qu'elle <emphasis>�tait</emphasis> morte, qu'elle venait de prononcer ses derniers mots, que le professeur Quirrell avait mal jug� le dosage -</p><p>- ou qu'il avait d�lib�r�ment sacrifi� Bellatrix pour prot�ger leur �vasion -</p><p><emphasis>Est-ce qu'elle respire ?</emphasis></p><p>Harry n'arrivait pas � voir si c'�tait le cas.</p><p>Tant qu'il �tait sur le balais volant il ne pouvait pas se pencher en arri�re et prendre son pouls.</p><p>Harry regarda devant lui pour v�rifier qu'ils n'�taient pas sur le point de percuter des rochers volants et continua d'orienter le balais vers le soleil, le gar�on invisible et la femme peut-�tre morte partants vers l'apr�s-midi, les doigts de Harry serr�s si fort autour du balais qu'ils �taient devenus blancs.</p><p>Il ne pouvait pas l'atteindre et pratiquer une ventilation artificielle.</p><p>Rien de son kit de soins n'aurait �t� utile.</p><p><emphasis>Croire que le professeur Quirrell ne l'aurait pas mise en danger ?</emphasis></p><p>�trange, c'�tait �trange de vraiment croire que le professeur Quirrell n'avait pas eu l'intention de tuer l'Auror (car cela <emphasis>aurait</emphasis> �t� stupide) et de ne pourtant plus �tre rassur� par les paroles rassurantes du professeur de D�fense.</p><p>Puis l'id�e vint � Harry qu'il lui fallait encore v�rifier -</p><p>Harry regarda derri�re lui et siffla : "<emphasis>Professseur ?</emphasis>"</p><p>Dans son harnais, le serpent ne remua pas et ne pronon�a pas un mot.</p><p>... peut-�tre que le serpent, n'�tant pas � proprement parler un passager du balais, n'avait pas �t� prot�g� de l'acc�l�ration. Ou peut-�tre que s'approcher autant des D�traqueurs sans bouclier et m�me sous forme Animagus l'avait assomm�.</p><p>La situation n'�tait pas bonne.</p><p>�a aurait d� �tre au professeur Quirrell de dire � Harry quand il pouvait utiliser le Portoloin en toute s�curit�.</p><p>Harry dirigea le balais volant de ses doigts blanchis et r�fl�chit, il r�fl�chit tr�s fort pendant une dur�e courte et incommensurable pendant laquelle Bellatrix pouvait respirer ou ne pas respirer, pendant laquelle le professeur Quirrell lui-m�me avait peut-�tre d�j� cess� de respirer depuis un moment.</p><p>Et Harry d�cida que tandis qu'il �tait possible de rattraper l'erreur consistant � g�cher le Portoloin en sa possession, il n'�tait pas possible que de rattraper l'erreur consistant � laisser un cerveau sans oxyg�ne pendant trop longtemps.</p><p>Alors il tira de sa bourse le prochain Portoloin de la s�rie et, alors qu'il arr�tait le balais volant au milieu du ciel bleu clair (maintenant qu'il y pensait, il ne savait pas si la capacit� d'un Portoloin � s'ajuster � la rotation de la Terre incluait aussi la capacit� de s'adapter de fa�on g�n�rale � la v�locit� de son nouvel environnement), il pla�a le Portoloin en contact avec le balais et...</p><p>Harry marqua une pause, la brindille toujours dans sa main, s�ur de celle qu'il avait bris�e voil� ce qui lui semblait �tre deux semaines. Il sentit un r�ticence soudaine ; son cerveau semblait avoir appris la r�gle par le biais d'un processus de renforcement n�gatif purement neuronal que Briser des Brindilles Est Une Mauvaise Id�e.</p><p>Mais ce n'�tait pas vraiment logique alors Harry brisa quand m�me la brindille.</p><empty-line/><p>Il y eut une explosion orageuse derri�re la porte de m�tal situ�e non loin d'Am�lia, ce qui lui fit tomber le miroir qu'elle tenait et pivoter baguette en main, et alors la porte s'ouvrit grand, r�v�lant Albus Dumbledore, debout face � un grand trou fumant dans le mur de la prison.</p><p>"Am�lia," dit le vieux sorcier. Il n'y avait aucune trace de sa l�g�ret� habituelle, et derri�res ses lunettes en demi-lune ses yeux avaient la duret� du saphir. "Je dois quitter Azkaban et je dois le faire <emphasis>maintenant</emphasis>. Y a-t-il un moyen de sortir de l'enceinte qui soit plus rapide que le balais ?"</p><p>"Non -"</p><p>"Alors j'ai besoin de ton balais volant le plus rapide, imm�diatement !"</p><p>L� o� Am�lia <emphasis>voulait</emphasis> �tre, c'�tait avec l'Auror qui avait �t� bless� par ce Feudeymon, ou par quoi que cela ait bien pu �tre.</p><p>Ce qu'elle <emphasis>devait</emphasis> faire, c'�tait d�couvrir ce que Dumbledore savait.</p><p>"Vous !" aboya la vieille sorci�re � l'intention de l'�quipe qui l'entourait. "Continuez de s�curiser les couloirs jusqu'� avoir atteint le fond, il ne se sont peut-�tre pas tous encore �chapp�s !" Puis au vieux sorcier : "Deux balais. Tu pourras me mettre au courant quand on sera dans les airs."</p><p>Il y eut un duel de regards mais il ne fut pas long.</p><empty-line/><p>Un saccade �c�urante consid�rablement plus forte que celle qui l'avait amen� � Azkaban attrapa Harry � l'abdomen, et cette fois la distance travers�e fut si grande qu'il put �couter un instant de silence et observer l'espace entre les espace, la crevasse entre un lieu et l'autre.</p><empty-line/><p>Alors qu'ils se projetaient loin d'Azkaban dans la direction du vent et plus rapidement que lui, le soleil qui avait bri�vement brill� sur eux deux fut prestement occlus par un nuage de pluie.</p><p>"Qui est derri�re �a ?" cria Am�lia au balais qui volait un pas derri�re elle.</p><p>"L'une de deux personnes," r�pondit Dumbledore, "j'ignore encore laquelle. Si c'est la premi�re, alors nous avons des ennuis. Si c'est la seconde, alors nous avons de bien plus graves ennuis."</p><p>Am�lia ne s'octroya pas un soupir. "Quand sauras-tu ?"</p><p>La voix du vieux sorcier, sombre et basse, parvenait pourtant � s'�lever au-dessus du vent. "Trois choses dont ils ont besoin pour atteindre la perfection, s'il s'agit de cela : la chair du plus fid�le des serviteurs du Seigneur des T�n�bres, le sang de son plus grand ennemi, et acc�s � une certaine tombe. Je pensais Harry Potter � l'abri, avec leur tentative � Azkaban quasiment �chou�e - m�me si je l'ai quand m�me mis sous bonne garde - mais � pr�sent j'ai bel et bien peur. Ils ont acc�s au Temps, quelqu'un avec un Retourneur de Temps envoie des messages pour eux ; et je soup�onne que la tentative de kidnapping sur Harry Potter a d�j� eu lieu il y a quelques heures. C'est pourquoi <emphasis>nous</emphasis> n'en avons pas entendu parler, puisque nous sommes � Azkaban, o� le temps ne pas se nouer lui-m�me. Ce pass� est venu apr�s notre propre futur, vois-tu."</p><p>"Et si c'est l'autre ?" cria Am�lia. Ce qu'elle avait entendu �tait suffisamment inqui�tant ; cela semblait �tre le plus noir des rituels noirs, centr� sur feu le Seigneur des T�n�bres lui-m�me.</p><p>Le vieux sorcier, son visage � pr�sent encore plus sombre, ne r�pondit pas et se contenta de secouer la t�te.</p><empty-line/><p>Lorsque la saccade du Portoloin se fut calm�e, le soleil pointait juste au-dessus de l'horizon, plus proche d'une aurore que d'un cr�puscule, et leur balais flottait bas au-dessus d'une courte �tendue de roche noir-orange et de sable arrang� en collines bossel�es comme si quelqu'un avait p�tri la p�te du sol plusieurs fois puis avait oubli� de l'aplatir. Non loin, des vagues d�filaient le long d'un panorama d'eau sans fin, mais le sol au-dessus duquel le balais flottait surplombait le niveau de la mer par plusieurs m�tres au moins.</p><p>Harry cligna des yeux face aux couleurs de l'aube et comprit que le Portoloin avait �t� international.</p><p>"H� !" lui vint un vif cri f�minin venu de derri�re lui, et il pivota le balais volant pour regarder. Une femme d'�ge m�r � l'air tr�s affair� avait une main port�e � sa bouche et l'appelait visiblement. Ses traits sympathiques, ses yeux �troits et sa peau terre d'ombre appartenaient � une ethnie peu famili�re � Harry ; elle �tait habill�e de robes d'un violet vif d'un genre que Harry n'avait jamais vu auparavant ; et lorsque ses l�vres s'ouvrirent de nouveau elle parla avec un accent que Harry n'aurait su situer, n'�tant pas un grand voyageur. "O� �tais-tu ? Tu as deux heures de retard ! J'ai failli renoncer � vous voir arriver... bonjour ?"</p><p>Il y eut une br�ve pause. Les pens�es de Harry semblaient se mouvoir �trangement, trop lentes, tout semblait distant, comme s'il y avait eut une �paisse paroi de verre entre lui et le monde et une autre entre lui et ses �motions, si bien qu'il pouvait voir mais il ne pouvait pas toucher. Cela lui �tait venu lorsqu'il avait vu la lumi�re aurorale et la sorci�re sympathique, lorsqu'il avait pens� que tout cela ressemblait � une fin ad�quate pour cette aventure.</p><p>Puis la sorci�re se pr�cipita et tira sa baguette ; un marmonnement sectionna les attaches qui liaient la femme �maci�e au balais volant et Bellatrix fut l�vit�e jusqu'� un rocher sableux, ses bras squelettiques et ses jambes p�les pendantes comme des choses sans vie. "Oh, Merlin," murmura la sorci�re, "Merlin, Merlin, Merlin..."</p><p><emphasis>Elle semble pr�occup�e</emphasis>, pensa une chose abstraite et distance entre les deux parois de verre. <emphasis>Est-ce ce qu'une v�ritable gu�risseuse dirait ou est-ce ce que quelqu'un � qui l'on a dit de jouer un r�le dirait ?</emphasis></p><p>Comme si ce n'�tait pas Harry qui avait parl� mais une autre partie de lui situ�e de l'autre c�t� d'une �ni�me paroi de verre, un murmure vint de ses l�vres : "Le serpent vert sur son dos est un Animagus." Pas aigu ni froid, le murmure, seulement bas. "Il est inconscient."</p><p>La t�te de la sorci�re se releva brusquement pour regarder vers le nulle part d'o� cette voix semblait �tre venue, puis elle rabaissa les yeux vers Bellatrix. "Vous n'�tes pas M. Jaffe."</p><p>"Vous parlez de l'Animagus," murmur�rent les l�vres de Harry. <emphasis>Oh</emphasis>, pensa le Harry derri�re le verre en entendant le son de ses propres l�vres, <emphasis>c'est sens�, le professeur Quirrell doit avoir utilis� un autre nom.</emphasis></p><p>"Depuis quand est-<emphasis>il</emphasis> - bah, quelle importance." La sorci�re pla�a sa baguette sur le nez du serpent pendant un moment puis secoua vivement la t�te. "Rien qu'une journ�e de repos ne saura gu�rir. <emphasis>Elle...</emphasis>"</p><p>"Pouvez-vous le r�veiller maintenant ?" murmur�rent les l�vres de Harry. <emphasis>Est-ce une bonne id�e ?</emphasis> pensa-t-il, mais ses l�vres semblaient clairement penser que c'�tait le cas.</p><p>Encore le vif secouement de t�te. "Si un Innerver n'a pas fonctionn� -" commen�a-t-elle.</p><p>"Je ne m'y suis pas essay�," murmur�rent les l�vres de Harry.</p><p>"Quoi ? Pourquoi - oh, pas grave. <emphasis>Innerver</emphasis>."</p><p>Il y eut une pause puis un serpent rampa lentement hors de son harnais. La t�te verte s'�leva lentement, regarda autour d'elle.</p><p>L'espace se brouilla et le professeur Quirrell se tint l�, et l'instant d'apr�s il tombait � genoux.</p><p>"Allonge-toi," dit la sorci�re sans lever les yeux de Bellatrix. "C'est toi qu'es l�, J�r�mie ?"</p><p>"Oui," dit le professeur de D�fense d'une voix plut�t rauque avant de s'allonger pr�cautionneusement sur une portion relativement plate du rocher sableux et orang�. Il n'�tait pas aussi p�le que Bellatrix mais son visage �tait comme exsangue sous la faible lueur de l'aurore. "Salutations, mademoiselle Chomblechette."</p><p>"Je t'ai dit," fit la sorci�re avec une duret� dans sa voix et un l�ger sourire sur son visage, "de m'appeler Crystal, on n'est pas en Angleterre, pas de ces formalit�s ici. <emphasis>Et</emphasis> ce sera Docteur maintenant, pas mademoiselle."</p><p>"Mes excuses, docteur Chomblechette," accompagn� d'un gloussement sec.</p><p>Le sourire de la sorci�re s'�largit quelque peu mais sa voix se durcit d'autant plus. "Qui est ton ami ?"</p><p>"Tu n'as pas besoin de le savoir." Le professeur de D�fense �tait allong� sur le sol, les yeux ferm�s.</p><p>"� quel point �a a mal tourn� ?"</p><p>Une s�cheresse certaine : "Tu pourras le lire demain dans n'importe quel journal dot� d'une rubrique internationale."</p><p>La baguette de la sorci�re tapait ici ou l�, appuyait et sondait toute la surface du corps de Bellatrix. "Tu m'as manqu�, J�r�mie."</p><p>"Vraiment ?" dit le professeur de D�fense d'un ton l�g�rement surpris.</p><p>"M�me pas un tout petit peu. Si je ne t'en devais pas une..."</p><p>Le professeur de D�fense entama un rire qui se rapprocha ensuite de la quinte de toux.</p><p><emphasis>T'en penses quoi ?</emphasis> dit Serpentard au Critique Interne tandis que Harry �coutait de derri�re les murs de verre. <emphasis>C'est un num�ro ou c'est pour de vrai ?</emphasis></p><p><emphasis>Saurais pas dire</emphasis>, r�pondit le Critique Interne de Harry. <emphasis>Je suis pas en grande forme critique pour l'instant.</emphasis></p><p><emphasis>Est-ce que quelqu'un a une id�e d'un bon moyen d'obtenir plus d'information ?</emphasis> dit Serdaigle.</p><p>Encore le souffle venu du vide au-dessus du balais : "Quelles sont les chances qu'on puisse annuler tout ce qui lui a �t� fait ?"</p><p>"Oh, voyons. L�gilimancie et rituels noirs inconnus, dix ans pour que �a se mette en place, puis dix ans d'exposition aux D�traqueurs ? D�faire <emphasis>�a</emphasis> ? Vous �tes compl�tement toqu�, M. Qui-Que-Vous-Soyez. La question est de savoir s'il <emphasis>reste</emphasis> quoi que ce soit, et je dirais peut-�tre une chance sur trois -" La sorci�re s'interrompit soudain. Lorsqu'elle parla de nouveau, sa voix �tait plus basse. "Si vous �tiez son ami avant... alors non, vous ne la retrouverez jamais. Mieux vaut que vous le compreniez maintenant."</p><p><emphasis>Je vote num�ro</emphasis> dit le Critique Interne. <emphasis>Elle ne d�blat�rerait pas tout �a pour r�pondre � une seule question � moins d'avoir �t� en train d'attendre une opportunit� de le faire.</emphasis></p><p><emphasis>Not�, mais j'y accorde une confiance r�duite</emphasis>, dit Serdaigle. <emphasis>Il est tr�s difficile de ne pas laisser ses soup�ons contr�ler ses perceptions lorsqu'on essaie de mesurer des preuves aussi subtiles.</emphasis></p><p>"Quelle potion lui as-tu donn�e ?" dit la sorci�re apr�s avoir ouvert la bouche de Bellatrix et y avoir jet� un coup d'�il alors que sa baguette l'illuminait de multiples flashs color�s.</p><p>L'homme allong� au sol dit calmement : "Pimentine -"</p><p>"<emphasis>Tu as perdu la t�te ?</emphasis>"</p><p>Encore la quinte de rire.</p><p>"Elle va dormir pendant une semaine, avec de la chance," dit la sorci�re avant de claquer la langue. "J'imagine que je t'enverrai une chouette quand elle ouvrira les yeux pour que tu puisses revenir et la convaincre pour ce V�u Ind�faisable. Est-ce que tu as quelque chose pour l'emp�cher de me liquider sur place si jamais elle arrive � bouger dans le mois qui vient ?"</p><p>Les yeux toujours ferm�s, le professeur de D�fense prit une feuille de papier de ses robes ; un moment plus tard, des mots commenc�rent � appara�tre � sa surface, accompagn�s de petites volutes de fum�es. Lorsque la fum�e eut cess� de s'�lever, le papier l�vita en direction de la femme.</p><p>Elle regarda le papier avec ses sourcils arqu�s et eut un reniflement sardonique : "Il vaudrait mieux que �a marche, J�r�mie, ou ma derni�re volont� et mon testament diront que tous mes biens constituent une prime pour la personne qui aura ta t�te. En parlant de �a -"</p><p>Le professeur de D�fense chercha de nouveau dans ses robes et jeta � la sorci�re un sac qui �mit un cliquetis. La sorci�re l'attrapa, le soupesa, et eut un bruit de contentement.</p><p>Puis elle se leva et la p�le femme squelettique l�vita � c�t� d'elle. "Je rentre," dit la sorci�re. "Je ne peux pas commencer � travailler ici."</p><p>"Attends," dit le professeur de D�fense, et d'un geste il r�cup�ra sa baguette depuis la main et l'�tui de Bellatrix. Puis il orienta la baguette vers Bellatrix et fit un petit geste circulaire accompagn� d'un discret "<emphasis>Oubliettes</emphasis>".</p><p>"<emphasis>�a suffit</emphasis>," l�cha la sorci�re, "je la sors d'ici avant que quelqu'un ne fasse encore plus de d�g�ts...". Un bras entoura la forme osseuse de Bellatrix Black et la serra contre la sorci�re, puis elles disparurent toutes deux au puissant POP! d'un Transplanage.</p><p>Et ce lieu bossel� devint silencieux, hormis le discret flot des vagues qui passaient et un l�ger souffle de vent.</p><p><emphasis>Je pense que le num�ro est termin�</emphasis>, dit le Critique Interne. <emphasis>Je lui mets deux sur cinq. Ce n'est probablement pas une actrice tr�s exp�riment�e.</emphasis></p><p><emphasis>Je me demande si une vraie gu�risseuse semblerait plus fausse qu'une actrice � qui l'on aurait dit d'en jouer une ? </emphasis>m�dita Serdaigle.</p><p>Comme de regarder une �mission de t�l�vision, c'�tait �a, comme de regarder une �mission de t�l�vision dont les personnages ne suscitait aucune empathie particuli�re, c'�tait l� tout ce qui pouvait �tre vu et ressenti depuis l'autre c�t� des murs de verre.</p><p>Harry parvint sans savoir comment � d�placer ses l�vres lui-m�me, � envoyer sa propre voix dans l'air toujours auroral, puis il fut surpris d'entendre sa question : "Et sinon, vous �tes combien de personnes diff�rentes ?"</p><p>L'homme p�le allong� au sol ne rit pas mais depuis le balais Harry put voir le coin des l�vres du professeur Quirrell qui se recourbaient, la lisi�re du sourire sardonique familier. "Je ne peux pas pr�tendre m'�tre emb�t� � en garder le compte. Et vous, combien en �tes-vous ?"</p><p>Entendre cette r�ponse n'aurait pas d� autant secouer le Harry int�rieur et pourtant il se sentait - il se sentait - instable, comme si son centre avait �t� soustrait -</p><p>Oh.</p><p>"Excusez-moi," dit la voix de Harry. Le caract�re distant et d�tach� de celle-ci refl�tait maintenant l'effacement que Harry ressentait. "Je pense que je vais m'�vanouir dans quelques secondes."</p><p>"Utilisez le quatri�me Portoloin que je vous donn�, celui dont j'ai dit que c'�tait notre refuge de secours," dit l'homme allong� au sol calmement mais rapidement. "Ce sera plus s�r l�-bas. Et continuez de porter votre cape."</p><p>La main libre de Harry r�cup�ra une autre brindille depuis sa bourse et la brisa.</p><p>Il y eut une autre saccade de Portoloin, une saccade internationalement lointaine, et il fut dans un endroit noir.</p><p>"<emphasis>Lumos</emphasis>," dirent les l�vres de Harry alors qu'une partie de lui �valuait la s�ret� de l'ensemble.</p><p>Il �tait � l'int�rieur de ce qui ressemblait � un entrep�t Moldu, un entrep�t d�sert.</p><p>Ses jambes descendirent du balais et s'allong�rent au sol. Ses yeux se ferm�rent et une petite fraction de son �tre intima � sa lumi�re de s'�teindre avant que les t�n�bres ne le recouvrent.</p><empty-line/><p>"O� iras-tu ?" cria Am�lia. Ils �taient presque � la limite de l'enceinte.</p><p>"En arri�re dans le temps pour prot�ger Harry Potter," dit le vieux sorcier, et avant qu'Am�lia ne puisse ne serait-ce qu'ouvrir ses l�vres pour demander s'il voulait de l'aide, elle ressentit elle ressentit le passage d'un bord � l'autre de la lisi�re de l'enceinte.</p><p>Il y eut un pop de Transplanage et le sorcier et le ph�nix disparurent, laissant derri�re eux le balais emprunt�.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 60*: L'Exp�rience de Prison de Stanford, pt10</strong></p><p>"Debout."</p><p>Les yeux de Harry s'ouvrirent grand alors qu'il s'�veillait dans un hal�tement �trangl� accompagn� d'une convulsion de son corps allong�. Il ne pouvait se souvenir d'aucun r�ve ; peut-�tre que son cerveau avait �t� trop �puis� pour r�ver, car il lui semblait n'avoir ferm� les yeux qu'un instant avant d'avoir entendu ce mot.</p><p>"Vous devez vous �veiller," dit la voix de Quirinus Quirrell. "Je vous ai donn� autant de temps que possible mais il serait sage de garder au moins une utilisation du Retourneur de Temps en r�serve. Nous allons bient�t devoir revenir quatre heures en arri�re, chez <emphasis>Marie</emphasis>, et donner sous tous rapports l'impression que nous n'avons rien fait d'int�ressant aujourd'hui. Je souhaitais vous parler avant cela."</p><p>Harry s'assit lentement au milieu des t�n�bres. Son corps lui faisait mal, et pas seulement aux endroits o� il avait repos� sur du b�ton. Des images se chevauch�rent les unes les autres dans sa m�moire, tout ce dont son cerveau inconscient, trop fatigu� pour cela, n'avait pu se d�charger sous la forme d'un bon cauchemar.</p><p>Douze terribles n�ants l�vitant le long d'un couloir, corrodant le m�tal autour d'eux, les lumi�res tamis�es, la temp�rature chutant � mesure que les vides essaient de drainer toute vie hors du monde -</p><p>Peau d'une blancheur de craie, �tir�e � la surface des os qui demeurent une fois la graisse et les muscles disparus -</p><p>Une porte de m�tal -</p><p>La voix d'une femme -</p><p><emphasis>Non, je ne voulais pas, ne meurs pas s'il te pla�t -</emphasis></p><p><emphasis>Je ne sais plus comment mes enfants s'appellent -</emphasis></p><p><emphasis>Ne pars pas, ne l'emm�ne pas, non non non -</emphasis></p><p>"Quel �tait cet endroit ?" dit Harry d'une voix rauque, d'une voix qui sortait de sa gorge comme de l'eau qu'on aurait forc�e � traverser un tuyau trop �troit, d'une voix qui dans ces t�n�bres semblait aussi bris�e que l'avait �t� celle de Bellatrix Black. "<emphasis>Quel �tait cet endroit ? Ce n'�tait pas une prison, c'�tait L'ENFER !</emphasis>"</p><p>"L'enfer ?" dit la voix calme du professeur de D�fense. "Vous voulez dire le fantasme de punition Chr�tien ? J'imagine qu'il existe une ressemblance."</p><p>"Comment -" la voix de Harry �tait bloqu�e comme si quelque chose d'�norme s'�tait log� dans sa gorge. "Comment - comment ont-ils pu -" Des <emphasis>gens</emphasis> ont construit cet endroit, quelqu'un a <emphasis>fait</emphasis> Azkaban, ils l'ont fait <emphasis>sciemment</emphasis>, ils l'ont fait <emphasis>d�lib�r�ment</emphasis>, cette femme, elle avait des enfants, des enfants dont elle ne pouvait plus se souvenir, un juge a <emphasis>d�cid�</emphasis> que cela lui soit inflig�, quelqu'un a d� la <emphasis>tra�ner</emphasis> jusqu'� cette cellule et la fermer � cl� alors qu'elle hurlait, quelqu'un l'a nourrie tous les jours et est reparti <emphasis>sans la laisser sortir -</emphasis></p><p>"<emphasis>COMMENT DES GENS PEUVENT-ILS FAIRE �A ?"</emphasis></p><p>"Pourquoi ne le feraient-ils pas ?" dit le professeur de D�fense. Une p�le lumi�re bleue �claira alors l'entrep�t, r�v�lant un haut toit caverneux et un sol poussi�reux tous deux faits de b�ton ; ainsi que le professeur Quirrell, assis � une certaine distance de Harry, le dos appuy� contre un mur peint ; la p�le lumi�re bleue transformait les murs en parois de glaciers, la poussi�re au sol en mouchetures de neige, et l'homme lui-m�me �tait devenu une sculpture de glace envelopp�e de t�n�bres l� o� ses robes noires le recouvraient. "En quoi les prisonniers d'Azkaban leur sont-ils utiles ?"</p><p>La bouche de Harry s'ouvrit et �mit un croassement. Aucun mot ne sortit.</p><p>Un l�ger sourire fit trembler les l�vres du professeur de D�fense. "Vous savez, M. Potter, si Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom en �tait venu � r�gner sur l'Angleterre Magique et avait construit un lieu tel qu'Azkaban, il l'aurait fait pour le plaisir de voir ses ennemis souffrir. Et si au lieu de cela il avait commenc� � trouver leur souffrance d�plaisante, eh bien, il aurait ordonn� qu'Azkaban soit d�molie le lendemain m�me. Quant � ceux qui ont r�ellement cr�� Azkaban, ceux qui ne l'ont pas d�molie tout en pr�chant de nobles sermons et en s'imaginant ne <emphasis>pas</emphasis> �tre m�chants... eh bien M. Potter, je pense que si j'avais � choisir entre prendre le th� avec eux ou avec Vous-Savez-Qui, je me d�couvrirais �tre moins heurt� dans mes sensibilit�s par le Seigneur des T�n�bres."</p><p>"Je ne comprends pas," dit Harry, sa voix tremblait, il avait lu l'exp�rience classique au sujet de la psychologie des prisons, les �tudiants ordinaires qui �taient devenus sadiques � l'instant o� ils s'�taient vus assigner le r�le de garde de prison ; seulement Harry comprit � cet instant que l'exp�rience ne s'�tait pas pench�e sur la bonne question, sur la question la plus importante, ils n'avaient pas examin� les personnes-cl�s, pas les gardiens de prison mais <emphasis>le reste de la population</emphasis>, "je ne comprends vraiment pas, professeur Quirrell, comment des gens peuvent-ils simplement se tenir l� et laisser ces choses se produire, <emphasis>pourquoi</emphasis> l'Angleterre magique <emphasis>fait-elle �a</emphasis> -" la voix de Harry se tut.</p><p>Les yeux du professeur de D�fense avaient la m�me teinte qu'� l'accoutum�e car cette p�le lumi�re bleue �tait de la m�me couleur que ses iris, que ces fragments de glace � jamais saisis. "M. Potter, bienvenue : ceci est votre premi�re rencontre avec les r�alit�s de la politique. Que ces mis�rables cr�atures � Azkaban ont-elles � offrir � une faction ou � une autre ? Qui gagnerait � les aider ? En se mettant officiellement de leur c�t�, un politicien s'associerait � des criminels, � de la faiblesse, � des choses d�go�tantes auxquelles les gens pr�f�rent ne pas penser. En revanche, ce politicien pourrait d�montrer sa force et sa cruaut� en demandant des peines plus longues ; apr�s tout, d�montrer sa force requiert une victime � �craser. Et la populace applaudit car il est dans ses instincts de soutenir le vainqueur." Un rire froidement amus�. "Vous voyez M. Potter, personne ne croit tout � fait qu'<emphasis>il</emphasis> ira � Azkaban, et les gens n'y voient donc aucune cons�quence n�faste pour eux. Quant � ce qu'ils infligent aux autres... j'imagine que l'on vous a un jour dit qu'ils se pr�occupent de ce genre de choses ? C'est un mensonge, M. Potter, la plupart des gens ne s'en pr�occupent pas le moins du monde, et si vous n'aviez pas men� une enfance en grande partie clo�tr�e, vous l'auriez remarqu� il y a longtemps. Consolez-vous ainsi : ceux aujourd'hui prisonniers � Azkaban ont vot� pour ces ministres de la Magie qui s'�taient engag�s � rapprocher leur cellule des D�traqueurs. J'admets, M. Potter, avoir peu d'espoir pour la d�mocratie en tant que forme de gouvernement efficace, mais j'admire la po�sie qu'elle d�gage lorsqu'elle rend ses victimes complices de leur propre destruction."</p><p>R�cemment redevenu coh�rent, le moi de Harry mena�ait de se fracasser � nouveau ; les mots tombaient comme des coups de marteau sur sa conscience, ils le ramenaient pas � pas au-dessus du pr�cipice o� se tapissait une vaste abysse ; il essaya de trouver quelque chose qui le sauverait, une r�partie maline qui r�futerait les mots, mais elle ne vint pas.</p><p>Le regard du professeur Quirrell sur Harry refl�tait plus de curiosit� que d'autorit�. "M. Potter, il est tr�s facile de comprendre comment Azkaban a �t� construite et comment elle continue d'exister. Les hommes se soucient de leurs perspectives de perte et de gain propres ; leur cruaut� et leur n�gligence ne conna�t aucune limite tant qu'ils ne s'attendent pas � ce que cela ait des r�percussions sur eux. Tous les autres sorciers de ce pays ne sont au fond pas diff�rents de celui qui souhaitait r�gner sur eux, Vous-Savez-Qui ; il ne leur manque que son pouvoir et sa... franchise."</p><p>Les mains du gar�on �taient serr�es si fort que ses ongles p�n�traient sa paume, mais il aurait �t� impossible de voir si ses doigts �taient blancs, ou si son visage �tait p�le, car la faible lumi�re bleue transformait tout en ombre et en glace. "Vous avez un jour offert de me soutenir si mon ambition �tait de devenir le prochain Seigneur des T�n�bres. En est-ce la raison, professeur ?"</p><p>Le professeur de D�fense inclina sa t�te, un fin sourire sur ses l�vres. "Apprenez tout ce que j'ai � vous apprendre, M. Potter, et vous finirez par diriger ce pays. Vous pourrez alors abattre la prison que la d�mocratie a cr�� si vous trouvez alors qu'Azkaban vous rebute encore. Que cela vous plaise ou non, M. Potter, vous savez aujourd'hui que votre volont� entre en conflit avec celle de la population de ce pays et que lorsque cela se produit, vous ne vous inclinez pas, vous ne vous soumettez pas � leur d�cision. Et qu'ils le sachent ou pas, que vous le reconnaissiez ou pas, vous �tes par cons�quent leur prochain Seigneur des T�n�bres."</p><p>Sous l'in�branlable lumi�re monochromatique le gar�on et le professeur de D�fense ressemblaient tous deux � des statues de glace immobiles, les iris de leurs yeux r�duites, sous cette lumi�re, � des couleurs en apparence tr�s semblables.</p><p>Harry regarda droit dans ces yeux p�les. Toutes les questions longtemps refoul�es, celles dont il s'�tait dit qu'il les laissait en suspens jusqu'aux Ides de mai. Harry savait maintenant que cela avait �t� un mensonge, qu'il s'�tait aveugl�, qu'il �tait rest� silencieux par peur de ce qu'il pourrait entendre. Et � pr�sent tout parvenait � ses l�vres en m�me temps. "Lors de notre premier jour de cours, vous avez essay� de convaincre mes camarades que j'�tais un tueur."</p><p>"Vous l'�tes." Amus�. "Mais si votre question est de savoir pourquoi je le leur ai <emphasis>dit</emphasis>, M. Potter, la r�ponse est que vous d�couvrirez que l'ambigu�t� est un grand alli� sur la route vers le pouvoir. Donnez des signes de Serpentard un jour, contredisez-les le lendemain avec des signes de Gryffondor ; et les Serpentard pourront croire ce qu'ils souhaitent croire tandis que les Gryffondors se persuaderont de vous soutenir. Tant qu'il y a incertitude, les gens peuvent croire ce qui semble �tre � leur avantage. Et tant que vous semblez fort, tant que vous semblez gagner, leurs instincts leur disent qu'il est � leur avantage d'�tre de votre c�t�. Si vous marchez toujours dans l'ombre, la lumi�re et les t�n�bres vous suivront toutes deux."</p><p>"Et," dit le gar�on d'une voix �gale, "que voulez-<emphasis>vous</emphasis> tirer de tout cela ?"</p><p>Le professeur Quirrell s'�tait inclin� en arri�re, dos contre le mur, pla�ant son visage dans l'ombre, ses yeux passant d'une glace p�le � des crevasses t�n�breuses semblables � celles de sa forme animale. "Je souhaite que l'Angleterre devienne forte sous l'�gide d'un meneur fort ; cela <emphasis>est</emphasis> mon souhait. Quant � mes raisons," dit le professeur Quirrell avec un sourire sans joie, "je pense qu'elles resteront miennes."</p><p>"Cette sensation funeste que je ressens autour de vous." Les mots devenaient de plus en plus difficile � prononcer � mesure que le propos dansait de plus en plus pr�s d'une chose terrible et interdite. "Vous avez toujours su ce qu'elle signifie."</p><p>"J'ai eu plusieurs id�es," dit le professeur Quirrell, et son visage �tait inscrutable. "Et je ne dirais pas encore tout ce que j'ai devin�. Mais je vous dirai cela : c'est <emphasis>votre</emphasis> perte qui flamboie lorsque nous sommes proches, pas la mienne."</p><p>Pour une fois, le cerveau de Harry parvint � marquer cette affirmation comme �tant douteuse, comme un mensonge possible, au lieu de croire tout ce qu'il entendait. "Pourquoi vous transformez-vous parfois en zombie ?"</p><p>"Raisons personnelles," dit le professeur Quirrell sans le moindre humour dans la voix.</p><p>"Quel �tait votre v�ritable but en sauvant Bellatrix ?"</p><p>Il y eut un bref silence pendant lequel Harry essaya de toutes ses forces de contr�ler sa respiration et de maintenir le rythme de celle-ci.</p><p>Enfin le professeur de D�fense haussa les �paules comme si cela n'avait aucune importance. "Je vous l'ai pratiquement expliqu� en d�tail, M. Potter. Je vous ai dit tout ce que vous auriez eu besoin de savoir pour d�duire la r�ponse si vous aviez �t� assez m�r pour consid�rer la question �vidente. Bellatrix Black �tait la plus puissante des serviteurs du Seigneur des T�n�bres, sa loyaut� la plus assur�e de toutes ; elle �tait la personne avec le plus de chances de recevoir en confidence une partie de celles des connaissances de Serpentard qui auraient dues �tre v�tres."</p><p>La col�re monta lentement en Harry, la rage lente, quelque chose de terrible qui commen�ait � bouillir dans son sang, dans quelques instants il dirait quelque chose qu'il ne devrait vraiment pas dire alors qu'ils �taient seuls tous les deux dans un entrep�t d�sert -</p><p>"Mais elle <emphasis>�tait</emphasis> innocente," dit le professeur de D�fense. Il ne souriait pas. "Et le degr� auquel tous ses choix lui furent enlev�s, tant et si bien qu'elle n'eut jamais la chance de souffrir de ses <emphasis>propres</emphasis> erreurs... cela m'a sembl� <emphasis>excessif</emphasis>, M. Potter. Si elle ne vous r�v�le rien d'utile -" Le professeur de D�fense eut un autre petit haussement d'�paules. "Je ne consid�rerai pas que cette journ�e de travail aura �t� g�ch�e."</p><p>"Que c'est altruiste de votre part," dit Harry d'une voix froide. "Donc si tous les sorciers sont comme Vous-Savez-Qui en leur for int�rieur, seriez-vous donc une exception ?"</p><p>Les yeux du professeur de D�fense �taient toujours dans l'ombre, des ab�mes noires dont le regard ne pouvait �tre crois�. "Disons que c'est un caprice, M. Potter. Il m'amuse parfois de jouer le r�le du h�ros. Qui sait si Vous-Savez-Qui ne dirait pas de m�me."</p><p>Harry ouvrit la bouche une derni�re fois -</p><p>Et d�couvrit qu'il ne pouvait pas le dire, il ne pouvait pas poser la derni�re question, la derni�re et la plus importante, il ne pouvait pas faire sortir les mots. M�me si un tel refus �tait interdit � un rationaliste, en d�pit de toutes les fois o� il avait r�cit� la litanie de Tarski et la litanie de Gendlin, en d�pit de celles o� il avait fait le serment que ce qui pouvait �tre d�truit par la v�rit� devait l'�tre, il ne put alors se pousser � prononcer sa derni�re question � voix haute. M�me s'il savait qu'il ne pensait pas correctement, m�me s'il savait qu'il �tait cens� valoir mieux que cela, il ne parvint pas � le dire.</p><p>"Maintenant c'est � mon tour de vous interroger." Le dos du professeur Quirrell se raidit contre le mur glac� de b�ton peint. "Je me demandais, M. Potter, si aviez le moindre commentaire sur le fait que vous avez failli me tuer et faire �chouer notre entreprise commune. Je crois comprendre que dans de tels cas, une excuse constitue un signe de respect. Mais vous ne m'en avez pas offert. Est-ce seulement que vous n'avez pas encore trouv� le temps de le faire, M. Potter ?"</p><p>Le ton �tait calme, le tranchant si discret et fin qu'il vous aurait travers� de part en part avant que vous ayez pu vous rendre compte que l'on �tait en train de vous tuer.</p><p>Et Harry se contenta de regarder le professeur de D�fense avec ses yeux froids, ses yeux qui jamais plus ne cilleraient devant quoi que ce soit ; plus m�me devant la mort. Il n'�tait plus � Azkaban, il n'avait plus peur de la partie de lui-m�me qui ignorait la peur ; et la gemme qu'il �tait avait pivot� pour faire face � la tension, elle �tait pass�e en douceur d'une facette � l'autre, de la lumi�re aux t�n�bres, de la chaleur au froid.</p><p><emphasis>Un stratag�me voulu, destin� � me faire me sentir coupable, � me pousser � me soumettre ?</emphasis></p><p><emphasis>Une �motion r�elle ?</emphasis></p><p>"Je vois," dit le professeur Quirrell. "J'imagine que cela r�pond -"</p><p>"Non," dit le gar�on d'une voix calme et froide, "vous ne r�ussirez pas � orienter la conversation aussi facilement, professeur. J'ai fait des efforts consid�rables dans le but de vous prot�ger et de vous faire sortir d'Azkaban en s�curit� <emphasis>apr�s</emphasis> que j'ai cru avoir d�couvert que vous aviez tent� de tuer un policier. Y compris faire face � douze D�traqueurs sans Patronus. Je me demande si vous m'auriez remerci� si je m'�tais excus� lorsque vous me l'avez demand�. Ou ais-je raison de penser que c'�tait ma soumission que vous exigiez ici, et non pas seulement mon respect ?"</p><p>Il y eut un moment de silence puis la voix du professeur Quirrell vint en r�ponse, ouvertement glaciale, dangereuse, d�barrass�e de toute volont� de masquer ce danger. "Il semble que vous ne parveniez toujours pas � vous laisser perdre, M. Potter."</p><p>Les t�n�bres du regard imperturbable de Harry englobaient le professeur de D�fense et le r�duisaient � une simple cr�ature mortelle. "Oh, et h�sitez-<emphasis>vous</emphasis> maintenant � faire semblant de perdre contre moi, � pr�tendre vous soumettre � ma col�re afin de pr�server vos plans ? L'id�e de fausses excuses vous a-t-elle seulement <emphasis>travers� l'esprit </emphasis>? Moi non plus, professeur Quirrell."</p><p>Le professeur de D�fense eut un rire bas et sans humour, un rire plus vide que le n�ant entre les �toiles, aussi dangereuse qu'un espace empli de radiations dures. "Non M. Potter, vous n'avez pas du tout appris votre le�on."</p><p>"J'ai song� � perdre de nombreuses fois � Azkaban," dit le gar�on d'une voix ma�tris�e. "J'ai song� que je devrais simplement abandonner et me rendre aux Aurors. Il aurait �t� sens� de perdre. J'ai entendu votre voix me le dire dans mon esprit, et je l'aurais <emphasis>fait</emphasis> si j'avais �t� seul. Mais je ne suis pas parvenu � me permettre de <emphasis>vous </emphasis>perdre."</p><p>Ils furent alors silencieux pendant un moment ; comme si le professeur de D�fense ne savait pas tout � fait quoi r�pondre � cela.</p><p>"Je suis curieux," dit enfin ce dernier. "Pour quoi exactement pensez-vous que je devrais m'excuser ? Je vous au donn� des instructions pr�cises en cas de combat. Vous deviez rester au sol, hors de mon chemin, et ne pratiquer aucune magie. Vous avez viol� ces instructions et avez fait �chouer la mission."</p><p>"Je n'ai pris aucune d�cision," dit le gar�on d'une voix calme, "il n'y a eu aucun choix, seulement le souhait qu'un Auror ne meure pas, et mon Patronus �tait l�. Pour que ce souhait n'ai jamais eu lieu, vous auriez d� me pr�venir de la possibilit� que vous bluffiez en utilisant un sort de Mort. Par d�faut, je pars du principe que si vous pointez votre baguette vers quelqu'un et que vous dites Avada Kedavra, c'est parce que vous souhaitez voir cette personne mourir. Cela ne devrait-il pas �tre la premi�re r�gle de s�curit� des Sortil�ges Impardonnables ?"</p><p>"Les r�gles sont bonnes pour les duels," dit le professeur de D�fense. Une partie du froid �tait revenu dans sa voix. "Et l'art du duel est un sport, pas une branche de la magie de combat. Dans un v�ritable combat, un sortil�ge qui ne peut �tre arr�t� et <emphasis>doit</emphasis> �tre �vit� constitue une tactique indispensable. Je pensais que cela vous serait apparu comme �vident, mais il semble que j'ai mal jug� de votre intellect."</p><p>"Il me semble aussi imprudent," dit le gar�on, continuant comme si l'autre n'avait pas parl�, "de ne pas <emphasis>me dire</emphasis> que tout sortil�ge que je lancerai sur vous risquerai de nous tuer tous deux. Et s'il y avait eu un incident, et si j'avais d� essayer un Innerver ou un sortil�ge de l�vitation ? Cette ignorance, que vous avez permise pour un but que je ne peux deviner, a aussi jou� un r�le dans cette catastrophe."</p><p>Il y eut un autre silence. Les yeux du professeur s'�taient pliss�s et il avait l'air l�g�rement perplexe, comme s'il venait de rencontrer une situation totalement inconnue ; mais il ne parla pourtant pas.</p><p>"Eh bien," dit le gar�on. Ses yeux ne s'�taient pas d�tourn�s de ceux du professeur de D�fense. "Je regrette certainement de vous avoir fait du mal, professeur. Mais je ne pense pas que cette situation m�rite que je me soumette. Je n'ai jamais vraiment bien compris le concept d'excuse, et encore moins lorsqu'il s'agit d'une situation comme celle-ci ; vous donner mes regrets mais pas ma soumission, est-ce comme de dire que je suis d�sol� ?"</p><p>Encore ce rire froid, froid et plus sombre que le vide entre les �toiles.</p><p>"Je ne pourrais le savoir," dit le professeur de D�fense, "je n'ai moi non plus jamais compris le concept d'excuse. Il semble que ce stratag�me serait inutile entre nous, puisque nous le savons tous deux �tre un mensonge. Alors n'en parlons plus. Les dettes que nous devons l'un � l'autre finiront un jour par �tre pay�es."</p><p>Un silence, pendant un moment.</p><p>"Au fait," dit le gar�on. "Hermione Granger n'aurait jamais construit Azkaban, quelles que soient les personnes destin�es � y �tre plac�es. Et elle mourrait plut�t que de faire du mal � un innocent. Je mentionne �a parce que vous avez dit plus t�t qu'au fond, tous les sorciers �taient comme Vous-Savez-Qui, et c'est une affirmation factuellement erron�e. M'en serais rendu compte plus t�t si je n'avais pas �t�," le gar�on eut un bref sourire lugubre, "stress�".</p><p>Les yeux du professeur de D�fense �taient mi-clos, son visage distant. "L'int�rieur des gens ne ressemble pas toujours � leur apparence, M. Potter. Peut-�tre souhaite-t-elle simplement que les autres la voie comme une bonne fille. Elle ne peut pas utiliser le Patronus -"</p><p>"Hah," dit le gar�on ; son sourire semblait maintenant plus r�el, plus chaud. "Elle a des difficult�s exactement pour les m�mes raisons que moi. Il y a assez de lumi�re en elle pour d�truire des D�traqueurs, j'en suis s�r. Elle ne pourrait pas <emphasis>s'emp�cher</emphasis> de les d�truire, m�me au prix de sa vie..." le gar�on laissa sa phrase en suspens puis sa voix reprit : "<emphasis>je</emphasis> ne suis pas quelqu'un d'assez bien pour le faire, peut-�tre pas ; mais ces gens existent, et elle en fait partie."</p><p>S�chement. "Elle est jeune, et faire montre de gentillesse lui co�te peu."</p><p>Un silence r�pondit � cela. Puis le gar�on dit : "Professeur, je dois vous poser une question : quand vous voyez quelque chose qui est sombre et lugubre, cela ne vous vient-il jamais � l'esprit d'essayer de l'<emphasis>am�liorer</emphasis> d'une fa�on ou d'une autre ? Par exemple : oui, quelque chose tourne horriblement mal dans l'esprit des gens et les voil� qui pensent que c'est g�nial de torturer des criminels, mais cela ne veut pas dire qu'au fond ils sont r�ellement mal�fiques ; et peut-�tre qu'en leur prodiguant les bons enseignements, en leur montrant que ce qu'ils font est mal, on pourrait changer -"</p><p>Le professeur Quirrell rit alors, sans le n�ant de tout � l'heure. "Ah, M. Potter, j'oublie parfois � quel point vous �tre jeune. Vous auriez plus de facilit� � changer la couleur du ciel." Un autre gloussement, plus froid. "Et la raison pour laquelle il vous est facile de pardonner de tels idiots et d'avoir une haute opinion d'eux, M. Potter, est que vous n'avez pas �t� douloureusement atteint. Vous aurez moins d'affection pour les idiots communs apr�s que leur sottises vous auront pour la premi�re fois co�t� quelque chose qui vous est cher. Qui sait, peut-�tre comme une centaine de vos propres Gallions plut�t que la mort atroce de cent inconnus." Le professeur de D�fense avait un fin sourire. Il sortit une montre de poche de ses robes et l'observa. "Partons maintenant, si nous n'avons rien de plus � nous dire."</p><p>"Vous n'avez aucune question au sujet des choses impossibles que j'ai accomplies � Azkaban ?"</p><p>"Non," dit le professeur de D�fense. "Je crois en avoir d�j� compris la majeure partie. Quant au reste, il m'est trop rare de trouver une personne qui ne m'est pas imm�diatement et enti�rement transparente, qu'elle soient amie ou alli�e. Je finirai de d�m�ler ces puzzles vous concernant par moi-m�me, en temps et heure."</p><p>Le professeur de D�fense se releva en poussant sur le mur de ses mains, avec une �l�gance cependant trop lente. Le gar�on l'imita avec moins de gr�ce.</p><p>Puis ce dernier laissa �chapper la derni�re question, la plus terrible, celle qu'il n'avait pas pue poser plus t�t ; comme si la prononcer � voix haute l'aurait rendue r�elle, et comme si elle n'�tait pas d�j� amplement �vidente.</p><p>"Pourquoi ne suis-je pas comme les autres enfants de mon �ge ?"</p><empty-line/><p>Dans une petite contre-all�e d�serte du Chemin de Traverse, l� o� des restes d'ordures qu'on avait pas fait dispara�tre pouvaient �tre vus, coinc�s dans la rainure entre la rue de brique et le flanc des immeubles qui l'entourait, au c�t� de poussi�res �parpill�es et d'autres signes de n�gligence, un vieux sorcier et son ph�nix Transplan�rent.</p><p>Le sorcier fouillait d�j� dans ses robes � la recherche de son sablier lorsque par habitude, ses yeux se fix�rent sur un point au hasard situ� entre la route et le mur afin de le m�moriser -</p><p>Et le vieux sorcier cligna les yeux de surprise ; un morceau de parchemin se trouvait l�.</p><p>Un froncement de sourcils traversa le visage d'Albus Dumbledore alors qu'il faisait un pas en avant, se saisissait du fragment et le d�pliait.</p><p>Sur celui-ci se trouvait un seul mot : "NON". Rien de plus.</p><p>Le sorcier le laissa lentement s'�chapper de ses doigts. Il se pencha d'un air absent au-dessus du pav� et ramassa le morceau de parchemin le plus proche, un morceau remarquablement similaire � celui qu'il venait de prendre ; il le toucha de sa baguette, et un moment plus tard s'y trouvait le m�me mot : "NON", de la m�me �criture, la sienne.</p><p>Le vieux sorcier avait escompt� revenir trois heures en arri�re, au moment o� Harry Potter �tait arriv� au Chemin de Traverse. Il avait d�j� observ� le gar�on quitter Poudlard gr�ce � ses appareils, et cela ne pouvait �tre d�fait (sa seule tentative de tromper ses propres appareils, et donc de contr�ler le Temps sans alt�rer sa propre perspective sur celui-ci, s'�tait achev�e par un d�sastre suffisamment cons�quent pour le dissuader de jamais retenter de telles ruses). Il avait esp�r� retrouver le gar�on � l'instant de son arriv�e et le mener dans un endroit s�r autre que Poudlard (car ses instruments n'avaient pas fait voir le retour du gar�on). Mais � pr�sent -</p><p>"Un paradoxe si je le r�cup�re imm�diatement apr�s son arriv�e au Chemin de Traverse ?" murmura le vieux sorcier dans sa barbe. "Peut-�tre n'ont-ils pas mis en route leur plan de d�valiser Azkaban avant d'avoir confirm� son arriv�e ici... ou alors... peut-�tre..."</p><empty-line/><p>B�ton peint, sol dur, toit �lev�, deux silhouettes face � face. Une entit� portait la forme d'un homme approchant la quarantaine et qui devenait d�j� chauve, et un autre esprit portait la forme d'un gar�on de onze ans avec une cicatrice sur le front. Glace et ombre, p�le lumi�re bleue.</p><p>"Je ne sais pas," dit l'homme.</p><p>Le gar�on se contenta de le regarder. Puis il dit : "Oh, vraiment ?"</p><p>"Vraiment," dit l'homme. "Je ne sais rien, et je ne dirai rien de ce dont je me doute. Mais je dirai ceci -"</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 61*: EPS, Secret et franchise, pt 11</strong></p><p>Ils tourbillonn�rent au travers les flammes vertes et virevolt�rent au travers du r�seau de chemin�es tandis que le c�ur de Minerva battait au rythme d'une horreur qu'elle n'avait pas ressenti depuis dix ans et trois mois jusqu'� ce que les passages situ�s entre les plis de l'espace aient un soubresaut et les expulsent dans le hall de Gringotts (c'�tait l'arriv� de chemin�e la plus s�re du Chemin de Traverse, la connexion la plus difficile � intercepter et la fa�on la plus rapide de quitter Poudlard sans ph�nix). Un employ� gobelin se tourna vers eux, ses yeux s'�carquill�rent et il entama un salut respectueux -</p><p><emphasis>D�termination, Destination, D�lib�ration !</emphasis></p><p>Et ils furent tous deux dans l'all�e situ�e derri�re Chez Marie, baguettes d�j� sorties et lev�es, d�j� dos � dos, les paroles d'un sortil�ge anti-D�sillusion d�j� aux l�vres de Severus.</p><p>L'all�e �tait vide.</p><p>Lorsqu'elle se retourna pour regarder Severus, la baguette de ce dernier s'abattait d�j� sur sa propre t�te dans un bruit semblable � celui un �uf qui se brisait et ses l�vres pronon�aient d�j� les mots de l'invisible ; il adopta les couleurs de son environnement et devint un amalgame flou de leur image, puis l'amalgame, correspondit parfaitement � ce qui se trouvait derri�re lui et il n'y eut alors plus rien.</p><p>Elle abaissa sa baguette et fit un pas en avant afin de recevoir sa propre D�sillusion -</p><p>Derri�re elle, le son immanquable d'un feu qui naissait.</p><p>Elle pivota et vit Albus, sa longue baguette d�j� dans sa main droite, pr�te. Ses yeux �taient sombres derri�re les demi-cercles de ses lunettes et Fumseck, sur son �paule, avait ouvert ses ailes de feu, pr�t � l'envol vol comme au combat.</p><p>"Albus !" dit-elle. "Je pensais -" Elle venait de le voir quitter Azkaban et elle pensait que m�me les ph�nix ne pouvaient en revenir si facilement.</p><p>Puis elle comprit.</p><p>"Elle s'est �chapp�e," dit Albus. "Ton Patronus l'a-t-il trouv� ?"</p><p>Les battements de son c�ur s'intensifi�rent, l'horreur qui coulait dans ses veines se solidifia. "Il a dit qu'il �tait l�, aux lavabos -"</p><p>"Esp�rons qu'il a dit vrai," dit Albus, puis la baguette frappa sa t�te et lui procura la sensation d'une eau s'�coulant sur elle ; un instant plus tard ils fon�aient tous les quatre (m�me Fumseck avait �t� rendu invisible m�me si l'on pouvait parfois voir une lueur flamboyante l� o� il venait de passer) vers l'entr�e du restaurant. Il s'interrompirent devant la porte pendant que Albus murmurait quelque chose et soudain l'un des clients visibles � travers la vitre se leva, un air absent sur le visage, puis ouvrit la porte comme pour jeter un rapide coup d'�il � l'ext�rieur � la recherche d'une connaissance ; et ils �taient entr�s, d�passant les clients insouciants (Minerva savait que Severus gravait leur visage dans sa m�moire et qu'Albus saurait rep�rer toute D�sillusion) en direction du panneau qui indiquait l'emplacement des lavabos -</p><p>Une vieille porte de bois marqu�e d'une pancarte s'ouvrit grand et quatre sauveurs invisibles prirent les toilettes d'assaut.</p><p>Le petite pi�ce �tait vide et l'�vier t�moignait d'une utilisation r�centes mais aucun signe de Harry, seulement une feuille de papier laiss�e sur le couvercle referm� des toilettes.</p><p>Elle n'arrivait plus � respirer.</p><p>La feuille de papier s'�leva lorsqu'Albus s'en saisit, et un moment plus tard elle fut projet�e vers Minerva.</p><p><emphasis>M: Que le Choixpeau m'a-t-il dit de vous dire ?</emphasis></p><p><emphasis>- H</emphasis></p><p>"Ah," dit Minerva sous le coup de la surprise, et son esprit mit un moment � remettre la question dans son contexte car m�me si ce n'�tait pas le genre de chose qu'on oubliait elle n'avait pas vraiment eu ce <emphasis>genre</emphasis> de choses en t�te - "que suis une jeune impudente et que je devrais d�guerpir de sa pelouse."</p><p>"<emphasis>Hein ?</emphasis>" dit le vide de la voix d'Albus comme si m�me lui pouvait �tre surpris.</p><p>La t�te de Harry Potter apparut alors, suspendue � c�t� des toilettes, le visage froid et alerte, le Harry trop adulte qu'elle avait parfois vu, ses yeux dardant d'un coin � l'autre de la pi�ce.</p><p>"Que se passe-" commen�a le gar�on.</p><p>Albus, de nouveau visible, tout comme Fumseck et McGonagall, s'avan�a imm�diatement, tendit la main gauche, arracha un cheveu de la t�te de Harry (produisant un cri surpris chez le gar�on) que Minerva accepta dans sa paume ; un instant plus tard Albus souleva le gar�on en majeure partie invisible dans ses bras, il y eut un flash de feu rouge et or...</p><p>Et Harry Potter fut en s�curit�.</p><p>Minerva fit quelques pas en avant, s'appuya contre le mur proche de l� o� Albus et Harry s'�taient trouv� et essaya de retrouver son calme.</p><p>Elle avait... perdu quelques habitudes pendant les dix ans qui s'�taient �coul�s depuis le d�mant�lement de l'Ordre du Ph�nix.</p><p>� c�t�, Severus redevint visible dans un chatoiement. Sa main droite extrayait d�j� la flasque de ses robes et la gauche se tendait d'un geste qu�mandeur. Elle lui donna le cheveu de Harry et il le l�cha un instant apr�s dans la flasque de Polynectar inachev� qui commen�a imm�diatement � cr�piter et � buller � mesure qu'il acqu�rait le pouvoir qui permettrait � Severus de jouer son r�le d'app�t.</p><p>"C'�tait inattendu," dit lentement le ma�tre des potions. "Je me demande pourquoi notre directeur n'a pas r�cup�r� M. Potter <emphasis>plus t�t</emphasis> s'il �tait pr�t � aller jusqu'� tordre le temps ? Il n'y aurait rien d� y avoir pour l'emp�cher de le faire... de fait, votre Patronus aurait d� le rencontrer alors qu'il �tait d�j� en s�curit�..."</p><p>Elle n'y avait pas pens� car autre chose venait de prendre le pas sur toutes ses autres pens�es. C'�tait loin d'�tre aussi horrible que l'�vasion de Bellatrix Black mais tout de m�me -</p><p>"Harry a une <emphasis>cape d'invisibilit� ?</emphasis>" dit-elle.</p><p>Le ma�tre de Potion ne r�pondit pas : il r�tr�cissait.</p><empty-line/><p>Tic-clic, plic-blip, ding-zing-ting-</p><p>bien que cela finisse toujours par passer en-dessous de son seuil de perception, l'�nervement n'en demeurait pas moins : elle comptait tous les faire taire le jour o� elle deviendrait directrice ; si elle devenait directrice. Elle se demandait quel directeur de Poudlard avait le premier �t� suffisamment sans g�ne pour cr�er un appareil qui faisait du <emphasis>bruit</emphasis> afin de le transmettre ses successeurs.</p><p>Elle �tait assise dans le bureau du directeur munie de son propre bureau, rapidement m�tamorphos�, et travaillait sur les mille petites t�ches de paperasserie n�cessaires � ce que Poudlard ne s'arr�te pas brusquement de fonctionner ; elle pouvait s'y perdre facilement et cela l'emp�chait de penser � autre chose. Comme Albus l'avait un jour fait remarqu� d'un ton plut�t narquois, Poudlard semblait bien mieux fonctionner lorsqu'il y avait une crise ext�rieure � laquelle elle devait �viter penser...</p><p>...il y a dix ans, c'�tait la derni�re fois qu'Albus avait dit cela.</p><p>Le carillon indiqua l'approche d'un visiteur.</p><p>Minerva continua de lire son parchemin.</p><p>La porte s'ouvrit avec fracas, r�v�lant Severus Rogue, qui s'avan�a de trois pas et demanda son interrompre son mouvement : "Des nouvelles de Fol-Oeil ?"</p><p>Albus se levait d�j� de sa chaise alors qu'elle mettait ses parchemins de c�t� et dissipait le bureau. "Le Patronus de Maugrey m'apporte ses rapports d'Azkaban," dit Albus. "Son �il n'a rien vu ; et si l'�il de Vance ne voit pas quelque chose, alors cette chose n'existe pas. Et toi ?"</p><p>"Personne n'a essay� de me prendre mon sang de force," dit Severus. Il eut une rapide grimace en guise de sourire. "� part le professeur de D�fense."</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit Minerva.</p><p>"Il a rep�r� mon imposture avant m�me que je puisse ouvrir les l�vres et m'a imm�diatement attaqu�, ce qui �tait assez raisonnable, tout en exigeant de savoir o� se trouvait M. Potter." Une autre grimace-sourire. "Pour une raison ou une autre, hurler que j'�tais Severus Rogue ne sembla pas le rassurer. Je suis persuad� que cet homme me tuerait pour une Mornille et rendrait cinq Noises de monnaie. J'ai du �tourdir notre bon professeur Quirrell, ce qui ne fut pas simple, et il a mal r�agit au mal�fice. 'Harry Potter', naturellement effray�, a couru pr�venir le patron, et le professeur de D�fense a �t� transport� � Ste Mangouste -"</p><p>"<emphasis>Ste Mangouste ?</emphasis>" dit Minerva.</p><p>"- o� on l'a trouv� dans un �tat d'�puisement tel que l'on m'a dit qu'il s'�tait probablement surmen� pendant plusieurs semaines avant de s'effondrer. Votre pr�cieux professeur de D�fense va bien, Minerva, le sortil�ge d'�tourdissement l'a peut-�tre aid� en le for�ant � prendre quelques jours de repos. Apr�s avoir d�clin� l'offre d'une chemin�e vers Poudlard, je suis retourn� au Chemin de Traverse, o� j'ai err� ; mais personne n'a sembl� d�sireux d'obtenir du sang de M. Potter."</p><p>"Notre professeur de D�fense est entre de bonnes mains, j'en suis certain," dit Albus. "Minerva, des affaires plus importantes requi�rent ton attention."</p><p>Elle lui fallut faire un effort consid�rable pour arracher son attention � ce probl�me mais elle se rassit, Severus fit venir une chaise � lui d'un geste, et ils commenc�rent leur conseil.</p><p>Entre ces deux-l�, elle avait l'impression d'�tre un imposteur sous Polynectar. La guerre et l'intrigue n'�taient certainement pas de son ressort. Il lui fallait faire des efforts pour garder un temps d'avance sur les jumeaux Weasley, et lui arrivait parfois m�me d'�chouer � cela. En fin de compte, elle n'�tait assise l� que parce qu'elle avait entendu la proph�tie...</p><p>"Nous faisons face," commen�a le directeur, "� un myst�re plut�t alarmant. Je ne peux songer qu'� deux sorcier capables de manigancer cette �vasion."</p><p>Minerva inspira brusquement. "Il y a une chance que ce ne soit <emphasis>pas </emphasis>Vous-Savez-Qui ?"</p><p>"J'en ai peur," dit le directeur.</p><p>Elle jeta un regard de c�t� et vit que Severus �tait aussi perplexe qu'elle. <emphasis>Peur</emphasis> qu'il ne s'agisse pas du retour du Seigneur des T�n�bres ? Elle aurait presque tout donn� pour que ce soit le cas.</p><p>"Donc," dit Albus d'une voix grave. "Notre premier suspect est Voldemort, de nouveau parmi nous, cherchant � se faire revivre. J'ai �tudi� de nombreux livre que j'aimerais ne pas avoir lus � la recherche de tous les moyens par lesquels il pourrait revenir et je n'en ai trouv� que trois. Sa voie la plus s�re est la Pierre Philosophale, dont Flamel m'assure que m�me Voldemort ne pourrait la cr�er seul ; en suivant cette voie il reviendrait plus fort et plus terrible que jamais auparavant. Je n'aurais pas cru Voldemort capable de r�sister � la tentation de la Pierre, d'autant plus qu'elle est un pi�ge �vident, un d�fi � son intelligence. Mais sa deuxi�me option est presque aussi prometteuse : la chair de son serviteur, d�lib�r�ment offerte ; le sang de son ennemi, pris de force ; et l'os de son anc�tre, involontairement l�gu�. Voldemort est un perfectionniste -" Albus jeta un coup d'�il � Severus qui acquies�a d'un hochement de t�te, "- et il cherchera certainement la combinaison la plus puissante : la chair de Bellatrix, le sang de Harry Potter et les ossements de son p�re. Sa derni�re possibilit� est de s�duire une victime et de drainer sa vie sur une longue p�riode, auquel cas il serait faible compar� � son pouvoir d'antan. La raison pour laquelle il a fait dispara�tre Bellatrix est claire. Et s'il la garde en r�serve uniquement pour le cas o� il ne pourrait atteindre la Pierre, cela expliquerait pourquoi personne n'a essay� d'enlever Harry aujourd'hui."</p><p>Minerva jeta un nouveau regard vers Severus et vit qu'il �coutait attentivement mais qu'il n'�tait pas surpris.</p><p>"Ce qui n'est <emphasis>pas</emphasis> clair," continua le directeur, "c'est la <emphasis>fa�on</emphasis> dont Voldemort aurait pu manigancer cette �vasion. Une poup�e de mort a �t� laiss�e � la place de Bellatrix, son �vasion �tait donc cens�e rester inaper�ue ; et m�me si cela a mal tourn�, les D�traqueurs ne sont plus parvenus � la trouver apr�s nous avoir pr�venus. Azkaban est rest�e imp�n�trable pendant des si�cles, et je ne peux imaginer par quel moyen Voldemort a accompli cette �vasion."</p><p>"Cela n'a peut-�tre que peu d'importance," dit Severus, son visage parfaitement neutre. "Pour accomplir ce que nous sommes incapables d'imaginer, il suffit au Seigneur des T�n�bres d'avoir une meilleure imagination que nous."</p><p>Albus acquies�a d'un air lugubre. "Il existe malheureusement un autre sorcier qui se rit de l'impossible. Un sorcier qui, il y a peu, a d�velopp� un nouveau et puissant sortil�ge qui aurait pu rendre les D�traqueurs aveugles � l'�vasion de Bellatrix Black. Et il est impliqu� lui aussi, pour d'autres raisons."</p><p>Le c�ur de Minerva manqua quelques battements. Elle ne savait pas <emphasis>comment</emphasis> ni <emphasis>pourquoi</emphasis> mais une appr�hension terrible �tait en train de na�tre en elle quant � l'<emphasis>identit�</emphasis> de cette personne -</p><p>"Et de <emphasis>qui</emphasis> s'agirait-il ?" dit Severus, visiblement perplexe.</p><p>Albus se pencha et dit les mots funestes qu'elle avait redout�s : "Harry James Potter-Evans-Verres."</p><p>"<emphasis>Potter ?</emphasis>" demanda le ma�tre des potions, et sa voix d'habitude soyeuse �tait plus choqu�e que Minerva ne l'avait jamais entendue �tre. "Monsieur le directeur, s'agit-il de l'une de vos plaisanteries ? Il est en premi�re ann�e � Poudlard ! Un acc�s de col�re et quelques farces pu�riles aid�es d'une cape d'invisibilit� ne font pas de lui -"</p><p>"Ce n'est pas une blague," dit Minerva, d'une voix � peine au-dessus du chuchotement. "Harry fait d�j� des d�couvertes novatrices en M�tamorphose, Severus. Mais je ne savais pas qu'il faisait aussi des recherches en sortil�ges."</p><p>"Harry n'est pas un �l�ve de premi�re ann�e ordinaire," dit le directeur d'un ton solennel. "Il est marqu� comme l'�gal du Seigneur des T�n�bres et poss�de un pouvoir que le Seigneur des T�n�bres ignore."</p><p>Severus la regardait, et il aurait fallu bien le conna�tre pour voir que c'�tait un regard suppliant. "Dois-je prendre ceci au s�rieux ?"</p><p>Minerva se contenta de hocher la t�te.</p><p>"Quelqu'un d'<emphasis>autre</emphasis> est-il au courant de l'existence de ce... sortil�ge nouveau et puissant ?" demanda Severus.</p><p>Le directeur regarda Minerva d'un air contrit -</p><p>Elle le sut, elle le sut avant m�me qu'il ne le dise et voulut crier � s'en faire br�ler les poumons.</p><p>- et dit : "Quirinus Quirrell."</p><p>"<emphasis>Pourquoi</emphasis>," dit-elle d'une voix qui aurait d� faire fondre la moiti� des appareils du bureau, "<emphasis>M. Potter a-t-il ne serait-ce que PARL� de son brillant sortil�ge d'�vasion de prison � notre professeur de D�fense -</emphasis>"</p><p>Le directeur passa une main fatigu�e et rid�e sur son front qui �tait tout aussi rid�. "Quirinus s'est juste trouv� �tre pr�sent, Minerva. M�me moi je n'y ai vu aucun mal sur le moment." Le directeur h�sita. "Et Harry a dit que son sortil�ge �tait trop dangereux pour �tre expliqu� � lui ou � moi ; et lorsque je l'ai de nouveau interrog� aujourd'hui, il a insist� sur le fait qu'il ne l'avait toujours pas expliqu� � Quirinus et qu'il n'avait pas non plus laiss� tomber ses barri�res Occlumantiques en pr�sence du professeur de D�fense -"</p><p>"M. Potter est un <emphasis>Occlumens</emphasis> ? Tu lui as donn� une cape d'invisibilit� <emphasis>et</emphasis> il est immunis� contre le Veritaserum <emphasis>et</emphasis> il est<emphasis> ami avec les jumeaux Weasley ?</emphasis> Albus, as-tu la moindre id�e de ce que tu as d�cha�n� sur cette �cole ?" sa voix �tait presque devenue un cri per�ant. "Lorsqu'il sera arriv� en septi�me ann�e il ne restera rien de Poudlard hormis un trou fumant !"</p><p>Albus se pencha dans son grand fauteuil rembourr� et dit en souriant : "N'oublie pas le Retourneur de Temps."</p><p>Elle cria alors, mais doucement.</p><p>Severus encha�na d'une voix tra�nant : "Devrais-je lui apprendre � mijoter du Polynectar ? Je pose la question par pur souci de compl�tude, au cas o� vous ne seriez pas satisfait par l'ampleur de votre d�sastre de compagnie."</p><p>"Peut-�tre l'ann�e prochaine," dit Albus. "Mes tr�s chers amis, la question est de savoir si Harry Potter a fait dispara�tre Bellatrix Black d'Azkaban, ce qui, m�me � l'aune de mon jugement tol�rant, d�passe les bornes de l'entrain de la jeunesse."</p><p>"Excusez-moi, monsieur le directeur," dit Severus de l'un des sourires les plus secs qu'elle l'avait jamais vu donner � Albus, "mais je ferai savoir mon opinion : la r�ponse est non. Cela est purement et simplement l'�uvre du Seigneur des T�n�bres."</p><p>"Alors comment se fait-il," dit Albus, et tout humour avait soudain quitt� sa voix, "que lorsque j'ai essay� de r�cup�rer Harry imm�diatement apr�s son arriv�e au Chemin de Traverse, j'ai d�couvert que cela produirait un paradoxe ?"</p><p>Minerva s'enfon�a encore plus dans sa chaise, laissa son coude gauche tomber sur le dur accoudoir, fit reposer sa t�te sur sa main et ferma les yeux de d�sespoir.</p><p>Il y avait un proverbe qui circulait dans des cercles ferm�s selon lequel seul un Auror sur trente �tait qualifi� pour enqu�ter sur des cas impliquant des Retourneurs de Temps ; et parmi cette poign�e, la moiti� qui n'�tait pas <emphasis>d�j�</emphasis> cingl�e le serait bient�t.</p><p>"Vous soup�onnez donc," disait la voix de Severus, "que Potter est all� du Chemin de Traverse � Azkaban, puis qu'il a ensuite fait une boucle retour jusqu'au Chemin de Traverse o� nous l'avons r�cup�r� -"</p><p>"Pr�cis�ment," dit la voix d'Albus. "Bien qu'il soit aussi possible que Voldemort ou ses serviteurs aient �t� pr�sents afin de s'assurer que Harry �tait bien arriv� au Chemin de Traverse avant de commencer leur tentative d'�vasion � Azkaban. Et qu'ils avaient quelqu'un disposant d'un Retourneur de Temps qui transmettrait le message de leur r�ussite en arri�re dans le temps pour d�clencher l'enl�vement. C'�tait de fait mon soup�on quant � cette �ventualit� qui m'a pouss� � vous envoyer avec Minerva, seuls, avant que je ne me rende � Azkaban. Je pensais alors que leur �vasion �chouerait, mais si r�cup�rer Harry Potter impliquait l'observation de leur �chec final je n'aurais alors pas pu me rendre � Azkaban apr�s avoir interagi avec lui puisque le futur d'Azkaban ne peut pas entrer en contact avec son pass�. Lorsque, � Azkaban, je n'ai re�u aucun message ni de toi ni de Minerva ni de Flitwick � qui j'avais dit d'essayer de vous contacter, j'ai su que votre interaction avec Harry Potter avait constitu� une interaction avec le futur d'Azkaban, ce qui voulait dire que quelqu'un envoyait des messages dans le Temps -"</p><p>La voix d'Albus s'interrompit.</p><p>"Mais, monsieur le directeur," dit Severus, "<emphasis>vous</emphasis> �tes revenu du futur d'Azkaban et avez interagi avec nous..."</p><p>La voix du ma�tre des potions resta en suspens.</p><p>"Mais Severus, si j'avais <emphasis>re�u</emphasis> des message de toi ou de Minerva disant que Harry �tait en s�curit�, je n'aurais pas en premier lieu remont� le temps pour -"</p><p>"Monsieur le directeur, je pense que nous devrions dessiner des diagrammes."</p><p>"Je suis d'accord, Severus."</p><p>Il y eut le bruit d'un parchemin �tendu sur une table, puis de plumes qui le grattaient, puis d'autres d�bats.</p><p>Minerva �tait assise dans sa chaise, la t�te dans sa main, les yeux clos.</p><p>Elle avait un jour entendu cette histoire au sujet d'un criminel qui �tait entr� en possession d'un Retourneur de Temps parce que le D�partement des myst�res avait pris l'ex�crable d�cision de lui en confier un ; un Auror avait re�u pour t�che de suivre la piste de ce criminel du temps anonyme et avait lui-m�me re�u un Retourneur de Temps ; et l'histoire se terminait alors qu'ils �taient tous deux dans l'aile de Ste Mangouste r�serv�e au Cingl�s Irr�cup�rables.</p><p>Minerva resta assise l� les yeux clos et s'effor�a de ne pas �couter ce qu'ils disaient, de ne pas y penser, de ne pas devenir folle.</p><p>Au bout d'un moment, les d�bats sembl�rent s'�tre taris et elle dit : "Le Retourneur de Temps de M. Potter ne peut op�rer qu'entre neuf heures du soir et minuit. Albus, a-t-on touch� � la coque protectrice ?"</p><p>"Pas selon mes sortil�ges les plus raffin�s," r�pondit-il. "Mais les coques protectrices sont r�centes ; se jouer des pr�cautions des Langues-de-Plomb et n'en laisser aucune trace n'est... peut-�tre <emphasis>pas</emphasis> impossible."</p><p>Elle ouvrit les yeux et vit que Severus et le directeur regardaient fixement un parchemin couvert de pattes de mouches entortill�es qui l'auraient certainement rendue folle si elle avait essay� de les comprendre.</p><p>"En �tes-vous arriv�s � la moindre <emphasis>conclusion</emphasis> ?" dit-elle. "Et s'il vous pla�t, ne me dites pas comment vous y �tes arriv�s."</p><p>Severus et le directeur se regard�rent l'un l'autre puis se tourn�rent vers elle.</p><p>"Nous avons conclu," dit le directeur avec le plus grand s�rieux, "que soit Harry est impliqu�, soit il ne l'est pas ; que soit Voldemort a acc�s � un Retourneur de Temps, soit il n'y a pas acc�s ; et qu'ind�pendamment de ce qui a eu lieu dans l'enceinte d'Azkaban, personne ne pourrait s'�tre rendu au cimeti�re de Little Hangleton pendant la p�riode o� Maugrey l'a d�j� regard� depuis mon propre pass�."</p><p>"Plus bri�vement," dit Severus d'une voix tra�nante, "nous ne savons rien, ch�re Minerva ; m�me s'il semble au minimum <emphasis>probable</emphasis> qu'un autre Retourneur de Temps est impliqu� dans l'affaire d'une fa�on ou d'une autre. En ce qui me concerne, je soup�onne Potter d'avoir �t� soudoy�, tromp� ou menac� dans le but de lui faire transporter des messages dans le pass�, peut-�tre m�me au sujet de cette �vasion. Je n'�noncerai pas l'�vidence quant � qui pourrait tirer ses ficelles. Mais je sugg�re qu'� neuf heures ce soir nous voyons si Potter est capable de revenir de six heures en arri�re, jusqu'� trois heures de l'apr�s-midi, afin de d�terminer s'il n'a pas encore utilis� son Retourneur de Temps.</p><p>"Cela semble �tre sage de toute fa�on," dit Dumbledore. "Assure-toi que ce soit fait, Minerva, et dis � Harry de passer � mon bureau quand cela lui conviendra."</p><p>"Mais soup�onne-tu toujours Harry d'avoir �t� directement impliqu� dans l'�vasion elle-m�me ?" r�pondit-elle.</p><p>"Possible mais peu probable," dit Severus � l'instant m�me o� Albus disait : "Oui."</p><p>Minerva pin�a l'ar�te de son nez, inspira profond�ment et laissa l'air sortir. "Albus, Severus, quelle <emphasis>raison</emphasis> M. Potter pourrait-il avoir de faire une chose pareille !"</p><p>"Je ne peux en concevoir aucune," dit Albus, "mais il demeure que seule la magie de Harry, de tous les moyens que je connaisse, aurait pu -"</p><p>"Attendez," dit Severus. Son visage s'�tait vid� de toute expression. "Une id�e me vient, je dois v�rifier -" Le ma�tre des potions s'empara d'une pinc�e de cheminette et traversa la pi�ce d'un pas vif en direction du feu - vers lequel Albus agita h�tivement sa baguette afin de l'allumer - et Severus disparut dans un grand �clat de feu vert au son des mots "Serpentard, bureau du directeur".</p><p>Elle et Albus se regard�rent et hauss�rent les �paules ; puis Albus retourna � son �tude du parchemin.</p><p>Ce n'est que quelques minutes plus tard que Severus surgit hors de la chemin�e en �poussetant des traces de cendres de ses v�tements.</p><p>"Bien," dit le ma�tre des potions. De nouveau le visage vide de tout expression. "J'ai peur que M. Potter ait un motif."</p><p>"Parle !" dit Albus.</p><p>"J'ai trouv� Lesath Lestrange en train d'�tudier dans la salle commune de Serpentard," dit Severus. "Il n'a pas h�sit� � croiser mon regard. Et il semble que M. Lestrange n'appr�cie pas l'id�e que ses parents soient � Azkaban dans le froid et dans les t�n�bres tandis que les D�traqueurs drainent leur vie et les font souffrir chaque seconde de chaque jour, et il l'a dit � M. Potter en des termes aussi �loquents avant de le supplier de les faire sortir. Car voyez-vous, M. Lestrange a entendu dire que le Survivant est capable de tout."</p><p>Albus et elle �chang�rent un regard.</p><p>"Severus," dit Minerva, "m�me Harry... a <emphasis>certainement</emphasis>... plus de bons sens que <emphasis>�a</emphasis>..."</p><p>Sa voix resta en suspens.</p><p>"M. Potter pense qu'il est Dieu," dit Severus, le visage parfaitement neutre, "et Lesath Lestrange est tomb� � genoux devant lui en le priant de tout son c�ur."</p><p>Minerva regarda Severus. Elle se sentit malade. Elle avait �tudi� la religion Moldue - c'�tait la raison la plus courante pour laquelle on devait effacer la m�moire des parents de n�s-Moldus - et elle en savait assez pour comprendre ce que Severus venait de dire.</p><p>"Quoi qu'il en soit," dit le ma�tre des potions. "J'ai regard� en M. Lestrange pour savoir s'il �tait au courant de l'�vasion de sa m�re. Il n'en a pas entendu parler. Mais � l'instant o� il l'apprendra, il en conclura que le responsable est Harry Potter."</p><p>"Je vois..." dit lentement Albus. "Merci, Severus. C'est une bonne nouvelle."</p><p>"<emphasis>Une bonne nouvelle</emphasis> ?" �clata Minerva.</p><p>Albus la regarda d'une expression � pr�sent aussi neutre que celle de Severus ; et elle se souvint brusquement qu'Albus aussi avait - "C'est la meilleure raison possible pour laquelle on pourrait vouloir faire sortir Bellatrix d'Azkaban," dit ce dernier d'une voix basse. "Et si ce n'est pas <emphasis>Harry</emphasis>, rappelons-nous que c'est alors certainement Voldemort lui-m�me en train de jouer son premier coup. Mais ne jugeons pas h�tivement alors que nous ignorons tant et sommes sur le point d'en apprendre beaucoup."</p><p>Il se leva une fois de plus, alla jusqu'� la chemin�e qui �tait toujours allum�e et jeta une autre pinc�e de poudre verte avant de passer sa t�te dans les flammes. "D�partement de la justice magique," dit-il, "bureau du directeur."</p><p>Au bout d'un moment, on put distinctement entendre la voix abrupte de madame Bones : "De quoi s'agit-il, Albus ? Je suis plut�t occup�e."</p><p>"Am�lia," dit Albus, "je te prie de me faire part de tout ce que tu as d�couvert sur cette affaire."</p><p>Il y eut un moment de silence. "Oh," dit la voix froide de madame Bones � travers le feu br�lant, "et j'imagine que ce sera r�ciproque ?"</p><p>"Cela se pourrait," dit Albus d'une voix calme.</p><p>"Si un Auror meurt � cause de tes r�ticences, vieux fouineur, je t'en tiendrai pour enti�rement responsable."</p><p>"Je comprends, Am�lia," r�pondit-il, "mais je ne souhaite certainement pas �tre une source d'incr�dulit� ou de panique inutile -"</p><p>"<emphasis>Bellatrix Black</emphasis> s'est �chapp�e d'<emphasis>Azkaban</emphasis> ! Quel genre de panique ou d'incr�dulit� penses-tu que je vais qualifier <emphasis>d'inutile</emphasis> dans une situation pareille ?"</p><p>"Je te demanderai peut-�tre de te souvenir de ces mots," dit le vieux sorcier � travers les flammes vertes. "Car si j'apprends que mes peurs ne sont pas sans fondement, alors tu les <emphasis>sauras</emphasis>. Et maintenant Am�lia, je t'en prie, si tu as appris quoi que ce soit, dis-le moi."</p><p>Il y eut un autre silence, puis la voix de Madame Bones dit : "j'ai une information qui me vient de quatre heures dans le futur, Albus. En veux-tu toujours ?"</p><p>Albus s'interrompit -</p><p>(soupesant, Minerva le savait, l'�ventualit� qu'il puisse vouloir revenir plus de deux heures dans le pass� ; car on ne pouvait envoyer des informations plus de six heures dans le pass�, pas m�me en utilisant plusieurs Retourneurs de Temps).</p><p>- et dit enfin : "Oui, s'il te pla�t."</p><p>"Nous avons eu de la chance," dit la voix de madame Bones, "l'un des Aurors t�moins de l'�vasion est un Moldu et il nous a dit que le sortil�ge de feu volant, comme nous l'avons appel�, n'est peut-�tre pas un sort du tout mais un produit de l'artisanat Moldu."</p><p>Ce fut comme un coup de poing dans l'estomac et la naus�e de Minerva redoubla. Quiconque avait observ� la L�gion du Chaos savait de qui cela r�v�lait la marque...</p><p>La voix de madame Bones continua : "Nous avons fait venir Arthur Weasley du Service des d�tournements de l'artisanat Moldu - il en sait plus sur les fabrications Moldues que tout autre sorcier - nous lui avons donn� les descriptions que les Aurors avaient fait de la sc�ne et il perc� ce myst�re. C'est un produit de l'artisanat moldu appel� une fouli�e, et ils appellent �a comme �a parce qu'il faudrait �tre fou � lier pour monter � bord d'une chose pareille. Il n'y a pas six ans, l'une de leurs fouli�es a explos�, ce qui a tu� des centaines de Moldus en l'espace d'un instant et a failli mettre le feu � la Lune. Weasley dit que les fouli�es utilisent un type de science particulier appel� r�action oppos�e, donc le plan est de d�velopper un sort qui emp�chera ce type de science de fonctionner pr�s d'Azkaban."</p><p>"Merci Am�lia," dit gravement Albus. "Est-ce tout ?"</p><p>"Je vais v�rifier si nous n'avons rien de six heures plus tard," dit la voix de madame Bones, "on ne me l'aurait pas dit m�me si c'�tait le cas, mais je vais ordonner qu'on te le dise. Y-a-t-il quelque chose que <emphasis>tu</emphasis> voudrais me dire, Albus ? Laquelle des deux possibilit�s est la plus probable ?"</p><p>"Pas encore, Am�lia," dit Albus, "mais j'aurais peut-�tre quelque chose � te dire tr�s bient�t."</p><p>Il s'�carta alors du feu, qui redevint des flammes jaunes ordinaires. Chaque minute de la vie du vieux sorcier, chaque seconde depuis sa naissance, chaque seconde ajout�e par le Retourneur de Temps, tout cela et quelques d�cennies de plus caus�es par le stress �taient visibles sur son visage rid�.</p><p>"Severus ?" dit le vieux sorcier. "De quoi s'agissait-il vraiment ?"</p><p>"Une fus�e," dit le ma�tre des potions au sang m�l� qui avait grandi dans la ville Moldue appel�e l'Impasse du Tisseur. "Une technologie Moldue des plus impressionnantes."</p><p>"Est-il probable que <emphasis>Harry</emphasis> connaisse un tel art ?"</p><p>Severus r�pondit d'une voix tra�nante : "Oh, un gar�on tel que M. Potter saura <emphasis>tout</emphasis> sur les fus�es ; cela est certain, ch�re Minerva. Il faut vous souvenir que les choses sont diff�rentes dans le monde Moldu." Il fron�a les sourcils. "Mais les fus�es <emphasis>sont</emphasis> dangereuses et ch�res..."</p><p>"Harry a vol� et cach� une fraction inconnue de l'argent plac� dans sa chambre forte � Gringotts, peut-�tre des milliers de Gallions," dit le directeur, puis, � ses comparses : "tel n'�tait <emphasis>pas</emphasis> mon plan, mais j'ai commis l'erreur d'envoyer le professeur de D�fense superviser Harry lorsqu'il eut � retirer cinq Gallions afin d'acheter des cadeaux de No�l..." il haussa les �paules. "Oui, j'admets que r�trospectivement, c'�tait de la folie. Continuons."</p><p>Minerva se cogna doucement la t�te plusieurs fois contre l'appuie-t�te de sa chaise.</p><p>"Cela dit, monsieur le directeur," dit Severus. "Ce n'est pas parce que les Mangemorts n'ont pas utilis� d'engin Moldu pendant la premi�re guerre qu'<emphasis>il</emphasis> ignore leur existence. Des fus�es transform�es en armes sont tomb�es sur l'Angleterre c�t� Moldu pendant la guerre de Grindelwald. Si, comme vous nous l'avez dit, il a pass� les �t�s de ces ann�es dans un orphelinat Moldu... alors il conna�t lui aussi les fus�es Moldues. Et s'il a �cout� les comptes-rendus de l'utilisation que M. Potter fait des engins Moldus pendant les simulations de combat, il a certainement appris � utiliser la force de son ennemi et � les am�liorer lui-m�me. Il pense <emphasis>exactement</emphasis> comme �a ; tout pouvoir sur lequel il pose les yeux devient l'objet de son d�sir."</p><p>Le vieux sorcier �tait immobile, parfaitement fig�, m�me les cheveux de sa barbes s'�taient solidifi�s, tels des fils de pierre ; et l'id�e vint � Minerva, la plus effrayante qu'elle ait jamais eu, que Albus Dumbledore avait �t� p�trifi� par l'horreur.</p><p>"Severus," dit-il, et sa voix failli se briser, "te rends-tu compte de ce que tu dis ? Si Harry Potter et Voldemort combattent au moyen d'armes Moldues, le monde ne sera plus qu'un champ de flammes !"</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit Minerva. Bien s�r, elle avait entendu parler des armes � feu, mais elles n'�taient pas <emphasis>si</emphasis> dangereuses que �a pour une sorci�re exp�riment�e -</p><p>Severus parla comme si elle n'avait pas �t� l�. "Alors peut-�tre envoie-t-il d�lib�r�ment cet avertissement � Harry Potter, disant ainsi que toute attaque par une arme Moldue provoquera des repr�sailles du m�me type. Ordonnez � M. Potter de cesser d'utiliser la technologie Moldue en bataille ; cela montrera que le message est re�u... et le privera d'une source d'inspiration." Severus fron�a les sourcils. "Quoique, maintenant que j'y pense, M. Malfoy - et bien s�r Mlle Granger - eh bien, � la r�flexion un interdit g�n�ral sur la technologie semblerait plus sage -"</p><p>Le vieux sorcier se pressa les mains sur le front et une voix chancelante s'�chappa de ses l�vres : "Je commence � <emphasis>esp�rer</emphasis> que Harry est derri�re cette �vasion... que Merlin nous prot�ge, qu'ais-je fait, qu'ais-je fait, que va-t-il advenir du monde ?"</p><p>Severus haussa les �paules. "� en croire les rumeurs, les armes Moldues ne sont que l�g�rement pires que les aspects les plus... <emphasis>�sot�riques</emphasis> de la magie -"</p><p>"<emphasis>Pires ?</emphasis>" s'�trangla Minerva, puis elle ferma la bouche comme si on l'y avait forc�e.</p><p>"Pire que tout autre danger, en ces temps incertains," dit Albus. "Mais pas pire que ce qui a fait dispara�tre Atlantis du Temps."</p><p>Minerva le regardait fixement et sentait que de la sueur commen�ait � perler le long de sa colonne vert�brale.</p><p>Severus continua de s'adresser � Albus : "Tous les Mangemorts � part Bellatrix l'auraient trahi, tous ses sympathisants se seraient retourn�s contre lui et tous les pouvoirs du monde auraient converg� afin de le d�truire s'il s'�tait montr� imprudent dans son maniement d'une source de puissance dangereuse. La situation actuelle est-elle si diff�rente ?"</p><p>Un peu de vie et un peu de couleur �taient revenus sur le visage du vieux sorcier. "Peut-�tre pas..."</p><p>"Et quoi qu'il en soit," dit Severus avec un sourire l�g�rement condescendant, "les armes Moldues ne sont pas si faciles que �a � obtenir, ni pour mille Gallions ni pour un millier de millier de Gallions."</p><p><emphasis>Harry ne m�tamorphose-t-il pas simplement les appareils qu'il utilise en bataille ?</emphasis> pensa Minerva, mais avant qu'elle puisse ouvrir la bouche pour poser la question -</p><p>La chemin�e cracha des flammes vertes et entre elles apparut le visage de l'assistant de madame Bones, Pius Thicknesse. "Monsieur le pr�sident sorcier ?" dit-il. "J'ai un rapport � vous rendre, transmis -" les yeux de Thicknesse pass�rent sur Minerva et Severus, "il y a six minutes."</p><p>"Vous voulez dire dans six heures," dit Albus. "Ces deux-l� peuvent l'entendre ; donnez-moi votre rapport."</p><p>"Nous savons comment ils ont fait," dit Thicknesse. "Dans la cellule de Bellatrix Black, cach�e dans un coin, se trouvait une fiole vide ; et des tests sur le fluide encore restant ont r�v�l� qu'il s'agissait d'une potion d'Animagus."</p><p>Il y eut un long silence.</p><p>"Je vois..." dit Albus avec difficult�.</p><p>"Pardon ?" dit Minerva. Elle ne comprenait pas.</p><p>La t�te de Thicknesse se tourna vers elle. "Madame McGonagall, les Animagus sous forme animale int�ressent moins les D�traqueurs. Tous les prisonniers sont test�s avant leur arriv�e � Azkaban et s'il sont Animagus alors leur forme animale est d�truite. Mais nous n'avions pas envisag� la possibilit� que l'un d'eux puisse devenir un Animagus <emphasis>apr�s</emphasis> �tre entr� � Azkaban en buvant la potion et en m�ditant sous la protection d'un Patronus -"</p><p>"J'ai cru comprendre," dit Severus, ayant de nouveau adopt� son ton hautain habituel, "que les m�ditations d'Animagus requ�raient un temps consid�rable."</p><p>"Eh bien, M. Rogue," aboya Thicknesse, "nos archives montrent que Bellatrix Black �tait un Animagus <emphasis>avant</emphasis> d'�tre envoy�e � Azkaban et que sa forme animale soit d�truite ; alors peut-�tre que sa <emphasis>seconde</emphasis> m�ditation n'a pas pris autant de temps que la premi�re !"</p><p>"Je n'aurais pas cru qu'un prisonnier d'Azkaban soit capable d'une telle chose..." dit Albus."Mais Bellatrix Black �tait une sorci�re des plus puissantes avant son incarc�ration, et si certaines personnes le peuvent, Bellatrix est l'une d'elles. Azkaban peut-elle �tre prot�g�e contre cette m�thode ?"</p><p>"Oui," dit la t�te tr�s s�re d'elle de Pius Thicknesse. "Nos experts disent qu'il est quasiment inimaginable qu'une m�ditation d'Animagus puisse �tre termin�e en moins de trois heures, avec ou sans exp�rience pr�alable. Toutes les visites des prisonniers qui y ont droit seront dor�navant limit�es � deux heures et les D�traqueurs nous informeront si un Patronus est maintenu dans l'enceinte de la prison pendant plus longtemps."</p><p>Albus sembla attrist� en entendant cela mais il hocha la t�te. "Je vois. Il n'y aura pas d'autres tentatives de la sorte, bien s�r, mais ne rel�chez pas votre vigilance. Et lorsqu'Am�lia aura entendu tout ceci, dites-lui que j'ai des informations pour elle."</p><p>La t�te de Pius Thicknesse disparut sans ajouter un mot.</p><p>"Pas d'autres tentatives...?" dit Minerva.</p><p>"Parce que, ch�re Minerva," dit Severus de sa voix tra�nante, pas tout � fait d�barrass� de son ton hautain usuel, "si le Seigneur des T�n�bres avait pr�vu de lib�rer un autre des ses serviteurs d'Azkaban, il n'aurait pas laiss� derri�re lui une fiole r�v�lant comment il a proc�d�." Severus fron�a les sourcils. "J'avoue... que je ne comprends quand m�me pas pourquoi la fiole a �t� laiss�e l�."</p><p>"C'est une sorte de message..." dit lentement Albus. "Et je vois pas ce qu'il signifie, pas du tout...". Il battit des doigts sur son bureau.</p><p>Pendant une longue minute, ou peut-�tre trois, le vieux sorcier regarda dans le vide, les sourcils fronc�s, tandis que Severus restait lui aussi assis en silence.</p><p>Puis Albus secoua la t�te en signe de consternation et dit : "Severus, comprends-<emphasis>tu </emphasis>ceci ?"</p><p>"Non," dit le ma�tre des potions, puis avec un sourire sardonique : "ce qui vaut probablement mieux pour nous tous ; quoi que nous ayons �t� <emphasis>cens�s</emphasis> en d�duire, cette partie du plan a �chou�e."</p><p>"Vous �tes maintenant certains que <emphasis>c'est</emphasis> Vous-Savez... que c'est Voldemort ?" dit Minerva. "Un autre Mangemort ne pourrait pas avoir trouv� cette id�e ing�nieuse ?"</p><p>"Et qui saurait aussi ce qu'est une fus�e ?" dit s�chement Severus. "Je ne crois pas que les autres Mangemorts �taient aussi f�rus d'�tudes des Moldus. C'est lui."</p><p>"Je suis d'accord, c'est lui," dit Albus. "Azkaban est demeur�e invaincue pendant des si�cles pour tomber face � une potion Animagus ordinaire. C'est trop malin et trop impossible, ce qui a toujours �t� la marque de Voldemort depuis l'�poque o� il �tait connu sous le nom de Tom Riddle. Celui qui voudrait falsifier cette signature devrait �tre aussi rus� que Voldemort lui-m�me. Et il n'y a personne d'autres dans le monde qui surestimerait mon intelligence par erreur et me laisserait un message que je ne peux absolument pas comprendre."</p><p>"� moins qu'il ne vous ait parfaitement estim�," dit Severus d'une voix sans timbre, "auquel cas c'est exactement ce qu'il voulait que vous pensiez."</p><p>Albus soupira. "En effet. Mais m�me s'il m'a parfaitement tromp�, nous pouvons au moins en conclure avec certitude que ce n'�tait pas Harry Potter."</p><p>Cela aurait d� �tre un soulagement et pourtant Minerva sentit le froid se r�pandre � travers sa colonne vert�brale et ses veines, � travers ses poumons et ses os.</p><p>Elle se souvenait de conversations semblables.</p><p>Elle se souvenait de conversations semblables il y a dix ans, � une �poque o� le sang coulait tant � travers l'Angleterre qu'il formait des fleuves, o� les sorciers et les sorci�res qu'elle avait un jour eu pour �l�ves se faisaient massacrer par centaines ; elle se souvenait de maisons qui br�laient, d'enfants qui hurlaient, d'�clats de lumi�re verte -</p><p>"Que direz-vous � madame Bones ?" chuchota-t-elle.</p><p>Albus se leva et marcha jusqu'au centre de la pi�ce, sa main effleurant les appareils, ici un instrument lumineux, l� un autre sonore ; il r�ajusta ses lunettes d'une main et utilisa l'autre pour recentrer sa longue barbe d'argent sur ses robes, puis le vieux sorcier se retourna et leur fit face.</p><p>"Je lui dirai le peu que je sais de l'Art Noir nomm� horcrux par lequel une �me est priv�e de la mort," dit Albus Dumbledore d'une douce voix qui semblait emplir toute la pi�ce, "et je leur dirai ce qui peut �tre fait avec la chair du serviteur."</p><p>"Je lui dirai que je reconstitue l'Ordre du Ph�nix."</p><p>"Je lui dirai que Voldemort est de retour."</p><p>"Et que la seconde guerre des sorciers a commenc�e."</p><empty-line/><p><emphasis>Quelques heures plus tard...</emphasis></p><p>L'horloge antique plac�e contre le mur du bureau de la directrice adjointe avait des aiguilles d'or et des nombres d'argents ; elle tictaquait et s'�branlait sans bruit � mesure qu'elle avan�ait car un sortil�ge de silence avait �t� lanc� sur elle.</p><p>L'aiguille d'or des heures s'approcha du neuf d'argent, l'aiguille d'or des minutes fit de m�me, les deux composants du temps proches l'un de l'autre, sur le point de se trouver au m�me endroit sans jamais �tre entr�s en collision.</p><p>Il �tait 8h43 et le moment approchait o� le Retourneur de Temps de Harry s'ouvrirait afin d'�tre test� par une m�thode qu'aucun sortil�ge imaginable ne pourrait tromper � moins de savoir passer outre les lois du Temps lui-m�me. Ni corps ni �me, ni savoir ni substance ne pouvait ins�rer sept heures suppl�mentaires dans une journ�e. Elle inventerait un message sur le champ et dirait � Harry d'apporter ce message au professeur Flitwick six heures plus t�t, � trois heures de l'apr�s-midi, et elle demanderait au professeur s'il l'avait re�u � cette heure.</p><p>Et le professeur Flitwick lui dirait qu'il l'avait bien re�u � trois heures.</p><p>Et elle dirait � Severus et � Albus de faire <emphasis>un peu</emphasis> plus confiance � Harry la prochaine fois.</p><p>Le professeur McGonagall invoqua son Patronus et dit � son chat �tincelant : "Vas voir M. Potter et dis-lui ceci : 'M. Potter, veuillez vous rendre dans mon bureau d�s que vous entendez ceci sans rien faire d'autre en chemin.'"</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 62*: L'Exp�rience de Prison de Stanford, Fin</strong></p><p>Minerva leva les yeux vers l'horloge et observa les nombres d'argents, les aiguilles dor�es, leur mouvement saccad�. Des Moldus avaient invent� cela et les sorciers ne s'�taient pas souci�s de savoir quelle heure il �tait avant qu'ils ne le fassent. Apr�s sa construction de Poudlard on avait utilis� des cloches d�clench�es par des sabliers. C'�tait une de ces choses dont les Puristes du Sang auraient aim� qu'elles soient fausses, et que Minerva savait donc tr�s bien.</p><p>Elle avait re�u une mention d'excellence pour son A.S.P.I.C. en �tude des Moldus, ce qui la couvrait aujourd'hui de honte au vu de l'�tendue de son ignorance. Plus jeune d�j�, elle s'�tait rendue compte que le cours �tait une imposture enseign�e par un Puriste du Sang sous pr�texte que les n�s-Moldus n'�taient pas capables de juger de ce que les n�s-sorciers avaient besoin d'apprendre sur le sujet, en r�alit� parce que le conseil d'administration de Poudlard n'appr�ciait pas du tout les Moldus. Mais elle se souvenait avec tristesse qu'� dix-sept ans, la mention d'excellence avait eu bien plus d'importance que le reste.</p><p><emphasis>Si Harry Potter et Voldemort combattent au moyen d'armes Moldues, le monde ne sera plus qu'un champ de flammes !</emphasis></p><p>Si elle n'arrivait pas � se le repr�senter, c'est parce qu'elle n'arrivait pas � imaginer Harry Potter se battant contre Vous-Savez-Qui.</p><p>Elle avait fait face au Seigneur des T�n�bres quatre fois et avait surv�cu � chacune, trois fois prot�g�e par Albus et une fois avec Maugrey � ses c�t�s. Elle se souvenait du visage bris� semblable � celui d'un serpent, des �cailles visibles ici ou l� sur sa peau, des yeux rouges lumineux et de la voix qui riait d'un sifflement aigu et ne promettait rien d'autre que de la cruaut� et de la douleur : un monstre pur, absolu.</p><p>Et il lui �tait si simple de se repr�senter Harry Potter, le visage radieux d'un jeune gar�on qui oscillait entre le plus grand s�rieux pour ce qui �tait d�risoire et la plus grande d�rision pour ce qui �tait s�rieux.</p><p>Il �tait trop douloureux de les imaginer face � face, baguettes brandies.</p><p>Ils n'avaient pas le droit, ils n'avaient aucun droit de mettre �a sur les �paules d'un gar�on de onze ans. Elle savait ce que le directeur venait de d�cider au sujet de Harry car �a avait �t� � elle de prendre les disposition n�cessaires ; et s'il s'�tait s'agit d'elle au m�me age elle serait entr�e en rage, elle aurait hurl� et pleur�, elle aurait �t� inconsolable pendant des semaines, et...</p><p><emphasis>Il n'est pas un �l�ve de premi�re ann�e comme les autres,</emphasis> avait dit Albus. <emphasis>Il a �t� marqu� comme l'�gal du Seigneur des T�n�bres, et il poss�de un pouvoir que le Seigneur des T�n�bres ignore.</emphasis></p><p>Terrible voix creuse �manant avec force de la gorge de Sybille Trelawney, la v�ritable proph�tie originelle r�sonna une fois de plus dans son esprit. Elle avait l'impression que le sens n'�tait pas celui que le directeur avait cru y lire mais il �tait ne parvenait pas � formuler la nuance.</p><p>Cela semblait pourtant toujours vrai : s'il existait sur toute la Terre un enfant de onze ans capable de supporter de fardeau, c'�tait celui qui approchait son bureau � l'instant m�me. Et si elle disait quoi que ce soit qui s'approche de 'pauvre Harry' devant lui... eh bien, il n'aimerait pas �a.</p><p><emphasis>Donc maintenant je dois trouver un moyen de tuer un Seigneur des T�n�bres immortel,</emphasis> avait-il dit le jour o� il l'avait appris. <emphasis>J'aurais vraiment aim� que vous me disiez �a avant qu'on commence � faire du shopping.</emphasis>..</p><p>Cela faisait assez longtemps qu'elle �tait directrice de Gryffondor et elle avait vu assez de ses amis mourir pour savoir que certaines personnes personne ne pouvaient pas �tre mises � l'abri de leur destin�e h�ro�que.</p><p>On frappa � la porte et le professeur McGonagall dit : "Entrez."</p><p>Lorsque Harry entra, son visage avait la m�me expression froide et alerte qu'elle avait vue � chez Marie ; et elle se demanda l'espace d'un instant s'il avait rev�tu ce masque, ce soi, pendant toute la journ�e.</p><p>Le jeune gar�on s'assit sur la chaise qui faisait face au bureau et dit : "Le moment est-il venu o� l'on me dit ce qui se passe ?" Les mots �taient neutres, au contraire du tranchant qui aurait d� accompagner l'expression pr�sente sur son visage.</p><p>Les sourcils du professeur McGonagall s'�lev�rent sous le coup de la surprise avant qu'elle ne puisse les retenir et elle dit : "Le directeur ne vous a rien dit, M. Potter ?"</p><p>Le gar�on secoua la t�te. "Seulement qu'il avait re�u un avertissement selon lequel je pourrais �tre en danger mais que j'�tais � pr�sent en s�curit�."</p><p>Minerva avait du mal � croiser son regard. Comment pouvaient-ils lui <emphasis>faire</emphasis> �a, comment pouvaient-ils tout remettre entre les mains d'un gar�on de onze ans, cette guerre, ce destin, cette proph�tie... et ils ne lui faisaient m�me pas <emphasis>confiance</emphasis>...</p><p>Elle s'obligea � regarder Harry en face et vit que ses yeux verts �taient calmes, braqu�s sur elle.</p><p>"Professeur McGonagall ?" dit le gar�on d'une voix basse.</p><p>"M. Potter," dit-elle, "j'ai peur que ce ne soit pas � moi de vous l'expliquer, mais si apr�s ce qui va suivre le directeur ne vous dit <emphasis>toujours</emphasis> rien, vous pourrez revenir me revoir et j'irai lui crier dessus pour vous."</p><p>Les yeux du gar�on s'�carquill�rent, une partie du v�ritable Harry qui se r�v�lait par une faille avant que le masque compos� ne se remette en place.</p><p>"Quoi qu'il en soit," dit-elle vivement. "Je suis navr�e du d�rangement, M. Potter, mais je dois vous demander d'utiliser votre Retourneur de Temps pour revenir six en heures en arri�re, � trois heures de l'apr�s-midi afin de donner le message suivant au professeur Flitwick : Argent sur le trois. Demandez au professeur de noter l'heure � laquelle vous lui avez donn� le message. Et le directeur souhaite vous voir ensuite, quand cela vous conviendra."</p><p>Il y eut un silence.</p><p>Puis le gar�on dit : "Suis-je donc soup�onn� d'avoir fait un usage abusif de mon Retourneur de Temps ?"</p><p>"Pas par <emphasis>moi</emphasis> !" dit le professeur McGonagall avait h�te. "Je <emphasis>suis</emphasis> navr�e pour le d�rangement, M. Potter."</p><p>Il y eut un autre silence et le jeune gar�on haussa les �paules. "Cela va interf�rer avec mon rythme de sommeil mais je suppose qu'on ne peut rien y faire. Merci de faire savoir aux elfes de maison qu'ils devront obtemp�rer si je demande un petit-d�jeuner tr�s matinal, disons � trois heures demain matin."</p><p>"Bien s�r, M. Potter," dit-elle. "Merci de votre compr�hension."</p><p>Le gar�on se leva de sa chaise et lui offrit un salut formel avant de se glisser hors de la pi�ce, sa main allant d�j� sous sa chemise, l� o� son Retourneur de Temps l'attendait ; et elle faillit appeler : <emphasis>Harry !</emphasis> ; mais elle n'aurait pas su quoi dire ensuite.</p><p>Au lieu de cela elle attendit, les yeux sur l'horloge.</p><p>Combien de temps devait-elle attendre avant que Harry Potter ne remonte dans le temps ?</p><p>Elle n'avait en fait pas besoin d'attendre du tout ; s'il l'avait fait, alors �a avait d�j� eu lieu...</p><p>Minerva sut alors qu'elle diff�rait parce qu'elle �tait nerveuse et fut attrist�e de s'en rendre compte. Une espi�glerie, oui, une espi�glerie impensable, ineffable, avec toute la prudence et la pr�voyance d'une pierre en chute libre - elle ne savait pas comment le gar�on �tait parvenu � tromper le Choixpeau pour qu'il ne le r�partisse pas � Gryffondor, o� il aurait �videmment d� �tre - mais rien de t�n�breux, rien de malfaisant, jamais. Sous l'espi�glerie se cachait sa bont�, aussi profonde et v�ritable que celle des jumeaux Weasley, m�me si un sortil�ge de Doloris n'aurait pas suffit � faire qu'elle le dise � voix haute.</p><p>"<emphasis>Expecto Patronum</emphasis>," dit-elle, puis : "Vas voir le professeur Flitwick et rapporte sa r�ponse apr�s lui avoir demand� ceci : 'M. Potter t'a-t-il donn� un message de moi, quel �tait ce message, et quand l'as-tu re�u ?'"</p><empty-line/><p>Une heure plus t�t, apr�s avoir utilis� la derni�re heure de son Retourneur de Temps et avoir enfil� sa Cape d'Invisibilit�, Harry remit le sablier sous sa chemise.</p><p>Et il se dirigea vers les donjons de Serpentard aussi vite que ses jambes invisibles lui permettaient de le faire sans n�anmoins courir. La directrice adjointe �tait heureusement d�j� � un �tage de lui...</p><p>Quelques escaliers dont les marchent furent descendues deux � deux mais pas trois � trois plus tard, Harry s'arr�ta dans un couloir au fond duquel se trouvait l'entr�e des dortoirs de Serpentard.</p><p>Il prit un morceau de parchemin (et non pas de papier), une Plume � Papote (et non pas un stylo) de sa bourse et dit � la plume : "�cris exactement les lettres suivantes : Z-P-N-S-Y N-E-T-R-A-G-F-H-E-Y-R-G-E-B-V-F."</p><p>Il existait deux types de codes cryptographiques : ceux qui emp�chaient votre petit fr�re de lire vos messages et ceux qui emp�chaient d'importants gouvernements de les lire ; il s'agissait l� du premier type, mais c'�tait mieux que rien. En th�orie personne n'�tait cens� le lire mais si cela arrivait, cette personne ne se souviendrait de rien d'int�ressant � moins d'avoir auparavant appris ce qu'�tait la cryptographie.</p><p>Harry mit le message dans une enveloppe en parchemin, et de sa baguette il la cacheta d'un peu de cire verte.</p><p>En principe, Harry aurait bien s�r pu faire tout cela des heures plus t�t, mais attendre d'avoir <emphasis>entendu</emphasis> le message des l�vres du professeur McGonagall lui donnait �trangement l'impression de moins Jouer avec le Temps.</p><p>Il mit ensuite cette enveloppe dans une seconde enveloppe qui contenait d�j� une autre feuille de papier porteuse d'autres instructions ainsi que de cinq Mornilles d'argent.</p><p>Il ferma cette enveloppe (� l'ext�rieur de laquelle un nom �tait d�j� inscrit), la cacheta d'un peu plus de cire verte, et pla�a une derni�re Mornille sur ce sceau.</p><p>Puis il mit <emphasis>cette</emphasis> enveloppe dans une derni�re enveloppe, sur laquelle �tait �crit en grandes lettres : "Merry Tavington".</p><p>Puis il se pencha au tournant du couloir pour regarder le portrait grincheux et gardien de la porte des dortoirs de Serpentard, qui attendait ; et comme Harry ne souhaitait pas que le portrait se souvienne de n'avoir pas vu quelqu'un d'invisible, il fit l�viter l'enveloppe jusqu'� l'homme grincheux et la pressa contre lui.</p><p>L'homme renfrogn� baissa les yeux vers l'enveloppe, l'observa � travers un monocle, soupira et sa tourna pour faire face � l'int�rieur des dortoirs Serpentard avant d'appeler : "Message pour Merry Tavington !"</p><p>L'enveloppe put alors tomber au sol.</p><p>Et quelques instants plus tard la porte du portrait s'ouvrit et Merry se saisit de l'enveloppe.</p><p>Elle l'ouvrirait et y trouverait une Mornille ainsi qu'une enveloppe destin�e � une �l�ve de quatri�me ann�e pr�nomm�e Margaret Bulstrode.</p><p>(Les Serpentard faisaient tout le temps ce genre de choses, et un Mornille �tait indubitablement le signe d'une commande urgente).</p><p>Margaret ouvrirait <emphasis>son</emphasis> enveloppe et y trouverait cinq Mornilles ainsi qu'une enveloppe � d�poser dans une salle de classe inusit�e...</p><p>...<emphasis>apr�s</emphasis> avoir utilis� son Retourneur de Temps pour revenir cinq heures en arri�re...</p><p>...ce sur quoi, si elle avait �t� assez rapide, elle trouverait cinq autres Mornilles qui l'attendaient.</p><p>Et un Harry Potter invisible attendrait dans cette salle de classe entre trois heures et trois heures et demie de l'apr�s midi, juste au cas o� quelqu'un essaierait ce test �vident.</p><p>Enfin, �vident pour le professeur Quirrell en tout cas.</p><p>Le professeur Quirrell avait aussi trouv� �vident que (a) Margaret Bulstrode avait un Retourneur de Temps et (b) elle en faisait une utilisation assez libre, par exemple en disant � sa jeune s�ur des potins juteux "avant" que qui que ce soit d'autre ne les ait entendus.</p><p>Une partie du stress le quitta lorsqu'il s'�loigna de la porte du portrait, toujours invisible. Son esprit avait r�ussi � s'inqui�ter de la r�ussite du plan m�me en <emphasis>sachant</emphasis> qu'il avait d�j� r�ussi. Il ne restait maintenant plus que la confrontation avec Dumbledore et il en aurait fini pour la journ�e... il irait � la gargouille du directeur � neuf heures du soir car s'y rendre � huit heures serait suspect. Il pourrait donc pr�tendre avoir seulement mal compris ce que le professeur McGonagall avait voulu dire par "ensuite"...</p><p>Lorsqu'il pensa au professeur McGonagall, une vague douleur serra de nouveau la poitrine de Harry.</p><p>Alors il se retira un peu plus profond�ment dans son c�t� obscur, qui avait maintenu une expression calme, qui avait masqu� la fatigue, qui avait continu� de marcher.</p><p>Un jour, il aurait � rendre des comptes, mais parfois il fallait emprunter le maximum et laisser les factures � demain.</p><empty-line/><p>Lorsque les escaliers en spirales eurent men� Harry jusqu'� la grande porte en ch�ne qui constituait le dernier obstacle avant le bureau de Dumbledore, m�me son c�t� obscur commen�ait � c�der � l'�puisement ; mais puisqu'il �tait maintenant <emphasis>l�galement</emphasis> quatre heures au-del� de son coucher habituel, il serait sans danger de r�v�ler une partie du caract�re physique de cette fatigue tout en continuant de masquer son aspect �motionnel.</p><p>La porte en ch�ne s'ouvrit grand -</p><p>Les yeux de Harry s'�tant d�j� mis au point sur le large bureau et le tr�ne situ� derri�re lui, il lui fallut un moment pour se rendre compte que celui-ci �tait vide et que le bureau �tait d�sert exception faite d'un unique livre reli� de cuir ; puis Harry fit d�river son regard et vit le sorcier debout au milieu de ses objets insolites, de ses appareils myst�rieux par dizaines. Fumseck et le Choixpeau �taient pos�s sur leurs perchoirs respectif et l'on pouvait voir deux parapluies ainsi que trois pantoufles rouges pour pied gauche. Tout �tait � sa place, semblable � l'ordinaire, hormis le vieux sorcier lui-m�me, droit dans ses robes du noir le plus formel. Voir ces robes sur cet individu constitua un choc visuel pour Harry, comme de voir son p�re v�tu d'un costume d'affaires.</p><p>Albus Dumbledore semblait � la fois tr�s �g� et tr�s triste.</p><p>"Bonjour, Harry," dit le vieux sorcier.</p><p>Depuis l'int�rieur d'un soi alternatif maintenu � la fa�on d'une barri�re Occlumantique, un Harry innocent et ignorant de tout ce qui se passait inclina sa t�te froidement et dit : "Monsieur le directeur. Je suppose que vous avez re�u une r�ponse du professeur McGonagall, et si cela ne vous d�range pas, j'aimerais <emphasis>vraiment</emphasis> savoir ce qui se passe."</p><p>"Oui," dit le vieux sorcier, "il est temps, Harry Potter." Le dos se raidit, un peu seulement, car le sorcier se tenait d�j� tr�s droit ; mais ce changement parvint n�anmoins � donner l'impression qu'il avait gagn� trente centim�tres de hauteur, de la force sinon de la jeunesse, et qu'il �tait devenu redoutable sinon dangereux ; l'�tendue de son pouvoir l'enveloppait tel une cape. Il parla d'une voix claire : "Aujourd'hui commence ta guerre contre Voldemort."</p><p>"Quoi ?" dit le Harry externe, celui qui ne savait rien, tandis que la chose qui observait depuis l'int�rieur songea plus ou moins la m�me chose, � de nombreuses profanit�s pr�s.</p><p>"On a fait sortir Bellatrix Black d'Azkaban ; elle s'est �chapp�e d'une prison inviolable," dit le vieux sorcier. "Si une prouesse porte la signature de Voldemort, c'est bien celle-ci, et elle, son plus fid�le serviteur, est l'un des trois �l�ments n�cessaires � son retour parmi nous dans une nouvelle enveloppe charnelle. Comme il a �t� pr�dit, l'ennemi que tu as vaincu revient dix ans plus tard."</p><p>Rien en Harry ne trouvait quoi r�pondre � cela, du moins pas pendant les quelques secondes disponibles avant que le vieux sorcier ne continue :</p><p>"Peu de choses devront changer pour toi," dit-il. "J'ai commenc� � rassembler l'Ordre du Ph�nix, qui te servira, et j'ai alert� les quelques �mes qui devraient et vont comprendre : Am�lia Bones, Alastor Maugrey, Bartemius Crouch et certains autres. De la proph�tie - oui, il y a une proph�tie - je ne leur ai rien dit, mais ils savent que Voldemort est de retour et ils savent que ton r�le sera vital. Eux et moi combattrons les pr�misses de cette guerre, tandis que tu deviendras plus fort et peut-�tre plus sage, ici, � Poudlard." Le vieux sorcier leva la main comme s'il avait une requ�te � soumettre. "Donc pour le moment, il ne va y avoir qu'un seul changement te concernant, et je t'implore de comprendre sa n�cessit�. Reconnais-tu le livre sur mon bureau, Harry ?"</p><p>Alors que la partie interne de Harry hurlait et se frappait la t�te contre des murs imaginaires, le Harry externe pivota et regarda en direction de ce qui se r�v�la �tre -</p><p>Le silence dura un bon moment.</p><p>Puis Harry dit : "C'est un exemplaire du <emphasis>Seigneur des Anneaux</emphasis> de J.R.R Tolkien."</p><p>"Tu as su reconna�tre une citation de ce livre," dit Dumbledore, le regard attentif, "je pr�sume donc que tu t'en souviens bien. Corrige moi si je me trompe."</p><p>Harry se contenta de le fixer du regard.</p><p>"Il est important que tu comprennes," dit Dumbledore, "que ce livre n'est pas une repr�sentation r�aliste d'une guerre de sorciers. John Tolkien n'a jamais combattu Voldemort. Ta guerre ne sera pas celle des livres que tu as lu. La vie ne ressemble pas aux histoires. Comprends-tu, Harry ?"</p><p>Assez lentement, Harry acquies�a ; puis il fit non de la t�te.</p><p>"En particulier," dit Dumbledore, "Gandalf fait une chose particuli�rement idiote dans le premier tome. Il en fait beaucoup, c'est le sorcier de Tolkien ; mais cette erreur est la plus impardonnable. La voici : lorsque Gandalf soup�onne, m�me l'espace d'un instant, que Frodon est porteur de l'Anneau, il devrait envoyer Frodon � Fondcombe <emphasis>sur le champ</emphasis>. Peut-�tre sera-t-il g�n�, ce vieux sorcier, si ses soup�ons s'av�rent infond�s. Peut-�tre consid�re-t-il qu'il est impoli de donner ainsi des ordres � Frodon, qui serait alors grandement incommod� et devrait mettre ses projets et ses plaisirs de c�t�. Mais un peu de g�ne, d'impolitesse et d'incommodement ne sont rien compar� � la perte de toute une guerre le jour o� les neuf Nazguls balaient la Comt� et s'emparent de l'Anneau pendant qu'il lit de vieux parchemins � Minas Tirith. Et ce n'est pas seulement Frodon qui aurait souffert ; toute la Terre du Milieu serait tomb�e en esclavage. S'il ne s'�tait <emphasis>pas </emphasis>agi que d'une histoire, Harry, alors ils auraient perdu leur guerre. Comprends-tu ce dont je parle ?"</p><p>"Euh..." dit Harry, "pas exactement..." Lorsque Dumbledore se comportait ainsi, quelque chose chez ce dernier rendait plus ardue la t�che de rester glacial ; son c�t� obscur avait du mal avec le bizarre.</p><p>"Alors je serai clair," dit le vieux sorcier. Sa voix �tait dure et ses yeux tristes. "Frodon aurait d� �tre imm�diatement envoy� � Fondcombe par Gandalf - et il n'aurait jamais d� quitter Fondcombe sans escorte. Il n'y aurait pas d� y avoir de nuit de terreur � Bree, de Hauts des Galgals, de Mont Venteux o� Frodon fut bless�, il auraient pu perdre toute la guerre � chacune de ces occasions, � cause de la b�tise de Gandalf ! Comprends-tu ce que je te dis, fils de Michael et P�tunia ?"</p><p>Et le Harry qui ne savait rien comprenait.</p><p>Et le Harry qui ne savait rien voyait que c'�tait la r�ponse habile, la r�ponse sage, la r�ponse intelligente et sens�e.</p><p>Et le Harry qui ne savait rien dit exactement ce qu'un Harry innocent <emphasis>aurait </emphasis>dit tandis que l'observateur silencieux poussait un hurlement d'agonie et de d�sespoir.</p><p>"Vous voulez dire," dit Harry, la voix tremblantes, tandis que les �motions qui l'habitaient br�laient, per�aient la couche de calme externe, "que je ne vais pas rentrer chez mes parents pour P�ques."</p><p>"Tu les <emphasis>reverras</emphasis>," dit prestement le vieux sorcier. "Je les prierai de venir te voir, et ils seront re�u de la meilleure des fa�ons possibles. Mais tu ne rentreras pas pour P�ques, Harry. Tu ne rentreras pas pendant l'�t�. Tu ne prendras plus de d�jeuners au Chemin de Traverse, m�me avec le professeur Quirrell pour t'avoir � l'�il. Ton sang est le second ingr�dient dont Voldemort a besoin pour revenir. Tu ne quitteras donc plus jamais l'enceinte de Poudlard sans avoir une raison vitale de le faire et un garde suffisamment forte pour repousser des attaques assez longtemps pour pouvoir te mener en lieu s�r."</p><p>De l'eau s'amoncelait aux coins des yeux de Harry. "Est-ce une demande ?" dit sa voix chevrotante. "Ou un ordre ?"</p><p>"Je suis navr�, Harry," dit le vieux sorcier d'une voix douce. "Tes parents en reconna�tront la n�cessit�, du moins je l'esp�re, mais sinon... j'ai peur qu'ils n'aient aucun recours ; la loi, aussi injuste soit-elle, ne les reconna�t pas comme tes tuteurs l�gaux. Je suis navr�, Harry, et je comprendrai que cela te pousse � me m�priser, mais je dois le faire."</p><p>Harry pivota et regarda la porte ; il ne pouvait plus regarder Dumbledore car il ne pouvait plus faire confiance � l'expression de son visage.</p><p><emphasis>C'est ce qu'il t'en co�te</emphasis>, dit Poufsouffle en son for int�rieur, <emphasis>tout comme tu as impos� des co�ts aux autres. Cela changera-t-il ton point de vue sur l'affaire, comme le professeur Quirrell le pr�dit ?</emphasis></p><p>Le masque du Harry innocent dit automatiquement ce qu'il aurait dit : "Mes parents sont-ils en danger ? Doivent-<emphasis>ils</emphasis> �tre amen�s ici ?"</p><p>"Non," dit la voix du vieux sorcier. "Je ne pense pas. Vers la fin de la guerre, les Mangemorts ont appris � ne pas attaquer les familles de l'Ordre. Et si Voldemort agit � pr�sent sans l'aide de ses ancien compagnons, il sait toujours que c'est moi qui prend encore les d�cisions, et il sait aussi que s'il mena�ait ta famille, je ne lui donnerais rien. Je lui ai appris que je ne c�de pas au chantage, et il n'essaiera donc pas."</p><p>Harry se retourna alors et vit qu'un froid s'�tait install� sur le visage de Dumbledore en �cho � son changement de voix. Derri�res ses lunettes, ses yeux �taient devenus aussi durs que de l'acier, et s'ils ne correspondaient pas � l'homme, ils correspondaient aux robes noires formelles.</p><p>"Dans ce cas, y a-t-il autre chose ?" dit la voix tremblante de Harry. Il y r�fl�chirait plus tard, il trouverait une contre-mesure pleine d'astuce, il demanderait au professeur Quirrell s'il y avait un moyen de convaincre le directeur qu'il avait tort. Pour le moment, maintenir le masque requ�rait toute l'attention de Harry.</p><p>"Voldemort a utilis� un engin Moldu pour s'�chapper d'Azkaban," dit le vieux sorcier. "Il t'observe et il apprend de toi. Un homme du minist�re nomm� Arthur Weasley rendra bient�t un �dit interdisant tout utilisation d'objets Moldus pendants les batailles du professeur de D�fense. � l'avenir, lorsque tu auras une bonne id�e, garde-la pour toi."</p><p>Cela n'avait pas d'importance compar� au reste. Harry se contenta d'acquiescer et r�p�ta : "Y a-t-il autre chose ?"</p><p>Il y eut un silence.</p><p>"S'il te pla�t," dit le vieux sorcier dans un murmure. "Je n'ai pas le droit de demander ton pardon, mais s'il te pla�t, Harry James Potter-Evans-Verres, dis moi au moins que tu comprends mes raisons." On pouvait voir de l'eau dans les yeux du vieux mage.</p><p>"Je comprends," dit la voix du Harry ext�rieur, qui comprenait, "enfin... c'est plus ou moins ce que je me disais, de toute fa�on... je me demandais si j'aurais pu vous convaincre vous et mes parents de me laisser rester � Poudlard pendant l'�t�, comme les orphelins, pour que je puisse y lire dans la biblioth�que, de toute fa�on c'est plus int�ressant d'�tre � Poudlard..."</p><p>Un bruit guttural �mana d'Albus Dumbledore.</p><p>Harry se tourna de nouveau vers la porte. Il ne s'en �tait pas sorti indemne mais il s'en �tait sorti.</p><p>Il fit un pas en avant.</p><p>Sa main se tendit vers la poign�e.</p><p>Un cri per�ant fendit les airs -</p><p>Harry pivota, et comme si le temps s'�tait ralenti il vit le ph�nix, d�j� en vol, qui battait des ailes dans sa direction.</p><p>Le vrai Harry, celui qui se savait coupable, eut un moment de panique ; il n'y avait pas pens�, il ne l'avait pas anticip�, il avait �t� pr�t � faire face � Dumbledore mais il avait oubli� <emphasis>Fumseck</emphasis> -</p><p>Un, deux et trois. Les ailes du ph�nix battirent trois fois, semblables � un feu qui s'�veillait puis s'endormait, et le temps sembla s'�couler bien trop lentement alors que Fumseck survolait les myst�rieux appareils et se dirigeait vers Harry.</p><p>Et l'oiseau rouge-or flotta devant lui, suspendu par de doux mouvements d'ailes, oscillant comme la flamme d'une bougie.</p><p>"Qu'y a-t-il, Fumseck ?" dit le faux Harry d'un ton perplexe en regardant le ph�nix droit dans les yeux, exactement comme s'il avait �t� innocent. Le v�ritable Harry ressentit la m�me naus�e immonde que lorsqu'il avait entendu le professeur McGonagall lui t�moigner sa confiance et pensa : <emphasis>Suis-je devenu m�chant aujourd'hui, Fumseck ? Je ne pensais pas que c'�tait mal... est-ce que tu me d�testes maintenant ? Si je suis devenu une chose que les ph�nix d�testent, peut-�tre que je devrais juste abandonner maintenant, tout abandonner maintenant et avouer -</emphasis></p><p>Fumseck cria, le cri le plus terrible que Harry avait jamais entendu, un cri qui fit vibrer tous les appareils de la pi�ce et �veilla les silhouettes endormies des portraits.</p><p>Le cri transper�a les d�fenses de Harry comme une �p�e chauff�e � blanc aurait perc� du beurre, il fit s'effondrer ses couches protectrices comme un ballon perc� qui aurait �clat�, il r�organisa ses priorit�s en un �clair et le fit de souvenir de la chose importante entre toutes ; les larmes commenc�rent � se d�verser des yeux de Harry, le long de ses joues, et sa voix buta � mesure que les mots sortirent sa gorge, comme s'il avait touss� de la lave...</p><p>"Fumseck dit," fit la voix de Harry, "qu'il veut que, je fasse, quelque chose, au sujet, des prisonniers, d'Azkaban -"</p><p>"Fumseck, <emphasis>non</emphasis> !" dit le vieux sorcier. Dumbledore s'avan�a et tendit une main suppliante vers le ph�nix. Sa voix �tait presque aussi d�sesp�r�e que le cri du ph�nix l'avait �t�. "Tu ne peux pas lui demander cela, Fumseck, il n'est encore qu'un enfant !"</p><p>"Vous �tes all� � Azkaban," chuchota Harry, "vous avez emmen� Fumseck avec vous, il a vu - <emphasis>vous</emphasis> avez vu - vous �tiez <emphasis>l�</emphasis>, vous avez vu - <emphasis>POURQUOI N'AVEZ-VOUS RIEN FAIT ? POURQUOI NE LES AVEZ-VOUS PAS LAISS�S SORTIR ?"</emphasis></p><p>Lorsque les instruments eurent fini de vibrer, Harry se rendit compte que Fumseck avait cri� en m�me temps que lui et qu'il volait maintenant � ses c�t�s, face � Dumbledore, et que la t�te rouge-or �tait � la hauteur de la sienne.</p><p>"Peux-tu," murmura le vieux sorcier, "peux-tu vraiment entendre la voix du ph�nix si distinctement ?"</p><p>Harry sanglotait presque trop pour pouvoir parler ; face aux portes de m�tal qu'ils avaient franchies, face aux voix qu'ils avaient entendues, face aux pires souvenirs, face � la supplication d�sesp�r�e tandis qu'il s'�loignait ; tout cela avait jailli en lui avec la force d'un brasier lorsque le ph�nix avait cri�, lorsqu'il avait renvers� tous les remparts. Harry ignorait s'il pouvait vraiment entendre la voix du ph�nix, s'il aurait comprit Fumseck sans l'avoir d�j� su. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il avait une excuse plausible pour dire ce que le professeur Quirrell lui avait dit de ne <emphasis>jamais</emphasis> mentionner dans une conversation � partir de ce jour ; parce que c'�tait exactement ce qu'un Harry innocent aurait dit, ce qu'il aurait fait s'il <emphasis>avait</emphasis> entendu le ph�nix assez distinctement. "Ils souffrent - nous devons les aider -"</p><p>"Je ne <emphasis>peux pas</emphasis> !" s'�cria Albus Dumbledore. "Harry, Fumseck, je ne <emphasis>peux pas</emphasis>, je ne peux rien y faire !"</p><p>Un autre cri per�ant.</p><p>"<emphasis>POURQUOI PAS ? ALLEZ-Y ET FAITES LES SORTIR !</emphasis>"</p><p>Le vieux sorcier arracha ses yeux du ph�nix et rencontra ceux de Harry. "Harry, dis-le � Fumseck pour moi ! Dis-lui que ce n'est pas aussi simple ! Les ph�nix ne sont pas que de simples animaux mais ils <emphasis>sont</emphasis> des animaux, Harry, ils ne peuvent pas comprendre -"</p><p>"Je ne comprends pas non plus," dit Harry d'une voix tremblante. "Je ne comprends pas pourquoi vous <emphasis>donnez des gens � manger aux D�traqueurs ! Azkaban n'est pas une prison, c'est une salle de torture o� vous torturez les gens jusqu'� la MORT !</emphasis>"</p><p>"Percival," dit le vieux sorcier d'une voix rauque, "Percival Dumbledore, mon propre p�re, Harry, mon propre p�re est mort � Azkaban ! Je sais, je sais que c'est horrible ! <emphasis>Mais que voudrais-tu me voir faire ?</emphasis> Entrer � Azkaban de force ? Voudrais-tu me voir d�clarer une r�bellion contre le minist�re ?"</p><p>CROA !</p><p>Il y eut une silence, puis la voix tremblante de Harry dit : "Fumseck ignore tout des gouvernements, il veut juste que vous - sortiez les prisonniers - de leur cellule - et il vous aidera � combattre - si quelqu'un vous barre la route - et - et moi aussi, monsieur le directeur ! Je viendrai avec vous et je d�truirai tous les D�traqueurs qui s'approcheront ! Nous nous inqui�terons des retomb�es politiques ensuite, je vous parie que vous et moi pourrions nous le permettre -"</p><p>"Harry," murmura le vieux sorcier, "les ph�nix ne comprennent pas la fa�on dont une bataille gagn�e peut faire perdre une guerre." Des larmes coulaient le long des joues du vieux sorcier et gouttaient sur sa barbe d'argent. "Ils ne connaissent que la bataille. Ils sont bons, mais pas sages. C'est pourquoi ils choisissent d'avoir des sorciers pour ma�tres."</p><p>"Pouvez-vous amener les D�traqueurs � un endroit o� je pourrai les atteindre ?" dit Harry d'une voix qui �tait maintenant implorante. "Amenez-les par groupes de quinze - je pense que je pourrais en d�truire autant � la fois sans me faire de mal -"</p><p>Le vieux sorcier secoua la t�te. "C'�tait suffisamment difficile de faire accepter la perte de l'un d'entre eux - ils m'en donneraient peut-�tre un de plus, mais certainement pas deux - ils sont consid�r�s comme la propri�t� de la nation, Harry, comme des armes � utiliser en cas de guerre -"</p><p>La rage de Harry �clata alors comme un incendie, peut-�tre venait-elle du ph�nix maintenant pos� sur son �paule, peut-�tre venait-elle de son c�t� obscur, mais les deux col�res se m�lang�rent en lui, le chaud et le froid, et c'est une �trange voix qui dit par sa gorge : "Dites-moi quelque chose. Que doit faire un gouvernement, que doivent faire les �lecteurs d'une d�mocratie, que doit faire le <emphasis>peuple</emphasis> d'une <emphasis>pays</emphasis> avant qu'il ne me faille d�cider que je ne suis plus de son c�t� ?"</p><p>Les yeux du vieux sorcier s'�carquill�rent face au gar�on sur l'�paule duquel un ph�nix se tenait. "Harry... s'agit-il l� de tes paroles ou de celles du professeur de D�fense -"</p><p>"Parce qu'il doit y avoir une <emphasis>limite</emphasis>, non ? Et si ce n'est pas Azkaban, quelle est-elle ?"</p><p>"Harry, s'il te pla�t, �coute moi ! Les sorciers ne pourraient pas vivre ensemble s'ils se d�claraient la guerre, chacun contre tous, � chaque fois qu'ils avaient un diff�rend ! Il y aurait toujours <emphasis>quelque chose</emphasis> -"</p><p>"<emphasis>Azkaban n'est pas seulement 'quelque chose' ! C'est le mal !</emphasis>"</p><p>"Oui, m�me le mal ! M�me certains maux, Harry, car les sorciers ne sont pas parfaitement bons ! Mais mieux vaut malgr� tout vivre en paix que dans le chaos ; et si nous p�n�trions dans Azkaban de force, ce serait le d�but du <emphasis>chaos</emphasis>, en es-tu conscient ?" plaida le vieux sorcier. "Et il est possible de t'opposer � la volont� de ton prochain ouvertement ou en secret sans le <emphasis>ha�r</emphasis>, sans d�clarer qu'il est m�chant, que c'est ton ennemi ! Je ne pense pas que les habitants de ce pays m�ritent que tu les juge ainsi, Harry ! Et m�me si certains d'entre eux ont - et les enfants, et les �l�ves de Poudlard, et les bons pr�sents parmi les mauvais ?"</p><p>Harry regarda son �paule, l� o� Fumseck �tait perch�, et vit que le ph�nix le regardait et que ses yeux flambaient sans briller ; des flammes rouges dans une mer de feu d'or.</p><p><emphasis>Qu'en penses-tu, Fumseck ?</emphasis></p><p>"Croa ?" dit le ph�nix.</p><p>Fumseck n'avait pas comprit la conversation.</p><p>Le jeune gar�on regarda le vieux sorcier et dit d'une voix forte : "ou peut-�tre que les ph�nix sont plus sages que nous et plus intelligents que nous, peut-�tre qu'ils nous suivent partout en esp�rant qu'un jour nous les <emphasis>�couterons</emphasis>, qu'un jour nous <emphasis>comprendrons</emphasis>, qu'un jour nous <emphasis>ferons</emphasis> simplement <emphasis>sortir</emphasis> les prisonniers de leur <emphasis>cellule</emphasis> -"</p><p>Harry fit demi-tour, tira la porte en ch�ne, entra dans la cage d'escalier et claqua la porte derri�re lui.</p><p>Les escaliers commenc�rent � tourner, Harry commen�a � descendre, il mit son visage entre ses mains et il pleura.</p><p>Ce n'est qu'� mi-chemin de la descente qu'il remarqua la diff�rence, la chaleur toujours pr�sente, et il se rendit compte que -</p><p>"Fumseck ?" murmura Harry.</p><p>- le ph�nix �tait toujours sur son �paule, perch� comme il l'avait vu plusieurs fois sur celle de Dumbledore.</p><p>Il regarda de nouveau dans ses yeux, dans les flammes rouges, dans le feu d'or.</p><p>"Tu n'es quand m�me pas mon ph�nix maintenant... si ?"</p><p>Croa !</p><p>"Oh," dit Harry d'une voix un peu tremblante, "je suis heureux de l'entendre, Fumseck, parce que je ne pense pas - le directeur - je ne pense pas qu'il m�rite -"</p><p>Harry se tut et reprit son souffle.</p><p>"Je ne pense pas qu'il le m�rite, il essayait juste de bien agir..."</p><p>Croa !</p><p>"Mais tu es en col�re et tu veux qu'il comprenne quelque chose. Je vois."</p><p>Le ph�nix lova sa t�te contre l'�paule de Harry et la gargouille de pierre se d�pla�a d'un mouvement souple afin de laisser Harry retourner dans les couloirs de Poudlard.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 63*: EPS, Apr�s coups</strong></p><p>[Note du traducteur : Si vous aimez cette fanfic, parlez-en autour de vous, faites des liens vers elle ! Il y a assez d'id�es saisissantes dedans pour m�riter qu'on la partage. L'original en anglais est l� : fanfiction [point] net/s/5782108/1/Harry_Potter_and_the_Methods_of_Rationality]</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Hermione Granger</emphasis></p><p>Imit�e par Padma et Mandy qui rangeaient les leurs � l'autre bout de la table, Hermione commen�ait tout juste � refermer ses livres et � ranger ses devoirs avant de se pr�parer � aller dormir quand Harry Potter entra dans la salle commune de Serdaigle ; ce n'est qu'alors qu'elle se rendit compte qu'elle ne l'avait pas vu depuis le petit d�jeuner.</p><p>Ce fait fut rapidement �cras� par un autre, bien plus saisissant.</p><p>Sur l'�paule de Harry se trouvait une cr�ature d'or et de rouge, un oiseau de feu �tincelant.</p><p>Et Harry avait l'air triste, us�, vraiment <emphasis>fatigu�</emphasis>, comme si le ph�nix �tait la seule chose qui le faisait tenir sur pied, mais une chaleur �manait toujours de lui et si vous aviez crois� son regard vous auriez pu croire que vous regardiez le directeur ; voil� ce qui passa par la t�te de Hermione m�me si cela n'avait aucun sens.</p><p>Harry Potter traversa p�niblement la salle commune et se dirigea vers Hermione, passant devant des sofas emplis de filles et des cercles de joueurs de cartes qui le fixaient du regard.</p><p>Elle ne reparlait th�oriquement pas encore � Harry car la semaine ne s'ach�verait que le lendemain, mais il se passait clairement quelque chose de <emphasis>beaucoup</emphasis> plus important que cela -</p><p>"Fumseck," dit Harry alors m�me qu'elle ouvrait la bouche, "cette fille s'appelle Hermione Granger, et elle ne me parle pas en ce moment parce que je suis un idiot, mais si tu veux �tre sur l'�paule de quelqu'un de bien : elle vaut mieux que moi."</p><p>Tant d'�puisement et de douleur dans la voix de Harry -</p><p>Mais avant qu'elle n'ait le temps de savoir comment r�agir le ph�nix avait d�j� gliss� le long de l'�paule de Harry, comme la flamme d'une allumette qui se serait avanc�e en acc�l�r�, droit vers elle ; et voil� qu'un ph�nix volait devant elle et la regardait de ses yeux de feu et de lumi�re.</p><p>"<emphasis>Croa ?</emphasis>" demanda le ph�nix.</p><p>Hermione le regarda en ayant l'impression qu'elle faisait face � une question d'un contr�le qu'elle aurait oubli� de r�viser, comme si �a avait �t� la plus importante de toutes les questions et qu'elle avait v�cu sa vie enti�re sans s'y pr�parer ; et elle ne savait pas quoi r�pondre.</p><p>"Je -" dit-elle. "J'ai seulement douze ans, je n'ai encore rien <emphasis>fait</emphasis> -"</p><p>Le ph�nix pivota d'un mouvement souple autour de l'extr�mit� d'une de ses ailes, tel la cr�ature a�rienne et lumineuse qu'il �tait, avant de s'�lever jusqu'� l'�paule de Harry o� il revint fermement se poser.</p><p>"Esp�ce d'idiot," dit Padma depuis l'autre c�t� de la table avec l'air de d�cider si elle devait rire ou faire la grimace, "les ph�nix, ce n'est pas pour les filles intelligentes qui font leurs devoirs, c'est pour les imb�ciles qui foncent droit sur cinq brutes Serpentard plus vieilles que lui. Tu sais, si les couleurs de Gryffondor sont l'or et le rouge, c'est pour une bonne raison."</p><p>De nombreux rires amicaux s'�lev�rent dans la salle commune de Serdaigle.</p><p>Hermione ne faisait pas partie des rieurs.</p><p>Harry non plus.</p><p>Il avait plac� une main sur son visage. "Dis � Hermione que je suis d�sol�," dit-il � Padma, sa voix presque au niveau d'un murmure. "Dis-lui que j'ai oubli� que les ph�nix sont des animaux, qu'ils ne comprennent pas ce qu'est le temps ni l'id�e de se pr�parer, qu'ils ne comprennent pas les gens qui <emphasis>feront</emphasis> le bien un jour - je ne suis pas certain qu'ils comprennent vraiment l'id�e qu'une personne puisse <emphasis>�tre</emphasis> quelque chose, tout ce qu'ils voient c'est ce que les gens <emphasis>font</emphasis>. Fumseck ne sait pas ce que "douze" veut dire. Dis � Hermione que je suis d�sol� - je n'aurais pas - tout tourne toujours mal, pas vrai ?"</p><p>Puis il se d�tourna pour partir, le ph�nix toujours sur son �paule, se tra�nant lentement vers la cage d'escalier qui menait � son dortoir.</p><p>Mais Hermione ne pouvait pas s'en tenir l�, ce n'�tait pas <emphasis>possible</emphasis>. Elle ne savait pas si c'�tait d� l'esprit de comp�tition qu'elle entretenait avec Harry ou � autre chose. Mais elle ne pouvait simplement pas laisser le ph�nix se d�tourner d'elle.</p><p>Il <emphasis>fallait</emphasis> qu'elle -</p><p>Son esprit propagea une question d�sesp�r�e � l'int�gralit� de son excellente m�moire, trouva une seule chose -</p><p>"J'allais courir devant le D�traqueur pour essayer de sauver Harry !" cria-t-elle d'un ton un peu d�sesp�r� � l'intention de l'oiseau rouge et or. "Enfin j'ai vraiment commenc� � courir et tout ! C'�tait stupide et courageux, non ?"</p><p>Au bruit d'un gazouillis, le ph�nix se propulsa de nouveau depuis l'�paule de Harry et revint vers elle comme une flamme qui aurait jailli, puis il fit trois cercles autour d'elle, si bien qu'elle se retrouva au c�ur d'un brasier, et les ailes du ph�nix effleur�rent sa joue l'espace d'un instant avant que ce dernier ne s'�l�ve de nouveau vers Harry.</p><p>On put entendre des chuchotements dans la salle commune de Serdaigle.</p><p>"Te l'avais dit," dit Harry � voix haute, puis il commen�a � gravir les escaliers qui menaient � sa chambre ; il sembla les monter tr�s vite, comme s'il avait �t� particuli�rement l�ger, si bien qu'un moment plus tard lui et Fumseck �taient partis.</p><p>Hermione leva une main tremblante vers la joue contre laquelle Fumseck avait fait courir son aile, une zone de chaleur qui demeurait comme si ce petit morceau de peau avait �t� immol� avec beaucoup de gentillesse.</p><p>Elle pensait avoir r�pondu � la question du ph�nix mais il lui sembla qu'elle avait � peine r�ussi, comme si elle avait eu un 11 et qu'elle aurait pu avoir un 21 si elle avait fait un petit effort.</p><p>Si elle avait seulement <emphasis>essay�</emphasis>.</p><p>� y r�fl�chir, elle n'avait pas <emphasis>vraiment</emphasis> essay�.</p><p>Elle avait seulement fait ses devoirs -</p><p><emphasis>Qui as-tu sauv� ?</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Fumseck</emphasis></p><p>Le gar�on s'�tait attendu � des cauchemars, � des cris, � des supplications, � des ouragans de vide hurlants, � ce que la d�charge d'horreurs se d�verse dans sa m�moire et commence peut-�tre ainsi � appartenir au pass�.</p><p>Et le gar�on savait que les cauchemars viendraient.</p><p>La nuit suivante.</p><p>Il r�va, et dans son r�ve le monde �tait en feu, Poudlard �tait en feu, sa maison �tait en feu, les rues d'Oxford �taient en feu, inond�es de flammes qui brillaient mais ne consumaient rien, et tous ceux qui marchaient � travers les rues �tincelantes brillaient eux-m�me d'une lumi�re blanche plus vive que celle du feu, comme s'ils �taient eux-m�mes des flammes ou des �toiles.</p><p>Les autres gar�ons de premi�re ann�e all�rent se coucher et virent de leurs yeux la merveille qui �tait d�j� parvenue � leurs oreilles : que Harry Potter �tait allong� dans son lit, silencieux et immobile, tandis que perch� sur son oreiller un oiseau rouge et or le surveillait et que ses ailes lumineuses �taient �tendues au-dessus de lui comme une couverture tir�e sur son visage.</p><p>Ses dettes attendraient un jour de plus.</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup</emphasis>, <emphasis>Draco Malfoy</emphasis> :</p><p>Draco remit ses robes en place et s'assura que la bordure verte �tait bien droite. Il agita sa baguette au-dessus de sa t�te et pronon�a un sortil�ge que P�re lui avait enseign� alors que les autres enfants jouaient encore dans la boue, un sortil�ge qui garantissait que pas une peluche, pas une poussi�re ne viendrait salir ses robes de sorcier.</p><p>Il se saisit de l'enveloppe myst�rieuse que P�re lui avait envoy�e par l'entremise d'une chouette et la glissa dans ses robes. Il avait d�j� utilis� <emphasis>Incendio</emphasis> et <emphasis>Everto</emphasis> sur le message myst�rieux.</p><p>Puis il se rendit au petit d�jeuner dans l'intention de s'asseoir s'il y parvenait � la seconde exacte o� la nourriture appara�trait afin de donner l'impression que les autres avaient attendu qu'il apparaisse avant de manger. Pourquoi ? Parce que si vous �tiez le descendant Malfoy vous �tiez premier en tout, m�me au petit d�jeuner, voil� pourquoi.</p><p>Vincent et Gr�gory l'attendaient � l'ext�rieur de sa chambre priv�e, debout avant lui - m�me s'ils n'�taient bien s�r pas aussi �l�gamment v�tus.</p><p>Le salle commune de Serpentard �tait d�serte, mais n'importe qui debout � cette heure se serait de toute fa�on imm�diatement dirig� vers le petit d�jeuner.</p><p>Exception faite de leurs propres bruits de pas, les pi�ces du donjons �taient silencieuses, vides et pleines d'�chos.</p><p>En d�pit du faible nombre de personnes pr�sentes, la Grande Salle �tait un brouhaha d'inqui�tude. Quelques enfants plus jeunes pleuraient, d'autres couraient en tous sens entre les tables ou se tenaient face � face et se criaient dessus. Un pr�fet en robes rouges faisait face � deux �l�ves aux robes bord�es de vert et leur hurlait dessus alors que Rogue se dirigeait vers le chaos -</p><p>Le bruit diminua un peu � mesure que l'on remarquait la pr�sence de Draco, que certains visages se tournaient vers lui et se taisaient.</p><p>La nourriture apparut sur la table. Personne ne la regarda.</p><p>Et Rogue pivota sur ses talons, abandonnant ainsi sa cible, et se dirigea droit vers Draco.</p><p>Le c�ur de Draco se serra sous l'effet de la peur, quelque chose �tait-il arriv� � P�re - non, P�re le lui aurait s�rement dit - quoi qu'il se soit produit, pourquoi P�re ne lui avait-il pas dit -</p><p>Lorsque Rogue s'approcha, Draco vit que l'on pouvait voir des cernes sous ses yeux ; le ma�tre des potions n'avait jamais �t� des plus chics (et c'�tait un euph�misme) mais ce matin l�, ses robes �taient encore plus sales et d�sordonn�es que jamais, couvertes de nouvelles taches de graisse.</p><p>"Vous ne savez pas ?" lui siffla son directeur de maison lorsqu'il fut assez pr�s. "De gr�ce, ne vous faites-vous pas livrer le journal ?"</p><p>"Qu'y a-t-il, profe-"</p><p>"On a fait sortir Bellatrix Black d'Azkaban !"</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit Draco sous l'effet de la surprise, et au m�me moment Gr�gory dit quelque chose qu'il n'aurait vraiment pas d� dire et Vincent s'�trangla.</p><p>Rogue le regarda avec des yeux �troits puis hocha abruptement la t�te. "Lucius ne vous a donc rien dit. Je vois." Rogue eut un reniflement et se d�tourna -</p><p>"Professeur !" dit Draco. Il commen�ait tout juste � comprendre ce que cela impliquait et son esprit tournait � plein r�gime. "Professeur, que devrais-je faire - P�re ne m'a pas donn� d'instructions -"</p><p>"Alors je <emphasis>sugg�re</emphasis>," dit Rogue avec d�dain tout en continuant de s'�loigner d'un pas vif, "que vous <emphasis>disiez</emphasis> cela, Malfoy, comme votre p�re s'y attend !"</p><p>Draco se retourna et jeta un coup d'�il � Vincent et Gr�gory tout en se demandant � quoi bon : bien s�r, ils avaient l'air encore plus perplexes que lui.</p><p>Puis il s'avan�a jusqu'� la table de Serpentard et s'assit � une extr�mit� qui �tait encore vide.</p><p>Draco pla�a une omelette � la saucisse dans son assiette et commen�a � manger par gestes automatiques.</p><p>On a fait sortir Bellatrix Black d'Azkaban.</p><p>On a fait sortir Bellatrix Black d'Azkaban... ?</p><p>Draco ne savait pas quoi faire de cela, c'�tait aussi inattendu que l'extinction du Soleil - enfin, le Soleil s'�teindrait comme pr�vu dans six milliards d'ann�es, mais c'�tait aussi inattendu que l'extinction du soleil <emphasis>demain</emphasis>. P�re n'aurait pas fait �a, Dumbledore n'aurait pas fait �a, <emphasis>personne</emphasis> n'aurait d� �tre <emphasis>capable</emphasis> de le faire - qu'est-ce que �a voulait <emphasis>dire</emphasis> - quelle <emphasis>utilit�</emphasis> Bellatrix pourrait-elle pour quiconque apr�s dix ans pass�s � Azkaban - m�me si elle redevenait forte, quelle pouvait-on bien faire d'une sorci�re � la fois puissante, totalement mal�fique, folle et fanatiquement d�vou�e � un Seigneur des T�n�bres qui n'�tait plus l� ?</p><p>"H�," dit Vincent depuis sa chaise, "j'comprends pas, patron, pourquoi on a fait �a ?"</p><p>"<emphasis>On</emphasis> ne l'a pas fait, abruti !" r�torqua Draco. "Oh, par Merlin, si m�me <emphasis>toi</emphasis> tu penses qu'on - ton p�re ne t'a jamais racont� d'histoires sur Bellatrix Black ? Elle a d�j� tortur� P�re, elle a d�j� tortur� <emphasis>ton</emphasis> p�re, elle a tortur� tout le monde ; un jour le Seigneur des T�n�bres lui a dit de se lancer Doloris sur <emphasis>elle-m�me</emphasis> et elle l'a <emphasis>fait</emphasis> ! Elle n'a pas fait des trucs dingues pour inspirer la peur et l'ob�issance dans la populace, elle a fait des trucs dingues parce qu'elle est dingue ! C'est une <emphasis>garce</emphasis>, voil� ce qu'elle est !"</p><p>"Ah, vraiment ?" dit une voix outr�e venue de derri�re lui.</p><p>Il ne leva pas les yeux. Gregory et Vincent auraient ses arri�res.</p><p>"Je t'aurais cru heureux -"</p><p>"- d'entendre qu'un Mangemort a �t� lib�r�, Malfoy !"</p><p>Amycus Carrow avait toujours une de ces <emphasis>autres</emphasis> personnes � probl�mes, et P�re avait un jour dit � Draco de se d�brouiller pour ne jamais �tre seul dans la m�me pi�ce que lui...</p><p>Draco se retourna et envoya � Flora et � Hestia son Rictus M�prisant Num�ro Trois, celui qui disait : "J'appartiens � une maison Noble, pas vous, et oui, c'est important." Draco dit, vaguement dans leur direction, ne daignant certainement pas � s'adresser � <emphasis>eux</emphasis> en particulier : "Il y a Mangemort et Mangemort," puis il revint � son assiette.</p><p>On put entendre deux personnes prendre la mouche et deux paires de chaussures d�guerpir avec rage jusqu'� l'autre bout de la table Serpentard.</p><p>Quelques minutes plus tard, Millicent Bulstrode courut jusqu'� eux et dit, visiblement essouffl� : "M. Malfoy, vous avez entendu ?"</p><p>"Au sujet de Bellatrix Black ?" dit Draco. "Ouais -"</p><p>"Non, au sujet de Potter !"</p><p>"Quoi ?"</p><p>"Potter s'est promen� avec un <emphasis>ph�nix</emphasis> sur l'�paule la nuit derni�re et il avait l'air d'avoir �t� tra�n� � travers cinq kilom�tres de boue. On dit que le ph�nix l'a emmen� � Azkaban pour essayer d'arr�ter Bellatrix, qu'il se sont battus en duel et qu'ils ont fait sauter la moiti� de la forteresse !"</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit Draco. "Il est tout simplement <emphasis>impossible</emphasis> que -"</p><p>Draco s'interrompit.</p><p>Il avait dit cela au sujet de Harry Potter un certain nombre de fois et il avait commenc� � remarquer la tendance.</p><p>Millicent s'en fut raconter l'histoire � quelqu'un d'autre.</p><p>"Vous ne pensez pas <emphasis>vraiment </emphasis>que -" dit Gregory.</p><p>"Franchement, je ne sais plus quoi penser," dit Draco.</p><p>Quelques minutes plus tard, apr�s que Theodore Nott se soit assis en face de lui et que William Rosier soit all� s'asseoir avec les jumeaux Carrow, Vincent lui donna un coup de coude et dit : "L�."</p><p>Harry Potter �tait entr� dans la Grande Salle.</p><p>Draco ne le quitta pas des yeux.</p><p>Il ne pouvait voir ni inqui�tude ni surprise ni indice de traumatisme sur le visage de Harry, il avait juste l'air...</p><p>C'�tait le m�me air distant et introspectif que Harry rev�tait lorsqu'il essayait de trouver la r�ponse � une question que Draco ne pouvait m�me pas encore comprendre.</p><p>Draco se leva avec h�te du banc Serpentard, dit "restez en arri�re" et s'avan�a � une vitesse honorable en direction de Harry.</p><p>Harry sembla remarquer son approche au moment o� Draco fr�la la table Serdaigle, et ce dernier -</p><p>- jeta un rapide regard � Harry -</p><p>- avant de continuer tout droit vers la sortie de la Grande Salle.</p><p>Une minute plus tard, Harry apparut au coin du petit renfoncement de pierre o� Draco l'avait attendu ; m�me si cela n'avait peut-�tre pas tromp� tout le monde, le d�ni serait plausible.</p><p>"Sourdinam,<emphasis>" dit Harry.</emphasis> "Draco, qu'est-ce qui -"</p><p>Draco sortit l'enveloppe de ses robes. "J'ai un message de P�re pour toi."</p><p>"<emphasis>Hein ?</emphasis>" dit Harry. Il prit l'enveloppe des mains de Draco, la d�chira d'une fa�on bien peu soign�e, en sortit une feuille de parchemin qu'il d�plia et -</p><p>Harry inspira subitement.</p><p>Puis il regarda Draco.</p><p>Puis il rabaissa les yeux vers le parchemin.</p><p>Il y eut un silence.</p><p>Harry dit : "Lucius t'a-t-il demand� de lui rapporter ma r�action ?"</p><p>Draco ne r�pondit rien pendant un moment, soupesant les possibilit�s, puis il ouvrit la bouche -</p><p>"Je vois donc qu'il te l'a demand�," continua Harry, et Draco se maudit. Il aurait d� le savoir, mais �a <emphasis>avait</emphasis> �t� difficile de d�cider. "Que vas-tu lui dire ?"</p><p>"Que tu �tais surpris," dit Draco.</p><p>"Surpris," dit Harry d'un ton cat�gorique. "Ouais. Bien. Dis-lui �a."</p><p>"Qu'est-ce que c'<emphasis>est</emphasis> ?" dit Draco. Puis, remarquant que Harry semblait h�siter : "Si tu mijotes avec P�re derri�re mon dos -"</p><p>Et Harry, sans dire un mot, donna la feuille � Draco.</p><p>Elle disait :</p><p><emphasis>Je sais que c'�tait vous.</emphasis></p><p>"<emphasis>C'EST QUOI CE -</emphasis>"</p><p>"J'allais <emphasis>te </emphasis>le demander," dit Harry. "As-tu la <emphasis>moindre</emphasis> id�e de ce qui a pris ton p�re ?"</p><p>Draco fixa Harry.</p><p>Puis il dit : "<emphasis>Est-ce que</emphasis> tu l'as fait ?"</p><p>"Quoi ?" dit Harry. "Pour <emphasis>quelle </emphasis>raison est-ce que je pourrais vouloir - <emphasis>comment</emphasis> est-ce que je pourrais -"</p><p>"Harry, est-ce que tu l'as fait ?"</p><p>"Non !" dit Harry. "Bien s�r que non !"</p><p>Draco avait �cout� avec attention et n'avait d�tect� ni h�sitation ni vacillement.</p><p>Il hocha donc la t�te et dit : "Je n'ai pas la moindre id�e de ce que P�re pense mais il est <emphasis>impossible</emphasis>, il n'y a pas la <emphasis>moindre chance</emphasis> que ce soit bon signe. Et, euh... les gens disent aussi..."</p><p>"Quoi," dit Harry d'une voix us�e, "que disent les gens, Draco ?"</p><p>"Est-ce qu'un ph�nix t'a <emphasis>vraiment</emphasis> emmen� � Azkaban pour que tu essaies d'emp�cher Bellatrix Black de s'�chapper -"</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Neville Londubat</emphasis></p><p>Harry venait juste de s'asseoir � la table Serdaigle pour la premi�re fois de la journ�e avec l'espoir de manger un morceau en vitesse. Il savait qu'il devait s'isoler et r�fl�chir � certaines choses, mais il restait un minuscule fragment de la paix du ph�nix (m�me apr�s sa rencontre avec Draco) � laquelle il voulait encore s'accrocher, comme un magnifique r�ve dont il n'aurait pu rien se rem�morer mis � part sa beaut� ; et la partie de lui qui ne ressentait <emphasis>pas</emphasis> cette paix attendait que toutes les enclumes aient fini de lui tomber de la t�te dans l'espoir de pouvoir g�rer tous les d�sastres d'un coup une fois qu'il serait seul et pr�t � r�fl�chir.</p><p>La main de Harry saisit une fourchette, souleva une bouch�e de pur�e, l'approcha de sa bouche -</p><p>Et on entendit un cri.</p><p>On entendait parfois des cris lorsque les gens apprenaient la nouvelle, mais les oreilles de Harry avait <emphasis>reconnu</emphasis> celui l� -</p><p>Il fut debout en un �clair et se dirigea vers la table Poufsouffle, une naus�e naissante dans l'estomac. C'�tait l'un des param�tres auxquels il n'avait pas pens� lorsqu'il avait d�cid� de commettre le crime car le professeur Quirrell n'avait pas pr�vu que quiconque serait au courant ; et maintenant, plus tard, Harry n'avait simplement - il n'y avait pas <emphasis>pens�</emphasis> -</p><p><emphasis>�a</emphasis>, dit Poufsouffle avec amertume, <emphasis>�a aussi, c'est de ta faute.</emphasis></p><p>Mais lorsque Harry parvint � la table, Neville �tait d�j� assis et mangeait des saucisses grill�es � la sauce de Figuevive.</p><p>M�me si les mains du gar�on de Poufsouffle tremblaient, il coupait sa nourriture et la mangeait sans rien faire tomber.</p><p>"Bonjour, g�n�ral," dit Neville d'une voix qui ne vacillait que l�g�rement. "T'es-tu battu en duel contre Bellatrix Black la nuit derni�re ?"</p><p>"Non," dit Harry. Quelque chose faisait vaciller sa voix � lui aussi.</p><p>"�a m'aurait �tonn�," dit Neville. On entendit le bruit d'un couteau qui traversait une saucisse et raclait contre une assiette. "Je vais la pourchasser et la tuer. Je peux compter sur ton aide ?"</p><p>On put entendre des hoquets d'inqui�tude venus de la masse de Poufsouffle qui s'�tait assembl�e autour de Neville.</p><p>"Si elle s'en prend � toi," dit Harry d'une voix rauque, <emphasis>si il s'av�re que j'ai commis une terrible erreur, que tout n'�tait qu'un mensonge</emphasis>, "je te d�fendrai de ma vie," <emphasis>laisserai pas ce que j'ai fait te mettre en danger, quoi qu'il en co�te</emphasis>, "mais je ne t'aiderai pas � la pourchasser. On n'aide pas ses amis � se suicider, Neville."</p><p>La fourchette de Neville s'interrompit sur son trajet vers sa bouche.</p><p>Puis il mit le morceau de nourriture dans sa bouche, m�cha de nouveau.</p><p>Avala.</p><p>Et dit : "Je ne voulais pas dire <emphasis>tout de suite</emphasis>, je voulais dire apr�s Poudlard."</p><p>"Neville," dit Harry en contr�lant sa voix avec une grande pr�caution, "je pense que, m�me apr�s Poudlard, il se peut que �a soit toujours une <emphasis>id�e stupide</emphasis>. Il y a s�rement des Aurors avec bien plus d'exp�rience qui sont sur sa trace -" <emphasis>oh, attends, �a ne va pas -</emphasis></p><p>"�coute-le !" dit Ernie Macmillan, puis une Poufsouffle plus �g�e qui se tenait non loin de Neville rench�rit : "Nevy, s'il te pla�t, r�fl�chis-y, il a raison !"</p><p>Neville se leva.</p><p>Et dit : "Ne me suivez pas, s'il vous pla�t."</p><p>Puis il s'�loigna d'eux ; Harry et Ernie tendirent involontairement la main vers lui et d'autres Poufsouffle firent de m�me.</p><p>Neville s'assit � la table Gryffondor et ils purent entendre (en faisant un effort) sa voix lointaine qui disait : "Je vais la pourchasser et la tuer apr�s Poudlard, quelqu'un veut m'aider ?" et au moins trois voix dirent "Oui" puis Ron Weasley dit d'une voix forte : "Faites la queue, vous autres, j'ai eu une chouette de Maman qui m'a dit d'annoncer � tout le monde qu'elle est prems", et quelqu'un dit : "<emphasis>Molly Weasley</emphasis> contre <emphasis>Bellatrix Black</emphasis> ? Mais elle � qui elle veut faire croire �a -" et Ron tendit la main vers une assiette, saisit un muffin -</p><p>Quelqu'un toucha l'�paule de Harry et il se retourna pour d�couvrir une fille au visage peu familier, aux robes bord�es de vert et plus �g�e que lui qui lui tendit une enveloppe en parchemin avant de s'�loigner � grands pas.</p><p>Il fixa l'enveloppe pendant un moment puis commen�a � se diriger vers le mur le plus proche. Ce n'�tait pas tr�s intime mais �a suffirait, et il ne voulait pas donner l'impression qu'il avait tant que �a � cacher.</p><p>�a avait �t� une livraison du Syst�me Serpentard, qui �tait utilis� par ceux qui ne voulaient pas que quiconque sache qu'ils avaient communiqu�. L'exp�diteur donnait une enveloppe et une dizaine de Noises � quelqu'un qui avait la r�putation d'�tre un messager respectable ; cette personne r�cup�rait cinq Noises, passait l'enveloppe � un autre messager avec les cinq Noises restantes, et ce second messager ouvrait l'enveloppe pour y trouver une autre enveloppe sur laquelle �tait �crit le nom de la personne � qui elle devait �tre d�livr�e. Ainsi, aucune des deux personnes impliqu�es dans la transmission du message ne connaissaient � la fois l'exp�diteur <emphasis>et</emphasis> le destinataire, si bien que personne d'autre ne savait que les deux camps avaient �t� en contact...</p><p>Lorsqu'il eut atteint le mur, il mit l'enveloppe dans ses robes, l'ouvrit � l'abri de celles-ci et je ta un coup d'�il discret au parchemin qu'il en sortit.</p><p>Le parchemin disait :</p><p><emphasis>Salle de classe � gauche de M�tamorphose, 8 heures du matin.</emphasis></p><p><emphasis>- LL.</emphasis></p><p>Harry le regarda, essayant de se souvenir s'il connaissait quelqu'un ayant pour initiales LL.</p><p>Se esprit chercha...</p><p>Chercha...</p><p>Trouva -</p><p>"La fille du <emphasis>Chicaneur </emphasis>?" chuchota Harry d'un ton incr�dule, puis il ferma la bouche. Elle n'avait que dix ans, elle n'aurait m�me pas d� �tre � Poudlard !</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Lesath Lestrange</emphasis></p><p>� huit heures du matin, Harry attendait dans la salle de classe vide voisine de celle de M�tamorphose apr�s �tre parvenu � ing�rer un peu de nourriture en pr�paration au prochain d�sastre : Luna Lovegood...</p><p>La porte de la salle de classe s'ouvrit, Harry le vit, et il se donna un <emphasis>�norme</emphasis> coup de pied mental.</p><p>Encore une de ces choses auxquelles il n'avait pas pens�es, une de ces choses auxquelles il <emphasis>aurait vraiment d� penser.</emphasis></p><p>Les robes bord�es de vert du gar�on plus �g� �taient de travers et macul�es de taches rouges qui ressemblaient vraiment � de petits points de sang frais tandis qu'un coin de sa bouche avait l'air d'avoir �t� coup� puis soign� par un <emphasis>Episkey</emphasis> ou un autre de ces charmes m�dicaux mineur qui ne r�paraient pas enti�rement les dommages.</p><p>Le visage de Lesath Lestrange �tait couvert de larmes, certaines fra�ches, d'autres � moiti� s�ch�es, et ses yeux humides en annon�aient d'autres � venir. "Sourdinam"<emphasis> dit le gar�on plus �g�, puis "Hominum revelio</emphasis>", puis d'autres, tandis que Harry r�fl�chissait aussi vite qu'il le pouvait sans rien trouver.</p><p>Puis Lesath abaissa sa baguette, la rangea dans ses robes, et, lentement cette fois, c�r�monieusement, le gar�on plus �g� que Harry tomba � genoux sur le sol poussi�reux de la salle de classe.</p><p>Il abaissa sa t�te jusqu'� ce que son front touche la poussi�re ; Harry aurait bien voulu parler, mais il �tait sans voix.</p><p>Lesath Lestrange dit, d'une voix bris�e : "Ma vie comme ma mort vous appartiennent, seigneur."</p><p>"Je," dit Harry, il avait une �norme boule dans la gorge, il n'arrivait pas � parler, "Je -" <emphasis>n'ai rien � voir l�-dedans</emphasis>, il aurait d� le dire, il aurait d� le dire <emphasis>tout de suite</emphasis>, mais apr�s tout le Harry innocent aurait lui aussi eu du mal � parler -</p><p>"Merci," chuchota Lesath, "merci, seigneur, oh, merci," le bruit d'un sanglot �trangl� �mana du gar�on agenouill� dont Harry ne pouvait voir rien d'autre que le cheveux. "Je suis un imb�cile, seigneur, un b�tard ingrat qui ne m�rite pas de vous servir, je ne saurais m'abaisser assez devant vous car je - je vous ai cri� dessus apr�s que vous m'ayez aid�, parce que je pensais que vous me rejetiez, et ce n'est que ce matin que j'ai compris � quel point j'avais �t� un imb�cile de vous poser la question face � Londubat -"</p><p>"Je n'ai rien � voir l�-dedans," dit Harry.</p><p>(C'�tait encore tr�s difficile de mentir directement comme cela)</p><p>Lesath releva lentement la t�te et regarda Harry.</p><p>"Je comprends, seigneur," dit le gar�on plus �g� d'une voix qui vacillait un peu, "vous n'avez pas confiance en moi, et il est vrai que je me suis montr� idiot... je voulais seulement vous dire que je ne suis pas un ingrat, que je sais que �a a d� �tre difficile de ne sauver qu'une seule personne, qu'ils sont au courant maintenant, que vous ne pouvez pas - sauver P�re - mais je ne suis pas ingrat, je ne serai plus jamais ingrat. Si vous pensez un jour pouvoir faire usage du serviteur indigne que je suis, appelez-moi, o� que je sois, et je r�pondrai, seigneur -"</p><p>"Je n'ai �t� impliqu� en aucune fa�on"</p><p>(Mais �a devenait chaque fois plus facile)</p><p>Lesath regarda de nouveau Harry et dit, incertain : "Suis-je excus� de votre pr�sence, seigneur... ?"</p><p>"Je ne suis pas ton seigneur."</p><p>Lesath dit : "Oui, seigneur, je comprend," et il se releva, se tint bien droit, s'inclina bien bas, puis s'�loigna de Harry jusqu'� atteindre la porte de la salle.</p><p>Lorsque sa main toucha la poign�e, il s'arr�ta.</p><p>Harry ne put voir le visage qui posait la question : "L'avez-vous envoy� � quelqu'un qui va prendre soin d'elle ?"</p><p>Et Harry dit, d'une voix parfaitement ma�tris�e : "Arr�te, s'il te pla�t. Je n'ai rien � voir l�-dedans."</p><p>"Oui seigneur, pardonnez-moi seigneur," dit la voix de Lesath ; et le Serpentard ouvrit la porte, sortit et la referma derri�re lui. Son pas acc�l�ra � mesure qu'il s'�loignait, mais il ne fut pas assez rapide pour emp�cher Harry de l'entendre commencer � sangloter.</p><p><emphasis>Est-ce que je pleurerais ? </emphasis>se demanda Harry. <emphasis>Si je ne savais rien, si j'�tais innocent, est-ce que je serais en train de pleurer ?</emphasis></p><p>Il l'ignorait et se contenta donc de continuer � fixer la porte du regard.</p><p>Et une partie incroyablement grossi�re de sa personne pensa : <emphasis>Youpi, on a boucl� une qu�te et on a gagn� un sous-fifre -</emphasis></p><p><emphasis>Tais-toi. Si tu veux jamais avoir voix au chapitre... tais-toi.</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Am�lia Bones</emphasis></p><p>"J'en conclus que sa vie n'est pas en danger," dit Am�lia.</p><p>Le gu�risseur, un vieil homme au regard s�v�re v�tu de robes blanches (il �tait n�-Moldu et rendait ainsi honneur � d'�tranges traditions Moldues au sujet desquelles Am�lia ne l'avait jamais interrog�es m�me si en son for int�rieur elle trouvait que cela lui donnait une apparence bien trop fantomatique) secoua la t�te et dit "Certainement pas."</p><p>Am�lia regarda la forme humaine inconsciente qui reposait sur le lit du gu�risseur, la chair br�l�e et fl�trie, la fine couverture qui par souci de pudeur avait recouvert celui-ci �t�e sur son ordre.</p><p>Il retrouverait peut-�tre toutes ses fonctions.</p><p>Peut-�tre pas.</p><p>Le gu�risseur avait dit qu'il �tait trop t�t pour se prononcer.</p><p>Puis Am�lia regarda l'autre sorci�re dans la pi�ce, la d�tective.</p><p>"Et vous dites," dit Am�lia, "que la mati�re inflammable avait �t� m�tamorphos�e � partir d'<emphasis>eau</emphasis>, vraisemblablement sous forme de glace."</p><p>La d�tective hocha la t�te et dit d'un ton perplexe : "�a aurait pu �tre bien pire s'il avaient -"</p><p>"Que c'est <emphasis>gentil</emphasis> de leur part," cracha-t-elle, puis elle appuya une main us�e sur son front. Non... non, �a <emphasis>avait</emphasis> �t� une marque de bont�. � cette �tape de l'�vasion, il �tait inutile d'essayer de tromper qui que ce soit. L'individu qui avait fait �a <emphasis>avait</emphasis> essay� de mitiger les dommages - et il avait pens� au risque que les Aurors respirent la fum�e, pas � l'avantage qu'il aurait � les br�ler avec le feu. Si cette personne avait encore �t� l�, la fouli�e aurait sans aucun doute �t� mani�e avec plus de cl�mence.</p><p>Mais Bellatrix Black avait chevauch� la fouli�e seule, tous les Aurors pr�sents �taient d'accord l�-dessus, leurs sortil�ges de D�sillusion �taient actifs et on n'avait vu qu'une femme juch�e sur cette fouli�e m�me si cette derni�re avait �t� �quip�e de deux paires d'�triers.</p><p>Une personne innocente et pleine de bont� capable de lancer le Patronus avait �t� dup�e et convaincue de sauver Bellatrix Black.</p><p>Une personne innocente s'�tait battue contre Bahry Une-Main et avait pr�cautionneusement ma�tris� un Auror sans lui infliger de dommages notables.</p><p>Une personne innocente avait m�tamorphos� le carburant d'un engin Moldu sur lequel elle et Bellatrix Black devaient monter afin de s'�chapper d'Azkaban en utilisant de l'eau gel�e pour le bien des Aurors d'Am�lia.</p><p>Puis Bellatrix Black avait consid�r� que cette personne n'�tait plus utile.</p><p>On se serait attendu � ce que toute personne capable de ma�triser Bahry Une-Main soit capable de pr�voir �a. Mais apr�s tout, personne ne se serait attendu � voir quelqu'un capable de lancer le Patronus essayer de sauver Bellatrix Black en premier lieu.</p><p>Am�lia sa passa une main sur les yeux et les ferma dans un moment de deuil silencieux. <emphasis>Je me demande qui c'�tait et comment Vous-Savez-Qui l'a manipul�... quelle histoire on a </emphasis>bien pu <emphasis>lui raconter...</emphasis></p><p>Ce n'est que quelques instants plus tard qu'elle se rendit compte que cette pens�e signifiait qu'elle commen�ait vraiment � y croire. Peut-�tre parce que, aussi difficile que ce soit de croire Dumbledore, il devenait encore plus difficile de ne <emphasis>pas</emphasis> reconna�tre l� la marque de cette intelligence froide et sombre.</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Albus Dumbledore</emphasis></p><p>Il n'arriva peut-�tre que cinquante-sept secondes avant la fin et il lui fallut peut-�tre quatre tours de son Retourneur de Temps pour y parvenir, mais Albus Dumbledore finit par prendre son petit d�jeuner.</p><p>"Directeur ?" couina la voix polie du professeur Filius Flitwick tandis que le vieux sorcier le d�passait en direction de sa chaise. "M. Potter a laiss� un message pour vous."</p><p>Le vieux sorcier s'arr�ta et regarda le professeur de sortil�ges d'un regard interrogateur.</p><p>"M. Potter a dit qu'apr�s son r�veil, il s'est rendu compte � quel point ce qu'il vous a dit apr�s que le ph�nix ait cri� �tait injuste. Il a ajout� qu'il ne commentait en rien sur le reste, seulement qu'il s'excusait sur ces paroles pr�cises."</p><p>Le vieux sorcier continua de regarder son professeur de sortil�ges et se tint coi.</p><p>"Directeur ?" couina Filius.</p><p>"Dis-lui que je le remercie," dit Albus Dumbledore, "mais qu'il est plus sage d'�couter les ph�nix que d'�couter les sages vieux sorcier," et il s'assit trois secondes avant que toute la nourriture ne disparaisse.</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Professeur Quirrell</emphasis></p><p>"Non," dit madame Pomfresh � l'enfant d'un ton vif, "vous ne pourrez <emphasis>pas</emphasis> le voir ! Vous ne pouvez <emphasis>pas </emphasis>le tourmenter ! Vous ne pourrez pas lui poser <emphasis>une seule petite question ! </emphasis>Il va rester <emphasis>au lit</emphasis> et ne <emphasis>rien faire</emphasis> pendant au moins <emphasis>trois jours </emphasis>!"</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Minerva McGonagall</emphasis></p><p>Elle se dirigeait vers l'infirmerie lorsqu'elle croisa Harry qui en sortait.</p><p>Il la regarda sans col�re.</p><p>Son regard �tait triste.</p><p>Il n'y avait pas grand chose � y voir.</p><p>C'�tait comme... comme s'il la regardait juste assez longtemps pour rendre clair le fait qu'il ne l'�vitait <emphasis>pas</emphasis> expr�s.</p><p>Puis il d�tourna les yeux avant qu'elle ne trouve un regard � lui rendre ; comme s'il avait voulu lui �pargner cela aussi.</p><p>Il ne dit rien, alors qu'il la d�passait.</p><p>Elle non plus.</p><p>Qu'auraient-il bien pu avoir � se dire ?</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Fred et George Weasley</emphasis></p><p>Croyez-le ou non mais ils glapirent lorsqu'ils tomb�rent sur Dumbledore au d�tour d'un couloir.</p><p>Ce n'�tait pas parce qu'il �tait apparu de nulle part et qu'il les regardait d'un �il s�v�re. Il faisait toujours <emphasis>�a</emphasis>.</p><p>Mais le sorcier �tait habill� de robes noires formelles qui lui donnaient l'air <emphasis>tr�s </emphasis>ancien et <emphasis>tr�s</emphasis> puissant et son regard �tait PER�ANT.</p><p>"Fred et George Weasley !" dit Dumbledore d'une Voix Imp�rieuse.</p><p>"Oui, monsieur le directeur !" r�pondirent-ils en claquant les talons et en lui offrant un salut militaire soign� tel qu'ils en avaient vu sur de vieilles images.</p><p>"�coutez-moi bien ! Vous �tes des amis de Harry Potter, n'est-ce pas ?"</p><p>"Oui, monsieur le directeur !"</p><p>"Harry Potter est en danger. Il ne <emphasis>doit pas </emphasis>sortir de l'enceinte de Poudlard. �coutez-moi, fils de Weasley, je vous en prie : vous savez que je suis aussi Gryffondor que vous, que je sais moi aussi qu'il existe des r�gles au-dessus les r�gles. Mais ceci, Fred et George, ceci est de l'importance la plus terrible, il ne doit pas y avoir d'exception cette fois ci, grande ou petite ! Si vous aidez Harry � quitter Poudlard, il <emphasis>mourra </emphasis>peut-�tre ! S'il vous envoie en mission, allez-y, s'il vous demande de lui rapporter quelque chose, aidez-le, mais s'il vous demande de lui faire clandestinement quitter Poudlard, vous <emphasis>devez refuser ! </emphasis>Comprenez-vous ?"</p><p>"Oui, monsieur le directeur !" Dirent-ils sans vraiment r�fl�chir, puis ils �chang�rent un regard incertain -</p><p>Les yeux bleu clair du directeur �taient r�solument braqu�s sur eux. "Non. Pas sans r�fl�chir. Si Harry vous demande de le faire sortir, vous devez refuser, s'il vous demande de lui indiquer le chemin, vous devez refuser. Je ne vous demanderai pas de m'en faire part, car je sais que vous ne le ferez jamais. Mais si son projet est d'une importance telle qu'il doit sortir, alors priez-le de ma part de venir <emphasis>me</emphasis> voir et <emphasis>je</emphasis> garderai ses pas. Fred, George, je suis navr� de porter ainsi atteinte � votre amiti�, mais il s'agit de sa <emphasis>vie</emphasis>."</p><p>Les deux jumeaux se regard�rent pendant un moment, sans communiquer mais en ayant les m�me pens�es au m�me moment.</p><p>Ils se retourn�rent vers Dumbledore.</p><p>Et dirent, alors qu'un frisson les traversait : "Bellatrix Black."</p><p>"Vous pouvez pr�sumer sans risque de vous tromper," dit le directeur, "que c'est au moins aussi grave que �a."</p><p>"D'accord -"</p><p>"- compris."</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Alastor Maugrey et Severus Rogue</emphasis></p><p>Lorsqu'Alastor Maugrey avait perdu son �il, il avait commandit� les services d'un Serdaigle des plus �rudits, Samuel H. Lyall, dont Maugrey se m�fiait moins que la moyenne car il avait d�cid� de ne pas le d�noncer comme loup-garou non d�clar� ; et il avait engag� Lyall pour que ce dernier compile une liste de tous les yeux magiques connus et de tout indice existant quant � leur emplacement.</p><p>Lorsqu'il eut la liste entre les mains, il ne s'�tait pas fatigu� � en lire la majeure partie parce qu'au sommet de celle-ci s'�tait trouv� l'�il de Vance, venu d'une �re ant�rieure � Poudlard et alors en la possession d'un puissant mage noir � la t�te d'un petit trou � rat oubli� qui n'�tait ni en Angleterre ni dans un pays o� il y aurait � se soucier de r�gles idiotes.</p><p>C'est ainsi qu'Alastor Maugrey perdit son pied gauche, acquit l'�il de Vance, et que les �mes opprim�es d'Urulat furent lib�r�es pendant une p�riode de deux semaines au terme de laquelle un autre mage noir combla le vide de pouvoir qui avait ait form�.</p><p>Il songea ensuite � aller s'emparer du Pied Gauche de Vance, mais d�cida de ne pas le faire lorsqu'il comprit que c'�tait <emphasis>exactement ce � quoi les autres s'attendaient.</emphasis></p><p>Maugrey Fol-Oeil pivotait lentement et sans cesse, surveillant le cimeti�re de Little Hangleton. Le lieu aurait d� �tre plus morbide, mais sous la lumi�re du jour il n'avait l'air d'�tre qu'un parc herbeux jonch� de tombes ordinaires encercl� de cha�nes d'un m�tal torsad�, fragile et facile � grimper que les Moldus utilisaient en lieu et place d'une enceinte (Maugrey ne comprenait pas ce que les Moldus pensaient au sujet de ces cha�nes : <emphasis>pr�tendaient-ils</emphasis> qu'elles �taient des murailles ? Il avait d�cid� de ne pas demander si les criminels Moldus pr�tendaient eux aussi qu'il y avait une enceinte).</p><p>Maugrey n'avait pas <emphasis>vraiment</emphasis> besoin de pivoter pour surveiller le cimeti�re.</p><p>L'�il de Vance voyait tout le globe terrestre dans toutes les directions, et ce quelle que soit son orientation.</p><p>Mais Maugrey n'avait aucune raison particuli�re de laisser un ancien Mangemort tel que Severus Rogue obtenir une telle information.</p><p>Parfois, les gens disaient que Maugrey �tait 'parano�aque'.</p><p>Maugrey leur avait toujours r�pondu de survivre cent ans � combattre des mages noirs et de revenir lui en parler apr�s.</p><p>Maugrey Fol-Oeil avait un jour calcul� combien de temps il lui avait fallu pour obtenir un niveau de prudence qu'il consid�rait aujourd'hui comme acceptable ; il avait soupes� l'exp�rience qui lui avait �t� n�cessaire pour �tre <emphasis>bon</emphasis> plut�t que <emphasis>chanceux</emphasis> - et il avait commenc� � soup�onner que la plupart des gens mouraient avant d'en arriver l�. Il avait un jour fait part de cette pens�e � Lyall qui avait fait quelques diagrammes et quelques calculs avant de r�pondre que le chasseur de mages noirs typique mourrait en moyenne huit fois et demie avant de devenir 'parano�aque'. Voil� qui expliquait beaucoup, si Lyall ne mentait pas.</p><p>Hier, Albus Dumbledore avait dit � Maugrey Fol-�il que le Seigneur des T�n�bres avait fait usage de ses arts noirs indicibles pour survivre � la mort de son corps et qu'il attendait maintenant, �veill� et en retrait, cherchant � retrouver ses pouvoirs et � recommencer la guerre des sorciers.</p><p>Quelqu'un d'autre aurait pu �tre incr�dule.</p><p>"Je n'arrive pas � croire que tu ne m'aies jamais parl� de cette histoire de r�surrection," dit Maugrey Fol-�il d'un ton particuli�rement acerbe. "S'que tu t'rends compte du temps que �a va me prendre de visiter les tombes de tous les anc�tres de tous les mages noirs que j'ai tu� qui auraient pu �tre assez malins pour faire un horcruxe ? Ne me dis pas que c'est <emphasis>aujourd'hui</emphasis> que tu t'occupes de celle-ci ?"</p><p>"Je lui r�administre une dose chaque ann�e," r�pondit Severus Rogue d'un ton calme en d�bouchant la troisi�me fiole d'une s�rie dont l'homme avait <emphasis>pr�tendu</emphasis> qu'elle comprendrait dix-sept bouteilles et en commen�ant � agiter sa baguette au-dessus de celle-ci. "Les autres tombes ancestrales que nous avons pu localiser ont �t� empoisonn�es uniquement avec des substances durables car certains d'entre nous ont moins de temps libre que vous."</p><p>Maugrey regarda le fluide qui s'�chappait de la fiole le long d'une spirale et qui disparaissait dans la terre pour se rendre l� o� la moelle des os s'�tait un jour trouv�e. "Mais tu penses que �a m�rite l'effort de tendre ce pi�ge au lieu de simplement d�truire les os."</p><p>"S'il consid�rait que celui-ci �tait bloqu�, il <emphasis>aurait </emphasis>d'autres moyens de revenir � la vie," dit Rogue d'un ton sec en d�bouchonnant une quatri�me bouteille. "Et avant que vous ne me le demandiez, �a doit �tre la tombe originelle, celle du premier enterrement, dont les os doivent �tre enlev�s pendant le rituel mais pas avant. Il ne peut donc pas les avoir r�cup�r�s plus t�t ; et il n'y a pas non plus d'int�r�t � substituer � ce squelette celui d'un anc�tre plus faible. Il remarquerait que les os ont perdu tout leur pouvoir."</p><p>"Qui d'autre est au courant de ce pi�ge ?" demanda Maugrey.</p><p>"Vous. Moi. Le directeur. Personne d'autre."</p><p>Maugrey renifla. "Bah. Albus a-t-il parl� du rituel de r�surrection � Am�lia, � Bartemius et � cette femme, McGonagall ?"</p><p>"Oui -"</p><p>"Si Voldy d�couvre que Albus est au courant du rituel de r�surrection et qu'il le <emphasis>leur</emphasis> a dit, il comprendra qu'il me l'a dit � <emphasis>moi</emphasis>, et Voldy <emphasis>sait</emphasis> je penserai � �a." Il secoua sa t�te d'un air d�go�t�. "Quels autres moyens Voldy a-t-il de revenir � la vie ?"</p><p>La main de Rogue s'arr�ta sur la cinqui�me bouteille (elle �tait �videmment sous l'effet d'un sortil�ge de D�sillusion, comme tout le reste de la proc�dure, mais ce genre de choses n'avait strictement aucune importance pour Maugrey et ne faisait que vous marquer dans le champ de vision de son �il comme quelqu'un qui essayait de se cacher), et l'ancien Mangemort r�pondit : "Vous n'avez pas besoin de le savoir."</p><p>"Tu apprends, fiston," dit Maugrey d'un ton moyennement approbateur. "Qu'est-ce qu'il y a dans les bouteilles ?"</p><p>Rogue ouvrit la cinqui�me bouteille puis fit un geste de baguette afin que la substance commence � couler vers la tombe avant de dire : "Celle-ci ? Un narcotique Moldu appel� LSD. Une conversation que j'ai eue hier m'a mit le monde Moldu en t�te et le LSD m'a sembl� �tre l'option la plus int�ressante, si bien que je me suis d�p�ch� d'en obtenir. Si cette substance est incorpor�e � la potion de r�surrection, je soup�onne que ses effets puissent �tre permanents."</p><p>"Qu'est-ce que �a fait ?" dit Maugrey.</p><p>"On dit que ses effets sont impossibles � d�crire � quelqu'un qui ne l'a pas utilis�," r�pondit Rogue d'une voix tra�nante, "et je ne m'y suis pas essay�."</p><p>Maugrey approuva d'un hochement de t�te alors que Rogue ouvrait la sixi�me fiole. "Et celle-ci ?"</p><p>"Philtre d'amour."</p><p>"<emphasis>Philtre d'amour ?</emphasis>" dit Maugrey.</p><p>"Pas du genre habituel. Elle est cens�e d�clench� un lien mutuel avec une femelle Veela atrocement gentille du nom de Verdandi dont le directeur esp�re que, s'ils s'aimaient vraiment l'un l'autre, elle pourrait bien le racheter, m�me lui."</p><p>"<emphasis>Arr ! </emphasis>" dit Maugrey. "Ce satan� idiot, quel sentimental -"</p><p>"Tout � fait," dit Severus Rogue d'un ton calme, concentr� sur son travail.</p><p>"Dis moi au moins que tu as un peu de venin de Malagrif l�-dedans."</p><p>"Seconde fiole."</p><p>"Poudre d'iocane."</p><p>"Soit la quatorzi�me soit la quinzi�me."</p><p>"Stup�faction de Bahl," dit Maugrey, nommant ainsi un narcotique particuli�rement addictif dot� d'effets secondaires int�ressants sur les personnes � tendance Serpentard ; Maugrey avait un jour vu un mage noir extr�mement d�pendant d�ployer des efforts grotesques pour voir une victime poser ses mains sur un Portoloin tr�s pr�cis au lieu de juste faire en sorte que quelqu'un lui jette un Noise pi�g�e lors de sa prochaine visite en ville ; et apr�s avoir fait tout ce travail, la personne intoxiqu�e avait fait l'effort <emphasis>suppl�mentaire</emphasis> de mettre en place un <emphasis>second Portus</emphasis> sur le <emphasis>m�me Portoloin</emphasis> qui avait, lors d'un deuxi�me contact, ramen� la victime en s�curit�. Encore aujourd'hui, m�me en prenant la drogue en compte, Maugrey n'arrivait pas � imaginer ce qui avait pu traverser l'esprit de l'homme au moment o� il avait lanc� le second Portus.</p><p>"Dixi�me fiole," dit Rogue.</p><p>"Venin de Basilic," proposa Maugrey.</p><p>"<emphasis>Quoi ?"</emphasis> cracha Rogue. "Le venin de serpent est un composant actif de la potion de r�surrection ! Sans parler du fait qu'il dissoudrait les os et toutes les autres substances ! Et o� est-ce qu'<emphasis>on</emphasis> mettrait la main sur -"</p><p>"Calme-toi fiston, je v�rifiais juste si on pouvait te faire confiance."</p><p>Maugrey Fol-�il continua sa rotation (secr�tement inutile) et surveilla le cimeti�re tandis que le ma�tres des potions continuait de verser.</p><p>"Attends," dit soudain Maugrey. "Comment est-ce que tu sais que <emphasis>c'est</emphasis> vraiment l� que -"</p><p>"Parce qu'il y a marqu� 'Tom Jedusor' sur la pierre tombale facile � d�placer, dit s�chement Rogue. "Et je viens de gagner dix Mornilles du directeur qui a pari� que vous y penseriez avant la cinqui�me bouteille. Au temps pour votre vigilance constante."</p><p>Il y eut un silence.</p><p>"Combien de temps Albus a-t-il mit � comp-"</p><p>"Trois ans apr�s que nous ayons appris l'existence du rituel," r�pondit Rogue d'un ton qui n'�tait pas tout � fait de son sardonique habituel. "R�trospectivement, nous aurions d� vous consulter plus t�t."</p><p>Rogue d�boucha la neuvi�me bouteille.</p><p>"Nous avons aussi empoisonn� toutes les autres tombes, avec des substances durables," remarqua l'ancien Mangemort. "Il <emphasis>est</emphasis> possible que nous soyons dans le bon cimeti�re. Il n'avait peut-�tre pas pr�vu les choses autant � l'avance lorsqu'il �tait en train massacrer sa famille et il ne pourrait pas avoir d�plac� la tombe -"</p><p>"Son v�ritable emplacement ne ressemble plus � un cimeti�re," dit cat�goriquement Maugrey. "Il a d�plac� toutes les <emphasis>autres</emphasis> tombes et il a lanc� <emphasis>Oubliettes</emphasis> aux Moldus. M�me Bellatrix Black n'en saurait rien jusqu'� quelques instants avant le d�but du rituel. � part lui, <emphasis>personne</emphasis> ne conna�t son v�ritable emplacement."</p><p>Ils poursuivirent leur futile ouvrage.</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Blaise Zabini</emphasis></p><p>La salle commune de Serpentard aurait pu �tre tr�s pr�cis�ment d�crite comme une zone remilitaris�e ; au moment o� vous auriez franchi le trou du portrait vous auriez pu voir que la moiti� gauche de la pi�ce n'Adressait Certainement Plus La Parole � la moiti� droite, et vice versa. Il �tait �minemment clair et il n'y avait nul besoin d'expliquer qu'on n'avait <emphasis>pas</emphasis> la possibilit� de ne <emphasis>pas choisir son camp.</emphasis></p><p>� une table au centre de la pi�ce, Blaise Zabini �tait assis, seul, un sourire en coin, pench� sur ses devoirs. Il avait une r�putation � pr�sent, et il comptait bien la garder.</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Daphne Greengrass et Tracey Davis</emphasis></p><p>"T'as fait quelque chose d'int�ressant aujourd'hui ?" dit Tracey.</p><p>"Nan," r�pondit Daphne.</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Harry Potter</emphasis></p><p>Si vous montiez assez haut dans Poudlard, vous finissiez par ne plus voir grand monde, seulement des couloirs, des fen�tres, des escaliers, un portrait ici o� l�, parfois une curiosit� comme une statue en bronze ou une petite cr�ature au poil touffu semblable � un petit enfant et munie d'une �trange lance � pointe plate...</p><p>Si vous montiez assez haut dans Poudlard, vous finissiez par ne plus voir grand monde, ce qui convenait tr�s bien � Harry.</p><p>Il y avait probablement des endroits bien pires o� se retrouver emprisonn�. En fait, il aurait probablement �t� difficile d'imaginer une <emphasis>meilleure</emphasis> prison qu'un ancien ch�teau dont la structure fractale et �ternellement changeante signifiait qu'on ne pouvait jamais �tre � court de lieux � explorer, un ch�teau rempli de gens et de livres int�ressants, rempli de connaissances incroyablement importantes et ignor�es de la science Moldue.</p><p>Si on n'avait pas dit � Harry qu'il ne <emphasis>pouvait pas</emphasis> partir il aurait probablement <emphasis>saut�</emphasis> sur une opportunit� de passer plus de temps � Poudlard ; il aurait intrigu�, il aurait rus� pour y parvenir. Poudlard �tait litt�ralement <emphasis>optimale</emphasis>, peut-�tre pas entre toutes les possibilit�s concevables, mais au moins sur Terre c'�tait L'Endroit le Plus Amusant.</p><p>Comment le ch�teau et son enceinte avaient-ils pu para�tre si r�tr�cis, si confinants, comment le reste du monde avait-il pu sembler tellement plus int�ressant, tellement plus important � l'instant o� on avait dit � Harry qu'il n'avait pas le droit de partir ? Il y �tait depuis des <emphasis>mois</emphasis> et il ne s'�tait <emphasis>jamais</emphasis> senti claustrophobe jusqu'� maintenant.</p><p><emphasis>Tu </emphasis>connais<emphasis> les recherches qui ont �t� faites sur le sujet</emphasis>, remarqua une partie de lui, <emphasis>c'est juste un effet de raret� standard, comme dans cette affaire o� d�s qu'un d�partement a rendu ill�gal les d�tergents au phosphate, des gens qui n'en avaient jamais rien eu � faire ont voyag� jusqu'au d�partement voisin afin d'en acheter des quantit�s �normes ; et des sondages ont montr� que ces gens jugeaient ce type de d�tergent plus doux, plus efficace, et m�me plus facile � verser... et si on donne le choix � un enfant de deux ans entre un jouet accessible et un autre prot�g� par une barri�re qu'il peut contourner, il ignorera le jouet directement accessible et prendra celui derri�re la barri�re... les vendeurs savent qu'ils peuvent vendre quelque chose juste en disant au client que �a n'est peut-�tre pas disponible... tout �a c'est dans le livre Cialdini, </emphasis>Influence et Manipulation<emphasis>, tout ce que tu ressens maintenant, l'impression que l'herbe est toujours plus verte du c�t� d�fendu.</emphasis></p><p>Si on n'avait pas dit � Harry qu'il ne pouvait pas partir, il aurait probablement <emphasis>bondi </emphasis>sur l'opportunit� de rester � Poudlard pendant l'�t�...</p><p>...mais pas pendant toute sa vie.</p><p>En fait, c'�tait �a le probl�me.</p><p>Savait-on si s'il y avait <emphasis>encore</emphasis> un Seigneur des T�n�bres � vaincre ?</p><p>Savait-on si Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom existait toujours, hors de l'imagination d'un vieux sorcier qui-ne-faisait-pas-forc�ment-semblant-d'�tre-fou ?</p><p>Le corps de Voldemort avait �t� d�couvert br�l� jusqu'� la moelle et les �mes ne pouvaient pas <emphasis>vraiment</emphasis> exister. Comment Voldemort aurait-il pu �tre encore en vie ? Comment Dumbledore <emphasis>savait</emphasis>-il qu'il �tait encore en vie ?</p><p>Mais s'il n'y avait pas de Seigneur des T�n�bres Harry ne pourrait pas le vaincre et il serait coinc� � Poudlard pour toujours.</p><p>...peut-�tre aurait-il le droit de s'enfuir apr�s avoir fini sa septi�me ann�e, c'est � dire dans six ans, quatre mois et trois semaines. Ce n'�tait pas <emphasis>si</emphasis> long que �a � l'�chelle humaine mais �a <emphasis>semblait</emphasis> �tre juste assez long pour que des protons aient le temps de se d�sint�grer.</p><p>Sauf que �a n'�tait pas le <emphasis>seul</emphasis> probl�me.</p><p>Ce n'�tait pas <emphasis>seulement</emphasis> que la libert� de Harry �tait en jeu.</p><p>Le directeur de Poudlard, le Manitou Supr�me de la Conf�d�ration Internationale des Sorciers, le pr�sident sorcier du Magenmagot sonnait tranquillement l'alarme.</p><p>Une <emphasis>fausse</emphasis> alarme.</p><p>Une fausse alarme que <emphasis>Harry</emphasis> avait d�clench�.</p><p><emphasis>Dis-moi</emphasis>, dit la partie de lui qui aff�tait ses comp�tences, <emphasis>est-ce que tu n'as jamais remarqu� comment toutes les professions ont chacune leur voie vers l'excellence, comment un excellent professeur le m�me qu'un excellent plombier mais qu'ils ont tous deux en commun certaines m�thodes leur permettant de ne pas �tre stupide, et que l'une des plus importantes de ces techniques est de faire face � ses petites erreurs avant qu'elles ne deviennent de GROSSES erreurs ?</emphasis></p><p>...m�me si �a semblait d�j� m�riter le qualificatif de GROSSE erreur, pour �tre franc...</p><p><emphasis>L'id�e �tant</emphasis>, dit son surveillant interne, <emphasis>que �a devient pire de minute en minute, au sens propre. Les espions transforment les gens en tra�tres en leur faisant commettre un petit p�ch�, puis ils utilisent ce petit p�ch� pour les faire chanter et leur faire commettre un p�ch� plus gros, puis ils utilisent CE p�ch� pour leur faire faire des choses encore pires, et � ce stade il les tient par leur �me.</emphasis></p><p><emphasis>N'as tu jamais pens� au fait que la personne que l'on fait chanter, si elle pouvait voir la voie qui l'attendait, d�ciderait simplement de recevoir le premier coup, de r�v�ler son premier p�ch� ? N'as-tu jamais d�cid� que c'est ce que tu ferais si quelqu'un essayait un jour de te faire chanter et d'obtenir de toi que tu fasses quelque chose de grave pour masquer quelque chose de b�nin ? Vois-tu la similarit� qui se pr�sence ici, Harry James Potter-Evans-Verres ?</emphasis></p><p>Sauf que ce n'�tait pas b�nin, �a ne l'�tait d�j� plus, il y aurait beaucoup de gens tr�s puissants qui seraient tr�s en col�re contre lui, pas seulement pour la fausse alarme mais pour avoir <emphasis>lib�r� Bellatrix Black d'Azkaban</emphasis>, et si le Seigneur des T�n�bres existait <emphasis>vraiment </emphasis>et s'en prenait � lui plus tard, alors la guerre �tait peut-�tre d�j� perdue -</p><p><emphasis>Tu ne penses pas qu'ils seront impressionn� par ton honn�tet�, par ta rationalit�, par ta grande capacit� de pr�voyance d�montr�e par le fait que tu arr�tes tout ceci avant que cela n'aille plus loin ?</emphasis></p><p>� vrai dire, non, et apr�s un moment de r�flexion la partie de lui � laquelle il parlait dut admettre que c'�tait exag�r�ment optimiste.</p><p>Ses jambes le men�rent jusqu'� une fen�tre ouverte. Il s'y pencha, appuya ses bras contre la rambarde et regarda les pelouses de Poudlard depuis son perchoir.</p><p>Le marron des arbres d�sol�s, le jaune de l'herbe morte, la glace couleur de glace qu'�taient les ruisseaux et les torrents gel�s... le fonctionnaire de l'�cole qui l'avait appel�e 'La For�t Interdite' n'avait vraiment rien compris au marketing : le nom ne faisait que donner encore plus envie d'y aller. Le soleil sombrait dans le ciel car cela faisait maintenant quelques heures que Harry r�fl�chissait, principalement les m�mes pens�es r�p�t�es en boucle, mais chaque fois dot�es de diff�rences cruciales, comme si au lieu de parcourir un cercle, ses pens�es montaient ou descendaient une spirale.</p><p>Il n'arrivait toujours pas � croire qu'il avait travers� <emphasis>toutes </emphasis>ces �preuves � Azkaban - il avait �teint son Patronus avant que celui-ci ne le draine de toute sa vie, il avait assomm� un Auror, il avait trouv� comment masquer Bella de la vue des D�traqueurs, il avait fait face � douze de ces cr�atures et les avait effray�es, il avait invent� le balais-fus�e, il l'avait pilot� - il avait travers� <emphasis>tout �a</emphasis> sans <emphasis>une seule fois</emphasis> se ressaisir en pensant : <emphasis>Je dois le faire... parce que... j'ai promis � Hermione que je rentrerai du d�jeuner ! </emphasis>�a lui semblait �tre une opportunit� irr�m�diablement perdue ; comme si, en ayant manqu� l'occasion <emphasis>cette</emphasis> fois-ci, il s'�tait condamn� � ne jamais <emphasis>r�ussir</emphasis>, quel que soit son prochain d�fi, quelle que soit la promesse qu'il aurait faite cette fois l�. Parce qu'alors il le ferait avec maladresse, d�lib�r�ment, pour r�parer son erreur de la <emphasis>premi�re</emphasis> fois, au lieu de prononcer les d�clarations h�ro�ques qu'il aurait pu faire s'il s'�tait souvenu de sa promesse � Hermione. Comme si ce mauvais tournant �tait irr�vocable, comme si on n'avait qu'une seule chance et qu'il fallait r�ussir du premier coup...</p><p>Il aurait d� se souvenir de cette promesse � Hermione <emphasis>avant </emphasis>d'aller � Azkaban.</p><p>Pourquoi est-ce qu'il avait d�cid� de faire �a, d�j� ?</p><p><emphasis>Mon hypoth�se de travail est que tu es stupide</emphasis>, dit Poufsouffle.</p><p><emphasis>Ce n'est pas utile, comme analyse de d�faillances,</emphasis> pensa Harry.</p><p><emphasis>Si tu veux plus de d�tails</emphasis>, dit Poufsouffle, <emphasis>le professeur de D�fense de Poudlard �tait l� : 'Faisons sortir Bellatrix Black d'Azkaban !' et tu �tais l� : '�a marche !'</emphasis></p><p><emphasis>Attends, �A n'est pas juste -</emphasis></p><p><emphasis>H�</emphasis>, dit Poufsouffle<emphasis>, t'as vu comment, maintenant que t'es l� haut, tous les arbres se fondent les uns dans les autres et comment la forme de la for�t devient visible ?</emphasis></p><p>Pourquoi <emphasis>avait</emphasis>-il fait �a... ?</p><p>Pas suite � un calcul des co�ts et des b�n�fices, �a, c'�tait certain. Il avait �t� trop g�n� pour sortir une feuille de papier et commencer � calculer les utilit� attendues, il avait eu peur que le professeur Quirrell cesse de le respecter s'il refusait ou m�me s'il h�sitait trop � secourir une vierge en d�tresse.</p><p>Quelque part au fond de lui, il s'�tait dit que si son myst�rieux professeur lui offrait sa premi�re mission, sa premi�re chance, un l'appel vers l'aventure, et qu'il disait <emphasis>non</emphasis>, alors son myst�rieux professeur le quitterait, d�go�t�, et qu'il n'aurait plus jamais une chance d'�tre un h�ros...</p><p>...ouais, c'�tait �a. R�trospectivement, c'�tait �a l'explication. Il s'�tait mis � penser que sa vie avait une intrigue et qu'il s'agissait plus l� un rebondissement que, oh, disons, que d'une proposition de <emphasis>faire sortir Bellatrix Black d'Azkaban.</emphasis> �a avait �t� la v�ritable raison derri�re sa d�cision, pendant la fraction de seconde o� elle avait �t� prise, quand son cerveau avait reconnu la perception d'un fil narratif o� une r�ponse n�gative aurait �t� dissonante. Et quand on y r�fl�chissait, ce n'�tait pas une fa�on rationnelle de prendre des d�cisions. Le but r�el du professeur Quirrell avait �t� d'obtenir les derniers restes du savoir perdu de Serpentard avant que Bellatrix ne meure et qu'il ne soit irr�vocablement perdu ; cela semblait incroyablement sain d'esprit par comparaison ; c'�tait un b�n�fice proportionn� avec ce qui n'avait alors sembl� �tre qu'un faible risque.</p><p>�a ne semblait pas juste, vraiment pas <emphasis>juste </emphasis>que ce soit <emphasis>�a</emphasis> qui se produise quand il perdait sa mainmise sur la rationalit� pendant juste une petite fraction de seconde, la petite fraction de seconde dont son cerveau avait eu besoin pour d�cider qu'il trouverait les arguments pour 'oui' plus agr�ables que les arguments pour 'non' pendant la discussion qui avait suivie.</p><p>De l� haut, loin au-dessus des arbres fondus les uns parmi les autres, Harry regarda la for�t.</p><p>Il ne <emphasis>voulait pas </emphasis>se confesser, ternir sa r�putation � tout jamais et mettre tout le monde en col�re contre lui, peut-�tre m�me finir tu� par un Seigneur des T�n�bres. Il aurait pr�f�r� �tre enferm� � Poudlard plut�t que de subir �a. Tel �tait son sentiment. Et il �tait donc agr�able, soulageant m�me, de pouvoir s'accrocher � un seul facteur d�cisif, qui �tait que si Harry avouait, le professeur Quirrell irait � Azkaban et y mourrait.</p><p>(Une pause, un temps d'arr�t, un b�gaiement dans le souffle de Harry)</p><p>Si on le formulait <emphasis>comme �a</emphasis>... eh bien, on pouvait m�me se croire un h�ros plut�t qu'un l�che.</p><p>Harry �leva ses yeux au-dessus de la For�t Interdite et regarda le ciel, bleu et interdit.</p><p>� travers les vitres, il regarda la grande chose br�lante et lumineuse, les choses duveteuses, le bleu infini et myst�rieux o� elles �taient encastr�s, le nouvel endroit inconnu et �trange.</p><p>�a... l'aidait vraiment, en fait, de penser au fait que ses ennuis n'�taient rien compar�s au fait d'�tre � Azkaban. Au fait que certaines personnes avaient de <emphasis>vrais</emphasis> ennuis et que Harry Potter n'�tait pas l'une de ces personnes.</p><p>Qu'allait-il faire pour Azkaban ?</p><p>Qu'allait faire pour l'Angleterre magique ?</p><p>...et maintenant, dans quel camp �tait-il ?</p><p>Sous la radieuse lueur du jour, toutes les paroles d'Albus Dumbledore avaient certainement <emphasis>sembl�</emphasis> bien plus sages que celles du professeur Quirrell. Sup�rieures, plus intelligentes, plus morales, plus <emphasis>commodes</emphasis> : ne serait-ce pas bien mieux si elles �taient vraies ? Et il lui fallait se souvenir que c'�tait Dumbledore qui croyait � quelque chose <emphasis>parce que</emphasis> �a sonnait bien mais que c'�tait le professeur Quirrell qui �tait sain d'esprit.</p><p>(Encore une interruption dans son souffle, comme � chaque fois qu'il pensait au professeur Quirrell).</p><p>Mais ce n'�tait pas non plus parce que quelque chose sonnait bien que c'�tait <emphasis>faux</emphasis>.</p><p>Et si le professeur Quirrell <emphasis>avait</emphasis> un d�s�quilibre mental, c'�tait que qu'il avait un point de vue <emphasis>trop n�gatif</emphasis> sur les choses.</p><p><emphasis>Vraiment ?</emphasis> demanda la partie de Harry qui avait lu dix-huit millions de r�sultats exp�rimentaux sur l'exc�s de confiance et d'optimisme dont faisaient preuve les gens. <emphasis>Le professeur Quirrell est trop pessimiste ? Si pessimiste que ses attentes sont r�guli�rement </emphasis>en-de�� <emphasis>de la r�alit� ? Empaille-le et mets-le dans un mus�e alors, parce que c'est le seul au monde. Lequel de vous deux a pr�vu le crime parfait </emphasis>avant<emphasis> d'y incorporer toute la marge d'erreur et tous les plans de secours qui ont fini par te sauver la peau </emphasis>juste au cas o� <emphasis>le crime parfait tournerait mal ? Indice : il ne s'appelle pas Harry Potter.</emphasis></p><p>Mais "pessimiste" n'�tait pas une description correcte du probl�me dont souffrait le professeur Quirrell - s'il avait vraiment un probl�me, s'il ne poss�dait pas simplement sup�rieur en vertu de la sagesse n�e de son exp�rience. Mais aux yeux de Harry, il semblait que le professeur Quirrell interpr�tait toujours tout de la pire des fa�ons possibles. Si vous donniez au professeur Quirrell un verre � 90% plein, il vous dirait que la partie vide � 10% prouvait que personne n'accordait <emphasis>vraiment</emphasis> d'importance � l'eau.</p><p>C'�tait une tr�s bonne analogie, maintenant que Harry y pensait. Toute l'Angleterre magique n'�tait pas comme Azkaban, le verre �tait bien plus qu'� moiti� rempli...</p><p>Il regarda le ciel bleu et limpide</p><p>...m�me si, en <emphasis>suivant </emphasis>cette analogie, l'existence d'Azkaban <emphasis>prouvait</emphasis> peut-�tre que les bons 90% �taient l� pour d'autres raisons, pour <emphasis>faire montre de bont�</emphasis> comme l'avait dit le professeur Quirrell. Car s'ils �taient vraiment bons, auraient-ils jamais construit Azkaban ? N'auraient-ils pas pris d'assaut la forteresse afin de la d�truire ?</p><p>Il regarda le ciel bleu et limpide. Si vous vouliez �tre un rationaliste, il fallait lire un sacr� nombre d'�tudes sur les failles de la nature humaine, et si certaines de ces failles n'�taient que d'innocentes erreurs de logique, d'autres �taient bien plus sombres.</p><p>Il regarda le ciel bleu et limpide et pensa � l'exp�rience de Milgram.</p><p>Stanley Milgram avait invent� cette exp�rience pour �tudier les causes de la seconde guerre mondiale, pour essayer de comprendre pourquoi les citoyens Allemands avaient ob�i � Hitler.</p><p>Alors il avait devis� une exp�rience pour �tudier <emphasis>l'ob�issance</emphasis>, pour voir si les Allemands, pour une raison une autre, �taient plus prompt � ob�ir � des ordres dictant de faire souffrir autrui.</p><p>Il avait commenc� par une version pilote de son exp�rience sur des sujets Am�ricains afin d'avoir un groupe t�moin.</p><p>Apr�s �a, il ne s'�tait pas emb�t� � essayer en Allemagne.</p><p>Dispositif exp�rimental : une s�rie de 30 boutons align�s horizontalement avec des �tiquettes allant de '15 volts' � '450 volts', avec une �tiquette suppl�mentaire par groupe de quatre boutons. Le premier groupe �tait marqu� 'Choc l�ger', le sixi�me 'Choc d'une extr�me intensit�', le septi�me 'Danger: Choc s�v�re' et les deux derniers boutons �taient seulement marqu�s d'un 'XXX'.</p><p>Un acteur, complice de l'exp�rimentateur, �tait pr�sent� au v�ritable sujet comme �tant quelqu'un comme lui : quelqu'un qui avait r�pondu � une annonce cherchant des participants pour une exp�rience sur l'apprentissage et qui avait perdu � une loterie (truqu�e), si bien qu'il serait attach� � une chaise et �quip� d'�lectrodes. Le v�ritable sujet de l'exp�rience recevait un l�ger choc au moyen des �lectrodes, juste pour qu'il voit comment �a fonctionne.</p><p>On disait ensuite au v�ritable sujet que l'exp�rience portait sur les effets de la punition sur l'apprentissage et la m�moire et que cette partie du teste cherchait � savoir si les r�sultats changeaient en fonction de la personne qui infligeait la punition ; la personne attach�e � la chaise devrait s'efforcer de m�moriser des ensembles de paires de mots et � chaque fois que 'l'apprenant' ferait une erreur, 'l'enseignant' devrait administrer un choc de plus en plus fort.</p><p>� 300 volts, l'acteur cessait d'essayer de r�pondre et commen�ait � frapper le mur, ce sur quoi l'exp�rimentateur disait au sujet de consid�rer une absence de r�ponse comme une mauvaise r�ponse et de continuer.</p><p>� 315 volts, l'acteur frappait de nouveau sur le mur.</p><p>Puis plus un son jusqu'� la fin de l'exp�rience.</p><p>Si le sujet soulevait des objections ou refusait d'appuyer un bouton, l'exp�rimentateur, tout en maintenant une attitude passive, habill� d'une blouse grise de laboratoire, disait 'Poursuivez, s'il vous pla�t', puis 'L'exp�rience requiert que vous poursuiviez', puis 'Il est absolument essentiel que vous poursuiviez', puis 'Vous n'avez pas le choix, vous <emphasis>devez</emphasis> continuer'. Si la quatri�me incitation �chouait, l'exp�rience s'arr�tait.</p><p>Avant de proc�der � son exp�rience, Milgram avait d�crit le dispositif exp�rimental et avait demand� � quatorze doctorants en psychologie quel pourcentage de sujets irait, selon <emphasis>eux</emphasis>, jusqu'� 450 volts et jusqu'aux deux derniers boutons marqu�s XXX, apr�s que la victime ait cess� de r�agir.</p><p>La r�ponse la plus pessimiste avait �t� 3%.</p><p>Le v�ritable r�sultat avait �t� 26 sur 40.</p><p>Les sujets avaient su�, grogn�, b�gay�, rit nerveusement, mordu leurs l�vres, enfonc�s leurs ongles dans leur chair. Mais sur indication de l'exp�rimentateur, ils avaient pour la plupart continu� � administrer ce qu'ils croyaient �tre des chocs �lectriques douloureux, dangereux et potentiellement mortels. Jusqu'� la fin.</p><p>Harry pouvait entendre le professeur Quirrell rire dans son esprit ; sa voix disant quelque chose comme : <emphasis>Eh bien, M. Potter, m�me moi je n'avais pas �t� aussi cynique ; je savais que les hommes trahissaient les principes qui leur �taient les plus chers pour l'argent et le pouvoir, mais je ne m'�tais pas rendu compte qu'il suffisait d'un regard s�v�re.</emphasis></p><p>Il �tait dangereux d'essayer de faire des conjectures en psychologie �volutionniste si on n'�tait pas un psychologue �volutionniste professionnel ; mais quand Harry avait apprit l'existence de l'exp�rience de Milgram, l'id�e lui �tait venue que de telles situations s'�taient probablement produites de nombreuses fois dans l'environnement ancestral et que la plupart des anc�tres potentiels qui avaient essay� de d�sob�ir � l'Autorit� �taient morts. Ou du moins qu'ils ne s'en �taient pas aussi bien sortis que les plus serviles. Les gens <emphasis>se croyaient</emphasis> bons et moraux, mais quand on les poussait un peu, un interrupteur s'allumait dans leur cerveau et il �tait soudain beaucoup plus difficile de d�fier l'Autorit� qu'ils ne l'avaient cru. M�me si vous y parveniez, ce ne serait pas simple, ce ne serait pas juste une d�monstration d'h�ro�sme sans effort. Vous trembleriez, votre voix se briserait, vous auriez peur ; dans ces conditions, seriez-vous toujours capable de d�fier l'Autorit� ?</p><p>Harry cligna alors des yeux car son cerveau venait d'�tablir un lien entre l'exp�rience de Milgram et ce que Hermione avait fait lors de son premier cours de D�fense, lorsqu'elle avait refus� de tirer sur un de ses camarades m�me lorsque l'Autorit� lui avait dit qu'elle devait le faire ; elle avait trembl�, elle avait eu peur, mais elle avait quand m�me refus�. Harry avait vu cet �v�nement se produire sous ses yeux et il n'avait pas �tabli de lien avant cet instant...</p><p>Il baissa les yeux vers l'horizon rougissant. Le soleil sombrait de plus en plus bas, le ciel s'assombrissait, se grisait, et m�me s'il �tait encore bleu il deviendrait bient�t noir. Les couleurs rouge et or du soleil et de son coucher lui rappelaient Fumseck ; et il se demanda, l'espace d'un instant, si c'�tait triste d'�tre un ph�nix, d'appeler, de crier sans jamais recevoir de r�ponse.</p><p>Mais Fumseck n'abandonnerait jamais, il rena�trait autant de fois qu'il mourrait, car il �tait un �tre de lumi�re et de feu, et d�sesp�rer au sujet d'Azkaban appartenait autant aux t�n�bres qu'Azkaban elle-m�me.</p><p>Si on vous donnait un verre � moiti� vide et � moiti� plein, telle �tait la r�alit�, telle �tait la v�rit� des choses ; mais il restait la possibilit� de choisir ce vous <emphasis>ressentiez</emphasis>, la possibilit� de d�sesp�rer de sa moiti� vide ou de se r�jouir de l'eau pr�sente.</p><p>Milgram avait essay� certaines variantes de son test.</p><p>Lors de la dix-huiti�me exp�rience, le sujet n'avait eu qu'� �noncer les questions � la victime attach�e � sa chaise et � enregistrer les r�ponse pendant que quelqu'un d'<emphasis>autre</emphasis> appuyait sur les boutons. Vous voyiez la m�me souffrance, les m�mes coups fr�n�tiques suivis d'un silence ; mais ce n'�tait pas <emphasis>vous</emphasis> qui appuyiez sur les boutons. <emphasis>Vous</emphasis> ne faisiez que regarder et poser les questions � la personne qui se faisait torturer.</p><p>37 des 40 sujets de cette exp�rience avaient continu� de participer jusqu'� la fin, jusqu'au bouton de 450 volts marqu� 'XXX'.</p><p>Et si vous aviez �t� le professeur Quirrell, vous auriez pu d�cider d'en tirer un certain cynisme.</p><p>Mais 3 des 40 sujets avaient <emphasis>refus�</emphasis> de participer jusqu'� la fin.</p><p>Les Hermiones.</p><p>Elles existaient vraiment, ces personnes qui ne lanceraient pas un sort d'attaque simple sur un de leurs camarades m�me si le professeur de D�fense le leur avait ordonn�. Celles qui avaient abrit� les Gitans, les Juifs et les homosexuels dans leurs greniers pendant l'Holocauste et avaient parfois perdu leur vie en retour.</p><p>Ces gens appartenaient-ils � une esp�ce s�par�e du reste de l'humanit� ? Poss�daient-ils un appareillage c�r�bral diff�rent, un ensemble de circuits neuronaux suppl�mentaire que les mortels moindres n'avaient pas ? Mais c'�tait peu probable, compte tenu de la logique de la reproduction sexu�e qui impliquait que les g�nes de machineries complexes se d�sordonnaient au-del� de tout espoir de r�paration lorsqu'ils n'�taient pas universels.</p><p>Quels que soient les composants qui formaient Hermione, tout le monde avait les m�me quelque part � l'int�rieur...</p><p>...enfin, c'�tait une pens�e agr�able mais elle n'�tait pas <emphasis>strictement</emphasis> vraie, les l�sions c�r�brales �taient une r�alit�, les gens pouvaient <emphasis>perdre </emphasis>des g�nes, la machinerie complexe pouvait cesser de fonctionner, les sociopathes et les psychopathes existaient, ces gens qui ne poss�daient pas les composants qui leur permettaient de se soucier des autres. Peut-�tre Voldemort �tait-il n� ainsi, ou peut-�tre avait-il su ce qu'�tait le bien mais avait-il quand m�me choisi le mal ; � ce stade �a n'avait plus la moindre importance. Mais une <emphasis>supermajorit�</emphasis> de la population devait �tre capable d'apprendre � faire ce que Hermione et ceux qui avaient r�sist� � l'Holocauste avaient fait.</p><p>Ces gens qui avaient v�cu l'exp�rience de Milgram, ceux qui avaient trembl�, su� et rit nerveusement tout en appuyant sur tous les boutons jusqu'� ceux marqu�s d'un 'XXX', nombre de ces gens avaient ensuite �crit � Milgram pour le remercier de ce qu'ils avaient d�couverts sur eux-m�mes. Cela aussi faisait partie de l'histoire, de la l�gende de l'exp�rience l�gendaire.</p><p>Le soleil �tait maintenant presque englouti et un dernier fragment surplombait les sommets des arbres lointains.</p><p>Harry regarda ce fragment ; ses lunettes �taient cens�es prot�ger contre les ultraviolets, il devait donc pouvait le regarder directement sans endommager ses yeux.</p><p>Il la regarda, cette petite fraction de Lumi�re qui n'�tait ni obscurcie ni bloqu�e ni cach�e, m�me ce n'�taient que trois quaranti�mes, m�me si les 37 autres �taient l�, quelque part. Les 7,5% du verre qui �taient pleins, qui prouvaient que les gens accordaient de l'importance � l'eau, m�me si cette pr�occupation int�rieure �tait trop souvent vaincue. Si les gens n'en avaient vraiment rien eu � faire, le verre aurait �t� enti�rement vide. Si tout le monde avait vraiment �t� comme Vous-Savez-Qui en son for int�rieur, il n'y aurait eu aucun r�sistant contre l'Holocauste.</p><p>Harry regarda le cr�puscule du deuxi�me jour du reste de sa vie et sut qu'il avait chang� de camp.</p><p>Parce qu'il ne pouvait plus vraiment y croire, pas vraiment, pas apr�s s'�tre rendu � Azkaban. Il ne pouvait plus faire ce que 37 personnes sur 40 attendraient de lui en l'�lisant. Peut-�tre tout le monde avait-il en lui ce qu'il fallait pour faire une Hermione, et peut-�tre qu'un jour tout le monde d�couvriraient ; mais <emphasis>un jour</emphasis>, ce n'�tait <emphasis>maintenant</emphasis>, pas ici, pas aujourd'hui, pas dans la r�alit�. Quand on �tait du c�t� des 3 sur 40 on ne constituait pas une majorit� politique, et le professeur Quirrell avait eu raison : Harry ne s'y soumettrait pas.</p><p>Il y avait l� une sorte de terrible justesse. On n'aurait pas d� pouvoir aller � Azkaban et revenir sans avoir chang� d'avis sur quoi que ce soit d'importance.</p><p><emphasis>Alors le professeur Quirrell a-t-il raison ?</emphasis> demanda Serpentard. <emphasis>Ind�pendamment du fait qu'il soit bon ou mauvais, est-ce qu'il a </emphasis>raison <emphasis>? Es-tu leur prochain Seigneur, qu'ils le sachent ou non ? Oublions le 'des T�n�bres', c'est juste son cynisme habituel. Mais ton intention est-elle maintenant de diriger ? Je dois avouer que m�me </emphasis>moi<emphasis> �a me rend nerveux.</emphasis></p><p><emphasis>Penses-tu qu'on puisse te remettre le pouvoir en toute confiance ? </emphasis>dit Gryffondor. <emphasis>N'y a-t-il pas une r�gle qui dit que ceux qui d�sirent le pouvoir ne devraient pas l'obtenir ? Peut-�tre devrions-nous plut�t donner le pouvoir � Hermione.</emphasis></p><p><emphasis>Te crois-tu capable de diriger une soci�t� sans la voir s'effondrer dans un chaos total en moins de trois semaines ? </emphasis>dit Poufsouffle. <emphasis>Imagine le hurlement que Maman pousserait si elle apprenait que tu as �t� �lu Premier Ministre et demande-toi si tu es s�r qu'elle aurait tort ?</emphasis></p><p><emphasis>� vrai dire, </emphasis>continua Serdaigle, <emphasis>je dois remarquer que toutes ces histoires politiques ont l'air extraordinairement ennuyeuses. Et si on laissait l'�lectoralisme � Draco et qu'on s'en tenait � la science ? C'est l� qu'on est vraiment dou�, et on a d�j� pu voir la science am�liorer la condition humaine, tu sais.</emphasis></p><p><emphasis>Moins vite,</emphasis> dit Harry � ses composants<emphasis>, on ne doit pas d�cider de tout tout de suite. On a le droit de r�fl�chir au probl�me autant que possible avant d'arriver � une conclusion.</emphasis></p><p>La derni�re fraction du Soleil fut engloutie sous l'horizon.</p><p>Cette sensation de ne pas tout � fait savoir qui on �tait, de ne pas savoir de quel c�t� on se trouvait, de ne pas avoir <emphasis>d�j� un avis arr�t� </emphasis>sur un sujet d'une telle importance, voil� qui �tait �trange, qui recelait une sensation de libert� peu famili�re...</p><p>Et cela lui rappela ce que le professeur Quirrell avait r�pondu � sa derni�re question, ce qui lui remit le professeur Quirrell en t�te, rendit de nouveau sa respiration difficile, d�clencha une sensation de br�lure dans sa gorge, renvoya ses pens�es le long de cette boucle ou de cette spirale ascendante.</p><p>Pourquoi �tait-il maintenant si triste � chaque fois qu'il pensait au professeur Quirrell ? Harry �tait habitu� � bien se comprendre et il ne savait pas pourquoi il se sentait si triste...</p><p>Il avait l'impression d'avoir perdu le professeur � Azkaban, voil� ce qu'il ressentait. Aussi s�rement que s'il avait �t� mang� par des D�traqueurs, consum� par des n�ants creux.</p><p><emphasis>Perdu ? Pourquoi l'ais-je perdu ? Parce qu'il a dit Avada Kedavra et qu'il y avait de fait une excellente raison � cela, m�me si je ne l'ai pas per�ue pendant deux heures ? Pourquoi les choses ne peuvent-elles pas redevenir comme avant ?</emphasis></p><p>Mais �a n'�tait <emphasis>pas</emphasis> le Avada Kedavra. �a avait peut-�tre aid� � faire s'effondrer de fa�on irr�versible la structure de rationalisations, d'h�sitations, de pens�es pr�cautionneusement �vit�es. Mais �a n'avait pas �t� l'Avada Kedavra, �a n'avait pas �t� �a l'�l�ment troublant qu'il avait vu.</p><p><emphasis>Qu'est-ce que j'ai vu... ?</emphasis></p><p>Harry regarda le ciel qui s'assombrissait.</p><p>Il avait vu le professeur Quirrell se transformer en un criminel endurci face � l'Auror et le changement apparent de personnalit� avait �t� absolu et sans effort.</p><p>Une autre femme l'avait connu sous le nom de 'Jeremy Jaffe'.</p><p><emphasis>Et sinon, vous �tes combien de personnes diff�rentes ?</emphasis></p><p><emphasis>Je ne peux pas pr�tendre m'�tre emb�t� � en garder le compte.</emphasis></p><p>On ne pouvait faire autrement que de se demander...</p><p>...si le 'professeur Quirrell' n'�tait qu'un nom de plus sur la liste, une personne de plus � avoir �t� <emphasis>faite</emphasis>, construite au service d'un dessein impossible � deviner.</p><p>Dor�navant, il se poserait toujours la question, � chaque fois qu'il lui parlerait : si ce n'�tait qu'un masque et quels pouvaient �tre les motifs derri�re ce masque. � chaque sourire sec, Harry essaierait de voir ce qui tirait les leviers de ces l�vres.</p><p><emphasis>Est-ce ainsi que les autres me verront si je deviens trop Serpentard ? Si je r�ussis trop de complots, ne pourrais-je plus jamais sourire � quelqu'un sans qu'il se demande ce que je veux vraiment dire ?</emphasis></p><p>Peut-�tre existait-il un moyen de restaurer une confiance dans les apparences ext�rieures et de rendre possible une relation humaine normale, mais Harry n'en voyait aucun.</p><p>C'est ainsi que Harry avait perdu le professeur Quirrell, pas la personne mais la... connexion...</p><p>Pourquoi �tait-ce si douloureux ?</p><p>Pourquoi se sentait-il si seul � pr�sent ?</p><p>Il y avait certainement d'autres personnes, peut-�tre m�me meilleures, � qui donner son amiti� et sa confiance ? Le professeur McGonagall, le professeur Flitwick, Hermione, Draco, sans parler de Maman et de Papa, ce n'�tait pas comme si Harry �tait <emphasis>seul</emphasis>...</p><p>Sauf que...</p><p>La gorge de Harry se serra lorsqu'il comprit.</p><p>Sauf que le professeur McGonagall, le professeur McGonagall, Hermione et Draco, m�me s'ils savaient parfois des choses que Harry ignorait...</p><p>Ils ne le d�passaient pas en excellence <emphasis>dans</emphasis> son domaine ; tout g�nie qu'ils poss�daient n'�tait pas semblable au sien, et le sien n'�tait pas semblable au leur ; peut-�tre les voyait-il comme des pairs mais ils ne les respectait pas comme des <emphasis>sup�rieurs</emphasis>.</p><p>Aucun d'eux n'avait �t�, aucun d'eux ne pourrait �tre...</p><p>Le mentor de Harry...</p><p>Voil� ce que le professeur Quirrell avait �t�.</p><p>Voil� ce que Harry avait perdu.</p><p>Et la mani�re dont il l'avait perdu ne lui permettrait peut-�tre jamais de le r�cup�rer. Peut-�tre un jour conna�trait-il tous les buts secrets du professeur Quirrell, peut-�tre les doutes qui les s�paraient s'�vanouiraient ; mais m�me si cela semblait possible, cela ne semblait pas tr�s probable.</p><p>Il y eut une rafale de vent � l'ext�rieur, elle fit pencher les arbres vides, cr�a des rides � la surface du lac dont le centre �tait encore liquide, �mit un soupir en passant devant la fen�tre qui surplombait le monde � moiti� cr�pusculaire, et les pens�es de Harry vagabond�rent hors de lui un moment.</p><p>Puis elles revinrent � l'int�rieur, vers la prochaine �tape de la spirale.</p><p><emphasis>Pourquoi ne suis-je pas comme les autres enfants de mon �ge ?</emphasis></p><p>Si sa r�ponse avait �t� une esquive, elle avait �t� tr�s bien calcul�e. Assez profonde, assez complexe, suffisamment p�n�tr�e d'indices vers des sens cach�s destin�s � servir de pi�ges pour un Serdaigle que rien moins n'aurait su distraire. Ou peut-�tre le professeur Quirrell avait-il r�pondu avec sinc�rit�. Qui pouvait savoir le dessein qui avait mani� les leviers derri�re ces l�vres ?</p><p><emphasis>Je dirais ceci, M. Potter : Vous �tes d�j� un Occlumens et je pense que vous deviendrez un Occlumens parfait sous peu. Pour les gens tels que nous, l'identit� n'a pas le m�me sens que pour les autres. Tout ce que nous pouvons imaginer, nous pouvons le devenir ; et ce qui vous rend vraiment diff�rent, M. Potter, c'est que vous avez une imagination exceptionnellement bonne. Un dramaturge doit contenir ses personnages, il doit �tre plus grand qu'eux afin de les faire jouer dans son esprit. Pour un acteur, un espion ou un politicien, la limite de son ampleur est la limite de ce qu'il peut pr�tendre �tre, la limite du visage qu'il sait porter comme un masque. Mais pour ceux semblables � vous et moi, tout ce que nous pouvons imaginer, nous pouvons l'</emphasis>�tre<emphasis>, r�ellement, sans faire semblant. Lorsque vous vous imaginiez un enfant, M. Potter, vous </emphasis>�tiez<emphasis> un enfant. Et pourtant vous pourriez si vous le souhaitiez vivre d'autres existences, plus grandes. Pourquoi �tes-vous si libre, pourquoi votre circonf�rence est-elle si grande, tandis que les autres enfants de votre �ge son si petits et si restreints ? Pourquoi pouvez-vous imaginer et </emphasis>devenir<emphasis> des </emphasis>Je<emphasis> plus adultes que ceux qu'un jeune dramaturge devrait �tre capable de composer ? Cela, je l'ignore, et je ne dois pas r�v�ler ce que je devine. Mais ce que vous poss�dez, M. Potter, c'est la libert�.</emphasis></p><p>Si c'�tait du baratin, il �tait sacr�ment efficace pour d�tourner l'attention.</p><p>Et la pens�e encore plus angoissante, c'�tait que le professeur Quirrell ne s'�tait pas <emphasis>rendu compte</emphasis> du trouble dans lequel sa r�ponse allait jeter Harry, du point auquel ce discours allait lui sembler <emphasis>faux</emphasis>, des dommages qu'il causerait sur sa confiance envers le professeur Quirrell.</p><p>Il fallait bien qu'il y ait un <emphasis>vrai</emphasis> soi, au centre de tout...</p><p>Harry regarda la nuit qui tombait, les t�n�bres qui s'amoncelaient.</p><p>... non ?</p><empty-line/><p>Il �tait presque l'heure du coucher lorsque Hermione entendit les inspirations coup�es et leva les yeux de son exemplaire de <emphasis>l'Histoire de Beauxb�tons</emphasis> pour voir le gar�on disparu, celui qu'on avait perdu depuis dimanche midi, dont l'absence au d�ner avait �t� accompagn�e de rumeurs, qu'elle n'avait pas crues parce qu'elles �taient <emphasis>compl�tement ridicules</emphasis> mais qui l'avaient quand m�me mise mal � l'aise et selon lesquelles il avait quitt� Poudlard afin de pourchasser Bellatrix Black.</p><p>"<emphasis>Harry !</emphasis>" glapit-elle sans m�me se rendre compte qu'elle s'adressait directement � lui pour la premi�re fois depuis une semaine ni remarquer la r�action de quelques autres �l�ves apr�s que son cri ait travers� toute la salle commune de Serdaigle.</p><p>Les yeux de Harry s'�taient d�j� braqu�s vers elle, il marchait d�j� dans sa direction, si bien qu'il s'interrompit, � moiti� lev�e de sa chaise -</p><p>Quelques instants plus tard Harry �tait assis face � elle et il reposait sa baguette apr�s avoir lanc� un sortil�ge de Silence autour d'eux.</p><p>(Un sacr� paquet de Serdaigles essayaient de ne pas avoir l'air de regarder).</p><p>"H�," dit Harry. Sa voix vacilla. "Tu m'as manqu�. Tu... vas me reparler maintenant ?"</p><p>Hermione hocha la t�te, rien de plus, car elle ne savait pas quoi r�pondre. Il lui avait manqu� � elle aussi mais elle commen�ait � se rendre compte, avec une certaine culpabilit�, que �a avait peut-�tre �t� bien pire pour lui. Elle avait d'autres amis, tandis que Harry... parfois elle trouvait que �a n'�tait pas <emphasis>juste</emphasis> qu'il ne parle qu'� elle, car cela voulait dire qu'elle <emphasis>devait</emphasis> lui parler ; mais Harry avait l'air d'avoir <emphasis>lui aussi </emphasis>subi plusieurs injustices.</p><p>"Qu'est-ce qui se <emphasis>passe</emphasis> ?" dit-elle ? "Il y a plein de rumeurs. Des gens disent que tu es all� te battre contre Bellatrix Black, d'autres que tu es parti la <emphasis>rejoindre</emphasis> -" et <emphasis>ces</emphasis> rumeurs disaient que Hermione avait tout invent� au sujet du ph�nix alors Hermione avait hurl� que toute la salle commune de Serdaigle l'avait vu, si bien que la rumeur suivante avait pr�tendu que Hermione avait aussi invent� <emphasis>�a</emphasis>, ce qui �tait d'un niveau de stupidit� tellement inconcevable que �a l'avait laiss�e <emphasis>compl�tement pantoise</emphasis>.</p><p>"Je ne peux pas en parler," dit Harry dans un souffle. "Je ne peux presque rien en dire. J'aimerais pouvoir tout te raconter," sa voix trembla, "mais je ne peux pas... je ne sais pas mais en tout cas si �a peut t'aider : je n'irai plus d�jeuner avec le professeur Quirrell..."</p><p>Il mit alors ses mains sur son visage et masqua ses yeux.</p><p>Hermione sentit le malaise qui se r�pandait dans son estomac.</p><p>"Est-ce que tu pleures ?" dit Hermione.</p><p>"Ouais," dit Harry d'une voix qui se rapprochait du chuchotement. "Je ne veux pas que quelqu'un d'autre me voie."</p><p>Il y eut un court silence. Elle voulait l'aider mais elle savait pas quoi faire pour aider les gar�ons qui pleuraient, elle ne savait pas ce qui se passait ; elle sentait que des �v�nements colossaux se produisaient autour d'elle - non, autour de Harry - et que si elle avait su ce qui se passait elle aurait probablement �t� effray�e, alarm�e, ou quelque chose dans le genre, mais elle ignorait tout.</p><p>"Le professeur Quirrell a-t-il fait quelque chose de mal ?" dit-elle enfin ?</p><p>"Ce n'est pas pour �a que je n'irais plus d�jeuner avec lui," dit Harry, toujours dans un souffle, ses mains toujours contre ses yeux. "C'est le directeur qui en a d�cid� ainsi. Mais ouais, le professeur Quirrell m'a dit certaines choses et je crois qu'elles ont diminu� ma confiance en lui..." la voix de Harry vacillait beaucoup. "Je me sens assez seul en ce moment."</p><p>Hermione mit sa main sur sa propre joue, l� o� Fumseck l'avait effleur�e la veille. Elle avait continu� � penser � ce contact, encore et encore, peut-�tre parce qu'elle <emphasis>voulait</emphasis> que ce soit important, que �a ait un sens...</p><p>"Est-ce que je peux faire quoi que ce soit pour t'aider ?" demanda-t-elle.</p><p>"Je veux faire quelque chose de normal," dit-il de derri�re ses mains. "Quelque chose de tr�s normal pour des �l�ves de Poudlard en premi�re ann�e. Quelque chose que les enfants de onze et douze ans comme nous sont <emphasis>cens�s</emphasis> faire. Comme de jouer � une partie de bataille explosive par exemple... est-ce que tu aurais les cartes et que tu conna�trais les r�gles par hasard ?"</p><p>"Euh... � vrai dire non, je ne <emphasis>connais </emphasis>pas les r�gles..." dit-elle. "Je sais qu'elles <emphasis>explosent</emphasis>."</p><p>"Et des Bavboules ?" dit Harry.</p><p>"Connais pas les r�gles, et elles te <emphasis>crachent</emphasis> dessus. Harry, ce sont des jeux de gar�on !"</p><p>Il y eut un silence. Harry appuya ses mains contre son visage pour l'essuyer puis il les retira ; et il la regarda alors avec un air sans d�fense. "Eh bien," dit Harry, "que les sorciers et les sorci�res de notre �ge <emphasis>font-ils</emphasis> quand ils jouent ? Tu sais, le genre de jeu idiot et futile auquel ont est <emphasis>cens� </emphasis>jouer � cet �ge ?"</p><p>"La marelle ?" dit Hermione. "Le saut � la corde ? L'attaque des licornes ? <emphasis>Je</emphasis> ne sais pas, <emphasis>je</emphasis> lis des livres !"</p><p>Harry commen�a � rire, et Hermione commen�a � glousser avec lui, <emphasis>c'�tait</emphasis> dr�le sans vraiment qu'elle sache pourquoi.</p><p>"J'imagine que �a aide un peu," dit Harry. "En fait, je pense que �a m'a plus aid� que jouer aux Bavboules pendant une heure n'aurait jamais pu le faire, donc merci d'�tre qui tu es. Et quoi qu'il arrive, je ne demanderai <emphasis>jamais</emphasis> � personne d'Oublietter tout ce que je sais sur le calcul diff�rentiel. Je pr�f�rerais mourir."</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit Hermione. "Pourquoi - pourquoi <emphasis>voudrais-tu </emphasis>faire une chose <emphasis>pareille</emphasis> ?"</p><p>Il se leva de la table et le son ambiant revint dans un souffle � l'instant o� son changement de position brisa le sortil�ge de silence. "Je suis un peu fatigu�, je vais me coucher," dit Harry, d'une voix maintenant normale et narquoise, "j'ai perdu un peu de temps et je dois le rattraper, mais je te verrai au petit d�jeuner puis en Botanique, si �a ne te d�range pas. Sans parler du fait que �a ne serait pas juste de te faire porter tout le poids de ma d�pression. 'Nuit, Hermione."</p><p>"Bonne nuit, Harry," dit-elle tout en se sentant tr�s perplexe et inqui�te. "Beaux r�ves."</p><p>Harry tr�bucha un peu lorsqu'elle dit cela, puis il continua vers les escaliers qui menaient au dortoir des gar�ons de premi�re ann�e.</p><empty-line/><p>Harry monta le sortil�ge de silence de sa t�te de lit au maximum afin de ne r�veiller personne si jamais il criait.</p><p>Il r�gla son alarme pour qu'elle le r�veille pour le petit d�jeuner (s'il n'�tait pas d�j� r�veill� � cette heure, voir m�me s'il avait dormi).</p><p>Entra dans son lit, s'allongea -</p><p>- sentit la bosse sous son oreiller.</p><p>Il leva les yeux vers le baldaquin au-dessus de sa t�te.</p><p>Siffla dans sa barbe : "Oh, c'est pas vrai..."</p><p>Il lui fallut plusieurs secondes avant de pouvoir trouver le courage de s'asseoir dans son lit, de mettre sa couverture sur sa t�te et sur son oreiller afin de se masquer au regard des autres gar�ons, de lancer un <emphasis>Lumos</emphasis> de faible intensit� et de regarder ce qui se trouvait sous l'oreiller.</p><p>C'�tait un parchemin et un jeu de cartes � jouer.</p><p>Le parchemin disait :</p><p><emphasis>Un petit oiseau m'a dit que Dumbledore a ferm� la porte de ta cage.</emphasis></p><p><emphasis>Je dois admettre que dans le cas pr�sent, Dumbledore n'a peut-�tre pas tort. Bellatrix Black parcourt de nouveau le monde, et ce n'est une bonne nouvelle pour personne. Si j'�tais � la place de Dumbledore, je ferais peut-�tre pareil.</emphasis></p><p><emphasis>Mais juste au cas o�... L'institut des Sorci�res de Salem aux �tats-Unis accepte aussi les gar�ons, en d�pit de son nom. Ce sont des gens bien et ils te prot�geraient m�me de Dumbledore si tu en avais besoin. L'Angleterre consid�re que tu as besoin de l'autorisation de Dumbledore pour �migrer en Am�rique magique, mais l'Am�rique magique n'est pas d'accord. Donc en dernier recours, sors de l'enceinte de Poudlard et d�chire le roi de c�ur de ce jeu de cartes.</emphasis></p><p><emphasis>Il va sans dire que tu devrais en faire usage en dernier recours uniquement.</emphasis></p><p><emphasis>Porte-toi bien, Harry Potter.</emphasis></p><p><emphasis>- Le P�re No�l</emphasis></p><p>Harry regarda le paquet de cartes.</p><p>Il ne <emphasis>pourrait pas</emphasis> l'emmener ailleurs, pas maintenant, les Portoloins ne fonctionnaient pas ici.</p><p>Mais il �tait quand m�me nerveux � l'id�e de le prendre et de le cacher dans sa malle...</p><p>Eh bien, il avait <emphasis>d�j�</emphasis> touch� le parchemin qui aurait aussi bien pu �tre muni d'un pi�ge magique ; si pi�ge il y avait.</p><p>Mais quand m�me.</p><p>"Wingardium Leviosa," chuchota Harry, et il fit l�viter le paquet de cartes � c�t� de son alarme, dans une poche de sa t�te de lit. Il s'en occuperai demain.</p><p>Il se rallongea dans son lit, ferma les yeux, pr�t � r�ver sans ph�nix pour le prot�ger, pr�t � payer ses dettes.</p><empty-line/><p>Il se leva dans un sursaut d'horreur, pas dans un cri, il n'avait pas cri� de la nuit, mais sa couverture �tait enroul�e autour de lui suite aux mouvements brusques qu'avait eu sa forme endormie lorsqu'il avait r�v� qu'il courait, qu'il essayait d'�chapper aux trous dans l'espace qui le poursuivaient � travers un couloir de m�tal �clair� par de faibles lampes � gaz, un couloir de m�tal infiniment long �clair� par de faibles lampes � gaz, et il n'avait pas <emphasis>su</emphasis>, dans le r�ve, que toucher ces vides l'aurait tu� de fa�on horrible et aurait laiss� un corps vide qui respirait toujours derri�re lui, tout ce qu'il avait su c'�tait qu'il fallait qu'il coure, qu'il coure, qu'il coure loin des blessures dans le monde qui glissaient derri�re lui -</p><p>Il recommen�a � pleurer, non pas � cause de l'horreur de la poursuite mais parce qu'il s'�tait enfui alors que quelqu'un derri�re lui appelait � l'aide, lui criait de revenir et de la sauver, de l'aider, qu'on la mangeait, qu'elle allait mourir, et dans le r�ve Harry s'�tait enfui au lieu de la sauver.</p><p>"<emphasis>NE PARS PAS !" De derri�re la porte de m�tal, la voix lui parvint dans un cri. "Non, non, non, ne pars pas, ne l'emm�ne pas, non non non -"</emphasis></p><p>Pourquoi Fumseck s'�tait-il jamais pos� sur son �paule. Harry �tait parti. Fumseck aurait d� le ha�r.</p><p>Fumseck aurait d� ha�r Dumbledore. <emphasis>Il </emphasis>�tait parti.</p><p>Fumseck aurait d� ha�r tout le monde -</p><p>Le gar�on n'�tait pas �veill�, il ne r�vait pas non plus, ses pens�es �taient m�l�es, confuses, dans les ombres � la fronti�re du sommeil et de l'�veil, sans la protection des barri�res de s�curit� que son esprit conscient s'imposait, sans les r�gles et les censeurs. Dans ces ombres, son cerveau �tait assez r�veill� pour penser mais quelque chose d'autre �tait trop ensommeill� pour agir ; ses pens�es �taient sauvages, libres des contraintes du concept de soi, des id�aux de son soi �veill� quant � ce qu'il ne devait pas penser. C'�tait la libert� des r�ves de son cerveau pendant le sommeil de son image de lui. Libre de r�p�ter, encore et encore, le nouveau pire cauchemar de Harry :</p><p>"<emphasis>Non, je ne voulais pas, ne meurs pas s'il te pla�t !"</emphasis></p><p>"<emphasis>Non, je ne voulais pas, ne meurs pas s'il te pla�t !"</emphasis></p><p>"<emphasis>Non, je ne voulais pas, ne meurs pas s'il te pla�t !"</emphasis></p><p>Une rage grandit le long du d�go�t de soi, un courroux terrible et br�lant, une haine de glace pour le monde qui avait inflig� �a � la femme, pour lui-m�me, et dans cet �tat de demi-sommeil Harry fantasma d'�vasions, de fa�ons d'�chapper au dilemme moral, il s'imagina flottant au-dessus de la vaste horreur triangulaire d'Azkaban, chuchotant une incantation dans un langage qui ne ressemblait � rien qui ait jamais �t� entendu sur Terre, prof�rant des murmures qui faisaient �cho � travers le ciel et qu'on pouvait entendre � l'autre bout du monde, puis l'explosion d'un feu d'argent de Patronus, semblable � une explosion nucl�aire, qui d�chiqueta tous les D�traqueurs en l'espace d'un instant avant de d�chirer les murs de m�tal d'Azkaban, de broyer les longs couloirs et les faibles lumi�res oranges, puis son cerveau se souvint que des gens s'y trouvaient et r��crit le fantasme � moiti� r�v� pour r�v�ler tous les prisonniers qui riaient en s'envolant par nu�es de la carcasse flambante d'Azkaban, alors que la lumi�re d'argent restaurant la chair de leurs membres en plein vol, et Harry commen�a � pleurer de plus en plus en fort dans son oreiller, parce qu'il en �tait incapable, parce qu'il n'�tait pas Dieu -</p><p>Il avait jur� sur sa vie, sur sa magie, sur son art de rationaliste, il avait jur� sur tout ce qu'il tenait pour sacr� et tous ses souvenirs heureux, il avait fait le serment, alors il fallait qu'il fasse quelque chose, <emphasis>il fallait qu'il fasse quelque chose, il fallait qu'il FASSE QUELQUE CHOSE -</emphasis></p><p>Peut-�tre que c'�tait futile.</p><p>Peut-�tre que suivre les r�gles �tait futile.</p><p>Peut-�tre qu'il fallait juste br�ler Azkaban.</p><p>Et de fait, il avait jur� qu'il le ferait, alors maintenant il fallait qu'il le fasse.</p><p>Il ferait juste ce qui �tait n�cessaire pour se d�barrasser d'Azkaban, c'est tout. Si �a voulait dire qu'il devrait diriger l'Angleterre, tr�s bien, si �a voulait dire qu'il devrait trouver un sortil�ge � murmurer dont l'�cho se r�pandrait dans le ciel, pourquoi pas, ce qui �tait important c'�tait de d�truire Azkaban.</p><p>C'�tait le camp qu'il avait choisi, c'�tait qui il �tait, alors voil�, ce serait fait.</p><p>Son esprit �veill� aurait demand� beaucoup plus de d�tails avant d'accepter cette r�ponse, mais dans cet �tat de demi-sommeil �a semblait �tre une r�solution assez s�rieuse pour laisser son esprit retomber dans un v�ritable sommeil et vivre son prochain cauchemar.</p><empty-line/><p><emphasis>Dernier apr�s-coup :</emphasis></p><p>Elle se leva dans un sursaut d'horreur, une interruption de son souffle qui la laissa priv�e d'air, mais ses poumons ne boug�rent pas, elle s'�veilla, un cri silencieux sur les l�vres mais aucun mot, aucun mot ne sortit, car elle ne comprenait pas ce qu'elle avait vu, <emphasis>elle ne comprenait pas ce qu'elle avait vu</emphasis>, c'�tait trop immense pour �tre saisi, �a prenait encore forme, elle ne pouvait ni nommer la chose sans forme ni s'en d�charger, s'en d�charger et redevenir innocente et ignorante.</p><p>"Quelle heure est-il ?" murmura-t-elle.</p><p>Son r�veil-matin en or et serti de joyaux, le magnifique r�veil-matin magique que le directeur lui avait offert le jour o� elle avait �t� embauch�e � Poudlard lui murmura en retour : "Environ deux heures du matin. Retourne te coucher."</p><p>Ses draps et sa chemise de nuit �taient tremp�s de sueur, elle prit sa baguette � c�t� de l'oreiller et se s�cha avant d'essayer de se rendormir, elle essaya et finit par y parvenir.</p><p>Sybill Trelawney se rendormit.</p><empty-line/><p>[Note du traducteur : Si vous aimez cette fanfic, parlez-en autour de vous, faites des liens vers elle ! Il y a assez d'id�es saisissantes dedans pour m�riter qu'on la partage. L'original en anglais est l� : .net/s/5782108/1/Harry_Potter_and_the_Methods_of_Rationality]</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 64*: Dossiers Omake 3 : Parall�les alternatif</strong></p><p>Si vous auriez d� �tre au lit il y a plus de cinq heures et que vous lisez encore ceci, puis-je vous sugg�rer d'aller dormir un peu ? Cette histoire sera encore l� demain... � moins bien s�r que <emphasis>quelque chose</emphasis> ne lui arrive, que vous ne trouviez en vous r�veillant qu'un 404 � cette adresse et qu'il ne vous reste plus qu'un souvenir qui s'estompe ainsi que l'�ternel regret de ne pas �tre rest� debout plus longtemps pour lire tant que vous pouviez encore le faire... mais h�, quelles sont les chances que �a arrive ?</p><p>Cette histoire se propage par blogs, tweets, bouche � oreille, ajouts de favoris, mentions sur des forums et adjonctions � des listes ; et souvenez-vous que si d'autres lecteurs avant vous n'avaient pas pris un moment pour le faire, vous ne l'auriez probablement jamais trouv�e. Si �a ne suffit pas � vous motiver, laissez-moi ajouter que si vous n'aidez pas � propager la rationalit�, Hermione sera triste. Dites, vous ne voudriez pas qu'elle soit triste ?</p><p>N'oubliez pas de visiter LessWrong point com et de lire les S�quences, la v�ritable r�alit� dont cette histoire n'est qu'une ombre. Je recommande de commencer par la s�quence <emphasis>Comment vraiment changer d'avis</emphasis>.</p><p>Et maintenant, tous les univers �tant la propri�t� de leur cr�ateur respectifs, je pr�sente :</p><empty-line/><p><strong>DOSSIER OMAKE #3 :</strong></p><p><strong>LES AUTRES FANFICTIONS</strong></p><empty-line/><p><strong/><strong>QUE VOUS AURIEZ PU LIRE</strong></p><empty-line/><p>SEIGNEUR DE LA RATIONALIT�</p><p>Frodon scruta tous les visages mais aucun n'�tait tourn� vers lui. Tout le Conseil s'assit, les yeux baiss�s, comme en pleine r�flexion. Une grande terreur tomba sur lui comme s'il �tait sur le point de recevoir la nouvelle d'une catastrophe qu'il avait longtemps pr�sag�e et dont il avait vainement esp�r� qu'elle ne fut jamais mentionn�e. Un d�sir imp�rieux de se retirer et de demeurer aux c�t�s de Bilbon � Fondcombe emplit son c�ur. Il parla enfin au prix d'un effort et s'�tonna d'entendre ses propres paroles comme si une autre volont� utilisait sa petite voix.</p><p>"Non," dit Frodon. "Il ne faut pas que nous fassions cela. Ne comprenez-vous pas ? C'est exactement ce que l'Ennemi d�sire. Tout cela, il l'a pr�dit."</p><p>Les visages se tourn�rent vers lui, perplexes les Nains, graves les Elfes ; de la duret� dans le regard des Hommes ; et anim�s d'une telle ferveur ceux d'Elrond et de Gandalf, � un point tel que Frodon ne pouvait presque pas le supporter. Il fut alors tr�s difficile de ne pas se saisir de l'anneau, encore plus difficile de ne pas le mettre et de leur faire face seulement en tant que Frodon.</p><p>"Ne vous interrogez-vous pas ?" dit Frodon d'une voix l�g�re comme le vent et tremblante comme une brise. "Entre toutes choses, vous avez choisi d'envoyer l'anneau en Mordor ; ne devriez-vous pas vous interroger ? Comment en sommes-nous venu � cela ? � ce que, de tous nos choix possibles, nous faisons celui que notre Ennemi d�sire le plus ? Peut-�tre la Crevasse du Destin est-elle d�j� gard�e, suffisamment pour repousser Gandalf, Elrond et Glorfindel de concert ; ou peut-�tre le Ma�tre de cet endroit a-t-il refroidi la lave qui s'y trouve, peut-�tre pi�gera-t-elle simplement l'anneau de fa�on � ce qu'il puisse simplement l'en extraire apr�s qu'il y ait �t� jet�..." Un souvenir d'une terrible clart� revint alors � Frodon, accompagn� d'un �clat de rire noir, et l'id�e lui vint que c'�tait <emphasis>exactement</emphasis> ce que l'Ennemi ferait. Sauf que l'id�e lui �tait venue ainsi : <emphasis>c'est ce qu'il me plairait de faire si je comptais r�gner...</emphasis></p><p>Des regards pleins de doute furent �chang�s au sein du Conseil ; Gl�in, Gimli et Boromir regardaient les Elfes avec plus de scepticisme qu'avant, comme s'ils venaient de s'�veiller d'un r�ve de mots.</p><p>"L'Ennemi est tr�s sage," dit Gandalf, "et p�se toutes choses avec soin sur la balance de sa malveillance. Mais sa seule mesure est celle du d�sir, du d�sir de pouvoir ; ainsi juge-t-il tous les c�urs. Jamais dans le sien ne germera l'id�e qu'on puisse le refuser, qu'une fois en la possession de l'Anneau l'on puisse chercher � le d�truire.</p><p>"Il y <emphasis>pensera</emphasis> !" s'�cria Frodon. Il cherchait ses mots, tentait de v�hiculer des choses qui un moment auparavant lui avaient sembl�es limpides et fondaient maintenant comme de la neige. "Si l'Ennemi pensait que tous ses adversaires n'�taient m�s que par le d�sir du pouvoir - alors il se tromperait, encore et encore, et alors le Faiseur de cet Anneau le <emphasis>verrait</emphasis> et <emphasis>saurait</emphasis> qu'il a fait une erreur quelque part !" Frodon tendit ses mains d'un air plaidant.</p><p>Boromir s'agita et sa voix fut pleine de doute : "Vous dites grand bien de l'Ennemi, pour un de ses adversaires."</p><p>La bouche de Frodon s'ouvrit et se referma sous l'effet d'une stup�faction teint�e de d�sespoir ; car il savait, il savait que l'Homme �tait fou, mais il ne trouvait rien � r�pondre.</p><p>Puis Bilbon parla, et sa voix fl�trie fit taire toute la pi�ce, m�me Elrond, qui avait �t� sur le point de parler. "J'ai peur que Frodon n'ait raison," murmura le vieil hobbit. "Je me souviens, je me souviens de ce que c'�tait. De voir avec le Regard Sombre. Je m'en souviens. L'Ennemi pensera que nous ne pourrons nous faire confiance, que les plus faibles d'entre nous proposerons de d�truire l'Anneau afin que les plus forts ne l'aient pas. Il sait que m�me une personne dont la bont� n'est pas v�ritable pourra quand m�me enjoindre de le d�truire afin de faire montre de cette bont� qu'il n'a pas. Et l'Ennemi ne pensera <emphasis>pas</emphasis> qu'il est impossible que ce Conseil prenne une telle d�cision car, voyez-vous, il ne s'attend pas � ce que nous fassions preuve de sagesse." Un gloussement murmur� s'�leva de la gorge du vieil hobbit. "Et quand bien m�me - allons, il garderait <emphasis>quand m�me</emphasis> la Crevasse du Destin. Cela lui co�terait si peu."</p><p>Un sombre pressentiment �tait maintenant visible jusqu'aux visages des Elfes et du Sage ; Elrond faisait la grimace et les sourcils drus de Gandalf se fron�aient.</p><p>Frodon les regarda tous et sentit une d�mence, une d�sespoir le surplomber ; et une faiblesse dans son c�ur laissa sa vision s'obscurcir, s'emplir de t�n�bres, vaciller. Depuis ces t�n�bres, Frodon vit Gandalf, et la force du sorcier fut r�v�l�e �tre une faiblesse, sa sagesse, une folie. Car Frodon, dont le sein �tait alourdi, tiraill� par l'Anneau, sut que Gandalf n'avait � aucun moment pens� � l'Histoire et aux mythes lorsqu'il avait dit que l'Ennemi ne comprendrait aucun d�sir autre que celui du pouvoir ; qu'il ne s'�tait pas souvenu de la fa�on dont Sauron avait rabaiss� et corrompu les Hommes de N�menor au beau milieu de leurs jours de gloire. Tout comme il n'�tait pas venu � l'esprit de Gandalf que l'Ennemi pourrait apprendre � comprendre ses adversaires emplis de bont� en les <emphasis>observant</emphasis>...</p><p>Le regard de Frodon passa � Elrond, mais depuis sa vision obscurcie il n'y avait l� aucun espoir, au secours ; car Elrond avait laiss� Isildur partir, il l'avait laiss� emmener l'Anneau depuis la Crevasse du Destin, l� o� il aurait d� �tre d�truit, au prix de toute cette guerre. Cela n'avait servi ni Isildur ni leur amiti� car l'Anneau avait fini par tuer Isildur, et d'autres destins bien pires auraient pu lui �choir. Mais la catastrophe qui avait �man� de l'acte d'Isildur avait alors sembl� peu certaine � Elrond, peu certaine et lointaine ; et pourtant le co�t pour Elrond d'appliquer le pommeau de son �p�e � l'arri�re du cr�ne d'Isildur aurait �t� plus s�r, plus proche...</p><p>Comme m� par le d�sespoir, Frodon se tourna pour regarder Aragorn, l'homme au visage burin� qui devant ce Conseil rev�tait des v�tements us�s par le voyage, l'h�ritier de rois qui parlait aux hobbits avec gentillesse. Mais Frodon vit double, et dans la deuxi�me image t�n�breuse il vit un Homme qui avait pass� une trop grande partie de sa jeunesse entour� d'Elfes, qui avait appris � porter des v�tements humbles et tach�s au beau milieu de l'or et des joyaux, sachant qu'il ne pourrait jamais �galer leur sagesse et d�sireux de les surpasser dans un domaine o� ils ne s'aventureraient pas...</p><p>Par le regard de l'Anneau, qui n'�tait autre que ce lui de son Faiseur, toutes les choses nobles s'effa�aient pour r�v�ler des stratag�mes et des mensonges, un monde de gris et de t�n�bres d�nu� de lumi�re. Ils n'avaient pas fait leur choix en toute connaissance de cause, Gandalf, Elrond et Aragorn ; leurs pulsions �taient venues des parties cach�es de leur �tre, des noires et secr�tes profondeurs que l'Anneau rendait �videntes aux yeux de Frodon. Se montreraient-ils sup�rieurs � Sauron, eux qui ne pouvaient comprendre ni eux-m�mes ni les forces qui les faisaient agir ?</p><p>Le chuchotement ac�r� de Bilbon lui parvint : "Frodon !", il revint � lui et interrompit sa main qui s'�tait �lev�e vers l'anneau pos� contre sa poitrine, au bout d'une cha�ne ; il avait l'impression qu'un immense rocher �tait attach� � son cou.</p><p>Qui s'�tait �lev�e pour saisir l'Anneau d�tenteur de toutes les r�ponses.</p><p>"Comment as-tu pu porter cette chose ?" murmura Frodon � Bilbon comme s'ils avaient �t� les deux seules �mes de la pi�ce, alors m�me que le Conseil les regardait. "Pendant des ann�es ? Je n'arrive pas � l'imaginer."</p><p>"Je l'ai gard� dans une pi�ce ferm�e dont seul Gandalf avait la cl�," dit son oncle, "et quand je commen�ais � imaginer des moyens de l'ouvrir, je me souvenais de Gollum."</p><p>Un frisson parcourut Frodon lorsqu'il se souvint des histoires. L'horreur des Monts Brumeux, � r�fl�chir, toujours � r�fl�chir dans le noir ; r�gner sur les gobelins depuis les ombres, � farcir les tunnels de pi�ges ; si Bilbon n'avait pour la premi�re fois port� l'anneau cette fois-ci, aucun nain n'aurait surv�cu. Et aujourd'hui, selon l'Elfe Legolas, Gollum avait abandonn� l'id�e d'envoyer ses agents contre la Comt� et avait fini par trouver le courage de quitter ses montagnes et de partir lui-m�me en qu�te de l'Anneau. C'�tait Gollum, et c'�tait un destin que Frodon partagerait si l'Anneau n'�tait pas d�truit.</p><p>Sauf qu'ils n'avaient aucun moyen de le d�truire.</p><p>L'Ombre avait pr�vu chacun des coups qui leur �taient offerts. Elle avait <emphasis>presque</emphasis> - Frodon n'arrivait toujours pas � imaginer comment cela avait �t� accompli, comment l'Ombre avait maniganc� un telle chose - elle avait <emphasis>presque</emphasis> pouss� le Conseil � envoyer l'Anneau droit vers le Mordor accompagn� seulement d'une garde r�duite, ce qu'il aurait fait si Frodon et Bilbon n'avaient �t� l�.</p><p>Et ayant �vit� la plus rapide des d�faites possibles, la seule question qui demeurait �tait de savoir combien de temps ils mettraient � perdre. Gandalf avait diff�r� trop longtemps, bien trop longtemps avant de d�clencher ce mouvement. Cela aurait �t� si simple si Bilbon s'y �tait attel� huit ans plus t�t, si seulement on lui avait dit ce que Gandalf soup�onnait alors d�j�, si seulement le c�ur de Gandalf n'avait pas silencieusement recul� devant la perspective d'avoir tort et d'�tre embarrass�...</p><p>La main de Frodon eut une spasme contre sa poitrine ; sans qu'il y pense, ses doigts recommenc�rent � s'�lever vers l'immense poids de la cha�ne � laquelle l'Anneau �tait pendu.</p><p>Il n'avait qu'� le mettre.</p><p>Cela seulement, et tout deviendrait clair, la lenteur et la vase quitteraient ses pens�es, tous les possibles et tous les futurs deviendraient transparents � ses yeux, son regard percevrait les plans de l'Ombre et deviserait une contre-attaque imparable -</p><p>- et il ne pourrait plus jamais l'enlever, pas cette fois, pas avec ce qu'il lui resterait de volont�. Les seuls souvenirs que Frodon avait de ces moments s'effa�aient mais il savait qu'il lui avait sembl� mourir lorsqu'il avait laiss� ses tours de pens�es s'effondrer et qu'il �tait redevenu Frodon. Il lui avait sembl� mourir, voil� tout ce qu'il se souvenait d'Amon S�l. Et s'il devait � nouveau porter l'Anneau, il pr�f�rerait mourir en l'ayant au doigt, mettre un terme � sa vie alors qu'il serait encore lui-m�me ; car il savait qu'il ne pourrait pas supporter ces effets une seconde fois, pas apr�s, lorsque la clart� infinie lui aurait �t� ravie...</p><p>Frodon observa le Conseil, les pauvres Sages perdus et sans chef, et il sut qu'ils ne pourraient pas vaincre l'Ombre par eux-m�mes.</p><p>"Je le porterai une derni�re fois", dit Frodon d'une voix bris�e et mourante, comme il avait depuis le d�but su qu'il finirait par le dire, "une derni�re fois pour trouver une r�ponse pour ce Conseil, puis il y aura d'autres hobbits."</p><p>"<emphasis>Non !</emphasis>" s'�cria la voix de Sam, et l'autre hobbit commen�a � se pr�cipiter hors de sa cachette alors m�me que Frodon, d'un mouvement aussi rapide et pr�cis que celui d'un Nazg�l, sortait l'Anneau de sous sa chemise ; et soudain Bilbon �tait d�j� l� et son doigt avait d�j� travers� l'anneau.</p><p>Tout eut lieu avant que Gandalf ne puisse brandir son b�ton, avant qu'Aragorn ne puisse lever son tron�on d'�p�e ; les Nains s'exclam�rent et les Elfes furent estomaqu�s.</p><p>"Bien s�r," dit la voix de Bilbon alors que Frodon commen�ait � pleurer, "je vois, je comprends tout, enfin. �coutez, �coutez-moi bien, voici ce que vous devez faire -"</p><empty-line/><p>LA SORCI�RE BLANCHE ET L'ARMOIRE MAGIQUE</p><p>Peter regarda d'un �il critique le camp des Centaures avec leurs arcs, des Castors avec leurs dagues et des Ours parlants v�tus de leur cotte de maille. Il commandait parce qu'il �tait l'un des mythiques Fils d'Adam et s'�tait d�clar� Haut Roi de Narnia ; mais en v�rit� il n'y connaissait pas grand chose en camps, en armes et en patrouilles de garde. En fin de compte, tout ce qu'il pouvait voir c'�tait qu'ils semblaient tous fiers et confiants, et Peter devait esp�rer qu'ils avaient raison sur ce point ; parce que si on ne pouvait pas compter sur les siens, on ne pouvait compter sur personne.</p><p>"Ils <emphasis>me</emphasis> feraient peur si je devais les combattre," dit-il enfin, "mais je ne sais pas si �a suffira � la battre... <emphasis>elle.</emphasis>"</p><p>"Tu ne penses pas que ce lion myst�rieux va d�barquer et nous aider ?" dit Lucy. Sa voix �tait tr�s basse, afin qu'aucun des cr�atures autour d'eux ne puisse les entendre. "C'est juste que �a serait bien de vraiment l'avoir avec nous, tu crois pas, au lieu de juste laisser penser aux gens qu'il nous a confi� le commandement ?"</p><p>Susan secoua la t�te, agitant ainsi les fl�ches magiques du carquois accroch� dans son dos. "Si une telle personne existait vraiment," dit Susan, "n'aurait-il pas emp�ch� la Sorci�re blanche d'engloutir le monde dans l'hiver pendant cent ans ?"</p><p>"J'ai eu un r�ve des plus �tranges," dit Lucy d'une voix encore plus basse, "o� on n'avait ni � unir des cr�atures ni � les convaincre de se battre, nous arrivions ici et le lion �tait d�j� l�, les arm�es �taient d�j� rassembl�es, et il partait, il sauvait Edmund et nous chevauchions avec lui dans cette incroyable bataille lors de laquelle il tuait la Sorci�re blanche..."</p><p>"Le r�ve avait-il une morale ?" demanda Peter.</p><p>"Je ne sais pas," dit Lucy en clignant des yeux et avec un air l�g�rement perplexe. "Je ne sais pas pourquoi, mais dans le r�ve, tout �a semblait futile."</p><p>"Je pense que le monde de Narnia essayait peut-�tre de te dire," dit Susan, "ou peut-�tre que c'�tait juste tes r�ves qui essayaient de te dire que si quelqu'un comme ce lion existait, <emphasis>nous </emphasis>n'aurions aucune utilit�."</p><empty-line/><p>MY LITTLE PONY : L'AMITI� C'EST LA SCIENCE</p><p>"Applejack, qui m'a tout de suite dit que je me trompais, repr�sente l'esprit... <emphasis>d'honn�tet� !</emphasis>" le poney au poil sombre �leva encore plus sa t�te, sa crini�re s'agitant comme le vent autour de la nuit noire de son long cou, ses yeux �tincelant tels des �toiles. "Fluttershy, qui s'est approch�e de la manticore pour y d�couvrir l'�pine qu'elle avait dans sa patte, repr�sente l'esprit... <emphasis>d'investigation</emphasis> ! Pinkie Pie, qui s'est rendue compte que les horribles visages n'�taient que des arbres, repr�sente l'esprit... <emphasis>de formulation d'hypoth�ses alternatives !</emphasis> Rarity, qui a r�solu le probl�me du serpent, repr�sente l'esprit... <emphasis>de cr�ativit�</emphasis><emphasis>!</emphasis> Rainbow Dash, qui a su percer � jour la fausse promesse de ses d�sirs, repr�sente l'esprit... <emphasis>d'analyse !</emphasis> Marie-Susan, qui nous a forc� � la convaincre de nos th�ories avant de financer notre exp�dition, repr�sente l'esprit... <emphasis>d'�valuation par les pairs !</emphasis> Et lorsque ces �l�ments sont allum�s par l'�tincelle de curiosit� qui r�side dans le c�ur de chacun de nous, ils cr�ent le septi�me �l�ment, l'�l�ment de la Sci-"</p><p>L'explosion de pouvoir qui eut lieu fut semblable � un vent de lave lumineuse, elle saisit Marie-Susan avant que le poney n'aie pu ne serait-ce que tressaillir, arracha la chair de ses os, transforma ses os en cendres, avant m�me que les autres n'aient pu se cabrer de peur.</p><p>Depuis la sombre chose qui se tenait au centre de l'estrade, l� o� les �l�ments avaient �t� bris�s, depuis la folie cinglante et le d�sespoir qui entouraient la silhouette � peine reconnaissable d'un cheval noir n�ant vint une voix qui sembla traverser toutes les oreilles et br�ler tel un feu froid, r�sonnant directement dans le cerveau de tous les poneys qui pouvaient l'entendre :</p><p><emphasis>Vous vous attendiez � ce que je me tienne l� et que je vous laisse finir ?</emphasis></p><p>Les cris commenc�rent alors, faisant �cho dans cette salle du tr�ne ancienne et abandonn�e ; et Applejack tomba sur son toupet � c�t� des cendres encore rougeoyantes qui �taient tout ce qui restait des os de Marie-Susan. Elle �tait trop an�antie pour pouvoir sangloter.</p><p>Twilight Sparkle regarda l'horreur qui avait un jour �t� la jument s�l�niaque, et son esprit fut submerg� par un d�sespoir fr�n�tique lorsqu'elle comprit que c'�tait fini, qu'elles �taient foutues, que tout espoir �tait perdu sans Marie-Susan, car tout le monde savait que peu importe � quel point vous �tiez honn�te, investigateur, sceptique, cr�atif, analytique ou curieux, ce qui transformait vraiment vos travaux en Science c'�tait de publier vos r�sultats dans un journal prestigieux. Tout le monde le savait...</p><empty-line/><p>LE VILLAGE CACH� DANS LA LUCIDIT�</p><p>"Consid�res la puissance de calcul n�cessaire pour g�n�rer plus d'une centaine de clones de l'ombre," dit le g�nie Uchiha d'un ton totalement objectif et froid. "C'est une erreur de rationalit�, Sakura, que de dire 'coup de chance' et de penser que tu as expliqu� quoi que ce soit. 'Coup de chance' est simplement le nom que l'on donne aux donn�es que l'on ignore."</p><p>"Mais �a <emphasis>doit</emphasis> �tre un coup de chance !" s'�cria Sakura. Au prix d'un effort, elle parvint � calmer sa voix et � lui donner la pr�cision m�ticuleuse attendue d'un ninja de la rationalit� ; elle ne laisserait pas la cible de ses �mois penser qu'elle �tait stupide. "Comme tu l'as dit, la puissance de calcul n�cessaire pour utiliser plus d'une centaine de clones de l'ombre est tout simplement absurde. C'est du niveau d'une superintelligence majeure. Naruto est bon dernier de notre classe. Il n'a m�me pas l'intelligence d'un jounin normal, encore moins d'une superintelligence !"</p><p>Les yeux du Uchiha brill�rent presque comme s'il avait activ� son Malingan. "Naruto peut donner forme � cent clones agissant ind�pendamment les uns des autres. Il <emphasis>doit</emphasis> avoir la puissance c�r�brale n�cessaire. Mais dans des circonstances normales, quelque chose l'emp�che d'utiliser sa puissance de calcul de fa�on efficace... comme un esprit en guerre contre lui-m�me, peut-�tre ? Nous avons maintenant une raison de croire que Naruto est connect� � une superintelligence, d'une fa�on ou d'une autre, et en tant que genin r�cemment dipl�m�, il a comme nous quinze ans. Que s'est-il pass� il y a quinze ans, Sakura ?"</p><p>Il fallut un moment � Sakura pour comprendre, pour se souvenir, et alors elle sut.</p><p>L'attaque du d�mon renard � neuf cerveaux.</p><p>Juste une petite cr�ature blanc os avec de grandes oreilles, une queue encore plus grande, et des yeux rouges per�ants. Elle n'�tait pas plus puissante qu'un renard ordinaire, elle ne crachait pas du feu, elle n'avait pas d'yeux laser, elle n'avait ni chakra ni magie d'aucune sorte, mais son intelligence �tait plus de neuf mille fois sup�rieure � celle d'un �tre humain.</p><p>Des centaines de gens avaient �t� tu�s, la moiti� des immeubles avaient �t� ravag�s et presque tout le village de Beisugakure avait �t� d�truit.</p><p>"Tu penses que Kyubey se cache dans Naruto ?" dit Sakura. Un moment plus tard, son cerveau compl�ta automatiquement les cons�quences �videntes de cette th�orie. "Et le conflit logiciel entre leurs existences est la raison pour laquelle il se comporte comme un idiot les trois quarts du temps mais qu'il est capable de contr�ler une centaine de clones de l'ombre. Hm. �a... se tient vraiment... en fait..."</p><p>Sasuke lui donna le bref hochement de t�te m�prisant de celui qui avait tout trouv� tout seul sans avoir besoin qu'on l'aide, <emphasis>lui</emphasis>.</p><p>"Ano..." dit Sakura. Seules des ann�es d'exercices d'�quilibre mental d�vi�rent sa panique absolue et hurlante vers des propositions pragmatiques et utiles. "Ne devrions-nous pas... le <emphasis>dire </emphasis>� quelqu'un ? Genre, avant les cinq prochaines secondes ?"</p><p>"Les adultes sont d�j� au courant," dit Sasuke d'une voix froide. "C'est l'explication �vidente � la fa�on dont ils traitent Naruto. Non, la v�ritable question est de savoir comment cela s'articule avec la fa�on dont les Uchiha ont �t� dup�s..."</p><p>"Je ne vois pas du tout le rapport avec -" commen�a Sakura.</p><p>"�a <emphasis>doit</emphasis> avoir un rapport !" une nuance de fr�n�sie luit dans la voix de Sasuke. "J'ai demand� � cet homme <emphasis>pourquoi</emphasis> il avait fait �a, et il m'a dit que quand je conna�trai la r�ponse, �a expliquerait <emphasis>tout</emphasis> ! <emphasis>�a aussi </emphasis>doit certainement faire partie de ce qui sera expliqu� !"</p><p>Sakura soupira en son for int�rieur. Son hypoth�se personnelle �tait qu'Itachi avait juste essay� de mener son fr�re � la parano�a clinique.</p><p>"Yo, les enfants," dit la voix de leur sensei de rationalit� depuis leurs �couteurs radiophoniques. "Il y a un village � Vague qui essaie de construire un pont et celui-ci n'arr�te pas de tomber sans que personne ne comprenne pourquoi. Rendez-vous aux portes du village � midi. C'est l'heure de votre premi�re mission d'analyse de rang C."</p><empty-line/><p>ERD�S ENCHA�N�</p><p>"Comment as-tu pu faire �a, Anita ?" dit Richard d'une voix tr�s tendue. "Comment as-tu pu co-�crire un article avec Jean-Claude ? Tu <emphasis>�tudies</emphasis> les morts-vivants, tu ne collabores pas avec eux pour des articles !"</p><p>"Et toi ?" crachais-je. "Tu as co-�crit un papier avec Sylvie ! Alors <emphasis>toi</emphasis> tu peux �tre prolifique mais pas <emphasis>moi</emphasis> ?"</p><p>"Je suis le <emphasis>directeur de l'institut</emphasis>," gronda Richard. Je pouvais sentir les ondes de science irradier de lui ; il �tait en col�re. "Je <emphasis>dois</emphasis> travailler avec Sylvie, mais �a ne veut rien dire ! Je pensais que nos recherches �taient sp�ciales, Anita !"</p><p>"Elles le <emphasis>sont</emphasis>," r�pondis-je, me sentant impuissante dans mon incapacit� � expliquer les choses � Richard. Il ne comprenait pas � quel point cela pouvait �tre �lectrisant d'�tre une polymathe, de voir ces nouveaux mondes qui s'ouvraient � moi. "Je ne partage pas <emphasis>nos</emphasis> recherches avec quiconque -"</p><p>"Mais tu voulais le faire," dit Richard.</p><p>Je ne r�pondis rien car je savais que l'expression de mon visage le faisait � ma place.</p><p>"Dieu, Anita, tu as chang�," dit Richard. Il sembla s'avachir. "Te rends-tu compte que maintenant les monstres blaguent en parlant de nombre de Blake ? Avant, j'�tais ton partenaire en tout, et maintenant - je suis juste un autre loup-garou avec un nombre de Blake de 1".</p><empty-line/><p>COSMOFUT�S</p><p>"J'en ai <emphasis>marre</emphasis> !" s'�cria Liono. "J'en ai marre de faire �a <emphasis>chaque semaine !</emphasis> Notre esp�ce �tait capable de <emphasis>voyage interstellaire, </emphasis>Panthro, et je <emphasis>connais</emphasis> les quantit�s d'�nergie que cela requiert ! Tu <emphasis>dois</emphasis> pouvoir construire une arme nucl�aire ou rediriger un ast�ro�de ou <emphasis>autre chose</emphasis> et faire sauter la pyramide de cet idiot immortel !"</p><empty-line/><p>MUSCLOR ET LES MA�TRES DE LA RATIONALIT�</p><p>"Un savoir secret fabuleux me fut r�v�l� le jour o� j'ai tenu mon livre de magie en l'air et que j'ai dit : <emphasis>Par le pouvoir du th�or�me de Bayes !</emphasis>"</p><empty-line/><p>FATE/SAIN D'ESPRIT</p><p><emphasis>Je suis le c�ur de mes pens�es</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>Mon corps est ce que je crois</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>Mon sang est mes choix</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>Plus de mille fois je me suis corrig�</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>Sans crainte de perte</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>Inconscient du gain</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>Par-del� la douleur</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>De la nouvelle information</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>J'attends la venue du vrai</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>C'est le seul chemin incertain</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>Toute ma vie a �t�...</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>L'�uvre Infinie de Bayes!</emphasis></p><empty-line/><p>LE NOM DE LA RATIONALIT�</p><p>Le gar�on de onze ans qui deviendrait un jour une l�gende - pourfendeur de dragons, tueur de rois - n'avait qu'une pens�e � l'esprit alors qu'il approchait du Choixpeau pour entamer son �tude des myst�res.</p><p><emphasis>N'importe o� sauf Serdaigle, s'il vous pla�t, n'importe o� sauf Serdaigle...</emphasis></p><p>Mais � peine le rebord de l'ancien appareil feutr� eut-il recouvert son front -</p><p>"SERDAIGLE !"</p><p>Alors que la table recouverte de bleu l'applaudissait il s'approcha avec terreur de l'endroit o� il passerait les sept prochaines ann�es ; Kvothe grima�ait d�j� en son fort int�rieur et attendait l'in�vitable, et l'in�vitable se produisit presque imm�diatement, exactement comme il l'avait craint, avant m�me qu'il ait eu une chance de finir de s'asseoir.</p><p>"Alors !" dit un gar�on plus �g� avec l'expression heureuse de quelqu'un qui venait de penser � quelque chose d'incroyablement fut� : "Kvothe l'Aigle, h� ?" [NdT: "Kvothe the Raven", jeu de mots intraduisible en r�f�rence au po�me <emphasis>The Raven</emphasis> d'Edgar Allan Poe. Je suis � la recherche d'un jeu de mots �quivalent !]</p><empty-line/><p>TENGEN TOPPA GURREN RATIONALIT� 40K</p><p>J'ai une histoire vraiment g�niale pour ce crossover que cette marge est trop �troite pour loger.</p><empty-line/><p>TWILIGHT UTILITARISTE</p><p><emphasis>(Note : �crit avant que j'apprenne qu'Alicorn �crivait une fanfiction Twilight mais avant d'avoir lu Luminosity. C'est �vident si vous �tes l'un des n�tres).</emphasis></p><p>"Edward," dit Isabella d'une voix tendre. Elle leva la main et caressa sa joue froide et scintillante. "Tu n'as � me prot�ger de rien. J'ai fait la liste de tous les avantages et de tous les inconv�nients, je leur ai assign� des poids relatifs coh�rents et il �tait juste vraiment �vident que les avantages qu'il y a � devenir un vampire l'emportent sur les inconv�nients."</p><p>"Bella," dit Edward, et il d�glutit avec d�sespoir. "Bella -"</p><p>"Immortalit�. Sant� parfaite. Pouvoirs psychiques en �veil. Plut�t simple de survivre � partir de sang animal une fois qu'on s'y met. M�me la beaut�, Edward, il y a des gens qui donneraient leur vie pour �tre beaux, et n'ai pas l'audace de dire qu'ils sont superficiels avant d'avoir essay� d'�tre laid. Est-ce que tu penses que j'ai peur du mot 'vampire' ? J'en ai marre de tes contraintes d�ontologiques arbitraires, Edward. Toute l'esp�ce humaine devrait pouvoir s'amuser autant que vous, et alors m�me que tu h�sites, des milliers de personnes se meurent."</p><p>Le pistolet dans la main de son amant �tait froid contre son front. Cela ne le tuerait pas, mais cela l'handicaperait assez longtemps pour -</p><empty-line/><p>HAMLET RATIONALISTE</p><p>(<strong>Une contribution de Histocrat </strong>sur LiveJournal, article 13389, aka <strong>HonoreDB </strong>sur LessWrong)</p><empty-line/><p>(republi� avec permission)</p><p>[NdT : Voici l'original en anglais. Sinon ce chapitre aurait �t� publi� fin juin.]</p><p>HAMLET</p><empty-line/><p>Interloper, abandon this strange prank,</p><empty-line/><p>which makes cruel use of the blindness of my grief,</p><empty-line/><p>and the good heart of my good friend Horatio.</p><empty-line/><p>Or else, if thou hast true title to this belov'd form,</p><empty-line/><p>tell me:</p><empty-line/><p>What drawing did I present to Hamlet King,</p><empty-line/><p>when six years old and scarce out of my sling?</p><p>Ghost</p><empty-line/><p>'twas a unicorn clad all in mail.</p><p>HAMLET</p><empty-line/><p>What.</p><p>Ghost</p><empty-line/><p>Mark me.</p><p>HAMLET</p><empty-line/><p>Father, I will.</p><p>Ghost</p><empty-line/><p>My hour is almost come,</p><empty-line/><p>When I to sulphurous and tormenting flames</p><empty-line/><p>Must render up myself.</p><p>HAMLET</p><empty-line/><p>Thou art in torment?</p><p>Ghost</p><empty-line/><p>Ay, as are all who die unshriven.</p><p>HAMLET</p><empty-line/><p>Like every Dane this is what I've been taught.</p><empty-line/><p>Yet I did figure such caprice ill-suited to almighty God.</p><empty-line/><p>For all who suffer unlook'd for deaths, unattended by God's chosen priests,</p><empty-line/><p>to be then punish'd for the ill-ordering of the world...</p><p>Ghost</p><empty-line/><p>'twas not the world that killed me, nor accident of any kind.</p><p>HAMLET</p><empty-line/><p>What?</p><p>Ghost</p><empty-line/><p>If thou didst ever thy dear father love,</p><empty-line/><p>Revenge his foul and most unnatural murder.</p><p>HAMLET</p><empty-line/><p>Oh God.</p><p>Ghost</p><empty-line/><p>My time grows ever shorter. Wilt thou hear the tale?</p><p>HAMLET</p><empty-line/><p>No.</p><p>Ghost</p><empty-line/><p>What?</p><p>HAMLET</p><empty-line/><p>My love for you does call me to avenge your death,</p><empty-line/><p>but greater crimes have I heard told this night.</p><empty-line/><p>If all those murdered go to Hell, and others as well,</p><empty-line/><p>who would have confess'd had they the time,</p><empty-line/><p>If people who are, in balance, good, suffer grisly</p><empty-line/><p>at the hands of God, then I defy God's plan.</p><p>Good Ghost, as one who dwells beyond the veil,</p><empty-line/><p>you know things that we mortals scarce conceive.</p><empty-line/><p>Tell me: is there some philter or device,</p><empty-line/><p>outside nature's ken but not outside her means,</p><empty-line/><p>by which death itself may be escap'd?</p><p>Ghost</p><empty-line/><p>You seek to evade Hell?</p><p>HAMLET</p><empty-line/><p>I seek to deny Hell to everyone!</p><empty-line/><p>and Heaven too, for I suspect the Heaven of our mad God</p><empty-line/><p>might be a paltry thing, next to the Heaven I will make of Earth,</p><empty-line/><p>when I am its immortal king.</p><p>Ghost</p><empty-line/><p>I care not for these things.</p><empty-line/><p>Death and hell have stripp'd away all of my desires,</p><empty-line/><p>save for revenge upon my murderer.</p><p>HAMLET</p><empty-line/><p>Thou shalt not be avenged, save that thou swear:</p><empty-line/><p>an I slay thine killer, so wilt thou vouchsafe to me the means</p><empty-line/><p>by which I might slay death.</p><p>He who killed you will join you in the Pit,</p><empty-line/><p>and then that's it. No further swelling of Hell's ranks will I permit.</p><p>Ghost</p><empty-line/><p>Done. When my brother is slain, he who poured the poison in my ear,</p><empty-line/><p>then will I pour in yours the precious truth:</p><empty-line/><p>the making of the Philosopher's Stone. With this Stone, thou may'st procure</p><empty-line/><p>a philter to render any man immune to death, and more transmute</p><empty-line/><p>base metal to gold, to fund the provision of this philter to all mankind.</p><p>HAMLET</p><empty-line/><p>Truly there is nothing beyond the dreaming of philosophy.</p><empty-line/><p>Wait.</p><empty-line/><p>The man whom I must kill-my uncle the king?</p><p>Ghost</p><empty-line/><p>Ay, that incestuous, that adulterate beast,</p><empty-line/><p>With witchcraft of his wit, with traitorous gifts-</p><p>HAMLET</p><empty-line/><p>Indeed, he has such gifts I near despair,</p><empty-line/><p>of killing him and yet succeeding to his throne.</p><empty-line/><p>'twill be an awesome fight for awesome stakes.</p><empty-line/><p>Hast thou advice?</p><p><emphasis>A cock crows. Exit Ghost.</emphasis></p><p>(HonoreDB en a maintenant fait un livre)</p><empty-line/><p>(intitul� <emphasis>Un D�sir de Paradis des Plus Incorrects : La Trag�die du Prince Hamlet et de la Pierre Philosophale</emphasis>)</p><empty-line/><p>(disponible pour 3 $ sur makefoil point com)</p><empty-line/><p>(oui, vraiment)</p><empty-line/><p>MOBY DICK ET LES M�THODES DE LA RATIONALIT�</p><p>(tel que cont� par <strong>Eneasz</strong> sur LessWrong)</p><p>"Vengeance ?" dit l'homme � la jambe de bois. "Contre une <emphasis>baleine</emphasis> ? Non, j'ai d�cid� de passer � autre chose."</p><empty-line/><p>BIENVENUE DANS LE MONDE R�EL</p><p>(merci � <strong>dsummerstay</strong> de m'avoir rappel� de publier celui l�)</p><p>MORPHEUS : Pendant longtemps j'ai refus� d'y croire. Mais alors j'ai vu les champs de mes yeux, je les ai vus liqu�fier les morts pour en nourrir les vivants -</p><p>NEO (<emphasis>poliment)</emphasis> : Euh, excuse-moi.</p><p>MORPHEUS : Oui, N�o ?</p><p>NEO : J'ai r�ussi � ne rien dire pendant longtemps, mais l� je ressens un certain besoin de parler. Le corps humain est la source d'�nergie la moins efficace qu'on puisse imaginer. L'efficacit� d'une centrale �lectrique dans sa capacit� � convertir l'�nergie thermique en �lectricit� <emphasis>diminue</emphasis> � mesure qu'on abaisse la temp�rature des turbines. Si tu as n'importe quel nourriture comestible par des humains, il serait plus efficace de la br�ler dans un fourneau que de la leur donner � manger. Et maintenant tu me dis que la nourriture c'est <emphasis>les corps des morts, donn�s � manger aux vivants ?</emphasis> Est-ce que tu as d�j� entendu parler des lois de la thermodynamique ?</p><p>MORPHEUS : O� as-<emphasis>tu</emphasis> entendu les lois de la thermodynamique, N�o ?</p><p>NEO : Toute personne ayant �t� � un seul cours de science au lyc�e se doit de conna�tre les lois de la thermodynamique !</p><p>MORPHEUS : Et o� as-tu �t� au lyc�e, N�o ?</p><p>(Silence.)</p><p>NEO : ...dans la Matrice.</p><p>MORPHEUS : Les machines prof�rent d'intelligents mensonges.</p><p>(Silence.)</p><p>NEO (<emphasis>d'une petite voix</emphasis>) : S'il te pla�t, est-ce que je pourrais avoir un vrai manuel de physique ?</p><p>MORPHEUS : �a n'existe pas, N�o L'univers n'est pas bas� sur les maths.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 65*: Mensonges contagieux</strong></p><p>Hermione Granger avait lu quelque part que l'une des cl�s de la minceur �tait de pr�ter attention � ce que l'on mangeait et de se concentrer sur cet acte afin d'�tre satisfait de son repas. Ce matin elle s'�tait fait griller une tranche de pain, elle avait mis du beurre dessus et elle avait mis de la cannelle sur le beurre, alors �a aurait vraiment d� suffire � ce qu'elle soit <emphasis>consciente</emphasis>, cette fois-ci, de toute bonne nourriture qui l'attendait...</p><p>Sans pr�ter attention ni � la cannelle ni au beurre, sans remarquer la nourriture ni se rendre compte qu'elle mangeait, Hermione avala une autre bouch�e de tartine et dit : "Est-ce que tu peux me r�expliquer �a ? �a me sid�re toujours autant."</p><p>"C'est plut�t clair quant on y pense du point de vue d'un Serpentard du c�t� clair," dit le gar�on que tous les r�sidents de l'�cole mis � part eux deux croyaient �tre son v�ritable amour. La cuill�re de Harry Potter remua distraitement ses c�r�ales ; Hermione ne l'avait pas vu manger grand-chose ce matin. "Tout ce qui est bon en ce monde provoque l'existence de son oppos�. Les ph�nix ne font pas exception."</p><p>Hermione prit une autre bouch�e inconsciente de sa tartine beurr�e et recouverte de cannelle avant de dire : "Comment quelqu'un pourrait-il ne <emphasis>pas comprendre</emphasis> que Fumseck pense que tu es quelqu'un d'assez bien pour le promener sur ton �paule ? Il ne ferait pas �a avec un mage noir ! Certainement pas !"</p><p>Et elle n'avait �t� crier � personne que Fumseck avait touch� <emphasis>sa</emphasis> joue � elle parce qu'elle savait qu'elle aurait eu tort de le faire - que si un ph�nix vous touchait, vous n'�tiez pas cens� vous en vanter, que ce n'�tait pas <emphasis>pour �a </emphasis>que les ph�nix existaient.</p><p>Mais elle avait vraiment <emphasis>esp�r�</emphasis> que �a �craserait les rumeurs selon lesquelles Harry Potter devenait m�chant et que Hermione Granger suivait sa trace.</p><p>Et �a n'avait pas march�.</p><p>Et elle ne pouvait vraiment pas comprendre pourquoi.</p><p>Harry prit une autre bouch�e de c�r�ales, ses yeux devinrent distants et s'�cart�rent des siens. "Vois-le comme �a : tu rates un jour d'�cole, tu mens et tu dis au professeur que tu �tais malade. Le professeur te dit d'amener un mot du docteur, alors tu en fabriques un. Le professeur dit qu'elle va appeler le docteur pour v�rifier, alors tu dois lui donner un faux num�ro et demander � un ami de faire semblant d'�tre le docteur quand elle appelle -"</p><p>"Tu as fait <emphasis>quoi</emphasis> ?"</p><p>Harry releva alors les yeux de son bol ; il souriait. "Je ne dis pas que je l'ai vraiment <emphasis>fait</emphasis>, Hermione..." Puis ses yeux retomb�rent abruptement vers ses c�r�ales. "Non. Juste un exemple. Les mensonges se propagent, c'est �a que je veux te dire. Qu'il faut rajouter plus de mensonges pour couvrir les pr�c�dents, qu'il faut mentir sur chaque fait reli� au premier mensonge. Et que si on <emphasis>continue</emphasis> de mentir, si on <emphasis>continue</emphasis> d'essayer de le couvrir, t�t ou tard on doit m�me commencer � mentir au sujet des lois g�n�rales de la pens�es. Par exemple, si quelqu'un te vend un sorte de m�dicament alternatif qui ne fonctionne pas, n'importe quelle �tude en double aveugle confirmera qu'il ne fonctionne pas. Donc si quelqu'un veut <emphasis>continuer</emphasis> � d�fendre ce mensonge, ils va falloir qu'il t'am�ne � ne plus croire � la m�thode exp�rimentale. En disant par exemple que la m�thode exp�rimentale est adapt�e aux m�dicaments qui sont seulement <emphasis>scientifiques</emphasis>, pas aux super m�dicaments alternatifs comme le leur. Ou qu'une personne bonne et vertueuse devrait croire aussi fort qu'elle en est capable peu importe les preuves du contraire. Ou qu'il n'y a pas de v�rit� et que la r�alit� objective n'existe pas. Une bonne partie de la sagesse commune n'est pas seulement <emphasis>dans l'erreur</emphasis>, elle est aussi anti-�pist�mologique, <emphasis>syst�matiquement</emphasis> fausse. Pour chaque r�gle de la rationalit� qui te dit comment trouver la v�rit�, il y a quelqu'un qui a besoin que tu croies le contraire. Si tu prof�res un seul mensonge, la r�alit� est � jamais ton ennemie ; et on est entour� par beaucoup de menteurs -" la voix de Harry se tut.</p><p>"Qu'est-ce que �a a � voir avec Fumseck ?" dit-elle.</p><p>Harry retira sa cuill�re de ses c�r�ales et la pointa vers la table d'honneur. "Le directeur a un ph�nix, pas vrai ? Et il est pr�sident du Magenmagot ? Donc il a de nombreux opposants politiques, Lucius par exemple. Maintenant est-ce que tu crois que l'opposition va juste s'�craser et se rendre parce que Dumbledore a un ph�nix et pas eux ? Est-ce que tu penses qu'ils vont admettre que Fumseck constitue m�me un <emphasis>�l�ment de preuve </emphasis>que Dumbledore est quelqu'un de bien ? Bien s�r que non. Ils doivent trouver <emphasis>quelque chose</emphasis> � dire qui rendra Fumseck... <emphasis>insignifiant</emphasis>. Par exemple en disant que les ph�nix ne suivent que les gens qui se ruent droit sur tout ce qui est mal�fique, et donc qu'avoir un ph�nix veut seulement dire qu'on est un idiot ou un dangereux fanatique. Ou : les ph�nix suivent juste les gens qui sont de purs Gryffondor, tellement Gryffondor qu'ils n'ont aucune vertu des autres maisons. Ou que �a montre seulement � quel point un animal magique pense qu'on est courageux, rien de plus, et que �a ne serait pas juste de juger les politiciens l�-dessus. Ils faut qu'il disent <emphasis>quelque chose</emphasis> pour renier le ph�nix. Je parie que Lucius n'a m�me pas eu besoin d'inventer quoi que ce soit. Je parie que tout avait d�j� �t� dit il y a des si�cles lorsque quelqu'un s'est promen� avec un ph�nix sur son �paule pour la premi�re fois et que quelqu'un d'autre a voulu que les gens ne consid�rent pas �a comme une preuve de quoi que ce soit. Je parie �a faisait d�j� partie du savoir populaire le jour o� Fumseck est n�, que �a aurait juste sembl� <emphasis>bizarre</emphasis> de prendre en compte les pr�f�rences personnelles d'un ph�nix pour �valuer la valeur d'une personne. �a serait comme si un journal moldu testait des candidats politiques en mesurant leur niveau de connaissance scientifique. Pour chaque force au service du Bien de cet univers, il y a quelqu'un qui profite du fait que les gens n'en tiennent pas compte ou qui �tiquette cette force si bien qu'elle ne peut plus jamais l'atteindre."</p><p>"Mais -" dit Hermione. "D'accord, je vois pourquoi Lucius Malfoy ne veut pas qu'on pense que Fumseck a de l'importance, mais pourquoi des gens qui ne <emphasis>sont pas</emphasis> m�chants y <emphasis>croient</emphasis>, eux ?"</p><p>Harry Potter eut un petit haussement d'�paules. Sa cuill�re retomba dans ses c�r�ales et continua de tourner : "Pourquoi les cynismes de toutes sortes plaisent-ils aux gens ? Parce que �a semble �tre une marque de maturit� et de raffinement, parce que c'est comme d'avoir tout vu et de savoir mieux que les autres. Ou parce que rabaisser quelque chose donne l'impression qu'on s'�l�ve. Ou parce qu'ils n'ont pas de ph�nix, alors leur instinct politique leur dit qu'il n'y a aucun avantage politique � en dire du bien. Ou parce qu'�tre cynique donne l'impression de conna�tre une v�rit� secr�te que le commun des mortels ignore..." Harry Potter regarda en direction de la table d'honneur et sa voix tomba presque jusqu'au chuchotement. "Je pense que c'est peut-�tre sur �a qu<emphasis>'il</emphasis> se trompe - qu'il est cynique sur tout le reste mais pas sur le cynisme."</p><p>Sans y penser, Hermione regarda vers la table d'honneur, mais le si�ge du professeur de D�fense �tait toujours vide, comme il l'avait �t� lundi et mardi ; la directrice adjointe avait d�clar� plus t�t que les cours de D�fense d'aujourd'hui �taient annul�s.</p><p>Plus tard, lorsque Harry eut aval� quelques bouch�es de tarte � la m�lasse, Hermione regarda Anthony et Padma qui avaient mang� non loin, tout � fait par hasard et certainement pas pour �couter aux portes.</p><p>Ils la regard�rent en retour.</p><p>Padma dit d'un ton h�sitant : "Est-ce que c'est moi ou est-ce que Harry Potter s'est mit � parler comme un livre encore plus <emphasis>compliqu�</emphasis> ces derniers jours ? Enfin, je ne l'ai pas �cout� tr�s longtemps -"</p><p>"Ce n'est pas seulement toi," dit Anthony.</p><p>Hermione ne r�pondit pas mais son inqui�tude allait croissante. Quoi qu'il soit arriv� � Harry le jour du ph�nix, cela l'avait chang� ; quelque chose de nouveau l'habitait. Pas de froid, mais de <emphasis>dur</emphasis>. Parfois elle le surprenait regarder une fen�tre sans rien observer de particulier avec un air de sombre d�termination sur le visage. Lundi, en cours de botanique, un pi�ge de feu de V�nus �tait devenu incontr�lable ; Harry avait plaqu� Terry au sol pour lui faire �viter la boule de feu alors m�me que le professeur Chourave avait rugissait un sortil�ge de G�le-Flamme ; et lorsque Harry s'�tait relev� il �tait juste retourn� � sa place comme si rien d'int�ressant ne s'�tait produit. Et lorsque pour une fois elle avait eu une meilleure note que lui � leur contr�le de M�tamorphose, plus tard le m�me jour, Harry avait souri comme pour la f�liciter au lieu de grincer des dents et �a... �a avait <emphasis>beaucoup</emphasis> emb�t� Hermione.</p><p>Elle avait l'impression que Harry...</p><p>...s'�loignait d'elle...</p><p>"Il a l'air beaucoup plus <emphasis>vieux</emphasis> tout d'un coup," dit Anthony. "Pas comme un vrai adulte, je n'arrive pas � imaginer <emphasis>Harry</emphasis> adulte, mais c'est comme s'il venait de devenir une version <emphasis>quatri�me ann�e </emphasis>de... de ce qu'il <emphasis>est</emphasis>."</p><p>"Eh bien," dit Padma. Elle grignotait d�licatement un scone au chocolat recouvert d'un gla�age au scone. "Je pense que Dragon et Soleil feraient mieux de s'unir pendant la prochaine bataille, ou M. Harry Potter va nous <emphasis>d�truire</emphasis>. On �tait tous alli�s la derni�re fois et Chaos a quand m�me failli gagner -"</p><p>"Ouais," dit Anthony. "Vous avez raison, mademoiselle Patil. Dites au g�n�ral Dragon qu'on veut vous rencontrer -"</p><p>"Non !" dit Hermione. "On ne <emphasis>devrait pas</emphasis> avoir � se liguer contre le g�n�ral Potter juste pour avoir une chance. �a n'a aucun sens, surtout maintenant que plus personne ne peut utiliser d'appareils moldus. On en reste � vingt-quatre soldats par arm�e."</p><p>Ni Padma ni Anthony ne trouv�rent � y r�pondre.</p><empty-line/><p>Toc-toc, toc-toc.</p><p>"Entrez, M. Potter," dit-elle.</p><p>La porte s'ouvrit dans un craquement et Harry Potter se glissa par l'ouverture dans son bureau ; il la referma derri�re lui d'une main et s'assit sans dire un mot sur la chaise rembourr�e qui se trouvait maintenant devant son bureau. Elle avait m�tamorphos� cette chaise si souvent qu'elle changeait parfois de forme et r�fl�chissait son humeur sans mouvement de baguette ni incantation ni m�me pens�e consciente. Pour l'instant, la chaise �tait particuli�rement bien rembourr�e, si bien que lorsque Harry s'y enfon�a, ce fut comme si la chaise lui faisait un c�lin.</p><p>Il ne sembla pas le remarquer. Un apparence de d�termination tranquille se d�gageait de lui ; ses yeux �taient irr�m�diablement braqu�s sur les siens et ne les l�chaient pas. "Vous m'avez appel� ?" dit le gar�on.</p><p>"Oui," dit le professeur McGonagall. "J'ai deux bonnes nouvelles pour vous, M. Potter. D'abord - avez-vous jamais rencontr� M. Rubeus Hagrid ? Le gardien des Cl�s ? C'�tait un vieil ami de vos parents."</p><p>Harry h�sita. Puis : "M. Hagrid m'a un peu parl� apr�s mon arriv�e," dit-il. "Je crois que c'�tait un mardi pendant ma premi�re semaine de cours. Mais il n'a pas dit qu'il connaissait mes parents. � l'�poque je pensais qu'il voulait juste se pr�senter au Survivant... avait-il un but cach� ? Il n'avait pas <emphasis>l'air</emphasis> d'�tre le genre �..."</p><p>"Ah..." dit-elle. Il lui fallut un moment pour rassembler ses pens�es. "C'est une longue histoire, M. Potter, mais M. Hagrid a �t� accus� � tort du meurtre d'une �l�ve voil� cinq d�cennies. La baguette lui a �t� confisqu�e et il a �t� exclu. Plus tard, quand le professeur Dumbledore est devenu directeur, il a donn� un travail � Hagrid en tant que gardien des Cl�s de Poudlard."</p><p>Les yeux de Harry �taient attentifs et fix�s sur elle. "Vous avez dit qu'un �l�ve est mort � Poudlard pour la derni�re fois il y a cinquante ans et que vous �tiez certaine que le message secret du Choixpeau a �t� entendu pour la derni�re fois il y a aussi cinquante ans."</p><p>Elle eut un l�ger frisson - m�me le Directeur ou Severus n'auraient peut-�tre pas fait le lien si vite - et elle dit : "Oui, M. Potter. Quelqu'un a ouvert la Chambre des Secrets, mais personne ne l'a cru, et M. Hagrid a �t� tenu pour responsable de la mort qui en a d�coul�. Le directeur a cependant localis� l'enchantement sur le Choixpeau et l'a montr� � un panel choisi du Magenmagot. Ainsi, la sentence de M. Hagrid a �t� r�voqu�e - ce matin m�me, � vrai dire - et il lui sera permis de recevoir une nouvelle baguette." Elle h�sita. "Nous... ne le lui avons pas encore dit, M. Potter. Nous attendions que ce soit fait afin de ne pas lui donner de faux espoirs apr�s tant d'ann�es. M. Potter... nous nous demandions si vous accepteriez que nous disions � M. Hagrid que c'est vous qui l'avez aid�...?"</p><p>Elle vit le regard calculateur dans ses yeux -</p><p>"Je me souviens de M. Hagrid lorsqu'il vous portait dans ses bras alors que vous �tiez un b�b�," dit-elle. "Je pense qu'il serait tr�s heureux de l'apprendre."</p><p>Mais elle put voir sur le visage de Harry l'instant o� il d�cida que Rubeus ne lui serait d'aucune utilit�.</p><p>Harry secoua la t�te. "C'est d�j� assez emb�tant que quelqu'un puisse d�duire qu'il y avait un Fourchelangue dans la cohorte d'�l�ves de cette ann�e," dit-il. "Je pense qu'il serait plus prudent de garder tout cela aussi secret que possible."</p><p>Elle se souvint de James et Lily qui n'avaient jamais h�sit� � rendre � l'immense g�ant aux larges �paules l'amiti� qu'il leur avait offerte, et ce en d�pit du statut d'h�ritier de maison noble de James, du futur professorat en Sortil�ges de Lily et du fait que Rubeus n'�tait qu'un demi g�ant dont la baguette lui avait �t� confisqu�e...</p><p>"Parce que vous ne vous attendez pas � ce qu'il vous soit utile, M. Potter ?"</p><p>Il y eut un silence. Elle n'avait probablement pas compt� dire �a � voix haute.</p><p>Une vague de tristesse passa sur le visage de Harry. "Probablement," dit-il � voix basse. "Mais je pense que lui et moi ne deviendrions pas amis. Vous ne croyez pas ?"</p><p>Elle avait l'impression que quelque chose s'�tait coinc� dans sa gorge.</p><p>"En parlant de faire usage des gens," dit Harry. "Il semble que je vais bient�t �tre jet� au c�ur d'une guerre contre un Seigneur des T�n�bres. Alors tant que je suis dans votre bureau, je voudrais vous demander d'�tendre mon cycle de sommeil pour qu'il soit de trente heures par jour. Neville Londubat veut commencer � pratiquer le duel, il y a un Poufsouffle plus �g� qui a propos� de lui apprendre et ils m'ont invit� � les rejoindre. Et il y aussi d'autres choses que je veux apprendre - et si vous ou le directeur pensez que je devrais �tudiez quelque chose de pr�cis afin de devenir un puissant sorcier quand je serais grand, faites-le moi savoir. S'il vous pla�t, donnez � madame Pomfresh des instructions pour qu'elle m'administre la potion ad�quate, ou autre chose -"</p><p>"<emphasis>M. Potter !</emphasis>"</p><p>Les yeux de Harry s'engouffr�rent dans les siens. "Oui, Minerva ? Je sais que ce n'�tait pas votre id�e, mais j'aimerais survivre � l'usage que le directeur compte faire de moi. S'il vous pla�t, n'y faites pas obstacle."</p><p>Cela faillit la briser. "Harry," murmura-t-elle d'une voix aphone, "les enfants ne devraient pas avoir � <emphasis>penser</emphasis> comme �a !"</p><p>"Vous avez raison, ce serait pr�f�rable," dit Harry. "Mais <emphasis>beaucoup</emphasis> d'enfants doivent grandir trop t�t, pas seulement moi ; et la plupart de ces enfants ne mettraient pas cinq secondes � d�cider d'�changer leur place avec moi. Je ne vais pas me prendre en piti�, professeur McGonagall, pas tant qu'il y existe des gens dans ce monde qui ont de vrais ennuis et que je ne suis pas l'un d'eux."</p><p>Elle d�glutit avec force et dit : "M. Potter, � trente heures par jour, vous - <emphasis>vieillirez</emphasis> plus vite -" <emphasis>Comme Albus</emphasis>.</p><p>"Et en cinqui�me ann�e j'aurais � peu pr�s le m�me �ge physiologique que Hermione," dit Harry. "�a ne m'a pas l'air <emphasis>si</emphasis> terrible que �a." Il arborait maintenant un sourire narquois. "Franchement, je choisirais probablement de faire �a m�me <emphasis>sans</emphasis> Seigneur des T�n�bres. Les sorciers vivent un bon bout de temps et soit les sorciers soit les Moldus feront probablement reculer cette limite pendant le si�cle � venir. Il n'y a aucune raison de ne <emphasis>pas</emphasis> caser autant d'heures par jour que possible. J'ai des projets, et il vaudrait mieux qu'ils se r�alisent rapidement."</p><p>Il y eut un long silence.</p><p>"Tr�s bien," dit Minerva. C'�tait presque un chuchotement. Elle �leva la voix. "Tr�s bien, M. Potter, je demanderai au directeur et s'il accepte, ce sera fait."</p><p>Les yeux de Harry se pliss�rent l'espace d'un instant. "Je vois. Veuillez alors rappeler au directeur que Godric Gryffondor, dans son dernier souffle, a dit la voie qu'il avait choisie �tait la bonne et qu'il ne conseillerait donc � personne de faire un choix autre, le mauvais choix, pas m�me aux �l�ves les plus jeunes de Poudlard."</p><p>Et elle sut au moment m�me o� l'apathie s'emparait d'elle que toute chance de voir Albus emp�cher cela venait de dispara�tre dans le n�ant. C'�tait ce que Albus lui avait dit lorsqu'elle avait object� que Cameron Edward �tait trop jeune, puis lorsqu'elle avait object� que Peter Pevensie �tait trop jeune, et elle avait finit par ne plus jamais faire d'objections. "Qui vous a dit �a, M. Potter ?" <emphasis>Pas Albus - Albus ne dirait certainement pas �a � un �l�ve -</emphasis></p><p>"J'ai beaucoup lu derni�rement," dit Harry. Son corps commen�a � s'�lever hors de la chaise puis s'arr�ta. "Oserais-je vous interroger sur la seconde bonne nouvelle ?"</p><p>"Oh," dit-elle. "Ah - le professeur Quirrell s'est �veill� et dit que vous pouvez -"</p><empty-line/><p>L'infirmerie de Poudlard occupait un vaste espace puissamment �clair� par le ciel depuis des fen�tres situ�es sur chacun de ses quatre murs, et ce en d�pit de son emplacement central dans le b�timent de Poudlard. Des lits blancs en longues rang�es parcouraient la salle et seuls trois d'entre eux �taient pour le moment occup�s. Un gar�on plus �g� et une fille elle aussi plus �g�e, chacun d'un c�t� de la pi�ce, tous deux immobiles, les yeux ferm�s, probablement rendus inconscients par un sortil�ge tandis qu'un autre, ou une potion, r�organisait leur corps sans m�nagements ; et le troisi�me occupant avait un rideau tir� autour de son lit, ce qui �tait probablement pr�f�rable. Madame Pomfresh l'avait pouss� avec force en lui disant de ne pas avoir l'air ahuri et Harry s'�tait s�v�rement rappel� � lui-m�me que certaines personnes ne savaient toujours pas qui le Survivant �tait - soit �a, soit l'identit� de madame Pomfresh reposait enti�rement sur sa domination absolue sur son h�pital, etc, etc, bref.</p><p>Derri�re la rang�e de lits se trouvaient cinq portes qui menaient dans des chambres individuelles o� �taient entrepos�s les patients qui resteraient ici quelques jours plut�t que quelques heures mais dont l'�tat ne justifiait pas un transfert � Ste Mangouste.</p><p>Sans fen�tre ni ciel, �clair�e uniquement d'une torche d'o� aucune fum�e ne s'�chappait et accroch�e � l'un des murs de pierre : c'�tait la pi�ce derri�re la porte centrale. Harry s'�tait demand� si les professeurs pouvaient demander � Poudlard de se modifier elle-m�me ou si l'infirmerie avait toujours une pi�ce de ce genre disponible pour ceux qui n'appr�ciaient pas la lumi�re.</p><p>Au centre de la pi�ce, entre deux tables de nuit qui semblaient avoir �t� extraites du m�me marbre gris que les murs, se trouvait un lit blanc d'h�pital qui prenait une teinte vaguement orang�e sous la lumi�re sans fum�e de la torche ; et dans ce lit, un drap remont� jusqu'aux cuisses et v�tu d'une chemise d'h�pital, le professeur Quirrell, assis, le dos l�g�rement appuy� contre la t�te de lit.</p><p>En d�pit de son apparence indemne, quelque chose dans l'image du professeur Quirrell assis dans l'un des lits de madame Pomfresh effrayait Harry. M�me en sachant que le professeur Quirrell avait d�lib�r�ment mis en sc�ne sa d�faite contre Severus afin de s'offrir une excuse qui lui permettrait de r�cup�rer la force qu'il avait perdue � Azkaban. Harry n'avait jamais <emphasis>vraiment</emphasis> vu quelqu'un mourir dans un lit d'h�pital mais il avait regard� trop de films. C'�tait un pr�sage de mortalit� et le professeur de D�fense n'�tait <emphasis>pas</emphasis> cens� �tre mortel.</p><p>Madame Pomfresh avait dit � Harry qu'il lui �tait absolument interdit d'enquiquiner son patient.</p><p>Harry avait dit "je comprends," ce qui n'impliquait techniquement rien quant � son ob�issance.</p><p>La vieille et s�v�re gu�risseuse s'�tait alors tourn�e vers le professeur Quirrell et lui avait dit qu'il ne fallait absolument pas qu'il se fatigue ni qu'il... ne s'�nerve...</p><p>Puis elle avait laiss� sa phrase en suspens, avait fait un demi-tour empress� et s'�tait �chapp�e la pi�ce.</p><p>"Pas mal," remarqua Harry apr�s que la porte se fut referm�e derri�re la matrone m�dicale en fuite. "Je devrais apprendre � faire �a un jour."</p><p>Le professeur Quirrell sourit d'un sourire d�nu� de tout humour et dit d'une voix bien plus s�che que qu'� l'habitude : "Merci pour votre critique artistique, M. Potter."</p><p>Harry regarda les p�les yeux bleus et trouva que le professeur Quirrell avait l'air...</p><p>...plus vieux.</p><p>C'�tait subtil, et �a n'�tait peut-�tre qu'un effet de son imagination ou du mauvais �clairage. Mais les cheveux au-dessus du front de Quirinus Quirrell s'�taient peut-�tre un peu d�garnis, ceux qui demeuraient avaient peut-�tre minci ou gris�, comme une progression de la calvitie d�j� visible � l'arri�re de sa t�te. Quant � son visage, il s'�tait peut-�tre un peu creus�.</p><p>Les p�les yeux bleus �taient demeur�s vifs et per�ants.</p><p>"Je suis heureux," dit Harry � voix basse, "de vous voir visiblement bien portant."</p><p>"Les apparences peuvent �videmment �tre trompeuses," dit le professeur Quirrell. Il agita les doigts et lorsque son geste fut achev�, sa baguette se trouvait entre ses mains. "Croirez-vous que cette femme pense m'avoir confisqu� ceci ?"</p><p>Le professeur de D�fense pronon�a six incantations ; six des trente qu'il avait utilis�es pour prot�ger leur importante conversation dans la chambre de Marie.</p><p>Harry l'interrogea silencieusement d'un haussement de sourcils.</p><p>"C'est tout ce dont je suis capable pour l'instant," dit le professeur de D�fense. "Je pense que cela s'av�rera suffisant. N�anmoins, comme dit le proverbe : si tu ne souhaites pas qu'on entende quelque chose, ne le dis pas. Consid�rez qu'il s'applique ici pleinement. J'ai cru comprendre que vous d�siriez me voir ?"</p><p>"Oui," dit Harry. Il s'interrompit et rassembla ses pens�es. "Le directeur ou qui que ce soit d'autre vous a-t-il dit que nous ne pourrions plus aller d�jeuner ?"</p><p>"Quelque chose dans le genre," r�pondit le professeur de D�fense. Et sans changer d'expression : "Bien s�r, j'ai �t� terriblement d�sol� de l'apprendre."</p><p>"Cela va plus loin, pour tout vous dire," continua Harry. "Je suis confin� � Poudlard et ses terres pour une dur�e ind�termin�e. Je ne peux en sortir sans avoir un garde et une bonne raison. Je ne vais pas rentrer chez moi cet �t�, et peut-�tre jamais. J'esp�rais... pouvoir en parler avec vous."</p><p>Il y eut un silence.</p><p>Le professeur de D�fense exhala ce qui ressembla � un bref soupir et dit : "Nous allons devoir nous reposer sur le fait que la directrice adjointe s'occupera personnellement du meurtre de toute personne d�sireuse de me signaler aux autorit�s. M. Potter, j'ai l'intention de ne pas d�vier de mon sujet afin de pouvoir rapidement achever cette conversation. Est-ce compris ?"</p><p>Harry hocha la t�te et -</p><p>�clair�es d'une unique torche et d�cal�es vers le c�t� rouge du spectre optique, les rayures bleues et blanches du serpent ne r�fl�chissaient que peu la lumi�re, � peine plus que ses �cailles vertes. Ce dernier semblait assombri. Ses yeux, qui avaient auparavant ressembl� � des trous gris, renvoyaient la lumi�re de la torche et semblaient plus clairs que le reste de son corps.</p><p>"<emphasis>Alorss</emphasis>," siffla la cr�ature venimeuse. "<emphasis>Que ssouhaitais-tu me dire ?"</emphasis></p><p>Et Harry siffla : "<emphasis>Le directeur pensse que c'est l'ancien Sseigneur de cette femme qui l'a vol�e � cette prison.</emphasis>"</p><p>Cette fois-ci, Harry <emphasis>avait</emphasis> r�fl�chi avec soin avant de d�cider qu'il r�v�lerait <emphasis>uniquement</emphasis> ce fait au professeur Quirrell, <emphasis>sans</emphasis> rien mentionner de la proph�tie qui avait fait s'abattre Voldemort sur les parents ni du fait que le directeur reconstituait l'Ordre du Ph�nix... c'�tait un risque, un risque important, mais Harry avait besoin d'un alli�.</p><p>"<emphasis>Il pensse que celui-l� est en vie ?</emphasis>" r�pondit enfin le serpent. La langue bifide passa rapidement d'un c�t� � l'autre de sa bouche, rire reptilien sardonique. "<emphasis>Et pourtant je ne ssuis pas ssurpris.</emphasis>"</p><p>"<emphasis>Oui</emphasis>," siffla Harry avec s�cheresse. "<emphasis>tr�s amusant, j'en ssuis ss�r. Ssauf que maintenant je ssuis coinc� � Poudlard pendant les ssix prochaines ann�es par mesure de ss�curit� ! J'ai d�cid� que je vais bel et bien me mettre en qu�te de pouvoir ; et la ss�questration ne m'y aide pas beaucoup. Je dois convaincre le directeur que le Sseigneur des T�n�bres n'est pas encore r�veill�, que cette �vasion �tait l'�uvre d'une autre force -"</emphasis></p><p>De nouveau l'oscillation rapide de la langue du serpent ; son rire �tait plus fort, plus sec cette fois. "<emphasis>B�tise d'amateur</emphasis>."</p><p>"<emphasis>Comment ?</emphasis>" siffla Harry.</p><p>"<emphasis>Tu vois erreur, pensses � la d�faire, � annuler ce qui a �t� fait. Mais m�me avec un ssablier le temps ne peut �tre d�fait. Mieux vaut avancer. Tu pensses � convaincre les autres qu'ils ont tort. Bien plus ssimple de les convaincre qu'ils ont raison. Conssid�res ceci, gar�on : quel heureux hasard pousserait le ma�tre de l'�cole � d�cider que tu es de nouveau en ss�curit� et ferait simultan�ment avancer tes autres projets ?"</emphasis></p><p>Harry regarda le serpent, perplexe. Son esprit essaya de comprendre, de d�nouer l'�nigme -</p><p>"<emphasis>N'est-ce pas �vident ?</emphasis>" siffla le serpent. De nouveau la langue qui oscillait, le rire sardonique. "<emphasis>Pour te lib�rer et gagner du pouvoir en Angleterre, on doit � nouveau te voir vaincre le Seigneur des T�n�bres."</emphasis></p><empty-line/><p>Sous la lumi�re rouge orang�e d'une torche vacillante, un serpent vert ondulait sur un lit blanc d'h�pital et un gar�on scrutait l'ambre de ses yeux.</p><p>"<emphasis>Donc</emphasis>," finit par dire Harry. "<emphasis>Ssoyons clairs quant � votre proposition. Vous ssug�rez de trouver un impossteur qui jouera le r�le du Sseigneur des T�n�bres."</emphasis></p><p>"<emphasis>Quelque chose comme �a. La femme ssauv�e coop�rera, ssera des plus convaincantes quand on la verra � sses c�t�s."</emphasis> De nouveau l'oscillement lingual sardonique. "<emphasis>Tu te fais enlever de Poudlard, emmen� vers lieu public, nombreux t�moins, barri�res pour emp�cher protecteurs d'approcher. Sseigneur des T�n�bres annonce qu'il a enfin retrouv� sson corps apr�s avoir err� ssous forme d'essprit pendant des ann�es ; dit que sson pouvoir est plus grand que jamais et que m�me toi ne pourras l'arr�ter cette fois-ci. Propose duel. Tu lances sortil�ge gardien, Sseigneur des T�n�bres sse rit de toi, dit qu'il n'est pas un mange-vie. Lance ssort de mort vers toi, tu bloques, t�moins voient le Seigneur des T�n�bres exploser -"</emphasis></p><p>"<emphasis>Lancer ssort de mort ?"</emphasis> siffla Harry d'un ton incr�dule. "<emphasis>Ssur moi ? Deuxi�me fois ? Personne ne croira que le Sseigneur des T�n�bres sserait asssez b�te pour -"</emphasis></p><p>"<emphasis>Toi et moi ssommes les deux sseules personnes du pays qui l'auraient remarqu�,"</emphasis> siffla le serpent. "<emphasis>Fais-moi confiance sur ce point, gar�on."</emphasis></p><p>"<emphasis>Et ssi un jour il y en a une troisi�me ?"</emphasis></p><p>Le serpent ondula pensivement. "<emphasis>Pourrons �crire autre ssc�nario � jouer si tu ssouhaites. Quel qu'il ssoit, devrons laissser ouverte posssibilit� que Sseigneur des T�n�bres revienne de nouveau - pays doit pensser qu'ils d�pendent toujours de toi pour les prot�ger."</emphasis></p><p>Harry regarda les trous rouge et vacillants des yeux du serpent.</p><p>"<emphasis>Eh bien ?</emphasis>" siffla la silhouette ondulante.</p><p>L'�vidence �tait que de suivre les plans et tromperies du professeur Quirrell une <emphasis>seconde</emphasis> fois, de conjurer un mensonge encore <emphasis>plus</emphasis> compliqu� pour couvrir l'erreur initiale et de cr�er une <emphasis>autre</emphasis> vuln�rabilit� fatale dans l'�ventualit� o� quelqu'un d�couvrirait la v�rit� constituerait <emphasis>exactement</emphasis> le m�me genre d'erreur imb�cile que celle commise par le Seigneur des T�n�bres putatif et consistant � utiliser le Sortil�ge de la Mort une seconde fois. Harry n'eut m�me pas besoin que son c�t� Poufsouffle le dise : il y pensa de sa propre voix int�rieure.</p><p>Mais la question �tait aussi de savoir si la morale � tirer de la derni�re exp�rience �tait qu'il fallait toujours dire imm�diatement <emphasis>non</emphasis> au professeur de D�fense ou si...</p><p>"<emphasis>Y pensserai,</emphasis>" siffla Harry. "<emphasis>Ne r�pondrai pas tout de ssuite cette fois, �num�rerai rissques et avantages avant -"</emphasis></p><p>"<emphasis>Compris,"</emphasis> siffla le serpent. "<emphasis>Mais souviens-toi de ceci, gar�on, autres �v�nements se produisent sans toi. H�sitation est toujours facile, rarement utile."</emphasis></p><empty-line/><p>Le gar�on �mergea de la chambre et entra dans la pi�ce principale de l'infirmerie en se passant des doigts nerveux le long de ses cheveux noirs en batailles ; il d�passa les lits blancs, ceux qui �taient vides et les autres.</p><p>Peu de temps apr�s, il quitta pour de bon l'infirmerie de Poudlard, s'arr�ta et s'appuya contre un mur.</p><p>Le probl�me...</p><p>...c'�tait qu'il n'avait <emphasis>pas</emphasis> envie d'�tre coinc� � Poudlard pendant les six prochaines ann�es ; et maintenant qu'il y pensait...</p><p>...l'Incident issu de l'�vasion de Bellatrix Black d'Azkaban n'imposait pas <emphasis>seulement</emphasis> des co�ts � Harry. D'autres s'inqui�teraient, vivraient dans la peur du retour du Seigneur des T�n�bres, consommeraient des ressources afin de prendre des pr�cautions inconnues. Harry pourrait demander que le sc�nario rende peu plausible <emphasis>un deuxi�me retour du Seigneur des T�n�bres.</emphasis> Alors les gens se d�tendraient et tout serait fini.</p><p>Sauf bien s�r s'il y avait <emphasis>vraiment</emphasis> un Seigneur des T�n�bres � craindre. La proph�tie <emphasis>existait </emphasis>bel et bien.</p><p>Il avait presque oubli� de le faire, mais il <emphasis>avait </emphasis>bien montr� au professeur Quirrell le jeu de cartes que le 'P�re No�l' lui avait donn� dimanche soir et dont le roi de c�ur �tait pr�tendument un Portoloin qui l'emm�nerait � l'Institut des Sorci�res de Salem, aux �tats-Unis. Sauf que bien s�r Harry n'avait pas dit au professeur Quirrell <emphasis>qui</emphasis> lui avait envoy� la carte ni ce qu'elle �tait <emphasis>cens�e</emphasis> faire avant de lui demander s'il �tait possible de savoir o� le Portoloin l'emm�nerait.</p><p>Le professeur de D�fense �tait redevenu humain et avait examin� le roi de c�ur en le tapotant plusieurs fois de sa baguette.</p><p>Et selon lui...</p><p>...le Portoloin emm�nerait son utilisateur quelque part � Londres mais il ne pouvait localiser la destination avec plus de pr�cision que cela.</p><p>Harry avait montr� au professeur Quirrell le mot qui avait accompagn� le jeu de cartes, sans mentionner les mots pr�c�dentes.</p><p>Le professeur avait jet� un coup d'�il � celui-ci, avait eu un rire sec et avait remarqu� que si on lisait le mot <emphasis>attentivement</emphasis>, il n'�tait pas <emphasis>explicitement</emphasis> dit que le Portoloin emm�nerait son utilisateur � l'Institut des Sorci�res de Salem.</p><p>Il fallait apprendre � faire attention � ce genre de subtilit�s, continua le professeur Quirrell, si l'on voulait �tre un sorcier puissant un fois devenu grand ; et m�me, si l'on voulait grandir tout court.</p><p>Le gar�on soupira et se tra�na jusqu'� son prochain cours.</p><p>Il commen�ait � se demander si toutes les autres �coles de sorcellerie �taient comme �a ou si c'�tait seulement Poudlard qui avait un probl�me.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 66*: Accomplissement de soi, pt 1</strong></p><p><emphasis>L'h�sitation est toujours facile, rarement utile.</emphasis></p><p>Ainsi avait parl� le professeur de D�fense, et m�me si Harry pouvait bien pinailler sur des d�tails du proverbe, il �tait suffisamment au fait des faiblesses Serdaigle pour savoir qu'il valait mieux essayer de <emphasis>r�pondre</emphasis> � ses propres pinailleries. Certains projets requ�raient-ils qu'on attende ? Oui, nombre d'entre eux n�cessitaient que l'action soit <emphasis>diff�r�e</emphasis>, mais ce n'�tait pas la m�me chose que <emphasis>d'h�siter</emphasis> avant de <emphasis>choisir</emphasis>. Diff�rer non pas parce qu'on savait quel �tait le bon moment pour faire ce qu'il y avait � faire mais parce qu'on ne pouvait pas se d�cider : cela n'�tait n�cessaire � aucun plan ing�nieux.</p><p>Avait-on parfois besoin de plus d'information pour pouvoir faire un choix ? Oui, mais cela aussi pouvait devenir une excuse pour diff�rer ; et il serait <emphasis>tentant</emphasis> de le faire, une fois face � un choix entre deux alternatives douloureuses et que <emphasis>l'absence de choix</emphasis> permettrait temporairement d'�viter la douleur. Alors on choisirait une information difficile � obtenir et on pr�tendrait qu'il �tait impossible de choisir sans ; ce l� l'excuse. Mais si on savait de <emphasis>quelle</emphasis> information on avait besoin, si on savait <emphasis>quand</emphasis> et <emphasis>comment</emphasis> on l'obtiendrait et ce que qu'on <emphasis>ferait </emphasis>dans chaque �ventualit�, alors le soup�on qu'il s'agissait d'une excuse pour pouvoir h�siter �tait moins fort.</p><p>Si vous <emphasis>n'�tiez pas </emphasis>juste en train d'h�siter, vous auriez d� pouvoir choisir <emphasis>� l'avance</emphasis> ce que vous feriez une fois en possession des informations suppl�mentaires dont vous disiez avoir besoin.</p><p>Si le Seigneur des T�n�bres existait <emphasis>vraiment</emphasis>, serait-il malin de suivre le plan du professeur Quirrell qui consistait � faire jouer le r�le du Seigneur des T�n�bres � un imposteur ?</p><p>Non. Certainement pas. Absolument pas.</p><p>Et s'il savait <emphasis>de source s�re</emphasis> que le Seigneur des T�n�bres <emphasis>n'existait plus</emphasis>... alors dans <emphasis>ce </emphasis>cas...</p><p>Le bureau du professeur de D�fense �tait petit ; aujourd'hui en tout cas. Il avait chang� depuis la derni�re visite de Harry, la pierre �tait devenue plus sombre, plus polie. Derri�re le bureau du professeur se tenait la seule biblioth�que qui avait toujours d�cor� la pi�ce, une grande biblioth�que qui s'�tirait presque du sol au plafond et dot�e de sept �tag�res de bois vides. Il avait un jour vu le professeur Quirrell r�cup�rer un livre de ces �tag�res vides mais jamais en y ranger un.</p><p>Le serpent vert ondulait au-dessus de la chaise plac�e derri�re le bureau du professeur de D�fense, ses yeux sans paupi�res braqu�s sans ciller vers Harry, presque au niveau des yeux de ce dernier.</p><p>Ils �taient � pr�sent gard�s par vingt-deux sortil�ges, tous ceux qui pouvaient �tre lanc�s dans Poudlard sans attirer l'attention du directeur.</p><p>"<emphasis>Non,</emphasis>" siffla Harry.</p><p>Le serpent vert pencha la t�te et l'inclina l�g�rement sur le c�t� ; ce geste ne colportait aucune �motion, du moins aucune que les talents de Fourchelang de Harry pouvaient lui r�v�ler. "<emphasis>Raison de refus ?</emphasis>" dit le serpent vert.</p><p>"<emphasis>Trop rissqu�,"</emphasis> dit simplement Harry. C'�tait vrai, que le Seigneur des T�n�bres existe encore ou pas. Se forcer � d�cider � l'avance lui avait permis de se rendre compte qu'il avait juste utilis� la question rest�e sans r�ponse comme une excuse pour h�siter ; la bonne d�cision �tait la m�me dans un cas comme dans l'autre.</p><p>Les yeux noirs et creus�s du serpent sembl�rent briller de noirceur l'espace d'un instant, et la bouche �cailleuse s'ouvrit grand pour r�v�ler les crochets. "<emphasis>Pensse que tu as tir� mauvaise le�on d'�chec passs�, gar�on. Mes plans pas habitu�s � �chouer, et dernier sse sserait d�roul� ssans accroc ssans ta b�tise. Bonne le�on est de ssuivre les insstructions donn�es par ton Sserpentard plus �g� et plus ssage, de freiner tes pulssions ssauvages.</emphasis>"</p><p>"<emphasis>Le�on apprise est de ne pas esssayer des plans qui donneraient � pensser � amie fille-enfant que je ssuis mal�fique ou � ami gar�on-enfant que je ssuis sstupide,"</emphasis> r�torqua Harry. Il avait pr�vu une r�ponse plus atermoyante que cela mais les mots �taient parvenus � se glisser hors de sa bouche.</p><p>Harry ne per�ut pas le <emphasis>sssssss</emphasis> qui �mana du serpent comme un mot mais comme de la rage pure. Un instant plus tard : <emphasis>"Tu leur as dit -"</emphasis></p><p>"<emphasis>Bien ss�r que non ! Mais ssais ce qu'ils diraient."</emphasis></p><p>Il y eut un long silence et le serpent ondula tout en regardant Harry ; une fois de plus, aucune �motion d�tectable ne lui parvint et Harry se demanda ce que le professeur Quirrell pouvait bien se dire qui lui mettrait si long � penser.</p><p>"<emphasis>Tu te pr�occupes ss�rieusement de ce que ces deux-l� pensent ?</emphasis>" dit le dernier sifflement du serpent. "<emphasis>Ces deux l� sont de vrais petiots, pas comme toi. Ne pourraient ss'occuper d'affaires d'adultes."</emphasis></p><p>"<emphasis>Auraient peut-�tre mieux r�usssi que moi,"</emphasis> siffla Harry. "<emphasis>Ami gar�on-enfant aurait interrog� sur dessseins ssecrets avant de conssentir � ssauver femme -"</emphasis></p><p>"<emphasis>Heureux que tu comprennes cela maintenant,</emphasis>" siffla le serpent d'un ton froid. "<emphasis>Cherche toujours ce que l'autre a � gagner. Puis apprends � toujours chercher ce que tu peux y gagner. Ssi mon plan ne te convient pas, en quoi conssiste le tien ?"</emphasis></p><p>"<emphasis>Si n�cesssaire - resster � l'�cole ssix ans et �tudier. Poudlard semble bon endroit o� s'attarder. Livres, amis, nourriture �trange mais go�tue.</emphasis>" Harry voulut glousser mais aucun geste Fourchelang n'existait pour le genre de rire qu'il souhaitait exprimer.</p><p>Les crevasses des yeux du serpent �taient quasiment noires. "<emphasis>Facile � dire maintenant. Ceux comme toi et moi ne tol�rons pas l'emprisonnement. Tu perdras patience longtemps avant ssepti�me ann�e, peut-�tre avant fin de celle-ci. Je pr�voirai en conss�quence."</emphasis></p><p>Et avant que Harry ne puisse siffler un mot de plus en Fourchelang, la forme humaine du professeur �tait de nouveau dans sa chaise. "Alors, M. Potter," dit le professeur de D�fense, sa voix aussi calme que s'ils n'avaient discut� de rien d'importance, comme si toute la conversation n'avait pas eu lieu, "j'entends dire que vous avez commenc� � pratiquer le duel. Pas la variante pour bons � rien dot�e de <emphasis>r�gles</emphasis>, j'esp�re ?"</p><empty-line/><p>Hannah Abbott avait l'air plus �nerv�e que Hermione ne l'avait jamais vue (� part le jour du ph�nix, celui o� Bellatrix Black s'�tait �chapp�e, mais on n'aurait d� prendre ce jour l� en compte pour personne). Pendant le d�ner, la Poufsouffle s'�tait rendue jusqu'� la table Serdaigle, avait tapot� Hermione sur l'�paule et l'avait presque tra�n�e � l'�cart -</p><p>"Neville et Harry Potter apprennent � se battre en duel avec M. Diggory !" l�cha Hannah d�s qu'elles furent � quelques pas de la table.</p><p>"Qui ?" dit Hermione.</p><p>"<emphasis>C�dric Diggory !</emphasis>" dit Hannah. "C'est le capitaine de notre �quipe de Quidditch, un g�n�ral d'arm�e, il suit <emphasis>tous</emphasis> les cours facultatifs, il a les meilleures notes, et j'ai entendu dire que des professeurs particuliers lui apprennent � se battre en duel chaque �t�, et un jour il a m�me battu <emphasis>deux</emphasis> �l�ves en septi�me ann�e, et m�me certains professeurs l'appellent le Super Poufsouffle, et le professeur Chourave dit qu'on devrait tous l'�mu, euh, l'�muder ou quelque chose comme �a et -"</p><p>Apr�s que Hannah se soit enfin interrompue pour avaler un peu d'air (la liste avait continu� pendant longtemps), Hermione parvint � placer un mot.</p><p>"Soldat Soleil, Hannah Abbott !" dit Hermione. "On se <emphasis>calme</emphasis>. On ne va pas se battre contre le g�n�ral Diggory, n'est-ce pas ? D'accord, Neville s'entra�ne pour nous battre, mais on peut �tudier nous aussi -"</p><p>"Tu ne comprends pas ?" glapit Hannah, �levant la voix � un niveau sup�rieur � celui auquel elles auraient d� maintenir leur conversation si elles avaient voulu rester hors de port�e d'oreille des Serdaigle qui les regardaient. "Neville n'�tudie pas pour nous battre <emphasis>nous</emphasis> ! Il s'entra�ne pour pouvoir se battre contre <emphasis>Bellatrix Black !</emphasis> Ils vont nous passer au travers comme un Cognard dans une pile de pancakes !"</p><p>Le g�n�ral Soleil jeta un regard � son soldat. "�coute," dit Hermione, "je ne pense pas que quelques semaines de pratique puissent transformer qui que ce soit en un combattant invincible. Et on <emphasis>sait</emphasis> d�j� g�rer les combattants invincibles. On concentrera notre feu sur lui et il tombera comme Draco l'a fait."</p><p>Le regard de la Poufsouffle �tait un m�lange d'admiration et de scepticisme. "Tu n'es m�me pas, genre, <emphasis>inqui�te</emphasis> ?"</p><p>"Non mais <emphasis>franchement !</emphasis>" dit Hermione. Il �tait parfois difficile d'�tre la seule personne sens�e de toute son ann�e. "Tu n'as jamais entendu le proverbe : la seule chose � craindre est la peur elle-m�me ?"</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit Hannah. "C'est n'importe quoi, et les Moremplis tapis dans les t�n�bres, et �tre victime d'un Imperius, et les horribles accidents de M�tamorphose, et -"</p><p>"Je <emphasis>voulais dire</emphasis>," continua Hermione alors que l'exasp�ration se laissait entendre dans sa voix maintenant devenue plus forte, car elle entendait ce genre de choses depuis le <emphasis>d�but de la semaine</emphasis>, "qu'on pourrait attendre <emphasis>d'avoir �t�</emphasis><emphasis>vraiment</emphasis><emphasis>�cras�s </emphasis>par la l�gion du Chaos avant de nous mettre � avoir aussi peur d'eux et <emphasis>est-ce que tu viens de marmonner 'Gryffondor' ?</emphasis>"</p><p>Quelques instants plus tard, Hermione retournait � sa chaise avec un doux sourire grav� au fer rouge sur son jeune visage, ce n'�tait pas le terrible regard froid du c�t� obscur de Harry mais c'�tait l'expression la plus effrayante dont <emphasis>elle</emphasis> �tait capable.</p><p>Harry Potter �tait <emphasis>mort</emphasis>.</p><empty-line/><p>"C'est dingue," s'�trangla Neville avec le peu de souffle qu'il put utiliser avant de ne plus avant avoir.</p><p>"C'est <emphasis>g�nial</emphasis> !" dit C�dric Diggory. Les yeux du Super Poufsouffle �tincel�rent avec un enthousiasme fr�n�tique, aussi brillants que la sueur sur son front, alors que ses pieds tapaient le sol au rythme d'une de ses danses de duel. Ses pas habituellement l�gers �taient devenus plus lourds, et �a avait peut-�tre un rapport avec les poids en m�tal m�tamorphos�s qu'ils avaient tous attach�s � leurs bras, leurs jambes et leur poitrine. "O� allez-vous p�cher de <emphasis>telles</emphasis> id�es, M. Potter ?"</p><p>"Un �trange vieux magasin... � Oxford... o� je ne retournerai... plus... jamais." <emphasis>Blam.</emphasis></p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 67*: Accomplissement de soi, pt 2</strong></p><p>Dans les hauteurs de Poudlard, l� o� les couloirs et les pi�ces se transformaient quotidiennement, l� le territoire devenait aussi incertain que la carte, l� o� la stabilit� du ch�teau commen�ait � s'effilocher en r�ves et en chaos sans changer de style architectural ni perdre de son apparente solidit� - dans les hauteurs de Poudlard, une bataille allait bient�t avoir lieu.</p><p>La pr�sence de tant d'�l�ves stabiliserait les couloirs pendant un moment par le biais de leur observation permanente. Les pi�ces et les couloirs de Poudlard <emphasis>bougeaient</emphasis> parfois m�me quand on �tait en train de les regarder mais il ne se <emphasis>changeaient </emphasis>pas. M�me apr�s huit si�cles, Poudlard �tait toujours un peu timide � l'id�e de se changer devant les autres.</p><p>Mais en d�pit de l'�ph�m�re permanence (avait dit le professeur de D�fense), les hauteurs de Poudlard poss�daient pourtant un r�alisme militaire : il fallait r�apprendre le terrain � chaque fois et toujours rev�rifier les placards � la recherche de corridors secrets.</p><p>On �tait dimanche, dimanche premier mars. Le professeur Quirrell avait suffisamment r�cup�r� pour recommencer � superviser les batailles et ils devaient tous rattraper le retard.</p><p>Draco Malfoy, le g�n�ral Dragon, regarda les deux compas qu'il tenait, un dans chaque main. L'un avait la couleur du Soleil et l'autre avait un lustre iridescent et multicolore qui signifiait le Chaos. Draco savait que les deux autres g�n�raux avaient chacun re�u leurs compas ; sauf qu'une main de Hermione Granger et une main de Harry Potter tenaient un compas rouge-orange dont les reflets vacillaient tels une flamme et pointait toujours en direction du contingent le plus imposant de troupes Dragon.</p><p>Sans ces deux compas, ils auraient pu se chercher pendant des jours et des jours sans jamais se trouver, ce qui constituait un des risques du terrain une fois aux plus hauts �tages de Poudlard.</p><p>Draco avait un mauvais pressentiment quant � ce qu'il se passerait lorsque l'arm�e Dragon trouverait la l�gion du Chaos. Harry Potter avait chang� depuis que Bellatrix Black s'�tait �chapp�e ; l'h�ritier de Serpentard commen�ait vraiment � avoir l'air d'un vrai seigneur (et comment le professeur Quirrell avait-il su que cela se produirait ?). Draco se serait sentit beaucoup mieux avec Hermione Granger � ses c�t�s, accompagn�e de ses vingt-trois soldats Soleil en rangs, mais non, le g�n�ral Soleil et sa stupide fiert� refusaient d'accepter une alliance contre le g�n�ral Potter. Elle lui avait dit qu'elle voulait abattre Potter elle-m�me.</p><p>La Noble et Tr�s Ancienne maison Malfoy avait maintenu son influence sur l'Angleterre pendant des si�cles en comprenant qu'on ne pouvait pas toujours �tre <emphasis>le</emphasis> plus fort. Parfois un autre seigneur �tait tout simplement plus puissant et il fallait se contenter de n'�tre <emphasis>que</emphasis> son premier lieutenant. Il �tait possible d'accumuler <emphasis>pas mal</emphasis> d'influence, de richesses et de pouvoir au fil de douze g�n�rations pass�es � �tre commandants en second. Il fallait juste prendre � chaque fois garde de ne pas laisser sa maison se faire entra�ner dans la chute du seigneur qu'elle servait. C'�tait l� la tradition Malfoy, perfectionn�e par des si�cles de pratique.</p><p>Et P�re avait donc minutieusement expliqu� � Draco que s'il rencontrait quelqu'un d'�videmment plus fort que lui, Draco ne lui en voudrait <emphasis>pas</emphasis>, il ne le nierait <emphasis>pas</emphasis>, il ne piquerait <emphasis>pas</emphasis> une crise capable de saboter sa potentielle future position mais il <emphasis>s'assurerait</emphasis> que sa place dans la prochaine structure de pouvoir ne descendrait pas en-dessous de second.</p><p>Apparemment, Granger n'avait jamais re�u une telle le�on de ses parents et niait encore l'�vidence : Harry Potter devenait plus fort qu'elle.</p><p>Il avait donc rencontr� en secret les capitaines Goldstein, Bones et Macmillan et ils s'�taient tous mis d'accord pour faire de leur mieux afin que Dragon et Soleil ne s'affrontent pas avant d'avoir fait face � la plus importante menace qu'�tait Chaos.</p><p>Cela ne rompait pas <emphasis>vraiment</emphasis> l'accord contre les tra�tres, ce n'�tait pas appeler � la tra�trise si on avait l'intention de vraiment <emphasis>aider</emphasis> l'autre arm�e.</p><p>Un son de cloche aigu retentit � travers les couloirs pour marquer le signal du d�but de bataille ; Draco cria "<emphasis>Allez !</emphasis>" un instant plus tard et les Dragons commenc�rent � courir. Cela fatiguerait ses soldats, cela aurait un co�t m�me apr�s qu'ils se soient arr�t�s et qu'ils aient repris leur respiration, mais il <emphasis>fallait</emphasis> qu'ils mettent Chaos directement entre eux et le r�giment Soleil.</p><empty-line/><p>Harry et Neville marchaient d'un pas tranquille dans les couloirs ; Harry regardait le compas jaune-or qui pointait en direction du r�giment Soleil et Neville restait aux aguets juste au cas o� ils rencontreraient quelqu'un.</p><p>Si vous aviez �cout� attentivement, vous auriez remarqu� que leurs bruits de pas �taient assez forts.</p><p>"Donc," dit le lieutenant chaotique apr�s un moment. "C'est pour �a que tu nous a fait pratiquer le duel avec tous ces poids attach�s ?"</p><p>Harry hocha la t�te et garda ses yeux sur le compas qui pointait vers Soleil ; si la direction se mettait � changer trop vite cela voudrait dire qu'ils �taient trop pr�s.</p><p>"Je ne voulais rien dire devant les autres mais deux semaines ne laissent pas beaucoup de temps aux muscles pour se d�velopper," dit Neville. "Et l'�quilibre est diff�rent ; et je pense que �a p�se <emphasis>plus</emphasis> lourd ; et est-ce que �a n'est pas comme de m�tamorphoser un objet moldu ?"</p><p>"Nan," dit Harry. "J'ai v�rifi� � l'avance. On peut en voir sur des statues de Poudlard, certains sorciers en <emphasis>portaient</emphasis>, m�me si c'�tait juste la mode du Moyen-�ge." Et puisque personne n'essaierait �a <emphasis>sans </emphasis>se battre contre des �l�ves de premi�re ann�e arm�s de sortil�ges faibles comme <emphasis>Somnium</emphasis>, �a ne r�v�lait aucune bonne id�e non plus.</p><p>Ils arriv�rent � une intersection en Y, du genre �nervante : aucun des couloirs n'�tait au bon angle pour les placer sur un chemin qui croiserait la destination de Soleil, alors que ceux-ci suivaient la l�gion du Chaos qui suivait elle-m�me l'arm�e Dragon. Harry choisit donc la direction qui semblait la meilleure et Neville le suivit.</p><p>"On ferait mieux d'essayer un rapide sortil�ge de silence sur ce truc quand on s'approchera," dit Neville. "�a fait pas mal de bruit, ils pourraient comprendre."</p><p>Harry hocha la t�te puis dit "bonne id�e" au cas o� Neville ne l'aurait pas regard�.</p><p>Ils continu�rent dans le couloir au sol de pierre situ� dans les hauteurs de Poudlard, �clair� par des fen�tres au verre parfois transparent et parfois fum�, d�passant parfois des statues de sorci�res, de dragons, et m�me d'occasionnels chevaliers mages en armures de plaques et cottes de mailles.</p><empty-line/><p>Les soldats Soleil avan�aient rapidement dans un couloir long et large, baguettes brandies. Ils ne pouvaient pas utiliser le bouclier prismatique pendant leurs man�uvres mais Parvati Patil et Jenny Rustad maintenaient pour le moment un <emphasis>Contego </emphasis>autour du groupe des officiers, qui seraient les premi�res cibles de toute embuscade.</p><p>Elle et ses officiers avaient d�cid� que la tactique de la prochaine bataille serait de se m�ler directement aux les soldats ennemis aussi vite que possible apr�s avoir pratiqu� <emphasis>entre eux</emphasis> comment se soutenir, comment �viter de se tirer les uns sur les autres et comment se placer de fa�on � ce que l'ennemi h�site � faire feu. Ils n'avaient pu pratiquer que quatre heures mais elle consid�rait que ses troupes seraient ainsi d�j� meilleures � ce genre de combat rapproch� que d'autres soldats ne l'ayant jamais pratiqu�. �a ressemblait au genre de tactiques de Chaos mails ils n'avaient pas encore utilis� celle-ci.</p><p>Elle pensait que c'�tait une bonne strat�gie. Et pourtant, peu importe le nombre de fois o� elle leur faisait la le�on, ses soldats persistaient � chuchoter d'effrayantes rumeurs sur ce que Harry et Neville �taient en train d'apprendre � faire. Elle avait fini par partir en parler au capitaine Goldstein, qui comprenait le Moral des Troupes et autres choses de ce genre, et Anthony avait sugg�r� -</p><p>"C'est bizarre," dit soudain le capitaine Macmillan, fron�ant les sourcils devant les compas flamboyants et iridescents qu'il tenait dans chacune de ses mains (Ernie �tait, comme Harry l'aurait formul�, 'bon en visualisation spatiale', et avait donc �t� d�sign� pour porter les compas et essayer comprendre ce que leurs ennemis fabriquaient). "Je pense... que Dragon ne bouge plus tr�s vite... je pense qu'ils sont pass�s de l'autre c�t� de Chaos avant nous... et on dirait que Chaos avance pour les attaquer au lieu de man�uvrer pour ne plus �tre entre nous deux ?"</p><p>Hermione fron�a les sourcils, essaya de comprendre, et vit des froncements de sourcils similaires chez Anthony et Ron. Si Chaos et Dragon s'attaquaient directement et �puisaient leurs forces l'un contre l'autre, ce serait quasiment comme de conc�der la bataille � Soleil...</p><p>"Potter pense qu'on est alli�s donc il attaque Malfoy maintenant avant que Dragon ne puisse nous rejoindre," dit Blaise Zabini depuis les rangs des soldats ordinaires. "Ou il pense qu'il peut battre les deux arm�es � la suite s'il les attaque s�par�ment." Le Serpentard eut un soupir condescendant. "Allez-vous me re-promouvoir officier, maintenant ? Vous �tes des incapables sans moi, vous savez."</p><p>Ils ignor�rent tous les bruits qui �manaient de la bouche de Zabini.</p><p>"On va toujours dans la bonne direction ?" demande Anthony.</p><p>"Ouais," dit Ernie.</p><p>"On s'approche d'eux ?" dit Ron.</p><p>"Pas encore -"</p><p>C'est alors que les immenses portes de bois noir � l'extr�mit� du couloir s'ouvrirent grand et s'�cras�rent contre le mur, r�v�lant deux silhouettes presque enti�rement envelopp�es dans des capes grises, du tissu gris plaqu� contre leur visages, eux-m�mes plac�s sous des capuches grises, et l'une de ces silhouettes �levait d�j� sa baguette, la pointait directement vers elle.</p><p>Et la physionomie du jeu fut radicalement transform�e lorsque la voix de Harry, aigu� et tendue sous l'effort, hurla le mot :</p><p>"<emphasis>Stup�fix !</emphasis>"</p><p>Le sortil�ge d'�tourdissement de duel fon�a vers elle, et elle fut si stup�faite qu'elle ne commen�a pas � bouger avant qu'il ne soit presque trop tard, le jet de lumi�re rouge <emphasis>s'�crasa</emphasis> contre le bouclier de <emphasis>Contego</emphasis> situ� face � eux, elle �vita � peine, ressentit un l�ger picotement sur le bras lorsque la lumi�re rouge la d�passa, vit du coin de l'�il Susan recevoir le coup, se faire propulser vers Ron -</p><p>"<emphasis>Somnium !</emphasis>" mugit la voix d'Anthony, suivit un instant plus tard par une douzaine de vois criant : "<emphasis>Somnium !</emphasis>"</p><p>Hermione se remit sur pied d'une pouss�e fr�n�tique et, alors qu'elle s'�levait, elle vit les deux silhouettes en capes grises qui �taient l�, debout.</p><p>On ne pouvait pas <emphasis>voir</emphasis> les sortil�ges de sommeil, ils �taient trop faibles -</p><p>Mais il �tait impossible qu'ils aient tous <emphasis>rat�</emphasis>.</p><p>"<emphasis>Stup�fix !</emphasis>" glapit la voix de Neville Londubat, et un autre jet rouge jaillit vers elle, si bien qu'elle s'effondra en un tas peu digne en se contorsionnant d�sesp�r�ment pour se mettre hors de son chemin, puis elle se releva du mieux qu'elle put, haletante, et vit que cette fois-ci le coup avait eu Ron pendant qu'il se relevait.</p><p>"Coucou, Soleil," dit la voix de Harry, depuis sa capuche.</p><p>"Nous sommes les Chevaliers Gris du Chaos," dit la voix de Neville.</p><p>"Nous serons vos ennemis lors de cette bataille," dit la voix de Harry, "pendant que l'<emphasis>autre </emphasis>arm�e du Chaos massacrera les Dragons."</p><p>"Et au fait," dit la voix de Neville, "nous sommes invincibles."</p><empty-line/><p>Les deux gar�ons, sous leur robes et leur cape grise, du tissu gris sur leur visage, faisaient face � toute l'arm�e Soleil, visiblement indiff�rents � une douzaine de sortil�ges de sommeil.</p><p>Daphn� entendit un doux soupir venir de derri�re elle, et lorsqu'elle tourna la t�te elle vit que les l�vres de Hannah s'�taient ouvertes, que les yeux de la Poufsouffle �taient immense et qu'elle regardait -</p><p>Il aurait �t� difficile de d�crire le fatras de pens�es qui traversa l'esprit de Daphn� en un �clair lorsqu'elle se rendit compte que Hannah regardait Neville plut�t que Harry, ce qui poussa � son tour une partie d'elle � remarquer que de fait, en mati�re de gar�ons, Neville <emphasis>�tait</emphasis> devenu plut�t int�ressant derni�rement, et � vrai dire, l�, tout de suite, le dernier h�ritier Londubat avait l'air carr�ment <emphasis>cool</emphasis>, ce sur quoi quelque chose s'�veilla en elle, ses propres l�vres s'ouvrirent, et tout ce que Dame sa M�re lui avait jamais instruit en mati�re de modestie, de flatterie et de shampoing parfum� fut propuls� hors de son esprit si fort que �a aurait d� lui en �bouriffer les cheveux autour des oreilles ; parce qu'elle avait observ� Hermione et Harry et qu'elle savait comment elle voulait que <emphasis>sa</emphasis> cour se d�roule -</p><p>Dame sa M�re lui avait aussi r�cemment enseign� certains sortil�ges qu'il aurait �t� embarrassant de ne pas conna�tre quand on appartenait � la Noble et Tr�s Ancienne maison Greengrass.</p><p>Sa baguette s'�leva, pointa vers sa gauche, et Daphn� hurla : "<emphasis>Tonare !</emphasis>"</p><p>Puis sa baguette passa au-dessus de sa t�te et elle pronon�a l'incantation : "<emphasis>Ravum Calvaria !</emphasis>"</p><p>Elle prit enfin sa baguette dans deux main et s'�cria : "<emphasis>Lucis Gladius !</emphasis>"</p><p>L'h�morragie de magique la fit presque tomber � genoux mais elle parvint � le supporter, et le drain diminua lorsque la forme �tincelante se fut enti�rement mat�rialis�e et stabilis�e.</p><p>Elle avait quand m�me l'impression qu'elle ferait mieux de ne pas essayer de se battre avec �a pendant trop longtemps.</p><p>Le fait que tout le monde l'observe allait <emphasis>sans dire</emphasis> et elle aurait <emphasis>d�</emphasis> bondir, cheveux flottants au vent, pour faire face � Neville, mais elle put seulement s'avancer d'un pas r�gulier et mettre sa Tr�s Ancienne Lame devant lui. Il va aussi sans dire que tout le monde s'�carta et lui laissa la voie libre.</p><p>"<emphasis>Je suis Daphn�, de la Noble et Tr�s Ancienne maison Greengrass !</emphasis>" s'�cria-t-elle. "<emphasis>Greengrass du Soleil !</emphasis>". Les bonnes mani�res de duel lui �taient compl�tement sorties de l'esprit, et m�me si elle avait vu assez de pi�ces de th��tre pour se souvenir des d�fis � mort et des d�fis du Sang, elle n'arrivait pas � se rappeler ce qui convenait � la situation pr�sente, si bien qu'elle pointa l'�p�e incandescente vers l'objet de ses �mois et rugit : "<emphasis>On va voir ce que t'as dans le ventre, Nevy !</emphasis>"</p><p>La voix de Harry glapit "<emphasis>Stup�fix</emphasis><emphasis>!</emphasis>" une fois de plus. Plus tard, en se rappelant de ce moment, elle n'arriva jamais tout � fait � croire qu'elle avait r�ussi : elle fit tournoyer sa lame de lumi�re comme si c'�tait une batte de base-ball et <emphasis>renvoya le rayon vers Harry</emphasis>, qui parvint � peine � s'�carter de la trajectoire.</p><p>"<emphasis>Tonare !</emphasis>" hurla Neville, de la Noble et Tr�s Ancienne maison Londubat. "<emphasis>Ravum Calvaria, Lucis Gladius !</emphasis>"</p><empty-line/><p>Pendant quelques secondes personne ne fit autre chose que regarder Neville et Daphn� qui commen�aient � se mettre une racl�e l'un � l'autre. Ils se d�pla�aient lentement et Hermione conjectura que le sortil�ge requ�rait beaucoup de force. Si on �tait une Moldue et qu'on avait vu certains films, �a n'�tait pas tr�s impressionnant.</p><p>Mais il fallait quand m�me reconna�tre qu'ils avaient d�j� du m�rite d'utiliser des sabres lasers.</p><p>"Interruption au sujet des r�gles," dit la voix de Harry. "Je sais que le professeur de D�fense regarde mais je me dois quand m�me de poser la question : quelqu'un sait-il s'ils se d�couperont en deux si jamais ils se touchent vraiment -"</p><p>"Non," dit Hermione d'un ton absent. �a avait �t� dans un de ses livres d'Histoire, m�me si elle ne savait pas que les �p�es de duel magiques ressemblaient � <emphasis>�a</emphasis>. "Ils les ont invoqu�es de fa�on � ce qu'elles ne fassent qu'�tourdir quand elles touchent."</p><p>"Tu <emphasis>connais</emphasis> ce sortil�ge ?"</p><p>"Oh, non, c'est le sort de la Lame Tr�s Ancienne, c'est seulement l�gal pour les membres des maisons Nobles et Tr�s Anciennes -"</p><p>Hermione se tut et regarda alors Harry, ou plut�t sa capuche grise.</p><p>"Eh bien," dit la voix de Harry, "dans ce cas je suppose que je pourrais descendre le reste du r�giment Soleil � moi tout seul." Elle ne pouvait pas voir son visage mais il avait la voix de quelqu'un qui souriait.</p><p>"Tu as esquiv� quand Daphn� t'a renvoy� ton propre sort," dit Hermione. "Donc quoi que tu aies fait, tu n'es <emphasis>pas</emphasis> invincible. Un <emphasis>Stup�fix</emphasis> peut toujours t'avoir."</p><p>"Th�orie int�ressante," dit la voix de Harry sous sa capuche. "Tu as quelqu'un dans ton arm�e qui peut tester �a ?"</p><p>"J'ai lu quelque chose sur le sortil�ge d'�tourdissement, un jour," dit Hermione. "Il y a quelques mois. Je me demande si je pourrais me souvenir des instructions ?" Sa baguette s'�leva vers Harry.</p><p>Il y eut une courte pause tandis que non loin, un gar�on et fille aux hal�tements sonores se mettaient lentement la p�t�e � coups de sabre laser.</p><p>"Bien s�r," dit Harry, pointant sa propre baguette vers elle, "<emphasis>je</emphasis> peux juste utiliser Somnium sur toi. �a me demandera beaucoup moins d'efforts."</p><p>De nouveaux <emphasis>Contego</emphasis> apparurent devant elle, lanc�s par Jenny et Parvati, avant m�me que Harry n'aie fini sa phrase.</p><p>Le bout de la baguette de Hermione faisait de petits mouvements, un diamant dans un cercle, un diamant dans un cercle ; elle r�p�tait le geste pour correspondre exactement � ce qu'elle se souvenait avoir vu dans le livre. Ce serait une prouesse de haut vol, m�me pour elle, mais il <emphasis>fallait</emphasis> qu'elle r�ussisse du premier coup car elle ne pouvait se permettre de perdre de l'�nergie dans des incantations �chou�es.</p><p>"Tu sais," dit Hermione Granger, "je comprends que ce n'est pas vraiment ta faute, mais je commence � en avoir assez d'entendre les gens parler du Survivant comme si tu �tais - comme si tu �tais une sorte de <emphasis>dieu</emphasis> ou quelque chose dans le genre."</p><p>"Franchement, pareil pour moi," dit Harry Potter. "C'est triste de voir � quel point les gens continuent de me sous-estimer."</p><p>Sa baguette continua de r�p�ter le diamant dans le cercle, encore et encore. Harry allait r�cup�rer des forces, elle le savait, pendant qu'elle pratiquait son sortil�ge au maximum avant d'attaquer. "Je commence � penser que vous avez besoin qu'on vous remette � votre place, g�n�ral Chaos."</p><p>"Tu as peut-�tre raison," dit calmement Harry. Sa pieds commenc�rent � se mouvoir selon ce qu'elle savait �tre une danse de duettiste. "Malheureusement, il n'y a plus rien qui puisse me vaincre � part un autre Harry Potter."</p><p>"Permettez-moi d'�tre pr�cise, M. Potter. <emphasis>Je</emphasis> vais vous remettre � votre place."</p><p>"Toi et quelle autre arm�e ?"</p><p>"Tu crois que t'as plut�t la classe, hein ?" dit Hermione.</p><p>"Mais oui," dit Harry. "Oui, en effet. Certains dirons peut-�tre que c'est arrogant, mais suis-je cens� �tre la derni�re personne � Poudlard � remarquer � quel point je suis g�nial ?"</p><p>Hermione leva sa main gauche et ferma le poing.</p><p>C'�tait un signal. Huit soldats choisis de son arm�e pointeraient leur baguette vers elle et lanceraient discr�tement <emphasis>Wingardium Leviosa</emphasis>;</p><p>Ils avait aussi pratiqu� <emphasis>�a</emphasis> apr�s que Hermione, ayant abandonn� l'id�e de faire la le�on � ses soldats, avait essay� sur une suggestion d'Anthony de leur donner un g�n�ral Soleil qui aurait <emphasis>l'air</emphasis> de pouvoir vaincre des ennemis invincibles.</p><p>"Tu te prends pour Superman," dit Hermione. Elle leva son gauche plus haut et les huit soldats qui la soutenaient la firent l�viter au-dessus du sol. "<emphasis>Eh bien voil� Super Hermione !</emphasis>" Elle brandit sa main en avant, et, tout en se faisant propulser vers Harry, regrettant seulement de ne pas pouvoir voir l'expression de son visage, sa baguette fit un diamant dans un cercle, elle fit appel � toute la magie dont elle disposait, ce qui lui donna la sensation de toucher un fil conducteur lorsque le sortil�ge bien trop puissant se d�versa � travers elle au son de son cri : <emphasis>"Stup�fix !"</emphasis></p><p>Le jet rouge jaillit de sa baguette, parfait.</p><p>Harry l'�vita.</p><p>Et alors, parce qu'ils n'avaient pas pratiqu� �a dans les couloirs, elle s'�crasa contre un mur.</p><empty-line/><p>"<emphasis>Somnium</emphasis> !" glapit Draco, puis au bout de quelques secondes pour se recharger : "<emphasis>SOMNIUM, BON SANG !</emphasis>"</p><p>Il <emphasis>savait</emphasis> qu'il touchait Theodore car l'autre gar�on n'essayait m�me pas d'�viter, mais l'h�ritier de Nott se contenta d'avoir un sourire aussi mal�fique que celui de son p�re, de lever sa baguette -</p><p>Draco parvint � bondir de c�t� lorsque Theodore dit "<emphasis>Somnium !</emphasis>" mais l'essoufflement le gagnait et il ne pouvait pas maintenir ce rythme ; Theodore ne se fatiguait pas � �viter, Draco bougeait sans cesse, c'�tait de la <emphasis>folie</emphasis>.</p><p>Il avait regagn� assez de force pour faire feu � nouveau mais -</p><p><emphasis>La stupidit� consiste � refaire la m�me chose en s'attendant � un r�sultat diff�rent</emphasis>, avait dit Harry, et c'�tait <emphasis>l�</emphasis> l'�uvre de <emphasis>Harry</emphasis>, �a ne pouvait plus �tre un objet moldu, mais Draco n'avait n'arrivait pas � imaginer ce que �a <emphasis>pouvait</emphasis> �tre, et il aurait d� penser � des hypoth�ses et � des fa�ons de les tester mais il �tait trop occup� � d�sesp�r�ment �viter les autre sortil�ges de sommeil que Theodore lui lan�ait en riant ; Draco sentit un l�ger engourdissement au flanc cette-fois ci, �a l'avait rat� de tr�s tr�s peu, et il finit par en avoir assez, il ne se fatigua m�me pas � d�tailler la th�orie qu'il testait ni pourquoi et il se contenta de -</p><p>"<emphasis>Luminos !</emphasis>" s'�cria Draco, et Theodore fut entour� d'une lumi�re rouge, "<emphasis>Dulak !</emphasis>" et il s'�teignit de nouveau (donc Theodore <emphasis>�tait</emphasis> toujours affect� par la magie), "<emphasis>Expelliarmus !</emphasis>" et la baguette de Theodore s'envola (et Draco se rendit alors compte que de toute fa�on �a aurait �t� un bon sortil�ge � lancer), mais Theodore fon�ait vers Draco bras tendus en avant pour le saisir si bien que Draco hurla "<emphasis>Flipendo !</emphasis>", les pied de l'autre gar�on se renvers�rent abruptement -</p><p>- et son dos heurta le sol dans un fracas <emphasis>m�tallique</emphasis> �tonnamment fort.</p><p>Draco voyait trouble apr�s avoir lanc� quatre sortil�ges si rapidement, Theodore se relevait d�j� du mieux qu'il pouvait, il n'y n'avait m�me pas le temps de penser en mots mais il parvint � dire "<emphasis>Somnium !</emphasis>" et <emphasis>cette fois</emphasis> il visa le visage de Theodore plut�t que sa poitrine.</p><p>Theodore �vita (il <emphasis>�vita !</emphasis>) et hurla :"<emphasis>Code sept sur Malfoy !</emphasis>"</p><p>"<emphasis>Prismatis !</emphasis>" cria la voix de Padma et un arc-en-ciel chatoyant apparut soudain devant Draco au moment m�me o� quatre voix chaotiques s'�criaient <emphasis>Somnium !</emphasis></p><p>Puis il y eut un silence tandis que tout le monde observait l'immense sph�re prismatique qui prot�geait les restes de l'arm�e Dragon.</p><p>Lancer ce cinqui�me sort avait mis Draco � genoux mais il releva les yeux et parvint � dire aussi clairement que possible : "Si le sortil�ge de sommeil - ne fonctionne pas - visez leur visage - je pense que les Lieutenants portent des hauts de m�tal."</p><p>"Tu as d�j� perdu trop de soldats," dit Finnigan d'une voix forte depuis l'autre c�t� de la barri�re, "on vous battra quand m�me," puis le Gryffondor eut un rire d�moniaque. Il le faisait maintenant presque aussi bien que Harry Potter, et les autres l�gionnaires du Chaos se mirent rapidement � rire avec lui.</p><p>Draco pouvait voir du coin de l'�il Gregory et Vincent, inconscients. Padma maintenait encore la sph�re prismatique, la plus grande qu'il l'ait jamais vue lancer ; mais sa respiration �tait hach�e, elle �tait encore recouverte de sueur, �puis�e depuis le moment o� ils avaient tous couru pour se mettre en position ; la sorci�re Serdaigle �tait forte mais pas <emphasis>athl�tique</emphasis>.</p><p>Il esp�rait vraiment que le g�n�ral Granger arriverait vite et attaquerait Chaos par derri�re. Le g�n�ral Potter et Neville du Chaos manquaient � l'appel et Draco pouvait deviner quelle avait �t� leur destination, mais deux soldats ne pouvaient pas faire prendre trop de retard au r�giment Soleil � eux seuls, si ?</p><empty-line/><p>Elle savait que ce n'�tait pas juste, que l'autre fille avait tout donn�, mais Hermione souhaita quand m�me que Daphn� aie tenu plus longtemps.</p><p>"<emphasis>Lagann !</emphasis>" dit la voix de Neville derri�re elle alors qu'elle s'enfuyait, et il y eut le bruit d'un mur prismatique fracass�, la voix de Hannah qui hurlait d�sesp�r�ment "<emphasis>Somnium !" </emphasis>et quelques instants plus tard celle de Neville qui disait calmement "Somnium" et le bruit mat d'un autre de ses soldats qui tombait au sol.</p><p>Et la force qui la maintenait en l'air diminua � nouveau, elle put sentir la poigne des sortil�ges de L�vitation qui se distendait sous son poids, qui cessait d'�tre suffisante.</p><p>Son vol s'arr�ta et elle commen�a � chuter vers le sol au ralenti, et elle aurait d� dire � ses soldats de juste la laisser <emphasis>tomber</emphasis> mais elle �tait trop en col�re, trop troubl�e, elle ne pensait pas assez vite, elle essayait encore de trouver la force n�cessaire pour un derni�re sortil�ge d'�tourdissement, et il n'y eut donc nulle part o� aller lorsque Harry pointa sa baguette vers elle et dit "<emphasis>Somnium</emphasis>" ; ce fut le dernier mot que Hermione Granger entendit de toute cette bataille.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 68*: Accomplissement de soi, pt 3</strong></p><p>Hermione ne se sentait pour l'instant ni tr�s bien ni tr�s Gentille, car une sph�re de col�re dont elle se demandait si cela ressemblait � l'obscurit� de Harry (m�me si c'en �tait probablement tr�s �loign�) br�lait � l'int�rieur d'elle et elle n'aurait probablement pas d� ressentir cela � cause d'un petit jeu idiot mais -</p><p>Toute son arm�e. Deux soldats avaient battu toute son arm�e. C'�tait ce qu'on lui avait dit apr�s son r�veil.</p><p>C'en �tait (un peu) trop.</p><p>"Eh bien," dit le professeur Quirrell. De pr�s, le professeur de D�fense n'avait pas l'air en aussi bonne sant� que la derni�re fois qu'elle avait �t� dans son bureau ; sa peau �tait plus p�le et il se d�pla�ait un peu plus lentement. Son expression �tait aussi s�v�re que d'habitude, son regard aussi p�n�trant ; ses doigts frappaient s�chement son bureau, tap-tap. "J'imagine que parmi vous trois, seul M. Malfoy a devin� pourquoi j'ai demand� votre pr�sence."</p><p>"Quelque chose en rapport avec les maisons Nobles et Tr�s Anciennes ?" dit Harry, situ� � c�t� d'elle, d'un ton perplexe. "Je n'ai pas bris� une r�gle d�mente en tirant sur Daphn�, ou si ?"</p><p>"Pas tout � fait," dit l'homme d'un ton lourd d'ironie. "Puisque Mlle. Greengrass n'a pas respect� les formalit�s du duel, elle n'a pas pr�tention � demander � ce que votre nom vous soit retir�. Mais je n'aurais bien s�r pas autoris� un duel formel. La guerre ne respecte pas ce genre de r�gles." Le professeur de D�fense se pencha en avant et reposa son menton sur ses mains arqu�es, comme si avoir le dos droit l'avait d�j� fatigu�. Ses yeux, per�ants et dangereux, les pass�rent tous les trois en revue. "G�n�ral Malfoy. Pourquoi vous ais-je appel� ici ?"</p><p>"Ce n'est plus �quitable de mettre le g�n�ral Potter seul contre nous deux," dit Draco Malfoy d'une voix basse.</p><p>"<emphasis>Quoi ?" </emphasis>laissa �chapper Hermione. "On les <emphasis>avait</emphasis> presque, si Daphn� ne s'�tait pas �vanouie -"</p><p>"Mademoiselle Greengrass ne s'est pas �vanouie d'�puisementmagique," dit le professeur Quirrell d'un ton sec. "M. Potter lui a tir� dans le dos avec un sortil�ge de sommeil pendant que vos soldats �taient distraits par la vue de leur g�n�ral s'�crasant contre un mur en plein vol. Mais tout de m�me : f�licitations, mademoiselle Granger, pour avoir <emphasis>presque</emphasis> battu deux l�gionnaires chaotiques avec seulement vingt-quatre soldats Soleil."</p><p>Le sang mont� � ses joues devint un peu plus chaud. "C'�tait � c'�tait juste � si j'avais seulement compris qu'il portait une amure -"</p><p>Le professeur Quirrell les observa au-dessus de ses doigts joints. "Bien s�r qu'il existe des moyens par lesquels vous auriez <emphasis>pu</emphasis> gagner, Mlle. Granger. Il y en a toujours, pour chaque bataille perdue. Le monde qui nous entoure regorge d'opportunit�s, explose d'opportunit�s, et presque tout le monde les ignore parce que cela demanderait qu'une habitude de pens�e soit rompue ; dans chaque bataille, mille os Poufsouffle attendent d'�tre aiguis�s pour devenir des lances. Si vous aviez pens� � tenter un <emphasis>Finite Incatatem</emphasis> de masse par mesure de pr�caution, vous auriez d�fait les cottes de mailles de M. Potter ainsi que tout ce qu'il portait hormis ses sous-v�tements, ce qui me laisse � penser que M. Potter n'avait pas tout � fait compris � quel point il �tait vuln�rable. Ou vous auriez pu demander � vos soldats de se ruer sur M. Potter et M. Londubat et d'arracher de force leur baguette de leur main. La r�ponse de M. Malfoy n'a pas �t� ce que je pourrais qualifier de <emphasis>r�fl�chie</emphasis>, mais au moins il n'a pas compl�tement ignor� les milles alternatives qui lui �taient offertes." Un sourire sardonique. "Mais vous, Mlle. Granger, avez eu le malheur de vous souvenir comment lancer le sortil�ge d'�tourdissement, et vous n'avez donc pas fouill� votre excellente m�moire � la recherche de la douzaine de sortil�ges plus simples que se seraient av�r�s efficaces. Et vous avez plac� tous les espoirs de votre arm�e sur les �paules d'une seule personne, si bien que son moral est descendu en fl�che lorsque vous �tes tomb�e. Ils ont ensuite continu� de lancer leurs futiles sortil�ges de sommeil, guid�s par les habitudes de combat qui leur avaient �t� inculqu�es, incapables de briser ces motifs comme M. Malfoy l'a fait. Je ne peux pas tout � fait comprendre ce qui passe par la t�te des gens lorsqu'ils r�p�tent la m�me strat�gie perdante encore et encore, mais il est apparemment rare de se rendre compte qu'on peut essayer autre chose. Ainsi le r�giment Soleil a-t-il balay� par deux soldats." Le professeur de D�fense eut un sourire sans joie. "On peut percevoir certaines similitudes avec la fa�on dont cinquante Mangemorts ont domin� toute l'Angleterre magique et avec celle dont notre bien-aim� minist�re continue d'exercer le pouvoir."</p><p>Le professeur de D�fense soupira. "<emphasis>N�anmoins</emphasis>, mademoiselle Granger, le fait demeure : ce n'est pas votre premi�re d�faite de ce genre. Lors de la bataille pr�c�dente, vous et M. Malfoy avez unis vos forces et vous �tes quand m�me retrouv� dans une impasse, � tel point qu'il a fallu que M. Malfoy et vous poursuiviez M. Potter jusqu'au toit. La l�gion du Chaos a maintenant d�montr� deux fois de suite qu'elle poss�dait une force militaire �gale � celle de vos deux arm�es r�unies. Cela ne me laisse pas d'autre choix : g�n�ral Potter, vous choisirez huit soldats de votre arm�es, dont au moins un lieutenant chaotique, et ils seront r�partis entre l'arm�e Dragon et le r�giment Soleil -"</p><p>"<emphasis>Quoi ?"</emphasis> �clata de nouveau Hermione, elle jeta un coup d'�il aux deux autres g�n�raux et vit que Harry semblait aussi choqu� qu'elle, tandis que Draco avait seulement l'air r�sign�.</p><p>"Le g�n�ral Potter est plus fort que vous deux r�unis," dit le professeur Quirrell d'une calme pr�cision. "Votre concours est fini, il a gagn�, et il est temps de r��quilibrer les �quipes afin de le mettre face � un nouveau d�fi."</p><p>"<emphasis>Professeur Quirrell !"</emphasis> dit Harry. "Je n'ai pas -"</p><p>"C'est ma d�cision de professeur de magie de bataille de l'�cole de sorcellerie de Poudlard et elle n'est pas sujette � quelque n�gociation que ce soit." Les mots �taient toujours pr�cis mais bien qu'il ait regard� Harry et pas elle, le regard du professeur de Quirrell gla�a les sangs de Hermione. "Et je trouve <emphasis>suspicieux</emphasis>, M. Potter, qu'au moment o� vous avez choisi d'isoler Mlle. Granger et M. Malfoy et de les forcer � vous poursuivre sur le toit, vous soyez parvenu � annihiler exactement autant de leurs forces rassembl�es qu'il vous a convenu. De fait, c'est le niveau de performance que <emphasis>j'attendais</emphasis> de vous depuis le d�but de cette ann�e et je suis <emphasis>agac�</emphasis> de d�couvrir que vous vous �tes retenus lors de mes cours pendant tout ce temps ! J'ai vu ce dont vous �tes vraiment capable, M. Potter. Vous �tes loin au-del� du stade o� M. Malfoy et Mlle. Granger peuvent vous affronter sur un pied d'�galit�, et vous ne saurez pr�tendre qu'il en est autrement. Ceci, M. Potter, je vous le dis en tant que professeur : pour r�aliser tout votre potentiel, vous devez pratiquer au maximum de vos capacit�s et ne vous retenir pour <emphasis>aucune</emphasis> raison � en particulier pas � cause d'inqui�tudes pu�riles quant � ce que vos amis pourraient penser !"</p><empty-line/><p>Elle quitta le professeur de D�fense avec une arm�e plus imposante, une dignit� amoindrie, la sensation d'�tre un triste petit insecte qui venait de se faire �craser et en essayant tr�s tr�s fort de ne pas pleurer.</p><p>"Je ne me <emphasis>retenais pas </emphasis>!" dit Harry d�s qu'ils eurent pass� le premier angle du couloir qui menait hors du bureau du professeur Quirrell, au moment o� la porte de bois quitta leur champ de vision derri�re les murs de pierre. "Je ne faisais pas semblant, je n'ai jamais <emphasis>laiss�</emphasis> aucun de vous gagner !"</p><p>Elle n'arrivait pas � r�pondre, elle en �tait incapable, tout craquerait si elle essayait de dire un seul mot.</p><p>"Vraiment ?" dit Draco Malfoy. Le g�n�ral Dragon avait encore cet air r�sign�. "Parce que tu sais, Quirrell a raison, c'est <emphasis>suspicieux</emphasis> que tu aies �t� capable d'abattre presque tout le monde dans nos deux arm�es d�s que tu as voulu qu'on te pourchasse sur le toit. Et est-ce que tu n'as pas dit quelque chose � ce moment-l�, Potter, sur le fait qu'on devait �tre capable de te vaincre quand tu te battais � fond ?"</p><p>Le sensation de br�lure remontait dans sa gorge, et elle �claterait en sanglots lorsque cela atteindrait ses yeux, et alors elle elle ne serait qu'une petite pleurnicharde � leurs yeux.</p><p>"C'�tait -" dit la voix de Harry avec empressement, elle ne le regardait pas mais sa voix donnait l'impression que sa t�te s'�tait tourn�e vers elle. "C'�tait � j'ai vraiment fait de mon mieux cette fois l�, il y avait une raison importante, il <emphasis>fallait</emphasis> que je le fasse, alors j'ai utilis� plein de techniques que j'avais gard�es en r�serve � et - "</p><p>Elle avait toujours fait de son mieux, � chaque fois.</p><p>"- et j'ai, j'ai laiss� sortir une partie de moi que je n'utilise normalement pas pour des choses comme le cours de D�fense -"</p><p>Donc si elle s'approchait jamais de la victoire contre Harry lorsque �a serait <emphasis>vraiment</emphasis> important, il pourrait juste passer � son c�t� obscur et l'�craser, c'�tait �a ?</p><p>�bien s�r que c'�tait �a. Elle ne pouvait m�me pas <emphasis>regarder</emphasis> Harry dans les yeux quand il �tait effrayant, comment avait-elle pu jamais croire qu'elle pourrait vraiment le battre ?</p><p>Le couloir atteint un embranchement, Harry Potter et Draco Malfoy prirent � gauche vers un escalier qui menait au deuxi�me �tage et elle partit plut�t � droite ; elle ne savait pas o� menait ce passage mais pour l'instant elle aurait pr�f�r� se perdre dans le ch�teau.</p><p>"Excuse-moi, Draco," dit la voix de Harry, et il y eut alors une s�rie de pas derri�re elle.</p><p>"Laisse-moi tranquille," dit-elle, le ton �tait s�v�re mais elle dut ensuite fermer sa bouche et serrer ses l�vres fort l'une une contre l'autre et retenir sa respiration pour �viter que tout ne sorte.</p><p>Ce gar�on continua juste de s'approcha, la d�passa et se mit face � elle, parce qu'il �tait stupide, voil� pourquoi, et il dit d'une voix qui �tait devenue un chuchotement aigu et d�sesp�r� : "Je ne me suis pas enfui quand tu <emphasis>me</emphasis> battais dans tous mes cours � pars le vol sur balais !"</p><p>Il ne comprenait pas et il ne comprendrait jamais. Harry Potter ne comprendrait jamais parce que peu importe les concours qu'il perdrait, il serait toujours le Survivant. Si vous �tiez Harry Potter et que Hermione Granger vous battait, �a voulait dire que tout le monde s'attendait � ce que vous releviez le d�fi. Si vous �tiez Hermione Granger et que Harry Potter vous battait, �a voulait juste dire que vous n'�tiez personne.</p><p>"�a n'est pas juste," dit-elle, sa voix tremblait mais elle ne pleurait pas, pas encore, "<emphasis>je</emphasis> ne devrais pas avoir � combattre ton c�t� obscur, je suis juste � je suis seulement -" et elle pensa : <emphasis>j'ai seulement douze ans</emphasis>.</p><p>"J'ai utilis� mon c�t� obscur <emphasis>une seule fois</emphasis> et c'�tait � parce qu'il le <emphasis>fallait </emphasis>!"</p><p>"Donc aujourd'hui tu as vaincu <emphasis>toute mon arm�e </emphasis>en �tant seulement Harry ?" Elle ne pleurait pas encore et elle se demandait � quoi visage ressemblait � cet instant, si c'�tait celui d'une Hermione en col�re ou celui d'une Hermione triste.</p><p>"Je -" dit Harry. Sa voix baissa un peu, "je... je ne <emphasis>m'attendais </emphasis>pas vraiment � gagner cette fois, je sais que j'ai dit que j'�tais invincible mais j'essayais juste de t'effrayer, je pensais vraiment qu'on vous ralentirait juste pendant un moment -"</p><p>Elle recommen�a � marcher, le d�passa, et alors le visage de Harry se contrit comme s'<emphasis>il</emphasis> �tait sur le point de pleurer.</p><p>"Le professeur Quirrell a-t-il raison ?" dit un chuchotement aigu et d�sesp�r� venu de derri�re elle. "Si tu es mon amie, est-ce que j'aurais toujours peur de faire mieux parce que je saurais que cela te blessera ? �a n'est pas juste, Hermione !"</p><p>Elle inspira, bloqua sa respiration, et courut. Ses pieds se mouv�rent aussi vite qu'elle en fut capable, elle courut aussi vite que sa vision brouill�e le lui permit, elle courut pour que personne ne l'entende, et cette fois Harry ne la suivit pas.</p><empty-line/><p>Minerva corrigeait les parchemins de m�tamorphoses qui avaient �t� � rendre pour lundi et venait de mettre une note de moins deux cent � un parchemin de cinqui�me ann�e qui comportait une erreur qui aurait pu tuer quelqu'un. Elle avait �t� indign�e par la folie des �l�ves lors de sa premi�re ann�e en tant que professeur. Elle n'�tait plus que r�sign�e. Certaines personnes n'apprenaient jamais, ne remarquaient jamais qu'ils �taient sans espoir, ils demeuraient enthousiastes et joyeux, ils essayaient encore et encore. Parfois ils la croyaient lorsqu'elle leur disait, avant leur d�part de Poudlard, qu'ils ne devraient <emphasis>jamais</emphasis> essayer quoi que ce soit d'inhabituel, d'abandonner la m�tamorphose libre et d'utiliser leur art uniquement au moyen de charmes d�j� �tablis ; et parfois... ils ne l'�coutaient pas.</p><p>Elle �tait au beau milieu d'une r�ponse particuli�rement alambiqu�e lorsqu'un coup sur la porte perturba ses pens�es ; ses heures de bureau n'avaient pas commenc� mais il ne lui avait fallu que tr�s peu de temps en poste � la t�te de Gryffondor pour apprendre � suspendre son jugement. On pouvait toujours d�duire des points <emphasis>apr�s</emphasis>.</p><p>"Entrez," dit-elle d'une voix brusque.</p><p>Il �tait clair que la jeune fille qui venait d'entrer dans son bureau avait r�cemment pleur� et avait ensuite lav� son visage dans l'espoir que ce ne serait pas visible -</p><p>"Mlle Granger !" dit le professeur McGonagall. Il lui avait fallu un moment pour reconna�tre ce visage aux yeux rougis et aux joues gonfl�es. "Que s'est-il pass� ?"</p><p>"Professeur," dit la jeune fille d'une voix vacillante, "vous avez dit que si jamais j'�tais inqui�te ou que quelque chose me mettait mal � l'aise, je devrais venir vous voir imm�diatement -"</p><p>"Oui," dit le professeur McGonagall, "alors que s'est-il <emphasis>pass� </emphasis>?"</p><p>La jeune fille commen�a � expliquer -</p><empty-line/><p>Hermione se tenait immobile et les escaliers tournaient autour d'elle, une double h�lice qui n'aurait d� la mener nulle part et la faisait pourtant <emphasis>s'�lever</emphasis> d'un mouvement continu. Hermione trouvait que cela ressemblait � l'enchantement des Escaliers Infinis qui avaient �t� invent�s en 1733 par le sorcier Arram Sabeti qui avait v�cu au sommet du mont Everest � l'�poque o� aucun Moldu n'�tait capable de l'escalader. Sauf que c'�tait impossible, car Poudlard �tait bien plus ancienne � peut-�tre le sortil�ge avait-il �t� <emphasis>r�</emphasis>invent� ?</p><p>Elle aurait d� �tre effray�e et nerveuse avant sa deuxi�me rencontre avec le directeur.</p><p>Sauf que Hermione Granger avait r�fl�chi ; elle avait beaucoup r�fl�chi apr�s que l'�puisement l'ait fait s'arr�ter de courir, apr�s qu'elle se soit laiss�e glisser contre un mur, les poumons en feu, � r�fl�chir, roul�e en boule, le dos contre la pierre fra�che, les jambes repli�es, en pleurs.</p><p>M�me si elle perdait contre Harry Potter elle ne perdrait jamais, <emphasis>jamais</emphasis>, contre Draco Malfoy, c'�tait <emphasis>absolument </emphasis>inacceptable, et le professeur Quirrell avait f�licit� le g�n�ral Malfoy pour n'avoir pas ignor� les milles alternatives possibles ; et donc, apr�s avoir �puis� toutes ses larmes, Hermione avait pens� � quatorze autre sortil�ges qu'elle <emphasis>aurait d�</emphasis> essayer contre Harry et Neville, puis elle avait commenc� � se demander si elle ne faisait pas le m�me genre d'erreur dans d'autres domaines ; et c'est comme �a qu'elle s'�tait retrouv�e � frapper � la porte du professeur McGonagall. Pas pour demander de l'aide, car pour l'instant Hermione n'avait aucun plan <emphasis>pour lequel</emphasis> elle pourrait demander qu'on l'aide, mais juste pour tout dire au professeur McGonagall parce que lorsque l'id�e lui �tait venue cela avait ressembl� � l'une des milles alternatives dont le professeur Quirrell avait parl�.</p><p>Et elle avait dit au professeur McGonagall comment Harry avait chang� depuis le jour o� le ph�nix s'�tait pos� sur son �paule, comment les gens semblaient de plus en plus la voir comme une cr�ature de Harry, comment Harry semblait s'�loigner de plus en plus des autres �l�ves de leur ann�e, se promenait parfois avec un air triste, comme s'il �tait en train de perdre quelque chose, et qu'<emphasis>elle ne savait plus quoi faire.</emphasis></p><p>Et le professeur McGonagall avait dit qu'elles devaient en parler au directeur.</p><p>Et cela avait rendu Hermione inqui�te, puis l'id�e lui �tait venue que <emphasis>Harry Potter</emphasis> n'aurait pas eu peur du directeur. Il aurait juste fonc� et continu� d'essayer d'atteindre son objectif. Peut-�tre (avait-elle song�) que �a valait le coup <emphasis>d'essayer</emphasis> d'�tre comme �a, de ne <emphasis>pas</emphasis> avoir peur, de juste faire ce qu'il y avait � faire et de voir ce qui lui arriverait, apr�s tout, �a ne pouvait plus vraiment empirer.</p><p>Les Escaliers Infinis cess�rent de tourner.</p><p>La grande porte en ch�ne au heurtoir de laiton en forme de griffon qui leur faisait face s'ouvrit sans avoir �t� touch�e.</p><p>Derri�re un bureau de ch�ne noir muni de dizaines de tiroirs orient�s dans toutes les directions possibles et semblant avoir des tiroirs incrust�s <emphasis>dans</emphasis> d'autres tiroirs, le directeur � barbe d'argent de Poudlard se tenait sur son tr�ne ; Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore, dans les doux et p�tillants yeux duquel elle regarda pendant environ trois secondes avant d'�tre distraite par tous les autres objets pr�sents dans la pi�ce.</p><p>Quelque instants plus tard � elle n'�tait pas certaine de la dur�e mais c'�tait pendant qu'elle essayait de compter le nombre d'objets dans la pi�ce pour la troisi�me fois et qu'elle n'obtenait <emphasis>toujours pas</emphasis> la m�me r�ponse m�me si sa m�moire insistait sur le fait que rien n'avait �t� ajout� ni enlev� � le directeur s'�claircit la gorge et dit : "Mlle. Granger ?"</p><p>La t�te de Hermione se tourna brusquement et elle sentit une l�g�re chaleur entrer dans ses joues ; mais Dumbledore ne sembla pas le moins du monde agac�, seulement serein, avec un regard curieux dans ses yeux doux surmont�s de verres.</p><p>"Hermione," dit le professeur McGonagall, la voix de la vieille sorci�re �tait douce et sa main reposait sur son �paule d'une fa�on rassurante, "s'il te pla�t, dis au directeur ce que tu m'as dit au sujet de Harry."</p><p>Hermione commen�a � parler, mais en d�pit de sa r�cente r�solution sa voix tr�bucha quand m�me un peu par nervosit� et elle d�crivit comment Harry avait chang� pendant les quelques semaines depuis que Fumseck avait �t� sur son �paule.</p><p>Il y eut un silence apr�s qu'elle eut fini, puis le directeur soupira. "Je suis navr�, mademoiselle Granger," dit Dumbledore. Ses yeux bleus s'�taient attrist�s � mesure qu'elle avait parl�. "C'est... malheureux, mais je ne peux pas dire que ce soit inattendu. C'est le fardeau du h�ros que vous observez."</p><p>"Du <emphasis>h�ros </emphasis>?" dit Hermione. Elle regarda le professeur McGonagall avec nervosit� et vit que le visage du professeur de M�tamorphose s'�tait pinc�, m�me si sa main toujours rassurante serrait encore son �paule.</p><p>"Oui," dit Dumbledore. "J'�tais moi-m�me un h�ros, avant d'�tre un vieux sorcier myst�rieux, � l'�poque o� je combattais Grindelwald. Avez-vous lu des livres d'Histoire, Mlle Granger ?"</p><p>Hermione hocha la t�te.</p><p>"Eh bien," dit Dumbledore, "c'est ce que les h�ros doivent faire, Mlle Granger, ils ont des t�ches, ils doivent grandir afin de pouvoir les accomplir et c'est cela que vous observez chez Harry. S'il y a quoi que ce soit qui puisse �tre fait pour adoucir son voyage, ce sera <emphasis>vous</emphasis> qui le ferez, pas moi. Car je ne suis malheureusement pas l'ami de Harry, seulement son vieux sorcier myst�rieux."</p><p>"Je -" dit Hermione. "Je ne suis pas s�re � de toujours vouloir �tre -" sa voix s'arr�ta, cela semblait trop horrible pour �tre prononc� � voix haute.</p><p>Dumbledore ferma les yeux, et lorsqu'il les rouvrit, il semblait �tre devenu un peu plus vieux qu'avant. "Personne ne peut vous arr�ter, Mlle. Granger, si choisissez de ne plus �tre l'amie de Harry. Quant � ce que cela lui ferait, vous le savez probablement mieux que moi."</p><p>"�a � n'a pas l'air <emphasis>juste</emphasis>," dit Hermione d'une voix tremblante. "Que je <emphasis>doive</emphasis> �tre l'amie de Harry parce qu'il n'a personne d'autre ? �a n'a pas l'air <emphasis>juste."</emphasis></p><p>"On peut pas vous forcer � <emphasis>�tre</emphasis> une amie, Mlle. Granger." Le regard bleu sembla la traverser. "Les sentiments sont l� o� pas. S'ils sont l�, vous pouvez les accepter ou les nier. Vous <emphasis>�tes</emphasis> l'amie de Harry � et choisir de le nier le blesserait terriblement, peut-�tre au-del� de tout espoir de gu�rison. Mais, Mlle. Granger, qu'est-ce qui pourrait vous mener � de telles extr�mit�s ?"</p><p>Elle n'arrivait pas � trouver les mots. Elle n'avait jamais pu le faire. "Si vous vous approchez trop de Harry � vous vous faites <emphasis>avaler </emphasis>et plus personne ne <emphasis>vous</emphasis> voit, vous devenez juste une de ses <emphasis>choses, </emphasis>tout le monde pense que le monde gravite autour de lui et..." Elle n'arrivait pas � trouver les mots.</p><p>Le vieux sorcier hocha lentement la t�te. "Nous vivons en effet dans un monde injuste, Mlle. Granger. Tout le monde sait que c'est moi qui ai vaincu Grindelwald et peu se souviennent d'Elizabeth Beckett, qui est morte pour ouvrir le chemin qui m'a permis de passer. Et pourtant certains s'en souviennent. Harry Potter <emphasis>est</emphasis> le h�ros de cette pi�ce, Mlle. Granger ; et le monde <emphasis>gravite </emphasis>autour de lui. Il est destin� � accomplir de grandes choses ; et je pense qu'on finira par se souvenir du nom d'Albus Dumbledore pour avoir �t� celui du myst�rieux vieux sorcier de Harry plus que pour toutes les autres choses que j'ai accomplies. Et peut-�tre qu'on se souviendra du nom de Mlle Granger comme celui de celle qui l'accompagnait, si vous vous av�rez �tre � la hauteur, le temps venu. Car cela est vrai : vous ne trouverez jamais plus de gloire par vous-m�me qu'aux c�t�s de Harry Potter ."</p><p>Hermione secoua sa t�te rapidement. "Mais ce n'est <emphasis>pas</emphasis> -" elle avait su qu'elle ne pourrait pas expliquer. "�a n'a rien � voir avec la <emphasis>gloire</emphasis>, c'est par rapport au fait d'�tre � d'appartenir � quelqu'un d'autre !"</p><p>"Vous pensez donc que vous pr�f�reriez �tre une h�ro�ne ?" Le vieux sorcier soupira. "Mlle. Granger, j'ai <emphasis>�t�</emphasis> un h�ros et un chef ; et j'aurais �t� mille fois plus heureux si j'avais pu appartenir � quelqu'un comme Harry Potter. Quelqu'un fait d'un mat�riau plus dur que le mien, capable de prendre les d�cisions difficiles et qui aurait pourtant m�rit� d'�tre mon sup�rieur. J'ai un jour pens� que je connaissais un tel homme, mais j'avais tort... Mlle. Granger, vous n'avez pas la <emphasis>moindre</emphasis> id�e de la chance que vous et vos semblables avez, compar� aux h�ros."</p><p>La sensation br�lante montait de nouveau dans sa gorge, accompagn�e d'un sentiment d'impuissance, elle ne comprenait pas pourquoi le professeur McGonagall l'avait amen�e ici si le directeur ne l'aidait pas, et d'un coup d'�il vers cette derni�re elle vit que cette derni�re n'�tait probablement pas non plus certaine que cela ait �t� une bonne id�e.</p><p>"Je ne veux pas �tre une h�ro�ne," dit Hermione Granger, "je ne veux pas �tre le compagnon d'un h�ros, je veux juste �tre <emphasis>moi</emphasis>."</p><p>(Quelques secondes plus tard, elle songea qu'elle <emphasis>voulait</emphasis> �tre une h�ro�ne mais elle d�cida de ne pas revenir sur ce qu'elle avait dit).</p><p>"Ah," r�pondit le vieux sorcier. "Voil� qui est fort difficile, Mlle. Granger." Dumbledore se leva de son tr�ne, s'�carta de son bureau et montra un symbole accroch� au mur, un symbole si omnipr�sent que les yeux de Hermione �taient pass�s dessus dans le voir : un bouclier us� qui portait le blason de Poudlard, le lion, le serpent, le blaireau et l'aigle, ainsi que des mots grav�s en latin dont elle n'avait jamais compris la pertinence. Puis elle reprit conscience de l'emplacement du bouclier et de son apparence ancienne, et il lui vint soudain � l'esprit que cela pourrait bien �tre <emphasis>l'original</emphasis> -</p><p>"Un Poufsouffle dirait," continua Dumbledore, tapotant du doigt contre le blaireau poli et faisant grimacer Hermione par ce sacril�ge (si <emphasis>c'�tait</emphasis> bien l'original), "que les gens �chouent � devenir ceux qu'ils sont destin�s � �tre parce qu'ils sont trop paresseux pour fournir l'effort n�cessaire. Un Serdaigle," tapotant l'aigle, "r�p�terait ces mots que les sages savent �tre bien plus vieux que Socrate : <emphasis>connais-toi toi-m�me</emphasis>, et dirait que les gens �chouent � devenir ceux qu'ils sont destin�s � �tre par ignorance et manque de r�flexion. Et Salazar Serpentard," Dumbledore fron�a les sourcils lorsque son doigt tapota le serpent poli, "eh bien, il dirait que nous devenons ceux que nous sommes destin�s � �tre en suivant nos d�sirs partout o� ils nous m�nent. Peut-�tre dirait-il que les gens �chouent � devenir eux-m�mes parce qu'ils refusent de faire le n�cessaire pour accomplir leurs ambitions. Mais on remarque alors que presque tous les Seigneurs des T�n�bres sortis de Poudlard �taient Serpentard. Sont-ils devenus ceux qu'ils devaient �tre ? Je ne pense pas." Le doigt de Gryffondor tapota le lion, puis il se tourna vers elle. "Dites-moi, Mlle. Granger, que dirait un Gryffondor ? Je n'ai pas besoin de vous demander si le Choixpeau vous a propos� cette maison."</p><p>La question ne semblait pas �tre difficile. "Un Gryffondor dirait que les gens ne deviennent pas ceux qu'ils sont cens�s �tre parce qu'ils ont peur."</p><p>"La plupart des gens <emphasis>ont</emphasis> peur, Mlle. Granger," dit le vieux sorcier. "Ils vivent leur vie enti�re restreints par la peur paralysante qui fait �chouer tout ce qu'ils pourraient accomplir, tout ce qu'ils pourraient devenir. La peur de dire ou de faire ce qu'il ne faut pas, la peur de perdre de simples possessions, la peur de la mort, et par-dessus tout la peur de ce que les autres vont penser d'eux. Cette peur est une chose terrible, Mlle. Granger, et il est terriblement important de le savoir. Mais ce n'est pas ce que Godric Gryffondor aurait dit. Les gens deviennent ceux qu'ils sont cens�s �tre, Mlle. Granger, en faisant ce qui est juste." La voix du vieux sorcier �tait douce. "Donc dites-moi, Mlle. Granger, quel est selon vous le choix <emphasis>juste </emphasis>? Car c'est <emphasis>�a</emphasis> que vous �tes vraiment, et o� que cette voie vous m�ne, c'est en la suivant que vous deviendrez celle que vous �tes cens�e �tre."</p><p>Il y eut un long silence emplit par le bruit des choses qui ne pouvaient �tre compt�es.</p><p>Elle y r�fl�chit, car elle �tait Serdaigle.</p><p>"Je ne <emphasis>pense</emphasis> pas qu'il soit juste," dit lentement Hermione, "que quelqu'un doive vivre ainsi dans l'ombre de quelqu'un d'autre..."</p><p>"De nombreuses choses sont injuste en ce monde," dit le vieux sorcier, "la question est de savoir ce qu'il est juste que <emphasis>vous</emphasis> fassiez � leur sujet. Hermione Granger, je serais moins subtil que les vieux sorciers le sont habituellement et je vous annonce cat�goriquement que vous ne pouvez pas <emphasis>imaginer</emphasis> � quel point les choses pourraient mal tourner si les �v�nements qui gravitent autour de Harry Potter prenaient un mauvais d�tour. Sa qu�te a trait � un probl�me que vous ne <emphasis>r�veriez</emphasis> m�me pas d'ignorer si vous le connaissiez."</p><p>"<emphasis>Quelle</emphasis> qu�te ?" dit Hermione. Sa voix tremblait car la r�ponse que le directeur attendait �tait tr�s claire et elle refusait de la lui donner. "Qu'est-ce qui est <emphasis>arriv�</emphasis> � Harry Potter ce jour l�, <emphasis>pourquoi</emphasis> Fumseck �tait-il sur son �paule ?"</p><p>"Il a grandi," dit le vieux sorcier. Il cligna plusieurs fois des yeux sous les lunettes en demi-lunes et son visage eut soudain l'air tr�s rid�. "Car voyez-vous, Mlle. Granger, les gens ne grandissent pas avec le temps, ils grandissent en �tant mis face � des situations d'adultes. C'est ce qui est arriv� � Harry Potter ce samedi-l�. On lui a dit � vous ne partagerez cette information avec personne, comprenez-vous ? - on lui a dit qu'il devrait combattre quelqu'un. Je ne puis vous r�v�ler qui. Je ne puis vous dire pourquoi. Mais c'est ce qui lui est arriv�, et c'est pour cela qu'il a besoin de ses amis."</p><p>Il y eut un silence.</p><p>"<emphasis>Bellatrix Black </emphasis>?" dit Hermione. Le choc n'aurait pas �t� plus grand si quelqu'un avait branch� un c�ble �lectrique dans son oreille. "Vous allez le faire combattre <emphasis>Bellatrix Black </emphasis>?"</p><p>"Non," dit le vieux sorcier. "Pas elle. Je ne puis vous dire qui, ni pourquoi."</p><p>Elle y r�fl�chit un peu plus.</p><p>"Existe-t-il un moyen me permettant de <emphasis>rester � la hauteur</emphasis> de Harry ?" dit Hermione. "Je ne veux pas dire que c'est ce que je vais <emphasis>faire</emphasis> mais � s'il a besoin d'amis, alors est-ce qu'on peut �tre des amis <emphasis>�gaux </emphasis>? Est-ce que je peux �tre une h�ro�ne moi aussi ?"</p><p>"Ah," dit le vieux sorcier, et il sourit. "Seul vous pouvez en d�cider, Mlle. Granger."</p><p>"Mais vous n'allez pas m'aider comme vous avez aid� Harry."</p><p>Le vieux sorcier secoua la t�te. "Je ne l'ai que peu aid�, Mlle. Granger. Et si vous �tes en train de me demander une qu�te -" le vieux sorcier eut un autre sourire, plut�t ironique. "Mlle. Granger, vous �tes en premi�re ann�e � Poudlard. Ne soyez pas trop press�e de grandir ; vous aurez assez de temps pour �a plus tard."</p><p>"J'ai douze ans. Harry en a <emphasis>onze</emphasis>."</p><p>"Harry Potter est sp�cial," dit le vieux sorcier. "Comme vous le savez, Mlle. Granger." Les yeux bleus devinrent soudain per�ants derri�re les lunettes en croissant de lune, et elle se souvint du jour du D�traqueur, quand la voix de Dumbledore lui avait r�v�l� dans son esprit qu'il �tait au courant pour le c�t� obscur de Harry.</p><p>Hermione leva la main, toucha celle du professeur McGonagall qui �tait fermement rest�e sur son �paule pendant tout ce temps, et dit, surprise que sa voix ne se brise pas : "Je voudrais partir maintenant, s'il vous pla�t."</p><p>"Bien s�r," dit le professeur McGonagall, et Hermione sentit la main sur son �paule la tourner gentiment pour faire face � la porte de ch�ne.</p><p>"Avez-vous d�j� choisi votre voie, Hermione Granger ?" dit la voix d'Albus Dumbledore derri�re elle, alors m�me que la porte s'ouvrait lentement pour r�v�ler l'enchantement des Escaliers Infinis.</p><p>Elle hocha la t�te.</p><p>"Et ?"</p><p>"Je ferai," dit-elle, sa voix bloqu�e, "je ferai, je ferai -"</p><p>Elle d�glutit.</p><p>"Je ferai � ce qui est juste -"</p><p>Elle ne dit rien d'autre car elle en �tait incapable, et les Escaliers Infinis tourn�rent autour d'elle une fois de plus.</p><p>Ni elle ni le professeur McGonagall ne parl�rent pendant la descente.</p><p>Lorsque la gargouille de Pierre Fluide se fut �cart�e de leur chemin et qu'elles eurent toutes deux mis un pied dans les couloirs de Poudlard, le professeur McGonagall parla enfin et dit d'un murmure : "Je suis terriblement navr�e, Mlle. Granger. Je ne pensais pas que le directeur vous dirait des choses pareilles. Je pense qu'il a vraiment oubli� ce que c'est que d'�tre un enfant."</p><p>Hermione leva les yeux vers elle et vit que c'�tait <emphasis>le professeur McGonagall </emphasis>qui avait l'air d'�tre sur le point d'�clater en sanglots... pas vraiment, mais son visage �tait pinc� d'une fa�on qui poussait � le croire.</p><p>"Si je veux �tre une h�ro�ne aussi," dit Hermione, "si j'ai d�cid� d'en �tre une moi aussi, y a-t-il quoi que ce soit que <emphasis>vous </emphasis>puissiez faire pour m'aider ?"</p><p>Le professeur secoua rapidement la t�te et dit : "Mlle. Granger, je ne sais pas si le directeur avait tort sur <emphasis>ce</emphasis> point. Vous <emphasis>avez</emphasis> douze ans."</p><p>"D'accord," dit Hermione.</p><p>Elle fit quelques pas.</p><p>"Excusez-moi," dit Hermione, "�a vous emb�terait que j'aille seule jusqu'� la tour Serdaigle ? Je suis d�sol�e, ce n'est pas votre faute, c'est juste que je voudrais �tre seule pour l'instant."</p><p>"Bien s�r, Mlle. Granger," dit le professeur McGonagall d'une voix un peu rauque, et Hermione entendit les pas de celle-ci qui s'arr�taient et faisaient demi-tour.</p><p>Hermione Granger s'en fut.</p><p>Elle monta une vol�e de marche puis une autre, se demandant s'il y avait quiconque � Poudlard qui saurait lui donner une chance d'�tre une h�ro�ne. Le professeur Flitwick dirait la m�me chose que le professeur McGonagall et m�me dans le cas contraire il �tait probablement incapable de l'aider, et Hermione ne savait pas qui <emphasis>pourrait</emphasis> l'aider. Enfin, le professeur Quirrell inventerait probablement quelque chose de malin si elle utilisait assez de points Quirrell mais elle avait le sentiment que ce serait une mauvaise id�e de lui demander �a � que le professeur de D�fense ne pouvait aider personne � devenir le genre de h�ros qui valait la peine qu'on le devienne et qu'il ne comprendrait m�me pas la diff�rence.</p><p>Elle avait presque atteint la tour Serdaigle lorsqu'elle aper�ut l'�clat dor�.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 69*: Accomplissement de soi, pt 4</strong></p><p>Elle ne le vit que du coin de l'�il, le reflet sur le m�tal poli d'une statue situ�e � l'embranchement de deux couloirs, l'�clat dor�, l'�clat rouge, comme l'image d'un feu ; il fut l� un instant et parti le suivant.</p><p>Elle s'arr�ta, perplexe, et <emphasis>faillit</emphasis> s'en aller, mais elle avait reconnu quelque chose de familier dans cette br�ve lueur -</p><p>Hermione s'avan�a vers l'endroit o� s'�tait trouv�e la statue et observa le couloir d'o� elle pensait que le reflet flamboyant �tait venu.</p><p>Faiblement, comme venu d'un endroit lointain, elle entendit le cri, l'appel.</p><p>Elle commen�a � courir.</p><p>Elle courut un moment ; � chaque fois qu'elle atteignait un embranchement, elle s'interrompait, reprenait sa respiration autant que possible, et voyait alors un autre �clat de feu refl�t� d'un couloir ou de l'autre, ou bien elle entendait cet appel lointain. N'�tait pour son entra�nement militaire, elle se serait �puis�e � courir ainsi.</p><p>Elle ne vit jamais le ph�nix.</p><p>Et alors elle parvint � un embranchement quadruple et il n'y eut plus <emphasis>rien</emphasis>, aucun signe, elle attendit de longues secondes, n'entendit nul cri, ne vit nul feu, et elle commen�ait juste � se demander, partag�e entre la naus�e et la tristesse, si elle avait tout imagin�, quand elle entendit <emphasis>quelqu'un</emphasis> crier.</p><p>Lorsque la course rapide de ses pieds l'eurent men�e derri�re l'angle du couloir, son esprit captura toute la sc�ne d'un coup d'�il : trois immenses gar�ons dans des robes bord�es de vert et qui se tournaient d�j� vers elle, et un autre gar�on en jaune, plus petit et plus ch�tif, qui pendait au milieu du vide, le pied suspendu en l'air par une main invisible.</p><p>Le g�n�ral Soleil ne r�fl�chit m�me pas ; les gens qui s'arr�taient pour r�fl�chir ne tendaient pas de tr�s bonnes embuscades.</p><p>Baguette � la main, ses doigts op�r�rent la torsion n�cessaire, ses l�vres dirent : "<emphasis>Somnium !</emphasis>", la brute la plus grande tomba au sol, le gar�on Poufsouffle chuta avec un <emphasis>bam</emphasis>, les deux autres brutes essay�rent de la viser de leur baguette, elle r�p�ta "<emphasis>Somnium !</emphasis>" et un autre des immenses gar�ons s'�croula - celui qui avait ajust� sa vis�e le plus vite, c'est sur lui qu'elle avait tir�.</p><p>Malheureusement, lancer deux sortil�ges de sommeil comme �a �tait difficile, m�me pour elle, et elle ne pourrait pas descendre le troisi�me avant -</p><p>La derni�re brute hurla "<emphasis>Protego !</emphasis>" et fut entour�e d'une lueur bleue iridescente.</p><p>Vingt-quatre heures plus t�t, Hermione aurait paniqu� : un <emphasis>vrai</emphasis> sortil�ge de bouclier qui laisserait la brute lui jeter des sortil�ges tout en restant prot�g�.</p><p><emphasis>Maintenant</emphasis> elle -</p><p>"<emphasis>Stup�fix !</emphasis>" hurla la brute.</p><p>L'�clair cramoisi fon�a droit sur elle dans un �clat terrible, flamboyant avec plus de force que tous les sortil�ges qui �taient jamais sortis de la baguette de Harry.</p><p>Elle se r��quilibra l�g�rement sur sa gauche et l'�clair la manqua, parce que la <emphasis>vis�e</emphasis> de la brute avait �t� loin d'�tre aussi bonne que celle de Harry ; et l'id�e lui vint que les brutes et les membres de arm�es du professeur Quirrell ne se m�laient peut-�tre jamais les uns aux autres.</p><p>"<emphasis>Stup�fix !" </emphasis>hurla � nouveau le gar�on. "<emphasis>Expelliarmus ! Stup�fix !</emphasis>"</p><p>Bref, <emphasis>maintenant</emphasis> elle venait de passer une heure � penser aux <emphasis>autres</emphasis> sortil�ges qu'elle aurait d� lancer sur Harry et Neville -</p><p>"<emphasis>G�lifix!</emphasis>" hurla la brute, un sortil�ge � large rayon sans �clair visible qui puise �tre �vit�, et ses genoux lui sembl�rent soudain presque trop faibles pour supporter son poids. Puis, d'un rugissement de col�re qui produidisit un cramoisi encore plus lumineux : <emphasis>"Stup�fix !</emphasis>"</p><p>Elle �vita celui-ci en tombant d�lib�r�ment, et elle eut alors suffisamment r�cup�r� pour son prochain sortil�ge, qui serait -</p><p>"<emphasis>Glisseo,</emphasis>" dit Hermione, dirigeant sa remarque vers le sol.</p><p>"Arg," dit la brute lorsque ses pieds se d�rob�rent sous lui et qu'il <emphasis>laissa carr�ment tomber sa baguette.</emphasis></p><p>Le <emphasis>Protego</emphasis> disparut instantan�ment.</p><p>"<emphasis>Somnium,</emphasis>" dit Hermione.</p><p>Elle �tait encore haletante lorsqu'elle rampa jusqu'au Poufsouffle qui se redressait et grondait en massant son cr�ne l� o� il avait chut� t�te la premi�re contre le sol ; Hermione se rendit compte qu'il �tait heureux qu'il ne soit pas Moldu sans quoi le Poufsouffle aurait pu se briser le cou. Elle n'y avait � vrai dire pas pens�.</p><p>"Euh," dit le gar�on aux cheveux bruns, aux yeux d'un marron commun qui parvenait � sembler correspondre exactement � la notion de Poufsouffle et dont le visage, bien que d�nu� de larmes, �tait plut�t p�le. Elle l'aurait situ� en quatri�me ou peut-�tre troisi�me ann�e.</p><p>Puis les yeux marrons s'�carquill�rent � mesure qu'ils mirent au point sur elle. "<emphasis>G�n�ral Soleil ?</emphasis>"</p><p>"Ouais," dit-elle. "C'est (<emphasis>hal�tement</emphasis>) moi." Elle d�cida alors que si le Poufsouffle disait quoi que ce soit sur son statut d'objet des �mois de Harry Potter, il mourrait.</p><p>"Waoh," dit le Poufsouffle. "C'�tait - tu viens juste de - je veux dire, je t'ai vu sur les �crans avant No�l mais - waoh ! J'arrive pas � croire que tu viens de faire �a !"</p><p>Il y eut un silence.</p><p><emphasis>J'arrive pas � croire que tu viens de faire �a</emphasis>, pensa Hermione Granger qui se sentit soudain un peu d�faillante ; �a devait �tre � cause de sa course r�cente. "Excuse (<emphasis>hal�tement</emphasis>) moi," dit-elle, "est-ce que tu pourrais juste (<emphasis>hal�tement</emphasis>)me d�g�lifier les jambes ?"</p><p>Le gar�on hocha la t�te, se remit sur pied et chercha sa baguette dans ses robes ; puis Hermione dut corriger son geste pour que le contre-sort fonctionne.</p><p>"Je m'appelle Michael Hopkins," dit le gar�on apr�s que Hermione se fut relev�e d'une roulade. Il tendit la main. "Ou juste Mike pour ceux de Poufsouffle, il n'y a aucun autre Mike � Poufsouffle cette ann�e, incroyable non ?"</p><p>Ils se serr�rent la main et Mike dit : "Enfin bref, <emphasis>merci</emphasis>."</p><p>Hermione n'�tait pas pr�par�e � la bouff�e d'euphorie qui la saisit alors ; sauver ainsi quelqu'un l'avait faite se sentir mieux qu'elle ne s'�tait jamais sentie <emphasis>de toute sa vie</emphasis>, litt�ralement.</p><p>Elle se tourna pour regarder les brutes.</p><p>Ils �taient tr�s grands et, songea-t-elle, semblaient avoir environ quinze ans, et elle se rendit soudain compte de <emphasis>l'immensit�</emphasis> de la distance qui s'�tait �tablie entre les �l�ves de Poudlard qui s'�taient inscrits � toutes les activit�s du soir du professeur Quirrell et ceux qui avait plusieurs ann�es durant re�u l'enseignement des pires professeur � avoir jamais profess�. Pouvoir <emphasis>atteindre</emphasis> les cibles qu'on visait, par exemple ; ou pouvoir suffisamment r�fl�chir au milieu d'un combat pour se rendre compte qu'on avait int�r�t � <emphasis>Innerver</emphasis> ses alli�s tomb�s. Et d'autres choses que le professeur avait dites, par exemple que dans le monde r�el presque tous les combats seraient r�solus par une attaque surprise, voil� qui lui semblait soudain tr�s sens�.</p><p>Alors qu'elle essayait encore de reprendre son souffle, elle se tourna de nouveau vers Mike.</p><p>"Est-ce que tu (<emphasis>hal�tement</emphasis>) me croirais," dit Hermione Granger, "si je te disais qu'il y a cinq minute j'avais (<emphasis>hal�tement</emphasis>) du mal � trouver comment devenir une (<emphasis>hal�tement</emphasis>) une h�ro�ne ?"</p><p>Avait-elle vraiment cru qu'elle avait besoin de la <emphasis>permission</emphasis> de quelqu'un, ou que les h�ros restaient juste l� assis � attendre qu'on leur donne des qu�tes ? C'�tait en r�alit� tr�s simple : il suffisait d'aller l� o� le Mal se trouvait, et c'�tait tout ce qu'il y avait � faire pour �tre une h�ro�ne. Elle aurait d� s'en souvenir, elle n'aurait pas d� avoir besoin qu'un ph�nix lui dise que des m�faits �taient parfois commis ici, � Poudlard.</p><p>Puis elle jeta un regard nerveux en arri�re, l� o� les trois gar�ons plus �g�s �taient �tendus, inconscients, et elle r�alisa soudain qu'ils l'avaient <emphasis>vue</emphasis>, qu'ils <emphasis>savaient</emphasis> peut-�tre qui elle �tait, qu'ils pourraient se faufiler jusqu'� elle et <emphasis>la</emphasis> prendre par surprise et - et ils pourraient vraiment lui faire mal -</p><p>Elle s'arr�ta.</p><p>Elle se souvint que Harry Potter s'�tait mis devant <emphasis>cinq</emphasis> brutes de Serpentard lors de son premier jour, alors qu'il ne savait m�me pas comment utiliser une baguette.</p><p>Elle se souvint du directeur lui disant qu'on grandissait en �tant mis face � des situations d'adultes et que la plupart des gens vivaient leur vies restreints par un enclos de peur.</p><p>Et elle se souvint de la voix du professeur McGonagall qui lui disait : 'Vous <emphasis>avez</emphasis> douze ans.'</p><p>Elle prit une profonde inspiration, puis une deuxi�me, puis une troisi�me.</p><p>Elle demanda � Mike s'il avait besoin d'aller au bureau de Mme. Pomfresh, et la r�ponse �tait non ; puis elle obtint de lui qu'il nomme les gar�ons Serpentard, juste au cas o�.</p><p>Puis Hermione Granger s'�loigna d'un pas tranquille du tas de brutes inconscientes en s'assurant d'avoir un sourire sur le visage.</p><p>Elle savait qu'elle allait probablement souffrir, t�t ou tard. Mais si on avait trop peur d'avoir mal pour faire ce qui �tait juste alors on ne pouvait pas devenir un h�ros, c'�tait aussi simple que cela ; et auriez-vous mis le Choixpeau sur sa t�te � cet instant il n'aurait pas attendu <emphasis>une seule seconde</emphasis> avant de s'�crier : 'GRYFFONDOR !'</p><empty-line/><p>Elle y r�fl�chissait encore lorsque vint l'heure du d�ner ; l'euphorie d'avoir sauv� quelqu'un ne s'�tait pas encore estomp�e et elle commen�ait � s'inqui�ter de la possibilit� que cela ait cass� quelque chose dans son cerveau.</p><p>Un �pid�mie de chuchotements se d�clencha d�s qu'elle s'approcha de la table Serdaigle, et elle se demanda si le gar�on Poufsouffle avait dit quelque chose avant de se rendre compte que les chuchotements ne parlaient probablement pas de <emphasis>�a</emphasis>.</p><p>Elle s'assit face � Harry Potter qui avait l'air <emphasis>extr�mement</emphasis> nerveux, probablement parce qu'elle souriait encore.</p><p>"Euh -" dit Harry alors qu'elle se servait d'une tranche de pain de mie grill�, de beurre, de cannelle, d'aucun fruit, d'aucun l�gume et de trois parts de brownie au chocolat. "Euh -"</p><p>Elle le laissa continuer comme �a jusqu'� ce qu'elle eut fini de se verser un verre de jus de pamplemousse puis elle dit : "J'ai une question pour vous, M. Potter. Comment pensez-vous que les gens �chouent � devenir eux-m�mes ?"</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit Harry.</p><p>Elle le regarda. "Fais comme si tout �tait comme d'habitude," dit-elle, "et dis juste ce que tu aurais dit hier."</p><p>"Euh..." dit Harry, et il avait l'air tr�s perplexe et inquiet. "Je pense que nous sommes <emphasis>d�j�</emphasis> nous-m�mes... ce n'est pas comme si j'�tais la copie imparfaite de quelqu'un d'autre. Mais je suppose que si j'essayais de m'en tenir au sens de la question, je dirais que les gens ne deviennent pas eux-m�mes parce qu'ils absorbent toutes ces idioties de leur environnement et qu'ils les r�gurgitent ensuite. Je veux dire, combien de joueurs de Quidditch joueraient � un jeu de ce genre s'ils l'avaient invent� eux-m�mes ? Ou en Angleterre moldue, combien de gens qui se voient comme des travaillistes, des conservateurs ou des d�mocrates lib�raux auraient invent� exactement le m�me paquet de croyances politiques s'ils avaient d� tout inventer eux-m�mes ?"</p><p>Hermione y songea. Elle s'�tait demand�e si Harry aurait une r�ponse de Serpentard, ou peut-�tre m�me de Gryffondor, mais cela ne semblait pas correspondre � la liste du directeur ; et l'id�e lui vint qu'il existait peut-�tre peut-�tre bien plus de quatre perspectives sur le sujet.</p><p>"D'accord," dit Hermione, "autre question. Qu'est-ce qui fait de quelqu'un un h�ros ?"</p><p>"Un <emphasis>h�ros ?</emphasis>" dit Harry.</p><p>"Ouais," dit Hermione.</p><p>"Ah..." dit Harry. Sa fourchette et son couteau tranch�rent un morceau de steak avec nervosit�, le coup�rent en des morceaux de plus en plus petits. "Je pense que beaucoup de gens sont capables d'accomplir des choses lorsque le monde les canalise dans cette direction... si d'autres s'attendent � ce que tu fasses quelque chose, par exemple, ou si �a ne demande que des comp�tences que tu as d�j�, ou s'il y a une autorit� pr�sente pour remarquer tes erreurs et t'assurer que tu remplis ton r�le. Mais les probl�mes de ce genre sont probablement d�j� r�solus, tu sais, et il n'y a donc pas besoin de h�ros. Donc je pense que les gens qu'on appelle des 'h�ros' sont rares parce qu'ils doivent tout inventer au fur et � mesure, et la plupart des gens trouvent �a p�nible. Pourquoi cette question ?" La fourchette de Harry poignarda trois morceaux de steak minutieusement d�coup�s et les fit monter vers sa bouche.</p><p>"Oh, je viens juste d'assommer trois brutes de Serpentard et de sauver un Poufsouffle," dit Hermione. "Je vais devenir une h�ro�ne."</p><p>Lorsque Harry eut fini de s'�trangler sur sa bouch�e (certains des autres Serdaigle � port�e d'oreille toussaient encore), il r�pondit : "<emphasis>Quoi ?</emphasis>"</p><p>Hermione raconta son histoire et celle-ci commen�a � se propager de chuchotements en chuchotements � mesure qu'elle parlait (mais elle omit le ph�nix car cela lui semblait �tre une affaire priv�e entre eux deux. Hermione avait �t� surprise, lorsqu'elle y avait ensuite repens�, par le fait qu'un ph�nix apparaisse pour quelqu'un qui <emphasis>voulait</emphasis> �tre un h�ros ; �a semblait un peu �go�ste vu sous cet angle ; mais peut-�tre que les ph�nix s'en fichaient du moment qu'ils voyaient bien que vous aviez envie d'aider les gens).</p><p>Lorsqu'elle eut fini de parler, Harry la fixa du regard et ne dit pas un mot.</p><p>"Je suis d�sol� d'avoir agi comme �a plus t�t," dit Hermione. Elle sirota un peu de son jus de pamplemousse. "J'aurais d� me souvenir que tant je te bats encore � plates couture en cours de Charmes �a n'est pas grave si tu es meilleur en D�fense."</p><p>"<emphasis>S'il te pla�t</emphasis>, ne le prends pas mal," dit Harry. Il avait maintenant l'air sombre et trop-adulte. "Mais es-tu certaine que c'est <emphasis>toi</emphasis>, �a, et pas, pour parler franchement, moi ?"</p><p>"J'en suis assez certaine," dit Hermione. "Allons, mon nom est presque un anagramme de 'h�ro�ne' mis � part ce 'm' en trop, je ne m'en �tais jamais rendue compte avant aujourd'hui."</p><p>"Ce n'est pas toujours la f�te d'�tre un h�ros," dit Harry. "Pas le vrai boulot de h�ros du genre que les adultes ont � faire ; �a n'est pas comme �a, �a ne va pas �tre aussi simple."</p><p>"Je sais," dit Hermione.</p><p>"C'est difficile et c'est douloureux et il faut prendre des d�cisions alors qu'aucune bonne r�ponse n'existe -"</p><p>"Oui Harry, j'ai lu ces livres moi aussi."</p><p>"Non," dit Harry, "tu ne comprends pas, m�me si les livres te mettent en garde il est impossible que tu <emphasis>puisses</emphasis> comprendre jusqu'� ce que -"</p><p>"�a ne t'arr�te pas," dit Hermione. "�a ne t'arr�te pas le moins du monde. Je parie que tu n'as m�me jamais <emphasis>envisag�</emphasis> de ne pas �tre un h�ros � cause de ce probl�me. Alors pourquoi est-c'que tu penses que �a va m'arr�ter ?"</p><p>Il y eut un silence.</p><p>Un immense sourire �claira soudain le visage de Harry, un sourire aussi enfantin et radieux que sa mine avait �t� sombre et adulte, et tout alla de nouveau bien entre Hermione et Harry.</p><p>"�a va tourner atrocement, extraordinairement mal, d'une fa�on ou d'une autre," dit Harry, toujours avec son immense sourire. "Tu es au courant, n'est-ce pas ?"</p><p>"Oh, je sais," dit Hermione. Elle prit une autre bouch�e de pain grill�. "D'ailleurs, Dumbledore a refus� d'�tre mon vieux sorcier myst�rieux. Est-ce qu'il y a un endroit auquel je pourrais �crire pour en demander un autre ?"</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup :</emphasis></p><p>"...et le professeur Flitwick dit que sa d�termination est in�branlable," dit Minerva d'une voix pinc�e en regardant le vieux sorcier � barbe d'argent qui �tait responsable de tout cela. Albus Dumbledore �tait assis, silencieux, et il l'�coutait, le regard lointain. "Mlle. Granger n'a m�me pas cill� quand le professeur Flitwick a menac� de la transf�rer � Gryffondor, l'a juste dit que si elle partait elle emm�nerait tous les livres avec elle. Hermione Granger a d�cid� qu'elle serait une h�ro�ne et ne tol�rera aucun refus. Je doute que vous auriez pu la pousser vers cette voie avec plus de force si vous aviez <emphasis>essay�</emphasis> de -"</p><p>Le cerveau de Minerva mit cinq bonnes secondes � traiter l'�clair de compr�hension.</p><p>"<emphasis>ALBUS !</emphasis>" glapit-elle.</p><p>"Ma ch�re," dit le vieux sorcier, "lorsque vous aurez eu affaire � votre trenti�me h�ros environ, vous comprendrez qu'ils r�agissent de fa�on assez pr�visible � certaines choses ; par exemple d'entendre qu'ils sont trop jeunes, qu'ils ne sont pas destin�s � devenir des h�ros ou qu'il est d�sagr�able d'en �tre un ; et si vous souhaitez vraiment �tre s�r, vous devriez leur dire les trois. Bien que," avec un bref soupir, "il vaille mieux �viter d'�tre <emphasis>trop</emphasis> flagrant dans votre tentative, sans quoi votre directrice adjointe pourrait vous surprendre."</p><p>"Albus," dit Minerva d'une voix encore plus pinc�e, "si il lui arrive du mal, je jure que cette fois je -"</p><p>"Elle aurait fini par en arriver au m�me point," dit Albus, son regard toujours lointain. "Si quelqu'un est cens� devenir un h�ros, alors il n'�coutera pas nos mises en gardes, Minerva, peu importe nos efforts. Cela �tant acquis, il vaut mieux pour Harry que Mlle. Granger ne se laisse pas trop distancer par lui." Albus fit appara�tre, comme jaillie de nulle part, une bo�te en �tain qui s'ouvrit pour r�v�ler de petites formes jaunes, elle n'avait jamais r�ussi � d�couvrir o� il les cachait et elle n'avait jamais pu d�tecter quelle magie �tait � l'�uvre. "Bonbons au citron ?"</p><p>"<emphasis>C'est une petite fille de douze ans, Albus !</emphasis>"</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-apr�s-coup :</emphasis></p><p>� peine visibles dans l'obscurit� du soir, des poissons nageaient dans les eaux noires derri�re les fen�tres, illumin�s par le vif �clat de la chambre commune de Serpentard lorsqu'ils s'approchaient, se fondant dans les t�n�bres lorsqu'ils s'�loignaient.</p><p>Daphn� Greengrass �tait confortablement assise dans un divan de cuir noir, sa t�te entre ses mains, entour�e d'un halo jaune-or tandis que de vives �tincelles de lumi�re blanche apparaissaient et disparaissaient autour d'elle.</p><p>Elle avait �t� pr�te � ce qu'on la taquine au sujet de Neville Londubat. Elle s'�tait attendue � entendre plein de remarques sournoises au sujet de Poufsouffle. Elle avait invent� des <emphasis>royaumes </emphasis>entiers de promptes r�parties sur le chemin du retour vers les donjons Serpentard.</p><p>Elle s'�tait <emphasis>r�jouie </emphasis>� l'id�e qu'on la taquine parce qu'elle aimait bien Neville Londubat. Se faire taquiner sur ce genre de choses voulait dire qu'on �tait devenue une vraie fille.</p><p>Il s'av�ra que personne n'avait devin� que d�fier Neville au Tr�s Ancien Duel voulait dire qu'elle l'aimait bien. Elle avait pens� que ce serait <emphasis>�vident</emphasis> mais non, personne d'autre n'y avait apparemment song�.</p><p>C'�tait toujours le sort que vous n'aviez pas vu qui r�ussissait � vous atteindre.</p><p>Elle aurait juste d� s'appeler Daphn� du Soleil, comme Neville du Chaos. Ou Daphn� Soleil comme Ron Soleil. Ou <emphasis>n'importe quoi </emphasis>� part Greengrass du Soleil.</p><p>Greengrass du Soleil. Herbe Verte du Soleil.</p><p>On �tait all� de l� � Herbe Verte du Soleil et du Ciel Bleu.</p><p>Puis quelqu'un avait ajout� Montagnes aux Cimes Enneig�es et aux Batifolantes Cr�atures des Bois.</p><p>On la mentionnait maintenant sous le nom de Princesse Licorne Scintillante de la Noble et Tr�s Ancienne Maison de Cacatillant.</p><p>Et une maudite �l�ve en sixi�me ann�e l'avait frapp�e d'un sortil�ge d'�tincelles, elle ne savait m�me pas que �a <emphasis>existait</emphasis>, et <emphasis>Finite Incantatem</emphasis> n'avait pas march�, et elle avait demand� � d'autres filles plus �g�es dont elle avait <emphasis>cru</emphasis> qu'elles �taient ses amies (elle avait apparemment eu tort sur ce point) puis elle avait menac� la maudite �l�ve de s�rieux d�sordres politiques d�clench�s par son p�re, et malgr� cela, Daphn� Greengrass �tait toujours assise dans la salle commune de Serpentard, sa t�te entre ses mains, �tincelante, se demandant comment elle avait fini par se retrouver �tre la seule personne saine d'esprit de Poudlard.</p><p>On �tait <emphasis>apr�s le d�ner</emphasis> et ils <emphasis>continuaient</emphasis> et s'ils ne s'�taient pas arr�t�s demain matin elle allait se faire transf�rer � Durmstrang et devenir la prochaine Dame des T�n�bres.</p><p>"H�, tout le monde !" dirent les jumeaux Carrow d'un ton th��tral en agitant un exemplaire de la <emphasis>Gazette du Sorcier</emphasis>. "Vous avez entendu la nouvelle ? Le Magenmagot vient juste de d�clarer que 'on va voir ce que t'as dans le ventre' constitue un d�fi l�gal qui doit se solder par un duel qui continuera jusqu'� ce que l'initiateur du combat s'allonge et fasse la sieste !"</p><p>"Comment oses-tu insulter l'honneur de la Princesse Licorne Scintillante !" s'�cria Tracey. "On va voir ce que t'as dans le ventre !" Puis Tracey s'allongea sur le sofa et commen�a � ronfler puissamment.</p><p>La t�te scintillante de Daphn� s'enfon�a plus profond�ment entre ses mains luisantes. "Lorsque ma famille aura pris le pouvoir je vous lancerai tous des sortil�ges anti-Transplanage et je vous jetterai au fond de la mer par Portoloin," dit-elle � l'intention de personne en particulier. "�a ne vous d�range pas j'esp�re ?"</p><p><emphasis>Toc-toc, toc-toc-toc, toc.</emphasis></p><p>"<emphasis>J'ou�s quelqu'un frapper !</emphasis>" mugit M. Goyle. "<emphasis>Frapper � la porte !</emphasis>"</p><p>"<emphasis>On va voir ce que t'as dans le ventre, porte !</emphasis>" s'�cria un gar�on plus �g� situ� non loin de celle-ci, et il l'ouvrit grand.</p><p>Il y eut un moment de surprise g�n�rale.</p><p>"Je suis venue parler avec Mlle. Greengrass," dit le g�n�ral Soleil avec l'air de vouloir donner l'impression qu'elle avait confiance en elle. "S'il vous pla�t, quelqu'un pourrait-il -"</p><p>� en voir l'expression de Hermione, elle venait de se rendre compte que Daphn� scintillait.</p><p>Et c'est <emphasis>l�</emphasis> que Millicent Bulstrode arriva � toute allure depuis les dortoirs inf�rieurs et hurla : "H� tout le monde, devinez quoi, maintenant <emphasis>Granger</emphasis> est all�e mettre une racl�e � Derrick et ce qui reste de son �quipe, et son p�re lui a envoy� une chouette pour lui dire que s'il ne -"</p><p>Millicent aper�ut Hermione qui se tenait dans l'embrasure de la porte.</p><p>Il y eut un silence assourdissant.</p><p>"Euh," dit Daphn�. <emphasis>Quoi ?</emphasis> dit son cerveau. "Euh, qu'est-ce que vous faites ici, g�n�ral ?"</p><p>"Eh bien," dit Hermione Granger, un �trange sourire sur visage, "j'ai d�cid� que �a n'est pas juste si de myst�rieux vieux sorciers donnent seulement � certaines personnes une chance d'�tre un h�ros, et j'ai aussi lu des livres d'Histoire et il n'y a vraiment pas assez d'h�ro�nes dedans. Alors je me suis dit que je passerais juste pour voir si tu voulais �tre une h�ro�ne, et pourquoi est-ce que tu brilles comme �a ?"</p><p>Il y eut un autre silence.</p><p>"Ce n'est," dit Daphn�, "probablement <emphasis>pas</emphasis> le meilleur moment pour me demander �a -"</p><p>"<emphasis>J'accepte !</emphasis>" s'�cria Tracey Davis en bondissant de son sofa.</p><empty-line/><p>C'est ainsi que naquit la Soci�t� pour la Promotion de l'�galit� H�ro�que pour les Sorci�res.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 70*: Accomplissement de soi, pt 5</strong></p><p>Il demeurait rare, m�me apr�s avoir �t� directrice adjointe pendant trente ans et professeur de M�tamorphose avant �a, de voir Albus Dumbledore pris compl�tement au d�pourvu.</p><p>"...Susan Bones, Lavande Brown et Daphn� Greengrass," conclut Minerva. "Je dois aussi remarquer, Albus, que le r�cit de Mlle. Granger sur votre attitude indiff�rente - je crois que sa phrase �tait 'il a dit que je devrai me contenter de n'�tre qu'un faire-valoir' - a g�n�r� beaucoup <emphasis>d'int�r�t</emphasis> chez les autres filles. Plusieurs d'entre elles sont venues me demander si les accusations de Mlle. Granger �taient vraie, car cette derni�re avait mentionn� ma pr�sence."</p><p>Le vieux sorcier s'enfon�a dans son immense fauteuil, les yeux toujours braqu�s sur elle, un air plut�t distrait derri�re ses lunettes en demi-lune.</p><p>"Cela m'a mis dans un sacr� dilemme, Albus," dit le professeur McGonagall. Elle s'assura de maintenir une expression neutre. "Je sais que vous ne souhaitiez pas vraiment d�courager la fille. Bien au contraire, en fait. Mais vous et Severus m'avez souvent dit que pour garder un secret je ne dois faire montre d'aucun signe qui diff�rerait de la r�action d'une personne qui serait r�ellement dans l'ignorance. Je n'avais donc pas d'autre choix que de confirmer la v�racit� du t�moignage de Mlle. Granger et de feindre le degr� d'inqui�tude adapt�, accompagn�e d'un ton l�g�rement offens�. Apr�s tout, si je n'avais <emphasis>pas</emphasis> su que vous essayiez d�lib�r�ment de manipuler Mlle. Granger, j'aurais �t� passablement �nerv�e."</p><p>"Je... vois," dit lentement le vieux sorcier. Sa main joua distraitement avec sa barbe d'argent par petits gestes rapides.</p><p>"Heureusement," continua le professeur McGonagall, "pour l'instant, les seuls membres du personnel � porter les badges de Mlle. Granger sont les professeurs Sinistra et Vector."</p><p>"Badges ?" r�p�ta le vieux sorcier.</p><p>Minerva exhiba un petit disque d'argent qui portait les initiales SPEHS, le posa sur le bureau d'Albus et le frappa bri�vement du doigt.</p><p>Et les voix de Hermione Granger, Padma Patil, Parvati Patil, Lavande Brown, Susan Bones, Hannah Abbott, Daphn� Greengrass et Tracey Davis s'�cri�rent � l'unisson : "<emphasis>Les sorci�res sont pas en reste, c'est l'heure de nous donner une qu�te !</emphasis>"</p><p>"Mlle. Granger les vend pour deux Mornilles m'a fait savoir qu'elle en a pour le moment �coul�es cinquante. Je crois que Nymphadora Tonks, une Poufsouffle en septi�me ann�e, les enchante pour elle. Enfin," dit le professeur McGonagall d'une voix brusque, "nos huit nouvelles h�ro�nes ont demand� l'autorisation de manifester devant l'entr�e de votre bureau."</p><p>"J'esp�re," dit Albus en fron�ant les sourcils, "que vous leur avez expliqu� que -"</p><p>"Je leur ai expliqu� que mercredi � 19h conviendrait tr�s bien," dit Minerva. Elle reprit le badge du bureau du directeur, offrit � Albus un sourire mielleux et se tourna vers la porte.</p><p>"Minerva ?" dit le vieux sorcier derri�re elle. "<emphasis>Minerva !</emphasis>"</p><p>La porte de ch�ne se referma solidement dans son sillage.</p><p>Il n'y avait pas beaucoup de place entre les �troits murs de pierre qui d�limitaient l'entr�e du bureau du directeur, si bien que m�me si beaucoup de gens avaient voulu regarder la manifestation, peu avaient re�u l'autorisation de venir. Seuls �taient pr�sents les professeur Sinistra et Vector, qui portaient des badges, et les pr�fets P�n�lope Deauclaire, Rose Brown et Jacqueline Preece, qui les portaient aussi. Derri�re <emphasis>elles</emphasis>, les professeurs McGonagall, Chourave et Flitwick, qui ne portaient pas de badges, surveillaient la situation. Harry Potter et le pr�sident des �l�ves de Poudlard �taient pr�sents, ainsi que les pr�fets m�les Percy Weasley et Oliver Beatons, tous porteurs de badges en signe de Solidarit�. Et bien s�r, les huit fondatrices de SPEHS, qui formaient un piquet � c�t� de la gargouille, arm�es de pancartes. Celle de Hermione, attach�e � un b�ton de bois qui lui semblait de plus en plus lourd � mesure que les secondes s'�coulaient portait l'inscription : FAIRE-VALOIR DE PERSONNE.</p><p>Et le professeur Quirrell, le dos appuy� contre le mur de pierre, les observait d'un regard imp�n�trable. Il avait obtenu un badge alors que Hermione ne lui en avait jamais vendu un, et au lieu de le porter il le faisait rebondir dans une de ses mains.</p><p>Tout cela avait sembl� �tre une bien meilleure id�e quatre jours plus t�t, lorsque le feu de l'indignation avait �t� encore br�lant et qu'elle avait fait face � la perspective de manifester quatre jours <emphasis>plus tard</emphasis> et non pas <emphasis>tout de suite</emphasis>.</p><p>Mais elle devait continuer, parce que c'�tait ce que les h�ros faisaient, ils continuaient, et aussi parce que cela lui avait sembl� infiniment trop horrible de dire � tout le monde qu'elle annulait. Elle se demanda combien d'actions h�ro�ques avaient continu� pour ce genre de raisons. La plupart des livres ne <emphasis>disaient</emphasis> pas : "Et ils refus�rent d'abandonner, peu importe � quel point cela aurait �t� sens�, car cela aurait �t� trop embarrassant", mais une grande partie de l'Histoire s'expliquait beaucoup mieux vu sous cet angle.</p><p>� 19h15, selon les dires professeur McGonagall, Dumbledore descendrait et leur parlerait pendant quelques minutes. Le professeur McGonagall avait dit de ne pas avoir peur - le directeur �tait quelqu'un de gentil, au fond, et elles avaient d�ment obtenu l'autorisation de l'�cole avant de manifester.</p><p>Mais Hermione �tait parfaitement consciente du fait que m�me si elle le faisait avec une autorisation sign�e, elle D�fiait quand m�me l'Autorit�.</p><p>Apr�s avoir d�cid� d'�tre une h�ro�ne, Hermione avait fait la seule chose qu'il y avait � faire : aller � la biblioth�que de Poudlard et prendre des livres sur comment �tre une h�ro�ne. Puis elle avait rendu ces livres � leurs �tag�res, car il avait �t� manifestement �vident qu'aucun des auteurs n'avaient eux-m�mes �t� des h�ros. Au lieu de cela, elle avait relu cinq fois, jusqu'� conna�tre chaque mot par c�ur, les trois quarts de m�tre de parchemin qui constituaient l'enti�re autobiographie de Godric Gryffondor accompagn�e de ses conseils (la traduction anglaise, du moins ; elle ne savait pas encore lire le Latin). L'autobiographie de Godric Gryffondor avait �t� bien plus <emphasis>compacte</emphasis> que les autres livres que Hermione avait l'habitude de lire, il utilisait <emphasis>une phrase</emphasis> pour dire des choses qui auraient d� prendre pr�s d'un m�tre � elles toutes seules, et ensuite, il y avait une <emphasis>autre</emphasis> phrase...</p><p>Mais il �tait clair, d'apr�s ses lectures, que m�me si D�fier l'Autorit� n'�tait pas le <emphasis>but</emphasis> d'un h�ros, on ne pouvait pas en �tre un si on avait trop peur de celle-ci. Et Hermione Granger savait alors d�j� ce que les autres voyaient quand ils la regardaient et ce dont ils la croyaient incapable.</p><p>Elle leva sa pancarte un peu plus haut et se concentra pour respirer de fa�on lente et rythm�e au lieu d'hyperventiler jusqu'� l'�croulement.</p><p>"<emphasis>Vraiment ?</emphasis>" dit Mlle. Preece avec une fascination non dissimul�e. "Elles ne pouvaient pas <emphasis>voter </emphasis>?"</p><p>"En effet," dit le professeur Sinistra. (Les cheveux du professeur d'Astronomie �taient encore noirs et sa peau noir n'�tait que l�g�rement rid�e ; Hermione aurait <emphasis>devin�</emphasis> qu'elle avait environ soixante-dix ans, sauf que...) "Je me souviens bien que ma m�re s'�tait r�jouie quand ils ont annonc� l'acte de qualification des femmes, m�me si elle ne correspondait pas aux crit�res de qualification." (Ce qui voulait dire le professeur Sinistra avait �t� avec sa famille moldue en 1918). "Et ce n'�tait pas le pire. Allons, seulement quelques si�cles plus t�t -"</p><p>Trente secondes plus t�t tous les non-n�s-Moldus, m�les et femelles, regardaient le professeur Sinistra avait un air profond�ment choqu�. Hannah fit tomber sa pancarte.</p><p>"Et <emphasis>�a</emphasis> n'�tait pas le pire non plus, loin de l�," conclut le professeur Sinistra. "Mais vous voyez o� ce genre de chose peut potentiellement mener."</p><p>"Merlin nous prot�ge," dit P�n�lope Deauclaire d'une voix �trangl�e. "Vous voulez dire que c'est comme <emphasis>�a</emphasis> que les hommes nous traiteraient si nous n'avions pas de baguettes pour nous d�fendre ?"</p><p>"<emphasis>H� !</emphasis>" dit l'un des pr�fets m�les. "<emphasis>�a</emphasis> n'est pas -"</p><p>Il y eut un court rire sardonique venu du professeur Quirrell. Lorsque Hermione tourna sa t�te elle vit que ce dernier jouait toujours avec le badge et, sans m�me se fatiguer � lever les yeux vers eux, il dit : "Telle est la nature humaine, Mlle. Deauclaire. Soyez assur�e que <emphasis>vous</emphasis> ne seriez en rien plus douce si les sorci�res avaient des baguettes et que les hommes n'en avaient pas."</p><p>"J'en doute fort !" l�cha le professeur Sinistra.</p><p>Un gloussement froid. "Je soup�onne que cela se produise plus souvent que personne n'ose le laisser entendre dans les plus fi�res des familles Sang Pur. Une sorci�re esseul�e rep�re un beau Moldu et songe � quel point il serait simple de lui glisser un philtre d'amour, d'�tre ador�e par lui, exclusivement et absolument. Et puisqu'elle sait qu'il ne peut faire montre d'aucune r�sistance, allons, il est tout naturel qu'elle prenne de lui ce qu'elle d�sire -"</p><p>"<emphasis>Professeur Quirrell !</emphasis>" dit le professeur McGonagall d'un voix coupante.</p><p>"Pardon," dit le professeur Quirrell d'une voix douce, les yeux toujours baiss�s vers le badge dans sa main, "continuons-nous tous � pr�tendre que cela n'arrive jamais ? Dans ce cas je vous pr�sente mes excuses."</p><p>Le professeur Sinistra r�torqua : "Et j'imagine que les sorciers ne -"</p><p>"Des <emphasis>enfants</emphasis> sont pr�sents, professeurs !" Encore le professeur McGonagall.</p><p>"Certains le font," dit le professeur d'une voix calme comme pour discuter du temps qu'il faisait. "Quoique personnellement, j'�vite."</p><p>Il y eut un assez long silence. Hermione releva sa pancarte - elle avait gliss� jusqu'� son �paule pendant qu'elle �coutait. Elle n'y avait jamais song�, m�me pas un petit peu, maintenant elle essayait de ne <emphasis>pas</emphasis> y penser et son estomac �tait un peu barbouill�. Elle regarda en direction Harry Potter sans bien savoir pourquoi elle le faisait et elle vit que le visage de ce dernier �tait parfaitement immobile. Un frisson parcourut son �chine avant qu'elle ne d�tourne le regard car elle ne fut pas tout � fait assez rapide pour manquer le petit hochement de t�te que Harry fit � son intention, comme s'ils venaient de tomber d'accord sur quelque chose.</p><p>"Pour �tre honn�te," dit le professeur Sinistra apr�s un moment, "je ne peux pas me souvenir avoir fait face au moindre pr�jug� d� � mon sexe ou � ma couleur de peau depuis que j'ai re�u ma lettre de Poudlard. Non, aujourd'hui c'est toujours parce que je suis une n�e-Moldue. Je crois que Mlle. Granger a dit que pour le moment le probl�me �tait li� <emphasis>uniquement</emphasis> aux h�ro�nes ?"</p><p>Hermione mit un moment � se rendre compte qu'on lui avait pos� la question et elle r�pondit alors "oui" en couinant l�g�rement. Toute cette histoire avait pris des proportions bien plus grandes que ce qu'elle avait imagin� au moment de commencer.</p><p>"O� exactement avez-vous pris vos renseignements, Mlle. Granger ?" dit le professeur Vector. Elle avait l'air plus vieille que le professeur Sinistra et ses cheveux commen�aient � grisonner un peu ; Hermione ne s'�tait jamais retrouv�e � proximit� du professeur d'Arithmancie avant que celle-ci ne vienne lui demander un badge.</p><p>"Euh," dit Hermione d'une voix l�g�rement aigu�, "j'ai �t� voir dans les livres d'Histoire et il y a eu autant de femmes que d'hommes ministres de la Magie. Puis j'ai �t� voir les Manitous Supr�mes et il y a eu un peu plus de sorciers que de sorci�res mais pas beaucoup. Mais si vous cherchez des chasseurs de Seigneurs des T�n�bres connus ou des gens qui ont emp�ch� des invasions de cr�atures mal�fiques ou des gens qui ont renvers� des Seigneurs des T�n�bres -"</p><p>"Et des Seigneurs des T�n�bres eux-m�mes, bien s�r," dit le professeur Quirrell. <emphasis>Cette fois</emphasis> il avait lev� les yeux. "Vous pouvez les ajouter � votre liste, Mlle. Granger. Parmi tous les Mangemorts pr�sum�s on ne peut trouver que deux sorci�res, Bellatrix Black et Alecto Carrow. Et je crois que la plupart des sorciers auraient bien du mal � mentionner une seule Dame des T�n�bres � l'exception de Baba Yaga."</p><p>Hermione se contenta de le fixer du regard.</p><p>Il ne pouvait pas <emphasis>vraiment</emphasis> vouloir -</p><p>"Professeur Quirrell," dit le professeur Vector, "qu'insinuez-vous exactement ?"</p><p>Le professeur de D�fense �leva le badge afin que les lettres SPEHS soient face � elles et dit : "H�ros", puis il retourna le badge pour montrer son fond argent� et dit : "Mages Noirs. Ce sont des carri�res similaires choisies par des gens similaires, et on peut difficilement demander pourquoi les jeunes sorci�res se d�tournent d'une de ces voies sans envisager son envers."</p><p>"Oh, je comprends <emphasis>maintenant</emphasis> !" dit Tracey Davis si soudainement que Hermione eut un petit sursaut. "Vous vous joignez � notre manifestation parce que vous avez peur que pas assez de filles ne deviennent des mages noires !" Puis Tracey gloussa, ce que Hermione aurait �t� incapable de faire � un moment pareil m�me si vous l'aviez pay�e un million de livres sterling.</p><p>Lorsque le professeur r�pondit, on put voir un demi-sourire sur son visage, "pas vraiment, Mlle. Davis. � vrai dire, ce genre de choses m'est profond�ment �gal. Mais il est futile de compter les sorci�res parmi les ministres de la Magie et autres gens ordinaires vivant des existences ordinaires alors que Grindelwald, Dumbledore et Celui-Dont-Il-Ne-Faut-Pas-Prononcer-Le-Nom �taient tous des hommes." Les doigts du professeur de D�fense retournaient distraitement le badge, encore et encore. "Mais enfin, seules quelques rares personnes font jamais quoi que ce soit d'int�ressant de leurs vies. Quelle importance pour vous si <emphasis>ils</emphasis> sont en majorit� sorciers ou sorci�res tant que <emphasis>vous</emphasis> n'en faites pas partie ? Et je soup�onne que ce ne sera pas le cas, Mlle Davis ; car m�me si vous �tes ambitieuse, vous n'avez aucune ambition."</p><p>"<emphasis>Ce n'est pas vrai ! </emphasis>" dit Tracey, indign�e. "Et puis qu'est-ce que �a veut dire ?"</p><p>Le professeur Quirrell se redressa et s'�carta du mur contre lequel il s'�tait appuy�. "Vous avez �t� r�partie � Serpentard, Mlle. Davis, et je m'attends � ce que vous saisissiez la moindre opportunit� d'�tre promue qui tombera entre vos mains. Mais vous n'�tes mue par la volont� d'accomplir aucune grande ambition en particulier et vous ne <emphasis>cr�erez pas</emphasis> vos opportunit�s. Au mieux, vous vous hisserez jusqu'aux hauteurs du minist�re de la Magie ou � une autre position �lev�e et d�nu�e d'importance, sans jamais d�passer les limites de votre existence."</p><p>Le regard du professeur Quirrell s'�carta alors de Tracey et la regarda <emphasis>elle</emphasis>, ses yeux bleus p�les braqu�s sur elle, exer�ant une terrible force - "Dites moi, Mlle. Granger. Avez-<emphasis>vous</emphasis> une ambition ?"</p><p>"Professeur -" couina la voix perch�e du professeur Flitwick, puis le directeur de sa maison se tut et du coin de l'�il elle put voir que Harry avait pos� sa main sur l'�paule du professeur Flitwick et secouait la t�te, une expression tr�s adulte sur le visage.</p><p>Hermione eut l'impression d'�tre un cerf pris dans les phares d'une voiture.</p><p>"Qu'est-ce qui vous a pouss� � d�passer vos limites, Mlle. Granger ?" dit le professeur de D�fense en la fixant toujours. "Pourquoi cela ne vous suffit-il plus d'avoir de bonnes notes ? Est-ce la v�ritable grandeur que vous recherchez ? Un aspect du monde vous rend-il suffisamment insatisfaite pour que vous dussiez le remodeler conform�ment � votre volont� ? Ou tout cela n'est-il pour vous qu'un jeu pu�ril ? Je serais fort d��u si cela s'av�rait n'�tre qu'une cons�quence de votre rivalit� avec Harry Potter."</p><p>"Je -" dit Hermione, sa voix si aigu� qu'elle en devint presque un p�piement, mais elle ne sut alors quoi dire.</p><p>"Vous pouvez prendre un moment pour r�fl�chir si vous le souhaitez," dit le professeur Quirrell. "Dites-vous que c'est un devoir � rendre pour jeudi. J'ai entendu dire que vous �tiez assez �loquente � l'�crit."</p><p>Tout le monde la regardait.</p><p>"Je -" dit Hermione. "Je suis en d�saccord avec absolument tout ce que vous avez dit."</p><p>"Bien dit", lui parvint la voix brusque du professeur McGonagall.</p><p>Le regard du professeur Quirrell ne vacilla pas. "Cela n'est pas assez d�velopp� pour un devoir � rendre, Mlle Granger. <emphasis>Quelque chose</emphasis> vous pousse � d�fier le verdict du directeur et � rassembler des partisans. Peut-�tre s'agit-il de quelque chose que vous pr�f�reriez garder sous silence ?"</p><p>Hermione savait que la bonne r�ponse n'impressionnerait pas le professeur Quirrell mais c'�tait quand m�me la bonne r�ponse et elle la dit : "je ne pense pas qu'il y ait besoin d'�tre ambitieux pour devenir un h�ros." Sa voix vacilla mais ne se brisa pas. "Je pense qu'il suffit de faire ce qui est juste. Et ce ne sont pas mes partisans, ce sont mes amis."</p><p>Le professeur Quirrell se rappuya contre le mur. Le demi-sourire avait quitt� son visage. "La plupart des gens se disent qu'ils font ce qui est juste, Mlle. Granger. Ils ne sortent pas pour autant de l'ordinaire."</p><p>Hermione prit deux profondes inspirations et essaya d'�tre courageuse. "Il ne <emphasis>s'agit pas</emphasis> de sortir de l'ordinaire," dit-elle aussi vaillamment qu'elle en �tait capable. "Mais si quelqu'un essaie seulement de faire ce qui est juste, encore et encore, et qu'il n'est pas trop paresseux pour faire le travail requis, qu'il r�fl�chit � ce qui est juste et ce qui ne l'est pas, qu'il est assez courageux pour le faire m�me quand il a peur -" Hermione s'interrompit un instant et ses yeux pass�rent sur Tracey et Daphn� "- et qu'il est assez intelligents pour trouver le moyen d'accomplir ses buts - et qu'il ne fait pas seulement ce que les autres lui disent de faire - alors je pense que quelqu'un comme �a rencontrerait d�j� bien assez d'ennuis."</p><p>Quelques-uns des gar�ons et des filles glouss�rent, y compris le professeur McGonagall, qui avait l'air � la fois narquoise et fi�re.</p><p>"Vous avez peut-�tre raison," dit le professeur de D�fense, ses yeux mis-clos. Il jeta le badge � Hermione et elle l'attrapa sans y penser. "Mon don � votre cause, Mlle. Granger. J'ai cru comprendre qu'il valait deux Mornilles."</p><p>Le professeur de D�fense fit demi-tour et s'en fut sans un mot de plus.</p><p>"J'ai cru que j'allais m'�vanouir !" haleta Hannah apr�s que les bruits de pas du professeur aient disparus, et Hermione entendit d'autres filles enfin se permettre d'expirer ou de poser leur pancarte pendant un moment.</p><p>"Moi <emphasis>aussi</emphasis> j'ai une ambition !" dit Tracey, qui semblait �tre au bord des larmes. "Je - je - demain j'aurais trouv� ce que c'est, mais j'en ai une, j'en suis s�re ! "</p><p>"Si tu ne peux vraiment rien trouver," dit Daphn� en donnant une tape affective sur l'�paule de Tracey, "prends la bonne vieille ambition de conqu�rir le monde."</p><p>"H� !" dit Susan d'un ton sec. "Vous �tes cens�es �tre des h�ro�nes maintenant ! �a veut dire que vous devez �tre <emphasis>bonnes !</emphasis>"</p><p>"Pas de probl�me," dit Lavande, "je suis quasiment s�re que le g�n�ral Chaos veut conqu�rir le monde et c'est plut�t un chic type."</p><p>D'autres conversations s'engag�rent parmi les spectateurs. "Eh bien," dit P�n�lope Deauclaire. "Je pense que c'est le professeur de D�fense le plus <emphasis>ouvertement</emphasis> mal�fique qu'on ait jamais eu."</p><p>Le professeur McGonagall toussa en signe d'avertissement, le pr�sident des �l�ves dit : "Tu n'�tais pas l� � l'�poque du professeur Barney," et plusieurs personnes tiqu�rent.</p><p>"Le professeur Quirrell <emphasis>parle</emphasis> juste comme �a," dit Harry Potter, m�me s'il avait l'air moins s�r de lui qu'avant. "Enfin, r�fl�chissez, il ne <emphasis>fait</emphasis> rien qui se rapproche de ce que Rogue fait -"</p><p>"M. Potter," couina le professeur Flitwick, sa voix polie et son visage s�v�re, "pourquoi m'avez-vous demand� de rester silencieux ?"</p><p>"Le professeur Quirrell testait Hermione pour voir s'il voulait �tre son vieux sorcier myst�rieux," dit Harry. "Ce qui n'aurait jamais, jamais fonctionn�, mais elle devait r�pondre elle-m�me."</p><p>Hermione cligna des yeux.</p><p>Et cligna de nouveau en se rendant compte que le vieux sorcier myst�rieux de Harry �tait le professeur Quirrell, que ce n'�tait pas Dumbledore du tout, et que ce n'�tait <emphasis>vraiment pas bon signe</emphasis> -</p><p>Un grondement emplit le petit vestibule de pierre, et Hermione, qui �tait d�j� sur les nerfs, pivota rapidement et fit presque tomber sa pancarte lorsque sa main fon�a vers sa baguette.</p><p>Les gargouilles s'�cartaient, la Pierre Fluide grondant comme de la pierre au rythme des d�placements de sa chair. Les immenses et horribles cr�atures n'attendirent qu'un bref instant, leurs yeux morts et gris braqu�s droit devant elles tels des vigie silencieuse. Puis les grandes gargouilles repli�rent leurs ailes et reprirent leur position initiale sans que la Pierre Fluide ne change en aucune fa�on d'apparence lors du passage de la souplesse � l'immobilit�, et le trou momentan� dans la pierre de Poudlard fut de nouveau remplit.</p><p>Et devant eux, v�tus de robes violet vif qui n'�taient probablement hideuses qu'aux yeux d'un n�-Moldu, se tenait l'immense silhouette d'Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore, directeur de Poudlard, sorcier en chef du Magenmagot, Manitou supr�me de la conf�d�ration internationale des sorciers, vainqueur du Seigneur des T�n�bres Grindelwald, protecteur de l'Angleterre, red�couvreur des l�gendaires douze usages du sang de dragon et plus puissant sorcier en vie ; et il la regardait <emphasis>elle</emphasis>, Hermione Jean Granger, g�n�ral du r�cemment agrandi r�giment Soleil, qui avait les meilleures notes de premi�re ann�e de tout Poudlard et qui s'�tait r�cemment d�clar�e h�ro�ne.</p><p>M�me son <emphasis>nom</emphasis> �tait plus court que le sien.</p><p>Le directeur lui sourit avec bienveillance, ses yeux rid�s p�tillants de joie derri�res ses lunettes en demi-lune et dit : "Bonjour, Mlle. Granger."</p><p>Ce qui �tait bizarre, c'�tait que c'�tait loin d'�tre aussi effrayant que de parler au professeur Quirrell. "Bonjour, monsieur le directeur," dit Hermione sans autre chose qu'un l�ger chevrotement dans la voix.</p><p>"Mlle. Granger," dit Dumbledore, et il avait l'air maintenant plus s�rieux, "je pense que vous et moi nous sommes assez mal compris. Je ne souhaitais pas sous-entendre que vous ne pouviez pas ni ne deviez pas �tre une h�ro�ne. Je n'ai certainement pas insinu� que les sorci�res en g�n�ral ne devraient pas �tre des h�ro�nes. Seulement que vous �tiez... un peu jeune pour penser � ce genre de choses."</p><p>Hermione, incapable de s'en emp�cher, regarda le professeur McGonagall et vit que celle-ci lui donnait un sourire encourageant - ou en tout cas qu'elle leur <emphasis>souriait </emphasis>� eux deux - et Hermione revint donc au directeur et dit, le petit chevrotement cette fois plus important : "depuis que vous �tes devenu directeur voil� quarante ans, onze personnes pass�es par Poudlard sont devenues des h�ros, je parle de gens comme Lupe Cazaril et d'autres, et <emphasis>dix</emphasis> d'entre elles �taient des gar�ons. Cimorene Linderwall �tait la seule sorci�re."</p><p>"Hm," dit le directeur. Son visage �tait pensif ; il avait au moins <emphasis>l'air</emphasis> d'y r�fl�chir. "Mlle. Granger, �a n'a jamais �t� mon genre de comparer ce genre de chiffres. Il est souvent bien plus simple de compter que de comprendre. Nombre de gens bons sont sortis de Poudlard, sorci�res et sorciers ; et ceux c�l�br�s pour leur h�ro�smes ne sont qu'un type de bonne personne, et peut-�tre pas du type le plus �lev� qui soit. Vous n'avez inclus ni Alice Londubat ni Lily Potter dans votre estimation... mais laissons cela. Dites-moi, Mlle. Granger, avez-vous compt� le nombre de h�ros � sortir de Poudlard pendant les quarante ann�es qui m'ont pr�c�d�es ? Car de cette �poque je ne puis compter que seules trois personnes aujourd'hui consid�r�es comme des h�ros ; et parmi ces trois, aucune sorci�re."</p><p>"Je n'essaie pas de dire que c'est <emphasis>seulement</emphasis> vous !" dit Hermione. "Seulement, je pense que <emphasis>beaucoup</emphasis> de gens, comme les directeurs avant vous, peut-�tre m�me toute votre soci�t� et tout �a, d�couragent peut-�tre les filles."</p><p>Le vieux sorcier soupira. Ses yeux en demi-lunettes ne regardaient qu'elle, comme s'ils �taient les deux seules personnes pr�sentes. "Mlle. Granger, il est peut-�tre possible de dissuader des sorci�res de devenir professeurs, joueuses de Quidditch ou m�me Aurors. Mais pas h�ro�nes. Si quelqu'un est cens� devenir un h�ros ou une h�ro�ne, alors il ou elle le sera. Ces personnes seraient pr�tes � traverser des incendies et � nager dans de la glace. Ni les D�traqueur ni la mort de leurs amis ne les arr�terait, pas plus que la dissuasion."</p><p>"Eh bien," dit Hermione, et elle s'interrompit, luttant pour trouver ses mots. "Eh bien, enfin... et si ce n'est pas <emphasis>vraiment</emphasis> vrai ? Enfin, de <emphasis>mon point de vue</emphasis> il semble que si on veut que plus de sorci�res deviennent des h�ro�nes, on devrait mieux leur apprendre � se h�ro�fier."</p><p>"Beaucoup de gar�ons et de filles r�vent d'�tre des h�ros," dit Dumbledore � voix basse. Il ne regardait qu'elle et aucune des autres filles. "Ceux qui continuent une fois �veill�s sont moins nombreux. Beaucoup ont tenu bon et se sont battus lorsque le Mal est venu les chercher. Ceux qui sont all�s au devant du Mal et l'ont forc� � se d�fendre sont moins nombreux. C'est une vie difficile, parfois solitaire et souvent courte. Je n'ai dit � personne d'ignorer cet appel, mais je ne souhaiterais pas non plus que leur nombre augmente."</p><p>Hermione h�sita ; quelque chose sur ce visage rid� l'arr�tait, comme une allusion � toute l'�motion qui �tait demeur�e masqu�e, � toutes les ann�es...</p><p><emphasis>Peut-�tre que s'il y avait plus de h�ros, leur vie ne serait pas si solitaire ni si courte.</emphasis></p><p>Mais elle ne parvint pas � le dire ; pas � lui.</p><p>"Enfin, ce d�bat est st�rile," dit le vieux sorcier. Son sourire parut un peu triste � Hermione. "Mlle. Granger, on ne peut enseigner l'h�ro�sme comme on enseignerait les Charmes. On ne peut demander un devoir sur comment continuer quand tout espoir semble perdu. On ne peut inculquer par routine quand le moment est venu de se lever et de dire au directeur qu'il a mal agi. Les h�ros sont n�s, pas �duqu�s. Et pour une raison ou une autre, ce sont plus souvent des gar�ons que des filles." Le directeur haussa les �paules comme pour dire qu'<emphasis>il</emphasis> ne pouvait rien y faire.</p><p>"Euh," dit Hermione. Elle ne put s'emp�cher ne regarder derri�re elle.</p><p>Le professeur Sinistra avait l'air un peu indign�e. Et <emphasis>non</emphasis>, tout le monde ne la regardait pas comme si elle s'�tait comport�e comme une idiote, ce qu'elle avait commenc� � s'imaginer en �coutant Dumbledore lui parler.</p><p>Hermione se tourna de nouveau pour faire face � Dumbledore, prit une profonde inspiration et dit : "Eh bien, peut-�tre que les gens qui sont destin�s � devenir des h�ros le deviendront quoi qu'il arrive. Mais je ne vois pas comment quiconque pourrait vraiment <emphasis>savoir</emphasis> �a plut�t que de juste l'affirmer apr�s-coup. Et quand <emphasis>je</emphasis> vous ai dit que je voulais �tre une h�ro�ne, vous n'avez pas �t� tr�s encourageant."</p><p>"M. Potter," dit le directeur avec douceur. Ses yeux ne quitt�rent pas ceux de Hermione. "Dites s'il vous pla�t � Mlle. Granger votre impression sur notre premi�re rencontre. Diriez-vous que j'�tais encourageant ? R�pondez sinc�rement."</p><p>Il y eut un silence.</p><p>"M. Potter ?" dit la voix perplexe du professeur Vector derri�re Hermione.</p><p>"Euh," dit la voix de Harry, venue d'un peu plus loin, extr�mement r�ticente. "Euh, enfin, � vrai dire dans mon cas le directeur a mis le feu � un poulet."</p><p>"Il a <emphasis>quoi</emphasis> ?" l�cha Hermione, sauf que plusieurs autres personnes s'�taient exclam�es � peu pr�s au m�me moment si bien qu'elle n'�tait pas certaine qu'on l'ait entendue.</p><p>Dumbledore la regardait, l'air parfaitement s�rieux.</p><p>"Je n'�tais pas au courant pour Fumseck," dit rapidement la voix de Harry, "alors il m'a dit que Fumseck �tait un ph�nix tout en me montrant un poulet sur le perchoir de Fumseck pour que je pense que ce poulet <emphasis>�tait</emphasis> Fumseck et ensuite il a mis le feu au poulet - et il m'a aussi donn� ce gros rocher et il m'a dit qu'il appartenait � mon p�re et que je devrai le transporter partout o� j'allais -"</p><p>"Mais c'est de la <emphasis>folie</emphasis> !" l�cha Susan.</p><p>Tout le monde se tut imm�diatement.</p><p>Le directeur pivota lentement la t�te pour regarder Susan.</p><p>"Je -" dit Susan. "Je veux dire - je -"</p><p>Le directeur se pencha jusqu'� se retrouver � quelques centim�tres du visage de la jeune fille.</p><p>"Je n'ai pas -" dit-elle.</p><p>Dumbledore mit un doigt entre ses l�vres et les remua de haut en bas, <emphasis>blebleblebleblebleble</emphasis>.</p><p>Puis il se redressa et dit : "Eh bien, mes ch�res h�ro�nes, il m'a �t� agr�able de vous parler, mais malheureusement il me reste beaucoup � faire aujourd'hui. Cela dit, soyez assur�es que je suis aussi �nigmatique pour le reste du monde que pour les sorci�res."</p><p>La gargouille fit un pas de c�t�, la Pierre Fluide grondant comme de la pierre au rythme du mouvement de sa chair.</p><p>Les immenses et horribles silhouettes attendirent bri�vement, leurs yeux gris et morts braqu�s droit devant elles tels des vigies silencieuses, tandis qu'Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore, souriant d'un air aussi bienveillant que lorsqu'il avait �merg� de son bureau, remontait dans l'Enchantement des Escaliers Infinis.</p><p>Puis les grandes gargouilles referm�rent leurs ailes, reprirent leur position initiale et seul un dernier bref "Bah-ha-ha !" fit �cho avant que l'ouverture ne se referme.</p><p>Il y eut un long silence.</p><p>"Il a <emphasis>vraiment</emphasis> mis le feu � un poulet ?" dit Hannah.</p><empty-line/><p>Elles avaient ensuite continu� leur manifestation, mais le c�ur n'y �tait plus.</p><p>Il <emphasis>avait</emphasis> �t� �tabli, suite � de minutieuses questions du professeur Flitwick, que Harry Potter n'avait pas senti le poulet br�ler. Ce qui voulait dire que �a avait probablement �t� un galet ou quelque chose d'approchant, m�tamorphos� en poulet puis enferm� dans un sortil�ge d'enclos afin qu'aucune fum�e ne s'�chappe - mais le professeur Flitwick et le professeur McGonagall avaient cat�goriquement exig�s que personne ne s'y essaie sans leur supervision.</p><p>Mais quand m�me...</p><p>Mais quand m�me... quoi ?</p><p>Hermione ne <emphasis>savait</emphasis> m�me pas quoi.</p><p>Mais <emphasis>quand m�me</emphasis>.</p><p>Apr�s que de nombreux regards eurent �t� �chang�s entre des filles dont aucune ne voulaient �tre la premi�re � le dire, Hermione avait d�clar� que la manifestation �tait finie et les adultes et les gar�ons �taient partis.</p><p>"Tu ne penses quand m�me pas qu'on a �t� injustes envers Dumbledore ?" dit Susan alors que les h�ro�nes s'�loignaient au bruit de huit paires de pieds foulant la pierre des couloirs de Poudlard. "Enfin, si il <emphasis>est</emphasis> fou avec tout le monde et pas seulement avec les sorci�res, ce n'est pas de la discrimination, si ?"</p><p>"Je ne veux plus manifester contre le directeur," dit faiblement Hannah. La Poufsouffle avait l'air un peu instable. "Je me fiche que le professeur McGonagall dise qu'il ne nous en veut pas, mes nerfs ne peuvent pas le supporter."</p><p>Lavande pouffa. "J'imagine que <emphasis>tu</emphasis> ne vas pas pourfendre des arm�es d'Inferi de sit�t -"</p><p>"Arr�tez !" dit Hermione d'un ton s�v�re. "�coutez, on doit toutes <emphasis>apprendre</emphasis> � �tre des h�ro�nes, d'accord ? Ce n'est pas grave si quelqu'un ne sait pas tout de suite comment l'�tre."</p><p>"Le directeur ne pense pas que �a <emphasis>puisse</emphasis> �tre appris," dit Padma. Le visage de la Serdaigle �tait pensif et ses pas sur le couloir �taient mesur�s. "Il ne pense m�me pas que ce soit une bonne id�e."</p><p>Daphn� marchait � grandes enjamb�es, le dos droit et la t�te lev�e, et elle ressemblait plus � une Jeune Fille Convenable dans ses robes de Poudlard que Hermione n'aurait jamais pu l'�tre dans sa meilleure robe de soir�e. "Le directeur," dit Daphn� d'une voix pr�cise alors que ses chaussures frappaient la pierre avec force, "pense que nous ne sommes qu'un ramassis de petites idiotes qui s'amusent, qu'un jour Hermione pourra �tre un bon faire-valoir mais que nous sommes sans espoir."</p><p>"Est-ce qu'il a <emphasis>raison</emphasis> ?" dit Parvati. Le visage de la Gryffondor �tait tr�s s�rieux, ce qui la faisait plus ressembler � sa jumelle que d'habitude. "Je pense qu'il faut que la question soit pos�e -"</p><p>"<emphasis>Non !</emphasis>" cracha Tracey. La Serpentard traversait le couloir avec l'air d'�tre pr�te � <emphasis>tuer</emphasis> quelqu'un comme une Rogue femelle miniature. De toutes les filles, Tracey �tait celle que Hermione connaissait le moins. Hermione avait parl� � Lavande une fois auparavant mais elle n'avait jamais vraiment <emphasis>vu</emphasis> Tracey, sauf au bout de sa baguette pendant les batailles, jusqu'au moment o� la Serpentard avait bondi de son canap� pour se porter volontaire. "On leur fera voir ! On leur fera voir � <emphasis>tous</emphasis> !"</p><p>"Ok," dit Susan, "�a c'�tait <emphasis>clairement</emphasis> mal�fique -"</p><p>"Non," dit Lavande, "c'est une devise de la l�gion du Chaos. Sauf qu'elle n'a pas fait le rire d�ment."</p><p>"C'est vrai," dit Tracey d'une voix basse et lugubre. "Cette fois je ne rigole." La fille continua de r�der dans le couloir comme si une musique dramatique qu'elle seule pouvait entendre l'accompagnait.</p><p>(Hermione commen�ait � se demander ce que Harry Potter enseignait <emphasis>exactement</emphasis> aux jeunes et influen�ables membres de la l�gion du Chaos).</p><p>"Mais - enfin -" dit Parvati. Elle avait toujours cet air contemplatif. "Ce que je veux dire c'est qu'on peut comprendre <emphasis>pourquoi</emphasis> le directeur penserait qu'on n'est qu'un ramassis d'idiotes. Quel est le rapport entre �tre une h�ro�ne et manifester devant le bureau du directeur ?"</p><p>"Ha," dit Lavande, et elle eut l'air pensive � son tour. "C'est vrai. Nous devrions faire quelque chose d'h�ro�que. Je veux dire d'h�ro�nique."</p><p>"Euh -" dit Hannah, ce qui exprimait tr�s bien les pens�es de Hermione sur le sujet.</p><p>"Eh bien," dit Parvati, "est-ce que tout le monde ici a d�j� travers� le couloir du troisi�me �tage de Dumbledore ? Parce que tous les Gryffondors l'ont d�j� fait -"</p><p>"<emphasis>Attendez !</emphasis>" dit Hermione avec d�sespoir. "Je ne veux pas que vous fassiez quoi que ce soit de <emphasis>dangereux</emphasis> !"</p><p>Il y eut un silence pendant lequel tout le monde regarda Hermione, qui se rendait compte, bien trop tard, pourquoi Dumbledore n'avait pas voulu que qui que ce soit <emphasis>d'autre</emphasis> devienne un h�ros.</p><p>"Je ne pense pas qu'on puisse devenir une h�ro�ne si on ne fait jamais rien de dangereux," dit Lavande, ce qui �tait raisonnable.</p><p>"Et puis," dit Padma avec l'air de penser � voix haute, "tout le monde dit que rien de vraiment grave n'arrive jamais � Poudlard. Aux �l�ves je veux dire, pas aux professeur de D�fense. On a toutes ces anciennes protections."</p><p>"Euh -" r�p�ta Hannah;</p><p>"Ouais," dit Parvati, "le pire qui puisse arriver c'est qu'on perde une petite douzaine de points, et comme nous sommes deux de chaque maison <emphasis>�a</emphasis> sera �quitable."</p><p>"Mais c'est <emphasis>g�nial</emphasis>, Hermione !" dit Daphn� avec le plus grand �merveillement. "Tu l'as con�u de fa�on � ce qu'on puisse faire <emphasis>ce qu'on veut</emphasis> en toute impunit� ! Et je n'avais m�me pas remarqu� ton plan retors jusqu'� maintenant !"</p><p>"<emphasis>EUH -" </emphasis>dirent Hermione, Hannah et Susan.</p><p>"C'est �a !" dit Parvati. "Donc maintenant il est temps pour nous de devenir de v�ritables h�ro�nes. Nous irons chercher le Mal -"</p><p>"Et <emphasis>le</emphasis> forcerons � <emphasis>nous</emphasis> faire face -" dit Lavande.</p><p>"Et lui apprendrons � avoir peur," dit Tracey Davis d'un ton lugubre.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 71*: Accomplissement de soi, pt 6</strong></p><p>"Eh bien," chuchota Daphn� aussi bas qu'elle le pouvait, "au moins maintenant je n'ai plus l'impression d'�tre la seule personne saine d'esprit de Poudlard."</p><p>"Parce que maintenant tu nous as ?" chuchota Lavande Brown qui marchait sur la pointe des pieds � c�t� d'elle.</p><p>"Je ne pense que ce soit �a qu'elle veut dire," murmura le g�n�ral Granger, situ�e � gauche de Lavande.</p><p>Elles se faufilaient lentement et prudemment entre les couloirs de Poudlard, leur huit paires d'oreilles grandes ouvertes au moindre signe de probl�me, comme si c'�tait une bataille et qu'elles cherchaient des soldats ennemis embusqu�s ; sauf que l� elles cherchaient des brutes � Vaincre et des victimes � Sauver entre la fin du petit d�jeuner et le moment o� Lavande et Parvati devraient se rendre � leur cours de Botanique.</p><p>Lavande avait soutenu que si une fille de premi�re ann�e pouvait faire leur affaire � trois brutes plus �g�es, alors huit filles de premi�re ann�es devraient pouvoir battre vingt-quatre brutes par la gr�ce de la Multiplication.</p><p>� en juger par le bafouillage fr�n�tique et les gesticulations hasardeuses de cette derni�re, le g�n�ral Granger n'avait pas trouv� cela convainquant.</p><p>Padma �tait rest� silencieuse un moment pendant le d�bat puis avait pensivement fait remarquer que m�me � Poudlard, taper sur des filles de premi�re ann�e ne donnerait probablement pas une bonne r�putation � une brute.</p><p>Parvati s'�tait alors raidi et s'�tait exclam�e que cela voulait dire qu'elles �taient <emphasis>les seules</emphasis> � pouvoir faire quelque chose contre le probl�me des brutes � Poudlard ce qui les rendait <emphasis>vraiment carr�ment</emphasis> h�ro�niques. En plus, la <emphasis>seule raison</emphasis> pour laquelle ses parents avaient d�m�nag� en Angleterre �tait qu'elle puisse aller � la seule �cole magique au monde � avoir un taux de mortalit� de 0%, alors quel int�r�t si on ne pouvait pas en profiter et faire quelques exp�riences ?</p><p>Ce � quoi le g�n�ral Granger avait r�pondu que Parvati ne comprenait pas <emphasis>du tout</emphasis> le principe d'un bilan de s�curit� parfait.</p><p>Lavande avait dit que si elles �taient <emphasis>vraiment</emphasis> ses amies et pas ses partisanes comme le pensait le professeur Quirrell, elles devraient voter sur ce genre de questions.</p><p>Daphn� s'�tait attendue � d�tenir le vote d�cisif apr�s les non de Hermione, Susan et Hannah. Et elle avait donc �tudi� la proposition avec prudence apr�s que la premi�re mont�e d'enthousiasme fut pass�e. Elle <emphasis>�tait</emphasis> Serpentard, apr�s tout, et cela voulait dire que c'�tait <emphasis>sa</emphasis> responsabilit� de garder ses propres int�r�ts � l'�il pendant qu'elles couraient partout � essayer d'aider les autres - sa t�che serait de d�couvrir � quel point c'�tait vraiment risqu� et de savoir si �a valait le coup <emphasis>qu'elles</emphasis> le fassent exactement comme M�re aurait fait pour elle. Toujours faire attention � soi et � ses amis, c'�tait �a la vraie Serpentardise...</p><p>Hannah Abbott, la nerveuse petite Poufsouffle, eut une petite voix tremblante lorsqu'elle dit : "Oui".</p><p>Et maintenant Daphn�, Susan et Hermione <emphasis>devaient</emphasis> rester avec les cinq autres, car il aurait �t� <emphasis>inconcevable</emphasis> qu'elles les laissent se d�brouiller seules. Parce que tout Gryffondor ne pardonnerait jamais qu'on s'en prenne au dernier enfant en vie de la famille Bones et qu'aucune Serpentard n'oserait porter atteinte � la fille de la Noble et Tr�s Ancienne maison Greengrass (c'est du moins ce que Daphn� <emphasis>esp�rait</emphasis>). Quant au g�n�ral Granger, qui avait tout commenc�... inutile de poser la question.</p><p>Les couloirs de Poudlard les virent d�filer l'un apr�s l'autre, leur main tendue jamais loin de leur baguette, la pierre, le bois et les torches infinies entrant et sortant de leur champ de vision. � un moment elles entendirent des bruits de pas et retinrent leur respiration, main presque � la baguette, mais ce n'�tait qu'un autre Serdaigle esseul� qui les regarda avec curiosit� avant de renifler et de replonger la t�te dans son livre et de continuer son chemin.</p><p>Les h�ro�nes avanc�rent furtivement devant de solennels panneaux de ch�ne grav�s de fresques dor�es, arriv�rent � une impasse qui menait � des toilettes pour hommes, firent demi-tour, <emphasis>revinrent</emphasis> au solennels panneaux de ch�ne grav�s de fresques dor�es puis obliqu�rent vers de vieux couloirs de brique poussi�reux coul�s dans du ciment qui sembla en fait d�crire un cercle si bien qu'elles consult�rent un portrait et partirent alors vers un <emphasis>autre</emphasis> vieux couloir de brique poussi�reux, ce qui les mena � une br�ve vol�e de marches en marbre, ce qui aurait d� les placer au troisi�me �tage et demi si elles avaient �t� n'importe ailleurs qu'� Poudlard et elles se retrouv�rent alors sur un pavage de pierre avec des lucarnes qui creusaient des puits de lumi�re qui tombait jusqu'� elles, alors qu'elles n'�taient certainement pas proches du toit, et apr�s qu'elles eurent suivi ce passage � travers quelques d�tours il les mena � d'autres toilettes pour homme clairement indiqu�es par une plaque montrant une silhouette en robes qui pissait dans une cuvette.</p><p>Elles se tinrent toutes les huit devant la porte et l'observ�rent avec une certaine lassitude.</p><p>"Je m'ennuie," dit Lavande.</p><p>Padma sortit ostentatoirement une montre de poche de ses robes et la regarda. "Seize minutes et trente secondes," dit-elle. "Un nouveau record de dur�e de concentration pour Gryffondor."</p><p>"<emphasis>Je</emphasis> ne pense pas que �a va marcher non plus," dit Susan. "Et je suis une <emphasis>Poufsouffle</emphasis>."</p><p>"Vous savez," dit Lavande d'un ton pensif, "je me demande si ce qui fait <emphasis>vraiment</emphasis> que quelqu'un est un h�ros c'est que lorsqu'ils essaient un truc de ce genre, quelque chose d'int�ressant <emphasis>se passe</emphasis>."</p><p>"Je parie que t'as raison," dit Tracey. "Je parie que si on avait <emphasis>Harry Potter</emphasis> avec nous, on tomberait sur trois brutes et une chambre remplie de tr�sors en moins de cinq minutes. Je parie que tout ce que le g�n�ral Chaos aurait � faire �a serait d'aller aux toilettes et il, tiens, il trouverait la chambre des secrets de Serpentard ou quelque chose comme �a -"</p><p>Daphn� ne pouvait vraiment pas laisser passer �a. "Tu penses que Salazar Serpentard aurait mis l'entr�e de la chambre des secrets dans des <emphasis>toilettes</emphasis> -"</p><p>"Ce que je <emphasis>dis</emphasis>," continua Susan alors que Tracey ouvrait la bouche pour r�pondre, "c'est qu'on n'a aucun moyen de <emphasis>trouver</emphasis> des brutes. Enfin tout ce <emphasis>qu'ils</emphasis> ont � faire c'est de trouver un Poufsouffle quelque part, mais on doit les croiser exactement au bon <emphasis>moment</emphasis>, vous comprenez ? Ce qui se trouve �tre un <emphasis>excellent probl�me</emphasis>, parce que si on les <emphasis>trouvait</emphasis> on se ferait �craser comme des insectes. Vous ne voulez pas qu'on se fasse juste le couloir interdit du troisi�me �tage, comme on est <emphasis>cens�</emphasis> le faire ?"</p><p>Lavande eut un rire de d�dain. "Tu ne deviens pas une <emphasis>vraie</emphasis> h�ro�ne en faisant juste les choses interdites que le directeur te <emphasis>dit</emphasis> de ne pas faire !"</p><p>(L'esprit de Daphn� essaya de comprendre cette phrase tout en remerciant silencieusement le Choixpeau de ne lui avoir pas fait ne serait-ce qu'approcher Gryffondor.)</p><p>"� bien y r�fl�chir..." dit lentement Parvati, "je veux dire, quelles sont les chances pour que Harry Potter croise ces cinq brutes lors de <emphasis>son premier jour de cours </emphasis>? Il doit avoir eu <emphasis>un moyen</emphasis> de les trouver."</p><p>Daphn� se trouvait �tre � un endroit qui lui permettait de voir Hermione tout en regardant Parvati, si bien qu'elle remarqua le changement d'expression du visage de la fille - et elle se rendit alors compte que le g�n�ral Soleil avait <emphasis>aussi</emphasis> trouv� quelques brutes r�cemment -</p><p>"Oh !" dit Padma du ton de quelqu'un qui venait soudain de tout comprendre. "Bien s�r ! C'est le fant�me de Salazar Serpentard qui le lui a dit !"</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit Daphn� en m�me temps que plusieurs autres personnes.</p><p>"C'est lui le fant�me qui m'a fait peur, j'en suis presque s�re," expliqua Padma. "Enfin, je l'ai seulement compris ensuite mais... ouais. Le fant�me de Salazar Serpentard n'aime pas �a quand les Serpentard martyrisent les gens, il pense que �a fait honte � son nom, et je parie que son fant�me a toujours un haut niveau d'acc�s � Poudlard, si bien qu'il sait tout ce qui s'y passe,."</p><p>La m�choire de Daphn� s'�tait d�croch�e et elle vit que Hannah s'�tait mise une main sur le front et s'appuyait contre le mur de pierre tandis que les yeux de Tracey br�laient comme de petites �toiles brunes.</p><p><emphasis>Le fant�me de Salazar Serpentard ?</emphasis></p><p>S'�tait alli� � <emphasis>Harry Potter ?</emphasis></p><p>Et avait envoy� <emphasis>Hermione Granger</emphasis> arr�ter l'�quipe de Derrick ?</p><p>Elle aurait pay� cent Gallions pour �tre l� quand Draco Malfoy entendrait �a.</p><p>Quoique, � en juger par la vitesse � laquelle les rumeurs se r�pandaient � Poudlard, maintenant que Padma avait crach� le morceau Millicent le lui avait probablement dit il y a une demi-heure...</p><p>En fait... maintenant que Daphn� y <emphasis>pensait</emphasis>...</p><p>"Donc," dit Parvati. "On doit demander au Survivant o� est le fant�me de Salazar Serpentard ? Waoh, j'imagine que si je me mets � dire ce genre de trucs � voix haute �a veut peut-�tre dire que je deviens vraiment une h�ro�ne -"</p><p>"Oui !" dit Lavande. "On doit demander au Survivant o� est le fant�me de Salazar Serpentard !"</p><p>"On doit demander... au Survivant... o� est le fant�me de Salazar Serpentard..." r�p�ta Hannah d'une voix nerveuse, comme si elle se for�ait � le dire.</p><p>"Et si <emphasis>�a</emphasis> ne marche pas," hurla Tracey, "on va assommer Harry Potter, l'attacher et l'emmener <emphasis>avec</emphasis> nous !"</p><empty-line/><p>Hermione Granger trouvait que cela en disait long et que c'�tait assez triste - alors que les huit filles parcouraient en sens inverse le labyrinthe de passages tordus qu'�tait Poudlard, n'ayant trouv� aucune brute avant l'heure de leur prochain cours - de constater qu'elle ne savait vraiment pas si Harry Potter avait �t� guid� par le fant�me de Salazar Serpentard, par un ph�nix, ou par... <emphasis>quoi ?</emphasis> Quelle que soit la r�ponse, elle esp�rait que cela ne <emphasis>fonctionnerait pas</emphasis> pour elles. Et plus que tout, elle esp�rait que les autres ne voteraient pas pour l'id�e stupide de Tracey consistant � assommer Harry et � tra�ner son corps inconscient pour attirer des P�rip�ties. Les choses ne pouvaient certainement pas se passer comme �a dans la vraie vie, ou si c'�tait le cas autant laisser tomber.</p><p>Hermione regarda les sorci�res l'une apr�s l'autre, Tracey qui discutait avec Lavande et les autres qui participaient occasionnellement ; et son regard tomba sur une fille r�serv�e et silencieuse, la seule dont elle �tait incapable de deviner les pens�es.</p><p>"Hannah !" dit-elle � la fille qui marchait � c�t� d'elle. Hermione essaya de rendre sa voix aussi douce que possible. "Tu n'es pas oblig�e de r�pondre, mais est-ce que je peux te demander pourquoi tu as vot� pour qu'on se batte contre des brutes ?"</p><p>Hermione pensait avoir parl� � voix basse mais tout le monde s'arr�ta de marcher, Lavande et Tracey interrompirent leur conversation et les regard�rent.</p><p>Les joues de Hannah rougissaient d�j� et alors qu'elle ouvrait sa bouche -</p><p>"C'est pac'qu'elle a plus de courage que <emphasis>tu</emphasis> le penses, �videmment," dit Lavande.</p><p>Hannah s'arr�ta, bouche ouverte.</p><p>Elle la referma.</p><p>D�glutit avec force alors que ses joues rougissaient encore plus.</p><p>Puis elle prit une profonde inspiration et dit d'une petite voix : "Il y a un gar�on que j'aime bien."</p><p>La Poufsouffle broncha en pronon�ant ces mots et sa t�te tourna nerveusement � gauche et � droite pour regarder tous ceux qui l'observaient alors que le silence s'�tirait.</p><p>"Euh, d'accord ?" dit enfin Susan.</p><p>"Il y a <emphasis>cinq</emphasis> gar�ons que j'aime bien," dit Lavande.</p><p>"Padma et moi savions qu'on aimerait les m�me gar�ons," dit Parvati, "alors on a fait une liste et on a lanc� une Noise en l'air pour voir qui aurait droit au premier choix."</p><p>"Je sais � qui est promis <emphasis>ma</emphasis> main," dit Tracey. "Je me fiche de ce que le reste du monde a � dire, il sera � moi !"</p><p>Sur ces paroles, toutes les filles se tourn�rent vers Hermione, dans l'expectative, mais le cerveau de celle-ci �tait d�j� pass� � la suite et avait totalement �vacu� la derni�re phrase de Tracey pour pouvoir se concentrer sur la premi�re chose que Hannah avait dite.</p><p>"Euh," dit Hermione. Elle fit attention de garder une voix douce. "Hannah, la raison pour laquelle tu as rejoint la Soci�t� pour la Promotion de l'�galit� H�ro�que pour les Sorci�res, c'est qu'il y a un gar�on dont tu penses qu'il t'aimerait plus si tu devenais une h�ro�ne ?"</p><p>La Poufsouffle hocha de nouveau la t�te, ses joues rougirent encore plus et elle baissa les yeux pour regarder son reflet dans ses chaussures noires polies.</p><p>"En fait elle aime Neville Londubat," dit Daphn�. La Serpentard eut un soupir afflig�. "Et malheureusement pour elle, il va �pouser quelqu'un d'autre. Tout � fait tragique."</p><p>Ceci d�clencha un geignement aigu chez Hannah qui continua de regarder ses pieds.</p><p>"Attends, quoi ?" dit Lavande. "Neville va �pouser quelqu'un d'autre ? Comment tu le sais ? <emphasis>Qui</emphasis> ?"</p><p>Daphn� se contenta de secouer la t�te avec un air abattu.</p><p>"<emphasis>Pardon, mais</emphasis>," dit Hermione, et lorsque les autres la regard�rent � nouveau : "Ah..." alors qu'elle essayait d'organiser ses pens�es. "Je veux dire, euh... Hannah... essayer devenir une h�ro�ne pour qu'un gar�on t'aime bien, �a ne te rend pas tr�s <emphasis>f�ministe</emphasis>."</p><p>"� vrai dire �a se prononce <emphasis>f�minine</emphasis>," dit Padma.</p><p>"Et pourquoi est-ce que tu dis que Padma n'est pas f�minine ?" dit Susan. "C'est tr�s f�minin de vouloir impressionner un gar�on."</p><p>"Et puis," dit Parvati d'un ton perplexe, "est-ce que le but n'�tait pas justement de devenir des h�ro�nes m�me si �a n'est pas f�minin ?"</p><p>Hermione ne se souvint pas de la discussion qui suivit comme l'une de ses excursions les plus r�ussies dans le royaume de l'�ducation politique. Elle essaya de leur expliquer, et apr�s le d�bat qui en d�coula, essaya de leur expliquer � nouveau tandis que les sept autres filles la regardaient avec un scepticisme croissant. Puis Daphn� d�clara du ton imp�rieux d'une future Dame Greengrass que si cette histoire de f�minisme voulait dire que les filles n'avaient plus le droit de courir apr�s les gar�ons comme �a leur chantait, alors le f�minisme pouvait bien rester chez lui en terre Moldue. Lavande sugg�ra que le sorci�risme pourrait peut-�tre dire que les sorci�res pouvaient faire exactement ce qu'elles voulaient, ce qui avait l'air bien plus amusant que le f�minisme. Et Padma mit enfin un terme � la discussion en faisant remarquer d'un ton las qu'elle ne voyait pas vraiment le but de ce d�bat puisque SPEHS n'avait en premier lieu <emphasis>rien � voir</emphasis> avec le f�minisme et que c'�tait juste pour que plus de filles deviennent des h�ro�nes.</p><p>Hermione avait alors d�j� abandonn�.</p><empty-line/><p>� la fin de leur cours de Charmes, la premi�re ann�e Serdaigle commen�ait � quitter la salle en grima�ant d�j� en son for int�rieur. Elles �taient arriv�es en cours � peine avant la sonnerie et avaient d� courir jusqu'� leurs pupitres et s'asseoir si bien que l'horreur ne s'�tait pas <emphasis>encore</emphasis> produite ; mais cela voulait seulement dire que Hermione pouvait maintenant s'attendre � ce que le d�sastre � venir occupe le cours <emphasis>entier</emphasis>.</p><p>Et de fait, apr�s que le professeur Flitwick ait couin� que le cours �tait fini et que tout le monde se soit lev� de ses chaises, Harry commen�a � marcher vers Hermione juste quand cette derni�re fourra son livre dans sa bourse en peau de Moke, marcha tr�s vite vers la porte, l'ouvrit grand, entra dans le couloir, et Harry la suivit bien s�r avec un air surpris parce qu'ils avaient une s�ance de biblioth�que de pr�vue -</p><p>"Hermione ?" dit Harry en fermant la porte derri�re lui. "Qu'est-ce qui ne va pas ?"</p><p>La porte s ouvrit grand � peine un instant apr�s que Harry la referme, le frappant presque alors qu'il s'�cartait du chemin, et Padma Patil sortit de la salle avec un air d�termination terrible sur le visage.</p><p>"Excusez-moi, M. Potter," dit-elle � la plus grande horreur de Hermione, d'une voix perch�e qui r�sonna � travers le corridor tel les lugubres cloches de la perdition, "pourrais-je vous demander votre aide ?"</p><p>Les sourcils de Harry s'arqu�rent et il r�pondit : "Tu peux me <emphasis>demander</emphasis>, bien s�r."</p><p>"Peux-tu me dire comment tu parles au fant�me de Salazar Serpentard ? On veut qu'il nous dise o� trouver des brutes comme il te le dit � toi."</p><p>Il y eut un l�ger silence dans le couloir qui jouxtait la salle.</p><p>La porte s'ouvrit de nouveau et Su sortit sa t�te avec un regard interrogateur -</p><p>"Eh bien nous devons aller � la biblioth�que," dit Harry d'un ton assez nonchalant, le visage d�tendu, "�a ne t'emb�te pas de nous suivre ?" et il commen�a � partir vers l'endroit o� se trouvait la biblioth�que les jours impairs du mois, et Su commen�a � donner l'impression qu'elle allait les suivre mais Harry pivota et la regarda pendant un moment.</p><p>Ce n'est qu'apr�s qu'il eut pass� un angle qu'il sortit sa baguette, dit d'une voix pr�cise et basse : "<emphasis>Quietus</emphasis>", se tourna vers Padma et dit : "Une conjecture int�ressante, Mlle. Patil."</p><p>Padma eut alors l'air plut�t contente d'elle et r�pondit : "<emphasis>J'aurais</emphasis> d� le comprendre plus t�t, en fait. Il y avait un <emphasis>sifflement</emphasis> dans la voix du Serpent, j'aurais d� penser au Fourchelangue tout de suite, avant m�me qu'il ne commence � parler de Godric Gryffondor."</p><p>Le visage de Harry ne changea pas d'expression. "Pourrais-je vous demander, Mlle Patil, si vous avez partag� cette id�e avec -"</p><p>"Elle l'a dit devant tout SPEHS," dit Hermione.</p><p>Les yeux de Harry prirent cet aspect qu'ils avaient lorsque Harry calculait rapidement quelque chose, puis il dit : "Hermione, quelles sont les chances que -"</p><p>"Elle l'a dit devant Lavande <emphasis>et</emphasis> Tracey."</p><p>"Euh," dit Padma. "Je n'aurais pas d� ?"</p><empty-line/><p>"Attends ici," gronda M. Goyle, et il passa un angle ; et on put l'entendre frapper � la porte de la chambre priv�e de M. Malfoy.</p><p>Elle avait l�g�rement la naus�e et se rappela � nouveau que, puisque Padma avait crach� le morceau, <emphasis>quelqu'un</emphasis> allait forc�ment le dire � Draco Malfoy, alors autant que �a soit <emphasis>elle</emphasis>, et puis ce n'�tait pas comme si elle <emphasis>devait</emphasis> quoi que ce soit � Harry Potter, et une Serpentard devait faire le n�cessaire pour accomplir ses Ambitions.</p><p>Elle avait collectionn� des Ambitions depuis que le professeur Quirrell l'avait r�primand�e et pour l'instant elle avait d�cid� qu'elle voulait son propre Nimbus 2000, devenir super connue, �pouser Harry Potter, manger des grenouilles en chocolat � chaque petit d�jeuner et vaincre au moins <emphasis>trois</emphasis> Seigneurs des T�n�bres juste pour faire bien voir au professeur Quirrell qui �tait ordinaire.</p><p>"M. Malfoy va te recevoir," dit la voix grave et mena�ante de M. Goyle lorsque celui-ci revint. "Et tu ferais mieux d'esp�rer qu'il ne pense pas que tu lui fais perdre son temps." Il la regarda bri�vement d'un air toujours mena�ant puis s'�carta.</p><p>Tracey ajouta � sa liste d'Ambitions qu'elle voulait avoir ses propres serviteurs puis entra.</p><p>Le chambre priv�e de M. Malfoy ressemblait exactement � celle de Daphn�. Elle avait secr�tement esp�rer voir des chandeliers de diamant ou des fresques en or sur les murs - elle ne l'avait jamais dit devant Daphn� mais la maison Malfoy <emphasis>�tait</emphasis> un cran au-dessus de Greengrass. Mais c'�tait juste une petite chambre comme celle de Daphn� et la seule diff�rence �tait que le mobilier de Malfoy �tait d�cor� par des serpents d'argent � la place des plantes en �meraude.</p><p>Alors qu'elle passait l'embrasure de la porte, Draco Malfoy - qui �tait d'une apparence impeccable m�me dans sa propre chambre - se leva de sa chaise pour l'accueillir d'un petit salut amical, affubl� d'un sourire charmant exactement comme si elle �tait quelqu'un <emphasis>d'importance</emphasis>, ce qui la rendit si nerveuse qu'elle oublia tout ce qu'elle avait r�p�t� dans sa t�te et qu'elle dit juste : "J'ai un truc � te dire !"</p><p>"Oui, Gregory me l'a fait savoir," dit doucement Draco Malfoy. "S'il vous pla�t, Mlle. Davis, asseyez-vous." Il indiqua <emphasis>sa propre chaise</emphasis> tout en s'asseyant sur son lit.</p><p>Elle eut quelque peu le tournis en s'asseyant pr�cautionneusement sur la chaise de Malfoy, ses doigts jouant inconsciemment avec la chute de ses robes formelles au-dessus de ses genoux, essayant de la rendre aussi �l�gante et lisse que celle de Draco Malfoy -</p><p>"Donc, Mlle. Davis," dit Draco Malfoy. "Que vouliez-vous me dire ?"</p><p>Tracey h�sita puis, lorsque le visage de Draco Malfoy commen�a � avoir l'air impatient, elle l�cha tout, tout ce que Padma avait dit sur le fant�me de Salazar Serpentard qui envoyait Harry Potter arr�ter les brutes et aussi ce que Daphn� lui avait dit sur le fait que Hermione Granger �tait dans le coup -</p><p>Le visage de Draco Malfoy ne changea pas � mesure qu'elle parlait, pas le moins du monde, et Tracey se sentit malade lorsqu'elle s'en rendit compte.</p><p>"Tu ne me <emphasis>crois</emphasis> pas !" dit-elle.</p><p>Il y eut un court silence.</p><p>"Eh bien," dit Draco Malfoy avec un sourire qui n'�tait pas aussi charmant que le pr�c�dent, "je <emphasis>crois</emphasis> que c'est ce que Padma et Daphn� ont dit, donc merci quand m�me, Mlle Davis." Le gar�on se leva de son lit et Tracey, sans r�fl�chir, se leva de sa chaise.</p><p>Alors qu'il l'escortait � la porte, juste avant qu'il ne tourne la poign�e, l'id�e vint � Tracey que - "Tu ne m'as pas demand� ce que je voulais en �change de cette information," dit-elle.</p><p>Draco Malfoy lui jeta un �trange regard, elle ne savait pas bien ce qu'il �tait cens� signifier et elle ne dit rien.</p><p>"Eh bien en tout cas," dit Tracey, modifiant ses plans sur-le-champ, "je ne veux <emphasis>rien</emphasis> en �change de cette information, je me montrais juste amicale."</p><p>Un bref air de surprise traversa le visage de Draco, uniquement l'espace d'un instant, avant que son expression ne devienne � nouveau neutre et qu'il ne dise : "Ce n'est pas aussi facile de devenir ami avec un Malfoy, Mlle Davis."</p><p>Tracey sourit avec sinc�rit�. "Alors je vais juste continuer de me montrer amicale," dit-elle, et elle sortit de la pi�ce en gambadant presque, se sentant �tre une vraie Serpentard peut-�tre pour la premi�re fois de sa vie et ayant d�cid� � l'instant que Draco Malfoy serait lui aussi un de ses maris.</p><empty-line/><p>Apr�s le d�part de la fille, Gregory entra, referma la porte et dit : "Vous allez bien, M Malfoy ?"</p><p>Draco ne dit rien � son serviteur et ami. Ses yeux �taient dirig�s vers le vide, comme s'il essayait de regarder � travers le mur de sa chambre, � travers le lac de Poudlard qui entourait les donjons Serpentard, � travers l'�corce terrestre, l'atmosph�re, la poussi�re interstellaire et la Voie Lact�e, dans le n�ant absolument vide et noir entre les galaxies, l� o� aucun scientifique et aucun sorcier n'�taient jamais all�s.</p><p>"M. Malfoy ?" dit Gregory d'un ton qui commen�ait � �tre l�g�rement inquiet.</p><p>"Je n'arrive pas � croire que je crois � tout �a," dit Draco.</p><empty-line/><p>Daphn� finit son dernier paragraphe de m�tamorphose et leva la t�te ; son regard traversa la salle commune de Serpentard vers l'endroit o� Millicent Bulstrode travaillait encore sur ses devoirs. Il �tait temps de prendre une D�cision.</p><p>Si SPEHS se continuait � se balader en essayant d'assommer des brutes, les brutes n'aimeraient pas �a, c'�tait certain. Et elles essaierait d'y r�pondre de fa�on d�plaisante, c'�tait aussi certain. En revanche, si les brutes devenaient vraiment m�chantes, alors Hermione Granger pourrait demander de l'aide � Harry Potter, ou bien ils pourraient combiner leurs points Quirrell et demander un faveur au professeur de D�fense... Non, ce qui inqui�tait <emphasis>vraiment</emphasis> Daphn� c'�tait que toute cette histoire les fasse mal voir du professeur Rogue. Il ne fallait <emphasis>jamais</emphasis> �tre mal vu du professeur Rogue.</p><p>Mais depuis le jour o� elle avait d�fi� Neville � un Tr�s Ancien Duel, elle avait remarqu� que les gens la regardaient diff�remment. M�me les Serpentard qui s'�taient moqu�s d'elle la regardaient diff�remment. Daphn� commen�ait � comprendre qu'�tre la fille de la Noble et Tr�s Ancienne maison Greengrass octroyait beaucoup plus de respect si on �tait une belle <emphasis>h�ro�ne</emphasis> que si on n'�tait qu'une mignonne petite noble. C'�tait la diff�rence entre voir son r�le jou� par une star ou le voir jou� par une figurante � deux Gallions au rire �raill�.</p><p>Combattre des brutes n'�tait peut-�tre pas le <emphasis>meilleur</emphasis> moyen de devenir une h�ro�ne. Mais P�re lui avait un jour dit que le probl�me quand on laissait passer des opportunit�s, c'�tait que �a devenait une habitude. Si on se disait qu'on attendait une meilleure opportunit�, alors on se dirait probablement la m�me chose quand la prochaine opportunit� arriverait. P�re avait dit que la plupart des gens attendaient leurs <emphasis>vies</emphasis> enti�res � attendre qu'une opportunit� assez bonne se pr�sente et ensuite mouraient. P�re avait dit que, m�me si se saisir d'opportunit�s impliquait que plein de choses tourneraient mal, �a n'�tait pas aussi grave que d'�tre un rat� sans espoir. P�re avait dit qu'<emphasis>une fois</emphasis> qu'elle aurait pris l'habitude de se saisir des opportunit�s qui se pr�sentaient � elle, <emphasis>alors</emphasis> il serait temps d'�tre exigeant.</p><p>D'un autre c�t�, M�re l'avait pr�venue de ne pas suivre tous les conseils de son P�re et avait dit que Daphn� n'aurait pas le droit de poser de questions sur la sixi�me ann�e � Poudlard de son p�re avant qu'elle n'ait au moins trente ans.</p><p>Mais P�re avait bien <emphasis>fini</emphasis> par obtenir de M�re qu'elle l'�pouse et avait ainsi r�ussi son plan destin� � le faire entrer dans une Tr�s Ancienne maison, ce qui n'�tait <emphasis>pas</emphasis> n�gligeable.</p><p>Millicent Bulstrode finit ses devoirs et commen�a � ranger ses affaires.</p><p>Daphn� se leva de son bureau et marcha vers elle.</p><p>Millicent descendit ses jambes de la table et se leva, balan�a son sac sur une �paule puis regarda Daphn� qui s'approchait avec un air perplexe.</p><p>"H�, Millicent," dit Daphn� en s'approchant d'une voix basse et exalt�e, "devine ce que j'ai compris aujourd'hui ?"</p><p>"Le truc avec le fant�me de Salazar Serpentard qui aide Hermione Granger ?" dit Millicent. "J'en ai d�j� entendu parler -"</p><p>"Non," dit Daphn� dans un souffle, "c'est encore <emphasis>mieux</emphasis>."</p><p>"Vraiment ?" dit Millicent d'une voix tout aussi basse et tout autant exalt�e. "Qu'est-ce que c'est ?"</p><p>Daphn� regarda autour d'elle avec un air de conspiratrice. "Viens dans ma chambre et je te le dirai."</p><p>Elles descendirent les escaliers qui menaient aux chambres priv�es situ�es encore plus bas dans le lac que ne l'�taient les dortoirs de septi�me ann�e...</p><p>Bient�t Daphn� �tait assise dans sa confortable chaise de bureau et Millicent �tait pos�e au bord de son lit.</p><p>"<emphasis>Quietus</emphasis>," dit Daphn� une fois qu'elles furent toutes deux assises ; puis au lieu de ranger sa baguette dans ses robes, Daphn� laissa juste sa main glisser sur son flanc, baguette toujours serr�e, juste au cas o�.</p><p>"Tr�s <emphasis>bien </emphasis>!" dit Millicent. "Qu'est-ce qu'il y <emphasis>a </emphasis>?"</p><p>"Tu sais ce que j'ai d�couvert ?" dit Daphn�. "J'ai compris que tu connais les rumeurs <emphasis>tellement </emphasis>vite qu'en fait tu les connais <emphasis>avant qu'elles aient lieu</emphasis>."</p><p>Daphn� s'�tait � moiti� attendue � ce que Millicent devienne blanche et tombe par terre, ce qu'elle ne fit pas tout � fait, mais elle tressaillit assez fort avant de commencer � b�gayer des d�n�gations.</p><p>"Ne t'en fais pas," dit Daphn� avec son sourire le plus doux, "je ne dirai � personne que tu es une voyante. Apr�s tout, on est amies, pas vrai ?"</p><empty-line/><p>Rianne Felthorne, une Serpentard de septi�me ann�e, travaillait avec z�le sur une autre dissertation de trente pages (elle suivait tous les cours sauf Divination et �tude Moldues et son ann�e d'A.S.P. semblait �tre <emphasis>enti�rement</emphasis> compos�e de devoirs maison) quand son directeur de Maison marcha jusqu'� la table o� elle travaillait, aboya "Vous allez me suivre, Mlle Felthorne !" et s'�loigna alors qu'elle rangeait fr�n�tiquement son parchemin, son livre et sa plume.</p><p>Lorsqu'elle eut rattrap� le professeur Rogue, il attendait juste devant la pi�ce et la regardait avec des yeux mis-clos qui semblaient bien trop intenses ; et avant qu'elle ne puisse demander ce qu'il y avait il pivota sans dire un mot et s'�lan�a � travers les couloirs, si bien qu'elle dut courir pour rester � sa hauteur.</p><p>Leur marche les mena une vol�e de marches plus bas, puis une autre, en-dessous de ce qu'elle avait cru �tre le niveau le plus bas des donjons Serpentard. Et les couloirs commen�aient � avoir l'air plus vieux, l'architecture remontait les si�cles, devenait faite de pierres brutes maintenues entre elles par un mortier � l'air primitif. Elle commen�a � se demander si le professeur Rogue l'emmenait aux <emphasis>vrais</emphasis> donjons au sujet desquels elle avait entendu des rumeurs, les v�ritables donjons de Poudlard qui avaient �t� condamn�s pour tous sauf pour les membres du personnel ; et peut-�tre le professeur Rogue faisait-il l� des choses terrible � d'innocentes jeunes filles sans d�fense, mais Rianne �tait probablement juste en train de prendre ses d�sirs pour des r�alit�s.</p><p>Ils descendirent une autre vol�e de marches et entr�rent dans une pi�ce qui n'en �tait pas vraiment une, plut�t une caverne de pierre dot�e d'une seule porte perc�e de nombreuses ouvertures sombres et �clair�e d'une unique torche au style ancien qui s'alluma lorsqu'ils entr�rent.</p><p>Le professeur Rogue prit alors sa baguette et commen�a � lancer sortil�ge apr�s sortil�ge, elle en perdit le compte, et lorsque le ma�tre des potions en eut fini, il se retourna vers elle, braqua ses intenses yeux sur les siens et dit d'une voix neutre tr�s diff�rente de son ton tra�nant habituel : "Vous ne direz rien de cette affaire, Mlle Felthorne, ni aujourd'hui ni jamais. Si vous pouvez l'accepter, hochez la t�te. Sinon, nous ferons demi-tour."</p><p>Elle hocha la t�te, effray�e, avec un �trange espoir qui naissait dans son c�ur (enfin, pas exactement dans son c�ur).</p><p>"La t�che que j'ai pour vous est extr�mement simple, Mlle Felthorne," dit le professeur Rogue d'une voix sans timbre, "et votre salaire extr�mement g�n�reux de cinquante Gallions n'est l� que pour compenser le fait que vous recevrez ensuite un sortil�ge d'Oubliettes."</p><p>Elle inspira soudainement. Sa famille �tait peut-�tre riche, mais ils avaient d'autres filles et �taient tr�s stricts avec elle. Pour <emphasis>elle</emphasis>, cela repr�sentait beaucoup d'argent.</p><p>Puis ses oreilles en arriv�rent au mot <emphasis>Oubliettes</emphasis> et elle se sentit outr�e l'espace d'un instant, quel int�r�t si elle ne pouvait garder les souvenirs, pour quel genre de fille le professeur Rogue la <emphasis>prenait-il</emphasis> ?</p><p>"Vous connaissez s�rement," dit Severus Rogue, "Mlle Hermione Granger, le g�n�ral Soleil ?"</p><p>"<emphasis>Quoi?</emphasis>" dit Rianne Felthorne soudain horrifi�e et d�go�t�e. "Elle est en <emphasis>premi�re ann�e ! Berk !</emphasis>"</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 72*: AS, D�ni plausible, pt 7</strong></p><p>Le soleil d'hiver s'�tait couch� bien avant la fin du d�ner et c'est donc au milieu de la paisible lumi�re des �toiles qui per�ait � travers le plafond de la grande salle que Hermione partit pour la tour Serdaigle au c�t� de son partenaire d'�tude, Harry Potter, qui depuis peu semblait avoir <emphasis>tout le temps du monde</emphasis> pour �tudier. Quand Harry faisait-il ses vrais devoirs ? Elle n'en avait pas la moindre id�e, mais ils �taient faits, peut-�tre par des elfes de maison pendant que Harry dormait.</p><p>Presque toutes les paires d'yeux de la grande salle leur tomb�rent dessus lorsqu'ils pass�rent les imposantes portes du r�fectoire, des portes qui ressemblaient plus aux portes de si�ge d'un ch�teau qu'� une cloison que les �l�ves devraient avoir � traverser apr�s leur d�ner.</p><p>Ils sortirent sans dire un mot et march�rent jusqu'� ce que le lointain babillage des conversations estudiantines se soit fondu dans le silence ; puis ils all�rent un peu plus loin dans les couloirs de pierre avant que Hermione ne parle enfin.</p><p>"Pourquoi t'as fait �a, Harry ?"</p><p>"Fais quoi ?" dit le Survivant d'un ton absent comme si son esprit avait �t� tout � fait ailleurs, absorb� par des choses immens�ment plus importantes.</p><p>"Je veux dire pourquoi est-ce que tu ne leur as pas juste dit <emphasis>non</emphasis> ?"</p><p>"Eh bien," dit Harry alors que leurs chaussures battaient les dalles d'un pas l�ger, "je ne peux pas m'amuser � dire 'non' � chaque fois que quelqu'un m'interroge au sujet de quelque chose que je n'ai pas fait. Par exemple imagine que quelqu'un me demande : 'Harry, c'est toi qui as fait la blague avec la peinture invisible ?', que je r�ponde : 'non', puis que la m�me personne me dise : 'Harry, est-ce que tu sais qui a jou� avec le balais volant de l'attrapeur Gryffondor ?' et que je dise : 'Je refuse de r�pondre � cette question', �a vendrait plut�t la m�che."</p><p>"Et c'est pour <emphasis>�a</emphasis>," dit Hermione avec pr�caution, "que tu as dit � tout le monde..." Elle se concentra et essaya de se souvenir des mots exacts, "...que si, hypoth�tiquement, il y <emphasis>avait</emphasis> une conspiration, tu ne pouvais ni confirmer ni infirmer que le v�ritable chef de cette conspiration �tait le fant�me de Salazar Serpentard, et qu'� vrai dire tu ne pouvais m�me pas admettre qu'une conspiration existait et que les gens devraient donc arr�ter de te poser des questions � ce sujet."</p><p>"Ouaip," dit Harry Potter avec un l�ger sourire. "�a leur apprendra � prendre les sc�narios hypoth�tiques trop au s�rieux."</p><p>"Et tu <emphasis>m'as</emphasis> dit de ne r�pondre � rien -"</p><p>"Ils ne te <emphasis>croiraient</emphasis> peut-�tre pas si tu le niais," dit Harry. "Donc il vaut mieux ne rien dire, � moins que tu ne veuilles qu'ils te prennent pour une menteuse."</p><p>"Mais -" dit Hermione, d�sempar�e, "mais - mais maintenant les gens croient que je <emphasis>fais</emphasis> des choses pour le compte de Salazar Serpentard !" La fa�on dont ceux de Gryffondor l'avaient regard�e - la fa�on dont ceux de <emphasis>Serpentard</emphasis> l'avaient regard�e -</p><p>"�a fait partie de la condition de h�ros," dit Harry. "Tu as vu ce que le <emphasis>Chicaneur</emphasis> dit sur <emphasis>moi</emphasis> ?"</p><p>L'espace d'un instant, Hermione imagina ses parents lisant un article de journal � son sujet sauf qu'au lieu de parler de sa victoire nationale au concours d'orthographe ou de n'importe lequel des autres moyens par lesquels elle s'�tait imagin�e finir dans le journal, le gros titre disait : "DRACO MALFOY TOMBE ENCEINTE DE HERMIONE GRANGER".</p><p>�a suffisait � vous faire r�fl�chir � deux fois � l'id�e de se lancer dans une carri�re d'h�ro�ne.</p><p>La voix de Harry devint un peu plus formelle. "En parlant de �a, Mlle Granger, comment va votre derni�re qu�te ?"</p><p>"Eh bien," dit Hermione, "� moins que le fant�me de Salazar Serpentard ne surgisse <emphasis>vraiment</emphasis> et qu'il ne nous dise o� trouver les brutes, je ne pense pas que nous allons avoir beaucoup de chance." Non que cela la d�solasse.</p><p>Elle jeta un coup d'�il � Harry et vit que le gar�on l'observait d'un regard particuli�rement intense.</p><p>"Tu sais, Hermione," dit le gar�on d'une voix basse comme s'il voulait s'assurer que personne d'autre au monde ne l'entendrait, "je pense que tu as raison, je pense que certains se font beaucoup plus aider que d'autres pour devenir des h�ros. Et <emphasis>je</emphasis> ne pense pas non plus que ce soit juste."</p><p>Et Harry attrapa les robes de sorci�res de Hermione au-dessus de son bras, la poussa dans un couloir transversal � celui dans lequel ils marchaient, la bouche de Hermione b�ate de surprise lorsque la main de Harry sortit sa baguette, puis ils long�rent la courbure du couloir tandis que Harry pointait sa baguette vers l'endroit d'o� ils venaient et disait "<emphasis>Quietus</emphasis>" d'une voix basse, puis un moment plus tard, dans l'autre direction, "<emphasis>Quietus</emphasis>" � nouveau.</p><p>Le gar�on inspecta les alentours, pas seulement les c�t�s mais aussi vers le plafond et vers le plancher.</p><p>Puis il mit une main dans sa bourse et dit : "Cape d'Invisibilit�".</p><p>"<emphasis>Ehhhhh</emphasis> ?" dit Hermione.</p><p>Harry extrayait d�j� des replis de tissu noir scintillant de l'appareil en peau de Moke. "Ne t'inqui�te pas," dit le gar�on avec un petit sourire, "elles sont tellement rares que personne n'a prit la peine d'inventer un r�glement pour les interdire..."</p><p>Puis Harry tendit le maillage de soie noir et dit, d'une voix �trangement c�r�monieuse : "Je ne te donne pas, mais je taupr�te, ma cape, � Hermione Jean Granger. Prot�ge-la bien."</p><p>Elle regarda la soie scintillante de la cape, le tissu qui avalait toute la lumi�re qu'il recevait hormis la lueur d'�tranges petits reflets, un tissu si parfaitement noir qu'on aurait d� voir de la poussi�re ou des peluches ou <emphasis>quelque chose</emphasis> mais non, plus on le regardait plus on avait le sentiment que ce qu'on voyait n'�tait tout simplement pas l�, mais alors on clignait des yeux et c'�tait juste une cape noire.</p><p>"Prends-la, Hermione."</p><p>Sans m�me penser, Hermione tendit la main pour se saisir du tissu ; et juste � l'instant o� son cerveau s'�veilla et qu'elle commen�a � retirer sa main, Harry l�cha la cape qui commen�a � tomber, si bien que Hermione s'en saisit par r�flexe. � l'instant o� ses doigts touch�rent et tinrent la cape elle sentit une secousse intangible la traverser, comme la premi�re fois qu'elle avait tenu sa baguette ; c'�tait comme si quelqu'un s'�tait mis � chanter d'une voix extr�mement faible � l'arri�re de son cr�ne.</p><p>"C'est un de mes objets de qu�te, Hermione," dit Harry d'une voix douce. "Elle appartenait � mon p�re et ce n'est pas quelque chose que je pourrais remplacer en cas de perte. Ne la pr�te � personne, ne la montre � personne, ne dis � personne qu'elle existe... mais si tu veux l'emprunter un moment, viens me voir et demande-la moi."</p><p>Hermione arracha enfin ses yeux � la contemplation des replis noirs sans profondeur et regarda de nouveau Harry.</p><p>"Je ne peux pas -"</p><p>"Bien s�r que tu peux," dit Harry. "Parce qu'il n'y a absolument rien de juste au fait que j'ai trouv� ceci emball� dans du papier cadeau dans une bo�te un matin, � c�t� de mon lit, et... pas toi." Harry marqua une pause songeuse. "� moins que tu <emphasis>n'aies</emphasis> re�u ta propre cape d'invisibilit�, auquel cas, oublie ce que j'ai dit."</p><p>Puis ce que <emphasis>cape d'invisibilit�</emphasis> impliquait lui vint enfin � l'esprit et elle pointa un doigt choqu� vers Harry, m�me s'ils �taient maintenant suffisamment pr�s pour qu'elle ne puisse pas enti�rement �tendre son bras, et sa voix s'�leva � un niveau d'indignation consid�rable lorsqu'elle dit : "Alors c'est <emphasis>comme �a</emphasis> que tu as disparu du placard � potions ! Et cette fois o� -" et elle resta en suspens, parce que m�me <emphasis>avec</emphasis> une cape d'invisibilit� elle ne voyait toujours pas comment Harry avait...</p><p>Harry se lustra les ongles sur sa robe avec une nonchalance �tudi�e et dit : "Eh bien, tu savais qu'il devait y avoir <emphasis>un</emphasis> truc, non ? Et maintenant l'h�ro�ne va myst�rieusement savoir o� et quand trouver les brutes - exactement comme si elle les avait entendues tout planifier, m�me si est <emphasis>impossible</emphasis> qu'une personne de son �ge soit <emphasis>capable </emphasis>de devenir invisible pour les espionner."</p><p>Il y eut une pause, un silence.</p><p>"Harry -" dit-elle. "Je - je ne suis plus s�re que ce soit une si bonne id�e de combattre des brutes."</p><p>Les yeux de Harry rest�rent braqu�s sur les siens. "Parce que d'autres filles pourraient se faire mal ?"</p><p>Elle hocha seulement la t�te.</p><p>"C'est <emphasis>leur</emphasis> choix, Hermione, tout comme c'est le tien. <emphasis>J'ai</emphasis> d�cid� de ne pas faire le choix �videmment stupide que tout le monde fait dans les livres, de ne pas essayer de te garder � l'abri, prot�g�e et incapable, ce qui t'aurait mise tr�s en col�re contre moi, et tu m'aurais repouss�, serais partie seule, aurais fait face � encore plus d'ennuis, aurais h�ro�quement surmont� tes obstacles, apr�s quoi j'aurais eu mon �piphanie et j'aurais compris que bla bla bla et cetera. Je sais comment cette partie de l'histoire de ma vie se d�roule alors je la saute. Si je peux pr�dire ce que je vais penser plus tard, autant que je le pense maintenant. Bref, ce que je veux dire c'est que tu ne devrais pas non plus �touffer <emphasis>tes</emphasis> amies pour les garder � l'abri. Dis leur juste � l'avance que �a va horriblement mal tourner et ce de fa�on tout � fait pr�visible et que si elles veulent quand m�me �tre des h�ro�nes malgr� �a alors d'accord."</p><p>C'�tait pendant des moments comme celui l� que Hermione se demandait si elle allait <emphasis>jamais</emphasis> s'habituer � la fa�on de penser de Harry. "Harry, je ne veux vraiment," sa voix buta pendant une seconde, "vraiment, <emphasis>vraiment</emphasis> pas qu'il leur arrive du mal ! Surtout � cause de quelque chose que j'ai commenc� !"</p><p>"Hermione," dit Harry avec s�rieux, "je suis assez certain que tu as fait ce qu'il fallait. Je ne vois pas de sc�nario plausible qui serait <emphasis>pire</emphasis> pour elles, � long terme, que de <emphasis>ne rien faire</emphasis>."</p><p>"Et s'il leur arrive quelque chose de <emphasis>grave</emphasis> ?" dit Hermione. Sa voix se bloqua dans sa gorge; elle se souvint de capitaine Ernie racontant comment Harry avait juste regard� droit dans les yeux d'une brute pendant que celle-ci tordait son doigt en arri�re, avant que le professeur Chourave n'arrive pour le sauver ; et une autre pens�e suivit celle-ci, une pens�e pour Hannah et ses mains d�licates avec ses ongles qu'elle peignait pr�cautionneusement d'un jaune Poufsouffle chaque matin, mais imaginer la suite lui fut alors interdit. "Et alors - alors elles ne feront plus jamais rien de courageux, plus jamais -"</p><p>"Je ne pense pas que �a marche comme �a," dit Harry d'un ton ferme. "M�me si tout tourne atrocement mal, je ne pense pas que �a marche comme �a dans l'esprit humain. Ce qui est important c'est qu'elles se voient comme des gens capables de d�passer leurs limites. Essayer et avoir mal ne peut pas �tre pire pour quelqu'un que d'�tre... <emphasis>coinc�</emphasis>."</p><p>"Et si tu as <emphasis>tort</emphasis>, Harry ?"</p><p>Harry se tut un moment, puis il haussa les �paules d'un air un peu triste et dit "Et si j'ai raison ?"</p><p>Hermione rabaissa les yeux vers le maillage pos� noir sur sa main. De l'int�rieur, la cape �tait �trangement douce et pourtant ferme contre sa paume, comme si la cape avait essay� de donner un c�lin rassurant � sa main.</p><p>Puis elle releva le bras, tendit la cape � Harry.</p><p>Harry ne fit pas un geste pour la prendre.</p><p>"Je -" dit Hermione. "Enfin, merci, merci beaucoup, mais je dois encore y r�fl�chir, alors tu peux la reprendre pour l'instant. Et... Harry, je ne pense pas que ce soit bien <emphasis>d'espionner</emphasis> les gens -"</p><p>"M�me pas des brutes, pour sauver leurs victimes ?" dit Harry. "<emphasis>Je</emphasis> n'ai jamais �t� brutalis�, mais j'ai particip� � une simulation r�aliste et �a n'�tait pas tr�s agr�able. As-tu jamais �t� brutalis�e, Hermione ?"</p><p>"Non," dit-elle d'une petite voix, et elle continua de tendre sa cape d'invisibilit� � Harry.</p><p>Il reprit enfin sa cape - elle eut un l�ger sentiment de perte lorsque la chanson inaudible disparut de l'arri�re de son cr�ne - et commen�a � enfoncer le mat�riau noir dans sa bourse.</p><p>Apr�s que la bourse eut mang� le dernier morceau de tissu, Harry se d�tourna de Hermione pour aller briser la barri�re de silence -</p><p>"Et, euh," dit Hermione. "Ce n'est pas <emphasis>la</emphasis> Cape d'Invisibilit� quand m�me ? Celle qu'on a vue � la biblioth�que � la page dix-huit de la traduction par Paula Vieira du <emphasis>Parchemin Illustr� des Objets Perdus</emphasis> de Gottschalk ?"</p><p>Harry se retourna vers elle, un l�ger sourire sur le visage, et dit exactement du m�me ton de voix qu'il avait utilis� plus t�t avec les autres �l�ves au d�ner : "Je ne peux ni confirmer ni infirmer que je poss�de des objets magiques dot�s d'incroyables pouvoirs."</p><empty-line/><p>Cette nuit, apr�s �tre entr�e dans son lit, Hermione essayait encore de prendre une d�cision. Sa vie avait �t� plus simple pendant le d�ner, lorsqu'il n'y avait pas <emphasis>eu</emphasis> de moyen efficace de trouver des brutes ; et maintenant il lui fallait � nouveau choisir, pas pour elle cette fois mais pour ses amis. Elle voyait continuellement en pens�e le visage rid� de Dumbledore et la douleur qu'il n'avait pas tout � fait masqu�e, et elle entendait la voix de Harry qui lui disait : "C'est leur choix, Hermione, tout comme c'est le tien."</p><p>Et sa main continuait de se rem�morer la sensation de la cape contre ses doigts, la repassait encore et encore dans son esprit. Il y avait dans cette sensation quelque chose de puissant qui contraignait ses pens�es � y revenir, ainsi qu'� la chanson qu'elle avait entendue / pas entendue quelque part dans son esprit et dans sa magie, une chanson maintenant redevenue silencieuse.</p><p>Harry avait parl� � la cape comme si celle-ci �tait une personne, il lui avait dit de bien prendre soin de Hermione. Harry avait dit que la cape avait appartenu � son p�re, qu'il ne pourrait pas la remplacer si elle �tait perdue...</p><p>Mais... Harry ne ferait pas <emphasis>vraiment</emphasis> �a, si ?</p><p>De juste <emphasis>donner</emphasis> l'une des trois Reliques de la Mort, cr��es des si�cles avant Poudlard ?</p><p>Elle aurait pu dire qu'elle se sentait flatt�e mais cela allait <emphasis>loin</emphasis> au-del� de la flatterie, jusqu'� lui faire se demander ce qu'elle repr�sentait exactement aux yeux de Harry.</p><p>Peut-�tre Harry �tait-il le genre de personne qui aimait pr�ter d'anciens artefacts magiques perdus � <emphasis>tous ceux</emphasis> qu'il consid�rait comme des amis, mais -</p><p>Mais quand elle songeait � <emphasis>quelle</emphasis> partie de sa vie Harry disait avoir saut�, la partie o� il essayait de la maintenir en s�curit�...</p><p>Hermione leva les yeux vers le plafond du dortoir de Serdaigle. Quelque part � c�t� de son lit, Mandy et Su parlaient. Elle avait mont� le niveau du sortil�ge de silence pour ne pas entendre les mots exacts mais elle pouvait toujours percevoir leur l�ger murmure ; il y avait quelque chose de r�confortant � dormir dans une pi�ce avec d'autres filles. Elle savait que Harry gardait son propre sortil�ge de silence au niveau maximum.</p><p>Elle commen�ait � se demander si, peut-�tre, Harry...</p><p>Vous savez...</p><p>S'il <emphasis>l'aimait </emphasis>bien.</p><p>Hermione mit longtemps � s'endormir cette nuit-l�.</p><p>Et lorsqu'elle se r�veilla le lendemain matin il y avait un petit bout de parchemin qui d�passait de sous son oreiller et sur lequel �tait �crit : <emphasis>� dix heures et demie tu trouveras une brute dans la quatri�me coursive � gauche du couloir qui m�ne � la salle des potions - S.</emphasis></p><empty-line/><p>Ce matin l�, lorsque Hermione entra dans la grande salle, son estomac �tait rempli de papillons aussi grands que des Hippogriffes, et elle n'avait pas encore d�cid� ce qu'elle ferait alors m�me qu'elle s'approchait de table o� Serdaigle prenait son petit d�jeuner.</p><p>Elle vit qu'il y avait une place vide � c�t� de Padma. Ce serait l'endroit o� s'asseoir si elle d�cidait d'en parler � Padma puis demander � Padma de le dire � Daphn� et � Tracey.</p><p>Hermione marcha vers la place vide � c�t� de celle de Padma.</p><p>Des mots attendaient dans sa gorge, <emphasis>Padma, j'ai re�u un message myst�rieux</emphasis>...</p><p>Et elle pouvait sentir un immense mur de brique � l'int�rieur d'elle qui emp�chait les mots de sortir. Elle mettrait Hannah, Susan et Daphn� en <emphasis>danger</emphasis>. Elle persuaderait, elle les prendrait la main et entra�nerait vers le danger. Ce serait Mal.</p><p>Ou elle pourrait juste essayer de s'occuper des brutes elle-m�me sans rien dire � ses amis, et il �tait tout � fait �vident que �a aussi, ce serait Mal.</p><p>Hermione savait qu'elle faisait face � un Dilemme Moral, exactement comme tous ces sorciers et ces sorci�res dont elle avait lu les histoires. Seulement dans les histoires, les gens avaient toujours un <emphasis>bon</emphasis> choix et un mauvais choix, pas deux mauvais, ce qui en l'occurrence semblait un peu injuste. Mais sans qu'elle sache comment, elle avait la sensation - peut-�tre cela venait-il du ton sur lequel Harry parlait toujours de la fa�on dont les livres d'Histoire les verraient - qu'elle faisait face � une d�cision H�ro�que, et que toute sa vie pouvait partir dans une direction ou dans une autre selon ce qu'elle d�cidait l�, maintenant, <emphasis>ce matin</emphasis>.</p><p>Hermione s'assit � la table sans regarder d'un c�t� ni de l'autre, se contentant de fixer l'assiette et les couverts comme si des r�ponses avaient �t� cach�es � l'int�rieur en r�fl�chissant aussi vite qu'elle le pouvait, et quelques secondes plus tard elle entendit la voix de Padma chuchoter, presque au creux de son oreille : "Daphn� dit qu'elle sait o� trouver une brute � dix heures et demie aujourd'hui."</p><empty-line/><p>Foutues.</p><p>Selon Susan Bones, elles �taient toutes foutues.</p><p>Tantine lui racontait parfois des histoires qui commen�aient comme �a, des histoires de gens qui faisaient quelque chose qu'ils <emphasis>savaient</emphasis> �tre stupide, et les histoires finissait g�n�ralement avec quelqu'un qui se retrouvait compl�tement <emphasis>foutu</emphasis> � terre, sur les murs, et sur les chaussures de Tantine.</p><p>"H�, Padma," marmonna Parvati, sa voix � peine audible par-dessus les l�gers impacts de huit filles marchant sur la pointe des pieds dans le couloir qui menait � la salle de potions, "t'sais pourquoi Hermione a soupir� toute la matin�e -"</p><p>"On se tait !" siffla Lavande, le dur chuchotement bien plus puissant que le marmonnement de Parvati. "On ne sait jamais quand le Mal �coute !"</p><p>"<emphasis>Shhh !</emphasis>" dirent trois autres filles encore plus fort.</p><p>Absolument, totalement, extr�mement foutues.</p><p>Alors qu'elles s'approchaient de la quatri�me coursive � gauche de la salle de potions, l� o� l'informateur myst�rieux de Daphn� avait dit que les brutalisations auraient lieu, les huit filles ralentirent, le bruit de leurs pas devint plus doux, et le g�n�ral Granger fit enfin le geste qui signifiait <emphasis>Halte, je vais voir</emphasis>.</p><p>Lavande leva alors une main et, quand Hermione se fut tourn�e pour la regarder, Lavande, l'air perplexe, pointa un doigt vers le couloir, se d�signa elle-m�me, puis essaya d'exprimer quelque chose que Susan ne comprit pas -</p><p>Le g�n�ral Granger secoua la t�te et � nouveau, cette fois avec des mouvements plus lents et plus exag�r�s, fit le signe pour <emphasis>Halte, je vais voir</emphasis>.</p><p>Lavande, l'air encore plus perplexe, pointa vers l'endroit d'o� elles venaient et de son autre main fit le geste de rebondir.</p><p>Maintenant tout le monde avait l'air encore plus perplexe que Lavande et Susan songea avec aigreur que manifestement, une heure de pratique deux jours plus t�t ne suffisait pas � se souvenir d'un nouvel ensemble de signaux cod�s.</p><p>Hermione pointa vers Lavande, puis vers le sol sur lequel elle se tenait, l'expression de son visage rendant limpide le sens voulu : <emphasis>Tu. Reste. Ici.</emphasis></p><p>Lavande hocha la t�te.</p><p><emphasis>Doom doom doom</emphasis>, les mots de la marche de la l�gion du Chaos revinrent � l'esprit de Susan, <emphasis>doom doom doom doom doom doom...</emphasis> [NdT: jeu de mot difficile � traduire, <emphasis>doomed</emphasis> peut vouloir dire 'foutu']</p><p>Hermione fouilla dans ses robes et en sortit un petit b�ton muni d'un miroir et d'un oculaire. Tr�s doucement, oh si doucement, la Serdaigle avan�a vers le mur jusqu'� l'endroit o� la coursive s'ouvrait vers un couloir et fit d�passer juste le bout de l'oculaire au-del� de l'angle.</p><p>Puis un peu plus.</p><p>Puis un peu plus.</p><p>Puis le g�n�ral Granger fit pr�cautionneusement passer sa t�te.</p><p>Elle se retourna alors, hocha la t�te et fit le geste pour <emphasis>suivez-moi</emphasis>.</p><p>Susan se sentit un peu mieux alors qu'elle s'avan�ait. Apparemment, la partie du Plan qui disait qu'elles devaient arriver une demi-heure avant les brutes avait march�. Peut-�tre n'�taient-elles que <emphasis>l�g�rement</emphasis> foutues ?</p><empty-line/><p>� dix heures vingt-neuf, presque � l'heure pile, la brute arriva. Si quiconque avait �t� pr�sent pour l'entendre - m�me si le couloir �tait apparemment vide - cette personne aurait entendu les chaussures de la brute produire un fort cliquetis dans le couloir principal, entrer dans la coursive, marcher vers l'endroit o� la coursive prenait son premier tournant, passer ce tournant, puis s'arr�ter, assez surprise de constater que cette coursive se terminait maintenant par un solide mur de brique l� o� il n'y en avait eu aucun auparavant.</p><p>Puis la brute haussa les �paules et se d�tourna tout en se penchant pour observer le couloir principal derri�re l'angle.</p><p>Apr�s tout, on <emphasis>�tait</emphasis> � Poudlard.</p><p>Derri�re les cloisons m�tamorphos�es � la h�te dot�es de l'apparence d'un mur de brique, les filles attendaient ; sans parler, sans bouger, sans presque respirer, mais en regardant � travers les trous qu'elles avaient laiss� dans les cloisons.</p><p>Susan put sentir une contraction de sa poitrine jusqu'� ses orteils lorsque la brute entra dans son champ de vision. Le gar�on semblait �tre en septi�me ann�e, voir m�me <emphasis>plus vieux</emphasis>, ses robes �taient brod�es de vert au lieu du rouge qu'elles avaient esp�r�, il avait des <emphasis>muscles </emphasis>et, apr�s regard� un peu plus longtemps, Susan se rendit compte que sa posture r�v�lait qu'il �tait un <emphasis>duettiste</emphasis>.</p><p>Puis elles entendirent toutes le son d'autres pas qui s'approchaient dans le couloir. Les Gryffondor et Serpentard de quatri�me ann�e venaient de sortir de leur cours de potions.</p><p>Le cr�pitement des pieds passa, diminua et s'estompa, et la brute ne fit rien. L'espace d'un instant Susan se sentit soulag�e -</p><p>Puis un autre groupe de bruit de pas plus petit approcha.</p><p>La brute ne fit toujours rien et les pas s'en all�rent.</p><p>Cela se produisit plusieurs fois encore.</p><p>Puis, alors qu'approchait un dernier ensemble de pas faiblement audible, les sept filles entendirent la voix de la brute qui disait, claire, froide et basse : "<emphasis>Protego</emphasis>".</p><p>Quelqu'un <emphasis>s'�trangla</emphasis> alors, mais celle-ci le fit heureusement tr�s tr�s doucement. Si elles ne pouvaient m�me pas l'atteindre -</p><p>Susan se rendit compte que les brutes apprenaient <emphasis>d�j�</emphasis>. Elle ne s'�tait pas attendue � ce que la S.P.E.H.S. soit capable de faire �a tr�s souvent avant que les brutes ne comprennent - mais - Hermione avait d�j� vaincu trois brutes - et la veille, l'�cole avait bourdonn�e de sp�culations quant au fant�me de Salazar Serpentard -</p><p><emphasis>Il nous attend !</emphasis></p><p>Susan aurait d� murmurer d'abandonner, d'annuler le plan, mais il n'y avait aucun moyen de faire passer le message � -</p><p>"<emphasis>Silencio</emphasis>," dit la brute d'une voix douce et mesur�e, baguette point�e vers le couloir, la brume bleue de son sortil�ge de bouclier chatoyant autour de lui. "<emphasis>Accio</emphasis> victime."</p><p>Lorsque le gar�on en quatri�me ann�e entra dans leur champ de vision, il pendait � l'envers, comme si une main invisible le tenait en l'air par une jambe, et ses robes bord�es de rouge commen�aient � glisser le long de ses cuisses et � r�v�ler son pantalon. Sa bouche s'ouvrait et se fermait en vain ; aucun son ne sortait.</p><p>"J'imagine que tu te demandes ce qui se passe," dit le Serpentard en septi�me ann�e d'une voix basse et froide. "Ne t'en fais pas. C'est tellement simple que m�me un Gryffondor pourrait comprendre."</p><p>Sur ce, le Serpentard serra son poing et l'envoya avec force dans le ventre du Gryffondor. Le corps du gar�on convulsa d�sesp�r�ment mais toujours aucun mot ne sortait de sa bouche</p><p>"Tu es ma victime," dit le Serpentard plus �g�. "Je suis une brute. Je vais te battre. Et on verra si quelqu'un m'en emp�che."</p><p>C'est alors que Susan comprit que c'�tait un pi�ge.</p><p>Et presque au m�me instant sonna le puissant et aigu cri d'une jeune fille qui hurlait : "<emphasis>Arr�te, malfaisant ! Finite Incantatem !</emphasis>"</p><p><emphasis>Lavande,</emphasis> songea Susan avec angoisse. La Gryffondor s'�tait port�e volontaire pour faire diversion pendant que les autres l'attaqueraient par derri�re au moment o� la brute ne s'y attendrait pas, voil� ce qu'avait �t� le plan, sauf que maintenant -</p><p>"Au nom de Poudlard," s'�cria la voix de Lavande, m�me si elles ne pouvaient pas la voir, "et au nom des h�ro�nes de par le monde, je t'ordonne de l�cher ce IIIIIIHHH !"</p><p>"<emphasis>Expelliarmus,</emphasis>" dit la brute. "<emphasis>Stup�fix. Accio </emphasis>h�ro�ne stupide."</p><p>Lorsque Lavande flotta jusqu'� leur champ de vision, pendue un pied et inconsciente, Susan eut la berlue ; la fille �tait habill�e d'une jupe or et pourpre vif et d'un chemisier � la place de ses robes de Poudlard habituelles.</p><p>La brute jetait aussi un regard �trange au corps renvers� de la fille, et il dirigea alors sa baguette vers elle, dit : "<emphasis>Finite Incantatem</emphasis>," mais les v�tements ne chang�rent pas.</p><p>Puis la brute haussa les et �paules et, toujours face � Lavande et non pas face au gar�on suspendu, il ramena son poing en arri�re -</p><p>"<emphasis>Lagann !</emphasis>" s'�cri�rent cinq voix, et cinq spirales vertes jaillirent de cinq baguettes � travers cinq trous dans le faux mur, et un instant plus tard la voix de Hermione hurla : "<emphasis>Stup�fix !</emphasis>"</p><p>Cinq spirales vertes se fracass�rent inutilement sur le nuage bleu et le rayon rouge de Hermione rebondit sur ce m�me nuage et frappa le gar�on en quatri�me ann�e qui eut une convulsion puis devint immobile.</p><p>Et la brute de septi�me ann�e se retourna avec un sourire lugubre tandis que les filles de premi�re ann�e hurlaient et chargeaient.</p><empty-line/><p>Les yeux de Susan s'ouvrirent grand et elle roula imm�diatement loin de l'endroit du sol o� elle avait �t� �tendue, ses poumons toujours en feu et son tout son corps encore douloureux comme si on l'avait frapp�e, la bataille n'avait progress� que de quelques secondes � ce qu'elle pouvait en voir, le corps de Hannah tombait et son bras �tait toujours tendu en direction de Susan, "<emphasis>Glisseo !</emphasis>" hurla Hermione, mais le gar�on plus �g� fit un grand geste de baguette vers le sol, cr�ant une tra�n�e verte et lumineuse qui perturba visiblement le sortil�ge de Hermione et en fit une douche d'�tincelles bleu-blanches, puis presque dans le m�me mouvement la brute dit : "<emphasis>Stup�fix !</emphasis>" et Hermione fut projet�e en arri�re, alors Susan fit appel � toute la magie qui lui restait et elle hurla <emphasis>"Innerver</emphasis> !" vers le corps de Hermione alors m�me que la brute se tournait vers elle, baguette point�e de nouveau vers elle, puis Padma hurla "<emphasis>Prismatis !</emphasis>" juste avant que la brute ne hurle "<emphasis>Impedimental !</emphasis>", la sph�re arc-en-ciel se forma <emphasis>autour de la brute</emphasis> et le Serpentard vacilla lorsque son propre sort fut renvoy� vers lui, mais un instant plus tard la baguette de ce dernier se retourna et le toucha, et la sph�re prismatique de Padma �clata alors comme une bulle de savon, tranch�e par la baguette de la brute, et "<emphasis>Innerver</emphasis> !" hurla Parvati en direction du corps de Hannah, et Tracey et Lavande hurl�rent au m�me instant : "<emphasis>Wingardium Leviosa !</emphasis>" -</p><empty-line/><p>Hannah Abbott leva sa baguette d'une main qui tremblait d'�puisement, elle n'avait m�me plus assez de magie pour un seul <emphasis>Innerver</emphasis> � pr�sent.</p><p>Le reste de la coursive �tait silencieux, des corps �taient �parpill�s au sol, Padma, Tracey, Lavande, Hermione et Parvati en tas contre un mur, Susan debout, p�trifi�e � mesure qu'elle d�couvrait la sc�ne avec impuissance, m�me le corps du Gryffondor �tait �tal� au sol, immobile (Hermione l'avait r�veill� et il s'�tait battu mais �a n'avait pas suffit.)</p><p>�a avait �t� une tr�s courte bataille.</p><p>La brute souriait encore et les seuls signes d'�puisement �taient une ondulation dans l'iridescence bleue qui l'entourait et quelques perles de sueur sur son front.</p><p>La brute leva son bras, essuya la sueur et avan�a jusqu'� elle comme un Moremplis qui aurait pris forme humaine.</p><p>Hannah se retourna et fuit, des hurlements r�prim�s dans sa gorge qui s'�tranglait, elle sprinta d�passa les cloisons en faux mur de brique tomb�es au sol, elle courut le long de la coursive aussi vite qu'elle le pouvait, zigzaguant au maximum -</p><p>Juste avant qu'elle ne franchisse l'angle de la coursive, la voix de la brute dit : "<emphasis>Cluthe !" </emphasis>et d'horribles crampes travers�rent ses jambes, elle tomba, glissa et frappa sa t�te contre le mur, sauf qu'elle ne remarqua m�me pas la douleur de l'impact, car elle avait commenc� � hurler � cause de ses muscles qui s'entortillaient -</p><p>La brute approchait encore, Hannah le vit lorsqu'elle tourna la t�te, elle approchait lentement, toujours avec cet effrayant sourire.</p><p>Elle fit une roulade en d�pit de la douleur, alors que les muscles de ses jambes se nouaient l'un autour de l'autre, elle roula jusque derri�re l'angle de la coursive et cria : "<emphasis>Vas-t-en !</emphasis>"</p><p>"Je ne pense pas," dit la brute, sa voix grave et effrayante, semblable � celle d'un homme adulte, tr�s proche.</p><p>La brute passa l'angle et Daphn� Greengrass enfon�a sa Tr�s Ancienne Lame directement dans son entrejambe.</p><p>Il y eut une flash de lumi�re qui �claira tout le couloir -</p><empty-line/><p>C'est en silence que les sept filles quitt�rent le bureau de Madame Pomfresh, laissant l'une des leurs sur un lit d'h�pital.</p><p>La gu�risseuse avait dit que Hannah irait tr�s bien d'ici trente cinq minutes, les muscles d�chir�s �taient simples � rapi�cer.</p><p>Daphn� s'�tait charg�e des explications et selon elle, Hannah avait eu une m�saventure avec son sortil�ge de course � pied, ce qui lui avait occasionn� des crampes aux jambes. Madame Pomfresh leur avait jet� un regard s�v�re mais n'avait pas discut�, bien que le sortil�ge soit environ six ans au-dessus de leur niveau actuel.</p><p>Madame Pomfresh avait aussi donn� � Daphn� une potion pour pallier � son �tat d'�puisement magique absolu et l'avait pr�venue de ne jeter aucun sortil�ge pendant les trois prochaines heures. Cet �puisement �tait officiellement d� aux efforts r�p�t�s de Daphn� pour lancer <emphasis>Finite</emphasis> sur les jambes de Hannah plut�t qu'� la Tr�s Ancienne Lame qui avait fait utilis� toute la magie de Daphn� pour pouvoir briser le <emphasis>Protego</emphasis>.</p><p>Les autres avaient d�cid� de ne pas mentionner les ecchymoses sous leur robe jusqu'� avoir trouv� des a�n�es qui pourraient lancer <emphasis>Episkey</emphasis>. Il y avait des limites aux talents de persuasion de Daphn�.</p><p>Tout s'�tait jou� sur bien trop peu de choses, songea Susan, bien d'�ileu. Si la brute avait ne serait-ce que jet� un coup d'oeil derri�re l'angle - si elle avait prit un moment pour relancer son sortil�ge de bouclier -</p><p>"On devrait arr�ter," dit Susan d�s qu'elles furent hors de port�e d'oreille du bureau de la gu�risseuse. "On devrait arr�ter de faire �a."</p><p>Et alors, bien qu'elles aient �t� cens�es voter pour ce genre de chose, elles se tourn�rent toutes vers le g�n�ral Granger.</p><p>Le g�n�ral Soleil ne sembla pas remarquer qu'on la regardait et continua, le regard braqu� vers l'avant.</p><p>Apr�s un moment, Hermione Granger, d'une voix un peu pensive et un peu triste, dit : "Hannah a dit qu'<emphasis>elle</emphasis> ne voulait pas qu'on s'arr�te. Je ne sais pas si ce serait juste qu'on aie... moins de courage <emphasis>pour</emphasis> elle qu'elle n'en a elle-m�me."</p><p>Toutes les autres filles hoch�rent la t�te, hormis Susan.</p><p>"Je pense que le pire est arriv�," dit Parvati. "Et on sait le g�rer. On vient de le prouver."</p><p>Susan ne savait pas quoi r�pondre � cela. Elle ne pensait pas que hurler � s'en faire �clater les poumons au sujet de leur stupidit� flagrante et du fait qu'elles �taient FOUTUES serait persuasif. Et elle ne pouvait pas juste <emphasis>quitter</emphasis> les autres filles non plus. Comme si �a ne suffisait pas d'�tre maudit par le z�le, pourquoi fallait-il que les Poufsouffles soient <emphasis>loyaux</emphasis> en plus de tout le reste ?</p><p>"Au fait, Lavande," dit Padma. "Par les sous-v�tements de Merlin, qu'est-ce que tu <emphasis>portais</emphasis> l� bas ?"</p><p>"Mon costume d'h�ro�ne," dit la Gryffondor.</p><p>Daphn� parla d'une voix lasse, sans tourner la t�te, en continuant de marcher d'un pas laborieux : "C'est le costume du soldat de Gryffondor dans la pi�ce <emphasis>Les Chroniques des Soldats Lunariens</emphasis>."</p><p>"Tu l'as m�tamorphos� ?" dit Parvati d'un ton perplexe. "Mais la brute t'a lanc� <emphasis>Finite</emphasis> -"</p><p>"Nan !" dit Lavande. "C'est <emphasis>r�el</emphasis>, j'ai juste m�tamorphos� mon costume en un t-shirt et une jupe normaux <emphasis>avant</emphasis> comme �a j'avais juste � me lancer <emphasis>Finite</emphasis> apr�s avoir vu la brute. Tu veux avoir le tien, Parvati ? Katarina et Joshua m'ont fait le mien hier pour douze Mornilles, ils sont en sixi�me ann�e -"</p><p>"Je pense," dit le g�n�ral Granger avec prudence, "que cela nous donnerait � toutes l'air un peu idiotes."</p><p>"Eh bien," dit Lavande, "on devrait voter pour savoir si on -"</p><p>"Je pense," dit le g�n�ral Granger, "que peu importe ce que <emphasis>vous </emphasis>votez, je pr�f�rerais mourir plut�t que d'�tre vue avec un de ces costumes sur le dos -"</p><p>Susan ignora son argument. Elle essayait de trouver une technique pour qu'elles soient moins foutues.</p><empty-line/><p>Toute la grande salle se tut, m�me si ce ne fut que pour un instant, lorsque les sept filles entr�rent pour le d�jeuner.</p><p>Puis les applaudissements commenc�rent.</p><p>Ils �taient �pars, ce n'�tait pas un applaudissement massif au d�marrage synchronis�. Nombre d'entre eux venaient de la table Gryffondor, moins de Poufsouffle et Serdaigle et aucun de Serpentard.</p><p>Daphn� sentit son visage se pincer. Elle avait <emphasis>esp�r�</emphasis> - enfin, peut-�tre qu'apr�s qu'elles aient trouv� une brute Gryffondor � arr�ter et un Serpentard � sauver, ses camarades Serpentard se rendraient compte -</p><p>Elle regarda la table Poufsouffle.</p><p>Neville Londubat applaudissait mains haut au-dessus de la t�te mais il ne souriait pas. Peut-�tre qu'il avait entendu pour Hannah, ou peut-�tre qu'il se demandait pourquoi Hannah n'�tait pas l�.</p><p>Puis, pas tout � fait capable de s'en emp�cher, elle jeta un coup d'oeil � la table d'honneur.</p><p>Le visage du professeur Chourave �tait rid� d'inqui�tude. Elle et le professeur McGonagall penchaient leur t�te vers le directeur, qui avait un air solennel, et leurs l�vres bougeaient rapidement. Le professeur Flitwick avait l'air plus r�sign� qu'autre chose et Quirrell, visage flasque, buvait sa soupe � cuiller�es tremblantes tenues par un poing serr�.</p><p>Le professeur Rogue avait les yeux braqu�s sur -</p><p><emphasis>Elle ?</emphasis></p><p>Ou - Hermione Granger, juste � c�t� ?</p><p>Un fin et discret sourire passa sur le visage du ma�tre des potions, il leva les mains, les rapprocha l'une de l'autre dans un geste qui �tait trop lent pour �tre un v�ritable applaudissement, puis il revint � son assiette en ignorant les conversations qui l'entouraient.</p><p>Daphn� sentit un petit frisson descendre le long de son �chine et elle se dirigea h�tivement vers la table Serpentard. Susan, Lavande et Parvati se d�tach�rent du groupe et se rendirent aux tables Poufsouffle et Gryffondor, de l'autre c�t� de la grande salle.</p><p>L'�v�nement eut lieu lorsqu'elles pass�rent la partie de la table Serpentard o� s'asseyait leur �quipe de Quidditch.</p><p>C'est � ce moment que Hermione tr�bucha soudain, <emphasis>avec force</emphasis>, comme si on lui avait balay� les pieds, elle s'affala dans l'espace entre Marcus Flint et Lucian Bole et il y eut un triste petit plouf lorsque son visage atterrit dans l'assiette de steak et de pur�e de pommes de terre de Flint.</p><p>Tout sembla alors avoir lieu bien trop vite, ou peut-�tre que c'�tait Daphn� qui pensait trop lentement, quand Flint laissa �chapper un mugissement indign�, repoussa Hermione d'une main et la jeta vers la table Serdaigle o� elle rebondit contre le dos d'un �tudiant et alla s'effondrer sur le sol -</p><p>Le silence se r�pandit par vagues.</p><p>Hermione se releva en poussant sur le sol mais ne se remit pas tout � fait sur pied, Daphn� pouvait voir que tout son corps tremblait, que son visage �tait encore couvert de pur�e et de morceaux de steak �pars.</p><p>Pendant un long moment, personne ne parla, personne ne bougea. Comme si personne dans la grande salle ne pouvait imaginer plus que Daphn� ce qui allait se produire ensuite.</p><p>Puis la puissante voix de Flint, la voix du capitaine Serpentard qui beuglait des ordres sur le terrain de Quidditch, dit avec un grondement mena�ant : "Tu as g�ch� ma nourriture, fillette."</p><p>Un autre moment de silence fig�. La t�te de Hermione - Daphn� pouvait la voir trembler - se retourna pour regarder le capitaine de Quidditch de Serpentard.</p><p>"Pr�sente-moi des excuses," dit Flint.</p><p>Harry Potter commen�a � se lever de la table Serdaigle puis s'arr�ta soudain � mi-parcours, comme s'il venait de penser � quelque chose -</p><p>Puis cinq autres personnes se lev�rent � la table Serdaigle.</p><p>Toutes l'�quipe de Quidditch de Serpentard se leva, leurs baguettes apparurent dans leurs mains, et les �l�ves se lev�rent alors � la table Gryffondor et � la table Poufsouffle, et sans r�fl�chir Daphn� regarda la table d'honneur et vit que le directeur �tait toujours assis et qu'il regardait, qu'il ne faisait que regarder, Dumbledore <emphasis>se contentait de regarder</emphasis>, une main ouverte comme pour retenir le professeur McGonagall - dans une seconde quelqu'un allait crier un sortil�ge et il serait trop tard, <emphasis>pourquoi le directeur ne faisait-il rien -</emphasis></p><p>Et une voix dit : "Je vous pr�sente mes excuses."</p><p>Daphn� se retourna, abasourdie, la bouche b�ante.</p><p>"<emphasis>R�curvite</emphasis>" dit la voix mielleuse, et la pur�e disparut du visage de Hermione, r�v�lant une expression de surprise sur le visage de la Serdaigle lorsque Draco Malfoy s'approcha, rengaina sa baguette puis posa un genoux � terre et lui offrit sa main.</p><p>"Navr� pour tout ceci, Mlle Granger," dit la voix polie de Draco Malfoy. "Je suppose que quelqu'un s'est cr� dr�le."</p><p>Hermione prit la main de Draco et Daphn� comprit soudain ce qui allait se produire -</p><p>Mais Draco Malfoy <emphasis>ne laissa pas</emphasis> Hermione se lever � moiti� avant de la laisser retomber par terre.</p><p>Il la mit juste sur pieds.</p><p>"Merci," dit Hermione.</p><p>"De rien," dit Draco d'une voix forte, sans regarder autour de lui, o� les quatre maisons de Poudlard le regardaient dans un �tat de stup�faction absolue. "Souvenez-vous juste qu'�tre rus� et ambitieux ne signifie pas qu'on se comporte forc�ment comme d'une fa�on pareille."</p><p>Puis il revint � sa place sur le banc Serpentard et s'assit comme s'il ne venait pas - comme s'il ne venait pas juste - <emphasis>juste de</emphasis> -</p><p>Hermione se rendit � la place libre la plus proche sur le banc Serdaigle et s'assit.</p><p>Plusieurs personnes, assez lentement, se rassirent.</p><p>"Daphn� ?" dit Tracey. "Tu vas bien ?"</p><empty-line/><p>Le c�ur de Draco tambourinait dans sa poitrine si fort qu'il se demandait si celui-ci n'allait pas exploser dans une gerbe de sang, comme avec ce sortil�ge qu'Amycus Carrow avait un jour utilis� sur un b�b� chien.</p><p>Le visage de Draco demeura parfaitement neutre car il savait (on le lui avait fait rentrer dans le cr�ne encore et encore) que s'il montrait le moindre signe de ce qu'il ressentait � ses camarades, ceux-ci le r�duiraient en miettes comme un essaim d'Acromentules.</p><p>Il n'avait pas eu le temps de v�rifier aupr�s de Harry Potter, de planifier, juste l'instant o� il s'�tait rendu compte que le moment de commencer � sauver la r�putation de Serpentard �tait <emphasis>maintenant</emphasis>.</p><p>De tous c�t� de la longue table Serpentard, des visages en col�re regardaient Draco.</p><p>Mais les visage perplexes �taient en surnombre.</p><p>"D'accord, j'abandonne," dit un gar�on de sixi�me ann�e que Draco ne reconnut pas, assit en face de lui, deux places sur la droite. "Pourquoi tu as fait �a, Draco ?"</p><p>M�me si sa bouche �tait tr�s s�che, Draco ne d�glutit pas. Cela aurait �t� un signe de peur. Au lieu de cela, il prit une bouch�e de carottes, qui �taient l'aliment le plus humide sa son assiette, m�cha et avala tout en r�fl�chissant le plus rapidement possible.</p><p>"Tu sais," dit Draco, d'une voix aussi tranchante qu'il en �tait capable - alors que son c�ur battait encore plus fort dans sa poitrine, alors que tout le monde s'�tait arr�t� de parler et l'�coutait - "il y a <emphasis>probablement</emphasis> un moyen de donner encore plus mauvaise r�putation � Serpentard qu'en attaquant huit filles de premi�re ann�es des quatre maisons qui travaillent ensemble pour arr�ter les brutalisations, mais je ne le <emphasis>trouve</emphasis> pas. L�, on tire b�n�fice des agissements de Daphn�."</p><p>Les visages qui �taient perplexes le demeur�rent.</p><p>"Quoi ?" dit le gar�on en sixi�me ann�e, et "Attends, <emphasis>quel</emphasis> b�n�fice ?" dit une fille en cinqui�me ann�e assise � sa gauche.</p><p>"�a donne une bonne r�putation � Serpentard," dit Draco.</p><p>Les Serpentard autour de lui jetaient des regards mi-interloqu�s mi-moqueurs, comme s'il venait d'essayer de leur expliquer ce qu'�tait l'alg�bre.</p><p>"Aupr�s de <emphasis>qui </emphasis>?" dit le gar�on en sixi�me ann�e.</p><p>"Mais tu viens d'aider une <emphasis>Sang-de-Bourbe</emphasis>," dit la fille en cinqui�me ann�e. "Comment est-ce que <emphasis>�a</emphasis> c'est cens� nous donner une bonne r�putation ?"</p><p>La gorge de Draco se cl�t. Son cerveau vivait un hideux dysfonctionnement qui l'emp�chait de trouver autre � r�pondre que la v�rit� -</p><p>Puis : "C'est probablement une sorte de plan incroyablement malin que Malfoy pr�pare," dit un gar�on en cinqui�me ann�e. "Vous savez, comme dans <emphasis>La Trag�die de Light</emphasis>, o� tous les revers font en fait partie du plan. Et �a finit avec la t�te de Granger au bout d'une pique et personne pour le soup�onner."</p><p>"<emphasis>�a</emphasis>, �a se tient," dit quelqu'un plus loin vers l'autre bout de la table, et il y eut de nombreux hochements de t�te.</p><empty-line/><p>"Est-ce que <emphasis>tu</emphasis> sais ce que le boss pr�pare ?" marmonna Vincent � voix basse.</p><p>Gregory Goyle ne r�pondit pas. Dans son esprit, il pouvait entendre tr�s distinctement la voix de son ma�tre qui disait : <emphasis>Je n'arrive pas � croire que je crois � tout �a</emphasis>, le jour o� la rumeur disant que Salazar Serpentard montrait � Potter et � Granger o� trouver des brutes avait commenc�.</p><p>"M. Goyle ?" chuchota Vincent.</p><p>Les l�vres de Gregory Goyle form�rent les mots : <emphasis>Oh, non, </emphasis>mais aucun son ne sortit.</p><empty-line/><p>Hermione �tait partie en avance du d�jeuner ce jour l�, pour une raison ou une autre elle n'avait pas eu faim. Ces quelques secondes d'horrible humiliations avaient continu� de br�ler dans son esprit, encore et encore, la sensation de son visage press� contre la pur�e, puis d'�tre envoy�e en l'air, puis la voix du Serpentard qui disait : "Pr�sente-moi tes excuses"... �a avait peut-�tre �t� la premi�re fois de sa vie qu'elle avait eu envie de <emphasis>ha�r</emphasis> quelqu'un. Le gar�on qui l'avait projet�e (on lui disait qu'il s'appelait Marcus Flint), et aussi cette personne qui avait lanc� le sortil�ge de tr�buchement... elle avait sentit, pendant un moment horrible, qu'elle voulait dire � Harry que s'il commen�ait � �tre <emphasis>cr�atif</emphasis> pour son compte, elle n'y opposerait aucune objection.</p><p>Elle n'�tait pas sortie de la grande salle depuis plus d'une minute lorsqu'elle entendit le bruit de pieds qui couraient derri�re elle, elle se retourna et vit Daphn� qui fon�ait dans sa direction.</p><p>Et elle �couta ce que son soldat Soleil avait � dire...</p><p>"Tu ne <emphasis>comprends pas</emphasis> ?" dit la voix de Daphn� qui �tait � peine au-dessous d'un glapissement. "Ce n'est pas parce que quelqu'un est gentil avec toi qu'il veut �tre ton ami ! C'est <emphasis>Draco Malfoy !</emphasis> Son p�re est un Mangemort, tous les parents de tous ses amis sont des Mangemorts - Nott, Goyle, Crabbe, <emphasis>tous les gens qui l'entourent</emphasis>, tu comprends ? Ils m�prisent <emphasis>tous</emphasis> les n�s-Moldus, ils veulent que les gens comme toi <emphasis>meurent</emphasis>, ils pensent que tu n'es bonne qu'� �tre <emphasis>sacrifi�e</emphasis> pour d'horribles rituels noirs ! Draco est le <emphasis>prochain Lord Malfoy</emphasis>, il a �t� �duqu� depuis la naissance pour te ha�r et pour <emphasis>mentir</emphasis> !" Les yeux gris-vert de Daphn� demandaient farouchement un assentiment ou le signe d'une compr�hension.</p><p>"Il -" dit Hermione d'une voix h�sitante. Elle se souvint du toit, de l'horrible secousse lorsqu'elle avait commenc� � tomber, de la main de Draco Malfoy qui avait attrap� la sienne et qui l'avait serr�e si fort qu'elle en avait ensuite eu des ecchymoses. Elle avait d� lui demander deux fois avant qu'il ne la laisse enfin tomber. "Peut-�tre que Draco Malfoy n'est pas comme eux -"</p><p>Le chuchotement de Daphn� �tait presque un cri. "S'il ne finit <emphasis>pas</emphasis> par t'infliger dix fois pire que ce qu'il a fait pour t'aider, sa <emphasis>vie</emphasis> est finie, tu comprends ? Je veux dire que Lucius Malfoy le <emphasis>d�sh�riterait</emphasis>, au sens propre ! T'sais quelles sont les chances qu'il ne soit <emphasis>pas</emphasis> en train de pr�parer quelque chose ?"</p><p>"Faibles ?" dit Hermione d'une petite voix.</p><p>"<emphasis>Z�ro !</emphasis>" siffla Daphn�. "Je veux dire <emphasis>aucune</emphasis> ! Je veux dire <emphasis>moins</emphasis> que z�ro ! Je veux dire que les chances sont tellement faibles que tu ne les trouverais pas avec trois sortil�ges d'agrandissement et un sortil�ge de Montre-Moi et - et - une ancienne carte et un proph�te centaure ! Tout le monde � Serpentard sait qu'il fomente quelque chose contre toi et qu'il ne veut pas qu'on le soup�onne, j'ai entendu quelqu'un dire qu'il avait dirig� sa baguette vers toi juste avant que tu ne tr�buches - tu ne comprends pas ? <emphasis>Tout �a fait partie du plan de Malfoy !</emphasis>"</p><empty-line/><p>Draco s'assit et mangea son steak au chou-fleur r�ti et � la sauce Ashwinder (qui n'�tait pas faite � partir de vrais �ufs Ashwinder et avait exactement le go�t du feu) en essayant de ne pas rire et de ne pas pleurer non plus.</p><p>Il avait <emphasis>entendu parler</emphasis> du concept de d�ni plausible mais il n'avait pas compris � quel point c'�tait important jusqu'au jour o� il avait d�couvert que les Malfoys n'en avaient pas du tout.</p><p>"Tu veux conna�tre mon plan ?" dit Draco. "<emphasis>Voil�</emphasis> mon plan. Je ne vais <emphasis>rien faire</emphasis> cette fois et comme �a la <emphasis>prochaine</emphasis> fois que les gens penseront que je fomente quelque chose, ils n'en seront pas certains."</p><p>"Euh..." dit le gar�on en cinqui�me ann�e. "Je ne pense pas que je te crois, �a n'a vraiment pas l'air assez fourbe pour �tre �a -"</p><p>"C'est ce qu'il <emphasis>veut</emphasis> que tu penses," dit la fille en cinqui�me ann�e.</p><empty-line/><p>"Albus," dit Minerva d'un ton mena�ant, "avez-vous <emphasis>planifi�</emphasis> tout cela ?"</p><empty-line/><p>"Allons, si <emphasis>j'avais</emphasis> claqu� des doigts sous la table, je ne te le <emphasis>dirais</emphasis> pas -"</p><empty-line/><p>La main tremblante du professeur de D�fense fit retomber sa cuill�re dans sa soupe.</p><empty-line/><p>"Comment �a, <emphasis>on vous a pi�g�es ?</emphasis>" dit Millicent. Elles �taient toutes les deux assises sur le lit de Daphn� apr�s �tre venues l� directement apr�s le d�jeuner dans la grande salle. "Avec mes yeux de voyante capables de voir � travers le Temps lui-m�me, je vous ai vues <emphasis>gagner</emphasis>."</p><p>Daphn� fixa Millicent de ses yeux de simples mortels qui se trouvaient �tre fort pliss�s : "Ce gar�on nous <emphasis>attendait</emphasis>."</p><p>"Ben ouais !" dit Millicent. "Tout le monde sait que vous faites la chasse aux brutes !"</p><p>"Hannah s'est prise un sortil�ge vraiment douloureux en plein visage," dit Daphn�. "Elle a d� aller voir un gu�risseur, Millicent ! En tant qu'amie, tu aurais d� me <emphasis>pr�venir </emphasis>!"</p><p>"�coute, Daphn�, je te l'ai <emphasis>dit</emphasis>, -" la Serpentard s'interrompit, comme si elle essayait de se souvenir de quelque chose, puis elle dit : "je veux dire, je t'ai dit que ce que je vois <emphasis>doit</emphasis> se produire. Si j'essaie de le changer, si <emphasis>quiconque</emphasis> essaie de le changer, des choses vraiment terribles, atroces, pas bien, extr�mement mauvaises auront lieu. Et ensuite �a se produira <emphasis>quand m�me</emphasis>. Si je vois que tu vas te faire frapper, je ne <emphasis>peux pas</emphasis> te le dire parce que tu <emphasis>essaieras</emphasis> de l'�viter, et <emphasis>alors</emphasis> -" Millicent se tut.</p><p>"Et alors ?" dit Daphn� d'un ton sceptique. "Par exemple, qu'est-ce qui se passe si je n'y vais tout simplement pas ?"</p><p>"Je ne <emphasis>sais</emphasis> pas !" dit Millicent. "Mais compar� � �a, se faire manger par des Moremplis ressemble probablement � une partie de plaisir !"</p><p>"�coute, m�me moi je sais que les proph�ties ne marchent pas comme �a," dit Daphn�, puis elle marqua une pause. "En tout cas elles ne marchent pas comme �a dans les pi�ces de th��tre..." Il fallait convenir qu'il existait toutes sortes de trag�dies ou essayer d'�viter la proph�tie la <emphasis>d�clenchait</emphasis>, ou d'autres o� au contraire, le fait d'essayer de les <emphasis>suivre</emphasis> �tait la seule raison qui les faisait se produire. Mais il �tait <emphasis>possible</emphasis> de s'arranger pour que les proph�ties se d�roulent � votre avantage si vous �tiez assez malin et si quelqu'un de suffisamment amoureux de vous pouvait prendre votre place, et avec assez d'efforts il �tait possible de carr�ment briser une proph�tie... mais apr�s tout, les voyantes des pi�ces ne se souvenaient jamais de ce qu'elles avaient vues...</p><p>Millicent dut remarquer l'h�sitation de Daphn� car elle commen�a � prendre un peu d'assurance. "Eh bien," dit Millicent d'une voix s�che, "ce n'est pas une pi�ce ! �coute, je te dirai si je vois une bataille facile ou une bataille difficile. Mais c'est <emphasis>tout</emphasis> ce que je peux faire, tu comprends ? Et si je dis 'difficile', tu ne <emphasis>peux pas</emphasis> �tre absente ! Ou - ou -" les yeux de Millicent remont�rent dans ses orbites et elle entonna d'une voix creuse : "<emphasis>Ceux qui tentent de tromper leur destin conna�trons des tristes et sombres fins -"</emphasis></p><empty-line/><p>Le professeur Chourave secoua la t�te, le visage pinc�.</p><p>"Mais -" dit Susan. "Mais vous avez aid� <emphasis>Harry Potter</emphasis> cette fois-l� -"</p><p>"Et l'on m'a <emphasis>clairement</emphasis> fait comprendre," dit le professeur Chourave d'une voix qui donnait l'impression que quelqu'un utilisait un sortil�ge de r�tr�cissement pour lui serrer la gorge, "que c'�tait le travail du professeur Rogue et pas le mien de faire r�gner l'ordre dans la maison Serpentard - mademoiselle Bones, <emphasis>s'il vous pla�t</emphasis>, vous n'avez pas � <emphasis>faire</emphasis> �a si -"</p><p>"Si, je <emphasis>dois</emphasis> le faire," dit Susan avec tristesse. "Je suis une Poufsouffle, on doit �tre loyaux."</p><empty-line/><p>"Un parchemin myst�rieux sous ton oreiller ?" dit Harry Potter en relevant les yeux dans le renfoncement o� ils �taient assis et �tudiaient. Les yeux verts du gar�on se pliss�rent. "Il ne venait pas du p�re no�l ?"</p><p>Silence.</p><p>"Alors," dit Hermione, "je ne vais <emphasis>pas</emphasis> te poser de question, tu ne vas <emphasis>rien</emphasis> me dire et on va <emphasis>tous les deux</emphasis> faire comme si tu n'avais jamais dit �a et que je n'�tais pas au courant -"</p><empty-line/><p>Susan s'approcha de la table d�s que la fille plus �g�e se retrouva seule et jeta un regard autour d'elle pour v�rifier que personne dans la salle commune Poufsouffle ne regardait (comme sa tante le lui avait enseign�, de fa�on � ce qu'il ne soit pas �vident qu'elle v�rifiait).</p><p>"H�, Susie," dit la Poufsouffle en septi�me ann�e. "Est-ce que tu as d�j� besoin de plus de -"</p><p>"Est-ce qu'on pourrait parler en priv� un moment ?" dit Susan.</p><empty-line/><p>Jaime Astorga, Serpentard en septi�me ann�e et jusqu'� r�cemment consid�r� comme un petit arriviste prometteur sur la sc�ne des duettistes junior se tenait droit comme un piquet dans le bureau du professeur Rogue, dents serr�es tr�s fort et de la sueur dans le dos.</p><p>"Je me souviens clairement," dit le directeur de sa maison d'une voix tra�nante et pleine d'ironie, "vous avoir pr�venu, ainsi que nombre d'entre vous ce matin m�me, qu'il y avait certaines filles de premi�re ann�e qui pourraient s'av�rer aga�antes si un combattant se montrait <emphasis>imprudent</emphasis> et se permettait d'�tre <emphasis>pris par surprise</emphasis>."</p><p>Le professeur Rogue d�ambulait lentement autour de lui.</p><p>"Je -" dit Jaime alors que de la sueur perlait sur son front. Il savait � quel point c'�tait ridicule, � quel point c'�tait une excuse path�tique. "Monsieur, elles n'auraient pas d� �tre capables de -" une fille de premi�re ann�e n'aurait pas d� �tre capable de briser son <emphasis>Protego</emphasis>, peu importe le sortil�ge ancien qu'elle maniait - Greengrass avait d� recevoir de <emphasis>l'aide</emphasis> -</p><p>Mais il �tait tr�s clair que son directeur de maison n'allait pas croire �a.</p><p>"Oh, je suis tout � fait d'accord," murmura Rogue d'un ton bas, emplit de menace. "Elles n'auraient pas d�. Je commence � me demander si M. Malfoy, quelles que soient ses manigances, n'a pas raison, Astorga. �a ne peut qu'�tre mauvais pour la r�putation de Serpentard si nos combattants, plut�t que de faire montre de leur force, perdent face � de petites filles !" la voix de Rogue avait mont� d'un ton. "Il est heureux que vous ayez eu le bon go�t d'�tre vaincu par une petite fille elle-m�me venue de Serpentard, sans quoi je vous aurais moi-m�me enlev� des points !"</p><p>Les poings de Jaime Astorga se contract�rent contre ses hanches mais il ne trouva rien � r�pondre.</p><p>Il fallut longtemps avant que Jaime Astorga soit autoris� � �tre excus� aupr�s de son directeur de maison.</p><p>Et ensuite, seuls les murs, le plancher et le plafond furent t�moin du sourire de Severus Rogue.</p><empty-line/><p>Ce soir l�, Draco re�ut la visite de la chouette de son p�re, Tanaxu, qui n'�tait pas verte uniquement parce que les chouettes vertes n'existaient pas. Le mieux que P�re avait pu trouver �tait une chouette aux ailes de l'argent le plus pur, aux yeux verts �tincelants et au bec aussi pointu et cruel que les crocs d'un serpent. Le parchemin enroul� autour de la jambe de Tanaxu �tait court et allait droit au but :</p><p><emphasis>Mon fils, que fais-tu ?</emphasis></p><p>Le parchemin que Draco renvoya �tait tout aussi court et disait :</p><p><emphasis>J'essaie de mettre au fin au mal commis contre la r�putation de Serpentard, p�re.</emphasis></p><p>En autant de temps qu'il fallait � une chouette pour voler de Poudlard au manoir Malfoy puis d'en revenir, la chouette familiale porta un nouveau message � Draco, et celui-ci disait seulement :</p><p><emphasis>Que fais-tu vraiment ?</emphasis></p><p>Draco regarda le parchemin qu'il avait d�roul� de la jambe de la chouette. Ses mains tremblaient alors qu'il le tenait � la lumi�re de son feu de chemin�e. Cinq mots grav�s d'une encre noire n'auraient pas d� �tre plus effrayants que la mort.</p><p>Il n'avait pas beaucoup de temps pour r�fl�chir. P�re savait exactement combien de temps un message mettait � aller du manoir � Poudlard et � en revenir ; il saurait si Draco avait diff�r� sa r�ponse afin de r�diger un mensonge m�ticuleux.</p><p>Mais Draco attendit encore jusqu'� ce que sa main cesse de trembler avant d'�crire sa r�ponse, la seule r�ponse dont il pensait que P�re pourrait l'accepter :</p><p><emphasis>Je me pr�pare � la prochaine guerre</emphasis>.</p><p>Draco enroula le parchemin autour de la jambe de la chouette, l'attacha, et envoya Tanaxu voler hors de sa chambre � travers les couloirs de Poudlard et dans la nuit.</p><p>Il attendit, mais aucune r�ponse ne vint.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 73*: AS, Le Sacr� et le Profane, pt 8</strong></p><p><emphasis>Le trait de feu rouge atteignit Hannah en plein visage, la renversa pieds par-dessus t�te et envoya sa t�te percuter le mur de pierre o� sa figure p�le sembla demeurer un instant, encadr�e par des m�ches de cheveux ch�tain-or voletantes avant qu'elle ne s'�croule au sol dans un d�sordre de robes au moment o� la troisi�me et ultime vol�e de spirales vertes �tincelantes abattaient le sortil�ge de protection de leur ennemi.</emphasis></p><p>Les jours de mars d�filaient, peupl�s de cours magistraux, d'�tude, de devoirs, de petits d�jeuners, de d�jeuners et de d�ners.</p><p><emphasis>Le Gryffondor les regarda fixement, chaque ligne de son corps tendue, son visage r�v�lant un effort silencieux ; et ses mains rel�ch�rent alors leur prise serr�e sur le revers du petit Serpentard et il s'en fut sans que quiconque ne dise un mot (enfin, Lavande faillit dire un mot : sa bouche s'ouvrit sous le coup de l'indignation, peut-�tre parce qu'elle n'avait pas eu l'opportunit� de d�clamer son discours - mais heureusement Hermione le remarqua et fit le geste qui voulait dire LA FERME)</emphasis></p><p>Et il y avait le sommeil, bien s�r. Ce n'�tait pas parce que dormir semblait parfaitement normal qu'il fallait l'oublier.</p><p>"<emphasis>Innerver !" dit la jeune voix de Susan Bones, les yeux de Hermione s'ouvrirent grand, ses l�vres aspir�rent l'oxyg�ne dans une grande bouff�e, ses poumons lui sembl�rent lourds comme si un immense poids �tait pos� sur sa poitrine. � c�t� d'elle, Hannah se relevait d�j�, la t�te entre les mains, grima�ante. Daphn� les avait pr�venues que ce serait un combat 'difficile', ce qui avait suscit� une certaine tr�pidation chez Hermione, et d'ailleurs chez toutes les filles. Sauf peut-�tre chez Susan qui �tait arriv�e � l'heure dite du rendez-vous, avait march� � c�t� d'elles sans parler et avait combattu la brute de septi�me ann�e jusqu'� �tre la derni�re debout. Peut-�tre le Gryffondor avait-il �t� r�ticent � se battre contre la derni�re fille des Bones, ou peut-�tre Susan avait-elle seulement �t� tr�s chanceuse ; quoi qu'il en soit, lorsque Hermione avait essay� de se redresser, elle s'�tait rendue compte que sa poitrine lui semblait lourde parce qu'en effet, un corps assez grand �tait �tendu sur elle.</emphasis></p><p>Et il ne fallait pas non plus oublier la magie, m�me si la dur�e totale pendant laquelle vous lanciez des sortil�ges ne repr�sentait qu'une toute petite partie de votre journ�e. C'�tait l� l'objet m�me de Poudlard, apr�s tout.</p><p>"<emphasis>D'accord, et si on se promenait sur des skateboards ?" dit Lavande. "On pourrait aller de lieu en lieu plus vite qu'en marchant. Et on aurait l'air vraiment cool sur des skateboards, les outils Moldus ne sont peut-�tre pas aussi rapides que les balais mais ils ont plus de style - on devrait voter -"</emphasis></p><p>Et vous occupiez le temps restant selon vos penchants naturels : ragots sur les flirts des �l�ves plus �g�s, ou livres et s�ances de travail.</p><p><emphasis>Hermione tendit une main tremblante pour ramasser son exemplaire de </emphasis>Poudlard : Une Histoire<emphasis> qui �tait tomb� au sol, le livre rassurant � seulement quelques pas de l� o� elle s'�tait retrouv�e �tendue apr�s que la fille plus �g�e en robe rouge se soit "cogn�e" contre elle, la projetant vers un mur. Puis la sorci�re Gryffondor �tait partie sans un regard en arri�re, seulement un "Salazar et sa -" et un mot qui faisait plus mal � Hermione que tout ce que les Serpentard pouvaient dire sur les Sang-de-Bourbe ; 'Sang-de-Bourbe' n'�tait qu'un �trange terme sorcier mais Hermione connaissait le mot que la Gryffondor avait prononc�. Cela lui faisait toujours aussi mal � chaque fois et, �trangement, encore plus quand cela venait de Gryffondor, de ceux qui �taient </emphasis>cens�s <emphasis>�tre les gentils.</emphasis></p><p>Harry avait r�parti huit de ses soldats chaotiques entre les autres arm�es, comme on le lui avait ordonn� ; il avait volontairement abandonn� <emphasis>deux</emphasis> lieutenants chaotiques : il avait envoy� Dean Thomas � l'arm�e Dragon et avait �chang� Seamus Finnigan contre Blaise Zabini, dont Harry avait dit qu'il �tait "sous-exploit�" � Soleil. Lavande avait fait le choix de rejoindre la majorit� de la S.P.E.H.S. chez Soleil et Tracey avait d�cid� de rester avec Chaos.</p><p>"<emphasis>Alors tu peux jouer de tes charmes aupr�s du g�n�ral Potter ?" dit Lavande alors que Hermione tentait d'ignorer la pr�sence des deux filles du mieux qu'elle pouvait. "Franchement Tracette, je pense que notre g�n�ral Soleil l'a bien attrap� entre ses fils maintenant - tu aurais plus de chances en essayant de persuader Hermione d'avoir un de ces, tu sais, 'arrangements � trois' -</emphasis></p><p>Personne n'avait encore compris ce que Malfoy trafiquait.</p><p>"<emphasis>Certain ?" dit Harry Potter d'un ton quelque peu r�ticent. "Tu sais qu'un rationaliste n'est jamais certain de rien, Hermione, pas m�me que deux et deux font quatre. Ce n'est pas comme si je pouvais lire l'esprit de Malfoy, et m�me si c'�tait le cas, je ne pourrais pas savoir qu'il n'est pas un Occlumens parfait. Tout ce que je peux te dire, en me basant sur ce que j'ai observ� chez lui, c'est qu'il est bien plus plausible, contrairement � ce que Daphn� Greengrass en pense, qu'il essaie vraiment de montrer un voie meilleure � Serpentard. On devrait... on devrait vraiment essayer de suivre son mouvement, Hermione."</emphasis></p><p>(Bon, Harry semblait penser que Draco Malfoy �tait un type bien. Mais le probl�me, c'�tait que Harry avait aussi tendance � faire confiance au professeur Quirrell).</p><empty-line/><p>"Professeur Quirrell," dit Harry, "la haine que la maison Serpentard d�veloppe � l'encontre de Hermione Granger m'inqui�te."</p><p>Ils �taient assis dans le bureau du professeur de D�fense, Harry assis aussi loin que possible du bureau du professeur (et m�me alors, la sensation d'un d�sastre imminent �tait pr�sente), et la biblioth�que vide encadrait toujours le cr�ne d�garni du professeur Quirrell. La tasse en �quilibre sur la cuisse de Harry �tait remplie du th� obscur, chinois et probablement cher du professeur Quirrell, et le fait que Harry ait d� consciemment d�cider de le boire en disant long sur la fa�on dont il s'�tait mis � r�fl�chir ces derniers temps.</p><p>"Et ceci me concerne pour quelle raison ?" dit le professeur Quirrell en sirotant son th�.</p><p>"Oui, eh bien," dit Harry, "je vais juste ferme les yeux sur - oh, professeur Quirrell, arr�tez �a, <emphasis>vous</emphasis> avez complot� pour r�tablir la r�putation de Serpentard depuis au moins le premier vendredi de cette ann�e."</p><p>Peut-�tre y avait-il eu l'ombre d'un sourire aux bords de ces l�vres fines et p�les, mais peut-�tre pas. "Je pense que la maison Serpentard finira par s'en tirer assez bien, M. Potter, quel que soit le sort r�serv� � cette fille. Mais je dois admettre que les perspectives actuelles ne sont pas favorables � votre jeune amie. Les brutes de deux maisons, nombre d'entre elles dot�es de familles puissantes et bien entour�es, voient Mlle Granger comme une menace contre leur r�putation et comme un affront � leur fiert�. Aussi puissant que soit ce motif de lui faire du mal, il ne tient pas la comparaison face � la jalousie brute des Gryffondor qui voient une �trang�re obtenir les lauriers de l'h�ro�sme dont ils r�vent depuis l'enfance." Le sourire sur les l�vres du professeur Quirrell �tait maintenant certain, bien que l�ger. "Et il y a ceux de Serpentard qui entendent dire que le fant�me de Salazar Serpentard les a abandonn�s en faveur d'une Sang-de-Bourbe. Je me demande si vous pouvez m�me concevoir, M. Potter, comment de tels gens peuvent r�agir � cela ? Ceux qui n'y croient pas tueraient Mlle Granger avec joie pour lui faire payer cette insulte. Quant � ceux qui, au fond, dans quelque endroit secret de leur esprit, se demandent si �a ne pourrait pas �tre <emphasis>vrai</emphasis>... leur �tat panique int�rieure est � peine envisageable." Le professeur Quirrell sirota calmement son th�. "Lorsque vous aurez plus d'exp�rience, M. Potter, vous verrez ce genre de cons�quence avant l'ex�cution de vos plans. En l'�tat, vous �tes desservi par votre choix d'ignorer tous les aspects de la nature humaine que vous trouvez d�plaisants."</p><p>Harry sirota son th�.</p><p>"Ah..." dit Harry. "Professeur Quirrell... aidez-moi ?"</p><p>"J'ai d�j� offert mon aide � Mlle Granger," dit le professeur Quirrell, "d�s que j'ai pr�vu ce qui allait se produire. Mon �l�ve m'a dit en termes polis de ne pas me m�ler de ses affaires. Non que je m'attende � ce qu'elle vous r�ponde autre chose. Comme je n'ai que peu � gagner ou � perdre dans cette affaire, je ne compte gu�re insister sur ce point." Le professeur de D�fense haussa les �paules, sa tasse stable, tenue exactement comme il le fallait. "Ne vous inqui�tez pas trop, M. Potter. Mlle Granger est entour�e d'une effervescence �motionnelle mais elle est moins en danger que vous ne l'imaginez. Lorsque vous serez plus �g�, vous apprendrez qu'avant toute autre chose, la d�cision la plus courante qu'un individu prend est celle de ne rien faire."</p><empty-line/><p>L'enveloppe que le syst�me Serpentard avait livr�e � Daphn� au d�jeuner n'�tait pas sign�e, comme toujours ; le parchemin enclos indiquait une heure, un lieu et, simplement : "<emphasis>Difficile</emphasis>."</p><p>Ce n'�tait pas un probl�me pour Daphn�. Ce qui l'inqui�tait, c'�tait que Millicent n'avait sembl� regarder ni Tracey ni elle de tout le d�jeuner. Elle avait juste gard� ses yeux braqu�s vers son assiette et s'�tait content� de manger. Daphn� n'avait pu voir Millicent lever les yeux qu'une seule fois, vers la table Poufsouffle, avant de les rabaisser rapidement, m�me si elle avait �t� trop loin pour voir l'expression du visage de Millicent puisque cette derni�re s'�tait assise tr�s � l'�cart de Tracey et Daphn�.</p><p>Elle avait r�fl�chi � cela pendant le d�jeuner, saisie par d'une naus�e plus forte que tout ce qu'elle avait ressenti auparavant et qui l'avait pouss�e � arr�ter de manger apr�s avoir fini la moiti� du premier plat.</p><p><emphasis>Ce que je vois doit se produire... compar� � �a, se faire manger par des Moremplis ressemble � une partie de plaisir...</emphasis></p><p>Ce ne fut pas une d�cision consciente, �a ne ressemblait en rien � ce que les Serpentard �taient cens�s faire, aucun b�n�fice personnel ne fut soupes�.</p><p>Au lieu de �a -</p><p>Daphn� dit � Hannah, � Susan et � tout le monde que son informateur l'avait pr�venu que le prochain ennemi allait viser les Poufsouffle en particulier et qu'il avait l'intention de prendre le risque de subir le courroux des professeur, de <emphasis>vraiment</emphasis> faire mal � Hannah ou � Susan, genre <emphasis>s�rieusement</emphasis>, et que ces deux l� devraient rester � l'�cart cette fois-ci;</p><p>Hannah avait accept� de rester � l'�cart.</p><p>Susan avait -</p><empty-line/><p>"<emphasis>Qu'est-ce que tu fais l� ?</emphasis>" s'�cria le g�n�ral Granger, bien ce fut une sorte de cri et de chuchotement m�l�s.</p><p>Le visage rond de Susan ne changea pas d'expression, comme si la Poufsouffle avait soudain d�velopp� le genre d'air compass� que la m�re de Daphn� utilisait. "Je suis l�, vraiment ?" dit Susan d'un ton calme.</p><p>"<emphasis>Tu avais dit que tu ne viendrai pas !</emphasis>"</p><p>"J'ai dit �a ?" dit Susan. Elle faisait tourner sa baguette d'une main, nonchalamment, appuy�e contre le mur de pierre du couloir o� elles attendaient, ses cheveux ch�tain-rouge toujours parfaitement dispos�s autour des bordures jaunes de ses robes de sorci�re. "Je me demande pourquoi. Peut-�tre que je ne voulais pas que Hannah se fasse des id�es. Loyaut� Poufsouffle, tout �a."</p><p>"Si tu ne pars pas," dit le g�n�ral Soleil, "j'ordonnerai une annulation de la mission et nous retournons <emphasis>toutes</emphasis> � nos devoirs, Mlle Bones !"</p><p>"<emphasis>H� !</emphasis>" dit Lavande. "On n'a pas vot� pour -"</p><p>"�a me va," dit Susan, qui regardait fixement l'autre bout du couloir, l� o� il d�bouchait sur la grande pi�ce dall�es o� on leur avait dit qu'elles trouveraient la brute. "Je resterai l� toute seule alors."</p><p>"Pourquoi -" dit Daphn�. Elle avait le c�ur au bord des l�vres. <emphasis>Si j'essaie de changer �a, si </emphasis>quiconque <emphasis>essaie de changer �a, des choses vraiment terribles, atroces, pas bien, extr�mement mauvaises se produiront. Et alors �a aura lieu quand m�me.</emphasis>... "Pourquoi est-ce que tu fais �a ?"</p><p>"�a ne me ressemble pas," dit Susan. "Je sais. Mais -" elle haussa les �paules. "Les gens ne se ressemblent pas tout le temps, tu sais."</p><p>Elle plaid�rent.</p><p>Elles suppli�rent.</p><p>Susan ne parlait m�me plus, elle ne faisait que regarder, attendre.</p><p>Daphn� pleurait presque, elle continuait � se demander si elle �tait la <emphasis>cause</emphasis> de tout cela, si essayer de changer le destin avait <emphasis>empir� </emphasis>les choses -</p><p>"Daphn�," dit Hermione d'une voix plus aigu� que d'habitude, "vas chercher un professeur. Cours."</p><p>Daphn� pivota sur ses talons et partit � toute vitesse vers l'autre bout du couloir pierreux, puis elle comprit, se retourna et revint voir toutes les autres filles qui l'avaient regard�e partir, sauf Susan, et Daphn�, avec l'impression d'�tre sur le point de vomir, dit : "Je ne peux pas..."</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit Hermione.</p><p>"Parfois �a devient pire quand on essaie de lutter," dit Daphn�. C'�tait ce qui arrivait parfois dans les pi�ces.</p><p>Hermione la regarda fixement puis dit : "Padma."</p><p>L'autre Serdaigle s'arracha sans discuter. Daphn� la regarda partir, sachant que Padma ne courait pas aussi vite qu'elle, se demandant � pr�sent si cela s'av�rerait peut-�tre �tre la <emphasis>seule</emphasis> raison pour laquelle l'aide allait arriver trop tard...</p><p>"Les brutes sont l�," dit Susan d'un ton laconique. "Oh, elles ont un otage."</p><p>Elles tournoy�rent de concert, regard�rent, et virent -</p><p><emphasis>Trois </emphasis>brutes plus �g�es qu'elles, les yeux de Daphn� reconnurent Reese Belka, qui �tait un lieutenant de haut rang dans l'une des arm�es de septi�me ann�e, Randolph Lee, qui �tait num�ro deux du club de duel de Poudlard, et pire que tout, Robert Jugson III, en sixi�me ann�e, dont le p�re �tait presque certainement un Mangemort.</p><p>Ils �taient tous les trois entour�s de sortil�ges de protection qui formaient des nuages bleus scintillants sous une surface de rubans d'autres couleurs et qui laissaient parfois voir des facettes externes, des boucliers � plusieurs couches, comme s'ils s'attendaient � se battre contre des duettistes exp�riment�s et qu'ils avaient fait les efforts ad�quats pour s'y pr�parer.</p><p>Et derri�re eux, attach�e et soutenue par des cordes lumineuses, Hannah Abbott. Ses yeux �taient �carquill�s sous l'effet de la panique, sa bouche bougeait, mais elles ne pouvaient rien entendre � cause du <emphasis>Quietus</emphasis> qu'elles avaient lanc� plus t�t.</p><p>Puis Jugson fit un geste d�sinvolte de la main et les cordes lumineuses firent voler Hannah vers elles, il y eut un petit 'pop' lorsque le corps de Hannah franchit la barri�re de silence, mais la baguette de Susan �tait d�j� point�e vers Hannah et cette derni�re marmonna : "<emphasis>Wingardium Leviosa</emphasis>" -</p><p>"<emphasis>Courez !</emphasis>" s'�cria Hannah alors qu'elle se faisait doucement descendre jusqu'au sol.</p><p>Mais le couloir derri�re et devant elles �taient maintenant obstru� par un champ gris lumineux, un sortil�ge de barri�re que Daphn� ne reconnut pas.</p><p>"Ais-je besoin d'expliquer ce dont il s'agit ?" dit Lee d'un ton faussement jovial. Le duettiste en septi�me ann�e avait un sourire qui n'atteignait pas ses yeux. "Eh bien, juste au cas o�, bande de petites gueuses, et cela vous inclut, Mlle Greengrass, vous avez caus� suffisamment de probl�mes et vous avez assez menti. Nous avons amen� votre jeune amie juste pour nous assurer que tout le monde sache que nous vous avons toutes eues - m�me si j'imagine que l'autre Serdaigle se cache dans un coin ou est accroch�e quelque part au plafond ? Eh bien, peu importe. Ceci est votre -"</p><p>"Assez parl�," dit Robert Jugson III, "c'est l'heure d'avoir mal," et il leva sa baguette : "<emphasis>Cluthe !</emphasis>"</p><p>Susan leva imm�diatement la sienne, dit : "<emphasis>Prismatis !</emphasis>", et une petite sph�re arc-en-ciel apparut en l'air presque au m�me instant, une barri�re si dense et lumineuse qu'elle demeura intacte m�me lorsque le sortil�ge de Jugson la frappa et rebondit vers Belka dont la baguette alla �craser le projectile noir ; puis un moment plus tard la brume multicolore fut partie.</p><p>Les yeux de Daphn� s'�carquill�rent pendant quelques secondes ; elle n'avait jamais pens� � utiliser une sph�re prismatique comme <emphasis>�a</emphasis> -</p><p>"Jugsy ch�ri ?" dit Belka. Ses l�vres s'ouvrirent en un sourire vicieux. "Je pensais qu'on en avait parl�. D'abord on les bat, <emphasis>ensuite</emphasis> on joue."</p><p>"S-s'il vous pla�t," dit Hermione Granger d'une voix d�faillante, "laissez-les partir - je, je, je promets que je -"</p><p>"Oh, vraiment," dit Lee avec agacement. "Es-tu sur le point de proposer de te rendre si on les laisse partir ? On vous a d�j� <emphasis>toutes</emphasis>, tu sais."</p><p>Jugson sourit alors. "�a pourrait �tre amusant," dit le Mangemort de sixi�me ann�e d'un ton � la fois doux et mena�ant. "Et si tu l�chais mes chaussures, Sang-de-Bourbe, pour qu'<emphasis>une</emphasis> de tes amies puisse partir ? Choisis celle que tu aimes le plus, les autres souffriront."</p><p>"Nan," dit la jeune voix de Susan Bones, "aucune chance que �a arrive," et d'un geste trop rapide pour �tre ne serait-ce que suivi du regard, la Poufsouffle se jeta sur le c�t� au moment m�me o� un tir d'�tourdissement pourpre fusait de la baguette de Belka ; Daphn� put � peine <emphasis>voir</emphasis> le mouvement lorsque Susan sembla entrer en collision avec le mur du couloir, rebondir comme s'il avait �t� en caoutchouc, et que ses jambes s'�cras�rent dans le <emphasis>visage</emphasis> de Jugson, sans traverser le bouclier mais le sixi�me ann�e s'effondra en arri�re sous la puissance l'impact, et Susan suivit le mouvement, son pied s'�crasa sur le bras arm� du gar�on et fut de nouveau repouss� par le bouclier, puis Lee hurla alors "<emphasis>Elmekia !</emphasis>" mais Parvati hurla "<emphasis>Prismatis !</emphasis>" et le mur arc-en-ciel apparut, mais le rayon bleu le traversa comme s'il n'avait pas �t� l� et manqua Susan de quelques centim�tres, puis il y eut un tourbillon de mouvement que Daphn� ne put suivre durant lequel les pieds de Belka furent balay�s mais la sorci�re plus �g�e se releva juste d'une roulade et alors -</p><p>Daphn� les vit venir, ses l�vres commenc�rent � dire "<emphasis>Pris -</emphasis>" mais il �tait d�j� trop tard.</p><p>Trois projectiles �tincelants se fracass�rent en m�me dans Susan, qui avait eu baguette lev�e comme si elle aurait pu les contrer, et il y eut un �clair blanc lorsque les sortil�ges touch�rent le bois enchant� mais les jambes de Susan furent alors prises de convulsions qui l'envoy�rent voler vers le mur. Sa t�te heurta celui-ci avec un �trange son de craquement et Susan fut alors �tendue, immobile, sa t�te formant un angle visiblement �trange par-rapport au reste de son corps, sa baguette toujours serr�e dans sa main tendue.</p><p>Il y eut un instant de silence glacial.</p><p>Parvati fon�a vers l'endroit o� Susan �tait �tendue, pressa son pouce contre le poignet de Susan, l� o� l'on aurait pu sentir son pouls, puis, lentement, en tremblant, elle se leva, yeux �carquill�s -</p><p>"<emphasis>Vitalis revelio</emphasis>," dit Lee alors m�me que Parvati ouvrait la bouche, et le corps de Susan fut entour� d'une lueur rouge et chaude. Le septi�me ann�e souriait vraiment � pr�sent. "Probablement juste une juste clavicule bris�e, je dirais. Bien essay�, cela dit."</p><p>"Merlin ce qu'il <emphasis>sont</emphasis> rus�s," dit Jugson.</p><p>"Vous m'avez eue pendant quelques secondes, mes ch�ris." La septi�me ann�e ne souriait pas du tout.</p><p>"<emphasis>Tonare !" </emphasis>s'�cria Daphn� en levant sa baguette au-dessus de sa t�te et en se concentrant avec plus de force qu'elle ne l'avait jamais fait de sa vie. "<emphasis>Rava calvaria ! Lucis -</emphasis>"</p><p>Elle ne vit m�me pas le sortil�ge qui l'abattit.</p><empty-line/><p>Hermione sentit l'Innerver qui la r�veilla et par quelque choix strat�gique intuitif elle ne se releva <emphasis>pas</emphasis> imm�diatement d'une roulade ; �a avait �t� une bataille sans espoir et elle ne savait pas ce qu'elle pouvait faire, mais son instinct lui disait que bondir sur ses pieds ne serait pas une bonne d�cision.</p><p>Hermione entrouvrit � peine les yeux et les fins rayons de lumi�re qui entr�rent lui montr�rent Parvati qui reculait face aux trois brutes, et c'�tait la derni�re fille debout que Hermione pouvait apercevoir.</p><p>Ses yeux lui montr�rent aussi Tracey, tomb�e non loin d'elle. Hermione avait encore sa baguette en main, aussi, en esp�rant �perdument que la Serpentard ferait montre de plus de jugeote qu'� l'habitude, Hermione mut sa baguette aussi discr�tement qu'elle le pouvait et quasiment sans bouger les l�vres murmura : "Innerver."</p><p>Hermione sentit que le sortil�ge avait fonctionn� mais Tracey ne bougea pas. Hermione esp�ra que c'�tait parce que Tracey se montrait rus�e et attendait de...</p><p>Que <emphasis>pouvaient</emphasis>-elles faire ?</p><p>Elle l'ignorait, et la panique, qui avait patient� pendant le combat, commen�ait � la d�vorer de l'int�rieur maintenant qu'elle �tait immobile, qu'elle essayait de penser, qu'elle pouvait voir que c'�tait absolument sans espoir.</p><p>C'est alors qu'elle entendit un bruit sourd, et m�me si cela s'�tait pass� hors de son champ de vision, elle sut que Parvati �tait tomb�e.</p><p>Un moment de silence vint puis s'en fut.</p><p>"Et maintenant, quoi ?" dit le gar�on � la voix douce-effrayante.</p><p>"Maintenant on r�veille la Sang-de-Bourbe," dit la voix pr�cise du gar�on � la voix c�r�monieuse-effrayante, "et on d�couvre qui est <emphasis>vraiment</emphasis> derri�re �a, pas le fant�me de Salazar Serpentard."</p><p>"Non mes ch�ris," dit la voix ang�lique-effrayante de la fille, "<emphasis>d'abord</emphasis>, nous les attachons toutes <emphasis>tr�s</emphasis> soigneusement -"</p><p>Et il y eut alors un son d'�clair et tonnerre, les yeux de Hermione s'�carquill�rent de surprise avant qu'elle ne puisse s'en emp�cher et dans son champ de vision maintenu �largi elle vit le gar�on doux-effrayant convulser sous l'impact d'arcs d'�nergie jaune qui se d�versaient sur lui tels d'immenses vers �tincelants. Sa baguette bondit hors de sa main et il s'effondra sur le sol, agit� de soubresauts, et un moment plus tard il �tait immobile.</p><p>"Toutes les autres dorment, maintenant ?" dit une voix. "Bien."</p><p>Susan Bones se leva non loin de l� o� le gar�on doux-effrayant s'�tait tenu, le cou toujours �trangement tordu. Puis elle fit le geste de s'assouplir la nuque, un mouvement circulaire d�sinvolte, et sa t�te fut de nouveau droite.</p><p>La premi�re ann�e au visage dodu se tenait face aux deux derni�re brutes, une main sur la hanche.</p><p>Elle souriait.</p><p>Et �tait entour�e d'un nuage � facettes bleu�tre.</p><p>"Polynectar !" cracha la fille-brute.</p><p>"<emphasis>Polyfluis Reverso !</emphasis>" rugit le dernier gar�on-brute.</p><p>Sa baguette �ructa quelque chose qui ressemblait au reflet d'une �charpe -</p><p>Qui passa sans rencontrer de r�sistance � travers le nuage qui entourait Susan -</p><p>Pendant un instant, cette derni�re luit d'une �trange couleur miroir, comme un reflet d'elle-m�me -</p><p>Puis la lueur s'estompa.</p><p>La jeune fille se tenait toujours l�, main sur la hanche.</p><p>"Faux," dit Susan.</p><p>"Et <emphasis>c'est</emphasis> la v�rit�," continua-t-elle. "Au cas o� personne ne vous l'a jamais dit -"</p><p>Dans sa main s'�leva une baguette rendue floue par le nuage bleu qui l'entourait.</p><p>"On ne touche pas aux Pouff's," dit Susan, et dans un �clair gris si puissant qu'il en fit mal aux yeux mi-clos de Hermione, la v�ritable bataille commen�a.</p><p>Elle continua un moment.</p><p>Une partie du plafond fondit.</p><p>La fille-brute tenta de d�clarer une tr�ve, dit qu'ils allaient partir et emmener Jugson avec eux, et Susan rugit les syllabes d'un sortil�ge que Hermione sut �tre le D�couragement Ignoble d'Abi-Dalzim, un sortil�ge ill�gal dans sept pays.</p><p>La fille-brute finit allong�e au sol, inconsciente, impossible � r�veiller ; le dernier gar�on-brute avait fuit en laissant les corps de ses compagnons derri�re et Susan s'appuyait contre un mur, couverte de sueur, ses robes �corch�es, tremp�es par endroits, haletante, et serrant son �paule droite de la main gauche.</p><p>Apr�s s'�tre raidie, Susan pivota pour regarder ses camarades sorci�res, endormies au sol.</p><p>Enfin, elles <emphasis>auraient d�</emphasis> �tre endormies au sol.</p><p>Lavande se rasseyait d�j�, les yeux gros comme des past�ques.</p><p>"Ce..." dit Lavande.</p><p>"C'�tait..." dit Tracey.</p><p>"<emphasis>Hein ?</emphasis>" dit Hermione.</p><p>"Je veux dire, <emphasis>quoi ?</emphasis>" dit Parvati.</p><p>"<emphasis>G�nial !"</emphasis> dit Lavande.</p><p>"Oh, bon sang," dit Susan Bones. Son visage avait d�j� p�li sous la sueur et cela ne faisait qu'empirer, lui donnant un air terriblement blanch�tre. "Ah... pourrais-je vous convaincre que vous venez d'halluciner tout �a ?"</p><p>Il y eut un rapide �change de regards. Hermione regarda Parvati, Parvati regarda Lavande, Lavande et Tracey �chang�rent un coup d'�il.</p><p>Elles regard�rent toutes les quatre Susan et secou�rent la t�te.</p><p>Et Susan s'enfuit dans le couloir � une vitesse �tonnamment rapide avant que quiconque puisse dire un mot de plus.</p><p>"Non mais s�rieux, c'�tait <emphasis>quoi</emphasis> ?" dit Parvati.</p><p>"<emphasis>Innerver</emphasis>," dit Hermione en dirigeant sa baguette vers Daphn� dont elle n'avait pu apercevoir le corps plus t�t, et Lavande pointa sa baguette vers Hannah et fit de m�me.</p><p>Les yeux de Hannah s'ouvrirent et elle essaya d�sesp�r�ment de faire une roulade pour se remettre sur pied mais elle s'effondra au sol � mi-parcours.</p><p>"C'est bon, Hannah !" dit Lavande. "On a gagn�."</p><p>"On a <emphasis>quoi</emphasis> ?" dit Hannah, en tas sur le sol.</p><p>Daphn� n'avait pas boug� mais Hermione pouvait voir sa poitrine se soulever et s'abaisser et le rythme semblait assez normal. "Je pense qu'elle va bien," dit Hermione, "mais -" elle prit un moment pour d�glutir car sa bouche �tait trop s�che. Les choses avaient vraiment, vraiment, <emphasis>vraiment</emphasis> d�g�n�r�. "Je pense qu'on devrait emmener Daphn� chez Mme Pomfresh..."</p><p>"Bien s�r, bien s�r, <emphasis>donnez moi juste quelques minutes</emphasis> et je m'en sortirai <emphasis>peut-�tre</emphasis>," dit Parvati.</p><p>"<emphasis>Pardon</emphasis>, mais" dit Daphn� d'un ton poli mais ferme, "comment a-t-on gagn� ? Et pourquoi le plafond a-t-il l'air tout fondu ?"</p><p>Il y eut un silence.</p><p>"C'est Susan qui a fait �a," dit Tracey.</p><p>"Ouais," dit Parvati, d'une voix qui n'�tait que l�g�rement instable tout en se levant et en �poussetant ses robes � bordures rouges, "il s'av�re que Susan Bones est l'h�riti�re de Poufsouffle et qu'elle a ouvert l'entr�e depuis longtemps perdue de la Chambre du Dur Labeur et de la Pratique de Helga Poufsouffle."</p><p>"<emphasis>Hein ?</emphasis>" dit Hannah, qui se parcourait le corps pour v�rifier que tous ses membres �taient encore l�. "Je pensais que c'�tait seulement quelque chose que le professeur Chourave disait pour nous enseigner une Importance Le�on de Morale - vraiment, <emphasis>Susan</emphasis> ?"</p><p>Hermione reprenait lentement ses esprits. La terreur absolue n'avait pas dur� plus de trente seconde, ou du moins Hermione n'avait pas �t� consciente plus longtemps. "En fait," dit Hermione d'un ton circonspect, � mesure que son esprit se remettait � fonctionner, "je suis assez certaine que <emphasis>c'est</emphasis> juste quelque chose que raconte le professeur Chourave, ce n'�tait pas dans <emphasis>Poudlard : Une Histoire</emphasis> ni dans aucun autre livre que j'ai lu -"</p><p>"<emphasis>C'est une double sorci�re ! </emphasis>" s'�cria Tracey, d'une voix si aigu� qu'elle se brisa. "Mais oui ! C'en est une ! Depuis le d�but !"</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" hurla Parvati en se tordant pour regard Tracey. "C'est le truc le plus <emphasis>dingue</emphasis> -"</p><p>"Bien <emphasis>s�r</emphasis> !" dit Lavande, � pr�sent compl�tement debout, commen�ant � sautiller sous le coup de l'excitation. "J'aurais d� m'en rendre compte !"</p><p>"Susan est une <emphasis>quoi</emphasis> ?" dit Hermione.</p><p>"Une <emphasis>double</emphasis> sorci�re !" dit Tracey.</p><p>"Tu vois," dit Lavande en parlant tr�s vite, "il y a toujours des histoires d'enfants n�s super magiciens, capables de lancer des sortil�ges que personne d'autre ne peut lancer, et qu'il y a toute une �cole secr�te � l'int�rieur de Poudlard, avec des cours qu'eux seuls peuvent voir et o� eux seuls peuvent se rendre -"</p><p>"Ce sont seulement des <emphasis>histoires</emphasis> !" s'�cria Parvati. "�a ne se passe pas comme �a dans la vraie vie ! Je veux dire, oui, bien s�r, j'ai lu tous ces livres -"</p><p>"Une minute, s'il vous pla�t," dit Hermione. Peut-�tre que son esprit <emphasis>�tait</emphasis> ralenti, apr�s tout. "Vous voulez dire que m�me si vous allez <emphasis>d�j�</emphasis> � une �cole magique et tout �a, vous aimeriez bien aller � une <emphasis>double</emphasis> �cole magique ?"</p><p>Lavande la regarda d'un air perplexe. "Quoi ?" dit-elle. "Qui ne voudrait <emphasis>pas</emphasis> avoir des super pouvoirs magiques en plus ? Ce serait comme d'avoir un destin incroyable et tout ! �a voudrait dire qu'on est <emphasis>sp�ciale</emphasis> !"</p><p>Sur ces mots, Hannah hocha la t�te en les observant, allong�e au c�t� de Daphn� vers laquelle elle avait ramp� afin de v�rifier que ses os n'�taient pas bris�s. "J'aimerais �tre une double sorci�re," dit alors Hannah, puis, d'un ton un peu plus triste, "m�me si je ne crois pas que �a existe vraiment... vous avez vu Susan faire quoi exactement ? Je veux dire, vous �tes s�res que vous n'avez pas juste pas juste hallucin� apr�s avoir �t� assomm�es ?"</p><p>� ce stade, Hermione ne savait vraiment, vraiment plus quoi dire.</p><p>"Oh, non," dit Tracey. La Serpentard pivota et regarda l'entr�e du couloir, ses robes voletant autour d'elle. "Oh non ! On doit sortir d'ici ! On doit partir avant que Susan ne revienne avec quelqu'un capable de nous lancer un sortil�ge de super-Oubliettes !"</p><p>"Susan ne ferait pas une chose pareille !" dit Parvati. "M�me s'il y <emphasis>avait</emphasis> -"</p><p>"QU'EST-CE QUI SE PASSE ICI ?" rugit une voix suraigu� et couinante, et le professeur Flitwick d�boula dans le couloir en partie fondu tel un petit paquet dangereusement comprim� de furie acad�mique, suivi d'une Padma au visage de cendre qui haletait derri�re lui.</p><empty-line/><p>"Qu'est-ce qui s'est <emphasis>pass� ?</emphasis>" laissa �chapper Susan face � la fille qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau mis � part les robes �corch�es et imbib�es de sueur.</p><p>"Oh, excellente question !" dit l'autre Susan Bones tout en se d�barrassant rapidement de ce qui restait des v�tements qu'elle avait emprunt�s. Un instant plus tard la fille commen�a � se m�tamorphoser en sa forme plus usuelle de Nymphadora Tonks. "D�sol� mais je n'ai rien su inventer alors tu as environ trois minutes pour trouver une r�ponse � cette -"</p><empty-line/><p>Comme Daphn� Greengrass le fit remarquer ensuite avec quelque acerbit�, l'erreur dans le plan fourbe de Hermione qui assurait que les points de maison seraient d�duits de fa�on �quitable si elles se faisaient prendre, c'�tait que �a ne marchait pas pour les <emphasis>retenues</emphasis>.</p><p>Elles s'�taient toutes mises d'accord pour se taire quant aux pouvoirs myst�rieux de Susan, m�me Tracey apr�s que Susan ait menac� de la super-Oublietter si elle ne promettait pas. Malheureusement, elles d�couvrirent au d�ner non seulement que quelqu'un avait oubli� de parler aux <emphasis>brutes</emphasis> de leur accord, mais aussi que Susan Bones avait sacrifi� son �me � de terribles pouvoirs interdits qui habitaient maintenant sa carcasse et que c'�tait pour �a qu'elles �taient toutes en retenue.</p><p>"Hermione ?" dit Harry Potter, assis � c�t� d'elle au d�ner, sa voix tr�s timide. "Ne t'offusque pas s'il te pla�t, et je comprendrais si tu disais que �a n'�tait pas mes affaires, mais je pense de plus en plus que les choses commencent � devenir incontr�lables."</p><p>Hermione continua � d'�craser la part de g�teau au chocolat dans son assiette pour en faire une bouillie informe de g�teau et de gla�age. "Oui," dit Hermione d'une voix qui �tait peut-�tre un peu acerbe, "c'est ce que je disais au professeur Flitwick quand je m'excusais, que je savais que la situation nous avait �chapp�e, et il a hurl� : <emphasis>Vraiment, Mlle Granger, vous pensez ?</emphasis> d'un couinement tellement fort que mes oreilles ont pris feu. Je veux dire que mes oreilles ont <emphasis>vraiment pris feu</emphasis>. Le professeur Flitwick a d� les �teindre."</p><p>Harry s'�tait mis une main sur le front. "Excuse-moi," dit Harry. Son visage �tait parfaitement neutre. "Parfois j'ai encore un peu de mal � m'habituer � ce genre de choses. H�, Hermione, tu te souviens de l'�poque o� on �tait jeunes et na�fs et o� on pensait que le monde �tait un endroit plus ou moins compr�hensible ?"</p><p>Hermione posa sa fourchette et le regarda un moment. "Est-ce que �a t'arrive de souhaiter �tre un Moldu, Harry ?"</p><p>"<emphasis>Hein ?</emphasis>" r�pondit-il. "Enfin, bien s�r que non ! Je veux dire, m�me si j'�tais un Moldu, un jour o� l'autre j'aurais quand m�me essay� de conqu�rir le moooooooon-" et Hermione lui jeta un <emphasis>regard</emphasis> et le gar�on d�glutit le mot avec h�te et dit "je veux dire <emphasis>optimiser</emphasis> bien s�r, tu <emphasis>sais</emphasis> que c'est ce que je veux dire, Hermione ! L� o� je veux en venir c'est que ce n'est pas comme si mes <emphasis>buts </emphasis>seraient diff�rents dans un cas ou dans un autre. Mais avec la magie �a va �tre beaucoup plus simple de faire le travail que si je n'avais eu acc�s qu'aux capacit�s moldues. Si tu y r�fl�chis de fa�on logique, c'est pour <emphasis>�a</emphasis> que je vais � Poudlard au lieu de juste ignorer tout �a et d'�tudier pour faire une carri�re dans la nanotechnologie."</p><p>Ayant finit d'arranger sa sauce de g�teau au chocolat � sa fa�on, Hermione commen�a � y tremper ses carottes et � les manger.</p><p>"Pourquoi cette question ?" dit Harry. "Est-ce que <emphasis>tu </emphasis>aimerais revenir au monde moldu ?"</p><p>"Pas exactement," dit Hermione, en prenant une bouch�e de carotte et de chocolat. "C'est juste que je me trouvais bizarre d'avoir <emphasis>souhait�</emphasis> �tre une sorci�re... est-ce que tu voulais �tre un sorcier quand tu �tais petit ?"</p><p>"Bien s�r," r�pondit tout de suite Harry. "Je voulais aussi avoir des pouvoirs psychiques, une super-force, des os renforc�s en adamantium, mon propre ch�teau volant et parfois j'�tais triste de me dire que j'allais peut-�tre devoir me contenter d'�tre un scientifique c�l�bre et un astronaute."</p><p>Hermione hocha la t�te. "Tu sais," dit-elle doucement, "je pense que les sorci�res et les sorciers qui <emphasis>grandissent </emphasis>ici n'appr�cient pas vraiment la magie � leur juste valeur..."</p><p>"Enfin, bien s�r que non," dit Harry, "c'est ce qui nous donne notre avantage. N'est-ce pas �vident ? Je veux dire, franchement, j'ai trouv� �a carr�ment �vident cinq minutes apr�s �tre arriv� au Chemin de Traverse." Il y avait un air perplexe sur le visage du gar�on, comme s'il ne pouvait pas comprendre pourquoi elle faisait attention � quelque chose d'aussi ordinaire.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 74*: AS, Intensification des conflits, pt 9</strong></p><p>Harry avan�a d'un pas, puis d'un autre, jusqu'� ce qu'un malaise s'empare de lui, comme un grondement dans ses nerfs.</p><p>Il ne dit rien, ne leva pas la main ; le sentiment d'inconfort parlerait pour lui.</p><p>Depuis l'autre c�t� de la porte ferm�e vint un murmure qui traversa celle-ci comme si elle n'avait pas �t� l�.</p><p>"Ce ne sont pas mes heures de bureau," dit le froid murmure, "ni l'heure de notre rendez-vous. Je vous enl�ve dix points Quirrell, et soyez heureux que ce ne soit pas plus."</p><p>Harry demeura calme. Traverser Azkaban avait recalibr� son �chelle des perturbations �motionnelles ; et perdre un point, qui s'�tait autrefois �lev� � cinq sur dix, rampait maintenant aux environs de z�ro virgule trois. La voix de Harry �tait tout aussi basse lorsqu'il r�pondit : "Vous avez �nonc� une pr�diction v�rifiable et elle a �t� falsifi�e, professeur. Je souhaitais uniquement noter cela."</p><p>Lorsque Harry se retourna pour partir, il entendit la porte s'ouvrir derri�re lui et il pivota, quelque peu surpris.</p><p>Le professeur Quirrell �tait enfonc� dans sa chaise, t�te renvers�e contre le dossier, et un parchemin flottait devant lui. Ses deux mains �taient pos�es sur le bureau aussi mollement que si elles n'avaient pas �t� innerv�es. Il aurait pu �tre un cadavre exception faite de ses yeux bleu glac� qui bougeaient encore, de gauche � droite, de gauche � droite.</p><p>Le parchemin disparut et fut remplac� par un autre si rapidement qu'on aurait dit que l'objet avait seulement clignot�.</p><p>Puis les l�vres boug�rent elles aussi. "Et de cela," murmur�rent-elles, "que d�duisez-vous, M. Potter ?"</p><p>Harry fut secou� par l'apparence du professeur mais sa voix demeura calme lorsqu'il r�pondit : "Que les gens ordinaires ne font pas toujours rien et que Hermione Granger est plus menac�e par la maison Serpentard que vous ne le pensiez."</p><p>Les l�vres se courb�rent imperceptiblement. "Et vous pensez donc que ma compr�hension de la nature humaine a �t� mise en �chec. Mais c'est loin d'�tre la seule possibilit�, enfant. Voyez-vous l'autre ?"</p><p>Harry fron�a les sourcils tout en regardant le professeur de D�fense.</p><p>"Cela me fatigue," murmura le professeur de D�fense. "Vous resterez ici jusqu'� ce que vous ayez trouv� la r�ponse seul ou vous partirez." Comme si Harry avait cess� d'exister, les yeux du professeur revinrent au parchemin et l'examin�rent du m�me mouvement saccad�.</p><p>C'est six parchemins plus tard que Harry comprit et dit : "Vous pensez que votre pr�diction a �chou� parce qu'il y a un autre facteur en jeu qui n'�tait pas inclus dans votre mod�le. Une raison pour laquelle la maison Serpentard hait plus Hermione que vous ne l'aviez per�u. Comme quand les calculs orbitaux d'Uranus faits par les scientifiques �taient faux mais que le probl�me ne venait pas des lois de Newton mais de leur ignorance de l'existence de Neptune -"</p><p>Le parchemin disparut et ne fut pas remplac�. La t�te s'extirpa alors de son pr�lassement, fit face � Harry, et la voix qui parla fut basse mais pas sans timbre. "Je pense, enfant," dit le professeur avec douceur mais d'une voix qui �tait presque normale, "que si tout Serpentard la ha�ssait tant que cela, je m'en serais rendu compte. Et pourtant, trois formidables combattants de cette maison ont pr�f�r� l'action � l'inaction, et ce d'une fa�on � la fois risqu�e et co�teuse. Quelle force aurait pu les mouvoir ou diriger leur mouvement ?" La lueur bleu glac� des yeux du professeur crois�rent le regard de Harry. "Quelque main dot�e d'influence au sein de Serpentard, peut-�tre. Mais dans ce cas, comment cette main b�n�ficierait-elle du mal caus� � la fille et � ses partisans ?"</p><p>"Euh..." dit Harry. "Il faudrait que ce soit quelqu'un qui, d'une fa�on ou d'une autre, se sent menac� par Hermione, ou quelqu'un qui recevrait le m�rite de tout malheur qui pourrait lui arriver. Je ne connais personne correspondant � ce profil, mais cela dit, je ne connais quasiment personne � Serpentard qui ne soit pas en premi�re ann�e." La pens�e vint aussi � Harry que d�duire l'existence d'un cerveau cach� � partir d'une attaque moyennement inattendue semblait se baser sur des �l�ments de preuves insuffisants pour compenser l'improbabilit� � priori de la th�orie ; mais enfin, puisqu'il s'agissait d'une d�duction du <emphasis>professeur Quirrell</emphasis>...</p><p>Le professeur de D�fense se contentait de regarder Harry, paupi�res l�g�rement baiss�es, comme en signe d'impatience.</p><p>"Et oui," dit Harry, "je <emphasis>suis</emphasis> certain que Draco Malfoy n'est pas derri�re �a."</p><p>Un sifflement d'air expir�, comme un soupir. "Il est le fils de Lucius Malfoy, entra�n� selon les r�gles les plus strictes. Quoi que vous ayez vu de lui, m�me dans ce qui semblait �tre des moments � d�couverts o� son masque glissait et o� vous croyiez avoir vu la v�rit� derri�re celui-ci : tout cela peut aussi bien faire partie du visage qu'il choisit de vous montrer."</p><p><emphasis>Seulement si Draco est capable de r�ussir � lancer un Patronus uniquement pour garder sa couverture</emphasis>. Mais Harry ne dit bien s�r pas cela � voix haute ; il eut juste un l�ger sourire et dit : "Donc soit vous n'avez <emphasis>vraiment</emphasis> jamais lu dans l'esprit de Draco, soit c'est juste ce que vous voulez que je croie."</p><p>Il y eut un silence. L'une des mains se retourna et, d'un doigt, fit signe d'approcher.</p><p>Harry entra dans la pi�ce. La porte se referma derri�re.</p><p>"Ce n'est pas l� quelque chose que vous auriez d� dire � voix haute en langue humaine," dit la douce voix du professeur Quirrell. "L�gilimancie sur l'h�ritier Malfoy ? Si Lucius Malfoy apprenait cela, il me ferait assassiner imm�diatement."</p><p>"Il <emphasis>essaierait</emphasis>," dit Harry. Cela aurait d� lui valoir un plissement d'yeux de la part professeur mais le visage de ce dernier resta immobile. "Mais pardon".</p><p>Lorsque le professeur parla de nouveau, sa voix �tait redevenue un froid murmure. "J'imagine que je pourrais, et j'aurais piti� de l'assassin." Sa t�te se renversa contre la chaise et tomba d'un c�t�. Ses yeux ne croisaient plus ceux de Harry. "Mais ces petits jeux �veillent � peine mon int�r�t tels quels. Ajoutez la L�gilimancie et cela cesse m�me d'�tre un jeu."</p><p>Harry ne savait absolument pas quoi dire. Il avait vu le professeur Quirrell en col�re une fois ou deux avant, mais l'�motion actuelle semblait plus vide et Harry ne savait pas comment y r�pondre. <emphasis>Qu'est-ce qui ne va pas, professeur Quirrell</emphasis><emphasis>?</emphasis> cela, il ne pouvait pas le lui demander.</p><p>"Qu'est-ce qui <emphasis>�veille </emphasis>votre int�r�t ?" dit Harry quelques instants plus tard apr�s avoir con�u cette strat�gie apparemment plus s�re destin�e � rediriger l'attention du professeur vers des choses plus positives. Citer des r�sultats exp�rimentaux quant aux bienfaits qu'il y avait � tenir un journal de gratitude pour augmenter son niveau de bonheur n'aurait probablement pas �t� bien re�u.</p><p>"Je vous dirai ce qui n'�veille pas mon int�r�t," dit ce froid murmure. "Noter des essais mandat�s par le minist�re. Mais j'ai pris le poste de professeur de D�fense � Poudlard et je m�nerai ma t�che � bien." Un autre parchemin apparut devant la t�te du professeur Quirrell et ses yeux commenc�rent � le scanner. "Reese Belka avait un poste �lev� dans mes arm�es avant qu'elle ne commette sa folie. Je lui offrirai une chance de rester plut�t que d'�tre expuls�e si elle me dit exactement quelles sont les forces qui l'ont pouss�e � agir. Et je lui ferai clairement comprendre ce qui se passera si elle ment. Je m'autorise quand m�me � lire les visages."</p><p>Le doigt du professeur de D�fense pointa derri�re Harry, vers la porte.</p><p>"Mais que vous ayez eu tort quant � la nature humaine," dit Harry, "ou qu'il y ait une force suppl�mentaire � l'�uvre dans Serpentard - dans un cas comme dans l'autre, Hermione Granger court un danger plus grand que vous ne l'aviez pr�dit. La derni�re fois, c'�tait trois puissants combattants, alors que se passera-t-il la prochaine -"</p><p>"Elle ne d�sire ni mon aide ni la v�tre," dit une voix basse et froide. "Je ne trouve plus vos pr�occupations aussi amusantes qu'autrefois, M. Potter. Partez."</p><empty-line/><p>Elles avaient beau �tre toutes �gales, c'�tait toujours Hermione qui finissait par s'exprimer dans ces situations, m�me si elle n'�tait certainement pas la chef.</p><p>Ce jour l�, lors du petit d�jeuner, les quatre tables de Poudlard regardaient en coin l� o� les huit membres de la S.P.E.H.S. s'�taient rassembl�es, � l'�cart.</p><p>Le professeur Flitwick les regardait lui aussi d'un regard s�v�re depuis la table d'honneur. Hermione ne regardait pas dans cette direction mais elle pouvait sentir le regard du professeur Flitwick pos� sur la base de son cou. Elle pouvait le sentir au sens <emphasis>propre</emphasis>. C'�tait vraiment effrayant.</p><p>"M. Potter, pourquoi avez-vous dit � Tracey que vous vouliez nous parler ?" dit Hermione d'un ton brusque.</p><p>"Le professeur Quirrell a expuls� Reese Belka de son arm�e la nuit derni�re," dit Harry Potter. "Et de toutes les autres activit�s de D�fense du soir. L'une d'entre vous comprend-t-elle le sens de cela ? Mademoiselle Greengrass ? Padma ?"</p><p>Les yeux de Harry les pass�rent en revue, Hermione �changea un regard perplexe avec Padma et Daphn� secoua la t�te.</p><p>"Bon," dit Harry � voix basse, "je m'y attendais. Ce que �a veut dire, c'est que vous �tes en danger, mais je ne sais pas � quel point." Le gar�on redressa les �paules et regarda droit dans les yeux de Hermione. "Je ne comptais pas dire �a mais... je voudrais juste vous offrir de vous mettre sous ma protection, quelle que soit l'�tendue de celle-ci. Vous pourrez clairement faire comprendre que tous ceux qui s'en prennent � vous s'en prennent aussi au Survivant."</p><p>"Harry !" dit Hermione d'un ton sec. "Tu <emphasis>sais</emphasis> que je ne veux pas -"</p><p>"Certaines ici sont aussi <emphasis>mes</emphasis> amies, Hermione." Harry ne d�tacha pas ses yeux des siens. "Et c'est leur d�cision, pas la leur. Padma ? Tu m'as dit que malgr� ce que j'avais fait, je n'avais aucune dette envers toi ; c'est le genre de chose qu'un ami dirait."</p><p>Hermione arracha son regard � celui de Harry pour se tourner vers Padma, qui secouait la t�te.</p><p>"Lavande ?" dit Harry. "Tu t'es bien battue dans mon arm�e, et je me battrai pour toi si tu le souhaites."</p><p>"<emphasis>Merci bien</emphasis>, g�n�ral !" dit Lavande avec rudesse. "Je veux dire M. Potter. Mais non. Je suis une h�ro�ne ainsi qu'une Gryffondor et je peux me d�fendre toute seule."</p><p>Il y eut un silence.</p><p>"Parvati ?" dit Harry. "Susan ? Hannah ? Daphn� ?" Je ne vous connais pas aussi bien mais je pense que j'offrirais cela � toute personne qui viendrait me le demander."</p><p>L'une apr�s l'autre, les quatre autres filles secou�rent la t�te.</p><p>Hermione per�ut alors ce qui allait se produire, mais elle n'eut pas l'ombre d'une id�e pour l'�viter.</p><p>"Et mon loyal soldat, Tracey du Chaos ?" dit Harry Potter.</p><p>"<emphasis>Vraiment ?"</emphasis> s'�trangla Tracey, insouciante des regards assassins que Hermione et toutes les autres filles jetaient sur elle. Les mains de Tracey vol�rent avec gr�ce jusqu'� ses joues mais elle ne parvint pas tout � fait � rougir, du moins rien que Hermione ne put d�tecter ; et ses yeux marrons, s'ils n'�tincelaient pas, �taient au moins tr�s �carquill�s. "Vous feriez cela ? Pour <emphasis>moi</emphasis> ? Enfin - Enfin, bien s�r, absolument, g�n�ral Chaos -"</p><empty-line/><p>Et c'est donc ce matin l� que Harry Potter se rendit � la table de Gryffondor, puis � la table Serpentard, et dit aux deux maisons que tous ceux qui feraient du mal � Tracey Davis, peu importe ce qu'elle faisait � ce moment l�, allaient, je cite, apprendre le v�ritable sens du mot chaos, fin de citation.</p><p>C'est gr�ce � une ma�trise de lui-m�me consid�rable que Draco Malfoy parvint � s'emp�cher de frapper sa t�te plusieurs fois de suite contre son assiette remplie de pain grill�.</p><p>Les brutes de Poudlard n'�taient pas exactement des scientifiques.</p><p>Mais elles allaient vouloir tester �a.</p><empty-line/><p>La Soci�t� Pour la Promotion de l'�galit� H�ro�que des Sorci�res ne l'avait pas <emphasis>annonc�</emphasis> car il n'�tait pas clair qu'une <emphasis>annonce</emphasis> ferait beaucoup de bien. Mais elles avaient toutes tranquillement d�cid� (ou, dans le cas de Lavande, accept� � force de subir les hurlements des autres filles) de s'absenter de la lutte contre les brutes pendant quelques temps, au moins jusqu'� ce que leur directeur de maison ne les regarde plus aussi s�v�rement et que les �l�ves plus �g�s aient cess� de pousser Hermione contre les murs.</p><p>Daphn� avait <emphasis>dit</emphasis> � Millicent qu'elles faisaient une pause.</p><p>Et c'est donc avec une certaine perplexit� que, quelques jours plus tard, Daphn� regarda le parchemin qui lui avait �t� d�livr� pendant le d�jeuner, �crit d'une main si tremblante qu'il en �tait presque illisible, et sur lequel on pouvait lire :</p><p><emphasis>Deux heures cet apr�s-midi en haut des escaliers qui montent de la biblioth�que VRAIMENT IMPORTANT tout le monde doit �tre l� - Millicent</emphasis></p><p>Daphn� regarda autour d'elle mais elle ne put voir Millicent nulle part dans la grande salle.</p><p>"Un message de ton informateur ?" dit Hermione apr�s que Daphn� soit all�e lui parler. "C'est bizarre - <emphasis>je</emphasis> n'ai pas -"</p><p>"Tu n'as pas quoi ?" dit Daphn� lorsque la Serdaigle s'arr�ta � mi-phrase.</p><p>Le g�n�ral Soleil secoua la t�te et dit : "�coute Daphn�, je pense qu'on doit savoir d'o� viennent ces messages avant de continuer � leur faire confiance. Regarde ce qui s'est pass� la derni�re fois : comment est-ce que quiconque aurait pu <emphasis>savoir</emphasis> qu'il y aurait trois brute, � moins de faire partie du complot ?"</p><p>"Je ne peux pas te -" dit Daphn�. "Enfin, je ne peux rien dire, mais je sais d'o� viennent les messages et je sais comment cette personne aurait pu le savoir."</p><p>Hermione jeta un <emphasis>regard</emphasis> � Daphn� qui, l'espace d'un instant, rendit Hermione effroyablement semblable au professeur McGonagall.</p><p>"Hm," dit Hermione. "Et sais-tu comment Susan s'est soudain transform�e en Wonderwoman ?"</p><p>Daphn� secoua la t�te et dit : "Non, mais je pense que si on re�oit un message disant qu'on devrait �tre quelque part, c'est peut �tre <emphasis>vraiment important</emphasis> et qu'on <emphasis>devrait tous y aller</emphasis>." Daphn� n'avait pas <emphasis>vu</emphasis> ce qui �tait arriv� � Susan apr�s qu'elle ait essay� d'emp�cher la proph�tie en maintenant cette derni�re � distance. Mais on le lui avait <emphasis>racont�</emphasis> ensuite, et maintenant Daphn� avait peur d'avoir...</p><p>Peur d'avoir peut-�tre...</p><p>D'avoir peut-�tre <emphasis>cass� </emphasis>quelque chose.</p><p>"Hm," dit Hermione, et ses yeux McGonagall �taient revenus.</p><empty-line/><p>Personne ne sembla savoir qui l'avait commenc� ni o� cela avait commenc�. Si vous aviez essay� d'en suivre ensuite la trace, mot � mot, murmure � murmure, vous auriez probablement d�couvert une immense boucle.</p><p>Ce matin l�, Peregrine Derrick re�ut une tape sur l'�paule en sortant du cours de potions.</p><p>Jaime Astorga entendit un chuchotement derri�re lui pendant le d�jeuner.</p><p>Robert Jugson III d�couvrit un petit mot pli� sous son assiette.</p><p>Carl Sloper surprit une conversation entre deux Gryffondor qui lui jet�rent des regards lourds de sous-entendus lorsqu'ils pass�rent pr�s de lui.</p><p>Personne ne semblait savoir o� cela avait commenc�, qui en avait parl� en premier, mais on parlait d'un lieu, on parlait d'un heure, et on disait que la couleur serait le blanc.</p><empty-line/><p>"Chacune d'entre vous a int�r�t � ne rien trouver � redire � �a," dit Susan Bones. La Poufsouffle, ou le pouvoir �trange qui avait pris possession d'elle, ne faisait m�me plus <emphasis>semblant</emphasis> d'�tre normal. La fille au visage rondouillard traversait les couloirs d'un pas ferme et confiante. "Si nous arrivons l� et qu'il y a juste une seule brute, pas de probl�me, vous pouvez vous battre contre elle normalement. Mes myst�rieux superpouvoirs ne s'activeront que s'il y a des innocents en danger. Mais si cinq brutes de septi�me ann�e sortent d'un placard, vous savez quoi faire ? C'est �a, vous <emphasis>fuyez</emphasis> et vous me laissez les combattre. Il est facultatif de trouver un professeur, ce qui est important c'est que vous <emphasis>fuyiez</emphasis> d�s que je cr�� une ouverture. Dans un combat de ce genre, vous �tes sous ma <emphasis>responsabilit�</emphasis>, vous �tes des <emphasis>civils</emphasis><emphasis>en danger</emphasis> que je dois penser � prot�ger. Donc vous partirez le plus vite possible et vous <emphasis>n'essaierez pas</emphasis> de faire <emphasis>quoi que ce soit</emphasis> d'h�ro�que ou je vous jure, � la seconde o� vous sortirez du lit du gu�risseur, je vous rendrai visite <emphasis>moi-m�me</emphasis> et je vous <emphasis>botterai les fesses </emphasis>si fort que vous y retournerez. On est toutes d'accord l�-dessus ?"</p><p>"Oui," couin�rent la plupart des filles, m�me si Hannah dit : "Oui, Dame Susan !"</p><p>"Ne m'appelez <emphasis>pas</emphasis> comme �a," cracha Susan. "Et <emphasis>je ne crois pas vous avoir entendu, Mlle Brown</emphasis> ! Je vous pr�viens, j'ai des amis qui �crivent des pi�ces, et si vous faites quoi que ce soit de stupide, vous resterez dans l'histoire comme 'Lavande, l'incroyable otage stupide.'"</p><p>(Hermione commen�ait � se demander avec inqui�tude combien d'autre �l�ves mis � part Harry avaient de myst�rieux c�t�s obscur et si <emphasis>elle</emphasis> risquait d'en d�velopper un � force de tra�ner avec eux).</p><p>"Tr�s bien, capitaine Bones," dit Lavande d'un ton exceptionnellement respectueux alors qu'elles passaient un angle sur le chemin le plus court vers la biblioth�que et qu'elles traversaient un couloir plut�t grand muni de six ensembles de doubles portes, trois de chaque c�t�. "Pourrais-je savoir s'il y a la moindre chose que <emphasis>je</emphasis> pourrais faire pour devenir une double sourci�re ?"</p><p>"Inscris-toi au programme de pr�paration Auror quand tu seras en sixi�me ann�e," dit Susan. "C'est ce qu'il y a de mieux en second choix. Oh, et si un Auror c�l�bre te propose de superviser ton stage d'�t�, contente-toi de faire la sourde oreille � tous ceux qui te diront qu'il a une mauvaise influence et que tu vas presque certainement mourir."</p><p>Lavande hochait rapidement la t�te. "Compris, compris."</p><p>(Padma, qui n'avait � vrai dire pas �t� l� la derni�re fois, lan�ait des regards <emphasis>tr�s</emphasis> sceptiques � Susan).</p><p>Puis cette derni�re se figea sur place, leva sa baguette et dit : "<emphasis>Protego Maximus !</emphasis>"</p><p>Une d�charge d'adr�naline traversa Hermione, elle tira instantan�ment sa baguette, pivota -</p><p>Mais elle ne vit rien qui clochait de l'autre c�t� du grand nuage bleu qui les entourait � pr�sent.</p><p>Les autres filles, qui s'�taient elles aussi mises en formation, avaient l'air tout autant perplexes.</p><p>"D�sol� !" dit Susan. "D�sol� les filles. Laissez-moi un moment pour inspecter cet endroit. Repenser � quelqu'un m'a rappel� que cette pi�ce o� nous nous trouvons, avec toutes ces portes, serait un excellent coin � embuscade."</p><p>Il y eut un silence.</p><p>"Maintenant," dit un voix dure, brouill�e jusqu'� ne plus �tre identifiable par un gr�sillement.</p><p>Les six paires de portes s'ouvrirent grand.</p><p>Des robes blanches avanc�rent en file, en silence, des robes int�grales sans marque d'affiliation � une maison ou � une autre et munies d'un tissu blanc qui masquait les visages surmont�s de capuches. Elles se d�vers�rent, emplissant le grand couloir pour atteindre un nombre trop �lev� pour �tre facilement compt�. Probablement moins de cinquante. Certainement plus de trente. Toutes d�j� entour�es d'un nuage bleu.</p><p>Susan dit de tr�s gros mots, si terribles qu'� n'importe quel autre moment, Hermione les aurait remarqu�s.</p><p>"Ce message !" s'�cria Daphn�, prise d'une horreur soudaine. "Il ne venait <emphasis>pas</emphasis> de -"</p><p>"Millicent Bulstrode ?" dirent la voix et son gr�sillement. "Non. Vous voyez, Mlle Greengrass, si la m�me fille envoie un message par le r�seau Serpentard � chaque fois que vous combattez une brute, quelqu'un finira par le remarquer. Nous aurons une conversation avec elle quand nous en auront fini avec vous."</p><p>"Mlle Susan," dit Hannah d'une voix qui commen�ait tout juste � trembler, "pourriez-vous �tre assez Wonderwoman pour -"</p><p>Des baguettes s'�lev�rent. Puis il y eut une s�rie d'�clairs verts aveuglants, une vol�e massive de briseurs de boucliers, au terme de laquelle plus aucun d�me bleu n'entoura les filles, et Susan tomba � genoux, main serr�e contre sa baguette.</p><p>Des barri�res de t�n�bres solides avaient jailli � chaque extr�mit� du couloir. Derri�re les doubles portes que Hermione pouvait voir ne se trouvaient que des salles de cours vides, des voies sans la moindre issue.</p><p>"Non," dit la voix masculine surmont�e d'un gr�sillement, "elle ne peut pas. Au cas o� vous ne l'auriez pas remarqu�, vous avez �nerv� pas mal de monde et nous n'avons aucune intention de perdre cette fois-ci. Tr�s bien, tout le monde, pr�parez-vous � tirer."</p><p>Les baguettes qui les entouraient furent de nouveau point�es, assez bas pour que leurs ennemis ne s'atteignent pas les uns les autres en ratant leurs coups.</p><p>Puis une autre voix m�le, accompagn�e d'un gr�sillement similaire, dit soudain : "<emphasis>Homenum revelio !</emphasis>"</p><p>Et un instant plus tard une autre vol�e de mal�fices et de briseurs de boucliers fut lanc�e par r�flexe sur la silhouette qui avait soudain �t� d�voil�e, fracassant les boucliers qui avait presque imm�diatement commenc� � se former autour d'elle -</p><p>Et alors, tandis que cette m�me silhouette s'effondrait au sol, un silence estomaqu�.</p><p>"<emphasis>Le professeur Rogue ?</emphasis>" dit la seconde voix. "C'est <emphasis>lui</emphasis> qui interf�rait ?"</p><p>C'�tait le professeur de potions de Poudlard qui �tait � pr�sent �tendu par terre, inconscient, ses robes poussi�reuses achevant leur mouvement avant de se d�poser au sol, sa main tendue vers sa baguette qui s'�loignait lentement en roulant.</p><p>"Non," dit la premi�re voix m�le, maintenant un peu moins assur�e. Puis il se ressaisit : "Non, c'est impossible. Il nous a entendu nous faire passer le mot, bien s�r, et il est venu pour s'assurer que personne ne ferait de nouveau tout foirer. Nous le r�veillerons ensuite, nous nous excuserons et il lancera un sortil�ge d'Oubliettes sur les enfants afin qu'ils ne se souviennent de rien, c'est un professeur, il en est capable. Quoi qu'il en soit, nous devrions nous assurer d'�tre <emphasis>vraiment</emphasis> seuls maintenant. <emphasis>Veritas Oculum</emphasis><emphasis>!</emphasis>"</p><p>Deux douzaines de charmes furent alors prononc�es, mais plus aucun invisible ne fut r�v�l�. L'un d'entre eux en particulier �treint le c�ur de Hermione : elle reconnu le charme qui avait figur� � c�t� de la description de la V�ritable Cape d'Invisibilit�, un charme qui ne r�v�lerait pas la Cape mais dirait si cet artefact ou d'autres semblables �taient dans les environs.</p><p>"Les filles ?" chuchota Susan. Elle se mit lentement sur pieds, m�me si Hermione put voir ses membres vaciller et trembler. "Les filles, je suis d�sol� d'avoir dit �a plus t�t. S'il y a quoi que ce soit d'h�ro�que ou de malin que vous voulez essayer, autant le faire."</p><p>"Ah, ouais," dit alors Tracey Davis d'une voix tremblante. "J'ai failli <emphasis>oublier</emphasis>." La Serpentard leva la main et parla.</p><p>"H�, vous tous !" hurla Tracey d'une voix aigu�. "H�, est-ce que vous comptez me faire du mal � moi aussi ?"</p><p>"� vrai dire, oui" dit la voix gr�sillante du chef. "C'est notre intention."</p><p>"Je suis sous la protection de Harry Potter, vous savez ! Tous ceux qui essaient de me faire du mal apprendront le v�ritable sens du mot chaos ! Alors vous allez me laisser partir ?" �'aurait d� �tre un ton de d�fi. Il indiquait plut�t de la terreur.</p><p>Il y eut un silence. Certaines des capuches se tourn�rent pour se faire face puis revinrent aux filles.</p><p>"Euh..." dit la voix masculine gr�sillante. "Euh... non."</p><p>Tracey Davis rangea sa baguette dans ses robes.</p><p>Lentement, d'un geste d�lib�r�, elle leva une main haut dans les airs et appuya son pouce contre son majeur.</p><p>"Vas-y," dit la voix.</p><p>Tracey Davis claqua des doigts.</p><p>Il y eut un long et terrible silence.</p><p>Rien ne se passa.</p><p>"Oui, eh bien," dit la voix -</p><p>Tracey dit alors d'une voix encore plus aigu� et encore plus tremblante : "Acathla, mundatus sum." Sa main s'�tira encore plus haut et elle claqua des doigts une deuxi�me fois.</p><p>Un frisson indicible parcourut l'�chine de Hermione, un frisson de peur et de d�sorientation, comme si elle venait de sentir le sol s'incliner sous ses pieds et menacer de la faire glisser vers quelque t�n�bre cach�e au-dessous.</p><p>"Qu'est-ce qu'elle -" commen�a une voix f�minine gr�sillante.</p><p>Le visage de Tracey �tait p�le, d�form� par la peur, mais ses l�vres bougeaient et de celles-ci �mergeait le son d'un chant aigu : <emphasis>"Mabra, brahoring, mabra.."</emphasis></p><p>Un vent froid sembla appara�tre aux confins du couloir couloir, un souffle noir qui caressa leur visage et gla�a leurs mains.</p><p>"Tirez sur elles � mon signal !" dit la voix en chef. "Un, deux <emphasis>trois</emphasis> !" et peut-�tre quarante-deux voix rugirent des sortil�ges, cr�ant une immense nu�e concentrique de tirs flamboyants qui �clair�rent le large couloir avec plus de force que le soleil -</p><p>- pendant le court instant qui pr�c�da celui o� les tirs s'�vanouirent en heurtant un octogone rouge sombre qui apparut dans les airs devant les filles et disparut un moment plus tard.</p><p>Hermione le vit mais elle ne put le concevoir, elle n'arrivait pas � imaginer un sortil�ge de bouclier aussi puissant, un sortil�ge capable de r�sister � une arm�e.</p><p>La voix de Tracey continua de chanter, plus forte et plus confiante, et son visage �tait d�form� comme si elle essayait de se souvenir de mots <emphasis>pr�cis</emphasis> :</p><p><emphasis>"Brouille, drouille, muzo, muffe.</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>Fista, ouista, mista-cuffe."</emphasis></p><p>Tous ceux pr�sents pouvaient maintenant le sentir, les h�ro�nes comme les brutes, la sensation d'une noirceur qui les entourait, se pressait contre eux comme un picotement dans les airs � mesure que quelque chose montait, montait et montait. Tous les nuages bleus qui entouraient les robes blanches et tous les boucliers s'�taient �teint sans qu'aucun sortil�ge visible ne vienne les frapper. Il y eut d'autres �clats de lumi�re lorsque des sortil�ges d�sesp�r�s furent lanc�s mais ils moururent en cr�pitant � mi-parcours comme une flamme de bougie qui aurait touch� de l'eau.</p><p>Les barri�res noires � chaque extr�mit� du couloir �taient parties en fum�e comme si une pression immense les avait vaporis�es mais leur �vaporation r�v�la des sorties scell�es, bloqu�es par des lames empil�es faites d'un m�tal noir qui semblait avoir �t� tach� de sang ; et lorsque Tracey chanta "<emphasis>Lermarchand, Lamente, Lemarchand</emphasis>", une terrible lumi�re bleut�e commen�a � filtrer entre et sous les lames de m�tal, les six paires de portes se referm�rent d'un grand coup et des brutes en robes blanches paniqu�es commenc�rent � tambouriner dessus et � hurler.</p><p>Puis la baguette de Tracey fit un grand geste vers la gauche et elle s'�cria : "<emphasis>Khornath !</emphasis>", puis derri�re elle : "<emphasis>Slaaneth !</emphasis>", au-dessus d'elle : "<emphasis>Nurgolth !</emphasis>" puis, vers la droite : "<emphasis>TZINTCHI !</emphasis>"</p><p>Tracey s'interrompit et prit une profonde inspiration, Hermione retrouva alors sa voix et s'�cria : "<emphasis>Arr�te, Tracey, arr�te-toi !</emphasis>"</p><p>Mais il y avait un grand et �trange sourire sur le visage de Tracey. Elle leva sa baguette encore plus haut et claqua des doigts une troisi�me fois ; et lorsqu'elle parla de nouveau, sous sa voix aigu� et f�minine on crut entendre le murmure d'un ch�ur plus grave qui l'accompagnait.</p><p>"<emphasis>T�n�bre au-del� des t�n�bres, plus profonde que la derni�re obscurit�.</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>Enterr�e sous le flot du temps...</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>De t�n�bre en t�n�bre, ta voix fait �cho au c�ur du n�ant,</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>Ignor�e de la mort, inconnue de la vie."</emphasis></p><p>"<emphasis>Qu'est-ce que tu fabriques ?"</emphasis> glapit Parvati, et la Gryffondor tendit une main comme pour tirer la Serpentard vers elle, mais celle-ci commen�ait � s'�leva en l'air ; Daphn� et Susan attrap�rent toutes deux le bras de Parvati en m�me temps et Daphn� s'�cria: "Non, on ne sait pas ce qui se passe quand le rituel est interrompu !"</p><p>"<emphasis>Ouais et qu'est-ce qui se passe s'il est ACCOMPLI ?"</emphasis> hurla Hermione, plus proche qu'elle ne l'avait jamais �t� d'une d�faillance mentale compl�te.</p><p>Le visage de Susan �tait blanc comme de la craie et elle murmura : "Je suis d�sol�e, Fol-Oeil..."</p><p>Et Tracey continua, son corps flottant de plus en plus haut, ses cheveux noirs fouettant l'air autour d'elle, port�s par les vents froids.</p><p>"<emphasis>Toi qui connais la porte, qui es la porte, la cl� et le gardien de la porte :</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>Je t'ordonne de lui ouvrir la voie et de manifester son pouvoir devant moi !"</emphasis></p><p>Le couloir fut alors plong� dans un noir complot et un silence absolu absolu, si bien que seule Tracey pouvait �tre vue et entendue, comme si plus rien dans l'univers n'existait � part elle et la lumi�re qui l'�clairait, venue d'une source sans nom.</p><p>La fille lumineuse leva la main une derni�re fois et avec une affreuse solennit� appuya son pouce contre son majeur.</p><p>Et depuis les t�n�bres Hermione regarda le visage de Tracey et vit que les yeux de la Serpentard avaient maintenant, � la nuance pr�s, le vert des yeux de Harry Potter.</p><p>"<emphasis>Harry James Potter-Evans-Verres !</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>Harry James Potter-Evans-Verres !</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>HARRY JAMES POTTER-EVANS-VERRES !"</emphasis></p><p>Il y eut un claquement de tonnerre, et alors -</p><empty-line/><p>Harry avait choisi une posture d�tendue, assit sur une petite chaise face � l'imposant bureau du directeur de Poudlard : une jambe pos�e sur son genoux, ses bras nonchalamment �tendus sur les accoudoirs. Harry faisait de son mieux pour ignorer le son venu des appareils alentours, m�me s'il avait quelque difficult�s � ignorer celui situ� directement derri�re lui et qui faisait le bruit d'une chouette hululant d�sesp�r�ment alors qu'on la fourrait dans une d�chiqueteuse � bois.</p><p>"Harry," dit le vieux sorcier, assit derri�re son bureau, la voix �g�e et �gale, ses yeux bleus per�ants derri�re ses scintillantes lunettes en demi-lune. Le directeur s'�tait habill� de robes d'un pourpre nocturne et non pas d'un noir formel mais toujours assez sombre pour approcher le s�rieux le plus mortel selon la mode du monde des sorciers. "Es-tu... <emphasis>responsable</emphasis> de ce qui a eu lieu ?"</p><p>"Je ne peux nier que mon influence ait jou� un r�le," dit Harry.</p><p>Le vieux sorcier �ta ses lunettes et se pencha pour regarder directement Harry, ses yeux bleus braqu�s vers les yeux verts. "Je te poserai une seule question," continua-t-il d'une voix plus basse. "Penses-tu que ce que tu as fait aujourd'hui �tait - <emphasis>convenable</emphasis> ?"</p><p>"Des brutes �taient l�, et elles �taient arriv�es dans ce couloir avec l'intention de faire du mal � Hermione Granger et aux sept autres enfants de premi�re ann�e," dit Harry d'une voix �gale. "Si je ne suis pas trop jeune pour �tre la cible de jugements moraux, alors eux non plus. Non, directeur, ils ne m�ritaient pas de mourir. Mais ils <emphasis>m�ritaient</emphasis> d'�tre enti�rement d�shabill�s et coll�s au plafond."</p><p>Le vieux sorcier remit ses lunettes. Pour la premi�re fois depuis que Harry le connaissait, les mots semblaient manquer au directeur. "Merlin lui-m�me m'en soit t�moin," dit Dumbledore, "je n'ai pas la plus vague id�e de la fa�on dont je devrais r�agir � cela."</p><p>"C'est plus ou moins l'effet que j'esp�rais produire," dit Harry. Il sentait qu'il aurait d� siffler un air gai, mais il n'avait malheureusement jamais appris � siffler de fa�on fiable.</p><p>"Je n'ai pas besoin de te demander qui est <emphasis>directement</emphasis> responsable," dit le directeur. "Seuls trois sorciers � Poudlard pourraient �tre assez puissants. Je n'y suis pour rien. Severus m'a assur� qu'il n'est pas impliqu�. Et le troisi�me..." le directeur secoua la t�te avec consternation. "Tu as pr�t� ta Cape au professeur de D�fense, Harry. Je ne pense pas que ce soit sage. Car maintenant qu'il a �chapp� � la d�tection par de simples sortil�ges, il sait certainement que c'est une Relique de la Mort - si, de fait, il ne l'a pas su � la seconde o� il est entr� en contact avec elle."</p><p>"Le professeur Quirrell avait d�j� d�duit que je poss�dais une cape d'invisibilit�," dit Harry. "Et le connaissant, il a probablement devin� que c'est une Relique de la Mort. Mais dans <emphasis>ce</emphasis> cas, directeur, il se trouve que le professeur Quirrell �tait sous une des robes blanches dot�es de voiles."</p><p>Il y eut un autre silence.</p><p>"Que c'est rus�," dit le directeur. Il s'enfon�a dans son fauteuil et soupira. "J'ai discut� avec le professeur de D�fense. Juste avant toi, � vrai dire. Je ne savais pas vraiment quoi dire. Je lui ai expliqu� que ce n'�tait pas l� la politique approuv�e par Poudlard en mati�re d'infractions aux r�gles en vigueur dans les couloirs et que je ne trouvais pas qu'il �tait convenable pour un professeur de Poudlard de faire ce qu'il avait fait."</p><p>"Et que le professeur Quirrell a-t-il r�pondu � cela ?" dit Harry, qui n'�tait en rien impressionn� par les politiques actuelles de maintien des r�gles en vigueur dans les couloirs.</p><p>Le directeur avait l'air r�sign�. "Il a dit : <emphasis>Renvoyez-moi</emphasis>."</p><p>Harry parvint sans savoir comment � ne pas acclamer le professeur � voix haute.</p><p>Le directeur fron�a les sourcils. "Mais <emphasis>pourquoi</emphasis> a-t-il fait cela, Harry ?"</p><p>"Parce que le professeur Quirrell n'aime pas les brutes de cette �cole et que je lui ai demand� tr�s poliment," dit Harry. <emphasis>Et il s'ennuyait et il s'est dit que cela pourrait lui remonter le moral.</emphasis> "Soit �a, soit �a fait partie d'un complot incroyablement intriqu�."</p><p>Le directeur se leva et commen�a � marcher de long en large devant le porte-chapeau sur lequel se trouvaient le Choixpeau et les pantoufles rouges. "Harry, n'as-tu pas l'impression que tout ceci est devenu un peu..."</p><p>"G�nial ?" proposa Harry.</p><p>"<emphasis>Parfaitement et compl�tement incontr�lable</emphasis> d�crirait mieux la chose," dit Dumbledore. "Je ne suis pas certain qu'il y ait jamais eu un temps dans l'Histoire de cette �cole o� les choses sont devenues si, si... je n'ai pas de mot pour le d�crire Harry, parce que les choses n'ont jamais �t� ainsi, et personne n'a donc jamais invent� un mot pour �a."</p><p>Harry aurait essay� d'inventer des mots pour exprimer � quel point il se sentait flatt� s'il n'avait pas en �t� trop fier pour pouvoir parler.</p><p>Le directeur le regardait avec une gravit� qui ne faisait qu'augmenter. "Harry, as-tu la <emphasis>moindre id�e</emphasis> de la raison pour laquelle je trouve ces �v�nements inqui�tants ?"</p><p>"Honn�tement ?" dit Harry. "Non, pas vraiment. Enfin, bien s�r, le professeur McGonagall objecterait � tout ce qui pourrait briser la morne monotonie de la vie scolaire de Poudlard. Mais enfin, le professeur McGonagall ne mettrait pas le feu � poulet, elle."</p><p>Les rides du visage de Dumbledore devinrent plus profonde. "Ce n'est pas cela qui m'inqui�te, Harry," dit doucement le directeur. "Une bataille a eu lieu dans ces couloirs !"</p><p>"M. le directeur," dit Harry, essayant avec pr�caution de garder un ton respectueux, "le professeur Quirrell et moi n'avons pas choisi que cette bataille ait lieu. C'est les brutes qui en ont d�cid�. <emphasis>Nous</emphasis> avons juste d�cid� de faire gagner le c�t� clair. Je sais que parfois les fronti�res de la moralit� sont incertaines, mais dans ce cas, la ligne de d�marcation entre les m�chants et les h�ro�nes faisait vingt m�tres de haut et avait �t� trac�e d'un feu blanc. Notre intervention a peut-�tre �t� <emphasis>bizarre</emphasis> mais elle n'�tait certainement pas <emphasis>mauvaise</emphasis> -"</p><p>Le directeur �tait revenu � son bureau, s'�tait assis sur son tr�ne rembourr� avec un bruit sourd, et avait recouvert son visage de ses mains.</p><p>"Est-ce que j'ai rat� quelque chose ?" dit Harry. "Je pensais que vous seriez secr�tement de notre c�t�, M. le directeur. C'�tait une r�ponse de Gryffondor. Les jumeaux Weasley approuveraient. <emphasis>Fumseck</emphasis> approuverait -" Harry jeta un coup d'�il au perchoir dor�, mais il �tait vide ; soit le ph�nix avait des choses plus importantes � faire, soit le directeur ne l'avait pas invit� � la discussion d'aujourd'hui.</p><p>"Et ceci," dit le directeur d'une voix �g�e, fatigu�e et passablement �touff�e, "est pr�cis�ment le probl�me, Harry. Si les courageux jeunes h�ros ne sont pas mis aux commandes d'�coles, c'est qu'il y a une raison."</p><p>"Tr�s bien," dit Harry. Il n'arrivait pas tout � fait � emp�cher sa voix de r�v�ler son scepticisme. "Qu'est-ce que j'ai rat�, cette fois ?"</p><p>Le vieux sorcier releva la t�te, son visage � pr�sent solennel et plus calme. "�coutes-moi, Harry," dit Dumbledore, "�coute-moi bien, car tous ceux dot� de pouvoir doivent l'apprendre un jour. Certaines choses en ce monde son effet vraiment simples. Si tu ramasses une pierre et que tu la laisses tomber, la Terre n'en sera pas alourdie, et les �toiles ne d�vieront pas de leur route. Je dis cela, Harry, pour que tu saches que je ne pr�tends pas �tre sage quand je te dis que m�me si certaines choses sont simples, d'autres sont complexes. Il existe des magies qui laissent une marque sur le monde et marquent aussi ceux qui les manient d'une fa�on qu'un simple charme ne ferait <emphasis>pas</emphasis>. Ces magies demandent que l'on h�site, que l'on r�fl�chisse aux cons�quences, qu'on prenne le temps de mesurer le poids de leur marque. Et pourtant, la plus complexe des magies que je connaisse est plus simple que la plus simple des �mes. Les <emphasis>gens</emphasis>, Harry, sont toujours marqu�s, par ce qu'ils font et par ce qui leur est fait. Comprends-tu maintenant pourquoi dire 'Voici la ligne de d�marcation entre les h�ros et les m�chants !' ne suffit pas � affirmer que ce que tu as fait �tait juste ?"</p><p>"M. le directeur," dit Harry d'une voix neutre, "ce n'est pas une d�cision que j'ai prise au hasard. Non, je ne connais pas l'effet exact que cela aura sur chacune des brutes pr�sentes. Mais si j'attendais toujours d'avoir une information parfaite avant d'agir, je ne ferai jamais rien. En ce qui concerne le d�veloppement psychologique de, disons Peregrine Derrick, il n'aurait probablement pas �t� tr�s bon pour lui de martyriser huit filles en premi�re ann�e. Et les arr�ter discr�tement et rapidement n'aurait pas suffit puisqu'ils auraient juste r�essay� plus tard. Il fallait donc qu'ils voient qu'un pouvoir protecteur digne d'effroi existait." La voix de Harry demeura neutre. "Mais bien s�r, puisque je <emphasis>suis</emphasis> un gentil, je ne voulais pas leur infliger des dommages permanents ni m�me les faire souffrir, et pourtant la peine devait �tre assez forte pour �tre prise en compte la prochaine fois qu'ils penseraient � r�essayer. Donc, apr�s avoir soupes� les r�sultats attendus du mieux que mon intellect rationnel � un degr� limit� en est capable, j'ai song� que le plus sage serait de d�shabiller les brutes et de les coller au plafond."</p><p>Le jeune h�ros regardait droit vers le vieux sorcier, ses yeux verts impassible braqu�s sur le bleu derri�re les lunettes.</p><p><emphasis>Et puisque je n'�tais pas l� et que je n'ai personnellement rien fait, il n'existe aucun moyen l�gal de me punir selon les r�gles de Poudlard ; le seul � avoir agi est le professeur et il est intouchable. Et briser les r�gles juste pour m'atteindre ne serait pas une chose tr�s sage � faire au h�ros que pr�parez � combattre Lord Voldemort...</emphasis> Cette fois, Harry <emphasis>avait</emphasis> essay� de penser � l'avance � toutes les ramifications avant de soumettre sa suggestion au professeur Quirrell ; et pour une fois le professeur de D�fense ne l'avait pas trait� d'idiot, il avait juste lentement souri et avait commenc� � rire.</p><p>"Je comprends tes intentions, Harry," dit le vieux sorcier. "Tu penses avoir donn� une le�on aux brutes de Poudlard. Mais si Peregrine Derrick pouvait apprendre cette le�on, il ne serait pas Peregrine Derrick. Tes actes n'auront d'autre effet que de le provoquer encore plus - ce n'est pas juste mais c'est ainsi." Le vieux sorcier ferma les yeux comme sous le coup d'une br�ve douleur puis les rouvrit. "Harry, la v�rit� la plus douloureuse � accepter pour un h�ros est que le bien ne peut pas et ne doit pas gagner toutes les batailles. Tout cela a commenc� quand Mlle Granger s'est battue contre trois ennemis et qu'elle a gagn�. Si elle s'�tait content� de cela, l'�cho de ses exploits aurait finit par dispara�tre. Au lieu de cela, elle s'est associ�e � des camarades et a lev� sa baguette en signe de d�fi contre Peregrine Derrick et tous ses semblables ; et ses semblables sont incapables de r�pondre autrement qu'en levant leur baguette. Jaime Astorga est donc parti en chasse, et il aurait d� la battre ; �'aurait �t� fort triste, mais les choses se seraient arr�t�es l�. Huit sorci�res de premi�re ann�e mises ensemble ne contiennent pas assez de magie pour vaincre un tel adversaire. Mais tu ne pouvais pas accepter �a, Harry, tu ne pouvais pas laisser Mlle Granger apprendre sa le�on par elle-m�me ; et tu as donc envoy� le professeur de D�fense les surveiller, invisible, et percer les boucliers d'Astorga au moment o� Daphn� Greengrass le frappait -"</p><p><emphasis>Quoi ?</emphasis> se dit Harry.</p><p>Le vieux sorcier continua. "� chaque fois que tu es intervenu, Harry, cela a intensifi� les choses, encore et encore. Mlle Granger s'est vite retrouv�e face � Robert Jugson lui-m�me, le fils d'un Mangemort, avec deux puissants alli�s � ses c�t�s. Cela aurait en effet �t� douloureux pour Mlle Granger si elle avait perdu cette bataille. Et � nouveau, par ta volont� et la baguette de Quirinus, cette fois plus ouvertement, elle a gagn�."</p><p>Harry avait encore du mal � envisager la possibilit� d'un professeur de D�fense invisible surveillant la S.P.E.H.S. et s'assurant que les h�ro�nes �taient � l'abri du danger.</p><p>"Et ainsi," finit le vieux sorcier, "nous en sommes arriv�s � aujourd'hui, Harry, � l'attaque de quarante-quatre �l�ves contre huit sorci�res en premi�re ann�e. Un v�ritable bataille, dans ces murs ! Je ne sais quelle �tait ton intention, mais tu dois accepter une part de responsabilit�. De telles choses ne se produisaient pas avant que tu n'arrives dans cette �cole, pas pendant les d�cennies que j'ai pass� � Poudlard ; ni quand j'�tais un �l�ve ni quand j'�tais un professeur."</p><p>"Merci beaucoup," dit Harry d'une voix neutre. "M�me si je pense que le professeur Quirrell a plus de m�rite que moi."</p><p>Les yeux bleus s'�carquill�rent. "Harry..."</p><p>"Ces brutes attaquent leurs victimes depuis bien avant le d�but de l'ann�e," dit Harry. Malgr� ses efforts, sa voix commen�ait � s'�lever. "Mais personne n'a sembl� apprendre aux �l�ves qu'ils avaient le droit de se <emphasis>d�fendre</emphasis>. Je sais qu'il est beaucoup plus simple d'<emphasis>ignorer</emphasis> un combat � armes �gales qu'une victime impuissante qui se prend des mal�fices et se fait presque jeter d'une fen�tre, mais peut-on dire que c'est <emphasis>pire</emphasis> ? J'aimerais avoir lu plus d'�crits de Godric Gryffondor pour pouvoir le citer, il doit bien y avoir quelque chose dans le tas qui parle de ce probl�me. Les batailles ouvertes sont peut-�tre plus <emphasis>bruyantes</emphasis> que des victimes qui souffrent en silence, elles rendent peut-�tre plus difficile la t�che de pr�tendre qu'il ne s'est rien pass�, mais le r�sultat final est <emphasis>meilleur</emphasis> -"</p><p>"Non," dit Dumbledore. "Pas du tout, Harry. <emphasis>Toujours</emphasis> combattre les t�n�bres, ne <emphasis>jamais</emphasis> laisser le mal incontest� - ce n'est pas de l'h�ro�sme mais simplement de l'orgueil. M�me Godric Gryffondor ne pensait pas que toutes les guerres m�ritaient qu'on se batte, et pourtant il a pass� sa vie enti�re � aller d'une bataille � une autre." La voix du vieux sorcier diminua de volume. "En v�rit�, Harry, tes paroles ne sont pas mal�fiques. Non, pas mal�fiques, et pourtant elles m'ont effray�. Tu es quelqu'un qui pourrait un jour exercer un grand pouvoir sur les autres sorciers. Et si, ce jour l�, tu penses encore qu'on ne doit jamais laisser le mal incontest� -" Une v�ritable inqui�tude transparaissait maintenant dans la voix du directeur. "Le monde est devenu plus fragile depuis l'�poque o� Poudlard s'est dress�e. J'ai peur qu'il ne puisse supporter la furie d'un autre Godric Gryffondor. Et Gryffondor entrait en rage moins vite que toi." Le vieux sorcier secoua la t�te. "Tu es trop pr�t � te battre, Harry. Bien trop pr�t, et Poudlard elle-m�me devient plus violente autour de toi."</p><p>"Eh bien," dit Harry avec pr�caution, soupesant ses mots. "Je ne sais pas si �a va aider, mais je pense que vous avez une fausse impression de mes pr�f�rences. Je n'aime pas non plus les vrais combats. �a fait peur, c'est violent et on risque de se faire mal. Mais je ne me suis <emphasis>pas</emphasis> battu aujourd'hui, M. le directeur."</p><p>Ce dernier fron�a les sourcils. "Tu as envoy� le professeur de D�fense � ta place -"</p><p>"Le professeur Quirrell ne s'est pas vraiment battu non plus," dit Harry avec calme. "Il n'y avait l� personne d'assez puissant pour le combattre. Il n'y a eu aucun combat aujourd'hui, seulement une victoire."</p><p>Le vieux sorcier ne parla qu'un moment plus tard. "Peut-�tre est-ce bien le cas," dit-il, "mais tous ces conflits doivent toucher � leur fin. Je peux entendre la tension dans l'air, et � chaque altercation, cette tension monte. Tout cela doit prendre fin, de fa�on d�cisive et rapide, et tu ne dois pas faire obstacle � cette fin."</p><p>Le vieux sorcier fit un geste vers la grande porte en ch�ne et Harry s'en fut.</p><empty-line/><p>C'est avec une certaine surprise que Harry passa entre les deux immenses gargouilles grises qui s'�taient �cart�es et vit que Quirinus Quirrell �tait toujours affal� contre la pierre du couloir, un �pais filet de bave tombant de sa bouche molle jusqu'� ses robes de professeur, exactement dans la m�me position que lorsque Harry �tait parti pour le bureau du directeur.</p><p>Harry attendit mais l'homme ne se releva pas ; et apr�s de longues secondes g�n�es, Harry commen�a � continuer son chemin dans le couloir.</p><p>"M. Potter ?" L'appel �tait doux et ne vint qu'apr�s que Harry ait pass� deux tournants ; une voix basse qui traversait les murs d'une fa�on anormale.</p><p>Lorsque Harry revint, il trouva le professeur toujours affal� contre le mur, mais � pr�sent les yeux p�les le regardaient, emplis d'intelligence.</p><p><emphasis>Je suis navr� de vous avoir �puis� -</emphasis></p><p>C'�tait l� quelque chose que Harry ne pouvait pas dire. Il avait remarqu� la corr�lation entre les efforts d�ploy�s par Quirrell et la dur�e pendant laquelle il devait se 'reposer'. Mais Harry avait conclu que si l'effort avait �t� trop douloureux ou pr�judiciable, le professeur aurait certainement refus�. � pr�sent, Harry se demandait si ce raisonnement avait vraiment �t� correct, et si non, comment il pouvait s'excuser...</p><p>Le professeur de D�fense parla d'une voix basse et le reste de son corps demeura immobile. "Comment s'est d�roul� votre entretien avec le directeur, M. Potter ?"</p><p>"Je n'en suis pas certain," dit Harry. "Pas comme je l'avais pr�dit. Il semble croire que le c�t� clair devrait perdre bien plus souvent que je crois �tre sage. Et puis je ne suis pas certain qu'il comprenne la diff�rence entre essayer de se battre et essayer de gagner. Ce qui explique beaucoup de choses, en fait..." Harry n'avait pas beaucoup lu sur la guerre des sorciers mais il en savait assez pour savoir que les gentils <emphasis>s'�taient </emphasis>probablement fait une id�e assez pr�cise de l'identit� des pires Mangemorts et qu'ils ne leur <emphasis>avaient pas</emphasis> juste envoy� des grenades par chouette en moins de cinq minutes.</p><p>Un rire doux et l�ger �mergea des l�vres p�les. "Dumbledore ne comprend pas la joie de gagner, tout comme il ne comprend pas la joie de jouer. Dites-moi, M. Potter. Avez-vous d�lib�r�ment sugg�r� ce petit plan dans l'intention de me soulager de mon ennui ?"</p><p>"C'�tait un de mes nombreux motifs," dit Harry, parce qu'un instinct l'avait pr�venu qu'il ne pouvait pas juste dire <emphasis>Oui</emphasis>.</p><p>"Savez-vous," dit le professeur de D�fense d'un ton doux et pensif, "que certains ont essay� d'adoucir mes humeurs les plus sombres, que d'autres ont en effet aid� � ensoleiller mes jours, mais que vous �tes la premi�re personne � jamais r�ussir � le faire d�lib�r�ment ?" Le professeur sembla se redresser et s'�carter du mur d'un mouvement tr�s particulier qui aurait pu �tre autant magique que musculaire, et il commen�a � s'en aller sans un regard en arri�re. seul un petit geste du doigt indiquant � Harry qu'il devait suivre.</p><p>"J'ai particuli�rement appr�ci� le chant que vous avez compos� pour Mlle Davis," dit le professeur Quirrell apr�s qu'ils aient parcouru une courte distance. "M�me si vous auriez �t� plus sage de venir me consulter � l'avance avant de le lui faire apprendre." Une main s'agita entre ses robes et sortit une baguette qui fit un petit geste, apr�s quoi tous les lointains sons du ch�teau disparurent. "R�pondez honn�tement, M. Potter, �tes-vous par un moyen ou un autre devenu familier avec la th�orie des rituels noirs ? Ce n'est pas la m�me chose que de confesser d'avoir eu l'intention de les pratiquer ; de nombreux sorciers en connaissent les principes."</p><p>"Non..." dit lentement Harry. Il avait d�cid� il y a longtemps de ne pas essayer de s'introduire dans la zone interdite de la biblioth�que de Poudlard pour exactement la m�me raison qui lui avait fait d�cider un an plus t�t de ne <emphasis>pas</emphasis> apprendre � fabriquer des explosifs � partir de produits domestiques. Harry s'enorgueillissait d'avoir au moins <emphasis>plus</emphasis> de bon sens que les gens voulaient bien lui en attribuer.</p><p>"Oh ?" dit le professeur Quirrell. L'homme marchait maintenant d'un pas plus normal et les l�vres se courb�rent en un sourire �trange. "Eh bien, peut-�tre poss�dez-vous alors quelque talent particulier pour le domaine."</p><p>"Oui, enfin," dit Harry d'un ton las. "J'imagine que le docteur Seuss avait aussi un talent naturel pour les rituels noirs alors, parce que <emphasis>brouille, drouille, muzo, muffe</emphasis> vient d'un livre pour enfants intitul� <emphasis>Barth�l�miou et l'Ooberk</emphasis> -"</p><p>"Non pas cette partie," dit le professeur Quirrell. Sa voix devint un peu plus forte et ressembla plus � son ton professoral habituel. "Un charme ordinaire, M. Potter, peut-�tre lanc� simplement en pronon�ant certains mots, en faisant des gestes de baguette pr�cis et en d�pensant une partie de votre force. M�me les sortil�ges puissants peuvent �tre ainsi lanc�s si la magie � l'�uvre est � la fois bien utilis�e et efficace. Mais pour les magies les plus puissantes, la parole seule ne suffit pas � leur donner une structure. Il faut agir de fa�on particuli�re, faire des choix importants. Et une d�pense temporaire de force ne suffit pas � les activer. Un rituel demande un sacrifice permanent. Le pouvoir d'un sortil�ge de rang sup�rieur peut �tre aussi diff�rent de celui d'un charme ordinaires que le jour l'est de la nuit. Mais de nombreux rituel - la plupart � vrai dire - se trouvent requ�rir au moins un sacrifice qui pourrait inspirer le d�go�t. C'est ainsi que tout le domaine de la magie rituelle, qui contient les r�ussites les plus avanc�es et les plus int�ressantes du monde sorcier, est consid�r� par tous comme li� aux t�n�bres. Avec quelques exceptions choisies par la tradition, bien s�r." La voix du professeur Quirrell prit une note sardonique. "Le V�u Ind�faisable est trop utile � certaines maisons fortun�es pour �tre rendu enti�rement ill�gal - m�me si lier la volont� d'un homme jusqu'� la fin de ses jours est bel et bien un acte terrible et effrayant, bien plus que nombre de rituels inf�rieurs que de nombreux sorciers fuient. Un cynique pourrait en conclure que la l�galit� d'un rituel n'est pas tant une question de morale que d'habitude. Mais je m'�gare..." Le professeur Quirrell toussa bri�vement pour s'�claircir la gorge. "Le V�u ind�faisable requiert trois participants et trois sacrifices. Celui qui re�oit le V�u Ind�faisable doit �tre celui qui aurait pu faire confiance au formulateur du V�u mais a pr�f�r� demander � demander � cette personne de faire le V�u, et il sacrifie la possibilit� d'avoir confiance. Celui qui fait le V�u doit �tre la personne qui aurait pu choisir de faire ce que le V�u exigera de lui, et il sacrifie la capacit� de choisir. Et le troisi�me sorcier, le lieur, sacrifie de fa�on permanente une petite partie de sa magie afin de maintenir le V�u �ternellement."</p><p>"Ah," dit Harry. "Je <emphasis>m'�tais demand�</emphasis> pourquoi ce sortil�ge n'�tait pas utilis� partout � chaque fois que deux personnes avaient du mal � se faire confiance... m�me si... pourquoi tous les sorciers sur leur lit de mort ne se font-ils pas payer pour lier des V�ux ind�faisables et pour laisser un h�ritage � leurs enfants -"</p><p>"Parce qu'ils sont stupides," dit le professeur Quirrell. "Il y a des centaines de rituels utiles qui pourraient �tre pratiqu�s si les hommes avaient assez de bon sens pour cela ; je pourrais en nommer vingt sans m'arr�ter pour reprendre mon souffle. Mais quoi qu'il en soit, M. Potter, la particularit� de tels rituels - que vous choisissiez de les trouver noirs ou pas - c'est qu'ils sont con�us de fa�on � �tre magiquement efficace et non pas impressionnants au moment de leur accomplissement. J'imagine qu'il y a une certaine tendance � demander des sacrifices plus terribles pour les rituels les plus puissants. Mais quand bien m�me, le rituel le plus terrible que je connaisse ne requiert qu'une corde ayant pendu un homme et une �p�e qui a pourfendu une femme ; et cela pour un rituel qui promet d'invoquer la Mort elle-m�me - m�me si j'ignore le sens r�el de cette promesse et que je ne souhaites en rien le d�couvrir puisqu'on dit aussi que le contre-sort permettant de renvoyer la Mort a �t� perdu. Le chant le plus terrible que j'ai rencontr� ne provoque pas un centi�me de l'effroi induit par celui que vous avez compos� pour Mlle Davis. Ceux parmi les brutes qui ont une familiarit� minimale avec les rituels noirs - et je suis certains qu'il y en a - doivent avoir �t� terrifi�s d'une fa�on indicible. S'il existait un v�ritable rituel dont l'accomplissement �tait aussi impressionnant que le v�tre, M. Potter, il ferait fondre la Terre."</p><p>"Hum," dit Harry.</p><p>Les l�vres du professeur Quirrell se d�form�rent encore plus. "Ah, mais la chose vraiment amusante �tait ceci : voyez-vous, le chant de chaque rituel nomme ce qui va �tre sacrifi� et ce qui va �tre obtenu. Le chant que vous avez donn� � Mlle Davis parlait d'abord d'une t�n�bre au-del� des t�n�bres enterr�e sous le flot du temps, qui conna�t la porte et est la porte. Et le deuxi�me �l�ment mentionn�, M. Potter, �tait la manifestation de votre pr�sence. Et toujours, pour chaque partie d'un rituel, on nomme <emphasis>d'abord</emphasis> la chose qui doit �tre sacrifi�e et <emphasis>ensuite</emphasis> ce qu'elle va permettre de faire."</p><p>"Je... vois," dit Harry en marchant derri�re le professeur Quirrell � travers les couloirs de Poudlard en direction du bureau de ce dernier. "Donc mon chant, tel que je l'ai �crit, sous-entend que le Dieu Ext�rieur, Yog-Sothot -"</p><p>"A �t� d�finitivement sacrifi� lors d'un rituel qui ne permet de manifester votre pr�sence que bri�vement," continua le professeur Quirrell. "J'imagine que nous d�couvrirons demain si quiconque a pris cela au s�rieux, lorsque nous lirons les journaux et verrons si toutes les nations magiques du monde se sont alli�es dans un effort d�sesp�r� pour colmater votre incursion dans notre r�alit�."</p><p>Ils continu�rent et le professeur de D�fense commen�a � glousser d'�tranges son gutturaux.</p><p>Aucun des deux ne parla jusqu'� ce qu'ils soient arriv�s au bureau du professeur de D�fense, puis l'homme s'arr�ta avec sa main sur la porte.</p><p>"C'est l� une chose tr�s �trange," dit le professeur de D�fense d'une voix de nouveau douce, presque inaudible. L'homme ne regardait pas Harry, et ce dernier ne voyait donc que son dos. "Une chose tr�s �trange... Il fut un temps o� j'aurais sacrifi� un doigt de ma main arm�e pour manipuler les brutes de Poudlard comme nous l'avons fait aujourd'hui. Pour qu'elles me craignent comme elles vous craignent aujourd'hui, pour �tre l'objet de la d�f�rence de tous les �l�ves et de l'adoration de beaucoup, oui, j'aurais donn� mon doigt pour cela. Vous avez aujourd'hui tout ce que je d�sirais alors. Et tout ce que je sais de la nature humaine me dit que je devrais vous ha�r. Et pourtant je ne vous hais pas. C'est une chose tr�s �trange."</p><p>Le moment aurait d� �tre touchant, mais Harry sentit plut�t un frisson lui traverser l'�chine, comme s'il �tait un petit poisson dans l'eau et qu'un immense requin blanc venait de lui jeter un coup d'�il et de d�cider de ne pas le manger apr�s un moment d'h�sitation.</p><p>L'homme ouvrit la porte du bureau du professeur de D�fense, y entra et fut partit.</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup:</emphasis></p><p>Ses camarades de Serpentard la regardaient comme si... comme s'ils n'avaient pas la plus petite id�e de la fa�on dont ils devaient la regarder.</p><p>Les Gryffondor la regardaient comme s'ils n'avaient pas la plus petite id�e de la fa�on dont ils devaient la regarder.</p><p>Daphn� entra d'un pas vif dans la classe de potions sans r�v�ler sa peur, drap�e de la dignit� imp�rieuse d'une maison Noble et Tr�s Ancienne. En son for int�rieur, elle se sentait probablement comme tous les autres.</p><p>Deux heures s'�taient �coul�es depuis que le <emphasis>Quoi ? </emphasis>avait eu lieu, et le cerveau de Daphn� continuait encore : <emphasis>Quoi ? Quoi ? Quoi ?</emphasis></p><p>La salle �tait silencieuse et attendait que le professeur Rogue arrive. Lavande et Parvati �taient assises pr�s d'un groupe d'autres Gryffondors, tous entour�s de regards silencieux. Deux d'entre eux se corrigeaient mutuellement leurs devoirs avant le d�but du cours et personne ne leur parlait ni ne les aidait. M�me Lavande, au sujet de laquelle Daphn� aurait pu jurer que rien ne pouvait l'intimider, semblait plus soumise.</p><p>Daphn� s'assit � son bureau, sortit <emphasis>Breuvages et Potions Magiques</emphasis> de son sac, commen�a � v�rifier ses devoirs et fit de son mieux pour agir normalement. Les gens la regardaient fixement et ne disaient rien -</p><p>Un hoquet de surprise traversa la salle enti�re. Gar�ons et filles eurent un soubresauts et s'�loign�rent de la porte comme comme des tiges de bl� prises dans un coup de vent.</p><p>Devant la porte se tenait Tracey Davis, entour�e d'une cape noir en lambeaux qui recouvrait son uniforme de Poudlard.</p><p>Elle s'avan�a lentement dans la salle, oscillant l�g�rement � chaque pas comme si elle essayait de <emphasis>glisser</emphasis>. Elle s'assit � son bureau habituel qui se trouvait �tre juste � c�t� de celui de Daphn�.</p><p>Le visage de Tracey se tourna lentement pour faire face � celui de Daphn�.</p><p>"Tu vois ?" dit la Serpentard d'un ton bas et s�pulcral. "Je t'avais dit que je l'aurais avant elle."</p><p>"Quoi ?" l�cha Daphn� avant de souhaiter imm�diatement n'avoir rien dit.</p><p>"J'ai eu Harry Potter avant Granger." La voix de Tracey �tait toujours basse mais ses yeux brillaient de triomphe. "Tu vois Daphn�, ce que le g�n�ral Potter veut chez une fille ce n'est pas un joli visage ou une belle robe. Il veut un fille capable de canaliser ses pouvoirs terrifiants, voil� ce qu'il veut. Maintenant je suis � lui - et lui � moi !"</p><p>L'annonce donna naissance � un silence glac� qui s'empara de toute la salle.</p><p>"Excusez-moi, Mlle Davis," dit la voix cultiv�e de Draco Malfoy, qui semblait indiff�rent et relisait ses parchemins de potions. Cet autre h�ritier d'une maison Tr�s Ancienne ne leva pas les yeux de son bureau m�me lorsque tout le monde se tourna pour le regarder. "Harry Potter vous a-t-il vraiment <emphasis>dit</emphasis> cela ? En ces termes ?"</p><p>"Euh, non..." dit Tracey, puis ses yeux brill�rent de col�re. "Mais il a <emphasis>int�r�t</emphasis> � me prendre maintenant que j'ai sacrifi� mon �me pour lui et tout �a !"</p><p>"<emphasis>Tu as sacrifi� ton �me pour Harry Potter ?</emphasis>" hoqueta Millicent. Il y eut un fracas � l'autre bout de la pi�ce, car Ron Weasley avait fait tomber son encrier.</p><p>"Ben, j'en suis assez certaine," dit Tracey d'un ton bri�vement incertain avant de se reprendre : "enfin, je me suis regard�e dans un miroir et je suis plus p�le, je peux toujours sentir une sorte de t�n�bre qui m'entoure, j'ai �t� le conduit de ses terribles pouvoirs et tout... Daphn�, tu as vu mes yeux devenir verts, non ? Je ne l'ai pas vu mais c'est ce que j'ai entendu ensuite."</p><p>Il y eut un silence seulement bris� par le son de Ron Weasley qui essayait de nettoyer son bureau.</p><p>"Daphn� ?" dit Tracey.</p><p>"Je n'y crois pas," dit un voix. "Impossible que le prochain Seigneur des T�n�bres te prenne <emphasis>toi</emphasis> comme �pouse !"</p><p>Lentement, avec une immense incr�dulit�, des t�tes se tourn�rent pour regarder Pansy Parkinson.</p><p>"Tais toi, toi," dit Tracey, "ou je..." La Serpentard s'interrompit. Puis sa voix devint encore plus basse et elle dit : "Tais toi ou je d�vore ton �me."</p><p>"Tu ne peux pas faire �a," dit Pansy du ton confiant d'une poule qui avait �tabli une hi�rarchie de basse-cour tr�s satisfaisante avec elle tout en haut et qui n'allait quand m�me pas mettre � jour sa croyance � cause de simples preuves.</p><p>Lentement, comme si elle essayait de flotter, Tracey se leva de son bureau. Il y eut d'autres hoquets. Daphn� eut l'impression qu'on venait de la p�trifier sur sa chaise.</p><p>"Tracey ?" dit Lavande d'une petite voix. "Ne refais pas tout �a. S'il te pla�t ?"</p><p>Pansy �tait visiblement nerveuse � pr�sent, maintenant que Tracey ondulait vers son bureau. "Qu'es'tu crois que tu fais ?" dit Pansy sans tout � fait r�ussir � avoir l'air indign�e.</p><p>"Je t'ai dit," dit Tracey d'un ton mena�ant. "Je vais d�vorer ton �me."</p><p>Tracey se pencha au-dessus de Pansy qui �tait rest� assise, fig�e � son bureau ; et lorsque leurs l�vres se touch�rent presque, Tracey inhala bruyamment.</p><p>"Voil� !" dit Tracey en se redressant. "J'ai mang� ton �me."</p><p>"Non, c'est pas vrai !" dit Pansy.</p><p>"Oh si c'est vrai !" dit Tracey.</p><p>Il y eut un tr�s court silence -</p><p>"Par Merlin c'est <emphasis>vrai</emphasis> !" s'�cria Theodore Nott. "Tu as l'air toute p�le maintenant, et tes yeux ont l'air vides !"</p><p>Pansy devint p�le et poussa un cri strident : "<emphasis>Quoi ?</emphasis>". Elle bondit de son bureau et fouilla d�sesp�r�ment dans son sac. Puis elle sortit un miroir, se regarda et devint encore plus p�le.</p><p>Daphn� abandonna toute pr�tention de calme aristocratique et laissa sa t�te tomber sur son bureau avec un bruit sourd tout en se demandant si aller dans la m�me �cole que toutes les autres familles importantes justifiait vraiment le fait d'aller dans la m�me �cole que la l�gion du Chaos.</p><p>"Oh, tu es mal barr�e maintenant, Pansy," dit Seamus Finnigan. "Je ne sais pas exactement ce qui se passe quand un D�traqueur t'embrasse, mais si Tracey Davis t'embrasse c'est probablement pire."</p><p>"J'ai entendu parler des gens sans �mes," dit Dean Thomas d'une voix lugubre. "Ils doivent tous s'habiller de noir, �crire des po�mes ex�crables et rien ne les rend jamais heureux. Ils sont pleins <emphasis>d'angoisse existentielle</emphasis>."</p><p>"Je veux pas avoir d'angoisse existentielle !" s'�cria Pansy.</p><p>"Dommage," dit Dean Thomas. "Tu es oblig�e maintenant que ton �me est partie."</p><p>Pansy se retourna et tendit une main suppliante vers le bureau de Draco Malfoy. "Draco !" dit-elle d'un ton plaidant. "M. Malfoy ! S'il vous pla�t, forcez Tracey � me rendre mon �me !"</p><p>"Je ne peux pas," dit Tracey. "Je l'ai <emphasis>mang�e</emphasis>."</p><p>"Forcez-la � la vomir !" s'�cria Pansy.</p><p>L'h�ritier des Malfoys s'�tait effondr� en avant et sa t�te reposait entre ses mains pour que personne ne puisse voir son visage. "Pourquoi ma vie est-elle ainsi ?" dit Draco Malfoy.</p><p>Un babillage de chuchotements incontr�lable commen�a � mesure que Tracey revenait � son bureau et souriait d'un air satisfait tandis que Pansy se tenait au milieu de la salle en se tordant les mains alors que des larmes commen�aient � appara�tre dans ses yeux -</p><p>"<emphasis>Taisez. Vous."</emphasis></p><p>La voix douce et l�tale sembla emplir la salle enti�re lorsque le professeur Rogue y entra. Il avait l'air plus en col�re que Daphn� ne l'avait jamais vu, ce qui envoya une d�charge de v�ritable peur dans son �chine. Elle se pencha sur ses devoirs en h�te.</p><p>"Asseyez-vous, Parkinson," siffla le ma�tre des potions, "et vous, Davis, �tez-moi cette cape ridicule -"</p><p>"<emphasis>Professeur Rooooooogue !</emphasis>" g�mit une Pansy Parkinson en larmes. "<emphasis>Tracey a mang� mon ������me !"</emphasis></p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 75*: AS, derni�re partie : Responsabilit�</strong></p><p>C'�tait un passage noueux et plein de m�andres situ� au c�ur de Poudlard qui serpentait comme une m�che de cheveux si mal coiff�s qu'il se croisait parfois lui-m�me mais dont il �tait impossible d'atteindre le bout si l'on se laissait aller � la tentation offerte par ces faux raccourcis.</p><p>Au bout de ce fouillis, trois �l�ves appuy�s sur des pierres brutes, leurs robes noires en contraste avec le mur gris, bord�es de vertes, aux aguets, les yeux de chacun passant de l'un � l'autre, et des torches, qui br�laient dans des chandeliers � nu et dont la lumi�re repoussait les t�n�bres et le froid des donjons Serpentard.</p><p>"J'en suis <emphasis>certaine</emphasis>," dit Reese Belka avec hargne, "absolument <emphasis>certaine</emphasis>, ce n'�tait pas un vrai rituel. Les petites sorci�res de premi�re ann�e ne peuvent pas faire ce genre de magie, et m�me si elles le pouvaient, qui a jamais entendu parler d'un rituel noir qui <emphasis>sacrifierait</emphasis> une horreur scell�e contre - <emphasis>�a</emphasis> ?"</p><p>"Est-ce que tu �tais -" dit Lucian Bole. "Je veux dire - apr�s que cette fille ait claqu� des doigts -"</p><p>Le regard de Belka aurait d� le faire frire sur place. "Non," cracha-t-elle, "certainement <emphasis>pas</emphasis>."</p><p>"C'est � dire qu'elle n'�tait pas nue," dit Marcus Flint d'une voix tra�nante, ses larges �paules appuy�e contre le mur de pierre de fa�on � laisser penser qu'il �tait d�tendu. "Couverte de gla�age au chocolat, oui, mais pas nue."</p><p>"Potter a aujourd'hui fait grande insulte � nos maisons," dit la voix lugubre de Jaime Astorga.</p><p>"Oui, enfin, d�sol� d'�tre aussi direct," dit Randolph Lee d'une voix �gale. Le duettiste de septi�me ann�e se frotta le menton o� l'on avait laiss� pouss� un l�ger d�but de barbe. "Mais quand quelqu'un vous colle au plafond, c'est un message, Astorga. C'est un message qui dit : Je suis un mage noir incroyablement puissant qui aurait pu vous faire ce qui m'aurait chant�, et je me fiche bien que vos maisons en soient offens�es."</p><p>Robert Jugson III eut un rire doux et grave, un gloussement qui envoya des frissons descendre le long de plusieurs �chines. "C'est � s'en demander si on n'a pas choisi le mauvais camp, vous ne trouvez pas ? J'ai entendu des histoires au sujet de <emphasis>messages</emphasis> de ce genre, envoy�s sur ordre de l'ancien Seigneur des T�n�bres..."</p><p>"Je ne suis pas tout � fait pr�t � m'agenouiller devant Potter," dit Astorga en regardant Jugson droit dans les yeux.</p><p>"Moi non plus," dit Belka.</p><p>Jugson tenait sa baguette, et il la faisait pivoter avec nonchalance dans un sens puis dans l'autre entre ses doigt, la faisant ainsi pointer successivement vers le plafond puis vers le sol. "Es-tu Gryffondor ou Serpentard ?" dit Jugson. "Tout le monde a un prix. Tous les gens malins."</p><p>Cette affirmation produisit un moment de silence.</p><p>"Malfoy ne devrait-il pas �tre ici ?" dit timidement Bole.</p><p>Flint fit un geste d�daigneux de la main. "Quoi que Malfoy manigance, il veut avoir l'air innocent. Il ne peut pas se permettre de manquer � l'appel en m�me temps que nous."</p><p>"Mais tout le monde <emphasis>sait</emphasis> d�j� �a," dit Bole. "M�me dans les autres maisons."</p><p>"Oui, tr�s maladroit," dit Belka. Elle grogna. "Malfoy ou pas, c'est qu'un petit de premi�re ann�e et on a pas besoin de lui ici."</p><p>"J'enverrai une chouette � mon p�re," dit Jugson d'une voix basse, "et <emphasis>lui</emphasis> parlera � Lord Malfoy en personne -" puis il s'arr�ta de parler abruptement.</p><p>"Je ne sais pas pour <emphasis>vous</emphasis>, mes ch�ris," dit Belka d'une voix faussement suave, "mais <emphasis>je</emphasis> ne compte pas �tre �pouvant�e par un faux rituel et <emphasis>je</emphasis> n'en ai pas fini avec Potter et sa Sang-de-Bourbe de compagnie."</p><p>Personne ne r�pondit. Tous regardaient derri�re elle.</p><p>Belka se retourna lentement afin de voir ce que les autres regardaient fixement.</p><p>"Vous ne ferez <emphasis>rien</emphasis>," siffla leur directeur de maison. Le visage de Severus Rogue �tait empli de rage et de petits points de bave s'envolaient de ses l�vres � chacun de ses mots, tachant d'autant plus ses robes d�j� salies. "Vous en avez <emphasis>assez</emphasis> fait, idiots ! Vous avez suffisamment embarrass� ma maison - <emphasis>perdu</emphasis> contre des premi�re ann�e - vous parlez maintenant de m�ler de nobles Lords du Magenmagot dans vos chamailleries pu�riles et <emphasis>path�tiques</emphasis> ? <emphasis>Je</emphasis> m'occuperai de cette affaire. <emphasis>Vous</emphasis> n'embarrasserez pas de nouveau cette maison et vous ne prendrez m�me pas le <emphasis>risque</emphasis> de le faire ! C'en est <emphasis>fini</emphasis> de vos combats contre ces sorci�res, et s'il en est autrement -"</p><empty-line/><p>Si vous aviez cru qu'ils seraient assis l'un � c�t� de l'autre au d�ner, vous auriez eu sacr�ment tort.</p><p>"Qu'est-ce qu'elle <emphasis>veut</emphasis> ?" dit le cri plaintif d'un gar�on qui, en d�pit de sa connaissance consid�rable de la science actuelle, �tait encore na�f sur certains sujets. "Est-ce qu'elle <emphasis>voulait</emphasis> se faire battre ?"</p><p>Les Serdaigle plus �g�s qui s'�taient assis � c�t� de lui �chang�rent de rapides regards jusqu'� ce que, selon un protocole tacite, le plus exp�riment� d'entre eux parle :</p><p>"�coute," dit Arty Grey, qui �tait en septi�me ann�e et devan�ait les autres � cette comp�tition de trois sorci�res et d'un professeur de D�fense, "le truc � comprendre, c'est que ce n'est pas parce qu'elle est en <emphasis>col�re</emphasis> que tu as perdu des points � ce jeu. Mlle Granger est en col�re parce qu'elle a �t� tout �pouvant�e et qu'elle <emphasis>peut te bl�mer</emphasis>, tu comprends ? Mais en m�me temps, m�me si elle ne l'admettra pas, elle sera touch�e que son petit copain en soit all� � des extr�mit�s aussi ridicules et franchement folles pour la prot�ger."</p><p>"Ce n'est pas une question de <emphasis>points</emphasis>," grin�a Harry. Les mots glissaient entre ses dents serr�es. Son d�ner attendait devant lui, sur la table, ignor�. "C'est une question de <emphasis>justice</emphasis>. Et <emphasis>Je. Ne. Suis. Pas. Son. Petit. Copain !</emphasis>"</p><p>Tous ceux pr�sents lui r�pondirent par une bonne dose de rire sarcastique.</p><p>"Oui, enfin," dit un Serdaigle en sixi�me ann�e, "je pense qu'apr�s qu'elle t'ait embrass� pour te faire sortir de ton d�traquage et que tu ais coll� quarante-quatre brutes au plafond pour elle, on est bien au-del� de 'non, vraiment, c'est pas ma copine,' et plut�t � se demander � quoi vos enfants ressembleront. Waoh, �a fait peur � imaginer..." Le Serdaigle laissa sa phrase en suspens puis dit d'une voix plus menue : "S'il te pla�t, ne me regarde pas comme �a."</p><p>"�coute," dit Arty Grey, "d�sol� d'�tre direct, mais tu peux avoir la justice, tu peux avoir les filles, mais pas les deux � la fois." Il claqua d'une main amicale sur l'�paule de Harry. "Tu as du potentiel, petit, plus qu'aucun sorcier que j'ai jamais vu, mais tu dois apprendre � <emphasis>l'utiliser</emphasis>, tu vois ? Sois un peu plus doux avec elles, apprends quelques sortil�ges pour arranger ce souk que tu appelles des cheveux. Et surtout, tu dois mieux cacher que tu es mal�fique - pas <emphasis>trop </emphasis>bien, mais mieux. Les beaux gar�ons bien habill�s sont des tombeurs, les mages noirs sont des tombeurs, mais les beaux gar�ons bien habill�s soup�onn�s d'�tre <emphasis>secr�tement</emphasis> des mages noirs tombent plus de filles que tu ne pourrais l'imaginer -"</p><p>"Pas int�ress�," dit cat�goriquement Harry tout en �tant la main de l'autre gar�on de son �paule et en la faisant tomber sans c�r�monies.</p><p>"Mais tu le seras," dit Arty Gray, d'une voix basse et proph�tesse. "Ah, tu le seras !"</p><p>Ailleurs � la m�me table -</p><p>"<emphasis>Romantique ?</emphasis>" glapit Hermione Granger si fort que certaines des filles proches d'elle firent la grimace. "<emphasis>Qu'est-ce qui �tait romantique l�-dedans ? </emphasis>Il n'a rien <emphasis>demand�</emphasis> ? Il ne <emphasis>demande</emphasis> jamais ! Il envoie juste des fant�me pourchasser des gens et il les colle au plafond et il fait ce qu'il veut de <emphasis>ma</emphasis> vie !"</p><p>"Mais tu ne vois pas ?" dit une sorci�re en quatri�me ann�e. "�a veut dire que m�me s'il est mal�fique, il <emphasis>t'aime</emphasis> !"</p><p>"Tu ne fais pas avancer les choses," dit P�n�lope Deauclaire un peu plus loin � la table, mais on l'ignora. Quelques sorci�res plus �g�es s'�taient approch�es de Hermione apr�s qu'elle se soit assise � l'extr�mit� oppos�e � celle o� se trouvait Harry Potter, mais un nuage de filles plus jeunes et plus rapide avait alors entour� celle-ci d'une barri�re imp�n�trable.</p><p>"Les gar�ons," dit Hermione Granger, "ne devraient pas avoir le droit d'aimer les filles sans leur demander d'abord ! C'est vrai � plusieurs �gards, et en particulier quand il s'agit de coller des gens au plafond !"</p><p>On ignora aussi cela. "C'est comme dans une pi�ce !" soupira une fille en troisi�me ann�e.</p><p>"Une pi�ce ?" dit Hermione. "J'aimerais voir une pi�ce ou <emphasis>ce</emphasis> genre de choses se produit !"</p><p>"Oh," dit la troisi�me ann�e. "Je pensais � cette pi�ce vraiment <emphasis>romantique</emphasis> o� il y a ce gar�on tout mignon et tout gentil qui fait un appel de cheminette, sauf qu'il prononce mal le nom de sa destination et qu'il tombe dans cette pi�ce pleine de mages noires qui sont en train d'accomplir un rituel interdit qui aurait d� sombrer dans l'ab�me du temps et ils sont en train de sacrifier sept victimes pour desceller une ancienne horreur cens�e octroyer un souhait lors de sa lib�ration, donc bien s�r la pr�sence du gar�on interrompt le rituel, et pendant que l'horreur est en train de manger tous les mages noirs et que tout le monde meure, la derni�re pens�e du gar�on est qu'il aurait bien aim� avoir une copine, et l'instant d'apr�s il est assis sur les genoux d'une femme magnifique dont les yeux br�lent d'une lumi�re terrifiante, sauf qu'elle ne comprend pas ce que c'est que d'�tre humaine alors le gar�on doit toujours l'emp�cher de manger des gens. C'est exactement comme dans cette pi�ce, sauf que tu es le gar�on et que Harry Potter est la fille !"</p><p>"�a..." dit Hermione, passablement surprise. "En fait �a ressemble <emphasis>bien </emphasis>quelque chose comme -"</p><p>"<emphasis>Vraiment</emphasis> ?" laissa �chapper une deuxi�me ann�e assise face � Hermione en se penchant en avant, visiblement autant horrifi�e que fascin�e.</p><p>"Non !" dit Hermione. "Je veux dire - <emphasis>ce n'est pas mon petit copain !</emphasis>"</p><p>Deux secondes plus tard, ses oreilles eurent vent de ce que ses l�vres venaient de dire.</p><p>La quatri�me ann�e mit une main sur l'�paule de Hermione et la serra d'un geste r�confortant. "Mlle Granger," dit-elle d'une voix apaisante, "je pense que si tu es vraiment honn�te avec toi-m�me, tu admettras que la v�ritable raison pour laquelle tu es en col�re contre ton sombre ma�tre, c'est parce qu'il a canalis� ses pouvoirs innommables au travers de Tracey Davis plut�t qu'au travers de toi."</p><p>La bouche de Hermione s'ouvrit mais sa gorge se bloqua avant que les mots ne puissent sortir, ce qui fut probablement pr�f�rable, car si elle avait vraiment hurl� aussi fort qu'elle en avait eu l'intention, elle se serait probablement cass� quelque chose.</p><p>"D'ailleurs, comment c'est possible ?" dit la troisi�me ann�e. "Je veux dire que Harry Potter puisse �uvrer par une autre fille alors qu'il s'est li� � toi ? Est-ce que vous avez un, tu sais, un de ces arrangements � trois ?"</p><p>"<emphasis>Aaaaaargh</emphasis>," dit Hermione Granger, sa gorge toujours bloqu�e, son cerveau sur arr�t, ses cordes vocales imitant spontan�ment le bruit d'une gorge qui r�gurgitait un yak.</p><empty-line/><p>(<emphasis>Plus tard)</emphasis></p><p>"Je ne comprends pas pourquoi tu es si <emphasis>d�raisonnable</emphasis>," dit une autre sorci�re de deuxi�me ann�e qui avait remplac� la troisi�me ann�e apr�s que Hermione ait menac� de demander � Tracey de manger l'�me de celle-ci. "Enfin franchement, si quelqu'un comme Harry Potter <emphasis>me</emphasis> sauvait, je lui... Je lui enverrais des cartes de remerciements, et je lui ferais des c�lins, et," le visage de la fille rougit quelque peu, "enfin, je l'embrasserais, j'esp�re."</p><p>"Ouais !" dit une autre deuxi�me ann�e. "Je n'ai jamais compris pourquoi les filles dans les pi�ce se mettent en <emphasis>col�re</emphasis> quand le personnage principal se met en quatre pour leur faire plaisir. <emphasis>Je</emphasis> ne me comporterais pas comme �a si le h�ros m'aimait <emphasis>moi</emphasis>."</p><p>Hermione Granger avait laiss� tomber sa t�te sur la table et ses mains tiraient lentement ses cheveux.</p><p>"Vous ne comprenez juste pas la psychologie masculine," dit la quatri�me ann�e d'un ton d'experte. "Granger doit lui donner <emphasis>l'impression</emphasis> d'�tre myst�rieusement capable de pouvoir r�sister � son charme."</p><empty-line/><p><emphasis>(Encore plus tard)</emphasis></p><p>Et Hermione Granger se tourna donc rapidement vers la seule personne restante � laquelle elle pouvait parler, la seule personne dont elle savait que cette derni�re comprendrait son point de vue -</p><p>"Ils sont tous fous," dit Hermione Granger en marchant � grandes enjamb�es vers la tour Serdaigle apr�s �tre partie du d�ner bien avant qu'il ne se termine. "Tout le monde sauf toi et moi, Harry, et je veux dire <emphasis>tout le monde</emphasis> � Poudlard sauf nous, ils sont tous compl�tement fous. Et les filles de Serdaigle sont les <emphasis>pires</emphasis>, je ne sais ce que les Serdaigles plus �g�es se mettent � lire quand elles grandissent mais je suis certaine que �a n'est pas bon pour elles. Une sorci�re nous a demand� si on avait li� nos �mes, et je vais faire des recherches � la biblioth�que cette nuit mais je suis relativement certaine que �a ne s'est jamais produit -"</p><p>"Je n'ai m�me pas de <emphasis>mot</emphasis> pour ce genre de raisonnement fallacieux," dit Harry Potter. Le gar�on marchait d'un pas normal, si bien qu'il devait parfois sautiller pendant quelques pas pour rester � hauteur de la vitesse indign�e de Hermione. "Je pense s�rieusement que si �a ne d�pendait que <emphasis>d'eux</emphasis>, ils nous tra�neraient par les pieds pour faire changer nos noms et qu'on s'appelle Potter-Evans-Verres-Granger... berk, en le disant � voix haute je me rends compte � quel point �a sonne mal."</p><p>"Tu veux dire que <emphasis>ton</emphasis> nom serait Potter-Evans-Verres-Granger et que le <emphasis>mien </emphasis>serait Granger-Potter-Evans-Verres," dit Hermione. "C'est trop atroce pour que j'arrive � le concevoir."</p><p>"Non," r�pondit le gar�on, "la maison Potter est une maison noble, donc je pense que ce nom reste devant -"</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit-elle, indign�e. "Qui a dit qu'on <emphasis>devait</emphasis> -"</p><p>Il y eut un silence soudain et horrible, bris� seulement par le bruit sourd de leurs semelles.</p><p>"<emphasis>Enfin bref</emphasis>," continua Hermione avec h�te, "quelques-uns des absurdit�s qu'ils ont dit au d�ner m'ont fait r�fl�chir, et donc je veux juste te dire, Harry, que je te suis vraiment reconnaissante de nous avoir sauv�s d'une racl�e, moi et tout le monde, et m�me si certains aspects de ce que tu as fait cet apr�s-midi m'�nervent je suis certaine qu'on peut juste en discuter calmement."</p><p>"Ah..." dit Harry, avec un l�ger sourire timide. Ses yeux r�v�laient un m�lange d'appr�hension et d'incompr�hension, "j'imagine que c'est... bien ?"</p><p>Pour �tre pr�cis, il y avait eu cette sorci�re en quatri�me ann�e qui avait expliqu� que puisque Harry �tait le m�chant sorcier amoureux de Hermione et que Hermione �tait la fille pure et innocente qui le rach�terait ou qui serait s�duite par les forces du mal, il s'ensuivait que Hermione <emphasis>devait</emphasis> �tre perp�tuellement indign�e par tout ce que Harry faisait, m�me s'il s'agissait de la sauver d'un fin certaine, juste pour que leur liaison n'atteigne pas son d�nouement avant la fin de l'acte IV. Et <emphasis>l�</emphasis>, P�n�lope Deauclaire, que Hermione avait cru �tre plus intelligente que �a, avait remarqu� d'une voix forte que pour la m�me raison il �tait <emphasis>impossible</emphasis> que Hermione se contente d'aller juste parler � Harry comme quelqu'un de raisonnable quant � ce qui l'avait bless�e puisque de toute fa�on ce qui attirait les mages noirs chez les femmes, c'�tait leur r�sistance passionn�e, pas leur esprit logique. C'est � ce moment que Hermione s'�tait lev�e brusquement de son banc, avait furieusement martel� le sol jusqu'� l'endroit o� Harry avait �t� assis et qu'elle lui avait demand� d'un ton raisonnable s'ils pourraient aller marcher un peu et r�gler cette histoire.</p><p>"Donc en d'autres termes," dit Hermione de la voix la plus calme qu'elle avait jamais eu, "on n'est pas en froid, je te parle encore, on est encore amis et on �tudie toujours ensemble. On n'est <emphasis>pas</emphasis> train de se disputer. D'accord ?"</p><p>Cela ne sembla qu'augmenter l'appr�hension de Harry Potter. "D'accord," dit le Survivant.</p><p>"G�nial !" dit Hermione. "Donc, <emphasis>avez-vous</emphasis> trouv� pourquoi je suis en col�re, M. Potter ?"</p><p>Il y eut un silence. "Tu voulais que je ne m'occupe pas de tes affaires ?" dit prudemment Harry. "Enfin - je sais que tu voulais g�rer les choses toi-m�me. Et je <emphasis>restais</emphasis> hors de ton chemin jusqu'� ce que j'entende que tu t'�tais fait prendre en embuscade par trois Mangemorts juniors et franchement, je ne m'attendais pas � �a. Le <emphasis>professeur Quirrell</emphasis> ne s'attendait pas � �a. J'ai commenc� � m'inqui�ter que la situation commence � te d�passer, sans vouloir te vexer Hermione, quarante-quatre brutes amass�es dans une embuscade sont <emphasis>loin</emphasis> au-del� de ce que n'importe qui pourrait g�rer sans aide. C'est pour �a que j'ai pens� que tu aurais vraiment besoin d'aide juste cette fois -"</p><p>"Non, �a, �a ne me d�range pas," dit Hermione. "On <emphasis>�tait</emphasis> d�pass� par les �v�nements. Essayez de deviner encore, M. Potter."</p><p>"Euh," dit Harry. "Ce que Tracey a fait t'a... surpris ?"</p><p>"Surpris, M. Potter ?" Peut-�tre y eut-il une touche d'acidit� dans sa voix. "Non, M. Potter, j'ai eu <emphasis>peur</emphasis>. J'ai �t� <emphasis>effray�e</emphasis>. Je ne voudrais pas admettre que j'ai peur de simples <emphasis>dragons</emphasis> ou de quelque chose comme �a, les gens pourraient penser que je suis une <emphasis>pleutre</emphasis>, mais quand on entend des voix lointaines crier 'Tekeli-li ! Tekeli-li !' et qu'il y a des mares de sang qui coulent de sous les portes, alors c'est normal d'avoir peur."</p><p>"Je <emphasis>suis</emphasis> d�sol�," dit Harry d'un ton qui semblait exprimer un regret sinc�re. "Je pensais que tu comprendrais que c'�tait moi."</p><p>"Et la <emphasis>raison</emphasis> pour laquelle on a toutes eu peur comme �a, M. Potter, c'est que vous n'avez pas commenc� par nous <emphasis>demander</emphasis><emphasis>la permission</emphasis>!" Hermione d�couvrit que sa voix commen�ait � monter en d�pit de ses bonnes intentions. "Tu aurais d� me <emphasis>demander</emphasis> avant de faire quelque chose comme �a, Harry ! Tu aurais d� tr�s pr�cis�ment demander : 'Hermione, est-ce que je peux faire couler du sang de sous les portes ?' C'est important d'�tre pr�cis quand on demande la permission de faire ce genre de choses !"</p><p>Le gar�on continua de marcher et se frotta la nuque. "Je... franchement, je pensais juste que tu <emphasis>devrais</emphasis> dire non."</p><p>"Oui, M. Potter, <emphasis>j'aurais pu dire non</emphasis>. C'est <emphasis>exactement pour �a que vous auriez d� me demander d'abord</emphasis> !"</p><p>"Non, je veux dire que tu aurais <emphasis>d�</emphasis> dire non, que ce soit ce que tu voulais <emphasis>vraiment </emphasis>ou pas. Et alors vous auriez toutes re�u une racl�e et �a aurait �t� <emphasis>ma</emphasis> faute parce que je vous aurais demand� la permission."</p><p>Les sourcils de Hermione s'�lev�rent sous le coup de la surprise et elle fit quelques pas de plus en essayant de comprendre. "Quoi ?" dit-elle.</p><p>"Eh bien..." dit le gar�on avec une certaine lenteur. "Je veux dire... tu es le g�n�ral Soleil, non ? Tu ne <emphasis>pourrais pas</emphasis> me donner la permission de faire peur aux gens, pas m�me aux brutes, pas m�me pour emp�cher tes amies de se prendre une racl�e. Tu aurais <emphasis>d�</emphasis> dire non et alors tu aurais souffert. Mais maintenant, tu peux honn�tement dire aux gens que tu n'avais pas la moindre id�e de ce qui allait se passer et que ce n'est pas ta faute. C'est pour �a que je ne t'ai pas pr�venue."</p><p>Hermione s'arr�ta de marcher et plut�t que de simplement tourner la t�te, elle se retourna pour faire enti�rement face � Harry. Sa voix fut pr�cautionneusement neutre lorsqu'elle dit : "Harry, tu <emphasis>dois </emphasis>arr�ter d'inventer des raisons alambiqu�es de faire des choses stupides."</p><p>Les sourcils de Harry s'�lev�rent. Apr�s un moment, il dit. "�coute... je comprends ce que tu dis, bien s�r, mais la question reste en suspens : est-ce que c'�tait <emphasis>vraiment </emphasis>une bonne id�e ou est-ce que c'�tait juste un plan astucieux -"</p><p>"Je comprends pourquoi tu as fait ce que tu as fait aujourd'hui," continua Hermione. "Mais je veux que tu me promettes qu'� partir de maintenant, tu commenceras par me demander, toujours, m�me si tu trouves une raison pour laquelle tu ne devrais pas le faire."</p><p>Il y eut un silence qui s'�tira et Hermione put sentir son c�ur se serrer.</p><p>"Hermione -" commen�a Harry.</p><p>"<emphasis>Pourquoi ?</emphasis>" la frustration �clata dans la voix Hermione. "<emphasis>Pourquoi est-ce si terrible ? Tout ce que tu as � faire, c'est de me demander !</emphasis>"</p><p>Harry avait un air tr�s s�rieux. "Qui � la S.P.E.H.S. essaye-tu de d�fendre le plus, Hermione ? Pour qui as-tu le plus peur quand tu te bats ?"</p><p>"Hannah Abbott," dit Hermione sans avoir � y penser, et elle se sentit alors un peu coupable parce que Hannah <emphasis>essayait</emphasis> de toutes ses forces et qu'elle <emphasis>s'�tait</emphasis> beaucoup am�lior�e -</p><p>"Est-ce que tu te permettrais de compter sur quelqu'un d'autre, sur Tracey par exemple, pour �tre l'<emphasis>ultime </emphasis>responsable du bien-�tre de Hannah ? Si tu savais que Hannah allait tomber dans une embuscade et que tu trouvais un plan pour la prot�ger, te sentirais-tu bien � l'id�e de permettre � Tracey de te dire si as ou non le droit de le mettre � ex�cution ?"</p><p>"Euh... non ?" dit Hermione, perplexe.</p><p>Les yeux verts du Survivant �taient braqu�s sur elle. "Ferais-tu confiance � <emphasis>Hannah </emphasis>pour prendre la d�cision finale sur son besoin d'�tre prot�g�e ou non ?"</p><p>"Je -" dit Hermione, et elle s'interrompit. C'�tait �trange, elle connaissait la bonne r�ponse mais elle savait aussi que la bonne r�ponse n'�tait pas la vraie r�ponse. Hannah essayait tellement de prouver qu'elle n'avait pas peur, alors que <emphasis>c'�tait le cas</emphasis>, et c'�tait facile de voir comment la Poufsouffle pourrait en faire <emphasis>trop</emphasis> -</p><p>Puis Hermione comprit ce que cela impliquait. "Tu penses que je suis comme <emphasis>Hannah</emphasis> ?"</p><p>"Pas... exactement..." Harry passa sa main dans le fatras de ses cheveux. "�coute, Hermione, qu'est-ce que <emphasis>tu</emphasis> m'aurais sugg�r� de faire si je t'avais pr�venu qu'il y aurait une embuscade tendue par quarante-quatre brutes ?"</p><p>"J'aurais r�agi de fa�on <emphasis>responsable</emphasis>, je l'aurais dit au <emphasis>professeur McGonagall</emphasis> et je l'aurais laiss�e s'en occuper," r�pondit Hermione imm�diatement. "Et <emphasis>alors</emphasis> il n'y aurait eu ni t�n�bres ni hurlements ni terrible lumi�re bleue -"</p><p>Mais Harry se contenta de secouer la t�te. "Ce n'est <emphasis>pas</emphasis> une r�action responsable. C'est ce que quelqu'un jouant le <emphasis>r�le</emphasis> d'une fille responsable ferait. <emphasis>Oui</emphasis>, j'ai pens� � aller voir le professeur McGonagall. Mais elle aurait emp�ch� le d�sastre <emphasis>une fois</emphasis>. Probablement avant le d�but des troubles, par exemple en disant aux brutes qu'elle �tait au courant de tout. Si les brutes ne s'�taient fait punir que pour avoir complot�, �a se serait traduit par une perte de points, ou au pire par un jour de retenue, mais pas par quelque chose capable de vraiment leur faire peur. Et alors les brutes auraient <emphasis>r�essay�</emphasis>. Moins nombreuses et dot�es d'une meilleure s�curit� op�rationnelle pour que je n'en entende pas parler. Elles auraient probablement tendu une embuscade � <emphasis>l'une</emphasis> d'entre vous, seule. Le professeur McGonagall n'est pas <emphasis>autoris�e</emphasis> � faire quelque chose de suffisamment effrayant pour pouvoir te prot�ger - et <emphasis>elle </emphasis>n'aurait pas outrepass� son autorit� parce qu'elle n'est pas vraiment responsable."</p><p>"Le <emphasis>professeur McGonagall</emphasis> n'est pas responsable ?" dit Hermione d'un ton incr�dule. Elle plaqua ses mains contre ses hanches et le regarda d'un air ouvertement furieux. "Est-ce que tu es <emphasis>dingue</emphasis> ?"</p><p>Le gar�on ne cilla pas. "Tu pourrais peut-�tre appeler �a la responsabilit� h�ro�que," dit Harry Potter. "Pas le genre habituel. �a veut dire que quoi qu'il arrive, quelles que soient les circonstances, c'est <emphasis>toujours</emphasis> de ta faute. M�me si tu en parles au professeur McGonagall, ce n'est pas elle qui est responsable de ce qui arrive, c'est <emphasis>toi</emphasis>. Suivre le r�glement de l'�cole n'est pas une excuse, �tre sous l'autorit� de quelqu'un d'autre n'est pas une excuse, m�me faire de ton mieux n'est pas une excuse. Il n'y a aucune excuse, tu dois <emphasis>faire le travail, quoi qu'il arrive</emphasis>." Le visage de Harry s'�tait pinc�. "C'est pour �a que je dis que tu n'as pas une attitude responsable, Hermione. Penser que ton travail est fini quand tu en as parl� au professeur McGonagall - ce n'est pas penser comme une h�ro�ne. Comme si �a devenait alors <emphasis>acceptable</emphasis> que Hannah se fasse frapper sous pr�texte que ce ne serait plus <emphasis>ta faute</emphasis>. �tre une h�ro�ne, �a veut dire que ton travail n'est termin� que quand tu as fait <emphasis>le n�cessaire</emphasis> pour prot�ger les autres filles de fa�on <emphasis>permanente</emphasis>." Un fragment de la duret� qu'il avait acquise depuis le jour o� Fumseck s'�tait pos� sur son �paule s'�tait gliss� dans sa voix. "Tu ne peux pas t'imaginer que tu as accompli ton devoir en suivant les r�gles."</p><p>"Je pense," dit Hermione d'une voix neutre, "que vous et moi sommes peut-�tre en d�saccord sur certaines choses, M. Potter. Comme de savoir qui est le plus <emphasis>responsable</emphasis>,de vous et du professeur McGonagall, ou si un comportement <emphasis>responsable</emphasis> se termine souvent par des gens criant et courant dans tous les sens, ou si c'est une bonne id�e de respecter le r�glement de l'�cole. Et ce n'est pas parce que nous ne sommes pas d'accord, M. Potter, que <emphasis>vous</emphasis> devez avoir le dernier mot."</p><p>"Eh bien," dit Harry, "tu m'as demand� ce qu'il y avait de <emphasis>si</emphasis> terrible � te demander la permission d'abord, et c'�tait une question �tonnamment bonne, donc j'ai examin� mon esprit et c'est �a que j'ai trouv�. Je pense que ma v�ritable peur, c'est que si Hannah a des ennuis et que je trouve un moyen de la sauver qui semble �trange, sombre ou quelque chose comme �a, tu ne prendras peut-�tre pas en compte les cons�quences que cela aura pour Hannah. Tu n'accepteras peut-�tre pas la responsabilit� h�ro�que de trouver <emphasis>un</emphasis> moyen de la sauver, quoi qu'il en co�te. Au lieu de �a, tu risques de juste jouer le <emphasis>r�le</emphasis> de Hermione Granger, la Serdaigle raisonnable ; et le <emphasis>r�le</emphasis> de Hermione Granger dit non automatiquement, qu'elle ait un meilleur plan en t�te ou pas. Et alors quarante-quatre brutes feront la queue pour tabasser Hannah Abbott et ce sera ma faute parce que je le <emphasis>l'aurais su</emphasis>, m�me si je ne voulais pas que les choses soient ainsi, j'aurais su que c'est comme �a qu'elles se d�rouleraient. Je suis quasiment certain que c'�tait l� ma peur secr�te, indicible et muette."</p><p>La frustration s'accumulait de nouveau en Hermione. "C'est <emphasis>ma</emphasis> vie !" �clata-t-elle. Elle pouvait imaginer comment ce serait si Harry se m�lait tout le temps de sa vie, inventait en permanence des justifications qui lui permettraient de ne pas lui demander la permission, de ne pas �couter ses objections. Elle n'aurait pas d� devoir <emphasis>gagner un d�bat</emphasis> juste pour - "Il y aura <emphasis>toujours</emphasis> une raison, tu pourras <emphasis>toujours </emphasis>dire que je n'ai pas les id�es claires ! Je veux avoir ma <emphasis>propre vie</emphasis> ! Sinon je m'�loignerai, vraiment Harry, je suis s�rieuse."</p><p>Harry soupira. "C'est exactement l� o� je ne voulais pas que nous en arrivions, et nous y voil�. Tu as peur exactement de la m�me chose que moi, hein ? Peur que si <emphasis>tu</emphasis> l�ches le gouvernail, on se fracassera." Le coin de ses l�vres se tordit mais �a ne ressembla pas � un vrai sourire. "Je peux comprendre �a."</p><p>"Je ne pense pas que tu comprennes <emphasis>du tout </emphasis>!" dit Hermione d'un ton brusque. "Tu as dit qu'on serait <emphasis>partenaires</emphasis>, Harry !"</p><p>Elle vit que ces mots l'avaient arr�t�.</p><p>"Qu'est-ce que tu penses de �a ?" finit-il par dire. "Je promets de te demander avant de faire quoi que ce soit qui pourrait �tre consid�r� comme une intrusion dans tes affaires. Sauf que <emphasis>tu </emphasis>dois <emphasis>me </emphasis>promettre d'�tre raisonnable, Hermione. Je veux dire <emphasis>vraiment, </emphasis>sinc�rement, d'y r�fl�chir pendant vingt secondes d'abord, de l'�tudier comme un v�ritable choix. D'�tre assez raisonnable pour te rendre compte que je t'offre un moyen de prot�ger les autres filles et que si tu dis automatiquement <emphasis>non</emphasis> sans l'envisager s�rieusement, il y a cette <emphasis>cons�quence r�elle</emphasis> o� Hannah Abbott se retrouve � l'h�pital."</p><p>Hermione continua de regarder fixement Harry lorsque la r�citation de ce dernier s'acheva.</p><p>"Eh bien ?" dit Harry.</p><p>"Je ne devrais pas avoir � faire de promesses," dit-elle, "juste pour �tre <emphasis>consult�e</emphasis> au sujet de ma <emphasis>propre vie</emphasis>." Elle se d�tourna de Harry et commen�a � marcher vers la tour Serdaigle sans le regarder. "Mais j'y r�fl�chirai quand m�me."</p><p>Elle entendit Harry soupirer, puis il march�rent en silence pendant un moment, pass�rent sous une arche faite d'un m�tal rouge�tre, semblable au cuivre, puis entr�rent dans un couloir parfaitement semblable � celui qu'ils venaient de quitter hormis son dallage compos� de pentagones et non plus de carr�s.</p><p>"Hermione," dit Harry. "Depuis le jour o� tu as dit que tu voulais �tre une h�ro�ne, je t'ai observ� et j'ai r�fl�chi. Tu <emphasis>as</emphasis> le courage. Tu te battras pour ce qui es juste, m�me face � des ennemis qui en effraieraient d'autre. Tu as certainement l'intelligence brute n�cessaire, et tu es probablement quelqu'un de mieux de moi. Mais m�me ainsi... eh bien, pour �tre honn�te, Hermione... je ne te vois pas vraiment dans r�le de Dumbledore, � mener l'Angleterre magique contre Tu-Sais-Qui. Pas encore, du moins."</p><p>Hermione avait tourn� la t�te pour regarder Harry, mais ce dernier avait juste continu� de marcher, comme perdu dans ses pens�es. Jouer <emphasis>ce</emphasis> r�le ? Elle n'avait jamais essay� de s'imaginer ainsi. Elle n'avait jamais <emphasis>imagin�</emphasis> s'imaginer ainsi;</p><p>"Et peut-�tre que j'ai tort," dit Harry tandis qu'ils marchaient. "Peut-�tre que j'ai lu trop d'histoires o� les h�ros ne sont jamais raisonnables, ne suivent jamais les r�gles et n'en parlent jamais au professeur McGonagall, si bien que mon cerveau ne pense pas que tu es une bonne h�ro�ne de fiction. Peut-�tre que c'est toi qui es saine d'esprit, Hermione, et moi qui suis un idiot. mais � chaque fois que tu parles de suivre les r�gles ou de te reposer sur les professeurs, j'ai la m�me sensation, que c'est li� � cette derni�re chose qui te bloque, cette derni�re chose qui endort ton toi PJ et te transforme � nouveau en PNJ..." Harry laissa �chapper un soupir. "Peut-�tre que c'est pour �a que Dumbledore a dit que j'aurais d� avoir des parents malfaisants."</p><p>"Il a dit <emphasis>quoi</emphasis> ?"</p><p>Harry hocha la t�te. "Je ne sais toujours pas s'il blaguait ou... le truc, c'est qu'en un sens il avait <emphasis>raison</emphasis>. J'ai <emphasis>eu</emphasis> des parents aimants mais je n'ai jamais eu l'impression de pouvoir compter sur leurs d�cisions, ils n'�taient pas assez <emphasis>sains d'esprits</emphasis>. J'ai toujours su que si je ne r�fl�chissais pas aux choses moi-m�me, je risquerais d'avoir mal. Le professeur McGonagall mettra tout en �uvre pour faire ce qu'i faire <emphasis>si</emphasis> je suis l� pour harceler mais elle ne brise pas les r�gles seule sans �tre supervis�e par un h�ros. Le professeur Quirrell <emphasis>est</emphasis> vraiment quelqu'un qui fait ce qu'i faire quoi qu'il en co�te, et c'est la seule autre personne que je connaisse qui remarque certaines choses, comme par exemple que le Vif g�che le Quidditch. Mais <emphasis>lui</emphasis>, je ne sais pas si c'est quelqu'un de <emphasis>bien</emphasis>. M�me si c'est triste, je pense que �a fait partie de l'environnement qui cr�� ce que Dumbledore appelle un h�ros - quelqu'un qui n'a personne d'autre � qui refiler la responsabilit� et qui forme donc l'habitude mentale de tout v�rifier lui-m�me."</p><p>Hermione ne r�pondit rien mais elle repensa � ce que Godric Gryffondor avait �crit presque � la fin de sa tr�s courte autobiographie. Bri�vement et sans explication, parce que le parchemin avait �t� destin� � �tre copi� � la main, des si�cles avant que la presse typographique moldue n'inspire les sorciers � inventer la Plume � Lire-�crire.</p><p><emphasis>Aucun sauveur n'a de sauveur</emphasis>, avait �crit Godric Gryffondor. <emphasis>Aucun seigneur n'a de champion, de m�re ou de p�re, seul le vide au-dessus.</emphasis></p><p>Si c'�tait <emphasis>�a</emphasis> le co�t qu'il y avait � �tre un h�ros, Hermione n'�tait pas certaine de vouloir le payer. Ou peut-�tre - mais ce n'�tait pas le genre de chose qu'elle aurait pens� avant qu'elle ne commence � passer du temps avec Harry - peut-�tre Godric Gryffondor avait-il eu <emphasis>tort</emphasis>;</p><p>"Est-ce que tu fais confiance � <emphasis>Dumbledore</emphasis> ?" demanda Hermione. "Je veux dire, il vit dans cette �cole et c'est le h�ros le plus l�gendaire du monde -"</p><p>"C'<emphasis>�tait</emphasis> le h�ros le plus l�gendaire du monde," dit Harry. "Maintenant il met le feu � des poulets. Franchement, est-ce que Dumbledore t'a l'air fiable � <emphasis>toi</emphasis> ?"</p><p>Hermione ne r�pondit pas.</p><p>C�te � c�te, ils commenc�rent � grimper l'�norme spirale d'escaliers dont les marches alternaient entre le bronze et la pierre bleue suivi de l'approche finale jusqu'au portrait Serdaigle qui prot�geait la porte par des �nigmes stupides.</p><p>"Oh, et je viens de penser � quelque chose que je dois te dire," continua Harry lorsqu'ils eurent parcouru environ la moiti� de l'escalier. "Puisque �a affecte ta vie et tout �a. Vois �a comme une avance -"</p><p>"Qu'est-ce que c'est ?" dit Hermione.</p><p>"Je pr�dis que la S.P.E.H.S. va prendre sa retraite."</p><p>"<emphasis>Sa retraite</emphasis> ?" dit Hermione en tr�buchant presque sur une des marches.</p><p>"Ouais," dit Harry. "Enfin, je pourrais me tromper, mais j'ai dans l'id�e que les professeurs vont s�v�rement r�primer les combats dans les couloirs." Harry souriait tout en parlant et une lueur dans ses yeux couverts par ses lunettes laissait entendre quelque savoir secret. "Lancer des nouveaux sortil�ges pour d�tecter les mal�fices offensifs ou commencer � v�rifier les rapports de brutalisation sous Veritaserum - je peux imaginer plusieurs m�thodes de r�pression. Mais si j'ai raison, il faut que vous le f�tiez, toi et toutes les autres. Vous avez suffisamment chahut� pour les pousser � <emphasis>faire</emphasis> quelque chose au sujet des des brutalisations. De <emphasis>toutes</emphasis> les brutalisations."</p><p>Et alors, lentement, un sourire naquit sur les l�vres de Hermione, et en atteignant la derni�re marche des escaliers, en s'avan�ant vers le portrait de Serdaigle pour entendre son �nigme, Hermione se sentit assez l�g�re, une merveilleuse sensation de soul�vement, comme si elle s'�tait fait injecter de l'h�lium.</p><p>�trangement, en d�pit de tous les efforts qu'elle et les sept autres y avaient investi, elle ne s'�tait pas attendue � <emphasis>tant</emphasis>, elle ne s'�tait pas attendu � ce que �a <emphasis>fonctionne</emphasis> vraiment.</p><p>Elles avaient <emphasis>chang� les choses</emphasis>...</p><empty-line/><p>Le matin suivant, � la fin du petit d�jeuner.</p><p>Les �l�ves de chaque ann�e �taient assis sur leurs bancs, immobiles, toutes les t�tes tourn�es dans la m�me direction : vers la table d'honneur, face � une fille de premi�re ann�e, debout seule, fig�e, le menton relev� pour regarder le directeur de la maison Serpentard.</p><p>Le visage du professeur Rogue �tait d�form� par la furie et le triomphe, aussi vindicatif que le visage d'un mage noir ; et derri�re lui les autres professeurs assis � la table d'honneur le regardaient, leurs visages aussi rigides que s'ils avaient �t� sculpt�s dans la pierre.</p><p>"- d�finitivement dissolue," cracha le professeur de potions. "Votre Soci�t� autoproclam�e est dor�navant <emphasis>ill�gale</emphasis> au sein de Poudlard, par mon ordre ! Si votre Soci�t� ou un membre de celle-ci est � nouveau d�couvert se battant dans les couloirs, Granger, vous serez <emphasis>personnellement</emphasis> tenue pour responsable et exclue, par moi, de l'�cole de Sorcellerie de Poudlard !"</p><p>La fille de premi�re ann�e se tenait l�, face � la table d'honneur o� elle n'avait auparavant �t� convi�e que pour recevoir des f�licitations et des sourires ; elle se tenait l�, son dos droit et haut, courb� comme un arc de centaure, sans rien c�der � l'ennemi.</p><p>La fille de premi�re ann�e se tenait l�, ses larmes et sa col�re contenue, son visage immobile, sans aucun changement d'apparence ext�rieure, tandis qu'elle sentait que quelque chose se cassait lentement � l'int�rieur d'elle.</p><p>Cette chose se cassa encore plus lorsque le professeur lui donna deux semaines de retenue pour violence au sein de l'�cole avec l'air narquois qu'il leur avait donn� � voir � tous lors de leur premier jour de potions et un petit rictus en coin qui indiquait qu'il savait tr�s bien � quel point il �tait injuste.</p><p>Cette chose en elle, quoi qu'elle fut, se d�chira d'un bout � l'autre, de haut en bas, lorsque le professeur Rogue retira cent points � Serdaigle.</p><p>Ce fut alors fini, et Rogue lui dit qu'elle pouvait partir.</p><p>Elle se retourna et vit qu'� la table Serdaigle, Harry Potter �tait toujours assis � sa place. Elle ne pouvait pas bien voir son visage d'ici, ses poings �taient sur la table mais elle ne pouvait pas voir si, comme les siens, ils �taient serr�s � en �tre devenus blancs. Lorsque le professeur Rogue l'avait appel�e, elle lui avait chuchot� qu'il ne devrait rien faire sans lui demander avant.</p><p>Hermione fit demi-tour pour regarder la table d'honneur au moment m�me o� Rogue se d�tournait pour revenir � sa place.</p><p>"J'ai dit que vous pouviez partir, jeune fille," dit la voix narquoise, mais il avait un sourire satisfait, comme s'il attendait qu'elle fasse quelque chose -</p><p>Hermione fit cinq pas de plus jusqu'� la table d'honneur et dit d'une voix bris�e : "M. le directeur ?"</p><p>Un silence absolu tomba sur la grande salle.</p><p>Dumbledore ne dit rien, ne bougea pas. C'�tait comme s'il avait lui aussi �t� sculpt� dans la pierre.</p><p>Hermione d�tourna les yeux pour regarder le professeur Flitwick dont la t�te, � peine visible au-dessus de la table, semblait pench�e vers ses genoux. � c�t� de lui, le visage du professeur Chourave �tait tr�s pinc�, elle semblait se forcer � observer la sc�ne, ses l�vres trembl�rent, mais elle ne dit rien.</p><p>La chaise du professeur McGonagall �tait vide. La directrice adjointe n'�tait pas venue ce matin.</p><p>"Pourquoi est-ce qu'aucun d'entre vous ne dit rien ?" demanda Hermione. Sa voix tremblait, charg�e de son dernier espoir, de l'ultime tentative de cette chose en elle pour rechercher de l'aide. "Vous <emphasis>savez</emphasis> que ce que vous faites est mal !"</p><p>"Deux semaines de retenue suppl�mentaire pour insolence," dit Rogue d'une voix soyeuse.</p><p>La chose se fracassa.</p><p>Elle regarda la table d'honneur pendant quelques secondes de plus, vers le professeur Flitwick, vers le professeur Chourave, vers la chaise vide o� le professeur McGonagall aurait d� se trouver. Puis Hermione Granger se retourna et commen�a � marcher vers la table Serdaigle.</p><p>Un babillage s'�leva et les �l�ves cess�rent d'�tre p�trifi�s.</p><p>Et alors, au moment o� elle atteignait presque la table Serdaigle -</p><p>La voix s�che du professeur Quirrell trancha tout le reste, et cette voix dit : "Cent points pour Serdaigle pour avoir fait ce qui �tait juste."</p><p>Hermione tomba presque par terre, puis elle continua, alors m�me que Rogue criait quelque chose avec rage, alors m�me que le professeur Quirrell s'enfon�ait dans sa chaise et commen�ait � rire, alors que la voix de Dumbledore disait quelque chose qu'elle ne comprit pas, puis elle fut de nouveau assise � la table Serdaigle, � c�t� de Harry Potter.</p><p>� c�t� d'elle, Harry �tait fig�, comme s'il avait trop peur pour pouvoir bouger.</p><p>"Tout va bien," lui dit sa voix, automatiquement, sans qu'elle l'ait choisi ni qu'elle y ait pens� et m�me si tout n'allait pas bien du tout. "Mais est-ce que tu pourrais essayer de me sortir de la retenue de Rogue comme tu l'as fait pour toi la derni�re fois ?"</p><p>Harry Potter eut un hochement de t�te saccad�. "Je..." dit Harry. "Je... Je suis d�sol�, c'est... c'est enti�rement ma faute -"</p><p>"Ne sois pas <emphasis>absurde</emphasis>, Harry." C'�tait �trange d'entendre que sa voix, parfaitement normale, sans qu'elle ait � r�fl�chir � ce qu'elle voulait dire. Elle se pencha sur son assiette mais manger semblait clairement hors de question. Il y avait des roulements et des tourbillons dans son estomac qui sugg�raient qu'elle �tait sur le point de vomir, ce qui �tait �trange car elle aurait pu en m�me temps jurer que tout son corps �tait engourdi, comme si elle n'avait rien pu sentir.</p><p>"Et," dit sa voix, "si tu veux enfreindre le r�glement ou quelque chose comme �a, tu peux me demander, je te promets que je ne te r�pondrai pas juste : 'non'".</p><p>Non est salvatori salvator,</p><empty-line/><p>neque defensori dominus,</p><empty-line/><p>nec pater nec mater,</p><empty-line/><p>nihil supernum.</p><p>- Godric Gryffindor,</p><empty-line/><p>1202 ap. JC.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 76*: Interlude avec le confesseur : co�ts ir</strong></p><p>Titre complet : <strong>Interlude avec le confesseur : co�ts irr�cup�rables</strong></p><empty-line/><p>Rianne Felthorne descendit les escaliers de pierre rugueuse et de mortier rudimentaire en maintenant entre les cand�labres un <emphasis>Lumos</emphasis> allum� du bout de sa baguette dress�e.</p><p>Elle arriva � la caverne de pierre vide perc�e de nombreuses ouvertures sombres, �clair�e par une torche d'apparence ancienne qui s'embrasa lorsqu'elle entra.</p><p>Personne d'autre ne se trouvait encore ici, et apr�s de longues minutes � rester nerveusement debout elle entama un sortil�ge destin� � m�tamorphoser un canap� assez grand pour que deux personnes puissent s'y asseoir ou peut-�tre m�me s'y allonger. Un simple tabouret de bois aurait �t� plus simple, elle aurait pu le faire en quinze seconde, mais... eh bien...</p><p>M�me apr�s que le canap� ait �t� enti�rement Rogue invoqu�, le professeur Rogue n'�tait toujours pas arriv�. Elle s'assit sur la gauche du canap�, son pouls remontant le long de sa gorge comme une enclume. �trangement, � mesure que le d�lai s'allongeait, sa nervosit� augmentait au lieu de diminuer.</p><p>Elle savait que ce serait la derni�re fois.</p><p>La derni�re fois avant que tous ses souvenirs ne disparaissent et qu'elle ne se retrouve dans une myst�rieuse caverne � se demander ce qui se passait.</p><p>Il y avait dans cette id�e quelque chose qui ressemblait � la mort.</p><p>Les livres disaient qu'un sortil�ge d'Oubliettes bien fait n'�tait pas nocif, que les gens oubliaient des choses tout le temps. Ils r�vaient puis se r�veillaient sans se souvenir de leurs r�ves. Le sortil�ge d'Oubliettes ne cr�ait m�me pas tant de discontinuit� que cela, seulement un bref instant de d�sorientation ; comme d'�tre distrait par un grand bruit et de perdre le fil d'une pens�e impossible � retrouver ensuite. C'�tait ce que les livres disaient et c'�tait pour cela que les sortil�ges d'oubli �taient enti�rement approuv�s par le minist�re � toute fin gouvernementale officielle.</p><p>Mais quand m�me, <emphasis>ces pens�es</emphasis>, ces pens�es qu'elle avait en ce moment m�me ; bient�t plus personne ne les aurait. Lorsqu'elle regardait le futur, il n'y avait personne pour compl�ter ces pens�es qu'elles n'avait pas fini de former. M�me si elle parvenait � tout r�gler dans son esprit pendant la prochaine minute, il n'en resterait ensuite plus rien. N'�tait-ce pas exactement le genre de chose que vous vous diriez si vous �tiez � une minute de votre mort ?</p><p>Puis vint le bruit de pas �touff�s...</p><p>Severus Rogue entra dans la caverne.</p><p>Ses yeux all�rent jusqu'� elle, assise sur le canap�, et il eut �trange regard, �trange parce qu'il n'�tait ni sardonique, ni �nerv� ni froid.</p><p>"Merci, Mlle Felthorne," dit doucement Rogue, "c'est tr�s attentionn�." Le ma�tre des potions sortit sa baguette et lan�a les charmes d'isolement usuels, puis il se rapprocha et s'assit lourdement sur le canap�, � c�t� d'elle.</p><p>Son pouls battit alors pour une toute autre raison.</p><p>Elle se tourna lentement pour regarder le professeur Rogue et vit que sa t�te reposait contre le dossier du canap� et que ses yeux �taient clos. Il ne dormait cependant pas. Son visage �tait tendu, nerveux, plein de douleur.</p><p>Elle sut - elle en fut soudain certaine - que cette vision ne lui avait �t� accord�e que parce qu'elle ne s'en souviendrait ensuite pas ; et que personne avant elle n'avait jamais eu le droit de le voir.</p><p>La conversation haletante qui se d�roulait � cet instant dans l'esprit de Rianne Felthorne ressemblait quelque peu � ceci : <emphasis>Je pourrais juste me pencher en avant et l'embrasser, tu as compl�tement perdu ce qui te sert de boule, ses yeux sont ferm�s je parie qu'il ne m'arr�terait pas � temps, je parie que personne ne retrouverait ton corps avant plusieurs ann�es -</emphasis></p><p>Mais le professeur Rogue ouvrit les yeux (� son grand dam et soulagement) et dit d'une voix plus normale : "Votre paiement, Mlle Felthorne." De ses robes il prit un rubis, taill� selon le standard Gringotts, et le lui tendit. "Cinquante facettes. Je comprendrais si vous les comptiez."</p><p>Elle tendit une main tremblante en esp�rant que Rogue placerait le rubis dans la main, qu'elle sentirait le contact de sa peau chaude contre la sienne -</p><p>Mais au lieu de cela, Rogue �leva l�g�rement sa main et fit tomber le rubis dans celle de Rianne Felthorne, puis il s'adossa de nouveau contre le canap�. "Vous vous souviendrez l'avoir trouv� par terre, sur le sol de cette caverne, que vous serez venue explorer," dit Rogue. "Et puisque personne sauf vous n'y croirait, vous vous souviendrez vous �tre dit qu'il serait moins probl�matique de d�poser l'argent dans un compte s�par� � Gringotts."</p><p>Pendant un moment, il n'y eut que les l�gers craquements de la torche.</p><p>"Pourquoi -" dit Rianne Felthorne. <emphasis>Il sait que je ne m'en souviendrai pas</emphasis>. "Pourquoi <emphasis>l'avez-vous</emphasis> fait ? Je veux dire - vous m'avez dit de vous dire o� seraient les brutes et combien il y en aurait mais pas si Granger serait l�. Et je sais que le fonctionnement du Retourneur de Temps n�cessite que, si vous voulez <emphasis>faire</emphasis> que Granger soit l�, il ne faut pas qu'on vous dise si �a a d�j� eu lieu ou non. Donc j'ai devin� que c'�tait <emphasis>nous</emphasis> qui lui disions o� aller. C'�tait nous, n'est-ce pas ?"</p><p>Rogue hocha la t�te sans parler. Ses yeux �taient de nouveau ferm�s.</p><p>"Mais," dit Rianne. "Je ne comprends pas <emphasis>pourquoi</emphasis> vous l'aidiez. Et maintenant - apr�s ce que vous avez fait � Granger dans la grande salle - je ne comprends plus rien du tout." Rianne ne s'�tait jamais consid�r� comme quelqu'un de particuli�rement gentil. Elle avait � peine remarqu� la controverse au sujet du g�n�ral Soleil. Mais quelque chose dans l'id�e <emphasis>d'aider</emphasis> Granger � combattre les brutes... eh bien, elle s'�tait habitu�e � voir cela comme le c�t� des gentils et � se voir <emphasis>elle</emphasis> comme appartenant � ce camp. Et elle avait d�couvert que cela lui plaisait. C'�tait difficile de simplement abandonner cette id�e. "Pourquoi avez-vous fait cela, professeur Rogue ?"</p><p>Rogue secoua la t�te et son visage se pin�a.</p><p>"C'est -" dit Rianne d'une voix h�sitante. "Enfin - tant que nous sommes l� - y a-t-il quoi que ce soit dont vous voudriez me parler ?" Il y avait quelque chose qu'<emphasis>elle</emphasis> aurait voulu dire mais elle n'arrivait pas � faire passer les mots au travers de ses l�vres.</p><p>"Je peux penser � autre chose," dit Rogue apr�s un silence. "Si vous �tes int�ress�e, Mlle Felthorne."</p><p>Les yeux de Rogue �taient ferm�s et elle ne pouvait donc se contenter de hocher la t�te. Sa voix de brisa presque lorsqu'elle se for�a � dire : "Oui."</p><p>"Il y a un gar�on dans votre classe qui vous aime bien, Mlle Felthorne," dit Rogue, les yeux toujours ferm�s. "Je ne vous dirai pas son nom. Mais il vous regarde � chaque fois que vous traversez la pi�ce, quand il pense que vous ne regardez pas. Il r�ve de vous et d�sire vous poss�der, mais il n'a jamais demand� ne serait-ce qu'un baiser."</p><p>Le mart�lement de son c�ur s'intensifia.</p><p>"R�pondez-moi honn�tement, Mlle Felthorne. Que pensez-vous de ce gar�on ?"</p><p>"Eh bien..." dit-elle. Elle butait sur les mots. "Je pense - que ne m�me pas demander un baiser - serait -"</p><p><emphasis>Triste.</emphasis></p><p><emphasis>Lamentable.</emphasis></p><p>"Faible," dit-elle d'une voix tremblante.</p><p>"Je suis d'accord," dit Rogue. "Imaginez cependant que ce gar�on vous ait aid�. Consid�reriez-vous que vous lui devez un baiser, s'il le demandait ?"</p><p>Elle inspira d'un coup sec.</p><p>"Ou penseriez-vous," continua Rogue, ses yeux toujours ferm�s, "qu'il ne fait que vous ennuyer ?"</p><p>Les mots la poignard�rent comme un couteau et elle ne put s'emp�cher d'avoir un hal�tement soudain.</p><p>Les yeux de Rogue s'ouvrir grand et son regard croisa le sien.</p><p>Puis le ma�tre des potions commen�a � rire, un rire petit et glousseur.</p><p>"Non, pas <emphasis>vous</emphasis>, Mlle Felthorne !" dit Rogue. "Pas <emphasis>vous</emphasis> ! Nous parlons <emphasis>vraiment</emphasis> d'un gar�on. Un qui suit votre cours de potions, � vrai dire."</p><p>"Oh," dit-elle. Elle essaya de se souvenir de ce que Rogue avait dit plus t�t, � pr�sent assez agac�e par la pens�e d'un gar�on qui l'aurait toujours observ�e en silence. "Eh bien, euh, dans ce cas. �a fiche plut�t la <emphasis>trouille</emphasis>. Qui est-ce ?"</p><p>Le ma�tre de potions secoua la t�te. "Cela n'a pas d'importance," dit Rogue. "Par curiosit�, que penseriez-vous si ce gar�on �tait encore amoureux de vous des ann�es plus tard ?"</p><p>"Euh," dit-elle, l�g�rement perdue, "ce serait carr�ment path�tique ?"</p><p>Un petit craquement de la torche r�sonna dans la caverne.</p><p>"C'est �trange," dit doucement Rogue. "J'ai eu deux mentors dans ma vie. Ils �taient tous les deux incroyablement perspicaces mais aucun ne m'a jamais dit les choses que je ne savais pas voir. La raison du silence du premier est assez claire, mais pour le second..." Le visage de Rogue se pin�a. "Je suppose qu'il serait na�f de ma part de demander pourquoi il s'est tu."</p><p>Le silence s'�tira tandis que Rianne cherchait d�sesp�r�ment quelque chose � dire.</p><p>"Il est curieux," dit Rogue d'une voix encore plus douce, "de regarder en arri�re apr�s trente-deux ans et de se demander quand sa vie a �t� d�truite au-del� de tout espoir de r�cup�ration. Cela a-t-il �t� d�termin� lorsque le Choixpeau a cri� 'Serpentard !' ? Cela semble injuste puisqu'on ne m'a offert aucun choix ; le Choixpeau a parl� au moment o� il a touch� ma t�te. Pourtant je ne puis dire qu'il m'ait faussement nomm�. Je n'ai jamais ch�ri le savoir en tant que tel. Je n'ai pas �t� loyal envers la seule personne que je consid�rais comme une amie. Je n'ai jamais �t� enclin � de saintes col�res, alors comme aujourd'hui. Courage ? Il n'y a aucune bravoure � risquer une vie d�j� d�truite. Mes petits peurs m'ont toujours domin�es et je ne me suis jamais d�tourn� d'aucun des chemins que j'ai emprunt�, � cause de ces petites peurs. Non, le Choixpeau n'aurait jamais pu me mettre dans sa maison � elle. Peut-�tre ma perte �tait-elle alors d�j� �crite. M�me si le Choixpeau fait bien son �uvre, je me demande si c'est juste. Est-ce juste que certains enfants poss�dent plus de courage que d'autres et que la vie d'un homme soit ainsi jug�e ?"</p><p>Rianne Felthorne commen�ait � se rendre compte qu'elle n'avait pas la moindre id�e de qui le ma�tre des potions �tait � l'int�rieur et que malheureusement, toutes ces sombres profondeurs cach�es ne l'aidaient en rien pour son probl�me � elle.</p><p>"Mais non," dit Rogue. "Je sais quand les choses ont mal tourn� pour la derni�re fois. Je pourrais indiquer le jour exact, l'heure � laquelle j'ai manqu� ma derni�re chance. Mlle Felthorne, le Choixpeau vous a-t-il propos� Serdaigle ?"</p><p>"O-oui," dit-elle sans r�fl�chir.</p><p>"Avez-vous jamais �t� dou�e pour les �nigmes ?"</p><p>"Oui," dit-elle � nouveau, parce que quoi que le professeur Rogue soit sur le point de dire, elle ne l'entendrait pas si elle r�pondait <emphasis>non</emphasis>.</p><p>"Je suis nul en �nigmes," dit Rogue d'une voix lointaine. "On m'en a un jour donn� une � r�soudre, et je n'en ai m�me pas compris la partie la plus simple avant qu'il ne soit trop tard. Je n'ai m�me pas compris que l'�nigme �tait pour <emphasis>moi</emphasis> avant qu'il ne soit trop tard. Je croyais l'avoir simplement entendue par hasard, alors qu'en r�alit�, c'�tait moi qu'on avait entendu par hasard. J'ai donc vendu mon �nigme � un autre, et c'est l� que le naufrage de ma vie a d�pass� tout espoir de sauvetage." La voix de Rogue �tait toujours lointaine, plus absente que pein�e. "Et m�me maintenant, je n'ai rien compris d'important. Dites moi, Mlle Felthorne, imaginez qu'un homme ait un couteau en main, qu'il tr�buche sur un b�b� et se poignarde lui-m�me. Diriez-vous que le b�b� avait," la voix de Rogue baissa d'un ton, comme s'il imitait une autre voix, plus grave, "<emphasis>LE POUVOIR DE LE VAINCRE</emphasis> ?"</p><p>"Euh... non ?" dit-elle d'un ton h�sitant.</p><p>"Alors <emphasis>qu'est-ce</emphasis> qu'avoir le pouvoir de vaincre quelqu'un ?"</p><p>Rianne �tudia l'�nigme. (En souhaitant, et ce n'�tait pas la premi�re fois, avoir choisi Serdaigle sans �gard pour la d�sapprobation parentale. Mais le Choixpeau ne lui avait jamais offert Gryffondor). "Eh bien..." dit Rianne. Elle avait du mal � formuler ses pens�es. "Cela veut dire qu'on a la <emphasis>capacit�</emphasis> de le faire mais qu'on y est pas <emphasis>oblig�</emphasis>. Cela veut dire qu'on pourrait le faire si on essayait -"</p><p>"Une choix," dit le ma�tre des potions de sa m�me voix lointaine, comme s'il ne s'adressait pas du tout � elle. "Il y aura un choix. C'est ce que l'�nigme semble sous-entendre. Et ce choix n'est pas d�j� �crit, car l'�nigme ne dit pas <emphasis>le vaincra</emphasis> mais <emphasis>le pouvoir de le vaincre</emphasis>. Comment un homme adulte marquerait-il un b�b� comme son �gal ?"</p><p>"Quoi ?" dit Rianne. Elle n'avait rien compris.</p><p>"Il est simple de <emphasis>marquer</emphasis> un b�b�. N'importe quel sortil�ge mal�fique puissant occasionnerait une cicatrice durable. Mais on pourrait le faire sur n'importe quel enfant. Quelle marque signifierait que le b�b� est son <emphasis>�gal</emphasis> ?"</p><p>Elle r�pondit par la premi�re chose qui lui vint � l'esprit. "Si vous signez un contrat de fian�ailles, �a veut dire que vous serez son �gal un jour lorsqu'il grandira et que vous vous marierez."</p><p>"C'est..." dit Rogue. "Ce n'est probablement pas �a, Mlle Felthorne, mais merci d'avoir essay�." Les longs doigts d�licats et aff�t�s par la pr�paration de potions � des degr�s de pr�cision inimaginables s'�lev�rent et mass�rent les tempes de l'homme. "Le poids de mots si fragiles suffit � me rendre fou. Un pouvoir qu'il ignore... �a <emphasis>doit</emphasis> �tre plus qu'un sortil�ge inconnu quelconque. Pas quelque chose qu'<emphasis>il</emphasis> pourrait acqu�rir par la pratique et l'�tude. Quelque talent inn� ? Personne ne peut apprendre � �tre un m�tamorphomage... et pourtant ce n'est certainement pas l� un pouvoir qu'il <emphasis>ignore</emphasis>. Je ne peux pas non plus voir comment <emphasis>les deux</emphasis> pourraient d�truire l'autre jusqu'� ce qu'il n'en reste presque rien. Je peux le concevoir dans un sens, mais pas dans l'autre..." Le ma�tre des potions soupira. "Rien de cela n'a de sens pour vous Mlle Felthorne, n'est-ce pas ? Les mots ne sont rien. Ce sont des ombres. C'est <emphasis>l'intonation</emphasis> qu'elle a utilis� qui en portait le sens, et c'est quelque chose que je n'ai jamais pu..."</p><p>Le ma�tre des potions laissa sa voix en suspens tandis que Rianne le regardait fixement.</p><p>"Une <emphasis>proph�tie</emphasis> ?" dit Rianne d'un couinement haut perch�. "Vous avez entendu une <emphasis>proph�tie</emphasis> ?" Elle avait pris des cours de divination pendant deux mois avant d'abandonner par d�go�t et c'est l� tout ce qu'elle avait jamais appris sur le fonctionnement de ce domaine.</p><p>"J'essaierai une derni�re chose," dit Rogue. "Quelque chose que je n'ai pas encore essay�. Mlle Felthorne, �coutez le <emphasis>son</emphasis> de ma voix, la <emphasis>fa�on</emphasis> dont je le dis, pas les mots eux-m�mes, et dites moi ce vous pensez qu'ils signifient. Pouvez-vous faire cela ? Bien," dit Rogue lorsqu'elle acquies�a docilement, m�me s'il elle n'�tait pas du tout s�re de ce qu'elle devait faire.</p><p>Et Severus Rogue inspira et entonna : "<emphasis>CAR CES DEUX DIFFERENTS ESFIS NE PEUVENT EXISTER DANS LE M�ME FONGUE.</emphasis>"</p><p>Son �chine en fut parcourue de frissons, et savoir que les mots caverneux avaient �t� prononc�s en imitant une v�ritable proph�tie ne fit qu'aggraver les choses. Sur les nerfs, elle dit la premi�re chose qui lui vint � l'esprit, peut-�tre influenc�e par celui avec qui elle se trouvait. "Ces deux diff�rents ingr�dients ne peuvent exister dans le m�me chaudron ?"</p><p>"Mais pourquoi <emphasis>pas</emphasis>, Mlle Felthorne ? Quel est le <emphasis>sens</emphasis> d'une telle phrase ? Qu'est-on vraiment en train de nous dire ?"</p><p>"Ah..." hasarda-t-elle. "Si les deux ingr�dients se m�langent, ils prendront feu et br�leront le chaudron ?"</p><p>L'expression de Rogue ne bougea pas d'un millim�tre.</p><p>"Peut-�tre," dit-il enfin apr�s qu'ils soient rest� assis sur le canap� le temps d'un silence horrible qui sembla durer plusieurs minutes, "cela expliquerait-il le mot <emphasis>devra</emphasis>. Merci, Mlle Felthorne. Vous avez de nouveau �t� d'une grande aide."</p><p>"Je..." dit-elle. "J'ai �t� heureuse de..." et les mots se bloqu�rent dans sa gorge. Le ma�tre des potions l'avait remerci�e d'un ton irr�vocable et elle savait que le temps de la Rianne Felthorne qui se rappelait ses instants approchait de sa fin. "J'aimerais ne pas avoir � oublier cela, professeur Rogue !"</p><p>"J'aimerais," dit Severus Rogue d'un chuchotement si bas qu'elle put � peine l'entendre, "que tout se soit d�roul� autrement..."</p><p>Le ma�tre des potions se leva du canap� et le poids de sa pr�sence disparut du flanc de Rianne. Il se tourna, sortit sa baguette de ses robes et la dirigea vers elle.</p><p>"Attendez..." dit-elle. "Avant cela..."</p><p>C'�tait, de fa�on curieuse, incroyablement difficile de faire le premier pas pour passer du fantasme � la r�alit�, de l'imagination � l'action. M�me si ce n'�tait qu'un pas et que cela n'irait jamais plus loin. L'�cart � franchir s'allongea, devint la distance s�parant deux montagnes.</p><p>Le Choixpeau ne lui avait jamais offert Gryffondor...</p><p>...�tait-il juste que la vie d'une femme soit ainsi jug�e ?</p><p><emphasis>Si tu ne peux pas le dire maintenant, alors que tu ne t'en souviendras ensuite plus - alors que rien de pr�sent ne se prolongera jamais, comme si tu �tais sur le point de mourir - alors quand le feras-tu, quand le diras-tu � qui que ce soit ?</emphasis></p><p>"Pourriez-vous m'embrasser avant ?" dit Rianne Felthorne.</p><p>Les yeux noirs de Rogue l'�tudi�rent si intens�ment que sa rougeur descendit jusqu'� sa poitrine et elle se demanda s'il savait tr�s bien qu'elle agissait encore en faible, que ce n'�tait pas un baiser qu'elle avait vraiment voulu.</p><p>"Pourquoi pas," dit le ma�tre de potions d'une voix basse, puis il se pencha au-dessus du canap� et l'embrassa.</p><p>Ce n'�tait pas ce qu'elle avait imagin�. Dans ses fantasmes, les baisers de Rogue avaient �t� fougueux, vol�s, mais c'�tait - c'�tait juste <emphasis>g�nant</emphasis>, en fait. Les l�vres de Rogue, press�es contre les siennes, trop fort, les appuyant sur ses dents, sous un mauvais angle, leurs nez plus ou moins tordus, les l�vres de Rogue trop <emphasis>serr�es</emphasis> et -</p><p>Ce n'est que lorsque le ma�tre des potions se redressa et qu'il recommen�a � lever sa baguette qu'elle comprit.</p><p>"Ce n'�tait pas..." dit-elle d'une voix curieuse en levant les yeux vers lui ."Ce n'�tait pas... est-ce que c'�tait... votre premier..."</p><p>Rianne Felthorne cligna des yeux face � la caverne de pierre qu'elle venait de d�couvrir, avec toujours en main l'extraordinaire rubis qu'elle avait trouv� cach� dans la poussi�re d'un coin. C'�tait une aubaine incroyable, et elle ne savait pas pourquoi regarder ce rubis la faisait se sentir si triste, comme si elle avait oubli� quelque chose, quelque chose qui avait �t� pr�cieux pour elle.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 77*: �pilogues AS : Apparences superficielles</strong></p><p><emphasis>NdT : Waouh ! On arrive vers la fin des �pisodes parus en anglais et la longueur des chapitres augmente... Le prochain chapitre sera le plus long de tous, aussi je vous demande pardon d'avance si il y a plus d'erreurs de traduction que d'habitude. J'esp�re que la fic vous pla�t toujours autant !</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Albus Dumbledore et...</emphasis></p><p>Le vieux sorcier �tait assis seul � son bureau dans le non-silence de la pi�ce, entour� de ses appareils, innombrables et inaper�us ; ses robes �taient d'un jaune et d'un tissu doux, diff�rentes des habits qu'il portait habituellement devant les autres. Sa main rid�e tenait une plume et grattait un parchemin d'apparence officielle. Si vous vous �tiez d�brouill� pour �tre l�, pour regarder son visage rid�, vous n'auriez pas �t� capable d'en d�duire plus au sujet de l'homme que ce que vous auriez compris des appareils �nigmatiques qui l'entouraient. Peut-�tre auriez-vous remarqu� que le visage semblait un peu triste et un peu fatigu�, mais apr�s tout, Albus Dumbledore avait toujours l'air ainsi lorsqu'il �tait seul.</p><p>Dans le foyer de cheminette ne se trouvaient que des cendres �parpill�s et pas une trace de flamme : une porte magique si solidement ferm� qu'elle en avait cess� d'exister. Sur le plan mat�riel, la grande porte de ch�ne du bureau avait �t� ferm�e � double tour ; au-del�, les escaliers infinis demeuraient immobiles ; au pied de ceux-ci, les gargouilles qui bloquaient l'entr�e ne coulaient pas, leur pseudo-vie ayant �t� reprise � la pierre.</p><p>Alors, au moment o� la plume �tait au milieu d'un mot, au milieu m�me d'une lettre -</p><p>Le vieux sorcier bondit sur ses pieds � une vitesse qui aurait abasourdi n'importe quel observateur, abandonnant la plume � mi-lettre, la laissant tomber sur le parchemin ; vif comme l'�clair il pivota vers la porte en ch�ne, ses robes jaunes tournoyant autour de lui et une baguette au pouvoir redout� jaillissant dans sa main -</p><p>Et tout aussi abruptement, le vieux sorcier se figea, arr�tant son mouvement au moment m�me o� la baguette touchait sa main.</p><p>Par trois fois, une main frappa � la porte de ch�ne.</p><p>� pr�sent plus lentement, l'effroyable baguette retourna dans son �tui de duel accroch� sous la manche du vieux sorcier. Le vieil homme avan�a de quelques pas, prit une posture plus formelle et ajusta l'expression de son visage. Non loin, sur le bureau, la plume se pla�a � c�t� du parchemin, comme si elle avait pr�cautionneusement �t� plac�e l� plut�t que jet�e avec h�te, et le parchemin lui-m�me se retourna pour ne plus montrer qu'un fond vierge.</p><p>D'un mouvement sec et silencieux de sa volont�, la porte de ch�ne s'ouvrit grand.</p><p>Aussi durs que la pierre, les yeux verts le regardaient avec furie.</p><p>"J'admets �tre impressionn�, Harry," dit le vieux sorcier � voix basse. "La Cape d'Invisibilit� t'aurait permis d'�chapper � mes moyens d'observations les plus faibles ; mais je n'ai pas senti mes golems s'�carter ni les escaliers tourner. Comment es-tu venu ici ?"</p><p>Le gar�on entra dans le bureau, chaque pas d�lib�r�, �tudi�, jusqu'� ce que la porte se referme doucement derri�re lui. "Je peux aller o� bon me semble, avec ou sans votre permission," dit le gar�on. Sa voix semblait calme ; trop calme, peut-�tre. "Je suis dans votre bureau car j'ai d�cid� de m'y rendre, et au diable les mots de passe. Vous auriez bien tort, M. le directeur, de penser que je ne reste dans cette �cole que parce que j'y suis prisonnier. Je n'ai simplement pas <emphasis>encore</emphasis> choisi de partir. En gardant cela � l'esprit, pourquoi avez-vous ordonn� � votre agent, le professeur Rogue, de briser l'accord que nous avions pass� dans ce bureau, � savoir qu'il ne tourmenterait plus d'�l�ves avant leur cinqui�me ann�e ?"</p><p>Le vieux sorcier regarda le jeune h�ros en col�re pendant un long moment. Puis, assez lentement pour ne pas alarmer le gar�on, ses doigts fl�tris ouvrirent l'un des nombreux tiroirs du bureau, en sortirent une feuille de parchemin et l'�tal�rent sur le bureau. "Quatorze," dit le vieux sorcier. "Ce n'est pas le nombre de chouettes envoy�es la nuit derni�re. Seulement celles envoy�es aux familles qui poss�dent un si�ge au Magenmagot, une grande fortune, ou qui sont d�j� alli�es � tes ennemis. Ou, dans le cas de Robert Jugson, les trois � la fois, car son p�re Lord Jugson est un Mangemort et son grand-p�re un Mangemort tomb� sous la baguette d'Alastor Maugrey. Ce que les lettres disent, je l'ignore, mais je peux le deviner. Ne comprends-tu <emphasis>toujours</emphasis> pas, Harry ? Chaque fois que Hermione Granger <emphasis>gagnait</emphasis>, comme tu le dis, la menace de Serpentard sur elle augmentait, encore et encore. Mais aujourd'hui ceux de Serpentard ont triomph� d'elle, facilement et sans encombre, sans violence ni dommages durables. Ils ont gagn� et ils n'ont plus besoin de se battre..." le vieux sorcier soupira. "C'est du moins ce que j'avais pr�vu. Ce que j'avais esp�r�. Et il en aurait �t� ainsi si le professeur de D�fense n'avait pas choisi d'intervenir. La dispute remonte donc maintenant au Conseil des Gouverneurs, ou Severus semblera vaincre le professeur de D�fense ; mais ce ne sera pas la m�me chose pour les Serpentard, �a ne sera pas termin�, achev� en un instant � leur enti�re satisfaction."</p><p>Le gar�on avan�a d'un pas de plus dans la pi�ce, sa t�te se penchant un peu plus en arri�re pour faire face aux lunettes en demi-lune, et pourtant il semblait que c'�tait le gar�on qui toisait le directeur plut�t que le contraire. "Donc ce Lord Jugson est un Mangemort ?" dit le gar�on d'une voix douce. "Bien. Sa vie nous appartient donc d�j�, et je peux en faire ce que je veux sans avoir de probl�me �thique -"</p><p>"<emphasis>Harry !</emphasis>"</p><p>La voix du gar�on �tait aussi claire qu'un bloc de glace faite de l'eau la plus pure venue de quelque source recul�e. "Vous semblez penser que la Lumi�re devrait vivre dans la peur des T�n�bres. Je dis que �a devrait �tre le contraire. Je pr�f�rerais ne pas tuer ce Lord Jugson m�me s'il est un Mangemort. Mais une heure de r�flexion avec le professeur de D�fense devrait amplement suffire � trouver un moyen imaginatif de le ruiner financi�rement ou de le faire exiler d'Angleterre magique. Je pense que cela aiderait � clarifier les choses."</p><p>"Je confesse," dit lentement le vieux sorcier, "que l'id�e de ruiner une maison vieille de cinq cents ans et de provoquer un Mangemort dans une guerre � outrance � cause d'une bagarre dans les couloirs de Poudlard ne m'�tait pas venue, Harry." Le vieux sorcier leva un doigt pour remonter ses lunettes en demi-lunes depuis le bout de son nez, o� elles avaient gliss� lors de son mouvement rapide un peu plus t�t. "J'ose avancer qu'elle ne viendrait pas non plus � Mlle Granger, pas plus qu'au professeur McGonagall ou � Fred et � George."</p><p>Le gar�on haussa les �paules. "Ce ne serait pas <emphasis>� propos </emphasis>des couloirs," dit le gar�on. "Ce ne serait que justice pour ses crimes pass�s, et je ne le ferais que si Jugson jouait le premier coup. L'id�e n'est pas de m'utiliser comme un joker qui inspire la crainte, apr�s tout. C'est d'enseigner aux gens que les neutres sont parfaitement � l'abri de mes coups et qu'il est incroyablement dangereux de tester mes limites." Le gar�on eut un sourire qui n'atteignit pas ses yeux. "Peut-�tre que j'ach�terai un encart publicitaire dans la Gazette du Sorcier pour dire que tous ceux qui veulent poursuivre cette querelle avec moi apprendront le v�ritable sens du mot Chaos mais que tous ceux qui me laissent tranquille n'auront pas de probl�me."</p><p>"<emphasis>Non</emphasis>," dit le vieux sorcier. Sa voix �tait � pr�sent plus grave et r�v�lait une partie de son �ge et de son v�ritable pouvoir. "Non, Harry, il ne peut en �tre ainsi. Tu n'as pas encore appris le sens du combat, ce qui se passe r�ellement lorsque des ennemis se rencontrent sur le champ de bataille. Et ainsi tu r�ves, comme tous les jeunes gar�ons le font, d'apprendre � tes ennemis � te craindre. Cela m'effraie, car tu as peut-�tre d�j�, bien trop jeune, assez de pouvoir pour transformer une partie de ces r�ves en r�alit�. Sur cette route, il n'est <emphasis>pas </emphasis>d'embranchement qui ne m�ne pas au t�n�bres, Harry, aucun. C'est le chemin du Seigneur des T�n�bres, c'est certain."</p><p>Le gar�on h�sita alors et ses yeux pass�rent bri�vement sur le perchoir vide o� Fumseck reposait parfois ses ailes. C'�tait un mouvement que peu auraient per�u, mais le vieux sorcier le connaissait tr�s bien.</p><p>"D'accord, oubliez la partie o� je leur apprends � me craindre," dit alors le gar�on. Sa voix n'en �tait pas moins dure, mais une partie du froid l'avait quitt�e. "Je ne pense toujours pas que vous devriez laisser les enfants se faire brutaliser de peur de ce que Lord Jugson <emphasis>pourrait</emphasis> faire. Les prot�ger constitue l'essentiel de votre m�tier. Si Lord Jugson essaie vraiment de vous barrer la route, alors faites tout ce qu'i faire pour l'arr�ter. Donnez-moi un acc�s complet � vos coffres et j'endosserai <emphasis>personnellement</emphasis> toute responsabilit� li�e aux retomb�es qu'il pourrait y avoir � bannir les brutes de Poudlard, qu'elles viennent de Lord Jugson ou de qui que ce soit d'autre."</p><p>Lentement, le vieux sorcier secoua la t�te. "Harry, il semble que tu crois que je n'aie qu'� employer tout mon pouvoir et que tous les ennemis seront alors balay�s. Tu as tort. Lucius Malfoy contr�le Fudge, influence toute l'Angleterre par le biais de la Gazette du Sorcier, et ce n'est que par une tr�s faible marge qu'il ne contr�le pas assez le conseil des gouverneurs pour m'exclure de Poudlard. Amelia Bones et Bartemius Crouch sont des alli�s, mais m�me eux s'�carteraient s'ils nous voyaient agir avec incons�quence. Le monde qui nous entoure est plus fragile que ce que tu sembles croire, et il nous faut avancer avec plus de prudence. La vieille guerre des sorciers n'a jamais pris fin, Harry, elle n'a fait que continuer sous une forme diff�rente ; le roi noir dormait et Lucius Malfoy a d�plac� ses pi�ces pendant un moment. Penses-tu que Lucius te permettrait de lui prendre un pion sans r�agir ?"</p><p>Le gar�on sourit, et une partie de la froideur revint. "D'accord, je trouverai un moyen d'arranger les choses pour que Lord Jugson ait l'air d'avoir trahi son propre camp."</p><p>"Harry -"</p><p>"Les obstacles ne sont qu'un appel � la <emphasis>cr�ativit�</emphasis>, M. le directeur. Ils n'exigent pas que vous abandonniez les enfants que vous �tiez cens� prot�ger. Faisons gagner le c�t� clair, et si cela provoque des probl�mes..." le gar�on haussa les �paules. "Faisons-le gagner � nouveau."</p><p>"Ainsi parleraient les ph�nix s'ils en �taient capables," dit le vieux sorcier. "Mais tu ne comprends pas le <emphasis>prix du ph�nix</emphasis>."</p><p>Les deux derniers mots furent prononc�s d'une voix particuli�rement distincte qui sembla r�sonner dans le bureau, et un immense grondement apparut alors tout autour d'eux.</p><p>Entre l'ancien bouclier accroch� au mur et le porte-Choixpeau, la pierre des murs commen�a � couler, � bouger, � se verser dans deux colonnes et � r�v�ler une ouverture entre elles, un passage, qui laissait voir un escalier de pierre qui menait vers le haut, vers les t�n�bres.</p><p>Le vieux sorcier se d�tourna et monta ces escaliers, puis il se retourna vers l'endroit o� Harry Potter se tenait. "Viens !" dit le vieux sorcier. Ses yeux ne p�tillaient plus. "Puisque tu es d�j� all� jusqu'� forcer ton entr�e sans �tre invit�, autant que tu ailles un peu plus loin."</p><empty-line/><p>Il n'y avait pas de rambarde sur ces escaliers de pierre, et au bout de quelques pas, Harry sortit sa baguette et lan�a un <emphasis>Lumos</emphasis>. Le directeur ne regarda pas en arri�re et ne semblait pas regarder ses pieds, comme s'il avait mont� ses escaliers assez souvent pour ne pas avoir besoin de les voir.</p><p>Le gar�on savait qu'il aurait d� �tre curieux ou effray�, mais il n'avait plus assez de capacit� mentale disponible. Il lui fallait tout son contr�le de lui-m�me pour ne pas laisser la furie qui fr�missait en lui d�border plus qu'elle ne l'avait d�j� fait.</p><p>Les escaliers continu�rent de monter sur une courte distance, une vol�e droite sans courbe ni angle.</p><p>Au sommet se trouvait une �paisse porte de m�tal, noire sous la lumi�re bleue de la baguette de Harry, ce qui signifiait que le m�tal lui-m�me �tait soit noir soit peut-�tre rouge.</p><p>Albus Dumbledore leva sa longue baguette comme on aurait brandi un symbole et parla de nouveau de cette �trange voix qui sembla r�sonner dans les oreilles de Harry, comme si elle se gravait au fer rouge dans sa m�moire : "<emphasis>Destin du ph�nix</emphasis>".</p><p>La derni�re porte s'ouvrit et Harry entra derri�re Dumbledore.</p><p>La pi�ce semblait �tre faite d'un m�tal noir similaire � celui de la porte qui y menait. Les murs �taient noirs, le sol �tait noir. Le plafond au-dessus �tait noir � l'exception d'un unique globe de cristal qui pendait de celui-ci, accroch� � une cha�ne blanche qui brillait d'une lueur argent�e qu'on aurait dit destin�e � imiter la lumi�re d'un Patronus, m�me si on pouvait voir que ce n'�tait pas tout � fait �a.</p><p>Dans la pi�ce se trouvaient des pi�destaux de m�tal noir et chacun portait soit une image mouvante, soit un cylindre � moiti� empli d'un liquide argent� l�g�rement brillant, soit un petit objet isol� : un collier d'argent br�l�, un chapeau �cras�, une bague de mariage en or, neuve. De nombreux pi�destaux portaient les trois � la fois, l'image mouvante, le liquide argent� et l'objet. Il semblait y avoir de nombreuses baguettes de sorciers sur ces pi�destaux, et nombre de ces baguettes �taient bris�es, br�l�es, ou semblait avoir fondu.</p><p>Il fallut tout ce temps pour que Harry comprenne ce qu'il regardait et sa gorge se noua soudain. C'�tait comme si la rage qui l'habitait avait re�u un coup de marteau, peut-�tre le plus fort qu'il ait jamais re�u de sa vie.</p><p>"Tous ceux qui sont tomb�s � cause de toutes mes guerres ne sont pas l�," dit Albus Dumbledore, dont Harry ne pouvait voir que les boucles grises et les robes jaunes. "Loin de l�. Seuls mes amis les plus proches et ceux qui sont morts � cause de mes pires d�cisions. Une partie de ceux-l� se trouve ici. Ceux que je regrette le plus r�sident ici."</p><p>Harry n'arrivait pas � compter combien de pi�destaux se trouvaient l�. Peut-�tre une centaine. La pi�ce de m�tal noire n'�tait pas petite et il restait clairement de l'espace destin� � accueillir des pi�destaux suppl�mentaires.</p><p>Albus Dumbledore se retourna et regarda Harry de ses profonds yeux bleus sertis sur son visage tels des bijoux d'acier, mais sa voix fut calme : "J'ai l'impression que tu ignores tout du prix du ph�nix," dit Albus Dumbledore � voix basse. "J'ai l'impression que tu n'es pas quelqu'un de mauvais mais des plus terriblement ignorant, confiant dans son ignorance, comme je l'ai �t� un jour, il y a longtemps. Et pourtant je n'ai jamais entendu Fumseck aussi clairement que tu sembles l'avoir entendu, ce jour-l�. Peut-�tre �tais-je d�j� trop vieux et endeuill� lorsque mon ph�nix est venu me voir. S'il est quelque chose que je ne comprends pas quant � l'empressement que je devrais avoir � me battre, fais-moi part de ta sagesse." La voix du vieux sorcier ne contenait nulle col�re ; l'impact qui coupait le souffle comme si on venait de tomber d'un balais volant provenait enti�rement des baguettes br�l�es et fracass�es qui luisaient doucement dans la mort, sous la lumi�re argent�e. "Sinon, d�tourne-toi et pars de ce lieu, mais alors je ne voudrais plus jamais en entendre parler."</p><p>Harry ne savait pas quoi dire. Il n'avait jamais rien v�cu de tel et tous les mots semblaient s'�crouler. Il aurait trouv� quelque chose � dire s'il avait cherch�, mais il n'arrivait pas � croire, en cet instant, que des mots pourraient avoir un sens. On n'aurait pas d� pouvoir gagner n'importe quel d�bat uniquement parce que des gens �taient morts � cause de ses d�cisions, et pourtant, m�me en sachant cela, Harry avait l'impression qu'il n'avait rien qu'il puisse dire. Rien qu'il ait le droit de dire.</p><p>Et il se serait d�tourn�, il aurait quitt� ce lieu sans l'�clair de compr�hension qui le traversa alors : qu'une partie d'Albus Dumbledore se tenait probablement ici en permanence, toujours, peu importe ou il �tait. Et que si vous �tiez dans un endroit pareil, vous pouviez faire n'importe quoi, <emphasis>perdre</emphasis> n'importe quoi tant que cela vous permettait de ne pas avoir � vous battre une fois de plus.</p><p>L'un des pi�destaux attira le regard de Harry ; la photographie qui s'y trouvait ne bougeait pas, ne souriait pas, n'agitait pas la main ; c'�tait la photographie d'une femme qui regardait l'objectif avec s�rieux, ses cheveux ch�tains tress�s en nattes d'un style moldu ordinaire que Harry n'avait vu port� par aucun sorci�re. Un cylindre empli d'un liquide argent� se trouvait � c�t� de la photo, mais il n'y avait aucun objet, pas d'anneau fondu ni de baguette bris�e.</p><p>Harry avan�a lentement jusqu'� se tenir devant le pi�destal. "Qui �tait-elle ?" dit Harry d'une voix qui sembla �trange � ses propres oreilles.</p><p>"Elle s'appelait Tricia Glasswell," dit Dumbledore. "La m�re d'un fille n�e-Moldue que les Mangemort ont tu�. Elle �tait d�tective pour le gouvernement moldu, et elle a ensuite fourni des informations venues des autorit�s moldues � l'Ordre du Ph�nix jusqu'� �tre... trahie... et mise entre les mains de Voldemort." Il y eut comme un accroc dans la voix de Dumbledore. "Elle n'est pas morte en paix, Harry;"</p><p>"A-t-elle sauv� des vies ?" dit Harry.</p><p>"Oui," dit doucement le sorcier. "En effet."</p><p>Harry �leva son regard au-dessus du pi�destal pour regarder Dumbledore. "Le monde serait-il un endroit meilleur si elle ne s'�tait pas battue ?"</p><p>"Non," dit le vieux sorcier. Sa voix �tait fatigu�e et endeuill�e. Il semblait plus pench�, comme s'il �tait en train de se replier sur lui-m�me. "Je vois que tu ne comprends toujours pas. Je pense que tu ne comprendras pas avant le jour o� tu... oh, Harry. Il y a si longtemps, quand je n'�tais pas beaucoup plus �g� que tu ne l'es maintenant, j'ai d�couvert le v�ritable visage de la violence, et son prix. Emplir un lieu sortil�ges mortels - qu'elle qu'en soit la raison - <emphasis>quelle</emphasis> qu'en soit la raison, Harry - est une chose laide qui corrompt sa nature, aussi terrible que le plus noir des rituels. La violence, une fois commenc�e, devient comme un Moremplis et attaque toute vie qui l'entoure. Je... voudrais pouvoir t'�pargner la fa�on dont j'ai appris cette le�on."</p><p>Harry se d�tourna des yeux bleus et posa son regard sur le noir m�tal du sol. Il �tait clair que le directeur essayait de lui dire quelque chose d'important, et ce n'�tait pas non plus quelque chose que Harry trouvait idiot.</p><p>"Il y avait un Moldu nomm� Mohandas Gandhi," dit Harry � l'attention du plancher. "Il pensait que le gouvernement d'Angleterre moldu ne devait pas diriger son pays. Et il refusait de se battre. Il a convaincu son pays entier de ne pas se battre. Au lieu de cela, il a dit aux gens de marcher vers les soldats anglais et de se laisser battre sans r�sister, et lorsque l'Angleterre n'a plus pu supporter de faire �a, nous avons lib�r� son pays. J'ai trouv� que c'�tait tr�s beau lorsque je l'ai lu, que c'�tait plus digne que toutes les guerres � avoir jamais �t� men�es au canon ou � l'�p�e. Qu'ils l'aient vraiment fait et que �a ait <emphasis>vraiment march�</emphasis>." Harry inspira � nouveau. "Sauf que j'ai alors d�couvert que pendant la seconde guerre mondiale, Gandhi avait dit � son peuple que si les Nazis envahissaient l'Inde, ils devraient aussi utiliser la r�sistance non-violente contre eux. Mais les Nazis auraient juste tir� � vue. Et peut-�tre Winston Churchill s'est-il toujours dit qu'il aurait d� y avoir un meilleur moyen, un moyen intelligent de gagner sans avoir � faire de mal � que que ce soit, mais il ne l'a jamais trouv� et il a donc d� se battre." Harry releva les yeux vers le directeur, qui le regardait. "Winston Churchill est celui qui a essay� de convaincre le gouvernement d'Angleterre de ne <emphasis>pas</emphasis> donner la Tch�coslovaquie � Hitler en �change d'un trait� de paix, qui a essay� de les convaincre de se battre tout de suite -"</p><p>"Je reconnais le nom, Harry," dit Dumbledore. Les l�vres du vieux sorcier s'�lev�rent bri�vement. "M�me si l'honn�tet� me force � dire que ce bon vieux Winston n'a jamais �t� prompt aux remords, m�me apr�s une douzaine de shots de Whisky Pur Feu."</p><p>"L'id�e �tant," dit Harry apr�s une br�ve pause lors de laquelle il se rappela � qui exactement il �tait en train de parler et combattit le sentiment, revenu une fois de plus, qu'il �tait un enfant ignorant devenu fou d'audace qui n'avait aucun droit d'�tre dans cette pi�ce et aucun droit de remettre en question Albus Dumbledore sur quoi que ce soit, "l'id�e �tant que ce n'est pas une <emphasis>r�ponse</emphasis> de dire que la violence, c'est le mal. �a ne dit pas quand se battre et quand ne pas se battre. C'est une question difficile, Gandhi a refus� de s'y confronter, et c'est pour �a que j'ai perdu une partie de mon respect pour lui."</p><p>"Et ta propre r�ponse, Harry ?" dit doucement Dumbledore.</p><p>"Une r�ponse est qu'on ne devrait jamais utiliser la violence, sauf pour arr�ter la violence," dit Harry. "On ne devrait jamais risquer la vie de quelqu'un, sauf pour sauver encore plus de vies. �a <emphasis>sonne</emphasis> bien quand on le dit comme �a. Sauf que le probl�me, c'est que si un policier voit un voleur cambrioler une maison, il <emphasis>devrait</emphasis> essayer d'arr�ter le voleur m�me si celui-ci risque de se d�fendre et que quelqu'un risque de souffrir ou m�me d'�tre tuer. M�me si le voleur n'essaie de prendre que des bijoux, qui ne sont que des <emphasis>objets</emphasis>. Parce que si personne n'est l� pour ne serait-ce <emphasis>qu'incommoder</emphasis> les voleurs, il va y avoir <emphasis>encore et toujours</emphasis> plus de voleurs. Et m�me s'ils ne faisaient que voler des <emphasis>choses</emphasis> � chaque fois, �a... le tissu social..." Harry s'interrompit. Dans cette pi�ce, ses pens�es n'�taient pas aussi ordonn�es qu'il avait l'habitude de le pr�tendre. Il aurait d� �tre capable de fournir une explication parfaitement logique en termes de th�orie des jeux, il aurait au moins d� �tre capable de <emphasis>voir</emphasis> les choses sous cet angle, mais cela lui �chappait. Ceux qui coop�rent et les tra�tres... "Vous ne voyez pas que si les gens m�chants sont pr�ts � prendre le risque d'�tre violents pour obtenir ce qu'ils veulent et que les bons c�dent toujours parce que la violence est trop terrible, c'est... ce n'est pas une soci�t� o� il fait bon vivre, M. le directeur ! Vous ne vous rendez pas compte de ce que toutes ces brutalisations font � Poudlard, et � Serpentard encore plus ?"</p><p>"La <emphasis>guerre</emphasis> est trop terrible", dit le vieux sorcier. "Et pourtant elle viendra. Voldemort revient. Les pi�ces noires se rassemblent. Dans cette guerre, Severus est l'une des pi�ces les plus importantes de notre camp. Mais notre mauvais ma�tre des potions doit sauver les apparences, comme on dit. Si Severus peut payer ce tribu en faisant de la peine � des enfants, seulement de la peine, Harry," la voix du vieux sorcier �tait tr�s douce, "il faudrait que tu sois terriblement innocent en mati�re de guerre pour penser que tu as fait une mauvaise affaire. Les d�cisions difficiles ne ressemblent pas � <emphasis>�a</emphasis>, Harry. Elles ressemblent... � �a." Le vieux sorcier ne bougea pas. Il resta simplement l�, entre les pi�destaux.</p><p>"Vous ne devriez pas �tre directeur", dit Harry, une sensation de br�lure dans sa gorge. "Je suis d�sol�, je suis tellement d�sol� mais vous ne devriez pas essayer d'�tre un directeur d'�cole et de mener une guerre en m�me temps. Poudlard ne devrait pas �tre impliqu�e."</p><p>"Les enfants survivront," dit le vieux sorcier aux yeux fatigu�s. "Ils ne survivraient pas � Voldemort. T'es-tu d�j� demand� pourquoi les enfants de Poudlard ne parlent pas beaucoup de leurs parents, Harry ? C'est parce qu'il y a toujours, � port�e d'oreille, quelqu'un qui a perdu son p�re, sa m�re ou les deux. C'est ce que Voldemort a laiss� derri�re lui la derni�re fois qu'il est venu. <emphasis>Rien</emphasis> ne m�rite que cette guerre recommence ne serait-ce qu'un jour avant qu'il ne puisse en �tre autrement ni qu'elle dure un jour de plus que n�cessaire." Le vieux sorcier fit alors un geste, comme pour montrer toutes les baguettes fracass�es. "Nous ne nous battions pas parce que nous voulions �tre vertueux ! Nous nous battions parce que nous y �tions oblig�s, parce qu'il n'y avait aucun autre moyen. C'�tait notre r�ponse."</p><p>"Est-ce pour cela que vous avez attendu si longtemps avant de vous confronter � Grindelwald ?"</p><p>Harry avait pos� la question sans vraiment r�fl�chir -</p><p>Le temps s'�coula lentement pendant que les yeux bleus le scrutaient.</p><p>"� qui as-tu �t� parler, Harry ?" dit le vieux sorcier. "Non, ne r�ponds pas. Je sais d�j�." Dumbledore soupira. "Nombre d'entre eux m'ont pos� cette question et j'ai toujours �vit� de leur r�pondre. Pourtant, tu devras un jour apprendre toute la v�rit� sur cette affaire. Promettras-tu de ne jamais en parler � un autre avant que je ne te le permette ?"</p><p>Harry aurait aim� pouvoir le dire � Draco mais - "Je promets," dit-il.</p><p>"Grindelwald poss�dait un objet terrible et ancien," dit Dumbledore. "Tant qu'il l'avait en sa possession, je ne pouvais briser ses d�fenses. Je ne pouvais gagner notre duel, seulement le combattre pendant de longues heures jusqu'� ce qu'il tombe d'�puisement ; et j'en serais ensuite mort sans Fumseck. Mais tant que ses alli�s Moldus continuaient de faire des sacrifices de sang pour le maintenir, il ne serait pas tomb�. � cette �poque, il �tait v�ritablement invincible. De ce sombre objet que poss�dait Grindelwald, personne ne doit rien savoir, ne doit rien soup�onner, il ne doit pas y avoir un seul indice. Et tu n'en parleras donc pas, et je n'en dirai pas plus pour le moment. C'est tout Harry. Il n'y a pas de morale, pas de sagesse � cette histoire. C'est tout ce qu'il y a."</p><p>Harry hocha lentement la t�te. �tant donn� ce qu'il avait vu de la magie, ce n'�tait pas enti�rement impensable...</p><p>"Et alors," continua la voix de Dumbledore, encore plus basse, presque comme s'il se parlait � lui-m�me, "puisque c'est moi qui l'avais fait tomber, ils m'ont ob�i lorsque j'ai dit qu'il ne devrait pas mourir, m�me s'ils �taient des milliers � r�clamer son sang. Il fut donc emprisonn� � Nurmengard, dans la prison qu'il avait construite, et c'est l� qu'il y endure sa peine aujourd'hui encore. Je suis all� le combattre sans avoir l'intention de le tuer, Harry. Parce que vois-tu, j'avais d�j� essay� de tuer Grindelwald une fois auparavant, il y a longtemps, et �a... �a s'�tait... av�r� �tre... une erreur, Harry." Le vieux sorcier regardait maintenant sa longue baguette gris-noir qu'il tenait � deux mains comme si c'�tait une boule de cristal sortie d'un fantasme moldu, une source divinatoire o� des r�ponses pouvaient �tre trouv�es. "Et j'ai alors song�... j'ai song� que je ne devrais jamais tuer. Et Voldemort est arriv�."</p><p>Le vieux sorcier releva les yeux vers Harry et dit d'une voix enrou�e : "Il n'est pas comme Grindelwald, Harry. Il n'y a plus rien d'humain en lui. <emphasis>Lui</emphasis>, tu dois le d�truire. Tu ne dois pas h�siter quand le moment viendra. Envers lui seul, de toutes les cr�atures de ce monde, tu ne dois montrer aucune piti� ; et lorsque tu en auras fini tu dois l'oublier, oublier que tu as jamais commis cet acte et te remettre � vivre. Garde ta furie pour cela et pour cela seulement."</p><p>Il n'y avait plus que du silence dans le bureau.</p><p>Il dura quelques longues secondes et fut enfin bris� par une unique question.</p><p>"Y a-t-il des D�traqueurs � Nurmengard ?"</p><p>"Quoi ?" dit le vieux sorcier. "Non ! Je ne lui aurais pas fait �a, m�me � lui."</p><empty-line/><p>Le vieux sorcier regarda le jeune gar�on qui s'�tait raidi et dont le visage avait chang�.</p><p>"En d'autres termes," dit le gar�on, comme s'il se parlait � lui-m�me dans une pi�ce vide, "on sait d�j� comment garder de puissants mages noirs en prison sans utiliser de D�traqueurs. Les gens <emphasis>savent</emphasis> qu'on le sait."</p><p>"Harry...?"</p><p>"Non," dit le gar�on. Il releva les yeux, et ses yeux brillaient d'un feu vert. "Je n'accepte pas votre r�ponse, M. le directeur. Fumseck m'a donn� une mission, et je sais maintenant pourquoi il l'a donn�e � moi et pas � vous. Vous �tes pr�t � accepter un �quilibre des pouvoirs dans lequel les m�chants sont vainqueurs. Pas moi."</p><p>"Ce n'est pas non plus un r�ponse," dit le vieux sorcier ; son visage ne r�v�lait rien de sa souffrance car il avait longuement pratiqu� la dissimulation de celle-ci. "On ne change pas quelque chose en refusant de l'accepter. Je me demande maintenant si tu n'es pas simplement trop jeune pour comprendre cela, Harry, en d�pit de ton apparence ; ce n'est que dans les fantasmes d'enfants que toutes batailles peuvent �tre gagn�es et qu'aucun mal n'a � �tre tol�r�."</p><p>"Et c'est pour cela que je peux d�truire les D�traqueurs et pas vous," dit le gar�on. "Parce que je pense que les t�n�bres peuvent �tre bris�es."</p><p>Le vieux sorcier eut le souffle coup�.</p><p>"Le prix du ph�nix n'est pas in�vitable," dit le gar�on. "Il ne fait pas partie d'un �quilibre profond�ment ancr� dans l'univers. C'est juste une partie du probl�me o� vous n'avez pas encore d�couvert comment tricher."</p><p>Les l�vres du vieux sorcier s'ouvrirent mais aucun mot ne sortit.</p><p>Une lumi�re argent�e tombait sur les baguettes bris�es.</p><p>"Fumseck m'a donn� une mission," r�p�ta le gar�on, "et je la m�nerai � bien m�me si je dois faire tomber tout le minist�re pour cela. C'est la partie de la r�ponse qui vous manque. L'id�e qu'on ne peut pas s'arr�ter en disant <emphasis>oh, eh bien j'imagine que je ne pourrai jamais trouver un moyen d'arr�ter les brutalit�s � Poudlard</emphasis> et en <emphasis>rester</emphasis> l�. On continue juste de chercher jusqu'� avoir trouv� un moyen de le faire. Si �a signifie qu'il faut faire voler en �clats toute la conspiration de Lucius Malfoy, <emphasis>tr�s bien</emphasis>."</p><p>"Et le v�ritable combat, celui contre Voldemort ?" dit le vieux sorcier d'une voix chancelante. "Que feras-tu pourquoi gagner <emphasis>cela</emphasis>, Harry ? Briseras-tu la terre enti�re ? M�me si un jour tu obtenais un tel pouvoir, tu n'es pas encore au-del� des prix � payer, et peut-�tre ne le seras-tu jamais ! Car agir de la sorte <emphasis>maintenant</emphasis> n'est rien d'autre que de la folie !"</p><p>"J'ai demand� au professeur Quirrell pourquoi il avait ri," dit le gar�on d'une voix neutre, "apr�s avoir donn� cent points � Hermione. Et il m'a r�pondu, ce n'�taient pas ses mots exacts, mais c'est plus ou moins ce qu'il a dit, qu'il avait trouv� particuli�rement amusant de voir que le grand et bon Albus Dumbledore �tait rest� assis l� � ne rien faire pendant que cette pauvre fille innocente appelait � l'aide et que c'�tait <emphasis>lui</emphasis> qui l'avait d�fendue. Et il m'a alors dit que quand les gens bons et moraux avaient fini de s'embrouiller l'esprit, ils ne avaient g�n�ralement rien, ou s'ils agissaient, qu'on pouvait � peine les distinguer des m�chants. Tandis que <emphasis>lui</emphasis> pouvait aider d'innocentes jeunes filles quand �a lui chantait parce qu'il n'�tait pas l'un des gentils. Et que je devrais m'en souvenir � chaque fois que j'envisageais de devenir un gentil."</p><p>Le vieux sorcier ne r�v�la pas la force du choc. Si vous l'aviez regard� tr�s attentivement, seul un l�ger �carquillement de ses yeux l'aurait trahi.</p><p>"Ne vous en faites pas, M. le directeur," dit le gar�on. "Je ne me suis pas emm�l� les pinceaux. Je sais que je suis cens� apprendre ce qui est bon aupr�s de Hermione et de Fumseck, pas du professeur Quirrell et de vous. Ce qui m'am�ne � la v�ritable raison de ma venue. Le temps de Hermione est trop pr�cieux pour �tre g�ch� en retenues. Le professeur Rogue les annulera en pr�tendant que je l'ai fait chanter."</p><p>Apr�s une h�sitation, le vieux sorcier hocha la t�te, faisant l�g�rement onduler sa barbe d'argent. "Ce ne serait pas id�al pour <emphasis>elle</emphasis>, Harry," dit le vieux sorcier. "Mais on peut �crire que la retenue sera surveill�e par le professeur Binns et vous pourrez ainsi �tudier ensemble dans sa salle de cours."</p><p>"Tr�s bien," dit le gar�on. "Je pense que c'est tout ce que nous avions � r�gler. La prochaine fois que vous semblez travailler avec les m�chants ou que vous les laissez gagnez, attendez-vous � ce que je fasse toute ce que je pense que Fumseck me laisserait faire, peu importe les probl�mes que cela causera. J'esp�re que nous nous sommes bien compris."</p><p>Sans un mot de plus, le gar�on se retourna et quitta la pi�ce par la porte de m�tal noir, le mot "<emphasis>Lumos</emphasis> !" et la lumi�re de sa baguette jaillissant un instant plus tard.</p><p>Le vieux sorcier se tint l�, silencieux, entre les ruines des vies que la sienne avait laiss�es en arri�re. Sa main rid�e s'�leva, tremblante, pour venir toucher ses lunettes en demi-lune -</p><p>Le gar�on refit passer sa t�te � l'int�rieur. "�a vous emb�terait de rallumer les escaliers, M. le directeur ? Je pr�f�rerais ne pas refaire tout le travail que j'ai d� faire pour venir."</p><p>"Vas, Harry Potter," dit le vieux sorcier. "Les escaliers te recevront."</p><p>(Quelques temps plus tard, une version ant�rieure de Harry qui avait attendu invisible � c�t� des gargouilles depuis neuf heures du soir, suivit la directrice adjointe � travers l'ouverture qui s'�tait form�e pour elle, se pla�a en silence derri�re celle-ci sur les escaliers tournants jusqu'� ce qu'ils arrivent � destination, puis, toujours sous la Cape, fit pivoter son Retourneur de Temps par trois fois.)</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Professeur Quirrell et...</emphasis></p><p>Dans la clairi�re ombrag�e o� le professeur de D�fense attendait, le dos n�gligemment appuy� contre l'�corce grise et rugueuse d'un immense h�tre encore priv� de ses feuilles en cette fin de mars et dont le tronc et les branches ressemblaient � un bras p�le jaillit du sol qui aurait explos� en un millier de doigts. Autour du professeur de D�fense et au-dessus de lui, les branches �taient si denses que m�me en ce d�but de printemps, alors que si peu d'arbres commen�aient � peine � bourgeonner, on pouvait � peine voir le ciel depuis le sol. Les fils du maillage bois� se croisaient et prolif�raient tant que si vous aviez �t� sur un balais, � la recherche de quelqu'un, vous auriez trouv� plus simple de vous guider � l'ou�e qu'� la vue. La nuit qui s'approchait de ces bois interdits ne vous aurait pas aid�, pas plus que le soleil presque couch� et d�j� invisible dont seules quelques lueurs mourantes illuminaient encore le sommet des arbres les plus hauts.</p><p>Puis vint le bruit de pas le plus discret qui soit, presque inaudible m�me sur le sol forestier ; la d�marche d'un homme habitu� � passer inaper�u. Aucune brindille ne se brisa, aucune feuille ne bruissa...</p><p>"Bon apr�s-midi," dit le professeur Quirrell. Il ne prit la peine de d�placer ni ses yeux, ni ses mains nonchalamment laiss�es le long de ses flancs.</p><p>Un silhouette couverte d'une cape noire apparut dans une vibration visuelle tandis que sa t�te se tournait pour regarder � gauche et � droite. Dans la main droite de la silhouette, tenue basse, se trouvait une baguette d'un bois si gris qu'elle �tait presque argent�e.</p><p>"Je ne sais pas pourquoi vous d�siriez que nous nous rencontrions <emphasis>ici</emphasis> en particulier," dit Severus Rogue d'un voix fra�che.</p><p>"Oh," dit le professeur Quirrell comme pour passer le temps, comme si toute l'affaire n'avait pas la moindre importance, "j'ai pens� que vous pr�f�reriez avoir de l'intimit�. Les murs de Poudlard ont des oreilles, et vous ne voudriez pas que le directeur apprenne votre r�le dans l'affaire d'hier, n'est-ce pas ?"</p><p>La fra�cheur de mars sembla devenir plus profonde, la temp�rature sembla chuter. "Je ne sais pas de quoi vous parlez," dit le ma�tre des potions d'un ton glacial.</p><p>"Vous savez parfaitement de quoi je parle," dit le professeur Quirrell d'un ton amus�. "Vraiment, mon bon professeur, vous ne devriez pas vous m�ler des affaires d'idiots � moins d'�tre � chaque instant pr�t � vous d�fendre contre toute la violence dont ils sont capables." (Les mains du professeur Quirrell �taient toujours d�tendues, le long de ses flancs). "Et pourtant aucun de ces idiots ne semble se souvenir vous avoir vu tomber, pas plus que ces jeunes demoiselles ne se rem�morent votre pr�sence. Ce qui soul�ve une question fascinante : pourquoi feriez-vous l'effort extraordinaire, j'oserais dire l'effort <emphasis>d�sesp�r�</emphasis>, de lancer <emphasis>cinquante-deux</emphasis> sortil�ges d'Oubliettes ?" Le professeur Quirrell inclina la t�te. "Auriez-vous tant peur de l'opinion de simples �l�ves ? Je ne pense pas. Redouteriez-vous que l'affaire devienne connue de votre bon ami, Lord Malfoy ? Mais ces idiots avaient imm�diatement invent� une excuse assez satisfaisante quant � votre pr�sence. Non, il n'y a qu'une personne qui a assez de pouvoir sur vous et qui serait des plus perturb�es d'apprendre que vous ex�cutez le moindre plan sans qu'il en aie connaissance. Votre v�ritable et secret ma�tre, Albus Dumbledore."</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" siffla le ma�tre de potions, la col�re visible sur ses traits.</p><p>"Mais il semble maintenant que vous jouiez seul, et je me retrouve donc des plus intrigu�s par ce que vous <emphasis>pourriez bien</emphasis> �tre en train de faire, et pourquoi." Le professeur de D�fense regardait la silhouette v�tue de noir du ma�tre des potions avec l'attention qu'un homme aurait pu apporter � un insecte exceptionnellement int�ressant mais qui n'en serait pas moins demeur�, au fond, qu'un insecte.</p><p>"Je ne suis pas un serviteur de Dumbledore," dit le ma�tre des potions d'une voix froide.</p><p>"Vraiment ? Quelle incroyable nouvelle." Le professeur de D�fense souriait avec l�g�ret�. "Dites-m'en plus."</p><p>Il y eut un long silence. Depuis un arbre, une chouette hulula, un son qui sembla immense ; aucun des deux hommes ne fut surpris ni ne tressaillit.</p><p>"Vous n'avez aucune envie d'�tre mon ennemi," dit Severus Rogue d'une voix tr�s douce.</p><p>"Ah bon ?" dit le professeur Quirrell. "Et comment le sauriez-vous ?"</p><p>"En revanche," continua le ma�tre des potions, sa voix toujours tr�s douce, "mes amis b�n�ficient de nombreux avantages."</p><p>L'homme appuy� contre l'�corce grise leva les sourcils. "Tels que ?"</p><p>"Je sais nombre de choses sur cette �cole," dit le ma�tre des potions. "Des choses que vous ne me soup�onnez peut-�tre pas de conna�tre."</p><p>Il y eut un silence, comme l'attente de quelque chose.</p><p>"Que c'est fascinant," dit le professeur Quirrell. L'homme examinait ses ongles avec l'air de s'ennuyer. "Continuez, je vous en prie."</p><p>"Je sais que vous avez...<emphasis> enqu�t�</emphasis>... sur le couloir du troisi�me �tage -"</p><p>"Vous ne savez rien de tel." Le dos de l'homme se raidit. "N'essayez pas de me bluffer, Severus Rogue, je trouve cela aga�ant et vous n'�tes en position de m'agacer. Un simple coup d'�il permettrait � n'importe quel sorcier comp�tent de savoir que le directeur a tiss� des quantit�s astronomiques de toiles, de barri�res, de pi�ges et d'alertes. De plus, il y a l� des charmes venus d'un pouvoir ancien, des constructions magiques au sujet desquelles je n'ai m�me pas entendu de rumeurs, des techniques qui doivent avoir directement �t� d�gorg�es des connaissances accumul�es de Flamel lui-m�me. M�me Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom aurait eu du mal � les franchir sans �tre rep�r�." Le professeur Quirrell tapota sa joue d'un air pensif. "Quant � un loquet, un simple <emphasis>Collaporta</emphasis> plac� sur une poign�e ordinaire de fa�on si faible qu'il n'aurait pas pu bloquer Mlle Granger le jour o� elle est arriv�e � Poudlard. Jamais auparavant je n'ai eu connaissance d'un pi�ge aussi flagrant." Le professeur de D�fense plissa alors les yeux. "Je n'ai connaissance d'aucun individu encore de ce monde pour lequel de tels prouesses de d�tection accompliraient quoi que ce soit. S'il existe un sorcier possesseur de savoirs anciens contre qui ce pi�ge a �t� tendu - vous pouvez �changer <emphasis>cette</emphasis> information contre autant de silence que vous voudrez, mon cher professeur, ainsi qu'une bonne dose de faveurs en prime."</p><p>On aurait pu jurer que le professeur Quirrell regardait Severus Rogue avec le plus grand int�r�t. Pas une trace de sourire ne d�pla�a ses l�vres.</p><p>Il y eut un autre long silence dans la clairi�re.</p><p>"Je ne sais pas <emphasis>qui</emphasis> Dumbledore craint," dit Rogue. "Mais je sais quel app�t a �t� mis en place, et j'ai une id�e quant � ce qui le prot�ge vraiment -"</p><p>"Quant � �a," dit le professeur comme s'il s'ennuyait de nouveau, "je l'ai vol� il y a des mois et j'ai laiss� un faux � sa place. Mais merci d'avoir demand�."</p><p>"Vous mentez," dit Severus Rogue au bout d'un moment.</p><p>"Oui, en effet." Le professeur Quirrell s'appuya de nouveau contre le bois gris, ses yeux s'�levant vers le dense maillage des branches, la nuit qui tombait � peine visible entre les complexes tresses. "Je souhaitais simplement voir si vous me reprendriez sur ce point puisque vous pr�tendez en savoir si peu." Le professeur de D�fense se sourit � lui-m�me.</p><p>Le ma�tre des potions avait l'air d'�tre sur le point de s'�trangler de rage. "<emphasis>Que voulez-vous ?</emphasis>"</p><p>"� vrai dire, rien," dit le professeur de D�fense en continuant de regarder le toit forestier. "J'�tais seulement curieux. J'imagine que je vais juste continuer d'observer et voir o� vont vos plans, et pendant ce temps je ne dirai rien au directeur - tant que vous acceptez de m'octroyer une faveur de temps � autre, bien s�r." Un sourire sec passa sur son visage. "Vous �tes cong�di� pour le moment, Severus Rogue. M�me si j'appr�cierai une autre petite conversation sous peu si vous acceptez de me parler avec honn�tet� de vos all�geances. Et je dis bien <emphasis>honn�tement</emphasis>, pas sous les masques que vous m'avez montr� aujourd'hui. Peut-�tre d�couvrirez-vous que vous avez plus d'alli�s que vous ne le pensiez. Prenez un peu de temps pour y r�fl�chir, mon ami."</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Draco Malfoy et...</emphasis></p><p>Un h�misph�re arc-en-ciel, un d�me de force lui-m�me dot� de peu de chromaticit� mais qui renvoyait la lumi�re incidente sous forme de reflets �clat�s et iridescents de plusieurs couleurs en fracturant l'�clat de l'immense lustre de la salle commune de Serpentard.</p><p>� l'abri sous l'h�misph�re arc-en-ciel, le visage terrifi� d'une jeune sorci�re qui n'avait jamais combattu de brutes, qui n'avait rejoint aucune des arm�es du professeur Quirrell, qui obtenait des notes passables au mieux en cours de D�fense et qui n'aurait pas pu lancer une barri�re prismatique m�me si sa vie en avait d�pendu.</p><p>"Oh, arr�tez �a," dit Draco Malfoy en essayant de prendre un ton ennuy� en d�pit de la sueur qui venait d'appara�tre sous ses robes et en gardant sa baguette point�e vers la barri�re qui prot�geait Millicent Bulstrode.</p><p>Il n'arrivait pas � se rappeler avoir pris une d�cision, il y avait juste eu deux gar�ons plus �g�s sur le point de lancer un mal�fice � Millicent tandis que la salle commune regardait en silence et Draco avait alors juste sorti sa baguette et lanc� sa barri�re, laissant � son c�ur le soin de le remplir d'adr�naline pendant que son pauvre et triste cerveau se torturait d�sesp�r�ment � la recherche d'explications...</p><p>Les deux gar�ons plus �g�s se redressaient de leur posture mena�ante au-dessus de Millicent et se tournaient vers Draco en le regardant d'un air stup�fait m�l� de col�re. Gregory et Vincent, � c�t� de lui, avaient d�j� sorti leurs baguettes, mais elles n'�taient pas point�es. De toute fa�on, ils n'auraient pas pu gagner � trois.</p><p>Mais les gar�ons plus �g�s ne l'attaqu�rent pas. Personne n'�tait assez stupide pour attaquer le prochain Lord Malfoy.</p><p>Ce n'�tait pas la peur d'�tre attaqu� qui avait d�clench� les sueurs de Draco, dont il esp�rait d'ailleurs que les gouttelettes sur son front n'�taient pas visibles.</p><p>Draco suait � cause de la certitude naissance et �c�urante qui lui disait que m�me en s'en tirant cette fois-ci, s'il continuait ainsi, le temps viendrait o� tout s'�croulerait ; et alors il ne serait peut-�tre plus le prochain Lord Malfoy.</p><p>"M. Malfoy," dit le gar�on qui avait l'air le plus �g�. "Pourquoi la prot�gez-vous ?"</p><p>"Vous avez donc localis� la ma�tresse de la conspiration," dit Draco avec son sourire m�prisant num�ro deux, "et c'est, autant �tre clair maintenant, une fille en premi�re ann�e pr�nomm�e Millicent Bulstrode. Elle n'est qu'une <emphasis>passeuse</emphasis>, esp�ce de cornigaud !"</p><p>"Et alors ?" demanda le gar�on plus �g�. "Elle les a quand m�me aid�es !"</p><p>Draco leva sa baguette et la sph�re prismatique disparut instantan�ment. Toujours d'une voix ennuy�e, Draco dit : "<emphasis>Saviez</emphasis>-vous ce que vous faisiez, Mlle Bulstrode ?"</p><p>"N-non," b�gaya Millicent, toujours assise � son bureau.</p><p>"Saviez-vous o� les messages Serpentard que vous passiez allaient ?"</p><p>"Non !" dit Millicent.</p><p>"Merci," dit Draco. "Vous tous, merci de la laisser tranquille, elle n'est qu'un pion. Mlle Bulstrode, vous pouvez consid�rer que la faveur que vous m'avez faite en f�vrier a �t� rendue." Et Draco revint � ses devoirs de potions, en priant Merlin et les autres que Millicent ne dirait rien de stupide, comme par exemple : 'Quelle faveur ?'...</p><p>"Alors pourquoi," dit une voix claire depuis l'autre c�t� de la pi�ce, "ces sorci�res allaient-elles exactement l� o� Millicent leur disait d'aller ?"</p><p>Suant encore plus, Draco leva la t�te pour regarder Randolph Lee. "Que disait le faux message, exactement ?" demanda Draco. �tait-ce : 'Je vous ordonne de vous y rendre, au nom de la Dame des T�n�bres Bulstrode' ou 'Merci de me retrouver ici, amicalement, Millicent' ?"</p><p>Randolph Lee ouvrit la bouche, h�sita pendant une fraction de seconde -</p><p>"C'est ce que je pensais," dit Draco. "Ce n'�tait pas un tr�s bon test, M. Lee, �a... �a peut..." Un instant de supplice nerveux d�sesp�r� pendant lequel il essaya de trouver comment le dire sans utiliser des mots de Harry comme <emphasis>faux positif</emphasis>. "�a peut amener les sorci�res n'importe o� du moment que l'une d'entre elles est <emphasis>amie</emphasis> avec Millicent."</p><p>Comme si l'affaire avait �t� enti�rement r�gl�e, Draco baissa de nouveau les yeux vers ses devoirs de potions en ignorant enti�rement (mis � part cette sensation de terreur �c�urante dans son estomac) les chuchotement de la pi�ce.</p><p>Ce n'est que du coin de l'�il qu'il put voir que Gregory le regardait fixement.</p><empty-line/><p>Les yeux pos�s sur ses devoirs d'astronomie, Draco n'arrivait pas � se concentrer dans cette pi�ce. Si vous ne vouliez pas penser � ce que Harry Potter pouvait vous avoir dit, la pire chose � faire �tait probablement de regarder les images du ciel �toil�es de votre manuel et d'essayer de vous souvenir que vous n'�tiez <emphasis>pas</emphasis> cens� savoir comment les plan�tes se d�pla�aient. L'astronomie �tait un art noble et prestigieux, un signe d'�ducation et de connaissance, mais seuls les Moldus modernes poss�daient des artefacts secrets permettant de la pratiquer un million de milliard de fois mieux en utilisant des m�thodes que Harry avait essay� d'expliquer et que Draco ne pouvait toujours pas commencer � comprendre, mis � part qu'apparemment, il n'y avait m�me pas besoin de <emphasis>magie</emphasis> pour que des <emphasis>objets</emphasis> soient capables de faire de l'<emphasis>Arithmancie</emphasis>.</p><p>Draco regarda les images des constellations et se demanda si c'�tait pareil dans les autres maisons, si les gens se mena�aient en permanence � Serdaigle.</p><p>Harry Potter lui avait un jour dit que les soldats sur un champ de bataille ne se battaient pas vraiment pour leur pays. Le patriotisme les amenait peut-�tre jusqu'au champ de bataille, mais une fois l�, ils se battaient pour se prot�ger <emphasis>les uns les autres</emphasis>, leurs amis avec qui ils s'�taient entra�n�s aux c�t�s desquels ils se trouvaient. Harry avait fait remarquer, et Draco avait su qu'il disait vrai, qu'on ne pouvait pas utiliser la loyaut� envers un chef pour alimenter un Patronus, que ce n'�tait pas <emphasis>exactement</emphasis> le bon type de pens�e r�jouissante et heureuse. Mais en pensant � prot�ger quelqu'un � ses c�t�s...</p><p>Cela, avait dit Harry d'un ton pensif, �tait probablement la raison pour laquelle les Mangemorts s'�taient effondr�s � l'instant o� le Seigneur des T�n�bres �tait parti. Ils n'y avait pas eu assez d'affection <emphasis>entre eux</emphasis>.</p><p>On pouvait recruter un groupe comprenant Bellatrix Black, Amycus Carrow, Lord Malfoy, M. MacNair et les maintenir au pas gr�ce au sortil�ge Doloris. Mais � l'instant o� le ma�tre de la marque des t�n�bres partait, vous n'aviez plus une arm�e, seulement un cercle de connaissances. C'�tait pour cela que P�re avait �chou�. �a n'avait m�me pas vraiment �t� sa faute. Il n'y avait rien que P�re <emphasis>aurait pu</emphasis> faire apr�s avoir h�rit� de Mangemorts qui n'�taient pas vraiment <emphasis>amis</emphasis>.</p><p>Et m�me si c'�tait Serpentard qu'il �tait cens� d�fendre - que c'�tait pour <emphasis>sauver </emphasis>Serpentard que Harry et lui avaient fait un pacte - Draco ne pouvait s'emp�cher de penser que c'�tait juste moins <emphasis>�puisant</emphasis> quand il dirigeait les entra�nements de son arm�e. Quand il travaillait avec des �l�ves des trois autres maisons, avec des �l�ves qui n'�taient pas de Serpentard. Une fois que vous pouviez voir les probl�mes et les nommer, vous ne pouviez plus vous <emphasis>emp�cher</emphasis> de les voir et �a devenait chaque jour de plus en plus <emphasis>aga�ant</emphasis>.</p><p>"M. Malfoy ?" dit la voix de Gregory Goyle depuis le sol de la chambre de Draco, certes petite mais priv�e. Gregory faisait ses devoirs de m�tamorphose, pour lesquels il avait souvent besoin d'aide.</p><p>� ce stade, n'importe quelle distraction �tait la bienvenue. "Oui ?" dit Draco.</p><p>"Vous ne maniganciez rien du tout contre Granger," dit Gregory, "en fait, non ?"</p><p>La sensation qui se r�pandit jusqu'� l'estomac de Draco ressemblait beaucoup � la voix qu'avait eu Gregory : malade et apeur�e.</p><p>"Vous l'aidiez, en fait, le jour o� vous l'avez aid�e � se relever," dit Gregory ."Et avant �a, la fois o� vous l'avez emp�ch�e de tomber du toit. Vous avez <emphasis>aid� une Sang-de-Bourbe</emphasis> -"</p><p>"Bien s�r," dit imm�diatement Draco d'un ton sarcastique, sans la moindre h�sitation, en revenant � ses devoirs d'Astronomie comme s'il n'�tait pas le moins du monde nerveux. Tout se d�roulait exactement comme Draco l'avait craint, mais au moins cela voulait dire qu'il avait rejou� cette conversation dans sa t�te, encore et encore, et qu'il avait trouv� un bon gambit d'ouverture. "Allons, Gregory, tu t'es battu contre le g�n�ral Granger, tu <emphasis>sais</emphasis> � quel point ses sortil�ges sont puissants. Comme si un vrai rejeton de Moldu allait �tre plus fort que toi, plus fort que Th�odore, plus fort que tous les Sang Purs de l'�cole � part moi ? Est-ce que tu n'as pas <emphasis>foi</emphasis> dans les enseignements de P�re ? Elle est <emphasis>adopt�e</emphasis>. Ses parents sont morts pendant la guerre et quelqu'un la coll�e avec un couple de Moldus pour la cacher. Il est <emphasis>impossible</emphasis> que le g�n�ral Granger soit une Sang-de-Bourbe."</p><p>Une pulsation silencieuse traversa la chambre de Draco. Il voulait savoir, il avait besoin de savoir � quoi ressemblait le visage de Gregory. Mais il ne <emphasis>pouvait pas</emphasis> lever les yeux de son bureau, pas avant que Gregory ne parle.</p><p>Et alors -</p><p>"C'est <emphasis>�a</emphasis> que Harry Potter vous a dit ?" demanda Gregory.</p><p>La voix vacilla et se brisa. Lorsque Draco leva les yeux de ses devoirs, il vit que des larmes perlaient aux yeux de Gregory.</p><p>Apparemment, �a n'avait pas fonctionn�.</p><p>"Je ne sais pas quoi faire," dit Gregory dans un murmure. "Je ne sais pas quoi faire, M. Malfoy. Votre p�re ne va - quand il le d�couvrira - il ne va pas aimer �a, M. Malfoy !"</p><p><emphasis>Ce n'est pas � toi de d�cider ce que P�re aimera, Goyle -</emphasis></p><p>Draco pouvait entendre les mots dans son esprit ; ils avaient la voix de P�re, la m�me duret�. C'�tait le genre de choses que P�re lui avait <emphasis>dit</emphasis> de dire si Vincent ou Gregory le remettaient jamais en question, et si cela ne fonctionnait pas, il devrait leur lancer un sortil�ge. P�re avait dit qu'ils n'�taient <emphasis>pas </emphasis>des amis sur un pied d'�galit� et que Draco ne devrait jamais l'oublier. C'�tait lui qui dirigeait, ils �taient ses serviteurs, et si Draco ne pouvait faire en sorte que cela reste ainsi alors il n'�tait pas apte � h�riter de la maison Malfoy...</p><p>"Tout va bien, Gregory," dit Draco avec autant de gentillesse que possible. "Tout ce dont tu dois t'inqui�ter, c'est de me prot�ger. Personne ne va te bl�mer parce que tu as suivi mes ordres, ni mon p�re ni le tien." Il mit toute la chaleur qu'il avait dans sa voix, comme s'il essayait de lancer un Patronus. "Et de toute fa�on, la prochaine guerre ne va pas ressembler � la pr�c�dente. La maison Malfoy �tait l� longtemps avant le Seigneur des T�n�bres, et tous les Malfoys n'agissent pas de la m�me fa�on. P�re le sait."</p><p>"Vraiment ?" dit Gregory d'une voix tremblante. "Il le sait <emphasis>vraiment </emphasis>?"</p><p>Draco hocha la t�te. "Le professeur Quirrell le sait aussi," dit Draco. "C'est le but des arm�es. Le professeur de D�fense a raison : quand la prochaine guerre surviendra, P�re n'arrivera pas � unir tout le pays car les gens se souviendront de la <emphasis>derni�re</emphasis> guerre. Mais tous ceux qui se seront battus dans les arm�es du professeur Quirrell sauront qui �taient les meilleurs g�n�raux et ils sauront qui m�rite de les mener. Ils le d�signeront comme leur Seigneur, je serai son bras droit, et la maison Malfoy finira tout en haut, comme toujours. Les gens se tourneront peut-�tre m�me vers <emphasis>moi</emphasis>, si Potter n'est pas l�, du moment qu'ils pensent que je suis digne de confiance. C'est ce que je mets en place maintenant. P�re comprendra."</p><p>Gregory leva une main et s'essuya les yeux avant de se replonger dans ses devoirs de m�tamorphose. "D'accord," dit-il d'une voix chancelante, "si vous le dites, M. Malfoy."</p><p>Draco hocha de nouveau la t�te, ignora la sensation de n�ant qui s'emparait de lui face aux mensonges qu'il venait de dire � son ami et revint aux �toiles.</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup : Hermione Granger et...</emphasis></p><p>�tre invisible aurait d� �tre plus <emphasis>int�ressant</emphasis> que �a. Les couloirs de Poudlard auraient d� �tre d�cor�s d'�tranges couleurs ou de quelque chose dans le genre. Mais en fait, songeait Hermione, �tre sous la cape d'invisibilit� de Harry �tait exactement comme de ne <emphasis>pas</emphasis> �tre sous un cape d'invisibilit�, mis � part qu'on �tait sous une cape. Lorsqu'on rabattait le voile de tissu noir et soyeux de la capuche par-dessus son visage, on ne pouvait m�me pas le voir devant ses yeux et il ne bloquait m�me pas la respiration. Et le monde �tait exactement pareil � lui-m�me, sauf qu'on ne voyait pas de petits reflets de soi-m�me quand on passait devant des objets en m�tal. Les portraits ne regardaient jamais l� o� on �tait, ils faisaient seulement les choses bizarres que les portraits faisaient quand ils �taient seuls. Elle n'avait pas encore essay� de passer devant un miroir et elle n'�tait pas certaine de <emphasis>vouloir</emphasis> le faire. Surtout, il n'y avait plus de <emphasis>soi</emphasis> quand on marchait, plus de mains, plus de pieds, juste un point de vue mouvant. C'�tait une sensation qui rendait nerveux ; pas tant d'�tre <emphasis>invisible</emphasis> que de ne <emphasis>pas exister</emphasis>.</p><p>Harry ne lui avait pos� aucune question. Elle avait juste entendu le mot 'invisibilit�' et Harry avait alors sorti la cape de sa poche. Elle n'avait m�me pas eu une chance de lui expliquer ni sa r�union extr�mement secr�te avec Daphn� et Millicent Bulstrode ni qu'elle pensait que cela prot�gerait les autres filles. Harry lui avait juste donn� ce qui �tait probablement une Relique de la Mort. Si on voulait �tre juste, et Hermione <emphasis>essayait</emphasis> d'�tre juste, il fallait bien admettre que Harry pouvait parfois �tre un bon, un tr�s bon ami.</p><p>La r�union secr�te elle-m�me avec �t� un �chec complet.</p><p>Millicent avait proclam� �tre une voyante.</p><p>Hermione avait soigneusement et tr�s longuement expliqu� � Millicent et � Daphn� que ce n'�tait tout simplement pas possible.</p><p>Elle et Harry s'�taient inform�s sur la divination assez t�t dans leurs recherches ; Harry avait insist� pour qu'ils lisent tout ce qu'ils pouvaient sur les proph�ties hors de la section interdite. Comme Harry l'avait fait remarquer, cela leur �viterait beaucoup d'efforts de pouvoir trouver une voyante qui proph�tiserait tout ce qu'ils d�couvriraient dans trente-cinq ans (ou, pour utiliser les termes de Harry, tout moyen d'obtenir des informations transmises d'un futur lointain pouvait potentiellement constituer une condition de victoire instantan�e et totale).</p><p>Mais, comme Hermione l'expliqua � Millicent, les proph�ties n'�taient pas contr�lables, il n'y avait aucun moyen de <emphasis>demander</emphasis> une proph�tie sur quelque chose en particulier. Au lieu de cela (avaient dit les livres), c'�tait une sorte de <emphasis>pression </emphasis>qui s'accumulait dans le Temps l� o� un immense �v�nement essayait d'avoir lieu ou de s'emp�cher d'avoir lieu. Et les voyantes �taient comme des points faibles par lesquels cette pression s'�chappait lorsque la personne destin�e � l'entendre �tait l�. Les proph�ties ne concernaient donc que les choses importantes, cruciales, parce que elles seules g�n�raient assez de pression, et on entendait quasiment jamais plus d'une voyante dire la m�me chose car apr�s la premi�re fois, la pression �tait partie. De plus, comme Hermione l'avait ensuite expliqu� � Millicent, les voyantes elles-m�mes ne se souvenaient pas des proph�ties parce que le message n'�taient pas destin� � <emphasis>elles</emphasis>. Et les messages ne seraient que des �nigmes, et seul quelqu'un qui entendrait la proph�tie dite par la voix de la voyante originelle pourrait entendre tout le sens contenu dans l'�nigme. Il �tait <emphasis>impossible</emphasis> que Millicent soit capable de fournir un proph�tie <emphasis>quand �a lui chantait</emphasis> au sujet de <emphasis>brutes</emphasis> et de s'en <emphasis>souvenir ensuite</emphasis> et si <emphasis>c'�tait le cas</emphasis> elle aurait dit 'le squelette est la cl�', pas 'Susan Bones doit �tre l�' [NdT: Le mot 'bones' signifie 'os'].</p><p>Millicent avait alors eu l'air passablement effray�e et Hermione avait donc d�tendu ses poings serr�s contre ses hanches, puis elle s'�tait calm�e et avait pris le soin de dire qu'elle �tait heureuse que Millicent les aie aid�es mais qu'elles �taient <emphasis>parfois </emphasis>tomb�es dans des pi�ges en suivant les instructions de celle-ci et que Hermione voulait vraiment savoir d'o� les messages �taient <emphasis>vraiment</emphasis> venus.</p><p>Et Millicent avait dit d'une petite voix :</p><p><emphasis>Mais, mais elle </emphasis>m'a <emphasis>dit qu'elle �tait voyante...</emphasis></p><p>Hermione avait dit � Daphn� de ne pas insister apr�s que Millicent ait refus� de r�v�ler sa source. Ce n'�tait juste s'�tait sentie tr�s mal en voyant l'air effray� de Millicent. Elle avait aussi eu la forte impression que si elles <emphasis>trouvaient</emphasis> la personne qui avait r�v�l� des choses � Millicent, eh bien <emphasis>elles</emphasis> se retrouvaient juste le lendemain matin avec des enveloppes sous leur oreiller.</p><p>Elle commen�ait � ressentir le m�me d�sespoir que celui qu'elle avait ressenti avant la bataille qui avait pr�c�d� No�l en regardant le diagramme de Zabini, toutes ses lignes et ses rectangles color�s et... et elle ne comprit que maintenant ce que cela signifiait que ce soit <emphasis>Zabini</emphasis> qui lui ait montr� ce diagramme.</p><p>Elle avait l'impression que m�me pour une Serdaigle, il �tait possible d'avoir une vie trop compliqu�e.</p><p>Hermione commen�a � monter une courte spirale de marches en marbre jaune qui �mergeait d'un moyeu central, un "secret" mal gard� qui �tait en fait l'un des moyens les plus rapides de passer des donjons Serpentard � la tour Serdaigle mais que seules les sorci�res pouvaient traverser (le fait que les filles en particulier aient besoin d'un moyen rapide de passer de Serdaigle � Serpentard et de Serpentard � Serdaigle laissait Hermione l�g�rement perplexe). Au sommet de l'escalier, maintenant qu'elle s'�loignait des locaux Serpentard et entrait dans le corps principal de Poudlard, Hermione s'arr�ta et �ta la cape d'invisibilit� de Harry.</p><p>Apr�s que sa bourse ait aval� la cape, Hermione tourna � droite et commen�a � avancer le long d'une coursive de quelques m�tres, gardant maintenant sous surveillance son environnement automatiquement, sans vraiment y penser, et ses yeux en mouvement perp�tuel pass�rent sur une alc�ve ombrag�e -</p><p><emphasis>(br�ve d�sorientation)</emphasis></p><p>- puis une d�charge de peur qui frappa son corps comme l'aurait fait un sortil�ge d'�tourdissement, et elle d�couvrit que sans une pens�e ni une d�cision consciente, sa baguette avait bondi dans sa main et pointait d�j� vers...</p><p>...une cape noire si large et ondulante qu'il �tait impossible de dire si la silhouette qui s'y trouvait �tait celle d'un homme ou d'une femme, et au-dessus de la cape, un chapeau noir � larges bords ; et un brouillard noir qui semblait s'amonceler au-dessous et obscurcir le visage de celui qui ou de ce qui se trouvait derri�re le brouillard.</p><p>"Rebonjour, Hermione," chuchota une voix sifflante situ�e sous le chapeau et derri�re le brouillard noir.</p><p>Le c�ur de Hermione battait d�j� � tout rompre dans sa poitrine, ses robes de sorci�res �taient d�j� humides de sueur et collaient � sa peau, elle pouvait d�j� sentir le go�t de la peur ; elle ne savait pas pourquoi elle �tait si soudainement emplie d'adr�naline mais sa main se resserra sur sa baguette. "Qui �tes-vous ?" demanda Hermione d'un ton autoritaire.</p><p>Le chapeau s'inclina l�g�rement ; la voix chuchotante, lorsqu'elle �mergea du brouillard noir, �tait s�che comme de la poussi�re. "Le dernier alli�," dit le chuchotement sifflant. "Celui qui r�pond enfin, quand aucun autre ne le fera. Je suis peut-�tre le seul <emphasis>v�ritable</emphasis> ami que tu aies dans tout Poudlard, Hermione. Car tu as maintenant d�couvert comment les autres sont rest�s silencieux lorsque tu t'es retrouv�e dans le besoin -"</p><p>"Quel est votre <emphasis>nom</emphasis> ?"</p><p>La cape noire tourna l�g�rement de gauche � droite. �a ne ressemblait <emphasis>pas</emphasis> � un haussement d'�paules mais �a en transmettait le sens. "C'est l� l'�nigme, jeune Serdaigle. Jusqu'� ce que tu la r�solves, tu peux m'appeler comme tu le souhaites."</p><p>Hermione pouvait sentir que sa paume suait d�j� et elle ressentit de la gratitude pour les lignes stri�es qui aidaient sa main � garder une prise stable sur le bois. "Eh bien, M. Incroyablement Suspect," dit Hermione, "que me voulez-vous ?"</p><p>"Ce n'est pas la bonne question," r�pondit le chuchotement du brouillard noir. "Tu devrais plut�t me demander ce <emphasis>je</emphasis> peux t'offrir � <emphasis>toi</emphasis>."</p><p>"Non," dit la jeune fille d'un ton assez calme, "franchement, je ne pense pas que je <emphasis>devrais</emphasis> vous demander �a."</p><p>Un gloussement aigu �mergea du brouillard noir. "Pas du pouvoir," chuchota la voix, "ni des richesses, car te soucies peu de telles choses, n'est-ce pas, jeune Serdaigle ? Du <emphasis>savoir</emphasis>. C'est ce que je poss�de. Je sais ce qui se d�roule dans cette �cole, tous les plans et les joueurs secrets, les r�ponses � toutes les �nigmes. Je connais la raison derri�re le froid que tu vois dans les yeux de Harry Potter. Je connais la v�ritable nature de la maladie myst�rieuse du professeur Quirrell. Je sais qui Dumbledore craint vraiment."</p><p>"Tant mieux pour vous," dit Hermione Granger. "Mais savez-vous combien de coups de langues il faut pour arriver au centre chocolat d'une sucette Tootsie ?"</p><p>Le brouillard noir sembla s'assombrir l�g�rement et la voix sembla plus basse, comme d��ue. "Alors tu n'es m�me pas seulement curieuse, jeune Serdaigle, de conna�tre les v�rit�s qui se cachent derri�re les mensonges ?"</p><p>"Cent quatre-vingt sept," dit-elle. "J'ai essay� de compter un jour." Sa main glissait presque sur sa baguette et elle avait les doigts fatigu�s, comme si elle l'avait tenue pendant plusieurs heures au lieu de plusieurs minutes.</p><p>La voix siffla : "Le professeur Rogue est secr�tement un Mangemort."</p><p>Hermione faillit laisser tomber sa baguette."</p><p>"Ah," chuchota la voix, satisfaite. "Je pensais que cela pourrais t'int�resser. Donc, Hermione. Y a-t-il quoi que ce soit que tu d�sires savoir au sujet de tes ennemis ou de ceux que tu appelles tes amis ?"</p><p>Elle leva les yeux vers le brouillard noir qui surplombait l'immense cape en essayant fr�n�tiquement de mettre de l'ordre dans ses pens�es. Le professeur Rogue �tait un Mangemort ? Qui <emphasis>lui</emphasis> dirait une chose pareille, <emphasis>pourquoi</emphasis>, qu'est-ce qui se <emphasis>passait</emphasis> ? "C'est -" dit Hermione. Sa voix tremblait. "C'est extr�mement s�rieux si c'est vrai. Pourquoi le dire � <emphasis>moi</emphasis> et pas au directeur ?"</p><p>"Dumbledore n'a rien fait pour arr�ter Rogue," chuchota le brouillard noir. "Tu l'as vu, Hermione. La pourriture de Poudlard commence � son sommet. Tout ce qui ne va pas dans cette �cole commence avec le directeur fou. Toi seule a os� le dire haut et fort - et c'est pour cela que je te parle."</p><p>"Et avez-vous aussi parl� � Harry Potter alors ?" dit Hermione en gardant sa voix aussi stable que possible. Si c'�tait <emphasis>�a</emphasis> le fant�me qui aidait Harry -</p><p>Le brouillard noir s'assombrit, s'�claircit, comme un non de la t�te. "Harry Potter m'effraie," chuchota-t-il. "La froideur de son regard et les t�n�bres qui grandissent derri�re celui-ci m'effraient. Harry Potter est un tueur et tous ceux qui lui font obstacle vont mourir. M�me toi, Hermione Granger. Si tu oses t'opposer vraiment � lui, alors les t�n�bres derri�re son regard sortiront et te d�truiront. Cela, je le sais."</p><p>"Alors vous ne savez pas la moiti� de ce que vous pr�tendez savoir," dit Hermione d'une voix un peu plus ferme. "Moi aussi, j'ai peur de Harry. Mais pas � cause de ce qu'il pourrait <emphasis>me</emphasis> faire. � cause de ce qu'il pourrait faire pour me <emphasis>prot�ger</emphasis> -"</p><p>"Faux." Le chuchotement �tait direct, dur, comme s'il ne comportait pas la possibilit� d'un rejet. "Harry Potter <emphasis>finira </emphasis>par se retourner contre toi, Hermione, lorsque les t�n�bres l'auront enti�rement pris. Il ne versera pas une larme, il ne le remarquera m�me pas, le jour o� ses pas t'�craseront enfin."</p><p>"<emphasis>Doublement</emphasis> faux !" dit-elle en �levant la voix m�me si des frissons descendaient le long de son �chine. L'une des paroles de Harry lui revint : "Que penses-tu savoir, au juste, et comment crois-tu que tu le sais ?"</p><p>"Le temps -" la voix sembla se reprendre. "Le temps d'en parler viendra plus tard. Pour l'instant, pour aujourd'hui, Harry Potter n'est en effet pas ton ennemi. Et pourtant tu cours un terrible danger."</p><p>"<emphasis>�a</emphasis>, je veux bien le croire," dit Hermione Granger. Elle souhaitait d�sesp�r�ment faire passer sa baguette � son autre main car elle avait l'impression de devoir saisir son bras juste pour le garder lev� ; sa t�te la faisait souffrir comme si elle avait regard� le brouillard noir pendant des jours ; elle ne savait pas comment elle s'�tait �puis�e si vite.</p><p>"Lucius Malfoy t'a remarqu�, Hermione." Le chuchotement avait mont� d'un cran, il avait pris un timbre, un ton d'inqui�tude audible. "Tu as humili� la maison Serpentard, tu as vaincu son fils au combat. M�me avant cela, tu �tais une g�ne pour tous ceux du camp des Mangemort, car tu es n�e-Moldue et poss�des pourtant des capacit�s magiques sup�rieures � celles de n'importe quel Sang Pur. Et tu commences maintenant � �tre connue, � �tre observ�e par le monde ext�rieur. Lucius Malfoy cherche � t'�craser, Hermione, � te faire mal, peut-�tre m�me � te tuer, et il a les moyens de le faire !" Le chuchotement �tait devenu pressant.</p><p>Il y eut un silence.</p><p>"Ce sera tout ?" dit Hermione. Si elle avait �t� l'ex-colonel Zabini ou Harry Potter, elle aurait probablement pos� des questions intelligentes afin d'obtenir plus d'informations, mais son esprit �tait ralenti, fatigu�. Il fallait vraiment qu'elle parte de l� et qu'elle aille s'allonger un moment.</p><p>"Tu ne me crois pas," dit le chuchotement, � pr�sent plus doux et plus triste. "Pourquoi pas, Hermione. <emphasis>J'essaie</emphasis> de t'aider."</p><p>Hermione fit un pas en arri�re pour s'�loigner de l'alc�ve ombrag�e.</p><p>"<emphasis>Pourquoi pas</emphasis>, Hermione ?" exigea la voix, redevenue un sifflement. "Tu me dois cela ! Dis-moi, et alors -" la voix s'interrompit et recommen�a, plus basse. "Et alors tu pourras partir, je suppose. Seulement dis-moi... pourquoi..."</p><p>Peut-�tre n'aurait-elle pas d� r�pondre ; peut-�tre aurait-elle d� juste se retourner et fuir, ou encore mieux, commencer par lancer une barri�re prismatique et courir ensuite en hurlant � s'en percer les poumons ; mais la note de douleur sinc�re dans la voix la saisit et elle r�pondit.</p><p>"Parce que vous avez l'air incroyablement sombre et suspect," dit Hermione en gardant un ton poli et en maintenant sa baguette point�e vers l'immense cape noire et le brouillard sans visage.</p><p>"C'est <emphasis>tout</emphasis> ?" dit la voix, incr�dule. Elle semblait impr�gn�e de tristesse. "J'attendais mieux de toi, Hermione. Une Serdaigle telle que toi, la plus intelligente � faire l'honneur de sa pr�sence � Poudlard depuis une g�n�ration, devrait s�rement savoir que les apparences peuvent �tre trompeuses."</p><p>"Oh, je sais bien," dit Hermione. Elle fit un pas de plus en arri�re, ses doigts fatigu�s resserr�s sur la baguette. "Mais ce que les gens oublient parfois, c'est que m�me si les apparences <emphasis>peuvent</emphasis> �tre trompeuses, elles ne le sont g�n�ralement <emphasis>pas</emphasis>."</p><p>Il y eut un silence.</p><p>"C'est <emphasis>toi</emphasis> qui es intelligente," dit la voix, puis le brouillard s'�vapora et ne dissimula plus rien ; Hermione vit le visage qui se trouvait en-dessous et le reconna�tre envoya une d�charge d'adr�naline et de terreur � travers son corps -</p><p><emphasis>(br�ve d�sorientation)</emphasis></p><p>- puis une d�charge de peur qui frappa son corps comme l'aurait fait un sortil�ge d'�tourdissement, et elle d�couvrit que sans une pens�e ni une d�cision consciente, sa baguette avait bondi dans sa main et pointait d�j� vers...</p><p>...une dame scintillante, sa longue robe blanche ondulante comme agit�e de vents invisibles, on ne pouvait voir ni ses mains ni ses pieds, son visage �tait cach� par un voile blanc et elle irradiait de lumi�re, pas comme un fant�me, pas transparente, juste entour�e d'une douce lumi�re blanche.</p><p>Hermione regarda la douce apparition, bouche b�e, en se demandant pourquoi son c�ur tambourinait d�j� dans sa poitrine et pourquoi elle se sentait aussi effray�e.</p><p>"Rebonjour, Hermione." Le chuchotement bienveillant �manait de la lueur blanche derri�re le voile. "J'ai �t� envoy�e pour vous aider, aussi ne soyez pas effray�e. Je vous servirai en toutes choses, car vous, ma Dame, �tes promise au plus merveilleux des destins..."</p><p>...</p><p>...</p><p>...</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 78*: Pr�lude � Compromis Tabous : Tricherie</strong></p><p>NdT : Voil� ! D�sol� pour ce retard d'une journ�e, je viens de rentrer de vacances et je n'ai pas pu le publier hier !</p><empty-line/><p>Nous �tions le samedi 4 avril 1992.</p><p>M. et Mme Davis semblaient plut�t nerveux, assis dans un partie assez sp�ciale des gradins du stade de Quidditch de Poudlard - bien qu'aujourd'hui les bancs rembourr�s ne donnaient pas sur des balais volants mais sur un immense carr� fait d'une mati�re semblable � du parchemin : une immensit� blanche et vide qui allait bient�t projeter l'image vacillante d'herbe et de soldats. Pour l'instant, elle ne montrait que le reflet de la couleur gris terne du ciel nuageux (qui semblait assez orageux, mais les sorciers-m�t�o avaient promis que la pluie ne tomberait pas avant la nuit).</p><p>Il �tait d'ordinaire traditionnel � Poudlard que les simples parents se doivent de Rester � L'�cart pour exactement les m�me raisons qui poussent � interdire aux enfants d'entrer dans la cuisine et de se m�ler des affaires du cuisinier. La seule cause possible � une rencontre parent-professeur aurait �t� qu'un professeur trouve qu'un parent ne rentrait pas assez dans le moule. Des circonstances exceptionnelles �taient requises pour que ce soit l'administration de Poudlard qui aie le sentiment d'avoir � <emphasis>se</emphasis> justifier aupr�s de <emphasis>vous</emphasis>. La plupart du temps et dans le cas g�n�ral, l'administration de Poudlard �tait soutenue par huit cent ans d'une �minente Histoire et vous ne l'�tiez pas.</p><p>C'est donc avec une certaine tr�pidation que M. et Mme Davis avaient insist� pour avoir une audience avec la directrice adjointe, le professeur McGonagall. Il leur �tait difficile de se sentir suffisamment indign� alors qu'ils se confrontaient � la m�me digne sorci�re qui, douze ans et quatre mois plus t�t, leur avaient donn� � chacun deux semaine de retenue apr�s les avoir surpris dans l'acte de concevoir Tracey.</p><p>Cela dit, M. et Mme Davis avaient retrouv� beaucoup de courage en agitant furieusement un exemplaire du <emphasis>Chicaneur</emphasis> dont le gros titre disait, d'un texte gras et de couleur vive afin que tout le monde puisse bien le voir :</p><p>PACTES AVEC POTTER ?</p><empty-line/><p>BONES, DAVIS, GRANGER</p><empty-line/><p>LE RECTANGLE AMOUREUX DE LA PEUR</p><p>Ainsi M. et Mme Davis avaient temp�t� jusqu'� se retrouver dans la loge professorale des gradins de Poudlard, bien install�s avec une excellente vue sur les �crans enchant�s du professeur Quirrell afin de pouvoir tous deux se faire leur propre id�e des "colleries qui pouvaient bien se passer ici, si vous me pardonnez l'expression, madame la directrice adjointe !"</p><p>Assis � gauche de M. Davis se trouvait un autre parent soucieux, un homme aux cheveux blancs, v�tu de robes noires �l�gantes d'une qualit� in�galable, un certain Lucius Malfoy, dirigeant politique de la plus forte faction du Magenmagot.</p><p>� gauche de Lord Malfoy, un aristocrate ricanant au visage balafr� qu'on leur avait pr�sent� sous le nom de Lord Jugson.</p><p>Puis un brave homme vieux mais � l'�il per�ant, Charles Nott, dont on disait qu'il �tait presque aussi riche que Lord Malfoy, assis � gauche de Lord Jugson.</p><p>� droite de Mme Davis, on trouvait l'avenante Dame et l'encore plus s�duisant Lord de la Tr�s Ancienne maison Greengrass. Jeunes en �ge de sorcier, costum�s de robes soyeuses et grises dot�es de petites �meraudes sombres brod�es dans des contours de feuilles d'herbe. Dame Greengrass �tait consid�r�e un vote d�cisif du Magenmagot, sa propre m�re s'�tant r�tract�e de l'assembl�e � une vitesse surprenante. Quant � son charmant mari, il avait pris un si�ge au conseil d'administration de Poudlard bien que sa famille � lui ne soit ni noble ni riche.</p><p>� droite de ceux-ci, un vieille sorci�re � la m�choire carr�e, l'air incroyablement coriace, qui avait serr� les mains de M. et Mme Davis sans la moindre trace de condescendance. C'�tait Amelia Bones, directrice du d�partement de justice magique.</p><p>� droite d'Amelia se trouvait une femme d'un �ge assez mur qui avait d�fray� les chroniques de mode d'Angleterre magique en int�grant un vautour vivant � son chapeau, une certaine Augusta Londubat. M�me si on ne s'adressait pas � elle par le titre de Dame, Madame Londubat exercerait les pleins droits de la famille Londubat aussi longtemps que le dernier h�ritier de celle-ci n'aurait pas atteint sa majorit�, et on la consid�rait comme une figure importante d'une faction mineure du Magenmagot.</p><p>� c�t� de madame Londubat ne se trouvait nul autre que l'Enchanteur en Chef, le Manitou supr�me, Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore, l�gendaire vainqueur de Grindelwald, protecteur d'Angleterre, red�couvreur des mythiques douze usages du sang de dragon, le plus puissant sorcier du monde, etc.</p><p>Et enfin, � l'extr�me droite, on trouvait l'�nigmatique professeur de D�fense de Poudlard, Quirinus Quirrell, qui appuyait son dos sur les bancs rembourr�s comme s'il se reposait et semblait parfaitement, naturellement � son aise en l'�touffante compagnie du quorum votant du conseil d'administration de Poudlard qui �tait pass� par l� en ce doux samedi pour apprendre quelles colleries pouvaient bien se d�rouler � Poudlard en g�n�ral et avec Draco Malfoy, Th�odore Nott, Daphn� Greengrass, Susan Bones et Neville Londubat en particulier. Le nom de Harry Potter avait lui aussi �t� beaucoup mentionn�.</p><p>Oh, et il n'aurait bien s�r pas fallu oublier Tracey Davis. Les sourcils de la directrice Bones s'�lev�rent d'int�r�t en entendant que les parents de celle-ci n'�taient autre que ce jeune couple. Lord Jugson leur avait jet� un regard bref et incr�dule avant de les cong�dier d'un grognement. Lucius Malfoy les avait accueillis poliment avec un sourire qui avait contenu un soup�on d'amusement morbide m�l� � de la piti�.</p><p>M. et Mme Davis, dont le dernier vote sur quoi que ce soit d'importance avait �t� de toucher le nom de Cornelius Fudge de leur baguette, qui n'avaient rien d'autre que trois cent Gallions dans leur chambre forte � Gringotts, dont l'un vendait des chaudrons dans un magasin de potions et dont l'une enchantait des multiplettes, M. et Mme Davis �tait press�s l'un contre l'autre, assis tr�s droit dans leurs bancs rembourr�s, et souhaitaient d�sesp�r�ment avoir mis de meilleures robes avant de venir.</p><p>Le ciel au-dessus d'eux �tait un immense bloc de nuages compos� de gris du plus sombre au plus clair, sinistres de promesses d'orages bien qu'aucun �clair n'ait encore �clat� ni qu'on entende l'�cho lointain des roulements de tonnerre et que seules quelques gouttes mena�antes soient tomb�es.</p><empty-line/><p>C'est vers le point de d�part qui leur avait �t� assign� que le r�giment Soleil avan�ait en rang, quoique d'un pas assez lent. Il valait mieux ne pas se fatiguer avant m�me que la bataille n'ait commenc� et les brises d'avril �taient aga�antes d'humidit� en d�pit de leur fra�cheur. Devant eux, une flamme jaune errait lentement en l'air, les guidant en suivant leur rythme.</p><p>Alors qu'il marchaient dans la for�t baign�e d'une lueur gris�tre, Susan Bones n'avait cesse de jeter des regards inquiets vers le g�n�ral Soleil. L'attaque du professeur Rogue sur Hermione semblait avoir vraiment secou� cette derni�re. Elle avait m�me manqu� la r�union de pr�paration officielle du r�giment Soleil, ce qui �tait assez compr�hensible, mais lorsque Susan le lui avait ensuite dit, Hermione avait b�gay� avoir perdu conscience du temps, ce qui ne lui ressemblait pas du tout, et elle avait eu l'air aussi �puis�e et effray�e que si elle venait de passer trois jours enferm�e dans les toilettes avec un D�traqueur. M�me maintenant, alors que toute l'attention du g�n�ral Soleil aurait d� �tre dirig�e vers la bataille qui approchait, le regard de la Serdaigle passait constamment d'un point � l'autre, comme si elle s'attendait � voir des mages noirs surgir de buissons et la sacrifier.</p><p>"L'interdiction d'utiliser des objets moldus r�duit beaucoup nos possibilit�s," dit Anthony Goldstein du ton sombre qu'il utilisait pour indiquer un pessimisme voulu. "J'ai pens� � m�tamorphoser des filets pour les jeter sur des gens mais -"</p><p>"Mauvaise id�e," dit Ernie Macmillan. Le Poufsouffle secoua la t�te d'un air encore plus s�rieux que celui d'Anthony. "Enfin c'est exactement comme de lancer un sortil�ge : ils l'<emphasis>�viteront."</emphasis></p><p>Anthony hocha la t�te. "C'est ce que je me disais aussi. Tu aurais une id�e, Seamus ?"</p><p>L'ancien lieutenant chaotique semblait encore nerveux et hors de son �l�ment � marcher avec ses nouveaux camarades du r�giment Soleil. "D�sol�," dit le r�cemment nomm� capitaine Finnigan. "Je suis plut�t un grand ma�tre strat�ge."</p><p>"<emphasis>Je</emphasis> suis plut�t un grand ma�tre strat�ge," dit Ron Weasley comme s'il �tait d�go�t�.</p><p>"Il y a <emphasis>trois</emphasis> arm�es," dit le g�n�ral Soleil d'un ton acerbe, "donc on combat <emphasis>deux</emphasis> arm�es � la fois, donc on a besoin de plus d'un seul strat�ge, donc la ferme, Ron !"</p><p>Ron jeta un regard surpris et inquiet au g�n�ral. "H�," dit le Gryffondor d'un ton apaisant, "tu ne devrais pas laisser Rogue te stresser autant -"</p><p>"Et que pensez-<emphasis>vous</emphasis> qu'on devrait faire, g�n�ral ?" dit Susan tr�s fort et tr�s vite. "Franchement, je n'ai pas vraiment de plan pour l'instant." La r�union de planification officielle avait <emphasis>incroyablement</emphasis> foir� avec une Hermione absente et un Ron et un Anthony tous les deux persuad�s d'�tre les chefs.</p><p>"A-t-on vraiment besoin d'un plan ?" dit le g�n�ral Soleil d'un ton l�g�rement distrait. "Il y a toi, moi, Lavande, Parvati, Hannah, Daphn�, Ron, Ernie, Anthony <emphasis>et</emphasis> le capitaine Finnigan."</p><p>"�a -" commen�a Anthony.</p><p>"M'a l'air d'�tre une assez bonne strat�gie," dit Ron avec un hochement de t�te approbateur. "Nous avons autant de bon soldats que dans les deux autres arm�es r�unies. Chaos n'a plus que Potter, Londubat et Nott - enfin, et Zabini aussi j'imagine -"</p><p>"Et Tracey," dit Hermione.</p><p>Plusieurs personnes d�glutirent nerveusement.</p><p>"Oh, <emphasis>arr�tez</emphasis>," dit Susan d'un ton sec. "C'est juste une membre de la S.P.E.H.S. endurcie au combat, c'est tout ce que le g�n�ral Soleil voulait dire."</p><p>"Quand m�me," dit Ernie en se retournant pour regarder Susan avec s�rieux, "je pense que vous feriez mieux d'aller avec le groupe qui combattra Chaos, capitaine Bones. Je sais que vous ne pouvez pas utiliser vos pouvoirs magiques sauf lorsque des innocents sont en danger, mais je pense que - juste au cas o� Mlle Davis, vous savez, deviendrait incontr�lable et essaierait de d�vorer une �me -"</p><p>"Je peux m'occuper d'elle," r�pondit Susan en gardant une voix rassurante. Il fallait bien admettre qu'elle n'avait pas pour le moment �t� remplac�e par un M�tamorphomage, mais apr�s tout Tracey n'�tait probablement pas un Dumbledore polynectar� non plus.</p><p>Le capitaine Finnigan entonna d'une voix grave et presque rocailleuse : "Je suis troubl� par votre manque de scepticisme." Il leva une main, pouce et index presque coll�s, et la pointa vers Ernie.</p><p>Sans raison apparente, Anthony Goldstein sembla �tre pris d'une quinte de toux. "Qu'est-ce que c'est cens� vouloir dire ?" demanda Ernie.</p><p>"C'est juste quelque chose que le g�n�ral Potter dit parfois," continua le capitaine Finnigan. "C'est dr�le, quand on rejoint la l�gion du Chaos, �a a d'abord l'air compl�tement fou, et puis au bout de deux mois on se rend compte qu'en fait que ce sont tous ceux qui ne sont <emphasis>pas</emphasis> dans la l�gion du Chaos qui sont fous -"</p><p>"J'ai <emphasis>dit</emphasis>," continua Ron d'une voix forte, "que �a m'a l'air d'�tre une bonne strat�gie. On ne m�tamorphose rien, on ne se fatigue pas, on g�re tout ce qu'ils nous balancent, et on finit par les surmonter."</p><p>"D'accord," dit Hermione. "Faisons �a."</p><p>"Mais -" dit Anthony en jetant un regard furieux � Ron. "Mais g�n�ral, Harry Potter n'a plus que <emphasis>seize</emphasis> personnes dans son arm�e. Dragon et nous en avons vingt-huit chacun. Harry le <emphasis>sait</emphasis>, il sait qu'il <emphasis>doit</emphasis> trouver quelque chose d'<emphasis>incroyable</emphasis> -"</p><p>"Comme <emphasis>quoi</emphasis> ?" demanda Hermione d'un ton stress�. "Si on ne <emphasis>sait pas</emphasis> ce qu'ils pr�parent, autant �conomiser notre magie pour lancer des <emphasis>Finite</emphasis> en masse. Comme on <emphasis>aurait</emphasis> d� le faire la <emphasis>derni�re</emphasis> fois !"</p><p>Susan toucha doucement l'�paule de Hermione. "G�n�ral Granger ?" demanda-t-elle. "Je pense que vous devriez vous reposer un moment avant la bataille."</p><p>Elle s'�tait attendue � ce que Hermione proteste mais celle-ci hocha juste la t�te et marcha un peu plus vite, s'�cartant du groupe officiel des officiers du r�giment Soleil en continuant � surveiller la for�t et parfois le ciel du regard.</p><p>Susan la suivit. Il n'aurait pas �t� convenable que le g�n�ral Soleil ait l'air d'avoir �t� exclus de son propre cercle d'officiers.</p><p>"Hermione ?" dit Susan avec douceur apr�s qu'elles se furent un peu �loign�es. "Tu dois te concentrer. C'est le professeur Quirrell qui contr�le tout ici, pas Rogue, et il ne laissera rien de mal t'arriver, ni � toi ni � personne d'autre."</p><p>"Vous ne m'aidez pas," dit Hermione d'une voix tremblante. "Vous ne m'aidez pas du tout, capitaine Bones."</p><p>Elles march�rent plus vite, firent un cercle autour de certains soldats, inspect�rent le p�rim�tre, observ�rent les arbres alentours.</p><p>"Susan ?" dit Hermione d'une petite voix apr�s qu'elles se furent retrouv�es plus loin des autres. "Est-ce que tu penses que Daphn� a raison quand elle dit que Draco Malfoy manigance quelque chose ?"</p><p>"Oui," r�pondit imm�diatement Susan sans m�me y r�fl�chir. "C'est facile � savoir : il y a les lettres M, A, L, F, O et Y dans son nom de famille."</p><p>Hermione regarda autour d'elle comme pour s'assurer que personne ne les regardait, m�me si c'�tait bien s�r un merveilleuse fa�on d'attirer l'attention. "Malfoy aurait-il pu �tre derri�re ce que Rogue a fait ?"</p><p>"Rogue pourrait �tre derri�re Malfoy," dit Susan, pensive, en se souvenant les conversations qu'elle avait entendues lors de d�ners chez sa tante, "ou Lucius Malfoy pourrait �tre derri�re les deux." Un l�ger frisson descendit le long de son �chine lorsqu'elle eut cette pens�e. Soudain, dire � Hermione de juste se concentrer sur la bataille � venir lui sembla �tre beaucoup moins raisonnable. "Pourquoi, est-ce que tu as trouv� un genre d'indice qui te ferait penser �a ?"</p><p>Hermione secoua la t�te. "Non," dit la Serdaigle d'une voix qui laissait presque penser qu'elle �tait sur le point de pleurer. "Je... j'y songeais juste... c'est tout."</p><empty-line/><p>Dans la zone de la for�t proche de Poudlard qui leur avait �t� assign�e, le g�n�ral Dragon et les guerriers de l'arm�e Dragon attendaient l� o� une flamme rouge les avait guid�s sous le ciel gris.</p><p>� la droite de Draco se tenait Padma Patil, sa commandante en second, qui avait un jour men� toute l'arm�e Dragon un jour o� Draco s'�tait fait assommer. Derri�re lui se trouvait Vincent, le fils des Crabbe, une famille qui avait servi les Malfoys depuis des temps oubli�s. Le gar�on muscl� �tait vigilant, comme il l'�tait toujours, qu'une bataille ait �t� d�clar�e ou non. Plus loin en arri�re, Gr�gory des Goyles se tenait � c�t� de l'un des deux balais qui avaient �t� fournis � l'arm�e Dragon ; et si les Goyles n'avaient pas servi les Malfoys aussi longtemps que les Crabbes, ils ne l'avaient pas moins bien fait.</p><p>� la gauche de Draco se tenait maintenant Dean Thomas de Gryffondor, un Sang-de-Bourbe ou peut-�tre un Sang-M�l� qui ignorait tout de son p�re.</p><p>Envoyer Dean Thomas � l'arm�e Dragon avait �t� un geste d�lib�r� de la part Harry, Draco en �tait certain. Trois autres anciens chaotiques avaient �t� transf�r�s vers l'arm�e Dragon et ils scrutaient tous Draco pour voir s'il insultait l'ancien lieutenant de quelque fa�on que ce soit.</p><p>Certains auraient appel� cela du sabotage, mais Draco n'�tait pas dupe. Harry avait aussi envoy� le lieutenant Finnigan au r�giment Soleil alors que le mandat du professeur Quirrell n'avait requis l'abandon que <emphasis>d'un seul</emphasis> lieutenant. Cela aussi avait �t� fait d�lib�r�ment, dans le but de rendre parfaitement clair � tous que Harry ne se d�barrassait <emphasis>pas</emphasis> des soldats qu'il aimait le moins.</p><p>En un sens, il aurait pu �tre plus simple pour Draco de gagner la loyaut� de ses nouveaux soldats si ceux-ci avaient cru que Harry ne voulait pas d'eux. Mais vu sous un autre angle... c'�tait difficile � exprimer en mots. Harry lui avait donn� de bons soldats � l'amour-propre intact, mais ce n'�tait pas tout. Il avait fait preuve de gentillesse envers ses soldats, mais ce n'�tait toujours pas tout. Ce n'�tait pas seulement que Harry jouait franc jeu mais aussi un comportement qu'on... qu'on ne pouvait s'emp�cher de mettre en opposition avec la fa�on dont le jeu se jouait au sein de Serpentard.</p><p>Draco n'avait donc pas fait la plus petite insulte � M. Thomas mais l'avait plut�t positionn� � ses c�t�s, le pla�ant en dessous de lui et de Padma mais de personne d'autre. C'�tait un test, avait dit Draco � M. Thomas et aux autres, pas une promotion. M. Thomas devrait se montrer digne de son rang dans l'arm�e Dragon - mais il aurait sa chance, offerte avec bonne foi. M. Thomas avait sembl� surpris par l'aspect c�r�monieux de la chose (Draco avait entendu dire que la l�gion du Chaos n'appr�ciait pas les formalit�s) mais le Gryffondor s'�tait l�g�rement raidi et avait hoch� la t�te.</p><p>Puis, apr�s que M. Thomas se soit bien sorti de l'une des sessions d'entra�nement de l'arm�e Dragon, il avait �t� emmen� au conseil strat�gique qui avait lieu dans l'�norme bureau militaire de l'arm�e Dragon. Et au bout de quelques minutes, Padma lui avait demand� - comme si c'�tait une question parfaitement normale - s'il n'aurait pas quelque id�e sur la fa�on de vaincre la l�gion du Chaos.</p><p>Le Gryffondor avait joyeusement r�pondu que Harry avait pr�dit que le g�n�ral Malfoy s'arrangerait pour que l'un des soldats de ce dernier lui pose la question et qu'il avait re�u du g�n�ral Chaos un message disant que Draco devrait se demander quel �tait son avantage relatif, ce qu'il pouvait faire ou ce que l'arm�e Dragon pouvait faire qui soit impossible � la l�gion du Chaos, puis de s'essayer � exploiter cet avantage au maximum. Dean Thomas n'avait aucune id�e de ce que cet avantage pourrait �tre mais <emphasis>si</emphasis> une id�e int�ressante quant � la fa�on de vaincre Chaos lui venait, il leur en ferait part. Apr�s tout, Harry lui avait ordonn� de le faire.</p><p>Puisqu'il �tait exclu qu'il le fasse haut et fort, Draco avait soupir� int�rieurement. Mais le conseil �tait bon et Draco l'avait suivi, assis au bureau de sa chambre muni d'une plume et d'un parchemin, listant tout ce qui pourrait s'av�rer constituer un avantage relatif.</p><p>Et, presque � sa propre surprise, il avait eu une <emphasis>id�e</emphasis>, une vraie. En fait, il en avait eu <emphasis>deux</emphasis>.</p><p>Le son creux de la cloche sonna � travers la for�t, parvenant � �tre encore plus mena�ante que jamais. � cet instant, deux pilotes s'�cri�rent "<emphasis>Debout !</emphasis>" et bondirent sur leur balais en direction du ciel gris.</p><empty-line/><p>M. et Mme Davis �taient maintenant affal�s l'un sur l'autre, plus par fatigue musculaire qu'� cause d'une diminution de leur �tat de tension. Devant eux, l'immense parchemin blanc et vierge affichait trois immenses fen�tres comme si des trous menant � la for�t y avaient �t� d�coup�s. Elles montraient trois arm�es en marche. De plus petites fen�tres montraient six �l�ves juch�s sur leur balais et le coin du parchemin r�v�lait une vue globale de la for�t, avec des points lumineux pour indiquer les arm�es et les �claireurs.</p><p>La fen�tre qui donnait sur Soleil montrait le g�n�ral Granger et ses capitaines, marchant au centre du r�giment Soleil et prot�g�s par des �crans de <emphasis>Contego</emphasis> ainsi que par nombre de jeunes sorci�res. Le professeur de D�fense avait fait remarquer que le r�giment Soleil savait fort bien qu'il venait d'acqu�rir un grand avantage sous la forme de soldats exp�riment�s et comptait bien prot�ger ces derniers d'une attaque surprise. Mis � part �a, les soldats Soleil continuaient d'avancer et conservaient leurs forces.</p><p>Les soldats de l'arm�e du g�n�ral Malfoy, ou du moins ceux qui avaient les meilleures notes de m�tamorphose, ramassaient des feuilles et les m�tamorphosaient en... eh bien, si on regardait Padma Patil, qui en avait presque fini avec la sienne, il semblait que sa feuille devenait un gant gauche dot� d'une sangle encore pendante (la fen�tre venait de faire un zoom pour le montrer).</p><p>Lord Jugson regardait l'�cran sans montrer le moindre int�r�t ; sa voix, lorsqu'il parla, sembla suinter, ruisseler de d�dain : "Que fait <emphasis>donc</emphasis> votre fils, Lucius ?"</p><p>La sorci�re venue de l'�tranger qui se tenait � droite de Malfoy venait de finir de m�tamorphoser son gant et le portait � pr�sent au g�n�ral Dragon comme elle lui aurait fait offrande d'un sacrifice.</p><p>"Je l'ignore," dit Lucius Malfoy d'un ton aussi calme qu'aristocratique, "mais il me faut croire qu'il a de bonnes raisons de le faire."</p><p>Toute l'arm�e Dragon s'arr�ta un instant lorsque Padma fit glisser le gant sur sa main gauche, attacha la sangle et le pr�senta � Draco Malfoy qui s'arr�ta lui aussi, prit quelques profondes inspirations, leva sa baguette, ex�cuta huit mouvements pr�cis et mugit : "<emphasis>Collaporta !</emphasis>"</p><p>La guerri�re Dragon leva alors sa main, fit jouer ses articulations et offrit un petit salut � Draco Malfoy qui lui en rendit un encore plus l�ger tout en chancelant un peu. Padma retourna alors au c�t� de Draco et les dragons se remirent en marche.</p><p>"Alors," dit Augusta Londubat, "j'imagine que personne ne voudrait expliquer... ?" Amelia Bones fron�ait l�g�rement les sourcils en regardant l'�cran.</p><p>"Pour une raison ou une autre," dit la voix amus�e du professeur Quirrell, "il semble que l'h�ritier des Malfoys est capable de manier une magie �tonnamment puissante pour un �l�ve de premi�re ann�e. � cause de la puret� de son sang, bien s�r. Lord Malfoy n'aurait certainement pas bafou� les lois sur la magie des mineurs en s'arrangeant pour que son fils re�oive une baguette avant d'�tre admis � Poudlard."</p><p>"Je vous sugg�re de faire attention � ce que vous sous-entendez, Quirrell," dit Lucius Malfoy avec froideur.</p><p>"Oh, mais c'est ce que je fais," dit le professeur Quirrell. "Un <emphasis>Collaporta</emphasis> ne peut �tre d�fait par un <emphasis>Finite Incantatem</emphasis> ; il n�cessite un <emphasis>Alohomora</emphasis> de force �gale. Sans cela, un gant ainsi ensorcel� r�sistera � des forces physique faibles et d�fl�chira le sortil�ge de sommeil ainsi que celui d'�tourdissement. Et comme ni M. Potter ni Mlle Granger ne sont capables de lancer un contre-sort assez puissant, ce charme est donc invincible sur ce champ de bataille. Ce n'est pas son but originel ni l'intention qu'avait la personne qui a enseign� � M. Malfoy un sortil�ge d'urgence destin� � lui permettre d'�chapper � ses ennemis. Mais il semblerait que M. Malfoy a re�u des le�ons de cr�ativit�."</p><p>Lucius Malfoy s'�tait raidit dans son si�ge � mesure que le professeur de D�fense avait parl�, et il se tenait maintenant droit sur son banc rembourr�, sa t�te tenue sensiblement plus haut qu'avant, et lorsqu'il parla, ce fut avec une fiert� contenue : "Il sera le plus grand Lord Malfoy � avoir jamais v�cu."</p><p>"Bien m�diocre �loge," marmonna Augusta Londubat ; Amelia Bones gloussa, tout comme le fit M. Davis pendant une fraction de seconde fatale avant de s'arr�ter dans un gargouillement �trangl�.</p><p>"Je suis tout � fait d'accord," dit le professeur Quirrell, bien qu'on ne sache pas bien � qui il s'adressait. "Malheureusement pour M. Malfoy, il est encore d�butant en mati�re de cr�ativit� et a donc commis une classique erreur de Serdaigle."</p><p>"Et quelle est-elle ?" demanda Lucius Malfoy d'une voix redevenue fra�che.</p><p>Le professeur Quirrell s'enfon�a dans son si�ge et les p�les yeux bleus perdirent bri�vement leur mise au point lorsque l'une des fen�tres changea de point de vue et zooma pour montrer la sueur qui se trouvait � pr�sent sur le front de Draco. "C'est une id�e si belle que M. Malfoy a n�glig� sa difficult� pratique."</p><p>"Quelqu'un pourrait-il m'expliquer cela ?" dit Lady Greengrass. "Nous ne sommes pas tous experts en... ce domaine."</p><p>Amelia Bones r�pondit, et la voix de la vieille sorci�re �tait plut�t s�che. "Ils seront tent�s d'attraper des sortil�ges qu'il aurait �t� plus simple d'�viter. Encore plus s'ils ont un peu pratiquer l'attrapage auparavant. Et lancer tant de sortil�ges fatiguerait leur guerrier le plus fort."</p><p>Le professeur Quirrell donna un demi hochement de t�te de reconnaissance � la directrice du d�partement de justice magique. "Comme vous dites, Mme Bones. M. Malfoy est d�butant en nouvelles id�es, et il devient donc fier de lui lorsqu'il en a une. Il n'a pas encore eu assez d'id�es pour se d�barrasser sans h�sitation de celles qui sont en partie belles et en partie irr�alisables ; il n'a pas encore acquis assez de confiance dans sa capacit� � trouver de nouvelles id�es � mesure que le besoin s'en fait sentir. Ce que nous voyons la n'est pas la meilleure id�e de M. Malfoy, j'en ai peur, mais plut�t sa seule id�e."</p><p>Lord Malfoy se d�tourna tout simplement et regarda les �crans comme si le professeur de D�fense venait d'�puiser son droit � exister.</p><p>"Mais -" dit Lord Greengrass. "Mais par Merlin, <emphasis>que</emphasis><emphasis>fait</emphasis> Harry Potter ?"</p><empty-line/><p>Les seize soldats restants de l'arm�e du Chaos - ou plut�t les quinze soldats restants accompagn�s de Blaise Zabini - avan�aient avec confiance dans la for�t, leurs chaussures battant le sol encore sec. Leurs uniformes de camouflage se fondaient encore plus dans la for�t que d'habitude car leurs couleurs �taient d�lav�es par la lumi�re d'un ciel nuageux.</p><p>Seize l�gionnaires du Chaos contre vingt-huit guerriers Dragon et vingt-huit soldats Soleil.</p><p>Le consensus avait �t� qu'avec des chances <emphasis>aussi mauvaises</emphasis>, il �tait quasiment impossible qu'ils perdent. Apr�s tout, le g�n�ral Chaos allait <emphasis>forc�ment</emphasis> inventer quelque chose de vraiment <emphasis>spectaculaire</emphasis>, face � des chance pareilles.</p><p>Il y avait quelque chose de presque cauchemardesque dans la fa�on dont tout le monde semblait maintenant <emphasis>attendre</emphasis> de Harry qu'il fasse sortir des miracles de son chapeau sur demande � chaque fois que le besoin s'en faisait sentir. �a voulait dire que s'il ne pouvait pas accomplir l'impossible, alors il <emphasis>d�cevait ses amis</emphasis> et il <emphasis>n'�tait pas � la hauteur de son potentiel</emphasis>...</p><p>Harry n'avait pas pris la peine de se plaindre apr�s de professeur Quirrell que la 'pression �tait trop forte'. Le mod�le mental du professeur Quirrell qu'avait Harry avait pr�dit qu'il aurait l'air particuli�rement agac�, dirait des choses comme <emphasis>Vous �tes parfaitement capable de r�soudre ce probl�me, M. Potter, avez-vous au moins essay� ?</emphasis> et lui enl�verait ensuite plusieurs centaines de points Quirrell.</p><p>Venue d'au-dessus, o� deux balais surveillaient l'avanc�e de l'arm�e, la jeune voix haute perch�e de Tess Walsh cria "Ami !" et un instant plus tard : "Croquignolle !"</p><p>Une poign�e de secondes plus tard, la soldate qui s'�tait elle-m�me affubl� du nom de code Croquignolle revint les mains charg�es de glands, suant l�g�rement d'avoir trott� par ce temps frais mais humide jusqu'au ch�ne que Neville avait rep�r�. Croquignolle s'approcha de Shannon, qui portait un T-shirt d'uniforme dont le cou avait �t� nou� afin de ne pas avoir � m�tamorphoser un sac. Lorsque Croquignolle avan�a ses mains et essaya de laisser tomber les glands dans le T-shirt-sac, Shannon du Chaos d�cala le v�tement � gauche en gloussant, puis � droite lorsque Croquignolle fit une autre tentative pour d�poser les glands, jusqu'� ce qu'un "Mlle Friedman !" tranchant venu du lieutenant Nott ne fasse soupirer Shannon avant qu'elle ne stabilise le T-shirt. Croquignolle versa les glands par-dessus ceux qui avaient d�j� �t� accumul�s puis repartit en chercher d'autres.</p><p>Quelque part � l'arri�re-plan, Ellie Knight chantait sa version personnelle de la marche de la l�gion du Chaos et pr�s de la moiti� des autres soldats essayaient de la suivre sans pour autant en conna�tre l'air. Non loin, Nita Berdine, qui avait de bonnes notes de m�tamorphose, acheva de cr�er une autre paire de lunettes de soleil vertes et les tendit � Adam Beringer qui les plia avant de les ranger dans sa poche d'uniforme. D'autres soldats portaient d�j� leurs propres lunettes vertes malgr� le ciel nuageux.</p><p>Vous auriez pu soup�onner qu'un explication incroyablement compliqu�e et fascinante se cachait derri�re tout cela, et vous auriez eu raison.</p><p>Deux jours plus t�t, assis dans sa biblioth�que, dans la chaise � bascule qu'il avait d�got�e pour le niveau caverne de son coffre, lors du moment calme entre les cours et le d�ner, Harry avait silencieusement m�dit� sur la notion de pouvoir.</p><p>Pour que seize chaotiques battent vingt-huit soleils et vingt-huit dragons, ils auraient besoin d'un amplificateur de force. Il y avait des limites � ce que les man�uvres permettaient d'accomplir. Il <emphasis>fallait</emphasis> avoir une arme secr�te, et elle devait �tre invincible, ou du moins mod�r�ment inarr�table.</p><p>Les objets moldus �taient maintenant interdits lors des fausses batailles de Poudlard, bannis par un d�cret du minist�re. Et le probl�me qu'il y avait � chercher un sortil�ge malin et peu courant c'�tait qu'une arm�e deux fois plus puissante que la v�tre pouvait <emphasis>Finite</emphasis> de force � peu pr�s tout ce que vous auriez essay�. Le r�giment Soleil avait peut-�tre rat� cette tactique face � la cotte de maille m�tamorphos�e, mais plus personne ne la manquerait maintenant que le professeur Quirrell l'avait clairement mise en �vidence. Et <emphasis>Finite Incantatem</emphasis> �tait un contre-sort qui marchait � la force pure et demandait au moins autant de magie que le sortil�ge � annuler... ce qui, si vous �tiez s�rieusement surpass�s en nombre, devenait un d�fi militaire d'une toute autre dimension. L'ennemi pouvait <emphasis>Finite</emphasis> tout ce que vous essayiez et avoir encore assez de magie en r�serve pour des boucliers et des vol�es de sortil�ges de sommeil.</p><p>� moins de parvenir � faire appel � des forces sup�rieures � celles des �l�ves de Poudlard en premi�re ann�e, � quelque chose de trop fort pour qu'un ennemi puisse le <emphasis>Finite</emphasis>.</p><p>Harry avait donc demand� � Neville s'il avait jamais entendu parler de rituels sacrificiels <emphasis>mineurs </emphasis>et <emphasis>s�rs</emphasis> -</p><p>Puis lorsque les cris et les hurlements s'�taient apais�s, que Harry avait arr�t� d'essayer de discuter v�ux ind�faisables et qu'il avait enti�rement abandonn� le projet, clairement impossible en termes de relations publiques, il s'�tait rendu compte qu'il n'avait m�me pas eu besoin d'aller jusque l�. On apprenait � faire appel � des forces bien sup�rieures � la sienne � Poudlard m�me, en cours.</p><p>Parfois, m�me quand on regardait directement quelque chose, il fallait attendre d'avoir pos� exactement la bonne question pour savoir ce qu'on avait sous les yeux.</p><p><emphasis>D�fense. Charmes. M�tamorphose. Potions. Histoire de la magie. Astronomie. Vol sur balais. Botanique...</emphasis></p><p>"<emphasis>Ennemi !</emphasis>" s'�cria une voix au-dessus d'eux.</p><empty-line/><p>Il �tait heureux que Neville Londubat ignore enti�rement que sa grand-m�re le regardait, sans quoi il aurait �t� plus g�n� � l'id�e de hurler des cris de guerre de toutes ses forces tout en lan�ant <emphasis>Luminos</emphasis> toutes les trois secondes et en fon�ant comme une fus�e � travers une dense for�t d'arbres � la poursuite de Gregory Goyle.</p><p>("Mais -" dit Augusta Londubat, avec une expression qui montrait presque autant de stup�faction que d'inqui�tude. "Mais Neville a peur du vide !")</p><p>("Toutes les peurs ne durent pas," dit Amelia Bones. La vieille sorci�re scrutait le plus grand �cran d'un regard calculateur. "Ou peut-�tre a-t-il trouv� du courage. C'est en fin de compte la m�me chose").</p><p>Une lueur rouge -</p><p>Neville �vita et faillit percuter un arbre mais il <emphasis>�vita</emphasis>, et il parvint alors � �viter aussi <emphasis>presque</emphasis> toutes les branches avant qu'elles ne le fouettent en plein visage.</p><p>Le balais de M. Goyle s'�loignait � pr�sent de plus en plus - alors qu'ils �taient tous les deux juch�s sur le m�me mod�le de balais et que M. Goyle pesait plus lourd, Neville se faisait quand m�me distancer. Il ralentit donc, vira de bord, monta au-dessus de la for�t et commen�a � acc�l�rer vers la l�gion du Chaos qui progressait toujours.</p><p>Vingt secondes plus tard � la course poursuite n'avait pas �t� <emphasis>longue</emphasis>, seulement <emphasis>exaltante</emphasis> � Neville �tait de retour parmi ses compagnons chaotiques et descendait de son balais pour faire quelques pas.</p><p>"Neville -" dit le g�n�ral Potter. La voix de Harry �tait un peu distante ; il traversait la for�t pr�cautionneusement mais d'un pas ferme et sa baguette �tait toujours plaqu�e contre la forme presque achev�e de l'objet qu'il m�tamorphosait lentement. � c�t� de lui, Blaise Zabini travaillait sur une version plus petite de la m�me m�tamorphose et tr�bucha soudain, ce qui le fit ressembler � un Inferi rampant. "Je te l'ai dit, Neville, tu n'as pas �..."</p><p>"Si," r�pondit Neville. Il baissa ses yeux vers ses doigts fra�chement arrach�s au balais et vit que ce n'�taient pas seulement ses mains mais aussi ses bras qui tremblaient. Mais � moins qu'un autre chaotique n'ait pratiqu� le duel une heure par jour avec M. Diggory avant de s'exercer � viser en priv� pendant une heure de plus, Neville �tait probablement le meilleur tireur sur balais de leur arm�e, et ce m�me s'il ne volait pas tr�s bien.</p><p>"Tu t'en es bien tir�, Neville," dit Th�odore, en t�te et � l'�cart du groupe, menant la l�gion � travers la for�t uniquement v�tu de son maillot de corps.</p><p>(Augusta Londubat et Charles Nott �chang�rent un bref coup d'�il stup�fait puis arrach�rent leur regard l'un � l'autre comme si quelque chose venait de les piquer).</p><p>Neville prit quelques profondes inspirations, essaya de stabiliser ses mains, de r�fl�chir ; Harry n'�tait peut-�tre pas au mieux de sa forme strat�gique au milieu d'une longue m�tamorphose. "Lieutenant Nott, sauriez-vous pourquoi l'arm�e Dragon vient de faire cela ? Ils ont <emphasis>perdu</emphasis> un balais -" Les Dragons avaient commenc� le combat par une feinte afin de les distraire de l'approche de M. Goyle ; Neville n'avait remarqu� qu'il y avait <emphasis>deux</emphasis> balais attaquants que peu de temps avant qu'il ne soit trop tard. Mais la l�gion du Chaos avait <emphasis>eu</emphasis> l'autre pilote. C'�tait pour cette raison que les balais n'attaquaient g�n�ralement pas avant que les arm�es ne se rencontrent : toute une arm�e pouvait alors concentrer son tir sur un seul balais. "Et les Dragons n'ont eu personne, n'est-ce pas ?"</p><p>"Nan !" dit Tracey Davis avec fiert�. Elle marchait maintenant � c�t� du g�n�ral Potter, sa baguette maintenue sous sa taille, le regard vigilant, passant en revue la for�t qui les entourait. "J'ai lanc� une sph�re prismatique pas loin d'une fraction de seconde avant que le sort de M. Goyle ne touche Zabini, et vu comment M. Goyle avait �tendu son autre bras je pense qu'il comptait aussi faire tomber le g�n�ral." La sorci�re de Serpentard sourit avec un air d'assurance malveillante. "M. Goyle a essay� un sortil�ge de bris de bouclier mais a appris � son grand dam que sa faible magie ne pouvait pas rivaliser avec mes nouveaux pouvoirs des t�n�bres, hahahaha !"</p><p>Quelques chaotiques rirent avec elle mais Neville sentit son estomac commencer � se retourner lorsqu'il se rendit compte � quel point la l�gion du Chaos avait �t� proche du d�sastre complet. Si M. Goyle �tait parvenu � perturber les deux m�tamorphoses...</p><empty-line/><p>"Au rapport !" l�cha le g�n�ral Dragon tout en faisant de son mieux pour dissimuler la fatigue qu'il ressentait apr�s avoir lanc� les dix-sept premiers sortil�ges d'emprisonnement.</p><p>Des gouttes de sueur perlaient maintenant au front de Gregory. "L'ennemi a eu raison de Dylan Vaughan," dit-il d'un ton c�r�monieux. "Harry Potter et Blaise Zabini m�tamorphosaient chacun quelque chose de gris sombre et de plus ou moins circulaire, je ne pense pas que c'�tait termin� mais on aurait dit que �a allait �tre grand et creux, peut-�tre en forme de chaudron. Celui de Zabini �tait plus petit que celui de Potter. Je n'ai pas pu les avoir ni perturber leur m�tamorphose, Tracey Davis m'a bloqu�e. Neville Londubat est sur un balais et il est toujours ex�crable en vol mais il vise vraiment bien."</p><p>Draco �couta, fron�a les sourcils puis regarda vers Padma et Dean Thomas qui secouaient tous les deux la t�te, indiquant par l� qu'ils n'avaient pas id�e de ce qui pourrait �tre grand, gris et en forme de chaudron.</p><p>"Autre chose ?" dit Draco. Si c'�tait tout, ils auraient perdu un balais pour rien -</p><p>"L'autre chose �trange que j'ai vue," dit Gregory d'un ton perplexe, "c'�tait que certain chaotiques portaient... des sortes de lunettes ?"</p><p>Draco y r�fl�chit sans remarquer qu'il avait cess� de marcher et que toute l'arm�e Dragon s'�tait automatiquement arr�t�e avec lui.</p><p>"Ces lunettes avaient-elles quoi que ce soit de sp�cial ?" demanda Draco.</p><p>"Euh..." dit Gregory. "Elles �taient... verd�tres, peut-�tre ?"</p><p>"D'accord," dit Draco. De nouveau sans s'en rendre compte, il recommen�a � marcher et ses dragons le suivirent. "Voil� notre nouvelle strat�gie. Nous allons envoyer onze dragons contre la l�gion du Chaos, pas quatorze. Cela devrait suffire � les battre maintenant qu'on peut neutraliser leur avantage." C'�tait un coup de poker, mais il fallait �tre pr�t � en faire quand on voulait sortir gagnant d'un combat � trois.</p><p>"Vous avez compris le plan de Chaos, g�n�ral Malfoy ?" dit M. Thomas, consid�rablement surpris.</p><p>"Que font-ils ?" demanda Padma.</p><p>"Je n'en ai pas la moindre id�e," dit Draco avec un sourire d'une suffisance des plus raffin�es. "Nous ferons juste ce qu'il y a de plus �vident � faire."</p><empty-line/><p>Harry en avait maintenant fini avec son chaudron et versait pr�cautionneusement des glands dans le r�cipient pendant que les �claireurs cherchaient une source d'eau qui pourrait servir de base liquide. Ils avaient d�j� fr�quemment crois� des dolines et de petites criques dans la for�t, cela ne prendrait donc certainement pas longtemps. Un autre �claireur avait apport� un b�ton droit qui permettrait de remuer sans que Harry n'aie � en m�tamorphoser un.</p><p>Parfois, m�me quand on regardait directement quelque chose, il fallait attendre d'avoir pos� exactement la bonne question pour savoir ce qu'on avait sous les yeux.</p><p><emphasis>Comment puis-je faire appel � des forces qui devraient �tre hors de port�e d'�l�ves en premi�re ann�e ?</emphasis></p><p>Il y avait ce r�cit �difiant racont� par le ma�tre des potions (avec nombre de railleries et ricanements afin que la b�tise dont il �tait question semble plus d�gradante qu'audacieuse ou romantique) au sujet d'une sorci�re en deuxi�me ann�e � Beauxb�tons qui avait vol� des ingr�dients extr�mement r�glement�s et chers afin d'essayer de pr�parer du <emphasis>Polynectar </emphasis>dans le but d'emprunter l'apparence d'une autre fille � des fins qu'il vaut mieux ne pas mentionner. Sauf qu'elle �tait parvenue � contaminer la potion avec des <emphasis>poils de chat </emphasis>; et ensuite, au lieu d'aller imm�diatement chercher un gu�risseur, la sorci�re s'�tait cach�e dans les toilettes en esp�rant que les effets s'estomperaient, et lorsqu'elle fut enfin trouv� il �tait trop tard pour enti�rement annuler la m�tamorphose ce qui la condamna � vivre la vie tragique d'une esp�ce d'hybride femme-chat.</p><p>Harry n'avait pas compris ce que cela <emphasis>impliquait</emphasis> avant d'avoir pens� � la bonne question � ce que cela impliquait, c'�tait qu'un jeune sorcier ou une jeune sorci�re pouvait faire des choses en pr�parant des potions qu'ils n'auraient <emphasis>aucune chance</emphasis> de pouvoir faire avec des sortil�ges. Le Polynectar �tait l'une des potions les plus puissantes connues... mais ce qui faisait du Polynectar une potion de niveau ASPIC n'�tait apparemment pas l'�ge avant lequel on aurait assez de pouvoir magique pour pouvoir la pr�parer mais la difficult� qu'il y avait � <emphasis>pr�cis�ment</emphasis> pr�parer la potion et ce qu'il advenait quand on se ratait.</p><p>Aucun membre des trois arm�es n'avait encore essay� de pr�parer des potions. Mais le professeur Quirrell laissait tout faire tant que la chose aurait �t� possible dans une v�ritable guerre. La triche est une technique, leur avait-il un jour profess�. <emphasis>Ou plut�t, la technique est ce que les perdants appellent la triche et vous rapportera des points Quirrell suppl�mentaires si vous la pratiquez avec succ�s.</emphasis> Et en principe, il n'y avait rien <emphasis>d'irr�aliste</emphasis> dans le fait de m�tamorphoser deux chaudrons et d'y pr�parer des potions � partir de ce qu'on avait sous la main si tant est que l'on avait assez de temps avant que les arm�es ne se rencontrent.</p><p>Harry avait donc r�cup�r� un exemplaire de <emphasis>Breuvages et Potions Magiques</emphasis> et avait commenc� � chercher une potion s�re mais utile qu'il pourrait pr�parer pendant les minutes pr�c�dant le d�but de la bataille � une potion qui ferait gagner trop vite pour qu'on ait le temps de lancer des contre-sorts ou qui produirait des effets magiques trop puissants pour �tre <emphasis>Finite</emphasis> par des premi�re ann�e.</p><p>Parfois, m�me quand on regardait directement quelque chose, il fallait attendre d'avoir pos� exactement la bonne question pour savoir ce qu'on avait sous les yeux...</p><p><emphasis>Quelle potion puis-je pr�parer en utilisant uniquement des ingr�dients trouv�s dans une for�t ordinaire ?</emphasis></p><p>Toutes les recettes de <emphasis>Breuvages et Potions Magiques</emphasis> utilisaient au moins un ingr�dient venu d'une plante ou d'un animal magique. Ce qui �tait dommage car toutes les plantes et les animaux <emphasis>magiques</emphasis> se trouvaient dans la For�t Interdite, pas dans les bois plus petits et plus s�rs o� se d�roulaient les batailles.</p><p>Arriv� l�, un autre aurait pu abandonner.</p><p>Harry avait tourn� les pages des recettes l'une apr�s l'autre, les survolant de plus en plus vite, se rendant progressivement compte de quelque chose, confirmant ce qu'il avait d�j� lu mais qu'il <emphasis>voyait</emphasis> pour la premi�re fois.</p><p>Chaque potion incluait au moins un ingr�dient magique, <emphasis>mais pourquoi aurait-il d� en �tre ainsi ?</emphasis></p><p>Les sortil�ges ne requ�raient aucun composant mat�riel ; il suffisait de prononcer la formule et d'agiter sa baguette. Harry avait jusque l� consid�r� la pr�paration de potions comme essentiellement similaire : plut�t que de voir des syllabes prononc�es d�clencher un effet magique sans raison apparente, on r�unissait un tas d'ingr�dients d�go�tants, on remuait quatre fois dans le sens des aiguilles d'une montre, et <emphasis>cela</emphasis> d�clenchait un effet magique arbitraire.</p><p>Auquel cas, �tant donn� que la plupart des potions utilisaient des composants ordinaires comme des aiguilles de porcs-�pics ou du rago�t de limace, on aurait pu s'attendre � voir quelques potions n'utilisant <emphasis>que</emphasis> des ingr�dients ordinaires.</p><p>Mais au lieu de cela, <emphasis>toutes</emphasis> les recettes de <emphasis>Breuvages et Potions Magiques</emphasis> n�cessitaient au moins <emphasis>un</emphasis> ingr�dient issu d'une plante ou d'un animal magique � comme de la soie d'Acromantule ou des p�taux de pi�ge de feu de v�nus.</p><p>Parfois, m�me quand on regardait directement quelque chose, il fallait attendre d'avoir pos� exactement la bonne question pour savoir ce qu'on avait sous les yeux...</p><p><emphasis>Si pr�parer une potion, c'est comme de lancer un sortil�ge, pourquoi est-ce que je ne m'effondre pas de fatigue apr�s avoir pr�par� un breuvage aussi puissant que le rem�de contre les furoncles ?</emphasis></p><p>Deux vendredis plus t�t, Harry et sa classe avaient pr�par� un <emphasis>rem�de contre les furoncles</emphasis> en double cours de potions... alors que le plus trivial des sortil�ges de soin � la baguette et � la formule �taient au moins des sorts de quatri�me ann�e. Et ils s'�taient ensuite sentis exactement comme d'habitude apr�s un cours de potions, � savoir <emphasis>pas du tout</emphasis> �puis�s magiquement ; du moins pas qu'ils puissent le percevoir.</p><p>Harry avait brutalement referm� son exemplaire de <emphasis>Breuvages et Potions Magiques </emphasis>et avait fonc� vers la salle commune de Serdaigle. Il y avait trouv� un Serdaigle en septi�me ann�e qui pr�parait ses devoirs de potions pour ses ASPICs et l'avait pay� une Mornille pour emprunter <emphasis>Maxima Potente Potions</emphasis> pendant cinq minutes parce qu'il n'avait pas eu envie de courir jusqu'� la biblioth�que pour avoir sa confirmation.</p><p>Apr�s avoir survol� cinq recettes du livre de septi�me ann�e, Harry avait lu la sixi�me recette, une <emphasis>potion de souffle de feu</emphasis>, qui n�cessitait des �ufs de Serpencendre... et le livre pr�venait que le feu qui r�sulterait de la pr�paration ne pourrait pas �tre plus chaud que le feu magique � l'origine du Serpencendre qui avait pondu les �ufs.</p><p>Harry s'�tait �cri� "<emphasis>Eur�ka </emphasis>!" au milieu de la salle commune de Serdaigle et avait �t� s�v�rement r�primand� par un pr�fet qui se trouvait dans les parages et qui avait cru que M. Potter essayait de lancer un sortil�ge. Personne chez les sorciers ne connaissait ni ne se souciait d'un ancien Moldu nomm� Archim�de, ni ne la prise de conscience soudaine chez le protoscientifique que l'eau d�plac�e dans une baignoire serait �gale au volume de l'objet qui �tait entr� dans celle-ci.</p><p>Les lois de conservations. Elles avait �t� l'�l�ment cl� de plus de d�couvertes moldues que Harry n'aurait pu en d�nombrer facilement. Dans le domaine de la technologie moldue, on ne pouvait pas soulever une plume un m�tre au-dessus du sol sans que l'�nergie ne vienne de <emphasis>quelque part</emphasis>. Si, face � de la lave en fusion jaillissant d'un volcan, vous demandiez d'o� venait la chaleur, un physicien vous parlerait des m�taux lourds radioactifs au centre du c�ur en fusion de la terre. Si vous lui demandiez d'o� venait l'�nergie qui alimentait cette radioactivit�, le physicien vous parlerait d'une �poque avant la formation de la terre et d'une supernova primordiale aux d�buts de la galaxie qui avait mijot� des noyaux atomique plus lourds que la limite naturelle en compressant des protons et des neutrons jusqu'� former un paquet serr� et instable qui lib�rait une partie de l'�nergie de la supernova � chaque fois qu'il se scindait. Une ampoule �tait aliment�e par l'�lectricit�, qui �tait aliment�e par une centrale nucl�aire, qui �tait aliment�e par une supernova... on pouvait remonter jusqu'au Big Bang en jouant � ce jeu.</p><p>La magie ne semblait <emphasis>pas</emphasis> fonctionner ainsi, et c'�tait un euph�misme. L'attitude de la magie face � des lois telles que la conservation de l'�nergie �tait quelque part entre un majeur g�ant dress� et un haussement d'�paule d'indiff�rence absolue. <emphasis>Aguamenti</emphasis> cr�ait de l'eau � partir de rien pour autant qu'on le savait ; il n'�tait fait mention d'aucun lac dont le niveau descendait � chaque fois que le sortil�ge �tait lanc�. C'�tait un simple sortil�ge de cinqui�me ann�e et qu'aucun sorcier ne trouvait impressionnait, parce que la cr�ation d'un simple verre d'eau ne leur semblait pas digne d'�merveillement. Ils n'avaient pas l'id�e folle que la masse devait �tre conserv�e ou que cr�er un gramme de masse correspondait en d�finitive � la cr�ation de .000 joules d'�nergie. Il existait un sortil�ge de section sup�rieure sur lequel Harry �tait tomb� dont la <emphasis>formule </emphasis>�tait exactement <emphasis>Arresto Momentum !</emphasis>, et lorsque Harry avait demand� si le mouvement allait <emphasis>ailleurs</emphasis>, il n'avait eu droit qu'� des regards perplexes. Il �tait donc rest� aux aguets pour le <emphasis>moindre</emphasis> signe d'un principe de conservation en magie, <emphasis>n'importe quel signe</emphasis>...</p><p>...et pendant tout ce temps, la r�ponse avait �t� devant lui, en cours de potions. La fabrication de potions ne <emphasis>cr�ait </emphasis>pas de magie, elle <emphasis>pr�servait</emphasis> la magie, et c'�tait pour cela que chaque potion avait besoin d'au moins un ingr�dient magique. Et en suivant des instructions comme 'remuez quatre fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre et une fois dans le sens des aiguilles d'une montre', on jetait un genre de sortil�ge qui � Harry en avait fait l'hypoth�se � remodelait la magie des ingr�dients (et d�liait leur forme physique afin que des ingr�dients tels que les aiguilles de porc-�pic se dissolvent en un liquide buvable. Harry soup�onnait fort qu'un Moldu n'obtiendrait rien d'autre qu'un fatras �pineux en suivant exactement la m�me recette). Voil� ce qu'�tait <emphasis>vraiment</emphasis> la pr�paration de potions : l'art de transformer des essences magiques pr�existantes. C'�tait pour �a qu'on �tait <emphasis>un peu</emphasis> fatigu� apr�s le cours de potions, mais pas trop : parce qu'on ne donnait pas soi-m�me de pouvoir aux potions, on ne faisait que remodeler la magie d�j� pr�sente. Et c'�tait pour cela qu'une sorci�re de deuxi�me ann�e pouvait pr�parer du Polynectar, ou presque.</p><p>Harry avait continu� de survoler <emphasis>Maxima Potente Potions</emphasis> � la recherche de quelque chose qui falsifierait sa belle th�orie. Au bout de cinq minutes il avait jet� une autre Mornille au gar�on plus �g� pour faire taire ses protestations et avait continu�.</p><p>La potion de force gigantesque requ�rait qu'un Re'em ait pi�tin� les Fangieux incorpor�s � la potion. Harry se rendit compte au bout d'un moment que c'�tait �trange car les Fangieux �cras�s n'�taient pas tr�s forts eux-m�mes, ils �taient seulement... tr�s, tr�s �cras�s apr�s que le Re'em en ait fini avec eux.</p><p>Une autre recette disait de toucher la potion avec 'du bronze forg�', c'est � dire de saisir une Noise entre des pinces afin d'effleurer la surface de la potion, et le livre mettait en garde : si l'on faisait tomber tout la Noise dans la potion, celle-ci surchaufferait instantan�ment et d�borderait du chaudron.</p><p>Harry avait regard� les recettes et leurs mises en gardes fixement et avait alors formul� une seconde hypoth�se, plus �trange. Bien s�r que ce n'�tait pas aussi simple que de pr�parer des potions en utilisant le potentiel magique impr�gn� dans chaque ingr�dient comme une voiture moldue �tait propuls�e par le potentiel de combustion de l'essence. Jamais la magie ne serait aussi <emphasis>sens�e</emphasis>...</p><p>Harry �tait donc all� voir le professeur Flitwick � puisqu'il ne souhaitait pas s'approcher du professeur Rogue en dehors des cours � lui avait dit qu'il souhaitait inventer une nouvelle potion, qu'il savait de quels ingr�dients il avait besoin et de ce que la potion devait faire mais qu'il ignorait comment en d�duire la fa�on de remuer le breuvage -</p><p>Apr�s que le professeur Flitwick ait cess� de hurler d'horreur et de courir en petit cercles et que le professeur McGonagall ait �t� appel�e pour intervenir dans l'interrogatoire qui s'�tait ensuivi afin de promettre � Harry que, dans ce cas, il �tait � la fois acceptable et important qu'il r�v�le la th�orie � l'origine de son projet, il s'�tait av�r� que Harry n'avait <emphasis>pas</emphasis> fait une d�couverte magique fondamentale mais red�couvert une loi si ancienne qu'on ne savait pas l'avait formul�e le premier :</p><p><emphasis>Une potion fait usage de ce qui a �t� investi dans la cr�ation de ses ingr�dients.</emphasis></p><p>La chaleur des forges gobelines qui avaient fondu la Noise de bronze, la force du Re'em qui avait pi�tin� les Fangieux, le feu magique d'o� le Serpencendre �tait n� : toutes ces forces pouvaient �tre rappel�es, lib�r�es et restructur�es par l'acte, similaire � l'invocation d'un sortil�ge, de remuer les ingr�dients selon une proc�dure pr�cise.</p><p>(D'un point de vu moldu c'�tait juste <emphasis>bizarre</emphasis>, comme une version malade de la thermodynamique invent�e par quelqu'un qui aurait trouv� que la vie devait �tre <emphasis>juste</emphasis>. D'un point de vu Moldu, la chaleur utilis�e pour forger la Noise n'�tait pas all�e <emphasis>dans </emphasis>le bronze car la chaleur �tait <emphasis>partie</emphasis> : elle s'�tait dissip�e dans l'environnement et il �tait dor�navant plus difficile d'en faire usage. L'�nergie �tait conserv�e, elle ne pouvait �tre ni cr�� ni d�truite, c'�tait <emphasis>l'entropie</emphasis> qui augmentait toujours. Mais les sorciers ne pensaient pas ainsi : selon eux, si vous faisiez un certain effort pour fabriquer une Noise, il �tait raisonnable de penser que ce m�me effort pouvait �tre extrait de la Noise plus tard. Harry avait essay� d'expliquer pourquoi c'�tait un peu <emphasis>bizarre</emphasis> quand on avait �t� �lev� par des Moldus et le professeur McGonagall avait demand� avec perplexit� pourquoi le point de vu Moldu aurait mieux valu que le point de vue sorcier).</p><p>Le principe fondamental de la fabrication de potions n'avait ni nom ni formulation classique, car on aurait alors pu �tre tent� de l'�crire.</p><p>Et une personne n'ayant pas la sagesse n�cessaire pour d�couvrir le principe elle-m�me aurait pu le lire.</p><p>Et cette personne aurait alors eu toutes sortes d'id�es de nouvelles potions g�niales.</p><p>Et cette personne se serait alors transform�e en fille-chat.</p><p>On avait clairement fait comprendre � Harry qu'il ne partagerait <emphasis>pas </emphasis>cette d�couverte avec Neville, ni avec Hermione apr�s leur prochaine bataille. Harry avait essay� de dire que Hermione avait vraiment eu l'air absente ces derniers temps et que c'�tait exactement le genre de chose qui aurait pu remonter le moral de cette derni�re. Le professeur McGonagall avait r�pondu d'un ton cat�gorique qu'il ne devrait m�me pas y songer et le professeur Flitwick avait lev� ses petites mains et fait le geste d'une baguette qu'on brise en deux.</p><p>Les deux professeurs avaient cependant �t� assez bons pour sugg�rer que, si M. Potter pensait conna�tre les ingr�dients n�cessaires, il pourrait peut-�tre trouver une recette <emphasis>d�j� existante</emphasis> et pourvue du m�me effet. Le professeur Flitwick avait m�me mentionn� plusieurs volumes disponibles � la biblioth�que de Poudlard qui pourraient s'av�rer utiles...</p><empty-line/><p>Le vaste �cran-parchemin n'offrait maintenant qu'une vue a�rienne de la for�t depuis laquelle on pouvait � peine voir les silhouettes camoufl�es des soldats des trois arm�es, chacune divis�e en deux groupes qui convergeaient vers la triple bataille.</p><p>Les bancs du stade de Quidditch se remplissaient maintenant rapidement, peupl�s par le genre de spectateurs facilement ennuy�s qui ne souhaitait �tre l� que pour la bataille finale et sauter les parties ennuyeuses (il �tait couramment convenu que si les batailles du professeur Quirrell avaient un d�faut, c'�tait que ses spectacles �taient loin de durer aussi <emphasis>longtemps </emphasis>que le matchs de Quidditch une fois qu'ils avaient vraiment commenc�. Ce � quoi le professeur Quirrell avait r�pondu <emphasis>ainsi va la vraie vie </emphasis>et le d�bat avait �t� clos).</p><p>Au centre de l'immense fen�tre � ce n'�tait maintenant plus qu'une seule fen�tre tr�s haut dans le ciel � la vague collection de petites silhouettes camoufl�es se rapprochait.</p><p>Se rapprochait.</p><p>Se touchait presque...</p><empty-line/><p>L'immense fen�tre de parchemin r�v�lait une premi�re esquisse de bataille entre Soleil et Chaos, une masse hurlante d'enfants, smileys sur la poitrine, qui chargeaient prot�g�s par des <emphasis>Contegos </emphasis>tandis que d'autres hurlaient <emphasis>Somnium !</emphasis>...</p><p>Jusqu'� ce que l'un d'eux s'�crie <emphasis>Prismatis !</emphasis> d'une voix terrifi�e et que la charge ne s'arr�te soudain face au mur de force scintillant qui venait d'appara�tre devant eux.</p><p>Tracey Davis �tait sortie du bois.</p><p>"C'est �a," dit-elle d'une voix basse et sinistre, baguette point�e vers la barri�re. "Vous <emphasis>devriez</emphasis> me craindre. Car je suis Tracey Davis, la Dame des T�n���bres ! C'est Dame des T�n���bres T-�-N-�-�-�-B-R-E avec trois � !"</p><p>(Amelia Bones, directrice du d�partement de justice magique, jeta un regard inquisiteur vers M. et Mme Davis qui semblaient tous deux avoir particuli�rement envie de mourir sur le champ).</p><p>Derri�re la barri�re prismatique, il y eut une sorte de d�bat chuchot� entre les soldats Soleil, dont un en particulier qui semblait se faire r�primander par certains autres.</p><p>Puis, un moment plus tard, <emphasis>Tracey</emphasis> recula d'un pas.</p><p>Susan Bones s'�tait plac�e � l'avant du contingent Soleil.</p><p>("Bont� Merline," dit Augusta Londubat. "Et que pensez-vous que votre ni�ce ait appris � Poudlard ?")</p><p>("Je l'ignore", r�pondit Amelia Bones avec calme, "mais il faudra que je lui envoie une grenouille en chocolat par chouette avec ordre d'en apprendre plus").</p><p>La barri�re prismatique se volatilisa.</p><p>Les soldats Soleil continu�rent leur charge.</p><p>Tracey hurla, sa voix tendue � l'extr�me : "<emphasis>Inflammare !"</emphasis> et la charge Soleil s'arr�ta de nouveau alors qu'une ligne de feu s'�levait brusquement devant eux dans l'herbe mi-s�che le long de la direction vers laquelle Tracey avait point� sa baguette, et un instant plus tard Susan Bones s'�cria <emphasis>"Finite Incantatem </emphasis>!" et les flammes faiblirent, rejaillirent, faiblirent au gr� de leurs volont�s en opposition tandis que d'autres soldats levaient leurs baguettes pour viser Tracey, et c'est <emphasis>l� </emphasis>que Neville Londubat fondit du ciel en hurlant.</p><empty-line/><p>L'un des soldats Dragons, Raymond Arnold, fit un signe de la main vers l'avant puis la diagonale gauche et il un chuintement r�prim� parcourut soudain le contingent de l'arm�e Dragon alors qu'ils se r�orientaient tous discr�tement vers l'ennemi. Les Soleil savaient qu'ils �taient l�, bien s�r que les deux arm�es le savaient, mais pourtant, � cet instant, ils �taient tous devenus instinctivement silencieux.</p><p>Les Dragons gliss�rent plus avant, puis encore plus, les silhouettes camoufl�es et ternes des Soleil commen�aient � appara�tre entre les arbres lointains et pourtant personne ne parlait, personne ne mugissait de charger.</p><p>Draco �tait maintenant en t�te de ses soldats, Vincent derri�re lui et Padma � peine plus loin en arri�re ; si eux trois pouvaient soutenir l'impact des meilleurs de Soleil, le reste de l'arm�e Dragon avait peut-�tre une chance.</p><p>Puis Draco vit une Soleil le regarder au loin, depuis l'avant-garde de sa propre arm�e, le regarder avec un air de furie -</p><p>Leurs regards se crois�rent au-dessus du champ de bataille.</p><p>Draco n'eut qu'une fraction de seconde pour s'interroger � demi consciemment sur ce qui pouvait avoir mis Hermione autant en col�re avant que le cri ne s'�l�ve dans leurs arm�es respectives ; et ils charg�rent alors tous, Hermione et lui plac�s sur une trajectoire qui les m�nerait directement � une collision mutuelle.</p><empty-line/><p>Les autres chaotiques apparaissaient maintenant entre les arbres, d'autres avaient <emphasis>saut� d'arbres</emphasis> et la bataille battait son plein, chacun tirant en tous sens sur tout ce qui ressemblait � un ennemi. Plus un certain nombre de Soleil qui criaient "<emphasis>Luminos !"</emphasis> et Neville Londubat, le Poufsouffle chaotique, qui zigzaguait et fusait � travers les airs le long de trajectoires qui n'auraient pu en effet �tre qualifi�es autrement que 'chaotiques'...</p><p>Et une chose se produisit, une chose qui n'arrivait qu'une fois sur vingt pendant les r�p�titions de combat a�rien : le <emphasis>balais</emphasis> de Neville luit d'un rouge vif entre ses mains serr�es.</p><p>Cela aurait d� signifier que Londubat �tait hors-jeu.</p><p>Mais alors, dans les gradins de Poudlard, au milieu de la foule d'�l�ves qui assistaient au spectacle, un cri s'�leva...</p><p><emphasis>Le combat doit �tre r�aliste.</emphasis> C'�tait la r�gle ma�tresse du professeur Quirrell. On pouvait tout se permettre tant que c'�tait <emphasis>r�aliste</emphasis>, et dans la vraie vie, un soldat ne se volatilisait pas quand son <emphasis>balais</emphasis> �tait victime d'un sortil�ge.</p><p>Neville tomba vers le sol en hurlant : "<emphasis>Atterrissage chaotique !",</emphasis> les chaotiques arrach�rent leur attention au combat pour lancer un sortil�ge de l�vitation (tout en courant afin de ne pas devenir des cibles faciles), presque tout le monde s'arr�ta, bouche b�e -</p><p>Et Neville Londubat se fracassa contre le sol jonch� de feuilles de la for�t, atterrit sur un genoux, un pied et les deux mains comme s'il s'agenouillait pour �tre adoub�.</p><p>Tout se figea. M�me Tracey et Susan interrompirent leur duel.</p><p>Dans le stade, tous les bruits de la foule s'�vanouirent.</p><p>Il y eut un silence g�n�ral fait de stup�faction, d'inqui�tude et d'un �bahissement profond tandis que tout le monde attendait de voir ce qui allait se passer.</p><p>Et Neville Londubat se leva lentement et pointa sa baguette qu'il n'avait toujours pas l�ch�e vers les soldats Soleil.</p><p>M�me si personne sur le champ de bataille ne l'entendit, une grande partie du public avait commenc� � chanter avec une intensit� croissante � chaque nouvelle r�p�tition du mot : "DOOM DOOM DOOM DOOM DOOM", parce qu'il �tait tout simplement impossible d'assister � �a et de ne <emphasis>pas</emphasis> se dire qu'un accompagnement musical �tait de rigueur.</p><p>"La foule acclame votre petit-fils," dit Amelia Bones. La vieille sorci�re scrutait l'�cran d'un regard calculateur.</p><p>"En effet," dit Augusta Londubat. "Certains d'entre eux, si j'entends bien, entonnent <emphasis>Notre sang pour Neville ! Nos �mes pour Neville !"</emphasis></p><p>"En effet," dit Amelia en prenant une gorg�e d'une tasse qui, un instant plus t�t, n'avait pas �t� l�. "On dirait que le gamin est taill� pour �tre un meneur."</p><p>"Ces acclamations," continua Augusta d'une voix qui s'alourdissait encore de stup�faction, "semblent venir des bancs Poufsouffle."</p><p>"Apr�s tout, c'est la maison de la loyaut�, ma ch�re" dit Amelia.</p><p>"Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore ! <emphasis>Nom de Merlin, qu'est-ce qui se passe dans cette �cole !</emphasis>"</p><p>Lucius Malfoy regardait les �crans avec un sourire ironique tandis que ses doigts frappaient son dossier de chaise selon un rythme indiscernable. "Je ne sais pas ce qui est le plus effrayant, l'id�e qu'il ait un plan secret derri�re tout cela ou l'id�e qu'il n'en ait aucun."</p><p>"Regardez !" s'�cria Lord Greengrass. Le jeune homme soign� s'�tait � moiti� lev� de sa chaise et pointait l'�cran du doigt. "L� voil� !"</p><empty-line/><p>"On va l'attaquer toutes les deux en m�me temps," murmura Daphn�. Elle savait que quelques minutes d'effroi en situation de combat r�el un poign�e de fois par semaine ne suffirait peut-�tre pas � se mesurer � la pratique r�guli�re du duel que Neville avait eu avec Harry et C�dric Diggory pendant le m�me laps de temps. "Il est trop fort contre chacune de nous, mais ensemble � j'utiliserai mon charme, toi, essaie juste de l'�tourdir..."</p><p>� c�t� d'elle, Hannah hocha la t�te, puis elles hurl�rent � pleins poumons et charg�rent, rendues plus rapides et l�g�res par les sortil�ges de l�vitation de deux soldats Soleil. Daphn� criait d�j� "<emphasis>Tonare !"</emphasis> alors que Hannah maintenait un immense <emphasis>Contego</emphasis> mouvant devant elles, et gr�ce � une br�ve pouss�e suppl�mentaire elles bondirent par-dessus la t�te de la premi�re ligne de soldats et atterrirent face � Neville, leurs cheveux tourbillonnant au-dessus de leurs t�tes...</p><p>(Les photographes �taient strictement interdites � tous les jeux organis�s par Poudlard mais pourtant cet instant finit <emphasis>quand m�me</emphasis> sur la couverture du <emphasis>Chicaneur</emphasis>).</p><p>...et au m�me instant, parce que le combat contre les brutes avait fait partir en fum�e la moindre once d'h�sitation, Hannah tira son premier sortil�ge de sommeil contre Neville (elle avait commenc� l'incantation avant d'avoir touch� le sol) au moment o� Daphn�, privil�giant la vitesse � la force, fendait l'air de sa Lame Tr�s Ancienne l� o� elle pensait que les cuisses de Neville se retrouveraient <emphasis>apr�s</emphasis> qu'il ait esquiv� -</p><p>Mais Neville sauta <emphasis>en l'air</emphasis>, non pas sur le c�t� mais plus haut qu'il n'aurait d� �tre capable de le faire, si bien que l'�p�e lumineuse ne trancha que l'air sous ses pieds. Daphn� parvint � comprendre � temps que cela signifiait que des chaotiques faisaient encore l�viter Neville et put lever sa Lame au-dessus de sa t�te, mais Neville <emphasis>tomba trop vite </emphasis>et lorsque la Lame de celui-ci se fracassa contre la sienne, ce fut comme d'avoir re�u un Cognard. Le coup fit valdinguer Daphn�, l'envoya s'effondrer en arri�re sur l'herbe et son dos frappa durement le sol. Tout aurait �t� alors fini pour elle si Neville n'avait pas lui aussi atterrit trop brusquement et ne s'�tait pas retrouv� � genoux avec un hoquet de douleur. Alors, avant que celui-ci ne puisse abattre sa Lame lumineuse, Hannah cria "<emphasis>Somnium !"</emphasis> et Neville bondit d�sesp�r�ment en arri�re � m�me si bien s�r aucun sortil�ge n'�tait vraiment sorti de la baguette de Hannah car il �tait impossible pour la Poufsouffle de tirer une deuxi�me fois si vite � ce qui donna � Daphn� une seconde pour se relever tant bien que mal, remettre ses deux mains sur sa baguette...</p><empty-line/><p>"Par Merlin," dit Dame Greengrass. Sa voix semblait instable et son port aristocratique �tait tout � fait d�moli. "Ma fille se <emphasis>bat </emphasis>avec le charme de la Tr�s Ancienne Lame alors qu'elle est en premi�re ann�e. Je n'avais jamais su... qu'elle poss�dait un talent aussi extraordinaire..."</p><p>"Excellent sang," dit Charles Nott d'un ton approbateur, ce qui fit grogner Augusta.</p><p>"Ma bonne Dame," dit le professeur Quirrell d'un ton grave. "Ne faites pas ainsi tort � votre fille. Ce n'est pas que du <emphasis>talent</emphasis> que vous voyez l�." Sa voix devint un peu plus s�che. "<emphasis>�a</emphasis>, c'est ce qui se passe quand de jeunes sorciers et sorci�res investissent leurs efforts dans une comp�tition qui, au contraire du Quidditch ou de la bataille explosive, met en jeu � pour le dire franchement � une v�ritable pratique de la magie."</p><empty-line/><p>"<emphasis>Expelliarmus !"</emphasis> s'�cria Draco en essayant d'emp�cher sa voix de se briser et en esquivant en m�me temps le jet rouge que Hermione Granger avait tir� vers lui. Ses muscles se tordirent pour bondir dans la mauvaise direction : elle avait point� vers la gauche puis d'une myst�rieuse convulsion avait tir� vers la droite...</p><p>Hermione �vita le rapide sortil�ge de duelliste et s'�cria sans s'�tre le moins du monde interrompue : "<emphasis>Steleus !"</emphasis>, un mal�fice � effet de zone que Draco ne pouvait pas �viter, mais il r�ussit � diriger sa baguette vers son propre visage et � s'�crier "<emphasis>Quiescus !" </emphasis>avant que le besoin soudain d'inspirer de l'air ne se transforme en une quinte de tout qui aurait mis fin � la bataille.</p><p>Draco Malfoy �tait d�j� � moiti� �puis� suite � tous les sortil�ges d'emprisonnement et � toutes les m�tamorphoses pr�c�dentes, mais son �tat de confusion commen�ait � laisser place � un coup de sang bouillonnant. Il ne savait pas <emphasis>pourquoi</emphasis> Granger l'attaquait soudain avec autant de col�re, mais <emphasis>si elle cherchait la bagarre, elle l'aurait...</emphasis></p><p>(Les Dragons et les Soleils ne s'arr�taient pas pour regarder le duel de leurs g�n�raux. Les Dragons �taient trop disciplin�s pour s'arr�ter et regarder, si bien que les Soleil devaient eux aussi continuer de se battre, mais le public bouche b�e des gradins de Quidditch de Poudlard �taient m�me distraits du spectacle offert par Neville et Daphn�, r�orientaient leur regard vers le duel des deux g�n�raux, alors que Malfoy et Granger se tiraient sort apr�s sort, mal�fice apr�s mal�fice, tiraient plus vite qu'aucun autre �l�ve de leur ann�e n'en aurait �t� capable, la danse de duel �tudi�e du g�n�ral Dragon �gal�e par l'�nergie fr�n�tique du g�n�ral Soleil, le combat ressemblant de plus en plus � un duel d'adulte � mesure que les deux premi�re ann�e aux magies les plus fortes recouraient � des sortil�ges plus exotiques que le sortil�ge de sommeil habituel).</p><p>...m�me si Draco commen�ait � se rendre compte que lorsque lui, Harry et le professeur Quirrell avaient d�daign� Mlle Granger, lui attribuant autant d'intention de tuer que n'en aurait un bol de raisons m�rs, <emphasis>ils ne l'avaient pas encore vue en col�re.</emphasis></p><empty-line/><p>Daphn� frappa de son Ancienne Lame, toujours sans essayer de frapper fort mais en la d�pla�ant aussi vite que possible tandis qu'au m�me instant Hannah criait "<emphasis>Somnium !"</emphasis> et que Neville bondissait de nouveau vers l'arri�re, mais �a avait �t� un autre bluff, et Hannah s'avan�a pour tirer un v�ritable sort, presque � bout portant...</p><p>� et Neville Londubat fit exactement, il l'expliquerait ensuite, ce que C�dric Diggory l'avait entra�n� � faire si jamais il se battait contre Bellatrix Black, � savoir de tourner sur lui-m�me et de lui donner un <emphasis>�norme coup de pied</emphasis> dans l'estomac.</p><p>La Poufsouffle fit un petit bruit triste, eut un hoquet de douleur et fut soulev�e de terre par la chaussure qui s'enfon�a dans son abdomen propuls�e par la force de tout le corps de Neville.</p><p>L'espace d'un instant le champ de bataille fut immobile, tout s'arr�ta sauf la silhouette de Hannah qui tombait.</p><p>Puis le visage de Neville r�v�la un d�sarroi complet, il abaissa sa baguette, et le lieutenant chaotique s'�lan�a instinctivement vers sa camarade, tendit son autre main vers elle...</p><p>Au m�me instant, Hannah transforma sa chute en roulade, se releva baguette dress�e et l'abattit.</p><p>Une fraction de seconde plus tard, Daphn�, qui n'avait pas non plus h�sit�, fit sombrer sa Tr�s Ancienne Lame droit dans le dos de Neville et les muscles du lieutenant chaotique s'agit�rent de convulsions caus�es par l'action conjointe de la magie �tourdissante qui se d�chargeait dans son corps et du sortil�ge de sommeil de Hannah qui prenait effet. Le dernier descendant des Londubat se retrouva alors �tendu au sol, un air de surprise total cristallis� sur le visage.</p><empty-line/><p>"Aujourd'hui, M. Londubat a appris une pr�cieuse le�on quant � son sentiment de piti� et de remord," dit le professeur Quirrell.</p><p>"Et de chevalerie," dit Amelia, sirotant de nouveau son th�.</p><empty-line/><p>"Tu vas bien ?" chuchota Daphn�, surplombant Hannah afin de la prot�ger tandis que cette derni�re, �tendue au sol, se tenait le ventre. Cette derni�re ne r�pondit rien hormis d'autres sons de gorges qui laissaient penser que Hannah essayait de ne pas vomir tout en s'effor�ant de ne pas pleurer.</p><p>Sans que l'on sache comment, et m�me si ce n'�tait peut-�tre pas un bon choix tactique � il aurait mieux valu que Hannah soit directement touch�e par un sortil�ge plut�t que d'autres soldats soient retenus � essayer de la <emphasis>prot�ger</emphasis> � un certain nombre de soleils sembl�rent se retrouver debout devant Hannah, leur baguette fermement tenue, un regard de col�re braqu� sur les chaotiques. Quelqu'un avait lev� une barri�re prismatique entre les deux groupes mais Daphn� ne pouvait pas voir qui.</p><p>Et, sans que l'on sache pourquoi, les chaotiques ne semblaient pas continuer leur attaque. M�me Tracey avait enti�rement laiss� tomber son air sinistre et elle se balan�ait nerveusement d'un pied sur l'autre, comme si elle avait du mal � se souvenir dans quel camp elle �tait...</p><p>"<emphasis>Arr�tez !"</emphasis> hurla une voix. "<emphasis>Arr�tez la bataille !"</emphasis></p><p>Il n'y avait de toute fa�on pas de bataille en cours � proprement parler, mais on s'arr�ta.</p><p>Le g�n�ral Potter, plus Survivant que jamais, �mergea des bois d'un pas vif avec quelque chose de grand et de recouvert par du tissu de camouflage maintenu sous le bras.</p><p>"Mlle Abbott respire-t-elle bien ?" cria le g�n�ral Potter.</p><p>Daphn� ne regarda pas en arri�re. Elle ne rejetait pas la possibilit� qu'il s'agisse d'un pi�ge � il �tait absolument certain que si les chaotiques se saisissaient de cette opportunit� et attaquaient, le professeur Quirrell ne d�clarerait pas seulement ce coup l�gal, il leur donnerait ensuite des points suppl�mentaires. Mais Daphn� pouvait fort bien entendre la r�ponse ; ce n'�tait pas comme si Hannah essayait de respirer <emphasis>discr�tement</emphasis>, et elle r�pondit donc : "Plus ou moins."</p><p>"Elle devrait sortir de l� et aller voir quelqu'un qui peut utiliser des sortil�ges de soin," dit Harry. "Juste au cas o� le coup aurait cass� quelque chose."</p><p>De derri�re Daphn�, une petite voix haletante dit : "Je... peux... encore... me battre..."</p><p>"Mlle Abbott, ne..." dit Harry au moment m�me ou le son de quelqu'un qui s'effondrait apr�s avoir essay� de se relever survint derri�re Daphn�. Tout le monde grima�a mais Daphn� ne fit pas dos � Harry.</p><p>"Pourquoi les professeur n'ont-ils pas interrompu la bataille ?" demanda Susan avec col�re.</p><p>"Je suppose que c'est parce que Mlle Abbott ne risque pas de dommages permanents et que le professeur Quirrell pense que nous sommes en train d'apprendre de pr�cieuses le�ons," dit Harry d'une voix dure. "�coutez, Mlle Abbott, si vous partez, Tracey se retirera de la bataille. Vous �tes d�j� en surnombre, alors cette offre vous avantage beaucoup. Acceptez-la, s'il vous pla�t."</p><p>"Hannah, <emphasis>pars </emphasis>!" dit Daphn�. "Enfin, dis juste que tu es hors jeu !"</p><p>Lorsque Daphn� jeta un regard en arri�re elle vit que Hannah secouait la t�te, toujours roul�e en boule sur l'herbe.</p><p>"Bon, �a suffit," dit Harry. "<emphasis>Chaotiques ! Plus vite on les �tourdi plus vite elle sortira d'ici ! On va faire �a tr�s vite m�me si on doit subir des pertes ! Fin de la tr�ve ! POISSONTHON !"</emphasis></p><p>La partie politique du cerveau de Daphn� n'eut qu'un instant pour admirer comment les quelques mots de Harry venaient de mettre les chaotiques dans le camp des <emphasis>gentils</emphasis>, puis, dans une union presque parfaite, les chaotiques plong�rent leur main dans une poche de leur uniforme et en sortirent des lunettes de soleil vertes � l'apparence peu famili�re. Pas comme celles qu'on porterait � la plage, plut�t comme des lunettes pour cours de potions avanc�...</p><p>Puis elle comprit ce qui allait se produire et leva son autre main pour prot�ger ses yeux au moment o� Harry arrachait le tissu plac� au-dessus du chaudron.</p><p>La fluide qui s'�coula lorsque Harry jeta le contenu du chaudron dans l'air �tait trop lumineux pour �tre vu, trop brillant pour �tre imagin�, incandescent comme un soleil par dix fois agrandi...</p><p>(et c'�tait exactement ce dont il s'agissait)</p><p>(la lumi�re du soleil qui avait �t� investie dans la cr�ation des glands, la lumineuse �nergie qui avait aliment� l'�l�vation d'un arbre au-dessus d'une terre nue)</p><p>(sans quasiment aucune des longueurs d'onde vertes que la chlorophylle r�fl�chissait pour cr�er la couleur verte des feuilles)</p><p>(ce qui se trouvait �tre la couleur des lunettes de soleil de Chaos, faites pour laisser passer les longueurs d'onde vertes et bloquer les rouges et les bleues, r�duisant l'�clat violet le plus incandescent � quelque chose de supportable)</p><p>...la lumi�re violette flambait continuellement. Daphn� essayait d'�ter son bras de ses yeux mais d�couvrit qu'elle ne pouvait <emphasis>rien</emphasis> regarder car m�me l'�clat violet r�fl�chi �tait tellement intense qu'elle devait plisser les yeux et elle n'eut le temps de crier <emphasis>Finite Incantatem</emphasis> qu'une fois, ce qui n'eut aucun effet, avant qu'un sortil�ge de sommeil ne l'emporte.</p><p>Ce qui restait de la bataille n'en eut plus pour longtemps.</p><empty-line/><p>"MAINTENANT !" mugit Blaise Zabini, anciennement du Soleil, � pr�sent commandeur d'un d�tachement de l�gionnaires du Chaos. "Je veux dire, POISSONTHON !" La main du Serpentard se saisit du tissu qui prot�geait le chaudron de la caresse du jour, qui �tait l'�l�ment d�clencheur, et commen�a d�j� � l'�carter.</p><p>"MAINTENANT !" mugit Dean Thomas, anciennement du Chaos, commandeur d'un lot de guerriers dragons. "QUOI QU'ILS FASSENT, FAITES PAREIL !"</p><p>Les chaotiques du d�tachement de Zabini plong�rent leur main dans une poche de leur uniforme et s'avanc�rent, des lunettes de soleil vertes en main...</p><p>...un acte quasiment parfaitement refl�t� par Dean et les guerriers dragons qui sortirent des lunettes de potions vertes et en pass�rent rapidement les sangles par-dessus leur t�te alors que les chaotiques mettaient leurs lunettes de soleil et que l'incandescence violette explosait.</p><p>(Comme le g�n�ral Malfoy l'avait expliqu�, si M. Goyle rapportait que la l�gion du Chaos portait des lunettes de potions vertes, il n'y avait pas besoin de savoir <emphasis>pourquoi</emphasis> pour pouvoir en m�tamorphoser quelques exemplaires).</p><p>"C'EST DE LA TRICHE !" s'�cria Blaise Zabini.</p><p>"C'EST DE LA TECHNIQUE !" hurla Dean en retour. "DRAGONS, CHARGEZ !"</p><p>("Excusez-moi," dit Dame Greengrass. "Pourriez-vous arr�ter de <emphasis>rire</emphasis> comme �a, M. Quirrell ? C'est assez d�concertant.")</p><p>"LANCEZ FINITE SUR LEURS LUNETTES !" hurla Blaise Zabini alors que les deux arm�es se ruaient droit l'une sur l'autre au sein de l'�clat violet omnipr�sent et aveuglant. "ON PEUT ENCORE GAGNER !"</p><p>"VOUS L'AVEZ ENTENDU !" mugit Dean. "� LEURS LUNETTES !"</p><p>La r�ponse de Blaise Zabini fut loin d'�tre construite.</p><p>Cette bataille continua bien plus longtemps.</p><empty-line/><p>"<emphasis>Stup�fix !"</emphasis> s'�cria le g�n�ral Soleil.</p><p>Draco n'�vita ni ne contra car il n'avait plus assez d'�nergie pour faire l'un ou l'autre ; il ne put que vite mettre sa main en position et esp�rer...</p><p>Le tir rouge se dissipa de nouveau sur le gant <emphasis>Collaport�</emphasis> de Draco qu'il avait m�tamorphos� et magiquement attach� � sa main, comme il l'avait fait pour le reste de l'arm�e Dragon. Ce bouclier �tait maintenant la seule chose qui le sauvait.</p><p>�a aurait d� �tre le moment de contre-attaquer mais Draco ne put rien faire d'autre que reprendre son souffle alors qu'ils dansaient tous deux d'avant en arri�re au gr� des mouvements infinis de leur duel � l'ombre des feuillages. Face � lui, le g�n�ral Granger avait le souffle tr�s court. Le visage de la jeune fille luisait tant de sueur qu'il semblait couvert de ros�e et ses cheveux ch�tains formaient des tresses humides plus sombres. Son uniforme de camouflage �tait tach� de cercles moites, ses �paules tremblaient visiblement sous le coup de l'�puisement mais sa baguette �tait d'une stabilit� de pierre, toujours point�e vers Draco, quels que soient les mouvements de ce dernier. Ses yeux �tincelaient, ses joues �taient empourpr�es de rage.</p><p><emphasis>Alors petite, pourquoi est-ce que tu fais semblant de te battre comme une grande aujourd'hui ?</emphasis></p><p>La raillerie lui vint � l'esprit mais il ne pensait pas avoir besoin d'une Granger encore plus en col�re ; alors Draco dit juste � bien qu'il puisse entendre sa propre voix se briser - "Tu as une raison particuli�re de m'en vouloir, Granger ?"</p><p>La fille haletait � la recherche d'oxyg�ne, sa voix chancelait : "Je sais ce que tu pr�pares," dit Hermione Granger, montant d'une octave. "Je sais ce que Rogue et toi pr�parez, Malfoy, et je sais qui est derri�re �a !"</p><p>"Hein ?" dit Draco sans m�me r�fl�chir.</p><p>Cela ne sembla qu'augmenter la furie de Granger, ses doigts se blanchirent sur la baguette qu'elle tenait braqu�e sur lui.</p><p>Et Draco comprit alors, et son sang en bouillit. M�me <emphasis>elle</emphasis> pensait qu'il manigan�ait secr�tement quelque chose contre elle...</p><p>"<emphasis>Toi aussi ?"</emphasis> cria Draco. "<emphasis>Je t'ai aid�e, petite morveuse aux dents de lapin ! Tu, tu, tu,"</emphasis> - il b�gaya entre tous les sortil�ges noirs qui lui vinrent � l'esprit jusqu'� trouver quelque chose qu'il puisse vraiment lui lancer - "<emphasis>DENSAUGEO !"</emphasis></p><p>Mais Granger bondit et tourbillonna autour du sortil�ge d'allongement dentaire puis sa propre baguette acheva de tourner et se retrouva point�e presque � bout portant sur Draco au moment o� celui-ci levait sa main gauche en guise de bouclier, pla�ant ainsi le gant magiquement ferm� entre lui et ce qu'elle �tait sur le point de tirer, quand le g�n�ral Soleil poussa un cri audible � travers tout le champ de bataille...</p><p>"<emphasis>ALOHOMORA !"</emphasis></p><p>Le temps aurait d� s'arr�ter.</p><p>Il ne s'arr�ta pas.</p><p>Mais le gant cadenass� sur la main de Draco luit d'un gris bref puis le cadenas �mit un clic et tomba.</p><p>Juste comme �a.</p><p>Juste comme �a.</p><p>Les �crans le montr�rent tous tr�s clairement � tout le stade de Poudlard.</p><p>Et le silence de mort qui s'abattit alors sur chaque banc de chaque gradin r�v�la que tout le monde comprenait tr�s clairement ce que cela voulait dire : que le descendant de la maison Malfoy venait de voir sa magie surmont�e par celle d'une n�e-Moldue.</p><p>Hermione Granger ne s'arr�ta pas de combattre, elle n'�mit aucun signe indiquant qu'elle savait m�me ce qu'elle venait de faire ; mais son pied jaillit et donna un coup � la mani�re moldue qui fit sauter la baguette de Draco hors de sa main. Le corps et l'esprit encore choqu�s de Draco avaient r�agit un peu trop lentement. Draco plongea sur sa baguette, fouilla le sol avec fr�n�sie, mais de derri�re lui la voix bris�e d'une fille dit "<emphasis>Somnium !"</emphasis>, et Draco Malfoy tomba pour ne pas se relever.</p><p>Il y eut un autre moment de silence fig�. Le g�n�ral Soleil vacillait et donnait l'impression de risquer de s'�vanouir.</p><p>Puis les guerriers dragons hurl�rent � pleins poumons et charg�rent pour venger leur commandant tomb�.</p><empty-line/><p>M. et Mme Davis tremblaient en se levant des confortables chaises de la loge professorale du stade de Quidditch ; ils ne pouvaient pas vraiment s'agripper l'un � l'autre en marchant mais ils se tenaient la main fermement et pr�tendait �tre invisibles du plus fort qu'ils le pouvaient. S'ils avaient �t� des enfants assez jeunes pour g�n�rer de la magie accidentelle ils se seraient probablement d�sillusionn�s eux-m�mes.</p><p>Le vieux Charles Nott ne dit rien en se levant de sa chaise. Le balafr� Lord Jugson ne dit rien en se levant de sa chaise.</p><p>Lucius Malfoy ne dit rien en se levant.</p><p>Ils se d�tourn�rent tous les trois sans s'arr�ter et s'avanc�rent rapidement vers l'escalier qui menait aux gradins sur�lev�s, se d�pla�ant d'un concert inqui�tant, comme un trio d'Aurors...</p><p>"Lord Malfoy," dit le professeur de D�fense avec douceur. L'homme �tait toujours assis sur sa chaise et regardait ses �crans-parchemins, ses bras flasques le long de ses flancs, comme s'il n'avait pas particuli�rement envie de bouger.</p><p>L'homme aux cheveux blancs s'arr�ta juste avant d'atteindre l'arcade qui constituait la sortie, l'homme �g� et l'homme balafr� s'arr�t�rent aussi, l'encadrant. La t�te de Lord Malfoy se tourna, trop l�g�rement pour que le geste soit pris comme le moindre signe de r�ponse, mais toutefois vers le professeur de D�fense.</p><p>"Votre fils a accompli une performance exceptionnelle aujourd'hui," dit le professeur Quirrell. "Je dois avouer que je l'ai sous-estim�. Et comme vous l'avez vu, il a gagn� la loyaut� de son arm�e." Toujours tr�s douce, la voix du professeur de D�fense. "En tant que professeur de votre fils, je suis de l'avis que votre fils ne b�n�ficiera pas d'une interf�rence de votre part dans cette -"</p><p>Lord Malfoy et ses comparses disparurent le long des escaliers.</p><p>"Un belle tentative Quirinus," dit doucement Dumbledore. Le visage du vieux sorcier r�v�lait de petites rides d'inqui�tude. Lui non plus ne s'�tait pas lev� de son si�ge et regardait les �crans-parchemins comme s'ils �taient encore allum�s. "Pensez-vous qu'il �coutera ?"</p><p>Les �paules du professeur de D�fense eurent un bref haussement saccad�, seul mouvement du professeur depuis la fin de la bataille.</p><p>"<emphasis>Eh bien</emphasis>," dit Dame Greengrass en se levant, en se faisant craquer les doigts et en s'�tirant, son mari silencieux � c�t� d'elle. "Je dois dire que c'�tait assez...int�ressant..."</p><p>Amelia Bones s'�tait lev�e de son si�ge rembourr� sans faire de mani�res. "Int�ressant, en effet," dit-elle. "Je confesse �tre perturb�e par l'habilet� avec laquelle ces enfants se battaient."</p><p>"L'habilet� ?" dit Lord Greengrass. "Leurs sortil�ges ne me semblaient pas si impressionnants que �a. Sauf celui de Daphn�, bien s�r."</p><p>La vieille sorci�re ne d�tourna pas ses yeux du cr�ne d�garni du professeur Quirrell. "Le sortil�ge d'�tourdissement n'est pas enseign� en premi�re ann�e, Lord Greengrass, mais ce n'est pas cette sorte d'habilet� que j'avais � l'esprit. Ils se soutenaient les uns les autres gr�ce � des sorts simples, ils r�agissaient rapidement aux surprises..." La directrice du d�partement de justice magique s'interrompit comme si elle cherchait des mots qu'un simple civil pourrait comprendre. "Au c�ur de la bataille," dit-elle enfin, "alors que des sortil�ges volaient en tous sens... ces enfants se sentaient comme chez eux."</p><p>"Tout � fait, Mme la directrice," dit le professeur de D�fense. "Certains arts gagnent � �tre pratiqu�s jeune."</p><p>Les yeux de la vieille sorci�re se pliss�rent. "Vous les pr�parez � devenir une force militaire, professeur. � quelle fin ?"</p><p>"Attendez !" s'interposa Lord Greengrass. "Il y a plein d'�coles o� l'on enseigne l'art du duel en premi�re ann�e !"</p><p>"Le duel ?" dit le professeur de D�fense. De derri�re, on ne pouvait pas dire si le p�le visage souriait. "Cela n'est <emphasis>rien</emphasis>, Lord Greengrass, compar� � ce que mes �l�ves ont appris. Ils ont appris � ne pas h�siter face aux embuscades et � des ennemis plus puissants qu'eux. Ils ont appris � s'adapter lorsque les conditions de combat changent encore et encore. Ils ont appris � prot�ger leurs alli�s, � prot�ger ceux qui ont le plus de valeur, � abandonner les pi�ces qui ne peuvent �tre sauv�es. Ils ont appris que pour survivre, il leur faut suivre des ordres. Certains ont m�me appris un peu de cr�ativit�. Oh non, Lord Greengrass, <emphasis>ces</emphasis> sorciers ne se cacheront pas dans leur manoir en attendant qu'on les prot�ge lorsque la prochaine menace viendra. Ils sauront qu'ils sont capables de se battre."</p><p>Par trois fois, Augusta Londubat applaudit bruyamment.</p><empty-line/><p><emphasis>Nous avons gagn�.</emphasis></p><p>C'�tait la premi�re chose que Draco avait entendue quand il s'�tait r�veill� sur le champ de bataille : Padma qui lui racontait comment ses soldats s'�taient rassembl�s apr�s qu'il fut tomb�. Comment, gr�ce � la pr�voyance du g�n�ral Dragon, M. Thomas avait men� son d�tachement jusqu'� une victoire contre Chaos. Comment le g�n�ral Potter avait vaincu la partie du r�giment Soleil qui l'avait affront�. Comment les guerriers dragons de M. Thomas avaient rejoint le corps principal des soldats, munis de leurs propres lunettes et de celles des chaotiques d�faits. Comment, � peine quelques instants plus tard, ce qui restait du contingent du g�n�ral Potter avait attaqu� les deux autres arm�es avec une potion qui �mettait une fulgurante lumi�re pourpre. Mais Dragon avait maintenu son avantage num�rique � la fois contre Soleil et Chaos tout en ayant assez de lunettes pour ses guerriers, et ainsi Padma �tait parvenue � mener l'arm�e dont elle avait h�rit�e jusqu'� la victoire.</p><p>� en voir la lumi�re dans les yeux de cette derni�re et le sourire arrogant qui aurait rendu un Malfoy fier, elle s'attendait � des f�licitations. Draco parvint � siffler quelque chose qui ressemblait � une �loge entre ses dents serr�es, mais il n'aurait su dire ce qu'elle avait �t� un instant plus tard. Il semblait que la sorci�re, n�e � l'�tranger, ignorait enti�rement ce qui venait de se produire ou ce que cela signifiait.</p><p><emphasis>J'ai perdu.</emphasis></p><p>Les Dragons tra�naient les pieds jusqu'� Poudlard sous un ciel gris, de lourdes gouttes froides tombaient une � une sur la peau de Malfoy. Elle avait commenc� pendant qu'il �tait �tourdi, la pluie longtemps promise commen�ant enfin � tomber. Draco n'avait maintenant plus qu'une seule option. Un coup forc�, comme l'aurait appel� M. MacNair, qui avait enseign� les �checs � Draco. Harry Potter n'aimerait probablement pas �a s'il �tait vraiment amoureux de Hermione, comme tout le monde le disait. Mais le coup forc�, tel que M. MacNair l'avait d�finit, �tait un coup qu'on devait faire si l'on voulait que la partie puisse seulement continuer.</p><p>Il continua � se jouer en boucle dans l'esprit de Draco, encore et encore, alors que celui-ci franchissait en automate l'immense portail de Poudlard, renvoyait Vincent et Gregory de deux mots acerbes et s'isolait dans sa chambre priv�e, assis sur son lit, face au mur derri�re son bureau. Il remplissait son esprit comme si un D�traqueur l'avait attach� � ce souvenir.</p><p>Le flash gris venu de son gant, le loquet qui �mettait un cliquetis et tombait...</p><p>Draco savait, il <emphasis>savait</emphasis> o� il s'�tait tromp�. Il avait �t� tellement fatigu� apr�s avoir lanc� vingt-sept sortil�ges d'Emprisonnement pour tous les autres guerriers Dragon. Moins d'une minute ne suffisait pas � r�cup�rer apr�s chaque sortil�ge. Et il avait donc <emphasis>seulement</emphasis> lanc� Collaporta <emphasis>sur son cadenas, il avait seulement lanc� le sortil�ge mais il n'y avait pas mis toute sa force afin de le fermer assez solidement pour que ni Harry Potter ni Hermione Granger ne puissent le d�faire.</emphasis></p><p>Mais m�me si c'�tait vrai, personne n'allait <emphasis>croire</emphasis> �a. M�me � Serpentard, personne n'allait croire �a. �a <emphasis>ressemblait</emphasis> � une excuse et tout le monde n'y verrait qu'une excuse.</p><p><emphasis>Granger bondit, tourbillonna et s'�cria 'ALOHOMORA !'...</emphasis></p><p>L'esprit de Draco rejouait le souvenir encore et encore, � mesure que la ranc�ur s'accumulait. Il avait <emphasis>aid�</emphasis> Granger... il avait coop�r� avec elle afin de bannir les tra�tres... il lui avait tenu la main lorsqu'elle pendait du toit... il avait emp�ch� une �meute de se d�clencher autour d'elle dans la grande salle... avait-elle la moindre id�e de ce qu'il avait <emphasis>risqu�</emphasis>, de ce qu'il avait probablement d�j� <emphasis>perdu</emphasis>, de ce que cela impliquait pour le descendant de la <emphasis>maison Malfoy</emphasis> de faire �a pour une S<emphasis>ang-de-Bourbe</emphasis>...</p><p>Et il n'avait maintenant plus qu'un coup jouable, et la particularit� d'un coup forc� �tait qu'il <emphasis>fallait</emphasis> le faire, m�me si cela voulait dire qu'on perdrait des points et qu'on irait en retenue. Le professeur Rogue <emphasis>comprendrait</emphasis> certainement mais il y avait des limites (P�re l'avait mis en garde) � ce que Rogue laisserait passer.</p><p>Provoquer Granger en duel magique en se d�fiant ouvertement des r�gles de Poudlard. L'attaquer imm�diatement si elle essayait de refuser. La vaincre en un contre un, en public, pas avec des techniques de duel astucieuses mais en <emphasis>l'�crasant</emphasis> de sa magie. La battre � plates coutures, compl�tement, la <emphasis>broyer</emphasis> aussi parfaitement que le Seigneur des T�n�bres lui-m�me avait broy� ses ennemis. Le rendre parfaitement clair � tous, emp�cher que quiconque en doute : Draco Malfoy avait simplement �t� �puis� � force de lancer le sortil�ge autant de fois d'affil�e. Prouver que le sang Malfoy �tait plus fort que celui de n'importe quel Sang-de-Bourbe...</p><p><emphasis>Sauf qu'il ne l'est pas</emphasis>, murmura la voix de Harry Potter dans l'esprit de Draco. <emphasis>Il est facile d'oublier ce qui est r�ellement vrai, Draco, quand on commence � essayer de gagner en politique. Mais en r�alit�, il n'y a qu'une seule chose qui fait de toi un sorcier, tu t'en souviens ?</emphasis></p><p>Draco le sut alors, il sut la raison derri�re l'anxi�t� de ses arri�res-pens�es, face au mur vide derri�re son bureau, contemplant son coup forc�. Cela aurait d� �tre simple � lorsqu'on avait qu'un seul coup � jouer, il suffisait de le jouer � mais...</p><p><emphasis>Granger pivota, tourbillonna, ses cheveux tremp�s de sueur volants autour d'elle, des tirs jaillissants de sa baguette aussi vite que les siens, mal�fice et contre-mal�fice, des chauves-souris incandescentes volant vers son visage, et de bout en bout, la furie dans les yeux de Granger...</emphasis></p><p>Une partie de Draco avait <emphasis>admir�</emphasis> cela, avant que tout tourne mal, admir� la furie de Granger et son pouvoir ; une partie de lui avait exult� de vivre son premier <emphasis>vrai</emphasis> combat, contre...</p><p>...le premier adversaire � sa hauteur.</p><p>S'il d�fiait Granger et <emphasis>perdait</emphasis>...</p><p>Cela n'aurait pas d� �tre possible, Draco avait obtenu sa baguette deux ann�es enti�res avant que qui que ce soit d'autre ne l'obtienne � Poudlard.</p><p>Sauf qu'il y avait une <emphasis>raison</emphasis> pour laquelle on ne se fatiguait g�n�ralement pas � donner des baguettes aux enfants de neuf ans. L'�ge comptait aussi, il ne s'agissait pas seulement de savoir combien de temps on avait eu une une baguette en main. L'anniversaire de Granger avait eu lieu seulement quelques jours apr�s le d�but de l'ann�e, lorsque Harry lui avait offert sa bourse. Ce qui voulait dire qu'elle avait maintenant douze ans, qu'elle avait eu douze ans presque depuis le d�but de Poudlard. Et pour tout dire, Draco ne s'�tait pas beaucoup entra�n� en dehors des cours, probablement beaucoup moins que Hermione Granger de Serdaigle. Draco n'avait pas pens� qu'il avait <emphasis>besoin </emphasis>de plus de pratique pour rester en t�te...</p><p><emphasis>Et Granger �tait �puis�e elle aussi</emphasis>, chuchota la Voix des Preuves du Contraire dans sa t�te. Granger devait �tre �puis�e apr�s tous ces sortil�ges d'�tourdissement, et m�me dans cet �tat, elle �tait parvenue � d�faire son sortil�ge d'Emprisonnement.</p><p>Et Draco ne <emphasis>pouvait pas</emphasis> se permettre de d�fier Granger en public, un contre un, pas d'excuses, puis de <emphasis>perdre</emphasis>.</p><p>Il savait ce qu'on �tait cens� faire dans ce genre de situation. On �tait cens� tricher. Mais si quiconque d�couvrait qu'il avait trich� ce serait <emphasis>d�sastreux</emphasis>, une manne � chantage parfaite m�me sans jamais �tre d�couvert, et tous les Serpentard le <emphasis>sauraient</emphasis>, ils <emphasis>chercheraient</emphasis>...</p><p>Si vous l'aviez observ�, vous auriez alors vu Draco Malfoy se lever de son lit, se rendre � son bureau, tirer une feuille de son parchemin en peau de mouton le plus fin ainsi qu'un encrier creus� dans une perle remplit d'une encre d'un argent verd�tre qui avait �t� faite � partir de v�ritable argent et d'�meraudes broy�es. De l'immense coffre au pied de son lit, le Serpentard en tira un livre lui aussi reli� d'argent et d'�meraudes intitul� <emphasis>�tiquette des maisons d'Angleterre</emphasis>. Et avec une nouvelle plume propre, Draco Malfoy commen�a � �crire en regardant fr�quemment le livre ouvert en r�f�rence � c�t� de lui. Le visage du gar�on portait un sourire sinistre, ce qui faisait grandement ressembler le jeune Malfoy � son p�re tandis qu'il tra�ait pr�cautionneusement chaque lettre comme si chacune avait �t� une �uvre d'art � part enti�re.</p><p><emphasis>De Draco, fils de Lucius, fils d'Abraxis, Lords de la Noble et Tr�s Ancienne maison Malfoy, aussi fils de Narcissa, fille de Druella Dame de la Noble et Tr�s Ancienne maison Black, descendant et h�ritier de la Noble et Tr�s Ancienne maison Malfoy :</emphasis></p><p><emphasis>� Hermione, la premi�re Granger :</emphasis></p><p>(On avait peut-�tre utilis� cette formule par politesse il y a bien longtemps quand elle avait �t� invent�e ; de nos jours, apr�s des si�cles � �tre utilis�e pour s'adresser � des Sang-de-Bourbe, elle portait avec elle un d�licieux soup�on de venin raffin�).</p><p><emphasis>Moi, Draco, d'une Tr�s Ancienne maison, demande r�paration pour</emphasis></p><p>Draco s'interrompit, d�pla�ant pr�cautionneusement la plume afin qu'elle ne goutte pas. Il avait besoin d'un pr�texte pour cela, du moins s'il voulait pouvoir imposer ses conditions de duel. La personne provoqu�e avait le choix des termes <emphasis>� moins</emphasis> d'avoir insult� une maison Noble. Il lui fallait donner l'impression que Granger l'avait insult�...</p><p>Mais � quoi songeait-il donc ? Granger <emphasis>l'avait</emphasis> insult�.</p><p>Draco fit d�filer les pages jusqu'� atteindre celle des formules standard et en trouva une qui lui sembla appropri�e.</p><p><emphasis>Moi, Draco, d'une Tr�s Ancienne maison, demande r�paration, pour vous avoir par trois fois aid� et offert seulement ma bienveillance et qu'en retour vous m'accusiez faussement de comploter contre vous,</emphasis></p><p>Draco dut s'arr�ter, reprendre son souffle et forcer la col�re bouillonnante � retomber. Il commen�ait � vraiment <emphasis>ressentir</emphasis> l'insulte � pr�sent, et il venait d'�crire la derni�re phrase et de la souligner sans y penser, comme si c'�tait une lettre ordinaire. Apr�s y avoir r�fl�chi quelques instants, il d�cida de la laisser telle quelle ; ce n'�tait peut-�tre pas la formulation la plus officielle mais elle avait un ton brut et col�rique qui semblait appropri�.</p><p><emphasis>Insulte que vous avez commise face aux yeux d'Angleterre.</emphasis></p><p><emphasis>Ainsi, moi, Draco, vous assujettis, Hermione, par tradition, par droit, par</emphasis></p><p>"La dix-septi�me d�cision du trente et uni�me Magenmagot," dit Draco � voix haute et sans v�rifier, une r�plique donn�e dans de nombreuses pi�ces ; il se raidit en la disant et sentit chaque once du pouls de sang noble qui coulait dans ses veines.</p><p><emphasis>Ainsi, moi, Draco, vous assujettis, Hermione, par tradition, par droit, par la 17�me d�cision du 31�me Magenmagot, � me faire face lors d'un duel magique selon les termes suivants : que nous nous pr�sentions tous deux seuls et en silence, que nous n'en parlions � personne ni avant ni apr�s,</emphasis></p><p>Si le duel se d�roulait mal, Draco pourrait juste se taire et en rester l�. Et s'il battait Granger, il aurait appris de fa�on exp�rimentale qu'il pouvait la battre <emphasis>de nouveau</emphasis> lors d'un d�fi public. Ce n'�tait pas tricher mais c'�tait de la Science, et c'�tait presque aussi bien.</p><p><emphasis>que nous combattions par magie uniquement, sans mort ni blessure durable,</emphasis></p><p>...o� ? Draco avait entendu parler d'une pi�ce de Poudlard qui �tait propice aux duels, o� tous les objets de valeur �taient d�j� prot�g�s par les lieux et o� il n'y avait aucun portrait pour cafarder... quelle �tait cette pi�ce d�j�...</p><p><emphasis>dans la salle des troph�es du ch�teau de l'�cole de Sorcellerie de Poudlard</emphasis>.</p><p>Et leur <emphasis>second</emphasis> duel public avait int�r�t � avoir lieu <emphasis>bient�t</emphasis>, genre demain, car il ne faudrait pas longtemps pour que sa r�putation � Serpentard ne soit irr�m�diablement tra�n�e dans la boue. Il lui fallait combattre Granger pour la premi�re fois <emphasis>cette nuit</emphasis>.</p><p><emphasis>Au dernier coup de minuit qui mettra fin � ce jour m�me.</emphasis></p><p><emphasis>Draco, de la Noble et Tr�s Ancienne maison Malfoy.</emphasis></p><p>Draco signa le parchemin officiel puis tira un parchemin ordinaire et inf�rieur ainsi que son encre habituelle, pour son post-scriptum :</p><p><emphasis>Si tu ne connais pas les r�gles, Granger, voil� comment �a fonctionne. Tu as insult� une maison Tr�s Ancienne et j'ai le droit l�gal de te d�fier. Et si tu bafoues les termes du duel, par exemple en faisant venir Flitwick dans la salle des troph�es, ou m�me en en parlant � qui que ce soit d'autre, mon p�re t'am�nera toi et ton honneur de pacotille droit au Magenmagot.</emphasis></p><p><emphasis>Draco Malfoy</emphasis></p><p>Sa plume s'appuya sur la derni�re lettre avec tant de hargne sur son bec se brisa, cr�ant une tra�n�e d'encre et une l�g�re �raflure � la surface du parchemin que Draco jugea elles aussi �tre de de circonstance.</p><empty-line/><p>Ce soir l� au d�ner, Susan Bones alla voir Harry Potter et lui dit qu'elle soup�onnait que Draco Malfoy allait mettre son plan contre Hermione � ex�cution tr�s bient�t. Elle pr�venait tous les membres de la S.P.E.H.S., elle avait pr�venu le professeur Chourave et le professeur Flitwick, elle allait envoyer une lettre � sa tante ce soir l�, et maintenant elle pr�venait aussi Harry Potter. Sauf qu'ils ne pouvaient pas vraiment en parler avec Padma � dit Susan avec un air tr�s s�rieux � parce que celle-ci se sentait d�chir�e entre sa loyaut� envers Hermione et sa loyaut� envers son g�n�ral.</p><p>Harry James Potter-Evans-Verres, qui � ce stade �tait tellement frustr� par la situation que �a en cessait d'�tre productif, r�pondit vivement que <emphasis>oui</emphasis>, il savait qu'il fallait faire quelque chose.</p><p>Apr�s que Susan Bones fut partie, Harry leva les yeux vers la table Serdaigle, o� Hermione s'�tait assise loin de lui, de Padma, d'Anthony et de tous ses amis.</p><p>Plus tard, en y repensant, Harry songerait comment, dans ses romans de science-fiction et de fantasy, les gens faisaient toujours leurs choix importants pour des raisons importantes, pour des raisons de taille. Hari Seldon avait b�ti sa Fondation pour reconstruire les cendres de l'Empire Galactique plut�t que pour se donner un air important en �tant � la t�te de son propre groupe de recherche. Raistlin Majere avait coup� les ponts avec son fr�re parce qu'il souhaitait devenir un dieu, pas parce qu'il �tait inapte en relations humaines et r�ticent � demander conseil pour s'am�liorer. Frodo Baggins avait pris l'Anneau parce qu'il �tait un h�ros d�sireux de sauver la Terre du Milieu, pas parce que �a aurait �t� trop g�nant de refuser de le faire. Si quelqu'un �crivait un jour une v�ritable histoire du monde � non que ce soit possible ni m�me d�sirable � il �tait probable que plus de 97% des moments cl�s du destin du monde s'av�rent �tre le fruit d'un tissu de mensonges et de petite pens�es sans importances qui auraient aussi bien pu aboutir � d'autres conclusions.</p><p>Harry James Potter-Evans-Verres regarda Hermione Granger, assise � l'autre bout de la table, et il sentit en lui une r�ticence � l'emb�ter alors qu'elle �tait d�j� de mauvaise humeur.</p><p>Il se dit donc qu'il �tait probablement plus raisonnable de parler d'abord � Draco Malfoy juste pour pouvoir d�finitivement et irr�vocablement assurer Hermione que Draco ne complotait vraiment rien contre elle.</p><p>Et plus tard au d�ner, quand Harry descendit � la cave Serpentard et s'entendit dire par Vincent que <emphasis>le boss voulait pas �t'd�rang�...</emphasis> alors Harry <emphasis>songea</emphasis> qu'il devrait peut-�tre aller voir si Hermione accepterait de lui parler imm�diatement. Qu'il devrait juste commencer � d�faire ce paquet de ne n�uds avant qu'il ne s'emm�le encore plus. Il se demanda s'il ne faisait pas que procrastination, si son esprit n'avait pas trouv� un excuse habile pour remettre � plus tard quelque chose de d�plaisant mais de n�cessaire.</p><p>Cette pens�e lui traversa vraiment l'esprit.</p><p>Puis Harry James Potter-Evans-Verres d�cida qu'il parlerait juste � Draco Malfoy le lendemain matin apr�s le petit d�jeuner du dimanche et qu'il parlerait <emphasis>ensuite </emphasis>� Hermione.</p><p>Les humains faisaient ce genre de chose en permanence.</p><empty-line/><p>Nous �tions dimanche matin, le 5 avril 1992, et le ciel simul� au-dessus de la grande salle de Poudlard r�v�lait des torrents de pluie qui tombaient avec une densit� telle que les �clairs lumineux en �taient att�nu�s et bris�s en de petites pulsations de lumi�re blanche qui transformaient parfois les tables de chaque maison, faisant p�lir les visages et donnant bri�vement aux �l�ves l'allure de fant�mes.</p><p>Harry �tait � la table Serdaigle et mangeait une gaufre avec lassitude, attendant que Draco fasse son apparition afin de pouvoir commencer � d�brouiller toute l'affaire. Un exemplaire du <emphasis>Chicaneur</emphasis> qu'on passait de mains en mains avait r�ussir � placer Hannah et Daphn� sur sa couverture mais le journal n'avait pas encore atteint la place de Harry.</p><p>Quelques minutes plus tard Harry finit de manger sa gaufre et regarda <emphasis>encore</emphasis> autour de lui pour voir si Draco �tait arriv� � la table Serpentard pour prendre son petit d�jeuner.</p><p>C'�tait �trange.</p><p>Draco Malfoy n'�tait presque jamais en retard.</p><p>Puisque Harry regardait vers la table Serpentard, il ne vit pas que Hermione Granger �tait entr�e, franchissant les immenses portes de la grande salle. Il fut donc assez surpris lorsqu'il se retourna et vit que Hermione �tait assise juste � c�t� de lui � la table Serdaigle, exactement comme elle n'avait pas arr�t� de faire �a depuis plus d'un semaine.</p><p>"Salut, Harry," dit Hermione d'une voix qui �tait presque parfaitement normale. Elle commen�a � mettre des tranches de pain grill� et un assortiment de fruits et de l�gumes sur son assiette. "Comment �a va ?"</p><p>"� un �cart type de l'�trange moyenne qui m'est propre," r�pondit Harry automatiquement. "Comment vas-tu, <emphasis>toi </emphasis>? Est-ce que tu as dormi correctement ?"</p><p>Il y avait des cernes sombres sous les yeux de Hermione.</p><p>"Oui pourquoi, je vais tr�s bien," r�pondit Hermione Granger.</p><p>"Hm," dit Harry. Il prit une part de tarte de son assiette (comme son cerveau avait d'autres pr�occupations, sa main avait simplement pris l'objet le plus savoureux � port�e sans �valuer des concepts complexes tels que le positionnement du dessert dans un repas normal). "Hm, Hermione, je vais devoir discuter avec toi un peu plus tard aujourd'hui, est-ce que �a te va ?"</p><p>"Bien s�r," r�pondit-elle. "Pourquoi est-ce que �a n'irait pas ?"</p><p>"Parce que..." dit Harry. "Je veux dire... toi et moi <emphasis>n'avons pas</emphasis>... pendant les derniers jours... "</p><p><emphasis>La ferme</emphasis>, sugg�ra un composant interne de Harry qui semblait avoir �t� r�cemment allou� � la r�solution des probl�mes li�s � Hermione.</p><p>Cette derni�re ne semblait de toute fa�on pas lui pr�ter une attention particuli�re. Elle regarda juste son assiette, puis, au bout environ dix secondes d'un silence g�n�, elle commen�a � manger ses tranches de tomate, l'une apr�s l'autre, sans s'interrompre.</p><p>Harry d�tourna les yeux de Hermione et commen�a � manger une part de tarte qui, comme il le d�couvrait � l'instant, venait de se mat�rialiser dans son assiette.</p><p>"Donc !" dit soudain Hermione Granger apr�s avoir silencieusement exp�di� quasiment tout le contenu de son assiette. "Il se passe quelque chose aujourd'hui ?"</p><p>"Euh..." dit Harry. Il regarda autour de lui avec d�sespoir comme � la recherche d'une chose-se-passant qu'il aurait pu utiliser comme chair � conversation.</p><p>Et il fut donc le premier � les voir et � pointer du doigt vers eux sans dire un mot, m�me si le crescendo soudain de murmures qui traversa la grande salle r�v�la que de nombreux autres les avaient aussi vus.</p><p>La teinte distinctement cramoisi des robes aurait �t� reconnaissable n'importe o�, mais le cerveau de Harry mit quand m�me quelques instants � remettre les visages. Un homme au visage pseudo-asiatique, solennel, et aujourd'hui plut�t sinistre. Un homme dont le regard per�ant balayait la salle, ses longs cheveux noirs attach�s dans son dos en queue de cheval. Un homme fin, p�le et mal ras�, avec un visage si inexpressif qu'on l'aurait cru de pierre. Harry mit un moment � remettre les visages et � se souvenir des noms, de ce lointain jour de janvier o� le D�traqueur �tait venu � Poudlard : <emphasis>Komodo, Butnaru, Goryanof</emphasis>.</p><p>"Un trio d'Aurors ?" dit �trange d'une voix �trangement joyeuse. "Eh bien, je me demande ce qu'ils font ici."</p><p>Dumbledore �tait lui aussi avec eux, l'air plus inquiet que Harry ne l'avait jamais vu ; et apr�s quelques instants d'immobilit� pendant lesquels les yeux du sorcier parcoururent la grande salle et que les �l�ves murmur�rent par-dessus leurs assiettes, il pointa le doigt...</p><p>...droit vers Harry.</p><p>"Oh, <emphasis>quoi</emphasis> maintenant," marmonna Harry. Ses pens�es �taient bien plus paniqu�es et il se demandait avec d�sespoir si quiconque �tait parvenu � le relier � l'intrusion � Azkaban. Il regarda la table d'honneur en essayant de rendre son coup d'�il nonchalant et se rendit compte que le professeur Quirrell �tait introuvable ce matin...</p><p>Les Aurors s'approch�rent de lui � grands pas vifs, Auror Goryanof depuis l'autre c�t� de la table Serdaigle comme pour bloquer toute fuite dans cette direction, Aurors Komodo et Butnaru depuis le flanc de Harry, et le directeur sur les talons de Komodo.</p><p>Toutes les conversations s'�tait fig�es en un silence absolu.</p><p>Les Aurors s'approch�rent de la place de Harry et l'encercl�rent sur trois c�t�s.</p><p>"Oui ?" dit Harry aussi normalement que possible. "Qu'y a-t-il ?"</p><p>"Hermione Granger," dit Auror Komodo d'une voix sans timbre, "vous �tes en �tat d'arrestation pour avoir tent� d'assassiner Draco Malfoy."</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 79*: Compromis Tabous, pt 1</strong></p><p>"<emphasis>Hermione Granger," dit l'Auror Komodo d'une voix sans timbre, "vous �tes en �tat d'arrestation pour avoir tent� d'assassiner Draco Malfoy."</emphasis></p><p>Les mots chut�rent dans l'esprit de Harry et bris�rent ses pens�es en un milliers d'�clats d'incr�dulit�. Le choc caus� par l'adr�naline causa tant de confusion que...</p><p>"Elle..." dit-il. "Elle... Elle ne... QUOI ?"</p><p>Les Aurors ne faisaient pas attention � lui. Komodo parla de nouveau, toujours de cette voix fade. "M. Malfoy a repris conscience � Ste Mangouste et vous a nomm�, vous, Hermione Granger, comme son agresseur. Il a r�p�t� ces accusations sous l'effet de deux gouttes de Veritaserum. Le sortil�ge de refroidissement sanguin que vous lanc� sur M. Malfoy l'aurait tu� s'il n'avait pas �t� trouv� et soign�, et il nous faut supposer que vous saviez que ce sortil�ge est fatal. Vous �tes donc inculp�e d'un crime s�rieux : je vous arr�te pour tentative de meurtre. Vous serez mise sous garde du minist�re et interrog�e sous l'effet de trois gouttes de Veritaserum..."</p><p>"<emphasis>Vous �tes dingues ?"</emphasis> les mots jaillirent de la bouche de Harry alors qu'il se levait violemment de la table Serdaigle, un instant avant que la main de l'Auror Butnaru ne se pose avec force sur son �paule. Harry l'ignora. "Vous essayez d'arr�ter <emphasis>Hermione Granger</emphasis>, la plus gentille fille de Serdaigle, elle aide les Poufsouffles � faire leurs devoirs, elle <emphasis>mourrait</emphasis> plut�t que d'essayer de tuer <emphasis>qui que ce soit..."</emphasis></p><p>Le visage de Hermione s'�tait effondr�. "Je l'ai fait," chuchota-t-elle. "C'�tait moi."</p><p>Un autre rocher immense tomba sur les pens�es de Harry, broya leur fragile structure, fit tomber des fragments de compr�hension en poussi�re.</p><p>Le visage de Dumbledore semblait avoir vieilli de plusieurs d�cennies en quelques secondes. "Pourquoi, Mlle Granger ?", dit-il d'une voix qui d�passait � peine le niveau du murmure. "Pourquoi feriez-vous un chose pareille ?"</p><p>"Je," dit Hermione, "je, je suis... D�sol�e... Je ne sais pas pourquoi j'ai..." Elle sembla s'effondrer sur elle-m�me, sa voix n'�tait plus que des sanglots, et les seuls mots qu'on put comprendre furent : "Je pensais... L'ai tu�... D�sol�e..."</p><p>Et Harry aurait d� dire quelque chose, faire quelque chose, bondir de son si�ge, �tourdir les trois Aurors, trouver quelque chose d'incroyablement intelligent � faire ensuite, mais les fragments par deux fois bris�s de ses pens�es ne pouvaient plus rien produire. La main de Butnaru ramena gentiment mais fermement Harry sur son banc et Harry se retrouva <emphasis>coinc�</emphasis> l� comme s'il y avait �t� coll�. Il essaya de se saisir de sa baguette pour lancer un <emphasis>Finite</emphasis> mais elle ne voulait pas sortir de sa poche. Les trois Aurors et Dumbledore escort�rent Hermione hors de la grande salle au milieu d'une temp�te naissante de cris de protestations et les portes commenc�rent � se refermer derri�re eux � plus rien n'avait de sens, l'irr�alit� avait atteint son apog�e, comme s'il avait �t� transport� dans un monde parall�le, l'esprit de Harry revint alors en un �clair � un autre jour de confusion, et dans un acte d'inspiration d�sesp�r�e il comprit enfin ce que les jumeaux Weasleys avaient fait � Rita Skeeter. Sa voix s'�leva, devenue un cri : "HERMIONE CE N'�TAIT PAS TOI ON T'� LANC� UN SORT DE FAUX SOUVENIRS !"</p><p>Mais les portes s'�taient d�j� referm�es.</p><empty-line/><p>Minerva n'aurait pas pu rester immobile. Elle marchait de long en large dans le bureau du directeur, s'attendant � demi consciemment � ce que Severus ou Harry lui disent d'arr�ter et de s'asseoir, mais ni le ma�tre des potions ni le Survivant ne semblaient tr�s pr�occup�s par elle et leurs regards � tous les deux �taient concentr�s sur Albus Dumbledore, qui venait d'�merger de la chemin�e. Il y avait des sons environnants mais personne ne les entendait. Severus semblait plus d�tach� que jamais, assis dans une petite chaise rembourr�e situ�e � c�t� du bureau du directeur. Le vieux sorcier s'�levait, terrible et droit, � c�t� du feu encore allum�, v�tu d'une robe de nuit sans lune, irradiant de pouvoir et de d�sarroi. Toutes les pens�es de Minerva �taient faite de confusion et d'horreur pure. Harry Potter �tait assis sur un tabouret de bois, les doigts riv�s au si�ge, et ses yeux �taient faits de furie et de glace.</p><p>� six heures et trente-trois minutes du matin, Quirinus Quirrell avait appel� Ste Mangouste par cheminette depuis son propre bureau pour y faire imm�diatement r�cup�rer Draco Malfoy. Le professeur Quirrell avait trouv� M. Malfoy dans la salle des troph�es de Poudlard, � l'article de la mort, victime des effets prolong�s d'un sortil�ge de refroidissement sanguin qui avait lentement abaiss� la temp�rature de son corps. Le professeur Quirrell avait imm�diatement dissip� le charme, avait lanc� des sortil�ges stabilisants sur M. Malfoy et l'avait fait l�viter jusqu'� son bureau afin de l'envoyer � Ste Mangouste par cheminette pour que son traitement s'y poursuive ; Apr�s cela, le professeur Quirrell avait inform� le directeur, mentionnant bri�vement les faits avant de dispara�tre dans la cheminette : les Aurors, avis�s par Ste Mangouste, avaient requis sa pr�sence afin qu'il soit questionn�.</p><p>Il �tait clair que l'intention derri�re le sortil�ge de refroidissement sanguin avait �t� de tuer Draco Malfoy si lentement que les syst�mes de s�curit� de Poudlard, r�gl�s pour d�tecter les blessures, ne se d�clenchent pas. Interrog� par les Aurors, le professeur Quirrell leur avait dit qu'il avait lanc� plusieurs sortil�ges de surveillance sur Draco Malfoy apr�s son retour des vacances de Yule. Il avait lanc� ces sortil�ges de surveillance car il avait appris l'existence d'une personne qui poss�dait un motif de faire du mal � M. Malfoy. Le professeur Quirrell avait refus� d'identifier cette personne. Les sortil�ges de surveillances lanc�s par le professeur avaient �t� d�clench�s lorsque la sant� de M. Malfoy �tait tomb�e en-dessous d'un certain niveau plut�t qu'� cause de changements soudains et avait donc alert� le professeur Quirrell avait que M. Malfoy ne meure.</p><p>Deux gouttes de Veritaserum, suffisantes pour emp�cher M. Malfoy d'omettre tout qualificatif de ses d�clarations, qu'il soit m�lioratif ou p�joratif, avaient r�v�l�es que ce dernier avait � l�galement selon les lois des maisons Nobles, ill�galement selon les r�gles de Poudlard � provoqu� Hermione Granger en duel. M. Malfoy avait gagn� le duel mais avait alors, en partant, �t� attaqu� dans le dos par Mlle Granger qui lui avait lanc� un sortil�ge d'�tourdissement. M. Malfoy ignorait tout de ce qui s'�tait pass� ensuite.</p><p>Trois gouttes de Veritaserum, qui l'avaient forc�e � spontan�ment fournir toute information en rapport avec l'affaire, avaient permises de voir Hermione Granger confesser qu'elle avait �tourdit M. Malfoy par derri�re et avait alors, sur un coup de col�re, lanc� le sortil�ge de refroidissement sanguin � son encontre avec l'intention de le tuer assez lentement pour �chapper � toute d�tection par les syst�mes de s�curit� de Poudlard dont elle avait appris le fonctionnement en lisant <emphasis>Poudlard : Une Histoire</emphasis>. Elle avait �t� horrifi�e par son acte en se r�veillant le lendemain matin mais n'avait dit � personne ce qu'elle avait fait, croyant que M. Malfoy �tait d�j� mort � comme il l'aurait certainement �t� au bout de sept heures si la magie de son propre corps n'avait pas r�sist� aux effets du sortil�ge de refroidissement sanguin.</p><p>"Son proc�s," dit Albus Dumbledore, "est pr�vu pour demain, midi."</p><p>"<emphasis>Quoi ?"</emphasis> les mots jaillirent de Harry Potter. Le Survivant ne se leva pas de sa chaise mais Minerva vit les doigts de ce dernier blanchir lorsqu'ils agripp�rent le tabouret de bois sur lequel il �tait assis. "C'est de la folie ! On ne peut pas faire une enqu�te de police en vingt-quatre heures..."</p><p>Le ma�tre des potions �leva la voix. "Nous ne sommes pas en Angleterre <emphasis>moldue</emphasis>, M. Potter !" Le visage de Severus �tait aussi inexpressif que d'habitude mais le mordant de ses mots �tait ac�r�. "Les Aurors ont une accusation sous Veritaserum et une confession sous Veritaserum. De leur point de vue, cette enqu�te est <emphasis>termin�e</emphasis>."</p><p>"Pas tout � fait," dit Dumbledore au moment o� Harry sembla �tre sur le point d'exploser. "J'ai insist� aupr�s d'Amelia afin que cette affaire soit l'objet d'un examen des plus approfondis. Malheureusement, comme le funeste duel s'est d�roul� � minuit..."</p><p>"Duel <emphasis>suppos�</emphasis>," dit Harry d'un ton brusque.</p><p>"Comme le duel <emphasis>suppos�</emphasis> �tait � minuit � oui Harry, tu as tout � fait raison � il est hors de port�e de tout Retourneur de Temps..."</p><p>"<emphasis>Suppos�ment</emphasis> aussi," dit le Survivant avec froideur. "Et assez <emphasis>�trangement</emphasis>, puisque la pr�sum�e coupable de meurtre ignore l'existence des Retourneur de Temps. J'esp�re qu'un Auror invisible a �t� envoy� dans le pass� aussi loin que possible afin d'observer..."</p><p>Dumbledore inclina la t�te. "J'y ai �t� <emphasis>moi-m�me</emphasis>, Harry, au moment o� je l'ai appris. Mais lorsque j'ai atteint la salle des troph�es, M. Malfoy �tait d�j� inconscient et Mlle Granger �tait partie..."</p><p>"Non," dit Harry Potter. "Vous avez atteint la salle des troph�es et avez vu Draco inconscient. C'est tout ce que vous avez observ�, M. le directeur. Vous n'avez pas <emphasis>vu</emphasis> Hermione dans la salle, pas plus que vous ne l'avez vue partir. Distinguons les observations des inf�rences." Le visage du gar�on se tourna vers elle. "Imperius, Oubliettes, Sortil�ge de faux souvenirs, L�gilimancie. Professeur McGonagall, ais-je omis un sortil�ge affectant l'esprit qui aurait pu pousser Hermione � faire �a ou � lui faire croire qu'elle l'a fait ?"</p><p>"Le sortil�ge de confusion," dit-elle. Et elle n'avait jamais �tudi� les arts noirs, mais elle savait... "ainsi que certains rituels noirs. Mais aucun d'entre eux ne pourrait �tre r�alis� � Poudlard sans provoquer d'alarme."</p><p>Le gar�on hocha la t�te. Ses yeux s'adressaient toujours directement � elle. "Lesquels de ces sortil�ges peuvent �tre d�tect�s ? Lesquels les Aurors essaieraient-ils de d�tecter ?"</p><p>"Le sortil�ge de confusion s'estomperait au bout de quelques heures," dit-elle apr�s avoir rassembl� ses pens�es pendant quelques instants. "Mlle Granger se souviendrait de l'Imperius. Oubliettes ne peut �tre d�tect� par aucun moyen connu, mais seul un professeur aurait pu lancer ce sortil�ge sur un �l�ve sans provoquer d'alerte dans les syst�mes de s�curit� de Poudlard. La L�gilimancie... ne peut �tre d�tect�e que par un autre Legilimens, il me semble..."</p><p>"J'ai demand� � ce que Mlle Granger soit examin�e par le Legilimens de la cour," dit Dumbledore. "L'examen a montr�..."</p><p>"Faisons-nous confiance � cet homme ?" dit Harry.</p><p>"� cette femme," dit Dumbledore. "Sophie McJorgenson, dont je me souviens comme d'une honn�te �l�ve de Serdaigle, et elle li�e par un v�u ind�faisable � r�v�ler sinc�rement ce qu'elle a vu..."</p><p>"Quelqu'un d'autre aurait-il pu se polynectarer en elle ?" dit Harry Potter, interrompant de nouveau. "Qu'avez-vous <emphasis>observ�</emphasis>, M. le directeur ?"</p><p>Albus dit d'un ton grave, "une personne qui ressemblait � Mme McJorgenson nous a dit qu'un seul Legilimens avait l�g�rement touch� l'esprit de Mlle Granger il y a plusieurs mois. Cela date de janvier, Harry, lorsque j'ai communiqu� avec Mlle Granger au sujet d'un certain D�traqueur. Cela �tait attendu, mais ce � quoi je ne m'attendais pas, c'est le reste de ce que Sophie a d�couvert." Le vieux sorcier pivota et regarda dans le feu de cheminette, laissant les flammes oranges se refl�ter sur son visage. "Comme tu l'as dit, Harry, un sortil�ges de faux souvenirs constitue une possibilit� ; lorsqu'ils sont parfaitement lanc�s, ils sont indistinguables de v�ritables souvenirs..."</p><p>"Cela ne me surprend pas," interrompit Harry. "Les �tudes ont montr� que les souvenirs humains sont plus ou moins r��cris � chaque fois que l'on se les rem�more..."</p><p>"Harry," dit doucement Minerva, et la bouche de Harry se referma d'un coup sec.</p><p>Le vieux sorcier continua "� mais un sortil�ge de faux souvenirs d'une telle qualit� demande autant de temps qu'il en faut pour cr�er un v�ritable souvenir. Cr�er un souvenir d�taill� de dix minutes exige dix minutes d'efforts. Et selon le Legilimens de la cour," le visage d'Albus semblait maintenant encore plus fatigu� et rid� qu'avant, "Mlle Granger est obs�d�e par M. Malfoy depuis le jour o� Severus... lui a cri� dessus. Elle a song� � comment M. Malfoy pourrait �tre en lice avec le professeur Rogue, comment il pourrait se pr�parer � faire du mal � elle et � Harry, elle l'a imagin� pendant des heures, tous les jours... il serait impossible de cr�er de faux souvenirs d'une dur�e aussi longue."</p><p>"L'apparence de la folie..." murmura doucement Severus, comme s'il se parlait � lui-m�me. "Cela <emphasis>pourrait-il</emphasis> �tre naturel ? Non, c'est trop d�sastreux pour �tre un pur accident ; trop utile � <emphasis>quelqu'un</emphasis>, je n'en doute pas. Une drogue moldue, peut-�tre ? Mais cela ne suffirait pas... la folie de Mlle Granger devrait �tre <emphasis>guid�e</emphasis>..."</p><p>"Ah !" dit soudain Harry. "J'ai compris. Le <emphasis>premier</emphasis> sortil�ge de faux souvenirs a �t� lanc� sur Hermione apr�s que le professeur Rogue lui ait cri� dessus et lui montrait, disons, que Draco et le professeur Rogue complotaient dans le but de la tuer. La nuit derni�re, le faux souvenir a �t� <emphasis>enlev�</emphasis> par un sortil�ge d'Oubliettes, laissant derri�re les souvenirs de sa fixation sans raison apparente sur Draco, et au m�me moment, lui et Draco ont re�u de faux souvenirs du duel."</p><p>Minerva cilla de surprise. Elle n'aurait pas pens� � cette possibilit� en mille ans de r�flexion.</p><p>Le ma�tre de des potions fron�ait pensivement les yeux, comme absorb�. "La <emphasis>r�action</emphasis> � un sortil�ge de faux souvenirs est difficile � pr�dire, M. Potter, sans L�gilimancie. Le sujet ne r�agit pas toujours comme pr�vu lorsqu'il se souvient pour la premi�re fois du faux souvenir. Cela aurait �t� un stratag�me risqu�. Mais j'imagine que c'est l'un des moyens que le professeur Quirrell aurait pu employer."</p><p>"<emphasis>Le professeur Quirrell ?"</emphasis> dit Harry. "Quel motif pourrait-il avoir pour..."</p><p>Le ma�tre des potions dit s�chement : "Le professeur de D�fense est toujours un suspect, M. Potter. Vous remarquerez cette tendance, avec le temps."</p><p>Albus leva un main, demandant le silence, et leurs t�tes se tourn�rent pour le regarder. "Mais dans ce cas, il y a un autre suspect," dit doucement Albus. "Voldemort."</p><p>Le plus mortel des mots impronon�ables sembla faire �cho � travers la pi�ce et oblit�rer la chaleur des flammes oranges du foyer.</p><p>"J'ignore," dit lentement le vieux sorcier, "je ne sais que trop peu des m�thodes par lesquelles Voldemort compte atteindre l'immortalit�. Je crois qu'il s'est mis en qu�te de ces livres avant que je ne le fasse. Tout ce que j'ai pu trouver, ce sont d'anciennes l�gendes, �parpill�s entre trop de volumes pour qu'il puisse tous les subtiliser. Mais trouver la v�rit� entre plusieurs histoires constitue aussi l'un des arts sorciers, et je me suis efforc� d'y parvenir. Il y a un sacrifice humain, un meurtre ; de cela, je suis certain. Commis du sang le plus froid, la victime morte d'horreur. Et de vieilles, de tr�s vieilles l�gendes de sorciers poss�d�s, commettant des actes fous, se clamant �tre des Seigneur des T�n�bres qu'on croyait vaincus ; et il y a souvent un appareil poss�d� par ce Seigneur des T�n�bres que le sorcier manie..." Albus regarda Harry, les yeux anciens scrutant les pupilles plus jeunes. "Harry, je pense � mais tu diras que ce n'est qu'une inf�rence � que commettre un meurtre s�pare l'�me en deux. Que par un rituel de l'horreur la plus sombre, le fragment d'�me arrach� est encha�n� � ce monde. � un objet mat�riel appartenant � ce monde. Et qui doit �tre ou qui devient alors un artefact charg� de puissance."</p><p><emphasis>Horcruxe</emphasis>. Le terrible mot fit �cho dans l'esprit de Minerva, m�me s'il semblait que � pour une raison qu'elle ignorait � Albus se refusait � prononcer ce mot devant Harry.</p><p>"Et par cons�quent," conclut doucement le vieux sorcier," le reste de l'�me est li�e � cette partie encha�n�e et demeure ici alors que son corps a �t� d�truit. Je pense que ce serait une existence triste et douloureuse, plus vile que celle d'un esprit, plus vile que celle du pire des fant�mes..." Les yeux du vieux sorcier �taient fix�s sur ceux de Harry, qui le regardait en retour en plissant les yeux. "Il faudrait du temps pour que cette �me mutil�e r�cup�re un semblant de vie. Je crois que c'est pour cela que nous avons eu ce sursis de dix ans, que c'est pour cela que Voldemort n'est pas encore revenu. Mais � force... ce revenant pourrait devenir capable de s'�lever � nouveau." Le vieux sorcier s'exprimait avec une pr�cision sinistre. "Il est clair, selon les histoires, que les Seigneur des T�n�bres qui revinrent en poss�dant le corps d'un autre �taient ma�tres d'une magie inf�rieure � celles qu'ils avaient jadis connue. Je ne pense pas que Voldemort se satisfera de cela. Il choisirait un autre moyen de revivre. Mais Voldemort �tait plus Serpentard que Salazar, il se saisissait de la moindre opportunit�. Il <emphasis>utiliserait</emphasis> cet �tat piteux, il <emphasis>utiliserait</emphasis> sa capacit� � prendre possession d'un autre s'il avait une raison de le faire. S'il pouvait b�n�ficier de... l'explicable furie d'un autre." La voix d'Albus n'�tait presque plus qu'un murmure. "Je soup�onne que c'est cela qui est arriv� � Mlle Granger."</p><p>La gorge de Minerva devint tr�s s�che. "Il est <emphasis>ici</emphasis>," hoqueta-t-elle. "<emphasis>Ici</emphasis>, �<emphasis> Poudlard</emphasis>..."</p><p>Puis elle se tut, car la <emphasis>raison</emphasis> pour laquelle Voldemort �tait venu � Poudlard...</p><p>Le vieux sorcier ne la regarda que bri�vement et dit, toujours de ce murmure : "Je suis navr� Minerva, tu avais raison."</p><p>La voix de Harry �tait tranchante. "Raison � quel sujet ?"</p><p>"Son meilleur moyen de revivre," dit Dumbledore avec gravit�. "La voie qu'il d�sire le plus, par laquelle il s'�l�verait � nouveau, plus fort et plus terrible que jamais auparavant. Elle est gard�e ici, dans ce ch�teau..."</p><p>"Excusez-moi," dit poliment Harry. "Est-ce que vous �tes stupide ?"</p><p>"Harry," dit-elle, mais voix �tait d�nu�e de force.</p><p>"Je veux dire, peut-�tre que vous n'avez pas remarqu�, M. le directeur, mais ce ch�teau est plein D'ENFANTS..."</p><p>"<emphasis>Je n'avais pas le choix !"</emphasis> mugit Dumbledore. Les yeux bleus �tincelaient � pr�sent sous les verres en demi-lune. "Je ne la <emphasis>poss�de</emphasis> pas, cette chose que Voldemort d�sire. Elle appartient � un autre et elle est maintenue ici avec <emphasis>son</emphasis> consentement ! J'ai <emphasis>demand�</emphasis> si elle pouvait �tre gard�e au d�partement des myst�res. Mais <emphasis>il</emphasis> ne l'a pas permis � il a dit qu'elle devait �tre dans l'enceinte de Poudlard, sous la protection de ses Fondateurs -" Dumbledore se passa une main se le front." Non," continua le vieux sorcier d'une voix plus basse. "Je ne peux pas lui transmettre le bl�me. Il a raison. Cette chose contient trop de pouvoir, trop de choses d�sir�e par les hommes. J'ai reconnu que le pi�ge devait �tre tendu derri�re les murs de Poudlard, l� o� mon pouvoir r�side." Le vieux sorcier inclina la t�te. "Je savais que Voldemort parviendrait � se faufiler jusqu'ici et je comptais le prendre au pi�ge. Je ne pensais pas � je ne r�vais pas � qu'il s'�terniserait dans une forteresse ennemie un instant de plus que n�cessaire."</p><p>"Mais ," dit Severus, assez perplexe, "que le Seigneur des T�n�bres pourrait-il avoir � gagner en tuant le seul descendant de Lucius ?"</p><p>"Remarque d'ordre pratique," dit Harry Potter, un tranchant ac�r� dans la voix. "Les motifs de la personne qui est derri�re tout cela, quelle qu'elle soit, ne sont pas le probl�me principal. Notre principale priorit� pour l'instant est qu'un �l�ve innocent de Poudlard a des <emphasis>probl�mes </emphasis>!"</p><p>Les yeux verts se braqu�rent sur le bleu lorsque Albus Dumbledore rendit son regard au Survivant...</p><p>"Tout � fait, M. Potter," dit Minerva, elle n'y avait m�me pas r�fl�chi, les mots semblaient juste sauter hors de ses l�vres. "Albus, qui surveille Mlle Granger en ce moment ?"</p><p>"Le professeur Flitwick est all� la voir," dit le directeur.</p><p>"Elle a besoin d'un <emphasis>avocat</emphasis>," dit Harry. "Quelqu'un qui se contente de dire 'c'�tait moi' � la police..."</p><p>"Malheureusement," dit Minerva en se rapprochant sans s'en rendre compte du ton s�v�re du professeur McGonagall, "je doute qu'un avocat serait d'une quelconque utilit� � ce Mlle Granger � ce stade, M. Potter. Elle fera face au jugement du Magenmagot et il est hautement improbable qu'il la lib�rent � cause d'un vice de proc�dure."</p><p>Harry la regardait avec une expression de plus incr�dules, comme si la suggestion que Hermione puisse se passer d'un avocat �tait analogue � celle qu'il faille l'immoler par le feu.</p><p>"Elle a raison, M. Potter," dit doucement Severus. "Peu de proc�dures judiciaires dans ce pays font appel � des avocats."</p><p>Harry souleva ses lunettes et se frotta les yeux. "Tr�s bien. Et comment exactement tire-t-on Hermione d'affaire ? J'imagine que ce serait trop d'esp�rer qu'une fois tous les avocats partis, les juges comprennent les concepts de 'sens commun' et de 'probabilit� � priori' assez bien pour se rendre compte que les filles de douze ans ne commettent essentiellement jamais de meurtre ?"</p><p>"C'est au Magenmagot qu'elle fait face," dit Severus. "Les plus anciennes des maisons Nobles, et certains autres sorciers influents." Le visage de Severus se tordit en quelque chose qui s'approchait de son sarcasme habituel. "Quant � ce qu'ils fassent preuve de sens commun... vous pourriez aussi bien vous attendre � ce qu'ils vous fassent un sandwich au bacon, Potter."</p><p>Harry hocha la t�te, m�choire serr�e. "� quelle peine Hermione fait-elle face, exactement ? Baguette confisqu�e, expulsion..."</p><p>"Non," dit Severus. "Rien d'aussi l�ger. Faites-vous expr�s de ne pas comprendre, Potter ? Elle fait face au <emphasis>Magenmagot</emphasis>. Il n'y a pas de peine pr��crite. Il n'y a que le vote."</p><p>Harry Potter murmura : "<emphasis>L'autorit� de la loi, en ces temps complexes, s'est av�r�e d�ficiente. Nous aimons mieux l'autorit� des hommes, elle est beaucoup plus efficace...</emphasis> Alors il n'y a aucune contrainte l�gale ?"</p><p>De la lumi�re miroita sur les lunettes en demi-lune du vieux sorcier ; il parla avec pr�caution mais pas sans col�re. "L�galement, Harry, nous avons affaire � une dette de sang de Hermione Granger envers la maison Malfoy. Le Lord des Malfoy propose un remboursement de cette dette et le Magenmagot vote sur cette proposition. C'est tout."</p><p>"Mais..." dit lentement Harry. "Lucius a �t� r�parti � Serpentard, il <emphasis>doit</emphasis> se rendre compte que Hermione n'est qu'un pion. Pas celle � qui il devrait vraiment en vouloir. Pas vrai ?"</p><p>"Non, Harry Potter," dit lourdement Albus Dumbledore. "C'est ce que tu <emphasis>souhaites</emphasis> que Lucius Malfoy pense. Lucius Malfoy lui-m�me... ne partagera pas ton d�sir de le voir penser ainsi."</p><p>Harry regarda le directeur d'un regard qui devint de plus en plus froid tandis qu'au m�me moment, Minerva dut resserrer sa prise sur ses �motions, arr�ter ses d�ambulations et essayer de respirer. Elle avait essay� de ne pas y penser, de garder ses pens�es � l'�cart, mais elle le savait. Elle l'avait su depuis l'instant o� elle avait entendu la nouvelle. Elle pouvait le voir dans les yeux d'Albus...</p><p>"Risque-t-elle la peine capitale ?" dit doucement Harry, et des frissons descendirent le long de la colonne vert�brale de Minerva lorsqu'elle entendit les nuances contenues dans la voix qui avait prononc� ces mots.</p><p>"Non," dit Albus. "Non, pas le Baiser, pas Azkaban, pas pour une �l�ve de Poudlard en premi�re ann�e. Notre pays n'est pas perdu � ce point, pas encore."</p><p>"Mais Lucius Malfoy", dit Severus d'une voix sans timbre, "ne sera certainement pas satisfait de ne voir que sa baguette confisqu�e."</p><p>"Tr�s bien," dit Harry avec autorit�. "Comme je vois les choses, nous avons essentiellement deux plans d'action. Premier plan, trouver le v�ritable coupable. Second plan, pouvoir influencer Lucius. Le professeur Quirrell a sauv� la vie de Draco, cela cr��-t-il une dette de sang de la maison Malfoy envers lui qu'il pourrait racheter pour annuler celle de Hermione ?"</p><p>Minerva cilla � nouveau de surprise.</p><p>"Non," dit Dumbledore. Le vieux sorcier secoua la t�te. "C'�tait une id�e maline, mais non, Harry, j'ai peur que non. M�me au cas peu probable o� le professeur de D�fense s'av�rerait appartenir � une maison Noble, il existe une exception lorsque le Magenmagot soup�onne qu'une dette a �t� cr�� d�lib�r�ment et dans ce but pr�cis. Et le professeur de D�fense est loin d'�tre au-dessus de tout soup�on. C'est ce que Lucius soutiendrait."</p><p>Harry hocha une fois la t�te, le visage serr�. "Un roturier peut donc avoir un dette de sang envers une maison Noble, mais pas l'inverse. Je ne sais pas pourquoi mais je ne suis pas surpris. Mais la maison Potter <emphasis>est</emphasis> une maison Noble, � ce que j'ai compris. M. le directeur, je sais que j'ai dit que je ne le ferai pas � mais �tant donn� les circonstances � cette fois o� Draco m'a lanc� un sortil�ge de torture, est-ce une dette suffisante pour..."</p><p>"Non," dit le vieux sorcier (au moment m�me o� elle l�chait un "Quoi ?" et o� Severus soulevait un sourcil). "Cela n'aurait pas suffit, et ce n'est plus une dette du tout. Tu es un Occlumens et tu ne peux pas t�moigner sous Veritaserum. Draco Malfoy pourrait �tre purg� de son souvenir de l'�v�nement avant de pouvoir t�moigner..." Albus h�sita. "Harry... quoi que tu aies fait avec Draco, tu dois partir du principe que Lucius Malfoy sera bient�t au courant."</p><p>La t�te de Harry plongea dans ses mains. "Il va donner du Veritaserum � Draco."</p><p>"Oui," dit doucement Albus.</p><p>Le Survivant ne dit rien, assit, la t�te entre les mains.</p><p>Le ma�tre des potions avait l'air sinc�rement abasourdi. "Draco essayait <emphasis>vraiment</emphasis> d'aider Mlle Granger," dit-il. "Vous... Potter, vous l'avez <emphasis>vraiment</emphasis>..."</p><p>"Fait changer de camp ?" dit Harry entre ses mains. "J'en �tais � peu pr�s aux trois quarts. Je lui ai appris le Patronus et tout �a. Mais maintenant, je ne sais pas ce qui va se passer."</p><p>"Voldemort nous a s�v�rement atteints aujourd'hui," dit Albus. La voix du vieux sorcier rappelait l'apparence du gar�on dont la t�te �tait entre ses mains. "Il a pris deux de nos pi�ces d'un seul... non. J'aurais d� le voir plus t�t. Il a pris deux des pi�ces de <emphasis>Harry</emphasis> d'un seul coup. Voldemort a recommenc� son jeu, pas contre moi mais contre <emphasis>Harry</emphasis>. Voldemort conna�t la proph�tie, il sait qui sera son dernier ennemi. Il n'attend pas d'avoir � faire face � Hermione Granger et Draco Malfoy aux c�t�s de Harry lorsqu'ils auront grandi. Il s'en prend � eux <emphasis>maintenant</emphasis>."</p><p>"Peut-�tre est-ce Vous-Savez-Qui, peut-�tre pas," dit Harry d'une voix l�g�rement instable. "Ne r�tr�cissons pas l'espace de nos hypoth�ses pr�matur�ment." Harry inspira et abaissa les mains. "L'autre possibilit� est de coincer le v�ritable coupable avant le proc�s � ou au moins de trouver de bonnes preuves que <emphasis>quelqu'un d'autre</emphasis> est coupable."</p><p>"M. Potter," dit Minerva. "Le professeur Quirrell a parl� aux Aurors d'une personne ayant un motif de faire du mal � Malfoy. Savez-<emphasis>vous</emphasis> de qui il parlait ?"</p><p>"Oui," dit Harry apr�s avoir h�sit�. "Mais je pense que je poursuivrai cette partie de mon enqu�te avec le professeur de D�fense � tout comme je n'aurais pas souhait� avoir le professeur Quirrell dans cette pi�ce lorsque nous discutions de la fa�on dont nous allions enqu�ter sur <emphasis>lui</emphasis>."</p><p>"Il me soup�onne ?" dit Severus, puis il eut un rire bref. "Ah, mais �videmment qu'il me soup�onne."</p><p>"Mon plan," dit Harry, "est d'aller voir la salle des troph�es ou le suppos� duel a eu lieu et de voir si je peux d�couvrir quoi que ce soit d'anormal. Si vous pouviez dire aux Aurors sur l'enqu�te de me laisser passer..."</p><p>"Quels Aurors sur l'enqu�te ?" dit Severus d'une voix sans timbre.</p><p>Harry Potter prit une profonde inspiration, la laissa lentement s'�chapper, puis parla de nouveau. "Dans les livres policiers, un crime met g�n�ralement plus d'une journ�e � �tre r�solu, mais vingt-quatre heures repr�sentent � non, <emphasis>trente</emphasis> heures repr�sentent mille huit cent minutes. Et je peux songer � au moins un autre endroit important o� chercher des indices � m�me si ce devra �tre fait par quelqu'un qui peut se rendre dans le dortoir des filles de Serdaigle. Lorsque Hermione se battait contre les brutes, elle trouvait des mots sous son oreiller chaque matin qui lui disaient o� aller..."</p><p>"<emphasis>Albus..."</emphasis> gronda Minerva.</p><p>"Je ne les ai pas envoy�es," dit le vieux sorcier. Ses sourcils blancs s'�taient �lev�s sous le coup de la surprise. "J'ignorais tout de cela. Pensez-vous qu'on se jouait d'elle, Harry ?"</p><p>"C'est une possibilit�," dit-il. "D'autant plus que vous ne connaissez pas encore une autre pi�ce puzzle." La voix de Harry baissa d'un ton et devint plus intense. "M. le directeur, vous savez d�j� que j'ai obtenu la cape d'invisibilit� de mon p�re par quelqu'un qui a laiss� un mot sous mon oreiller en disant que c'�tait un cadeau de No�l en avance. Je pense que nous devons supposer que c'est la m�me personne qui laissait des mots sous l'oreiller de Hermione..."</p><p>"Harry," dit le vieux sorcier, et il h�sita l'espace d'un instant. "Te rendre la cape de ton p�re ne semble pas �tre le fait d'un ennemi..."</p><p>"<emphasis>�coutez</emphasis>," dit Harry Potter avec une note d'urgence dans la voix. "Ce que vous <emphasis>ignorez</emphasis> c'est qu'apr�s que Bellatrix Black se soit �chapp�e d'Azkaban, j'ai trouv� un autre mot sous mon oreiller, sign� 'P�re No�l', qui me disait qu'il avait entendu dire que vous m'enfermiez � Poudlard et qu'il me donnait une issue vers l'institut des sorci�res de Salem, aux �tats-Unis. Le mot �tat accompagn� d'un jeu de carte dont le roi de c�ur est cens� �tre un Portoloin..."</p><p>"<emphasis>M. Potter !"</emphasis> s'�cria le professeur McGonagall, elle avait parl� sans m�me y songer. "Cela pourrait tr�s bien �tre une <emphasis>tentative d'enl�vement </emphasis>! Vous auriez d�..."</p><p>"<emphasis>Oui</emphasis>, professeur, j'ai r�agi de fa�on sens�e", dit le gar�on d'un ton �gal. "<emphasis>Au vu des circonstances</emphasis>, j'ai r�agi de fa�on sens�e. J'en ai parl� au professeur Quirrell. Et selon le professeur Quirrell, ce Portoloin va quelque part � Londres � il n'est d�finitivement pas assez puissant pour �tre un Portoloin international. Il demeure <emphasis>possible </emphasis>que la personne qui m'a envoy� le mot soit honn�te et que cet endroit � Londres ne soit qu'une gare interm�diaire." Le gar�on fouilla dans ses robes et en sortit un jeu de cartes ainsi qu'un papier pli�. "Je vous fais confiance pour ne <emphasis>pas</emphasis> d�barquer arme au poing � je veux dire baguette au poing � juste au cas o� l'�metteur serait un de mes alli�s ou un des v�tres. Mais si c'est un pi�ge, je propose que nous le d�clenchions <emphasis>maintenant</emphasis>. Et qui que soit cette personne, prenez-la <emphasis>vivante</emphasis> afin que nous puissions la pr�senter au Magenmagot. Je ne saurais trop insister sur ce point."</p><p>Severus se leva de sa chaise, l'air r�solu, et s'avan�a vers Harry. "J'aurais besoin de l'un de vos cheveux pour le Polynectar, M. Potter..."</p><p>"Ne soyons pas h�tifs !" dit Albus. "Nous n'avons pas encore examin� les mots envoy�s � Mlle Granger ; peut-�tre n'y aura-t-il aucune ressemblance. Severus, pourriez-vous vous rendre dans son dortoir et voir si vous pouvez les trouver ?"</p><p>Harry Potter, debout afin d'offrir au ma�tre des potions un meilleur acc�s au fatras de ses cheveux, venait d'�lever les sourcils. "Vous pensez que deux personne <emphasis>diff�rentes</emphasis> se prom�nent dans Poudlard en laissant des mots sous des oreillers ?"</p><p>Severus eut un bref rire sardonique au moment o� sa main s'avan�a et arracha un cheveux qui fut bient�t pr�cautionneusement enrob� de soie. "C'est tout � fait possible. S'il y a quelque chose que j'ai appris � mon poste de directeur de Serpentard, c'est l'absurdit� des pagailles qui �mergent lorsque sont pr�sents plus d'un comploteur et plus d'un complot. Mais M. le directeur... je pense que M. Potter a raison et que je devrais suivre ce Portoloin et voir o� il m�ne."</p><p>Albus h�sita puis hocha la t�te avec r�ticence. "Dans ce cas, je te parlerai avant que tu y ailles."</p><empty-line/><p>Alors m�me que Harry Potter quittait la pi�ce pour mener sa propre enqu�te, Severus pivota sur ses talons et avan�a vers le bocal de poudre de cheminette � une vitesse telle que sa cape s'�leva � sa tra�ne. "Je vais prendre du Polynectar brut, ajouter le cheveu et partir. M. le directeur, pourriez-vous rester ici pour -"</p><p>"Albus," dit Minerva, surprise par la stabilit� de la propre voix, "est-ce vous qui avez laiss� ces mots sous l'oreiller de M. Potter ?"</p><p>La main de Severus s'arr�ta un instant avant de lancer la poudre dans le feu.</p><p>Dumbledore hocha la t�te � l'intention de McGonagall mais son sourire �tait un peu creux. "Tu ne me connais que trop bien, ma ch�re."</p><p>"Et j'imagine que le Portoloin m�ne � un foyer accueillant o� M. Potter aurait �t� gard� � l'abri jusqu'� ce que vous veniez le r�cup�rer et le ramener � Poudlard ?" Sa voix �tait serr�e � c'�tait raisonnable, elle ne pouvait pas le nier, mais cela lui semblait pourtant un peu cruel.</p><p>"Cela aurait d�pendu des circonstances," dit doucement le vieux sorcier. "Si Harry en �tait arriv� l�... je l'aurais peut-�tre laiss� profiter de son �vasion pendant un moment. Mieux valait savoir o� il allait et s'assurer que ce soit un endroit s�r, peupl� d'amis..."</p><p>"Et dire," continua le professeur McGonagall, "que j'avais pens� � r�primander M. Potter pour ne pas nous avoir fait part de ce fait important ! � lui reprocher de ne pas avoir le bon sens de nous faire confiance !" Sa voix avait mont� d'un cran. "J'imagine que je sauterai cette le�on !"</p><p>Severus regardait fixement le directeur en plissant les yeux. "Et les mots � Mlle Granger..."</p><p>"Le professeur de D�fense, tr�s probablement," dit le vieux sorcier. "Mais...ce n'est qu'une supposition."</p><p>"J'irai les chercher," dit Severus. "Et je suppose que je commencerai ensuite � chercher Vous-Savez-Qui." Il fron�a bri�vement les sourcils. "Une t�che pour laquelle je ne sais absolument pas par o� commencer. Conna�triez-vous des magies permettant de trouver une �me, M. le directeur ?"</p><empty-line/><p>La salle de cours divination �tait �clair�e par la lumi�re rouge tamis�e de milles petits feux o� br�laient milles encens diff�rents, si bien que si vous aviez cherch� � savoir, en un mot, � quoi cette pi�ce ressemblait, la r�ponse aurait �t� : � de la fum�e (en supposant que vous vous seriez fatigu� � regarder quoi que ce soit alors que votre nez mena�ait de surchauffer et de mourir). Si votre regard pouvait percer ces vapeurs humides, vous verriez une petite pi�ce encombr�e o� quarante fauteuils rembourr�s, la plupart d'entre eux inusit�s, �taient amass�s autour d'un petit espace ouvert au centre de la pi�ce o� une trappe circulaire attendait que vous vous �vadiez.</p><p>"Le sinistre !" dit le professeur Trelawney d'une voix chevrotante en jetant un �il dans la tasse � th� de George Weasley. "Le sinistre ! C'est un signe de mort ! Une personne que tu connais, George � quelqu'un que tu connais va mourir ! Et bient�t � oui, ce sera tr�s bient�t, je pense � � moins bien s�r que ce ne soit plus tard -"</p><p>Fred et George song�rent que cela aurait �t� bien plus effrayant si elle n'avait pas dit la m�me chose � tous les autres �l�ves de leur cours de Divination. � ce stade, ils �coutaient � peine ; toutes leurs pens�es �taient concentr�s sur le d�sastre d'aujourd'hui...</p><p>La trappe du plancher s'ouvrit d'un grand coup et produisit un bruit qui fit piailler le professeur Trelawney et surpris tant George qu'il en jeta du th� sur ses robes. Un instant plus tard, Dumbledore �mergeait du plancher comme une tornade , un oiseau de feu sur l'�paule.</p><p>"Fred !" dit imp�rieusement le vieux sorcier. Ses robes �taient du noir d'une nuit sans lune, ses yeux durs comme des diamants bleus. "George ! Avec moi, maintenant !"</p><p>Il y eut un hoquet collectif et lorsque Fred et George eurent commenc� � descendre l'�chelle � la suite du directeur, toute la classe sp�culait d�j� sur le r�le qu'ils avaient jou� dans la tentative de meurtre � l'encontre de Draco Malfoy.</p><p>La trappe venait � peine de se refermer au-dessus d'eux que tous les sons environnants diminu�rent, le vieux sorcier pivota, tendit une main et ordonna : "Donnez-moi la carte !"</p><p>"C-carte ?" dirent Fred et George, totalement abasourdis. Ils n'avaient jamais soup�onn� que Dumbledore avait soup�onn�. "Pourquoi, n-nous ne savons pas ce que vous..."</p><p>"Hermione Granger a des ennuis," dit le vieux sorcier.</p><p>"La Carte est dans notre dortoir," dirent imm�diatement Fred et George. "Donnez-nous juste quelques minutes pour la prendre et nous..."</p><p>Les bras du sorcier les soulev�rent comme s'ils �taient d'immenses oreillers, il y eut un cri per�ant, un flash de feu, et ils se retrouv�rent tous les trois dans le dortoir des Gryffondor de troisi�me ann�e.</p><p>Quelques instants plus tard, Fred et George tendaient la Carte au directeur en ne grima�ant que l�g�rement face au sacril�ge qu'il y avait � donner leur pr�cieux morceau du syst�me de s�curit� de Poudlard � la personne qui en �tait le v�ritable propri�taire alors que le vieux sorcier fron�ait lui-m�me les sourcils devant l'apparence vierge du parchemin.</p><p>"Il faut dire," expliqu�rent-ils, "<emphasis>je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises..."</emphasis></p><p>"Je me refuse � mentir," dit le vieux sorcier. Il leva la Carte bien haut et mugit : "Entends-moi, Poudlard ! <emphasis>Deligitor prodi !"</emphasis> Un instant plus tard le directeur �tait coiff� du Choixpeau, et ce dernier lui allait <emphasis>effroyablement</emphasis><emphasis>bien</emphasis>, comme si Dumbledore avait toujours attendu qu'un chapeau pointu rapi�c� ne vienne compl�ter son existence.</p><p>(Fred et George m�moris�rent imm�diatement la phrase juste au cas o� elle fonctionnerait pour quelqu'un d'autre que le directeur et commenc�rent � imaginer des farces qui feraient usage du Choixpeau).</p><p>Le vieux sorcier ne perdit pas un instant, �ta le Choixpeau de sa t�te, le retourna � c'�tait difficile � voir � l'envers mais le Choixpeau avait l'air un peu contrit par le traitement qu'on lui faisait subir � puis il y plongea sa main et en tira une tige de cristal. De cet instrument il commen�a � tracer des motifs runiques sur la Carte tout en marmonnant d'�tranges incantations qui ne ressemblaient pas tout � fait au Latin et faisaient �chos dans les oreilles de Fred et George d'une fa�on particuli�rement gla�ante. Au beau milieu d'une rune, il leva les yeux et les regarda tous les deux d'un regard s�v�re. "Je vous la rendrai plus tard, fils des Weasleys. Retournez en cours."</p><p>"Oui, M. le directeur," dirent-ils, et il h�sit�rent. "Ah... � propos de Hermione Granger, va-t-elle vraiment devoir servir Draco pour toujours comme sa..."</p><p>"<emphasis>Partez</emphasis>," dit le vieux sorcier.</p><p>Ils s'en furent.</p><p>Une fois seul dans la pi�ce, le vieux sorcier baissa les yeux vers la carte sur laquelle se trouvait maintenant un fin dessin au trait repr�sentant les dortoirs Gryffondor dans lesquels il se trouvait, le nom manuscrit <emphasis>Albus P.W.B Dumbledore</emphasis> seul � l'occuper.</p><p>Le vieux sorcier d�froissa la carte, se pencha au-dessus d'elle et murmura : "Trouve Tom Jedusor."</p><empty-line/><p>La salle d'interrogatoire du d�partement de justice magique �tait g�n�ralement �clair� d'une petite lumi�re orange afin que l'Auror qui vous interrogeait se penche vers votre chaise de m�tal inconfortable en gardant la majeure partie de son visage de le noir, vous emp�chant ainsi de voir son expression alors m�me qu'il voyait la v�tre.</p><p>D�s que M. Quirrell �tait entr� dans la pi�ce, la petite lumi�re orange s'�tait tamis�e et avait commenc� � vaciller comme une bougie sur le point d'�tre souffl�e par le vent. La pi�ce �tait maintenant illumin�e d'une lueur sans source identifiable et couleur de glace qui illuminait la peau p�le comme de l'alb�tre du professeur Quirrell, mis � part ses yeux qui, sans que l'on sache comment, demeuraient dans les t�n�bres.</p><p>L'Auror de garde avait subrepticement essay� de dissiper cet effet quatre fois de suite sans le moindre succ�s en d�pit du fait que M. Quirrell avait poliment rendu sa baguette au d�but de sa d�tention pour interrogatoire et qu'il n'avait sembl� prononcer aucune incantation ni exercer aucun autre pouvoir.</p><p>"Quirinus... Quirrell," dit d'une voix tra�nante l'homme qui �tait maintenant assis face au professeur de D�fense qui avait courtoisement attendu. L'interrogateur avait des cheveux fauve tir�s en arri�re comme la crini�re d'un lion et des yeux jaun�tres plant�s dans le visage s�v�rement rid� d'un homme sur la fin de sa dixi�me d�cennie. L'homme feuilletait pour le moment un grand dossier de parchemins qu'il avait sortit d'une mallette noire � l'apparence tr�s solide apr�s �tre entr� dans la pi�ce et s'�tre assis sans sembler regarder le visage de l'homme qu'il devait interroger. Il ne s'�tait pas pr�sent�.</p><p>Apr�s avoir continu� de feuilleter quelques parchemins suppl�mentaires en silence, l'Auror parla de nouveau. "N� le 26 septembre 1955, n� de Quondia Quirrell suite � un rendez-vous galant reconnu avec lirinus Lumblung..." entonna l'Auror. "R�parti � Serdaigle... pas mauvaises BUSEs... ASPICs en charmes, m�tamorphose... une mention d'excellence en �tudes moldues, impressionnant... anciennes runes, et, ah oui, D�fense. Mention d'excellence l� aussi. Devient ensuite un sacr� touriste, visite toutes sortes d'endroits. Visas Portoloins pour la Transylvanie, l'Empire Interdit, la Ville de la Nuit Sans Fin... eh bien eh bien, le <emphasis>Texas</emphasis>." L'homme releva les yeux des documents, yeux pliss�s. "Que faisiez-vous <emphasis>l�-bas</emphasis>, M. Quirrell ?"</p><p>"Du tourisme, surtout dans les zones moldues," r�pondit le professeur de D�fense, � l'aise. "Comme vous l'avez dit, un sacr� touriste."</p><p>L'homme �couta cela avec un froncement de sourcils, rabaissa les yeux puis les releva. "Je vois aussi que vous avez visit� Fuyuki City en 1983."</p><p>Le professeur de D�fense leva un sourcils, comme mod�r�ment perplexe. "Eh bien ?"</p><p>"Que faisiez-vous � Fuyuki City ?" la question avait �t� jet�e comme une lame de rasoir.</p><p>Le professeur de D�fense fron�a l�g�rement les sourcils. "Rien de m�morable. J'ai visit� les attractions touristiques principales, d'autres moins connues, et � part �a je me suis occup� de mes affaires."</p><p>"Vraiment ?" dit l'Auror d'une voix douce. "Je trouve cette r�ponse tr�s int�ressante."</p><p>"Comment cela ?" dit le professeur de D�fense.</p><p>"Parce qu'il n'y avait pas de visa pour Fuyuki City dans la liste." L'homme referma le dossier d'un bruit sec. "Vous n'�tes pas Quirinus Quirrell. Alors qui <emphasis>diable</emphasis> �tes-vous ?"</p><empty-line/><p>Le ma�tre des potions entra silencieusement dans le dortoir des filles de Serdaigle, la chambre des premi�re ann�e, un lieu festif o� le bronze et le bleu se battaient pour �tre la couleur principale d'animaux en peluche, d'�charpes, de robes, de petits bijoux de pacotille et de posters de gens c�l�bres. Le lit de Hermione Granger �tait facile � identifier : c'�tait celui qui avait �t� attaqu� par un monstrolivre.</p><p>Personne ne semblait �tre dans les parages � cette heure et un certain nombre de sortil�ges permit de s'en assurer.</p><p>Le ma�tre des potions chercha sous l'oreiller de Hermione Granger, puis sous son lit, puis il commen�a � chercher dans son coffre, fouillant � travers des objets quotidiens et d'autres inavouables sans changer d'expression avant de finir par r�ussir � en extraire un lot de mots indiquant des lieux et des heures o� trouver des brutes, tous sign�s d'un unique 'S' tr�s travaill�.</p><p>Un bref jaillissement de feu plus tard, les papiers n'�taient plus et le ma�tre des potions partit pour rendre �tat de l'�chec de sa mission.</p><empty-line/><p>Le professeur de D�fense �tait calmement assis, ses mains toujours crois�s sur ses genoux. "Si vous consultez le directeur, M. Dumbledore," dit le professeur de D�fense, "vous d�couvrirez qu'il est parfaitement au courant de l'affaire et que j'ai accept� d'enseigner � ce cours de D�fense � la condition explicite qu'aucune question ne soit pos�e quant � mon -"</p><p>Vif comme l'�clair, l'interrogateur brandit sa baguette et cracha "<emphasis>Polyfluis Reverso !"</emphasis> au moment m�me o� le professeur de D�fense �ternuait, ce qui brisa myst�rieusement le rayon argent� en une douche d'�tincelles blanches.</p><p>"Excusez-moi," dit poliment le professeur de D�fense.</p><p>Le sourire que lui envoya l'Auror ne comportait aucune joie. "Alors o� est le v�ritable Quirinus Quirrell, hein ? Victime d'un Imperius quelque part au fond d'un coffre, o� vous lui prenez un cheveu de temps � autre pour pr�parer ill�galement votre Polynectar ?"</p><p>"Vous faites des suppositions hautement douteuses," dit le professeur de D�fense d'une voix qui n'�tait plus d�nu�e de tranchant. "Qu'est-ce qui vous fait croire que je n'ai pas enti�rement vol� son corps � l'aide d'une magie incroyablement Noire ?"</p><p>Ce qui fut suivi par un certain silence.</p><p>"Je sugg�re," dit l'Auror, "que vous preniez ceci au s�rieux, M. Qui-Que-Vous-Soyez."</p><p>"Je suis navr�," dit le professeur de D�fense en s'inclinant dans sa chaise, "mais je vois pas de raison particuli�re de me rabaisser � cela en pareille occasion. Qu'est-ce que vous allez faire, me tuer ?"</p><p>"Je n'appr�cie pas votre humour," dit l'Auror d'une voix douce.</p><p>"Que c'est dommage pour vous, Rufus Scrimgeour," dit le professeur de D�fense, "vous avez ma plus profonde compassion." Il inclina la t�te, semblant �tudier l'interrogateur ; et depuis l'ombre m�me de la lumi�re de glace, ses yeux �tincel�rent.</p><p>Padma regardait son assiette.</p><p>"Hermione ne ferait pas �a <emphasis>sans raison </emphasis>!" hurla Mandy Brocklehurst, quasiment en larmes, en fait elle <emphasis>�tait</emphasis> en larmes, sa voix aurait �t� assez forte pour r�duire la grande salle au silence si tous les autres �l�ves n'avaient pas aussi �t� en train de se crier dessus. "Je... je parie que Malfoy et essay� de... de lui <emphasis>faire</emphasis> des choses..."</p><p>"Notre g�n�ral ne ferait <emphasis>jamais</emphasis> �a !" hurla Kevin Sifflebranche encore plus fort que Mandy.</p><p>"Bien s�r que si !" s'�cria Anthony Goldstein. "Malfoy est le fils d'un <emphasis>Mangemort </emphasis>!"</p><empty-line/><p>Padma regardait son assiette.</p><p>Draco �tait le g�n�ral de son arm�e.</p><p>Hermione �tait la fondatrice de la SPEHS.</p><p>Draco lui avait fait confiance, l'avait nomm�e commandante en second.</p><p>Hermione �tait Serdaigle, comme elle.</p><p>Ils �taient tous les deux ses amis, peut-�tre les deux meilleurs amis qu'elle ait.</p><p>Padma regardait son assiette. Elle �tait heureuse que le Choixpeau ne lui ait pas offert Poufsouffle. S'il avait �t� r�partie � Poufsouffle, essayer de choisir o� allait sa loyaut� divis�e aurait �t� probablement beaucoup plus douloureux...</p><p>Elle cligna les yeux et se rendit compte que sa vision s'�tait de nouveau brouill�e, alors elle leva une main tremblante et essuya encore ses yeux.</p><p>Morag MacDougal grogna si fort que ce fut audible au milieu du pand�monium de ce d�jeuner et dit d'une voix forte : "Je parie que Granger a <emphasis>trich�</emphasis> lors de sa bataille d'hier, je parie que c'est pour �a que Malfoy l'a d�fi�e..."</p><p>"FERMEZ-LA tous !" rugit Harry Potter en frappant des poings sur la table avec tellement de force que les assiettes alentours s'entrechoqu�rent.</p><p>� n'importe quel autre moment, cela lui aurait valu une r�primande des professeurs, mais cette fois, cela n'attira le regards que de quelques �l�ves proches de lui.</p><p>"Je voulais d�jeuner," dit Harry Potter, "et retourner � mon enqu�te, donc je ne comptais pas parler. Mais vous vous comportez tous comme des <emphasis>idiots </emphasis>et quand la v�rit� �clatera vous regretterez ce que vous avez dit au sujet de gens innocents. Draco n'a rien fait, Hermione n'a rien fait, ils ont tous les deux �t� victimes d'une sortil�ge de faux souvenirs !" La voix de Harry Potter s'�tait �lev�e sur ces derniers mots. "<emphasis>Comment est-ce que �a peut ne pas CREVER LES YEUX ?"</emphasis></p><p>"Tu penses qu'on va croire <emphasis>�A </emphasis>?" lui r�pondit Kevin Sifflebranche du tac au tac en hurlant. "C'est ce que tout le monde dit ! 'Je ne l'ai pas fait, c'�tait juste un sortil�ge de faux souvenirs !' Tu crois qu'on est <emphasis>stupides </emphasis>?"</p><p>Et Morag hocha la t�te d'approbation et prit un air condescendant.</p><p>L'apparence que prit le visage de Harry fit tressaillir Padma.</p><p>"Je vois," dit Harry Potter, et il parla sans crier, si bien que Padma dut faire un effort pour l'entendre. "Le professeur Quirrell n'est pas l� pour m'expliquer � quel point les gens sont b�tes, mais je parie que cette fois-ci je peux y arriver tout seul. Des gens font quelque chose de stupide, se font attraper, et on leur donne du Veritaserum. Pas des grands criminels audacieux, parce que <emphasis>eux</emphasis> ne se feraient pas attraper, <emphasis>eux</emphasis> auraient appris l'Occlumancie. Non, des criminels triste, path�tiques et incomp�tents se font attraper et confessent sous Veritaserum, et ils veulent �viter Azkaban � tout prix alors ils disent qu'on leur a lanc� un sortil�ge de faux souvenirs. C'est �a, hein ? Alors votre cerveau, par pure association pavlovienne, relie l'id�e du sortil�ge de faux souvenirs � celle de criminels path�tiques aux excuses invraisemblables. Vous n'avez pas � prendre en compte les d�tails, votre cerveau <emphasis>compl�te </emphasis>juste le <emphasis>motif</emphasis> de l'hypoth�se, le range dans le bac des choses auxquelles vous ne croyez pas, et le travail est fait. Exactement comme mon p�re pensait qu'on ne pouvait pas croire aux hypoth�ses magiques parce qu'il avait entendu tellement de gens stupides parler de magie. Croire � une hypoth�se qui suppose des sortil�ges de faux souvenirs est un signe <emphasis>d'inf�riorit�</emphasis>."</p><p>"Qu'est ce que tu <emphasis>baragouines</emphasis>, Potter ?" dit Morag en regardant le Survivant avec m�pris.</p><p>"Tu crois qu'on va croire tout ce que <emphasis>tu</emphasis> dis ?" hurla une Serdaigle � l'air l�g�rement plus �g�e que Padma ne reconnut pas. "Alors que <emphasis>tu </emphasis>a tir� Granger vers les t�n�bres ?"</p><p>"Et je ne vais m�me pas me plaindre," dit Harry d'une voix �trangement calme, "en disant que les sorciers ne sont pas logiques et croient aux choses les plus folles. Parce que j'ai d�j� dit �a au professeur Quirrell et il m'a juste lanc� ce <emphasis>regard</emphasis> et il a dit que si je n'avais pas �t� aveugl� par mon �ducation je pourrais trouvais des centaines de choses encore plus ridicules que beaucoup de Moldus croient. Tout ce que vous faites est tr�s humain, tr�s normal et ne fait pas de vous des gens <emphasis>exceptionnellement</emphasis> mauvais, alors je ne vais me plaindre." Le Survivant se leva de son banc. "Je vous verrai tous plus tard."</p><p>Et Harry Potter s'�loigna d'eux, les quitta tous autant qu'ils �taient.</p><p>"Tu ne penses pas qu'il a <emphasis>raison</emphasis>, quand m�me ?" dit Su Li, assise � c�t� d'elle, d'un ton qui rendait clair ce <emphasis>qu'elle</emphasis> pensait.</p><p>"Je..." dit Padma. Ses mots semblaient �tre coinc�s dans sa gorge, ses pens�es bloqu�es dans sa t�te. "Enfin... je... je..."</p><empty-line/><p>En r�fl�chissant assez fort, vous pouvez accomplir l'impossible.</p><p>(Cela avait toujours �t� une profession de foi chez Harry. Il y avait eu un temps o� il avait accept� les lois de la physique comme limite ultime, et maintenant il soup�onnait qu'il n'y ait pas de limites du tout).</p><p>Si vous pensez assez <emphasis>vite</emphasis> vous pouvez parfois accomplir l'impossible <emphasis>rapidement</emphasis>...</p><p>...parfois.</p><p>Seulement parfois.</p><p>Pas toujours.</p><p>Pas de fa�on <emphasis>fiable</emphasis>.</p><p>Le survivant regardait autour de lui dans la salle des troph�es, entour� par des r�compenses, des plats, des boucliers, des statues et des m�dailles gard�s derri�re des milliers, peut-�tre des dizaines de milliers de pr�sentoirs en cristal. Pendant tous les si�cles d'existence de Poudlard, cette pi�ce avait accumul� des d�tails. Une semaine, un mois, peut-�tre m�me une ann�e n'aurait pas suffit � s�lectionner l'option 'examiner' de tous les objets de la pi�ce. Une fois que le professeur Flitwick �tait parti, Harry avait demand� au professeur Vector s'il existait un moyen de d�tecter les dommages caus�s aux alentours des bo�tes en cristal ou de v�rifier l'existence de r�sidus qu'un v�ritable duel aurait d� laisser derri�re lui. Harry avait couru � travers la biblioth�que de Poudlard � la recherche de sortil�ges permettant de faire la diff�rence entre des vieilles empreintes et des empreintes fra�ches ou de d�tecter des restes d'expirations dans une pi�ce. Toutes ces tentatives de jouer au d�tective avaient �chou�.</p><p>Il n'y avait aucun indice, aucun qu'il soit assez intelligent pour trouver.</p><p>Le professeur Rogue avait dit que le Portoloin menait dans une maison vide de Londres et qu'il ne semblait y avoir ni personne ni rien d'int�ressant.</p><p>Le professeur Rogue n'avait trouv� aucun mot dans le dortoir de Hermione.</p><p>Le directeur avait sugg�r� que l'esprit de Voldemort se cachait probablement dans la Chambre des Secrets, l� o� le syst�me de s�curit� de Poudlard ne pouvait pas le trouver. Harry s'�tait faufil� dans les donjons Serpentard sous la Cape d'Invisibilit� et avait pass� le reste de l'apr�s-midi � chercher tous les lieux �vidents mais il n'avait rien trouv� de reptilien qui r�ponde quand il lui parlait. Il semblait que l'entr�e de la Chambre des Secrets n'�tait pas cens�e �tre trouv�e en une seule journ�e.</p><p>Harry avait parl� � tous les amis de Hermione qui acceptaient encore de lui parler et aucun d'eux ne se souvenait avoir entendu Hermione dire quoi que ce soit de pr�cis quant � la raison pour laquelle elle croyait que Draco complotait contre elle.</p><p>Le professeur Quirrell n'�tait pas revenu du minist�re � l'heure du d�ner. Les �l�ves plus �g�s semblaient penser que le professeur de D�fense de cette ann�e finirait probablement par �tre tenu responsable de cet incident et qu'il serait renvoy� pour avoir enseign� aux �l�ves de Poudlard � �tre trop violents. Ils avaient parl� du professeur de D�fense comme s'il �tait d�j� parti.</p><p>Harry avait utilis� les six heures de sont Retourneur de Temps, il n'y avait toujours pas d'indices et il lui fallait maintenant aller se coucher s'il voulait �tre en �tat de marche le lendemain, pour le proc�s de Hermione.</p><p>Le Gar�on-Qui-Avait-D�truit-Un-D�traqueur se tenait au milieu de la salle des troph�es de Poudlard, sa baguette tomb�e au sol.</p><p>Il pleurait.</p><p>Parfois, on appelle son cerveau et il ne r�pond pas.</p><p>Le proc�s de Hermione commen�a le lendemain � l'heure pr�vue.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 80*: CT, Le halo d'infamie, pt 2</strong></p><p>NdT : PJ signifie Personnage Joueur.</p><empty-line/><p>La Chambre Tr�s Ancienne du Magenmagot est froide, sombre et dot�e de demi-cercles concentriques de pierres qui s'�l�vent du point le plus bas de son centre ainsi que de simples bancs de bois dispos�s sur ces demi-cercles sur�lev�s. Il n'y a aucune source de lumi�re mais le lieu est bien �clair�, sans raison ni cause apparente : le fait est, tout simplement, que la salle est bien �clair�e. Les murs comme le sol sont de pierre, d'une pierre noire, �l�gant et myst�rieux accord de roches des plus plaisantes � observer, d'une texture fine qui semble ondoyer et couler sous sa surface. C'est la Chambre Tr�s Ancienne, le plus ancien lieu magique � avoir surv�cu jusqu'� ce jour car tous les autres lieu ont �t� d�truit lors d'une guerre ou d'une autre. C'est la Chambre du Magenmagot, et si elle est la plus ancienne, c'est que les guerres ont pris fin avec sa construction.</p><p>C'est la Chambre du Magenmagot ; des lieux plus anciens existent, mais ils sont cach�s. Des l�gendes soutiennent que les murs de pierre noire furent conjur�s, cr��s, propuls�s vers l'existence par la volont� de Merlin lorsqu'il rassembla les plus puissants sorciers encore de ce monde et les �merveilla tant qu'ils l'accept�rent comme leur chef. Et lorsque (continue la l�gende) les Voyants persist�rent � pr�dire que la sacrifice n'�tait pas suffisant, que trop peu avait �t� accompli pour emp�cher la fin du monde et de sa magie, alors (continue l'histoire) Merlin sacrifia sa vie, sa magie et son temps pour faire appliquer l'Interdit de Merlin. Ce ne fut pas un acte sans prix, car un lieu tel que celui-ci ne pourrait plus jamais �tre dress� � nouveau par aucun pouvoir connu du genre sorcier. Pas plus que d�truit, car c'est sans dommages et peut-�tre m�me sans chauffer que ces murs traversaient le c�ur d'une explosion nucl�aire. Il est fort dommage que plus personne ne sache les construire.</p><p>Sur le plus haut des demi-cercles sur�lev�s du Magenmagot, � l'�tage pierre noire le plus �lev�, se trouve un podium. Et sur ce podium se tient un vieil homme au visage rid� de souci et � la barbe d'argent qui tombe en-dessous de sa ceinture : c'est Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore. Sa main droite porte une baguette de pouvoir et sur son �paule perche un oiseau de feu. Sa main gauche tient un b�ton court, fin et sans atours, forg� de la m�me pierre noire que les murs, et il s'agit du Trait ininterrompu de Merlin, l'outil du pr�sident sorcier du Magenmagot. Karen Dutton transmit le Trait � Albus Dumbledore au dernier jour de sa vie, quelques heures � peine apr�s le retour de ce dernier de sa victoire contre Grindelwald, un ph�nix flamboyant � ses c�t�s. Elle re�ut elle-m�me le Trait du perfectionniste Nicodemus Capernaum : chaque sorcier le passa ainsi au successeur de son choix et la cha�ne peut �tre remont�e ainsi jusqu'au jour o� Merlin offrit sa vie. Cela (si vous vous posiez la question) explique comment le pays d'Angleterre magique a pu �lire Cornelius Fudge comme premier ministre et pourtant se retrouver avec Albus Dumbledore en pr�sident sorcier. Pas par loi (car une loi �crite peut �tre r��crite) mais par la plus ancienne des traditions, le Magenmagot ne choisit pas qui pr�sidera � ses folies. Depuis le jour du sacrifice de Merlin, le plus important devoir de tout pr�sident sorcier a �t� d'exercer la plus grande pr�caution dans son choix d'un individu � la fois bon et capable de discerner un bon successeur. On se serait attendu � ce que cette cha�ne de lumi�re se soit rat�e au moins une fois, quelque part entre les si�cles ; qu'elle se serait fourvoy�e au moins une fois et ne serait jamais revenue. Mais elle ne l'a pas fait. Le Trait de Merlin continue, ininterrompu.</p><p>(C'est du moins ce que disent ceux du camp de Dumbledore. Lord Malfoy vous dirait autre chose. Et en Asie ils racontent des histoires enti�rement diff�rentes qui ne contrediraient pas n�cessairement celle d'Angleterre)</p><p>Sur la plus basse des plate-formes de l'Ancienne Chambre se trouve une chaise � haut dossier d�pourvue de rembourrages, faite d'un m�tal noir plut�t que d'une pierre noire et que Merlin ne pla�a jamais ici.</p><p>Le b�timent minist�riel qui a pouss� autour de cet endroit est fait de bois et recouvert d'or, puissamment �clair� de feux et plein d'une b�tise affair�e. Ce lieu est diff�rent. C'est le c�ur de pierre d'Angleterre magique, et il n'est ni recouvert d'or, ni fait de bois ni puissamment �clair� de flammes.</p><p>Des sorciers et sorci�res aux robes couleurs de prune chacune bord�e d'un M d'argent emplissent la pi�ce avec solennit�. Ils se tiennent avec un s�rieux qui montre � quel point ils se savent �tre extr�mement, extr�mement importants. Apr�s tout, ils se r�unissent dans l'Ancienne Chambre. Ce sont les Lords et les Dames du Magenmagot et ils se consid�rent comme les meilleurs du meilleur des pays magiques. Des inf�rieurs sont tomb�s � genoux en supplique face � eux, ils sont puissants, ils sont riches et ils sont nobles ; ne sont-ils pas grands ?</p><p>Albus Dumbledore conna�t le pr�nom de tous les occupants de cette pi�ce. Il a enseign� � nombre d'entre eux, quoique trop peu aient appris. Certains sont ses alli�s, d'autres ses ennemis, et il fait la cour aux autres sur la prudente danse de leur neutralit�. Il voit chacun d'entre eux comme une personne.</p><p>Si vous lui demandiez son opinion de ces Lords et de ces Dames, l'actuel professeur de D�fense de Poudlard dirait que, bien que nombreux � �tre ambitions, ils sont peu � avoir la moindre ambition. Il noterait que le Magenmagot est exactement l'endroit o� une personne de ce genre atterrit, que c'est exactement le genre d'opportunit� dont on se saisit lorsque l'on a rien de mieux � faire. De tels individus sont rarement int�ressants mais sont souvent utiles ; ce sont des pi�ces � manipuler, des points � marquer par les v�ritables joueurs de la partie.</p><p>Non pas sur l'un des demi-cercles sur�lev�s mais mis � l'�cart sur un arc mont� pour les spectateurs, plac� � c�t� d'une sorci�re au chapeau pointu dont le visage est rid� d'appr�hension, se trouve un gar�on assis, habill� des robes noires les plus formelles de sa garde-robe. Ses yeux sont faits d'une glace verte et absente ; il voit � peine les Lords et les Dames affair�s qui entrent. Ils ne sont pour lui qu'une collection de robes murmurantes couleur prune faites pour d�corer les bancs de bois, un arri�re-plan visuel � la sc�ne de la Tr�s Ancienne Chambre. Si un ennemi se trouve ici, s'il y a quelque chose � manipuler, c'est simplement "le Magenmagot". Les riches �lites d'Angleterre Magique ont une force collective mais pas de volont� individuelle ; leurs buts sont trop �tranges et triviaux pour qu'ils puissent avoir un r�le personnel dans cet histoire. Actuellement, � cet instant, le gar�on n'appr�cie pas plus qu'il n'a de l'aversion pour les robes couleur prune, car son cerveau ne leur assigne pas assez de libre-arbitre pour qu'ils puissent �tre les sujets d'un jugement moral. Il est un PJ, et ils sont le papier peint.</p><p>Ce point de vue est sur le point de changer.</p><empty-line/><p>Harry parcourut sans la voir la chambre du Magenmagot ; le lieu semblait assez ancien et historique et Hermione aurait sans doute pu lui octroyer une le�on sur cet endroit pendant des heures. Les robes couleur prune avaient cess� d'entrer et la montre de poche de Harry qui avan�ait au rythme de trois minutes par demi-heure indiquait que le proc�s �tait sur le point de d�buter.</p><p>Le professeur McGonagall �tait assise � c�t� de lui et ses yeux ne le quittaient jamais pendant plus de vingt secondes cons�cutives.</p><p>Harry avait lu la <emphasis>Gazette du Sorcier</emphasis> ce matin-l�. Le gros titre avait �t� : "N�E-MOLDUE FOLLE TENTE DE METTRE FIN � ANCIENNE LIGN�E" et le reste du journal avait �t� du m�me acabit. Lorsque Harry avait eu neuf ans, l'IRA avait fait sauter une caserne anglaise et il avait vu � la t�l�vision les politiciens concourir � celui qui serait le plus vocal dans l'expression de son outrage. Et l'id�e lui �tait venue � m�me en ce temps o� il n'avait que peu de connaissances en psychologie � qu'on aurait dit que <emphasis>tout le monde </emphasis>se battait pour savoir qui pouvait �tre le plus en col�re et que <emphasis>personne </emphasis>n'aurait pu se permettre de sugg�rer que quiconque �tait <emphasis>trop</emphasis> en col�re, m�me pour r�pondre � la proposition de rayer l'Irlande de la carte � coups de bombes nucl�aires. Il avait �t� frapp�, m�me alors, par le vide profond de l'indignation politicienne � m�me s'il n'avait pas eu � cet �ge les mots pour le d�crire � par le sentiment qu'ils essayaient de marquer facilement des points en visant sans risque la m�me cible que tous les autres.</p><p>Harry avait toujours ressenti le caract�re creux de l'indignation politicienne, mais il �tait �trange de constater � quel point cela devenait bien plus �vident en lisant une douzaine d'articles de la <emphasis>Gazette du Sorcier</emphasis> matraquer Hermione Granger.</p><p>L'article principal, �crit par quelque nom que Harry ne reconnut pas, avait exig� que l'�ge minimum pour pouvoir �tre envoy� � Azkaban soit diminu� uniquement pour que la Sang-de-Bourbe tordue qui avait entach� l'honneur de l'�cosse par son attaque sauvage et injustifi�e sur le dernier h�ritier d'une Tr�s Ancienne maison au c�ur du refuge sacr� de Poudlard puisse �tre envoy� aux D�traqueurs, seule punition � la hauteur de la s�v�rit� de son crime innommable. Cela seul suffirait � d�courager toute autre brute inhumaine et �trang�re qui aurait elle aussi la malsaine folie de croire qu'elle pourrait �vader � la majest� de l'in�vitable et impitoyable ch�timent du Magenmagot � l'encontre de tous ceux qui menacent l'honorable nobilit� de etc. etc...</p><p>L'article suivant avait dit la m�me chose en des mots moins �loquents.</p><p>Plus t�t, Albus Dumbledore lui avait dit :</p><p>"<emphasis>Je n'essaierai pas de te tenir � l'�cart de ce proc�s." La voix du vieux sorcier avait �t� douce et inflexible. "Je peux tout � fait pr�voir comment cela se d�roulerait. Mais je voudrais qu'en retour, tu me traite avec pareille courtoisie. La politique du Magenmagot est d�licate et tu ignores tout d'elle. Ose quelque folie et il en co�tera � Hermione Granger ; et tu te souviendra de cette folie pour le restant de tes jours, Harry James Potter-Evans-Verres."</emphasis></p><p>"<emphasis>Je comprends," dit Harry. "Je sais. Juste � si vous comptez faire sortir un lapin de votre chapeau et sauver la mise au dernier moment alors que tout semble perdu, s'il vous pla�t, dites-le moi maintenant au lieu de me laisser m'inqui�ter..."</emphasis></p><p>"<emphasis>Je ne te ferais pas �a," dit le vieux sorcier comme impr�gn� d'une terrible lassitude alors qu'il se retournerait pour partir. "Encore moins � Hermione. Mais je n'ai pas de lapins dans mon chapeau, Harry. Nous pouvons seulement voir ce que Lucius Malfoy d�sire."</emphasis></p><p>Il y un petit coup sec, un unique son bref qui parvint pourtant � faire taire toute la chambre et � faire vivement pivoter la t�te de Harry vers le haut. Loin au-dessus, Dumbledore venait de frapper son podium du b�ton sombre qu'il tenait dans sa main gauche.</p><p>"La quatre-vingt dixi�me session du deux cent huiti�me Magenmagot se r�unit � la demande de Lord Lucius Malfoy," dit le sorcier d'une voix sans timbre.</p><p>Loin du podium mais au milieu des cercles les plus �lev�s, un grand homme se dressa imm�diatement, une longue crini�re blanche r�pandue sur les �paules de ses robes couleur prune. "Je pr�sente un t�moin pour interrogatoire sous Veritaserum," dit Lucius Malfoy d'un ton froid et clair qui traversa la pi�ce, �l�gamment contr�l�, seulement dot� d'une l�g�re nuance de furie indign�e. "Qu'on am�ne Hermione, la premi�re Granger."</p><p>"Je vous demande � tous de vous rappeler qu'elle est en premi�re ann�e � Poudlard," dit Dumbledore. "Je ne tol�rerai aucun abus � l'encontre de ce t�moin..."</p><p>Quelqu'un parmi les bancs eut un "Pouah !" tr�s audible, il y eut une vague de reniflements d�go�t�s et m�me une ou deux hu�es .</p><p>Harry regarda les robes prunes en plissant les yeux.</p><p>Et avec la col�re montante vint autre chose, comme un sentiment d'inqui�tude grimpant, l'id�e que quelque chose �tait atrocement fauss�, comme si la r�alit� elle-m�me avait �t� chamboul�e. Harry le savait sans savoir comment, il ne trouvait pas ce qui clochait ni pourquoi son esprit pensait que �a empirait...</p><p>"<emphasis>De l'ordre !"</emphasis> mugit Dumbledore. Il donna un coup sec du b�ton de pierre deux fois contre le podium et produisit deux autres petits clics qui l'emport�rent sur tous les autres bruits. "J'exige de l'ordre ici !"</p><p>La porte par laquelle on amenait le t�moin �tait situ�e exactement sous les pieds de Harry, si bien que ce n'est pas avant que tout le groupe n'ait �merg� dans la salle de pierre qu'il put voir...</p><p>...un trio d'Aurors...</p><p>�le dos de Hermione qu'on amenait, il ne pouvait pas voir son visage...</p><p>...suivit d'un moineau d'argent �tincelant et d'un �cureuil lunaire bondissant...</p><p>�et la source de l'horrible inconvenance, � moiti� masqu�e par une cape en lambeaux.</p><p>Harry bondit sur ses pieds avant m�me de pouvoir penser et ce n'est que la poigne fr�n�tique du professeur McGonagall sur son poignet qui l'emp�cha d'atteindre sa baguette ; et le professeur de M�tamorphose chuchota avec d�sespoir : "<emphasis>Harry, tout va bien, il y a un Patronus..."</emphasis></p><p>Il eut besoin de quelques secondes pour se souvenir. Pour que la part de lui-m�me qui comprenait que Hermione n'avait pas �t� directement expos�e � un D�traqueur parvienne � convaincre le reste de sa personne de se comporter de fa�on plus ou moins saine d'esprit...</p><p><emphasis>Mais les Patronus animaux ne sont pas parfaits</emphasis>, dit une autre voix dans son esprit. <emphasis>Sans quoi Dumbledore ne verrait pas la forme d'un homme nu douloureux � observer. On le sent s'approcher, Patronus animal ou pas...</emphasis></p><p>Lentement, Harry se rassit � mesure que le professeur McGonagall tirait son poignet vers le bas.</p><p>Mais il avait alors d�j� d�clar� la guerre contre l'Angleterre magique et l'id�e que d'autres le nomment Seigneur des T�n�bres ou non ne lui semblait plus avoir d'importance.</p><p>Le visage de Hermione lui apparut lorsqu'elle s'assit dans la chaise. Elle n'�tait pas droite et rebelle comme elle l'avait �t� face � Rogue, elle ne pleurait pas comme lorsque les Aurors l'avaient arr�t�e. Elle �tait juste assise l�, un air d'horreur vacante dans le regard, alors que de noires cha�nes de m�tal serpentaient de sous la chaise et liaient ses bras et ses jambes.</p><p>Harry ne pouvait pas le supporter. Sans m�me y penser, il tentait de fuir en lui-m�me, de fuir jusqu'� son c�t� obscur, de tirer la rage froide par-dessus lui comme un bouclier. Il mit bien longtemps � y parvenir, car il n'avait pas essay� d'atteindre pleinement son c�t� obscur depuis Azkaban. Et lorsque son sang fut redevenu � peu pr�s froid, il releva les yeux, revit Hermione dans la chaise et d�couvrit que son c�t� obscur ignorait tout de la fa�on de g�rer ce genre de douleur. Elle transper�a la froideur comme un couteau et la douleur ne fut pas le moins du monde att�nu�e.</p><p>"Eh bien, ne serait-ce pas Harry Potter !" lui parvint une voix de femme claire et haute perch�e, mielleuse et complaisante jusqu'� l'�c�urement.</p><p>Harry d�tourna lentement son visage de la chaise et vit une femme souriante tellement maquill�e que sa peau semblait presque rose, assise � c�t� d'un homme que Harry reconnut �tre le ministre Cornelius Fudge gr�ce � des photographies qu'il avait vues.</p><p>"Aviez-vous quelque chose � dire, M. Potter ?" s'enquit la femme d'un ton si joyeux qu'on aurait cru ne pas �tre � un proc�s.</p><p>D'autres personnes le regardaient � pr�sent.</p><p>Harry ne pouvait pas parler car il aurait �t� stupide de prononcer chacun des mots pr�sents dans son esprit. Il ne trouvait rien � dire que Neville aurait lui aussi pu dire. Dumbledore avait pr�venu Harry que si qui que ce soit <emphasis>d'autre</emphasis> demandait au Survivant de parler, il devait <emphasis>faire semblant d'avoir son �ge...</emphasis></p><p>"Le directeur a dit que je ne devrais pas parler," r�pondit le gar�on sans enti�rement parvenir � garder sa voix d�nu�e de tranchant.</p><p>"Oh, mais tu as <emphasis>notre</emphasis> permission de parler," dit la femme d'un ton radieux. "Je suis certaine que le Magenmagot est toujours heureux d'entendre ce que le Survivant a � dire !" � c�t� d'elle, le ministre Cornelius Fudge hochait la t�te.</p><p>Le visage de la femme �tait boursoufl� et gras, visiblement p�le sous le maquillage. Presque in�vitablement, un certain mot vint � l'esprit de Harry, et ce mot �tait <emphasis>crapaud</emphasis>. Ce qui, dit la partie logique de Harry, ne devrait �tre en rien corr�l� � la moralit�. Ce n'�tait que dans les films de Disney que les gens laids avaient plus de chances d'�tre m�chant et inversement ; et ces films �taient probablement sc�naris�s par des auteurs qui n'avaient jamais �t� laids. Il lui donnerait une chance, tous ceux pr�sents dans cette pi�ce m�ritaient une chance...</p><p>"Parce que je nous ai d�barrass� du Seigneur des T�n�bres ?" dit le gar�on, et il pointa un doigt vers le D�traqueur qui flottait derri�re la chaise de Hermione. "Il y a quelque chose d'encore plus sombre dans cette pi�ce."</p><p>La femme plissa les yeux et son visage devint un peu plus s�v�re. "Je comprends qu'ils puissent effrayer un jeune gar�on comme vous, M. Potter, mais les D�traqueur sont ob�issent tout � fait au minist�re de la Magie. Et ils sont bien s�r n�cessaires � la garde..."</p><p>"D'une fille de douze ans ?" cria le gar�on. "Ce sont les cr�atures les plus sombres du monde, j'ai pu la sentir approcher m�me � travers le Patronus � le <emphasis>mal</emphasis> qui s'approchait � c'est atrocement mal�fique et �a... �a mangerait tout le monde dans cette pi�ce si �a pouvait ! On ne devrait pas la laisser s'approcher d'un enfant, jamais ! Ni de moi ni d'elle ni de personne ! Vous devriez voter pour le faire partir !"</p><p>"Nous ne voterons <emphasis>certainement</emphasis> pas � ce sujet..." cracha la femme-crapaud.</p><p>"Cela suffit, Mme Ombrage, M. Potter," dit Dumbledore d'une voix s�v�re, loin au-dessus d'eux. Puis apr�s une courte pause, le sorcier continua : "M�me si bien s�r le gar�on a parfaitement raison."</p><p>Certains des membres du Magenmagot semblaient abasourdis par l'admonestation du gar�on et quelques autres hochaient violemment la t�te en r�ponse aux paroles du vieux sorcier. Mais ils �taient trop peu. Harry pouvait le voir. Ils �taient trop peu.</p><p>Le Veritaserum fut alors amen� et Hermione sembla pendant un bref instant <emphasis>�tre</emphasis> sur le point de sangloter en regardant Harry � non, le professeur McGonagall � et le professeur McGonagall articulait silencieusement des mots que Harry ne pouvait comprendre de l� o� il se trouvait. Puis Hermione avala trois gouttes de Veritaserum et son visage devint flasque.</p><p>"Gawain Robards," dit la douce voix de Lucius Malfoy. "Votre probit� est connue de tous ici. Si vous pouviez me faire l'honneur ?"</p><p>L'un des trois Aurors s'avan�a.</p><p>Apr�s les premi�res questions, Harry d�tourna le regard et observa l'un des murs lat�raux les doigts dans ses oreilles tandis que le cerveau de Hermione rejouait le contenu du sortil�ge de faux souvenirs. Il ne pouvait pas supporter l'angoisse �mouss�e par la drogue pr�sente dans la voix de Hermione, son c�t� obscur ne pouvait pas le supporter non plus et il avait d�j� entendu un r�sum� de son r�cit.</p><p>Le cerveau de Harry repartit dans un flash jusqu'� un autre jour d'horreur, et m�me si Harry avait �t� � la limite de rejeter la continuit� de l'existence de Lord Voldemort comme �tant l'id�e s�nile d'un vieux sorcier, il semblait soudain horriblement et particuli�rement plausible que l'entit� � avoir Oubliett� Hermione soit le m�me esprit ayant � <emphasis>fait usage</emphasis> � de Bellatrix Black. Ces deux �v�nements avaient une signature commune. De choisir que cela ait lieu, de <emphasis>pr�voir</emphasis> que cela ait lieu � cela demandait d'�tre plus que malfaisant, cela demandait d'�tre <emphasis>vide</emphasis>.</p><p>Harry leva les yeux un moment et vit alors que les robes couleur prune regardaient, qu'elles ne faisaient que regarder.</p><p>Quelques temps plus tard, apr�s que toutes les �toiles du ciel nocturne soient devenues froides et sombres, que la derni�re lueur de l'univers se soit effondr�e en cendres et soit devenue noire, l'interrogatoire de Hermione prit fin.</p><p>"S'il pla�t � mes Lords," dit la voix de Lord Malfoy, "je souhaiterais voir lu � voix haute le t�moignage de mon fils Draco obtenu sous deux gouttes de Veritaserum."</p><p><emphasis>Jusqu'� ce qu'elle se mette � me chercher dans la derni�re bataille, je ne complotais rien contre Granger. Apr�s ce jour l� je me suis senti vraiment insult�, je l'avais aid�e � chaque fois...</emphasis></p><p>Le son qui sortit de la gorge de Hermione donnait l'impression qu'elle venait de se faire �craser par une pierre si immense qu'elle ne pouvait plus ni pleurer ni respirer mais seulement avoir un petit hoquet triste.</p><p>"Excusez-moi," dit une sorci�re depuis le c�t� de la pi�ce qui semblait appartenir au camp Malfoy. "Mais, Lord Malfoy, pourquoi votre fils <emphasis>aiderait</emphasis>-il une Sang-de-Bourbe ?"</p><p>"Mon fils," dit Lucius Malfoy d'une voix grave, "semble avoir pr�t� l'oreille � certaines id�es erron�es. Il est jeune � et il a appris, � pr�sent, et tout le pays l'a appris, ce que de telles folies apportent en retour."</p><p>Quelques marches plus bas, dans les bancs des visiteurs, un homme coiff� d'une casquette de journaliste et d'un badge de la <emphasis>Gazette du Sorcier</emphasis> �crivait avidement avec une longue plume.</p><p>Les quelques personnes qui avaient hoch� la t�te plus t�t en �coutant Dumbledore semblaient maintenant assez malades. Une sorci�re en robes couleur prune se leva d'un geste d�lib�r�, quitta le c�t� qui avait sembl� appartenir au camp de Dumbledore et alla jusqu'au camp Malfoy.</p><p>L'Auror continua de lire d'une voix monotone.</p><p><emphasis>Lancer tous ces sortil�ges d'Emprisonnement m'avait tellement fatigu� que j'�tais affaibli quand j'ai lanc� le dernier. Je pensais �tre plus fort que Granger mais je n'en �tais pas certain, donc je l'ai test� empiriquement en la provoquant en duel, c'est pour �a que j-j-je l'ai fait et aussi parce que si je gagnais je comptais la battre � nouveau le lendemain pour que tout le monde puisse le voir. Salet� de Veritaserum. Mais </emphasis>elle<emphasis> ne savait pas �a quand elle a essay� de me </emphasis>tuer <emphasis>! Et ce qu'elle avait fait m'avait vraiment insult�, je l'avais vraiment aid�e avant et je n'avais rien complot� contre elle mais </emphasis>elle<emphasis> s'en est prise � </emphasis>moi<emphasis> devant tout le monde !"</emphasis></p><p>Lorsque le t�moignage eut prit fin, les d�lib�rations du Magenmagot commenc�rent.</p><p>Si on pouvait appeler �a comme �a.</p><p>Il semblait que de nombreux membres du Magenmagot �taient tr�s attach�s � l'id�e que le meurtre, c'�tait mal.</p><p>Les robes couleur prune du c�t� Dumbledore de la pi�ce �taient silencieuses, les soi-disant forces du bien conservant leur capital politique pour des batailles plus gagnables. Et Harry pouvait entendre le professeur Quirrell comme s'il s'�tait tenu � c�t� de lui, sa voix s�che parler dans son esprit, lui expliquer qu'ouvrir la bouche maintenant aurait �t� loin d'avantager ces politiciens.</p><p>Mais il y avait un sorcier dans la pi�ce dont le statut �tait assez �lev� pour pouvoir, semblait-il, d�passer cette notion sans perdre la face ; un sorcier dont le statut �tait assez �lev� pour qu'il puisse prononcer quelques saines paroles et s'en sortir indemne. Lui seul parla pour d�fendre Hermione, l'homme avec un ph�nix brillant sur l'�paule.</p><p>Seul Albus Dumbledore parla.</p><p>Le pr�sident sorcier ne mit pas en avant la possibilit� que Hermione Granger soit enti�rement innocente. Le directeur avait expliqu� � Harry qu'on n'y croirait pas et que cela ne ferait qu'aggraver les choses.</p><p>Mais Albus Dumbledore dit, un doux rappel apr�s l'autre, que le coupable �tait une fille en premi�re ann�e � Poudlard ; que nombre de gens avaient commis des idioties pendant leur jeunesse ; qu'une fille en premi�re ann�e � Poudlard �tait tout simplement trop jeune pour comprendre les cons�quences de ses actes. Lui-m�me (dit doucement le pr�sident sorcier) avait fait quelques tentatives idiotes pendant son enfance, alors qu'il �tait bien plus �g� qu'elle.</p><p>Albus Dumbledore dit que Hermione Granger avait �t� aim�e de tous les professeur de Poudlard, qu'elle avait aid� quatre Poufsouffle pour leurs devoirs de charmes et qu'elle avait gagn� cent trois points pour Serdaigle pendant l'ann�e scolaire.</p><p>Albus Dumbledore dit que personne n'ayant connu Hermione Granger ne manquerait d'�tre choqu� par ces �v�nements. Qu'ils avaient tous autant qu'il �taient entendu l'horreur dans sa voix � mesure qu'elle avait t�moign�. Et que si quelque folie inhabituelle l'avait temporairement poss�d�e alors � sa voix s'�leva et devint un ordre s�v�re � elle ne m�ritait rien d'autre d'eux que de la sympathie et l'attention d'un Gu�risseur.</p><p>Et enfin, par-dessus des cris de protestation, Albus Dumbledore rappela au Magenmagot que le chef d'accusation �tait une <emphasis>tentative de meurtre </emphasis>et non un meurtre. Il dit, par-dessus un orage d'objections naissantes, que personne n'avait souffert de dommages durables. Et il le supplia de ne pas commettre pire que tout ce que qui avait �t� fait jusqu'� pr�sent...</p><p>"<emphasis>Assez !"</emphasis> mugit Lucius Malfoy, et un vote � main lev�e mit fin aux d�lib�rations. L'homme � la crini�re blanche se tenait, grand et terrible, sa canne d'argent tenue en l'air comme un marteau sur le point de s'abattre. "Pour ce que cette femme folle a tent� de faire � mon fils � pour la dette de sang qu'elle s'est attir�e en essayant de mettre fin � la lign�e d'une maison noble et Tr�s Ancienne � je dis qu'elle devra..."</p><p>"Azkaban !" rugit un homme au visage balafr� assis � la droite de Lord Malfoy. "Envoyez la Sang-de-Bourbe folle � Azkaban !"</p><p>"Azkaban !" s'�cria une autre robe couleur prune, puis une autre, puis une autre...</p><p>Un clic du b�ton de Dumbledore fit taire la pi�ce. "Ceci est d�plac�," dit le vieux sorcier avec s�v�rit�. "Et votre proposition est barbare, indigne de cette assembl�e. Il y a certaines choses que nous ne faisons pas. Lord Malfoy ?"</p><p>Lucius Malfoy avait �cout� d'un visage impassible. "Eh bien," dit Lord Malfoy apr�s quelques instants. Un �clat froid luit dans ses yeux. "Je n'avais pas pr�vu de demander cela. Mais si telle est la volont� du Magenmagot... Alors qu'elle paie ce que toute autre paierait � sa place. Que ce soit Azkaban."</p><p>Une grande acclamation de rage s'�leva...</p><p>"�tes-vous tous <emphasis>fous </emphasis>?" s'�cria Albus Dumbledore. "Elle est trop jeune ! Son esprit ne pourrait le supporter ! En trois si�cles, jamais une telle chose n'a �t� faite en Angleterre !"</p><p>"Que les autres pays penseront-ils de nous ?" dit la voix s�che d'une femme que Harry reconnut �tre la grand-m�re de Neville.</p><p>"Garderez-<emphasis>vous</emphasis> Azkaban une fois qu'elle y sera, Lord Malfoy ?" dit une vieille sorci�re s�v�re que Harry ne connaissait pas. "Car je crains que mes Aurors ne d�clinent de la garder si de jeunes enfants y sont tenus prisonniers."</p><p>"Ces d�lib�rations ont pris fin," dit froidement Lucius Malfoy. "Mais si vous �tes incapables de trouver des Aurors capables d'ob�ir au vote du Magenmagot, Mme Bones, vous pouvez renoncer � votre poste ; nous pouvons facilement en trouver un autre pour servir � votre place. La volont� de cette chambre est claire. Pour la monstruosit� de ses crimes, la fille sera jug�e comme une adulte et punie en cons�quence : dix ans � Azkaban, la sentence pour une tentative de meurtre."</p><p>Lorsque le vieux sorcier parla de nouveau, sa voix �tait plus basse. "N'y a-t-il pas d'alternative � cela, Lucius ? Nous pouvons nous retirer dans mes appartements pour en discuter, si besoin."</p><p>Le grand homme aux longs cheveux blancs se d�tourna alors pour regarder le vieux sorcier qui se tenait sur son podium, et ils s'observ�rent tous les deux pendant un long moment.</p><p>Lorsque Lucius Malfoy parla de nouveau, sa voix semblait prise du plus l�ger des tremblements, comme si son s�v�re contr�le sur celle-ci commen�ait � flancher. "Le sang demande un prix, le sang de ma famille. Je ne vendrai la dette de sang due � mon fils � aucun prix. Vous ne pouvez comprendre cela, vous qui n'avez ni amour ni enfant. Cependant plus d'une dette est due � la maison Malfoy et je pense que mon fils, s'il se tenait parmi nous, pr�f�rerait voir pay� le sang de sa m�re plut�t que le sien. Confessez votre crime au Magenmagot comme vous me l'avez confess� et alors je..."</p><p>"N'y pensez m�me pas, Albus," dit la vieille sorci�re s�v�re qui avait parl� plus t�t.</p><p>Le vieux sorcier se tenait sur le podium.</p><p>Le vieux sorcier se tenait sur le podium et son visage se tordait, se d�tordait...</p><p>"Arr�tez," dit la vieille sorci�re. "Vous connaissez la r�ponse � donner, Albus. Vous tourmenter n'y changera rien."</p><p>Le vieux sorcier parla.</p><p>"Non," dit Albus Dumbledore.</p><p>"Et vous, Malfoy," continua la vielle sorci�re s�v�re, "j'imagine que tout ce que vous d�siriez pendant ce temps �tait de ruiner..."</p><p>"Loin de l�," dit Lucius Malfoy, et ses l�vres se tordirent alors en un sourire amer. "Non, je n'ai ici d'autre dessein que la vengeance de mon fils. Je souhaitais seulement montrer au Magenmagot la v�rit� derri�re le pr�tendu h�ro�sme de ce vieil homme et son �loge de cette fille � qu'il ne songerait jamais � se sacrifier pour la sauver."</p><p>"Une cruaut� digne d'un Mangemort, en effet," dit Augusta Londubat. "Non que j'implique quoi que ce soit, bien s�r."</p><p>"Cruaut� ?" dit Lucius Malfoy, son sourire toujours amer. "Je ne pense pas. Je connaissais sa r�ponse � l'avance. Je vous ai toujours mis en garde : il ne fait que jouer son r�le. Si vous croyez � son h�sitation, vous n'en �tes que plus tromp�e. Souvenez-vous que sa r�ponse est demeur�e la m�me." L'homme �leva la voix. "Votons, mes amis. Je pense qu'un vote � main lev�e suffira pour cela. Je n'imagine pas qu'il y en aura beaucoup qui choisiront de se rallier � des meurtriers." La voix �tait devenue froide sur cette derni�re note et la promesse �tait tr�s claire.</p><p>"Regardez la fille," dit Albus Dumbledore. "Regardez-la, regardez l'horreur que vous commettez ! Elle a..." La voix du vieux sorcier se brisa. "Elle a peur..."</p><p>Le Veritaserum devait s'�tre dissip� car le visage de Hermione Granger commen�ait � se tordre sous son rel�chement, ses membres tremblaient visiblement sous les cha�nes comme si elle essayait de courir, de fuir cette chaise, mais qu'elle �tait maintenue par des poids plus lourds que ceux des liens de m�tal enchant�s qui la liaient. Puis il y eut un effort convulsif et le cou de Hermione bougea, sa t�te se tordit, assez pour que ses yeux se braquent sur...</p><p>Elle regardait Harry et m�me si elle ne parlait pas, son message �tait d'une clart� absolue.</p><p><emphasis>Harry</emphasis></p><p><emphasis>aide-moi</emphasis></p><p><emphasis>s'il te pla�t...</emphasis></p><p>Et une voix s'�leva dans la Tr�s Ancienne Chambre du Magenmagot, des mots de la couleur de l'azote liquide, trop aigu�, car elle venait d'une gorge trop jeune, et cette voix dit : "<emphasis>Lucius Malfoy</emphasis>."</p><empty-line/><p>Dans l'ancienne chambre sanctifi�e du Magenmagot on regardait, on cherchait, et on mit trop longtemps � trouver. Elle avait peut-�tre �t� aigu�, elle avait peut-�tre manqu�e de force en regard des mots qui avaient �t� prononc�s, et pourtant on ne se serait pas attendu � entendre cette voix �maner d'un enfant.</p><p>Ce n'est que lorsque Lord Malfoy r�pondit que l'on comprit o� l'on devait regarder.</p><p>"Harry Potter," dit Lucius Malfoy. Il n'inclina pas la t�te.</p><p>Des t�tes pivot�rent, des yeux boug�rent et l'on mit au point sur le jeune gar�on aux cheveux en bataille qui se tenait � c�t� d'une vieille sorci�re en larmes. Chauss�, le gar�on arrivait � peine � la hauteur de sa poitrine. Il �tait habill� de courtes robes d'un noir formel. Mais � moins que vos yeux n'aient �t� particuli�rement aiguis�s, vous n'auriez pas pu voir de l'autre bout de la Chambre cette c�l�bre et mortelle cicatrice cach�e derri�re ses cheveux �bouriff�s.</p><p>"Cette folie ne vous sied gu�re, Lucius," dit le gar�on. "Des filles de douze ans ne s'amusent pas � commettre des meurtres. Vous �tes un Serpentard, un Serpentard intelligent. Vous savez que c'est un complot. Hermione Granger a �t� plac�e de force sur l'�chiquier, par la main qui se cache derri�re ce complot, quelle qu'elle soit. <emphasis>Vous</emphasis> deviez s�rement agir exactement comme vous le faites maintenant � sauf que Draco Malfoy devait �tre mort et vous deviez avoir perdu la raison. Mais il est vivant et vous �tes sain d'esprit. Pourquoi vous conformez-vous au r�le pr�vu pour vous, dans un complot destin� � prendre la vie de votre fils ?"</p><p>Un orage semblait se d�cha�ner en Lucius, le visage sous les cheveux blancs mena�ait de se craqueler, de s'ouvrir, de d�verser quelque chose que nul n'aurait pu pr�voir. Lord Malfoy sembla faillir parler une fois, puis deux fois, puis il ravala trois phrases que nul n'entendit avant que ses l�vres ne s'ouvrent enfin. "Un complot, vous dites ?" articula-t-il enfin. Presque enti�rement laiss� � lui-m�me, son visage �tait pris de convulsions. "Et qui serait derri�re ce complot, alors ?"</p><p>"Si je le savais," dit le gar�on, "je l'aurais dit bien plus t�t. Mais tous ceux qui ont un jour �t� camarades avec Hermione Granger vous diront que c'est une meurtri�re des plus improbables. Elle aide bel et bien les Poufsouffles � faire leurs devoirs. Cet �v�nement n'a pas eu lieu naturellement, Lord Malfoy."</p><p>"Complot... Ou pas..." la voix de Lucius tremblait. "Cette Sang-de-Bourbe a touch� mon fils, et pour cela je l'an�antirai. Vous devriez fort bien le savoir, <emphasis>Harry Potter</emphasis>."</p><p>"Il est douteux," dit le gar�on, "pour ne pas dire plus, que Hermione Granger ait r�ellement lanc� ce sortil�ge de refroidissement sanguin. Je ne connais pas les circonstances exactes ni les sortil�ges mis en jeux, mais une simple tromperie n'aurait pas suffit � la pousser � le faire. Elle n'a pas agit de son propre chef et n'a peut-�tre pas agit du tout. Votre vengeance est d�lib�r�ment d�tourn�e, Lord Malfoy. Ce n'est pas une fille de douze ans qui m�rite votre courroux."</p><p>"Et qu'avez-<emphasis>vous</emphasis> � faire de ce qui l'attend ?" la voix de Lucius montait. "Qu'avez-<emphasis>vous</emphasis> � gagner ici ?"</p><p>"Elle est mon amie," dit le gar�on, "tout comme Draco l'est. Il est possible que ce coup ait �t� dirig� vers moi, et pas du tout vers la maison Malfoy."</p><p>Les muscles du visage de Lucius tressaut�rent � nouveau. "Et maintenant vous me mentez � comme vous avez menti � mon fils !"</p><p>"Croyez-le ou non," dit doucement le gar�on, "je n'ai jamais d�sir� autre chose pour Draco sinon qu'il connaisse la v�rit�..."</p><p>"<emphasis>Assez !"</emphasis> s'�cria Lord Malfoy. "Assez de vos mensonges ! Assez de vos <emphasis>jeux </emphasis>! Vous ne comprenez pas � vous ne comprendriez jamais � ce que cela signifie pour moi, qu'il soit mon fils ! On ne me privera pas de cette vengeance ! Pas encore ! Plus jamais ! Pour le sang qu'elle doit � la maison Malfoy, elle ira � Azkaban. Et si je trouve jamais une autre main � l'�uvre � m�me si c'est la v�tre � cette main sera elle aussi tranch�e !" Lucius Malfoy �leva sa cane d'argent comme pour donner un ordre, ses dents serr�es, ses l�vres retrouss�es, comme un loup face � un dragon. "Et si vous n'avez rien de mieux � dire que cela... taisez-vous, Harry Potter !"</p><empty-line/><p>Le sang de Harry bouillonnait sous la glace de son c�t� obscur, sous sa peur pour Hermione, sous la partie de lui qui voulait se d�cha�ner contre Lucius, le d�truire sur place pour son insolence et sa <emphasis>stupidit�</emphasis> � mais Harry n'en avait pas le <emphasis>pouvoir</emphasis>, il n'avait m�me pas un vote au Magenmagot...</p><p>Draco avait dit que pour une raison inconnue, Lucius avait peur de lui. Et Harry pouvait voir dans le rictus tir� et pinc� qu'�tait devenu le visage de Lord Malfoy que ce dernier avait eu besoin de tout son courage pour dire � Harry de se taire.</p><p>Et Harry dit donc, d'une voix froide et mortelle, en esp�rant que cela veuille dire quelque chose : "Vous vous attirerez mon inimit� en faisant cela, Lucius..."</p><p>Quelqu'un parmi les rangs inf�rieurs de ce qui �tait clairement le c�t� Puriste du Magenmagot et qui baissait les yeux vers le jeune gar�on plut�t que de les lever vers Lord Malfoy eut un rire de pure incr�dulit�. D'autres robes couleur prune commenc�rent � rire aussi.</p><p>Lord Malfoy le contempla avec toute sa dignit� pendant que le rire se r�pandait. "Si vous d�sirez l'inimit� de la maison Malfoy, vous l'aurez, <emphasis>enfant</emphasis>."</p><p>"Allons, allons," dit la femme avec trop de maquillage rose, "je pense que ceci a dur� bien assez longtemps, ne trouvez-vous pas, Lord Malfoy ? Le gar�on risque de manquer des cours."</p><p>"En effet," dit Lucius Malfoy, et il �leva de nouveau la voix. "J'en appelle au vote ! � main lev�e, que le Magenmagot reconnaisse la dette de sang due � la noble et Tr�s Ancienne maison Malfoy pour la tentative de meurtre sur son dernier h�ritier et d'an�antissement de sa lign�e par Hermione, la premi�re Granger !"</p><p>Les mains s'�lev�rent les unes apr�s les autres, le secr�taire assis au cercle inf�rieur commen�a � tracer des traits sur un parchemin afin de les compter, mais le camp qu'avait choisi la majorit� �tait �vident.</p><p>Et Harry poussa un cri dans son esprit, un appel d�sesp�r� � toute partie de lui qui pourrait offrir une issue, une strat�gie, une id�e. Mais il n'y avait rien, rien du tout, il avait jou� ses derni�res cartes et il avait perdu. Et alors, dans une derni�re convulsion d�sesp�r�e, Harry se plongea dans son c�t� obscur, s'y poussa de force, �treignit sa clart� mortelle, offrir � son c�t� obscur tout ce qu'il voudrait si seulement il pouvait l'aider � r�soudre ce probl�me, et le calme l�tal l'enveloppa enfin, la v�ritable glace r�pondit enfin � son appel. Au-del� de toute la panique et de tout le d�sespoir son esprit commen�a � passer en revue tous les faits qu'il poss�dait, � se souvenir de tout ce qu'il savait sur Lucius Malfoy, sur le Magenmagot, sur les lois d'Angleterre magique ; ses yeux parcoururent les rang�es de chaises, chaque personne, chaque chose � port�e de vue, � la recherche d'une opportunit� � saisir...</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 81*: Compromis Tabous, pt 3</strong></p><p>Au-dessus de demi-cercles de pierre sur�lev�s, un oc�an de mains lev�es.</p><p>Les Lords et les Dames du Magenmagot v�tus de robes couleur prune marqu�es d'un M d'argent regardaient avec s�v�rit� et reproche une jeune fille situ�e plus bas, tremblante et encha�n�e. S'ils s'�taient damn�s aux yeux d'un syst�me �thique quelconque, il �tait clair que cet acte ne leur avait donn� qu'une plus haute estime d'eux-m�mes.</p><p>La poitrine de Harry tremblait � chacune de ses inspirations. Son c�t� obscur avait con�u un plan � puis il �tait reparti, car un ton trop froid n'aurait pas �t� � l'avantage de Hermione ; un fait dont le Harry seulement � moiti� glacial ne s'�tait pas rendu compte...</p><p>"La motion est adopt�e," entonna le secr�taire apr�s que l'on ait fini de compter et que les mains lev�es se soient rabaiss�es. "Le Magenmagot reconna�t la dette de sang due par Hermione Granger � la maison Malfoy pour la tentative de meurtre sur son h�ritier et la tentative de destruction de sa lign�e."</p><p>Lucius Malfoy avait un sourire lugubre et satisfait. "Et maintenant," dit l'homme � la crini�re blanche, "je dis que sa dette sera pay�e..."</p><p>Harry serra ses poings et s'�cria : "Par la dette que la maison Malfoy doit � la maison Potter !"</p><p>"Silence !" l�cha la femme recouverte de trop de maquillage rose assise � c�t� du ministre Fudge. "Vous avez d�j� suffisamment perturb� ces d�lib�rations ! Aurors, escortez-le � l'ext�rieur !"</p><p>"Attendez," dit Augusta Londubat depuis les si�ges sup�rieurs. "De quelle dette s'agit-il ?"</p><p>Les mains de Lucius Malfoy blanchirent autour de sa canne. "La maison Malfoy ne vous doit aucune dette !"</p><p>Ce n'�tait pas le plus solide des espoirs, car il n'�tait bas� que sur un article de journal �crit par une femme qui avait re�u un sortil�ge de faux souvenirs, mais Rita Skeeter avait sembl� trouver plausible que M. Weasley puisse devoir une dette � James Potter parce que...</p><p>"Je suis surpris que vous l'ayez oubli�," dit Harry d'une voix neutre. "C'�tait s�rement une �poque difficile et douloureuse de votre vie, � travailler sous le joug de l'Imperius de Celui-Dont-Il-Ne-Faut-Pas-Prononer-Le-Nom jusqu'� en �tre lib�r� par les efforts de la maison Potter. Par ma m�re, Lily Potter, qui a sacrifi� sa vie, par mon p�re, James Potter, qui a aussi sacrifi� sa vie, et bien s�r par moi."</p><p>Il y eut un bref silence dans la Tr�s Ancienne Chambre.</p><p>"Ah, mais quel excellente remarque," dit la vieille sorci�re qui s'�tait r�v�l�e �tre Mme Bones. "Je suis moi aussi assez surprise de constater que Lord Malfoy a pu oublier un �v�nement d'une telle importance. Cela doit avoir �t� un jour tellement heureux pour lui."</p><p>"Oui," dit Augusta Londubat. "Il a d� �tre tellement reconnaissant."</p><p>Mme Bones hocha la t�te. "La maison Malfoy ne pourrait certainement pas nier cette dette � � moins peut-�tre que Lord Malfoy ne nous dise qu'il se souvient mal de quelque chose ? Cela m'int�ressait pour des raisons tout � fait professionnelles. Nous essayons toujours d'obtenir une meilleure id�e de ce qui s'est pass� pendant cette sombre �poque."</p><p>Les mains de Lucius Malfoy agrippaient sa canne � poign�e serpent comme s'il �tait sur le point de l'abattre, de rel�cher le pouvoir qui y �tait contenu, quel qu'il fut...</p><p>Puis il sembla se d�tendre et un sourire froid prit forme sur son visage. "Bien s�r," dit-il avec aisance. "Je confesse ne pas avoir compris au premier abord, mais l'enfant a tout � fait raison. Cependant je ne pense pas que les deux dettes s'annulent tout � fait � la maison Potter n'essayait apr�s tout que de se sauver elle-m�me..."</p><p>"C'est faux," dit Dumbledore, plus haut.</p><p>"...et par cons�quent," entonna Lucius Malfoy, "je demande aussi une compensation mon�taire pour le rachat de la dette de sang due � mon fils. La loi dit aussi cela."</p><p>Harry sentit un �trange tressaillement int�rieur. Cela avait aussi �t� dans l'article de journal, que M. Weasley avait exig� dix mille Gallions suppl�mentaires...</p><p>"Combien ?" dit le Survivant.</p><p>Lucius avait toujours son sourire froid. "Cent mille Gallions. Si vous n'en avez pas autant dans votre chambre forte, j'imagine que je devrai accepter billet � ordre pour le reste."</p><p>Un rugissement de protestations s'�leva du c�t� Dumbledore de la pi�ce et m�me certaines des robes prune du centre semblaient assez choqu�es.</p><p>"Devrions-nous faire appel au vote du Magenmagot ?" dit Lucius Malfoy. "Je pense que peu d'entre nous aimeraient voir la petite meurtri�re lib�r�e. Par vote � main lev�e, qu'une compensation additionnelle de cent mille Gallions est n�cessaire pour annuler la dette !"</p><p>Le greffier commen�a � compter, mais ce r�sultat-l� �tait lui aussi �vident.</p><p>Harry restait debout et respirait lourdement.</p><p><emphasis>Tu ferais mieux de ne m�me pas avoir � y penser</emphasis>, dit le Gryffondor interne de Harry d'un ton mena�ant.</p><p><emphasis>C'est un achat substantiel</emphasis>, remarqua Serdaigle. <emphasis>Nous devrions passer beaucoup de temps � y r�fl�chir.</emphasis></p><p>Cela n'aurait pas d� �tre difficile. �a n'aurait pas <emphasis>d�</emphasis>. Deux millions de livres sterling : ce n'�tait que de l'argent, et l'argent ne valait que ce qu'il permettait d'acheter...</p><p>Il �tait �trange de constater � quel point on pouvait �tre psychologiquement attach� � 'que de l'argent', et � quel point il pouvait �tre douloureux de s'imaginer perdre une chambre forte pleine d'or dont on avait m�me pas imagin� l'existence seulement un an auparavant.</p><p><emphasis>Kimball Kinnison n'h�siterait pas, </emphasis>dit Gryffondor. <emphasis>S�rieusement. Genre, il aurait d�cid� d'un claquement de doigts. Tu es quel genre de h�ros ? Je te d�teste d�j� parce que tu as d� y r�fl�chir pendant plus de 50 millisecondes.</emphasis></p><p><emphasis>C'est la vraie vie</emphasis>, dit Serdaigle. Perdre tout son argent est plus douloureux pour les vrais gens de la vraie vie que dans les livres avec de<emphasis>s h�ros.</emphasis></p><p><emphasis>Quoi ? </emphasis>s'indigna Gryffondor. <emphasis>Tu es de quel c�t� ?</emphasis></p><p><emphasis>Je ne recommandais aucune r�ponse en particulier, </emphasis>dit Serdaigle, <emphasis>je le disais seulement parce que c'est vrai.</emphasis></p><p><emphasis>Cent mille Gallions d�pens�s autrement pourraient-ils sauver plus d'une vie ? </emphasis>dit Serpentard. <emphasis>Nous avons de la recherche � faire, des batailles � mener, et la diff�rence entre �tre riche de 40000 Gallions et �tre endett� de 60000 n'est pas triviale...</emphasis></p><p><emphasis>Alors nous utiliserons juste un de nos moyens de refaire rapidement de l'argent et nous le regagnerons, </emphasis>dit Poufsouffle.</p><p><emphasis>Je ne suis pas certain que ces moyens fonctionneront, </emphasis>dit Serpentard, <emphasis>et beaucoup n�cessitent un apport initial...</emphasis></p><p><emphasis>Personnellement, </emphasis>dit Gryffondor, <emphasis>je vote pour qu'on sauve Hermione puis qu'on fasse �quipe pour tuer notre Serpentard.</emphasis></p><p>La voix du greffier annon�a que le comptage �tait fini et que la motion avait �t� adopt�e...</p><p>Les l�vres de Harry s'ouvrirent.</p><p>"J'accepte votre offre," dirent-elles sans qu'aucune d�cision n'ait �t� prise, exactement comme si le d�bat interne n'avait �t� qu'un simulacre, qu'une illusion, et que le v�ritable contr�leur de la voix n'y avait pas pris part.</p><p>Il �tait clair que Lucius Malfoy ne s'�tait pas attendu � cette r�ponse.</p><p>Le masque de calme de Lord Malfoy se brisa en mille morceaux, ses yeux s'�carquill�rent et il regarda fixement Harry, fig� par la stup�faction. Sa bouche s'�tait l�g�rement ouverte mais il ne parlait pas, et s'il faisait des bruits �tranges, ceux-ci ne pouvaient �tre entendus par-dessus le rugissement de hoquets simultan�s venu du Magenmagot...</p><p>Un claquement de pierre fit taire la foule.</p><p>"Non," dit la voix de Dumbledore.</p><p>La t�te de Harry eut un mouvement sec et se r�orienta en direction du vieux sorcier.</p><p>Le visage rid� de Dumbledore �tait p�le, la barbe d'argent tremblait et il semblait en �tre en phase terminale d'une maladie incurable. "Je � je suis d�sol�, Harry, mais ce n'est pas � toi de choisir � car je suis toujours le gardien de ta chambre forte."</p><p>"<emphasis>Quoi ?"</emphasis> dit Harry, trop stup�fait pour mieux formuler sa r�ponse.</p><p>"Je ne peux pas te laisser t'endetter aupr�s de Lucius Malfoy, Harry ! Je ne peux pas ! Tu ne sais pas � tu ne te rends pas compte -"</p><p><emphasis>MEURS.</emphasis></p><p>Harry ne savait m�me pas quelle partie de lui avait parl�, �a avait peut-�tre �t� un vote unanime, la rage pure et la furie s'�taient d�vers�es de lui. L'espace d'un instant il pensa que la simple force de sa col�re se verrait pousser des ailes magiques et s'envolerait pour aller frapper le directeur, pour le faire chuter raide mort du podium...</p><p>Mais apr�s que la voix mentale ait parl�, le vieux sorcier se tenait toujours l�, � regarder Harry, sa longue baguette noire dans sa main droite, son court b�ton dans la gauche.</p><p>Et les yeux de Harry all�rent aussi jusqu'� l'oiseau rouge-or dont les serres se reposaient sur l'�paule recouverte de noir de Dumbledore, silencieux � un moment o� aucun ph�nix n'aurait d� l'�tre. "Fumseck," dit Harry d'une voix qui lui sembla �trange, "pourrais-tu lui crier dessus de ma part ?"</p><p>L'oiseau enflamm� perch� sur l'�paule du vieux sorcier ne cria pas. Peut-�tre le Magenmagot avait-il exig� qu'un sortil�ge de silence soit lanc� sur la cr�ature, autrement il aurait probablement cri� du d�but � la fin. Mais Fumseck frappa son ma�tre d'une aile d'or qui alla s'abattre sur la t�te du vieux sorcier.</p><p>"Je ne peux pas, Harry !" dit le vieux sorcier, et l'angoisse �tait audible dans sa voix. "Je fais ce que je me dois de faire !"</p><p>Et Harry sut alors, en regardant l'oiseau rouge-or, ce qu'il se devait lui aussi de faire. Elle aurait due �tre �vidente depuis le d�but, cette solution.</p><p>"Alors je ferais ce que je me dois de faire moi aussi," dit Harry, le menton lev� vers Dumbledore, comme s'ils se tenaient tous deux seuls dans la pi�ce. "Vous comprenez cela vous aussi, n'est-ce pas ?"</p><p>Le vieux sorcier secoua sa t�te tremblante. "Tu changeras d'avis quand tu seras plus �g�..."</p><p>"Je ne parle pas de cela," dit Harry d'une voix qui lui semblait toujours �trange. "Je veux dire que je ne laisserai pas Hermione Granger se faire manger par des D�traqueurs sous quelques circonstances que ce soit. Point. Peu importe ce qu'une loi quelconque peut en dire et peu importe ce que j'aurai � faire pour l'emp�cher. Dois-je continuer ?"</p><p>Un �trange voix masculine parla, quelque part, loin en-dessous : "Assurez-vu que la fille soit men�e directement � Azkaban et plac�e sous garde renforc�e."</p><p>Harry attendit en regardant le vieux sorcier puis parla de nouveau. "J'irai � Azkaban," dit-il � celui-ci, comme s'ils �taient seuls au monde, "avant que Hermione ne puisse y �tre men�e, et je commencerai � claquer des doigts. J'y perdrai peut-�tre ma vie, mais lorsqu'elle arrivera l�-bas, Azkaban n'existera plus."</p><p>Quelques membres du Magenmagot eurent des hoquets de surprise.</p><p>Puis un grand nombre d'entre eux commen�a � rire.</p><p>"Et comment irais-tu l�-bas, petit gar�on ?" dit une voix parmi les rieurs.</p><p>"J'ai mes propres moyens de d�placement," dit la voix distante du gar�on. Il garda ses yeux braqu�s sur Dumbledore, sur le vieux sorcier qui l'observait, choqu�. Harry ne regarda pas directement Fumseck, il ne d�voila pas son plan ; mais il se pr�parait mentalement � faire appel au ph�nix pour que celui-ci le transporte, il se pr�parait � emplir son esprit de lumi�re et de furie, � appeler l'oiseau de feu de tout son pouvoir, car il devrait peut-�tre le faire � la seconde o� Dumbledore pointerait sa baguette...</p><p>"Le ferais-tu vraiment ?" dit le vieux sorcier � Harry, toujours comme s'ils �taient seuls dans la pi�ce.</p><p>La pi�ce s'emplit � nouveau de silence lorsque tout le monde dirigea un regard stup�fait vers le pr�sident sorcier du Magenmagot qui semblait prendre la folle menace parfaitement au s�rieux.</p><p>Les yeux du vieux sorciers rest�rent riv�s � Harry. "Risquerais-tu tout � absolument tout � seulement pour elle ?"</p><p>"Oui," r�pondit Harry.</p><p><emphasis>C'est la mauvaise r�ponse, tu sais, </emphasis>dit Serpentard. <emphasis>S�rieux.</emphasis></p><p><emphasis>Mais c'est la vraie r�ponse.</emphasis></p><p>"Tu n'entendras pas raison ?" dit le vieux sorcier.</p><p>"On dirait bien que non," r�pondit Harry.</p><p>Les regards demeur�rent ancr�s l'un dans l'autre.</p><p>"C'est une terrible folie," dit le vieux sorcier.</p><p>"J'en suis conscient," r�pondit le h�ros. "Maintenant hors de mon chemin."</p><p>Une �trange lumi�re luit dans les vieux yeux bleus. "Comme tu le souhaites, Harry Potter, mais saches que ce n'est pas fini."</p><p>Le reste du monde recommen�a d'exister.</p><p>"Je retire mon objection," dit le vieux sorcier, "Harry Potter peut faire ce qu'il d�sire," et le Magenmagot explosa dans un rugissement ahuri et ne put �tre tut que par un dernier coup du b�ton de pierre.</p><p>Harry tourna la t�te pour regarder Lord Malfoy qui semblait avoir vu un chat se transformer en humain et commencer � manger d'autres chats. Dire qu'il avait l'air perdu �tait loin de faire justice � son apparence.</p><p>"Vous le feriez vraiment..." dit lentement Lucius Malfoy. "Vous paieriez vraiment cent mille Gallions pour sauver une Sang-de-Bourbe."</p><p>"Je pense qu'il y a environ quarante mille Gallions dans ma chambre forte," dit Harry. �trange comme cela provoquait <emphasis>toujours</emphasis> plus de douleur int�rieure que l'id�e de risquer sa vie � plus d'une chance sur deux pour d�truire Azkaban. "Quand aux autres soixante mille � quelles sont les r�gles, exactement ?"</p><p>"Tu ne les devras qu'en sortant de Poudlard," dit le vieux sorcier depuis son perchoir. "Mais j'ai peur que Lord Malfoy n'ait certains droits sur toi avant ce terme."</p><p>Lucius Malfoy demeurait immobile et regardait Harry, les sourcils fronc�s. "Qui est-elle pour vous, alors ? <emphasis>Qu'</emphasis>est-elle pour vous, pour que vous soyez pr�t � payer autant dans le but de l'�pargner ?"</p><p>"Mon amie," dit doucement le gar�on.</p><p>Les yeux de Lucius Malfoy se pliss�rent. "Selon le rapport que j'ai re�u, vous ne pouvez pas lancer le Patronus, et Dumbledore le sait. Le pouvoir d'un seul D�traqueur a failli vous tuer. Vous n'oseriez pas vous approcher d'Azkaban en personne..."</p><p>"C'�tait en janvier," dit Harry. "Nous sommes en avril."</p><p>Les yeux de Lucius Malfoy demeur�rent froids et calculateurs. "Vous pr�tendez pouvoir d�truire Azkaban et Dumbledore pr�tend le croire."</p><p>Harry ne r�pondit pas.</p><p>L'homme aux cheveux blancs se d�tourna l�g�rement vers le centre du demi-cercle comme pour s'adresser aux �tages sup�rieurs du Magenmagot. "Je retire mon offre !" cria Lord Malfoy. "Je n'accepterai pas la dette de la maison Potter en paiement, pas m�me pour cent mille Gallions ! La dette de sang que la fille doit � la maison Malfoy tient !"</p><p>De nouveau un rugissement de voix. "D�shonorant !" s'�cria quelqu'un. "Vous reconnaissez votre dette envers la maison Potter et pourtant vous..." puis cette voix se tut abruptement.</p><p>"Je reconnais la dette, mais je ne suis pas strictement oblig� par la loi de l'accepter en annulation de l'autre," dit Lucius Malfoy avec un lugubre sourire. "Cette fille ne fait pas partie de la maison Potter ; la dette que je dois � cette maison n'est pas sienne. Quant au <emphasis>d�shonneur</emphasis>..." Lucius Malfoy s'interrompit. "Quant � la grave honte que je ressens au sujet de mon ingratitude envers les Potter qui ont tant fait pour moi..." Lucius Malfoy inclina la t�te. "Puissent mes anc�tres me pardonner."</p><p>"Eh bien, mon gar�on ?" dit l'homme balafr� assis � la droite de Lord Malfoy. "Vas donc, et d�truis Azkaban !"</p><p>"J'aimerais voir �a," dit une autre voix. "Vendrez-vous des tickets pour le spectacle ?"</p><p>Il va sans dire que Harry ne choisit pas cet instant pour abandonner.</p><p><emphasis>Cette fille ne fait pas partie de la maison Potter...</emphasis></p><p>� vrai dire, il avait vu la solution � ce dilemme presque instantan�ment.</p><p>Il aurait peut-�tre mis plus longtemps s'il n'avait pas r�cemment surpris plusieurs conversations entre des filles de Serdaigle plus �g�es et lu un certain nombre d'articles du Chicaneur.</p><p>Il avait n�anmoins du mal � l'accepter.</p><p><emphasis>C'est ridicule</emphasis> dit une partie de Harry qui venait de se surnommer le V�rificateur de Coh�rence Interne<emphasis>. Nos actes sont compl�tement incoh�rents. D'abord tu ressens moins de r�ticence �motionnelle � risquer ta VIE et � probablement MOURIR pour Hermione que de te s�parer d'un tas d'or stupide. Et maintenant tu rechignes juste � te marier ?</emphasis></p><p><emphasis>ERREUR SYST�ME.</emphasis></p><p><emphasis>Tu sais quoi ? </emphasis>Dit le V�rificateur de Coh�rence Interne, <emphasis>tu es stupide.</emphasis></p><p><emphasis>Je n'ai pas dit non, </emphasis>songea Harry. <emphasis>Je disais juste ERREUR SYST�ME.</emphasis></p><p><emphasis>Je vote pour qu'on d�truise Azkaban, </emphasis>dit Gryffondor. <emphasis>�a devra �tre fait de toute fa�on.</emphasis></p><p><emphasis>Vraiment, vraiment stupide, </emphasis>dit le V�rificateur de Coh�rence Interne. <emphasis>Oh, et puis merde, je prends le contr�le de notre corps.</emphasis></p><p>Le gar�on prit une profonde inspiration, ouvrit la bouche...</p><p>� ce stade, Harry Potter avait enti�rement oubli� l'existence du professeur McGonagall, qui �tait rest� assise pendant tout ce temps et avait subi un certain nombre d'int�ressants changements d'expression faciale que Harry n'avait pas regard�s parce qu'il �tait distrait. Il aurait �t� trop dur de dire que Harry l'avait oubli�e parce qu'il ne la voyait pas comme un PJ. Il aurait pu �tre plus g�n�reux de dire que le professeur McGonagall n'�tait une solution potentielle � aucun de ses probl�mes actuels et qu'elle ne faisait donc pas partie de l'univers.</p><p>Donc Harry, qui � ce stade avait une bonne dose d'adr�naline dans le sang, sursauta de fa�on assez visible lorsque le professeur McGonagall dont les yeux �tincelaient maintenant d'un espoir impossible et dont les joues �taient couvertes de larmes � moiti� s�ches bondit et s'�cria : "<emphasis>Avec moi, M. Potter !" </emphasis>et qui sans attendre de r�ponse descendit quatre � quatre les marches des escaliers qui menaient � la plate-forme inf�rieure o� attendait une chaise de m�tal noir.</p><p>Il mit un moment � le faire, mais Harry courut apr�s elle, m�me s'il mit plus longtemps qu'elle � atteindre l'�tage le plus bas apr�s qu'elle ait saut� au-dessus de la derni�re moiti� des marches d'un mouvement �trangement f�lin et qu'elle ait atterrit alors que le trio d'Aurors � l'air abasourdi pointait d�j� ses baguettes vers elle.</p><p>"Mlle Granger !" s'�cria le professeur McGonagall. "Pouvez-vous parler ?"</p><p>Comme pour le professeur McGonagall, on pouvait d'une certaine fa�on dire que Harry avait oubli� l'existence de Hermione Granger, car il avait inclin� son cou en arri�re pour regarder vers le haut plut�t que vers le bas et parce qu'il ne l'avait consid�r�e comme une solution � aucun de ses probl�mes actuels. Quoi qu'il fut loin d'�tre de certain, et il n'�tait m�me pas probable du tout, que la situation eut �t� am�lior�e de quelque fa�on que ce soit si Harry s'�tait souvenu de regarder Hermione ou de penser � ce qu'elle devait ressentir.</p><p>Harry atteint le bas des escaliers et vit Hermione de pied en cap...</p><p>Sans y penser, sans pouvoir m�me s'en emp�cher, Harry ferma les yeux. Mais il avait vu.</p><p>Ses robes autour de son cou, inond�es de larmes.</p><p>Le fa�on dont elle avait d�tourn� les yeux � <emphasis>sa</emphasis> vue.</p><p>Et l'�il du souvenir et de l'empathie, qu'on ne pouvait jamais refermer, qui ne pouvait pas d�tourner le regard, sut que Hermione venait de raconter la pire honte de sa vie face aux nobles d'Angleterre magique, face au professeur McGonagall, face � Dumbledore et � Harry ; et qu'elle avait �t� condamn�e � Azkaban, o� elle serait expos�e aux t�n�bres, au froid et � ses pires souvenirs jusqu'� devenir folle et � mourir ; et qu'elle avait ensuite entendu que Harry allait perdre tout son argent et s'endetter pour la sauver et qu'il allait peut-�tre m�me sacrifier sa vie</p><p>avec le D�traqueur quelques pas � peine derri�re elle</p><p>elle n'avait rien dit...</p><p>"O-oui," murmura la voix de Hermione Granger. "Je p-peux parler."</p><p>Harry rouvrit les yeux et vit son visage qui le regardait � pr�sent. Ce visage ne communiquait rien qui puisse laisser comprendre ce qu'il pensait que Hermione ressentait, car les visages ne pouvaient rien dire d'aussi compliqu�, et tout ce que les muscles faciaux pouvaient faire, c'�tait de se contorsionner et de se nouer.</p><p>"H-H-Harry, j-je suis tellement, je suis tellement..."</p><p>"La ferme," sugg�ra Harry.</p><p>"d-d-d�sol�e..."</p><p>"Si tu ne m'avais pas rencontr� dans le train tu n'aurais aucun ennui � l'heure qu'il est. Alors la ferme," dit Harry Potter.</p><p>"Arr�tez de vous comporter comme des idiots, tous les deux," dit le professeur McGonagall de son ferme accent �cossais (il �tait �trange de constater � quel point l'accent aidait). "M. Potter, tendez votre baguette pour que les doigts de Mlle Granger puissent la toucher. Mlle Granger, r�p�tez apr�s moi. Sur ma vie et ma magie..."</p><p>Harry fit ce qu'on lui avait dit et avan�a sa baguette afin qu'elle touche les doigts de Hermione, puis la faible voix de cette derni�re dit : "Sur ma vie et ma magie..."</p><p>"Je jure de servir la maison Potter..." dit le professeur McGonagall.</p><p>Et Hermione dit, sans attendre d'instructions suppl�mentaire, les mots s'�coulant d'elle � toute vitesse : "Je jure de servir la maison Potter, d'ob�ir � son ma�tre ou � sa ma�tresse, de me tenir � leur droite, de combattre selon leurs ordres et de les suivre o� ils iront jusqu'au jour de ma mort."</p><p>Tous ces mots avaient �t� d�ball�s dans une expiration d�sesp�r�e, avant que Harry ne puisse penser ou dire quoi que ce soit, au cas o� il aurait �t� assez fou pour interrompre.</p><p>"M. Potter, r�p�tez ces mots," dit le professeur McGonagall. "Moi, Harry, h�ritier et dernier descendant des Potter, accepte que vous me serviez jusqu'� la fin du monde et de sa magie."</p><p>Harry prit une profonde inspiration et dit : "Moi, Harry, h�ritier et dernier descendant des Potter, accepte que vous me serviez jusqu'� la fin du monde et de sa magie."</p><p>"C'est fait," dit le professeur McGonagall. "Bien jou�."</p><p>Harry leva les yeux et vit que tout le Magenmagot, dont il avait oubli� l'existence, les regardait fixement.</p><p>Puis Minerva McGonagall qui, bien qu'elle n'en ait pas toujours l'air, <emphasis>�tait</emphasis> directrice de Gryffondor, leva les yeux vers l'endroit o� Lucius Malfoy se tenait, et elle lui dit, face � tout le Magenmagot : "Je regrette chaque point que je t'ai donn� en M�tamorphose, esp�ce de vil petit vers."</p><p>Quoi que Lucius ait �t� sur le point de r�pondre, cela fut r�duit au silence par un coup du court b�ton dans la main de Dumbledore. "Ahem !" dit le vieux sorcier sur son podium de pierre noire. "Cette s�ance a d�j� dur� un certain temps et si elle ne s'ach�ve pas bient�t, certains pourraient manquer leur d�jeuner. La loi en la mati�re est claire. Vous avez d�j� vot� sur les termes de l'�change, et Lord Malfoy ne peut l�galement le d�cliner. Comme nous avons de beaucoup d�pass� le temps qui nous est allou� et en accord avec la derni�re d�cision des survivants du quatre-vingt huiti�me Magenmagot, je l�ve la s�ance."</p><p>Le vieux sorcier frappa trois fois de son b�ton de pierre.</p><p>"Idiots !" s'�cria Lucius Malfoy. Les cheveux blancs se secouaient autant que si un vent les avait agit�s et le visage en-dessous �tait rendu p�le par la furie. "Vous pensez pouvoir vous en tirer avec ce que vous avez fait aujourd'hui ? Vous pensez que cette fille peut essayer de tuer mon fils et s'en sortir sans dommages ?"</p><p>La femme-crapaud au maquillage rose dont Harry ne pouvait se rem�morer le nom se leva de son si�ge. "Allons, mais bien s�r que non," dit-elle avec un sourire �c�urant. "Apr�s tout, cette fille est <emphasis>toujours</emphasis> une meurtri�re, et je pense que le minist�re s'int�ressera de tr�s pr�s � ses actes � il semble fort peu sage qu'on l'autorise � d�ambuler dans les rues, apr�s tout..."</p><p>Harry en eut assez.</p><p>Sans finir d'�couter, il pivota sur ses talons et marcha � grands pas vers...</p><p>L'horreur que seul lui pouvait vraiment voir, l'absence de couleur et d'espace, la blessure dans le monde au-dessus de laquelle flottait une cape en lambeaux ; des plus imparfaitement gard�e par un �cureuil � l'�clat lunaire et par un moineau d'argent voltigeant.</p><p>Son c�t� obscur avait lui aussi remarqu�, lorsqu'il avait parcouru l'int�gralit� de la pi�ce � la recherche de toute chose pouvant �tre utilis�e comme arme, que l'ennemi avait �t� assez sot pour mettre un D�traqueur en pr�sence de Harry. C'�tait bel et bien une arme puissante, mais une que Harry manierait peut-�tre mieux que ses suppos�s ma�tres. Apr�s tout, Azkaban avait un jour vu Harry dire � douze D�traqueurs de faire volte-face et de partir, et ils �taient partis.</p><p><emphasis>Les D�traqueurs sont la Mort et le Patronus marche en ayant des pens�es heureuses au lieu de penser � la Mort.</emphasis></p><p>Si la th�orie de Harry �tait correcte, cette phrase seule �tait tout ce qui �tait n�cessaire pour faire �clater les Patronus des Aurors comme des bulles de savon et s'assurer que personne � port�e d'oreille ne pourrait en lancer un autre.</p><p><emphasis>Je vais annuler les Patronus et emp�cher d'autres Patronus d'�tre lanc�s. Puis mon D�traqueur, plus rapide que n'importe quel balais volant, va Embrasser tous ceux ici qui ont vot� pour envoyer une fille de douze ans � Azkaban.</emphasis></p><p>Dire cela pour mettre en place les attentes et patienter jusqu'� ce que les gens comprennent et rient. Puis dire la fatale v�rit�, et lorsque les Patronus des Aurors se seraient volatilis�s, confirmant les dires de Harry, alors soit l'<emphasis>anticipation</emphasis> que les autres auraient au sujet du vide sans esprit soit les menaces de destruction de Harry pousseraient le D�traqueur � ob�ir. Ceux qui avaient cherch� � faire des compromis avec les t�n�bres seraient consum�s par elle.</p><p>C'�tait l'autre solution que son c�t� obscur avait invent�e.</p><p>Ignorant les hal�tements de surprises qui s'�levaient derri�re lui, Harry passa entre les deux Patronus et s'avan�a � un unique pas de la Mort. Sa peur, qui n'�tait plus entrav�e, jaillit autour de lui comme un tourbillon, comme s'il venait de mettre le pied � c�t� du siphon d'une baignoire g�ante dont on aurait �t� en train de vider l'eau ; mais sans les faux Patronus pour obscurcir la nature de leur interaction, Harry pouvait atteindre le D�traqueur autant que celui-ci pouvait l'atteindre lui. Il regarda droit dans le vide attracteur et...</p><p><emphasis>la Terre au milieu des �toiles</emphasis></p><p>tous son triomphe d'avoir sauv� Hermione</p><p><emphasis>un jour, la r�alit� dont tu es une ombre cessera d'exister</emphasis></p><p>Harry se saisit de toutes les �motions argent�es qui alimentaient son Patronus, les <emphasis>poussa</emphasis> vers le D�traqueur, s'attendit � ce que l'ombre de la Mort le fuie...</p><p>...et tout en faisant cela, il leva les mains et s'�cria : "BOUH !"</p><p>Le vide battit vivement en retraite jusqu'� �tre accul� contre la pierre noire.</p><p>Un silence mortel emplissait la salle.</p><p>Harry se d�tourna du n�ant vide et leva les yeux vers l'endroit o� se tenait la femme-crapaud. Elle �tait p�le sous son maquillage rose et sa bouche s'ouvrait et se fermait comme celle d'un poisson.</p><p>"Je vous fais cette seule offre," dit le Survivant. "Je n'apprends jamais que vous avez interf�r� avec moi ou les miens. Et vous n'apprenez jamais pourquoi le monstre mangeur d'�me intuable a peur de moi. Maintenant asseyez-vous et fermez-la."</p><p>La femme-crapaud retomba sur son banc sans un mot.</p><p>Harry leva les yeux encore plus haut.</p><p>"Une devinette, Lord Malfoy !" s'�cria le Survivant � travers la Tr�s Ancienne Chambre. "Je sais que vous n'�tiez pas � Serdaigle, mais essayez quand m�me de r�pondre � celle-l� ! Qu'est-ce qui d�truit des Seigneur des T�n�bres, fait peur aux D�traqueurs et vous doit soixante mille Gallions ?"</p><p>L'espace d'un instant, Lord Malfoy se tint l�, les yeux l�g�rement �carquill�s ; puis son visage retomba � un m�pris calme et sa r�ponse fut fra�che et ma�tris�e : "Me menacez-vous ouvertement, M. Potter ?"</p><p>"Je ne vous menace pas," dit le Survivant. "Je vous fais <emphasis>peur</emphasis>. Il y a une diff�rence."</p><p>"Assez, M. Potter," dit le professeur McGonagall. "Nous allons d�j� �tre assez en retard pour le cours de M�tamorphose de cet apr�s-midi. Et revenez ici, vous terrifiez encore ce pauvre D�traqueur." Elle se tourna vers les Aurors. "M. Kleiner, si vous voulez bien !"</p><p>Harry revint jusqu'� eux et l'Auror � qui on avait parl� s'avan�a, appuya un court b�ton de m�tal noir sur la chaise de m�tal noir et marmonna un inaudible mot r�vocatoire.</p><p>Les cha�nes gliss�rent aussi souplement qu'elles �taient venues, Hermione se releva de sa chaise aussi rapidement qu'elle en �tait capable, courut et tituba � moiti� de quelques pas.</p><p>Harry tendit les bras...</p><p>...Hermione bondit et tomba � moiti� dans les bras du professeur McGonagall en commen�ant � sangloter de fa�on hyst�rique.</p><p><emphasis>Hhmpf</emphasis>, dit une voix � l'int�rieur de Harry. <emphasis>Je pensais qu'on l'avait m�rit�, celle l�.</emphasis></p><p><emphasis>Oh, tais toi.</emphasis></p><p>Le professeur McGonagall tenait Hermione avec une telle force qu'on aurait pu croire que c'�tait une m�re tenant sa fille, ou peut-�tre sa petite fille. Au bout de quelques instants, les sanglots de Hermione ralentirent et s'arr�t�rent. Le professeur McGonagall changea brusquement de posture et renfor�a sa prise : les mains de la fille pendaient mollement et ses yeux �taient ferm�s...</p><p>"Elle s'en remettra, M. Potter," dit doucement le professeur McGonagall � l'intention de Harry mais sans le regarder. "Elle a juste besoin de quelques heures dans l'un des lits de Mme Pomfresh."</p><p>"Tr�s bien, dans ce cas," dit Harry. "Amenons-la chez Mme Pomfresh."</p><p>"Oui," dit Dumbledore en descendant jusqu'au bas des escaliers de pierre noire. "Rentrons tous chez nous ." Ses yeux bleus �taient braqu�s sur ceux de Harry, durs comme des saphirs.</p><empty-line/><p>Les Lords et les Dames du Magenmagot quittent leurs bancs de bois comme ils sont venus, l'air plut�t nerveux.</p><p>La vaste majorit� d'entre eux pense : 'Le D�traqueur avait peur du Survivant !'</p><p>Certains des plus astucieux se demandent d�j� comment cela affectera la d�licate balance du pouvoir du Magenmagot � si une nouvelle pi�ce est apparue sur le plateau de jeu.</p><p>Presque aucun d'entre eux ne pense quelque chose comme : 'Je me demande comment il a fait �a.'</p><p>C'est la r�alit� du Magenmagot : Nombre sont nobles, nombre sont de riches magnats des affaires, quelques-uns ont obtenu leur statut par d'autres moyens. Certains sont stupides. La plupart sont rus�s en affaires et en politique mais leur ruse est restreinte. Quasiment aucun d'entre eux n'a suivi la voie du mage de pouvoir. Ils n'ont pas lu de tomes anciens � la recherche de v�rit�s trop puissantes pour rester � d�couvert et d�guis�es en casse-t�tes, �tudi� de vieux parchemins en chasse de v�ritables magies cach�es au milieu de cent contes de f�e. Lorsqu'il ne regardent pas un contrat d'endettement, ils abandonnent toute la ruse qu'ils poss�dent et se relaxent dans une absurdit� confortable. Ils croient aux Reliques de la Mort, mais ils croient aussi que Merlin a combattu le terrifiant Totoro et a emprisonn� le Ree. Ils savent (parce que cela aussi fait partie de la l�gende standard) qu'un puissant sorcier doit savoir distinguer la v�rit� entre cent mensonges plausibles. Mais il ne leur est jamais venu � l'esprit de faire de m�me.</p><p>(Pourquoi pas ? Mais alors pourquoi des sorciers dot�s d'un statut et d'une fortune assez grande pour se consacrer � quasiment n'importe quelle entreprise choisiraient de passer leurs vies � se battre pour le contr�le de monopoles lucratifs ou d'importation d'encres ? Le directeur de Poudlard s'int�resserait � peine � la question : bien s�r que la plupart des gens ne devraient pas �tre des mages de pouvoir, tout comme la plupart des gens ne devraient pas �tre des h�ros. Le professeur de D�fense pourrait expliquer, longuement et cyniquement, pourquoi leurs ambitions sont si triviales ; pour lui non plus, il n'y a l� aucune d'�nigme. Seul Harry Potter, en d�pit de tous les livres qu'il a lu, est incapable de comprendre ; pour le Survivant, les choix des Lords et Dames semblent incompr�hensibles : pas ceux qu'une bonne personne ferait ni ceux qu'une mauvaise personne ferait non plus. Alors lequel des trois est-il le plus sage?)</p><p>Donc, quelle qu'en soit la raison, la majeure partie du Magenmagot n'a jamais suivi la voie qui m�ne � la puissance magique ; ils ne recherchent pas ce qui est cach�. Pour eux, il n'y a pas de <emphasis>pourquoi</emphasis>. Il n'y a pas d'explication. Il n'y a pas de causalit�. Le Survivant, qui appartenait d�j� � moiti� au magist�re de la l�gende, y a �t� enti�rement promu, et il existe maintenant un fait brut, simple et sans explication : le Survivant effraie les D�traqueur. Dix ans plus t�t, on leur a dit qu'un enfant de un an avait vaincu le plus terrible Seigneur des T�n�bres de leur g�n�ration, peut-�tre pire Seigneur des T�n�bres � avoir jamais v�cu ; et ils ont aussi accept� cela.</p><p>On n'est pas cens� remettre ce genre de chose en question (ils le savent implicitement). Si le plus terrible Seigneur des T�n�bres de l'histoire se confronte � un b�b� innocent � allons, comment pourrait-il ne <emphasis>pas</emphasis> �tre vaincu ? Le rythme de la pi�ce l'exige. On est cens� applaudir, pas se lever de son si�ge de spectateur et dire 'Pourquoi ?'. C'est le concept m�me de l'histoire : que le Seigneur des T�n�bres est abattu par un petit enfant, et si vous comptez remettra �a en question, alors autant ne m�me pas assister � la pi�ce.</p><p>L'id�e ne leur vient pas de remettre en question l'application d'un tel raisonnement aux �v�nements dont ils ont eux-m�mes �t� les t�moins dans la Tr�s Ancienne Chambre. De fait, ils ne sont pas conscients du fait qu'ils appliquent un raisonnement fait pour la fiction � la vie r�elle. Quant � examiner le Survivant avec la m�me logique prudente que celle dont ils useraient pour une alliance politique ou un accord commercial � quel cerveau ferait <emphasis>�a</emphasis> quand une partie du magist�re de la l�gende est en jeu ?</p><p>Mais il y en a quelques uns, tr�s rares, assis sur ces bancs de bois, qui ne r�fl�chissent <emphasis>pas</emphasis> comme cela.</p><p>Il existe un tout petit groupe au Magenmagot qui a lu des parchemins � moiti� d�sint�gr�s, a �cout� l'histoire de ces choses qui sont arriv�es au cousin du fr�re de quelqu'un, pas pour passer le temps, mais au sein d'une qu�te de pouvoir et la v�rit�. Ils ont d�j� not� la nuit de Godric's Hollow telle que racont�e par Albus Dumbledore comme �tant un �v�nement anormal et potentiellement important. Ils se sont demand� pourquoi cela s'est produit, si cela s'est produit, et si non, pourquoi Dumbledore ment.</p><p>Et lorsqu'un gar�on de onze ans se l�ve et dit "Lucius Malfoy" de cette voix froide et adulte puis continue � prononcer des mots qu'on ne s'attendrait tout simplement pas � voir �maner d'un enfant en premi�re ann�e � Poudlard, ils ne laissent pas ce fait se glisser dans le flou sans loi des l�gendes et des pr�ambules de pi�ces de th��tre.</p><p>Ils notent que c'est un indice.</p><p>Ils l'ajoutent � la liste.</p><p>Cette liste commence � avoir l'air relativement alarmante.</p><p>�a n'aide pas particuli�rement quand le gar�on crie 'BOUH !' � un D�traqueur et que le corps en d�composition s'appuie contre le mur derri�re lui et que son horrible et douloureuse voix grince : '<emphasis>Faites-le partir d'ici</emphasis>'.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 82*: Compromis Tabous, Fin</strong></p><p>Le voyage par ph�nix provoquait une sensation compl�tement diff�rente de celle provoqu�e par le Transplanage ou les Portoloins. Vous preniez feu � vous vous sentiez clairement prendre feu, mais sans ressentir de douleur � et au lieu de tomber en cendres, vous sentiez le feu vous br�ler de part en part puis vous <emphasis>transformer</emphasis> en feu � votre tour, et vous vous �teigniez alors, pour aller vous embraser ailleurs. Cela ne donnait pas la naus�e comme les Portoloins et le Transplanage mais c'�tait n�anmoins une exp�rience assez d�routante. Si la v�rit� sous-jacente au voyage par ph�nix �tait que l'on devenait r�ellement une instance sp�cifique d'un Feu g�n�ral, cela laissait entendre qu'on pouvait potentiellement br�ler <emphasis>n'importe o�</emphasis> � m�me dans un pass� lointain, dans un autre univers ou dans deux endroits � la fois. Que l'on pouvait s'�teindre quelque part et s'embraser dans cent lieux � la fois, et que celui qui arriverait � Poudlard pourrait n'en avoir jamais conscience. Mais Harry avait lu autant qu'il le pouvait au sujet des ph�nix dans le but d'obtenir le sien et il n'avait pas vu d'indice sur quoi que ce soit qui ressemble de pr�s ou de loin � cette capacit�.</p><p>Harry prit feu, disparut, s'embrasa de nouveau et d'un coup lui, le directeur et le corps inconscient de Hermione Granger, tenu par les bras du directeur, se retrouv�rent ailleurs avec Fumseck au-dessus d'eux trois. Une pi�ce calme et chaude avec des colonnes de pierres illumin�es par le ciel par ses quatre murs, peupl�e de lits blancs dispos�s en longues rang�es, dont quatre entour�s de rideaux et les autres vides.</p><p>Dans un coin de son champ de vision, Harry put voir une Mme Pomfresh a l'air surprise se tourner vers eux. Dumbledore sembla ne pr�ter aucune attention � la gu�risseuse en chef alors qu'il allongeait pr�cautionneusement Hermione sur un lit blanc vide.</p><p>Dans un coin lointain il y eut un flash vert et d'un feu �mergea le professeur McGonagall qui s'�poussetait un peu des cendres de Cheminette.</p><p>Le vieux sorcier se d�tourna du lit, tendit un de ses bras pour entourer de nouveau Harry et le Survivant et son sorcier disparurent dans un autre embrasement.</p><empty-line/><p>Lorsque Harry se fut enti�rement rallum�, il se tenait dans le bureau du directeur, entre les bruits d'une dizaine de dizaines de gadgets inexplicables.</p><p>Le jeune gar�on fit un pas pour s'�carter du vieux sorcier puis se retourna vers lui, croisant les yeux de saphir de son regard d'�meraude.</p><p>Ils ne parl�rent pas pendant un moment et se regard�rent, comme si tout ce qu'ils avaient � se dire pouvait seulement �tre communiqu� par des regards et d'aucune autre fa�on.</p><p>Le gar�on finit par �noncer ces mots, lentement et pr�cis�ment :</p><p>"Je ne peux pas croire qu'un ph�nix se trouve encore sur votre �paule."</p><p>"Les ph�nix ne choisissent qu'une fois," dit le vieux sorcier. "Ils peuvent peut-�tre quitter un ma�tre qui choisit le mal plut�t que le bien ; mais ils ne choisiront pas un ma�tre forc� de choisir entre un bien et un autre. Les ph�nix ne sont pas arrogants. Ils connaissent les limites de leur propre sagesse." Son regard ancien �tait des plus s�v�res "Contrairement � toi, Harry."</p><p>"Choisir entre un bien et un autre," dit Harry en �cho, sans timbre. "Comme la vie de Hermione Granger contre cent mille Gallions." La rage et l'indignation que Harry avait voulu mettre dans sa voix n'�tait pas tout � fait pr�sente, peut-�tre parce que...</p><p>"Tu es loin d'�tre bien plac� pour me parler de cela, Harry Potter." La voix du directeur �tait trompeusement douce. "Ou qu'�tait cet air r�calcitrant que j'ai vu sur ton visage, l�-bas, dans la Tr�s Ancienne Chambre ?"</p><p>La sensation qu'il avait d'�tre creux empira. "Je cherchais des alternatives," mordit-il. "Un moyen de la sauver qui ne me fasse <emphasis>pas</emphasis> perdre d'argent."</p><p><emphasis>Waoh</emphasis>, dit Serdaigle. <emphasis>Tu viens de prof�rer un mensonge pur et simple. Non seulement �a mais en plus je crois que tu y a vraiment </emphasis>cru<emphasis> pendant les secondes que tu as mises � le prononcer. �a fait plut�t peur.</emphasis></p><p>"<emphasis>Est-ce</emphasis> ce � quoi tu pensais, Harry ?" Les yeux bleus �taient comme ac�r�s et Harry v�cut un instant terrifiant pendant lequel il se demanda si le sorcier le plus puissant du monde pouvait parfaitement voir � travers ses barri�res occlumantiques.</p><p>"<emphasis>Oui</emphasis>," dit Harry, "j'ai recul� face � la douleur de me d�faire de tout l'argent de ma chambre forte. Mais je l'ai quand m�me <emphasis>fait </emphasis>! C'est <emphasis>�a</emphasis> qui compte ! Et <emphasis>vous..."</emphasis> l'indignation qui avait quitt� la voix de Harry revint. "Vous avez <emphasis>vraiment</emphasis> mis un prix sur la vie de Hermione Granger et vous l'avez mis en-dessous de cent mille Gallions !"</p><p>"Oh ?" dit doucement le vieux sorcier. "Et quel prix mettrais-tu sur sa vie, alors ? Un million de Gallions ?"</p><p>"�tes-vous familier du concept �conomique de 'co�t de remplacement' ? Les mots jaillissaient des l�vres de Harry trop vite pour qu'il puisse les examiner. "Le co�t de remplacement de Hermione est <emphasis>infini !</emphasis> Je ne peux m'en racheter une autre nulle part !"</p><p><emphasis>Maintenant tu prof�res juste des non-sens math�matiques</emphasis>, dit Serpentard. <emphasis>Serdaigle, tu peux me soutenir sur ce coup ?</emphasis></p><p>"La vie de Minerva a-t-elle aussi une valeur infinie ?" dit le vieux sorcier d'un ton brusque. "Sacrifierais-tu Minerva pour sauver Hermione ?"</p><p>"Oui et oui," l�cha Harry. "�a fait partie du travail du professeur McGonagall et elle le sait."</p><p>"Alors la valeur de Minerva n'est pas infinie," dit le vieux sorcier, "malgr� tout l'amour qu'on peut lui porter. Il ne peut y avoir qu'un seul roi sur l'�chiquier, Harry Potter, une seule pi�ce pour laquelle tu sacrifierais n'importe quelle autre pi�ce afin de la sauver. Et Hermione Granger n'est pas cette pi�ce. Ne t'y trompes pas, Harry Potter, aujourd'hui est peut-�tre le jour o� tu as perdu notre guerre."</p><p>Et si les mots du vieux sorcier ne l'avaient pas touch� si durement, n'avaient pas �t� aussi proches de la v�rit�, Harry n'aurait peut-�tre pas dit ce qu'il dit alors.</p><p>"Lucius avait raison," grin�a Harry. "Vous n'avez jamais eu de femme, vous n'avez jamais eu de fille, vous n'avez jamais eu que la guerre..."</p><p>La main gauche du vieux sorcier se referma avec force autour du poignet de Harry, les doigts osseux s'enfonc�rent dans les muscles encore en d�veloppement du bras de ce dernier, et l'espace d'un instant Harry fut paralys�e par le choc ; il avait oubli� les cons�quences que pouvait avoir la force sup�rieure des adultes.</p><p>Albus Dumbledore ne sembla pas le remarquer. Il se contenta de pivoter en tra�nant Harry derri�re lui et s'avan�a d'un pas dur vers le mur de la pi�ce.</p><p>"<emphasis>Prix du ph�nix </emphasis>."</p><p>Harry fut tir� le long des escaliers noirs.</p><p>"<emphasis>Destin du ph�nix."</emphasis></p><p>La pi�ce aux pi�destaux noirs et � la lumi�re d'argent tombant sur des baguettes fracass�es.</p><p>"Vous pensez," cria Harry apr�s que ses l�vres se furent d�bloqu�es, "que vous pouvez gagner n'importe quel d�bat juste en allant ici ?"</p><p>Le vieux sorcier l'ignora et tra�na Harry � travers la pi�ce. Sa main droite ne tenait plus sa baguette et saisit une fiole d'un fluide argent�...</p><p>Harry cligna des yeux, stup�fi� : la fiole au fluide argent� avait �t� plac�e � c�t� d'une image de <emphasis>Dumbledore</emphasis>, ou du moins c'est ainsi que Harry l'avait vu pendant le bref moment o� il s'�tait fait tra�ner devant l'image.</p><p>Derri�re tous les pi�destaux, dans la partie la plus �loign�e de la pi�ce, s'�levait un grand bassin de pierre grav� de runes que Harry ne reconnut pas. Son centre �tait peu profond et rempli d'un liquide transparent. Le vieux sorcier y d�versa le fluide argent� qui commen�a imm�diatement � se r�pandre, � tourbillonner, et � illuminer le bassin entier d'un blanc surnaturel.</p><p>La main du vieux sorcier rel�cha le bras de Harry et fit un geste en direction du bassin lumineux, ordonnant d'un ton brusque : "Regarde !"</p><p>Comme on le lui avait demand�, Harry regarda l'eau lumineuse.</p><p>"Mets ta t�te dans la Pensine, Harry Potter." La voix du vieux sorcier �tait s�v�re.</p><p>Harry avait d�j� entendu ce mot mais il n'arrivait plus � se souvenir du contexte. "Qu'est-ce... que �a fait..."</p><p>"Souvenirs," dit le vieux sorcier. "Tu verras mon souvenir. C'est sans danger, je t'en fais le serment. Maintenant regarde dans la Pensine, Serdaigle, si tu te soucies encore de ta pr�cieuse v�rit� !"</p><p>C'�tait une demande que Harry ne pouvait pas rejeter, aussi il s'avan�a et plongea sa t�te dans l'eau lumineuse.</p><empty-line/><p><emphasis>Harry �tait assis derri�re le bureau du directeur de Poudlard et les mains rid�es agripp�es � sa t�te �taient marqu�es par l'�ge et parsem�es de poils blancs.</emphasis></p><p>"<emphasis>Il est tout ce que j'ai !" pleura une voix, l'�trange voix de Dumbledore telle que lui s'en souvenait ; de l'int�rieur elle semblait bien moins s�v�re et bien moins sage. "Le dernier membre de ma famille ! Tout ce qui me reste !"</emphasis></p><p><emphasis>On n'avait laiss� aucun �motion traverser la Pensine, seulement la sensation physique de sembler prononcer ces mots. Harry entendit la profonde d�solation dans les mots de Dumbledore, dans les sons qui semblaient venir de la gorge de Harry lui-m�me, mais il ne ressentit rien d'autre que ce son.</emphasis></p><p>"<emphasis>Tu n'as pas le choix," dit une voix dure.</emphasis></p><p><emphasis>Les yeux se d�plac�rent et le champ de vision sauta jusqu'� un homme que Harry ne reconnut pas, porteur d'une veste teint�e du cramoisi Auror mais faite d'un cuir solide et dot�e de nombreuses poches.</emphasis></p><p><emphasis>Son �il droit �tait surdimensionn� et avait une pupille d'un bleu �lectrique qui se d�pla�ait en permanence.</emphasis></p><p>"<emphasis>Tu ne peux pas me demander �a, Alastor !" la voix de Dumbledore devenait folle. "Pas �a ! Tout sauf �a !"</emphasis></p><p>"<emphasis>Je ne te le demande pas," gronda l'homme. "C'est Voldy qui le demande, et tu vas lui dire non."</emphasis></p><p>"<emphasis>Pour de l'argent, Alastor ?" la voix de Dumbledore �tait suppliante. "Seulement pour de l'argent ?"</emphasis></p><p>"<emphasis>Tu paies la ran�on d'Aberforth, tu perds la guerre," dit s�chement l'homme. "C'est aussi simple que �a. Cent mille Gallions, presque tout ce que nous avons dans notre tr�sor de guerre, et si tu l'utilises comme �a, on n'ira pas le remplir � nouveau. Qu'est-ce que tu vas faire, essayer de convaincre les Potter de vider leur coffre comme les Londubat l'ont d�j� fait ? Voldy va juste kidnapper quelqu'un d'autre et exiger autre chose. Alice, Minerva, tous ceux auxquels tu tiens, ils seront tous des cibles si tu paies les Mangemorts. Ce n'est pas la le�on que tu devrais essayer de leur faire apprendre."</emphasis></p><p>"<emphasis>Si je fais �a, je n'aurais plus personne. Plus personne." La voix de Dumbledore se brisa, le monde s'inclina, la t�te d'o� �manait le champ de vision tomba entre les vieilles mains et de terribles sons �merg�rent de la gorge, qui n'�tait pas celle de Harry, lorsque Dumbledore commen�a � sangloter comme un enfant.</emphasis></p><p>"<emphasis>Devrais-je dire non au messager de Voldy ?" dit la voix d'Alastor, cette fois avec une �trange douceur. "Tu n'as pas � le faire toi-m�me, mon vieil ami."</emphasis></p><p>"<emphasis>Non... Je le dirai moi-m�me... Je dois..."</emphasis></p><empty-line/><p>Le souvenir prit fin d'un coup brusque et Harry arracha sa t�te de l'eau lumineuse en haletant comme s'il avait �t� priv� d'air.</p><p>La transition entre les sc�nes, entre la r�alit� vieille de dix ans et l'instant pr�sent, fut une secousse pour l'esprit de Harry ; d'une certaine fa�on, son immersion dans le pass� l'avait d�coinc� : le vieil homme bris� qui pleurnichait dans son bureau avait �t� quelqu'un d'autre, d'un autre temps ; cela, Harry l'avait compris ; quelqu'un de plus doux...</p><p>Avant que tout ne disparaisse comme de la fum�e qui se dissipe, que tout ne revienne � <emphasis>maintenant</emphasis>, � aujourd'hui.</p><p>Terrible et s�v�re, le vieux sorcier, comme creus� dans la pierre ; sa barbe tress�e de fils qu'on aurait cru faits d'acier, ses lunettes en demi-lune, comme des miroirs, et les pupilles derri�re, aussi ac�r�es et inflexibles que du diamant noir.</p><p>"Souhaites-tu aussi voir mon fr�re lorsqu'il a p�ri par Doloris ?" demanda Albus Dumbledore. "Voldemort m'a aussi envoy� ce souvenir !"</p><p>"Et c'est..." Harry avait du mal � donner de la voix � cause de la naus�e qui montait dans sa poitrine. "C'est <emphasis>l�</emphasis> que..." les mots semblaient br�ler sa gorge � mesure que le terrible savoir apparaissait en lui, la compr�hension atroce. "C'est l� que vous avez br�l�e vive Narcissa Malfoy dans sa propre chambre."</p><p>Le regard d'Albus Dumbledore fut froid lorsqu'il r�pondit. "� cette question seul un idiot r�pondrait pas l'affirmative ou la n�gative. Ce qui compte, c'est que les Mangemorts croient que je l'ai tu�e, et cette croyance a maintenu les familles de tous ceux qui servaient l'Ordre du Ph�nix en vie � jusqu'� ce jour. Comprends-tu maintenant ce que tu as fait ? Ce que tu as fait � tes <emphasis>amis</emphasis>, Harry Potter, et � tous ceux qui se tiennent � tes c�t�s ?" Le vieux sorcier sembla devenir encore plus grand, encore plus terrible, et sa voix devint plus forte. "Tu as fait d'eux des cibles, et ils le resteront ! Jusqu'� ce que tu prouves, de la seule fa�on qu'on puisse le prouver, que tu ne d�sires plus payer de tels prix !"</p><p>"Et est-ce vrai ?" dit Harry. Il �tait saisi d'une sorte de bourdonnement, comme si son corps s'�loignait de plus en plus. "Ce que Draco a dit, que Narcissa Malfoy ne s'est jamais salie les mains, qu'elle n'�tait que la femme de Lucius ? C'�tait une acolyte, je comprends �a, mais je ne peux pas soutenir l'id�e que cela m�rite d'�tre <emphasis>br�l� vif</emphasis>."</p><p>"Rien de moindre ne les aurait convaincus que j'en avais fini avec l'h�sitation." La voix du vieux sorcier ne tol�rait aucune question, aucun refus. "J'avais toujours �t� trop r�ticent � faire ce que je devais et les autres avaient toujours pay� le prix de ma piti�. C'est ce qu'Alastor m'avait dit depuis le d�but mais je ne l'avais pas �cout�. Toi, je m'attends � ce que tu t'av�res meilleur que moi pour ce genre de d�cisions."</p><p>"Je suis surpris," dit Harry, �merveill� que sa voix soit aussi stable. "Je me serais attendu � ce qu'� moins de tous les avoir du premier coup, les Mangemorts s'en prennent � une autre famille du camp des gentils et commencent un cycle de repr�sailles toujours plus intenses."</p><p>"Si mon adversaire avait �t� Lucius, peut-�tre." Les yeux de Dumbledore ressemblaient � des pierres. "J'ai entendu dire que Voldemort avait rit � l'annonce de la nouvelle et qu'il avait proclam� � ses Mangemorts que j'avais enfin grandi, que j'�tais enfin un adversaire valable. Peut-�tre avait-il raison. Suite au jour o� j'ai condamn� mon fr�re � sa mort, j'ai commenc� � soupeser ceux qui me suivaient, � comparer le poids de l'un � celui de l'autre, � me demander qui je risquerais, qui je sacrifierais et dans quel but. Il fut �trange de constater � quel point j'ai perdu moins de pi�ces une fois que j'ai su ce qu'elles valaient."</p><p>La m�choire de Harry semblait bloqu�e, comme s'il avait besoin d'un effort colossal pour faire bouger ses l�vres. "Mais l� ce n'est pas comme si Lucius avait d�lib�r�ment ran�onn� Hermione," dit-il d'une voix faible. "Du point de vue de Lucius, quelqu'un d'autre a bris� la tr�ve. En gardant cela � l'esprit, combien de Gallions Hermione vaut-elle exactement ? En laissant la question du Danegeld de c�t�, si c'�tait juste une menace de mort ordinaire, combien devrais-je avoir pay� pour la sauver ? Dix mille Gallions ? Cinq mille ?"</p><p>Le vieux sorcier ne r�pondit pas.</p><p>"C'est dr�le," dit Harry d'une voix vacillante comme l'image d'un objet immerg�. "Vous savez, le jour o� j'ai fait face au D�traqueur, vous savez ce qu'a �t� mon pire souvenir ? C'�tait la mort de mes parents. J'entendais leurs voix et tout."</p><p>Les yeux du vieux sorcier s'�carquill�rent derri�re les lunettes en demi-lune.</p><p>"Et voil� le truc," dit Harry, "le truc auquel j'ai pens� et repens�. Le Seigneur des T�n�bres a donn� � Lily Potter une chance de partir. Il lui a dit qu'elle pouvait fuir. Il lui a <emphasis>dit</emphasis> que mourir devant le berceau ne sauverait pas son b�b� : '�carte-toi, femme imb�cile, si tu as le moindre bon sens...'" Un terrible frisson parcourut Harry lorsqu'il pronon�a ces mots de ses propres l�vres, mais il s'en d�barrassa et continua. "Et apr�s j'ai continu� de me dire, je ne pouvais pas m'emp�cher de me dire : est-ce que le Seigneur des T�n�bres n'avait pas <emphasis>raison </emphasis>? Si seulement M�re s'�tait �cart�e. Elle a essay� de lancer un sortil�ge au Seigneur des T�n�bres, mais c'�tait du suicide, et elle devait le <emphasis>savoir</emphasis>. Son choix n'�tait pas entre sa vie et la mienne, son choix �tait entre sa vie ou aucune des deux vies ! Si seulement elle avait agit de fa�on logique et qu'elle s'�tait �cart�e, je veux dire, j'aime aussi Maman, mais Lily Potter serait en vie et elle serait ma m�re !" Des larmes brouillaient les yeux de Harry. "Ce n'est que maintenant que je comprends, que je sais ce que M�re doit avoir ressentit. Elle ne <emphasis>pouvait pas</emphasis> s'�carter du berceau. Elle ne pouvait pas ! L'amour ne s'�carte pas !"</p><p>C'�tait comme si le vieux sorcier avait re�u un coup, un coup de burin qui l'avait bris� de bout en bout.</p><p>"Qu'ais-je dit ?" chuchota le vieux sorcier. "Que t'ais-je dit ?"</p><p>"Je ne sais pas !" cria Harry. "Je n'�coutais pas non plus !"</p><p>"Je... je suis d�sol�, Harry... Je..." le vieux sorcier appuya ses mains contre son visage et Harry vit qu'Albus Dumbledore sanglotait. "Je n'aurais pas d� dire � te dire de telles choses... je n'aurais pas d� � en vouloir � � ton innocence..."</p><p>Harry regarda le sorcier une seconde de plus puis se retourna et sortit de la pi�ce noire, descendit les escaliers, traversa le bureau...</p><p>"Je ne sais vraiment pas pourquoi tu es toujours sur son �paule," dit-il � Fumseck.</p><p>...par la porte et le long de la spirale tournoyante infinie.</p><empty-line/><p>Harry �tait arriv� en cours de M�tamorphose avant tout le monde, m�me avant le professeur McGonagall. Il y avait eu un cours de sortil�ges plus t�t mais il n'avait m�me pas essay� de se rendre � celui-ci. Il ignorait si le professeur McGonagall serait pr�sente au cours d'aujourd'hui. Il y avait quelque chose de mena�ant dans les bureaux vides autour de lui, dans l'absence sur l'estrade. Comme s'il se tenait seul dans Poudlard, tous ses amis partis.</p><p>Selon le programme du cours, la le�on d'aujourd'hui porterait sur les m�tamorphoses maintenues, sur toutes les r�gles que Harry avait apprises par c�ur lorsqu'il m�tamorphosait un �norme rocher en un petit diamant port� sur son petit doigt. Ce serait un sujet th�orique plut�t que pratique pour le reste de la classe, ce qui �tait dommage, car il aurait fort appr�ci� une transe de m�tamorphose.</p><p>Harry remarqua avec distance que sa main tremblait � un point tel qu'il avait du mal � d�faire les ficelles de sa bourse afin d'en sortir son manuel de M�tamorphose.</p><p><emphasis>Tu as �t� monstrueusement injuste envers Dumbledore</emphasis>, dit la voix que Harry avait surnomm�e Serpentard, sauf que maintenant elle semblait aussi �tre la Voix de la Raison �conomique et peut-�tre aussi celle de la Conscience.</p><p>Les yeux de Harry descendirent jusqu'� son manuel mais cette partie �tait tellement famili�re qu'il aurait aussi bien pu s'agir d'un parchemin vierge.</p><p><emphasis>Dumbledore a men� une guerre contre un Seigneur des T�n�bres qui s'�tait d�lib�r�ment donn� le but de le briser de la fa�on la plus cruelle possible. Il a d� choisir entre perdre sa guerre et perdre son fr�re. Albus Dumbledore sait, et il l'a appris de la pire des fa�ons possibles, qu'il y a des limites � la valeur d'une vie ; et l'admettre a failli le rendre fou. Mais toi, Harry Potter � </emphasis>tu<emphasis> le sais d�j�.</emphasis></p><p>"Tais-toi," chuchota le gar�on � une salle de M�tamorphose vide, alors qu'il n'y avait personne pour l'entendre.</p><p><emphasis>Tu as d�j� lu les exp�riences de Philip Tetlock o� l'on demande � des gens d'�changer une valeur sacr�e contre une valeur profane, comme un administrateur qui devait choisir entre d�penser un million de dollars pour sauver un enfant de cinq ans ou d�penser le million de dollars pour acheter plus d'�quipement hospitalier ou payer le salaire de m�decins. Et les sujets de l'exp�rience s'indignaient et voulaient punir l'administrateur parce qu'il avait ne serait-ce que r�fl�chi � ce choix. Te souviens-tu avoir lu �a, Harry Potter ? Te souviens-tu t'�tre dit que c'�tait incroyablement stupide puisque si l'�quipement hospitalier et les salaires des docteurs ne sauvaient pas eux aussi des vies, avoir des h�pitaux et des docteurs n'aurait aucun sens ? L'administrateur de l'h�pital aurait-il d� payer un milliard de livres sterling pour ce foie m�me si l'h�pital allait faire faillite le lendemain ?</emphasis></p><p>"Tais-toi !" chuchota le gar�on.</p><p><emphasis>Chaque fois que tu d�penses de l'argent pour avoir une probabilit� donn�e de sauver une vie, tu �tablis une borne inf�rieure sur la valeur mon�taire de cette vie. Chaque fois que tu refuses de payer pour obtenir une probabilit� de sauver une vie, tu �tablis une borne sup�rieure sur la valeur mon�taire de cette vie. Si tes bornes sup�rieures et inf�rieures sont incoh�rentes, cela veut dire que tu pourrais d�placer de l'argent d'un point � un autre et sauver plus de vies pour le m�me prix. Donc si tu veux utiliser une quantit� born�e d'argent pour sauver autant de vies que possible, tes choix doivent �tre en ad�quation avec </emphasis>une<emphasis> valeur mon�taire assign�e � la vie humaine ; sinon, alors tu pourrais redistribuer le m�me argent et obtenir un meilleur r�sultat. Qu'elle est triste, qu'elle est creuse l'indignation de ceux qui refusent de dire que l'argent et la vie ne peuvent jamais �tre compar�s alors que tout ce qu'il font c'est d'interdire la strat�gie qui sauve le plus de gens au nom d'une pr�tention morale grandiloquente.</emphasis></p><p><emphasis>Tu </emphasis>savais<emphasis> cela et tu as quand m�me dit ce que que tu as dit � Dumbledore.</emphasis></p><p><emphasis>Tu as d�lib�r�ment </emphasis>tent�<emphasis> de faire de la peine � Dumbledore.</emphasis></p><p>Il <emphasis>n'a jamais essay� de te faire de la peine, Harry, pas un seule fois.</emphasis></p><p>La t�te de Harry tomba entre ses mains.</p><p>Pourquoi avait-il dit ce qu'il avait dit � un vieux sorcier triste qui s'�tait battu de toutes ses forces et qui avait endur� plus que quiconque n'aurait jamais d� avoir � endurer ? M�me si le vieux sorcier avait tort, m�ritait-il de souffrir pour cela, apr�s tout ce qui lui �tait arriv� ? Pourquoi y avait-il une partie de Harry qui semblait se mettre en col�re contre le vieux sorcier au-del� de toute raison, qui semblait se d�cha�ner contre lui avec plus de force que Harry n'avait jamais frapp� personne, sans la moindre tentative de mod�ration un fois mont�e la rage qui s'effa�ait � l'instant o� Harry quittait sa pr�sence ?</p><p><emphasis>Est-ce parce que tu sais que Dumbledore ne se d�fendra pas ? Que quoi que tu lui dises, aussi injuste que ce soit, il n'utilisera jamais son pouvoir contre toi, il ne te traitera jamais comme tu le traites ? Est-ce ainsi que tu traites les gens quand tu sais qu'ils ne te frapperont pas s'il le peuvent ? Les g�nes de brutes de James Potter qui se manifestent enfin ?</emphasis></p><p>Harry ferma les yeux.</p><p>Comme si le Choixpeau parlait dans sa t�te...</p><p><emphasis>Quelle est la v�ritable raison de ta col�re ?</emphasis></p><p><emphasis>De quoi as-tu peur ?</emphasis></p><p>Un tourbillon d'images sembla alors illuminer l'esprit de Harry, le Dumbledore pass� qui sanglotait entre ses mains ; l'apparence actuelle du vieux sorcier, grand et terrible ; une vision de Hermione hurlant entre ses cha�nes dans la chaise de m�tal alors que Harry l'abandonnait aux D�traqueurs, et l'image construite d'un femme aux longs cheveux blancs (avait-elle ressembl� � son mari?) qui tombait entre les flammes de sa chambre alors qu'une baguette �tait braqu�e vers elle et qu'une lumi�re orange se refl�tait dans des lunettes en demi-lune.</p><p>Albus Dumbledore semblait avoir pens� que,face � ce genre de probl�mes, Harry serait meilleur que lui.</p><p>Et Harry savait qu'il le serait probablement. Apr�s tout, il en connaissait les �quations.</p><p>Mais il �tait admis, sans que l'on sache comment, il �tait admis que les �thiciens utilitaristes ne cambriolaient pas <emphasis>vraiment</emphasis> de banques pour pouvoir donner de l'argent aux pauvres. Le r�sultat final d'un rejet complet de toutes les contraintes �thiques n'�tait pas <emphasis>vraiment</emphasis> du soleil, des roses et du bonheur pour tous. La prescription du cons�quentialisme �tait de choisir l'action qui menait aux meilleures cons�quences absolues, pas les actions qui avaient une cons�quence positive et qui d�vastaient tout le reste. Les maximiseurs d'utilit� esp�r�e avaient le droit de prendre le bon sens en compte lorsqu'ils calculaient leur esp�rance.</p><p>Harry �tait parvenu � comprendre cela, et ce avant m�me que quiconque ne le mette en garde. Avant d'avoir lu l'histoire de Vladimir Lenin ou l'histoire de la r�volution fran�aise, il l'avait su. Cela avait peut-�tre �t� gr�ce � ses livres de science-fiction pr�cocement lus, ses livres qui l'avaient mis en garde contre les gens pleins de bonnes intentions ; ou peut-�tre Harry avait-il vu la logique de lui-m�me. Il l'avait su depuis le d�but, que s'il s'�cartait de son �thique <emphasis>� chaque fois qu'il avait une raison de le faire</emphasis>, le r�sultat ne serait pas bon.</p><p>Une derni�re image lui vint alors : Lily Potter, debout devant le berceau de son b�b�, en train de mesurer l'intervalle entre les r�sultats possibles : le r�sultat final si elle restait et essayait de combattre l'ennemi (Lily morte, Harry mort) et le r�sultat final si elle partait (Lily vivante, Harry mort) ; en train de mesurer l'utilit� attendue et de faire le seul choix raisonnable.</p><p>Si elle l'avait fait, elle aurait �t� la m�re de Harry.</p><p>"Mais les �tres humains ne peuvent pas vivre comme �a," chuchot�rent les l�vres du gar�on � l'adresse de la salle vide. "Les humains ne peuvent pas vivre comme �a."</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 83*: Compromis Tabous, Apr�s coup 1</strong></p><p>NdT : D�sol� pour ce retard ! Je viens de reprendre les cours et le rythme est assez soutenu. Malheureusement, les deux prochains chapitres (qui sont aussi les derniers parus en anglais) risquent aussi d'arriver avec plus d'une semaine d'�cart. Encore pardon !</p><empty-line/><p>Lorsque Padma entra dans la salle de M�tamorphose, elle constata que la moiti� de la classe �tait arriv�e avant elle et qu'un �trange, qu'un mortel silence s'�tait r�pandu � travers la pi�ce. Harry Potter �tait assis seul dans un coin et regardait quelque lointain inconnu, ses paupi�res baiss�es, presque closes.</p><p>La rumeur disait que les Aurors avaient d�couvert que le professeur de D�fense s'�tait polynectar� en Granger pour avoir Malfoy.</p><p>La rumeur disait que Hermione avait �t� li�e par V�u Ind�faisable � �tre l'esclave de Draco.</p><p>La rumeur disait que Hermione avait re�u le baiser du D�traqueur.</p><p>Mais cela <emphasis>avait</emphasis> �t� vrai, Harry Potter n'aurait pas �t� assis l�, il aurait �t�...</p><p>Padma ignorait ce que le g�n�ral Potter aurait fait. Son esprit devint vide lorsqu'elle essaya de l'imaginer.</p><p>Le silence ne s'�tait toujours pas bris� lorsque le professeur McGonagall arriva. Le professeur de M�tamorphose avan�a jusqu'au tableau sans s'arr�ter, l'effa�a d'un revers de main puis commen�a � �crire.</p><p>" Aujourd'hui, les enfants, " dit la voix calme et professionnelle du professeur de M�tamorphose, exactement comme si rien d'extraordinaire ne s'�tait produit de la semaine, " nous apprendrons quel est l'effort n�cessaire � maintenir une m�tamorphose et pourquoi, � votre �ge, vous ne devriez m�me pas vous y essayer. La Forme originale n'a pas disparu, elle est seulement r�prim�e, et pour la maintenir ainsi... "</p><p>" Excusez-moi, " dit Padma Patil. Elle savait que sa voix chevrotait, elle savait qu'elle tremblait de fa�on visible, mais il fallait qu'elle pose la question : " Excusez-moi, professeur McGonagall, mais qu'est-ce qui est arriv� � Mlle Granger ? "</p><p>Le professeur de M�tamorphose s'arr�ta d'�crire et se retourna vers Padma. Elle aurait d� avoir l'air s�v�re, ayant �t� interrompue sans qu'une main ne se soit lev�e, mais au lieu de cela son visage �tait amical. " Vous ne le savez pas d�j�, Mlle Patil ? Je m'attendais � ce que la rumeur se soit r�pandue. "</p><p>" Il y a trop de rumeurs, " dit Padma. " Je ne sais pas ce qui est vrai. "</p><p>Morag MacDougal leva la main puis dit sans attendre qu'on lui permette de parler : " Je te l'ai dit Padma, ce qui est <emphasis>vrai</emphasis> c'est que le Magenmagot a condamn� Granger et l'a ordonn� � recevoir un baiser du D�traqueur, qu'ils ont fait venir le D�traqueur et alors Harry Potter l'a coll� au plafond et il a refus� de le faire descendre jusqu'� ce que... "</p><p>" Oh, par Merlin, " dit le professeur McGonagall dont le visage �tait devenu plus sec, mais elle fit un effort manifeste afin de se calmer. " Le ridicule de l'affaire �tait des plus complets et je ne me r�pandrai pas en d�tails. Disons seulement que Mlle Granger se repose pour le moment chez Mme Pomfresh et qu'elle reviendra en cours demain. Et si j'attrape quelqu'un en train de l'importuner, je le transformerai en un vase et je le laisserai tomber par terre. "</p><p>Toute la classe eut un hoquet de stupeur en entendant cela, pas tant � cause le caract�re mortel de la menace qu'enraison de la violation des r�gles de la M�tamorphose qu'elle impliquait.</p><p>Le professeur McGonagall se retourna vers son tableau...</p><p>D'un coin de la classe, une autre voix s'�leva. " Et le professeur Quirrell ? " dit Terry Boot. " Est-ce qu'il a �t� arr�t� ? "</p><p>" Les Aurors le maintiennent juste en d�tention, " dit le professeur de M�tamorphose sans se retourner. " S'ils ne nous l'ont pas rendu demain, je demanderai au directeur d'aller le chercher. Mais autant vous le dire : le conseil d'administration a pr�vu un vote quant au droit du professeur Quirrell � organiser d'autres batailles. "</p><p>Kevin Sifflebranche parla. " Et le g�n�ral Malfoy ? Quand est-ce qu'il va rentrer de Ste Mangouste ? "</p><p>Le professeur de M�tamorphose s'arr�ta de dessiner � nouveau.</p><p>Elle se retourna encore, plus lentement cette fois.</p><p>" Je <emphasis>suis</emphasis> navr�e, M. Sifflebranche, " dit le professeur McGonagall. Son visage semblait l�g�rement plus rid� que lorsqu'elle �tait entr�e dans la pi�ce. " On m'a fait comprendre qu'il n'y avait rien � craindre pour la sant� de M. Malfoy. Mais j'ai malheureusement re�u une chouette de son p�re annon�ant son d�part de Poudlard. J'ai bien peur qu'il ne revienne pas. "</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 84*: Compromis Tabous, Apr�s coup 2</strong></p><p>Lorsque Hermione Granger se r�veilla, elle �tait allong�e dans un lit doux et confortable de l'infirmerie de Poudlard, un rectangle de cr�puscule tombant sur son ventre, chaud � travers la fine couverture. Sa m�moire lui dit qu'un voile-�cran devait avoir �t� tendu au-dessus d'elle, soit enti�rement autour de son lit soit � moiti� ouvert, et que le reste du domaine de Mme Pomfresh se trouverait derri�re celui-ci : les autres lits, libres ou occup�s, et les fen�tres lumineuses encastr�es dans la pierre aux bas-reliefs en courbures de Poudlard.</p><p>Lorsqu'elle ouvrit les yeux, la premi�re chose qu'elle vit furent ceux du professeur McGonagall, assise sur le c�t� gauche de son lit. Le professeur Flitwick n'�tait pas l�, mais c'�tait compr�hensible : il �tait rest� � c�t� d'elle pendant toute la matin�e dans la cellule o� elle avait �t� d�tenue, son corbeau d'argent d�ploy� comme garde suppl�mentaire contre le D�traqueur et son s�v�re petit visage toujours tourn� vers les Aurors. Le directeur de Serdaigle avait certainement pass� trop de temps � s'occuper d'elle et avait probablement d� retourner � ses cours plut�t que de continuer � veiller sur une fille condamn�e pour tentative de meurtre.</p><p>Elle se sentit atrocement, atrocement malade, et il ne lui semblait pas que c'�tait l'effet d'une quelconque potion. Elle se serait bien remise � pleurer mais sa gorge lui faisait mal, ses yeux la br�laient encore et son esprit ne ressentait rien d'autre que de la fatigue. Elle aurait pu supporter de geindre un peu mais elle n'arrivait pas � trouver la force de pleurer.</p><p>"O� sont mes parents ?" chuchota Hermione � la directrice de Gryffondor. Il lui semblait que leur faire face serait la pire des choses au monde, encore pire que tout le reste, et pourtant elle voulait quand m�me les voir.</p><p>Le doux regard du professeur McGonagall se m�tamorphosa en une expression plus triste. "Je suis navr�e, Mlle Granger. Bien que cela n'ait pas toujours �t� le cas, nous avons d�cid� depuis quelques ann�es qu'il �tait plus sage de ne pas informer les parents de n�s-Moldus des dangers que leurs enfants ont encourus. Je vous conseillerais de rester vous aussi silencieuse si vous souhaitez rester � Poudlard sans qu'ils ne vous causent d'ennuis."</p><p>"Je ne suis pas exclue ?" chuchota la fille. "Pour ce que j'ai fait ?"</p><p>"Non," dit le professeur McGonagall. "Mlle Granger... vous avez s�rement entendu... j'esp�re que vous avez entendu M. Potter lorsqu'il a dit que vous �tiez innocente ?"</p><p>"Il disait juste �a comme �a," dit-elle d'une voix morne. "Pour me faire lib�rer, je veux dire."</p><p>La vieille sorci�re secoua la t�te avec fermet�. "Non, Mlle Granger. M. Potter croit que vous avez re�u un sortil�ge de faux souvenirs, que le duel n'a jamais eu lieu. Le directeur soup�onne la participation de magies encore plus sombres � que votre main a peut-�tre lanc� le sort, mais que ce n'�tait pas de votre fait. M�me le professeur Rogue trouve cette affaire impossible � croire, bien qu'il ne puisse pas forc�ment le dire en public. Il se demandait si des drogues moldues auraient pu �tres utilis�es contre vous."</p><p>Les yeux de Hermione continu�rent de regarder distraitement le professeur de M�tamorphose ; elle savait qu'elle venait d'entendre quelque chose d'important mais elle n'arrivait pas � trouver l'�nergie n�cessaire pour propager ces changements dans son esprit.</p><p>"<emphasis>Vous</emphasis> n'y croyez certainement pas ?" dit le professeur McGonagall. "Mlle Granger, vous ne pouvez pas vous croire capable de devenir une meurtri�re !"</p><p>"Mais j'ai..." son excellente m�moire lui repassa le souvenir avec obligeance pour la milli�me fois : Draco Malfoy lui disant avec un sourire m�prisant qu'elle ne le battrait jamais s'il �tait en pleine forme et prouvant imm�diatement cette affirmation en dansant comme un duelliste entre les troph�es sous bonne garde tandis qu'elle courait fr�n�tiquement en tous sens puis en lui ass�nant le coup final d'un sortil�ge qui l'avait envoy�e s'�craser contre le mur et avait fait jaillir du sang de sa joue... Et alors... Alors elle avait..."</p><p>"Mais vous vous souvenez l'avoir fait," dit la sorci�re plus �g�e en la regardant avec compr�hension et gentillesse. "Mlle Granger, une fillette de douze ans n'a pas besoin de supporter des souvenirs aussi affreux. Demandez-le moi et je serais heureuse de les enfermer pour vous."</p><p>C'�tait comme si on lui avait jet� un verre d'eau en plein visage. "Quoi ?"</p><p>Le professeur McGonagall sortit sa baguette, un geste si expert et rapide qu'on aurait dit qu'elle avait simplement point� quelque chose du doigt. "Je ne peux pas vous offrir de vous d�barrasser enti�rement de ces souvenirs, Mlle Granger," dit le professeur McGonagall avec sa pr�cision habituelle. "D'importants faits pourraient s'y trouver enfouis. Mais il existe une forme d'Oubliettes qui est r�versible et je serais heureuse de le lancer sur vous."</p><p>Hermione regarda la baguette et sentit l'�closion d'un espoir pour la premi�re fois en presque deux jours.</p><p><emphasis>Faites que �a n'ait jamais eu lieu...</emphasis>elle l'avait souhait�, encore et encore, souhait� que les aiguilles du temps se retournent et effacent l'horrible choix qui ne pourrait jamais, jamais �tre d�fait. Et m�me si l'effacement du souvenir n'allait pas jusque l�, ce serait tout de m�me une forme de lib�ration...</p><p>Elle revint au doux visage du professeur McGonagall.</p><p>"Vous ne pensez <emphasis>vraiment pas</emphasis> que je l'ai fait ?" dit Hermione d'une voix tremblante.</p><p>"Je suis <emphasis>tout � fait</emphasis> certaine que vous ne feriez pas une chose pareille de votre plein gr�."</p><p>Sous les couvertures, les mains de Hermione serraient les draps. "<emphasis>Harry</emphasis> pense que je ne l'ai pas fait ?"</p><p>"M. Potter consid�re que vos souvenirs ont �t� enti�rement manufactur�s. Je comprends parfaitement son point de vue."</p><p>Les mains agripp�es de Hermione laiss�rent filer les draps et elle s'affaissa de nouveau dans le lit, o� elle s'�tait en partie assise.</p><p>Non.</p><p>Elle n'avait rien dit.</p><p>Elle s'�tait r�veill�e, elle s'�tait souvenu de ce que s'�tait pass� la nuit pr�c�dente, et �a avait �t� comme... Comme... Elle ne pouvait pas trouver les mots, m�me en pens�e, pour d�crire ce qu'elle avait ressenti. Mais elle avait su que Draco Malfoy �tait d�j� mort et elle n'avait rien dit, elle n'avait pas �t� voir le professeur Flitwick pour avouer. Elle s'�tait juste habill�e et elle �tait all�e prendre son petit d�jeuner en <emphasis>essayant de se comporter normalement</emphasis> pour que personne ne soit jamais au courant, et elle avait su que c'�tait mal, mal, Mal et atrocement atrocement MAL mais elle avait eu... Tellement peur...</p><p>M�me si Harry Potter avait raison, m�me si le duel contre Draco Malfoy �tait un mensonge, elle avait fait <emphasis>ce</emphasis> choix toute seule. Elle ne m�ritait pas d'oublier cela ni qu'on la pardonne de l'avoir fait.</p><p>Et si elle <emphasis>avait</emphasis> bien agi, si elle �tait all�e directement voir le professeur Flitwick, peut-�tre que cela aurait... Aid�, d'une fa�on ou d'une autre, peut-�tre que tout le monde aurait vu qu'elle regrettait, et Harry n'aurait pas eu � perdre tout son argent pour la sauver...</p><p>Hermione ferma les yeux, les serra tr�s fort, car elle ne pouvait pas supporter l'id�e de se remettre � pleurer. "Je suis quelqu'un d'horrible," dit-elle d'une voix chancelante. "Je suis horrible et pas h�ro�que du tout..."</p><p>La voix du professeur McGonagall fut tr�s tranchante, comme si Hermione venait de faire une terrible erreur dans ses devoirs de M�tamorphose. "Cessez de vous comporter comme une idiote, Mlle Granger ! La personne <emphasis>horrible</emphasis> est celle qui vous a fait cela; Quand � l'h�ro�sme... Eh bien, Mlle Granger, vous avez d�j� entendu mon opinion au sujet des jeunes filles qui s'essaient ce genre de choses avant m�me d'avoir quatorze ans, aussi je ne vous ferai pas d'autre le�on � ce sujet. Je dirai seulement que vous venez de subir une exp�rience absolument atroce et � laquelle vous avez surv�cu aussi bien qu'il aurait �t� possible pour une sorci�re de votre ann�e. Aujourd'hui, vous avez le droit de pleurer autant qu'il vous plaira. Demain, vous retournez en cours."</p><p>C'est alors que Hermione sut le professeur McGonagall ne pouvait pas l'aider. Elle avait besoin qu'on la gronde car elle ne pourrait pas �tre absoute avant d'avoir �t� bl�m�e, et le professeur McGonagall ne ferait jamais cela pour elle car elle n'en demanderait jamais autant � une petite Serdaigle.</p><p>C'�tait une chose pour laquelle Harry Potter ne l'aiderait pas non plus.</p><p>Hermione se retourna dans son lit et se recroquevilla contre elle-m�me, loin du professeur McGonagall. "S'il vous pla�t," murmura-t-elle. "Je veux parler... Au directeur..."</p><empty-line/><p>"Hermione."</p><p>Lorsque Hermione Granger ouvrit les yeux une seconde fois, elle vit le visage rid� de soucis d'Albus Dumbledore, pench� au-dessus de son lit avec l'air d'avoir <emphasis>pleur�</emphasis>, m�me si c'�tait bien s�r impossible ; et Hermione ressentit un pincement d�chirant de culpabilit� � l'id�e de l'avoir autant d�rang�.</p><p>"Minerva dit que tu souhaitais me parler," dit le vieux sorcier.</p><p>"Je..;" Hermione ne savait soudain plus quoi dire. Sa gorge se referma et elle ne put que b�gayer : "Je � je suis..."</p><p>Son ton devait �tre parvenu � communiquer l'autre mot, celui qu'elle ne parvenait m�me plus � prononcer.</p><p>"<emphasis>D�sol�e ?"</emphasis> dit Dumbledore. "Pourquoi, pourquoi devrais-tu �tre d�sol�e ?"</p><p>Elle dut se forcer � faire sortir les mots de sa bouche. "Vous avez dit � Harry... Qu'il ne devrait pas payer... donc <emphasis>je </emphasis>n'aurais pas... D� faire ce que le professeur McGonagall a dit, je n'aurais pas d� toucher sa baguette..."</p><p>"Ma ch�rie," dit Dumbledore, "si tu ne t'�tais pas engag�e aupr�s de la maison Potter, Harry aurait attaqu� Azkaban seul et aurait peut-�tre gagn�. Ce gar�on choisit peut-�tre ses mots avec soin, mais je ne l'ai encore jamais vu mentir, et chez le Survivant se trouve un pouvoir que le Seigneur des T�n�bres n'a jamais connu. Il aurait bel et bien essay� de briser Azkaban, m�me au prix de sa vie." La voix du vieux sorcier devint plus douce et plus amicale. "Non, Hermione, tu n'as rien fait qui justifie que tu t'en veuilles � toi m�me."</p><p>"J'aurais pu <emphasis>faire</emphasis> qu'il n'attaque pas."</p><p>Dans les yeux de Dumbledore apparut un l�ger scintillement qui fut bient�t perdu dans sa fatigue. "Vraiment, Mlle Granger ? Peut-�tre devriez-vous �tre directrice � ma place, car je n'ai moi-m�me pas un tel pouvoir sur les enfants born�s."</p><p>"Harry a promis..." sa voix s'interrompit. L'horrible v�rit� �tait tr�s difficile � prononcer. "Harry Potter m'a promis... Qu'il ne m'aiderait jamais... Si je lui demandais de ne pas le faire."</p><p>Il y eut une pause. Hermione se rendit compte que les bruits lointains de l'infirmerie qui avaient accompagn�s le professeur McGonagall avaient cess� lorsque Dumbledore l'avait r�veill�e. De l� o� elle se trouvait, allong�e dans son lit, elle ne pouvait voir que le plafond et le haut de l'une des fen�tres, mais rien dans son champ de vision ne bougeait, et s'il y avait des sons, elle ne pouvait pas les entendre.</p><p>"Ah," dit Dumbledore. Le vieux sorcier eut un profond soupir. "J'imagine qu'il est <emphasis>possible</emphasis> que le gar�on ait alors tenu sa promesse."</p><p>""J'aurais... j'aurais d�..."</p><p>"Aller � Azkaban de ton plein gr� ?" dit Dumbledore. "Mlle Granger, c'est l� plus que je n'exigerai jamais d'un autre."</p><p>"Mais..." Hermione d�glutit. Elle n'avait pas pu s'emp�cher de remarquer la faille, car tous ceux qui voulaient franchir le portrait du dortoir Serdaigle apprenaient rapidement � faire attention aux formulations pr�cises. "Mais ce n'est pas plus que ce que vous exigeriez de <emphasis>vous-m�me</emphasis>."</p><p>"Hermione..." commen�a le vieux sorcier.</p><p>"Pourquoi ?" dit la voix de Hermione, et il semblait maintenant que celle-ci continuait, lib�r�e de son esprit. "Pourquoi ne pourrais-je pas �tre plus courageuse ? J'allais courir devant le D�traqueur � pour Harry � avant, je veux dire, en janvier... Alors pourquoi... Pourquoi... Pourquoi est-ce que je n'ai pas pu..." Pourquoi l'id�e d'�tre envoy�e � Azkaban l'avait elle compl�tement <emphasis>t�tanis�e</emphasis>, pourquoi avait-elle tout oubli� du Bien...</p><p>"Ma ch�re petite fille," dit Dumbledore. Les yeux bleus derri�re les lunettes en demi-lune exprimaient un compr�hension totale de sa culpabilit�. "Je n'aurais pas fait mieux moi-m�me lors de ma premi�re ann�e � Poudlard. Tout comme tu souhaiterais �tre plus gentille envers les autres, sois aussi plus gentille envers toi-m�me."</p><p>"Donc <emphasis>j'ai</emphasis> mal agi." Il semblait qu'elle avait besoin de le dire et qu'on le lui dise, m�me si elle le savait d�j�.</p><p>Il y eut un silence.</p><p>"�coute, jeune Serdaigle," dit le vieux sorcier, "�coutes-moi bien, car je vais te dire la v�rit�. La plupart des malfaisants ne se voient pas comme tels ; de fait, la plupart d'entre eux se croient �tre les h�ros des histoires qu'ils se racontent. J'ai un jour cru que les pires choses du monde �taient faites au nom du plus grand bien. J'avais tort. Terriblement tort. Il existe un mal dans ce monde qui se sait l'�tre et qui hait le bien de toute ses forces. Il souhaite d�truire tout ce qui est bon."</p><p>Hermione frissonna dans son lit ; tout cela semblait tr�s r�el lorsque c'�tait Dumbledore qui le disait.</p><p>Le vieux sorcier continua de parler. "Tu es l'une des bonnes choses de ce monde, Hermione Granger, et ce mal te hait donc aussi. Si tu �tais demeur�e forte pendant ce proc�s, il t'aurait frapp� plus fort, et encore plus fort, jusqu'� ce que tu te brises. Ne penses pas que les h�ros ne peuvent �tre bris�s ! Nous sommes seulement plus r�sistants, Hermione." Les yeux du vieux sorcier �taient devenus plus s�v�res qu'elle ne les avait jamais vus. "Lorsqu'on est �puis� depuis de nombreuses heures, lorsque la douleur et la mort ne sont pas une peur passag�re mais une certitude, alors il est plus difficile d'�tre un h�ros. Si je devais �tre honn�te � alors aujourd'hui, oui, je n'h�siterais pas face � Azkaban. Mais lorsque j'�tais dans ma premi�re ann�e � Poudlard � j'aurais fui devant ce D�traqueur auquel tu as fait face, car mon p�re �tait mort � Azkaban et que je les craignais. Saches-le ! Le mal qui t'a frapp� aurait pu briser n'importe qui, m�me moi. Seul Harry Potter aura ce qu'il faut pour faire face � cette horreur, le jour o� il sera en pleine possession de ses pouvoirs."</p><p>Le cou de Hermione ne pouvait plus rester tendu vers le vieux sorcier ; elle laissa sa t�te tomber en arri�re, jusqu'� son coussin, o� elle regarda le plafond, tentant d'absorber autant de ces mots qu'elle le pouvait.</p><p>"Pourquoi ?" dit sa voix � nouveau tremblante. "Pourquoi quelqu'un serait-il aussi m�chant ? Je ne comprends pas."</p><p>"Je me suis moi-m�me pos� cette question," dit la voix de Dumbledore, charg�e d'une profonde tristesse. "Je m'interroge depuis trente ans et je ne comprends toujours pas. Toi et moi ne comprendrons jamais, Hermione Granger. Mais au moins je sais maintenant ce que le v�ritable mal r�pondrait, si on pouvait lui parler et lui demander pourquoi il �tait ainsi. Il dirait : <emphasis>Pourquoi pas ?"</emphasis></p><p>Un bref �clair d'indignation la traversa. "Il doit y avoir au moins un <emphasis>million</emphasis> de raisons de ne pas l'�tre !"</p><p>"Tout � fait," dit la voix de Dumbledore. "Un million de raisons, et encore plus. Nous conna�trons toujours ces raisons, toi et moi. Si tu insiste pour le formuler ainsi � alors oui, Hermione, le proc�s d'aujourd'hui t'a bris�e. Mais ce que tu fais <emphasis>apr�s</emphasis> avoir �t� bris�e � cela aussi, c'est �tre une h�ro�ne. Ce que tu es, Hermione Granger, et ce que tu seras toujours."</p><p>Elle leva de nouveau la t�te et le regarda.</p><p>Le vieux sorcier se leva de son lit. Sa barbe d'argent s'abaissa lorsqu'il s'inclina gravement devant elle puis il partit.</p><p>Elle continua de regarder la porte par laquelle le vieux sorcier �tait parti.</p><p>Cela aurait d� signifier quelque chose pour elle, cela aurait d� la toucher. Elle aurait d� se sentir mieux maintenant que Dumbledore, qui avait auparavant sembl� si r�ticent, venait de la reconna�tre en tant qu'h�ro�ne.</p><p>Elle ne ressentait rien.</p><p>Hermione laissa sa t�te retomber sur le lit, Mme Pomfresh vint et lui fit boire quelque chose qui br�la ses l�vres comme l'aurait fait une nourriture �pic�e, dont l'odeur �tait encore plus forte et qui n'avait aucun go�t. Cela ne signifia rien pour elle. Elle continua de regarder les lointains blocs de pierre du plafond.</p><empty-line/><p>Minerva attendait en faisant de son mieux pour ne pas l�viter pr�s de la double porte de l'infirmerie de Poudlard ; enfant, elle avait toujours song� � ces portes comme � un "sinistre portail" et elle ne pouvait � pr�sent s'emp�cher de s'en souvenir. Trop de mauvaises nouvelles avaient �t� annonc�es ici...</p><p>Albus sortit de l'infirmerie. Le vieux sorcier n'arr�ta pas, continua seulement de marcher vers le bureau du professeur Flitwick, et Minerva le suivit.</p><p>Le professeur McGonagall s'�claircit la gorge. "Est-ce fait, Albus ?"</p><p>Le vieux sorcier acquies�a d'un hochement de t�te. "Si une magie hostile l'atteint ou si le moindre esprit la touche, je le saurai et j'accourrai."</p><p>"J'ai parl� � M. Potter apr�s le cours de M�tamorphose," dit le professeur McGonagall. "Il �tait d'avis qu'� partir de maintenant, Mlle Granger devrait aller � Beauxb�tons plut�t qu'� Poudlard."</p><p>Le vieux sorcier secoua la t�te. "Non. Si Voldemort d�sire vraiment porter atteinte � Mlle Granger � il est tenace au-del� de toute mesure. Ses serviteurs le rejoignent, il n'aurait pas pu r�cup�rer Bellatrix seul. Azkaban elle-m�me n'est pas � l'abri de sa malveillance, et quant � Beauxb�tons � non, Minerva. Je ne pense pas que Voldemort puisse s'essayer � de telles possessions souvent ou contre des cibles plus fortes, sans quoi cette ann�e se serait d�roul�e bien diff�remment. Et Harry Potter est ici, que Voldemort doit craindre, qu'il l'admette ou non. Maintenant que je l'ai mise sous protection, Mlle Granger sera plus en s�curit� au c�ur de Poudlard qu'�loign�e."</p><p>"M. Potter semblait douter de cela," dit Minerva. Elle ne parvenait pas tout � fait � garder sa voix d�nu�e de tranchant car une partie d'elle �tait assez fortement d'accord. "Il semblait penser que le sens commun dicte que Mlle Granger continue sa scolarit� n'importe o� ailleurs qu'� Poudlard."</p><p>Le vieux sorcier soupira. "Je crains que le gar�on n'ait pass� trop de temps parmi les Moldus. Ils sont en permanence � la recherche de s�curit� et s'imaginent toujours que celle-ci peut-�tre trouv�e. Si Mlle Granger n'est pas en s�ret� au centre de notre forteresse, elle ne le sera pas plus en la quittant."</p><p>"Tout le monde ne semble pas �tre d'accord," dit le professeur McGonagall. �a avait presque �t� la premi�re lettre qu'elle avait vu lorsqu'elle avait jet� un rapide coup d'�il sur son bureau : une enveloppe du plus fin des parchemins, scell�e d'une cire vert-argent � l'effigie d'un serpent qui s'�tait dress� et lui avait siffl� dessus. "J'ai re�u la chouette de Lord Malfoy retirant son fils de Poudlard."</p><p>Le vieux sorcier hocha la t�te mais ne changea pas de rythme. "Harry est-il au courant ?"</p><p>"Oui." Sa voix flancha l'espace d'un instant lorsqu'elle se souvint de l'expression de Harry. "Apr�s les cours, M. Potter a f�licit� le bon sens de Lord Malfoy et a dit qu'il �crirait � Mme Londubat pour lui conseiller de faire de m�me avec son petit-fils au cas o� celui-ci serait la prochaine cible. Au cas o� la gardienne de M. Londubat serait suffisamment n�gligente pour le laisser � Poudlard, M. Potter voudrait qu'il soit munit d'un Retourneur de Temps, d'une cape d'invisibilit�, d'un balais et d'une bourse dans laquelle les transporter ; et aussi d'un anneau d'orteil pourvu d'un Portoloin d'urgence menant vers un lieu s�r au cas o� quelqu'un kidnapperait M. Londubat et lui ferait quitter l'enceinte de Poudlard. J'ai dit � M. Potter que je ne pensais pas que le minist�re consentirait � un tel usage des Retourneur de Temps et il m'a r�pondu que nous ne devrions pas leur demander d'autorisation. Je m'attends � ce qu'il d�sire voir Mlle Granger recevoir pareil �quipement si jamais elle reste. Quant � lui, M. Potter veut un balais pour trois personne afin qu'il puisse le transporter dans sa bourse." Elle n'�tait pas �blouie par la liste de pr�cautions. Impressionn�e par leur intelligence, mais pas �blouie. Elle �tait ma�tre de M�tamorphose, apr�s tout. Mais le fait que Harry trouve maintenant Poudlard aussi dangereuse que la recherche fondamentale en magie envoyait quand m�me des frissons d'inqui�tude parcourir son corps.</p><p>"Le d�partement des myst�res n'est pas � d�fier � la l�g�re," dit Albus. "Mais pour le reste -" le vieux sorcier sembla s'affaisser l�g�rement. "Autant donner au gar�on ce qu'il souhaite. Et je prot�gerais aussi Neville et �crirai � Augusta pour lui dire qu'il devrait rester ici pendant les vacances."</p><p>"Et enfin," continua-t-elle, "M. Potter dit que � et je le cite directement, Albus � que quel que soit l'esp�ce d'attire-mage-noir que le directeur garde ici, il faut le faire sortir de cette �cole <emphasis>maintenant</emphasis>." Cette fois elle ne parvint pas � emp�cher sa voix d'�tre tranchante.</p><p>"J'en ai demand� autant � Flamel," dit Albus d'un ton qui laissa clairement entendre sa douleur. "Mais ma�tre Flamel a dit � que m�me <emphasis>lui</emphasis> ne peut garder la Pierre en s�ret� � qu'il croit que Voldemort a le moyen de la trouver, o� qu'elle se trouve � et qu'il ne consent pas � ce qu'elle soit gard�e ailleurs qu'� Poudlard. Minerva, je suis navr� mais elle doit �tre gard�e ici � il le <emphasis>faut</emphasis> !"</p><p>"Tr�s bien," dit le professeur McGonagall. "Quant � moi, je pense que M. Potter a raison en tous points."</p><p>Le vieux sorcier lui jeta un coup d'�il et il dit d'une voix �mue : "Minerva, vous me connaissez depuis longtemps, aussi bien que quiconque encore en vie aujourd'hui � dites-moi si les t�n�bres me tiennent d�j�."</p><p>"Quoi ?" dit le professeur McGonagall, franchement surprise. Puis : "Oh non Albus, non !"</p><p>Les l�vres du vieux sorcier se serr�rent avec force avant qu'il ne parle. "Pour le plus grand bien. Ils sont si nombreux, ceux que j'ai sacrifi�s pour le plus grand bien. Aujourd'hui, j'ai presque condamn�e Hermione Granger � Azkaban pour le plus grand bien. Et je me trouve � aujourd'hui, je me suis retrouv� � � �prouver de la rancune envers cette innocence que je ne poss�de plus..." La voix du vieux sorcier resta en suspens. "Le mal fait au nom du bien. Le mal fait au nom du mal. Quel <emphasis>est</emphasis> le pire ?"</p><p>"Vous faites l'idiot, Albus."</p><p>Le vieux sorcier lui jeta un nouveau coup d'�il avant de regarder une fois de plus devant lui. "Dis-moi, Minerva � t'es tu arr�t�e le temps de soupeser les cons�quences de ton geste avant de dire � Mlle Granger comment se lier � la famille Potter ?"</p><p>Elle inspira par r�flexe lorsqu'elle comprit ce qu'elle avait fait -</p><p>"Tu ne l'as donc pas fait." Les yeux d'Albus �taient attrist�s. "Non, Minerva, tu n'as pas � t'excuser. C'est bien ainsi. �tant donn� ce que tu as vu de moi aujourd'hui � si ta loyaut� va maintenant � Harry Potter et pas � moi, alors c'est bien, c'est juste ainsi." Elle ouvrit les l�vres pour protester mais Albus continua avant qu'elle ne puisse prononcer un mot. "De fait � de fait, cela deviendra n�cessaire, et m�me plus que n�cessaire si le Seigneur des T�n�bres que Harry doit vaincre pour acc�der � sa pleine puissance se r�v�le ne pas �tre Voldemort..."</p><p>"Pas <emphasis>�a</emphasis> encore !" dit Minerva. "Albus, c'est Vous-Savez-Qui et, pas vous, qui a marqu� Harry comme son �gal. Il est absolument <emphasis>impossible</emphasis> que la proph�tie ait parl� de vous !"</p><p>Le vieux sorcier hocha la t�te, mais ses yeux semblaient perdus dans le lointain, concentr�s sur le chemin qui les attendait.</p><empty-line/><p>La cellule de d�tention, bien au centre du d�partement de justice magique, �tait luxueusement appr�t�e ; ce qui constituait plus une remarque sur ce que les sorciers adultes tenaient pour acquis que sur quelque sentiment humain envers les prisonniers. Il y avait une chaise � bascule automatique munie de coussins autochauffants moelleux et richement brod�s. Il y avait une armoire qui contenait un assemblage h�t�roclite de livres trouv�s chez un vendeur � la sauvette ainsi qu'un �tage entier de vieux magazines, dont un de 1883. Quant aux toilettes, eh bien, ce n'�tait pas tout � fait luxueux mais un sortil�ge lanc� sur la pi�ce interrompait toutes ces petites affaires : on n'allait nulle part o� l'Auror de garde ne pouvait surveiller. Mais mis � part cela, c'�tait une plaisante petite cellule. Le professeur de D�fense de Poudlard �tait d�tenu, pas arr�t�, m�me pas intimid�. Il n'y avait pas de preuves pour l'accuser... mis � part qu'un crime atroce et insolite avait �t� commis dans l'enceinte de l'�cole de sorcellerie de Poudlard et qu'en s'en tenant aux observations pass�es les chances �taient de cinq contre une pour que l'actuel professeur de D�fense y soit m�l� d'une fa�on ou d'une autre. Il faut ajouter � cela le fait que personne au d�partement de justice magique ne savait m�me <emphasis>qui</emphasis> �tait le professeur de D�fense et que l'homme avait, au sens propre, �cart� toute tentative de d�couvrir sa v�ritable identit� d'un <emphasis>toussotement</emphasis>. Donc non, ils <emphasis>n'avaient pas</emphasis> encore rendu 'Quirinus Quirrell' � Poudlard.</p><p>R�p�tons cela, pour marquer le coup :</p><p>Le professeur de D�fense.</p><p>�tait d�tenu.</p><p>Dans une cellule.</p><p>Le professeur de D�fense regardait fixement l'Auror et fredonnait.</p><p>Le professeur de D�fense n'avait pas prononc� un mot depuis qu'il �tait arriv� dans cette cellule. Il avait <emphasis>seulement</emphasis> fredonn�.</p><p>Le fredonnement avait commenc� comme une simple berceuse pour enfants, celle qui en Angleterre moldue commen�ait par <emphasis>Bonsoir, bonne nuit...</emphasis></p><p>L'air avait �t� fredonn� sans variation, encore et encore, pendant sept minutes, pour �tablir le motif sous-jacent.</p><p>Puis commenc�rent les �laborations sur le th�me principal. Des vers fredonn�es trop lentement, entrecoup�s de longues pauses, afin que l'esprit de celui qui �coutait attende d�sesp�r�ment la note suivante, le vers suivant. Puis, lorsque le prochain vers venait, il �tait tellement faux, incroyablement, atrocement faux, pas seulement faux par rapport aux vers pr�c�dents mais chant� sur une ton qui ne correspondait � <emphasis>aucune</emphasis> note, si bien qu'on pouvait croire que cette personne avait d�lib�r�ment pratiqu� ce fredonnement uniquement afin d'acqu�rir une anti-musicalit� parfaite.</p><p>La chanson �tait � la musique ce que l'horrible voix morte d'un D�traqueur �tait � la voix humaine.</p><p>Et cet horrible, horrible fredonnement est <emphasis>impossible</emphasis> � ignorer. Il est similaire � une berceuse connue mais s'en �loigne de fa�on impr�visible. Il cr�� des attente et les trahi, mais jamais selon un motif qui lui permettrait de se fondre dans l'arri�re-plan. Le cerveau de celui qui �coute ne peut s'emp�cher de s'attendre � ce que les vers anti-musicaux se compl�tent ni � s'emp�cher d'�tre surpris.</p><p>La seule explication possible � l'existence de ce type de fredonnement est qu'il a �t� d�lib�r�ment invent� par quelque g�nie ineffablement cruel qui se serait un jour r�veill� ennuy� par la torture ordinaire et qui aurait d�cid� de se donner un handicap et de voir s'il pouvait d�truire la sant� mentale de quelqu'un <emphasis>juste en lui fredonnant une chanson.</emphasis></p><p>L'Auror avait �cout� cet �pouvantable, cet inimaginable fredonnement pendant quatre heures tout en subissant le regard de cette immense pr�sence froide et mortelle qui �tait tout aussi horrible qu'on la regarde directement ou du coin de l'�il...</p><p>Le fredonnement s'arr�ta.</p><p>Il y eut une longue attente. Assez pour qu'un espoir monte puis soit �cras� par le souvenir des d�ceptions pr�c�dentes. Puis, � mesure que l'intervalle s'allongeait et s'allongeait encore, cet espoir s'�leva de nouveau, inarr�table...</p><p>Le fredonnement recommen�a.</p><p>L'Auror craqua.</p><p>Il saisit un miroir � sa ceinture, le toucha une fois puis dit : "C'est l'Auror Junior Arjun Altunay, je d�clare un code RJ-L20 en cellule trois."</p><p>"Code RJ-L20 ?" r�pondit le miroir d'un ton surpris. Il y eut le son de pages que l'on tournait, puis : "Vous voulez �tre relev� parce que le prisonnier a entam� une guerre psychologique contre vous et qu'il gagne ?"</p><p>(Am�lia Bones est vraiment tr�s intelligente).</p><p>"Qu'est-ce que le prisonnier vous a dit ?" demanda le miroir.</p><p>(Cette question ne fait <emphasis>pas</emphasis> partie de la proc�dure RJ-L20, mais Am�lia Bones a malheureusement oubli� d'inclure l'instruction explicite de ne pas la poser.)</p><p>"Il -" dit l'Auror, et il jeta un regard dans la cellule. Le professeur de D�fense �tait maintenant appuy� dans sa chaise et avait l'air assez d�tendu. "Il me <emphasis>regardait fixement</emphasis> !Et il <emphasis>fredonnait </emphasis>!"</p><p>Il y eut un silence.</p><p>Le miroir parla de nouveau : "Et vous d�clarez un RJ-L20 pour �a ? Vous �tes s�r de ne pas �tre en train d'essayer d'�tre soulag� de votre tour de garde ?"</p><p>(Am�lia Bones est entour�e d'idiots)</p><p>"Vous ne comprenez pas !" s'�cria l'Auror Altunay. "C'est vraiment un fredonnement atroce !"</p><p>Le miroir transmit le son d'un rire �touff� dans l'arri�re-plan, comme s'il �tait venu de plus d'une personne. Puis il parla de nouveau : "M. Altunay, si vous ne voulez pas �tre r�trograd� � Auror seconde classe, je vous sugg�re de serrer les dents et de vous remettre au travail..."</p><p>"Ignorez �a," dit une voix s�che qui semblait assez �loign�e parce qu'elle �tait plus loin du miroir.</p><p>(C'est pourquoi Am�lia Bones s'assoit souvent au centre de coordination du d�partement de justice magique lorsqu'elle remplit sa paperasse minist�rielle.)</p><p>"Auror Altunay," dit la voix s�che tout en semblant s'approcher du miroir, "vous serez bient�t remplac�. Auror Ben Gutierrez, la proc�dure RJ-L20 ne dit <emphasis>pas</emphasis> de demander pourquoi. Elle dit que l'on rel�ve l'Auror qui l'a d�clar�e. <emphasis>Si</emphasis> je d�couvre que les Aurors semblent en abuser, <emphasis>je</emphasis> la modifierai afin d'emp�cher les abus..." le miroir se tut brutalement.</p><p>L'Auror se retourna pour lancer un regard triomphant en direction de l'actuel professeur de D�fense de Poudlard qui �tait confortablement assis dans son fauteuil rembourr�.</p><p>Cet homme pronon�a alors les premiers mots � avoir quitt� ses l�vres depuis qu'il �tait entr� dans la cellule.</p><p>"Au revoir, M. Altunay," dit le professeur de D�fense.</p><p>Quelques minutes plus tard, la porte de la cellule s'ouvrit et une femme aux cheveux gris entra, habill�e des robes pourpres des Aurors, sans insigne indiquant son rang, sans ornement, avec sous son bras gauche un dossier en cuir noir. "Vous pouvez disposer," dit la vieille femme d'un ton abrupt.</p><p>Il y eut un bref d�lai pendant lequel l'Auror Altunay essaya d'expliquer ce qui s'�tait pass�. Un hochement de t�te et un doigt s�v�re simplement point� vers la porte y coup�rent court.</p><p>"Bonsoir, madame la directrice," dit le professeur de D�fense.</p><p>Am�lia Bones ne r�pondit en rien mais s'assit soudain dans la chaise laiss�e vide. La vieille sorci�re ouvrit le dossier de cuir et son regard s'abaissa vers les parchemins qui s'y trouvaient. "Possibles indices quant � l'identit� de l'actuel professeur de D�fense de Poudlard tels qu'�tablis par l'Auror Robards". Le page de titre fut retourn�e et mise � l'�cart. "Le professeur de D�fense dit avoir �t� r�parti � Serpentard. Pr�tend que sa famille a �t� tu�e par Voldemort. Dit avoir �tudi� dans un centre d'arts martiaux situ� en Asie moldue qui a �t� d�truit par Voldemort. Une requ�te soumise au d�partement de la coop�ration magique internationale identifie cet incident comme l'affaire Oni de 1969." Un autre parchemin fut mis de c�t�. "Il semble aussi que le professeur de D�fense a donn� un discours des plus enthousiasmants � ses �l�ves juste avant Yule dernier lors duquel il a bl�m� la g�n�ration pr�c�dente pour leur manque d'unit� face aux Mangemorts." La vieille sorci�re releva les yeux du dossier de cuir. "Madame Londubat �tait tomb�e sous le charme du discours et a insist� pour que je le lise en entier. Je fus frapp� par la familiarit� des arguments mais je ne pus alors les reconna�tre. Mais apr�s tout, je vous avais cru mort."</p><p>Le plus haut officier de police d'Angleterre magique regardait maintenant l'actuel professeur de D�fense de Poudlard avec des yeux per�ants � travers le panneau de verre magiquement renforc� qui les s�parait. L'homme dans la cellule lui rendit son regard calmement, sans sembler �tre alarm�.</p><p>"Je ne prononcerai aucun nom," dit la vieille sorci�re. "Mais je raconterai une histoire et vous verrez si elle vous semble famili�re." Am�lia Bones rabaissa les yeux et retourna un parchemin. "N� en 1927, entr� � Poudlard en 1938, r�parti � Serpentard, a obtenu son dipl�me en 1945. Parti � l'�tranger pour un voyage post-remise de dipl�mes et disparu alors qu'il �tait en Albanie. Pr�sum� mort jusqu'en 1970 date � laquelle il est tout aussi soudainement rentr� en Angleterre magique sans explication aucune pour les vingt-cinq ann�es d'absence. Il est rest� s�par� de sa famille et de ses amis et a v�cu dans l'isolement. En 1971, alors qu'il se trouvait au Chemin de Traverse, il a repouss� la tentative de Bellatrix Black de kidnapper la fille du ministre de la Magie et a utilis� le sortil�ge de la Mort pour abattre deux des trois Mangemorts qui l'accompagnaient. Toute l'Angleterre conna�t le reste de l'histoire. Devrais-je la poursuivre ?" La vieille sorci�re leva � nouveau les yeux de son dossier. "Tr�s bien. Il y eut un proc�s au Magenmagot durant lequel ce jeune homme fut exon�r� de son utilisation du sortil�ge de la Mort, en grande partie gr�ce aux efforts de sa grand m�re, la Dame de sa maison. Il se r�concilia avec sa famille et ils organis�rent une grande r�union pour lui souhaiter la bienvenue. L'invit� d'honneur arriva � cette r�union pour d�couvrir toute sa famille tu�e par des Mangemorts, elfes de maison compris, et que lui, de la lign�e cadette, �tait maintenant le dernier h�ritier d'une maison Noble."</p><p>Le professeur de D�fense n'avait r�agit � rien de tout cela, mis � part ses yeux qui s'�taient � moiti� clos, comme par lassitude.</p><p>"Le jeune homme prit le si�ge de sa famille au Magenmagot et devint l'une des voix les plus tenaces contre Vous-Savez-Qui. Il mena plusieurs fois des forces contre les Mangemorts et les combattit au moyen d'habiles tactiques et d'un pouvoir extraordinaire. Les gens commenc�rent � le dire �tre le prochain Dumbledore et on pensait qu'il pourrait devenir ministre de la Magie apr�s la chute du Seigneur des T�n�bres. Le trois juillet 1973, il ne se pr�senta pas � un vote de premier importance du Magenmagot et plus personne n'entendit jamais parler de lui. Nous avons suppos� que le Seigneur des T�n�bres l'avait tu�. Ce fut un terrible coup port� contre nous tous et les choses ne firent qu'empirer." Le regard de la vieille sorci�re �tait interrogateur. "Je vous ai pleur�. Que s'est-il pass� ?"</p><p>Les �paules du professeur de D�fense boug�rent l�g�rement, comme un petit haussement. "Vous faites beaucoup d'hypoth�ses," dit-il doucement. "Quant � moi, je crois que l'homme est mort il y a des ann�es. Mais si cet homme est n�anmoins en vie � alors il est clair qu'il ne souhaite pas voir ce fait annonc� et a des raisons d'�tre silencieux. Il semble que cet homme vous a un jour quelque peu aid�." Les l�vres du professeur de D�fense se recourb�rent en un sourire cynique. "Mais je ne suis plus surpris lorsque la gratitude est fugace. Allez-vous exiger encore plus de lui ?"</p><p>La vieille sorci�re s'inclina dans son fauteuil de gardien et sembla assez surprise, peut-�tre m�me bless�e. "Non..." dit-elle apr�s un moment. Ses doigts heurt�rent le dossier de cuir, <emphasis>nerveusement</emphasis>, vous seriez-vous dit si vous aviez cru qu'Am�lia Bones pouvait �tre nerveuse. "Mais votre <emphasis>Maison</emphasis> � il ne reste pas beaucoup d'anciennes Maisons..."</p><p>"Qu'il reste huit ou sept anciennes Maisons ne changera que peu de choses pour ce pays."</p><p>La vieille sorci�re soupira. "Que Dumbledore pense-t-il de cela ?"</p><p>L'homme dans la cellule secoua sa t�te. "Il ignore qui je suis et a promis de ne pas se renseigner."</p><p>Les sourcils de la vieille sorci�re s'�lev�rent. "Alors comment vous identifie-t-il aupr�s du syst�me de s�curit� de Poudlard ?"</p><p>Un l�ger sourire. "Le directeur a dessin� un cercle et a dit � Poudlard que celui qui s'y tenait �tait le professeur de D�fense. En parlant de cela..." le ton devint plus grave, plus plat. "Je manque mes cours, madame la directrice."</p><p>"Vous semblez � <emphasis>vous reposer</emphasis> parfois d'une fa�on particuli�re. On m'a aussi fait part de cela. Et vous semblez vous <emphasis>reposer</emphasis> de plus en plus fr�quemment � mesure que le temps passe." Les doigts de la vieille sorci�re heurt�rent � nouveau le cuir du dossier. "Je ne puis me rappeler avoir lu quoi que ce soit au sujet d'un tel sympt�me, mais lorsqu'on entend �a, on imagine... des combats contre des mages noirs, des mal�dictions terribles..."</p><p>Le professeur de D�fense demeura inexpressif.</p><p>"Demandez-vous l'assistance d'un gu�risseur ?" dit Am�lia Bones. Son masque avait gliss� et ses yeux r�v�laient clairement sa douleur. "Y a-t-il quoi que ce soit que nous puissions faire pour vous ?"</p><p>"J'ai accept� d'enseigner la D�fense � Poudlard," dit l'homme dans la cellule d'un ton cat�gorique. "Tirez-en vos propres conclusions, madame. Et je rate le peu de cours qui me restent. Je voudrais rentrer � Poudlard maintenant."</p><empty-line/><p>Lorsque Hermione s'�veilla la troisi�me fois (bien qu'il semble qu'elle n'ait ferm� les yeux qu'un instant), le soleil �tait encore plus bas dans le ciel, presque enti�rement couch�. Elle se sentit un peu plus vivante et, �trangement, encore plus �puis�e. Cette fois c'�tait le professeur Flitwick qui se tenait � c�t� de son lit et secouait ses �paules, un plateau d'une nourriture fumante flottant � c�t� de lui. Il lui semblait que Harry Potter aurait d� �tre en train de se pencher au-dessus de son lit, mais il n'�tait pas l�. L'avait-elle r�v� ? Elle n'arrivait pas � se souvenir avoir r�v�.</p><p>Il apparut (selon les dires du professeur Flitwick) que Hermione avait rat� le d�ner dans la grande salle et qu'on la r�veillait afin qu'elle mange. Elle pourrait alors rentrer au dortoir Serdaigle et finir sa nuit dans son propre lit.</p><p>Elle mangea en silence. Une partie d'elle voulait demander au professeur Flitwick s'<emphasis>il</emphasis> pensait qu'elle avait re�ut un sortil�ge de faux souvenirs ou s'il pensait qu'elle avait essay� de tuer Draco de son plein gr�...</p><p><emphasis>...comme elle se souvenait l'avoir fait...</emphasis></p><p>...mais la majeure partie de Hermione avait peur de le savoir. <emphasis>Peur de le savoir</emphasis> �tait un signal d'avertissement selon Harry et ses livres ; mais son esprit semblait fatigu�, <emphasis>bless�</emphasis>, et elle n'arrivait pas � trouver la force de se surpasser.</p><p>Lorsqu'elle et le professeur Flitwick quitt�rent l'infirmerie, ils trouv�rent Harry Potter assis en tailleurs devant la porte en train de tranquillement lire un livre de psychologie.</p><p>"Je continue avec elle," dit le Survivant. "Le professeur McGonagall a dit que �a irait."</p><p>Le professeur Flitwick sembla accepter cela et quitta apr�s leur avoir jet� un regard s�v�re � tous deux. Elle n'arrivait pas � imaginer ce que le regard s�v�re �tait cens� dire, � moins que �a n'ait �t� : <emphasis>n'essayez pas de tuer d'autres �l�ves.</emphasis></p><p>Les pas du professeur Flitwick s'estomp�rent et ils se retrouv�rent tous les deux devant les portes de l'infirmerie.</p><p>Elle regarda les yeux vers du Survivant, la masse de cheveux qui ne masquait pas tout � fait la cicatrice sur son front ; elle regarda le visage du gar�on qui aurait donn� tout son argent pour la sauver sans une seule arri�re-pens�e. Des sentiments s'agitaient en elle � la culpabilit�, la honte, la g�ne, et d'autres encore � mais aucun mot. Il n'y avait rien qu'elle sache dire.</p><p>"Donc," dit soudain Harry, "j'ai rapidement pass� en revue mes livres de psychologie pour voir ce qu'ils avaient � dire sur les troubles de stress post-traumatique. Les vieux livres disent qu'il faut parler de son exp�rience imm�diatement apr�s avec un psychoth�rapeute. Les nouveaux r�sultats de recherchent disent qu'apr�s avoir conduit de v�ritables exp�riences, il s'av�re qu'en parler imm�diatement apr�s aggrave plut�t les choses. Apparemment, ce qu'il faut vraiment faire est de suivre l'impulsion naturelle de l'esprit et de r�primer le souvenir pendant un moment, de ne juste pas y penser pendant un moment."</p><p>C'�tait tellement <emphasis>normal</emphasis>, tellement proche de la fa�on dont Harry et elle parlaient d'habitude qu'elle sentit une soudaine sensation de br�lure dans sa gorge.</p><p><emphasis>Nous n'avons pas � en parler</emphasis>. C'�tait ce que Harry venait de dire, � peu de choses pr�s. Cela lui donnait l'impression de tricher, peut-�tre m�me de mentir. Rien <emphasis>n'�tait</emphasis> normal. Tout ce qui allait mal allait encore horriblement mal, tout ce qui n'avait pas �t� dit devait encore l'�tre...</p><p>"d'accord," dit Hermione, parce qu'il n'y avait rien d'autre � dire, absolument rien d'autre.</p><p>"Je suis d�sol� de ne pas avoir �t� l� quand tu t'es r�veill�e," dit Harry alors qu'ils commen�aient � marcher. "Madame Pomfresh ne m'a pas laiss� entrer alors je suis juste rest� l�, dehors." Il eut un petit haussement d'�paules triste. "J'imagine que je devrais �tre en train d'essayer de limiter les d�g�ts en termes de relations publiques mais... franchement je n'ai jamais �t� bon � �a, je finis toujours par parler durement aux gens."</p><p>"C'est tr�s grave ?" elle songea que sa voix aurait d� �tre un soupir ou un croassement, mais non.</p><p>"Eh bien..." dit Harry en h�sitant visiblement. "Ce que tu dois comprendre, Hermione, c'est que tu avais beaucoup de gens pour te d�fendre au petit d�jeuner d'aujourd'hui, mais que tous les gens de ton c�t�... <emphasis>inventaient n'importe quoi</emphasis>. Draco a essay� de te tuer en premier, des choses dans le genre. C'�tait Granger contre Malfoy, c'est comme �a que les gens l'ont vu, comme s'il y avait une scie et qu'appuyer de son c�t� ferait remonter le tien. Je leur ai dit que vous �tiez probablement <emphasis>tous les deux </emphasis>innocents, que vous aviez tous les deux re�u un sortil�ge de faux souvenirs. Ils n'ont pas �cout�, les deux camps m'ont trait� comme un tra�tre � la recherche d'un juste milieu. Puis des gens ont entendu que Draco avait attest� sous Veritaserum qu'il avait essay� de t'aider avant la bataille � arr�te de faire cette t�te, Hermione, tu ne lui as pas r�ellement fait du mal. Bref, tout le monde en a tir� que le camp pro-Malfoy avait eu raison et que le camp pro-Granger avait eut tort." Harry eut un bref soupir. "Je leur ai <emphasis>dit</emphasis> que quand la v�rit� �claterait plus tard ils seraient honteux..."</p><p>"C'est tr�s grave ?" demanda-t-elle � nouveau. Cette fois, sa voix fut plus faible.</p><p>"Tu te souviens de l'exp�rience de conformit� de Asch ?" dit Harry en tournant la t�te pour la regarder avec s�rieux.</p><p>Son esprit mit <emphasis>longtemps � se rappeler</emphasis>, quelques secondes, ce qui l'effraya, puis la r�f�rence revint. En 1951, Solomon Asch avait pris des sujets exp�rimentaux et chacun avait �t� mis dans une ligne avec d'autres personnes qui leur ressemblaient et pr�tendaient �tre d'autres sujets exp�rimentaux tout en �tant en r�alit� des complices de l'exp�rimentateur. Asch avait montr� une ligne de r�f�rence sur un �cran marqu�e X � c�t� de trois autres lignes marqu�es A, B et C. L'exp�rimentateur avait demand� quelle ligne avait la m�me longueur que X. La bonne r�ponse �tait C, de fa�on �vidente. Les autres 'sujets', les complices, avaient l'un apr�s l'autre dit que X �tait de la m�me longueur que B. Le vrai sujet avait �t� plac� avant-dernier afin de n'�veiller aucun soup�on en le pla�ant en dernier. Le test avait �t� de voir si le v�ritable sujet se 'conformerait' � la mauvaise r�ponse standard, B, ou dirait la r�ponse �videmment correcte, C.</p><p>75% des sujets avaient s'�taient 'conform�s' au moins une fois. Un tiers des sujets s'�taient conform�s plus de la moiti� du temps. Certains avaient ensuite indiqu� �tre r�ellement persuad�s que X �tait de la m�me longueur que B. Et �a avait �t� dans un cas o� les sujets ne connaissaient aucun des complices. Si on pla�ait quelqu'un dans un groupe de gens qui lui ressemblaient, par exemple quelqu'un en fauteuil roulant au milieu de gens en fauteuil roulant, l'effet de conformit� devenait encore plus puissant...</p><p>Hermione avait l'�c�urante impression de savoir o� cela allait. "Je me souviens," murmura-t-elle.</p><p>"Tu sais, j'ai donn� un entra�nement anti-conformit� � la l�gion du Chaos. J'ai demand� � chaque L�gionnaire de se placer au milieu du groupe et de dire 'Deux et deux font quatre !' ou 'L'herbe est verte !' pendant que tous les autres soldats de la L�gion le traitaient d'idiot ou riaient de lui � les ricanements d'Allen Flint �taient vraiment bons � ou le regardaient d'un air atterr� avant de tourner les talons et de s'en aller. Ce dont tu dois te rappeler c'est que <emphasis>seule</emphasis> la L�gion du Chaos a d�j� pratiqu� quelque chose comme �a. Personne d'autre � Poudlard ne sait m�me ce <emphasis>qu'est</emphasis> la conformit�."</p><p>"Harry !" sa voix vacillait. "Est-ce que c'est tr�s grave ?"</p><p>Harry eut un autre haussement d'�paules triste. "Tout le monde en deuxi�me ann�e et plus, puisqu'ils ne te connaissent pas. Tout le monde dans l'arm�e Dragon. Tout Serpentard bien s�r. Et, eh bien, presque tout le reste de l'Angleterre magique aussi, je pense. Rappelle toi que Lucius Malfoy contr�le la <emphasis>Gazette du Sorcier</emphasis>."</p><p>"Tout le monde ?" chuchota-t-elle. Ses membres commenc�rent � devenir froid, comme si elle venait de sortir d'un piscine non chauff�e.</p><p>"Ce que les gens croient vraiment ne leur semble pas �tre une <emphasis>croyance</emphasis>, �a leur semble �tre un <emphasis>�tat du monde</emphasis>. Toi et moi nous tenons dans cette petite sph�re priv�e de l'univers o� Hermione Granger a re�u un sortil�ge de faux souvenirs. Le reste du monde vit dans un monde o� Hermione Granger a essay� de tuer Draco Malfoy. Si Ernie Macmillan..."</p><p>Hermione bloqua une inspiration � mi-parcours. <emphasis>Le capitaine Macmillan...</emphasis></p><p>"...pense qu'il lui est maintenant �thiquement interdit d'�tre ton ami, enfin, il essaie de faire ce qui est juste en fonction de ce qu'il croit, dans le monde o� il pense vivre." Les yeux de Harry �taient tr�s s�rieux. "Hermione, tu m'as souvent dit que je prends trop souvent les gens de haut. Mais si j'attendais trop d'eux � si j'attendais des gens qu'ils <emphasis>comprennent</emphasis> � alors je les ha�rais vraiment. Id�alisme mis � part, les �l�ves de Poudlard ne connaissent <emphasis>pas </emphasis>assez de sciences cognitives pour �tre tenus pour responsables de la fa�on dont leurs esprits fonctionnent. Ce n'est pas leur faute s'ils sont fous." La voix de Harry �tait �trangement douce, presque comme celle d'un adulte. "Je sais que �a va �tre plus dur pour toi que �a le serait pour moi. Mais souviens toi, le vrai coupable finit par se fait avoir. Quand la v�rit� �clatera, tout ceux qui �taient confiants dans leur erreur seront honteux."</p><p>"Et si le vrai coupable ne se fait pas attraper ?" dit-elle d'une voix tremblante.</p><p>� <emphasis>Ou s'il s'av�re que c'est moi apr�s tout ?</emphasis></p><p>"Alors tu pourras quitter Poudlard et aller � l'Institut des Sorci�res de Salem, aux �tats-Unis."</p><p>"<emphasis>Quitter Poudlard ?</emphasis>" Elle n'avait jamais song� � cette possibilit� autrement que comme � la punition ultime."</p><p>"Je... Hermione, je pense que tu pourrais vouloir faire �a de toute fa�on. Poudlard n'est pas un ch�teau, c'est de la folie emmur�e. Tu <emphasis>as</emphasis> d'autres possibilit�s."</p><p>"Je..." b�gaya-t-elle. "Je devrai... y r�fl�chir..."</p><p>Harry hocha la t�te. "Au moins personne n'essaierai de te lancer un sortil�ge, pas apr�s ce que le directeur a dit au d�ner ce soir. Oh, et Ron Weasley est venu me voir avec un air tr�s s�rieux et m'a dit que si je te voyais en premier, je devrais te dire qu'il est d�sol� d'avoir pens� du mal de toi et qu'il ne dira plus jamais rien de m�chant � ton �gard."</p><p>"<emphasis>Ron</emphasis> croit que je suis innocente ?" dit Hermione.</p><p>"Eh bien... ce n'est pas qu'il croit que tu es <emphasis>innocente..."</emphasis></p><empty-line/><p>Tout le dortoir de Serdaigle devint silencieux lorsqu'ils entr�rent.</p><p>Et les regarda.</p><p>La regarda.</p><p>(Elle avait eu ce genre de cauchemars)</p><p>Puis, un par un, les gens d�tourn�rent leur regard.</p><p>P�n�lope Deauclaire, la pr�f�te de 5�me ann�e responsable des premi�re ann�e, d�tourna lentement et d�lib�r�ment le regard.</p><p>Su Li, Lisa Turpin et Michael Corner, tous assis � la m�me table, qu'elle avait tous aid�s pour leurs devoirs, ils d�tourn�rent tous les yeux, leurs visages devenus soudain nerveux lorsqu'elle avait essay� de saisir leur regard.</p><p>Une troisi�me ann�e appel�e Latisha Randle que la S.P.E.H.S avait sauv� de brutes Serpentardes par deux fois se pencha vivement sur son bureau et se remit � ses devoirs.</p><p>Mandy Brocklehurst d�tourna le regard.</p><p>Si Hermione n'�clata alors pas en sanglots, ce n'est que parce qu'elle s'y �tait attendu, qu'elle l'avait rejou� dans son esprit encore et encore. Au moins les gens ne lui hurlaient pas dessus, ne la poussaient pas et ne lui lan�aient pas de mal�fices. Ils d�tournaient seulement le regard...</p><p>Hermione avan�a droit vers l'escalier qui menait directement au dortoir des filles en premi�re ann�e (Elle ne vit pas que Padma Patil let Anthony Goldstein la regardaient, leurs t�tes seules � suivre son mouvement) De derri�re elle, elle entendit Harry Potter dire d'un ton tr�s calme : "Vous tous, la v�rit� finira par �clater. Donc si vous �tes tous si s�rs qu'elle est coupable, pourrais-je tous vous demander de signer ce papier ici qui dit que si elle s'av�re avoir �t� innocente, elle aura le droit de vous dire 'Je te l'avais dit' et de vous en vouloir jusqu'� la fin de vos jours ? Allez y, ne soyez pas l�ches, si vous y croyez vraiment vous ne devriez pas avoir peur de parier..."</p><p>Elle avait parcouru la moiti� des escaliers lorsqu'elle se rendit compte qu'il y aurait aussi d'autres filles dans le dortoir.</p><empty-line/><p>Les �toiles n'�taient pas encore tout � fait visible, on ne pouvait voir qu'une ou deux des plus brillantes � travers le voile rouge et violet de l'horizon, mais le soleil s'�tait couch�.</p><p>Les mains de Hermione press�rent la pierre du parapet qui prot�geait le petit balcon o� elle s'�tait r�fugi�e, loin de la cage d'escaliers, apr�s s'�tre rendue compte que...</p><p>...<emphasis>elle ne pouvait juste pas aller dormir...</emphasis></p><p>...les mots faisaient �cho dans son esprit sur le m�me ton qu'auraient eu ceux-ci : "Tu ne peux plus rentrer chez toi."</p><p>Elle regarda le terrain vide, le soleil couchant, l'herbe nouvelle, si loin, en contrebas.</p><p>Fatigu�e, elle �tait fatigu�e, elle ne pouvait plus penser, elle avait besoin de dormir. Le professeur Flitwick lui avait dit qu'elle en avait besoin et il y avait eu une potion de plus pour accompagner son d�ner. Peut �tre �tait-ce ainsi que la soci�t� sorci�re traitait les horribles traumatismes inflig�s � de jeunes filles innocentes : en les faisant juste beaucoup dormir.</p><p>Elle aurait d� aller dans sa chambre et dormir mais elle avait peur de se rendre � un endroit o� d'autre personnes pouvaient se trouver. Peur de la fa�on dont ils pourraient la regarder ou ne pas la regarder.</p><p>� mesure que la nuit prenait place, des fragments de pens�es se couraient l'un apr�s l'autre dans un esprit trop �puis� pour les achever ou les relier.</p><p><emphasis>Pourquoi...</emphasis></p><p><emphasis>Pourquoi tout cela a-t-il eu lieu...</emphasis></p><p><emphasis>Tout allait bien il y a une semaine...</emphasis></p><p><emphasis>Pourquoi...</emphasis></p><p>De derri�re elle vint le grincement d'une porte qui s'ouvrait.</p><p>Elle tourna la t�te et regarda.</p><p>Le professeur Quirrell �tait inclin� contre le chambranle de la porte qu'elle venait de traverser, d�tour� comme une silhouette cartonn�e par la lumi�re des torches de Poudlard situ�es derri�re lui. Elle ne pouvait pas voir l'expression de son visage bien que le passage dans son dos soit �clair� ; ses yeux, son visage, tout ce qu'elle pouvait voir se trouvait dans l'ombre de la nuit.</p><p>Le professeur de D�fense de Poudlard, num�ro un sur la liste des coupables potentiels. Elle ne s'�tait m�me pas rendue compte qu'elle <emphasis>avait</emphasis> une liste de suspect avant cet instant.</p><p>L'homme se tenait devant cette porte sans rien dire et elle ne pouvait pas voir ses yeux. Que <emphasis>faisait-</emphasis>il ici, en premier lieu ?</p><p>"�tes-vous ici pour me tuer ?" dit Hermione Granger.</p><p>Sur ces mots, la t�te du professeur Quirrell s'inclina.</p><p>Puis il s'�lan�a vers elle, la sombre silhouette levant une main lentement, d�lib�r�ment, comme pour la faire tomber de la tour Serdaigle...</p><p>"<emphasis>Stup�fix !"</emphasis></p><p>Le jet d'adr�naline �crasa tout le reste, elle sortit sa baguette sans avoir pens�, ses l�vres form�rent le mot d'elles-m�mes, le tir jaillit et...</p><p>...<emphasis>s'arr�ta lentement </emphasis>devant la main lev�e du professeur Quirrell, ondulant dans un vol suspendu comme s'il essayait encore d'avancer, �mettant un sifflement.</p><p>La lueur rouge illumina le visage du professeur Quirrell pour la premi�re fois et r�v�la un �trange et affectueux sourire.</p><p>"Mieux," dit le professeur Quirrell. "Mlle Granger, vous �tes toujours �l�ve de mon cours de D�fense. � ce titre, si vous me consid�rez comme une menace, j'attends de vous que ne fassiez pas que me regarder tristement et me demander si je suis ici pour vous tuer. Deux points Quirrell en moins."</p><p>Elle fut enti�rement incapable de formuler une r�ponse.</p><p>Le professeur de D�fense fit une chiquenaude nonchalante de l'index vers le tir suspendu et envoya le mal�fice au-dessus de sa t�te, loin dans la nuit, si bien qu'ils se retrouv�rent dans les t�n�bres. Puis le professeur Quirrell s'�loigna de la porte qui se referma d'un coup derri�re lui et une douce lumi�re blanche apparut autour d'eux, si bien qu'elle pu de nouveau voir son visage, toujours avec cet �trange sourire affectueux.</p><p>"Que... que <emphasis>faites</emphasis>-vous ici ?"</p><p>Quelque pas de plus men�rent le professeur Quirrell � une partie plus �lev�e du balcon, o� il posa ses coudes sur la pierre et s'inclina tr�s avant, regardant la nuit.</p><p>"Je suis venu ici imm�diatement apr�s avoir �t� rel�ch� par les Aurors et � l'instant o� j'ai fini de faire mon rapport au directeur," dit le professeur Quirrell d'une voix tranquille, "parce que je suis votre professeur, que vous �tes mon �l�ve et que je suis responsable de vous."</p><p>Hermione comprit alors ; elle se souvint de ce que le professeur Quirrell avait dit � Harry lors de sa seconde le�on de D�fense de l'ann�e au sujet du contr�le de sa col�re. Elle sentit une vague de honte saisir sa poitrine. Il lui fallut un moment pour que le savoir surmonte la mortification, pour qu'elle force les mots � sortir...</p><p>"Je..." dit Hermione. "Harry pense... que je ne me <emphasis>suis pas </emphasis>emport�e, je veux dire..."</p><p>"C'est ce que j'ai entendu," dit le professeur Quirrell d'un ton plut�t sec. Il secoua la t�te comme � l'intention des �toiles elles-m�mes. "Le gar�on a la chance que j'ai d�pass� le stade de l'agacement face � ses tendances autodestructrices et en sois � la pure curiosit� quant � ce qu'il va faire ensuite. Mais je suis d'accord avec l'interpr�tation des faits de M. Potter. Ce meurtre �tait tr�s bien pr�par� pour �chapper � la d�tection, � la fois de Poudlard et de l'�il aux aguets du directeur. Naturellement, lors d'un meurtre si bien pens�, quelque innocent recevrait le bl�me." Un bref sourire ironique passa sur les l�vres du professeur de D�fense, mais il ne la regardait pas. "Quant � l'id�e que vous l'ayez fait vous-m�me � je me consid�re �tre un professeur de talent, mais m�me moi ne pourrais enseigner une telle intention meurtri�re � une �l�ve aussi obstin�e et d�nu�e de talent que Hermione Granger."</p><p>La partie de son cerveau qui r�pondit <emphasis>Quoi ?</emphasis> d'un ton indign�e fut loin d'�tre assez forte pour atteindre ses l�vres.</p><p>"Non..." dit le professeur Quirrell. "Ce n'est pas pour cela que je suis ici. Vous n'avez fait aucun effort pour masquer votre antipathie � mon �gard, Mlle Granger. Je vous remercie pour cette absence de pr�tentions, car je pr�f�re de loin la v�ritable haine � l'amour faux. Mais vous �tes toujours mon �l�ve et j'ai quelque chose � vous dire, si vous voulez bien l'�couter."</p><p>Hermione le regarda tout en continuant de combattre les effets de l'adr�naline de quelque instants auparavant. Le professeur de D�fense semblait juste regarder le ciel noir dans lequel les �toiles apparaissaient.</p><p>"Il fut un jour o� j'allais devenir un h�ros," dit le professeur Quirrell, les yeux toujours lev�s. "Pouvez-vous y croire, Mlle Granger ?"</p><p>"Non."</p><p>"Merci, une fois de plus, Mlle Granger. C'est n�anmoins vrai. Il y a longtemps, longtemps avant votre �poque ou celle de Harry Potter, fut un homme salu� comme un sauveur. L'h�ritier dont chacun reconnaissait le destin gr�ce aux contes de f�es, maniant la justice et la vengeance comme deux baguettes face � sa terrible N�m�sis." Le professeur Quirrell eut un rire doux et amer avant de relever les yeux vers le ciel nocturne. "Savez-vous, Mlle Granger, qu'� cette �poque je me croyais d�j� cynique et que pourtant... eh bien."</p><p>Le silence s'�tira dans le froid et la nuit.</p><p>"En toute honn�tet�," dit le professeur Quirrell en relevant la t�te vers les �toiles, "je ne comprends toujours pas. Ils auraient d� savoir que leurs vies d�pendaient du succ�s de cet homme. Et pourtant c'�tait comme s'ils essayaient de faire leur possible pour rendre sa vie <emphasis>d�plaisante</emphasis>. Pour placer tous les obstacles possibles sur son chemin. Je n'�tais pas na�f, Mlle Granger, je ne m'attendais pas � ce que les puissants se rallient � moi aussi vite � pas sans qu'ils aient quelque chose � y gagner. Mais leur pouvoir � eux aussi �tait menac�, et j'�tais donc choqu� de voir comme ils semblaient heureux de s'�carter et de laisser � cet hommes tous les fardeaux de la responsabilit�. Ils se gaussaient de ses r�ussites, se faisaient remarquer l'un � l'autre � quel point ils auraient fait mieux � sa place, m�me s'ils ne s'abaissaient pas � le faire." Le professeur Quirrell secoua la t�te comme avec perplexit�. "Et c'�tait la chose la plus �trange... le mage noir, la terrible N�m�sis de cet homme � eh bien, ceux qui <emphasis>le</emphasis> servaient remplissaient leurs t�ches avec z�le. Le mage noir devenait plus cruel envers ses adeptes et ils le suivaient d'autant plus. Les gens se battaient pour avoir la chance de <emphasis>le</emphasis> servir tandis que ceux dont la vie d�pendait de cet autre homme se sentaient libre de rendre la sienne difficile... je ne parvenais pas � comprendre, Mlle Granger." Le visage du professeur Quirrell �tait dans l'ombre, les yeux lev�s. "Peut-�tre en prenant sur lui le fardeau de l'action l'avait-il �t� des �paules de tous les autres ? �tait-ce pour cela qu'ils se sentaient libre de nuire � sa bataille contre le mage noir qui les aurait tous mis en esclavage ? Il s'av�re que ce n'�tait pas du cynisme mais de l'optimisme absolu que de croire que les hommes agiraient pour leur int�r�t personnel. En r�alit�, les hommes ne s'�l�vent pas jusque l�. Et il finit donc par se rendre compte qu'il ferait mieux de combattre le mage noir seul qu'avec de tels adeptes sur son dos."</p><p>"Donc..." dans la nuit, la voix de Hermione �tait �trange. "Vous avez laiss� vos amis derri�re, en s�curit�, et avez essay� d'attaquer le mage noir tout seul ?"</p><p>"Allons, pas du tout," dit le professeur Quirrell. "J'ai arr�t� d'essayer d'�tre un h�ros et je suis parti faire quelque chose de plus plaisant."</p><p>"<emphasis>Quoi ?"</emphasis> dit Hermione sans m�me r�fl�chir. "C'est <emphasis>horrible </emphasis>!"</p><p>Le professeur de D�fense abaissa la t�te, se d�tourna du ciel, et elle vit dans la lumi�re de la porte qu'il souriait � ou du moins que la moiti� de son visage souriait. "Mlle Granger, allez-vous me dire que je suis quelqu'un d'horrible ? Eh bien peut-�tre. Mais alors les gens qui n'essaient m�me pas de devenir des h�ros sont-ils encore pires ? Si je n'avais jamais essay� de faire quoi que ce soit, auriez-vous eu une meilleure opinion de moi ?"</p><p>Hermione ouvrit la bouche et d�couvrit � nouveau qu'une fois de plus, elle n'avait rien � dire. Ce n'�tait pas bien se d�sister de la t�che de h�ros, on ne pouvait tout simplement <emphasis>pas</emphasis> faire �a, mais elle ne <emphasis>voulait pas</emphasis> dire que tous ceux qui n'�taient pas un h�ros ne valaient rien, �a aurait �t� penser comme Quirrell...</p><p>Le sourire ou demi-sourire avait disparu. "Vous �tiez idiote," dit doucement le professeur de D�fense, "de vous attendre � la moindre gratitude de la part de ceux que vous aviez essay� de prot�ger apr�s vous �tre d�sign�e comme h�ro�ne. Tout comme attendez de cet homme qu'il continue d'�tre un h�ros et l'avez qualifi� d'horrible parce qu'il s'est arr�t�, alors que mille autres n'ont jamais lev� un doigt. Il �tait <emphasis>attendu</emphasis> que vous combattiez les brutes. C'�tait une taxe due et ils l'ont accept�e comme des princes, avec une moue moqueuse pour le retard de votre paiement. Et je gage que vous avez d�j� �t� t�moin de leur affection, disparaissant comme la poussi�re sous le vent une fois qu'il n'�tait plus dans leur int�r�t de s'associer � vous..."</p><p>Le professeur de D�fense se raidit lentement sur le balcon, se tint presque droit et se tourna pour lui faire pleinement face.</p><p>"Mais vous n'avez pas � �tre une h�ro�ne, Mlle Granger, dit le professeur Quirrell. "Vous pouvez vous arr�ter quand bon vous semble."</p><p>Cette id�e...</p><p>...lui <emphasis>�tait</emphasis> d�j� venue plusieurs fois lors des deux derniers jours.</p><p><emphasis>Les gens deviennent ce qu'ils sont cens�s devenir en faisant ce qui est juste,</emphasis> lui avait dit le directeur. Le probl�me �tait qu'il y avait deux choses justes � faire. Il y avait la partie d'elle qui disait que la <emphasis>bonne</emphasis> chose � faire �tait de continuer d'�tre une h�ro�ne et de rester � Poudlard, car m�me si elle ne comprenait pas ce qui se passait, une h�ro�ne ne se contenterait pas de fuir.</p><p>Et il y avait aussi la voix du bon sens qui lui disait que les jeunes enfants ne devraient jamais rester proche du danger, que c'�tait � cela que les adultes servaient ; la voix de toutes les affiches � l'�cole qui disaient de ne pas prendre les bonbons des inconnus. Cette voix aussi avait raison.</p><p>Hermione se tenait sur le balcon et regardait la silhouette du professeur Quirrell d�coup�e par les �toiles qui �mergeaient et elle ne comprenait pas, elle ne comprenait pas comment le professeur de D�fense pouvait la regarder d'un air aussi inquiet, elle ne comprenait pas les notes de douleur qu'elle avait remarqu�es dans la voix du professeur, elle ne comprenait m�me pas <emphasis>pourquoi</emphasis> on lui disait tout cela.</p><p>"Vous ne m'appr�ciez m�me pas, professeur," dit-elle.</p><p>Un l�ger sourire vacilla sur le visage du professeur Quirrell. "J'imagine que je pourrais m'�taler sur ma col�re contre cette affaire qui a empi�t� sur mon temps pr�cieux et a perturb� mes cours de D�fense. Mais avant tout, Mlle Granger, vous �tes mon �l�ve et quelles qu'aient �t� mes professions pass�es, je pense avoir �t� un bon enseignant � Poudlard, n'est-ce pas ?" Les yeux du professeur de D�fense sembl�rent soudain tr�s fatigu�s. "Alors, en tant qu'enseignant, je vous signale que vous avez d'autres plans de carri�re possibles. Je n'aimerais voir personne suivre la voie que j'ai suivi."</p><p>Hermione d�glutit. C'�tait l� un aspect du professeur Quirrell qu'elle n'avait jamais vu ni imagin�, et cet aspect d�vorait ses pr�jug�s au sujet de celui-ci.</p><p>Le professeur Quirrell la regarda pendant un moment puis d�tourna les yeux d'elle, les releva vers les �toiles. Lorsqu'il reparla, sa voix �tait plus basse. "Quelqu'un ici vous prend pour cible, Mlle Granger, et je ne peux vous prot�ger comme j'ai prot�g� M. Malfoy. Le directeur l'emp�che pour des raisons qu'il juge �tre bonnes. Il est facile de s'attacher � Poudlard, je le sais, car j'y suis moi aussi attach�. Mais en France ils ne voient pas les Anciennes Maisons comme en Angleterre ; et je ne pense pas que Beauxb�tons vous maltraiterait. Quoi que vous pensiez de moi par ailleurs, je vous jure que si vous me demandez de vous conduire de fa�on s�re � Beauxb�tons, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous y amener."</p><p>"Je ne peux pas juste..." dit Hermione.</p><p>"Mais vous le <emphasis>pouvez</emphasis>, Mlle Granger." Les p�les yeux bleus la regardaient � pr�sent avec intensit�. "Quoi que vous souhaitiez faire de votre vie, vous ne pourrez plus l'atteindre � Poudlard, plus maintenant. Ce lieu est mort pour vous, m�me en ignorant les autres menaces. Demandez simplement � Harry Potter de vous ordonner d'aller � Beauxb�tons et vivez le reste de votre vie en paix. Si vous demeurez ici, il sera votre ma�tre aux yeux de l'Angleterre et de ses lois !"</p><p>Elle n'y avait m�me pas r�fl�chi tant c'�tait insignifiant face � l'id�e d'�tre mang�e par des D�traqueurs. Cela avait auparavant �t� important pour elle et cela semblait maintenant pu�ril, sans importance, vide. Mais alors pourquoi ses yeux la br�laient-elle ?</p><p>"Et si cela �choue � vous convaincre, Mlle Granger, consid�rez aussi que M. Potter, ne serait-ce qu'aujourd'hui � l'heure du d�jeuner, a menac� Lucius Malfoy, Albus Dumbledore et l'int�gralit� du Magenmagot, juste parce qu'il est incapable de r�fl�chir lorsque quelque chose menace de vous arracher � lui. N'avez-vous pas peur de ce qu'il fera ensuite ?"</p><p>Cela se tenait. De fa�on terrible. De fa�on atroce, �pouvantable.</p><p>Cela se tenait <emphasis>trop bien</emphasis>...</p><p>Elle n'aurait pas pu d�crire avec des mots ce qui d�clencha la compr�hension, � moins que ce ne soit la simple <emphasis>pression</emphasis> que le professeur de D�fense exer�ait sur elle.</p><p>Si le professeur de D�fense <emphasis>�tait</emphasis> derri�re tout �a � alors le professeur Quirrell avait fait tout �a <emphasis>juste pour l'�carter du chemin trac� par les plans qu'il avait concernant Harry.</emphasis></p><p>Sans d�cision conscience elle d�pla�a son centre de gravit� vers son autre jambe et �carta son corps du professeur de D�fense...</p><p>"Donc vous pensez que je suis le responsable ?" dit le professeur Quirrell. Sa voix fut un peu triste lorsqu'il dit cela et le c�ur de Hermione s'arr�ta presque lorsqu'elle l'entendit. "J'imagine que je ne peux pas vous en vouloir. Je suis le professeur de D�fense de Poudlard apr�s tout. Mais Mlle Granger, m�me en <emphasis>supposant</emphasis> que je suis votre ennemi, le bon sens devrait quand m�me vous dire de vous �carter de moi <emphasis>tr�s vite</emphasis>. Vous ne pouvez pas utiliser le sortil�ge de la Mort, la bonne tactique est donc de Transplaner au loin. Cela ne me d�range pas d'�tre le m�chant de votre imagination si cela rend les choses plus claires. Quittez Poudlard, et laissez-moi � ceux qui peuvent s'occuper de moi. J'arrangerai votre transport par une famille de bonne r�putation et M. Potter saura me bl�mer si vous n'arrivez pas enti�re."</p><p>"Je..." elle avait froid, l'air de la nuit rafra�chissait sa peau, � moins qu'il ne fut rafra�chi par elle. "Je dois y penser..."</p><p>Le professeur Quirrell secoua la t�te. "Non, Mlle Granger. Je mettrai du temps � arranger votre d�part et j'ai moins de temps que vous ne le pensez. Cette d�cision sera peut-�tre douloureuse mais elle ne doit pas �tre ambigu� ; il y a beaucoup de poids sur cette balance, mais il est n'est pas �quitablement r�parti. Je dois savoir ce soir si vous comptez partir."</p><p><emphasis>Et si non...</emphasis></p><p>Le professeur de D�fense la mettait-il en garde ? Que si elle ne partait pas il frapperait de nouveau ?</p><p>Pourquoi �tait-ce si important, que le professeur Quirrell voulait-il <emphasis>faire</emphasis> de Harry ?</p><p><emphasis>Hermione Granger, je serai moins subtil que les vieux sorciers le sont habituellement et je vous annonce cat�goriquement que vous ne pouvez pas imaginer � quel point les choses pourraient mal tourner si les �v�nements qui gravitent autour de Harry Potter prenaient un mauvais d�tour.</emphasis></p><p>Le plus puissant sorcier du monde lui avait dit cela en lui parlant de l'importance qu'il y avait � ce qu'elle ne cesse <emphasis>pas</emphasis> d'�tre l'amie de Harry.</p><p>Hermione d�glutit, elle chancela un peu, debout sur le balcon de pierre d'un ch�teau magique. La mortelle absurdit� de la situation sembla soudain s'�lever et la saisir � la gorge, des filles de douze ans ne <emphasis>devraient pas</emphasis> �tre en danger, ne <emphasis>devraient pas</emphasis> penser � de telles choses, et Maman lui dirait de S'ENFUIR, et son p�re aurait une crise cardiaque s'il savait seulement les questions auxquelles elle faisait face.</p><p>Et elle sut alors, comme Harry et Dumbledore avaient essay� de la mettre en garde, que tout ce qu'elle avait toujours cru sur la condition d'h�ro�ne avait �t� erron�. Qu'il n'y avait rien de tel que des h�ros � l'ext�rieur des histoires. Seulement un horrible danger, �tre arr�t�e par des Aurors, mise en cellule � c�t� de D�traqueurs, de la douleur, et de la peur et...</p><p>"Mlle Granger ?" dit le professeur de D�fense.</p><p>Elle ne dit rien. Tous les mots �taient bloqu�s dans sa gorge.</p><p>"Il me faut une d�cision, Mlle Granger."</p><p>Elle garda sa m�choire coinc�e et ne laissa aucun mot sortir.</p><p>Le professeur de D�fense finit par soupirer. Lentement la lumi�re blanche disparut et lentement la porte derri�re s'ouvrit, si bien qu'il fut de nouveau une silhouette noire d�tour�e par l'ouverture. "Bonne nuit, Mlle Granger," dit-il, puis il lui tourna le dos et partit vers Poudlard.</p><p>Il lui fallut un moment pour que sa respiration ralentisse. Quoi qu'il se soit produit ici, cette nuit, cela ne ressemblait en rien � une victoire. Elle s'�tait battu si fort pour ne pas dire <emphasis>oui</emphasis> face � la pression du professeur de D�fense, et elle ne savait m�me pas si �a avait �t� la bonne d�cision.</p><p>Puis elle revint � son tour vers la lumi�re et commen�a � monter les escaliers vers son dortoir.</p><p>Les autres filles �taient probablement d�j� endormies, elles ne la regardaient pas plus qu'elles ne d�tourneraient les yeux...</p><p>Elle sentit les larmes couler et cette fois elle n'essaya pas de les arr�ter.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 85*: Compromis Tabous, Apr�s coup 3: Distance</strong></p><p><emphasis>[NdT : Reprise de la traduction apr�s 10 mois d'interruption ! Les parutions devraient �tre rapides avec un </emphasis><emphasis><strong>minimum de 1 chapitre tous les 4 jours</strong></emphasis><emphasis> jusqu'au chapitre 96 (le dernier paru en anglais). Si vous avez oubli� ce qui est en train de se passer, relire les chapitres 80 et 81 vous donnera les �v�nements principaux, mais 82-84 sont aussi importants.]</emphasis></p><p><emphasis>Ce chapitre a �t� en grande partie revu le 16 d�cembre 2012. Le changement principal commence � mi-chemin � cherchez le mot "trivial" pour le trouver. [NdT : ce chapitre a �t� traduit apr�s l'application du changement mentionn�]</emphasis></p><p>Lent et ardu, le long escalier qui menait jusqu'au sommet de Serdaigle. De l'int�rieur, il semblait monter en ligne droite, mais on pouvait voir de l'ext�rieur qu'il devait en toute logique monter en spirale. On ne pouvait atteindre le sommet de la tour Serdaigle qu'en suivant cette ascension, sans prendre de raccourci, une marche de pierre apr�s l'autre ; elles d�filaient sous les chaussures de Harry, pouss�es par ses jambes de plus en plus fatigu�es.</p><p>Il s'�tait assur� de la s�curit� de Hermione jusqu'� ce qu'elle se couche.</p><p>Puis il �tait demeur� dans la salle commune de Serdaigle suffisamment longtemps pour r�colter quelques signatures qui pourraient par la suite �tre utiles � Hermione. Peu d'�l�ves avaient sign� ; les sorciers n'avaient pas �t� entra�n�es � penser selon la m�thode scientifique Moldue du <emphasis>prouves-le ou tais-toi</emphasis>, aussi appel�e <emphasis>prends un risque et fais une pr�diction ou arr�tes de pr�tendre que tu crois � ta th�orie</emphasis>. La plupart d'entre eux n'avaient rien trouv� d'<emphasis>incongru</emphasis> � l'id�e d'�tre trop nerveux pour signer un contrat disant que Hermione se r�servait le droit de les faire payer jusqu'� la fin de leurs vies s'ils avaient eu tort tout en affichant ouvertement leur confiance en sa culpabilit�. Mais le simple fait d'avoir demand� ces signatures constituerait une d�monstration suffisante, apr�s r�v�lation de la v�rit�, si jamais quelqu'un soup�onnait � nouveau Hermione d'agissements obscurs. Au moins, elle n'aurait pas � traverser cette �preuve <emphasis>deux fois</emphasis>.</p><p>Harry avait ensuite rapidement quitt� la salle commune car tous les sentiments cl�ments et g�n�reux qu'il avait ressentis � force de raisonnement s'�taient faits de plus en plus difficile � garder en t�te. Il songeait parfois que la s�paration la plus profonde de sa personnalit� n'avait rien � voir avec son c�t� obscur mais qu'il s'agissait plut�t de la division entre le Harry altruiste et cl�ment du Raisonnement Abstrait et le Harry frustr� et en col�re du Moment Pr�sent.</p><p>La plate-forme circulaire situ�e au-dessus de la tour Serdaigle n'�tait pas le point le plus haut de Poudlard, mais comme cette derni�re saillait � l'�cart du corps principal du ch�teau, on ne pouvait l'observer depuis la tour d'Astronomie. C'�tait donc un endroit tranquille o� r�fl�chir pour qui en avait un terrible besoin. Un endroit o� peu d'autres �l�ves s'aventuraient � il y avait d'autres recoins intimes, si vous ne recherchiez que l'intimit�.</p><p>Les torches de Poudlard, loin en-dessous, illuminaient la nuit. La plate-forme elle-m�me offrait peu d'obstacles : le escaliers donnaient sur un trou nu dans le sol plut�t que sur une porte dress�e. D'ici, les �toiles �taient en cet instant aussi visibles qu'elles pouvaient l'�tre depuis la Terre.</p><p>Le gar�on s'assit au centre de la plate-forme, insouciant de ses robes qui auraient pu �tre t�ch�es, et laissa reposer sa t�te sur le sol dall� de pierre afin que, exception faite de quelques cr�neaux rocheux � moiti� visibles � la lisi�re de sa perception et d'un �clat de croissant de Lune, la r�alit� devienne cette lumi�re stellaire.</p><p>Les points de lumi�re sur sombre velours scintill�rent, trembl�rent puis revinrent ; une beaut� diff�rente de leur solide �clat lors de la Nuit Silencieuse.</p><p>Harry fixait le vide, son esprit occup� par d'autres choses.</p><p><emphasis>Aujourd'hui commence ta guerre contre Voldemort...</emphasis></p><p>Dumbledore avait dit cela apr�s l'Incident lors du Sauvetage de Bellatrix d'Azkaban. Cela avait �t� une fausse alarme, mais la phrase exprimait bien le sentiment.</p><p>Sa guerre avait commenc� deux nuits plus t�t, et Harry ne savait m�me pas contre <emphasis>qui</emphasis>.</p><p>Dumbledore pensait que c'�tait Voldemort, revenu des morts, qui jouait son premier coup contre le gar�on qui l'avait auparavant vaincu.</p><p>Le professeur Quirrell avait mis en place des barri�res de d�tection autour de Draco car il craignait que le directeur fou de Poudlard essaie de faire tomber Harry pour la mort du fils de Lucius.</p><p>Ou le professeur Quirrell avait tout orchestr� et c'�tait pour <emphasis>�a</emphasis> qu'il avait su o� trouver Draco. Severus Rogue pensait que le professeur de D�fense de Poudlard �tait un suspect �vident, et m�me <emphasis>le</emphasis> suspect �vident.</p><p>Et Severus Rogue lui-m�me pouvait aussi bien �tre fiable qu'�tre tout le contraire.</p><p><emphasis>Quelqu'un</emphasis> avait fait une d�claration de guerre � Harry, son premier coup avait �t� de prendre � la fois Draco et Hermione, et ce n'�tait que d'un cheveu que Harry avait sauv� Hermione.</p><p>On ne pouvait pas appeler cela une victoire. Draco avait �t� soustrait � Poudlard, et sans �tre fatal, il n'�tait pas dit que ce fut r�versible ou que Draco serait le m�me � son retour. L'Angleterre magique pensait maintenant que Hermione avait commis une tentative de meurtre, ce qui pouvait la conduire � choisir d'agir de fa�on sens�e et de partir. Harry avait sacrifi� toute sa fortune pour �viter cette perte et une telle carte ne pouvait �tre jou�e qu'une seule fois.</p><p>Quelque pouvoir inconnu s'�tait abattu sur lui, et m�me si le coup avait �t� partiellement d�vi�, il avait quand m�me fait <emphasis>tr�s mal</emphasis>.</p><p>Au moins son c�t� obscur ne lui avait rien demand� en �change du sauvetage de Hermione. Peut-�tre parce que son c�t� obscur <emphasis>n'�tait pas</emphasis> une voix imaginaire comme celle de Poufsouffle ; Harry <emphasis>imaginait</emphasis> peut-�tre que sa partie Poufsouffle �tait dot�e de ses propres d�sirs, diff�rents des siens, mais son c�t� obscur n'�tait pas comme �a. Son " c�t� obscur ", du mieux que Harry puisse en juger, constituait un autre �tat d'�tre que Harry <emphasis>�tait</emphasis> parfois. Pour l'instant Harry n'�tait pas en col�re et tenter de demander ce que d�sirait le " Harry obscur " revenait � laisser sonner un t�l�phone dans le vide. L'id�e elle-m�me semblait un peu �trange : pouvait-on devoir quelque chose � quelqu'un qu'on �tait parfois ?</p><p>Harry regarda les �toiles plac�es par le hasard, ces lumi�res scintillantes et �parses que les cerveaux humains ne pouvaient s'emp�cher de regrouper en constellations.</p><p>Et puis il y avait cette promesse que Harry avait faite.</p><p>Draco aiderait Harry � r�former Serpentard. Et Harry se ferait ennemi de celui ou celle qui, selon le jugement de Harry en sa capacit� de rationaliste, avait tu� Narcissa Malfoy. Si jamais elle s'�tait salie les mains, si elle avait vraiment �t� br�l�e vive, si le tueur n'avait pas �t� dup� � c'�taient l� toutes les conditions que Harry se souvenait avoir pos�es. Il aurait probablement d� les �crire, ou encore mieux, ne jamais faire une promesse qui n�cessite autant d'exceptions.</p><p>Il existait des �chappatoires plausibles, pour le genre de personne qui se laisserait rationaliser que des �chappatoires existaient. Dumbledore n'avait pas <emphasis>vraiment </emphasis>avou�. Il n'avait pas juste d�clar� que c'�tait lui. Il y avait des raisons plausibles � un tel comportement de la part d'un Dumbledore coupable. Mais c'�tait <emphasis>aussi</emphasis> ce qu'on se serait attendu � voir si quelqu'un d'autre avait br�l� Narcissa et que Dumbledore s'en �tait attribu� le m�rite.</p><p>Harry secoua la t�te et plaqua un c�t� de ses cheveux puis l'autre contre le sol de pierre. Il avait toujours une derni�re �chappatoire, Draco pouvait � tout moment le lib�rer de sa promesse. Il pourrait au moins d�crire la situation et discuter des options possibles avec lui lorsqu'il le verrait � nouveau. Cela ne semblait pas tr�s probable � mais l'id�e d'en parler honn�tement satisfaisait la partie de Harry qui exigeait que les promesses soient tenues. M�me si cela ne faisait que repousser les choses � plus tard, c'�tait mieux que de prendre un homme bon pour ennemi.</p><p><emphasis>Mais</emphasis><emphasis>Dumbledore </emphasis>est-il <emphasis>bon ? d</emphasis>emanda la voix de Poufsouffle. <emphasis>Si Dumbledore a br�l� vif quelqu'un � l'id�e n'�tait-elle pas que les bons peuvent tuer mais jamais en faisant souffrir ?</emphasis></p><p><emphasis>Peut-�tre qu'il l'a tu�e instantan�ment </emphasis>dit Serpentard, <emphasis>et qu'il a mentit � Lucius sur le fait qu'elle �tait en encore vie. Mais...s'il y avait la </emphasis>moindre<emphasis> possibilit� que les Mangemorts aient pu magiquement v�rifier la fa�on dont Narcissa �tait morte... et si se faire prendre � mentir aurait mis en danger les familles du c�t� gentil...</emphasis></p><p><emphasis>Attention � ce que l'on rationalise habilement</emphasis>, le pr�vint Gryffondor.</p><p><emphasis>Tu devrais t'attendre � ce que cela ait des effets sur ta r�putation, sur la fa�on dont les gens te traitent</emphasis>, dit Poufsouffle. <emphasis>Si tu d�cides qu'il y a de bonnes raisons de br�ler vive une femme, l'un des effets collat�raux pr�visibles est que les gentils d�cideront que tu as franchi une limite et que l'on doit t'arr�ter. Dumbledore aurait d� s'y attendre. Il n'a pas le droit de s'en plaindre.</emphasis></p><p><emphasis>Ou peut-�tre qu'il attend de nous qu'on soit plus intelligents, </emphasis>dit Serpentard<emphasis>. Maintenant que nous connaissons ce pan de la v�rit� � peu importe les d�tails exacts du reste de l'histoire � pouvons-nous vraiment croire que Dumbledore est une personne horrible qui devrait �tre notre ennemi ? Au milieu d'une horrible guerre sanglante, Dumbledore a immol� </emphasis>un<emphasis> civil ? Ce n'est r�pr�hensible qu'en suivant les crit�res des bandes dessin�es, pas en suivant n'importe quel crit�re historique r�aliste.</emphasis></p><p>Harry regarda le ciel nocturne et pensa � l'Histoire.</p><p>Dans la vraie vie, dans les vraies guerres...</p><p>Pendant la seconde guerre mondiale, il y avait eu un projet de saboter le programme d'armement nucl�aires Nazi. Des ann�es plus t�t, Leo Szilard, la premi�re personne � comprendre la possibilit� d'une r�action de fission en cha�ne, avait convaincu Fermi de ne pas publier la d�couverte de ce dernier : le graphite purifi� �tait un mod�rateur de neutrons peu cher et efficace. Fermi avait voulu publier pour le bien du grand projet international de la Science, qui d�passait le nationalisme. Mais Szilard avait persuad� Rabi et Fermi s'�tait inclin� face � la majorit� de leur petite conspiration � trois. Et ainsi, des ann�es plus tard, le seul mod�rateur de neutrons connu des Nazis avait �t� le deut�rium.</p><p>La seule source de deut�rium contr�l�e par les Nazis avait �t� une installation en Norv�ge occup�e et avait �t� d�truite � coups de bombes et de sabotages, ce qui avait occasionn� la mort de vingt-quatre civils.</p><p>Les Nazis avaient voulu livrer le deut�rium d�j� raffin� vers l'Allemagne � bord d'un ferry civil Norv�gien, le <emphasis>SS Hydro</emphasis>.</p><p>Knut Haukelid et ses assistant avaient �t� d�couverts par le gardien de nuit du ferry alors qu'ils montaient � bord pour le saboter. Haukelid avait dit au gardien qu'ils fuyaient la Gestapo et le gardien les avait laiss�s passer. Haukelid avait song� � pr�venir le gardien de nuit mais cela aurait menac� la mission, si bien qu'il lui avait juste serr� la main. Et le navire civil avait sombr� dans la partie la plus profonde du lac avec huit Allemands morts, sept membres d'�quipage morts et trois civils innocents morts. Certains des sauveteurs Norv�giens avaient song� que les soldats allemands pr�sents auraient d� �tre laiss�s � leur noyade mais cette id�e n'avait pas pr�valu, et les survivants allemands avaient �t� sauv�s. Et cela avait marqu� la fin du programme d'armement nucl�aire Nazi.</p><p>Ceci impliquait que Knut Haukelid avait tu� des innocents, dont un, le gardien de nuit du navire, qui avait �t� quelqu'un de <emphasis>bien</emphasis>. Quelqu'un qui s'�tait efforc� d'aider Haukelid, qui avait pris des risques pour lui par bont� de c�ur, pour de pures raisons morales, et on l'avait noy�. Plus tard, � la froide lumi�re de l'Histoire, il �tait apparu que les Nazis n'avaient apr�s tout jamais �t� proches d'obtenir des armes nucl�aires.</p><p>Et Harry n'avait jamais rien lu qui puisse sugg�rer que Haukelid avait mal agi.</p><p>C'�tait la guerre, dans le monde r�el. En termes de d�g�ts totaux et de degr� d'innocence des victimes, les actes de Haukelid avaient �t� consid�rablement <emphasis>pires</emphasis> que les agissements potentiels de Dumbledore envers Narcissa Malfoy ou que ce que Dumbledore avait peut-�tre fait afin que Voldemort ait vent de la proph�tie et attaque les parents de Harry.</p><p>Si Haukelid avait �t� un h�ros de bandes dessin�es, il aurait trouv� un moyen d'�vacuer tous les civils du ferry puis il aurait directement attaqu� les soldats allemands...</p><p>...plut�t que de laisser un seul innocent mourir...</p><p>...mais Haukelid n'avait pas �t� un superh�ros.</p><p>Et Albus Dumbledore non plus.</p><p>Harry ferma les yeux et d�glutit avec force, frapp� par une soudaine sensation d'�touffement. Il �tait soudain tr�s clair que, � c�t� d'un Harry d�sireux de vivre les id�aux des Lumi�res, Dumbledore avait vraiment <emphasis>particip� � une guerre</emphasis>. Les id�aux non-violents �taient faciles si l'on �tait un scientifique et que l'on vivait dans la bulle de <emphasis>Protego</emphasis> lanc�e par les policiers et les soldats dont on avait le luxe de remettre les actes en question. Albus Dumbledore semblait avoir commenc� avec des id�aux au moins aussi exigeants que ceux de Harry, si ce n'est encore plus ; et il n'avait pas travers� la guerre sans tuer d'ennemis et sacrifier d'alli�s.</p><p><emphasis>Es-tu tellement meilleur que Haukelid et Dumbledore, Harry Potter, que tu seras capable de combattre sans provoquer une seule perte ? M�me dans le monde des super-h�ros, la seule raison pour laquelle un super-h�ros comme Batman a </emphasis>l'air <emphasis>de r�ussir, c'est que les lecteurs ne remarquent que la mort des Personnages Importants dont on conna�t le Nom, pas quand le Joker tue un passant anonyme quelconque pour d�montrer sa m�chancet�. Batman n'est pas moins meurtier que le Joker si l'on prend en compte toutes les vies qu'il aurait pu sauver en le tuant. C'est ce que l'homme nomm� Maugrey essayait de dire � Dumbledore, et Dumbledore a ensuite sembl� regretter d'avoir mis si longtemps � changer d'avis. Vas-tu vraiment essayer de suivre la voie des super-h�ros, de ne jamais sacrifier un seul de tes pions ni de tuer un seul ennemi ?</emphasis></p><p>�puis�, Harry d�tourna son attention du dilemme pr�sent l'espace d'un instant et rouvrit ses yeux pour admirer l'h�misph�re de nuit qui n'attendait aucune d�cision de sa part.</p><p>Non loin des limites de son champ de vision, le p�le et blanc croissant de Lune dont cette lumi�re �tait partie il y a une seconde et quart, � une distance d'environ trois cent soixante-quinze mille kilom�tres dans l'espace de simultan�it� terrestre.</p><p>Au-dessus et sur le c�t�, Polaris, l'�toile du nord ; la premi�re que Harry avait apprise � identifier en suivant la fronti�re de la Grande Ourse. C'�tait en fait un syst�me � cinq �toiles avec une superg�ante centrale situ�e � 434 ann�es-lumi�res de la terre. C'�tait la premi�re '�toile' que Harry avait apprise de son p�re, il y a si longtemps qu'il ne pouvait se souvenir de l'�ge qu'il avait alors eu.</p><p>Le p�le brouillard �tait la voie lact�e, tant de milliards de lointaines �toiles qu'elles devenaient une rivi�re indistincte, surface d'une galaxie de cent mille ann�es lumi�res de diam�tre. Si Harry avait ressenti le moindre �merveillement lorsqu'on lui avait dit cela pour la <emphasis>premi�re</emphasis><emphasis>fois</emphasis>, il avait �t� trop jeune pour pouvoir s'en souvenir, quelques ann�es apr�s.</p><p>Au centre de la constellation d'Androm�de, son �toile, qui �tait plut�t une galaxie. La plus proche de la Voie Lact�e, � 2,4 millions ann�es lumi�res, et qu'on estimait abriter mille milliards d'�toiles.</p><p>Compar� � de tels nombres, " l'infini " p�lissait, parce que " l'infini " �tait ind�fini, vide. Penser � des �toiles " infiniment " lointaines �tait bien moins effrayant que d'essayer de calculer combien de m�tres il y avait dans 2,4 millions d'ann�es-lumi�res. 2,4 millions d'ann�es lumi�res fois 31 millions de secondes par an, fois un photon en d�placement � trois cent mille m�tres par seconde...</p><p>Il �tait �trange de songer que de telles distances n'�taient peut-�tre <emphasis>pas</emphasis> assez lointaines pour �tre inatteignables. La magie avait �t� rel�ch�e dans l'univers, et avec elle des choses telles que les Retourneurs de Temps et les balais volants. Un sorcier avait-il jamais essay� de mesurer la vitesse d'un Portoloin ou d'un ph�nix ?</p><p>Et la compr�hension humaine de la magie n'avait certainement <emphasis>rien � voir</emphasis> avec ses lois sous-jacentes. Que pouvait-on faire avec la magie, une fois qu'on la comprenait <emphasis>r�ellement</emphasis> ?</p><p>Un an plus t�t, Papa �tait all� � l'universit� nationale d'Australie, � Canberra, en tant que conf�rencier invit�, et il avait emmen� Maman et Harry. Et ils avaient tous visit�s le mus�e national d'Australie car il s'�tait av�r� qu'il n'y avait quasiment rien d'autre � faire � Canberra. Les pr�sentoirs en verre avaient montr� des lance-pierres fabriqu�s par les aborig�nes Australiens � comme de grands chausses-pieds en bois, mais polis, creus�s et orn�s avec une attention minutieuse. Pendant les 40000 ans depuis que des humains anatomiquement modernes avaient �migr�s de l'Asie vers l'Australie, personne n'avait invent� l'arc et la fl�che. Cela permettait vraiment d'appr�cier � quelle point l'id�e de Progr�s n'�tait <emphasis>pas</emphasis> �vidente. Pourquoi songeriez-vous m�me que l'id�e d'Invention �tait importante si tous vos contes h�ro�ques parlaient de guerriers ou de grands d�fenseurs et ne parlaient pas de Thomas Edison ? Comment quiconque aurait pu soup�onner, en creusant son lance-pierre avec une minutieuse attention, qu'un jour les humains inventeraient des fus�es et l'�nergie nucl�aire ?</p><p>Auriez-vous pu lever les yeux vers le ciel, vers l'�tincelante lumi�re solaire, et d�duire que l'univers contenait des sources de pouvoir plus fortes qu'un simple feu ? Auriez-vous compris que si les lois fondamentales de la physique le permettaient, un jour les humains puiseraient dans les m�mes �nergies que le Soleil ? M�me si rien que vous puissiez imaginer faire avec un lance-pierre ou avec une outre tress�e � aucun d�placement � travers la savane, aucun gibier que vous puissiez chasser � n'aurait permit de l'accomplir, ne serait-ce qu'en imagination ?</p><p>Ce n'�tait pas comme si les Moldus modernes s'�taient en quoi que ce soit approch�s des limites �nonc�es par la physique moldue. Et pourtant, comme des chasseurs-cueilleurs conceptuellement attach�s � leurs lances-pierres, la plupart des Moldus vivaient dans un monde d�fini par les limites de ce que l'on pouvait faire avec des voitures et des t�l�phones. M�me si les lois de la physique moldue permettaient explicitement des choses telles que la nanotechnologie mol�culaire ou le processus de Penrose destin� � extraire de l'�nergie de trous noirs, la plupart des gens enregistraient �a l� o� leur cerveau enregistrait les contes de f�es et le contenu des livres d'Histoire, bien loin de leurs r�alit�s personnelle : <emphasis>En un lieu et un temps lointains, si lointains. </emphasis>Ce n'�tait donc pas surprenant de voir le monde magique vivre dans un univers conceptuellement limit� � non pas par les lois fondamentales de la magie que personne ne connaissait de toute fa�on � mais seulement par les r�gles superficielles des charmes et sortil�ges connus. On ne pouvait pas observer la fa�on dont la magie �tait utilis�e aujourd'hui et ne <emphasis>pas</emphasis> repenser au mus�e national d'Australie une fois qu'on se rendait compte de ce que l'on avait sous les yeux. M�me si la premi�re id�e de Harry avait �t� fausse, d'une fa�on ou d'une autre il �tait toujours inconcevable que les lois <emphasis>fondamentales</emphasis> de l'univers contiennent un cas particulier pour des l�vres humaines formant la phrase 'Wingardium Leviosa'. Et pourtant m�me cette ma�trise t�tonnante de la magie suffisait � faire des choses qu'un professeur de physique moldu aurait d�clar� �tre <emphasis>pour toujours impossibles </emphasis>: le Retourneur de Temps, de l'eau invoqu�e � partir de rien par <emphasis>Aguamenti</emphasis>. Quelles �taient les possibilit�s <emphasis>ultimes</emphasis> si les lois sous-jacentes de l'univers permettaient � un enfant de onze ans arm� d'un b�ton de transgresser quasiment toutes les contraintes de la version moldue de la physique ?</p><p>Comme un chasseur-cueilleur levant les yeux vers le Soleil et devinant que l'univers devait avoir une structure qui donnait naissance � l'�nergie nucl�aire...</p><p>On en venait � se demander si vingt mille millions de millions de millions de m�tres n'�tait pas une distance si longue que �a, apr�s tout.</p><p>Il y avait un pas apr�s le Raisonnement Abstrait que Harry pouvait faire avec assez de temps pour pr�parer son environnement et son esprit ; quelque chose qui d�passait le Harry du Raisonnement Abstrait tout comme ce dernier d�passait le Harry du Moment Pr�sent. En regardant les �toiles, on pouvait essayer d'imaginer ce que les lointains descendants de l'humanit� penseraient de son dilemme � dans cent millions d'ann�es, quand les �toiles auraient op�r�s d'immenses mouvements galactiques, auraient atteint des positions enti�rement nouvelles, quand toutes les constellations seraient �parpill�es. Un th�or�me fondamental de la probabilit� �non�ait que si vous saviez ce que votre r�ponse serait suite � votre rencontre avec une information encore � venir, vous deviez adopter cette r�ponse imm�diatement. Que si vous <emphasis>connaissiez</emphasis> votre destination, vous y �tiez d�j�. Et par analogie si ce n'est par th�or�me, que si vous pouviez deviner ce que les descendants de l'humanit� penseraient de quelque chose, vous deviez imm�diatement choisir cette opinion comme �tant la meilleure actuellement disponible.</p><p>Vue d'ici, l'id�e de tuer les deux tiers du Magenmagot �tait bien moins attrayante qu'elle ne l'avait �t� quelques heures plus t�t. Et m�me si cela s'av�rait <emphasis>n�cessaire</emphasis>, m�me si vous aviez la certitude que c'�tait le meilleur choix possible pour l'Angleterre magique et que la Trame de l'Histoire en souffrirait si vous ne le faisiez pas... m�me in�vitables, les morts d'�tres sentients demeureraient une trag�die. Un �l�ment de plus parmi les tourments de la Terre ; la Tr�s Ancienne Terre d'o� tout �tait venu, en un lieu et un temps lointains, si lointains.</p><p><emphasis>Il n'est pas comme Grindelwald. Il n'y a plus rien d'humain en lui. Lui, tu dois le d�truire. Garde ta furie pour cela, et pour cela seulement -</emphasis></p><p>Harry secoua l�g�rement la t�te, inclinant quelque peu les �toiles qu'il pouvait voir, allong� sur la pierre, les yeux vers le haut, l'ext�rieur et l'� venir du temps. M�me si Dumbledore avait raison, m�me si le v�ritable ennemi �tait absolument fou et mal�fique... dans cent million d'ann�es la forme de vie connue sous le nom de Lord Voldemort ne serait probablement pas tr�s diff�rente de tous les autres enfants hagards de l'Ancienne Terre. Quoi qu'il se soit inflig�, aussi horriblement irr�vocables que ces noirs rituels paraissent � la simple aune humaine, il ne serait pas incurable dans cent millions d'ann�es. Le tuer, m�me s'il <emphasis>fallait</emphasis> le faire pour sauver d'autres vies, ne serait qu'une mort de plus, une source de tristesse de plus pour les �tres sentients � venir. Comment pouvait-on regarder les �toiles et penser autrement ?</p><p>Harry regarda les lumi�res vacillantes de l'�ternit� et se demanda ce que les enfants des enfants de ses enfants penseraient de ce que Dumbledore avait peut-�tre-fait � Narcissa.</p><p>Mais m�me en essayant de poser la question sous cet angle, de demander ce que les descendants de l'humanit� penseraient, on �tait limit� � son propre savoir, pas au leur. La r�ponse venait toujours de soi, et l'on pouvait toujours se tromper. Si on ne connaissait pas soi-m�me la centi�me d�cimale de pi, alors on ne savait pas comment les enfants de ses enfants de ses enfants la calculeraient, aussi trivial que soit ce fait.</p><empty-line/><p>Lentement � il �tait rest� allong� l� � regarder les �toiles plus longtemps qu'il ne l'avait pr�vu � Harry redressa son buste. Puis il poussa sur ses pieds sous les protestations de ses muscles et marcha jusqu'au bord de la plate-forme de pierre situ�e au fa�te de la tour de Serdaigle. Les cr�neaux de pierre qui entouraient le bord n'�taient pas hauts, pas assez hauts pour offrir une s�curit�. Ils �taient clairement des marqueurs plut�t que des rambardes. Harry ne s'approcha pas trop pr�s du bord ; il �tait vain de prendre des risques. En baissant les yeux vers le domaine de Poudlard, il sentit l'�tourdissement pr�visible, l'affliction chancelante appel�e vertige. Il semblait que son cerveau �tait alarm� parce que le sol plus bas �tait tr�s <emphasis>distant</emphasis>. Il �tait peut-�tre � cinquante m�tres de distance.</p><p>Il semblait que la le�on � en tirer �tait que les choses devait �tre <emphasis>incroyablement proches </emphasis>avant que le cerveau puisse les comprendre suffisamment bien pour produire de la peur.</p><p>Rare �tait le cerveau capable d'�prouver une sensation forte au sujet de quoi que ce soit qui ne fut pas proche dans l'espace, proche dans le temps, proche de soi, � port�e de main...</p><p>Auparavant, Harry s'�tait imagin� que se rendre � Azkaban n�cessiterait des plans, la coop�ration d'une conf�d�ration d'adultes. Des Portoloins, des balais volants, un sortil�ge d'invisibilit�. Quelque moyen d'atteindre les niveaux inf�rieurs sans que les Aurors ne le remarquent afin de pouvoir creuser son chemin jusqu'� la fosse centrale o� les ombres de la Mort attendaient.</p><p>Et cela avait suffit � �loigner l'id�e dans le futur, s�par�e d'un <emphasis>maintenant</emphasis> � l'abri.</p><p>Ce n'�tait pas avant aujourd'hui qu'il s'�tait rendu compte que ce pourrait �tre aussi simple que de trouver Fumseck et que de dire au ph�nix qu'il �tait temps.</p><p>Ses souvenirs remontaient � nouveau, des souvenirs qu'il ne pouvait jamais oublier tr�s longtemps. M�me si les pierres sous ses pieds n'�taient pas lisse comme du m�tal, m�me si le ciel �clair� par la Lune s'�tendait au-dessus de lui, il lui �tait pourtant tr�s simple de s'imaginer pris au pi�ge dans un long couloir de m�tal �clair� d'une orange lueur.</p><p>La nuit �tait calme, assez calme pour que les souvenirs deviennent clairement audibles.</p><p>" Non, je ne voulais pas, ne meurs pas s'il te pla�t ! "</p><p>" Non, je ne voulais pas, ne meurs pas s'il te pla�t ! "</p><p>" Ne l'emm�ne pas, non non non - "</p><p>Les mots se brouill�rent et Harry s'essuya les yeux du revers de sa manche.</p><p>Si cela avait �t� <emphasis>Hermione</emphasis> derri�re porte -</p><p>Si Hermione avait �t� plac�e � Azkaban, Harry aurait appel� le ph�nix, s'y serait rendu, et aurait br�l� jusqu'au dernier des D�traqueurs, peu importe � quel point cela aurait �t� fou, peu importe ce qu'il aurait voulu accomplir d'autre dans sa vie. C'�tait juste... c'�tait... c'�tait juste ainsi.</p><p>Et la femme qui <emphasis>�tait</emphasis> derri�re la porte � n'y avait-il pas quelqu'un, quelque part, pour qui elle aussi �tait pr�cieuse ? N'�tait-ce que la distance entre Harry et elle qui emp�chait son cerveau de ressentir le besoin d'aller � Azkaban et de la sauver <emphasis>peu importe les cons�quences</emphasis> ? Qu'aurait-il fallu, pour qu'il s'y sente contraint ? Aurait-il fallu qu'il connaisse son visage ? Son nom ? Sa couleur pr�f�r�e ? Aurait-il ressenti le besoin d'aller � Azkaban sauver Tracey Davis ? Aurait-il �t� contraint de s'y rendre pour sauver le professeur McGonagall ? Maman et Papa... la question ne se posait m�me pas. Et cette femme avait dit �tre une m�re. Combien de personnes avaient souhait� avoir le pouvoir de briser Azkaban ? Combien de prisonniers d'Azkaban r�vaient chaque nuit d'un sauvetage miraculeux ?</p><p><emphasis>Aucun. C'est une pens�e heureuse.</emphasis></p><p>Peut-�tre <emphasis>devait-il</emphasis> raser Azkaban. Tout ce qu'il avait � faire c'�tait de trouver Fumseck et de lui dire que le temps �tait venu. Visualiser le centre de la fosse des D�traqueurs comme il l'avait vue de son balais volant et laisser le ph�nix l'y emmener. Lancer le V�ritable Patronus � bout portant et au diable ce qui se passerait ensuite.</p><p>Il n'avait qu'� aller trouver Fumseck.</p><p>C'�tait peut-�tre aussi simple que de penser � la flamme, que de faire appel � l'oiseau de feu en son c�ur...</p><p>Une �toile brilla dans la nuit.</p><p>Le temps que les yeux de Harry se r�orientent vers ce point, m�s par un r�flexe entra�n� par des pluies de m�t�ores, une autre partie de lui se voyait surprise que le ph�nom�ne astronomique soit encore pr�sent ; un faible �toile dont la la lueur croissait lentement. Il y eut un autre moment surpris pendant lequel Harry se demanda ce qu'il voyait, pas un m�t�ore, mais une nova ou une supernova � pouvait-on les <emphasis>voir</emphasis> briller comme �a ? La premi�re �tape d'une nova �tait-elle cens�e avoir cette couleur jaune-orange ?</p><p>Puis la nouvelle �toile bougea de nouveau, elle sembla grandir et s'intensifier. Elle semblait soudain plus <emphasis>proche </emphasis>au lieu d'�tre si lointaine que la distance en devenait sans importance. Comme lorsque ce que vous croyiez �tre une �toile se r�v�lait �tre un avion, une forme �clair�e dont on pouvait r�ellement voir la forme...</p><p>...non, pas un avion...</p><p>La compr�hension sembla se r�pandre depuis la poitrine de Harry par vagues de picotements et de sueur pr�te � �merger.</p><p>...un oiseau.</p><p>Un cri per�ant fendit la nuit et fit �cho sur les toits de Poudlard.</p><p>La cr�ature approchante formait une tra�n�e de feu � la suite de son vol, elle versait de ses plumes des flammes dor�es aux mouvements d'�tincelles � chaque battement de ses puissantes ailes. Et alors qu'elle d�crivait une large courbe pour venir flotter � quelques pas de Harry, alors m�me que les flammes entourant son passage diminuaient, la cr�ature ne sembla pas plus obscure, pas moins brillante, comme si quelque invisible Soleil l'illuminait de ses rayons.</p><p>De grandes ailes �tincelantes comme un cr�puscule, des yeux tels de perles incandescentes, �clatantes d'un feu d'or et de d�termination.</p><p>Le bec du ph�nix s'ouvrit et laissa jaillir un grand croassement que Harry comprit comme s'il s'�tait agit d'un mot :</p><p><emphasis>VIENS !</emphasis></p><p>Sans m�me s'en rendre compte, le gar�on s'�loigna en chancelant du rebord, les yeux toujours braqu�s sur le ph�nix, tout son corps tremblant et tendu, ses poings serr�s puis rel�ch�s, il reculait, il s'�loignait.</p><p>Le ph�nix croassa � nouveau, un son d�sesp�r�, plaintif. Il ne fut pas compris comme un mot, cette fois, mais comme une �motion, un �cho de tout ce que Harry avait ressentit au sujet d'Azkaban, de chaque tentation d'<emphasis>agir</emphasis>, de juste <emphasis>faire</emphasis> quelque chose, du besoin de d�sesp�r� de faire quelque chose <emphasis>maintenant</emphasis>, de ne plus repousser, tout cela dans le cri d'un oiseau.</p><p><emphasis>Allons-y. Il est temps.</emphasis> La voix qui parlait venait de l'int�rieur de Harry, pas du ph�nix ; de si profond en lui qu'il ne pouvait lui donner un nom comme 'Gryffondor'.</p><p>Tout ce qu'il avait � faire �tait d'avancer, de toucher les serres du ph�nix, il serait alors l� o� il devait �tre, l� o� il ne cessait de songer devoir �tre, au fond de la fosse centrale d'Azkaban. Harry pouvait voir l'image dans son esprit, brillante d'un insoutenable clart�, l'image de lui-m�me souriant d'un soulagement soudain alors qu'il rejetait toutes ses peurs et <emphasis>choisissait</emphasis> -</p><p>" Mais je...", murmura Harry, sans m�me se rendre compte de ce qu'il disait. Il leva ses mains tremblantes pour essuyer les larmes qui avaient jailli de ses yeux, face au ph�nix qui flottait devant lui � grands battements d'ailes. " Mais je... j'ai d'autres personnes que je dois aussi sauver, d'autres choses que je dois faire... "</p><p>L'oiseau de feu laissa �chapper un cri per�ant et le gar�on fl�chit comme s'il avait re�u un coup. Ce n'�tait pas un ordre, ce n'�tait pas une objection, c'�tait le <emphasis>savoir</emphasis>...</p><p>Les couloirs �clair�s par la faible lueur orange.</p><p>Il sentait comme un d�sir �touffant dans sa poitrine, celui de juste <emphasis>agir</emphasis> et d'en avoir fini. Il mourrait peut-�tre, mais s'il ne mourrait pas il se sentirait � nouveau <emphasis>propre</emphasis>. Il aurait des principes qui seraient autres chose que des excuses pour l'inaction. C'�tait <emphasis>sa</emphasis> vie. Son choix d'en faire usage, s'il le souhaitait. Il pourrait le faire le faire quand il le voudrait...</p><p>...s'il n'�tait pas quelqu'un de bien.</p><empty-line/><p>Le gar�on demeura sur le toit, ses yeux braqu�s sur deux points de feu. Les �toiles avaient peut-�tre eu le temps de changer de constellation pendant qu'il �tait rest� ici, tourment� par cette d�cision...</p><p>�qui ne voulait pas...</p><p>...changer.</p><p>Les yeux pass�rent un instant sur les �toiles au-dessus de lui puis il regarda le ph�nix.</p><p>" Pas encore, " dit le gar�on d'une voix � peine audible. " Pas encore. J'ai encore trop � faire. Reviens plus tard, s'il te pla�t, lorsque j'en aurai trouv� d'autres capables de lancer le V�ritable Patronus � dans six mois, peut-�tre... "</p><p>Sans un mot, sans un son, une sph�re de feu entoura la forme de l'oiseau, dans des craquements et des �clats de veines blanches et pourpres, comme si ce qui se trouvait en son centre devait �tre consum�, et lorsque le feu se dissipa dans une fum�e grise, il n'y avait plus de ph�nix.</p><p>Il n'y eut plus que du silence au sommet de la tour Serdaigle. Le gar�on rabaissa ses mains de ses oreilles, ne s'arr�tant que pour essuyer ses joues humides.</p><p>Lentement, il se retourna...</p><p>Puis s'�cria et fit un bon tel qu'il tomba presque de la tour, bien que ce faux pas aurait �t� sans cons�quence avec un tel sorcier pr�sent.</p><p>" Ainsi en fut-il, " dit Albus Dumbledore presque dans un soupir. " Ainsi en fut-il. " Fumseck �tait sur son �paule et regardait l� o� s'�tait trouv� l'autre ph�nix d'un regard aviaire ind�chiffrable.</p><p>" <emphasis>Que faites-vous ici ? "</emphasis></p><p>" Ah ? " dit le vieil homme depuis le coin oppos� de la plate-forme. " J'ai ressentit la pr�sence d'une cr�ature inconnue de Poudlard alors je suis venu voir, bien s�r. " Lentement, la main tremblante du vieux sorcier monta afin d'enlever les lunettes en demi-lunes et son autre main essuya ses yeux et son front en usant de sa manche. " Je n'osais... je n'osais pas parler... je savais, je savais qu'entre tous ce choix devait �tre le tien... "</p><p>Une �trange appr�hension commen�ait � se r�pandre en Harry, � sourdre en lui comme une sensation de naus�e.</p><p>" Que tout d�pendait de cela, " dit Albus Dumbledore toujours de ce presque-soupir, " je le savais. Mais quel choix menait vers les t�n�bres, cela, je n'ai pu le deviner. Au moins, le choix �tait tien. "</p><p>" Je ne... " dit Harry, et sa voix s'arr�ta.</p><p>Une terrible hypoth�se, qui gagnait en cr�dibilit�...</p><p>" Le ph�nix vient, " dit le vieux sorcier. " � ceux qui se battront, � ceux qui agiront m�me au prix de leur vie, le ph�nix vient. Les ph�nix ne sont pas sages, Harry, ils ne connaissent aucun moyen de nous juger autre que d'�tre t�moins de ce choix. Je pensais courir � ma mort lorsque le ph�nix m'a men� � Grindelwald. J'ignorais que Fumseck me soutiendrait, me soignerait et resterait � mes c�t�s... " la voix du vieux sorcier chevrota un instant. " Cela reste tu... il te faut comprendre, Harry, pourquoi cela reste tu... si l'int�ress� savait, le ph�nix ne pourrait juger. Mais � toi, Harry, je peux maintenant le dire, car le ph�nix ne vient qu'une fois. "</p><p>Le vieux sorcier traversa le sommet de la tour Serdaigle vers un gar�on enracin� dans une horreur croissante, croissante et absolue.</p><p><emphasis>Lors de mon duel face � Grindelwald je ne pouvais vaincre, seulement le combattre de longues heures durant jusqu'� ce qu'il s'effondre d'�puisement, et j'en serais ensuite mort s'il n'y avait eu Fumseck...</emphasis></p><p>Harry ne sut qu'il s'�tait mis � parler qu'apr�s que le murmure lui ait �chapp� -</p><p>" Alors j'aurais <emphasis>pu</emphasis>... "</p><p>" Aurais-tu ? " dit le vieux sorcier, d'une voix aux accents bien plus �g�s qu'� l'habitude. " Voil� maintenant trois fois qu'un ph�nix est venu pour l'un de mes �l�ves. Une l'a renvoy�, et son deuil, je pense, l'a bris�e. Et le dernier �tait un cousin de ta jeune amie Lavande Brown, et il... " la voix du vieux sorcier se brisa. " Il n'est pas revenu, pauvre John, et il n'a sauv� aucun de ceux qu'il souhaitait sauver. On dit, chez les rares �rudits des l�gendes sur les ph�nix, que pas un sur quatre ne revient de son �preuve. Et m�me si tu avais surv�cu � la vie qu'il te faut vivre, Harry James Potter-Evans-Verres � les choix que tu dois faire, le chemin que tu dois suivre � toujours devoir entendre le cri du ph�nix � qui peut dire que cela ne t'aurait pas rendu fou ? " Le vieux sorcier releva � nouveau sa manche et se la passa une fois de plus sur le visage. " La compagnie de Fumseck m'apportait plus de joie avant que je combatte Voldemort. "</p><p>Le gar�on ne semblait pas �couter, ses yeux �taient enti�rement sur l'oiseau rouge et or perch� sur l'�paule du vieux sorcier. " Fumseck ? " dit le gar�on d'une voix tremblante. " Pourquoi est-ce que tu ne me regardes pas, Fumseck ? "</p><p>Le ph�nix leva la t�te pour regarder le gar�on avec curiosit� puis se retourner � nouveau vers son ma�tre.</p><p>" Tu vois ? " dit le vieux sorcier. " Il ne te rejette pas. Fumseck ne s'int�resse peut-�tre plus � toi de cette fa�on particuli�re � pr�sent, et il sait... " le sorcier sourit s�chement, " que tu n'es pas exactement loyal envers son ma�tre. Mais celui qu'un ph�nix approche... ne peut �tre celui qu'un ph�nix d�teste. " La voix du sorcier redevint un soupir. " On n'a jamais vu d'oiseau sur l'�paule de Godric Gryffondor. M�me si ce n'est pas r�v�l� parmi ses secrets, je pense qu'il a renvoy� son ph�nix avant de choisir le rouge et l'or pour couleurs. Peut-�tre la culpabilit� le poussa-t-il � faire plus que ce qu'il aurait os� poursuivre autrement. Ou peut-�tre cela lui a-t-il enseign� l'humilit� et un respect pour la faillibilit� humaine, pour l'�chec... " le vieux sorcier inclina la t�te. " J'ignore v�ritablement si ton choix fut sage. J'ignore v�ritablement si c'�tait la bonne chose � faire, ou la mauvaise. Si je l'avais su, Harry, j'aurais parl�. Mais je... " la voix de Dumbledore se brisa alors. " je ne suis rien d'autre qu'un jeune gar�on idiot devenu un vieil homme idiot, et je ne poss�de aucune sagesse. "</p><p>Harry n'arrivait pas � respirer, la naus�e semblait emplir et d�border de son corps depuis son estomac solidifi�. Il �tait soudainement et atrocement certain qu'il avait �chou�, d'un �chec d�finitif, ce soir l�...</p><p>Le gar�on pivota et courut jusqu'au bord de la tour Serdaigle. " Reviens ! " sa voix se brisa et devint un glapissement. " <emphasis>Reviens ! </emphasis>"</p><empty-line/><p><emphasis>Apr�s-coup final :</emphasis></p><p>Elle s'�veilla dans un hoquet d'horreur, elle s'�veilla un cri muet sur les l�vres et aucun mot ne vint, elle ne pouvait comprendre ce qu'elle avait vu,<emphasis> elle ne pouvait comprendre ce qu'elle avait vu...</emphasis></p><p>" Quelle heure est-il ? " murmura-t-elle.</p><p>Son r�veil-matin en or et serti de joyaux lui murmura en retour : " Environ onze heures. Rendors-toi. "</p><p>Ses draps et sa chemise de nuit �taient inond�s de sueur, elle prit sa baguette � c�t� de son oreiller et se s�cha avant d'essayer de se rendormir et de finir par y parvenir.</p><p>Sybille Trelawney se rendormit.</p><p>Dans la For�t Interdite, un centaure �veill� par une appr�hension incertaine ne cessait de parcourir le ciel nocturne du regard et, n'y ayant trouv� que des questions et aucune r�ponse, d'un repliement de ses nombreuses jambes, Firenze se rendormit.</p><p>Dans les terres lointaines d'Asie magique, une vieille sorci�re nomm�e Fan Tong, en plein repos diurne, dit � son anxieux arri�re-arri�re petit-fils qu'elle allait bien, que ce n'avait �t� qu'un cauchemar, et elle se rendormit.</p><p>Dans un pays o� les moldus ne recevaient jamais aucune lettre, une petite fille trop jeune pour avoir un nom � elle se fit bercer dans les bras de sa m�re agac�e mais aimante jusqu'� ce qu'elle arr�te de pleurer et se rendorme.</p><p>Aucun d'eux ne dormit bien.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 86*: Inf�rences multiples</strong></p><p><emphasis>[NdT : Ceci est une version l�g�rement remani�e de la traduction publi�e 14/08/13]</emphasis></p><p>(Gros titres internationaux du 7 avril 1992)</p><p><emphasis>Tribune Magique de Toronto</emphasis></p><p>MAGENMAGOT BRITANNIQUE</p><empty-line/><p>RAPPORTE AVOIR VU 'SURVIVANT'</p><empty-line/><p>FAIRE PEUR � UN D�TRAQUEUR</p><p>EXPERT EN CR�ATURES MAGIQUES :</p><empty-line/><p>"IL FAUDRAIT VRAIMENT ARR�TER DE MENTIR"</p><p>FRANCE ET ALLEMAGNE ACCUSENT ANGLETERRE</p><empty-line/><p>D'AVOIR TOUT INVENT�</p><p><emphasis>Revue diurne de l'enchanteur n�o-z�landais</emphasis></p><p>QUI A RENDU FOLLE LA LEGISLATURE ANGLAISE ?</p><empty-line/><p>NOTRE GOUVERNEMENT PROCHAIN EN LICE ?</p><p>EXPERT LISTE LES 28 MEILLEURES RAISONS</p><empty-line/><p>DE CROIRE QUE C'EST D�J� LE CAS</p><p><emphasis>Le Mage Am�ricain :</emphasis></p><p>CLAN DE LOUPS-GAROUS DEVIENNENT</p><empty-line/><p>PREMIERS HABITANTS DU WYOMING</p><p><emphasis>Le Chicaneur</emphasis></p><p>MALFOY FUIT POUDLARD</p><empty-line/><p>� L'�VEIL DE SES POUVOIRS V�LANE</p><p><emphasis>Gazette du Sorcier :</emphasis></p><p>FAILLE JURIDIQUE LIB�RE</p><empty-line/><p>"MOLDUE CINGL�E"</p><empty-line/><p>ET POTTER MENACE MINIST�RE</p><empty-line/><p>D'ATTAQUER AZKABAN</p><empty-line/><p><emphasis>Hypoth�se : Voldemort</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>(8 avril 1992, 19h22)</emphasis></p><empty-line/><p>Ils s'�taient rassembl�s autour de l'antique bureau du directeur de Poudlard, de ses tiroirs dans des tiroirs dans des tiroirs o� toute la paperasserie pass�e de Poudlard �tait entrepos�e ; la l�gende racontait que la directrice Shehla s'�tait un jour perdue dans ce bureau, qu'elle s'y trouvait m�me toujours, et qu'elle ne pourrait en sortir avant d'avoir fait de l'ordre dans ses affaires. Minerva n'attendait pas avec une impatience particuli�re le jour o� elle h�riterait de ces tiroirs � si aucun d'eux vivait pour le voir.</p><p>Albus Dumbledore �tait assis derri�re son bureau, grave, mesur�.</p><p>Severus Rogue se tenait � c�t� de la chemin�e et de ses cendres, inqui�tant comme le vampire que les �l�ves l'accusaient parfois de pr�tendre qu'il �tait.</p><p>Maugrey Fol �il devait les rejoindre mais n'�tait pas encore arriv�.</p><p>Et Harry...</p><p>Un petite silhouette enfantine, perch�e sur un accoudoir, comme si les �nergies qui le traversaient �taient trop fortes pour lui permettre de s'asseoir normalement. Visage fig�, cheveux en sueur, yeux verts r�solus, et au centre de tout cela, l'�clair dentel� de sa cicatrice jamais estomp�e. Il semblait � pr�sent plus sombre, m�me compar� � la semaine pr�c�dente.</p><p>L'espace d'un instant, Minerva se souvint de leur passage par le Chemin de Traverse, qui semblait avoir eu lieu il y a des ann�es. D�j� alors, ce sombre gar�on <emphasis>en</emphasis> Harry avait �t� l�. Ce n'�tait pas enti�rement sa faute � elle ni celle d'Albus. Mais il y avait pourtant quelque chose de si triste que c'en �tait quasiment insupportable dans le contraste entre le jeune gar�on qu'elle avait rencontr� pour la premi�re fois et ce que l'Angleterre magique avait fait de lui. Elle avait compris que Harry n'avait jamais eu une enfance tout � fait ordinaire ; ses parents adoptifs lui avaient dit qu'il parlait peu et jouait encore moins avec les enfants moldus. Il �tait douloureux de songer que Harry n'aurait eu que quelques mois pour s'amuser avec les autres enfants de Poudlard avant que les exigences de la guerre ne lui arrachent tout. Peut-�tre y avait-il un autre visage que Harry montrait aux enfants de son �ge lorsqu'il n'�tait pas en train de toiser le Magenmagot. Mais elle ne pouvait s'emp�cher de se repr�senter l'enfance de Harry comme un tas de petit bois d'o� elle et Albus tiraient une � une les branches pour les jeter dans les flammes.</p><p>"Les proph�ties sont fort �tranges," dit Albus Dumbledore. Les yeux du vieux sorcier �taient mis-clos, comme las. "Vagues, floues, d'un sens qui vous �chappe comme de l'eau s'�coulerait entre vos doigts �cart�s. Elles sont toujours un fardeau car elles ne comportent aucune r�ponse ; seulement des questions."</p><p>Harry Potter �tait assis, tendu. "Monsieur le directeur," dit le gar�on avec une douce pr�cision, "mes amis sont pris pour cible. Hermione Granger a failli aller � Azkaban. Comme vous l'avez dit, la guerre a commenc�. La proph�tie du professeur Trelawney constitue une information cl� pour mon estimation de l'�quilibre entre mes diff�rentes hypoth�ses au sujet de ce qui se trame. Sans m�me parler de la b�tise � et du <emphasis>danger</emphasis> � qu'i me laisser <emphasis>dans l'ignorance </emphasis>quand le Seigneur des T�n�bres <emphasis>la conna�t, lui</emphasis>.</p><p>D'un regard, Albus posa une sombre question � Minerva et elle secoua la t�te en r�ponse ; quel que soit l'inimaginable moyen par lequel Harry avait d�couvert que Trelawney �tait � l'origine de la proph�tie et que le Seigneur des T�n�bres la connaissait, il ne l'avait pas appris d'elle.</p><p>"Voldemort, en cherchant � emp�cher cette proph�tie, courut � sa d�faite par tes mains," dit alors le vieux sorcier. "La conna�tre n'a fait que lui nuire. R�fl�chis-y bien, Harry Potter."</p><p>"Oui, monsieur le Directeur, je comprends cela. Ma culture natale a aussi une tradition litt�raire de proph�ties auto-r�alisatrices et mal interpr�t�es. J'interpr�terai avec pr�caution, soyez-en assur�. Mais j'en ai d�j� devin� une grande partie. Est-il plus s�r de me laisser travailler sur la base d'une version partielle ?"</p><p>Un certain temps s'�coula.</p><p>"Minerva," dit Albus. "Si tu veux bien."</p><p>"Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des T�n�bres approche, il na�tra de ceux qui l'ont par trois fois d�fi�, il sera n� lorsque mourra le septi�me mois..."</p><p>"<emphasis>Et le Seigneur des T�n�bres le marquera comme son �gal," </emphasis>dit la voix de Severus, la faisant sursauter. La silhouette du Ma�tre des Potions s'�leva devant la chemin�e. "Mais il aura un pouvoir que le Seigneur des T�n�bres ignore et l'un devra d�truire l'autre, n'en laissant presque rien, car ces deux diff�rents esprits ne peuvent exister dans le m�me monde."</p><p>Cette derni�re phrase fut prononc�e par Severus d'un ton si lourd de pr�sages que Minerva en eut les os gel�s ; on aurait presque cru entendre Sibylle Trelawney.</p><p>Harry �coutait en faisant la moue. "Vous pourriez r�p�ter ?" demanda-t-il.</p><p>"<emphasis>Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des T�n�bres approche, il na�tra de ceux qui l'ont par trois fois d�fi�, il sera n� lorsque mourra le septi�me mois..."</emphasis></p><p>"En fait, attendez, vous pourriez l'�crire ? Je dois l'analyser avec <emphasis>attention</emphasis>."</p><p>Ce fut fait, avec Albus et Severus pench�s au-dessus du parchemin tels des faucons, comme pour s'assurer qu'aucune main invisible ne s'approche et ne d�robe la pr�cieuse information.</p><p>"Voyons..." dit Harry. "Je suis m�le et n� un 31 juillet, check. J'ai effectivement vaincu le Seigneur des T�n�bres, check. Pronom ambigu ligne deux... mais je n'�tais pas encore n� donc il est difficile de voir comment mes parents auraient pu <emphasis>me</emphasis> d�fier trois fois. La cicatrice pourrait �videmment �tre la marque..." Harry toucha son front. "Puis il y a le pouvoir que le Seigneur des T�n�bres ignore, qui est probablement une r�f�rence � mon �ducation scientifique..."</p><p>"Non," dit Severus.</p><p>Harry regarda le ma�tre des potions avec surprise.</p><p>Les yeux de Severus �taient ferm�s, son visage contrit par la concentration. "Le Seigneur des T�n�bres pourrait conna�tre ce pouvoir en �tudiant les m�mes livres que vous, Potter. Mais la proph�tie n'a pas dit <emphasis>un pouvoir que le Seigneur des T�n�bres n'a pas</emphasis>. Ni m�me <emphasis>un pouvoir que le Seigneur des T�n�bres ne peut avoir</emphasis>. Elle a parl� d'un <emphasis>pouvoir que le Seigneur des T�n�bres ignore</emphasis>... ce sera quelque chose qui lui sera plus �tranger que des artefacts moldus. Peut-�tre quelque chose qu'il ne peut pas du tout comprendre, m�me apr�s l'avoir vu..."</p><p>"La science n'est pas un ramassis d'astuces technologiques," dit Harry. "Ce n'est pas juste la version moldue d'une baguette. Ce n'est m�me pas de la connaissance, comme d'apprendre la table p�riodique. C'est une autre fa�on de <emphasis>penser</emphasis>."</p><p>"Peut-�tre..." murmura le ma�tre des potions, mais son ton �tait sceptique.</p><p>"Il est p�rilleux," dit Albus, "de voir tant dans une proph�tie, m�me apr�s l'avoir entendue soi-m�me. Elles sont des plus frustrantes."</p><p>"Je vois �a," dit Harry. Il leva la main, frotta la cicatrice sur son front. "Mais... d'accord, si <emphasis>c'est</emphasis> vraiment tout ce qu'on sait... �coutez, je vais �tre franc. Comment <emphasis>savez-vous</emphasis> que le Seigneur des T�n�bres a vraiment surv�cu ?"</p><p>"<emphasis>Quoi ?" </emphasis>s'�cria-t-elle. Albus ne fit que soupirer et s'enfonca dans son vaste fauteuil de directeur.</p><p>"Enfin," dit Harry, "imaginez � quoi cette proph�tie ressemblait quand elle a �t� dite. Vous-Savez-Qui l'entend et j'ai l'air d'�tre destin� � grandir puis � le renverser. On dirait que nous sommes cens�s avoir une bataille finale o� l'un d'entre nous ne devra laisser presque rien de l'autre. Donc Vous-Savez-Qui attaque Godric's Hollow et est <emphasis>imm�diatement</emphasis> vaincu en laissant derri�re lui une <emphasis>sorte </emphasis>de reste qui pourrait �tre ou ne pas �tre son �me d�sincarn�e. Peut-�tre que les Mangemorts sont les restes, ou que c'est la Marque des T�n�bres. Ce que je veux dire, c'est que la proph�tie pourrait d�j� s'�tre r�alis�e. Comprenez-moi bien � je me rends compte que mon interpr�tation a l'air tir�e par les cheveux. La formulation de Trelawney n'est pas naturelle si elle fait <emphasis>seulement</emphasis> r�f�rence aux �v�nements historiques du 31 octobre 1981. Attaquer un b�b� et voir le sortil�ge rebondir n'est pas quelque chose que l'on appellerait normalement "le pouvoir de vaincre". Mais si on consid�re que la proph�tie concernait <emphasis>plusieurs</emphasis> futurs possibles, dont <emphasis>un</emphasis> seulement a vraiment eu lieu lors d'Halloween, alors la proph�tie pourrait �tre d�j� r�alis�e.</p><p>"Mais..." bredouilla Minerva. "Mais le raid sur Azkaban..."</p><p>"<emphasis>Si</emphasis> le Seigneur des T�n�bres a surv�cu, alors oui, il est le suspect le plus probable pour l'�vasion d'Azkaban," dit Harry d'un ton raisonnable. "On pourrait m�me dit que l '�vasion d'Azkaban est un indice, au sens Bay�sien du terme, en faveur de la survie du Seigneur des T�n�bres, parce qu'une �vasion d'Azkaban a plus de chances de se produire dans les mondes o� il vit que dans ceux o� il est mort. Mais ce n'est pas un indice Bay�sien <emphasis>fort</emphasis>. Ce n'est pas quelque chose qui ne <emphasis>peut pas</emphasis> se produire � moins que le Seigneur des T�n�bres soit en vie. Le professeur Quirrell, qui n'est <emphasis>pas</emphasis> parti du principe que Vous-Savez-Qui est toujours dans le coin, n'a eu aucun probl�me � trouver sa propre explication. Pour lui, il est �vident que quelque sorcier puissant pourrait d�sirer Bellatrix Black parce qu'elle conna�trait un secret du Seigneur des T�n�bres, par exemple un savoir magique qu'il n'aurait r�v�l� qu'� elle. Les � priori concernant la survie � une mort physique sont tr�s bas, m�me si c'est magiquement possible. La <emphasis>plupart</emphasis> du temps �a ne se produit pas. Donc s'il y a <emphasis>seulement</emphasis> l'�vasion d'Azkaban... je dois dire que formellement cela ne constitue un indice assez fort, au sens bay�sien. L'improbabilit� des observations dans un monde o� l'hypoth�se est fausse n'est pas � la hauteur de l'improbabilit� � priori de l'hypoth�se elle-m�me."</p><p>"Non," dit Severus d'un ton cat�gorique. "La proph�tie ne s'est pas r�alis�e. Je le saurais, sinon."</p><p>"En �tes-vous <emphasis>certain </emphasis>?"</p><p>"Oui, Potter. Si la proph�tie s'�tait d�j� r�alis�e, je la <emphasis>comprendrais </emphasis>! J'ai entendu les paroles de Trelawney, je me souviens de sa voix, et si je connaissais les �v�nements correspondants, je les <emphasis>reconna�trais</emphasis>. Ce qui s'est d�j� produit... ne convient <emphasis>pas</emphasis>." Le ma�tre des potions parlait avec certitude.</p><p>"Je ne sais pas vraiment quoi faire de �a," dit Harry. Il leva la main et frotta distraitement son front. "Peut-�tre que c'est seulement ce que vous <emphasis>croyez</emphasis> s'�tre produit qui ne convient pas et que la v�ritable histoire est diff�rente..."</p><p>"Voldemort <emphasis>est </emphasis>en vie," dit Albus. "Il y a d'autres indications."</p><p>"Telles que ?" r�pondit instantan�ment Harry.</p><p>Albus s'interrompit. "Il existe de terribles rituels au moyen desquels les sorciers sont revenus d'entre les morts," dit lentement Albus. "Cela, chacun peut le discerner en �tudiant l'Histoire et les l�gendes. Et pourtant ces livres sont manquants, je ne parviens pas � les trouver ; c'est Voldemort qui les a pris, j'en suis s�r..."</p><p>"Donc vous ne <emphasis>pouvez pas </emphasis>trouver les livres sur l'immortalit� et cela prouve que c'est Vous-Savez-Qui qui les a ?"</p><p>"En effet," dit Albus. "Il existe un certain livre � je ne le nommerai pas � voix haute � qui a disparu de la section interdite de la biblioth�que de Poudlard. Ainsi qu'un ancien parchemin qui aurait d� se trouver chez Barjow et Beurk mais o� il n'y a plus qu'un emplacement vide permettant seulement de constater o� il se trouvait..." le vieux sorcier s'interrompit. "Mais je suppose," continua-t-il, comme � lui-m�me, "que tu vas dire que m�me si Voldemort a essay� de se rendre immortel, cela ne prouve pas qu'il a r�ussi..."</p><p>Harry soupira. "Des preuves, monsieur le directeur ? Il n'y a jamais que des probabilit�s. Si l'on conna�t des livres sur les rituels d'immortalit� et qu'ils manquent � l'appel, cela augmente la probabilit� que quelqu'un s'en est empar�. Ce qui augmente donc la probabilit� � priori que le Seigneur des T�n�bres ait surv�cu � sa mort. Je conc�de cela, et je vous remercie d'avoir signal� ce fait. La question est de savoir si la probabilit� augmente <emphasis>assez</emphasis>."</p><p>"Certainement," dit doucement Albus, "si tu conc�des ne serait-ce qu'une <emphasis>chance</emphasis> que Voldemort a surv�cu, cela m�rite de s'en prot�ger ?"</p><p>Harry inclina la t�te. "Comme vous le dites, monsieur le directeur. Quoi qu'une fois qu'une probabilit� chute suffisamment, c'est aussi une erreur de continuer � �tre obs�d� par elle... �tant donn� que des livres sur l'immortalit� ont disparu et que cette proph�tie serait <emphasis>un peu</emphasis> plus naturelle si elle faisait r�f�rence � une bataille future entre le Seigneur des T�n�bres et moi, je conc�de qu'il est plus probable que possible que le Seigneur des T�n�bres est en vie. Mais d'autres probabilit�s doivent <emphasis>aussi</emphasis> �tre prises en compte � et dans les mondes probables o� Vous-Savez-Qui n'est <emphasis>pas</emphasis> en vie, quelqu'un d'autre a pi�g� Hermione."</p><p>"B�tise," dit doucement Severus. "Profonde b�tise. La Marque des T�n�bres ne s'est pas estomp�e, pas plus que son ma�tre."</p><p>"Voil�, c'est de <emphasis>�a</emphasis> que je parle quand je parle de preuves Bay�siennes formellement insuffisantes. Bien s�r tout �a est glauque, de fort mauvais pr�sage et tout �a, mais est-ce <emphasis>si</emphasis> improbable que �a de voir une marque magique rester apr�s la mort de son cr�ateur ? Imaginez qu'on soit certain que la Marque des T�n�bres persistera tant que la conscience du Seigneur des T�n�bres existera, mais <emphasis>qu'� priori</emphasis> on aurait estim� � seulement vingt pour cent les chances qu'elle demeure apr�s sa mort. Alors l'observation 'La Marque des T�n�bres ne s'est pas estomp�e' a cinq fois plus de chances d'avoir lieu dans un monde o� le Seigneur des T�n�bres est en vie que dans un monde o� il est mort. Est-ce vraiment comparable � l'improbabilit� � priori de son immortalit� ? Mettons que les chances � priori soit de une sur cent pour la survie du Seigneur des T�n�bres. Si l'hypoth�se a cent fois plus de chances d'�tre fausse que d'�tre vraie et qu'on observe une information cinq fois plus probable quand l'hypoth�se est vraie que quand elle est fausse, on se doit de croire que l'hypoth�se a vingt fois plus de chances d'�tre fausse que d'�tre vraie. Une chance sur cent, fois un rapport de vraisemblance de cinq contre un, �gal vingt fois plus de chances que le Seigneur des T�n�bres soit mort..."</p><p>"<emphasis>O�</emphasis> allez-vous chercher tous vos nombres, Potter ?"</p><p>"C'est <emphasis>l�</emphasis> la faiblesse reconnue de la m�thode," r�pondit prestement Harry. "Mais ce que je veux montrer, <emphasis>qualitativement</emphasis>, c'est la raison pour laquelle l'observation 'La Marque des T�n�bres ne s'est pas estomp�e ' ne soutient pas suffisamment l'hypoth�se 'Le Seigneur des T�n�bres est immortel'. L'observation n'est pas aussi extraordinaire que l'affirmation." Harry marqua une pause. "Sans parler du fait que m�me si le Seigneur des T�n�bres est en vie, ce n'est pas <emphasis>forc�ment lui</emphasis> qui a fait accuser Hermione. Comme un homme rus� l'a dit un jour, il peut y avoir plus d'un comploteur et plus d'un complot."</p><p>"Comme le professeur de D�fense," dit Severus avec un fin sourire. "J'imagine que je dois agr�er qu'il est suspect. C'�tait le professeur de D�fense l'ann�e derni�re, apr�s tout ; et l'ann�e d'avant, et celle <emphasis>encore avant</emphasis>."</p><p>Les yeux de Harry retomb�rent sur le parchemin pos� sur ses genoux. "Avan�ons. Sommes-nous <emphasis>certains</emphasis> que cette proph�tie est correcte ? Personne n'a jou� avec la m�moire du professeur McGonagall, n'a peut-�tre modifi� ou enlev� une ligne ?"</p><p>Albus marqua une pause puis parla lentement. "Il existe un grand sortil�ge lanc� sur l'Angleterre Magique et qui enregistre toute proph�tie prononc�e au sein de nos fronti�res. Bien en-dessous de la plus ancienne salle du Magenmagot, au d�partement des Myst�res, les proph�ties sont enregistr�es."</p><p>"La salle des proph�ties" murmura Minerva. Elle avait lu des choses au sujet de cet endroit que l'on disait �tre une grande pi�ce aux �tag�res emplies d'orbes lumineuses qui apparaissent au fil des ann�es, les unes � la suite des autres. Les gens racontaient que Merlin lui-m�me l'avait b�tie ; que c'�tait le plus grand soufflet du sorcier � la face du Destin. Toutes les proph�ties ne menaient pas au bien, et Merlin avait souhait� qu'au moins ceux mentionn�s dans une proph�tie sachent ce qui avait �t� dit <emphasis>d'eux</emphasis>. C'�tait le respect que Merlin avait donn� � leur libre arbitre : que le Destin ne puisse les contr�ler de l'ext�rieur, � leur insu. Ceux mentionn�s dans une proph�tie verraient un orbe lumineux flotter vers leur main puis entendraient la proph�tie de la v�ritable voix du proph�te. Il �tait dit que les autres qui tenteraient de toucher l'orbe en deviendraient fous � ou peut-�tre juste que leur t�te exploserait, les l�gendes �taient peu claires sur ce point. Quelles qu'aient �t� les intentions initiales de Merlin, les Langues-de-Plomb n'avaient laiss� personne y entrer pendant des si�cles, � ce qu'elle en savait. <emphasis>Travaux des sorciers ancestraux </emphasis>avait indiqu� que, plus tard, les Langues-de-Plomb s'�taient rendu compte qu'informer les sujets des proph�ties pouvait bloquer la capacit� des voyants � rel�cher les pressions temporelles (quelles qu'elles soient) et les h�ritiers de Merlin avaient donc scell� cette salle. Il vint � l'esprit de Minerva de se demander (maintenant qu'elle avait pass� quelques mois � proximit� de M. Potter) comment quiconque pourrait <emphasis>savoir</emphasis> cela, mais elle sut bien se garder de poser la question � Albus, ne prenant ainsi pas le risque qu'il essaie de lui r�pondre. Minerva croyait fermement qu'on ne devait se soucier du Temps que si l'on �tait une horloge.</p><p>"La salle des proph�ties", confirma Albus d'une voix basse. "Ceux qu'une proph�tie mentionne peuvent aller l'y �couter. Comprends-tu ce que cela implique, Harry ?"</p><p>Harry fron�a les sourcils. "Eh bien... je pourrais l'�couter, le seigneur des T�n�bres aussi...oh, mes <emphasis>parents</emphasis>. Ceux qui l'ont par trois fois d�fi�. Ils �taient aussi mentionn�s dans la proph�tie donc ils ont pu entendre l'enregistrement ?"</p><p>"Si James et Lily ont entendu autre chose que ce qu'a rapport� Minerva," dit Albus d'un ton neutre, "ils ne m'en ont pas fait part."</p><p>"Vous avez amen� James et Lily <emphasis>l�-bas </emphasis>?" dit Minerva.</p><p>"Fumseck peut se rendre en de nombreux lieux," dit Albus. "Ne mentionne pas ce fait."</p><p>Harry regardait Albus droit dans les yeux. "Puis-<emphasis>je</emphasis> aller � ce d�partement des myst�res et entendre la proph�tie enregistr�e ? Le ton de voix original peut aider, d'apr�s ce qu'on m'a dit."</p><p>Un reflet de lumi�re passa sur les lunettes en demi-lune d'Albus lorsque le vieux sorcier secoua la t�te. "Je pense que ce serait fort peu sage," dit Albus. "Pour d'autres raisons que celles qui sont d�j� �videntes. Ce lieu que Merlin a b�ti est dangereux, plus dangereux pour certains que pour d'autres."</p><p>"Je vois," dit Harry d'une voix sans timbre, et il rabaissa les yeux vers le parchemin. "Je consid�rerai la proph�tie comme exacte pour le moment. La partie suivante dit que le Seigneur des T�n�bres m'a marqu� comme son �gal. Des id�es sur ce que cela veut dire ?"</p><p>"Certainement pas," dit Albus, "que tu devrais l'imiter de quelque mani�re que ce soit."</p><p>"Je ne suis pas <emphasis>stupide</emphasis>, monsieur le directeur. Les moldus ont compris une chose ou deux au sujet des paradoxes temporels, m�me si tout cela est th�orique pour eux. Je ne vais pas jeter mon �thique en l'air juste parce qu'un signal venu du futur pr�tend que �a va se produire, parce qu'alors �a deviendrait la seule raison pour laquelle �a ce serait produit. Mais � nouveau : qu'est ce que �a veut <emphasis>dire ?"</emphasis></p><p>"Je l'ignore," dit Severus.</p><p>"Tout comme moi," dit-elle.</p><p>Harry saisit sa baguette et la fit tourner entre ses main en observant le bois d'un air m�ditatif. "Onze pouces, en houx, avec un c�ur en plume de ph�nix," dit Harry. "Et ce ph�nix dont la plume est dans cette baguette n'en a jamais donn� qu'une autre que M... comment s'appelle-t-il, Olive-quelque chose... a mis dans la baguette du Seigneur des T�n�bres. <emphasis>Et</emphasis> je suis Fourchelang. �a faisait d�j� beaucoup de co�ncidences. Et maintenant j'apprends qu'il y a une proph�tie qui annonce que je serai l'�gal du Seigneur des T�n�bres."</p><p>Les yeux de Severus �taient pensifs, ceux du directeur, ind�chiffrables.</p><p>"Se pourrait-il," dit une Minerva h�sitante, "que Vous-Savez-Qui � que Voldemort � a transf�r� certains de ses pouvoirs � M. Potter, la nuit o� il a re�u cette cicatrice ? Certainement pas quelque chose qu'il aurait souhait� mais quand m�me... je ne vois pas comment M. Potter pourrait �tre son <emphasis>�gal</emphasis> puisqu'il poss�de moins de magie que le Seigneur des T�n�bres lui-m�me..."</p><p>"Mouais," dit Harry, toujours m�ditatif devant sa baguette. "Je me battrais contre le Seigneur des T�n�bres sans aucune magie si besoin �tait. <emphasis>Homo sapiens</emphasis> n'est pas devenu l'esp�ce dominante de cette plan�te en ayant les griffes les plus ac�r�es ou l'armure la plus dure � bien que je suppose que ce point �chappe aux sorciers. N�anmoins, il serait indigne de moi, un humain, d'avoir peur d'une chose qui n'est pas plus intelligente que moi ; et � ce que j'ai entendu, le Seigneur des T�n�bres n'est pas tr�s effrayant dans ce domaine."</p><p>Le ma�tre des potions parla et sa voix avait reprit une partie de son m�pris tra�nant. "Vous vous imaginez plus intelligent que le Seigneur des T�n�bres, Potter ?"</p><p>"Effectivement," dit Harry en remontant sa manche gauche puis en roulant la manche de chemise situ�e en-dessous, exposant son coude nu. "Oh, �a me fait penser ! Assurons-nous que personne ici n'a la marque clairement visible plac�e � l'endroit habituel et facile � regarder qui les r�v�lerait �tre un espion ennemi."</p><p>Albus fit un geste de silence qui interrompit le ma�tre des potions avant que ce dernier ne puisse r�pliquer d'un ton acerbe. "Dis-moi, Harry," dit Albus, "comment aurais-<emphasis>tu</emphasis> con�u la Marque des T�n�bres ?"</p><p>"Emplacements inhabituels," dit prestement Harry, "difficiles � trouver sans g�ne ni protestations, m�me si bien s�r toute personne prudente v�rifierait quand m�me. La rendre plus petite, si possible. Ajouter quelque tatouage non-magique pour masquer la forme exacte � encore mieux, la recouvrir d'une fausse couche de peau..."</p><p>"Rus�, en effet," dit Albus. "Mais dis-moi, imagine que tu puisses choisir donner n'importe quelle caract�ristique � la Marque, que tu puisses la faire s'effacer ou appara�tre � ton go�t. Que ferais-tu alors ?"</p><p>"Je la rendrais enti�rement invisible, tout le temps," dit Harry en ayant l'air d'�noncer l'�vidence. "On ne voudrait pas qu'il y ait des diff�rences d�tectables entre un espion et un non-espion."</p><p>"Imagine que tu es encore plus rus�," dit Albus. "Tu es un ma�tre de la tromperie, de la supercherie, et tu utilises tes capacit�s au maximum."</p><p>"Eh bien..." le gar�on s'interrompit et fron�a les sourcils. "Cela me semble inutilement compliqu�, plus proche d'une tactique qu'un m�chant pourrait utiliser dans un jeu de r�le que d'une que l'on essaierait dans une vraie guerre. Mais j'imagine qu'on pourrait placer une fausse Marque des T�n�bres sur de faux Mangemorts et garder les Marques des T�n�bres des vrais Mangemorts invisibles. Mais alors il y aurait la question de savoir pourquoi les gens auraient commenc� � croire que la marque identifie un Mangemort... je devrais y r�fl�chir au moins cinq minutes si je voulais prendre le probl�me au s�rieux."</p><p>"Je te demande cela," dit Albus d'un ton doux, "parce que j'ai effectivement, au d�but de la guerre, op�r� des tests semblables � ceux que tu as sugg�r�. L'Ordre n'a surv�cu � ma folie que parce qu'Alastor ne faisait pas confiance aux bras nus qu'il voyait. J'ai ensuite pens� que les porteurs de la Marque pouvaient la cacher ou la montrer � leur convenance. Et pourtant lorsque nous avons pr�sent� Igor Karkaroff au Magenmagot, la Marque �tait clairement visible sur son bras, en d�pit de toutes ses protestations d'innocence. Quelle r�gle secr�te gouverne la Marque des T�n�bres ? Je l'ignore. M�me Severus est toujours contraint par sa Marque de ne r�v�ler aucun de ses secrets � qui ne les conna�t d�j�."</p><p>"Oh, eh bien alors c'est <emphasis>�vident</emphasis>," dit imm�diatement Harry. "Attendez, un instant... vous �tiez un <emphasis>Mangemort</emphasis> ?" Harry transf�ra son regard vers Severus.</p><p>Severus lui renvoya un fin sourire. "Je le suis toujours, pour autant qu'ils le savent."</p><p>"Harry," dit Albus, les yeux braqu�s sur le gar�on. "Que veux-tu dire par 'c'est �vident' ?"</p><p>"Th�orie de l'information, premi�re le�on," dit le gar�on d'un ton professoral. "Observer la variable X apporte une information au sujet de la variable Y si et seulement si les valeurs possibles de X ont des probabilit�s diff�rentes selon les diff�rents �tats de Y. � l'instant o� vous entendez parler de quoi que ce soit qui varie entre un espion et un non-espion, vous devriez imm�diatement penser � l'exploiter afin de distinguer les uns des autres. De m�me, pour distinguer la r�alit� d'un mensonge, vous avez besoin d'un processus qui se comporte diff�remment face � la v�rit� et face au mensonge � c'est pour cela que la 'foi' ne fonctionne pas comme discriminant alors 'faire des pr�dictions exp�rimentales et les v�rifier' fonctionne. Vous dites que tout porteur de la Marque ne peut r�v�ler ses secrets � qui ne les conna�t pas d�j�. Donc pour d�couvrir le fonctionnement de la Marque des T�n�bres, notez tous les modes d'op�ration qui vous viennent � l'esprit, et observez le professeur Rogue pendant qu'il essaye de les dire � un t�moin test � peut-�tre � quelqu'un qui ignore l'objet de l'exp�rience � j'expliquerai la recherche binaire plus tard pour qu'on puisse jouer au portrait afin d'aller plus vite. Ainsi, il sera incapable de lire la v�rit� � haute voix. Comme vous le comprenez, son silence sera observable en pr�sence d'affirmations vraies, mais pas en pr�sence de mensonges.</p><p>Minerva se rendit compte qu'elle avait la bouche grande ouverte et la referma aussi sec. M�me Albus semblait surpris.</p><p>"Et apr�s �a, comme j'ai dit, <emphasis>toute</emphasis> diff�rence comportementale entre espions et non-espions peut �tre utilis�e pour identifier les espions. Une fois que vous avez identifi� au moins un secret magiquement censur� par la Marque des T�n�bres, vous pouvez v�rifier si quelqu'un l'a en regardant s'il peut r�v�ler ce secret � quelqu'un qui ne le conna�t pas d�j�..."</p><p>"<emphasis>Merci, M. Potter</emphasis>"</p><p>Tout le monde regarda Severus. Le ma�tre des potions se redressait, ses dents se r�v�laient derri�re un sourire de triomphe rageur. "M. le directeur, je puis � pr�sent librement parler de la Marque. Si nous savons avoir �t� reconnus pour ce que nous sommes, des Mangemorts, face � d'autres n'ayant pas encore vu nos bras nus, nos Marques se r�v�lent que nous le voulions ou pas. Mais si nos bras ont d�j� �t� vus, elle ne se r�v�le pas ; pas plus que si l'on ne fait que nous tester en raison d'un soup�on. Ainsi, la Marque des T�n�bres donne l'apparence d'identifier les Mangemorts � mais seulement ceux qui ont d�j� �t� rep�r�s, comme vous le comprenez."</p><p>"Ah..." dit Albus. "Merci, Severus." Il ferma bri�vement les yeux. "Cela expliquerait donc pourquoi Black a �chapp� jusqu'� la surveillance de Peter... ah, enfin. Et le test propos� par Harry ?"</p><p>Le ma�tre des potions secoua la t�te. "Le Seigneur des T�n�bres n'�tait pas un idiot, en d�pit des illusions de Potter. � l'instant o� un tel test est sugg�r�, la Marque cesse de lier nos langues. Mais je ne pouvais guider vers cette possibilit�, seulement attendre que quelqu'un la d�duise." Un autre fin sourire. "Je vous d�cernerais bien de nombreux points, M. Potter, si cela n'allait pas compromettre ma couverture. Mais comme vous pouvez le constater, le Seigneur des T�n�bres �tait assez fourbe." Son regard devint plus distant. "Oh," souffla Severus, "il �tait <emphasis>particuli�rement</emphasis> fourbe..."</p><p>Harry Potter resta assis un long moment.</p><p>Puis...</p><p>"Non," dit Harry. Le gar�on secoua la t�te. "Non, �a ne peut pas �tre <emphasis>vraiment</emphasis> vrai. D'abord, il s'agit du genre de puzzle logique qu'on trouverait au <emphasis>premier </emphasis>chapitre d'un livre de Raymond Smullyan, bien <emphasis>loin</emphasis> du niveau auquel les scientifiques moldus travaillent au quotidien. Et ensuite, pour ce que j'en sais, le Seigneur des T�n�bres a pu mettre cinq mois de r�flexion � trouver ce puzzle que je viens de r�soudre en cinq secondes..."</p><p>"Vous est-il <emphasis>si</emphasis> inconcevable que cela, Potter, que quiconque puisse �tre aussi intelligent que vous ?" la voix du ma�tre des potions contenait plus de curiosit� que de d�dain.</p><p>"C'est ce qu'on appelle une probabilit� � priori, professeur Rogue. Les observations sont tout autant compatibles avec un Seigneur des T�n�bres inventant le puzzle sur une p�riode de cinq mois qu'en moins de cinq secondes, mais dans toute population il y aura bien plus de gens capables de le faire en cinq mois qu'en cinq secondes..." Harry se plaqua une main sur le front. "Bon sang, comment j'explique �a ? J'imagine que de votre point de vue, le Seigneur des T�n�bres a invent� un puzzle astucieusement, que je l'ai astucieusement r�solu et que �a nous donne l'air d'�tre <emphasis>�gaux</emphasis>."</p><p>"Je me souviens de votre premier jour en cours de potions," dit s�chement le ma�tre des potions. "Je pense que vous avez encore du chemin � parcourir."</p><p>"Paix, Severus," dit Albus. "Harry a d�j� accompli plus que tu ne sais. Pourtant, Harry, dis-moi... <emphasis>pourquoi</emphasis> penses-tu que le Seigneur des T�n�bres t'est inf�rieur ? Il est certainement une �me bris�e de bien des fa�ons. Mais ruse contre ruse... je dirais que tu n'es pas encore pr�t � lui faire face ; et je connais tous tes accomplissements."</p><empty-line/><p>Ce qui �tait frustrant, dans cette conversation, c'�tait que Harry ne <emphasis>pouvait pas dire les v�ritables raisons pour lesquelles il n'�tait pas d'accord</emphasis>, ce qui violait plusieurs principes de base du dialogue coop�ratif.</p><p>Il ne pouvait pas expliquer comment Bellatrix Black avait vraiment �t� tir�e d'Azkaban � pas par Vous-Savez-Qui sous quelque d�guisement mais par l'intelligence combin�e de Harry et du professeur Quirrell.</p><p>Harry ne voulait pas dire face au professeur McGonagall que l'existence des dommages c�r�braux signifiait que les �mes n'existaient pas. Ce qui rendait la r�ussite d'un rituel d'immortalit�... eh bien, pas <emphasis>impossible</emphasis>, Harry comptait certainement tracer <emphasis>un jour </emphasis>une route vers l'immortalit� magique, mais ce serait <emphasis>beaucoup plus difficile</emphasis> et demanderait <emphasis>beaucoup plus d'ing�niosit� </emphasis>que de juste lier une �me d�j� existante � un phylact�re de liche. Ce qu'aucun sorcier intelligent et ayant connaissance de l'immortalit� des �mes ne ferait en premier lieu.</p><p>Et la v�ritable, l'honn�te raison pour laquelle Harry savait que le Seigneur des T�n�bres ne pouvait avoir �t� si malin... eh bien... il n'y avait aucune fa�on polie de le dire mais...</p><p>Harry avait <emphasis>�t�</emphasis> au Magenmagot. Il avait <emphasis>vu</emphasis> les risibles 'pr�cautions de s�curit�', si on pouvait les appeler ainsi, qui gardaient les plus profonds niveau du minist�re de la Magie. Ils n'avaient m�me pas la cascade des voleurs utilis�e � Gringotts pour effacer le Polynectar et les Imperiums lanc�s sur les visiteurs. La m�thode de prise de pouvoir �vidente serait de lancer un Imperium sur le ministre de la magie ainsi que quelques chefs de d�partements et d'envoyer une grenade par chouette � ceux trop puissants pour tomber sous le coup d'un Imperium. Ou de les assommer en leur exp�diant du gaz par chouette si on voulait les maintenir en vie, sous l'effet d'un philtre de mort vivante, afin de prendre leurs cheveux pour des potions de Polynectar. L�gilimancie, faux souvenirs, le sortil�ge de confusion... c'�tait ridicule, le monde magique �tait <emphasis>supersatur�</emphasis> de moyens de tricher. Harry ne ferait peut-�tre aucune de ces choses lorsqu'il prendrait le contr�le de l'Angleterre � cause de contraintes �thiques... enfin, Harry ferait <emphasis>peut-�tre</emphasis> certaines des choses moins graves, puisqu'un peu de Polynectar, une confusion temporaire et une L�gilimancie en lecture seule valaient toutes mieux qu'une journ�e de plus � Azkaban... mais...</p><p>Si Harry n'avait pas �t� restreint par son �thique, il aurait potentiellement pu exterminer les pires sections du Magenmagot ce jour-l� ; seul, en utilisant seulement les pouvoirs magique d'un �l�ve en premi�re ann�e, juste en ayant �t� assez malin pour comprendre les D�traqueurs. M�me s'il ne se serait peut-�tre pas ensuite retrouv� dans une excellente position politique : les membres survivants du Magenmagot auraient pu trouver facile et exp�dient de d�savouer ses actes et de le condamner pour redorer leur image, et ce m�me si les plus intelligents auraient compris que �a avait �t� pour le plus grand bien... mais <emphasis>quand m�me</emphasis>.</p><p>Si on �tait enti�rement lib�r� de toute �thique, arm� des anciens secrets de Salazar Serpentard, suivi de dizaines d'adeptes, y compris Lucius Malfoy, et qu'on mettait plus de dix ans � <emphasis>�chouer</emphasis> � renverser le gouvernement d'Angleterre magique, cela voulait dire qu'on �tait stupide.</p><p>"Comment puis-je le formuler..." dit Harry. "�coutez, M. le directeur, vous avez une �thique, il y a de nombreuses tactiques de combat que vous n'utilisez pas parce que vous n'�tes pas mal�fique. Et vous avez combattu le Seigneur des T�n�bres, un sorcier extraordinairement puissant qui n'avait pas de telles restrictions, et vous l'avez <emphasis>quand m�me</emphasis> repouss� ; Si Vous-Savez-Qui avait �t� super-intelligent <emphasis>en plus de �a</emphasis>, vous seriez <emphasis>morts</emphasis>. <emphasis>Tous</emphasis>. Vous seriez morts <emphasis>instantan�ment...</emphasis>"</p><p>"Harry," dit le professeur McGonagall. Sa voix �tait haletante. "Harry, nous <emphasis>avons</emphasis> tous failli mourir. Plus de la moiti� de l'Ordre du Ph�nix est mort. Sans Albus � Albus Dumbledore, le plus grand sorcier en deux si�cles, Harry... nous aurions s�rement p�ri."</p><p>Harry se passa une main sur le front. "Je suis d�sol�," dit-il. "Je n'essaie pas de minimiser ce que vous avez travers�. Je sais que Vous-Savez-Qui �tait compl�tement mauvais, que c'�tait un mage noir incroyablement puissant avec des dizaines d'adeptes, et que les choses allaient... mal, oui, certainement tr�s mal. C'est seulement que..." <emphasis>Tout cela est prodigieusement moins mena�ant qu'un ennemi intelligent, car un tel ennemi m�tamorphose de la toxine botulique et en glisse un millioni�me de gramme dans votre tasse de th�.</emphasis> Y avait-il un moyen sans risque de faire passer ce concept sans citer d'exemple pr�cis ? Harry ne pouvait en trouver aucun.</p><p>"S'il te pla�t, Harry," dit le professeur McGonagall. "S'il te pla�t, Harry, je t'en supplie � <emphasis>prends le Seigneur des T�n�bres au s�rieux !</emphasis> Il est plus dangereux que..." la vieille sorci�re semblait avoir du mal � trouver ses mots. "Il est <emphasis>bien</emphasis> plus dangereux que la m�tamorphose."</p><p>Les sourcils de Harry s'�lev�rent avant qu'il puisse s'en emp�cher. Un sombre gloussement s'�chappa de Severus Rogue.</p><p><emphasis>Euh, </emphasis>dit la voix Serdaigle int�rieure. <emphasis>Euh, honn�tement, le professeur McGonagall a raison : nous ne prenons pas �a autant au s�rieux que s'il s'agissait un probl�me scientifique. La difficult� consiste � r�agir </emphasis>tout court <emphasis>face � de nouvelles informations et de ne pas se contenter de les balancer par la fen�tre. Pour l'instant on dirait que nous n'avons pas </emphasis>du tout <emphasis>modifi� nos croyances apr�s avoir rencontr� un argument � la fois important et inattendu. Si nous avons initialement rejet� l'id�e que Lord Voldemort est une menace s�rieuse, c'est parce que la Marque des T�n�bres semblait clairement stupide. Il faudrait faire un effort et se concentrer pour revenir en arri�re et remettre en cause l'int�gralit� du raisonnement que nous avons suivi en nous basant sur cette assomption fausse, ce que nous ne sommes </emphasis>pas <emphasis>en train de faire.</emphasis></p><p>"Tr�s bien," dit Harry alors que le professeur McGonagall semblait s'appr�ter � parler de nouveau . "Tr�s bien, pour prendre cela au s�rieux je dois r�fl�chir cinq minutes."</p><p>"Je t'en prie," dit Albus Dumbledore.</p><p>Harry ferma les yeux.</p><p>Son c�t� Serdaigle se divisa en trois.</p><p><emphasis>Estimation probabiliste, </emphasis>dit Serdaigle Un qui jouait le r�le du mod�rateur. <emphasis>Le Seigneur des T�n�bres est en vie, aussi intelligent que nous, et c'est donc une vraie menace.</emphasis></p><p><emphasis>Pourquoi tous ses ennemis ne sont-ils pas d�j� morts ? </emphasis>Dit Serdaigle Deux, qui menait la charge.</p><p><emphasis>Remarque, </emphasis>dit Serdaigle Un, <emphasis>que nous avons d�j� pens� � cet argument et que nous ne pouvons donc pas l'utiliser </emphasis>une fois de plus <emphasis>pour modifier nos croyances.</emphasis></p><p><emphasis>Mais o� est la faille dans cette logique ? </emphasis>Dit Serdaigle Deux. <emphasis>Dans des mondes avec un Voldemort intelligent, tous les membres de l'Ordre du Ph�nix sont morts au cours des cinq premi�res minutes de la guerre. Le monde ne ressemble pas � �a, donc nous ne vivons pas dans un tel monde. CQFD.</emphasis></p><p><emphasis>En sommes-nous vraiment certains ? </emphasis>Demanda Serdaigle Trois, qui avait re�u le r�le du d�fenseur. <emphasis>Peut-�tre Lord Voldemort avait-il une raison de ne </emphasis>pas <emphasis>se donner � fond � cette �poque...</emphasis></p><p><emphasis>Comme quoi ? e</emphasis>xigea Serdaigle Deux. <emphasis>En plus, quelle que soit ton excuse, j'exige que la probabilit� de l'hypoth�se soit p�nalis�e proportionnellement � sa complexit� additionnelle...</emphasis></p><p><emphasis>Laisse Trois parler, </emphasis>dit Serdaigle Un.</p><p><emphasis>D'accord... �coutez, </emphasis>dit Serdaigle Trois. <emphasis>D'abord nous ne </emphasis>savons <emphasis>pas si n'importe qui peut s'emparer du minist�re juste par manipulation mentale. Peut-�tre l'Angleterre Magique est-elle vraiment une oligarchie et peut-�tre qu'il est vraiment n�cessaire d'avoir assez de puissance militaire pour intimider les dirigeants des familles et les faire se soumettre...</emphasis></p><p><emphasis>Lance Imperium sur eux aussi, </emphasis>intervint Serdaigle Deux.</p><p>�<emphasis>et les Oligarques ont une Cascade du Voleur sur le pas de </emphasis>leur <emphasis>porte...</emphasis></p><p><emphasis>P�nalit� de complexit� ! </emphasis>S'�cria Serdaigle Deux. <emphasis>Toujours plus d'�picycles !</emphasis></p><p><emphasis>...oh, sois raisonnable, </emphasis>dit Serdaigle Trois. <emphasis>Nous n'avons encore jamais </emphasis>vu<emphasis> quelqu'un s'emparer du minist�re � l'aide de quelques Imp�riums bien plac�s. Nous ne </emphasis>savons <emphasis>pas si c'est vraiment aussi simple que �a.</emphasis></p><p><emphasis>Mais, </emphasis>dit Serdaigle Deux<emphasis>, m�me en prenant cela en compte... j'ai vraiment l'impression qu'il aurait eu d'autres moyens. Dix ans d'�chec, vraiment ? En utilisant seulement des tactiques terroristes conventionnelles ? Ce n'est... ce n'est m�me pas faire un effort.</emphasis></p><p><emphasis>Peut-�tre que Voldemort avait des id�es plus cr�atives, </emphasis>r�pondit Serdaigle Trois, <emphasis>mais qu'il ne voulait pas r�v�ler sa main aux gouvernements des </emphasis>autres <emphasis>pays, qu'il ne voulait pas qu'</emphasis>eux <emphasis>d�couvrent � quel point ils �taient vuln�rables et installent des Cascades du Voleur dans </emphasis>leur<emphasis> Minist�re. Pas avant d'avoir l'Angleterre comme base et assez de serviteurs pour subvertir </emphasis>tous<emphasis> les autres gouvernements importants en m�me temps.</emphasis></p><p><emphasis>Tu pars du principe qu'il voulait conqu�rir le monde, </emphasis>remarqua Serdaigle Deux.</p><p><emphasis>Trelawney a proph�tis� qu'il serait notre �gal, </emphasis>entonna Serdaigle Trois d'un ton solennel. <emphasis>Par cons�quent, il voulait conqu�rir le monde.</emphasis></p><p><emphasis>Et s'il est ton �gal, et que tu dois le combattre...</emphasis></p><p>L'espace d'un instant l'esprit de Harry tenta d'imaginer le spectre de deux sorciers <emphasis>cr�atifs</emphasis> engag�s dans une guerre sans merci l'un contre l'autre.</p><p>Harry avait remarqu� que tous les sortil�ges et toutes les potions de son livre de premi�re ann�e pouvaient �tre utilis�s de fa�on cr�ative dans le but de tuer des gens. Il n'avait pas pu s'en emp�cher. Au sens propre. Il avait <emphasis>essay�</emphasis> d'emp�cher son cerveau de le faire � chaque fois mais �a avait �t� comme de regarder un poisson et d'essayer d'emp�cher son cerveau de remarquer que c'�tait un poisson. Ce qu'il �tait possible de faire avec de la cr�ativit� et un niveau de septi�me ann�e, ou un niveau d'Auror, ou d'anciennes magies perdues telles que celles que Lord Voldemort avait poss�d�es... rien qu'y penser �tait insupportable. Un psychopathe g�nial, cr�atif et dot� de pouvoirs magiques n'�tait pas une 'menace', c'�tait la fin d'une esp�ce.</p><p>Puis Harry secoua la t�te et rejeta la lugubre trajectoire le long de laquelle son raisonnement l'avait men�e. La question �tait de savoir s'il avait de fortes chances de faire face � la terreur que serait un Rationaliste Obscur.</p><p><emphasis>La probabilit� � priori qu'une personne s'essayant � un rituel d'immortalit� y parvienne vraiment...</emphasis></p><p>Estimables � une chance sur mille, et c'�tait une estimation g�n�reuse ; un sorcier sur mille ne survivait d'ailleurs pas � sa mort, m�me si Harry se devait d'admettre qu'il n'avait aucune information sur la proportion qui s'�tait essay�e � des rituels d'immortalit�.</p><p><emphasis>Et si le Seigneur des T�n�bres est aussi intelligent que nous ? </emphasis>Dit Serdaigle Trois. <emphasis>Tu sais, notre </emphasis>�gal<emphasis> comme Trelawney l'a proph�tis�. Dans ce cas il se </emphasis>d�brouillerait <emphasis>pour que son rituel fonctionne. P.S. N'oublie pas la partie '...d�truire l'autre, n'en laissant presque rien'.</emphasis></p><p>N�cessiter ce niveau d'intelligence constituait un d�tail de poids : la probabilit� � priori qu'un membre de la population choisi au hasard soit intelligent �tait basse...</p><p>Mais Lord Voldemort n'�tait pas un sorcier choisi au hasard, c'�tait un sorcier en particulier, que tout le monde avait remarqu�. Le puzzle de la Marque des T�n�bres requ�rait un niveau d'intelligence minimal, m�me en ayant (hypoth�tiquement) mis longtemps � l'inventer. Mais quand m�me, dans le monde moldu, toutes les personnes extr�mement intelligentes que Harry connaissait par l'Histoire n'�taient <emphasis>pas</emphasis> devenues de m�chants dictateurs ou des terroristes. Ceux qui s'en approchait le plus, dans le monde moldu, �taient les gestionnaires de fonds sp�culatifs, et aucun <emphasis>d'eux</emphasis> n'avait essay� de s'emparer ne serait-ce que d'un pays du tiers monde, ce qui imposait une borne sup�rieure autant � leur m�chancet� qu'� leur bont� maximales.</p><p>Sous certaines hypoth�ses, le Seigneur des T�n�bres �tait intelligent et l'Ordre du Ph�nix n'�tait <emphasis>pas </emphasis>mort instantan�ment, mais ces hypoth�ses �taient plus complexes et se devaient de recevoir une p�nalit� de complexit�. Apr�s que ces p�nalit�s et autres excuses aient �t� int�gr�es, on se retrouvait avec un �cart tr�s �lev�s entre la vraisemblance des hypoth�ses 'Le Seigneur des T�n�bres est intelligent' et 'Le Seigneur des T�n�bres est stupide' vis � vis de l'observation 'Le Seigneur des T�n�bres n'a pas instantan�ment gagn� la guerre'. Probablement un rapport de vraisemblance de 10 contre 1 en faveur de la stupidit� du Seigneur des T�n�bres... mais peut-�tre pas 100 contre 1. On ne pouvait tout � fait dire que 'Le Seigneur des T�n�bres gagne instantan�ment' avait une probabilit� <emphasis>sup�rieure</emphasis> � 99% en pr�supposant son intelligence ; la somme de toutes les excuses possibles d�passait 0,01.</p><p>Et il y avait la proph�tie... qui avait peut-�tre <emphasis>initialement </emphasis>contenu un passage disant que le Seigneur des T�n�bres mourrait <emphasis>imm�diatement </emphasis>s'il se confrontait aux Potters. Qu'Albus Dumbledore aurait ensuite �t� de la m�moire de McGonagall afin de mener le Seigneur des T�n�bres � sa perte. Si un tel passage n'existait <emphasis>pas</emphasis>, la proph�tie avait <emphasis>plus ou moins </emphasis>l'air de dire que Vous-Savez-Qui et le Survivant �taient destin�s � avoir quelque confrontation ult�rieure. Mais dans <emphasis>ce</emphasis> cas, il �tait moins probable que Dumbledore ait invent� une excuse plausible pour ne pas avoir � emmener Harry � la salle des proph�ties.</p><p>Harry se demandait s'il �tait possible de tirer des calculs Bay�siens de tout ceci. Bien s�r, l'objectif d'un calcul Bay�sien subjectif n'�tait pas, apr�s avoir invent� plein de nombres et de les avoir multipli�s, d'obtenir exactement la bonne r�ponse. Le v�ritable objectif �tait <emphasis>l'acte</emphasis> d'inventer les nombres, de se forcer � prendre en compte tous les faits importants et de soupeser toutes les probabilit�s entre elles. C'�tait par exemple de se rendre compte, juste apr�s avoir vraiment <emphasis>pens�</emphasis> � la probabilit� de voir la Marque ne pas s'effacer <emphasis>apr�s</emphasis> la mort de Vous-Savez-Qui, que cette probabilit� n'�tait pas assez basse pour constituer un indice important. L'une des versions du proc�d� consistait � analyser toutes les hypoth�ses, � faire la liste des indices, � inventer tous les nombres, � faire les calculs, puis � jeter la r�ponse par la fen�tre et � suivre son instinct <emphasis>maintenant</emphasis> que l'on s'�tait forc� � vraiment tout <emphasis>prendre en compte</emphasis>. Le probl�me �tait que les probabilit�s des indices n'�taient pas ind�pendantes entre elles et que plusieurs �l�ments sous-jacents interagissaient les uns avec les autres...</p><p>...enfin, au moins, <emphasis>une chose</emphasis> �tait certaine.</p><p>Si les calculs �taient faisables, il lui faudrait du papier et un crayon.</p><p>Dans le feu situ� sur un mur du bureau du directeur, les flammes s'embras�rent soudain et pass�rent de l'orange � un vert vif bilieux.</p><p>"Ah !" dit le professeur McGonagall au milieu de ce non-silence g�n�. "Je crois que c'est Maugrey Fol �il."</p><p>"Laissons ce probl�me reposer pour le moment," dit le directeur avec quelque soulagement alors qu'il se tournait pour regarder la chemin�e. "Je crois aussi que nous sommes sur le point d'apprendre des nouvelles le concernant."</p><empty-line/><p><emphasis>Hypoth�se : Hermione Granger</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>(8 avril 1992, 18h53)</emphasis></p><empty-line/><p>Pendant ce temps, dans la grande salle de Poudlard, alors que les �l�ves n'ayant pas de r�union secr�te avec le directeur s'occupaient de d�ner, assis � quatre �normes tables...</p><p>"C'est dr�le," dit Dean Thomas d'un ton pensif. "Je n'ai pas cru le g�n�ral quand il nous a dit que ce que nous avions appris nous changerait pour toujours, que nous ne pourrions jamais revenir � une vie normale. Maintenant que nous savions. Maintenant que nous pouvions voir ce qu'<emphasis>il</emphasis> pouvait voir."</p><p>"Je sais !" dit Seamus Finnigan. "Je pensais aussi que c'�tait une blague ! Un peu... comme tout ce que le g�n�ral Chaos dit."</p><p>"Mais maintenant..." dit tristement Dean. "On ne peut <emphasis>pas</emphasis> revenir en arri�re, hein ? Ce serait comme de retourner � l'�cole moldue apr�s avoir �t� � Poudlard. On doit juste... on doit juste tous rester ensembles. C'est tout ce qu'on peut faire, sinon on deviendra fous."</p><p>Seamus Finnigan, � c�t� de lui, se contenta de hocher silencieusement la t�te et de prendre une autre bouch�e de gnuvage.</p><p>Autour d'eux, les conversations de la table Gryffondor continuaient. Elles n'�taient pas aussi <emphasis>opini�tres</emphasis> que la veille, mais ici et l� le sujet refaisait surface.</p><p>"Ben il doit y avoir eu une <emphasis>sorte</emphasis> de triangle amoureux," dit une sorci�re en deuxi�me ann�e nomm�e Samantha Crowley (elle ne r�pondait jamais quand on lui demandait s'il y avait un rapport). "La question est de savoir ce qui se passait avant que tout d�raille. Qui �tait amoureux de qui � si cette personne aimait en retour � je ne sais pas <emphasis>combien</emphasis> il y a de possibilit�s..."</p><p>"Soixante-quatre," dit Sarah Varyabil, une beaut� en pleine floraison qui aurait d� �tre r�partie � Serdaigle ou � Poufsouffle. "Non, attends, c'est faux. Enfin si personne n'aime Malfoy et que Malfoy n'aime personne alors il ne fait pas vraiment partie du triangle amoureux... je vais avoir besoin d'Arithmancie, est-ce que vous pourriez attendre deux minutes ?"</p><p>"C'est tellement <emphasis>triste</emphasis>," dit Sherice Ngaserin dont les yeux �taient r�ellement larmoyants. "Ils �taient juste... ils �taient si <emphasis>�videmment</emphasis> destin�s � finir ensembles !"</p><p>"Tu veux dire Potter et Malfoy ?" dit un �l�ve en deuxi�me ann�e du nom de Colleen Johnson. "Je sais � leurs familles se ha�ssaient tellement, il ne pouvaient pas ne <emphasis>pas</emphasis> tomber amoureux..."</p><p>"Non, je veux dire les trois," dit Sherice.</p><p>Ce qui provoqua un bref silence au sein du groupe. Dean Thomas s'�trangla discr�tement sur sa limonade et essaya de ne faire aucun bruit alors lorsqu'elle coula de sa bouche et inonda sa chemise.</p><p>"<emphasis>Wow,</emphasis>" dit une sorci�re aux cheveux noirs du nom de Nancy Hua. "C'est vraiment... <emphasis>sophistiqu�</emphasis> de ta part, Sherice."</p><p>"�coutez-moi tous, on doit rester r�alistes," dit Eloise Rosen, une grande sorci�re qui avait �t� g�n�rale et parlait donc avec un air d'autorit�. "On <emphasis>sait</emphasis> � parce qu'elle l'a embrass� � que Granger �tait amoureuse de Harry Potter. Donc la seule raison pour laquelle elle essaierait de tuer Malfoy serait parce qu'elle saurait qu'il gagnait les faveurs de Potter. Pas besoin de rendre tout �a compliqu� � vous vous comportez tous comme si c'�tait une pi�ce de th��tre, et pas la vraie vie !"</p><p>"Mais m�me si Granger �tait amoureuse, c'est quand m�me dr�le qu'elle ait juste <emphasis>craqu�</emphasis> comme �a," dit Chlo�, que ses robes noires alli�es � sa peau couleur d'encre faisaient ressembler � une sombre silhouette. "Je ne sais pas... je pense qu'il y a plus qu'un roman d'amour qui a mal tourn� derri�re tout �a. Je pense que la plupart des gens n'ont peut-�tre aucune id�e de ce qui se passe r�ellement."</p><p>"<emphasis>Oui ! Merci !</emphasis>" s'�cria Dean Thomas. "�coutez � vous ne comprenez pas � comme Harry Potter nous l'a <emphasis>dit</emphasis> � tous � que si vous n'aviez pas <emphasis>pr�vu</emphasis> que quelque chose allait se produire, et que cette chose vous a enti�rement surpris, alors ce que vous croyiez �tre vrai au moment o� vous ne l'aviez <emphasis>pas</emphasis> pr�vue ne suffit pas � expliquer..." la voix de Dean resta en suspens lorsqu'il comprit que personne ne l'�coutait. "C'est <emphasis>sans espoir</emphasis>, c'est �a ?"</p><p>"Tu ne t'en �tais pas encore rendu compte ?" dit Lavande Brown, assise � la table en face de ses deux anciens partenaires chaotiques. "Comment t'as fait pour devenir Lieutenant ?"</p><p>"Oh, taisez-vous tous les deux !" �ructa Sherice � leur intention. "C'est �vident que vous les voulez tous les trois rien que pour vous deux !"</p><p>"Je suis s�rieuse !" dit Chlo�. "Et si ce qui se passe est <emphasis>vraiment</emphasis> diff�rent des... vous savez, des choses <emphasis>normales</emphasis> dont parlent les gens <emphasis>ordinaires</emphasis> ? Et si quelqu'un avait... <emphasis>forc� </emphasis>Granger � faire ce qu'elle a fait, exactement comme Potter a essay� d'en convaincre tout le monde ?"</p><p>"Je pense que Chlo� a raison," dit un sorcier � l'air �tranger qui se pr�sentait toujours sous le nom d'Adrian Turnipseed, m�me si ses parents l'avaient en fait appel� Mad Drongo. "Je pense que pendant tout ce temps il y a eu..." Adrian baissa la voix et prit un air sinistre, "...une <emphasis>main dissimul�e</emphasis>..." Adrian �leva � nouveau la voix, "derri�re tout ce qui s'est pass�. Une personne derri�re <emphasis>tout</emphasis>, depuis le d�but. Et je ne parle pas du professeur Rogue."</p><p>"Tu ne veux pas dire..." s'�trangla Sarah.</p><p>"Si," dit Adrian. "Le v�ritable auteur de tout ceci est... <emphasis>Tracey Davis !</emphasis>"</p><p>"C'est ce que je pense aussi," dit Chlo�. "Apr�s tout..." elle regarda rapidement autour d'elle. "Depuis cette affaire avec les brutes et le plafond... m�me les arbres dans la for�t autour de Poudlard ont l'air de <emphasis>trembler</emphasis>, comme s'ils avaient <emphasis>peur...</emphasis>"</p><p>Seamus Finnigan fron�ait les sourcils d'un air pensif. "Je pense que je vois d'o� Harry tire son... <emphasis>tu sais quoi</emphasis>..." acheva-t-il en abaissant sa voix afin que seuls Lavande et Dean puissent entendre.</p><p>"Oh, je vois carr�ment ce que tu veux dire," dit Lavande. Elle ne se fatigua pas � baisser la voix. "c'est � se demander comment il a fait pour ne pas craquer et juste tuer tout le monde il y a des <emphasis>lustres</emphasis>."</p><p>"Personnellement," dit Dean d'une voix tout aussi basse, "je trouve que ce qui est vraiment effrayant c'est que... �a aurait pu �tre <emphasis>nous</emphasis>."</p><p>"Ouais," dit Lavande. "Heureusement que <emphasis>nous</emphasis> sommes tous parfaitement sains d'esprit."</p><p>Dean et Seamus hoch�rent solennellement la t�te.</p><empty-line/><p><emphasis>Hypoth�se : G.L.</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>(8 avril 1992, 20h08)</emphasis></p><empty-line/><p>Le feu de cheminette du bureau du directeur flamboya d'un vert p�le �tincelant et le feu se concentra en une tornade d'�meraudes avant de s'embraser encore plus et de recracher une silhouette humaine dans les airs...</p><p>Il y eut le flou d'un mouvement lorsque la silhouette aux contours de plus en plus pr�cis sortit sa baguette et pivota avec gr�ce dans l'encha�nement du mouvement pr�c�dent, � la mani�re d'un pas de ballet, de fa�on � ce que son champ de tir d�crive un cercle de 360 degr�s, � ce qu'il recouvre la pi�ce enti�re ; puis tout aussi abruptement, la silhouette se figea.</p><p>D�s l'instant o� Harry vit cet homme, et avant d'apercevoir l'�il, il remarqua les cicatrices sur ses mains et son visage, comme s'il avait �t� br�l� et coup� sur toute la surface de son corps ; pourtant, ses mains et son visage �taient les seules parties � nu. Le reste du corps de l'homme �tait dissimul�, saisit non pas dans des robes mais dans un cuir qui ressemblait plus � une armure qu'� des v�tements ; du cuir gris sombre assorti � ses cheveux gris en bataille.</p><p>Le syst�me de traitement visuel de Harry lui permit ensuite de percevoir l'�il bleu brillant situ� sur le c�t� droit du visage de l'homme.</p><p>Une partie de l'esprit de Harry comprit que la personne que le professeur McGonagall avait appel� 'Maugrey Fol �il' �tait la m�me que celle que Dumbledore avait appel� 'Alastor' dans le souvenir qu'il lui avait montr� ; une image d'avant l'�v�nement qui avait marqu� de cicatrices chaque centim�tre carr� du corps de l'homme et pris un morceau de son nez...</p><p>Et une autre partie de son esprit remarqua la secousse d'adr�naline. Harry avait sorti sa baguette par pur r�flexe lorsque l'homme avait pivot� hors de la chemin�e de cette fa�on particuli�re, il y avait eu quelque chose qui signifiait <emphasis>embuscade</emphasis> et la main de Harry avait d�j� commenc� � placer sa baguette en position de <emphasis>Somnium</emphasis> avant qu'il ne puisse s'en emp�cher. M�me maintenant, l'homme en armure tenait sa baguette braqu�e, pas en direction de quelqu'un en particulier mais en couvrant toute la pi�ce, et cette baguette �tait toujours parfaitement align�e avec ses yeux, comme un soldat qui aurait vis� avec une arme. Il y avait du danger dans sa posture et dans la position de ses bottes, du danger dans l'armure de cuir qu'il portait et du danger dans cet �il bleu �tincelant.</p><p>Lorsque l'homme balafr� parla � l'adresse du directeur et sa voix �tait coupante. "J'imagine que tu crois que la pi�ce est s�curis�e ?"</p><p>"Il n'y a que des amis ici," dit Dumbledore.</p><p>La t�te de l'homme s'orienta rapidement vers Harry. "Y compris <emphasis>lui</emphasis> ?"</p><p>"Si Harry Potter n'est pas notre ami," dit Dumbledore d'un ton grave, "alors nous sommes tous certainement perdus ; autant donc supposer qu'il l'est."</p><p>La baguette de l'homme demeura braqu�e, pas tout � fait vers Harry. "Le gar�on a failli me tirer dessus � l'instant."</p><p>"Euh..." dit Harry. Il remarqua que sa main �tait toujours serr�e autour de sa baguette et la relaxa avec un effort conscient avant de la ramener contre son flanc. "Pardon, vous aviez l'air un peu... pr�t au combat."</p><p>La baguette de l'homme balafr� s'�carta l�g�rement de sa position pr�c�dente, o� elle avait �t� presque braqu�e vers Harry, mais il ne l'abaissa pas, et laissa �chapper un court aboiement en guise de rire. "Vigilance constante, hein, mon gars ?" dit l'homme.</p><p>"Ce n'est pas de la parano�a s'ils en ont vraiment apr�s votre peau," dit Harry en r�citant le proverbe.</p><p>L'homme fit pleinement face � Harry ; et si tent� que ce dernier puisse lire quelque expression que ce soit sur le visage balafr�, l'homme avait maintenant l'air <emphasis>int�ress�</emphasis>.</p><p>Les yeux de Dumbledore avaient regagn� une partie du scintillement qu'ils avaient eu avant l'�vasion d'Azkaban, un sourire sous sa moustache d'argent, comme si ce dernier n'�tait jamais parti. "Harry, voici Alastor Maugrey, aussi appel� Fol �il, qui dirigera l'Ordre du Ph�nix apr�s moi ; si jamais quelque chose devait m'arriver, bien s�r. Alastor, voici Harry Potter. J'ai les plus grands espoirs de vous voir vous entendre <emphasis>� merveille</emphasis>."</p><p>"J'ai beaucoup entendu parler de toi, gar�on," dit Maugrey Fol �il. Son �il noir naturel demeura fix� sur Harry et le point de bleu �tincelant pivota fr�n�tiquement et sembla faire un tour complet dans son orbite. "Pas que du bon. Entendu dire qu'ils t'appellent l'�pouve-d�traqueur au d�partement."</p><p>Apr�s r�flexion, Harry d�cida de r�pondre d'un sourire entendu.</p><p>"Comme t'as fait ce coup-l�, petit ?" dit l'homme d'une voix douce. Son �il bleu �tait maintenant lui aussi fix� sur Harry. "J'ai eu une petite discussion avec l'une des Aurors qui escortaient le D�traqueur depuis Azkaban. Beth Martin a dit qu'il �tait venu droit de la fosse et que personne ne lui avait donn� d'instruction particuli�re en chemin. Bien s�r, elle pourrait mentir."</p><p>"Je n'ai utilis� aucune astuce cette fois," dit Harry. "J'y ai juste �t� � la dure. Bien s�r, je pourrais aussi mentir."</p><p>Dumbledore �tait renvers� dans sa chaise et gloussait � l'arri�re plan, comme s'il n'�tait qu'un autre des appareils de son bureau et que c'�tait l� le son qu'il faisait.</p><p>L'homme balafr� se tourna vers le directeur mais sa baguette demeura point�e vers le bas et plus ou moins vers Harry. Lorsqu'il parla, sa voix �tait brusque, terre-�-terre. "J'ai une piste sur un h�te r�cent de Voldie. Tu es certain que son ombre est � Poudlard en ce moment ?"</p><p>"Pas <emphasis>certain</emphasis>..." commen�a Dumbledore.</p><p>"<emphasis>Pardon</emphasis> ?" interrompit Harry. Apr�s avoir quasiment conclut que le Seigneur des T�n�bres n'existait pas, c'�tait un choc d'en entendre parler d'un ton aussi nonchalant.</p><p>"L'h�te de Voldie," dit s�chement Maugrey. "Celui qu'il poss�dait avant de s'emparer de Granger."</p><p>"Si les histoires sont vraies," dit Dumbledore, "il existe un instrument de pouvoir qui lie l'ombre de Voldemort � ce monde ; et par ce moyen il est en mesure de n�gocier avec des h�tes potentiel pour obtenir possession de leur corps et leur conf�rer alors quelque portion de son pouvoir et de son orgueil..."</p><p>"Donc la question �vidente est : 'Qui est devenu trop puissant trop vite ?'", dit soudain Maugrey. "Et il s'av�re qu'il y a un type qui est all� bannir la Banshee de Bandon, qui s'est far�it tout un clan de vampires ren�gats en Asie, qui a pist� le loup-garou de Wagga-Wagga et qui a extermin� une horde de goules avec une passoire � th�. <emphasis>Et</emphasis> il exploite la situation au maximum ; certains parlent de l'Ordre de Merlin. L'air d'�tre devenu un charmeur et un politicien, pas seulement un puissant sorcier."</p><p>"Sapristi," murmura Dumbledore. "Es-tu certain qu'il ne se repose pas sur ses propres capacit�s ?"</p><p>"V�rifi� ses notes," dit Maugrey. "Bulletins montrent que Gilderoy Lockhart a re�u un Troll � son BUSE de D�fense et qu'il ne s'est pas fatigu� � passer l'ASPIC. Exactement le genre de couillon qui accepterait l'offre de Voldie." L'�il tourbillonna follement dans son orbite. "� moins que tu ne te souviennes de Lockhart �l�ve et que tu que penses qu'il avait assez de potentiel pour faire tout �a seul ?"</p><p>"Non," dit le professeur McGonagall. Elle fron�a les sourcils. "Je dois dire que c'est impossible."</p><p>"J'ai peur d'�tre d'accord," dit Dumbledore d'un ton empreint de peine. "Ah, Gilderoy, pauvre idiot..."</p><p>Le sourire de Maugrey ressemblait plut�t � un retroussement de babines. "Trois heures du matin c'est bon pour toi, Albus ? Lockhart devrait �tre chez lui cette nuit."</p><p>Harry avait �cout� cela de plus en plus alarm� et se demandait si le <emphasis>Minist�re</emphasis> avait des r�gles imposant aux magistrats de d�livrer des mandats d'arr�t � sans m�me parler de l'organisation ill�gale de justiciers qu'il semblait maintenant avoir rejoint. "Excusez-moi," dit Harry. "Qu'est-ce qui se passe <emphasis>exactement</emphasis> � trois heures du matin ?"</p><p>Quelque chose dans le ton de sa voix dut vendre la m�che car l'homme balafr� pivota vers lui : "T'as un probl�me avec �a, gar�on ?"</p><p>Harry marqua une pause et essaya de trouver comment formuler sa r�ponse pour cet �tranger...</p><p>"Tu veux le descendre toi-m�me ?" insista l'homme balafr�. "Avoir ta vengeance pour tes parents, hein ?"</p><p>"Non," dit Harry le plus poliment possible. "Honn�tement... �coutez, si on �tait <emphasis>certain</emphasis> qu'il �tait un h�te volontaire de Vous-Savez-Qui, ce serait une chose, mais si on en est pas <emphasis>certain </emphasis>et que vous partez le tuer..."</p><p>"Tuer ?" renifla Maugrey Fol �il. "C'est ce qui est coinc� dans sa t�te," dit Maugrey en se frappant le front "qu'on veut de lui, gar�on. Si on a de la chance, Voldie ne peut pas effacer les souvenirs du couillon aussi facilement que de son vivant et Lockhart se souviendra de l'apparence du Horcruxe."</p><p>Harry nota mentalement le mot <emphasis>Horcruxe</emphasis> pour recherche future et dit : "Je suis juste inquiet � l'id�e qu'un innocent... que quelqu'un qui a l'air plut�t bien, s'il a <emphasis>tout</emphasis> fait lui-m�me... est sur le point de souffrir."</p><p>"Les Aurors font du mal aux gens," r�pondit l'homme balafr� d'un ton sec. "Aux gens mauvais si t'es chanceux. Parfois tu seras pas chanceux, et c'est comme �a. Rappelle toi juste : les mages noirs font du mal � beaucoup plus de gens que nous."</p><p>Harry prit une profonde inspiration. "Pouvez-vous au moins <emphasis>essayer</emphasis> de ne pas faire de mal � cette personne au cas o� elle ne serait <emphasis>pas</emphasis>..."</p><p>"Qu'est-ce qu'un premi�re ann�e fait dans cette pi�ce, Albus ?" demanda l'homme balafr�, faisant maintenant face au directeur. "Et ne me dis pas que c'est � cause de ce qu'il a fait quand il �tait b�b�".</p><p>"Harry Potter n'est pas un �l�ve de premi�re ann�e ordinaire," dit doucement le directeur. "Il a d�j� accompli des prouesses suffisamment impossibles pour me surprendre moi, Alastor. C'est le seul intellect de l'Ordre qui pourrait un jour rivaliser avec celui de Voldemort, ce que ni toi ni moi n'avons jamais pu faire."</p><p>L'homme balafr� se pencha sur le bureau du directeur. "C'est un handicap. Na�f. Ne sait pas une foutue chose de la guerre. Je le veux hors d'ici et tous ses souvenirs de l'Ordre effac�s avant qu'un serviteur de Voldie ne les pioche de son esprit..."</p><p>"� vrai dire, je suis Occlumens."</p><p>Maugrey Fol �il jeta un coup d'�il en coin au directeur, qui hocha la t�te.</p><p>Puis l'homme se tourna pour faire face � Harry et leurs regards se crois�rent.</p><p>Lorsqu'une lame d'acier chauff� � blanc traversa la personne imaginaire situ�e en fa�ade de son esprit, la furie soudaine de l'attaque de L�gilimancie faillit faire tomber Harry de sa chaise. Il n'avait pas eu l'occasion de pratiquer depuis l'entra�nement de M. Bester, et Harry faillit perdre sa prise sur la personne imaginaire qu'une partie de lui pr�tendait �tre lorsque le monde de cette personne devint une lave bouillonnante, une foule furieuse de questions. Il faillit perdre prise sur sa <emphasis>pr�tention</emphasis> d'halluciner, sur sa <emphasis>pr�tention</emphasis> d'�tre la personne imaginaire qui hurlait, secou�e, meurtrie par la L�gilimancie d�chirait sa sant� mentale et la remodelait pour lui faire croire qu'elle �tait en feu...</p><p>Harry parvint � d�tacher son regard de celui de Maugrey et baissa les yeux jusqu'au menton de ce dernier.</p><p>"Tu manques de pratique, gar�on," dit Maugrey. Harry ne regardait pas le visage de l'homme mais la voix de ce dernier �tait mortellement lugubre. "Et je ne te pr�viendrai qu'une fois : Voldie n'est pas comme les autres Legilimens de l'Histoire. Il n'a pas besoin de te regarder dans les yeux et si tes boucliers sont aussi rouill�s il viendra si doucement que tu ne te rendras compte de rien."</p><p>"Bien not�," dit Harry � l'intention du menton recouvert de cicatrices. Il �tait plus secou� qu'il ne l'avait admis. M. Bester avait �t� tr�s loin de ce niveau de puissance et n'avait jamais mis Harry � l'�preuve <emphasis>comme �a</emphasis>. Faire semblait d'�tre quelqu'un qui souffrait � ce point avait �t�... Harry ne pouvait trouver les mots pour d�crire ce que �a faisait de contenir une personne imaginaire qui souffrait autant mais �a n'avait pas �t� <emphasis>normal</emphasis>. "Est-ce j'ai quand m�me du m�rite d'�tre un Occlumens tout court ?"</p><p>"Alors tu penses que t'es d�j� un adulte, hein ? Regarde-moi dans les yeux !"</p><p>Harry renfor�a ses boucliers et regarda une fois de plus dans les yeux gris sombre et bleu �tincelant.</p><p>"D�j� vu quelqu'un mourir ?" demanda Maugrey Fol �il.</p><p>"Mes parents," dit Harry d'un ton neutre. "J'ai retrouv� le souvenir en janvier quand j'ai fait face � un D�traqueur pour apprendre le Patronus. Je me souviens de la voix de Vous-Savez-Qui..." un frisson parcourut le corps de Harry, et sa baguette, dans sa main, eut un bref mouvement convulsif. "Sur le plan strat�gique, mon observation principale est que Vous-Savez-Qui pouvait prononcer le sortil�ge de la mort en moins d'une demi-seconde, mais vous le saviez probablement d�j�."</p><p>Il y eut un hoquet venant du professeur McGonagall et le visage de Severus se contracta.</p><p>"Tr�s bien," dit doucement Maugrey Fol �il. Un �trange, fin sourire tordit les l�vres du visage balafr�. "Je te ferai la m�me offre que je fais � tous mes Aurors en entra�nement. Touche-moi une fois, gar�on � un coup, un sort � et je te conc�derai le droit de me parler sur le ton qui te chante."</p><p>"Alastor !" s'exclama la voix du professeur McGonagall. "Ce test n'est certainement pas raisonnable ! M. Potter, quels que soient ses autres m�rites, n'a pas cent ans d'exp�rience au combat !"</p><p>Les yeux de Harry parcoururent la pi�ce en un �clair, pass�rent sur les �tranges appareils, Dumbledore, Severus et le Choixpeau, s'arr�t�rent bri�vement ici et l�. Harry ne pouvait pas voir le professeur McGonagall de l� o� il �tait mais �a n'avait pas d'importance. Il n'y avait qu'un seul appareil qu'il avait vraiment voulu regarder, et le but de tous les autres regards avait �t� de masquer celui l�.</p><p>"Tr�s bien tr�s bien," dit Harry, et il sauta de sa chaise, ignorant le hoquet du professeur McGonagall et le reniflement incr�dule du ma�tre des potions. Un sourcil de Dumbledore s'�tait soulev� et Maugrey souriait comme un tigre. "Assurez-vous de me r�veiller dans quarante minutes s'il arrive � m'avoir." Harry se pla�a en position de duelliste, sa baguette abaiss�. "Allons-y alors..."</p><empty-line/><p>Harry ouvrit les yeux avec l'impression qu'on lui avait remplit la t�te de coton.</p><p>Tout le monde �tait parti du bureau du directeur, le feu de cheminette �tait faible ; seul Dumbledore attendait derri�re le bureau.</p><p>"Bonjour, Harry," dit doucement le directeur.</p><p>"Je ne l'ai m�me pas vu <emphasis>bouger</emphasis>," s'extasia-t-il tout en sentant ses muscles grincer � mesure qu'il se relevait.</p><p>"Tu te tenais � deux pas d'Alastor Maugrey," dit Dumbledore, "et tes yeux ont quitt� sa baguette."</p><p>Harry hocha la t�te en prenant la Cape d'Invisibilit� de sa bourse. "je veux dire... je prenais la position de duelliste pour qu'il pense que j'�tais l'idiot de base et qu'il me sous-estime mais... je dois admettre que <emphasis>c'�tait</emphasis> impressionnant."</p><p>"Alors tu avais tout pr�vu, Harry ?" dit Dumbledore.</p><p>"Bien s�r," dit Harry. "Remarquez comme je fais �a d�s que je me r�veille au lieu de m'arr�ter pour r�fl�chir."</p><p>Harry passa la Cape au-dessus de sa t�te et leva les yeux vers l'horloge murale qu'il avait subrepticement observ�e plus t�t.</p><p>Elle avait alors indiqu� vingt heures et vingt-trois minutes, et il �tait maintenant vingt et une heures et cinq minutes.</p><empty-line/><p>Minerva regarda le gar�on se mettre en position de duel, baguette baiss�e. Pendant une seconde Minerva se demanda si Harry pourrait... non, c'�tait totalement ridicule, il s'agissait de <emphasis>Maugrey Fol �il </emphasis>et c'�tait plus qu'impossible. Bien s�r, c'�tait aussi ce qu'elle avait pens� de la m�tamorphose partielle...</p><p>"Allons-y alors," dit Harry, puis il tomba par terre.</p><p>Severus eut un unique gloussement. "M. Potter a ses qualit�s, je dois l'admettre," dit le ma�tre des potions. "M�me si je ne le dirais jamais s'il �tait r�veill�, et si vous r�p�tez mes paroles, je les nierai, car l'ego du gar�on est suffisamment grand. M. Potter a ses qualit�s, Maugrey, mais le duel n'en fait pas partie."</p><p>Le gloussement de Maugrey fut plus bas et plus sombre. "Oh oui," dit Maugrey. "Seuls les idiots se battent en duel. Se tenir comme �a et attendre que j'attaque, � <emphasis>quoi</emphasis> pensait-il ? Allons, je dois lui donner une cicatrice pour qu'il n'oublie pas l'occasion..."</p><p>"Alastor !" aboya Albus et au moment o� il cria "Stop !" Severus bondit vers l'avant et Maugrey Fol �il abaissa ostensiblement sa baguette vers le corps de Harry Potter.</p><p>"<emphasis>Stup�fix !</emphasis>"</p><p>Le corps de Maugrey Fol �il sembla presque clignoter lorsqu'il pivota sur son pied de bois aussi vite que l'�clair, plus vite que Minerva avait jamais vu quiconque bouger sans l'aide de magie, et le sortil�ge d'�tourdissement rouge traversa les airs soudain vides, manqua Severus de peu, alla s'�craser sur le mur oppos� et lorsque ses yeux revinrent � Maugrey il y avait dix-sept sph�res irradiantes au rythme de <emphasis>Sagitta Magica</emphasis>, visibles seulement un instant avant de se z�brer de lumi�re et de frapper <emphasis>quelque chose</emphasis> qui tomba au sol avec un bruit sourd...</p><empty-line/><p>"Rebonjour, Harry," dit Dumbledore.</p><p>"Je n'arrive pas � <emphasis>croire</emphasis> que ce type a un temps de r�action pareil," dit Harry en �poussetant sa Cape et en se relevant de l'endroit o� il �tait rest� �tendu et inaper�u de son lui pr�c�dent. "Je n'arrive pas non plus � croire � sa vitesse de d�placement. Je vais devoir trouver un moyen de l'avoir sans prononcer de sortil�ge qui me r�v�lerait..."</p><empty-line/><p>...Et Maugrey Fol �il s'abaissa si vite et si violemment que ses paumes frapp�rent le sol. Elle ne vit presque pas les deux petits fils blancs qui pass�rent l� o� il s'�tait trouv�, mais ses yeux s'orient�rent vers l'�tincelle bleue lorsque les fils heurt�rent l'un des appareils du directeur, et le temps qu'elle parvienne � ramener se yeux vers Fol �il, ce dernier s'�tait �l�gamment remis sur pied, sa baguette dansait si vite qu'elle �tait indistinguable et il y eut un autre bruit sourd...</p><empty-line/><p>"Rebonjour, Harry."</p><p>"Excusez-moi, monsieur le directeur, mais pourriez-vous me laisser descendre vos escaliers puis revenir avant que je fasse mon dernier saut en arri�re ? �a va me prendre plus d'une heure de pr�paration..."</p><empty-line/><p>Minerva demeura bouche b�e devant Maugrey Fol �il, qui n'avait pas le moins du monde abaiss� sa baguette ; et Severus avait quasiment l'air secou�.</p><p>"Alors gar�on ?" dit Maugrey. "Qu'est-ce que t'as d'autre ?"</p><p>La t�te de Harry apparut, flottante dans le vide, et une main invisible rejeta la capuche de sa cape d'invisibilit�.</p><p>"Cet �il," dit Harry Potter. Il y avait une �trange lueur f�roce dans les yeux du gar�on. "Ce n'est pas un appareil ordinaire. Il voit parfaitement � travers ma cape d'invisibilit�. Vous avez �vit� mon taser m�tamorphos� d�s que j'ai commenc� � le brandir, alors que je n'avais prononc� aucune incantation. Et maintenant que je vous ai observ� une fois de plus... vous avez remarqu� tous mes moi revenus dans le pass� � la seconde o� vous �tes arriv� par la cheminette, n'est-ce pas ?"</p><p>Maugrey Fol �il souriait, le m�me sourire carnassier qu'elle l'avait vu avoir lorsqu'ils faisaient face � Voldemort lui-m�me. "Passe cent ans � chasser les mages noirs et tu verras tout," dit Maugrey. "Un jour j'ai arr�t� un jeune japonais qui avait essay� une astuce similaire. Il a d�couvert d'une fa�on d�plaisante que sa technique de clones de l'ombre n'�tait pas � la hauteur de cet �il."</p><p>"Vous voyez dans toutes les directions," dit Harry Potter, cette �trange lueur f�roce toujours dans son regard. "Peu importe l� o� il regarde, il voit tout autour de vous."</p><p>Le sourire de tigre de Maugrey s'�largit. "Il n'y a pas d'autres toi dans cette pi�ce, maintenant," dit Maugrey. "Tu penses que c'est parce que tu abandonneras apr�s cette fois ou parce que tu gagneras ? Envie de parier, gar�on ?"</p><p>"C'est mon dernier essai parce que j'ai d�cid� de mettre mes trois derni�res heures sur ce coup," dit Harry Potter. "Quant � savoir si je gagne..."</p><p>Un flou emplit tout le bureau du directeur. Maugrey Fol �il bondit de c�t� � une vitesse aveuglante, un instant plus tard la t�te de Harry se rejeta en arri�re et il cria "<emphasis>Stuporfix !</emphasis>"</p><p>Trois miroitements d�pass�rent la t�te de Harry au moment o� un tir rouge surgit de l� o� il s'�tait trouv�, un tir qui d�passa Maugrey lorsque ce dernier �vita � nouveau...</p><p>Si elle avait clign� des yeux, elle l'aurait manqu�, le tir rouge marquant un angle � mi-parcours et s'�crasant dans l'oreille de Maugrey.</p><p>Maugrey tomba.</p><p>La t�te flottante de Harry descendit pour atteindre la hauteur de celle d'un �l�ve de premi�re ann�e en appui sur ses mains et ses genoux, puis descendit plus bas, � terre, son visage r�v�lant un �puisement soudain.</p><p>Minerva McGonagall dit : "Par <emphasis>Merlin</emphasis>, qu'est-ce qui vient de..."</p><empty-line/><p>"Donc tu es all� voir Flitwick," dit Maugrey. L'Auror � la retraite �tait maintenant assis sur une chaise et buvait de longue gorg�es d'une potion de restauration qu'il avait prise de sa ceinture.</p><p>Harry Potter hocha la t�te, � pr�sent assis sur sa propre chaise plut�t que perch� sur un accoudoir. "J'ai d'abord essay� le professeur de D�fense mais..." le gar�on grima�a. "Il... n'�tait pas disponible. Enfin j'avais d�cid� que �a m�ritait de risquer cinq points, et quand on se dit que �a vaut le coup de prendre un risque, on ne peut pas se plaindre au moment de payer. Quoi qu'il en soit, je me suis dit que si vous aviez un �il capable de voir ce que les autres ne peuvent pas voir, alors, comme Isaac Asimov l'a fait remarqu� dans <emphasis>Seconde Fondation</emphasis>, l'arme � utiliser �tait une lumi�re forte. Vous savez ce qu'on dit, lisez assez de science-fiction et vous aurez tout lu au moins une fois. Bref, j'ai dit au professeur Flitwick que j'avais besoin d'un sortil�ge qui ferait un grand nombre de formes, �tincelantes et clignotantes et capables de remplir tout le bureau, mais invisibles, afin que seul votre �il puisse les voir. Je n'avais aucune id�e de ce que �a pouvait m�me vouloir <emphasis>dire</emphasis> de lancer une illusion invisible, mais je me suis dit que si je ne mentionnais pas �a � voix haute, le professeur Flitwick s'ex�cuterait, et il l'a fait. Il s'av�re que je n'aurais pu moi-m�me lancer aucun sortil�ge de ce genre mais Flitwick m'a enchant� un objet � usage unique � m�me si j'ai d� le persuader que ce n'�tait pas de la triche puisque rien ne <emphasis>pourrait</emphasis> �tre de la triche contre un Auror qui a v�cu assez longtemps pour prendre sa retraite. Et je ne voyais toujours pas comment vous toucher puisque vous bougiez aussi vite. Donc je l'ai interrog� sur les sorts � t�te chercheuse et c'est l� que Flitwick m'a montr� le mal�fice que j'ai lanc� � la fin, l'�tourdisseur � embard�es. C'est l'une des inventions du professeur Flitwick � c'est un champion de duel doubl� d'un ma�tre des sortil�ges..."</p><p>"Je sais �a, petit."</p><p>"Pardon. Quoi qu'il en soit, le professeur a dit qu'il a quitt� le monde du duel avant d'avoir une chance d'utiliser ce sortil�ge puisqu'il ne fonctionne que comme coup final contre un ennemi � d�couvert. Le mal�fice s'approche autant que possible de la cible le long de sa trajectoire initiale, et d�s qu'il d�tecte qu'elle s'�loigne � nouveau, il pivote en plein parcours et fonce droit vers elle. Il ne peut faire qu'une seule embard�e � mais l'incantation est tr�s proche de 'Stup�fix' et le tir a la m�me couleur, donc si l'ennemi croit que c'est un sortil�ge d'�tourdissement classique et tente d'�viter comme d'habitude, ce changement de cible � mi-parcours l'ach�vera. Oh, et le professeur a demand� � ce qu'aucun de nous ne mentionne ce coup sp�cial juste au cas o� il aurait une chance de l'utiliser un jour en comp�tition."</p><p>"Mais..." dit le professeur McGonagall. Elle jeta un coup d'�il � Maugrey Fol-�il, qui hochait la t�te d'un air approbateur, et � Severus, qui gardait son visage d�cid�ment impassible. "M. Potter, vous venez d'�tourdir <emphasis>Maugrey Fol �il </emphasis>! Le plus c�l�bre chasseur de mages noirs de l'histoire du bureau des Aurors ! �a aurait d� �tre impossible !"</p><p>Maugrey laissa �chapper un sombre gloussement. "Comment tu r�ponds � <emphasis>�a</emphasis>, gamin ? Je suis curieux."</p><p>"Eh bien..." dit Harry. "Pour commencer, professeur McGonagall, aucun de nous deux ne se battait s�rieusement."</p><p>"<emphasis>Aucun de vous deux ?</emphasis>"</p><p>"Bien s�r," dit Harry. "Dans un combat s�rieux, M. Maugrey aurait abattu toutes mes copies imm�diatement sans attendre qu'elles attaquent. Et de mon c�t�, si �a avait �t� <emphasis>vraiment</emphasis> n�cessaire de descendre le plus c�l�bre Auror de l'histoire du bureau, j'aurais obtenu de Dumbledore qu'il le fasse pour moi. Et au-del� de �a... puisque �a <emphasis>n'�tait pas</emphasis> un vrai combat..." Harry s'interrompit. "Comment formuler �a ? Les sorciers ont l'habitude de duels o� les gens se battent chacun leur tour avec des sortil�ges pendant un bon moment. Mais si deux Moldus avec des pistolets se font face dans une petite pi�ce et se tirent l'un sur l'autre... alors le premier qui touche gagne. Et si l'un d'eux rate d�lib�r�ment ses tirs et n'a cesse de redonner une chance � l'autre � comme M. Maugrey n'a eu cesse de le faire � eh bien il faudrait �tre plut�t path�tique pour r�ussir � perdre."</p><p>"Oh, pas <emphasis>si</emphasis> path�tique que �a," dit Maugrey avec un sourire l�g�rement mena�ant.</p><p>Harry ne sembla pas le remarquer. "On pourrait dire que M. Maugrey me testait pour voir si j'allais essayer de le <emphasis>combattre</emphasis> ou si j'allais essayer de <emphasis>gagner</emphasis>. C'est � dire, si j'allais endosser le <emphasis>r�le </emphasis>d'un combattant : utiliser des sortil�ges standards que je connaissais d�j� m�me en ne m'attendant pas � ce que les <emphasis>cons�quences</emphasis> de ces actions me procurent la victoire ; ou si j'allais explorer des plans inhabituels jusqu'� trouver quelque chose <emphasis>capable</emphasis> de me faire gagner. Comme la diff�rence entre un �l�ve assit en classe parce que c'est ce qu'un �l�ve fait, et un autre suffisamment impliqu� pour se demander ce qu'il doit faire pour <emphasis>r�ellement</emphasis> apprendre un sujet, pr�t � pratiquer autant que n�cessaire. Vous voyez, professeur McGonagall ? Vu comme �a � en se rendant compte que M. Maugrey me donnait des chances et que je n'aurais pas d� attaquer sans penser que je pouvais gagner � alors ce n'est pas si flatteur que �a pour moi puisqu'il m'a en fait fallu trois essais pour l'avoir. Et puis, comme je l'ai dit, dans un vrai combat, M. Maugrey aurait pu <emphasis>se </emphasis>rendre invisible, ou lever ses boucliers..."</p><p>"Ne te repose pas trop sur les boucliers, gar�on," dit Maugrey. L'Auror v�tu de cuir prit une autre gorg�e de sa fiole r�paratrice. "Ce que tu apprends en premi�re ann�e � l'acad�mie ne reste pas vrai pour toujours, pas contre les mages noirs les plus puissants. Pour chaque bouclier jamais con�u il y a quelque mal�diction qui le traverse net si tu n'es pas assez rapide pour lancer le contre. Et il y a un sortil�ge qui traverse tout, et c'est celui que n'importe quel Mangemort utilisera."</p><p>Harry Potter hocha gravement la t�te. "Oui, certains sortil�ges sont impossibles � bloquer. Je me souviendrai de �a au cas o� quelqu'un me lance le sortil�ge de la mort. Une deuxi�me fois."</p><p>"Ce genre de malinerie finit par tuer, gar�on, ne l'oublie pas."</p><p>Un soupir triste du Survivant. "Je sais. D�sol�."</p><p>Harry ouvrit la bouche, puis s'interrompit. "Je ne vous dirai pas comment mener une guerre," dit enfin le Survivant. "Je n'ai aucune exp�rience en la mati�re. Tout ce que je sais c'est qu'il y a des cons�quences. Sachez s'il vous pla�t que selon moi Lockhart est probablement innocent, donc si vous pouvez �viter de lui faire du mal sans prendre trop de risques..." le gar�on haussa les �paules. "J'en ignore le co�t. Juste, s'il vous pla�t, dans la mesure du possible et s'il s'av�re innocent, faites attention � ne pas lui faire trop de mal."</p><p>"Si je peux," dit Maugrey.</p><p>"Et... vous comptez observer son esprit � la recherche d'indices concernant le Seigneur des T�n�bres, n'est-ce pas ? Je ne connais pas les r�gles de l'Angleterre magique sur ce qui constitue une preuve recevable � mais tout le monde est toujours coupable d'avoir viol� <emphasis>une </emphasis>loi ou une autre, il y en a trop pour qu'il en soit autrement. Donc s'il ne s'agit <emphasis>pas</emphasis> du Seigneur des T�n�bres, ne le livrez pas au minist�re, contentez-vous le l'Oublietter et de le laisser partir, d'accord ?"</p><p>Maugrey fron�a les sourcils. "Petit, personne ne devient aussi puissant aussi vite sans �tre en train de trafiquer <emphasis>quelque chose</emphasis>."</p><p>"Alors laissez �a aux Aurors normaux, si et quand ils trouveront des preuves par les m�thodes habituelles. S'il vous pla�t, M. Maugrey. Appelez �a un caprice issu de mon �ducation moldue mais s'il ne s'agit <emphasis>pas</emphasis> de la guerre je ne veux pas nous voir jouer le r�le de la m�chante police qui entre de force chez les gens en pleine nuit, fouille leur esprit et les envoie � Azkaban.</p><p>"Je ne vois pas l'int�r�t, petit, mais j'imagine que je peux te faire cette faveur."</p><p>"Y a-t-il autre chose, Alastor ?" s'enquit Albus.</p><p>"Oui," dit Maugrey. "Au sujet de ce professeur de D�fense que vous avez chez vous..."</p><p><emphasis>Hypoth�se : Gilderoy Lockhart : FIN</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis>Hypoth�se : Dumbledore</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>(9 avril 1992, 17h32)</emphasis></p><empty-line/><p>Alors que le professeur Quirrell faisait lentement l�viter sa tasse, celle-ci subit une secousse � mi-parcours et envoya le liquide noir et translucide passer presque de l'autre c�t�, de telle mani�re que trois gouttes et trois gouttes seulement franchirent le bord de la tasse. Harry l'aurait manqu� s'il n'avait pas �t� en train de l'observer attentivement ; car la main du professeur avait �t� parfaitement stable avant et le demeura ensuite.</p><p>Si ce petit geste saccad� �voluait vers des tremblements permanents, ce serait la fin de toute magie, sauf sans baguette, pour le professeur de D�fense. Les mouvements de baguettes ne pardonnaient aucun tremblement des doigts. Quant � savoir � quel point cela handicaperait <emphasis>vraiment</emphasis> le professeur Quirrell, si �a devait l'handicaper tout court, Harry ne pouvait le deviner. Le professeur de D�fense �tait certainement capable de magie en l'absence de baguette, mais il continuait � en utiliser une lorsque le sujet avait une taille suffisante � mais pour lui ce n'�tait peut-�tre qu'une question de confort...</p><p>"La folie," dit le professeur Quirrell en sirotant pr�cautionneusement son th� � il regardait la tasse, pas Harry, ce qui �tait inhabituel chez lui - "peut constituer une signature."</p><p>Le petit bureau du professeur de D�fense �tait silencieux, la pi�ce insonoris�e tranquille comme le bureau du directeur ne pourrait jamais l'�tre. Ils achevaient parfois d'inspirer ou d'expirer au m�me moment ; apparaissait alors un vide auditif qui �tait lui-m�me presque un son.</p><p>"Je suis d'accord, en un sens," dit Harry. "Si quelqu'un me dit que tout le monde le <emphasis>regarde</emphasis> et que ses sous-v�tements sont nettoy�s � la poudre contr�leuse de pens�es, je sais qu'il est psychotique, parce que c'est la signature standard de la psychose. Mais si vous me dites que <emphasis>n'importe quoi</emphasis> d'incompr�hensible dirige les soup�ons vers Albus Dumbledore, cela me semble... aller trop loin. Ce n'est pas parce que je ne peux pas discerner de but qu'il n'y en <emphasis>a</emphasis> pas."</p><p>"Pas de but ?" dit le professeur Quirrell. "Oh, mais la folie de Dumbledore n'est pas qu'il est sans but, mais qu'il en a trop. Le directeur a peut-�tre pr�vu que cela m�nerait Lucius Malfoy � jouer sa main et donc � la perdre pour se venger de vous � ou peut-�tre a-t-il une dizaine d'autres intrigues en cours. Qui sait ce que le directeur pense avoir des raisons de faire quand il a d�j� trouv� des raisons de faire tant de choses �tranges ?"</p><p>Harry avait poliment d�clin� le th�, m�me en sachant que le professeur Quirrell saurait ce que cela signifiait. Il avait song� � apporter sa propre canette de soda � mais il avait d�cid� de ne pas le faire apr�s s'�tre rendu compte de la facilit� avec laquelle le professeur de D�fense aurait pu y t�l�porter un peu de potion, et ce m�me si aucun des deux ne pouvait directement toucher l'autre par sa magie.</p><p>"J'ai maintenant un peu observ� Dumbledore," dit Harry. "� moins que tout ce que j'ai vu n'ait �t� un mensonge, je trouve difficile de le croire ne serait-ce que capable de construire un plan dans lequel l'une de ses �l�ves est envoy�e � Azkaban."</p><p>"Ah," dit doucement le professeur de D�fense, un petit reflet de la tasse brillant dans ses yeux p�les. "Mais peut-�tre est-ce une autre signature, M. Potter. Vous n'avez pas encore compris la perspective d'un homme tel que Dumbledore. S'il doit, pour quelque cause suffisamment noble, sacrifier une �l�ve � allons, qui choisirait-il sinon celle qui s'est d�clar�e �tre une h�ro�ne ?"</p><p>Cela fit r�fl�chir Harry. Peut-�tre �tait-ce juste le biais r�trospectif mais il <emphasis>semblait</emphasis> que cela densifiait une partie de la masse de probabilit� de cette hypoth�se autour de la prise au pi�ge de Hermione plut�t que de quelqu'un d'autre. De m�me, le professeur <emphasis>avait</emphasis> pr�dit � l'avance que Dumbledore pourrait prendre Draco pour cible...</p><p><emphasis>Mais si vous �tes derri�re tout �a, professeur, vous pourriez avoir arrang� vos plans pour prendre le directeur au pi�ge et avoir pris la pr�caution de jeter � l'avance le doute sur lui.</emphasis></p><p>Le concept de 'preuve' avait un sens quelque peu diff�rent lorsque vous aviez affaire � quelqu'un qui se d�clarait jouer 'un niveau au-dessus de vous'.</p><p>"Je vois o� vous voulez en venir, professeur," dit Harry d'un ton neutre, sans laisser rien para�tre de ses autres pens�es. "Vous pensez-donc que le plus probable est que le directeur a pi�g� Hermione ?"</p><p>"Pas n�cessairement, M. Potter." Le professeur Quirrell vida sa tasse d'une gorg�e puis la d�posa, et la tasse cogna s�chement la table. "Il y a aussi Severus Rogue � mais ce qu'il pourrait esp�rer obtenir de tout ceci, je ne puis le deviner. Il n'est donc pas non plus mon principal suspect."</p><p>"Alors qui est-ce ?" dit Harry, un peu perplexe. Le professeur Quirrell n'�tait s�rement pas sur le point de r�pondre 'Vous-Savez-Qui'...</p><p>"Les Aurors ont une r�gle," dit le professeur Quirrell. "Enqu�ter sur la victime. De nombreux soi-disant criminels s'imaginent que s'ils semblent �tre les victimes d'un crime, ils ne seront pas soup�onn�s. Tant de criminels se l'imaginent, � vrai dire, que tout Auror galonn� a d�j� fait face � cette situation plus d'une dizaine de fois."</p><p>"Vous n'essayez pas s�rieusement de me convaincre que <emphasis>Hermione</emphasis>..."</p><p>Le professeur de D�fense donnait � Harry un de ces <emphasis>regards</emphasis> mi-clos qui voulaient dire qu'il �tait stupide.</p><p><emphasis>Draco</emphasis> ? Draco avait �t� interrog� sous Veritaserum...mais Lucius pourrait avoir eu assez de pouvoir pour manipuler les Aurors afin que... oh.</p><p>"Vous pensez que <emphasis>Lucius Malfoy</emphasis> a mont� le coup contre son <emphasis>propre fils</emphasis> ?" dit Harry.</p><p>"Pourquoi pas ?" dit doucement le professeur Quirrell. "Ayant �cout� l'enregistrement du t�moignage de M. Malfoy, il m'appara�t que vous avez en partie r�ussi � faire changer le point de vue politique de M. Malfoy. Si Lucius Malfoy a appris cela plus t�t... il a pu d�cider que son <emphasis>ancien</emphasis> h�ritier est devenu un fardeau."</p><p>"Je n'y crois pas," dit cat�goriquement Harry.</p><p>"Vous voil� na�f par caprice, M. Potter. Les livres d'Histoire sont pleins de disputes familiales devenues meurtri�res � cause de probl�mes et des menaces bien moindres que ceux que M. Malfoy posait � son p�re. J'imagine que vous me direz ensuite que Lord Malfoy des Mangemorts est bien trop bon pour souhaiter autant de mal � son fils." Un soup�on de lourd sarcasme.</p><p>"Eh bien oui, franchement," dit Harry. "L'amour existe, professeur, c'est un ph�nom�ne dont les effets sont observables. Les cerveaux sont r�els, les �motions sont r�elles, et l'amour fait autant partie de la r�alit� que les pommes et les arbres. Si vous faisiez des pr�dictions exp�rimentales sans prendre l'amour parental en compte, vous auriez sacr�ment du mal � expliquer pourquoi mes propres parents ne m'ont pas abandonn� dans un orphelinat apr�s l'Incident du Projet Scientifique."</p><p>Le professeur de D�fense ne r�agit absolument pas � cela.</p><p>Harry continua. "� ce que Draco en dit, Lucius le faisait passer avant des votes importants au Magenmagot. C'est une observation importante, car il y existe des moyens moins chers de mimer l'amour ; si l'on souhaite le mimer. Et ce n'est pas comme si la probabilit� � priori qu'un parent aime son enfant �tait <emphasis>faible</emphasis>. J'imagine qu'il est possible que Lucius ait juste prit le <emphasis>r�le</emphasis> d'un p�re aimant et qu'il ait renonc� � ce r�le apr�s avoir appris que Draco fomentait avec des n�s-Moldus. Mais comme on dit, professeur, il faut distinguer la possibilit� de la probabilit�."</p><p>"Le crime n'en est que meilleur," dit le professeur de D�fense, toujours de ce ton doux, "si personne n'est pr�t � croire qu'il l'a commis."</p><p>"Et pour commencer, comment Lucius modifierait-il la m�moire de Hermione sans alerter le syst�me de s�curit� ? <emphasis>Il</emphasis> n'est pas professeur... ah, oui, vous pensez que c'est le professeur Rogue."</p><p>"Faux," dit le professeur de D�fense. "Lucius Malfoy ne se reposerait sur aucun de ses serviteurs pour cette mission. Mais supposez qu'un professeur de Poudlard, assez intelligent pour bien lancer un sortil�ge d'amn�sie mais sans grande capacit� au combat, visite Pr�-au-Lard. D'une sombre all�e la forme noire de Malfoy s'avance � il viendrait en personne, pour cela � et lui un seul mot."</p><p>"Imperium."</p><p>"<emphasis>Legilimens</emphasis>, plut�t," dit le professeur Quirrell. "Je ne sais pas si le syst�me de s�curit� de Poudlard s'activerait au retour d'un professeur victime de l'Imperium. Et si je l'ignore, Malfoy l'ignore probablement aussi. Mais Malfoy est au moins un parfait Occlumens; il pourrait user de L�gilimancie. Et quant � la cible... peut-�tre Aurora Sinistra ; personne ne s'interrogerait sur les mouvements nocturnes du professeur d'Astronomie."</p><p>"Ou de fa�on encore plus �vidente, le professeur Chourave," dit Harry. "Puisqu'elle est la derni�re personne que quiconque soup�onnerait."</p><p>Le professeur de D�fense h�sita avec minutie. "Peut-�tre."</p><p>"En fait," dit alors Harry en fron�ant pensivement les sourcils. "Je suppose que vous n'auriez pas � l'esprit les noms des professeur actuels qui �taient � Poudlard en 1943, quand M. Hagrid s'est fait avoir ?"</p><p>"Dumbledore enseignait la m�tamorphose, Kettleburn les cr�atures magiques et Vector l'Arithmancie," r�pondit imm�diatement le professeur Quirrell. "Et je crois que Bathesda Babbling, maintenant aux anciennes runes, �tait alors pr�f�te Serdaigle. Mais M. Potter, il n'y a aucune raison de croire que quiconque hormis Vous-Savez-Qui �tait impliqu� dans <emphasis>cette</emphasis> affaire."</p><p>Harry haussa les �paules avec �l�gance. "�a avait l'air de m�riter que la question soit pos�e, juste pour v�rifier. Quoi qu'il en soit, professeur, je reconnais qu'il est possible que quelque personne ext�rieure ait L�gilimanc� un employ� de Poudlard � et qu'il lui ait lanc� Oubliettes ensuite, personne n'oublierait de faire �a. Mais je ne pense <emphasis>pas</emphasis> que Lucius Malfoy est un candidat probable au titre de cerveau de l'affaire. Il est possible, mais pas probable, que l'amour apparent de Lucius pour Draco n'ait �t� qu'un sens du devoir et qu'il soit depuis parti en fum�e. Il est possible, mais pas probable, que tout ce que Lucius a fait face au Magenmagot n'ait �t� qu'un r�le. L'ext�rieur des gens ne ressemble pas toujours � ce qu'ils sont � l'int�rieur, comme vous l'avez dit. Mais il y a un indice qui ne co�ncide pas du tout avec le reste."</p><p>"Et de quoi s'agirait-il ?" dit le professeur de D�fense, les yeux mi-clos.</p><p>"Lucius a tent� de refuser une offre de cent mille Gallions en �change de la vie de Hermione. J'ai vu � quel point le Magenmagot �tait surpris lorsque Lucius a dit qu'il refusait, en d�pit du code d'honneur. Le Magenmagot ne <emphasis>s'attendait pas</emphasis> � �a de sa part. Pourquoi n'a-t-il <emphasis>pas</emphasis> juste pris l'argent en se donnant un air indign� et en faisant semblant de grincer des dents ? Vraiment envoyer Hermione � Azkaban ne pouvait pas avoir tant d'importance que cela pour lui."</p><p>Il y eut un silence. "Peut-�tre s'est-il laiss� emporter par le r�le qu'il jouait," dit le professeur Quirrell. "Cela arrive, M. Potter, dans le feu de l'action."</p><p>"Possible," dit Harry. "Mais c'est une <emphasis>improbabilit�</emphasis> de plus � postuler � et apr�s s'�tre vue offrir autant d'excuses, une th�orie ne peut plus �tre en t�te de liste. Autre chose en particulier � laquelle vous pensez que je devrais r�fl�chir, parmi toutes les autres possibilit�s ?"</p><p>Il y eut un long silence. Les yeux du professeur de D�fense s'abaiss�rent vers sa tasse ; ils semblaient inhabituellement distants.</p><p>"J'imagine que je peux songer � un dernier suspect," dit enfin le professeur de D�fense.</p><p>Harry hocha la t�te.</p><p>Le professeur de D�fense ne sembla pas le remarquer et ne fit que poursuivre. "Le directeur vous a-t-il dit quoi que ce soit � m�me un indice � au sujet de la proph�tie du professeur Trelawney ?"</p><p>"<emphasis>Hein ?</emphasis>" dit automatiquement Harry, convertissant son choc soudain en la meilleure dissimulation qu'il puisse parvenir � afficher. Il jouait probablement au mauvais niveau pour tromper le professeur Quirrell, mais Harry ne pouvait <emphasis>certainement</emphasis> pas prendre le temps de r�fl�chir avant de r�pondre � <emphasis>attends, mais comment diable le professeur Quirrell pourrait-il �tre au courant de </emphasis>�a<emphasis> - </emphasis>"Le professeur Trelawney a fait une proph�tie ?"</p><p>"Vous <emphasis>�tiez</emphasis> l� pour en entendre le d�but," dit le professeur en fron�ant les sourcils. "Vous avez annonc� � l'�cole enti�re que la proph�tie ne pouvait pas vous concerner puisque vous �tiez d�j� l� et ne pouviez donc pas �tre en train d'arriver."</p><p><emphasis>IL VIENT. CELUI QUI D�CHIRERA L' -</emphasis></p><p>Le professeur Trelawney �tait all�e jusque l� avant que Dumbledore ne se saisisse d'elle et ne disparaisse.</p><p>"Oh, <emphasis>cette</emphasis> proph�tie," dit Harry. "D�sol� ! Elle m'�tait compl�tement sortie de l'esprit !"</p><p>Harry songea qu'il avait mit trop de force dans la derni�re phrase et s'attendit � 80% � ce que le professeur Quirrell dise "<emphasis>Aha, alors M. Potter, quelle est cette myst�rieuse </emphasis>autre<emphasis> proph�tie que vous vous fatiguez tant � nier..."</emphasis></p><p>"C'est idiot," dit le professeur d'un ton sec, "si vous me dites effectivement la v�rit�. Les proph�ties ne sont pas des choses triviales. Je me suis creus� la t�te sur le peu que j'ai entendu, mais un fragment aussi mince ne suffit tout simplement pas."</p><p>"Vous pensez que celui qui vient est celui qui aurait pu pi�ger Hermione ?" dit Harry. Au m�me instant, son esprit allouait une autre hypoth�se, <emphasis>pr�dicat au r�f�rent incertain : celui-qui-vient</emphasis>.</p><p>"Sauf le respect de Mlle. Granger," dit le professeur de D�fense avec un autre froncement de sourcil, "sa vie ou sa mort ne semblent pas si importantes. Mais quelqu'un <emphasis>devait</emphasis> venir � quelqu'un qui, selon votre interpr�tation, n'�tait pas d�j� l� � et quelqu'un d'aussi important, un joueur encore inconnu... qui sait ce qu'il peut avoir fait <emphasis>d'autre</emphasis> ?"</p><p>Harry hocha la t�te et soupira mentalement car il allait avoir � refaire ses calculs de probabilit� Voldemoresques avec encore un indice de plus dans le m�lange.</p><p>Le professeur parla avec les yeux mi-clos, donnant l'impression qu'il regardait � travers des fentes. "Plus que la question de savoir de qui la proph�tie parlait � qui �tait cens� <emphasis>l'entendre</emphasis> ? Il est dit que les destins sont dits � ceux dot�s du pouvoir de les causer ou de les pr�venir. Dumbledore. Moi-m�me. Vous. En quatri�me, loin derri�re, Severus Rogue. Mais de ces quatre, Dumbledore et Rogue seraient souvent en pr�sence de Trelawney. Vous et moi �tes ceux qui n'avions pas pass� beaucoup de temps pr�s d'elle avant ce dimanche. Je pense qu'il est assez probable que la proph�tie ait �t� dite � l'intention de l'un de <emphasis>nous</emphasis> � avant que Dumbledore n'enl�ve la proph�tesse. Le directeur vous <emphasis>a-t-il</emphasis> dit quoi que ce soit d'autre ?" La voix du professeur �tait maintenant exigeante. "Je pense avoir entendu trop de force dans cette d�n�gation, M. Potter."</p><p>"Honn�tement, non," dit Harry. "�a m'�tait sinc�rement sorti de la t�te."</p><p>"Alors je suis plut�t remont� contre lui," dit doucement le professeur Quirrell. "En fait, je suis en col�re."</p><p>Harry ne dit rien. Il ne sua m�me pas. C'�tait peut-�tre une mauvaise raison d'�tre confiant, mais sur ce point particulier, Harry �tait r�ellement innocent.</p><p>Le professeur Quirrell hocha la t�te une fois, avec force, comme pour confirmer quelque chose. "Si nous n'avons plus rien � nous dire, M. Potter, vous pouvez disposer."</p><p>"Je peux penser � un <emphasis>autre</emphasis> suspect," dit Harry. "Quelqu'un que vous n'avez pas du tout mis sur votre liste. Pourriez-vous l'analyser pour moi, professeur ?"</p><p>Il y eut un autre de ces moments dont le silence devenait presque un son.</p><p>"Pour ce qui est de <emphasis>ce</emphasis> suspect," dit doucement le professeur de D�fense, "je pense que vous m�nerez l'accusation vous-m�me, M. Potter, sans aide de ma part. J'ai d�j� re�u de telles requ�tes, et l'exp�rience me m�ne � refuser. Soit je ferai un trop bon travail en m'accusant moi-m�me, et je vous convaincrai que je suis coupable � ou vous d�ciderez que mon accusation manquait trop de conviction et que je suis coupable. Je remarquerai seulement ceci pour ma d�fense : que j'aurais effectivement eu besoin d'un tr�s bonne raison pour mettre en danger votre fragile alliance avec l'h�ritier de la maison Malfoy."</p><empty-line/><p><emphasis>Hypoth�se : Le professeur de D�fense</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis/><emphasis>(8 avril 1992, 20h37)</emphasis></p><empty-line/><p>"...et j'ai donc peur de devoir partir," dit Dumbledore d'un ton grave. "J'ai promis � Quirinus... c'est � dire, j'ai promis au professeur de D�fense... que je ne tenterai en rien de d�couvrir sa v�ritable identit�, par mes propres moyens ou par ceux d'un autre."</p><p>"Et pourquoi t'aurais fait une promesse idiote pareille, alors ?" l�cha Maugrey Fol �il.</p><p>"Il m'a laiss� entendre que c'�tait une condition non-n�gociable de son embauche." Dumbledore jeta un coup d'�il au professeur McGonagall et un sourire entendu passa bri�vement sur son visage. "Et Minerva avait �t� tr�s claire sur le fait que Poudlard avait <emphasis>besoin</emphasis> d'un professeur de D�fense comp�tent cette ann�e, duss�-je tirer Grindelwald de Nurmengard et faire valoir d'anciennes affections pour le persuader d'accepter le poste."</p><p>"Je ne l'ai pas <emphasis>tout � fait</emphasis> formul� comme �a..."</p><p>"Votre expression l'a fait pour vous, ma ch�re."</p><p>Et il n'y eut bient�t plus qu'eux quatre � Harry, le professeur McGonagall, le ma�tre des potions et Alastor Maugrey aussi appel� 'Fol �il' � confortablement install�s dans le bureau du directeur.</p><p>Il �tait �trange de constater � quel point le bureau du directeur semblait...<emphasis> d�s�quilibr�</emphasis>... sans le directeur � l'int�rieur. Sans avoir l'ancien sorcier rid� pour donner un air <emphasis>solennel </emphasis>� tout ceci, il ne restait plus que quatre personnes essayant d'avoir une r�union s�rieuse entour�es de gadgets bruyants et �tranges. Clairement visible depuis l'accoudoir sur lequel s'�tait perch� Harry, un objet conique tronqu�, comme un c�ne dont on aurait enlev� le haut, pivotait lentement autour d'un lumi�re centrale pulsative � laquelle il faisait de l'ombre sans l'obscurcir ; et chaque fois que la lumi�re interne �mettait une pulsation, l'assemblage faisait un <emphasis>vroom vroom vroom </emphasis>bizarrement lointain, �touff�, comme s'il venait de l'autre c�t� d'un mur, alors que le machin pivotant et sa section section de c�ne n'�taient qu'� un m�tre ou deux.</p><p><emphasis>Vroom... vroom... vroom...</emphasis></p><p>Et il y avait les nombreux corps de Harry Potter qui respiraient toujours et qu'il avait entass�s dans un coin tranquille, rangeant ainsi un d�sordre qui �tait sien � plus d'un titre (seul un corps n'�tait <emphasis>pas </emphasis>� l'int�rieur d'une copie de la Cape d'Invisibilit� ; mais il ne fallait qu'un petit effort de concentration de la part de Harry pour qu'il per�oive ses autres lui sous la Cape dont il �tait le ma�tre - un effort qu'il avait pris soin de ne <emphasis>pas </emphasis>exercer plus t�t afin d'�viter de recevoir du futur des informations sur des faits qu'il souhaitait d�terminer lui-m�me). Ce qui �tait triste, c'�tait qu'� ce stade, voir son propre corps allong� dans un coin ne lui semblait pas si fou que �a. C'�tait juste... Poudlard.</p><p>"Tr�s bien dans ce cas," dit Maugrey, l'air m�content de la situation. L'homme sortit un dossier noir de sous son armure de cuir. "C'est une copie de ce que les hommes d'Am�lia ont rassembl�. Il est presque certain qu'elle sait qu'on l'a, mais c'est sous le manteau, compris ? Quoi qu'il en soit..."</p><p>Et Maugrey leur dit qui, selon le d�partement de justice magique, �tait r�ellement 'Quirinus Quirrell'. Un �l�ve de Poudlard apparemment ordinaire (bien que suffisamment talentueux pour avoir �t� battu de peu dans la course au poste de pr�fet-en-chef) parti en vacance en Albanie apr�s avoir re�u son dipl�me, disparu, revenu 25 ans plus tard, puis pris dans la guerre des sorciers...</p><p>"C'est le meurtre de la maison Monroe qui a donn� son nom � Voldie," dit Maugrey. "Jusqu'alors, il n'avait �t� qu'un autre mage noir avec des d�lires de grandeur et Bellatrix Black. Mais apr�s �a..." Maugrey renifla. "Tous les idiots du pays sont accourus pour le servir. On aurait <emphasis>esp�r� </emphasis>que le Magenmagot devienne s�rieux apr�s s'�tre rendu compte que Voldie �tait pr�t � tuer leurs excellences. Et c'est exactement ce que ces imb�ciles ont fait : <emphasis>esp�rer</emphasis> qu'un autre idiot prenne la situation au s�rieux. Pas un seul de ces l�ches ne voulait se tenir en premi�re ligne. Il y avait Monroe, Crouch, Bones et Londubat. Ils �taient les seuls au minist�re � oser dire un mot qui aurait pu offenser Voldie."</p><p>"C'est comme �a que votre maison a �t� anoblie, M. Potter," intervint la voix solennelle du Professeur McGonagall. "Il existe une ancienne loi disant que si quiconque met fin � une Tr�s Ancienne Maison, quiconque venge son sang sera anobli. La Maison Potter �tait certainement d�j� plus vieilles que certaines lign�es dites Anciennes. Mais la v�tre ne re�ut le titre de Noble Maison d'Angleterre qu'apr�s la fin de la guerre, en signe de reconnaissance du fait qu'elle avait veng� la Tr�s Ancienne Maison des Monroe."</p><p>"Gratitude et tout �a," dit Maugrey avec aigreur. "�a n'a pas dur�, mais au moins James et Lily ont eu un beau titre et une m�daille inutile � emmener dans leur tombe. Mais c'est oublier huit ans d'horreur compl�te apr�s la disparition de Monroe et l'ex�cution de Regulus Black - il �tait la source de Monroe chez les Mangemorts, on en est presque s�rs - par Voldie. Comme un barrage qui se brise et du sang qui s'�coule et inonde tout le pays. Il a fallut qu'Albus Dumbledore en personne prenne la place de Monroe, et �a a � peine suffit � nous permettre de survivre."</p><p>Harry �coutait avec un �trange sentiment d'irr�alit�. Une partie <emphasis>semblait </emphasis>coller, correspondre aux observations... en particulier au discours que le Professeur Quirrell avait fait avant No�l... et pourtant...</p><p>Ils parlaient quand m�me du <emphasis>Professeur Quirrell</emphasis>.</p><p>"Donc voil� qui le d�partement pense que le Professeur de D�fense est," dit Maugrey Fol �il, concluant son rapport. "Maintenant qu'est-ce que <emphasis>tu</emphasis> en penses, petit ?"</p><p>"Eh bien..." dit lentement Harry. <emphasis>Il est aussi possible d'avoir un masque sous le masque.</emphasis>"La pens�e �vidente suivante est que ce 'David Monroe' est bel et bien mort pendant la guerre et que c'est juste quelqu'un qui pr�tend �tre David Monroe pr�tendant �tre Quirinus Quirrell."</p><p>"C'est <emphasis>�vident </emphasis>?" dit le Professeur McGonagall. "Par Merlin..."</p><p>"Vraiment, petit ?" dit Maugrey Fol �il, son �il bleu tourbillonnant rapidement. "Je dirais que c'est un peu... <emphasis>parano�aque</emphasis>."</p><p><emphasis>Vous ne connaissez pas le Professeur Quirrell</emphasis>, ne r�pondit pas Harry. "C'est une th�orie simple � v�rifier," dit-il � voix haute. "Regardez juste si le Professeur de D�fense se souvient d'un fait concernant la guerre que le v�ritable David Monroe aurait connu. Bien que je suppose que s'il joue le r�le d'un David Monroe <emphasis>pr�tendant </emphasis>�tre quelqu'un d'autre, il a une bonne excuse pour <emphasis>pr�tendre </emphasis>qu'il pr�tend ne pas savoir de quoi vous parlez."</p><p>"Un <emphasis>peu</emphasis> parano�aque," dit l'homme balafr� d'une voix qui montait. "<emphasis>Pas assez parano�aque ! VIGILANCE CONSTANTE</emphasis> ! R�fl�chis, mon gars - et si le <emphasis>v�ritable</emphasis> David Monroe n'�tait jamais revenu d'Albanie ?"</p><p>Il y eut un silence.</p><p>"Je vois..." dit Harry.</p><p>"Bien s�r que vous voyez," dit le Professeur McGonagall. "Ne faites pas attention � moi, s'il vous pla�t. Je vais juste rester tranquillement assise ici � devenir folle."</p><p>"Dans ce m�tier, si tu survis, tu apprends qu'il y a trois genre de sorciers," dit Maugrey d'un ton lugubre ; Sa baguette n'�tait point�e vers personne, elle �tait l�g�rement inclin�e vers le bas, mais il l'avait en main. Elle ne l'avait jamais quitt�e depuis qu'il �tait entr� dans la pi�ce. "Il y a des mages noirs qui ont un nom. Il y en a qui ont deux noms. Et il y a ceux qui changent de nom comme toi et moi changeons de v�tements. J'ai vu 'Monroe' encha�ner trois Mangemorts comme il aurait cass� des brindilles. Il n'y a pas beaucoup de sorciers aussi bons que �a � quarante-cinq ans. Dumbledore, peut-�tre, mais pas beaucoup d'autres."</p><p>"Peut-�tre est-ce vrai," dit le ma�tre des potions depuis l'endroit o� il se tapissait. "Mais et alors, Maugrey ? Quelle que soit son identit�, Monroe �tait certainement l'ennemi du Seigneur des T�n�bres. J'ai entendu des Mangemorts maudire son nom m�me apr�s qu'ils l'aient cru mort. Ils le craignaient beaucoup."</p><p>"Je saurais me montrer satisfaite," dit sagement le professeur McGonagall, "que l'on dise cela d'un professeur de D�fense."</p><p>Maugrey fit un demi-tour pour lui lancer un regard furieux. "Et o� diable �tait 'Monroe' toutes ces ann�es o� il avait disparu, hein ? Peut-�tre qu'il pensait pouvoir se forger un nom en s'opposant � Voldie et qu'il a disparu quand il a d�couvert qu'il avait tort. Mais alors pourquoi revenir <emphasis>maintenant</emphasis>, hein ? Quel est son <emphasis>nouveau </emphasis>plan ?"</p><p>"Il, ah..." s'aventura Harry. "Il <emphasis>dit</emphasis> qu'il a toujours voulu �tre un grand professeur de D�fense parce que tous les meilleurs mages combattants ont enseign� � Poudlard. Il <emphasis>est </emphasis>plus ou moins un professeur de D�fense incroyablement g�nial... je veux dire que s'il voulait juste maintenir les apparences, il pourrait s'en sortir en b�clant <emphasis>beaucoup plus </emphasis>le travail..."</p><p>Le professeur McGonagall hochait la t�te avec conviction.</p><p>"Na�f," dit Maugrey d'un ton cat�gorique. "J'imagine qu'aucun de vous ne s'est demand� si votre professeur de D�fense n'avait pas organis� l'�limination de toute la maison Monroe ?"</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" s'�cria le professeur McGonagall.</p><p>"Notre sorcier myst�re entend parler d'un gamin disparu d'une Tr�s Ancienne Maison d'Angleterre," dit Maugrey. "Il prend la place de 'David Monroe' mais reste � l'�cart de la v�ritable famille Monroe. Mais la Maison doit bien finir par remarquer que quelque chose cloche. Donc cet imposteur pousse d'une fa�on ou d'une autre Voldie � tous les �liminer - peut-�tre en lui r�v�lant le mot de passe qu'ils lui avaient donn� pour leurs syst�mes de s�curit� - et il se retrouve Lord au Magenmagot !"</p><p>Il semblait y avoir un combat dans l'esprit de Harry entre Poufsouffle Un, qui n'avait jamais fait confiance au professeur de D�fense ; et Poufsouffle Deux, qui �tait bien trop loyal envers le professeur Quirrell pour croire � une chose pareille juste parce que Maugrey l'avait dite.</p><p><emphasis>Cela dit, </emphasis>c'est <emphasis>plut�t �vident</emphasis>, fit remarquer sa partie Serpentard. <emphasis>Je veux dire, est-ce que tu crois vraiment que des circonstances naturelles m�neraient n'importe qui � �tre le dernier descendant d'une Tr�s Ancienne Maison ET � ce que Lord Voldemort ait tu� toute sa famille ET qu'il doive venger son ma�tre d'arts martiaux ? Je dirais plut�t qu'il a �t� trop loin dans la mise en place de sa nouvelle identit� de h�ros fantastique id�al. Ce genre de chose n'arrive pas dans la vraie vie.</emphasis></p><p><emphasis>Venau d'un orphelin ayant grandi dans l'ignorance de son h�ritage...</emphasis> commenta le critique interne de Harry. <emphasis>Avec une proph�tie le concernant. Tu sais, je ne pense pas avoir jamais lu d'histoire au sujet de deux h�ros partageant le m�me destin et en comp�tition pour savoir qui serait suffisamment clich� pour pouvoir s'occuper du m�chant...</emphasis></p><p><emphasis>Oui</emphasis>, r�pondit le Harry principal par-dessus le vroom lointain en arri�re-plan, <emphasis>nous vivons une existence tr�s difficile et VOUS NE M'AIDEZ PAS.</emphasis></p><p><emphasis>Il n'y a qu'une seule chose qu'on puisse faire, � ce stade</emphasis>, dit Serdaigle. <emphasis>Et nous savons tous ce que c'est, alors pourquoi argumenter ?</emphasis></p><p><emphasis>Mais,</emphasis> r�pondit Harry, <emphasis>comment </emphasis>teste<emphasis>-t-on exp�rimentalement si le professeur Quirrell est oui ou non le David Monroe original ? Je veux dire, quel genre de chose observable se comporte diff�remment selon qu'il soit le v�ritable David Monroe ou un imposteur ?</emphasis></p><p>"Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse, Maugrey ?" se plaignait le professeur McGonagall. "Je ne peux pas..."</p><p>"Tu peux," dit l'homme balafr� en la regardant avec f�rocit�. "Renvoie juste ce satan� professeur de D�fense."</p><p>"Tu dis �a <emphasis>chaque </emphasis>ann�e," dit-elle.</p><p>"Oui, et j'ai toujours raison !"</p><p>"Vigilance constante ou pas, Alastor, les �l�ves doivent apprendre !"</p><p>Maugrey renifla. "Bah ! Je le jure, la mal�diction empire chaque ann�e � mesure que tu deviens de plus en plus r�ticente � te d�barrasser d'eux. Ton pr�cieux professeur Quirrell devrait <emphasis>�tre</emphasis> Grindelwald sous couverture pour se faire renvoyer !"</p><p>"C'est lui ?" ne put s'emp�cher de demander Harry. "Je veux dire, est-ce qu'il pourrait <emphasis>vraiment</emphasis> �tre..."</p><p>"Je v�rifie la cellule de Grindie tous les deux mois," dit Maugrey. "Il �tait l� en mars."</p><p>"La personne dans la cellule pourrait-elle �tre un sosie ?"</p><p>"J'administre un test sanguin pour v�rifier son identit�, petit."</p><p>"O� gardez-vous le sang que vous utilisez pour r�f�rence ?"</p><p>"Dans un endroit s�r." Quelque chose qui ressemblait � un sourire distendait les l�vres balafr�es. "As-tu pens� au poste d'Auror apr�s tes �tudes ?"</p><p>"Alastor," dit le professeur McGonagall avec r�ticence. "Le professeur de D�fense <emphasis>a</emphasis> un probl�me de sant�. J'imagine que vous pourriez dire que c'est suspect en soi... mais il n'est en rien certain que c'est quelque m�fait de sa part qui nous emp�chera de renouveler son contrat."</p><p>"Oui, ses petites siestes," dit sombrement Maugrey. "Am�lia pense qu'il a crois� la route d'une mal�diction de haut niveau. �a <emphasis>m'a </emphasis>plut�t l'air un rituel noir qui a mal tourn� !"</p><p>"Tu n'as aucune preuve que c'est vrai !" dit le professeur McGonagall.</p><p>"Cet homme pourrait aussi bien porter un signe disant 'Mage Noir' en lettres vertes lumineuses au-dessus de sa t�te."</p><p>"Ah..." dit Harry. Le moment ne semblait pas particuli�rement bien choisi pour demander ce que M. Maugrey pensait du point de vue selon lequel tous les rituels sacrificiels n'�taient pas mauvais. "Excusez moi, mais vous avez dit plus t�t que le professeur Quirrell - je veux dire l'ancien David Monroe - je veux dire celui des ann�es soixante-dix - bref, vous avez dit que cette personne utilisait le sortil�ge de la mort. Qu'est-ce que �a veut dire ? Doit-on �tre un mage noir pour l'utiliser ?"</p><p>Maugrey secoua la t�te. "Je l'ai utilis�. Tout ce qu'il faut avoir, c'est du pouvoir et une certaine <emphasis>humeur</emphasis>." Les l�vres grima�antes r�v�laient des dents. "La premi�re fois que je l'ai lanc�, c'�tait contre un sorcier nomm� Gerald Grice, et tu pourras me demander ce que <emphasis>lui</emphasis> avait fait apr�s tes �tudes � Poudlard."</p><p>"Mais pourquoi est-il Impardonnable alors ?" dit Harry. "Je veux dire, un sortil�ge de coupure peut aussi tuer quelqu'un. Alors pourquoi est-ce qu'il vaut mieux utiliser Reducto plut�t qu'Avada Kedav..."</p><p>"Ferme-la !" dit brusquement Maugrey. "Quelqu'un pourrait mal le prendre en t'entendant prononcer cette incantation. Tu as <emphasis>l'air</emphasis> trop jeune pour pouvoir le lancer, mais un Polynectar est toujours possible. Et pour r�pondre � ta question, gamin, il y a deux raisons pour lesquelles ce sortil�ge est sur la liste noire des listes noires. La premi�re, c'est que le sortil�ge de la mort frappe directement l'�me et qu'il ne s'arr�tera pas avant d'en avoir touch� une. Il traversera les boucliers. Il traversera les <emphasis>murs</emphasis>. Il y a une <emphasis>raison</emphasis> pour laquelle m�me les Aurors n'avaient pas le droit de l'utiliser contre les Mangemorts avant la loi Monroe."</p><p>"Ah," dit Harry. "�a semble effectivement �tre une excellente raison d'interdire..."</p><p>"Je n'ai pas fini, petit. La seconde raison est que le sortil�ge de la mort ne requiert pas <emphasis>seulement </emphasis>un bon coup de magie. Il faut le <emphasis>vouloir</emphasis>. Il faut <emphasis>vouloir </emphasis>que la personne meure, et pas seulement pour le plus grand bien. Tuer Grice n'a pas ramen� Blair Roche, Nathan Rehfuss ou David Capito. Ce n'�tait pas par souci de justice ou pour l'emp�cher d'agir � nouveau. <emphasis>Je voulais qu'il soit mort</emphasis>. Tu comprends maintenant, mon gars ? T'as pas besoin d'�tre un mage noir pour utiliser ce sortil�ge - mais tu peux pas �tre Albus Dumbledore non plus. Et si on t'arr�te parce que tu l'as utilis� pour tuer, tu peux pas te d�fendre."</p><p>"Je... vois," murmura le Survivant. <emphasis>On ne peut vouloir que la personne meurt pour des raisons instrumentales, dans la perspective de quelque cons�quence positive future, on ne peut pas le lancer si on pense que c'est un mal n�cessaire, il faut vraiment vouloir que la personne meure pour qu'elle soit morte, que ce soit une valeur terminale dans sa fonction d'utilit�</emphasis>. "Une pr�f�rence pour la mort et contre la vie, magiquement incarn�e, frappant au niveau de la vie elle-m�me... �a a effectivement l'air d'�tre un sortil�ge difficile � arr�ter."</p><p>"Pas difficile," l�cha Maugrey. "<emphasis>Impossible.</emphasis>"</p><p>Harry hocha gravement la t�te. "Mais David Monroe - ou qui que ce soit d'autre - a utilis� le sortil�ge de la mort contre plusieurs Mangemorts <emphasis>avant m�me </emphasis>qu'ils n'exterminent sa famille. Est-ce que �a veut dire qu'il devait d�j� les ha�r ? Que l'histoire des arts martiaux est probablement vraie ?"</p><p>Maugrey secoua l�g�rement la t�te. "L'une des sombres v�rit�s du sortil�ge de la mort, petit, c'est qu'une fois qu'on l'a lanc� une fois, on n'a pas besoin de beaucoup de haine pour le faire � nouveau."</p><p>"Il endommage l'esprit ?"</p><p>Maugrey secoua la t�te une fois de plus. "Non. C'est tuer qui fait �a. Le meurtre d�chire l'�me - mais un sortil�ge de coupure ferait le m�me effet. Ce n'est pas que le sortil�ge de la mort brise l'�me. C'est juste qu'il faut en avoir une bris�e pour le lancer." Si le visage balafr� avait une expression triste, elle �tait imperceptible. "Mais cela ne nous dit pas grand chose sur Monroe. Ceux comme Dumbledore, qui n'arriveront jamais � lancer le sortil�ge de leur vie parce qu'ils ne se brisent pas quoi qu'il arrive - ce sont eux qui sont rares, tr�s rares. Il suffit d'une petite fissure."</p><p>Il y avait une �trange sensation de lourdeur dans la poitrine de Harry. Il s'�tait demand� exactement ce que signifiait le fait que Lily Potter avait essay� de lancer le sortil�ge de la mort sur Lord Voldemort dans son dernier souffle. Mais c'�tait s�rement pardonnable, s�rement <emphasis>juste </emphasis>et <emphasis>bien </emphasis>qu'une m�re ha�sse le mage noir venu tuer son b�b� et se moquer d'elle parce qu'elle ne pouvait pas l'arr�ter. Il y aurait eu quelque chose d'anormal chez le parent <emphasis>incapable </emphasis>de lancer Avada Kedavra dans cette situation. Et aucun autre sortil�ge n'aurait pu traverser les boucliers du mage noir ; si c'�tait l� le seul moyen de sauver son b�b�, il fallait au moins <emphasis>essayer</emphasis> de suffisamment ha�r le Seigneur des T�n�bres pour d�sirer le voir mort.</p><p><emphasis>Il suffit d'une petite fissure...</emphasis></p><p>"Assez," dit le professeur McGonagall. "Que veux-tu que nous fassions ?"</p><p>Le sourire de Maugrey apparut. "D�barrassez-vous du professeur de D�fense et voyez si tous vos probl�mes se dissipent myst�rieusement. Je vous parie un Gallion que oui."</p><p>Le professeur McGonagall sembla ressentir une douleur. "Alastor... mais... pourras-<emphasis>tu</emphasis> donner les cours, si..."</p><p>"Ha !" dit Maugrey. "Si jamais je r�ponds oui, fais-moi un test de Polynectar, parce que ce ne sera pas moi."</p><p>"Je ferai un test exp�rimental," dit Harry. Puis, alors que tout le monde le regardait, "je poserai au professeur Quirrell une question dont seul le v�ritable David Monroe conna�trait la r�ponse - par exemple, qui d'autre �tait dans la classe de Serpentard en 1945, ou quelque chose comme �a - de pr�f�rence sans que ce soit trop �vident. Ce ne sera pas une preuve concluante, il pourrait avoir �tudi� son r�le, mais �a pourrait toujours �tre un indice. Mais quand m�me, M. Maugrey, m�me si le professeur Quirrell n'est pas le Monroe original, je ne suis pas s�r que se d�barrasser de lui soit gratuit. Il a sauv� ma vie deux fois..."</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" s'�cria Maugrey. "Quand ? Comment ?"</p><p>"Une fois il a assomm� un groupe de sorci�re qui m'attiraient vers le sol, une fois il a compris que le D�traqueur m'aspirait � travers ma baguette. Et si ce n'est <emphasis>pas</emphasis> le professeur Quirrell qui a pi�g� Draco en premier lieu, alors il lui a sauv� la vie et les choses iraient beaucoup plus mal s'il ne l'avait pas fait. Si le professeur de D�fense n'est pas derri�re tout �a - alors il n'est <emphasis>pas </emphasis>quelqu'un qu'on peut se permettre de d'�jecter."</p><p>Le professeur McGonagall hocha fermement la t�te.</p><empty-line/><p><emphasis>Hypoth�se : Severus Rogue</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis>(8 avril 1992, 19h03)</emphasis></p><empty-line/><p>Harry et le professeur McGonagall se tenaient � pr�sent sur les escaliers � la lente rotation, une rotation qui ne descendait pas ; ou du moins <emphasis>un </emphasis>Harry se tenait sur ces escaliers - ses trois autres lui avaient �t� laiss�s derri�re, dans le bureau du directeur.</p><p>"Puis-je vous poser une question personnelle ?" dit Harry, lorsqu'il pensa qu'ils �taient assez loin pour ne pas �tre entendus."</p><p>"Oui," dit le professeur McGonagall sans tout � fait soupirer. "Bien que j'esp�re que vous comprenez que je ne peux rien <emphasis>faire</emphasis> qui entre en conflit avec mon devoir de..."</p><p>"Oui," dit Harry, "c'est exactement � ce sujet que je veux vous interroger. Face au Magenmagot, quand Lucius Malfoy disait que Hermione ne faisait pas partie de la maison Potter et qu'il n'accepterait pas l'argent, vous avez dit � Hermione de faire un serment. Je veux savoir, si quelque chose comme �a devait se produire � nouveau, si votre devoir est d'abord envers l'�l�ve de Poudlard, Hermione Granger, ou envers le chef de l'Ordre du Ph�nix, Albus Dumbledore."</p><p>Le professeur McGonagall donnait l'impression d'avoir �t� frapp�e en plein visage par une casserole en acier quelques minutes plus t�t, qu'on venait de lui dire que �a allait se produire � nouveau et qu'elle ne devait pas bouger.</p><p>Harry tressaillit lui m�me un peu. Un jour, il faudrait qu'il prenne l'habitude de ne <emphasis>pas</emphasis> formuler les choses de la fa�on la plus abrupte possible.</p><p>Les murs tourn�rent alors autour d'eux, en-dessous d'eux, et, myst�rieusement, ils descendirent.</p><p>"Oh, M. Potter," dit le professeur McGonagall avec une lente expiration. "Je... <emphasis>j'aimerais</emphasis> que vous ne me posiez pas de telles questions... oh, Harry, je ne r�fl�chissais pas alors, pas du tout. J'ai juste vu une chance d'aider Mlle. Granger et... apr�s tout, j'ai <emphasis>�t�</emphasis> r�partie � Gryffondor."</p><p>"Vous avez une chance de r�fl�chir maintenant," dit Harry. Il le disait mal, mais il devait <emphasis>quand m�me </emphasis>le dire, parce que - "Je ne vous demande pas d'�tre loyale envers <emphasis>moi</emphasis>. Mais si vous savez - si vous <emphasis>�tes</emphasis> certaine - de ce que vous ferez si un choix se dessine � nouveau entre un �l�ve de Poudlard innocent et l'Ordre du Ph�nix..."</p><p>Mais le professeur McGonagall secoua la t�te. "Je ne suis <emphasis>pas </emphasis>certaine," chuchota le professeur de m�tamorphose. "Je ne sais m�me pas si le choix que j'ai fait �tait le bon. Je suis d�sol�. Je ne peux pas prendre une d�cision aussi atroce !"</p><p>"Mais vous ferez <emphasis>quelque chose</emphasis> si �a se produit � nouveau," dit Harry. "L'ind�cision est aussi un choix. Vous n'arrivez juste pas � <emphasis>imaginer </emphasis>avoir � prendre une d�cision sur le moment ?"</p><p>"Non," dit le professeur McGonagall d'un ton un peu plus affirm� ; et Harry comprit qu'il lui avait accidentellement offert une �chappatoire. Les mots du professeur confirm�rent ses peurs : "Un choix aussi terrible, M. Potter... je pense que je ne devrais pas le faire avant d'y �tre oblig�e."</p><p>Harry eut un soupir int�rieur. Il songea qu'il n'avait aucun droit d'attendre du professeur McGonagall qu'elle dise quoi que ce soit d'autre. Dans un dilemme moral o� l'on perdait forc�ment quelque chose, un choix �tait toujours <emphasis>d�sagr�able</emphasis>, et l'on pouvait donc se prot�ger temporairement d'une petite douleur mentale en refusant de d�cider. Au prix de ne rien pouvoir planifier � l'avance et au prix de subir un �norme biais d'inaction, ou d'attendre jusqu'� ce qu'il soit trop tard... mais on ne pouvait pas demander � une sorci�re de savoir tout cela.</p><p>"Tr�s bien," dit Harry.</p><p>M�me si ce n'�tait pas bien du tout, vraiment pas. Dumbledore voudrait peut-�tre que cette dette soit effac�e, le professeur Quirrell voudrait aussi que Harry ne soit pas endett�. Et si le professeur de D�fense <emphasis>�tait</emphasis> David Monroe ou pouvait <emphasis>sembler</emphasis> l'�tre de fa�on convaincante, alors Lord Voldemort n'avait techniquement pas <emphasis>extermin�</emphasis> la maison Monroe. Auquel cas quelqu'un pourrait faire passer un acte au Magenmagot r�voquant la nobilit� qui avait �t� accord�e � la maison Potter pour avoir veng� la Tr�s Ancienne Maison Monroe.</p><p>Auquel cas le serment d'all�geance de Hermione envers une maison noble serait nul et non avenu.</p><p>Ou peut-�tre pas. Harry ignorait toute des d�tails l�gaux, en particulier si la maison Potter <emphasis>r�cup�rerait </emphasis>l'argent si quelqu'un parvenait � envoyer Hermione � Azkaban. D'un point de vue l�gal, ce n'�tait pas parce qu'on perdait quelque chose que le paiement devait �tre rembours�. Harry n'en �tait pas certain et il n'osait pas poser la question � un juriste magique...</p><p>...il aurait �t� agr�able de pouvoir compter sur le fait qu'au moins un adulte prendrait le parti de Hermione plut�t que celui de Dumbledore, si un probl�me de ce genre mena�ait de se produire.</p><p>Les escaliers cess�rent de tourner, et ils furent devant les dos des grandes gargouilles de pierre, qui se d�plac�rent en grondant, r�v�lant le couloir.</p><p>Harry sortit...</p><p>Une main saisit son �paule.</p><p>" ," dit le professeur McGonagall d'une voix basse, "pourquoi m'avez-vous dit de garder un �il sur le professeur Rogue ?"</p><p>Harry se tourna � nouveau.</p><p>"Vous m'avez dit de le surveiller et de voir s'il changeait," dit le professeur McGonagall avec une note d'urgence. "<emphasis>Pourquoi</emphasis> avez-vous dit �a, M. Potter ?"</p><p>Harry mit alors un moment � se souvenir, � se rem�morer la raison pour laquelle il <emphasis>avait</emphasis> dit cela. Harry et Neville avaient secouru Lesath Lestrange de brutes, puis Harry s'�tait alors confront� � Severus dans le couloir et, du moins selon le ma�tre des potions lui-m�me, avait 'failli mourir'...</p><p>"J'ai appris quelque chose qui m'a inqui�t�," dit Harry au bout d'un moment. "De la part de quelqu'un qui m'a fait promettre de ne le r�v�ler � personne d'autre." Severus avait fait promettre � Harry que leur conversation n'atteindrait les oreilles de personne et Harry �tait toujours engag� par cette promesse.</p><p>"<emphasis>Monsieur</emphasis> Potter..." commen�a le professeur McGonagall, puis elle expira et le sursaut de s�v�rit� disparut aussi vite qu'il �tait venu. "Non, rien. Si vous ne pouvez pas le dire, vous ne pouvez pas le dire."</p><p>"Pourquoi me posez-<emphasis>vous</emphasis> la question ?" dit Harry.</p><p>Le professeur McGonagall sembla h�siter...</p><p>"Tr�s bien, laissez moi �tre plus clair," dit Harry. Maintenant que le professeur Quirrell le <emphasis>lui</emphasis> avait fait � lui plusieurs fois, Harry commen�ait � prendre le coup de main. "Quels sont les changements que vous avez <emphasis>d�j�</emphasis> observ� chez le professeur Rogue et que vous h�sitez � mentionner ?"</p><p>"Harry..." dit le professeur de m�tamorphose avant de fermer la bouche.</p><p>"Il est clair que je sais une chose que vous ignorez," dit gentiment Harry. "Vous voyez, c'est pour �a qu'on ne peut pas toujours repousser les d�cisions face � d'horribles dilemmes moraux."</p><p>Le professeur McGonagall ferma les yeux, prit une profonde inspiration, pin�a l'ar�te de son nez et serra plusieurs fois. "Tr�s bien," dit-elle. "C'est subtil... mais inqui�tant. Comment dire �a... M. Potter, avez-vous lu de nombreux livres que les jeunes enfants ne sont pas cens�s lire ?"</p><p>"Je les ai <emphasis>tous </emphasis>lus."</p><p>"�videmment. Eh bien... je ne le comprends pas tout � fait moi-m�me, mais depuis que Severus a commenc� � travailler pour cette �cole, � d�ambuler dans cette cape horriblement tach�e, il y a eu un <emphasis>certain genre de fille</emphasis> qui l'a observ� avec des yeux pleins de convoitise..."</p><p>"Vous dites �a comme si �a n'�tait pas bien !" dit Harry. "Enfin, s'il y a une chose que <emphasis>j'ai </emphasis>comprise en lisant ces livres, c'est qu'on n'est pas cens� remettre en question les pr�f�rences des gens."</p><p>Le professeur McGonagall eut un regard <emphasis>tr�s</emphasis> �trange en direction de Harry.</p><p>"Je veux dire," continua Harry, "d'apr�s ce que j'ai lu, il y a environ 10% de chances que <emphasis>je </emphasis>trouve le professeur Rogue attrayant quand je serai un peu plus vieux, et ce qui compte c'est juste que je m'accepte quel que soit..."</p><p>"<emphasis>Quoi qu'il en soit, M. Potter</emphasis>, Severus a toujours �t� totalement indiff�rent aux regards de ces jeunes filles. Mais � pr�sent.." le professeur McGonagall sembla se rendre compte de quelque chose et ses mains s'�lev�rent comme en signe d'avertissement, "ne vous m�prenez pas, je vous en prie, le professeur Rogue n'a <emphasis>certainement</emphasis> abus� d'aucune jeune sorci�re ! Absolument pas ! Il n'a m�me jamais ne serait-ce que souri � l'une d'elles, du moins je n'ai jamais entendu dire une chose pareille. Il a ordonn� aux jeunes filles de cesser de le fixer avec des yeux ronds. Et si elles le regardent quand m�me, il d�tourne le regard. Cela, je l'ai vu de mes propres yeux."</p><p>"Euh..." dit Harry. "D�sol� mais ce n'est pas juste parce que j'ai <emphasis>lu</emphasis> ces livres que je les ai compris. Qu'est-ce que tout �a veut <emphasis>dire </emphasis>?"</p><p>"Qu'il le <emphasis>remarque</emphasis>," dit le professeur McGonagall d'un ton bas. "C'est subtil, mais maintenant que je l'ai vu, j'en suis certaine. Et <emphasis>cela</emphasis> signifie... j'ai bien peur... que le lien qui rapprochait Severus de la cause d'Albus... peut s'�tre affaibli, ou s'�tre m�me bris�."</p><p>2 + 2 = ...</p><p>"<emphasis>Rogue et Dumbledore </emphasis>?" Puis Harry entendit les mots qui venaient de sortir de sa bouche et ajouta avec h�te : "Non pas que �a soit mal..."</p><p>"<emphasis>Non !</emphasis>" dit le professeur McGonagall. "Oh, par piti�... je ne peux pas vous expliquer, M. Potter !"</p><p>L'in�vitable conclusion lui apparut enfin.</p><p><emphasis>Il �tait </emphasis>encore<emphasis> amoureux de ma m�re ?</emphasis></p><p>Cela lui sembla se situer quelque part entre le magnifiquement triste et le path�tique pendant cinq secondes avant que <emphasis>l'autre </emphasis>in�vitable conclusion ne lui apparaisse enfin.</p><p><emphasis>Bien s�r, c'�tait avant que je lui donne mes bons conseils en mati�re de relations amoureuses.</emphasis></p><p>"Je vois," dit Harry avec pr�caution quelques instants plus tard. Parfois, dire 'Oups' �tait loin de faire justice � la situation. "Vous avez raison, ce n'est pas bon signe."</p><p>Le professeur McGonagall mit ses deux mains sur son visage. "Quoi que vous pensiez maintenant," dit-elle d'une voix l�g�rement �touff�e, "je vous assure que c'est <emphasis>aussi </emphasis>faux et je ne veux jamais l'entendre."</p><p>"Donc..." dit Harry. "Si, comme vous dites, le lien qui unissait le professeur Rogue au directeur <emphasis>s'est</emphasis> bris�... alors que fera-t-il ?"</p><p>Il y eut un long silence</p><empty-line/><p><emphasis>Alors que fera-t-il ?</emphasis></p><p>Minerva abaissa ses mains et fixa le visa du Survivant. Une simple question n'aurait pas d� lui causer tant de d�sarroi. Elle connaissait Severus depuis des ann�es ; ils s'�taient rapproch�s, d'une �trange fa�on, � travers la proph�tie qu'ils avaient tous deux entendue. Bien que Minerva soup�onnait, d'apr�s sa connaissances des r�gles proph�tiques, qu'elle n'avait fait que la <emphasis>surprendre</emphasis>. �a avaient �t� les actes de Severus qui avaient accompli la proph�tie. Et la culpabilit�, le chagrin qui avait d�coul� de ce choix avaient tourment� le ma�tre des potions pendant des ann�es. Elle ne pouvait imaginer Severus sans ces sentiments. Son esprit se vida lorsqu'elle essaya de le faire ; ses pens�es devinrent un parchemin vierge.</p><p>Severus n'�tait <emphasis>certainement</emphasis> plus l'homme qu'il avait jadis �t�, ce jeune homme en col�re et terriblement idiot qui avait port� la proph�tie � Voldemort en �change de son admission au sein des Mangemorts. Elle l'avait connu pendant des ann�es, et Severus n'�tait certainement plus cet homme...</p><p>Le connaissait-elle vraiment ?</p><p>Est-ce que <emphasis>quelqu'un</emphasis> avait d�j� vu le v�ritable Severus Rogue ?</p><empty-line/><p>"Je ne sais pas," dit enfin le professeur McGonagall. "Je ne sais vraiment pas. Je ne peux m�me pas l'imaginer. Savez-<emphasis>vous </emphasis>quoi que ce soit � ce sujet, M. Potter ?"</p><p>"Euh..." dit Harry. "Je pense pouvoir dire que les indices dont je dispose pointent dans la m�me direction que les v�tres. Je veux dire qu'ils augmentent la probabilit� que le professeur Rogue n'est plus amoureux de ma m�re."</p><p>Le professeur McGonagall ferma les yeux. "J'abandonne".</p><p>"Je ne sais pas s'il a fait quoi que ce soit d'autre de mal, cela dit," ajouta Harry. "Je suppose que le directeur vous a donn� l'autorisation de me parler de �a ?"</p><p>Le professeur McGonagall d�tourna les yeux de Harry et regarda le mur. "S'il te pla�t Harry, non."</p><p>"Tr�s bien," dit Harry, et il pivota et s'�loigna rapidement dans les couloir, tout en entendant le pas plus lent du professeur McGonagall derri�re lui et le grondement des gargouilles qui se remettaient en place.</p><empty-line/><p>C'est le surlendemain, pendant le cours de potions, que la <emphasis>potion de r�sistance froide</emphasis> de Harry entra en �bullition et d�borda de son chaudron avec une mousse verd�tre et une odeur naus�abonde, et que le professeur Rogue, d'un air plus r�sign� que d�go�t�, dit � Harry de rester apr�s le cours. Harry avait ses propres soup�ons concernant cette affaire et d�s que la classe fut lib�r�e - Hermione, comme d'habitude depuis quelques jours, premi�re � fuir la salle - la porte se referma d'un coup et se verrouilla derri�re les �l�ves qui s'�loignaient.</p><p>"Je vous prie de m'excuser d'avoir g�ch� votre potion, M. Potter," dit doucement Severus Rogue. Il y avait sur son visage l'�trange regard triste que Harry avait vu chez lui quelques temps auparavant, dans un couloir. "Vos notes n'en p�tiront pas. Asseyez-vous, s'il vous pla�t."</p><p>Harry se rassit � son bureau et tua le temps en continuant de frotter la tache verte sur la surface de bois tandis que le ma�tre des potions incantait quelques sortil�ges d'intimit�.</p><p>Lorsqu'il eut fini, il parla � nouveau. "Je ne... je ne sais pas comment aborder ce sujet, M. Potter, donc je me contenterai de le dire... face au D�traqueur, vous avez retrouv� le souvenir de la nuit o� vos parents sont morts ?"</p><p>Harry hocha silencieusement la t�te.</p><p>"Je... je sais que ce ne doit pas �tre un souvenir agr�able mais... si vous pouviez me dire ce qui s'est pass� ?"</p><p>"Pourquoi ?" demanda Harry. Sa voix �tait solennelle et certainement pas <emphasis>moqueuse</emphasis> face au regard implorant que Harry ne se serait jamais attendu � voir chez cette personne. "Je ne pense pas que ce serait plaisant pour vous � entendre, professeur."</p><p>La voix du ma�tre des potions n'�tait presque plus qu'un murmure. "Je l'ai imagin�, toutes les nuits, ces dix derni�res ann�es."</p><p><emphasis>Tu sais, </emphasis>dit le c�t� Serpentard de Harry, <emphasis>si sa loyaut� fond� sur une culpabilit� vacille d�j�, �a n'est peut-�tre pas une si bonne id�e que �a de lui offrir une chance de tourner la page...</emphasis></p><p><emphasis>Tais-toi. Rejet�.</emphasis></p><p>Ce n'�tait pas une requ�te que Harry �tait <emphasis>vraiment</emphasis> capable de refuser. Il accepta une suggestion de son c�t� Serpentard mais ce fut tout.</p><p>"Me direz-vous <emphasis>exactement</emphasis> comment vous avez appris la proph�tie ?" dit Harry. "Je suis d�sol� de transformer �a en un �change, je vous le <emphasis>dirai</emphasis> apr�s, c'est seulement que �a pourrait vraiment �tre important..."</p><p>"Il y a peu � dire. J'�tais venu pour un entretien avec la directrice adjointe pour le poste de ma�tre des potions et j'attendais donc devant la T�te de Sanglier le jour o� la candidate qui me pr�c�dait, Sibylle Trelawney, venait pour le poste de professeur de Divination. D�s que Trelawney eut fini de prononcer ces mots, je fuis, abandonnant toute chance de professorat � Poudlard, et me pr�sentais au Seigneur des T�n�bres." Le visage du ma�tre des potions �tait tir�, tendu. "Je ne me suis m�me pas arr�t� pour me demander pourquoi cette �nigme m'avait �t� adress�e avant de la vendre � un autre."</p><p>"Un <emphasis>entretien d'embauche</emphasis> ?" dit Harry. "Vous et le professeur Trelawney aviez tous les deux candidat� et le professeur McGonagall faisait passer l'entretien ? Cela ressemble... � une assez grande co�ncidence..."</p><p>"Les voyants sont les pions du temps, M. Potter. Les co�ncidences sont indignes d'eux et ils les surplombent. J'�tais celui cens� entendre cette proph�tie et devenir son idiot. La pr�sence de Minerva n'eut aucun impact sur ses cons�quences. Il n'y a pas eu de sortil�ge de m�moire comme vous l'avez suppos�, je ne sais pas pourquoi vous avez pens� � �a, mais il n'y en a pas eu, il n'y aurait pas pu en avoir. La voix d'un voyant a une certaine qualit�, une �nigme que m�me la L�gilimancie ne poss�de pas ; comment pourrait-elle en impr�gner un faux souvenir ? Pensez-vous que le Seigneur des T�n�bres aurait cru mes simples paroles ? Il s'est saisit de mon esprit, il y comprit la mystification, m�me s'il ne put comprendre le myst�re, et il sut que la proph�tie �tait vraie. Le Seigneur des T�n�bres aurait alors pu me tuer, ayant pris ce qu'il d�sirait - j'avais bel et bien �t� idiot d'aller le voir - mais il vit quelque chose en moi, quelque chose que j'ignore, et m'accepta parmi les Mangemorts, quoique selon ses propres conditions plut�t que selon les miennes. C'est ainsi que je l'ai provoqu�, que j'ai tout provoqu�, du d�but � la fin, moi seul." La voix de Severus �tait devenue assez rauque et son visage affichait une douleur nue. "Maintenant, dites-moi, s'il vous pla�t, comment Lily est-elle morte ?"</p><p>Harry d�glutit deux fois et commen�a � raconter.</p><p>"James Potter a cri� � Lily de s'enfuir avec moi, qu'il retiendrait Vous-Savez-Qui."</p><p>"Vous-Savez-Qui a dit..." Harry s'arr�ta, les frissons montaient le long de sa peau, ses muscles se contractaient comme s'ils se pr�paraient � une crise de nerfs. Le souvenir revenait � pr�sent avec plus de force, accompagn� de froid et de t�n�bres. "Il a utilis�... le sortil�ge de la mort... puis il a mont� les escaliers, je crois qu'il doit avoir vol�, je ne me souviens d'aucun pas dans les escaliers ou quoi que ce soit du genre... et puis ma m�re a dit : 'Non, pas Harry, s'il vous pla�t, pas Harry !' ou quelque chose comme �a. Et le Seigneur des T�n�bres - sa voix �tait tellement aigu�, comme de l'eau sifflant d'une bouilloire mais <emphasis>froide </emphasis>- le Seigneur des T�n�bres a dit..."</p><p><emphasis>�carte-toi, femme ! Ce n'est pas pour toi que je suis venu, mais pour le gar�on.</emphasis></p><p>Le mots �taient tr�s clairs dans l'esprit de Harry.</p><p>"... il a dit � ma m�re de s'�carter de son chemin, qu'il n'�tait l� que pour <emphasis>moi</emphasis>, et ma m�re l'a suppli� d'avoir piti�, et le Seigneur des T�n�bres a dit..."</p><p><emphasis>Je te donne la rare chance de t'�chapper.</emphasis></p><p>"...qu'il �tait g�n�reux et lui donnait une chance de s'enfuir, mais qu'il ne prendrait pas la peine de se battre contre elle et que m�me si elle mourrait elle ne pourrait pas me sauver..." la voix de Harry �tait instable, "...et qu'elle devait donc s'�carter de son chemin. Et c'est alors que ma m�re a suppli� le Seigneur des T�n�bres de prendre sa vie plut�t que la mienne, et le Seigneur des T�n�bres... le Seigneur des T�n�bres lui a dit... et sa voix �tait plus grave cette fois, comme s'il abandonnait une attitude qu'il aurait endoss�e..."</p><p><emphasis>Tr�s bien, j'accepte le march�.</emphasis></p><p>"...il a dit qu'il acceptait son offre et qu'elle devait laisser tomber sa baguette afin qu'il puisse la tuer. Et alors il a attendu, il a juste attendu. Je... je ne sais pas ce que Lily Potter a pens�, �a n'avait eu aucun sens, ce qu'elle avait dit, ce n'�tait pas comme si le Seigneur des T�n�bres allait la tuer et juste <emphasis>partir </emphasis>alors qu'il �tait venu ici pour moi. Lily Potter n'a rien dit et puis le Seigneur des T�n�bres a commenc� � se moquer d'elle et c'�tait horrible et... et elle a finit par essayer la derni�re chose � faire qui n'�tait ni m'abandonner ni laisser tomber et mourir. Je ne sais pas si elle aurait m�me pu le lancer, si le sortil�ge aurait fonctionn�, mais � y r�fl�chir, elle se devait d'essayer. La derni�re chose que ma m�re a dit fut 'Avada K...' mais le Seigneur des T�n�bres a commenc� son propre sortil�ge d�s qu'elle a commenc� � dire 'Av' et il l'a dit en moins d'une demi seconde et il y a eu un flash de lumi�re verte et alors... et alors...<emphasis> et alors...</emphasis>"</p><p>"Cela suffit."</p><p>Lentement, comme un corps remontant � la surface de l'eau, Harry revint de l� o� il avait �t�.</p><p>"Cela suffit," dit le ma�tre des potions d'une voix rauque. "Elle est morte... elle est morte sans souffrir, alors ? Le Seigneur des T�n�bres... ne lui a rien fait, avant qu'elle ne meure ?"</p><p><emphasis>Elle est morte en pensant avoir �chou�, en pensant que le Seigneur des T�n�bres allait ensuite tuer son b�b�. C'est une souffrance.</emphasis></p><p>"Il... le Seigneur des T�n�bres ne l'a pas tortur�e..." dit Harry. "Si c'est ce que vous me demandez."</p><p>Derri�re Harry, la porte se d�verrouilla et s'ouvrit grand.</p><p>Harry partit.</p><p>Nous �tions le vendredi 10 avril 1992.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 87*: Sensibilit� h�donique</strong></p><p><emphasis>[NdT: Version l�g�rement remani�e par rapport � la premi�re traduction]</emphasis></p><p><emphasis>Jeudi 16 avril 1992</emphasis></p><p>L'�cole �tait maintenant presque d�serte. Les neuf dixi�mes des �l�ves �taient rentr�s chez eux pour les vacances de P�ques et presque tous ceux qu'elle connaissait n'�taient plus l�. Susan �tait rest�e car sa grande-tante �tait assez occup�e ; Ron �tait rest� aussi, mais elle ne savait pas pourquoi - peut-�tre la famille Weasley �tait-elle assez pauvre pour ne pas souhaiter avoir plus de bouches d'enfants � nourrir pendant une semaine ? �a l'arrangeait plut�t, car Ron et Susan �taient � peu pr�s les seuls qui voulaient encore bien lui parler. (Ou du moins les seuls � qui elle voulait <emphasis>r�pondre</emphasis>. Lavande �tait encore gentille avec elle, et Tracey �tait, euh, Tracey, mais passer une heure avec l'une des deux n'aurait pas �t� tout � fait <emphasis>reposant</emphasis> ; quoi qu'il en soit, aucune des deux n'�tait rest�e pour les vacances de P�ques).</p><p>Si elle ne pouvait pas rentrer <emphasis>chez elle</emphasis> - et elle n'en avait pas le droit, on avait menti � ses parents en leur disant qu'elle avait la lumiole - alors une �cole de Poudlard quasiment vide �tait ce qu'il y avait de mieux.</p><p>Elle pouvait m�me se rendre � la biblioth�que sans que les gens la regardent, puisqu'il n'y avait plus de cours et que personne n'essayait de travailler.</p><p>�'aurait �t� une erreur de penser que Hermione d�ambulait abattue dans les couloirs en pleurnichant � longueur de journ�es. Oh, elle avait beaucoup pleur� les deux premiers jours, bien s�r, mais deux jours avaient suffit. Des passages de livres emprunt�s � Harry parlaient de �a, de la fa�on dont les gens paralys�s dans des accidents de voitures se retrouvaient, six mois plus tard, loin d'�tre aussi tristes qu'ils s'�taient attendus � l'�tre, tout comme les gagnants du loto �taient loin d'�tre aussi heureux que ce � quoi ils s'�taient attendus. Les gens s'adaptaient, leurs niveau de bonheur revenait � leur point d'ancrage et la vie continuait.</p><p>Une ombre s'abattit au-dessus du livre qu'elle lisait. Elle tournoya, sa baguette dissimul�e sur ses genoux directement braqu�e sur le visage surpris de �</p><p>"Pardon !" dit Harry Potter, montrant ses paumes en h�te pour r�v�ler sa main gauche, vide, et sa main droite contenant une petite bourse de velours rouge. "Pardon. Comptais pas t'effrayer."</p><p>Il y eut un terrible silence, son rythme cardiaque acc�l�ra, ses paumes commenc�rent � suer et Harry Potter se contentade la regarder. Elle lui avait <emphasis>presque</emphasis> parl�, � l'aube du premier jour du reste de sa vie, mais lorsqu'elle s'�tait rendue au petit d�jeuner Harry Potter avait eu l'air si <emphasis>mal en point</emphasis>� alors elle s'�tait assise � c�t� de lui � la table du petit d�jeuner et avait silencieusement mang� dans sa petite bulle de il-n'y-a-personne-�-cot�-de-moi, et �a avait �t� horrible, mais Harry n'avait pas �t� la voir et� elle ne lui avait tout simplement pas parl� depuis (ce n'�tait pas difficile d'�viter tout le monde quand on �vitait la salle commune de Serdaigle et qu'on d�guerpissait � la fin de cours avant que quiconque puisse vous parler).</p><p>Et depuis, elle s'�tait demand� ce que Harry pouvait bien penser d'elle - s'il la d�testait parce qu'il avait perdu tout son argent - s'il �tait <emphasis>vraiment</emphasis> amoureux d'elle et que c'�tait pour �a qu'il avait agi - s'il avait abandonn� tout espoir qu'elle reste � sa hauteur parce qu'<emphasis>elle</emphasis> ne pouvait pas <emphasis>effrayer les D�traqueurs</emphasis>. En cet instant, elle ne pouvait pas lui faire face, elle en �tait incapable, elle avait pass� des nuits d'insomnies � se demander ce qu'il pensait d'elle, et elle avait peur, car elle avait �vit� le gar�on qui avait d�pens� tout son argent pour la sauver ; Elle n'�tait qu'une horrible ingrate, qu'une mis�rable ingrate, etc�</p><p>Puis ses yeux s'abaiss�rent pour d�couvrir que Harry avait plong� sa main dans la bourse rouge en velours, il en tira une confiserie en forme de c�ur enrob�e d'un papier m�tallique rouge et son cerveau fondit comme du chocolat laiss� au soleil.</p><p>"J'allais te donner plus d'espace," dit Harry Potter, "sauf que je lisais les th�ories de Critch sur l'h�donisme, sur la meilleure fa�on d'entra�ner le pigeon qu'on a en nous, sur la fa�on dont les petits retours n�gatifs et positifs imm�diats contr�lent vraiment la majorit� de ce qu'on fait et je me suis dit que tu m'�vitais peut-�tre parce que me voir d�clenchait des associations n�gatives et je ne voulais vraiment <emphasis>pas</emphasis> laisser �a continuer plus longtemps sans y faire quelque chose donc j'ai mis la main sur un sac de chocolat des jumeaux Weasley et je vais juste t'en donner un � chaque fois que tu me verras pour cr�er un renforcement positif si �a ne te pose pas de probl�me�"</p><p>"<emphasis>Respire</emphasis>, Harry," dit Hermione sans m�me y penser.</p><p>C'�tait la premi�re chose qu'elle lui avait dite depuis le jour du proc�s.</p><p>Ils se regard�rent l'un l'autre.</p><p>Les livres sur les �tag�rent les regard�rent.</p><p>Ils se regard�rent encore un peu.</p><p>"Tu es cens�e manger le chocolat," dit Harry en tendant la confiserie en forme de c�ur comme un Valentin. "� moins que le fait de recevoir le chocolat soit assez agr�able pour constituer un renforcement positif, auquel cas tu devrais probablement le mettre dans ta poche."</p><p>Elle savait que si elle essayait de parler � nouveau elle �chouerait et n'essaya donc pas.</p><p>La t�te de Harry s'affaissa un peu. "<emphasis>Est-ce</emphasis> que tu me d�testes maintenant ?"</p><p>"<emphasis>Non !</emphasis>" dit-elle. "Non, tu ne devrais pas penser �a, Harry ! Juste� juste� juste <emphasis>tout !</emphasis>" Elle se rendit compte que sa baguette �tait toujours point�e vers Harry et elle l'abaissa un peu. Elle essayait tr�s fort de ne pas �clater en sanglots. "<emphasis>Tout !</emphasis>" r�p�ta-t-elle, sans pouvoir trouver une meilleure fa�on de le dire, bien qu'elle fut certaine que Harry voulait qu'elle soit plus pr�cise.</p><p>"Je pense que je comprends," dit prudemment Harry. "Qu'est-ce que tu lis ?"</p><p>Avant qu'elle ne puisse l'arr�ter, Harry se pencha sur la table de lecture pour voir le livre qu'elle lisait et avan�a la t�te avant qu'elle ne pense � l'�carter�</p><p>Harry regarda la page � laquelle le livre �tait ouvert.</p><p>"Les sorciers les plus riches et comment ils y sont parvenus," lut Harry � haute voix en regardant le haut de celle-ci. "Num�ro soixante-cinq, Sire Gareth, propri�taire de l'entreprise"Shipping Ltd", gagnante les guerres de transport du 19�me si�cle� monopole sur les ot�t�s� je vois."</p><p>"J'suis s�re que tu vas me dire que je dois pas m'inqui�ter et que tu vas t'occuper de tout ?" Son ton fut dur qu'elle ne l'avait voulu et elle sentit venir une autre vague de culpabilit� � l'id�e d'�tre une personne aussi horrible.</p><p>"Nan," dit Harry, �trangement enjou�. "Je peux suffisamment bien me mettre � ta place pour savoir que si <emphasis>tu</emphasis> avais pay� une grosse somme pour <emphasis>me</emphasis> sauver, je <emphasis>serais</emphasis> en train d'essayer de te rembourser. Je saurais que c'est en idiot, en un sens, mais j'essaierais <emphasis>quand m�me</emphasis> de tout te rembourser. <emphasis>�a</emphasis>, je peux parfaitement le comprendre, Hermione."</p><p>Le visage de cette derni�re se tordit et elle sentit de l'humidit� au coin de ses yeux.</p><p>"Je t'avertis quand m�me," continua Harry, "je r�soudrai peut-�tre le probl�me de la dette envers Lucius Malfoy moi-m�me si je d�couvre un moyen de le faire avant toi. C'est plus important de r�soudre le probl�me tout de suite que de savoir <emphasis>lequel</emphasis> d'entre nous l'a r�solu. Tu as d�j� trouv� quelque chose d'int�ressant ?"</p><p>Trois quarts de Hermione couraient en tous sens et se cognaient contre des murs � force d'essayer de d�chiffrer les cons�quences des paroles de Harry (est-ce qu'il la respectait <emphasis>toujours</emphasis> en tant qu'h�ro�ne ? Ou est-ce que �a voulait dire qu'il pensait quelle ne <emphasis>pouvait pas</emphasis> y arriver toute seule ?). Au m�me moment, une partie bien plus sens�e de sa personne revint � la page 37, o� se trouvait la possibilit� la plus prometteuse pour l'instant (m�me si dans son imagination elle le faisait toujours toute seule et prenait Harry compl�tement par surprise)�</p><p>"J'ai pens� que �a avait l'air assez int�ressant," dit sa voix.</p><p>"Num�ro quatorze, 'Crozier', v�ritable nom : inconnu," dit Harry ."Wow, c'est� le chapeau haut de forme � carreau le plus Gaudiesque que j'ai jamais vu. Fortune : au moins six cent mille Gallions� donc environ trente millions de livres sterling, pas assez pour rendre un Moldu c�l�bre mais suffisant pour la petite population sorci�re je suppose. Soup�onn� d'�tre un alias moderne de Nicholas Flamel, vieux de six si�cle, le seul sorcier � avoir r�ussi la proc�dure alchimique incroyablement difficile n�cessaire � la cr�ation de la Pierre Philosophale qui permet la transmutation de simples m�taux vers l'or et l'argent ainsi que vers� l'�lixir de longue vie qui prolonge ind�finiment la jeunesse et la sant� de celui qui le boit� euh, Hermione, �a m'a l'air �videmment faux."</p><p>"J'ai trouv� d'autres r�f�rences au sujet de Nicholas Flamel," dit Hermione. "<emphasis>Grandeur et Chute des Arts Noirs</emphasis> dit qu'il a secr�tement entra�n� Dumbledore avant son affrontement avec Grindelwald. Il y a beaucoup de livres qui prennent cette histoire au s�rieux, pas seulement celui-ci� tu penses que c'est trop beau pour �tre vrai ?"</p><p>"Non, bien s�r que non," dit Harry. Il tira la chaise situ�e � c�t� de Hermione et s'assit � son emplacement habituel, � sa droite, comme s'il n'en �tait jamais parti ; elle dut refr�ner un hoquet. "L'id�e de 'trop beau pour �tre vrai' ne constitue pas un raisonnement causal, l'univers ne v�rifie pas si le r�sultat d'une �quation est 'trop beau' ou 'trop mauvais' avant de le permettre. Les gens pensaient que les avions et les vaccins contre la variole �taient trop beaux pour �tre vrais. Les moldus ont d�couvert comment voyager vers d'autres �toiles sans m�me utiliser la magie, et toi et moi pouvons utiliser nos baguettes pour faire des choses que les physiciens moldus croient �tre strictement impossibles. Je ne peux m�me pas imaginer ce que les <emphasis>vraies</emphasis> lois de la magie seraient incapables de faire."</p><p>"Alors quel est le probl�me ?" dit Hermione. Elle avait l'impression que sa voix �tait maintenant plus normale.</p><p>"Eh bien�" dit Harry. Le gar�on passa un bras au-dessus du sien, leurs robes se fr�l�rent, et il toucha l'illustration d'une sinistre pierre rouge d'o� gouttait un liquide �carlate. "Le probl�me num�ro un c'est qu'il n'y a pas de raison logique pour laquelle le <emphasis>m�me</emphasis> appareil serait capable de transmuter du plomb en or <emphasis>et</emphasis> de produire un �lixir qui maintient la jeunesse. Je me demande s'il y a un nom officiel pour �a dans la litt�rature ? L'effet 'monte jusqu'� 11', peut-�tre ? Si tout le monde peut voir ce qu'est fleur, ce n'est pas cr�dible de dire que les fleurs sont aussi grandes que des maisons. Mais si on fait partie d'une secte adoratrice d'OVNIS, puisque personne ne peut avoir le vaisseau-m�re alien de toute fa�on, on peut dire qu'il fait la taille d'une ville, ou la taille de la Lune. Les choses observables sont contraintes par les observations, mais quand on invente une histoire, on peut pousser les choses aussi loin qu'on le d�sire. Donc la Pierre Philosophale donne de l'or infini <emphasis>et</emphasis> la vie �ternelle, pas parce qu'une seule d�couverte magique produit ces deux effets, mais parce que quelqu'un a invent� l'histoire d'un truc hyper cool."</p><p>"Harry, il y a plein de choses dans le monde de la magie qui n'ont aucun sens," dit-elle.</p><p>"Accord�," dit Harry. "Mais Hermione, le second probl�me c'est que m�me les <emphasis>sorciers</emphasis> ne sont pas assez fous pour nonchalamment laisser passer ce que �a <emphasis>impliquerait</emphasis>. <emphasis>Tout le monde</emphasis> serait en train d'essayer de red�couvrir le formule de la Pierre Philosophale, des <emphasis>pays</emphasis> entiers essaieraient de capturer ce sorcier immortel et de lui arracher son secret�"</p><p>"Ce n'est pas un <emphasis>secret</emphasis>." Hermione tourna la page et montra les diagrammes � Harry. "Les instructions sont juste l�, � la page suivante. C'est juste tellement difficile que Nicholas Flamel est le seul � l'avoir <emphasis>fait</emphasis>."</p><p>"Alors des pays entiers essaieraient de kidnapper Flamel et de <emphasis>le</emphasis> forcer � faire plus de Pierres. Allons, Hermione, m�me les sorciers ne peuvent pas entendre parler <emphasis>d'immortalit�</emphasis> et, et..;" Harry s'interrompit, son �loquence sembla lui manquer, "et <emphasis>juste continuer comme si de rien n'�tait</emphasis>. Les humains sont fous, mais pas fous <emphasis>� ce point</emphasis> !"</p><p>"Tout le monde ne pense pas comme <emphasis>toi</emphasis>, Harry." Il avait marqu� un point, mais� <emphasis>combien</emphasis> de r�f�rences � Nicholas Flamel avait-elle lues ? Hormis <emphasis>Les sorciers les plus riches du monde</emphasis> et <emphasis>Grandeur et Chute des Arts Noirs</emphasis>, il y avait aussi <emphasis>Histoires des Temps Mod�r�ment Anciens</emphasis> et <emphasis>Biographies des justement c�l�bres</emphasis>�</p><p>"Tr�s bien, alors <emphasis>Le professeur Quirrell</emphasis> aurait kidnapp� ce Flamel. C'est ce que quelqu'un de mauvais <emphasis>ou</emphasis> de bon ou <emphasis>d'�go�ste</emphasis> ferait s'il avait le moindre bon sens. Le professeur de D�fense conna�t de nombreux secrets et il ne voudrait pas passer � c�t� de <emphasis>celui l�</emphasis>." Harry soupira et leva les yeux ; elle suivit son regard, mais il semblait se contenter de regarder la biblioth�que dans son ensemble, les rang�es et rang�es et rang�es d'�tag�res. "Je ne veux pas interf�rer avec ton projet," dit Harry, "et je ne veux certainement pas te d�courager, mais� Honn�tement, Hermione, je ne suis pas certain que tu vas trouver une seule bonne id�e te permettant de gagner de l'argent dans un livre comme celui l�. C'est comme la vieille blague sur l'�conomiste qui voit un billet de vingt livres sterling par terre dans la rue et qui ne se fatigue pas � la ramasser, parce que si le billet avait �t� r�el quelqu'un d'autre l'aurait d�j� ramass�. Si un moyen de gagner beaucoup d'argent est d�j� tellement <emphasis>c�l�bre</emphasis> qu'on peut le trouver dans un livre comme celui-ci� tu vois ce que je veux dire ? �a ne peut pas �tre possible de gagner mille Gallions par mois en trois �tapes faciles � suivre, sinon tout le monde le ferait."</p><p>"Et alors ? �a ne t'arr�terait pas <emphasis>toi</emphasis>," dit Hermione d'une voix qui redevenait dure. "Tu fais des choses impossibles tout le temps, je parie que tu as fait quelque chose d'impossible la <emphasis>semaine</emphasis> derni�re et que tu ne t'es m�me pas fatigu� � le <emphasis>dire</emphasis> � quelqu'un."</p><p>(Il y eut un court silence qui, si seulement Mlle. Granger l'avait su, �tait exactement la dur�e de la pause que vous auriez marqu�e si vous aviez combattu Maugrey Fol �il et l'aviez battu exactement huit jours plus t�t).</p><p>"Pas dans ces sept derniers jours, non," dit Harry. "�coute� une partie de la technique qui permet d'accomplir l'impossible est de choisir <emphasis>quelles</emphasis> impossibilit�s remettre en cause et de tenter le coup seulement quand on a un avantage sp�cial. S'il y a une m�thode permettant de gagner de l'argent dans ce livre qui a l'air difficile � un sorcier mais qui est facile si on peut utiliser le vieux Mac Plus de papa, <emphasis>alors</emphasis> on a un plan."</p><p>"Je <emphasis>sais �a</emphasis>, Harry," dit Hermione d'une voix qui ne vacilla que l�g�rement. "Je cherchais � voir s'il y avait quelque chose ici que je <emphasis>pouvais</emphasis> r�ussir � faire. Je me suis dit, peut-�tre que la partie difficile dans la fabrication de la Pierre Philosophale, c'est que le cercle alchimique doit �tre super pr�cis et que je pourrais y arriver juste en utilisant un microscope moldu�"</p><p>"C'est <emphasis>g�nial</emphasis>, Hermione !" le gar�on leva rapidement sa baguette, dit "<emphasis>Sourdinam</emphasis>," puis poursuivit lorsque le bruissement des livres les plus chahuteurs se fut tut. "M�me si la Pierre Philosophale n'est qu'un mythe, cette technique pourrait marcher pour d'autres alchimies difficiles�"</p><p>"Eh bien �a ne <emphasis>peut pas</emphasis> marcher," dit Hermione. Elle avait travers� toute la biblioth�que pour trouver le seul livre sur l'alchimie qui n'�tait pas dans la section interdite. Et alors� elle se souvenait de l'�crasante d�ception, de l'espoir soudain qui s'�tait dissip� comme un brouillard. "Parce que <emphasis>tous</emphasis> les cercles alchimiques doivent �tre 'de la finesse d'un cheveu d'enfant', ce n'est pas plus fin pour certaines alchimies ou pour d'autres. Et les sorciers <emphasis>ont</emphasis> des Multiplettes, et je n'ai entendu parler d'aucun sortil�ge permettant d'utiliser des Multiplettes pour agrandir les choses et �tre plus pr�cis. J'aurais d� m'en rendre compte !"</p><p>"Hermione," dit Harry avec s�rieux en replongeant la main dans sa bourse rouge en velours, "ne te punis pas quand une id�e intelligente ne fonctionne pas. Tu dois avoir <emphasis>beaucoup</emphasis> d'id�es imparfaites pour en trouver une qui peut fonctionner. Et si tu envois des retours n�gatifs � ton cerveau en fron�ant les sourcils quand tu as une id�e imparfaite au lieu de te rendre compte que la suggestion d'id�e est un bon comportement de ton cerveau qui devrait �tre encourag�, tu n'auras bient�t plus aucune id�e." Harry posa deux chocolats en forme de c�ur � c�t� du livre. "Tiens, prends un autre chocolat. Je veux dire en plus de celui que je t'ai donn� plus t�t. Celui l� est pour encourager ton cerveau parce qu'il a g�n�r� une bonne strat�gie potentielle."</p><p>"J'imagine que tu as raison," dit Hermione d'une petite voix, mais elle ne toucha pas au chocolat. Elle commen�a � revenir � la page 167 qu'elle �tait en train de lire avant que Harry ne vienne.</p><p>(Hermione Granger n'avait pas besoin de <emphasis>marque-pages</emphasis>, bien s�r).</p><p>Harry se penchait l�g�rement, sa t�te touchait presque l'�paule de Hermione, il regardait les pages � mesure qu'elle les tournait, comme s'il aurait pu obtenir quelque information de valeur en les regardant pendant un quart de secondes. Il avait petit-d�jeun� peu de temps auparavant et elle pouvait clairement identifier, � la l�g�re odeur de son haleine, qu'il avait mang� du g�teau � la banane pour le dessert.</p><p>Harry parla de nouveau. "Donc tout cela �tant dit� et s'il te pla�t prends �a comme un renforcement positif� est-ce que tu as vraiment essay� d'inventer un moyen de faire de la <emphasis>production de masse d'immortalit�</emphasis> pour que je puisse <emphasis>rembourser ma dette envers Lucius Malfoy</emphasis> ?"</p><p>"Oui," dit-elle d'une voix encore plus petite. M�me quand elle <emphasis>essayait</emphasis> de penser comme Harry, il semblait qu'elle n'avait pas encore saisit le truc. "Et qu'est-ce que tu as fait pendant tout ce temps, Harry ?"</p><p>Harry prit un air d�go�t�. "Essay� de r�colter des preuves sur ce myst�re de 'Qui a pi�g� Hermione Granger'".</p><p>"Je�" Hermione leva les yeux vers Harry. "Est-ce �a ne devrait pas plut�t �tre moi� qui essaie de r�soudre mon <emphasis>propre</emphasis> myst�re ?" �a n'avait pas �t� sa premi�re id�e, sa premi�re priorit�, mais maintenant que Harry le mentionnait�</p><p>"Dans ce cas, �a ne fonctionnerait pas," dit froidement Harry. "Il y a trop de gens qui acceptent de parler � moi mais pas � toi� et je suis aussi navr� de te dire que certains m'ont fait promettre de ne r�p�ter � personne ce qu'ils m'ont dit. D�sol�, je ne pense pas que tu puisse beaucoup aider sur ce coup l�."</p><p>"D'accord," dit Hermione d'un ton las. "Tr�s bien. Tu fais tout. Tu r�coltes tous les indices et tu parles � tous les suspects pendant que je reste assise ici, dans la biblioth�que. Pr�viens-moi quand tu d�couvres que c'est le professeur Quirrell qui �tait derri�re tout �a."</p><p>"Hermione�" dit Harry. "Pourquoi est-ce qui c'est si important de savoir <emphasis>qui</emphasis> fait quoi ? Est-ce que �a ne devrait pas �tre plus important de tout r�soudre que de savoir qui a tout r�solu ?"</p><p>"J'imagine que tu as raison," dit Hermione. Elle leva les mains et les pressa contre ses yeux. "J'imagine que �a n'a plus d'importance. Tout le monde va penser - je <emphasis>sais</emphasis> que ce n'est pas ta faute Harry, tu as �t� - tu as �t� Bon, tu as �t� un parfait gentleman - mais peu importe ce que je fais, ils penseront tous que je suis juste - une fille bonne � sauver." Elle s'interrompit et dit d'une voix tremblante, "et peut-�tre qu'ils ont <emphasis>raison</emphasis>, Harry."</p><p>"Woah, woah, attends une seconde.."</p><p>"Je ne fais pas peur aux D�traqueurs. Je peux avoir un Tr�s Bien en sortil�ges, mais je ne fais pas peur aux D�traqueurs."</p><p>"<emphasis>J'ai un myst�rieux c�t� obscur !</emphasis>" siffla Harry apr�s avoir tourn� la t�te pour inspecter la biblioth�que. (Il y avait un gar�on dans un coin, loin, qui regardait parfois vers eux, mais il aurait �t� trop distant pour entendre quoi que ce soit, m�me sans la barri�re de Sourdinam). "J'ai un c�t� obscur qui n'est <emphasis>certainement</emphasis> pas un enfant ; et qui sait quel autre truc magique compl�tement dingue se passe dans ma t�te - le professeur Quirrell a dit que je deviens qui je crois �tre - c'est de la <emphasis>triche</emphasis>, tu ne comprends pas, Hermione ? L'administration et moi avons un accord dont je ne suis pas cens� parler qui permet au Survivant d'�tudier plus longtemps que les autres, tous les jours, je <emphasis>triche</emphasis> et <emphasis>tu me bats quand m�me en cours de sortil�ges</emphasis>. Je ne� je ne suis probablement pas� le Survivant n'est probablement m�me pas quelque chose qu'on pourrait raisonnablement appeler un enfant - et tu <emphasis>rivalises quand m�me</emphasis> avec �a. Est-ce que tu ne te rends pas compte que si les gens ne faisaient <emphasis>pas</emphasis> attention � moi tu appara�trais comme la sorci�re la plus puissante depuis un si�cle ? Que tu peux combattre trois brutes plus �g�es toute seule et gagner ?"</p><p>"Je ne sais pas," dit-elle en appuyant ses mains sur ses yeux, d'une voix vacillante "Tout ce que je sais, c'est� que m�me si tout �a est <emphasis>vrai</emphasis> - personne ne me verra jamais pour qui je suis, plus jamais."</p><p>"Tr�s bien," dit Harry au bout d'un moment. "Je vois ce que tu veux dire. Au lieu de la fameuse �quipe de recherche Potter et Granger, il y aura Harry Potter et son assistante de laboratoire� Euh� voil� une id�e. Et si je ne me concentrais <emphasis>pas</emphasis> sur comment gagner de l'argent pendant un moment ? Apr�s tout la dette ne doit pas �tre rembours�e avant que je finisse mes �tudes � Poudlard. Donc tu peux y arriver toi-m�me et montrer au monde de quoi tu es capable. Et si par hasard tu d�couvres en chemin le secret de l'immortalit�, on dira juste que c'est un bonus."</p><p>L'id�e que Harry se repose sur <emphasis>elle</emphasis> pour trouver une solution semblait� �tre une responsabilit� �crasante l�ch�e sur une pauvre fille de douze ans d�j� traumatis�e, et elle voulait en m�me temps le prendre dans ses bras pour le remercier de lui avoir offert un moyen de retrouver sa dignit� d'h�ro�ne, et c'�tait ce qu'elle <emphasis>m�ritait</emphasis> apr�s avoir �t� horrible, apr�s lui avoir parl� s�chement pendant tout ce temps alors que depuis le d�but il s'�tait comport� comme un meilleur ami, alors qu'elle ne l'avait jamais fait pour lui, et heureusement elle se sentait encore capable d'accomplir quelque chose et�</p><p>"Est-ce que tu as un truc super rationnel que tu fais quand ton esprit se met � courir dans plein de directions � la fois ?" parvint-elle � dire.</p><p>"Mon approche est g�n�ralement d'identifier les diff�rents d�sirs, de leur donner des noms, de les concevoir comme des individus diff�rents et de les laisser d�battre dans ma t�te. Pour l'instant ceux qui persistent sont mes c�t�s Poufsouffle, Serdaigle, Gryffondor, et Serpentard, mon Critique Interne, mes copies simul�es de toi, Neville, Draco, le professeur McGonagall, le professeur Flitwick, le professeur Quirrell, Papa, Maman, Richard Feynman et Douglas Hofstadter."</p><p>Hermione envisagea l'id�e d'essayer avant que son Sens Commun ne la pr�vienne que �a pourrait �tre dangereux de faire �a. "Il y a une copie de <emphasis>moi</emphasis> dans ta t�te ?"</p><p>"Bien s�r !" dit Harry. Le gar�on sembla soudain un peu plus vuln�rable. "Tu veux dire qu'il n'y a <emphasis>pas</emphasis> une copie de moi qui vit dans <emphasis>ta</emphasis> t�te ?"</p><p>Elle se rendit compte qu'il y en <emphasis>avait une</emphasis> ; et pas seulement �a : elle parlait exactement avec la voix de Harry.</p><p>"C'est assez troublant maintenant que j'y pense," dit-elle. "J'ai effectivement une copie de toi dans ma t�te. Elle me parle en ce moment m�me avec ta voix et elle soutient que c'est parfaitement normal."</p><p>"Bien," dit Harry avec s�rieux. "Enfin je ne vois pas comment les gens pourraient �tre amis sans �a."</p><p>Elle continua alors de lire son livre et Harry sembla satisfait de continuer de lire les pages par-dessus son �paule.</p><p>Elle �tait all� jusqu'au num�ro soixante-dix, Katherine Scott, qui avait apparemment invent� un moyen de transformer de petits animaux en tartes au citron, lorsqu'elle trouva enfin le courage de parler.</p><p>"Harry ?" dit-elle. (Elle s'�tait un peu �cart�e de lui, mais elle ne s'en �tait pas rendue compte). "S'il y a une copie de Draco Malfoy dans ta t�te, est-ce que �a veut dire que tu es ami avec Draco Malfoy ?"</p><p>"Eh bien�" dit Harry. Il soupira. "Ouais, je comptais t'en parler de toute fa�on. J'aurais bien aim� t'en parler plus t�t. Bref, comment dire �a� je le corrompais ?"</p><p>"Qu'est-ce que tu veux dire, <emphasis>corrompait</emphasis> ?"</p><p>"Je le tentais pour qu'il rejoigne le c�t� clair de la Force."</p><p>Elle resta bouche b�e.</p><p>"Tu sais, comme l'Empereur et Darth Vader, mais � l'envers."</p><p>"<emphasis>Draco Malfoy</emphasis>," dit-elle. "Harry, est-ce que tu as la <emphasis>moindre id�e</emphasis>�"</p><p>"Oui."</p><p>"�du genre de chose que Malfoy a <emphasis>dit</emphasis> sur moi ? De ce qu'il a dit qu'il me <emphasis>ferait</emphasis> d�s qu'il en aurait l'occasion ? Je ne sais pas ce qu'il <emphasis>t'a</emphasis> dit, mais Daphn� Greengrass m'a r�p�t� ce que Malfoy dit quand il est � Serpentard. C'est <emphasis>indicible</emphasis>, Harry ! C'est litt�ralement indicible, au sens que je ne peux pas le dire � voix haute !"</p><p>"C'�tait quand ?" dit Harry. "Au d�but de l'ann�e ? Est-ce que Daphn� t'a dit <emphasis>quand</emphasis> c'�tait ?"</p><p>"Non," dit Hermione. "Parce que le quand n'a pas d'importance. Quiconque dit des choses - comme celles que Malfoy a dites - ne peut pas �tre quelqu'un de bien. Tes tentations n'ont pas d'importance, il reste quelqu'un de pourri, parce que <emphasis>quoiqu'il arrive</emphasis> quelqu'un de bien ne pourrait <emphasis>jamais</emphasis>�</p><p>"Tu as tort," dit Harry en la regardant droit dans les yeux. "Je peux imaginer ce que Draco a menac� de te faire, parce que la deuxi�me fois que je l'ai rencontr�, il parlait de le faire � une fille de dix ans. Mais est-ce que tu ne vois pas que le jour o� Draco Malfoy est arriv� � Poudlard, il avait pass� toute sa vie �lev� par des <emphasis>Mangemorts</emphasis>. Il aurait fallu une <emphasis>intervention surnaturelle</emphasis> pour qu'il ait <emphasis>ta</emphasis> moralit� �tant donn� <emphasis>son</emphasis> cadre �ducatif�"</p><p>Harry secoua violemment la t�te. "<emphasis>Non</emphasis>, Harry, personne n'a besoin de te <emphasis>dire</emphasis> que c'est mal de faire souffrir les gens. Ce n'est pas quelque chose qu'on ne fait pas parce que le professeur a dit que c'�tait interdit, c'est quelque chose qu'on ne fait pas parce que� parce qu'on <emphasis>quand les gens souffrent, �a se voit</emphasis>. Tu ne sais pas �a, Harry ?" Sa voix tremblait � pr�sent. "Ce n'est pas� ce n'est pas une <emphasis>r�gle</emphasis> que les gens suivent comme les r�gles de l'alg�bre ! Si tu ne peux pas le <emphasis>voir</emphasis>, si tu ne peux pas le ressentir <emphasis>ici</emphasis>," sa main frappa au centre de sa poitrine, pas tout � fait l� o� se trouvait son c�ur, mais �a n'avait pas d'importance parce que tout se passait dans le cerveau de toute fa�on, "alors tu ne l'as pas !"</p><p>L'id�e vint alors � Hermione que Harry ne l'avait peut-�tre <emphasis>pas</emphasis>.</p><p>"Il y a des livres d'Histoire que tu n'as pas lus," dit doucement Harry. "Il y a des livres que tu n'as pas lus et qui pourraient te faire voir les choses autrement. Il y a quelques si�cles - je pense que c'�tait certainement encore en vogue au dix-septi�me si�cle - c'�tait une forme d'amusement populaire au village que de prendre un panier en osier ou un ballot avec une dizaine de chats vivants � l'int�rieur et�"</p><p>"Arr�te," dit-elle.</p><p>"�de les br�ler dans un feu de joie. Juste une f�te ordinaire. Un plaisir sain. Et je leur accorderai �a : c'�tait plus sain que te br�ler des femmes qu'on pensait �tre des sorci�res. Parce que la fa�on dont les gens sont faits, Hermione, la fa�on dont les <emphasis>sentiments</emphasis> des gens sont faits�" Harry mit une main sur son propre c�ur, � l'emplacement anatomique correct, mais il s'arr�ta et d�pla�a sa main vers sa t�te, au niveau de l'oreille, "� c'est qu'il souffrent quand ils voient leurs <emphasis>amis</emphasis> souffrir. Quand la personne entre dans leur cercle de pr�occupation, quand c'est un membre de leur tribu. Cette sensation a un interrupteur, un bouton on-off �tiquet� 'ennemi', '�tranger', ou parfois juste 'inconnu'. Les gens sont comme �a si on ne leur <emphasis>apprend</emphasis> rien d'autre. Donc non, le fait que Draco Malfoy a grandi en croyant que c'est dr�le de faire souffrir ses ennemis ne veut <emphasis>pas</emphasis> dire qu'il est inhumain, ni m�me inhabituellement mauvais�"</p><p>"Si tu crois �a," dit-elle d'une voix instable, "si tu <emphasis>peux</emphasis> croire �a, alors tu es mauvais. Les gens sont toujours responsables de leurs actes. Ce qu'on te <emphasis>dit</emphasis> de faire n'a pas d'importance ; c'est toi qui agis. Tout le monde sait �a�"</p><p>"<emphasis>Non, tout le monde ne le sait pas !</emphasis> Tu as grandi dans une soci�t� post-Seconde Guerre mondiale, dans laquelle <emphasis>tout le monde sait</emphasis> que les m�chants disent 'je ne faisais qu'ob�ir aux ordres'. Au quinzi�me si�cle, on aurait dit que l'accus� avait agit avec un sens du devoir honorable." La voix de Harry montait. "Est-ce que tu penses que tu, que tu es juste <emphasis>g�n�tiquement</emphasis> meilleure que tous ceux qui vivaient � cette �poque ? Que si tu avais �t� transport�e � Londres au quinzi�me si�cle quand tu �tais b�b� tu te serais rendue compte <emphasis>toute seule</emphasis> que c'est mal de br�ler des chats, que c'est mal de br�ler des sorci�res, que l'esclavage est mal, que tous les �tres conscients devraient entrer dans ton cercle de pr�occupation ? Est-ce que tu penses que tu aurais <emphasis>fini</emphasis> de comprendre tout �a � la fin ton premier jour � Poudlard ? Personne n'a jamais <emphasis>dit</emphasis> � Draco que c'est sa responsabilit� personnelle de devenir plus �thiquement meilleur que la soci�t� dans laquelle il a grandi. Et <emphasis>malgr� �a</emphasis> il ne lui a fallu que quatre mois pour en arriver au point o� il attrappe une n�e-Moldue par la main pour l'emp�cher de tomber d'un b�timent." Les yeux de Harry �taient plus virulents qu'elle ne les avait jamais vus. "Je n'ai pas <emphasis>fini</emphasis> de corrompre Draco Malfoy, mais je pense que jusque l� il s'en sort <emphasis>plut�t bien</emphasis>."</p><p>Le probl�me d'avoir une aussi bonne m�moire, c'�tait de <emphasis>pouvoir</emphasis> se souvenir.</p><p>Elle se souvenait de Draco Malfoy saisissant son poignet avec tant de force qu'elle avait eu un bleu.</p><p>Elle se souvenait de Draco l'aidant � se relever apr�s que ce myst�rieux sortil�ge l'ait faite tr�bucher dans l'assiette du capitaine de Quidditch Serpentard.</p><p>Et elle se souvenait - c'�tait en fait la raison pour laquelle elle avait entam� cette conversation - de ce qu'elle avait ressentit quand elle avait entendu le t�moignage sous Veritaserum de Draco Malfoy.</p><p>"Pourquoi est-ce que tu ne m'as rien <emphasis>dit</emphasis> de tout �a ?" dit Hermione, et en d�pit d'elle-m�me, sa voix monta d'un cran. "Si j'avais <emphasis>su</emphasis>�"</p><p>"Ce n'�tait pas � moi de te r�v�ler ce secret," dit Harry. "Draco aurait �t� mis en danger si son p�re l'avait d�couvert."</p><p>"Je ne suis pas stupide, M. Potter. Quelle est la <emphasis>vraie</emphasis> raison pour laquelle tu ne me l'as pas dit, et qu'est-ce que tu faisais <emphasis>vraiment</emphasis> avec M. Malfoy ?"</p><p>"Ah. Eh bien�" Harry d�tourna le regard et baissa les yeux vers la table.</p><p>"Draco Malfoy a dit aux Aurors, sous Veritaserum, qu'il avait d�sir� savoir s'il pouvait me battre et qu'il m'avait donc provoqu�e en duel afin de le <emphasis>tester empiriquement</emphasis>. Ce furent ses <emphasis>mots exacts</emphasis>, selon la retranscription de son t�moignage."</p><p>"Ouais," dit Harry, toujours sans croiser son regard. "Hermione Granger. Bien <emphasis>s�r</emphasis> qu'elle se souviendrait des mots exacts. Peu importe qu'elle soit encha�n�e � une chaise et accus�e de meurtre devant tout le Magenmagot�"</p><p>"Qu'est-ce que tu faisais <emphasis>vraiment</emphasis> avec Draco Malfoy ?"</p><p>Harry grima�a et dit : "Probablement pas <emphasis>exactement</emphasis> ce que tu penses, mais�"</p><p>L'horreur monta et monta en elle, puis se lib�ra enfin.</p><p><emphasis>"Tu faisais de la SCIENCE avec lui ?"</emphasis></p><p>"Eh bien�"</p><p><emphasis>"Tu faisais de la SCIENCE avec lui ? Tu �tais cens� faire de la science avec MOI !"</emphasis></p><p>"Ce n'est pas �a ! Ce n'est pas comme si je faisais <emphasis>vraiment</emphasis> de la science avec lui ! C'�tait juste, tu sais, pour lui <emphasis>apprendre</emphasis> des bouts de science moldue sans danger, comme la physique �l�mentaire, l'alg�bre, et ainsi de suite� ce n'est pas comme si j'avais fait de la recherche originale en magie avec lui comme je l'ai fait avec toi�"</p><p>"Et j'imagine que tu ne <emphasis>lui</emphasis> a pas parl� de <emphasis>moi</emphasis> non plus ?"</p><p>"Euh, bien s�r que non ?" dit Harry. "J'ai fait de la science avec lui depuis octobre, et � cette �poque il n'�tait pas tout � fait pr�t � entendre parler de toi�"</p><p>Le sentiment de trahison inexprimable enflait et enflait en elle, dominait tout : sa voix de plus en plus forte, ses yeux en furie, son nez, dont elle �tait certaine qu'il allait se mettre � couleur, la sensation de br�lure dans sa gorge. Elle se leva avec force de la table et fit un pas en arri�re pour mieux voir celui qui l'avait trahie. Sa voix fut presque un cri per�ant lorsqu'elle hurla : "<emphasis>�a n'est pas tenable ! Tu ne peux pas faire de la science avec deux personnes en m�me temps !</emphasis>"</p><p>"Euh�"</p><p>"<emphasis>Je veux dire, tu ne peux pas faire de la science avec deux personnes diff�rentes et ne pas le leur dire !</emphasis>"</p><p>"Ah�" dit pr�cautionneusement Harry. "J'y <emphasis>ai</emphasis> pens�, et j'ai �t� tr�s prudent de ne pas m�langer tes recherches avec quelque chose que j'aurais fait avec lui�"</p><p>"Tu as �t� <emphasis>prudent</emphasis>." Elle l'aurait <emphasis>siffl�</emphasis> s'il y avait eu des sss.</p><p>Harry leva une main et frotta ses cheveux en bataille, et sans qu'elle sache pourquoi cela lui donna <emphasis>encore plus</emphasis> envie de hurler. "Mlle. Granger," dit Harry, "je pense que cette conversation est devenue <emphasis>m�taphorique</emphasis> � un niveau qui, euh�"</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit-elle d'une voix stridente depuis l'int�rieur de la barri�re insonorisante.</p><p>Puis elle comprit et devint si rouge que si elle avait eu une puissance magique adulte ses cheveux auraient spontan�ment pris feu.</p><p>Le seul autre visiteur de la biblioth�que, le gar�on Serdaigle assit dans le coin oppos�, les regardait tous les deux avec de grands yeux, tout en essayant assez tristement de le masquer en tenant un livre juste en-dessous de son visage.</p><p>"Oui," dit Harry avec un petit soupir. "Donc, en gardant <emphasis>fermement � l'esprit</emphasis> que c'�tait juste une mauvaise m�taphore et que les <emphasis>vrais scientifiques</emphasis> collaborent <emphasis>tout le temps</emphasis>, je ne pense pas avoir tromp� qui que ce soit. Les scientifiques sont souvent discrets quant aux projets sur lesquels ils travaillent. Toi et moi faisons des recherches que nous gardons secr�tes, et il y avait des raisons de ne pas en parler � Draco Malfoy en particulier - au d�but, il aurait enti�rement arr�t� de passer du temps avec moi s'il avait su que j'�tais ton ami et pas ton rival. Et Draco aurait �t� celui � risque si j'avais parl� de <emphasis>lui</emphasis> � quelqu'un�"</p><p>"C'est vraiment tout ?" dit-elle. "<emphasis>Vraiment</emphasis>, Harry ? Tu ne voulais pas qu'on se sente tous les deux <emphasis>sp�ciaux</emphasis>, qu'on ait tous les deux l'impression d'�tre les <emphasis>seuls</emphasis> avec qui tu voulais �tre, les <emphasis>seuls</emphasis> qui puissent �tre avec toi ?"</p><p>"Ce n'est <emphasis>pas</emphasis> pour �a que j'ai�"</p><p>Harry s'interrompit.</p><p>Il la regarda.</p><p>Lorsqu'elle se rendit compte de ce qu'elle venait de laisser �chapper, tout son sang remonta vers son visage. Il y aurait probablement d� y avoir de la fum�e en train de sortir de ses oreilles, une fum�e qui aurait d� faire fondre sa t�te, faire couler la chair le long de son cou.</p><p>Harry la regardait avec une horreur absolue.</p><p>"Enfin�" dit-elle d'un voix plut�t aigu�, "c'est� oh, je ne sais pas Harry ! <emphasis>Est-ce que</emphasis> c'est juste une m�taphore ? Quand un gar�on d�pense mille Gallions pour sauver une fille d'une fin certaine, elle a le droit de se poser des questions, tu ne penses pas ? C'est comme de se faire offrir des fleurs, sauf que, tu vois, c'est <emphasis>beaucoup plus</emphasis>�</p><p>Harry se releva vivement de la table et fit un pas chancelant en arri�re, tout en levant les mains et en les agitant fr�n�tiquement. "<emphasis>Ce n'est pas pour �a que je l'ai fait ! Je l'ai fait parce qu'on est amis !</emphasis>"</p><p>"Juste amis ?"</p><p>La respiration de Harry commen�ait � grimper vers l'hyperventilation. "De tr�s bons amis ! D'extra-super-bons amis, m�me ! Meilleurs amis pour toujours, peut-�tre ! Mais pas <emphasis>ce</emphasis> genre d'amis !"</p><p>"Est-ce que c'est vraiment si horrible que �a d'y penser ?" dit-elle en manquant une respiration. "Je veux dire� je ne dis pas que <emphasis>je</emphasis> suis amoureuse de <emphasis>toi</emphasis>, mais�"</p><p>"Ah non ? <emphasis>Heureusement</emphasis>." Harry remonta une manche de sa robe et s'essuya le front. "�coute Hermione, comprends-moi bien, je suis s�r que tu es quelqu'un de g�nial.."</p><p>Elle fit un pas chancelant en arri�re.</p><p>"�mais �mais avec mon c�t� obscur�"</p><p>"C'est de <emphasis>�a</emphasis> qu'il s'agit ?" dit-elle. "Mais� je ne�"</p><p>"Non, non, je veux dire que j'ai un myst�rieux c�t� obscur et probablement d'autres trucs magiques bizarres, tu <emphasis>sais</emphasis> que je ne suis pas un enfant normal, pas vraiment�"</p><p>"Tu as le droit de ne pas �tre normal," dit-elle avec la sensation d'�tre de plus en plus d�sesp�r�e et perdue. "�a <emphasis>me</emphasis> va�"</p><p>"Mais <emphasis>m�me avec tous ces trucs magiques bizarres</emphasis> qui me permettent d'�tre plus un adulte que je ne devrais l'�tre, je ne suis pas encore pub�re et il n'y a pas d'hormones dans mon sang et mon cerveau est <emphasis>physiquement incapable</emphasis> de tomber amoureux de qui que ce soit. Donc je ne suis pas amoureux de toi ! Je ne pourrais pas �tre amoureux de toi ! Pour tout ce que j'en sais, dans six mois mon cerveau va se r�veiller et d�cider de tomber amoureux du professeur Rogue ! Euh, est-ce que je peux d�duire de tout �a que <emphasis>tu</emphasis> as d�j� atteint ta pubert� ?"</p><p>"Hiiii," dit Hermione d'un ton aigu. Elle tangua, et un instant plus tard Harry se pr�cipita � son c�t� et l'aida � s'asseoir par terre, soutenant son corps de ses mains fermes.</p><p>Le fait �tait qu'elle <emphasis>s'�tait</emphasis> rendue, chancelante, au bureau du professeur McGonagall en d�cembre, pas totalement surprise, parce qu'elle s'�tait inform�e, mais quand m�me plut�t <emphasis>mal � l'aise</emphasis>, et c'�tait avec un grand soulagement qu'elle avait appris que les sorci�res avaient des sortil�ges pour g�rer ce genre d'ennuis et <emphasis>qu'est-ce qui prenait Harry de poser une question pareille � une pauvre fille innocente�"</emphasis></p><p>"�coute, je suis <emphasis>d�sol�</emphasis>," s'empressa de dire Harry. "Je ne voulais vraiment pas dire la majorit� de ce que j'ai eu l'air de vouloir dire ! Je suis s�r que n'importe qui prenant une vue ext�rieure sur la situation et proposant des cotes de paris sur la personne que je finirai par �pouser assignerait une plus grande probabilit� � toi qu'� toute autre personne � laquelle je puisse penser�"</p><p>Les pens�es de Hermione, qui venaient � peine de commencer � se reformer, explos�rent promptement en un jet d'�tincelles et de flammes.</p><p>"�mais pas n�cessairement une probabilit� sup�rieure � cinquante pour cent, je veux dire du point de vue ext�rieure il y a beaucoup d'autres possibilit�s, et qui j'aime avant ma pubert� n'est probablement ne <emphasis>diagnostique</emphasis> probablement pas fortement avec qui je serai dans sept ans� je ne veux pas avoir l'air de <emphasis>promettre</emphasis> quoi que ce soit�"</p><p>Sa gorge �mit un ensemble de sons aigus, elle n'�coutait pas exactement pas de quoi il s'agissait. Tout son univers s'�tait restreint � la terrible, terrible voix de Harry.</p><p>"�et puis j'ai lu des livres sur la psychologie �volutionniste et, enfin, il est possible que 'un homme et une femme heureux avec beaucoup d'enfants' est peut-�tre plus proche de l'exception que de la r�gle, et dans les tribus de chasseurs-cueilleurs il s'agissait plus souvent de juste rester ensemble pendant deux ou trois ans pour �lever l'enfant � ses niveaux de d�veloppement les plus vuln�rables� et, enfin, �tant donn� combien de personnes finissent malheureuses dans les mariages traditionnels il semble que c'est le genre de choses qui pourrait b�n�ficier de remaniements astucieux - surtout si on r�sout le probl�me de l'immoralit�"</p><empty-line/><p>Tano Wolfe, un Serdaigle en cinqui�me ann�e, se leva lentement de son bureau de lecture d'o� il venait de voir Granger fuir la biblioth�que en sanglotant. Il n'avait pas pu entendre la dispute, mais �a avait clairement �t� une de <emphasis>ces</emphasis> disputes.</p><p>Lentement et les genoux tremblants, Tano s'approcha du Survivant qui regardait les portes de la biblioth�ques encore tremblantes de la force avec laquelle elles avaient �t� rabattues.</p><p>Tano n'avait pas particuli�rement envie de faire �a mais Harry Potter <emphasis>avait</emphasis> �t� R�parti � Poudlard. Le Survivant �tait techniquement un autre Serdaigle. Et �a voulait dire qu'il y avait un Code � respecter.</p><p>Le gar�on ne dit rien lorsque Tano s'approcha de lui, mais son regard n'�tait pas amical.</p><p>Tano d�glutit, posa une main sur l'�paule de Harry Potter et r�cita d'une voix qui ne se brisa que l�g�rement : "Ah, les sorci�res ! Allez comprendre, hein ?"</p><p>"<emphasis>Enl�ve ta main avant que je ne la jette dans les t�n�bres ext�rieures.</emphasis>"</p><p>Les portes de la librairie s'ouvrirent grand une fois de plus sur le passage d'un second d�part.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 88*: Pressions temporelles, partie 1</strong></p><p><emphasis>Si vous avez oubli� ce qui se passe dans l'histoire, je vous sugg�re de relire les chapitres 85-87 avant de continuer avec les chapitres 88-89. Je conseille � ceux d'entre vous qui se rappellent ne pas avoir eu un environnement de lecture convenable de trouver un refuge adapt� avant de lire les chapitres 88-89. [NdT : Ne s'applique pas aux lecteurs francophones, mais dans la version anglophone, il y a eu 6 mois d'�cart entre la parution du chapitre 87 et celle du chapitre 88].</emphasis></p><p>16 avril 1992.</p><p>12h07.</p><p>Heure du d�jeuner.</p><p>Harry marcha d'un pas lourd jusqu'� la table Gryffondor en majeure partie d�serte et observa d'un coup d'�il que le d�jeuner d'aujourd'hui �tait compos� de boulettes de Roupo et de Brine. La conversation ambiante, comme Harry pouvait l'entendre, avait trait au Quidditch ; un environnement sonore relativement pire que le bruit de tron�onneuses rouill�es, mais sup�rieure aux <emphasis>imb�cillit�s</emphasis> que la table Serdaigle racontait encore sur Hermione. Au moins Gryffondor avait initialement �t� moins sensible � la cause de Draco Malfoy et avait plus de raisons politiques de souhaiter que tout le monde se contente d'oublier certains faits malheureux ; et si ce n'�tait pas une bonne raison de se taire, au moins ils faisaient silence. Dean, Seamus et Lavande �taient tous partis pour les vacances, mais au moins cela laissait�</p><p>"C'�tait quoi ce brouhaha � la grande table ?" dit Harry � l'esprit de groupe Weasley tout en remplissant son assiette. "On dirait que �a s'achevait juste quand je suis rentr�."</p><p>"Notre bien aim�e mais maladroite professeur Trelawney�"</p><p>"Semble s'�tre renvers� toute une soupi�re dessus�"</p><p>"Sans parler de M. Hagrid."</p><p>Un regard rapide vers la grande table confirma que le professeur de Divination agitait convulsivement les mains tandis que le demi-g�ant essuyait ses v�tements. Personne ne semblait y pr�ter beaucoup d'attention, m�me le professeur McGonagall. Le professeur Flitwick �tait debout sur sa chaise, comme d'habitude, le directeur semblait encore �tre absent (il n'avait pas �t� l� pendant la majeure partie des vacances), les professeurs Chourave, Sinistra et Vector mangeaient entre elles comme � leur habitude et�</p><p>"Vous savez," dit Harry en tournant la t�te pour regarder l'illusion d'un ciel bleu radieux situ�e au plafond, "�a me fout encore les jetons, parfois."</p><p>"Quoi ?" dirent Fred et George.</p><p>Le puissant et �nigmatique professeur de D�fense se 'reposait' ou subissait-sa-myst�rieuse-affliction : ses mains faisaient des tentatives h�sitantes et t�tonnantes vers une cuisse de poulet plac�e sur son assiette qui semblait lui �chapper.</p><p>"Euh, rien," dit Harry. "Je ne suis pas encore habitu� � Poudlard."</p><p>Il continua de manger dans un silence relatif tandis que divers Weasley discutaient d'une �trange substance aux effets psychiques appel�e Canons de Chudley.</p><p>"Quel genre de myst�rieuses pens�es profondes es-tu en train d'avoir ?" dit une sorci�re � l'air jeune, aux cheveux court, assise non loin. "Je veux dire, je suis juste curieuse. Je m'appelle Brienne, au fait." Elle avait l'un de ces regards que Harry avait fermement d�cid� d'ignorer tant qu'il ne serait pas plus �g�.</p><p>"Alors," dit Harry, "tu vois ces programmes d'intelligence artificielle tr�s simples, comme ELIZA, qui sont programm�s pour faire des phrases syntaxiquement correctes � partir des mots de l'Anglais mais qui ne poss�dent aucune compr�hension du sens de ces mots ?"</p><p>"Bien s�r," dit la sorci�re. "J'en ai une dizaine dans ma malle."</p><p>"Eh bien je suis � peu pr�s certain que ma capacit� � comprendre les filles est � ce niveau."</p><p>Il y eut un silence soudain.</p><p>Harry mit quelques secondes � se rendre compte que, non, toute la grande salle ne le fixait pas <emphasis>lui</emphasis>, et il tourna alors la t�te pour regarder.</p><p>La silhouette qui venait d'entrer dans la pi�ce en chancelant semblait �tre M. Rusard, le surveillant des couloirs do Poudlard, qui, accompagn� de son chat pr�dateur Mlle. Teigne, repr�sentait une rencontre al�atoire de bas niveau que Harry, muni de sa Relique de la Mort, un objet de rang �pique, avait bien souvent �vit� sans le moindre effort. (Harry avait un jour sugg�r� aux jumeaux Weasley de faire une blague � cette cible qui le m�ritait bien, ce sur quoi Fred ou George avait tranquillement fait remarquer que l'on n'avait jamais vu M. Rusard faire usage d'une baguette, ce qui �tait �trange, vraiment, �tant donn� le nombre de sortil�ges qui seraient utiles � ce poste, et que cela poussait � se demander pourquoi Dumbledore avait donn� ce poste � cet homme ; et Harry s'�tait tut)</p><p>Pour l'instant, les v�tements marrons de M. Rusard �taient en d�sordres et tremp�s de sueur, ses �paules tanguaient visiblement au rythme de sa respiration, et son chat omnipr�sent manquait � l'appel.</p><p>"Troll�" s'�trangla M. Rusard. "Dans les donjons�"</p><empty-line/><p>Minerva McGonagall se leva de la grande table si vite que sa chaise tomba derri�re elle.</p><p>"<emphasis>Argus !</emphasis>" s'�cria-t-elle. "Qu'est-ce qui vous est arriv� ?"</p><p>Argus Rusard s'avan�a en chancelant, les immenses portes dans son dos. Le haut de son corps �tait parsem� de traits et de petits points cramoisis, comme si quelqu'un avait �clabouss� de la tabasco sur son visage. "Troll� gris� deux fois ma taille� il� il�" Argus Rusard se couvrit le visage de ses mains. "Il a mang� Mlle. Teigne� mang�e toute crue, d'une bouch�e�"</p><p>Minerva ressentit une pointe de d�sarroi dans son autre soi, elle n'avait pas beaucoup aim� ce chat, mais ils �tais tous les deux f�lins.</p><p>Un grondement se leva dans la grande salle. Severus se leva de la grande table en se d�brouillant pour, sembla-t-il, ne pas attirer l'attention, et il sortit � grands pas sans prononcer un mot.</p><p><emphasis>Bien s�r</emphasis>, songea Minerva, <emphasis>le couloir du troisi�me �tage� �a pourrait �tre une distraction�</emphasis></p><p>Elle rel�gua mentalement toutes ces pr�occupations au bon soin de Severus, sortit sa baguette, la leva bien haut et laissa �chapper cinq jets de feu violet.</p><p>Il y eut un silence stup�fait, exception faite des sanglots hach�s d'Argus.</p><p>"Il semble qu'une cr�ature dangereuse est en libert� dans Poudlard," dit-elle aux professeurs assis � la grande table. "Je vais vous demander � tous d'aider � la chercher dans les couloirs." Elle se tourna alors vers les �l�ves stup�faits et attentifs et leva la voix : "<emphasis>Pr�fets - menez vos maisons aux dortoirs imm�diatement !</emphasis>"</p><p>Percy Weasley bondit de la table Gryffondor. "Suivez-moi !" dit-il d'une voix aigu�. "Restez ensembles, les premi�re ann�e ! Non, pas <emphasis>vous</emphasis>�" mais les autres pr�fets �levaient d�j� la voix et un babillage renouvel� prenait vie.</p><p>Puis une voix claire et froide parla sous le bruissement soudain.</p><p>"Madame la directrice adjointe"</p><p>Elle se retourna.</p><p>Le professeur de D�fense essuyait calmement ses mains avec sa serviette tout en se levant de la grande table. "Avec tout monde respect," dit l'homme dont l'identit� �tait inconnue, "vous n'�tes pas experte en tactiques de combat, madame. Dans cette situation, il serait plus sage de �"</p><p>"Je vous prie de m'excuser, professeur," dit le professeur McGonagall en se tournant vers les grandes portes. Filius et Pomona s'�taient d�j� lev�s pour la suivre, de m�me que le demi-g�ant Rubeus Hagrid, qui les surplomba en se levant. Elle en �tait au stade o� elle n'avait d�j� eu des exp�riences semblables que trop souvent. "Ma triste exp�rience m'a apprise qu'en de telles occasions, ce n'est pas le moment d'�couter quelque conseil que ce soit venant d'un professeur de D�fense. Je pense d'ailleurs qu'il serait sage que nous cherchions le troll ensemble afin qu'aucun soup�on ne puisse �tre port� sur vous dans l'�ventualit� o� de f�cheux �v�nements se produiraient pendant ce temps."</p><p>Sans aucune h�sitation, le professeur de D�fense bondit �l�gamment sur la table Gryffondor et claqua des mains, faisant un bruit qui ressemblait � celui d'un plancher qui se brisait.</p><p>"Michelle Morgan, de Gryffondor, commandante en second de l'arm�e de Pinnini," dit-il calmement dans le silence qui s'�tait install�. "Conseillez s'il vous pla�t la directrice de votre maison."</p><p>Michelle Morgan grimpa sur son banc et parla, la petite sorci�re semblait beaucoup plus s�re d'elle que dans le souvenir, datant du d�but de l'ann�e, que Minerva avait d'elle. "Des �l�ves marchant dans les couloirs seraient �parpill�s et impossibles � d�fendre. Tous les �l�ves doivent rester dans la grande salle et former un groupe au centre de la pi�ce� <emphasis>pas</emphasis> entour�s par des tables, un troll sauterait juste par-dessus� avec le p�rim�tre d�fendu par des �tudiants en septi�me ann�e. Uniquement parmi ceux venus des arm�s, peu importe leur talent de <emphasis>duelliste</emphasis>, afin qu'ils ne traversent pas leurs lignes de mire respectives." Michelle h�sita. "Je suis d�sol�e, M. Hagrid, mais� �a ne serait pas s�r pour vous, vous devriez rester derri�re avec les �l�ves. Et le professeur Trelawney ne devrait pas faire face � un Troll seule non plus," Michelle semblait beaucoup moins d�sol�e de prodiguer ce conseil, "mais si elle fait �quipe avec le professeur Quirrell, ils pourraient ensemble former une unit� de combat suppl�mentaire digne de confiance. Ceci conclut mon analyse, professeur."</p><p>"Acceptable, pour une r�ponse sur le vif," dit le professeur de D�fense. "Vingt points Quirrell pour vous. Mais vous n�gligez un argument encore plus simple : <emphasis>chez soi</emphasis> ne veut pas dire <emphasis>en s�curit�</emphasis>, et un Troll est assez puissant pour arracher une porte � portrait de ses gonds�"</p><p>"Assez," l�cha Minerva d'un ton sec. "Merci, Mlle. Morgan." Elle regarda les tables, qui attendaient. "Tous les �l�ves, faites ce qu'elle a dit." Elle se retourna vers la grande table. "Professeur Trelawney, vous accompagnerez le professeur de D�fense�"</p><p>"Ah," dit Sibylle d'une voix faible et h�sitante. Sous son maquillage excessif et son fatras de ch�les, la femme semblait plut�t p�le. "J'ai peur� j'ai peur de ne pas me sentir tr�s bien aujourd'hui� en fait je me sens plut�t mal�"</p><p>"Vous n'aurez pas � vous battre contre le troll," dit Minerva d'un ton dur, sa patience � l'�preuve, comme � chacune de ses interactions avec cette femme. "Restez juste avec le professeur de D�fense et ne le laissez pas un instant hors de votre champ de vision, vous devrez ensuite pouvoir t�moigner que vous �tiez avec lui en permanence." Elle se tourna vers Rubeus. "Rubeus, je te laisse, tu es le responsable ici. Prot�ge-les." L'immense homme se redressa en entendant ceci, perdit son air abattu et hocha fi�rement la t�te.</p><p>Puis Minerva regarda les �l�ves et �leva la voix. "Il va �videmment sans dire que toute personne quittant la grande salle pour <emphasis>quelque raison que ce soit</emphasis> sera exclu. Aucune excuse ne sera accept�e. Me suis-je faite comprendre ?"</p><p>Les jumeaux Weasley, qu'elle avait regard�s dans les yeux, opin�rent respectueusement du chef.</p><p>Elle se retourna sans dire un mot et marcha vers les grandes portes, les autres professeur derri�re elle.</p><p>Loin, sur un mur � l'autre bout de la pi�ce, inaper�ue, une horloge indiquait 12h14.</p><empty-line/><p>�et il ne s'en rendait toujours pas compte.</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Alors que Harry regardait, les yeux �troits, les professeur qui s'�loignaient, en se demandait ce qui se passait vraiment, ce que cela signifiait, alors que les �l�ves s'assemblaient en une masse plus facile � d�fendre, que des baguettes s'agitaient pour faire l�viter des tables hors du passage, il ne s'en rendait toujours pas compte.</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>"Les professeur ne devraient-ils pas <emphasis>tous</emphasis> s'�tre mis en �quipes de deux ?" dit un �l�ve de Gryffondor dont Harry ignorait le nom. "Enfin� �a serait plus lent, mais �a serait plus s�r, je pense�"</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Quelqu'un lui r�pondit en �levant la voix mais Harry n'en comprit pas grand-chose, l'id�e �tait que les trolls des montagnes �taient tr�s r�sistants � la magie, qu'ils �taient incroyablement forts, qu'ils pouvaient se r�g�n�rer, mais qu'ils �taient quand m�me <emphasis>bruyants</emphasis>, et donc qu'en l'entendant approcher un professeur de Poudlard n'aurait quand m�me pas de difficult� � l'enrober dans le truc machin incassable de Vadim.</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Et Harry ne s'en rendait toujours pas compte.</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Les bruits de la foule �taient assourdis, les gens se parlaient � voix basse en jetant des regards alentours, � l'�coute du bruit d'une porte qui se fracasse et d'un rugissement de col�re.</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Certains �l�ves sp�culaient par murmures en s'interrogeant sur ce que le professeur de D�fense pouvait bien essayer d'accomplir en introduisant un troll, sur l'�ventualit� de sa col�re apr�s que le professeur McGonagall ait comprit que c'�tait une distraction, et sur la nature de ce <emphasis>dont</emphasis> il essayait de distraire tout le monde.</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Et la pens�e ne s'�tait toujours pas form�e en lui, pas avant que, suite � ce que les �l�ves aient form� une masse d'environ cent corps entour�s par des patrouilles d'�l�ves de septi�me ann�e � l'air fi�rement sinistres, leurs baguettes point�es vers l'ext�rieur, quelqu'un sugg�re que l'on recense les gens pr�sents, et quelqu'un r�pondit avec sarcasme que �a aurait pu avoir un sens de le faire un autre jour mais que pour l'instant presque tout le monde �tait parti pour les vacances de printemps et que personne ne savait vraiment combien d'�l�ves �taient cens�s se trouver dans la pi�ce et encore moins s'il en manquait.</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>C'est alors que Harry se demanda o� �tait Hermione.</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Il regarda l� o� les Serdaigle s'�taient assembl�s et ne vit pas Hermione, mais enfin, tout le monde �tait suffisamment serr� l'un contre l'autre, on ne se serait pas attendu � rep�rer les plus petits � travers cette foule, parmi les �l�ves plus �g�s.</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Harry regarda alors vers les Poufsouffles pour voir s'il pouvait rep�rer Neville, et bien que ce dernier soit debout derri�re un �l�ve beaucoup plus grand, le centre de traitement visuel de Harry parvint � le voir presque imm�diatement. Hermione n'�tait pas non plus avec les Poufsouffle, pas qu'il puisse voir� et elle ne serait certainement pas avec les Serpentard�</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Harry joua des �paules � travers la foule serr�e, passant � c�t� ou autour d'�l�ves plus �g�s, et en une occasion passant entre deux jambes, jusqu'� ce qu'il se tienne au milieu des Serdaigle et puisse s'assurer que non, il n'y avait pas de Hermione par ici.</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>"Hermione Granger !" dit Harry avec force. "Tu es l� ?"</p><p>Personne ne r�pondit.</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Quelque part au fond de son esprit, un sentiment d'horreur s'�levait, tandis que d'autres parties de lui essayaient de d�cider exactement � quel point il devait paniquer. Les premiers cours de D�fense de l'ann�e �taient assez flous dans son esprit, mais il avait un lointain souvenir de trolls capables de traquer leur proie quand elle �tait seule et sans d�fense.</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Un autre cheminement de pens�e chercha fr�n�tiquement parmi des possibilit�s partiellement form�es ; que pouvait-il <emphasis>faire</emphasis> exactement ? Il n'�tait pas encore 15h, il ne pouvait donc pas <emphasis>encore</emphasis> utiliser son Retourneur de Temps. M�me s'il parvenait � sortir de la pi�ce - il devait y avoir un moyen de mettre sa Cape sans �tre remarqu�, une distraction qu'il pourrait utiliser - il n'avait aucune id�e d'<emphasis>o�</emphasis> se trouvait Hermione, et Poudlard �tait immense.</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Une autre partie de son esprit tentait de mod�liser les possibilit�s. Selon un autre �l�ve, les trolls n'�taient pas des pr�dateurs <emphasis>silencieux</emphasis>, ils �taient bruyants�</p><p><emphasis>Hermione ne saura pas qu'il s'agit d'un troll, alors elle ira enqu�ter sur le bruit. Apr�s tout, c'est une h�ro�ne.</emphasis></p><p>�mais la bourse de Hermione �tait maintenant munie d'une cape d'invisibilit� et d'un balais volant. Harry avait insist� sur ce point pour elle et pour Neville, et le professeur McGonagall lui avait dit que cela avait �t� fait. Cela devait suffire � permettre � Hermione de s'enfuir, m�me si elle �tait mauvaise en balais volant. Tout ce qu'elle avait � faire �tait d'atteindre l'un des toits, le jour �tait limpide et le soleil �tait cens� �tre n�faste aux trolls, Harry se souvenait de cette partie du cours et Hermione s'en souviendrait donc parfaitement. Et bien s�r, m�me si Hermione souhaitait � nouveau prouver sa valeur, elle ne pouvait pas �tre assez stupide pour attaquer un troll des montagnes.</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Elle ne ferait pas �a.</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>�a ne lui ressemblait juste <emphasis>pas</emphasis>.</p><p>Puis l'id�e vint � Harry que quelqu'un avait d�j� essay� de faire accuser Hermione Granger de meurtre en utilisant des sortil�ges de faux souvenir. � l'int�rieur de Poudlard, sans d�clencher d'alarme. En s'arrangeant pour que Draco meure si lentement que le syst�me de s�curit� ne se d�clenche qu'au moins six heures plus tard, quand personne ne pourrait utiliser un Retourneur de Temps pour voir ce qui s'�tait pass�. Et que quiconque �tait assez intelligent pour faire passer un troll � travers l'antique syst�me de s�curit� de Poudlard sans que le directeur ne vienne inspecter l'�trange cr�ature pourrait aussi �tre assez intelligent pour prendre l'�vidente disposition de rendre les objets magiques de Hermione inutilisables�</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Il y avait une autre partie de lui qui sentait quelque chose ressemblant � de la panique lentement monter, � mesure que sa perspective sur la situation changeait, comme un cube de Necker que l'on aurait fait tourner, <emphasis>bon sang</emphasis>, mais qu'est-ce qui lui �tait pass� par la t�te, laisser Hermione et Neville dans Poudlard � cause de quelques babioles stupides qu'on leur avait donn�es, �a n'allait arr�ter personne d�cid� � les <emphasis>tuer</emphasis>.</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Une autre partie de son esprit r�sista : cette possibilit� n'�tait pas <emphasis>certaine</emphasis>, elle �tait complexe, et sa probabilit� pouvait facilement �tre inf�rieure � 50%. Il �tait facile de s'imaginer paniquer compl�tement devant tout le monde et voir ensuite Hermione revenir des toilettes juste devant la grande salle. Ou si le troll s'av�rait ne jamais l'avoir approch�e� comme dans l'histoire du gar�on qui criait au loup, personne ne le croirait la prochaine fois, quand elle serait vraiment dans de sales draps ; �a pourrait d�penser tout le capital r�putation dont il aurait besoin pour quelqu'un d'autre, plus tard�</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Harry reconnu cette instance du sch�ma peur-d'�tre-g�n� qui emp�chait la plupart des gens de jamais faire quoi que ce soit lorsqu'ils n'�taient pas parfaitement s�rs d'eux et l'�crasa avec force. M�me alors, il �tait �trange de constater quelle force de volont� il lui fallait rassembler pour se d�cider � crier devant tout le monde, s'il n'avait juste pas vu Hermione dans la foule, �a allait �tre g�nant�</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Harry prit une profonde inspiration et s'�cria aussi fort qu'il le pouvait : "<emphasis>Hermione Granger ! Est-ce que tu es l� ?</emphasis>"</p><p>Les �l�ves se tourn�rent tous vers lui. Puis certains regard�rent autour d'eux. Le bruit de la pi�ce diminua lorsque certaines conversations s'interrompirent.</p><p>"<emphasis>Est-ce que quelqu'un a vu Hermione Granger depuis</emphasis>� depuis environ dix heures trente ce matin ? <emphasis>Quelqu'un a-t-il la moindre id�e de l'endroit o� elle pourrait se trouver ?</emphasis>"</p><p>Le babillage diminua encore plus.</p><p>Personne n'�leva la voix pour crier quelque chose � son intention, et en particulier, pas <emphasis>ne t'inqui�te pas Harry, je suis l�</emphasis>.</p><p>"Oh, Merlin," dit quelqu'un de proche, et le babillage reprit sur un nouveau ton agit�.</p><p>Harry regarda ses mains, il fit abstraction des braillements et essaya de penser, penser, <emphasis>PENSER</emphasis>�.</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Susan Bones et un gar�on roux muni d'un baguette qui semblait avoir pris des coups jou�rent en m�me temps des �paules � travers la foule pour se diriger vers Harry.</p><p>"Il faut qu'on trouve un moyen de le dire aux professeurs�"</p><p>"On doit la trouver�"</p><p>"<emphasis>La trouver ?</emphasis>" l�cha Susan en se r�orientant vers l'autre gar�on. "Et comment ferons-nous <emphasis>�a</emphasis>, capitaine Weasley ?"</p><p>"On doit partir et la <emphasis>chercher</emphasis> !" l�cha Ron Weasley en r�ponse.</p><p>"Tu es dingue ? Il y a d�j� des professeurs qui patrouillent les couloirs, qu'est-ce qui te fait penser que tu as une meilleure chance qu'eux de croiser le g�n�ral Granger ? Sauf que <emphasis>nous</emphasis> on se fera manger par le troll ! Et ensuite exclure !"</p><p>C'�tait �trange comme parfois entendre de mauvaises id�es rendait les bonnes id�es �videntes par effet de contraste.</p><p>"<emphasis>Attention tout le monde ! �coutez moi !</emphasis>"</p><p>Les gens se tourn�rent pour le regarder.</p><p>"<emphasis>SILENCE ! TOUT LE MONDE ! TAISEZ-VOUS !</emphasis>"</p><p>La gorge de Harry lui fit mal apr�s cette phrase, mais il avait obtenu l'attention de tous.</p><p>"J'ai un balais volant," dit-il aussi fort que possible avec sa gorge encore douloureuse. Lorsqu'il avait demand� un balais capable de transporter trois personnes, c'�tait parce qu'il s'�tait souvenu d'Azkaban et du balais sur lequel seulement deux avaient pu s'asseoir. "Il est pour trois personnes. J'ai besoin qu'un septi�me arm� enr�l� dans une des arm�es vienne avec moi. On va traverser les couloirs en volant le plus vite possible pour trouver Hermione Granger, la ramasser et revenir imm�diatement. Qui est avec moi ?"</p><p>La grande salle fut alors plong�e dans un silence total.</p><empty-line/><p>Les �l�ves se regardaient, mal � l'aise. Les plus jeunes regardaient les plus �g�s dans l'expectative, qui eux-m�mes se tournaient vers ceux qui prot�geaient le p�rim�tre. La plupart de ceux-ci regardaient droit devant eux, leurs baguettes lev�es, juste au cas o� le troll choisirait ce moment pour traverser le mur.</p><p>Nul ne bougea.</p><p>Nul ne parla.</p><p>Harry Potter �leva de nouveau la voix. "On ne se <emphasis>battra</emphasis> pas contre le troll. Si on le voit, on se contentera de fuir, et il ne pourra jamais rester � notre vitesse si on est sur un balais volant. Je prends la responsabilit� d'arranger les choses avec l'administration. <emphasis>S'il vous pla�t</emphasis>."</p><p>Les gens continu�rent de regarder quelqu'un d'autre.</p><empty-line/><p>Harry regarda la foule silencieuse, la dizaine de septi�me ann�e qui regardait les murs d'un air s�v�re, et sentit le froid s'emparer de lui. Quelque part au fond de son esprit, le professeur Quirrell riait avec m�pris et se moquait de l'id�e que des idiots ordinaires feraient jamais quoi que ce soit d'utile de leur propre chef sans une baguette point�e vers leur cr�ne�</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Le rem�de standard � l'effet du t�moin �tait de se concentrer sur un individu en particulier. "Tr�s bien," dit Harry, en essayant de maintenir la voix autoritaire du Survivant qui ne doutait pas qu'on lui ob�isse. "Mlle. Morgan, venez avec moi, maintenant. Nous n'avons pas de temps � perdre."</p><p>La sorci�re dont il avait prononc� le nom d�tacha son regard de l'ext�rieur du p�rim�tre et se tourna vers lui, son visage un instant horrifi� avant de se refermer.</p><p>"La directrice en chef nous a tous ordonn�s de rester <emphasis>ici</emphasis>, M. Potter."</p><p>Harry dut faire un effort pour desserrer son poing. "Le professeur Quirrell n'a pas dit �a et vous non plus. Le professeur McGonagall n'est pas tacticienne, elle n'a pas pens� � v�rifier si des �l�ves manquaient � l'appel, et <emphasis>elle</emphasis> pensait que c'�tait une bonne id�e de commencer � faire d�ambuler les �l�ves � travers les couloirs. Mais le professeur McGonagall <emphasis>comprend</emphasis> une fois que ses erreurs ont �t� port�es � son attention, tu as vu comment elle vous a �cout�s, toi et le professeur Quirrell, et je suis certain qu'elle ne voudrait pas que nous ignorions juste le fait que Hermione Granger est l�, <emphasis>dehors</emphasis>, <emphasis>seule</emphasis>�"</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>"Je pense que le professeur dirait qu'elle ne souhaite plus voir aucun autre �l�ve se promener dans les couloirs. Elle a dit que si quelqu'un partait, quelle qu'en soit la raison, il ou elle serait exclu ! Peut-�tre que <emphasis>tu</emphasis> n'as pas besoin de t'en faire parce que tu es le Survivant, mais nous autres, <emphasis>si</emphasis> !"</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Quelque part au fond de son esprit, le professeur Quirrell riait de lui � gorge d�ploy�e. S'attendre � ce qu'une personne <emphasis>normale</emphasis> agisse sans que les choses soient parfaitement limpides sur le plan strat�gique, sans que la responsabilit� n'ait clairement �t� dirig�e vers elle personnellement, et alors qu'elle avait <emphasis>une bonne excuse pour ne rien faire</emphasis>� "La vie d'une �l�ve est en jeu," dit Harry d'un ton neutre. "Elle pourrait �tre en train de se battre contre le troll, maintenant. Simple curiosit�, est-ce que cela signifie quoi que ce soit pour toi ?"</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Le visage de Mlle. Morgan se tordit. "Tu� tu es le Survivant ! Vas-y juste tout seul et claque des doigts si tu veux l'aider !"</p><p><emphasis>Tic.</emphasis></p><p>Harry se rendait � peine compte de ce qu'il disait : "�a c'est juste de l'ing�niosit� et du bluff, je n'ai pas de pouvoir comme �a dans la vraie vie, une jeune fille a besoin de ton aide, <emphasis>maintenant est-ce que tu es Gryffondor ou pas ?</emphasis>"</p><p>"Pour est-ce que tu me dis tout �a � <emphasis>moi</emphasis> ?" s'�cria Mlle. Morgan. "Ce n'est pas moi qu'on a nomm�e responsable ! C'est M. Hagrid !"</p><p>Un silence g�n� prit place dans toute la pi�ce.</p><p>Harry se retourna pour regarder l'immense demi-g�ant qui dominait la foule et toutes les autres t�tes se tourn�rent vers ce dernier d'un seul mouvement.</p><p>"M. Hagrid," dit Harry en essayant de maintenir son ton imposant. "J'ai besoin que vous autorisiez cette exp�dition et j'ai besoin que vous le fassiez maintenant."</p><p>Rubeus Hagrid semblait h�siter, bien que ce fut difficile � juger avec sa large t�te entour�e qu'elle �tait d'une barbe et de boucles laiss�es � l'abandon ; seul ses yeux semblaient vivants, encastr�s dans tous ces cheveux. "Euh�" dit le demi-g�ant. "On m'a dit d'vous prot�ger�"</p><p>"G�nial, maintenant pourriez-vous aussi prot�ger Hermione Granger ? Vous savez, l'�l�ve <emphasis>accus�e � tort d'un crime qu'elle n'avait pas commis</emphasis> et qui a <emphasis>besoin que quelqu'un l'aide</emphasis> ?"</p><p>Le demi-g�ant tressaillit en entendant ces mots.</p><p>Harry regarda l'homme �norme en souhaitant d�sesp�r�ment qu'il comprendrait le sous-entendu, en esp�rant qu'il n'avait rien r�v�l� � personne d'autre� il ne pouvait pas �tre qu'une masse de muscles, James et Lily n'avaient certainement pas �t� amis avec l'homme que par piti�</p><p>"� tort ?" s'�cria une voix anonyme venue des la zone Serpentard. "Ha, tu continues avec �a ? �a sera bien m�rit� si elle se fait manger."</p><p>Il y eut quelques rires en m�me temps que quelques cris d'indignations venus d'ailleurs.</p><p>Le visage du d�mi-g�ant gagna en assurance. "Toi tu restes l�, mon gars," dit M. Hagrid d'une voix retentissante qui essayait probablement d'�tre douce. "J'vais la trouver d'mon chef. L'truc, c'est qu'les trolls peuvt'�tre un brin roublards - faut les choper par un talon et les s'couer juste c'qui faut ou y t'couperont net en deux�"</p><p>"Pouvez-vous monter un balais volant, M. Hagrid ?"</p><p>"Eh�" Rubeus Hagrid fron�a les sourcils. "Non."</p><p>"Alors vous ne pouvez pas chercher assez vite ! <emphasis>Sixi�me ann�e ! J'appelle tous les sixi�me ann�e ! Est-ce qu'il y a ici des sixi�me ann�e qui ne sont pas des l�ches doubl�s de bons � riens ?</emphasis>"</p><p>Silence.</p><p>"<emphasis>Cinqui�me ann�e ?</emphasis> M. Hagrid, dites-leur qu'ils ont le droit de venir avec moi pour me prot�ger ! <emphasis>J'essaie d'�tre raisonnable, bon sang !</emphasis>"</p><p>Le demi-g�ant se tordit les mains et son visage exprimait une h�sitation atroce. "Euh� je�"</p><p>Quelque chose craqua en Harry et il commen�a � marcher directement vers les portes de la grande salle en repoussant tous ceux qui ne s'�cartaient pas comme s'ils avaient �t� des statues de p�te. (Il ne courut pas, parce que courir revenait � inviter � se faire arr�ter). Quelque part dans son esprit, il traversait une pi�ce vide emplie de marionnettes m�caniques dont les bruits d�nu�s de sens n�s de l'agitation de leurs l�vres l'avaient <emphasis>distrait</emphasis>�</p><p>Une immense silhouette se pla�a sur son chemin.</p><p>Harry leva les yeux.</p><p>"J'peux point te laisser faire �a, Harry Potter, surtout pas toi. Y'a des choses �tranges qui r�dent dans ce ch�teau, et quelqu'un pourrait en vouloir � Mlle Granger� ou il pourrait en vouloir � <emphasis>toi</emphasis>." La voix de Rubeus Hagrid �taient emplie de regrets mais ferme, et ses mains immenses reposaient contre ses flancs telles des plaques de chariots �l�vateurs. "J'peux point te laisser sortir, Harry Potter."</p><p>"<emphasis>Stup�fix !</emphasis>"</p><p>Le tir rouge s'�crasa sur la tempe de Hagrid et fit tressaillir l'immense homme. Il tourna la t�te � une vitesse qui aurait d� �tre interdite � des objets de cette taille et mugit : "<emphasis>Qu'esstu pense que tu fais !</emphasis>" � l'intention de la jeune silhouette de Susan Bones.</p><p>"<emphasis>Pardon !</emphasis>" cria-t-elle. "<emphasis>Incendium ! Glisseo !</emphasis>"</p><p>Les immenses mains de l'homme s'abattaient maintenant sur le feu dans sa barbe et ne purent tout � fait le retenir dans sa chute, mais �a n'avait plus d'importance car Harry l'avait d�pass� et�</p><p>Neville Londubat se dressa devant lui, l'air d�sesp�r� mais d�termin�, la baguette du Poufsouffle d�j� dans sa main.</p><p>La baguette de Harry bondit dans la sienne par pur r�flexe, parvint � peine � interrompre son geste avant que Neville ne lui tire dessus et regarda son Lieutenant comme si le monde �tait devenu fou.</p><p>"Harry !" �clata Neville. "Harry, M. Hagrid a raison, tu ne <emphasis>peux pas</emphasis> y aller, �a pourrait �tre un pi�ge, ils pourraient en avoir apr�s <emphasis>toi</emphasis>�"</p><p>Les muscles de Neville se rigidifi�rent et il s'effondra au sol, raide comme une planche.</p><p>Un Ron Weasley � l'air p�le apparut derri�re Neville, sa propre baguette lev�e, et dit : "Vas-y."</p><p>"<emphasis>Ron, esp�re de malade, qu'est-ce que tu fais�</emphasis>" la voix distante mais reconnaissable du petit ami de Mlle. Deauclaire leur parvint, mais Harry fon�ait d�j� vers la porte sans un regard en arri�re, alors m�me que les voix de Ron et de Susan s'�levaient dans une nouvelle incantation. Il y eut un immense mugissement indign� et des voix inconnues commenc�rent � hurler.</p><p>Puis Harry passa les portes et il plongea la main dans sa bourse, sa voix dit "<emphasis>balais volant</emphasis>" et derri�re lui les grandes portes commenc�rent � se refermer.</p><p>Il continua de courir dans l'entr�e pendant que le long balais pour trois et ses �triers commen�aient � �merger de la bourse et qu'il r�p�tait mentalement un certain nombre de gros mots en se disant <emphasis>voil� ce qui se passe quand tu essaies d'�tre raisonnable</emphasis> avec la partie de son esprit qui n'essayait pas de trouver un plan de recherche qui recouvre les endroits o� Hermione pourrait se trouver. La biblioth�que �tait au troisi�me �tage et pratiquement � l'autre bout du ch�teau� Harry avait presque atteint le grand escalier de marbre lorsque le balais arriva dans sa main et "<emphasis>Debout !</emphasis>" il fut dans les airs et acc�l�ra vers le premier �tage�</p><p>"<emphasis>Argh !</emphasis>" cria-t-il, et il parvint � peine � faire pivoter son balais pour ne pas empaler l'une des silhouettes humaines qui r�daient en haut des escaliers. Il eut un instant de peur lorsqu'il essaya de ne pas tomber du balais, et de r�aliser les acrobaties qui le maintiendraient dans les �triers malgr� la proximit� du sol et l'absence quasi totale de place pour man�uvrer quand alors�</p><p>"<emphasis>Fred ? George ?</emphasis>"</p><p>"On n'arrivait pas � la trouver !" laissa �chapper l'un des jumeaux Weasley en agitant les mains de d�sarroi. "On s'est faufil�s � l'ext�rieur parce qu'on pensait pouvoir trouver Mlle. Granger - il <emphasis>doit</emphasis> y avoir un moyen de trouver n'importe qui dans le ch�teau de Poudlard, on en est s�rs tous les deux - mais on ne peut pas trouver ce que c'est !"</p><p>Harry les regarda tous deux, renvers� sous son balais, l� o� sa man�uvre d�sesp�r�e l'avait emmen�, et par pur r�flexe sa bouche dit : "Eh bien <emphasis>pourquoi</emphasis> �tiez-vous si certain de pouvoir la trouver ?"</p><p>"On ne <emphasis>sait pas</emphasis> !" s'�cria l'autre jumeaux Weasley.</p><p>"Avez-vous d�j� �t� capable de retrouver des gens dans Poudlard ?"</p><p>"<emphasis>Oui !</emphasis> On�" et les jumeaux Weasley se turent soudain, et ils regard�rent dans le vide, leurs deux visages roux devenus inexpressifs.</p><p>Il y eut un bruit de tonnerre et les deux immenses portes furent ouvertes par quelqu'un de tr�s, tr�s fort.</p><p>Harry se retourna pour montrer les deux paires d'�triers sur le balais aux jumeaux Weasley mais ne dit rien, ils n'avaient aucune raison de r�v�ler leur position tant qu'on ne les y for�ait pas. Le temps semblait avancer trop lentement alors que les jumeaux Weasley s'installaient tant bien que mal sur les �triers, et le c�ur de Harry battait fort malgr� son calcul mental qui lui disait qu'en courant, M. Hagrid n'arriverait m�me pas au pied de l'escalier � temps. Puis ils acc�l�r�rent <emphasis>vite</emphasis> vers le couloir le plus proche, la pierre sous eux devint floue, les murs sembl�rent �mettre un sifflement (c'�tait juste le vent dans leurs oreilles) sur leur passage ; Harry se souvint qu'il conduisait un balais plus long destin� � trois personnes juste � temps pour pouvoir <emphasis>ralentir</emphasis> avant le prochain virage.</p><p>Et � pr�sent tous les si�ges �taient occup�s, mais s'ils trouvaient vraiment Hermione, alors Harry pourrait mettre la Cape d'Invisibilit�, celait devrait le cacher du troll et lib�rer un si�ge pour Hermione�</p><p>Harry se baissa tr�s vite avant qu'un porche vo�t� ne lui arrache la t�te.</p><p>"On a trouv� Jessie !" l�ch�rent les jumeaux Weasley, assis derri�re Harry. "On en est s�rs ! La fois o� on devait lui dire que Rusard le pourchassait !"</p><p>"Comment ?" dit Harry, la majeure partie de son cerveau consacr�e � �viter sa mort dans un horrible accident a�rien. Il aurait d� ralentir par mesure de pr�caution mais une tension montait � l'int�rieur de lui, une sensation d'effroi sans source. Il ne <emphasis>pouvait pas</emphasis> ralentir, quelque chose d'horrible se produirait s'il ralentissait�</p><p>"On�" dirent les jumeaux Weasley assis un peu plus bas. "On n'arrive pas � s'en souvenir !"</p><p>Un autre virage sec � environ 0,3% de la vitesse de la lumi�re selon les estimations de Harry, et ils travers�rent un corridor courb� et tortueux que Harry empruntait toujours pour aller de la grande salle � la biblioth�que, sauf que �a <emphasis>n'�tait pas</emphasis> le chemin le plus court quand on �tait <emphasis>sur un balais volant</emphasis>, il aurait plut�t d� prendre le long couloir ouest, qui �tait droit�</p><p>La partie de son cerveau qui ne virait pas de bord revint � la r�alit�.</p><p>"Quelqu'un a alt�r� vos esprits !" cria Harry tout en ondulant � travers le couloir si vite que les Weasley � l'arri�re frappaient parfois l�g�rement le mur, car la longueur du balais n'�tait pas adapt�e aux comp�tences a�riennes de Harry.</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" cri�rent Fred et George.</p><p>"Celui qui a eu Hermione a aussi trafiqu� vos esprits !" �a pourrait �tre un sortil�ge d'Oubliettes, ou de Faux Souvenirs mal implant�, mais pour le moment Harry ne pouvait pas <emphasis>r�fl�chir</emphasis>�</p><p>Le balais tourna et monta � la verticale � c�t� d'un escalier en colima�on, et ils s'aplatirent tous les trois contre le balais afin de pouvoir traverser l'ouverture dans le plafond qui donnait sur le troisi�me �tage, puis ils furent face � la biblioth�que et le balais ralentit puis s'arr�ta avec un couinement en d�pit de l'absence totale de mati�re contre laquelle son freinage aurait pu faire frottement. Harry jeta aux jumeaux Weasley un rapide regard qui leur disait de <emphasis>rester l�</emphasis> tout en faisant l'escalade n�cessaire pour descendre du balais puis il ouvrit grand les portes de la biblioth�que en contr�lant sa respiration et passa sa t�te � l'int�rieur.</p><p>Hermione Granger n'�tait pas l�.</p><p>Madame Pince, qui mangeait un sandwich � son bureau, leva les yeux d'un air furieux. "Biblioth�que ferm�e !"</p><p>"Avez-vous vu Hermione Granger ?" dit Harry.</p><p>"J'ai dit que la biblioth�que �tait <emphasis>ferm�e</emphasis>, petit ! C'est l'heure du d�jeuner !"</p><p>"C'est extr�mement important. Avez-vous vu Hermione Granger ou avez-vous la moindre id�e de l� o� elle pourrait �tre ?"</p><p>"Non, dehors maintenant !"</p><p>"Avez-vous un moyen de contacter rapidement le professeur McGonagall en cas d'urgence ?"</p><p>"Hein ?" dit la biblioth�caire, alarm�e. Elle se leva de son bureau. "Qu'est-ce qui�"</p><p>"Oui on non. R�pondez imm�diatement s'il vous pla�t."</p><p>"Ah� il y a le feu de cheminette�"</p><p>"Elle n'est pas dans son bureau," dit Harry. "Avez-vous un autre moyen d'entrer en contact avec elle. Oui ou non."</p><p>"Jeune homme, j'insiste pour que vous�"</p><p>Le cerveau de Harry apposa l'�tiquette <emphasis>Voil� que je reparle � des PNJs</emphasis> � cette discussion et il pivota sur ses talons et fon�a vers le balais volant.</p><p>"Arr�tez !" cria Madame Pince, surgissant trop tard des portes ; Harry et les jumeaux Weasley avaient d�j� pris la poudre d'escampette loin des yeux de la biblioth�caire. La pression dans l'esprit de Harry montait toujours, comme une main qui aurait physiquement comprim� sa poitrine, <emphasis>il devait trouver Hermione</emphasis> et il n'avait pas d'autre id�e quant � son emplacement possible, � moins qu'elle ne soit dans les dortoirs des sorci�res de la tour Serdaigle auquel cas il ne pourrait pas rentrer. Parcourir l'int�gralit� de Poudlard avoisinait l'impossibilit� math�matique ; il n'y avait probablement pas de plan de vol continu qui entrait dans toutes les pi�ces au moins une fois - <emphasis>pourquoi</emphasis> n'avait-il pas pens� � exiger que Hermione et Neville et lui re�oivent ces pratiques petits miroirs que les Aurors utilisaient pour communiquer�</p><p>Le fait qu'il se comportait de fa�on <emphasis>stupide</emphasis> frappa Harry comme un coup � l'estomac. Il n'avait pas besoin de miroirs pour envoyer un message ; Il n'en avait pas eu besoin depuis janvier. Il ralentit le balais et l'arr�ta en plein vol au milieu d'un couloir, sa baguette d�j� dans sa main, la volont� de <emphasis>prot�ger Hermione Granger</emphasis> montant au fa�te de son esprit comme un soleil de feu argent� puis coulant le long de son bras lorsqu'il s'�cria :</p><p>"<emphasis>EXPECTO PATRONUM !</emphasis>"</p><p>et l'humano�de d'un blanc �tincelant apparut comme une nova, et les voix des jumeaux Weasley pouss�rent un cri de surprise.</p><p>"Dis � Hermione Granger - qu'il y a un troll en libert� dans Poudlard - il pourrait la pourchasser - elle doit se mettre au soleil, maintenant !"</p><p>La silhouette d'argent se retourna comme pour partir puis disparut.</p><p>"Par les cale�ons de Merlin," souffla Fred ou George.</p><p>La silhouette d'argent r�apparut d'un coup et dit de l'�trange version externe de la voix de Harry : "Hermione Granger dit :", la voix de l'�clatante silhouette devint aigu� : "<emphasis>AHHHHHHHHH !</emphasis>".</p><p>Le temps sembla se briser, comme si tout se d�pla�ait tr�s vite et ralentissait en m�me temps. Une pulsion d�sesp�r� de faire acc�l�rer le balais, de voler � vitesse maximale, sauf que Harry ne <emphasis>savait pas o�</emphasis>�</p><p>"Si tu sais o� elle est," cria � Harry � la silhouette humano�de faite de lumi�re, en la regardant comme on aurait regard� le soleil, "alors <emphasis>am�ne-moi � elle !</emphasis>"</p><p>L'�clat d'argent se d�pla�a et Harry acc�l�ra � sa suite, les jumeaux Weasley �mirent des couinements aigus derri�re lui lorsqu'il fon�a � travers les airs comme un boulet de canon, allant � une vitesse folle, sans penser aux murs qui sifflaient sur son passage ni � sa vitesse, suivant juste la lumi�re d'argent � travers les couloirs, volant au-dessus d'escaliers, fusant entre des portes que Fred ou George ouvraient � coups d'incantations d�sesp�r�es et <emphasis>tout �a prenait encore trop longtemps</emphasis>, quelque chose de profond�ment enfoui en Harry avait le sentiment qu'il s'enfon�ait dans de la m�lasse alors m�me que les fen�tres et les portraits d�filaient.</p><p>La balais d�crit un ultime virage qui emboutit l'un des jumeaux Weasley contre un mur pas tout � fait avec la force qu'un Cognard y aurait mise puis ils suivirent l'�tincelant Patronus jusqu'� un espace ouvert dans le plafonnage, ils fonc�rent vers le haut, pass�rent un �tage puis un autre en moins d'un respiration.</p><p>Son Patronus ralentit, s'arr�ta (Harry r�agit en freinant avec force) juste alors qu'ils atteignaient un espace grand ouvert qui s'�tendait jusqu'� �chapper au plafonnage et se transformait en une terrasse d�couverte, un plan de dalles de marbres expos� � l'air et au ciel�</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 89*: Pressions temporelles, partie 2</strong></p><p><emphasis>[Ndt: <strong>ATTENTION Double chapitre</strong> ! Si vous n'avez pas encore lu le chapitre 88, allez-y et revenez ici ensuite.]</emphasis></p><p>De petits monticules d'un feu froid et bleu �taient attach�s au sol autour d'une zone lumineuse qui semblait elle br�ler d'un bleu plus froid, plus mortel.</p><p>Le long d'un cercle �troit, les dalles de marbres avaient �t� �corch�es, bris�es par le genre de sortil�ge explosif que seule la plus prodigieuse des sorci�res de premi�re ann�e aurait pu lancer en usant de ses derni�res forces.</p><p>Sur la terrasse, <emphasis>encore en mouvement</emphasis> sous la lumi�re du soleil, une grande cr�ature pierreuse d'un gris terne, graniteux. Un corps comme un rocher et une petite t�te en caillou au-dessus, de courtes jambes �paisses comme des troncs d'arbres et des pieds plats et calleux. Une main tenait un formidable gourdin de pierre aussi large qu'un humain adulte et l'autre main tenait</p><p>Les jumeaux Weasley hurl�rent.</p><p>Le Patronus de Harry se fracassa.</p><p>Le troll renifla et se retourna pour leur faire face, laissant tomber</p><p>dans la mare rouge qui s'�tendait sous ses pieds tout en levant son gourdin au-dessus de sa t�te.</p><p>Puis un Weasley hurla une incantation et le gourdin fut arrach� de la main du troll et s'�crasa sur le cr�ne de ce dernier avec tant de force que qu'il recula d'un pas ; la force aurait tu� un Moldu. Le troll eut un mugissement de col�re, son nez �tait aplatit et constell� de sang, mais alors le nez se redressa et se r�g�n�ra. Le troll lan�a ses deux mains vers le gourdin qui jaillit en l'air mais n'�vita qu'� peine le geste.</p><p>"�loignez-le, gardez-le loin de moi," dit une voix.</p><p>Le gourdin en l�vitation recula devant le troll, alla de la terrasse vers l'espace ouvert sous la toiture ; et le troll fit un bond prodigieux qui amena presque le gourdin dans ses mains. Puis il fit un autre grand bond quand le gourdin fit un mouvement de c�t� ; Le balais volant s'avan�a, Harry en sauta et courut vers l'endroit o� Hermione Granger gisait dans une flaque de son propre sang, ses jambes d�vor�es jusqu'en haut des cuisses.</p><p>Les mains de Harry d�chir�rent l'emballage du kit de soin tir� de sa bourse, saisirent l'un des garrots auto-serrants et le plac�rent autour de l'un des moignons en lambeaux marqu�s de traces de dents, ses mains ne gliss�rent que bri�vement sur le sang, mais elles ne tremblaient pas, il n'aurait pu leur permettre de trembler. Lorsque le garrot finit de s'enrouler il se serra avec force et encore plus de sang jaillit, mais le flot s'interrompit soudain sur ce moignon de cuisse et Harry se tourna vers l'autre. Une partie de son esprit hurlait, hurlait, hurlait, et m�me la partie de lui qui ramassait l'autre garrot auto-serrant l'entendit, mais cela non plus n'�tait pas permis.</p><p>Les deux jumeaux Weasley criaient des sortil�ges l'un apr�s l'autre, � une vitesse qui aurait rendu Harry inconscient en soixante secondes ; parfois les jumeaux criaient simultan�ment deux sortil�ges avec une coordination parfaite, mais la plupart �clataient en une inoffensive douche d'�tincelles contre la peau du troll. Alors que l'autre tourniquet se resserrait autour d'une autre effusion de sang, Harry leva les yeux vers un "<emphasis>Diffindo !</emphasis>" / _"Reducto !_" qui fit exploser les yeux vuln�rables du troll en deux jets d'humeurs vitreuses, mais ce dernier mugit une fois de plus, et ses yeux se commenc�rent � se reformer instantan�ment.</p><p>"<emphasis>Du feu et de l'acide !</emphasis>" hurla Harry. "<emphasis>Utilisez du feu ou de l'acide !</emphasis>"</p><p>"<emphasis>Fuego !</emphasis>" / "<emphasis>Incendio !"</emphasis> Entendit-il, mais il ne regardait plus, il saisissait la seringue emplie du liquide orange et lumineux qu'�tait la potion oxyg�nante et la plongeait dans le cou de Hermione, l� o� Harry esp�rait trouver l'art�re carotide, afin de maintenir son cerveau en vie si ses poumons ou son c�ur s'arr�taient ; tant que son cerveau restait intact tout le reste pouvait �tre r�par�, la magie pourrait forc�ment le r�parer, la magie pourrait forc�ment le r�parer, la magie pourrait forc�ment le r�parer, et Harry plongea l'aiguille de la seringue jusqu'au bout, cr�ant une l�g�re lueur sous la p�le peau du cou. Puis il appuya sur sa poitrine, l� o� le c�ur aurait d� se trouver, donna de forts appuis qui, il l'esp�rait, d�placeraient le sang oxyg�n� l� o� il pourrait atteindre son cerveau, m�me si son c�ur avait pu s'arr�ter de battre, car il n'avait pas pens� � v�rifier son pouls.</p><p>Puis Harry regarda le reste du contenu de son kit de soin et ne rencontra que du vide en essayant de trouver s'il y avait l� autre chose qu'il pourrait utiliser. Le cri dans ce recoin lointain de son esprit devenait plus fort, beaucoup plus fort, maintenant que ses mains avaient cess� leurs mouvements fr�n�tiques. Il �tait soudain conscient du contact du liquide l� o� le sang avait travers� ses robes et les genoux de son pantalon.</p><p>De derri�re Harry vint le son d'un autre mugissement du troll, il entendit l'un des jumeaux Weasley crier "<emphasis>Deligitor prodeas !</emphasis>" puis : "<emphasis>� L'AIDE ! Fais quelque chose !</emphasis>"</p><p>Harry se retourna pour regarder et vit que l'un des jumeaux Weasley avait myst�rieusement enfil� le Choixpeau sur sa t�te et qu'il faisait face au troll qui tenait maintenant l'immense gourdin de pierre � deux mains, l'air � pr�sent assez roussi et avec une ou deux cicatrices fumantes sur les bras ; mais toujours indemne.</p><p>Puis la voix du Choixpeau mugit avec tant de force qu'elle sembla faire trembler les murs :</p><p>"<emphasis>GRYFFONDOR !</emphasis>"</p><p>Une pulsation de puissance br�la l'air, une magie presque tangible m�me pour les jeunes sens de Harry, le troll fit un bond en arri�re avec un reniflement de surprise. Fred ou George, un regard �trange sur le visage, �ta le Choixpeau de sa t�te avec l'�l�gance d'un prestidigitateur, y plongea une main et en tira une garde dont le pommeau �tait un rubis luminescent, suivit d'un quillon d'un m�tal blanc �tincelant et d'une lame aussi grande qu'un jeune enfant. Alors que l'�p�e se r�v�lait les airs sembl�rent s'emplir d'un silencieux cri de furie.</p><p>Sur la lame �tait �crit en lettres d'or : <emphasis>nihil supernum</emphasis>.</p><p>Puis le jumeau Weasley leva l'�p�e comme si l'immense lame n'avait rien pes�, cria, et chargea.</p><p>Les l�vres de Harry s'ouvrirent pour dire quelque chose, une longue phrase comme : <emphasis>Non, arr�te, tu ne sais pas du tout utiliser une �p�e</emphasis> mais pas une seule syllabe ne put quitter ses l�vres avant que l'�p�e ne tranche le bras droit du troll au niveau de son coude, traversant la peau, la chair et l'os comme de la gel�e ; au m�me instant, le mouvement de gourdin du troll, d�j� entam�, s'�crasa contre le jumeau qui avait charg� et l'envoya voler � travers les airs, au-dessus du sol de marbre, au-dessus de l'ouverture par laquelle ils �taient arriv�s en balais volant, jusqu'� ce qu'il percute le mur oppos� et s'effondre en un tas immobile.</p><p>L'�p�e lumineuse disparut � travers l'ouverture au sol dans un fracas qui s'estompa � mesure qu'elle chutait.</p><p>"<emphasis>Fred !</emphasis>" s'�cria George Weasley, puis :"<emphasis>VENTUS !</emphasis>"</p><p>Un coup invisible frappa le troll et le balan�a en l'air.</p><p>"<emphasis>VENTUS !</emphasis>"</p><p>Le troll fut � nouveau touch�, propuls� au bord du sol, pr�s du trou qui menait aux �tages inf�rieurs.</p><p>"<emphasis>VENTUS !</emphasis>"</p><p>Mais le troll avait abaiss� sa derni�re main et il saisit le sol, s'enfon�a dans le marbre pour assurer sa prise. Le troisi�me coup envoya le corps du troll au-dessus du trou, mais la main demeura au bord. Et le troll se hissa alors d'une seule main, en rugissant.</p><p>George Weasley chancela, tomba presque, sa main s'abaissa contre son flanc. "Harry�" dit le jumeau Weasley d'une voix us�e, "Cours�"</p><p>Le dernier jumeau Weasley fit un pas de c�t�, s'appuya contre le mur, et glissa au sol.</p><p>Dans l'esprit de Harry, le temps se fractura, le monde autour de lui sembla se d�placer lentement, se d�former, ou peut-�tre �tait-ce son esprit qui se tordait, qui se repliait. Il aurait d� se d�placer, il aurait d� faire quelque chose, mais une �trange paralysie semblait avoir bloqu� tous ses muscles, tous ses mouvements. Sans temps pour les mots, des pens�es, des concepts lui vinrent par �clairs : que si Harry s'enfuyait le troll mangerait les jumeaux Weasley et Hermione, que si les Cognards ne tuaient pas les sorciers alors Fred devrait toujours �tre en vie, que les jumeaux Weasley �taient des sorciers plus puissants que lui et qu'ils n'avaient pas �t� capables de retenir le troll, qu'il n'avait plus le temps de m�tamorphoser quelque chose qu'il n'avait pas d�j� sur lui, que le troll semblait trop agile pour que l'on puisse l'attirer jusqu'au bord de la terrasse avant de le faire tomber le long des murs du ch�teau de Poudlard, que quelqu'un avait magiquement prot�g� le troll de la lumi�re du soleil avant de l'utiliser comme une arme meurtri�re et que cette personne aurait pu le renforcer d'autres fa�ons. Puis l'image de Hermione fuyant le troll, courant vers le soleil, atteignant enfin la terrasse lumineuse, le troll juste sur ses talons, uniquement pour d�couvrir que quelqu'un d'autre avait aussi pens� � cette possibilit�.</p><p>Le hurlement d'horreur dans son esprit fut noy� par une autre �motion.</p><p>Harry se leva.</p><p>De l'autre c�t� de la pi�ce, l'ennemi aussi s'�tait lev�, le moignon non r�g�n�r� d'un bras tranch� encore sanguinolent.</p><p><emphasis>intention de tuer</emphasis></p><p>De sa main restante le troll saisit son gourdin tomb�, poussa un immense mugissement, �crasa le gourdin contre le sol et envoya des morceaux de marbre voler.</p><p><emphasis>ne pense qu'� tuer</emphasis></p><p>Le troll commen�a � marcher d'un pas lourd vers l'endroit o� George �tait tomb�, et un l�ger filet de bave tra�nait de la commissure de ses l�vres.</p><p><emphasis>utilise tout moyen disponible</emphasis></p><p>Harry fit cinq pas en avant et l'ennemi eut un autre mugissement avant de se d�tourner de George, ses yeux braqu�s sur Harry.</p><p><emphasis>censeurs �teints, ne recule pas</emphasis></p><p>La troisi�me des machines � tuer les plus parfaites de la nature avan�a vers lui � grands bonds.</p><p><emphasis>TUE</emphasis></p><p>La main gauche de Harry tenait d�j� le diamant m�tamorphos� de son anneau et sa main droite tenait d�j� sa baguette.</p><p>"<emphasis>Wingardium Leviosa.</emphasis>"</p><p>La baguette de Harry dirigea le petit joyau dans la bouche du troll.</p><p>"<emphasis>Finite Incantatem</emphasis>."</p><p>La t�te du troll explosa et se d�tacha de sa colonne vert�brale lorsque le rocher reprit sa forme originelle, et Harry fit un pas de c�t� lorsque le corps de l'ennemi s'�crasa l� o� Harry s'�tait tenu.</p><p>La t�te de l'ennemi commen�ait d�j� � se r�g�n�rer, les moignons en lambeaux de la m�choire et de l'�chine se reformaient, la bouche se compl�tait, rempla�ait ses dents.</p><p>Harry se pencha et saisit la t�te du troll par l'�il droit. Sa baguette s'enfon�a dans l'�il gauche du troll, plongea dans la mati�re semblable � de la gel�e et traversa le trou dans l'os. Harry visualisa une section transversale du cerveau de l'ennemi large d'un millim�tre et la m�tamorphosa en acide sulfurique.</p><p>L'ennemi cessa de se r�g�n�rer.</p><p>Harry jeta le corps par-dessus le bord de la terrasse et se tourna vers Hermione.</p><p>Les yeux de cette derni�re bougeaient, et ils �taient braqu�s sur lui.</p><p>Harry se rua � son c�t�, ignorant le sang qui trempait encore plus ses robes d�j� tremp�es. <emphasis>Tout ira bien</emphasis>, son cerveau forma cette phrase mais ses l�vres ne voulurent pas bouger. <emphasis>Tout ira bien, on trouvera une magie qui r�parera tout �a, te remettra dans ton �tat normal, tiens le coup, ne�</emphasis></p><p>Les l�vres de Hermione bougeaient, un tout petit peu, mais elles bougeaient.</p><p>"ta� faute�"</p><p>Le temps se figea. Harry aurait d� lui dire de ne pas parler, d'�conomiser son souffle, mais il ne pouvait pas d�bloquer ses l�vres.</p><p>Hermione inspira de nouveau et ses l�vres souffl�rent : "Pas ta faute."</p><p>Puis elle expira et ferma les yeux.</p><p>Harry la regarda, bouche mi-ouverte, sa respiration bloqu�e.</p><p>"Ne fais pas �a", dit sa voix. Il n'�tait arriv� que deux minutes trop tard.</p><p>Hermione eut une convulsion soudaine, ses bras se soulev�rent dans une saccade, comme si elle voulait saisir quelque chose, et ses yeux s'ouvrirent grand � nouveau. Il y eut un �clat de <emphasis>quelque chose</emphasis> qui �tait magique et plus encore, il y eut un cri plus fort qu'un tremblement de terre, un cri qui contenait mille livres, mille biblioth�ques, tous dits d'un seul cri qui �tait Hermione ; trop vaste pour �tre compris, mais Harry sut soudain que Hermione avait effac� la douleur et qu'elle �tait heureuse de ne pas mourir seule. L'espace d'un instant il sembla que le d�versement de magie pourrait s'ancrer, prendre racine dans la pierre du ch�teau ; mais le d�versement s'arr�ta alors, la magie s'estompa, son corps ne bougea plus, tout mouvement cessa alors que Hermione Granger cessait d'exister -</p><p>Non.</p><p>Harry se releva, chancelant.</p><p>Non.</p><p>Il y eut un �clat de feu et Dumbledore fut l� avec Fumseck, ses yeux emplis d'horreur. "J'ai sentit qu'un �l�ve mourrait ! Qu'est-ce�"</p><p>Les yeux du vieux sorcier virent ce qui gisait au sol.</p><p>"Oh, non," murmura Albus Dumbledore. Fumseck laissa �chapper un chant triste et endeuill�.</p><p>"Ramenez l�."</p><p>Il y eut un silence sur la terrasse. Fred Weasley s'�tait �lev� dans les airs apr�s un mouvement de baguette de Dumbledore et flottait vers eux, entour� d'une lueur rose rassurante.</p><p>"Harry�" commen�a le vieux sorcier. Sa voix se brisa. "Harry�"</p><p>"Faites que Fumseck pleure son corps, n'importe quoi. D�p�chez-vous." La voix qui parlait �tait parfaitement calme.</p><p>"Je, je ne peux pas, Harry, c'est trop tard, elle est morte�"</p><p>"Je ne veux pas entendre �a. Si c'�tait moi qui �tais allong� ici, vous sortiriez quelque incroyable lapin de votre chapeau et vous me sauveriez, bien s�r, parce que le h�ros n'a pas le droit de mourir avant la fin de l'histoire. Eh bien elle est le h�ros elle aussi, alors ce que vous gardiez en r�serve pour cette occasion super sp�ciale, allez-y, utilisez-le maintenant. Je vous promets que je vous rembourserai."</p><p>"<emphasis>Il n'y a rien que je puisse faire ! Son �me s'en est all�e, elle n'est plus !</emphasis>"</p><p>Harry ouvrit la bouche pour hurler toute sa furie et la ferma de nouveau. Hurler n'aurait aucun sens, n'accomplirait rien. L'insupportable pression qui montait en lui ne pourrait �tre rel�ch�e ainsi.</p><p>Il se d�tourna de Dumbledore et baissa les yeux vers les reste de Hermione Granger qui gisaient dans une mare de sang. Une partie de son esprit frappait le monde autour de lui, essayait de le faire dispara�tre, de se r�veiller du cauchemar et de se retrouver dans sa chambre du dortoir Serdaigle, le soleil matinal visible � travers les rideaux. Mais le sang demeura, Harry ne se r�veilla pas, et une autre partie de lui sentit d�j� que cet �v�nement �tait r�el, qu'il faisait partie du m�me monde imparfait qui incluait Azkaban, la chambre du Magenmagot et�</p><p>Non</p><p>Avec la sensation d'une fracture, comme si le temps �tait encore en miettes autour de lui, Harry se d�tourna de Dumbledore et baissa les yeux vers les reste de Hermione Granger qui gisaient dans une mare de sang, deux garrots attach�s autour des moignons de ses cuisses, et il d�cida</p><p><emphasis>Non.</emphasis></p><p><emphasis>Je n'accepte pas �a.</emphasis></p><p><emphasis>Il n'y a aucun raison d'accepter �a, pas quand la magie existe.</emphasis></p><p>Harry apprendrait ce qu'il devrait apprendre, inventerait ce qu'il devrait inventer, arracherait le savoir de Salazar Serpentard � l'esprit du Seigneur des T�n�bres, d�couvrirait le secret d'Atlantis, ouvrirait toutes les portes, briserait tous les sceaux qu'il aurait � briser, trouverait son chemin jusqu'� la racine de toute magie et la reprogrammerait.</p><p>Il d�chirerait les fondements de la r�alit� elle-m�me pour retrouver Hermione Granger.</p><empty-line/><p>"La crise est termin�e", dit le professeur de D�fense. "Vous pouvez descendre, Madame."</p><p>Trelawney, qui avait �t� assise derri�re lui sur le balais pour deux qui venait de traverser Poudlard en br�lant la mati�re des murs et des �tages sur son chemin, descendit avec h�te et se laissa presque tomber au sol � un pas des bords d'un rouge lumineux d'un trou fra�chement form� dans le mur. La femme haletait encore et se penchait en avant comme si elle �tait sur le point de vomir quelque chose de plus grand qu'elle.</p><p>Le professeur de D�fense avait ressentit l'horreur du gar�on � travers le lien qui existait entre eux, � travers la r�sonance de leur magie ; et il s'�tait rendu compte que le gar�on avait recherch� le troll et l'avait trouv�. Le professeur de D�fense avait tent� d'envoyer l'impulsion de battre en retrait, de rev�tir le Cape d'Invisibilit� et de fuir ; mais il n'avait jamais �t� capable d'influencer le gar�on � travers la r�sonance et il n'avait pas r�ussi cette fois non plus.</p><p>Il sentit le gar�on se donner enti�rement � l'intention de tuer. C'est alors que le professeur de D�fense avait commenc� � br�ler la substance Poudlard et essay� d'atteindre la bataille � temps.</p><p>Il avait sentit le gar�on exterminer son ennemi en quelques secondes.</p><p>Il avait senti son d�sarroi � la mort d'un de ses amis.</p><p>Il avait sentit la furie que le gar�on avait dirig�e vers quelque agacement, probablement Dumbledore ; suivi d'une r�solution inconnue � la fermet� absolue que m�me le professeur de D�fense avait trouv�e adapt�e � la situation. Avec un peu de chance, le gar�on venait de se d�faire ses idiotes r�ticences.</p><p>Sans personne pour le voir, les l�vres du professeur de D�fense se recourb�rent en un fin sourire. Malgr� ses petits hauts et bas, la journ�e avait �t� �tonnamment bonne dans l'ensemble�</p><p><strong><emphasis>"IL EST L�. CELUI QUI D�CHIRERA LES �TOILES DU CIEL. IL EST L�. IL EST LA FIN DU MONDE."</emphasis></strong></p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 90*: R�les, partie 1</strong></p><p>Harry se tenait encore devant le corps de Hermione, il n'avait pas boug� et r�fl�chissait aussi vite que possible dans un sentiment de dissociation, de fragmentation temporelle. Devait-il faire quelque chose <emphasis>maintenant</emphasis>, une opportunit� d'agir �tait-elle en train de lui �chapper irr�vocablement ? De r�duire le niveau d'omnipotence magique dont il aurait besoin plus tard ? Un effet de balise temporelle pour marquer cet instant, dans l'id�e d'un voyage temporel futur, s'il trouvait un jour un moyen de retourner plus de six heures dans le pass� ? Il existait des th�ories sur le voyage temporel dans le cadre de la relativit� g�n�rale (qui lui avaient sembl�es beaucoup moins plausibles avant qu'il ne rencontre les Retourneurs de Temps) et ces th�ories disaient que l'on ne pouvait revenir � avant la construction de la machine : une machine � remonter dans le temps fond�e sur des principes relativistes maintenait un passage continu � travers le temps mais ne t�l�portait rien. Mais Harry ne voyait rien d'utile qu'il puisse accomplir avec les sortil�ges dont il disposait, Dumbledore n'�tait pas tr�s coop�ratif, et quoi qu'il en soit on �tait plusieurs minutes dans le Temps apr�s l'instant crucial.</p><p>"Harry," chuchota le directeur en posant sa main sur l'�paule de Harry. Il avait disparu de l� o� il s'�tait tenu, au-dessus des jumeaux Weasley et �tait apparu � c�t� de Harry ; George Weasley s'�tait comme t�l�port� de sa position assise � une position agenouill�e au c�t� de son fr�re, et Fred �tait � pr�sent allong� bien droit, ses yeux grands ouverts, une grimace sur le visage � chaque respiration. "Harry, tu dois quitter cet endroit."</p><p>"Attendez," dit la voix de Harry. "J'essaie de voir si je peux faire autre chose."</p><p>La voix du vieux sorcier attestait de son impuissance. "Harry - je sais que tu ne crois pas aux �mes - mais que Hermione te regarde maintenant ou pas, je ne pense pas qu'elle souhaiterait te voir ainsi."</p><p>�non, c'�tait �vident.</p><p>Harry dirigea sa baguette sur le corps de Hermione�</p><p>"Harry ! Qu'est-ce que tu�"</p><p>�et d�versa <emphasis>tout</emphasis> ce qu'il avait le long de son bras, le long de sa main�</p><p>"<emphasis>Frigideiro !</emphasis>"</p><p>"�fais ?"</p><p>"Hypothermie," dit Harry d'une voix distante tout en chancelant. Cela avait �t� l'un des sortil�ges avec lesquels, lors d'une vie ant�rieure, lui et Hermione avaient fait des exp�riences. Il �tait donc capable de le contr�ler avec pr�cision mais il lui avait fallu beaucoup de puissance pour affecter une telle masse. La corps de Hermione devait � pr�sent �tre � exactement cinq degr�s Celsius. "Des gens ont �t� r�anim�s apr�s avoir �t� dans l'eau froide sans respirer pendant plus de trente minutes. Vous voyez, le froid vous prot�ge des dommages c�r�braux, il ralentit tout. Les docteurs moldus ont un dicton : on n'est pas mort tant qu'on n'est pas chaud et mort - je pense qu'ils refroidissent m�me le patient lors de certaines op�rations, quand ils ont besoin d'arr�ter le c�ur de quelqu'un pendant un moment."</p><p>Fred et George commenc�rent � sangloter.</p><p>Le visage de Dumbledore �tait d�j� stri� de larmes. "Je suis d�sol�," chuchota-t-il. "Harry, je suis tellement navr�, mais tu dois arr�ter de faire �a." Le directeur prit Harry par les �paules et le tira en arri�re.</p><p>Harry se laissa �tre d�tourn� du corps de Hermione, marcha en suivant les pouss�es du directeur qui l'�loignaient du sang. Le sortil�ge de refroidissement lui donnerait du temps. Des heures au moins, peut-�tre des jours s'il parvenait � continuer de lancer le sortil�ge sur Hermione ou s'ils entreposaient son corps dans un endroit froid.</p><p>Maintenant, il avait le temps de r�fl�chir.</p><empty-line/><p>Minerva avait vu le visage d'Albus et avait su que quelque chose n'allait pas ; elle avait eu le temps de se demander ce qui s'�tait pass�, et m�me qui �tait mort : son esprit lui avait fait voir Alastor, Augusta, Arthur et Molly, les cibles les plus probables lors d'un retour de Voldemort. Elle avait pens� avoir tremp� sa volont� dans l'acier, elle s'�tait crue pr�te au pire.</p><p>Puis Albus parla et tout l'acier la quitta.</p><p><emphasis>Pas Hermione� pas�</emphasis></p><p>Albus lui donna un bref moment pour pleurer puis lui dit que Harry Potter, qui avait vu Mlle Granger mourir, s'�tait assis devant le d�barras de l'infirmerie o� les restes de Mlle Granger �taient conserv�s, qu'il refusait de bouger, et qu'il disait � tous ceux qui lui adressaient la parole de partir afin qu'il puisse r�fl�chir.</p><p>La seule chose qui avait provoqu� quelque r�action que ce soit chez le gar�on avait �t� quand Fumseck avait essay� de chanter pour lui ; Harry Potter avait glapit au ph�nix de ne pas faire �a, que ses �motions �taient r�elles et qu'il ne voulait pas que la magie essaie de les <emphasis>soigner</emphasis> comme si elles �taient une maladie. Apr�s cela, Fumseck avait refus� de chanter.</p><p>Albus pensait qu'elle �tait peut&#x207B;�tre celle qui avait le plus de chance de pouvoir atteindre Harry Potter.</p><p>Alors elle dut se reprendre, nettoyer son visage ; elle aurait le temps plus tard de vivre son deuil, en priv�, quand ceux de ses enfants qui avaient surv�cu n'auraient plus besoin d'elle.</p><p>Minerva McGonagall r�cup�ra les parties disloqu�es de son �tre, essuya ses yeux une derni�re fois et mit la main sur la poign�e de la section de l'infirmerie dont on utilisait maintenant le d�barras - pour la seconde fois du si�cle et pour la cinqui�me fois depuis la fondation de Poudlard - comme lieu de repos pour un jeune �l�ve prometteur.</p><p>Elle ouvrit la porte.</p><p>Les yeux de Harry Potter la regard�rent. Le gar�on �tait assis au sol devant la porte du d�barras et avait sa baguette en main. Si son regard �taient endeuill�, s'il �tait vide, si m�me il �tait bris�, on ne pouvait le voir en regardant le visage du gar�on. Il n'y avait pas de larmes s�ch�es sur ces joues.</p><p>"Pourquoi �tes-vous l�, professeur McGonagall ?" dit Harry Potter. "J'ai dit au directeur que je voulais �tre laiss� seul un moment."</p><p>Elle ne sut pas quoi r�pondre. <emphasis>Pour vous aider - vous n'allez pas bien</emphasis> - mais elle ne savait pas quoi dire : il n'y avait rien dont elle puisse imaginer que le dire arrangerait les choses. N'ayant pas �t� au mieux de sa forme, elle n'avait rien pr�vu � l'avance avant d'entrer dans la pi�ce.</p><p>"� quoi r�fl�chissez-vous ?" dit-elle. Ce fut la seule phrase qui lui vint � l'esprit. Albus lui avait dit que Hary avait dit, encore et encore, qu'il r�fl�chissait ; et il fallait qu'elle parvienne � faire parler Harry d'une fa�on ou d'une autre.</p><p>Harry regarda, � moiti� vers elle, � moiti� � travers elle, et elle retint sa respiration lorsqu'une tension apparut sur le visage de ce dernier.</p><p>Harry mit un moment � parler.</p><p>"J'essaie de trouver s'il y a quoi que ce soit que je devrais faire maintenant," dit-il. "Mais c'est difficile. Mon esprit n'arr�te pas d'imaginer comment le pass� aurait pu se d�rouler diff�remment, si j'avais r�fl�chi plus vite, et je ne peux pas �liminer la possibilit� qu'une r�ponse se cache l�."</p><p>"M. Potter�" dit-elle d'une voix h�sitante. "Harry, je ne pense pas que ce soit sain que vous� pensiez comme �a�"</p><p>"Je ne suis pas d'accord. C'est quand on ne pense pas que les gens meurent." Les mots avaient �t� prononc�s d'un ton monotone, comme s'il avait r�cit� un texte appris dans un livre.</p><p>"Harry," dit-elle, r�fl�chissant � peine en pronon�ant ces paroles, "il n'y a rien que vous auriez pu faire�"</p><p>Quelque chose gr�silla dans l'expression de Harry. Ses yeux sembl�rent se poser sur elle pour la premi�re fois.</p><p>"Rien que j'aurais pu <emphasis>faire</emphasis> ?" la voix de Harry s'�leva sur ce dernier mot. "<emphasis>Rien que j'aurais pu FAIRE ? J'ai perdu compte du nombre de fa�ons dont j'aurais pu la sauver ! Si j'avais demand� qu'on ait tous des miroirs communicants ! Si j'avais insist� pour que Hermione soit �vacu�e de Poudlard et mise dans une �cole qui n'est pas d�rang�e ! Si j'�tais sorti imm�diatement de la grande salle au lieu d'essayer de discuter avec des gens normaux ! Si je m'�tais souvenu du Patronus plus t�t ! M�me � la derni�re minute �a aurait pu ne pas �tre trop tard ! J'ai tu� le troll, je me suis tourn� vers elle et elle �tait encore EN VIE et je me suis juste agenouill� pour �couter ses derniers mots comme un IDIOT au lieu de relancer le Patronus et de dire � Dumbledore d'envoyer Fumseck !</emphasis> Ou si j'avais juste vu tout le probl�me sous un autre angle - si j'avais cherch� un �l�ve avec un Retourneur de Temps pour envoyer un message dans le pass� <emphasis>avant</emphasis> que je d�couvre si quelque chose lui �tait arriv� au lieu de me retrouver avec un r�sultat inalt�rable - j'ai <emphasis>demand�</emphasis> au directeur de revenir dans le pass�, de sauver Hermione et de tout simuler, de mettre un faux corps, de modifier les souvenirs de tout le monde, mais Dumbledore a dit qu'il avait d�j� essay� �a une fois, que �a n'avait pas fonctionn� et qu'au lieu de �a il avait perdu un autre ami. Ou si j'avais� si j'avais suivi� si, cette nuit l��"</p><p>Harry appuya ses mains sur son visage et lorsqu'il les retira, il �tait � nouveau calme et mesur�.</p><p>"Quoi qu'il en soit," dit Harry Potter d'une voix � nouveau monotone, "je ne veux pas r�it�rer cette erreur, donc je vais r�fl�chir jusqu'� l'heure du d�ner pour voir s'il y a quelque chose que je devrais faire. Si je n'ai rien trouv� � l'heure du d�ner, alors j'irai manger. Maintenant partez, s'il vous pla�t."</p><p>Elle se rendait compte que des larmes coulaient maintenant le long de ses joues � elle. "Harry� Harry, vous devez croire que ce n'est pas de votre faute !"</p><p>"Bien s�r que c'est ma faute. Il n'y a personne d'autre ici qui pourrait �tre responsable de quoi que ce soit."</p><p>"Non ! Vous-Savez-Qui a tu� Hermione !" Elle se rendait � peine compte de ce qu'elle disait, elle se rendait � peine compte qu'elle n'avait pas prot�g� la pi�ce contre d'�ventuelles oreilles indiscr�tes. "Pas vous ! Quoi que vous auriez pu faire, ce n'est pas vous qui l'avez tu�e, c'est Voldemort ! Vous ne pouvez pas croire �a, sinon vous deviendrez fou, Harry !"</p><p>"Ce n'est pas comme �a que la responsabilit� fonctionne, professeur." La voix de Harry �tait patiente, comme s'il expliquait quelque chose � un enfant qui allait certainement ne pas comprendre. Il ne la regardait plus, il regardait juste le mur sur sa droite. "Lorsque l'on proc�de � analyse des d�faillances, il est inutile de porter le bl�me sur une partie du syst�me que l'on ne pourra pas changer : c'est comme de se laisser tomber d'une colline et de bl�mer la gravit�. La gravit� n'aura pas chang� la prochaine fois. Il est inutile d'essayer de tenir pour responsables des gens qui ne changeront pas leurs actes. Une fois qu'on regarde les choses sous cet angle, on se rend compte que bl�mer ne sert jamais � rien sauf quand on se bl�me soi-m�me, parce que l'on est le seul dont les actions peuvent changer suite � un bl�me. C'est pour �a que Dumbledore a cette pi�ce pleine de baguettes bris�es. Au moins, il comprend �a."</p><p>Une lointaine partie de l'esprit de Minerva nota d'attendre beaucoup plus tard pour aller parler tr�s durement au directeur au sujet de ce qu'il montrait � de jeunes enfants impressionnables. Elle lui crierait peut-�tre m�me dessus, cette fois. Elle avait de toute fa�on song� � lui crier dessus, � cause de Hermione Granger�</p><p>"Vous n'�tes <emphasis>pas</emphasis> responsable," dit-elle, m�me si sa voix tremblait. "Ce sont les professeurs - ce sont nous qui sommes responsable de la s�curit� des �l�ves, pas vous."</p><p>Les yeux de Harry revinrent � elle. "<emphasis>Vous</emphasis> �tes responsable ? Sa gorge semblait serr�e."Vous voulez que je vous tienne pour responsable, professeur McGonagall ?"</p><p>Elle leva le menton et hocha la t�te. Ce serait bien, bien mieux que de voir Harry se bl�mer lui-m�me.</p><p>Le gar�on se releva en appuyant sur le sol et fit un pas en avant. "Alors tr�s bien," dit-il d'une voix monotone. "J'ai essay� d'�tre raisonnable quand j'ai vu que Hermione manquait � l'appel et qu'aucun des professeurs n'�taient au courant. J'ai demand� � des �l�ves de septi�me ann�e de venir avec moi sur un balais volant et de me prot�ger pendant que l'on cherchait Hermione. J'ai demand� qu'on m'aide. J'ai suppli� qu'on m'aide. Et personne ne m'a aid�. Parce que vous aviez donn� � tout le monde l'ordre absolu de rester quelque part sous peine d'�tre exclu, sans excuses possibles. Peu importe les erreurs de Dumbledore, au moins il voit ses �l�ves comme des gens, pas comme des animaux qui doivent �tre men�s dans un enclos et tenus hors de couloirs ; vous saviez que certains �l�ves �taient tactiquement et strat�giquement meilleurs que vous et vous nous avez quand m�me coinc�s dans une pi�ce sans rien laisser � notre discr�tion. Alors, quand quelque chose que vous n'aviez pas pr�vu s'est produit et qu'il aurait �t� parfaitement sens� d'envoyer un �l�ve de septi�me ann�e sur un balais rapide � la recherche de Hermione Granger, les �l�ves ont su que vous ne comprendriez pas, que vous ne pardonneriez pas. Ils n'avaient pas peur du troll, ils avaient peur de vous. La discipline, la conformit�, la <emphasis>l�chet�</emphasis> que vous avez insuffl�e en eux m'a retard� juste assez pour que Hermione meure. Non pas que j'aurais d� demander de l'aide � des gens normaux, bien s�r, et je vais changer, et je serai moins stupide la prochaine fois. Mais si j'�tais assez stupide pour tenir pour responsable quelqu'un d'autre que moi, c'est ce que je dirais."</p><p>Des larmes coulaient sur les joues de Minerva.</p><p>"Voil� ce que je vous dirais si je pensais que vous pouviez �tre responsable de quoi que ce soit. Mais les gens normaux ne choisissent pas en fonction des cons�quences, ils ne font que jouer des r�les. Il y a dans votre t�te l'image d'une s�v�re adepte de la discipline et vous faites tout ce que cette image ferait, que �a ait un sens ou pas. Une adepte de la discipline ordonnerait � ses �l�ves de retourner dans leurs chambres, m�me avec un troll r�dant dans les couloirs. Une adepte de la discipline ordonnerait � ses �l�ves de ne pas quitter la grande salle sous peine d'expulsion. Et la petite image du professeur McGonagall que vous avez dans votre t�te ne peut pas apprendre de ses exp�riences ou se modifier elle-m�me, donc cette conversation est inutile. Les gens comme vous ne sont pas responsables, ce sont les gens comme moi qui le sont, et quand nous �chouons il n'y a personne d'autre � bl�mer."</p><p>Le gar�on avan�a pour se tenir directement face � elle. Sa main plongea dans ses robes et en ressortit la sph�re dor�e qu'�tait la coque protectrice fournie par le minist�re de son Retourneur de Temps. Il parla d'une voix morne, neutre, sans aucune emphase. "Ceci aurait pu sauver Hermione si j'avais �t� capable de l'utiliser. Mais vous avez pens� que c'�tait votre r�le de me le refuser, de me barrer la route. Personne n'est mort � Poudlard depuis cinquante ans, vous avez dit cela quand vous l'avez verrouill�, vous vous souvenez ? J'aurais d� vous le demander � nouveau quand Bellatrix Black s'est �chapp�e d'Azkaban, ou apr�s que Hermione ait �t� accus�e de tentative de meurtre. Mais j'ai oubli�, j'ai �t� stupide. S'il vous pla�t, d�bloquez-le maintenant avant qu'un autre de mes amis ne meure."</p><p>Incapable de parler, elle sortit sa baguette et s'ex�cuta, d�faisant l'enchantement minut� qu'elle avait m�l� au loquet de la coque.</p><p>Harry Potter ouvrit la coque dor�e, regarda le petite sablier coinc� entre ses cercles concentriques, hocha la t�te et referma la coque. "Merci. Maintenant, partez." La voix du gar�on se brisa � nouveau. "Je dois r�fl�chir."</p><empty-line/><p>Elle ferma la porte derri�re elle, et un son terrible et pourtant presque enti�rement �touff� s'�chappa de sa gorge�</p><p>Albus apparut dans une ondulation � c�t� d'elle, prenant bri�vement un teint criard le temps que le sortil�ge de D�sillusion s'estompe.</p><p>Elle ne bondit pas tout � fait de surprise. "Je vous ai dit d'arr�ter de faire �a," dit Minerva. Sa voix semblait morne � ses propres oreilles. "C'�tait une conversation priv�e."</p><p>Albus agita ses doigts vers la porte derri�re elle. "J'avais peur que M. Potter ne te fasse du mal." Le directeur s'interrompit puis dit doucement : "Je suis tr�s surpris que tu aies encaiss� sans bouger."</p><p>"Tout ce que j'avais � faire, c'�tait de dire : 'M. Potter', et il se serait arr�t�." Sa voix �tait descendue au niveau d'un murmure. "Cela seulement, et il se serait arr�t�. Et alors il n'aurait eu personne � qui dire ces terribles choses, personne."</p><p>"J'ai trouv� que les remarques de M. Potter �taient enti�rement injuste et imm�rit�es," dit Albus.</p><p>"Si cela avait �t� vous, Albus, vous n'auriez pas menac� d'expulser quiconque quitterait la pi�ce. Pouvez-vous honn�tement me dire le contraire ?"</p><p>Albus leva un sourcil. "Ton r�le dans ce d�sastre a �t� mince, tes d�cisions �taient raisonnables au moment o� tu les a prises, et ce n'est que du point de vue privil�gi� de celui qui regarde le pass� que Harry Potter peut croire qu'il en est autrement. Tu es certainement trop sage pour te bl�mer pour ceci, Minerva."</p><p>Elle savait parfaitement que Albus placerait une image de Hermione dans sa terrible pi�ce, qu'elle y occuperait une place de choix. Elle �tait certaine que, m�me s'il n'avait m�me pas �t� pr�sent � Poudlard � ce moment l�, Albus se tiendrait <emphasis>lui</emphasis> pour responsable. Mais pas elle.</p><p><emphasis>Alors vous non plus, vous ne pensez pas que je m�rite qu'on me tienne pour responsable�</emphasis></p><p>Elle s'appuya contre le mur le plus proche et essaya de ne pas laisser les larmes �merger de nouveau ; elle n'avait jamais vu Albus pleurer, � trois exceptions pr�s. "Vous avez toujours cru en vos �l�ves, ce que je n'ai jamais fait. Ils n'auraient pas eu peur de vous. Ils auraient su que vous comprendriez."</p><p>"Minerva�"</p><p>"Je ne suis pas apte � vous succ�der � la direction. Nous le savons tous les deux."</p><p>"Tu as tort," dit doucement Albus. "Quand le jour viendra, tu seras la quarante-cinqui�me directrice de Poudlard et tu feras un excellent travail."</p><p>Elle secoua la t�te. "Et maintenant, Albus ? S'il ne m'�coutera pas moi, qui d'autre ?"</p><empty-line/><p>Nous �tions peut-�tre une heure plus tard. Le gar�on gardait encore la porte o� le corps de sa meilleure amie reposait, il la veillait, assis. Il regardait vers le bas, vers sa baguette, entre ses mains. Parfois son visage se contractait au milieu d'une pens�e, � d'autres moments il se d�tendait.</p><p>M�me si la porte ne s'ouvrit pas et qu'il n'y eut aucun son, le gar�on leva les yeux. Il composa son expression. Sa voix, lorsqu'il parla, fut morne. "Je ne veux pas de compagnie."</p><p>La porte s'ouvrit.</p><p>Le professeur de D�fense de Poudlard entra dans la pi�ce, ferma la porte derri�re lui, et prit place avec pr�caution dans un coin entre deux murs, aussi loin du gar�on qu'il lui fut possible. Une sensation aigu� de catastrophe avait emplit l'espace qui les s�parait et se tenait l�, immuable.</p><p>"Pourquoi �tes-vous l� ?" dit le gar�on.</p><p>L'homme inclina l�g�rement la t�te. Des yeux p�les examin�rent le gar�on comme s'il �tait un sp�cimen d'une vie venue d'une lointaine plan�te, avec le danger potentiel que cela impliquait.</p><p>"Je suis venu vous pr�senter mes excuses, M. Potter," dit doucement l'homme.</p><p>"Vous excuser pour quoi ?" dit le gar�on. "Pourquoi, qu'auriez-<emphasis>vous</emphasis> pu faire pour emp�cher la mort de Hermione ?"</p><p>"J'aurais d� penser � v�rifier votre pr�sence, celle de M. Londubat et celle de Mlle Granger, car vous �tiez tous des cibles �videntes," dit le professeur de D�fense sans h�siter. "M. Hagrid n'�tait pas mentalement apte � commander un contingent d'�l�ves. J'aurais d� ignorer la demande de silence que m'avait faite la directrice adjointe et lui dire de laisser le professeur Flitwick en arri�re, car il aurait mieux �t� capable de d�fendre les �l�ves contre n'importe quelle menace tout en maintenant la communication via Patronus."</p><p>"Correct." La voix du gar�on avait le tranchant d'un fil de rasoir. "J'avais oubli� qu'il y avait � Poudlard quelqu'un d'autre capable d'�tre responsable. Alors pourquoi n'y avez-vous pas pens�, Professeur ? Parce que je ne crois pas que <emphasis>vous</emphasis> ayez �t� stupide."</p><p>Il y eut un silence et les doigts du gar�on blanchirent autour de sa baguette.</p><p>"Vous n'y avez pas pens� non plus sur le moment, M. Potter." La voix du professeur de D�fense r�v�lait une certaine fatigue. "Je suis plus intelligent que vous. Je pense plus vite que vous. J'ai plus d'exp�rience que vous. Mais l'�cart entre nous n'est pas le m�me que celui entre eux et nous. Si vous pouvez rater quelque chose, alors moi aussi." Les l�vres de l'homme se tordirent. "Vous voyez, j'ai imm�diatement compris que le troll n'�tait qu'une distraction d'autre chose et n'avait pas en lui-m�me grande importance. Tant que personne n'envoyait les �l�ves se promener inutilement � travers les couloirs ou ne d�p�chait inconsciemment les jeunes Serpentard dans ces m�mes donjons o� le troll avait �t� vu."</p><p>Le gar�on ne sembla pas se d�tendre. "J'imagine que c'est plausible."</p><p>"Quoi qu'il en soit," dit l'homme, "s'il y a ici quiconque qui peut �tre d�clar� responsable de la mort de Mlle Granger, c'est moi-m�me, pas vous. C'est moi, et non pas vous, qui aurais d��"</p><p>"Je per�ois que vous avez parl� au professeur McGonagall et qu'elle vous a donn� un texte � r�citer." Le gar�on ne se fatigua pas � dissimuler son amertume. "Si vous avez quelque chose � dire, professeur, dites-le sans masque."</p><p>Il y eut un silence.</p><p>"Comme vous le souhaitez," dit le professeur de D�fense d'une voix vide d'�motions. Les yeux p�les demeuraient vifs, aux aguets. "Je regrette effectivement que la fille soit morte. Elle �tait une bonne �l�ve en cours de D�fense et aurait pu �tre votre alli�e plus tard. J'aimerais vous consoler de votre perte mais j'ignore enti�rement comment proc�der. Naturellement, si je d�couvre les responsables, je les tuerai. Vous serez invit� � participer si les circonstances le permettent."</p><p>"Comme c'est touchant," dit le gar�on d'une voix froide. "Vous ne pr�tendez donc pas avoir aim� Hermione ?"</p><p>"Je crois avoir �t� insensible � ce qui faisait son charme. Je ne tisse plus de tels liens avec facilit�."</p><p>Le gar�on hocha la t�te. "Merci pour votre honn�tet�. Est-ce tout, professeur ?"</p><p>Il y eut un silence.</p><p>"Le ch�teau est meurtri, � pr�sent," dit l'homme debout dans un coin.</p><p>"Quoi ?"</p><p>"Lorsqu'un certain artefact ancien m'a inform� que Mlle Granger �tait sur le point de mourir, j'ai lanc� ce sortil�ge de feu maudit dont je vous ai un jour parl�. J'ai travers� certains murs et certains �tages en les br�lant afin que mon balais volant puisse emprunter une voie plus directe." L'homme parlait d'une voix sans timbre. "Poudlard ne gu�rira pas facilement de ces blessures, si jamais elle en gu�rit. J'imagine qu'il sera n�cessaire de colmater les trous au moyens de conjurations plus faibles. Je le regrette maintenant, puisqu'il s'est av�r� que j'arrivais trop tard."</p><p>"Ah," dit le gar�on. Il ferma bri�vement les yeux. "Vous vouliez la sauver. Vous le vouliez tellement que vous avez fait un vrai effort. J'imagine que votre esprit, contrairement au leur, est capable de cela."</p><p>Un bref sourire sec venu de l'homme.</p><p>"Merci, professeur. Mais je voudrais �tre laiss� seul jusqu'au d�ner. Vous entre tous saurez comprendre. Est-ce tout ?"</p><p>"Pas tout � fait," dit l'homme. Une nuance de s�cheresse sardonique �tait � pr�sent revenue dans sa voix. "Voyez-vous, �tant donn� mes exp�riences r�centes, je suis inquiet � l'id�e que ayez maintenant pour projet de faire quelque chose d'extr�mement stupide."</p><p>"Comme quoi ?" dit le gar�on.</p><p>"Je n'en suis pas tout � fait certain. Peut-�tre avez-vous d�cid� qu'un univers sans Mlle Granger n'a aucune valeur et devrait �tre d�truit � cause des insultes qu'il vous a faites."</p><p>Le gar�on sourit sans ga�t�. "Vos propres probl�mes se r�v�lent, professeur. Ce n'est pas vraiment mon genre. Cela a-t-il �t� le v�tre, un jour ?"</p><p>"Pas particuli�rement. Je n'ai pas un grand amour pour l'univers, mais c'est l� que je vis."</p><p>Il y eut un silence.</p><p>"Que pr�parez-vous, M. Potter ?" dit l'homme dans un coin. "Vous avez form� quelque importante r�solution, bien que vous essayiez de me le cacher. Que comptez-vous faire � pr�sent ?"</p><p>Le gar�on secoua la t�te. "Je r�fl�chis encore, et je voudrais �tre laiss� seul pour le faire."</p><p>"Je me souviens d'une offre que vous m'avez faite, il y a quelques mois," dit le professeur de D�fense. "Souhaitez-vous avoir quelqu'un d'intelligent � qui parler ? Je comprendrais que vous ne soyez pas agr�able � c�toyer."</p><p>Le gar�on secoua de nouveau la t�te. "Non, merci."</p><p>"Eh bien dans ce cas," dit le professeur de D�fense. "Que diriez-vous de quelqu'un de puissant et pas particuli�rement entrav� par de na�fs scrupules ?"</p><p>Il y eut une h�sitation, puis le gar�on secoua encore la t�te.</p><p>"Quelqu'un qui a connaissance de nombreux secrets et magies que certains pourraient juger �tre contre nature ?"</p><p>Les yeux du gar�on se pliss�rent l�g�rement, d'une fa�on si imperceptible que quelqu'un d'autre aurait pu ne pas�</p><p>"Je vois," dit le professeur de D�fense. "Allez-y, interrogez-moi, alors. Je vous donne ma parole de ne rien en r�p�ter aux autres."</p><p>Le gar�on mit un moment � parler, et lorsqu'il parla ce fut d'une voix bris�e.</p><p>"Je compte ramener Hermione. Parce qu'il n'y a pas d'au-del�, et que je ne vais pas juste la laisser� juste <emphasis>ne pas �tre</emphasis>�"</p><p>Le gar�on appuya ses mains contre son visage, et lorsqu'il les enleva, il semblait � nouveau aussi vide d'�motions que l'homme debout dans le coin.</p><p>Les yeux du professeur de D�fense �taient pensifs et l�g�rement perplexes.</p><p>"Comment ?" dit enfin l'homme.</p><p>"Comme ce sera n�cessaire."</p><p>Il y eut un autre silence.</p><p>"Peu importe les risques," dit l'homme dans un coin. "Peu importe � quel point la magie n�cessaire � accomplir ceci sera dangereuse."</p><p>"Oui."</p><p>Les yeux du professeur �taient pensifs. "Mais quelle approche g�n�rale avez-vous � l'esprit ? Je suppose que transformer son corps en Inferi n'est pas ce que vous�"</p><p>"Serait-il capable de penser ?" dit le gar�on. "Son corps se d�composerait-il toujours ?"</p><p>"Non, et oui."</p><p>"Alors non."</p><p>"Et la Pierre de R�surrection de Cadmus Peverell, si quelqu'un pouvait l'obtenir pour vous ?"</p><p>Le gar�on secoua la t�te. "Je ne veux pas d'une illusion de Hermione tir�e de mes souvenirs. Je veux qu'elle soit capable de <emphasis>vivre</emphasis> sa <emphasis>vie</emphasis>�" la voix du gar�on se brisa. "Je n'ai pas encore choisi un angle d'attaque concret. Si je dois attaquer le probl�me par force brute, acqu�rir assez de puissance et de savoir pour juste <emphasis>faire que �a ait lieu</emphasis>, c'est ce que je ferai."</p><p>Un autre silence.</p><p>"Et pour faire <emphasis>�a</emphasis>," dit l'homme dans le coin, "vous utiliserez votre outil favori, la science."</p><p>"Bien s�r."</p><p>Le professeur de D�fense expira, presque un soupir. "Voil� qui donne un sens � la chose, j'imagine."</p><p>"�tes-vous pr�t � m'aider ou pas ?" dit le gar�on.</p><p>"Quelle aide recherchez-vous ?"</p><p>"La magie. D'o� vient-elle ?"</p><p>"Je l'ignore," dit l'homme.</p><p>"Et tout le monde est dans le m�me cas ?"</p><p>"Oh, la situation est bien pire, M. Potter. Il existe � peine un �rudit des savoirs �sot�riques qui n'a pas d�chiffr� la nature de la magie, et chacun d'entre eux a une explication diff�rente."</p><p>"D'o� viennent les nouveaux sortil�ges ? Je n'arr�te pas de lire que quelqu'un a invent� un sortil�ge pour faire une chose ou une autre mais il n'y a aucune mention du <emphasis>comment</emphasis>."</p><p>Un haussement d'�paules sous des robes. "D'o� viennent les nouveaux livres, M. Potter ? Ceux qui en lisent beaucoup deviennent parfois capable d'en �crire � leur tour. Comment ? Personne ne le sait."</p><p>"Il y a des livres sur comment �crire�"</p><p>"Les lire ne fera pas de vous un dramaturge c�l�bre. Une fois tous ces conseils lus et appris, ce qui demeure est un myst�re. L'invention de nouveaux sortil�ges est un myst�re similaire, d'une forme plus pure." La t�te de l'homme se pencha. "De telles entreprises sont dangereuses. On dit qu'il faut choisir entre ne pas avoir d'enfant ou attendre qu'il ait d�j� grandi. Si tant d'innovateurs semblent r�pondre de Gryffondor, plut�t que de Serdaigle comme on aurait pu s'y attendre, c'est qu'il y a une bonne raison."</p><p>"Et les magies d'un genre plus puissant ?" dit le gar�on.</p><p>"Un sorcier l�gendaire inventera peut-�tre un rituel sacrificiel dans sa vie et transmettra le savoir � ses h�ritiers. Tenter d'en inventer cinq serait du suicide. C'est pour cela que les sorciers r�ellement puissants sont ceux qui ont appris des savoirs ancestraux."</p><p>Le gar�on hocha la t�te d'un air distant. "Tant pis pour la solution directe, alors. Il aurait �t� agr�able de juste inventer le sortil�ge 'Relever les morts', 'Devenir Dieu', ou 'Invoquer un Terminal'. Savez-vous quoi que ce soit au sujet d'Atlantis ?"</p><p>"Seulement ce que tout �rudit en sait," dit s�chement l'homme. "Si vous souhaitez entendre les dix-huit meilleures th�ories standard - ne me regardez pas comme �a, M. Potter. Si c'�tait si facile, je l'aurais fait il y a de nombreuses ann�es."</p><p>"Je comprends. Pardon."</p><p>Il y eut un autre temps de silence. Le regard du professeur de D�fense reposait sur le gar�on qui semblait regarder dans le vide.</p><p>"Il y a des magies que je compte apprendre. Des sortil�ges que j'aurais pu utiliser plus t�t aujourd'hui, si j'avais song� � les apprendre � l'avance." La voix du gar�on �tait froide. "Des sortil�ges dont j'aurai besoin, si ce genre de chose continue de se produire. Je m'attends � pouvoir l�gitimement apprendre la plupart d'entre eux. Mais pas tous."</p><p>La professeur de D�fense inclina la t�te. "Je vous enseignerai presque n'importe quelle magie que vous d�sirerez apprendre, M. Potter. J'ai certaines limites, mais vous pourrez toujours demander. Que recherchez-vous exactement ? Vous n'avez pas la puissance brute n�cessaire au sortil�ge de la Mort et � la plupart des autres sortil�ges consid�r�s comme interdits�"</p><p>"Ce sortil�ge de feu maudit. J'imagine que ce n'est pas un rituel sacrificiel que m�me un enfant pourrait utiliser s'il l'osait ?"</p><p>Les l�vres du professeur de D�fense tressaillirent. "Il requiert le sacrifice permanent d'une goutte de sang ; votre corps serait all�g� du poids de cette goutte � partir de ce jour. Pas le genre de chose que l'on souhaiterait faire souvent, M. Potter. Une force de volont� est requise pour emp�cher le feu maudit de se retourner contre vous et de vous consumer ; l'entra�nement habituel consiste � d'abord se r�der sur des �preuves plus simples. Et bien qu'il ne s'agisse pas d'un des ingr�dients principaux du rituel, j'ai peur qu'il ne n�cessite plus de magie que vous n'en poss�derez pendant encore quelques ann�es."</p><p>"Dommage," dit le gar�on. "Il aurait �t� agr�able de voir la t�te de l'ennemi la prochaine fois qu'il aurait essay� d'utiliser un troll."</p><p>Le professeur de D�fense inclina la t�te, ses l�vres tressaillirent de nouveau.</p><p>"Et les sortil�ges li�s � la m�moire ? Les jumeaux Weasley se comportaient �trangement et le directeur a dit qu'il pense qu'ils ont �t� victime d'un sortil�ge d'Oubliettes. Cela semble �tre l'une des techniques pr�f�r�es de l'ennemi."</p><p>"R�gle num�ro huit," dit le professeur de D�fense. "Toute technique assez bonne pour m'avoir un fois est assez bonne pour m�riter que je l'apprenne."</p><p>Le gar�on eut un sourire sans ga�t�. "Et j'ai entendu dire qu'une adulte avait lanc� Oubliettes alors qu'elle �tait presque enti�rement vid�e de sa magie. Cela ne doit donc pas en n�cessiter beaucoup. Il n'est m�me pas consid�r� comme Impardonnable, bien que je ne puis comprendre pourquoi. Si j'avais pu faire en sorte que M. Hagrid se souvienne d'autres ordres�"</p><p>"Ce n'est pas aussi simple," dit le professeur de D�fense. "Vous n'�tes pas assez puissant pour utiliser le sortil�ge de faux souvenirs, et m�me un simple Oubliettes serait � la limite de votre endurance actuelle. C'est un art dangereux, dont la pratique est ill�gale sans autorisation minist�rielle, et je vous recommanderais de ne pas l'utiliser lorsque les circonstances rendraient g�nantes l'effacement accidentel de dix ans de la vie de quelqu'un. J'aimerais pouvoir vous promettre que j'obtiendrai l'un de ces tomes hautement gard�s du d�partement des myst�res et que je vous le ferai livrer sous quelque d�guisement. Mais ce que je dois en fait vous dire, c'est que vous trouverez le manuel d'instruction standard sur le sujet dans les piles nord-nord-ouest de la biblioth�que principale de Poudlard, � la lettre M."</p><p>"S�rieusement," dit le gar�on d'un ton neutre.</p><p>"En effet."</p><p>"Merci pour votre aide, professeur."</p><p>"Votre cr�ativit� est devenue bien plus pragmatique depuis que je vous ai rencontr�, M. Potter."</p><p>"Merci pour le compliment." Le gar�on ne releva pas les yeux de la baguette qu'il regardait, entre ses mains. "Je voudrais me remettre � r�fl�chir � pr�sent. S'il vous pla�t, expliquez-leur pour moi ce qui se passera si je suis d�rang�."</p><empty-line/><p>La porte du d�barras s'ouvrit et le professeur Quirrell en sortit. Son visage avait un air mort, vide d'�motions ; elle aurait dit que cela lui rappelait Severus, mais Severus n'avait jamais tout � fait ressembl� � cela.</p><p>Au moment o� la porte se referma, Minerva lan�a muettement une barri�re anti-bruit. Les mots s'�coul�rent d'elle rapidement : "Comment �a s'est pass� - vous �tiez l� un bon moment - est-ce que Harry parle, maintenant ?"</p><p>Le professeur Quirrell avan�a rapidement dans la pi�ce jusqu'au mur proche de l'entr�e et la regarda. Le visage sans �motion glissa, comme s'il enlevait un masque, et r�v�la derri�re lui quelque chose de tr�s sinistre. "J'ai parl� � M. Potter comme il s'attendait � ce que je lui parle et j'ai �vit� de dire des choses qui auraient pu l'agacer. Je ne pense pas l'avoir consol�. Je ne pense pas avoir de talent pour �a."</p><p>"Merci� c'est d�j� bien qu'il ait parl�" Elle h�sita. "Qu'a dit M. Potter ?"</p><p>"J'ai peur de lui avoir promis de ne pas en parler. Et maintenant� je pense que je dois faire une visite � la biblioth�que de Poudlard."</p><p>"La <emphasis>biblioth�que</emphasis> ?"</p><p>"Oui," dit le professeur Quirrell. Une tension inhabituelle apparut dans sa voix. "Je compte renforcer la s�curit� de la section interdite avec certaines pr�cautions de ma propre fabrication. Les protections actuelles sont une plaisanterie. Et M. Potter doit �tre maintenu hors de la section interdite <emphasis>� tout prix</emphasis>."</p><p>Elle regarda le professeur de D�fense, et son c�ur se mit � battre la chamade.</p><p>Le professeur Quirrell continua de parler : "Vous ne direz <emphasis>pas</emphasis> au gar�on que je vous ai dit cela. Vous confirmerez aupr�s de Flitwick et Vector que le gar�on devra �tre distrait par les �vasions habituelles s'il pose des questions trop pr�coces sur la cr�ation de sortil�ges. Et bien qu'il ne s'agisse pas d'un domaine o� je suis expert, madame la directrice adjointe, si vous pouvez imaginer quelque moyen que ce soit pour convaincre le gar�on de ne pas s'enfoncer plus avant dans son chagrin et sa folie - n'importe quel moyen de d�faire les r�solutions qu'il est en train de prendre - alors je vous sugg�re de l'appliquer <emphasis>imm�diatement</emphasis>."</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 91*: R�les, partie 2</strong></p><p>Peu de temps apr�s, il y eut un autre coup contre la porte du d�barras.</p><p>"Si vous vous souciez vraiment de ma sant� mentale," dit le gar�on sans lever les yeux, "vous partirez, vous me laisserez tranquille, et vous attendrez que je descende d�ner. Vous ne m'aidez pas."</p><p>La porte s'ouvrit et celui qui avait attendu dehors entra.</p><p>"Franchement ?" dit le gar�on d'un ton cat�gorique.</p><p>La porte se rabattit puis se ferma derri�re Severus Rogue.</p><p>Le ma�tre des potions de Poudlard n'affichait rien de l'arrogance dont il �tait coutumier ni m�me de l'apparence d'impassibilit� qu'il rev�tait parfois dans le bureau du directeur ; son regard, �trange, les yeux baiss�s sur le gar�on qui gardait la porte ; ses pens�es, insondables.</p><p>"Je ne puis imaginer ce que pense la directrice adjointe," dit le ma�tre des potions. "� moins que je ne sois cens� servir d'avertissement quant � ce qui vous attend si vous d�cidez d'endosser la responsabilit� de sa mort."</p><p>Les l�vres du gar�on se serr�rent. "Tr�s bien. Vous avez gagn�, professeur Rogue. Je conc�de que vous �tiez plus responsable de la mort de Lily Potter que je ne le suis de celle de Hermione Granger, et que ma culpabilit� n'est pas comparable � la v�tre. Et maintenant je vous demande de partir, et de leur dire qu'il serait probablement pr�f�rable de me laisser seul un moment. En avons-nous fini ?"</p><p>"Presque," dit le ma�tre des potions. "C'est moi qui mettais les mots sous l'oreiller de Mlle Granger et qui lui disais o� trouver les combats lors desquels elle intervenait."</p><p>Le gar�on ne r�agit pas du tout � cela. Puis il parla enfin. "Parce que vous n'aimez pas que les gens se fassent brutaliser."</p><p>"Pas seulement �a." Il y avait une note de douleur dans la voix du ma�tre des potions qui lui �tait �trang�re ; il �tait difficile d'imaginer que c'�tait la m�me voix acide qui ordonnait aux enfants de ne pas remuer une fois de plus sans quoi leurs poignets seraient arrach�s. "J'aurais d� m'en rendre compte� beaucoup plus t�t, j'imagine, et pourtant je ne l'ai pas remarqu�, enti�rement absorb� par moi-m�me que j'�tais. Me placer � la t�te de Serpentard� cela signifiait que Albus Dumbledore avait perdu tout espoir d'aider la maison Serpentard. Je suis certain que Dumbledore essaya, je ne puis l'imaginer ne pas avoir essay�, lorsqu'il prit la t�te de Poudlard pour la premi�re fois. Il dut ressentir une profonde douleur quand, apr�s cela, tant de Serpentard r�pondirent � l'appel du Seigneur des T�n�bres� il ne m'aurait pas mis en position d'autorit� dans cette maison, �tant donn� mon comportement, s'il n'avait pas perdu tout espoir." Sous sa cape tach�e et salie, les �paules du ma�tre des potions s'affais�rent. "Mais vous et Mlle Granger essayiez de faire quelque chose, et vous �tiez m�me parvenus � faire changer M. Malfoy et Mlle Greengrass, et peut-�tre que ces deux l� auraient pu montrer un autre exemple� j'imagine qu'il fut idiot de ma part d'y croire. Le directeur ne sait pas ce que j'ai fait, et je vous demande de ne pas lui dire."</p><p>"Pourquoi me dites-vous cela ?"</p><p>"Les choses sont devenues bien trop s�rieuses pour que je n'en fasse pas part � quelqu'un." Les l�vres de Severus Rogue se tordirent. "J'ai assez vu de plans tourner au d�sastre lors de ma carri�re � Serpentard pour savoir comment cela fonctionne. Si, � l'avenir, tout devait �tre r�v�l� - alors au moins je vous l'aurais dit, et vous pourrez en attester."</p><p>"D�licieux," dit le gar�on. "Merci d'avoir �claircit ce myst�re. Est-ce tout ?"</p><p>"Comptez-vous d�clarer que votre vie n'est plus qu'une ruine et qu'il ne vous reste rien d'autre que la vengeance ?"</p><p>"Non. J'ai encore�" le gar�on s'interrompit.</p><p>"Alors j'ai bien peu de conseils � vous prodiguer," dit Severus Rogue.</p><p>Le gar�on hocha la t�te d'un air distrait. "De la part de Hermione, merci de l'avoir aid�e avec les brutes. Elle vous dirait que c'�tait la bonne chose � faire. Et maintenant, je vous serais fort gr� si vous pouviez leur dire de <emphasis>me laisser tranquille</emphasis>."</p><p>Le ma�tre des potions se tourna vers la porte, et quand son visage cessa d'�tre visible, sa voix parvint � Harry comme un chuchotement. "Je suis v�ritablement navr� de votre perte."</p><p>Severus Rogue partit.</p><p>Le gar�on le regarda faire, essayant de se souvenir, du mieux qu'il puisse � une telle distance, de mots prononc�s quelques temps auparavant.</p><p><emphasis>Vos livres vous ont trahi, Potter. Ils ne vous ont pas dit la seule chose que vous deviez savoir. Vous ne pouvez apprendre ce que c'est que de perdre la personne que vous aimez en lisant un livre. C'est une chose que vous ne pourrez conna�tre avant de l'avoir v�cue vous-m�me.</emphasis></p><p>�a avait �t� quelque chose d'approchant, songea le gar�on, s'il s'en souvenait correctement.</p><empty-line/><p>Des heures s'�taient maintenant �coul�es dans la section de l'infirmerie dont la porte �tait ferm�e et derri�re laquelle un corps allong� se trouvait.</p><p>Harry continua de regarder sa baguette, pos�e sur ses genoux. De regarder les petites �corchures et taches sur les vingt-huit centim�tres de houx, d�fauts qu'il n'avait auparavant jamais observ�s d'assez pr�s pour les remarquer. Un rapide calcul mental lui indiqua qu'il n'y avait aucune raison de s'inqui�ter puisque, si cela repr�sentait six ou sept mois de dommages accumul�s, alors son utilisation le temps d'une vie moyenne ne l'userait pas enti�rement. Sur le coup, il se serait probablement inqui�t� de voir son Retourneur de Temps lui �tre enlev� s'il avait ouvertement cri� : 'Quelqu'un a-t-il un Retourneur de Temps ?' dans la grande salle, mais il aurait �t� assez simple de s'engager � l'avance � attendre la fin du d�jeuner puis � trouver quelqu'un pour envoyer un message au professeur Flitwick deux heures dans le pass�, et le professeur Flitwick aurait alors pu aller directement vers Hermione ou lui envoyer son corbeau Patronus longtemps avant que le troll ne s'approche d'elle. Ou ce Harry alternatif aurait-il d�j� appris qu'il �tait trop tard - aurait-il entendu l'annonce de la mort de Hermione apr�s le d�jeuner et avant de pouvoir envoyer des messages dans le pass� ? Peut-�tre qu'un conseil d'utilisation g�n�ral des voyages dans le temps �tait de s'assurer de ne jamais prendre le risque d'apprendre qu'on �tait arriv� trop tard si on n'�tait pas encore retourn� en arri�re. Il y avait maintenant une petite br�lure chimique au bout de sa baguette, probablement � cause du contact avec l'acide en lequel il avait partiellement m�tamorphos� le cerveau du troll, mais la baguette semblait �tre relativement � l'�preuve de pertes de petites quantit�s de bois. Vraiment, l'id�e qu'une 'baguette magique' soit requise devenait de plus en plus �trange � mesure qu'on y r�fl�chissait. Quoique si les sortil�ges �taient toujours invent�s de quelque myst�rieuse fa�on, que de nouveaux rituels �taient con�us comme autant de nouveaux leviers sur la machine inconnue, peut-�tre que les gens continuaient juste d'inventer des rituels � base de mouvements de baguettes, tout comme ils inventaient des phrases comme 'Wingardium Leviosa'. Il semblait vraiment que la magie devait, en un sens, �tre presque arbitrairement puissante, et il aurait certainement �t� pratique pour Harry de pouvoir juste ignorer la restriction conceptuelle qui emp�chait les gens d'inventer des sortil�ges comme 'Que tout aille bien pour toujours' mais, �trangement, rien n'�tait si facile dans le monde de la magie. Harry regarda de nouveau sa montre, mais l'heure n'�tait toujours pas venue.</p><p>Il avait tent� de lancer le Patronus dans le but de lui dire d'aller voir Hermione Granger. Juste au cas o� c'�tait un mensonge, un sortil�ge de Faux Souvenir ou l'un des qui-savait-combien de moyens de faire fermer les yeux d'un sorcier et de le faire r�ver. Juste au cas o� la vraie Hermione Granger serait en vie et d�tenue quelque part, malgr� le fait qu'il avait senti la vie de cette derni�re la quitter. Juste au cas o� il y avait un au del� et que le Vrai Patronus pouvait l'atteindre.</p><p>Mais le sortil�ge n'avait pas fonctionn�, donc ce test en particulier n'avait apport� aucun �l�ment de preuve et l'avait laiss� avec l'� priori d�favorable.</p><p>Du temps passa, puis encore plus de temps passa. De l'ext�rieur, vous n'auriez vu qu'un gar�on, assis, regardant sa baguette avec un air contemplatif, jetant un coup d'�il � sa montre environ toutes les deux minutes.</p><p>La porte de cette partie de l'infirmerie s'ouvrit <emphasis>� nouveau</emphasis>.</p><p>Le gar�on assis l� leva les yeux avec un regard mortel, gla�ant.</p><p>Puis son visage s'emplit de d�sarroi, et il se releva tant bien que mal.</p><p>"Harry", dit l'homme en chemise boutonn�e jusqu'au col, une veste noir jet�e par-dessus. Sa voix �tait rauque. "Harry, qu'est-ce qui se passe ? Le directeur de ton �cole - il est arriv� dans ces robes ridicules � mon bureau et il m'a dit que Hermione Granger �tait morte !"</p><p>Un instant plus tard, une femme suivit l'homme dans la pi�ce ; elle semblait moins troubl�e que l'homme, moins d�concert�e et plus effray�e.</p><p>"Papa," dit le gar�on d'un voix faible. "Maman. Oui, elle est morte. Ils ne vous ont rien dit d'autre ?"</p><p>"Non ! Harry, qu'est-ce qui se passe ?"</p><p>Il y eut un silence.</p><p>Le gar�on appuya son dos contre le mur. "Je ne p-peux, je ne peux, je ne peux pas faire �a."</p><p>"Quoi ?"</p><p>"Je ne peux pas faire semblant d'�tre un petit gar�on, j'ai j-juste pas l'�nergie pour �a maintenant."</p><p>"Harry," dit la femme d'un ton h�sitant. "Harry�"</p><p>"Papa, tu vois tous ces livres de fantasy o� le h�ros doit tout cacher de ses parents parce qu'ils, qu'ils ne comprendraient pas, qu'ils r�agiraient de fa�on stupide et se mettraient en travers de son chemin de h�ros ? C'est une technique narrative, bien s�r, pour que le h�ros doive tout r�soudre lui-m�me au lieu d'en parler � ses parents. S-s'il vous pla�t, ne sois pas cette technique narrative, Papa, et toi non plus, Maman. Juste� ne jouez juste pas ce r�le. Ne soyez pas les parents qui refusent de comprendre. N-ne me criez pas dessus, ne m'imposez pas des exigences parentales que je ne suivrai pas. Parce que je me suis �gar� dans un roman de fantasy vraiment d�bile et maintenant Hermione est� j-je n'ai juste pas assez d'�nergie pour g�rer �a."</p><p>Lentement, comme si ses membres n'�taient � qu'� moiti� en mouvement, l'homme dans sa veste noire s'agenouilla l� o� Harry se tenait afin que ses yeux soient au niveau de ceux de son fils. "Harry," dit l'homme. "J'ai besoin que tu me dises tout ce qui s'est pass�, tout de suite."</p><p>Le gar�on prit une profonde inspiration et d�glutit. "Ils m-me disent que le Seigneur des T�n�bres que j'ai vaincu pourrait encore �tre en vie. Comme si ce n'�tait pas la t-trame de cent satan�s romans, hein ? Donc il se pourrait aussi que le directeur de mon �cole, qui est le sorcier le plus puissant du monde, est devenu fou. Et, et Hermione a �t� victime d'une machination et accus�e � tort de tentative de meurtre juste avant �a, non pas que quelqu'un en aurait parl� � ses parents. L'�l�ve qu'on l'a accus�e � tort de vouloir tuer est le fils de Lucius Malfoy, qui est le politicien le plus puissant d'Angleterre magique, et qui �tait le second du Seigneur des T�n�bres. Le poste de professeur de D�fense de cette �cole est maudit, personne ne tient plus d'une ann�e, ils ont un proverbe qui dit que le professeur de D�fense est toujours suspect. Cette ann�e le professeur de D�fense est secr�tement un myst�rieux sorcier qui s'est oppos� au Seigneur des T�n�bres pendant la derni�re guerre et dont on ignore s'il est lui-m�me m�chant. Aussi, le ma�tre des potions se languit de Lily Potter depuis des ann�es et pourrait �tre derri�re tout �a pour quelque raison psychologique tordue." Les l�vres du gar�ons se serr�rent avec amertume. "Je crois que c'est presque toute l'intrigue d�bile."</p><p>L'homme, qui avait �cout� tout ceci sans rien dire, se leva. Il posa doucement sa main sur l'�paule du gar�on. "C'est assez, Harry," dit-il. "J'en ai assez entendu. Nous quittons cette �cole tout de suite et nous t'emmenons avec nous."</p><p>La femme regardait le gar�on, et son visage posait une question.</p><p>Le gar�on la regarda en r�ponse et hocha la t�te.</p><p>La voix de la femme fut fluette lorsqu'elle parla. "<emphasis>Ils</emphasis> ne nous laisseront pas faire, Michael."</p><p>"L�galement, ils n'ont aucun droit de nous emp�cher�"</p><p>"<emphasis>Droit ?</emphasis> Vous �tes des <emphasis>Moldus</emphasis>," dit le gar�on. Il eut un sourire tordu. "Vous avez autant de valeur que des souris aux yeux du syst�me judiciaire magique d'Angleterre. Aucun sorcier ne se souciera de vos arguments sur vos <emphasis>droits</emphasis>, sur la <emphasis>justice</emphasis>, ils ne prendront m�me pas le temps de vous �couter. Vous voyez, comme vous n'avez aucun <emphasis>pouvoir</emphasis>, ils n'ont pas besoin de se fatiguer. Non, Maman, je ne souris pas comme �a parce que je suis d'accord avec leur politique vis � vis des Moldus, je souris parce que je ne suis pas d'accord la v�tre vis � vis des enfants."</p><p>"Alors," dit fermement le professeur Michael Verres-Evans, "nous verrons ce que le <emphasis>vrai</emphasis> gouvernement a � dire � ce sujet. Je connais un parlementaire ou trois�"</p><p>"Ils diront : 'Vous �tes fous, bon s�jout � l'asile'. En supposant que les Oublietteurs du minist�re ne vous attrappent pas avant et n'effacent pas vos souvenirs. J'ai entendu dire qu'ils font beaucoup �a aux Moldus. J'imagine que les vraiment haut plac�s de notre gouvernements ont form� de confortables arrangements de leur c�t�. Peut-�tre obtiennent-ils quelques sortil�ges de soin de temps � autres, si quelqu'un d'important arrive � avoir le cancer." Le gar�on eut � nouveau ce sourire tordu. "Et voil� la situation, Papa, comme Maman le sait d�j�. Ils ne vous auraient jamais amen� ici, ils ne vous auraient jamais rien dit, s'il y avait quoi que ce soit que vous pouviez faire."</p><p>La bouche de l'homme s'ouvrit mais aucun mot ne sortit, comme s'il avait lu le script qui d�crivait ce qu'un parent inquiet se devait de faire dans ce genre de situation mais que ce script �tait soudain arriv� � une page vierge.</p><p>"Harry," dit la femme d'une voix h�sitante.</p><p>Le gar�on la regarda.</p><p>"Harry, est-ce que quelque chose t'est arriv� ? Tu sembles� diff�rent�"</p><p>"P�tunia !" dit l'homme, dont la langue semblait s'�tre remise � fonctionner. "Ne dis pas des choses pareilles ! Il est sous pression, c'est tout."</p><p>"Eh bien, Maman, tu vois�" la voix du gar�on se brisa. "Tu es s�re que tu veux entendre tout �a d'un coup, maman ?"</p><p>La femme hocha la t�te mais elle ne parla pas.</p><p>"Je dois� tu sais, ce psychiatre scolaire qui pensait que j'avais des probl�mes de col�re ? Eh bien�" le gar�on s'interrompit et d�glutit. "Je ne sais pas comment t'expliquer �a, Maman. En fait, c'est quelque chose de magique. Probablement quelque chose � voir avec ce qui s'est pass� la nuit o� mes parents sont morts. J'ai� eh bien, j'appelais �a un myst�rieux c�t� obscur et je sais qu'on dirait que c'est une blague et <emphasis>j'ai</emphasis> v�rifi� aupr�s� aupr�s d'un ancien chapeau magique et t�l�pathe pour m'assurer que ma cicatrice n'�tait pas <emphasis>vraiment</emphasis> habit�e par l'esprit du Seigneur des T�n�bres et il a dit qu'il n'y avait qu'une seule personne sous lui et je ne pense pas que les sorciers ont vraiment des �mes de toute fa�on puisqu'ils peuvent quand m�me subir des dommages c�r�braux, sauf que�"</p><p>"Harry, ralentis !" dit l'homme.</p><p>"�sauf que, quoi que ce soit, c'est quand m�me <emphasis>r�el</emphasis>, il y a quelque chose � l'int�rieur de moi, �a renfor�ait ma volont� quand les choses tournaient mal, je pouvais faire face � n'importe quoi tant que j'�tais en col�re, Rogue, Dumbledore, tout le Magenmagot, mon c�t� obscur n'avait peur de rien sauf des D�traqueurs. Et je n'�tais pas stupide, je savais qu'il y aurait peut-�tre un pris � payer pour l'utiliser et je continuais de chercher ce que ce prix pourrait �tre. �a n'a pas chang� ma magie, �a n'a pas sembl� modifi� mon alignement moral de fa�on permanente, �a n'a pas tent� de m'�loigner de mes amis ou quelque chose comme �a, alors j'ai continu� de l'utiliser � chaque fois que n�cessaire et je n'ai compris que trop tard ce qu'�tait vraiment le prix�" la voix du gar�on �tait presque devenue un murmure. "Je ne l'ai compris qu'aujourd'hui� � chaque fois que j'y fais appel� �a consume mon enfance. J'ai tu� la chose qui a eu Hermione. Et ce n'est pas mon c�t� obscur qui a fait �a, c'est moi. Oh, Maman, Papa, je suis d�sol�."</p><p>Il y eut un long silence form� du son de masques qui se brisaient.</p><p>"Harry," dit l'homme en s'agenouillant � nouveau, "j'ai besoin que tu recommences du d�but et que tu expliques �a beaucoup plus lentement."</p><p>Le gar�on parla.</p><p>Les parents �cout�rent.</p><p>Quelques temps plus tard, le p�re se leva.</p><p>Le gar�on leva les yeux vers lui, grima�ant dans l'am�re expectative.</p><p>"Harry," dit l'homme, "P�tunia et moi allons te sortir d'ici aussi vite que possible�"</p><p>"Non," dit le gar�on avec un ton d'avertissement. "Je suis s�rieux, Papa. Le minist�re de la magie n'est pas une chose contre laquelle on se dresse. Dis-toi que c'est les imp�ts ou le recteur ou quelque chose d'autre qui n'admettra aucune remise en question de sa domination. En Angleterre Magique on a le droit de se souvenir uniquement de ce que le gouvernement pense qu'on devrait se souvenir, et se souvenir de l'existence de la magie, ou du fait que vous avez un fils nomm� Harry, c'est un privil�ge, pas un droit. Et s'ils faisaient �a, je craquerais, je ferais du minist�re un immense crat�re fumant. Maman, tu connais la chanson, tu dois absolument emp�cher Papa d'essayer quoi que ce soit de stupide."</p><p>"Et fils�" l'homme se frotta les tempes. "Peut-�tre que je ne devrais pas dire �a maintenant� mais es-tu certain que ce dont tu parles est vraiment un c�t� obscur magique et pas quelque chose de normal pour un gar�on de ton �ge ?"</p><p>"Normal," dit le gar�on avec une patience raffin�e. "Normal comment, exactement ? Je pourrais rev�rifier, mais je suis raisonnablement certain qu'il n'y a rien � ce sujet dans <emphasis>Enfance : un guide pour les parents</emphasis>. Mon c�t� obscur n'est pas seulement un �tat �motionnel, il me <emphasis>rend plus intelligent</emphasis>. D'une certaine fa�on, en tout cas. On ne peut pas juste s'<emphasis>imaginer</emphasis> plus intelligent."</p><p>L'homme se frotta de nouveau la t�te. "Eh bien� il y a un certain ph�nom�ne bien connu lors duquel les enfants traversent un processus biologique qui peut parfois les rendre col�riques, sombres et sinistres, et ce processus peut aussi augmenter de fa�on significative leur intelligence et leur taille�"</p><p>Le gar�on s'appuya de nouveau contre le mur. "Non, Papa, ce n'est pas que je deviens un adolescent. J'ai v�rifi� aupr�s de mon cerveau et il pense toujours que les filles sont d�gueu. Mais si c'est que tu veux croire, tr�s bien. Peut-�tre que �a vaut mieux pour moi que tu ne me crois pas. Mais je�" la voix du gar�on s'�trangla. "Mais je ne supporterais pas de mentir � ce sujet."</p><p>"L'adolescence ne fonctionne pas n�cessairement comme �a, Harry. �a pourrait te prendre un moment avant de remarquer les filles. Si, de fait, tu n'en as pas d�j� remarqu� u�" et l'homme se tut brusquement.</p><p>"Je n'aimais pas Hermione comme �a," murmura le gar�on. "Pourquoi est-ce que tout le monde continue de penser que �a devait �tre le cas ? C'est lui manquer de respect que de penser qu'on ne pourrait que l'aimer pour �a."</p><p>L'homme d�glutit de fa�on visible. "Tr�s bien, fils, tu restes � l'abri du danger pendant qu'on trouve comment te sortir d'ici, c'est compris ? Ne vas pas vraiment penser que tu es pass� du c�t� obscur. Je sais que tu as eu tes, ah, ce que j'appelais tes moments Ender Wiggin�"</p><p>"Je pense qu'on est maintenant <emphasis>bien</emphasis> au del� d'Ender et plut�t � Ender apr�s que les Formiques aient tu� Valentine."</p><p>"Gros mots !" dit la femme, et sa main alla couvrir sa propre bouche.</p><p>Le gar�on parla d'une voix us�e. "Pas des Fornique, Maman. Ce sont des aliens insecto�des - laisses tomber."</p><p>"Harry, c'est exactement ce que je dis que tu ne devrais pas penser," dit le professeur Verres-Evans d'un ton ferme. "Tu ne vas pas aller t'imaginer que tu deviens m�chant. Tu ne vas faire de mal � personne, tu ne vas pas te mettre en danger, tu ne vas pas jouer avec quelque magie noire que ce soit pendant ta m�re et moi cherchons � te sortir de cette situation. Est-ce clair, mon fils ?"</p><p>Le gar�on ferma les yeux. "Ce seraient de merveilleux conseils, Papa, si j'�tais dans un comic book."</p><p>"<emphasis>Harry�</emphasis>" commen�a l'homme.</p><p>"La police n'en est pas capable. Les soldats n'en sont pas capables. Le sorcier le plus puissant du monde n'en a pas �t� capable, et il a essay�. Ce n'est pas juste pour les innocents de jouer � �tre Batman si on ne peut pas effectivement prot�ger tout le monde en suivant son code. Et je viens de prouver que je n'en �tais pas capable."</p><p>Des gouttes de sueur luisaient sur le front du professeur Michael Verres-Evans. "Maintenant �coutes-moi bien. Peu importe ce que tu as lu dans tes livres, tu n'es pas <emphasis>cens�</emphasis> prot�ger qui que ce soit ! Ou te m�ler � quoi que ce soit de dangereux ! � absolument quoi que ce soit de dangereux ! Restes juste � l'abri de <emphasis>tout</emphasis>, de chaque brin de la folie qui habite cette maison de dingues, et on te sortira d'ici d�s l'instant o� on pourra le faire !"</p><p>Le gar�on jeta un regard p�n�trant vers son p�re puis vers sa m�re. Puis il regarda de nouveau sa montre.</p><p>"Une excellente remarque," dit le gar�on.</p><p>Il marcha jusqu'� la porte qui menait vers l'ext�rieur et l'ouvrit grand.</p><empty-line/><p>La porte s'ouvrit grand dans un craquement qui fit bondir Minerva, et avant qu'elle ait le temps de r�fl�chir, Harry Potter sortait de la pi�ce � grand pas en la regardant d'un air furieux.</p><p>"Vous avez amen� mes parents <emphasis>ici</emphasis>," dit le Survivant. "� <emphasis>Poudlard</emphasis>. O� Vous-Savez-Qui ou <emphasis>quelqu'un</emphasis> r�de et prend mes amis pour cible. � quoi pensiez-vous, exactement ?"</p><p>Elle ne r�pondit pas qu'elle avait pens� � un Harry assis devant la porte du d�barras qui contenait le corps de Hermione et qui refusait de bouger.</p><p>"Qui d'autre est au courant ?" demanda Harry d'un ton imp�rieux. "Quelqu'un d'autre les a-t-il vus avec vous ?"</p><p>"Le directeur les a amen�s ici�"</p><p>"Le veux qu'ils sortent d'ici <emphasis>imm�diatement</emphasis> avant que quiconque ne le remarque, en particulier Vous-Savez-Qui, mais cela inclut aussi le professeur Quirrell et le professeur Rogue. Veuillez envoyer votre Patronus au directeur, et dites-lui qu'il doit le ramener tout de suite. Ne mentionnez pas le nom de mes parents, ni m�me leur existence, au cas o� quelqu'un d'autre �couterait."</p><p>"Tout � fait," dit le professeur Verres-Evans en hochant la t�te avec s�v�rit�, debout juste derri�re le gar�on, P�tunia un pas derri�re lui. Sa main �tait fermement pos�e sur l'�paule de Harry. "Nous finirons de parler � notre fils chez nous."</p><p>"Un instant, s'il vous pla�t," dit Minerva avec une politesse instinctive. Sa premi�re tentative de lancer le Patronus avait �chou�, l'un des d�savantages du sort lors de certaines circonstances. Ce n'�tait pas la premi�re fois qu'elle l'avait fait, mais elle semblait avoir perdu une partie de l'entrain�</p><p>Minerva tut cette pens�e et se concentra.</p><p>Une fois le message envoy�, elle se retourna vers le professeur Verres-Evans. "Monsieur," dit-elle, "j'ai peur que M. Potter ne puisse quitter l'�cole de Poudlard�"</p><p>Lorsque Albus Dumbledore arriva enfin, on pouvait entendre des cris : l'homme Moldu avait abandonn� toute dignit�. Au moins il y avait des cris d'un seul c�t� de la dispute. Minerva n'avait pas le c�ur de s'y mettre. En fait, elle n'arrivait pas � croire aux mots qui sortaient de sa bouche.</p><p>Lorsque le Professeur se tourna pour se disputer avec le directeur, Harry Potter, qui �tait demeur� silencieux pendant tout ce temps, parla. "Pas ici," dit-il. "Tu peux te disputer avec lui n'importe o� mais pas � Poudlard, Papa. Maman, s'il te pla�t, s'il te pla�t, assure-toi que Papa n'essaiera rien qui lui am�nera des ennuis de la part du minist�re."</p><p>Le visage de Michael Verres-Evans fit une grimace. Il se retourna, regarda Harry Potter. Sa voix fut rauque lorsqu'il parla et il y avait de l'eau dans ses yeux. "Mon fils� qu'est-ce que tu fais ?"</p><p>"Tu sais parfaitement ce que je fais," dit Harry Potter. "Tu as lu ces histoires de super-h�ros longtemps avant de me les donner. J'ai eu pas mal d'emmerdes, j'ai un peu grandi, et maintenant je prot�ge mes proches. En fait, c'est plus simple que �a, tu sais ce que je fais parce que tu as essay� de faire la m�me chose. Je fais sortir ceux que j'aime de Poudlard le plus vite possible, voil� ce que je fais. Monsieur le directeur, s'il vous pla�t, sortez-les d'ici avant que Vous-Savez-Qui ne d�couvre leur pr�sence et ne d�cide de les tuer."</p><p>Michael Verres-Evans commen�a un plongeon d�sesp�r� vers Harry, puis tout mouvement s'arr�ta, l'homme moldu pench� dans sa course.</p><p>"Je suis d�sol�," dit doucement le directeur. "Nous reparlerons bient�t. Minerva, j'�tais avec les autres quand tu m'as appel�e, ils attendent dans ton bureau."</p><p>Le directeur avan�a comme en glissant jusqu'� se tenir entre l'homme et de la femme fig�s ; et il y eut un autre �clair de flammes.</p><p>Le mouvement reprit.</p><p>Minerva regarda Harry.</p><p>Aucun mot ne lui vint.</p><p>"Tr�s malin, de les amener ici," dit Harry Potter. "�a a probablement nuit � notre relation de fa�on permanente. Bon sang, tout ce que je voulais c'�tait qu'on me laisse tranquille jusqu'� ce satan� d�ner. Qui," le gar�on regarda sa montre, "a de <emphasis>toute fa�on</emphasis> commenc�. Je vais aller dire au revoir � Hermione seul, je promet que cela prendra moins de deux minutes, et apr�s �a je sortirai et j'irai manger quelque chose, comme je l'aurai fait de toute fa�on. Ne me d�rangez <emphasis>pas</emphasis> pendant ces deux satan�es minutes ou je vais craquer et tuer quelqu'un, je suis s�rieux, professeur."</p><p>Le gar�on se retourna, traversa la petite pi�ce, ouvrit la porte de derri�re, o� le corps de Hermione Granger �tait conserv�, et entra avant qu'elle ne trouve quoi r�pondre. � travers l'ouverture elle vit le fragment d'une image qu'elle savait qu'aucun enfant n'aurait jamais d� voir�</p><p>La porte se referma.</p><p>Elle commen�a � avancer, sans r�fl�chir.</p><p>� mi-chemin vers la porte, elle s'arr�ta.</p><p>Son esprit �tait encore ralenti et souffrait encore, et la partie d'elle que Harry Potter aurait appel� <emphasis>l'image d'une s�v�re adepte de la discipline</emphasis> pronon�ait des mots sans vie au sujet du comportement appropri� des enfants. Le reste de sa personne ne pensait pas que c'�tait une bonne id�e de laisser n'importe quel enfant, m�me Harry Potter, seul dans une pi�ce avec le corps ensanglant� de sa meilleure amie. Mais l'acte d'ouvrir la porte, ou d'affirmer quelque autorit� que ce soit, cela ne lui semblait pas sage. Il n'y avait pas de bonne chose � faire, de bonne chose � dire ; ou s'il existait une bonne voie � suivre, elle ne la connaissait pas.</p><p>Tr�s lentement, une minute et demie s'�coul�rent.</p><empty-line/><p>Lorsque la porte se rouvrit, Harry semblait avoir chang�, comme si cette minute et demi avait dur� plusieurs vies.</p><p>"Scellez la pi�ce," dit doucement Harry, "et allons-y professeur McGonagall."</p><p>Elle marcha jusqu'� la porte du d�barras. Elle ne fut pas tout � fait capable de s'emp�cher de regarder � l'int�rieur et elle vit le sang s�ch�, le drap qui recouvrait la partie inf�rieure du corps, la partie sup�rieure comme cireuse, semblable � une poup�e, et une br�ve image des yeux ferm�s de Hermione Granger. Quelque chose en elle recommen�a � pleurer.</p><p>Elle ferma la porte.</p><p>Ses doigts boug�rent sur sa baguette, sa bouche pronon�a les paroles sans r�fl�chir, des charmes et des barri�res pour sceller la pi�ce contre toute infraction.</p><p>"Professeur McGonagall," dit Harry d'une voix �trange, comme s'il r�citait, "avez-vous le rocher ? Le rocher que le directeur m'a donn� ? Je devrais le transformer � nouveau en un joyau, puisqu'il s'est av�r� utile."</p><p>Automatiquement ses yeux pass�rent � l'anneau sur le petit doigt gauche de Harry et remarqua le vide sur la monture, l� o� le joyau aurait d� se trouver. "J'en parlerai au directeur," r�pondit sa langue.</p><p>"Est-ce une tactique courante, au fait ?" dit Harry, d'une voix toujours �trange. "Transporter un grand objet m�tamorphos� en un objet petit pour l'utiliser comme une arme ? Ou est-ce un exercice de m�tamorphose habituel ?"</p><p>Elle secoua la t�te, comme absente.</p><p>"Eh bien, allons-y, alors."</p><p>"J'ai�" sa voix se bloqua. "J'ai peur d'avoir autre chose � faire pour l'instant. Pourrez-vous y aller tout seul, et promettrez vous d'aller directement � la grande salle et de manger quelque chose, M. Potter ?"</p><p>Le gar�on promit (sauf circonstances exceptionnelles et impr�vues, une clause qu'on ne d�battit pas) puis sortit de la pi�ce.</p><p>Ce qui l'attendait� ne serait pas plus simple, certainement, et serait peut-�tre m�me plus difficile.</p><empty-line/><p>Minerva marcha vers son bureau d'un pas rapide - et non pas lent - car cela aurait �t� discourtois.</p><p>Elle ouvrit la porte de son bureau.</p><p>"Madame Granger," dit sa voix, "M. Granger, je suis terriblement d�sol�e de�"</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 92*: R�les, partie 3</strong></p><p>Il n'y avait plus rien � faire.</p><p>Il n'y avait plus rien � pr�voir.</p><p>Il n'y avait plus rien � penser.</p><p>Dans ce vide s'�leva le nouveau pire souvenir�</p><p>Le Survivant-Contrairement-�-Sa-Meilleure-Amie marchait d'un pas lourd dans les longs couloirs r�sonnants qui menaient � la grande salle. Maintenant qu'il avait d�pens� toute son �nergie mentale, son esprit commen�ait � balancer des pens�esi, comme l'image d'une Hermione marchant � ses c�t�s, et des concepts muets comme <emphasis>�a n'arrivera plus jamais</emphasis> jusqu'� ce qu'une autre partie de lui hurle <emphasis>Non</emphasis> et continue de hurler sur la premi�re, d�termin�e � la ramener, sauf que la voix de cette partie se fatiguait tandis que l'autre semblait in�puisable. Une autre partie de son esprit insistait qu'il fallait repenser � ce qu'il avait dit au professeur McGonagall, et � Papa et Maman, bien qu'il n'ait fait qu'essayer de les faire sortir d'ici le plus vite possible avec seulement une r�serve d'�nergie mentale limit�e. Comme s'il aurait pu faire mieux par un acte de sa volont� d�ficiente. Harry ignorait ce qui lui restait de sa relation avec ses parents.</p><p>Il parvint enfin � un point de jonction o� l'attendait un gar�on plus �g� dans des robes � bordures vertes qui lisait silencieusement un manuel, situ� sur le chemin que n'importe qui d�sireux d'intercepter quelqu'un allant de l'infirmerie � la grande salle choisirait.</p><p>Harry portait la Cape d'Invisibilit�, bien s�r, il l'avait mise apr�s avoir quitt� le bureau, se rendant ainsi insensible � presque toutes les formes de d�tection magiques. Il �tait futile de faciliter la t�che de toute personne d�sireuse de le trouver et de le tuer. Et Harry avait presque d�cid� de continuer sans se fatiguer � d�couvrir ce qui se passait quand il reconnu le visage du gar�on Serpentard.</p><p>Il comprit alors. Bien s�r, l'un des �l�ves qui �taient rest�s � l'�cole pendant les vacances de P�ques serait naturellement�</p><p>"Tu m'attendais," dit Harry � voix haute, sans enlever la Cape.</p><p>Le Serpentard eut un mouvement de recul, se cogna la t�te contre le mur, et son manuel de cinqui�me ann�e tomba de ses mains avant qu'il ne rel�ve un visage aux yeux �carquill�s.</p><p>"Vous �tes�"</p><p>"Invisible. Oui. Dis ce que tu as � dire."</p><p>Lesath Lestrange se releva tant bien que mal, prit un air attentif, puis l�cha d'une traite : "Seigneur, ai-je bien agi - je pensais que vous ne souhaiteriez pas me voir m'avancer devant tout le monde, car ils auraient pu soup�onner notre lien - j'ai pens�, que certainement si vous souhaitiez mon aide vous pourriez faire appel � moi directement -"</p><p>Incroyable, le nombre de fa�ons qu'il y avait de tuer sa meilleure amie par pure stupidit�.</p><p>"Je�" Lesath h�sita, puis dit d'une petite voix, "j'avais tort, n'est-ce pas ?"</p><p>"Tu as agi exactement comme tu aurais d� le faire dans ces circonstances. C'est moi qui ai �t� un imb�cile."</p><p>"Je suis navr�, ma�tre," chuchota Lesath.</p><p>"Si tu <emphasis>�tais</emphasis> venu avec moi, aurais-tu �t� capable de tuer le troll ?" Ce n'�tait m�me pas la bonne question, la bonne question �tait de savoir si Harry lui-m�me aurait consid�r� que Lesath suffisait et se serait envol� soixante secondes plus t�t, mais quand m�me�</p><p>"Je� je ne suis pas s�r, ma�tre� je ne suis pas tr�s bien accueilli aux entra�nements de duel de Serpentard, je n'ai pas appris les gestes du sortil�ge de la Mort - devrais-je apprendre ces arts pour mieux vous servir, seigneur ?"</p><p>"Je continue d'insister : je ne suis pas ton seigneur," dit Harry.</p><p>"Oui, seigneur."</p><p>"Quoi que," dit Harry, "et ce n'est en aucun cas un ordre, juste une remarque, tout le monde devrait savoir se d�fendre, surtout toi. Je suis s�r que le professeur de D�fense t'aiderait par principe, si tu le lui demandais."</p><p>Lesath Lestrange s'inclina et dit : "Oui, seigneur, je suivrais vos ordres si j'en suis capable, seigneur."</p><p>Harry se serait plaint d'�tre incompris s'il n'avait pas �t� parfaitement compris.</p><p>Lesath parti.</p><p>Harry regarda le mur.</p><p>Il avait honn�tement cru avoir d�j� trouv� toutes les fa�ons qu'il avait eues d'�tre stupide, apr�s une demi-journ�e de r�flexion � ce sujet.</p><p>Apparemment, cela n'avait encore �t� qu'un exc�s de confiance.</p><p><emphasis>Est-ce qu'on comprend ce qu'on a fait de mal ?</emphasis> dit froidement son c�t� Serpentard.</p><p><emphasis>Oui,</emphasis> pensa Harry.</p><p><emphasis>Tes scrupules moraux n'ont aucun sens. Tu ne mens pas � Lesath. Tu as fait exactement ce que Lesath pense que tu as fait. Tu n'aurais m�me pas � inventer d'excuse si tu devais expliquer pourquoi Lesath t'aide, tu pourrais juste dire que c'est un paiement de la dette de l'avoir sauv� des brutes, il y avait six t�moins. Hermione est morte parce que tu as oubli� une ressource tr�s importante, et tu as oubli� Lesath parce que� quoi ?</emphasis></p><p><emphasis>Parce que avoir Lesath Lestrange comme laquais faisait trop Seigneur des T�n�bres ?</emphasis> Dit Poufsouffle d'une petite voix int�rieure. <emphasis>Enfin� c'est probablement moi qui ai pris cette d�cision�</emphasis></p><p>Le c�t� Serpentard de Harry ne r�pondit pas par des mots, il ne fit qu'irradier du m�pris et envoya une image du corps de Hermione.</p><p><emphasis>Arr�te !</emphasis> cria mentalement Harry.</p><p><emphasis>La prochaine fois</emphasis> dit Serpentard d'une voix de glace, <emphasis>je sugg�re que l'on passe plus de temps � se soucier de ce qui est efficace et productif et moins de temps � se soucier de ce qui fait Seigneur des T�n�bres.</emphasis></p><p><emphasis>Bien re�u</emphasis>, pensa Harry, <emphasis>c'est ce que je ferai</emphasis>.</p><p><emphasis>Non, tu ne le feras pas</emphasis>, dit Serpentard. _Tu trouveras d'autres fa�ons de rationaliser tes scrupules mesquins. Tu commenceras � m'�couter apr�s la mort de ton <emphasis>prochain</emphasis> ami._</p><p>Harry commen�a � se demander s'il ne devenait pas fou. Les conversations qu'il entretenait avec les voix dans sa t�te ne se d�roulaient habituellement pas comme �a.</p><p>Le Survivant</p><p><emphasis>douleur</emphasis></p><p>Harry Verres marchait lourdement, seul</p><p><emphasis>�a fait mal</emphasis></p><p>Harry continua d'avancer dans les couloirs silencieux.</p><empty-line/><p>"Comment va M. Potter ?" s'enquit le professeur Quirrell. Il y avait une tension chez cet homme, on n'aurait pas tout � fait pu l'appeler de la <emphasis>pr�occupation</emphasis>, plut�t la tension d'un homme en embuscade jaugeant le moment o� s'abattre. Les Granger venaient � peine de partir, accompagn�s de Madame Pomfresh, quand le professeur de D�fense avait toqu� � la porte de son bureau et �tait entr� sans attendre la r�ponse, puis avait parl� avant qu'elle ne puisse prononcer un mot. Une partie de Minerva se demanda distraitement si Harry Potter avait pris cette habitude chez le professeur de D�fense, l'habitude de ne pas �tre conscient de la douleur des autres quand il avait quelque chose � l'esprit, ou si ce n'�tait qu'un d�faut d'enfant dont cet homme n'avait jamais su se d�faire.</p><p>"M. Potter a cess� de monter la garde devant le corps de Mlle Granger," dit-elle, mettant dans sa voix une partie de la froideur qu'elle ressentait. Elle �tait certaine que le professeur de D�fense ne ressentait pas autant de peine qu'elle, l'homme n'avait pas dit un mot au sujet de Hermione Granger. Que <emphasis>lui</emphasis> pr�sente ses exigences � elle� "Je crois qu'il est descendu d�ner."</p><p>"Je ne vous parle pas de son �tat <emphasis>physique</emphasis> ! Avez-vous� a-t-il�" Le professeur Quirrell fit un geste vif, comme pour communiquer un concept pour lequel il n'avait pas de mot.</p><p>"Pas particuli�rement," dit-elle. Elle �tait � environ trente secondes d'ordonner au professeur de D�fense de quitter son bureau.</p><p>Le professeur Quirrell commen�a � d�ambuler dans l'espace r�duit du bureau. "Il n'y avait qu'aux inqui�tudes de Mlle Granger qu'il se souciait de r�pondre� maintenant qu'elle est partie� il n'y a plus de limite � son inconscience. Je le comprends � pr�sent. Qui d'autre est l� ? M. Londubat ? M. Potter ne pr�tend pas qu'ils sont �gaux. Flitwick ? Son sang de gobelin ne crierait que vengeance. M. Malfoy, s'il revenait ? Dans quel but ? Rogue ? Un d�sastre ambulant. Dumbledore ? Bah. Les �v�nements sont d�j� en place pour une catastrophe, ils faut les man�uvrer vers une voie qu'ils ne prendraient pas naturellement. Qui M. Potter �couterait-il, qui ne lui parle pas d'ordinaire ? C�dric Diggory lui a donn� des cours, mais quel conseil M. Diggory pourrait-il donner ? Une inconnue. M. Potter a pass� de longs moments avec Remus Lupin. J'ai pr�t� peu d'attention � celui-ci. Lupin saurait-il quels mots prononcer, comment agir, quel sacrifice faire pour modifier la trajectoire du gar�on ?" Le professeur Quirrell pivota pour lui faire face. "Remus Lupin r�confortait-il les endeuill�s ou raisonnait-il ceux d�cid�s � agir inconsciemment lorsqu'il faisait partie de l'Ordre du Ph�nix ?"</p><p>"Ce n'est pas une mauvaise id�e," dit-elle lentement. "Je crois que M. Lupin a souvent �t� la voix de la raison de James Potter lorsqu'ils �taient � Poudlard."</p><p>"James Potter," dit le professeur Quirrell en plissant les yeux. "Les gar�on ressemble peu � James Potter. �tes-vous confiante dans le succ�s de ce plan ? Non, c'est la mauvaise question, nous ne sommes pas limit�s � un seul plan. �tes-vous certaine que ce plan <emphasis>suffira</emphasis>, que nous n'avons pas � en tenter d'autre ? Pos�e ainsi, la question est sa propre r�ponse. Le chemin qui m�ne au d�sastre doit �tre �vit� � chaque point d'intervention possible." Le professeur de D�fense avait recommenc� � d�ambuler dans les confins du bureau, atteignant un mur, pivotant sur ses talons, marchant jusqu'� l'autre.</p><p>"Je vous prie de m'excuser, professeur," elle ne se fatigua pas � masquer le tranchant de sa voix, "mais j'ai largement atteint mes limites pour aujourd'hui. Vous pouvez partir."</p><p>"<emphasis>Vous.</emphasis>" le professeur Quirrell pivota et elle se retrouva � regarder directement ces yeux d'un bleu de glace. "<emphasis>Vous</emphasis> seriez la premi�re � laquelle j'aurais pens�, apr�s Mlle Granger, pour faire abandonner quelque id�e folle au gar�on. Avez-vous d�j� fait votre maximum ? Bien s�r que non."</p><p>Comment <emphasis>osait-il</emphasis> sugg�rer cela. "Si vous n'avez rien d'autre � dire, professeur, vous <emphasis>allez</emphasis> partir."</p><p>"Votre conjuration a-t-elle devin� qui je suis vraiment ?" les mots furent prononc� d'un ton neutre trompeur.</p><p>"� vrai dire, oui. Maintenant�"</p><p>De la magie pure, de la puissance pure vinrent s'�craser dans la pi�ce comme un �clair, comme un claquement de tonnerre qui fit �cho dans ses oreilles et assourdi tous ses autres sens, les papiers sur son bureau souffl�s, pas par quelque vent invoqu� mais par la force pure d'un obscur pouvoir.</p><p>Puis le pouvoir se retira, ne laissant que le certificat de d�c�s de Hermione Granger flotter dans les airs et descendre jusqu'au sol.</p><p>"Je suis David Monroe, et j'ai combattu Voldemort," dit l'homme d'un ton neutre. "�coutez mes paroles. On ne peut laisser le gar�on poursuivre dans cet �tat d'esprit. Il deviendra <emphasis>dangereux</emphasis>. Il est possible que vous ayez d�j� fait tout ce qui est en votre pouvoir. Mais j'ai d�couvert que c'�tait l� quelque chose de tr�s rare, plus t�t dit que fait. Je pense d'ailleurs que vous n'avez fait que ce que vous faites d'habitude. Je ne puis vraiment comprendre ce qui pousse les autres � d�passer leurs limites puisque je n'en ai jamais eu. Les gens demeurent �tonnamment passifs face � la perspective de mourir. La peur d'�tre ridiculis� en public ou d'�tre d�sargent� risque plus de pousser les hommes � leurs extr�mit�s et � briser leurs habitudes. De l'autre c�t� de la guerre, le Seigneur des T�n�bres a obtenu d'excellents r�sultats au moyen du sortil�ge Dolorisi, judicieusement utilis� sur des serviteurs Marqu�s qui ne pourraient �chapper � la punition sauf en r�ussissant, sans qu'aucun 'effort raisonnable' ne puisse �tre accept�. Imaginez-vous dans leur �tat d'esprit et demandez-vous si vous avez vraiment fait <emphasis>tout ce qui est en votre pouvoir</emphasis> pour arracher Harry Potter � la voie sur laquelle il se trouve."</p><p>"Je suis une Gryffondor et peu encline � �tre motiv�e par la peur," r�torqua-t-elle. "<emphasis>Vous</emphasis> serez plus courtois dans mon bureau !"</p><p>"Je trouve que la peur est une excellente motivation, et c'est d'ailleurs la peur qui me fait maintenant agir. Vous-Savez-Qui, pour tout son horreur, respectait quand m�me certaines limites. J'estime, en tant que sorcier accompli presque au niveau de Dumbledore ou de Celui-Dont-Il-Ne-Faut-Pas-Prononcer-Le-Nom, que le gar�on pourrait rejoindre les rangs de ceux dont les rituels sont inscrits sur les tombes de pays entiers. Ce n'est pas une crainte sans fondement, McGonagall ; j'ai d�j� entendu des paroles susceptibles d'�veiller la plus terrible des appr�hensions.</p><p>"�tes-vous fou ? Vous pensez que M. Potter pourrait� c'est ridicule. M. Potter ne pourrait jamais�"</p><p>L'image muette d'un morceau de verre sur une sph�re d'acier lui traversa l'esprit.</p><p>"� M. Potter ne <emphasis>ferait</emphasis> pas une chose pareille !"</p><p>"Son choix conscient n'est pas n�cessaire. Les sorciers se d�cident rarement � provoquer leur propre perte. M. Potter ne vous semble peut-�tre pas mal intentionn�. Vous semble-t-il inconscient, une fois qu'il s'est r�solu � atteindre un but ? Je r�p�te que j'ai des raisons pr�cises de nourrir la pire des craintes <emphasis>possibles</emphasis> !"</p><p>"En avez-vous parl� au directeur ?" dit-elle lentement.</p><p>"Ce serait pire qu'inutile. Dumbledore ne peut atteindre le gar�on. Au mieux, il est assez sage pour le savoir et ne pas aggraver les choses. Quant � moi, je ne poss�de pas l'�tat d'esprit n�cessaire. <emphasis>Vous</emphasis> �tes celle qui� mais je vois que vous attendez encore d'�tre secourue par d'autres." Le professeur de D�fense se d�tourna d'elle et marcha jusqu'� la porte. "Je pense que je vais consulter Severus Rogue. L'homme est peut-�tre un d�sastre ambulant, mais il le sait, et il poss�dera peut-�tre une meilleure id�e de l'humeur du gar�on. Quant � vous, madame, imaginez-vous � la fin de votre vie, sachant que l'Angleterre - mais non, l'Angleterre n'est pas votre vrai pays, n'est-ce pas ? Imaginez-vous � la fin de votre vie, alors que les t�n�bres d�vorent ce qui reste des murs de Poudlard, sachant que vos �l�ves mourront avec vous, vous souvenant de ce jour, comprenant qu'il y avait autre chose que vous auriez pu faire."</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 93*: R�les, partie 4</strong></p><p>Harry entra dans la grande salle, ne regarda autour de lui qu'une fois, consomma suffisamment de calories pour se sustenter, sortit, remit sa Cape et trouva un petit coin choisi au hasard o� manger. Voir les �l�ves � leurs tables�</p><p><emphasis>Ressentir du d�go�t en regardant d'autres humains n'est pas bon signe</emphasis>, dit Poufsouffle. <emphasis>Ce n'est pas raisonnable de leur en vouloir de ne pas avoir eu la chance d'apprendre ce que tu as appris. L'inaction dans l'urgence n'a rien � voir avec l'�go�sme des gens. C'est le biais de normalit�, comme lors de cet accident d'avion � Tener-quelque chose o� quelques personnes se sont �chapp�es en courant mais o� la plupart sont rest�s dans leur si�ge, immobiles, alors que leur avion br�lait. Regarde le temps que tu as mis avant de vraiment te mettre en mouvement.</emphasis></p><p><emphasis>Ha�r ne sert � rien</emphasis>, dit Gryffondor. <emphasis>�a endommagera juste ton altruisme.</emphasis></p><p><emphasis>Essaie d'inventer une m�thode d'entra�nement que tu pourras utiliser pour emp�cher que �a se produise la prochaine fois</emphasis>, dit Serdaigle.</p><p><emphasis>Je vais me lancer et prendre note de cette pr�diction exp�rimentale :</emphasis>, dit Serpentard, <emphasis>on observa toujours exactement ce qui aurait �t� pr�dit � partir de l'hypoth�se que les gens ne peuvent �tre sauv�s, qu'on ne peut rien leur apprendre, et qu'ils ne nous aideront jamais sur quoi que ce soit d'importance. Ah, et nous avons aussi besoin d'un moyen de garder trace de toutes les fois o� j'ai raison.</emphasis></p><p>Harry ignora les voix dans sa t�te et se contenta de manger ses tartines aussi vite que possible. Ce n'�tait pas une forme de nutrition correcte en g�n�ral, mais des exceptions ne posaient pas de probl�me tant qu'il les rattrapait le lendemain.</p><p>� mi-bouch�e, l'�tincelante silhouette d'un ph�nix apparut de nulle part et dit de la voix d'un vieil homme fatigu� : "Enl�ve ta Cape Harry, s'il te pla�t, j'ai une lettre � te remettre."</p><p>Harry toussota, avala une partit de la tartine qui �tait mal pass�e, se leva, �ta la Cape d'Invisibilit� et dit � voix haute : "Dis � Dumbledore que j'ai dit d'accord," puis se rassit et continua de manger sa tartine.</p><p>La tartine �tait finie lorsque Albus Dumbledore arriva jusqu'au recoin de Harry, des feuilles de papier pli�es en main ; du vrai papier � lignes, pas du parchemin de sorcier.</p><p>"Est-ce�" dit Harry.</p><p>"De ton p�re et de ta m�re," dit le vieux sorcier. Sans dire mot, Dumbledore tendit les feuilles pli�es, et sans un mot, Harry les accepta. Le vieux sorcier h�sita puis dit doucement : "Le professeur de D�fense m'a dit de me retenir de te donner des conseils et je suis arriv� � la m�me conclusion en prenant le temps de r�fl�chir. J'ai toujours mit trop longtemps � apprendre les vertus du silence. Mais si j'ai tort, il te suffit de me le dire�"</p><p>"Vous n'avez pas tort," dit Harry. Il baissa les yeux vers le papier � ligne pli� et ressentit une naus�e qui �tait la fa�on que son corps avait d'indiquer une pr�diction tr�s pessimiste. Ses parents ne le r�pudieraient pas vraiment, et ils ne pouvaient pas lui <emphasis>faire</emphasis> grand chose (une partie de lui avait toujours visc�ralement peur qu'on lui retire la permission de regarder la t�l�vision, peu importe � quel point c'�tait maintenant absurde). Mais il avait quitt� le r�le que les parents s'attendaient � observer chez des enfants qui, selon eux, leur �taient hi�rarchiquement inf�rieurs. Il �tait stupide de s'attendre � autre chose qu'� une furie indign�e, qu'� une rage totale et vertueuse, lorsqu'on se comportait ainsi envers quelqu'un qui croyait �tre le dominant.</p><p>"Apr�s l'avoir lue," dit le directeur, "je crois que tu voudras venir imm�diatement dans la grande salle, Harry. Il y a une annonce que tu souhaiteras entendre."</p><p>"Les fun�railles ne m'int�ressent pas�"</p><p>"Non. Pas cela. S'il te pla�t, Harry, viens d�s que tu auras fini de lire, et viens sans ta Cape. Acceptes-tu ?"</p><p>"Oui."</p><p>Le vieux sorcier partit.</p><p>Harry se for�a � ouvrir la lettre. Ce qui comptait, c'�tait de maintenir ses amis et ses connaissances vuln�rables hors de danger ; C'�tait peut-�tre un clich�, mais Harry n'aurait su trouver un d�faut dans le raisonnement. Les liens endommag�s pouvaient �tre r�par�s plus tard.</p><p>La premi�re lettre disait, d'une �criture manuscrite qui exigea de Harry une grande concentration pour pouvoir la lire :</p><p>_Mon fils,</p><p>Peu importe ce que tu as lu dans les livres, nous pr�server du danger n'est pas aussi important que d'avoir des adultes capables d'aider quand tu as des ennuis. Tu as d�cid� sans nous en dire un mot que nous t'abandonnerions � cause de ton 'cot� obscur'. Le fant�me de Shakespeare sait que j'ai vu des choses cette ann�e dont personne n'a jamais r�v� dans ma philosophie - je me demande parfois si ta m�re ne fait pas que me m�nager et que les autorit�s t'ont emmen� le jour o� j'ai commenc� � penser que tu savais utiliser la magie - donc je ne peux pas nier qu'il est possible que tu ai d�velopp� une sorte de� je ne sais pas bien comment l'appeler, mais 'c�t� obscur' semble pr�matur� tant qu'on ne sait pas ce qui se passe. Es-tu certain que ce n'es pas un talent t�l�pathique bourgeonnant et que tu ne captes pas les esprits des autres sorciers autour de toi ? Leurs pens�es pourraient sembler mal�fiques � un enfant ayant grandi dans une civilisation plus saine d'esprit. J'admets que ce sont des sp�culations sans fondement, mais tu ne devrais pas non plus tirer de conclusions h�tives.</p><p>Les deux choses les plus importantes que j'ai � te dire sont : D'abord, mon fils, j'ai une confiance totale en ta capacit� � rester du c�t� clair de la Force tant que tu le choisira, et j'ai une confiance totale en ce choix. S'il y a quelque esprit mal�fique qui te chuchote d'horribles conseils, ignore simplement ces conseils. Je ressens le besoin d'insister sur le fait que tu devrais faire particuli�rement attention � ignorer cet esprit mal�fique m�me si ce qu'il sugg�re te semble �tre une id�e merveilleusement cr�ative et j'esp�re ne pas avoir besoin de te rappeler de l'Incident du Projet Scientifique qui, je l'admet, serait beaucoup plus compr�hensible si tu �tais en proie � une possession d�moniaque.</p><p>La seconde chose que j'ai � te dire, c'est que tu ne dois pas craindre que Maman et moi t'abandonnions � cause de ton 'c�t� obscur'. Nous ne nous attendions peut-�tre pas � ce que tu obtiennes des pouvoirs magiques ou que tu d�veloppes une affinit� pour la magie noir, mais nous nous attendions � ce que tu deviennes un adolescent. Ce qui, si tu y r�fl�chis du point de vue de ton pauvre p�re, est une perspective suffisamment inqui�tante quant il s'agit d'un enfant qui, � l'age de neuf ans, s'�tait rendu responsable de la venue d'un total de cinq camions de pompiers. Les enfants grandissent. Je ne te mentirai pas en te disant que tu te sentiras aussi proche de nous � 20 ans que tu l'es maintenant. Mais ta m�re et moi nous sentirons aussi proche de toi quand nous serons vieux et gris et quand nous emb�terons les robots de la maison de retraite. Les enfants grandissent toujours en s'�loignant de leurs parents, et les parents les suivent toujours, offrant des conseils utiles. Les enfants grandissent, leurs personnalit�s changent, ils font des choses que leurs parents auraient aim� qu'ils ne fassent pas, et ils manquent de respect envers leurs parents et les font sortir de leur �cole magique, et leurs parents continuent quand m�me de les aimer. Ainsi va la nature. Bien qu'au cas o� tu n'as pas encore atteint ta pubert� et que tes ann�es adolescentes sont proportionnellement pire, nous nous r�servons le droit de reconsid�rer ce point de vue.</p><p>Peu importe ce qui se passe, souviens-toi que nous t'aimons et que nous t'aimerons toujours, quoi qu'il arrive. Je ne sais pas si notre amour a quelque pouvoir magique sous vos r�gles, mais si c'est le cas, n'h�sites pas � y faire appel.</p><p>Tout cela �tant dit� Harry, ce que tu as fait l� n'est pas acceptable. Je pense que tu le sais. Et je sais aussi que ce n'est pas le moment de te faire la le�on � ce sujet. Mais tu dois nous �crire et nous dire ce qui se passe. Je peux tr�s bien comprendre pourquoi tu voudrais nous faire sortir de ton �cole le plus rapidement possible, et je sais que nous ne pouvons te forcer � rien, mais s'il te pla�t, Harry, sois raisonnable et comprends � quel point nous devons �tre terrifi�s.</p><p>Je voudrais te dire qu'il t'es absolument interdit de jouer avec des magies que les adultes autour de toi consid�rent le moins du monde dangereuses ; mais pour ce que j'en sais, les enseignants enseignent � toute l'�cole des cours de n�cromancie avanc�e tous les lundis. S'il te pla�t, s'il te pla�t sois aussi prudent que la situation le permet, quelle que soit cette situation. Malgr� ton r�sum� tr�s empress� nous n'avons pas la moindre id�e de ce qui se passe et j'esp�re que tu nous en �crira autant que tu peux. Il est clair que tu es, par certains aspects au moins, en train de grandir, et j'essaierai de ne pas me comporter comme le p�re des livres pour enfants qui ne fait qu'aggraver les choses - m�me si j'esp�re que tu appr�cies � quel point c'est difficile - et ta m�re m'a dit un certain nombre de choses effrayantes sur la fa�on dont le monde sorcier reste un secret et comment je pourrais nous causer du tort si je faisais des vagues. Je ne peux pas te dire d'�viter tout ce qui n'est pas s�r parce que ton �cole ne l'est pas et que ton directeur refuse de te laisser partir. Je ne peux pas te dire de n'endosser aucune responsabilit� vis � vis des �v�nements qui t'entourent, parce que si �a se trouve il y a d'autres enfants en danger. Mais souviens toi que tu n'es moralement responsable de la protection d'aucun adulte, leur r�le est de te prot�ger et n'importe quel adulte bon serait d'accord. �cris, s'il te pla�t, et dis-nous en plus d�s que tu le pourras.</p><p>Nous souhaitons tous deux t'aider, d�sesp�r�ment. S'il y a quoi que ce soit que nous puissions faire, dis-le nous aussi vite que possible. Rien de pire ne pourrait nous arriver que t'apprendre que quelque chose t'est arriv�.</p><p>Je t'aime, Papa._</p><p>La derni�re page disait seulement :</p><p>_Tu m'as promis que tu ne laisserai pas la magie t'arracher � moi. Je ne t'ai pas appris � �tre un gar�on qui trahi les promesses qu'il fait � sa maman. Tu dois revenir sain et sauf, parce que tu l'as promis.</p><p>Je t'aime, Maman._</p><p>Lentement, Harry abaissa les lettres et commen�a � marcher vers la grande salle. Ses mains tremblaient, tout son corps tremblait, et il lui semblait tr�s difficile de ne pas pleurer ; ce que, sans avoir � se le dire, il savait devoir ne pas faire. Il n'avait pas pleur� de la journ�e. Et il ne pleurerait pas. Pleurer revenait � admettre sa d�faite. Et ce n'�tait pas termin�. Il ne pleurerait donc pas.</p><empty-line/><p>La nourriture servie dans la grande salle ce soir l� fut simple, des tartines, du beurre et de la confiture, de l'eau et du jus d'orange, du porridge et autres pitances, aucun dessert. Quelques �l�ves avaient endoss� de simples robes noires sans les couleurs de leur maison. D'autres portaient toujours les leurs. Cela aurait d� provoquer des disputes, mais au lieu de cela il avait un certain calme, le son de gens en train de manger sans parler. Il fallait deux camps pour faire un d�bat, et l'un des camps, cette nuit, n'avait pas vraiment go�t au d�bat.</p><p>La directrice adjointe Minerva McGonagall s'assit � la grande table et ne mangea pas. Elle aurait d� le faire. Peut-�tre le ferait-elle bient�t. Mais elle ne pouvait pas se forcer � le faire maintenant.</p><p>Pour une Gryffondor, il n'y avait qu'une seule voie. Il n'avait fallu que peu de temps � Minerva pour s'en souvenir quand, apr�s les exhortations du professeur de D�fense, son esprit �tait demeur� vide de complot � tenter. Ce n'�tait pas la voie des Gryffondor ; ou peut-�tre aurait-elle d� dire que ce n'�tait pas <emphasis>sa</emphasis> voie, Albus semblait bien s'essayer au complot� et pourtant, lorsqu'elle repensait � leur histoire, il n'y avait pas de complot lors des moments de crise, pas d'astuce ou de plan de dernier recours. Pour Albus Dumbledore, comme pour elle, la r�gle <emphasis>in extremis</emphasis> �tait de d�cider de la bonne chose � faire et de la faire, peu importe le co�t pour soi. M�me si cela signifiait d�passer ses limites, changer de r�le, ou se d�faire de son image de soi. C'�tait le dernier recours des Gryffondor.</p><p>Elle vit Harry se glisser discr�tement � l'int�rieur par une entr�e lat�rale de la grande salle.</p><p>Il �tait temps.</p><p>Le professeur Minerva McGonagall se leva de sa chaise, redressa la pointe us�e de son chapeau et marcha lentement jusqu'au pupitre situ� devant la grande table.</p><p>Le bruit de la grande salle, d�j� minime, se tut enti�rement lorsque tous les �l�ves se tourn�rent pour la regarder.</p><p>"Vous savez tous," dit-elle d'une voix pas tout � fait assur�e. <emphasis>Que Hermione Granger est morte.</emphasis> Elle ne pronon�a pas ces mots � voix haute, puisqu'ils le savaient tous. "Quelqu'un est parvenu � faire entrer un troll dans le ch�teau de Poudlard sans activer les syst�mes de s�curit�. Ce troll est parvenu � faire du mal � une �l�ve, sans activer les syst�mes de s�curit� avant qu'elle ne meure. Des enqu�tes visant � d�terminer comment cela a pu avoir lieu sont en cours. Le conseil d'administration se r�unit pour d�terminer la fa�on dont Poudlard r�agira � ceci. Justice sera rendue en temps et heure. En attendant, une autre question de justice doit �tre imm�diatement trait�e. George Weasley et Fred Weasley, venez s'il vous pla�t, avancez-vous devant tout le monde."</p><p>Les jumeaux Weasley �chang�rent des regards, assis � la table Gryffondor, puis ils se lev�rent et march�rent vers elle, lentement, avec r�ticence ; et c'est alors que Minerva se rendit compte que les jumeaux Weasley s'attendaient � ce qu'elle les exclue.</p><p>Ils pensaient sinc�rement qu'elle allait les exclure.</p><p>C'�tait l� l'�uvre de l'image du professeur McGonagall qui vivait dans sa t�te.</p><p>Les jumeaux Weasley march�rent jusqu'au pupitre en la regardant avec des visages effray�s mais r�solus ; et elle sentit quelque chose dans son c�ur se fissurer encore un peu.</p><p>"Je ne vais pas vous exclure," dit-elle, et elle fut plus attrist�e encore en voyant leur air surpris. "Fred Weasley, George Weasley, retournez-vous, faites face � vos camarades, laissez-les vous regarder."</p><p>Toujours l'air surpris, les jumeaux Weasley s'ex�cut�rent.</p><p>Elle s'arma de toute sa volont� et dit ce qu'il y avait � dire.</p><p>"J'ai honte," dit Minerva McGonagall, "de ce qui s'est pass� aujourd'hui. J'ai honte que vous n'ayez �t� que deux. Honte de ce que j'ai fait � Gryffondor. De toutes les maisons, c'est Gryffondor qui aurait d� aider Hermione Granger quand elle en avait besoin, quand Harry Potter en appelait aux braves pour qu'ils l'aident. C'est vrai, un �tudiant en septi�me ann�e aurait pu retenir un troll des montagnes tout en cherchant Mlle Granger. Et vous auriez d� penser que la directrice de la maison Gryffondor," sa voix se brisa, "croirait en vous si vous lui d�sob�issiez pour faire ce qui �tait juste, dans des circonstances qu'elle n'avait pas pr�vues. Je ne croyais pas aux vertus de Gryffondor. J'ai essay� d'�craser toute tendance � la r�bellion au lieu d'entra�ner votre courage jusqu'� la sagesse. Quoi que le Choixpeau ait pu voir en moi pour me placer � Gryffondor, je l'ai trahi. J'ai transmis au directeur ma d�mission de mes postes de directrice adjointe et de directrice de la maison Gryffondor.</p><empty-line/><p>Il y eut des cris de surprise, de d�sarroi, et pas seulement venus de la table Gryffondor, tandis qu'au m�me instant le c�ur de Harry gelait dans sa poitrine. Il fallait qu'il coure, qu'il dise quelque chose, il n'avait pas voulu que <emphasis>�a</emphasis> se�</p><empty-line/><p>Minerva respira et poursuivit. "Cependant, le directeur n'a pas accept� ma d�mission," dit-elle. "Je continuerai donc mon travail et essaierai de d�faire ce que j'ai fa�onn�. Je dois parvenir � trouver un moyen d'enseigner � mes �l�ves comment faire ce qui est juste. Pas ce qui est s�r, pas ce qui simple, pas ce qu'on nous dit de faire. Si tout ce dont je suis capable est de vous apprendre � rendre vos devoirs � l'heure, autant ne pas avoir de maison Gryffondor. Cette voie sera plus difficile pour moi, et peut-�tre pour nous tous. Mais je sais � pr�sent que jusqu'ici, je ne faisais que suivre la voie de la facilit�."</p><p>Elle s'�carta du pupitre et descendit pour rejoindre les jumeaux Weasley.</p><p>"Fred Weasley, George Weasley," dit-elle. "Vous n'avez pas toujours fait ce qui est juste. Le chemin vers la sagesse n'est pas sem� de d�fis �hont�s et inutiles envers l'autorit�. Et pourtant, aujourd'hui, vous avez prouv� �tre les derniers de notre maison � avoir surv�cu � mes erreurs. Parce que c'�tait la bonne chose � faire, vous avez d�fi� la menace d'expulsion et avez risqu� vos vies face � un troll des montagnes. Pour votre courage stup�fiant, qui fait honneur � votre maison, je vous d�cerne � chacun deux cent points pour Gryffondor."</p><p>Encore cet air surpris sur leurs visages, encore la douleur, comme un lame � travers son c�ur.</p><p>Elle se retourna pour faire face aux autres �l�ves.</p><p>"Je ne d�cernerai aucun point � Serdaigle," dit-elle. "Je devine que M. Potter n'en voudrait pas. Si j'ai tort, qu'il me corrige et prenne autant de points qu'il le souhaitera. Mais pour ce que �a vaut, M. Potter, je suis," elle h�sita, "je suis d�sol�e�"</p><empty-line/><p>"<emphasis>Arr�tez !</emphasis>" hurla Harry, puis, encore : "Arr�tez." Le mot r�pait sa gorge. "Vous n'avez pas � faire �a, professeur." Quelque chose en lui se tordait, mena�ait de s'ouvrir grand, comme des mains immenses qui l'auraient saisit pour l'ouvrir en deux. "Et, et vous ne devriez pas oublier Susan Bones et Ron Weasley� eux aussi ont aid�, ils devraient aussi recevoir des points�"</p><p>"Mlle Bones et le jeune Weasley ?" dit le professeur McGonagall. "Rubeus ne m'a rien dit de cela� qu'ont-ils fait ?"</p><p>"Mlle Bones a essay� d'�tourdir M. Hagrid quand il a essay� de m'arr�ter, et M. Weasley a tir� sur Neville quand Neville a essay� de m'arr�ter. Ils devraient aussi avoir des points et, et Neville aussi," Harry n'avait pas pens� � y songer, � la fa�on dont Neville devait maintenant se sentir, mais � l'instant o� il y pensa, il sut, "parce que Neville a essay� de faire quelque chose, m�me si ce n'�tait pas juste, faire ce qui est juste est la <emphasis>deuxi�me</emphasis> le�on, on peut commencer � la pratiquer apr�s avoir appris � faire quelque chose, tout court�"</p><p>"Dix points pour Poufsouffle, Mlle Bones," dit le professeur McGonagall d'une voix qui se brisa � mi-phrase. "Dix points � Gryffondor, Ron Weasley, votre famille a de quoi �tre extr�mement fi�re, aujourd'hui. Et dix points � Poufsouffle pour Neville Londubat, pour avoir fait face � M. Potter et avoir fait ce qu'il pensait �tre juste�"</p><p>"<emphasis>Vous ne devriez pas !</emphasis>" hurla une jeune voix � la table Poufsouffle, suivie d'un unique hoquet.</p><p>Harry regarda dans cette direction et revint rapidement au professeur McGonagall avant de dire d'une voix aussi assur�e que possible : "En fait Neville a raison, on ne peut pas d�cerner litt�ralement z�ro points pour avoir agi correctement tout en envoyant le mauvais message, mais il �tait � mi-chemin alors il devrait plut�t avoir cinq points."</p><p>Le professeur McGonagall eut l'air, l'espace d'un instant, de ne pas savoir quoi dire ; puis ses yeux se dirig�rent vers Neville et elle dit : "Comme vous le souhaitez, M. Potter. Qu'y a-t-il, Mlle Bones ?"</p><p>Harry regarda et vit que Susan Bones s'�tait avanc�, qu'elle s'essuyait les yeux, et la Poufsouffle dit : "En fait - professeur McGonagall - le g�n�ral Potter ne l'a pas vu - mais le capitaine Weasley et moi n'avons pas �t� les seuls � tenter de nous interposer face � M. Hagrid apr�s que Harry soit sorti. Avant que certains des �l�ves plus �g�s ne nous arr�tent. Mais nous sommes parvenus � ralentir M. Hagrid pendant une minute pour que le g�n�ral Potter puisse partir."</p><p>"Vous devez leur donner des points � eux aussi," dit Ron Weasley depuis la table Gryffondor. "Ou je n'en accepterai aucun."</p><p>"Qui d'autre ?" dit le professeur McGonagall d'une voix peu stable.</p><p>Sept autre enfants se lev�rent.</p><p><emphasis>Qui disait notre c�t� Serpentard, qu'il pr�disait que rien ne fonctionnerait jamais ?</emphasis> dit Poufsouffle.</p><p>Quelque chose craqua en Harry, si bien qu'il dut faire usage de toute sa force pour se retenir.</p><empty-line/><p>Lorsque tout fut dit, lorsque tout fut fait, Minerva alla rejoindre Harry Potter. Bien que ce ne fut pas un domaine o� elle excellait, elle lan�a une barri�re afin de brouiller la vue, puis d'une autre pens�e elle �touffa les sons.</p><p>"Vous, vous n'aviez pas ��" dit Harry Potter. "Vous n'auriez pas d� dire�" Il avait l'air de s'�trangler. "P-Professeur, tout ce que je vous ait dit, je cherchais � faire mal, � calmer ma haine, j'avais tort�"</p><p>"Je le savais d�j�, Harry Potter," dit-elle. "Mais je souhaitais quand m�me m'am�liorer." Il y avait une sensation de l�g�ret� dans sa poitrine, tr�s similaire � ce qu'on pouvait ressentir en sautant d'une falaise, quand les jambes n'avaient plus � soutenir le corps. Elle n'�tais pas certaine de pouvoir faire �a, elle ne savait pas comment le faire ; et pourtant, pour la premi�re fois, il lui sembla possible que Poudlard ne devienne pas une triste chim�re de ce qu'elle �tait le jour o� elle deviendrait sa directrice.</p><p>Harry la regarda puis �mit un �trange son qui sembla avoir �t� forc� hors de sa gorge avant de couvrir son visage de ses mains.</p><p>Elle s'agenouilla et le prit dans ses bras. Peut-�tre que �a se passerait mal, mais peut-�tre que �a se passerait bien, et elle n'allait pas laisser cette incertitude l'arr�ter ; il �tait temps qu'elle commence � apprendre le courage d'un Gryffondor afin qu'elle puisse ensuite l'enseigner.</p><p>"Avant, j'avais une s�ur," chuchota-t-elle. Juste cela, rien de plus.</p><empty-line/><p><emphasis>Juste pour �tre s�r</emphasis>, dit une partie de Harry, pendant que le reste sanglotait dans les bras du professeur McGonagall, <emphasis>�a ne veut pas dire qu'on a accept� la mort de Hermione, hein ?</emphasis></p><p><emphasis>NON</emphasis> dit tout le reste de son �tre, chaque partie de son esprit d'un accord unanime, le chaud, le froid, ainsi qu'un lieu cach� fait d'acier. <emphasis>Jamais, � jamais.</emphasis></p><empty-line/><p>Et un vieux sorcier pour qui cette barri�re n'�tait rien les regarda tous deux, la sorci�re et le jeune sorcier en larmes. Albus Dumbledore souriait, une �trange tristesse dans les yeux, comme quelqu'un qui aurait fait un pas de plus vers une destination pr�vue.</p><empty-line/><p>Le professeur de D�fense les regardait tous deux, la femme et l'enfant qui pleurait. Ses yeux �taient tr�s froids et tr�s calculateurs.</p><p>Il ne pensait pas que cela suffirait.</p><empty-line/><p>Ce n'est que le lendemain matin qu'il fut d�couvert que le corps de Hermione Granger avait disparu.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 94*: R�les, partie 5</strong></p><p><emphasis>La premi�re rencontre :</emphasis></p><p>Le 17 avril 1992 � 6h07, le soleil se levait tout juste au-dessus de l'horizon du ch�teau de Poudlard, traversant les rideaux ferm�s du dortoir des premi�res ann�es de Serdaigle, offrant une douce lumi�re rouge-orange d'aube peu alt�r�e par le tissu blanc qui recouvrait les fen�tres et ne r�veillant pas les gar�ons toujours endormis, encore habitu�s au rythme hivernal.</p><p>Dans un lit parmi tant d'autres, Harry Potter dormait du sommeil de l'ext�nu�.</p><p>Sans bruit, la porte s'ouvrit.</p><p>Sans bruit, une silhouette s'avan�a.</p><p>La silhouette alla jusqu'au lit de Harry Potter.</p><p>La silhouette posa une main sur l'�paule du gar�on endormit qui se r�veilla et cria.</p><p>Personne d'autre ne l'entendit.</p><p>"M. Potter," couina le petit homme, "le directeur requiert votre pr�sence, imm�diatement."</p><p>Lentement, le gar�on s'assit, ses mains bougeant bri�vement sous ses couvertures. Il s'�tait attendu � se sentir beaucoup plus mal en se r�veillant ce matin. �a semblait� �tre anormal, que son cerveau fonctionne, que ses pens�es se meuvent encore, qu'il ne soit pas rendu infirme par les larmes pendant une semaine. Le gar�on savait que les cerveaux n'auraient jamais pu �voluer pour faire une chose pareille, car cela n'aurait constitu� une adaptation � rien. Son c�t� obscur ne ferait certainement pas �a. Mais malgr� cela, il lui semblait quand m�me anormal d'�tre vivant et lucide, ce matin l�.</p><p>Mais sa r�solution de ressusciter Hermione Granger lui sembla - suffisante, comme s'il agissait d�j� comme il fallait, dans le bon sens ; elle serait ramen�e, et c'�tait tout ; porter le deuil serait revenu � abandonner. Il n'y avait plus rien � choisir, plus d'ambigu�t�, plus de conflit d�chirant, plus besoin de se souvenir de ce qu'il avait <emphasis>vu</emphasis>�</p><p>"Je vais m'habiller," dit Harry.</p><p>Le professeur Flitwick sembla assez r�ticent avant de parler mais il dit d'une voix haut perch�e : "Le directeur a pr�cis� que vous deviez �tre amen� dans son bureau sans d�lai, M. Potter. Je suis d�sol�."</p><p>Moins d'une minute plus tard - Le professeur Flitwick l'avait envoy� droit dans le bureau du directeur gr�ce aux feux de cheminette internes � Poudlard - Harry se retrouva, toujours dans son pyjama, face � Albus Dumbledore. La directrice adjointe �tait aussi assise, dans une autre chaise, et le ma�tre des potions r�dait non loin entre les �tranges appareils, surprit dans un immense b�illement au moment o� Harry arrivait par la chemin�e.</p><p>"Harry," dit le directeur sans pr�ambule, "avant de dire ce que je vais te dire, je t'annonce que Hermione Granger est vraiment morte. Le syst�me de s�curit� l'a per�ut et m'en a inform�. Les pierres elles-m�mes ont parl� d'une sorci�re qui avait perdu la vie. J'ai test� son corps l� o� elle �tait tomb�e et c'�taient les v�ritables restes de Hermione Granger, pas une poup�e ou un sosie. Il n'existe aucun moyen connu des sorciers de d�faire la mort. Cela �tant dit, les restes de Hermione Granger ont maintenant disparu du d�barras o� ils avaient �t� plac�s et o� tu les gardais. Les as-tu pris, Harry Potter ?</p><p>"Non," dit Harry en plissant les yeux. Un coup d'�il lui r�v�la que Severus l'observait maintenant avec int�r�t.</p><p>Dumbledore semblait lui aussi tr�s attentif, mais aussi amical. "Le corps de Hermione Granger est-il en ta possession ?"</p><p>"Non."</p><p>"Sais-tu o� il est ?"</p><p>"Non."</p><p>"Sais-tu qui l'a pris ?"</p><p>"Non," dit Harry, puis il h�sita. "Mis � part les �videntes sp�culations probabilistes qui ne reposent sur aucune information connue de moi seul."</p><p>Le vieux sorcier hocha la t�te. "Sais-tu pourquoi il a �t� pris ?"</p><p>"Non. Mis � part les �videntes sp�culations et cetera."</p><p>"Que seraient ces sp�culations ?". Les yeux �g�s �taient comme aiguis�s.</p><p>"Si l'ennemi peut remarquer que vous partez consulter les jumeaux Weasley pendant les cours apr�s que Hermione est arr�t�e et d�couvre cette carte magique dont vous dites qu'elle a �t� vol�e, alors l'ennemi peut se demander pourquoi je gardais le corps de Hermione Granger. � mon tour. Avez-vous organis� la mort de Hermione Granger dans l'espoir de r�cup�rer l'argent de Lucius ?"</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit le professeur McGonagall.</p><p>"Non," dit le vieux sorcier.</p><p>"Saviez-vous ou soup�onniez-vous que Hermione Granger allait mourir ?"</p><p>"Je ne le savais pas. Quant � mes soup�ons, je l'avais mise l� o�, � ma connaissance, elle serait le mieux d�fendue contre Voldemort. Je n'ai pas voulu sa mort, je ne l'ai pas permise, je n'ai pas pr�vu d'en b�n�ficier, Harry Potter. Maintenant, montre-moi ta bourse."</p><p>"Elle est dans ma malle�" commen�a Harry.</p><p>"Severus," dit le vieux sorcier, et le ma�tre des potions s'avan�a. "V�rifie aussi sa malle, chaque compartiment."</p><p>"Ma malle est prot�g�e."</p><p>Severus Rogue eut un sourire sans joie et marcha dans la flamme verte.</p><p>Dumbledore sortit sa longue baguette noire et grise et commen�a � l'agiter non loin des cheveux de Harry avec l'air d'un Moldu muni d'un d�tecteur de m�taux. Avant d'avoir atteint le cou de Harry, Dumbledore s'arr�ta.</p><p>"La gemme sur ton anneau," dit Dumbledore. "Ce n'est plus un diamant transparent,. Il est marron, la couleur des yeux de Hermione Granger, la couleur de ses cheveux."</p><p>Une tension emplit soudain la pi�ce.</p><p>"C'est le rocher de mon p�re," dit Harry. "M�tamorphos� comme avant. J'ai juste fait �a pour me souvenir de Hermione�"</p><p>"Je dois m'en assurer. Enl�ve cet anneau, Harry, et pose-le sur mon bureau."</p><p>Harry s'ex�cuta lentement, enleva la gemme et d�posa l'anneau � l'autre bout du bureau.</p><p>Dumbledore pointa sa baguette vers la gemme et�</p><p>Un grand et banal rocher gris sauta en l'air sous l'impact de son expansion soudaine, frappa une sorte de barri�re invisible au-dessus de lui puis retomba dans un grand craquement sur le bureau du directeur,</p><p>"�a va me prendre une demi-heure de travail de le m�tamorphoser � nouveau," dit Harry d'un ton neutre.</p><p>Dumbledore reprit son examen. Harry dut enlever sa chaussure droite et enlever l'anneau de pied, son Portoloin d'urgence au cas o� quelqu'un le kidnapperait et l'emm�nerait � l'ext�rieur des limites de Poudlard (et ne mettrait en place aucun syst�me anti-Transplanage, anti-Portoloin, anti-Ph�nix et anti boucle temporelle, ce que, avait confi� Severus � Harry, n'importe quel Mangemort proche de Voldemort ferait certainement). Il fut v�rifi� que la magie �manant de l'anneau de doigt de pied �tait effectivement une magie de Portoloin et pas une magie de m�tamorphose. Le reste de Harry semblait �tre en r�gle.</p><p>Peu de temps apr�s, le ma�tre des potions revint avec la bourse de Harry et quelques autres objets magiques trouv�s dans la malle de ce dernier que le directeur examina aussi, l'un apr�s l'autre, y compris les �l�ments non utilis�s de son kit de soin.</p><p>"Puis-je partir � pr�sent ?" demanda Harry quand tout fut termin�, d'une voix aussi froide qu'il en fut capable. Il prit sa bourse et commen�a � lui donner son rocher gris � manger. L'anneau vide revint sur son doigt.</p><p>Le vieux sorcier expira et glissa sa baguette dans sa manche. "Je <emphasis>suis</emphasis> navr�," dit-il. "Il fallait que je sache. Harry� il semble que le Seigneur des T�n�bres a prit les restes de Hermione Granger. Je ne puis imaginer ce qu'il aurait � y gagner, mis � part envoyer son corps nous affronter sous la forme d'un Inferi. Severus te donnera certaines potions que tu devras garder sur toi. Sois pr�venus, et sois pr�t � faire le n�cessaire, lorsqu'il le faudra."</p><p>"L'Inferi poss�dera-t-il l'esprit de Hermione ?"</p><p>"Non�"</p><p>"Alors ce ne sera pas elle. Puis-je partir ? Au moins pour quitter mon pyjama."</p><p>"Il y a autre chose, mais je serai bref. Le syst�me de s�curit� de Poudlard a d�tect� qu'aucune cr�ature venue de l'ext�rieur n'est entr�e et que c'est le professeur de D�fense qui a tu� Hermione Granger."</p><p>"Hm," dit Harry.</p><p><emphasis>Pens�e 1 : Mais j'ai vu le troll tuer Hermione.</emphasis></p><p><emphasis>Pens�e 2 : Le professeur Quirrell m'a lanc� un sortil�ge de faux souvenirs et a cr�� la mise en sc�ne que Dumbledore a vue quand il est arriv�.</emphasis></p><p><emphasis>Pens�e 3 : Le professeur Quirrell ne peut pas faire �a, sa magie ne peut pas m'atteindre. Je l'ai vu � Azkaban�</emphasis></p><p><emphasis>Pens�e 4 : Puis-je faire confiance � ces souvenirs ?</emphasis></p><p><emphasis>Pens�e 5 : Il y a clairement eu une sorte de d�b�cle � Azkaban, nous n'aurions pas eu besoin d'un missile si le professeur Quirrell ne s'�tait pas �vanoui, et pourquoi se serait-il �vanoui sinon � cause de �</emphasis></p><p><emphasis>Pens�e 6 : Mais en fait, est-ce que j'ai d�j� �t� � Azkaban ?</emphasis></p><p>_Pens�e 7 : J'ai clairement pratiqu� mon contr�le sur les D�traqueurs avant d'effrayer celui du Magenmagot. Et <emphasis>�a</emphasis>, c'�tait dans les journaux._</p><p><emphasis>Pens�e 8 : Est-ce que je me souviens correctement de ce qu'ont dit les journaux ?</emphasis></p><p>"Hm," r�p�ta Harry. "Ce sortil�ge devrait vraiment �tre Impardonnable. Pensez-vous que le professeur Quirrell aurait pu lancer un sortil�ge de Faux Souvenirs�"</p><p>"Non. Je suis remont� dans le temps et j'ai plac� certains instruments destin�s � enregistrer la derni�re bataille de Hermione, ne pouvant pas tout � fait supporter de l'observer moi-m�me." Le vieux sorcier semblait bien sombre. "Tu as devin� juste, Harry Potter. Voldemort a sabot� tout ce que nous avions donn� � Hermione pour sa protection. Son balais volant gisait entre ses mains. Sa cape d'invisibilit� ne la masquait pas. Le troll marchait au soleil, indemne ; ce n'�tait pas une cr�ature sauvage mais une arme aff�t�e et brandie. Et c'est bien le troll qui l'a tu�e, par sa seule force, si bien que mes syst�mes d'alarmes et mes toiles d�tectrices de magies hostiles ont �t� inutiles. Elle n'a jamais crois� la route du professeur Quirrell."</p><p>Harry d�glutit, ferma les yeux, et r�fl�chit. "C'est donc une tentative de faire porter le chapeau au professeur Quirrell. On dirait. Cela semble effectivement �tre le mode op�ratoire de l'ennemi. Le troll a mang� Hermione Granger, que dit le syst�me de s�curit� ? Oh, regardez, en fait c'est le professeur de D�fense, comme l'ann�e derni�re� non. Non, �a ne peut pas �tre �a."</p><p>"Pourquoi pas, M. Potter ?" dit le ma�tre des potions. "�a me semble assez �vident�"</p><p>"C'est �a le probl�me."</p><p><emphasis>L'ennemi est intelligent.</emphasis></p><p>Les vapeurs du sommeil quittaient lentement l'esprit de Harry, et apr�s une bonne nuit de repos son cerveau pouvait voir ce qui n'avait pas �t� �vident la veille.</p><p>Selon les conventions habituelles de la litt�rature� l'ennemi n'�tait pas cens� regarder ce qu'on avait fait, saboter les objets magiques qu'on avait distribu�s, puis envoyer un troll rendu ind�tectable par quelque moyen que les h�ros ne pouvaient pas deviner, m�me une fois le m�fait accompli, si bien que le r�sultat aurait �t� le m�me en ne faisant rien pour se d�fendre. Dans un livre, le point de vue restait g�n�ralement sur les personnages principaux. Voir l'ennemi passer outre tout le travail des protagonistes gr�ce � des plans et des actes entrepris hors du champ de vision de l'histoire aurait constitu� un <emphasis>diabolus ex machina</emphasis> et une source d'insatisfaction dramatique.</p><p>Mais dans la vraie vie, l'ennemi se verrait comme le personnage principal, il serait lui aussi malin, il penserait aux choses � l'avance, m�me si on ne le verrait pas faire. C'est pour cela que tout semblait si d�cousu, avec certaines parties inexpliqu�es et d'autre apparemment inexplicables. Qu'avait ressenti Lucius, quand Harry avait menac� Dumbledore de briser Azkaban ? Qu'avaient ressenti les Aurors d'Azkaban quand le balais s'�tait �lev� au sommet d'une colonne de feu ?</p><p><emphasis>L'ennemi est intelligent.</emphasis></p><p>"L'ennemi savait parfaitement que vous retourneriez dans le temps pour voir ce qui �tait vraiment arriv� � Hermione, en particulier parce que l'arriv�e d'un troll � Poudlard nous r�v�le que quelqu'un peut tromper le syst�me de s�curit�." Harry ferma les yeux, intensifia sa r�flexion, et essaya de se mettre � la place de l'ennemi. Pourquoi lui ou son c�t� obscur aurait-il fait une chose comme� "Nous sommes cens�s en conclure que l'ennemi contr�le ce que le syst�me de s�curit� nous dit. Mais c'est en fait une chose que l'ennemi peut seulement faire avec difficult� ou dans des circonstances particuli�res ; il essaie de cr�er une apparence trompeuse d'omnipotence." <emphasis>Comme je le ferais.</emphasis> "Plus tard, le syst�me de s�curit� pourrait nous montrer le professeur Sinistra en train de tuer quelqu'un. Nous penserons que quelqu'un nous trompe � nouveau, mais en fait, le professeur Sinistra aura �t� victime d'une L�gilimancie et <emphasis>aura</emphasis> tu� quelqu'un."</p><p>"Sauf si c'est pr�cis�ment ce que le Seigneur des T�n�bres veut que nous pensions," dit Severus Rogue, un sourcil fronc� sous l'effet de la concentration. "Auquel cas il contr�le bien le syst�me de s�curit� et le professeur Sinistra sera innocent."</p><p>"Le Seigneur des T�n�bres fomente-t-il <emphasis>vraiment</emphasis> des plans avec autant de niveaux de m�ta�"</p><p>"Oui," dirent Dumbledore et Severus.</p><p>Harry hocha la t�te, comme distrait. "Alors cela pourrait �tre une pi�ge, soit pour nous faire croire que le syst�me de s�curit� dit la v�rit� quand il ment, soit qu'il ment quand il dit la v�rit�, selon le niveau de r�flexion de notre part auquel l'ennemi s'attend. Mais si l'ennemi voulait que nous fassions confiance au syst�me de s�curit� nous lui aurions fait confiance de toute fa�on si nous n'avions pas rencontr� de raison de ne pas lui faire confiance. Il n'y avait donc pas besoin de faire l'effort de pi�ger le professeur Quirrell par une m�thode dont nous allions comprendre que nous �tions cens�s la d�couvrir, juste pour nous forcer � passer au niveau m�ta�"</p><p>"Pas tout � fait," dit Dumbledore. "Si Voldemort n'a pas un contr�le complet du syst�me de s�curit�, alors il fallait que le syst�me croie que la main d'un professeur �tait � l'�uvre, sans quoi l'alarme aurait �t� sonn�e � la premi�re blessure de Mlle Granger et pas seulement au moment de sa mort."</p><p>Harry leva une main et se frotta un sourcil, juste sous ses cheveux.</p><p><emphasis>Ok, question s�rieuse. Si l'ennemi est aussi malin, pourquoi est-ce que je suis toujours en vie ? Est-ce que c'est vraiment si difficile que �a d'empoisonner quelqu'un, est-ce qu'il y a des sortil�ges, des potions et des B�zoards qui peuvent me gu�rir d'absolument tout ce qu'on pourrait glisser dans mon petit d�jeuner ? Le syst�me de s�curit� le d�tecterait-il, pourrait-il pister la magie du meurtrier ?</emphasis></p><p><emphasis>Ma</emphasis> cicatrice <emphasis>pourrait-elle contenir le fragment d'�me qui maintient le Seigneur des T�n�bres dans ce monde, si bien qu'il ne veut pas me tuer ? Alors il essaie plut�t d'�loigner tous mes amis pour m'affaiblir mentalement et prendre le contr�le de mon corps ? �a expliquerait l'histoire de Fourchelang. Le Choixpeau ne pourrait peut-�tre pas d�tecter une philact�re-de-liche-machinchose. Probl�me �vident num�ro 1 : le Seigneur des T�n�bres est cens� avoir fait son philact�re de liche-machinchose en 1943 en tuant machine et en faisant accuser M. Hagrid. Probl�me �vident num�ro 2, les �mes n'existent pas.</emphasis></p><p><emphasis>Quoi que Dumbledore pensait aussi que mon sang �tait un ingr�dient particuli�rement important pour nu rituel destin� � rendre toute sa force au Seigneur des T�n�bres, ce qui exigerait de me maintenir en vie jusqu'au moment o�� oh, en voil� une pens�e r�jouissante.</emphasis></p><p>"Eh bien�" dit Harry. "Je suis s�r d'une chose."</p><p>"Et quelle est-elle ?"</p><p>"On doit sortir Neville de Poudlard <emphasis>maintenant</emphasis>. C'est la prochaine cible �vidente et aucun �l�ve de premi�re ann�e ne peut survivre � une attaque de ce genre. On a de la chance que Neville n'ait pas �t� assassin� hier soir ; l'ennemi n'a pas � attendre qu'on ait fini notre deuil avant de jouer son prochain coup." <emphasis>Pourquoi l'ennemi n'a-t-il pas frapp� pendant que nous �tions distraits ?</emphasis></p><p>Dumbledore eut un �change de regards avec Severus, puis, alors que le visage du professeur McGonagall se pin�ait soudain. "Harry," dit le vieux sorcier, "si tu �loignes toi-m�me tous tes amis, c'est exactement comme si Voldemort�"</p><p>"Je m'en sortirai <emphasis>tr�s bien</emphasis> sans Neville pendant deux autres mois, ce n'est pas comme si vous comptiez forcer mes amis � rester ici cet �t�, et �a ne <emphasis>suffit certainement pas � justifier</emphasis> qu'on le laisse se faire tuer ! Professeur McGonagall�"</p><p>"Je suis plut�t d'accord," dit la sorci�re �cossaise. Elle fron�a les sourcils. "Je suis extr�mement d'accord. Je suis tellement d'accord que� j'ai quelque difficult� � l'exprimer, Albus�"</p><p>"Tellement d'accord que vous allez le sortir d'ici vous-m�me, peu importe ce que quiconque en dit, parce que ce ne sera pas une excuse de dire que vous ob�issiez les ordres si Neville se fait tuer ?" dit Harry.</p><p>Le professeur McGonagall ferma bri�vement les yeux. "Oui, mais il y existe certainement un moyen d'�tre responsable sans prof�rer des menaces d'actions unilat�rales."</p><p>Le directeur soupira. "Pas besoin. Vas-y, Minerva."</p><p>"Attendez," dit le ma�tre des potions alors m�me que le professeur McGonagall, d'un mouvement plut�t rapide, s'emparait d'une pinc�e de poudre verte dans un vase de cheminette. "Nous ne devrions pas attirer l'attention sur le gar�on comme le directeur a attir� l'attention sur les jumeaux Weasley. Il serait plus sage, je pense, que la grand-m�re de M. Londubat le sorte de Poudlard. Laissez-le rester dans la salle commune pour l'instant ; le Seigneur des T�n�bres ne semble pas capable d'agir autant � d�couvert."</p><p>Il y eut un long �change de regards entre eux quatre et Harry finit par hocher la t�te, suivit par le professeur McGonagall.</p><p>"Quoi qu'il en soit," dit Harry. "Je suis s�r d'une autre chose."</p><p>"Et quelle est-elle ?" dit Dumbledore.</p><p>"J'ai vraiment besoin d'aller aux toilettes, et j'aimerais aussi quitter ce pyjama."</p><empty-line/><p>"Au fait," dit Harry quand lui et le directeur �merg�rent de la cheminette dans le bureau vide du directeur de Serdaigle. "Une derni�re petite question rapide que je voulais vous poser. Cette �p�e que les jumeaux Weasley ont sortie du Choixpeau. C'�tait l'�p�e de Gryffondor, n'est-ce pas ?"</p><p>Le vieux sorcier se retourna ; son visage �tait neutre. "Qu'est-ce qui te fait penser �a, Harry ?"</p><p>"Le Choixpeau a hurl� <emphasis>Gryffondor !</emphasis> juste avant de la donner, elle avait un pommeau en rubis, des lettres d'or sur la lame, et le texte latin disait <emphasis>rien de mieux</emphasis>. Juste une intuition."</p><p>"<emphasis>Nihil supernum</emphasis>," dit le vieux sorcier. "Ce n'est pas <emphasis>tout � fait</emphasis> ce que �a veut dire."</p><p>Harry hocha la t�te. "Mmmh. Qu'est-ce que vous en avez fait ?"</p><p>"Je l'ai r�cup�r�e et je l'ai mise dans un endroit s�r," dit le vieux sorcier. Il regarda Harry avec s�v�rit�. "J'esp�re que tu n'as pas l'avarice de la d�sirer pour toi, jeune Serdaigle."</p><p>"Pas du tout, je voulais juste m'assurer que vous n'alliez pas en priver ses ma�tres l�gitimes de fa�on permanente. Donc les jumeaux Weasley sont l'h�ritier de Gryffondor ?"</p><p>"L'h�ritier de Gryffondor ?" dit Dumbledore, l'air surpris. Puis le vieux sorcier sourit, ses yeux bleus �tincel�rent. "Ah, Harry, Salazar Serpentard a peut-�tre construit une Chambre des Secrets dans Poudlard, mais Godric Gryffondor ne se laissait pas tant aller � de telles extravagances. Tout ce que nous avons vu, c'est que Godric a l�gu� son �p�e � la d�fense de Poudlard, si jamais un �l�ve de valeur devait faire face � un ennemi qu'il ne pourrait vaincre seul."</p><p>"Ce n'est pas comme de r�pondre non. Ne croyez pas que je n'ai pas remarqu� que vous n'avez pas dit non."</p><p>"Je n'ai pas v�cu � cette �poque, Harry, et je ne sais pas tout ce que Godric Gryffondor a pu faire, ni ce qui est certain qu'il n'a pas fait�"</p><p>"Estimez-vous personnellement que la probabilit� qu'il existe quelque chose de semblable � un h�ritier de Gryffondor et que l'un ou les deux jumeaux Weasley le soient est sup�rieure � cinquante pour cent ? Oui ou non, une �vasion veut dire oui. Vous n'arriverez pas � me distraire, peu importe � quel point j'ai besoin d'aller aux toilettes."</p><p>Le vieux sorcier soupira. "Oui, Fred et George Weasley sont l'h�ritier de Gryffondor. Je te supplie de ne pas leur en parler, pas encore."</p><p>Harry hocha la t�te et se retourna, se pr�parant � partir. "Je suis surpris," dit-il. "J'ai un peu lu l'histoire de la vie de Godric Gryffondor. Les jumeaux Weasley sont� eh bien, ils sont g�niaux de plus d'une fa�on, mais ils ne ressemblent pas beaucoup au Godric des livres d'histoire."</p><p>"Seul un homme incroyablement fier et vaniteux," dit doucement Dumbledore en se retournant dans la cheminette qui rugissait de flammes vertes, "pourrait croire que son h�ritier devrait �tre comme lui plut�t que comme celui qu'il aurait aim� �tre."</p><p>Le directeur entra dans le feu vert, et il disparut.</p><empty-line/><p><emphasis>La seconde rencontre (dans un coin � l'�cart de la salle commune de Poufsouffle) :</emphasis></p><p>Le visage de Neville Londubat �tait d�form� par l'angoisse et il parlait comme si personne n'�tait l� pour l'entendre, face au vide.</p><p>"S�rieux," lui r�pondit le vide. "Je porte une cape d'invisibilit� avec des sortil�ges de discr�tion suppl�mentaires juste pour traverser les couloirs parce que <emphasis>je</emphasis> ne veux pas me faire tuer. Mes parents me feraient sortir de Poudlard imm�diatement si le directeur le leur permettait. Neville, te faire sortir de Poudlard, c'est du bon sens, �a n'a <emphasis>rien</emphasis> � voir avec�"</p><p>"Je vous ai trahi, mon g�n�ral," dit Neville, avec une voix aussi creuse qu'un enfant de onze ans pouvait raisonnablement en produire. "Je ne l'ai m�me pas fait � la fa�on Chaotique. J'ai ob�i aux ordres et j'ai essay� de faire que tu leur ob�isse toi aussi. Qu'est-ce que tu dis toujours, que dans la L�gion du Chaos, un soldat uniquement capable de suivre les ordres est inutile ?"</p><p>"Neville", dit le vide d'un ton ferme. Le poids de deux mains drap�es d'un fin tissu vinrent s'appuyer avec force sur les �paules de Neville et la voix s'approcha de lui. "Tu n'ob�issais pas aveugl�ment aux ordres, tu essayais de me prot�ger. C'est vrai que dans notre monde chaotique, les soldats qui ne savent que suivre les ordres et les r�gles ne valent rien. Mais les soldats qui suivent les r�gles pour prot�ger leurs amis valent�"</p><p>"Un peu mieux que rien ?" dit Neville avec amertume.</p><p>"<emphasis>Beaucoup</emphasis> mieux que rien. Neville, tu as commis une erreur de jugement. Elle m'a co�t� environ six secondes. Il se pourrait que les blessures de Hermione lui aient �t� tout juste fatales, mais m�me alors, je ne pense pas que six secondes auraient suffit au troll pour qu'il prenne une autre bouch�e de Hermione. Dans le monde hypoth�tique o� tu ne t'es pas interpos�, Hermione meurt quand m�me. Maintenant, je pourrais rester ici et te faire la liste des dix fa�ons dont j'aurais pu assurer la survie de Hermione si je n'avais pas �t� stupide�"</p><p>"Toi ? <emphasis>Tu</emphasis> lui as couru apr�s. C'est <emphasis>moi</emphasis> qui ai essay� de t'arr�ter. Si c'est la faute de quelqu'un, c'est la mienne," dit Neville d'un ton amer.</p><p>Le vide r�agit par un silence qui dura un moment.</p><p>"Waoh," dit enfin le vide. "Waoh. Je dois dire que c'est une fa�on sacr�ment diff�rente de voir les choses. J'essaierai de m'en souvenir la prochaine fois que je ressentirai l'envie de me bl�mer pour quelque chose. Neville, le terme technique qui nous int�resse est 'biais �gocentrique', c'est le fait que tu ressens tout ce qu'i ressentir de ta propre vie mais que tu ne peux pas ressentir tout ce qui se passe dans le monde qui t'entoure. Il s'est pass� beaucoup, beaucoup de choses avant et apr�s que tu ai d�boul� devant moi. Tu vas passer des semaines � de souvenir de ce que tu as fait pendant six secondes, �a se voit, mais personne d'autre ne va prendre la peine d'y penser. Les autres passent beaucoup moins de temps � r�fl�chir � tes erreurs pass�es que toi, simplement parce que tu n'es pas au centre de leur monde. Je te <emphasis>garantis</emphasis> que personne � part toi n'a m�me <emphasis>envisag�</emphasis> de bl�mer Neville Londubat pour ce qui est arriv� � Hermione Granger. Pas pendant une fraction de seconde. Tu te comportes, si tu me pardonnes l'expression, comme un petit idiot. Maintenant tais-toi et dis moi au revoir."</p><p>"Je ne veux pas dire au revoir," dit Neville. Sa voix tremblait mais il parvint � ne pas pleurer. "Je veux rester ici et me battre avec toi contre� contre ce qui se passe."</p><p>Le vide s'approcha de lui, le prit dans ses bras, et la voix de Harry Potter murmura : "Pas de bol."</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 95*: R�les, partie 6</strong></p><p><emphasis>La troisi�me rencontre</emphasis></p><p><emphasis>(Le 17 avril 1992 � 10h31)</emphasis></p><p>Le printemps avait commenc�, l'air de cette fin d'apr�s-midi encore frais des restes de l'hiver. Des jonquilles aux doux p�tales avaient �clos parmi les pousses herbeuses de la for�t, et leurs c�urs d'or pendaient, flasques, de leurs tiges mortes, bless�es ou tu�es par l'une des soudaines gel�es que l'on voyait souvent en avril. Dans la For�t Interdite on pourrait trouver des formes de vie plus �tranges, au moins des centaures et des licornes, et Harry avait entendu des all�gations de loups-garous. Bien que, �tant donn� ses lectures concernant les vrais loups-garous, cela n'avait strictement aucun sens.</p><p>Harry ne s'aventurait pas pr�s du bord de la For�t Interdite puisque prendre ce risque aurait �t� inutile. Il marchait, invisible, parmi les formes de vie plus ordinaires de la partie autoris�e des bois, baguette � la main, un balais accroch� dans le dos afin de pouvoir y acc�der plus facilement. Il n'avait pas vraiment peur ; il trouvait �trange de ne pas avoir peur. L'�tat de vigilance permanente, d'�tre pr�t � combattre ou � fuir, cela n'�tait pour lui un fardeau ni quelque chose de surprenant.</p><p>Au bord des bois autoris�s, Harry marchait sans jamais que ses pieds ne s'�loignent du sentier battu o� l'on pourrait le trouver plus facilement, sans jamais perdre de vue les fen�tres de Poudlard. Il avait pogramm� une alarme sur sa montre pour le pr�venir de l'heure du d�jeuner puisqu'il ne pouvait pas vraiment regarder son poignet, vu qu'il �tait invisible. Cela soulevait la question de savoir comment ses lunettes fonctionnaient puisqu'il portait la Cape. D'ailleurs, le principe du tiers exclu semblait avoir pour cons�quence que soit les complexes de rhodopsine dans sa r�tine absorbaient les photons et les transformaient en pics d'activit� neuronale, soit ces photons traversaient son corps et sortaient de l'autre c�t�, mais pas les deux. Il semblait vraiment de plus en plus probable que ces capes d'invisibilit� vous laissaient voir l'ext�rieur tout en �tant invisible parce que, � un niveau fondamental, c'�tait ainsi que le lanceur du sortil�ge avait - non pas <emphasis>voulu</emphasis> - mais <emphasis>implicitement cru</emphasis> que l'invisibilit� se devait de fonctionner.</p><p>Ce sur quoi il fallait s'interroger quant � la raison pour laquelle personne n'avait essay� de lancer un sortil�ge de Confusion ou de L�gilimancie sur quelqu'un afin de lui faire croire comme � une �vidence que <emphasis>R�solus Totalus</emphasis> �tait certainement un sortil�ge de premi�re ann�e facile, puis de lui faire essayer d'inventer ce sort.</p><p>Ou peut-�tre fallait-il trouver quelque n�-Moldu m�ritant dans un pays qui n'identifiait pas les enfants n�s-Moldus puis de lui dire quelque mensonge �labor�, de construire une histoire et des preuves ad�quates, afin que, depuis le d�but, l'individu ait une notion tr�s diff�rente de ce dont la magie �tait capable. Bien qu'apparemment l'individu devrait encore apprendre un certain nombre de sortil�ges avant de devenir capable d'inventer les siens�</p><p>Cela ne fonctionnerait peut-�tre pas. Il y avait certainement des sorciers profond�ment fous qui avaient r�ellement cru qu'ils pouvaient �tre des dieux et avaient pourtant �chou� � le devenir. Mais m�me les fous avaient probablement cru que le sortil�ge d'ascension se devait d'avoir quelque rituel grandiose et th��tral, pas un bref mais minutieux mouvement de baguette accompagn� de l'incantation <emphasis>Devenus Deus</emphasis>.</p><p>Harry �tait d�j� plut�t certain que �a ne pouvait pas �tre si facile que �a. Mais la question �tait alors : <emphasis>pourquoi pas ?</emphasis> Que motif son cerveau avait-il appris ? Pouvait-il pr�voir l'explication � l'avance ?</p><p>Un l�ger fr�missement d'appr�hension monta alors en Harry, une touche d'inqui�tude, tandis qu'il contemplait cette question. La pr�occupation sans nom s'aff�ta, grandit�</p><p><emphasis>Professeur Quirrell ?</emphasis></p><p>"M. Potter," dit une voix douce derri�re lui.</p><p>Harry pivota, sa main alla � son Retourneur de Temps situ� sous sa Cape ; � nouveau, l'id�e d'�tre pr�t � fuir � n'importe quel instant lui sembla ordinaire.</p><p>Lentement, paumes ouvertes et tourn�es vers le ciel, le professeur Quirrell avan�a vers lui, � la bordure de la for�t, approchant depuis le ch�teau de Poudlard.</p><p>"M. Potter," r�p�ta le professeur Quirrell. "Je sais que vous �tes ici. Vous savez que je sais que vous �tes ici. Je dois vous parler."</p><p>Harry continua de se taire. Le professeur Quirrell n'avait toujours pas dit de quoi il s'agissait, et sa balade de fin de matin�e, � la fronti�re de la for�t, l'avait rendu d'humeur silencieuse.</p><p>Le professeur Quirrell fit un petit pas � gauche, un pas vers l'avant, puis un autre vers la droite. Il pencha la t�te avec un air calculateur puis marcha presque directement quasiment jusqu'� l'endroit o� Harry se tenait, et s'arr�ta � quelques pas ; la sensation funeste br�lait � la limite du supportable.</p><p>"�tes-vous toujours d�cid� � poursuivre dans cette voie ?" dit le professeur Quirrell. "La voie dont vous m'avez parl� hier ?"</p><p>Une fois de plus, Harry ne r�pondit pas.</p><p>Le professeur Quirrell soupira. "J'ai fait beaucoup pour vous," dit l'homme. "Quoi que puissent �tre vos interrogations � mon sujet, vous ne pouvez le nier. Je r�clame paiement d'une partie de la dette. Parlez-moi, M. Potter."</p><p><emphasis>Je n'ai pas envie de faire �a maintenant,</emphasis> songea Harry, puis : <emphasis>Oh, mais bien s�r.</emphasis></p><empty-line/><p>Deux heures plus tard, apr�s que Harry eut fait pivoter le Retourneur de Temps une fois, eut not� l'heure exacte, eut m�moris� son emplacement exact, eut pass� une heure � marcher, fut rentr�, eut dit dit au professeur McGonagall qu'il parlait en ce moment au professeur Quirrell dans les bois devant Poudlard (juste au cas o� quelque chose lui arriverait), eut march� une heure de plus puis fut revenu � son emplacement initial exactement une heure apr�s �tre parti et avoir � nouveau fait pivoter le Retourneur de Temps�</p><empty-line/><p>Qu'est-ce que c'�tait ?" dit le professeur Quirrell en clignant des yeux. "Est-ce que vous venez�"</p><p>"Rien d'important," dit Harry sans soulever sa Cape d'Invisibilit� ni retirer sa main de son Retourneur de Temps. "Oui, je suis toujours d�cid�. Pour �tre honn�te, je pense que je n'aurais rien d� en dire."</p><p>Le professeur Quirrell inclina la t�te. "Une pens�e qui vous servira beaucoup durant votre vie. Y a-t-il quoi que ce soit qui puisse vous faire changer d'avis ?"</p><p>"Professeur, si je connaissais <emphasis>d�j�</emphasis> l'existence d'un argument qui pourrait modifier ma d�cision�"</p><p>"C'est vrai pour nos semblables. Mais vous seriez surpris d'entendre comme il est fr�quent que quelqu'un sache ce qu'il attend qu'on lui dise et doive pourtant attendre que ce soit dit." Le professeur Quirrell secoua la t�te. "Pour utiliser vos termes� il existe un fait, vrai, que je sais et que vous ignorez, et de la v�racit� duquel j'aimerais vous convaincre, M. Potter."</p><p>Harry leva un sourcil mais comprit l'instant d'apr�s que le professeur Quirrell ne pouvait pas le voir. "C'est effectivement en mes termes. Allez-y."</p><p>"L'intention qui vous habite maintenant est bien plus dangereuse que vous ne le croyez."</p><p>R�pondre � cette affirmation �tonnante ne demanda pas beaucoup de r�flexion � Harry. "D�finissez dangereux, et dites-moi ce que vous savez et comment vous pensez le savoir."</p><p>"Parfois," dit le professeur Quirrell, "parler d'un danger � quelqu'un peut les pousser � aller droit vers celui-ci. Cette fois-ci, je compte bien �viter que cela se produise. Vous attendez-vous � ce que je vous dise exactement ce que vous ne devez pas faire ? La raison exacte de ma peur ?" L'homme secoua la t�te. "Si vous �tiez n� sorcier, M. Potter, et qu'un puissant sorcier vous disait seulement de faire attention, vous sauriez le prendre au s�rieux."</p><p>Il aurait �t� mentir que de dire que Harry n'�tait pas agac�, mais il n'�tait pas un idiot non plus, et il dit donc seulement : "Y a-t-il quoi que ce soit que vous <emphasis>puissiez</emphasis> me dire ?"</p><p>Avec pr�caution, le professeur Quirrell s'assit sur l'herbe et sortit sa baguette qu'il mit dans une position que Harry reconnut. Il inspira soudainement.</p><p>"C'est la derni�re fois que je pourrais faire cela pour vous," dit doucement le professeur Quirrell. Puis l'homme commen�a � prononcer des mots �tranges, d'aucun langage que Harry pouvait reconna�tre, d'une intonation qui ne semblait pas tout � fait humaine, des mots qui sembl�rent s'�chapper de la m�moire de Harry alors m�me qu'il essayait de les saisir, ils quittaient son esprit aussi vite qu'ils y �taient entr�s.</p><p>Le sortil�ge prit forme plus lentement, cette fois. Les arbres sembl�rent s'obscurcir, les branches et les feuilles dispara�tre par taches, comme si elles avaient �t� vues � travers des lunettes de soleil parfaites qui auraient estomp�, att�nu� la lumi�re sans la d�former. Le bol bleu de ciel recula, l'horizon auquel le cerveau de Harry assignait par erreur une distance finie s'�loigna, devint gris, puis gris plus sombre. Les nuages devinrent translucides, transparent, et se d�firent en volutes pour laisser les t�n�bres briller.</p><p>La for�t s'assombrit, s'effa�a, plongea dans la noirceur.</p><p>La grande rivi�re c�leste qui les entourait devenait � nouveau visible � mesure que les yeux de Harry s'ajustaient, devenaient capables de voir le plus grand objet que des yeux humains pourraient jamais voir comme autre chose qu'un point : la Voie Lact�e.</p><p>Et les �toiles, d'une lumi�re per�ante, et pourtant lointaines, dans leurs grandes profondeurs.</p><p>Le professeur Quirrell prit une profonde inspiration. Puis il �leva sa baguette de nouveau (� peine visible dans la lumi�re stellaire sans soleil ni lune) et frappa sur sa propre t�te au son d'un �uf que l'on brisait.</p><p>Le professeur de D�fense s'estompa lui aussi, devint aussi invisible.</p><p>Une petit disque d'herbe, � peine �clair�, d�rivait, vide, dans l'espace.</p><p>Aucun d'eux ne parla pendant un moment. Harry �tait heureux de regarder les �toiles sans m�me son corps pour le distraire. Ce que le professeur Quirrell avait voulu lui dire en le faisant venir ici serait dit en temps et heure.</p><p>En temps et heure, une voix parla.</p><p>"Il n'y a pas de guerre ici," dit une douce voix �manant du vide. "Pas de conflit ni de bataille, pas de politique ni de trahison, pas de mort ni de vie. Tout cela appartient � la folie des hommes. Les �toiles surplombent ces sottises et ne s'y frottent pas. Ici se trouvent la paix et un silence �ternel. C'est du moins ce que je pensais."</p><p>Harry se retourna pour voir d'o� venait la voix et ne vit que les �toiles.</p><p>"Ce que vous pensiez ?" dit Harry quand il sembla qu'aucune autre parole n'allait venir.</p><p>"Il n'y a rien qui surplombe la folie des hommes," chuchota la voix du vide. "Il n'y a rien au-del� des pouvoirs destructeurs d'une idiotie suffisamment intelligente, pas m�mes les �toiles elles-m�mes. J'ai travaill� tr�s dur afin qu'une certaine plaque en or dure toujours. Je n'aimerais pas la voir d�truite par la folie humaine."</p><p>De nouveau, les yeux de Harry se braqu�rent par r�flexe vers l� o� la voix aurait d� �tre, et de nouveau ils ne virent que du vide. "Je pense pouvoir vous rassurer � ce sujet, professeur. Les armes nucl�aires n'ont pas une port�e capable d'atteindre� � quelle distance se trouve Pioneer 11 ? Environ un milliard de kilom�tres, peut-�tre ? Les Moldus disent que les armes nucl�aires peuvent d�truire le monde, mais ce qu'ils veulent vraiment dire, c'est qu'elles peuvent l�g�rement r�chauffer une partie de la surface de la Terre. Le <emphasis>soleil</emphasis> est une r�action de fusion g�ante et <emphasis>il</emphasis> ne vaporise pas les sondes spatiales. M�me dans le pire des cas possibles, une guerre nucl�aire n'aurait pas la moindre de chance de d�truire le syst�me solaire, non pas que ce soit une consolation."</p><p>"Vrai pour ce qui est des Moldus," dit la douce voix entre les �toiles. "Mais que les Moldus savent-ils du v�ritable pouvoir ? Ce ne sont pas eux qui me font peur. C'est vous."</p><p>"Professeur," dit Harry avec pr�caution, "bien que je doive admettre avoir tir� quelques �checs critiques dans ma vie, il y a une certaine distance entre �a et rater un jet de sauvegarde d'une fa�on si catastrophique que la sonde Pioneer 11 se retrouve dans le rayon de l'onde de choc. Je ne vois pas de moyen r�aliste d'accomplir �a sans faire exploser le soleil. Et avant que vous me posiez la question, le soleil est une �toile de type G V, il ne <emphasis>peut pas</emphasis> exploser. Toute entr�e d'�nergie ne ferait qu'augmenter le volume de plasma d'hydrog�ne, le soleil n'a pas un c�ur d�g�n�r� que l'on pourrait faire exploser. Le soleil n'a pas assez de masse pour devenir une supernova, m�me � la fin de sa vie."</p><p>"Les Moldus ont appris tant de choses incroyables," murmura l'autre voix. "Comment les �toiles vivent, comment elles se pr�servent de la mort, comment elles meurent. Et ils ne se demandent jamais si un tel savoir pourrait �tre dangereux."</p><p>"Pour �tre enti�rement franc, professeur, cette pens�e en particulier ne m'�tait jamais venue non plus."</p><p>"Vous �tes un n�-Moldu. Je ne parle pas de votre sang, je parle de la fa�on dont vous avez v�cu vos ann�es d'enfance. Il y a l� une certaine libert� de pens�e, oui. Mais il y a aussi de la sagesse dans la prudence des sorciers. Cela fait trois cent vingt-deux ans que le pays d'Italie magique a �t� d�truit par la folie d'un seul homme. De tels incidents �taient courant � l'�poque o� Poudlard fut cr��e. Encore plus � l'�poque qui suivit Merlin. D'avant Merlin, il ne reste que peu � �tudier."</p><p>"Il y a environ trente ordres de grandeur entre �a et faire exploser le soleil," remarqua Harry, puis il se reprit. "Mais j'ergote, pardon, faire exploser un pays aussi serait mal, je suis d'accord. Quoi qu'il en soit, professeur, je ne compte pas faire quoi que ce soit qui y ressemble."</p><p>"Nul besoin que vous le vouliez, M. Potter. Si vous aviez lu plus de romans pour sorciers et moins de romans pour Moldus, vous le sauriez. Dans la litt�rature s�rieuse, le sorcier dont la sottise menace de rel�cher les Hommes-Os Tra�nants ne serait pas consciemment r�solu � atteindre ce but, cela, c'est bon pour les livres d'enfants. Ce sorcier r�ellement dangereux sera peut-�tre r�solu � accomplir quelque autre projet dont il comptera tirer grand renom, et la certitude de perdre ce renom et de vivre sa vie en inconnu lui semblera bien plus r�elle que la possibilit� ignor�e de d�truire son pays. Ou il aura promis le succ�s � quelqu'un qu'il ne peut se permettre de d�cevoir. Peut-�tre ses enfants sont-ils endett�s. Il y a dans ces histoires une grande sagesse litt�raire, n�e d'exp�riences difficiles et de villes de cendres. Le plus s�r chemin vers le d�sastre est un puissant sorcier qui, quelle qu'en soit la raison, ne sait pas s'arr�ter une fois apparus les signes d'avertissements. Bien qu'il parle haut et fort de prudence, il ne peut pas se contraindre � vraiment s'arr�ter. Je me demande, M. Potter si vous avez song� � essayer quelque chose que Hermione Granger elle-m�me vous aurait dit de ne pas faire ?"</p><p>"Tr�s <emphasis>bien</emphasis>, j'ai compris," dit Harry. "Professeur, je suis bien conscient du fait que si je sauve Hermione au prix de deux autres vies, j'aurai perdu des points en termes utilitaristes. Je suis <emphasis>extr�mement</emphasis> conscient du fait Hermione ne voudrait pas que je prenne le risque de d�truire tout un pays juste pour la sauver. C'est du bon sens."</p><p>"Enfant qui d�truit les D�traqueurs," dit la voix douce, "s'il n'y avait qu'un seul pays dont je craignais que vous provoquassiez la destruction, je serais moins inquiet. Je ne croyais pas, au d�but, que votre connaissance de la science moldue et de ses pratiques serait une source de grand pouvoir. J'y crois maintenant plus. Je suis, pour �tre parfaitement sinc�re, inquiet pour cette plaque en or."</p><p>"Eh bien, si la science-fiction m'a appris quoi que ce soit," dit Harry, "c'est que d�truire un syst�me solaire n'est pas moralement acceptable, surtout si on le fait avant que l'humanit� n'ait colonis� un autre syst�me stellaire."</p><p>"Alors vous abandonnerez cette�"</p><p>"Non," dit Harry sans m�me r�fl�chir avant d'ouvrir la bouche. Apr�s un moment, il ajouta : "Mais je comprends ce que vous essayez de me dire."</p><p>Silence. Les �toiles ne s'�taient pas d�plac�es, pas m�me d'autant qu'elles ne l'auraient fait dans le ciel terrestre.</p><p>Un tr�s l�ger bruissement, comme si quelqu'un r�ajustait sa position. Harry se rendit compte qu'il �tait rest� debout un moment sans bouger et s'assit sur le cercle quasiment invisible qui demeurait sous lui en faisant attention de ne pas toucher aux bords du sortil�ge.</p><p>"Dites-moi," dit la voix douce. "Pourquoi cette fille a-t-elle autant d'importance pour vous ?"</p><p>"Parce qu'elle est mon amie."</p><p>"Dans l'anglais tel qu'il est usit�, M. Potter, le mot 'ami' n'est pas associ� � la notion d'un effort d�sesp�r� visant � r�animer les morts. Avez-vous l'impression qu'elle est votre v�ritable amour, ou quelque chose comme cela ?"</p><p>"Oh, pas vous aussi," dit Harry d'un ton las. "Entre tous, pas vous, professeur. D'accord, nous sommes meilleurs amis, mais c'est <emphasis>tout</emphasis>, d'accord ? Cela suffit. Les amis ne laissent pas leurs amis rester morts."</p><p>"Les gens normaux n'en font pas tant pour ceux qu'ils disent �tre leurs amis." La voix semblait � pr�sent plus distante, plus absente. "Pas m�me pour ceux qu'ils disent aimer. Leurs compagnons meurent et ils ne partent pas � la recherche d'un pouvoir permettant de les ressusciter."</p><p>Harry ne put s'en emp�cher. Il regarda � nouveau, sachant que ce serait futile, et ne vit que des �toiles. "Laissez-moi deviner, vous avez d�duit de cette observation que� les gens n'accordent pas autant d'importance � leurs amis qu'ils le pr�tendent."</p><p>Un bref rire. "Il leur serait difficile de pr�tendre leur en accorder <emphasis>moins</emphasis>."</p><p>"Ils leur en accordent, professeur, et pas seulement � leur v�ritable amour. Des soldats se jettent sur des grenades pour sauver leurs amis, des m�res se pr�cipitent dans des maisons en flammes pour sauver leur enfant. Mais si vous �tes un Moldu, vous ne savez pas que la magie existe et qu'elle peut ramener les gens � la vie. Et les sorciers normaux ne� <emphasis>sortent pas des sentiers battus</emphasis> comme �a. Apr�s tout, la plupart des sorciers ne recherchent pas comment devenir assez puissants pour se rendre <emphasis>eux-m�mes</emphasis> immortels. Est-ce que �a prouve qu'ils n'accordent aucune importance � leur vie ?"</p><p>"Comme vous le dites, M. Potter. Je jugerais certainement que leur vie n'a aucun sens et aucune valeur. Peut-�tre, en quelque lieu cach� de leur c�ur, croient-ils eux aussi que l'opinion que j'ai d'eux est correcte."</p><p>Harry secoua la t�te, puis, agac�, releva la capuche de la Cape et secoua de nouveau la t�te. "Cela me semble �tre un point de vue <emphasis>choisi</emphasis> sur le monde, Professeur," dit le visage mal �clair� d'un gar�on suspendu au-dessus d'un cercle d'herbe sombre au milieu des �toiles. "Quelqu'un de normal n'essaierait tout simplement pas d'inventer un sortil�ge de r�surrection, si bien que vous ne pouvez rien d�duire du fait qu'ils ne le font pas."</p><p>Un instant plus tard, la silhouette mal �clair�e d'un homme assis sur un cercle d'herbe devint visible.</p><p>"S'ils se pr�occupent <emphasis>vraiment</emphasis> de ceux qu'ils disent aimer," dit doucement le professeur Quirrell, "pourquoi n'y pensent-ils pas ?"</p><p>"Les cerveaux ne fonctionnent pas comme �a. Ils ne mettent pas le turbo quand l'enjeu augmente - ou s'ils le font, c'est dans le cadre de contraintes strictes. Je ne pourrais pas calculer la milli�me d�cimale de pi, m�me si la vie de quelqu'un en d�pendait."</p><p>Le visage mal �clair� s'inclina. "Mais il y a une autre explication possible, M. Potter. C'est que les gens jouent le <emphasis>r�le</emphasis> de l'amiti�. Ils en font autant que le r�le exige d'eux et rien de plus. L'id�e me vient que la diff�rence entre vous et eux n'est peut-�tre pas que vous vous souciez plus des choses qu'eux. Pourquoi seriez-vous n� dot� de sentiments d'amiti� anormalement forts, si bien que vous seul entre tous les sorciers auriez la motivation n�cessaire � ressusciter Hermione Granger apr�s sa mort ? Non, la diff�rence la plus probable n'est pas que c'est plus important pour vous. C'est que, �tant un �tre plus logique qu'eux, vous avez �t� seul � penser que le r�le d'un Ami exigeait un tel acte de votre part."</p><p>Harry regarda les �toiles. Il aurait menti s'il avait pr�tendu ne pas avoir �t� secou�. "�a� �a ne peut pas �tre vrai, professeur. Je pourrais citer dix exemples de romans Moldus o� les gens vont jusqu'� ressusciter leurs amis morts. Les auteurs de ces histoires comprenaient clairement ce que je ressens pour Hermione. M�me si vous ne les avez pas lues, j'imagine que� peut-�tre Orph�e et Eurydice ? Je n'ai � vrai dire pas lu celle-ci mais je sais ce qui s'y passe."</p><p>"De telles histoires sont aussi racont�es parmi les sorciers. Il y a l'histoire des fr�res Elric. L'histoire de Dora Kent, qui fut prot�g�e par son fils Saul. Il y a Ronald Mallett et son d�fi au Temps perdu d'avance. En Italie, avant sa chute, le drame de Precia Testarossa. Au Japon, on parle de Akema Homura et de son amour perdu. Ce que ces histoires ont en commun, M. Potter, c'est qu'elles sont des <emphasis>fictions</emphasis>. Les vrais sorciers ne s'y essaient pas, alors que l'id�e ne d�passe clairement <emphasis>pas</emphasis> leurs capacit�s d'imagination."</p><p>"Parce qu'ils ne pensent pas que c'est <emphasis>possible !</emphasis>". La voix de Harry monta.</p><p>"Devrions-nous aller voir le bon professeur McGonagall et lui parler de votre intention de trouver un moyen de ressusciter Mlle Granger afin de d�couvrir ce qu'elle en pense ? Peut-�tre ne lui est-il jamais venu � l'esprit d'envisager cette option� ah, mais vous h�sitez. Vous connaissez d�j� la r�ponse, M. Potter. Savez-vous pourquoi vous la connaissez ?" On pouvait entendre le froid sourire derri�re la voix. "Une d�licieuse technique que voil�. Merci de me l'avoir enseign�e."</p><p>Harry �tait conscient de la tension de son visage et ses mots sembl�rent avoir �t� hach�s. "Le professeur McGonagall n'a pas grandi avec le concept moldu d'un pouvoir scientifique en expansion et personne ne lui a jamais dit que quand la vie d'un amie est en jeu, le moment est venu de <emphasis>r�fl�chir de fa�on tr�s rationnelle�</emphasis>"</p><p>La voix de professeur de D�fense monta aussi d'un ton. "Le professeur de m�tamorphose <emphasis>lit un script</emphasis>, M. Potter ! Ce script lui demande de pleurer et faire son deuil afin que tous sachent � quel point elle se souciait de Hermione. Les gens ordinaires r�agissent mal si on leur sugg�re de d�vier du script. Comme vous le saviez d�j� !"</p><p>"C'est dr�le, j'aurais pu jurer avoir vu le professeur McGonagall d�vier du script au d�ner d'hier. Si je la voyais en d�vier dix autres fois j'irais peut-�tre bien lui parler de ressusciter Hermione, mais pour l'instant tout cela est nouveau pour elle et elle a besoin de pratique. En d�finitive, professeur, ce que vous essayez de balayer en expliquant que l'amour, l'amiti� et tout le reste ne sont qu'un mensonge, c'est juste que <emphasis>les �tres humains sont limit�s.</emphasis>"</p><p>La voix du professeur de D�fense monta encore d'un ton. "Si c'�tait vous qui aviez �t� tu� par le troll, il ne serait m�me pas <emphasis>venu � l'esprit</emphasis> de Hermione Granger de faire pour vous ce que vous faites pour elle ! �a ne viendrait ni � Draco Malfoy, ni � Neville Londubat non plus, ni � McGonagall ni � aucun de vos pr�cieux amis ! Il n'y a pas une seule personne au monde qui vous rendrait le soin que vous prenez d'eux ! Alors <emphasis>pourquoi</emphasis> ? Pourquoi le faire, M. Potter ?" Il y avait un �trange d�sespoir fou dans sa voix. "Pourquoi �tre le seul au monde � faire autant d'effort pour maintenir les apparences quand aucun d'eux ne fera jamais de m�me pour vous ?"</p><p>"Je pense que vous vous trompez sur une question de fait, professeur," r�pondit Harry d'une voix neutre. "Sur plusieurs, en fait. � minima, votre mod�le de mes �motions est erron�. Parce que vous ne me comprenez pas le moins de monde si vous pensez que la v�racit� de ce que vous venez de dire m'arr�terait. Toute chose en ce monde doit commencer quelque part, tout �v�nement doit se produire une premi�re fois. La vie sur Terre a d� commencer par quelque petite mol�cule capable d'auto-r�plication. Et si j'�tais la premi�re personne au monde, non�"</p><p>La main de Harry fit un geste, comme pour indiquer les points lumineux incroyablement lointains.</p><p>"� si j'�tais la premi�re personne de <emphasis>l'univers</emphasis> � vraiment me soucier d'un autre, ce qui est <emphasis>faux</emphasis>, au fait, alors ce serait pour moi un honneur d'�tre cette personne et j'essaierai de m'en rendre digne."</p><p>Il y eut un long silence.</p><p>"Vous vous souciez r�ellement de cette fille," dit doucement l'obscure silhouette de l'homme. "Vous vous souciez d'elle comme <emphasis>aucun</emphasis> d'eux n'est capable de se soucier de sa propre vie et encore moins de celle de leur prochain." La voix du professeur de D�fense devint �trange, comme emplie d'une �motion ind�chiffrable. "Je ne le comprends pas, mais je sais jusqu'o� vous irez. Vous d�fierez la mort pour elle. Rien ne vous fera d�vier."</p><p>"Je m'en soucie assez pour vraiment faire un effort," dit doucement Harry. "Oui, c'est vrai."</p><p>La lumi�re c�leste commen�a � se fracturer lentement, le monde commen�a � �tre visible � travers les fissures ; des balafres dans la nuit r�v�l�rent des arbres et des feuilles illumin�es par le soleil. Harry leva une main, cligna plusieurs fois des yeux, alors que la lumi�re revenait s'�craser dans ses yeux ajust�s au noir ; et ceux-ci se pos�rent automatiquement sur le professeur de D�fense juste au cas o� une attaque se produirait pendant qu'il �tait aveugl�.</p><p>Lorsque toutes les �toiles furent parties, que seul le jour demeura, le professeur Quirrell �tait toujours assis sur l'herbe. "Eh bien, M. Potter," dit-il de sa voix normale, "si c'est ainsi, alors je vous aiderai de mon mieux tant que je le pourrai."</p><p>"Vous ferez <emphasis>quoi</emphasis> ?" dit involontairement Harry.</p><p>"L'offre que je vous ai faite hier tient toujours. Interrogez-moi et je r�pondrai. Montrez-moi les livres scientifiques qui vous semblaient convenir � M. Malfoy, je les lirai et vous dirai ce qui me vient � l'esprit. N'ayez pas l'air aussi surpris, M. Potter, je n'allais certainement pas vous laisser vous d�brouiller tout seul."</p><p>Harry le regarda ; ses canaux lacrymaux toujours actifs en r�action � la lumi�re soudaine.</p><p>Le professeur Quirrell le regarda en retour. Quelque chose d'�trange scintilla dans les yeux p�les. "J'ai fait ce que j'ai pu, et j'ai maintenant peur de devoir prendre cong�. A�" et le professeur de D�fense h�sita. "� bient�t, M. Potter."</p><p>"��" commen�a Harry.</p><p>L'homme assis sur l'herbe tomba et sa t�te frappa le sol avec un petit bruit sourd. Au m�me moment, la sensation funeste diminua tant que Harry bondit sur pied et que son c�ur se mit � battre la chamade.</p><p>Mais la silhouette au sol se redressa assez pour pouvoir ramper. Puis se tourna pour regarder Harry, les yeux vides, la m�choire pendante. Essaya de se lever, retomba au sol.</p><p>Harry fit un pas en avant, son instinct lui dit de tendre la main, bien que ce fut incorrect ; l'appr�hension qui monta en lui, aussi faible qu'elle soit, lui dit qu'un danger �tait toujours pr�sent.</p><p>Mais la silhouette tomb�e recula devant Harry et commen�a � lentement ramper � l'�cart, en direction du lointain ch�teau.</p><p>Debout dans la for�t, le gar�on le regarda partir.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 96*: R�les, partie 7</strong></p><p><emphasis>Note de l'auteur : Pour ceux qui n'ont pas lu l'histoire originale : la pancarte a quelque peu chang�, mais l'inscription est la m�me que dans la version de J.K. Rowling.</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis>La quatri�me rencontre :</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis>(Le 17 avril 1992 � 16h38)</emphasis></p><p>L'homme qui portait la manteau us� et chaud ainsi que trois l�g�res cicatrices pour toujours grav�es sur sa joue observait Harry d'aussi pr�s que possible tandis que le gar�on d�ambulait poliment entre les rang�es de maisonnettes. Pour quelqu'un dont la meilleure amie �tait morte la veille, Harry Potter semblait �trangement tranquille, sans que cela ne laisse toutefois penser qu'il �tait insensible ou qu'il trouve cela normal. <emphasis>Je ne souhaite pas en parler</emphasis>, avait dit le gar�on, <emphasis>avec vous ou qui que ce soit d'autre</emphasis>. Il avait dit 'souhaite' et non pas 'veux', comme pour insister sur le fait qu'il �tait capable d'utiliser des mots d'adulte et de prendre des d�cisions d'adulte. Remus n'avait pu songer qu'� une chose susceptible d'aider apr�s avoir re�u les chouettes du professeur McGonagall et de cette �trange homme nomm� Quirinus Quirrell.</p><p>"Il y a beaucoup de maisons vides," dit Harry, apr�s avoir jet� un nouveau coup d'�il.</p><p>Godric's Hollow avait chang� pendant la d�cennie depuis que Remus Lupin avait cess� de s'y rendre fr�quemment. Nombre des vieilles maisonnettes pointues semblaient d�sertes, et de grandes vignes feuillues grimpaient sur les fen�tres et les portes. La Grande Bretagne s'�tait r�duite de fa�on notable � la suite de la guerre des sorciers car elle n'avait pas perdu que les morts mais aussi les fuyards. Godric's Hollow avait �t� particuli�rement touch�. Plus tard, encore d'autres familles s'�taient d�plac�es, vers Pr�-au-Lard ou la Londres magique, car les maisons d�sert�es �taient devenues un rappel trop d�rangeant.</p><p>D'autres �taient rest�s. Godric's Hollow �tait plus ancien que Poudlard, plus ancien que Godric Gryffondor, qui lui avait donn� son nom, et il y avait l� des familles qui r�sideraient ici jusqu'� la fin du monde et de sa magie.</p><p>Les Potter avaient �t� l'une de ces familles et le seraient � nouveau si le dernier d'entre eux le d�cidait.</p><p>Remus Lupin essaya d'expliquer tout cela, simplifiant de son mieux pour le jeune gar�on. Le Serdaigle hochait pensivement la t�te et ne parlait pas, comme s'il comprenait tout sans avoir besoin de poser de questions. Peut-�tre �tait-ce le cas ; l'enfant de James Potter et Lily Evans, pr�fet et pr�f�te en chef de Poudlard, ne risquait pas d'�tre stupide. L'enfant lui avait certainement sembl� tr�s intelligent lors de leur courte conversation de janvier, bien qu'alors ce fut surtout Remus qui avait parl�.</p><p>(Il y avait aussi cette histoire avec le Magenmagot dont Remus avait entendu des rumeurs, mais il n'en croyait pas un mot, pas pu qu'il ne croyait que James avait promis son fils en mariage � la plus jeune fille de Molly).</p><p>"Voil� le monument," dit Remus en tendant la main vers l'avant.</p><empty-line/><p>Harry marcha � c�t� de M. Lupin vers l'ob�lisque de marbre noir tout en r�fl�chissant en silence. Il lui semblait que cette aventure �tait profond�ment malavis�e ; il n'avait besoin d'aucun accompagnement dans le deuil, n'ayant pas choisi cette voie. En ce qui le concernait, les cinq �tapes du deuil �taient Rage, Remords, R�solution, Recherche et R�surrection (non pas que les 'cinq �tapes du deuil' aient jamais b�n�fici� de la moindre confirmation exp�rimentale dont Harry ait entendu parler). Mais M. Lupin �tait apparu trop sinc�re pour que Harry puisse refuser ; et il avait sembl� � Harry qu'il se devait de ne pas refuser une visite chez James et Lily. Il marchait donc, empli d'un sentiment d'�trange d�tachement ; il marchait silencieusement comme au milieu d'une pi�ce dont la lecture du texte ne l'aurait pas int�ress�.</p><p>On avait dit � Harry de ne pas porter la Cape d'Invisibilit� pendant son voyage afin que M. Lupin puisse le garder � l'�il.</p><p>Harry �tait certain que Dumbledore, et peut-�tre aussi Maugrey Fol-�il, attendaient tous les deux, invisibles, pour voir si quelqu'un mordrait � l'hame�on. Il �tait impensable qu'on ait laiss� Harry sortir de Poudlard avec Remus Lupin pour seule protection. Harry ne s'attendait pas � ce que quoi que ce soit se produise. Il n'avait rien vu venir contredire l'hypoth�se selon laquelle tout le danger �tait concentr� � Poudlard et � Poudlard seulement.</p><p>Alors qu'ils s'approchaient du centre de la ville, l'ob�lisque de marbre se transforma en�</p><p>Harry inspira brusquement sous le coup de la surprise. Il s'�tait attendu � voir un James Potter dans une pose h�ro�que, baguette brandie face � Lord Voldemort, et Lily Potter bras tendus devant le berceau.</p><p>Au lieu de cela on pouvait voir un homme aux cheveux et aux lunettes sales, une femme aux cheveux d�tach�s, un b�b� dans ses bras, et c'�tait tout.</p><p>"�a m'a l'air tr�s� normal," dit Harry, et il sentit que sa voix lui �chappait.</p><p>"Madame Londubat et le professeur Dumbledore y ont particuli�rement tenu," dit M. Lupin, qui regardait plus Harry que le monument. "Ils ont dit que nous devions nous souvenir des Potter comme ils avaient v�cu, pas comme ils �taient morts."</p><p>Harry regarda la statue et r�fl�chit. Tr�s �trange, de se voir sous la forme d'un b�b� de pierre, sans cicatrice sur le front. C'�tait un aper�u d'un monde parall�le, d'un monde o� Harry James Potter (sans Evans-Verres dans son nom) devenait un �rudit intelligent mais ordinaire du monde des sorciers apr�s avoir peut-�tre �t� R�parti � Gryffondor. Un Harry Potter qui grandissait pour devenir un bon petit sorcier, sans grand savoir scientifique, m�me avec une m�re n�e-Moldue. Qui faisait au final� bien peu. James et Lily n'auraient pas �duqu� leur fils pour qu'il ait ce que le professeur Quirrell aurait appel� <emphasis>l'ambition</emphasis> et ce que le professeur Verres-Evans aurait appel� <emphasis>la poursuite de l'effort commun</emphasis>. Ses parents biologiques l'auraient beaucoup aim�, et �a n'aurait pas aid� grand-monde sauf Harry. Si quelqu'un avait d�fait leur mort�</p><p>"Vous �tiez leur ami," dit Harry en se retournant vers Lupin. "Depuis longtemps, depuis votre enfance."</p><p>M. Lupin acquies�a silencieusement.</p><p>La voix du professeur Quirrell r�sonna dans le souvenir approximatif de Harry : <emphasis>La diff�rence la plus probable n'est pas que vous y accordez plus d'importance. C'est plut�t que, �tant une cr�ature plus logique qu'eux, seul vous �tes conscient du fait que le r�le d'Ami exige cet acte de votre part�</emphasis></p><p>"Quand Lily et James sont morts," dit Harry, "vous �tes-vous le moins du monde demand� s'il pourrait y avoir quelque objet magique capable de les ramener ? Comme Orph�e et Eurydice ? Ou comme les, comment s'appelaient-ils d�j�, les fr�res Elrin ?"</p><p>"Aucune magie ne peut d�faire la mort," dit doucement M. Lupin. "Il y a certains myst�re que les sorciers ne peuvent atteindre."</p><p>"Avez-vous effectu� une v�rification mentale de ce que vous saviez, de pourquoi vous le saviez, et de la probabilit� de cette conclusion ?"</p><p>"Quoi ?" dit M. Lupin. "Pourrais-tu r�p�ter �a, Harry ?"</p><p>"Je vous demande si vous y avez quand m�me r�fl�chi."</p><p>M. Lupin secoua la t�te.</p><p>"Pourquoi pas ?"</p><p>"Parce que c'�tait fait, c'�tait accompli," dit Remus Lupin avec gentillesse. "Parce que, o� que soient James et Lily � pr�sent, ils voudraient que j'agisse pour le bien des vivants, pas pour celui des morts."</p><p>Harry hocha silencieusement la t�te. Il avait �t� assez certain de ce que serait la r�ponse avant de poser la question. Il connaissait d�j� ce script. Mais il avait quand m�me pos� la question, juste au cas o� M. Lupin aurait v�cu une semaine obs�d� par cette question, car Harry aurait pu se tromper.</p><p>La douce voix du professeur de D�fense sembla parler dans l'esprit de Harry. <emphasis>Si Lupin se souciait vraiment d'eux, il n'aurait certainement pas eu besoin d'une aide particuli�re pour faire une chose aussi simple que d'y r�fl�chir cinq minutes avant d'abandonner�</emphasis></p><p><emphasis>Si</emphasis>, r�pondit Harry � la voix mentale. <emphasis>Un humain n'obtiendrait pas cette capacit� simplement parce qu'il est pr�occup�. Je l'ai acquise parce que j'ai lu certains livres � la biblioth�que, produits par un immense �difice scientifique�</emphasis></p><p>Et l'autre partie de Harry dit de cette m�me voix douce : <emphasis>Mais il y a une autre hypoth�se, M. Potter, et elle cadre beaucoup plus simplement avec les observations.</emphasis></p><p><emphasis>Pas du tout ! Comment les gens sauraient-ils quoi pr�tendre si personne ne s'�tait jamais souci� de son prochain ?</emphasis></p><p><emphasis>Ils ne le savent pas. C'est ce que vous observez.</emphasis></p><p>Ils continu�rent d'avancer vers une certaine maison derri�re une longue rang�e de maisonnettes habit�es et d'autres recouvertes de vignes.</p><p>Ils arriv�rent enfin � la maison dont la partie sup�rieure avait vol�e en �clat et o� des feuilles vertes s'avan�aient vers l'int�rieur, situ�e derri�re une haie longeant l'all�e devenue sauvage et qui montait � hauteur d'�paule, ainsi que derri�re un �troit portail en m�tal (Hagrid l'avait probablement enjamb� car il aurait �t� trop gros pour passer). Le trou dans le plafond donnait l'impression qu'une bouche g�ante avait prit une bouch�e circulaire de la maison, laissant d�passer des tiges de bois qui avaient probablement �t� des poutres de soutien. � droite, une chemin�e se dressait encore, �pargn�e par la bouch�e g�ante, mais dangereusement pench�e maintenant qu'elle �tait priv�e de son ancien tuteur. Les vitres �taient fracass�es. L� o� l'ont aurait d� trouver une porte d'entr�e on ne trouvait plus que des �chardes de bois.</p><p>Ici, Lord Voldemort �tait venu, <emphasis>en silence, il faisait moins de bruit que les feuilles mortes qui glissaient le long des pav�s�</emphasis></p><p>Remus Lupin pla�a une main sur l'�paule de Harry. "Touche la porte," dit M. Lupin.</p><p>Harry tendit une main et s'ex�cuta.</p><p>Une inscription jaillit comme une fleur � l'�closion soudaine entre les mauvaises herbes enchev�tr�es derri�re le portail ; une signe de bois aux lettres d'or qui disait :</p><p>Ici, la nuit du 32 Octobre 1981,</p><empty-line/><p>Lily et James Potter ont perdu la vie.</p><p>Ne leur survit que leur fils, Harry Potter,</p><empty-line/><p>le seul sorcier � avoir jamais r�sist� au sortil�ge de la Mort, le Survivant, qui brisa le pouvoir de Vous-Savez-Qui.</p><p>Cette maison a �t� laiss�e dans son �tat de ruine,</p><empty-line/><p>en monument aux Potter,</p><empty-line/><p>en rappel de leur sacrifice.</p><p>Dans l'espace vide sous les lettres d'or �taient inscrits d'autres messages, des dizaines, d'une encre magique qui montait � la surface et luisait assez longtemps pour �tre lue avant de s'estomper et de laisser place � d'autres messages :</p><p>Mon Gideon est enfin veng�</p><p>Merci, Harry Potter. Sois b�nis, o� que tu sois.</p><p>Nous serons � jamais d�biteurs de Harry Potter</p><p>James, Lily, je suis navr�.</p><p>J'esp�re que vous �tes en vie, Harry Potter</p><p>Il y a toujours un prix</p><p>J'aurais aim� que nos derniers mots soient plus tendres, James. Je suis navr�.</p><p>Apr�s la nuit vient toujours l'aube.</p><p>Repose sereine, Lily</p><p>Sois b�ni, Survivant. Tu fus notre miracle.</p><p>"J'imagine�" dit Harry. "J'imagine que c'est ce que les gens font� au lieu d'essayer d'arranger les choses�" Harry se tut. Cette pens�e ne lui sembla pas digne de cet endroit. Il leva les yeux et vit Remus Lupin l'observer avec tant de gentillesse que Harry s'arracha � cette vue et s'int�ressa au toit d�truit, explos�.</p><p><emphasis>Tu fus notre miracle</emphasis>. Harry avait toujours entendu utiliser le mot 'miracle' dans des phrases destin�es � indiquer qu'ils n'existaient pas. Et pourtant, en regardant cette maison d�truite, il sut soudain exactement ce que le mot signifiait, ce soup�on de gr�ce inexpliqu�e. Le Seigneur des T�n�bres avait presque gagn�, puis en une nuit toute la terreur, toutes les t�n�bres s'�taient achev�es, un salut injustifi�, une aube soudaine jaillie des t�n�bres sans que personne ne sache m�me <emphasis>pourquoi</emphasis>�</p><p>Si Lily Potter avait surv�cu � sa confrontation avec Lord Voldemort, c'est ce qu'elle aurait ressenti en voyant que son b�b� avait surv�cu.</p><p>"Allons-y," murmura le b�b�, dix ans plus tard.</p><p>Ils partirent.</p><p>L'entr�e du cimeti�re �tait prot�g�e par un portail sans cadenas, de ceux qui maintenaient les animaux � l'�cart, avec un endroit o� se tenir pendant que l'on d�pla�ait la porte. Remus sortit sa baguette (Harry tenait d�j� la sienne) et sa vue se troubla bri�vement lorsqu'ils entr�rent.</p><p>Certaines des pierres plant�es dans le sol avaient l'air d'�tre aussi vieilles que ce mur � Oxford que son p�re avait dit �tre vieux d'environ mille ans.</p><p><emphasis>Hallie Fleming</emphasis>, pouvait-on lire sur la premi�re pierre que vit Harry, les mots grav�s rendus presque invisibles par l'�rosion du temps. <emphasis>Vienna Wood</emphasis>, pouvait-on lire sur une autre.</p><p>Il y avait longtemps que Harry avait visit� un cimeti�re. La derni�re fois, son esprit avait encore �t� enfantin, longtemps avant qu'il ne plonge son regard dans l'ombre de la Mort. Venir ici, maintenant, �tait��trange, triste, d�routant, et <emphasis>cela se produit depuis si longtemps, pourquoi les sorciers n'ont ils pas essay� de l'emp�cher, pourquoi n'investissent-ils pas toutes leurs forces dans ce projet comme les Moldus dans la recherche m�dicale, mais avec encore plus d'intensit�, les sorciers ont de meilleures raisons d'esp�rer�</emphasis></p><p>"Les Dumbledore vivaient aussi � Godric's Hollow ?" dit Harry lorsqu'ils d�pass�rent deux pierres relativement neuves marqu�es <emphasis>Kendra Dumbledore</emphasis> et <emphasis>Ariana Dumbledore</emphasis>.</p><p>"Depuis tr�s, tr�s longtemps," dit M. Lupin.</p><p>Ils s'avanc�rent dans le cimeti�re, en atteignirent presque le bout, derri�re tous ces morts, tous pleur�s.</p><p>Puis M. Lupin indiqua deux pierres tombales jumelles, reli�es, d'un marbre encore blanc et neuf.</p><p>"Y aura-t-il des messages ici aussi ?" dit Harry. Il ne voulait plus avoir � se confronter � la fa�on dont les autres se confrontaient � la mort.</p><p>M. Lupin secoua la t�te.</p><p>Ils s'avanc�rent jusqu'aux pierres blanches reli�es.</p><p>Et se tint devant�</p><p>"Qu'est-ce c'est ?" chuchota Harry. "Qui� <emphasis>qui a �crit �a ?</emphasis>"</p><p>JAMES POTTER</p><empty-line/><p>N� LE 28 MARS 1960</p><empty-line/><p>MORT LE 31 OCTOBRE 1981</p><p>"�crit quoi ?" dit M. Lupin, interloqu�.</p><p>LILY POTTER</p><empty-line/><p>N�E LE 30 JANVIER 1960</p><empty-line/><p>MORTE LE 31 OCTOBRE 1981</p><p>"<emphasis>�a !</emphasis>" s'�cria Harry. "L'<emphasis>inscription !</emphasis>" Des larmes s'amoncelaient dans ses yeux, face la lueur �trang�re et inexpliqu�e, face au soup�on de gr�ce l� o� il n'y aurait pas d� y en avoir, face � la myst�rieuse b�n�diction, ses larmes s'amoncelaient face �</p><p>LE DERNIER ENNEMI QUI SERA D�TRUIT EST LA MORT</p><p>"�a ?" dit M. Lupin. "C'est la� devise, j'imagine qu'on pourrait dire �a, c'est la devise des Potter. M�me si je pense que �a n'a jamais �t� aussi formel que �a. C'est juste un dicton transmis depuis tr�s, tr�s longtemps�"</p><p>"C'est� ce�" Harry s'agenouilla tant bien que mal face � la tombe, toucha l'inscription d'une main tremblante. "<emphasis>Comment ?</emphasis> Ce genre de chose ne peut pas �tre, �tre <emphasis>g�n�tique</emphasis>�"</p><p>Puis Harry vit ce que ses larmes avaient brouill�es, la l�g�re gravure d'une ligne dans un cercle dans un triangle.</p><p>Le symbole des Reliques de la Mort.</p><p>Et Harry comprit.</p><p>"Ils ont essay�," chuchota Harry.</p><p><emphasis>Les trois fr�res Peverell.</emphasis></p><p><emphasis>Avaient-ils perdu quelqu'un qui leur �tait pr�cieux, est-ce ainsi que cela avait commenc� ?</emphasis></p><p>"Ils y ont consacr� leur vie, ils ont essay�, ils ont progress�"</p><p><emphasis>La Cape d'Invisibilit�, capable d'�chapper au regard des D�traqueurs.</emphasis></p><p>"�mais ils n'ont pas termin� leurs recherches�"</p><p><emphasis>Se cacher de l'ombre de la Mort ne revient pas � vaincre la Mort elle-m�me. La Pierre de R�surrection ne peut pas r�ellement faire revenir qui que ce soit. La Baguette de Sureau ne prot�ge pas de la vieillesse.</emphasis></p><p>"�ils ont alors transmis la mission � leurs enfants et aux enfants de leurs enfants."</p><p><emphasis>G�n�ration apr�s g�n�ration.</emphasis></p><p><emphasis>Jusqu'� en venir � moi.</emphasis></p><p>Le Temps pouvait-il produire de tels �chos, rimer entre un futur et un pass� si lointains ? Cela ne <emphasis>pouvait pas</emphasis> �tre une co�ncidence. Pas ce message, pas ici.</p><p><emphasis>Ma famille.</emphasis></p><p><emphasis>Vous �tiez v�ritablement mon p�re et ma m�re.</emphasis></p><p>"�a ne parle pas de ressusciter les morts, Harry," dit M. Lupin. "�a parle d'accepter la mort, de pouvoir la d�passer, la ma�triser."</p><p>"Est-ce que James vous a dit �a ?" dit Harry d'une voix �trange.</p><p>"Non," dit M. Lupin, "mais�"</p><p>"Bien."</p><p>Harry se releva lentement de sa position agenouill�e avec la sensation de pousser un soleil sur ses �paules, de faire se lever l'aube au-dessus de l'horizon.</p><p><emphasis>Bien</emphasis> s�r <emphasis>que d'autres sorciers ont essay�. Je ne suis pas unique. Je n'ai jamais �t� seul. Ces sentiments que je ressens en moi, ils ne sont pas particuli�rement sp�ciaux, pas plus dans le monde des sorciers que dans le monde Moldu.</emphasis></p><p>"Harry, ta baguette ?" La voix de M. Lupin s'�tait soudain agit�e, et lorsque Harry leva sa baguette pour la regarder de plus pr�s, il vit qu'elle luisait, tr�s l�g�rement, d'une lueur argent�e qui suintait du bois.</p><p>"Lance le Patronus !" le pressa M. Lupin. "R�essaye de le lancer, Harry !"</p><p><emphasis>Ah oui, pour ce qu'il en sait, je ne peux pas�</emphasis></p><p>Harry sourit, rit m�me un peu. "Il ne vaut mieux pas," dit Harry. "Si j'essayais de lancer le sortil�ge dans mon �tat d'esprit actuel, �a me tuerait probablement."</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit M. Lupin. "Le Patronus ne fait pas �a !"</p><p>Harry James Potter-Evans-Verres leva sa main gauche, toujours en riant, et essuya quelques-unes des larmes.</p><p>"Vous savez, M. Lupin," dit Harry, "il faut vraiment �tre capable d'interpr�ter les choses de fa�on <emphasis>baroque</emphasis> pour pouvoir penser que quelqu'un, songeant que la mort est une chose que nous devrions tous accepter, communiquerait son �tat d'esprit en disant : 'Le dernier ennemi qui sera d�truit est la mort'. Peut-�tre que quelqu'un a trouv� que c'�tait po�tique, qu'il a r�cup�r� la phrase et a tent� de l'interpr�ter diff�remment, mais celui ou celle qui l'a dit en premier n'appr�ciait pas beaucoup la mort." Harry trouvait parfois myst�rieux de voir comment les gens �taient capables de ne m�me pas <emphasis>remarquer</emphasis> qu'ils tordaient une phrase jusqu'� lui faire effectuer un revirement complet, � l'oppos� de sa signification premi�re �vidente. �a ne pouvait pas �tre une question d'intelligence brute, les gens pouvaient comprendre le sens �vident de la plupart des phrases en anglais. "D'autre part, 'sera d�truit' fait r�f�rence � une situation future, cela ne peut donc pas parler de l'�tat actuel des choses."</p><p>Remus Lupin le regardait avec des yeux �carquill�s. "Tu es certainement l'enfant de James et Lily," dit l'homme d'un air plut�t stup�fait.</p><p>"Oui, effectivement," dit Harry. Mais �a ne suffisait pas, il devait faire plus, alors il leva sa baguette et dit d'une voix aussi assur�e que possible : "Je suis Harry James Potter-Evans-Verres, le fils de Lily et James Potter de la maison Potter, et j'accepte la qu�te de ma famille. La Mort est mon ennemi et je le vaincrai."</p><p><emphasis>Thrayen beyn Peverlas soona ahnd thrih heera toal thissoom Dath bey yewoonen.</emphasis></p><p>"Quoi ?" dit Harry. Les mots �taient apparus dans sa conscience comme s'ils avaient �t� l'une de ses pens�es, sans autre explication.</p><p>"Qu'est-ce que c'�tait ?" dit Remus Lupin au m�me instant.</p><p>Harry se retourna, parcourut le cimeti�re du regard, mais il ne vit rien. � c�t� de lui, M. Lupin faisait de m�me.</p><p>Aucun d'eux ne remarqua la grande pierre, apparemment vieille de mille ans, sur laquelle une ligne dans un cercle dans un triangle luisait, tr�s l�g�rement, d'une couleur argent, semblable � la lumi�re qui avait �man� de la baguette de Harry, invisible � cette distance, sous le soleil encore radieux.</p><empty-line/><p><emphasis>Quelques temps plus tard :</emphasis></p><p>"Merci encore, M. Lupin," dit Harry au grand homme l�g�rement balafr� qui se pr�parait � repartir. "M�me si j'aurais vraiment aim� que vous ne�"</p><p>"Le professeur Dumbledore a dit que je devais te ramener par Portoloin � Poudlard si quoi que ce soit d'inhabituel arrivait, que cela ressemble � une attaque ou non," dit M. Lupin avec conviction. "Ce qui est fort raisonnable."</p><p>Harry hocha la t�te. Puis, ayant choisi avec soin de prononcer cette question en dernier : "Avez-vous la moindre id�e de ce que ces mots signifiaient ?"</p><p>"Si je le savais, je ne te le dirais pas," dit M. Lupin d'un air plut�t s�v�re. "Certainement pas sans la permission du professeur Dumbledore. Je peux comprendre ton impatience, mais tu ne devrais essayer de d�couvrir aucun secret ancestral des Potter avant d'�tre un adulte. C'est � dire apr�s avoir pass� des ASPICs, Harry, ou au moins tes BUSEs. Et je pense toujours que tu as tr�s mal compris le sens premier de la devise de ta famille !"</p><p>Harry hocha la t�te, soupira int�rieurement, et fit ses adieux � M. Lupin.</p><empty-line/><p>Harry retraversa Poudlard en direction de la tour Serdaigle avec une sensation �trange, comme s'il �tait devenu plus fort. Jamais il ne se serait attendu � aucun de ces �v�nements, mais ils avaient tous �t� pour le mieux.</p><p>Il traversait la salle commune Serdaigle, en chemin vers son dortoir.</p><p>C'est alors que la cr�ature lumineuse vint vers lui, d'un doux blanc qui �tincelait sous les torches de la salle commune Serdaigle, se glissant de nulle part, le serpent blanc.</p><empty-line/><p>�regen b�on Pefearles suna and �rie hira t�l �issum D�a� b�o gewunen.</p><p>Trois seront les fils Peverell et trois seront leurs instruments au moyen desquels la Mort sera vaincue.</p><p>- Dit en pr�sence des trois fr�res Peverell</p><empty-line/><p>dans une petite taverne en p�riph�rie de ce que l'on appellerait plus tard Godric's Hollow.</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 97*: R�les, partie 8</strong></p><p><emphasis>(Note de l'auteur : Je vous sugg�re de relire les derniers paragraphes du chapitre 96 avant de commencer celui-ci pour vous souvenir de ce qui se passe.)</emphasis></p><empty-line/><p>Pour la seconde fois de la journ�e, les yeux de Harry s'emplirent de larmes. Sans pr�ter attention aux regards interloqu�s des Serdaigle pr�sents dans la salle commune, il s'avan�a vers la cr�ature d'argent que Draco Malfoy avait envoy�e et la ber�a dans ses bras comme si elle �tait vivante ; puis il s'orienta vers sa chambre en chancelant, comme � moiti� aveugle, et se dirigea vers le fond de sa malle, le serpent d'argent silencieux entre ses bras.</p><empty-line/><p><emphasis>La cinqui�me rencontre : dimanche 19 avril � 10h12.</emphasis></p><p>La rencontre que Lord Malfoy avait exig�e de son d�biteur - qui lui devait 58.203 Gallions - se d�roulait, selon les lois Britanniques, � la banque centrale de Gringotts.</p><p>L'Enchanteur-en-chef Dumbledore y avait quelque peu r�sist� et avait essay� d'emp�cher Harry Potter de quitter la s�curit� de Poudlard (un mot auquel Harry Potter avait r�agit en levant les mains et en mimant des guillemets). Quant � lui, le Survivant avait sembl� m�diter en silence avant de consentir � la rencontre, et il avait �t� �trange qu'il accepte ainsi l'exigence de son ennemi.</p><p>Le directeur de Poudlard, qui du point de vue de l'Angleterre magique �tait le tuteur l�gal de Harry Potter, avait rejet� sa d�cision.</p><p>Le Comit� d'Examen des Dettes du Magenmagot avait rejet� la d�cision du directeur de Poudlard.</p><p>L'Enchanteur-en-Chef avait rejet� la d�cision du Comit� d'Examen des Dettes.</p><p>Le Magenmagot avait rejet� la d�cision de l'Enchanteur-en-chef.</p><p>Et ainsi le Survivant �tait parti pour la banque centrale de Gringotts sous la garde renforc�e de Maugrey Fol �il et d'un trio d'Aurors ; l'�il bleu vif de Maugrey pivotait follement en tous sens comme pour annoncer � un attaquant potentiel qu'il �tait Sur Ses Gardes, Constamment Vigilant, et qu'il incin�rerait avec joie les reins du premier qui �ternuerait en direction du Survivant.</p><p>Harry Potter traversa les portes grandes ouvertes de Gringotts que surplombait la devise <emphasis>Fortius Quo Fidelius</emphasis> en observant son environnement avec plus d'attention que les fois pr�c�dentes. Lors de ses trois derni�res visites � Gringotts il avait simplement admir� les piliers de marbre, les torches couleur or et l'architecture pas � tout � fait semblable � celle cr��e par les humains d'Angleterre magique. Entre-temps s'�taient produit l'Incident � Azkaban et d'autres choses ; et � pr�sent, pour sa quatri�me visite, Harry songeait � la R�bellion des Gobelins, au ressentiment constant de ces derniers concernant l'interdiction qui leur avait �t� faite d'avoir leur propre baguette, et � certains faits qui n'avaient pas �t� indiqu�s dans le livre de premi�re ann�e mais que Harry avait sus deviner par reconnaissance de motif et que le professeur Flitwick avait confirm�s d'une toute petite voix. Lord Voldemort avait tu� des gobelins et des sorciers - une d�cision incroyablement stupide de sa part, � moins que Harry ait rat� quelque chose - mais Harry ignorait enti�rement ce que les gobelins pensaient du Survivant. Ils avaient la r�putation de payer ce qu'ils devaient et de prendre ce qu'ils pensaient leur �tre d�, ainsi que celle d'interpr�ter ces questions de fa�ons quelque peu partielle.</p><p>Aujourd'hui, les gardes qui se tenaient bien droits dans leur armures, plac�s � intervalles r�guliers dans la banque, regardaient le Survivant avec un visage sans expression et observaient Maugrey et les Aurors d'un air furieux ponctu� de moments de m�pris amer. Aux comptoirs de l'entr�e de la banque, des employ�s gobelins observaient avec tout autant de m�pris les sorciers dont ils remplissaient les mains de Gallions ; l'un d'eux offrit un sourire dur et r�v�la ses dents � une sorci�re qui semblait �tre � la fois d�sesp�r�e et en col�re.</p><p><emphasis>Si je comprends bien la nature humaine - et si j'ai raison de penser que toutes les esp�ces magiques humano�des sont g�n�tiquement humains mais dot�s d'un effet magique h�r�ditaire - alors vous ne deviendrez probablement pas ami avec un sorcier juste parce que je serai poli envers vous ou parce que je dirai que je vous comprend. Mais je me demande si vous soutiendrez le Survivant dans sa tentative de renverser le minist�re, si je vous promettais de r�voquer ensuite la Loi de la Baguette� ou si je vous donnais discr�tement des baguettes et des livres de sortil�ges en �change de votre soutient� est-ce pour �a que le secret de la fabrication des baguettes est r�serv�e aux gens comme Ollivander ? Quoi que, si vous �tes vraiment humains, et seulement humains, alors la nation gobeline a probablement ses propres horreurs internes, sa propre Azkaban, car �a aussi, c'est la nature humaine ; auquel cas t�t ou tard je devrai aussi renverser ou r�former votre gouvernement. Hmm.</emphasis></p><p>Un Gobelin �g� apparut devant eux et Harry inclina la t�te avec une courtoisie gracieuse, un geste auquel le gobelin �g� r�pondit d'un semi hochement de t�te abrupte. Il n'y eut pas de montagnes russes ; le gobelin �g� se contenta de les introduire dans un bref couloir qui s'achevait sur une petite salle d'attente o� se trouvaient trois bancs � taille de gobelin et une chaise pour sorcier o� personne ne s'assit.</p><p>"Ne signe rien que Lucius Malfoy te tendra," dit Maugrey Fol �il. "<emphasis>Rien</emphasis>, c'est compris mon gars ? Si Malfoy te tend une copie des <emphasis>Merveilleuses Aventures du Survivant</emphasis> et te demande ton autographe, dis-lui que tu t'es foul� un doigt. N'effleure m�me pas une plume tant que tu seras � Gringotts. Si quelqu'un t'en tend une, casse-la et ensuite casse-toi les doigts. Est-ce que j'ai besoin de plus t'expliquer, petit ?"</p><p>"Pas particuli�rement," dit Harry. "On a aussi des avocats en Angleterre Moldue et les n�tres penseraient que les v�tres sont tr�s mignons."</p><p>Peu de temps apr�s, Harry Potter remit sa baguette � un garde gobelin en armure qui le fouilla au moyen de sondes toutes plus int�ressantes les unes que les autres avant de laisser � Maugrey la garde de sa bourse.</p><p>Puis Harry passa par une autre porte et sous une br�ve cascade du voleur qui s'�vapora d�s qu'il en sortit.</p><p>De l'autre c�t� de la porte, une pi�ce plus large, richement d�cor�e, dont toute la longueur �tait occup�e par une grande table en or ; deux immenses chaises de cuir d'un c�t� de la table et un petit tabouret de bois de l'autre, le perchoir du d�biteur. Deux gobelins en armure compl�te, munis d'oreillettes et de lunettes orn�es, se tenaient de chaque c�t� de la pi�ce. Aucun des deux camps n'aurait de baguette ou autre ustensile magique, et les gobelins attaqueraient imm�diatement si quiconque osait faire usage de magie sans baguette lors de cette rencontre pacifique supervis� par la banque de Gringotts. Les oreillettes orn�es emp�cheraient les gardes gobelins d'entendre la conversation, � moins que l'on ne s'adresse directement � eux, et les lunettes rendraient flous les visages des sorciers. En bref, il s'agissait quasiment d'un <emphasis>v�ritable</emphasis> syst�me de s�curit� - du moment que l'on �tait Occlumens.</p><p>Harry monta sur son tabouret de bois peu confortable en songeant <emphasis>que c'est subtil</emphasis> avec sarcasme et attendit ses cr�anciers.</p><p>L'intervalle de temps avant que Lucius n'entre dans la pi�ce fut tr�s court, bien plus court que le temps maximum pendant lequel on pouvait l�galement faire attendre un d�biteur. Il s'assit dans sa chaise de cuir avec une aisance forg�e par la pratique. Sa cane � t�te de serpent n'�tait plus dans ses mains, sa longue chevelure flottait � sa suite comme elle l'avait toujours fait ; son visage �tait insondable.</p><p>Un jeune gar�on aux cheveux blond-blanc le suivait sans faire de bruit, v�tu de robes plus fines que n'importe quel uniforme de Poudlard, et il marchait apr�s son p�re avec l'air de se contr�ler. Un gar�on qui �tait aussi cr�ancier de Harry � hauteur de quarante Gallions, qui appartenait aussi � la maison Malfoy et qui, techniquement, �tait donc concern� par la r�solution du Magenmagot � l'origine de cette rencontre.</p><p><emphasis>Draco.</emphasis> Harry ne parla pas � voix haute, il ne laissa pas l'expression de son visage changer. Il ne savait quoi dire. M�me <emphasis>Pardon</emphasis> ne semblait pas convenable. Il n'avait pas non plus os� dire cela au Patronus de Draco, lorsqu'ils avaient organis� cette rencontre en quelques �changes brefs ; et pas seulement parce que Lucius risquait d'�couter. Apprendre que la pens�e heureuse de Draco l'�tait toujours et qu'il pouvait encore d�sirer que Harry le sache avait suffit � satisfaire ce dernier.</p><p>Lucius Malfoy parla d'abord, voix neutre, visage d�cid�. "Je ne comprends pas ce qui se passe � Poudlard, Harry Potter. Pourriez-vous me l'expliquer ?"</p><p>"Je l'ignore," dit Harry. "Si je comprenais ces �v�nements, je ne les aurais pas laiss�s se produire, Lord Malfoy."</p><p>"Alors r�pondez � cette question. <emphasis>Qui</emphasis> �tes-vous ?"</p><p>Harry contempla avec calme le visage de son cr�ancier. "Je ne suis pas Vous-Savez-Qui, comme vous pensiez que je l'�tais," dit-il. N'�tant pas <emphasis>compl�tement</emphasis> idiot, il avait finit par comprendre � qui Lucius pensait s'adresser devant tout le Magenmagot. "Je ne suis �videmment pas un gar�on normal. De fa�on toute aussi �vidente, cela a <emphasis>probablement</emphasis> quelque chose � voir avec ce qui a fait de moi le Survivant. Mais j'en ignore les causes et les raisons autant que vous. J'ai pos� la question au Choixpeau et il les ignore aussi."</p><p>Lucius Malfoy hocha la t�te avec un regard distant. "Je n'ai pu trouver de raison qui vous pousserait � payer cent mille Gallions pour sauver la vie d'une Sang-de-Bourbe. Pas de raison, except� une qui expliquerait son pouvoir autant que sa soif de sang ; mais alors elle est morte aux mains d'un troll et vous vivez toujours. Mon <emphasis>fils</emphasis> m'a aussi dit de <emphasis>nombreuses</emphasis> choses sur vous, Harry Potter, des choses qui <emphasis>n'avaient pas le moindre sens</emphasis>, j'ai entendu les d�lires des fous de Ste Mangouste et ils �taient beaucoup plus raisonnable que les �v�nements auxquels, � en croire les dire de mon <emphasis>fils</emphasis> pendant qu'il �tait sous <emphasis>Veritaserum</emphasis>, vous avez particip�, et je souhaiterais que vous m'expliquiez, sur-le-champ, cette <emphasis>d�mence absolue</emphasis> dont vous �tes <emphasis>l'auteur</emphasis>."</p><p>Harry se retourna vers Draco dont le visage alternait entre la contr�le de soi-m�me et une grande nervosit�.</p><p>"Moi aussi," dit Draco d'une voix aigu� et vacillante, "j'aimerais comprendre, Potter."</p><p>Harry ferma les yeux et parla sans regarder. "Un gar�on �lev� par des Moldus qui se croyait malin. Tu m'as vu, Draco, et tu as song� qu'il serait �minemment utile de se lier d'amiti� avec le Survivant, plus qu'avec tous les autres enfants de ton ann�e, afin de lui montrer le monde tel qu'il est. Et j'ai pens� la m�me chose � ton sujet. Sauf que toi et moi avions des id�es diff�rentes de ce qui est vrai. Je ne dis pas qu'il y a plusieurs v�rit�s, je veux dire qu'il y a diff�rentes croyances et une seule r�alit�, un seul univers capable de rendre ces croyances vraies ou fausses�"</p><p>"Tu m'as menti."</p><p>Harry ouvrit les yeux et regarda Draco. "Je pr�f�rerais dire," r�pondit Harry d'une voix pas tout � fait assur�e, "que les choses que je t'ai dites �taient vraies d'un certain point de vue."</p><p>"<emphasis>Un certain point de vue ?</emphasis>" La col�re de Draco Malfoy semblait aussi justifi�e que celle de Luke Skywalker, et lui non plus n'�tait pas d'humeur � accepter les excuses d'Obi-Wan. "Il y a un mot pour les choses vraies d'un certain point de vue. On les appelle des <emphasis>mensonges !</emphasis>"</p><p>"Ou des ruses," dit Harry d'un ton neutre. "Des affirmations techniquement vraies mais qui trompent l'auditeur, qui le poussent � former des croyances fausses. Je pense que la distinction m�rite d'�tre faite. Ce que je t'ai dit �tait une proph�tie auto-r�alisatrice ; tu as cru que tu ne pouvais pas te tromper toi-m�me et tu n'as donc pas essay� de le faire. Tes nouvelles capacit�s sont r�elles et il te serait tr�s n�faste de commencer � lutter int�rieurement contre elles. Les gens ne peuvent pas se forcer � croire que bleu est vert par la seule force de leur volont�, mais ils <emphasis>croient</emphasis> qu'ils en sont capables, et �a peut �tre presque aussi grave."</p><p>"Tu m'as <emphasis>utilis�</emphasis>," dit Draco Malfoy.</p><p>"Seulement d'une fa�on qui t'a rendu plus fort. C'est �a, �tre utilis� par un ami."</p><p>"<emphasis>M�me moi je sais que �a n'est pas �a, l'amiti� !</emphasis>"</p><p>Lucius Malfoy parla de nouveau. "Dans quel but ? � quelle fin ?" M�me la voix de Malfoy senior n'�tait pas tr�s stable. "<emphasis>Pourquoi ?</emphasis>"</p><p>Harry l'observa un moment puis se tourna vers Draco. "Ton p�re ne va probablement pas y croire," dit Harry. "Mais toi, Draco, tu devrais �tre capable de voir que tout ce qui s'est produit est compatible avec cette hypoth�se. Et qu'une hypoth�se plus cynique n'expliquerait pas pourquoi je n'ai pas plus insist� quand tu pensais que j'avais l'avantage sur toi, ni pourquoi je t'ai tant appris. Je pensais que l'h�ritier de la maison Malfoy, que l'on avait vu attraper une n�e-Moldue pour l'emp�cher de tomber du toit de Poudlard, serait un bon candidat du compromis, capable de diriger l'Angleterre magique apr�s la r�formation."</p><p>"Vous souhaitez donc me faire croire," dit Lucius Malfoy d'un filet de voix, "que vous pr�tendez �tre fou. Bien, mettons cela de c�t�. Dites-moi qui a l�ch� le troll dans Poudlard."</p><p>"Je l'ignore," dit Harry.</p><p>"Dites-moi qui vous <emphasis>soup�onnez</emphasis>, Harry Potter."</p><p>"J'ai quatre suspects. L'un d'eux est le professeur Rogue�"</p><p>"<emphasis>Rogue ?</emphasis>" laissa �chapper Draco.</p><p>"Le deuxi�me est bien s�r le professeur de D�fense de Poudlard, juste parce qu'il est professeur de D�fense." Harry aurait voulu �viter de le mentionner car il ne souhaitait pas porter le professeur Quirrell � l'attention des Malfoy au cas o� il serait innocent, mais Draco aurait pu lui faire remarquer cette omission. "Le troisi�me, vous ne me croiriez pas. Le quatri�me est une cat�gorie fourre-tout que j'appelle Le Reste." <emphasis>Et je pense que je ne devrais pas mentionner devant vous le cinqui�me, Lord Voldemort.</emphasis></p><p>Le visage de Lucius Malfoy mima un grognement. "Me croyez-vous incapable de ne pas reconna�tre l'app�t sur votre hame�on ? Parlez-moi de cette troisi�me possibilit�, Potter, celle que vous me souhaitez croire �tre la <emphasis>bonne</emphasis>, et laissons l� ces jeux."</p><p>Harry regarda Lucius Malfoy sans broncher. "J'ai un jour lu un livre que je n'�tait pas cens� lire, et voil� ce que j'y ai trouv� : toute communication a lieu entre deux �gaux. Les employ�s mentent � leur patron et le patron s'attend � ce qu'on lui mente. Je ne me fais pas d�sirer, je remarque qu'il est simplement impossible, dans la situation actuelle, que je vous parle de ce troisi�me suspect et que vous pensiez que ce soup�on est autre chose qu'une ruse de ma part."</p><p>Draco parla alors. "C'est P�re, c'est �a ?"</p><p>Harry jeta un regard surpris � Draco.</p><p>Draco parla d'un ton neutre. "Tu soup�onnes P�re d'avoir envoy� le troll dans Poudlard pour se venger de Granger, c'est �a ? C'est ce que tu penses, hein ?"</p><p>Harry ouvrit la bouche pour dire <emphasis>� vrai dire, pas du tout</emphasis>, puis pour une fois dans sa vie parvint � r�fl�chir et � se taire.</p><p>"Je vois�" dit-il lentement. "Alors c'est de <emphasis>�a</emphasis> qu'il s'agit. Lucius Malfoy annonce publiquement que Hermione ne s'en sortira pas comme �a, et, oh surprise, un troll la tue." Harry sourit alors et d�couvrit ses dents. "Et si je nie cela ici, alors Draco, qui n'est pas Occlumens, pourra t�moigner sous Veritaserum que le Survivant ne soup�onne <emphasis>pas</emphasis> Lucius Malfoy d'avoir envoy� un troll � Poudlard tuer Hermione Granger, asserment�e � la maison Potter, dont la dette de sang avait r�cemment �t� pay�e au prix de cent mille Gallions etcetera." Harry s'inclina l�g�rement bien que son tabouret de bois n'ait aucun dossier lui permettant de le faire confortablement. "Mais maintenant que vous l'avez port� � mon attention, je vois que c'est tout � fait plausible. Bien s�r que <emphasis>vous</emphasis> avez tu� Hermione Granger, tout comme vous avez menac� de le faire devant tout le Magenmagot."</p><p>"Absolument pas," dit Lucius Malfoy, son visage � nouveau insondable.</p><p>Harry d�couvrit une fois de plus ses dents par ce non-sourire. "Eh bien dans <emphasis>ce</emphasis> cas, quelqu'un <emphasis>d'autre</emphasis> doit avoir tu� Hermione apr�s s'�tre jou� du syst�me de s�curit� de Poudlard, la m�me personne qui a essay� <emphasis>plus t�t</emphasis> de <emphasis>faire accuser Hermione du meurtre de Draco Malfoy</emphasis>. Soit vous avez tu� Hermione Granger apr�s re�u un paiement en �change de sa vie, soit vous avez accus� une fille innocente de tentative de meurtre sur votre fils avant de prendre tout l'argent de ma famille pour de faux pr�textes ; l'une de ces deux possibilit�s doit �tre vraie."</p><p>"Peut-�tre que <emphasis>vous</emphasis> l'avez tu�e dans l'espoir de r�cup�rer votre argent." Lucius Malfoy s'�tait pench� en avant et regardait Harry avec s�v�rit�.</p><p>"Alors <emphasis>je</emphasis> n'aurais pas donn� tout mon argent pour la sauver en premier lieu. Comme vous le savez d�j�. N'insultez pas mon intelligence, Lucius Malfoy� non, attendez, d�sol�, vous deviez <emphasis>dire</emphasis> �a au cas o� Draco devrait pouvoir en t�moigner, oubliez �a."</p><p>Lucius Malfoy se rassit dans sa chaise et contempla Harry.</p><p>"J'ai essay� de vous le dire, P�re," dit Draco dans un souffle, "mais personne ne peut imaginer � quoi ressemble Harry Potter avant de l'avoir <emphasis>rencontr�</emphasis>�"</p><p>Harry tapota sa joue d'un doigt. "Donc les gens commencent � pouvoir appr�hender des �vidences absolues ? � vrai dire, je suis surpris. Je n'aurais pas pr�vu �a." � ce stade, Harry avait saisit le rythme du cynisme du professeur Quirrell et �tait devenu capable de le g�n�rer lui-m�me. "Je ne pensais pas qu'un journal serait capable mentionner un concept tel que 'Soit X est vrai, soit Y est vrai, mais nous ignorons lequel." Je me serais attendu � ce que les journalistes �crivent des articles ne contenant que des propositions atomiques, comme 'X est vrai', ou 'Y est faux', ou 'X est vrai et Y est faux'. Mais pas des connecteurs logiques plus complexes comme 'Si X est vrai alors Y est vrai mais nous ne savons pas si X est vrai.' Et tous ceux qui vous soutiennent risqueraient de passer rapidement de 'On ne peut pas prouver que Lucius Malfoy a tu� Granger, quelqu'un d'autre a pu faire le coup', � 'On ne peut pas prouver qu'il y avait quelqu'un d'autre pour faire accuser Granger' tant qu'ils ne seraient pas certains de devoir essayer d'avoir raison sur les deux tableaux� attendez, est-ce que vous ne <emphasis>poss�dez</emphasis> pas la Gazette du Sorcier ?"</p><p>"La Gazette du Sorcier," dit Lucius Malfoy d'une voix mince, "que je ne poss�de certainement pas, est bien trop respectable pour publier de telles inepties calomnieuses. Malheureusement, tous les sorciers influents ne sont pas aussi raisonnables."</p><p>"Ouais. Compris." Harry hocha la t�te.</p><p>Lucius jeta un coup d'�il � Draco. "Le reste de ce qu'il a dit - est ce que c'�tait important ?"</p><p>"Non, P�re, pas du tout."</p><p>"Merci, fils." Lucius regarda Harry de nouveau. Sa voix, lorsqu'il parla, se rapprochait plus de son ton tra�nant, froid et confiant habituel. "Vous pourriez parvenir � me persuader de vous accorder quelque faveur si vous admettiez devant tout le Magenmagot ce qu'il est clair que vous savez, � savoir que je ne suis pas responsable de ce m�fait. Je serais pr�t � r�duire la dette qui vous lie encore � la maison Malfoy de fa�on importante ou m�me � en modifier les termes afin de permettre un paiement ult�rieur."</p><p>Harry regard Lucius Malfoy sans broncher. "Lucius Malfoy. Vous �tes maintenant parfaitement conscient du fait que Hermione Granger a effectivement �t� pi�g�e, que votre fils a servi d'app�t, qu'elle a �t� victime d'un sortil�ge de faux souvenirs ou pire et qu'avant ces �v�nements, la maison Potter n'avait aucun grief � votre �gard. Ma contre-proposition est la suivante : rendez-moi l'argent de ma famille. J'annoncerai alors devant tout le Magenmagot que la maison Potter n'a aucune animosit� envers la maison Malfoy et nous pr�senterons un front soud� contre les responsables de tout ceci. Nous pouvons rejeter les r�les que nous sommes cens�s jouer et nous allier au lieu de combattre. Ce pourrait �tre la seule chose que l'ennemi ne s'attend pas � ce que nous fassions."</p><p>Il y eut un bref silence dans la pi�ce, exception faite des deux gardes gobelins qui continu�rent de respirer comme si de rien n'�tait.</p><p>"Vous <emphasis>�tes</emphasis> fou," dit Lucius Malfoy avec froideur.</p><p>"Ce ne serait que justice, Lucius Malfoy. Vous ne pouvez certainement attendre de moi que je coop�re tandis que vous contr�lez la richesse de la maison Potter pour des pr�textes que vous savez maintenant �tre faux. Je comprend que les apparences aient pu auparavant �tre trompeuses, mais vous n'�tes maintenant plus dupe."</p><p>"Vous n'avez rien � m'offrir qui vaille cent mille Gallions."</p><p>"Vraiment ?" dit Harry d'une voix distraite. "Je me le demande. Je pense qu'il est assez probable que vous vous pr�occupiez plus du bien-�tre � long terme de la maison Malfoy que de la marotte politique du Seigneur des T�n�bres rat� de la g�n�ration pr�c�dente." Harry jeta un regard lourd de sens vers Draco. "La prochaine g�n�ration dessine ses propres lignes de front et forme de nouvelles alliances. Votre fils peut en �tre exclu, ou alors il peut grimper directement au sommet. Cela n'a-t-il pas plus de valeur pour vous que quarante mille Gallions auxquels vous ne vous attendiez pas particuli�rement et dont vous n'avez pas particuli�rement besoin ?" Harry eut un fin sourire. "Quarante mille Gallions. Deux millions de livres sterling moldues. Votre fils sait quelque chose de la taille de l'�conomie moldue ; elle pourrait vous surprendre. Les Moldus trouveraient amusant que le destin d'un pays d�pende de deux millions de livres sterling. Ils trouveraient �a mignon. Et je le trouve aussi, Lucius Malfoy. Ce n'est pas que je suis au d�sespoir. C'est que que vous m�ritez une chance d'agir de fa�on juste."</p><p>"Oh ?" dit Lucius Malfoy. "Et si je refuse cette chance que je m�rite ?"</p><p>Harry haussa les �paules. "Cela d�pend du genre de gouvernement de coalition qui se forme en l'absence des Malfoy. Si le gouvernement peut �tre r�form� pacifiquement et qu'agir autrement entraverait cette paix, je vous paierait la somme risible que je vous dois. Ou peut-�tre que les Mangemorts seront � nouveau jug�s pour leurs crimes pass�s puis ex�cut�s en toute justice suite � un proc�s, l�gal �videmment."</p><p>"Vous �tes vraiment fou," dit doucement Lucius Malfoy. "Vous n'avez ni pouvoir ni fortune, et pourtant vous parlez ainsi devant moi."</p><p>"Oui, c'est b�te d'imaginer que je pourrais vous faire peur. Apr�s tout, vous n'�tes pas un D�traqueur."</p><p>Et Harry continua de sourire. Il avait fait des recherches, et un b�zoard <emphasis>soignerait</emphasis> apparemment presque n'importe quel poison si on le fourrait assez vite dans la bouche de la victime. Peut-�tre qu'il ne r�parerait pas les dommages caus�s par les radiations de polonium m�tamorphos�, mais peut-�tre que si. Harry avait alors consult� les points de cong�lations de plusieurs acides et il s'�tait av�r� que l'acide sulfurique gelait � pile dix degr�s, ce qui signifiait que Harry pourrait acheter un litre de cet acide au supermarch� moldu, le faire geler puis le m�tamorphoser en un tout petit gla�on � lancer dans la bouche de quelqu'un. Aucun b�zoard ne pourrait combattre �a une fois que la m�tamorphose se serait estomp�e. Harry n'avait aucune intention de le dire � voix haute, bien s�r, mais maintenant qu'il avait enti�rement �chou� � emp�cher que quiconque meure pendant le d�roulement de sa qu�te, il n'avait aucune intention de laisser ses actes �tre restreints, ni par la loi ni m�me par le code de Batman.</p><p><emphasis>Derni�re chance de vivre, Lucius. � un niveau �thique, ta vie a cess� de t'appartenir le jour o� tu as commis ta premi�re atrocit� pour le compte des Mangemorts. Tu es encore humain et ta vie a encore une valeur intrins�que, mais tu ne poss�des plus la protection d�ontologique dont jouissent les innocents. Toute personne gentille a le droit de te tuer si elle pense que sur le long terme, cela sauvera des vies ; et c'est ce que je penserai de toi si tu commences � te mettre en travers de on chemin. Celui qui a lanc� le troll apr�s Hermione devra t'avoir aussi pris pour cible et t'avoir frapp� d'une mal�diction qui transforme les anciens Mangemorts en un tas de boue. Que c'est triste.</emphasis></p><p>"P�re," dit Draco d'une petite voix. "Je pense que vous devriez r�fl�chir � cette offre, p�re."</p><p>Lucius Malfoy regarda son fils. "Tu veux rire."</p><p>"Il dit vrai. Je ne pense pas que Harry Potter a invent� ses livres, personne n'aurait pu �crire tout �a et j'y ai lu des choses que j'ai pu moi-m�me v�rifier. Et si seulement la moiti� de ce qui s'y trouve est vraie, il a raison, cent mille Gallions ne repr�senteront pas grand chose. Si nous les lui donnons, il sera r�ellement de nouveau ami avec la maison Malfoy - de la fa�on dont <emphasis>il</emphasis> voit l'amiti�, en tout cas. Et sinon, il sera notre ennemi, que ce soit dans son int�r�t ou pas, il en aura apr�s nous. Il r�fl�chit vraiment comme �a. Pour lui, il ne s'agit pas d'argent, il s'agit de ce qu'il appelle l'honneur."</p><p>Harry Potter inclina la t�te. Il souriait toujours.</p><p>"Mais soyons clair sur un point," dit Draco en le regardant droit dans les yeux. Une lueur f�roce brillait dans ses yeux. "_Tu m'as tromp�. <emphasis>Et</emphasis> tu es mon d�biteur._"</p><p>"Je l'admets," dit doucement Harry. "Mais cela d�pend bien s�r du reste."</p><p>Lucius Malfoy ouvrit la bouche pour dire quelque chose et la referma. "Fou," r�p�ta-t-il.</p><p>Il y eut un long d�bat entre le p�re et le fils pendant lequel Harry demeura silencieux.</p><p>Puis les yeux de Lucius Malfoy se tourn�rent enfin vers Harry. "Et vous croyez," dit Lucius Malfoy, "que vous pouvez persuader Londubat et Bones de vous suivre m�me si Dumbledore s'y oppose."</p><p>Harry hocha la t�te. "Ils vous soup�onneront d'�tre responsable, bien s�r. Mais je leur dirai que c'�tait mon plan depuis le d�but, cela devrait aider."</p><p>"J'imagine," dit Lucius Malfoy au bout d'un moment, "que je pourrais faire r�diger un contrat vous absolvant de <emphasis>presque</emphasis> tout le reste de votre dette, si je venais � adh�rer � cette id�e folle. J'aurai bien s�r besoin de plus de garanties�"</p><p>Harry fouilla promptement dans ses robes et en sortit un parchemin qu'il d�plia et �tala sur la table d'or. "� vrai dire, j'ai pris la libert� de le faire," dit Harry. Il avait pass� quelques heures studieuses dans la biblioth�que de Poudlard avec les livres de droit disponibles. Heureusement, Harry avait cru constater que les lois d'Angleterre magique �taient d'une charmante simplicit� compar�es � leurs �quivalentes Moldues. �crire que la dette de sang originelle et le paiement �taient annul�s, que la richesse des Potter et tous les autres objets de sa chambre forte lui seraient rendus, que le reste de la dette �tait annul�, et que les Malfoy n'avaient commis aucune faute, tout cela n'avait pris que quelques lignes de plus que l'�quivalent oral. "J'ai d� promettre � mes gardiens de ne rien signer qui vienne de vous. Je me suis donc assur� de r�diger ceci moi-m�me et de le signer avant de partir."</p><p>Draco s'�trangla dans un petit rire.</p><p>Lucius lit le contrat et sourit sans gaiet�. "C'est d'une simplicit� charmante."</p><p>"J'ai aussi promis de ne pas toucher de plume tant que je serai � Gringotts," dit Harry. Il fouilla dans ses robes et en sortit un stylo Moldu et une feuille de papier normale. "Cette formulation vous conviendra-t-elle ?" Harry griffonna rapidement une note telle qu'un avocat aurait pu l'�crire qui disait que la maison Potter ne tenait pas la maison Malfoy pour responsable de du meurtre de Hermione Granger de quelque fa�on que ce soit et ne croyait pas qu'elle avait quoi que ce soit � voir avec celui-ci, puis il souleva la feuille afin que Lucius Malfoy puisse la lire.</p><p>Lucius Malfoy regarda la feuille, leva quelque peu les yeux au ciel puis dit : "J'imagine que cela suffira. M�me si le mot correct serait <emphasis>absous</emphasis> plut�t que <emphasis>disculpe</emphasis>�"</p><p>"Bien essay�, mais non. Je sais exactement ce que ce mot signifie, Lord Malfoy." Harry prit son parchemin et commen�a � recopier sa formulation initiale plus soigneusement.</p><p>Lorsqu'il eut fini, Lord Malfoy tendit son bras au-dessus de la table, saisit le stylo et le regarda pensivement. "L'un de vos ustensiles moldus, je suppose ? Que fait celui-ci, fils ?"</p><p>"Il �crit sans encrier," r�pondit Draco.</p><p>"Je peux le constater. J'imagine que certains pourraient voir l� un amusant colifichet." Lucius aplanit le contrat � la surface de la table, pla�a sa main sous la ligne destin�e � recevoir sa signature et tapota pensivement le stylo contre le d�but de celle-ci.</p><p>Harry s'arracha � ce spectacle et regarda le visage Lucius Malfoy. Il se for�a � respirer de fa�on r�guli�re mais ne parvint pas tout � fait � emp�cher ses muscles de se tendre.</p><p>"Notre bon ami, Severus Rogue," dit Lucius Malfoy en tapotant toujours son stylo sur la ligne qui attendait sa signature. "Le professeur de D�fense, qui se fait appeler Quirrell. Je vous le demande � nouveau : qui est votre troisi�me suspect, Harry Potter ?"</p><p>"Si vous comptez de toute fa�on signer, je vous conseille fortement de commencer le faire tout de suite, Lord Malfoy. Vous profiterez plus de cette information si vous ne croyez pas que j'essaie de vous persuader de quelque chose."</p><p>Un autre sourire sans joie. "Je prendrai le risque. Parlez, si vous souhaitez que cette affaire se poursuive."</p><p>Harry h�sita puis il dit d'un ton neutre : "Mon troisi�me suspect est Albus Dumbledore."</p><p>Le stylo se figea sur le parchemin. "Un �trange all�gation," dit Lucius d'une voix tra�nante. "Dumbledore a grandement perdu la face quand une �l�ve de l'�cole qu'il dirige est morte. Pensez-vous que je croirais n'importe quoi le concernant, simplement parce qu'il est mon ennemi ?"</p><p>"Il n'est qu'un suspect parmi plusieurs, Lord Malfoy, et pas forc�ment le plus plausible. Mais si j'ai �t� capable de tuer un troll des montagnes adulte, c'est parce que j'avais une arme que Dumbledore m'avait offerte au d�but de l'ann�e. Ce n'est pas une preuve, mais c'est suspect. Et si vous pensez que ce n'est pas le style de Dumbledore de tuer l'une de ses �l�ves, eh bien, la m�me pens�e m'est venue."</p><p>"Ce n'est <emphasis>pas</emphasis> son style ?" dit Draco Malfoy.</p><p>Lucius Malfoy secoua la t�te d'un mouvement mesur�, prudent. "Pas tout � fait, mon fils. Dumbledore a une certaine fa�on de faire le mal." Lord Malfoy se renversa dans sa chaise puis devint particuli�rement immobile. "Parlez-moi de cette arme."</p><p>"Je pense qu'il y a des d�tails que je ne devrais pas d�voiler en votre pr�sence, Lord Malfoy." Harry inspira. "Laissez-<emphasis>moi</emphasis> �tre clair sur ce point. Je n'essaie pas de vous faire gober l'id�e que Dumbledore est derri�re cela, je ne fais que mettre en avant la possibilit�"</p><p>Draco Malfoy parla alors. "L'appareil que Dumbledore t'a donn� - est-ce que c'�tait fait pour tuer les trolls ? Je veux dire <emphasis>juste</emphasis> les trolls ? Peux-tu nous dire cela ?"</p><p>Lucius tourna la t�te et regarda son fils avec une certaine surprise.</p><p>"Non�" dit lentement Harry. "Ce n'�tait pas une �p�e sp�cialement faite pour pourfendre les trolls ou quelque chose comme �a."</p><p>Les yeux de Draco �taient braqu�s sur lui. "L'appareil aurait-il fonctionn� contre un assassin ?"</p><p><emphasis>Pas si ses boucliers avaient �t� lev�s.</emphasis> "Non."</p><p>"Lors d'un combat contre une brute ?"</p><p><emphasis>Un rocher en expansion log� dans la gorge est fondamentalement mortel.</emphasis> "Non. Je ne pense pas qu'il �tait cens� �tre utilis� contre des humains."</p><p>Draco hocha la t�te. "Donc seulement des cr�atures magiques. Est-ce qu'il aurait constitu� une bonne arme contre un hippogriffe en col�re ou quelque chose comme �a ?"</p><p>"Est-ce que le sortil�ge d'�tourdissement fonctionne sur les hippogriffes ?" dit lentement Harry.</p><p>"Je ne sais pas," dit Draco.</p><p>"Oui," dit Lucius Malfoy.</p><p><emphasis>Compar� � essayer de bien ajuster un Wingardium Leviosa et un Finite Incantatem�</emphasis> "Alors le sortil�ge d'�tourdissement serait un meilleur moyen de se d�barrasser d'un hippogriffe." Vu sous cet angle, il semblait de plus en plus plausible qu'un rocher m�tamorphos� n'�tait une arme optimale <emphasis>que</emphasis> contre une cr�ature magique faite de chair et de sang mais dot�e d'une peau r�sistante � la magie. "Mais� enfin, la chose aurait pu ne pas �tre <emphasis>cens�e</emphasis> servir d'arme, je l'ai utilis� d'une fa�on �trange, �a aurait pu n'�tre qu'une de ses lubie�"</p><p>"Non," dit lentement Lucius Malfoy. "<emphasis>Pas</emphasis> une lubie. Pas une co�ncidence. Pas Dumbledore."</p><p>"Alors, c'est lui," dit Draco. Ses yeux se pliss�rent lentement et il eut un hochement de t�te mauvais. "C'est lui <emphasis>depuis le d�but</emphasis>. Le Legilimens de la cour a <emphasis>dit</emphasis> que quelqu'un avait utilis� la L�gilimancie sur Granger. Dumbledore a <emphasis>admit</emphasis> que c'�tait lui. Et je parie que le syst�me de s�curit� <emphasis>s'est</emphasis> activ� quand Granger m'a lanc� le sort mais que Dumbledore l'a juste <emphasis>ignor�</emphasis>."</p><p>"Mais�" dit Harry. Il regarda Lucius en se demandant si c'�tait vraiment � son avantage de remettre cette id�e en question. "Quel serait son <emphasis>motif</emphasis> ? Allons-nous dire qu'il est m�chant et en rester l� ?"</p><p>Draco Malfoy sauta de sa chaise et commen�a � d�ambuler � travers la pi�ce. Ses robes noires flottaient derri�re lui et les gardes gobelins le regard�rent, assez surpris, � travers leurs lunettes enchant�es. "Pour comprendre un plan tordu, il faut regarder ce qui se passe et se demander qui en profite. Sauf que Dumbledore ne s'attendait pas � ce que tu essaies de sauver Granger au proc�s, il a essay� de t'en emp�cher. Qu'est-ce qui se serait pass� si Granger <emphasis>�tait</emphasis> all�e � Azkaban ? Les maisons Malfoy et Potter se seraient d�test�es pour toujours. De tous les suspects, le seul qui d�sire <emphasis>�a</emphasis>, c'est Dumbledore. Donc �a colle. <emphasis>Tout</emphasis> colle. Celui qui a vraiment commis ce meurtre est� Albus Dumbledore !"</p><p>"Euh," dit Harry. "Mais pourquoi me donner un arme anti-troll � <emphasis>moi</emphasis> ? J'ai dit que c'�tait suspect mais je n'ai pas dit que �a avait le moindre sens."</p><p>Draco hocha pensivement la t�te. "Peut-�tre que Dumbledore pensait que tu arr�terais le troll avant qu'il n'arrive jusqu'� Granger, et qu'alors il aurait pu bl�mer P�re. Beaucoup de gens seraient tr�s en col�re s'ils pensaient que p�re avait ne serait-ce qu'<emphasis>essay�</emphasis> de faire une chose pareille dans l'enceinte Poudlard. Comme P�re a dit, Dumbledore a du perdre la face quand les gens ont d�couvert qu'une �l�ve �tait vraiment morte � l'�cole ; Poudlard est connue pour sa s�curit�. Donc �a n'�tait probablement pas cens� se produire."</p><p>L'esprit de Harry revint involontairement � l'horreur dans les yeux de Dumbledore lorsque ce dernier avait vu le corps de Hermione Granger.</p><p><emphasis>Serais-je arriv� � temps si les jumeaux Weasley ne s'�taient pas fait voler leur carte magique ? Cela aurait-il pu �tre son plan ? Et alors quelqu'un a vol� leur carte sans que Dumbledore le sache et je suis arriv� trop tard� mais non, �a n'a pas vraiment de sens, j'ai d�couvert �a trop tard, et puis comment Dumbledore aurait-il pu deviner que j'allais utiliser un balais� eh bien il savait que j'en avais un�</emphasis></p><p>Un tel plan n'aurait jamais pu marcher.</p><p>Et il n'avait pas march�.</p><p>Mais quelqu'un � la limite de la s�nilit� aurait pu <emphasis>s'attendre</emphasis> � ce qu'il marche et un ph�nix �tait peut-�tre incapable de faire la diff�rence.</p><p>"Ou," continua Draco en d�ambulant toujours, "peut-�tre que Dumbledore a un troll enchant� sous le coude et qu'il s'attendait � ce que tu le vainques une autre fois, lors d'un autre plan, mais qu'il a fini par d�cider d'utiliser le troll contre Granger. Je ne peux pas imaginer que Dumbledore avait pr�vu <emphasis>tout</emphasis> �a depuis notre premi�re semaine d'�cole�"</p><p>"Je peux l'imaginer," dit Lucius Malfoy d'un ton bas. "J'ai d�j� vu chose semblable, venant de Dumbledore."</p><p>Draco eut un hochement de t�te appuy�. "Alors je n'ai jamais �t� <emphasis>cens�</emphasis> mourir lors du premier plan. Dumbledore savait que le professeur Quirrell me surveillait, ou bien il comptait s'arranger pour que quelqu'un me d�couvre � temps - ma mort lui aurait fait perdre la face et m'aurait emp�ch� de t�moigner contre Hermione Granger. Mais me faire partir pour que je ne puisse pas prendre la t�te de Serpentard l'arrangeait bien. Et la fois suivante, Harry �tait cens� arr�ter le troll avant qu'il n'atteigne Granger, car alors tout le monde vous aurait accus� vous, P�re, sauf que cette fois les choses ne se sont pas pass�es comme il l'avait pr�vu."</p><p>Lucius Malfoy leva ses yeux verts apr�s avoir regard� son fils avec une surprise non dissimul�e. "Si c'est vrai� mais je me demande si Harry Potter ne fait que simuler sa r�ticence � y croire."</p><p>"Peut-�tre," dit Draco. "Mais je suis � peu pr�s s�r que non."</p><p>"Alors, si c'est vrai�" la voix de Lucius Malfoy demeura en suspens. Une lente furie s'allumait dans ses yeux.</p><p>"Que <emphasis>ferions-nous</emphasis>, exactement ?" dit Harry.</p><p>"Cela aussi me semble clair," dit Draco. Il fit un demi-tour et leva un doigt en l'air. "Nous trouverons la preuve de la culpabilit� de Dumbledore et le pr�senterons � la justice !"</p><p>Harry Potter et Lucius Malfoy se regard�rent.</p><p>Aucun des deux ne savait tout � fait quoi r�pondre.</p><p>"Mon fils," dit Lucius Malfoy apr�s un moment, "tu as vraiment beaucoup accompli aujourd'hui."</p><p>"Merci, P�re !"</p><p>"Cela dit, nous ne sommes pas dans une pi�ce de th��tre, nous ne sommes pas de Aurors, et nous ne nous en remettons pas au bon vouloir d'un proc�s."</p><p>Les yeux de Draco se ternirent un peu. "Oh."</p><p>"Je, ah, j'ai un certain faible pour les proc�s," lan�a Harry. <emphasis>Je n'arrive pas � croire que je suis vraiment en train de parler de �a</emphasis>. Il avait besoin de rentrer chez lui puis de prendre un papier et un crayon pour voir si le raisonnement de Draco se tenait <emphasis>vraiment</emphasis>. "Et pour les preuves."</p><p>Lucius Malfoy se retourna alors vers Harry Potter ; ses yeux �tincelaient d'une furie grise.</p><p>"Si vous m'avez tromp�," dit Lucius Malfoy d'un ton de col�re sourde, "si tout ceci est un mensonge, alors je ne vous pardonnerai pas. Mais si ce n'en est pas une� amenez-moi la preuve n�cessaire � condamner Dumbledore devant le Magenmagot, ou la preuve n�cessaire � le renverser, et il n'y a rien que la maison Malfoy ne fera pour vous, Harry Potter. Rien."</p><p>Harry inspira profond�ment. Il avait besoin de tout reprendre et de calculer les vraies probabilit�s mais il n'en avait pas le <emphasis>temps</emphasis>. "Si <emphasis>c'est</emphasis> Dumbledore, alors le retirer de l'�chiquier cr�era un immense trou dans la structure du pouvoir d'Angleterre."</p><p>"Effectivement," dit Lucius Malfoy avec un sombre sourire. "Aviez-vous l'ambition de le combler vous-m�me, Harry Potter ?"</p><p>"Une partie de vos opposants pourrait ne pas appr�cier. Ils pourraient vous combattre."</p><p>"Ils perdront," dit Lucius Malfoy ; et son visage avait � pr�sent la duret� de l'acier.</p><p>"Alors voil� ce que je voudrais que la maison Malfoy fasse pour moi, Lord Malfoy, si Dumbledore se faisait destituer � cause de moi. Quand l'opposition sera le plus effray�e - c'est l� qu'on leur offrira un compromis de derni�re minute destin� � �viter la guerre civile. Ce ne sera peut-�tre pas ce que certains de vos alli�s auraient pr�f�r�, mais de nombreux partis neutres seront heureux de cette perspective de stabilit�. Le march� sera qu'au lieu de vous donner le pouvoir � vous, tout de suite, ils le donneront � Draco Malfoy lorsqu'il sera assez �g�."</p><p>"<emphasis>Quoi ?</emphasis>" dit Draco.</p><p>"Draco a t�moign� sous Veritaserum qu'il de sa tentative d'aider Hermione Granger. Je parie qu'il y aura de nombreux opposants qui choisiront de tenter leur chance avec lui plut�t que de se battre. Je ne sais pas exactement comment ce sera mis en vigueur - un V�u ind�faisable, un contrat de Gringotts ou quelque chose comme �a - mais il y aura une sorte d'accord disant que le pouvoir reviendra � Draco apr�s ses �tudes � Poudlard. J'encouragerai tous les partisans que peut avoir le Survivant � ratifier ce march�. J'essaierai de persuader Londubat, Bones, et les autres. Notre premier plan ouvrira la voie au reste, si vous prenez garde de traiter de fa�on honorable avec Londubat et Bones pour cette fois."</p><p>"P�re, je <emphasis>jure</emphasis> que je n'ai pas�"</p><p>Le visage de Lucius se tordit en un sinistre sourire. "Je sais que tu n'avais pas pr�vu �a, mon fils. Bien." L'homme aux cheveux blancs regarda Harry Potter, assis de l'autre c�t� de la table. "J'accepte ces termes. Mais faites d�faut � une partie de notre accord, que ce soit notre premier march� ou le second, et il y aura des cons�quences pour vous, Harry Potter. Aucun argument ing�nieux ne saura l'emp�cher."</p><p>Et Lucius Malfoy signa le parchemin.</p><empty-line/><p>Maugrey Fol �il avait regard� la porte en bronze de la salle de r�union de Gringotts pendant des heures dans la mesure o� un homme capable de voir dans toutes les directions � la fois pouvait regarder quelque chose.</p><p>Maugrey songeait que le probl�me, quand on essayait de soup�onner un homme comme Lucius Malfoy, c'�tait qu'on pouvait passer la journ�e � penser � tout ce qu'il pourrait fomenter et n'en avoir toujours pas fini.</p><p>La porte s'ouvrit grand et Harry Potter sortit � pas lourds, des gouttes de sueur sur le front.</p><p>"Est-ce que tu as sign� quelque chose ?" demanda imm�diatement Maugrey.</p><p>Harry Potter le regarda en silence puis fouilla dans ses robes et en sortit un parchemin pli�. "Les gobelins mettent d�j� celui-ci en �uvre," dit Harry Potter. "Ils en ont fait trois copies avant que je parte."</p><p>"MERLIN SOIT MAUDIT, PETIT�" Maugrey s'arr�ta quand son �il per�ut la seconde moiti� du document que Harry Potter commen�ait � lentement d�rouler, comme avec r�ticence. Un regard lui suffit � lire les paragraphes �crits d'une main soigneuse et � voir la signature de Lucius Malfoy en-dessous de celle de Harry Potter. Maugrey explosa alors quand la partie sup�rieure du document entra dans son champ de Vision. "Tu <emphasis>disculpes la maison Malfoy de toute lien avec la mort de Hermione Granger ?</emphasis> Est-ce que tu as la moindre id�e de ce que tu as fait, petit idiot ? Nom de Merlin, pourquoi est-ce que tu ferais une chose OH BORDEL�"</p><empty-line/></section><section><p><strong>*Chapter 98*: R�les, fin</strong></p><p>[NdT : Dernier chapitre paru � ce jour (22/09/2013) en anglais.]</p><p><emphasis>Dimanche 19 avril, 18h34.</emphasis></p><p>Apr�s avoir quitt� le Poudlard Express, Daphn� Greengrass marcha sans bruit vers la chambre de Greengrass situ�e sous les donjons Serpentard - privil�ge d'une Ancienne Maison - afin de d�poser sa malle avant de rejoindre les autres �l�ves pour le d�ner. Tous les appartements priv�s �taient devenus sa demeure exclusive depuis que Malfoy �tait parti. Sa main, dans son dos, enjoignait encore et encore son immense malle sertie d'�meraudes � la suivre. Cette derni�re semblait h�siter � le faire ; peut-�tre les sortil�ges lanc�s sur l'ancien et solide artefact familial devaient-ils �tre r�appliqu�s ; ou peut-�tre sa malle �tait-elle peu encline � la suivre dans une �cole dont la s�ret� n'�tait plus garantie.</p><p>Papa et Maman avaient longuement discut� lorsqu'il avaient entendu la nouvelle au sujet de Hermione ; Daphn� Greengrass les avait �cout�s cach�e derri�re une porte entreb�ill�e en ravalant ses larmes et en essayant de ne pas faire de bruit.</p><p>M�re avait dit qu'aussi triste que ce f�t, il fallait admettre que m�me si un �l�ve mourrait chaque ann�e � Poudlard, l'endroit serait toujours plus s�r que Beauxb�tons, sans m�me parler de Durmstrang. Une jeune sorci�re pouvait ais�ment mourir sans �tre la victime d'un assassin. M�re avait ajout� que le ma�tre de m�tamorphose de Beauxb�tons n'�tait tout simplement pas aussi bon que McGonagall.</p><p>P�re avait gravement fait remarquer qu'il �tait tr�s important que l'h�riti�re Greengrass reste � Poudlard, l� o� toutes les autres familles nobles envoyaient leurs enfants (c'�tait la raison derri�re la vieille tradition qu'avaient les familles nobles de synchroniser la naissance de leurs h�ritiers afin de les envoyer, si possible, dans la m�me ann�e � Poudlard). Et P�re avait dit que l'h�riti�re d'une Tr�s Ancienne Maison ne pouvait pas toujours rester � l'�cart du danger.</p><p>Elle aurait autant aim� ne pas entendre cette partie.</p><p>Apr�s avoir tourn� la poign�e et ouvert la porte, Daphn� d�glutit soudain.</p><p>"Mlle. Greengrass�" murmura une silhouette indistincte et drap�e d'argent.</p><p>Daphn� cria, ferma la porte, sortit sa baguette et se retourna pour fuir.</p><p>"Attends !" s'�cria la voix avec plus de force et d'un ton plus aigu.</p><p>Daphn� s'interrompit. Il �tait <emphasis>impossible</emphasis> que la personne � qui cette voix appartenait soit ici.</p><p>Daphn� se tourna lentement et ouvrit � nouveau la porte.</p><p>"<emphasis>Toi !</emphasis>" dit Daphn�, frapp�e de stupeur, et elle vit le visage sous le capuchon. "Je pensais que tu �tais�"</p><p>"Je reviens vers toi," dit la silhouette � robes d'argent d'une voix forte, "en ce moment d�"</p><p>"<emphasis>Qu'est-ce que tu fais dans ma chambre ?</emphasis>" glapit Daphn�.</p><p>"Greengrass, j'ai entendu dire que tu pouvais produire la forme brumeuse du Patronus," dit la silhouette en robe d'argent. "Puis-je la voir ?"</p><p>Daphn� le regarda en silence, et son sang se mit soudain � bouillir. "Pourquoi ?" dit-elle en gardant sa baguette lev�e. "Pour que tu puisses <emphasis>tuer</emphasis> tous ceux qui appartiennent � Serpentard mais savent lancer ce genre de sortil�ge ? On <emphasis>sait</emphasis> tous qui a fait assassiner Hermione !"</p><p>La voix de la silhouette s'�leva. "J'ai t�moign� sous Veritaserum que j'ai essay� d'aider Granger ! J'essayais vraiment de l'aider quand j'ai attrap� sa main sur le toit, et quand je l'ai aid�e � se relever�"</p><p>Daphn� gardait sa baguette lev�e. "Comme si ton p�re ne pouvait pas manipuler le compte-rendu des Aurors ! Je ne suis pas n�e de la derni�re pluie, <emphasis>Malfoy</emphasis> !"</p><p>Lentement, comme pour ne pas l'effrayer, la silhouette d'argent fit appara�tre une baguette de sous ses robes. La main de Daphn� se resserra sur la sienne, mais elle reconnut alors la position des doigts, la posture que la silhouette adoptait, et elle inspira soudain�</p><p>"<emphasis>Expecto Patronum</emphasis>," dit clairement Draco Malfoy.</p><p>Une lumi�re d'argent bondit de l'extr�mit� de la baguette de Malfoy - et se condensa pour former un serpent de lumi�re qui parut se lover en l'air, comme s'il se reposait l�.</p><p>Elle en fut bouche b�e.</p><p>"J'ai <emphasis>vraiment</emphasis> essay� d'aider Hermione Granger," dit Draco Malfoy d'une voix neutre. "Parce que je connais la maladie qui ronge le c�ur de la maison Serpentard, la raison pour laquelle nous sommes si nombreux � ne plus pouvoir lancer le Patronus. C'est notre haine. Les gens n'associent plus Serpentard qu'� �a, aujourd'hui, pas � notre ruse, � notre ambition, ou � notre noblesse, seulement � notre haine des Moldus. Et m�me moi je sais, parce que c'est �vident si on se laisse le voir, que Hermione Granger n'�tait pas magiquement faible."</p><p>L'esprit de Daphn� �tait comme assomm�. Ses yeux v�rifi�rent nerveusement l'espace sous les portes pour v�rifier que du sang n'en sortait pas, comme la derni�re fois que Quelque Chose s'�tait Bris�.</p><p>"Et j'ai aussi compris," dit doucement Draco Malfoy, alors que le serpent d'argent continuait de briller de sa lumi�re et de son ind�niable chaleur, "que Hermione Granger n'a jamais vraiment essay� de me tuer. Peut-�tre qu'elle a subit un sortil�ge de faux souvenirs, peut-�tre qu'elle a �t� victime de L�gilimancie, mais maintenant qu'elle s'est faite assassiner, il est �vident que, le jour o� quelqu'un a essay� de faire accuser Granger de mon assassinat, elle �tait la cible principale."</p><p>"Est-est-est-ce que tu te rends compte de ce que tu <emphasis>dis</emphasis> ?" la voix de Daphn� se brisa. Si Lucius Malfoy entendait que son fils avait dit �a il <emphasis>l'�corcherait</emphasis> et il en ferait un <emphasis>pantalon</emphasis> !</p><p>Draco Malfoy sourit, sa robe m�tallique scintillante sous la lumi�re de son Patronus complet ; c'�tait un sourire � la fois arrogant et dangereux, comme si s'inqui�ter qu'on puisse le transformer en un pantalon de cuir �tait indigne de lui. "Oui," dit-il, "mais �a n'a plus d'importance � pr�sent. La maison Malfoy rend son argent � la maison Potter et annule sa dette."</p><p>Daphn� marcha jusqu'� son lit et s'y laissa choir, esp�rant qu'elle pourrait alors se r�veiller de ce r�ve.</p><p>"J'aimerais que tu rejoignes une conspiration," dit la silhouette en robes �tincelantes. "Pour tous ceux � Serpentard capables de lancer le Patronus et tous ceux capables de l'apprendre. C'est gr�ce � cela que nous pourrons nous faire confiance quand nous nous retrouverons entre Serpentards Scintillants." D'un geste th��tral, Draco Malfoy releva sa capuche. "Mais �a ne marchera pas sans <emphasis>toi</emphasis>, Daphn� Greengrass. Toi et ta famille. Ta m�re n�gociera cela avec P�re, mais je voudrais que les Greengrass entendent d'abord la proposition de ta bouche." La voix de Draco Malfoy devint plus basse, plus sinistre. "Nous avons beaucoup � nous dire avant le d�ner."</p><empty-line/><p>Harry Potter avait apparemment choisi d'�tre toujours invisible ; ils n'avaient que bri�vement aper�u sa main lorsqu'il leur avait donn� la liste, �crite sur un �trange non-parchemin. Harry avait expliqu� que tout bien consid�r�, il n'aurait pas �t� malin de sa part de se laisser �tre facile � <emphasis>trouver</emphasis>, mis � part lors d'occasions particuli�res, et qu'il allait donc se contenter d'interagir avec les gens sous la forme d'une voix sans � corps, ou sous celle d'une puissante lumi�re argent�e cach�e � l'angle d'un couloir, l� o� personne ne pourrait la voir, et qui pourrait toujours trouver ses amis, o� que ceux-ci se cachent. C'�tait, pour �tre tout � fait honn�te, l'une des choses les plus effrayantes que Fred et George avaient jamais entendues, et ce bien qu'ils aient d�j� remplit les chaussures de tous les �l�ves en deuxi�me ann�e avec des mille-pattes m�tamorphos�s. Ils �taient d'avis que �a ne serait bon pour la sant� mentale de personne, mais ils ne savaient pas quoi r�pondre. Ils ne pouvaient pas nier, l'ayant vu de leurs quatre yeux, que Poudlard�</p><p>�n'�tait plus s�re�</p><p>"Je ne sais qui vous �tes all�s voir pour le sortil�ge de faux souvenirs sur Rita Skeeter," dit la voix sans source de Harry Potter. "Qui que ce soit,� il ne pourra probablement <emphasis>pas</emphasis> satisfaire directement cette commande, mais il conna�tra peut-�tre quelqu'un capable de faire venir des choses du monde Moldu. Et� je sais que �a co�tera peut-�tre plus cher, mais un minimum de personnes doivent savoir que Harry Potter a quoi que ce soit � voir avec �a." Une autre vision fugace de la main d'un petit gar�on, et un sac tomba au sol dans un bruit de m�tal. "Certains de ces objets co�tent cher, m�me dans le monde Moldu, et votre contact devra peut-�tre sortir d'Angleterre ; mais ces cent Gallions devraient suffire � tout payer, j'esp�re. Je vous dirais bien d'o� ces Gallions viennent, mais je ne voudrais pas vous g�cher la surprise de demain."</p><p>"Qu'est-ce que c'<emphasis>est</emphasis> que ces trucs ?" dit Fred ou George, tandis qu'ils regardaient la liste. "Notre p�re est expert en Moldus�"</p><p>"�et on n'en reconna�t m�me pas la <emphasis>moiti�</emphasis>�"</p><p>"�on n'en reconna�t m�me aucun�"</p><p>"�qu'est-ce que tu comptes <emphasis>faire</emphasis> exactement ?"</p><p>"Nous sommes pass�s au choses s�rieuses," dit doucement la voix de Harry. "Je ne sais pas ce que je vais devoir faire. J'aurai peut-�tre besoin du pouvoir des Moldus, pas seulement de celui des sorciers, avant d'en avoir fini avec tout ceci - et j'en aurai peut-�tre besoin dans l'urgence, sans avoir le temps de me pr�parer. Je ne <emphasis>compte</emphasis> pas utiliser tout cela. Je veux juste l'avoir dans le coin pour pouvoir parer � toute��ventualit�." La voix de Harry marqua une pause. "Je vous dois bien s�r plus que ce que je pourrai jamais vous offrir et vous ne me <emphasis>laissez</emphasis> pas vous donner <emphasis>un centi�me</emphasis> de ce que vous m�ritez, je ne sais m�me pas comment vous remercier correctement, et tout ce que j'esp�re c'est qu'un jour, quand vous aurez grandi, vous serez plus raisonnables � ce sujet et que vous <emphasis>voudrez bien</emphasis> accepter une prime de dix pour cent�"</p><p>"Tais-toi, toi," dit George ou Fred.</p><p>"Bon Dieu, vous avez combattu un troll pour moi et Fred s'est fait briser les c�tes !"</p><p>Ils secou�rent tous deux la t�te. Harry �tait rest� l� quand ils lui avaient dit de fuir, puis il s'�tait mis en premi�re ligne pour distraire le troll qui voulait manger George. Ils savaient que Harry �tait le genre de personne qui croyait que ce genre de chose n'annulait pas ce qu'il devait aux jumeaux Weasley, que son acte n'�tait pas � la mesure du leur. Mais ce que les jumeaux Weasley savaient, ce que Harry comprendrait quand il serait plus �g�, c'�tait qu'il n'y avait pas, qu'il ne pourrait m�me jamais y avoir de dette entre eux. C'�tait l� un �trange �go�sme, songaient-ils, que d'�tre capable, comme Harry, de comprendre sa propre bont� - de ne jamais r�ver d'exiger de l'argent de ceux qu'il avait aid�s plus qu'ils ne l'avaient aid�, ou d'appeler cela une dette - tout en �tant apparemment incapable de concevoir que d'autres pourraient un jour vouloir agir de m�me envers <emphasis>lui</emphasis>.</p><p>"Rappelez-moi de vous acheter un exemplaire du roman moldu <emphasis>La Gr�ve</emphasis>," dit la voix sans source. "Je commence � comprendre quel genre de personne gagne � le lire."</p><empty-line/><p><emphasis>Lundi 20 avril, 19h.</emphasis></p><p>Cela eut lieu sans intervention, sans signe venu de la grande table, alors que les �l�ves achevaient leur calme d�ner ; cela eut lieu sans qu'autorisation ni pardon ne soit demand� ni aupr�s des professeurs ni aupr�s du directeur.</p><p>Peu de temps apr�s que les desserts eurent disparus, un �l�ve se leva de la table Serpentard et s'avan�a rapidement, non pas vers la grande table mais vers le mur oppos� aux quatre tables de Poudlard. Quelques murmures s'�lev�rent � la vue des cheveux blond-blanc coup�s court lorsque Draco Malfoy se tint � ce qui avait �t� l'arri�re des tables et regarda Poudlard en silence. Il n'avait presque rien dit depuis son retour surprise et avait �t� encore moins vu. Le Serpentard n'avait daign� ni confirmer ni nier qu'il �tait revenu parce que, une fois Hermione Granger tu�e par la famille de ce dernier, il n'avait plus rien � craindre.</p><p>Puis Draco Malfoy prit une cuill�re dans une main, un verre d'eau dans l'autre, et commen�a � taper le verre avec la cuill�re, produisant ainsi un clair tintement.</p><p>Ceci produisit d'abord des bavardages agit�s. � la grande table, les diff�rents professeurs regard�rent avec perplexit� le directeur assit dans sa grande chaise, mais il ne leur fit aucun signe, et les professeurs ne firent donc rien.</p><p>Draco Malfoy continua de taper le verre de sa cuill�re jusqu'� ce que la pi�ce se taise et attende.</p><p>Puis un autre �l�ve se leva de la table Serdaigle et s'avan�a jusqu'� Draco Malfoy avant de se retourner pour faire face � Poudlard � son c�t�. Des souffles furent coup�s par l'�bahissement ; il �tait impossible que ces deux-l� soient aujourd'hui autre chose que les pires de tous les ennemis.</p><p>"Moi et mon P�re, le Lord de la noble et tr�s ancienne maison Malfoy," dit Draco Malfoy d'une voix claire, "nous sommes rendus compte que des forces n�fastes sont � l'�uvre � Poudlard. Que ces forces n�fastes souhaitaient clairement nuire � Hermione Granger. Que Hermione Granger a peut-�tre �t� forc�e, contre sa volont� propre, � lever sa baguette contre notre Maison ; ou peut-�tre qu'elle et moi avons subit un sortil�ge de faux souvenirs. Nous d�clarons � pr�sent que celui ou celle qui a os� faire ainsi usage de l'h�ritier de la maison Malfoy est l'ennemi de cette derni�re et que nous nous vengerons de cette personne. De plus, au nom de notre honneur, nous avons rendu tout l'argent que nous avions prit � la maison Potter et avons annul� sa dette."</p><p>Puis Harry Potter parla. "La maison Potter reconna�t qu'il s'agissait d'une erreur sinc�re et n'a aucun ressentiment envers la maison Malfoy. Nous croyons et d�clarons publiquement que la maison Malfoy n'est pas responsable de la mort de Hermione Granger. Celui ou celle qui a tu� Hermione Granger est l'ennemi de la maison Potter, et nous nous vengerons de cette personne."</p><p>Puis Harry Potter commen�a � repartir vers la table Serdaigle et, face � cette r�alit� fractur�e, un bavardage explosa, n� de la plus pure, de la plus profonde des confusions.</p><p>Draco Malfoy recommen�a � taper sa cuill�re contre son verre d'eau, produisant un clair tintement, jusqu'� ce que la pi�ce se taise une fois de plus.</p><p>Et d'autres �l�ves se lev�rent, venus d'autres tables, et s'avanc�rent jusqu'� Draco Malfoy, se plac�rent � c�t� de lui, derri�re lui ou devant lui.</p><p>Il y avait un terrible silence dans la grande salle, le sentiment d'un monde qui glissait, de pouvoirs qui se r�agen�aient de fa�on quasiment tangible.</p><p>"Mon p�re, Owen Greengrass, avec l'assentiment et le soutien absolu de ma m�re, la Dame de la Noble et tr�s Ancienne Maison de Greengrass," dit Daphn� Greengrass.</p><p>"Et mon patriarche, Charles, de la maison Nott," dit l'ancien lieutenant Nott, autrefois Th�odore du Chaos, � pr�sent derri�re Draco Malfoy.</p><p>"Et ma grande-tante, Am�lia, de la maison Bones, aussi directrice du d�partement de justice magique," dit Susan Bones, qui se tenait contre le flanc de Daphn� Greengrass, celle au c�t� de laquelle elle avait combattu.</p><p>"Et ma grand-m�re, Augusta, de la Noble et tr�s ancienne maison de Londubat," dit Neville Londubat, qui �tait revenu, juste pour cette nuit.</p><p>"Et mon p�re, Lucius, le Lord des Malfoy, de la noble et tr�s ancienne maison de Malfoy !"</p><p>"Ensembles, avec Alanna Howe, constituent une majorit� au conseil d'administration de Poudlard !" dit clairement Daphn� Greengrass. "Et, dans le but de garantir la s�curit� de tous les �l�ves, y compris leurs propres enfants, ont promulgu� les D�crets �ducatifs suivants au sein de l'�cole de sorcellerie de Poudlard !"</p><empty-line/><p>"Premier d�cret !" dit Daphn� Greengrass. Elle essayait de contenir ses tremblements, face aux quatre maisons, devant les cinq enfants. M�me les cours d'�criture de discours de ses parents avaient leurs limites. Ses yeux pass�rent rapidement sur sa main, sur laquelle, d'une l�g�re encre rouge, elle avait �crit ses r�pliques. "Les �l�ves ne devront aller nulle part seuls, pas m�me aux toilettes ! Vous vous d�placerez par groupes d'au moins trois, et chaque groupe devra comprendre un �l�ve de sixi�me ou septi�me ann�e !"</p><p>"Deuxi�me d�cret !" dit Susan Bones derri�re elle d'une voix presque ferme. "Pour augmenter encore plus la s�curit� des �l�ves, neuf Aurors ont �t� d�p�ch�s � Poudlard afin de former la Force de Protection Auxiliaire !" Susan prit un petit objet rond en verre, l'un des communicateurs que le d�partement de justice magique utilisait et dont ils avaient tous re�u un exemplaire. Susan le porta � sa bouche et d'une dit voix maintenant plus forte : "Auror Brodski, c'est Susan Bones. <emphasis>Entrez !</emphasis>"</p><p>Les portes de la grande salle s'ouvrirent grand et neuf Aurors entr�rent v�tus du cuir renforc� qu'ils utilisaient lorsqu'ils partaient en mission. Ils se d�ploy�rent imm�diatement, deux � chacune des quatre tables et le dernier en garde � c�t� de la grande tables. Il y eut d'autres hoquets de stupeur.</p><p>"Troisi�me d�cret !" dit Draco Malfoy d'une voix imp�rieuse. Malfoy semblait avoir m�moris� son discours puisque Daphn� ne pouvait rien voir d'�crit sur sa main. "Face � un ennemi commun qui ne recule pas devant le meurtre d'�l�ves, quelle que soit leur maison, les quatre maisons de Poudlard doivent s'unir et agir comme une seule ! Afin de mettre ceci en �vidence, le syst�me de points est temporairement suspendu ! <emphasis>Tous</emphasis> les professeurs encourageront la solidarit� entre maisons, par d�cret du conseil d'administrations de Poudlard !"</p><p>"Quatri�me d�cret !" r�cita Neville Londubat. "Tous les �l�ves qui ne se rendent pas encore aux cours du soir du professeur de D�fense recevront un entra�nement sp�cial d'auto-d�fense de la part d'instructeurs Aurors !"</p><p>"Cinqui�me d�cret !" s'�cria Th�odore Nott d'un ton mena�ant. "Tout combat dans les couloirs ou ailleurs, exception faite des cours de D�fense, sera trait� avec une <emphasis>extr�me</emphasis> s�v�rit� ! Battez-vous ensemble ou ne vous battez pas du tout !"</p><p>"Sixi�me d�cret !" dit Daphn� Greengrass, et elle prit une profonde inspiration. Lorsqu'elle avait d�couvert le plan, elle avait formul� sa propre demande aupr�s de M�re, � travers la cheminette. M�me si Lucius Malfoy s'associait � Am�lia Bones - une notion que son esprit avait encore du mal � appr�hender - le vote d�cisif des Greengrass �tait demeur� vital puisque Jugson et sa faction avaient refus� de soutenir Malfoy. Sans parler du fait que Bones n'avait pas confiance en Malfoy et que Malfoy n'avait pas confiance en Bones. M�re avait donc exig�, et les Greengrass avaient re�u : "Puisque les sortil�ges de faux souvenirs ont �t� utilis�s sur des �l�ves sans qu'aucune alarme ne se d�clenche, il est possible que l'un des employ�s de Poudlard ait �t� impliqu�. Donc ! La Force de Protection Auxiliaire rendra directement compte � mon p�re, Lord Greengrass !" Elle savait que ce qui suivait �tait purement symbolique, car il n'y avait aucun raison pour quiconque de ne pas contacter directement les Aurors ; mais cela pourrait un jour prendre de l'importance, et c'�tait pour cela qu'elle avait demand� � M�re de l'exiger - "et si quiconque veut parler de quelque chose aux Protecteurs Auxiliaires, ils peuvent parler aux Aurors ou passer par <emphasis>moi</emphasis>�" le bras de Daphn� d�crit un demi cercle pour d�signer les autres �l�ves derri�re elle. "La pr�sidente d�ment nomm�e du Comit� Sp�cial de Protection Auxiliaire !"</p><p>Et Daphn� laissa retomber un silence spectaculaire. Ils avaient tous r�p�t� ce moment.</p><p>"Nous ne savons pas qui est l'ennemi," dit Neville d'une voix qui ne couina pas.</p><p>"Nous ne savons pas ce que l'ennemi veut," dit Th�odore d'un air toujours mena�ant.</p><p>"Mais nous savons qui l'ennemi attaque," dit Susan, aussi f�roce que lorsqu'elle avait battu trois �l�ves de septi�me ann�e.</p><p>"L'ennemi attaque les �l�ves de Poudlard," dit Draco Malfoy d'une voix claire et imp�rieuse, comme si tout ceci �tait pour lui une seconde nature.</p><p>"Et Poudlard," dit Daphn� de Greengrass en sentant son sang bouillir en elle comme jamais auparavant, "va se <emphasis>d�fendre</emphasis>."</p><empty-line/><p><emphasis>C'est la fin de cet arc.</emphasis></p><empty-line/><p><emphasis>L'auteur fera �tat de son avancement dans l'�criture de la suite le 1er octobre 2013 </emphasis></p><empty-line/><p><emphasis>sur le site <strong>hpmor point com / notes</strong></emphasis></p></section></body></FictionBook>